Fonctions réelles de la variable réelle
5 (2/2)
1 Continuité et dérivabilité. 1
1.1 Dénitions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Continuité et opérations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Dérivabilité et opérations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Dérivées d'ordre supérieur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2 Applications de la continuité et de la dérivabilité. 5
2.1 Théorème des valeurs intermédiaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Variations des fonctions dérivables. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3 Bijections. 7
3.1 Bijections et réciproques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Bijections continues. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.3 Dérivée d'une réciproque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Exercices 10
Dans ce cours, I et J désignent des intervalles de R non vides et non réduits à un point.
1 Continuité et dérivabilité.
1.1 Dénitions.
Dénition 1.
Soit f : I → R et a ∈ I . La fonction f est continue en a si
f (x) −→ f (a).
x→a
Si f est continue en tout point de I , elle est dite continue sur I .
Dénition 2.
Soit f : I → R et a ∈ I . La fonction f est dérivable en a si
f (x) − f (a)
(x 6= a)
x−a
a une limite nie lorsque x tend vers a. On note alors f 0 (a) = lim f (x)−f (a)
x−a .
x→a
Si f est dérivable en tout point de I , elle est dite dérivable sur I .
I → R
La fonction f 0 :
x 7→ f 0 (x)
, est alors appelée dérivée de f .
1 MP2I PV
Proposition 3.
Si une fonction est dérivable, alors elle est continue. La réciproque est fausse.
Figure. Par les points (a, f (a)) et (x, f (x)) passe une droite appelée corde, de pente f (x)−f (a)
x−a .
Lorsque x se rapproche de a, cette corde "tend" vers une droite qui eeure la courbe de f en a : c'est la
tangente. La pente de la corde tend vers celle de la tangente : f 0 (a).
L'équation de la tangente est y = f 0 (a)(x − a) + f (a).
Tangente en un point au graphe de f .
Exemple 4.
√
Continuité et dérivabilité de la fonction x 7→ x.
Tableau des dérivées usuelles : (X est l'ensemble où la fonction f est dérivable)
f (x) f 0 (x) X
f (x) f 0 (x) X
ch(x) sh(x) R
xn (n ∈ N) nxn−1 R
1 − th2 x
xp (p ∈ Z) pxp−1 R∗ thx R
1
2
ch x
1
x − x12 R∗
sh(x) ch(x) R
xa (a ∈ R) axa−1 R∗+
√ cos x − sin x R
x 1
√
2 x
R∗+
sin x cos x R
ex ex R
1 + tan2 x
ln(x) 1
x R∗+ tan x Dtan
1
cos2 x
2
1.2 Continuité et opérations.
Proposition 5.
Si f et g sont continues sur I , alors leur somme et leur produit sont continus sur I .
Si f et g sont continues sur I et que g ne s'annule pas sur I , leur quotient est continu sur I .
Proposition 6.
Soient deux fonctions f : I → J et g : J → R.
Si f est continue sur I et g est continue sur J , alors la composée g ◦ f est continue sur I .
1.3 Dérivabilité et opérations.
Proposition 7 (Dérivée d'une somme, d'un produit, d'un quotient).
Soient deux fonctions f, g : I → R, dérivables sur l'intervalle I . Soit λ ∈ R.
• La fonction f + g est dérivable sur I et
(f + g)0 = f 0 + g 0 .
• La fonction λf est dérivable sur I et
(λf )0 = λf 0 .
• La fonction f g est dérivable sur I et
(f g)0 = f 0 g + f g 0 .
• Si g ne s'annule pas sur I , la fonction fonction f /g est dérivable sur I et
0
f gf 0 − f g 0
= .
g g2
Théorème 8 (Dérivée d'une composée).
Soient deux fonctions f : I → J et g : J → R.
Si f est dérivable sur I , et si g est dérivable sur J , alors la composée g ◦ f , est dérivable sur I et
(g ◦ f )0 = f 0 · (g 0 ◦ f ) i.e. ∀x ∈ I (g ◦ f )0 (x) = f 0 (x) · g 0 (f (x)) .
