Impôt sur le revenu
Introduction :
L’article 1er A du Code général des impôts est ainsi rédigé : « Il est établi un impôt annuel unique sur
le revenu des personnes physiques, désigné sous le nom d’impôt sur le revenu. Cet impôt frappe le
revenu net global du contribuable déterminé conformément aux dispositions des articles 156 à 168.
»
Cet impôt sur le revenu (IR) frappe tous les revenus perçus par une personne physique, quelle que
soit l’origine de ce revenu. Certains revenus sont cependant exonérés (ex. : les gains provenant des
jeux de hasard).
Les catégories de revenus ou bénéfices imposés à l’IR sont :
- Les traitements, salaires, pensions, retraites et rentes (TS)
- Les revenus de capitaux mobiliers (RCM)
- Les plus-values de cessions de valeurs mobilières
- Les revenus fonciers
- Les plus-values immobilières
- Les bénéfices non commerciaux (BNC)
- Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
- Les bénéfices agricoles (BA)
En raison de la diversité des activités génératrices de bénéfices ou de revenus, la loi a prévu des
règles d’évaluation propres à chacune de ces catégories
Une fois déterminé le revenu net (déduction faite des charges ou abattements), l’ensemble de ces
revenus, à l’exception de certains revenus financiers et de certaines plus-values, est soumis à un
barème unique pour le calcul de l’impôt.
I) Méthode de calcul
Pour calculer l’impôt sur le revenu (IR), il convient donc de procéder aux opérations suivantes :
Identifier le foyer fiscal
Déterminer le résultat net de chacune des catégories de revenus.
Le total des revenus nets constitue le revenu brut global.
Déterminer le quotient familial du contribuable, compte tenu de sa situation
Appliquer le barème de l’IR à ce revenu net global imposable pour calculer le montant de
l’impôt.
Retrancher du montant de l’impôt les éventuels crédits et réductions d’impôts
II) Les différentes catégories de revenus
A) Les traitements et salaires
Définition des salaires imposables : Entrent dans la catégorie des TS les rémunérations perçues d’une
activité salarié. D’une manière générale, possèdent la qualité de salarié les personnes qui sont liées à
un employeur par un contrat de travail.
La base imposable est constituée par le salaire, après déduction des cotisations sociales, sur lequel
sera pratiqué la déduction des frais professionnels.
Cette déduction concerne tous les salariés et est calculé indépendamment pour chacun des membres
du foyer fiscal. Son taux est de 10%. (A savoir, le contribuable peut choisir l’option pour les frais
réels).
B) Les revenus de capitaux mobiliers
Les revenus de capitaux mobiliers comprennent trois grandes catégories :
- Les produits de placements à revenus fixe : Obligations, compte à terme, bons de
capitalisation…
- Les produits des actions ou parts sociales distribués par les sociétés, c’est-à-dire les bénéfices
répartis sous forme de dividendes
- Les régimes spéciaux : contrat d’assurance vie, PEA…
L’imposition se fait au PFU (prélèvement forfaitaire unique) qui est au taux de 30% (12.8% pour l’IR
et 17.2% pour les prélèvements sociaux).
Les contribuables ont la possibilité d’opter pour l’option globale pour le barème progressif qui peut
être exercée chaque année au moment de la déclaration de revenu.
Celle-ci leur permet d’imposer ce type de revenus au barème progressif de l’IR et non plus au PFU.
Attention, cette option est globale (elle englobe l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers).
C) Les plus-values de cessions mobilières
Les plus-values de cession de valeurs mobilières, droits sociaux et gains assimilés réalisées à compter
du 1er janvier 2018 sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux de 30 % (impôt
sur le revenu 12,8 % et prélèvements sociaux 17,2 %).
De la même maniéré que pour les revenus de capitaux mobiliers, les contribuables ont la possibilité
d’exercer une option pour l’imposition au barème de l’IR.
L’option globale pour le barème progressif de l’IR qui peut être exercée chaque année au moment de
la déclaration de revenu implique que tous les revenus du capital (revenus de capitaux mobiliers et
plus-values sur cessions de valeurs mobilières) soient imposés au barème progressif de l’IR. Dans
cette situation, le contribuable bénéficie des abattements pour durée de détention sur cessions de
valeurs mobilières pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018.
D) Les revenus fonciers
Sont imposables dans la catégorie « revenus fonciers » les revenus tirés de la location par un
particulier d’immeubles (maison, appartement, terrain…) non meublés ou non équipés. La location
meublée relève de la catégorie des BIC. Les revenus fonciers constituent donc l’une des catégories de
revenus imposables à l’impôt sur le revenu.
