0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
211 vues36 pages

Gestion des Contrôles Fiscaux en Côte d'Ivoire

Ce document décrit les principes du contrôle fiscal en Côte d'Ivoire, y compris les différentes formes de contrôle, le droit de communication de l'administration fiscale et les limites de ce droit. Le document contient également des informations sur la recherche d'informations et de renseignements dans le cadre des contrôles fiscaux.

Transféré par

bouba traore
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
211 vues36 pages

Gestion des Contrôles Fiscaux en Côte d'Ivoire

Ce document décrit les principes du contrôle fiscal en Côte d'Ivoire, y compris les différentes formes de contrôle, le droit de communication de l'administration fiscale et les limites de ce droit. Le document contient également des informations sur la recherche d'informations et de renseignements dans le cadre des contrôles fiscaux.

Transféré par

bouba traore
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

LA GESTION DES CONTROLES FISCAUX

Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal


ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

INTRODUCTION

Le système fiscal ivoirien est un système déclaratif : En effet, à l'inverse d’autres


systèmes fiscaux, le régime déclaratif ivoirien autorise les entreprises à déclarer les
impôts exigibles à leur constitution, à leur fonctionnement et à la fin de leurs activités
en toute liberté. L’Etat se réserve, toutefois, le droit de procéder à des contrôles
périodiques.

Sous sa responsabilité, le contribuable fait donc connaître à l’Administration les


éléments qui vont permettre la mise en œuvre éventuelle d’imposition. Le redevable
est également chargé de prélever l’impôt à la source pour le compte du Trésor.

Le système fiscal ivoirien est par conséquent basé sur la confiance qui n’exclut toutefois
pas le contrôle…

En effet, ces déclarations ne sont pas nécessairement sincères car des erreurs peuvent
avoir été commises de bonne foi. Le contribuable peut chercher délibérément à frauder.
C’est pourquoi, en contrepartie du système déclaratif, l’Administration dispose d’un droit
de contrôle qui lui permettra de vérifier les éléments déclarés.

Ce pouvoir de contrôle est exercé par les services d’assiette qui vérifient les éléments
contenus dans sa déclaration.

Pour ce qui est des bases légales du contrôle fiscal, il convient de se reporter tout
particulièrement au Livre des Procédures Fiscales (LPF) et, à un degré moindre, au Code
général des impôts et ses annexes.

Il s’agirait dans le présent séminaire d’exposer des règles pratiques de gestion de


contrôle. En effet, l’on constate que les contrôles fiscaux loin d’être des moments de
quiétude pour les contribuables, sont vécus comme des périodes de stress, de peur, de
panique ou de grandes appréhensions.

A notre avis, ces situations sont, en grande partie, motivées par la méconnaissance des
règles fiscales et l’attitude d’une poignée d’agents qui prend plaisir à poser
l’administration en censeur plutôt qu’en partenaire du contribuable.

Nous avons remarqué que les contribuables pourraient s’en tirer à bon compte s’ils
respectaient certains principes simples lors des contrôles fiscaux.

Sans vouloir les épuiser, les conseils pratiques (PARTIE II) qui en découlent seront
exposés après le rappel des principes applicables en matière de contrôle fiscal (PARTIE
I)

2
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

TITRE I RAPPEL DES PRINCIPES APPLICABLES

 DIFFERENTES FORMES DE CONTROLES

On distingue trois formes de contrôles :

 le contrôle formel ;
 le contrôle sur pièces ;
 le contrôle externe.

- Le contrôle formel

Il constitue une phase préparatoire au contrôle sur pièces ; il s’exerce donc dès la
réception des documents déposés par le contribuable (ou avant le classement au
dossier) et il concerne l’ensemble des documents produits.

Il consiste en un examen de la qualité formelle des éléments déclarés en vue de rectifier


les erreurs matérielles pour éviter les aberrations. Il permet également l’efficacité dans
le traitement de l’information.

Le contrôle formel ne peut en aucun cas, se traduire par la modification des chiffres
déclarés.

- Le contrôle sur pièces (art. 4 LPF)

Le contrôle sur pièces (CSP) est constitué par l’ensemble des travaux de bureau au
cours desquels le service procède à l’examen critique des déclarations et de la situation
fiscale du contribuable à l’aide des renseignements et documents figurant au dossier
mais aussi à partir des informations complémentaires demandées au contribuable ou
obtenues auprès des tiers à l’occasion de l’exercice du droit de communication.

Les objectifs visés par le CSP sont de trois ordres :

 Détection des contribuables défaillants ;


 Prévention et préparation des erreurs relevées dans les déclarations ;
 Sélection de dossiers susceptibles de faire l’objet d’un contrôle externe.

- Le contrôle externe

Le contrôle externe revêt deux formes : - la vérification de comptabilité (VC) et la


vérification approfondie de la situation fiscale d’ensemble du contribuable (VASFE).

3
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

 La vérification de comptabilité (VC) art. 2 LPF

Elle concerne les contribuables astreints à la tenue d’une comptabilité. C’est l’ensemble
des opérations de contrôle ayant pour objet d’examiner sur place la comptabilité en la
confrontant aux éléments d’exploitation en vue de contrôler les déclarations du
contribuable et d’assurer éventuellement les redressements nécessaires.

Elle suppose donc :

 une analyse fiscale et comptable de la comptabilité


 des recherches extérieures éventuelles

Une vérification de comptabilité implique donc, au-delà du simple examen de la


comptabilité, une confrontation des renseignements extracomptables aux données
comptables qui se trouvent à la base même des déclarations souscrites.

 La vérification approfondie de la situation fiscale d’ensemble (VASFE) des


personnes physiques. (art. 5 LPF)

C’est l’ensemble des opérations de contrôle destinées à vérifier la cohérence entre les
déclarations de revenus d’un particulier, d’une part et sa situation patrimoniale, sa
situation de trésorerie et son train de vie, d’autre part.

Ces opérations ont pour but de vérifier la sincérité des déclarations de revenu global
souscrites au titre de l’impôt sur le revenu.

Le contrôle fiscal externe a pour objectifs :

- la rectification des erreurs, omissions et inexactitudes commises par les


contribuables ;
- la répression de la fraude ;
- le suivi et l’information du contribuable
- la manifestation de la présence de l’administration

Aussi, l’importance des enjeux implique-t-elle une sélectivité importante des dossiers à
travers un dispositif de recherche du renseignement adapté.

Basé sur la recherche de l’information et du renseignement, le contrôle fiscal obéit à des


procédures dans son exécution et aboutit à des redressements suivant les procédures
spécifiques assortis de sanctions fiscales.

4
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

CHAPITRE I
LA RECHERCHE DE L’INFORMATION ET DE RENSEIGNEMENTS

Le Livre des procédures fiscales (LPF) met à la disposition de l’administration fiscale des
moyens juridiques d’investigation pour lui permettre d’exercer utilement son pouvoir de
contrôle. Il s’agit de procédés de recherche de l’information et du renseignement
destinés à appuyer efficacement les opérations de contrôles.

Ils sont au nombre de trois : le droit de communication, le droit d’enquête et le droit de


visite et de saisie.

SECTION I LE DROIT DE COMMUNICATION

Le droit de communiquer prévu aux articles 32 et suivants du LPF est le droit reconnu à
l’Administration fiscale de prendre connaissance et, au besoin, copie de documents
détenus par des tiers, quel que soit le support utilisé pour la conservation de ces
documents.

