Étiquettes pour armatures en béton
Étiquettes pour armatures en béton
TECHNIQUE
T46
C I M B É TO N
L’ARMATURE DU BÉTON
De la conception
à la mise en œuvre
L’ARMAT U RE DU BÉTON
De la conception
à la m ise en œ uvre
Contributions à l’ouvrage
AGIBAT
BARTEC
BLB CONSTRUCTIONS
FORNACE MANNA
GERMAIN ARMATURES
GROUPE FIMUREX
PRESIDER
SNAAM
2
Avant-propos
De par ses activités de certification et de par son fonctionnem ent collégial (les pro-
fessionnels, les utilisateurs et les experts de l’arm ature y sont représentés), elle
connaît les risques que fait encourir une arm ature non conform e. Elle connaît les
bonnes pratiques, m ais égalem ent les possibilités d’am élioration dans ce dom ai-
ne. Son rôle d’organism e de certification ne lui perm et pas de proposer des solu-
tions relatives à ce qu’il « faudrait faire ». Elle im pose des résultats. Mais en aucun
cas, elle ne propose ni n’im pose des m oyens à m ettre en œ uvre pour y parvenir.
Im poser des m oyens serait plus sim ple pour elle, m ais présenterait de graves
inconvénients :
– elle deviendrait juge et partie ;
– cela aurait une incidence économ ique qui n’est pas de son ressort ;
– le progrès économ ique des producteurs s’en trouverait entravé et il faudrait
gérer de nom breuses dérogations, à chaque fois que de nouvelles techniques
apparaîtraient.
L’AFCAB souhaite évidem m ent le progrès de l’arm ature, et pas seulem ent le pro-
grès de sa qualité. De par son activité, de par sa constitution, elle a conscience de
détenir un certain nom bre de clés de ce progrès. En particulier, elle est conscien-
te que ce progrès est entravé par le défaut de connaissance m utuelle des m étiers
des différents partenaires im pliqués dans le cycle de fabrication et de pose des
arm atures. Par exem ple, on oublie trop souvent que l’arm ature n’est pas seule-
m ent un produit qui se dessine ou qui se paie, c’est égalem ent un produit qui se
fabrique et se pose, avec les im pératifs que cela entraîne !
3
C’est pourquoi, lorsque Jean DITRICHSTEIN, qui possède la double expérience de
professionnel de l’arm ature et d’ingénieur de contrôle technique de la construc-
tion, a eu l’idée de rédiger le présent docum ent, elle a souhaité apporter son appui
le plus déterm iné à sa rédaction et sa publication. L’am bition de ce texte est jus-
tem ent de participer au progrès global de l’arm ature, en décrivant son cycle de
fabrication et de pose, les contraintes et les opportunités d’am élioration qui en
découlent. Nous avons constaté à de nom breuses reprises que la qualité progres-
se lorsque les points de vue, les contraintes et les intérêts de chacune des parties
concernées sont confrontés, afin que des solutions prenant en com pte au m ieux
tous ces aspects soient adoptées.
Ce guide technique com porte de nom breuses propositions d’am élioration tout au
long du cycle de fabrication et de pose des arm atures, à tous les partenaires de
l’acte de construire en béton arm é.
4
Avant d’aller plus loin…
Vo cabulaire e s s e ntie l
Aciers
La norm e européenne EN 10080 « Aciers pour l’arm ature du béton – Aciers sou-
dables pour béton arm é – Généralités » donne la définition de ce term e : « Acie r
po ur bé to n armé : pro duit e n acie r de s e ctio n circulaire o u pratique me nt cir-
culaire qui e s t adapté po ur l’armature du bé to n ».
No ta
Cette définition convient bien pour les barres, couronnes et produit déroulés,
mais ce projet de norme traite également des treillis soudés qui sont
d onc consid érés com m e d es « aciers », ce q ui est cohérent avec la norm e
NF A 35-027 et les règles de certification de l’AFCAB. Il traite aussi des treillis
raidisseurs.
En revanche, la plupart des normes françaises relatives aux barres, couronnes,
produits déroulés et treillis soudés les désignent encore pour l’instant par
« armatures ».
Le term e « treillis soudé » est réservé aux produits conform es à l’une des
norm e s NF A 35-016 ou NF A 35-019, p artie 2 (e t p lus tard à la norm e
EN 10080). Les assem blag es p lans d e barres ou fils relevant d e la norm e
NF A 35-027 sont désignés par « panneaux soudés » ou « panneaux pré-
assem blés ». Les norm es qui traitent des « treillis soudés » com portent cer-
taines spécifications qui n’existent pas dans la norm e NF A 35-027. Par
exem ple, la résistance au cisaillem ent des assem blages soudés est spécifiée,
ce qui autorise leur prise en com pte dans les ancrages et les recouvrem ents.
Le régim e de contrôle qualité prévu par ces norm es est aussi différent.
5
Armatures
Ce term e désigne les produits obtenus à partir des aciers définis ci-dessus par des
opérations de dressage (pour les couronnes uniquem ent), coupe, façonnage et
assem blage.
C’est la term inologie adoptée par les norm es européennes. C’est égalem ent celle
de la norm e NF A 35-027, et des règles de certification de l’AFCAB. Auparavant,
ces produits étaient désignés par « arm atures industrielles ». Cette m odification a
perm is de répondre à un objectif de clarification en particulier dans le dom aine des
certifications AFCAB. En effet, cet organism e certifie d’une part des aciers et
d’autre part des arm atures. Pour que des arm atures soient certifiées, il faut
qu’elles soient constituées d’aciers certifiés, m ais cette condition nécessaire n’est
pas suffisante. Il faut, de plus, que les opérations de dressage, coupe, façonnage
et assem blage soient couvertes par la certification AFCAB arm atures.
Armaturier
Professionnel dont le m étier consiste à fabriquer des arm atures et parfois à les
poser en coffrage.
Ce term e est m aintenant couram m ent utilisé dans le BTP et il a été adopté par la
com m ission du dictionnaire de l’Académ ie française, le 25 septem bre 2003.
6
Sommaire
● 1 - Introduction 11
1.1 Obje ctifs 12
7
4.3.5 - Pose en coffrage et position finale des arm atures 62
4.3.6 - Arm atures m anchonnées 70
4.3.7 - Boîtes d’attentes 70
5.7 Ré s e rvatio ns 89
6.6 Appui inte rmé diaire d’une po utre s ur une autre po utre 104
8
● 7 - Pour une optimisation globale de l’armature 109
7.1 Étude s d’o ptimis atio n glo bale 110
● 8 - Conclusions 119
● 9 - Annexes 123
Anne xe 1 Analys e de s pre s criptio ns de l’Euro co de 2 Partie 1- 1
(pro je t d’avril 2004 ) re lative s au faço nnage 124
1 - Tableau 8.1 N de l’article 8.3(2).
Diam ètres m inim aux de façonnage 124
2 - Article 8.3(3). Justification vis-à-vis de la rupture du béton.
Cas des arm atures transversales 125
3 - Définition précise des diam ètres de m andrins 126
Anne xe 2 Pro ce s s us de dé te rminatio n de l’e nro bage no mimal
s uivant l’Euro co de 2 Partie 1- 1 co mplé té par s o n Anne xe
Natio nale Français e 127
1 - Déterm ination de la classe d’exposition de la structure 127
2 - Choix de la classe structurale 127
3 - Déterm ination de l’enrobage m inim al vis-à-vis
de la durabilité « Cm in,dur » 128
4 - Prise en com pte des réductions
et (ou) des augm entations éventuelles de « Cm in,dur » 128
5 - Déterm ination de l’enrobage m inim al
vis-à-vis de l’adhérence « Cm in,b » 128
6 - Déterm ination de l’enrobage m inim al « Cm in » 129
7 - Prise en com pte des tolérances d’exécution.
Déterm ination de l’enrobage nom inal « Cnom » 129
9
Cha pit re
1 Introduction
11
Cha pit re 1 • Introduction
1.1 Objectif
Il existe de nom breux livres consacrés au béton arm é, m ais la m ajorité d’entre eux
traite du calcul des ouvrages et n’envisage l’arm ature que sous cet angle. L’aspect
technologique n’est abordé que dans quelques « cours » dont l’objectif est en
général de rappeler et expliciter les textes réglem entaires.
Longtem ps, la fabrication des arm atures n’a été qu’une (petite) partie du travail
des m açons. C’est peut-être pourquoi la profession des arm aturiers est encore m al
connue de leurs partenaires professionnels. Beaucoup de projeteurs de bureaux
d’études ou de conducteurs de travaux d’entreprises n’ont jam ais visité d’atelier
de production d’arm atures et ont une idée très floue des m oyens qu’on y utilise.
Pourtant, le travail rudim entaire du « plieur de barres » a considérablem ent évolué.
Aujourd’hui, il est suffisam m ent com plexe pour avoir justifié la création d’une cer-
tification de conform ité spécifique. Cette certification, délivrée par l’AFCAB,
im pose bien entendu le respect d’un certain nom bre de règles. Dans cette
dém arche, les arm aturiers rencontrent des difficultés qui ont leur origine dans la
conception m êm e de l’arm ature. Il s’agit parfois d’erreurs m anifestes, m ais sou-
vent, on constate que seule la connaissance approfondie des im pératifs de fabri-
cation et de m ise en œ uvre aurait perm is de choisir les dispositions optim ales
satisfaisant à la fois aux exigences réglem entaires et à celles de l’exécution.
Il est bien com préhensible que l’aspect « calcul » constitue la préoccupation dom i-
nante. Cependant l’arm ature n’est pas seulem ent une section à calculer et une
form e à dessiner. C’est aussi un produit à fabriquer et à poser dans un coffrage.
Lorsque la section des arm atures a été déterm inée d’autres choix restent à faire,
tels que les diam ètres des barres, les espacem ents d’arm atures, la form e des
ancrages, etc. Le plus souvent les prescriptions des textes réglem entaires fixent
sur ces points des lim ites ou des conditions à respecter, m ais laissent au concep-
teur de la structure de grandes m arges de liberté. C’est à ce stade de l’étude que
doivent être pris en com pte les critères liés à la fabrication et à la m ise en œ uvre.
12
l’écran. Cet outil présente des avantages incontestables, m ais il ne perm et sans
doute pas la m êm e qualité de réflexion que l’exam en sim ultané d’un plan d’en-
sem ble de coffrage et d’un plan de détail.
L’objectif de ce guide technique est donc de m ettre l’accent sur tout ce qui peut
contribuer à la qualité finale de l’arm ature en place dans l’ouvrage, en particulier
en prenant en com pte la com plém entarité des rôles respectifs des bureaux
d’études et des arm aturiers. Pour cela, il sera souvent nécessaire de présenter des
« exem ples » de dispositions à éviter. Bien entendu, des solutions alternatives
m ieux adaptées seront alors proposées.
Les chapitres suivants se succèdent selon un ordre d’exigence et d’am bition crois-
santes en m atière de qualité de l’arm ature.
13
Cha pit re
2 Production
des aciers
pour béton
15
Cha pit re 2 • Production des aciers pour béton
Au cours des prem ières décennies de l’histoire du béton arm é, les arm atures
étaient constituées de barres d’acier doux, lisses, de section circulaire dont la
lim ite d’élasticité était habituellem ent com prise entre 215 et 235 MPa. Ce type
d’acier n’est pratiquem ent plus utilisé. En effet, les ingénieurs ont cherché à
em ployer des aciers de lim ite d’élasticité plus élevée afin de réduire les sections
d’arm atures. L’im pact économ ique de cette évolution a été double, puisqu’il a
aussi perm is de dim inuer les dim ensions des pièces en béton.
16
Aciers en barres et en
couronnes et treillis soudés.
La haute lim ite d’élasticité peut être obtenue par différents m oyens :
– en jouant sur la com position chim ique, en particulier en augm entant la teneur en
carbone. Ce type d’acier présente des inconvénients notam m ent dans les
dom aines de l’aptitude au façonnage et au soudage. Il est m aintenant aban-
donné en Europe ;
– par écrouissage, par étirage et ou laminage à froid de barres ou fils d’acier doux ;
– par traitem ent therm ique (trem pe et autorevenu) de barres ou fils d’acier doux.
17
Cha pit re 2 • Production des aciers pour béton
18
Figure n° 4 : acie rs laminé s à fro id – cycle de pro ductio n.
19
Cha pit re 2 • Production des aciers pour béton
20
Cha pit re
3 Cycle
des arm atures
21
Cha pit re 3 • Cycle des armatures
Le cycle des arm atures englobe toutes les opérations qui, partant des aciers en
barres et en couronnes, se term inent lorsque les arm atures ont été m ises en place
dans le coffrage et contrôlées avant bétonnage.
3.1 Classification
des arm atures
La norm e NF A 35-027 définit tro is caté go rie s d’armature s .
Elle s s o nt fabriqué e s à partir de plans fo urnis par le clie nt. Cette catégorie cor-
respond aux arm atures des structures en béton arm é d’ouvrages de génie civil ou
de grands bâtim ents. Chacune de ces structures fait l’objet d’une étude spécifique
qui com porte en particulier l’établissem ent de plans d’arm atures.
22
Armatures sur plans
assemblées.
Ces arm atures sont aussi appelées « arm atures standard », car elles résultent d’une
dém arche de standardisation. À l’origine il s’agissait essentiellem ent d’arm atures
de chaînages répondant aux prescriptions des règles techniques applicables aux
constructions en m açonnerie ou en béton banché (Docum ents Techniques Unifiés).
Par la suite, les arm aturiers spécialisés dans ce type de fabrication ont intégré dans
leurs catalogues des arm atures destinées à être utilisées dans des sem elles de fon-
dations, des poteaux, des linteaux, etc. Aujourd’hui, plusieurs producteurs pro-
posent des gam m es d’arm atures couvrant la totalité des besoins pour les m aisons
individuelles et d’autres bâtim ents sim ples. Ces arm atures sont conditionnées en
paquets ou fardeaux et sont en grande partie distribuées par le canal des négo-
ciants en m atériaux, à destination des artisans et des petites entreprises.
Les règles de certification de l’AFCAB spécifient que les catalogues des arm atures
ou les docum ents de production qui leur sont associés contiennent des inform a-
tions com plètes sur leur constitution et précisent aussi l’utilisation prévue et éven-
tuellem ent les perform ances pour cette utilisation.
Elle s co mpo rte nt de s acce s s o ire s o u dis po s itifs s pé ciaux (par exem ple dispo-
sitifs de raboutage ou d’ancrage des arm atures du béton, boîtes d’attente) ou sont
com posées d’aciers pour béton arm é particuliers tels que les aciers galvanisés ou
les aciers inoxydables.
23
Cha pit re 3 • Cycle des armatures
Armature filetée
pour manchonnage.
Boîte d’attente.
Parallèlem ent aux catégories qui viennent d’être décrites, on distingue aussi les
« armature s co upé e s - faço nné e s » qui, com m e leur nom l’indique sont obtenues
par coupe et façonnage des aciers, et les « armature s as s e mblé e s » qui sont
constituées par l’assem blage des arm atures coupées-façonnées sous form e de
« cages » ou de « panneaux ».
24
3.2 Arm atures sur plans
La figure n° 6 présente les divers processus de production des arm atures sur plans
habituellem ent utilisés.
Dans le cas des « arm atures sur plans » la fabrication proprem ent dite est le plus
souvent précédée d’un travail de préparation très im portant.
25
Cha pit re 3 • Cycle des armatures
Le pre mie r cas est celui d’une com m ande d’arm atures coupées-façonnées à un
arm aturier chargé uniquem ent de la fabrication. En général ce type de com m ande
ém ane d’une entreprise spécialisée dans la pose sur chantier, titulaire d’un m ar-
ché com plet de fourniture et pose des arm atures. Ce « poseur » effectue en géné-
ral un travail préalable avec le bureau d’études afin que la conception du ferraillage
tienne com pte du processus de m ise en coffrage qu’elle a adopté.