Exemple 9.
Dérivées de A : x 7→ cos(ln(x)) et de B : x 7→ (ch(x))π
3
Corollaire 10 (Cas particuliers courants).
Soit u : I → R, dérivable sur I , alors
• la fonction eu est dérivable sur I et (eu )0 = u0 eu .
• un est dérivable sur I et (un )0 = nu0 un−1 .
Si de surcroît,
0
1 u0
• u:I→ R∗ , alors la fonction 1/u est dérivable sur I et =− 2 .
u u
• u : I → R∗+ , alors pour tout réel a, ua est dérivable sur I , et (ua ) = au0 ua−1 .
√ 0 u0
Notamment, u = √ .
2 u
u0
• u : I → R∗+ , la fonction ln(u) est dérivable sur I et (ln(u))0 = .
u
Autre cas particulier courant : si g est une fonction dérivable sur R, alors pour tous a et b réels, puisque
x 7→ ax + b est dérivable sur R, la fonction composée x 7→ g(ax + b) l'est aussi par théorème. On a
d d d
g(ax + b) = (ax + b) · g 0 (ax + b) soit g(ax + b) = a · g 0 (ax + b).
dx dx dx
1.4 Dérivées d'ordre supérieur.
Dénition 11.
Soit f : I → R une fonction dérivable sur I telle que f 0 : I → R est elle-même dérivable sur I . On
appelle dérivée seconde de f et on note f 00 la fonction dérivée de f 0 .
Dénition 12.
Soit f : I → R. On peut dénir par récurrence une dérivée de f à l'ordre n, qui sera notée f (n) .
• On convient que f (0) = f .
• Soit n un entier naturel. Si la dérivée à l'ordre n, f (n) est bien dénie sur I et est elle-même
dérivable sur I , alors la dérivée à l'ordre n + 1 est dénie par
f (n+1) = (f (n) )0 .
Exemple 13.
Dérivées successives de x 7→ xn (pour n ∈ N) et de ln sur R∗+ .
4
2 Applications de la continuité et de la dérivabilité.
2.1 Théorème des valeurs intermédiaires.
Théorème 14 (des valeurs intermédiaires).
Soient deux réels a ≤ b et f : [a, b] → R continue. Alors, pour tout réel y entre f (a) et f (b),
∃c ∈ [a, b] y = f (c).
Autrement dit, toute valeur intermédiaire entre f (a) et f (b) possède (au moins) un antécédent par f .
Remarque. Comme on l'a illustré sur le dessin, il n'y a pas forcément unicité de l'antécédent pour une
valeur de y donnée.
Corollaire 15.
Si une fonction continue sur un intervalle y change de signe, alors elle s'annule sur cet intervalle.
2.2 Variations des fonctions dérivables.
Théorème 16 (Caractérisation des fonctions monotones parmi les fonctions dérivables).
Soit I un intervalle, et f : I → R une fonction dérivable sur I .
• f est croissante sur I si et seulement si f 0 est positive sur I .
• f est décroissante sur I si et seulement si f 0 est négative sur I .
• f est constante sur I si et seulement si f 0 est nulle sur I .
5
Théorème 17 (Stricte monotonie).
Soit I un intervalle, et f : I → R une fonction dérivable sur I .
• Si f 0 est strictement positive sur I , alors f y est strictement croissante. Réciproque fausse.
• Si f 0 est strictement négative sur I , alors f y est strictement décroissante. Réciproque fausse.
Exemple 18.
1. Donner un exemple de fonction dérivable et strictement croissante sur R, dont la dérivée
s'annule.
2. Donner un exemple de fonction dérivable sur R∗ , et dont la dérivée est négative sans que la
fonction soit décroissante sur R∗ .
Corollaire 19.
Soit I un intervalle et f : I → R, dérivable sur I .
Si f 0 est positive (resp. négative) et ne s'annule qu'en un nombre ni de points de I , alors f est
strictement croissante (resp. strictement décroissante) sur I .