Paragraphe 1 : Objet et limites du droit de communication

A Objet

Le droit de communication n’a pour objet que de prendre connaissance d’éléments


ponctuels intéressant une opération particulière ou des travaux ou transactions de
même nature, pour des catégories de contribuables bien définies.

Il permet ainsi à l’Administration :

 non seulement de prendre connaissance et, au besoin, copie des documents


comptables d’un contribuable ;
 mais également de recueillir, auprès de tiers, tous renseignements utiles à
l’assiette, au contrôle et au recouvrement de l’impôt.

L’Administration a ainsi la possibilité de compléter les informations qui doivent lui être
fournies dans le cadre des obligations légales mises à la charge des contribuables afin
de détecter les manquements éventuels aux obligations déclaratives et de vérifier la
sincérité des chiffres déclarés.

Les renseignements recueillis par le droit de communication peuvent être utilisés pour
l’assiette et le contrôle de tous les impôts et taxes à la charge de tiers à la personne
physique ou morale auprès de laquelle il est exercé.

5
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

B Les limites du droit de communication

Le droit de communication doit, dans tous les cas, être limité à un relevé passif des
documents consultés (écritures comptables, registre, documents divers relatifs à
l’activité de l’entreprise…)

Mais indépendamment des supports papiers traditionnels, le droit de communication


peut s’exercer sur tous les documents ou supports magnétiques. Il est par nature non
contraignant au regard de la situation fiscale de la personne auprès de laquelle il est
exercé.

Le droit de communication doit être fondamentalement distingué du droit de


vérification. En effet, le droit de vérification permet en cas d’insuffisances constatées, de
rectifier les déclarations souscrites par le contribuable vérifié.

La loi a assorti l’exercice de ce droit de vérification de garanties et de droits spécifiques


au profit du contribuable vérifié. Il conviendra dès lors, de faire attention au
« détournement de procédure » qui constitue à muer le droit de communication en droit
de vérification qui du reste, serait irrégulière dans la procédure.

Enfin, sont exclus du droit de communication, les particuliers et les artisans.

Paragraphe 2: L’exercice du droit de communication

A Personnes et organismes visés

Les recherches à entreprendre ne peuvent être effectuées qu’auprès de personnes ou


organismes limitativement énumérés par la loi et sur des documents spécifiques à
chacune d’entre elles.

Ainsi sont concernées :

- Les administrations et entreprises publiques, les collectivités territoriales, les


établissements et organismes soumis au contrôle de l’autorité de l’Etat ;
- Les membres des professions non commerciales ;
- Les banques et établissements financiers ;
- Les personnes ayant la qualité de commerçant ;
- Les employeurs.

a Conditions d’exercice (art 32 du LPF)

Le droit de communication peut s’exercer par correspondance ou sur place dans


l’entreprise. Mais lorsque l’administration décide d’exercer ce droit sur place, les règles
suivantes doivent être respectées :

6
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

 Envoi ou remise d’un avis de passage afin qu’aucun doute ne subsiste dans
l’esprit du contribuable sur la nature de l’intervention dont il est l’objet.
 L’avis du passage doit préciser la nature des documents dont la consultation est
demandée.

Le LPF ne prévoit pas de délai entre la date de réception de l’avis et de la date de la


première intervention mais dans la pratique, en fonction de l’enjeu, un délai est accordé
au contribuable pour préparer les documents sur lesquels doit porter le droit de
communication.

Les personnes ou organismes visés par le droit de communication sont tenus de


conserver leurs documents pendant un temps minimum, en l’occurrence six ans à
compter de la date de la dernière opération mentionnée sur les livres ou registres ou de
la date à laquelle les documents ou pièces ont été établis.

Cette obligation est applicable quelle que soit la nature du support utilisé.

Les manquements au droit de communication sont sanctionnés par une amende fiscale
après mise en demeure.

B Droit de communication systématique (sans demande préalable) art. 32 LPF

Les banques et établissements financiers ainsi que certaines institutions étatiques ou


communales, sont tenus d’un droit de communication à l’égard de l’administration
fiscale en l’absence de toute demande préalable de celle-ci (articles 50-51-53-54-56 du
LPF).

SECTION 2 : LE DROIT D’ENQUETE (article 67 LPF)

Le droit d’enquête permet de mettre en évidence des manquements aux règles et


obligations auxquelles sont soumis les assujettis aux taxes indirectes en matière de
facturation.

Il permet ainsi à l’Administration d’assurer sa présence dans les secteurs d’activité où les
risques de fraude fiscale sont importants et de recueillir des informations exploitables à
l’occasion de la sélection des dossiers à vérifier.

NB
Ayant pour objet la recherche de renseignements, le droit d’enquête n’est pas une
procédure de contrôle et ne doit pas se confondre non plus avec le droit de
communication de l’administration.

7
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

Paragraphe 1 : Conditions d’exercice du droit d’enquête

A Les personnes soumises au droit d’enquête

Ce sont :

 les assujettis aux taxes indirectes ;


 les assujettis aux règles de tenu de comptabilité et de déclaration

B Les documents soumis au droit d’enquête

Les enquêteurs qui doivent avoir au moins le grade d’inspecteur, disposent du droit de
se faire présenter différentes catégories de documents :

 les factures
 la comptabilité matière
 les livres
 les registres
 les documents professionnels pouvant se rapporter à des opérations ayant
donné lieu ou devant donner lieu à facturation et procéder à la constatation
matérielle des éléments physiques de l’exploitation.

A titre de rappel, les factures doivent être normalisées : être datées, numérotées, porter
le numéro du compte contribuable, le centre d’assiette de rattachement, le régime
d’imposition, faire mention du total hors taxe et de la TVA ventilée par taux d’imposition
ou faire apparaître l’indication « exonération ».

Le non respect de ces prescriptions, constaté lors d’une enquête, ne peut qu’inciter
l’Administration à effectuer une vérification de comptabilité.

C Les lieux soumis au droit d’enquête

L’enquête peut être effectuée dans les locaux à usage professionnel, sur les terrains
d’exploitation et dans les entrepôts.

Les enquêteurs ont accès aux moyens de transports à usage professionnel et leur
chargement mais les domiciles privés ne sont pas accessibles.

Sur les lieux où leur intervention est autorisée, les agents peuvent, dès lors prendre
connaissance des moyens mobiliers et immobiliers utilisés ainsi que des ressources
humaines employées. Il leur est possible de constater les stocks de marchandises, de
matière première, de fournitures diverses et des produits de prestations.

8
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

Paragraphe 2 Déroulement de l’enquête

Ce sont des brigades du service des enquêtes et recoupements qui exercent ce droit.
Les agents qui y sont affectés sont soit des inspecteurs ou des administrateurs soit des
agents de police judiciaire.

A L’avis d’enquête

Lors de la première intervention ou de la première convocation, un avis d’enquête est


remis à l’assujetti, comportant le nom ou dénomination sociale et adresse de ce dernier,
les noms et qualités de l’enquêteur ainsi que la date de l’intervention ou de la
convocation. Si lors de la première intervention, seuls des salariés, ou parent de
l’assujetti sont présents, l’avis d’enquête doit néanmoins leur être remis et l’enquête
peut se dérouler. Dans ce cas, les noms et qualité des personnes présentes sont
mentionnés sur l’avis d’enquête.

B Conclusion de l’enquête : Le procès-verbal

L’intervention inopinée se déroule dans les locaux professionnels. Mais l’Administration


est en droit d’entendre l’assujetti dans les bureaux de l’agent intervenant, sur
convocation. Chaque enquête peut donner lieu à une ou plusieurs interventions.

