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Droit Concurrence

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Droit de la concurrence

Introduction

La concurrence peut se définir comme la compétition qui se joue sur un même


marché pour atteindre une fin économique déterminée : l’offre de produits ou
de services qui satisfont des besoins identiques ou similaires ou, si l’on préfère
la conquête et la conservation d’une clientèle.

Le droit de la concurrence comme l’ensemble des règles qui s’appliquent aux


entreprises dans leur activité sur le marché et qui sont destinées à réguler la
compétition à laquelle elles se livrent, c’est-à-dire à faire en sorte que la
concurrence soit suffisante sans être excessive ;

La concurrence n’est concevable que si les agents économiques peuvent


développer librement leurs activités. Il s’agit du principe de la liberté de la
concurrence.

I. Les cadres d’analyse en droit de la concurrence

A. Les atteintes à la concurrence


La concurrence est un état très fragile les pratiques des entreprises peuvent
y porter atteinte.
On distingue les pratiques anticoncurrentielles des pratiques restrictives
de concurrence.
 Les pratiques anticoncurrentielles produisent des effets qui affectent le
degré de concurrence. Il s’agit des ententes et de l’abus de position
dominante. Ces pratiques sont sanctionnées que si elles ont ou peuvent
avoir un effet néfaste sur le marché. Elles doivent être appréciées en
fonction du contexte économique et juridique qui prévaut sur le
marché.
 Les pratiques restrictives de concurrence sont des pratiques
commerciales ont pour effet de fausser la concurrence ou de porter
atteinte aux intérêts légitimes d’un concurrent. Il s’agit des règles
relatives à la facturation, une obligation de transparence tarifaire, une
interdiction de prix de revente minima imposés, une obligation de
respecter un délai de paiement maximum, une interdiction de pratiquer
des discriminations ou encore de rompre brutalement des relations
commerciales.

B. Les autorités compétentes


1- En droit français

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mise à jour le 29/05/2019 p1
Le conseil de la concurrence et les juridictions de l’ordre judiciaire sont
compétentes en matière de pratiques anticoncurrentielles.

Le conseil est une autorité indépendante chargée de réguler la concurrence.

 Il a en premier lieu un rôle consultatif en matière de contrôle des


opérations de concentration et sur toutes questions qui intéresse la
concurrence. Ex : il peut être consulté par des parlementaires sur des
questions de concurrence.
 Il exerce un pouvoir de décision et de sanction concernant les
pratiques anticoncurrentielles. Il peut donc ordonner aux entreprises de
cesser ou de modifier leurs comportements ou contrats et infliger des
sanctions pécuniaires. La sanction est différente s’il s’agit d’une
entreprise ou non. Pour une entreprise la sanction maximale peut être
de 5% du chiffre d’affaires. Dans les autres cas, la sanction peut aller
jusqu’à 1 500 000 euros.

Les juridictions civiles et commerciales sont également compétentes en matière


de pratiques anticoncurrentielles. Elles réparent le préjudice subi par la victime.
Cela se traduit par l’octroi de dommages et intérêts mais également par la
nullité des actes juridiques comme les contrats.

Le tribunal correctionnel peut également être saisi. En effet, il peut punir d’un
emprisonnement de six mois à 4 ans et à 75 000 euros d’amende toute personne
physique qui aura frauduleusement pris une part personnelle et déterminante
dans la conception, l’organisation ou la mise en œuvre d’une entente illicite ou
d’un abus de position dominante.

L’application des règles relatives aux pratiques restrictives est seulement


confiée aux juridictions civiles.

2- En droit communautaire

Le droit communautaire de la concurrence vise principalement les pratiques


anticoncurrentielles et il est mis en œuvre par la commission. Elle ordonne aux
contrevenants de cesser leurs pratiques. Elle peut infliger des amendes qui
peuvent représentés 10% du chiffre d’affaires réalisé par le contrevenant.