Méthode (Conseils pour l'étude d'une fonction).
• Déterminer son ensemble de dénition.
• Détecter une éventuelle parité/imparité/périodicité et réduire en conséquence le domaine
d'étude.
• Pour l'étude des variations, on ne se rue pas sur la dérivation si la fonction est une somme
ou une composée de fonctions croissantes, par exemple !
• Dans le cas où on dérive, on justie sur quel ensemble et pourquoi on peut le faire, soigneu-
sement.
• Calcul de la dérivée. Puisque c'est son signe qui nous intéressera, on cherche à la factoriser
le plus possible !
• Étude du signe de la dérivée : il sura la plupart du temps de résoudre l'inéquation
f 0 (x) ≥ 0.
• Tableau de signe pour la dérivée, de variations pour la fonction.
• Calcul des limites aux bords. Si on détecte une incohérence, il est encore temps de se relire !
• Esquisser un graphe résumant l'étude. Ne pas hésiter à y souligner des valeurs, ou des
tangentes notables.
Exemple 20 (Étude et recherche d'extremums).
Étudier la fonction f : x 7→ x x . Préciser les extremums.
1
6
Exemple 21 (Établir une inégalité).
Démontrer l'inégalité
x3
∀x ∈ R+ 0 ≤ x − sin x ≤ .
6
Exemple 22 (où l'on croise des asymptotes verticales).
Étudier la fonction f : x 7→ ln 1+x
1−x
.
3 Bijections.
La bijectivité d'une application d'un ensemble E dans un ensemble F sera étudiée ultérieurement.
On se restreint dans cette partie à quelques résultats sur les bijections entre deux intervalles I et J de R.
3.1 Bijections et réciproques.
Dénition 23.
On dit qu'une fonction f : I → J est une bijection si tout élément de J possède un unique
antécédent dans I par f , ce qui s'écrit
∀y ∈ J ∃!x ∈ I y = f (x).
Remarque. Les ensembles de départ et d'arrivée sont très importants dans la dénition précédente : on
pourra écrire f réalise une bijection de I dans J , si on veut les préciser.
Dénition 24.
Soit f : I → J une bijection.
Tout élément y ∈ J possède un unique antécédent dans I par f ; notons-le f −1 (y). Ceci dénit
une fonction
J → I
f −1 : ,
y 7→ f −1 (y)
appelée réciproque de f .
Exemple. exp : R → R∗+ est une bijection et ln : R∗+ → R est sa réciproque.
Exemple 25.
√
Montrer que f : x 7→ 1 + x2 réalise une bijection de R+ dans [1, +∞[ et expliciter sa réciproque.
7
Proposition 26 (découle de la dénition de f −1 ).
Soit f : I → J une bijection et f −1 : J → I sa réciproque. On a
f −1 (f (x)) = x f f −1 (y) = y.
∀x ∈ I et ∀y ∈ J
Proposition 27.
Soit f : I → J une bijection. Les graphes de f et f −1 sont symétriques par rapport à la droite
d'équation y = x.
Proposition 28.
Soit f : I → J une bijection.
1. Si f est strictement croissante (resp. strictement décroissante) sur I , alors f −1 est strictement
croissante (resp. strictement décroissante sur J ).
2. Si f est impaire, alors f −1 : J → I l'est aussi.
3.2 Bijections continues.
Théorème 29 (TVI strictement monontone).
Soit I un intervalle de R et f : I → R une fonction.
Si f est strictement monotone et continue sur I , alors elle réalise une bijection de I dans f (I),
qui est aussi un intervalle.
Dans le théorème ci-dessus, f (I) désigne l'ensemble des images par f des éléments de I :
f (I) = {f (x), x ∈ I} = {y ∈ J | ∃x ∈ I : y = f (x)} .
8
I [a, b] ]a, b] [a, b[ ]a, b[
Précisons f (I) : f % [f (a), f (b)] ] lim f, f (b)]
a
[f (a), lim f [ ] lim f, lim f [
a
b b
f & [f (b), f (a)] [f (b), lim f [ ] lim f, f (a)] ] lim f, lim f [
a b b a
Exemple 30.
