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Étiquettes pour armatures en béton

Ce document traite du cycle de production et de mise en œuvre des armatures pour béton armé, de leur conception à leur pose en coffrage. Il décrit les différents types d'armatures, les étapes de leur fabrication industrielle et les bonnes pratiques pour leur mise en place.

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Étiquettes pour armatures en béton

Ce document traite du cycle de production et de mise en œuvre des armatures pour béton armé, de leur conception à leur pose en coffrage. Il décrit les différents types d'armatures, les étapes de leur fabrication industrielle et les bonnes pratiques pour leur mise en place.

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C OLLECTION

TECHNIQUE
T46
C I M B É TO N

L’ARMATURE DU BÉTON

De la conception
à la mise en œuvre
L’ARMAT U RE DU BÉTON

De la conception
à la m ise en œ uvre
Contributions à l’ouvrage

Cet ouvrage, issu de la collaboration entre l’AFCAB (Association Française


de Certification des Armatures du Béton) et CIMBÉTON (centre d’informa-
tion sur le ciment et ses applications), a été rédigé par :

Jean DITRICHSTEIN Ingénieur ECP

Ont également participé à la rédaction :

Michel FERRAN APA


Patrick GUIRAUD CIMBÉTON
Jean-François GUITONNEAU PARSIDER
Louis-Jean HOLLEBECQ AFCAB
Alain LE LIEVRE ADETS

Contributions aux illustrations :

AGIBAT
BARTEC
BLB CONSTRUCTIONS
FORNACE MANNA
GERMAIN ARMATURES
GROUPE FIMUREX
PRESIDER
SNAAM

2
Avant-propos

En utilisant les certifications de l’AFCAB, le m aître d’ouvrage et le m aître


d’œ uvre sont assurés que l’arm ature posée en coffrage rem plit les conditions de
validité du calcul de dim ensionnem ent de l’ouvrage. L’AFCAB ne se préoccupe
pas seulem ent de la conform ité des aciers pour béton arm é sortis d’usine. Elle se
préoccupe égalem ent des transform ations qu’ils subissent pour en faire des arm a-
tures coupées, façonnées, assem blées qui peuvent être posées en coffrage. Elle se
préoccupe aussi des accessoires, com m e les m anchons de raccordem ent, et de la
pose des arm atures. Il est évident qu’un acier « brûlé » au soudage, un m anchon
incapable de transm ettre les efforts prévus pour un filant ou la pose incorrecte
d’arm atures peuvent m ettre gravem ent en péril la solidité d’un ouvrage.

De par ses activités de certification et de par son fonctionnem ent collégial (les pro-
fessionnels, les utilisateurs et les experts de l’arm ature y sont représentés), elle
connaît les risques que fait encourir une arm ature non conform e. Elle connaît les
bonnes pratiques, m ais égalem ent les possibilités d’am élioration dans ce dom ai-
ne. Son rôle d’organism e de certification ne lui perm et pas de proposer des solu-
tions relatives à ce qu’il « faudrait faire ». Elle im pose des résultats. Mais en aucun
cas, elle ne propose ni n’im pose des m oyens à m ettre en œ uvre pour y parvenir.
Im poser des m oyens serait plus sim ple pour elle, m ais présenterait de graves
inconvénients :
– elle deviendrait juge et partie ;
– cela aurait une incidence économ ique qui n’est pas de son ressort ;
– le progrès économ ique des producteurs s’en trouverait entravé et il faudrait
gérer de nom breuses dérogations, à chaque fois que de nouvelles techniques
apparaîtraient.

L’AFCAB souhaite évidem m ent le progrès de l’arm ature, et pas seulem ent le pro-
grès de sa qualité. De par son activité, de par sa constitution, elle a conscience de
détenir un certain nom bre de clés de ce progrès. En particulier, elle est conscien-
te que ce progrès est entravé par le défaut de connaissance m utuelle des m étiers
des différents partenaires im pliqués dans le cycle de fabrication et de pose des
arm atures. Par exem ple, on oublie trop souvent que l’arm ature n’est pas seule-
m ent un produit qui se dessine ou qui se paie, c’est égalem ent un produit qui se
fabrique et se pose, avec les im pératifs que cela entraîne !

3
C’est pourquoi, lorsque Jean DITRICHSTEIN, qui possède la double expérience de
professionnel de l’arm ature et d’ingénieur de contrôle technique de la construc-
tion, a eu l’idée de rédiger le présent docum ent, elle a souhaité apporter son appui
le plus déterm iné à sa rédaction et sa publication. L’am bition de ce texte est jus-
tem ent de participer au progrès global de l’arm ature, en décrivant son cycle de
fabrication et de pose, les contraintes et les opportunités d’am élioration qui en
découlent. Nous avons constaté à de nom breuses reprises que la qualité progres-
se lorsque les points de vue, les contraintes et les intérêts de chacune des parties
concernées sont confrontés, afin que des solutions prenant en com pte au m ieux
tous ces aspects soient adoptées.

Ce guide technique com porte de nom breuses propositions d’am élioration tout au
long du cycle de fabrication et de pose des arm atures, à tous les partenaires de
l’acte de construire en béton arm é.

CIMBÉTON s’associe pleinem ent à cette logique de progrès visant à am éliorer la


qualité du béton arm é et la pérennité des bâtim ents et des ouvrages de génie
civil. En m ettant en com m un leur expérience et leur savoir-faire, l’AFCAB et
CIMBÉTON proposent des solutions constructives aux perform ances optim isées
pour des ouvrages durables.

4
Avant d’aller plus loin…

Vo cabulaire e s s e ntie l

Il est nécessaire pour la bonne compréhension de ce document de préciser dès


maintenant la signification que nous donnerons à trois termes essentiels :
– « acie rs po ur bé to n armé » (en abrégé : « aciers ») ;
– « armature s po ur bé to n armé » (en abrégé : « arm atures ») ;
– « armaturie r ».

Aciers

La norm e européenne EN 10080 « Aciers pour l’arm ature du béton – Aciers sou-
dables pour béton arm é – Généralités » donne la définition de ce term e : « Acie r
po ur bé to n armé : pro duit e n acie r de s e ctio n circulaire o u pratique me nt cir-
culaire qui e s t adapté po ur l’armature du bé to n ».

No ta
Cette définition convient bien pour les barres, couronnes et produit déroulés,
mais ce projet de norme traite également des treillis soudés qui sont
d onc consid érés com m e d es « aciers », ce q ui est cohérent avec la norm e
NF A 35-027 et les règles de certification de l’AFCAB. Il traite aussi des treillis
raidisseurs.
En revanche, la plupart des normes françaises relatives aux barres, couronnes,
produits déroulés et treillis soudés les désignent encore pour l’instant par
« armatures ».
Le term e « treillis soudé » est réservé aux produits conform es à l’une des
norm e s NF A 35-016 ou NF A 35-019, p artie 2 (e t p lus tard à la norm e
EN 10080). Les assem blag es p lans d e barres ou fils relevant d e la norm e
NF A 35-027 sont désignés par « panneaux soudés » ou « panneaux pré-
assem blés ». Les norm es qui traitent des « treillis soudés » com portent cer-
taines spécifications qui n’existent pas dans la norm e NF A 35-027. Par
exem ple, la résistance au cisaillem ent des assem blages soudés est spécifiée,
ce qui autorise leur prise en com pte dans les ancrages et les recouvrem ents.
Le régim e de contrôle qualité prévu par ces norm es est aussi différent.

5
Armatures

Ce term e désigne les produits obtenus à partir des aciers définis ci-dessus par des
opérations de dressage (pour les couronnes uniquem ent), coupe, façonnage et
assem blage.

C’est la term inologie adoptée par les norm es européennes. C’est égalem ent celle
de la norm e NF A 35-027, et des règles de certification de l’AFCAB. Auparavant,
ces produits étaient désignés par « arm atures industrielles ». Cette m odification a
perm is de répondre à un objectif de clarification en particulier dans le dom aine des
certifications AFCAB. En effet, cet organism e certifie d’une part des aciers et
d’autre part des arm atures. Pour que des arm atures soient certifiées, il faut
qu’elles soient constituées d’aciers certifiés, m ais cette condition nécessaire n’est
pas suffisante. Il faut, de plus, que les opérations de dressage, coupe, façonnage
et assem blage soient couvertes par la certification AFCAB arm atures.

Armaturier

Professionnel dont le m étier consiste à fabriquer des arm atures et parfois à les
poser en coffrage.

Ce term e est m aintenant couram m ent utilisé dans le BTP et il a été adopté par la
com m ission du dictionnaire de l’Académ ie française, le 25 septem bre 2003.

6
Sommaire

● 1 - Introduction 11
1.1 Obje ctifs 12

1.2 Che mine me nt 13

● 2 - Production des aciers pour béton 15

● 3 - Cycle des armatures 21


3.1 Clas s ificatio n de s armature s 22
3.1.1 - Arm atures sur plans 22
3.1.2 - Arm atures sur catalogue 22
3.1.3 - Arm atures spéciales 23
3.2 Armature s s ur plans 25
3.2.1 - Préparation de la fabrication – Analyse des plans 26
3.2.2 - Fabrication des arm atures sur plans 28
3.3 Armature s s ur catalo gue 32
3.3.1 - Préparation de la fabrication 32
3.3.2 - Fabrication des arm atures sur catalogue 32
3.4 Armature s s pé ciale s 35
3.4.1 - Boîtes d’attentes 35
3.4.2 - Dispositifs de raboutage 36
3.5 Po s e e n co ffrage 36

● 4 - Pour une armature conforme 37


4 .1 Co nte xte ré gle me ntaire 38

4 .2 Caracté ris tique s ce rtifié e s de s acie rs 42


4.2.1 - Soudabilité et com position chim ique 42
4.2.2 - Caractéristiques m écaniques en traction 42
4.2.3 - Diam ètres, sections, m asses linéiques et tolérances 45
4.2.4 - Adhérence et géom étrie de la surface 46
4.2.5 - Non fragilité (aptitude au pliage) 46
4.2.6 - Dim ensions et résistance au cisaillem ent
des assem blages soudés des treillis soudés 46
4.2.7 - Résistance à la fatigue 47
4.2.8 - Aptitude au redressage après pliage 47
4 .3 Co nfo rmité de s armature s 47
4.3.1 - Dressage 47
4.3.2 - Coupe 48
4.3.3 - Façonnage 48
4.3.4 - Assem blage 60

7
4.3.5 - Pose en coffrage et position finale des arm atures 62
4.3.6 - Arm atures m anchonnées 70
4.3.7 - Boîtes d’attentes 70

4 .4 Ce rtificatio ns gé ré e s par l’AFCAB 71


4.4.1 - Certification NF – Aciers pour béton arm é 71
4.4.2 - Certification AFCAB – Dispositifs de raboutage
ou d’ancrage des arm atures du béton 72
4.4.3 - Certification NF – Arm atures 72
4.4.4 - Certification AFCAB – Pose des arm atures du béton 73

● 5 - Pour une armature parfaitement définie 75


5.1 Re pè re s e t no mbre d’armature s 78

5.2 Dime ns io ns e t angle s de faço nnage de s armature s 78


5.2.1 - Cas particulier des ancrages 79
5.2.2 - Arm atures « variables » 81

5.3 Cho ix de s mandrins de faço nnage 82

5.4 Fe rme ture s de s cadre s 87

5.5 Po s itio ns re lative s de s barre s e ntre e lle s 87


5.5.1 - Lits de barres superposés 87
5.5.2 - Barres « flottantes » 88

5.6 Enro bage 88

5.7 Ré s e rvatio ns 89

5.8 Armature s de fo rme s « s pé ciale s » 89

● 6 - Pour une armature plus simple,


ou tout au moins réalisable 91
6.1 Fe rme ture de s cadre s 93

6.2 Cho ix de la fo rme de s armature s trans ve rs ale s de s po utre s 98

6.3 Ancrage s par cro s s e s s ur plus ie urs lits 99

6.4 Jo nctio n e ntre chaînage s de murs pe rpe ndiculaire s 102

6.5 Appui inte rmé diaire de po utre s ur po te au 103

6.6 Appui inte rmé diaire d’une po utre s ur une autre po utre 104

6.7 Po utre s ’appuyant s ur de ux po utre s po rte us e s 105

6.8 Ouvrage s s pé ciaux 106

8
● 7 - Pour une optimisation globale de l’armature 109
7.1 Étude s d’o ptimis atio n glo bale 110

7.2 Impo rtance de la co nce ptio n du fe rraillage 111

7.3 Évo lutio ns de puis le s o rigine s du bé to n armé 111

7.4 Co mparais o n de s habitude s de dive rs pays 112


7.4.1 - Diam ètres des aciers utilisés. 112
7.4.2 - Utilisation des étriers 113
7.4.3 - Ferm etures des cadres 113
7.5 Cho ix de s e s pace me nts de s armature s trans ve rs ale s 114

7.6 No mbre de re pè re s diffé re nts 114

7.7 Diamè tre s de s mandrins de faço nnage 115

7.8 Exe mple 115

● 8 - Conclusions 119

● 9 - Annexes 123
Anne xe 1 Analys e de s pre s criptio ns de l’Euro co de 2 Partie 1- 1
(pro je t d’avril 2004 ) re lative s au faço nnage 124
1 - Tableau 8.1 N de l’article 8.3(2).
Diam ètres m inim aux de façonnage 124
2 - Article 8.3(3). Justification vis-à-vis de la rupture du béton.
Cas des arm atures transversales 125
3 - Définition précise des diam ètres de m andrins 126
Anne xe 2 Pro ce s s us de dé te rminatio n de l’e nro bage no mimal
s uivant l’Euro co de 2 Partie 1- 1 co mplé té par s o n Anne xe
Natio nale Français e 127
1 - Déterm ination de la classe d’exposition de la structure 127
2 - Choix de la classe structurale 127
3 - Déterm ination de l’enrobage m inim al vis-à-vis
de la durabilité « Cm in,dur » 128
4 - Prise en com pte des réductions
et (ou) des augm entations éventuelles de « Cm in,dur » 128
5 - Déterm ination de l’enrobage m inim al
vis-à-vis de l’adhérence « Cm in,b » 128
6 - Déterm ination de l’enrobage m inim al « Cm in » 129
7 - Prise en com pte des tolérances d’exécution.
Déterm ination de l’enrobage nom inal « Cnom » 129

9
Cha pit re
1 Introduction

1.1 Obje ctifs


1.2 Che mine me nt

11
Cha pit re 1 • Introduction

1.1 Objectif
Il existe de nom breux livres consacrés au béton arm é, m ais la m ajorité d’entre eux
traite du calcul des ouvrages et n’envisage l’arm ature que sous cet angle. L’aspect
technologique n’est abordé que dans quelques « cours » dont l’objectif est en
général de rappeler et expliciter les textes réglem entaires.

Longtem ps, la fabrication des arm atures n’a été qu’une (petite) partie du travail
des m açons. C’est peut-être pourquoi la profession des arm aturiers est encore m al
connue de leurs partenaires professionnels. Beaucoup de projeteurs de bureaux
d’études ou de conducteurs de travaux d’entreprises n’ont jam ais visité d’atelier
de production d’arm atures et ont une idée très floue des m oyens qu’on y utilise.
Pourtant, le travail rudim entaire du « plieur de barres » a considérablem ent évolué.
Aujourd’hui, il est suffisam m ent com plexe pour avoir justifié la création d’une cer-
tification de conform ité spécifique. Cette certification, délivrée par l’AFCAB,
im pose bien entendu le respect d’un certain nom bre de règles. Dans cette
dém arche, les arm aturiers rencontrent des difficultés qui ont leur origine dans la
conception m êm e de l’arm ature. Il s’agit parfois d’erreurs m anifestes, m ais sou-
vent, on constate que seule la connaissance approfondie des im pératifs de fabri-
cation et de m ise en œ uvre aurait perm is de choisir les dispositions optim ales
satisfaisant à la fois aux exigences réglem entaires et à celles de l’exécution.

Il est bien com préhensible que l’aspect « calcul » constitue la préoccupation dom i-
nante. Cependant l’arm ature n’est pas seulem ent une section à calculer et une
form e à dessiner. C’est aussi un produit à fabriquer et à poser dans un coffrage.

Lorsque la section des arm atures a été déterm inée d’autres choix restent à faire,
tels que les diam ètres des barres, les espacem ents d’arm atures, la form e des
ancrages, etc. Le plus souvent les prescriptions des textes réglem entaires fixent
sur ces points des lim ites ou des conditions à respecter, m ais laissent au concep-
teur de la structure de grandes m arges de liberté. C’est à ce stade de l’étude que
doivent être pris en com pte les critères liés à la fabrication et à la m ise en œ uvre.

Depuis quelques décennies de nouveaux partenaires encore plus éloignés des


arm aturiers interviennent de plus en plus. Il s’agit des inform aticiens qui conçoi-
vent les logiciels de dessins d’arm atures. Cette tâche ne peut être correctem ent
assurée que si elle intègre les im pératifs de fabrication et de pose. Les utilisateurs
de ces logiciels sont aussi souvent inform aticiens de form ation. Ils ont rem placé
les p rojeteurs d ont ils ne p ossèd ent p as toujours l’exp érience p ratiq ue.
L’inform atisation tend aussi à élim iner l’usage du papier au profit de celui de

12
l’écran. Cet outil présente des avantages incontestables, m ais il ne perm et sans
doute pas la m êm e qualité de réflexion que l’exam en sim ultané d’un plan d’en-
sem ble de coffrage et d’un plan de détail.

L’objectif de ce guide technique est donc de m ettre l’accent sur tout ce qui peut
contribuer à la qualité finale de l’arm ature en place dans l’ouvrage, en particulier
en prenant en com pte la com plém entarité des rôles respectifs des bureaux
d’études et des arm aturiers. Pour cela, il sera souvent nécessaire de présenter des
« exem ples » de dispositions à éviter. Bien entendu, des solutions alternatives
m ieux adaptées seront alors proposées.

1.2 Chem inem ent


Les chapitres 2 et 3 sont consacrés respectivem ent à une pré s e ntatio n gé né rale
de s acie rs et du cycle de fabricatio n de s armature s . On y trouvera des élém ents
utiles à la bonne com préhension de certains points exposés par la suite.

Les chapitres suivants se succèdent selon un ordre d’exigence et d’am bition crois-
santes en m atière de qualité de l’arm ature.

• Chapitre 4 : Po ur une armature co nfo rme


En rappelant les prescriptions qui visent spécifiquem ent l’arm ature, ce chapitre
présente en particulier les changem ents résultant de l’application des nouveaux
textes réglem entaires (Eurocode 2, etc.).

• Chapitre 5 : Po ur une armature parfaite me nt dé finie


Ce chapitre m et l’accent sur tout ce que le concepteur doit préciser au fabricant
pour qu’il puisse réaliser une arm ature répondant exactem ent à ce qu’il a étudié
sans risque d’interprétation ou d’im provisation.

• Chapitre 6 : Po ur une armature plus s imple , o u to ut au mo ins ré alis able


Ce chapitre a pour objet d’illustrer par des exem ples précis com m ent la fabrica-
tion et la pose des arm atures peuvent être facilitées (ou au contraire rendues dif-
ficiles, voire im possibles) par le dessin et la conception choisis par le bureau
d’études.

• Chapitre 7 : Ve rs une o ptimis atio n glo bale de l’armature ?


Le dernier chapitre form ule un certain nom bre d’interrogations et propose d’ex-
plorer quelques « pistes » pour faire progresser la qualité de l’arm ature, certaines
im pliquant peut-être de rem ettre en question le principe m êm e des relations
entre les divers intervenants.

13
Cha pit re
2 Production
des aciers
pour béton

15
Cha pit re 2 • Production des aciers pour béton

Au cours des prem ières décennies de l’histoire du béton arm é, les arm atures
étaient constituées de barres d’acier doux, lisses, de section circulaire dont la
lim ite d’élasticité était habituellem ent com prise entre 215 et 235 MPa. Ce type
d’acier n’est pratiquem ent plus utilisé. En effet, les ingénieurs ont cherché à
em ployer des aciers de lim ite d’élasticité plus élevée afin de réduire les sections
d’arm atures. L’im pact économ ique de cette évolution a été double, puisqu’il a
aussi perm is de dim inuer les dim ensions des pièces en béton.

Cependant, le fonctionnem ent du béton arm é suppose une « association » entre


l’acier et le béton qui m et en jeu l’adhérence des arm atures au béton. Pour utili-
ser pleinem ent des aciers plus perform ants, il faut donc aussi que leur adhérence
soit am éliorée. On a par conséquent évolué vers des aciers qui sont à la fois à
Haute Lim ite d’Élasticité (HLE) et à Haute Adhérence (HA).

La haute adhérence résulte de la création d’aspérités en saillie ou en creux. Les


aspérités en saillie inclinées par rapport à l’axe de la barre sont appelées « ver-
rous ». Les aspérités en creux sont appelées « em preintes ».

Figure n° 1 : s ché ma d’un acie r à ve rro us .

Figure n° 2 : s ché ma d’un acie r à e mpre inte s .

16
Aciers en barres et en
couronnes et treillis soudés.

La haute lim ite d’élasticité peut être obtenue par différents m oyens :
– en jouant sur la com position chim ique, en particulier en augm entant la teneur en
carbone. Ce type d’acier présente des inconvénients notam m ent dans les
dom aines de l’aptitude au façonnage et au soudage. Il est m aintenant aban-
donné en Europe ;
– par écrouissage, par étirage et ou laminage à froid de barres ou fils d’acier doux ;
– par traitem ent therm ique (trem pe et autorevenu) de barres ou fils d’acier doux.

Les aciers se présentent sous form e de barres de grande longueur (souvent 12 m )


ou de fils en couronnes.

17
Cha pit re 2 • Production des aciers pour béton

Les cycles de productions utilisés aujourd’hui correspondent aux figures n° 3, 4 et 5.


Ces techniques perm ettent de conférer aux aciers des caractéristiques adaptées à
leur utilisation sous form e d’arm atures pour le béton.

Figure n° 3 : acie rs laminé s à chaud – cycle de pro ductio n.

18
Figure n° 4 : acie rs laminé s à fro id – cycle de pro ductio n.

Figure n° 5 : tre illis s o udé s – cycle de pro ductio n.

19
Cha pit re 2 • Production des aciers pour béton

20
Cha pit re
3 Cycle
des arm atures

3.1 Clas s ificatio n de s armature s


3.2 Armature s s ur plans
3.3 Armature s s ur catalo gue
3.4 Armature s s pé ciale s
3.5 Po s e e n co ffrage

21
Cha pit re 3 • Cycle des armatures

Le cycle des arm atures englobe toutes les opérations qui, partant des aciers en
barres et en couronnes, se term inent lorsque les arm atures ont été m ises en place
dans le coffrage et contrôlées avant bétonnage.

Il existe plusieurs processus aboutissant à ce résultat. Tout d’abord, les aciers en


couronnes doivent être dressés et leur caractéristique de continuité conduit à l’uti-
lisation de m achines différentes de celles adoptées pour les aciers en barres.
Ensuite, plusieurs choix sont possibles dans la répartition des opérations entre
l’atelier d’arm ature et le chantier. Enfin, les m oyens de production m is en œ uvre
varient suivant la « catégorie » des arm atures.

3.1 Classification
des arm atures
La norm e NF A 35-027 définit tro is caté go rie s d’armature s .

3.1.1 – Armature s s ur plans

Elle s s o nt fabriqué e s à partir de plans fo urnis par le clie nt. Cette catégorie cor-
respond aux arm atures des structures en béton arm é d’ouvrages de génie civil ou
de grands bâtim ents. Chacune de ces structures fait l’objet d’une étude spécifique
qui com porte en particulier l’établissem ent de plans d’arm atures.

3.1.2 – Armature s s ur catalo gue

Elle s s o nt co nçue s s o us la re s po ns abilité du fabricant et décrites dans un cata-


logue approuvé par un bureau de contrôle technique.

22
Armatures sur plans
assemblées.

Armatures sur catalogue.

Ces arm atures sont aussi appelées « arm atures standard », car elles résultent d’une
dém arche de standardisation. À l’origine il s’agissait essentiellem ent d’arm atures
de chaînages répondant aux prescriptions des règles techniques applicables aux
constructions en m açonnerie ou en béton banché (Docum ents Techniques Unifiés).
Par la suite, les arm aturiers spécialisés dans ce type de fabrication ont intégré dans
leurs catalogues des arm atures destinées à être utilisées dans des sem elles de fon-
dations, des poteaux, des linteaux, etc. Aujourd’hui, plusieurs producteurs pro-
posent des gam m es d’arm atures couvrant la totalité des besoins pour les m aisons
individuelles et d’autres bâtim ents sim ples. Ces arm atures sont conditionnées en
paquets ou fardeaux et sont en grande partie distribuées par le canal des négo-
ciants en m atériaux, à destination des artisans et des petites entreprises.

