PREMIÈRE PARTIE: LE MONDE AU LENDEMAIN DE LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE 1945-1990
LEÇON 1: LES CONSÉQUENCES DE LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE ET LES RÉGLEMENTS DU CONFLITS
Introduction
Avec la crise des années 30, nous assistons à la montée du fascisme dans plusieurs Etats européens et l’arrivée
au pouvoir de nombreux dictateurs (Hitler, Mussolini, …). Ces dernières avaient contribué à la faillite de la
sécurité collective établie depuis 1919 avec la création de la SDN. Ces facteurs avaient plongé l’humanité
dans une deuxième guerre mondiale entre le 1er Septembre 1939 et le 2 septembre 1945. Cette conflagration a
entraîné d’énormes pertes humaines, économiques, et matérielles, a bouleversé le mode de vie et totalement
changé la physionomie politique du monde. L’idée de reconstruction d’un monde de paix et de stabilité sera
discutée lors de conférences internationales et matérialisée par la création de l’Organisation des Nations Unis
(O N U), dont le but essentiel est de préserver les générations futures des périls de la guerre.
I- LES CONSÉQUENCES DE LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE
Elles sont notées aux plans humain, moral, économique, matériel, et politique
1. Une véritable hécatombe humaine
La Deuxième Guerre Mondiale est considérée comme une véritable hécatombe. Elle a provoqué des pertes en
vies humaines évaluées entre 50 et 60 millions de morts (directs ou indirects, civils ou militaires). Au-delà de
ces morts, la guerre a engendré le déplacement de près de 30 millions de personnes à travers l’Europe. A cela,
s’ajoute le déficit des naissances, l’espérance de vie qui baisse (de 8 ans en France), les invalides, les mutilés,
les blessés, les irradiés japonais.
2. Le choc moral
La découverte en 1945 des crimes nazis a mis l’humanité en état de choc. Des photographies révèlent au monde
les charniers, les chambres à gaz et l’organisation scientifique du génocide des juifs. Ainsi les
3- Un lourd bilan matériel et économique
Les destructions matérielles sont impressionnantes. En Allemagne, en Pologne, en URSS, au Japon, en
Angleterre, en France…, les villes ne sont que ruines et cendres. En Europe, les équipements ferroviaires,
portuaires, routiers, le matériel industriel de nombreux pays sont totalement anéantis, les échanges paralysés,
l’économie compartimentée et la production bloquée. La situation de pénurie et de déséquilibre alimentaire se
prolonge après la guerre. Dans certains pays comme la France, les autorités n’ont pas hésité à faire recours au
système du rationnement. Au décompte final, le coût des dommages de guerre est évalué à 2 000 milliards de
dollars.
Cependant, la guerre a stimulé la recherche fondamentale. En plus certains États ont tiré profit de la guerre. La
production industrielle des États-Unis a doublé entre 1939 et 1945, le revenu national a accru de près de 75
%, les salaires ont presque triplé, le chômage réduit à son strique minimum, l’excédent commercial est de 11
milliards de dollars. A la fin de la guerre, les États-Unis détenaient 75 % du stock d’or mondiale, ce qui leur a
permis d’imposer le dollar comme monnaie d’échange internationale. D’autre pays comme l’URSS, l’Australie,
la Nouvelle-Zélande vont aussi tirer des bénéfices de la Deuxième Guerre Mondiale.
4- Les conséquences politiques ou le nouvel ordre politique
L’Europe n’est plus le centre du monde, car la Deuxième Guerre Mondiale clôt pour elle, plusieurs siècles de
domination et de rayonnement politique. La Grande Bretagne, bien qu’ayant résisté aux nazis, est ruinée, la
France a connu la déroute militaire à partir de 1940; l’Allemagne était écrasée par les bombes de 1945 et
devient un pays occupé et sous tutelle. Les pays d’Europe centrale et orientale complètement désorganisés et
dépendent désormais de l’URSS. A l’exception de l’URSS, la Deuxième Guerre Mondiale a ruinée
politiquement l’Europe.
.Profitant de la faiblesse des métropoles, les colonies d’Afrique, d’Asie affirment leur désir d’indépendance. Le
nouvel ordre mondial est aussi marqué par la création de l’Organisation des Nation Unis à la place de la Société
Des Nations.
Parallèlement, la guerre a permis l’émergence de deux grandes puissances (les Etats-Unis et l’URSS) qui sont
les seuls vainqueurs du conflit.
