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Contrats de Concession

Ce document décrit la notion de contrat de concession selon le droit de l'Union européenne et le droit français. Il explique les deux types de contrats de concession, les règles qui s'appliquent aux autorités concédantes, et les obligations liées au respect des principes de la République pour les titulaires de contrats de concession de services.

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Contrats de Concession

Ce document décrit la notion de contrat de concession selon le droit de l'Union européenne et le droit français. Il explique les deux types de contrats de concession, les règles qui s'appliquent aux autorités concédantes, et les obligations liées au respect des principes de la République pour les titulaires de contrats de concession de services.

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Famille “activités économiques”

FICHE 13  Contrats de concession


(Version 2021/2022) 

1. La notion de concession

1.1. La notion de concession


Le droit de l’Union européenne ne connaît que deux catégories de contrats en matière de commande 
publique :  les  marchés publics,  régis  par  les  directives  2014/24/UE, 2014/25/UE  et  2009/81/CE,  et  les 
contrats de concession, régis par la directive 2014/23/UE.  
La  directive  2014/23/UE  du  Parlement  européen  et  du  Conseil  du  26  février  2014  sur  l'attribution  de 
contrats  de  concession  (Journal  Officiel  de  l'Union  européenne  du  28  Mars  2014)  reconnait  pour  la 
première  fois  la  spécificité  des  concessions  en  leur  consacrant  un  texte  de  droit  dérivé.  En  effet,  les 
concessions  de  travaux  étaient  jusqu'à  présents  soumises  à  des  dispositions  de  base  des  directives 
relatives aux marchés publics. 

La  directive  2014/23/UE  a  été  transposée  en  droit  interne  par  l’ordonnance  n° 2016‐65  du  29  janvier 
2016 relative aux contrats de concession et le décret n° 2016‐86 du 1er février 2016 relatif aux contrats 
de  concession.  Ces  textes  ont  été  ensuite  codifiés  au  sein  du  code  de  la  commande  publique,  qui  est 
entré en vigueur le 1er avril 2019. 

L’article  L.  1121‐1  du  code  de  la  commande  publique  définit  les  contrats  de  concession  comme  les 
contrats  conclus  par  écrit,  par  lesquels  une  ou  plusieurs  autorités  concédantes  soumises  au  code 
confient l'exécution de travaux ou la gestion d'un service à un ou plusieurs opérateurs économiques, à 
qui est transféré un risque lié à l'exploitation de l'ouvrage ou du service, en contrepartie soit du droit 
d'exploiter l'ouvrage ou le service qui fait l'objet du contrat, soit de ce droit assorti d'un prix. Il précise 
que :  « La  part  de  risque  transférée  au  concessionnaire  implique  une  réelle  exposition  aux  aléas  du 
marché, de sorte que toute perte potentielle supportée par le concessionnaire ne doit pas être purement 
théorique ou négligeable. Le concessionnaire assume le risque d'exploitation lorsque, dans des conditions 
d'exploitation normales, il n'est pas assuré d'amortir les investissements ou les coûts qu'il a supportés, 
liés à l'exploitation de l'ouvrage ou du service, qu’il a supportés. » 

Il existe deux types de contrats de concession : les contrats de concession de travaux et les contrats de 
concession de services. 

Les contrats de concession de travaux ont pour objet soit l'exécution, soit la conception et l'exécution 
de travaux dont la liste figure dans un avis annexé au code ou soit la réalisation, soit la conception et la 
réalisation, par quelque moyen que ce soit, d'un ouvrage répondant aux exigences fixées par l'autorité 
concédante (article L. 1121‐2 du code de la commande publique). 
Les contrats de concession de services ont pour objet la gestion d'un service (article L. 1121‐3 du code 
de la commande publique). Ils peuvent consister à concéder la gestion d'un service public. Dans ce cas, 

1
et  lorsqu’ils  sont  conclus  par  une  collectivité  territoriale  ou  un  établissement  public  local,  ils  sont 
qualifiés  de  « contrats  de  délégation  de  service  public »  (article  L.  1411‐1  du  code  général  des 
collectivités territoriales, ci‐après CGCT). Certains services publics ne peuvent être délégués et doivent 
être assurés en régie directe  [v. fiche « Gestion en régie directe »]. Un contrat de mobilier urbain a été 
qualifié, compte tenu de ses stipulations, de contrat de concession de services (CE, 5 février 2018, Ville 
de Paris et société des mobiliers urbains pour la publicité et l’information, n° 416581 et autres). 

