Histoire de la philosophie antique
Histoire de la philosophie antique
Histoire de la philosophie
L’Antiquité
Didier Debaise
Sylvain Delcomminette
Odile Gilon
Arnaud Pelletier
[TRAN-B100]
_________________________
2017-2018
Bodart Ophélie 1
Question centrale de la république :
la justice.
Platon est le premier philosophe dans le sens où c’est le premier à s’être appelé
ainsi. Il écrit sous le nom de Socrate qui lui n’a jamais écrit. C’était son « maître ».
Ce ne sont pas des dialogues fidèles, mais des mises en scène.
Elenkhos = examiner, examen qui conduit vers une réfutation. Commence par
une question « qu’est-ce que ? » sur une valeur éthique ou morale, suivit de la
réponse de l’interlocuteur et Socrate réfute en montrant qu’il se trompe, sans
donner de réponse lui-même.
On arrive à une Aporie, une impasse. La question ne trouve pas de réponse. C’est
un dialogue aporétique.
Socrate et Céphale
Socrate arriver chez Céphale : le modèle du type bien qui s’est bien comporté
toute sa vie. Céphale explique que toute autre personne de son âge se plaignent
de la vieillesse, mais lui est plutôt serein parce qu’il a pu se préserver de toute
injustice toute sa vie, pas de regret ni re remord qui le ronge et lui ferait peut d’un
après (purgatoire). Il n’était également ni trop pauvre, ni trop riche pour être tante
par des injustices ou du vol.
Socrate demande ce qu’il entend par justice. Céphale propose une définition de la
justice. Être justice c’est dire la vérité et restituer tout ce qu’on a reçu, ce
qu’on nous a donné. Céphale dit que c’est une conception de la justice dont il
est conscient que ça dépend des circonstances. Socrate essaie de lui montrer que
sa définition ne peut pas valoir universellement. Dans certains cas, restituer son
dû n’est pas juste.
Socrate et Polémarque
Le fils de Céphale, Polémarque est aussi héritier de sa thèse, va essayer de la
défendre. Le fils va dire à Socrate que sa définition est très bonne en évoquant
Simonide qui appuierait la thèse (à savoir que rendre à chacun son dû = la justice).
Cette thèse signifie faire du bien ses amis et faire du mal à ses ennemis.
Polémarque dit que la justice est surtout matière d’argent. Socrate est contre :
acheter un cheval ne dépend pas de la justice. Polémarque explique c’est question
d’argent, mais lorsqu’on ne l’utilise pas pour acheter des choses, mais quand on
Bodart Ophélie 3
le met en dépôt. Si c’est ça la justice, Socrate dit que l’utilité propre de la justice
concernerait l’argent lorsqu’il n’est pas utilisé, lorsqu’il est inutile, ça n’aurait pas
de sens.
La première chose à remarquer, c’est que Socrate assume que la justice est une
forme d’art (tekhnè) qui vise à atteindre un certain résultat. Il ne va pas voir si
Polémarque est d’accord, comme si ça allait de soi. Aristote va essayer de montrer
qu’il y a une différence majeure entre une vertu (comme la justice) et un art. Entre
la pratique et la production. La production a pour but de produire un certain produit
qui en est distinct (bois -> table : menuiserie), la finalité de cet art est externe et
continue d’exister hors processus de production. Alors que l’action, la pratique, n’a
pas d’autre fin qu’elle-même. Lorsqu’on pose un acte juste, la justesse est la fin
même de l’action.
Platon montre que c’est un art, mais un art pas comme les autres. Soit c’est un
art, mais particulier parce que son sens est externe, soit ce n’est pas un art. C’est
au lecteur d’en tirer les conclusions qu’il souhaite.
La deuxième objection de Socrate consiste à dire que tout art est toujours capable
de produire des contraires. Par exemple la médecine : celui qui produit la santé.
Mais celui également le plus capable de produire la maladie. S’il veut rendre
quelqu’un malade, il connait les médicaments pouvant avoir l’effet inverse de la
santé. Donc, selon Socrate, si la justice est un art comme les autres, le plus juste
est aussi ce qui est le plus capable d’injustice. Ça parait impossible de dire que le
plus juste est le plus injuste. Socrate veut nous montrer que si on veut comparer
la justice à un art, il faut voir qu’elle a une place particulière dans les arts, elle est
sa propre motivation, elle contient en elle-même sa propre motivation. Celui qui
est juste n’est pas celui qui est capable d’agir de manière juste, mais celui qui veut
agir de manière juste. Se poser la question de savoir si on fait quelque chose de
juste, c’est qu’on n’est pas juste. La justice doit être une fin en elle-même, un
objectif en elle-même = Praxis.
Les amis ne sont pas ceux qui nous semblent justes, mais qui le sont
véritablement. Socrate dit que si c’est le cas : être juste c’est faire du bien au juste
et faire du mal aux injustes. Ça parait moins choquant, mais ça reste insatisfaisant.
Faire du mal aux injustes ne rendra pas les injustes plus justes. En étant juste, on
contribue à la production de l’injustice. Pourtant la justice ne doit produire que de
Bodart Ophélie 4
la justice. La conclusion étant qu’on ne peut pas définir la justice étant donné
qu’elle ne peut nuire à personne, y compris aux injustes, elle doit produire du bien,
de la justice.
Socrate et Thrasymaque
Socrate avec Thrasymaque : il semblait totalement en désaccord avec tout ce
qui a pu être dit jusque-là. Il va produire une critique virulente de Socrate. Il dit
que Socrate joue avec les gens, il pose des questions, mais sans jamais y répondre
lui-même. Si on le contraint à donner des réponses, il va dire que la justice est un
bien, avantageuse, qu’il faut la respecter, qu’elle produit le bien. Mais
Thrasymaque, se sont des formules vides qui n’aide pas. Et s’il le pousse, Socrate
va Socrate prétendre ne pas détenir un savoir (= l’ironie de Socrate) si le savoir
est considéré comme une vérité définitive. Par contre, il possède la dialectique, qui
est un savoir différent. L’ignorance socratique est donc ignorante à une certaine
conception de savoir, mais connait un autre savoir : la méthode du dialogue.
Un des traits que Socrate va critiquer chez les Sophistes : ils proposent un
enseignement qu’ils font payer très cher, en voyageant de cité en cité. Cet
enseignement portait sur l’art d’être bon citoyen, être vertueux. Pour Platon c’est
inacceptable. Platon venant d’une famille riche, n’ayant jamais dû travailler pour
vivre... Mais sa critique est plus profonde : l’essentiel pour Platon, c’est que quand
on vend un enseignement, on considère la connaissance comme une marchandise,
on peut le transmettre d’une âme à l’autre, en bloc. Le problème c’est qu’une
marchandise, comme un légume, si on l’achète et qu’en fait elle est pourrie, on le
jette. Mais si la connaissance est pourrie, pourrie l’âme, il est trop tard, impossible
de l’évacuer. La connaissance est une série d’opinions sur des vérités à mettre en
pratique. Socrate et Platon pensent que la connaissance est une série d’examens.