II- LES RÈGLEMENTS DU CONFLIT
Les règlements du conflit sont faits sur la base des lois élaborées par les vainqueurs lors des conférences de
Téhéran, de Yalta, de Potsdam et de Paris. La création de L’Organisation des Nation Unis.( ONU) en 1945
vient confirmer la volonté des vainqueurs de bâtir un monde de paix et justice.
1- La conférence de Téhéran ( Iran, du 28 novembre au 1er décembre1943
Pour la première fois, les dirigeants des trois grands pays alliés, Roosevelt, Churchill et Staline, vont se réunir
à Téhéran de novembre à décembre 1943, pour réfléchir l’avenir de l’Europe et du monde. Quelques décisions
majeures sont arrêtées :
- l’ouverture d’un front à l’est pour faire capituler l’Allemagne,
- la mise en place d’une stratégie militaire qui consiste à abattre l’Allemagne d’abord, l’Italie ensuite et enfin le
Japon,
- le principe d’un débarquement allié en mai 1944 est retenu,
- et après la guerre une organisation internationale sera créée pour garantir la paix.
2- La conférence de Yalta (Crimée en URSS, du 04 au 11 février 1945)
Roosevelt, Churchill et Staline, se rencontre à nouveau Yalta en Crimée pour parler de paix. Staline y est en
position de force car ses armées ont pénétré et libéré tous les pays de l’Europe centrale et orientale, alors que
les forces anglo-américaines piétinaient le long du Rhin.
Quelques grands principes seront retenus :
- La décision prise à Yalta, l’organisation d’élections libres (déclaration sur l’Europe libérée) dans les pays
d’Europe libérés de la domination nazie est confirmée ;
- la destruction du militarisme allemand et du nazisme;
- l'Allemagne payera des réparations de guerre et sera divisée en quatre zones,occupée chacune par les États-
Unis,l’ URSS, le Royaume-Uni et la France ;
- l’entrée en guerre de l'Union soviétique contre le Japon dans les 3 mois qui suivront la défaite de
l'Allemagne, l'URSS recevant en échange l’île de Sakhaline et les îles Kouriles;
- le projet de la création de la future Organisation des Nation Unis, est entériné.
Cependant l’esprit de Yalta n’est pas fondé sur le principe d’un partage du monde, mais sur celui de la
coordination entre les grands. Pourtant des malentendus ne manquent pas. Staline espérait convaincre les
occidentaux sur son idée de glacis défensif. Or, si Roosevelt reconnaît à l’URSS le droit d’exiger l’amitié de ses
voisins, ils rejette toute idée d’expansion soviétique en Europe de l’Est. Même si Staline adhère au projet
américain de mettre en place une organisation internationale, il refuse que celle-ci serve aux Etats-Unis à établir
leur hégémonie sur le monde.
3- La conférence de Potsdam (Allemagne, du 17 juillet au 02 août 1945)
Cette conférence se déroule dans un contexte particulier, car dans la semaine qui avait suivi la conférence de
Yalta, Staline installe des gouvernements provisoires dominés par des communistes dans les pays libérés par
l’armée rouge, violant ainsi la déclaration sur l’Europe libérée. Roosevelt, puis son successeur, Truman
protestent vigoureusement. Les États-Unis suspendent le Prêt-bail à l’URSS. Staline soupçonne Truman de
vouloir étrangler son pays et d’exercer là un chantage financier. Cependant, le président des États-Unis se sent
en position de force grâce à l’arme nucléaire. C’est dans ce contexte fortement marqué par la méfiance que
s’ouvre la conférence de Potsdam à laquelle participe Staline, Truman (qui remplace Roosevelt mort le 12 Avril
1945), et Clement Attlee ( qui remplace Churchill qu’il a battu aux élections législatives). L’Allemagne était au
centre des débats :
-les quatre zones d’occupation sont mises en place, ainsi qu’à Berlin ;
-les décisions de démilitarisation, de dénazification et de jugement des criminels de guerre sont confirmées ;
-le montant des réparations à verser par l’Allemagne est de 20 milliards de dollars
-le déplacement vers l'ouest de la frontière de l'Allemagne avec la Pologne, soit une perte d'environ 25% de son
territoire dont la haute Silésie, deuxième centre industriel du pays.