Le  concessionnaire  peut  être  chargé  de  construire  un  ouvrage  ou  d'acquérir  des  biens  nécessaires  au 
service. 

Lorsqu'un  contrat  de  concession  porte  à  la  fois  sur  des  travaux  et  des  services,  il  est  un  contrat  de 
concession de travaux si son objet principal est de réaliser des travaux (article L. 1121‐4 du code de la 
commande publique).
De manière générale, le contrat de concession se distingue d’un marché public par le transfert du risque 
lié à l'exploitation de l'ouvrage ou du service au concessionnaire. La part de risque transférée implique 
une  exposition  réelle  aux  aléas  du  marché :  le  concessionnaire  n’est  pas  assuré  d’amortir  les 
investissements  ou  les  coûts  liés  à  l’exploitation  de  l’ouvrage  ou  du  service  qu’il  a  supportés. 
En particulier,  le  contrat  de  concession  ne  doit  pas  être  confondu  avec  un  marché  de  partenariat 
(v. fiche «Marchés publics »). 
Le Conseil d’Etat a ainsi estimé, à propos d’un contrat prévoyant que le titulaire assurerait à titre gratuit 
l’exploitation,  la  maintenance  et  l’entretien  de  mobiliers  urbains  destinés  notamment  à  l’information 
municipale  et  qu’il  serait  rémunéré  par  les  recettes  tirées  de  la  vente  d’espaces  à  des  annonceurs 
publicitaires, que ce titulaire est exposé aux aléas de toute nature susceptibles d’affecter  le volume et 
la valeur de la demande d’espaces de mobilier urbain par les annonceurs publicitaires sur le territoire de 
la commune, sans qu’aucune stipulation du contrat ne prévoie la prise en charge, totale ou partielle, par 
la commune des pertes qui pourraient en résulter. Il en a déduit que ce contrat constituait un contrat de 
concession et non un marché public (CE, 25 mai 2018, Société Philippe Védiaud Publicité et Commune 
de Saint‐Thibault‐des‐Vignes, n° 416825, 416947). 

1.2. Les règles actuelles s’imposant aux autorités concédantes


Posées  à l’origine par la loi du 20 janvier 1993 pour les délégations de service public et par l’ordonnance 
du  15  juillet  2009  pour  les  concessions  de  travaux  publics,  les  règles  applicables  à  l’ensemble  des 
contrats de concession sont fixées aujourd’hui par le code de la commande publique. Certaines règles 
spécifiques  relatives  aux  contrats  de  concession  passés  par  les  collectivités  territoriales  et  leurs 
groupements, et en particulier aux délégations de service public, sont prévues également par les articles 
L. 1410‐1 et suivants du CGCT.  Des règles complémentaires spécifiques à certains domaines (concessions 
de transport, concessions d’aménagement….) peuvent également être posées par d’autres textes. 

La loi n° 2021‐1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République  impose à tout 
organisme  chargé  de  l’exécution  d’un  service  public  le  respect  des  principes  d’égalité,  de  laïcité  et  de 
neutralité, que cette exécution soit confiée directement par la loi ou par le règlement ou via l’attribution 
d’un contrat de la commande publique. Sont notamment concernés les contrats de concession de services. 
A  ce  titre,  le  titulaire  doit  notamment  veiller  à  ce  que  ses  salariés  et  l’ensemble  des  personnes  sur 
lesquelles il exerce une autorité hiérarchique ou un pouvoir de direction – dans la mesure où ils participent 
eux‐mêmes  à  l’exécution  du  service  public  –  s’abstiennent  de  manifester  leurs  opinions  politiques  ou 
religieuses et traitent de  manière égale toutes les personnes et  respectent leur  liberté  de conscience  et 
leur dignité. Le titulaire doit également veiller à ce que toute autre personne à laquelle il confie pour partie 

