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TABLE DES MATIERES
PREMIERE PARTIE : GENERALITES
Chapitre 1 : Définition du vocable 'Psychiatrie' et du concept 'Santé mentale'.
Chapitre 2 : Historique de la Psychiatrie.
Chapitre 3 : Etiologie des maladies mentales.
Chapitre 4 : Grandes tendances doctrinales de la psychiatrie contemporaine moderne et conception
traditionnelle africaine de la pathologie mentale.
DEUXIEME PARTIE : SEMIOLOGIE PSYCHIATRIQUE
Chapitre 5 : Sémiologie psychiatrique proprement dite
Chapitre 6 : Sémiologie psychiatrique élaborée : Description de quelques symptômes cardinaux
Chapitre 7 : Examen clinique et examens complémentaires en psychiatrie.
TROISIEME PARTIE : PATHOLOGIE PSYCHIATRIQUE
SECTION I. LES NEVROSES
Chapitre 8 : Généralités sur les névroses
8.1. Définition de névrose
8.2. Classification des névroses
8.3. Etiopathogénie des névroses
8.4. Diagnostic des névroses
Chapitre 9 : Les troubles anxieux
9.1. Attaque de panique
9.2. Trouble panique
9.3. Trouble Anxiété généralisée
9.4. Etat de stress aigu et Etat de stress post traumatique (névrose traumatique)
Chapitre 10 : Les troubles phobiques (Névrose phobique)
10.1. Agoraphobie
10.2. Phobie sociale
10.3. Phobie simple
Chapitre 11 : Les troubles obsessionnels-compulsifs (Névrose obsessionnelle)
Chapitre 12 : La Névrose hystérique
SECTION II. LES PSYCHOSES
Chapitre 13 : Les psychoses fonctionnelles affectives
13.1. L'épisode maniaque
13.2. Les états dépressifs
Chapitre 14 : Les psychoses fonctionnelles non affectives ou délirantes
14.1. Les psychoses fonctionnelles non affectives aiguës
14.1. 1. Le trouble psychotique bref
14.1. 2. Le trouble schizophréniforme
14.2. Les psychoses fonctionnelles non affectives chroniques
14.2. 1. La schizophrénie
14.2. 2. Les psychoses fonctionnelles non affectives chroniques non schizophréniques
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14.2. 2.1. Les psychoses paranoïaques
14.2. 2.2. La psychose hallucinatoire chronique
14.2. 2.3. La paraphrénie
SECTION III. LES AUTRES AFFECTIONS MENTALES
Chapitre 15 : Les troubles psychiques de la grossesse et du post partum
15.1. Les troubles psychiques de la grossesse
15.2. Les troubles psychiques du post partum
15.1. 1. Les « post partum blues »
15.1. 2. La dépression du post partum
15.1. 3. Les psychoses du post partum
Chapitre 16 : L'alcoolisme et les toxicomanies
16.1. L'alcoolisme
16.2. Les toxicomanies
Chapitre 17 : La sociopathie (psychopathie)
Chapitre 18 : Les états déficitaires
18.1. Le retard mental
18.2. Les démences
QUATRIEME PARTIE : THERAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE
Généralités sur le traitement en psychiatrie
Chapitre 19 : Les thérapies biologiques en psychiatrie
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PREMIERE PARTIE : GENERALITES
CHAPITRE 1. DEFINITION DU VOCABLE PSYCHIATRIE ET DU CONCEPT SANTE MENTALE
1.1. DEFINITION DU VOCABLE PSYCHIATRIE
La psychiatrie n'est autre chose que la branche de la médecine consacrée aux maladies mentales.
Etymologiquement le mot « Psychiatrie est issu des mots grecs psyché »󠄦 qui signifie âme et « iatros » qui
veut dire guérir.
1.2. DEFINITION DU CONCEPT SANTE MENTALE
La santé mentale n'est qu'un aspect de la santé en général. Elle peut se définir comme étant l'aptitude
de l'individu à :
A) Etablir des relations satisfaisantes avec autrui
Une relation interpersonnelle satisfaisante peut être comprise comme celle qui permet à la fois à
l'individu et à aux autres de s'épanouir et de satisfaire leurs besoins et désirs respectifs.
B) Participer de façon constructive aux modifications du milieu
Cette exigence suppose que l'individu mentalement sain doit être actif et porté à poser des actions
constructives (pas destructives) dans son milieu.
C) Résoudre d'une manière équilibrée ses propres conflits en puissance
Avec qui un individu peut-il entrer en conflit ? Un individu peut entrer en conflit avec son entourage ou
avec lui-même. Il est, bien sûr plus facile de concevoir qu'individu puisse entrer en conflit avec autrui
qu'avec lui-même.
Comment un individu peut-il entrer en conflit avec lui-même ? Du point de vue de la psychologie
dynamique, l'appareil psychique recèle certaines forces qui sont capables d'entrer en conflit les unes
avec les autres. Il en est ainsi des forces propres aux instances qui, selon FREUD, constituent l'appareil
psychique. Ces instances sont du point de vue du deuxième modèle topique freudien :
- Le 'ça' qui est le pôle pulsionnel de l'appareil psychique (personnalité). Comme tel, il envoie
d'une manière pressante des pulsions vers l'un des deux autres instances, le moi.
- Le moi qui est l'instance médiatrice entre d'une part les deux autres instances psychiques et,
d'autre part, entre l'appareil psychique et la réalité (le monde extérieur). Il est aussi l'instance
agissante de l'appareil psychique et, comme tel, c'est lui qui, entre autres tâches, doit satisfaire,
mieux, manager les pulsions en provenance du ça, en tenant compte des exigences du surmoi et
de la réalité.
- Le surmoi est, quant à lui, l'instance qui exerce un rôle de censure vis-à-vis du ça et du moi. C'est
lui qui, tenant compte du contexte, autorise ou interdit au moi la satisfaction des pulsions.
Une telle structuration de l'appareil psychique évoque donc des instances (ou des forces) qui, dans
certaines circonstances, peuvent opérer dans des sens opposés ; ce qui peut aboutir à un conflit.
D) Développer sa personnalité en investissant ses pulsions libidinales dans des réalisations sociales,
intellectuelles et artistiques. Ce phénomène s'appelle sublimation.
De tout ce qui précède il découle que l'individu mentalement sain doit être en harmonie avec lui-même
et avec son environnement. Par ailleurs, on ne peut parler de santé mentale qu'en tenant compte des
normes socioculturelles du milieu et de l'époque où vit le sujet.
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La notion de normalité du point de vue mental doit également se référer à l'âge et au sexe du sujet. En
effet, la société ne peut exiger le même modèle de comportement d'un enfant que d'un adulte, ni d'une
femme que d'un homme.
Enfin, si la normalité sur le plan mental implique une bonne adaptation sociale, le fait de paraître
socialement adapté ne signifie pas nécessairement qu'on est mentalement sain. En effet, quelqu'un
peut paraître adapté mais au prix de lourds efforts intrapsychiques et de toutes sortes d'artifices
(mécanismes de défense) qui ne garantissent ni la paix intérieure, ni le confort dans les relations
interpersonnelles. Il ne s'agit là que d'une façade d'adaptation et la personne concernée ne peut pas
être considérée comme normale.
CHAPITRE 2. HISTORIQUE DE LA PSYCHIATRIE
La Psychiatrie est sans doute la plus ancienne des spécialités médicales. En effet, déjà dans les sociétés
primitives, le chaman usait de certaines techniques proches de ce que l'on appellera plus tard
psychothérapie.
Toutefois avant de s'ériger en une discipline véritablement scientifique, la psychiatrie a dû attendre
longtemps. Il a fallu pour cela qu'elle se libère de deux conceptions gênantes : d'abord celle qui
considérait et considère encore dans certaines cultures les maladies mentales comme des phénomènes
surnaturels. Ensuite celle qui considérait les maladies mentales comme des maladies organiques. Or, les
maladies organiques sont plutôt celles susceptibles de menacer l'homme dans sa vitalité. Cependant, les
maladies mentales ne sont en fait que des pathologies de la vie psychique, affectant l'homme dans son
humanité, c'est-à-dire sa coexistence avec autrui et la construction de son monde.
L'évolution de la psychiatrie peut être subdivisée en quatre grandes périodes. Il s'agit de :
A) Ta période des sociétés primitives : où les troubles mentaux sont carrément considérés comme des
phénomènes surnaturels.
B) L'antiquité gréco-romaine
Cette période est caractérisée par les deux grands courants suivants :
- La médecine magico religieuse des ASKLEPEIA ou prêtres d'ASKLEPEIOS, dieu de la médecine ;
- La médecine rationnelle laïque avec HIPPOCRATE comme tête d'affiche. Dans ce courant,
certaines maladies mentales (manie, mélancolie, hystérie, épilepsie.) sont déjà considérées
comme des vésanies d'origine naturelle.
C) Le mayen âge
Le courant prévalant au moyen âge est celui dit démonologique : les maladies mentales sont
considérées comme étant l'effet de possession démonologique et de la sorcellerie. Il s'en suit que les
malades mentaux étalent soit exorcisés, soit brûlés vifs.
Cependant, à cette même époque, des auteurs comme WILLIS, WEYER, ZACHIAS, SYDENHAM et
BOERHAAVE combattaient déjà la conception démonologique des maladies mentales, au profit de celle
naturelle. Ces auteurs ont également fourni les premières descriptions cliniques complètes d'un certain
nombre de maladies mentales.
C'est aussi au moyen âge qu'apparurent les premières institutions psychiatriques. Il s'agit des
NOOTROPHIA (VIème siècle) et des MORISTANS (XIIIème siècle) qui, en fait, étaient avant tout des
institutions charitables. Les premiers véritables hôpitaux psychiatriques apparurent en Occident au XIllè
siècle.
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D) Les temps modernes et l'époque contemporaine
C'est grâce à la REFORME et plus tard la REVOLUTION FRANCAISE (1789) avec l'essor de la notion de
libre arbitre (liberté individuelle) que les maladies mentales ont pu être considérées comme des
phénomènes relevant d'un autre registre que l'organicité. Ceci, grâce à la prise de conscience de la
notion de diminution pathologique, du libre arbitre qui caractérise les maladies mentales. La Révolution
française peut ainsi être considérée comme le début de la psychiatrie moderne.
La psychiatrie moderne naissante réalisa un progrès décisif en 1793 lorsque PHILLIPE PINEL brisa les
chaînes des malades mentaux à BICETRE. De fait, à celte époque il existait deux types d'hôpitaux
psychiatriques :
- Ceux du type carcéral (prison) où aliénés, criminels, mendiants et infirmes étaient mêlés ; et où
les malades mentaux étaient purement et simplement contenus au moyen des chaines ;
- Ceux du type monastère, réservés aux riches et créés par les Frères de la charité de Saint Jean
de Dieu.
Au 19ième siècle, la théorie organiciste était la tendance prévalente, ceci notamment avec des auteurs
comme MEYNERT, CARL WERNICKE, GRIESINGER et KRAEPELIN. Toutefois certaines théories
psychologiques verront également le jour, ceci grâce à des auteurs comme JANET et FREYD.
Ce dernier introduisit la notion de psychanalyse dans la psychiatrie, qui connaîtra ainsi une grande
révolution.
Au cours du XXème siècle, la psychiatrie réalisa d'autres progrès significatifs grâce à la création des
centres de recherche, l'introduction de la multidisciplinarité, la découverte de l'électrochoc par CERLETTI
et BINI en 1938, la découverte du Largactil premier neuroleptique en 1952 par LABORIT et CHARPENTIER,
la diversification de la gamme des médicaments psychotropes, la floraison des méthodes
psychothérapeutiques et sociothérapeutiques, l'implication des neurosciences, la mécanisation de la
pratique psychiatrique et la transformation des institutions d'assistance psychiatrique en les rendant de
plus en plus ouvertes et rapprochées de la communauté, ceci notamment sous la forme de centres de
jour ou de nuit, de centres de santé mentale, d'ateliers protégés, de dispositifs de soins psychiatriques à
domicile. Cette transformation des institutions psychiatrique est dénommée désinstitutionalisation.
Le, début du 21ième siècle est essentiellement marqué par l'essor des neurosciences et l'accentuation du
courant de la désinstitutionalisation.
CHAPITRE 3. ETIOLOGIE DES MALADIES MENTALES
INTRODUCTION : LA PROBLEMATIQUE DE L'ETIOLOGIE EN PSYCHIATRIE
Du point de vue de l'étiologie, les maladies mentales diffèrent très sensiblement des maladies
somatiques. En effet, pour la plupart des maladies somatiques, l'étiologie se réduit essentiellement à
l'action élective sur un organe ou une fonction, d'un processus spécifique uniforme à tous ceux qui
souffrent de la même maladie ; Ce processus pouvant être un microbe, une intoxication, un
traumatisme. Cependant, en psychiatrie, les symptômes expriment généralement des réponses de toute
une personnalité (et pas seulement d'un organe ou d'une fonction) avec ses dimensions biologiques et
psychologiques à des facteurs le plus souvent multiples.
Nous parlons bien de facteurs et non de causes, pour deux raisons majeures : d'abord la difficulté à
établir avec certitude, dans beaucoup de cas, un lien causal entre les présumés facteurs étiologiques et
la maladie, ensuite pour souligner la complexité de l'étiologie des maladies mentales.
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En effet, on assiste dans la plupart de cas à une conjugaison de différents types de facteurs. D'une
manière générale, nous pouvons dire que la pathologie mentale résulte d'une conjugaison défavorable
d'une structure (psychique) avec une conjoncture.
Ceci dit, nous pouvons passer en revue les principaux facteurs étiologiques des maladies mentales, tout
en ayant d'ores et déjà à l'esprit que la liste ne saura être exhaustive.
3.1. L'hérédité
Depuis toujours, le caractère héréditaire et familial des maladies mentales a frappé les observateurs.
Toutefois il faut se garder d'attribuer à l'hérédité de façon abusive tous les phénomènes
psychopathologiques qui se transmettent d'une génération à une autre. Il faut pouvoir discerner la part
de l'action du milieu. Ceci a été possible grâce notamment à l'étude comparée des jumeaux
monozygotes et des jumeaux dizygotes grandissant respectivement dans des milieux séparés et dans un
même milieu.
Le rôle étiologique de l'hérédité est direct dans certaines formes d'arriérations mentales, dont le
mongolisme. Il est également solidement établi dans des affections telles que la schizophrénie et la
psychose maniaco-dépressive (troubles bipolaires).
3.2. L'âge
Certains âges comportent une plus grande vulnérabilité à la pathologie mentale. Il s'agit de
l'adolescence, de la présénescence et de la sénescence.
La vulnérabilité au cours de l'adolescence et de la présénescence peut s'expliquer par les
bouleversements psychologiques suscités par les changements biologiques qui s'opèrent à ces âges ;
lesquels bouleversements psychologiques entraînent des mutations des relations de l'individu avec son
environnement. Ces mutations sont susceptibles d'occasionner des conflits préjudiciables à la santé
mentale. Quant à la sénescence, sa fragilité tient surtout à l'adaptation à de nouvelles conditions
d'environnement qu'elle impose à l'individu et cela pendant que se produit une certaine déchéance des
facultés psychiques liées à l'âge ; laquelle déchéance limite l'aptitude à l'adaptation.
3.3. Le sexe
Le sexe n'a pas, à proprement parler, d'influence directe sur le développement des troubles mentaux.
Toutefois certaines conditions qui se rencontrent préférentiellement dans l'un ou l'autre sexe jouent un
rôle dans la morbidité psychiatrique. C'est le cas de la puerpéralité et de la sénilité chez la femme, de
l'alcoolisme et des traumatismes chez l'homme.
3.4. Les facteurs organiques des maladies mentales
3.4.1. Facteurs prénatals et natals :
Les embryopathies (agressions infectieuses de la mère touchant l'embryon) : rubéole, influenza,
syphilis, toxoplasmose, sida, certains vaccins (vaccins contre la rage, la fièvre jaune, la fièvre
typhoïde, certains vaccins anti polio).
Proches des embryopathies nous pouvons citer les conditions suivantes : incompatibilités sanguines
du facteur rhésus, applications des rayons X chez la mère, intoxications de la mère (alcoolisme
gravidique, toxicomanies, intoxications médicamenteuses notamment à certaines hormones et
vitamines), les carences alimentaires de la mère durant la grossesse ;
Les facteurs natals : toutes les causes de dystocie (rétrécissement du bassin, inertie utérine,
circulaire du cordon) peuvent être à l'origine des troubles neuropsychiatriques par le biais de
l'anoxie et des hémorragies qu'elles peuvent occasionner.
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3.4.2. Facteurs organiques des maladies mentales chez l'adulte et les enfants plus âgés :
Les infections et les parasitoses : les fièvres éruptives, la coqueluche, la fièvre typhoïde, le
rhumatisme articulaire aigu, les méningites bactériennes, les méningo-encéphalites virales, la
Tuberculose, le sida, la syphilis, le paludisme. On peut rapprocher à ce groupe de maladies
l'encéphalite vaccinale et l'encéphalite allergique due à un traitement intempestif d'une filariose ;
Les intoxications : alcool, chanvre, opiacés, cocaïne, oxyde de carbone, plomb, certains
médicaments : amphétamines ; disulfirame ; tuberculostatiques (rimifon, streptomycine,
cyclosérine), dérivés hormonaux (cortisone, ACTH, progestérone, hormone thyroïdienne) ;
Les traumatismes crânio-cérébraux ;
Les tumeurs cérébrales et autres processus expansifs intracrâniens (hématomes, abcès) ;
Les maladies dégénératives : comme la maladie de Pick et la maladie d'Alzheimer, la maladie de
Huntington, la maladie de Parkinson ;
Les facteurs vasculaires : artériosclérose cérébrale, athéromatose, hypertension artérielle, AVC ;
Les troubles endocriniens et métaboliques : ceux de la ménopause ; l’hyperthyroïdie (maladie de
Basedow), l'hypothyroïdie, la maladie de cushing, le diabète sucré, la maladie d'Addison, les
psychoses menstruelles, l'insuffisance rénale, l'insuffisance hépatique ;
Les carences nutritionnelles : oligoéléments (Zinc, fer, sélénium, magnésium, iode), protéines,
glucides, lipides, vitamines (Vit B, D, vit PP.…).
3.5. Les facteurs psychosociaux et environnementaux
3.5.1. Les facteurs lointains :
Pour son plein épanouissement psychologique, gage de sa santé mentale actuelle et future, l'enfant
a besoin d'un environnement favorable au sein duquel règnent la paix, la sécurité, la concorde, la
tendresse ; un milieu par ailleurs suffisamment ouvert et comportant un niveau optimal de
stimulations.
En fait, les premières relations de l'enfant avec le milieu familial, la mère surtout, sont décisives
pour son devenir psychologique. Des vicissitudes enregistrées à ce niveau peuvent prédisposer à
une affection mentale qui peut se manifester plus tard, dans l'enfance tardive, ou à l'adolescence,
voire, à l'âge adulte.
Parmi ces vicissitudes, nous pouvons citer :
Les carences affectives et la pauvreté de stimuli ;
Les attitudes et sentiments défavorables des parents l'un envers l'autre ou envers l'enfant :
- Une attitude trop répressive des parents envers l'enfant ;
- Une attitude laxiste des parents envers l'enfant ;
- Une attitude trop gratifiante ;
- Une attitude hyper protectrice ;
- Une attitude rejetante ;
- L’inconsistance dans le comportement des parents (parents qui répriment aujourd'hui ce
qui était récompensé hier et vice versa) ;
- L’absence de concorde entre les parents (disputes, bagarres) ;
Certaines attitudes et valeurs préjudiciables que les parents peuvent communiquer à l'enfant.
C'est le cas de l'angoisse (cas de la mère anxieuse surtout), la culpabilité et la honte notamment
vis-à-vis de la sexualité ;
Certaines structures et situations familiales défavorables comme :
- L’absence de modèles parentaux (décès des parents, divorce des parents, absence physique
ou psychologique des parents.) ;
- La rivalité entre frères et sœurs ;
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- Certaines positions dans la fratrie : aînés, benjamins et enfants uniques ;
- Le statut d'enfant non désiré.
3.5.2. Les facteurs environnementaux et les diverses difficultés existentielles actuels :
Il s'agit des facteurs suivants : bruit, promiscuité, facteurs atmosphériques et saisonniers, stress des
conditions de vie des sociétés industrialisées, migration, catastrophes naturelles (guerres, tremblements
de terre.), abus sexuels, émotions, déceptions sentimentales, deuils, difficultés et échecs professionnels
ou scolaires, difficultés conjugales, revers économiques, misère, trop lourdes responsabilités familiales,
conflits concernant certaines valeurs et habitudes culturelles (tabous, habitudes matrimoniales, droits et
devoirs de succession.).
3.5.3. Les méfaits de l'urbanisation :
Dégradation de la vie communautaire, appauvrissement des contacts sociaux, dépersonnalisation au
sein d'une population trop dense ou trop vaste, isolement dans l'anonymat, disparition ou changement
trop rapide de modèles culturels auxquels le sujet ne peut s'identifier.
CHAPITRE 4. LES GRANDES TENDANCES DOCTRINALES DE LA PSYCHIATRIE CONTEMPORAINE
MODERNE ET LA CONCEPTION TRADITIONNELLE AFRICAINE DE LA PATHOLOGIE MENTALE
4.1. LES GRANDES TENDANCES DOCTRINALES DE LA PSYCHIATRIE CONTEMPORAINE MODERNE
Du point de vue de la psychiatrie contemporaine moderne, les troubles mentaux résultent de la
perturbation des différents types des facteurs contribuant au développement normal de la personnalité.
Ces facteurs sont entre autres l'hérédité, les facteurs biologiques, les facteurs psychologiques, sociaux et
environnementaux. L'importance accordée par certains auteurs à certains de ces groupes de facteurs au
détriment des autres, a engendré diverses tendances doctrinales ou théories psychiatriques, dont voici
les principales :
4.1.1. Les théories organiques mécanistes
Ces théories sont organiques car elles considèrent que toutes les maladies mentales ont une origine
organique. Elles sont aussi mécanistes dans la mesure où elles font dépendre automatiquement
(mécaniquement) les différents symptômes ou syndromes psychiatriques des lésions ou des
dysfonctionnements des systèmes fonctionnels donnés. C'est le cas notamment des symptômes
psychotiques comme les hallucinations dont l'apparition est liée à un dysfonctionnement du système
dopaminergique.
4.1.2. Les théories psychodynamiques
Ces théories dont le prototype est la théorie psychanalytique orthodoxe de SIGMUND FREUD s'appuient
sur les notions d'inconscient, de conflit et le rôle des expériences infantiles dans l'édification de la
personnalité de l'adulte.
L'inconscient est constitué d'un système de forces refoulées qui gouvernent notre vie psychique sans
que nous ne nous en rendions compte. Ses effets se manifestent non seulement dans la pathologie
psychiatrique mais aussi dans la vie quotidienne à travers des phénomènes comme les actes
symptomatiques (automatiques), les actes perturbés (lapsus, certains accidents...), les actes refoulés
(oublis) et surtout le rêve.
Quant au conflit, celui-ci peut être intrapsychique (entre les 3 instances qui composent l'appareil
psychique : ça, moi, surmoi) ou extrapsychique (entre le moi et la réalité). Les conflits entre le moi et les
deux autres instances déterminent les névroses, tandis que les psychoses résultent d'un conflit entre le
moi et la réalité.
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4.1.3. Les théories socio psychogéniques :
Ces théories voient en la pathologie mentale, l'effet de la structure sociale et de la pression que celle-ci
exerce sur l'individu. Voici quelques exemples de ces théories :
1. Le courant (approche) systémique : Le fondement de ce courant est de considérer, lorsqu'il y a
un malade mental désigné, que ce dernier n'est que le symptôme d'un système lui-même
malade. Le vrai malade c'est donc le système et c'est sur ce dernier que doit porter l'action
thérapeutique et non sur le malade pris isolément. Cette action consistera avant tout d'aider le
système à adopter des règles de fonctionnement interne plus saines, en mettant l'accent sur la
communication.
2. L'approche ethnopsychiatrique soulignant l'influence de la culture sur les troubles psychiatriques.
3. L'antipsychiatrie : L'antipsychiatrie c'est un courant qui remet en cause pratiquement tout le
fondement de la psychiatrie classique. Elle considère notamment la maladie mentale comme un
produit artificiel de ta répression sociale et son traitement comme une punition déguisée, une
violence sociale. Elle s'appuie notamment sur les abus qui ont caractérisé certains systèmes
répressifs comme le pouvoir russe d'il y a quelques décennies.
4.1.4. Les théories organogéniques dynamistes
Comme les théories organiques mécanistes, les théories organogéniques dynamistes admettent un
processus organique comme substratum des maladies mentales. Mais à la différence des premières,
elles ne font pas dépendre directement et mécaniquement les symptômes des lésions ; elles accordent
plutôt un rôle considérable à la dynamique des forces psychiques.
4.2. LA CONCEPTION TRADITIONNELLE AFRICAINE DE LA PATHOLOGIE MENTALE
Les maladies en général, celles psychiatriques en particulier, sont vécues dans la culture africaine
comme des phénomènes surnaturels, résultant de forces extérieures à l'individu. Aussi peut-elle revêtir
les trois aspects suivants :
1. Une punition pour une faute commise ou supposée commise par le sujet lui-même ou son
parent ou pour un devoir manqué. La faute en question peut être un acte de jalousie, un acte
d'infidélité, une mésentente, une méchanceté envers autrui, un sacrilège, la violation d'un tabou.
Le devoir manqué, quant à lui, concerne essentiellement les rapports des humains avec les
esprits ancestraux (négligence des cérémonies sacrificielles).
2. Une agression d'autrui : phénomènes de sorcellerie, maraboutage.
3. Un message d'élection ou un désir d'esprit. Il s'agit ici du phénomène de la possession par un
esprit et ceci pour diverses raisons : l'esprit peut éprouver un désir charnel pour l'individu, tout
comme la possession peut représenter une maladie initiatique qui confère au patient le statut
de thérapeute élu par les ancêtres. C'est dans ce dernier contexte que s'inscrit le fameux
phénomène MANDONA appelé ailleurs ZEBOLA.
Dans l'un ou l'autre cas, la maladie est, comme nous l'avons déjà dit, considérée comme un phénomène
venu de l'extérieur du sujet, tandis que le malade lui-même apparait comme une victime qu'il s'agit
essentiellement de libérer. Ceci est tout différent de la vision judéo-chrétienne (occidentale) où, avec la
notion du péché (faute commise), le malade est considéré comme responsable de son sort qu'il doit
assumer et subir ; il est culpabilisé et facilement rejeté ; ce qui n'est pas le propre de la civilisation
africaine.
Enfin, il faut signaler que chez l'africain, rien n'est fortuit ; tout trouve une explication en terme de la
causalité surnaturelle que nous venons d'évoquer.
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DEUXIEME PARTIE : SEMIOLOGIE PSYCHIATRIQUE
Les différentes affections mentales se manifestent par diverses perturbations des fonctions psychiques
et comportementales, auxquelles s'associent parfois des plaintes somatiques.
La sémiologie a comme but la description et une analyse minutieuse des symptômes et signes des
maladies. Les symptômes et signes psychiatriques sont en général le résultat d'une dynamique
complexe où intervient la façon dont la personnalité du malade a intégré, élaboré, transformé des
scènes ou des situations vécues d'une manière plus ou moins dramatique ou dramatisante. Ces
symptômes ou la conduite du malade en psychiatrie nous renvoie à la totalité de la personne. Il est
impossible de concevoir le fait mental (normal ou pathologique), notamment le symptôme comme
isolable ou dissociable de l'ensemble de la personne et du monde dans lequel l'individu évolue. Par
ailleurs lesdits symptômes, signes ou conduites pathologiques sont un langage à déchiffrer.
Dans cette partie du cours, nous allons d'abord, dans un premier chapitre, passer en revue et définir les
symptômes et signes psychiatriques les plus courants, en les regroupant selon les fonctions auxquelles
ils ont trait.
Il est important de savoir d'ores et déjà qu'aucune liste des symptômes psychiatriques ne saurait être
exhaustive et que chaque école a sa terminologie propre. Dans le présent cours, nous nous sommes
référés à la terminologie française actuelle.
Dans un second chapitre, certains symptômes de grande importance clinique seront étudiés avec
minutie en considérant notamment leur épidémiologie, leur étiopathogénie, leur diagnostic différentiel
et leur prise en charge thérapeutique.
Enfin au troisième et dernier chapitre, nous parlerons de l'examen clinique en psychiatrie et des
examens complémentaires les plus utiles en psychiatrie.
CHAPITRE 5. SEMIOLOGIE PSYCHIATRIQUE PROPREMENT DITE
5.1. LES TROUBLES DE LA PRESENTATION ET DE L'EXPRESSION
5.1.1. Les troubles de la tenue vestimentaire
Une tenue vestimentaire anormale peut être négligée ou débraillée ou sale (cfr. Schizophrènes),
excentrique et extravagante (cfr. Hystériques, maniaques, schizophrènes), surchargée (cfr.
Schizophrènes, maniaques) insuffisante voire complètement dénudée (cfr. Déments, confus).
5.1.2. Les troubles de la mimique
Hypermimies ou mimique exagérée (cfr. Maniaques)
Hypomimie - amimie (cfr. Déprimés)
Dysmimies ou paramimies : expressions du visage qui sont en désaccord avec les contenus psycho
affectifs de l'expression verbale (cfr. Schizophrènes).
5.1.3. Les troubles psychomoteurs
Agitation : exagération de la motricité sans coordination ni but.
Impulsion : besoin impérieux d'accomplir soudainement un geste ou un acte à caractère brutal,
dangereux ou incongru dont l'exécution échappe au contrôle de la volonté. Cfr TOC.
Stupeur : état de suspension de toute activité motrice. Cfr dépression, hystérie, schizophrénie.
Catalepsie : prise en masse du sujet avec tendance à fixer les attitudes (cataplexie). Cfr
schizophrénie.
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Tic : mouvement involontaire, brusque et soudain, rapide et répété, sans utilité. Cfr troubles anxieux
et autres troubles névrotiques.
Syndrome de tension nerveuse : tics, bégaiement, brusquerie des mouvements, spasmes sur un
fond d'angoisse ou d'exaspération. Cfr états anxieux et autres troubles névrotiques.
Tasikinésie : le fait qu'une personne ne puisse pas tenir en place ; elle est se sent obligé de bouger
sans cesse, elle fait les cent pas. Cfr certaines formes de schizophrénie et effet secondaire des
neuroleptiques (Haldol, chlorpromazine).
Akathisie : le fait qu'une personne soit incapable de rester tranquillement assise ou couchée ; elle
fait de continuels mouvements des jambes et des pieds en position assise. Cfr certaines formes de
schizophrénie et effet secondaire des neuroleptiques.
5.1.4. Les troubles du langage :
Logorrhée : discours incoercible et interminable qui peut ne pas être accéléré. Son équivalent
graphique s'appelle graphorrhée. Cfr accès maniaque surtout.
Laconisme : parcimonie verbale d'origine psychique pouvant aller au mutisme ou absence de tout
langage verbal. Cfr dépression, hystérie, schizophrénie.
Mussitation : mutisme incomplet avec habituellement des mots incompréhensibles ; arrive souvent
en cas de dépression ;
Mutacisme : silence volontaire ; Cfr. Simulateurs, maniaques (activité de jeu) ;
Verbigération (déviation) : dévidage automatique de suite des mots ou des phrases sans lien
associatif sémantique, incompréhensible. Cfr les schizophrènes, les confus et les déments ;
Cris et vociférations. Cfr états d'agitation : manie, confusion, délire onirique (alcoolique), accès de
colère, opposition des délirants, démence ;
Palilalie = répétition incoercible des mots, des syllabes ou des phrases. Cfr déments, retardés
mentaux ;
Echolalie = répétition des mots de l'interlocuteur ; cfr. Parkinsoniens, schizophrènes. Dans la
schizophrénie, l'écholalie s'inscrit dans le contexte des phénomènes en écho (écholalie, échomimie,
échopraxie) ;
Agrammatisme : suppression d'articles, des prépositions, d'adjectifs, style télégraphique ou
monosyllabique (par exemples : n'employer que l’infinitif), parler de soi à la 3è personne du
singulier ; cfr schizophrènes.
Aphonie : impossibilité à parler à voix haute avec conservation de la capacité de parler à voix basse
et chuchotée. Cfr hystériques ;
Bégaiement : désordre psychomoteur consistant en une incapacité transitoire à émettre certains
sons, à enchaîner différents mouvements articulatoires. Cfr certains névrosés, certains sujets
« normaux » ;
Soliloquie : le fait de se parler à soi-même. Cfr schizophrènes ;
Paralogisme : mat appartenant au code de la langue mais auquel le sujet donne un sens détourné de
l'acception habituelle. Cfr schizophrènes.
Néologisme : mot créé de toutes pièces par le malade lui-même et n'existant pas dans le lexique
courant. Cfr schizophrènes.
Lapsus : faute commise inconsciemment en parlant (lapsus linguae) ou en écrivant (lapsus calami) et
qui consiste à substituer au terme attendu un autre mot qui lui ressemble par consonance.
5.2. LES TROUBLES DES CONDUITES INSTINCTUELLES
5.2.1. Les troubles de la miction et de la défécation
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Enurésie : émission involontaire d'urine, généralement nocturne, persistant ou apparaissant à un
âge où la propreté est habituellement déjà acquise. Selon l'International Children's Continence
Society, on ne peut parler d’énurésie qu'à partir de l’âge de 5 ans.
Encoprésie : défécation involontaire d'origine psychique au-delà de l'âge où le contrôle du sphincter
anal est acquis (3 ans).
Barbouillage : le fait de manipuler, de jouer avec les excréments.
Coprophagie : le fait de manger les excréments.