L’atelier de fabrication reçoit de son client des listes (ou nom enclatures) d’arm a-
tures. Ces docum ents ne donnent aucune indication sur la destination ou la fonc-
tion de chaque arm ature coupée-façonnée.
L’arm aturier est alors un sim ple exécutant. Parfois les nom enclatures sont utilisées
directem ent pour la fabrication. Le plus souvent, elles sont transcrites sous form e
d’ordres de fabrication m anuscrits ou inform atisés, qui constituent des plans d’ate-
lier. Ces docum ents de production sont en général édités en plusieurs exem -
plaires. L’un des exem plaires constitue l’étiquette d’identification qui restera
attachée à l’arm ature jusqu’à sa pose en coffrage.
26
Figure n° 8 : e xe mple d’o rdre de fabricatio n é tabli par un armaturie r.
Le de uxiè me cas concerne la com m ande d’arm atures à livrer assem blées dans
toute la m esure du possible. Ce type de com m ande peut être passé par une
société spécialisée dans la pose des arm atures ou par une entreprise de gros
œ uvre en m açonnerie ou béton arm é.
Le tro is iè me cas est celui où la fabrication et la pose sont assurées par une m êm e
société. La préparation se fait alors en com m un entre l’atelier et le service pose de
cette société suivant les principes décrits ci-dessus.
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Cha pit re 3 • Cycle des armatures
3.2.2.1 – Dressage
La recherche d’une dim inution des chutes d’acier et d’une m eilleure productivité
a conduit à un développem ent des aciers livrés en couronnes plutôt qu’en barres.
Lim ité à l’origine aux petits diam ètres, ce conditionnem ent existe aujourd’hui jus-
qu’au diam ètre 16 m m . Cette opération est réalisée dans une dresseuse. Le prin-
cipe consiste à faire passer le fil dans une « chicane » constituée de cadres
tournants ou de galets. Certaines m achines (dresseuses) effectuent uniquem ent le
dressage et la coupe en barres droites, d’autres (cadreuses) réalisent le façonnage
directem ent après cette opération.
Dresseuse.
Dresseuse-cadreuse.
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3.2.2.2 – Coupe
C’est une opération sim ple qui s’effectue, soit directem ent
sur les barres avec des cisailles m écaniques, soit sur les
dresseuses dans le cas des fils livrés en couronnes. Dans
les cadreuses, la coupe est effectuée en fin de façonnage.
3.2.2.3 – Façonnage
Dans le cas des fils, le façonnage s’effectue directem ent après le dressage dans
des cadreuses. Les form es sont program m ées par l’opérateur à partir des docu-
m ents de production (nom enclatures, étiquettes ou bons de fabrication selon le
cas, com m e indiqué au paragraphe 3.2.1).
Les barres coupées sont façonnées sur des cintreuses. Les arm atures com portant
deux pliages sont assez fréquentes. De ce fait beaucoup de cintreuses sont équi-
pées de deux têtes de façonnage pouvant fonctionner sim ultaném ent.
Cintreuse
trois galets.
Cintreuse
deux têtes.
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Cha pit re 3 • Cycle des armatures
3.2.2.4 – Assemblage
En effet, l’assem blage en atelier est plus rapide et plus économ ique m ais conduit
à transporter des cages volum ineuses. En revanche, les arm atures coupées façon-
nées perm ettent d’utiliser la charge m axim ale des cam ions pour la livraison au
chantier. Mêm e dans le cas où l’essentiel des arm atures est assem blé en atelier,
une partie reste nécessairem ent « non-m ontée » pour des raisons pratiques liées à
la pose en coffrage. Ce sont les compétences des décortiqueurs et des poseurs qui
permettent d’effectuer les meilleurs choix.
En atelier, l’assem blage est réalisé par soudure. Il s’agit uniquem ent de soudures
« de m ontage » dont la fonction est d’assurer le bon positionnem ent des arm a-
tures façonnées entre elles y com pris pendant les transports, les m anutentions et
la m ise en place du béton.
Soudage semi-automatique.
30
Parm i les divers procédés de soudage, deux sont essentiellem ent utilisés par les
arm aturiers :
– soudage par résistance. C’est un soudage sans m étal d’apport par passage d’un
courant électrique de forte intensité com biné à un effet de pression entre les
pièces à assem bler. On l’appelle souvent soudage « à la pince »;
– soudage sem i-autom atique « MAG ». C’est un soudage à l’arc sous flux gazeux
avec fil électrode fusible. Le fil conditionné sous form e de bobine, à la fois élec-
trode et m étal d’apport, est am ené de façon autom atique et continue par un
dévidoir et des galets d’entraînem ent à la torche, qui est tenue à la m ain. L’arc
électrique se produit entre les arm atures et le fil fusible.
Les arm atures sur plans ont par définition des form es très variées. Elles nécessi-
tent donc des dispositifs tout aussi variés pour faciliter leur assem blage. Pour la
form e de cage la plus courante qui est celle des poutres ou des poteaux, on uti-
lise en général des tréteaux sur lesquels on pose les arm atures longitudinales. Les
cadres sont ensuite engagés sur celles-ci, soit par la ferm eture des cadres, soit par
une extrém ité des arm atures longitudinales.
D’une façon générale, la plus ou m oins grande facilité d’assem blage dépend direc-
tem ent de la conception des arm atures.
Poutre en
cours de
montage.
Sur chantier l’assem blage est effectué soit en atelier « forain » installé à proxim ité
de l’ouvrage, soit directem ent en coffrage. En général ces deux solutions coexis-
tent. L’entrepreneur assurant la pose choisit au cas par cas celle qu’il estim e la plus
pratique. Il est possible de souder sur site, m ais le plus souvent, le m ontage se fait
par ligatures avec des fils d’attache en acier recuit.
31
Cha pit re 3 • Cycle des armatures
Le plus souvent l’arm aturier n’a aucune inform ation sur l’ouvrage dans lequel les
arm atures qu’il livre seront intégrées. Quand il reçoit une com m ande spécifique,
elle se présente sous la form e d’une nom enclature indiquant les nom bres de cha-
cun des produits du catalogue désignés par leur référence sans préciser leur com -
position. Cette nom enclature est parfois accom pagnée d’un plan de pose sur
lequel est sim plem ent repérée la position de chaque arm ature.
Les arm atures sur catalogue se différencient des arm atures sur plans par plusieurs
caractéristiques : leurs form es et dim ensions sont répétitives et une grande partie
d’entre elles se présente sous la form e de cages de longueur 6 m , avec des cadres
re ctang ulaire s ré g uliè re m e nt e sp acé s. Ce s caracté ristiq ue s ont p e rm is
de développer des outils de production spécifiques. Dans les divers processus
existants, une partie ou la totalité des phases de la fabrication est autom atisée.
Certaines m achines intègrent dans un seul ensem ble la totalité des opérations de
dressage, coupe, façonnage et assem blage. Elles produisent des arm atures
assem blées directem ent à partir de fil en couronne.
32
Figure n° 9 : cycle de s armature s s ur catalo gue .
33
Cha pit re 3 • Cycle des armatures
34
3.4 Arm atures spéciales
Les arm atures destinées à être intégrées dans des « boîtes d’attentes » ou prépa-
rées pour être raccordées à des « m anchons » ou « coupleurs » entrent dans la caté-
gorie des arm atures spéciales.
Les boîtes d’attentes com portent des arm atures façonnées dont une extrém ité est
repliée à l’intérieur d’un volum e creux réalisé sous form e de boite ou de profilé.
L’ensem ble ainsi constitué est fixé contre le coffrage à l’intérieur de la partie de
structure bétonnée en prem ière phase. Après décoffrage de cette prem ière partie
la boite est ouverte, en général retirée, et les arm atures en attente dépliées. Il est
ainsi possible de réaliser un recouvrem ent avec les arm atures de la seconde
phase. Il existe divers procédés utilisant des boîtes qui diffèrent par leur m ode
d’ouverture et leur m atériau constitutif. Dans le cas de boîtes en acier il peut être
adm is d’en abandonner une partie dans le béton de prem ière phase sous réserve
de s’assurer que son enrobage est convenable et qu’elle ne com prom et pas le bon
fonctionnem ent du béton arm é.
Boîte d’attente.
Dégagement des armatures.
L’acier constituant les attentes doit pouvoir être déplié sans altération. L’aptitude
au redressage après pliage est une caractéristique optionnelle spécifiée par les
norm es relatives aux aciers.
35
Cha pit re 3 • Cycle des armatures
36
Cha pit re
4 Pour une arm ature
conform e
37
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
La conform ité finale de l’arm ature au sein de l’ouvrage est conditionnée par :
– la conform ité du calcul et de la conception ;
– la conform ité des m atériaux utilisés ;
– la conform ité de la fabrication de l’arm ature ;
– la conform ité de la pose en coffrage.
Du point de vue des responsabilités, chacun de ces quatre points incom be à des
intervenants différents. Le prem ier concerne les bureaux d’étude, le deuxièm e les
fabricants d’aciers, le troisièm e les arm aturiers et le quatrièm e les entreprises assu-
rant la pose, spécialisées ou non dans cette activité.
Au plan pratique, le calcul est bien le dom aine exclusif des bureaux d’étude, m ais
la conception (choix des form es et de la disposition des arm atures) doit prendre
en com pte les m oyens et les m éthodes de fabrication et de pose en coffrage.
D’ailleurs, les règles de certification de l’AFCAB, im posent aux arm aturiers d’ana-
lyser les plans qu’ils reçoivent, de signaler les dispositions qui leur paraissent anor-
m ales et de proposer des solutions alternatives, si ce qui est prévu est trop difficile
ou im possible à réaliser. Cette dém arche nécessite la connaissance des règles de
l’art relatives à la conception des arm atures.
Ce chapitre traite de tous les aspects de la conform ité des arm atures à l’exception
du calcul proprem ent dit.
4.1 Contexte
réglem entaire
Réaliser une arm ature « conform e » im plique naturellem ent de se référer à des
norm es et à des textes réglem entaires. Un nouveau contexte norm atif et régle-
m entaire se m et progressivem ent en place. La période où le présent docum ent
est rédigé correspond à d’im portants changem ents dans ce dom aine, et cette
m utation nécessitera encore de nom breux m ois. La m ise en application des nou-
veaux référentiels ne fera pas oublier instantaném ent les anciens. Il est donc
nécessaire d’expliciter clairem ent les m odifications en cours et à venir.
38
L’évolution essentielle est bien entendu la m ise en application de l’Eurocode 2
(NF EN 1992) version 2004. Cette nouvelle norm e de base concernant le calcul
des structures en béton rem placera les règles BAEL 91 révisées 99 et les règles
BPEL. Au m om ent de la rédaction de ce guide le projet d’Annexe Nationale qui
l’accom pagne est daté de m ars 2005.
L’Eurocode 2 n’est pas le seul nouveau docum ent norm atif. Il renvoie en particu-
lier à diverses norm es européennes qui ne sont pas encore toutes au stade défi-
nitif. D’autres textes devront être révisés dans un souci de cohérence et
d’hom ogénéité. La situation risque d’être pendant quelque tem ps évolutive. Cette
période de transition dem andera donc une attention particulière de la part de tous
les intervenants.
Ceci nécessite, dans ce docum ent, de faire référence à la fois à des textes français
et à des textes européens.
Les tableaux suivants ont pour but de synthétiser les évolutions du contexte nor-
m atif d’une part pour les aciers et d’autre part pour les arm atures.
Les Eurocodes sont des normes européennes de concept ion et de calcul pour
les bât iment s et les ouvrages de génie civil. Ces normes ont pour objet d’har-
moniser les règles de concept ion et de calcul au sein des diff érent s ét at s de
la communaut é européenne et de cont ribuer à la créat ion du marché unique
de la const ruct ion des bât iment s et des ouvrages de génie civil.
Dans chaque pays, l’Annexe Nat ionale déf init les condit ions d’applicat ion de
la norme européenne. Elle permet de t enir compt e des part icularit és géo-
graphiques, géologiques ou climat iques ainsi que des niveaux de prot ect ion
spécif iques à chaque pays. En part iculier, les Eurocodes prévoient que cer-
t ains paramèt res sont dét erminés au niveau nat ional. L’Annexe Nat ionale
cont ient les inf ormat ions nécessaires sur ces paramèt res.
39
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
40
Table au n° 2 : armature s du bé to n
41
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
4.2 Caractéristiques
certifiées des aciers
Les prescriptions relatives aux aciers se traduisent dans les norm es par les carac-
téristiques spécifiées suivantes :
– soudabilité et com position chim ique ;
– caractéristiques m écaniques en traction ;
– diam ètres, sections, m asses linéiques et tolérances ;
– adhérence et géom étrie de la surface (verrous ou em preintes) ;
– non fragilité (aptitude au pliage) ;
– dim ensions et résistance au cisaillem ent des assem blages soudés des treillis
soudés ;
– résistance à la fatigue (caractéristique optionnelle) ;
– aptitude au redressage après pliage (caractéristique optionnelle).
Un acier est dit « soudable » s’il est possible de l’assembler par soudure, par des
procédés courants, sans altérer ses caractéristiques mécaniques. La soudabilité d’un
acier est attestée par sa composition chimique. Les normes fixent les valeurs qui ne
doivent pas être dépassées concernant les teneurs en carbone, soufre, phosphore,
azote et cuivre, ainsi qu’une combinaison des teneurs en carbone, manganèse,
chrome, molybdène, vanadium, nickel et cuivre appelée carbone équivalent.
Limite d’élasticité Re
Le diagram m e contrainte-déform ation des aciers lam inés à chaud com porte un
palier de ductilité qui m et en évidence la lim ite d’élasticité supérieure d’écoule-
m ent ReH qui est aussi la lim ite apparente d’élasticité Re .
42
Le diagram m e contrainte-déform ation des aciers lam inés à froid ne com porte pas
de palier. Dans ce cas, la lim ite apparente d’élasticité Re est fixée conventionnel-
lem ent égale à la contrainte correspondant à 0,2 % d’allongem ent rém anent.
f1 = kff0,2 k
f1 = kffyk
f0,2
fyk
ε
εuk 0,2 %
εuk
Actuellem ent en France, on utilise des aciers de 500 MPa de lim ite d’élasticité.
L’Eurocode 2 Partie 1-1 prévoit au paragraphe 3.2.2.3 une plage de lim ite d’élas-
ticité com prise entre 400 MPa et 600 MPa.
Les norm es françaises fixent des valeurs m inim ales pour le rapport résistance à la
traction/ lim ite d’élasticité (Rm / ReH), et pour l’allongem ent sous charge m axim ale
(Agt ). Elles distinguent deux « catégories » d’aciers qui correspondent à des carac-
téristiques de ductilité différentes.
Rm : résistance à la traction.
43
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
Dans la suit e du t ext e, les spécif icat ions du nouveau cont ext e
réglement aire sont repérées par un t rait vert ical orange.
Exige nce o u
Fo rme du pro duit Barre s e t fils re dre s s é s Tre illis s o udé s
valeur du fractile
Classe de ductilité A B C A B C –
Limite caractéristique
400 à 600 5,0 %
d’élasticité fyk ou f0,2k (en MPa)
≥ 1,15 ≥ 1,15
Valeur minimale de k = (ft/ fy)k ≥ 1,05 ≥ 1,08 ≥ 1,05 ≥ 1,08 10,0 %
< 1,35 < 1,35
Valeur caractéristique de la
déformation relative sous charge ≥ 2,5 ≥ 5,0 ≥ 7,5 ≥ 2,5 ≥ 5,0 ≥ 7,5 10,0 %
maximale, εuk (en %)
Aptitude au pliage Essai de pliage-dépliage –
Résistance au cisaillement – 0,3 A fyk (A est l’aire du fil) Minimum
Tolérance Dimension
maximale vis-à-vis nominale de la
de la masse barre (en mm)
nominale (barre ou ≤8 ± 6,0
5,0 %
fil individuel) (en %) >8 ± 4,5
Il appart ient aux concept eurs de préciser leur choix dans le cas où la nat ure des
ouvrages ou leurs condit ions d’exploit at ion nécessit ent l’emploi d’un acier de classe
de duct ilit é spécif ique. L’Eurocode 2 Part ie 2 prescrit pour les pont s l’emploi d’aciers
de classe B ou C. L’Eurocode 8, qui déf init les règles de calcul des const ruct ions pour
leur résist ance aux séismes, impose l’emploi d’aciers de classe de duct ilit é B et par-
f ois C dans cert aines part ies des st ruct ures assurant la résist ance aux séismes. La
classe exigée dépend de la classe de duct ilit é du bât iment . Dans t ous les cas la classe
de duct ilit é de l’acier préconisée par le bureau d’ét udes doit f igurer clairement sur
les plans et êt re scrupuleusement respect ée.