2
l’exécution  du  service  public  (par  exemple,  un  sous‐traitant  ou  un  sous‐concessionnaire)  s’assure  du 
respect de ces mêmes obligations. Le titulaire doit à cet égard communiquer à l’acheteur ou à l’autorité 
concédante  chaque  contrat  de  sous‐traitance  ou  de  sous‐concession  qui  aurait  pour  effet  de  faire 
participer  le  sous‐traitant  ou  le  sous‐concessionnaire  à  l’exécution  du  service  public.  La  loi  impose 
également que les clauses des contrats de concession rappellent ces obligations et précisent en outre les 
modalités  de  contrôle  et  de  sanction  du  cocontractant  lorsque  celui‐ci  ne  prendrait  pas  les  mesures 
adaptées pour mettre en œuvre ces obligations et faire cesser les éventuels manquements constatés.  
 
Le code de la commande publique n’inclut pas dans son champ d’application les contrats conclus dans le 
cadre de relations internes au secteur public  (quasi‐régies, entreprises liées, etc…). 

Les  contrats  de  concession  doivent  en  principe  faire  l’objet  d’une  procédure  de  publicité  préalable  
permettant la présentation de plusieurs offres concurrentes, l’avis devant être publié, pour les concessions 
entrant dans le champ de la directive 2014/23/UE, au Journal officiel de l’Union européenne, au BOAMP 
ou  dans  un  JAL,  ainsi  que  dans  une  publication  spécialisée.  Les  obligations  procédurales  imposées  aux 
autorités  concédantes  varient  selon  le  montant  et  l’objet  du  contrat.  (sur  ce  point,  il  est  possible  de  se 
référer à la fiche technique relative aux modalités de publicité applicables à la passation des contrats de 
concession de la direction des affaires juridiques du ministère de l’économie et des finances, qui est mise 
en  ligne sur  le  site  de  la  DAJ  :  https://www.economie.gouv.fr/daj/modalites‐publicite‐contrats‐
concessions‐2019 (mise à jour le 1er avril 2019). 

En  particulier,  au‐dessus  du  seuil  européen  (5  388  000  €  HT  à  compter  du  1er  janvier  2022),  l’autorité 
concédante est tenue non  seulement d’indiquer les critères d’attribution du contrat de concession  mais 
aussi  de  les  hiérarchiser  et  de  publier  à  l’issue  de  la  procédure  de  sélection  du  concessionnaire  un  avis 
d’attribution (articles R. 3124‐4 et ‐5 du code de la commande publique).   

L’autorité concédante doit indiquer de manière suffisamment précise la nature et l’étendue des besoins à 
satisfaire (cf. à propos d’un règlement de consultation se bornant, d’une part,  à indiquer que la concession 
portant  sur  l’exploitation  d’un  réseau  public  de  chaleur  pourra  comprendre  l’exploitation  de  ce  réseau 
dans  un  seul  quartier  de  la  commune  ou  un  ou  plusieurs  quartiers  de  la  commune  voire  de  deux 
communes voisines ou éventuellement un périmètre encore plus large et, d’autre part, à fixer une durée 
maximale : CE, 15 novembre 2017, Commune du Havre, n° 412644). 

L’autorité concédante peut recourir à la négociation. 

Le contrat de concession est attribué au soumissionnaire qui a présenté la meilleure offre au regard de 
l'avantage  économique  global  pour  l'autorité  concédante  sur  la  base  de  plusieurs  critères  objectifs, 
précis et liés à l'objet du contrat de concession ou à ses conditions d'exécution. Lorsque la gestion d'un 
service  public  est  concédée,  l'autorité  concédante  se  fonde  également  sur  la  qualité  du  service  rendu 
aux usagers. 

Les  critères  d'attribution  n'ont  pas  pour  effet  de  conférer  une  liberté  de  choix  illimitée  à  l'autorité 
concédante et garantissent une concurrence effective.  

