Chapitre - Le Plâtre
Chapitre - Le Plâtre
LE PLÂTRE
FABRICATION, PROPRIETES, NORMES ET EMPLOIS
V.1. INTRODUCTION
Connu depuis l’Antiquité, le plâtre est un des plus anciens matériaux de construction
fabriqués par l’homme. S’il est encore employé sous sa forme traditionnelle de poudre gâchée
avec de l’eau pour réaliser des enduits, c’est sous la forme d’éléments préfabriqués en usine
(carreaux, dalles, plaques) que son utilisation se développe aujourd’hui pour répondre aux
besoins de la construction.
V.2. DEFINITION
Le plâtre est un liant hydraulique connu depuis l’Antiquité. Il s’obtient par
déshydratation d’une roche blanche et tendre à l’aspect de sucre : le gypse – roche naturelle
ou sous-produit de certaines industries – qui est un sulfate de calcium hydraté de formule
CaSO4.2H2O. L’eau représente environ 21 % de cette pierre et c’est par sa déshydratation
partielle lors d’une cuisson qu’on obtient le plâtre.
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Chapitre V. Le Plâtre
1Dépôt riche en chlorures (sel gemme, sylvine, carnallite, etc.) et sulfates (gypse, anhydrite) alcalins,
qui précipitent, par sursaturation due à l’évaporation, dans les lagunes et les bassins au bilan
hydrologique très déficitaire.
2 Nota : La solubilité du gypse est sensiblement plus forte dans l’eau salée (eau de mer par exemple).
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Chapitre V. Le Plâtre
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D’ores et déjà, une partie importante du plâtre est produit en Europe (Allemagne,
Benelux…), aux États-Unis et au Japon à partir de gypse de désulfuration et cette technique
est amenée à se développer dans les années à venir.
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R.V.1
Vers 200 °C, on obtient l’anhydrite III ou anhydrite soluble (instable) qui se réhydrate
très rapidement en semi-hydrate au contact de l’eau en phase vapeur :
R.V.2
Toutes les formes intermédiaires existent entre les formes α et β. Les conditions de
formation de l’une et l’autre de ces variétés sont les suivantes :
Le semi-hydrate α est produit par déshydratation en atmosphère de vapeur saturée (ou
en solution saline au-dessus de 45 °C), c’est-à-dire une atmosphère dans laquelle le semi-
hydrate a la possibilité de cristalliser sous forme compacte. C’est le procédé dit de cuisson
humide.
Le semi-hydrate β est produit par déshydratation du gypse dans les marmites, fours
rotatifs ou installations diverses. C’est le procédé dit de cuisson à sec, dans lequel les
circonstances particulières de construction de certains matériels permettent également de
produire une certaine proportion de semi-hydrates de formes intermédiaires.
Le semi-hydrate α est le constituant essentiel des plâtres à mouler de très haute qualité
(plâtres dentaires en particulier).
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Fours fixes : four culé et four droit, analogue au four à chaux, ils sont abandonnés
aujourd’hui.
Fours rotatifs : il existe de très nombreux types de fours rotatifs constitués par des
cylindres en tôle de 1 à 2,50 m de diamètre et de 10 à 30 m de long. Ils peuvent être ou non
revêtus intérieurement, et sur une certaine longueur, de briques réfractaires (c’est le cas pour
la fabrication du plâtre surcuit). Le four comporte à l’intérieur un système de pales permettant
le brassage et le relevage de la matière. Les gaz peuvent suivre la marche du gypse ou au
contraire suivre un chemin inverse. Ces fours permettent la fabrication, suivant les
températures, soit du semi-hydrate (entre 110 et 180 °C), soit du plâtre surcuit anhydrite II
(au-delà de 500 °C). Les fours modernes sont automatisés et munis de dépoussiéreurs très
efficaces (cyclones, filtres à manches, électro-filtres). Ils peuvent traiter de 5 à 30 t de gypse à
l’heure suivant leurs caractéristiques et la variété de sulfate à obtenir.
Grilles de cuisson : elles sont utilisées principalement en Allemagne.