44
4 .2.3 - Diamè tre s , s e ctio ns , mas s e s liné ique s e t to lé rance s
Compt e t enu de la présence des relief s (verrous ou empreint es), la sect ion d’un acier
à haut e adhérence n’est pas t out à f ait circulaire. Les normes f ixent cependant des
« diamèt res nominaux d » qui correspondent à des « sect ions nominales An » (aire
du cercle ayant le même diamèt re nominal) et à des « masses linéiques nominales »
calculées sur la base d’une masse volumique de 7,85 kg/dm 3* . La valeur de la masse
linéique est assort ie d’une t olérance.
Les diamèt res prévus par la norme EN 10080 sont donnés dans le t ableau n° 5 La
ment ion de diamèt res « préf érent iels » a pour but de limit er le nombre de réf é-
rences à f abriquer et à st ocker, et d’évit er des diff icult és dans l’ident if icat ion et le
cont rôle des armat ures. Les diamèt res ut ilisés dans chaque pays sont act uellement
diff érent s. En France, on se limit e en prat ique aux diamèt res 5, 6, 7, 8, 10, 12, 14 et
16 pour les couronnes et 6, 8, 10, 12, 14, 16, 20, 25, 32, et 40 pour les barres.
Table au n° 5 : diamè tre s no minaux pré fé re ntie ls s e ctio ns e t mas s e liné ique s no minale s
45
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
Les norm es im posent à la géom étrie de surface des aciers des caractéristiques
perm ettant d’assurer une adhérence convenable (voir figures n° 1 et 2 dans le cha-
pitre 2). Les exigences portent sur des valeurs m inim ales soit de hauteur des ver-
rous, ou de profondeur des em preintes, soit de « surface relative » des verrous fR*,
ou des em preintes fP.
L’acier est soum is à un pliage, sur un m andrin dont le diam ètre est fixé en fonc-
tion de celui de l’acier suivi d’un dépliage. L’essai est satisfaisant s’il ne se produit
ni cassure ni fissure transversale dans la zone de pliage-dépliage.
Les dim ensions des treillis soudés font partie des caractéristiques certifiées. Il
s’agit des longueurs et largeurs des treillis soudés, de l’espacem ent des fils, des
longueurs d’abouts, des diam ètres relatifs des fils.
La résistance des assem blages soudés au cisaillem ent étant spécifiée, il est pos-
sible de les prendre en com pte dans les calculs m ettant en jeu l’ancrage ou les
recouvrem ents des treillis soudés.
* La surface relative des verrous (ou des empreintes) est égale à l’aire de la projection de l’ensemble
des verrous (ou des empreintes) sur un plan perpendiculaire à l’axe longitudinal de la barre divisée
par l’espacement des verrous et la circonférence nominale de l’armature.
46
4 .2.7 - Ré s is tance à la fatigue
Cette caractéristique optionnelle peut faire l’objet d’une attestation sur dem ande
du producteur d’acier. Elle concerne les aciers de diam ètre au plus égal à 16 m m .
Les règles de certification de la m arque NF – Aciers pour béton arm é définissent
la procédure de vérification de l’aptitude au redressage après pliage.
L’Eurocode 2 Partie 1-1 précise explicitement en 3.2.1 (2) que « les exigences relatives
aux propriétés des aciers de béton armé visent le matériau en place dans le béton
durci ». Cette prescription remplace donc celle, équivalente, de l’article 4.3 de la
norme NF A 35-027 (janvier 2003). Elle signifie en particulier que le dressage ne doit
pas altérer les caractéristiques spécifiées de l’acier. Si le dressage n’est pas effectué
correctement, deux de ces caractéristiques peuvent être affectées:
– la hauteur des reliefs peut se trouver diminuée par écrasement ou abrasion au pas-
sage dans les galets ou les cadres tournants;
– la ductilité peut être diminuée car le « chicanage » entraîne un écrouissage de
l’acier susceptible de provoquer une réduction de l’allongement sous charge maxi-
male Agt et (ou) du rapport Rm/Re.
Le dressage est donc une opération qui nécessite attention et compétence de la part
des armaturiers.
47
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
4 .3.2 - Co upe
Les valeurs m inim ales des diam ètres intérieurs de cintrage doivent perm ettre de
satisfaire à deux exigences différentes :
– ne pas e ndo mmage r l’armature e lle - mê me lo rs du cintrage ;
– ne pas e ndo mmage r le bé to n lo rs de la mis e e n charge de l’armature .
La prem ière condition est liée uniquem ent aux caractéristiques m écaniques de
l’acier et en particulier à sa ductilité. La seconde a pour but de lim iter les
contraintes qui apparaissent dans le béton au contact d’une arm ature cintrée, sol-
licitée en traction, en particulier à l’intérieur de la courbure. Elle nécessite donc une
vérification par le calcul. Dans l’ensem ble réglem entaire en vigueur à fin 2004 ces
exigences se trouvent dans deux textes différents.
48
Le premier est le tableau 1 de la norme NF A 35-027 (janvier 2003). Ce tableau
reprend les prescriptions qui, jusqu’à 1990, étaient répétées dans chaque « fiche
d’homologation » des aciers à haute adhérence. Ces fiches ont été ensuite rempla-
cées par les certificats NF-AFCAB, (voir 4.4) qui ne comportent plus ces exigences.
Table au n° 7 : diamè tre s inté rie urs de cintrage minimaux de s acie rs à haute adhé re nce
s e lo n la no rme NF A 35- 027
Diamè tre no minal
5 6 7 8 9 10 12 14 16 20 25 32 40
de l’acie r
Cadres, étriers, épingles
ou assimilés, y compris 20 25 30 30 40 40 50 70 100 150 200 sans objet
leur ancrage d’extrémité
Ancrages 50 70 70 70 100 100 100 150 150 200 250 300 400
Coudes sans 100 100 100 150 150 200 200 250 300 400 500 500
objet
Les diam ètres prescrits sont très différents suivant la fonction de l’arm ature
(cadres, étriers, épingles ou ancrages, ou enfin coudes). Il aurait donc été très sou-
haitable que le choix du m andrin ne prête pas à am biguïté. Pourtant, les trois cas
envisagés ne sont pas clairem ent définis, m ais sim plem ent illustrés par des cro-
quis dont le dernier au m oins, concernant les coudes, n’est pas très explicite.
Coude Cadre
Ancrage
Épingle
Étrier
49
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
C’est pourquoi cette vérification était un peu tom bée dans l’oubli, sans doute quel-
quefois à tort. En pratique, seules les valeurs figurant dans le tableau 7 sont prises
en considération. Ce tableau est souvent reproduit sur les plans. Quand il ne l’est
pas, il est considéré com m e im plicite.
Les règles de f açonnage données par l’Eurocode 2 Part ie 1-1 présent ent plusieurs
diff icult és d’int erprét at ion et d’applicat ion dont l’origine se t rouve sans dout e en
grande part ie dans les condit ions d’élaborat ion de ce t ext e : discussions ent re repré-
sent ant s de nombreux pays, rédact ion d’un t ext e commun en anglais, puis t raduc-
t ion dans la langue de chaque pays. Les t ermes t echniques ut ilisés dans une langue
n’ont pas t oujours un équivalent exact dans les aut res. Il est alors diff icile d’at -
t eindre la même précision qu’un t ext e « nat ional ».
L’Annexe N° 1 cont ient une analyse dét aillée des art icles relat if s au f açonnage.
Cet t e analyse conduit en résumé aux prescript ions suivant es même si cert aines
d’ent re elles ne sont pas f ormulées explicit ement dans l’Eurocode.
a – Les diamètres de mandrins de façonnage doivent dans tous les cas, quels que
soient la fonction de l’armature et l’angle de façonnage, être au moins égaux à :
– 4 diamèt res pour les armat ures de diamèt re au plus égal à 16 mm ;
– 7 diamèt res pour les armat ures de diamèt re supérieur à 16 mm ;
– 5 diamèt res en général pour les assemblages pliés après soudure ;
– 20 diamèt res pour les assemblages pliés après soudage avec soudure sit uée
sur l’ext rados de la courbure, si le soudage n’est pas réalisé conf ormément à
l’EN ISO 17660, Annexe B.
b – Les diamèt res de mandrins doivent en général f aire l’objet d’une just if icat ion
par le calcul vis-à-vis de la rupt ure du bét on ;
c – Cette justification n’est pas nécessaire si les conditions ci-après sont remplies:
– l’ancrage nécessaire de l’armat ure ne dépasse pas 5 diamèt res au-delà de la
part ie courbe ;
– le t racé de la part ie courbe de l’armat ure n’est pas parallèle à une paroi
proche ;
– il exist e à l’int érieur de cet t e part ie courbe une barre de diamèt re au moins
égal à celui de l’armat ure.
50
d – Il n’est également pas nécessaire d’eff ect uer cet t e vérif icat ion pour t out es les
armat ures d’eff ort t ranchant et les aut res armat ures t ransversales.
e – Comme indiqué au paragraphe 4.1, les prescript ions de la norme NF A 35-027 ne
s’appliquent pas si elles sont cont raires à l’Eurocode. Les diamèt res de mandrin
f igurant dans son t ableau 1 ne sont donc plus considérés comme réglemen-
t aires. En dehors des cas cit és en « b » et « c » ci-dessus, le diamèt re minimal de
f açonnage résult e d’une vérif icat ion par le calcul.
Les règles d’exécution (nouveau Fascicule 65 A pour les ouvrages de génie civil et norme
ENV 13670-1 pour les bâtiments) se réfèrent à l’Eurocode 2 Partie 1-1.
Le redressage des armatures pliées est un cas de façonnage très particulier car d’une
part il s’exécute sur le chantier et d’autre part, il s’applique à une zone d’armature
qui a précédemment subi un pliage. La norme NF P 18 201 (DTU 21) contient à son
article 5.2.1 les prescriptions suivantes relatives au redressage après pliage :
– les aciers sont aptes au redressage après pliage (m ention d’aptitude figurant sur
le certificat NF AFCAB) ;
– un outillage spécifique est utilisé (ce qui exclut le sim ple tube) ;
– cette opération n’est effectuée qu’une seule fois ;
– la procédure de redressage perm et d’obtenir un fonctionnem ent correct du
béton arm é ;
– il n’y a pas de soudure dans la zone de redressage.
Les deux prem ières de ces prescriptions sont reprises dans le Fascicule 65 A à son
article 63.3.
La norme ENV 13670-1 exige également à son art icle 6.3 l’emploi d’un out illage spé-
cif ique et une procédure de dépliage approuvée. Le nouveau Fascicule 65 A
reprend à son art icle 63.3 les prescript ions de sa précédent e version.
La norm e NF A 35-027 (janvier 2003) fixe les valeurs m inim ales des longueurs
droites qui sont justifiées par des exigences pratiques d’exécution et de sécurité
sur certaines m achines de façonnage.
Ces règles rest ent applicables car elles ne sont pas cont raires à l’Eurocode.
51
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
Dans les règles BAEL, les ancrages des cadres et étriers font l’objet de prescrip-
tions particulières. Le paragraphe A.6.1,255 de ces règles indique trois solutions
pour réaliser leurs ancrages d’extrém ité avec une courbure suivant le rayon m ini-
m al (voir tableau 7). Ces ancrages représentés sur la figure n° 14 ne sont pas im po-
sés, m ais leur utilisation dispense de justification par le calcul. Leur em ploi est de
ce fait généralisé. Aucune des trois solutions n’est m entionnée com m e préféren-
tielle, elles sont donc strictem ent interchangeables dans la plupart des cas. La
position de la « ferm eture » des cadres et des étriers n’est pas non plus im posée.
Par exem ple dans une poutre fléchie, elle peut aussi bien se trouver dans la par-
tie tendue que dans la zone com prim ée. Dans le cas des constructions parasis-
m iques les ancrages des cadres font l’objet de règles très particulières.
15 ø
ø
10
5ø
°
135
90
°
ø : diamètre de l'armature
52
5ø 10 ø
10 ø
10 ø 15 ø
L’Eurocode 2 Partie 1-1 prescrit en 8.5 (2) les dispositions applicables aux ancrages
des armatures transversales (voir annexe N° 1).
La figure N° 15 montre les ancrages des cadres préconisés par l’Eurocode 2 Partie 1-1
et met en évidence les changements qui en résultent par rapport aux règles BAEL 91.
90°
10 ø
10
10
ø
135°
10 5ø
ø
150°
5ø 5ø
180 °
Par rapport aux règles BAEL 91, l’Eurocode 2 permet donc de diminuer les lon-
gueurs droit es après courbure pour les ancrages à 90° et pour les ancrages pliés à
150° et plus. En revanche, il ne modif ie pas l’ancrage à 135°.
53
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
La fermeture avec deux crochets pliés à plus de 135° ne permet pas la mise en place
d’une armature longitudinale dans l’angle. La fermeture avec deux coudes à 90°, avec
une longueur droite après courbure de 10 diamètres, devrait se développer en France
comme c’est déjà le cas dans la plupart des autres pays. Ce serait très souhaitable car
cette disposition facilite l’exécution. Le double crochet à 135°, avec une longueur
droite après courbure de 10 diamètres, comme prévu par les règles BAEL devrait res-
ter aussi utilisé par habitude malgré les inconvénients pratiques qu’il présente.
• Pour les ét riers l’ancrage à 150° suivi d’une longueur droit e de 5 diamèt res devrait
remplacer le crochet à 180°act uellement ut ilisé.
• Pour les const ruct ions devant résist er aux séismes, l’Eurocode 8 prescrit d’ut iliser
des ancrages par crochet à 135° suivis d’une longueur droit e de 10 diamèt res pour
les cadres « de conf inement * ». Cet t e prescript ion est équivalent e à celle des
règles PS 92.
135°
10 ø
135
10 ø
°
135
10 ø 10 ø 10 ø
°
10
10
ø
ø
15 10 ø
150° 0°
5ø
10 ø
5ø
Le tracé, des cadres et des étriers fait aussi l’objet du paragraphe B.6.7,1 des règles
BAEL pour les poutres de bâtim ents courants. Cet article prescrit que les cadres
doivent suivre au plus près le contour des pièces. Il autorise aussi des files séparées
d’étriers à condition de les relier par des épingles de liaison. Il n’im pose pas non
plus que toutes les files d’aciers longitudinaux com portent des épingles ou étriers.
54
Épingles
Étriers Épingles de liaison Cadres
de montage éventuelles
L’Eurocode 2 Part ie 1-1 t rait e ce sujet en 9.2.2. Il conf irme la possibilit é d’ut iliser en
armat ures d’eff ort t ranchant diff érent es f ormes de cadres ouvert s ou f ermés,
d’ét riers, et c.
Cadres, épingles et étriers intérieurs Les armatures d'effort tranchant peuvent être composées
d'une combinaison de :
Cadre exterieur
– cadres, étriers ou épingles entourant les armatures
longitudinales tendues et la zone comprimée ;
– barres relevées ;
– cadres ouverts, échelles, épingles, etc., façonnés sans
entourer les armatures longitudinales mais correctement
ancrés dans les zones comprimées et tendues.