Un procès-verbal est dressé à la fin de chaque opération.

A l’issue de l’enquête, un procès-verbal est établi dans les 15 jours de la dernière


intervention ou audition.

Il consigne les manquements constatés ou l’absence de tels manquements. La liste des


documents dont une copie a été délivrée y est annexée le cas échéant. Un exemplaire
du procès-verbal est remis à l’assujetti, qui est invité à le signer. En cas de refus de
signer, mention en est faite au procès verbal.

C Les sanctions en cas d’opposition au droit d’enquête

La mise en œuvre du droit d’enquête donne lieu à l’application d’amendes prévues par
l’article 150 du LPF relatifs aux voies de faits, menaces ou manœuvres concertées, soit
une amende de FCFA 1 000 000 à 20 000 000 assortie d’un emprisonnement d’un à
deux mois.

9
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

SECTION 3 : LE DROIT DE VISITE ET DE SAISIE

Paragraphe 1 : Définition et objet (art. 12 LPF)

Les services des impôts disposent d’un droit de visite et de saisie en tous lieux même
privé, pour rechercher la preuve d’agissements frauduleux en matière d’impôts directs
ou de TVA.

Ce droit permet à l’Administration de rechercher la preuve d’agissements frauduleux


lorsqu’il existe des présomptions qu’un contribuable se soustrait à l’établissement et au
paiement de l’impôt (achat ou vente sans facture, fausses factures, omission d’écritures
comptables, écritures comptables inexistantes ou fictives).

Paragraphe 2 : Les conditions d’exercice

L’exercice de ce droit est soumis à des règles très strictes :

 Chaque visite, sauf cas de flagrance, doit être autorisée par une ordonnance du
président du Tribunal ;
 Le juge désigne l’officier de police judiciaire chargé d’assister à ces opérations et
de le tenir informé de leur déroulement ;
 La visite et la saisie de documents s’exercent sous l’autorité du juge qui les a
autorisées ;
 La visite ne peut commencer ni avant 6 h ni après 21 h ;
 La visite se déroule en présence de l’occupant des locaux ou de son représentant
(à défaut, de 2 témoins…) ;
 Le PV de visite est dressé sur le champ par les agents de l’Administration fiscale.

NB : Les dispositions ci avant sont applicables au contrôle de la circulation des


marchandises et des produits (art.13 LPF).

 L’exercice du droit de visite et de saisie ne constitue pas une vérification de


comptabilité.

10
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

CHAPITRE 2 LES PROCEDURES D’EXECUTION DU CONTROLE FISCAL

SECTION I : CHAMP D’APPLICATION ET DEROULEMENT DES


DIFFERENTS TYPES DE CONTROLES

Paragraphe 1 : En matière de CSP

Le CSP peut porter sur tous les impôts et taxes auxquels le contribuable est assujetti.
L’Administration peut contrôler toutes les déclarations et tous actes et documents utiles
à l’assiette de l’impôt.

Les principes suivants régissent le déroulement du CSP :

 absence d’information du contribuable sur le contrôle entrepris ;


 possibilité de convoquer le contribuable ;
 demande écrite de renseignements, explications, éclaircissements ou
justifications (articles 7 à 10 du LPF) ;

 interdiction de consulter sur place ou au bureau des documents comptables.

Le rapprochement des déclarations souscrites des écritures comptables s’analyse en une


vérification de comptabilité dont la régularité est subordonnée à l’envoi préalable d’un
avis de vérification.

La consultation des documents comptables sans avis de vérification ne peut intervenir


que pour les besoins de l’instruction d’une réclamation contentieuse ou gracieuse
présentée par le contribuable.

Paragraphe 2 : En matière de vérification de comptabilité (modifier les dates


de contrôle en vous référant au tableau qui est joint en annexe)

L’avis de vérification est le premier acte de procédure en matière de contrôle fiscal


externe. Par la suite, lui-même doit se dérouler dans des conditions bien définies.

A L’engagement du contrôle : L’avis de vérification (art 15 LPF)

Le contribuable doit être obligatoirement informé par un avis de vérification qu’il va faire
l’objet d’une vérification de comptabilité. L’avis de vérification doit contenir
impérativement certaines mentions et précéder l’intervention sur place d’un délai.

- Le contenu de l’avis de vérification (art. 15 al 2-3 LPF)

L’avis de vérification doit :

11
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

 indiquer les périodes et la nature des impôts, droits et taxes soumis à


vérification ;
 mentionner, sous peine de nullité, que le contribuable peut se faire assister par
un conseil de son choix au cours des opérations de vérification ;
 préciser la date et l’heure de la première intervention sur place.

1- Les délais

C’est le délai compris entre la date de remise de l’avis de vérification au contribuable et


le début des interventions sur place. Il s’agit de délais francs qui diffèrent selon la
nature du contrôle.

 vérification générale : 5 jours

En général, l’avis de vérification est remis en mains propres et la date de réception est
mentionnée sur le double de l’avis de vérification conservé par le service.

 Cas particulier : vérification inopinée (article 16 du LPF)

L’Administration peut procéder à tout moment à une vérification inopinée qui consiste à
faire seulement des constatations matérielles dès la remise de l’avis de vérification à
l’exclusion de toute investigation dans la comptabilité.

Dans ce cas, l’examen au fond de la comptabilité ne peut être entrepris que 2 jours
francs après la date de remise de l’avis de vérification.

NB : l’avis de vérification doit comporter les mêmes mentions que pour la


vérification générale et préciser qu’il s’agit d’une vérification inopinée.

2- Les reports éventuels

Le LPF ne prévoit pas les cas de reports. Dans la pratique,

 La demande doit être formulée par écrit


 Elle doit reposer sur des motifs sérieux,
 Sauf circonstances exceptionnelles, le report ne peut excéder 5 jours. La nouvelle
date de la première intervention sur place doit être portée sur l’avis de vérification.

B Le déroulement du contrôle (art 15 LPF)

1- Lieu

La vérification doit en principe se dérouler au siège de l’entreprise. Elle peut, à la


demande expresse du contribuable, se dérouler chez le conseil ou au bureau du
vérificateur. Une telle demande doit reposer sur des motifs valables.

12
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

2- Emport des documents

Le vérificateur ne peut emporter des documents comptables que sur demande écrite du
contribuable et lui en donner décharge, responsable des documents qui lui sont remis.

C Durée de l’intervention sur place (Art 20 LPF)

1- Vérification générale

Le délai de vérification sur place varie selon l’importance de l’entreprise.

- Délai de droit commun : 6 mois

Ce délai peut être prorogé de 3 mois en cas de suspension de la vérification à la


demande du contribuable.

NB : Le délai de 6 mois s’applique dès lors que le chiffre d’affaires (CA) de l’un des
exercices vérifiés n’excède pas 500 millions et si les entreprises relèvent de l’impôt
synthétique ou du réel simplifié en matière de BIC et de TVA.

2- Vérification ponctuelle

La vérification est dite ponctuelle lorsque :

- Elle ne porte pas sur l’ensemble des impôts et taxes exigibles au titre de la
période vérifiée

Exemple : Contrôle TVA et AIRSI ; contrôle ITS ou contrôle BIC.

Elle est limitée à des opérations déterminées.

Exemple : contrôles des déficits fiscaux, contrôle crédits TVA ou AIRSI ; contrôle des
retenues à la source ; contrôle des déductions TVA et AIRSI.