En atmosphère humide
Les gaz de combustion viennent en contact avec le gypse à traiter. Plusieurs types de
fours sont utilisés.
Fours à cuisson indirecte : il existe également de très nombreux fours à cuisson
indirecte, où le combustible ou les gaz ne sont pas en contact direct avec la matière. Parmi
ceux-ci, mentionnons :
- Les fours fixes du type four de boulanger (abandonnés) ;
- Les fours autoclaves : chauffés à la vapeur sous pression de 2×105 à 12×105 Pa. On
obtient des plâtres (semi-hydrate α) de très bonne qualité, très durs et utilisés comme
plâtre de moulage ;
- Les marmites : le gypse finement broyé est déversé dans une marmite en tôle fixe ou
rotative placée au-dessus d’un foyer. La vapeur d’eau est évacuée par une cheminée.
La marmite contient un agitateur vertical brassant continuellement le gypse (marmite
fixe). La marmite peut également tourner et le gypse est alors homogénéisé par des
palettes fixées à l’intérieur de la marmite. La vidange se fait par une trappe, la
température peut atteindre 180 °C. Le produit obtenu est très homogène, mais cette
cuisson ne permet pas une grande production ; le procédé est, de plus, assez onéreux.
Les marmites américaines peuvent contenir jusqu’à 15 ou 20 t de gypse finement
moulu. La cuisson, à 180 °C, dure 2 h environ et le fioul ou le gaz naturel sont souvent
utilisés comme combustibles. Les marmites coniques anglaises à cuisson immergée,
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- Tamis vibrants ;
- Séparateurs à air.
Des ajouts de produits destinés à modifier les caractéristiques de la pâte de plâtre
gâché ou les qualités finales de l’enduit sont alors effectués. Le plâtre ainsi parvenu à l’état de
poudre d’une granulométrie bien déterminée est entreposé dans des silos. Il peut être expédié
directement en vrac dans des camions conteneurs, ou mis en sacs kraft de 40 kg par des
machines automatiques rapides (60 t à l’heure) et précises. Le chargement est effectué
directement sur camion ou wagon à l’aide de transporteurs munis d’un tapis télescopique. Le
plâtre stocké quelques jours parfait son homogénéisation et subit un vieillissement favorable à
sa qualité.
V.5.1.4. Contrôles de fabrication
La marche des appareils de production est contrôlée en permanence et régulée par des
cabines de télécommande. Au sortir des fours et avant la mise en silo, les caractéristiques
chimiques et physiques du produit sont contrôlées 24 h sur 24h. Ces contrôles portent
notamment sur la granulométrie, les temps de prise et les résistances mécaniques en flexion et
en compression. Les contrôles effectués varient selon la nature des plâtres fabriqués. Ils sont
destinés à garantir, dans tous les cas, le respect des caractéristiques souhaitées par l’utilisateur
V.5.2. À partir de gypses de synthèse
Le gypse de désulfuration constitue la principale matière première pour la fabrication
de plâtres et produits en plâtre. Les phosphogypses sont en voie d’abandon en raison des
problèmes techniques et économiques qu’ils posent et les autres variétés de gypse chimique
(borogypse, titanogypse…) sont produites en quantité trop faible pour justifier un
investissement relativement lourd.
Il existe une douzaine de procédés de désulfuration des gaz et fumées qui conduisent
à des gypses utilisables par l’industrie plâtrière. Le gypse de désulfuration se présente sous la
forme d’une boue qui doit être séchée puis agglomérée en morceaux de quelques millimètres.
Le désulfogypse peut ensuite être traité comme un gypse naturel : déshydratation, broyage à la
finesse désirée, etc.
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plus le temps de durcissement est lent. Additionné d’eau, ce mélange fait prise en s’hydratant
pour donner un gypse reconstitué au cours d’une réaction fortement exothermique et rapide.
Ce phénomène s’appelle la prise du plâtre. Plusieurs mécanismes ont été envisagés pour
décrire ce processus qui se déroule en trois étapes successives :
- Reprise de l’eau pour reformer le dihydrate ;
- Cristallisation (qui constitue la prise proprement dite) ;
- Durcissement.