Le régime micro-foncier
Les contribuables dont le revenu foncier brut est inférieur ou égal à 15 000 € sont soumis de plein
droit au régime d’imposition simplifié dit du « micro-foncier ». Sous ce régime, le contribuable se
contente de déclarer le revenu foncier brut. Le revenu net imposable est déterminé par
l’Administration en appliquant au revenu ainsi déclaré un abattement de 30 %.
Le régime réel d’imposition
Ce régime s’applique pour les contribuables qui n’entrent pas dans le champ d’application du régime
« micro-foncier » ou qui décident d’opter pour l’application du régime réel d’imposition.
Revenu net = Revenu brut – Charges déductibles
Les charges déductibles sont :
- Les primes d’assurance y compris les assurances pour loyers impayés
- Un forfait de 20€ pour les frais de gestion courante
- Les frais de procédure
- Les rémunérations versées à un tiers pour la gestion de l’immeuble
- Les dépenses d’entretien, de réparation et d’amélioration
- La taxe foncière
- Les intérêts des emprunts
E) Les plus-values immobilières
Par principe, est soumise à l’impôt toute plus-value réalisée par un particulier lors de la cession à
titre onéreux d’un immeuble. Certaines plus-values sont cependant exonérées.
Les plus-values exonérées sont :
- Les résidences principales
- Les immeubles acquis depuis plus de 22 ans
- Les ventes dont le prix ne dépasse pas 15 000€
- Les logements autres que la résidence principale (exonération sous condition de remploi)
PV imposable = (Prix d’acquisition – Prix de revient) – Abattements
Prix de revient = Prix d’acquisition + Frais d’acquisition + travaux
Après avoir imputé le prix de revient sur le prix de cession, on applique un abattement pour durée de
détention.
Une taxe complémentaire s’applique aux cessions d’immeubles (autres que des terrains à bâtir)
lorsque la plus-value est supérieure à 50 000 €. Seules les plus-values imposables d’un montant
supérieur à 50 000 € sont soumises à cette taxe. Le taux de cette taxe est progressif avec un système
de décote afin d’atténuer les effets de seuil.
III) La détermination du revenu imposable
C’est la somme algébrique des différentes catégories de revenus, nets de charges professionnelles, à
savoir :
- Les traitements et salaires
- Les BIC
- Les BNC
- Les BA
- Les revenus de capitaux mobiliers
- Les revenus fonciers
- Les plus-values des particuliers (mobilières et immobilières)
Certaines charges sont imputables, comme les pensions alimentaires versées aux ascendants, aux
enfants majeurs sous certaines conditions.
IV) Le calcul de l’impôt sur le revenu
L’IR est calculé selon un barème progressif dont les taux s’élèvent par paliers correspondant chacun à
une tranche de revenu. Cependant, le système du quotient familial permet d’aménager la
progressivité de l’impôt en fonction des charges de famille de chaque contribuable.
Une fois connu le montant du revenu global imposable, il convient donc :
- Dans un premier temps, de déterminer le quotient familial, compte tenu de la situation et
des charges de famille du contribuable
- Ensuite, de procéder au calcul proprement dit de l’impôt
Certaines dépenses et investissements peuvent ensuite venir en diminution de l’impôt ainsi calculé
lorsqu’ils donnent droit à un crédit ou à une réduction d’impôt.
Le quotient familial
Le système du quotient familial consiste à diviser le revenu imposable de chaque contribuable en un
certain nombre de parts, en fonction de sa situation de famille (célibataire, marié, etc.) et du nombre
de personnes fiscalement à charge. Le quotient ainsi obtenu déterminera la tranche marginale
d’imposition du contribuable. L’objet du quotient familial est de proportionner le montant de l’impôt
aux facultés contributives de chaque foyer.
Sont considérés à la charge du contribuable :
- Ses enfants s’ils sont âgés de moins de 21 ans, s’ils sont âgés de moins de 25 ans en
poursuivant leurs études et enfin quel que soit leur âge s’ils sont infirmes.
- Toute personne titulaire de la carte de mobilité inclusion vivant sous le même toit que le
contribuable.
Comme indiqué plus haut, le nombre de parts à retenir dépend à la fois de la situation de famille du
contribuable (marié, célibataire, séparé, divorcé ou veuf) et du nombre de personnes à sa charge.
Une demi-part pour chacune des deux premières personnes à charge vient s’ajouter à celle des
contribuables, une part entière à partir de la troisième.
Le mécanisme légal de calcul est le suivant :
- Le revenu global net imposable est divisé par le nombre de parts pour obtenir le quotient
familial
- On applique le barème de l’impôt sur le quotient familial
- On multiplie par le nombre de parts, pour aboutir au montant de l’impôt brut