La personne qui apprend doit faire des recherches. C’est la raison pour laquelle,
quand Socrate donne des définitions, celles-ci sont vides. La justice doit être
avantageuse. Socrate donne une définition que Thrasymaque ne veut pas
entendre, et qui pourtant aurait envie de donner lui-même. Examiner ce qu’elle
signifie pour la comprendre. Le livre la république va tenter de donne du contenu
à ces définitions vide. Elles prennent du sens lorsqu’on fait des recherches très
approfondies.
Bodart Ophélie 5
Celui qui se considère comme le premier Shophiste : Protagoras. Il dit que
l’homme est la mesure de toutes choses. Ça veut dire que pour Protagoras, seule
existe l’apparence. Il prend l’exemple de deux personnes se trouvant au sommet
d’une colline. Un coup de vent : l’un le juge chaud et l’autre froid. Qui a raison ?
Les deux selon lui. Il n’y a pas de vent qui aurait une caractéristique froide ou
chaude. Cette apparence, on ne peut pas la dire vraie ou fausse, elle est vraie pour
celui qui la pense. Toutes les apparences sont vraies, donc tout est vrai, toutes les
opinions sont vraies. La recherche de la vérité n’a donc pas d’intérêt, il suffit de
dire ce qu’on pense.
La justice est donc ce que la cité décrète d’être juste. C’est donc juste, de base, il
n’y a pas d’intérêt de se poser la question de savoir si c’est fondamentalement
juste ou pas. Platon combat cette justice conventionnelle et veut montrer qu’il y a
un juste de base, par nature.
Protagoras dit qu’il n’y a pas de différentes apparence et réalité, pareil pour la
justice, ce qui est juste est-ce l’est considéré dans la cité. Socrate réfute
Protagoras en disant que ce mode d’explication ne parvient pas de rendre compte
du phénomène de prévision. L’intérêt d’une cité ? Par exemple, ne pas être réduit
en esclavage, si on a un voisin menaçant, il faut l’attaquer ou négocier avec ? La
majorité décrète qu’il faut l’attaquer, cette décision serait juste parce qu’elle aura
été décrétée. Mais si lors de la guerre la cité qui a attaqué est détruite ou réduite
en esclavage, ce n’est pas l’intérêt de la cité. Il on prise la décision en visant un
résultat, mais c’est le résultat inverse qui se produite (eux ne sont pas réduits à
l’esclave, mais l’adversaire). Personne ne peut se satisfaire d’une situation pareille.
Personne ne peut faire une différence entre réalité et apparence pour le bien : ce
dont la possession est capable de nous rendre heureux.
Personne n’a seulement envie de paraitre heureux sans l’être. On veut l’être
intérieurement. Si tout le monde veut être heureux profondément, il faut pouvoir
reconnaitre la différence entre réalité et apparence. Ça aurait pu être la réponse
de Socrate si cette thèse (pas de distinction entre réalité et apparence) avait été
gardée.
Bodart Ophélie 6
Thrasymaque prend une autre voie pour défendre sa thèse. Affirmation que ceux
que Thrasymaque considère comme les plus forts ne peuvent pas se tromper sur
leur propre intérêt. Sinon ce ne sont pas de véritable dirigeant. Thrasymaque
implique donc que les dirigeants dont il parle ne sont les véritables dirigeants des
cités. Il fait une différence entre le vrai dirigeant qui ne se trompe jamais et les
autres. C’est un idéal le dirigeant véritable. Le simple faite de diriger ne suffit pas
pour être qualifié de dirigeant. C’est une qualité interne, il ne se trompe jamais
sur le propre intérêt. Il fait donc une différence entre le fait et l’idéal.
Socrate répond que s’ils ne se trompent jamais, ils possèdent une certaine science
qui permet la différence entre leur vrai intérêt et les faux. Or, si on prend l’exemple
de n’importes quelles sciences, ou art, son objectif n’est pas l’intérêt du pratiquant,
mais de l’objet. Le médecin met son savoir au service du patient. Donc l’intérêt
poursuivi par l’art est celui de l’art qu’il exerce. Donc si Thrasymaque a raison, il
faut que l’art s’exerce dans l’intérêt des dirigés. Soit ils peuvent se tromper, donc
on réfute comme vu plus haut, soit ils ne peuvent se tromper et dans ce cas leur
intérêt est celui des dirigés.
Le plus fort ne se trompe pas sur son propre intérêt. Donc s’il ne se trompe pas il
possède une science. S’il possède une science, celle-ci ne doit pas viser son propre
intérêt (comme la médecine...).
Remarque : sa défense se base sur l’objection d’un état de fait (on ne vise pas
l’intérêt du peuple), après être passée sur l’idéal (ils ne se trompent jamais) pour
ensuite repasser sur le fait en laissant tomber l’idéal (en réalité aucun dirigeant ne
vise l’intérêt du peuple). Sa position est imprécise et indéfinie.
Pour répondre au fait que tout le monde inspire à l’injustice parce qu’elle est plus
avantageuse, entraine vers une réfutation en 3 étapes : l’injustice n’est pas plus
avantageuse : l’injustice est un vice déshonorant ? Ce que la majorité considère.
Pour Platon la vertu (><vice) est ce qui nous procure un bien, ce qui est donc
avantageux. Une vertu est ce qui peut nous procurer un bien. Thrasymaque refuse
cette thèse. L’injustice est la vertu des forts, les faibles ont voulu la rendre
déshonorante pour s’en protéger.
Bodart Ophélie 8
• Le juste est plus heureux que l’injuste.
o Concept de fonction propre (ergon) d’une chose = ce qu’une
chose peut faire, qu’on peut produire avec, plus qu’avec autre
chose (fonction de l’œil : voir). Exemple d’une serpette pour
tailler une vigne. On peut tailler une vigne avec autre chose,
non prévu à cet effet, mais ça sera moins efficace.
o Concept de vertu (aretè), excellence (vertu d’une casserole :
bien conduire la chaleur) = ce qui permet à une chose
d’accomplir sa fonction propre.
Bodart Ophélie 9
Livre II-IV
Avocats du diable
Les frères de Platon vont adosser le rôle de l’adversaire, mais pour pousser la
réflexion et trouver une réponse, pas comme Thrasymaque.
Ils vont prendre une position commune à la majorité, avec des liens profonds avec
celle de Thrasymaque. La position des faibles qui ont réussi à juguler l’injustice,
s’en préserver au sein de la cité (dans l’optique de Thrasymaque). Position du côté
de la démocratie, sous-jacente à la démocratie comme Platon la comprend à son
époque, ou de tyran athée. La position de Thrasymaque est la position voulue par
la plupart des gens, mais que peu de gens arrivent à atteindre, la majorité s’en
sentant incapable, c’est pourquoi pour se préserver de ceux qui arrivent jusqu’à la
tyrannie, il vaut mieux interdire l’injustice, interdire à tout un chacun d’arriver
jusqu’à la tyrannie. Ça serait donc la position de Thrasymaque, mais du point de
vue des faibles.
Glaucon
Bien = objet (ultime) du désire, parce que ça apparait comme étant bon, ce qui
sert notre intérêt personnel
Le meilleur des biens est celui désirable pour lui-même et pour ses conséquences.