L’évolution des pays contrôlés par l’armée rouge ainsi que leur régime politique restent incertains. La méfiance
s’est désormais installée entre les Alliés. A l’Ouest, on redoute l’extension du communisme alors qu’à l’Est les
soviétiques craignent de se voir enlever le bénéfice de leur victoire.
4- Les remaniements territoriaux à la conférence de Paris (1945-1947 )
Après la guerre de nouvelles frontières apparaissent :
-En Europe , une nouvelle carte est dessinée au profit de l’URSS. Le territoire allemand est amputé les toutes
les annexions faites depuis 1938 (100 000 km2). La Pologne reçoit la Prusse orientale, le Corridor de Danzig et
les territoires allemands situés à l’Est de la ligne Oder-Neisse, cependant elle perd une partie de son territoire au
profit de l’URSS qui a aussi annexer les États Baltes,( Estonie, Lituanie, Lettonie, Bessarabie) et quelques
territoires allemands, ce qui lui permet d’avoir une ouverture vers la Mer Baltique.
Les traités de paix signés en février 1947 à Paris avec les anciens satellites du 3 ème Reich (Hongrie, Bulgarie,
Roumanie, Italie), renforce les gains territoriaux de l’URSS .
-En Asie, le Japon, occupé par les Etats- Unis perd tous les territoires conquis depuis le 19 ème siècle. La
Manchourie et Taiwan sont rétrocédés à la Chine qui revient à la Chine. Il perd également les Iles Kouriles et
Sakhaline au profit de l’URSS, les Iles Mariannes Carolines et Marshall reviennent aux Etats-Unis. La Corée
est divisée en deux par le 38ème parallèle, le Nord occupé par l’URSS et le Sud par les Etats-Unis.
-En Afrique,l’Italie perd ses colonies de l’Afrique de l’est.
5) La réorganisation du monde : l’ONU
a)-Historique
Les règlements du conflit portent également sur la réorganisation du monde par la mise en place d’une
Institution internationale chargée de gérer la Paix et la sécurité collective. Cette institution est appelée l’ONU.
L’ONU est crée à la suite d’un long processus qui part de 1941 à 1945. En effet, c’est à la conférence de
l’Atlantique d’Août 1941 que le président américain Roosevelt a émis l’idée « d’une paix universelle par la
sécurité collective ». Cette idée fut proclamée dans la Chartre de l’Atlantique. En 1942, l’expression « Nations-
Unies » est employée pour la 1ère fois à la conférence de Washington. En 1943,à la conférence de Moscou les
Alliés s’engagent à créer une organisation fondée sur « un pied d’égalité entre les états ». En Octobre1944 à la
conférence de Dumbarton Oark’s (USA ), les experts des pays alliés mettent sur pied l’ONU. EN Février 1945
à YALTA, Roosvelt, Churchill et Staline approuvent le projet des experts en ajoutant au future Conseil de
Sécurité deux autres Etats, à savoir la France et la Chine. L’adoption finale de l’Organisation des Nations Unies
se fait le 26 Juin 1945 à la conférence de San Francisco (USA ) par les cinq chefs d’États des pays
fondateurs( USA , G .Bretagne, France, Urss, Chine ). L’ONU repose sur un certain nombre de principes
fondamentaux et vise des objectifs essentiels à atteindre :
b)-les principes
Ils sont définis dans le préambule de la Chartre de l’ONU. Parmi ces principes, nous pouvons retenir le respect
de l’égalité entre les Etats, la liberté et la souveraineté des peuples. Par rapport à ces principes, chaque peuple
a le droit de s’autodéterminer c’est-à-dire de choisir la forme de régime qu’il désire à partir d’élections libre et
démocratiques.
b)-les objectifs : l’ONU s’est fixé comme objectifs dominants la gestion de la paix dans le monde et la
sécurité collective, mais aussi la consolidation de la solidarité et la coopération entre les peuples et les Etats en
luttant contre la pauvreté et les multiples inégalités sociales. A cet effet l’ONU va mettre en place des
structures de fonctionnement.
c)-les structures de fonctionnement
l’ONU dispose des organes suivants :
L’Assemblée Générale : elle regroupe tous les pays membres de l’organisation ; discute des problèmes
prévus par la chartre et étudie les questions d’actualité. Chaque pays a droit à la parole ( un pays, une
voix ) .
