ALIMENTATION EN EAU POTABLE
Cours N° 3
RESEAU INTERIEUR DE DISTRIBUTION
DE L’EAU POTABLE
I. Définition
La distribution intérieure représente le réseau privé qui achemine l’eau potable du
branchement de la conduite de ville vers les consommateurs.
La distribution intérieure peut être réalisée :
- En apparent (exemple : garage) ;
- En apparent dissimulé accessible (exemple : placard sous table de travail) ;
- En enrobé dans l’épaisseur d’une dalle (exemple : dallage sur terre pleine) ;
- En encastré dans un mur ou une cloison (exemple : alimentation d’une douche).
II. Constituants d’une distribution intérieure
Le réseau intérieur est constitué :
D’une conduite principale (appelée aussi conduite d’alimentation ou ceinture
d’alimentation) : tuyau d’allure horizontale ;
D’une colonne montante : tuyau d’allure verticale ;
D’une ceinture d’étage ;
D’accessoires : robinet de prise, robinets d’arrêt, robinet d’essai, robinet de
purge, clapet anti-retour…
III. Modes de distribution intérieure
On distingue plusieurs modes de distribution :
Distribution en chandelle : distribution inférieure
Elle est constituée d’une canalisation principale d’où partent différentes conduites.
o Avantage :
- Réseau de distribution simple et relativement moins coûteux.
o Inconvénients :
- En cas d’intervention, toute la distribution est privée d’eau.
- Il est difficile d’isoler une conduite.
- Pression irrégulière en fin de conduite.
Distribution en chandelle avec nourrice (en pieuvre)
Photo d’une nourrice Distribution en chandelle sans nourrice
Distribution en parapluie : distribution supérieure
L’eau est montée au dernier étage, puis de là il va avoir la distribution.
On utilise ce type de distribution quand la pression n’atteint pas les derniers niveaux.
Distribution en parapluie
Distribution en circuit fermé
La canalisation principale est établie sous forme d’une boucle, d’où partent les différentes conduites
desservant un ou plusieurs points d’eau.
o Avantages :
- Régularité de la distribution à l’intérieur du bâtiment.
- Possibilité d’isoler une dérivation sans apporter de troubles importants au reste de la distribution.
o Inconvénients :
- Réseau coûteux.
- Les robinets d’arrêt et les compteurs sont difficile à repérer.
Distribution en chandelle pour l’eau froide et en
circuit fermé pour l’eau chaude
Distribution par un réservoir surélevé
- Le réservoir est placé en haut, il est alimenté par des surpresseurs, puis il alimente les colonnes
montantes.
- En cas de manque de pression, il est nécessaire d’installer des réservoirs intermédiaires
d’alimentation tous les 10 à 15 étages (immeubles de grande hauteur).
Réservoir
Surpresseur
• Distribution mixte
Réservoir
Ceinture haute
Pompe
Colonne descendante
Colonne montante
Compteur
Ceinture basse
IV. Accessoires d’une installation d’alimentation en eau potable
Les installations d’AEP nécessitent l’utilisation de plusieurs accessoires. Les plus utilisés sont :
Les compteurs d’eau : c’est un organe enregistreur et totaliseur de débit. Il existe deux types :
- Le compteur de volume : il enregistre et totalise le nombre de remplissages d’une capacité
déterminée.
- Le compteur de vitesse : son principe de fonctionnement est basé sur le nombre de tours d’une
turbine dont la vitesse est proportionnelle du débit.
Les robinets d’arrêt (ou vannes) : utilisés pour isoler une ou plusieurs ramifications desservant
plusieurs appareils.
Les robinets de puisage : robinets destinés à vidanger tout ou partie de l'installation d'eau
potable.
Les raccords : tels que les coudes, les Tés, raccords union...etc.
Les réducteurs de pression de l’eau : la pression dans le réseau de ville varie entre 3 et 8 bars
suivant les débits, une pression très élevée engendre du bruit, des vibrations et des risques pour
l’installation ; pour cela on utilise les réducteurs de pression.
L’anti-bélier : il sert à réduire les coups de bélier qui se manifestent par des claquements secs
lors de la fermeture rapide des robinets ou des vannes. Il se place généralement en haut d’une
colonne montante.
V. Dimensionnement d’un réseau intérieur de distribution de l’eau
V.1. Eléments de calcul
V.1.a. Pression origine
Elle s’exprime en bars ou mètres d’eau (1bar=10 mce). En règle générale, on peut dire qu’une pression
origine est convenable quand, exprimée en mètres, elle excède de 10 à 15 m la hauteur de l’immeuble, ce qui
signifie que l’installation disposera de cette marge pour équilibrer les pertes de charge et conserver une pression
résiduelle de 2 ou de 5 m au-dessus du dernier robinet (robinet ordinaire, robinet de chasse).
Les mesures de la pression se font au sol par un manomètre enregistreur, de préférence pendant quelques
jours.
V.1.b. Longueurs des canalisations
Elles se prennent par lecture sur les plans ou par mesurage sur place. Les longueurs verticales ou hauteurs
interviennent dans le calcul des pertes de charge comme les longueurs horizontales.
V.1.c. Débits nécessaires
Le débit représente la quantité d’eau qui s’écoule pendant un temps donné, il s’exprime en litres par seconde et
se calcule par la formule suivante :
Q = section x vitesse
Il dépend du diamètre des canalisations. Il est donc important de bien choisir le diamètre du tuyau initial
d’alimentation.