Socrate est d’accord par cette répartition des biens. Mais où classerait-il la justice ?
Glaucon ajoute que pour la plupart des gens, la justice est un bien désirable
uniquement pour ses conséquences, on désire être juste pour éviter d’aller en
prison, éviter de se faire des ennemis... En vue de ce qu’on pense que seront les
conséquences de ça, éviter les punitions et acquérir les récompenses.
Bodart Ophélie
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Pour comprendre la justice, il faut comprendre d’où elle vient : les faibles, ceux ne
pouvant s’imposer aux autres, se sont rendu compte que pour éviter l’injustice et
la tyrannie, ont institué l’injustice, condamne les comportements injustes... On
prône donc la justice, pas parce qu’elle serait bonne en elle-même. Donc personne
n’est juste volontairement, mais en vue d’éviter quelque chose. On choisit la justice
contre son gré. Le véritable bien est l’injustice, ne pas se limiter dans ses désirs.
Pour argumenter en faveur de cette position, qui n’est pas forcément celle de
Glaucon, mais celle de la majorité, il raconte le mythe de Gygès. Ce berger, un
jour, découvre une caverne. Dans celle-ci il trouve un corps avec un anneau. Il se
la passe au doigt. Par la suite, il se rend compte, en jouant avec sa bague, qu’elle
peut le rendre invisible. Dès lors, Gygès va profiter d’être dans le palais pour se
rendre invisible et séduire la reine, assassiner le roi pour le devenir lui-même. Lui
qui n’avait jamais fait de mal à personne, une fois qu’il a la possibilité de se rendre
invisible, va en profiter.
Nous sommes tous des Gyges, on essaie de paraitre juste, mais seulement parce
qu’on aurait peur de ce qui nous arriverait si on était pris à commettre des
injustices. Ce qui est important, c’est de paraitre juste, pas forcément de l’être.
La justice est un bien uniquement en fonction de ses conséquences, mais dont les
conséquences ne découlent que des apparences, pas de la justice réelle.
Adimante
Il va ajouter la dimension de l’éducation. Sa position complète celle de Glaucon.
Comment on éduque les enfants ? Dans l’optique de faire le juste pour éviter
les problèmes, les punitions, qu’elles soient immédiates ou après la mort. On
éduque nos enfants, on se conviant soit même que ce qui compte, ce sont les
punitions et récompenses externes à la justice. Elle ne récompense que la justice
apparente. La perception que la justice en elle-même n’est pas un bien pour elle-
même pour ses conséquences est valorisée.
Un sacrifie, une prière pour se faire pardonner, se concilier des Dieux, échapper à
leur regard et leur punition... C’est ce que l’éducation nous fait croire, ce qui
renforce le problème d’apparence et de justice désiré pour ses conséquences.
Socrate répond. Chercher la chose (la justice) là où elle est la plus apparente,
parce qu’elle est plus grande.
L’analogie
Par exemple les grandes lettres et les petites lettres. La cité est plus grande, il est
plus facile de repérer la justice au sein de la cité, pour ensuite essayer de la repérer
au sein de l’individu.
Le problème c’est qu’il ne suffit pas d’aller voir dans les cités alentour pour trouver
la justice, parce qu’aucune cité n’est juste, toutes sont corrompues et injustes.
Pour Platon il est plus facile de trouver un homme juste dans le monde, plutôt que
de trouver une cité juste. Il y a des hommes justes, alors que Platon pense
qu’aucune cité n’est juste. Alors, il va construire une cité juste pour mieux y
trouver la justice.
La cité idéale, celle devant être la meilleure de toutes les cités possible, cité
d’homme avec leur désires, pas une cité de Dieu. Deux niveaux de cités.
Glaucon explique la justice comme une sorte de contrat social, entre une série de
personnes, futur citoyen, en vue d’éviter la justice. Ce qui suppose qu’il y a un état
d’injustice, contre lequel on combat en créant la justice, notion artificielle.
La cité
La cité véritable
Il va se baser sur la nature même de la cité, pas sur un contrat. Elle ne présuppose
pas que les hommes soient mauvais à la base (sans dire qu’ils sont bons non plus).
Bodart Ophélie
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L’origine de la cité : les besoins vitaux (manger, se vêtir, être à l’abri).
Simplement, on ne sait pas tout faire soit même (cultiver, élever du bétail,
construire sa maison...). Donc si les hommes s’associaient, ça serait plus simple.
La cité répond aux besoins des hommes que chacun s’entraide. Si la cité
fonctionne, le résultat sera que chacun sera heureux parce que chacun verra ses
besoins satisfaits. L’objectif de la cité est le bonheur de chacun des
membres qui s’associe.
Pour que ça marche, Socrate dit que le meilleur moyen c’est que chacun se
spécialise en ce en quoi ils sont les meilleurs. Chacun ne fait qu’une chose,
mais quelque chose qu’il fait bien. Le moyen pour accomplir sa fin au mieux, c’est-
à-dire le bonheur de chacun.
La cité n’est pas forcément le seul moyen d’atteindre sa fin, sa fonction. La cité
remplit mieux le bonheur de l’ensemble d’une personne que n’importe quel type
de moyens.
Glaucon dit que c’est une cité de pourceau : lui veut des objets précieux, un
minimum de confort pour que les hommes veuillent y vivre. Il faut donc introduire
le luxe. Pour Socrate, alors la cité n’est aussi bien, la citée est atteinte de fièvre,
malade, elle ne satisfait plus de besoins vitaux, mais également des désires
superficiel. Néanmoins, ce n’est pas une mauvaise idée, parce que peut-être que
c’est là qu’on pourra mieux faire la différence entre la justice et l’injustice. C’est
lors que la fièvre est là, qu’il faudra la soigner et voir ce qui fait la différence entre
la justice et l’injustice.
C’est une cité d’homme, ceux-ci étant imparfait, il faut faire avec cette
imperfection et l’introduire dans la cité. C’est quand on a ces désires de luxe que
la cité va devoir s’enrichir de plus en plus pour répondre à ces désires (qui sont
insatiable) et ça fera naitre des professions qui ne servent à rien par rapport aux
besoins vitaux de la cité, mais qu’il faudra nourrir aussi. La cité se peuple d’inutile
(médecins, bijoutiers, styliste...). Va naitre le besoin de s’étendre pour s’accaparer
des richesses autour. Naissance de la guerre, originaire du cœur de la cité, parce
qu’elle est atteinte de désires pas aussi vitaux. La cité aura alors besoin de soldat.
• Être dur envers les ennemis, mais doux envers les amis
• Il donne l’image d’un chien de garde qui est doux avec ses maitres, mais
les défend. Les chiens sont les animaux les lus philosophe : ils aboient
contre ceux qu’ils ne connaissent pas, ils aiment la connaissance. Ainsi, les
bons gardiens sont des bons philosophes. (« nature philosophe »)
Dès lors, il faut former ces chiens de garde, s’assurer qu’ils seront efficaces contre
les ennemis, mais pas dangereux par rapport aux autres citoyens. On va parler de
l’éducation, elle va former les gardiens et les tirer, écarter ceux ne répondant pas
aux qualités requises.