C. Le cadre conceptuel
1- Les opérateurs concernés

Les règles de droit de la concurrence s’appliquent à toute entité exerçant une


activité économique et dotée d’une autonomie suffisante de décision pour la
détermination de son comportement sur la marché, que ce soit une personne
physique ou morale ou un ensemble de moyens humains et matériels sans
personnalité juridique. Cela veut donc dire que sont concernés les entreprises,
les associations, les syndicats professionnels.
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2- Le marché concerné

Selon le conseil de la concurrence, le marché est le lieu sur lequel se


confrontent l’offre et la demande de produits ou de services qui sont regardés
par les acheteurs comme substituables entre eux mais non substituables avec
d’autres biens. Pour délimiter ce marché, on analyse les caractéristiques des
produits ou services substituables comme la nature des produits, les modes de
distribution, les prix,… on peut également tenir compte de l’aire géographique
du marché c'est-à-dire le pays, la région, la commune et ses environs,…

II. Les pratiques anticoncurrentielles


A. Les ententes
1- L’entente en droit français

En droit français, certaines ententes sont interdites lorsqu’elles ont pour


effet d’empêcher de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur
un marché, les actions concertées, les conventions, les ententes expresses
ou tacites ou coalitions lorsqu’elles limitent l’accès au marché, lorsqu’elles
font obstacles à la fixation des prix, lorsqu’elles limitent ou contrôle la
production, les investissements, les débouchés ou le progrès technique et
répartissent les marchés et les sources d’approvisionnement.

Exemples:

 une entreprise implante dans une ville des distributeurs automatiques


de boissons. Le syndicat des cafetiers appelle au boycott de la marque.
 Hausses ou baisses de prix concertées
 Fixation de quotas de production
 Partage géographique de la clientèle

Il existe des exceptions, les ententes dont l’auteur peut justifier :

- Qu’elles ont pour effet d’assurer un progrès économique


- Qu’elles réservent aux utilisateurs une partie équitable du profit qui en
résulte
- Qu’elles ne donnent pas aux entreprises intéressées la possibilité
d’éliminer la concurrence pour une partie substantielle des produits en
cause.

2- L’entente en droit communautaire

Le traité de Rome prohibe toute concertation susceptible d’affecter le


commerce aux états membres et qui a pour objet ou pour effet d’entraver le jeu
de la concurrence sur un marché pertinent.

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Les entreprises dont les pratiques sont bénéfiques pour la concurrence sont
valables et les mauvaises sont interdites.

B. L’abus de position domination


1- Les abus de domination en droit français
a- L’abus de position dominante

La position dominante n’est pas en soi répréhensible. Seul l’abus va être


poursuivi et sanctionné.

4 éléments constituent la base de la position dominante :

 Un ou plusieurs dominants. Le dominant est une entreprise ou un


groupe d’entreprise.
 La domination du marché : l’entreprise dominante exerce sur le
marché un pouvoir de monopole. Elle est en mesure de maintenir ses
prix au-dessus du niveau de concurrence. Cela lui donne la possibilité
de s’affranchir de ses concurrents, de ses clients et finalement des
consommateurs.
 Un abus d’exploitation : il peut s’agir d’une vente à perte, d’une
discrimination tarifaire mais aussi de la structure du marché. le
comportement devient répréhensible car il est exercé par une
entreprise dominante.
 Un objet de domination, le marché pertinent. Il s’agit du lieu ou se
rencontre l’offre et la demande relative à des produits substituables
entre eux mais non substituable à d’autres biens ou services. Il faut
donc savoir, si l’utilisateur a des solutions de rechange.

b- L’abus d’état de dépendance économique

Elle vise à contrôler des entreprises ou des groupes qui sans détenir une
position dominante sont en raison de leur poids sur la marché des partenaires
obligés pour leur client ou fournisseur.

Ex : dans la grande distribution les super centrale d’achat sont des partenaires
obligés des industriels de l’agroalimentaire.

3 éléments constituent la base de la notion de dépendance économique

 L’entreprise n’a pas de solution équivalente


 Une exploitation abusive de cet état de dépendance économique par
l’entreprise dominante. Ex : l’entreprise dominante propose des
réductions de prix à certains mais pas à d’autres alors que le chiffre
d’affaire sont identiques.
 Une entrave au libre jeu de la concurrence

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2- L’abus de position dominante en droit communautaire

Il n’existe pas de texte qui réprime l’abus d’état de dépendance économique,


mais l’abus de position dominante est prohibé.

C. Les concentrations
1- Droit français des concentrations

La concentration est une situation dans laquelle un petit nombre d’entreprise


ou groupe d’entreprises représentent une forte proportion de l’activité
économique en termes de ventes, d’actifs ou d’emploi. Le contrôle est une
nécessité afin d’éviter le développement de pratiques anticoncurrentielles. Les
opérations relevant des conditions ci-dessous ne sont pas contrôlables.