5.2.2. Les troubles de sommeil
Les dyssomnies = anomalies de la quantité, de la qualité ou de l’horaire du sommeil
Insomnie : diminution de la durée normale du sommeil
Hypersomnie : augmentation de la durée normale du sommeil
Somnolence diurne
Les parasomnies = certains comportements anormaux ou phénomènes physiologiques associés au
sommeil
Cauchemar : rêve pénible et agité
Somnambulisme : le fait de poser des actes psychomoteurs en plein sommeil et donc de
manière inconsciente. Il survient aux stade |l et IV du sommeil.
Somniloquie : le fait de parler en plein sommeil.
Bruxisme : le fait de se grincer les dents durant le sommeil.
Enurésie nocturne
- Syndrome de Klein LEVIN : association hypersomnie, faim excessive, polyphagie, le plus souvent
chez des sujets jeunes de 15 à 30 ans, de sexe masculin. Peut s'observer dans les états dépressifs et
dans les états confuso-oniriques.
- Syndrome de Pickwik : somnolence diurne progressivement croissante chez un obèse, insuffisance
ventriculaire droite (hypercapnie, hypoxie) et polyglobulie.
5.2.3. Les troubles des conduites alimentaires
Anorexie : perte ou diminution (hyporexie) de l'appétit (capacité et plaisir à manger). Cfr dépression,
anorexie mentale
Boulimie : exagération de l'appétit. Cfr maniaque
Grignotage : consommation répétitive et plus ou moins mécanique d'aliments en petites quantités.
Mérycisme : régurgitation volontaire de la nourriture de l’estomac dans la bouche (Cfr personnes
avec retard mental)
Dipsomanie : propension à ingurgiter du poison.
Pica (Picacisme, Perversion alimentaire) : tendance à consommer des produits non comestibles, par
exemple le papier, la terre (géophagie), le savon. (Cfr arriérés profonds).
Refus alimentaires : conduites de restriction alimentaire (Cfr états psychotiques).
Potomanie : tendance d'origine psychique à boire beaucoup d'eau (Cfr états névrotiques, troubles
d'adaptation, personnes normales lors des moments difficiles).
5.2.4. Les troubles du comportement sexuel et des relations amoureuses
Les déviations de l'instinct sexuel (paraphilies, perversions sexuelles)
Les paraphilies sont des pratiques sexuelles déviantes qui tendent à supplanter de façon durable
la sexualité normale.
Pour information, la sexualité normale adulte s'exerce entre deux partenaires majeurs de sexe
opposé, par l'entremise des organes génitaux, avec le consentement des deux partenaires, dans
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un contexte particulier fait d'intimité et de pudeur. Elle vise à la satisfaction réciproque des deux
partenaires.
On peut distinguer les principales paraphilies suivantes :
1. Paraphilies impliquant des partenaires inappropriés : homosexualité, pédophilie,
gérontophilie (sexualité exercée préférentiellement avec une vieille personne), zoophilie
(sexualité exercée préférentiellement avec des animaux), nécrophilie (sexualité exercée
préférentiellement avec des cadavres), fétichisme (sexualité exercée préférentiellement
avec des objets non vivants, inceste (accomplissement des relations sexuelles entre un
homme et une femme liés par un degré de parenté entraînant la prohibition du mariage),
autoérotisme ou masturbation ou onanisme : autosatisfaction érotique.
2. Paraphilies impliquant une déformation du but de la sexualité ou un contexte inapproprié :
o Sadisme : recherche de la satisfaction sexuelle en infligeant au partenaire la souffrance
et autres sévices (coups, injures).
o Masochisme : recherche de la satisfaction sexuelle en subissant humiliation, coups et
d'autres sévices de la part du partenaire.
o Exhibitionnisme : recherche de la satisfaction sexuelle en montrant ses organes sexuels
à des personnes qui ne s'y attendent pas et en dehors de l'acte sexuel.
o Voyeurisme : recherche de la satisfaction sexuelle en observant, tout en les surprenant,
des personnes nues ou en train de se déshabiller ou en plein coït.
o Le travestisme : subordination épisodique au régulière du plaisir sexuel au port des
vêtements de l'autre sexe.
o Le transsexualisme : conviction d'appartenir à l'autre sexe, conduisant le sujet à tout
mettre en œuvre pour que son anatomie et son mode de vie soient le plus possible
conformes à sa conviction.
o Le viol : rapport sexuel non consentant.
o La sodomie : rapport sexuel par l'anus.
o Fellation : rapport sexuel par la bouche.
Les perturbations de la réalisation de l’acte sexuel
Baisse du désir sexuel, cfr dépression, hystérie, état de stress post traumatique ;
Exagération du désir sexuel, cfr manie ;
Impuissance : impossibilité pour l'homme à accomplir convenablement les rapports sexuels.
L'impuissance peut être totale (anérection) ou partielle (éjaculation précoce, éjaculation
retardée, anéjaculation, anorgasmie) ;
Frigidité : impossibilité pour une femme à jouir durant les rapports sexuels ;
Dyspareunie : le fait d'éprouver des douleurs durant les rapports sexuels, ce trouble est plus
fréquent chez la femme mais existe aussi chez l'homme ;
Vaginisme : spasmes douloureux des muscles pelviens de la femme survenant lors de la
pénétration ;
Clitoridisme : déplacement du point essentiel d'excitation et de déclenchement de l'orgasme du
vagin au clitoris.
5.3. LES TROUBLES DES CONDUITES
5.3.1. Les conduites suicidaires
Idée de suicide ;
Tentative de suicide (TS) : conduite suicidaire n'ayant pas abouti ;
Menace de suicide : conduite faisant craindre la réalisation à court terme d'une tentative de suicide ;
Chantage de suicide : menace de suicide à caractère factice, destinée à manipuler l'entourage ;
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Raptus suicidaire : impulsion soudaine à se donner la mort
Equivalent suicidaire : comportement qui, apparemment n'a rien à voir avec le suicide, mais en
réalité vise à se donner la mort. Exemple : le refus de manger
Aux conduites suicidaires nous pouvons rapprocher l'automutilation qui est le fait d'occasionner des
dommages physiques sur son propre corps. Par exemple se couper la veine (polsisection), s'arracher la
peau ou les cheveux ou un organe, s'enfoncer des aiguilles, se taper la tête contre le mur.
En marge de l'énumération des conduites suicidaires, nous pouvons citer les moyens suicidaires
courants : la pendaison, la strangulation, la polsisection, l'auto fusillade, la submersion, la précipitation,
l'auto empoisonnement, l’électrocution...
Voici par ailleurs quelques définitions importantes relatives au suicide :
Suicidé : individu qui s'est donné la mort volontairement.
Suicidant : individu survivant à une TS.
Suicidaire : individu ayant des idées de suicide ou exprimant, verbalement ou par son
comportement des menaces de suicide.
Crise suicidaire : crise psychique dont le risque majeur est le suicide.
5.3.2. L'agressivité :
L'agressivité est un ensemble de tendances ou des conduites hostiles pour attaquer ou se défendre.
L'agressivité peut être verbale (injures, moqueries, ironie et autres paroles blessantes et humiliantes) ou
agie (coups et blessures, bris d'objets, agitation). Elle peut aussi s'exprimer de façon plus subtile par des
attitudes négatives comme l'oppositionnisme, le refus de parler, de s'alimenter, d'aide, les attitudes de
mépris pour les autres ou pour leurs aspirations et opinions.
5.3.3. Les troubles de la sociabilité
Hyposociabilité : baisse des contacts sociaux par rapport à leur niveau habituel (cfr dépression,
schizophrénie)
Hypersociabilité ou sociabilité excessive : augmentation des contacts sociaux ou altération de leur
qualité par rapport à l'état habituel du sujet, elle s'accompagne parfois d'hyperfamiliarité (cfr manie).
5.3.4. Les fugues
On appelle fugue, toute disparition momentanée du sujet hors de son domicile ou de son lieu de travail
sans but précis et sans que l'entourage ait été prévenu.
5.3.5. La kleptomanie ou vol compulsif en dehors de toute notion de nécessité.
5.3.6. La pyromanie ou compulsion à provoquer un incendie juste pour se soulager d'un état de tension,
tout en éprouvant du plaisir à contempler l'incendie ainsi pravoquée et ceci en dehors de tout autre
motif tel qu'un intérêt pécuniaire, la colère, la vengeance, la contestation politique.
5.3.7. Le Jeu pathologique qui consiste en une compulsion (envie irrésistible) à un jeu d'argent finissant
tôt ou tard par désarganiser la vie du sujet : sacrifices financiers imposés à la famille, perte d'emploi,
escroqueries, ruine complète. Pour beaucoup d'auteurs, le jeu pathologique constitue une addiction
sans drogue. Le jeu pathologinue est fréquemment associé aux troubles de l'humeur et à l'addiction à
l'alcool.
5.3.8. La trichotillomanie caractérisée par l'incapacité persistante et récurrente de résister à l'impulsion
de s'arracher les cheveux, aboutissant à une alopécie manifeste ; ce comportement d'arrachage
procurant soulagement et plaisir. La trichotillomanie est souvent associée aux troubles de l'humeur, à
l'anxiété généralisée et aux troubles obssessionnels compulsifs.
5.3.9. Les attentats aux mœurs : Viols, exhibitionnisme (voir paraphilies), propos et gestes obscènes.
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5.3.10. L'homicide.
5.3.11. Les autres troubles du contrôle des impulsions : boulimie, addictions avec substances.
5.4. LES TRQUBLES DE LA VIGILANCE (CONSCIENCE)
Conscience = fonction neuropsychique permettant à l'individu de percevoir le monde extérieur et
son monde intérieur.
Vigilance = état du cerveau, de l'organisme pendant la phase de veille du cycle nycthéméral.
5.4.1. Les troubles de l'attention
L'attention est une disposition d'esprit qui polarise l'activité psychique sur un secteur précis. Comme
troubles de l'attention, nous pouvons citer :
Hypoprosexie : baisse de l'attention qui peut aller jusqu'à la suppression complète de l'attention
c'est-à-dire l'aprosexie, s'observe notamment chez le maniaque.
Hyperprosexie : augmentation anormale de l'attention, elle s'accompagne souvent d'une
(sub)excitation mentale. Elle peut s'observer dans les états d'ivresse (alcoolisme, toxicomanies).
5.4.2. Les troubles de l'orientation
L'orientation est une fonction psychique qui permet à l'individu de se faire des repères par rapport au
temps, à l'espace, à lui-même et aux autres personnes.
Nous pouvons citer les troubles de l'orientation ci-après :
Désorientation temporelle : le fait de ne pas se retrouver dans le temps (jour, date, mois, saison,
année, heure.), (cfr confusion mentale, états délirants aigus, démences) ;
Désorientation spatiale : le fait de ne pas savoir à quel lieu on se trouve, (cfr confusion mentale,
états délirants aigus, démences) ;
Désorientation temporo-spatiale : le fait de ne pas se retrouver dans le temps, ni dans les lieux
(cfr confusion mentale, états délirants aigus, démences) ;
Désorientation allopsychique : c'est la difficulté à identifier les autres ; s'observe surtout chez les
déments ;
Désorientation autopsychique : difficulté à s'identifier (cfr nom, âge, adresse.) ; cfr surtout les
déments.
5.4.3. Les troubles quantitatifs de la vigilance et de la clarté du champ de conscience
a. Les hypovigilances ou baisse de la vigilance
Selon la profondeur de la dissolution de la vigilance, on peut successivement distinguer :
L'obturation ou parésie idéatoire et perceptive qui est caractérisée par une difficulté de
compréhension, un certain degré de désorientation, une lenteur de l'idéation ;
L’hébétude : sidération de la vie psychique qui paraît comme en suspens, rend inaccessible à
nombre de stimuli extérieurs.
L’obnubilation : état marqué par un engourdissement, un engluement psychique, une torpeur
intellectuelle.
La confusion : état de dissolution profonde de la conscience avec désorientation temporo-
spatiale et impossibilité d'intégration mnésique.
Le coma : terme ultime d'hypovigilance caractérisé par la perte totale (coma carus) ou partielle
(coma vigil) de la réactivité aux stimulations.
b. Les hyper vigilances : elles s'expriment par une subexcitation psychique généralement désordonnée
et stérile et par une attention dispersée (Cfr manie, toxicomanies : LSD, amphétamines).
5.4.4. Les troubles qualitatifs de la vigilance :
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Le rétrécissement du champ de la conscience : polarisation de la conscience sur certains faits électifs
précis.
Les états crépusculaires ou états de conscience altérée : Ce sont des altérations qualitatives de la
conscience comportant la poursuite d'activités coordonnées mais automatiques, en discontinuité
avec celles préalables à l'atteinte de la conscience (cfr hystérie, épilepsies).
Les états seconds : ce sont des altérations qualitatives de la conscience proches des états
crépusculaires, comportant une dissociation entre le plan des activités automatiques qui restent
coordonnées et celui de la personnalité à laquelle ces activités sont étrangères, insolites et
paradoxales. Tout se passe comme si c'était une autre personne qui agit à la place de la personnalité
habituelle du sujet (cfr hystérie, prise d'hallucinogènes : LSD, Iboga).
Les états oniriques : altérations qualitatives de la conscience définies par l'introduction des
constructions du rêve dans un état de conscience plus ou moins profondément déstructuré.
Les états oniroïdes : ce sont des états aigus, caractérisés par l'irruption brutale d'idées délirantes
polymorphes qui bouleversent les relations qui unissent le sujet à lui-même et au monde extérieur
(cfr bouffée délirante polymorphe).
5.5. LES TROUBLES DE LA MEMOIRE
La mémoire est définie par J. BARBIZET comme « le fait de mémoriser, de conserver et de remémorer
des informations ». Voici les principaux troubles mnésiques :
a. Les déficits mnésiques ou amnésies
Amnésie de fixation ou amnésie antérograde : incapacité à fixer des informations nouvelles. Une
forme particulière d'amnésie antérograde est constituée par le syndrome de KORSAKOFF qui est
fait de l'association amnésie antérograde, fabulation, fausses reconnaissances, troubles de
l'orientation temporo-spatiale et polynévrite. Il est une manifestation de l'éthylisme chronique ;
Amnésie d'évocation ou amnésie rétrograde : impossibilité de restituer un souvenir jusque-là
bien conservé (Cfr confusion mentale) ;
Amnésie antérorétrograde : c'est la forme mixte ou globale d'amnésie qui consiste en
l'incapacité à acquérir des souvenirs nouveaux, associée à un effacement partiel ou global de
souvenirs anciens, (Cfr confusion mentale, démences) ;
Les amnésies électives : ce sont des lacunes de mémoires portant sur des faits précis (nom,
adresse, titre...) concernant le plus souvent une période de la vie, une situation traumatisante,
une personne déterminée (Cfr hystérie, état de stress post traumatique).
b. Les hypermnésies : exaltation de la mémoire (Cfr surtout manie).
c. Les paramnésies ou illusions de mémoire
- Il s'agit des productions imaginaires, plus ou moins riches, prises pour des souvenirs.
- Elles consistent généralement en fausses reconnaissances et servent en réalité à pallier une
carence mnésique. Elles alimentent généralement la fabulation comme c'est le cas dans le
syndrome de KORSAKOFF.
5.6. LES TROUBLES FORMELS DE LA PENSEE
Tachypsychie : accélération du cours de la pensée (cfr manie)
Bradypsychie : ralentissement du cours de la pensée (cfr dépression, confusion mentale)
Discontinuité de la pensée : elle se remarque par le phénomène de barrage : au milieu d'une phrase,
alors que sont développés une idée, un raisonnement, le discours s'interrompt brusquement pour
reprendre quelques instants après soit sur le même thème ou un autre thème, sans que le patient
n'en paraisse inquiété ; (cfr schizophrénie).
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Rumination mentale : préoccupation mentale incessante et gênante (cfr troubles obsessionnels-
compulsifs).
Fuite des idées : trouble du cours de la pensée caractérisé par le fait que la pensée change
constamment de but.
Réponse à côté des questions : réponses inappropriées à des questions même élémentaires, faisant
apparaitre que le sujet répond à une autre question que celle lui posée (cfr schizophrénie).
Pensée incohérente : trouble du cours de la pensée caractérisé par le fait que la pensée et le langage
n'ont plus de cohésion, ils apparaissent disloqués.
5.7. LES TROUBLES DU JUGEMENT
Le rationalisme morbide : rationalisation systématique, froide et pseudologique qui caractérise le
raisonnement du schizophrène.
La fausseté du jugement : elle caractérise un jugement reposant sur des postulats inexacts, des
prémisses fausses.
5.8. LES CRAINTES ET OBSESSIONS
Méfiance : attitude soupçonneuse vis-à-vis du comportement de l'entourage interprété comme
chargé d'intentions malhonnêtes ou malveillantes.
Hypochondrie : crainte non fondée d'avoir ou de contracter une maladie, résistant à l'apaisement
des médecins même après des examens appropriés (cfr troubles anxieux, troubles phobiques).
Phobie : peur irraisonnée, incoercible, exagérée et reconnue non fondée, devant certaines
personnes ou certains objets ou certaines situations précis entraînant le plus souvent une réaction
d'évitement (cfr troubles phobiques).
Obsession : idée fixe ou représentation mentale associée à un sentiment pénible en raison de son
caractère parasite, répété, incoercible (cfr troubles obsessionnels-compulsifs « TOC »).
Obsession - impulsion : pulsion obsédante (c'est-à-dire s'exerçant contre la volonté du sujet) à
exécuter certains actes. Par exemple : l'obsession impulsion d'infanticide (cfr TOC, psychose du post
partum) ;
Compulsion : conduite que le sujet accomplit sous la force d'une contrainte interne obsédante.
Cette contrainte étant consciente, incoercible et répétitive, entretenue par le doute. Par exemple le
rituel de lavage des mains, de vérification de la fermeture des portes (cfr TOC).
5.9. LES TROUBLES DE L'HUMEUR
Les troubles de l'humeur sont les différentes variations pathologiques des affects c'est-à-dire toutes les
nuances du désir, du plaisir et de la douleur qui conditionnent nos différents états d'âme. Voici les
principaux troubles de l'humeur :
La perplexité : désarroi ressenti par le patient face à lui-même, à sa situation, à tout ce qui l'entoure,
à son avenir etc., tel que celui-ci se demande ce qui lui arrive, ce qu'il doit faire. La perplexité peut se
remarquer chez le malade par une impression de stupéfaction, d'insécurité, l'angoisse, l'agitation, le
manque de réaction, des actes exploratoires, des expressions comme : « qu'est ce qui se passe ! ...
où suis-je ? Qu'est-il arrivé ? ... Je ne m'y retrouve pas » (cfr confusion mentale) ;
L’émoussement affectif : réduction de la capacité d'exprimer des émotions, des sentiments, des
réactions affectives (cfr schizophrénie) ;
L’anesthésie affective : forme extrême de l'émoussement affectif, caractérisée par un sentiment de
vide affectif ; le malade n'arrive plus à éprouver des émotions, des sentiments, des réactions
affectives (cfr schizophrénie) ;
L'anhédonie : perte de la capacité à éprouver du plaisir, désintérêt vis-à-vis des activités ou
événements procurant habituellement du plaisir (cfr dépression, schizophrénie) ;
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La tristesse : sentiment de douleur morale (cfr dépression) :
La perte d'espoir : pessimisme de l'humeur : le malade a perdu confiance en l'avenir (cfr
dépression) ;
L’anxiété : sentiment d'attente inquiète dont le malade ne peut le plus souvent préciser la cause ou
état d'alerte disproportionné par rapport à la situation (cfr troubles anxieux et autres troubles
névrotiques) ;
L’euphorie : sentiment excessif de bien être, de plaisir, de gaieté, d'assurance, d'éprouvé vital (cfr
manie) ;
L’irritabilité : susceptibilité exagérée qui peut être responsable de réactions explosives et agressives,
disproportionnées survenant sur un fond de calme apparent. Des excitations même banales sont
mal tolérées, par exemple intolérance au bruit, à la lumière, à la chaleur (cfr surtout les états
hypomaniaques, dysthimiques, maniaques et dépressifs) ;
La propension à se plaindre (cfr dépression) ;
Le sentiment d'insuffisance : éprouvé (vécu) de dévalorisation, d'inaptitude, de stupidité, de laideur,
perte de confiance en ses propres capacités (cfr dépression) ;
L’ambivalence affective : coexistence consciente, le plus souvent pénible, de sentiments
contradictoires que le patient vit comme simultanés. Par exemple : l'amour et la haine en même
temps envers une même personne (cfr schizophrénie) ;
La labilité affective (versatilité de l'humeur) : expression rapidement alternante de plusieurs affects,
parfois opposés (cfr surtout manie) ;
L'hyperémotivité : émergence soudaine de réactions affectives incontrôlables et disproportionnées
à l'intensité du stimulus (cfr réactions psychologiques, états de stress aigu et des stress post
traumatique) ;
La monotonie affective : réduction de la capacité de modulation émotionnelle ; le sujet persiste dans
une humeur ou un affect déterminés (par exemple : l'agressivité, la tristesse, l'euphorie) quelles que
soient les stimulations extérieures (cfr schizophrénie) ;
La causticité : tendance à faire aux autres des remarques désobligeantes (cfr manie).
5.10. LE DELIRE
Le délire c'est un ensemble de croyances inébranlables qui n'ont rien à voir avec la réalité mais qui
constituent pour le sujet une vérité à laquelle il adhère avec une conviction absolue et qui gouvernent
(dictent) tous ses comportements et attitudes. Ces croyances ont un caractère personnel ; n'étant pas
partagé par le groupe socioculturel auquel appartient le sujet.
Cependant, bien que la conviction du délirant soit absolue, il n'est pas rare que cette certitude absolue
aille de pair avec une certaine conscience de son caractère morbide.
Pour cerner un délire, il faut le définir en fonction des paramètres suivants : son thème, sa
systématisation, ses mécanismes générateurs et la réaction qu'il suscite chez le sujet.
5.10.1. Les principaux thèmes délirants ou les principaux types d'idées délirantes sont :
a. Idées délirantes de grandeur
o Elles consistent en une survalorisation délirante de soi. Le malade est convaincu et affirme
qu'il est plein de talents, de richesse, d'aptitudes, de forces. Il se dit prodigieusement doué
de puissance, maître du monde. Parfois il se prend même pour Dieu ou pour un envoyé de
Dieu. Parfois il se dit descendant d'un personnage illustre ou un grand inventeur ou doté
d'une grande puissance mystique.
b. Idées délirantes de persécution ou de préjudice
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o La persécution est le thème délirant le plus fréquent, en particulier dans la psychiatrie
africaine. Le malade est convaincu et affirme être la cible de l'animosité d'autrui, l'objet de
menaces, de complots, d'injures ; on lui en veut, on en veut à ses biens, à sa santé, à sa vie
même.
c. Idées délirantes de culpabilité ou d'autoaccusation
o Le malade est convaincu et affirme qu'il a commis toutes sortes de péchés ou de fautes ou
de manquements. Il peut s'agir d'une conviction sans aucun fondement ou d'une
exagération délirante de transgressions ou de manquements réels, relativement mineurs.
d. Idées délirantes d'autodépréciation ou d'insuffisance : conviction délirante de stupidité,
d'incapacité, de laideur, etc.
e. Idées délirantes de ruine : conviction délirante d'être dépouillé ou menacé de perdre ses biens
et moyens d'existence (emploi, revenu, maison, pitance).
f. Idées délirantes hypochondriaques : conviction inébranlable et déréelle d'être menacé dans sa
santé, d'être atteint d'une maladie incurable ou d'une infirmité plus ou moins permanente. Dans
les formes extrêmes, notamment dans certaines formes majeures de la mélancolie, les idées
délirantes hypochondriaques peuvent se traduire par le délire de négation ou syndrome de
Cotard. Celui-ci comprend dans sa forme typique des idées de négation (le malade nie
l'existence de ses organes, de son corps, de ses parents, de la mort, des lieux, du temps, du
monde) auxquelles s'associent des idées d'immortalité (le malade se croit condamner à ne pas
mourir pour souffrir éternellement) et des idées d'énormité (a mon corps s'enfle démesurément
et envahit l'univers »).
g. Idées délirantes érotomaniaques : conviction délirante d'être aimé d'une personne,
généralement illustre.
h. Idées délirantes de jalousie : conviction délirante de l'infidélité du (de la) partenaire et de la
présence d'un(e) rival(e).
i. Idées délirantes de référence : le malade est convaincu que tout ce qui se fait ou se dit autour
de lui le concerne.
j. Idées délirantes d'influence : le sujet se croit soumis à des forces extérieures qui orientent ou
forcent sa pensée, conditionnent son jugement, commandent ses actes, déterminent ses
sensations.
k. Les idées délirantes de possession : conviction délirante du sujet que son corps et son esprit
sont habités par des forces bienveillantes ou malveillantes qui lui dictent et imposent tous ses
faits et gestes.
l. Idées délirantes mystico-religieuses faites de toutes sortes de préoccupations mystiques et
religieuses. Elles s'expriment souvent sous formes d'apparitions, de mission divine à exécuter,
des prédictions.
5.10.2. La systématisation du délire
Etudier la systématisation d'un délire c'est apprécier dans quelle mesure celui-ci est-il logique, cohérent
et susceptible d'entendement. En pratique, on distingue des délires dits fortement systématisés (cfr
paranoia) et des délires faiblement systématisés (cfr schizophrénie), entre lesquels s'interposent ceux
dits moyennement systématisés (cfr paraphrénie).
5.10.3. Les mécanismes du délire
a. Les hallucinations : ce sont des perceptions sans objets ou en d'autres termes, des expériences
perceptives prises pour réelles en l'absence du stimulus extérieur correspondant. On distingue 2
types d'hallucinations :
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1. Les hallucinations sensorielles, ou vraies hallucinations : elles viennent de l'extérieur et sont
perçues par le seul sujet. Les différents types d'hallucinations sensorielles sont :
Hallucinations visuelles : phosphènes, images, objets, animaux, êtres humains, scènes
structurées ;
Hallucinations auditives (acoustiques) : sons, bruits, voix extérieures, mélodies ;
Hallucinations gustatives : perceptions de goûts sans objet ;
Hallucinations olfactives : perception d'odeurs sans objet ;
Hallucinations cénesthésiques : hallucinations de la sphère corporelle (tactile, algésique,
motrice).
2. Les hallucinations psychiques ou pseudo hallucinations : elles viennent de l'intérieur du sujet lui-
même et sont perçues comme voix intérieures, dévinement de la pensée, écho de la pensée, vol
de la pensée, commentaires et énonciation des actes et de la pensée. Elles trouvent leur
couronnement dans le syndrome dit d'automatisme mental décrit par De Clérambault. Celui-ci
est un syndrome hallucinatoire caractérisé par le fonctionnement automatique, spontané et
dissident d'une partie de l'activité psychique. Le patient a la conviction délirante qu'il n'est plus
maître de sa volonté, et qu'il est influencé par une force étrangère et extérieure qui contrôle son
activité psychique en contrôlant ses actes, sa pensée.
Remarque : On appelle hallucinose, un trouble perceptif proche de l'hallucination. Cependant, à la
différence des hallucinations, les hallucinoses sont critiquées, rectifiables et considérées comme des
phénomènes parasites par le sujet. On les observe notamment dans les lésions tumorales de l'encéphale
et des organes des sens, en cas de prise des substances hallucinogènes, dans les circonstances de
privation de sommeil et lors des interventions neurochirurgicales, suite à une excitation corticale.
b. Les illusions : ce sont des perceptions déformées d'un être ou d'un objet réels. Elles peuvent être
visuelles (métamorphopsies ; par exemple une silhouette humaine à la place d'un tronc d'arbre dans
la pénombre, multiplication d'objet = polyopie, altération de la taille des objets) ou auditives (par
exemple sons devenant plus graves ou plus aigus qu'ils ne devraient l'être, plus proches ou plus
lointains.).
c. L'intuition délirante : une invention spontanée de l'esprit sans élaboration logique préalable (pex «
J'ai compris tout à coup que j'étais un envoyé de Dieu ») alimentant un délire.
d. L'imagination délirante : c'est une production moins spontanée et plus active de l'esprit que
l'intuition, impliquant une certaine élaboration logique, générant un délire.
e. L'interprétation délirante : jugement faux porté sur une perception exacte, alimentant un délire.
NB. Notion de polymorphisme d'un délire : On parle d'un délire polymorphe lorsqu'il y a multiplicité et
variabilité des thèmes et des mécanismes délirants.
5.10.4. Les réactions du sujet face à son délire :
On distingue deux types de réactions du malade face à son délire :
Les réactions auto agressives : automutilation, pendaison, brûlure, isolement.
Les réactions hétéro-agressives : agressivité verbale, agressivité physique, poursuites judiciaires.
5.11. LES TROUBLES DE LA CONSCIENCE DE SOI
Dépersonnalisation : sentiment de n'être plus soi-même, de ne plus se sentir un, de ne plus être le
même qu'avant. Le malade a la sensation qu'il se transforme, qu'il se métamorphose. Cfr Troubles
anxieux (attaque de panique, agoraphobie), au début de la schizophrénie, épilepsie temporale, prise
de psychodysleptiques, personnes normales (cfr état de privation de sommeil, dépaysement brutal,
émotions vives).
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Etrangeté (déréalisation) : le monde environnant apparait au sujet comme déformé, étranger, irréel ;
comme s'il n'était plus le même.
Dévinement de la pensée : le patient se plaint que ses pensées ne lui appartiennent plus en propre,
qu'on lit dans ses pensées, qu'elles sont connues des autres (cfr hallucinations psychiques).
Vol de la pensée : le malade a le sentiment qu'on lui prend ses pensées, qu'on les lui vole ((cfr
hallucinations psychiques).
Imposition de pensée : le malade se plaint que ses idées, ses représentations sont influencées,
induites de l'extérieur ; qu'on lui impose des pensées qui ne sont pas à lui (cfr idées d'influence).
Appropriation : Le malade se dit capable de pénétrer les pensées des autres.
Pour clore ce chapitre consacré à la sémiologie psychiatrique, signalons que les maladies mentales
peuvent, outre les symptômes ci-dessus cités, s'accompagner de pratiquement n'importe quelle plainte
somatique. Parmi les plus fréquentes de celles-ci nous pouvons citer les céphalées, les vertiges, les
palpitations, les rachialgies, les épigastralgies, les nausées et les vomissements.
CHAPITRE 6. SEMIOLOGIE PSYCHIATRIQUE ELABOREE
6.1. ENURESİE
6.1.1. Définition
L'énurésie c'est une émission involontaire d'urine, généralement nocturne, persistant ou
apparaissant à un âge où la propreté est habituellement déjà acquise (5 ans, selon
l'International Children's Continence Society).
L'énurésie peut être primaire, lorsqu'elle a toujours été présente, ou secondaire, lorsqu'elle
apparait après une certaine période de propreté.
Du point de vue de la sévérité, on distingue 3 catégories d'énurésie :
L'énurésie mineure : moins d'un épisode par semaine.
L'énurésie moyenne : un à deux épisodes par semaine.
L'énurésie sévère : au moins trois épisodes par semaine.
6.1.2. Epidémiologie de l'énurésie infantile
Prévalence diminue avec l'âge ; autour de 10% à l'âge de 7 ans
Prédominance masculine
6.1.3. Physiopathologie de l'énurésie primaire
- Elle est multifactorielle.
- Trois composantes essentielles intriquées :
a. L'excès de volume urinaire produit pendant le sommeil.
b. La réduction de la capacité fonctionnelle de la vessie.
c. L'élévation du seuil d'éveil nocturne (enfant plus difficilement réveillable).
d. Autres facteurs : facteurs génétiques, facteurs psychologiques, constipation, qui est
fréquemment associée à une immaturité vésicale, par l'intermédiaire des contractions
vésicales désinhibées
6.1.4. Conduite à tenir
Exclure une organicité, pex une infection urinaire, une malformation congénitale de la vessie
Rechercher l'origine psychologique : consulter l'enfant avec ses parents.
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Mesures hygiéniques diététiques : ne pas donner à boire après 18 h, éviter le phénomène de diurèse
osmotique (boisson peu sucrées, peu minéralisées, non gazeuses, limiter l'apport de sel et de
calcium le soir), faire pipi au coucher et aux petites heures.
Ne pas culpabiliser l'enfant qui fait pipi ou le taper ;
Usage d'alarmes sonores, tel que le « pipi - stop » qu'on met dans la culotte ou la couche de l'enfant.
Dès que la première goutte d'urine sort, l'appareil sone et réveille l'enfant. Il s'établit ainsi un
conditionnement et au bout d'un certain temps, l'enfant pourra cesser de faire pipi au lit ;
Médicaments :
- Desmopressine (Minirin, Minirinnelt), un nano peptide de synthèse, analogue structural de
l'hormone antidiurétique naturelle (arginine-vasopressine).
- Oxybutinine qui est anticholinergique.
- Antidépresseurs tricycliques : Imipramine (Tofranil) ou Clomipramine (Anafranil). Ils jouent sur le
sphincter de la vessie en renforçant son tonus, tonifient la prostate et permettent de contenir
les urines. Dose : 1/2 comprimés à 25 mg le soir.
Traitements psychologiques
- « Dry bed training » qui est une méthode de cariditionnernent et qui consiste, en un premier
temps, à réveiller l'enfant à certains intervalles de termps réguliers jusqu'à 1 heure du matin
avant qu'il n'ait envie d'uriner et que l'accident énurétique ne se produise. En un deuxième
temps l'enfant se réveillera de lui-même.
- Psychothérapie, en cas d'énurésie secondaire à des facteurs psychoaffectifs évidents.
6.2. INSOMNIE
6.2.1. Définition et généralités
L'insomnie, c'est la diminution de la durée normale du sommeil. Il est important de savoir que la durée
normale du sommeil varie selon l'âge. Il est de 6 à 18 heures chez le nouveau-né et diminue
progressivement avec l'âge : 10 heures chez les enfants, 9 heures à l'adolescence, ± 8 heures chez
l'adulte de 18 à 30 ans, ± 7 heures de 31 à 45 ans et ± 6 heures après 45 ans. Il existe, en fait une forte
variabilité, d'un individu à l'autre, de la durée du sommeil selon l'âge. Par ai leurs, la durée du sommeil
semble plus courte chez l'homme que chez la femme. Un sommeil insuffisant a des répercussions
diurnes négatives : difficultés de réveil, sensation de fatigue, troubles de la concentration et/ou de
l'humeur, somnolence.