Justier que ch réalise une bijection de [0, +∞[ dans [1, +∞[. Expliciter sa réciproque.
3.3 Dérivée d'une réciproque.
Proposition 31 (Dérivée d'une réciproque).
Soit une bijection f : I → J , dérivable sur I .
Sa réciproque f −1 est dérivable sur J si et seulement si f 0 ne s'annule pas sur I . On a alors
0 1
∀y ∈ J f −1 (y) = .
f 0 (f −1 (y))
Les nombres f 0 f −1 (y) et f −1 0 (y) sont les pentes respectivement d'une tangente à la courbe de f et
d'une tangente à la courbe de f −1 . Ces deux tangentes sont symétriques par rapport à y = x : leurs pentes
ne sont-elles donc pas inverses l'une de l'autre ?
Ceci n'est pas une preuve.
Preuves
Preuve de la proposition 27 Soient Cf et Cf −1 respectivement les graphes de f et de sa réciproque f −1 .
Soient x ∈ I, y ∈ J . On a
(x, y) ∈ Cf ⇐⇒ y = f (x)
⇐⇒ x = f −1 (y)
⇐⇒ (y, x) ∈ Cf −1 .
Les points de Cf −1 sont bien obtenus à partir des points de Cf , en échangeant les coordonnées .
9
Exercices
5.1 S'entraîner tout seul.
Pour chacune des fonctions ci-dessous, donner un ou plusieurs intervalles sur lesquels la fonction est dérivable,
et préciser sa dérivée (réponses en n de page).
A : x 7→ xπ , B : x 7→ π x , C : x 7→ cos(5x), D : x 7→ th (ch(x)) ,
p 1
E : x 7→ ln(1 + x3 ), F : x 7→ cos ln(x) , G : x 7→ √ , H : x 7→ sin|x + 1|,
3x − 1
5.2 Donner le tableau de variations complet de
f : x 7→ xx ln(x) .
5.3 Soit la fonction p
f : x 7→ ln x2 + 1 − x
1. Donner le domaine de dénition de f .
2. Montrer que f est impaire.
3. Étudier ses variations et donner le tableau correspondant.
5.4 (*)
1. Montrer que th est une bijection de R dans ] − 1, 1[ et déterminer une expression explicite de sa
réciproque, qu'on notera argth.
2. De deux façons diérentes, montrer que argth est dérivable sur son intervalle de dénition et calculer
sa dérivée.
1 + 3thx √
3. Montrer que pour tout x ∈ R, argth = x + ln 2.
3 + thx
Sur ] −∞, −1[, H(x) = sin(−x − 1) et H 0 (x) = − cos(−x − 1).
• Sur ] −1, +∞[, H(x) = sin(x + 1) et H 0 (x) = cos(x + 1).
• On a G : x 7→ (3x − 1)−1/2 . Sur ] 31 , +∞[, G0 (x) = − 32 (3x − 1)−3/2 .
ln(x) 2x
√ ln(x)) .sin(
• F est dérivable sur ]1, +∞[ et ∀x ∈]1, +∞[ F 0 (x) = −
√
∀x ∈ R \ {−1} E 0 (x) = 1+x
3x2
3.
• E est dérivable sur R \ {−1}, c'est-à-dire sur ] − ∞, −1[ et sur ] − 1, +∞[.
ch2 (ch(x))
. sh(x)
• D est dérivable sur R et ∀x ∈ R D0 (x) =
• C est dérivable sur R et ∀x ∈ R C 0 (x) = −5 sin(5x).
et ∀x ∈ R B 0 (x) = ln(π)ex ln(π) = ln(π)π x .
• Par dénition : B : x 7→ ex ln(π) . Cette fonction est clairement dérivable sur R
On a ∀x ∈ R+ ∗ A0 (x) = πxπ−1 .
• La fonction A est dérivable sur R+ ∗ (cours : fonction usuelle).
Réponses pour le premier exercice.
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