Si on considère le cas du semi-hydrate, la réaction d’hydratation est donnée par la
réaction suivante (R.V.6) :
R.V.5
Le début de prise : moment où le plâtre commence à cristalliser (le sillon tracé par une
lame de couteau dans une galette de plâtre ne se referme plus).
La fin de prise : moment où la pâte de plâtre n’est plus utilisable, le plâtre achève son
durcissement (un pouce fermement appliqué sur la surface ne laisse plus de trace).
Dans la pratique, on définit également une durée d’emploi correspondant au temps
pendant lequel la pâte de plâtre peut être utilisée. Ce temps est variable selon le procédé de
mise en œuvre (application d’un enduit, coulage, moulage, etc.).
L’addition de certains produits minéraux ou organiques, agissant sur la solubilité des
phases anhydres ou les vitesses de dissolution, permet d’intervenir sur les temps de prise et les
durées d’emploi.
V.6.1.1. Accélérateurs
Dans le cas notamment de la préfabrication, il peut être nécessaire d’accélérer la prise
du plâtre pour procéder à un démoulage plus rapide. On fait donc appel à des accélérateurs qui
sont des produits minéraux formant des germes de cristallisation (gypse broyé par exemple)
ou diminuant la solubilité du sulfate de calcium dihydraté (sulfates – sauf sulfate de fer–,
acides sulfurique, chlorhydrique ou nitrique, chlorures, bromures et iodures alcalins,
bichromate de potassium).
V.6.1.2. Hydratation et prise
Pour de nombreuses utilisations dans le bâtiment, l’art ou l’industrie, il est nécessaire
de retarder la prise du plâtre pour permettre un travail plus facile. Plusieurs mécanismes
peuvent être mis en jeu :
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Un enduit plâtre appliqué sur une paroi de béton ou de terre cuite forme un revêtement
continu qui améliore l’isolation thermique. Les plâtres spéciaux qui incorporent des charges
d’agrégats légers qui ont des conductivités thermiques de l’ordre de 0,18 à 0,20 W.m–1.K–1
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sont particulièrement destinés à cet usage. En outre, du fait de sa forte inertie thermique et de
sa faible conductivité thermique, le plâtre élimine le phénomène de paroi froide.
Le plâtre permet de plus – en association avec des matériaux isolants minéraux ou de
synthèse ayant des conductivités thermiques très faibles (0,03 à 0,04 W.m–1.K–1), qui sont
des matériaux spécifiques de l’isolation mais qui ne constituent pas comme lui des matériaux
de construction – de réaliser des systèmes d’isolation efficaces.
6.2.5. Humidité des locaux
Le plâtre est un matériau poreux et, bien qu’il soit rarement laissé nu et qu’il soit le
plus souvent recouvert de peinture, de papier ou de tissu, il doit très généralement être
examiné comme tel du point de vue des échanges hygrométriques avec l’atmosphère
ambiante, car, mis à part les peintures laquées des salles d’eau ou certains revêtements
plastifiés, les couches minces de peinture ou de papier, comme les tissus, sont perméables.
Ainsi, dans une atmosphère maintenue à 20 °C et à 85 % d’humidité relative, le plâtre
perd la totalité de son eau non combinée, soit sensiblement 50 % de sa masse, en moins de 30
jours. Des mesures de laboratoire ont prouvé que ce résultat est identique à celui qui peut être
obtenu par un traitement en étuve à 50 °C poursuivi jusqu’à masse constante. Ce séchage
s’effectue d’ailleurs quelle que soit l’humidité relative de l’air ambiant et le plâtre continue à
perdre son eau non combinée même lorsque l’humidité relative devient très élevée, de l’ordre
de 95 %.
Il résulte encore d’essais de laboratoire que le plâtre séché, maintenu en milieu
isotherme mais placé en ambiance saturée, reprend après un temps comparable à celui du
séchage, une humidité d’environ 1 % en masse.