Le délai de vérification sur place ne peut, en cas de vérification ponctuelle, excéder 30


jours. Ce délai peut être prorogé de 15 jours en cas de suspension de la vérification à la
demande du contribuable.

Le délai de 30 jours s’applique à tous les contribuables quel que soit le montant de leur
chiffre d’affaires.

Paragraphe 3 : En matière de VASFE

13
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

La VASFE concerne toute personne physique résident sur le territoire ivoirien et porte
sur l’IGR.

A Avis de vérification

Comme en matière de vérification de comptabilité, le contribuable doit être


obligatoirement informé par un avis de vérification qu’il va faire l’objet d’une VASFE.

L’avis de vérification doit contenir impérativement certaines mentions et précéder


l’intervention sur place d’un certain délai.

Il doit notamment :

 mentionner les années faisant l’objet du contrôle ;


 préciser les documents, pièces et actes que le contribuable peut se faire
assister au cours de la procédure de vérification, par un conseil de son choix.

Lorsque l’avis de vérification est rémis en mains propres au contribuable, celui-ci doit
accuser réception sur l’exemplaire conservé par le vérificateur.

B Déroulement de la vérification

La vérification se déroule dans le bureau du vérificateur. Le contribuable est donc tenu


d’apporter les documents et pièces nécessaires au contrôle, notamment les relevés de
ses divers comptes bancaires et financiers.

Le vérificateur donne décharge détaillée au contribuable pour répondre aux demandes


d’éclaircissements et de justifications s’ajoutent au délai général de 6 mois.

SECTION 2 LES DELAIS DE REPRISE DE L’ADMINISTRATION

C’est le délai à l’intérieur duquel l’Administration peut réparer les omissions,


insuffisances ou inexactitudes constatées dans l’assiette de l’impôt ainsi que les erreurs
commises dans l’établissement des impositions (art 74 LPF)

NB : Il importe peu que l’insuffisance ou erreur affectant l’assiette ou le calcul ait été
commise par le contribuable ou par l’Administration.

Les délais de reprise se distinguent selon la nature de l’impôt concerné.

Paragraphe 1 : En matière d’impôts directs et taxes assimilées (art 75 LPF)

Le droit de reprise de l’administration s’exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui


suit celle au titre de laquelle l’imposition est due.

14
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

 Point de départ Année au titre de laquelle l’imposition est due


 Point d’arrivée 31 décembre de la 3ème année suivant celle au titre de
laquelle l’imposition est due

En pratique, c’est la date de réception de la notification de redressements qui détermine


le début de la période sur laquelle porteront les redressements et les reprises d’impôts
correspondantes.

En cas de report déficitaire ou d’amortissements réputés différés (ARD) en période


déficitaire imputés ou reportés sur les résultats des exercices non prescrits.

Mais bien entendu, aucune imposition ne saurait être établie au titre desdits exercices
sans porter atteinte au principe de la prescription ; Tout au plus, le report déficitaire ou
l’ARD existant au début de période pourra être annulé.

Il ne s’agit donc pas d’une extension du délai de reprise de l’Administration mais de la


possibilité reconnue à l’Administration de contrôler des opérations effectuées pendant la
période prescrite et qui modifient la base imposable ou l’impôt relatif à une période sur
laquelle peut s’exercer le droit de reprise de l’Administration.

Paragraphe 2 : En matière de taxes sur le chiffre d’affaires et taxes


spécifiques

Le droit de reprise de l’Administration s’exerce jusqu’à la fin de la troisième année


suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible.

Point de départ : Dans le cadre du contrôle de l’impôt, le point de départ est toujours
déterminé par référence à l’exercice comptable et aux règles applicables en matière
d’impôts directs.

Point d’arrivée : Dernière déclaration mensuelle ou trimestrielle dont le délai de dépôt


est expiré.

En cas de crédit reporté : Le contrôle peut alors s’étendre au-delà de la période


prescrite à l’effet d’annuler le cas échéant, l’incident du crédit sur les déclarations de la
période comprise dans le délai de reprise.

En effet, les redevables doivent justifier du montant de la taxe déductible dont ils
demandent à bénéficier par la présentation de documents, mêmes établis
antérieurement à l’ouverture de la période soumise au droit de reprise de
l’Administration.

15
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

NB. Aucun rappel de taxe ne peut être effectué sur les périodes atteintes par la
prescription ; en revanche, toutes les conséquences des irrégularités ou erreurs relevées
sur ces dernières seront tirées sur les périodes non couvertes par la prescription.

Paragraphe 4 : En matière de droits d’enregistrement (art 479 CGI)

Il y a prescription pour la demande des droits et pénalités après un délai de cinq (5) ans
à compter du jour de l’enregistrement d’un acte, d’un document ou d’une déclaration.

NB Cette règle s’applique uniquement aux actes présentés à la formalité de


l’enregistrement.

Pour les actes qui n’ont pas été présentés à la formalité, le délai de droit commun
s’applique (prescription décennale) à compter de la date de l’acte ou de l’événement qui
motive la perception des droits et pénalités.

Il en va de même lorsque l’acte présenté à la formalité, ne révèle pas suffisamment


l’exigibilité des droits et qu’il est nécessaire de recourir à des recherches ultérieures.

NB Remarque commune pour tous les impôts

Le droit de reprise n’est mis en œuvre qu’à compter de la date d’expiration du délai de
dépôt d’une déclaration ou d’un acte.

Paragraphe 5 : Cas particuliers (article 88 & 89 du LPF)

A Instance devant les tribunaux (article 88 du LPF)

Même si les délais de reprise sont écoulés, toute omission ou insuffisance d’imposition
révélée par une instance devant les tribunaux, soit par une réclamation contentieuse,
peut être réparée jusqu’à l’expiration de l’année suivant celle de la décision qui a clos le
litige.

B Dégrèvement (article 89 LPF)

Même si les délais de reprise sont écoulés, toute erreur commise soit sur la nature de
l’impôt applicable, soit sur le lieu d’imposition concernant l’un quelconque des impôts et
taxes prévus par le CGI, ou par tout autre texte, peut être réparée jusqu’à l’expiration
de l’année suivant celle de la décision qui a prononcé le dégrèvement de l’imposition
initiale.

16
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

CHAPITRE 3 : LES PROCEDURES DE REDRESSEMENTS : LA


NOTIFICATION DES REDRESSEMENTS AU CONTRIBUABLE

A l’issue d’un CSP ou d’un contrôle externe (VC-VASFE), l’Administration fait connaître
officiellement ses griefs au contribuable au moyen de la notification de redressements.

Le LPF prévoit 6 procédures de redressement dont une procédure de droit commun


(taxation d’office, rectification d’office et évaluation d’office) et deux procédures
particulières (procédure particulière sur l’initiative du contribuable et la répression des
abus de droit).

SECTION 1 : LA PROCEDURE DE REDRESSEMENT CONTRADICTOIRE (PRC)


arts 22 et 23 du LPF

Paragraphe 1 : Définition et Caractères

C’est la procédure normale de rectification des déclarations (procédure de droit


commun). Elle résulte directement du système déclaratif.

Elle s’applique dès lors que :

 Le contribuable s’est conformé aux obligations fiscales déclaratives ou


justificatives lui incombant.

Elle se caractérise par :

 l’instauration d’un dialogue entre le contribuable et l’Administration ;


 Le fait que la charge de la preuve incombe en principe à l’Administration ;
 L’existence de garanties au profit du contribuable.