• Les gardiens
• Les philosophes (encore externe à le cité, mais qui vont bientôt l’intégrer)
Les dirigeants seront les meilleurs des gardiens. Durant les files des ans, on
verra lesquels seront les plus aptes en prendre les rênes de la cité. Ces dirigeants
ont donc en vue le bien de la cité tout entière, non pas leur propre bien. Ils visent
l’intérêt de ceux pourquoi ils sont nommés, ceux des dirigés. (cf l’art,
Thrasymaque) Cité aristocratique, mais pas du sang, dirigé par les meilleurs,
nommé comme tel, pas basé sur la richesse, mais sur les compétences, la thekné.
D’ailleurs, selon Platon, les dirigeants ne doivent rien posséder à eux même.
Il doit y avoir une communauté des biens, tout ce qui leur appartient, appartient
à la cité.
L’idée est que pour eux, il faut qu’il n’y ait même pas de familles divisées les
uns des autres, mais une communauté des femmes et des enfants. Il n’y a pas de
mariage qui soit exclusif. La cité doit être la famille des citoyens. Platon veut briser
la famille traditionnelle parce qu’on est toujours enclin à privilégier sa propre
famille, sans tenir compte des capacités qu’ils peuvent avoir. Les parents ne
sauraient jamais vraiment qui sont leurs enfants, mais considèreraient tous les
enfants comme les leurs.
Socrate est conscient que cette organisation est bien différente de la Grèce de
l’époque. Pour que ça fonctionne, il faudra raconter un mensonge aux citoyens, un
noble mensonge, au service des citoyens. Ils doivent oublier tout leur souvenir et
il faut leur faire croire qu’ils sont tous sortis de la terre. Certains étant en bronze
(producteur), argent (gardien), or (philosophe). S’ils ont des enfants, ceux-ci
n’auront pas forcément la même origine. Il faut raconter ça pour briser la famille
et faire croire qu’ils ont l’origine qui leur revient. Ce n’est pas impossible.
Objection contre Socrate : ceux qui sont le plus heureux seraient les producteurs.
Les gardiens n’auraient rien à eux, ne peuvent pas choisir leur épouse, choyer
leurs enfants... Socrate : on ne sait pas ce que c’est que le bonheur, donc rien ne
dit qu’ils ne seront pas heureux, puis le but de cette cité n’est pas de faire en
sorte qu’il y ait une catégorie particulièrement heureux, mais faire en
sorte que chacun soit heureux. Chacun doit trouver sont propre bonheur, pas
la majorité, TOUS.
Bodart Ophélie
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Socrate dit que s’il y a de la justice quelque part, c’est dans cette cité. Celle-ci à
en vue le bonheur de tous les citoyens. Elle est donc parfaitement bonne, et donc
à toutes les vertus en elle.
4 vertus (il manque la piété, parce qu’il identifie la piété à la sagesse, Dieu =
intelligence ; piété = culte à l’intelligence, on est pieux en faisant de la philo)
• Sagesse
• Courage
• Tempérance
• Justice
La cité est donc sage : apte à bien délibérer en toute circonstance. Sagesse
pratique, adaptée au commandement d’une cité (faire la guerre ou pas, quelle loi
adopter...). Cette vertu peut être qualifiée de sage parce qu’un groupe de citoyens
est sage, les dirigeants. On peut l’attribuer à la cité dans son ensemble, même si
elle est localisée à une partie des citoyens.
La cité est courageuse : aptitude à préserver l’opinion droite sur ce qui est à
craindre ou pas. C’est-à-dire que quelqu’un de courageux ne fléchit pas sur ses
principes et sur ce qu’il trouve juste parce qu’il a peur. Il ne commettra rien de
lâche ou d’injuste par peur de ce qui pourrait lui arriver. Il sait quand quelque
chose est vraiment à craindre ou pas. Pour Platon ce qui est à craindre, c’est
commettre l’injustice (il ne faut pas craindre la mort, préférer la mort à l’injustice).
Une opinion droite n’est pas une connaissance, mais une formule qui traduit une
connaissance sans qu’elle soit nourrie par une sagesse qui la justifie. La recherche,
l’examen... On ne peut pas demander aux gardiens qui ne sont pas philosophes
de le faire. Mais ils doivent faire confiance aux dirigeants et conserver une opinion
droite, c’est-à-dire la loi qui traduit sous forme d’opinion droite le savoir des
dirigeants. La cité d’en son ensemble est courageuse parce qu’une partie des
citoyens l’est. Les gardiens sont courageux, parce qu’ils préservent la loi.
Pour Platon, la citée idéale n’est vraiment bonne que si les dirigeants dirigent avec
l’accord des dirigés. Ce n’est donc pas une tyrannie, autoritaire. Les philosophes
n’imposent pas leur point de vue aux autres.
Bodart Ophélie
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Application à l’âme, l’âme juste
Les vertus des individus se trouvant dans l’âme.
On fait une analogie entre la cité (et la justice dans la cité) et l’âme (et la justice
dans l’âme). Analogie = égalité de rapport entre des éléments. La justice est à la
cité, comme elle est à l’âme.
On parle de la cité pour ensuite appliquer ce qu’on a vu dans le plus grand, au plus
petit, c’est-à-dire à l’âme.
Suppose qu’au sein de l’âme il y a aussi une multiplicité. Dès lors, Socrate
va montrer que dans l’âme on peut trouver une multiplicité organisée comme dans
la cité : trois parties dans l’âme, comme trois classes dans la cité.
Toutes les définitions qu’on a donné des vertus de la cité fonctionne parce qu’il y
a une multiplicité d’individu, chacun permettant de remplir leur fonction
propre. Maintenant, on va montrer que malgré l’unité apparente de l’âme, elle
cache une multiplicité de tendance, tension. Donc ça a du sens de dire que la
justice conicité à mettre de l’ordre dans cette multiplicité.
Bodart Ophélie
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Socrate en conclut que nous avons dégagé 3 principes de désirs différents en nous
qui peuvent s’opposer. Il va l’appeler des parties/espèces de l’âme. Tripartites :
Pour Platon, l’âme n’est pas une chose, elle n’a pas détendu spatiale, ce n’est pas
une chose qui aurait un certain type de mouvement qui serait les désirs. Il définit
l’âme comme un mouvement (>< chose) qui se veut soit même,
automoteur. Ce n’est pas une chose en mouvement. Pas un mouvement dans
l’espace, d’un point B à un point A, pas qui pourrait croitre ou décroitre... Mais des
mouvements du type désirer, avoir du plaisir, connaitre, rejeter, avoir une
opinion... tout ce qu’on pourrait appeler des mouvements de conscience
aujourd’hui. Mouvement psychique, propre à l’âme. Dire que l’âme est un
mouvement, ça veut dire qu’elle n’est rien d’autre que tous ces mouvements
psychiques qui la parcourt, elle en est la matrice, c’est ce qui la différencie des
mouvements physiques. Tous les mouvements psychiques trouvent leur principe
dans l’âme elle-même : la cause de la soif n’est pas la boisson, mais l’âme elle-
même qui est à la source de ce mouvement de désire.