Les règles de certification de l’AFCAB spécifient que les catalogues des arm atures
ou les docum ents de production qui leur sont associés contiennent des inform a-
tions com plètes sur leur constitution et précisent aussi l’utilisation prévue et éven-
tuellem ent les perform ances pour cette utilisation.

3.1.3 – Armature s s pé ciale s

Elle s co mpo rte nt de s acce s s o ire s o u dis po s itifs s pé ciaux (par exem ple dispo-
sitifs de raboutage ou d’ancrage des arm atures du béton, boîtes d’attente) ou sont
com posées d’aciers pour béton arm é particuliers tels que les aciers galvanisés ou
les aciers inoxydables.

23
Cha pit re 3 • Cycle des armatures

Armature filetée
pour manchonnage.

Boîte d’attente.

Armatures sur plans


coupées-façonnées.

Parallèlem ent aux catégories qui viennent d’être décrites, on distingue aussi les
« armature s co upé e s - faço nné e s » qui, com m e leur nom l’indique sont obtenues
par coupe et façonnage des aciers, et les « armature s as s e mblé e s » qui sont
constituées par l’assem blage des arm atures coupées-façonnées sous form e de
« cages » ou de « panneaux ».

24
3.2 Arm atures sur plans
La figure n° 6 présente les divers processus de production des arm atures sur plans
habituellem ent utilisés.

Figure n° 6 : cycle de s armature s s ur plans .

Dans le cas des « arm atures sur plans » la fabrication proprem ent dite est le plus
souvent précédée d’un travail de préparation très im portant.

25
Cha pit re 3 • Cycle des armatures

3.2.1 – Pré paratio n de la fabricatio n – Analys e de s plans

Cette phase de préparation peut prendre différentes formes en fonction du contenu


de la com m ande d’arm atures.

Le pre mie r cas est celui d’une com m ande d’arm atures coupées-façonnées à un
arm aturier chargé uniquem ent de la fabrication. En général ce type de com m ande
ém ane d’une entreprise spécialisée dans la pose sur chantier, titulaire d’un m ar-
ché com plet de fourniture et pose des arm atures. Ce « poseur » effectue en géné-
ral un travail préalable avec le bureau d’études afin que la conception du ferraillage
tienne com pte du processus de m ise en coffrage qu’elle a adopté.

L’atelier de fabrication reçoit de son client des listes (ou nom enclatures) d’arm a-
tures. Ces docum ents ne donnent aucune indication sur la destination ou la fonc-
tion de chaque arm ature coupée-façonnée.

Figure n° 7 : e xe mple de lis te o u no me nclature d’armature s .

L’arm aturier est alors un sim ple exécutant. Parfois les nom enclatures sont utilisées
directem ent pour la fabrication. Le plus souvent, elles sont transcrites sous form e
d’ordres de fabrication m anuscrits ou inform atisés, qui constituent des plans d’ate-
lier. Ces docum ents de production sont en général édités en plusieurs exem -
plaires. L’un des exem plaires constitue l’étiquette d’identification qui restera
attachée à l’arm ature jusqu’à sa pose en coffrage.

26
Figure n° 8 : e xe mple d’o rdre de fabricatio n é tabli par un armaturie r.

Le de uxiè me cas concerne la com m ande d’arm atures à livrer assem blées dans
toute la m esure du possible. Ce type de com m ande peut être passé par une
société spécialisée dans la pose des arm atures ou par une entreprise de gros
œ uvre en m açonnerie ou béton arm é.

L’arm aturier dispose alors de plans com plets de ferraillage et de coffrage.


Cependant, ces plans ne constituent pas des « plans d’atelier » utilisables pour la
fabrication ; ils sont confiés à des « préparateurs » ou « décortiqueurs » dont le tra-
vail consiste à :
– s’assurer que les arm atures figurant sur les plans sont conform es, qu’elles sont
définies sans am biguïté, qu’elles sont réalisables et que leur pose en coffrage ne
présentera pas de difficulté insurm ontable ;
– proposer éventuellem ent les m odifications nécessaires ou souhaitables ;
– définir les ensembles qui constitueront des cages assemblées et les armatures qui
devront au contraire être livrées « non montées » pour faciliter la pose en coffrage ;
– établir les docum ents de productions adaptés aux m oyens et à l’organisation de
l’atelier.

Le travail des décortiqueurs nécessite naturellem ent une bonne connaissance du


processus de fabrication et de pose en coffrage ; il exige aussi une excellente
vision de l’arm ature dans l’espace. Ce travail s’effectue bien entendu en accord
avec le bureau d’études et l’entreprise chargée de la pose

Le tro is iè me cas est celui où la fabrication et la pose sont assurées par une m êm e
société. La préparation se fait alors en com m un entre l’atelier et le service pose de
cette société suivant les principes décrits ci-dessus.

27
Cha pit re 3 • Cycle des armatures

3.2.2 – Fabricatio n de s armature s s ur plans

3.2.2.1 – Dressage

La recherche d’une dim inution des chutes d’acier et d’une m eilleure productivité
a conduit à un développem ent des aciers livrés en couronnes plutôt qu’en barres.
Lim ité à l’origine aux petits diam ètres, ce conditionnem ent existe aujourd’hui jus-
qu’au diam ètre 16 m m . Cette opération est réalisée dans une dresseuse. Le prin-
cipe consiste à faire passer le fil dans une « chicane » constituée de cadres
tournants ou de galets. Certaines m achines (dresseuses) effectuent uniquem ent le
dressage et la coupe en barres droites, d’autres (cadreuses) réalisent le façonnage
directem ent après cette opération.

Dresseuse.

Dresseuse-cadreuse.

28
3.2.2.2 – Coupe

C’est une opération sim ple qui s’effectue, soit directem ent
sur les barres avec des cisailles m écaniques, soit sur les
dresseuses dans le cas des fils livrés en couronnes. Dans
les cadreuses, la coupe est effectuée en fin de façonnage.

3.2.2.3 – Façonnage

Le façonnage est réalisé à froid. Cisaille.

Dans le cas des fils, le façonnage s’effectue directem ent après le dressage dans
des cadreuses. Les form es sont program m ées par l’opérateur à partir des docu-
m ents de production (nom enclatures, étiquettes ou bons de fabrication selon le
cas, com m e indiqué au paragraphe 3.2.1).

Les barres coupées sont façonnées sur des cintreuses. Les arm atures com portant
deux pliages sont assez fréquentes. De ce fait beaucoup de cintreuses sont équi-
pées de deux têtes de façonnage pouvant fonctionner sim ultaném ent.

Toutes ces m achines com portent une


gam m e de m andrins de cintrage cor-
respondant aux diam ètres des fils ou
barres façonnés.

On utilise des cintreuses à trois galets


pour le façonnage des aciers avec des
rayons très élevés, pour réaliser par
exem ple les cerces de réservoirs circu-
laires ou les arm atures d’arcs ou de
voûtes.

Cintreuse
trois galets.

Cintreuse
deux têtes.

29
Cha pit re 3 • Cycle des armatures

3.2.2.4 – Assemblage

L’assemblage des différentes armatures coupées façonnées (appelé aussi couram-


ment montage) est réalisé soit en usine, soit sur chantier. L’assemblage en usine est
beaucoup plus développé en France, que dans tout autre pays. Le choix entre ces
deux solutions est effectué à partir de critères économ iques dans lesquels inter-
viennent, surtout le volum e des cages et la distance entre l’atelier et le chantier.

En effet, l’assem blage en atelier est plus rapide et plus économ ique m ais conduit
à transporter des cages volum ineuses. En revanche, les arm atures coupées façon-
nées perm ettent d’utiliser la charge m axim ale des cam ions pour la livraison au
chantier. Mêm e dans le cas où l’essentiel des arm atures est assem blé en atelier,
une partie reste nécessairem ent « non-m ontée » pour des raisons pratiques liées à
la pose en coffrage. Ce sont les compétences des décortiqueurs et des poseurs qui
permettent d’effectuer les meilleurs choix.

En atelier, l’assem blage est réalisé par soudure. Il s’agit uniquem ent de soudures
« de m ontage » dont la fonction est d’assurer le bon positionnem ent des arm a-
tures façonnées entre elles y com pris pendant les transports, les m anutentions et
la m ise en place du béton.

Soudage par résistance.

Soudage semi-automatique.

30
Parm i les divers procédés de soudage, deux sont essentiellem ent utilisés par les
arm aturiers :
– soudage par résistance. C’est un soudage sans m étal d’apport par passage d’un
courant électrique de forte intensité com biné à un effet de pression entre les
pièces à assem bler. On l’appelle souvent soudage « à la pince »;
– soudage sem i-autom atique « MAG ». C’est un soudage à l’arc sous flux gazeux
avec fil électrode fusible. Le fil conditionné sous form e de bobine, à la fois élec-
trode et m étal d’apport, est am ené de façon autom atique et continue par un
dévidoir et des galets d’entraînem ent à la torche, qui est tenue à la m ain. L’arc
électrique se produit entre les arm atures et le fil fusible.

Les arm atures sur plans ont par définition des form es très variées. Elles nécessi-
tent donc des dispositifs tout aussi variés pour faciliter leur assem blage. Pour la
form e de cage la plus courante qui est celle des poutres ou des poteaux, on uti-
lise en général des tréteaux sur lesquels on pose les arm atures longitudinales. Les
cadres sont ensuite engagés sur celles-ci, soit par la ferm eture des cadres, soit par
une extrém ité des arm atures longitudinales.

D’une façon générale, la plus ou m oins grande facilité d’assem blage dépend direc-
tem ent de la conception des arm atures.

Poutre en
cours de
montage.

Sur chantier l’assem blage est effectué soit en atelier « forain » installé à proxim ité
de l’ouvrage, soit directem ent en coffrage. En général ces deux solutions coexis-
tent. L’entrepreneur assurant la pose choisit au cas par cas celle qu’il estim e la plus
pratique. Il est possible de souder sur site, m ais le plus souvent, le m ontage se fait
par ligatures avec des fils d’attache en acier recuit.

31
Cha pit re 3 • Cycle des armatures

3.3 Arm atures


sur catalogue
3.3.1 – Pré paratio n de la fabricatio n

La préparation est effectuée lors de l’étude du catalogue. Chaque référence est


définie par une fiche de fabrication et fait l’objet d’instructions relatives à l’étique-
tage et au conditionnem ent.

Le plus souvent l’arm aturier n’a aucune inform ation sur l’ouvrage dans lequel les
arm atures qu’il livre seront intégrées. Quand il reçoit une com m ande spécifique,
elle se présente sous la form e d’une nom enclature indiquant les nom bres de cha-
cun des produits du catalogue désignés par leur référence sans préciser leur com -
position. Cette nom enclature est parfois accom pagnée d’un plan de pose sur
lequel est sim plem ent repérée la position de chaque arm ature.

3.3.2 – Fabricatio n de s armature s s ur catalo gue

Les arm atures sur catalogue se différencient des arm atures sur plans par plusieurs
caractéristiques : leurs form es et dim ensions sont répétitives et une grande partie
d’entre elles se présente sous la form e de cages de longueur 6 m , avec des cadres
re ctang ulaire s ré g uliè re m e nt e sp acé s. Ce s caracté ristiq ue s ont p e rm is
de développer des outils de production spécifiques. Dans les divers processus
existants, une partie ou la totalité des phases de la fabrication est autom atisée.
Certaines m achines intègrent dans un seul ensem ble la totalité des opérations de
dressage, coupe, façonnage et assem blage. Elles produisent des arm atures
assem blées directem ent à partir de fil en couronne.

32
Figure n° 9 : cycle de s armature s s ur catalo gue .

33
Cha pit re 3 • Cycle des armatures

Plieuse en cours de façonnage.

Figure n° 10 : s ché ma de principe de machine to tale me nt auto matique


à partir d’acie r e n co uro nne .

34
3.4 Arm atures spéciales
Les arm atures destinées à être intégrées dans des « boîtes d’attentes » ou prépa-
rées pour être raccordées à des « m anchons » ou « coupleurs » entrent dans la caté-
gorie des arm atures spéciales.

En général une structure en béton arm é est coffrée et bétonnée en plusieurs


phases successives. Dans ce cas, il faut assurer la continuité du ferraillage entre les
parties contiguës de structure à travers la reprise de bétonnage qui les sépare. Les
« boîtes d’attentes » et les « dispositifs de raboutage » (appelés aussi coupleurs ou
m anchons) perm ettent de résoudre ce problèm e.

3.4 .1 – Bo îte s d’atte nte s

Les boîtes d’attentes com portent des arm atures façonnées dont une extrém ité est
repliée à l’intérieur d’un volum e creux réalisé sous form e de boite ou de profilé.
L’ensem ble ainsi constitué est fixé contre le coffrage à l’intérieur de la partie de
structure bétonnée en prem ière phase. Après décoffrage de cette prem ière partie
la boite est ouverte, en général retirée, et les arm atures en attente dépliées. Il est
ainsi possible de réaliser un recouvrem ent avec les arm atures de la seconde
phase. Il existe divers procédés utilisant des boîtes qui diffèrent par leur m ode
d’ouverture et leur m atériau constitutif. Dans le cas de boîtes en acier il peut être
adm is d’en abandonner une partie dans le béton de prem ière phase sous réserve
de s’assurer que son enrobage est convenable et qu’elle ne com prom et pas le bon
fonctionnem ent du béton arm é.

Boîte d’attente.
Dégagement des armatures.

L’acier constituant les attentes doit pouvoir être déplié sans altération. L’aptitude
au redressage après pliage est une caractéristique optionnelle spécifiée par les
norm es relatives aux aciers.

35
Cha pit re 3 • Cycle des armatures

3.4 .2 – Dis po s itifs de rabo utage

Les dispositifs de raboutage perm ettent d’assurer la


continuité des arm atures grâce à une pièce interm é-
diaire appelée m anchon. La liaison entre le m anchon et
les arm atures est réalisée par filetage ou sertissage.

La fabrication des manchons eux-mêmes relève de l’in-


dustrie mécanique. Les procédés et la fabrication de ces
manchons font l’objet d’une certification spécifique de
l’AFCAB.

L’armaturier assure la préparation des armatures (coupe, filetage, façonnage éven-


tuel). La mise en œ uvre fait partie des opérations de pose en coffrage.

3.5 Pose en coffrage


La pose en coffrage des arm atures est réalisée à partir d’arm atures coupées façon-
nées ou à partir d’arm atures assem blées (voir figure n° 6, paragraphe 3.2). Dans
le prem ier cas elle inclut l’assem blage qui a été décrit au paragraphe 3.2.2.4.
Quelle que soit la m éthode adoptée, le
bureau d’études joue encore ici un rôle
prim ordial. En prenant en com pte le
processus de pose le concepteur de l’ar-
m ature est en m esure de faciliter cette
opération. Inversem ent, une arm ature
parfaitem ent calculée peut s’avérer très
difficile voire im possible à m ettre en
place si le processus de pose a été
ignoré.

36
Cha pit re
4 Pour une arm ature
conform e

4 .1 Co nte xte ré gle me ntaire


4 .2 Caracté ris tique s ce rtifié e s de s acie rs
4 .3 Co nfo rmité de s armature s
4 .4 Ce rtificatio ns gé ré e s par l’AFCAB

37
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

La conform ité finale de l’arm ature au sein de l’ouvrage est conditionnée par :
– la conform ité du calcul et de la conception ;
– la conform ité des m atériaux utilisés ;
– la conform ité de la fabrication de l’arm ature ;
– la conform ité de la pose en coffrage.

Du point de vue des responsabilités, chacun de ces quatre points incom be à des
intervenants différents. Le prem ier concerne les bureaux d’étude, le deuxièm e les
fabricants d’aciers, le troisièm e les arm aturiers et le quatrièm e les entreprises assu-
rant la pose, spécialisées ou non dans cette activité.

Au plan pratique, le calcul est bien le dom aine exclusif des bureaux d’étude, m ais
la conception (choix des form es et de la disposition des arm atures) doit prendre
en com pte les m oyens et les m éthodes de fabrication et de pose en coffrage.

D’ailleurs, les règles de certification de l’AFCAB, im posent aux arm aturiers d’ana-
lyser les plans qu’ils reçoivent, de signaler les dispositions qui leur paraissent anor-
m ales et de proposer des solutions alternatives, si ce qui est prévu est trop difficile
ou im possible à réaliser. Cette dém arche nécessite la connaissance des règles de
l’art relatives à la conception des arm atures.

Ce chapitre traite de tous les aspects de la conform ité des arm atures à l’exception
du calcul proprem ent dit.

4.1 Contexte
réglem entaire
Réaliser une arm ature « conform e » im plique naturellem ent de se référer à des
norm es et à des textes réglem entaires. Un nouveau contexte norm atif et régle-
m entaire se m et progressivem ent en place. La période où le présent docum ent
est rédigé correspond à d’im portants changem ents dans ce dom aine, et cette
m utation nécessitera encore de nom breux m ois. La m ise en application des nou-
veaux référentiels ne fera pas oublier instantaném ent les anciens. Il est donc
nécessaire d’expliciter clairem ent les m odifications en cours et à venir.

38
L’évolution essentielle est bien entendu la m ise en application de l’Eurocode 2
(NF EN 1992) version 2004. Cette nouvelle norm e de base concernant le calcul
des structures en béton rem placera les règles BAEL 91 révisées 99 et les règles
BPEL. Au m om ent de la rédaction de ce guide le projet d’Annexe Nationale qui
l’accom pagne est daté de m ars 2005.

L’Eurocode 2 n’est pas le seul nouveau docum ent norm atif. Il renvoie en particu-
lier à diverses norm es européennes qui ne sont pas encore toutes au stade défi-
nitif. D’autres textes devront être révisés dans un souci de cohérence et
d’hom ogénéité. La situation risque d’être pendant quelque tem ps évolutive. Cette
période de transition dem andera donc une attention particulière de la part de tous
les intervenants.

Ceci nécessite, dans ce docum ent, de faire référence à la fois à des textes français
et à des textes européens.

Les tableaux suivants ont pour but de synthétiser les évolutions du contexte nor-
m atif d’une part pour les aciers et d’autre part pour les arm atures.

Les Eurocodes sont des normes européennes de concept ion et de calcul pour
les bât iment s et les ouvrages de génie civil. Ces normes ont pour objet d’har-
moniser les règles de concept ion et de calcul au sein des diff érent s ét at s de
la communaut é européenne et de cont ribuer à la créat ion du marché unique
de la const ruct ion des bât iment s et des ouvrages de génie civil.

Les Eurocodes f orment un ensemble cohérent et homogène de 59 normes:


– f aisant appel à une approche unique, semi-probabilist e avec des mét hodes
de dimensionnement selon les ét at s limit es;
– appliquées aux diff érent s mat ériaux (bét on, acier, mixt e, bois, aluminium)
et aux divers t ypes de const ruct ions.
Ils harmonisent les « codes de calcul » des diff érent s ét at s membres et rem-
placeront à t erme les règles en vigueur dans chacun de ces ét at s.

Dans chaque pays, l’Annexe Nat ionale déf init les condit ions d’applicat ion de
la norme européenne. Elle permet de t enir compt e des part icularit és géo-
graphiques, géologiques ou climat iques ainsi que des niveaux de prot ect ion
spécif iques à chaque pays. En part iculier, les Eurocodes prévoient que cer-
t ains paramèt res sont dét erminés au niveau nat ional. L’Annexe Nat ionale
cont ient les inf ormat ions nécessaires sur ces paramèt res.

39
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

Table au n° 1 : acie rs po ur l’armature du bé to n

No rme s e t te xte s ré gle me ntaire s No uve lle s ré fé re nce s


applicable s fin 2004 no rmative s e t ré gle me ntaire s

NF A 35- 015 : Armatures pour béton armé EN 10080


Ronds lisses soudables. Acie rs pour l’armature du bé ton. Acie r soudable pour
NF A 35- 016 : Armatures pour béton armé bé ton armé . Gé né ralité s .
Barres et couronnes soudables à verrous de nuance FeE500 Cette norme est le support pour le marquage CE des aciers
Treillis soudés constitués de ces armatures pour béton armé soudables, qu’ils soient lisses, à empreintes
NF A 35- 017 : Armatures pour béton armé ou à verrous. Cependant, elle ne contient pas de niveau de
Barres et fils machine non soudables à verrous. performance des produits et doit être utilisé en liaison avec
NF A 35- 019- 1 : Armatures pour béton armé une « spécification de produit ». Cette spécification peut être
Armatures constituées de fils soudables à empreintes d’origine européenne (TS 10081, Annexe C de l’Eurocode 2,
Partie 1 : Barres et couronnes. NF EN 1992-1-1 ou Annexe N de la norme NF EN 13369),
NF A 35- 019- 2 : Armatures pour béton armé ou d’origine nationale (NF A35-015, NF A 35-016,
Armatures constituées de fils soudables à empreintes NF A 35-019 ou NF A 35-024), ou encore être propre à un
Partie 2 : Treillis soudés. producteur ou un utilisateur.
NF A 35- 020- 1 : Produits en acier. Dispositifs de raboutage En revanche, les normes XP A 35-014, NF A 35-017,
ou d’ancrage d’armatures à haute adhérence pour le béton. NF A 35-020-1, NF A 35-021 et XP A 35-025 ne concernent
Partie 1 : Prescriptions relatives aux performances mécaniques. pas les aciers pour béton armé soudables et ne relèvent
NF A 35- 021 : Aciers pour béton. Fils soudables utilisés pour donc pas de la norme EN 10080
la fabrication d’armatures pour béton.
NF A 35- 024 : Aciers pour béton. Treillis soudés constitués NF EN 1992 (Eurocode 2 )
de fils de diamètre inférieur à 5 mm. Calcul de s structure s e n bé ton.
XP A 35- 014 : Aciers pour béton armé Partie 1-1 : Règles générales et règles pour le bâtiment,
Barres, fils machines et fils lisses en acier inoxydable. cette norme comprend une Annexe Nationale
XP A 35- 025 : Produits en acier À travers les exigences qu’il formule pour le calcul, ce texte
Barres et couronnes pour béton armé galvanisés à chaud donne les principes et les règles applicables aux aciers. Pour
Fils destinés à la fabrication d’armatures les spécifications détaillées il se réfère à la norme EN 10080
pour béton armé galvanisées à chaud.
XP A 35- 031 : Armatures pour béton armé NF EN 13369
Barres soudables à verrous de diamètre supérieur à 40 mm. Règles communes pour les produits préfabriqués en béton
Le s norme s ci- de ssus pré cise nt l’e nse mble de s pre scrip- Annexe N Propriétés des barres ou fils à empreintes
tions e t de s conditions de contrôle pour chacune de s Cette norme définit les caractéristiques dimensionnelles des
caté gorie s d’acie r visé e . À fin 2004, ce sont le s norme s de empreintes en application de la norme EN 10080.
ré fé re nce de s rè gle s de ce rtification de l’AFCAB.

Marché s publics de travaux. Marché s publics de travaux.


Cahie r de clause s te chnique s gé né rale s Cahie r de clause s te chnique s gé né rale s
Fascicule 65 A (août 2000) Fascicule 65 A (nouve lle ve rsion)
Exécution des ouvrages de génie civil en béton armé ou Exécution des ouvrages de génie civil en béton armé ou
en béton précontraint par post-tension. en béton précontraint par post-tension.
Ce texte concerne exclusivement l’exécution des travaux. Ce texte dans sa nouvelle version sera en cohérence
Il se réfère aux normes ci-dessus. avec le nouveau contexte réglementaire.

NF P 18- 201 (référence DTU 21) ENV 13670- 1


Travaux de bâtime nt Exé cution de s ouvrage s e n bé ton
Exé cution de s ouvrage s e n bé ton Ce proje t de norme e uropé e nne e st l’é quivale nt de la
Cahie r de s clause s te chnique s. norme NF P 18- 201.
Cette norme DTU concerne exclusivement Il se réfère aux normes EN ci-dessus
l’exécution des travaux. Elle se réfère aux normes ci-dessus.

40
Table au n° 2 : armature s du bé to n

No rme s e t te xte s ré gle me ntaire s No uve lle s ré fé re nce s


applicable s fin 2004 no rmative s e t ré gle me ntaire s

Rè gle s BAEL 91 ré visé e s 99 NF EN 1992 (Eurocode 2)


Rè gle s te chnique s de conce ption e t de calcul de s Calcul de s structure s e n bé ton. Partie 1- 1 :
ouvrage s e t constructions e n bé ton armé suivant la Rè gle s gé né rale s e t rè gle s pour le bâtime nt.
mé thode de s é tats limite s. Cette norme comprend une Annexe Nationale. À travers les
Ce texte est essentiellement consacré au calcul, mais exigences qu’il formule pour le calcul, ce texte donne en
il contient aussi des prescriptions sur les enrobages, les particulier les principes et les règles applicables au façonnage,
armatures, les rayons distances entre les armatures, la à l’enrobage et aux distances entre les armatures.
poussée au vide, les façonnages et la fermeture des cadres.