Paragraphe 2 : Champ d’application

La procédure contradictoire est de portée générale et s’applique :

- à l’égard de quasiment tous les impôts (sauf l’impôt synthétique)


- quelle que soit l’origine du redressement (CSP, vérification de comptabilité,
VASFE)
- quels que soient la nature, le motif des redressements et les sanctions
applicables.

Remarque

17
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

La PRC ne s’applique pas en cas d’erreur dans le calcul de l’impôt car dans ce cas, il ne
s’agit pas de modifier la déclaration du contribuable, mais de corriger un calcul d’impôt
erroné.

Paragraphe 3 : Déroulement de la procédure

La notification provisoire de redressement ouvre la procédure de redressement


proprement dite. Elle se caractérise par l’envoi obligatoire d’une notification de
redressements motivée c'est-à-dire qui porte à la connaissance du contribuable, la
nature, le montant et les motifs de droit ou de fait de chaque redressement envisagé.

C’est une procédure écrite : elle n’exclut pas le dialogue oral, mais les rehaussements
envisagés doivent être portés par écrit à la connaissance du contribuable.

Le contribuable doit, en effet, être en mesure de formuler ses observations en toute


connaissance de cause. Le courrier est appelé « notification provisoire de
redressements »

NB :

La charge de la preuve incombant à l’Administration en cas de désaccord persistant, il


importe que le service ait au préalable recueilli l’ensemble des éléments lui permettant
d’assurer ultérieurement la défense des redressements pratiqués.

SECTION 2 : LES PROCEDURES D’IMPOSITION D’OFFICE (PIO)

Ces procédures sont réservées aux contribuables défaillants. En effet, les contribuables
qui n’ont pas satisfait à leurs obligations, s’exposent à voir leurs bases d’imposition faire
l’objet d’une procédure d’office.

Les procédures d’office ne sont pas des procédures spécifiques au contrôle sur place.

En effet, le choix de la procédure de redressement dépend uniquement de la nature des


infractions constatées.

Elles s’appliquent dans des cas limitativement énumérés dans le LPF, lorsqu’il est
démontré que le contribuable n’a pas respecté ses obligations déclaratives ou
justificatives.

Paragraphe 1 : Champ d’application

A La taxation d’office (art 27 du LPF)

La taxation d’office trouve à s’appliquer en matière d’IGR, d’impôts sur le bénéfice (BIC,
BNC, BA) d’ITS et de TCA.

18
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

Il y a taxation d’office lorsque :

 Le contribuable n’a pas souscrit dans les délais légaux ses déclarations fiscales.
 Le contribuable n’a pas produit dans les délais légaux les documents prévus par
le code général des impôts.
 Le contribuable refuse de répondre aux demandes de renseignements à lui
adressés.

C’est un principe général de la procédure fiscale que l’absence de déclaration justifie la


taxation d’office.

B La rectification d’office (art 30 LPF)

Les cas d’application de rectification d’office portent essentiellement sur l’impôt sur les
bénéfices (BIC ; BNC, BA) et sur les TCA.

L’Administration procède à la rectification d’office dans les cas suivants :

 En cas de défaut de présentation de comptabilité et autres documents dont la


tenue est obligatoire pour le contribuable.

Dans le cadre d’un CSP, le service ne peut pas exiger la présentation de la comptabilité
car le rapprochement des écritures comptables des déclarations souscrites s’analyse en
un début de vérification de comptabilité nécessitant l’envoi préalable d’un avis de
vérification.

Le service peut par contre, demander la présentation de documents isolés pour justifier
certains postes ou éléments des déclarations souscrites.

Exemple :

- Livre des salaires pour contrôler les déclarations d’ITS ou le poste « frais de
personnel » en BIC
- Livre d’inventaire des stocks pour contrôler l’évolution des stocks d’un exercice
sur l’autre.

Le défaut de production des documents demandés justifie le recours à la procédure de


rectification d’office des déclarations concernées (BIC, TVA, ITS).

 Lorsque des erreurs, inexactitudes ou omissions graves ou répétées sont


constatées dans la comptabilité de toute valeur probante.

C L’évaluation d’office (art 29)

19
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

L’Administration a recours à l’évaluation d’office des bases d’imposition lorsque le


contrôle fiscal n’a pu avoir lieu du fait du contribuable ou du tiers.

L’évaluation d’office trouve en principe essentiellement à s’appliquer en matière de


contrôle fiscal externe.

Elle pourrait toutefois trouver à s’appliquer dans les cas ou le CSP exige la constatation
matérielle sur place de certains éléments tel que le relevé des prix ou le nombre de
salariés employés, opération à laquelle le contribuable ou des tiers s’opposeraient.

L’opposition à contrôle fiscal doit être constatée par procès-verbal.

Paragraphe 2 : Déroulement de la procédure

La procédure est la même pour toutes les procédures d’office.

La notification des redressements doit indiquer au contribuable :

 les motifs pour lesquels la procédure d’office est applicable

L’Administration doit être en mesure d’établir que les conditions de mise en œuvre de la
procédure d’office sont réunies (sinon la procédure est irrégulière).

 La nature, les motifs et les montants des redressements effectués.

L’Administration doit justifier les modalités de détermination des bases d’imposition


retenues d’office (méthodes suivies ; calculs effectués …..) et de convaincre que les
impositions sont fondées dans leur principe et dans leur montant.

Paragraphe 3 Les effets de la procédure d’office

En cas de taxation d’office, c’est au contribuable qui entend contester par la voie
contentieuse les impositions qui lui ont été assignées, de produire la preuve de la
prétendue exagération des bases retenues.

Cependant, l’Administration se doit, outre d’établir le bien fondé du recours à une


procédure d’office, de faire connaître les moyens adoptés et les calculs effectués pour
déterminer les bases d’imposition arrêtées d’office.

SECTION 3 : LES PROCEDURES SPECIFIQUES

Paragraphe 1 La procédure particulière (art 24 LPF)

20
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

Elle n’est pas consécutive à un contrôle de l’Administration ; elle intervient plutôt sur
l’initiative du contribuable qui décide de réparer spontanément les erreurs, omissions ou
insuffisances qui ont été commises de bonne foi dans les déclarations.

Paragraphe 2 La procédure de répression des abus de droits (art 25 du LPF)

Sont inopposables à l’administration, les actes dissimulant la portée véritable d’un


contrat ou d’une convention à l’aide de clauses ou de stipulations qui :

 donnent ouverture à des droits d’enregistrement ou à une taxe de publicité


foncière moins élevés ;
 déguisent la réalisation ou le transfert de bénéfices ou de revenus ;
 permettent d’éviter, en totalité ou en partie, le paiement des TCA correspondant
aux opérations effectuées en exécution de ce contrat ou de cette convention.

Les redressements envisagés sont notifiés au contribuable selon les principes applicables
en matière de procédure de redressement contradictoire, mais l’intéressé est également
informé que l’administration fait usage du droit que lui confère l’article 25 du LPF.

21
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

CHAPITRE 4 FORME ET CONTENU DE LA NOTIFICATION DE REDRESSEMENT

SECTION 1 LES REGLES DE FORME

Paragraphe 1 : Le destinataire de la notification

Le contribuable personne physique, est le destinataire de la notification de


redressements.

Pour la personne morale, le courrier est notifié à la société ou chez le représentant légal
ou statutaire ou au siège.

La notification est faite le cas échéant, à chaque associé en ce qui concerne les
conséquences des redressements notifiés à la société pour leurs propres revenus (IGR
notamment).

