République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
Université de Tiaret
Département de Français
Module de Traduction et interprétation Niveau : 3ème Année L
Brève histoire des idées traductologiques
1. Art vs Science
Selon certains traducteurs, la traduction est un art. D'autres spécialistes dans ce domaine
affirment que la traduction est une discipline exacte, possédant ses techniques et ses
problèmes particuliers. En envisageant la traduction comme un art, on court le risque de
lui refuser son inscription normale dans le cadre de la linguistique. Si l'on a pu dire que
traduire c'est un art, c'est parce qu'il est possible de comparer plusieurs traductions d'un
même original, d'en rejeter certaines, d' en louer d' autres pour leur fidélité et leur
mouvement. Il y aurait donc pour un texte donné un choix devant lequel le traducteur a
hésité avant de proposer sa solution. Et s'il y a eu choix, il y a eu par là même démarche
artistique, l'art étant essentiellement un libre choix.
A cet égard, G. Mounin affirme: “La traduction, comme l'architecture ou la médecine
(ou tant d'autres activités humaines ayant pour l'objet l'homme) est, ou peut être, ou doit
être à la fois une science et un art: un art sous - tendu par la science. C'est la linguistique
elle – même qui nous enseigne le plus clairement que les opérations de traduction
comportent à la fois des problèmes linguistiques et des problèmes non – linguistiques.”
2. Traduisible vs Intraduisible
La possibilité même de traduire s'est posée d'emblée pour les textes religieux. Les
réactions contradictoires à la traduction des textes sacrés mettent en évidence deux
conceptions radicalement opposées de la traduction. D'un coté, il y a ceux qui
considèrent la traduction comme un don et une révélation qui permet de traduire la
parole divine, permettant de transmettre et de perpétuer la révélation; de l'autre, il y a
d'autres qui estiment impossible de transposer le mystère de la parole de Dieu dans le
langage des humains et qui considèrent, par conséquent, la traduction comme un
sacrilège et le traducteur comme un blasphémateur.
3. Fidélité vs Liberté :
Tout au long de l'histoire, la manière de traduire a été dictée en fonction de deux poles
conflictuels : le premier opposant la traduction littérale (mot à mot), donc fidèle, à la
traduction libre ou aux « belles infidèles » ; et le second, la primauté du fond sur celle
de la forme.
On peut soutenir que toutes les théories de traduction ; qu'elles soient formelles,
pragmatiques ou chronologiques ne sont que des variantes d'une seule et éternelle
question : comment peut-on ou doit-on parvenir à la fidélité ?
La question centrale de la problématique de la fidélité est celle de la « polarité » : le
texte à traduire est perçu de façon erroné comme une combinaison de « fond » et de «
forme » ou encore de « mot » et de « sens », alors qu'il est en réalité un tout qui doit être
appréhender dans sa relation à un contexte particulier et en fonction d'une finalité
précise. Si le cadre général de la traduction est bien posé, la fidélité cesse d'être un
problème : elle devient un choix parmi d'autres sur la gamme des actions du traducteur.