Échantillonnage et signaux discrets expliqués
Échantillonnage et signaux discrets expliqués
ECHANTILLONNAGE ET SIGNAUX DISCRETS
Introduction
On appelle signal toute manifestation sous forme d’une grandeur physiquement
observable d’un phénomène le plus souvent électrique, acoustique ou optique. Dans un sens
plus restrictif, un signal est la représentation physique de l’information qui est envoyée d’une
source vers un destinataire : c’est le véhicule de l’intelligence dans les systèmes. Il transporte
les ordres dans les équipements de contrôle et de télécommande. Il achemine sur les réseaux
l’information, la porte ou l’image. Il est particulièrement fragile et doit être manipulé avec
beaucoup de soin. Le traitement qu’il subit à pour but d’extraire les informations utiles
éventuellement masquées par des perturbations indésirables, de modifier le message qu’il
transporte ou de l’adapter aux moyens de transmission. Les techniques numériques
interviennent justement à ce stade là. Ceci a été largement motivé par l’avancée spectaculaire
réalisée dans le degré d’intégration des circuits , et dans la vitesse , de plus en plus rapide , de
ces composants , ce qui a de même permis de mettre au point des processeurs très performants
pour le traitement numérique de signal : lorsque le signal est numérisé , il se présente alors
comme une séquence de valeurs numériques et le traitement numérique de signal consiste en
une série d’opérations arithmétiques et logiques sur ces valeurs numériques.
Le signal analogique, dont la variable temps est continue, est d’abord échantillonné et
la variable temps devient discontinue, le signal est donc considéré seulement en des instants
particuliers qui sont des multiples entiers de la période d’échantillonnage.
Les avantages du traitement numérique du signal sont plus particulièrement la précision
et la fiabilité. Cette discipline a trouvé d’importantes applications dans une multitude de
domaine scientifiques et techniques comme les télécommunications, l’acoustique, la
géophysique, l’astrophysique, la biomédecine, l’automatique, et les processus industriels,
pour ne citer que quelques exemples.
Un des traitements de signal le plus principal est le filtrage. Le filtrage sélectif consiste
à sélectionner ou supprimer certaines composantes fréquentielle du signal. Il est utilisé pour
supprimer la partie du signal non désirée qu’on appelle bruit pour ne préserver que le signal
pertinent.
Chapitre V Echantillonnage et Signaux discrets.
1. Signaux discrets
Un signal discret est un signal obtenu par l’expression d’une information à des valeurs
ponctuelles du temps x(ti) ; il constitue donc une suite numérique. Dans la pratique, les
signaux discrets sont les plus souvent obtenus par l’opération appelée échantillonnage.
Signal analogique ; signal à temps et amplitude continues.
Signal quantifié ; signal à temps continu et amplitude discrète.
Signal échantillonné ; signal à temps discret et amplitude continue.
Signal numérique ou digital ; signal à temps et amplitudes discrètes.
On s’intéresse à une chaine de traitement numérique du signal (TNS) du type de la figure 5.2
1, 0
0,
1, 0
0,
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Chapitre V Echantillonnage et Signaux discrets.
; 1
- Séquence sinusoïdale
; 1/
- Signal rectangulaire
1, 0 1
0,
- Signaux causals
, 0
0,
- Séquence périodique
; : é
Le traitement numérique du signal par ordinateur exige que le signal soit converti en une
suite de nombres (numérisation). Cette conversion se décompose, sur le plan théorique, en
trois opérations :
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Chapitre V Echantillonnage et Signaux discrets.
2. la quantification transforme une valeur quelconque en une valeur prise dans une liste
finie de valeurs valides pour le système ;
3. le codage fait correspondre à chaque valeur valide pour le système un code numérique.
Figure 5.2. Illustration de l'échantillonnage d'un signal : on mesure la valeur du signal à des instants
qui sont des multiples de la période d'échantillonnage.
3. Echantillonnage idéalisé
. ∑ (5.1)
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On peut assimiler théoriquement la suite idéale d'échantillons prélevés avec une cadence fixe
fe = 1/Te à un signal Xei(t) obtenu par une fonction d'échantillonnage idéalisée (peigne du
Dirac).
4. Echantillonnage réel
La fonction d’échantillonnage réel e(t) est donnée par
∑ ; 1 (5.2)
∑ . . .
Φ Φ Φ ∑ . . .Φ
5. Théorème d’échantillonnage
Dans le cas général, le théorème d'échantillonnage énonce que l’échantillonnage d'un signal
exige un nombre d'échantillons par unité de temps supérieur au double de l'écart entre les
fréquences minimale et maximale qu'il contient. Dans le cas le plus courant, la fréquence
minimale du signal est négligeable par rapport à la fréquence maximale et le théorème affirme
simplement :
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Chapitre V Echantillonnage et Signaux discrets.