NF A 35- 027 (janvie r 2003) NF A 35- 027 (nouvelle version)


Produits e n acie r pour bé ton armé . Armature s. Produits e n acie r pour bé ton armé . Armature s.
Les prescriptions de cette norme concernent l’ensemble Les prescriptions de cette norme concernent l’ensemble
des caractéristiques des armatures. Elles ne s’appliquent des caractéristiques des armatures. Elles ne s’appliquent
qu’en l’absence de spécifications différentes mentionnées qu’en l’absence de spécifications différentes mentionnées
sur les plans ou dans les pièces écrites visant les armatures. sur les plans ou dans les pièces écrites visant les armatures.
Elle devrait donc conserver sa place dans le nouvel
ensemble réglementaire.

Marché s publics de travaux. Marché s publics de travaux.


Cahie r de clause s te chnique s gé né rale s. Fascicule 65 A Cahie r de clause s te chnique s gé né rale s. Fascicule 65 A
(août 2000). Exé cution de s ouvrage s de gé nie civil e n (nouve lle ve rsion). Exé cution de s ouvrage s de gé nie civil
bé ton armé ou e n bé ton pré contraint par post- te nsion. en béton armé ou en béton précontraint par post-tension.
Ce texte concerne exclusivement l’exécution des travaux. Ce texte dans sa nouvelle version sera en cohérence
On y trouve en particulier des prescriptions relatives aux avec le nouveau contexte réglementaire.
diverses opérations de fabrication et de pose en coffrage
des armatures pour les ouvrages de génie civil.

NF P 06- 013 Rè gle s PS 92 NF EN 1992 (Eurocode 2)


Rè gle s de construction parasismique e t NF P 06- 014 Partie 2 : Ponts e n bé ton armé e t e n bé ton pré contraint
Rè gle s PS MI 89/ 92 : Construction parasismique de s Ce texte donne les prescriptions complémentaires à la
maisons individue lle s e t de s bâtime nts assimilé s. norme NF EN 1992 Partie 1-1 spécifiques
Ces règles contiennent les prescriptions complémentaires pour le calcul des ponts.
spécifiques aux constructions parasismiques, chacune
dans son domaine d’application. NF EN 1998 (Eurocode 8)
Calcul de s structure s pour le ur ré sistance aux sé isme s,
dans le cas de la construction de structure s e n bé ton
dans de s ré gions sismique s.
Ce texte donne les prescriptions complémentaires
à la norme NF EN 1992 partie 1-1
aux constructions parasismiques

NF P 92- 701 NF EN 1992 (Eurocode 2)


Mé thode de pré vision par le calcul du comporte me nt Calcul de s structure s e n bé ton. Partie 1- 2 : Calcul du
au fe u de s structure s e n bé ton. comporte me nt au fe u.
À travers les exigences qu’elle formule pour le calcul, À travers les exigences qu’elle formule pour le calcul, cette
cette norme donne des prescriptions concernant norme donne des prescriptions spécifiques concernant
la mise en œ uvre des armatures dans les structures la mise en œ uvre des armatures dans les structures devant
devant résister au feu. résister au feu complémentaires à celles de la norme
NF EN 1992-1-1.

NF P 18- 201 (référence DTU 21) ENV 13670- 1


Travaux de bâtime nt. Exé cution de s ouvrage s Exé cution de s ouvrage s e n bé ton
e n bé ton . Cahie r de s clause s te chnique s. Ce projet de norme européenne est l’équivalent de la
Cette norme DTU concerne exclusivement l’exécution norme NF P 18-201. Il se réfère aux normes EN ci dessus.
des travaux. Elle se réfère aux normes ci-dessus.

41
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

4.2 Caractéristiques
certifiées des aciers
Les prescriptions relatives aux aciers se traduisent dans les norm es par les carac-
téristiques spécifiées suivantes :
– soudabilité et com position chim ique ;
– caractéristiques m écaniques en traction ;
– diam ètres, sections, m asses linéiques et tolérances ;
– adhérence et géom étrie de la surface (verrous ou em preintes) ;
– non fragilité (aptitude au pliage) ;
– dim ensions et résistance au cisaillem ent des assem blages soudés des treillis
soudés ;
– résistance à la fatigue (caractéristique optionnelle) ;
– aptitude au redressage après pliage (caractéristique optionnelle).

4 .2.1 - So udabilité e t co mpo s itio n chimique

Un acier est dit « soudable » s’il est possible de l’assembler par soudure, par des
procédés courants, sans altérer ses caractéristiques mécaniques. La soudabilité d’un
acier est attestée par sa composition chimique. Les normes fixent les valeurs qui ne
doivent pas être dépassées concernant les teneurs en carbone, soufre, phosphore,
azote et cuivre, ainsi qu’une combinaison des teneurs en carbone, manganèse,
chrome, molybdène, vanadium, nickel et cuivre appelée carbone équivalent.

4 .2.2 - Caracté ris tique s mé canique s e n tractio n

Limite d’élasticité Re

Le diagram m e contrainte-déform ation des aciers lam inés à chaud com porte un
palier de ductilité qui m et en évidence la lim ite d’élasticité supérieure d’écoule-
m ent ReH qui est aussi la lim ite apparente d’élasticité Re .

42
Le diagram m e contrainte-déform ation des aciers lam inés à froid ne com porte pas
de palier. Dans ce cas, la lim ite apparente d’élasticité Re est fixée conventionnel-
lem ent égale à la contrainte correspondant à 0,2 % d’allongem ent rém anent.

␴ ␴

f1 = kff0,2 k
f1 = kffyk
f0,2
fyk

ε
εuk 0,2 %
εuk

a) Acier laminé à chaud b) Acier laminé à froid

Figure n° 11 : diagramme s de s co ntrainte s - dé fo rmatio ns type s


d’acie r po ur bé to n armé .

Actuellem ent en France, on utilise des aciers de 500 MPa de lim ite d’élasticité.
L’Eurocode 2 Partie 1-1 prévoit au paragraphe 3.2.2.3 une plage de lim ite d’élas-
ticité com prise entre 400 MPa et 600 MPa.

Caractéristiques de ductilité Rm/Re et Agt

Les norm es françaises fixent des valeurs m inim ales pour le rapport résistance à la
traction/ lim ite d’élasticité (Rm / ReH), et pour l’allongem ent sous charge m axim ale
(Agt ). Elles distinguent deux « catégories » d’aciers qui correspondent à des carac-
téristiques de ductilité différentes.

Table au n° 3 : clas s e s de ductilité de s acie rs Fe E500- 2 e t Fe E500- 3


s e lo n la no rme NF A 35- 016
Limite s upé rie ure Allo nge me nt to tal s o us
Rappo rt Rm / Re H
dé co ule me nt Re H e n MPa charge maximale A gt e n %
Acie r
Valeur Borne Valeur Borne Valeur Borne
du fractile inférieure du fractile inférieure du fractile inférieure
FeE500-2 500 475 1,03 1,01 2,5 2
FeE500-3 500 475 1,08 1,05 5 4

Rm : résistance à la traction.

43
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

Dans la suit e du t ext e, les spécif icat ions du nouveau cont ext e
réglement aire sont repérées par un t rait vert ical orange.

L’Eurocode 2 Part ie 1-1 prévoit t rois classes de duct ilit é : A, B, C. Le t ableau C1 de


son Annexe C reproduit par not re t ableau n° 4 précise les caract érist iques corres-
pondant à ces t rois classes.

Table au n° 4 : clas s e s de ductilité (A, B e t C) s e lo n l’Euro co de 2 Partie 1- 1

Exige nce o u
Fo rme du pro duit Barre s e t fils re dre s s é s Tre illis s o udé s
valeur du fractile

Classe de ductilité A B C A B C –
Limite caractéristique
400 à 600 5,0 %
d’élasticité fyk ou f0,2k (en MPa)
≥ 1,15 ≥ 1,15
Valeur minimale de k = (ft/ fy)k ≥ 1,05 ≥ 1,08 ≥ 1,05 ≥ 1,08 10,0 %
< 1,35 < 1,35
Valeur caractéristique de la
déformation relative sous charge ≥ 2,5 ≥ 5,0 ≥ 7,5 ≥ 2,5 ≥ 5,0 ≥ 7,5 10,0 %
maximale, εuk (en %)
Aptitude au pliage Essai de pliage-dépliage –
Résistance au cisaillement – 0,3 A fyk (A est l’aire du fil) Minimum
Tolérance Dimension
maximale vis-à-vis nominale de la
de la masse barre (en mm)
nominale (barre ou ≤8 ± 6,0
5,0 %
fil individuel) (en %) >8 ± 4,5

Il appart ient aux concept eurs de préciser leur choix dans le cas où la nat ure des
ouvrages ou leurs condit ions d’exploit at ion nécessit ent l’emploi d’un acier de classe
de duct ilit é spécif ique. L’Eurocode 2 Part ie 2 prescrit pour les pont s l’emploi d’aciers
de classe B ou C. L’Eurocode 8, qui déf init les règles de calcul des const ruct ions pour
leur résist ance aux séismes, impose l’emploi d’aciers de classe de duct ilit é B et par-
f ois C dans cert aines part ies des st ruct ures assurant la résist ance aux séismes. La
classe exigée dépend de la classe de duct ilit é du bât iment . Dans t ous les cas la classe
de duct ilit é de l’acier préconisée par le bureau d’ét udes doit f igurer clairement sur
les plans et êt re scrupuleusement respect ée.

44
4 .2.3 - Diamè tre s , s e ctio ns , mas s e s liné ique s e t to lé rance s

Compt e t enu de la présence des relief s (verrous ou empreint es), la sect ion d’un acier
à haut e adhérence n’est pas t out à f ait circulaire. Les normes f ixent cependant des
« diamèt res nominaux d » qui correspondent à des « sect ions nominales An » (aire
du cercle ayant le même diamèt re nominal) et à des « masses linéiques nominales »
calculées sur la base d’une masse volumique de 7,85 kg/dm 3* . La valeur de la masse
linéique est assort ie d’une t olérance.

Les diamèt res prévus par la norme EN 10080 sont donnés dans le t ableau n° 5 La
ment ion de diamèt res « préf érent iels » a pour but de limit er le nombre de réf é-
rences à f abriquer et à st ocker, et d’évit er des diff icult és dans l’ident if icat ion et le
cont rôle des armat ures. Les diamèt res ut ilisés dans chaque pays sont act uellement
diff érent s. En France, on se limit e en prat ique aux diamèt res 5, 6, 7, 8, 10, 12, 14 et
16 pour les couronnes et 6, 8, 10, 12, 14, 16, 20, 25, 32, et 40 pour les barres.

Table au n° 5 : diamè tre s no minaux pré fé re ntie ls s e ctio ns e t mas s e liné ique s no minale s

Diamè tre Co uro nne s Se ctio n Mas s e liné ique


Tre illis
no minal Barre s e t pro duits no minale no minale
s o udé s
e n mm dé ro ulé e n mm 2 e n kg/ m
4,0 x 12,6 0,099
4,5 x 15,9 0,125
5,0 XX x 19,6 0,154
5,5 x x 23,8 0,187
6,0 XX XX x 28,3 0,222
6,5 x x 33,2 0,260
7,0 XX x 38,5 0,302
7,5 x x 44,2 0,347
8,0 XX XX x 50,3 0,395
8,5 x x 56,7 0,445
9,0 x x 63,6 0,499
9,5 x x 70,9 0,556
10,0 XX XX x 78,5 0,617
11,0 x x 95,0 0,746
12,0 XX XX x 113,0 0,888
14,0 XX XX x 154,0 1,210
16,0 XX XX x 201,0 1,580
20,0 XX 314,0 2,470
25,0 XX 491,0 3,850
28,0 XX 616,0 4,830
32,0 XX 804,0 6,310
40,0 XX 1 257,0 9,860
50,0 x 1 963,0 15,400

Les diamètres pratiquement utilisés en France sont repérés par XX en gras

* Pour les aciers inoxydables la masse volumique dépend de la composition de l’acier.


Elle est comprise entre 7,7 et 8,0 kg/dm3.

45
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

4 .2.4 - Adhé re nce e t gé o mé trie de la s urface

Les norm es im posent à la géom étrie de surface des aciers des caractéristiques
perm ettant d’assurer une adhérence convenable (voir figures n° 1 et 2 dans le cha-
pitre 2). Les exigences portent sur des valeurs m inim ales soit de hauteur des ver-
rous, ou de profondeur des em preintes, soit de « surface relative » des verrous fR*,
ou des em preintes fP.

4 .2.5 - No n fragilité (aptitude au pliage )

L’acier est soum is à un pliage, sur un m andrin dont le diam ètre est fixé en fonc-
tion de celui de l’acier suivi d’un dépliage. L’essai est satisfaisant s’il ne se produit
ni cassure ni fissure transversale dans la zone de pliage-dépliage.

4 .2.6 - Dime ns io ns e t ré s is tance au cis aille me nt


de s as s e mblage s s o udé s de s tre illis s o udé s

Les dim ensions des treillis soudés font partie des caractéristiques certifiées. Il
s’agit des longueurs et largeurs des treillis soudés, de l’espacem ent des fils, des
longueurs d’abouts, des diam ètres relatifs des fils.

La résistance des assem blages soudés au cisaillem ent étant spécifiée, il est pos-
sible de les prendre en com pte dans les calculs m ettant en jeu l’ancrage ou les
recouvrem ents des treillis soudés.

* La surface relative des verrous (ou des empreintes) est égale à l’aire de la projection de l’ensemble
des verrous (ou des empreintes) sur un plan perpendiculaire à l’axe longitudinal de la barre divisée
par l’espacement des verrous et la circonférence nominale de l’armature.

46
4 .2.7 - Ré s is tance à la fatigue

Cette caractéristique n’est exigée que de façon exceptionnelle. Elle se contrôle à


partir d’un essai de traction ondulée.

4 .2.8 - Aptitude au re dre s s age aprè s pliage

Cette caractéristique optionnelle peut faire l’objet d’une attestation sur dem ande
du producteur d’acier. Elle concerne les aciers de diam ètre au plus égal à 16 m m .
Les règles de certification de la m arque NF – Aciers pour béton arm é définissent
la procédure de vérification de l’aptitude au redressage après pliage.

4.3 Conformité des armatures


Chaque opération du cycle de production des arm atures décrite au chapitre pré-
cédent fait l’objet de prescriptions.

4 .3.1 - Dre s s age

L’Eurocode 2 Partie 1-1 précise explicitement en 3.2.1 (2) que « les exigences relatives
aux propriétés des aciers de béton armé visent le matériau en place dans le béton
durci ». Cette prescription remplace donc celle, équivalente, de l’article 4.3 de la
norme NF A 35-027 (janvier 2003). Elle signifie en particulier que le dressage ne doit
pas altérer les caractéristiques spécifiées de l’acier. Si le dressage n’est pas effectué
correctement, deux de ces caractéristiques peuvent être affectées:
– la hauteur des reliefs peut se trouver diminuée par écrasement ou abrasion au pas-
sage dans les galets ou les cadres tournants;
– la ductilité peut être diminuée car le « chicanage » entraîne un écrouissage de
l’acier susceptible de provoquer une réduction de l’allongement sous charge maxi-
male Agt et (ou) du rapport Rm/Re.
Le dressage est donc une opération qui nécessite attention et compétence de la part
des armaturiers.

47
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

4 .3.2 - Co upe

En m atière de coupe, la caractéristique à respecter est la longueur des barres qui,


en l’absence d’autres prescriptions, fait l’objet de tolérances dim ensionnelles dans
la norm e NF A 35-027 (janvier 2003). Les tolérances sont différentes selon que les
barres sont utilisées en recouvrem ent ou non. Le bureau d’étude doit donc préci-
ser s’il s’agit ou non de barres en recouvrem ent. Cette indication peut apparaître
sur les plans, m ais elle doit aussi figurer sur les listes d’arm atures qui sont parfois
le seul docum ent com m uniqué à l’arm aturier.

Table au n° 6 : to lé rance s s ur le s dime ns io ns de s armature s co upé e s à lo ngue ur


s e lo n la no rme NF A 35- 027
Lo ngue ur de l’é lé me nt Utilis atio n s ans re co uvre me nt Utilis atio n ave c re co uvre me nt
L (e n m) d’armature s (e n mm) d’armature s (e n mm)
– 20 0
L≤ 2
0 + 20
– 40 0
2 < L≤ 4
0 + 40
– 50 0
4<L
0 + 50

4 .3.3 - Faço nnage

4.3.3.1 - Diamètres de cintrage

Les valeurs m inim ales des diam ètres intérieurs de cintrage doivent perm ettre de
satisfaire à deux exigences différentes :
– ne pas e ndo mmage r l’armature e lle - mê me lo rs du cintrage ;
– ne pas e ndo mmage r le bé to n lo rs de la mis e e n charge de l’armature .
La prem ière condition est liée uniquem ent aux caractéristiques m écaniques de
l’acier et en particulier à sa ductilité. La seconde a pour but de lim iter les
contraintes qui apparaissent dans le béton au contact d’une arm ature cintrée, sol-
licitée en traction, en particulier à l’intérieur de la courbure. Elle nécessite donc une
vérification par le calcul. Dans l’ensem ble réglem entaire en vigueur à fin 2004 ces
exigences se trouvent dans deux textes différents.

48
Le premier est le tableau 1 de la norme NF A 35-027 (janvier 2003). Ce tableau
reprend les prescriptions qui, jusqu’à 1990, étaient répétées dans chaque « fiche
d’homologation » des aciers à haute adhérence. Ces fiches ont été ensuite rempla-
cées par les certificats NF-AFCAB, (voir 4.4) qui ne comportent plus ces exigences.

Table au n° 7 : diamè tre s inté rie urs de cintrage minimaux de s acie rs à haute adhé re nce
s e lo n la no rme NF A 35- 027
Diamè tre no minal
5 6 7 8 9 10 12 14 16 20 25 32 40
de l’acie r
Cadres, étriers, épingles
ou assimilés, y compris 20 25 30 30 40 40 50 70 100 150 200 sans objet
leur ancrage d’extrémité
Ancrages 50 70 70 70 100 100 100 150 150 200 250 300 400
Coudes sans 100 100 100 150 150 200 200 250 300 400 500 500
objet

Les diam ètres prescrits sont très différents suivant la fonction de l’arm ature
(cadres, étriers, épingles ou ancrages, ou enfin coudes). Il aurait donc été très sou-
haitable que le choix du m andrin ne prête pas à am biguïté. Pourtant, les trois cas
envisagés ne sont pas clairem ent définis, m ais sim plem ent illustrés par des cro-
quis dont le dernier au m oins, concernant les coudes, n’est pas très explicite.

Le chapitre 5 sera consacré à la nécessité pour les bureaux d’études de donner


toutes les précisions nécessaires aux arm aturiers pour qu’ils exécutent des fer-
raillages conform es à ceux qu’ils ont conçus. On y trouvera quelques exem ples
pour lesquels le choix convenable du diam ètre de m andrin n’est pas évident.

Coude Cadre

Ancrage

Épingle

Étrier

Figure n° 12 : e xe mple s de cadre , é trie r, é pingle , ancrage e t co ude


s e lo n la no rme NF A 35- 027 (janvie r 2003).

49
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

La seconde prescription dite « condition de non écrasem ent du béton » se trouve


dans les règles BAEL 91 au paragraphe A 6.1.252. Cependant :
– le paragraphe A.6.255 dispense de l’appliquer aux arm atures transversales,
cette exception est très im portante ;
– pour les ancrages et les coudes, les diam ètres de m andrins exigés par la norm e
sont très généralem ent supérieurs à ceux découlant de cette condition.

C’est pourquoi cette vérification était un peu tom bée dans l’oubli, sans doute quel-
quefois à tort. En pratique, seules les valeurs figurant dans le tableau 7 sont prises
en considération. Ce tableau est souvent reproduit sur les plans. Quand il ne l’est
pas, il est considéré com m e im plicite.

Les règles de f açonnage données par l’Eurocode 2 Part ie 1-1 présent ent plusieurs
diff icult és d’int erprét at ion et d’applicat ion dont l’origine se t rouve sans dout e en
grande part ie dans les condit ions d’élaborat ion de ce t ext e : discussions ent re repré-
sent ant s de nombreux pays, rédact ion d’un t ext e commun en anglais, puis t raduc-
t ion dans la langue de chaque pays. Les t ermes t echniques ut ilisés dans une langue
n’ont pas t oujours un équivalent exact dans les aut res. Il est alors diff icile d’at -
t eindre la même précision qu’un t ext e « nat ional ».

L’Annexe N° 1 cont ient une analyse dét aillée des art icles relat if s au f açonnage.
Cet t e analyse conduit en résumé aux prescript ions suivant es même si cert aines
d’ent re elles ne sont pas f ormulées explicit ement dans l’Eurocode.
a – Les diamètres de mandrins de façonnage doivent dans tous les cas, quels que
soient la fonction de l’armature et l’angle de façonnage, être au moins égaux à :
– 4 diamèt res pour les armat ures de diamèt re au plus égal à 16 mm ;
– 7 diamèt res pour les armat ures de diamèt re supérieur à 16 mm ;
– 5 diamèt res en général pour les assemblages pliés après soudure ;
– 20 diamèt res pour les assemblages pliés après soudage avec soudure sit uée
sur l’ext rados de la courbure, si le soudage n’est pas réalisé conf ormément à
l’EN ISO 17660, Annexe B.
b – Les diamèt res de mandrins doivent en général f aire l’objet d’une just if icat ion
par le calcul vis-à-vis de la rupt ure du bét on ;
c – Cette justification n’est pas nécessaire si les conditions ci-après sont remplies:
– l’ancrage nécessaire de l’armat ure ne dépasse pas 5 diamèt res au-delà de la
part ie courbe ;
– le t racé de la part ie courbe de l’armat ure n’est pas parallèle à une paroi
proche ;
– il exist e à l’int érieur de cet t e part ie courbe une barre de diamèt re au moins
égal à celui de l’armat ure.

50
d – Il n’est également pas nécessaire d’eff ect uer cet t e vérif icat ion pour t out es les
armat ures d’eff ort t ranchant et les aut res armat ures t ransversales.
e – Comme indiqué au paragraphe 4.1, les prescript ions de la norme NF A 35-027 ne
s’appliquent pas si elles sont cont raires à l’Eurocode. Les diamèt res de mandrin
f igurant dans son t ableau 1 ne sont donc plus considérés comme réglemen-
t aires. En dehors des cas cit és en « b » et « c » ci-dessus, le diamèt re minimal de
f açonnage résult e d’une vérif icat ion par le calcul.

On peut craindre que, le calcul informatisé aidant, une infinité de diamètres de


façonnage n’apparaisse sur les plans. Pour des raisons pratiques il est nécessaire de
limiter le nombre de mandrins utilisés. Une liste de diamètres préférentiels devrait
être établie, par exemple dans la nouvelle norme NF A 35-027.

Les règles d’exécution (nouveau Fascicule 65 A pour les ouvrages de génie civil et norme
ENV 13670-1 pour les bâtiments) se réfèrent à l’Eurocode 2 Partie 1-1.

4.3.3.2 - Redressage des armatures pliées

Le redressage des armatures pliées est un cas de façonnage très particulier car d’une
part il s’exécute sur le chantier et d’autre part, il s’applique à une zone d’armature
qui a précédemment subi un pliage. La norme NF P 18 201 (DTU 21) contient à son
article 5.2.1 les prescriptions suivantes relatives au redressage après pliage :
– les aciers sont aptes au redressage après pliage (m ention d’aptitude figurant sur
le certificat NF AFCAB) ;
– un outillage spécifique est utilisé (ce qui exclut le sim ple tube) ;
– cette opération n’est effectuée qu’une seule fois ;
– la procédure de redressage perm et d’obtenir un fonctionnem ent correct du
béton arm é ;
– il n’y a pas de soudure dans la zone de redressage.

Les deux prem ières de ces prescriptions sont reprises dans le Fascicule 65 A à son
article 63.3.

La norme ENV 13670-1 exige également à son art icle 6.3 l’emploi d’un out illage spé-
cif ique et une procédure de dépliage approuvée. Le nouveau Fascicule 65 A
reprend à son art icle 63.3 les prescript ions de sa précédent e version.

4.3.3.3 - Longueur des parties droites.

La norm e NF A 35-027 (janvier 2003) fixe les valeurs m inim ales des longueurs
droites qui sont justifiées par des exigences pratiques d’exécution et de sécurité
sur certaines m achines de façonnage.

Ces règles rest ent applicables car elles ne sont pas cont raires à l’Eurocode.