Le Conseil de Sécurité : c’est l’instance suprême de l’ONU, composée de 15 membres dont cinq ( 05 )
disposent du DROIT de VETO et qui sont appelés « membres permanents » de l’ONU. Ce sont les USA,
l’URSS, l’ANGLETERRE, la FRANCE et la CHINE. Le droit de veto annule toute mesure prise par le
Conseil si toutefois un seul des membres permanents s’y oppose. Les dix autres membres du Conseil sont
élus pour deux (02 ) ans. Le Conseil de Sécurité est l’instance de décision en matière de maintient de la paix
et de la sécurité dans le monde.
Le Secrétariat général : il se compose d’un Secrétaire général et de 08 adjoints. Il est chargé de l’exécution
des décisions prises par l’A.G. et par le C.S. C’est l’organe administratif de l’ONU visible à l’échelle
mondiale, sur tous les terrains de conflit ou de catastrophe.
Le Conseil Economique et Social : il se compose de 54 membres élus pour 03 ans. Il est chargé de
coordonner les activités économiques et sociales de l’ONU.
La Cour Internationale de Justice : elle se compose de 15 juges élus pour 09 ans. Ils sont chargés de juger
les litiges internationaux. Mais la Cour n’a qu’un avis consultatif.
NB : signalons le Conseil de Tutelle qui était chargé de la décolonisation en Afrique et en Asie. Depuis la
fin de la lutte pour l’ indépendance, ce Conseil n’est plus fonctionnel.
Notons également qu au delà des structures de fonctionnement l’ONU se fait aider dans les domaines
économiques et sociaux par des institutions spécialisées dont les principales sont : l’OMS pour la santé,
l’UNESCO pour l’éducation, l’UNICEF pour l’enfance, la FAO et le PAM pour l’alimentation et la nutrition,
l’OIT pour l’emploi, la Croix Rouge pour le secourisme. L’ONU dispose en outre d’une force militaire
d’intervention appelée « les casques bleus ». Cette intervention revêt trois aspects : l’interposition pour séparer
des belligérants, l’action militaire pour imposer la paix, porter secours à des personnes en détresse en cas de
catastrophe (tremblement de terre, inondation, éruption volcanique …)
c/- Bilan et perspectives de l’ONU
l’ONU a un bilan généralement mitigé. Conformément à ses objectifs et à ses principes ce bilan présente des
aspects positifs et des aspects négatif.
- les aspects positifs : l’ONU est parvenu à aider les peuples colonisés d’Afrique et d’Asie à être indépendants.
Elle a aussi préservé le monde des risques d’une 3 ème guerre mondiale qui serait beaucoup plus dévastatrice à
cause de l’arme atomique et des armes chimiques en profusion dans le monde. Enfin l’ONU,à travers les
institutions spécialisées,a consolidé la solidarité et la coopération entre les nations à travers le monde et dans
tous les domaines.
- les aspects négatifs : malgré ses réalisations multiples, l’ONU est confrontée à quelques difficultés. Il s’agit
notamment :
L’usage du Droit de Veto : celui-ci donne la prépondérance aux seuls pays permanents du CS, ce qui
constitue un abus au regard du principe de l’égalité des Etats qui fonde l’organisation. D’autre part, les
grandes puissances que sont les USA et la Russie se sont toujours servies du droit de veto pour se
combattre étant donné l’antagonisme de leur idéologie.
La quasi-impossibilité pour l’ONU d’instaurer la paix et la sécurité totales dans le monde :au sein de
l’ONU les rivalités ente les pays sont telles la prise des décisions et leur application sont le plus souvent
source de débats houleux et très longs. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les conflits
permanents au Moyen-Orient (Palestine, Irak) que l’ONU n’arrive pas à résoudre jusqu’ à présent.
Nous pouvons ajouter à tout cela que de nos jours, le Japon et l’Allemagne qui sont des états économiquement
puissants et qui contribuent financièrement au soutien de l’ONU, restent toujours écartés du Conseil de
Sécurité ; ce qui paraît injuste et nuit au bon fonctionnement de l’organisation.
Au regard de son bilan et plus particulièrement des aspects négatifs, il est envisagé depuis quelques années une
réforme de l’Organisation des Nations Unies. Il est prévu l’élargissement du C.S . à d’autres Etats
d’Afrique,d’Asie, d’Amérique Latine et d’Europe. Le grand débat est de savoir s’il faut leur accorder en plus le
fameux Droit de Veto. Ce que les grandes puissances ne semblent pas s’accorder.
