Thèse Redjdal Finalisée
Thèse Redjdal Finalisée
THÈSE
EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE
DOCTORAT
Domaine : Lettres et langues étrangères Filière : Français
Spécialité : Didactique du français
Présentée par
REDJDAL Nadia
Thème
SOMMAIRE .......................................................................................................................... 5
CHAPITRE 1 ....................................................................................................................... 16
INTRODUCTION .......................................................................................................................... 17
1.1. QUESTIONS, HYPOTHESES ET OBJECTIFS DE RECHERCHE ........................................... 17
1.2. CHAMPS THEORIQUES DE LA RECHERCHE ................................................................... 21
1.3. DEMARCHE THEORICO-PRATIQUE DE LA THESE .......................................................... 29
1.4. CHOIX METHODOLOGIQUES .......................................................................................... 36
1.5. DESCRIPTION DU CORPUS .............................................................................................. 40
CHAPITRE 2 ....................................................................................................................... 53
INTRODUCTION .......................................................................................................................... 54
2.1. LE GENRE : CETTE INSAISISSABLE NEBULEUSE ............................................................ 54
2.2. LES GENRES DE DISCOURS : TRANSPOSITION DIDACTIQUE EN CLASSE DE FLE ......... 65
2.3. LES GENRES DE DISCOURS DANS LE CONTEXTE SCOLAIRE ALGERIEN ........................ 79
CONCLUSION ............................................................................................................................ 100
CHAPITRE 3 ......................................................................................................................102
CHAPITRE 4 ......................................................................................................................151
CHAPITRE 5 ......................................................................................................................215
CHAPITRE 6 ......................................................................................................................277
ANNEXES...........................................................................................................................410
Introduction générale
Introduction générale
Cette recherche, qui s’inscrit dans le cadre d’une thèse de doctorat en didactique du
français langue étrangère, se veut plus pluridimensionnelle dans la mesure où
elle aborde des sujets aussi actuels qu’imposants dans le champ de la
didactique du français langue étrangère. L’approche générique, l’approche
décloisonnée de l’oral et de l’écrit et la perspective actionnelle constituent les
éléments de base qui fondent cette recherche. Celle-ci a débuté par un double
constat que nous avons établi en tant qu’enseignante : les apprenants
demeurent confus quand on les interroge sur le type de texte qu’ils abordent,
étant donné l’hétérogénéité textuelle des discours. Ajoutons à cela, la place infime
qu’occupe l’apprentissage de l’oral et les difficultés qu’il implique aussi bien
pour les apprenants que pour les enseignants. Notre intérêt pour ces
problématiques de recherche est davantage motivé par la nouveauté de ces
notions, mais aussi par notre volonté de contribuer à la proposition d’une
approche didactique efficiente pour l’enseignement/apprentissage du
FLE au secondaire qui s’inscrit dans le cadre de la nouvelle réforme éducative en
Algérie.
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Introduction générale
Si nous nous intéressons particulièrement à une approche par les genres, il faut dire
qu’elle est loin d’être l’unique et qu’on l’oppose au moins à une autre approche,
l’approche par la typologie des textes. Ainsi, il convient de préciser et de définir les
contours d’une telle approche et d’identifier les supports, les contenus et la
démarche qu’elle implique.
De notre point de vue, l’approche générique en classe doit constituer l’un des
objectifs majeurs de la didactique du FLE qui tentera de répondre à la question
« comment enseigner ? » tout en orientant la réflexion vers des questions encore
11
Introduction générale
12
Introduction générale
D’autre part, il nous semble que la mise en œuvre d’une approche intégrée est
particulièrement difficile dans la mesure où elle est considérée comme relativement
récente. La plupart des didacticiens et des spécialistes de l’Éducation penchent
toujours en faveur d’une approche cloisonnée des compétences orales et écrites.
Par ailleurs, tout porte à croire que les enseignants du secondaire algérien sont peu
soucieux de la mise en pratique d’une telle approche, étant donné qu’ils en ignorent
les assises théoriques, ce qui entrave davantage sa mise en œuvre. C’est pourquoi
nous tenterons de proposer des pistes didactiques, voire des modèles d’exploitation,
pour enseigner conjointement les compétences orales et écrites en compréhension et
en production. Cela va sans doute contribuer à diminuer l’appréhension des
enseignants quant à l’emploi d’une telle approche.
Il est à rappeler que nous inscrivons notre recherche dans le champ de la didactique
du FLE. Elle concerne principalement l’enseignement/apprentissage des genres
médiatiques qui sont d’ores et déjà programmés dans les trois niveaux du
secondaire. Cette entrée générique est doublée d’une approche intégrée des
compétences de l’oral et de l’écrit et s’inscrit dans une perspective actionnelle.
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Introduction générale
surgissent au cours de cette recherche, nous allons, après un état des lieux sur la
question, recourir aux approches didactiques suivantes :
L’entrée par les genres de discours du fait que notre étude porte
principalement sur l’enseignement/apprentissage des genres médiatiques au
lycée. Il est donc nécessaire d’aborder ses soubassements théoriques ;
A l’issue de ce qui vient d’être annoncé, nous pouvons scinder notre thèse en six
chapitres :
Dans le premier chapitre, nous allons aborder dans le détail notre problématique de
recherche ainsi que nos choix théoriques et méthodologiques. Nous y décrirons
également les principaux corpus collectés dans le cadre de ce travail de recherche.
Dans le second chapitre, nous établirons un état de la question d’une approche par
les genres de discours tout en abordant les principaux outils didactiques qui
14
Introduction générale
Le troisième chapitre abordera les trois genres médiatiques concernés par cette
étude à savoir : le fait divers, l’interview et le reportage. Nous y aborderons
l’analyse discursive de chaque genre dans la première partie pour ensuite la
confronter aux résultats d’analyse des documents officiels et la pratique
enseignante.
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Chapitre 1
Problématique, cadrage théorique et
choix méthodologiques
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Introduction
Nous avons évoqué dans l’introduction générale les notions-clés de notre recherche,
les principales questions qui la sous-tendent et les moyens mobilisés pour la mener.
Tous ces points seront davantage explicités dans ce présent chapitre qui sera scindé
en cinq parties. Nous commencerons par formuler nos questions de recherche, nos
hypothèses et nos objectifs de recherche. Nous consacrerons la deuxième partie aux
différents champs théoriques suscités par notre étude. La troisième partie va
expliciter la démarche que nous avons adoptée dans la réalisation de ce travail.
Nous allons ensuite, dans la quatrième partie, exposer et justifier nos choix
méthodologiques. Enfin, dans la dernière partie, nous allons présenter le corpus que
nous analyserons dans les quatre prochains chapitres de cette étude.
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Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
L'approche
actionnelle
Approche
générique
décloisonnée de
l'oral et de l'écrit
l'approche dans une persective
actionnelle Approche
intégrée
de l'oral et générique
de l'écrit
Pour répondre à ces questions de recherche, nous devons formuler une série
d’hypothèses qui vont guider notre étude.
Notre petite expérience dans l’enseignement secondaire nous a permis d’avoir une
vue d’ensemble de la situation de l’enseignement/apprentissage du FLE et de ses
difficultés notamment. Cette expérience et ce que nous avons appris lors de nos
recherches sur l’approche générique et l’approche décloisonnée de l’oral et de
l’écrit, nous a permis de formuler l’hypothèse que l’approche par genre de discours
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Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
n’est pas adoptée dans l’enseignement du FLE au même titre que l’approche
décloisonnée des compétences de l’oral et de l’écrit.
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Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
L’objectif principal de notre travail étant d’explorer les pistes didactiques possibles
que permet une approche par genre de discours doublée d’une approche
décloisonnée des compétences de l’oral et de l’écrit dans le cadre scolaire, et la
valeur ajoutée qu’elle permet à l’enseignement/apprentissage des langues.
Néanmoins, nous précisons que nous ne nous assignons pas pour objectif de
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Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Nous allons donc tenter d’étudier les articulations possibles entre les axes de
recherche cités plus haut tout en nous intéressant plus précisément à l’articulation
des compétences de l’écrit et de l’oral dans une approche par genres de discours en
démontrant l’importance d’inscrire cette démarche dans une logique d’un
enseignement/apprentissage basé sur l’acquisition de compétences langagières.
Quels domaines théoriques sont requis par les questions que nous avons posées ?
Suite à la rupture avec la typologie textuelle qui s’est avérée être réductrice et
limitée dans l’analyse des textes étant donné l’hétérogénéité des réalisations
langagières, les linguistes ont eu recours à la notion de « genre » qui était déjà
opératoire dans le classement des productions littéraires. Le « genre » a donc fait
son entrée dans le champ de l’analyse du discours après la publication des travaux
de Bakhtine (1984).
21
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Néanmoins, nous rejoignons l’avis de J-M. Adam sur sa théorie du prototype qui
propose de classer les réalisations langagières sur la base des « aires de
ressemblance » plutôt que de les faire correspondre à des critères rigides.
Nous sommes d’avis que « la langue n’est que par son usage ». Ce sont les usagers
d’une langue qui, par leurs pratiques discursives, font exister la langue et non
l’inverse. De ce fait, une approche cloisonnée de la langue qui reste figée sur le
22
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Par ailleurs, les pratiques sociales de références, autrement dit, les genres de
discours, sont connues et reconnues par tous les individus appartenant au même
groupe social ; ce qui rend possible la communication et l’intercompréhension entre
les individus agissant dans tous les secteurs de l’activité humaine au sein de la
même société. En effet, « à chaque type de pratique sociale correspond un discours
qui se divise en genres textuels oraux ou écrits. » (Rastier, 2001 : 26).
Selon Dolz et Schneuwly, « Les genres textuels par leur caractère générique sont
bien un terme de référence intermédiaire pour l’apprentissage» (1997 : 30). En effet,
dans l’enseignement/apprentissage du FLE, l’objectif visé est de permettre à
l’apprenant de réinvestir ses connaissances acquises en classe dans sa vie sociale.
L’apprenant doit être en mesure de réutiliser ses connaissances et ses compétences
dans un contexte social réel. Ainsi, l’enseignement/apprentissage du FLE vise
l’acquisition par l’élève des dispositifs, plus précisément des genres de discours, qui
23
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
24
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
a) La séquence didactique
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Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
L’oral en didactique a fait couler beaucoup d’encre. Tantôt ignoré ou négligé, tantôt
mis sur un piédestal, il n’a cessé d’occuper les réflexions concernant son
enseignement/apprentissage. Il est souvent perçu comme étant un objet insaisissable
et difficile à aborder en classe comme objet d’enseignement/apprentissage. Il a
suscité beaucoup de questions à son sujet : Quel oral enseigner ? Comment
l’enseigner ? Comment l’évaluer ?
Précisons que les didacticiens et linguistes ont des positions parfois opposées quant
à la didactique de l’oral. Certains optent pour un enseignement différencié/séparé
des compétences de l’oral et de l’écrit et justifient cela en affirmant que l’oral et
l’écrit représentent deux codes complètement différents. Ils procèdent alors à la
séparation de l’enseignement/apprentissage de ces deux compétences. Ainsi Elisa
Ravazzolo et al. considèrent-ils que « la façon la plus courante d’approcher l’oral
consiste à l’opposer à l’écrit » (2015 : 16)
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Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Par ailleurs, il convient de distinguer entre un oral utilisé dans les discussions et les
échanges quotidiens et un oral qui est défini comme objet
d’enseignement/apprentissage avec une progression dont les objectifs sont clairs et
les critères d’évaluation bien définis. Autrement dit, il convient d’apporter des
précisions et des éléments de réponses à la question « quel oral enseigner ? ».
Nous avons choisi d’opter pour une approche décloisonnée des compétences de
l’oral et de l’écrit car nous pensons qu’ils représentent les deux faces d’un même
médaillon. Autrement dit, ils sont indissociables l’un de l’autre surtout dans la vie
quotidienne. Sophie Moirand estime à cet effet que
Dans le contexte scolaire, cette interaction entre l’oral et l’écrit est d’autant plus
pertinente qu’elle intervient tout au long de la séance et de la séquence. En effet,
nous considérons que l’oral peut servir de support pour développer les compétences
de l’écrit et inversement l’écrit peut servir l’oral. L’enseignant recourt à l’oral pour
expliquer son cours puis garde une trace écrite sur le tableau. Les apprenants, lisent,
répondent oralement, interagissent entre eux et avec l’enseignant tout au long de la
séance et portent une trace écrite sur le cahier. L’oral et l’écrit ne sont jamais
réellement séparés dans les pratiques de classe.
Or, nous constatons que dans les classes de cours actuelles, les enseignants
semblent éviter d’expliciter l’apprentissage articulé de l’oral et de l’écrit. Cela est
probablement dû au fait que les enseignants manquent de moyens didactiques et
27
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
d’assises théoriques pour mettre en pratique une telle approche en classe de langue.
Cela peut également être dû aux appréhensions et idées reçues sur l’oral, considéré
comme insaisissable et difficile à évaluer.
Dans le contexte scolaire, les interactions entre l’oral et l’écrit sont diverses de la
part des deux pôles de la situation d’enseignement/apprentissage
(enseignant/apprenant). Le contexte de la classe fait de l’interaction oral/écrit une
évidence : les acteurs de la situation d’enseignement/apprentissage recourent
simultanément à l’oral et à l’écrit dans leurs pratiques de classe quotidiennes. Ainsi,
il s’agira de réfléchir notamment sur les activités qui permettent les différents
passages de l’un vers l’autre (l’oral vers l’écrit ou l’écrit vers l’oral).
Néanmoins, la nature des pistes didactiques que nous proposons nous a fait
comprendre l’importance de recourir à la perspective actionnelle pour leur mise en
place. Nous sommes d’avis que les genres textuels pourraient représenter une
orientation pratique à la perspective actionnelle. Effectivement, nous pensons que la
perspective actionnelle voudrait avoir comme assise pratique des genres de discours
qui privilégient un enseignement/apprentissage qui se traduit en actions sociales.
28
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Les apprenants sont amenés à lire et à produire des genres textuels en mettant en
pratique les diverses compétences qu’ils ont acquises. Ainsi, nous estimons que les
genres textuels peuvent offrir de sérieuses pistes méthodologiques pour mettre en
pratique la perspective actionnelle telle qu’envisagée dans le CECR.
29
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Nous avons choisi d’opter pour la perspective actionnelle prônée par le CECR.
Nous pensons que cette perspective offre plusieurs avantages dont le privilège de
réaliser des actions sociales dans le cadre de l’acquisition d’une langue
étrangère ainsi que l’ (inter)-action en langue étrangère. Ce choix est d’autant plus
important qu’il permet de mettre fin aux approches transmissives qui prédomine
dans l’enseignement/apprentissage du FLE au secondaire. Il permet également de
ne pas tomber dans un éclectisme méthodologique qui conduirait négativement à
tout mélanger même quand les approches ne concordent pas.
De plus, comme nous l’avons indiqué plus haut, nous nous référons au champ de
l’analyse du discours pour comprendre le fonctionnement interne des genres de
discours, autrement dit, des pratiques sociales de référence. Nous nous interrogeons
principalement sur leur appropriation en classe de langue et les possibilités
didactiques qui en découlent. L’analyse du discours nous a menée à réfléchir de
près sur les notions de « caractéristique générique » et « théorie du prototype » et
sur leur possible transfert dans le contexte scolaire.
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Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Pour les changements importants ayant survenu lors de cette réforme (entrée en
application en 2003) et concernant l’enseignement/apprentissage du français au
secondaire, nous pouvons les citer comme suit :
L’adoption de l’approche par compétences qui met fin aux approches dites
« transmissives » où l’enseignant était le seul détenteur et dispensateur de
savoirs. Il revêt le rôle d’un guide, d’un médiateur de savoirs. Il oriente les
apprenants vers une autonomie d’apprentissage. Le recours à l’approche par
compétences, selon le programme de 1ère AS, « permet de ne pas couper les
apprenants de leur environnement culturel et social par le transfert, à
l’extérieur, des habiletés acquises à l’école. » (MEN, 2005a : 4)
31
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
32
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Il est important de noter que ces changements opérés dans le contexte scolaire
tendent à favoriser une approche générique des contenus
d’enseignement/apprentissage compte tenu des orientations discursives des textes
qui ne sont plus abordés dans leur nature intrinsèque mais en relation avec le
contexte et les conditions socioculturelles de leur production.
Par ailleurs, la réhabilitation des compétences de l’écrit n’est pas une condition sine
qua non pour une approche décloisonnée des compétences orale et écrite mais
constitue un point de départ qui pourrait conduire à une réflexion sur leur
articulation en classe de FLE.
33
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
toujours dans la confusion qui les fait pencher en faveur d’une approche plurielle et
situationnelle. Ce désarroi pourrait globalement être dû d’un côté, à l’hétérogénéité
des classes et au programme unique ; d’un autre côté, au flou théorique et aux
insuffisances des formations professionnelles.
Nous avons opté pour une étude approfondie des documents officiels émanant des
instances de l’Education Nationale pour le palier secondaire. Nous ne pouvons
passer outre ce point très crucial notamment que notre étude concerne ce niveau de
scolarisation. Toutes les propositions que nous émettons à la fin de ce travail
concernent le palier secondaire de la scolarisation en Algérie.
L’importance que nous accordons à ce point peut être justifiée par le fait que nous
estimons que l’enseignant doit se munir de tous les outils nécessaires pour la
34
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Ces pistes didactiques que nous suggérons sont conformes à une entrée générique
de l’enseignement/apprentissage qui répond à une perspective décloisonnée de
l’oral et de l’écrit et qui s’inscrit dans le courant de la perspective actionnelle.
approche
décloisonnée
de l'oral et de
Les genres de l'écrit
discours
L'approche
actionnelle
approche générique
actionnelle décloisonnée
35
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
36
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Toutefois, nous recourons à des théories et des approches didactiques qui nous
permettent d’étayer notre travail et de le situer dans un contexte bien défini car « on
en retient pour la didactique des langues que la recherche-action peut s’appuyer sur
des méthodologies diverses en fonction des objectifs qu’elle vise » (ibid. : 18)
Il est vrai que nous avons traité dans cette étude les soubassements théoriques
relatifs aux genres de discours, à l’approche décloisonnée et aux approches
nouvelles en didactique dans le but d’éclaircir et d’expliciter les principes
fondamentaux de ces approches. Cela pourrait situer notre recherche dans ce que
Maurice Angers désigne par « recherche fondamentale ». Notons toutefois qu’il
précise qu’« il n’y a pas lieu d’opposer systématiquement la recherche
fondamentale et la recherche appliquée » (Angers, 1997 : 37). Ceci est confirmé
dans les lignes qui suivent :
37
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Par ailleurs, une recherche-action, selon Macaire, est une recherche qualitative.
Daunay, Reuter et Schneuwly précisent que « le plus souvent, lorsqu’on parle de la
dimension qualitative d’une recherche en didactique du français, cela renvoie à un
matériau qualitatif et/ou à une approche qualitative (de type compréhension ou
interprétation) de l’analyse du matériau » (2012 : 238) et dans notre étude, nous
nous intéressons principalement à une approche de l’enseignement/apprentissage et
nous tentons de vérifier ses implications didactiques possibles.
En outre, Christian Puren estime que la recherche qualitative est la mieux adaptée
au domaine de la didactique des langues cultures et l’oppose à la recherche
quantitative :
38
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Nous abordons, toutefois, dans l’avant dernier chapitre, l’évolution des approches
en didactiques : de l’approche communicative à l’approche actionnelle dans le but
de vérifier s’il y a évolution/continuité ou rupture dans les démarches. Nous nous
sommes également intéressés à l’évolution de l’enseignement/apprentissage de
l’oral. Cela confère à notre étude une dimension diachronique.
Néanmoins, elle peut être généralisée à tout le territoire national étant donné que le
programme de l’Éducation Nationale est unique pour tout le pays ainsi que les
orientations ministérielles et les formations professionnelles des enseignants.
39
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Elle est également explicative dans la mesure où elle vise « à mettre en relation les
phénomènes » (ibid.), notamment dans la partie où nous essayons de mettre en
relation les différentes théories et approches didactiques dans le but d’aboutir à une
approche globale des contenus langagiers.
Nous avons, de ce fait, récolté un corpus riche qui va nous permettre de vérifier la
pertinence de nos questions de recherche, de remédier aux éventuels obstacles en les
confrontant aux résultats obtenus.
40
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Dans ce qui suit, nous allons procéder à la description des corpus que nous avons
étudiés, tout en montrant les raisons et les objectifs qui ont motivé notre choix.
Chaque corpus est utilisé dans les différents chapitres de ce travail.
Pour la 2ème AS, il s’agit d’un curriculum (MEN, 2006a) qui suit la
même organisation que le programme de la 1ère année secondaire. Il a été élaboré en
2006 par la Commission nationale des41 programmes. Il est décliné en quatre
projets à
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
42
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Par ailleurs, les documents abordent les points suivants (cités dans le sommaire) : la
démarche pédagogique du projet ; la construction d’un questionnaire d’évaluation ;
les domaines d’apprentissage (l’écrit, l’oral et la grammaire) ; les objets d’études
ainsi que les techniques d’expression écrite et orale et un glossaire.
1
Inspecteur de l’éducation et de la formation
2
Professeur d’enseignement secondaire
43
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Le deuxième projet « rédiger une lettre ouverte à une autorité compétente pour la
sensibiliser à un problème et lui exposer des solutions » contient une intention
communicative « argumenter pour défendre ou réfuter un point de vue » relative à
l’objet d’étude « le discours argumentatif ». Celui-ci contient deux séquences
« organiser son argumentation » ; « s’impliquer dans son discours ». Les techniques
d’expression envisagées sont : les plans du discours argumentatif, le résumé, la
lettre administrative. Le thème à aborder est celui de « loisirs »
44
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Le manuel de la 2ème AS (désormais Zegrar et al. 2006) a été conçu par Baroudi
Zegrar (IEF), Abdelkader Boumous (IEF) et Rachida Betaouaf (PES)
Dans la page du sommaire, le manuel cite quatre projets qui seront répartis tout au
long de l’année scolaire. Le premier projet s’intitule « Concevoir et réaliser un
dossier documentaire pour présenter les grandes réalisations scientifiques et
techniques de notre époque » a comme intention communicative : « exposer pour
présenter un fait » et aborde le discours objectivé comme objet d’étude. Il se divise
en trois séquences intitulées respectivement : « présenter un fait, une notion, un
phénomène » ; « Démontrer, prouver un fait » ; « commenter des représentations
graphiques et/ou iconiques ».
45
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Dans la note aux utilisateurs, les auteurs du manuel expliquent que cet outil
didactique « n’est ni une méthode d’apprentissage d’une langue, ni un programme.
C’est un ensemble didactique ouvert où le professeur et l’élève pourront puiser les
matériaux nécessaires qui leur serviront à réaliser le programme officiel ».
L’avant dernier projet « Lancer un appel pour mobiliser autour d’une cause
humanitaire » se fixe comme intention communicative d’ « argumenter pour faire
réagir » et comporte deux séquences : « comprendre l’enjeu de l’appel et le
structurer » ; « inciter son interlocuteur à agir ». La lettre de motivation est la
principale technique d’expression abordée.
46
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Nous allons essayer de repérer, à travers l’analyse des manuels que nous venons de
décrire, les écarts possibles entre la méthodologie de référence « celle dont se
réclament les auteurs dans leur préface et/ou le Livre du professeur » (Puren, 2001 :
10) et la méthodologie de conception « celle que l’on peut retrouver par l’analyse
interne » (ibid.).
En outre, les guides pédagogiques rendent compte des projets étudiés dans le cycle
concerné ainsi que de la conception des séquences didactiques.
47
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
En outre, les progressions de septembre 2018 sont données sous forme de tableaux
dont les colonnes sont intitulées : compétence à installer, projet, objet d’étude,
intitulé de séquence, capacités, déroulement de séquence, volume horaire prévu,
régulation et remédiation. Quant aux progressions de juillet 2019, on trouve dans les
intitulés de colonnes ce qui suit : compétences à installer, objet d’étude,
capacités/exemple d’objectifs d’apprentissage, ressources, déroulement de la
séquence, volume horaire prévu, régulation et remédiation.
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Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
questionnaire « une seule idée par question, des termes neutres, des termes simples,
la brièveté, la clarté, la vraisemblance » (1997 : 187).
Sur les 80 questionnaires distribués, nous en avons recueilli 50. Nous estimons que
ce corpus est assez représentatif. Il faut dire que le nombre important de questions
ouvertes que comporte ce questionnaire a sans doute découragé beaucoup
d’enseignants.
La plupart des questionnaires ont été remplis par des enseignants lors des
séminaires de formation avec les Inspecteurs de l’Éducation Nationale et ont été
récupérés aussitôt. Cela nous a permis d’une part de recueillir des réponses
spontanées à nos interrogations, et d’autre part d’expliquer les questions qui ont
nécessité d’être clarifiées. Les questionnaires recueillis ont, pour la plupart, été
rempli par des enseignants titulaires (cf. tableau n°1).
Nombre Pourcentage
Titulaires 46 92%
Stagiaires 2 4%
Contractuels 0 0%
Remplaçants 2 4%
Total 50 100%
49
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Nombre Pourcentage
Moins de 5 ans 19 38%
Entre 6 ans et 10 ans 17 34%
Plus de 11 ans 14 28%
Total 50 100%
Les résultats obtenus lors de l’analyse des questionnaires recueillis vont servir dans
les chapitres 2, 3, 4 et 5 et aborderont les points suivants : les approches en
didactique, les genres de discours en classe ainsi que l’approche décloisonnée des
compétences de l’oral et de l’écrit.
Les sept premières questions du questionnaire visent cet objectif précis qui est de
nous renseigner sur les différentes approches que les enseignants du secondaire
mettent en place dans les différentes situations d’enseignement/apprentissage du
FLE : approche communicative, approche par compétences, pédagogie du projet ou
autres.
Par ailleurs, les réponses données nous renseignent sur la pratique enseignante de
façon générale, et plus précisément sur les modalités d’approche des contenus
langagiers que comporte le programme scolaire.
Nous avons utilisé les résultats obtenus de l’analyse des réponses à ces questions
dans le chapitre 5 portant sur les approches nouvelles en didactique du FLE.
Le deuxième axe du questionnaire pose des items concernant les genres de discours
et leur configuration dans le contexte scolaire. Les items n°8 ; n°9 et n°10 visent à
nous renseigner sur le degré de maitrise des enseignants concernant la notion de
50
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
En outre, les items n°11, n°12, n°13, n°14 visent à découvrir si les enseignants
recourent aux dispositifs et outils didactiques qui permettent l’intégration des genres
de discours dans le contexte scolaire à savoir le modèle didactique du genre qui
permet de générer des séquences didactiques sur les genres de discours contenus
dans le programme.
Enfin, les items n°15, n°16 et n°17 visent à nous renseigner sur les activités ou les
leçons que les enseignants proposent pour l’enseignement/apprentissage des trois
genres médiatiques sur lesquels nous travaillons dans cette étude. Ces questions
nous renseignent donc sur la manière dont les enseignants travaillent le fait divers,
l’interview et le reportage en classe de langue. Le dernier item de cette rubrique
nous renseigne sur l’enseignement des contenus grammaticaux en classe de langue.
Nous avons utilisé les résultats obtenus dans cette rubrique dans le chapitre 2
portant sur les genres de discours en classe de langue et dans le chapitre 3 réservé
aux trois genres médiatiques concernés par cette étude.
Dans cette rubrique, nous avons posé, dans un premier temps, des items concernant
l’enseignement/apprentissage de la compétence orale sans la mettre en relation
directe avec la compétence de l’écrit. Il s’agit des items 19, 20, 23, 26. Ces items
nous permettent d’infirmer ou de confirmer l’hypothèse selon laquelle l’oral ne
serait pas abordé en classe de langue en compréhension et/ou en production.
D’un autre côté, les réponses obtenues aux items 21, 22, 24, 25, 27 nous renseignent
sur la conception qu’ont les enseignants sur le lien existant entre l’oral et l’écrit et
les activités qu’ils proposent pour un enseignement intégré des compétences de
l’oral et de l’écrit.
Nous avons utilisé les résultats obtenus à l’aide de ces questions dans le chapitre 4
portant sur l’approche intégrée de l’oral et de l’écrit
51
Chapitre 1 Problématique, cadrage théorique et choix méthodologiques
Pour conclure, nous pouvons dire que notre problématique de recherche a recours à
différents corpus à étudier et fait appel à divers champs théoriques, notamment la
théorie des genres de discours que nous abordons dans le chapitre n°2, pour tenter
d’apporter des éléments de réponse à nos questions de recherche.
52
Chapitre 2
Les genres discursifs : outils
d’enseignement/apprentissage
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Introduction
Notre problématique de recherche s’inscrit dans le cadre d’une approche didactique
visant l’intégration conjointe des compétences de l’écrit et de l’oral, en utilisant
comme supports didactiques des genres de discours (genres médiatiques en
particulier). L’entrée générique dans l’enseignement/apprentissage des contenus
langagiers a été explicitée notamment par les enseignants de l’université de Genève,
pour n’en citer que Joaquim Dolz et Bernard Schneuwly (2008), et cela dans le
domaine de la didactique du français langue maternelle.
54
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
en se croisant à certains carrefours. Nous retiendrons ici les définitions qui nous
semblent être les plus pertinentes pour notre travail.
Par ailleurs, Bakhtine estime que « les formes de la langue et les formes types
d’énoncés, c’est-à-dire les genres du discours, s’introduisent dans notre expérience
et dans notre conscience conjointement et sans que leur corrélation étroite soit
rompue » (ibid. : 285). Il ajoute que « les genres du discours organisent notre parole
de la même façon que l’organisent les formes grammaticales (syntaxiques) » (ibid.).
Autrement dit, de la même façon que les catégories linguistiques (grammaire,
55
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Ainsi, nous retrouvons des genres comme le réquisitoire, le plaidoyer, le décret qui
appartiennent au domaine juridique ; l’interview, le reportage, le fait divers
appartenant au domaine médiatique ; etc. Chaque domaine peut être subdivisé en
sous-domaines qui le constituent.
Notons également que les genres du discours, selon Bakhtine, sont « des types
relativement stables d’énoncés » (ibid.). Ces productions langagières (orales ou
écrites) sont ancrées socialement et historiquement et chargées culturellement. Elles
présentent des régularités spécifiques qui permettent de les désigner comme
appartenant à tel ou tel autre genre. Bakhtine met en relation le caractère historico-
social des genres du discours et leur spécificité individuelle. Ils ont un caractère
évolutif d’où la difficulté d’une définition stable et généralisante. Par conséquent,
les changements historiques et sociaux influencent surtout l’apparition/disparition
des genres ou leur transgression.
En outre, le dictionnaire des concepts clés des didactiques définit les genres comme
étant « des produits culturels, propres à une société donnée, élaborés au cours de
son histoire et relativement stabilisés (…) ils sont toujours en train d’évoluer »
(Reuter et al., 2013 : 113). Ce caractère évolutif est dû à « la variété virtuelle de
l’activité humaine [qui] est inépuisable et chaque sphère de cette activité comporte
un répertoire des genres du discours qui va se différenciant et s’amplifiant à mesure
que se développe et se complexifie la sphère donnée » (Bakhtine, 1984 : 265).
Enfin, soulignons que ce caractère mouvant est le résultat logique d’une société en
perpétuel changement à travers le temps. Effectivement, les genres discursifs
évoluent au même titre que la société qui les génère. Ils caractérisent le domaine de
leur activité qui leur a donné naissance et sont en mutation à chaque fois que ce
domaine se développe et se complexifie. Ces productions langagières se réfèrent à
56
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Dans cette extrait, elle met l’accent sur l’importance du mot « relativement » car,
selon elle, « le genre n’est pas un moule, une forme figée, c’est un réservoir de
potentialités de la créativité humaine déterminée en partie par les conditions
sociales dans lesquelles les humains vivent et créent » (ibid. : 4).
Par ailleurs, elle souligne le caractère social des genres du discours en précisant que
ces derniers ne sont pas faciles à définir, étant donné le caractère individuel (ou par
groupe) des productions langagières. Elle met en place une série de caractéristiques
ou de traits définitionnels que nous pouvons reformuler comme suit :
57
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Sémantiques : ce trait désigne tout ce qui est relatif au sens du texte à savoir
les champs sémantiques, un lexique et un vocabulaire particuliers, etc.
58
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Par ailleurs, il propose de regrouper les genres institués en prenant « pour critère la
manière dont s’établit la relation entre "scène générique" et ''scénographie'' » (2016 :
103). Il finit par distinguer quatre modes de genres institués selon les contraintes de
la situation d’énonciation : les genres institués en mode 1, « ce sont des genres qui
ne sont pas ou peu sujets à la variation. Les participants se conforment strictement à
leurs contraintes : énoncés rituels, courrier commercial, annuaire téléphonique,
fiches administratives, actes notariés, échanges entre avions et tour de contrôle… »
(2007 : 32). Ensuite les genres institués en mode 2 qui renvoient à des productions
singulières des individus qui sont soumis aux critères du genre mais quelques écarts
restent tolérés comme pour le fait divers par exemple. En effet, selon
Maingueaneau, ces genres « se conforment en général à une scénographie
préférentielle, plus ou moins imposée par la scène générique, mais ils tolèrent des
écarts » (ibid. : 33). En outre, les genres institués en mode 3 regroupent les genres
dont les critères sont plutôt changeants pour répondre à un souci de séduction.
Maingueneau donne l’exemple des chansons et des créations artistiques. Il estime,
en effet, que « bien souvent des habitudes se prennent, des stéréotypes se mettent en
place (...), mais il est de la nature de ces genres d’inciter à l’innovation » (ibid.).
Enfin, les genres institués en mode 4 correspondent aux
59
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Il précise également que « les genres de discours ne sont pas des sortes de moules
dans lesquels le locuteur choisirait de couler son énoncé. En fait, ce sont des
activités sociales qui sont en tant que telles soumises à un critère de réussite »
(ibid. : 59). Il propose une série de ce qu’il désigne par « critères de réussite » pour
la réalisation de genres de discours qu’on peut reprendre comme suit : Une finalité
reconnue ; le statut des partenaires légitimes ; le lieu et le moment légitime ; un
support matériel et une organisation textuelle (ibid. : 60-63).
De son coté, Sophie Moirand considère que le genre est marqué socialement,
culturellement et situationnellement :
60
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Il donne une définition plus précise des genres comme étant des catégories :
Le genre étant perçu comme un guide qui oriente la production et la réception des
textes dans le processus de communication entre les individus, nous rejoignons
l’avis de Jean-Michel Adam qui désigne le genre comme prototype et non comme
un modèle strict qui forcerait toutes les productions langagières à se conformer à
une liste de critères rigides. Effectivement la théorie du prototype
61
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Dans le même courant de pensée, Annik Dubied, dans son ouvrage Les dits et les
scènes du fait divers, penche également en faveur d’une approche prototypique du
genre. Elle explique que les critères minimaux de définition d’un genre tels que
définis par Adam, Charaudeau, Maingueneau et Richer réduisent l’extrême variété
des réalisations possibles d’un genre de discours. En effet, ils donnent une
définition très limitée du genre. A cet effet, Dubied affirme en parlant de ces
schémas que « si on a proposé d’envisager le genre selon une définition
62
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Selon Dubied, « L’idée d’envisager les genres dans le cadre de la théorie des
prototypes a été suggérée par Emmanuel Belin, qui l’a lui-même appliquée dans sa
thèse de doctorat » (ibid.). Elle affirme que « rares sont les "prototypes" concrets,
ces "meilleurs exemples de la catégorie" qui répondent à l’ensemble des
typologèmes (…) La plupart des membres de la catégorie reprennent une partie
seulement des traits » (ibid. : 328). Elle explique que cela est dû à la nature du genre
dont les « frontières sont flottantes et ses membres, protéiformes » (ibid. : 328)
Par ailleurs, Dubied affirme que, concernant les genres médiatiques, la théorie du
prototype est plus pertinente pour rendre compte de la multitude des réalisations
médiatiques et pour « rendre justice à la diversité et à la complexité des objets
étudiés et de leur parcours de médiation » (ibid. : 97). Il ne s’agit pas de classer les
productions médiatiques selon le principe du tout ou rien mais de travailler « selon
un degré plus ou moins élevé de similarité avec la figure centrale. Par conséquent,
les relations entre les membres de la catégorie s’expriment en termes de gradience »
(ibid. : 97)
63
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
En outre, Karl Canvat affirme également que « l'appartenance générique d'un texte
n'est donc jamais que relative » (2003 : 174). Il précise :
Cette affirmation de Canvat rejoint les propos de J.-M. Schaeffer qui estime que « la
fonction principale d'une notion à définition prototypique n'est pas de nous livrer un
critère permettant d'exclure les cas douteux, mais de mettre à notre disposition un
faisceau de traits convergents qui nous permettent de regrouper les faits
apparentés » (Schaeffer, 1996 ; cité par Canvat, 2003 : 175).
Enfin, notons que l’ensemble des définitions que nous venons de citer s’accordent
toutes sur les points suivants :
64
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Les genres sont des produits culturels appartenant à une époque temporelle
bien définie ;
Nous venons d’évoquer les principales définitions du genre de discours tel que
perçu par les linguistes qui ont le plus abordé cette notion. Nous allons, dans ce qui
suit, nous intéresser à leur insertion en classe de FLE. En effet, les genres sont des
« outils culturels, ils sont aussi des outils didactiques, à la fois outils
d’enseignement et outils d’apprentissage. » (Dolz, Gagnon, 2008 : 186). Ceci
rejoint les propos de Canvat qui estime que
65
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Par ailleurs, « L’école a toujours forcément travaillé sur les genres puisque toute
forme de communication, donc aussi celle qui est centrée sur l’apprentissage, se
cristallise dans des formes langagières spécifiques » (Dolz, Schneuwly, 1997 : 30).
Les deux auteurs précisent que la situation scolaire est plus complexe car « il y a un
dédoublement qui s’opère, où le genre n’est plus seulement outil de la
communication, mais en même temps objet de l’enseignement/apprentissage »
(ibid.).
66
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
cours de grammaire. Cette dernière est considérée comme élément clé et figure dans
tous les cours de langue. Les élèves devaient apprendre et mémoriser des règles de
grammaire sans pour autant être capables de les mettre en application dans des
situations de communication authentiques. Selon Chartrand, « lorsqu’on parle d’un
type de texte, on se réfère à un modèle abstrait qui condense des traits linguistiques
qui le distinguent des autres types (…).» (MEQ, 1995 : 13). Cela a déjà été signalé
par Schneuwly qui prévient des dangers potentiels de ce modèle « abstrait » :
Notons également que cette approche a montré ses limites dans le contexte scolaire
dans la mesure où elle reste figée sur le texte qui est pourtant un produit
socioculturel ; d'où l’impossibilité de le couper de son contexte de production qui
lui procure plus de signification. Cela sans oublier que le lecteur joue un rôle des
plus importants dans le processus d'interprétation. Sartre dans "Qu'est-ce que la
littérature ?" parle du rôle judicieux dont jouit le lecteur interprète qui contribue à
l'élaboration du sens du texte :
67
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
du discours. En effet, tous les textes sont intrinsèquement hétérogènes. Il n’y a pas,
sauf rare exception, de texte purement narratif ou argumentatif. Ainsi une approche
par types de textes peut s’avérer réductrice de la variété des productions langagières
car à l'intérieur de chaque texte se mêlent narratif, explicatif, descriptif etc. En effet,
« il faut accepter que, hormis quelques rares textes entièrement codifiés (comme les
textes sacrés), tout texte est composite du point de vue discursif » (Charaudeau,
1997 : 90 ).
Cette hétérogénéité compositionnelle des textes rend une classification des activités
scolaires (de lecture et de production) en termes de « types textuels »
vraisemblablement caduque. Canvat affirme à cet effet que
Ainsi, nous pouvons dire que l’approche générique permet un traitement plus
cohérent des textes en ce qu'elle admet le caractère compositionnel des genres
textuels qui englobent des séquences différentes. Le genre est de ce fait « l’outil par
68
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Enfin, les genres de discours étant des objets de communication sociale prennent
une place prépondérante comme outils didactiques en classe de FLE dans la mesure
où ils « peuvent constituer le cordon ombilical entre l'école et la société » (Redjdal,
Ammouden, 2018: 194). Effectivement, une approche générique de
l'enseignement/apprentissage du français constitue non seulement un outil propice à
l'acquisition de compétences communicatives en langue française, mais permet
également un transfert de savoir dans la vie sociale de l'apprenant car « l'homme ne
s'exprime qu'en produisant du texte relevant d'un genre particulier » (J.-P.
Bronckart, 1994 : 378).
69
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Par ailleurs, d’après Joaquim Dolz et Roxane Gagnon, le genre est un outil culturel,
mais également et surtout un outil didactique : d’abord outil d’enseignement car il
confère une signification sociale aux activités langagières et oriente l’enseignant
dans sa démarche d’enseignement ; outil d’apprentissage ensuite car il « permet à
l’élève qui le pratique d’avoir accès à certaines de ses significations et, s’il les
intériorise, d’accroitre ses capacités langagières » (Dolz, Gagnon, 2008 : 186). Le
genre de texte agit donc comme un guide qui oriente les pratiques des apprenants en
production ainsi qu’en réception orale et écrite.
Dolz et Schneuwly estiment que « le genre travaillé à l’école est toujours une
variante du genre de référence, construite dans une dynamique
d’enseignement/apprentissage, pour fonctionner dans une institution dont le but
premier est précisément ceci » (Dolz, Schneuwly, 1997 : 34). Le genre abordé en
classe est adapté à la situation d’enseignement/ apprentissage et vise l’acquisition
par les apprenants de compétences langagières à travers une transposition
didactique du genre abordé.
Retenons, par ailleurs, que Joaquim Dolz et Bernard Schneuwly (1997) parlent du
« traitement didactique du genre » : « Les genres à l’école se transforment et se
dédoublent. » (Dolz, Gagnon, 2008 : 188). Ce dédoublement concerne la double
dimension du genre qui n’est plus seulement une pratique de référence mais
70
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
également un genre scolaire qui a subi un traitement didactique pour servir d’outil
d’enseignement.