51
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

4.3.3.4 - Ancrages des cadres et étriers

Dans les règles BAEL, les ancrages des cadres et étriers font l’objet de prescrip-
tions particulières. Le paragraphe A.6.1,255 de ces règles indique trois solutions
pour réaliser leurs ancrages d’extrém ité avec une courbure suivant le rayon m ini-
m al (voir tableau 7). Ces ancrages représentés sur la figure n° 14 ne sont pas im po-
sés, m ais leur utilisation dispense de justification par le calcul. Leur em ploi est de
ce fait généralisé. Aucune des trois solutions n’est m entionnée com m e préféren-
tielle, elles sont donc strictem ent interchangeables dans la plupart des cas. La
position de la « ferm eture » des cadres et des étriers n’est pas non plus im posée.
Par exem ple dans une poutre fléchie, elle peut aussi bien se trouver dans la par-
tie tendue que dans la zone com prim ée. Dans le cas des constructions parasis-
m iques les ancrages des cadres font l’objet de règles très particulières.
15 ø

ø
10

°
135
90
°

ø : diamètre de l'armature

Figure n° 13 : armature s trans ve rs ale s .


Exe mple s d’ancrage s co nfo rme s aux rè gle s BAEL 91.

Les règles PS 92 prescrivent à l’article 11.3.2 d’adopter des ancrages à 135°, au


m inim um « en parem ent », c’est-à-dire s’il y a risque de poussée au vide de la fer-
m eture à 90°. Les ferm etures à 90° ne sont pas interdites si elles se trouvent dans
la m asse du béton (tables de com pression de poutres, dalles de planchers, m urs
en retour, etc.). Cet ancrage est égalem ent obligatoire dans les « zones critiques* »
des pièces, zones dans lesquelles d’autres règles très spécifiques de calcul et de
ferraillage sont par ailleurs im posées.

* Pour la définition des zones critiques, voir les règles PS 92.

52
5ø 10 ø
10 ø
10 ø 15 ø

Partie courante non oui non oui oui

Zone critique non oui non oui non

Remarque: les longueurs indiquées sont


celles des parties droites après courbure

Figure n° 14 : armature s trans ve rs ale s . Exe mple s s e lo n le s rè gle s PS 92.

L’Eurocode 2 Partie 1-1 prescrit en 8.5 (2) les dispositions applicables aux ancrages
des armatures transversales (voir annexe N° 1).

La figure N° 15 montre les ancrages des cadres préconisés par l’Eurocode 2 Partie 1-1
et met en évidence les changements qui en résultent par rapport aux règles BAEL 91.

Angle de Pre s criptio ns de s rè gle s Pre s criptio ns de l’Euro co de 2


pliage BAEL 91 Partie 1- 1
15 ø

90°

10 ø
10

10
ø

135°

10 5ø
ø
150°

5ø 5ø

180 °

Figure n° 15 : armature s trans ve rs ale s . Co mparais o n d’ancrage s


co nfo rme s aux rè gle s BAEL 91 e t à l’Euro co de 2 Partie 1- 1.

Par rapport aux règles BAEL 91, l’Eurocode 2 permet donc de diminuer les lon-
gueurs droit es après courbure pour les ancrages à 90° et pour les ancrages pliés à
150° et plus. En revanche, il ne modif ie pas l’ancrage à 135°.

53
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

La f igure n° 16 mont re les combinaisons qui seront ut ilisées en prat ique.

La fermeture avec deux crochets pliés à plus de 135° ne permet pas la mise en place
d’une armature longitudinale dans l’angle. La fermeture avec deux coudes à 90°, avec
une longueur droite après courbure de 10 diamètres, devrait se développer en France
comme c’est déjà le cas dans la plupart des autres pays. Ce serait très souhaitable car
cette disposition facilite l’exécution. Le double crochet à 135°, avec une longueur
droite après courbure de 10 diamètres, comme prévu par les règles BAEL devrait res-
ter aussi utilisé par habitude malgré les inconvénients pratiques qu’il présente.
• Pour les ét riers l’ancrage à 150° suivi d’une longueur droit e de 5 diamèt res devrait
remplacer le crochet à 180°act uellement ut ilisé.
• Pour les const ruct ions devant résist er aux séismes, l’Eurocode 8 prescrit d’ut iliser
des ancrages par crochet à 135° suivis d’une longueur droit e de 10 diamèt res pour
les cadres « de conf inement * ». Cet t e prescript ion est équivalent e à celle des
règles PS 92.

135°
10 ø
135

10 ø
°
135

10 ø 10 ø 10 ø
°

10
10

ø
ø

15 10 ø
150° 0°

10 ø

Figure n°16 : armature s trans ve rs ale s . Exe mple s de co mbinais o ns d’ancrage s


co nfo rme s à l’Euro co de 2 Partie 1- 1.

4.3.3.5 - Tracé général des armatures d’effort tranchant

Le tracé, des cadres et des étriers fait aussi l’objet du paragraphe B.6.7,1 des règles
BAEL pour les poutres de bâtim ents courants. Cet article prescrit que les cadres
doivent suivre au plus près le contour des pièces. Il autorise aussi des files séparées
d’étriers à condition de les relier par des épingles de liaison. Il n’im pose pas non
plus que toutes les files d’aciers longitudinaux com portent des épingles ou étriers.

* Pour la définition des cadres « de confinement », voir l’Eurocode 8

54
Épingles
Étriers Épingles de liaison Cadres
de montage éventuelles

Figure n° 17 : armature s trans ve rs ale s de po utre s flé chie s .


Exe mple s de dis po s itio ns co nfo rme s aux rè gle s BAEL 91.

L’Eurocode 2 Part ie 1-1 t rait e ce sujet en 9.2.2. Il conf irme la possibilit é d’ut iliser en
armat ures d’eff ort t ranchant diff érent es f ormes de cadres ouvert s ou f ermés,
d’ét riers, et c.

Cadres, épingles et étriers intérieurs Les armatures d'effort tranchant peuvent être composées
d'une combinaison de :
Cadre exterieur
– cadres, étriers ou épingles entourant les armatures
longitudinales tendues et la zone comprimée ;
– barres relevées ;
– cadres ouverts, échelles, épingles, etc., façonnés sans
entourer les armatures longitudinales mais correctement
ancrés dans les zones comprimées et tendues.

Figure n° 18 : armature s trans ve rs ale s de po utre s flé chie s .


Exe mple s de dis po s itio ns co nfo rme s a l’Euro co de 2 Partie 1- 1.

4.3.3.6 - Tracé des armatures transversales de torsion

Le paragraphe A.5.4,4 des règles BAEL indique sim plem ent que ces arm atures
doivent être placées aussi près que possible des parois en respectant les règles
d’enrobage.

55
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

L’Eurocode 2 Part ie 1-1 prescrit en 9.2.3 que les cadres de pièces soumises à la t or-
sion soient f ermés et ancrés au moyen de recouvrement s ou de crochet s.

ou

A1 A2 A3 B

Configurations recommandées Configuration non recommandée

Figure n° 19 : armature s trans ve rs ale s de to rs io n.


Co nfiguratio ns re co mmandé e s par l’Euro co de 2 Partie 1- 1.

4.3.3.7 - Tracé des armatures transversales des poteaux

En A.8.1, les règles BAEL dem andent que ces arm atures assurent le m aintien de
toutes les arm atures longitudinales de diam ètre supérieur à 20 m m vis-à-vis d’un
m ouvem ent vers l’extérieur de la section. Elles ne doivent pas com porter d’angle
rentrant ni de recouvrem ent parallèle à la paroi.

L’Eurocode 2 Part ie 1-1 prescrit en 9.5.3 de maint enir les barres vert icales placées
dans les angles et celles placées à moins de 150 mm d’une barre t enue.

4.3.3.8 - Armatures façonnées proches des parements


Poussée au vide

Les arm atures proches des parem ents risquent, lors de leur m ise en charge, de
générer des poussées susceptibles de faire éclater le béton d’enrobage. L’article
A.7.4 des règles BAEL traite ce sujet qui concerne essentiellem ent les bureaux
d’études. Les arm aturiers doivent aussi s’en préoccuper dans les cas suivants :
– adjonction de barres de m ontage ;
– proposition de m odification de ferraillage pour des raisons de com m odité d’exé-
cution.

56
La figure n° 20 représente schém atiquem ent à titre d’exem ple un ferraillage de
console com portant deux lits de barres de façonnages identiques. Leur superpo-
sition nécessite un décalage inacceptable du lit inférieur. Ceci peut inciter l’arm a-
turier à m odifier le lit supérieur en augm entant son rayon de cintrage et en
réduisant de 135° à 90° l’angle de pliage. Il peut en résulter une poussée au vide.

INCORRECT
barres identiques INCORRECT

CORRECT
CORRECT boucles ou U
épingles disposés à plat

Figure n° 20 : e xe mple de po us s é e au vide e t s o lutio n alte rnative .

Il existe d’autres façons tout à fait correctes de résoudre ce problèm e tel que la
m ise en place d’épingles com plém entaires, ou le rem placem ent des crosses par
des boucles à plat.

4.3.3.9 - Conditions générales de façonnage

L’article 5.2 de la norm e NF A 35-027 (janvier 2003) interdit de façonner à une


tem pérature inférieure à – 5 °C, et exige des précautions entre – 5 °C et + 5 °C,
telles qu’une réduction de la vitesse de cintrage. Dans tous les cas, le chauffage
des aciers est interdit.

L’article 62 du fascicule 65A (août 2000) contient des prescriptions identiques. De


plus, ce m êm e article n’autorise le façonnage des arm atures dans les coffrages
que pour la ferm eture de cadres en acier lisse de diam ètre au plus égal à 12 m m
ou en acier à haute adhérence de diam ètre au plus égal à 8 m m . En pratique le
cintrage des arm atures en place est souvent adopté dans les ponts-cadres et les
portiques. Le guide de conception du SETRA (Service d’Études Techniques des
Routes et Autoroutes du Ministère de l’Équipem ent) l’adm et explicitem ent (voir
l’exem ple n° 3 du paragraphe 5.3).

Ces ponts cadres ou portiques com portent en général des arm atures coudées
assurant l’encastrem ent de la dalle dans les piédroits. Si ces barres sont livrées sur
le chantier façonnées suivant leur form e définitive, la m ise en place du coffrage et

57
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

du ferraillage de la traverse devient très difficile, et parfois im possible. Ces arm a-


tures sont alors livrées droites et façonnées sur place lorsque la traverse est cof-
frée et ferraillée. Les entreprises de pose d’arm atures utilisent pour cette opération
des cintreuses portatives. L’exigence essentielle est le respect des diam ètres de
m andrins de cintrage prévus.

À plier sur
le chantier après
pose des gaines À mettre en place
après pose des gaines

Gaines pour cables


de précontrainte

A) Déconseillé en l'absence B) Solution alternative


d'un outil de façonnage adapté

Figure 21 : e xe mple de faço nnage d’armature s dans le co ffrage ,


cadre s à fe rme r s ur le chantie r.

C’est d’ailleurs plutôt pour la ferm eture des cadres sur chantier (figure n°21A) que
le risque de non-conform ité est im portant, car il n’existe pas, à notre connais-
sance, de cintreuse portative perm ettant un façonnage correct dans cette confi-
guration. Pour faciliter la m ise en place des arm atures longitudinales grâce à des
cadres ouverts, il est préférable de prévoir des cadres en deux parties com m e le
m ontre la figure n°21B.

4.3.3.10 - Tolérances de façonnage

Les tolérances de façonnage sont fixées par les articles 4.6.3 et 4.6.4 de la norm e
NF A 35-027 (janvier 2003) que l’arm aturier doit respecter et qui sont rappelées
sur la figure n° 22.

Cette norm e fixe aussi des tolérances sur les angles de façonnage des ancrages
(figure N° 23).

58
+ 30 + 30
C C
0 0

+ 30 + 30
D D
0 0 0 0
B B
-10 -20

0 0
A Cas des cadres A
-10 -20

+ 30
A
0

- 30
B
0
+ 30
A
0
Cas général des armatures longitudinales

+ 30
B
0
Cas particulier pour armatures longitudinales

Figure 22 : to lé rance s s ur le s dime ns io ns de s armature s faço nné e s


s e lo n la no rme NF A 35- 027 (janvie r 2003).

+10°
90°
0

a) Cas d'un angle de 90 °

°
+ 10
␣= –

b) Cas des autres angles

Figure 23 : to lé rance s s ur le s angle s de s ancrage s par co urbure


s e lo n la no rme NF A 35- 027 (janvie r 2003).

59
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

No ta
Cette norme n’est pas cohérente avec la norme européenne NF EN ISO 4066
qui définit les formes d’armatures par des cotes et non par des angles. Cette
disposition semble cependant utile, car l’emploi des angles, bien que
contraire à la norme, reste courant, et sans doute plus pratique.

Pour les diam ètres de cintrage, les valeurs spécifiées (voir 4.3.3.1 ci-dessus), sont
des valeurs m inim ales. Aucun écart en m oins n’est donc accepté.

L’Eurocode 2 Part ie 1-1 concerne le calcul et non l’exécut ion. Il ne cont ient donc pas
de prescript ion pour les t olérances de f açonnage. Les valeurs f ixées par la norme NF
A 35-027 de janvier 2003 (ou sa nouvelle version) rest ent donc applicables.

4 .3.4 - As s e mblage

4.3.4.1 - Rigidité

Quel que soit le m ode d’assem blage, l’article 4.7 de la norm e NF A 35-027 (jan-
vier 2003) et le paragraphe 63.1.1 du Fascicule 65 (août 2000) dem andent qu’il
confère aux cages d’arm atures une rigidité suffisante pour supporter le transport,
la pose en coffrage et le bétonnage. Ceci im pose en général un nom bre de points
d’attache ou de soudure entre arm atures coupées-façonnées au m oins égal à
50 % du nom bre de points d’intersection.

4.3.4.2 - Assemblage par soudure

Le paragraphe 4.4 de la norm e NF A 35-027 (janvier 2003) détaille les prescrip-


tions applicables aux assem blages soudés suivant la fonction qu’ils assurent.
Lorsque les soudures doivent transm ettre des efforts, des règles particulières doi-
vent être respectées et les opérateurs réalisant les soudures doivent être qualifiés.
Nous ne traiterons pas ce cas, qui est tout à fait exceptionnel.

Dans le cas courant, les soudures ont uniquem ent une fonction de m ontage. Il faut
néanm oins s’assurer que les arm atures ne sont pas affectées par le soudage
(réduction de section, perte d’allongem ent sous force m axim ale, etc.). C’est pour-
quoi la norm e im pose en particulier que le petit diam ètre à assem bler soit supé-
rieur à 40 % du gros diam ètre dans le cas de soudure par résistance. Le couple
6-16 m m est cependant adm is.

60
La spécification de portée très générale de l’Eurocode 2 Partie 1-1 a été citée à pro-
pos du dressage : « Les exigences relatives aux propriétés des aciers de béton armé
visent le matériau en place dans le béton durci ». Cette exigence inclut en particulier
l’absence d’altération des caractéristiques des aciers lors des opérations de soudage.

4.3.4.3 - Tolérances dimensionnelles sur les armatures assemblées

Les tolérances dim ensionnelles sur les arm atures assem blées sont aussi fixées par
la norm e NF A 35-027 (janvier 2003), aussi bien pour les positions respectives des
arm atures, que pour les dim ensions d’ensem ble.

Caracté ris tique s Type d’armature Co te s de Écart en moins Écart e n plus


la figure (e n mm) (e n mm)
Cadre, étriers, épingles C – 10 + 10
Position relative
Éléments d’armatures autres que
élémentaire A – 30 + 30
cadres, étriers et épingles
Position relative cumulée Cadres, étriers et épingles 4xC, B – 20 + 20
Dimension nominale < 150 mm H – 10 0
Largeur / Hauteur
Dimension nominale ≥ 150 mm H – 20 0
Armatures dont la L≤ 2 m L – 20 + 10
longueur est conditionnée 2 m < L≤ 4 m L – 40 + 10
par des barres coupées 4m<L L – 50 + 10
Armatures dont la longueur est
L – 30 + 10
conditionnée par des barres façonnées
Armatures utilisées par recouvrement ou coupe à
L – 50 + 50
longueur (par exemple chaînages, semelles filantes)

0
H
- 20

A ⫾ 30 C ⫾ 10
+ 10 4 x C ⫾ 20 B ⫾ 20
L
- 30

Figure n° 24 : to lé rance s s ur le s caracté ris tique s dime ns io nne lle s


de s armature s as s e mblé e s s e lo n la no rme NF A 35 027.

Bien entendu, dans certains cas très particuliers, des tolérances plus sévères peu-
vent être souhaitées. Le m aître d’œ uvre doit alors s’assurer qu’elles sont réali-
sables, et les préciser explicitem ent dans les pièces écrites des m archés. Des
dispositions particulières de production pourront alors être adoptées (gabarits,
contrôle spécifique, etc.).

61
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

4 .3.5 - Po s e e n co ffrage e t po s itio n finale de s armature s

Si la pose est réalisée à partir d’arm atures coupées façonnées, toutes les règles
que nous avons énoncées au sujet du m ontage doivent évidem m ent être respec-
tées. Le travail sur site plutôt qu’en atelier nécessite une com pétence et une atten-
tion particulières.

Dans tous les cas, les arm atures ne peuvent être convenablem ent m ises en place
que si elles ont été conçues et fabriquées de façon satisfaisante. La position des
arm atures après bétonnage im plique aussi les entrepreneurs chargés des cof-
frages et du bétonnage.

Les normes et autres textes réglementaires formulent des prescriptions qui portent
d’une part sur les enrobages et d’autre part sur les positions des armatures non
concernées par l’enrobage.

4.3.5.1 - Enrobage

L’enrobage est défini com m e la distance entre l’arm ature (épingles, étriers et
cadres com pris, ainsi que les arm atures de peau, le cas échéant) la plus proche de
la surface du béton et cette dernière. L’enrobage des arm atures doit être suffisant
pour garantir :
– la protection de l’acier contre la corrosion (durabilité) ;
– la bonne transm ission des efforts d’adhérence ;
– une résistance au feu convenable.

Dans des conditions norm ales, les arm atures enrobées dans un béton com pact et
non fissuré sont protégées naturellem ent par un phénom ène de passivation qui
provoque la création à la surface de l’acier d’une pellicule protectrice. Cette pelli-
cule est form ée par l’action de la chaux libérée par les silicates de calcium conte-
nus dans le cim ent sur l’oxyde de fer. La présence de chaux m aintient la basicité
du m ilieu entourant les arm atures. Les arm atures sont protégées tant que le pH
de ce m ilieu est com pris entre 9 et 13,5. Deux principaux phénom ènes peuvent
dans certaines conditions détruire cette protection :
– la carbonatation du béton d’enrobage par absorption du gaz carbonique contenu
dans l’atm osphère ;
– la pénétration des ions chlorures jusqu’aux arm atures.

La carbonatation n’est pas nuisible au béton, m ais elle entraîne une neutralisation
(chute du pH de la solution interstitielle) du m ilieu entourant les arm atures qui

62
peuvent alors s’oxyder. La progression de la carbonatation se fait depuis l’exté-
rieur de l’ouvrage en contact avec l’air am biant, vers l’intérieur. La vitesse du pro-
cessus dépend de la teneur en dioxyde de carbone, de la porosité du béton et de
l’hum idité relative de l’air.

L’action des chlorures est spécifique à certains environnem ents tels que la pré-
sence de sels de déverglaçage et surtout les proxim ités de bords de m er. Les ions
chlorure peuvent m igrer depuis la paroi exposée vers les arm atures et « dépassi-
ver » l’acier. Ils pénètrent dans le béton par capillarité avec une vitesse fonction de
la porosité du béton. Lorsque la corrosion a débuté, elle produit un gonflem ent
des arm atures qui entraîne un éclatem ent du béton d’enrobage. La protection de
l’acier disparaît et le phénom ène s’accélère.

La durabilité du béton arm é nécessite donc que les arm atures soient convenable-
ment protégées, ce qui impose en particulier que la distance entre les armatures et
le parement exposé le plus proche (enrobage) soit suffisante. L’armature doit donc :
– être fabriquée de façon à perm ettre de respecter ces distances ;
– être posée en coffrage en les respectant effectivem ent, sans écart en m oins.
Dans les règles BAEL 91, l’article A.7, 1 précise les enrobages m inim aux suivant
les conditions d’exposition.

Valeur minimale de l’enrobage :


5 cm : atmosphère marine ou agressive
3 cm : parois soumises aux intempéries
1 cm : locaux couverts sans condensation

Épingles
de liaison
évitant les
déformations

Enrobage

Figure n° 25 : e nro bage minimal s e lo n le s rè gle s BAEL 91.

Si les conditions d’exposition sont différentes pour les diverses faces d’une pièce
(poutres de façade par exem ple), les enrobages peuvent avoir des valeurs diffé-
rentes. Les enrobages m inim aux doivent être respectés non seulem ent par les
arm atures, m ais aussi par les pièces ou accessoires sujets à la corrosion : m an-
chons, ligatures, cales ou boites d’attentes m étalliques, etc. Les pièces de grandes
dim ensions risquent de se déform er au cours des transports et des m anutentions.
C’est pourquoi l’article A.7.1 des règles BAEL précise dans sa partie com m entaire
qu’il convient d’utiliser des diam ètres plus im portants et de prévoir des dispositifs
de m aintien convenables (cales ou élém ents de m ontage). Le Fascicule 65 A (ver-
sion août 2000) contient des prescriptions analogues au paragraphe 63.1, et il en
est de m êm e dans le projet de nouvelle version.

63
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

Com pte tenu de l’im portance du respect des enrobages pour la durabilité des
structures en béton arm é, les tolérances sur l’enrobage font l’objet de prescrip-
tions particulières :
– la norm e NF A 35-027 ne traite pas de l’enrobage, car celui-ci ne dépend pas
de la seule arm ature ; en revanche, nous avons vu plus haut qu’elle ne tolère
aucune m arge « en plus » sur les dim ensions des arm atures coupées, façonnées
ou assem blées quand elles m ettent en jeu l’enrobage ;
– les règles BAEL à leur paragraphe A.7.1, de m êm e que le fascicule 65 A, dans
l’article 64, reproduit au paragraphe ci-après, n’acceptent aucune tolérance en
m oins sur les enrobages ;
– la norm e NF P 18-201 (DTU 21) est en cohérence avec l’Eurocode 2. Elle définit
l’enrobage nom inal qui doit figurer sur les plans à partir d’un enrobage m inim al
m ajoré d’une m arge pour tolérances d’exécution dont la valeur est fixée à
10 m m .

C’est l’enrobage nom inal qui constitue la référence pour la fabrication et pour la
pose des arm atures.

EXTRAIT DU FASCICULE 65 A (août 2000)

Article 64 : tolérances sur la position des armatures après bétonnage*


Sauf prescript ions part iculières du marché pour t enir compt e de risques t els
que l’incendie ou les milieux agressif s, les t olérances suivant es sont accep-
t ées:
– les t olérances en moins sur l’enrobage* * minimal sont nulles;
– pour une pièce de haut eur (ou d’épaisseur) h, dans la direct ion ou l’écart
de l’armat ure diminue la résist ance, la t olérance est de 5 mm pour
h < 250 mm et d’h/50 lorsque h est compris ent re 250 mm et 1 000 mm ;
– pour les armat ures parallèles dont l’espacement est au plus égal à
100 mm, la t olérance sur cet espacement est f ixée à 10 mm ;
– dans les aut res cas, l’écart t oléré est de 20 mm dans t out es les direct ions.

* Voir le chapit re 10 du Fascicule 65A.


* * Il est rappelé que l’enrobage est déf ini comme dist ance de l’axe d’une armat ure à la paroi la
plus voisine diminuée du rayon nominal de cet t e armat ure, après enlèvement s évent uels de
mat ière post érieurs à la mise en place du bét on (par exemple dans le cas du bouchardage).

Vis-à-vis de la résistance au feu, le texte de référence dans la réglementation française


à fin 2004, est le DTU « Règles de calcul: méthode de prévision par le calcul du com-
portement au feu des structures en béton » de décembre 1993. Le calcul fait interve-
nir la distance de l’axe de chaque armature au parement du béton exposé au feu,
baptisé « distance utile ». La distance utile d’une armature est donc égale à son enro-
bage majoré de la moitié de son diamètre.

64
Feu u Feu

u u

Feu Feu
Figure 26 : distance utile se lon le s rè gle s : mé thode de pré vision
par le calcul du comporte me nt au fe u de s structure s.

L’augmentation de l’enrobage est favorable pour la stabilité au feu. Pour assurer celle-
ci, on peut être amené à prévoir des dispositions de ferraillage spécifique telles que :
– des enrobages supérieurs à ceux imposés par la protection contre la corrosion ;
– un fractionnement en plusieurs armatures de faibles diamètres. Certaines d’entre
elles seront plus éloignées des parois exposées au feu, en particulier près des
angles saillants où la température est plus élevée. L’espacement de ces armatures
sera parfois plus important que celui habituellement exigé pour permettre un

Poteau Poutre fléchie

bétonnage correct.
Figure n° 27 : e xe mple s de fe rraillage s é tudié s
e n vue de la ré sistance au fe u.