CONCLUSION
La seconde guerre mondiale a été très catastrophique sur tous les plans pour les pays européens et d’Asie de
l’Est. Elle a marqué le déclin politique et économique de ces pays, alors que les Etats- unis et l’Urss vont
émerger comme les nouvelles puissances mondiales.
A travers les traités d’accord, les remaniements territoriaux et la création de l’ONU, les Alliés ont pensé trouver
une solution durable à la paix universelle. Mais hélas, le monde va plonger dès 1946 dans une nouvelle
confrontation appelée « la guerre froide ».
A. Le Monde Contemporain
1èrePartie: Le monde au lendemain de la 2nde Guerre mondiale
Leçon 1: Les conséquences de la guerre et les règlements du conflit
Introduction
La 5ème décennie du 20ème siècle (1940-1949) est née dans la souffrance, le deuil, la violence, l’atrocité, etc. car
la montée des régimes fascistes, les volontés expansionnistes de l’Allemagne, de Italie, du Japon,
l’internationalisation de certains conflits régionaux avaient fini par donné naissance à la deuxième guerre
mondiale. Cette dernière de par l’arrogance de ses acteurs, sa durée (1 er Sept. 1939- 2Sept. 1945), son armement
(bombe atomique) a eu un bilan tragique. Ainsi, les peuples du monde sortent d’une période de crise et
tension. Mais les vainqueurs vont prendre part à toutes les décisions opportunes à travers des rencontres afin de
dégager de nouvelles perspectives dans les relations internationales.
Introduction
Avec la crise des années 30, nous assistons à la montée du fascisme dans plusieurs Etats européens et l’arrivée
au pouvoir de nombreux dictateurs (Hitler, Mussolini, …). Ces dernières avaient contribué à la faillite de la
sécurité collective établie depuis 1919 avec la création de la SDN. Ces facteurs avaient plongé l’humanité
dans une deuxième guerre mondiale entre le 1er Septembre 1939 et le 2 septembre 1945. Cette conflagration a
entraîné d’énormes pertes humaines, économiques, et matérielles, a bouleversé le mode de vie et totalement
changé la physionomie politique du monde. L’idée de reconstruction d’un monde de paix et de stabilité sera
discutée lors de conférences internationales et matérialisée par la création de l’Organisation des Nations Unis
(O N U), dont le but essentiel est de préserver les générations futures des périls de la guerre.
I. Le bilan tragique de la Seconde Guerre mondiale
A. Le bilan humain: une terrible saignée et d’importants mouvements migratoires
La Deuxième Guerre Mondiale est considérée comme une véritable hécatombe. Elle a provoqué des pertes en
vies humaines évaluées entre 50 et 60 millions de morts (directs ou indirects, civils ou militaires). Avec ces
pertes en vies humaines, elle apparaît comme le conflit le plus sanglant de toute l’histoire. Aux pertes directes,
il faut ajouter les pertes indirectes liées à la diminution des naissances (séparation des couples avec la
mobilisation des hommes), à l’augmentation de la mortalité due aux famines, aux épidémies et aux mauvaises
conditions de vie, etc. En plus de cette hécatombe, la guerre a provoqué de vastes mouvements de transferts et
de déplacements de populations, liés à la fuite des personnes des zones de combat et aux règlements
territoriaux. On estime à 30 millions le nombre de personnes déplacées de manière forcée.
B. Un lourd bilan moral
Au plan moral, la Seconde Guerre mondiale eut des répercussions très lourdes. En effet, méprisant les droits
humains, la barbarie, l’emploi généralisé de la torture, les régimes politiques de terreur, l’usage de la bombe
atomique, la découverte des camps de concentration ont affecté la conscience humaine, traumatisé des milliers
de personnes.
C. Le bilan matériel et financier
Les destructions matérielles ont été énormes. En 1945, l’Europe et le Japon sont un amoncellement de ruines.
En URSS par exemple, 1 700 villes, 70 000 villages et 6 millions de maisons sont endommagés ou détruits.
Des villes entières sont à reconstruire après les bombardements. Les communications sont désorganisées: les
chemins de fer sont particulièrement atteints ainsi que les ponts et les routes.
Le bilan financier de la Seconde Guerre mondiale est amer. Les dépenses militaires ont été considérables
(plus de 1 000 milliards de dollars). Et, au décompte final, le coût des dommages de guerre est évalué à 2 000
milliards de dollars. Tout cela eut comme conséquence un endettement massif de certains pays belligérants,
en particulier ceux de l’Europe vis-à-vis des Etats-Unis. D’ailleurs, les Etats-Unis et, dans une moindre mesure,
l’URSS, le Brésil, l’Argentine, l’Australie ont profité de la guerre pour développer leurs économies.