6.2.2. Epidémiologie de l'insomnie
Prévalence : de 3 à 48% de la population générale selon les études.
Augmentation avec l'âge.
50% des motifs de consultation chez le généraliste ou le spécialiste.
15% des patients prennent des somnifères de manière irrégulière.
La majorité des insomnies sont de type transitoire.
La forme chronique survient dans 10 à 20% des cas.
6.2.3. Clinique de l'insomnie
Formes cliniques
a. Dans une perspective étiologique, on peut distinguer les formes cliniques d'insomnie suivantes :
transitoire, chronique primaire, secondaire.
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b. Par rapport au moment de la survenue de l'insomnie au cours de la nuit, on peut distinguer les
formes cliniques ci-après : dysendormissement, insomnie du milieu de la nuit (sommeil
entrecoupé), insomnie du petit matin (réveil précoce).
Comment évaluer un sujet présentant l'insomnie
- Antécédents personnels et familiaux : Trouble du sommeil et de la vigilance, autres pathologies ;
- Histoire de la maladie : âge de début du trouble, circonstances d'apparition, thérapeutique mise
en œuvre ;
- Caractéristiques et habitudes du sommeil (endormissement, maintien du sommeil, réveil,
retentissement sur l'activité du jour) ;
- Examen clinique somatique complet ;
- Examen clinique psychologique (rechercher symptomatologie anxieuse et dépressive, trouble de
la personnalité, ...) ;
- Examens complémentaires :
Agenda du sommeil.
Questionnaires sur le sommeil.
Tests psychologiques : personnalité, dépression, anxiété, etc.
Questionnaire de typologie de Horne et Ostberg et actimétrie au poignet si trouble du
rythme circadien suspecté.
Polysomnographie, indiquée surtout en cas de suspicion de troubles respiratoires liés au
sommeil.
6.2.4. Etiologie de l'insomnie
a. Insomnies transitoires
Fréquentes.
1 ou plusieurs nuits de mauvaise qualité.
Causes aisées à identifier.
Souvent, le sujet identifie la cause de ce trouble et y apporte remède lui-même.
Nombreux facteurs déclenchants: modification de la literie, de la température, bruit, lumière,
changement d'environnement habituel, altitude, mauvaise hygiène de vie (abus de café, d'alcool,
lever ou coucher irréguliers, sieste en cours de journée, modification des heures de coucher et
de réveil le week-end), intenses activités physiques ou intellectuelles tardives, Insomnie
d'ajustement ou due à des facteurs psychiques tels que des conflits sociaux, affectifs ou
professionnels, des événements de vie stressants, Insomnie de rebond à l'arrêt des hypnotiques
de demi-vie courte.
Nécessité d'observer une nuit d'habituation, avant d'investiguer les troubles du sommeil.
b. Insomnies chroniques primaires
3 formes cliniques : psychophysiologique, de mauvaise perception, idiopathique.
Débutent le plus souvent entre 20 et 40 ans (peuvent débuter dans l'enfance).
Peuvent être inaugurales ou constituer l'évolution d'une insomnie transitoire.
Facteur déclenchant possible mais parfois difficile à déterminer.
Physiopathologie : phénomène d'hyperéveil empêchant le bon fonctionnement des mécanismes
de sommeil sans que ceux-ci soient déficitaires.
Le tableau ci-après reprend les caractéristiques respectives de ces 3 formes cliniques
d'insomnies chroniques primaires.
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Insomnie psychophysiologique Insomnie de mauvaise perception Insomnie idiopathique
- Association d'un facteur - Plainte du patient est de très - Début dans l'enfance ;
d'anxiété et de peu dormir ; - Aucun paramètre
conditionnement négatif vis- - Incapacité du patient à apprécier clinique ne permet de
à-vis du sommeil ; la réalité de son sommeil ; distinguer l'insomnie
- Facteur déclenchant banal ou - L'entourage peut témoigner de psycho-physiologique et
apprécier la réalité de son l'effectivité du sommeil ; l'insomnie idiopathique.
événement de vie stressant ; - Diagnostic fait par la
- Insomnie transitoire parfois polysomnographie.
au début.
c. Insomnies secondaires
Syndrome des jambes sans repos
Diagnostic fait par l'interrogatoire.
Paresthésies à type de picotements ou de tension des membres inférieurs.
Possible atteinte des membres supérieurs dans les formes sévères.
Survenue des paresthésies dans la journée.
Exacerbation avant l'heure du coucher.
Difficultés d'endormissement.
L'individu se lève pour marcher ou se masser les jambes.
Eveils nocturnes possibles.
Souvent associé à un syndrome des mouvements périodiques des membres.
Syndrome des mouvements périodiques des membres :
Mouvements d’extension du gros orteil. Dorsiflexion du pied.
Parfois accompagnés d’une flexion du genou voire de la hanche.
Durée : 2 à 5 secondes.
Suivie de réveils chez la majorité des patients.
Pathologique si supérieur à 5 réveils par heure.
Cormorbidité : syndrome d’apnées du sommeil, narcolepsie.
L’enregistrement polygraphique avec électrodes placées au niveau des muscles jambiers
antérieurs permet de poser le diagnostic.
Syndrome d'apnées du sommeil (Syndrome de Pickwik)
25% de la population masculine entre 30 et 60 ans.
Rare chez les femmes avant la ménopause.
Tableau clinique :
Somnolence diurne d’installation progressive ;
Mieux décrit par l’entourage ;
Ronflements nocturnes avec arrêts respiratoires répétés suivis d’une reprise respiratoire
bruyante ;
Chaque apnée se termine par un éveil bref non perçu par le patient ;
Agitation pendant le sommeil ;
Sudations parfois abondantes ;
Polyurie : 2 à 5 mictions nocturnes ;
Le patient ne se plaint quasiment jamais de la qualité de son sommeil ;
Sur le plan somatique : obésité (30% des cas), HTA fréquente, hypertrophie
amygdalienne, voile du palais hypotonique long et épais, paroi pharyngée plissée ;
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Comorbidités : affections endocriniennes (hypothyroïdie, acromégalie, anomalies
morphologiques des voies aériennes supérieures, augmentation PCO2)
Examens complémentaires : la polygraphie du sommeil fait le diagnostic, bilan fonctionnel
respiratoire, cardio-vasculaire et métabolique.
Insomnies psychiatriques
60% des causes d’insomnie.
Dépressions
Episode maniaque
Troubles anxieux
Schizophrénie
Maladie d’Alzheimer
Insomnies iatrogènes (transitoires)
Caféine : cause fréquente.
Alcool
Médicaments : hypnotiques au long cours (tolérance, phénomène de rebond) :
Benzodiazépines chez les enfants et les sujets âgés (insomnie avec état d’agitation
paradoxale) ; antidépresseurs.
6.2.5. Traitement de l'insomnie
Insomnie liée à l’âge : abstention sieste.
Insomnie liée aux troubles de l’anxiété : Psychothérapie de soutien ; anxiolytiques ; antidépresseurs.
Insomnie dans le cadre des psychoses : Manie (neuroleptiques sédatifs, par exemple
lévomépromazine, cymémazine, chlorpromazine) ; Dépression (antidépresseurs, tranquillisants,
neuroleptiques) ;
Insomnie liée à la prise des psychotropes (alcool, stimulants ; drogues) : sevrage.
Insomnie dans le cadre des pathologies organiques : étiologique + anxiolytique.
Dans tous les cas :
- Aspects éducatifs et chronobiologiques : éviter d'allonger le temps de sommeil, se lever à une
heure fixe, repérer ses rythmes personnels, éviter les siestes d’une durée supérieure à 20 à 30
minutes, avoir une bonne literie, une bonne température dans la chambre, repérer les erreurs
diététiques, éviter certains médicaments, heure du lever régulière, mouvements de
gymnastique, douche chaude, éviter lumière vive, un lever matinal quotidien plus précoce de 30
à 60 minutes favorise l’endormissement vespéral, éviter les activités physiques et intellectuelles
intenses le soir, dormir dans une pièce peu chauffée.
- Approche cognitive et comportementale : relaxation.
- Méthodes pharmacologiques
o Benzodiazépines et hypnotiques apparentés : Lormetazépam (Loramet, Noctamide),
Nitrazepam (Mogadon), Flunitrazepam (rohypnol), Nordazepam (calmday) ;
o Imidazopyridines, de structure différente de celle des benzodiazépines mais avec un
mécanisme d’action proche de celui de ces derniers. Ex Zolpidem (Stilnox) ;
o Antidépresseurs sédatifs dans les insomnies chroniques : Amitryptiline (Tryptizol, Redomex,
Laroxyl, Elavil, Triptyl), Miansérine (Lérivon, Athymil), Citalopram (Cipramil, Seroplex,
Seropram).
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6.3. ANOREXIE
6.3.1. Etiologies
- Diverses affections somatiques, dont la tuberculose, d’autres infections et les affections tumorales ;
- Affections psychiatriques : dépression, troubles névrotiques divers, anorexie mentale.
- Nous allons spécifiquement parler de l’anorexie mentale, en tant que prototype même de
pathologie anorexique.
6.3 2. Anorexie mentale (Anorexie nerveuse, « Anorexia nervosa »)
a. Épidémiologie
Jeune femme âgée de 12 à 24 ans (90% des cas).
Fréquence : 1% des adolescentes en Occident, serait plutôt rarissime en Afrique.
b. Clinique
Notion de facteur déclenchant, le plus souvent : rupture de relations affectives, divorce, deuil,
changement scolaire, remarque sur le corps pubère.
Triade symptomatique : amaigrissement, anorexie, aménorrhée primaire ou secondaire.
Retentissement somatique important : signes de dénutrition (cheveux secs et tombants, ongles
cassantes, œdèmes), constipation, lithiase rénale, fractures ostéoporotiques, hypotension
artérielle, dysrégulation thermique, bradycardie, arythmie.
Evolution et pronostic : graves ; décès dans 7 à 10% des cas, troubles psychiatriques
(dépressions, conduites addictives, troubles phobiques, TOC, trouble de la personnalité).
c. Psychopathologie
Absence de troubles psychiatriques majeurs ;
Hyperactivité intellectuelle (hyper investissement scolaire, multiples apprentissages) ;
Hyperactivité physique (sport, ...) ;
Sexualité refoulée ou peu investie ; Déni du trouble ;
Isolement social de plus en plus important ;
Emprise manipulatrice sur les parents.
d. Examens complémentaires
Hémogramme : anémie hypochrome (carence martiale et/ou en folates), leucopénie,
hyperlymphocytose.
Ionogramme sanguin : hyponatrémie, hypokaliémie +++, hypochlorémie.
Fonction rénale : insuffisance rénale fonctionnelle.
Bilan phosphocalcique : normal ou diminué.
Glycémie : normale ou diminuée.
Bilan hépatique : augmentation des transaminases et de la bilirubinémie.
D’autres examens peuvent être réalisés en cas de besoin : ECG, bilan lipidique, radiographie
thoracique.
e. Diagnostic différentiel
Affections somatiques : pan hypopituitarisme primaire, maladie d’Addison, cancers, tumeurs
cérébrales, tuberculose.
Affections psychiatriques : schizophrénie, épisode dépressif majeur,
f. Formes cliniques
Anorexie avec boulimie : 50% des anorexies mentales essentielles, évolution de l'anorexie vers
la boulimie.
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Anorexie mentale du garçon : la sémiologie et l’évolution de la pathologie sont semblables à
celles de la fille, l’aménorrhée est remplacée par des troubles de l’érection.
g. Complications somatiques
Ostéoporose.
Troubles hydro électrolytiques.
Altérations dentaires, des muqueuses bucco-pharyhgées et digestives.
Complications iatrogènes.
h. Traitement
Traitement symptomatique :
Hospitalisation libre ou à la demande d’un tiers.
Ambulatoire dans les formes mineures.
Bilan somatique préalable.
Contrat de poids par lequel la patiente, les parents, le thérapeute s’engagent à une prise
régulière et progressive du poids (difficilement réalisable en ambulatoire), séparation avec
le milieu familial, niveau de reprise du poids fixé pour une période donnée, avec comme
objectif : atteindre un poids proche du poids idéal.
Réalimentation progressive parentérale, puis per os.
Thérapie cognitive et comportementale (TCC) et ou psychothérapies
Ergothérapie centrée sur le dessin, la musique. Le soutien mutuel de groupes de patientes
est bénéfique.
Chimiothérapie psychotrope (antidépresseurs, anxiolytiques, ...) nécessaire si symptômes
dépressifs, anxieux.
Traitement des dysfonctionnements familiaux, presque toujours présents : consultations
parent enfant, groupes de parents, consultations parentales voire une thérapie familiale
systémique ou d’inspiration psychanalytique. Les objectifs de ce traitement consistent à
aider la patiente et sa famille à se dégager de la polarisation sur les symptômes alimentaires,
à assouplir les modalités rigides et pathogènes de la communication, à faciliter la
restauration d’une identité propre.
Surveillance et suivi é court, moyen et long termes.
6.4. AGITATION
6.4.1. Généralités sur l'agitation
Environ 10% des urgences psychiatriques, certainement plus, dans notre milieu.
Nécessité de gérer l’urgence : intervention immédiate et énergique.
Éliminer une cause organique.
Dès le premier contact, évaluer si :
L'agitation est incompréhensible c’est à dire le patient est agité sans raison objectivable,
présente une impression générale d’incohérence ;
L’agitation du patient est alimentée par un conflit ; son attitude est certes exagérée mais
compréhensible par rapport à la situation.
6.4.2. Diagnostic différentiel : L’agitation peut apparaître dans le cadre des affections et conditions
suivantes :
6.4.2.1. Confusion mentale
Manifestations cliniques :
Perplexité anxieuse
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Agitation ou stupeur
Troubles de la conscience : diminution de la vigilance, somnolence Désorientation temporo-
spatiale
Troubles mnésiques : amnésie antérograde, fausses reconnaissances.
Délire à mécanisme hallucinatoire fréquent (hallucinations auditives, visuelles, ...) Altération de
l’état général.
Formes étiologiques des confusions mentales
a. Confusion au cours des intoxications :
Intoxication aiguë : alcool, drogues (héroïne, amphétamine, morphine, ...), psychotropes
(benzodiazépines, antidépresseurs, neuroleptiques).
Delirium tremens : sevrage (alcool, psychotropes : benzodiazépines, barbituriques, ...).
Sevrage drogues « dures » : héroïne, cocaïne, amphétamine, morphine, ... ;
Intoxication chronique médicamenteuse : corticoïdes, antiparkinsoniens, digitaline, ...
b. Confusion d’origine neurologique :
Traumatismes crâniens : hématome extra et sous dural, hydrocéphalie ;
Epilepsie ;
Encéphalites et méningoencéphalites ;
Accidents vasculaires cérébraux ;
Tumeurs cérébrales ;
Encéphalopathie hypertensive.
c. Confusion d’origine endocrinienne et métabolique :
Hypoglycémie, hypocalcémie ;
Porphyrie aigué, troubles hydro électrolytiques ;
Certains troubles endocriniens : hypo et hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie, maladie de
cushing, insuffisance surrénalienne.
d. Confusion d'origine infectieuse : Hyperthermie d'origine infectieuse, pneumopathie, septicémie,
méningite, ...
e. Cas particulier chez la personne âgée
Confusion aigué : 30% des urgences psychiatriques de la personne âgée ;
Insister sur la recherche des facteurs déclenchants éventuels ;
Importance de diagnostic différentiel entre confusion mentale et démence.
6.4.2.2. Etats délirants aigus
Accès psychotique bref (bouffée délirante aigué, psychose puerpérale, psychoses aiguës toxiques ou
médicamenteuses, sevrage, ...).
Décompensation d’une psychose chronique (schizophrénie, psychose hallucinatoire chronique,
délire paranoïaque, ...) = moments féconds d’une psychose chronique.
Le tableau est marqué par des idées délirantes, les hallucinatoires auditives, visuelles, l’angoisse.
6.4.2.3. Accès maniaque Cfr 3ième partie du cours
6.4.2.4. Accès mélancolique Cfr 3ième partie du cours
6.4.2.5. Agitation caractérielle
Secondaire à une frustration.
Personnalité pathologique : Sociopathie, état limite.
Souvent favorisée par une prise d’alcool.
6.4.2.6. Troubles névrotiques
Crise théâtrale hystérique :
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Influencée +++ par l’attitude et les regards extérieurs ;
Eviter l’attitude de rejet systématique avec minimisation qui peut conduire au passage à l’acte ;
Attitude du médecin calme et ferme ;
L’écoute peut économiser parfois les examens et la médication.
Crise d’angoisse aiguë (Cfr 3ième partie du cours) :
Peut aller jusqu’é l’attaque de panique ;
Calme et écoute ;
Essayer d ’en percevoir l’origine.
6.4.2.7. Ivresses excito-motrices
6.4.2 8. Agitation liée aux affections médicales générales
Affections cardio-pulmonaires : embolie pulmonaire, infarctus du myocarde ;
Affections endocriniennes et métaboliques : hypoglycémie, acidocétose diabétique,
phéochromocytome, hyperthyroïdie, hypo/hypernatrémie, hypoxémie ;
Affections uro-digestives : colique néphrétique, insuffisance rénale aigué, pancréatite aiguë, ulcère
gastro-duodénal.
6.4.2.9. Crise conjugale ou familiale
Aspect souvent spectaculaire ;
Sans forcément de pathologie psychiatrique sous-jacente ;
Eviter de prendre part au conflit ;
Séparer les protagonistes.
6.4.3. Conduite à tenir devant un état d’agitation
Toujours rechercher une cause organique, donc pas chercher précipitamment à endormir le malade.
Quand penser à l’organicité face à une agitation : Confusion mentale ; Absence d’antécédents
psychiatriques ; Brutalité du début.
Entretien avec l’entourage = capital :
Début et évolution du trouble ?
Antécédents psy et médicaux ?
Type de traitement pris
Entretien avec le patient :
Environnement calme ;
Faire sortir les proches ;
Etre accompagné d’infirmiers ;
Se présenter (identité des soignants) ;
S’adresser au patient calmement mais fermement, sans crier ni menacer, sans extérioriser sa
peur ;
Attitude empathique : « comment puis-je vous aider ? »󠄦, parler d’autres choses le concernant,
Si agitation demeure :
Dans la mesure du possible : examen physique et prise de sang avant de médiquer le patient ;
Administration d'une médication sédative lM : Diazépam à fortes doses, ou mieux,
neuroleptiques sédatifs (chlorpromazine, lévomepromazine, prométhazine)
Si agitation secondaire à une affection psychiatrique ou neurologique ou médicale générale :
Traiter l’affection sous-adjacente
Calmer l'agitation : neuroleptiques sédatifs de préférence, tranquillisants (Diazépam, par
exemple).
Cas particulier du syndrome confusionnel :
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Hospitalisation indispensable ;
Arrêt du traitement qui a éventuellement occasionné l’état confusionnel ;
Examen somatique et neurologique ;
Bilan paraclinique : sanguin (sang complet, glycémie, bilan hépatique et rénal), EEG, CT-Scan
cérébral ;
Traitement causal ;
Neuroleptiques.
6.5. FUGUES
6.5.1. Définition
On appelle fugue toute disparition momentanée du sujet hors de son domicile ou de son lieu de travail
sans but précis et sans que l’entourage ait été prévenu.
6.5.2. Contexte étiologique
Psychoses et états chroniques : retard mental, démence, schizophrénie.
Psychoses aiguës et états paroxystiques : Manie, mélancolie, états confusionnels et oniriques,
épilepsie.
Névroses : Névrose hystérique, troubles obsessionnels compulsifs.
Sociopathie (psychopathie, déséquilibre psychique).
Noté bien : Chez l'enfant et l'adolescent, il faut différencier la fugue du vagabondage juvénile.
6.6. CONDUITES SUICIDAIRES
Il est important de ne jamais négliger les idées suicidaires, même si plusieurs tentatives antérieures se
sont révélées sans conséquence dommageable pour la santé du sujet. La fréquence des tentatives de
suicide chez un même individu ne doit pas être banalisée, elle reflète une souffrance psychique
nécessitant une prise en charge spécifique.
6.6.1. Epidémiologie du suicide
Chaque année 1 million de personnes se suicident à travers le monde ; suicide : 1 à 2% de la
mortalité globale.
En France : fréquence du suicide : 150. 000 à 180. 000 TS/an, décès par suicide : environ 12. 000/an,
40% des récidives, dont la moitié (20%) dans l’année.
Aux USA : Décès par suicide = 30.000 personnes/an ; 85 suicides/jour, 1 suicide/20 minutes.
Pays où les taux de suicide sont les plus élevés (Plus de 25/100. 000 habitants) : pays scandinaves,
Suisse, Allemagne, Autriche, Pays de l’Europe orientale (Lithuanie, Russie), Japon, Chine.
4 fois plus de TS chez les femmes que chez les hommes.
Surmortalité masculine par suicide :
4 fois plus que chez les femmes.
Les moyens, plus radicaux, utilisés par les hommes peuvent expliquer la surmortalité masculine :
arme à feu, pendaison, précipitation de grandes hauteurs. Les femmes utilisent plus souvent
l’ingestion des psychotropes ou des toxiques, mais l’utilisation d’arme à feu est en augmentation.
Le taux de suicide augmente avec l’âge chez l’adolescent.
Chez l’adulte : pic du taux de suicide chez l’homme après 45 ans, chez la femme après 55 ans.
Les personnes âgées tentent moins fréquemment de se suicider que les plus jeunes mais réussissent
plus souvent.
Actuellement, la majorité des suicides surviennent entre 15 et 44 ans.
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Remarque : Les suicides sont plus fréquents dans la race blanche que dans la race noire. Ils sont
relativement rares en Afrique Noire, tout en sachant qu’ils sont parfois dissimulés.
6.6.2. Evaluation du risque suicidaire
Le médecin doit toujours interroger le patient sur ses idéations suicidaires dans le cadre de l’examen,
surtout si le patient est déprimé. La question 'est directe « avez-vous ou avez-vous eu des idées
suicidaires ? »󠄦 L’existence d’un projet suicidaire précis est particulièrement inquiétante.
Le repérage de la crise suicidaire s’appuie sur différentes manifestations :
L’expression d’idées et d’intentions suicidaires ;
Des manifestations de crise psychique ;
L’existence d’un contexte de vulnérabilité.
Le médecin doit être attentif à plusieurs signes et antécédents :
Tentative antérieure ou scénario de suicide ;
Symptômes d’anxiété, de dépression, d'épuisement ;
Moyens de se suicider difficilement accessibles aux membres de la famille ;
Idées suicidaires verbalisées ;
Elaboration d’un testament ;
Proximité d’une situation de crise, comme un deuil ou une intervention chirurgicale imminente ;
Antécédents familiaux de suicide ;
Pessimisme ou désespoir envahissants.
Les groupes à « haut risque suicidaire » sont :
Les personnes plus de 45 ans ;
Les personnes présentant une dépendance alcoolique ;
Les personnes présentant une colère ou la violence ;
Les personnes ayant présenté un comportement suicidaire antérieur ;
Les personnes avec des antécédents familiaux de suicide ;
Les personnes du sexe masculin ;
Les personnes présentant de la réticence é accepter de l’aide ;
Les personnes présentant un épisode dépressif, une psychose, de graves troubles de
personnalité ;
Les personnes présentant un (des) antécédent(s) d’hospitalisation en service de psychiatrie ;
Les personnes présentant une perte ou séparation récentes ;
Les personnes avec peu d’insight ;
Les personnes souffrant de maladies somatiques chroniques ;
Les chômeurs ;
Les célibataires, les divorcés et les veufs ;
Les personnes de bas niveau socio-économique ;
Les personnes de bas niveau d’instruction ;
Les personnes ne bénéficiant pas d’un bon soutien social ;
Les personnes non intégrées socialement ;
Les catégories de personnes suivantes : Etudiants, prisonniers, immigrés, réfugiés, membres de
sectes religieuses.
Repérage de la crise suicidaire chez les adolescents :
Fléchissement des résultats scolaires ;
Présence de conduites excessives et déviantes ;
Hyperactivité ;
Attirance pour la marginalité ;
Conduites ordaliques ;
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Conduites d’anorexie et de boulimie ;
Prises de risque inconsidéré, notamment au niveau sexuel ;
Violence sur soi ou sur autrui ;
Fugues.
6.6.3. Suicide et pathologies psychiatriques
Troubles dépressifs.
Les troubles de l’humeur sont les diagnostics les plus fréquemment associés au suicide. Une
évaluation du risque suicidaire est indispensable. Attention à la levée de l’inhibition lors de
l'instauration d’un traitement antidépresseur.
Schizophrénie : 40% des schizophrènes font au moins une TS, 10% meurent par suicide.
Dépendance éthylique et à d’autres substances. Environ 15% des personnes dépendantes é l’alcool
se suicident.
Troubles de la personnalité :
5% des patients ayant une personnalité antisociale (Sociopathie) se suicident.
Etats limites.
Psychose délirante aiguë : Passage à l’acte souvent imprévisible.
6. 6.4. Conduite d tenir devant une conduite suicidaire
Évaluation du risque suicidaire et de la récidive.
Évaluer les troubles psychopathologiques sous-jacents.
Prendre en compte les interrelations de l'individu avec son entourage familial et avec l’ensemble de
l’entourage social.
Prise en charge pluridisciplinaire de la crise suicidaire.
Impliquer la famille dans la prise en charge, notamment chez l'adolescent, pour favoriser l’alliance
thérapeutique.
Développer au sein de la famille la capacité de verbaliser les tensions ressenties et les inquiétudes.
Écoute attentive de la souffrance psychique du sujet.
Hospitalisation à envisager :
Indications à l'hospitalisation :
Risque suicidaire imminent
Mélancolie
Schizophrénie
Idées délirantes.
Episode dépressif majeur.
Absence de critique du geste et refus de prise en charge en ambulatoire.
Sujet âgé
Isolement affectif.
Mauvaise observance thérapeutique, ou automédication.
Difficultés sociales ou événements de vie douloureux de survenue récente.
Impulsivité.
Projet suicidaire.
Buts de l’hospitalisation :
Éviter le passage é l’acte suicidaire,
Permettre une résolution de la crise en milieu protégé,
Instaurer un lien et une relation de confiance avec le milieu hospitalier
Mettre en route un traitement spécifique si une pathologie psychiatrique est retrouvée,
P a g e | 33 TEAM REAL MADRID
Il faut retirer tout objet dangereux, assurer une surveillance constante et une présence
rassurante auprès du patient.
Une prise en charge en ambulatoire peut être envisagée, surtout si :
L’entourage affectif est de qualité, compréhensif et présent,
Ambiance dédramatisée mais consciente du problème,
Bon contact et réponse positive au soutien psychothérapeutique,
Instauration d’un traitement anxiolytique ou sédatif é posologie efficace.
Le traitement psychotrope sera fonction de la pathologie sous-jacente :
Une anxiolyse efficace voire une sédation, est souvent nécessaire en début de traitement,
permettant de diminuer l’angoisse et d’éviter un nouveau passage é l’acte avant la diminution
des symptômes ou avant la régression d’une situation de crise.
Tenir compte de la levée d'inhibition en début de traitement antidépresseur, imposant une
surveillance par l’entourage voire une association avec un traitement sédatif.
Une psychothérapie sera associée à la prise en charge du patient, le plus précocement possible.
Il faut assurer une continuité des soins dès le début de la prise en charge du patient, at organiser un
suivi après la crise suicidaire ou après une tentative de suicide.
6.7. IMPUISSANCE
6.7.1. Définition :
Cfr chapitre 5
Noté Bien : L’impuissance peut être primaire ou secondaire, circonstancielle
6.7.2. Epidémiologie
Prévalence : 10 à 20% de la population générale
La prévalence augmente avec l’âge : 1% avant 35 ans, 8% chez l’adulte jeune, 75% à 80 ans
50% d’hommes traités pour troubles sexuels
6. 7.3. Étiologie
Origine psychique
Facteurs prédisposants : éducation « anti-sexuelle », relations familiales perturbées,
connaissances sexuelles insuffisantes, expériences sexuelles traumatisantes et incertitude quant
à l’identité sexuelle ;
Facteurs déclenchants : problèmes relationnels généraux, infidélité, attentes irrationnelles,
vieillissement, dépression, troubles anxieux et expérience sexuelle traumatisante ;
Facteurs d’entretien : obligation de prestation, sentiments de culpabilité, perte d’attirance de la
partenaire, problèmes relationnels généraux, peur de l’intimité, image négative de soi,
insuffisance de la phase préparatoire, troubles psychiatriques.
Causes organiques
Cardio-vasculaires : HTA, infarctus du myocarde, anomalies locales ou générales du système
vasculaire ;
Endocriniennes : Insuffisance surrénalienne, syndrome de Cushing, diabète sucré,
hypogonadisme, hyperprolactinémie, hyperthyroïdie, hypothyroïdie ;
Urogénitales : Pseudo phimosis, prostatite, urétrite ;
Neurologiques : AVC, lésions médullaires transverses, épilepsie, SEP, poly neuropathies,
Parkinson ;
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Iatrogènes (médicaments) : Antidépresseurs tricycliques, ISRS, IMAO, Li+, Anti HTA (clonidine,
méthyldopa, béta-bloquants), diurétiques, corticostéroïdes, œstrogènes et neuroleptiques.
6.7.4. Conduite à tenir
Traitement étiologique si possible
Avec en plus :
Écouter et identifier le problème
Rassurer
Donner une information dirigée (anatomie, physiologie, combattre mythes et commérages
sexuels)
Conseils pour avoir des rapports sexuels différemment (minimiser les comportements
d’évitement sexuel, rompre avec les schémas habituels, éviter l’obligation des performances,
favoriser les activités sexuelles non coïtales, etc.)
Techniques sexothérapiques
Éventuellement
Techniques comportementales : désensibilisation systématique in vitro puis in vivo, training
assertif
PIP
6.8. CÉPHALÉES
6.8.1 Définition et généralités
La céphalée est une plainte douloureuse centrée sur la région crânienne. Elle entraine souvent
d'énormes couts financiers liés à l’incapacité de travailler, d’où, perte des heures de travail et baisse de
productivité. Elle altère la qualité de vie, expose à la dépression (migraineux, céphalalgique grave). Les
céphalées ne sont malheureusement pas souvent traitées correctement, l’automédication étant
habituelle.
Elle concerne souvent la population active : de l’adolescence jusqu’à 50 ans. 2/3 sont des adultes et 80%
des femmes. C’est le 1er motif des consultations neurologiques, et elle compte parmi les 10 premières
causes de consultation en médecine générale.
Sur le plan clinique, 95% des céphalées sont de cause bénigne. L’anamnèse seule peut suffire pour une
bonne orientation diagnostique. Cependant, la céphalée peut être une véritable maladie, un symptôme
d’une affection ou un mode réactionnel à des crises psychologiques.
6.8.2. Etiologie
Causes locorégionales : affections ORL, ophtalmologiques, stomatologiques ;
Causes neurologiques : Processus expansifs intracrâniens (Cfr syndrome d’hypertension
intracrénienne), traumatismes crânio-cérébraux, méningites et méningoencéphalites, AVC ;
Affections générales : Hyper/hypotension artérielle, infections et parasitoses diverses, anémie,
intoxications, insuffisance respiratoire, hyperviscosité sanguine ;
Facteurs psychologiques et affections psychiatriques (Cfr céphalées psychogènes) ;
Céphalées essentielles.
6.8.3. Classification des céphalées
La classification la plus utilisée se base sur la mode de début et le mode d’évolution. Elle distingue :
a. Les céphalées aiguës : sont en 1ère ligne en urgence. Elles sont causées par l’hémorragie méningée
ou cérébrale, la méningite, l’HIC, la migraine, la malaria, les AVC (hémorragique ou ischémique), la
P a g e | 35 TEAM REAL MADRID
dissection des artères cervicoencéphaliques, la poussée d’HTA, le glaucome à angle fermé, la
Sinusite aiguë.
b. Les céphalées subaiguës d’aggravation progressive : HIC subaiguë (tumeur, abcès, HSD),
thrombophlébite cérébrale, méningite subaiguë, maladie de Horton (artérite temporale).
c. Les céphalées chroniques :
Continues : Céphalées de tension (psychogènes), céphalées post-traumatiques, céphalées par
abus des médicaments, céphalées psychotiques (annonciatrice de rechute ou en pleine crise),
anémie, insuffisance respiratoire, hyperviscosité sanguine.
Par accès successifs avec intervalle libre : Migraines, malformation artérioveineuse, névralgie
d’Arnold, Céphalées essentielles diverses (effort, toux, coït), névralgies du nerf V, algies
vasculaires de la face et Céphalées des épilepsies.
6.8.4. Mise au point des céphalées
Interrogatoire
Caractéristiques de la céphalée : Date de début : récente, ancienne ; Mode de début : brutal,
progressif ; Localisation : holocrânienne/ hémicrânienne/bi ou unilatérale ou localisée ; Mode
évolutif : aigu, subaigu, chronique ; Intensité, fréquence ; Forme : pulsatile, constriction,
pesanteur, chaleur, fourmillements, picotements, coup de marteau, indéfini ; Retentissement
sur la vie quotidienne : insomnie, fatigue, arrêt de service ; facteurs déclenchants ou
aggravants ; facteurs calmants.
Signes d’accompagnement : fièvre, cervicalgies, nausées et vomissements, vertiges, altération
de l’état général, ralentissement psychique, troubles mnésiques, irritabilité, insomnie, anorexie,
troubles neurologiques focaux et signes oculaires ou nasaux.
ATCD essentiels : trauma crânien, prise des médicaments, ATCD des céphalées en famille
(migraine) ou d’épilepsie, oto-rhino-sinusites, hyper/hypotension artérielle et contexte
psychoaffectif (social, professionnel).
Examen clinique proprement dit : Prise systématique des signes vitaux (TA, T°, FR, état de la
conscience) ; examen neurologique systématique avec F.O ; observation psychiatrique et examen
somatique général.
Examens paracliniques : Bilan sanguin : GE, VS, GB, FL ; EEG ; et imagerie médicale.