En cas de faillite, la notification est adressée au liquidateur.

Paragraphe 2 : Le mode de notification

La notification devrait être normalement effectuée par pli postal recommandé avec
accusé de réception.

Mais, d’une manière générale, la notification se fera par remise manuelle au


contribuable avec mention sur l’exemplaire conservé par le service de la réception de
l’original par l’intéressé (date, signature et cachet éventuellement).

SECTION 2 : LE CONTENU DE LA NOTIFICATION DE REDRESSEMENT

Paragraphe 1 : Mentions d’ordre général

La notification doit comporter les mentions d’ordre général suivantes :

 Indication du service expéditeur, dénomination, adresses


 Mention des impôts et taxes ou actes faisant l’objet de la notification et des
périodes d’imposition concernées.
 Indication de la nature du contrôle d’où procèdent les redressements notifiés
(CSP, VP, VASFE).

Paragraphe 2 : Articulation de la notification de redressement

 Exposé succinct des faits constatés par le service


 Référence aux dispositions légales applicables. Contenu de ces dispositions.

22
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

 Motifs de l’application des dispositions légales évoquées aux faits constatés.

Conclusion

 Mention des redressements ou rappels et de leur mode de détermination.


 Année ou exercice d’imputation
 Catégorie de revenus ou d’impôts correspondants

Paragraphe 3 : La motivation des redressements

A Dans le cadre de la procédure contradictoire

Le contribuable doit être mis en état de formuler ses observations ou de faire connaître
son acceptation sur les redressements que le service se propose d’effectuer.

Le service a ainsi l’obligation d’indiquer, de façon claire et précise, les motifs de droit ou
de fait sur lesquels les redressements se fondent de telle sorte que le contribuable
puisse, le cas échéant, prendre position en toute connaissance de cause.

La notification doit, pour chaque chef de redressement, indiqué :

 le contenu de l’article ou du texte réglementaire sur lequel il se fonde.


 l’explication claire des raisons pour lesquelles ces dispositions légales ou
réglementaires justifient au cas d’espèce le redressement notifié.

La notification doit mentionner également le montant des redressements en chiffres et


faire état des compensations qui, le cas échéant, pourraient bénéficier au contribuable.

B Dans le cas d’une procédure d’office

Il convient d’informer le contribuable des motifs de la procédure retenue ainsi que des
bases ou des éléments servant au calcul des impositions arrêtées d’office, qu’il s’agisse
de taxation d’office ou de rectification d’office.

Mais l’obligation de notifier les bases d’imposition d’office n’a pas pour effet d’ouvrir
entre l’Administration et le contribuable, le dialogue qui caractérise la procédure
contradictoire. Il permet seulement de s’assurer du bien fondé, le contribuable
supportant la charge de la preuve de ses allégations.

23
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

CHAPITRE 5 LES EFFETS DE LA NOTIFICATION DE REDRESSEMENTS

La notification de redressement a pour effet :

 d’interrompre le délai de prescription ;


 d’ouvrir au profit du contribuable un délai de réponse de 30 jours.

SECTION 1 L’EFFET INTERRUPTIF DE LA PRESCRIPTION

Paragraphe 1 Le principe

La prescription est interrompue par la notification d’une proposition de redressements


(art 83 LPF)

Pour cela, la notification ne doit pas être entachée d’irrégularité (forme, motivation,
délais)

Elle doit parvenir à son destinataire avant l’expiration du délai de reprise de


l’Administration.

Au surplus, elle interrompt la prescription que dans la limite des redressements notifiés
et des pénalités qui pourraient en résulter.

Paragraphe 2 Les conséquences

A Ouverture d’un nouveau délai de reprise

L’interruption de la prescription aura pour conséquence d’ouvrir, à compter de la date


de notification, un nouveau délai de même nature et même durée que celui interrompu.
L’imposition correspondant aux redressements notifiés devra être mise en recouvrement
jusqu’au dernier jour du nouveau délai.

B Fixation des limites de l’imposition à établir

La notification de redressements n’a d’effet qu’au regard des impôts qui sont visés et
qu’à concurrence du montant des redressements notifiés.

Après l’expiration du délai de reprise, il n’est donc plus possible de mettre en


recouvrement un complément d’impôt établi sur des bases supérieures à celles ayant
fait l’objet d’une notification interruptive de prescription.

Dans le cas contraire, il est toujours possible d’envoyer une notification complémentaire.

24
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

Paragraphe 3 : Un CSP n’exclut pas une vérification générale ultérieure

Le CSP ne fait pas obstacle à ce que l’Administration puisse procéder ultérieurement à


une vérification de comptabilité sur la même période et concernant les mêmes impôts
toutefois elle devra tenir compte des redressements issus du CSP.

SECTION 2 : OUVERTURE D’UN DELAI DE REPONSE AU CONTRIBUABLE

Paragraphe 1 : Le délai de réponse du contribuable

Les notifications de redressements intervenues dans le cadre de la procédure


contradictoire doivent donner au contribuable la possibilité d’y répondre dans un délai
de trente jours à compter de la date de réception de la notification (art.22-1° LPF).

Ce délai cours à compter du jour de la réception de la notification par le contribuable


(accusé de réception).

Les personnes habilitées à répondre sont :

- le contribuable lui-même ou son représentant légal ;


- les avocats inscrits au barreau pour le compte de leurs clients ;
- toute personne disposant d’un mandat régulier délivré à cet effet.

Paragraphe 2 : La réaction du contribuable

Plusieurs cas de figures peuvent se présenter : Le contribuable peut répondre en


acceptant expressément les redressements ; il peut aussi répondre et dans cette
hypothèse, il est censé avoir tacitement accepté les redressements proposés ; enfin il
peut répondre en présentant des observations.

Les deux premiers cas emportent acceptation et le troisième, refus des propositions de
redressements.

A L’acceptation des redressements

L’accord exprès ou tacite de l’ensemble des redressements envisagés met fin à la


procédure de redressement contradictoire.

Toutefois, le contribuable conserve le droit de formuler une réclamation après la mise


en recouvrement de l’impôt mais alors, la charge de la preuve lui incombe.

Le contribuable qui a donné son accord ne peut plus demander la saisine de la


commission mixte paritaire.

25
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

B La contestation des redressements

1 Dans le cadre de la procédure contradictoire

En réponse à la notification, le contribuable pourra être amené à présenter des


observations à l’encontre des redressements envisagés. Le service devra y répondre en
motivant clairement les raisons qui justifient le rejet des observations présentées, que
ce rejet soit partiel ou total. Ces indications pourront être succinctes si les réponses du
contribuable à la notification sont dans son rapport avec les notifications de
redressements.

2 Dans le cas des procédures d’office

L’obligation de répondre aux observations du contribuable ne trouve pas à s’appliquer


lorsqu’une procédure d’office est mise en œuvre. Toutefois, dans ce cas, il est conseillé
de l’appliquer tout de même. En tout état de cause, les observations qui auront été
formulées devront être examinées avec attention et il faudra en tenir compte si elles
sont fondées.

26
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

CHAPITRE 6 LES SANCTIONS FISCALES

Les infractions fiscales commises par les contribuables entraînent, lorsqu’elles sont
mises en évidence, l’application de sanctions édictées par le LPF et le CGI.