Notons également que pour une intégration des genres dans le contexte scolaire, il
est nécessaire de définir leurs caractéristiques constitutives pour en faire des objets
d’enseignement/apprentissage : « Cette transformation d’un genre social à un genre
scolaire suppose une délimitation des dimensions enseignables du genre » (ibid. :
194). Les deux auteurs ajoutent que « la définition des dimensions enseignables des
genres suppose une prise de distance et une rupture partielle avec les pratiques de
référence pour constituer un milieu qui facilite leur appropriation » (ibid. : 181).
Dans le contexte scolaire, l’enseignement/apprentissage peut cibler une dimension
en particulier.
Le modèle didactique, tel que défini dans le dictionnaire des concepts clés
des didactiques, est « une construction théorique à visée descriptive
et/ou praxéologique » (Reuter et al., 2013 : 135) qui sert à définir
l’objet d’enseignement/apprentissage, en l’occurrence un genre discursif, et de
rendre possible sa didactisation.
71
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Selon les deux auteurs, le modèle didactique du genre « apparait en général comme
comprenant cinq composantes essentielles : la définition générale du genre ; les
paramètres du contexte communicatif ; les contenus spécifiques ; la structure
textuelle globale ; les opérations langagières et leurs marques linguistiques » (ibid. :
32-33). Ces différentes dimensions constitutives du genre feront l’objet de modules
d’apprentissage.
72
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Dolz et Schneuwly ajoutent que « la définition aussi précise que possible des
dimensions enseignables d’un genre facilite l’appropriation de celui-ci et rend
possible le développement des capacités langagières diverses qui y sont associées »
(1997 : 39). Ainsi, trouver les caractéristiques des genres discursifs à enseigner sera
la première tâche de l’enseignant qui procèdera à l’élaboration d’un modèle
didactique du genre. Dans ce dernier, « il s’agit d’expliciter la connaissance
implicite du genre » (ibid. : 34), de la matérialiser en objectifs concrets à réaliser en
classe.
D’autre part, nous considérons qu’un modèle didactique « constitue une synthèse à
visée pratique destinée à orienter les interventions des enseignants ; il dégage les
dimensions enseignables à partir desquelles diverses séquences didactiques peuvent
être conçues » (ibid.). Notons qu’il ne s’agit pas d’une « doublure » de séquence
73
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
74
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Par ailleurs, la séquence didactique étant le lieu qui organise les apprentissages
autour d’un genre discursif car elle « se définit comme un dispositif didactique créé
pour l’enseignement d’un genre textuel » (ibid. : 189). Elle permet une approche
plus globale du phénomène langagier. Le modèle didactique joue donc le rôle de «
matrice génératrice » de séquences didactiques autour d’un genre discursif pour
différents niveaux scolaires. En effet, « il permet de construire des séquences
d’enseignement/apprentissage de complexité croissante et suivant le développement
des apprenants » (De Pietro, Schneuwly, 2003 : 40).
75
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
76
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Par ailleurs, la séquence didactique telle que présentée par Joaquim Dolz et Bernard
Schneuwly, se compose de moments d’apprentissage, de remédiation et
d’évaluation. Elle débute par une « mise en situation » où il s’agit notamment de
mettre les apprenants en contact avec le genre discursif à aborder. Cette étape
représente « le moment durant lequel la classe construit une représentation de la
situation de communication et de l'activité langagière à accomplir » (Dolz, Noverraz
et Schneuwly, 2001 : 7). Elle joue un rôle important dans la séquence didactique car
d’un côté, elle a pour but d’expliciter les objectifs visés par la réalisation du projet
dans lequel s’inscrit la production écrite ou orale du genre enseigné ; d’un autre
côté, elle prépare la production initiale, deuxième étape de la séquence didactique.
77
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Ainsi, dans les modules, il s’agira de « travailler les problèmes apparus dans la
première production et de donner aux élèves les outils nécessaires pour les
surmonter » (ibid. : 9). Les apprenants vont acquérir les outils nécessaires qui leur
faisaient défaut dans la production initiale car « chaque atelier est destiné à
améliorer une des composantes du texte à rédiger ou à résoudre un problème
d’écriture observée dans les productions initiales des élèves » (Dolz, Gagnon,
2008 : 190). Les modules aboutiront éventuellement à un « aide-mémoire » qui va
récapituler les différents points abordés dans la séquence et qui serviront de critères
dans la production finale.
Enfin, nous pouvons dire que la séquence didactique facilite l’appropriation d’un
genre discursif en abordant toutes ses caractéristiques (linguistiques, formelles,
compositionnelles,…) selon les objectifs fixés par l’enseignant ainsi que les
78
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
résultats de la production initiale qui rendent compte des besoins langagiers des
apprenants.
Dans un souci de clarté, nous recadrons notre problématique comme suit : les
documents officiels émis par le Ministère de l’Éducation Nationale abordent-ils les
différentes activités d’enseignement/apprentissage dans un cadrage générique ?
Qu’en est-il de la pratique enseignante à ce sujet ? Pour répondre à ces questions,
nous avons inclus dans notre corpus d’un côté, les différents documents officiels
mis à la disposition des enseignants pour les trois niveaux de scolarité au lycée : les
programmes scolaires, les documents d’accompagnement, les manuels scolaires et
les guides pédagogiques ainsi que les progressions de 2019 ; d’un autre côté, les
questionnaires recueillis auprès des enseignants.
79
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
qu’est désigné par « genre » des groupements discursifs : les genres narratifs,
argumentatifs, etc. mais le terme fait également référence à des productions
langagières socialement reconnues et identifiées comme : la nouvelle, le théâtre, le
fait divers.
Par ailleurs, il est important de souligner que les différents genres textuels abordés
dans les documents officiels sont désignés :
80
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Tantôt, dans les tableaux synoptiques, par « objets d’étude », défini par le
glossaire du programme de 3ème AS comme « ce sur quoi se focalisent en
propre les activités et études d’un domaine du savoir, ce qui distingue ce
dernier du reste du programme. ». (MEN, 2007 a : 24). La définition donnée
reste assez vague et générale. Pour la rendre spécifique aux objets d’études
abordés dans le programme de français, nous pouvons dire qu’ils renvoient à
des genres textuels qui organisent les différentes activités
d’enseignement/apprentissage.
81
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Dans les activités proposées en 3ème AS, dans le projet portant sur l’appel, nous
trouvons des manipulations qui réfèrent à la typologie textuelle comme la
« transformation d’une petite annonce parue dans un journal (ex : don de sang) en
texte exhortatif [emphase ajoutée] » (MEN, 2007a : 14). Les activités proposées
s’inscrivent également dans la logique de la typologie textuelle puisqu’elles
proposent, entre autre, d’aborder « le fonctionnement de certains types de textes à
travers des notions grammaticales récurrentes. » (MEN, 2005b : 24). Les genres
textuels sont désignés par le type discursif dominant à savoir : texte explicatif pour
les textes de vulgarisation scientifiques, texte narratif pour la nouvelle, etc. Ce que
le guide pédagogique de la 3ème AS ne manque pas de mettre en exergue en
classifiant un texte comme relevant du type narratif et non du document d’histoire
« Le texte3 s’inscrit dans la typologie narrative, (…) » (MEN, 2007c : 11).
Ajoutons à cela que cette confusion est d’autant plus visible lorsqu’on aborde
« l’argumentation ». En effet, l’extrait suivant illustre bien le flou qui entoure les
notions de « type », « genre » et « support » : « Le discours argumentatif est un type
de discours pouvant se rencontrer dans bon nombre de types de textes et à ce titre
vous pourrez varier les supports d’étude (articles de presse, poèmes, pièces de
théâtre, textes d’idées). » (MEN, 2006b : 30). Soulignons également que le
document d’accompagnement du programme de la 1ère AS précise que
3
Il s’agit du texte Histoire du 8 mai 1945 p.30-31
82
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
83
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
littéraire. En effet, à aucun moment, dans les documents officiels, on a désigné les
autres objets d’étude comme étant des genres de discours.
Nous pouvons dire que les programmes, ainsi que les documents
d’accompagnement, tout en offrant de sérieuses pistes de réflexion théorique et
méthodologique souffrent d’un flou conceptuel qui entoure notamment les notions
de genre et de type de texte. Cette remarque nous permet de supposer que les
manuels et les guides pédagogiques des manuels destinés aux enseignants, mettent
en place les deux approches (typologique et générique) de manière conjointe.
4
Cette expression devrait renvoyer aux genres
84
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Ce point nous amène à dire que les documents officiels restent attachés, à un certain
degré, à une entrée par thèmes (contenus), qui est le principe de la pédagogie active
(Puren, 2004 : 3) et qui peut également renvoyer à la pédagogie par objectifs (PPO)
dans l’enseignement/apprentissage du FLE.
Les manuels scolaires, au même titre que les programmes et les documents
d’accompagnement, témoignent eux-aussi d’une confusion certaine quant à l’entrée
adoptée pour l’enseignement/apprentissage du français au lycée. En effet, « une
particularité du manuel comme discours didactique est de se constituer dans une
relation de dialogisme, plus ou moins avouée, avec ces autres discours que sont les
instructions officielles » (Maurer, 2002 : 54). Ainsi, l’examen de l’avant-propos,
des tables de matières (ou le sommaire), ainsi que la rubrique « aux utilisateurs »
représentent de bons indicateurs qui nous ont permis de déterminer, en fonction des
intitulés de séquences notamment, que les deux approches (typologie textuelle,
genres textuels) sont abordées sans distinction. Les objets d’études renvoient à des
genres textuels précis, tandis que les intitulés de séquences et les intentions
communicatives renvoient généralement à des types de textes.
85
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Sur les 13 enseignants qui affirment connaitre cette approche, nous ne retrouvons
que 6 enseignants qui donnent une définition partiellement proche de l’approche
générique comme l’illustrent les réponses suivantes :
E.2. L’approche par les genres est une approche qui se base sur l’étude des
genres comme le genre théâtral, reportage touristique, récit de voyage.
E.3. Elle est basée sur l’étude des genres : conversationnel, théâtral,
scientifique.
E.15. On sait que la séquence didactique s’articule autour d’un genre de
discours et non un type de texte. Selon cette approche, il faut veiller à traiter
les ressources linguistiques qui sont exclusivement liées à la séquence qu’on
enseigne.
E.35. L’approche par genre est la plus préconisée que l’approche par
typologies, car elle vise précisément le type de discours employé. Les types
sont divisés en genres afin de viser directement la situation de communication.
Par exemple, dans le discours argumentatif, on trouve différents genres tels
que le plaidoyer et le réquisitoire.
E.40. Une approche qui favorise un enseignement authentique de la langue, le
regroupement en genre de discours « facilite le déploiement de contenus
d’enseignement ». Il permet de prendre en compte les pratiques
socioculturelles.
E.42. C’est mettre l’accent sur les genres de discours en travaillant les
caractéristiques de chacun
Toutes les autres définitions données de l’approche générique nous paraissent bien
loin de correspondre à un enseignement/apprentissage par genres discursifs. Nous
pouvons dès lors affirmer que sur les 50 enseignants, seuls 6 enseignants ont pris
connaissance d’un enseignement/apprentissage basé sur une entrée par genres
textuels.
Cette première conclusion est confirmée par les deux tableaux suivants qui mettent
en évidence les réponses données aux deux questions (14) et (14’). Ainsi, 46 sur 50
enseignants (soit 92%) affirment ne pas connaître le modèle didactique du genre.
86
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Sur ces trois explications, nous remarquons que la réponse (E.35) ne fait pas
référence au modèle didactique du genre mais à un « modèle », dans l’absolu, à
reproduire. Ainsi, il nous semble légitime et nécessaire de remettre en question les
réponses des enseignants qui affirment connaître ou mettre en pratique une
approche générique dans l’enseignement/apprentissage du FLE. Les réponses
données aux questions n°8 et n°10 peuvent confirmer cette hypothèse. En effet, ces
deux questions nous informent que les enseignants, comme les documents officiels,
confondent clairement entre les types de textes et les genres de discours. La
majorité des enseignants, au lieu de citer des genres de discours (question n°10), a
cité des types de textes ou parfois genres et types de textes ensemble comme le
montrent les propos suivants (nous ne citons que quelques réponses pour illustrer) :
87
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Nous pouvons donc conclure sur ce point en affirmant que les enseignants sont
confrontés à très peu d’indications dans les programmes et les documents officiels
concernant la notion de « genre ». En effet, dans les documents officiels, on ne
retrouve pas de renseignements suffisants à cet égard, ni une méthodologie précise
pour aborder les genres textuels. Ceci explique le fait que les enseignants
confondent également entre types et genres textuels.
Comme défini précédemment (cf. 2.2.), les genres textuels, dans le cadre scolaire,
sont soumis à une modélisation didactique et font l’objet de séquences. Toutefois,
nous ne retrouvons dans les trois programmes d’enseignement du cycle secondaire,
88
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
89
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Notons que ces deux étapes concernent le projet et non la séquence didactique. En
effet, le guide pédagogique de la 2ème AS met en évidence les six étapes suivantes à
suivre dans chaque séquence : 1. compréhension, 2. expression, 3. outils
linguistiques, 4. Synthèse (mise au point avec le projet), 5. évaluation formative, 6.
élargissement (étude de textes poétiques) (MEN, 2007c : 44-45). Les nouvelles
progressions mettent également en exergue les étapes de la séquence didactique qui
peuvent être citées comme suit : lancement du projet, évaluation diagnostique,
compréhension de l’oral, production de l’oral, compréhension de l’écrit, production
de l’écrit.
Nous remarquons que la séquence didactique ne prend pas en charge tous les traits
définitoires du genre textuel mais cible notamment les traits linguistiques et
90
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
grammaticaux. Cela pourrait s’expliquer par le fait que la séquence ne cible pas, ici,
la maîtrise d’un genre textuel mais plutôt un aspect du genre.
Le guide pédagogique de la 1ère AS, de son côté, désigne les objets d’études et les
intentions communicatives par le terme « chapitre » et chaque chapitre se compose
de deux ou trois séquences (MEN, 2005a : 4) qui se fixent comme objectif un
niveau de compétence à maîtriser. Ce qui nous amène à détecter ici des restes de la
pédagogie par objectifs qui fragmentent les différentes composantes de la langue
dans l’enseignement/apprentissage. Néanmoins, les nouvelles progressions
admettent clairement que la séquence didactique prend en charge un modèle
discursif : « Le choix des points de langue est tributaire de l’objectif de la séquence,
laquelle prend en charge un modèle discursif. » (MEN, 2019a : 4)
Au même titre que les documents officiels cités précédemment, les manuels
scolaires des trois niveaux du lycée nous indiquent également que la séquence
didactique vise l’acquisition d’un niveau de compétence (un savoir-faire) et ne vise
pas l’acquisition d’un genre textuel : « Votre manuel est divisé en cinq chapitres
91
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
92
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
D’autres estiment que la séquence didactique aborde plus d’un genre textuel, ou
qu’un genre textuel peut être travaillé dans deux séquences ou plus :
Ceci étant dit, les réponses données à la question n° 11 où les enseignants ont défini
la séquence didactique et donné des exemples d’intitulés de séquences nous
93
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
E.6. Une séquence didactique est en relation avec les quatre compétences en
réception et en production : « Plaider une cause », « réfuter une cause ».
E.7. Une séquence didactique se décline en plusieurs séances. Une ou
plusieurs séquences forment un projet didactique. C’est un ensemble
d’apprentissages en relation à un objet d’étude précis. « Rédiger un texte pour
inciter à agir » ; « s’inscrire dans un débat ».
E.8. Une séquence est un ensemble de séances et de compétences. Séquence :
rédiger une nouvelle d’anticipation/ Séquence : démontrer, prouver un fait,
une notion, un phénomène.
E.12. Une séquence didactique comprend des savoirs spécifiques à chaque
compétence (oral, écrit en compréhension et en production). Elle vise à
développer des savoir-faire qui permettent à l’élève de les exploiter afin qu’il
puisse rédiger un discours précis.
E.16. C’est un ensemble d’apprentissage composé de compétences. Intitulés :
comprendre la structure d’un appel ; convaincre ou persuader, etc.
E.17. Plaider en faveur d’une cause ; s’inscrire dans un débat : convaincre et
persuader.
E.22. C’est un ensemble de savoirs et de savoir-faire dans un discours donné.
E.30. Ensemble de cours et d’activités qui travaillent des objectifs définis dès
le départ (à l’oral et à l’écrit) ; Intitulés de séquences : Produire un texte pour
concéder et réfuter (3ème AS) ; Produire un texte pour défendre un point de
vue.
E.33. C’est un ensemble de connaissances ou de savoir-faire structuré par
l'enseignant, en vue de contribuer à l'atteinte d'un objectif pédagogique.
E.38. Une séquence didactique est une période d’enseignement qui comprend
plusieurs activités, objectifs d’apprentissage et compétences à installer.
Exemple : Produire un discours argumentatif pour défendre ou réfuter une
thèse.
E.45. La séquence didactique a pour but de faire acquérir aux apprenants des
savoir-faire dans la compréhension et production de textes.
E.48. La séquence didactique comporte des activités de compréhension et de
production de textes différents.
94
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
E.49. Une séquence didactique est une partie du projet, un groupe d'activité
complémentaire à voir pour inculquer une notation. Dialoguer pour se faire
connaître et connaître l'autre - Relater un évènement fictif.
Ainsi, remarquons-nous dans les réponses données ci-dessous que les enseignants
définissent la séquence didactique selon les intentions de communication ou les
actes de paroles. Il s’agit notamment des enseignants E.6, E.7, E.8, E.16, E.17,
E.30, E.38, E.49.
95
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
E.36. Une séquence didactique est une unité qui travaille les quatre
compétences (CO/PO/CE/PE)
E.37. Un ensemble organisé d’activités visant une réalisation concrète
(production écrite ou orale)
E.40. La séquence didactique s’organise sur un ensemble d’activités de lecture
et d’écriture orale et écrite.
E.41. Un ensemble d’activités qui visent la production orale et écrite.
E.44. La séquence didactique est constituée d’activités visant à développer les
compétences de compréhension et de production orales et écrites.
E.47. Elle cible les quatre compétences (CE//PE/CO/PO) en plus des activités
de structuration de la langue.
96
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
E.1. C’est une séquence où sont regroupés et listés tous les apprentissages
relatifs au projet pédagogique et rattachés à l’objet d’étude.
E.3. C’est un ensemble de séances tournant autour d’un projet. Intitulés :
Produire un texte pour défendre une opinion, rédiger une lettre ouverte.
E.5. Il s’agit d’une séquence où sont répertoriés et listés tous les
apprentissages relatifs au projet pédagogique et attaché à l’objet d’étude.
E.26. Une séquence didactique est considérée comme un mini projet et/ou
projet partiel.
E.35. La séquence désigne l’ensemble des apprentissages à prévoir qui vise la
réalisation du travail final qui est le projet. Exemples d’intitulés : -Produire un
texte pour informer d’un fait d’Histoire de manière objective –Produire un
texte à caractère explicatif à partir d’informations données/recueillies -
Produire un texte pour convaincre ou persuader.
E.50. Une séquence didactique est une composante du projet et vise la
réalisation d’un objectif d’apprentissage.
Cette affirmation en appelle une autre : dans la pratique enseignante, c’est le projet
qui vise l’acquisition d’un genre textuel. Cela rejoint les résultats d’analyse des
documents officiels. En effet, nous avons pu voir que c’est le projet et non la
séquence didactique qui cible l’apprentissage d’un genre. Ceci explique les
réponses données par les enseignants à la question n° 13 du questionnaire. Si 8 sur
50 enseignants affirment ne pas savoir quel lien existe entre genre textuel et projet
pédagogique et 10 enseignants ont omis de répondre à cette question, les autres
estiment que le projet pédagogique s’articule autour d’un genre textuel comme
l’illustrent les propos suivants :
97
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
2.3.3. Synthèse
Nous retenons de l’analyse des documents officiels émis par le MEN, ainsi que des
questionnaires destinés aux enseignants trois points essentiels :
Le premier point concerne l’approche des contenus langagiers préconisée par les
documents officiels. Bien que ces derniers affirment qu’ils sont en rupture avec la
typologie textuelle et s’inscrivent dans la linguistique d’énonciation qui implique la
prise en charge de l’usage social de la langue, nous ne pouvons ignorer que la
typologie textuelle est largement prônée dans la catégorisation des contenus
98
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
langagiers abordés dans les programmes. Ceci est d’autant plus visible dans les
représentations des enseignants qui confondent entre type et genre textuel.
La séquence didactique est à réaliser dans le cadre d’un projet dont elle
représente l’unité centrale ;
Le projet, dans les deux cas, vise une réalisation finale concrète.
Toutefois, quelques différences entre les deux conceptions sont à relever. Il s’agit
notamment de la relation à établir entre « séquence » et « projet ». Nous estimons
que la séquence didactique est en étroite relation avec le projet (Redjdal,
Ammouden, 2018 : 203). En effet, avoir comme projet pédagogique « la réalisation
d’une interview avec le plus grand chanteur de la région à mettre sur le site de
l’établissement » engage l’enseignant à mettre en place une séquence didactique
supposée fournir aux apprenants les moyens dont ils ont besoin pour la réalisation
du projet. Mais cette séquence didactique, qui aboutira à la production d’un genre
textuel, peut à son tour, s’inscrire à l’intérieur d’un méga projet dont l’intitulé
pourrait être « Réaliser un site web pour rendre hommage aux grands chanteurs de
la région » (ibid.). Dans cette perspective, le méga projet peut contenir d’autres
99
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Conclusion
Pour conclure, nous pouvons dire que les enseignants, au même titre que les
programmes et les documents officiels, en adoptant les différentes notions de
« séquence didactique », « projet pédagogique », « genre de discours » ont ignoré
les soubassements théoriques qui fondent ces notions, et cela a conduit à une
application aléatoire qui aura probablement des incidents sur le parcours éducatif
des apprenants.
100
Chapitre 2 Les genres discursifs : outils d’enseignement/apprentissage
Dans ce chapitre, nous avons abordé les contours définissant une entrée générique
dans l’enseignement/apprentissage des contenus langagiers. Le chapitre suivant va
développer, plus en détail, les trois genres médiatiques concernés par cette
recherche.
101
Chapitre 3
Les genres médiatiques en classe de
FLE
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Introduction
Nous avons abordé dans le chapitre précédent les genres de discours et leur
transposition en classe de FLE. Les genres médiatiques étant une catégorie de
genres relevant du discours médiatique nous intéresse particulièrement pour leur
forte présence dans le quotidien des usagers de la langue.
103
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Ainsi, les genres médiatiques sont définis en se rapportant aux supports qui servent
leur médiatisation. En d’autres mots, les productions langagières écrites ou orales
qui émanent de cette « sphère d’activité » sont définies par les supports mêmes qui
servent leur transmission : Les genres télévisuels se servent de la télévision comme
moyen de transmission de l’information ; les genres de la presse écrite ont recours
aux nombreux types de journaux (quotidiens, hebdomadaires, magazines, …)
comme « média » de l’information etc. Ces dispositifs médiatiques présentent « des
différences de matérialité qui ont une incidence sur les représentations du temps, de
l’espace et des conditions de réception que chacun de ces trois médias construit »
(Charaudeau, 2011 :87).
Par ailleurs, Dominique Maingueneau explique que les genres télévisuels sont une
partie « prenante d’un ensemble plus vaste que serait le type de discours
médiatique, où figureraient aussi le type de discours radiophonique et celui de la
presse écrite » (2016 : 56). Les genres médiatiques font donc référence à tous les
textes écrits ou oraux conçus dans une perspective de médiation de l’information
entre une institution (Le journal, la télévision,…) et un public cible (lecteurs,
104
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Selon Patrick Charaudeau (2011 : 23), le discours médiatique se retrouve piégé dans
une contradiction étant donné que sa première finalité qui consiste à informer les
citoyens se retrouve doublée par une nécessité de séduction et de captation de
l’intérêt du public compte tenu de la concurrence qui caractérise actuellement le
marché médiatique. Effectivement les instances de productions « mettant en œuvre
des stratégies de séduction qui entrent en contradiction avec le souci de bien
informer » (Charaudeau, 2011 : 23). Le rôle des médias est justement de dépasser ce
problème :
Notons également que les genres télévisuels, radiophoniques, ainsi que les genres
de la presse écrite, font partie du champ médiatique dans le sens où leur but consiste
à médiatiser l’information en recourant à des dispositifs bien définis : « on retrouve
cette notion (genre) dans l’analyse des médias, accompagnée de qualificatifs qui la
spécifient selon le support médiatique : les genres journalistiques (entendons de la
presse écrite), les genres télévisuels, les genres radiophoniques » (ibid. :172).
Par ailleurs, nous retrouvons des genres médiatiques qui sont présents dans les
différents médias. On parle alors d’« étoilement »5 médiatique ou de
« contamination » médiatique pour désigner l’existence et la circulation d’un genre
dans différents sous-domaines médiatiques.
5
Terme utilisé par Marion, 1997 et repris par Annik Dubied (2004) pour désigner la présence d’un
genre dans les différents médias.
105
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Ajoutons aussi que les genres médiatiques, selon le support qui leur sert de moyen
de transmission, ont tout un public qui les identifie comme tels, qui leur reconnait
une certaine fonction bien précise qui les caractérise au sein de la société où ils
émergent. Ce sont donc des productions à caractère social qui visent un lecteur qui
sait les identifier et les reconnaitre. Chacune de ces productions a une intention qui
est bien connue du lecteur/auditeur. En effet,
Nous allons dans ce qui suit nous intéresser de près aux trois genres médiatiques
que nous avons choisis dans ce travail de recherche.
106
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Le fait divers est un genre discursif qu’on retrouve le plus souvent dans la presse
écrite. Néanmoins, le définir comme genre journalistique équivaut à le restreindre et
le limiter à un seul champ d’activité. Or, ce genre discursif parcourt de nombreux
médias qu’il investit et s’approprie pour son usage. L’« étoilement médiatique »
serait une dimension inhérente à la définition même du fait divers.
Précisons que le fait divers était, à ses débuts, un genre de la presse écrite.
Aujourd’hui, il a « contaminé » d’autres champs médiatiques notamment la
télévision, la radio et Internet :
107
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Par ailleurs, cette dimension « pluri-médiatique » du fait divers qui peut survoler les
différents médias tel un « caméléon » offre d’un côté plusieurs perspectives de
création artistiques, littéraires, cinématographiques, etc. D’un autre côté, elle
permet, en classe de FLE, une approche intégrée dans l’enseignement/apprentissage
des compétences de l’oral et de l’écrit. En effet, le fait divers comme genre
médiatique représente un outil didactique qui permettrait, en classe de langue,
l’enseignement simultané de l’oral et de l’écrit.
C’est le processus de médiation qui est à l’origine du fait divers. Autrement dit, il
n’y aurait pas de fait divers sans médiation. Il n’existe que parce qu’il est
médiatisé car « le fait divers est avant tout une mise en scène sémiotique. En
d’autres termes, on ne rencontre pas un fait divers ailleurs que dans les médias, c’est
sa mise en scène qui le constitue » (ibid. : 13). Ce genre médiatique prend vie grâce
aux médias qui le diffusent.
Dubied ajoute que la définition du fait divers n’est pas si simple à établir. En effet,
les professionnels de la presse écrite et les scientifiques du langage peinent à se
mettre en commun accord pour établir une définition précise de ce genre, étant
donné la nature même du fait divers qui relève de l’inclassable. Nous avons
souligné sa tendance au « débordement ».
Ainsi, sommes-nous du même avis que Dubied qui propose de recourir à la théorie
du prototype pour penser une approche plus précise et plus pertinente de ce
« caméléon » médiatique étant donné qu’il peut se détourner des routines
habituelles du genre.
Notons que la théorie du prototype suppose l’existence d’un modèle type de fait
divers et toutes les autres réalisations de ce genre sont considérées plus ou moins
comme des faits divers : « On travaille selon un degré plus ou moins élevé de
similarité avec la figure centrale » (ibid. : 97).
108
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Par ailleurs, il convient de faire la différence entre le récit qui suit un ordre logique
des faits, avec toutes les caractéristiques d’un récit proprement dit à savoir une
intrigue définie, des personnages bien identifiés, un cadre spatiotemporel
délimité…., et la relation d’actions qui suit plutôt un ordre chronologique et
énumère les évènements l’un après l’autre. Ainsi, « la séquentialité des faits divers
hésite entre description d’actions et récit » (ibid.).
Retenons donc que les séquences qui dominent dans les faits divers correspondent
plus à des séquences narratives qu’à des séquences explicatives ou argumentatives.
En effet, « dès que la séquentialité est narrative, il y a forcément récit » (Adam,
Petitjean, 1989, cités par Dubied 2004 : 197). Dubied explique que
« séquentiellement, le narratif aurait donc une tendance plus affirmée que ses alter
ego à "prendre la dominante" » (ibid.). Néanmoins, il faut retenir que la narration et
l’explication peuvent servir l’argumentation « le faits divers n’est pas dépourvu
d’enjeux explicatifs et argumentatifs » (Petitjean, 1987 : 73-74).
109
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
André Petitjean précise que les faits divers possèdent une structure canonique qui
leur est propre. Ainsi, « ces textes se présentent en effet, dans leur majorité, sous
une forme ternaire : ouverture, noyau narratif, clôture » (ibid. : 79). Cette structure
du fait divers pourrait contribuer positivement à son enseignement/apprentissage en
classe de langue étant donné que le genre est d’abord un canevas, une norme que
l’auteur a à l’esprit lorsqu’il conçoit son texte – qu’il choisisse de respecter cette
norme ou de la détourner. Le genre est donc un moyen de régulation de la
production littéraire, médiatique, artistique, etc. (Dubied, 2004 : 92).
D’autre part, dans les textes de faits divers, la conclusion ou la fin de l’histoire est
donnée en début de l’article, dans le titre en gras et/ou le chapeau. Ceci est une
caractéristique de l’écriture journalistique (ou le récit médiatique) désignée par la
technique de l’« entonnoir renversé ». Cette dernière consiste à révéler la conclusion
et/ou la fin de l’histoire dans les titres en gras ou au début de l’article dans le but
d’accrocher le lecteur et le pousser à lire. Le pourquoi et le comment de l’histoire
lui seront révélés au fur et à mesure qu’il avance dans sa lecture. Cette technique,
purement journalistique, consiste donc à faire « passer d’abord la nouvelle la plus
récente et l’essentiel du propos, pour revenir ensuite à son historique et aux détails »
(ibid. : 139) dans le but de capter l’attention et l’intérêt du lecteur qui voudra lire
davantage.
Notons également que les faits divers, mettent en scène généralement les mêmes
personnages qui ont fini par être stéréotypés dans la production du genre : « (la
110
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
victime, l’épouse infidèle, le mari jaloux, le héros malgré lui, le père de famille, …)
dans le sens où non seulement ils correspondent à une "figure" figée qui les dépasse
en abstraction » (Dubied, 2004 : 236). Elle ajoute plus loin que ces personnages
stéréotypés « constituent l’un des éléments du prototype (…). Ils représentent une
des grandes constantes du fait divers, où leurs conceptions traditionnelles sont
souvent prises à contre-pied » (ibid.).
Par ailleurs, la dimension spatiotemporelle est très importante dans le fait divers.
Annick Dubied l’assimile au récit historique. Elle estime que « comme le récit
historique, le récit du fait divers parle en effet du réel. Il parle même pour sa part du
réel presque immédiat » (ibid. : 247). Effectivement, le fait divers relate des
évènements qui se sont déroulés dans un temps très proche de celui de la rédaction
de l’article. Elle précise que
Concernant la dimension temporelle dans les faits divers, Dubied considère que le
récit fait-diversier n’est pas cloisonné sur lui-même mais renvoie à une situation
d’énonciation externe au récit. Elle affirme que
111
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
D’autre part, le péritexte fait-diversier est l’un des éléments constitutifs du genre.
En effet, il « a une importance capitale dont la moindre n’est pas la mobilisation de
ces horizons d’attente, qui encouragent une première hypothèse sur ce qui va être
lu » (ibid. : 265). Cette mise en scène péritextuelle : le titre en gras, le chapeau, la
disposition en colonnes, les illustrations, etc. oriente la lecture. Le péritexte est donc
une « vitrine de l’article » qui précise le genre. En ce sens, il constitue un « horizon
d’attente » pour les lecteurs. Il peut de ce fait constituer un guide pour
l’enseignement/apprentissage de la compréhension et de la production écrite.
Enfin, soulignons que le fait divers possède une dimension purificatrice qui vise à
extérioriser les traumatismes des lecteurs en se projetant dans la peau du
personnage. En effet, « le fait divers favoriserait la projection et l’identification, et
donc la catharsis » (ibid. : 243).
Après avoir abordé l’analyse discursive du fait divers, nous allons dans le point
suivant nous interroger sur la manière dont il est enseigné en classe et comment il
est abordé dans les documents officiels.
Comment le fait divers est-il abordé dans les programmes et les documents
d’accompagnement ainsi que dans les manuels et les guides pédagogiques ?
Comment les enseignants enseignent-ils ce genre médiatique ?
Le fait divers est abordé dans le projet n°3 du programme de la 1 ère AS et concerne
les filières littéraires. Cet objet d’étude se divise en deux séquences dans le manuel
scolaire de la 1ère AS comme le montre le tableau suivant.
112
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Soulignons que le projet n°3 contient un second objet d’étude qui est la nouvelle et
concerne aussi bien la filière scientifique que littéraire. Nous ne l’aborderons pas
ici, mais il est important de souligner que les deux genres n’entretiennent pas de
relations explicites qui nous permettent de les aborder à l’intérieur d’un même
projet. Néanmoins, si l’on prend en considération le classement typologique des
textes, une telle répartition pourrait s’avérer logique. En effet, nous pouvons
identifier l’entrée typologique mise au point dans ce projet qui aborde le type
narratif à travers des genres distincts comme le fait divers (récit réel) et la nouvelle
(récit fictif).
Par ailleurs, le fait divers fait l’objet de deux séquences didactiques dans le manuel
de la 1ère AS. Chacune de ces séquences débute par une activité de compréhension
de l’écrit. Nous avons fait le choix d’analyser la première activité de compréhension
de l’écrit et son questionnaire dans chaque séquence.
113
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
colonnes. Ils contiennent tous un titre écrit en gras et une source. Ils sont intitulés
dans l’ordre comme suit :
114
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Nous pouvons dès lors affirmer que le fait divers est abordé non comme étant un
genre de discours à part entière, mais dans sa composition séquentielle qui est à
dominante narrative. Ainsi, la présence simultanée de deux genres discursifs
différents tels que le fait divers et la nouvelle à l’intérieur du même projet dont
l’intention communicative est de « relater » prend tout son sens. Autrement dit, ces
deux genres de discours, très différents, ne sont regroupés ici dans le même projet
que dans la mesure où ils sont à dominante narrative.
115
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Nous pouvons ainsi dire en définitive que les deux genres textuels (fait divers et
nouvelle) servent de prétexte pour travailler le type narratif.
116
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
117
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
E.43. Avec des supports de fait divers. J’enseigne les temps du passé, le
discours direct/indirect, la nominalisation.
E.44. Je donne aux élèves des faits divers à lire et comprendre pour ensuite
travailler les points de langue suivants : la transformation passive, les noms
d’agents, le discours direct/indirect.
E.45. Pour la compréhension de l’écrit je distribue des textes supports (faits
divers). Les élèves doivent lire et comprendre le texte, ensuite j’enseigne les
indicateurs de temps et de lieu, les propositions relatives, la transformation à la
voix passive.
E.47. J’aborde le discours rapporté, la transformation passive, les temps
composés.
118
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Nous remarquons dans les réponses données ci-dessus par les enseignants que
seulement 11 sur 40 enseignants abordent la compétence orale dans
l’enseignement/apprentissage du fait divers. Il s’agit des enseignants E.3, E.9, E.11,
E.13, E.14, E.15, E.32, E.36, E.38, E.39 et E.40.
Nous remarquons également que 4 sur 40 enseignants mettent l’accent sur le sujet
ou les thèmes abordés. Ils proposent des textes à lire et à comprendre en mettant
l’accent sur le contenu thématique comme le montrent les propos suivants :
E.34. Comme c’est un genre déjà vu auparavant par les apprenants, je leur
demande de ramener des faits divers extrait des journaux puis on entame la
CE, CO si possible, PO et la PE.
E.41. Le fait divers est déjà enseigné au moyen, en 3AM. Donc, l’élève a déjà
une idée concernant ce genre. Il suffit de commencer par un rappel et passer
aux activités d’exploitation et d’analyse.
E.48. Pour la compréhension de l’écrit, les élèves lisent des faits divers puis
répondent à un questionnaire de compréhension, dans la production écrite, les
élèves écrivent des faits divers à partir d’informations données dans une grille.
E.49. Je propose des faits divers à lire. En faire sortir des informations et
remplir un tableau (quoi / où / quand / qui ...). Les exercices : donner des
informations et demander de les réécrire sous forme de fait divers. Production
écrite libre où je demande aux élèves de rédiger un fait qu'ils ont vécu / vu à la
TV où sur les réseaux sociaux à la manière de fait divers.
Nous remarquons que les enseignants, au même titre que les manuels scolaires,
mettent l’accent sur les caractéristiques grammaticales qui caractérisent le fait
divers aux dépens des autres critères qui le définissent comme genre discursif à part
entière. Bien que les enseignants abordent le plan textuel particulier du fait divers,
ils négligent néanmoins la dimension iconique et les illustrations qui accompagnent
le genre.
119
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Ainsi, nous pouvons affirmer que, dans les documents institutionnels, le genre de
discours devient un prétexte pour travailler la grammaire et le type de texte
dominant. La pratique enseignante ainsi que les manuels scolaires s’inscrivent
pleinement dans la logique de la typologie textuelle dans la mesure où l’accent est
mis sur le type de texte qui s’actualise dans des genres textuels différents.
3.3. L’interview
Nous aborderons ici les caractéristiques discursives constitutives de ce genre
médiatique pour ensuite nous intéresser à son enseignement/apprentissage en classe
de FLE au lycée à travers notamment l’analyse des activités d’apprentissage
proposées dans les programmes et les manuels scolaires. Nous analyserons
également les réponses données par les enseignants à la question n°16 du
questionnaire qui demande aux enseignants des renseignements sur leur manière
d’enseigner ce genre en classe et quelles activités proposent-ils.
Notons de prime abord que l’interview est un genre médiatique qui arpente
également les différents supports (presse écrite, télévision, radio) et se retrouve dans
plusieurs programmes scolaires. Il présente des paramètres qui se prêtent aisément
au contexte scolaire en permettant de développer les compétences langagières des
apprenants en langue étrangère.
120
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Soulignons que l’interview, sous toutes ses formes, peut être définie comme un
genre médiatique qui met en avant un entretien entre un journaliste et une personne
d’un certain intérêt au profit d’une instance de réception (le public) : « une
interview consiste donc à faire parler cette personne "experte" à des titres divers sur
un problème ou sur une question, dans le but de communiquer les informations
fournies à des tiers » (Dolz, Schneuwly, 1997 : 37). Elle consiste donc à donner la
parole à un expert sur un sujet donné. Ainsi, « le projet de l’interview est de donner
à entendre ce que tel ou tel peut avoir à dire sur un sujet » (Mouriquand, 1997 : 68).
Notons que l’interview est à distinguer des deux autres genres du dialogue qui ont
des traits en commun à savoir l’entretien et la conversation. Charaudeau explique
que la différence entre ces trois genres réside notamment dans le statut des
interlocuteurs et de la thématique. Ainsi, l’entretien, de son côté « suppose que les
deux partenaires soient à égalité de statut, qu’ils traitent d’un même thème avec une
compétence supposée égale et le souci de mettre cette compétence au service de la
meilleure compréhension d’un problème » (2011 : 181) ; quant à la conversation,
elle « n’exige rien de particulier quant aux statuts des partenaires ni au thème
traité » (ibid.).
exige une différenciation dans les statuts de telle sorte que l’un des
partenaires soit légitimé dans un rôle de "questionneur", et l’autre
dans un rôle de "questionné-ayant-des-raisons-d’ être-questionné".
L’alternance de parole se trouve alors régulée et contrôlée par
l’instance qui en a l’initiative et selon la finalité de celle-ci. (Ibid.)
121
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Nous rejoignons la pensée de Lugrin qui affirme que « les interviews télévisuelles,
radiophoniques, et de presse écrite possèdent certes des caractéristiques intrinsèques
à chaque média, mais partagent conjointement des caractéristiques qui constituent le
noyau fort du genre de ''l’interview'' » (2006 : 22). En d’autres termes, nous
sommes d’accord pour dire que l’interview radiophonique, de presse écrite et
télévisuelle représentent des réalisations du même genre qui s’approprient les
caractéristiques du dispositif médiatique qui sert leur diffusion. Nous rejetons ainsi
par voie de conséquence une conception qui les considère comme relevant de
genres différents notamment (Nikolaos Konstantopoulos, Vassiliki Kella, 2001). En
effet, ces deux auteurs estiment que
6
Terme utilisé par Maingueneau 2007
122
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
123
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Par ailleurs, l’organisation interne de l’interview peut se répartir en trois parties qui
confèrent à l’interview une structure canonique : ouverture, questions-réponse,
clôture. Dans l’ouverture, il s’agira notamment de « la présentation de l’interviewé
et du sujet de l’interview » (Dolz, Schneuwly, 2009 : 121). On y évoque parfois les
raisons qui ont suscité l’interview : la parution d’un nouveau livre, un quelconque
évènement (grève, manifestation), annonce d’un concert, etc.). L’étape suivante
consiste en une suite de questions-réponses : « la phase de questionnement est
composée d’échanges qui débutent généralement par une question et se poursuivent
par un ou plusieurs tours de parole » (ibid.). La dernière étape clôt l’interview. Il
s’agit de saluer et remercier son interlocuteur.