6.8.5. Formes cliniques des céphalées essentielles
1. Céphalées de tension (céphalées psychogènes, céphalées de stress)
30-80 % des céphalées primaires, F>H, peuvent coexister avec la migraine ;
2 sous-types : céphalées de tension épisodiques, céphalées de tension chroniques ;
Critères diagnostiques des Céphalées de tension chroniques (voir plus loin) ;
Critères diagnostiques des Céphalées de tension épisodiques selon l’ICHD-3 (3ième Ed de
l‘international Classification of Headache)
A. Au moins 10 crises survenant moins d’un jour par mois en moyenne et répondant aux critères B
àD
B. Durée de la crise : 30 min à 7 jours
C. Au moins 2 des caractéristiques suivantes :
Constrictive/pression/non pulsatile
Intensité légère à modérée
Bilatérale.
Non aggravée par les activités physiques simples
D. Durant la crise
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Absence de vomissements et nausées
Pas plus d'une des manifestations suivantes : Photophobie, phonophobie
E. Non attribuable à une autre affection définie par l’ICHD-3 (Cfr anamnèse, examen clinque
neurosomatique)
2. Migraine
15% des céphalées primaires ; avec/sans aura ; avec/sans symptômes neurologiques durables ; F>H
(sex ratio de 3/1) ;
Début avant 30 ans dans 80% des cas ; la fréquence diminue avec l’âge ; rémission transitoire durant
la grossesse dans 70% des cas ;
Critères diagnostiques selon l’ICHD-3 :
A. Au moins 5 crises répondant aux critères B à D
B. Durée de la crise : 4 à 72 h (sans traitement)
C. Au moins 2 des caractéristiques suivantes :
Céphalées pulsatiles
Céphalées unilatérale, parfois à bascule
Intensité modérée ou sévère
Aggravée par les activités physiques simples
D. Durant les céphalées, au moins l’un des caractères suivants :
Nausées/vomissements
Photophobie/phono phobie
E. Non attribuable à une autre affection définie par l’ICHD-3 (Cfr anamnèse, examen clinque
neurosomatique)
Il existe 2 types de migraines :
a. Migraines sans aura (anciennement appelées migraines communes) : la majorité des crises
migraineuses ; description clinique (vide supra) ;
b. Migraines avec aura (anciennement appelées migraines accompagnées) :
15-20% des migraines.
Aura : symptômes neurologiques focaux transitoires (Troubles visuels, sensitifs, moteurs, du
langage) ;
Il existe 2 sous types de migraines avec aura :
o Migraines avec aura typique.
o Migraines avec aura atypique caractérisée par des troubles visuels passagers, des
vertiges, des acouphènes, l’ataxie.
Diagnostic différentiel : Accident ischémique transitoire.
c. Cas particulier : Migraines cataméniales (survenant de 2 jours avant jusqu’a 3 jours après le
début des règles).
3. Céphalées en grappe on Algie de la face
H>F
Critères diagnostiques
A. Au moins 5 crises répondant aux critères
B. Douleur unilatérale (orbitaire, supra-orbitaire ou temporale) durant 15 à 180 min (sans
traitement), d’intensité modérée mais avec exacerbation, survenant souvent après le repas et
pendant la nuit
C. Au moins un des phénomènes homolatéraux suivants :
Injection conjonctivale ou larmoiement ;
Congestion nasale ou rhinorrhée ;
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Sudation du visage ;
Rougeur du visage ;
Myosis ou ptosis ;
Œdème palpébral ;
Sensations de plénitude de l’oreille ;
Anxiété ou agitation.
D. Fréquence une crise par 2 jours à 8 crises par jours.
E. Non attribuable à une autre affection définie par l’ICHD-3 (Cfr anamnèse, ex clinque
neurosomatique).
Noté bien : C’est une pathologie très douloureuse pouvant avoir un retentissement majeur aux
plans psychologique, social et professionnel. C’est par ailleurs une maladie chronique qui peut
parfois durer toute la vie.
4. Névralgie essentielle du Trijumeau (maladie de Trousseau ou tic douloureux de la face)
Caractérisée par : douleur brève en salve une à 2 minutes, paroxystique (coup de poignard), le long
d’une ou plusieurs branches du nerf V, souvent unilatérale, le visage peut se tordre : Tic douloureux.
Souvent déclenchée en stimulant une zone gâchette : trigger zone.
5. Céphalées chroniques quotidiennes
3 sous-groupes :
Céphalées de tension chroniques
Céphalées persistantes d’apparition récente
Migraine transformée
Sex ratio : 2 F/H
Toutes les céphalées essentielles peuvent évoluer vers une céphalée chronique quotidienne
2 facteurs favorisants majeurs : abus médicamenteux (Cfr accoutumance avec phénomène rebond),
traits névrotiques Autres facteurs favorisants : trauma crânien, stress, affections intercurrentes
(sinusites, maladies générales), opération chirurgicale, activité physique intense, menstruations.
Clinique
Elles sont le plus souvent présentes dès le matin au réveil,
Elles sont bilatérales dans 50% des cas
Cas particuliers
Céphalées liées à un abus médicamenteux
o Cfr antalgiques : aspirine (AAS), caféine, codéine, morphiniques, ergotamine
o Traitement :
- Sevrage (! syndrome de sevrage : exacerbation des céphalées, nausées, insomnie,
anxiété, vertiges ; ce syndrome dure 2 à 10 jours en moyenne) ;
- Hospitalisation souvent nécessaire pour le besoin de sevrage ;
- Amitryptiline à doses modérées (30 à 50 voire 75 mg au coucher) comme traitement de
fond ;
- Traiter les céphalées chroniques responsables de l’abus ;
- Techniques de relaxation ; Psychothérapie ;
- Post cure nécessaire.
Céphalées post traumatiques chroniques (Syndrome subjectif des traumatismes crâniens,
syndrome post commotionnel)
o Clinique : un ensemble de symptômes, dont :
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- Les céphalées sont les plus constants ; elles peuvent être diffuses, hémicrâniennes, ou
localisées ; elles surviennent ou s’exacerbent é l’effort physique ou intellectuel ou lors
des stimulations auditives ou visuelles intenses ;
- Les autres symptômes : Troubles mnésiques, vertiges, insomnie, troubles de l’humeur.
o Le diagnostic est basé sur la négativité de l’examen Clinique et des examens
complémentaires organiques
6.8.6. Conduite à tenir devant une céphalée
Objectifs du traitement : contrôler la crise douloureuse, améliorer la qualité de vie en réduisant
l’incapacité dans la vie socioprofessionnelle ; si signe d’alarme, hospitaliser.
Le traitement de la céphalée en phase chronique comprend 2 volets :
a. Traitement non médicamenteux :
Régularité des repas, du sommeil ;
Exercice physique régulier ;
Minimiser le stress, la surcharge socioprofessionnelle ;
Identifier des facteurs déclenchants (aliments, alcool)
Stopper les médicaments inutiles qui entraînent des effets indésirables ;
Psycho éducation : rectifier l’information erronée du malade concernant la douleur, le
fonctionnement du corps et la thérapeutique, expliquer au malade que la céphalée est un
problème à long terme, lui préciser que le but n’est pas de guérir mais d’obtenir une
amélioration de la vie quotidienne ;
Approche physique (relaxation) ; Psychothérapie de soutien.
b. Traitement médicamenteux
Migraine
o Traitement de la crise : Antalgiques, dérivés ergotés (hydergine, dihydergot, cafergot),
tryptanes (Sumatriptan, Zolmitriptan, Naratriptan) ;
o Traitement préventif de fond (6 à 12 mois) : antisérotoninergiques, antidépresseurs
tricycliques (Amitryptiline, pex) ou ISRS (Fluoxétine, pex), Bétabloquants, inhibiteurs
calciques (Flunarizine, Sibélium®), antiépileptiques (Topiramate, Valproate de sodium,
Gabapentine, Lamotrigen)
Céphalées tensionnelles
o Myorelaxants (Décontractyl, par exemple)
o Anxiolytiques
o Antalgiques
o Antidépresseurs à doses antalgiques (Amitryptiline par exemple)
Céphalées en grappe
o Anticalciques comme traitement de fond,
o Autres possibilités : corticoïdes, sels de lithium
Névralgie du Trijumeau
o Carbamazépine à fortes doses (1000-1200 mg/j) ;
o Noté bien : Avis ORL ou neurochirurgical parfois nécessaire
Céphalées post traumatiques
o Antidépresseurs tricycliques (Amitryptiline, par exemple) ou ISRS. (Fluoxétine, par
exemple) ;
o Tranquillisants : par exemple, benzodiazépines en cures brèves et à doses régressives ;
o Antalgiques(prudence) ;
Céphalées symptomatiques :
o Traitement étiologique, en fonction du diagnostic
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o Antalgiques dans tous les cas.
Céphalées par abus des médicaments (vide supra)
CHAPITRE 7. EXAMEN CLINIQUE ET EXAMENS COMPLEMENTAIRES EN PSYCHIATRIE
7.1. EXAMEN CLINIQUE PSYCHIATRIQUE
Appelé aussi observation psychiatrique ou entretien psychiatrique, l'examen clinique psychiatrique
présente, par rapport à l’examen clinique dans les autres domaines de la médecine, la particularité de
ne pas être médiatisée par les gestes médicaux habituels. Il est en effet une relation interpersonnelle
basée sur l’entretien avec non seulement le malade mais souvent aussi avec son entourage. Pour un
entretien, il devrait être libre et non directif du moins en un premier temps et basé sur une écoute
bienveillante, attentive et patiente.
Cette dimension fondamentale de l’écoute est obligatoirement couplée à celle de l’observation
(mimique, gestes, comportement). Le contact physique est moins important que la contact verbal,
auditif et visuel.
Par ailleurs, en psychiatrie, l’image clinique du moment ne suffit pas pour aboutir au diagnostic,
l’histoire du malade ainsi que celle de sa maladie doivent aussi être prise en compte.
En plus, l’entretien psychiatrique a une double polarité, à la fois diagnostique et thérapeutique.
Il importe de signifier au patient qu’on est là pour l’aider ; mais qu’il a, lui, quelque chose à dire, et qu'on
est à l’écoute de sa propre demande.
La description du tableau clinique actuel comprend deux volets : la présentation et l’activité psychique
de base du patient. La description de la présentation porte sur les points suivants : constitution physique
(morphotype ou biotype), la tenue corporelle et vestimentaire, la mimique, la gestualité et le langage.
Dans l’activité psychique de base, on s’intéresse successivement :
- À l’affectivité (thymie) ;
- Au comportement psychomoteur ;
- À l’intellect au sens large (conscience, attention, orientation, mémoire, insight, aspects formels de la
pensée, jugement, perception, testing de la réalité) ;
- Aux symptômes, signes somatiques et neurovégétatifs ;
- Aux conduites.
L’observation psychiatrique doit utilement être complétée par un examen clinique neurologique et
somatique général ne fut ce que succinct. En effet, dans la plupart d'affections mentales, les
perturbations psychologiques et comportementales sont associées à des manifestations somatiques. Par
ailleurs, le diagnostic de plusieurs affections psychiatrique : exige l’exclusion de l’organicité. Ceci ne peut
se faire qu’au moyen de l’examen clinique neurologique et somatique et des examens complémentaires
organiques.
7.2. LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES EN PSYCHIATRIE
Les examens complémentaires utiles en psychiatrie comprennent les tests psychologiques, certains
examens organiques et les bilans sociaux. Chaque catégorie de ces examens a (ou sera) étudiée dans les
cours ad hoc : la psychologie médicale, pour les tests psychologiques, la neurologie et la médecine
interne, pour les examens organiques. Les bilans sociaux sont vus dans la cadre des questions
approfondies de psychiatrie réservées aux Assistants en psychiatrie. Dans le présent cours, nous allons
nous borner à citer ces différents examens et à préciser leur utilité en psychiatrie.
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7.2.1. Les tests psychologiques
Les tests de personnalité
Tel que l’indique leur nom, ils permettent de décrire la personnalité d’un individu. Nous pouvons
citer :
Les questionnaires de personnalité
o Le MMPI (Minnesota Mulitiphasic Personality Inventory) ;
o Le Corneil Index ;
o Le test 16 PF de Cattel ;
Les tests projectifs
o Le test de Rorschach ;
o Le TAT (Thematic Apperception) Test de Murray ;
o Le test de l’arbre de Koch ;
o Le test du dessin de la famille ;
o Le test du bonhomme.
Les tests neuropsychologiques
Ils permettent d’évaluer les fonctions cognitives (intelligence, les différents aspects de la mémoire,
attention, aptitudes verbales...). En voici quelques-uns :
Le WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale) ;
Le WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children) ;
Le test des 15 mots de Rey (mémoire verbale) ;
La figure complexe de Rey (mémoire visuelle, attention) ;
Le Trail Making Test de Halstead-Reitan (balayage visuel, attention) ;
Le test pour aphasiques de Head.
7.2.2. Les examens organiques
Sérologie HIV en vue de rechercher une infection à VIH, dont on connait le caractère neurotrope ;
Explorations neurologiques :
Radiographies simples du crâne, pour voir s’il n’y a pas de tumeur cérébrale ou une fracture du
crâne ;
CT Scan cérébral, pour rechercher des tumeurs et des troubles vasculaires ;
Analyses du liquide céphalorachidien, pour détecter d’éventuelles méningites,
méningoencéphalites, processus expansifs intracrâniens ;
Electroencéphalogramme (EEG) pour diagnostiquer une éventuelle comitialité ;
Biologie clinique : Pratiquée le plus souvent de façon routinière et malgré son caractère général, la
biologie clinique peut contribuer à démasquer, le cas échéant, l’origine métabolique ou
endocrinienne ou inflammatoire/infectieuse/ parasitaire des manifestations psychiatriques du
patient. Comme examens de biologie clinique ainsi évoqués, nous pouvons citer :
La goutte épaisse ;
La vitesse de sédimentation ;
La leucocytose et la formule leucocytaire ;
La glycémie ;
L’ionogramme sanguin : sodium, calcium, potassium, chlorure, magnésium
Les examens de la fonction rénale : urée, créatinine, protéinurie ;
Les tests hépatiques : bilirubine, transaminases, phosphatase alcaline, ... ;
Les tests thyroïdiens et autres tests explorant l'axe hypothalamo-hypophysaire ; Les tests relatifs
à la boucle hypothaIamo-hypophyso-ovarienne.
7.2 3. Les bilans sociaux :
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Ils permettent de voir, d'une part, quelle est la part du milieu dans la genèse ou dans l’aggravation ou
dans la pérennisation des manifestations cliniques du patient et, d’autre part, quelles sont les
conséquences du comportement du patient sur son entourage. Ainsi, s'agissant d’un patient alcoolique,
on s’intéressera de savoir comment ça va dans son foyer, quelle est l’influence éventuelle de la
conjointe sur son alcoolisme, quelles sont les conséquences de son alcoolisme dans la vie du ménage.
TROISIÈME PARTIE : PATHOLOGIE PSYCHIATRIQUE
SECTION l. LES NÉVROSES
CHAPITRE 8. GÉNÉRALITÉS SUR LES NÉVROSES
8.1. DEFINITION :
Il n’est pas aisé de donner une définition générale des névroses qui fasse l’unanimité en se basant sur
des critères descriptifs. D’un point psychodynamique les névroses peuvent être définies comme étant
des maladies mentales liées 2‘3 la non résolution du Complexe d’Œdipe (CO), d’où la présence de
l’angoisse de castration qui est considérée comme l’élément central de toute névrose.
Cependant cette angoisse de castration peut se manifester é l’état pur ou sous une forme déguisée au
travers des symptômes particuliers, résultant de la mise en œuvre des mécanismes de défense
spécifiques aux différentes névroses.
Par rapport aux psychoses les névroses constituent des affections relativement mineures, perturbent
plus l’équilibre intérieur du sujet qu’elles ne compromettent l’ajustement à la réalité et l’adaptation
sociale du sujet, bien que les névrosés soient généralement de « mauvais caractère ».
Par ailleurs, contrairement au psychotique, le névrosé est généralement conscient de ses troubles et
peut, par conséquent demander de l’aide.
8.2. CLASSICATION DES NÉVROSES
On peut distinguer :
Une forme basale des névroses appelée névrose d’angoisse (trouble panique) dans laquelle
l’angoisse se manifeste d’une manière plus directe, du fait que les mécanismes de défense mis en
jeu sont relativement simples ;
Des névroses différenciées (fortement structurées) dans lesquelles interviennent des mécanismes
de défense plus élaborés et plus spécifiques, d’où, l’angoisse est exprimée sous une forme déguisée.
Ces névroses sont :
La névrose phobique qui a comme mécanisme de défense, le déplacement et comme symptôme
spécifique, la phobie ;
La névrose obsessionnelle dont les mécanismes de défense typique sont l’annulation et
l’isolation et les symptômes spécifiques, les obsessions et les compulsions ;
La névrose hystérique, avec la conversion comme mécanisme de défense typique et les
symptômes de conversion, comme symptômes spécifiques.
8.3. ETHIOPATHOGENIE DES NEVROSES
Trois catégories de facteurs interviennent dans la psychopathologie des névroses :
Les facteurs constitutionnels ou héréditaires (prédisposition générale à la névrose,
névroticisme) ;
Les vicissitudes du développement psycho-affectif pouvant conduire à la non résolution du
complexe d’Œdipe : expérience de la scène primitive, attitude trop autoritaire d'un père
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suscitant ou renforçant des craintes de castration, expérience d’un amour sexuel trop intense
de la part des parents, séparation de l’enfant d’avec un parent ou les deux parents... ;
Les facteurs déclenchants (traumatismes psychologiques actuels).
Du point de vue psychodynamique, les névroses résultent d’un conflit entre d’une part le moi et,
d’autre part, le ça et le surmoi (conflit intrapsychique).
8.4. DIAGNOSTIC DES NEVROSES
Le diagnostic des névroses est relativement facile car il est basé sur la présence des symptômes
spécifiques à chaque type de névrose.
CHAPITRE 9. LES TROUBLES ANXIEUX
INTRODUCTION
Un symptôme principal : l'anxiété.
Anxiété = sentiment d'attente inquiète dont le sujet ne peut le plus souvent pas préciser la cause ou
état d’alerte disproportionné par rapport à la situation.
Différences entre anxiété normale et anxiété pathologique :
Anxiété normale = signe d'alarme, d’intensité modérée, ne paralyse pas le sujet ; ne perturbe
pas le fonctionnement du sujet, rareté des plaintes somatiques.
Anxiété pathologique : intensité exagérée, submerge et bloque le sujet, perturbe son
fonctionnement.
9.1. ATTAQUE DE PANIQUE (CRISE D'ANGOISSE AIGUË)
9.1.1. Épidémiologie : Prévalence sur la vie entière entre 3 et 5,6%.
9.1.2. Manifestations cliniques
Début brutal, souvent sans cause déclenchante apparente mais parfois dans des situations
anxiogènes que le patient ne reconnait pas toujours, rapidement progressif, atteignant son acmé en
moins de 10 minutes, ressenti comme un malaise généralisé.
Le tableau est dominé par des plaintes somatiques.
Durée de la crise généralement courte ; quelques heures chez certains patients.
L’intensité des symptômes décroit ensuite progressivement avec une sensation de soulagement,
souvent associée é une asthénie.
Trois ordres de manifestations cliniques caractérisent la crise :
a. Manifestations subjectives :
Impression de malaise intense, de catastrophe imminente.
Peur de mourir, de s'évanouir, de devenir fou, d’avoir une maladie grave, de perdre le
contrôle de son comportement, de commettre des actes incongrus, de ne pas pouvoir être
secouru.
Sentiment de dépersonnalisation ou de déréalisation.
b. Manifestations comportementales : Agitation motrice le plus souvent (crispation, impossibilité
de tenir en place, peut aller jusqu’à la crise clastique) ou inhibition motrice voire sidération
stuporeuse.
c. Manifestations somatiques :
Cardio-vasculaires et respiratoires : dyspnée, sensations d’étouffement, d’étranglement,
palpitations, toux, pseudo asthme, pseudo angine de poitrine.
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Digestives : sensations de spasmes pharyngés (boule dans la gorge), nausées, douleurs
abdominales, diarrhée.
Neuromusculaires et sensorielles : tremblements des extrémités, tensions musculaires,
céphalées, paresthésies (sensations d’engourdissement ou de picotements), vertiges, flou
visuel, bourdonnements d’oreilles.
Génito-urinaires : douleurs pelviennes, crise polyurique ; cystalgies.
Autres manifestations neurovégétatives : sueurs, mains moites, sécheresse de la bouche,
frissons, bouffées de chaleur.
9.1 3. Étiologie et diagnostic différentiel
Crises d'angoisse secondaires à une pathologie organique :
Urgences médicales : hyperthyroïdie, hypoparathyroïdie, hypoglycémie, phéochromocytome,
infarctus du myocarde, embolie pulmonaire, trouble du rythme, AVC ;
Urgence chirurgicale : abdomen aigu ;
Prise de toxiques : amphétamines, LSD, cannabis ;
Sevrage : alcool, opiacés, barbituriques, benzodiazépines.
Crises d'angoisse dans le cadre d’une affection psychiatrique
Troubles anxieux au long cours et autres troubles névrotiques : trouble panique, troubles
obsessionnels compulsifs, trouble phobique, hystérie, état de stress post-traumatique ;
Troubles dépressifs : mélancolie anxieuse ;
Troubles psychotiques non affectifs : schizophrénie, trouble psychotique bref ;
Confusion mentale ;
Anxiété réactionnelle au cours d’une situation conflictuelle.
9.1.4. Prise en charge thérapeutique
Mesures et principes généraux
Considérer comme une situation d’urgence.
Rechercher et soigner une cause organique éventuelle et éliminer une cause iatrogène ou
toxique (alcool, opiacés, amphétamines...).
Repérer et soigner l’affection psychiatrique sous-jacente éventuelle.
Évaluer la personnalité sous-jacente.
Isolement au calme et mise à distance d’un entourage souvent affolé.
Actions sur l’entourage : explication et réassurance.
Rassurer le patient sur l'absence de danger de mort, permettre une verbalisation de l’angoisse
avec une attitude calme et empathique de la part du médecin.
Pas d’hospitalisation du patient sauf en cas de :
o Raptus anxieux avec risque de passage à l'acte suicidaire ;
o Attaque de panique dans le cadre d’un trouble psychotique dans lequel l’angoisse se
manifeste par un vécu intense de dépersonnalisation et de déréalisation ;
o Urgence médicale ou chirurgicale.
Chimiothérapie
Benzodiazépines en premiére intention : Alprazolam (Xanax®, Calme®) 0,5 mg/j ; Clorazepate
(Tranxene®) 20 mg/j ; Lorazepam (Temesta®) 2,5 mg/j.
Neuroleptiques sédatifs : Lévomépromazine (Nozinan®) 25 à 50 mg/jour, cymémazine 25-50
ml/jour
Antidépresseurs : Clomipramine (Anafranil) 50-150 mg/j, ISRS (Citalopram 20 mg).
Prévoir au décours de la crise d’angoisse, selon les cas, des mesures de prise en charge
thérapeutique au long cours afin de prévenir les récidives.
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9.2. TROUBLE PANIQUE :
9.2.1. Épidémiologie
Prévalence sur la vie entière : 1,55% Sex-ratio : 3 femmes pour 1 homme.
Âge moyen de début : autour de 25 ans. Il existe 2 pics de fréquence : entre 25 et 35 ans et
entre 45 et 55 ans.
Statut marital : les sujets séparés ou divorcés sont plus exposés.
9.2.2. Manifestations cliniques
Le trouble panique est défini par la répétition des attaques de panique le plus souvent
spontanées et imprévisibles mais pouvant être situationnelles, associées é une anxiété inter
critique,
Il peut être associé on non à l’agoraphobie.
Manifestations cliniques de l’anxiété inter critique :
o Crainte persistante, attente anxieuse d'avoir d’autres attaques de panique.
o Préoccupations à propos des implications possibles de l’attaque ou de ses conséquences
(peur de perdre le contrôle, d’avoir une crise cardiaque, de devenir fou).
o Changement de comportement en relation avec les attaques.
2. Evolution et pronostic
Début des troubles généralement chez l’adulte jeune.
Evolution du trouble panique le plus souvent chronique avec récurrence des crises, surtout en
l’absence de traitement ; 30 à 40% des sujets semblent en rémission clinique à long terme.
Les troubles peuvent évoluer vers un évitement phobique, une incapacité de travail, une
modification du comportement social et relationnel quotidien.
Complications :
o Syndrome dépressif (40 à 80%).
o Conduites suicidaires (20% de tentatives de suicide, 44% d’idées suicidaires).
o Abus et dépendance é l’alcool ou é d’autres substances (20 à 40%).
o Trouble obsessionnel-compulsif.
9.2.4. Diagnostic différentiel du trouble panique : pour l’essentiel, voir attaque de panique
9. 5. Prise en charge thérapeutique
Eliminer toute cause organique.
Bilan minimum : examen clinique, numération formule sanguine, glycémie, ionogramme
sanguin, urée, créatinine, hormones thyroïdiennes, recherches toxicologiques,
électrocardiogramme.
D’autres examens sont é effectuer d’une maniére sélective (radiographies du thorax, enzymes
cardiaques, examens toxicologiques, imagerie cérébrale, EEG, ...).
Chimiothérapie :
o Antidépresseurs inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS) : Paroxétine
(Déroxat®) 20mg /j, Citalopram (Seropam®, Seroplex®) 20 mg/j.
o Antidépresseurs tricycliques : Clomipramine (Anafranil®) 150 mg/j.
o Benzodiazépines : en début du traitement sur une durée limitée (8 à 10 semaines) pour
diminuer le risque d’abus, avec décroissance progressive ;
Thérapies cognitives et comportementales : relaxation, techniques respiratoires, techniques
d'exposition in vitro.
Psychothérapie d'inspiration psychanalytique (PIP).
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9.3. TROUBLE « ANXIETÉ GENERALISEE » (TROUBLE ANXIEUX GENERALISE)
9.3.1. Épidémiologie
Prévalence : 3 à 8% sur un an, 5% sur la vie entière.
Les comorbidités : fréquentes (50 à 90%), notamment la phobie sociale, la phobie spécifique,
le trouble panique, la dépression.
Prédominance féminine ; sex-ratio de 2 sur 1.
La maladie peut être déclenchée par des événements de vie désagréables ;
La plupart des patients consultant pour la première fois généralement vers les 20 ans.
9.3.2. Manifestations cliniques
Les principales manifestations sont :
L'anxiété et des soucis excessifs concernant un certain nombre d’événements et d’activités
(travail, performances scolaires, finances…) ;
Les préoccupations sont difficilement contrôlables par le sujet ;
L’anxiété s’accompagne d’agitation ou de sensations d’être survolté ou « à bout »󠄦,
d’irritabilité, de tension musculaire, de troubles du sommeil (dysendormissement, sommeil
interrompu ou agité et non satisfaisant) et de difficultés de concentration ou de trous de
mémoire.
L’anxiété provoque une détresse psychologique significative et un dysfonctionnement social,
occupationnel et concernant d’autres domaines importants du fonctionnement
9.3.3. Evolution et pronostic
Risque d’évolution vers un trouble panique dans plus ou moins 25% des cas ou vers un trouble
dépressif.
Dépendance à un produit psycho-actif (issue fréquente du trouble).
Evolution de la maladie est difficile à prévoir à cause de l’importance des comorbidités, elle
peut durer toute la vie du sujet.
9.3.4. Diagnostic différentiel
La majorité des affections médicales évoquées pour le trouble panique peut être reprise.
Les autres troubles anxieux doivent être recherchés, ainsi que les troubles de l’adaptation,
l’hypochondrie, les troubles de l’humeur, les troubles psychotiques.
L’anxiété non pathologique : plus ou moins contrôlable, moins envahissante, interfère moins
sur le fonctionnement du sujet, liée à des facteurs précipitants, moindre probabilité des
symptômes physiques d’accompagnement.
9.3.5. Prise en charge thérapeutique
Thérapies cognitives et comportementales (relaxation).
Psychothérapies d’inspiration psychanalytique.
Chimiothérapie :
o Buspirone (un neuroleptique-anxiolytique, agoniste partiel des récepteurs 5-HT1a),
Buspar®, efficace dans 60 à 80% des cas, délai d’action de 2 à 3 semaines, donc souvent
prescrit en association à une benzodiazépine durant cette période ;
o Antidépresseurs : ISRS (Fluoxétine, Citalopram, pex) ou tricycliques (Amitryptiline,
Clomipramine par exemple) ;
o Benzodiazépines, en cures de brève durée.
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9.4. ÉTAT DE STRESS AIGU ESA ET ÉTAT DE STRESS POST TRAUMATIQUE (ESPT)
Ces deux entités nosologiques ont vu le jour en rapport avec le regain d’intérêt pour la
psychiatrie des catastrophes et pour la psychopathologie des victimes des traumatismes. Le
terme « Etat de stress post traumatique est apparu en 1980 avec le DSM III, inspiré par |es
manifestations cliniques observées chez les vétérans de la guerre du Vietnam.
Elles sont définies par leur apparition dans un contexte d’un stress très sévère capable de
perturber n’importe qui.
Lesdits stress comprennent les expériences de guerre, de catastrophes naturelles, d’attentats,
de prises d’otages, d'agressions physiques violentes, de viols, d’accidents de la voie publique,
La victime de ces événements peut être le sujet lui-même ou une autre personne ; dans ce cas
le sujet n'est que témoin. Cependant, sa réaction à l’événement s’est traduite par une peur
intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur.
Dans l'ESPT, les symptômes doivent durer plus d'un mois et peuvent dans certains cas
apparaitre après un temps de latence ou « temps d'incubation » variant de quelques jours à
quelques semaines voire quelques mois.
Dans l'ESA, les troubles doivent apparaître dans les 4 semaines suivant l’événement et durer
de 2 jours à 4 semaines ;
Les perturbations entraînent une souffrance psychique cliniquement significative ou une
altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.
9.4 1. Epidémiologie de l’ESPT
La prévalence sur la vie entière de I'ESPT est estimée à près de 8% de la population générale,
5 à 6% chez les hommes et 10 à 12 % chez les femmes. Mais la fréquence du trouble peut
atteindre jusqu’à 75% en fonction des études, du type et du contexte du traumatisme (viol,
guerre, ...).
Les facteurs de risque de l’ESPT sont :
o Le sexe féminin ;
o Les antécédents psychiatriques et particulièrement les autres troubles anxieux et la
dépression ;
o Les conduites addictives ;
o Le bas niveau socio-économique.
9.4.2. Manifestations cliniques
Le tableau clinique comprend la triade suivante :
Le syndrome de répétition ou de reviviscence du traumatisme : cauchemars, souvenirs
répétitifs envahissants, impressions de revivre l’événement (flash-back), associés à une
réaction affective importante du sujet (Angoisse, palpitations, ...) ;
L’évitement persistant, par le sujet, des stimuli associés au traumatisme, par exemple, les
activités, les situations, les personnes voire les pensées rappelant le traumatisme. Cet
évitement s’accompagne d’un émoussement de la réactivité générale, d’un désintérêt affectif
et sexuel, d'un sentiment d’avenir « bouché »󠄦 ;
Les manifestations d’une activation neurovégétative : troubles du sommeil, irritabilité,
difficultés de concentration, hyper vigilance, réactions de sursaut c'est-à-dire une
hypersensibilité aux stimuli visuels, cutanés et surtout auditifs.
D’autres manifestations cliniques possibles sont :
o Les symptômes dissociatifs (déréalisation, dépersonnalisation, une amnésie dissociative se
traduisant notamment par l’incapacité à se souvenir d’un aspect de l’événement
traumatique, c’est à dire une amnésie élective) ;
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o Les attaques de panique ;
o Les illusions et les hallucinations ;
o Des sentiments de culpabilité, de rejet, d’humiliation, de honte.
9.4 3. Diagnostic différentiel
Le diagnostic d’ESPT repose sur les éléments ci-après :
L’apparition dans le contexte d’un stress très sévère ;
Le tableau clinique
La nature des pensées intrusives et de perturbations perceptives
Ainsi, devant un tableau de stress post traumatique, il faut éliminer, entre autres :
o Un trouble de l'adaptation. Dans l’état de stress post traumatique, le facteur de stress doit
être d’une extrême gravité, alors-que dans le trouble de l’adaptation, il peut être de
n’importe quelle intensité ;
o Un trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Dans le TOC, H y a des pensées intrusives
répétitives rappelant le syndrome de répétition, cependant celles-ci ne sont pas associées
au vécu d'un événement traumatique ;
o Les troubles dissociatifs : absence de notion de traumatisme, du syndrome
d’hyperactivation neurovégétative d’un comportement d’évitement prononcé ;
o D’autres affections mentales telles que les psychoses, les abus et/ou dépendances à des
substances psychoactives, dans lesquelles il y a des perturbations perceptives pouvant
donner le change avec les flash-back des états de stress post traumatique.
9.4.4. Evolution et pronostic de I’ESPT
L’évolution de l’ESPT est très variable : 30% des patients présenteraient une régression
complète des symptômes ; 60% en conserveraient des manifestations et 10% présenteraient
une aggravation des troubles.
Le pronostic dépend, entre autres facteurs, de la nature at de l’intensité du trauma, de la
personnalité et de l’expérience vécue du patient, de la précocité et de la qualité de la prise en
charge thérapeutique, de la préoccupation d’une compensation financière, de l’attitude de
l’entourage.
Les troubles évolutifs et comorbides sont multiples :
o Autres états névrotiques : autres troubles anxieux, troubles phobiques, hystérie post
traumatique ;
o Troubles dépressifs ;
o Troubles du contrôle des impulsions ;
o Abus d’alcool et/ou de tranquillisants ;
o Délire paranoïaque de revendication, chez certains sujets prédisposés ;
o Modifications de la personnalité sous forme d’attitudes régressives et revendiquantes ;
9.4.5. Prise en charge thérapeutique
Une prise en charge spécifique précoce consistant en un débriefing permettant au sujet de se
libérer des émotions nocives et de pouvoir ré affronter des nouvelles expériences
traumatiques dans de meilleures conditions.