La position du ferraillage est primordiale pour la résistance au feu. Elle doit donc être
précisée au moyen de plans de détail. Elle doit être respectée avec une tolérance de
plus ou moins 10 %. Un calage efficace est indispensable.

L’Eurocode 2 Part ie 1-1 consacre à l’enrobage la t ot alit é de sa sect ion 4.


La valeur minimale d’enrobage préconisée dépend de plusieurs paramèt res qui sont
pris en compt e de f açon ext rêmement dét aillée :
– la durée d’ut ilisat ion du projet qui dét ermine sa classe st ruct urale ;
– les condit ions d’environnement qui dét ermine sa classe d’exposit ion ;
– l’ut ilisat ion d’acier inoxydable ;
– la présence de prot ect ions complément aires;

65
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

– la régularit é du parement ;
– les risques d’abrasion du bét on ;
– la composit ion du bét on ;
– la régularit é de la surf ace cont re laquelle le bét on est coulé ;
– les condit ions de surveillance de l’exécut ion.

On t rouvera en Annexe N° 2 le dét ail du processus de dét erminat ion de l’enrobage


t el qu’il résult e de l’Eurocode 2 Part ie 1-1, après prise en compt e des précisions et
complément s f ormulés dans son Annexe Française.

Une innovat ion import ant e réside dans la prise en compt e des t olérances d’exécu-
t ion. Pour prendre en compt e les t olérances d’exécut ion, l’enrobage minimal doit
êt re majoré d’une « marge de sécurit é ». On obt ient ainsi l’enrobage « nominal ».
La marge recommandée est de 10 mm. Elle peut êt re diminuée jusqu’à 5 mm lors-
qu’un syst ème d’assurance qualit é incluant des mesures d’enrobage des armat ures
est mis en place. Les cont rôles imposés par les Règles de cert if icat ion AFCAB « Pose »
répondent à cet t e exigence.

C’est l’enrobage nominal qui doit êt re ut ilisé dans les calculs et qui doit êt re indi-
qué sur les plans. Il const it ue la réf érence pour la f abricat ion et pour la pose des
armat ures.

La grande variét é des cas prévus par l’Eurocode 2 Part ie 1-1 peut incit er les bureaux
d’ét udes, dans un souci d’opt imisat ion des st ruct ures, à prévoir des enrobages dif -
f érent s pour les diverses pièces d’un même ouvrage ou bât iment . Les armat uriers
doivent êt re vigilant s sur ce point . Comme dans bien d’aut res cas, il sera import ant
d’évit er les conf usions ent re les anciens et nouveaux règlement s.

L’enrobage nominal peut donc varier de 10 mm à 65 mm suivant les paramèt res


ret enus. À t it re d’exemple, la classe st ruct urale recommandée pour les bât iment s
ét ant la classe S4, en ut ilisant un bét on adapt é à la classe d’exposit ion, on obt ient
les valeurs suivant es d’enrobage nominal :
– 25 mm (20 mm pour les dalles), pour un bét on de st ruct ures couvert es, closes ou
non, à l’abri de la pluie sans condensat ion (classe XC3) ;
– 30 mm pour un bét on ext érieur exposé à la pluie et pour les pont s (classe XC4) ;
– 35 mm pour les élément s de st ruct ures exposés aux sels marins et sit uées de 500 m
à 5 km de la côt e sauf t opologie part iculière (classe XS1) ;
– 45 mm pour les st ruct ures sit uées de 0 à 500 m des côt es, les pont s exposés à des
project ions cont enant des chlorures ou les dalles de parkings.

Le projet de nouveau f ascicule 65A ainsi que le projet de norme ENV 13670-1
reprennent les prescript ions de l’Eurocode 2 Part ie 1-1. Le nouvel ensemble régle-
ment aire concernant l’enrobage est donc t ot alement cohérent à la f ois pour les
bât iment s et pour le génie civil.

66
EXTRAIT DU PROJET DE FASCICULE 65 A (au 27/ 10/ 2004)

73.1.2 tolérances sur la position des armatures*


Sauf prescript ions part iculières du marché pour t enir compt e de risques t els
que l’incendie ou les milieux agressif s, les t olérances suivant es sont à respec-
t er :
– en aucun cas, l’enrobage ne peut êt re inf érieur à Cmin ;
– la t olérance ∆(plus) dans la direct ion h (haut eur ou épaisseur de l’élément ),
où l’écart de l’armat ure diminue la résist ance, est prise égale à :
– pour h ≤ 150 mm ∆(plus) = 10 mm
– pour h = 400 mm ∆(plus) = 15 mm
– pour h ≥ 2 500 mm ∆(plus) = 20 mm
avec une int erpolat ion linéaire pour les valeurs int ermédiaires.
– pour les armat ures parallèles dont l’espacement est au plus égal à
100 mm, la t olérance sur cet espacement est f ixée à 10 mm ;
– dans les aut res cas, l’écart t oléré est de 20 mm dans t out es les direct ions.

* Concernant les enrobages, la norme EN 1992-1-1 sect ion 4 f ournit les déf init ions suivant es:
– Cmin est l’enrobage minimal ;
– ∆Cdev est la marge de calcul pour t olérances d’exécut ion ; elle est en général f ixée à 10 mm. Si
une valeur plus f aible est ret enue, elle est port ée sur les dessins d’exécut ion ;
– Cnom = Cmin + ∆Cdev est l’enrobage nominal.

Position déduite Position constatée


L’enrobage nominal est spécif ié sur
des cotes du dessin les dessins d’exécut ion ; il dét ermine
la dimension des cales à ut iliser.
Il est rappelé que l’enrobage est déf ini
comme la dist ance de l’axe d’une
armat ure à la paroi la plus voisine
Cdev diminuée du rayon nominal de
cet t e armat ure, après enlèvement s
Cnom
évent uels de mat ière post érieurs à la
Cmin mise en place du bét on (par exemple
dans le cas du bouchardage).

Dans la nouvelle réglement at ion européenne, les prescript ions relat ives au com-
port ement du bét on armé au f eu se t rouveront dans l’Eurocode 2 Part ie 1-2. Pour
ce qui concerne la disposit ion des armat ures les principes devraient rest er similaires
à ceux des recommandat ions f rançaises applicables auparavant .

4.3.5.2 - Maîtrise de la fissuration

Un enrobage convenable n’est pas la seule condition pour assurer la protection


des arm atures contre la corrosion. Il faut aussi lim iter la fissuration du béton.

En ce qui concerne la conception du ferraillage, l’article A.4.5,323 des règles BAEL


dem ande de prévoir le plus grand nom bre de barres com patibles avec une m ise

67
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

en place correcte du béton, afin de lim iter la fissuration. Cette recom m andation
sem ble avoir été suivie parfois de façon abusive en privilégiant l’utilisation de
barres de petits diam ètres. En fait le m êm e article dem ande d’éviter les petits dia-
m ètres au voisinage des parem ents et dans les pièces soum ises aux intem péries.
Les gros diam ètres conviennent dans les sections de béton suffisam m ent
épaisses, ce qui est en général le cas.

Pour lim iter la fissuration, il faut surtout prévoir des arm atures de section suffisante
afin que leur contrainte ne dépasse pas les valeurs convenables en fonction des
conditions d’exposition et de la destination de l’ouvrage.

L’Eurocode 2 Part ie 1-1 f ormule en 7.3.3 et 7.3.4 les prescript ions visant à maît riser
la f issurat ion. Elles sont plus précises que celles des règles BAEL et consist ent à res-
pect er, au choix, un diamèt re maximal ou un espacement maximal des barres. Les
valeurs limit es dépendent de divers f act eurs dont , en part iculier, la cont raint e de
l’acier et la classe d’exposit ion de l’ouvrage.

4.3.5.3 - Position des armatures non concernées par l’enrobage

Pour les m archés publics d’ouvrages de génie civil, les tolérances sur la position
des arm atures sont données par le fascicule 65 (août 2000) dans son article 64.
Le projet de nouvelle version du fascicule 65A, en date du 27 octobre 2004 m en-
tionne les prescriptions dans l’article 7.3.2.1 (reproduit au paragraphe 4.3.5.1).

4.3.5.4 - Possibilité de bétonnage correct

Les conditions de bétonnage correct sont données par l’article A.7.2 des règles
BAEL et représentées figure n° 28.
c
ø
b

ø ø, a a
c eh ev
ev ≥ max. { a, cg, ø }
cg : grosseur du plus gros granulat
ø : diamètre de l’armature considérée
eh ≥ max. { a; 1,5 cg; ø }
c = max. { e, ø, a }
Figure n° 28 : dis tance s minimale s de s armature s aux co ffrage s e t e ntre e lle s
pe rme ttant un bé to nnage co rre ct s e lo n le s rè gle s BAEL 91.

68
Les paquets de barres sont autorisés m ais leur em ploi est lim ité par des considé-
rations relatives à l’adhérence. Lorsqu’ils sont utilisés, ils doivent être explicite-
m ent représentés sur les plans. Un com m entaire de l’article A 7.2 indique : « il y a
toujours intérêt à adopter des distances (des arm atures entre elles et entre arm a-
tures et coffrage) supérieures aux valeurs m inim ales indiquées ».

Cette recom m andation est m ieux satisfaite si on réalise le ferraillage avec peu de
barres de gros diam ètre, m ais il faut aussi respecter les prescriptions visant à m aî-
triser la fissuration citées au paragraphe 4.3.5.2. La solution se trouvera dans un
com prom is. Il faut aussi noter que :
– la condition d’enrobage fixée dans l’article A.7.2 peut être plus sévère que celle
de l’article A.7.1 qui concerne la protection des arm atures. Ce cas est cependant
assez rare ;
– les articles A.7.2,6 à A.7.2,9 comportent des prescriptions complémentaires dont
le but est d’éviter que les « mailles » et « entassements » formés par les armatures
ne gênent le bétonnage. Si nécessaire, des « cheminées de bétonnage » doivent
être prévues à l’initiative du bureau d’études ou de l’entreprise.

L’Eurocode 2 Part ie 1-1 t rait e en 8.2 les exigences relat ives à la possibilit é de bét on-
nage correct . Ces prescript ions sont représent ées sur la f igure n° 29.

Barres isolées et paquets


de deux barres superposées
ev
ev ø : diamètre de la barre
eh eh dg : dimension du plus gros granulat
c c
c c c>ø
eh et ev > max (ø, dg + 5 mm )

Paquets de 2 barres accolées

ev c> 2ø
eh
c eh et ev > max ( 2 ø, dg + 5 mm )
c

Paquets de 3 barres

ev c> 3ø
eh
eh et ev > max ( 3 ø, dg + 5 mm )
c
c

Figure n° 29 : dis tance s minimale s de s armature s aux co ffrage s ,


e t e ntre e lle s pe rme ttant la trans mis s io n de s fo rce s d’adhé re nce
e t un bé to nnage co rre ct s uivant l’Euro co de 2 partie 1.1.

69
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

Il est aussi exigé que « lorsque les barres sont placées en lit s horizont aux dist inct s,
il convient de superposer les barres de chaque lit en f iles vert icales en ménageant
ent re ces f iles un espace suff isant pour permet t re le passage des aiguilles vibrant es
et assurer un bon compact age du bét on ».

Cet t e condit ion semble diff icile à respect er à la let t re, mais elle f ixe l’object if à
at t eindre dans le même esprit que les règles BAEL.

L’emploi de paquet s de barres est soumis à des condit ions analogues à celles des
règles BAEL.

Ces problèmes ne sont pas t oujours bien t rait és par les logiciels de dessin d’arma-
t ures. L’armat urier peut signaler les disposit ions qui lui semblent anormales, mais il
ne dispose pas de t out es les inf ormat ions nécessaires, t elles que la composit ion du
bét on (dimension maximale des granulat s), les caract érist iques du bét on à l’ét at
f rais (consist ance) et les condit ions de bét onnage.

4 .3.6 - Armature s mancho nné e s

Chaque procédé de m anchonnage d’arm atures fait l’objet de consignes de m ise


en œ uvre spécifiques, établies par le concepteur ou le fabricant. Leur validité est
attestée par la certification AFCAB, et elles doivent être scrupuleusem ent respec-
tées, aussi bien lors de la préparation des barres que lors de leur m ise en place.

4 .3.7 - Bo îte s d’atte nte s

Malgré leur développem ent, ces produits ne font l’objet à ce jour d’aucune règle
technique précise. Les procédés diffèrent par la form e et le m atériau constitutif de
la boîte et par la façon dont celle-ci peut être retirée.
Leur em ploi doit être soum is à l’accord du m aître d’œ uvre qui prendra essentiel-
lem ent en considération :
– la qualité de la surface de reprise obtenue ;
– la possibilité de redresser convenablem ent la partie cintrée des arm atures.
Dans tous les cas on exigera que l’acier utilisé soit apte au redressage après pliage.

70
Ce chapitre a perm is de présenter tous les param ètres qui conditionnent la confor-
m ité de l’arm ature. Cette analyse dém ontre la nécessité im pérative du travail en
com m un entre le bureau d’études et l’arm aturier en am ont de l’exécution. C’est
pourquoi la norm e NF A 35-027 m entionne l’analyse des plans parm i les opéra-
tions de fabrication.

Si l’arm aturier relève des anom alies ou rencontre des difficultés d’exécution, il ne
doit en aucun cas prendre seul la décision de m odifier l’arm ature prévue sur les
plans. En revanche, il doit les signaler au bureau d’études en indiquant les solu-
tions alternatives que son savoir faire lui perm et de proposer.

4.4 Certifications gérées


par l’AFCAB
Les certifications gérées par l’AFCAB couvrent l’ensem ble du cycle des arm atures
depuis la production des aciers jusqu’à la pose des arm atures en coffrage. On dis-
tingue quatre certifications.

4 .4 .1 - Ce rtificatio n NF – Acie rs po ur bé to n armé

La certification NF - Aciers pour béton arm é, gérée par l’AFCAB, garantit que les
produits certifiés :
– sont conform es à leur norm e de référence : caractéristiques m écaniques, m asse
linéique, analyse chim ique, caractéristiques géom étriques, non fragilité, souda-
bilité, aptitude au redressage après pliage (optionnelle), résistance au cisaille-
m ent des soudures et dim ensions des treillis soudés ;
– ont une origine identifiable et sont contrôlés.

Chaque acier certifié est identifiable par une m arque de lam inage spécifique à
chaque producteur et par un étiquetage NF – AFCAB. Il fait l’objet d’un certificat
délivré par l’AFCAB qui précise :
– sa dénom ination ;
– l’usine productrice ;
– les caractéristiques certifiées ;
– la m arque de lam inage ;
– les conditions de validité.
La liste des certificats est consultable sur www.afcab.org

71
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme

0 3 2 1

0 3 5 7

Figure n° 30 : e xe mple s de marque s de laminage .

4 .4 .2 - Ce rtificatio n AFCAB – Dis po s itifs de rabo utage


o u d’ancrage de s armature s du bé to n

la certification AFCAB-Dispositifs de raboutage ou d’ancrage des arm atures du


béton garantit que les produits certifiés :
– perm ettent de réaliser des liaisons respectant les critères de la norm e
NF A 35-020-1 ;
– sont fabriqués conform ém ent à des plans et sont contrôlés ;
– font l’objet d’instructions de m ise en œ uvre appropriées.

4 .4 .3 - Ce rtificatio n NF – Armature s

la Certification NF - Arm atures garantit que les produits certifiés :


– sont conform es à la norm e NF A 35-027 (aciers de base conform es, non altéra-
tion des aciers au cours de la fabrication, dim ensions et angles conform es,
conform ité du m anchonnage) ;
– sont conform es aux plans, catalogues ou cahiers des charges du client ;
– ont une origine identifiable et sont contrôlés.

Chaque fardeau ou paquet d’arm atures com portent une étiquette sur laquelle sont
présents :
– le logo de la m arque NF;
– la m ention « NF A 35-027 »;

72
– la portée du certificat (catégories et opérations couvertes, par exem ple :
Arm atures sur plan coupées façonnées) ;
– le nom de l’usine et de la société titulaire du certificat ;
– le num éro de certificat
– pour les arm atures sur plans, les indications spécifiées à l’article 9 de la norm e
NF A 35-027 (nom du client, nom du chantier, num éro du plan, référence de l’ar-
m ature, etc.) ou pour les arm atures sur catalogue, la référence du produit.

Dans le cadre de la certification NF-Armatures, l’AFCAB exige des essais de pliage et de trac-
tion pour vérifier les caractéristiques des armatures après soudage. L’AFCAB supervise
aussi la qualification des soudeurs.

4 .4 .4 - Ce rtificatio n AFCAB – Po s e de s armature s du bé to n

Elle garantit que les aciers et les arm atures posés par l’entreprise certifiée :
– sont conform es à leurs norm es de référence ;
– sont posés en respectant les plans, les règles de béton arm é, les règles de m ise
en place des accessoires (notam m ent les m anchons) ;
– sont parachevés sans altération des aciers ;
– sont contrôlés après la pose.

Pour les ouvrages de génie civil faisant l’objet d’un m arché public de travaux, le
fascicule 65 A :
– im pose d’utiliser des aciers et des dispositifs de raboutage certifiés ;
– conseille fortem ent de choisir un atelier d’arm atures bénéficiant de la certifica-
tion NF – Arm atures. Dans ce cas, ces produits ayant été contrôlés dans le cadre
de la certification, ils ne feront l’objet que d’une vérification d’identification et
d’aspect ;
– im pose dans le cas d’autres provenances, une réception des arm atures par lots
suivant les règles très contraignantes définies par la norm e NF A 35-027 ;
– conseille fortem ent de recourir à des entreprises de pose bénéficiant de la certi-
fication AFCAB – Pose des arm atures du béton ;
– im pose aux m aîtres d’œ uvre, dans le cas contraire, une acceptation sur la base
des critères du règlem ent de certification et du contrôle de la pose des arm a-
tures du béton de l’AFCAB.

Dans to us le s cas , le s garantie s appo rté e s par le s ce rtificatio ns de l’AFCAB


s o nt un gage de qualité po ur le s e ntre pris e s , le s maître s d’œ uvre , e t le s do n-
ne urs d’o rdre . Elle s s o nt de ce fait s o uve nt impo s é e s par le s cahie rs de s
charge s de s marché s .

73
Cha pit re
5 Pour une arm ature
parfaitem ent
définie

5.1 Re pè re s e t no mbre d’armature s


5.2 Dime ns io ns e t angle s de faço nnage
de s armature s
5.3 Cho ix de s mandrins de faço nnage
5.4 Fe rme ture s de s cadre s
5.5 Po s itio ns re lative s de s barre s e ntre e lle s
5.6 Enro bage
5.7 Ré s e rvatio ns
5.8 Armature s de fo rme s « s pé ciale s »

75
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie

Le chapitre précédent a été consacré à l’inventaire et à l’analyse des prescriptions


qui s’im posent à tous. L’application de certaines d’entre elles nécessite de
connaître la destination de l’ouvrage, ses conditions d’exposition aux intem péries,
aux actions agressives et au feu, ainsi que la fonction de chaque arm ature.

Il est donc fondam ental que l’arm aturier dispose toujours de plans définissant
com plètem ent et sans am biguïté les arm atures qu’il doit exécuter. Pourtant, on
constate m alheureusem ent qu’il n’en est pas toujours ainsi et que certaines préci-
sions font souvent défaut sur les plans.

Cette situation sem ble due au fait que l’arm ature par elle-m êm e n’est pas un
ouvrage ; elle n’est qu’un des com posants du béton arm é. Il n’existe donc pas de
m arché d’arm ature signé directem ent avec le m aître d’ouvrage. L’arm aturier est
un sous-traitant de l’entreprise titulaire du lot « gros œ uvre-m açonnerie ». Cette
entreprise lui confie l’exécution et éventuellem ent la pose des arm atures. Le
bureau d’études peut être désigné par le m aître d’ouvrage ou par l’entreprise de
gros œ uvre, m ais il n’a jam ais de lien contractuel avec l’arm aturier.

Il arrive souvent que la m ission du bureau d’études ne com porte pas explicite-
m ent la fourniture de plans d’arm atures détaillés incluant des cahiers de ferraillage
tels que définis dans la norm e NF EN ISO 4066 (Dessins de bâtim ent et génie civil-
Cahiers de ferraillage).

C’est en particulier le cas des études de bâtim ents publics relevant de la loi
« MOP » (Maîtrise d’Ouvrage Publique). Le texte de cette loi énonce les définitions
des différentes m issions de m aîtrise d’œ uvre. Ces définitions n’ont pas été jugées
suffisam m ent précises par les organisations professionnelles des bureaux d’études
qui ont donc établi et publié un docum ent (Décom position des tâches de m aîtrise
d’œ uvre) donnant le contenu des diverses m issions. Celle confiée aux bureaux
d’études intégrés à des équipes de m aîtrise d’œ uvre est en général la m ission
« plans d’exécution » et non la m ission « plans d’atelier et de chantier ». Selon le
docum ent précité, les plans d’exécution sont « des plans à l’échelle 1/ 50 sur les-
quels les seules précisions exigées sont : nature d’acier, sections d’arm atures,
im plantation générale », alors que ce sont les plans d’atelier et de chantier qui doi-
vent com porter les « nom enclatures, façonnages, calepinage, quantités à com -
m ander ». Ceci conduit les bureaux d’étude à inclure dans leurs plans des
« NOTA » tels que celui reproduit dans l’encart ci-après.

En pratique, ces plans sont transm is tels quels par l’entrepreneur de gros œ uvre
à l’arm aturier, alors qu’ils ne com portent pas toutes les précisions nécessaires à la
définition et à la réalisation des arm atures. Lorsque l’arm aturier s’adresse au
bureau d’études pour les obtenir, celui-ci répond parfois que sa m ission se lim ite
à l’établissem ent des plans qui ont déjà été com m uniqués.

76
REPRODUCTION D’UN NOTA FIGURANT SUR UN PLAN
DE BÂTIM ENT RELEVANT DE LA LOI M OP

> Les carnet s d’armat ures ne const it uent pas des plans de coff rage. Pour
t out es les cot es et les dét ails, il conviendra de se report er aux plans de
coff rage pour vérif icat ion.
> L’ent reprise de gros œuvre se doit de vérif ier et d’ét ablir, dans le cadre
de ses plans at elier chant ier (PAC), l’ensemble des indicat ions relat ives aux
linéaires, longueurs des élément s (aciers), ainsi que t out es quant it és à
commander et aut res calepinages ou nomenclat ures
> Les dét ails de f açonnage des aciers de ce carnet ne sont en rien exhaust if s.
L’ent reprise pourra, selon sa mét hodologie, prévoir ou adapt er (par elle-
même) d’aut res dét ails de f açonnage des aciers.
Elle vérif iera aussi les croisement s ent re les armat ures des diff érent s
élément s (pot eau-pout res par exemple) qu’elle adapt era (par elle-même) si
elle le juge nécessaire. Tout e modif icat ion f era l’objet d’un plan de dét ail
qui devra êt re validé par le bureau d’ét udes et le bureau de cont rôle, avant
t out e exécut ion sur chant ier.

L’exem ple des m issions relevant de la loi MOP est particulier. Cependant, quel
que soit le cadre juridique des m archés, la prestation sous-traitée aux arm aturiers
n’inclut jam ais une m ission d’établissem ent de plans d’atelier ou de m odification
des plans d’arm atures qu’il reçoit du bureau d’étude. Le règlem ent de l’AFCAB a
partiellem ent pris en com pte cette difficulté. Il dem ande aux arm aturiers de signa-
ler au bureau d’études les non-conform ités qu’il relève sur les plans en regard :
– des incom patibilités de dim ensionnem ent (par exem ple, poutre de longueur
4 m , dessinée avec 25 cadres à espacem ent 20 cm , ou cote d’arm ature supé-
rieure à celle du coffrage) ;
– des règles de façonnage ;
– des dim ensions de retour de crosses et d’ancrages.
L’arm aturier doit alors faire des propositions au bureau d’études qui reste le seul
décideur en la m atière.

D’une faço n gé né rale , la dé finitio n co mplè te d’un e ns e mble d’armature s do it


co mpo rte r le s pré cis io ns s uivante s :
– un re pè re pe rme ttant d’ide ntifie r chaque armature ;
– le no mbre de chaque armature co upé e faço nné e e t le no mbre d’é lé me nts
d’armature s as s e mblé e s co rre s po ndant à chaque re pè re ;
– le s dime ns io ns e t le s angle s de s armature s co upé e s faço nné e s ;
– le s diamè tre s de s mandrins de faço nnage ;
– le s po s itio ns re lative s de s armature s e ntre e lle s e t par rappo rt au co ffrage .