Bodart Ophélie
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La justice dans l’âme sera que chaque partie de l’âme effectue sa fonction
propre, comme chaque citoyen à une fonction propre et doit l’exercer. Chaque
partie est vitale, aucune ne doit être étouffée. Chacune doit avoir sa place, aucune
ne doit être dominante. Dire que la raison doit diriger ne doit pas dire qu’elle
domine, mais qu’elle donne à chaque partie sa propre place, permet à chacune de
vivre sans empiéter sur celle des autres. Il faut savoir se mettre en colère, mais à
bon escient, pour des principes de justice véritable.
Lorsque chaque partie remplit sa fonction, alors l’âme dans la totalité est sage,
courageuse (respecter ces propres vertu et fonction), modérée (La partie délirante
doit se laisser gouverner par la partie rationnelle de bon gré), alors elle est juste.
Si ces vertus son celles-là, on peut voir que le but de l’éducation platonicienne
décrite jusqu’à présente (musique, gym) est de réaliser la justice dans l’âme,
révéler les tendances et faire en sorte qu’elles restent à leur juste place. Si notre
âme était parfaitement juste, il ne devrait plus y avoir de conflit. C’est à partir
d’injustice qu’on peut dégager la tripartie de l’âme. Sans l’injustice, l’âme serait
plus unitaire.
Fin du livre IV. La question de savoir si le juste ou l’injuste est le plus heureux, on
semble y avoir répondu : l’injustice = chaque partie essaie d’empiété sur l’autre,
gouverné par des tendances opposées, état interne chaotique... Le plus heureux
est le juste. Pourquoi ?
Bodart Ophélie
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Livre V-VIII : Les trois vagues
Oui ils sont différents, ils ont une fonction différente, notamment dans la
reproduction. Mais rien ne prouve que les hommes et les femmes sont
fondamentalement différents, rien ne prouve qu’une femme ne peut pas apporter
quelque chose de patinant. Elles peuvent remplir la même fonction propre,
sociale. Chacun peut avoir de multiple fonction. D’un point de vue politique, il n’y
a pas de différence entre les hommes et les femmes. Une cité
platonicienne peut être dirigée par des femmes.
Platon serait féministe ? Cette idée de Platon n’est pas exempte d’une
misogynie qui subsiste : les femmes peuvent accomplir les mêmes fonctions que
les hommes, mais moins bien. Les meilleurs de femmes pouvant être meilleur
que certains hommes, mais les meilleurs des hommes étant forcément meilleur
que les meilleures des femmes. Néanmoins, il reste ouvert au fait que les femmes
pourraient diriger. Il dit également que les femmes avec leur féminité ne peuvent
pas apporter quelque chose que les hommes ne pourraient apporter.
Les arguments de Platon se basent sur le fait d’éviter l’emprise de la famille, faire
en sorte que la cité soit une grande famille en soit.
Ce genre de pratique est révoltant, mais elles sont loin d’être rare dans l’antiquité.
L’idée d’eugénisme et de mariage arrangé se faisait tout le temps, mais pour des
Bodart Ophélie
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raisons économes, alliance entre familles... Les mariages seraient toujours
arrangés, mais pour d’autres raisons.
(1) La question n’est pas pertinente, le but dans l’entretien n’est pas de produire
une cité réalisable, mais produire un modèle permettant de définir la justice, pour
transposer la définition dans l’âme. Le but étant juste de trouver un modèle sur
lequel se régler.
(2) De toute façon, on doit s’attendre à ce que la réalisation de quoi que ce soit
soit toujours inférieure au modèle en parole. Lorsqu’on applique le modèle, il y a
toujours des endroits où ça coince, jamais aussi parfaits que le modèle.
(3) Répond enfin à l’objection. Réaliser la cité idéale ne serait pas si compliqué, il
faudrait juste changer un élément dans la cité actuelle (mais un élément l’air de
rien très compliqué) : pour qu’il y ait une cité juste qui existe, il faut soit que les
philosophes prennent le pouvoir, soit que ceux qui ont actuellement le pouvoir
deviennent philosophes. Si on regarde autour de soi, ceux qui se prétendre
philosophe, on n’est pas dans le bon sens, ils sont autoproclamés... Ce ne sont pas
forcément des philosophes. Cette proposition est scandaleuse parce qu’on ne sait
pas définir ce qu’est un philosophe et ceux se prétendant comme tels ne le sont
pas forcément.
Socrate : non, ça, c’est celui qui est semblable au philosophe sans l’être. Celui qui
serait dans la Doxa, l’opinion.
Aucune des deux n’est physique, se sont des capacités, des puissances. Si on veut
distinguer une capacité d’une autre, on doit s’attacher à deux choses :
Bodart Ophélie
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Dunamis = ce par quoi on peut ce qu’on peut = capacité
Les deux critères de distinction sont liés : si une capacité peut faire ce qu’elle peut
faire, c’est parce qu’elle est en lien avec un certain type d’objet. On ne peut voir
que le visible, si la vue est ce par quoi on peut voir quelque chose, elle ne peut
s’exercer que sur son objet, quelque chose de visite (on ne peut voir un son). Les
deux critères ne sont qu’un, les deux faces.
L’opinion se caractérise par le fait qu’elle peut être vraie ou fausse. Ce qu’accomplis
l’opinion est différent que la connaissance.
Si elles accomplissent des choses différentes, elles portent donc sur des objets
différents.
La connaissance porte sur l’être, ce qui est, tout simplement parce qu’on ne
peut pas connaitre ce qui n’est pas.
L’opinion porte, non pas sur le non-être qui est l’objet de l’ignorance, mais sur
ce qui est et n’est pas en même temps. L’intermédiaire entre l’être et ne non
être, entre la connaissance et l’ignorance.
Être ne veut pas dire exister. Être = être ce qu’on est, être déterminer.
Exemple : la beauté. Par rapport aux objets qui nous entoure, d’essence, certains
nous paraissent beaux dans un certain rapport et pas dans un autre, à un certain
moment, mais pas à un autre. Ces objets sont donc beaux et pas beaux à la foi.
Même une casserole peut être belle, mais comparer cette casserole à une belle
femme, la casserole paraitra moins belle. Comparer la plus belle des femmes à
Aphrodite, cette femme paraitra moins belle... Toutes les choses sensibles, pour
n’importe quel adjectif, ne sont jamais ce qu’elles sont qu’à un moment donné,
dans une certaine relation… Mais sont toujours également ce qu’elles ne sont pas.
Une chose belle n’est toujours pas belle. Parce qu’elle est sensible, elle est
périssable. Les choses ne sont jamais pleinement ce qu’on dit qu’elles sont. Mais
si on se concentre sur ce qui fait qu’elle est belle, la beauté, on essaie de concevoir
la beauté, on peut seulement pensé, non plus voir, à une beauté qui ne serait plus
que belle, qu’est-ce qui serait toujours belle ? La beauté prise en elle-même, en
tant que telle. Si on arrête de se concentrer sur nos yeux pour voir une belle chose,
mais qu’on pense la beauté, on fait usage de l’intelligence... Toutes les choses
belles ne sont toujours que des illustrations plus ou moins imparfaites. Ce qui n’est
plus que beau (>< la chose belle) n’est que beau dans tous les rapports, c’est un
Bodart Ophélie
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être à proprement parler. Parlé de la beauté = connaissance. Parler d’une chose
belle, matérielle = opinion. Ce qui n’est pas, ce qui n’est pas déterminé en aucune
manière, n’existe pas, on ne peut pas penser ce qui n’est absolument rien =
ignorance.