124
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
dresser une liste brève des questions découlant de chacun des angles possibles »
(ibid. : 70).
Dolz et Schneuwly, eux aussi, considèrent que « l’interview d’un expert exige de
trouver un équilibre entre le travail préalable sur des contenus et la capacité
d’improviser en temps réel en posant des questions non préparées articulées aux
réponses de l’interviewé » (2009 :120).
125
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Dans un souci de clarté, de brièveté et d’espace parfois, les questions ainsi que les
réponses sont réécrites pour permettre une meilleure lisibilité et un meilleur accès à
l’information car selon Mouriquand, une vieille règle journalistique stipule qu’ « on
n’écrit pas pour ses sources, mais pour son public » (ibid. : 71).
Enfin, précisons que sur le plan typographique, les questions sont souvent mises en
caractère gras tandis que les réponses sont rédigées en caractère normal. Cette
« alternance de caractères différents pour marquer les questions et les réponses,
dans les cas où l’on y recourt, facilite l’entrée du lecteur dans le texte » (ibid. : 68).
Sans oublier que l’interview, en général, est relativement courte, ce qui peut en
faciliter la lecture.
126
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Les textes servant de supports à la compréhension de l’écrit proposés dans cet objet
d’étude figurent dans le tableau suivant :
Nous remarquons que la majorité des textes abordés dans cet objet d’étude ne
relèvent pas du genre « interview » qui est pourtant censé constituer la pièce
maîtresse de la séquence didactique. Nous ne retiendrons pour l’analyse que les
deux premiers textes, étant donné que les autres relèvent de genres très éloignés et
nous estimons qu’ils pourraient faire l’objet de séquences différentes et distinctes.
Nous allons donc analyser ces deux textes et leurs questionnaires pour déterminer si
on prend en compte le cadre générique des textes ou bien le type textuel dominant.
Ainsi, le premier texte sans titre proposé aux apprenants est signé des auteurs.
Autrement dit, il n’est pas authentique mais créé. En effet, « les auteurs ont eu
127
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
parfois à "retoucher" certains [textes] pour les rendre plus accessibles (cf. "d'après"
dans les références) ou à produire certains textes par souci didactique
(reconnaissables à l'absence de références) » (MEN, 2005c : 6). Le texte est une
transcription d’un entretien entre un sociologue et un agriculteur qui porte sur les
caractéristiques du métier d’agriculteur.
Nous remarquons que ce texte présente une structure sous forme de dialogue que les
questions d’observation (avant la lecture) proposent de repérer, notamment grâce à
l’observation des différents signes typographiques et de ponctuation. Ces questions
s’achèvent par demander aux apprenants d’inférer sur le genre de texte auquel ils
ont à faire « quel genre de texte pensez-vous avoir à lire ? ». Les apprenants, censés
répondre suite à une observation du texte, vont penser à un simple dialogue ou, dans
une large mesure, à un entretien ou une interview.
En outre, une attention particulière est portée sur la phrase interrogative (Q. 5, 7, 8,
9) : questions fermées/ ouvertes, question rhétorique, formulation de questions.
Nous retrouvons également une question sur la langue orale/écrite (Q.10).
Bien que l’entretien et l’interview soient deux genres différents (cf. 3.3.1) qui ont
des aires de ressemblance, nous avons fait le choix d’inclure le premier texte dans
l’analyse car il nous semble intéressant d’aborder les traits distinctifs qui séparent
ces deux genres voisins. Néanmoins, le guide pédagogique ne soulève comme
principale différence que la transcription orale de l’entretien qui garde ici « les
128
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Cette conception donnée de l’oral comme étant « erroné » voire « fautif » et « non
correct » nous a poussée à présumer, dans le chapitre suivant (cf. chapitre 4), que
l’enseignement/apprentissage de l’écrit occupe une place centrale aux dépens de
l’enseignement/apprentissage de l’oral et par ricochet, une approche intégrée ne
peut être envisagée.
129
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
texte ? » pour ensuite les interroger sur le type d’écrit auquel ils ont affaire. Ils sont
supposés identifier le genre « interview ».
Par ailleurs, les questions de la rubrique « lecture analytique » ciblent des points
particuliers à explorer : la première et la dernière question ciblent l’étude de la
situation de communication, à travers les renseignements donnés dans le chapeau
(Q.1) et le but visé à travers la réalisation de cette interview (Q.10) ; sans oublier la
mise en évidence de la double situation de communication dans les interviews
(Q.12).
D’autre part, les autres questions posées aux apprenants ont trait notamment au
contenu thématique et au lexique utilisé. C’est le cas de la question 2 qui demande
aux apprenants de séquentialiser le texte pour retrouver les thèmes abordés. Les
items 3, 5, 6,7 concernent les répliques de l’acteur où les apprenants sont censés
repérer les actes de parole présents dans ces énoncés. Il est également demandé aux
apprenants de relever des champs lexicaux relatifs au métier de Smaïn (Q.4), de
« origine » et « émotions de l’acteur » (Q.8).
Nous pouvons dire en définitive, après l’analyse de ces deux textes et de leurs
questionnaires respectifs, que l’approche appréhendée dans les manuels correspond
visiblement à la démarche par typologie textuelle. En effet, les questions posées
dans les questionnaires de compréhension concernent les caractéristiques du type de
130
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
En outre, nous soulignons que les autres textes présents dans la séquence (textes 3,
4, 5, 6, 7 présentés dans le tableau 2) représentent des genres très éloignés de
l’interview, comme la lettre personnelle, le poème ou les extraits de roman.
Néanmoins, ces extraits se présentent soit sous forme de dialogue : c’est le cas de
« les deux pigeons » de Lafontaine et « Jours de Kabylie » de Mouloud Feraoun ;
soit sous forme de monologue : « Demain dès l’aube » de Victor Hugo, la lettre de
Jean Amrouche à sa mère et deux lettres personnelle p.87 et p.89. La composition
séquentielle de ces textes est dominée par le type dialogal d’où leur présence dans
cette séquence qui aborde en réalité le type dialogal et non le genre « interview ».
Ainsi, nous pouvons dire en définitive que l’approche prônée dans les manuels
scolaires est visiblement dominée par la typologie textuelle et l’approche par genres
n’y est pas réellement prise en considération.
131
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Nous remarquons, en effet, que les activités proposées dans le cadre d’une séquence
didactique portant sur l’interview, concernent des genres parfois éloignés comme la
BD, lettre ouverte, exposé oral, BD, etc.). Néanmoins ce qui peut les relier est la
présence du type de texte dialogal.
132
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
133
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
D’autre part, nous trouvons des enseignants qui abordent l’interview à l’oral et/ou à
l’écrit comme le montrent les propos suivants :
134
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
E.40. Je suis le même schéma que pour le fait divers en privilégiant l’oral.
Ecouter et visionner des interviews, accompagnées d’un questionnaire pour
faciliter la compréhension.
E.41. Proposer une activité de compréhension orale.
E.42. faire passer l’élève pour un journaliste et un autre pour l’interviewé pour
travailler l’oral.
E.49. Je propose des interviews avec le data show, les élèves regardent et
identifient le plus d'informations sur l'interviewé. On analyse les questions. Je
donne des informations sur une personne célèbre et c'est à eux de poser des
questions. Je leur demande de rédiger une interview avec la personne de leur
choix (en imaginant les informations qu'ils n'ont pas sur la personne choisie).
Soulignons par ailleurs que 9 sur 50 enseignants n’ont pas répondu à la question et
4 enseignants proposent les activités suivantes :
Nous remarquons que les enseignants, au même titre que les manuels scolaires,
accordent une place privilégiée à l’enseignement/apprentissage de la grammaire. Si
celle-ci est reliée, dans la plupart des cas, au genre de discours abordé dans la
séquence didactique, elle reste néanmoins insuffisante pour une approche globale
des contenus langagiers. Loin de nier l’importance et la nécessité de
l’enseignement/apprentissage de la grammaire, nous estimons qu’elle ne doit pas
constituer la quasi-totalité de la séquence didactique.
135
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Cela nous amène à confirmer l’hypothèse selon laquelle l’entrée préconisée dans
l’enseignement/apprentissage du FLE au secondaire correspond à la typologie
textuelle qui, comme nous l’avons souligné précédemment, préconise d’aborder
notamment les structures grammaticales qui caractérisent un type d’écrit. Ici, en
l’occurrence, pour le type dialogal, la phrase interrogative, la ponctuation (les tirets,
points d’interrogation, exclamation, guillemets, …), l’identification des
interlocuteurs, etc.
Pour remédier aux « insuffisances constatées dans les manuels et les activités
proposées par les enseignants, nous proposerons dans le dernier chapitre de cette
thèse une séquence didactique portant sur l’interview et qui s’inscrit dans une
approche générique actionnelle décloisonnée.
3.4. Le reportage
Nous allons, dans un premier temps, définir les critères discursifs constitutifs de ce
genre médiatique pour ensuite nous intéresser à son enseignement/apprentissage en
classe de FLE au secondaire à travers l’analyse des différentes activités proposées
dans les documents pédagogiques ainsi que les réponses données par les
enseignants à la question n°17 du questionnaire : « Comment procéderiez-vous pour
enseigner le reportage ? Quelles activités proposeriez-vous ? ».
136
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
(2011), Suzanne Chartrand (2015), Guy Lochard (1996), Maldidier et Robin (1977),
Alain Tassel (2008) et Frédéric Lambert (2016).
Par ailleurs, Mouriquand affirme que « le projet du reportage est précis et limitatif.
Il se propose de donner à voir, à entendre, à sentir, à percevoir la vie. Ce peut être la
vie d’un lieu ou d’un événement. » (1997 : 64). Dans une conception plus vive, le
reportage représente « un film de l'événement ou une "résurrection" du passé
immédiat. Par la prégnance du vécu-perçu, le reportage est essentiellement une
illusion de reconstitution du déroulement temporel » (Maldidier, Robin, 1997 : 51).
Alain Tassel va plus loin et ajoute que « les trois fonctions que revêt ce genre
empirique, situé au croisement de l’investigation factuelle et du récit viatique :
informer, convaincre et émouvoir. À ces trois fonctions pérennes, il convient d’en
ajouter une quatrième, faire rêver » (2008 : 915). Chartrand, de son côté, assigne au
reportage une intention communicative qui est d’« informer un large public sur un
fait, un phénomène, une situation ou un évènement en mettant l’accent sur le
contexte social et humain dans le but de le ou la faire comprendre » (2015 : 26).
Le reportage est-il objectif ou plutôt subjectif ? Charaudeau affirme qu’ « il est bien
difficile d’établir une distinction quant à leur degré d’engagement qui tient au mode
de présence du journaliste dans son énonciation » (2011 : 87). Néanmoins, il
explique que l’auteur de reportage doit respecter le « principe d’objectivation » et
137
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
prendre de la distance quant à l’évènement rapporté tout en étant partial mais d’un
autre côté, il doit mettre en pratique différentes techniques de séduction en vue de
capter l’attention du public d’où une situation d’inconfort :
138
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Notons par ailleurs que le reportage peut être perçu globalement comme un
« récit ». Néanmoins, il contient des séquences descriptives et argumentatives.
Lochard estime que
139
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
140
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
D’autre part, sur le plan stylistique, l’écriture du reportage est caractérisée par la
présence de plusieurs éléments tels que les verbes de perception. En effet, nous
remarquons « la présence dans le reportage de nombreux verbes perceptifs : on
remarque, on voit, on entend, etc., constitue un indice formel supplémentaire »
(Maldidier, Robin, 1997 : 26), ainsi que les indices temporels :
Ces auteurs estiment que le reportage possède une trame narrative ponctuée
d'indices temporels et de descriptions (ibid. : 41). Les indices spatio-temporels du
reporter sont les mêmes que ceux de l’évènement selon Facques et Sanders (2004 :
89-90).
Ils rejoignent Fries et estiment que les textes de reportage suivent une « progression
thématique typique (…) celle qui est caractérisée par le « thème itératif » plutôt que
linéaire » (Fries, 1995, cité par Facques et Sanders, 2004 : 94). En d’autres mots, le
même thème se répète avec des propos différents. Ils ajoutent que « le reportage est
souvent caractérisé par des structures hypotaxiques et parataxiques » (ibid.).
141
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Maldidier et Robin estiment que le reportage est marqué par la présence combinée
de quatre opérateurs idéologiques : «"l’effet de réel" dans les descriptions, "l’effet
d’objectivité" dans le rapport description/jugement, narration/jugement, "l’effet
d’identification" dans le lyrisme (lexique, figures, présupposition), "l’effet de
direct" dans un certain emploi du présent » (1997 : 51). Ces quatre effets repérés par
les deux auteurs décrivent le mode de fonctionnement interne du reportage.
142
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Ils ajoutent que « reportage s’inscrit dans un ensemble plus ou moins complexe
constitué d’éléments iconiques en plus des éléments textuels mais ce qui fait très
souvent sa spécificité est son important dispositif visuel cartographique et
photographique » (ibid.).
Ajoutons également que ce qui distingue le reportage des autres genres qui lui sont
proches est surtout « la scénarisation ». Charaudeau estime que le reportage fait
« appel à divers types de scénarisations, utilisant les ressources désignatives,
figuratives et visualisantes de l’image » (2011 : 187) pour satisfaire le principe
d’objectivité et de séduction. Dans la même perspective, Mouriquand estime que
Tous ces différents procédés visent à impliquer le lecteur et à attirer son attention en
montrant « ce qu’il y a de spectacle dans l’événement. Souvent, c’est un moyen de
dépasser la simple relation » (ibid. : 66).
143
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Concernant les reportages de presse écrite, « C’est presque la mise sur papier de ce
qu’aurait été la bande-vidéo » (Mouriquand, 1997 : 68). Ce dernier précise que le
support utilisé (un stylo pour la prise de notes pour le reporter dans la presse écrite,
un magnétophone et un micro pour le journaliste à la radio, une caméra et d’autres
équipements pour la télévision) modifie le contenu du récit du reportage. Ainsi
pouvons-nous dire que « ce qui compte, finalement, c’est le travail de la restitution,
l’écriture du reportage, son style : partition, voix, musicalité, intonation, phrasé,
accent, résonnance, teinte, rythme… » (Lambert, 2016 : 82).
Projet 3 : Présentez le lycée, le village, la ville ou le monde de vos rêves pour faire
partager vos idées, vos aspirations
Intentions Objets d’études Séquences
communicatives
144
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Comme cela est mentionné dans le tableau ci-dessus, le reportage touristique est
abordé avec le récit de voyage à l’intérieur du même objet d’étude qui est scindé en
deux séquences. Certes, le reportage touristique et le récit de voyage ont quelques
caractéristiques en commun, mais ils demeurent deux genres distincts.
Nous remarquons que les textes 1, 2 et 4 sont des récits de voyage et ne sont, de ce
fait, pas concernés par l’analyse. Nous estimons que le troisième texte intitulé
« Azeffoun, la mer et le reste … » satisfait les caractéristiques entrant dans la
définition de ce genre médiatique, notamment si l’on prend en considération le fait
145
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
qu’il met en avant une expérience vécue par le journaliste et contient des
informations issues de la culture de ce dernier. En effet, le texte relate les souvenirs
d’antan de Tahar Djaout dans sa ville natale « Azeffoun » et sa nostalgie des temps
passés. Sans oublier les commentaires et les réflexions personnelles du journaliste
qui estime que la civilisation s’est frayé un chemin même dans les recoins les plus
reculés de la vie champêtre. Il regrette ainsi la disparition de certains us et coutumes
de la région comme le tissage, la poterie, les cafés d’antan, la jarre de terre, etc.
Nous remarquons que dans cette seule activité de compréhension de l’écrit portant
sur le genre du reportage, il n’y a que le critère thématique qui a été abordé. Les
autres caractéristiques du genre n’ont pas été prises en charge. Les apprenants ont
été interrogés uniquement sur les informations contenues dans le texte du reportage.
Par ailleurs, il est important de souligner que le texte n°4 proposé à l’étude est un
extrait de roman « les chemins qui montent » où l’auteur relate son itinéraire pour
aller de son village natal vers la France pour échapper à la faim et la misère de son
pays natal. Nous remarquons que ce qui relie les différents textes présents dans cet
146
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
objet d’étude n’est pas leur appartenance à un genre textuel bien défini mais
l’intention communicative qui est de « relater ». A partir de là, nous pouvons dire
que le projet 3 de la 2ème AS s’inscrit dans une logique de typologie textuelle dans la
mesure où il aborde le type narratif à travers des genres différents à dominante
narrative comme le récit de voyage, la nouvelle d’anticipation, les extraits de
romans.
147
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Nous remarquons que les enseignants E.9, E.14, E.34, E.36, E.38, E.50 abordent les
caractéristiques grammaticales du reportage et proposent des activités à l’oral et à
l’écrit. D’autres mettent l’accent sur le type du support ou le contenu thématique
abordé dans les supports comme le montrent les réponses qui suivent :
148
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Nous remarquons que les activités proposées par la majorité des enseignants pour
l’enseignement/apprentissage du reportage concernent les deux critères thématique
(sémantique) et grammatical. Cela reste, nous semble-t-il insuffisant pour une
approche globale de ce genre textuel.
149
Chapitre 3 Les genres médiatiques en classe de FLE
Conclusion
Au terme de ce chapitre, nous pouvons conclure que les programmes officiels et les
manuels scolaires restent dominés par la typologie textuelle, au même titre que la
pratique enseignante. Cela est visible notamment à travers :
Les activités proposées sont centrées sur les points de langue relatifs au type
textuel dominant. Les enseignants et les documents officiels prennent en
charge la grammaire textuelle qui est le propre de la typologie textuelle.
Dans ce chapitre, nous avons mis en évidence les caractéristiques discursives des
trois genres médiatiques que nous abordons dans cette étude tout en les mettant en
relation avec les pratiques enseignantes effectives et les orientations
institutionnelles. Nous allons, dans le prochain chapitre, aborder le deuxième axe de
notre travail de recherche, à savoir l’approche intégrée de l’oral et de l’écrit dans un
cadre générique.
150
Chapitre 4
Vers une approche intégrée de l’oral
et de l’écrit
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Introduction
La compétence à communiquer langagièrement d’un individu peut se traduire par la
compréhension et la production de multiples discours aussi bien à l’écrit qu’à l’oral.
A partir de là, nous proposons de décloisonner les frontières (entre et à l’intérieur
de) ces modes de communication. En d’autres termes, nous avons opté pour une
approche intégrée de l’oral et de l’écrit qui nous conduit à faire tomber les barrières
étanches séparant la compréhension et la production (orale ou écrite).
Yves Reuter (1995 : 12) affirmait à l’époque qu’« écrire et lire ont à voir,
fondamentalement, avec l’existence sociale des sujets dans leurs relations privées,
professionnelles, associatives, civiques etc. ». De son côté, Jean-Paul Bronckart
estime que
152
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Si nous nous référons à ces deux auteurs et aux propos que nous venons de citer,
nous pouvons dire que les genres de discours représentent des outils didactiques qui
sont marqués par le vécu social des individus. Nous pensons qu’ils peuvent
favoriser un apprentissage intégré des compétences langagières en réception et en
production. Comme nous l’avons souligné plus haut, les genres de discours
représentent des « horizons d’attente » (Jauss 1970, cité par Schneuwly et al. 1996-
1997) qui guident les productions et orientent la compréhension en contexte
scolaire.
En effet, nous estimons que les genres textuels représentent des catégories
opératoires qui permettent aux apprenants de s'adapter aux situations d'écritures
diverses dans le contexte scolaire et ouvrent la voie pour une approche intégrée des
compétences langagières. Ainsi, nous pensons, à la suite de Canvat que « le genre
est (...) l'horizon indépassable de l'écriture et de la lecture » (2003 : 173). Il précise
que le genre textuel permet d’articuler lecture et écriture : « le relevé des critères de
genres en lecture permet de passer à des genres de critères pouvant servir de
répertoire de consignes d'écriture » (ibid. : 178). Il ajoute que « La connaissance
d'un genre est donc un "réservoir de possibles", qui facilite non seulement les
(macro-)opérations de planification et de structuration, mais aussi les choix
thématiques. Autrement dit, le genre a un effet de facilitation procédurale dans les
tâches d'écriture » (Masseron; cité par Canvat, 2003 : 173)
153
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Dans ce chapitre, nous allons aborder, dans la première partie l’approche intégrée
des compétences de l’écrit (cf. 4.1) où nous allons essayer de rendre compte des
différentes articulations possibles de la lecture et de l’écriture. La deuxième partie
(cf. 4.2) va rendre compte des interactions possibles entre la compréhension et la
production orales. Nous allons aborder, ensuite, l’approche décloisonnée de la
littératie dans une perspective générique (cf. 4.3). La dernière partie de ce chapitre
abordera la place accordée à l’enseignement de l’oral et de l’approche intégrée dans
les documents officiels et la pratique enseignante (cf. 4.4).
L’écrit est omniprésent dans les sociétés d’aujourd’hui. Il investit tous les espaces
de l’activité humaine : panneaux de signalisation, demandes d’emploi, chèques
bancaires, permis de conduire, billets d’avion, constats d’accident, relevés de notes,
les fils d’actualité sur Facebook, et infiniment d’autres représentent autant de
supports d’écrits que l’individu rencontre au quotidien. La maitrise de l’écrit (en
production et en réception) est de premier ordre pour l’insertion des individus au
sein de nos sociétés « littératiques ». En effet, « Les éléments constitutifs de la vie
sociale, juridique, culturelle ou religieuse appartiennent ainsi au monde de l’écrit,
de même que les repères spatiotemporels. Il existe donc une nécessité sociale pour
chacun d’entrer en littératie8 » (Faure, 2011 : 25)
8
renvoie ici à l’écrit (en expression et en compréhension)
154
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
pertinentes. Pour Marielle Rispail, écrire « est une façon de s’approprier le monde
et de se structurer » (2000 : 238). Elle ajoute que l’écrit « devient inscription de soi,
de sa culture, de sa famille, de son groupe, dans un mouvement où se construit, peu
à peu, une identité d’élève qui vise à intégrer les éléments d’une collaboration et
d’une citoyenneté futures » (ibid. :242). Jacques Bernardin estime que certains
élèves
Lire c’est traiter un énoncé verbal mis par écrit, c’est essayer de
comprendre un message verbal confié à l’écrit. Ce n’est pas
seulement décoder et identifier des mots ou une suite de mots ;
c’est aussi explorer, questionner, reproduire (reconstruire) et
reformuler (redire) une production langagière (...). (2004 :10)
155
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
« écrire est cependant ressenti – bien plus que lire – comme un travail, ou du moins
comme une véritable activité » (ibid. :11). Néanmoins, il estime que ces pratiques
sont indissociables. En effet, « une pratique s’envisage difficilement sans l’autre :
pas de lecture sans écriture, pas d’écriture sans lecture » (ibid. : 14).
Nous nous intéressons dans ce sous chapitre à une approche intégrée de la lecture-
écriture interrogeant les formes sociales que prennent les pratiques de l'écrit : les
genres de discours. En effet, toute communication écrite (ou orale) se cristallise par
l'usage de genres. Cette perspective a le mérite d'essayer de dispenser un
apprentissage à des apprenants qui en saisissent la finalité sociale, contrairement à
un apprentissage de la lecture-écriture abordant des types de textes décontextualisés
et sans relation avec les pratiques sociales des apprenants car comme le dit si bien
Yves Reuter « personne ne déclare lire ou écrire du "narratif" ou de l’
"argumentatif" » (1996 : 31).
156
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
C’est la dernière relation qui nous intéresse particulièrement ici. Il s’agit d’établir
une forme d’articulation entre les activités de compréhension et de production de
l’écrit où l’une servirait à mieux appréhender l’autre. Il nous semble
qu’aujourd’hui, en didactique, il est communément admis qu’on ne peut dissocier la
lecture de l’écriture :
Il est important de signaler que les recherches qui ont été faites sur l’approche
intégrée des compétences de l’écrit en France ou au Québec concernent pour la
plupart, à notre connaissance, la petite enfance qui fait son entrée à l’école. La
plupart des articles rendent compte des premiers contacts des enfants avec la culture
de l’écrit.
Dans leur étude menée sur des classes de CP, Ana Dias-Chiaruttini et Nathalie
Salagnac explorent, à travers une analyse qualitative et quantitative, les différentes
manières d’aborder l’écrit en classe. Elles arrivent à la conclusion que les
157
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
apprenants qui ont été soumis à une approche articulée de la lecture-production des
textes montrent de meilleures performances sur le plan de la lecture et de l’écriture
en comparaison avec les autres apprenants ayant reçu des apprentissages où écriture
et lecture étaient séparées ou juxtaposées. Elles précisent que « les élèves tirent
bénéfice des interactions des activités de lecture et d’écriture dès lors qu’elles leur
sont explicitement présentées, qu’elles se mettent en place dès le début de l’année et
qu’elles sont réalisées toutes les semaines » (2017 : 80). Notons par ailleurs que les
approches intégrées de la lecture-écriture responsabilisent l’apprenant et visent à
« développer [leur] réflexivité par rapport à la langue et aux stratégies qu’ils
déploient pour comprendre et produire des textes » (Laroui, Morel & Leblanc,
2014 : 4). Christine Barré de Miniac précise que l’écriture permet la pensée
réflexive car elle « permet le détachement par rapport à la communication orale et
rend possible l’examen du discours produit » (2003 : 110). Elle considère que
l’écriture n’est pas seulement un outil de transcription de savoirs mais un principe
de constitution de ces derniers.
Dans cette perspective intégrée des compétences de l’écrit, nous allons aborder les
deux formes d’articulations essentielles entre les activités de compréhension et de
production.
158
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Rappelons également que le genre n’agit pas comme un « moule » mais comme une
« matrice génératrice » de textes. C’est la raison pour laquelle nous avons abordé
dans notre thèse les trois genres médiatiques dans un cadre prototypique et non
9
« Le genre n’est pas un moule, une forme figée, c’est un réservoir de potentialités de la créativité
humaine déterminée en partie par les conditions sociales dans lesquelles les humains vivent et
créent » (Chartrand, 2015 : 4)
159
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
comme devant se conformer à une suite de critères stricts et rigides qui ne rendent
pas compte de la diversité textuelle que regroupent les genres de discours.
La plupart des recherches impliquant un axe intégré de l’écrit démontrent les vertus
que peut avoir la lecture sur l’écriture chez les apprenants. Effectivement, Fijalkow
(2003) précise que « dans les pratiques pédagogiques, la lecture précède l’écriture :
on enseigne à lire et la production écrite vient ensuite. ». Il ajoute que la lecture est
une étape clé pour l’écriture car elle apparait comme
160
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
L’écrit est perçu par la majorité des auteurs comme un outil qui favorise la prise de
conscience de l’apprenant face au monde qui l’entoure : écrire c’est s’inscrire hors
du temps. Ajoutons à cela que l’écrire fait appel nécessairement au lire et ce dernier
peut intervenir à différents moments : avant, pendant et après l’écriture.
Effectivement, tout écrit est destiné à être lu : l’apprenant se lit lui-même et se relit
tout au long de l’écriture :
Le retour sur le texte produit, que ce soit sur celui du scripteur lui-
même, premier lecteur de son écrit, ou sur celui d’un autre, conduit
à une attention plus grande au sens des mots et du texte, favorisant
des démarches réflexives, développant les pos si bi li tés
d’interprétation des énoncés sur lesquels on peut toujours
revenir. (Faure, 2011 : 21)
Annie Portelette, dans un article intitulé « Ecrire pour mieux lire », tente
l’expérience avec ses élèves autour d’une lecture du roman de Perceval dans le but
de démontrer que la réflexivité de l’écrit agira sur la lecture des apprenants (2011 :
71), c’est-à-dire que l’écriture servira à mieux lire. A cet effet, Barré de Miniac
estime à la suite de J. Goody que « l’écriture permet la pensée réflexive, car elle
permet le détachement par rapport à la communication orale et rend possible
l’examen du discours produit » (2003 : 111).
161
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Dans cette étude, A. Portelette fait remarquer que la première écriture n’a pas
suscité de retour réflexif car les apprenants « utilisent le canal de l’écrit mais restent
à des degrés divers dans un rapport oral au langage, l’écrit étant "un simple
redoublement de la parole" » (Lahire, 1993, cité par Portelette, 2011 : 73).
Néanmoins, par la suite, les apprenants, après un retour sur la consigne, ont apporté
des corrections à leurs écrits en travaillant sur des « brouillons instrumentaux »10 :
Ces corrections représentent « autant d’indices d’un retour sur la lecture » (ibid. :
74). L’auteure conclut en affirmant ceci : « En ayant bien conscience que toute
situation d’écriture n’engendre pas la réflexivité, certaines formes de travail peuvent
plus que d’autres la faire advenir » (ibid. : 76).
De son côté, Arielle Noyère a réalisé une étude qui consiste à savoir comment le
cadre générique (une page documentaire et une scène de chasse à insérer dans un
roman) et disciplinaire (français et histoire) guidait l’écriture des apprenants. Nous
nous intéressons particulièrement à la variante de genres. Les apprenants sont
amenés à décrire une scène de chasse au faucon qu’il faudrait par la suite insérer
dans deux genres différents. A l’issue de cette activité, les apprenants doivent
prendre conscience de l'hétérogénéité discursive des textes. Ainsi, les apprenants
ayant lu uniquement les deux premiers chapitres du roman 11 doivent anticiper sur
une scène de chasse qui ne se produira qu’au chapitre 12. L’auteure considère qu’
« écrire la scène de chasse les amène à anticiper l'évolution de l'intrigue et à
actualiser leurs représentations des personnages et du contexte socio-historique.
L'écriture les oriente vers une position de lecteur actif » (2002 : 227). Il est
important de souligner qu’on a remis aux apprenants des documents
d’accompagnement de l’écriture notamment des documents de vulgarisation
scientifique. L’auteure conclut que les genres représentent un guide d’écriture pour
les apprenants qui modélisent leurs écrits en fonction du genre convoqué :
10
« […] structures écrites qui rompent avec l’aspect linéaire de l’écrit de communication. On y
trouve non plus des phrases mais des mots, une utilisation bi dimensionnelle de l’espace graphique,
sous- forme de listes et de tableaux et le recours à des outils graphiques qui ne sont plus des mots,
mais des flèches, des numéros et autres symboles. » (Alcorta, 2001 : 98, cité par Annie Portelette)
11
Le Faucon déniché de Jean-Côme Noguès. Livre de Poche Jeunesse, 1972.
162
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Néanmoins, elle fait remarquer par la suite, qu’en changeant de discipline (histoire),
les apprenants se retrouvent confus quant au cadre générique de leurs écritures :
« Lorsqu'une situation d'écriture leur est proposée dans une autre discipline que le
français, le cadre générique et la forme discursive sont rarement précisés, ce qui ne
contribue pas à clarifier leurs rapports à l'écriture » (ibid. : 239).
Nous avons abordé dans la partie précédente, l’écrit dans une perspective intégrée
des compétences de lecture-écriture suivant un cadrage générique, nous allons à
présent nous intéresser à l’enseignement de la communication orale. Dans cette
partie, nous allons d’abord mesurer le poids des représentations quant à
l’enseignement de l’oral pour ensuite dresser quelques difficultés qui peuvent surgir
et entraver cet enseignement/apprentissage. Enfin, nous allons aborder deux
manières d’articulation possible entre la compréhension et la production orales.
En didactique du FLE, l'oral peut être considéré d'un côté comme un objet
d'enseignement à part entière et nécessiter l'élaboration de listes d'objectifs relatifs à
son enseignement/apprentissage ainsi qu’un inventaire de compétences pour
opérationnaliser les différents objectifs. Cela se fait en ayant recours aux genres
oraux à soumettre aux modèles didactiques proposés par Dolz et Schneuwly (2009).
D'un autre côté, l'oral peut également être considéré comme un médiateur de la
communication verbale qui se manifeste notamment lors des différentes consignes
de l'enseignant pour aborder les différentes activités de l'écrit (lecture,
compréhension, écriture, activités de grammaire, etc.). Toutefois, nous pensons, à la
suite de De Pietro et Wirthner, que « ces options ne sont pas nécessairement
incompatibles, mais elles présupposent toutefois des conceptions fortement
différentes de l’ « oral », de son statut et de son enseignement » (1998 : 22).
164
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Les théoriciens aussi bien que les praticiens peinent à définir pour
l’enseignement de l’oral des objectifs clairs et à préciser les
activités et les tâches préconisées pour les remplir. La déclinaison
de ces objectifs en termes de compétences à atteindre n’est que peu
opératoire. (Laparra, 2008 : 117)
Cet auteur soulève également un enjeu qui nous intéresse particulièrement ici et qui
est souvent occulté dans le contexte didactique à savoir l’approche intégrée de l’oral
et de l’écrit : « la prédominance des enjeux communicatifs et les difficultés liées à
la gestion des interactions et aux phénomènes de variations occultent largement
d’autres problèmes, notamment ceux qui relèvent de l’articulation entre l’écrit et
l’oral dans les situations effectives de classe » (ibid.). En effet, la gestion des
165
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
L’oral, cette notion insaisissable (De Pietro, 1996), floue (Dolz et Schneuwly, 2009,
Garcia-Debanc, 2016), « bon à tout faire » (De Pietro, Wirthner, 1998), « objet
verbal non identifié » (Halté, 2005), a suscité des interrogations portant sur la nature
même de cet objet. L’oral comme médiateur des apprentissages ou comme objet
d’enseignement ? De quel oral s’agit-il : le français correct et académique ou le
français appris et parlé en dehors de la classe ? Lire un texte écrit oralement, est-ce
considéré comme de l’enseignement de l’oral ? Comment évalue-t-on un objet si
évanescent ?
Une autre difficulté a trait cette fois au caractère pluriel de l’expression orale qui
n’implique pas que la dimension langagière. En effet, la communication orale est
« pluricodique » et « multimodale » (Gagnon, Dolz, 2016 : 65). Selon ces deux
auteurs, elle s’appuie sur des systèmes non langagiers qu’ils désignent par la
« voix » et le « corps ». La voix « support acoustique de la parole » (ibid.) se
compose de la diction (prononciation, articulation) et de la prosodie (thon, rythme,
volume). Le corps désigne une « expression non verbale » (ibid. : 67) et regroupe
« les expressions faciales, les regards, les conduites proxémiques (les conduites de
toucher, la gestion de la distance), la posture, la gestualité et l’apparence physique
et vestimentaire » (ibid.) qui changent selon les composantes de la situation de
communication. Pour les deux auteurs, ces dimensions non langagières sont
nécessaires pour l’enseignement de l’oral en classe :
166
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
167
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Néanmoins, nous estimons que l’oral réflexif a toute sa place dans une approche
générique décloisonnée, d’abord parce qu’il pousse les apprenants à une réflexion
autour de la situation et de l’intention de communication, ainsi que sur le genre de
texte à produire ; ensuite, il « permet de concilier compréhension et production
orale » (ibid.). L’auteure précise que « lors de situation d’oral réflexif, l’élève est
sollicité pour s’exprimer sur sa compréhension et utiliser des stratégies
métacognitives, notamment pour créer des liens logiques ou pour anticiper le
contenu du message entendu » (ibid.).
168
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
De notre côté, nous estimons que l’oral pragmatique n’est pas en contradiction avec
une approche générique de la communication orale. Bien au contraire, elle s’y
intègre parfaitement en offrant l’avantage de présenter des situations d’interaction
réelles entre les apprenants en prenant en charge toutes les dimensions de la
communication orale : le verbal, le non verbal, et le para-verbal. Nous rejoignons
l’avis de Patricia-Anne Blanchet qui estime que « les différents courants que sont
l’oral par genres formels, l’oral pour apprendre (intégré et réflexif) et l’oral
pragmatique, loin de s’opposer, gagneraient à être articulés entre eux, afin d’assurer
un enseignement efficient qui prenne en compte toutes les spécificités de l’oral »
(Blanchet, 2016 : 68).
169
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
170
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Cette première écoute sera suivi par des modules qui vont proposer des activités
visant à travailler les obstacles rencontrés lors de la première écoute : « La
reformulation est une des stratégies abordées par l’enseignant pour permettre à
l’élève d’approfondir le sens du texte » (ibid. : 118).
Pour évaluer les progrès des apprenants une nouvelle écoute/compréhension orale
va être programmée en fin de séquence : « Dans l’optique de définir la progression
des élèves quant à la compréhension des textes travaillés, une évaluation sous forme
de questionnaire ou de restitution des contenus du texte pour d’autres auditeurs est
prévue en fin de séquence » (ibid. : 122).
171
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
172
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
173
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Nous avons fait le choix de nous inscrire dans cette définition élargie de la littératie
car d’un côté, nous considérons qu’elle coïncide avec l’approche intégrée de l’oral
et de l’écrit en les mettant sur un continuum ; d’un autre côté, nous estimons que
limiter sa définition au champ de l’écrit est réducteur de l’activité langagière et
sous-entend une rupture voire une opposition entre l’oral et l’écrit :
Ainsi, l’oral est l’écrit ne peuvent jamais être réellement abordés de manière séparée
en classe : on passe de l’oral à l’écrit et de l’écrit à l’oral pour ensuite revenir à
l’écrit, etc. En effet, « on aurait du mal à trouver des situations faisant appel
exclusivement à l’oral ou à l’écrit » (Garcia-Debanc, 2016 : 113).
174
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
« l’écrit dicte sa loi à l’oral » (1998 : 31). Il affirme que cela est dû à « l’ambigüité
du rapport entre normes de l’oral et normes de l’écrit chez nombre d’enseignants »
(ibid. : 32). Pour contrer ces différents obstacles où l’oral est réduit à être un
subordonné de l’écrit, il propose d’inscrire la didactique de l’oral dans une approche
générique qui présente selon lui un avantage triple d’
(1) d’intégrer les modes oral et écrit sans nier leurs spécificités et
leurs apports respectifs, mais en évitant une opposition trop radicale
qui se révèle peu opératoire, (2) de prendre en compte diverses
formes orales dans leur contexte social et situationnel, et, surtout,
(3) d’être immédiatement et concrètement appréhendable, de
manière intuitive, par les élèves qui sont quotidiennement
confrontés (à l’école, par les médias, dans les divers lieux sociaux
qu’ils fréquentent) à des réalisations langagières inscrites dans les
genres socialement institués et reconnus. (Ibid. : 38)
175
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
établir un état des lieux qui rend compte de la nature et des spécificités de ces deux
modes de communication langagière et leurs relations.
Il précise que « la prise en compte des genres constitue une autre voie pour sortir de
la dichotomie oral vs écrit » (2016 : 28). En effet, à l’instar des genres de notre
corpus, certains genres se rencontrent aussi bien à l’oral qu’à l’écrit :
Ainsi, selon les chercheurs, l’oral se distingue-t-il de l’écrit sur plusieurs plans :
« l’oral porte en lui les marques de son élaboration : on hésite, on cherche un mot,
on rectifie ce que nous avons voulu dire, on se répète. A l’oral, pour utiliser une
image scolaire, le brouillon et le propre se mélangent » (Hassan, Bertot : 2015 : 29).
Quant à l’écrit, il est « épuré de ses marques de fabrication » (ibid.). Il offre des
possibilités de relecture, de commentaire étant donné son caractère de
« permanant » (ibid.).
176
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Ajoutons à cela que l’écrit a toujours été associé à la norme, voire à la perfection,
alors qu’on associe l’oral à un relâchement, une incorrection, voire un écart à la
norme et ce en dépit des avancées qui ont été faites dans le domaine « l’oral et
l’écrit sont considérés comme deux manifestations de la langue étroitement
tributaires de la norme : la version écrite est généralement considérée comme
correcte et la version parlée comme fautive ou relâchée » (Cappeau, 2016 : 26).
Notons également que l’on reproche à l’oral de ne pas avoir une syntaxe cohérente.
Cette remarque a été établie en comparaison avec l’écrit comme modèle qui, lui,
possède une syntaxe « correcte ». Or, l’oral et l’écrit relèvent d’une même et unique
langue « la syntaxe est toujours celle du français quel que soit le médium adopté »
(Cappeau, 2016 : 30). Ce dernier précise que « les différences dégagées sont surtout
liées à des tendances : on recourt plus à des liens marqués par des outils
grammaticaux à l’écrit et on peut marquer des relations en se fondant sur la
juxtaposition et la prosodie à l’oral » (ibid.).
Parmi les différenciations majeures établies entre l’oral et l’écrit, nous retrouvons
l’immédiateté et le direct de la communication orale d’un côté et la permanence
ainsi que le caractère différé de la communication écrite. En effet, « à l’écrit, il est
177
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
possible de lire et de relire un texte selon diverses fins ; à l’oral, les productions ne
peuvent être conservées que si elles sont enregistrées de quelque façon. » (Chiriac,
2013 : 213). La spatialité de la feuille et l’éphémérité de l’oral ont prévalu à l’un
l’avantage d’être au centre de l’enseignement/apprentissage et ont relégué l’autre au
rang de parent pauvre de l’école. Cette différence de matérialité (l’oral immatériel :
les paroles s’évaporent dans le temps et l’écrit qui peut être conservé) fait pencher
l’enseignement/apprentissage des langues en faveur de l’écrit.