Le paragraphe A.5.4,4 des règles BAEL indique sim plem ent que ces arm atures
doivent être placées aussi près que possible des parois en respectant les règles
d’enrobage.
55
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
L’Eurocode 2 Part ie 1-1 prescrit en 9.2.3 que les cadres de pièces soumises à la t or-
sion soient f ermés et ancrés au moyen de recouvrement s ou de crochet s.
ou
A1 A2 A3 B
En A.8.1, les règles BAEL dem andent que ces arm atures assurent le m aintien de
toutes les arm atures longitudinales de diam ètre supérieur à 20 m m vis-à-vis d’un
m ouvem ent vers l’extérieur de la section. Elles ne doivent pas com porter d’angle
rentrant ni de recouvrem ent parallèle à la paroi.
L’Eurocode 2 Part ie 1-1 prescrit en 9.5.3 de maint enir les barres vert icales placées
dans les angles et celles placées à moins de 150 mm d’une barre t enue.
Les arm atures proches des parem ents risquent, lors de leur m ise en charge, de
générer des poussées susceptibles de faire éclater le béton d’enrobage. L’article
A.7.4 des règles BAEL traite ce sujet qui concerne essentiellem ent les bureaux
d’études. Les arm aturiers doivent aussi s’en préoccuper dans les cas suivants :
– adjonction de barres de m ontage ;
– proposition de m odification de ferraillage pour des raisons de com m odité d’exé-
cution.
56
La figure n° 20 représente schém atiquem ent à titre d’exem ple un ferraillage de
console com portant deux lits de barres de façonnages identiques. Leur superpo-
sition nécessite un décalage inacceptable du lit inférieur. Ceci peut inciter l’arm a-
turier à m odifier le lit supérieur en augm entant son rayon de cintrage et en
réduisant de 135° à 90° l’angle de pliage. Il peut en résulter une poussée au vide.
INCORRECT
barres identiques INCORRECT
CORRECT
CORRECT boucles ou U
épingles disposés à plat
Il existe d’autres façons tout à fait correctes de résoudre ce problèm e tel que la
m ise en place d’épingles com plém entaires, ou le rem placem ent des crosses par
des boucles à plat.
Ces ponts cadres ou portiques com portent en général des arm atures coudées
assurant l’encastrem ent de la dalle dans les piédroits. Si ces barres sont livrées sur
le chantier façonnées suivant leur form e définitive, la m ise en place du coffrage et
57
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
À plier sur
le chantier après
pose des gaines À mettre en place
après pose des gaines
C’est d’ailleurs plutôt pour la ferm eture des cadres sur chantier (figure n°21A) que
le risque de non-conform ité est im portant, car il n’existe pas, à notre connais-
sance, de cintreuse portative perm ettant un façonnage correct dans cette confi-
guration. Pour faciliter la m ise en place des arm atures longitudinales grâce à des
cadres ouverts, il est préférable de prévoir des cadres en deux parties com m e le
m ontre la figure n°21B.
Les tolérances de façonnage sont fixées par les articles 4.6.3 et 4.6.4 de la norm e
NF A 35-027 (janvier 2003) que l’arm aturier doit respecter et qui sont rappelées
sur la figure n° 22.
Cette norm e fixe aussi des tolérances sur les angles de façonnage des ancrages
(figure N° 23).
58
+ 30 + 30
C C
0 0
+ 30 + 30
D D
0 0 0 0
B B
-10 -20
0 0
A Cas des cadres A
-10 -20
+ 30
A
0
- 30
B
0
+ 30
A
0
Cas général des armatures longitudinales
+ 30
B
0
Cas particulier pour armatures longitudinales
+10°
90°
0
°
+ 10
␣= –
59
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
No ta
Cette norme n’est pas cohérente avec la norme européenne NF EN ISO 4066
qui définit les formes d’armatures par des cotes et non par des angles. Cette
disposition semble cependant utile, car l’emploi des angles, bien que
contraire à la norme, reste courant, et sans doute plus pratique.
Pour les diam ètres de cintrage, les valeurs spécifiées (voir 4.3.3.1 ci-dessus), sont
des valeurs m inim ales. Aucun écart en m oins n’est donc accepté.
L’Eurocode 2 Part ie 1-1 concerne le calcul et non l’exécut ion. Il ne cont ient donc pas
de prescript ion pour les t olérances de f açonnage. Les valeurs f ixées par la norme NF
A 35-027 de janvier 2003 (ou sa nouvelle version) rest ent donc applicables.
4 .3.4 - As s e mblage
4.3.4.1 - Rigidité
Quel que soit le m ode d’assem blage, l’article 4.7 de la norm e NF A 35-027 (jan-
vier 2003) et le paragraphe 63.1.1 du Fascicule 65 (août 2000) dem andent qu’il
confère aux cages d’arm atures une rigidité suffisante pour supporter le transport,
la pose en coffrage et le bétonnage. Ceci im pose en général un nom bre de points
d’attache ou de soudure entre arm atures coupées-façonnées au m oins égal à
50 % du nom bre de points d’intersection.
Dans le cas courant, les soudures ont uniquem ent une fonction de m ontage. Il faut
néanm oins s’assurer que les arm atures ne sont pas affectées par le soudage
(réduction de section, perte d’allongem ent sous force m axim ale, etc.). C’est pour-
quoi la norm e im pose en particulier que le petit diam ètre à assem bler soit supé-
rieur à 40 % du gros diam ètre dans le cas de soudure par résistance. Le couple
6-16 m m est cependant adm is.
60
La spécification de portée très générale de l’Eurocode 2 Partie 1-1 a été citée à pro-
pos du dressage : « Les exigences relatives aux propriétés des aciers de béton armé
visent le matériau en place dans le béton durci ». Cette exigence inclut en particulier
l’absence d’altération des caractéristiques des aciers lors des opérations de soudage.
Les tolérances dim ensionnelles sur les arm atures assem blées sont aussi fixées par
la norm e NF A 35-027 (janvier 2003), aussi bien pour les positions respectives des
arm atures, que pour les dim ensions d’ensem ble.
0
H
- 20
A ⫾ 30 C ⫾ 10
+ 10 4 x C ⫾ 20 B ⫾ 20
L
- 30
Bien entendu, dans certains cas très particuliers, des tolérances plus sévères peu-
vent être souhaitées. Le m aître d’œ uvre doit alors s’assurer qu’elles sont réali-
sables, et les préciser explicitem ent dans les pièces écrites des m archés. Des
dispositions particulières de production pourront alors être adoptées (gabarits,
contrôle spécifique, etc.).
61
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
Si la pose est réalisée à partir d’arm atures coupées façonnées, toutes les règles
que nous avons énoncées au sujet du m ontage doivent évidem m ent être respec-
tées. Le travail sur site plutôt qu’en atelier nécessite une com pétence et une atten-
tion particulières.
Dans tous les cas, les arm atures ne peuvent être convenablem ent m ises en place
que si elles ont été conçues et fabriquées de façon satisfaisante. La position des
arm atures après bétonnage im plique aussi les entrepreneurs chargés des cof-
frages et du bétonnage.
Les normes et autres textes réglementaires formulent des prescriptions qui portent
d’une part sur les enrobages et d’autre part sur les positions des armatures non
concernées par l’enrobage.
4.3.5.1 - Enrobage
L’enrobage est défini com m e la distance entre l’arm ature (épingles, étriers et
cadres com pris, ainsi que les arm atures de peau, le cas échéant) la plus proche de
la surface du béton et cette dernière. L’enrobage des arm atures doit être suffisant
pour garantir :
– la protection de l’acier contre la corrosion (durabilité) ;
– la bonne transm ission des efforts d’adhérence ;
– une résistance au feu convenable.
Dans des conditions norm ales, les arm atures enrobées dans un béton com pact et
non fissuré sont protégées naturellem ent par un phénom ène de passivation qui
provoque la création à la surface de l’acier d’une pellicule protectrice. Cette pelli-
cule est form ée par l’action de la chaux libérée par les silicates de calcium conte-
nus dans le cim ent sur l’oxyde de fer. La présence de chaux m aintient la basicité
du m ilieu entourant les arm atures. Les arm atures sont protégées tant que le pH
de ce m ilieu est com pris entre 9 et 13,5. Deux principaux phénom ènes peuvent
dans certaines conditions détruire cette protection :
– la carbonatation du béton d’enrobage par absorption du gaz carbonique contenu
dans l’atm osphère ;
– la pénétration des ions chlorures jusqu’aux arm atures.
La carbonatation n’est pas nuisible au béton, m ais elle entraîne une neutralisation
(chute du pH de la solution interstitielle) du m ilieu entourant les arm atures qui
62
peuvent alors s’oxyder. La progression de la carbonatation se fait depuis l’exté-
rieur de l’ouvrage en contact avec l’air am biant, vers l’intérieur. La vitesse du pro-
cessus dépend de la teneur en dioxyde de carbone, de la porosité du béton et de
l’hum idité relative de l’air.
L’action des chlorures est spécifique à certains environnem ents tels que la pré-
sence de sels de déverglaçage et surtout les proxim ités de bords de m er. Les ions
chlorure peuvent m igrer depuis la paroi exposée vers les arm atures et « dépassi-
ver » l’acier. Ils pénètrent dans le béton par capillarité avec une vitesse fonction de
la porosité du béton. Lorsque la corrosion a débuté, elle produit un gonflem ent
des arm atures qui entraîne un éclatem ent du béton d’enrobage. La protection de
l’acier disparaît et le phénom ène s’accélère.
La durabilité du béton arm é nécessite donc que les arm atures soient convenable-
ment protégées, ce qui impose en particulier que la distance entre les armatures et
le parement exposé le plus proche (enrobage) soit suffisante. L’armature doit donc :
– être fabriquée de façon à perm ettre de respecter ces distances ;
– être posée en coffrage en les respectant effectivem ent, sans écart en m oins.
Dans les règles BAEL 91, l’article A.7, 1 précise les enrobages m inim aux suivant
les conditions d’exposition.
Épingles
de liaison
évitant les
déformations
Enrobage
Si les conditions d’exposition sont différentes pour les diverses faces d’une pièce
(poutres de façade par exem ple), les enrobages peuvent avoir des valeurs diffé-
rentes. Les enrobages m inim aux doivent être respectés non seulem ent par les
arm atures, m ais aussi par les pièces ou accessoires sujets à la corrosion : m an-
chons, ligatures, cales ou boites d’attentes m étalliques, etc. Les pièces de grandes
dim ensions risquent de se déform er au cours des transports et des m anutentions.
C’est pourquoi l’article A.7.1 des règles BAEL précise dans sa partie com m entaire
qu’il convient d’utiliser des diam ètres plus im portants et de prévoir des dispositifs
de m aintien convenables (cales ou élém ents de m ontage). Le Fascicule 65 A (ver-
sion août 2000) contient des prescriptions analogues au paragraphe 63.1, et il en
est de m êm e dans le projet de nouvelle version.
63
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
Com pte tenu de l’im portance du respect des enrobages pour la durabilité des
structures en béton arm é, les tolérances sur l’enrobage font l’objet de prescrip-
tions particulières :
– la norm e NF A 35-027 ne traite pas de l’enrobage, car celui-ci ne dépend pas
de la seule arm ature ; en revanche, nous avons vu plus haut qu’elle ne tolère
aucune m arge « en plus » sur les dim ensions des arm atures coupées, façonnées
ou assem blées quand elles m ettent en jeu l’enrobage ;
– les règles BAEL à leur paragraphe A.7.1, de m êm e que le fascicule 65 A, dans
l’article 64, reproduit au paragraphe ci-après, n’acceptent aucune tolérance en
m oins sur les enrobages ;
– la norm e NF P 18-201 (DTU 21) est en cohérence avec l’Eurocode 2. Elle définit
l’enrobage nom inal qui doit figurer sur les plans à partir d’un enrobage m inim al
m ajoré d’une m arge pour tolérances d’exécution dont la valeur est fixée à
10 m m .
C’est l’enrobage nom inal qui constitue la référence pour la fabrication et pour la
pose des arm atures.
64
Feu u Feu
u u
Feu Feu
Figure 26 : distance utile se lon le s rè gle s : mé thode de pré vision
par le calcul du comporte me nt au fe u de s structure s.
L’augmentation de l’enrobage est favorable pour la stabilité au feu. Pour assurer celle-
ci, on peut être amené à prévoir des dispositions de ferraillage spécifique telles que :
– des enrobages supérieurs à ceux imposés par la protection contre la corrosion ;
– un fractionnement en plusieurs armatures de faibles diamètres. Certaines d’entre
elles seront plus éloignées des parois exposées au feu, en particulier près des
angles saillants où la température est plus élevée. L’espacement de ces armatures
sera parfois plus important que celui habituellement exigé pour permettre un
bétonnage correct.
Figure n° 27 : e xe mple s de fe rraillage s é tudié s
e n vue de la ré sistance au fe u.
La position du ferraillage est primordiale pour la résistance au feu. Elle doit donc être
précisée au moyen de plans de détail. Elle doit être respectée avec une tolérance de
plus ou moins 10 %. Un calage efficace est indispensable.
65
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
– la régularit é du parement ;
– les risques d’abrasion du bét on ;
– la composit ion du bét on ;
– la régularit é de la surf ace cont re laquelle le bét on est coulé ;
– les condit ions de surveillance de l’exécut ion.
Une innovat ion import ant e réside dans la prise en compt e des t olérances d’exécu-
t ion. Pour prendre en compt e les t olérances d’exécut ion, l’enrobage minimal doit
êt re majoré d’une « marge de sécurit é ». On obt ient ainsi l’enrobage « nominal ».
La marge recommandée est de 10 mm. Elle peut êt re diminuée jusqu’à 5 mm lors-
qu’un syst ème d’assurance qualit é incluant des mesures d’enrobage des armat ures
est mis en place. Les cont rôles imposés par les Règles de cert if icat ion AFCAB « Pose »
répondent à cet t e exigence.
C’est l’enrobage nominal qui doit êt re ut ilisé dans les calculs et qui doit êt re indi-
qué sur les plans. Il const it ue la réf érence pour la f abricat ion et pour la pose des
armat ures.
La grande variét é des cas prévus par l’Eurocode 2 Part ie 1-1 peut incit er les bureaux
d’ét udes, dans un souci d’opt imisat ion des st ruct ures, à prévoir des enrobages dif -
f érent s pour les diverses pièces d’un même ouvrage ou bât iment . Les armat uriers
doivent êt re vigilant s sur ce point . Comme dans bien d’aut res cas, il sera import ant
d’évit er les conf usions ent re les anciens et nouveaux règlement s.
Le projet de nouveau f ascicule 65A ainsi que le projet de norme ENV 13670-1
reprennent les prescript ions de l’Eurocode 2 Part ie 1-1. Le nouvel ensemble régle-
ment aire concernant l’enrobage est donc t ot alement cohérent à la f ois pour les
bât iment s et pour le génie civil.
66
EXTRAIT DU PROJET DE FASCICULE 65 A (au 27/ 10/ 2004)
* Concernant les enrobages, la norme EN 1992-1-1 sect ion 4 f ournit les déf init ions suivant es:
– Cmin est l’enrobage minimal ;
– ∆Cdev est la marge de calcul pour t olérances d’exécut ion ; elle est en général f ixée à 10 mm. Si
une valeur plus f aible est ret enue, elle est port ée sur les dessins d’exécut ion ;
– Cnom = Cmin + ∆Cdev est l’enrobage nominal.
Dans la nouvelle réglement at ion européenne, les prescript ions relat ives au com-
port ement du bét on armé au f eu se t rouveront dans l’Eurocode 2 Part ie 1-2. Pour
ce qui concerne la disposit ion des armat ures les principes devraient rest er similaires
à ceux des recommandat ions f rançaises applicables auparavant .