Une idée pour Platon est donc, avant tout l’objet de la connaissance. L’objet de la
connaissance et du désir du philosophe de connaitre, ce dernier étant un
amoureux. La philosophie est un désir qui a pour objet l’idée.
Caractéristique de l’idée :
• Être (einai, on, ousia) et non devenir : doit être ce qu’elle est
Les idées ne sont pas le contenu d’une théorie. Platon pose des questions,
s’interroge sur les conditions qui rendent possible la solution : hypothèse capable
de rendre la connaissance possible, ne résout pas la question, seulement le champ
dans lequel la connaissance pourra se déployer. L’idée n’est pas une théorie, mais
le principe de la philosophe.
Savoir = produit la vérité de manière infaillible = porte sur les idées, ce qui
est véritablement, vise quelque chose qui ne peut se contredire lui-même, objet
toujours identique à lui-même
Opinion = peut être vrai ou fausse = porte sur ce qui est et n’est pas, on peut
toujours trouver une situation, moment, relation dans lequel on peut lui apporter
le prédicat contraire
Exemple : toute chose belle est à la fois belle comparé à Y, mais moins belle
comparé à X, ou belle aujourd’hui, mais fanée demain.
Alors que l’idée de beau est forcément toujours beau, c’est l’idée même de la
beauté, quelque chose de purement intelligible. Le seul objet parfaitement
stable qui peut susciter une connaissance parfaitement stable. Idée qui permet à
l’objet de ne jamais se contredire, permet à la recherche d’être cohérent.
Livre VI, Socrate insiste sur les caractéristiques qu’un tel désir va manifester
lorsqu’il est fort.
Bodart Ophélie
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• Modéré, il va éviter les plaisirs excessifs, contre nature, parce qu’il sait que
ce genre de désire ne peut qu’entraver ce genre de désire de la
connaissance.
• Courageux parce qu’il restera sur ces principes, il ne craindra pas quelque
chose qui n’en voudra pas la peine
• Juste puisque chacune des parties de son âme fera ce qui est juste, ce
qu’elle doit faire
C’est seulement lorsque la partie rationnelle de notre âme dirige que notre âme
est sage, courageuse... La sagesse est au sens de la philosophie, Sophia =
philosophia. C’est le désire qui produit la modération, sagesse, justice...
Pour avoir ce genre d’aspiration, il faut une bonne nature, un bon naturel, donné
de naissance, mais aussi une bonne éducation pour travailler ces traits. La vertu
véritable vient d’une bonne nature et d’une éducation appropriée.
Plus tôt Adimante même disait que l’éducation elle-même renforçait l’idée même
que c’était l’apparence de justice qui était privilégiée. Donc les plus intelligents
parviennent à avoir l’aire juste, sans l’être, avoir tous les avantages sans les
inconvénients.
Socrate conclus : ce qu’il reproche aux cités perverties, c’est le fait que la plupart
des citoyens n’y sont pas heureux, mais surtout qu’elles risquent de corrompre le
naturel philosophe, elles n’en sont pas dignes. Pour Platon la chose la plus
importante est la philo... Refonde de la cité pour permettre à la philo d’exister.
Bodart Ophélie
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Réforme de la poésie en éliminant ce qui y est immoral... Plus de gym, de danse.
Jusqu’à l’âge de 20 ans. Après quoi il y aurait une éducation plus intellectuelle, à
destination des gardiens, les enfants ayant développé des meilleures aptitudes que
les autres les 20 premières années.
Socrate va exposer 3 images différentes qui nous renseignent sur des aspects
différents de l’éducation elle-même. Une sur le but ultime visée par l’éducation de
seconds cycles (à quoi elle sert ?), la deuxième sur l’image de la ligne qui va nous
renseigner sur la méthode de l’éducation, de la recherche intellectuelle qu’il faudra
développer, et la troisième sur le mythe de la caverne, la progression dans
l’éducation, les étapes à suivre.
Les deux positions sont insatisfaisantes. Dire que le bien est le plaisir c’est nier le
fait qu’il y a des bons et des mauvais plaisirs (liée à une perversion). S’il y a des
plaisirs mauvais, ça veut dire qu’ils ne sont pas bien. Dire que le bien c’est la
pensée, la pensée de quoi ? La pensée du bien ? Régression à l’infini.
On ne pourra être heureux que si on atteint le bien, mais qu’est-ce que c’est ? Être
heureux si on atteint la connaissance du bien, donc c’est cette connaissance qui
est essentielle. C’est gardien doivent la connaitre puisque cette connaissance leur
permettra de faire le bien en eux et dans la cité. Ceux qui détiennent la
connaissance du bien pourront diriger la cité.
Bodart Ophélie
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L’éducation doit permettre de connaitre la nature même du bien, l’idée du bien (en
tant qu’objet de la connaissance).
Qu’est-ce que le bien ? Socrate refuse de répondre. Glaucon insiste. Alors Socrate
explique, non pas ce qu’est le bien, mais il fait une analogie qui va renseigner, pas
sur la nature du bien, mais sur sa fonction :
• Le soleil : visible, et pour le voir, il faut qu’il y ait un œil et une chose visible,
mais aussi de la lumière. La lumière c’est le soleil, c’est le lien entre ce qui
voit et ce qui est vu. Sans lumière pas de vision
Le soleil n’est pas seulement la source de la lumière, mais aussi le devenir des
sources visibles, de même l’idée de bien n’est pas que la source de la vérité, mais
aussi la source de l’être de l’intelligible.
Le soleil tourne autour de la terre à cette époque, il est plus au moins éloigné de
la terre (saison). Les cycles des saisons = cycle du devenir (vie, meurs, revis...
hivers, été, hivers). Le devenir trouve son principe dans le soleil.
L’idée du bien est la source de l’être des intelligibles dont on a vu que c’était des
idées, des êtres parfaits qui sont parfaitement ce qu’ils sont, non entravé par le
devenir. (« Le fidèle » de Platon ajouterait des détails à cette idée du bien).
On part d’un contexte éthique (qu’est-ce que le bien ?), puis on va vers un principe
épistémologique et ontologique (être de la chose elle-même). C’est ce qui fait le
cœur de la pensée de Platon, et de l’importance de l’idée du bien, elle rassemble
des disciplines qu’on voit comme distinctes. Pour Platon, ce qui nous rend heureux,
c’est la connaissance de l’être et de sa connaissabilité. En quoi c’est la condition
du bonheur ? Pour Platon le bonheur n’est accessible que par un certain type de
connaissance, lié aux objets auxquels les connaissances rapportent. C’est par la
connaissance qui se rapporte aux idées comme des êtres parfaits qu’on peut
atteindre le bonheur. La connaissance est le fait de la partie rationnelle de notre
âme, et quand elle gouverne notre âme, elle est harmonieuse et atteint le bonheur.