D. Conséquences économiques
Le bilan économique de la 2nde guerre mondiale est mitigé. L’Europe et le Japon ont enregistré une baisse
importante des productions et richesses. Ces dernières ont chuté de 50%. Cependant, la guerre a stimulé la
recherche fondamentale. En plus certains États ont tiré profit de la guerre. La production industrielle des États-
Unis a doublé entre 1939 et 1945, le revenu national a accru de près de 75 %, les salaires ont presque triplé, le
chômage réduit à son strique minimum, l’excédent commercial est de 11 milliards de dollars. A la fin de la
guerre, les États-Unis détenaient 75 % du stock d’or mondiale, ce qui leur a permis d’imposer le dollar comme
monnaie d’échange internationale. D’autre pays comme l’URSS, l’Australie, la Nouvelle-Zélande vont aussi
tirer des bénéfices de la Deuxième Guerre Mondiale.
E. Le bilan politique
La fin de la guerre débouche sur l’avènement d’une ère nouvelle marquée par:
-le déclin de l’Europe: Ruinée et dévastée, l’Europe est incapable de jouer le même rôle qu’autrefois. Le
processus de décadence amorcé au lendemain de la Première Guerre mondiale s’accentue. A l’ancien système
d’équilibre dont elle était le centre, se substitue un système bilatéral dominé par les Etats-Unis et l’URSS.
-la primauté américaine: Economiquement et politiquement, les Etats-Unis sortent considérablement
renforcés de la guerre. Leur puissance économique est sans égale.la diplomatie américaine va servir
admirablement de cette situation privilégiée.
-le positionnement de l’URSS comme 2ème puissance mondiale: Le rôle de l’Armée rouge dans la défaite
hitlérienne lui a donné un prestige sans précédent. Son influence est prépondérante dans les pays est- européens
et Moscou devient plus que jamais la première métropole du communisme international.
-La remise en question de l’ordre colonial: La Seconde Guerre mondiale a signé la fin des empires
coloniaux .Elle a précipité les revendications indépendantistes dans ces empires où l’affaiblissement des
puissances européennes a stimulé les mouvements nationalistes qui réclament l’indépendance (décolonisation).
-le remodelage de la carte de l’Europe et de l’Asie: En Europe , une nouvelle carte est dessinée au profit de
l’URSS. Le territoire allemand est amputé les toutes les annexions faites depuis 1938 (100 000 km2). La
Pologne reçoit la Prusse orientale, le Corridor de Danzig et les territoires allemands situés à l’Est de la ligne
Oder-Neisse, cependant elle perd une partie de son territoire au profit de l’URSS qui a aussi annexer les États
Baltes,( Estonie, Lituanie, Lettonie, Bessarabie) et quelques territoires allemands, ce qui lui permet d’avoir une
ouverture vers la Mer Baltique.
Les traités de paix signés en février 1947 à Paris avec les anciens satellites du 3 ème Reich (Hongrie, Bulgarie,
Roumanie, Italie), renforce les gains territoriaux de l’URSS .
-En Asie, le Japon, occupé par les Etats- Unis perd tous les territoires conquis depuis le 19 ème siècle. La
Manchourie et Taiwan sont rétrocédés à la Chine qui revient à la Chine. Il perd également les Iles Kouriles et
Sakhaline au profit de l’URSS, les Iles Mariannes Carolines et Marshall reviennent aux Etats-Unis. La Corée
est divisée en deux par le 38ème parallèle, le Nord occupé par l’URSS et le Sud par les Etats-Unis.
.
II. Les règlements du conflit
Les règlements d’un conflit constituent l’ensemble des moyens juridictionnels ou non juridictionnels pour
parvenir à la résolution d’un conflit. Pour la Deuxième Guerre mondiale, il s’agit d’un ensemble d’accords et de
traités préparés par les alliés au cours ou après la guerre. Ils portent sur les offensives à engager pour la
libération des pays occupés, sur leurs frontières et leur futur régime politique, sur les sanctions aux vaincus et
sur la création de l’ONU.