67
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
en place correcte du béton, afin de lim iter la fissuration. Cette recom m andation
sem ble avoir été suivie parfois de façon abusive en privilégiant l’utilisation de
barres de petits diam ètres. En fait le m êm e article dem ande d’éviter les petits dia-
m ètres au voisinage des parem ents et dans les pièces soum ises aux intem péries.
Les gros diam ètres conviennent dans les sections de béton suffisam m ent
épaisses, ce qui est en général le cas.
Pour lim iter la fissuration, il faut surtout prévoir des arm atures de section suffisante
afin que leur contrainte ne dépasse pas les valeurs convenables en fonction des
conditions d’exposition et de la destination de l’ouvrage.
L’Eurocode 2 Part ie 1-1 f ormule en 7.3.3 et 7.3.4 les prescript ions visant à maît riser
la f issurat ion. Elles sont plus précises que celles des règles BAEL et consist ent à res-
pect er, au choix, un diamèt re maximal ou un espacement maximal des barres. Les
valeurs limit es dépendent de divers f act eurs dont , en part iculier, la cont raint e de
l’acier et la classe d’exposit ion de l’ouvrage.
Pour les m archés publics d’ouvrages de génie civil, les tolérances sur la position
des arm atures sont données par le fascicule 65 (août 2000) dans son article 64.
Le projet de nouvelle version du fascicule 65A, en date du 27 octobre 2004 m en-
tionne les prescriptions dans l’article 7.3.2.1 (reproduit au paragraphe 4.3.5.1).
Les conditions de bétonnage correct sont données par l’article A.7.2 des règles
BAEL et représentées figure n° 28.
c
ø
b
ø ø, a a
c eh ev
ev ≥ max. { a, cg, ø }
cg : grosseur du plus gros granulat
ø : diamètre de l’armature considérée
eh ≥ max. { a; 1,5 cg; ø }
c = max. { e, ø, a }
Figure n° 28 : dis tance s minimale s de s armature s aux co ffrage s e t e ntre e lle s
pe rme ttant un bé to nnage co rre ct s e lo n le s rè gle s BAEL 91.
68
Les paquets de barres sont autorisés m ais leur em ploi est lim ité par des considé-
rations relatives à l’adhérence. Lorsqu’ils sont utilisés, ils doivent être explicite-
m ent représentés sur les plans. Un com m entaire de l’article A 7.2 indique : « il y a
toujours intérêt à adopter des distances (des arm atures entre elles et entre arm a-
tures et coffrage) supérieures aux valeurs m inim ales indiquées ».
Cette recom m andation est m ieux satisfaite si on réalise le ferraillage avec peu de
barres de gros diam ètre, m ais il faut aussi respecter les prescriptions visant à m aî-
triser la fissuration citées au paragraphe 4.3.5.2. La solution se trouvera dans un
com prom is. Il faut aussi noter que :
– la condition d’enrobage fixée dans l’article A.7.2 peut être plus sévère que celle
de l’article A.7.1 qui concerne la protection des arm atures. Ce cas est cependant
assez rare ;
– les articles A.7.2,6 à A.7.2,9 comportent des prescriptions complémentaires dont
le but est d’éviter que les « mailles » et « entassements » formés par les armatures
ne gênent le bétonnage. Si nécessaire, des « cheminées de bétonnage » doivent
être prévues à l’initiative du bureau d’études ou de l’entreprise.
L’Eurocode 2 Part ie 1-1 t rait e en 8.2 les exigences relat ives à la possibilit é de bét on-
nage correct . Ces prescript ions sont représent ées sur la f igure n° 29.
ev c> 2ø
eh
c eh et ev > max ( 2 ø, dg + 5 mm )
c
Paquets de 3 barres
ev c> 3ø
eh
eh et ev > max ( 3 ø, dg + 5 mm )
c
c
69
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
Il est aussi exigé que « lorsque les barres sont placées en lit s horizont aux dist inct s,
il convient de superposer les barres de chaque lit en f iles vert icales en ménageant
ent re ces f iles un espace suff isant pour permet t re le passage des aiguilles vibrant es
et assurer un bon compact age du bét on ».
Cet t e condit ion semble diff icile à respect er à la let t re, mais elle f ixe l’object if à
at t eindre dans le même esprit que les règles BAEL.
L’emploi de paquet s de barres est soumis à des condit ions analogues à celles des
règles BAEL.
Ces problèmes ne sont pas t oujours bien t rait és par les logiciels de dessin d’arma-
t ures. L’armat urier peut signaler les disposit ions qui lui semblent anormales, mais il
ne dispose pas de t out es les inf ormat ions nécessaires, t elles que la composit ion du
bét on (dimension maximale des granulat s), les caract érist iques du bét on à l’ét at
f rais (consist ance) et les condit ions de bét onnage.
Malgré leur développem ent, ces produits ne font l’objet à ce jour d’aucune règle
technique précise. Les procédés diffèrent par la form e et le m atériau constitutif de
la boîte et par la façon dont celle-ci peut être retirée.
Leur em ploi doit être soum is à l’accord du m aître d’œ uvre qui prendra essentiel-
lem ent en considération :
– la qualité de la surface de reprise obtenue ;
– la possibilité de redresser convenablem ent la partie cintrée des arm atures.
Dans tous les cas on exigera que l’acier utilisé soit apte au redressage après pliage.
70
Ce chapitre a perm is de présenter tous les param ètres qui conditionnent la confor-
m ité de l’arm ature. Cette analyse dém ontre la nécessité im pérative du travail en
com m un entre le bureau d’études et l’arm aturier en am ont de l’exécution. C’est
pourquoi la norm e NF A 35-027 m entionne l’analyse des plans parm i les opéra-
tions de fabrication.
Si l’arm aturier relève des anom alies ou rencontre des difficultés d’exécution, il ne
doit en aucun cas prendre seul la décision de m odifier l’arm ature prévue sur les
plans. En revanche, il doit les signaler au bureau d’études en indiquant les solu-
tions alternatives que son savoir faire lui perm et de proposer.
La certification NF - Aciers pour béton arm é, gérée par l’AFCAB, garantit que les
produits certifiés :
– sont conform es à leur norm e de référence : caractéristiques m écaniques, m asse
linéique, analyse chim ique, caractéristiques géom étriques, non fragilité, souda-
bilité, aptitude au redressage après pliage (optionnelle), résistance au cisaille-
m ent des soudures et dim ensions des treillis soudés ;
– ont une origine identifiable et sont contrôlés.
Chaque acier certifié est identifiable par une m arque de lam inage spécifique à
chaque producteur et par un étiquetage NF – AFCAB. Il fait l’objet d’un certificat
délivré par l’AFCAB qui précise :
– sa dénom ination ;
– l’usine productrice ;
– les caractéristiques certifiées ;
– la m arque de lam inage ;
– les conditions de validité.
La liste des certificats est consultable sur www.afcab.org
71
Cha pit re 4 • Pour une armature conforme
0 3 2 1
0 3 5 7
4 .4 .3 - Ce rtificatio n NF – Armature s
Chaque fardeau ou paquet d’arm atures com portent une étiquette sur laquelle sont
présents :
– le logo de la m arque NF;
– la m ention « NF A 35-027 »;
72
– la portée du certificat (catégories et opérations couvertes, par exem ple :
Arm atures sur plan coupées façonnées) ;
– le nom de l’usine et de la société titulaire du certificat ;
– le num éro de certificat
– pour les arm atures sur plans, les indications spécifiées à l’article 9 de la norm e
NF A 35-027 (nom du client, nom du chantier, num éro du plan, référence de l’ar-
m ature, etc.) ou pour les arm atures sur catalogue, la référence du produit.
Dans le cadre de la certification NF-Armatures, l’AFCAB exige des essais de pliage et de trac-
tion pour vérifier les caractéristiques des armatures après soudage. L’AFCAB supervise
aussi la qualification des soudeurs.
Elle garantit que les aciers et les arm atures posés par l’entreprise certifiée :
– sont conform es à leurs norm es de référence ;
– sont posés en respectant les plans, les règles de béton arm é, les règles de m ise
en place des accessoires (notam m ent les m anchons) ;
– sont parachevés sans altération des aciers ;
– sont contrôlés après la pose.
Pour les ouvrages de génie civil faisant l’objet d’un m arché public de travaux, le
fascicule 65 A :
– im pose d’utiliser des aciers et des dispositifs de raboutage certifiés ;
– conseille fortem ent de choisir un atelier d’arm atures bénéficiant de la certifica-
tion NF – Arm atures. Dans ce cas, ces produits ayant été contrôlés dans le cadre
de la certification, ils ne feront l’objet que d’une vérification d’identification et
d’aspect ;
– im pose dans le cas d’autres provenances, une réception des arm atures par lots
suivant les règles très contraignantes définies par la norm e NF A 35-027 ;
– conseille fortem ent de recourir à des entreprises de pose bénéficiant de la certi-
fication AFCAB – Pose des arm atures du béton ;
– im pose aux m aîtres d’œ uvre, dans le cas contraire, une acceptation sur la base
des critères du règlem ent de certification et du contrôle de la pose des arm a-
tures du béton de l’AFCAB.
73
Cha pit re
5 Pour une arm ature
parfaitem ent
définie
75
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie
Il est donc fondam ental que l’arm aturier dispose toujours de plans définissant
com plètem ent et sans am biguïté les arm atures qu’il doit exécuter. Pourtant, on
constate m alheureusem ent qu’il n’en est pas toujours ainsi et que certaines préci-
sions font souvent défaut sur les plans.
Cette situation sem ble due au fait que l’arm ature par elle-m êm e n’est pas un
ouvrage ; elle n’est qu’un des com posants du béton arm é. Il n’existe donc pas de
m arché d’arm ature signé directem ent avec le m aître d’ouvrage. L’arm aturier est
un sous-traitant de l’entreprise titulaire du lot « gros œ uvre-m açonnerie ». Cette
entreprise lui confie l’exécution et éventuellem ent la pose des arm atures. Le
bureau d’études peut être désigné par le m aître d’ouvrage ou par l’entreprise de
gros œ uvre, m ais il n’a jam ais de lien contractuel avec l’arm aturier.
Il arrive souvent que la m ission du bureau d’études ne com porte pas explicite-
m ent la fourniture de plans d’arm atures détaillés incluant des cahiers de ferraillage
tels que définis dans la norm e NF EN ISO 4066 (Dessins de bâtim ent et génie civil-
Cahiers de ferraillage).
C’est en particulier le cas des études de bâtim ents publics relevant de la loi
« MOP » (Maîtrise d’Ouvrage Publique). Le texte de cette loi énonce les définitions
des différentes m issions de m aîtrise d’œ uvre. Ces définitions n’ont pas été jugées
suffisam m ent précises par les organisations professionnelles des bureaux d’études
qui ont donc établi et publié un docum ent (Décom position des tâches de m aîtrise
d’œ uvre) donnant le contenu des diverses m issions. Celle confiée aux bureaux
d’études intégrés à des équipes de m aîtrise d’œ uvre est en général la m ission
« plans d’exécution » et non la m ission « plans d’atelier et de chantier ». Selon le
docum ent précité, les plans d’exécution sont « des plans à l’échelle 1/ 50 sur les-
quels les seules précisions exigées sont : nature d’acier, sections d’arm atures,
im plantation générale », alors que ce sont les plans d’atelier et de chantier qui doi-
vent com porter les « nom enclatures, façonnages, calepinage, quantités à com -
m ander ». Ceci conduit les bureaux d’étude à inclure dans leurs plans des
« NOTA » tels que celui reproduit dans l’encart ci-après.
En pratique, ces plans sont transm is tels quels par l’entrepreneur de gros œ uvre
à l’arm aturier, alors qu’ils ne com portent pas toutes les précisions nécessaires à la
définition et à la réalisation des arm atures. Lorsque l’arm aturier s’adresse au
bureau d’études pour les obtenir, celui-ci répond parfois que sa m ission se lim ite
à l’établissem ent des plans qui ont déjà été com m uniqués.
76
REPRODUCTION D’UN NOTA FIGURANT SUR UN PLAN
DE BÂTIM ENT RELEVANT DE LA LOI M OP
> Les carnet s d’armat ures ne const it uent pas des plans de coff rage. Pour
t out es les cot es et les dét ails, il conviendra de se report er aux plans de
coff rage pour vérif icat ion.
> L’ent reprise de gros œuvre se doit de vérif ier et d’ét ablir, dans le cadre
de ses plans at elier chant ier (PAC), l’ensemble des indicat ions relat ives aux
linéaires, longueurs des élément s (aciers), ainsi que t out es quant it és à
commander et aut res calepinages ou nomenclat ures
> Les dét ails de f açonnage des aciers de ce carnet ne sont en rien exhaust if s.
L’ent reprise pourra, selon sa mét hodologie, prévoir ou adapt er (par elle-
même) d’aut res dét ails de f açonnage des aciers.
Elle vérif iera aussi les croisement s ent re les armat ures des diff érent s
élément s (pot eau-pout res par exemple) qu’elle adapt era (par elle-même) si
elle le juge nécessaire. Tout e modif icat ion f era l’objet d’un plan de dét ail
qui devra êt re validé par le bureau d’ét udes et le bureau de cont rôle, avant
t out e exécut ion sur chant ier.
L’exem ple des m issions relevant de la loi MOP est particulier. Cependant, quel
que soit le cadre juridique des m archés, la prestation sous-traitée aux arm aturiers
n’inclut jam ais une m ission d’établissem ent de plans d’atelier ou de m odification
des plans d’arm atures qu’il reçoit du bureau d’étude. Le règlem ent de l’AFCAB a
partiellem ent pris en com pte cette difficulté. Il dem ande aux arm aturiers de signa-
ler au bureau d’études les non-conform ités qu’il relève sur les plans en regard :
– des incom patibilités de dim ensionnem ent (par exem ple, poutre de longueur
4 m , dessinée avec 25 cadres à espacem ent 20 cm , ou cote d’arm ature supé-
rieure à celle du coffrage) ;
– des règles de façonnage ;
– des dim ensions de retour de crosses et d’ancrages.
L’arm aturier doit alors faire des propositions au bureau d’études qui reste le seul
décideur en la m atière.
77
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie
Par exem ple les chaînages sont prévus sous la form e globale :
- « Chaînage 4 diam ètres 10, recouvrem ents 40 cm , cadres 15 x 15 diam ètre 6
espacem ent 30 sur tous les m urs ».
C’est donc alors l’arm aturier qui doit calculer le nom bre de pièces, en choisir la
longueur… Ce travail nécessite de disposer des plans de coffrage, ce qui n’est pas
toujours le cas, m ais surtout, en tout état de cause, ce travail incom be norm ale-
m ent au bureau d’études.
La lacune la plus fréquente concerne les façonnages com portant des angles autres
que 90° ou 180° et en particulier les ancrages d’extrém ité.
Pour définir une arm ature pliée à un angle différent de 90° ou 180° telle que celle
représentée sur la figure n° 31, il faut donner par exem ple la cote A et deux des
trois cotes B, C, ou D. La longueur développée peut rem placer une des cotes. On
peut aussi donner les cotes A, B, et un angle, m algré les prescriptions de la norm e
NF EN ISO 4066 qui ne retient pas les angles com m e m oyen de cotation utilisable.
78
B
D
A C
C
Les ancrages d’extrém ité par courbure sont très utilisés. En France, l’ancrage par
« retour à 135° » est depuis longtem ps le plus répandu. La norm e NF A 35-027
(janvier 2003) le cite d’ailleurs com m e un des trois ancrages par courbure courants
avec l’équerre et le crochet à 180°.
De ce fait, il est tacitem ent adm is en France de choisir « par défaut », un angle de
135 °, quand le dessin représente un angle aigu, et que seule la cote B est indi-
quée. En outre, la cote B n’est pas toujours précisée et dans ce cas, on adopte,
égalem ent par défaut, la cote obtenue avec une longueur droite de dix diam ètres
après la courbure, qui est la longueur m inim ale fixée par la norm e NF A 35-027
(janvier 2003) pour les ferm etures de cadres. Cette pratique concerne en particu-
lier les ancrages de ferm etures des cadres. Les longueurs développées figurant sur
les plans sont d’ailleurs en général calculées avec cette hypothèse.