Thérapies cognitivo-comportementales, avec comme actions : l’information sur les réactions
aux traumatismes, la relaxation musculaire progressive, la reconstitution des idées associées à
la peur, une exposition progressive, in vitro ou in vivo du sujet a l’événement traumatique.
Chimiothérapie :
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o Antidépresseurs : Inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS) de
préférence ou antidépresseurs tricycliques ;
o Buspirone ;
o Les benzodiazépines, bien qu’inefficaces sur les syndromes de répétition et d’évitement,
peuvent être prescrites pour combattre l'insomnie, l’irritabilité, l’anxiété et
l’hypervigilance observées dans l'ESPT et l'ESA.
o Subnarcose amphétaminique, notamment dans les névroses de guerre.
CHAPITRE 10. LES TROUBLES PHOBIQUES (NÉVROSE PHOBIQUE)
10.1. Définition :
Les troubles phobiques sont des affections psychiatriques caractérisées principalement par leur
symptôme prévalent qu'est la phobie.
Phobie= peur irraisonnée, incoercible, exagérée et reconnue non fondée, devant certaines personnes ou
certains objets ou certaines situations précis, entrainant le plus souvent une réaction d'évitement.
10.2. Épidémiologie :
AGORAPHOBIE
o Prévalence : 6% de la population.
o Touche 2/3 des femmes âgées de 18 à 35 ans.
PHOBIE SOCIALE
o Prévalence : 2% de la population
o Sex-ratio : 1
o Âge de début : 15 30 ans.
PHOBIE SPÉCIFIQUE
o Prévalence : 10% de la population.
o Sex-ratio : 1 pendant l’enfance ; filles > garçons pendant l'adolescence.
o Âge de début : avant 7 - 10 ans.
10.3. Manifestations cliniques
1. AGORAPHOBlE
Anxiété liée au fait de se retrouver seul dans un lieu publique (grands magasins, cinémas,
foules, transports en commun ...), en particulier dans des endroits ou des situations qu'il
pourrait être difficile de s‘échapper ou dans lesquelles on pourrait ne pas trouver de secours
en cas d’attaque de panique.
Attaque de panique possible lors de l’exposition à la situation phobogène.
Association possible à la phobie sociale, aux phobies spécifiques, à des épisodes dépressifs,
aux obsessions.
Conscience du caractère morbide du trouble.
Conduites contraphobiques : évitement, réassurance à l’aide de personnes ou d’objets
contraphobiques.
Evolution du trouble : rémissions, attaques de panique voire trouble panique, dépression,
tentatives de suicide, conduites addictives, isolement socioprofessionnel.
2. PHOBIE SOCIALE
Terrain : personnalités anxieuses, célibataires le plus souvent, de niveau socioculturel élevé.
Tableau clinique
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Les manifestations cliniques possibles sont :
Une peur systématique, exagérée de se retrouver dans une situation ou le patient se
trouve exposé à l’attention particulière d’un tiers et d’agir de façon humiliante ou
embarrassante, pex trembler, transpirer ;
Une peur systématique, exagérée, dans des « situations de performance », par exemple
parler en public, répondre é des questions, passer des examens ;
Une peur de rougir en public (éreutophobie).
L’anxiété liée é l’exposition à la situation sociale redoutée peut conduire é une attaque de
panique. Les situations sociales ou de performance en question sont évitées, sinon vécues
avec une intense anxiété.
Il y a un important handicap social
Evolution : rémissions rares, complications identiques à celles de l'agoraphobie.
3. PHOBIE SPECIFIQUE (SIMPLE)
Débute pendant l’enfance.
Peur isolée d’une seule situation ou d’un seul objet spécifiques, par exemples, certains
animaux, les hauteurs, les espaces clos, les avions, l’orage, les couteaux, toucher le sang, les
soins dentaires, les actes médicaux, certaines maladies.
Noté bien : Les phobies simples appartiennent aux processus normal de maturation au cours
de l'enfance et disparaissent souvent après l’adolescence.
10.4. Diagnostic différentiel :
Trouble panique : Anxiété envahissante, non liée à des circonstances ou des a objets précis.
Etat de stress post traumatique : notion d’un facteur de stress important.
Trouble obsessionnel-compulsif : en principe pas de conduites d’évitement, le cas échéant,
l’évitement est lié au contenu de l’obsession par exemple saleté, contamination.
Schizophrénie et autres troubles psychotiques. Il peut exister l’évitement de certaines
activités, en réponses à des idées délirantes mais la peur n’est pas reconnue comme excessive
et irrationnelle.
Délire hypochondriaque : plus la conviction d'avoir une maladie que d'en contracter une,
contrairement à la phobie.
10.5. Prise en charge thérapeutique des phobies
1. PSYCHOTHERAPIE
Thérapies cognitives et comportementales (TCC) :
Techniques de relaxation
Désensibilisation systématique fondée sur l’exposition directe du sujet de façon
progressive aux situations (stimuli) anxiogènes, après un inventaire gradué préalable des
dites situations en fonction de leur effet anxiogène. L’exposition est couplée à la
relaxation en vue de diminuer l’anxiété qui en découle ;
Technique d’immersion (d’implosion ; flooding) : exposition en imagination du sujet aux
stimuli évocateurs d’anxiété pendant une durée prolongée, en principe jusqu’à ce que
l'angoisse décroisse substantiellement (au moins 45 minutes). On suggère au sujet des
scènes ayant trait aux phobies ou aux obsessions, qu’il imagine les yeux fermés. Le
mécanisme invoqué est la réduction de l’angoisse par extinction et habituation.
Techniques d’affirmation de soi (training assertif).
Thérapie analytique ou d’inspiration psychanalytique Cfr patient ayant de bonnes capacités de
verbalisation et d’accès au symbolique.
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2. MEDICAMENTS
Dans les formes aiguës : benzodiazépines en cas d’agoraphobie, de phobie sociale et de
phobies simples ; bétabloquants (Propanolol, Avlocardyl®) en cas de phobie sociale et de
phobies simples ;
Dans les formes chroniques : Antidépresseurs en cas d’agoraphobie, de phobie sociale et de
phobies simples
o ISRS (Prozac®, Deroxat®)
o Tricycliques(Anafranil®)
CHAPITRE 11. LES TROUBLES OBSESSIONNELS COMPULSIFS (TOC)
11.1. Définition et manifestations cliniques
Cette affection, appelée aussi névrose obsessionnelle est caractérisée par deux symptômes essentiels :
l’obsession et la compulsion.
Obsession = Idée fixe ou représentation mentale associées à un sentiment pénible en raison
de caractère parasite, répété, incoercible. Exemples : Obsession de la propreté, obsession des
images choquantes, obsession des chiffres (arithmomanie), obsession - impulsion
d’infanticide, obsession - impulsion de prononcer des paroles obscènes dans des lieux sacrés.
Compulsion = conduite que le sujet accomplit sous la force d'une contrainte interne
obsédante. Cette contrainte étant consciente, incoercible et répétitive, entretenue par le
doute. Par exemple les rituels de lavage des mains, de vérification de la fermeture des portes.
Présence fréquente d’une personnalité sous-jacente dite obsessionnelle, caractérisée par :
l’ordre, la propreté exagérée, la ponctualité, la parcimonie (avarice), l'entêtement, le
sentiment outrancier du devoir, l’attachement aux vieilles choses et le conservatisme, le
ritualisme de la vie quotidienne, le besoin d’être lié par un horaire dont on ne veut en aucun
cas se libérer.
Cependant, la formation réactionnelle étant le propre de la personnalité obsessionnelle, le cas échéant,
c’est à l'inverse de tous ces traits que l’on va assister : l’irrégularité à la place de la ponctualité, la
prodigalité à la place de la parcimonie, le désordre à la place de l’ordre...
11.2. Epidémiologie
Prévalence sur la vie : plus ou moins 2,5% ; prévalence sur un an : 1,5 à 2,1% de la population
générale.
Les TOC sont rares en Afrique Noire.
Sex-ratio : 1.
30 à 80% des TOC de l’adulte ont débuté à un âge précoce.
65% avant 35 ans.
II existe une histoire familiale de TOC.
11.3. Comorbidités :
Dépression
o Association fréquente des deux syndromes.
o Symptômes dépressifs peuvent survenir avant, durant ou après l'installation du TOC.
Troubles anxieux
Tics
Mouvements anormaux de type choréïforme
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Maladie de tics de Gille de la TOURETTE (gesticulations de tout le corps, coprolalie, cris ou
aboiements, altération de l’état général, possibilité d’évolution démentielle, incrimination
d'une atteinte des centres pallido-striés)
Schizophrénie : Prévalence élevée des symptômes obsessionnels chez les schizophrènes.
Troubles du comportement alimentaire (TCA), notamment la boulimie.
Troubles de la personnalité, notamment des types personnalités obsessionnelle, évitante,
dépendante, paranoïaque, schizoïde, schizotypique.
11.4. Diagnostic différentiel :
Conduites addictives (alcoolisme) ;
Troubles des conduites alimentaires (boulimie) ;
Schizophrénie. Les idées délirantes avec rumination et les comportements bizarres de cette
affection peuvent donner le change avec les obsessions. Cependant, contrairement à ces
dernières, ils ne sont pas vécus par le sujet comme des phénomènes étrangers à sa
personnalité.
Trouble de l'humeur (épisode dépressif majeur).
Affection médicale générale : Gille de la Tourette, Épilepsie temporale, traumatismes crâniens,
complications post encéphalitiques.
11.5. Prise en charge thérapeutique
a. Hospitalisation souvent nécessaire pour une bonne application du programme thérapeutique au
début du traitement
b. Chimiothérapie : Antidépresseurs
Tricycliques : Clomipramine (Anafranil®) : 150 à 200 mg/j.
ISRS : Fluoxetine (Prozac®) : 20 à 60 mg/j, Paroxetine (Deroxat®) : 20 à 60 g/j, Sertraline (Zoloft®) :
50 mg/j.
IMAO en seconde intention dans les cas de résistance aux antidépresseurs sérotoninergiques et
tricycliques, aux cas associés à des attaques de panique, à des conduites d’évitement sévères ou
à des dépressions atypiques.
Durée du traitement : 12 à 24 mots ; diminution progressive de la posologie une fois le TOC
stabilisé.
Possibles rechutes à l’arrêt du traitement.
c. Psychothérapie
Thérapies cognitives et comportementales (TCC)
o Désensibilisation systématique ;
o Implosion « flooding » ;
o Techniques d’affirmation de soi (training assertif) ;
o Techniques cognitives :
Arrêt de la pensée obsédante par un processus de contrôle actif ;
Modification cognitive consistant à tenter de remplacer les monologues intérieurs et les
énoncés du sujet en rapport avec ses obsessions, par des énoncés plus positifs et plus
fonctionnels
Autres psychothérapies
o Cure psychanalytique. Indication : traits de personnalité obsessionnelle, atteinte peu sévère,
sujet motivé, accessibles à ce type de thérapie.
o Psychothérapies d’inspiration psychanalytique.
o Thérapie systémique (familiale ou de couple).
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CHAPITRE 12. LA NEVROSE HYSTERIQUE
12.1. Définition et rappel historique
L’hystérie est une névrose caractérisée par l’hyper expressivité somatique des affects. Jusqu'en 1980 le
concept d’hystérie faisait référence à la névrose hystérique décrite par Freud : association d’un trouble
de personnalité (la personnalité hystérique) et d’une symptomatologie particulière déterminée par le
mécanisme de défense appelé conversion (transposition des affects dans le domaine corporel), destinée,
selon Freud, à exprimer des désirs sexuels refoulés et constituant un véritable message du sujet a son
entourage. Le concept d’hystérie était donc global en évoquant un trouble de la personnalité d’où
émergent des symptômes particuliers.
Cependant, à partir de 1980, avec l’avènement de la 3ième édition du « Manuel diagnostique et
statistique des maladies mentales » (DSM 3), le concept de névrose hystérique subit un éclatement :
Non seulement les symptômes hystériques sont considérés comme des phénomènes autonomes vis-à-
vis de la personnalité hystérique et situés dans l’axe 1, alors que la personnalité hystérique est rangé
dans l’axe 2, mais aussi les dits symptômes sont répartis en deux catégories : les troubles somatoformes
(versant somatique de la symptomatologie) et les troubles dissociatifs (versant psychologique).
12.2. Manifestations cliniques :
Caractéristiques générales
Les symptômes de l’hystérie sont très divers et peuvent toucher tous les organes et
fonctions du corps humain.
Ils répondent aux caractéristiques suivantes :
Le polymorphisme ;
Une topographie ne correspondant pas à une systématisation anatomo-physiologique
mais répondant à l’idée que le sujet se fait de l’organisation de son corps ;
Leur variabilité en fonction non seulement des circonstances mais aussi de la
personnalité de l’examinateur, d’où la possibilité de les abolir par la suggestion ;
L’état d’insouciance, appelé « la belle indifférence », qui les accompagne.
a. Manifestations somatiques ou Troubles somatoformes (dont les symptômes de conversion
Troubles somatiques paroxystiques
Grande crise d’hystérie ou grande attaque de Charcot :
Actuellement rare ;
Phases :
o Perte de conscience souvent partielle ;
o Secousses tonico-cloniques généralisées (elles ressemblent à celles de
l’épilepsie) ;
o Contorsions (le malade se roule par terre) ;
o Phase des attitudes passionnelles (le malade mime des scènes violentes ou
érotiques) ;
o Période terminale (retour à la conscience au milieu des visions hallucinatoires et
des larmes ou parfois des rires) ;
Crise pseudo convulsive ;
Crise d'agitation psychomotrice (ou crise des nerfs ou crise névropathique) ;
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Léthargie (stupeur) hystérique -inhibition totale de l'activité psychomotrice faisant penser
au coma ;
Crises syncopales (pertes dramatiques de conscience) ;
Spasmophilie ;
Manifestations atypiques : mouvements choréiques, dyskinésies, tremblements, hoquet.
Troubles somatiques durables
Asthénie souvent exprimée de manière excessive : « épuisement ».
Troubles moteurs :
Paralysies, dont l'astasie-abasie (impossibilité à marcher ou à se lever pendant que la
motilité reste normale en position couchée et que l'examen neurologique est sans
particularité) ;
Contractures (cou, masséter, ...) ;
Troubles de la phonation (aphonie, dysphonie, mutisme partiel ou total) ;
Troubles sensitifs : Hypo ou hyperesthésies, paresthésies, algies diverses touchant : tête,
rachis, membres, thorax, pelvis, ...,
Troubles sensoriels :
Visuels : cécité hystérique, diplopie, macropsie, micropsie, scotomes ;
Autres troubles sensoriels : Surdité, anosmie et dysosmies, agueusie et dysgénésies ;
Troubles neurovégétatifs : nausées, vomissements, constipation, spasmes pharyngiens et
œsophagiens entraînant le globe hystérique (sensations de boule dans la gorge), dyspnée,
toux, spasmes urétraux et vésicaux, vaginisme, épaississements de la peau, sensations de
refroidissement et bouffées de chaleur ;
Troubles psycho-sexuels : perte de la libido, frigidité, impuissance
Troubles alimentaires : anorexie.
b. Manifestations psychiques : Troubles dissociatifs
Les amnésies
L'inhibition intellectuelle
Les états somnambuliques et les fugues
Les états seconds
Les pseudos bouffés délirantes
Les cauchemars
Les états dépressifs
Les tentatives et surtout les chantages de suicide
Les états anxieux
c. La personnalité hystérique
Elle est caractérisée par les traits suivants :
Le théâtralisme,
La suggestibilité (tendance à se laisser facilement influencer),
L’histrionisme (exhibitionnisme mental),
La labilité émotionnelle,
La pauvreté et la facticité (caractère artificiel) des affects,
L’inhibition sexuelle,
La peur et le dégoût pour la sexualité,
Le comportement de séduction (provocation) sexuelle suivie de retrait,
L’érotisation des rapports sociaux,
P a g e | 54 TEAM REAL MADRID
La dépendance affective,
Le besoin de se faire valoir, notamment en attirant l'attention des autres.
12.3. Diagnostic différentiel de l'hystérie
Epilepsie
La grande crise d'hystérie ressemble à la crise grande mal de l'épilepsie, mais s'en distingue par
les traits suivants :
La grande crise d'hystérie se déroule généralement en public (devant des spectateurs),
Elle dure plus longtemps qu'une crise d'épilepsie qui ne prend que 5 à 15 minutes au
maximum,
Elle se termine par des larmes plutôt que par un sommeil profond comme dans l'épilepsie,
La perte de conscience n'y est qu'incomplète,
L’hystérique tombe avec précaution (il ne se blesse presque jamais),
Il ne se mord généralement pas la langue et ne perd que rarement l'urine.
Hypochondrie
À différencier principalement des troubles somatoformes. L'hypochondriaque est moins
suggestible, il interprète ses sensations physiques, utilise un langage médicalisé, tout ceci avec
une connotation anxieuse. Ce qui aboutit à la crainte d'être atteint d'une maladie.
Personnalité limite et personnalité narcissique
Trouble anxieux généralisé.
Maladie psychosomatique
Le contenu des affects déchargés dans l'hystérie, est déterminé par les expériences
refoulées du passé de l'individu ; dans la psychosomatique, il se rapporte au présent et a un
caractère commun à tous les humains.
Dépression
Certains états dépressifs, notamment chez les personnes âgées, s'expriment par des plaintes
somatiques,
Spasmophilie
12.4. Prise en charge thérapeutique
Isolement du malade de son entourage (hospitalisation)
Médicaments comme appoint à la psychothérapie : tranquillisants, antidépresseurs,
neuroleptiques.
Psychothérapie. Ses objectifs : aider le sujet à :
Résoudre ses conflits psychosociaux (PIP, thérapie familiale ou de couple),
Se départir des mobiles psychiques de ses symptômes (management des bénéfices
secondaires de la maladie et des quêtes de compensation éventuelles, psychothérapie de
soutien),
Supprimer les symptômes (thérapies comportementales, suggestion vigile, hypnose,
narcoanalyse)
SECTION II. LES PSYCHOSES
DEFINITION
Les psychoses sont des affections mentales caractérisées par la perte du contact du sujet avec le
réel et l'altération foncière du lien Inter humain.
P a g e | 55 TEAM REAL MADRID
Elles constituent des atteintes plus graves de la personnalité que les névroses car contrairement au
névrose qui reste conscient de ses difficultés personnelles, le psychotique ignore ses troubles.
S'isolant du monde extérieur frustrant, il se crée son monde à lui dans lequel il est tout puissant.
D'où la présence des phénomènes délirants qui caractérisent les psychoses. Par ailleurs, l'adaptation
sociale de l'individu est plus perturbée dans les psychoses que dans les névroses.
Les psychoses résultent d'un conflit entre l'individu et la réalité (Monde extérieur
CHAPITRE 13. LES PSYCHOSES FONCTIONNELLES AFFECTIVES (TROUBLES DE L'HUMEUR)
Dans ce chapitre, nous allons aborder des affections dont la perturbation cardinale concerne l'affectivité,
essentiellement l'humeur.
13.1. L'EPISODE (ACCES) MANIAQUE
A. Définition
L'épisode (accès) maniaque est une affection caractérisée par une exaltation des fonctions thymiques,
psychomotrices, intellectuelles et neurovégétatives,
B. Etiologie
L'étiologie de la manie est multifactorielle, impliquant notamment :
Des facteurs génétiques ;
Le surmenage
Le stress au long cours. Ces deux derniers facteurs déterminent la manie dite d'épuisement :
Le deuil (cfr manie de deuil) ;
L'involution (cfr manie d'involution apparaissant à un âge avancé chez un sujet sans ATCD de
troubles de l'humeur ou troubles affectifs).
C. Manifestations cliniques
L'accès maniaque a un début souvent rapide (en quelques jours). Les symptômes initiaux les plus
courants sont : l'insomnie, l'euphorie, l'irritabilité, une subexcitation intellectuelle, la logorrhée,
l'agitation, les conduites sociales incongrues et des projets inconsidérés
À la phase d'état, le tableau clinique est fait du syndrome maniaque, caractérisé par :
L'hyperthymie : euphorie expansive, optimisme exagéré, versatilité de l'humeur, causticité,
hyperesthésie affective (augmentation de la sensibilité et de la réactivité affective aux événements),
hypersyntonie (concordance empathique exagérée du sujet avec son entourage), dysphorie
impatience, irritabilité, intolérance, colère) ;
L'hyperactivité motrice : agitation, hyperactivité Improductive, hypermimie, danses, activité de jeu,
agressivité physique, augmentation de la force physique ;
Des troubles cognitifs (troubles de l'intellect) consistant en une augmentation inefficace de l'activité
intellectuelle en terme de rapidité et de quantité : Tachypsychie, fuite des idées, associations
idéiques rapides, Jeux de mots, logorrhée avec coq à l'âne, imagination débordante, une
hypermnésie qui n'est souvent qu'apparente, distractibilité (aprosexie) accompagnée
d'hypervigilance. Pas de désorientation temporospatiale, en principe :
Des troubles des conduites : présentation débraillée, familiarité excessive avec recherche
intempestive de contact, désinhibition instinctuelle (hyperexcitation sexuelle, transgression des
Interdits sociaux), boulimie, consommation excessive d'alcool), activités à potentiel dommageable
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élevé (dépenses, achats et investissements inconsidérés, impulsivité, conduite automobile
audacieuse, alcoolisme, conduites sexuelles inconséquentes...)
Signes somatiques : grande résistance à la fatigue et au froid, amaigrissement, insomnie, signes
neurovégétatifs (fébricule, tachycardie, hypertension artérielle, hypersudation, hypersialorrhée,
aménorrhée...)
D. Formes cliniques
Episode (accès) hypomaniaque= Forme mineure de l'accès maniaque, avec symptomatologie
incomplète, atténuée d'un accès maniaque :
Fureur maniaque = Forme grave avec agitation hostile, agressive et violente :
Manies délirantes
Les idées délirantes s'observent dans 30 à 50% d'accès maniaques. La thématique est le plus
souvent mégalomaniaque, n'entrainant qu'une adhésion partielle du patient.
Autres thèmes possibles : persécution, érotomanie, mystique. Comme la mégalomanie, ces thèmes
sont parfois sous-tendus par des illusions, des interprétations et des hallucinations,
Manie atypique-accès maniaque survenant dans l'évolution d'une schizophrénie. Ici, l'élan et la
plénitude caractéristiques de l'accès maniaque sont absents : la gaieté est forcée, l'accrochage à
l'ambiance apparait ambivalent, l'hyperactivité semble plus mécanique (automatique) ;
Etats mixtes caractérisés par l'association des symptômes maniaques et dépressifs, intriques ou
alternat rapidement (habituellement en l'espace de quelques heures) ;
Troubles bipolaires : alternance dans le temps d'épisodes maniaques et dépressifs, entrecoupés de
périodes de normothymie (confère questions approfondies de psychiatrie).
Formes selon l'âge
Les accès maniaques typiques sont rares pendant l'enfance ;
Les formes du sujet jeune ou de l'adolescent revêtent souvent un tableau clinique pouvant faire
évoquer une schizophrénie (symptômes psychotiques).
E. Evolution et complications
Evolution
Durée de l'accès maniaque sans traitement : 6-8 mois
Les premiers symptômes à disparaitre sont la fabulation délirante (si elle est présente) puis
l'excitation motrice, la logorrhée. La normalisation du sommeil constitue un bon critère de
guérison.
Sous traitement, l'évolution est largement écourtée à 3-6 semaines.
D'une manière générale, l'évolution est marquée par la récidive d'un épisode maniaque ou
hypomaniaque ou par la survenue d'un épisode dépressif
Complications
Surmortalité par suicide et du fait de certaines conduites à risque dommageable élevé (conduite
automobile audacieuse, prise excessive d'alcool...) ;
Difficultés professionnelles avec risque de licenciement ;
Difficultés familiales du fait de certaines conduites inconvenantes (agitation, violence, dépenses
inconsidérées...) ;
Sur le plan somatique : risque de déshydratation et d'épuisement
F. Critères diagnostiques selon le DSM V
a. Humeur élevée (hyperthymie) durant au moins une semaine et presque chaque jour :
b. Au moins 3 symptômes suivants (4 si l'humeur est seulement irritable :
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(1) augmentation de l'estime de sol ou idées de grandeur ;
(2) réduction du besoin de sommeil (3h) ;
(3) plus grande communicabilité que d'habitude ou désir de parler constamment
(4) fuite des idées ou sensation subjective que les pensées défilent ;
(5) distractibilité ;
(6) augmentation de l'activité orientée vers un but ou agitation ;
(7) engagement excessif dans des activités agréables mais à potentiel élevé de conséquences
dommageables ;
c. La perturbation de l'humeur est suffisamment sévère pour entrainer un dysfonctionnement social,
professionnel marque ou pour nécessiter une hospitalisation en vue de prévenir un danger pour autrui
ou pour l'individu lui-même ou du fait de la présence des manifestations psychotiques :
d. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (drogue donnant
lieu à abus, médicament), autre traitement ou d'une affection médicale générale.
G. Diagnostic différentiel
Syndromes maniaques toxiques et iatrogènes.
Toxiques : cannabis, cocaïne, amphétamines, haschich, hallucinogènes...
Iatrogènes (Médicaments) : corticoïdes, Isoniazide, L-dopa, cyclosérine, anorexigènes (pex
amphétamines), ...
Syndromes maniaques organiques
Souvent, tableau clinique d'une manie confuse, résistante au traitement neuroleptique
Syndromes maniaques neurologiques : tumeurs cérébrales, lésions cérébrales frontales, crises
d'épilepsie temporale... ;
Syndromes maniaques endocrinologiques maladie de Cushing, hyperthyroïdie, hypothyroïdie,
hypercalcémie
H. Neurobiologie
Dans beaucoup de cas de manie, on a constaté :
Des anomalies hormonales, telle une augmentation de sécrétion de cortisol,
Des anomalies de transmission mono-aminergique cérébrale concernant certains
neurotransmetteurs (noradrénaline, sérotonine, dopamine, acétylcholine, Gaba).
I. Prise en charge thérapeutique
Mesures médicolégales et générales
Hospitalisation, volontaire si possible ;
Hospitalisation d'office, le plus souvent (selon la loi du 27 juin 1890 du code français de santé
publique) ;
Sauvegarde de justice, si dépenses et achats inconsidérés.
Traitements médicamenteux
Sédation de l'agitation
Benzodiazépines : Diazepam (Valium ®) 1 à 4 fois10 à 20 mg/jour ; Lorazepam (Temesta®) 2,5
mg toutes les 6 heures ; Clonazepam (Rivotril®) 12 mg toutes les 6 heures ;
Neuroleptiques, de préférence en monothérapie : Tercian®, Nozinan®, Haldol®, Largactil
Stabilisateurs de l'humeur (Thymorégulateurs) :
Lithium : Théralite ® en 1ère intention dans la manie euphorique et dans les troubles
bipolaires de type 1 ;
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Carbamazépine (Tegretol®) : efficace dans le traitement curatif et préventif du trouble
bipolaire 1 et dans les états mixtes ;
Valproate : Valproate de sodium (Depakine®) : action antimaniaque en monothérapie ou en
association avec le lithium, indiqué dans les états mixtes, les manies dysphoriques, le
traitement symptomatique des manies organiques.
Alternative aux médicaments : Electroconvulsivothérapie
Indiquée en cas d'urgence ou en cas d'échec ou de résistance aux traitements antimaniaques
habituels ;
8 à 12 séances pour une bonne stabilisation de l'humeur ;
Psychothérapies
Psychothérapie de soutien essentiellement ;
Approches psycho éducatives visant à prévenir les récidives ;
Eventuellement psychothérapie cognitive et comportementale ou d'inspiration analytique.
13.2. LES ETATS DEPRESSIES (LA DEPRESSION)
A. Définition
L'état dépressif est une perturbation de l'humeur dans le sens négatif, celul de la tristesse, de la
souffrance intérieure. Il affecte la vie psychique, le fonctionnement somatique et la vie relationnelle du
sujet.
B. Epidémiologie
Prévalence du trouble dépressif sur la vie entière : 5-12% pour les hommes, 10-25% pour les
femmes ;
4ème rang des maladies dans le monde.
1ère cause d'incapacité au travail
Risque accru de décès par suicide.
La tranche d'âge la plus touchée par la dépression : 18-45 ans :
La prévalence est plus élevée chez les célibataires, les divorcés ou séparés, les veufs, les chômeurs ;
Fréquence plus grande en zone rurale dans les pays industrialisés.
C. Manifestations cliniques
Le mode de début de la dépression est variable. D'installation parfois rapide (quelques jours), le
tableau se constitue souvent progressivement, au bout de quelques semaines. Les symptômes
initiaux les plus courants sont : l'anxiété, le désintérêt, l'asthénie et les troubles du sommeil.
À la phase d'état, la présentation du sujet est déjà évocatrice : sujet habituellement peu soigné,
gestes lents et rares ou nervosité (crispation, impatience, ...), mimique exprimant une tristesse, voix
basse et monocorde. Le tableau clinique est fait du syndrome dépressif.
Le syndrome dépressif est caractérisé par :
Des troubles de l'humeur : une humeur dépressive associant 3 composantes : la tristesse,
l'irritabilité et l'anxiété. La tristesse qui en est la composante fondamentale se distingue de la
tristesse ordinaire par sa capacité à imprégner l'ensemble de la vie psychique et sa permanence.
Son vécu va d'un simple sentiment de morosité, d'ennui, de découragement ou d'abattement, à
une douleur morale intense. Elle s'accompagne de sentiments d'indifférence ou d'anesthésie
affective, d'anhédonie, de monotonie affective et parfois de craintes nosophobiques, sur le futur
(pessimisme, perte d'espoir) et sur le monde environnant sentiments d'isolement,
d'incompréhension, d'abandon).
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oUn ralentissement psychomoteur : réduction et lenteur des mouvements, hypomimie,
discours pauvre, lent, monotone, bradypsychie, réduction des contenus idéiques, difficultés
d'attention, et de concentration.
Des troubles intellectuels : idées de mort, idées suicidaires, pensées négatives (idées d'auto-
dévalorisation, d'indignité, de culpabilité), amnésie. Sur le plan conatif, il y a une inhibition de la
volonté et l'indécision
Des troubles des conduites : conduites suicidaires, hyposociabilité avec parfois isolement,
négligence corporelle et vestimentaire
Des troubles somatiques
o Insomnie le plus souvent (avec typiquement, une insomnie de fin de nuit), mais parfois
hypersomnie (sommeil nocturne excessif, somnolence diurne)
o Anorexie le plus souvent (avec perte de poids), parfois boulimie (avec gain de poids)
o Troubles sexuels : baisse de la libido, impuissance, frigidité, beaucoup plus rarement,
augmentation du désir sexuel
o Autres troubles somatiques : asthénie, troubles digestifs constipation, nausées, diarrhée,
état saburral), troubles urinaires (pollakiurie), troubles cardiovasculaires (hypotension,
bradycardie, parfois hypertension, tachycardie, bouffées vasomotrices, troubles
neuromusculaires (tremblements, crampes, paresthésies, céphalées, douleurs erratiques).
Noté Bien : Le risque majeur de la dépression, c'est le suicide.
D. Formes cliniques
Formes cliniques selon la symptomatologie :
1. La dépression mélancolique (endogène, biologique, vitale)
Forme la plus intense et la plus grave des états dépressifs ;
Caractérisée comme suit :
La perte du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités ou l'absence de réactivité
aux stimuli habituellement agréables ;
Au moins trois des manifestations suivantes :
Une qualité particulière de l'humeur dépressive (c-à-d, une humeur ressentie
comme qualitativement différente du sentiment éprouvé après la mort d'un être
cher) ;
Une dépression régulièrement plus marquée le matin ;
Un réveil matinal précoce (au moins 2h avant l'heure habituelle du réveil)
Une agitation ou un ralentissement psychomoteur marqués ;
Une anorexie ou une perte de poids significative ;
Une culpabilité excessive ou inappropriée.
Grandes formes cliniques de la mélancolie :
La forme stuporeuse ou l'inhibition est au premier plan ;
La forme agitée avec manifestations anxieuses prédominantes : risque suicidaire +++
2. La dysthymie= forme légère mais chronique de la dépression ; durée : au moins 2 ans.
3. La dépression psychotique
Elle est caractérisée par la présence d'idées délirantes, d'hallucinations ou d'un état stuporeux
ou confusionnel. Dans les dépressions délirantes, les thèmes apparaissent le plus souvent
comme une amplification des schémas de pensée dépressifs. On dit alors que le délire est
congruent à l'humeur ou catathymique. Dans d'autres cas le délire apparait sans lien logique
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avec les schémas de pensée dépressifs, on parle alors de délire non congruent a l'humeur (non
catathymique). Les thèmes congruents à l'humeur sont ceux d'incapacité, de culpabilité,
d'indignité, d'incurabilité, de ruine, hypochondriaques se manifestant parfois sous la forme de
syndrome de Cotard (délire de négation d'organe, s'enrichissant parfois de négation du monde,
d'immortalité et de damnation éternelle).
NB L'existence d'un délire amplifie le risque suicidaire (cfr mort suggérée par des voix
intérieures)
4. Les dépressions masquées, caractérisées par
Des plaintes somatiques au premier plan : lesquelles plaintes sont centrées sur le système
nerveux central (céphalées avec manifestations anxieuses), l'appareil digestif et le système
cardiovasculaire ;
Altération de l'humeur.
NB Il ne faut exclure une pathologie organique.
5. Les équivalents dépressifs, lesquels ne comportent aucun élément manifeste de la série
dépressive et se présentent sous forme de symptômes isolés : symptômes somatiques,
symptômes psychiques à type de troubles de caractère, de trouble d'allure névrotique (phobiques,
obsessionnels, hypochondriaques) ou conduites addictives.
6. Les dépressions hostiles, caractérisées par l'irritabilité, l'intolérance v-a-v du monde extérieur,
l'hétéroagressivité, des attitudes d'opposition (refus de répondre aux sollicitations, mutisme, non
coopération aux soins).