77
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie

5.1 Repères et nom bre


d’arm atures
Lorsque l’arm aturier travaille à partir de listes ou nom enclatures d’arm atures (voir
figure n° 7 au paragraphe 3.2.1) il ne rencontre aucun problèm e à ce sujet. En
revanche, s’il reçoit uniquem ent des plans de ferraillage, il arrive que certaines
arm atures ne com portent pas d’indication de repère et de nom bre.

Par exem ple les chaînages sont prévus sous la form e globale :
- « Chaînage 4 diam ètres 10, recouvrem ents 40 cm , cadres 15 x 15 diam ètre 6
espacem ent 30 sur tous les m urs ».

C’est donc alors l’arm aturier qui doit calculer le nom bre de pièces, en choisir la
longueur… Ce travail nécessite de disposer des plans de coffrage, ce qui n’est pas
toujours le cas, m ais surtout, en tout état de cause, ce travail incom be norm ale-
m ent au bureau d’études.

5.2 Dim ensions et angles de


façonnage des arm atures
Pour la plupart des arm atures, les cotes sont bien précisées par les plans.

La lacune la plus fréquente concerne les façonnages com portant des angles autres
que 90° ou 180° et en particulier les ancrages d’extrém ité.

Pour définir une arm ature pliée à un angle différent de 90° ou 180° telle que celle
représentée sur la figure n° 31, il faut donner par exem ple la cote A et deux des
trois cotes B, C, ou D. La longueur développée peut rem placer une des cotes. On
peut aussi donner les cotes A, B, et un angle, m algré les prescriptions de la norm e
NF EN ISO 4066 qui ne retient pas les angles com m e m oyen de cotation utilisable.

78
B
D

A C
C

Figure n° 31 : co tatio n d’une armature à un s e ul pliage .

5.2.1 - Cas particulie r de s ancrage s

Les ancrages d’extrém ité par courbure sont très utilisés. En France, l’ancrage par
« retour à 135° » est depuis longtem ps le plus répandu. La norm e NF A 35-027
(janvier 2003) le cite d’ailleurs com m e un des trois ancrages par courbure courants
avec l’équerre et le crochet à 180°.

De ce fait, il est tacitem ent adm is en France de choisir « par défaut », un angle de
135 °, quand le dessin représente un angle aigu, et que seule la cote B est indi-
quée. En outre, la cote B n’est pas toujours précisée et dans ce cas, on adopte,
égalem ent par défaut, la cote obtenue avec une longueur droite de dix diam ètres
après la courbure, qui est la longueur m inim ale fixée par la norm e NF A 35-027
(janvier 2003) pour les ferm etures de cadres. Cette pratique concerne en particu-
lier les ancrages de ferm etures des cadres. Les longueurs développées figurant sur
les plans sont d’ailleurs en général calculées avec cette hypothèse.

Le m anque d’inform ation fréquem m ent constaté sur les plans dans la définition
des ancrages a été pris en com pte dans la norm e NF A 35-027. Afin d’éviter aux
arm aturiers de devoir en perm anence questionner les bureaux d’étude ou effec-
tuer des choix qui ne relèvent pas de leur com pétence, cette norm e fixe, depuis
son édition de janvier 2003, un m ode de calcul des longueurs droites après cour-
bure dans le cas où le plan ne les précise pas, m ais où l’angle de façonnage est
défini. Ces longueurs « par défaut d’indication » devraient donc se généraliser.

79
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie

Ancrage par courbure


Lorsque les longueurs

L
r
rectilignes, après courbure
d’un ancrage par courbure,
ne sont pas mentionnées
sur le plan, les longueurs
rectilignes minimales après
courbures (Lr) à respecter
sont données par la
d
formule suivante :
Lr ≥ (25 – ␣/9) d ␣
dans laquelle,
␣ représente l’angle de cintrage exprimé en degrés ;
et d le diamètre nominal de l’acier.
Cette formule n’est valide que pour les angles de cintrage compris entre 90° et 180°.
Lr et d sont exprimés dans la même unité.

Figure n° 32 : ancrage par co urbure – lo ngue ur minimale


à re s pe cte r lo rs que le plan ne la pré cis e pas .

Le chapitre 4 a présenté les changem ents relatifs aux ancrages des arm atures
transversales apportés par l’Eurocode 2 Partie 1-1 (voir les figures n° 15 et 16
au paragraphe 4.3.3.4).

En dehors du cas particulier des arm atures transversales, l’Eurocode 2 Partie 1-1
dem ande que les ancrages soient déterm inés par le calcul, en com binant les
angles, les diam ètres de m andrins et les longueurs droites.

La m ise en application de l’Eurocode rend donc im pérative pour les bureaux


d’études la nécessité de préciser les cotes, les diam ètres de m andrins et les angles
des arm atures figurant sur leurs plans, y com pris pour les ancrages.

Les plans com portent aussi quelquefois des arm atures façonnées dont rien ne pré-
cise l’angle de façonnage, à m oins de consulter les plans de coffrage alors que l’ar-
m aturier n’en dispose pas toujours. Il est pourtant évident qu’un pliage
approxim atif risque d’entraîner des difficultés à la m ise en coffrage et des défauts
d’enrobage. Si le diam ètre de l’acier est im portant, une anom alie ne pourra pas
être corrigée sur place.

80
5.2.2 - Armature s « variable s »

Un autre cas où des précisions font souvent défaut est celui des arm atures
« variables ». Ce term e désigne des groupes d’arm atures ayant toutes la m êm e
form e m ais avec une ou plusieurs cote(s) différente(s).

La figure n° 33-A en illustre un exem ple caractéristique. Elle représente le prem ier
lit de la nappe inférieure du ferraillage d’une dalle de portée variable. Pour obte-
nir, par exem ple, les longueurs de coupe et les cotes de façonnage des dix arm a-
tures différentes du repère 1, l’arm aturier devra effectuer le calcul des longueurs
de coupe et de façonnage en progression régulière à partir de la cote variant de
600 à 700 cm en progression arithm étique. Dans cet exem ple, il est possible
d’éviter d’avoir recours à des longueurs variables en utilisant des arm atures « en
tiroir » et en jouant sur les recouvrem ents (figure 33-B).

33A
35

35

1 10 ø 20 e = 20
alternés
variable de 600 à 700
2 10 ø 20 e = 20

variable de 450 à 500


axés

33B

1 5+5 ø 20 e = 10 alternés

570

2 5+5 ø 20 e = 10 alternés

620

Figure n° 33 : e xe mple d'armature s « variable s » e t de s o lutio n alte rnative .

81
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie

Les arm atures « variables » se rencontrent souvent sur des plans de poutres dont
la section varie progressivem ent sur leur longueur. On peut sans doute com -
prendre que, dans ce cas le projeteur soit réticent à indiquer les cotes exactes de
chaque cadre, si son programme informatique de dessin d’armatures ne comporte
pas cette fonction. Cependant, il est évident que ces cotes sont nécessaires pour la
fabrication. C’est bien au bureau d’études qu’il incombe de fournir ces éléments,
d’autant plus qu’il possède certainement des moyens de calcul plus performants
que ceux de l’armaturier, et que les dimensions inexactes ou approximatives
entraîneront des difficultés de mise en œ uvre et des défauts d’enrobage.

Sur les m achines du type cadreuses, il est en général possible de program m er le


façonnage de séries de cadres dont les dim ensions varient en progression arith-
m étique. En revanche, ce n’est pas le cas pour les cadreuses sur lesquelles les
arm atures de gros diam ètre sont façonnées. Chaque dim ension différente néces-
site alors le m êm e travail de préparation et de réglage de m achine qu’il corres-
ponde à cent pièces ou à une seule. Dans certains cas, il n’est pas possible de
procéder différem m ent. Cependant, on pourrait souvent adopter d’autres solu-
tions en constituant des groupes d’arm atures arm atures identiques et en jouant
sur les longueurs de recouvrem ents (voir figure 33-B). Dans d’autres cas on pourra
uniform iser les cotes d’encom brem ent tout en respectant les prescriptions régle-
m entaires notam m ent celles visant les enrobages.

5.3 Choix des m andrins


de façonnage
Dans le contexte réglem entaire à fin 2004, les diam ètres de m andrins sont en
général déterm inés par application du tableau 1 de la norm e NF A 35-027 (jan-
vier 2003). Souvent, ces diam ètres ne sont pas précisés sur les plans. Parfois, le
tableau des valeurs m inim ales figurant dans la norm e est reproduit, ce qui signi-
fie que l’arm aturier doit choisir parm i les diam ètres m inim aux prévus pour les
cadres, les ancrages, ou les coudes, alors que cette décision ne lui incom be pas.
Dans la m ajorité des cas, ceci ne pose pas de problèm e, m ais il existe cependant
quelques exem ples où des erreurs peuvent être com m ises. En effet, les définitions
précises des term es « cadres », « étriers », « épingles », « ancrages par courbure »
et surtout, « coudes » ne figurent pas dans les textes réglem entaires et norm atifs,
et les croquis de la norm e NF A 35-027 ne sont pas toujours suffisants. Ces défi-
nitions donnent donc lieu à des interprétations diverses.

82
Pour les éviter, nous pensons qu’on aurait dû préciser les définitions ci après.

Cadre , é trie r, é pingle : arm ature transversale assurant une des fonctions sui-
vantes :
– résistance à des sollicitations tangentes,
– coutures de recouvrem ents,
– m aintien au flam bem ent de barres com prim ées,
– m aintien d’arm atures soum ises à une poussée au vide,
– frettage.

Figure n° 34 : armature s trans ve rs ale s , e xe mple s de cadre s ,


é trie rs e t é pingle s .

Ancrage par co urbure : zone d’arm ature com portant un façonnage destiné à
dim inuer la longueur d’arm ature assurant la transm ission des efforts par adhé-
rence entre l’acier et le béton. Un ancrage par courbure est le plus souvent situé
à une extrém ité d’arm ature. Il peut cependant se trouver dans une partie inter-
m édiaire, com m e par exem ple dans le cas des « boucles à plat » utilisées aux
appuis des poutres.

Crosse Équerre Boucles à plat

Figure n° 35 : e xe mple s d’ancrage s par co urbure .

Co ude : partie d’arm ature façonnée ne répondant pas à une des deux définitions
précédentes.

À partir de ces définitions on peut citer quelques exem ples pour lesquels il est
nécessaire d’analyser la fonction de l’arm ature pour effectuer le bon choix, ce qui
relève de la com pétence du bureau d’études et non de celle de l’arm aturier.

83
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie

console

poteau
Poutre « brisée »

Figure n° 36 : e xe mple s de co ude s .

Exemple 1 : parois fléchies

Dans une paroi fléchie, les arm atures verticales sont des cadres. Elles pourront
donc être façonnées avec les m andrins de petits diam ètres figurant dans la pre-
m ière ligne du tableau 1 de la norm e NF A 35-027 (voir le tableau n° 7 au para-
graphe 4.3.3.1). En revanche, les arm atures horizontales com portent des boucles
à plat qui constituent les ancrages sur appuis, m êm e s’il ne s’agit pas d’extrém i-
tés d’arm atures. Elles devront donc être pliées sur les m andrins dont les diam ètres
sont indiqués dans la deuxièm e ligne du m êm e tableau. Il appartient au bureau
d’étude d’indiquer explicitem ent sur le plan le diam ètre de m andrin à utiliser.

Élévation Coupe Vue en plan


cadres

cadres

ancrages

Figure n° 37 : paro i flé chie , cadre s ve rticaux e t ancrage s


de s armature s ho rizo ntale s .

84
Exemple 2 : mur de soutènement

La figure n° 38 représente les coupes schém atiques de deux m urs de soutène-


m ent. Ils diffèrent par la position de la sem elle qui est située coté vide pour le m ur
« A » et coté rem blai pour le m ur « B ». Dans la form e « A », l’arm ature est conti-
nue entre m ur et sem elle. Il s’agit d’un coude. Dans la form e « B », l’arm ature du
m ur est dissociée de celle de la sem elle. Les extrém ités façonnées dans l’angle à
la jonction entre le m ur et sa sem elle sont alors des ancrages. Ici encore les dia-
m ètres des m andrins doivent être précisés sur le plan.

A B
Remblai Remblai

coudes ancrages

Figure n° 38 : e xe mple de co ude e t d’ancrage , murs de s o utè ne me nt.

Exemple 3 : Pont-cadre ou portique

Le cas des arm atures de piédroits de ces ouvrages a été exposé au para-
graphe 4.3.3.9. Ces arm atures ne sont m anifestem ent ni des cadres ni des
ancrages, m ais donc des coudes. Leur conform ité est fondam entale car les efforts
peuvent y atteindre des valeurs m axim ales sur toute la longueur de la partie façon-
née. Les contraintes transm ises au béton dans la partie cintrée sont alors élevées.
Il s’agit d’ailleurs d’un cas, où la condition de non écrasem ent du béton (BAEL
A.6.1 252) peut être prépondérante. Cette condition conduit parfois à des rayons
de cintrage encore plus élevés, que l’arm aturier n’a aucun m oyen de déterm iner
sans la préconisation du bureau d’études.

Outre la difficulté que l’arm aturier peut avoir à effectuer le bon choix, on peut
noter que dans l’exem ple 3, il s'agit souvent d’arm atures de gros diam ètre.
L’adoption du diam ètre de m andrin des coudes, plus élevé que celui initialem ent
prévu a donc pour conséquence la création d’un « coin » de béton non arm é dont

85
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie

un dessin à l’échelle perm et d’apprécier l’im portance. Une étude de détail peut
m ontrer la nécessité de prévoir quelques arm atures com plém entaires de petit
diam ètre.

Armature
Risque d'éclatement
de petit
diamètre

Armature
principale

Figure n° 39 : e xe mple de co ude , po nt cadre o u po rtique .

L’Eurocode 2 met t ra f in aux risques de choix de mandrins erronés que nous venons
d’évoquer. En eff et , comme indiqué au chapit re 4, ce règlement ne prescrit plus de
diamèt res de mandrins spécif iques et « f orf ait aires » pour les ancrages et les coudes.
Il demande dans t ous les cas de calculer le diamèt re nécessaire pour évit er l’écrase-
ment du bét on.

Cet t e règle oblige donc à une just if icat ion qui ét ait rarement prat iquée dans le
cadre des règles BAEL. Il est t rop t ôt pour savoir comment les bureaux d’ét udes l’ap-
pliqueront . Il est souhait able qu’une list e de diamèt res préf érent iels soit ét ablie
conjoint ement ent re les bureaux d’ét udes et les armat uriers. Il est aussi possible que
l’expérience conduise à ét ablir des valeurs f orf ait aires analogues à celles de la
norme NF A 35-027, af in d’évit er des calculs t rop lourds.

Bien ent endu, la nécessit é de préciser sur les plans les diamèt res de mandrins à ut i-
liser rest e impérat ive.

86
5.4 Ferm etures des cadres
En toute rigueur, les plans pourraient préciser dans quel angle du cadre doit être
réalisée la ferm eture et quels sont les ancrages préconisés parm i les diverses solu-
tions possibles présentées au chapitre 4. Cependant, en dehors de cas particuliers
rencontrés, par exem ple dans les constructions parasism iques, ces indications ne
sont pas données. En effet un cadre ferm é en utilisant l’un quelconque des
ancrages conform es à ceux prescrits par les règles doit être considéré com m e par-
faitem ent continu.

C’est, sem ble-t-il, le seul cas où l’absence de précision sur les plans est souhai-
table. Sauf raison particulière, il est préférable de laisser l’arm aturier choisir parm i
les solutions celle qui convient le m ieux du point de vue de l’exécution et en par-
ticulier pour la m ise en place des arm atures longitudinales.

Une cotation convenable, com plétée par une indication précise des diam ètres de
façonnage perm et de définir com plètem ent chaque arm ature élém entaire. Il reste
m aintenant à s’assurer de la position de ces différentes arm atures entre elles et de
l’ensem ble par rapport au coffrage.

5.5 Positions relatives


des barres entre elles
5.5.1 - Lits de barre s s upe rpo s é s

Il arrive fréquemment dans les poutres comportant plus de deux lits d’armatures
que l’espacement entre ces lits ne soit pas coté. Les armaturiers savent qu’ils ne
doivent pas accoler plus de deux lits sauf indication contraire explicite, mais c’est
au bureau d’études de préciser ceux qui peuvent être accolés et ceux qui doivent
être séparés. Il lui appartient aussi de préciser les écartements en fonction des
hypothèses de calcul qu’il a adoptées. Rappelons que la stabilité au feu peut néces-
siter des positions d’armatures très spécifiques qui n’ont rien à voir avec celles
adoptées dans le calcul des structures aux températures normales d’utilisation.

87
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie

5.5.2 - Barre s « flo ttante s »

Lorsqu’il est prévu des arm atures telles que des barres relevées, ou des sus-
pentes, il arrive fréquem m ent que leur position ne soit pas précisée sur les plans
d’arm atures. Seul le plan de coffrage que l’atelier d’arm ature ne possède pas tou-
jours, perm et de définir la position correcte de ces arm atures.

5.6 Enrobage
L’enrobage n’est pas toujours précisé sur les plans. Il est souvent im plicite que les
cadres, lorsqu’il y en a, doivent être centrés dans la section béton, m ais ceci n’est
pas toujours le cas. De plus, il existe souvent d’autres arm atures que les cadres
tels que des épingles, des crosses, ou d’autres types de barres « indépendantes »
dont l’enrobage, et m êm e parfois la position, n’apparaissent pas.

Parfois, il peut y avoir am biguïté entre :


– l’enrobage des cadres et celui des barres filantes.
– l’enrobage tel que défini par les règles BAEL et la « distance utile », parfois dési-
gnée sous le nom « d’enrobage à l’axe » utilisée par les Règles de calcul :
« Méthode de prévision par le calcul du com portem ent au feu des structures en
béton ».

Comme indiqué au chapit re 4, l’Eurocode 2 Part ie 1-1 prescrit explicit ement de


ment ionner sur les plans l’enrobage nominal. Cet t e précision n’est donc plus un
souhait mais une exigence réglement aire.

88
5.7 Réservations
On rencontre parfois sur les plans, des arm atures qui traversent des réservations,
sans qu’il soit possible de savoir s’il s’agit d’un choix délibéré (réservation provi-
soire à bétonner en seconde phase), ou d’une erreur à rectifier. Un nota sur le plan
précisant ce point éviterait de se poser la question.

5.8 Arm atures de form es


« spéciales »
Certains ouvrages com portent des arm atures de form es très particulières. C’est
par exem ple le cas lorsque la géom étrie des coffrages est com plexe pour des rai-
sons architecturales, et que des arm atures doivent être placées aussi près du pare-
m ent que les règles d’enrobage le perm ettent.

Les outils de façonnage ne perm ettent pas de réaliser des courbes telles que des
ellipses ou des hyperboles. Il faut alors que la form e de l’arm ature soit définie par
une succession de parties droites et d’arcs de cercles la m oins com pliquée pos-
sible. Mêm e dans ces conditions le bureau d’études doit s’assurer auprès de l’ar-
m aturier de la faisabilité des arm atures qu’il déterm ine.

89
Cha pit re
6 Pour une arm ature
plus sim ple,
ou tout au m oins
réalisable
6.1 Fe rme ture de s cadre s
6.2 Cho ix de la fo rme de s armature s
trans ve rs ale s de s po utre s
6.3 Ancrage s par cro s s e s s ur plus ie urs lits
6.4 Jo nctio n e ntre chaînage s de murs
pe rpe ndiculaire s
6.5 Appui inte rmé diaire de po utre
s ur po te au
6.6 Appui inte rmé diaire d’une po utre
s ur une autre po utre
6.7 Po utre s ’appuyant
s ur de ux po utre s po rte us e s
6.8 Ouvrage s s pé ciaux

91
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable

C’est une évidence : il ne suffit pas que les arm atures soient conform es et définies,
il faut aussi qu’elles soient réalisables telles qu’elles sont représentées sur les
plans. Il est bien entendu m oins indispensable, m ais néanm oins très souhaitable,
de rechercher une conception qui perm ette une exécution plus facile.

Nous avons vu au chapitre 3 que l’arm ature peut être :


– soit assem blée en usine, puis livrée sur le chantier. Dans ce cas, seuls quelques
élém ents ne sont pas m ontés, quand l’arm aturier estim e que la pose s’en trou-
vera facilitée ;
– soit livrée au chantier coupée, façonnée, puis assem blée sur le site, à proxim ité
de l’ouvrage ou directem ent en coffrage.

Lorsqu’il s’agit d’armatures coupées façonnées exécutées à partir de listes d’arma-


tures, l’atelier n’a aucune indication sur la disposition de l’ensemble. C’est l’entre-
prise assurant la pose en coffrage qui risque de rencontrer les difficultés de mise en
place. Il lui appartient donc de com m uniquer ses instructions à l’arm aturier.

Dans le cas d’arm atures assem blées et exécutées à partir de plans com plets (plans
de ferraillage et plans de coffrage), le choix des pièces assem blées et des élém ents
laissés non m ontés est déterm inant pour la facilité et éventuellem ent pour la pos-
sibilité de m ise en place sur le chantier.

Ce choix fait pleinem ent partie du « m étier » de l’arm aturier, m ais, en théorie, son
intervention ne devrait pas aller au-delà. En fait, lors de l’étude du m ontage et des
conditions de pose, il arrive assez fréquem m ent de constater que l’arm ature pré-
vue n’est pas réalisable sans m odification.

Lorsque l’arm aturier décèle ce type de problèm e lors de l’analyse des plans il doit
le signaler au bureau d’études. Ce dernier conserve dans tous les cas le pouvoir
de décision. L’arm aturier peut uniquem ent exposer les difficultés qu’il rencontre
et form uler des propositions qui perm ettraient de les résoudre.

Les cas trop évidents de dim ensions d’arm atures m anifestem ent incom patibles
entre elles, ou avec celles du coffrage, ou du nom bre de pièces erronés ne seront
pas développés ici, m ais on peut citer quelques exem ples m oins visibles, et
cependant courants ou représentatifs, qui peuvent être rencontrés à deux stades
de l’exécution :
– lors du m ontage d’élém ents d’arm atures dans une cage prévue assem blée en
usine ou sur site ;
– lors de la pose de cages assem blées s’interpénétrant avec d’autres arm atures.

92
6.1 Ferm eture des cadres
Le chapitre 4 a présenté les prescriptions relatives aux ancrages de ferm eture des
cadres applicables à fin 2004 (voir 4.3.3.3). En utilisant sim plem ent les ancrages
avec des angles de pliage de 90°, 135° et 180°, ces prescriptions perm ettent neuf
form es de ferm etures théoriques. Six d’entre elles sont pratiquem ent utilisables,
m ais on constate que la ferm eture avec deux crochets à 135° est devenue large-
m ent prépondérante sur les plans.

135°
15 ø

10 ø 5ø

Figure n° 4 0 : fe rme ture de s cadre s , co mbinais o ns po s s ible s


s e lo n le s rè gle s BAEL.

Les cadres sont presque toujours figurés sur les plans par des schém as tels que
ceux de la figure n° 41.

Figure n° 4 1 : fe rme ture de s cadre s , e xe mple s de re pré s e ntatio n co urante .

93
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable

Il est certain que, dans la plupart des cas, cette représentation est « symbolique ».
Elle ne signifie pas forcément que le bureau d’études impose une fermeture par cro-
chet à 135°. Il s’agit d’une habitude de dessin qui a maintenant été intégrée dans la
plupart des logiciels de dessin d’armatures, et qui semble avoir plusieurs origines :
– il est exigé sur certains chantiers que les cadres soient ferm és de cette m anière.
Cette exigence est abusive, puisque les règles BAEL considèrent les autres fer-
m etures com m e équivalentes ;
– les règles relatives aux constructions parasism iques im posent de prévoir ainsi les
ferm etures dans certaines parties de ces ouvrages. Il n’est pas pour autant
nécessaire d’appliquer cette disposition pour les constructions courantes. Si l’ob-
jectif est d’améliorer la sécurité de ces bâtiments au-delà de ce que les règles
imposent, bien d’autres dispositions seraient à retenir avant de penser à la fer-
meture des cadres.

Beaucoup d’arm aturiers français ont donc choisi de réaliser systém atiquem ent les
cadres avec des ferm etures par crochets à 135° suivis d’une longueur droite de
dix diam ètres. Ils préfèrent éviter ainsi des refus de leurs clients. D’autre part, les
longueurs développées figurant sur les plans sont en général calculées avec cette
hypothèse, alors que les ancrages à 90° exigeraient une longueur légèrem ent
supérieure.

Ce type d’ancrage n’est pratiquem ent jam ais utilisé dans les autres pays m ais reste
de loin le plus courant en France. Cette particularité nationale, est actuellem ent à
l’origine de fréquentes difficultés de m ontage des arm atures. Les quelques
exem ples suivants illustrent ces difficultés et proposent des solutions alternatives
perm ettant au contraire de faciliter l’assem blage.