Le m anque d’inform ation fréquem m ent constaté sur les plans dans la définition
des ancrages a été pris en com pte dans la norm e NF A 35-027. Afin d’éviter aux
arm aturiers de devoir en perm anence questionner les bureaux d’étude ou effec-
tuer des choix qui ne relèvent pas de leur com pétence, cette norm e fixe, depuis
son édition de janvier 2003, un m ode de calcul des longueurs droites après cour-
bure dans le cas où le plan ne les précise pas, m ais où l’angle de façonnage est
défini. Ces longueurs « par défaut d’indication » devraient donc se généraliser.
79
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie
L
r
rectilignes, après courbure
d’un ancrage par courbure,
ne sont pas mentionnées
sur le plan, les longueurs
rectilignes minimales après
courbures (Lr) à respecter
sont données par la
d
formule suivante :
Lr ≥ (25 – ␣/9) d ␣
dans laquelle,
␣ représente l’angle de cintrage exprimé en degrés ;
et d le diamètre nominal de l’acier.
Cette formule n’est valide que pour les angles de cintrage compris entre 90° et 180°.
Lr et d sont exprimés dans la même unité.
Le chapitre 4 a présenté les changem ents relatifs aux ancrages des arm atures
transversales apportés par l’Eurocode 2 Partie 1-1 (voir les figures n° 15 et 16
au paragraphe 4.3.3.4).
En dehors du cas particulier des arm atures transversales, l’Eurocode 2 Partie 1-1
dem ande que les ancrages soient déterm inés par le calcul, en com binant les
angles, les diam ètres de m andrins et les longueurs droites.
Les plans com portent aussi quelquefois des arm atures façonnées dont rien ne pré-
cise l’angle de façonnage, à m oins de consulter les plans de coffrage alors que l’ar-
m aturier n’en dispose pas toujours. Il est pourtant évident qu’un pliage
approxim atif risque d’entraîner des difficultés à la m ise en coffrage et des défauts
d’enrobage. Si le diam ètre de l’acier est im portant, une anom alie ne pourra pas
être corrigée sur place.
80
5.2.2 - Armature s « variable s »
Un autre cas où des précisions font souvent défaut est celui des arm atures
« variables ». Ce term e désigne des groupes d’arm atures ayant toutes la m êm e
form e m ais avec une ou plusieurs cote(s) différente(s).
La figure n° 33-A en illustre un exem ple caractéristique. Elle représente le prem ier
lit de la nappe inférieure du ferraillage d’une dalle de portée variable. Pour obte-
nir, par exem ple, les longueurs de coupe et les cotes de façonnage des dix arm a-
tures différentes du repère 1, l’arm aturier devra effectuer le calcul des longueurs
de coupe et de façonnage en progression régulière à partir de la cote variant de
600 à 700 cm en progression arithm étique. Dans cet exem ple, il est possible
d’éviter d’avoir recours à des longueurs variables en utilisant des arm atures « en
tiroir » et en jouant sur les recouvrem ents (figure 33-B).
33A
35
35
1 10 ø 20 e = 20
alternés
variable de 600 à 700
2 10 ø 20 e = 20
33B
1 5+5 ø 20 e = 10 alternés
570
2 5+5 ø 20 e = 10 alternés
620
81
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie
Les arm atures « variables » se rencontrent souvent sur des plans de poutres dont
la section varie progressivem ent sur leur longueur. On peut sans doute com -
prendre que, dans ce cas le projeteur soit réticent à indiquer les cotes exactes de
chaque cadre, si son programme informatique de dessin d’armatures ne comporte
pas cette fonction. Cependant, il est évident que ces cotes sont nécessaires pour la
fabrication. C’est bien au bureau d’études qu’il incombe de fournir ces éléments,
d’autant plus qu’il possède certainement des moyens de calcul plus performants
que ceux de l’armaturier, et que les dimensions inexactes ou approximatives
entraîneront des difficultés de mise en œ uvre et des défauts d’enrobage.
82
Pour les éviter, nous pensons qu’on aurait dû préciser les définitions ci après.
Cadre , é trie r, é pingle : arm ature transversale assurant une des fonctions sui-
vantes :
– résistance à des sollicitations tangentes,
– coutures de recouvrem ents,
– m aintien au flam bem ent de barres com prim ées,
– m aintien d’arm atures soum ises à une poussée au vide,
– frettage.
Ancrage par co urbure : zone d’arm ature com portant un façonnage destiné à
dim inuer la longueur d’arm ature assurant la transm ission des efforts par adhé-
rence entre l’acier et le béton. Un ancrage par courbure est le plus souvent situé
à une extrém ité d’arm ature. Il peut cependant se trouver dans une partie inter-
m édiaire, com m e par exem ple dans le cas des « boucles à plat » utilisées aux
appuis des poutres.
Co ude : partie d’arm ature façonnée ne répondant pas à une des deux définitions
précédentes.
À partir de ces définitions on peut citer quelques exem ples pour lesquels il est
nécessaire d’analyser la fonction de l’arm ature pour effectuer le bon choix, ce qui
relève de la com pétence du bureau d’études et non de celle de l’arm aturier.
83
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie
console
poteau
Poutre « brisée »
Dans une paroi fléchie, les arm atures verticales sont des cadres. Elles pourront
donc être façonnées avec les m andrins de petits diam ètres figurant dans la pre-
m ière ligne du tableau 1 de la norm e NF A 35-027 (voir le tableau n° 7 au para-
graphe 4.3.3.1). En revanche, les arm atures horizontales com portent des boucles
à plat qui constituent les ancrages sur appuis, m êm e s’il ne s’agit pas d’extrém i-
tés d’arm atures. Elles devront donc être pliées sur les m andrins dont les diam ètres
sont indiqués dans la deuxièm e ligne du m êm e tableau. Il appartient au bureau
d’étude d’indiquer explicitem ent sur le plan le diam ètre de m andrin à utiliser.
cadres
ancrages
84
Exemple 2 : mur de soutènement
A B
Remblai Remblai
coudes ancrages
Le cas des arm atures de piédroits de ces ouvrages a été exposé au para-
graphe 4.3.3.9. Ces arm atures ne sont m anifestem ent ni des cadres ni des
ancrages, m ais donc des coudes. Leur conform ité est fondam entale car les efforts
peuvent y atteindre des valeurs m axim ales sur toute la longueur de la partie façon-
née. Les contraintes transm ises au béton dans la partie cintrée sont alors élevées.
Il s’agit d’ailleurs d’un cas, où la condition de non écrasem ent du béton (BAEL
A.6.1 252) peut être prépondérante. Cette condition conduit parfois à des rayons
de cintrage encore plus élevés, que l’arm aturier n’a aucun m oyen de déterm iner
sans la préconisation du bureau d’études.
Outre la difficulté que l’arm aturier peut avoir à effectuer le bon choix, on peut
noter que dans l’exem ple 3, il s'agit souvent d’arm atures de gros diam ètre.
L’adoption du diam ètre de m andrin des coudes, plus élevé que celui initialem ent
prévu a donc pour conséquence la création d’un « coin » de béton non arm é dont
85
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie
un dessin à l’échelle perm et d’apprécier l’im portance. Une étude de détail peut
m ontrer la nécessité de prévoir quelques arm atures com plém entaires de petit
diam ètre.
Armature
Risque d'éclatement
de petit
diamètre
Armature
principale
L’Eurocode 2 met t ra f in aux risques de choix de mandrins erronés que nous venons
d’évoquer. En eff et , comme indiqué au chapit re 4, ce règlement ne prescrit plus de
diamèt res de mandrins spécif iques et « f orf ait aires » pour les ancrages et les coudes.
Il demande dans t ous les cas de calculer le diamèt re nécessaire pour évit er l’écrase-
ment du bét on.
Cet t e règle oblige donc à une just if icat ion qui ét ait rarement prat iquée dans le
cadre des règles BAEL. Il est t rop t ôt pour savoir comment les bureaux d’ét udes l’ap-
pliqueront . Il est souhait able qu’une list e de diamèt res préf érent iels soit ét ablie
conjoint ement ent re les bureaux d’ét udes et les armat uriers. Il est aussi possible que
l’expérience conduise à ét ablir des valeurs f orf ait aires analogues à celles de la
norme NF A 35-027, af in d’évit er des calculs t rop lourds.
Bien ent endu, la nécessit é de préciser sur les plans les diamèt res de mandrins à ut i-
liser rest e impérat ive.
86
5.4 Ferm etures des cadres
En toute rigueur, les plans pourraient préciser dans quel angle du cadre doit être
réalisée la ferm eture et quels sont les ancrages préconisés parm i les diverses solu-
tions possibles présentées au chapitre 4. Cependant, en dehors de cas particuliers
rencontrés, par exem ple dans les constructions parasism iques, ces indications ne
sont pas données. En effet un cadre ferm é en utilisant l’un quelconque des
ancrages conform es à ceux prescrits par les règles doit être considéré com m e par-
faitem ent continu.
C’est, sem ble-t-il, le seul cas où l’absence de précision sur les plans est souhai-
table. Sauf raison particulière, il est préférable de laisser l’arm aturier choisir parm i
les solutions celle qui convient le m ieux du point de vue de l’exécution et en par-
ticulier pour la m ise en place des arm atures longitudinales.
Une cotation convenable, com plétée par une indication précise des diam ètres de
façonnage perm et de définir com plètem ent chaque arm ature élém entaire. Il reste
m aintenant à s’assurer de la position de ces différentes arm atures entre elles et de
l’ensem ble par rapport au coffrage.
Il arrive fréquemment dans les poutres comportant plus de deux lits d’armatures
que l’espacement entre ces lits ne soit pas coté. Les armaturiers savent qu’ils ne
doivent pas accoler plus de deux lits sauf indication contraire explicite, mais c’est
au bureau d’études de préciser ceux qui peuvent être accolés et ceux qui doivent
être séparés. Il lui appartient aussi de préciser les écartements en fonction des
hypothèses de calcul qu’il a adoptées. Rappelons que la stabilité au feu peut néces-
siter des positions d’armatures très spécifiques qui n’ont rien à voir avec celles
adoptées dans le calcul des structures aux températures normales d’utilisation.
87
Cha pit re 5 • Pour une armature parfaitement définie
Lorsqu’il est prévu des arm atures telles que des barres relevées, ou des sus-
pentes, il arrive fréquem m ent que leur position ne soit pas précisée sur les plans
d’arm atures. Seul le plan de coffrage que l’atelier d’arm ature ne possède pas tou-
jours, perm et de définir la position correcte de ces arm atures.
5.6 Enrobage
L’enrobage n’est pas toujours précisé sur les plans. Il est souvent im plicite que les
cadres, lorsqu’il y en a, doivent être centrés dans la section béton, m ais ceci n’est
pas toujours le cas. De plus, il existe souvent d’autres arm atures que les cadres
tels que des épingles, des crosses, ou d’autres types de barres « indépendantes »
dont l’enrobage, et m êm e parfois la position, n’apparaissent pas.
88
5.7 Réservations
On rencontre parfois sur les plans, des arm atures qui traversent des réservations,
sans qu’il soit possible de savoir s’il s’agit d’un choix délibéré (réservation provi-
soire à bétonner en seconde phase), ou d’une erreur à rectifier. Un nota sur le plan
précisant ce point éviterait de se poser la question.
Les outils de façonnage ne perm ettent pas de réaliser des courbes telles que des
ellipses ou des hyperboles. Il faut alors que la form e de l’arm ature soit définie par
une succession de parties droites et d’arcs de cercles la m oins com pliquée pos-
sible. Mêm e dans ces conditions le bureau d’études doit s’assurer auprès de l’ar-
m aturier de la faisabilité des arm atures qu’il déterm ine.
89
Cha pit re
6 Pour une arm ature
plus sim ple,
ou tout au m oins
réalisable
6.1 Fe rme ture de s cadre s
6.2 Cho ix de la fo rme de s armature s
trans ve rs ale s de s po utre s
6.3 Ancrage s par cro s s e s s ur plus ie urs lits
6.4 Jo nctio n e ntre chaînage s de murs
pe rpe ndiculaire s
6.5 Appui inte rmé diaire de po utre
s ur po te au
6.6 Appui inte rmé diaire d’une po utre
s ur une autre po utre
6.7 Po utre s ’appuyant
s ur de ux po utre s po rte us e s
6.8 Ouvrage s s pé ciaux
91
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable
C’est une évidence : il ne suffit pas que les arm atures soient conform es et définies,
il faut aussi qu’elles soient réalisables telles qu’elles sont représentées sur les
plans. Il est bien entendu m oins indispensable, m ais néanm oins très souhaitable,
de rechercher une conception qui perm ette une exécution plus facile.
Dans le cas d’arm atures assem blées et exécutées à partir de plans com plets (plans
de ferraillage et plans de coffrage), le choix des pièces assem blées et des élém ents
laissés non m ontés est déterm inant pour la facilité et éventuellem ent pour la pos-
sibilité de m ise en place sur le chantier.
Ce choix fait pleinem ent partie du « m étier » de l’arm aturier, m ais, en théorie, son
intervention ne devrait pas aller au-delà. En fait, lors de l’étude du m ontage et des
conditions de pose, il arrive assez fréquem m ent de constater que l’arm ature pré-
vue n’est pas réalisable sans m odification.
Lorsque l’arm aturier décèle ce type de problèm e lors de l’analyse des plans il doit
le signaler au bureau d’études. Ce dernier conserve dans tous les cas le pouvoir
de décision. L’arm aturier peut uniquem ent exposer les difficultés qu’il rencontre
et form uler des propositions qui perm ettraient de les résoudre.
Les cas trop évidents de dim ensions d’arm atures m anifestem ent incom patibles
entre elles, ou avec celles du coffrage, ou du nom bre de pièces erronés ne seront
pas développés ici, m ais on peut citer quelques exem ples m oins visibles, et
cependant courants ou représentatifs, qui peuvent être rencontrés à deux stades
de l’exécution :
– lors du m ontage d’élém ents d’arm atures dans une cage prévue assem blée en
usine ou sur site ;
– lors de la pose de cages assem blées s’interpénétrant avec d’autres arm atures.
92
6.1 Ferm eture des cadres
Le chapitre 4 a présenté les prescriptions relatives aux ancrages de ferm eture des
cadres applicables à fin 2004 (voir 4.3.3.3). En utilisant sim plem ent les ancrages
avec des angles de pliage de 90°, 135° et 180°, ces prescriptions perm ettent neuf
form es de ferm etures théoriques. Six d’entre elles sont pratiquem ent utilisables,
m ais on constate que la ferm eture avec deux crochets à 135° est devenue large-
m ent prépondérante sur les plans.
135°
15 ø
10 ø 5ø
Les cadres sont presque toujours figurés sur les plans par des schém as tels que
ceux de la figure n° 41.
93
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable
Il est certain que, dans la plupart des cas, cette représentation est « symbolique ».
Elle ne signifie pas forcément que le bureau d’études impose une fermeture par cro-
chet à 135°. Il s’agit d’une habitude de dessin qui a maintenant été intégrée dans la
plupart des logiciels de dessin d’armatures, et qui semble avoir plusieurs origines :
– il est exigé sur certains chantiers que les cadres soient ferm és de cette m anière.
Cette exigence est abusive, puisque les règles BAEL considèrent les autres fer-
m etures com m e équivalentes ;
– les règles relatives aux constructions parasism iques im posent de prévoir ainsi les
ferm etures dans certaines parties de ces ouvrages. Il n’est pas pour autant
nécessaire d’appliquer cette disposition pour les constructions courantes. Si l’ob-
jectif est d’améliorer la sécurité de ces bâtiments au-delà de ce que les règles
imposent, bien d’autres dispositions seraient à retenir avant de penser à la fer-
meture des cadres.