Ces sanctions se subdivisent en deux catégories :

 Les sanctions fiscales : Ce sont des sanctions pécuniaires prononcées par


l’Administration, elles sont constituées par les intérêts de retard, les
majorations de droits et les amendes fiscales.
 Les sanctions pénales : Elles consistent en des peines correctionnelles et
sont prononcées par les tribunaux de l’ordre judiciaire pour des infractions
d’une gravité particulière.

Seules seront étudiées ici les principales sanctions fiscales appliquées par
l’Administration à la suite d’un contrôle fiscal.

Distinction entre pénalités d’assiette et pénalités de recouvrement

 Les pénalités d’assiette sanctionnent les infractions relatives :

 Aux documents comportant l’indication d’éléments à retenir pour l’assiette


de l’impôt.
 A l’ensemble des documents devant être soumis à l’Administration fiscale.

 Les pénalités de recouvrement sanctionnent le défaut de paiement ou


le retard dans le paiement de l’impôt.

Les pénalités d’assiette de même que les pénalités de recouvrement ne sont pas
déductibles du résultat imposable en matière d’impôt BIC (art 19 du CGI) même si elles
portent sur des impôts eux-mêmes déductibles.

SECTION 1 : L’INTERET DE RETARD

Proportionnel au temps écoulé, il s’analyse non pas comme une sanction mais comme la
réparation du préjudice financier causé au Trésor public par le non-paiement de l’impôt
dans le délai du fait de l’absence, de l’influence ou du paiement tardif de toute somme
établie ou recouvrée par la DGI.

27
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

Paragraphe 1 Champ d’application

L’intérêt de retard s’applique quelles que soient :

- la nature des sommes concernées (Impôt directs, TVA…)


- la nature de l’infraction (défaut, retard…)
- les modalités de réparation de l’infraction (spontanée ou procédure de
redressement)

Remarque

L’intérêt de retard se cumule avec les majorations ou amendes sanctionnant les


infractions spécifiques et s’ajoutant aux droits éludés.

Paragraphe 2 Modalités de calcul

A Décompte

La pratique des services de contrôle en matière se présente comme suit :

 Le point de départ

En matière de TVA et autres impôts à déclaration mensuelle

En principe, c’est le premier jour du mois qui suit celui au cour duquel l’impôt aurait du
être payé. Mais en cas de redressement suite à un contrôle, c’est le premier jour de
l’exercice suivant celui sur lequel porte le rappel de taxe.

Pour l’exercice en cours, c’est le premier jour du mois suivant celui au cours duquel
devait être déposée la dernière déclaration soumise à contrôle.

En matière de BIC

C’est le premier jour du mois qui suit celui au cours duquel a expiré le délai fixé pour le
dépôt de la déclaration.

Pour les autres impôts et taxes

C’est le premier jour de l’exercice qui suit celui au titre duquel les rappels sont réclamés
s’il s’agit d’impôts liés à l’exercice comptable (IRVM, IGR, IRC…).

C’est le premier jour de l’année qui suit celle au titre de laquelle les rappels sont
réclamés s’il s’agit d’impôt dus au titre de l’année civile (foncier, patente…).

28
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

B Taux applicables (articles 161 & suivants du LPF).

SECTION 2 : LES MAJORATIONS DE DROITS

Elles sont prévues par les articles 162 et suivants du LPF.

SECTION 3 : LES AMENDES FISCALES

Elles constituent en des amendes fixes qui sanctionnent le défaut ou le retard de


production des documents de toute nature.

Paragraphe 1 Amendes pour retard ou défaut de déclaration

1 Déclaration de résultats déficitaires ou nuls – BIC - BNC (Article 169 du LPF) :

 200 000 F si le retard n’excède pas un mois


 50 000 F par mois fraction de mois supplémentaire.

2 Déclaration TVA–TPS–AIRSI–Taxes indirectes – Taxes sur les chiffres d’affaires


lorsque aucun droit n’est dû (article 169 du LPF)

 20 000 F si le retard n’excède pas un mois


 10 000 F par mois fraction de mois supplémentaire.

3 Déclaration des commissions, courtages, honoraires

 Omission ou inexactitude dans les renseignements : 500 F par


omission ou inexactitude avec un minimum de 1000 FCFA par
déclaration
 Retard supérieur à trois mois : triplement amende...
 Retard de déclaration :
- Retard entre un et deux mois : Amende majorée de 50%
- Entre deux et trois mois : Amende majorée de 100%

Paragraphe 2 : Amendes pour infraction au droit de communication

 Refus de communication sur place : 2 000 000 F


 Défaut de communication par correspondance : 1 000 000 F
 Portée à 2 000 000 F en cas de défaut de réponse dans les 30 jours
d’une mise en demeure ;
 Chaque mois de retard supplémentaire est sanctionné par une
amende de 500 000 F.
 Omission ou inexactitude dans les renseignements fournis : 100 000
F par omission ou inexactitude.

29
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

 Défaut de conservation des documents soumis au droit de


communication : 500 000 F par document non conservé.

30
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

TITRE II ASPECTS PRATIQUES DU CONTROLE

Les conseils exposés ci-après concerneront le contrôle fiscal du début de la procédure à


la notification définitive sans évoquer exhaustivement les recours contentieux. Il s’agirait
d’être pratique et, non plus, de ressasser les nombreux cours sur les droits du
contribuable et les pouvoirs de l’Administration.

CHAPITRE I AVANT TOUT CONTROLE

- veiller à la déclaration périodique et correcte de ses impôts ;


- contrôler périodiquement les décharges de l’administration fiscale sur les
déclarations d’impôts et sur les moyens de paiement (chèques) y afférents
;
- effectuer périodiquement des audits fiscaux semestriels, annuels ou
trisannuels : il est par exemple fortement recommandé de faire un audit
annuel avant tout dépôt des états financiers d’un exercice donné. L’audit
qui doit être effectué par un professionnel, doit permettre de régulariser
certains risques fiscaux évidents et même de réclamer des trop payés
d’impôts à l’administration fiscale, le cas échéant. L’audit met à l’abri du
contribuable les pénalités exigibles en cas de contrôle.

Il est opportun de savoir que seul un fiscaliste à titre individuel ou dans le cadre d’un
cabinet d’audit peut réaliser des prestations fiscales de valeur ;

- archiver les documents comptables (livres, registres, documents ou pièces


de toute nature…) pendant au moins six ans à compter de la date à
laquelle ces documents ou pièces sont établis.

CHAPITRE II LORS DES CONTROLES FISCAUX

En cas de vérification de comptabilité (vérification de comptabilité, contrôle ponctuel,


contrôle inopiné).

- Le contribuable ne doit pas céder à la panique à la réception d’un avis de


passage de l’administration ; il y a lieu de garder tout son calme.

- faire appel à son conseil dès réception du document administratif, ou à


toute personne assermentée disposant de connaissances suffisantes en
fiscalité.

- éviter tout « Conseil fiscal » vous offrant sa disponibilité pour négocier de


prime abord, avant tout début du contrôle ou au cours du contrôle. Il est
important de savoir ce qui vous est reproché afin de mieux régulariser sa

31
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

situation à l’avenir et d’opposer, le cas échéant, sa doctrine, à


l’administration.

- recevoir avec toute la courtoisie nécessaire, les vérificateurs assermentés


par l’Etat et vérifier leurs qualités. Le vérificateur n’est pas un ennemi ni
même un adversaire. Il est un contrôleur de l’Etat ayant un mandat légal
et en cette qualité, doit être reçu convenablement.