Ces solut ions, prennent en compt e les modif icat ions apport ées par l’Eurocode 2
(voir f igure 16), t out en remarquant que les disposit ions rest ent inchangées pour les
crochet s à 135°.

Exemple 1 : mise en place des barres longitudinales

Le m ode de fabrication le plus courant consiste à produire d’une part les cadres
sur des m achines autom atiques, d’autre part les barres longitudinales, façonnées
ou non, sur des m achines différentes, puis à assem bler les cages à l’aide de sou-
dures en atelier ou de ligatures sur chantier.

Quelle que soit la technique utilisée pour positionner les arm atures longitudinales
dans les cadres, la figure n° 42 m ontre que cette opération sera difficile pour les
barres situées dans l’angle com portant la ferm eture. Dans le cas de cadres étroits
et de barres de gros diam ètre, on peut m êm e arriver à une im possibilité.

94
10
Barres crossées
dans cadres étroits
54

19 Cad. HA 8 x 1.45 (e = 0.20)

16
370
15 15
2 HA 8 x 4.20 (Haut)
2 HA 10 x 4.20 (Bas)

Figure n° 4 2 : fe rme ture de s cadre s , difficulté de mis e e n place


de s armature s lo ngitudinale s .

La difficulté disparaît complètement si on utilise une fermeture avec deux ancrages


à 90° (avec longueur droite de dix diamètres comme le prescrit l’Eurocode 2). La solu-
tion avec un ancrage à 90° et un à 150° (avec longueur droite de 5 diamètres) est
aussi acceptable.

10 ø 150° 150°

10 ø 5ø 10 ø 5ø 5ø 5ø

Figure n° 4 3 : fe rme ture de s cadre s ,


mo de s de fe rme ture facilitant la mis e e n place de s armature s lo ngitudinale s .

Exemple 2 : lits de barres superposées dans une poutre

Dans le cas de lits superposés de gros diam ètre, les crochets obligent à décaler
les barres avec une perte sensible de hauteur utile par rapport aux hypothèses de
calcul. Pour des poutres de faible hauteur l’écart relatif devient im portant et peut
être très préjudiciable au bon com portem ent de la poutre.

95
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable

Ici encore les deux m odes de ferm eture représentés sur la figure n° 45 supprim ent
ce défaut.

Écart entre la position


théorique et la position réelle

Figure n° 4 4 : fe rme ture de s cadre s , difficulté de mis e


e n place de barre s s upe rpo s é e s .

Exemple 3 : cadres de petites dimensions

Pour des cadres de petites dim ensions tels que ceux représentés sur la figure
n° 45, la longueur droite de cinq diam ètres entre courbures prévue par la norm e
NF A 35-027 n’est pas respectée et surtout, l’enrobage de la partie hachurée
risque d’être insuffisant.

L’adoption de ferm etures à 90° conduisait à des im possibilités com pte tenu de la
longueur droite de quinze diam ètres exigée par les règles BAEL (figure 45-a). La
réduction de cette longueur par l’Eurocode 2 à dix diam ètres évite dans la plupart
des cas ces difficultés. En cas de nécessité, on pourra adopter un crochet à 90°
pour un des deux brins et un crochet à 135° pour l’autre (figure 45-b). On peut
aussi réaliser une seconde équerre sur le brin horizontal (figure 45-c).

Ø 12 Ø 14

Ancrage à 135°
Cadres étroits Ø 50 Ø 70

12 15

96
150°

45(a) 45(b) 45(c)


Figure n° 4 5 : fe rme ture de s cadre s , cadre s de pe tite dime ns io n.

Ces difficultés, alliées à une petite recherche d’économ ie, conduisent d’ailleurs à
raccourcir la longueur droite après courbure au m épris des exigences prescrites
aussi bien par les règles BAEL que par l’Eurocode 2.

Exemple 4 : imbrication de cadres perpendiculaires

Dans cet exem ple, il ne s’agit pas de placer des barres longitudinales m ais d’en-
gager les cadres 5 dans les cadres 3 placés dans des plans perpendiculaires. Dans
la zone des crochets de ferm eture, la tâche apparaît pour le m oins ardue.

Cadres perpendiculaires
imbriqués

5 4

1 6
d'éléments

de coupe
diamétre

longueur
nombre
repère

schéma

M=1 1,42
0,17

1 14 16 3,46
HA e=0,20
M=1
0,15

2 14 16 2,48
HA e=0,20 0,95
M=1
0,20

3 14 3x1 2,58
HA e=0,20 0,95
M=1
0,12

4 12 4x1 6,28
HA e=0,20
2,90
M=1
0,17

5 14 4x1 6,42
HA e=0,20
2,90
M=1 2,90
0,20

6 14 8 6,48
HA e=0,20

Figure n° 4 6 : fe rme ture de s cadre s , difficulté de mo ntage


de cadre s imbriqué s .

97
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable

Dans ce cas, la faisabilité du m ontage nécessite l’adoption d’ancrages à 90°.

Lorsqu’un arm aturier reçoit des plans com portant des dispositions telles que
celles que nous avons présentées à titre « d’exem ples à ne pas suivre », la prépa-
ration de la production se trouve bloquée, puisqu’il n’est pas habilité à m odifier
les plans sans l’accord du bureau d’études. Il ne peut que proposer d’adopter des
ferm etures autres que les crochets à 135° causes du problèm e.

Pour éviter ce blocage, il suffirait de convenir entre bureaux d’études et arm atu-
riers de la règle suivante :
« Sauf m ention contraire figurant sur les plans, conform ém ent à l’Eurocode 2, les
cadres seront ferm és par des ancrages à 90° avec une longueur droite de 10 dia-
m ètres après la courbure, et les épingles seront ancrées par des crochets à 150°
avec une longueur droite à 5 diam ètres après la courbure. »

6.2 Choix de la form e des


arm atures transversales
des poutres
La form e choisie pour les arm atures transversales par les bureaux d’études fran-
çais (ou par les logiciels qu’ils utilisent) com porte presque toujours un cadre ferm é
et un ou plusieurs étriers com m e représenté sur la figure n°47A En exam inant des
plans dessinés dans d’autres pays, on rencontre en général des form es très diffé-
rentes telles que celles des figures n°47B ou C.

A B C

Figure n° 4 7 : fo rme s dive rs e s d’armature s trans ve rs ale s .

98
Il ne faut pas en conclure qu’il faille com plètem ent changer nos habitudes. En
revanche il est intéressant de com parer les avantages et les inconvénients des
diverses solutions.

• Form e A :
– elle est économe en poids d’acier;
– elle assure une bonne rigidité de la cage assemblée ;
– l’introduction des barres longitudinales dans les étriers n’est pas toujours facile.

• Form e B:
– elle consom m e d’avantage d’acier si l’on prévoit effectivem ent l’épingle
repérée « E » sur la figure. Cependant dans le cas des poutres « en T », la pré-
sence des arm atures de la dalle perm et de s’en dispenser, si les cadres
ouverts sont assez rigides ;
– la m ise en place des barres longitudinales est facilitée à la fois par le cadre
ouvert et par le rem placem ent des étriers par des épingles.

• Form e C:
– dans une poutre de grande section cette form e peut faciliter l’assem blage en
usine de chaque file séparée et dim inuer les volum es des cages d’arm atures
pour le transport.

En fait, le choix doit s’effectuer en concertation entre le bureau d’études, le fabri-


cant des arm atures et l’entreprise assurant leur pose en coffrage.

6.3 Ancrages par crosses


sur plusieurs lits
La représentation reproduite sur la figure n° 48 est très fréquente. Si, comme le
prévoit le plan, on réalise des façonnages identiques pour les deux lits, il n’est
matériellement pas possible de les superposer. Il est physiquement possible de les
accoler, mais cette disposition est déconseillée par les règles BAEL et l’Eurocode 2
car elle est nuisible à la bonne m ise en place du béton. En inclinant le plan d’une
des crosses, on ne résout le problèm e que dans le cas de crosses de petit dia-
m ètre.

Il s’agit du m êm e problèm e que celui évoqué au paragraphe 4.3.3.8 pour les


arm atures supérieures des consoles. Il peut se résoudre de façon analogue.

99
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable

20 coupe
40 cad HA 8 x 368 162
12

1.10
32

1.70
40 cad HA 8 x 1.85 52

35 25
60
4 x 2 U HA 10 x 210 40

4 x 2 U HA 10 x 210 100
10 100
10
3 HA 10 x 10,45
6 HA 10 x 1005
2 HA 16 x 156 2 HA 12 x 1005 2 HA 16 x 156

1.20

18
1.20
36

36
36 1.26 36
3 HA 20 x 748 3 HA 20 x 1 149 3 HA 20 x 1 149
2 x 13 3 x 20 2 x 30 24
cadres 13 x 35 2 x 30 3 x20 2 x 13

7 3 x 15 2 x 23 24 2 x 25 3 x 15 7

40 10,05 40

Figure n° 4 8 : barre s cro s s é e s s ur plus ie urs lits


difficulté s de re s pe ct du plan.

Une prem ière solution consiste à m odifier le façonnage des ancrages :


– utiliser pour les arm atures du lit inférieur un m andrin de façonnage d’un dia-
m ètre supérieur au m inim um résultant du calcul ;
– adopter des angles de façonnage différents pour chacun des deux lits d’arm a-
tures (figure n° 49).

Cette solution m od ifie les R1 > R2


cond itions d ’ancrag e sur et A1 > A2
R1
appui. L’arm aturier ne peut
donc pas l’adopter sans l’ac- R2
cord du bureau d’études.
A1

A2

Figure n° 4 9 : barre s cro s s é e s s ur plus ie urs lits , s o lutio n acce ptable .

100
Une seconde solution consiste à prévoir sur les plans d’autres ancrages que les
habituelles crosses à 135°. En particulier des arm atures en form e de « U » indé-
pendantes peuvent être disposées en adoptant un recouvrem ent convenable (en
général 50 diam ètres) avec des barres inférieures droites. Suivant la largeur de la
poutre, on peut les façonner, avec deux plis ou avec un seul sur un m andrin de
plus gros diam ètre com m e le m ontre la figure n° 50.

Ces arm atures d’ancrage présentent plusieurs avantages :


– leur ancrage est « total »;
– elles peuvent être très précisém ent réglées à la position convenable ;
– elles sont en général éloignées des parem ents du béton ce qui facilite le respect
de la condition de non-écrasem ent du béton ;
– elles peuvent être superposées, en respectant les m êm es règles que pour les
barres longitudinales.

La « boucle norm ale » est d’ailleurs une des m éthodes d’ancrage citées par
l’Eurocode 2 en 8.4.1.

Il faut, en revanche, s’assurer que leur m ise en place n’est pas gênée par la pré-
sence de barres verticales.

Boucles posées à plat

Élévation Coupe Vue en plan

Figure n° 50 : ancrage d’appui de po utre utilis atio n de « bo ucle s à plat ».

101
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable

6.4 Jonction entre


chaînages de m urs
perpendiculaires
La solution la plus utilisée pour assurer la continuité des arm atures longitudinales
dans les angles de bâtim ents est celle des équerres de liaison com portant des
recouvrem ents droits de 50 diam ètres avec les chaînages courants. L’introduction
de ces équerres dans les cadres des élém ents assem blés sera difficile. Le poseur
sera tenté de les placer hors des cadres, au risque de ne pas respecter les enro-
bages prévus.

Ici encore, les boucles en U sont beaucoup plus com m odes, et elles évitent la
poussée au vide que peuvent provoquer des équerres m al positionnées. Autre
avantage : deux U rem placent trois équerres dans le cas d’un angle, et quatre dans
le cas d’un refend.

solution habituelle
avec équerres

Solution
avec boucles en U

Figure n° 51 : liais o ns d’angle s de chaînage s , s o lutio ns ave c é que rre s


e t ave c bo ucle s à plat.

102
6.5 Appui interm édiaire
de poutre sur poteau
En général, les poteaux et les poutres font l’objet de plans distincts. C’est pour-
quoi la com patibilité des ferraillages des poutres avec ceux des poteaux sur les-
quels elles reposent n’est pas toujours vérifiée. Il arrive souvent qu’en respectant
les positions figurant sur les plans, les barres supérieures de la poutre entrent en
collision avec les arm atures du poteau (voir figure n° 52A).

Poutre
B

B
coupe B-B
Poteau

Dans cette disposition les barres 7, 9 et 10


de la poutre « percutent » celles du poteau.

52A

Longueur de
recouvrement (Lr)
Aciers en attente

Solution satisfaisante avec attentes verticales

Longueur de 52B
recouvrement (Lr)

Figure n° 52 : appui de po utre s ur po te au, difficulté s de mis e e n œ uvre ,


s o lutio n alte rnative

103
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable

C’est en particulier le cas lorsque la largeur de la poutre est la m êm e que celle du


poteau ce qui est assez courant. Bien entendu le problèm e du recouvrem ent des
aciers du poteau des deux niveaux superposés se pose égalem ent à cet endroit.
La m eilleure solution sem ble donc de disposer des attentes verticales, ce qui per-
m et de résoudre en m êm e tem ps les deux difficultés (voir figure n° 52B).

6.6 Appui interm édiaire


d’une poutre
sur une autre poutre

Dans ce cas, ce sont les arm atures longitudinales des deux poutres qui risquent
de se rencontrer. La poutre portée com porte toujours des barres supérieures, et la
poutre porteuse peut en com porter aussi au m oins dans certaines zones. Le pro-
blèm e est particulièrem ent délicat quand on se trouve en présence d’arm atures
de gros diam ètre et parfois sur plusieurs lits.

Si aucune disposition particulière n’est prévue, c’est l’entreprise qui pose en cof-
frage qui choisira de faire passer l’armature d’une des deux poutres au-dessus de
l’autre suivant son inspiration et parfois hors des cadres. Il peut ainsi arriver que
l’écart entre la position réelle et la position théorique des barres dépasse largement
les tolérances admises ou que l’enrobage ne soit pas respecté (voir figure n° 53).

Pour bien faire, il faut que le bureau d’études choisisse lui-m êm e une position d’ar-
m ature réalisable, en tienne com pte dans ses calculs, et la représente de façon
explicite sur les plans.

Si les poutres sont de même hauteur, le problème se pose aussi pour les armatures
inférieures. On peut dans ce cas prévoir un léger dévoiement des barres inférieures,
ou encore la mise en place de « clés » avec recouvrements.

104
« chapeaux » d'une des deux poutres
décalées vers le bas

Figure n° 53 : appui d’une po utre s ur une autre po utre ,


incide nce s ur la po s itio n de s armature s .

6.7 Poutre s’appuyant


sur deux poutres
porteuses
Dans le cas de cages de poutres posées assem blées, on peut rencontrer des diffi-
cultés si chaque poutre a été étudiée séparém ent sans se soucier de l’ensem ble.
La pose de la cage d’arm ature de la poutre C, faisant suite à celle des poutres A
et B, dem andera une m anutention délicate pour introduire les ancrages aux
appuis.

La solution est connue sous le nom de « tirettes » c’est-à-dire de crosses non


assem blées et livrées sim plem ent attachées en position rentrée dans la cage. Leur
section et leur longueur doivent être calculées pour transm ettre l’effort tranchant
par recouvrem ent avec les barres inférieures. La pose de la cage C s’effectue alors
sans problèm e et on glisse ensuite les tirettes dans la position prévue au plan.

105
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable

poutre A poutre C poutre B

« Tirettes »
(crosses indépendantes
livrées non montées)

Figure n° 54 : appui d’une po utre s ur de ux autre s po utre s


difficulté s de mis e e n œ uvre , s o lutio n alte rnative .

6.8 Ouvrages spéciaux


Les paragraphes précédents ont présenté quelques exem ples des dispositions les
plus fréquentes. Dans certains bâtim ents et surtout en génie civil, on rencontre de
nom breux autres cas plus ou m oins com plexes, tous particuliers. L’expertise de
l’arm aturier fabricant ou poseur est alors fondam entale pour trouver les m eilleures
solutions aux difficultés potentielles de m ise en œ uvre des arm atures. Elle perm et
une véritable ingénierie de l’arm ature.

Ce travail ne peut s’effectuer qu’en coordination avec la conception des coffrages


et la définition des phases de bétonnage, et bien entendu l’étude de béton arm é.

Le bureau d’études doit non seulem ent s’assurer des possibilités de réalisation des
arm atures qu’il conçoit. Il lui appartient aussi d’en sim plifier la fabrication et la
pose en coffrage. Pour cela, il doit savoir en particulier si les arm atures sont
assem blées en usine et transportées sous form e de cages, ou au contraire assem -
blées sur site. Un contact avec l’arm aturier est donc nécessaire en am ont du

106
chantier. Cette pratique est assez généralisée pour les ouvrages de génie civil,
m ais reste exceptionnelle pour les bâtim ents. Pourtant, ceux-ci présentent parfois
des difficultés im portantes. C’est la com plexité et non la taille des ouvrages qui
doit im poser un travail en com m un, par ailleurs utile dans tous les cas.

Les logiciels de conception de ferraillage ne résolvent pas toujours très bien ce type
de problème. Quand la difficulté est « interne » à une pièce, certains logiciels pro-
posent au projeteur une ou plusieurs solutions. C’est à lui d’utiliser sa compétence
pour effectuer le bon choix. Il doit toujours rester critique vis-à-vis des
dispositions de ferraillage adoptées « par défaut ». Quand il s’agit d’une incompa-
tibilité entre ferraillages de deux pièces, seule une intervention « manuelle » permet
en général, pour l’instant, d’effectuer les adaptations nécessaires. C’est toujours le
cas pour les ouvrages complexes. Les outils informatiques offrent certainement des
possibilités de développement en particulier pour alerter le projeteur des risques
de difficultés de ferraillage et des points sur lesquels un arbitrage entre plusieurs
solutions est nécessaire.

107
Cha pit re
7 Pour une
optim isation globale
de l’arm ature

7.1 Étude s d’o ptimis atio n glo bale


7.2 Impo rtance de la co nce ptio n
du fe rraillage
7.3 Évo lutio ns de puis le s o rigine s
du bé to n armé
7.4 Co mparais o n de s habitude s
de dive rs pays
7.5 Cho ix de s e s pace me nts
de s armature s trans ve rs ale s
7.6 No mbre de re pè re s diffé re nts
7.7 Diamè tre de s mandrins de faço nnage
7.8 Exe mple

109
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature

Dans le chapitre précédent des dispositions qui rendent plus com m odes l’assem -
blage et la pose des arm atures ont été présentées. Ces dispositions perm ettent à
la fois de dim inuer les coûts d’exécution et d’am éliorer la qualité des arm atures
posées. Il s’agit de détails im portants, m ais ponctuels.

On peut aller plus loin en recherchant d’une façon plus générale une optimisation
technique et économique des armatures. L’essentiel du coût de l’armature se
trouve dans la matière première. Les gains correspondants ont été largement
exploités depuis longtemps. L’informatisation a permis de franchir une étape sup-
plémentaire en introduisant dans les programmes le « poids minimal » comme cri-
tère de choix unique ou prépondérant entre les divers ferraillages possibles. De leur
coté, les armaturiers ont su améliorer leur productivité grâce à des matériels de
dressage, de coupe, de façonnage et d’assemblage par soudure plus performants.

En revanche, il subsiste certainement des « gisements d’économie » dans une


conception des armatures qui permettrait de diminuer sensiblement les temps
d’exécution, quitte à consommer un peu plus d’acier. Ces temps d’exécution dépen-
dent évidemment de l’organisation et des moyens de production de chaque arma-
turier. On peut cependant noter que :
– le tem ps nécessaire pour couper ou façonner une arm ature n’est pas propor-
tionnel à sa section. Par exem ple sur certaines m achines, il ne faut pas plus de
tem ps pour réaliser un cadre de diam ètre 10 m m que le m êm e cadre en dia-
m ètre 6 m m ;
– le temps d’assemblage dépend très peu du diamètre des armatures à assembler.

On peut aussi form uler quelques observations générales.

7.1 Études d’optim isation


globale
Peu de recherches ont eu lieu dans ce sens. Ceci est probablem ent dû à la situa-
tion de sous traitant des arm aturiers, qui les prive de tout lien contractuel direct
avec les bureaux d’étude. Les arm aturiers sont aussi partiellem ent responsables
de cette situation pour n’avoir pas su adopter des barèm es de prix de vente
m odulés en tenant com pte de leurs coûts de production. Les prix de revient réels
d’arm atures très différentes sont ainsi occultés par les « prix m oyens à la tonne ».

110
7.2 Im portance
de la conception
du ferraillage
Les param ètres déterm inants pour les tem ps d’exécution des arm atures sont les
suivants :
– nom bre de barres à couper ;
– nom bre d’arm atures à façonner ;
– nom bre d’arm atures correspondant à des « repères » différents (diam ètres,
dim ensions, form es, etc.) ;
– nom bre de « plis » ou façonnages à effectuer ;
– nom bre de points d’assem blage ;
– com plexité des façonnages ;
– com plexité d’assem blage ;
– com plexité de la pose.

C’est au stade de la conception que ces param ètres sont totalem ent définis.

7.3 Évolutions depuis


les origines
du béton arm é
Lorsqu’on com pare des plans des années trente avec ceux d’aujourd’hui, on note
peu de différences visibles dans la form e des arm atures, depuis l’abandon des
cadres en feuillards. Ces différences se lim itent en fait au rem placem ent des cro-
chets à 180°, chers aux pionniers du béton arm é, par les ancrages à 135° et à
l’abandon quasi général des « barres bateaux ».

Est-il bien norm al que si peu de chose aient changé m algré l’évolution des carac-
téristiques des aciers, des techniques de production et des m éthodes de calcul ?

111
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature

7.4 Com paraison


des habitudes
de divers pays
Si m aintenant on com pare des plans établis selon les règles et habitudes françaises
avec ceux d’autres pays, plusieurs différences sont frappantes.

7.4 .1 - Diamè tre s de s acie rs utilis é s .

Les diamètres des aciers utilisés en France sont en général beaucoup plus faibles
que dans les autres pays Tout se passe comme si le passage des aciers de limite
d’élasticité 235 MPa à 400 MPa puis à 500 MPa s’était traduit uniquement par la
diminution des diamètres, et non par celui du nombre de barres. Nous avons vu au
chapitre 4 que l’origine de cette pratique se trouvait peut-être dans un souci de
limitation de l’ouverture des fissures. En fait rien ne justifie cette habitude. On n’en-
registre pas plus de sinistres dans les pays où l’on ignore l’emploi du diamètre
6 mm, et où, pour certains d’entre eux, le diamètre 8 mm n’est que rarement uti-
lisé. La rigidité des aciers de plus gros diamètre permet un meilleur respect des
dimensions des armatures et des enrobages. On constate en effet souvent que les
désordres dus à un enrobage insuffisant concernent des armatures de faible dia-
mètre qui se sont déformées lors des manutentions ou de la pose en coffrage.
L’augmentation des diamètres constitue manifestement un facteur d’amélioration
de la qualité dans un domaine très sensible.

La seule raison pour laquelle ce type de disposition est privilégié en France, est que
les faibles diamètres permettent d’approcher au plus près les sections de calcul. On
croit alors avoir obtenu la solution la plus économique. En fait, l’acier est d’autant
plus cher à la tonne que son diamètre est faible, et surtout, cette façon de faire mul-
tiplie le nombre de barres à façonner et à assembler, et donc le coût de production.

L’adoption de diamètres plus élevés à la fois pour les armatures longitudinales et


transversales, (tout en respectant, bien entendu les exigences réglementaires des
règles BAEL ou de l’Eurocode 2) doit permettre des économies malgré les supplé-
ments de poids qu’elle entraînerait.

112
7.4 .2 - Utilis atio n de s é trie rs

On constate aussi en France un usage systém atique des étriers dès que les poutres
com portent plus de deux files de barres longitudinales. Rien n’im pose cette dis-
position ni dans les règles BAEL ni dans l’Eurocode 2. Dans le cas où plusieurs lits
d’arm atures sont prévus, des étriers sont nécessaires au m aintien des barres, m ais
il suffit pour cela d’en prévoir un petit nom bre largem ent espacé.

En adoptant le plus souvent possible des cadres sans étrier, l’introduction des
arm atures longitudinales se trouve facilitée. De plus, le nom bre d’arm atures
façonnées et le nom bre de points d’assem blage sont ainsi dim inués.

Lorsqu’un seul cadre est insuffisant, il est préférable de prévoir des épingles plu-
tôt que des étriers ce qui rend aussi le m ontage plus com m ode.