La représentation discrète d'un signal ayant un spectre de type passe bas exige des
échantillons régulièrement espacés à une fréquence d'échantillonnage supérieure au double
de la fréquence maximale présente dans ce signal 2 .
La reconstitution du signal peut être faite en temps réel par un filtre passe bas de
fréquence de coupure fe / 2 et en temps différé par interpolation polynomial.
Le monde physique est par nature analogique (dans l a quasi-totalité des cas). Il est
perçu via des signaux analogiques (son, ondes visuelles, etc), qui peuvent être traités par des
systèmes analogiques. Depuis une vingtaine d’années, le traitement numérique des données
prend le pas sur les approches purement analogiques. Le recours au numérique permet en effet
un stockage aisé de l’information, une excellente reproductibilité des traitements, la
possibilité de développer relativement aisément des fonctionnalités complexes, une réduction
des coûts de production, etc.
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2 (5.3)
. .
La pente ne dépasse pas donc en valeur absolue 3 . qu’avec une probabilité inférieure
à 3%. Donc :
3 . ;6
√
√ .
√
. .
√3 . .
1.73.
. .
(5.4)
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7. Quantification
Généralement, les signaux doivent être traités soit pour en extraire de l’information, soit
pour les rendre porteurs d’information. Ces traitements sont effectués à l’aide de systèmes que
l’on appelle systèmes de traitement de signaux. Un tel système agit sur un signal d’entrée et
produit, à sa sortie, un signal qui est sous une forme plus appropriée pour l’utilisation
envisagée.
On peut classer les systèmes de traitement selon la nature des signaux sur lesquels ils
opèrent. On parle ainsi : systèmes analogiques (opérant sur des signaux analogiques et
produisent des signaux analogiques), systèmes échantillonnés, systèmes numériques ou
digitaux (agissant sur des signaux numériques et produisant des signaux numériques) et
systèmes hybrides (convertisseurs analogique -numérique).
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Chapitre V Echantillonnage et Signaux discrets.
Ces systèmes sont caractérisés par le fait que leur réponse ne précède jamais leur
excitation c'est-à-dire ;
Cette caractéristique traduit le fait que l’effet ne puisse jamais précéder la cause qui le
produit. Cette condition de causalité est nécessaire pour que le système soit physiquement
réalisable.
Un système est dit stable si sa réponse à toute entrée bornée est bornée. Comme la
causalité, la stabilité est un critère indispensable à la réalisation possible d’un système.
Cette restriction permet donc, de contrôler la dynamique des signaux de sortie. Une condition
nécessaire et suffisante de stabilité est donnée par l’inégalité :
∑ | | ∞ (5.5)
∑ (5.6)
x1 (k), x2 (k) deux entrées ou excitations. S est l’opérateur fonctionnel caractérisant le système.
Si la réponse à l’excitation x(k) est y(k), le système linéaire est dit invariant si la réponse
à x(k-k0 ) est y(k-k0 ) , ou k0 est un nombre entier quelconque.
Pour qu’un système numérique soit linéaire invariant dans le temps, deux conditions doivent
être satisfaisantes :
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Exemple
, 0 1
Soit :
0, 0
0 0
0 ∑
• Causalité :
Un système causal : 0 0 ; une séquence x(n) est causale : 0 0
• Stabilité : ∑ | | ∞
| |
∑ | | ∑ | | ; stable si : | | 1
| | | |
∑ ∑ , (5.8)
Une telle équation est appelée équation aux différences linéaire.
Exemple
Si 1
Système causal 0 0
1
1
0 1 0 1
1 0 1
2 1 2
….
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Dans un système linéaire invariant, un signal d’excitation x(k) est traité d’une manière
indépendante de l’origine de sa variable indépendante k. Par conséquent les coefficients an (k)
et bm(k) dans l’équation (5.8) sont des constantes indépendantes de k. Elle est appelée aussi
équation aux différences linéaire à coefficients constants d’ordre N.
Un système linéaire invariant dans le temps est caractérisé entièrement par sa réponse
impulsionnelle h(k) définie comme la réponse du système à l’instant k au signal d’entrée
impulsion unité δ(k), avec :
1, 0
0, 0
Et puisque tout signal d’entrée x(k) du système peut se décomposer comme une
combinaison linéaire de signaux δ(k-n) dont les coefficients sont x(n);
∑ ∑
Donc : ∑ ∑
Schématiquement ;
x(k) S.L.I.T à réponse y(k) = x(k)*h(k)
impulsionnelle
∑ (5.9)
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10. Transformée en Z
s * ( p ) = L( s * (t )) = ∑ s (nT )e − nTp
~ (5.10)
n ≥0
Par échantillonnage
̃. ∑ (5.11)
|∑
La variable n représente en général le temps discrétisé, la variable complexe z n'est qu'un être
mathématique. Lorsqu'on travaille sur s(nT) on dit que l'on est dans le domaine temporel,
lorsqu'on travaille sur s(z) le domaine est appelé fréquentiel par analogie avec la transformée
de Fourier.