- mettre à la disposition du vérificateur, les commodités nécessaires pour la


réalisation de ses travaux. Ne pas trop en faire aussi car les résultats de
tout contrôle ne seront pas fonction du degré d’amabilité du contribuable
mais sur le traitement fiscal des opérations tel qu’effectué par l’entité
contrôlée.

- mettre à disposition du vérificateur, les documents demandés : Pour cela,


une fiche de demande et de réception pourrait être tenue par les parties.
Cette fiche devra mentionner :

 la date de demande de document


 la nature des documents demandés
 la date de transmission de document
 les documents non transmis
 les noms et les signatures des personnes ayants transmis les
documents
 les noms et signature des personnes ayant reçu les documents

Cette fiche permet d’éviter les litiges entre l’administration et les contribuables quant à
la question de la production des documents.

 informer le Conseil avant toute transmission de documents au


vérificateur.

En principe, les vérificateurs ne peuvent sortir des locaux de l’entreprise avec ses
documents que sur son accord. Il s’agit des documents originaux. Car, selon les textes
en vigueur, les photocopies peuvent être faites aux frais de l’administration.

En matière de contrôle sur pièces et procédure d’office

Les contribuables sont sensés ne pas être informés des contrôles sur pièces ou des
procédures d’office que l’Administration diligente. Tout au plus, des demandes de
renseignements et d’informations peuvent leur permettre d’être informés. Ils doivent
fournir toutes informations et documents demandés par l’Administration. Les avis des
conseils doivent être demandés ; le cas échéant.

32
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

CHAPITRE III A LA RECEPTION DE LA NOTIFICATION PROVISOIRE ET


S’AGISSANT DE LA PREPARATION DE LA REPONSE

Il est conseillé de :

- décharger convenablement la notification avec si possible un dateur : la date de


réception marque le départ de la computation du délai accordé au contribuable
pour établir sa réponse ;

- adresser si possible la notification au Conseil interne ou externe de l’entreprise ;

- contrôler le délai existant entre la date inscrite sur l’avis de passage et la date de
réception de la notification pour un contrôle des délais ;

- vérifier l’application correcte des règles de procédures qui sont en général d’ordre
public et dont l’irrespect peut engendrer l’annulation du contrôle ;

- procéder à un contrôle arithmétique du montant des chefs de redressements ;

- contrôler les taux et tarif appliqués pour la détermination des redressements ;

- préparer les réponses dans les délais légaux, au besoin, en demandant des
éclaircissements ou des compléments d’informations à l’administration sur les
chefs de redressements ;

- produire des réponses concises et n’imprimant aucune intention d’induire


l’administration en erreur ;

- préparer les annexes à l’appui des arguments et les joindre de manière ordonnée,
à la réponse ;

- déposer la réponse auprès de l’administration avant la date limite de dépôt et


veiller à la décharge de l’administration : Pour les délais qui ne peuvent être
tenus, le contribuable peut adresser une demande de report à l’administration qui
n’est pas liée quant à la suite à donner, aucun texte ne le prévoyant.

S’agissant du contrôle sur pièces, il est également conseillé de ne transmettre au


vérificateur que les documents n’ayant pas de rapport avec la comptabilité.

Spécifiquement en cas de procédure d’office, en plus des règles ci avant qui pourraient
se trouver à s’appliquer, il est recommandé de vérifier si l’entreprise est dans les cas
cités en matière de procédure d’office. Aussi, en cas de contestation du caractère
exagéré des redressements, faut-il donner toutes les preuves permettant à
l’administration de se convaincre de la justesse des contestations.

33
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

 Diligences à effectuer après l’envoi de la réponse à la notification


provisoire de redressements

Il s’agirait de :

- contacter les vérificateurs pour discuter du contenu de votre réponse avant


l’envoi de la notification définitive. Cette attitude permet d’éviter les surprises
désagréables à la survenance de la notification définitive.

En effet, les séances de travail permettent de réduire du coté de l’administration, les


contestations des contribuables afin de limiter les contentieux longs et non productifs et
du coté du contribuable, les traumatismes liés aux redressements importants.

Ces réunions permettront en pratique de lever les équivoques et de permettre toutes les
preuves et explications additives dont l’administration aura besoin pour établir un juste
impôt. Ce comportement est une attitude de bonne entente entre l’administration et les
contribuables.

- faire des séances de travail dans un esprit de conciliation et de vérité.

34
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

CHAPITRE IV A LA RECEPTION DE LA NOTIFICATION DEFINITIVE


DE REDRESSEMENTS

En cas d’acceptation, faire des paiements à l’ordre du receveur du contrôle fiscal.

En cas de contestation de tout ou partie des redressements, il s’offre au contribuable


plusieurs voies :

- engager les recours contentieux administratifs (auprès du Directeur Général des


Impôts ou du Ministre délégué au budget) en tenant compte du respect de
certaines conditions parmi lesquelles la fourniture d’une caution équivalent à 10%
au moins des droits contestés ;

- saisir la commission mixte paritaire en ce qui concerne uniquement les questions


de fait et pour les redressements contradictoires nés de la procédure de
vérification de comptabilité ;

- saisir l’Observatoire du contrôle fiscal.

TABLEAU RECAPITULATIF DES NOUVEAUX DELAIS DE PROCEDURE EN


MATIERE DE VERIFICATION DE COMPTABILITE

Procédure de Contrôle Délai initialement Nouveau délai


prévu (art 21 AF 2015)
VGC 12 mois 6 mois
Délai maximum de prorogation de la VGC en 06 mois 03 mois
cas de suspension
Délai maximum de notification des 20 mois (à compter de 10 mois (à
redressements provisoires l’avis de vérification) compter de l’avis
de vérification)
Délai maximum de notification des 06 mois (à compter de 03 mois (à
redressements définitifs la notification compter de la
provisoire) notification
provisoire)
Durée des travaux sur place de VGC, pour : 06 mois 03 mois
- Entreprises du RNI dont CA est
inférieur 500 millions TTC
- Entreprises relevant du RSI
- Entreprises relevant des BNC
- Entreprises relevant de l’impôt
synthétique
Durée maximum de prorogation de la VGC en 3 mois 45 jours

35
Séminaire sur les aspects pratiques du contrôle fiscal
ECA
Animé par Pomoin Hermann Yves, Expert en droit des affaires et fiscalité des entreprises
-------------------------------------------------------------------------------------------

cas de suspension, pour :


- Entreprises du RNI dont CA est
inférieur 500 millions TTC
- Entreprises relevant du RSI
- Entreprises relevant des BNC
- Entreprises relevant de l’impôt
synthétique
Délai maximum de notification des 12 mois (à compter de 6 mois (à
redressements provisoires, pour : l’avis de vérification) compter de l’avis
- Entreprises du RNI dont CA est de vérification
inférieur 500 millions TTC
- Entreprises relevant du RSI
- Entreprises relevant des BNC
- Entreprises relevant de l’impôt
synthétique
Délai maximum de notification des 03 mois (à compter de 02 mois (à
redressements définitifs, pour : la notification compter de la
- Entreprises du RNI dont CA est provisoire) notification
inférieur 500 millions TTC provisoire)
- Entreprises relevant du RSI
- Entreprises relevant des BNC
Entreprises relevant de l’impôt synthétique
Durée de la vérification sur place en cas de 30 jours 15 jours
contrôle ponctuel
Durée maximum de prorogation de la 15 jours 10 jours
vérification ponctuelle, en cas de suspension
sur demande de l’administration

36

Vous aimerez peut-être aussi