Un contrat de concession peut toutefois, conformément à l’article L. 3121‐2 du code de la commande 
publique, être conclu sans publicité ni mise en concurrence préalables lorsque, en raison notamment 
de  l'existence  d'une  première  procédure  infructueuse  ou  d'une  urgence  particulière,  le  respect  d'une 
telle  procédure  est  inutile  ou  impossible  ou  manifestement  contraire  aux  intérêts  de  l'autorité 
concédante.  (par  exemple  lorsque  le  contrat  ne  peut  être  attribué  qu’à  un  opérateur  économique 

3
déterminé  pour  des  raisons  techniques,  artistiques  ou  tenant  à  la  protection  de  droits  d'exclusivité 
oulorsqu’aucune  candidature  ou  aucune  offre  n'a  été  reçue  ou  lorsque  seules  des  candidatures 
irrecevables ou des offres inappropriées ont été déposées).  

Sous l’empire de dispositions antérieures, le Conseil d’Etat  a  jugé  que :  « En  cas  d'urgence  résultant  de 


l'impossibilité soudaine dans laquelle se trouve la personne publique, indépendamment de sa volonté, de 
continuer  à  faire  assurer  le  service  par  son  cocontractant  ou de  l'assurer  elle‐même, elle  peut,  lorsque 
l'exige un motif d'intérêt général tenant à la continuité du service public, conclure, à titre provisoire, un 
nouveau  contrat  de  délégation  de  service  public  sans  respecter  au  préalable  les  règles  de  publicité 
prescrites » (CE, 4 avril 2016, communauté d’agglomération du centre de la Martinique, n°396191). Le 
Conseil  d’Etat  a  confirmé  cette  jurisprudence  en  précisant  que  la  durée  du  contrat  conclu  à  titre 
provisoire ne peut excéder celle requise pour mettre en œuvre une procédure de publicité et de mise en 
concurrence,  si  la  personne  publique  entend  poursuivre  l’exécution  de  la  concession,  ou,  au  cas 
contraire, lorsqu’elle a la faculté de le faire, pour organiser les conditions de sa reprise en régie ou pour 
en redéfinir la consistance (CE, 14 février 2017, Société de manutention portuaire d’Aquitaine et Grand 
Port Maritime de Bordeaux, n° 405157, 405183). 

Par  ailleurs,  les  concessions  doivent  être  limitées  dans  leur  durée.  Cette  durée  est  déterminée  par 
l'autorité  concédante  en  fonction  de  la  nature  et  du  montant  des  prestations  ou  des  investissements 
demandés au concessionnaire (article L. 3114‐7 du code de la commande publique). Les investissements 
s'entendent comme les investissements initiaux ainsi que ceux devant être réalisés pendant la durée du 
contrat  de  concession,  nécessaires  pour  l'exploitation  des  travaux  ou  des  services  concédés.  Sont 
notamment considérés comme tels les travaux de renouvellement, les dépenses liées aux infrastructures, 
aux  droits  d'auteur,  aux  brevets,  aux  équipements,  à  la  logistique,  au  recrutement  et  à  la  formation  du 
personnel. Pour les contrats de concession d'une durée supérieure à cinq ans, la durée du contrat n'excède 
pas  le  temps  raisonnablement  escompté  par  le  concessionnaire  pour  qu'il  amortisse  les  investissements 
réalisés pour l'exploitation des ouvrages ou services avec un retour sur les capitaux investis, compte tenu 
des  investissements  nécessaires  à  l'exécution  du  contrat.  Dans  le  domaine  de  l'eau  potable,  de 
l'assainissement, des ordures  ménagères et  autres déchets, les contrats de concession ne peuvent avoir 
une durée supérieure à vingt ans sauf examen préalable par l'autorité compétente de l'Etat, à l'initiative de 
l'autorité  concédante,  des  justificatifs  de  dépassement  de  cette  durée  (pour  aller  plus  loin,  voir  la  fiche 
technique relative à la détermination de la valeur estimée et de la durée des concessions de la direction 
des  affaires  juridiques  du  ministère  de  l’économie  et  des  finances : 
https://www.economie.gouv.fr/daj/determination‐valeur‐estimee‐duree‐contrats‐concessions‐2019). 