(Paiteïa = éducation)
Bodart Ophélie
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Ses méthodes : la ligne
Deux sections inégales, la plus petite est le visible, et la plus grande est
l’intelligible. Pour les choses visibles, il n’a que des opinions, Doxa. Alors que pour
l’intelligible, il y a de la science, epistèmè.
Sous division, entre deviser en deux parties inégales. Le rapport entre les sous-
divisions est censé être le même que les divisions sures visible et intelligible.
Bodart Ophélie
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chose de sensible qui n’est pas stable. Plus ferme que la conjecture -> pistis = foi,
croyance.
Pistis et eikasia = deux formes d’opinion qui se distingue par leur objet (choses ou
image).
Quand le géomètre fait ça, ça fait que la nature fondamentale du triangle lui
échappe, elle reste indéterminée. Cherche à démontrer des propriétés du triangle,
et non pas ce qu’est un triangle fondamentalement. C’est la Dianoia, (traduisible
par « pensée discursive », pensée qui ne passe plus par le discours, ce qui serait
faussé dans cette situation) traduisible ici plutôt par « pensée intermédiaire ».
Alors que lorsqu’on cherche une idée, on cherche d’abord des exemples... Actions
sensibles permettant des réfutations et des contres exemples. Dialectique,
chercher une définition qui ne se rattache pas à du sensible. Se poser la question
de « qu’est-ce que », ce que fait un dialecticien. La démarche correspondant à la
démarche supérieure de la ligne est la dialectique = dialoguer. Il l’appelle l’état
commutatif dans lequel se trouve l’âme = noûs (intelligence) ou nièsis. Les
deux termes désignant l’activité, la connaissance dans l’acte, en tant qu’elle
s’active.
Sur base de la ligne, pour atteindre l’idée de la vérité. Connaissance comme faculté
explique la nature et le rôle de l’éducation = paideia. Cette partie insiste que
pour atteindre l’idée du bien, il faut suivre une progression précise, non pas
directement s’interroger sur l’idée de bien.
Bodart Ophélie
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Mythe de la caverne : une série de prisonniers enfermés dans une caverne depuis
leur naissance. Ils sont enchainés et dirigés de telle sorte qu’ils ne peuvent
regarder que le fond de la caverne. Ils sont ignorants qu’il existe autre chose que
la caverne. Ils ne sont pas dans le noir. À l’entrée se trouve un feu, avec des
marionnettistes qui font passer des ombres. Les prisonniers ne voient que les
ombres, ils ne savent pas qu’il y a le feu et les marionnettistes. Pour eux la réalité
se sont les ombres qui se projetés. Maintenant si on oblige le prisonnier à tourner
la tête, il sera d’abord ébloui, il aura l’impression d’être aveuglé, il aura juste envie
de se retourner et retrouver sa situation de départ. Si en plus on le tire hors de la
caverne, il sera encore plus ébloui et aura l’impression d’être aveugle. Lors de la
nuit, il pourra regarder progressivement les étoiles, les objets éclairés par le clair
de lune. Ses yeux vont s’habituer, le jour viendra, il pourra regarder les choses
dans l’ombre puis en pleine lumière... Il sera capable de soutenir la vision du soleil
même.
La situation des prisonniers est semblable à la nôtre : on voit les choses à travers
un filtre, celui de notre éducation. On voit des choses qu’on interprète, à travers
les préjugés transmis par nos ancêtres. Ça nous emprisonne, on pense que c’est
ça la réalité. Le but de l’éducateur (Socrate par exemple), c’est d’abord nous
montrer que ce n’est pas ça la réalité. On est prisonnier de valeur qu’on a pas
examinée en elles-mêmes. C’est pourquoi il montre que toutes les réponses qu’on
lui donne sont insatisfaisantes. On fait notion de préjugé auquel on n’a pas pensé
en soit. Il aveugle les gens en leur montrant qu’ils sont ignorants. Aveuglement
dû au fait qu’on s’oriente progressivement vers ce qui est véritable.
Bodart Ophélie
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développer notre intelligence, gymnastique de l’intelligence. C’est
seulement lorsqu’elle est suffisamment développée qu’on va pouvoir passer
à l’étape suivante
seuls ceux allant jusqu’au bout pourront être dirigeant philosophe, pour seuls ceux
s’étant distingué. Les philosophes rois.
Processus complexe et long pour préparer les dirigeants et s’assurer que ceux qui
vont diriger la cité sont des êtres exceptionnels. Aptitude testée pendant des
années, s’assurer qu’ils sont véritablement et pleinement vertueux.
Bodart Ophélie
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Livre VIII-IX
Montrer que le juste est plus heureux que l’injuste. Monter que la justice conduit
au bonheur là où l’injustice conduit au malheur. Une seule justice, mais plusieurs
espèces d’injustices et de mauvaises cités. Dégradation progressive en partant de
la cité idéale qui est une aristocratie (gouvernement des meilleurs naturels, les
philosophes).
• La citée dirigée par la partie ardente : timocratie, dirigé par les gardiens
• La cité dirigée par la partie délirante : gouvernée par les plus riches
• La cité dirigée par tous : démocratie, il peut y arriver qu’une personne plus
forte puisse convaincre les autres de lui donner le pouvoir -> Tyrannie
• Tyrannie : personne qui règne sans partage, sans tenir compte du bienêtre
des citoyens.
Bodart Ophélie
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laquelle ils vivent (un aristocrate ne vivant pas forcément dans une aristocratique).
Différents caractères dégagés de cette analogie. Partie rationnelle : désire du
bienêtre du peuple domine
Soit parmi les désires se sont les désires nécessaire qui prennent le pas sur les
autres, soit se sont les plus extrêmes qui vienne à dominer dans l’âme de la
personne et ça devient une personne tyrannique.
Platon et la démocratie
Dans ce cadre, Platon fait une critique radicale de la démocratie, on le dit alors
antidémocrate (la Grèce étant démocrate). Il serait contre la liberté.
Une partie de la critique de la démocratie repose sur le faire qu’un certain type de
démocratie peut amener vers la tyrannie, se corrompre et rendre possible l’arrivé
de tyran. Sans doute une des raisons qui fait qu’il la critique autant.
Bodart Ophélie
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libre, puisque la liberté c’est faire ce qu’on veut, mais pour ça il faut savoir
ce qu’on veut.
Bonheur et malheur
Qui est le plus heureux et le plus malheureux ?
Du point de vue politique, les citoyens qui vivent dans la cité juste/idéale est
forcément plus heureux que ceux vivant dans une tyrannie (sans parler du bonheur
du tyran). Citée idéale conçue dans le but de rendre tout le monde heureux,
satisfaire aux désirs fondamentaux de tous les citoyens.