Elle souligne le caractère complexe de l’oral qui ne se réduit pas à une suite sonore
car « la compétence langagière étant double : linguistique (connaissances
phonologiques, morphologiques et syntaxiques) et communicationnelles (règles
discursives, psychologiques, culturelles et sociales qui régissent l’utilisation de la
parole en fonction des contextes) » (ibid.). S’ajoutent à cela d’autres dimensions
constitutives de l’oral : éléments corporels et voco-acoustiques : « L’oral est donc
un « multicanal » car il combine des moyens linguistiques, communicationnels,
kinésiques et paralinguistiques » (ibid.). En effet, « l’interaction orale suppose un
face-à-face fondé sur une pluralité de signes, langagiers, gestuels, contextuels qui
178
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
En dépit de tout ce qui a été dit plus haut, les enseignants se retrouvent souvent dans
la confusion. Ils estiment faire de l’oral alors qu’ils font de l’écrit et vice versa. En
effet, Marcelline Laparra estime que « la plus grande difficulté que l’on rencontre
quand on veut définir ce qui relève de la didactique de l’oral est dans l’articulation
de l’oral et de l’écrit. » (2008 : 121). L’enseignement de l’oral est souvent, pour ne
pas dire toujours, lié à l’enseignement de l’écrit. Les apprenants ont toujours appris
à s’exprimer à partir de supports écrits : différents textes, images, dessins, etc. Elle
ajoute que l’oral ne peut se passer de l’écrit en classe :
Une des raisons qui explique que le travail sur l’oral n’arrive pas à
se passer de l’écrit tient à son caractère même : l’impossibilité de
fixer l’oral au moment de sa production et d’en suspendre le flux
semble interdire toute réflexion sur lui. (Ibid. : 123)
Elle explique que l’enseignant se retrouve toujours obligé de recourir à l’écrit (au
tableau) pour que les élèves puissent mieux saisir le message oral et « développer
une attitude métalinguistique sur l’oral ». Elle pense néanmoins que les apprenants,
ainsi que l’enseignant, peuvent dépasser cette étape en développant une « mémoire
verbale » de ce qui a été dit.
Notons qu’en didactique des langues, il ne s’agit pas de séparer l’oral de l’écrit ou
de « préconiser l’étanchéité entre l’oral et l’écrit » (ibid. : 130) car ajoute-t-elle
« Cela serait parfaitement illusoire » (ibid.). Néanmoins, le passage de l’oral à
l’écrit ou de l’écrit à l’oral ne doit pas se résumer à des activités dont l’objectif n’est
pas la production personnelle comme c’est le cas de l’oralisation d’un écrit ou la
transcription d’un discours oral. Il s’agit plutôt de produire un discours oral
179
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
personnel à partir des différents écrits ou produire un discours écrit à partir d’un
échange oral. Effectivement,
L’élève ne doit donc pas être habitué à passer ainsi qu’on le dit
souvent « de l’oral à l’écrit », mais être habitué à produire des
oraux et des écrits différents selon les exigences de la situation dans
laquelle ces oraux et ces écrits sont engendrés. (Ibid. 131)
Cette position rejoint celle développée par De Pietro et Wirthner qui proposait de
considérer l’oral et l’écrit « comme deux facettes de savoir-faire plus globaux en
expression, chacune de ces facettes gardant pourtant ses caractéristiques » (1996 :
29). En effet, l’oral et l’écrit sont tous deux des pratiques liées à une seule langue :
« La confusion à dissiper naît surtout de ce que très souvent on pose langue
parlée/langue écrite comme deux "niveaux de langue", alors que ce sont deux
réalisations, dans deux systèmes différents, de la langue » (Peytard, 1970 ; cité par
De Pietro, 1996 : 32). Ces auteurs amorçaient déjà le chemin « vers une intégration
de l’oral et de l’écrit au service de l’expression » (ibid. : 48). Nous allons aborder
dans ce qui suit les différentes influences réciproques entre l’oral et l’écrit.
Christiane Morinet (2017) estime que les obstacles rencontrés par les apprenants en
production écrite sont en partie dus aux difficultés des apprenants à l’oral. Il estime
qu’ « on oublie trop vite que la fonction de l’écrit est de rendre accessible à distance
un propos, un contenu qui, initialement, n’est pas nécessairement écrit » (ibid. :
180
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
181
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
grille d’écoute. Cette même grille d’écoute qui représente un support écrit va servir
à son tour la présentation d’un projet oral (résumé, compte-rendu, débat, ...).
Ces auteurs ont mené une recherche-action en prenant d’un côté, des groupes
témoins où les enseignantes ne changent pas leurs pratiques habituelles de
l’enseignement de l’oral et d’un autre côté, des groupes expérimentaux qui vont
poursuivre un enseignement/apprentissage de l’oral où celui-ci est considéré comme
objet d’enseignement ayant été soumis à un modèle didactique (Lafontaine, 2003)
où les ateliers formatifs se répartissent en six étapes : « élément déclencheur, état
des connaissances, enseignement, mise en pratique, retour en grand groupe, activité
métacognitive » (Dumais, 2011) et évalué par les pairs. Les résultats de
l’expérimentation montrent que les apprenants ayant été soumis à un tel
enseignement présentent une amélioration des compétences à l’oral, contrairement
aux groupes témoins. Ces résultats pourraient éventuellement s’expliquer par le fait
de favoriser une évaluation par les pairs.
182
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
compte les intérêts des élèves. Seront ensuite proposées aux élèves les activités
d’oral intégrées aux autres pratiques selon les étapes suivantes :
-Production initiale où les apprenants effectuent une courte production orale qui
sera enregistrée pour dresser par la suite l’état des connaissances des élèves :
« l’enseignant fait un retour avec ses élèves sur [la production initiale]. Il leur
demande d’identifier les points forts et faibles en vue de fixer des objectifs
d’apprentissage et des compétences à développer » (ibid. : 110).
Néanmoins, nous considérons d’un côté, que ce genre d’activité constitue un simple
passage de l’oral à l’écrit qui n’offre pas aux apprenants la possibilité de développer
des compétences de production effectives et concrètes, étant donné que les
apprenants reprennent un message oral à l’écrit. D’un autre côté, nous rejoignons
183
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
En outre, la prise de notes est une pratique courante dans la vie scolaire de
l’apprenant qui illustre le passage de l’oral à l’écrit. L’apprenant effectue deux
opérations : cognitive et motrice. Il passe de la compréhension du message à sa
transcription selon un code qui lui est propre : « Pour la PN (prise de notes), il faut
que le sujet établisse un parallèle constant entre son activité psychologique de
compréhension et l’activité de consignation écrite du contenu du message au titre
d’activité supplémentaire » (Faraco et al., 2001 :112).
184
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Toutefois, il convient de noter que la lecture à haute voix (oralisation d’un texte
écrit) n’est pas considérée comme étant une activité favorisant une approche
intégrée des compétences de l’oral et de l’écrit car
Elle précise que la communication orale scientifique est un « oral saturé d’écrits »
où « l’écrit précède et suit l’oral (en principe) mais lui est généralement aussi
concomitant » (ibid. : 119). En effet, l’écrit joue un rôle important dans ce genre de
discours oral : « c’est la vectorisation de l’écrit vers l’oral mais aussi de l’oral vers
185
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
l’écrit qui est interrogée ici en termes de ruptures et de continuité. L’écrit soutient,
nourrit et construit l’oral puis, l’oral nourrit et construit l’écrit » (ibid. : 119-120).
La question qui va guider notre analyse peut être reformulée comme suit : Les
documents officiels permettent-ils la mise en place d’une approche intégrée de la
littératie ? Les enseignants ont-ils recours à une approche décloisonnée de l’oral
et/ou de l’écrit en classe ? Pour répondre à ces questions, nous allons analyser les
trois programmes et les documents d’accompagnement, les manuels, les guides
pédagogiques, les nouvelles progressions, ainsi que les questionnaires distribués
aux enseignants.
186
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Ainsi, le statut de l’oral pose problème et peut mettre les enseignants dans une
situation d’inconfort. Quel oral enseigner ? Quand ? Comment ? Dans quels buts ?
Telles sont les questions qui attendent des réponses aujourd’hui.
Par ailleurs, l’évaluation de l’oral fera systématiquement face à des difficultés qui
découleront d’une conception hasardeuse de cet objet d’enseignement. En effet,
pour pouvoir évaluer les compétences orales des apprenants, il est nécessaire de
dispenser un enseignement explicite de l’oral et d’en définir les objectifs et les
compétences visées.
L’absence, dans les manuels, de supports didactiques oraux (le manuel n’est pas
doté de supports multimédias) représente un obstacle majeur pour
l’enseignement/apprentissage de l’oral en classe. L’enseignement de l’oral, tel qu’il
est abordé dans les manuels, se fait notamment par le recours aux documents
iconiques. Le guide pédagogique de la 1ère AS explique que « ne pouvant disposer
de matériel pour réaliser des cassettes audio, nous avons pris souvent comme
supports des documents iconiques » (MEN, 2005c : 5). Or, comme nous l’avons
187
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Pour conclure, nous pouvons dire que, même si les programmes et les documents
d’accompagnement accordent une place privilégiée à l’enseignement/apprentissage
de l’oral, force est de constater que les manuels scolaires sont bien loin de mettre en
pratique les recommandations théoriques des programmes et accordent une moindre
importance à l’oral au profit de l’écrit, qui, jouit d’une place largement dominante.
188
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Selon eux, la séquence didactique doit cibler les deux compétences. En effet, la
plupart des enseignants préfère aborder, dans une séquence didactique, l’oral et
189
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
l’écrit ensemble plutôt que de consacrer une séquence entière à l’oral. Ils justifient
comme suit :
Par ailleurs, certains refusent de consacrer une séquence entière à l’oral car celui-ci
ne fait pas l’objet d’un examen et n’est donc pas évalué. Ils expliquent que :
D’autres estiment que l’écrit est plus important que l’oral : Ils expliquent que :
190
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
D’autre part, 22% des enseignants sont d’accord pour consacrer une séquence à part
à l’oral. Ils justifient cela ainsi :
Nous déduisons, à partir de ces réponses, que les enseignants favorables à la mise
en place de séquences à part à l’oral visent à améliorer le niveau des apprenants en
expression orale.
Par ailleurs, si dans les manuels scolaires, la compréhension orale est inexistante et
l’expression orale jouit d’un meilleur sort, les questionnaires nous révèlent que la
pratique enseignante aborde l’oral en compréhension et en production. En effet, à la
question « comment enseignez-vous l’oral ? », la majorité des enseignants (23 sur
44) affirment travailler l’oral en compréhension et en production. Certains
enseignants abordent la production orale en la mettant en relation avec la
compréhension orale comme le montrent les réponses suivantes :
191
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
192
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
E.48. La CO je travaille avec des vidéos dont le thème est motivant pour les
élèves, je pose des questions après. Pour la PO, les élèves choisissent un thème
au hasard, ils forment des groupes et discutent sur le thème pioché.
Nous remarquons dans les réponses données ci-dessus que les séances de
compréhension et de production orales n’entretiennent pas de relations et sont
abordées de manière différenciée. En effet, hormis les enseignants (E.9, E.10, E.40)
qui relient la production orale à la compréhension, l’écrasante majorité opte pour un
enseignement différencié des deux compétences. Ainsi, pour la production orale, les
enseignants proposent un thème (un sujet de discussion) aux apprenants ou bien ces
derniers choisissent eux-mêmes un sujet de discussion et « s’expriment librement ».
Or, cette façon de procéder rend compte de l’absence de méthodologie bien définie
pour enseigner la production orale. Les enseignants ne savent pas comment
procéder pour travailler cette séance. L’absence de repères méthodologiques fait
qu’ils se sentent inconfortables dans la séance de production orale. Raison pour
laquelle, un bon nombre d’enseignants ne travaille que la compréhension de l’oral.
En effet, 20 sur 44 enseignants ayant répondu n’évoquent que la compréhension de
l’oral qui est suivie d’un questionnaire visant à vérifier la compréhension des
apprenants comme l’illustrent les propos suivants :
193
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Nous remarquons dans les réponses ci-dessus qu’une bonne partie des enseignants
optent pour un support audio/audiovisuel. Seuls deux enseignants (E.16 et E.45)
procèdent par l’oralisation d’un texte pour ensuite poser des questions de
compréhension. Cela peut être justifié par le manque d’outils informatiques. En
effet, à la question portant sur les difficultés rencontrées lors de l’enseignement de
l’oral, une bonne partie d’enseignants (E.2, E.7, E.8, E.20, E.26, E.32, E.33, E.34,
E.36, E.38, E.40, E.44, E.48, E.50) relève, comme principal obstacle à
l’enseignement de l’oral, l’absence et/ou le manque de moyens informatiques
comme le montrent les propos suivants :
194
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
D’autres difficultés ont été relevées, notamment la surcharge des classes comme
l’illustrent les propos suivants :
Outre ces difficultés d’ordre technique, les enseignants estiment que la difficulté
majeure est liée aux apprenants. Ils estiment que ces derniers présentent des
difficultés à s’exprimer en français par timidité, manque de vocabulaire, désintérêt,
etc. comme l’illustrent les propos suivants :
E.1. Les élèves n’ont pas une bonne intonation et n’ont pas un vocabulaire
riche.
E.4. Le complexe des élèves ; les élèves refusent de s’exprimer oralement.
E.5. Il n’est pas aisé d’écouter, de comprendre et d’interpréter à la fin. Le
support oral est évanescent.
E.9 Absence de concentration, difficulté liée à la prise de notes, la prise de
parole, à l’assimilation.
E.10. La plupart des apprenants n’arrivent pas à prendre la parole en français.
E.12. Timidité et complexe des apprenants, difficulté d’enchainer des phrases.
L’apprenant a des difficultés d’expression et de prononciation, il n’exploite
pas son langage corporel lors de la présentation.
E.13. Difficultés liées à la compréhension ; les apprenants ont du mal à
assimiler. Difficultés en production ; les élèves rencontrent des difficultés dans
l’expression.
E.14. Les apprenants ont des difficultés quant à la prise de parole. Ils ne
s’expriment pas bien.
E.22. Le bavardage et le bruit parce que les classes sont surchargées.
E.23. Baisse du niveau de compréhension chez les apprenants et la capacité de
production.
E.27. Le désintérêt de l’apprenant car il n’est pas évalué à l’oral.
E.28. La mauvaise prononciation des élèves.
E.29. On a affaire à des apprenants qui ont du mal à s’exprimer, des
apprenants timides.
195
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Nous remarquons, dans les réponses données ci-dessus que, selon les enseignants,
les apprenants présentent des difficultés à s’exprimer en français et cela pour
plusieurs facteurs liés notamment à leurs personnalités. Nous remarquons également
d’autres difficultés liées notamment à la nature de l’objet « oral » comme « support
évanescent » (E5) ; recours à la langue maternelle (E.35, E.41, E.47, E.49) ; à une
mauvaise gestion de classe qui conduit au bavardage et au désintérêt (E.22, E.31,
E.43, E.45, E.46) ; et à des difficultés liées à l’évaluation. En effet, selon les
enseignants (E.27, E.45), l’oral n’est pas évalué d’où sa non prise au sérieux par les
apprenants. Ainsi l’enseignant (E.37) estime que la difficulté dans l’enseignement
196
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Cette affirmation est à vérifier dans les réponses données par les enseignants à la
question 26 « comment doit-on évaluer la production oral ? ». Si 12 sur 50
enseignants ont préféré ne pas répondre à la question, 7 enseignants ont relevé la
difficulté liée à l’évaluation de la production orale et certains estiment que cette
évaluation est impossible à réaliser comme l’illustrent les propos suivants :
197
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Nous remarquons que l’enseignant 23 estime que l’évaluation doit cibler les points
ayant été abordés au cours de la séquence, tandis que les enseignants (E.37, E.41)
pensent que l’évaluation de l’oral est à mener sur une longue période. En outre, le
reste des enseignants interrogés, énumèrent une liste de critères ayant trait
notamment à la correction de la langue, à la richesse du vocabulaire, à la
prononciation comme l’illustrent les réponses suivantes :
Nous remarquons que les critères d’évaluation émis par les enseignants concernent
la correction de la langue (structure et enchainement des phrases, respect des règles,
cohérence des idées) ; la richesse sémantique (nombre d’informations, l’originalité,
198
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
199
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Par ailleurs, les documents d’accompagnement des programmes mettent l’accent sur
cet intérêt qu’on accorde à l’apprentissage de l’oral au même titre que
l’apprentissage de l’écrit. Ils expliquent en effet, qu’il est nécessaire « de prévoir
pour la classe une progression pour l’oral, tout comme cela se fait déjà pour l’écrit,
en se fixant des objectifs pour développer des compétences d’interaction, de
compréhension et de production de messages oraux » (MEN, 2005b : 22).
Réhabiliter l’oral dans l’enseignement/apprentissage de la langue peut constituer
une première étape vers une approche intégrée. Celle-ci serait alors envisageable
selon les guides pédagogiques qui estiment que « la pratique de l'oral bien menée
peut avoir une incidence positive sur la pratique de l'écrit par les apprenants »
(MEN, 2005c : 5). On met en exergue les vertus de l’oral sur l’écrit : « pour
l'acquisition d'un lexique facilitant la lecture des textes, les enseignants trouveront
un intérêt à commencer certaines séquences par une activité d'oral » (ibid.).
D’autres activités allant dans le sens inverse sont proposées en expression comme :
« Exposé oral à partir d'un texte étudié en classe (page 35) » (MEN, 2006c : 41).
200
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Par ailleurs, même si nous rencontrons des genres oraux dans les trois programmes
(plaidoyer et réquisitoire 2ème AS, pièce de théâtre 2ème AS, débat d’idées : 3ème AS),
les exemples des grilles d’évaluation (MEN, 2006b : 11-14) montrent clairement la
priorité accordée à l’écrit puisque l’on demande aux apprenants des réalisations
écrites de la pièce de théâtre (en prenant en considération les marques du discours
oral), et non une mise en scène de la pièce. La situation ne diffère guère avec les
autres objets d’études où les apprenants sont amenés à réaliser à l’écrit des « genres
oraux ».
Notons également que même si les guides pédagogiques perçoivent les vertus de
l’oral sur l’écrit ou vis-versa, il n’en demeure pas moins qu’ils en donnent une
image opposée où l’oral serait perçu comme « fautif ». L’extrait suivant rend bien
compte de l’image accordée à l’oral : « L'entretien ayant été transcrit nous pouvons
y trouver de nombreuses marques de la langue orale : phrases inachevées, formes
contractées "c'que", onomatopées, répétitions de mots, non-respect de l'inversion du
sujet, prépondérance du "on" sur le "nous" etc. (…) » (MEN, 2005c : 32).
201
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Par ailleurs, l’avant-propos du manuel de la 1ère AS nous situe déjà dans une
approche décloisonnée « Il [le manuel] vous propose une articulation cohérente
entre les différents domaines de la communication (par l’écrit, par l’oral, par
l’image) » (Djilali et al., 2005 : 2). Le manuel propose des activités qui « visent à
décloisonner les divers aspects à prendre en charge pour cet apprentissage : la
grammaire (lexique, syntaxe), l’organisation des textes et les contraintes liées aux
situations de communication » (ibid.).
202
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
S’il est vrai que le recours aux syntagmes (langue écrite et langue orale) représente
une désignation maladroite étant donné que l’oral et l’écrit sont les constituants
d’une seule langue, nous percevons clairement les relations établies entre l’oral et
l’écrit : de l’oral à l’écrit ou de l’écrit à l’oral.
L’analyse des activités proposées pour l’expression orale dans les trois manuels
scolaires a montré que sur toutes les activités portant sur l’oral, nous retrouvons
certaines activités qui pourraient favoriser l’articulation des compétences de l’écrit
et de l’oral. Il s’agit notamment des activités qui proposent de partir des acquis de la
compréhension de l’écrit pour produire à l’oral comme imaginer la suite d’une
histoire, donner son avis sur un thème abordé dans le texte ou tout simplement
expliquer ce que l’on a compris ou pas dans le texte.
Néanmoins, nous ne retrouvons dans les activités aucune indication qui expliquerait
aux apprenants les modalités de cette approche décloisonnée. Ainsi, pour porter ses
fruits, l’apprentissage intégré doit être explicité par l’enseignant pour que les élèves
puissent percevoir les différents passages qui s’effectuent entre compréhension et
production et entre oral et écrit à défaut de quoi, cet enseignement intégré ne serait
qu’un changement de support ou d’activités.
Pour conclure, nous pouvons dire qu’avant les nouvelles progressions (2018/2019),
l’enseignement/apprentissage articulé de la littératie n’est que très rarement
« insinué » dans les programmes et les documents d’accompagnement. Mais en
nous référant davantage aux indications récentes contenues dans les nouvelles
progressions, nous pouvons dire que l’approche décloisonnée est explicitement
préconisée dans l’enseignement/apprentissage du FLE au secondaire en Algérie.
Cette conclusion induit une autre hypothèse : les enseignants, à défaut d’avoir les
indications théoriques et des exemples d’activités pratiques nécessaires à la mise en
place d’une approche intégrée, procèdent à un enseignement/apprentissage
différencié voir opposé des compétences de l’écrit et de l’oral. Ce qui nous amène à
nous interroger sur la place accordée à une approche décloisonnée dans les
pratiques de classe des enseignants. Favorisent-ils un enseignement/apprentissage
203
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
En effet, plus de la moitié des enseignants (soit 66%) sont contre l’idée d’aborder
l’oral et l’écrit lors de la même séance. Ils estiment que l’oral et l’écrit sont deux
compétences différentes comme l’illustrent les réponses suivantes :
E.2. Pour que l’élève assimile les connaissances relatives pour chaque séance.
E.3. Chacun a des caractéristiques spécifiques qui le distinguent de l’autre.
E.4. Chaque compétence a ses propres objectifs.
E.15. Comment peut-on enseigner deux compétences différentes lors d’une
même séance ?
E.22. Ce sont deux compétences différentes.
E.23. Il faut s’approprier chaque compétence séparément.
E.25. Le temps ne nous permet pas de jumeler deux séances en une seule.
E.32. Une séance ce n’est pas suffisant pour aborder les deux compétences.
E.45. L’oral nécessite un dispositif différent de l’écrit.
Par ailleurs, 34% des enseignants estiment que l’oral et l’écrit peuvent faire l’objet
d’une même séance. Pour certains, cela est d’usage. Ils justifient comme suit :
204
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
E.10. Quand on fait de l’oral, on laisse toujours une trace écrite et quand on
fait de l’écrit, on fait de l’oral en même temps (le fait de faire parler les
apprenants).
E.12. L’écrit et l’oral s’enchevêtrent en cours : l’enseignant et les apprenants
analysent un texte oralement.
E.13. Parce que l’élève comprend et produit : l’oral est travaillé dans toutes les
séances en réalité.
E.35. Ce n’est pas forcément une obligation, mais c’est conseillé car l’oral
travaille l’écrit et vice versa.
E.39. Parce que l’apprenant doit s’habituer et s’améliorer dans les deux
compétences.
E.41. Cela se passe concrètement en classe. Les élèves répondent oralement à
partir de l’écrit.
E.42. pendant l’apprentissage, on est obligé de passer d’abord par l’oral puis à
l’écrit.
E.46. L’écrit et l’oral peuvent être travaillés dans la même séance, si on passe
de l’oral à l’écrit dans la C.O à la P.E.
E.47. L’oral est présent dans toutes les séances.
E.48. Ils se complètent.
E.49. On ne peut pas séparer l'un de l'autre.
E.50. L’oral et l’écrit sont toujours travaillés ensemble dans toutes les
matières.
Nous pouvons donc dire que les avis des enseignants sont partagés : une catégorie
estime que l’oral et l’écrit peuvent être abordés simultanément dans la même séance
et une autre catégorie considère que l’oral et l’écrit sont deux compétences qu’il
convient d’aborder séparément.
205
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Ainsi, tous les enseignants affirment que la séquence didactique doit aborder les
deux compétences soit parce que l’oral et l’écrit représentent les deux faces d’une
même pièce :
E.5. Etant donné qu’ils visent les mêmes objectifs, les deux enseignements ne
sont pas incompatibles l’un avec l’autre. Les mettre ensemble est plus
qu’indiqué.
E.23. La séquence didactique commence généralement par une séance de
compréhension de l’oral puis production de l’oral pour passer à l’écrit.
E.36. C’est ce qui est recommandé dans les programmes.
E.41. Car on vise la production, en même temps, orale et écrite.
E.42. ils sont les principales compétences de base dans un apprentissage
quelconque. Ils se complètent.
E.43. les programmes recommandent d’aborder les 4 compétences.
E.45. chaque séquence doit travailler l’oral et l’écrit.
E.47. Il faut que l’élève puisse développer ses compétences à l’oral et à l’écrit.
Ainsi, les enseignants questionnés ont établi par la suite une liste de similitudes
entre l’enseignement de l’écrit et l’enseignement de l’oral. La majorité des
enseignants estime qu’il n y a pas de différences apparentes entre les deux
enseignements et que les deux suivent à peu de choses près la même démarche.
Nous citons quelques réponses :
206
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
207
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
réponse. Ce qui nous amène à la question n°25 qui demande aux enseignants de
relever les différences entre les deux enseignements. En effet, le fait qu’il y ait des
similitudes entre eux ne signifie pas forcément qu’il n’y a pas de différences. Nous
remarquons que le support matériel est la principale différence relevée par les
enseignants qui estiment que :
E.1. A l’écrit, les apprenants ont le support. A l’oral, ils doivent beaucoup plus
écouter.
E.2. Il y a un support écrit pour l’enseignement de l’écrit et l’élève aura plus
de temps pour lire tandis qu’à l’oral tout passe vite.
E.5. L’enseignement de l’écrit est plus abordable que celui de l’oral en ce sens
que l’écrit peut être revisité à notre guise.
E.7. L’enseignement de l’oral vise à développer l’ouïe (écouter pour
comprendre) et la production orale. L’enseignement de l’écrit quant à lui, se
base sur des supports écrits (lire pour comprendre).
E.13. L’enseignement de l’écrit facilite la compréhension puisque l’apprenant
lit et repère directement, contrairement à l’oral, ils ont des difficultés. L’écrit
est un support permanent contrairement à l’oral.
E.16. A l’écrit, le texte est entre les mains des apprenants alors qu’à l’oral, le
texte est uniquement entre les mains de l’enseignant.
E.23. Le support oral s’épuise et le support écrit demeure ce qui permet des
relectures.
E.36. L’oral est immatériel contrairement à l’écrit qui reste. Au bac, les
apprenants auront une épreuve écrite.
E.38. Les apprenants travaillent mieux lors de la compréhension de l’écrit
puisqu’ils ont le support devant eux, ils lisent et repèrent facilement.
E.39. Enseigner l’oral prend plus de temps qu’enseigner l’écrit. Les moyens
utilisés pour l’enseignement de l’oral ne sont pas les mêmes utilisés pour
l’enseignement de l’écrit.
E.49. L'écrit demande moins de moyens. - L'enseignement de l'oral demande
plus d'efforts.
Ainsi, l’oral est insaisissable et s’épuise dans le temps, contrairement à l’écrit qui
dure. D’autres différences ont été signalées, notamment en ce qui concerne les
caractéristiques de l’oral tel que se les représentent les enseignants. Nous illustrons
avec quelques réponses :
208
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
E.8. L’écrit est régi par la grammaire et l’orthographe plus que l’oral.
E.9. L’enseignement de l’écrit prime sur l’enseignement de l’oral. L’oral est
plus difficile à évaluer.
E.12. L’oral inclut le langage corporel dans le discours.
E.25. L’enseignement de l’oral se base sur la compréhension et la production
de l’oral quant à l’enseignement de l’écrit, il se base sur la compréhension et
la production écrite suivies d’activités de grammaires.
E.33. A l’oral on peut se permettre des expressions des « fautes »
contrairement à l’écrit.
E.34. L’oral et l’écrit n’ont pas la même structure. L’écrit est régi par les
règles de grammaire de cohérence et de cohésion tandis que l’oral possède sa
propre dimension (locuteur, statut, situation, thème, sujet).
E.40 A l’écrit, on évalue par exemple l’orthographe ; quant à l’oral, on évalue
la prononciation selon les objectifs.
E.43. L’écrit est correct et bien soigné, à l’oral, les apprenants utilisent un
langage familier.
E.44. L’oral est spontané et les élèves parlent beaucoup plus avec la langue
maternelle.
E.45. A l’écrit, les élèves ont le temps de préparer leur travail, de raturer et de
refaire mais à l’oral, ils sont pris au mot.
E.50. L’écrit est soigné et correct tandis qu’à l’oral, les élèves commettent
beaucoup d’erreurs.
Nous pouvons dès lors affirmer que les représentations des enseignants à propos de
l’oral jouent un rôle important sur le processus d’enseignement/apprentissage. En
effet, les enseignants estiment que la langue utilisée à l’oral n’est pas aussi correcte
que lorsqu’elle est utilisée à l’écrit (E.3, E.8, E.33, E.43, E.50) ; que l’écrit est plus
important que l’oral (E.9) ; que l’oral et l’écrit ont des structures différentes (E.25,
E.34) et que les élèves recourent souvent à un registre familier ainsi qu’à leur
langue maternelle (E.44, E.43). Nous soulignons, par ailleurs que, les autres
différences relevées entre l’enseignement de l’écrit et de l’oral ont trait à la
motivation des apprenants. En effet, certains enseignants estiment que les
apprenants sont plus motivés par les séances de l’oral comme l’illustrent les propos
suivants :
209
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
E.15. Les apprenants sont plus intéressés par les séances d’oral que par les
séances d’écrit.
E.28. Les élèves préfèrent les séances de l’oral.
E.47. Les élèves sont plus à l’aise à l’oral parce qu’ils peuvent parler
librement, à l’écrit, ils sont toujours guidés par une consigne et doivent soigner
l’orthographe des mots.
D’autres par contre estiment que c’est plutôt l’écrit qui motive les apprenants. Ils
justifient comme suit :
Cela nous amène à interroger les enseignants sur la possibilité de mettre en pratique
une approche décloisonnée de l’oral et de l’écrit. Le dépouillement des réponses
données par les enseignants à cette question nous a permis de constater que la
majorité des enseignants sont favorables à la mise en place d’une telle approche. En
effet, si 21 sur 50 enseignants, n’ont pas répondu à la question, la majorité de ceux
qui ont répondu estime qu’une telle approche peut contribuer à améliorer
l’enseignement/apprentissage des compétences de l’écrit et de l’oral. Ils citent des
exemples d’activités relevant d’une approche décloisonnée qui vont d’une part, de
l’oral à l’écrit, comme l’illustrent les propos suivants :
210
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
l’écoute puis la prise de notes, pour enfin aboutir à la réalisation d’un compte
rendu objectif (oral ou écrit).
E.10. Je pense que les deux compétences sont complémentaires et
indissociables.
E.14. Après les activités de compréhension de l’oral, on peut proposer une
activité de production de l’écrit par exemple, faire le compte rendu objectif ou
critique du document audiovisuel exploité en classe ou bien le résumé.
E.25. Je pense qu’elle serait plus qu’utile. Dans les deux approches, on fixe les
objectifs à atteindre. Exemple : écouter et interpréter le reportage sur la vidéo
pour le restituer sous forme d’un compte rendu ; lire et comprendre le texte
pour le restituer sous forme d’un compte rendu oral. Exemple d’activités :
répondre à un questionnaire écrit après l’écoute : vrai ou faux/ chasser l’intrus/
compléter un passage lacunaire.
E.32. C’est très intéressant à faire en classe. La réalisation d’une interview ou
d’une pièce théâtrale.
E.40. Une approche décloisonnée de l’oral et de l’écrit pourrait s’avérer
intéressante, surtout quand il s’agit de l’enseignement des genres oraux.
L’écrit peut en effet, faciliter la compréhension du discours oral. Suite à
l’écoute d’un document sonore, les apprenants pourront donner leur avis à
l’écrit.
E.44. je pense que c’est une approche que nous appliquons sans en être
pleinement conscients : on demande à nos élève lors de la séance de CO de
faire un résumé écrit ou un compte rendu, et dans les séances de CE, on
demande parfois aux élèves leurs avis ou simplement de reformuler oralement
ce qui est dit dans le texte.
E.49. Je suis pour cette approche. - Faire un cours écrit pour le réaliser à l'oral
comme pour l’interview, le reportage ...
D’autre part, certaines activités citées en exemples partent de l’écrit vers l’oral
comme l’illustrent les réponses suivantes :
E.5. Par exemple, dans le cadre du projet 2 (1 ère AS), demander aux apprenants
de reformuler oralement les arguments et leurs articulateurs logiques de façon
à les adapter à ses propres préoccupations.
E.7. Imaginer la suite d’une histoire (nouvelle d’anticipation) après une séance
de compréhension de l’écrit ; exprimer son point de vue à propos d’un thème
abordé dans la compréhension de l’écrit ; questions d’élargissement dans un
débat.
E.12. Ce serait une bonne approche ; Des exemples d’activités où l’oral et
l’écrit sont combinés : présenter une idée à l’aide du numérique (power point).
E.35. L’approche est très intéressante surtout quand le sujet choisi est
attrayant, on pourrait par exemple travailler le discours argumentatif en
211
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
choisissant dans l’écrit un texte d’un auteur où il donne son point de vue sur
un sujet précis, puis faire suivre le même sujet dans la séance de l’oral où
l’apprenant va préciser d’abord s’il est d’accord avec le point de vue de
l’auteur ou pas, par la suite il justifie son choix et donner à son tour son point
de vue.
E.38. L’activité de synthèse : l’apprenant lit, comprends et synthétise.
E.39. Je suis complètement pour cette approche, par exemple, pour présenter
oralement une tâche, il peut l’écrire sur une feuille, ça sera pour lui, un
entrainement pour l’écrit et pour l’oral.
E.46. Ça pourrait être intéressant ! On pourrait par exemple demander aux
apprenants de faire des présentations avec un power point ou d’interpréter une
pièce de théâtre.
Enfin, les réponses nous ont également révélé des enseignants un peu sceptiques
mais qui s’interrogent quand même sur la faisabilité et l’intérêt de cette approche
comme l’illustrent les propos suivants :
212
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
Conclusion
En somme, nous pouvons dire que les résultats de notre recherche sur
l’enseignement/apprentissage de l’oral, tel qu’il est abordé dans les documents
institutionnels, mais aussi dans la pratique enseignante, laissent entrevoir un déficit
considérable notamment en ce qui concerne le manque ou l’absence de matériel
didactique, l’imprécision des objectifs d’enseignement/apprentissage, l’absence de
progression pour l’oral, etc.
Ainsi, nous pouvons dire qu’au vu des obstacles rencontrés par les enseignants dans
l’enseignement/apprentissage de l’oral en classe – absence de méthodologie
concrète et d’objectifs d’apprentissage ainsi que des outils didactiques nécessaires –
et de l’absence d’orientations méthodologiques dans les documents institutionnels,
l’approche générique intégrée de l’oral et de l’écrit offre des pistes didactiques
sérieuses qui peuvent contribuer au développement de la compétence à
communiquer langagièrement des apprenants du cycle secondaire. En effet, cette
approche née du croisement d’un enseignement/apprentissage qui définit les
contenus langagiers en termes de genres textuels, et d’une approche décloisonnée
des compétences de l’oral et de l’écrit permet aux enseignants d’une part, de relier
l’apprentissage scolaire et l’apprentissage social ; et d’autre part, de concevoir une
progression cohérente des apprentissages à travers les modules qui composent la
séquence didactique.
Ainsi, nous pouvons dire que l’approche générique intégrée de l’oral et de l’écrit,
pour être rentable, doit être explicitée en classe avec les apprenants. Sa mise en
place nécessite de revoir, en premier lieu, la place accordée à
l’enseignement/apprentissage de l’oral en tant qu’objet
d’enseignement/apprentissage. En effet, il est nécessaire d’éclaircir les objectifs à
atteindre en termes de compétences afin de permettre aux enseignants d’élaborer
des progressions cohérentes où l’oral et l’écrit s’entrecroisent.
Dans le chapitre qui suit, nous allons aborder les approches didactiques qui
caractérisent le paysage scolaire au secondaire pour ensuite identifier les
213
Chapitre 4 Vers une approche intégrée de l’oral et de l’écrit
214
Chapitre 5
L’apprentissage générique intégré et
les nouvelles approches dans
l’enseignement du FLE
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Introduction
Notre travail de recherche interroge le champ de la didactique du français langue
étrangère qui est marqué par le sceau des différentes approches et méthodologies.
Celles-ci offrent une large gamme d’outils et de dispositifs didactiques pour la
pratique enseignante.
Ce chapitre est scindé en deux parties. Dans la première partie, nous passons
brièvement en revue les différentes méthodologies et approches qui se sont succédé
dans l’enseignement/apprentissage des langues (cf. 5.1) avant l’apparition de la
notion de « compétence » qui est considérée comme une véritable révolution
remettant en question les objectifs du processus d’enseignement/apprentissage. A
cet effet, nous aborderons plus en détail cette notion (cf. 5.2), puis nous nous
intéresserons aux trois approches qui envisagent l’apprentissage des langues en
termes de « compétences »12. Nous faisons référence à l’approche communicative
(cf. 5.3) ; l’approche par compétences (cf. 5.4) ; l’approche actionnelle (cf. 5.5).
Dans ce dernier point, nous allons évoquer les relations existant entre l’approche
actionnelle et les deux autres approches (communicative et APC) ainsi que la
pédagogie du projet. La deuxième partie de ce chapitre est consacrée aux résultats
de l’analyse des documents officiels et des questionnaires destinés aux enseignants
(cf. 5.6)
Les méthodologies et les approches en didactique évoluent d’une part avec les
changements sociaux et idéologiques ainsi que les besoins langagiers et
communicationnels des individus au sein d’une société ; et d’autre part, en étroite
relation avec les théories du langage et de la communication sociale. Ainsi pourra-t-
on dire, à la suite de Puren, que les changements sociétaux, idéologiques et
économiques ont toujours été à l’origine des changements méthodologiques :
12
Cette notion est appréhendée différemment dans les trois approches.
216
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Nous sommes d’avis que l’avènement d’une nouvelle approche ne signifie pas
l’enterrement de celle qui la précède. Galisson, à cet effet, estime que « chaque
méthodologie est un produit non biodégradable qui laisse toujours des traces »
(Galisson, 1980 : 134). Nous pouvons donc supposer que ce foisonnement de
méthodologies et d’approches dans le domaine didactique va offrir à l’enseignant
un éventail de choix épistémologiques qu’il pourra investir concrètement dans sa
salle de classe, en tenant compte de la dimension essentielle de toute démarche
d’enseignement/apprentissage : l’apprenant.
Nous ne voulons pas évoquer ici, dans les détails, les différentes méthodologies qui
se sont succédé dans l’histoire de la didactique des langues car nous estimons d’une
part que ce travail a déjà fait l’objet de plusieurs recherches ; d’autre part, nous ne
voyons pas l’utilité de convoquer des champs théoriques qui ne servent pas de près
notre problématique. Néanmoins, nous allons essayer de les résumer en quelques
lignes pour mettre en évidence les ressemblances/différences et les lieux de
croisement entre elles.
Dans les méthodologies directe et active, c’est l’oral qui est privilégié par rapport à
l’écrit. Tous les supports oraux authentiques peuvent être utilisés comme moyens
d’enseignement. On y exposera l’apprenant « directement » à la langue seconde.
L’apprentissage s’effectue grâce à des activités récurrentes (Bronckart, 1995) qui
217
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
L’approche audio-orale, comme son nom l’indique, focalise son intervention sur
l’enseignement de l’oral. Elle est née après la deuxième guerre mondiale aux USA
qui avaient fait appel à différents experts dans le but de trouver un moyen rapide et
efficace pour faire apprendre une langue étrangère aux soldats et aux populations
étrangères. Cette approche recourt en particulier à deux champs très en vogue à
l’époque : la linguistique structurale de Ferdinand De Saussure (1916) et le
Behaviorisme de Skinner (1957). Elle fut sujette à de nombreuses critiques et la
plus importante d’entre elles est la remise en cause du behaviorisme qui réduit la
complexité du fonctionnement des apprentissages langagiers à une pratique
récurrente d’automatismes. En effet, le behaviorisme exclut « les phénomènes
mentaux (états de conscience, représentations, affects, sentiments, etc.) en arguant
du fait que ceux-ci n’étant pas observables, aucun accord ne peut être établi quant à
leur statut et quant à leur existence même » (Bronckart, 2008 : 136).
218
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Nous allons, dans les pages suivantes, aborder trois approches fondamentales dans
l’enseignement des langues étrangères : l’approche communicative, l’approche par
compétences (APC) et la perspective actionnelle. Les deux premières approches
sont abordées ici en raison de leur présence dans les documents officiels et les
instructions ministérielles qui les mentionnent comme orientations méthodologiques
pour l’enseignement/apprentissage du français en Algérie. Quant à la perspective
actionnelle, elle représente, à nos yeux, sans pour autant l’opposer aux deux autres
approches, un moyen efficace qui permettrait une approche générique intégrée de
l’oral et de l’écrit en classe de FLE.
219
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Crahay, de son côté, affirme que la notion de compétence tire ses origines du monde
de l’entreprise et a par la suite contaminer les autres champs de la recherche
scientifique :
Philippe Perrenoud, quant à lui, rejette cette affirmation sans pour autant nier
l’apport considérable du secteur entrepreneurial pour l’éducation. En effet, il estime
que « si le monde de l’entreprise n’a pas inventé la notion de compétence,
reconnaissons qu’il lui a, depuis dix ans, donné une grande importance, dont
résulterait celle qu’on lui donne dans les programmes scolaires contemporains »
(2000 : 22)
220
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Se pose alors la question qui est à l’origine de ce conflit : Peut-on définir une notion
par des concepts polysémiques tendanciellement flous ?
221
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Il est nécessaire, dans cette présente étude, d’essayer de cerner cette notion
pyramidale qui est au centre des trois approches didactiques que nous allons aborder
dans ce chapitre. Il ne s’agit évidemment pas de définir la notion car cette entreprise
est vouée à l’échec, mais de dégager un certain nombre d’éléments faisant
l’unanimité chez les différents auteurs. Pour ce faire, nous allons examiner la
littérature didactique consacrée à cette notion en nous focalisant uniquement sur le
domaine de la didactique des langues cultures.
222
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Par ailleurs, il estime que la compréhension (écrite et orale) ainsi que la production
(écrite et orale) ne sauraient être considérées comme des compétences mais
seulement comme des activités langagières car
223
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Perrenoud, quant à lui, définit la compétence comme « […] des savoir-faire de haut
niveau, qui exigent l’intégration de multiples ressources cognitives dans le
traitement de situations complexes » (1995 :3). Puren (2016) estime que cette
définition rejoint sa propre conception de la compétence comme un savoir-agir en
langue culture.