7. Les dépressions pseudo-démentielles caractérisées par la prédominance des déficits cognitifs
(troubles de mémoire, de l'orientation, du jugement, déficits intellectuels).
8. Les dépressions atypiques
Le concept dépression atypique est ambigu. Dans la tradition clinique française, il désigne les
états dépressifs auxquels s'associent des symptômes évocateurs de schizophrénie (idées
délirantes floues et mal systématisées, dépersonnalisation... Plus récemment, l'école américaine a
réservé ce terme aux formes de dépression caractérisée par une inversion de la symptomatologie
somatique habituelle : hypersomnie, hyperphagie avec prise de poids, exacerbation de la libido...
Formes cliniques selon l’âge
1. Dépression de l'enfant
Le tableau clinique est proche de celui de l'adulte, avec, cependant une mention spéciale pour les
manifestations suivantes : diminution de l'efficience scolaire, désintérêt pour les jeux, ennui,
retrait social, culpabilité, irritabilité. Des phases d'agitation peuvent émailler l'évolution de
l'inhibition et des plaintes somatiques peuvent apparaitre. Association possible à des troubles
anxieux ou à l'hyperactivité avec trouble de l'attention.
2. Dépression de l'adolescent
Le tableau clinique est proche de celui de l'adulte, avec cependant comme particularités :
l'irritabilité, l'agressivité, les conduites addictives, les conduites suicidaires, le repli sur sol et
l'indifférence
3. La dépression de la personne âgée.
La dépression de la personne âgée est dominée par les troubles du caractère, l'anxiété, les
plaintes somatiques, des préoccupations hypochondriaques, des attitudes de dépendance et
P a g e | 61 TEAM REAL MADRID
parfois l'hostilité envers l'entourage. Le risque suicidaire est élevé. Les tableaux pseudo
démentiels sont fréquents.
Formes cliniques selon le moment ou le contexte de survenue
1. La dépression saisonnière
Début des épisodes entre octobre et décembre (automne) ;
Touche le plus souvent les femmes ;
Age de début des troubles : autour de 26 ans,
Durée des épisodes : 3 à 4 mois,
Triade symptomatique constante d'une année à l'autre : hypersomnie, hyperphagie avec
préférence pour les aliments sucrés, dysphorie aboutique :
Photothérapie traitement.
2. Trouble dysphorique prémenstruel
Survenue régulière lors de la phase lutéale tardive ;
Symptômes dépressifs avec une anxiété marquée, une humeur labile, une baisse de
l'intérêt ;
Diminution rapide après le début des règles ;
Les symptômes doivent être suffisamment sévères pour perturber les activités sociales
et/ou professionnelles ;
Ils doivent être complètement absents pendant au moins une semaine après les règles.
3. La dépression du pst partum
Outre les 'bleus du post partum concomitants à la montée laiteuse (3ème jour du post partum) et
de résolution spontanée et rapide, de réelles dépressions peuvent se développer dans les
semaines qui suivent l'accouchement.
4. Les dépressions réactionnelles, survenant à la suite d'événements malheureux (deuils,
séparations, ...). Elles sont considérées comme 'normales' tant qu'elles ne perdurent pas au-delà
de 2 semaines qui suivent l'événement malheureux.
E. Critères diagnostiques de l'épisode dépressif majeur selon le DSM V
a. Présence, pendant au moins 2 semaines, presque chaque jour, d'au moins 5 des symptômes
suivants, l'un des symptômes étant l'humeur dépressive ou la perte d'intérêt ou de plaisir :
(1) Humeur dépressive ;
(2) perte marquée d'intérêt ou de plaisir ;
(3) perte ou gain de poids, appétit diminué ou augmenté,
(4) Insomnie ou hypersomnie,
(5) ralentissement psychomoteur ou agitation,
(6) fatigue ou perte d'énergie,
(7) sentiments de dévalorisation ou de culpabilité inappropriée,
(8) diminution de la capacité de penser, de se concentrer, indécision ;
(9) pensées récurrentes de mort, idées suicidaires, tentative ou projet suicidaires ;
b. Les symptômes induisent une souffrance psychique cliniquement significative ou un
dysfonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants ;
c. Les symptômes ne sont pas imputables aux effets physiologiques directs d'une substance (drogue
donnant lieu à abus, médicament).
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d. L'épisode dépressif n'est pas mieux expliqué par la schizophrénie ou d'autres troubles
psychotiques ;
e. L'absence actuelle ou passé d'un épisode maniaque ou hypomaniaque (qui devrait conduire aux
diagnostics d'état mixte ou de troubles bipolaires)
F. Evolution et complications de la dépression
La dépression est une maladie récidivante avec un risque non négligeable de décès et de chronicité.
Evolution naturelle
Moyenne de durée d'un épisode dépressif majeur : 16 semaines ;
Facteurs susceptibles d'accroître la durée de l'accès ou de le chroniciser : âge de début précoce,
sexe féminin, répétition des accès, sévérité des symptômes, longueur de début, existence
d'une comorbidité ;
75% des sujets qui font une dépression avaient déjà fait au moins 1 épisode auparavant ;
Persistance des symptômes sous la forme de dysthymie dans 20 à 35% des cas ;
50 à 85% des patients auront au moins une récurrence dans les 2 à 3 années à venir.
Complications
Suicide, dont le taux annuel est de 3,5 à 4,5 fois plus élevé que dans les autres troubles
mentaux ;
Chronicisation ;
Conduites addictives ;
Altérations du fonctionnement social et professionnel ;
Altération du rôle parental et accroissement des troubles de l'adaptation et de la
psychopathologie chez les enfants des déprimés.
G. Diagnostic différentiel de la dépression
Trouble de l'humeur due à une affection médicale générale ;
Trouble de l'humeur induite par une substance
Démence chez le sujet âge ;
Episode maniaque avec humeur irritable :
Déficit de l'attention/hyperactivité avec épisode dépressif chez l'enfant ;
Deuil ;
Périodes de tristesse.
H. Neurobiologie de la dépression
Déficiences de la transmission mono-aminergique concernant la noradrénaline, la sérotonine et la
dopamine. Les arguments en faveur de cette hypothèse sont :
La mise en évidence de :
Une diminution de ces neurotransmetteurs ou de leurs métabolites dans le cerveau des
déprimés qui s'étaient suicides ;
Une diminution de certains métabolites de ces neurotransmetteurs dans le LCR lors des
épisodes dépressifs,
L’efficacité des antidépresseurs qui augmentent la concentration de ces monoamines au niveau
du cerveau.
I. Prise en charge thérapeutique de la dépression
P a g e | 63 TEAM REAL MADRID
La prise en charge de la dépression est indissociable de la prévention des récidives, du suicide et de la
chronicité.
1. Traitement médicamenteux
Traitement initial (d'attaque)
Basé sur la prescription d'un antidépresseur, de préférence un ISRS (peu d'effets secondaires) ;
Association à des anxiolytiques ou à des neuroleptiques sédatifs conseillée en début de
traitement pour prévenir le risque de passage à l'acte lié à la recrudescence de l'angoisse
concomitante à la levée de l'inhibition.
Ajuster les doses
Posologie progressivement augmentée en regard de la clinique, tout en surveillant
l'éventuelle apparition d'effets secondaires ;
Dose optimale obtenue en une semaine ;
Le délai d'action des antidépresseurs est de 15 jours à 3 semaines ;
L'amélioration clinique dans la première semaine est un facteur prédictif de l'efficacité du
traitement antidépresseur,
Durée du traitement antidépresseur : 6 mois en l'absence d'antécédents, 12 mois si
antécédents.
Traitement d'entretien
Peut durer jusqu'à 3 voire 5 ans.
En fait, position plus souple et plus pragmatique en pratique clinique courante.
En l'absence de récidive, arrêt progressif du traitement antidépresseur après une stabilisation
d'une durée cumulée de 3 à 4 cycles dépressifs.
Options thérapeutiques en cas de résistance
Evaluation de la compliance et de l'observance thérapeutiques ;
Changement d'antidépresseur ;
Association de 2 antidépresseurs ;
Adjonction d'un thymorégulateur (lithium, carbamazépine, Valproate).
2. Sismothérapie
8 à 12 séances à raison de 2 à 3 séances hebdomadaires ;
Indications dans la dépression : dépressions sévères avec risque vital,
Dépressions
Résistantes au traitement médicamenteux, contre-indications des antidépresseurs :
3. Psychothérapie
Psychothérapie de soutien :
Thérapies comportementales et cognitives ;
Psychothérapies d'inspiration psychanalytique ;
Approche psycho-éducative dans le but de prévenir la récidive.
CHAPITRE 14. LES PSYCHOSES FONCTIONNELLES NON AFFECTIVES (LES PSYCHOSES FONCTIONNELLES
DELIRANTES)
Les affections dont il est question dans ce chapitre ont, comme perturbations centrales les phénomènes
délirants, en particulier les idées et les mécanismes délirants.
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14.1. LES PSYCHOSES FONCTIONNELLES NON AFFECTIVES ALGUES
14.1.1. Le trouble psychotique bref (TPB).
A. Bref rappel historique, Synonymes (similaires) et définition
Le concept TPB est apparu en 1994 (cfr DSM IV).
Similaires : bouffée délirante, 'acute psychosis' psychose aigue), transient psychosis (psychose
transitoire), 'brief reactive psychosis (psychose réactionnelle brève), psychotic reaction' (réaction
psychotique), acute and transient psychotic disorders' (troubles psychotiques aigus et
transitoires).
Définition : TPB et similaires- psychoses algues caractérisées par :
Un début brutal (« coup de tonnerre dans un ciel serein ;
Un tableau clinique fait souvent d'une multiplicité de thèmes et processus délirants, de
troubles thymiques importants et rapidement changeants et d'une conscience souvent
obnubilée ;
Une évolution en règle favorable à court terme avec néanmoins une tendance à la récidive et
parfois évolution vers la schizophrénie ou les autres psychoses délirantes chroniques ou vers
les troubles affectifs (la dépression surtout).
B. Epidémiologie
Sujet jeune 20-30 ans) surtout :
Femme > homme ;
Classe socio-économique faible ;
Pays en voie de développement>Pays industrialisés ;
Dans beaucoup de cas, lié à des facteurs et conflits psycho sociaux divers.
C. Facteurs étiologiques
Facteurs prédisposants
Certains troubles de personnalité sont incriminés : personnalités immatures, schizoïde,
schizotypique, hystérique, paranoïaque, narcissique, borderline, psychopathique.
Facteurs déclenchants
Difficultés d'adaptation
Facteurs de stress divers : deuils, échecs, séparations, incarcération, guerres
Puerpéralité
Facteurs organiques : accidents, interventions chirurgicales, consommation des substances
psychoactives (haschisch, alcool, cocaïne), traumatismes cranio-encéphaliques, infections
cérébrales, toxi- infection.
Dans beaucoup de cas, le TPB se présente comme une expérience délirante primaire sans lien
avec un agent causal précis.
D. Etude clinique
Symptomatologie :
Idées délirantes souvent multiples (persécution, grandeur, mystico-religieuses, influence,
possession, érotomanie) ;
Hallucinations ;
Discours désorganisé (coq à l'âne, incohérence verbale) ;
Comportement grossièrement désorganisé ou catatonique ;
Labilité émotionnelle ;
Anxiété importante ;
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Conscience souvent obnubilée.
Durée de l'affection : de 1 jour à 1 mois, avec un retour complet au niveau du fonctionnement
prémorbide.
E. Diagnostic différentiel
Décompensation d'une psychose chronique ;
Troubles bipolaires avec des manifestations psychotiques ;
Trouble psychotique do à une affection médicale générale (diabète sucré, affections
thyroïdiennes, lupus érythémateux dissémine, sclérodermie, insuffisance hépatique, insuffisance
rénale, Infection au H/SIDA) ;
Simulation ;
Trouble psychotique induit par une substance (Amphétamine, crack, cocaïne, corticoïdes,
antipaludéens, ...) ;
Trouble dissociatif de l'identité ;
Etats confusionnels ;
Certains états délirants de survenue aiguë : Ivresses pathologiques, paroxysmes épileptiques ;
Etas situationnels (pex certaines cérémonies religieuses) d'expression psychotique.
F. Prise en charge thérapeutique
Le but de la prise en charge est de :
Contrôler l'épisode aiguë en obtenant une rémission rapide de l'accès,
Prévenir une évolution défavorable en évitant les rechutes et l'évolution vers des psychoses
chroniques
Résoudre les conflits psychiques sous-jacents.
Hospitalisation
Le TPB est une véritable urgence psychiatrique. L'hospitalisation dans un milieu spécialisé,
calme et sécurisant, est nécessaire en vue d'évaluer et de protéger le patient.
Traitement d'attaque
Chimiothérapie :
Les neuroleptiques constituent, la base du traitement pharmacologique, en raison de
leurs effets anti délirants et sédatifs.
On peut prescrire des neuroleptiques atypiques (Risperidone, Olanzapine,
Amisulpiride, Clozapine, Quéthlapine...) ou des neuroleptiques classiques, le plus
souvent en associant un neuroleptique anti- productif (incisifs ; pex Halopéridol) et un
neuroleptique sédatif (Chlorpromazine, Lévomépromazine, Cymémazine).
Les neuroleptiques sont souvent associés à un correcteur d'effets secondaires
extrapyramidaux comme le Trihexyphenidy (Artane)
Les autres médicaments seront prescrits en fonction du tableau clinique :
Antidépresseurs : inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (Paroxetine,
Citalopram...) ou Antidépresseurs tricycliques (Clomipramine)
Anxiolytiques : Benzodiazépines essentiellement (Diazépam, Alprazolam Clorazepate,
Lorazépam)
Thymorégulateurs : Carbamazépine, Valproate de sodium, Lithium.
Electrochoc thérapie (sismothérapie) en cas d'échec des neuroleptiques, en première
intention dans les états catatoniques et stuporeux extrêmes.
Psychothérapie de soutien ou psychothérapie plus structurée individuelle ou familiale, selon
le profil de la personnalité sous-jacente et les problèmes psychologiques du patient. La
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psychothérapie va consister en un premier temps en un soutien psychologique pour
permettre au patient de surmonter la perte de confiance due à l'épisode. Ce n'est qu'après
qu'on abordera les éventuels conflits psychiques afin de tenter des solutions.
Traitement d'entretien
Repose sur la prescription d'un neuroleptique retard (pex le Décanoate d'halopéridol)
A cette phase du traitement, on peut poursuivre, selon les cas, avec les antidépresseurs, les
thymorégulateurs et la psychothérapie.
14.1.2 Le trouble schizophréniforme
A. Définition
Psychose aigue comprenant toutes les manifestations cliniques de la schizophrénie
Cependant la durée de cette affection est de 1 à 6 mois, alors que celle de la schizophrénie est
d'au moins six mois.
Par ailleurs bien que pouvant être présent, le dysfonctionnement social et occupationnel n'est
pas exigé pour poser le diagnostic de trouble schizophréniforme alors qu'il est requis pour le
diagnostic de la schizophrénie.
B. Epidémiologie
Age de début : entre 20 et 30 ans ;
Les 2 sexes sont affectés d'une manière équitable ;
Prévalence : 0,2% à travers la vie ; 0,1% sur une année ;
Pays en voie de développement>Pays industrialisés ;
Antécédents familiaux de schizophrénie : plus élevés chez les personnes avec trouble
schizophréniforme que dans la population générale ;
Antécédents de troubles affectifs : plus élevés chez les personnes avec trouble schizophréniforme
que chez es schizophrènes.
C. Manifestations cliniques : cfr schizophrénie
D. Diagnostic différentiel
Trouble psychotique bref : durée 1 jour à 1 mois ;
Schizophrénie : durée d'au moins 6 mois ;
Trouble psychotique do à une affection médicale
Trouble psychotique induit par une substance ;
Troubles affectifs et troubles schizo-affectifs.
E. Prise en charge thérapeutique proche de celle du trouble psychotique bref et de celle de la
schizophrénie
14.2. LES PSYCHOSES FONCTIONNELLES NON AFFECTIVES CHRONIQUES
14.2.1 La schizophrénie
A Définition :
Le vocable Schizophrénie a été créé par E. BLEULER en 1911. Etymologiquement il signifie rupture de la
pensée (du grec u Skhizein : fendre et phren, phrenos : pensée, esprit). Cependant, ce qu'on appelle
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schizophrénie n'est autre qu'une psychose chronique caractérisée par la dissociation de la personnalité
psychique sur tous les plans : affectif, psychomoteur, intellectuel et comportemental APIC
B. Epidémiologie
Prévalence du trouble : environ 1% de la population générale ;
Population à risque : entre 15 et 5 ans
Age de début : 20-25 ans chez l'homme, vers 35 ans chez la femme ;
Prédominance masculine,
Affection cosmopolite avec, cependant de grandes variations de fréquence d'un milieu culturel à
un autre
Espérance vie des schizophrènes : 20% <à celle de la population générale
C. Etiologie
L'étiologie exacte de la schizophrénie demeure à ce jour inconnue. Elle est certainement
complexe et multifactorielle.
Le modèle vulnérabilité-stress' tente de faire la synthèse des différents facteurs étiologiques
incriminés, en évoquant l'interaction d'un certain nombre de facteurs de vulnérabilité
psychobiologique et des facteurs de stress actuels.
Les principaux facteurs de vulnérabilité psychobiologique sont :
L’hérédité. Pourcentages des risques à développer la maladie : Population générale=1%, si un
parent du 2ème degré est atteint 5%, si un parent du le degré est atteint 10%, si c'est le
jumeau dizygote =10%, si c'est les 2 parents -40%, si c'est le co-jumeau monozygote =50% ;
Certains facteurs organiques précoces complications obstétricales, infections maternelles
prénatales (rubéole, influenza) ;
Certains facteurs psychosociaux précoces : stress dysfonctionnements familiaux, isolement
familial maternel durant la grossesse,
Les facteurs de stress actuels les plus souvent incriminés sont : les changements de routine
(migrations, déménagements, les émotions exprimées (hostilité, critiques) les tensions sociales,
les pressions au travail ou aux études, l'abus d'alcool ou de drogues (cannabis surtout).
D. Physiopathologie
La schizophrénie est considérée à ce jour comme une véritable entité neurobiologique
Les principales régions cérébrales impliquées sont le néocortex frontal, le néocortex temporal, le
complexe amygdalo-hippocampique, le striatum antérieur (noyau accumbens, partie antérieure
du noyau caudé et du putamen).
L'atteinte de ces régions résulte en un dysfonctionnement du système dopaminergique
déterminant les symptômes de la maladie. Ce dysfonctionnement est fait d'une hyperactivité
sous-corticale, couplée à une hypoactivité corticale de la dopamine
Les autres neurotransmetteurs incriminés sont : la sérotonine, le GABA, le glutamate,
l'acétylcholine.
E. Manifestations cliniques
Les manifestations cliniques de la schizophrénie sont polymorphes mais peuvent cependant être
regroupées en 5 syndromes : le syndrome dissociatif, un syndrome délirant, un syndrome dépressif et
pseudonévrotique, des troubles des conduites et des troubles cognitifs.
a. Le syndrome dissociatif
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Il est le trouble capital de la schizophrénie, celui qui a donné son nom à cette affection. Il traduit
un processus de dislocation, de désagrégation affectant pratiquement tous les secteurs de la vie
psychique (et relationnelle). Il se manifeste par :
1. Des troubles de l'affectivité : émoussement affectif, rires immotivés, désintérêt, anhedonie,
ambivalence affective (accompagnée parfois d'ambivalence des actes), angoisse de
morcellement ;
2. Des troubles psychomoteurs connus sous le nom de catatonie et qui comprennent : la stupeur,
le négativisme, la catalepsie, la cataplexie, l'agitation (hyperkinésie), le mutisme, l'écholalie,
l'échopraxie, l'échomimie, les maniérismes, des gestes indécis et maladroits, des mouvements
automatiques, les paramimies, les stéréotypies, troubles neurovégétatifs des genres
hypersudation et hypersalivation ;
3. Des troubles de la pensée reflétant une perte d'associations des idées : incohérence des idées,
phénomène de barrage, fading mental (ralentissement, stagnation de la pensée), phénomène
de sonorisation de la pensée, écho de la pensée, pensées imposées, volées, divulguées ;
4. Des troubles du langage qui ne sont que la conséquence des troubles de la pensée affectant
autant le langage oral (mutisme ou semi mutisme, coq à l'âne, incohérence verbale,
néologismes, paralogismes, réponses à côté des questions, agrammatisme) que les
productions graphiques et picturales (dessins et peintures) ;
5. La dépersonnalisation, accompagnée parfois de déréalisation et se traduisant parfois par le
signe de miroir ;
6. Des comportements grossièrement désorganisés, c'ad inappropriés, bizarres, imprévisibles,
sans raison patente.
b. Le syndrome délirant de la schizophrénie est fait de :
1. Autisme c'ad introversion, repli du sujet dans son monde intérieur, accompagné d'élaboration
de son propre monde imaginaire, hermétique aux autres ;
2. Délire paranoïde, qui est un délire vague, flou, mal systématisé, peu sthénique avec des
réactions le plus souvent auto-agressives, sans thèmes, ni mécanismes spécifiques, bien que
les idées de persécution, de référence et les hallucinations auditives soient très fréquentes.
c. Syndrome dépressif et pseudonévrotique
1. Episode dépressif majeur ou plutôt athymhormie (émoussement affectif et perte d'élan vital,
sans idées de la série dépressive) ;
2. Manifestations d'allure névrotique, atypiques : phobies souvent extensives, manifestations
d'allure hystérique (crises, théâtralisme, états seconds), manifestations d'allure
obsessionnelle (rituels de lavage des mains, ruminations mentales, collectionnisme...).
d. Troubles des conduites
1. Perte de la volonté, inertie conduisant à l'apragmatisme c'ad l'absence de toute velléité
d'action ;
2. Suicides le plus souvent violents : 40% de schizophrènes font au moins une TS, 10% décèdent
par suicide
3. Automutilation
4. Manifestations hétéro-agressives : verbales, réactions agressives et/ou clastiques, homicides
5. Troubles des conduites alimentaires : refus alimentaires, régimes aberrants, perversions
alimentaires, potomanie ;
6. Dysfonctionnements sociaux, occupationnels et ceux relatifs aux soins corporels.
e. Troubles cognitifs, en particulier ceux affectant le fonctionnement exécutif, certaines formes de
mémoire et l'attention ;
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Noté Bien : L'affection doit durer au moins 6 mois.
F. Formes cliniques
Le DSM IV reconnait les types de schizophrénie ci-après :
Type paranoïde
Il est caractérisé par la prédominance des idées délirantes et des hallucinations, surtout
auditives dans le tableau clinique.
Par ailleurs, les manifestations suivantes ne doivent pas être à l'avant plan du tableau
clinique : discours désorganisé, comportement désorganisé ou catatonique, affect émousse
ou inapproprié.
Type désorganisé
Synonyme d'hébéphrénie, il est défini par la prépondérance des symptômes suivants :
discours désorganisé, comportement désorganise, affect émousse ou inapproprié.
En outre, les critères diagnostiques de la schizophrénie du type catatonique ne doivent pas
être remplis.
Type catatonique
Il est dominé par au moins deux des manifestations suivantes :
- Inhibition motrice se manifestant par la catalepsie au la stupeur ;
- Agitation ;
- Négativisme ou mutisme ;
- Troubles moteurs des types cataplexie, stéréotypies motrices, maniérismes ou grimaces
manifestes ;
- Echolalie ou échopraxie.
Type indifférencie
Il s'agit d'un type répondant aux critères caractéristiques de la schizophrénie mais ne
remplissant pas les critères des types paranoïde, désorganisé et catatonique. Les critères
caractéristiques de la schizophrénie étant la présence durant au moins un mois, d'au moins
deux des manifestations suivantes :
- Idées délirantes ;
- Hallucinations ;
- Discours désorganisé (coq--l'âne fréquents, incohérence verbale)
- Comportement grossièrement désorganisé ou catatonique
- Symptômes négatifs (émoussement affectif, pauvreté du discours, perte de volonté.
Type résiduel
Il est défini par :
- L’absence d'idées délirantes manifestes, d'hallucinations, de discours désorganisé et de
comportement désorganisé ou catatonique ;
- La persistance d'éléments de la maladie, comme en témoigne la présence des
symptômes négatifs ou de deux ou plusieurs symptômes caractéristiques de la
schizophrénie, présents sous une forme atténuée.
La nosographie classique française, pour sa part, reconnait en gros les formes cliniques
individualisées dans le système DSM. Cependant, certains de schizophrénie sont dénommés
différemment, pex hébéphrénie pour le type désorganisé ; hébéphréno-catatonie pour le type
catatonique. Par ailleurs, elle reconnait d'autres formes cliniques, telles :
La schizophrénie simple, caractérisée par la survenue progressive d'une diminution des
aptitudes sociales de l'individu (désintérêt, inactivité, retrait social), un syndrome dissociatif
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modéré, sans troubles du cours de la pensée ; toutes ces perturbations n'étant précédés d'un
épisode psychotique aigu.
L'Héboïdophrénie ou schizophrénie pseudo-psychopathique, considérée comme un trouble
de caractère preschizophrénique dans lequel l'adolescent a des comportements d'opposition
à la famille et à la société, qui le fait considérer comme un psychopathe (sociopathe).
Ces comportements d'opposition sont cependant accompagnés de symptômes dissociatifs,
de phases délirantes et d'impulsivité avec des passages à l'acte très violents : tous
phénomènes attestant de la nature schizophrénique du processus pathologique.
G. Evolution et pronostic
- Evolution à long terme : +25% des cas stabilisés 15% d'évolution récurrente, 60% des cas en état
chronique.
- Pronostic clinique, fonctionnel et social, mauvais en général.
H. Diagnostic
Diagnostic positif
Il est d'ordre clinique. Les critères diagnostiques de la schizophrénie selon le DSM V :
La présence durant au moins six mois des perturbations psychiques parmi lesquelles au moins
deux des manifestations ci-après durant au moins un mais : idées délirantes hallucinations,
discours désorganisé, comportement grossièrement désorganisé ou catatonique, symptômes
négatifs (émoussement affectif, alogie, perte de volonté) ;
La présence d'un dysfonctionnement social ou / et des activités dans plusieurs domaines
majeurs du fonctionnement tels que le travail, les relations interpersonnelles, les soins
personnels.
Par ailleurs la perturbation ne doit pas s'expliquer par la consommation d'une substance psycho
active ni par la présence d'une affection médicale générale, d'un trouble schizo-affectif et
d'un trouble de l'humeur avec caractéristiques psychotiques.
Diagnostic différentiel
Trouble psychotique bref : durée 1 jour à 1 mois
Trouble schizophréniforme : durée de 1 6 mois ;
Trouble psychotique do á une affection médicale ;
Trouble psychotique induit par une substance ;
Troubles affectifs et troubles schizo-affectifs ;
Autres psychoses chroniques. Les idées délirantes ne sont pas bizarres, absence des symptômes
caractéristiques de la schizophrénie (hallucinations, discours ou comportement désorganisé,
symptômes négatifs prononcés) ;
Certaines croyances culturelles partagées ;
Certaines affections neurologiques et générales : encéphalite herpétique, Lupus érythémateux
disséminé, épilepsie temporale.
I. Prise en charge thérapeutique
1. Hospitalisation : pas obligatoire, peut-être une hospitalisation pleine ou partielle (cfr centres de
jour)
2. Chimiothérapie
En fonction des types de symptômes
Neuroleptiques en principe obligatoires
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- Neuroleptiques classiques : Chlorpomazine (Largactil). Lévomépromazine (Nozinan),
halopéridol (Haldol) ;
- Neuroleptiques atypiques : Sulpiride (Dogmatil), amisulpiride lian), olanzapine (Zyprexal),
quétiapine (Séroquel), aripiprazol (Abilify), risperidone Risperdal) ;
- Neuroleptiques retard ou neuroleptiques à longue durée d'action :
- Decanoate de fluphenazine (Modecate), Fluspirilene (IMAP) : 1 semaine
- Décanoate de flupentixol (Fluanxol Dépôt) : 3 semaines
- Décanoate d'Haloperidol (Haldol décanoas) : 4 semaines
Autres médicaments psychotropes
- Antidépresseurs, si nécessaire
- Benzodiazépines en cas d'anxiété prononcée, de tension nerveuse et d'insomnie
- Correcteurs des effets secondaires des neuroleptiques : Trihexyphenidyl (Artane)
concernant les effets extrapyramidaux, Heptaminol (Heptamyl) en cas d'hypotension
orthostatique, des sialagogues type anetholrithione (Sulfarlem) en cas de sécheresse de
la bouche, Betanéchal (Muscaran) en cas de rétention urinaire ou de constipation.
3. Alternative à la chimiothérapie : Electrochoc thérapie
4. Psychosociothérapie
Entretiens psychothérapiques de soutien
Psychothérapies plus structurées individuelles (PIP) ou de groupe (psychodrame, jeu de rôles,
psychothérapie psychanalytique de groupe), approches systémiques, approches cognitivo-
comportementales, en particulier, la remédiation cognitive (cfr symptômes psychotiques,
amélioration de l'ajustement social, de la qualité de vie et de la détresse entrainée par
l'expérience de la psychose) :
Approche psycho-éducative : informations à propos de l'affection, du traitement, de l'action
des médicaments, des effets secondaires possibles, de l'intérêt d'un traitement d'entretien
Ergothérapie ;
Arthérapie ;
Réadaptation psychosociale.
5. Post cure indispensable
6. Assistance sociale au stade déficitaire.
14.2.2. Les psychoses fonctionnelles non affectives chroniques non schizophréniques
14.2.2.1. La psychose paranoïaque ou le délire paranoïaque ou la paranoïa
A. Définition
Une psychose chronique caractérisée par le développement insidieux d'un système délirant
durable, inébranlable, allant de pair avec la conservation de la clarté et de l'ordre dans la pensée,
le vouloir et l'action. La paranoïa est donc un délire systématisé
Elle a, par ailleurs, l'interprétation comme mécanisme essentiel et elle s'accompagne
généralement de violentes réactions hétéro agressives.
Elle survient sur un fond de personnalité paranoïaque caractérisée par :
La méfiance : attitude soupçonneuse vis-à-vis du comportement de l'entourage interprété
comme chargé d'intentions malhonnêtes ou malveillantes ;
La psychorigidité : autoritarisme, incapacité de mettre en cause son propre système de valeur
et, partant, d'être ouvert à l'autre ;
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L’hypertrophie du moi se manifestant par l'égocentrisme ou une autophilie exagérée, un
orgueil démesuré pouvant atteindre la mégalomanie, une intolérance et un mépris d'autrui
et le despotisme ;
La susceptibilité : tendance à se sentir facilement blessé, vexé par les autres, la fausseté du
jugement ;
L'agressivité.
B. Manifestations cliniques
Il s'agit essentiellement des délires passionnels, qui sont caractérisés par la prédominance
exclusive d'une idée fixe qui s'impose à l'esprit de façon obsédante et oriente avec passion toute
l'activité du sujet.
On en distingue 3 types :
Le délire de revendication, qui apparait généralement à l'occasion d'une injustice vraie ou
fausse dont le malade se considère la victime et entreprend d'obtenir avec acharnement la
réparation. On connait dans ce sens :
Les quérulents processifs qui revendiquent avec acharnement leurs propriétés et leurs
droits en allant de procès en procès, parfois jusqu'à se ruiner ;
Les idéalistes passionnés qui luttent avec acharnement pour une idéologie politique en
multipliant généralement les campagnes de presse ;
Les inventeurs délirants qui revendiquent avec acharnement un mérite méconnu ; ils
doivent s'efforcer de prendre des précautions, de déjouer des complots ;
Les délirants hypochondriaques qui contestent le bien fondé d'un traitement ou d'une
intervention chirurgicale et exigent réparation avec acharnement en tentant parfois de se
faire justice.
Le délire érotomaniaque qui est caractérisé par la ferme conviction qu'a le sujet d'être aime d'une
personne généralement illustre et qui pourrait l'épouser. Tout le comportement du sujet va
découler de cette croyance et celui-ci va interpréter les moindres faits et actes de cette personne
dans le sens de cette croyance.
Le délire de jalousie reposant sur la conviction délirante de l'infidélité du partenaire et de la
présence d'un rival. Cette conviction va dicter tout le comportement du sujet, lequel va se sentir
profondément bafoué et va chercher à faire la preuve de l'infidélité de son partenaire ; il va le
surveiller ou le faire surveiller, décacheter ses lettres, lire ses messages téléphoniques, épier ses
gestes et attitudes, examiner son linge.
C. Diagnostic différentiel
Il se fait avec les autres délires chroniques :
Délire paranoïde ou schizophrénique, c'est un délire mal systématisé, vague, flou ;
Psychose hallucinatoire chronique : c'est essentiellement un syndrome d'influence mental avec
une multitude d'hallucinations auditives, cénesthésiques, ...,
Paraphrénie : délire imaginatif fantastique, qui est rare.
D. Prise en charge thérapeutique
Elle est difficile et longue, souvent décevante à cause du refus opiniâtre du malade d'admettre
qu'il est malade et de son attitude souvent très défensive.
Principes du traitement :
Attitude neutre, attentive et prudente du médecin soignant car le patient peut facilement
développer le sentiment que ce dernier est contre lui et pour ses « adversaires »
Chimiothérapie
Neuroleptiques classiques incisifs : Haldol, Tripéridol, Majeptil ;
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Neuroleptiques atypiques : Zyprexa, Séroquel, Abilify, Risperdal.
La post cure est obligatoire ;
La psychothérapie est en principe impossible car le patient ne se reconnait pas malade et ne
donne pas au médecin le droit de s'ingérer dans sa vie. Il faut seulement améliorer la relation
médecin-malade pour que le malade ne prenne pas son traitement médicamenteux et son
hospitalisation comme une agression.
14.2.2.2. La psychose hallucinatoire chronique (PHC)
A. Définition
La PHC est une psychose de structure paranoïaque avec, cependant une prédominance des
manifestations hallucinatoires les plus diverses. Le thème en est le plus souvent la persécution. La
PHC apparaît généralement à l'âge mûr.