Des essais ont été effectués sur des plâtres préalablement séchés, puis maintenus à une
humidité relative constante élevée (95 %) et soumis à des cycles de température de 12 °C
d’amplitude (entre 12 et 24 °C) et de durée variable de 4, 6, 12 et 24 h. Les mesures faites,
en pesée continue, établissent que le plâtre absorbe l’eau lorsque la quantité d’eau vapeur dans
l’atmosphère augmente, c’est-à-dire quand la température croît. De plus, le plâtre perd
sensiblement la masse d’eau absorbée dans le cas contraire ; la masse d’eau échangée entre le
plâtre et l’atmosphère (qui augmente avec la durée du cycle) représente de 0,1 à 0,2 % de la
masse du plâtre. Le plâtre est donc capable de jouer un rôle important, même en tenant
compte du fait que la vitesse des échanges dépend évidemment de la nature du plâtre, de sa
compacité, de son taux de gâchage, de sa surface de contact avec l’ambiance, comme des
conditions hygrométriques de celle-ci.
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Bien entendu, le plâtre, par la contribution qu’il apporte par ailleurs à l’isolation
thermique, favorise l’élimination des phénomènes de paroi froide. Mais il reste qu’en cas de
condensation d’eau à sa surface, le plâtre est capable de l’absorber – et de s’opposer ainsi au
ruissellement – pour la rejeter ensuite dès que les conditions hygrométriques s’y prêtent.
Le plâtre intervient comme un réel amortisseur des variations hygrométriques de
l’ambiance dans laquelle il est utilisé.
6.2.6. Isolation acoustique
Le plâtre, grâce à son aptitude au moulage, à la préfabrication comme à la constitution
d’éléments décoratifs à reliefs, se prête à la réalisation de panneaux, de structures
architecturales ou ornementales capables de supprimer ou d’atténuer les réverbérations
gênantes des bruits ou des sons émis dans une pièce.
6.2.7. Résistance au feu
L’une des propriétés les plus caractéristiques du plâtre est son comportement
remarquable au feu, qui a été reconnu et éprouvé de tout temps. Cette protection a pu autrefois
être obtenue grâce à de larges garnissages de plâtre remplissant complètement les intervalles
séparant les éléments de construction. Elle peut aussi consister en enduits projetés de plâtres
spéciaux (spécial feu) ou en enduits traditionnels comportant, de préférence, une armature
légère de solidarisation ancrée sur l’ouvrage.
Le plâtre est incombustible. Il est classé A1 sans essai par décision de la Commission
européenne du 4 octobre 1996 établissant la liste des produits appartenant aux classes à «
aucune contribution à l’incendie » lorsqu’il ne contient pas plus de 1 % en masse ou en
volume de matière organique répartie de manière homogène.
Il est mauvais conducteur de la chaleur. Il a une conductivité thermique relativement
faible pour un matériau de construction qui, de plus, prend ses valeurs minimales dans la zone
des températures allant de 400 à 500 °C, la plus critique pour les éléments porteurs.
Le plâtre, après son application, après avoir pris, est un sulfate de calcium hydraté à
deux molécules d’eau de formule CaSO4.2H2O, c’est-à-dire qu’à l’état sec, il contient environ
20 % en masse d’eau chimiquement liée. Pour libérer cette eau, ce qui se produit en cas
d’incendie, il faut rompre la liaison moléculaire et, pour cela, fournir sous forme de chaleur
une énergie importante, environ 711 kJ par kilogramme de plâtre. Il faut ensuite vaporiser
cette eau, et pour cela, dépenser encore une énergie d’environ 544 kJ pour 200 g d’eau
contenus dans 1 kg de plâtre initial, soit en tout quelque 1 255 kJ par kilogramme de plâtre.
Tant que toute l’eau n’est pas libérée et vaporisée, la température du plâtre reste, bien
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Plâtres à mouler pour l’art et l’industrie, Ce sont des plâtres constitués, en général,
essentiellement de semi-hydrates préparés à partir de gypse sélectionné, selon des techniques
particulièrement élaborées, et capables de manifester, avec toute la régularité industriellement
requise, les plus hautes performances :
résistances mécaniques très élevées ;
état et dureté de surface exceptionnels ;
porosité et pouvoirs d’absorption contrôlés et strictement adaptés ;
variations dimensionnelles maîtrisées et rigoureusement régularisées.
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