Beaucoup d’arm aturiers français ont donc choisi de réaliser systém atiquem ent les
cadres avec des ferm etures par crochets à 135° suivis d’une longueur droite de
dix diam ètres. Ils préfèrent éviter ainsi des refus de leurs clients. D’autre part, les
longueurs développées figurant sur les plans sont en général calculées avec cette
hypothèse, alors que les ancrages à 90° exigeraient une longueur légèrem ent
supérieure.
Ce type d’ancrage n’est pratiquem ent jam ais utilisé dans les autres pays m ais reste
de loin le plus courant en France. Cette particularité nationale, est actuellem ent à
l’origine de fréquentes difficultés de m ontage des arm atures. Les quelques
exem ples suivants illustrent ces difficultés et proposent des solutions alternatives
perm ettant au contraire de faciliter l’assem blage.
Ces solut ions, prennent en compt e les modif icat ions apport ées par l’Eurocode 2
(voir f igure 16), t out en remarquant que les disposit ions rest ent inchangées pour les
crochet s à 135°.
Le m ode de fabrication le plus courant consiste à produire d’une part les cadres
sur des m achines autom atiques, d’autre part les barres longitudinales, façonnées
ou non, sur des m achines différentes, puis à assem bler les cages à l’aide de sou-
dures en atelier ou de ligatures sur chantier.
Quelle que soit la technique utilisée pour positionner les arm atures longitudinales
dans les cadres, la figure n° 42 m ontre que cette opération sera difficile pour les
barres situées dans l’angle com portant la ferm eture. Dans le cas de cadres étroits
et de barres de gros diam ètre, on peut m êm e arriver à une im possibilité.
94
10
Barres crossées
dans cadres étroits
54
16
370
15 15
2 HA 8 x 4.20 (Haut)
2 HA 10 x 4.20 (Bas)
10 ø 150° 150°
10 ø 5ø 10 ø 5ø 5ø 5ø
Dans le cas de lits superposés de gros diam ètre, les crochets obligent à décaler
les barres avec une perte sensible de hauteur utile par rapport aux hypothèses de
calcul. Pour des poutres de faible hauteur l’écart relatif devient im portant et peut
être très préjudiciable au bon com portem ent de la poutre.
95
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable
Ici encore les deux m odes de ferm eture représentés sur la figure n° 45 supprim ent
ce défaut.
Pour des cadres de petites dim ensions tels que ceux représentés sur la figure
n° 45, la longueur droite de cinq diam ètres entre courbures prévue par la norm e
NF A 35-027 n’est pas respectée et surtout, l’enrobage de la partie hachurée
risque d’être insuffisant.
L’adoption de ferm etures à 90° conduisait à des im possibilités com pte tenu de la
longueur droite de quinze diam ètres exigée par les règles BAEL (figure 45-a). La
réduction de cette longueur par l’Eurocode 2 à dix diam ètres évite dans la plupart
des cas ces difficultés. En cas de nécessité, on pourra adopter un crochet à 90°
pour un des deux brins et un crochet à 135° pour l’autre (figure 45-b). On peut
aussi réaliser une seconde équerre sur le brin horizontal (figure 45-c).
Ø 12 Ø 14
Ancrage à 135°
Cadres étroits Ø 50 Ø 70
12 15
96
150°
Ces difficultés, alliées à une petite recherche d’économ ie, conduisent d’ailleurs à
raccourcir la longueur droite après courbure au m épris des exigences prescrites
aussi bien par les règles BAEL que par l’Eurocode 2.
Dans cet exem ple, il ne s’agit pas de placer des barres longitudinales m ais d’en-
gager les cadres 5 dans les cadres 3 placés dans des plans perpendiculaires. Dans
la zone des crochets de ferm eture, la tâche apparaît pour le m oins ardue.
Cadres perpendiculaires
imbriqués
5 4
1 6
d'éléments
de coupe
diamétre
longueur
nombre
repère
schéma
M=1 1,42
0,17
1 14 16 3,46
HA e=0,20
M=1
0,15
2 14 16 2,48
HA e=0,20 0,95
M=1
0,20
3 14 3x1 2,58
HA e=0,20 0,95
M=1
0,12
4 12 4x1 6,28
HA e=0,20
2,90
M=1
0,17
5 14 4x1 6,42
HA e=0,20
2,90
M=1 2,90
0,20
6 14 8 6,48
HA e=0,20
97
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable
Lorsqu’un arm aturier reçoit des plans com portant des dispositions telles que
celles que nous avons présentées à titre « d’exem ples à ne pas suivre », la prépa-
ration de la production se trouve bloquée, puisqu’il n’est pas habilité à m odifier
les plans sans l’accord du bureau d’études. Il ne peut que proposer d’adopter des
ferm etures autres que les crochets à 135° causes du problèm e.
Pour éviter ce blocage, il suffirait de convenir entre bureaux d’études et arm atu-
riers de la règle suivante :
« Sauf m ention contraire figurant sur les plans, conform ém ent à l’Eurocode 2, les
cadres seront ferm és par des ancrages à 90° avec une longueur droite de 10 dia-
m ètres après la courbure, et les épingles seront ancrées par des crochets à 150°
avec une longueur droite à 5 diam ètres après la courbure. »
A B C
98
Il ne faut pas en conclure qu’il faille com plètem ent changer nos habitudes. En
revanche il est intéressant de com parer les avantages et les inconvénients des
diverses solutions.
• Form e A :
– elle est économe en poids d’acier;
– elle assure une bonne rigidité de la cage assemblée ;
– l’introduction des barres longitudinales dans les étriers n’est pas toujours facile.
• Form e B:
– elle consom m e d’avantage d’acier si l’on prévoit effectivem ent l’épingle
repérée « E » sur la figure. Cependant dans le cas des poutres « en T », la pré-
sence des arm atures de la dalle perm et de s’en dispenser, si les cadres
ouverts sont assez rigides ;
– la m ise en place des barres longitudinales est facilitée à la fois par le cadre
ouvert et par le rem placem ent des étriers par des épingles.
• Form e C:
– dans une poutre de grande section cette form e peut faciliter l’assem blage en
usine de chaque file séparée et dim inuer les volum es des cages d’arm atures
pour le transport.
99
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable
20 coupe
40 cad HA 8 x 368 162
12
1.10
32
1.70
40 cad HA 8 x 1.85 52
35 25
60
4 x 2 U HA 10 x 210 40
4 x 2 U HA 10 x 210 100
10 100
10
3 HA 10 x 10,45
6 HA 10 x 1005
2 HA 16 x 156 2 HA 12 x 1005 2 HA 16 x 156
1.20
18
1.20
36
36
36 1.26 36
3 HA 20 x 748 3 HA 20 x 1 149 3 HA 20 x 1 149
2 x 13 3 x 20 2 x 30 24
cadres 13 x 35 2 x 30 3 x20 2 x 13
7 3 x 15 2 x 23 24 2 x 25 3 x 15 7
40 10,05 40
A2
100
Une seconde solution consiste à prévoir sur les plans d’autres ancrages que les
habituelles crosses à 135°. En particulier des arm atures en form e de « U » indé-
pendantes peuvent être disposées en adoptant un recouvrem ent convenable (en
général 50 diam ètres) avec des barres inférieures droites. Suivant la largeur de la
poutre, on peut les façonner, avec deux plis ou avec un seul sur un m andrin de
plus gros diam ètre com m e le m ontre la figure n° 50.
La « boucle norm ale » est d’ailleurs une des m éthodes d’ancrage citées par
l’Eurocode 2 en 8.4.1.
Il faut, en revanche, s’assurer que leur m ise en place n’est pas gênée par la pré-
sence de barres verticales.
101
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable
Ici encore, les boucles en U sont beaucoup plus com m odes, et elles évitent la
poussée au vide que peuvent provoquer des équerres m al positionnées. Autre
avantage : deux U rem placent trois équerres dans le cas d’un angle, et quatre dans
le cas d’un refend.
solution habituelle
avec équerres
Solution
avec boucles en U
102
6.5 Appui interm édiaire
de poutre sur poteau
En général, les poteaux et les poutres font l’objet de plans distincts. C’est pour-
quoi la com patibilité des ferraillages des poutres avec ceux des poteaux sur les-
quels elles reposent n’est pas toujours vérifiée. Il arrive souvent qu’en respectant
les positions figurant sur les plans, les barres supérieures de la poutre entrent en
collision avec les arm atures du poteau (voir figure n° 52A).
Poutre
B
B
coupe B-B
Poteau
52A
Longueur de
recouvrement (Lr)
Aciers en attente
Longueur de 52B
recouvrement (Lr)
103
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable
Dans ce cas, ce sont les arm atures longitudinales des deux poutres qui risquent
de se rencontrer. La poutre portée com porte toujours des barres supérieures, et la
poutre porteuse peut en com porter aussi au m oins dans certaines zones. Le pro-
blèm e est particulièrem ent délicat quand on se trouve en présence d’arm atures
de gros diam ètre et parfois sur plusieurs lits.
Si aucune disposition particulière n’est prévue, c’est l’entreprise qui pose en cof-
frage qui choisira de faire passer l’armature d’une des deux poutres au-dessus de
l’autre suivant son inspiration et parfois hors des cadres. Il peut ainsi arriver que
l’écart entre la position réelle et la position théorique des barres dépasse largement
les tolérances admises ou que l’enrobage ne soit pas respecté (voir figure n° 53).
Pour bien faire, il faut que le bureau d’études choisisse lui-m êm e une position d’ar-
m ature réalisable, en tienne com pte dans ses calculs, et la représente de façon
explicite sur les plans.
Si les poutres sont de même hauteur, le problème se pose aussi pour les armatures
inférieures. On peut dans ce cas prévoir un léger dévoiement des barres inférieures,
ou encore la mise en place de « clés » avec recouvrements.
104
« chapeaux » d'une des deux poutres
décalées vers le bas
105
Cha pit re 6 • Pour une arm ature plus sim ple, ou tout au m oins réalisable
« Tirettes »
(crosses indépendantes
livrées non montées)
Le bureau d’études doit non seulem ent s’assurer des possibilités de réalisation des
arm atures qu’il conçoit. Il lui appartient aussi d’en sim plifier la fabrication et la
pose en coffrage. Pour cela, il doit savoir en particulier si les arm atures sont
assem blées en usine et transportées sous form e de cages, ou au contraire assem -
blées sur site. Un contact avec l’arm aturier est donc nécessaire en am ont du
106
chantier. Cette pratique est assez généralisée pour les ouvrages de génie civil,
m ais reste exceptionnelle pour les bâtim ents. Pourtant, ceux-ci présentent parfois
des difficultés im portantes. C’est la com plexité et non la taille des ouvrages qui
doit im poser un travail en com m un, par ailleurs utile dans tous les cas.
Les logiciels de conception de ferraillage ne résolvent pas toujours très bien ce type
de problème. Quand la difficulté est « interne » à une pièce, certains logiciels pro-
posent au projeteur une ou plusieurs solutions. C’est à lui d’utiliser sa compétence
pour effectuer le bon choix. Il doit toujours rester critique vis-à-vis des
dispositions de ferraillage adoptées « par défaut ». Quand il s’agit d’une incompa-
tibilité entre ferraillages de deux pièces, seule une intervention « manuelle » permet
en général, pour l’instant, d’effectuer les adaptations nécessaires. C’est toujours le
cas pour les ouvrages complexes. Les outils informatiques offrent certainement des
possibilités de développement en particulier pour alerter le projeteur des risques
de difficultés de ferraillage et des points sur lesquels un arbitrage entre plusieurs
solutions est nécessaire.
107
Cha pit re
7 Pour une
optim isation globale
de l’arm ature
109
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature
Dans le chapitre précédent des dispositions qui rendent plus com m odes l’assem -
blage et la pose des arm atures ont été présentées. Ces dispositions perm ettent à
la fois de dim inuer les coûts d’exécution et d’am éliorer la qualité des arm atures
posées. Il s’agit de détails im portants, m ais ponctuels.
On peut aller plus loin en recherchant d’une façon plus générale une optimisation
technique et économique des armatures. L’essentiel du coût de l’armature se
trouve dans la matière première. Les gains correspondants ont été largement
exploités depuis longtemps. L’informatisation a permis de franchir une étape sup-
plémentaire en introduisant dans les programmes le « poids minimal » comme cri-
tère de choix unique ou prépondérant entre les divers ferraillages possibles. De leur
coté, les armaturiers ont su améliorer leur productivité grâce à des matériels de
dressage, de coupe, de façonnage et d’assemblage par soudure plus performants.
110
7.2 Im portance
de la conception
du ferraillage
Les param ètres déterm inants pour les tem ps d’exécution des arm atures sont les
suivants :
– nom bre de barres à couper ;
– nom bre d’arm atures à façonner ;
– nom bre d’arm atures correspondant à des « repères » différents (diam ètres,
dim ensions, form es, etc.) ;
– nom bre de « plis » ou façonnages à effectuer ;
– nom bre de points d’assem blage ;
– com plexité des façonnages ;
– com plexité d’assem blage ;
– com plexité de la pose.
C’est au stade de la conception que ces param ètres sont totalem ent définis.
Est-il bien norm al que si peu de chose aient changé m algré l’évolution des carac-
téristiques des aciers, des techniques de production et des m éthodes de calcul ?
111
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature
Les diamètres des aciers utilisés en France sont en général beaucoup plus faibles
que dans les autres pays Tout se passe comme si le passage des aciers de limite
d’élasticité 235 MPa à 400 MPa puis à 500 MPa s’était traduit uniquement par la
diminution des diamètres, et non par celui du nombre de barres. Nous avons vu au
chapitre 4 que l’origine de cette pratique se trouvait peut-être dans un souci de
limitation de l’ouverture des fissures. En fait rien ne justifie cette habitude. On n’en-
registre pas plus de sinistres dans les pays où l’on ignore l’emploi du diamètre
6 mm, et où, pour certains d’entre eux, le diamètre 8 mm n’est que rarement uti-
lisé. La rigidité des aciers de plus gros diamètre permet un meilleur respect des
dimensions des armatures et des enrobages. On constate en effet souvent que les
désordres dus à un enrobage insuffisant concernent des armatures de faible dia-
mètre qui se sont déformées lors des manutentions ou de la pose en coffrage.
L’augmentation des diamètres constitue manifestement un facteur d’amélioration
de la qualité dans un domaine très sensible.
La seule raison pour laquelle ce type de disposition est privilégié en France, est que
les faibles diamètres permettent d’approcher au plus près les sections de calcul. On
croit alors avoir obtenu la solution la plus économique. En fait, l’acier est d’autant
plus cher à la tonne que son diamètre est faible, et surtout, cette façon de faire mul-
tiplie le nombre de barres à façonner et à assembler, et donc le coût de production.
112
7.4 .2 - Utilis atio n de s é trie rs
On constate aussi en France un usage systém atique des étriers dès que les poutres
com portent plus de deux files de barres longitudinales. Rien n’im pose cette dis-
position ni dans les règles BAEL ni dans l’Eurocode 2. Dans le cas où plusieurs lits
d’arm atures sont prévus, des étriers sont nécessaires au m aintien des barres, m ais
il suffit pour cela d’en prévoir un petit nom bre largem ent espacé.
En adoptant le plus souvent possible des cadres sans étrier, l’introduction des
arm atures longitudinales se trouve facilitée. De plus, le nom bre d’arm atures
façonnées et le nom bre de points d’assem blage sont ainsi dim inués.
Lorsqu’un seul cadre est insuffisant, il est préférable de prévoir des épingles plu-
tôt que des étriers ce qui rend aussi le m ontage plus com m ode.