B. Manifestations cliniques
Le tableau clinique est dominé par un syndrome d'automatisme mental qui associe :
Des hallucinations essentiellement auditives, cénesthésiques et psychiques.
Un délire d'influence.
Les hallucinations sont une composante clinique majeure et obligatoire pour le diagnostic
Quand il s'agit d'hallucinations auditives, le malade perçoit des bruits étranges venant de l'extérieur
surtout des voix qui l'injurient ou le menacent.
Quelques fois, ce sont des hallucinations cénesthésiques désagréables voire douloureuses que le
malade rapporte à une influence extérieure maléfique. Elles peuvent être olfactives ou gustatives, de
tonalité désagréable (par exemple, mauvaise odeur, mauvais goût des aliments). Elles peuvent aussi
être psychiques, dans ce cas il s'agit de voix intérieures, des pensées transmises, d'énonciations et
commentaires des pensées ou des actes, de vol et dévinement de la pensée par les autres. Les
hallucinations visuelles sont plutôt rares
Qu'elles soient sensorielles ou psychiques, ces hallucinations s'intègrent toujours dans une
atmosphère de délire d'influence et de persécution (ce sont les autres qui les lui envoient pour lui
faire mal).
Parfois, le malade invoque des techniques de persécution sophistiquées comme la télépathie, le
téléguidage, des procédés ultrasoniques
C. Evolution
Le début de l'affection est souvent insidieux, survenant généralement à l'âge mur. Dans la forme
typique, l'évolution est lente, elle se fait très longtemps sans altération de la lucidité et des capacités
intellectuelles. Cependant, elle peut être émaillée des moments féconds (moments d'exacerbation).
Actuellement, sous l'influence du traitement neuroleptique, la psychose hallucinatoire chronique a
tendance à « s'enkyster ».
D. Diagnostic
Le diagnostic est facile ; il s'agit d'un délire chronique essentiellement hallucinatoire à thèmes de
persécution, d'influence et de possession avec un syndrome d'automatisme mental.
Le diagnostic différentiel se fait avec les affections suivantes :
1. Bouffée délirante : Le délire éclate brutalement et l'individu vit une expérience délirante
primaire. Cette bouffée délirante peut être un mode d'entrée dans la schizophrénie. C'est la
présence d'un syndrome d'automatisme mental et d'une conscience non altérée qui
permettront d'évoquer une PHC.
2. Délire paranoïde de la schizophrénie :
Syndrome de dissociation ;
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Délire vague, flou, mal systématisé
Comportement catatonique ou grossièrement désorganisé ;
Dysfonctionnement socioprofessionnel
3. Le délire paranoïaque : Le délire paranoïaque a un caractère plausible, logique, vraisemblable et
passionnel. Son mécanisme est interprétatif.
4. Délire paraphrénique : C'est un délire rare, fantastique, beaucoup moins d'hallucinations, délire
plutôt imaginatif, plus riche et plus luxuriant.
E. Prise en charge thérapeutique
Le traitement de la PHC peut etre ambulatoire ou résidentiel. Il est basé sur les neuroleptiques
classiques incisifs (Haldol.Tripéridol. Majeptil) ou atypiques Zyprexa, Séroquel, Abilify, Risperdal).
14.2.2.3. La paraphrénie
La paraphrénie est un délire chronique de structure intermédiaire entre celle de la paranoïa et celle de
la schizophrénie. Elle est caractérisée par :
L’existence d'un énorme délire juxtaposé à la réalité : le malade présente une bonne adaptation
sociale et un bon sens de réalité lorsqu'on sort du secteur de son délire ;
La mégalomanie comme thème principal et l'imagination ainsi que l'intuition comme mécanismes
principaux ;
Une systématisation moyenne ;
La prédominance du langage sur l'action ;
La longue persistance des fonctions intellectuelles et de l'affectivité ;
Sa survenue sur un fond de personnalité mythomaniaque (la mythomanie c'est une tendance plus
ou moins volontaire et consciente au mensonge et à la création des récits imaginaires) ;
Le traitement peut être ambulatoire ou résidentiel. Il est basé sur les neuroleptiques classiques
incisifs (Haldol, Triperidol, Majeptil) ou atypiques (Zyprexa, Séroquel, Abilify, Risperdal).
SECTION III. LES AUTRES AFFECTIONS MENTALES
CHAPITRE 15. LES TROUBLES PSYCHIQUES DE LA GROSSESSE ET DU POST PARTUM
15.1. LES TROUBLES PSYCHIQUES DE LA GROSSESSE
15.1.1. Manifestations comportementales mineures
Moments d'élation (exaltation) intense, de dysphorie, de revendications affectives, d'irritabilité,
d'hypersomnie en début de grossesse, de perturbations du comportement alimentaire.
Anxiété en début de grossesse, pouvant réapparaître à l'approche du terme.
Vomissements incoercibles de la grossesse.
15.1, 2. Troubles névrotiques
Elles surviennent le plus souvent en début de la grossesse.
Manifestations phobo-obsessionnelles (peur de la rue, peur de la solitude, actes
kleptomaniaques) ;
Négation hystérique de la grossesse ;
Syndrome de stress post-traumatique survenant le plus souvent chez des femmes ayant déjà eu
un premier accouchement difficile voire dramatique.
15.1.3. Dépression
Survient surtout au dernier trimestre de la grossesse :
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Manifestations clinques fréquentes :
Dysphorie permanente avec plaintes somatiques
Sentiments d'autodépréciation, de dépendance affective :
Asthénie ;
Ambivalence vis-à-vis de la grossesse ;
Ruminations mentales anxieuses concernant l'accouchement et la naissance de l'enfant ;
Risque de désinvestissement de l'enfant à venir.
Facteurs de risque de la dépression pendant la grossesse :
Antécédents d'accidents obstétricaux et/ou d'avortements ;
Antécédents personnels de dépression ;
Situation socio-économique défavorable.
15.1.4. Troubles psychotiques
Tableau clinique de bouffée délirante aiguë (trouble psychotique bref) ;
Possible mode d'entrée dans une schizophrénie.
15.2. LES TROUBLES PSYCHIQUES DU POST PARTUM
15.2.1. Les post-partum blues ou « bleus du 3ème jour »
Contemporains de la montée laiteuse ;
30 à 80% des accouchées ;
Apparition indépendante des facteurs culturels, psychosociaux ;
Surviennent vers le 3ème et le 5ème jour après l'accouchement ;
Durée : 1 à 7 jours ;
Caractérisé par un syndrome dysphorique transitoire : Tristesse, crises de larmes ; labilité de
l'humeur ; irritabilité ; anxiété ; plaintes somatiques ; sentiments de découragement, d'incapacité
à s'occuper du nourrisson : insomnie ;
Importance du syndrome dysphorique est un facteur prédictif d'une dépression post partum ;
Si durée supérieure à 10 jours : considérer qu'il s'agit de manifestations dépressives ;
Aucun traitement médicamenteux, plutôt un simple accompagnement psychologique par le
personnel de la maternité.
15.2.2. Dépression du post-partum
Manifestation fréquente ;
Survenue entre le 2ème mois et la fin de la première année ;
Facteurs de risque :
Hormonaux (thyroïdiens, ovariens) ;
Antécédents de dépression ;
Ages extrêmes : grossesse tardive ou pendant l'adolescence ;
Primiparité ;
Ambivalence vis-à-vis de la grossesse :
Antécédent d'IVG
Complications obstétricales : prématurité, hypotrophie, césarienne ;
Evénements de vie : perte d'un parent durant la grossesse, décès de l'enfant précédent au
sein de la fratrie dans la période périnatale, isolement affectif, absence du conjoint, conflits
conjugaux pendant la grossesse, abandon par le père de l'enfant, absence de la mère de la
parturiente au moment de l'accouchement, mauvaises relations mère-fille, situation
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socioéconomique défavorable, antécédents personnels de carence affective et d'abus sexuel
durant l'enfance.
Manifestations cliniques :
Tableau anxiodépressif ;
Asthénie (motif de consultation) ;
Phobie d'impulsion (obsession-impulsion d'infanticide) ;
Absence de plaisir à s'occuper du bébé :
Sentiments d'incapacité à s'occuper de son enfant
Irritabilité :
Idées hypochondriaques ;
Insomnie.
Evolution, variable :
Résolution spontanée entre 3 et 6 mois ;
Récurrences en dehors du contexte puerpéral ;
Rechutes lors des accouchements ultérieurs.
15.2.3. Psychoses du post partum
Facteurs de risque
Antécédents familiaux de schizophrénie ;
Antécédents personnels de bouffée délirante aiguë.
Age supérieur à 30 ans ;
Primiparité,
Accouchement difficile ;
Complications obstétricales :
Situation socio-économique défavorable.
Manifestations cliniques
Psychose délirante aiguë (Trouble psychotique bref
Début brutal à 3 ou 5 jours après l'accouchement ;
Tableau clinique fluctuant dans son intensité et dans son expression ;
Etat de confusion mentale avec phénomènes oniriques et hallucinatoires, et parfois des
troubles de la vigilance ;
Idées délirantes : mal structurées ;
Tonalité persécutive centrée sur l'enfant (négation de la maternité, doute sur l'origine de
l'enfant, crainte que l'enfant soit mort) ;
Confusion d'identité entre la mère et son enfant,
Mégalomanie ;
Labilité thymique (alternance de moments d'abattement et d'exaltation de l'humeur) ;
L'importance de la symptomatologie confusionnelle et de la dépersonnalisation doit faire
craindre l'infanticide et/ou le suicide ;
Evolution favorable dans 80% des cas, favorisée par le maintien de la relation mère-
enfant ;
Récidives dans 20% des cas lors d'une grossesse ultérieure :
Un tel tableau clinique peut être inaugural d'une pathologie thymique ou
schizophrénique ;
Traitement
- Neuroleptiques ;
- Sismothérapie
- Séparation transitoire mère-enfant pendant la période délirante ;
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- Contraception envisageable en cas de multiples récidives
Troubles thymiques
Episode dépressif majeur
- Début précoce, dans les 2 semaines qui suivent l'accouchement
- Tableau clinique de mélancolie délirante avec sentiments d'incapacité, d'indignité,
de ruine, de culpabilité, anxiété, idées délirantes centrées sur l'enfant, gestes auto
agressifs ou infanticide possibles.
Episode maniaque
- Début précoce, brutal, dans les 2 semaines qui suivent l'accouchement ;
- Intensité de l'agitation et de la désorganisation ;
- Hallucinations,
- Idées délirantes mégalomaniaques (au premier plan) mystiques, érotomaniaques ;
- Episodes souvent mixtes avec fluctuations thymiques importantes
- Evolution dans 50% des cas vers un état dépressif
CHAPITRE 16. L'ALCOOLISME ET LES TOXICOMANIES
116.1. GENERALITES SUR L'ALCOOLISME ET LES TOXICOMANIES
L'alcoolisme et les toxicomanies sont deux affections psychiatriques qui comportent l'absorption
périodique ou continuelle, mais dans tous les cas, l'emploi toujours abusif des substances toxiques à
l'organisme que sont d'une part l'alcool et d'autre part des produits chimiques (drogues). L'emploi abusif
de ces substances finissant par aboutir à un état de dépendance à la fois psychique et physique.
La dépendance psychique est caractérisée par une pulsion à absorber une substance pour chasser une
sensation de malaise ou pour en tirer du plaisir. Tandis que la dépendance physique consiste en
l'apparition de troubles physiques intenses (tremblements, palpitations, sudation, malaise...) lorsque la
consommation de l'alcool ou de la drogue est interrompue.
Le diagnostic de dépendance à l'alcool ou à une drogue est défini, selon le DSM IV, par la survenue
simultanée chez un individu de trois parmi les sept critères suivants :
Tolérance augmentée vis-à-vis de l'alcool ou de la drogue concernée ;
Symptômes de sevrage (tremblements, anxiété, sudations, épilepsie) à l'arrêt de la
consommation de la substance concernée ;
Difficultés à contrôler la quantité de ladite substance consommée
Préoccupations liées à l'approvisionnement en la substance concernée
Désir persistant ou effort infructueux pour diminuer ou contrôler la consommation de la
substance
Répercussions négatives de la consommation de ladite substance sur les loisirs et la vie sociale
de l'individu ;
Consommation persistante malgré des problèmes de santé physique ou psychique dont le sujet
est bien conscient du lien avec la substance concernée.
16.2. L'ALCOOLISME
La différence entre quelqu'un qui consomme l'alcool de façon pathologique et quelqu'un qui en prend
d'une façon normale ne consiste pas seulement en la quantité d'alcool ingéré mais tient aussi et surtout
au fait que contrairement au buveur normal, l'alcoolique est incapable de s'arrêter de boire alors qu'il a
déjà consommé une certaine quantité d'alcool ; il va plutôt continuer de boire jusqu'à atteindre l'ivresse
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caractérisée. Cela parce qu'il éprouve un besoin irrésistible de boire, il a en quelque sorte perdu la
liberté (la maitrise) vis-à-vis de l'alcool ; il en est devenu dépendant (esclave)
Les principales manifestations cliniques de l'alcoolisme sont :
L’intoxication alcoolique aiguë (ivresse alcoolique) caractérisée par une incoordination des
mouvements et de la parole, un état de confusion de la conscience, l'agitation, l'agressivité,
l'anxiété et l'onirisme.
L’alcoolisme chronique comprenant :
Des troubles physiques : faciès jovial, congestif et pléthorique, fatigue, tremblements,
cirrhose, gastrite, polynévrite, troubles cardiaques, insomnie, anorexie, impuissance, sub-
ictère ...
Des troubles psychiques : irritabilité, susceptibilité, humeur triste, dégoût, épisodes
d'excitation sexuelle, idées de jalousie, idées de persécution, violence, troubles de mémoire,
état démentiel, enfin délirium tremens (un état de confusion agitée, caractérisé par une
importante altération de l'état général, des tremblements, une forte fièvre et des sueurs
abondantes) et qui apparait lors des phases de sevrage.
Les principes du traitement de l'alcoolisme sont : l'hospitalisation au besoin par collocation, prise de
sang (alcoolémie, glycémie, magnesémie si possible), calmer le malade (tranquillisants, neuroleptiques),
remonter l'état général du malade (vitaminothérapie du groupe B, réhydratation, alimentation, par
gavage au besoin), sevrage et désintoxication (alcool intraveineuse, apomorphine, antabuse),
psychothérapie, post cure et réhabilitation psychosociale.
La prise en charge se fait en 3 phases :
1. La motivation du candidat à l'arrêt de consommation d'alcool. L'alcoolique sera suivi en
ambulatoire pour renforcer et travailler sa volonté d'arrêter de boire. Pendant cette phase, le
malade peut encore prendre des boissons contenant de l'alcool.
2. Le sevrage : se fait habituellement en milieu hospitalier, avec arrêt total de prise d'alcool, sous
benzodiazépines à doses dégressives.
Par exemple on commencera avec 120 mg de Diazépam/jour en plusieurs prises toutes les 4h. Le
traitement sera arrêté en 15-20 jours.
Traitement associé : Antidépresseurs, réhydratation orale (boissons sucrées, jusqu'à 2-3
litre/jour), psychothérapie de soutien.
3. La phase d'entretien de l'abstinence : en ambulatoire. Le patient est régulièrement vu en
consultation, et il est confié à des associations de soutien aux anciens alcooliques (croix bleu,
Alanon, AA, etc.).
16.3. LES TOXICOMANIES
Les principales drogues vis-à-vis desquelles on peut devenir dépendant sont :
a. Les substances de la pharmacopée (les médicaments) : les barbituriques Phénobarbital : les
tranquillisants (diazépam, Flunitrazépam, bromazépam, lorazépam, méprobamate... les
analgésiques (phenacétine, caféine, opium), antihistaminiques (exemple prométhazine), les
amphétamines exemple Maxiton), les produits amaigrissants (exemple dinintel), les
anesthésiques (chloral, éther).
b. Les substances utilisées pour les expériences de natures diverses qu'elles procurent : chanvre
indien (Haschisch, marijuana) ; les hallucinogènes mescaline, psylocybine. LSD ou acide
lysergique diéthylamide).
c. Les stupéfiants classiques : opium et ses dérivés (morphine, héroïne)
Le traitement des toxicomanes est basé sur les principes suivants :
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Pour l'intoxication aiguë : hospitalisation ; faire le diagnostic du ou des toxiques en cause
(interroger l'entourage, examiner les urines et produits de vomissements) ; évacuer le toxique ;
maintenir les fonctions vitales ; administrer un antidote s'il y en a, calmer l'agitation éventuelle ;
lutter contre le coma (réanimation).
Une fois dépassé le stade d'intoxication aigue : sevrer le malade et le désintoxiquer
(hospitalisation, sevrage) ; combattre l'anxiété et la dépression de fond ; réduire les réactions
caractérielles avec des médicaments ; remonter l'état général, pratiquer la psychothérapie
songer à la réadaptation psychosociale du malade.
CHAPITRE 17. LA SOCIOPATHIE
Ceux qui souffrent de cette maladie sont appelés « Sociopathes » ou « Psychopathes >> ou
Déséquilibrés pervers » ou « Personnalités psychopathiques. Ce sont des sujets qui présentent toutes
sortes de conduites antisociales contrastant le plus souvent avec l'absence d'altérations psychiques
(troubles mentaux) prononcés tels qu'une insuffisance de l'intelligence, un délire, l’angoisse... Ce
contraste fait qu'ils apparaissent normaux de prime abord, cependant leur biographie renseigne le
contraire. Leurs actes antisociaux font qu'ils séjournent couramment dans les milieux pénitentiaires
(prisons).
Les principales caractéristiques des psychopathes sont :
L'impulsivité et le déséquilibre de l'humeur :
Impulsivité : Les psychopathes sont incapables de différer la satisfaction de leurs besoins et
désirs. Ils agissent sans délai ni frein pour obtenir la satisfaction de leurs désirs et besoins et
ceci sans tenir compte des conséquences possibles :
Déséquilibre de l'humeur : leur humeur est mal régulée et instable, sauf qu'ils ne
connaissent presque jamais l'angoisse et la culpabilité pour les actes qu'ils posent.
L'immoralité : celle-ci s'exprime par une malignité foncière, c'est-à-dire le plaisir de mal faire et
de faire mal. D'où le penchant des intéressés pour les brutalités, la ruse, les actes malfaisants ou
scandaleux, la calomnie, la fréquentation des gangs, le commerce des drogues, la prostitution,
les attentats, les lettres anonymes, les vols...
L'inaffectivité : elle se révèle par l'indifférence, la froideur, l'insensibilité a l'intimidation,
L'Inadaptabilité qui fait de ces gens de perpétuels rebelles. Il s'en suit qu'ils sont exclus des
différents groupes sociaux (famille, école, métier...) et vivent en marge de la société
L'instabilité foncière notamment en matière d'adresses, professions, partenaires
Leur intolérance à la frustration qui les prédispose à l'alcoolisme et la toxicomanie.
Le traitement de ce type de malades est en général décevant.
CHAPITRE 18. LES ETATS DEFICITAIRES
20.18.1. LE RETARD MENTAL (DEBILITE MENTALE, OLIGOPHRENIE)
A. Définition
Affection caractérisée par une insuffisance congénitale ou à début précoce (avant 18 ans) du
développement de l'intelligence. Cette insuffisance intellectuelle correspond à un retard ou à un arrêt
de l'évolution de l'intelligence à un niveau qu'on peut déterminer au moyen du quotient intellectuel (QI).
B. Classification
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Retard mental léger : QI 50-55 à 70 ; sujets éducables, capables d'une insertion sociale et
professionnelle pouvant assurer une autonomie minimale ;
Retard mental moyen : QI 35-40 à 50-55 ; sujets dressables (semi éducables) ; pouvant aboutir
après une rééducation à une autonomie partielle et à un poste de travail non qualifié ou semi
qualifié ;
Retard mental grave : QI 20-25 à 35-40 ; sujets partiellement éducables, capables de taches
simples sous surveillance étroite, peuvent parvenir à une certaine productivité et bien s'adapter à
la vie communautaire ;
Retard mental profond : QI < 20-25 ; sujets justes capables de taches simples, dans des conditions
très protégées et sous une étroite surveillance, ils peuvent juste acquérir certains gestes
élémentaires de la vie quotidienne et s'adapter à une certaine vie collective mais avec une activité
improductive.
C. Manifestations cliniques
Fonctionnement intellectuel général significativement à la moyenne (QI ≤ 70).
Déficits concomitants ou altérations du fonctionnement adaptatif actuel (capacité du sujet à se
conformer aux normes escomptées à son âge, dans son milieu culturel) concernant les domaines
suivants : communication, autonomie, vie domestique, aptitudes sociales et interpersonnelles,
mise à profit des ressources de l'environnement, responsabilité individuelle, utilisation des acquis
scolaires, travail, loisirs, santé et sécurité ;
Troubles mentaux et comportementaux divers : passivité dépendance ou agressivité, impulsivité,
troubles de l'humeur (irritabilité, hyperémotivité, instabilité affective, épisodes maniaques ou
dépressifs), fixation exagérée aux parents, comportements élémentaires soit alimentaires
(boulimie, refus d'aliments) soit sexuels (masturbation), trouble déficit de
l'attention/hyperactivité, troubles envahissants du développement, trouble mouvements
stéréotypes ;
Troubles psychomoteurs (débilité motrice) : retard de la marche, tremblements et autres
mouvements anormaux, troubles du tonus musculaire, troubles de l'élocution (bégaiement),
crises d'épilepsie, gaucheries de toutes sortes, paralysies, turbulence, automutilations,
incontinence urinaire et fécale
Troubles somatiques divers associés :
- Troubles sensoriels intéressant surtout l'audition et la vue.
- Malformations de toutes sortes.
Noté Bien : Début des troubles avant l'âge de 18 ans
D. Facteurs étiologiques
Hérédité (+5% des cas) : erreurs innées du métabolisme, aberrations chromosomiques (pex :
syndrome de Down ou trisomie 21) ;
Atteintes embryonnaires (30% des cas) : alcoolisme gravidique, infections maternelles.
Problèmes au cours de la gestation et périnatals (10% des cas) : dystocies, prématurité, post-
maturité, hypoxies, malnutrition fœtale, traumatismes obstétricaux, infections ;
Maladies somatiques de la 1ère ou de la 2e enfances (5% des cas) : infections, traumatismes,
intoxications (pex plomb), hypothyroïdie ;
Facteurs environnementaux et autres troubles mentaux (15-20% des cas) : carences affectives
précoces, carences de stimulations sociale, linguistique et autres, troubles mentaux sévères (pex :
trouble autistique).
Noté Bien : Dans beaucoup de cas, on ne trouve pas de cause.
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E. Prise en charge thérapeutique
Le plus souvent symptomatique,
Le traitement devrait se faire le plus possible en dehors de l'hôpital psychiatrique, si possible dans
le milieu familial et avec la collaboration de la famille.
La famille devrait éviter toute attitude de honte ou de rejet.
Chimiothérapie :
Oxygénateurs cérébraux : Hydergine, Piracétam (Nootropil), Pyrithoxine (Encéphabol),
Centrum, Gamalate B6, citicoline (Trausan)...
Vitaminothérapie B, de préférence combinaison des vitamines B1, B6, B12 :
Neuroleptiques, au besoin et de préférence la chlorpromazine (Largactil) et/ou la périciazine
(Neuleptil) ;
Rééducation psychomotrice :
Réhabilitation psychosociale : apprentissage dans des institutions spécialisées pour retardes
mentaux, ergothérapie, training social...
Assistance sociale : assurance, allocation d'éducation spécialisée, aide sociale, prise en charge des
soins par l'employeur des parents ou par l'Etat ou par la mutualité.
18.2. LES DEMENCES
A. Définition
Les démences constituent un groupe d'affections caractérisées par des déficits cognitifs multiples parmi
lesquels, et obligatoirement, des troubles mnésiques : les autres déficits cognitifs étant :
L’aphasie {perturbation du langage) ;
L’apraxie (altération de la capacité à réaliser une activité motrice malgré des fonctions motrices
intactes) ;
L’agnosie impossibilité de reconnaitre ou d'identifier des objets malgré des fonctions
sensorielles intactes ;
Les perturbations des fonctions exécutives (capacités à faire des projets, à planifier, à initier et à
et à organiser des activités et accéder à la pensée abstraite).
Ces différents déficits cognitifs doivent être suffisamment sévères pour perturber d'une façon
significative le fonctionnement professionnel ou social (pex aller à l'école, travailler, faire des courses,
s'habiller se laver, gérer l'argent...) de l'individu et doivent représenter un déclin par rapport au niveau
de fonctionnement antérieur du sujet. En effet, les démences se déclarent toujours après une certaine
période d'un fonctionnement cognitif normal et, dans beaucoup de cas à un âge avancé. Cependant, il
existe des formes de démences du sujet jeune, liées à certaines étiologies, comme l'infection à VIH.
B. Epidémiologie
Prévalence sur 1 an=3% de la population générale.
2 à 4% de la population de plus de 65 ans est atteinte de démence d'Alzheimer, les autres types
de démence étant beaucoup moins fréquents.
C. Etiologie
Tous les facteurs capables d'affecter le cerveau peuvent donner lieu à la démence :
Causes dégénératives : Maladie d'Alzheimer= cause la plus fréquente,
Autres causes dégénératives = maladie de Pick (atrophie des lobes frontaux et temporaux),
Maladie de Parkinson, Maladie de Huntington (Troubles cognitifs, mouvements choréo-
athétosiques, troubles émotionnels des genres dépression, irritabilité, anxiété) ;
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Causes vasculaires (cfr démence vasculaire) 2è cause en fréquence, après la maladie d'Alzheimer,
cfr hypertension artérielle, AVC à répétition, artériosclérose ;
Causes infectieuses : VIH/Sida, paralysie générale, cryptococcose, maladie de Creutzfeldt-Jakob
(encéphalopathie spongiforme due au prion=particule infectieuse protéique)
Causes tumorales : tumeurs cérébrales primitives ou secondaires ;
Causes traumatiques : traumatismes cranio-cérébraux ;
Causes toxiques : alcool, solvants volatils, médicaments (sédatifs, hypnotiques, anxiolytiques,
antiépileptiques), substances toxiques (plomb, mercure, monoxyde de carbone, solvants
industriels, insecticides organophosphorés) ;
Causes nutritionnelles : carences en Vit B1, B12, pellagre ;
Causes endocriniennes et métaboliques : hypothyroïdie, hypercalcémie, hypoglycémie,
insuffisance rénale, insuffisance hépatique ;
Autres affection neurologiques : sclérose en plaques.
D. Manifestations clinques
En plus des troubles cognitifs caractéristiques ci-dessus évoqués, les démences peuvent s'accompagner
de :
Troubles psychiques et comportementaux
Autres troubles intellectuels : désorientation temporelle et ou spatiale, autopsychique,
allopsychique, perte de l'autocritique, perte du sens moral (propos obscènes, exhibition des
organes génitaux), perte du jugement, hallucinations diverses, surtout visuelles, idées
délirantes le plus fréquemment à thèmes de persécution, parfois de grandeur et autres ;
Troubles de l'humeur : irritabilité, dégoût, indifférence, euphorie souvent niaise, réactions
dépressives ;
Troubles des conduites : violences, tentatives de suicide, errances comportements
désinhibés (plaisanteries déplacées, familiarité excessive avec les étrangers), négligence
corporelle et vestimentaire,
Troubles somatiques : vulnérabilité aux stress physiques, boulimie évoluant souvent vers
l'anorexie, gâtisme urinaire et fécal, diminution de la force musculaire, escarres, fractures
spontanées, tremblements, paralysies, crises convulsives. A la fin tous ces troubles aboutissent à
la cachexie et la mort
E. Prise en charge thérapeutique
La prise en charge de la démence se fait dans des centres ou services appropriés, elle est
multiaxiale.
Traiter la cause si possible
Améliorer le fonctionnement cognitif : neuroprotecteurs (citicoline. Gamalate B6, piracétam,
hydergine), anticholinestérasiques (donepezil, Aricept®, Azilect ®) et training cognitif ;
Traiter les altérations psychiques et comportementales du patient (perturbations thymiques,
fugues, errances, actes incohérents à incidence parfois médico-légale) : antidépresseurs,
neuroleptiques, tranquillisants, à doses prudentes ;
Surveiller l'état somatique du patient : soins de nursing, remonter l'état général
(vitaminothérapie, oligoéléments, protéines...), physio kinésithérapie ;
Traiter les comorbidités somatiques ;
Soutien psychologique et humain ;
Prise en charge environnementale : adaptation du milieu de vie aux incapacités du patient ;
Apporter une certaine assistance sociale.
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QUATRIEME PARTIE : THERAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE
INTRODUCTION : GENERALITES SUR LE TRAITEMENT EN PSYCHIATRIE
En santé mentale, le traitement s'inscrit dans le cadre d'une prise en charge : laquelle prise en charge
entre dans la profondeur de la relation médecin-malade. Cette dernière se faisant dans des structures et
des milieux adéquats ; souvent avec des médicaments psychotropes et un renforcement par la parole
(psychothérapie). Cette prise en charge vise la restitution de l'intégrité du malade dans ses dimensions
biologique, comportementale et environnementale.
Il existe plusieurs méthodes thérapeutiques en psychiatrie :
Traitements biologiques : pharmacologique, chirurgical, physique, de choc
Psychothérapies et thérapies comportementales
Sociothérapie = actions sur l'environnement
Noté Bien : Le même patient peut bénéficier de ces différents abords thérapeutiques, d'où la nécessite
d'une équipe multidisciplinaire médico-psycho-sociale ou le Médecin est le chef naturel du fait qu'il peut
aborder le patient physiquement et psychologiquement.
Dans ce cours, nous n'allons-nous intéresser qu'aux thérapies biologiques, en particulier, la psycho-
pharmacothérapie.
La prise en charge
Le traitement est habituellement long et coûteux
L’urgence est d'apaiser un épisode aigu ou le symptôme le plus pénible (patient ou entourage)
D'abord amener le patient à prendre conscience et donc à collaborer
Seulement après : amener le patient à améliorer son fonctionnement psycho-social
Eviter les rechutes si habituelles.
Les structures de soins en psychiatrie :
L'idéal est que la prise en charge du malade se fasse dans son milieu de vie. Cependant, l'hospitalisation
peut être nécessaire.
Structures extra-hospitalières (hospitalisation à mi-temps)
Hôpitaux du Jour : 9h à 18 h
Avantages : traitement complet de type hospitalier, avec conservation des attaches
familiales, moins coûteux, évite la stigmatisation du patient.
Hôpitaux du soir : 18h 21h.
Malades sans structures d'encadrement familial, capable de travailler normalement ou en
atelier protégé, évite la stigmatisation du patient.
Hôpitaux de nuit -foyer ou hôtel de cure : 18 h 9 h. Ici, le malade va à son lieu de travailla
journée pour être encadré à l'hôpital la nuit
Ateliers protégés pour malades stabilisés frappés d'incapacité physique (infirmes moteurs)
ou psychologique schizophrènes, retardés mentaux) : conçus pour une productivité
économique rendant autonome.
Centres de santé mentale
Structures hospitalières
Hôpitaux Psychiatriques : inconvénient de marginalisation, gestion difficile, cout élevé
Services Psychiatriques des hôpitaux généraux choix de ta politique nationale de santé
mentale
Cliniques psychiatriques privées.
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CHAPITRE 19. LES THERAPIES BIOLOGIQUES EN PSYCHIATRIE
Elles visent à modifier favorablement le substratum organique ou biochimique des maladies mentales.
Elles comprennent, pour rappel :
1. La psychopharmacologie : place de choix parmi les thérapies biologiques, voire, dans la prise en
charge des maladies mentales ;
2. Les thérapies de choc ;
3. Les physiothérapies ;
4. La psychochirurgie.
19.1. LA PSYCHOPHARMACOLOGIE OU LFS MEDICAMENTS PSYCHOTROPES OU LES PSYCHOTROPES
Selon l'OMS, une drogue est une substance qui lorsqu'introduite au sein d'un organisme vivant, peut
modifier au moins l'une des fonctions de ce dernier.
Les psychotropes sont des drogues naturelles ou synthétiques qui exercent leur effet principal (ou l'un
de leurs effets principaux) sur les processus psychiques normaux ou anormaux, par l’intermédiaire de
leur action sur le cerveau. Cette définition exclut les substances ayant uniquement des effets
secondaires sur le psychisme, tels que les corticoïdes.
Bien que des symptômes psychiques aient été traités par des drogues depuis l'antiquité, nous pouvons
affirmer que l'ère de la psychopharmacologie date seulement de 1952 avec l'utilisation de la
chlorpromazine par le Français J. DELAY.
Les psychotropes sont des médicaments symptomatiques et non étiologiques. Leur action et leur
efficacité dans certaines affections ainsi que leurs effets secondaires peuvent s'expliquer par leurs effets
sur certains neurotransmetteurs et l'interaction desdits neurotransmetteurs avec leurs récepteurs.
Les neurotransmetteurs ne sont en fait que des substances qui exercent une action directe sur un
neurone post synaptique.
Il existe plusieurs familles de neurotransmetteurs :
Les amines : dopamine, noradrénaline, adrénaline, sérotonine, histamine, acétylcholine. Les
trois premières substances contiennent le noyau catéchol et sont ainsi appelées catécholamines ;
Les acides aminés dont certains sont excitateurs (glutamate, aspartate) et d'autres, inhibiteurs
(GABA, glycine) ;
Les peptides dits « hypothalamiques » (vasopressine, ocytocine, CRF ou Corticotropin Releasing
Factor) ;
Les peptides opioïdes (B-endorphine, enképhalines, dynorphines).
Parmi ces familles, seules les deux premières revêtent de l'importance en psychiatrie.
Cette importance consiste en ce que la neurotransmission chimique permet actuellement non
seulement de comprendre l'action des psychotropes sur le cerveau et leurs effets sur les
comportements pathologiques caractérisant les maladies mentales mais aussi de saisir l'impact des
maladies sur le système nerveux central. Ainsi, par exemple, il est actuellement établi que :
1. Il y a une densité anormalement élevée des récepteurs de la dopamine dans certaines régions
du cerveau des schizophrènes et que les drogues antipsychotiques bloquent les récepteurs de la
dopamine dans ces régions.