Claire Bourguignon (2010), de son côté, explique qu’il y a toujours confusion entre
capacité et compétence : être capable de lire/produire un texte, qui rend compte
d’une capacité, est souvent considéré comme une compétence et cela pour deux
raisons. La première est due à l’attachement des enseignants à l’approche
communicative qui désignait la CO/PO ; CE/PO comme compétences. Ensuite, ces
capacités sont représentées dans le CECRL avec les niveaux de compétence.
Se plaçant à peu près sur le même paradigme que Christian Puren, elle propose une
classification très pertinentes des notions de compétences, capacités et
connaissances qui sont liées, dans l’ordre, aux : savoir-agir, savoir-faire et savoir.
Le tableau suivant (Bourguigon, 2010 : 25) résume cette classification.
224
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Selon cette définition, la compétence désigne des paramètres déjà présents voire
innés chez une personne qui les réinvestirait éventuellement dans
l’accomplissement d’une tâche ou d’une action. Dans la deuxième conception,
l’auteure estime que les compétences se manifestent dans le rapport à l’agir :
225
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Il s’agit ici de considérer la compétence saisie dans l’action comme processus que
l’auteure désigne par « compétenciel » qui
Enfin, nous pouvons dire que la notion de compétence telle que définie par Buela-
Bronckart peut être saisie soit comme étant un « déjà là » chez l’individu et dans ce
cas, elle désignera « les ressources d’ordres divers (comportements, savoirs, savoir-
faire, schème, etc.) disponibles chez un individu, en tant qu’elles sont mobilisées ou
mobilisables pour l’agir » (ibid. : 37) ; soit elle désigne « le processus même de
mobilisation de ces ressources dans le cours de l’agir » (ibid.).
Dans les pages qui précèdent, nous avons tenté d’apporter des éléments de réponse
concernant l’origine et les différentes acceptions de la notion de compétence. Nous
avons pu déceler deux conceptions non-opposées mais complémentaires de la
notion de compétence. Dans les sous-chapitres qui suivent, traitant chacun d’une
approche didactique particulière, la notion de compétence va revêtir une acception
particulière liée à l’approche méthodologique évoquée.
226
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
cette partie, rendre compte brièvement des principaux apports et limites de cette
approche.
Par relation de cause à effet, nous estimons, à la suite de Puren que « toute
"présentation" de l’AC [approche communicative], pour jouer sur les mots, en est
une "re–présentation", c’est-à-dire une nouvelle présentation qui vient simplement
s’ajouter à toutes celles qui en ont été faites précédemment » (ibid. : 14). Pour cela,
nous allons aborder uniquement les notions et les concepts clés de cette approche
dans le but d’identifier des pistes de convergence ou de divergence éventuelles avec
une approche générique décloisonnée.
227
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
De son côté, Claire Bourguignon estime que l’approche communicative repose sur
des activités de simulation et de jeux de rôles. Elle considère qu’avec l’approche
communicative, « on fait "rentrer" le milieu social dans le milieu scolaire. Il s’agit
228
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Puren ajoute que la simulation et les jeux de rôles sont au cœur d’une démarche
communicative « où l'on demande à l'apprenant en classe de faire comme s’il était
un usager en société » (2006a : 37). Les tâches privilégiées dans l’approche
communicative étaient les seules tâches visant la communication et « l’agir de
référence de l’approche communicative est « un agir sur l’autre par la langue »
(ibid.)
229
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
230
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Notons que la plupart des définitions proposées convergent dans la même direction
et admettent notamment les composantes : linguistique, discursive, socioculturelle
de la compétence de communication qu’il s’agira de mobiliser conjointement dans
une situation donnée :
En introduisant les actes de parole, elle met fin à une centration sur la langue
comme système linguistique et adopte une approche sociolinguistique de la langue
étant donné que les actes de parole relèvent à la fois :
231
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Evelyne Bérard résume ainsi l’intérêt de travailler sur des actes de parole qui
permettent de :
232
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Evelyne Bérard cite trois bonnes raisons, selon elle, pour l’exploitation en classe de
documents authentiques : d’abord, la motivation des apprenants. Elle estime qu’une
« motivation constante pour l'apprenant et l'enseignant peut être l'unique facteur
important, déterminant le succès d'une approche communicative par rapport à une
approche grammaticale (Canale et Swain, 1980 ; cités par Bérard 1991 : 50) ;
ensuite, les documents authentiques favorisent l’autonomie d’apprentissage de
l’élève car « si on développe dans la classe des stratégies de travail par rapport aux
documents authentiques, l'apprenant pourra réinvestir ces stratégies en dehors de la
classe » (ibid.). Enfin, avec le recours aux documents authentique, on expose les
apprenants aux différents aspects de l’usage langagier (ibid.).
Par ailleurs, elle estime que « le choix des documents peut s'effectuer par rapport à
la situation d'apprentissage [et] par rapport aux besoins des apprenants » (ibid. : 53).
Ces derniers sont activement sollicités dans l’approche communicative et se
retrouvent au centre de la démarche d’enseignement/apprentissage d’où la
233
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
substitution de « élève » par « apprenant » qui laisse entendre que celui-ci n’est plus
un élément passif dans le processus d’enseignement/apprentissage mais un élément
actif et autonome.
234
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
L’enseignant n’a plus pour fonction la simple transmission de savoirs ; son rôle est
de gérer les interactions et d’orienter les apprenants dans leurs apprentissages,
identifier les besoins pour adapter les enseignements, tenir compte des normes
sociales d’usage de la langue, etc. Richer estime, à cet effet, que l’approche
communicative a redéfini le travail de l’enseignant et l’a très sensiblement
complexifié car celui-ci
Pour commencer, Jean-Claude Beacco parle d’une approche globaliste qui aurait
dissout l’approche communicative « on a le sentiment (...) que l’approche globaliste
a absorbé l’approche communicative. On a comme coulé dans le moule de la
séquence d’enseignement polyvalente certains traits de l’approche communicative,
en particulier les fonctions et les notions générales » (2007 : 67). Selon cet auteur,
ce sont les différents manques de l’approche communicative qui ont engendré une
méthodologie globaliste résultat d’une mixture méthodologique. En effet, il estime
que
235
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Claire Bourguignon, de son coté, affirme que « la communication n’est pas une fin
en soi ; la communication est au service de l’action : je communique toujours "pour
quelque chose". De ce fait, il n’est pas possible de déconnecter la communication
d’un objectif à atteindre » (2006 : 66). Or, l’objectif visé par l’approche
communicative est de développer chez l’apprenant des compétences de
communication à travers un enseignement/apprentissage basé sur des actes de
parole que Bourguignon qualifie de situations stéréotypées : « A la mémorisation de
structures langagières, on substitua la mémorisation d’énoncés stéréotypés avec
l’apparition de ce qui fut appelée l’"approche notionnelle-fonctionnelle" » (2006 :
59).
De plus, elle ajoute que s’il est vrai que l’école a toujours préconisé la réalisation de
tâches et d’actions, celles-ci étaient « toujours à des fins d’apprentissage. On
extrapolait sur le fait qu’un "bon" apprentissage de la langue en classe permettrait
ensuite d’utiliser la langue efficacement. Apprentissage et usage, apprenant et
usager étaient ainsi envisagés de manière cloisonnée et donc simplifiée » (2006 :
61)
Par ailleurs, Christian Puren, au même titre que Bourguignon, estime que la
communication n’est pas un objectif en soi mais devrait être mise au service de
l’action : « La communication ne suffit pas pour l'action sociale, et peut même la
gêner (...). C'est l'action sociale qui détermine la communication » (2006a : 40). Il
ajoute également que « c'est l'action commune, et non la simple communication, qui
236
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Enfin, Puren estime que la perspective actionnelle (cf. 5.5.) offre la possibilité de
dépasser les manquements de l’approche communicative car, selon lui, elle a permis
le « passage d’une idéologie individualiste dans l’AC à la prise en compte
prioritaire dans la PA de la dimension collective » ainsi qu’un « passage de
l’approche interculturelle dans l’AC à une approche co-culturelle dans l’AC »
(2013 : 2).
13
Même en étant une erreur de traduction
237
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Toutefois, Jean-Claude Beacco considère que l’approche par compétences n’est pas
une nouveauté car celle-ci constitue la version haute de l’approche communicative.
En effet, il considère que « l’approche par compétences (…) est une des traductions
méthodologiques possibles de l’enseignement communicatif » (2007 : 67). La
version basse de cette approche étant l’approche globaliste et « celle-ci est
caractérisée par une faible structuration des objectifs et des activités par des
compétences spécifiques » (ibid. : 55).
Il est important de préciser qu’en Algérie, l’approche par compétences s’est mise en
place suite à la pédagogie par objectifs qui a montré ses limites. En effet, la
pédagogie par objectifs fractionne l’enseignement/apprentissage de la langue en
238
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Par ailleurs, De Ketele (2009 : 66-68) identifie trois approches comme faisant
pleinement partie de l’approche par compétences :
3) L’approche par les projets qui, selon De Ketele, est de plus grande ampleur et
repose sur trois caractéristiques
239
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
La socialisation est au centre de l’approche par compétences qui se place sur un axe
actionnel et se fixe comme objectif la formation d’individus compétents et capables
d’agir en société. Elle vise de ce fait « à développer avant tout un "savoir-agir" (que
l’on trouve dans la perspective actionnelle) qui consiste à intégrer, mobiliser et
transférer des savoirs, des compétences et des savoir-être » (Springer, 2013 : non
paginé). En effet, l’approche par compétences « cherche à développer la possibilité
par les apprenants de mobiliser un ensemble intégré de ressources pour résoudre
une situation-problème appartenant à une famille de situations » (De Ketele, 2000 :
188). Les concepts de « situation-problème » et « famille de situations » sont au
cœur de l’approche par compétences, les autres concepts sont : « intégration des
acquis » et « centration sur l’apprenant ».
Comme nous l’avons vu précédemment (cf. 4.2), la compétence est une notion non
encore stabilisée et est sujette à une multitude de définitions à l’intérieur du même
champ disciplinaire et en dehors de celui-ci. Cette notion est au cœur de l’approche
par compétences comme son nom l’indique. Quelle acception recouvre cette notion
dans le courant de cette approche ?
241
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
conditions réelles), mais d’un niveau qui ne dépasse pas ce qui est attendu » (2006 :
6).
Springer, de son côté, estime que la compétence est une notion qui vise
essentiellement l’intégration de ressources permettant d’acquérir un savoir-agir en
contexte car « la "compétence" n’est plus considérée comme un simple savoir-faire
qu’il suffirait d’entrainer. Elle fonctionne comme un intégrateur de ressources qui
vont être mobilisées contextuellement dans un agir social » (2013 : non paginé).
Enfin, nous retenons que la compétence, telle qu’appréhendée dans l’approche par
compétences, est indissociable de l’agir : elle se manifeste dans celui-ci. Elle est
mise en œuvre dans la résolution d’un problème en mobilisant différentes
ressources acquises : « On ne peut être compétent que si on est capable d’intégrer
un ensemble de choses qu’on a apprises » (Roegiers, 2010 : 64).
L’auteur ajoute que la mobilisation des ressources se fait de façon articulée car
« résoudre une situation complexe n’exige pas de mobiliser des ressources de
manière successive, mais de manière articulée » (ibid. : 71). Dans la même logique,
Springer (2013) estime que « l’intégration ou inclusion signifie qu’il ne s’agit pas
de juxtaposer linéairement des apprentissages (du simple au complexe ou en
242
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Selon le même auteur, pour chaque compétence terminale, il s’agit de prévoir une
situation d’intégration où l’apprenant est amené à mobiliser ses ressources pour la
résolution de problèmes complexes :
243
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
244
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Xavier Roegiers ajoute que « les savoirs ne sont pas absents de l’approche par
compétences. Au contraire, ce sont eux qui donnent un contenu à l’exercice de la
compétence, ce sont eux qui donnent corps aux compétences » (2006 : 80).
245
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Cette approche est adoptée aujourd’hui dans beaucoup de pays du monde. Nous
avons fait le choix d’inscrire notre travail dans la logique de la perspective
actionnelle pour quatre raisons essentielles : la première est d’ordre
épistémologique. Nous estimons, à la suite d’un certain nombre de chercheurs
(Puren 2009 ; Bento, 2013 ; Loussada, 2007) que les genres de discours peuvent
servir d’outils pratiques à la perspective actionnelle comme les actes de parole ont
pu servir à l’approche communicative. La seconde raison découle de la première et
la complète : les genres de discours abordés en classe font objet de séquences
didactiques. Ces dernières s’inscrivent dans le cadre de projets pédagogiques ou la
pédagogie du projet qui, selon Puren, représente « la seule perspective de mise en
œuvre, en enseignement scolaire, de la… "perspective actionnelle" » (2009 : 12). La
troisième motivation exige d’aborder ici, brièvement, le statut du français en
Algérie. Nous estimons, à la suite de certains chercheurs (Arezki, 2008 ; Abbas-
Kara, 2010 ; Ammouden, 2018), que le français n’occupe le statut de langue
étrangère que dans les documents et les instructions officielles. En effet, la langue
française est utilisée dans la vie quotidienne, dans les entreprises, les
administrations, les institutions, les salles d’attentes, etc. Mais le point essentiel
concerne la dimension que prend la langue française à l’université algérienne : elle
devient langue de scolarisation : toutes les filières scientifiques s’enseignent en
246
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
langue française. Enfin, la dernière raison qui nous a poussée à nous inscrire dans la
perspective actionnelle est d’ordre politique. Elle est dictée par les instructions
officielles de l’Education Nationale qui assigne à l’enseignement/apprentissage des
langues étrangères l’objectif de former un individu social capable d’agir et
d’interagir en langue étrangère. Ainsi la loi d’orientation sur l’éducation nationale
précise que « l’école algérienne a pour vocation de former un citoyen (…) capable
de comprendre le monde qui l’entoure, de s’y adapter et d’agir sur lui et en mesure
de s’ouvrir sur la civilisation universelle » (2008 : 36).
Toutes ces raisons que nous venons de citer nous mènent à inscrire
l’enseignement/apprentissage du français en Algérie dans une logique d’action qui
vise la formation d’un individu capable d’agir, d’interagir et de co-agir en langue
étrangère au sein de la société pour accomplir les différentes tâches quotidiennes.
Notons que le CECR n’opte clairement pour aucune méthodologie existante dans le
champ de la didactique des langues pour la mise en pratique de la perspective
actionnelle. Si l’on prend en considération l’un des principes du CECR qui met en
avant que « le Cadre de référence n’a pas pour vocation de promouvoir une
méthode d’enseignement particulière mais bien de présenter des choix » (2001 :
110), nous pouvons dire qu’il n’est spécifique à aucune situation en particulier mais
qu’il convient à toutes les pratiques en même temps.
247
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Etant donné l’absence d’une méthode pratique claire dans le CECRL, Claire
Bourguignon propose une démarche opérationnelle pour mettre en pratique la
perspective actionnelle car elle juge qu’ « à aucun moment, dans le CECRL, il n’est
question de "démarche" ou d’"approche", il est simplement fait référence à une
"perspective". Or, une "perspective" reste virtuelle tant qu’elle n’a pas été
opérationnelle » (2010 : 33). Elle propose de recourir à une démarche qu’elle
appelle communic’actionnelle
qui considère que communiquer n’est pas une fin en soi mais que la
communication est au service de l’action. De ce fait, il s’agit
d’évaluer la manière dont l’apprenant atteint un objectif non plus
langagier mais actionnel en utilisant la langue de manière
pertinente. (2006 : 69)
248
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Ainsi, nous reprenons, dans les pages qui suivent, plus en détail ces notions de base
de la perspective actionnelle que nous avons mises en évidence à savoir : la tâche,
l’action, les stratégies, la compétence à communiquer langagièrement,
l’apprentissage/usage de la langue.
249
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Notons que la « tâche », selon le CECR, ne renvoie pas uniquement aux tâches
langagières mais implique l’accomplissement de celles-ci dans le cadre de la
réalisation d’actions et fait donc appel à la compétence communicative des
apprenants. En effet, selon le CECR, « Communication et apprentissage passent par
la réalisation de tâches qui ne sont pas uniquement langagières même si elles
impliquent des activités langagières et sollicitent la compétence à communiquer du
sujet » (ibid. : 19). Il ajoute également que l’accomplissement de tâches implique,
d’un côté, le recours à des stratégies individuelles car « dans la mesure où ces
tâches ne sont ni routinières ni automatisées, elles requièrent le recours à des
stratégies de la part de l’acteur qui communique et apprend » (ibid.) ; d’un autre
côté, des activités de compréhension et de production. En effet, « dans la mesure où
leur accomplissement passe par des activités langagières, elles comportent le
traitement (par la réception, la production, l’interaction, la médiation) de textes
oraux ou écrits » (ibid.).
250
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Puren, de son côté, propose de faire la distinction entre tâche et action en réservant
le premier au contexte scolaire et le second au contexte social, ce qui l’amène à
distinguer deux types d’agir : un agir d’apprentissage et un agir d’usage : « (...) il
me semble qu’il aurait été nécessaire de définir la tâche comme ce que l’on fait en
tant qu’apprenant, l’action de ce que l’on fait en tant qu’usager (...) » (2006b : 78).
En outre, il propose ainsi
Claire Bourguignon rejoint Christian Puren sur ce point. Elle définit l’action comme
« un processus » car elle est « en train de se faire » (2010 : 16) ; elle « comporte un
sens de départ identifié par l’acteur (...) elle peut se modifier étant donné les
contraintes de l’environnement » (ibid. : 16-17). Quant à la notion de tâche, elle
n’est pas seulement communicative et vise l’autonomie de l’acteur/apprenant
251
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Elle précise que dans la démarche actionnelle « il ne s’agit pas d’apprendre d’abord
pour appliquer à la tâche après ce qu’on a appris. Il s’agit d’apprendre à travers
l’accomplissement d’une tâche » (Bourguignon, 2010 : 19).
Par ailleurs, Daniel Coste, l’un des concepteurs du Cadre européen, estime que la
notion de tâche ne fait pas seulement référence à l’apprentissage scolaire ; ce qui
permet à la perspective actionnelle de donner naissance à plusieurs démarches
pédagogiques :
Si Daniel Coste souligne que dans la perspective actionnelle, les stratégies mises en
œuvre par un individu ne sont pas exclusivement communicatives, Bourguignon, de
son côté, estime que « c’est en entrant dans l’apprentissage par la stratégie que l’on
bascule d’une approche communicative à une logique actionnelle » (2010 : 20). Elle
252
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
253
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Enfin, il est important de souligner que l’une des nouveautés essentielles du cadre
est le concept de « compétence plurilingue et pluriculturelle » résultat du contact de
l’apprenant avec des langues cultures étrangères : « On désignera par compétence
plurilingue et pluriculturelle, la compétence à communiquer langagièrement et à
interagir culturellement d’un acteur social qui possède, à des degrés divers, la
maîtrise de plusieurs langues et l’expérience de plusieurs cultures » (Conseil de
l’Europe, 2001 : 129)
254
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
255
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Il précise, par ailleurs, que « la PA doit d’autant plus venir s’ajouter à l’AC, et non
la remplacer, que la (bonne) communication entre acteurs est indispensable à une
action commune efficace » (Puren, 2014 : 4). Il explique que ces deux approches
sont à la fois opposées et complémentaires (ibid.) mais affirme que « L’AC est
indispensable à la mise en œuvre de la PA » (2018 : 13). Il ajoute également que
« l’AC est compatible avec la PA à condition d’effectuer des "collages" d’"objets
méthodologiques communicatifs" au sein d’un scénario globalement conçu sur la
base de la démarche de projet » (Puren, 2019 : 4).
Margaret Bento, de son coté, estime que la différence entre les deux approches
réside notamment dans l’authenticité de la perspective actionnelle et la simulation
dans l’approche communicative : « C’est cette dimension d’enjeu social authentique
qui différencie la co-action de la simulation, technique de base utilisée dans
l’approche communicative pour créer artificiellement en classe des situations de
simple interaction langagière entre apprenants » (2013 : 92).
Pour expliciter les différences principales entre les deux approches, Evelyne Rosen
parle d’un changement de centration qui se traduit notamment par
256
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
257
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Par ailleurs, Springer précise que les deux approches se ressemblent sur de
nombreux points communs. Il avoue que « nous sommes ainsi confrontés à deux
innovations curriculaires majeures. Elles partagent de nombreux concepts
scientifiques qu’il s’agit de comprendre et qui s’éclairent mutuellement » (2012 :
non paginé). Il estime que les deux approches sont en rupture avec le courant
communicatif car « La PA et l’APC nous invitent (…) à troquer le ''sujet
épistémique'' de l’approche communicative, c’est-à-dire un élève ''neutralisé'',
contre un ''sujet social'', c’est-à-dire un acteur social capable d’agir socialement »
(springer, 2013 : non paginé).
Néanmoins, le cadre (2001 :47) considère la pédagogie du projet avec les jeux de
rôles, les simulations, les interactions en classe comme autant de tâches possibles
servant à mettre en œuvre la perspective actionnelle dans
l’enseignement/apprentissage des langues cultures. Nous rejoignons Puren pour dire
que
258
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
plus la tâche prévue à la fin d’une séquence est complexe, plus elle
exige d’autonomie et engage la responsabilité individuelle et
collective des élèves – en d’autres termes, plus elle relève d’une
véritable démarche de projet –, et plus les évaluations normatives
des productions langagières individuelles des élèves doivent être
découplées du projet lui-même (Puren, 2017 : 8)
259
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
260
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
L’étude des questionnaires nous a révélé que seulement 8 sur les 50 enseignants qui
ont répondu à notre questionnaire ont admis la présence de l’approche
communicative dans les recommandations théoriques officielles. Toutefois, d’autres
enseignants confondent clairement entre approche communicative et approche par
compétences notamment quand ils déclarent que l’approche par compétences vise le
développement des quatre compétences (compréhension et production écrite et
orale) et l’usage de documents authentiques.
Ceci dit, les réponses données par les enseignants à la question n°5 de ce
questionnaire nous conduit à dire que la compétence de communication, concept clé
de l’approche communicative, correspond, pour certains enseignants, à la maîtrise
du système linguistique d’une langue comme l’illustrent les propos suivants :
E2. C’est pouvoir parler d’une manière correcte ; échanger des propos avec
autrui.
E.4. Pour moi, la compétence de communication est le fait d’être capable
d’appliquer et d’interpréter les règles d’une langue dans une situation de
communication.
E.6. A lire et écrire dans une langue donnée (produire et comprendre).
E.7. C’est la capacité à comprendre et transmettre un message, une
information en situation.
E.10. C’est la capacité de comprendre et de transmettre des messages dans des
situations données.
E.22. Il s’agit de pouvoir exprimer sa pensée aussi bien par écrit qu’oralement.
E.23. C’est avoir les outils linguistiques nécessaires pour pouvoir
communiquer convenablement et extérioriser ses connaissances d’une bonne
manière.
E.24. La compétence de communication est le fait de prendre la parole et de
respecter les règles.
E.28. C’est une compétence qui dégage les aptitudes de l’apprenant dans l’oral
et au même temps, il découvre sa propre expression (prononciation).
E.32. La compétence de communication est la capacité de communiquer
efficacement dans une langue (maternelle, seconde ou étrangère). Ses diverses
composantes sont : la compétence linguistique : habileté à interpréter et à
appliquer les règles du code linguistique dans une situation de communication.
E. 45. C’est communiquer avec les autres sans faire d’erreurs de langue.
261
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
D’autre part, certains enseignants mettent l’accent sur l’oral ou sur l’écrit alors que
d’autres se contentent de définir la compétence de communication comme « la
capacité à communiquer efficacement dans une langue donnée » et seulement 7
enseignants mettent l’accent sur les composantes de la compétence de
communication comme le confirment les réponses suivantes :
Il semble que la majorité des enseignants, au même titre que les programmes,
accordent plus d’importance aux enseignements des caractéristiques linguistiques et
grammaticales d’une langue aux dépens des aspects socioculturels et des normes
conversationnelles d’usage.
262
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
263
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Par ailleurs, nous retrouvons également, dans le RGP, une définition qui nous fait
penser à la perspective actionnelle, notamment à travers l’utilisation de certains
concepts clés utilisés dans le CECR, mis en évidence dans l’extrait suivant :
Il est important de souligner que nous retrouvons, dans les sommaires des trois
programmes, l’entrée « approche par compétences » comme orientation théorique,
sans oublier la terminologie employée (profil de sortie/d’entrée, situation problème,
résolution de problème, OTI, évaluation formative, etc.) qui renvoie expressément à
l’APC. Les concepteurs des nouveaux programmes placent ces derniers dans une
logique de compétences en affirmant que « le programme ne peut plus être alors
264
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
17
Le facteur géographique est à prendre en considération étant donné que le niveau et les besoins
des apprenants changent d’une région à une autre. Tous les apprenants algériens n’ont pas le même
rapport à la langue française.
265
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Les activités proposées ci-dessus sont des activités purement scolaires (résumé,
complétion d’un texte, reconstitution d’un texte, reformulation) et se focalisent sur
la compétence linguistique ; ce qui risque de démotiver les apprenants. Soulignons
également qu’en ce qui concerne les manuels, ils présentent une forme canonique de
travail qui met en avant, dans toutes les séquences, des textes à lire suivis de
questionnaires de compréhension et nous retrouvons, à chaque fin de projet, une
série d’exercices en relation avec les points grammaticaux abordés au cours du
projet.
Enfin, la mise en place de l’APC rencontre d’autres obstacles à savoir par exemple
la surcharge des salles de classe qui pose un sérieux problème pour une pédagogie
différenciée qui implique de prendre en considération l’hétérogénéité des
apprenants. Sans oublier la formation des enseignants et des inspecteurs, ainsi que
le manque de moyens didactiques.
267
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
D’autres encore (5/50) estiment qu’ils mettent en pratique l’approche qui les
arrange le plus selon le niveau des apprenants et les conditions matérielles et
pédagogiques comme l’illustrent les propos suivants :
E.35. Comme il a été cité ci-dessus, l’approche préconisée par les documents
officiels est l’approche par les compétences, mais la question qui se pose et se
posera toujours : peut- elle vraiment avantager l’apprentissage des apprenants
en milieu scolaire ? Donc, personnellement faire le combo des méthodologies
tout en gardant un œil sur celle préconisée reste un moyen efficace dans le
développement de l’apprentissage de l’apprenant.
268
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
269
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Par ailleurs, nous relevons les traces de l’approche communicative dans les
représentations des enseignants qui estiment que l’approche par compétences vise à
travailler les quatre activités langagières (skills). Cela est visible dans les réponses à
la question 2 du questionnaire où les enseignants abordent les principes de base de
l’approche par compétences :
E.7. Elle est basée sur les quatre compétences : compréhension de l’écrit et de
l’oral ; production de l’écrit et de l’oral.
E.9. Compréhension de l’oral/ production de l’oral ; compréhension de
l’écrit/production de l’écrit.
E.11. L’enseignant n’est pas le seul détenteur du savoir, il accompagne, guide
et oriente l’apprenant dans ses apprentissages ; l’apprenant est au centre de
l’apprentissage ; développer les 4 compétences.
E.31. L’élève participe à son apprentissage ; viser les quatre compétences
(compréhension, production écrite et orale) ; évaluer les élèves et leurs
travaux ; l’enseignant est un guide.
E.32. Basée sur les compétences en compréhension et en production. L’élève
sera à la fin un utilisateur autonome du français, instrument qu’il pourra mettre
au service des compétences requises pour la formation supérieure,
professionnelle, les entreprises utilisatrices et les contraintes de la
communication sociale.
E.36. Se base sur les compétences à développer (compréhension de l’oral et de
l’écrit, production de l’oral et de l’écrit).
E.43. centrée sur l’apprenant ; développer des compétences de l’élève à l’écrit
et à l’oral ; réaliser des projets.
Nous pouvons donc dire que bien que les enseignants déclarent mettre en pratique
l’approche par compétences dans les salles de classe, leurs réponses aux questions
précédentes nous font douter. En effet, les principes de l’approche par compétences
ne sont qu’à moitié maîtrisés et pris en considération dans les réponses des
enseignants.
270
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Sur les 22 enseignants qui ont déclaré connaitre l’approche actionnelle, seulement
6 d’entre eux citent certains principes de cette approche comme le montre les
propos suivants :
271
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Il est nécessaire de souligner que certains enseignants ont copié la définition donnée
par le CECR à l’approche actionnelle.
Pour conclure, nous pouvons dire, qu’au même titre que les documents officiels, les
enseignants n’abordent pas l’approche intégrée de l’écrit et de l’oral comme
relevant de l’une des caractéristiques fondamentales de l’approche par compétences.
272
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
D’un autre côté, dans l’extrait suivant, le projet est défini comme relevant des
tâches que l’élève à accomplir :
Cette confusion est également visible dans l’organisation des manuels destinés aux
apprenants. En effet, les différents projets présents se déclinent en séquences,
intentions communicatives, objets d’études. Or, une telle répartition renvoie au
projet didactique qui relève du travail de l’enseignant. Dit autrement, les projets
présents dans les manuels ne s’adressent pas aux apprenants car ils ne représentent
pas de situations-problèmes à résoudre.
273
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
D’autres enseignants voient dans le projet une tâche que l’élève a à accomplir, seul
ou en groupe comme l’illustrent les réponses suivantes :
E.6. A chaque fin d’un projet, l’apprenant réalise « une tâche sociale »,
concrète.
E.7. Mettre l’élève en situation ; la réalisation concrète du projet peut être
individuelle ou collective.
E.10. Amener l’apprenant à réaliser une tâche langagière (liée à l’objectif du
projet).
E.12. A la fin du projet didactique, l’élève est amené à réaliser un projet dans
un contexte précis où il investit de façon autonome les savoirs acquis en classe
dans un travail personnel ou en groupe.
274
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Conclusion
Au terme de ce chapitre, nous pouvons dire que ni les enseignants, ni les manuels
scolaires ne semblent mettre en pratique l’approche par compétences recommandée
par les discours institutionnels. En effet, nous estimons que :
- Bien que l’approche par compétences ait pour objectif de rendre l’apprenant
autonome, les activités proposées dans les manuels le sollicitent rarement
pour prendre des initiatives et opérer des choix ;
275
Chapitre 5 L’apprentissage générique et les nouvelles approches d’enseignement du FLE
Ainsi, nous estimons qu’une entrée générique décloisonnée gagnerait à être abordée
dans le cadre de la perspective actionnelle qui présente des points d’intersection
avec une entrée générique et une approche décloisonnée.
Dans ce chapitre, nous avons passé en revue les principales approches didactiques
qui caractérisent le paysage scolaire au secondaire pour ensuite opter pour
l’approche actionnelle qui nous paraît être la plus adéquate pour une entrée
générique intégrée en classe de FLE. Dans le chapitre qui suit, nous allons rendre
compte des résultats des expérimentations de séquences didactiques qui s’inscrivent
dans cette approche.
276
Chapitre 6
Séquences didactiques pour une
approche générique actionnelle
décloisonnée
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Introduction
L’approche générique actionnelle décloisonnée que nous traitons ici se base sur
trois approches complémentaires que nous avons croisées dans le but d’aboutir à
une prise en charge plus ou moins globale des phénomènes langagiers –et extra-
langagiers – en classe de FLE. La première approche est aujourd’hui largement
admise en didactique : il s’agit de l’approche générique qui identifie les objets
d’enseignement/apprentissage en termes de genres de discours, étant donné que la
communication s’effectue exclusivement par ces derniers. Nous devons donc
dépasser le cadre de la typologie textuelle et nous inscrire dans une approche
générique (cf. 2.2.1).
278
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Dans ce chapitre, nous allons, dans un premier temps, expliciter plus en détail
l’approche générique actionnelle décloisonnée pour l’enseignement/apprentissage
du FLE. Nous nous intéresserons, dans la deuxième partie, à
l’enseignement/apprentissage de la grammaire en classe de FLE en interrogeant les
documents officiels et la pratique enseignante, pour ensuite aborder la place de la
grammaire dans une approche générique actionnelle. Dans les trois dernières parties
de ce chapitre, nous allons expérimenter trois séquences didactiques pour illustrer
l’approche générique actionnelle décloisonnée en classe de FLE. Notre
expérimentation comporte la réalisation et le suivi de trois séquences didactiques
portant sur les trois genres médiatiques concernés par l’étude dans le cycle
secondaire : Il s’agit du fait divers (cf. 6.2) ; de l’interview (cf.6.3) et du reportage
touristique (cf. 6.4).
279
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Autrement dit, les actes de parole pris isolément dans l’approche communicative se
retrouvent, dans la perspective actionnelle, inscrits dans des actions en contexte
social (Conseil de l’Europe, 2001 : 15). Ainsi, l’enseignement/apprentissage du
FLE dans une perspective actionnelle est réorienté vers l’accomplissement de tâches
qui ne font pas seulement appel aux connaissances linguistiques de l’apprenant mais
celui-ci doit également prendre en considération les caractéristiques génériques de
sa production langagière
Notons par ailleurs, que les genres de discours, que nous avons abordés plus en
détail dans le deuxième chapitre de notre travail, régulent la communication entre
les individus dans les différents domaines de la vie sociale. Nous rejoignons l’avis
280
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
de Jean-Claude Beacco qui estime qu’apprendre une langue c’est s’approprier des
genres : « apprendre une langue étrangère revient à s’approprier une langue
inconnue par de nouveaux genres et accéder aux connaissances à l'École revient à
accéder à de nouveaux genres dans une même langue (...) » (ibid. : 191).
Conception que Bronckart et Dolz avait déjà introduite en 1999. Ils estiment que
Etant donné que dans les situations auxquelles on fait face dans la vie quotidienne,
l’usage de la langue se traduit par le recours aux genres de discours, en classe de
langue, il s’agira, dès lors qu’on s’inscrit dans une perspective générique
actionnelle, de travailler sur des genres de discours : « Autrement dit, axer
l'apprentissage de la langue sur la compréhension et la production des genres de
textes peut être une manière de se servir des orientations de la perspective
actionnelle dans la salle de classe » (Loussada, 2007 : 2). Ainsi, la perspective
générique actionnelle met au-devant de la scène l’apprenant/usager de la langue qui
agit langagièrement en produisant des genres de discours adaptés à la situation de
communication et lui permettant de ce fait d’agir socialement.
281
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Par ailleurs, si les individus communiquent par les genres du discours (Bronckart,
1994 : 378), ils le font conjointement à l’oral et à l’écrit. En effet, dans la vie
sociale, l’oral et l’écrit ne sont pas séparés : l’un est au service de l’autre et
l’individu passe de l’oral vers l’écrit et inversement. Il passe également de la
réception orale/écrite à la production orale/écrite. L’approche générique actionnelle
décloisonnée a pour ambition de reproduire le schéma quotidien de l’utilisation de
la langue par les individus au sein de la société.
Ainsi, nous nous situons dans une approche décloisonnée de l’oral et de l’écrit qui
suppose l’enseignement/apprentissage simultané de ces deux facettes
complémentaires de la langue. Nous estimons, en effet, que les genres de discours
représentent des supports adéquats pour l’enseignement/apprentissage conjoint de
l’oral et de l’écrit. Ces « régularités socio-discursives » qui régissent la
communication sociale permettent aux apprenants de passer de l’oral à l’écrit et
vis-versa, mais aussi de passer de la compréhension à la production et inversement
dans le cadre de la séquence didactique.
282
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Cela nous amène à nous interroger, dans ce qui suit, sur la place qu’occupe la
grammaire dans l’enseignement/apprentissage du FLE au secondaire, dans les
documents officiels et dans la pratique enseignante. Nous y aborderons également
l’enseignement/apprentissage de la grammaire dans une approche générique
actionnelle.
La grammaire est abordée dans les programmes dans sa relation avec les types de
textes et non avec les genres textuels. En effet, on cherchera à identifier les faits de
langue les plus utilisés dans les différents types de textes pour les aborder en classe
comme c’est mentionné dans l’extrait suivant : « Le texte explicatif fait donc
283
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
souvent appel aux mots de liaison ; il présente les informations dans un ordre
logique » (MEN, 2005b : 26).
Toutefois, dans les guides pédagogiques, il est préconisé d’intégrer les activités
d’acquisition d’outils linguistiques (lexique, syntaxe, conjugaison, orthographe)
dans les activités de compréhension et de production selon les besoins exprimés par
les apprenants et des objectifs visés par la séquence (MEN, 2006c : 27). Ces
activités de structuration linguistique sont à relier « à des situations concrètes de
communication et doivent être considérées comme des réponses à des besoins
déterminés à partir des activités de compréhension et d’expression » (ibid.). Les
auteurs indiquent que les outils grammaticaux sont à mettre en relation avec le
modèle discursif abordé. Leur appropriation se fait « à partir de textes ou de micro-
textes en relation avec le modèle discursif dominant et la thématique du
programme » (ibid. : 39).
Par ailleurs, les nouvelles progressions préconisent d’aborder la grammaire dans des
textes supports dans le but de contextualiser le travail sur les points de langue. En
effet, ils mettent en évidence la nécessité de « privilégier le recours aux activités
lors de l’étude de ces ressources dans les textes supports pour orienter l’approche
vers la grammaire en contexte et non vers la grammaire théorique » (MEN, 2019 :
4). Ainsi, tout point de langue, en relation avec le modèle discursif étudié, sera-t-il
abordé lors de la « séance de compréhension, pour en comprendre le rôle et faire
l’objet d’un réemploi à travers une situation d’intégration partielle, pour préparer
l’élève, en amont, à la production écrite » (ibid.).
284
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
285
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Néanmoins, un nombre considérable des enseignants (23 enseignants sur 45, soit
un taux de 51%) recourt à la grammaire textuelle, abordée dans les séances de
compréhension, comme le montrent les propos suivants :
E.7. On travaille la grammaire textuelle. Elle est intégrée dans les séances de
compréhension de l’écrit.
E.8. Durant la CE, en intégrant des questions de points de langue et après la
CE, je programme une séance sur une structure linguistique quelconque.
E.11. J’intègre les points de langue dans la CE ou la CO. Toutes les ressources
linguistiques répondent à des choix discursifs de l’énonciation. Puis les
apprenants réinvestissent la structure grammaticale dans une activité
d’intégration partielle.
E.12. Des activités de repérage et d’inférence dans un texte choisi, c'est-à-dire
un discours.
E.13. Intégrée dans la compréhension de l’écrit et de l’oral, en activités de
remédiation.
E.14. Intégrée dans la compréhension de l’écrit.
E.15. En l’intégrant à la compréhension de l’écrit. Je consacre des activités à
la compréhension du support, et une partie que je nomme « ressources
linguistiques » qui englobe les points grammaticaux en relation avec l’objet
d’étude enseigné.
E.22. En ayant comme support le texte étudié.
E.23. La grammaire est affiliée à la compréhension de l’écrit.
E.25. La grammaire est au service du texte, c’est à partir d’un contexte qu’on
dégage les règles de grammaire.
E.27. La langue au service de la compréhension, c'est-à-dire étudier les outils
langagiers dans le contexte.
E.28. Affiliée à la compréhension de l’écrit.
E.29. Les points de langue sont insérés dans la séance de compréhension de
l’écrit donc le choix du support est important. Si on constate des lacunes que
l’apprenant ne maîtrise pas, on fait un rappel.
E.33. On fait de la grammaire textuelle. On l’enseigne dans le texte de
compréhension de l’écrit.
E.34. Selon les besoins de l’apprenant et de la séquence. On dégage du texte
les outils puis je propose des mini activités d’écriture.
E.35. Avec les nouvelles réformes, l’enseignement de la grammaire est banni
par les documents officiels, mais ce qui est à prendre en charge est la
grammaire textuelle (en contexte).
E.36. On travaille la grammaire dans l’étude de texte dans la séance de CE.
286
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
287
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Nous pouvons dire que les enseignants, au même titre que les programmes,
recourent à la grammaire textuelle qui prend en charge les types textuels. En effet,
selon Puren, « cette grammaire est travaillée au moyen des « types de textes », en
particulier informatif, descriptif, narratif, injonctif et explicatif » (2019 : 1).
Dans cette partie, nous nous fixons comme objectif d’apporter des éléments de
réponse à la question suivante : Comment enseigner la grammaire dans une
perspective générique actionnelle décloisonnée ?
La question qui pose la relation entre grammaire et genre de discours fait ses
premiers pas dans la recherche scientifique et Mustapha Krazem estime que
« l'intérêt des grammairiens de profession pour les genres demeure très limité »
(2011 : 10). En effet, très peu de recherches ont abordé les faits de langue dans un
cadre générique. Cela est dû notamment à « la perception naturelle des genres (qui)
n’est pas linguistique » (ibid.). Krazem explique que bien que les locuteurs soient
capables de distinguer aisément les genres de discours divers, ils ne perçoivent
cependant pas les faits linguistiques de façon immédiate. Selon lui, « ce que les
locuteurs reconnaissent d'abord, voire exclusivement, c'est la face sociale,
fonctionnelle, communicationnelle, culturelle de ces genres et non leur assise
grammaticale » (ibid.).
Nous n’allons pas, ici, dresser un inventaire des faits de langue génériquement
marqués. Cela n’a pas grand intérêt dans le cadre de cette recherche. Nous allons
aborder la relation entre grammaire et genre dans une perspective didactique. En
d’autres termes, nous nous intéressons à la relation entre genre de discours et faits
linguistiques dans le but de proposer des pistes didactiques pour
l’enseignement/apprentissage de la grammaire en classe de FLE.
288
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Cependant, il convient d’éviter d’établir des relations hâtives entre les faits
grammaticaux et les genres discursifs. En effet, certains faits de langues peuvent
être présents dans des textes particuliers sans pour autant constituer des régularités
génériquement marquées. Un point que souligne J-C. Béacco qui affirme l’existence
de :
En effet, tous les faits de langue peuvent se rencontrer à l’intérieur d’un seul genre
de discours sans obligatoirement être des régularités grammaticales récurrentes.