Bodart Ophélie
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o L’expérience, seul celui qui a éprouvé les 3 peut les comparer,
o La réflexion, les comparer en analysant leur conséquence
o Le raisonnement
Le philosophe l’emporte sur les 2 autres selon les 3 critères : raisonnement est
propre à la partie rationnelle, donc au philosophe. Le philosophe est le seul à
pouvoir faire l’expérience des deux autres parties alors que les autres ne font
jamais l’expérience des plaisirs purement philosophiques. On sait ce qu’est le
profit, ce que ça peut rapporter comme satisfaction, on sait ce qu’est l’honneur,
d’être bien vu a considéré pour ce qu’on a fait... Le philosophe sait donc ce que
sont les plaisirs propres aux autres parties. Alors que celui gouverné par la partie
délirante n’a pas su éprouver de plaisir en faisant une démonstration
mathématique (partie rationnelle), puisque pour avoir du plaisir il faut s’exercer.
Le philosophe l’emporte, c’est un meilleur juge pour savoir lequel des plaisirs est
le meilleur. Il va dire que c’est le plaisir de la partie rationnelle qui est la meilleure.
La vie du philosophe est donc la vie la plus plaisante.
Le problème du raisonnement, c’est qu’on a envie de dire que ça n’a pas de sens
qu’un objet plus réel va combler un manque, parce que la connaissance ne va pas
combler la faim, ça dépend du besoin. Pour Platon, tout désir est désir du bien, du
Bodart Ophélie
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bonheur. De ce point de vue, quand il dit que l’objet plus réel va nous faire
atteindre un plaisir qui est lui-même plus réel, c’est que l’objet véritable de tout
désire, même pour la faim, ce qu’on désire vraiment c’est être heureux, en pensant
que le bonheur n’est de ne plus avoir faim. Mais ce n’est pas manger qui procurera
le bonheur, le vrai. Conception du réel en comparaison avec des bonheurs illusoire
ou finalement insatisfaisant.
La preuve
L’intérieur de l’âme, passer de l’apparent au réel, le bonheur intérieur :
• La partie ardente : un lien : plus petit que monstre polycéphale, plus apaisé,
mais qui peut aussi être cruel et dangereux
Le tout étant entouré d’une tête d’homme. Ce qu’il y a d’humain dans l’homme
c’est seulement la partie rationnelle. Donc pour atteindre l’humanité, il faut que
l’homme, la rationalité, domine les autres parties. Pour qu’on soit réellement juste,
heureux, libre. Plaisir adapté à cette situation. La vie du juste est la vie la plus
libre, la plus plaisante et la seule vie véritablement humaine. Les autres vies étant
la vie d’animaux ou de bêtes féroce.
Bodart Ophélie
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Livre X, fin de la république
Au livre X, il revient sur la poésie, mais avec tous les acquis du dialogue :
ontologique (différence entre sensible et intelligible) et psychologie (tripartie de
l’âme et formation du caractère).
L’artiste imite le sensible, non pas l’intelligible. Il produit des images qui vont
s’autonomiser se faisant passer pour la réalité elle-même. L’âme va être
condamnée puisque ce à quoi parle l’artiste, c’est la partie délirante de l’âme.
Quand on écrit une tragédie, le but est de faire naitre une émotion forte et vive
dans le public. L’art ne peut donc pas service à l’éducation. La conception de l’art
développée ici est importante : notion de corruption de l’âme peut-être remise en
question au cas par cas...
Bodart Ophélie
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La preuve : le bien d’une chose est ce qui la préserve, permet de se perpétuer, le
mal d’une chose est ce qui la corrompt, la détruite. Or, si le mal propre à une chose
n’est pas capable de la détruire, alors rien d’autre ne peut la détruire et donc elle
est indestructible. Le bien du corps est la santé, le mal est la maladie. La maladie
peut aboutir à la destruction du corps, donc il n’est pas indestructible. Mais parce
que la maladie est capable d’aboutir à cela que le corps est destructible. Si la
maladie n’entrainait jamais sa destruction, rien ne pourrait le faire.
Appliqué à l’âme : le bien de l’âme, c’est la justice (la vertu), alors le mal de l’âme
est l’injustice (le vice). Est-ce que l’injustice par elle-même est mortelle ? Plus
quelqu’un est injuste plus il peut se détruire et mourir d’injustice (oui si peine de
mort à cause d’injustice). Pour Socrate, non, l’injustice par elle-même ne provoque
par la mort, mais d’autres événements qui entraine la mort. Mais si on est injuste
et jamais découvert, on ne va pas en mourir. L’injustice n’est pas capable de
détruire totalement l’âme. Or, si le mal propre d’une chose n’est pas capable de la
détruire, rien d’autre ne pourra la détruire. Donc l’âme est indestructible puisque
pas destructible par son mal propre. Donc l’âme est immortelle.
Platon défini l’âme comme ce qui se maux soi-même, auto motricité. Revient à
dire que l’âme est un principe de vie, autant que la vie se caractérise comme un
mouvement. La vie est un mouvement. Or la justice est ce qui nous rend libres,
donc on peut se mouvoir par nous-mêmes. On ne peut être mu par autre chose
d’autre. Le plus juste, parce qu’il est le plus libre, est celui qui est le plus
automoteur, le plus vivant. L’injuste est celui qui soumet le principe moteur en lui
à des objets matériels qui le rendent esclave. Donc moins libre, et de moins en
moins vivant, mais jamais au point de ne pas être vivant du tout. Il a toujours le
principe de son mouvement même s’il est soumis à des objets extérieurs. L’âme
du juste est donc plus vivante, dans le sens de l’auto motricité. Ceci dis, on aurait
toujours moyens de reprendre le dessus, même si esclave, on peut reprendre le
dessus de nos désirs parce qu’on garde fondamentalement la source de notre
mouvement.
Vie de la pensée, la seule et vraie vie qui compte pour Platon, immortalité de la
pensée. (Interprétation du professeur qui n’est pas partagée par tout le monde).
Immortalité de la philosophie.
Ceux qui viennent d’être récompensés font des choix irraisonnés, et seront
surement punis la prochaine fois. Alors que les injustes sont plus raisonnés et
auront plus de chance d’être justes et récompenser la prochaine fois. Balancement
entre justice et injuste.
Finalement se sont les injustes qui sont récompensés à la fin, les justes punis...
Mais ce sont ceux qui ont été justes pas par philosophie, mais par souci des
récompenses de la justice, éviter injustice. Donc ils n’ont pas les bonnes
récompenses, puisque pas les bonnes raisons. Ceux qui ont été juste pour les
mauvaises raisons sont toujours susceptibles d’être injustes.
Ulysse avait le dernier choix, il avait eu une vie mouvementée, il n’avait pas envie
de recommencer. Il examine toutes les vies sous les moindres coutures. Et choisis
une vie d’un individu s’occupant de ses propres affaires, ne commettant aucune
injustice. C’est la vie qu’il veut. Socrate dit que c’est d’avoir suffisamment observé
la nature de la vie et de l’injustice pour faire le bon choix. Celui qui fait le bon
choix, c’est le philosophe, celui qui examine, réfléchi... Il sait que la justice est
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bonne en elle-même. Ulysse est le seul à être heureux, avoir ce qu’il veut, il a
choisi ce qu’il voulait, il est absolument libre.
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