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|∑ (5.12)
Le signal x(kTe) a une transformée en Z s’il existe z tel que la série complexe X(z) soit
convergente ; ce sera pour les signaux réellement rencontrée.
Exemple :
Quelque soit z, lim ∞ ; la série est divergente et y(k) n’a pas de transformée en Z.
• L’échantillon unité 0 1; 0; 0 . 1; 1.
• Signal rectangulaire
• Signal exponentiel , , ∑
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p+a
, s (nT ) = e − anT ⎯
⎯→
Z
∑ ( ze aT ) − n
1 z
qui converge vers −1 − aT = − aT si :
z > e − aT
1− z e z−e
Z[ e( n − k )] = z − k Z[ e( n )] .
Z
Théorèmes des valeurs initiale et finale : soit e( n ) ⎯
⎯→ E ( z )
z −1
Théorème de la Valeur Initiale : e( 0) = lim E ( z ) = lim E ( z )
z →∞ z z →∞
z −1
Théorème de la Valeur Finale : lim e( n ) = lim E( z )
n →∞ z →1 z
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h ( n ) = Z −1 [H ( z )] = ∑ Résidus( H ( z ) z n −1
)
pôles
H ( z ) z n −1
Soit y (n ) un signal discret à partir de mesures x (k ) opérées sur un signal x(t) et selon la
relation suivante, ou équation aux différences :
1 (5.13)
y ( n − 1) + x ( n − 1) Z z − 1 Y ( z ) + z −1 X ( z )
y(n) = ⎯⎯→ Y ( z ) =
2 2
Y (z ) z −1 1
On en tire ici = −1 = = T (z ) .
X (z ) 2 − z 2z − 1
T (z ) est la fonction de transfert associée, c’est une fraction rationnelle en z. La relation (5.13)
s’écrit encore sous la forme d’un produit de convolution discret puisque :
Z −1
Y ( z ) = T ( z ) X ( z ) ⎯⎯→ y ( n ) = ( h∗ x )( n )
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¾ Réponse impulsionnelle : X ( z ) = 1, Y ( z ) = F ( z ) , h( k ) = Z −1 [ F ( z )]
z ⎡ zF ( z ) ⎤
¾ Réponse indicielle : X ( z ) = donc y ( n ) = Z −1 ⎢
z −1 ⎣ z − 1 ⎥⎦
jωT
¾ Réponse harmonique : p → jω se traduit par z → e ,
d’où la réponse harmonique ou fréquencielle, Gain = F ( e jωT ) et Phase = ∠F ( e jωT ) .
¾ Gain statique : c’est lim T ( z )
z →1
(5.14)
Résidus de
!
Si p = 1 é ψ z
Exemple
| | | |
| | | |
/ 1 ∑
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Chapitre V Echantillonnage et Signaux discrets.
Signal Transformée en Z
∞
x(t ) X (z ) = ∑ x(n.Te ).z −n
n = −∞
δ(t ) Non définie !…
⎧1, t = 0
⎨ X z (z ) = 1
⎩0, t ≠ 0
⎧1, t >= 0 z
u (t ) = ⎨
⎩ 0, t < 0 z −1
Te .z
t.u (t )
[z − 1]2
t2 Te2 .z.[z + 1]
.u (t )
2 2.[z − 1]3
z
e − a.t .u (t )
z − e −a.Te
Te .z.e − a.Te
t.e − a.t .u (t )
[z − e ] − a.Te 2
a.( z − 1).(z − e )
⎢t − −
⎢⎣ a ⎥⎦ (z − 1)2 − a.Te
Te2 .z
+
(a.Te − 2).Te .z
1 ⎡ 2 2.t 2
( )⎤⎥⎦.u(t ) (z − 1) 2.a.( z − 1)2
3
t − + . 1 − e − a.t
2 ⎢⎣ a a2 z z
+
a .( z − 1)
2
−
(
a . z − e − a.Te
2
)
z. sin (ω0 .Te )
sin (ω0 .t ).u (t )
z 2 − 2.z. cos(ω0 .Te ) + 1
z.[z − cos(ω0 .Te )]
cos(ω0 .t ).u (t )
z − 2.z. cos(ω0 .Te ) + 1
2
a.T .e − a.Te .z
[1 − (1 + a.t ).e ].u(t )
− a.t
z
−
z
z − 1 z − e − a.Te
− e
2
[ ]
z − e − a.Te
z.e − a.Te
. sin (ω0 .Te )
e − a.t . sin (ω0 .t ).u (t )
z − 2.z.e
2 − a.Te
. cos(ω0 .Te ) + e − 2.a.Te
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