7.4 .3 - Fe rme ture s de s cadre s

Les problèm es liés aux ferm etures des arm atures transversales ont été présentés
au chapitre précédent. La proposition qui a été form ulée dans ce chapitre est rap-
pelée ci-dessous. Elle consiste à convenir d’un accord entre bureaux d’études et
arm aturiers com portant les clauses suivantes qui respectent les prescriptions de
l’Eurocode 2 Partie 1-1 :

• sauf indication contraire figurant explicitem ent sur le plan :


– les cadres sont exécutés avec deux ferm etures à 90°suivies d’une longueur
droite de 10 diam ètres ;
– les épingles sont ancrées par des crochets à 150° suivis de longueurs droites
de 5 diam ètres ;
– les étriers sont m unis d’ancrages à 180° suivis de longueurs droites de 5 dia-
m ètres.

• les crochets à 135° ne sont réalisés que sur dem ande expresse du bureau
d’études figurant sur les plans.

• les cadres ayant uniquem ent une fonction de m ontage sont signalés sur les plans
par la m ention « ferm eture libre ». Ces cadres ne sont pas soum is aux règles
techniques applicables aux arm atures.

113
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature

7.5 Choix des espacem ents


des arm atures
transversales
Les logiciels de calcul sont actuellement conçus de façon à proposer des espace-
ments d’armatures transversales conduisant à des sections aussi proches que pos-
sible de celles obtenues par le calcul. On obtient ainsi des valeurs d’espacements
quelconques et variables un peu analogues à celles des anciennes « séries de
Caquot » (la figure n° 7 au paragraphe 3.2 en montre un exemple).

Cette façon de procéder oblige les arm aturiers à effectuer un tracé spécifique pour
chaque poutre. En fait, le calcul im pose uniquem ent la section d’arm ature trans-
versale à prévoir sur une longueur de poutre égale à son « bras de levier ».

Il est possible de systém atiser des espacem ents m ultiples de cinq ou dix centi-
m ètres, ce qui perm et d’utilisation de gabarits très sim ples et réutilisables pour le
positionnem ent des cadres.

7.6 Nom bre de repères


différents
En m atière de nom bre de repères, l’inform atique apporte égalem ent au projeteur
des facilités nuisibles à la productivité de l’arm aturier. Elle perm et en effet de m ul-
tiplier le nom bre d’arm atures avec des cotes différentes de quelques centim ètres
là où des séries seraient possibles sans aucun inconvénient. Un cas typique est
celui des cadres ou barres « variables » citées au paragraphe 5.2.2. En acceptant
un léger supplém ent de poids et des recouvrem ents variables, on peut sim plifier
le ferraillage et dim inuer le nom bre d’arm atures différentes.

La m êm e observation peut être faite pour les ensem bles m ontés (poutres ou
poteaux par exem ple), pour lesquels une standardisation est parfois possible.

114
7.7 Diamètres des mandrins
de façonnage
Ce sujet a été traité dans les chapitres 5 et 6. L’application de l’Eurocode 2 Partie
1-1 risque d’entraîner l’apparition sur les plans d’un nom bre infini de diam ètres de
m andrins issus directem ent du calcul.

Une solution consiste à établir une liste de diam ètres préférentiels, les logiciels de
dessin d’arm ature utilisant systém atiquem ent le diam ètre de cette liste im m édia-
tem ent supérieur à la valeur m inim ale calculée.

De plus, si l’habitude de ne pas préciser les diam ètres de m andrins sur les plans
perdure, il pourrait être convenu entre bureaux d’études et arm aturiers d’un dia-
m ètre de m andrin pour chaque diam ètre d’acier qui serait utilisé « par défaut ».

L’em ploi de m andrins de diam ètres différents serait réservé aux cas où ils seraient
exigés et explicitem ent spécifiés sur les plans par le bureau d’études.

7.8 Exem ple


À titre d’exem ple, on trouvera ci-dessous deux solutions de ferraillage d’une
m êm e poutre uniform ém ent chargée qui ont été dessinées par le m êm e logiciel.
Bien entendu elles satisfont toutes deux aux exigences réglem entaires (aussi bien
celles en vigueur à fin 2004 que celles du nouveau contexte réglem entaire). Leurs
spécificités sont les suivantes :
• solution « de base »: c’est la solution proposée par l’ordinateur sur la base des
habitudes en vigueur.
• variante ; dans cette solution, le projeteur a im posé :
– des diamètres plus gros pour les armatures longitudinales et transversales ;
– des cadres sans étriers. On peut noter que le m aintien des barres de la file cen-
trale nécessite quelques épingles verticales de m ontage que le logiciel ne per-
m et pas de dessiner ;
– la suppression d’une des deux épingles horizontales et des filants associés
(repères 8 et 9) qui se justifie compte tenu de la meilleure rigidité des cadres ;
– des espacements de cadres multiples de 5 cm, proches de ceux de la solution
précédente. Dans le cas présent, cette répartition a du être effectuée « à la
main », le logiciel permettant seulement de vérifier qu’elle est satisfaisante ;
– des espacem ents de 40 cm dans la partie centrale de la poutre où les règles
BAEL ainsi que l’Eurocode 2 l’autorisent.

115
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature

101 101

11HA10 x 1,13 e = 24 cm 3HA10 x 1,13 e = 89 cm 11HA10 x 1,13 e = 24 cm

A
5 7 8 Barre Lg Forme

25
25
1 3HA16 904
135° 851 135°
2 3HA16 835
835
3 3HA16 694 694
1 2 3 4
A 4 3HA16 523 523
30 600

16
5 3HA10 141
12 x 9 3 x 15 21 27 3 x 21 27 21 3 x 15
124 135°
5 5 x 12 15 24 2 x 30 2 x 30 24 18 5 x 12
8 53

16
6 3HA10 141
18 86 135° 124

12
12
7 3HA8 877
135° 851 135°
coupe A-A 8 4HA8 852 852
Échelle= 1/20 9 38HA6 34
17
12

85
10 56HA6 176
17
20

9 11 56HA6 149
65
70

12 28HA10 113 113


50

11
10

80 25 80
béton = 1,04 m3
Acier = 231,6 kg d =159,4 kg/m3
Fi =9,9 mm Cof = 10,0 m2

101 101

Figure n° 55A : fe rraillage de po utre ,


e xe mple de s o rtie d’o rdinate ur, s o lutio n de bas e .

116
101 101

11HA10 x 1,13 e = 24 cm 3HA10 x 1,13 e = 89 cm 11HA10 x 1,13 e = 24 cm

A
10 6 7
Barre Lg Forme
1 3hA20 920

32
32
135° 862 135°
2 3HA20 760
760
3 3HA16 493
1 2 3 493
A 4 3HA10 141

16
30 800
124 135°
8 x 10 4 x 20 6 x 40 4 x 20 5 3HA10 141

16
2610 134
4 x 15 2 x 25 2 x 25 4 x 15 135° 124
20

12
12
6 3HA8 877
135° 851 135°
7 2HA8 852 852
coupe A-A 8 18HA6 33
33
Échelle= 1/20
9

35
10 43HA10 183
17
10 28HA10 113 113
20

20
8
béton =1,04 m3
70

Acier=239,34 kg d=164,8 kg/m3


Fi=12,9 mm Cof=10,0m2
50

9 50
Nota : ajouter 5 épingles
verticales de montage
80 25 80

Figure n° 55B: fe rraillage de po utre ,


e xe mple de s o rtie d’o rdinate ur, variante .

En analysant les principaux param ètres ayant une incidence sur le coût de pro-
duction de la cage de poutre assem blée, on constate que la variante présente les
écarts suivants par rapport à la solution de base :
– nom bre de barres à couper : – 87, soit une dim inution de 50 % ;
– nom bre d’arm atures à façonner : – 82, soit une dim inution de 51 % ;
– nom bre m inim um de points de soudure : – 148, soit une dim inution de 43 % ;
– diam ètre m oyen : + 2,9 m m ;
– possibilité d’utiliser un gabarit pour positionner les cadres ;
– poids d’acier : + 8 kg, sur un total de 232 kg, soit une augmentation de 3,8 %.

Chaque arm aturier dispose d’élém ents de coût de production qui lui sont propres
(coût m atière prem ière, coût m ain d’œ uvre, coût m achine, etc.). Il lui appartient
à partir de ces élém ents, de tirer les conclusions qui découlent de ces com parai-
sons pour son cas particulier.

117
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature

Il est aussi probable que certains ingénieurs de bureaux d’études n’accepteront


pas l’une ou l’autre des m odifications effectuées entre la solution de base et la
variante. Rappelons que dans tous les cas la conception de l’arm ature reste de leur
responsabilité.

La diminution substantielle de tous les paramètres influant sur le temps de pro-


duction mérite d’être prise en considération. Cependant, même si la variante paraît
globalement intéressante, on peut se demander comment elle pourrait être pro-
posée, puisqu’elle nécessite un poids d’acier plus élevé.

La conclusion de ce guide est consacrée à l’analyse des causes de blocage et à la


recherche de m oyens perm ettant de les surm onter.

118
Cha pit re
8 Conclusions

119
Cha pit re 8 Conclusions

Les observations, questions ou propositions form ulées au chapitre 7 s’adressent à


tous ceux qui interviennent dans la conception et la réalisation des arm atures.

Certaines difficultés qui ont leur origine dans les textes réglem entaires ont été
relevées. La m ise en application de l’Eurocode 2 devrait en élim iner m ais risque
d’en générer d’autres. Si la pratique en m ontre la nécessité, il reste possible
d’adopter des conventions entre bureaux d’études et arm aturiers.

En dehors de cet aspect réglem entaire, les acteurs les plus concernés sont m ani-
festem ent les bureaux d’études chargés d’établir les plans d’exécution. Mêm e si
leurs m issions ne sont pas toujours assez précises, on ne peut pas contester qu’il
leur incom be de concevoir des arm atures conform es, parfaitem ent définies et réa-
lisables par les arm aturiers. Ce guide doit les aider à m ieux com m uniquer avec
ceux qui exécuteront les ferraillages qu’ils conçoivent.

Cependant, pour viser l’objectif d’une véritable optim isation, certains change-
m ents plus fondam entaux sont nécessaires. Le « nœ ud du problèm e » se situe
dans la façon de traiter les contrats d’études d’exécution et les m archés de sous-
traitance des arm atures.

Aujourd’hui, pour les entreprises, ces deux sujets sont totalem ent distincts. D’une
part, elles confient à un bureau une m ission d’étude des ouvrages de béton arm é.
Les exigences fixées concernant les arm atures, sont la conform ité technique ainsi
que l’économ ie en poids d’acier (ou tout au m oins le respect des quantités pré-
vues). D’autre part, elles sous-traitent les prestations d’exécution et éventuelle-
m ent de pose des arm atures sur la base d’un prix d’arm atures à la tonne. Ce prix
est parfois m odulé suivant le diam ètre m oyen. Souvent, il s’agit au contraire d’un
prix à la tonne « tout confondu ».

Dès lors, toute évolution est im possible. En effet :


– pour l’entreprise le coût du poste arm ature est figé ; l’optim isation ne peut plus
l’intéresser ;
– pour le bureau d’études, prendre en com pte les problèm es de façonnage, d’as-
sem blage et de pose correspond à un travail supplém entaire non rém unéré ;
seules sa conscience professionnelle et ses bonnes relations avec les arm aturiers
peuvent l’inciter à le faire dans des lim ites bien com préhensibles ;
– pour l’arm aturier, alors cantonné dans un rôle d’exécutant, les possibilités d’in-
fluencer réellem ent la conception sont évidem m ent restreintes ;
– le concepteur de logiciel s’attache à répondre aux dem andes de ses clients.
Aucune dem ande d’optim isation n’étant form ulée, il ne s’y intéresse pas.

120
Cette situation regrettable a sans doute des origines m ultiples dans lesquelles tous
les intervenants ont une part de responsabilité, et elle doit évoluer.

Pour cela, il faut nécessairement structurer la relation entre bureau d’études et arma-
turier afin qu’ils puissent proposer ensemble aux entreprises par exemple la prise en
charge conjointe des études d’exécution et de la fourniture avec pose éventuelle
des armatures. Cette association pourra prendre différentes formes juridiques et
contractuelles à définir. Dans tous les cas, elle impliquera des changements notables.

Dans cette association, le bureau d’études reste bien entendu seul com pétent et
décideur en m atière de conform ité m ais, dans les lim ites que celle-ci im pose. Il
doit accepter de prendre en com pte les directives de l’arm aturier pour la concep-
tion de l’arm ature. Il doit intégrer dans ses honoraires le surcoût correspondant à
ces nouvelles contraintes. On peut d’ailleurs penser qu’après un certain tem ps de
collaboration ces contraintes seront pour l’essentiel intégrées. Le surcoût devien-
dra alors négligeable.

L’arm aturier pourra alors exploiter pleinem ent son savoir-faire conduisant à une
conception qui réduira les coûts de m ain-d’œ uvre tout en favorisant la qualité. Il
sera donc en m esure de traiter son m arché sur la base de prix à la tonne dim inués
en conséquence.

Les outils perm ettant cette m ise en com m un des com pétences des bureaux
d’étude et de celles des arm aturiers sont m aintenant à portée de m ain.

En prem ier lieu, les logiciels de dessins d’arm ature perm ettent facilem ent de com -
parer diverses solutions. On peut ainsi m esurer l’incidence sur le poids d’acier de
dispositions perm ettant un m eilleur rendem ent. Les nom enclatures com portent
les nom bres de pièces. Elles pourraient aussi indiquer le nom bre de points d’as-
sem blage. Chaque arm aturier pourrait, en fonction de ses m oyens de production,
valoriser les divers param ètres de coût. Des choix de principes de ferraillage dif-
férents de ceux actuellem ent favorisés pourraient être introduits sans difficulté.

Internet perm et désorm ais l’échange des fichiers à distance et des allers-retours
entre bureaux d’études et arm aturiers. Il est donc possible d’optim iser les dessins
de ferraillage avant qu’ils ne soient figés et diffusés sous form e de plans sur papier.

Cette évolution doit perm ettre une économ ie obtenue sur le coût des arm atures,
supérieure au surcoût des études. C’est évidem m ent la condition pour que les
entreprises acceptent cette nouvelle dém arche et que les donneurs d’ordre y
soient favorables.

Quelques chantiers expérim entaux organisés sur ce principe, soigneusem ent sui-
vis et analysés perm ettraient de vérifier l’intérêt de cette façon de travailler.

Les initiatives pourront venir de l’une quelconque des catégories d’acteurs. Dans
tous les cas, l’AFCAB souhaite bien entendu vivem ent y être associée.

121
Cha pit re
9 Annexes

Anne xe 1
Analys e de s pre s criptio ns de l’Euro co de 2 Partie 1- 1
(pro je t d’avril 2004 ) re lative s au faço nnage

Anne xe 2
Pro ce s s us de dé te rminatio n de l’e nro bage no mimal s uivant
l’Euro co de 2 Partie 1- 1 co mplé té par s on Anne xe Nationale
Français e

123
Cha pit re 9 Annexes

Annexe 1
Analyse des prescriptions
de l’Eurocode 2 Partie 1-1
(projet d’avril 2004)
relatives au façonnage

L’objet de cette annexe est de présenter une analyse des règles de l’Eurocode 2
(projet d’avril 2004) relatives au façonnage et les conséquences qui découlent de
cette analyse.

Ces prescriptions se trouvent dans les articles :


– 8.3 Diam ètres adm issibles des m andrins de façonnage pour les barres pliées ;
– 8.4 Ancrage des arm atures longitudinales ;
– 8.5 Ancrage des arm atures d’effort tranchant et autres arm atures transversales.

Il co nvie nt de co ns ulte r ce s article s autant que né ce s s aire .

1 - Table au 8.1N de l’article 8.3 (2).


Diamè tre s minimaux de faço nnage

Les diam ètres m inim aux prescrits par le tableau 8.1N sont les m êm es quelle que
soit la fonction de l’arm ature. Ceci est norm al puisqu’il s’agit « d’éviter le dom -
m age aux arm atures ». Par contre le tableau précise : « dans le cas des coudes, cro-
chets ou boucles (voir figure 8.1) ». Or, la figure 8.1 à l’article 8.4 ne concerne que
les ancrages.

On peut cependant supposer que ces diam ètre m inim aux s’im posent pour tous
les façonnages quelle que soit leur fonction (ancrage ou tout autre changem ent de
direction).

124
2 - Article 8.3 (3). Jus tificatio n vis - à- vis de la rupture
du bé to n. Cas de s armature s trans ve rs ale s

L’expression (8.1) de l’Eurocode 2 à utiliser pour cette vérification est analogue à


celle contenue dans l’article A.6.1.25 des règles BAEL 91.
En revanche, contrairem ent aux règles BAEL 91, l’Eurocode 2 ne dispense pas
explicitem ent de cette vérification pour tous les façonnages de cadres et autres
arm atures transversales.

L’article 8.3 (3) énum ère trois conditions à rem plir sim ultaném ent pour que cette
justification ne soit pas nécessaire :
– prem ière condition : la barre n’est pas disposée près de la surface (plan de
flexion proche du parem ent) et il existe une barre transversale de diam ètre
supérieur ou égal à F à l’intérieur de la partie courbe. Cette exigence est très
généralem ent satisfaite pour les arm atures transversales ;
– deuxième condition: le diamètre du mandrin est supérieur ou égal aux valeurs recom-
mandées du tableau 8.1 N. Cette condition est obligatoirement remplie puisqu’elle est
imposée, (et non simplement recommandée) par le tableau 8.1 N;
– troisièm e condition : l’ancrage nécessaire de la barre ne dépasse pas 5 diam ètres
au-delà de l’extrém ité de la partie courbe. Sur ce point, il faut se référer aux
articles 8.4.1 et 8.5. Ces articles prescrivent une longueur droite de 5 diam ètres
après la courbure si l’angle de façonnage de l’ancrage est au m inim um à 150°
et de 10 diam ètres s’il est inférieur. La condition est donc rem plie pour les
ancrages pliés au m inim um à 150°. Par contre, la vérification serait exigée pour
les crochets à 135° ou 90°.

Il serait étonnant que l’Eurocode 2 revienne sur la pratique existant de longue date
en France et dans plusieurs autres pays qui dispense vérifier pour toutes les arm a-
tures transversales la « condition de non écrasem ent du béton ». Ceci conduirait à
des diam ètres de façonnage pratiquem ent inacceptables ou à l’abandon des fer-
m etures de cadres par ancrage à 90° et 135°.

Par ailleurs, l’expression (8.1) prend en compte « l’effort de traction… à l’origine de


la partie courbe ». Cette notion de calcul n’existe pas pour les cadres de poteaux.

On pe ut do nc s uppo s e r qu’e n de ho rs de cas e xce ptio nne ls , la jus tificatio n


vis - à- vis de la rupture du bé to n ne s ’applique pas aux armature s trans ve r-
s ale s , quand e lle s co mpo rte nt une barre à l’inté rie ur de la partie co urbe .

125
Cha pit re 9 Annexes

3 - Dé finitio n pré cis e de s diamè tre s de mandrins

Les diam ètres m inim aux découlant de l’expression (8.1) sont plus élevés que ceux
du tableau 8.1N.

Les bureaux d’étude devront donc systém atiquem ent calculer et préciser sur les
plans le diam ètre de cintrage à adopter pour toutes les arm atures autres que les
cadres.

On peut craindre que, le calcul inform atisé aidant, une infinité de diam ètres de
façonnage n’apparaisse sur les plans. Pour des raisons pratiques il est nécessaire
de lim iter le nom bre de m andrins utilisés.

Une lis te de diamè tre s pré fé re ntie ls de vrait ê tre é tablie , par e xe mple dans la
no uve lle no rme NF A 35- 027, e t il s e rait co nve nu de ré alis e r s ys té matique -
me nt le s faço nnage s s ur le mandrin de diamè tre pré fé re ntie l immé diate me nt
s upé rie ur à ce lui ré s ultant du calcul.

126
Annexe 2
Processus de déterm ination
de l’enrobage nom im al
suivant l’Eurocode 2,
Partie 1-1 com plété
par son Annexe
Nationale Française
Cette annexe présente le processus de déterm ination de l’enrobage nom inal sui-
vant l’Eurocode 2 partie 1.1 com plété par son Annexe Nationale française.
Les tableaux de cette annexe sont repérés par la m ention « (F) »

Les 7 étapes du processus sont les suivantes :

1 - Dé te rminatio n de la clas s e d’e xpo s itio n de la s tructure

La classe d’exposition est im posée au m aître d’œ uvre en fonction des conditions
d’environnem ent du projet dont elles constituent une donnée de base. Elle est
donnée par le tableau 4.1 (F) à l’article 4.2 (2) de l’Annexe Nationale française.

2 - Cho ix de la clas s e s tructurale

L’EN 1990 – Bases de calcul des structures, définit 6 classes structurales. Chaque
classe correspond à une durée d’utilisation de projet. La classe à utiliser pour les
bâtim ents et ouvrages de génie civil courants est S4 (durée d’utilisation de projet
de 50 ans) pour des bétons conform es aux tableaux N.A.F.1 ou N.A.F.2 de
l’Annexe Française de la norm e NF EN 206-1. La classe des ponts est S6.

Les possibilités d’adoption d’une classe structurale différente en fonction de choix


particuliers pour le projet, engageant le m aître d’œ uvre, sont données par le
tableau 4.3 N (F) à l’article 4.4.1.2 (5) de l’Annexe Nationale française.

127
Cha pit re 9 Annexes

3 - Dé te rminatio n de l’e nro bage minimal


vis - à- vis de la durabilité « Cmin, dur »

À partir de la classe d’exposition et de la classe structurale du projet, le


tableau 4.4 N à l’article 4.4.1.2 (5) de l’Eurocode 2 Partie 1.1 perm et de déterm i-
ner l’enrobage m inim al vis-à-vis de la durabilité « Cm in, dur ».

4 - Pris e e n co mpte de s ré ductio ns


e t (o u) de s augme ntatio ns é ve ntue lle s de « Cmin, dur »

• L’article 4.4.1.2 (7) de l’Annexe Française précise ensuite que l’enrobage


« Cmin. dur » peut être réduit d’une valeur « ∆Cdur, st » fixée par les documents parti-
culiers du marché, dans le cas d’utilisation d’armatures en acier dont la résistance
à la corrosion est éprouvée (par exemple armatures inox). Ce choix engage le
maître d’œ uvre.
• L’article 4.4.1.2 (8) de l’Annexe Française précise ensuite que l’enrobage
« Cm in. dur » peut être réduit d’une valeur « ∆Cdur add » fixée par les docum ents
particuliers du m arché, dans le cas de m ise en place d’un revêtem ent adhérent
assurant une protection com plém entaire justifiée vis-à-vis des agents agressifs.
Ce choix engageant le m aître d’œ uvre.
• Inversement, l’Eurocode 2 Partie 1.1 donne en 4.4.1.2 (11) et 4.4.1.2 (13) les
valeurs d’augmentation de l’enrobage minimal à adopter dans les cas suivants :
– parem ents irréguliers ;
– abrasion du béton.

5 - Dé te rminatio n de l’e nro bage minimal


vis - à- vis de l’adhé re nce « Cmin, b »

L’enrobage m inim al vis-à-vis de l’adhérence « Cm in, b » est donné par le tableau 4.2
à l’article 4.4.2.1 (3) de l’Eurocode 2 Partie 1.1

128
6 - Dé te rminatio n de l’e nro bage minimal « Cmin »

L’enrobage minimal Cmin est déterminé par une formule donnée dans l’article
4.4.2.1 de l’Eurocode 2 partie 1.1 à partir de « Cmin, b », « Cmin. dur », « ∆Cdur, st » et
« ∆Cdur, add ».

7 - Pris e e n co mpte de s to lé rance s d’e xé cutio n.


Dé te rminatio n de l’e nro bage no minal « Cno m »

L’enrobage nom inal « Cnom » s’obtient en m ajorant l’enrobage m inim al « Cm in » de


la tolérance pour exécution « ∆Cdev ».

L’Annexe française en 4.4.1.3 (3) prescrit la valeur « ∆Cdev » = 10 m m sauf justifi-


cation particulière.

Le m êm e article définit les possibilités de réduire la valeur de « ∆Cdev » dans les


cas où un contrôle de qualité inclut des m esures d’enrobage des arm atures.

Dans l’article 4.4.1.3 (4) l’Eurocode 2 Partie 1.1 prescrit de m ajorer l’enrobage
m inim al dans le cas d’un béton coulé au contact de surfaces irrégulières (sol ou
béton de propreté par exem ple) et l’Annexe Française donne les valeurs de l’en-
robage m inim al à adopter dans ces cas.

129
Cré dit pho to graphique Co uve rture : D. Lozach
AGIBAT, BARTEC, BLB CONSTRUCTIONS, Illus tratio ns : E. Vallecillo
FORNACE MANNA, GERMAIN ARMATURES, Ré alis atio n : Am principe
GROUPE FIMUREX, PRESIDER, SNAAM, R.C.S. Paris B 389 103 805

X, tous doits réservés. Impre s s io n : Im prim erie Mam e

Édition septem bre 2005

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