2. La dépression résulte d'une déficience ou d'une altération des neurotransmetteurs comme la
sérotonine, la noradrénaline, la dopamine et que les antidépresseurs augmentent l'activité
desdits récepteurs dans le cerveau.
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3. Une neurotransmission déficiente d'acétylcholine est corrélée à des troubles cognitifs, dont
ceux de la mémoire
4. Certains acides aminés et d'autres précurseurs diététiques améliorent la synthèse des
neurotransmetteurs et peuvent avoir un effet favorable sur la dépression et les troubles
cognitifs.
5. Les anomalies de la transmission cérébrale de la norépinephrine et de l'acide gamma-
aminobutyrique (GABA) peuvent être 4 la base des troubles anxieux et les modifications dans
ces systèmes peuvent constituer le mécanisme par lequel les médicaments lèvent l'anxiété.
CLASSIFICATION DES PSCHOTROPES
Les psychotropes sont traditionnellement classés selon leur activité pharmacologique tout en tenant
compte de leur mécanisme d'action.
En passant en revue les différentes classes de psychotropes, nous nous limiterons aux médicaments les
plus visibles sur le marché pharmaceutique congolais et à certains médicaments de grande notoriété.
Nous indiquerons, dans certains cas, les formes galéniques et les doses journalières usuelles respectives
desdits médicaments, tel que proposées dans la littérature. Il convient d'ores et déjà de savoir qu'on
matière de psychotropes, la posologie est sujette à d'énormes variations individuelles, si bien que les
doses qui seront proposées varieront dans certains intervalles.
Les psychotropes peuvent être classés en 4 groupes :
Les psychoplégiques ou psycholeptiques drogues qui réduisent l'activité psychique ;
Les psychoanaleptiques ou excitants nerveux drogues qui augmentent l'activité psychique ;
Les psychoisoleptiques ou thymorégulateurs ou stabilisateurs de l'humeur médicaments qui
agissent sur l'humeur non pas en la modifiant, mais en contrôlant simplement ses variations ;
Les psychodysleptiques drogues qui perturbent l'activité psychiques c'est à dire qui provoquent
une activité psychique anormale. Ils ne sont pas utilisés à des fins thérapeutiques.
19.1.1. Les psycholeptiques ou psychoplégiques c'est-à-dire des médicaments qui réduisent l'activité
psychique.
19.1.1.1. Les hypnotiques et sédatifs : réducteurs de la vigilance (somnifères purs)
Opium et dérivés (chlorhydrate de morphine, pethidine). Ils provoquent une sédation de
l'angoisse et de la douleur morale comme physique, ils ne sont presque plus utilisés en
psychiatrie à cause de leur risque majeur d'accoutumance et de dépendance.
Les barbituriques. Ils sont utilisés en psychiatrie comme hypnotiques essentiellement. Exemples :
cyclobarbital, pentotal, sécobarbital (immenoctal), amobarbital, butobarbital, heptobarbital.
Les hypnotiques modernes non barbituriques :
Methaqualone (Mandrax) ;
Benzodiazépines : celles cl ont des propriétés à la fois hypno-inductrices, anxiolytiques,
antiépileptiques et myorelaxantes. Exemples de benzodiazépines utilisées comme hypno-
inducteurs : Nitrazepam (Mogadon), flunitrazepam (rohypnol). Lorametazepam (loramet,
noctamid), Nordazepam (calmday), triazolam (halcion).
Les imidazopyridines : Zolpidem (Stilnox) qui a une structure différente de celle des BZD
mais un mécanisme d'action voisin de celui de ces derniers.
19.1.1.2. Les tranquillisants
Les tranquillisants sont des substances qui agissent sur l'anxiété, l'agressivité, l'irritabilité, l'agitation, la
labilité émotionnelle et les manifestations somatiques concomitantes à symptomatologie
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essentiellement neurovégétative. Ils ont par ailleurs une action myorelaxante et anticonvulsivante. Ils
peuvent aussi être utilisés comme inducteurs du sommeil.
Leurs principaux effets secondaires sont : les vertiges, la potentialisation de l'alcool et la somnolence.
D'où prudence pour les conducteurs de véhicules, les gens maniant des engins dangereux et nécessité
de réserver la plus forte dose pour le soir.
Les tranquillisants agissent en renforçant l'action du GABA (acide gamma-aminobutyrique), un
neurotransmetteur réduisant l'excitabilité neuronale.
La classification des tranquillisants repose actuellement sur leur structure chimique et leur mode
d'action.
Les principaux tranquillisants sont :
Les benzodiazépines qui en constituent la famille de loin la plus importante :
Diazepam (valium) : Comprimé 2 ; 5 ; 10 mg, ampoule de 10 mg, dose moyenne : 10 à 80
mg/jour.
Clobazam (urbanyl, frisium) : Comprimé 5 ; 10 mg, dose moyenne : 5 à 20 mg/jour.
Chlorazepate dipotassique (tranxene) : Gél 5, 10 mg, Comprimé 50 mg, dose moyenne : 5 à
20 mg/jour.
Bromazepam (lexotan, lexoman) : Comprimé 1,5 ; 3 ; 6 ; 12 mg, dose moyenne : 3 à 18
mg/jour.
Oxazepam (Seresta) : Comprimé 10,50 mg, dose moyenne : 20 à 90mg/jour.
Prazepam (Lysanxial : Comprimé 10, dose moyenne : 10 à 30mg/jour.
Lorazepam (Temesta) : Comprimé 1 ; 2,5 mg, dose moyenne : 3 à 10mg/jour.
Chordiazepoxide (Librium) : dose moyenne : 10 à 100mg/j, combiné avec l'amitrityline sous
l'appellation Limbitrol.
Alprazolam (Xanax, Calme) : Comprimé 0,25 ; 0,5 mg, dose moyenne :0,25 à 5mg/jour.
Medazepam (Nobrium) : Comprimé 5 ; 10 mg, dose moyenne 15 à 30mg/jour.
Les tranquillisants non benzodiazépines
Les carbamates : Méprobamate (Pertranquil, Equanill) : Comprimé 200, 400 mg, dose
moyenne : 200 à 1200mg/jour.
L'hydroxyzine (Atarax) : Comprimé 25 mg dose moyenne : 50 à 100mg/jour.
Les quinazolones : Metaqualone (Toquilone, Mandrax) : Comprimé 10 mg, dose 10 à 30
mg/jour utilisé comme tranquillisant et surtout comme hypnotique.
19.1.1.3. Les neuroleptiques
Les neuroleptiques sont des drogues caractérisées par les propriétés thérapeutiques suivantes : un effet
antipsychotique (an i délire, anti hallucinations), une action sédative (calmer l'agitation), l'induction d'un
état d'indifférence (désintérêt) affective. Leur effet antipsychotique est principalement dû au blocage
des récepteurs dopaminergiques D2 postsynaptiques sous corticaux (voie dopaminergique
mésolimbique dont les neurones partent du tegmentum ventral (A10) pour se projeter sur le noyau
accumbens, l'amygdale, les noyaux du septum latéral et le cortex piriforme).
Cependant, ils agissent aussi sur les autres catégories des récepteurs dopaminergiques (D1, D3, D4, D5)
et d'autres récepteurs : sérotoninergiques, histaminiques, cholinergiques, adrénergiques.
Leur affinité pour ces récepteurs justifie non seulement leur profil thérapeutique mais aussi la nature de
leurs effets secondaires. Ainsi :
Une action dopaminergique globale est à l'origine des effets extrapyramidaux (syndrome
parkinsonien, akathisie, tassikinésie, dystonies, dyskinésie tardive), de l'hyperprolactinémie, et
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de la dysrégulation thermique (hyperthermie bénigne passagère, syndrome malin des
neuroleptiques) ;
Une action antihistaminique explique la sédation et la prise de poids ;
Une action anticholinergique rend compte de la sécheresse de la bouche, de la constipation, de
l'éblouissement de la vue, du glaucome, de la rétention urinaire, des troubles cognitifs, des
troubles sexuels ;
Une action adrénolytique justifie l'hypotension artérielle souvent orthostatique, la tachycardie,
des troubles de l'ECG, principalement l'allongement de l'intervalle QT, des troubles sexuels
concernant l'érection et l'éjaculation ;
Une action sérotoninergique à la base de la boulimie et de la prise de poids.
Cependant d'autres effets secondaires des neuroleptiques ne sont pas explicables en termes
d'affinité des neuroleptiques pour les récepteurs. C'est le cas de
Troubles hématologiques : leucopénie, agranulocytose ;
Troubles hépatiques : élévation des transaminases, hépatite souvent passagère ;
Troubles rénaux ;
Troubles de l'EEG avec risque accru de crises d'épilepsie.
Les indications des neuroleptiques sont :
Psychoses fonctionnelles chroniques : schizophrénie, trouble délirant, troubles schizo-affectifs ;
Psychoses fonctionnelles aigues : trouble psychotique bref, trouble schizophréniforme ;
Accès maniaque ;
Troubles schizoaffectifs type maniaque ;
Autres syndromes psychotiques ;
Autres affections mentales : autisme, démences, retard mental, troubles anxieux, troubles du
contrôle des impulsions, troubles de la personnalité, certaines paraphilies, troubles du sommeil,
bégaiement ;
Affections neurologiques et générales : maladie de Gille de la Tourette, intoxications et
phénomènes de sevrage, hoquet, vomissements.
Les neuroleptiques sont classés selon leur structure chimique. Les principaux neuroleptiques sont :
Les neuroleptiques classiques
A. Ceux du groupe des phénothiazines :
Chlorpromazine (Largactil) : Comprimé 25 ; 100 mg, ampoule injectable à 25 mg, 50 mg.
Dose : 100 à 600mg/jour.
Levomepromazine (Nozinan) : Comprimé 25 : 100 mg ; gouttes 4% (111 gouttes = 1 mg,
ampoule injectable 25 mg. Dose : 75 8 300 mg/jour.
Prometazine (Phenergan) : Comprimé 25 mg : sirop 1 ml = 1 ; ampoule injectable 50 mg.
Dose : 25 à 300mg/jour.
Periciazine (Neuleptil) : Gel 10 mg ; Comprimé 25 mg : gouttes 1% (1 goutte 0,25 mg),
gouttes 4% (1 goutte = 1 mg). Dose : 30 à 60 mg/jour.
Pipotiazine (Piportil) : Comprimé 10 mg, gouttes (1 goutte = 1 mg ; ampoule injectable 10
mg. Dose. 10 à 60 mg/jour.
Cymémazine (Tercian) : Comprimé 25, 100 mg ; gouttes (1 goutte =1 mg) ; ampoule
injectable 50 mg. Dose : 25 à 200 mg/jour.
Promazine (Prazine) : Comprimé 25, 50, 100mg. Dose : 100 à 600 mg/jour.
Thioproperazine (Majeptil) : Comprimé 10 mg. Dose : 10 à 30 mg/jour.
Fluphenazine (Moditen) : Comprimé 0,5 ; 1 ; 2,5 ; 25 ; 100 mg. Dose 5 à 100 mg/jour.
Pipothiazine (Piportil) : Comprimé 10 mg ; sol 40 mg/ml ; 1 mg/goutte. Dose : 10 à 20
mg/jour.
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Thioridazine (Melleril) : Comprimé 10 ; 25 ; 50 ; 100 mg Dose : 75 à 500 mg/jour.
B. Ceux du groupe des dibenzodiazépines :
Clozapine (Leponex) : Dose : 100 à 400 mg/jour.
Clothiapine (Etumine) : Co 40 mg. Dose 40 à 120 mg/jour.
C. Ceux du groupe des thioxanthènes :
Chlorprothixene (Taractan) : Dose : 50 à 300 mg/jour.
Clopenthixol (Sordinol) : Dose : 100 à 400 mg/jour.
Flupenthixol (Fluanxol) : Drag 0,5 ; 1 ; 3 mg ; sol 100 mg/ml ; 1 goutte = 5 mg. Dose : 3 à
12 mg/jour.
D. Ceux du groupe des butyrophénones et dérivés pipéridinés :
Halopéridol (haldol) : Comprimé 1 ; 5 ; 10 ; 20 mg ; gouttes (20 gouttes = 1 ml = 0,5 mg ; 2
mg : 10 mg ; 20 mg) ; ampoule injectable 5 mg. Dose : 10 à 20 mg/jour.
Benperidol (Frénactil) : 1 à 3 mg/jour comme antipsychotique : 0,5 mg ou plus pour le
traitement des paraphilies
E. Ceux du groupe des dérivés diphénylbutylpipéridinés :
Melpérone (Buronil) : Comprimé 25 ; sol 25 mg/5 ml. Dose : 25 à 200 mg/jour.
Pimozide (Orap) : Comprimé 4 mg. Dose : 2 à 6 mg/jour.
Penfluridel (Semap) : Comprimé 20 mg. Dose : 10 à 40 mg/sem.
Fluspirilene (Imap) : ampoule injectable à 2 mg/ml. Dose : 1 à 10 mg/semaine.
F. Ceux du groupe des dibenzodiazépines :
Clozapine (Leponex) : Comprimé 25 ; 100 mg. Dose : 100 à 400 mg/jour.
Noté Bien : il est le 1er antipsychotique atypique en date
G. Ceux du groupe des benzamides :
Sulpiride (dogmatil) : gélule 50 mg : Comprimé 200 mg : Solution buvable 1 ml = 100 mg ;
ampoule injectable 100 mg. Dose : 200 à 600 mg/jour ;
Amisulpiride (solian) Comprimé 100 ; 200 mg ; 400 mg, Solution buvable 1 ml = 5 mg ;
ampoule injectable 100 mg. Dose : 50 à 600 mg/jour.
Noté bien : Ces deux derniers médicaments ont des propriétés pharmacodynamiques des
neuroleptiques atypiques.
H. Ceux du groupe des pentacycliques
Réserpine (Serpasil). Dose moyenne : 3 à 9 mg/jour.
Les neuroleptiques atypiques (ou neuroleptiques de la nouvelle génération ou
antipsychotiques atypiques ou antipsychotiques de la nouvelle génération) :
Par rapport aux neuroleptiques classiques, les antipsychotiques atypiques présentent les
avantages :
- D’avoir un effet antipsychotique au moins égal sur les symptômes positifs des psychoses
(idées délirantes, hallucinations), une action positive sur les symptômes négatifs
(émoussement affectif, pauvreté du discours, perte de la volonté, isolement social), et sur
les dysfonctionnements cognitifs) de la schizophrénie, sur les symptômes dépressifs ;
- D’avoir des affinités sur plusieurs types de récepteurs ; cholinergiques, histaminergiques,
adrénergiques, dopaminergiques, sérotoninergiques ;
- De provoquer moins d'effets secondaires extrapyramidaux.
Cependant ils exposent plus à d'autres types d'effets secondaires, tels que la prise de poids, les
troubles hématologiques et hépatiques.
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Comme exemples des neuroleptiques atypiques, nous pouvons citer les produits suivants :
Olanzapine (Zyprexa) : Comprimé 5 ; 7,5 ; 10 ; 15 mg. Dose : 10 à 20 mg/jour ;
Risperidone (Risperdal) : Comprimé 1 ; 2 ; 4 mg, Solution buvable de 100 ml (1 mg/ml).
Dose : 2 à 6 mg/jour ;
Quetiapine (Seroquel) : Comprimé 25 ; 100, 200 mg. Dose : 100 à 400 mg/jour ;
Clozapine (leponex) : Comprimé 25 ; 100 mg. Dose : 200 à 450 mg/jour ;
Sulpiride (dogmatil) : gélule 50 mg ; Comprimé 200 mg ; Solution buvable 1 ml = 100 mg ;
ampoule injectable 100 mg. Dose : 200 à 600 mg/j ;
Amisulpiride (solian) : Comprimé 100 ; 200 mg 400 mg, Solution buvable 1 ml = 5 mg ;
ampoule injectable 100 mg. Dose : 50 à 400 mg/jour ;
Sertindole (Serdolect) : Dose : 12 à 20 mg/jour ;
Aripiprazole (Abilify) : Dose : 15 à 30 mg/jour.
Les neuroleptiques retard ou neuroleptiques à longue durée d'action (N.L.D.A.)
Ils appartiennent à diverses classes chimiques des neuroleptiques. Ils ont une durée d'action qui
varie de 1 à 4 semaines. Ils doivent leur longue durée d'action à leurs caractéristiques
pharmacocinétiques et chimiques ou au fait qu'ils sont transformés en un produit (prodrogue)
qui libère progressivement la substance active.
Comme exemples, nous pouvons citer, en ordre d'importance croissant de la durée d'action :
Fluspirilène (IMAP) durée d'action : 1 semaine : ampoule injectable à 2 mg/ml. Dose : 1 10
mg/semaine.
Penfluridol (Semap) : durée d'action : 1 semaine ; Comprimé 20 mg. Dose : 20 à 60
mg/sememaine.
Décanoate de flupentixol (Fluanxol Dépôt) : 2 à 4 semaines. Dose moyenne : 20 à 60 mg/2 à
4 semaines.
Décanoate de fluphenazine (Modecate) : 3 & 4 semaines. Dose moyenne : 12,5 100
Décanoate d'Halopéridol (Haldol décanoas) : 4 semaines. Dose moyenne : 50 à 200 mg/4
semaines.
Palmitate de pipotiazine (Piportil Dépôt, Piportil L4) : 4 semaines. Dose moyenne : 25 à 100
mg/4 semaines.
19.1.2. Les psychoanaleptiques ou excitants nerveux : médicaments stimulant l'activité psychique.
19.1.2.1. Les anti-hypnotiques et les oxygénateurs cérébraux
Les anti hypnotiques (stimulants de la vigilance)
Ils stimulent le fonctionnement psychique en général et les fonctions mnésiques et perceptives
en particulier. Leurs effets secondaires sont l'insomnie, une phase dépressive de rebond.
A) Les analeptiques simples du système nerveux
Les analeptiques simples du système nerveux sont plus utilisés en médecine générale pour
combattre les défaillances ou les inhibitions des centres neurovégétatifs.
Exemple : Caféine : elle renforce la perception des sens, facilite l'association des idées,
diminue la sensation de fatigue et la somnolence
B) Les amphétamines : nooanoleptiques
Elles diminuent la sensation de fatigue et augmentent la vigilance, d'où leur succès auprès
des sportifs et des étudiants en période d'examen. Elles ont aussi un effet anorexigène.
Malheureusement elles comportent de lourds effets secondaires comme l'agitation, l'anxiété,
la confusion mentale et les hallucinations. Ainsi, leur utilisation est très délicate et
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strictement réservée aux états d'asthénie extrême sans anxiété ni insomnie, les névroses
obsessionnelles graves. En voici quelques exemples :
Amphétamine (Benzédrine) ;
Dexamphétamine (Maxiton) ;
Methylphénidate (Ritaline) ;
Methamphétamine (Pervitin).
Les oxygénateurs cérébraux
Les oxygénateurs cérébraux rétablissent la vigilance, réduisent les troubles de mémoire et de
concentration. En voici quelques exemples :
Centrophenoxine (Lucidril) ;
Pyrithoxine (Encéphabol) ;
Piracétam (Nootropil) : proche de deux précédents, il est prescrit surtout dans les
déficiences psycho-organiques liées notamment à la sénescence et aux traumatismes
cranio-cérébraux. Capsule 400mg, Co 800 mg : 1200 mg, sirop 2%, granulés 1200 mg/5g :
granulés 2400 mg/5g, ampoule 1 gr/5ml ; 3 gr/15 ml. Dose : 1200 à 3200 mg/jour ;
Deanol (Cervoxan, cérébral) : Il est non seulement psycho stimulant mais aussi anxiolytique
et antidépresseur ;
Centrum : une combinaison Uridyl - Citidine, apportant des bases azotées qui stimulent
l'anabolisme et la réparation cellulaires (effet cytoprotecteur) ;
Ergotoxine (Hydergine, Ergogine) ;
Dihydroergotamine.
19.1.2.2. Les antidépresseurs (thymoanaleptiques)
Leurs propriétés thérapeutiques consistent essentiellement à lever l'humeur dépressive et l'inhibition
psychomotrice qui l'accompagne. Comme classes des antidépresseurs, il y a :
Les inhibiteurs de la monoamine oxydase : IMAO.
Les IMAO sont des médicaments peu maniables. En effet leur utilisation implique beaucoup
d'interdits alimentaires (alcool, aliments riches en catécholamines (tyramine essentiellement) :
fromages fermentés, épinards, saka-saka, bananes...) et médicamenteux (Effortil, Sympathol,
antidépresseurs tricycliques : interruption du traitement aux IMAO avec prescription des
antidépresseurs tricycliques à des doses progressives, de sorte que la dose thérapeutique n'est
atteinte qu'au bout de 15 jours, les mêmes précautions sont prises dans la situation inverse et
en cas de passage des IMAO aux Inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine et vice versa).
Cependant avec plus de recul les IMAO s'avèrent à ce jour beaucoup plus sécures et plus
efficaces qu'on ne le pensait au départ, ainsi leurs indications sont devenues plus larges qu'au
départ.
Les IMAO sont des antidépresseurs non spécifiques ; ils agissent sur tous les 3
neurotransmetteurs monoaminergiques incriminés dans la dépression, à savoir, la sérotonine, la
noradrénaline et la dopamine.
Leurs indications actuelles sont les états dépressifs rebelles aux autres antidépresseurs, les états
dépressifs chroniques, les dépressions atypiques (pex les asthénies) de somatisation, le trouble
panique, les phobies, les obsessions. Ils devraient être utilisés avec prudence chez des patients
avec des symptômes psychotiques.
Leurs principaux effets secondaires sont : l'hypotension orthostatique, les réactions
hypertensives, l'hypersudation, les tremblements, le vertige, la confusion mentale, une carence
en vitamine B6 responsable de neuropathies périphériques, ataxie, anémie, stomatite,
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irritabilité, dépression et, dans les cas extrêmes, les convulsions et le coma. Les autres effets
secondaires sont les dysfonctionnements sexuels, la flatulence, un œdème périphérique, une «
lupus like reaction ».
Exemples d'IMAO utilisés en psychiatrie :
Isocarboxazide (Marplan) ;
Phenelzine (Nardil), est l'IMAO le plus utilisé en Belgique ;
Nialamide (Niamid) ;
Iproniazide (Marsilid), le premier à être utilisé comme antidépresseur, il est avant tout un
tuberculostatique ;
Moclobemide (Aurorix) : Doses journalière : 100 à 400mg/jour.
Les antidépresseurs tricycliques :
Ils doivent leurs effets thérapeutiques, tout comme leurs effets secondaires à un blocage non
sélectif des récepteurs des monoamines impliqués dans la dépression, principalement, la
sérotonine et la noradrénaline. Cependant, la plupart des antidépresseurs tricycliques se lient
aussi avec plus ou moins d'affinité à d'autres classes de récepteurs, ce qui module leurs effets
thérapeutiques et leurs effets secondaires. Ainsi, certains antidépresseurs tricycliques ont une
action antihistaminique expliquant leurs propriétés sédatives, d'autres ont une action
anticholinergique
Les antidépresseurs tricycliques comportent beaucoup d'effets secondaires dont les principaux
sont :
Les effets anticholinergiques : la sécheresse de la bouche, la constipation, la vision floue, la
dysurie ;
Les effets cardio-vasculaires : la tachycardie, l'hypotension orthostatique, des perturbations
de l'ECG ;
Les troubles neurologiques : des tremblements fins des extrémités, l'akathisie, l'état
confusionnel, abaissement du seuil convulsif ;
Des troubles comportementaux et cognitifs : virage maniaque ou hypomaniaque chez les
patients bipolaires, troubles de l'attention, de perception, de mémoire, d'apprentissage et
de prise de décision) ;
Des troubles sexuels (déficit de l'érection, troubles de l'éjaculation, baisse de la libido) ;
Des troubles dermatologiques (éruption cutanée allergique, réaction de photosensibilité,
hypersudation ;
L’exacerbation de l'anxiété au début du traitement, d'où l'association des tranquillisants ou
d'autres sédatifs ;
Autres effets secondaires : gain pondéral, hépatotoxicité, rares dyscrasies sanguines.
Noté Bien : Les antidépresseurs tricycliques agissent avec un temps de latence pouvant aller
jusqu'à 15 jours, voire 3 semaines.
Voici les principaux antidépresseurs tricycliques :
Imipramine (Tofranil) : Comprimé 10 ; 25 mg, ampoule 25 mg/2ml, sirop 25 mg/5ml. Dose
moyenne 30 à 150 mg/j. Prescrit aussi en cas d'énurésie ;
Clomipramine (Anafranil) : Comprimé 10 ; 25 mg ; 75 mg, ampoule 25 mg/2ml, sirop 25
mg/5ml. Dose moyenne : 30 à 150 mg/jour. Prescrit aussi en cas d'énurésie et
d'impuissance sexuelle partielle.
Trimepramine (Surmontil) : Co 25 mg ; 100 mg, ampoule 25 mg/2ml, gouttes buvable 4% (1
goutte = 1 mg/jour. Dose : 75 à 150 mg/jour. Effets anxiolytiques et hypno-inducteurs.
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Opipramol (Insidan) : Co 50 mg. Dose : 50 à 150 mg/jour. Noté Bien : Effet anxiolytique,
efficace dans les manifestations somatiques de l'anxiété.
Dothiepine (Prothiaden) : Caps 25mg, Comprimé 75 mg, Solution 25 mg/ml. Dose : 75 à 150
mg/jour.
Amitryptiline (Tryptizol, Redomex, Laroxyl, Saroten, Elavil. Triptyll Comprimé 10 ; 25 mg ; 50 ;
75 mg. Dose 30 à 150 mg. Noté Bien : il a des effets sédatifs, prescrits aussi en cas
d'énurésie nocturne, d'anorexia nervosa, de syndromes douloureux, de sevrage aux
substances psychoactives.
Doxépine (Sinéquan, Quitaxon) : 75 à 150 mg le soir. Noté Bien : il a des effets sédatifs,
prescrit aussi dans les états douloureux chroniques et dans les états dépressifs lors de
sevrage aux substances psychoactives.
Les antidépresseurs de la nouvelle génération
Par rapport aux antidépresseurs précédents, les antidépresseurs de ce groupe présentent
l'avantage de comporter un temps de latence plus bref et moins d'effets secondaires.
Beaucoup de ces antidépresseurs sont des inhibiteurs spécifiques du recaptage présynaptique
de l'un ou l'autre ou de deux monoamines impliqués dans la dépression. Ainsi, nous avons :
A. Les inhibiteurs spécifiques du recaptage présynaptique de la sérotonine
Citalopram (Cipramil, Seropram) : Comprimé 5 ; 10 ; 20 mg. Dose moyenne : 10 à 20
mg/jour ;
Sertraline (Serlain, Zoloft, Tresleen) : Dose 50 à 200 mg/jour ;
Paroxetine (Deroxat) : Dose : 10 à 50 mg/jour ;
Fluoxetine (Prozac) : Dose : 20 à 40 mg/jour ;
Fluvoxamine (Floxyfral) : Dose : 100 à 300 mg/jour ;
Trazadone (Trazolan) : Dose : 200 à 600 mg/jour ;
Zimeldine (Zelmidine, Zelmid).
B. Les inhibiteurs spécifiques du recaptage présynaptique de la noradrénaline
Viloxazine (Vivalan). Dose 150 à 300 mg/jour ;
Réboxetine (Edronax). Dose 8 à 10 mg/jour ;
Maprotiline (Ludiomil) : Comprimé 10, 25,75 mg. Dose 75 à 150 mg/jour.
C. Les inhibiteurs du recaptage présynaptique de la sérotonine et de la noradrénaline
Venlafaxine (Effexor, Efexor) : Dose : 75 à 375 mg/jour ;
Mianserine (Lérivon, Athymil) : Co 10 ; 30 ; 60 mg, Dose 30 à 90 mg/jour ;
Mirtazapine : Dose : 15 à 45 mg.
D. Les inhibiteurs dopaminergiques et noradrénergiques
Bupropion : Dose : 100 à 450 mg/jour.
19.1.3. Les psychoisoleptiques ou thymorégulateurs ou stabilisateurs de l'humeur
Les thymorégulateurs sont des médicaments qui agissent sur l'humeur non pas en la modifiant, mais en
contrôlant simplement ses variations.
Leurs indications communes sont :
- Le traitement de la manie et de la composante dépressive des troubles bipolaires
- La prévention des rechutes ou des récidives des psychoses affectives (manie et dépression
Les thymorégulateurs appartiennent à plusieurs familles pharmacologiques, parmi lesquelles :
Les sels de lithium
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Malgré leur efficacité dans le traitement et surtout la prévention des psychoses affectives, les
sels de lithium sont d'un maniement délicat. En effet ils exigent des dosages fréquents de la
lithiémie ; laquelle doit rester comprise entre 0,7 et 1,2 mEq/litre car leur indice thérapeutique
est très faible.
Leurs effets secondaires sont : la somnolence, les céphalées, les troubles digestifs (nausée,
vomissements, diarrhée), la faiblesse musculaire, les tremblements, la prise de poids, la
polydipsie, la polyurie, le goitre et un effet tératogène. En cas de surdosage, il peut y avoir une
confusion mentale, des convulsions, un coma et des troubles de conduction cardiaque.
Les sels de lithium utilisés comme psychotropes sont :
Le gluconate de lithium (Neurolithium) : Comprimé à 1000, 2000 mg. Dose d'attaque : 900 à
2400 mg/jour ; traitement d'entretien : 400 à 1200 mg/jour.
Le carbonate de lithium (Téralithe) : Comprimé à 250 ; 400 mg. Dose d'attaque : 900 à 2400
mg/jour ; traitement d'entretien : 400 à 1200 mg/jour.
Les antiépileptiques
La carbamazépine (Tegretol)
La carbamazépine est un puissant thymorégulateur, à la dose de 400 à 800 Elle est aussi
efficace, à fortes doses (1200 mg/jour), dans le traitement des névralgies du trijumeau et
d'autres algies rebelles. Elle comporte, cependant de lourds effets secondaires comme
l'ataxie, les troubles de l'accommodation, les troubles hépatiques, les troubles sanguins
(agranulocytose, anémie aplasique, thrombocytopénie, aplasie médullaire) et de graves
réactions cutanées. Elle a aussi des effets secondaires moins sévères tels que les vertiges, la
somnolence, les nausées et les vomissements.
Les sels de l'acide valproïque
Comme la carbamazépine, les sels de l'acide valproïque sont de puissants thymorégulateurs
avec beaucoup d'effets secondaires : troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée,
gastralgies), alopécie, gain pondéral, somnolence voire léthargie, tremblements fins voire
syndrome parkinsonien, céphalées, éruptions cutanées. Ictère, pancréatite,
encéphalopathie, tératogénèse, perturbations biologiques (hyperammoniémie,
thrombopénie, diminution du fibrinogène).
Voici quelques dérivés du valproate :
Le valproate de sodium (Depakine, Convulex, Epilim, Ergényl) : Comprimé 200, 500 ; 750
mg, Solution buvable à 20 ; 30%. Dose : 20 à 30 mg/Kg/jour en 2 ou 3 prises
Le divalproate de sodium (Dépakote). Comprimé 250 ; 500 mg. Dose 750 mg/jour.
Le valpromide (Dépamide). Comprimé à 300 mg. Dose : 300 à 1800 mg/jour.
Certains antipsychotiques atypiques
Olanzapine (Zyprexa) ;
Risperidone (Risperdal) ;
Quétiapine (Seroquel) ;
Aripiprazole (Abilify).
19.1.4. Les psychodysleptiques ou perturbateurs de l'activité psychique
Les psychodysleptiques ne sont pas utilisés à des fins thérapeutiques. Cette classe de psychotropes
comprend : les psychoticomimétiques ou hallucinogènes (Mescaline, LSD, Psilocybine) ; les stupéfiants
(morphine, cannabinols, cocaïne) et les enivrants (alcools, éther, solvants).
19.2. LES THERAPIES DE CHOC
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Nous ne parlerons ici que de l'électrochocthérapie (ECT) ou convulsivothérapie ou Sismothérapie. Cette
dernière fait partie des thérapies de choc, à l'instar du coma insulinique, du choc au cardiazol et de la
malariathérapie. De toutes les thérapies de choc, elle est la seule à être encore pratiquée à ce jour. Elle
a été mise au point en 1938. Elle consiste à provoquer une crise convulsive généralisée par le passage
d'un courant électrique entre 2 électrodes bi-temporales. On procède à des décharges brèves (0,1 à 1
seconde) d'un courant alternatif de 250 V, provoquant 1 crise de 25 seconde. Les séances sont
administrées tous les 2-3 Jours.
Indications : Dépression mélancolique ; états d'inhibition schizophrénique, psychoses gravidiques et
manies graves, échec des neuroleptiques ou des antidépresseurs.
Accidents : luxations (mâchoires et épaules surtout), fractures (humérus, vertèbres), accidents
cardiovasculaires et respiratoires (arythmies, syncopes cardiaques, arrêt cardiaque, apnée et amnésies.
Prévention des accidents : malade en position couchée tout en s'appuyant sur ses principales
articulations ; subnarcose (Pentothal, atropine) : curarisation (succinylcholine)
Contre-indications : AVC, maladies cardiovasculaires, traitement aux antivitamine K, processus expansifs
intracrâniens.
19.3. LES PHYSIOTHERAPIES
Celles-ci ne sont que des méthodes d'appoint. Elles consistent en : gymnastique, massages,
hydrothérapie, sports.
19.4. LA PSYCHOCHIRURGIE
Prônée par le Portugais MONIZ en 1936, la psychochirurgie consiste en : lobotomies, lobectomies,
stéréotaxie, électrocoagulations, implantations de grains radioactifs ou d'électrodes. La psychochirurgie
est plutôt une technique d'exception. Ses principales indications sont les névroses obsessionnelles et les
autres névroses à forte charge anxieuses, rebelles aux autres types de thérapies.