A. Les conférences pour finir la guerre et organiser le monde de l’après-guerre ou conférences à trois
1. La conférence de Téhéran (28 Nov. 1er Déc. 1943)
Elle réunitStaline, Roosevelt et Churchill. De nombreuses décisions ont été prises:Sur demande de Staline,
Roosevelt et Churchill acceptent l’idée d’une contre-offensive à l’ouest pour prendre en sandwich la
Wehrmacht et pour alléger le poids de la guerre, supporté presque exclusivement par l’URSS; La conférence
fixe les nouvelles frontières de la Pologne, de l’URSS et de l’Allemagne;Le démembrement de l’Allemagne
ainsi la création d’une Pologne plus à l’ouest, jusqu’à la ligne Oder-Neisse, sont décidés;Une prévision
d’élections libres dans les Etats libérés.
2. La conférence de Yalta (4-11 février 1945) ou la volonté de coopération
Le 4 Février 1945 s’ouvre à Yalta, en Crimée (URSS), la plus célèbre conférence de la seconde Guerre
mondiale. Les Trois grand discutent du sort futur de l’Europe, prennent des décisions destinées à être
appliquées après la capitulation allemande, décident de la création de l’ONU. Les principales décisions
politiques et militaires sont: Les revendications territoriales de l’URSS sont acceptées (Etats baltes et Pologne
orientale); L’Allemagne doit être occupée par les vainqueurs avec une zone d’occupation réservée à chaque
vainqueur (Trois grands et la France); Des élections libres doivent se dérouler dans toute l’Europe libérée; Les
grandes lignes de l’ONU sont fixées; L’URSS doit attaquer le Japon 3 mois après la capitulation allemande.
Yalta a donné naissance à diverses interprétations. Pour certains historiens, la conférence de Crimée a été un
partage du monde en zones d’influence ; d’autres y voient un modus vivendi fondé sur un rapport des forces à
un moment donné ; pour d’autres enfin, Yalta est fondée sur l’idée de coordination entre les Grands marquée
par les aspirations à l’union, à la paix et à la démocratie.
3. La Conférence de Potsdam(17 juillet-2août 1945) ou le temps du compromis
En juillet 1945, commence à Potsdam, banlieue de Berlin, la troisième conférence qui réunit anglais (Clément
Attlee), américains (Harry Truman) et soviétiques (Staline).Cette conférence se déroule dans un climat de
tensions qui contraste avec l’esprit de Yalta. Les Trois Grands parvinrent à s’entendre sur le sort de
l’Allemagne qui sera démilitarisée, dénazifiée, désindustrialisée et démembrée). C’st ce que l’on appelle les «
quatre d » de Potsdam. A plusieurs reprises, la réunion a failli être interrompue du fait d’une mésentente
croissante. On peut même affirmer que la Conférence s’est terminée en queue de poisson et a jeté même les
bases de la rupture définitive de la Grande Alliance entre les Anglo-américains et les Soviétiques.
4. La Conférence de San Francisco (25 avril-26 juin 1945) et la création de l’ONU
La Conférence de San Francisco a réuni (dans l’auditorium du théâtre Herbst) 51Etats dans le but d’élaborer
la Charte des Nations uniesqui sera adoptée le 26 juin 1945. La nouvelle organisation internationale mise sur
pied a son siège à New York et entre officiellement en fonction le 24 octobre 1945, avec comme premier
Secrétaire général le Norvégien Trygve Lie (1946-1962). L’Organisation des Nations unies (ONU) est une
association internationale d’Etats, fondée dans le but de « maintenir la paix et la sécurité internationales », de
« développer entre les nations des relations amicales fondées sur le principe du respect du principe de
l’égalité de droit des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes », de « réaliser la coopération
internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordres économique, social, intellectuel ou
humanitaire » et d’inciter au « respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». Comme le
formulera plus tard Henry Cabot Lodge, ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies, l’ONU est
vouée, non pas « à nous mener au paradis », mais « à nous sauver de l’enfer ». L’ONU fonctionne grâce à six
organes principaux : l’Assembléegénérale (193 Etats), le ConseildeSécurité (15 Etats dont 5 permanents),
le Conseiléconomiqueetsocial, le Conseil de Tutelle, la CourInternationaledeJusticedeLaHaye et le
Secrétariatgénéral. La mise au point de l’ONU a été progressive et laborieuse. Son action a été longtemps
entravée par la rivalité opposant les Etats-Unis à l’URSS. Ses résultats sont limités ou décevants.