Débit minimal de base
Désignation de l’appareil
(l/s)
Evier 0.2
Lavabo individuel 0.1
Lavabo collectif (par jet) 0.05
Bidet 0.1
Baignoire alimentée par un service d’E.C (ou un chauffe-eau à accumulation)
0.35
Baignoire alimentée par un chauffe-bain 0.25
Douche 0.25
Poste d’eau 0.15
W.C avec réservoir de chasse 0.1
W.C avec robinet de chasse 1.5
Urinoir avec réservoir de chasse automatique, par place 0.005
Urinoir avec robinet individuel 0.1
Robinet de lavage de cours ou bouche d’arrosage de 20 mm 0.7
Exemple : cas d’une villa dans laquelle sont installés :
- Un évier : soit un débit de 0.2 l/s
- Deux lavabos : soit un débit de 0.2 l/s (0.1x2)
- Une baignoire alimentée par un chauffe-bain : soit un débit de 0.25 l/s
- Un réservoir de chasse pour W.C : soit un débit de 0.1 l/s
- Une bouche d’arrosage de 20 mm : soit un débit de 0.7 l/s
Au total un débit de base de 1.45 m/s
V.1.d. Simultanéité des puisages
Les appareils sanitaires ne fonctionnent pas tous en même temps. Pour l’évaluation de la
consommation, on prend en considération le débit probable (calculé) tel que :
𝑸𝑪 = 𝑸𝑩 . 𝒚
Qc : débit probable (de calcul); QB : débit de base; y : coefficient de simultanéité (0 < K ≤ 1)
𝟏
𝐲=
𝐱−𝟏
x : nombre d’appareils installés
𝟐.𝟓
Remarque : Pour le cas de collectivités (casernes, internats, etc…): 𝐲=
𝐱−𝟏
Exemple : Dans l’exemple précédent (villa) :
QB = 1.45 l/s avec 6 appareils
1
Le coefficient de simultanéité a pour valeur : y= = 0.45
6−1
et son application réduit le débit à : 𝑄𝐶 = 1.45 𝑥 0.45 = 0.65 𝑙/𝑠
V.1.e. Vitesse
La vitesse doit être maintenue entre 0.5 m/s et 1.5 m/s pour les canalisations des appartements. Elle
peut atteindre 2 m/s dans les caves, usines …etc. Il faut se rappeler que les vitesses élevées
engendrent le bruit (sifflement) et les coups de bélier.
V.1.f. Pertes de charge
B ARRIVEE
DEPART
des calculs
Ps (Pression de sortie)
Pe (Pression d’entrée pour le réseau à étudier)
Pe – Ps = Perte de pression (pertes de charge)
Pe - pertes de charge = Ps
Soit L la longueur totale de la conduite.
DIFFERENTES ALTERATIONS DE PRESSION
DEPART ARRIVEE
(m.c.e)
Pertes de charge Dénivelé
Pe - (particulières (r) + linéaires + locales + h ) = Ps
Supposée - Compteur - Coudes Fonction
connue et - Filtre - Tés des
suffisante - Traitement des - Robinets appareils
eaux - Etc… alimentés
(consulter le - Etc…
service des
eaux) j.L 0.15 j . L
1.15 j . L
La pression de sortie Ps est déterminée par :
𝑷𝑺 = 𝑷𝒆 − (𝒓 + 𝟏. 𝟏𝟓 𝒋. 𝑳 + 𝒉)
Avec : j pertes de charge unitaires (m.c.e /m)
V.1.g. Diamètres
Il faut noter que les calculs se font toujours en fonction des diamètres intérieurs.
On les choisira sur l’abaque (voir feuille jointe).
V.2. Etapes de calcul des canalisations de distribution
1. Faire le schéma de l’installation.
2. Numérotation des tronçons :- Horizontalement : par des lettres - Colonnes : chiffres romains - Verticalement :
par des chiffres.
3. Calculer les débits probables de chaque tronçon.
4. Repérer le circuit le plus défavorisé (en général le plus éloigné et le plus haut) : le circuit qui possède jm le
plus faible (jm : pertes de charge unitaire moyenne).
𝑷𝑺 = 𝑷𝒆 − (𝒓 + 𝟏. 𝟏𝟓 𝒋. 𝑳 + 𝒉)
𝑷𝒆 −(𝒓+𝒉+𝑷𝑺 )
D’où : 𝒋𝒎 =
𝟏.𝟏𝟓 𝒋 . 𝑳
5. Calculer : 𝟏. 𝟏𝟓 𝒋𝒎
6. Connaissant la valeur de 1.15 jm et le débit, on tire de l’abaque : le diamètre intérieur des tubes, la valeur de jréelle et la
vitesse (cette vitesse doit être comprise entre 0.5 et 1.5 m/s).
Abaque Diamètre intérieur (mm)
1.15 jm (m.c.e / m) jréelle (m.c.e / m)
Débit (l / s) Vitesse (avec 0.5 m/s < U < 1.5 m/s)
7. Vérifier l’équilibrage pour les différents circuits.
8. Vérifier que Ps ≥ 2 m.c.e pour le dernier robinet.
Feuille de calcul
Pression
Débit Diamètre Vitesse Longueur Hauteur Pression
d’entrée
de sortie
Tronçon
Pe
Qc D U 1.15 j L J=1.15jL Pe-J h Ps=J-h-r
l/s mm m/s m.c.e/m m m m m m m