Les problèm es liés aux ferm etures des arm atures transversales ont été présentés
au chapitre précédent. La proposition qui a été form ulée dans ce chapitre est rap-
pelée ci-dessous. Elle consiste à convenir d’un accord entre bureaux d’études et
arm aturiers com portant les clauses suivantes qui respectent les prescriptions de
l’Eurocode 2 Partie 1-1 :
• les crochets à 135° ne sont réalisés que sur dem ande expresse du bureau
d’études figurant sur les plans.
• les cadres ayant uniquem ent une fonction de m ontage sont signalés sur les plans
par la m ention « ferm eture libre ». Ces cadres ne sont pas soum is aux règles
techniques applicables aux arm atures.
113
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature
Cette façon de procéder oblige les arm aturiers à effectuer un tracé spécifique pour
chaque poutre. En fait, le calcul im pose uniquem ent la section d’arm ature trans-
versale à prévoir sur une longueur de poutre égale à son « bras de levier ».
Il est possible de systém atiser des espacem ents m ultiples de cinq ou dix centi-
m ètres, ce qui perm et d’utilisation de gabarits très sim ples et réutilisables pour le
positionnem ent des cadres.
La m êm e observation peut être faite pour les ensem bles m ontés (poutres ou
poteaux par exem ple), pour lesquels une standardisation est parfois possible.
114
7.7 Diamètres des mandrins
de façonnage
Ce sujet a été traité dans les chapitres 5 et 6. L’application de l’Eurocode 2 Partie
1-1 risque d’entraîner l’apparition sur les plans d’un nom bre infini de diam ètres de
m andrins issus directem ent du calcul.
Une solution consiste à établir une liste de diam ètres préférentiels, les logiciels de
dessin d’arm ature utilisant systém atiquem ent le diam ètre de cette liste im m édia-
tem ent supérieur à la valeur m inim ale calculée.
De plus, si l’habitude de ne pas préciser les diam ètres de m andrins sur les plans
perdure, il pourrait être convenu entre bureaux d’études et arm aturiers d’un dia-
m ètre de m andrin pour chaque diam ètre d’acier qui serait utilisé « par défaut ».
L’em ploi de m andrins de diam ètres différents serait réservé aux cas où ils seraient
exigés et explicitem ent spécifiés sur les plans par le bureau d’études.
115
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature
101 101
A
5 7 8 Barre Lg Forme
25
25
1 3HA16 904
135° 851 135°
2 3HA16 835
835
3 3HA16 694 694
1 2 3 4
A 4 3HA16 523 523
30 600
16
5 3HA10 141
12 x 9 3 x 15 21 27 3 x 21 27 21 3 x 15
124 135°
5 5 x 12 15 24 2 x 30 2 x 30 24 18 5 x 12
8 53
16
6 3HA10 141
18 86 135° 124
12
12
7 3HA8 877
135° 851 135°
coupe A-A 8 4HA8 852 852
Échelle= 1/20 9 38HA6 34
17
12
85
10 56HA6 176
17
20
9 11 56HA6 149
65
70
11
10
80 25 80
béton = 1,04 m3
Acier = 231,6 kg d =159,4 kg/m3
Fi =9,9 mm Cof = 10,0 m2
101 101
116
101 101
A
10 6 7
Barre Lg Forme
1 3hA20 920
32
32
135° 862 135°
2 3HA20 760
760
3 3HA16 493
1 2 3 493
A 4 3HA10 141
16
30 800
124 135°
8 x 10 4 x 20 6 x 40 4 x 20 5 3HA10 141
16
2610 134
4 x 15 2 x 25 2 x 25 4 x 15 135° 124
20
12
12
6 3HA8 877
135° 851 135°
7 2HA8 852 852
coupe A-A 8 18HA6 33
33
Échelle= 1/20
9
35
10 43HA10 183
17
10 28HA10 113 113
20
20
8
béton =1,04 m3
70
9 50
Nota : ajouter 5 épingles
verticales de montage
80 25 80
En analysant les principaux param ètres ayant une incidence sur le coût de pro-
duction de la cage de poutre assem blée, on constate que la variante présente les
écarts suivants par rapport à la solution de base :
– nom bre de barres à couper : – 87, soit une dim inution de 50 % ;
– nom bre d’arm atures à façonner : – 82, soit une dim inution de 51 % ;
– nom bre m inim um de points de soudure : – 148, soit une dim inution de 43 % ;
– diam ètre m oyen : + 2,9 m m ;
– possibilité d’utiliser un gabarit pour positionner les cadres ;
– poids d’acier : + 8 kg, sur un total de 232 kg, soit une augmentation de 3,8 %.
Chaque arm aturier dispose d’élém ents de coût de production qui lui sont propres
(coût m atière prem ière, coût m ain d’œ uvre, coût m achine, etc.). Il lui appartient
à partir de ces élém ents, de tirer les conclusions qui découlent de ces com parai-
sons pour son cas particulier.
117
Cha pit re 7 • Pour une optimisation globale de l’armature
118
Cha pit re
8 Conclusions
119
Cha pit re 8 Conclusions
Certaines difficultés qui ont leur origine dans les textes réglem entaires ont été
relevées. La m ise en application de l’Eurocode 2 devrait en élim iner m ais risque
d’en générer d’autres. Si la pratique en m ontre la nécessité, il reste possible
d’adopter des conventions entre bureaux d’études et arm aturiers.
En dehors de cet aspect réglem entaire, les acteurs les plus concernés sont m ani-
festem ent les bureaux d’études chargés d’établir les plans d’exécution. Mêm e si
leurs m issions ne sont pas toujours assez précises, on ne peut pas contester qu’il
leur incom be de concevoir des arm atures conform es, parfaitem ent définies et réa-
lisables par les arm aturiers. Ce guide doit les aider à m ieux com m uniquer avec
ceux qui exécuteront les ferraillages qu’ils conçoivent.
Cependant, pour viser l’objectif d’une véritable optim isation, certains change-
m ents plus fondam entaux sont nécessaires. Le « nœ ud du problèm e » se situe
dans la façon de traiter les contrats d’études d’exécution et les m archés de sous-
traitance des arm atures.
Aujourd’hui, pour les entreprises, ces deux sujets sont totalem ent distincts. D’une
part, elles confient à un bureau une m ission d’étude des ouvrages de béton arm é.
Les exigences fixées concernant les arm atures, sont la conform ité technique ainsi
que l’économ ie en poids d’acier (ou tout au m oins le respect des quantités pré-
vues). D’autre part, elles sous-traitent les prestations d’exécution et éventuelle-
m ent de pose des arm atures sur la base d’un prix d’arm atures à la tonne. Ce prix
est parfois m odulé suivant le diam ètre m oyen. Souvent, il s’agit au contraire d’un
prix à la tonne « tout confondu ».
120
Cette situation regrettable a sans doute des origines m ultiples dans lesquelles tous
les intervenants ont une part de responsabilité, et elle doit évoluer.
Pour cela, il faut nécessairement structurer la relation entre bureau d’études et arma-
turier afin qu’ils puissent proposer ensemble aux entreprises par exemple la prise en
charge conjointe des études d’exécution et de la fourniture avec pose éventuelle
des armatures. Cette association pourra prendre différentes formes juridiques et
contractuelles à définir. Dans tous les cas, elle impliquera des changements notables.
Dans cette association, le bureau d’études reste bien entendu seul com pétent et
décideur en m atière de conform ité m ais, dans les lim ites que celle-ci im pose. Il
doit accepter de prendre en com pte les directives de l’arm aturier pour la concep-
tion de l’arm ature. Il doit intégrer dans ses honoraires le surcoût correspondant à
ces nouvelles contraintes. On peut d’ailleurs penser qu’après un certain tem ps de
collaboration ces contraintes seront pour l’essentiel intégrées. Le surcoût devien-
dra alors négligeable.
L’arm aturier pourra alors exploiter pleinem ent son savoir-faire conduisant à une
conception qui réduira les coûts de m ain-d’œ uvre tout en favorisant la qualité. Il
sera donc en m esure de traiter son m arché sur la base de prix à la tonne dim inués
en conséquence.
Les outils perm ettant cette m ise en com m un des com pétences des bureaux
d’étude et de celles des arm aturiers sont m aintenant à portée de m ain.
En prem ier lieu, les logiciels de dessins d’arm ature perm ettent facilem ent de com -
parer diverses solutions. On peut ainsi m esurer l’incidence sur le poids d’acier de
dispositions perm ettant un m eilleur rendem ent. Les nom enclatures com portent
les nom bres de pièces. Elles pourraient aussi indiquer le nom bre de points d’as-
sem blage. Chaque arm aturier pourrait, en fonction de ses m oyens de production,
valoriser les divers param ètres de coût. Des choix de principes de ferraillage dif-
férents de ceux actuellem ent favorisés pourraient être introduits sans difficulté.
Internet perm et désorm ais l’échange des fichiers à distance et des allers-retours
entre bureaux d’études et arm aturiers. Il est donc possible d’optim iser les dessins
de ferraillage avant qu’ils ne soient figés et diffusés sous form e de plans sur papier.
Cette évolution doit perm ettre une économ ie obtenue sur le coût des arm atures,
supérieure au surcoût des études. C’est évidem m ent la condition pour que les
entreprises acceptent cette nouvelle dém arche et que les donneurs d’ordre y
soient favorables.
Quelques chantiers expérim entaux organisés sur ce principe, soigneusem ent sui-
vis et analysés perm ettraient de vérifier l’intérêt de cette façon de travailler.
Les initiatives pourront venir de l’une quelconque des catégories d’acteurs. Dans
tous les cas, l’AFCAB souhaite bien entendu vivem ent y être associée.
121
Cha pit re
9 Annexes
Anne xe 1
Analys e de s pre s criptio ns de l’Euro co de 2 Partie 1- 1
(pro je t d’avril 2004 ) re lative s au faço nnage
Anne xe 2
Pro ce s s us de dé te rminatio n de l’e nro bage no mimal s uivant
l’Euro co de 2 Partie 1- 1 co mplé té par s on Anne xe Nationale
Français e
123
Cha pit re 9 Annexes
Annexe 1
Analyse des prescriptions
de l’Eurocode 2 Partie 1-1
(projet d’avril 2004)
relatives au façonnage
L’objet de cette annexe est de présenter une analyse des règles de l’Eurocode 2
(projet d’avril 2004) relatives au façonnage et les conséquences qui découlent de
cette analyse.
Les diam ètres m inim aux prescrits par le tableau 8.1N sont les m êm es quelle que
soit la fonction de l’arm ature. Ceci est norm al puisqu’il s’agit « d’éviter le dom -
m age aux arm atures ». Par contre le tableau précise : « dans le cas des coudes, cro-
chets ou boucles (voir figure 8.1) ». Or, la figure 8.1 à l’article 8.4 ne concerne que
les ancrages.
On peut cependant supposer que ces diam ètre m inim aux s’im posent pour tous
les façonnages quelle que soit leur fonction (ancrage ou tout autre changem ent de
direction).
124
2 - Article 8.3 (3). Jus tificatio n vis - à- vis de la rupture
du bé to n. Cas de s armature s trans ve rs ale s
L’article 8.3 (3) énum ère trois conditions à rem plir sim ultaném ent pour que cette
justification ne soit pas nécessaire :
– prem ière condition : la barre n’est pas disposée près de la surface (plan de
flexion proche du parem ent) et il existe une barre transversale de diam ètre
supérieur ou égal à F à l’intérieur de la partie courbe. Cette exigence est très
généralem ent satisfaite pour les arm atures transversales ;
– deuxième condition: le diamètre du mandrin est supérieur ou égal aux valeurs recom-
mandées du tableau 8.1 N. Cette condition est obligatoirement remplie puisqu’elle est
imposée, (et non simplement recommandée) par le tableau 8.1 N;
– troisièm e condition : l’ancrage nécessaire de la barre ne dépasse pas 5 diam ètres
au-delà de l’extrém ité de la partie courbe. Sur ce point, il faut se référer aux
articles 8.4.1 et 8.5. Ces articles prescrivent une longueur droite de 5 diam ètres
après la courbure si l’angle de façonnage de l’ancrage est au m inim um à 150°
et de 10 diam ètres s’il est inférieur. La condition est donc rem plie pour les
ancrages pliés au m inim um à 150°. Par contre, la vérification serait exigée pour
les crochets à 135° ou 90°.
Il serait étonnant que l’Eurocode 2 revienne sur la pratique existant de longue date
en France et dans plusieurs autres pays qui dispense vérifier pour toutes les arm a-
tures transversales la « condition de non écrasem ent du béton ». Ceci conduirait à
des diam ètres de façonnage pratiquem ent inacceptables ou à l’abandon des fer-
m etures de cadres par ancrage à 90° et 135°.
125
Cha pit re 9 Annexes
Les diam ètres m inim aux découlant de l’expression (8.1) sont plus élevés que ceux
du tableau 8.1N.
Les bureaux d’étude devront donc systém atiquem ent calculer et préciser sur les
plans le diam ètre de cintrage à adopter pour toutes les arm atures autres que les
cadres.
On peut craindre que, le calcul inform atisé aidant, une infinité de diam ètres de
façonnage n’apparaisse sur les plans. Pour des raisons pratiques il est nécessaire
de lim iter le nom bre de m andrins utilisés.
Une lis te de diamè tre s pré fé re ntie ls de vrait ê tre é tablie , par e xe mple dans la
no uve lle no rme NF A 35- 027, e t il s e rait co nve nu de ré alis e r s ys té matique -
me nt le s faço nnage s s ur le mandrin de diamè tre pré fé re ntie l immé diate me nt
s upé rie ur à ce lui ré s ultant du calcul.
126
Annexe 2
Processus de déterm ination
de l’enrobage nom im al
suivant l’Eurocode 2,
Partie 1-1 com plété
par son Annexe
Nationale Française
Cette annexe présente le processus de déterm ination de l’enrobage nom inal sui-
vant l’Eurocode 2 partie 1.1 com plété par son Annexe Nationale française.
Les tableaux de cette annexe sont repérés par la m ention « (F) »
La classe d’exposition est im posée au m aître d’œ uvre en fonction des conditions
d’environnem ent du projet dont elles constituent une donnée de base. Elle est
donnée par le tableau 4.1 (F) à l’article 4.2 (2) de l’Annexe Nationale française.
L’EN 1990 – Bases de calcul des structures, définit 6 classes structurales. Chaque
classe correspond à une durée d’utilisation de projet. La classe à utiliser pour les
bâtim ents et ouvrages de génie civil courants est S4 (durée d’utilisation de projet
de 50 ans) pour des bétons conform es aux tableaux N.A.F.1 ou N.A.F.2 de
l’Annexe Française de la norm e NF EN 206-1. La classe des ponts est S6.
127
Cha pit re 9 Annexes
L’enrobage m inim al vis-à-vis de l’adhérence « Cm in, b » est donné par le tableau 4.2
à l’article 4.4.2.1 (3) de l’Eurocode 2 Partie 1.1
128
6 - Dé te rminatio n de l’e nro bage minimal « Cmin »
L’enrobage minimal Cmin est déterminé par une formule donnée dans l’article
4.4.2.1 de l’Eurocode 2 partie 1.1 à partir de « Cmin, b », « Cmin. dur », « ∆Cdur, st » et
« ∆Cdur, add ».
Dans l’article 4.4.1.3 (4) l’Eurocode 2 Partie 1.1 prescrit de m ajorer l’enrobage
m inim al dans le cas d’un béton coulé au contact de surfaces irrégulières (sol ou
béton de propreté par exem ple) et l’Annexe Française donne les valeurs de l’en-
robage m inim al à adopter dans ces cas.
129
Cré dit pho to graphique Co uve rture : D. Lozach
AGIBAT, BARTEC, BLB CONSTRUCTIONS, Illus tratio ns : E. Vallecillo
FORNACE MANNA, GERMAIN ARMATURES, Ré alis atio n : Am principe
GROUPE FIMUREX, PRESIDER, SNAAM, R.C.S. Paris B 389 103 805