Réalisations:
Le maintien de la paix et de la sécurité internationales à travers des interventions armées ou moyens
pacifique: Les troupes de l’ONU se sont dressées contre les « agresseurs » nord-coréens et chinois en 1950.
Les « Casques Bleus » se sont interposés entre les combattants israéliens et égyptiens dans le Sinaï en 1956 et
ont réussi à réduire à néant la sécession katangaise;l’arme diplomatique avec les « bons offices » du secrétaire
général ou de ses envoyés; dans le cadre de a décolonisation,
décolonisation,L’ONU proclame dans sa Charte « le droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes ».Ainsi, l’indépendance est ainsi accordée à des territoires sous mandat de la
SDN : la Syrie et le Liban en 1947, le partage de la Palestine et la création de l’Etat d’Israël en 1948. Par sa
déclaration anticolonialiste de1960, la majorité de l’Assemblée générale réclame l’indépendance immédiate
pour les territoires encore sous tutelle coloniale; Les droits de l’homme:
l’homme: dans
d ce domaine, l’ONU a adopté la
Déclaration universelle des droits de l’Homme le 10 décembre 1948 (droits à la vie, à la liberté, interdiction
de l’esclavage, des détentions et arrestations arbitraires, condamnation de l’apartheid); Le progrès
économique,
économique son action concerne:l’assistance technique : des experts, des bourses d’études, des crédits
d’assistance, etc. ;une aide financière ;des recommandations pour que les pays riches augmentent leur aide
aux pays en développement (objectif : 1 % de PNB) ;
Les insuffisances
L’ONU a été tournée en dérision depuis sa création notamment par les dirigeants des grandes puissances.
Pendant la guerre froide, l’action de l’ONU a été souvent paralysée par l’utilisation abusive du droit deveto de
la part des deux Grands. De 1945 à 1985, les Etats-Unis ont recours au veto 42 fois, la Grande-Bretagne 23
fois, la France 15 fois, la Chine 4 fois ; l’URSS détient le record absolu avec 116 vetos.L’ONU a également
montré son incapacité à remplir la première de ses missions : la résolution des conflits. C’est que ClaireTréan
constate : « L’Assemblée générale n’avait cessé d’adopter des résolutions, de dépêcher des médiateurs, mais
ici le sang continuait de couler ». En effet, depuis 1945 plus de 130conflits ont éclaté dans le monde sans que
l’ONU ait été capable d’arrêter les va-t-en-guerre.Même si la fin de la guerre froide a permis de lever le blocage
du système, l’ONU est affaiblie par la disparition du contrepoids que constituait l’URSS. Aujourd’hui,
l’Amérique, unique superpuissance, agit souvent de manière unilatérale. L’intervention des Etats-Unis en Irak
en mars 2003 sans l’aval du Conseil de Sécurité en est une parfaite illustration. L’action de l’ONU continue
d’être suspendue à la volonté politique des Etats-Unis. La composition du Conseil de Sécurité ne reflète plus les
rapports de forces internationaux actuels. Aussi certains pays réclament-ils avec insistance et à juste titre le
statut de membres permanents : c’est le cas du Japon (2e contributeur de l’ONU), l’Allemagne (3e bailleur) ou
du Brésil.Entre autres problèmes de l’ONU, André Lewin mentionne, dans le journal Jeune
Afrique/L’Intelligent (n° 2205, du 13 avril 2003), « les réunions répétitives et les ordres du jour
interminables » de même que « la prolifération des tâches et des programmes de sorte qu’il est impossible de
se concentrer sur les priorités ».
Après plus de 70 ans d’existence, l’ONU présente un bilan mitigé. Certaines critiques sont fondées mais il faut
reconnaître que l’Organisation a fait des efforts réels (aides, subventions, soutien aux mouvements de
décolonisations, solutions de certains conflits, etc.). Aujourd’hui, une réforme de fond s’impose. Face aux
nombreuses difficultés de l’ONU, il est nécessaire de prendre des mesures susceptibles d’insuffler une vigueur
aux Nations unies car, comme l’affirme
Conclusion
L’URSS, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont voulu prolonger leur collaboration pour favoriser la
constitution d’une nouvelle économie mondiale et jeter des bases de paix et de sécurité dans les relations
internationales. Mais, très rapidement, les calculs des uns et les méfiances des autres ont entraîné une
profondedivisionsidéologiquedumonde, caractérisée par des antagonismes répétés, parfois violents, avec l’ère
de avec la guerre froide.