Dans une logique d’« open data »,  les « données essentielles » du contrat de concession doivent, sauf 
exceptions, , être rendues accessibles au public  (article L. 3131‐1 du code de la commande publique). 

2. La concession de services permet d’externaliser une activité


économique

Les concessions de services ne concernent pas  nécessairement un service public. Toutefois, c’est le plus 
souvent l’exploitation de services tels que la distribution d’eau potable, les parcs de stationnement, les 
pompes funèbres, les abattoirs… qui est déléguée.  

4
2.1. La concession de services peut revêtir plusieurs formes
Le  premier  usage  économique  de  la  concession  de  services  consiste  à  externaliser  une  activité 
économique  d’une  personne  publique.  Le  choix  de  l’externalisation  peut  résulter  de  la  technicité  de 
l’activité, du manque de moyens matériels et humains à la disposition de la collectivité pour l’assurer ou 
de la volonté de prémunir cette dernière du risque d’exploitation que cette activité représente pour son 
équilibre budgétaire. 

La  collectivité  publique  conserve,  néanmoins,  la  maîtrise  du  service,  dans  la  mesure  où  l’opérateur 
économique  est tenu de rendre compte de sa gestion sur les plans technique et financier.  

Cette externalisation est plus ou moins importante en fonction du type de contrat de concession qui est 
privilégié.  Les  critères  de  distinction  entre  ces  différents  types  de  contrats  ont  été  posés  par  la 
jurisprudence. Ils  correspondent  notamment  aux  modalités  de  rémunération  du  concessionnaire  et  à 
l’obligation ou non pour celui‐ci de réaliser des investissements.  

Ainsi,  il  peut  être  demandé  au  concessionnaire  non  seulement  de  gérer  le  service  mais  également  de 
réaliser  les  investissements  nécessaires.  L’activité  est  donc  entièrement  externalisée.  C’est  ce  type  de 
contrat  que  la  jurisprudence  désignait  autrefois,  lorsqu’un  service  public  était  délégué,  comme  une 
« concession » (CE, 30 mars 1916, Compagnie générale d’éclairage de Bordeaux, n° 59928).  

L’affermage  se  distingue  du  procédé  précédent,  les  équipements  nécessaires  à  l’exploitation  du  service 
concédé  étant  fournis  au  « fermier »  (le  cocontractant)  par  l’autorité  concédante.  Le  fermier  est  ainsi 
simplement chargé de l’exploitation du service. Le contrat peut néanmoins prévoir que certains travaux de 
maintenance  ou  de  rénovation  sont  à  la  charge  du  fermier  (CE,  29 avril  1987,  Commune  d’Elancourt, 
n° 51022).  La  rémunération  du  fermier  est  tirée  de  l’exploitation  du  service  mais  le  fermier  est  tenu  de 
verser une contribution à la personne publique en contrepartie de la fourniture de l’ouvrage. La durée des 
conventions d’affermage est en général plus courte que celle des « concessions » au sens jurisprudentiel. 

La régie intéressée est un mode de délégation mixte d’un service par lequel le cocontractant est chargé 
de faire fonctionner ce service, mais il est rémunéré par la collectivité, qui demeure responsable de la 
direction du service. Ainsi, la rémunération du cocontractant est composée d’une partie fixe versée par 
la  collectivité  (« redevance »)  et  d’une  partie  indexée  sur  les  résultats  d’exploitation.  En  fonction  du 
niveau  de  risque  assumé  par  le  concessionnaire,  la  régie  intéressée  pourra  être  qualifiée  de  marché 
public ou de concession de service (v. par exemple, sous l’empire de la loi du 29 janvier 1993, CE 30 juin 
1999, Syndicat mixte du traitement des ordures ménagères centre ouest Seine‐et‐Marnais, n° 198147). 

La gérance repose sur les mêmes principes que la régie intéressée. Toutefois, le contrat de gérance se 
distingue  de  la  régie  intéressée  par  le  fait  que  la  collectivité  décide  seule  de  la  fixation  des 
tarifs applicables aux usagers. De plus, le risque financier est assumé par la collectivité, puisque celle‐ci 
conserve le bénéfice ou, en cas de déficit, rembourse celui‐ci au gérant qui perçoit une rémunération 
forfaitaire. Le contrat de gérance s’apparente ainsi à un marché de services (CE, 7 avril 1993, Commune 
de Guilherand‐Granges, n° 156008).  