Ainsi, Mustapha Krazem assure que tous les éléments de grammaire ne sont pas
concernés par les genres discursifs. Il explique que
289
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Nous estimons que dans le cadre de la séquence didactique, les deux derniers sous
ensemble de faits grammaticaux sont susceptibles de faire l’objet d’activités
d’enseignement/apprentissage mais plus particulièrement le troisième sous-
ensemble qui regroupe exclusivement des catégories grammaticales génériquement
marquées.
290
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Les activités que nous proposons ne sont pas uniquement des activités langagières.
En effet, dans certains modules de la séquence, les apprenants devront mettre en
place leurs compétences stratégiques, en plus de leurs compétences discursives,
pour résoudre certaines situations-problèmes.
Objectifs visés :
Construire une représentation du genre textuel « le fait divers » ;
Faire émerger les caractéristiques situationnelles et textuelles du FD ;
Identifier les familles évènementielles du fait divers.
Activités (tâches) :
Négocier le projet à réaliser (la forme, le contenu, etc.) ;
Distribuer des rôles aux apprenants (4 apprenants par groupe avec des rôles
précis : collecter l’information, rédiger, mettre en forme ;
Observer et lire les textes (lecture globale) ;
Retrouver les types d’évènements abordés dans les faits divers ;
Supports :
291
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Le cadavre du jeune porté disparu rejeté par la mer à la plage des Aftis
(figure 6.) ;
Un séisme de magnitude 4.9 enregistré (figure 7.) ;
Un choc frontal entre deux voitures fait un mort et quatre blessés à Aïn
Makhlouf (figure 8.) ;
République Tchèque : Un cerf vole le fusil d’un chasseur et s’enfuit avec
(figure 9.) ;
Durée : 1h
Dans cette étape, nous avons procédé à une négociation collective du projet avec les
élèves du groupe 1 de la 1L1 (16 élèves par groupe) 18. Ils ont été répartis en 4
groupes de 4 élèves chacun. Il a notamment été question de présenter le projet à
réaliser qui consiste à « élaborer un recueil de faits divers à insérer dans le journal
mural du lycée au profit des élèves ». Chaque groupe est amené à produire un fait
divers relatant un évènement particulier. Les dimensions communicatives du projet
sont explicitées et peuvent être résumées comme suit :
Lors de cet atelier, ont été présentés aux apprenants quatre supports de faits divers
relatant des évènements différents (voir ci-dessous).
18
Nous travaillons par groupe étant donné les conditions sanitaires liées au coronavirus.
292
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
293
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
294
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Objectifs visés :
Identifier les pré-acquis des apprenants ;
Identifier les lacunes et les insuffisances des apprenants concernant le fait
divers ;
Activités (tâches) :
Rédiger un texte qui relate un évènement réel.
Durée : 45 minutes.
295
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Noverraz et Schneuwly, que « cette réussite partielle est même la condition sine qua
non de l’enseignement dans la mesure où elle permet de circonscrire les capacités
déjà existantes chez les élèves et, par-là, leurs potentialités » (2001 : 9).
Ainsi, cette première production nous a permis, dans un premier temps, de déceler
les erreurs qui sont récurrentes chez la majorité des apprenants et qui sont relatives
au genre à produire. Dans un second temps, elle nous a permis de sélectionner les
différentes activités à aborder dans les modules constitutifs de la séquence
didactique.
victime et la passivation
(l’écriture de l’entonnoir
La focalisation sur la
Apprenant / Erreur
divers divers
Introduction de
Le prés. de l’ind.
Le passé C.
A un titre
colonnes)
renversé)
divers
Autre
A.1 - - + + - - - - +/- +
A.2 + - - + + - - - - -
PQ -
A.3 + + - + + - - -
P
A.4 + + + + + - + + +/- +
A.5 + + - + + - - + - -
IM +
A.6 + + + + + - +/- +
P
IM -
A.7 + + - + + - +/- -
P
A.8 + - - + + - - - +/- +
IM +
A.9 + - - + - - +/- +
P
A.10 + + - + + - - - +/- -
IM -
P/
A.11 + - - + + - +/- -
PQ
P
A.12 + - - + - - - + +/- -
A.13 + - - + + - - - - -
296
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
A.14 + - + + - - - - +/- +
A.15 + - - + - - - - +/- +
A.16 + - + + + - - - +/- +
Par ailleurs, la majorité des apprenants n’a pas ajouté de chapeau au fait divers.
Seulement 5/15 apprenants ont rédigé un chapeau qui résume l’information du fait
divers. Nous remarquons également que la majorité des apprenants ont conjugué
leurs verbes au présent et au passé composé. 5/15 ont également recouru à
l’imparfait et au plus-que-parfait notamment dans les passages descriptifs. Ainsi,
nous avons consacré le module 1 à l’analyse du péritexte fait-diversier et le module
9 pour entrainer les apprenants à rédiger des titres accrocheurs et un chapeau de fait
divers.
En outre, nous constatons que la voix passive et les témoignages font défaut dans la
majorité des productions de départ : 3 apprenants uniquement ont inséré des
témoignages dans leurs textes de fait-divers. Ainsi, nous avons fait le choix
d’aborder dans les modules 4 et 5 la polyphonie énonciative et les témoignages qui
caractérisent le fait divers.
297
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Enfin, nous remarquons que 7 sur 16 apprenants ont veillé à mettre leurs textes sous
forme de colonnes, alors que d’autres les ont écrits en un seul bloc de texte. Ainsi,
nous avons décidé de consacrer le dernier module à la mise en forme du fait divers
tel qu’il se rencontre généralement dans la presse écrite.
En plus des lacunes relevées dans la grille d’observation, les productions initiales
des apprenants nous révèlent d’autres erreurs de langue qui ne sont pas
exclusivement liées au genre du fait divers. Nous avons relevé quelques erreurs
syntaxiques :
298
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Pour travailler la structure compositionnelle du fait divers, nous avons demandé aux
apprenants de ramener un journal quotidien comme Le Soir d’Algérie, Liberté, El
Watan, etc. Il leur a ensuite été demandé d’identifier les articles de presse qui
relèvent du genre « fait divers ». Nous avons constaté que la totalité des élèves ont
facilement identifié les textes relevant du genre en question.
Objectifs :
Identifier la structure compositionnelle du fait divers ;
Se familiariser avec le péritexte fait-diversier.
Activités :
Feuilleter les pages d’un journal ;
Repérer les faits divers ;
Repérer les parties constitutives d’un fait divers de la presse écrite.
Supports :
Journal Le Soir d’Algérie
Journal Liberté
Journal El Watan
Journal L’Expression
Durée : 30 minutes
Les apprenants ont, par la suite, été interrogés sur les éléments qui leur ont permis
de reconnaître les textes de fait divers. Dans certains cas, le fait divers est repérable
par le titre de la rubrique elle-même. Ils ont par ailleurs identifié d’autres textes de
faits divers à travers les éléments suivants : le titre en gras, le chapeau, la
disposition en colonnes, l’image qui accompagne le fait divers. Ainsi, nous pouvons
dire que le péritexte du fait divers est un indicateur du genre. En effet, sans lire les
textes, les apprenants ont pu identifier le genre et le désigner.
299
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Bien que tous les faits divers ne suivent pas obligatoirement ce schéma
compositionnel, le prototype du fait divers ou l’exemple parfait du genre, nous a
menée à lui accorder une importance particulière dans le cadre de cette séquence.
Cela n’empêche évidemment pas de trouver des faits divers sans images ou écrits en
une seule colonne ; ce qui motive justement notre choix de départ qui consiste à
pencher en faveur d’une définition prototypique du genre.
Dans ce module, il a été question d’aborder une écriture particulière qui est d’usage
dans la presse écrite. Il s’agit de la technique de « l’entonnoir renversé » qui
consiste à d’abord raconter l’essentiel de l’information au début de l’article pour
ensuite aborder les circonstances et les actions secondaires. Ainsi, pour attirer
l’attention des apprenants sur cette technique d’écriture, nous leur avons remis le
texte suivant (voir ci-dessous, figure 11). Il leur a ensuite été demandé de repérer les
informations essentielles et les informations secondaires contenues dans le texte.
300
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Objectifs :
Identifier la structure du fait divers ;
Prendre connaissance d’une nouvelle technique d’écriture journalistique.
Activités (tâches) :
Lire et comprendre un texte de fait divers ;
Repérer les informations contenues dans le texte et les classer.
Support :
Deux corps dans un état de décomposition découverts sur les plages de Béni
Ksila et Aokas (figure 11.)
Durée : 30 minutes
Après avoir repéré les informations contenues dans le fait divers, les apprenants
sont amenés à compléter la grille d’analyse suivante qui met en avant la structure
ternaire (en trois parties) du fait divers étudié. Nous avons obtenu la grille suivante :
301
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Nous remarquons que dans l’ouverture du fait divers qui est un « résumé venant à la
suite d'un premier résumé, encore plus condensé : le titre » (Petitjean, 1987 :79),
l’auteur présente globalement l’évènement, pour le développer dans la partie du
noyau narratif du fait divers, souvent sous la forme « d'une successivité actionnelle
chronologique, scandée par des repères spatio-temporels » (ibid. : 80). Enfin, dans
la clôture du fait divers, l’auteur aborde « les conséquences de l'événement et (…)
les investigations policières » (ibid. : 81).
Bien que le fait divers soit connu comme étant un genre du « récit », il comporte
également des parties discursives (au sens de Benveniste). Pour attirer l’attention
des apprenants sur l’hétérogénéité textuelle qui caractérise l’écriture du fait divers,
nous nous sommes appuyée sur le support suivant (voir figure 12). Nous leur avons
ainsi demandé de repérer les passages narratifs, dialogaux, descriptifs qui
composent le texte du fait divers.
Objectifs :
Identifier les séquences textuelles qui composent le fait divers ;
302
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Les apprenants, à travers la lecture du fait divers, ont pu distinguer des séquences
dominantes dans le texte qui correspondent aux séquences narratives (récit) ainsi
que des séquences dialogales (discours rapporté) et des séquences descriptives
comme le montre le tableau suivant :
303
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Certains faits divers sont monophoniques (Petitjean, 1987 : 74), l’information y est
prise en charge par le journaliste/l’hétéro-énonciateur. D’autres se caractérisent par
304
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Dans le cadre de ce module, nous nous sommes appuyée sur le texte support (figure
13). Dans cette activité, il a été demandé aux apprenants d’identifier les différents
énonciateurs présents dans le texte à travers notamment l’analyse des voix présentes
dans le texte.
Objectifs :
Prendre conscience de la pluralité des voix dans le fait divers ;
Identifier l’énonciateur, les homo-énonciateurs, et les para-énonciateurs.
Activités (tâches) :
Lire le texte et repérer les indices d’énonciation.
Support :
Les rats envahissent plusieurs quartiers de la ville (figure 13.)
305
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Durée : 30 minutes
A travers la lecture et l’analyse du texte, les apprenants ont identifié les différents
co-énonciateurs présents dans le texte. Nous avons ainsi obtenu le tableau suivant :
L’énonciateur L’énoncé
L’hétéro- Prend en charge le récit du fait divers.
énonciateur (Le
journaliste
Homo- Un -« Notre cité se transforme en véritable
énonciateurs sexagénaire déchetterie. Malheureusement, on nous laisse
vivre avec les rats sous nos fenêtres »
Les habitants -« A quand une campagne de dératisation ? »
Les riverains -« Va-t-on laisser pourrir la situation, jusqu'à
ce qu'un incident survienne?»
Femme de -« Ces immondes rongeurs envahissent les
ménage cités. La situation devient surréaliste»,
- «Au début, ils se cachaient. Mais
aujourd'hui ils sont partout. Sous les
poubelles et dans les cages d’escalier, les
couloirs communs, les vides-sanitaires, les
caves et parfois, ils courent à nos pieds. C'est
vraiment dangereux»
Para-énonciateurs Technicien -« Ce n'est pas agréable de voir des rats, en
supérieur en plus d’être destructeurs ils sont porteurs de
hygiène maladies»
-« Les rongeurs sont des super-vecteurs de
transmission de pathogènes tout en étant
porteurs sains de salmonelle, de leptospirose.
Leur surpopulation constitue donc un foyer
306
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Pour travailler le discours direct et indirect, nous avons gardé le même texte support
intitulé « Les rats envahissent plusieurs quartiers de la ville ». Nous avons, dans un
premier temps, demandé aux apprenants de relever les différents passages relevant
du discours direct tout en prêtant attention aux verbes introducteurs de discours.
Dans un second temps, nous avons proposé aux apprenants de transformer les
passages du discours direct au discours indirect. Cette activité a pour but de rappeler
aux apprenants les règles de transformation du discours direct/indirect qui leur
permettra, s’ils le souhaitent, d’intégrer les propos des témoins sous forme de
discours indirect.
Objectifs :
Identifier les passages du discours direct/indirect ;
Recueillir des témoignages.
Activités (tâches) :
Lire le texte et repérer les énoncés du discours direct/indirect ;
Passer du discours direct au discours indirect ;
Préparer les questions ;
Recueillir des témoignages et les enregistrer ;
Transcrire et transformer des témoignages (discours direct) au discours
indirect.
Support :
307
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
308
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Ensuite, il a été demandé aux apprenants de préparer une liste de 5 questions qu’ils
devront poser à des personnes témoins des évènements qu’ils vont réinvestir dans la
production finale. Cette activité a été réalisée en groupes.
Le fait divers, comme nous l’avons vu dans le chapitre (cf. 3.2.) est un genre du
récit. En effet, il présente plus de séquences narratives que de séquences
descriptives ou autres. Ainsi, les temps dominants dans les faits divers sont les
temps du passé, proches du présent, comme le passé composé qui laisse souvent sa
place au présent de narration (historique). Nous retrouvons également d’autres
temps verbaux, notamment l’imparfait dans les passages descriptifs, le présent de
l’énonciation dans le discours direct des énonciateurs secondaires, ainsi que le
conditionnel présent pour les informations incertaines et non confirmées.
Objectifs :
Identifier les temps verbaux usités dans le fait divers ;
Identifier la valeur des temps verbaux ;
Utiliser correctement les différents temps verbaux.
Activités (tâches) :
309
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Pour aborder les temps verbaux utilisés dans le fait divers, nous nous sommes
appuyée sur deux supports : le premier support a déjà été utilisé dans le module
précédent. Il s’agit du fait divers intitulé « Les rats envahissent les quartiers de la
ville » (figure 13.). Le deuxième support (voir ci-dessous) s’intitule « 4 personnes
grièvement blessées par un chacal » (figure 14.)
Nous avons demandé aux apprenants de repérer tous les verbes conjugués dans le
texte et d’identifier leurs temps de conjugaison. Il leur a ensuite été demandé
d’identifier la valeur exprimée par ces temps verbaux dans le fait divers. Nous
avons obtenu le tableau suivant :
310
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Fait-divers 1 : Les rats envahissent plusieurs quartiers de la ville (cf. figure 9.)
Le verbe Temps de conjugaison Valeur
Envahissent (envahir) Présent de l’indicatif Présent historique
Défrayent (défrayer) Présent de l’indicatif Présent historique
se cachent (se cacher) Présent de l’indicatif Présent historique
Courent (courir) Présent de l’indicatif Présent historique
S’en prennent (s’en prendre) Présent de l’indicatif Présent historique
Se transforme (se transformer) Présent de l’indicatif Présent historique
Laisse (laisser) Présent de l’indicatif Présent historique
Croise (croiser) Présent de l’indicatif Présent historique
Observent (observer) Présent de l’indicatif Présent historique
Prennent (prendre) Présent de l’indicatif Présent historique
Explique (expliquer) Présent de l’indicatif Présent d’énonciation
Se cachaient (se cacher) imparfait Passé lointain ou
proche du présent
Courent (courir) Présent de l’indicatif Présent historique
Ont alerté (alerter) Passé composé Action antérieure au
moment de
l’énonciation
S’interrogent (s’interroger) Présent de l’indicatif Présent d’énonciation
Aurait (avoir) Conditionnel présent La possibilité
Fait-divers 2 : 4 personnes grièvement blessées par un chacal (figure 10.)
Le verbe Temps de conjugaison Valeur
Etait (être) imparfait descriptive
S’était introduit (s’introduire) Plus-que-parfait Antériorité
Aurait causé (causer) Conditionnel passé incertitude
serait accouru (accourir) Conditionnel passé incertitude
Sera attaqué (attaquer) Futur antérieur Une action future
dans le passé
Sera mordu (mordre) Futur antérieur Une action future
dans le passé
S’est pris (prendre) Passé composé Passé composé
historique19
Aurait fait subir (subir) Conditionnel passé incertitude
Sera abattu (abattre) Futur antérieur Une action future
dans le passé
Etait (être) imparfait explicative
Ont daigné (daigner) Passé composé Passé composé
historique
Aurait dissuadé (dissuader) Conditionnel passé Incertitude
19
André Petitjean (1987)
311
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Nous remarquons que dans le premier fait divers, les verbes sont majoritairement
conjugués au présent de l’indicatif à valeur narrative étant donné qu’on raconte un
évènement qui est toujours d’actualité au moment de la rédaction de l’article. Dans
le second fait divers, on relate un évènement qui s’est passé deux jours avant la
rédaction de l’article d’où la domination des temps du passé. Le recours au
conditionnel exprime l’incertitude de l’auteur face aux informations qu’il écrit.
Maintenant que les apprenants ont pris connaissance des temps verbaux les plus
utilisés dans le fait divers, nous leur proposons un deuxième texte de fait divers où
les verbes ne sont pas conjugués (donnés à la forme infinitive) et il leur a été
demandé de conjuguer les verbes aux temps et aux modes qui conviennent. Nous
avons obtenu le résultat suivant :
312
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Objectifs :
Se familiariser avec le lexique fait-diversier ;
Réutiliser les adjectifs et les noms d’âge ;
Identifier les procédés de dramatisation dans le fait divers ;
Relever les indices de subjectivité du discours.
Activités (tâches) :
Trouver les noms et les adjectifs d’âge ;
Compléter un texte de fait divers en utilisant des noms/adjectifs d’âge et
des procédés de dramatisation ;
Repérer les traces de la présence de l’auteur dans le texte.
Durée : 1h
Nous avons proposé aux apprenants, dans l’activité suivante, d’identifier l’âge des
personnes désignées dans les énoncés suivants :
313
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Cavaillon »
« un octogénaire tué à coups de poing par son neveu » 80-89 ans
Nous avons également remarqué, dans les faits divers étudiés, que ceux-ci
s’éloignement du pôle d’ « objectivité » qui caractérise l’écriture du fait divers et
cela est notamment perceptible à travers le lexique qui y est utilisé. En effet, « Le
lexique est […] lui aussi susceptible d’exprimer la subjectivité de l’énonciateur »
(Dubied, 2004 : 259). Ainsi, nous avons proposé aux apprenants une activité où il
est question de créer un effet de dramatisation pour susciter chez le lecteur des
sentiments aussi divers que purgatoires. Selon André Petitjean, c’est l’usage des
modalités de l’énoncé et les modalités d’énonciations « couplé aux opérations de
qualifications (qui) provoque dans les faits divers cette impression de
dramatisation » (1987 : 82).
Dans cette activité, dans un premier temps, nous avons remis aux apprenants le
texte du fait-divers suivant (cf. Figure 16) et nous leur avons demandé de repérer
toutes les unités lexicales qui caractérisent d’un côté la victime et de l’autre
l’accusé.
La victime L’accusé
Adverbe Nom Adjectif Adverbe Nom Adjectif
314
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Nous remarquons que l’on donne une image positive et dramatique de la victime à
travers des désignations comme (la proie) et on accentue la culpabilité de son
agresseur à travers des adjectifs comme (enragé, agresseur, etc.)
Dans un second temps, nous avons proposé aux apprenants un tableau résumant les
principales composantes de la situation de communication d’un fait-divers. Nous
leur avons ensuite demandé de raconter un récit de fait divers qui tienne compte des
éléments de la situation de communication tout en veillant à produire un effet de
dramatisation notamment à travers des procédés de qualification et des modalités
d’énonciation.
315
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Les apprenants ont travaillé en binôme et nous avons obtenu, à titre d’exemple le
texte suivant :
La focalisation sur la victime est très courante dans les faits divers. Adam estime
que « les phrases passives sont très fréquentes dans les relations de catastrophes,
dans les titres et les chapeaux (…) » (1997: 14). Elle sert notamment à mettre en
exergue un élément de l’histoire sur lequel on veut attirer le regard du lecteur.
Objectifs :
Choisir les éléments à mettre en valeur ;
Mettre la victime au premier plan.
Activités (tâches) :
Réécrire un passage à la voix passive ;
Justifier l’emploi de la voix passive.
Durée : 30 minutes
Dans le fait divers, la voix passive peut se rencontrer dans le titre, dans le chapeau
et également dans le corps du fait divers. Pour l’aborder avec les apprenants, nous
leur avons proposé de réécrire les titres de faits divers suivants (voir ci-dessous) en
se focalisant sur la victime plutôt que sur l’agent de l’action.
Titre du fait divers à la voix active Le titre du fait divers à la voix passive
« les pompiers découvrent le corps d'un Le corps d’un octogénaire est découvert
316
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
octogénaire dans une villa, les dans une villa. Une enquête est ouverte
gendarmes ouvrent une enquête »
« Auxerre : une octogénaire renverse Auxerre : une septuagénaire est
une septuagénaire » renversée par un octogénaire
« La gendarmerie a découvert le corps Le corps d’un quadragénaire a été
d’un quadragénaire dans la forêt » découvert dans la forêt
« La police a ouvert une enquête pour Une enquête a été ouverte (par la police)
déterminer les causes exactes du pour déterminer les causes exactes du
drame » drame
« Un quinquagénaire blesse Une adolescente est mortellement
mortellement une adolescente lors blessée par un quinquagénaire lors
d’une partie de chasse » d’une partie de chasse
Objectifs :
Produire des titres de faits divers accrocheurs ;
Produire un chapeau de fait divers.
Activités (tâches) :
Transformer des phrases verbales en phrases nominales ;
Résumer l’information essentielle contenue dans le fait divers et la réécrire
sous forme de chapeau.
Durée : 40 minutes
317
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Nous leur avons ensuite proposé une deuxième activité dans laquelle ils doivent
rédiger un chapeau pour un fait divers dans lequel il fait défaut. Les apprenants ont
eu à lire le texte du fait divers suivant (voir ci-dessous) pour ensuite extraire
l’essentiel de l’information qui a été résumée en deux ou trois lignes.
Dans ce module, nous avons travaillé avec le logiciel « Microsoft Office Word »
version 2007. Les apprenants ont travaillé par groupes de 4 étant donné le manque
318
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
d’ordinateurs au lycée. Il a été question d’aborder les éléments qui rentrent dans la
mise en forme du fait divers.
Objectifs :
Approfondir les connaissances des apprenants quant à l’utilisation de
Microsoft Office Word ;
Respecter la mise en forme fait-diversière.
Activités (tâches) :
Saisir un fait divers sur Word ;
Insérer une image dans le corps du texte.
Durée : 1heure
Pour le déroulement de cette activité, nous avons pris le fait divers abordé dans la
séance précédente et nous avons demandé aux apprenants de le réécrire avec
Microsoft Word en respectant la mise en forme particulière du fait divers. Nous
avons, dans un premier temps, abordé la boite de dialogue « Police » pour
approfondir les connaissances des
apprenants concernant les
manipulations possibles à effectuer
sur la police du texte.
Les apprenants ont ainsi pu choisir la taille de police adaptée au titre (taille de
police supérieure à celle du corps du texte). Ils ont également pu mettre le caractère
gras pour le titre et le chapeau du fait divers. Par la suite, les apprenants ont
découvert la boîte de dialogue
« Paragraphe » qui leur a été utile
notamment pour centrer le titre du
fait divers et justifier le texte du
chapeau.
319
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Après avoir inséré l’image dans Word, les apprenants auront besoin de « l’outil
image » qui apparait après deux clics simultanés sur l’image.
Objectifs :
Produire un fait divers et le saisir sur ordinateur ;
320
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
321
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
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Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
325
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Les activités que nous proposons ici s’inscrivent dans une dynamique reposant
essentiellement sur le modèle didactique du genre proposé par B. Schneuwly et J.
Dolz (1997) et le dispositif de la séquence didactique tel qu’il est décrit et
schématisé par les mêmes auteurs (cf. 2.2.2.). Ce dispositif s’appuie sur les
caractéristiques d’un genre discursif, ou ce qu’ils appellent les enseignables d’un
genre.
Objectifs :
Faire émerger les représentations que se font les élèves du genre à étudier ;
326
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
327
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
barrières.
Dans un second temps, nous avons abordé les différentes formes de l’interview pour
compléter la liste des points communs et des traits distinctifs des diverses formes
d’interviews. Ainsi, lors de l’analyse de l’interview orale, il convient de ne pas
omettre d'observer le comportement du journaliste et de la personne interviewée :
posture, écoute, mimique et gestes (hochement de tête, acquiescement en balançant
la tête du haut vers le bas, etc.).
Nous avons proposé aux apprenants trois interviews. Le premier support est une
interview prise d’un journal quotidien de la presse écrite où il est question
d’interviewer un docteur, Sally A. Frautschy, sur les vertus de la curcumine pour
lutter contre Alzheimer (figure 22)
Le second support est une interview audiovisuelle réalisée sur un plateau télé où le
docteur Jérôme Cros, auteur du premier guide de Phraséologie médicale, est
328
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Dans un premier temps, nous avons abordé la double situation d’énonciation qui
caractérise ce genre médiatique. En effet, l’interviewer s’adresse à l’interviewé mais
l’interview est également destinée à un public cible. Il a ensuite été question
d’identifier le sujet de l’interview qui est annoncé dès le départ pour l’interview
radiophonique et l’interview télévisée. Quant à l’interview de presse, la titraille
nous permet d’identifier très rapidement le sujet de l’interview.
En outre, nous avons abordé les circonstances qui ont mené à l’interview. Il s’agit
de la sortie de leurs livres pour les deux médecins dans les interviews
radiophonique et télévisuelle ; quant à l’interview de presse écrite, elle a été
réalisée suite aux recherches effectuées par le médecin sur la curcumine et sa
capacité à lutter contre Alzheimer.
329
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
330
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
(ibid. : 171). Il ajoute que celle-ci a installé « un rapport très particulier entre
instance médiatique et récepteur. Celui d’une intimité et d’une connivence
intellectuelle, que ne connaissent ni la presse ni la télévision » (ibid. : 180)
Néanmoins, l’interview radiophonique n’offre pas les mêmes avantages que
l’interview de presse écrite qui permet de faire des allers-retours dans le texte. En
effet, dans l’interview radiophonique, on a « affaire à une oralité faite
d’interruptions, d’hésitations, de reprises, de redondances, tous caractères propres
de l’interaction verbale, même si celle qui se produit dans les médias est
particulièrement orchestrée » (ibid. : 89).
Les apprenants ont également analysé la posture des intervenants dans l’interview.
Ils ont particulièrement prêté attention à la gestuelle des intervenants qui
accompagne leurs propos, notamment le mouvement des mains pour expliquer une
idée ou poser une question, ou encore le maintien du regard qui montre l’intérêt
donné à son interlocuteur, etc.
un rapport distancié entre celui qui écrit et celui qui lit, du fait de
l’absence physique de l’instance d’émission et de l’instance de
réception, l’une vis-à-vis de l’autre ; une activité de
conceptualisation de la part des deux instances pour se représenter
331
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Ainsi, les apprenants ont pris connaissance des trois formes sous lesquelles se
présente le genre « interview ». Nous remarquons que le support médiatique utilisé
prête ses caractéristiques scéniques au genre. En effet,
Objectifs :
Identifier les prérequis et les difficultés des apprenants en rapport avec le
genre ;
332
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Le diabète de type 1
Le diabète est une maladie dans laquelle le corps ne produit pas d'insuline ou ne
l'utilise pas correctement. L'insuline est une hormone qui transforme le sucre, les
glucides et autres aliments en énergie nécessaire à la vie quotidienne. Il existe trois
principaux types de diabète : le diabète de type 1, le diabète de type 2 et le diabète
gestationnel.
La cause exacte du diabète de type 1 est inconnue. Cependant, des facteurs
génétiques et environnementaux semblent jouer un rôle.
Le diabète de type 1, également diabète insulinodépendant (DID) est souvent
diagnostiqué chez les enfants et les adolescents. C'est pourquoi, il était appelé
autrefois "diabète juvénile". Toutefois, le diabète de type 1 peut être diagnostiqué
chez des personnes de tous âges.
C’est une maladie auto-immune. Le pancréas ne sécrète plus d’insuline. Or
l'insuline est l'hormone qui permet aux cellules d'utiliser le glucose et donc d'avoir
de l'énergie.
Il n'existe actuellement pas de méthode connue pour prévenir ou guérir le diabète
de type 1.
La cause est inconnue, bien qu'il semble qu'il puisse y avoir un lien avec des
facteurs environnementaux. À la différence du diabète de type 2, il n'y a pas de
relation connue entre le diabète de type 1 et le poids, le taux de cholestérol ou
l'hypertension.
Des antécédents familiaux de diabète de type 1 peuvent accroître le risque.
Certaines infections virales pourraient également augmenter ce risque. Le diabète
de type 1 représente un peu plus de 6% des cas de diabète en France soit environ
190 000 personnes.
Les symptômes du diabète de type 1 sont très nets. Il s'agit de la polydipsie (soif
accrue), de la polyphagie (faim accrue) et de la polyurie (urine fréquente). Ils sont
souvent associés à une perte de poids importante, un manque d'énergie et des
sensations de nausée.
Texte extrait de www.medtronic.com
333
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Cette première production revêt une importance capitale puisque c’est elle qui
donnera le ton de la séquence didactique. Comme nous l’avons déjà souligné, elle
révèle les prérequis des apprenants et leurs difficultés que nous avons synthétisés
dans la grille d’observation suivante :
relance
Ouverture
Mot interrogatif
Inversion sujet
Questions/répo
intonative
Question
Clôture
Présentation
Présentation
l’interviewé
verbe
Salutation
du thème
de
nses
G.1
20 + - +/- + - + - - -
G.2
- - - + - + - - -
G.3 + - +/- + - + - - -
G.4 + + +/- + - + - + -
20
Groupe
334
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Nous remarquons également que les questions posées par les élèves recourent
généralement au même mot interrogatif (c’est quoi ? quel(s) ?) rarement
(comment ? est-ce que ?). Les questions ne sont jamais introduites avant d’être
posées et les réponses données par l’interviewé ne sont jamais reformulées ou prises
en considération lors de la formulation d’une autre question. Ainsi, le deuxième
module de la séquence a été consacré à la phrase interrogative pour proposer aux
apprenants d’autres moyens de poser leurs questions et de découvrir les procédés de
relance dans une interview.
Hormis les erreurs relatives au genre, soulignées dans la grille d’observation, les
apprenants ont également commis quelques erreurs, notamment de prononciation et
de syntaxe que nous avons soulignées et discutées ensemble.
Il est important de noter que les apprenants du groupe 6 ont réalisé une interview en
se tutoyant. Nous pouvons expliquer cela par le fait qu’ils ne soient pas
complètement entrés dans le jeu de rôles et ont mené cette interview en gardant
leurs statuts de bons amis. Nous avons néanmoins expliqué l’erreur.
Notons que les activités abordées au cours de la séquence didactique sont effectuées
aussi bien sur des interviews écrites que sur des interviews audiovisuelles.
335
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
supports afin d’identifier les éléments qui composent les trois interviews. Nous nous
sommes notamment focalisée sur l’ouverture et la clôture de l’interview.
Objectifs :
Repérer la structure de l’interview ;
Repérer les éléments qui composent une interview.
Tâches (activités)
Ecouter, voir et lire une interview et repérer l'ouverture de l'interview ;
Repérer le corps de l'interview (les questions-réponses) ;
Repérer la clôture de l'interview ;
Identifier les personnes mises en scène dans l’interview ;
Supports :
Interview du docteur Jérôme Cros, auteur du premier guide de Phraséologie
médicale : https://www.youtube.com/watch?v=ONNQCtDidUc
Interview radiophonique : "Pré-diabète ! Agissez avant qu’il ne soit trop
tard" - Dr Réginald Allouche. Tronquée à 4 :05 minutes.
https://www.youtube.com/watch?v=dWT5FMnfddc&t=10s
Interview avec le Dr Zoubir Harrat. Texte adapté de
https://www.pasteur.dz
Interview télévisuelle : Quels sont les mécanismes de la maladie
d’Alzheimer ? https://www.youtube.com/watch?v=3CCNtLNDIOU
Durée : 1 heure
336
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Les apprenants ont eu remplir une grille d’analyse pour rendre compte de la
structure de l’interview sous ses trois formes. Nous avons obtenu le tableau
suivant :
337
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
338
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Merci docteur
Alouche. Vous
regardez cette
émission sur la
chaine YouTube
pour réécouter le
podcast et puis à très
bientôt, très belle
journée, santé sur
Beur FM.
Enfin, nous avons proposé aux apprenants une activité dans laquelle nous leur
avons demandé de rédiger une ouverture et une clôture pour une interview dans
laquelle elles font défaut. Il s’agit d’une interview réalisée par l’équipe du Figaro
santé avec le professeur Bruno Dubois, neurologue et directeur de l'Institut de la
mémoire et de la maladie d'Alzheimer, le 30 avril 2018. Nous avons obtenu, à titre
d’exemple, le résultat suivant :
339
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Par ailleurs, dans une séquence sur l’interview, la formulation des questions de
façon appropriée est importante. De ce fait, nous avons consacré le deuxième
module à la phrase interrogative. L'objectif de l'interview étant d'amener une
personne à nous livrer des informations, il est important d'apprendre à poser des
questions de façon correcte, aussi bien sur le plan formel que sur le plan du contenu.
Objectifs :
Connaître les différents types de questions et leur utilité ;
Apprendre à poser des questions ;
Apprendre à relancer ou orienter la discussion ;
Assurer la continuité de l’information ;
Développer ses capacités d’écoute et de synthèse de l’information.
Tâches (activités)
Repérer les phrases interrogatives et les classer ;
Synthétiser et reformuler les réponses du médecin ;
Reformuler des réponses puis poser des questions.
Supports :
Interview télévisuelle : Quels sont les mécanismes de la maladie
d’Alzheimer ? https://www.youtube.com/watch?v=3CCNtLNDIOU
Interview du Docteur Lionel Coudron sur les bienfaits du jeûne
https://www.youtube.com/watch?v=YesyFQD_sNo
Durée : 1 heure
Pour aborder la phrase interrogative, nous avons proposé aux apprenants une
activité à l'écrit en partant d’un support audio-visuel (Support 1) où il s’agit de
repérer les questions du journaliste et de procéder à leur classement (question
ouverte, fermée, semi-ouverte, rhétorique).
340
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Comme activité, nous avons proposé aux apprenants une interview audiovisuelle
qui ne contient que les réponses données par l’interviewé. Nous leur avons
demandé, dans un premier temps, de prendre note des réponses données par
l’interviewé. Dans un second temps, il leur a été demandé de rédiger les questions
qui ont pu être posées par l’interviewer tout en veillant à reformuler les réponses
données par l’interviewé afin de lui poser de nouvelles questions. Nous avons
obtenu les questions suivantes :
Q1. Ces derniers temps, le jeûne est à la mode. Beaucoup de gens s’y mettent.
Qu’en pensez-vous ?
Q2. Concrètement, le jeûne c’est quoi ? Comment se pratique-t-il ?
Q3. Quels conseils pouvez-vous donner à un débutant ?
Q4. Existe-t-il un seul type de jeûne ou plusieurs ?
Q5. N’importe qui peut jeûner ?
Q6.Beaucoup de personnes disent que l’être humain n’est pas fait pour le jeûne.
Qu’en est-il réellement ?
Q7.Vous affirmez que le jeûne peut être bénéfique pour la santé. A quels bénéfices
faites-vous référence exactement ?
Q8. Vous venez de vanter les mérites du jeûne. Comporte-t-il des risques en
341
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
contrepartie ?
Nous remarquons que les apprenants ont notamment eu recours à des expressions
comme : « vous affirmez que » ; « vous venez de » pour relancer les questions. Ils
ont également ajouté une partie introductive aux questions 1 et 6. Ils ont varié la
formulation des questions : mots interrogatifs (que, comment, quoi, quels),
inversion du sujet (Q4, Q8), intonation (Q5).
La préparation d'un questionnaire est une étape très importante pour la réalisation de
l'interview. Elle a fait l’objet du module 3 de notre séquence didactique. Cette étape
illustre bien le passage effectué de l'écrit vers l'oral (préparation de questions qui
vont être formulées par écrit ou sous forme de notes puis posées à la personne
interviewée oralement).
Objectifs :
Rédiger un questionnaire d’interview.
Tâches (activités)
Recueillir les questions posées par chaque apprenant du groupe puis
procéder à un tri ;
Rédiger les questions retenues.
Durée : 1 heure
342
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Les questions retenues pour chaque groupe (voir ci-dessous) ont été validées et
reprises sur les bloc-notes.
343
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
344
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
frappe le mode actuellement. La diversité des points de vue sur la question offrent
des informations variées pour le public.
Objectifs :
Réinvestir tous les acquis pour produire une interview.
Tâches (activités)
Réaliser l’interview en posant les questions qui ont été retenues ;
Enregistrer l’interview ;
Réaliser une interview écrite à partir de l’interview orale filmée.
Durée : indéterminée
A partir de ces enregistrements, les apprenants peuvent rédiger une interview écrite
en veillant au respect des normes de la langue écrite. Ils pourront également y
insérer des photos qu’ils auront prises le jour de l’interview. Dans ce cas, la
production orale précède la production écrite.
345
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Objectifs :
Présenter le projet ;
Faire émerger les représentations que se font les élèves du genre à étudier.
Tâches (activités)
Choisir les villes et villages sur lesquels porteront les reportages
(négociation du projet) ;
Répartir les élèves en groupes en fonction des villes ou des villages qu’ils
ont choisis ;
Présenter des reportages sous différentes formes (écrite, radiophonique,
télévisée) ;
Amener les élèves à établir quelques distinctions/similitudes entre les
différentes formes de reportages ;
Prêter attention à la qualité et au contenu de la bande sonore (musique,
texte, ton de la voix...).
Supports :
« Nice, l’italienne » https://www.youtube.com/watch?v=Zin0wvoRm0Q
346
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Les apprenants ont été répartis en quatre groupes de 4. Ils se sont mis d’accord sur
les villages dont il sera question dans les reportages. Les dimensions
communicatives du projet peuvent être reformulées comme suit :
Dans la même étape, nous avons présenté aux apprenants deux reportages
télévisuels portant sur la ville de Nice (figure 29, 30), sous deux angles différents, et
un reportage de presse écrite (figure 31). Il leur a ensuite été demandé de prêter
attention à la mise en forme et à la présentation du reportage dans les trois supports.
347
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
348
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
349
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Objectifs :
Identifier les prérequis et les difficultés des apprenants en rapport avec le
reportage ;
Définir les enseignables du reportage.
Tâches (activités) :
Amener les élèves à produire des mini-reportages écrits en fonction des
villes ou des villages choisis.
Durée : 45 minutes
Les élèves, individuellement, ont rédigé un texte dans lequel ils présentent leur
ville/village natal. L’analyse de la production initiale nous a permis d’un côté
d’identifier les connaissances antérieures des apprenants sur le reportage et d’un
350
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
autre côté, de souligner les erreurs et les insuffisances qui feront l’objet de
modules/ateliers d’apprentissage.
Les productions initiales nous révèlent les erreurs et les obstacles auxquels les
apprenants sont confrontés. Nous remarquons que la majorité des apprenants
abusent dans l’utilisation de certaines expressions comme « il y a » ; « on trouve »
pour décrire tous les lieux touristiques qui se trouvent dans leurs villes/villages ; ou
encore le terme « beaucoup » pour signifier que leurs villes/villages possèdent
énormément de choses à voir et à découvrir.
Par ailleurs, les apprenants ne maîtrisent pas tout à fait les procédés de substitution
(lexicale/grammaticale). En effet, la répétition redondante du nom du village ou de
la ville, à l’intérieur du même paragraphe ou dans le texte, cause une gêne et un
agacement pendant la lecture.
Un autre point important que nous avons soulevé concerne la concordance des
temps verbaux. En effet, nous avons remarqué que la moitié des apprenants
conjuguait les verbes de manière aléatoire.
Les apprenants ont également fait d’autres erreurs liées à la correction de la langue
ainsi qu’à l’orthographe grammaticale et lexicale. Ces erreurs peuvent être discutées
en classe pour en comprendre l’origine (méconnaissance d’une règle grammaticale,
erreur involontaire, oubli, etc.) et ensuite les corriger. Nous citons quelques
exemples d’erreurs dans le tableau suivant :
351
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Avant de passer aux modules, nous avons consacré une séance pour expliquer aux
apprenants les principales erreurs que nous venons de citer. Celles-ci ont été
analysées et discutées en classe afin de permettre aux apprenants de prendre
conscience de leurs erreurs afin d’y remédier.
6.4.3. Modules/ateliers
Dans le cadre de la réalisation d’un reportage touristique télévisuel, les apprenants
vont aborder, dans les modules qui suivent, différentes activités qui portent sur les
caractéristiques génériques de ce genre médiatique. Ainsi, dans le premier module,
les apprenants vont prendre connaissance de l’hétérogénéité textuelle qui compose
le reportage télévisuel. Ce dernier comporte autant de séquences descriptives que
narratives. Dans le deuxième module, nous abordons les caractéristiques
linguistiques et grammaticales du reportage. Il s’agit notamment des indicateurs
spatio-temporels, des verbes de perception, des procédés explicatifs, etc. Le
troisième module va permettre aux apprenants de choisir l’angle ou les angles
thématique(s) sur le(s)quel(s) porteront leurs reportages. En effet, avant de
commencer leur recherche documentaire, les apprenants vont choisir les axes
thématiques à traiter et à mettre en valeur dans leurs reportages. Dans le quatrième
module, les apprenants vont à la rencontre de témoins qui enrichiront leurs
reportages par des anecdotes et/ou des récits d’histoire. Le dernier module va
prendre en charge la dimension créative et le montage du reportage télévisuel. Les
apprenants découvrent un logiciel qui leur permet de réaliser des montages vidéo en
offrant plusieurs possibilités de mise en forme.