Il existe deux types de concentration :

- Acte de transfert de la propriété ou de la jouissance d’une entreprise. Il


s’agit des opérations de fusion, prise de contrôle,…
- Opération qui permet à une entreprise d’exercer une influence
déterminante sur une autre sans transfert de biens.
2- Le doit communautaire des concentrations

Lors d’une fusion ou d’une prise de contrôle de dimension communautaire, la


commission peut autoriser ou interdire la concentration. L’opération est
interdite quand celle-ci créer ou renforce une position dominante qui va
entraver de manière significative la concurrence. Il peut y avoir de lourdes
sanctions pécuniaires.

III. Les pratiques restrictives de concurrence


A- Les pratiques relatives au prix
1- Les prix imposés

Il y a prix imposé quand le fournisseur fixe un prix minimum de revente de


son produit ou de ses services et que cette fixation prend un caractère
obligatoire pour le distributeur.

Cette pratique est assorti d’une amende de15 000 euros.

Il est donc interdit de :

- Il est interdit de fixer un prix minimum mais il est autorisé de fixer un


prix maximum.
- La pratique des prix conseillés est autorisée.
- La pratique des prix minimum est sanctionnée au plan pénal

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2- Les prix abusivement bas

La loi du 1er juillet 1996 interdit la vente ou l’offre de vente aux


consommateurs à un prix abusivement bas.

Cette interdiction suppose la réunion de plusieurs conditions :


L’interdiction ne concerne que la vente aux consommateurs

La notion de prix abusivement bas s’entend par rapport aux coûts de
production, de transformation et de commercialisation
 La loi vise les produits fabriqués, transformés par les distributeurs,
commerçants, artisans,… Cette disposition exclus les produits
revendus en l’état
3- La revente à perte

La revente à perte est dangereuse et peut entraîner l’entreprise à la faillite.


Elle est donc interdite.

Les conditions d’interdiction :

 L’interdiction s’applique à tous les commerçants qui revendent un


produit en l’état et à un prix inférieur à son prix d’achat.
 La loi interdit de revendre un produit en l’état à un prix inférieur à son
prix d’achat effectif. C'est-à-dire au prix inférieur au prix unitaire
majoré des taxes à la revente et des coûts de transport.
 Le commerçant qui ne respecte pas cette interdiction encourt une
amende pouvant atteindre 75 000 euros.

La revente de produits à perte est autorisée dans les cas suivants :

- Les produits périssables


- Les ventes motivées par la cessation ou le changement d’activité
commerciale
- Les ventes présentant un caractère saisonnier
- Les produits démodés
- Les produits dont le prix de réapprovisionnement a baissé
- Les produits dont le prix de revente est aligné sur le prix légalement
pratiqué pour les mêmes produits dans la même zone d’activité dans les
commerces de moins de 300 m2 vendant des produits alimentaires et
dans les commerces dont la surface de vente est inférieure à 1000 m2
vendant des produits non alimentaire.

B- La répression de la discrimination
1- Les pratiques discriminatoires

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Discriminer, c’est traiter différemment des personnes qui se trouvent dans
la même situation. Les discriminations portent atteinte à l’égalité dans la
concurrence.

a- La discrimination

Les discriminations peuvent porter sur les prix, les délais de paiement, les
conditions de vente ou les modalités de vente ou d’achat.

b- Le déséquilibre concurrentiel

La loi n’exige pas que tous les partenaires commerciaux soient traités sur un
strict pied d’égalité. Des traitements différents sont possibles quand ils sont
justifiés par des contreparties réelles.

En effet, les prix peuvent variés en fonction des quantités achetées, mais deux
personnes achetant les mêmes quantités doivent être traités de manière
identique. L’absence de contreparties réelles doit créer un avantage ou un
désavantage dans la concurrence.

2- Le refus de vente

Depuis, la loi du 1er juillet 1996, une entreprise est en droit de refuser de vendre
ses produits à une autre entreprise. Il en est ainsi dans la prestation de services.

Cependant, le refus de vente ne doit pas être abusif. Il peut être contrôlé,
interdit et sanctionné lorsqu’il résulte d’une entente interdite, d’un abus de
position dominante, d’une pratique discriminatoire injustifiée ou encore d’une
rupture brutale des relations commerciales.

C- La rupture brutale des relations commerciales

Certaines entreprises disposent d’une grande puissance d’achat. Elles peuvent


donc imposer à leurs fournisseurs des conditions toujours plus difficiles. En cas
de refus, elles peuvent rompre toutes relations commerciales et chercher un
fournisseur plus docile. Ces pratiques peuvent être abusives. La loi interdit de
rompre brutalement même partiellement une relation commerciale sans préavis
écrit. Ceux qui contreviennent à cette disposition engagent leur responsabilité
et s’obligent à réparer.

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mise à jour le 29/05/2019 p7

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