352
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Objectifs :
Identifier la structure du reportage ;
Identifier les différents moments du reportage.
Tâches (activités) :
Visualiser le reportage ;
Dégager la structure du reportage ;
Identifier les thèmes abordés dans le reportage ;
Identifier la situation de communication ;
Distinguer les différentes séquences du reportage : témoignages, récits,
descriptions, argumentations, références historiques, commentaire
personnel, etc.
Supports :
L’Aurès génial : le trésor archéologique (figure 32.)
https://www.youtube.com/watch?v=oZo9DaxXH3s
Durée : 1h
353
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
354
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Dans le cadre de ce module, nous avons proposé aux apprenants des activités qui
abordent les principaux traits linguistiques et grammaticaux du reportage. Il s’agit
notamment d’aborder la caractérisation et les différents procédés explicatifs utilisés
dans les reportages, ainsi que les indicateurs spatiotemporels et les verbes de
perception, sans oublier les discours directs reprenant les propos des témoins. Nous
355
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Objectifs :
Identifier les caractéristiques linguistiques du reportage ;
Apprendre à écrire un texte de reportage.
Tâches (activités) :
Repérer les passages descriptifs dans le reportage ;
Repérer les différents procédés explicatifs ;
Repérer les indices spatio-temporels ;
Repérer les verbes de perception ;
Analyser le statut et la position de l’auteur dans le reportage
(objectif/subjectif).
Supports :
« Que voir en Egypte ? »
https://www.youtube.com/watch?v=Ou7tYNfo7Rk&t=1s
« Travel Paris in one minute »
https://www.youtube.com/watch?v=YPMOce2VdKQ&t=37s
Durée : 2H
Cet atelier s’est réalisé en deux étapes. La première a consisté à présenter aux
apprenants le reportage télévisuel « Que voir en Egypte ? » où il leur a été demandé
de compléter, après chaque visualisation, une grille d’analyse (voir ci-dessous) qui
comporte les différentes structures grammaticales présentes dans le reportage.
356
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
La caractérisation
Enoncé Procédé grammatical
Millénaire ; chaotique ; grande ; historique ; richesse
naturelle exceptionnelle ; célèbre ; majestueuse ; super ;
recouverte ; mystérieux ; époustouflant ; incontournable
; quasi-divin ; grandiose ; dorées ; verdoyantes ;
Caractérisation par
traditionnels ; inoubliable ; fascinante ; merveilleux ;
l’adjectif qualificatif
immenses ; féérique ; magnifiques ; luxuriantes ;
stupéfiant ; légendaire ; rêvé ; inexplicable ; surréaliste ;
inoubliable.
357
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Dans la deuxième activité, nous avons demandé aux apprenants de relever les
différents procédés explicatifs utilisés par le reporter. Etant donné que le texte de
reportage est textuellement hétérogène, celui-ci fait appel aux procédés explicatifs
pour donner aux lecteurs diverses informations/explications sur le lieu présenté.
Nous avons noté quelques procédés dans le tableau suivant :
358
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
359
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
D’autres verbes de perception peuvent être utilisés dans un reportage. Nous citons :
observer, apercevoir, écouter, regarder, sentir, voir, etc.
360
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Dans le troisième module, il a été demandé aux apprenants de faire une recherche
documentaire pour recueillir des informations sur la ville ou le village qu’ils ont
choisi (date de fondation, les fondateurs, la signification du nom de la ville,
particularités culturelles, culinaires, vestimentaires, musicales, etc.) dans différents
types de supports : brochures touristiques, guides de voyages, archives de la ville,
enregistrements, etc. Ils procèderont par la suite à l’organisation des informations
recueillies sous forme de texte (reportage écrit) pour présenter leur ville natale en
tenant compte des acquis du module 2.
Objectifs :
Recueillir des informations et les organiser
Tâches (activités) :
Faire une recherche documentaire sur sa ville natale ;
Lire différents textes sur sa ville natale (brochure touristique, guide de
voyage, documents d’histoires, archives, etc.) ;
Organiser les différentes informations sous forme d’un texte cohérent pour
présenter sa ville natale (réinvestir les acquis du module 2).
Durée : 30 minutes
Dans ce module, les apprenants ont opté pour trois axes thématiques sur lesquels va
se centrer leur reportage. Ces axes ont été choisis notamment en fonction des atouts
« touristiques » que présente la ville/le village de leur choix. Ainsi, le groupe 1 a
opté pour le village d’« Ath M’likèche » où ils ont mis en relief le côté
traditionnaliste du village à travers un témoignage sur la fête ancestrale de
Yennayer. Le deuxième groupe a travaillé sur le village du « colonel Amirouche ».
Les apprenants y abordent l’histoire du village et l’origine de ses habitants ainsi que
sa situation géographique. Le troisième groupe a travaillé sur le village « Béni
Hamdoune » et les apprenants ont mis l’accent sur la beauté féérique de ce village,
la modestie de ses habitants tout en évoquant la fête du premier jour du printemps.
361
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Dans cet atelier, il a été demandé aux apprenants de recueillir des témoignages à
insérer dans le reportage. Ils ont d’abord soigneusement choisi les personnes à
interviewer (le maire, une vieille personne, un artiste, un membre d’une association
culturelle, un professeur d’histoire, etc.) et ils ont par la suite préparé une liste de
questions à leur poser. Les mini-interviews des différents témoignages ont été
enregistrées par les apprenants.
Objectifs :
Recueillir des témoignages ;
Traduire éventuellement les témoignages.
Tâches (activités) :
Choisir les témoins à faire apparaitre dans le reportage ;
Préparer une liste de questions à poser aux personnes à interviewer ;
Enregistrer les réponses des témoins ;
Traduire éventuellement les témoignages en français.
Durée : 1 heure
Après avoir recueilli les différents témoignages, il a été nécessaire de les traduire en
français. Cette activité est une étape intéressante pour le développement de la
compétence interculturelle des apprenants. En effet, la traduction des témoignages
du kabyle vers le français va permettre aux apprenants de développer leur
compétence interculturelle. Pour Blanchet, le processus de traduction rejoint le
362
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Ce dernier module vise à mettre en relation les différentes étapes de cette séquence.
Il a été question d’apprendre aux apprenants à se servir de l’outil informatique, plus
précisément d’un logiciel de traitement et de montage de vidéos, en l’occurrence
« VideoPad », pour produire un reportage audio-visuel. Les apprenants vont
apprendre à effectuer un montage vidéo en insérant des séquences d’images, de
sons et de musiques en se fixant comme objectif la séduction du public.
Objectifs :
Effectuer un montage avec un ordinateur en recourant aux logiciels
appropriés ;
Travailler la « scénarisation ».
Tâches (activités) :
Enregistrer la bande sonore ;
Insérer les témoignages (éventuellement traduits) dans le reportage ;
Insérer les séquences vidéo, photographies, musiques dans le reportage ;
Travailler les effets de style dans un but de « séduction ».
Durée : 1h
363
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
« VideoPad » est un logiciel de montage vidéo (voir figure 34) très simple et facile
à utiliser. Les apprenants se sont vite familiarisés avec ce logiciel. Ce dernier offre
plusieurs fonctionnalités que les apprenants ont appris à utiliser en classe. Ils ont
également bénéficié des didacticiels vidéo en ligne.
Le logiciel permet de modifier les séquences vidéo et audio en insérant des effets
particuliers ; de découper le début, le milieu ou la fin d’une vidéo ; de fusionner
deux séquences vidéos, de supprimer des séquences vidéos ; de faire pivoter la
vidéo ou la redimensionner ; de séparer la séquence audio de la séquence vidéo ou
encore de modifier la vitesse de lecture. Toutes ces options sont visibles dans la
rubrique « clip » du logiciel (voir figure 35)
364
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Les apprenants ayant appris à se servir du logiciel de montage vidéo, vont à présent
effectuer le montage de leur propre reportage touristique. C’est la dernière étape de
la séquence didactique.
Objectifs :
Production du reportage.
Tâches (activités) :
Réalisation du reportage vidéo ;
Présentation du reportage.
Outils :
Ordinateur muni du logiciel VideoPad ;
Les photos et les séquences vidéo prises par les apprenants.
Durée : indéfinie
365
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
366
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
367
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Le canevas de la séquence didactique sur le reportage peut être résumé comme suit :
apprenants en
initiale
rapport avec le
genre.
- Définir les
enseignables du
reportage
-Identifier la -Visualiser le reportage
structure du -Dégager la structure du reportage
textuelle dans le
L’hétérogénéité
reportage.
-Identifier les -Identifier la situation de communication
différents moments -Distinguer les différentes séquences du
du reportage. reportage : témoignages, récits,
descriptions, argumentations, références
historiques, commentaire personnel, etc.
-Identifier les -Repérer les différents procédés
caractéristiques
linguistiques du
caractéristiques explicatifs
reportage
Module 2
368
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
documentaire
organiser -Lire différents textes sur sa ville natale
Recherche
Module 3 (brochure touristique, guide de voyage,
documents d’histoires, archives, etc.)
-Organiser les différentes informations
sous forme d’un texte cohérent pour
présenter sa ville natale (réinvestir les
acquis du module 2)
-Recueillir des -Choisir les témoins à faire apparaitre
témoignages dans le reportage
témoignages
Recueil de
Module 4
Dans le cadre de la première séquence didactique portant sur le fait divers, nous
avons remarqué que les apprenants préfèrent travailler sur des faits divers relatant
des évènements insolites. Il semble que ce genre de fait divers les motive
particulièrement. Ils sont plus interpelés par les évènements qui sortent du commun.
369
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Cela peut être dû à leur envie de sortir des évènements routiniers et quotidiens
comme les catastrophes naturelles (tremblements de terre, inondations, etc.), les
accidents routiers, etc.
Dans l’atelier n°5, les apprenants, par groupes, ont rédigé des questions à poser aux
témoins des évènements qu’ils ont choisis de relater sous forme de fait divers. Ils
ont par la suite interviewé et enregistré les témoignages avant de les mettre à l’écrit.
Ce module illustre bien l’approche décloisonnée de l’oral et de l’écrit où les
apprenants passent de l’écrit à l’oral puis de l'oral à l’écrit.
Dans la deuxième séquence portant sur le genre interview, nous avons proposé dans
le cadre des modules des activités qui ont permis aux apprenants de passer d’un
côté, de la réception orale à la production de l’écrit notamment lors des prises de
notes ; la rédaction de questions dans une interview audiovisuelle où elles font
défaut ; la rédaction d’une ouverture et d’une clôture pour une interview
audiovisuelle (module 1 et 2) ; d’un autre côté, de l’écrit vers l’oral à travers la
réalisation des interviews où les apprenants se réfèrent aux notes écrites pour poser
leurs questions.
370
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Notons ainsi que dans cette séquence didactique portant sur le genre du reportage,
les activités de l’écrit et de l’oral sont décloisonnées. D’un côté, les activités de
l’écrit servent celles de l’oral (rédaction du texte du reportage pour l’enregistrer
oralement par la suite ; préparation de questions à poser aux témoins ; etc.). D’un
autre côté les activités de l’oral servent à l’écrit. Cela est visible notamment lorsque
les apprenants ont eu à remplir des grilles d’analyse après les visualisations de
reportages audiovisuels ou quand ils ont procédé à une prise de notes dans les
différentes interviews pour recueillir des informations sur le village concerné.
371
Chapitre 6 Séquences didactiques pour une approche générique actionnelle décloisonnée
Rappelons ainsi que, selon nous, les genres de discours peuvent représenter une
orientation pédagogique importante de la perspective actionnelle en classe de FLE.
Etant des formes d’agir langagier, ils sont les mieux adaptés à la mise en place de la
perspective actionnelle en classe de FLE. Ainsi, dans le cadre d’une approche
générique actionnelle, le canevas de la séquence didactique portant sur le genre du
reportage est valable pour une multitude de groupes scolaires. Il convient
néanmoins de réguler les activités proposées en fonction du niveau des apprenants.
372
Conclusion générale
Conclusion générale
Conclusion générale
Dans le cadre de cette recherche, notre objectif principal était d’élaborer des pistes
didactiques pertinentes et rentables permettant de mettre en place un
enseignement/apprentissage centré sur les genres discursifs dans une perspective
intégrée. Pour cela, cette étude est sous-tendue par la principale question de
recherche suivante : comment enseigner les genres médiatiques au secondaire
algérien en suivant une approche intégrée des compétences de l’oral et de l’écrit et
dans le cadre de la perspective actionnelle ?
Pour répondre à cette question, nous avons mené une recherche théorico-pratique
qui a consisté d’abord à interroger les fondements théoriques des trois approches
que nous venons d’évoquer et qui sont complémentaires. Nous avons ensuite
recouru à l’examen du contexte éducatif concerné en mobilisant les principes
théoriques précédemment identifiés.
Ainsi, cette problématique nous a menée à interroger et croiser trois notions qui,
nous semble-t-il, convergent dans la même direction : l’approche générique qui
identifie les objets d’enseignement/apprentissage en termes de genres ; l’approche
décloisonnée qui réconcilie l’apprentissage oral et écrit de la langue et l’approche
actionnelle qui confère un sens et une utilité sociale aux apprentissages scolaires.
Nous avons jugé nécessaire de dresser un état de la question de chacune de ces trois
approches en les reliant à chaque fois aux paramètres du contexte scolaire à travers
l’analyse des documents officiels régissant l’enseignement/apprentissage du FLE au
secondaire et l’analyse des questionnaires distribués aux enseignants. Ensuite, nous
avons mis en évidence cette convergence existant entre ces trois approches. Ainsi,
après avoir dressé les fondements théoriques de ces trois approches, nous avons
établi les points de rencontre d’abord entre l’approche générique et l’approche
décloisonnée, ensuite entre l’approche générique et la perspective actionnelle. Cela
nous a permis d’aboutir à ce que nous avons désigné dans le dernier chapitre par
l’approche générique actionnelle décloisonnée que nous avons expérimentée à
374
Conclusion générale
travers trois séquences didactiques portant sur les trois genres médiatiques abordés
dans cette étude.
Concernant les genres médiatiques, nous avons fait le choix de nous focaliser sur
trois genres : le fait divers, le reportage et l’interview. Le choix de ces trois genres
est justifié par leur présence dans le programme du secondaire. Nous avons
commencé par définir et délimiter la notion de « genre médiatique » qui s’avère très
pertinente dans la mesure où elle englobe le télévisuel, le journalistique et tous les
autres médias. Ensuite, nous avons jugé nécessaire d’établir une analyse discursive
à visée didactique de ces trois genres médiatiques tout en recourant à chaque fois à
l’analyse du contexte scolaire à travers l’analyse des questionnaires et l’examen des
375
Conclusion générale
Les activités proposées dans le cadre des séquences didactiques sont centrées
sur la maîtrise des notions de grammaire, alors que les autres aspects du texte
sont négligés (cf. 2.3.1)
376
Conclusion générale
L’aller-retour entre théorie et pratique tout au long de cette étude nous a permis
d’aboutir à un croisement de trois approches complémentaires qui ont donné lieu à
trois expérimentations didactiques. Ces dernières ont été menées avec trois groupes
d’apprenants selon le niveau dans lequel s’inscrit chacun des trois genres concernés.
L’expérimentation nous a permis de mettre en examen l’approche générique
377
Conclusion générale
actionnelle décloisonnée qui s’est révélée être pertinemment rentable sur le plan
didactique.
Bien que nous ayons annoncé précédemment (cf. 1.1.1) ne pas défendre la valeur ou
l’efficacité d’une approche sur une autre, les résultats des expérimentations nous ont
conduite à reconnaitre l’efficacité didactique de cette approche en classe de FLE. En
effet, si nous considérons que la première séquence didactique portant sur le fait
divers ne présente pas suffisamment d’activités répondant à l’approche
décloisonnée, nous estimons néanmoins que les deux autres séquences didactiques
sur l’interview et le reportage touristique s’inscrivent pleinement dans une approche
intégrée, dans la mesure où toutes les trajectoires de décloisonnement de l’oral et de
l’écrit y sont abordées : de l’écrit (compréhension ou production) vers l’oral
(compréhension ou production) et inversement.
378
Conclusion générale
Par ailleurs, notre recherche a porté sur des approches didactiques majoritairement
méconnues et nouvelles dans le contexte algérien. L’approche par les genres de
discours fait timidement ses premiers pas dans l’enseignement/apprentissage du
FLE au secondaire ; tandis que l’approche décloisonnée et la perspective actionnelle
demeurent méconnues dans le paysage éducatif actuel. Il faut signaler aussi que le
contexte sanitaire actuel (covid-19) et les mesure de prévention qu’il a imposées ont
fait que les échantillons d’analyse et d’expérimentation (nombre d’enseignants
interrogés et le nombre d’apprenants par groupes) soient relativement réduits.
Il convient néanmoins de nuancer les résultats étant donné que notre recherche
concerne principalement la wilaya de Bejaia et nous n’avons pas interrogé tous les
enseignants de français de la wilaya. Nous pensons toutefois que cette étude
pourrait servir de base à d’autres recherches portant sur l’entrée générique ;
l’approche décloisonnée de la littératie ; etc. Nous espérons également que notre
recherche contribuera à aider les enseignants exerçant au secondaire ou dans
d’autres paliers de l’Éducation Nationale et à l’université.
Enfin, d’autres recherches et d’autres études pourront être menées sur l’approche
générique actionnelle décloisonnée pour l’enseignement/apprentissage du FLE afin
de confirmer nos résultats et de les développer davantage. Il serait ainsi intéressant
379
Conclusion générale
380
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398
Table des tableaux
399
Table des tableaux
400
Table des figures
401
Table des annexes
402
Table des matières
Table des matières
SOMMAIRE ................................................................................................................ 5
CHAPITRE 1 ............................................................................................................. 16
INTRODUCTION ................................................................................................................ 17
1.1. QUESTIONS, HYPOTHESES ET OBJECTIFS DE RECHERCHE .................................. 17
1.2. CHAMPS THEORIQUES DE LA RECHERCHE .......................................................... 21
1.2.1. La théorie des genres .................................................................................... 21
1.2.1.1. Le genre comme objet de communication........................................................ 22
1.2.1.2. Le genre outil didactique................................................................................... 23
a) La séquence didactique ......................................................................................... 25
b) Le modèle didactique du genre ............................................................................. 25
1.2.2. L’approche intégrée de l’oral et de l’écrit ................................................... 26
1.2.3. L’approche actionnelle ................................................................................. 28
1.3. DEMARCHE THEORICO-PRATIQUE DE LA THESE ................................................. 29
1.3.1. Cohérence d’ensemble .................................................................................. 30
1.3.2. Le contexte de notre recherche .................................................................... 31
1.3.2.1. Les instructions officielles ................................................................................. 34
1.3.2.2. La pratique enseignante .................................................................................... 34
1.3.3. Pistes didactiques et expérimentations......................................................... 35
1.4. CHOIX METHODOLOGIQUES................................................................................. 36
1.4.1. Une recherche-action ................................................................................... 36
1.4.2. Une recherche qualitative ............................................................................ 38
1.4.3. Une recherche synchronique et diachronique ............................................ 39
1.4.4. Une recherche locale .................................................................................... 39
1.4.5. Une recherche disciplinaire ......................................................................... 40
1.4.6. Une recherche descriptive et explicative ...................................................... 40
1.5. DESCRIPTION DU CORPUS ..................................................................................... 40
1.5.1. Programme de français au secondaire ........................................................ 41
404
Table des matières
CHAPITRE 2 ............................................................................................................. 53
INTRODUCTION ................................................................................................................ 54
2.1. LE GENRE : CETTE INSAISISSABLE NEBULEUSE ................................................... 54
2.1.1. L’apport de Bakhtine .................................................................................... 55
2.1.2. Les genres : une pluralité définitionnelle .................................................... 57
2.1.3. Le genre et la théorie du « prototype » ........................................................ 61
2.2. LES GENRES DE DISCOURS : TRANSPOSITION DIDACTIQUE EN CLASSE DE FLE . 65
2.2.1. De la typologie textuelle aux genres de discours ......................................... 66
2.2.2. Configuration des genres dans le contexte scolaire .................................... 69
2.2.2.1. Le modèle didactique du genre ......................................................................... 71
2.2.2.2. La séquence didactique ..................................................................................... 75
2.3. LES GENRES DE DISCOURS DANS LE CONTEXTE SCOLAIRE ALGERIEN ................ 79
2.3.1. Typologie vs genre textuel ............................................................................ 79
2.3.2. La séquence didactique et le projet pédagogique ........................................ 88
2.3.3. Synthèse ........................................................................................................ 98
CONCLUSION ................................................................................................................. 100
CHAPITRE 3 ............................................................................................................102
405
Table des matières
CHAPITRE 4 ............................................................................................................151
CHAPITRE 5 ............................................................................................................215
406
Table des matières
407
Table des matières
CHAPITRE 6 ............................................................................................................277
408
Table des matières
CONCLUSION GENERALE....................................................................................373
ANNEXES .................................................................................................................410
409
Annexes
Annexes
1
Annexes
11. Selon vous, qu’est-ce qu’une séquence didactique ? Citez des intitulés de séquences.
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
………………………………………………………..………………………………………
12. Quelle relation pourriez-vous établir entre le genre de discours et la séquence
didactique ?
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
………………………………………………………..………………………………………
13. Quelle relation pourriez-vous établir entre le genre de discours et le projet
pédagogique ?
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
………………………………………………………..………………………………………
14. Connaissez-vous le modèle didactique du genre ? Oui Non
– Si oui, y recourez-vous en classe? Oui Non
– Si oui, comment ?......................................................................................................
………………………………………………………………………………………………..
…………………...…………………………………………………………………………..
……………………………………….……………………………………………………….
15. Comment procéderiez-vous pour enseigner le fait divers ? Quelles activités
proposeriez-vous ?
………………………………………………………………………………………………
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
………………………………………………………..………………………………………
16. Comment procéderiez-vous pour enseigner l’interview ? Quelles activités proposeriez-
vous ?
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
………………………………………………………..………………………………………
17. Comment procéderiez-vous pour enseigner le reportage ? Quelles activités proposeriez-
vous ?
………………………………………………………………………………………………..
.…………………..…………………………………………………………………………...
………………………………………..………………………………………………………
18. Comment enseignez-vous la grammaire?
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
………………………………………………………..………………………………………
19. Enseignez-vous l’oral ? Oui Non
– Si non, pourquoi ? …………………………………………………………………………
2
Annexes
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
– Si oui, comment ? …………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
– Si oui, combien de temps lui consacrez-vous ? ……………………………………………
………………………………………………………………………………………………..
20. Quelles difficultés peut-on rencontrer quand on enseigne l’oral ?
……………………………………….....................................................................................
………………………………………………………………………………………………..
…………………...…………………………………………………………………………...
……………………………………….……………………………………………………….
21. L’oral et l’écrit doivent être enseignés lors de la même séance. Oui Non
– Pourquoi? ………………………………………….............................................................
……………………………………………………………………………………………….
…………………..……………………………………………………………………………
22. L’oral et l’écrit doivent être enseignés lors de la même séquence. Oui Non
– Pourquoi ? …………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
23. Nous devons consacrer une séquence à part à l’oral. Oui Non
– Pourquoi ? …………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..
.……………………………………………………………………………………………….
24. Quelles similitudes pourriez-vous établir entre l’enseignement de l’écrit et
l’enseignement de l’oral ?
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
25. Quelles différences pourriez-vous établir entre l’enseignement de l’écrit et
l’enseignement de l’oral ?
………………………………………………………………………………………………..
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
26. Comment doit-on évaluer la production orale ? ……………………………………….
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
27. Que pensez-vous d’une approche décloisonnée (combinée) de l’oral et de l’écrit ?
Pouvez-vous nous citer des exemples d’activités où l’oral et l’écrit sont combinés ?
…………………..……………………………………………………………………………
……………………………………..…………………………………………………………
………………………………………………………..………………………………………
………………………………………………………………………………………………..
3
Annexes
Q.1. Quelle (s) approche (s) préconise-t-on dans les documents officiels régissant l’enseignement
du français au secondaire ?
E.1. L’approche par compétences
E.2. Approche par compétence
E.3. Approche par les compétences
E.4. L’approche par les compétences
E.5. Approche par compétences
E.6. Approche par les compétences
E.7. Approche par compétences
E.8. L’approche par compétence
E.9. L’approche par les compétences
E.10. L’approche par les compétences
E.11. L’approche par compétence
E.12. L’approche communicative, actionnelle, par compétences, cognitive, la pédagogie du projet
E.13. L’approche par compétences
E.14. L’approche par les compétences
E.15. L’approche communicative/ par compétence
E.16. L’approche par les compétences
E.17. Approche par les compétences
E.18. L’approche par compétences
E.19. L’approche par les compétences
E.20. Sans réponse
E.21. L’approche par compétence
E.22. Approche par compétence
E.23. Approche par compétences
E.24. L’approche par les compétences
E.25. L’approche par compétences
E.26. C’est l’approche par compétences
E.27. C’est l’approche par les compétences
E.28. Les approches traditionnelles avec quelques améliorations
E.29. L’approche par compétences
E.30. L’approche par compétences
E.31. L’approche par compétences
E.32. L’approche adoptée dans les documents officiels est l’approche communicative.
E.33. L’approche préconisée est l’approche par les compétences
E.34. L’approche par les compétences et des fois on retrouve la pédagogie du projet
E.35. L’approche préconisée est l’approche par les compétences.
E.36. L’approche par compétences
E.37. L’approche par les compétences
E.38. L’approche qu’on préconise dans les documents officiels est l’approche par compétences.
E.39. On préconise l’approche par compétences
E.40. L’approche par les compétences et l’approche communicative
E.41. Les approches préconisées dans les documents officiels régissant l’enseignement du français au
secondaire sont : - l’approche communicative. – l’approche par compétences.
E.42. L’approche par compétences
E.43. Approche par compétences
E.44. Approche par compétences ; approche communicative
E.45. Approche par compétences
E.46. Approche par les compétences, approche communicative, le socioconstructivisme
E.47. Approche par compétences, approche communicative
E.48. Approche par les compétences
E.49. L’approche par les compétences
E.50. Approche par compétences
4
Annexes
5
Annexes
Q.3. Quelle (s) approche (s) et/ou méthodologie (s) mettez-vous en pratique en classe ?
E.1. L’approche par les compétences
E.2. Approche par compétence
E.3. L’approche par les compétences
E.4. L’approche par compétence
E.5. Lire, comprendre, synthétiser, interpréter ; écouter, prendre des notes, synthétiser, reformuler
E.6. Approche par les compétences
E.7. Approche par compétences
E.8. Différentielle/ remédiation/ analyse/ réflexion et pratiques pédagogiques ??
E.9. L’approche par les compétences
E.10. Parfois je pratique l’approche par compétences, parfois l’approche traditionnelle
E.11. L’approche par compétences/ approche traditionnelle
E.12. L’approche par compétences, l’approche traditionnelle
E.13. Approche par compétences
E.14. L’approche par les compétences, parfois l’approche traditionnelle
E.15. Je fais ce qui est de mon mieux pour appliquer l’approche par compétences
E.16. La mienne, celle qui m’arrange
E.17. Sans réponse
E.18. La méthodologie actionnelle
E.19. L’approche actionnelle
E.20. Sans réponse
E.21. L’approche par compétence
6
Annexes
7
Annexes
E.15. Pousser les élèves à prendre la parole, faire travailler les élèves, leur proposer des tâches et des activités
et c’est à eux d’extraire les règles du cours enseigné à travers différentes compétences (CE/CO, PE/PO)
E.16. Sans réponse
E.17. Sans réponse
E.18. Laisser l’élève travailler et le mettre dans le bain en lui donnant les mots clés, des directives. Je l’oriente
carrément.
E.19. L’apprenant est le maître de l’action
E.20. Sans réponse
E.21. Le savoir, savoir-faire et savoir-être
E.22. Cela diffère d’une approche à une autre
E.23. Sans réponse
E.24. Faire travailler l’apprenant ; l’enseignant doit être un accompagnateur ; il guide et oriente
E.25. Savoir ; savoir-faire et savoir-être (sans oublier le savoir devenir)
E.26. Les principes de base de cette approche en question : laisser l’élève réfléchir ; l’élève s’active selon la
consigne et l’objectif visé
E.27. Les mêmes
E.28. Sans réponse
E.29. Sans réponse
E.30. Sans réponse
E.31. L’élève acteur social ; favoriser le travail de groupe, utiliser des documents non conçus pour un but
d’enseignement ; prendre en considération les quatre compétences, l’élève devient acteur social de son
propre apprentissage.
E.32. Basé sur l’apprenant. Le niveau de l’apprenant est le début de tout processus d’apprentissage. Après cela
il faut accompagner et amener l’apprenant de A vers B.
E.33. Sans réponse
E.34. 0à revoir
E.35. Le concept principal est que l’apprenant participe à son propre apprentissage en se basant sur la
compétence de ce dernier à mobiliser ses propres acquis.
E.36. Sans réponse
E.37. L’apprentissage par projet : générer des apprentissages à travers la réalisation d'une production concrète.
La différentiation : mettre en œuvre une pédagogie à la fois variée, diversifiée, concertée et compréhensive
afin de prendre en compte l’hétérogénéité des apprenants.
E.38. Les savoirs, les savoirs faire, les savoirs être, la construction du savoir et la résolution des situations
problèmes.
E.39. L’apprenant a toujours des connaissances antérieures qu’il faut savoir réinvestir. Il est nécessaire
d’orienter l’apprenant et lui donner la chance de consulter ses camarades ce qui lui permet d’aboutir au
conflit sociocognitif. Ce dernier permet à l’apprenant de performer dans la tâche à réaliser
E.40. Le développement de compétences en réception et en production ; produire le genre à enseigner dans le
cadre d’une séquence didactique ; Intégration de la composante socioculturelle ; documents authentiques,
socialisation du projet-élèves
E.41. Participation active et responsable de l’élève. L’enseignant le questionne et l’accompagne, mais se
retient de lui offrir des solutions ou des réponses. L’élève contrôle sa démarche et son produit final.
E.42. L’apprenant est le principal acteur dans ce processus (apprentissage) il est actif tout en trouvant un
plaisir dans son apprentissage
E.43. Sans réponse
E.44. Activités centrées sur l’apprenant et ses besoins
E.45. Idem
E.46. Prendre en compte le niveau des apprenants pour faire un cours
E.47. Sans réponse
E.48. Idem
E.49. Transmettre un savoir.
E.50. Sans réponse
8
Annexes
E.5. Savoir exprimer un besoin, formuler une demande, répondre à une attente, participer à un échange dans
la vie réelle.
E.6. A lire et écrire dans une langue donnée (produire et comprendre)
E.7. C’est la capacité à comprendre et transmettre un message, une information en situation
E.8. C’est la capacité de communiquer efficacement dans une langue maternelle ou seconde
E.9. C’est la capacité de communiquer dans une langue basée sur la compétence (linguistique,
socioculturelle, …)
E.10. C’est la capacité de comprendre et de transmettre des messages dans des situations données
E.11. C’est la capacité de comprendre et de produire des messages liés aux contraintes de la situation
d’énonciation
E.12. La compétence de communication est la capacité de s’exprimer dans un contexte précis sans difficultés.
E.13. Amener l’élève à s’exprimer, à produire selon la situation de communication
E.14. Savoir communiquer dans les situations de la vie courante
E.15. C’est une approche qui vise à aider l’apprenant à s’en sortir face aux différentes situations qui peuvent le
rencontrer lors de sa vie quotidienne
E.16. Opter pour l’oral au lieu de l’écrit
E.17. Comprendre et restituer un message oral ou écrit dans une situation donnée
E.18. Rester en contact permanent avec l’élève
E.19. Sans réponse
E.20. C’est la capacité de communiquer efficacement dans une langue
E.21. C’est la capacité de communiquer efficacement dans une langue
E.22. Il s’agit de pouvoir exprimer sa pensée aussi bien par écrit qu’oralement
E.23. C’est avoir les outils linguistiques nécessaires pour pouvoir communiquer convenablement et
extérioriser ses connaissances d’une bonne manière.
E.24. La compétence de communication est le fait de prendre la parole et de respecter les règles
E.25. La compétence de communication est la capacité à communiquer efficacement dans une langue
(maternelle, seconde ou étrangère)
E.26. D’après moi, cette compétence vise à s’exprimer, à réfléchir, elle donne un champ à l’élève de
s’exprimer selon le thème voulu
E.27. Sans réponse
E.28. C’est une compétence qui dégage les aptitudes de l’apprenant dans l’oral et au même temps, il découvre
sa propre expression (prononciation)
E.29. Sans réponse
E.30. Etre capable de s’exprimer avec efficacité
E.31. La compétence de communication est l’ensemble des connaissances qui permettent à un individu de
communiquer dans différentes situations de communication en prenant en compte la situation de
communication.
E.32. La compétence de communication est la capacité de communiquer efficacement dans une langue
(maternelle, seconde ou étrangère). Ses diverses composantes sont : la compétence linguistique : habileté
à interpréter et à appliquer les règles du code linguistique dans une situation de communication
E.33. C’est la capacité de communiquer efficacement dans une langue
E.34. C’est la capacité à communiquer convenable dans une langue donnée, selon des situations de
communications diverses et avec des locuteurs différents.
E.35. Selon moi, c’est être capable de comprendre, interpréter puis produire (communiquer) en situation de
communication.
E.36. C’est comprendre et parler facilement une langue étrangère
E.37. C’est la capacité d’un locuteur à produire et interpréter des énoncés, dans une langue donnée, de façon
appropriée et d’adapter son discours à la situation de communication.
E.38. C’est la capacité de parler, pratiquer une langue parfaitement sans difficultés à l’écrit ou à l’oral
E.39. C’est favoriser des supports audio-visuels et l’interaction
E.40. C’est la capacité de communiquer efficacement dans une langue (au sens général). C’est l’utilisation de
la langue dans divers contextes en ayant des connaissances linguistiques mais aussi culturelles
E.41. La compétence de communication est un ensemble de démarches interactives dans lesquelles sont
utilisés correctement les codes du langage, les règles de l’échange et les rituels d’une conversation.
E.42. Etre capable de communiquer (écrit /oral) avec la langue d’apprentissage
E.43. Sans réponse
E.44. C’est être capable de discuter et d’échanger avec des natifs dans une langue donnée
E.45. C’est communiquer avec les autres sans faire d’erreurs de langue
E.46. C’est la capacité de communiquer avec une langue donnée à l’oral et à l’écrit.
E.47. C’est pouvoir parler et interagir correctement avec les autres dans une langue.
9
Annexes
E.48. C’est être capable de communiquer avec les locuteurs d’une langue étrangère
E.49. C'est la capacité d'un individu à communiquer d'une manière efficace dans une situation donnée. Choisir
son discours et l'adapter au niveau de l'interlocuteur pour qu'il le comprenne facilement et correctement.
E.50. C’est être capable de comprendre et parler correctement une langue étrangère
10
Annexes
E.41. La perspective actionnelle se fonde sur l’approche par les tâches et la pédagogie du projet qui permet le
développement des compétences par la réalisation de tâches en classe.
E.42. L’objectif de l’apprentissage ne peut être atteint que sauf si l’apprenant est mis à l’action. Pour résoudre
une situation problème
E.43. Sans réponse
E.44. Sans réponse
E.45. Sans réponse
E.46. Sans réponse
E.47. Sans réponse
E.48. Sans réponse
E.49. Pousser les élèves à réaliser des tâches (actions) concrètes ; Pousser les élèves à être créatifs et réaliser
leurs idées à leurs manières
E.50. Sans réponse
Q.7. Selon vous, quels sont les principes de base de la pédagogie du projet ?
E.1. Le programme scolaire est constitué de plusieurs projets qui se divisent, à leur tour, en séquences.
E.2. Le programme est constitué de plusieurs projets. Chaque projet se divise en séquences et chaque
séquence en séances.
E.3. Le programme comporte plusieurs projets qui sont constitués de séquences
E.4. Un projet contient plusieurs séquences et chaque séquence se subdivise en séances
E.5. Sans réponse
E.6. A chaque fin d’un projet, l’apprenant réalise « une tâche sociale », concrète.
E.7. Mettre l’élève en situation ; la réalisation concrète du projet peut être individuelle ou collective
E.8. La pratique active qui permet de mettre en pratique les connaissances et les apprentissages vus tout au
long du projet. Produit final.
E.9. Chaque projet se divise en séquences et chaque séquence se divise en séances.
E.10. Amener l’apprenant à réaliser une tâche langagière (liée à l’objectif du projet)
E.11. Sans réponse
E.12. A la fin du projet didactique, l’élève est amené à réaliser un projet dans un contexte précis où il investit
de façon autonome les savoirs acquis en classe dans un travail personnelle ou en groupe
E.13. Je l’ignore
E.14. Je ne sais pas
E.15. Sans réponse
E.16. Viser un objectif (projet) que l’apprenant réalisera à la fin du projet pédagogique
E.17. Sans réponse
E.18. Est une pratique de pédagogie active
E.19. Sans réponse
E.20. Sans réponse
E.21. Selon moi, ses principes de base sont : l’orientation > unicité > valorisation, ensuite la pédagogie et enfin
le projet
E.22. La pédagogie du projet fait en sorte que l’apprenant soit actif et qu’il se serve de ce qu’il a appris
E.23. Sans réponse
E.24. Situation problème ; socialisation des apprentissages
E.25. L’orientation > unicité > suivi > valorisation > pédagogie > projet finalisé
E.26. La pédagogie du projet a pour principe de réaliser deux projets : le projet de classe et le projet de l’élève
E.27. Sans réponse
E.28. Se base surtout sur la situation d’intégration
E.29. Sans réponse
E.30. La réalisation finale d’une production écrite après l’installation de certaines compétences
E.31. Elle consiste à la réalisation concrète et finale d’une production en passant par plusieurs séquences qui
visent à installer certaines compétences.
E.32. Participation active et responsable ; que le contenu soit significatif pour l’apprenant ; démarche qui suit
plusieurs phases ; collaboration et coopération entre les partenaires du projet.
E.33. C’est de résoudre un ensemble de situation problème au sein d’un groupe
E.34. Prendre en considération l’homogénéité du groupe, pertinence du projet à réaliser, la participation de la
société est importante puisque le projet contient un aspect social or dans notre système il est absent
E.35. Le principe est d’installer les compétences, mobiliser les connaissances acquises afin d’atteindre
l’objectif final qui est la réalisation du projet. Apprendre pour réaliser du concret.
E.36. Elle correspond à la réalisation d’un travail collectif par les apprenants après avoir acquis les
compétences nécessaires
E.37. Générer des apprentissages à travers la réalisation d'une production concrète ; Les contenues sont posés
11
Annexes
en terme d’objectifs d’apprentissage ; Favoriser les interactions ; Les tâches à réaliser sont flexibles…
E.38. La participation et collaboration des élèves – Echange – Réalisation concrète.
E.39. C’est inviter l’apprenant à réaliser une tâche dans le cadre social et intégrer les apprentissages.
E.40. Faisabilité et signifiance du projet ; participation active de tous les apprenants ; travail coopératif et
collaboratif, réalisation concrète du projet
E.41. Elle vise la réalisation d’une production concrète. Elle est fondée sur la motivation des élèves et permet
l'objectif de réalisation concrète.
E.42. L’apprenant doit d’abord passer par maitriser les 4 compétences de base (écrit/oral) ; respecter la grille
d’évaluation
E.43. Les élèves réalisent des projets qu’ils vont remettre à l’enseignant sur un des thèmes proposés
E.44. Le projet se négocie avec les élèves et se répartit en séquences. Il se termine par une réalisation concrète
du travail en groupe.
E.45. Chaque année les élèves ont à réaliser 3 à 4 projets. Chaque projet est constitué de 2 à 3 séquences
E.46. Les élèves sont supposés réaliser en groupe des travaux à remettre à l’enseignant
E.47. Chaque projet se compose de séquence et chaque séquence se compose de séances de Compréhension de
l’écrit/production de l’écrit ; compréhension de l’oral/production de l’oral
E.48. Le projet est une réalisation (brochure-affichage) que les élèves doivent réaliser à la fin du projet.
E.49. Apprendre des savoirs, s'entraîner puis réutiliser le tout à la fin du projet et le réaliser concrètement.
Chaque projet est différent de l'autre ce qui permet aux apprenants de voir différents savoirs, différentes
situations.
E.50. Le projet se répartit en séquences et aborde un objet d’étude.
Q.8. Quels discours enseignez-vous et avec quel(s) niveau(x)
E.1. Historique, explicatif (2ème et 3ème AS) ; argumentatif (2ème et 3ème AS) ; narratif et descriptif (2ème AS) ;
exhortatif (3ème AS)
E.2. Discours objectivé (projet 1, 1ère AS ; projet 1, 2ème AS, projet 1, 3ème As : 1ère séquence) ; discours
subjectivé (tous les autres projets)
E.3. Pour les classes 3ème AS objectivé (explicatif) ; subjectivé (argumentatif, exhortatif, narratif)
E.4. Le discours objectivé (2ème AS) ; discours subjectivé (1ère AS)
E.5. Informatif, explicatif (1ère AS et 3ème AS) ; Argumentatif (1ère AS et 3ème AS) ; Narratif (1ère AS et 3ème
AS) ; Exhortatif (3ème AS)
E.6. Discours argumentatif, descriptif, narratif, et explicatif avec les 2 AS, 3 AS
E.7. Discours informatif ou exhortatif, argumentatif, narratif, descriptif (1ère AS, 2ème AS) + l’exhortatif pour
les classes terminales.
E.8. Le discours argumentatif avec les 2ème AS et 3ème AS ; discours narratif 2ème AS (la nouvelle
d’anticipation)
E.9. L’argumentatif (3ème AS, 1ère AS) ; l’appel (3ème AS) exhortatif ; Explicatif (1ère AS, 2ème AS)
E.10. Vulgarisation scientifique/ discours argumentatif/littéraire et journalistique avec les 1 ère AS
E.11. 1ère année ST + L : la lettre ouverte (l’argumentation) ; 2ème G.E : la nouvelle d’anticipation
E.12. L’appel (3LE) ; Le discours théâtral (2LE)
E.13. Discours argumentatif : 3ème AS et 1ère AS
E.14. Discours argumentatif (3ème AS) ; discours argumentatif (2ème AS)
E.15. J’enseigne le discours explicatif, argumentatif, et narratif avec les 1 ère années ; le démonstratif,
l’argumentatif et le narratif avec la 2ème année
E.16. 1ère année : l’explicatif, le dialogue ; 3ème AS : l’explicatif, l’argumentatif, exhortatif
E.17. Explicatif, argumentatif, exhortatif, narratif
E.18. Le discours argumentatif, expositif, narratif
E.19. Sans réponse
E.20. Discours : argumentatif, exhortatif, explicatif, narratif, descriptif, conversationnel.
E.21. Discours explicatif, et le discours argumentatif, discours objectif, narratif, niveau : 2ème As, 1ère AS
E.22. Sans réponse
E.23. L’historique, l’argumentatif, l’exhortatif, etc.
E.24. Tous les genres de discours de la 1ère AS à la 3ème AS
E.25. 1ère AS : discours explicatif, argumentatif, narratif ; 2ème AS : discours expositif, argumentatif, narratif ;
2ème AS : discours narratif, argumentatif, prescriptif
E.26. Discours objectivé, argumentatif, discours narratif (2 ème AS)
E.27. 1ère AS : discours objectivé, argumentatif, narratif ; 2ème AS : objectivé, argumentatif, narratif, théâtral ;
3ème AS : le discours historique, argumentatif, narratif, exhortatif
E.28. Discours argumentatif, explicatif, exhortatif, narratif, selon les classes (1AS, 2 AS, 3 AS)
E.29. Narratif (1ère AS), argumentatif (tous les niveaux), explicatif (1ère AS, 2ème AS), historique (3ème AS)
E.30. Discours argumentatif (2ème et 3ème AS)
12
Annexes
13
Annexes
14
Annexes
Q.11. Selon vous, qu’est-ce qu’une séquence didactique ? Citez des intitulés de séquences
E.1. C’est une séquence où sont regroupés et listés tous les apprentissages relatifs au projet pédagogique et
rattachés à l’objet d’étude
E.2. C’est l’ensemble des séances (évaluation diagnostique, CO/PO. CE/PE) que l’enseignant doit faire
durant une séquence didactique. Projet1, séquence 1 (3ème AS) : Informer d’un fait d’histoire.
E.3. C’est un ensemble de séances tournant autour d’un projet. Intitulés : Produire un texte pour défendre
une opinion, rédiger une lettre ouverte
E.4. Sans réponse
E.5. Il s’agit d’une séquence où sont répertoriés et listés tous les apprentissages relatifs au projet
pédagogique et attaché à l’objet d’étude.
E.6. Une séquence didactique est en relation avec les quatre compétences en réception et en production :
« Plaider une cause », « réfuter une cause »
E.7. Une séquence didactique se décline en plusieurs séances. Une ou plusieurs séquences forment un projet
didactique. C’est un ensemble d’apprentissages en relation à un objet d’étude précis. « Rédiger un texte
pour inciter à agir » : « s’inscrire dans un débat »
E.8. Une séquence est un ensemble de séances et de compétences (CE/CO/PE/PO). Séquence : rédiger une
nouvelle d’anticipation/ Séquence : démontrer, prouver un fait, une notion, un phénomène
E.9. C’est une étape d’enseignement correspondant à un ou plusieurs objectifs d’apprentissage
E.10. C’est une unité qui englobe les quatre compétences qu’on doit installer chez les apprenants. Les
intitulés : rédiger un discours argumentatif pour défendre une thèse
E.11. C’est une unité englobant un ensemble de séances visant à développer les quatre compétences en
compréhension et en production. Séquence : rédiger un discours argumentatif pour réfuter une thèse
E.12. Une séquence didactique comprend des savoirs spécifiques à chaque compétence (oral, écrit en
compréhension et en production). Elle vise à développer des savoir-faire qui permettent à l’élève de les
exploiter afin qu’il puisse rédiger un discours précis
E.13. C’est une unité qui englobe les différentes compétences à installer chez les apprenants en
compréhension et en production. Intitulé : Produire un discours argumentatif pour prendre position dans
un débat
E.14. Une étape d’enseignement qui correspond à des objectifs d’apprentissage. Intitulé : Produire un texte
pour défendre ou dénoncer une opinion
E.15. La séquence didactique regroupe un ensemble de compétences à traiter et qui doivent être en relation
avec l’objet d’étude en question. Intitulé : argumenter pour défendre une thèse, etc.
E.16. C’est un ensemble d’apprentissage composé de compétences. Intitulés : comprendre la structure d’un
appel ; convaincre ou persuader, etc.
E.17. Plaider en faveur d’une cause ; s’inscrire dans un débat : convaincre et persuader
E.18. Sans réponse
E.19. La séquence est un ensemble de séances ; ensemble de compétences enseignées et organisées en
15
Annexes
séances
E.20. Intitulés de séquences : plaider une cause, débattre d’un sujet d’actualité
E.21. Selon moi, c’est une étape d’enseignement comportant une ou plusieurs objectifs d’apprentissage, de
compréhension et de production et surtout de connaissance. Une unité constituée de cours répartis en
objectifs
E.22. C’est un ensemble de savoirs et de savoir-faire dans un discours donné
E.23. Sans réponse
E.24. Un ensemble de compétences de base déclinées en objectifs d’apprentissage
E.25. Une séquence didactique est une étape d’enseignement correspondant à un plusieurs objectifs
d’apprentissage, de compréhension et de connaissance ; une unité constituée de cours répartis en
objectifs
E.26. Une séquence didactique est considérée comme un mini projet et/ou projet partiel
E.27. C’est un ensemble de cours répartis en séances prenant en charge un genre de discours, de l’évaluation
diagnostique au compte rendu de la production écrite
E.28. Séquence : concéder un fait ; plaider une cause
E.29. Sans réponse
E.30. Ensemble de cours et d’activités qui travaillent des objectifs définis dès le départ (à l’oral et à l’écrit) ;
Intitulés de séquences : Produire un texte pour concéder et réfuter (3ème AS) ; Produire un texte pour
défendre un point de vue
E.31. La séquence didactique est un ensemble de cours et d’activités constituant un enseignement qui vise à
réaliser certains objectifs. Elle se divise en compétences (orales et écrites), comportant des cours et des
activités. Intitulés de séquences : plaider une cause ou la discréditer ; argumenter dans le but de
convaincre.
E.32. Une suite de séance qui prend en considération les compétences des apprenants. Produire un texte pour
informer d’un fait d’histoire de manière objective. Produire un texte pour concéder ou réfuter. Produire
un texte pour exprimer son imaginaire.
E.33. C’est un ensemble de connaissances ou de savoir-faire structuré par l'enseignant, en vue de contribuer à
l'atteinte d'un objectif pédagogique.
E.34. Une séquence peut être définit comme l’ensemble d’activités qui touchent les 4 compétences
(CE/CO/PE/PO) régis par des objectifs à atteindre qui sont complémentaires avec d’autres objectifs de
d’autres séquences. Elle constitue une étape de la réalisation du projet pédagogique. Ex : produire un
texte argumentatif pour justifier son point de vue.
E.35. La séquence désigne l’ensemble des apprentissages à prévoir qui vise la réalisation du travail final qui
est le projet. Exemples d’intitulés :-Produire un texte pour informer d’un fait d’Histoire de manière
objective –Produire un texte à caractère explicatif à partir d’informations données/recueillies-Produire
un texte pour convaincre ou persuader.
E.36. Une séquence didactique est une unité qui travaille les quatre compétences (CO/PO/CE/PE)
E.37. Un ensemble organisé d’activités visant une réalisation concrète (production écrite ou orale)
E.38. Une séquence didactique est une période d’enseignement qui comprend plusieurs activités, objectifs
d’apprentissage et compétences à installer. Exemple : Produire un discours argumentatif pour défendre
ou réfuter une thèse.
E.39. Une séquence didactique est un ensemble d’apprentissages répartis en objectifs à réaliser en une durée
précise. 1) produire un texte pour informer d’un fait ; 2) produire un texte pour défendre ou réfuter un
point de vue
E.40. La séquence didactique s’organise sur un ensemble d’activités de lecture et d’écriture orale et écrite.
E.41. Un ensemble d’activités qui visent la production orale et écrite.
E.42. C’est un ensemble de séances autour d’activités réparties dans le temps dans le but d’atteindre un
objectif
E.43. C’est une unité d’apprentissage qui tourne autour d’objectifs à réaliser
E.44. La séquence didactique est constituée d’activités visant à développer les compétences de
compréhension et de production orale et écrite
E.45. La séquence didactique a pour but de faire acquérir aux apprenants des savoirs faire dans la
compréhension et production de textes
E.46. Une séquence didactique vise la réalisation concrète d’un certain nombre d’objectifs d’apprentissage en
lecture et en expression
E.47. Elle cible les quatre compétences (CE//PE/CO/PO) en plus des activités de structuration de la langue
E.48. La séquence didactique comporte des activités de compréhension et de production de textes différents
E.49. Une séquence didactique est une partie du projet, un groupe d'activité complémentaire à voir pour
inculquer une notation. Dialoguer pour se faire connaître et connaître l'autre-Relater un évènement
fictif.
16
Annexes
E.50. Une séquence didactique est une composante du projet et vise la réalisation d’un objectif
d’apprentissage
17
Annexes
Q.13. Quelle relation pouvez-vous établir entre le genre de discours et le projet pédagogique ?
E.1. Dans le projet pédagogique, on étudie un seul genre de discours
E.2. Dans le projet pédagogique, plusieurs genres sont étudiés.
E.3. Le projet pédagogique est réalisé suivant un genre de discours donné
E.4. Sans réponse
E.5. Au cours de la réalisation du projet pédagogique, on est amené à recueillir, sélectionner aussi bien des
contenus informatifs, explicatifs, argumentatif,
E.6. Sans réponse
E.7. Dans un projet pédagogique, on repère, on identifie les caractéristiques d’un genre discursif. On les
analyse pour les réinvestir dans la réalisation des projets par les apprenants.
E.8. Dans ce cas, le genre de discours sera mis en pratique dans le projet pédagogique (ou durant)
E.9. Pour le projet, on peut aborder deux à trois genre de discours
E.10. Je ne sais pas
E.11. Sans réponse
E.12. Le projet pédagogique est une réponse à un apprentissage du discours, c'est-à-dire, la séquence
didactique enseigne « comment produire un discours », le projet pédagogique demande la rédaction
d’un genre discursif.
E.13. C’est le but final du projet. A la fin, l’apprenant sera capable de produire un discours dans lequel il
réinvestira toutes les ressources linguistiques acquises.
E.14. C’est le but du projet pédagogique
E.15. Etant donné que la séquence traite un genre donné et bien le projet le fait également sauf qu’on peut
trouver un projet qui traite de genre divisé en séquences didactiques
E.16. C’est l’objectif visé ; c'est-à-dire le genre sera réalisé par les apprenants.
E.17. Sans réponse
E.18. Je ne sais pas
E.19. Je l’ignore
E.20. Sans réponse
E.21. La relation entre le genre de discours et le projet pédagogique est une relation de complémentarité.
E.22. C’est autour de lui que s’articule le projet pédagogique
E.23. Je ne sais pas
E.24. Simultanéité : Le projet pédagogique est le cadre d’intégration de tous les apprentissages
E.25. Une relation élémentaire, le genre de discours doit être le produit du projet pédagogique
E.26. Concernant cette relation, le genre de discours dans le projet pédagogique est élémentaire, un
locomotive selon la pragmatique visée.
E.27. Sans réponse
E.28. Construire un projet dans un genre de discours
E.29. Je ne sais pas
E.30. Je l’ignore
E.31. La complémentarité
E.32. L’élève va réinvestir ses connaissances dans un domaine un peu plus vaste car il est amené faire de la
recherche et des résumer.
E.33. Je ne sais pas
E.34. Le projet pédagogique permet la réalisation du discours en situation réelle.
E.35. Le genre visé est une partie primordiale du projet car il permet de relier et de se combiner avec les
autres genres pour arriver au résultat final qui est le projet pédagogique.
E.36. Le genre est la pièce maîtresse du projet.
E.37. Le projet pédagogique met en œuvre les spécificités, les structures et les normes d’un genre de discours
E.38. Le projet pédagogique est la concrétisation du genre de discours travaillé en classe.
E.39. Après avoir étudié le genre de discours dans la séquence didactique, l’apprenant aura un exemple ou un
modèle pour réaliser son projet pédagogique ou bien mettre en pratique certains apprentissages par
18
Annexes
19
Annexes
20
Annexes
témoignages,
E.27. Sans réponse
E.28. A partir d’un fait actuel ; distribuer des faits divers : relever et dégager tous les points à traiter et étudier
E.29. Choix du support où l’on repère : les noms d’agent, …
E.30. Documents récents de préférence, situation de communication, emploi du passé composé
E.31. Proposer des points de langue, par exemple, des fait divers lors de la compréhension de l’écrit, proposer
des situations à partir desquelles ils vont produire
E.32. Expliquer brièvement le genre. Proposer des supports écrits et oraux (difficile de trouver des faits divers
qui ne choquent pas la sensibilité des apprenants) puis étudier la forme et le contenu du fait divers. Les
activités : la forme : le chapeau, le corps, la chute… pour le contenu : le lexique, la conjugaison, les
formes phrastiques…
E.33. Sans réponse
E.34. Comme c’est un genre déjà vu auparavant par les apprenants, je leur demande de ramener des faits
divers extrait des journaux puis on entame la CE, CO si possible, PL PE.
E.35. Le fait divers vise à informer les lecteurs d’un fait et les activités à proposer sont : travailler la structure,
la compréhension du fait, le temps, le lieu et les acteurs de l’action. Travailler la passivation et la
nominalisation.
E.36. Je travaille la CO avec un support de fait divers radio puis la PO, ensuite pour la CE je travaille la
passivation, la nominalisation, les temps verbaux, etc.
E.37. Les apprenants ayant déjà abordé le fait divers au cycle moyen, nous procédons d’abord par un rappel
puis nous passons directement aux activités d’approfondissement. Activités proposées pour le fait
divers : repérer la chronologie des évènements dans un fait divers, jeux de rôle (journaliste, témoin…),
activités de réécriture d’une histoire en fait divers, rédaction de titres et chapeaux pour des faits divers.
E.38. En compréhension orale et écrite : Les temps du récit – les indices spatiaux temporels – la cause - .
E.39. Je travaille d’abord la compétence orale, c'est-à-dire, je propose à l’apprenant un extrait d’une émission
radio où l’apprenant va identifier le type du fait divers, le lieu, le moment de l’évènement, ses
conséquences puis on fait une production orale où l’apprenant va jouer le rôle du journaliste
E.40. Dans le cadre d’une séquence didactique, on dégage les caractéristiques principales du genre et au
moyen d’une évaluation diagnostique, on décèle les insuffisances afin de planifier la séquence. On
aborde la compréhension orale et écrite.
E.41. Le fait-divers est déjà enseigné au moyen en 3AM. Donc, l’élève a déjà une idée concernant ce genre. Il
suffit de commencer par un rappel et passer aux activités d’exploitation et d’analyse.
E.42. demander aux élèves de chercher des articles de faits divers et remplacer les mots utilisés par d’autres
pour travailler le lexique (par exemple)…ou par des situations d’intégration
E.43. Avec des supports de fait divers. J’enseigne les temps du passé, le discours direct/indirect, la
nominalisation
E.44. Je donne aux élèves des faits divers à lire et comprendre pour ensuite travailler les points de langue
suivants : la transformation passive, les noms d’agents, le discours direct/indirect
E.45. Pour la compréhension de l’écrit je distribue des textes supports (faits divers). Les élèves doivent lire et
comprendre le texte, ensuite j’enseigne indicateurs de temps et de lieu, les propositions relatives, la
transformation à la voix passive
E.46. Sans réponse
E.47. J’aborde le discours rapporté, la transformation passive, les temps composés
E.48. Pour la compréhension de l’écrit, les élèves lisent des faits divers puis répondent à un questionnaire de
compréhension, dans la production écrite, les élèves écrivent des faits divers à partir d’informations
données dans une grille
E.49. Je propose des faits divers à lire. En faire sortir des informations et remplir un tableau (quoi / où / quand
/ qui ...) Les exercices : donner des informations et demander de les réécrire sous forme de fait divers.
production écrite libre où je demande aux élèves de rédiger un fait qu'ils ont vécu / vu à la TV où sur les
réseaux sociaux à la manière de fait divers.
E.50. Sans réponse
21
Annexes
E.5. Exemple d’activité : « vous êtes journaliste, votre rédacteur en chef vous envoie pour recueillir des
informations sur les lieux où s’est produit un terrible accident. Un témoin accepte e répondre à vos
questions. Rapportez ce dialogue
E.6. En utilisant des interviews de personnes connues. Les activités à étudier : le discours direct/indirect ; des
interrogations,
E.7. Etude du paratexte, champ lexical dominant, les types d’interrogation, la situation de communication, la
structure de l’interview, questions d’élargissement
E.8. Connaitre les participants dans une interview, l’interviewer et l’interviewé, l’interrogation totale,
partielle
E.9. Lecture et analyse des supports oraux et écrits ; les registres de langue ; l’interrogation (forme et types) ;
typographie
E.10. Identifier la structure de l’interview, distinguer entre les types d’interrogations (totale/partielle),
identifier les différentes manières de poser des questions, la structure de la phrase interrogative,
E.11. Lecture silencieuse, compréhension, analyse, la règle, activités d’interrogations partielle (réinvestir le
point de langue étudié), interrogation partielle, totale, rhétorique, le conditionnel
E.12. Visionner 3 à 4 interviews différentes, étudier la forme de l’interview, comparer deux interviews (audio
et la transcription), analyser l’enjeu de l’interview. Activités : réaliser une interview en exploitant le
matériel numérique, transcrire l’interview
E.13. Compréhension des supports oraux/écrits+ production, l’interrogation, les types de phrase, les registres
de langue, production, questionnement,
E.14. Analyse et compréhension des supports oraux/écrit ; production orale et production écrite à la fin de la
séquence
E.15. Sans réponse
E.16. Sans réponse
E.17. Réalisation d’une interview avec une « personnalité » du choix de l’élève »
E.18. Sans réponse
E.19. Sans réponse
E.20. Demander aux élèves de produire une interview en réinvestissant les acquis de la séquence ; production
d’un questionnaire et réalisation d’une interview réelle avec une personne de leur choix
E.21. Sans réponse
E.22. Types de questions, élaboration d’un questionnaire, les types de discours
E.23. D’abord une compréhension orale puis production, demander aux élèves de simuler une interview d’une
personnalité de leur choix (travail en binôme)
E.24. Lecture compréhension d’interviews, interrogation, ponctuation,
E.25. Prendre une interview comme support et l’analyser
E.26. Activités : activités sur les enjeux énonciatifs, la prise de parole, les pronoms personnels, le thème,
E.27. Sans réponse
E.28. Par la compréhension de l’oral, travaux à deux, activités entre élèves pour connaitre ou se connaitre
E.29. Choix du support est primordial qui englobe tous ces caractéristiques : la phrase interrogative, le
discours rapporté
E.30. Interview récentes, la phrase interrogative
E.31. Commencer par le leur proposer pour vérifier s’ils le connaissent, leur permettre de détecter ses critères
et les expliquer par la suite et leur proposer d’en rédiger à l’écrit et de l’exposer à l’oral
E.32. Expliquer brièvement le genre. Proposer des supports écrits et oraux. Puis étudier la forme et le contenu
de l’interview. Les activités : la forme : le chapeau, le corps, la chute… pour le contenu : le lexique, la
conjugaison, les formes phrastiques…
E.33. Sans réponse
E.34. J’aime toujours que mes apprenants réalisent à la fin du projet une interview avec des personnes de
différents métiers. CO. CE. Point de lg selon besoin des apprenants. PE.PO
E.35. Pour l’interview, on propose des activités qui visent la situation de communication, les types
d’interrogations, les registres de langue.
E.36. Pour la CO, je fais passer des interviews récentes accompagnées de questionnaire de compréhension.
Pour la compréhension de l’écrit, je donne des textes d’interviews, je travaille les registres de langues,
les types de question, le discours direct/indirect
E.37. Aborder l’interview comme une forme d’explication et d’information. Activités proposées : activité de
compréhension orale et écrite pour dégager la structure et les caractéristiques discursives d’une
interview. Faire la distinction entre l’interview portrait et l’interview-explication. Activités sur l’emploie
des différentes marques d’interrogation. phrases interrogatives en fonction d’une situation de
communication définie.
E.38. En compréhension orale et écrite. Les niveaux de langue – les types de phrases – la phrase interrogative
22
Annexes
– le discours rapporté.
E.39. Même procédure que celle du fait divers. Je propose un support oral : une interview avec une célébrité et
un support écrit où l’apprenant découvrira les caractéristiques de l’interview puis une production orale
où l’apprenant jouera le rôle du journaliste ou de la célébrité
E.40. Je suis le même schéma que pour le fait divers en privilégiant l’oral. Ecouter et visionner des interviews,
accompagnées d’un questionnaire pour faciliter la compréhension.
E.41. Proposer une activité de compréhension orale.
E.42. faire passer l’élève pour un journaliste et un autre pour l’interviewé pour travailler l’oral
E.43. Pour l’oral, je fais une projection et les élèves regardent l’interview et répondent au questionnaire. Dans
la séance de compréhension écrite, les élèves analysent le texte et repèrent les structures grammaticales
dominantes
E.44. Les registres de langue, le discours direct/indirect, la phrase interrogative
E.45. Sans réponse
E.46. Je propose des supports d’interviews récentes et motivantes (sur le foot par exemple), les apprenants
vont lire et analyser le texte. J’enseigne les points de langue suivants : les types de question (comment
poser des questions), les registres de langue (la politesse)
E.47. Sans réponse
E.48. Pour l’oral, je fais passer des interviews audiovisuelles pour les élèves. Ils doivent répondre aux
questions après l’écoute. Pour l’écrit, je propose des activités sur la phrase interrogative, le discours
direct/indirect
E.49. Je propose des interviews avec le data show, les élèves regardent et identifient le plus d'informations sur
l'interviewée. On analyse les questions. Je donne des informations sur une personne célèbre et c'est à eux
de poser des questions. Je leur demande de rédiger une interview avec la personne de leur choix (en
imaginant les informations qu'ils n'ont pas sur la personne choisie)
E.50. Les activités : les registres de langue, les types de questions.
23
Annexes
24
Annexes
E.12. Des activités de repérage et d’inférence dans un texte choisi, c'est-à-dire un discours
E.13. Intégrée dans la compréhension de l’écrit et de l’oral, en activités de remédiation
E.14. Intégrée dans la compréhension de l’écrit
E.15. En l’intégrant à la compréhension de l’écrit. Je consacre des activités à la compréhension du support, et
une partie que je nomme « ressources linguistiques » qui englobe les points grammaticaux en relation
avec l’objet d’étude enseigné
E.16. Série d’activités d’application après la compréhension de l’écrit
E.17. Sans réponse
E.18. Sans réponse
E.19. Sans réponse
E.20. Les cours de grammaire sont conçus à partir des erreurs fréquentes commises par les apprenants
E.21. Sans réponse
E.22. En ayant comme support le texte étudié
E.23. La grammaire est affiliée à la compréhension de l’écrit
E.24. La grammaire sémantique
E.25. La grammaire est au service du texte, c’est à partir d’un contexte qu’on dégage les règles de grammaire
E.26. La grammaire est une suite de la compréhension de l’écrit alors qu’il arrive qu’on la travaille dans des
activités décontextualisées
E.27. La langue au service de la compréhension, c'est-à-dire étudier les outils langagiers dans le contexte
E.28. Affiliée à la compréhension de l’écrit
E.29. Les points de langue sont insérés dans la séance de compréhension de l’écrit donc le choix du support est
important. Si on constate des lacunes que l’apprenant ne maîtrise pas, on fait un rappel
E.30. Bref rappel des règles avec quelques activités de remédiation
E.31. A travers une compréhension de l’écrit (texte) où on va contextualiser les points à aborder puis passer à
d’autres exemples en situation et aux activités d’application
E.32. Je propose un court énoncer on souligne le point voulu… pour l’application je propose encore des court
énoncés et enfin je propose une mini production écrite dans laquelle ils vont appliquer le point étudié
E.33. On fait de la grammaire textuelle on l’enseigne dans le texte de compréhension de l’écrit
E.34. Selon les besoins de l’apprenant et de la séquence. On dégage du texte les outils puis je propose des mini
activités d’écriture
E.35. Avec les nouvelles réformes l’enseignement de la grammaire et bannie par les documents officiels, mais
ce qui est à prendre en charge est la grammaire textuelle (en contexte).
E.36. On travaille la grammaire dans l’étude de texte dans la séance de CE.
E.37. A travers des activités contextualisées.
E.38. Intégrée en compréhension orale et écrite. Sous formes d’activités
E.39. J’enseigne la grammaire en fonction du genre de discours, c’est la grammaire au service de la
compréhension du texte
E.40. J’enseigne la grammaire au service du discours. Il s’agit dans un premier temps d’identifier les structures
grammaticales dominantes dans un texte. Déceler leur rôle dans ce discours. Etudier leur fonctionnement
et les réinvestir dans une production
E.41. A travers la grammaire textuelle.
E.42. Pendant la compréhension de l’écrit. Relever puis transformer (par exemple)
E.43. Avec des activités de maîtrise de la langue
E.44. La grammaire est en relation avec la séance de compréhension de l’écrit
E.45. Sous forme d’activités lors de la séance de compréhension écrite
E.46. Avec des exercices en contexte
E.47. Sans réponse
E.48. Je travaille la grammaire en relation avec l’objet d’étude dans les textes de compréhension de l’écrit
E.49. Des exercices ensuite je rappelle la règle. S'il y a des difficultés je refais le cours de la manière classique.
E.50. Avec des activités de structuration linguistique. On propose des activités pour chaque point de langue
puis on fait une situation d’intégration partielle pour que les élèvent puissent réinvestir leur
apprentissage de la grammaire
Q.19. Enseignez-vous l’oral ?
19’. Si non, pourquoi ?
E.1. Sans réponse
E.2. Sans réponse
E.3. Sans réponse
E.4. Sans réponse
E.5. Sans réponse
E.6. Sans réponse
25
Annexes
26
Annexes
27
Annexes
E.37. En commençant toujours par la visualisation et l’analyse d’un support audiovisuel ou audio. Et, en
amenant l’élève à produire des messages oraux à partir de différentes situations.
E.38. Supports audio ou bien audio-visuels (écoute – analyse)
E.39. Par rapport à la compétence de compréhension, je propose aux apprenants un support audio ou
audiovisuel
E.40. En proposant aux apprenants des documents audiovisuels authentiques. L’écoute est accompagnée d’un
ensemble de tâches à effectuer. Le verbal et le non verbal sont pris en compte. La séance de
compréhension est suivie l’expression orale.
E.41. Commencer toujours par la compréhension de l’oral en proposant un support audio-visuel ou audio.
Faire passer trois écoutes. Chaque écoute est accompagnée de questionnaire (du général au approfondi).
Ensuite, il y a la production orale qui vise à produire un énoncé oral à partir de support image
généralement.
E.42. Séance de production de l’oral par une situation d’intégration le fait poétique séance bilan
E.43. Je ne travaille que la compréhension orale : support audiovisuel à visualiser trois fois, accompagné d’un
questionnaire de compréhension
E.44. Pour la CO, support audio ou audiovisuel avec un questionnaire
E.45. je lis un texte oralement et les apprenants répondent aux questions
E.46. support audio-visuel : écoute, analyse, synthèse de l’information
E.47. avec des documents audio visuels récents pour motiver les élèves, ils répondent ensuite à des questions
de compréhension
E.48. La CO je travaille avec des vidéos dont le thème est motivant pour les élèves, je pose des questions
après. Pour la PO, les élèves choisissent un thème au hasard, ils forment des groupes et discutent sur le
thème pioché.
E.49. Des productions orales (les élèves proposent des sujets en relation avec la thématique du projet, on
sélectionne le thème qui a le plus de vote, ils m'en parlent à tour de rôle) On fait des mises en scène où
les élèves discutent entre eux d'un sujet tout en respectant le type du discours
E.50. Je travaille la compréhension orale uniquement avec des supports audiovisuels
28
Annexes
E.32. 1 à 2 heures
E.33. Je lui consacre une heure de temps
E.34. 1 à 2 heures
E.35. On consacre deux heures pour l’oral vue le nombre d’élèves et la compétence à produire aussi, car tout
le monde doit parler et y participer.
E.36. 2 heure compréhension plus production
E.37. 1 heure pour la compréhension orale et une heure pour la production orale
E.38. 1 heure
E.39. Je consacre une heure pour la compréhension et une heure pour la production
E.40. De 3 à 5 heures
E.41. 2 heures (1 pour la CO et 1h pour la PO)
E.42. 3à 4h
E.43. 2 heures par séquence
E.44. 2 heures en début de séquence
E.45. 1heure
E.46. 2 à 3 heures
E.47. 1 à 3 heures
E.48. 2 heures (1h CO, 1h PO)
E.49. Entre 3 et 6h par séquence
E.50. 1 heure
29
Annexes
E.5. Pour saisir les situations et les E.2. Pour que l’élève assimile les E1.
contraintes de chacun des deux supports connaissances relatives pour chaque
E.6
séance
E.7. Ils sont inséparables, ils se
E.11
complètent E.3. Chacun a des caractéristiques
spécifiques qui le distinguent de l’autre E.17
E.8. Lors de l’écrit, on a recours à
l’oral ; mais durant la séance de l’oral, on E.4. Chaque compétence a ses propres E.18
s’appuie encore plus sur le support objectifs
E.19
proposé
E.15. Comment peut-on enseigner deux
E.21
E.9. Après chaque séance de l’oral, une compétences différentes lors d’une même
trace écrite est indispensable (la prise de séance ? E.27
notes)
E.22. Ce sont deux compétences E.28
E.10. Quand on fait de l’oral, on laisse différentes
toujours une trace écrite et quand on fait E.33
E.23. Il faut s’approprier chaque
de l’écrit, on fait de l’oral en même E.38
compétence séparément
temps (le fait de faire parler les
apprenants) E.24. Le cloisonnement de la compétence
de l’oral et de l’écrit
E.12. L’écrit et l’oral s’enchevêtrent en
cours : l’enseignant et les apprenants E.25. Le temps ne nous permet pas de
analysent un texte oralement jumeler deux séances en une seule
30
Annexes
E.13. Parce que l’élève comprend et E.26. Non car ce sont deux compétences à
produit : l’oral est travaillé dans toutes installer obligatoirement
les séances en réalité
E.32. Une séance ce n’est pas suffisant
E.14. Ce sont deux compétences de base pour aborder les deux compétences
E.16. A la fin de la séance, les apprenant E.33. Le temps est insuffisant
feront le compte rendu du contenu de la
E.34. Car les élèves préfèrent écrire
séance
même durant les séances de l’oral car
E.20. L’écrit doit accompagner l’oral l’oral est banalisé
E.35. Ce n’est pas forcément une E.36. Ce sont deux compétences
obligation, mais c’est conseillé car l’oral différentes
travaille l’écrit et vice versa.
E.43. L’oral et l’écrit sont deux codes
E.37. On doit toujours faire passer différents
l’apprenant de l’oral à l’écrit et vice versa
E.44. Ce sont deux compétences
pour pouvoir l’évaluer aisément.
différentes
E.39. Parce que l’apprenant doit
E.45. L’oral nécessite un dispositif
s’habituer et s’améliorer dans les deux
différent de l’écrit
compétences
E.41. Cela se passe concrètement en
classe. Les élèves répondent oralement à
partir de l’écrit.
E.42. pendant l’apprentissage, on est
obligé de passer d’abord par l’oral puis à
l’écrit
E.46. L’écrit et l’oral peuvent être
travaillés dans la même séance, si on
passe de l’oral à l’écrit dans la C.O à la
P.E
E.47. L’oral est présent dans toutes les
séances
E.48. Ils se complètent
E.49. On ne peut pas séparer l'un de
l'autre.
E.50. L’oral et l’écrit sont toujours
travaillés ensemble dans toutes les
matières
E.1. Pour que les élèves s’expriment bien et sachent parler E.6
de différents sujets
E.10
E.2. Pour une bonne acquisition d’un genre
E.11
E.3. C’est le programme qui le dit
E.16
E.4. Parce que l’oral va avec l’écrit
E.17
E.5. Etant donné qu’ils visent les mêmes objectifs, les deux
E.18
enseignements ne sont pas incompatibles l’un avec l’autre.
31
Annexes
32
Annexes
compétences
E.44. on commence toujours la séquence didactique par la
séance de compréhension orale
E.45. chaque séquence doit travailler l’oral et l’écrit
E.46. Une séquence commence généralement par la CO
E.47. Il faut que l’élève puisse développer ses compétences
à l’oral et à l’écrit
E.48. Il faut consacrer une ou deux séance à l’oral
E.49. Ils sont indissociables. L'un complète l'autre.
E.50. L’oral est important et il faut aborder la CO
Q.23. Nous devons consacrer une séquence à part à l’oral
23’. Pourquoi ?
Nous devons consacrer une séquence à part à l’oral.
Non, pourquoi ? Sans réponse
Oui, pourquoi ?
33
Annexes
34
Annexes
35
Annexes
36
Annexes
E.25. En établissant une grille d’évaluation avec des critères bien choisis
E.26. La production orale s’évalue sur des critères énonciatifs
E.27. Sans réponse
E.28. Sans réponse
E.29. Sans réponse
E.30. La prononciation, l’articulation, le temps, le gestuel
E.31. On commence par amener les élèves à produire spontanément puis corriger la prononciation ainsi que le
ton ou reformuler leurs phrases.
E.32. En utilisant une grille d’évaluation appropriée au discours attendu, de préférence réalisé à l’image du
support oral étudié.
E.33. Grace à une grille de critères
E.34. Le thème choisi ; Pertinence des idées ; Enchainement des idées ; Correction de la langue ; Effet sur le
locuteur
E.35. On évalue l’oral en mettant en place une grille d’évaluation avec les critères précisés par l’enseignant
en visant les insuffisances des apprenants afin d’y remédier par la suite.
E.36. Très difficile d’évaluer la production orale
E.37. En suivant une grille d’évaluation détaillée et l’évaluation de l’oral doit se faire durant toute la
séquence.
E.38. Les particularités du discours (caractéristiques) et la langue
E.39. On doit évaluer selon le genre de discours à enseigner selon le respect des caractéristiques mais aussi on
doit évaluer la prononciation et la gestuelle
E.40. On peut évaluer à la fois le fond et la forme, les idées, l’attitude, les gestes, la structuration, la voix, le
langage, les silences.
E.41. Il s’agit d’une évaluation à long terme en adoptant une grille d’évaluation.
E.42. Respect d’une grille et la bonne prononciation /Le ton utilisé
E.43. Avec une grille de critères bien définis
E.44. C’est difficile d’évaluer l’oral. Pour la compréhension de l’oral, on peut utiliser le questionnaire, mais
pour la production orale, il y a beaucoup de paramètres qui entrent en jeu en plus de la langue
E.45. Avec une grille
E.46. Je n’évalue pas la production orale car c’est très subjectif
E.47. Avec un ensemble de critères que l’élève connait
E.48. Presque impossible d’évaluer correctement la production, on évalue de manière approximative
E.49. Très difficile de le faire ! Faut d'abord connaître le profil du départ de l'apprenant, évaluer son
évolution, le respect des consignes, l'effort qu'il fournit.
E.50. Je n’évalue pas la production orale.
Q.27. Que pensez-vous d’une approche décloisonnée (combinée) de l’oral et de l’écrit ? Pouvez-
vous citer des exemples d’activités où l’oral et l’écrit sont combinés ?
E.1. Lorsqu’on fait de la compréhension de l’oral, on demande à l’apprenant de restituer l’information sous
forme de résumé ou de compte-rendu.
E.2. En faisant de la compréhension de l’oral, on demande à l’élève de restituer l’information sous forme d’un
résumé ou d’un compte rendu
E.3. Cette approche pourrait mieux intéresser l’apprenant. A la fin de la compréhension de l’oral, demander
aux apprenants de rédiger un résumé ou un compte rendu objectif.
E.4. Sans réponse
E.5. Par exemple, dans le cadre du projet 2 (1ère AS), demander aux apprenants de reformuler oralement les
arguments et leurs articulateurs logiques de façon à les adapter à ses propres préoccupations
E.6. Sans réponse
E.7. Imaginer la suite d’une histoire (nouvelle d’anticipation) après une séance de compréhension de l’écrit ;
exprimer son point de vue à propos d’un thème abordé dans la compréhension de l’écrit ; questions
d’élargissement dans un débat.
E.8. Ils sont indissociables. L’écrit dépend de l’oral et vice versa. Les activités : la synthèse d’un document
audio-visuel : l’apprenant doit passer par l’écoute puis la prise de notes, pour enfin aboutir à la
réalisation d’un compte rendu objectif (oral ou écrit)
E.9. Sans réponse
E.10. Je pense que les deux compétences sont complémentaires et indissociables
E.11. Sans réponse
E.12. Ce serait une bonne approche ; Des exemples d’activités où l’oral et l’écrit sont combinés : présenter
une idée à l’aide du numérique (power point)
E.13. Séances de compréhension : l’élève lit, comprend et répond aux différentes activités, c’est une
37
Annexes
38
Annexes
39
Annexes
Remplaçant
Contractuel
°
Stagiaire
Titulaire
≤11ans
6 à a10
1 1 ≤5ans 1 1 1 1 1 1 1 1 1
01
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1 3 4 2 0 2 1 1 1 22 2 13 37 4 46 3 47 49 1 17 33 50 0 11 39
3 7 6 9 7 4 8
2 7 9 4 0 4 3 3 2 44 5 26, 74, 8, 92, 6, 94, 98, 2, 34, 66, 100, 0, 22, 78,
6 4 2 8 4 8 6 00 00 00 00 00 00 00 00 00 00 00 00 00 00
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Résumé
Cette étude vise à relier, d’une part, l’approche générique qui identifie les objets
d’enseignement/apprentissage en termes de genres de discours et l’approche intégrée de l’oral
et de l’écrit qui vise à décloisonner les frontières entre ces discours ; et, d’autre part, l’approche
générique et la perspective actionnelle.
Notre démarche consiste, en premier lieu, à établir un cadre théorique pour chacune des trois
approches évoquées en examinant à chaque fois la place qui leur est accordée dans le contexte
scolaire algérien. En second lieu, nous avons proposé et expérimenté des séquences didactiques
qui s’inscrivent dans le cadre de cette approche générique actionnelle décloisonnée et qui
portent sur trois genres médiatiques.
Mots-clés : genres médiatiques, approche intégrée, perspective actionnelle, séquence
didactique.
Abstract
This study seeks to combine, on the one hand, the generic approach which identifies the objects
of teaching/learning in terms of discourse genres and the integrated approach of oral and
written language which aims to break down the frontiers between these discourses; and, on the
other hand, the generic approach and the action-oriented perspective.
Our approach consists, firstly, in establishing a theoretical context for each of the three
approaches mentioned while examining, each time, the place given to them in the Algerian
school context. Secondly, we proposed and experimented didactic sequences that fit into the
generic action-oriented and integrated approach and that deal with three media genres.
Key-words: media genres, integrated approach, action-oriented approach, didactic sequence.
ملخص
وبين المقاربة،تسعى هذه الدراسة إلى الربط بين المقاربة العامة ألغراض التدريس والتع ّلم بوصفها أنواعا من الخطاب
ومن جهة اخرى الربط بين المقاربة،ا لمدمجة للشفوي وللكتابي التي تهدف إلى كسر الحدود بين هذه الخطابات من جهة
.بأنواع النصوص وبين المقاربة العملياتية
بحيث نقوم في كل مرة بمعاينة المكانة، على إقامة إطار نظري للمقاربات الثالث المشار إليها، بالدرجة األولى، تقوم مقاربتنا
فقد اقترحنا واختبرنا الوحدات التعليمية التي تدخل في، وبالدرجة الثانية.التي ُمنحت لها ضمن السياق المدرسي الجزائري
والتي ترتكز على ثالث انواع من،إطار هذه المقاربة بأنواع النصوص والمدمجة بين الشفوي والكتابي والمقاربة العملياتية
.الخطاب اإلعالمي
. الوحدة التعليمية/ المقاربة العملياتية/ المقاربة المدمجة/ أنواع الخطاب اإلعالمي:الكلمات المفتاحية
Agzul
Tazrawt-a tettnadi ad teqqen, seg tama, tasamit n tewsit i yesnekwuyen tiɣawsiwin n
uselmed/almad ilmend n tewsatin n yinaw akked tsamit izeddin timawit d tira i ikkaten ad
tekkes tilisa gar yinawen-a, seg tama-nniḍen, tasamit n tewsit akked tsamit s tigawt.
Tarrayt-nneɣ tebna, deg tazwara, ɣef usebded n tiẓri n kraḍ n tsamiyin i d-yettwabedren yakan,
s tesleḍt n yal tikkelt n wadeg i yasent-ittunefkent deg uɣerbaz azayri. Syin ɣer-s, nessumer-d
nerna nga tirmit i tugzimin tisnalmudin ikecemen deg tmudemt n tsamit-a n tewsit s tigawt
akked tukksa n tlisa gar timawit d tira i yerzan kraḍ n tewsatin timsisɣal.
Awalen tisura : Tewsatin timsisɣal, tasamit s zeddi, tasamit s tigawt, tugzimt tasnalmudant