Lorsqu’un contrat procède à la concession de travaux ou de services tout en emportant occupation du 
domaine public, il vaut autorisation d'occupation de ce domaine pour sa durée. Les règles applicables 
sont  alors celles  applicables aux  contrats  de  concession. Le  juge  administratif  en avait  déjà  jugé  ainsi, 
sous  le  régime  de  la  loi  du  29  janvier  1993,  pour  les  concessions  d’outillage  public  (CE,  20 décembre 
2000,  Chambre  de  commerce  et  d’industrie  du  Var,  n° 217639)  ou  les  sous‐concessions  de  plage  dans 
lesquelles le sous‐concessionnaire doit veiller à la salubrité  et à la sécurité de la baignade (CE, 21 juin 

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2000,  SARL  Plage  chez  Joseph,  n° 212100).  Le  Conseil  d’Etat  a  jugé  qu’une  convention  de  terminal 
conclue  dans  le  cadre  de  l’article  R.  5312‐84  du  code  des  transports  entre  le  grand  port  maritime  de 
Bordeaux  et  une  société,  confiant  à  cette  dernière  le  soin  de  réaliser  les  investissements  nécessaires, 
d’assurer la pérennité de l’exploitation et de permettre le développement de l’activité conteneurs d’un 
terminal  portuaire,  devait  être  regardée,  compte  tenu  des  engagements  réciproques  des  parties,  non 
comme  une  simple  convention  d’occupation  du  domaine  public,  mais  comme  une  convention  de 
services (CE, 14 février 2017, Société de manutention portuaire d’Aquitaine et Grand Port Maritime de 
Bordeaux, n° 405157, 405183). 

2.2. La concession, mode temporaire de gestion


Comme indiqué au 1.2., la durée de la concession est nécessairement limitée. A l’expiration du contrat 
de  concession,  la  collectivité  peut  décider  de  conclure  un  nouveau  contrat,  le  cas  échéant  avec  le 
concessionnaire,  sous réserve du respect des règles de mise en concurrence, ou de reprendre la gestion 
du service en régie directe.  

Il peut également être mis fin, à titre de sanction ou pour un  motif d’intérêt général, à un contrat de 
concession  avant  le  terme  prévu.  Dans  le  second  cas,  la  collectivité  concédante  doit  indemniser  son 
cocontractant.  

→ Pour approfondir  Pour la question de la reprise en régie directe de la gestion d’un service 
public, v. fiche « Gestion en régie directe ». 

2.3. Les activités non délégables


Un  service  public  est  en  principe  délégable,  qu’il  présente  un  caractère  administratif  ou  industriel  et 
commercial, « sous réserve toutefois que le service ne soit pas au nombre de ceux qui, par leur nature ou 
par  la  volonté  du  législateur,  ne  peuvent  être  assurés  que  par  la  collectivité  territoriale »   (CE,  avis  du 
7 octobre 1986, n° 340609).  

Ainsi, la gestion de certaines activités de service public ne peut être déléguée, comme les activités de 
« police administrative générale inhérentes à l’exercice de la ‘force publique’ nécessaire à la garantie des 
droits » (CC, déc. n° 2011‐625 DC du 10 mars 2011 sur la loi d’orientation et de programmation pour la 
performance de la sécurité intérieure, cons. 19).  

3. La concession peut également être utilisée comme un


instrument de politique économique

3.1. Cadre général


Cette  utilisation  stratégique  des  concessions  est  désormais  envisagée  au  niveau  européen  par  la 
directive 2014/23/UE . 

Le recours aux concessions  « joue un rôle essentiel parmi les instruments de politique économique pour 
parvenir à une croissance intelligente, durable et inclusive tout en garantissant une utilisation optimale 
des  deniers  publics »  (cf.  communication  de  la  Commission  européenne  du  3  mars  2010  intitulée 
« Europe 2020, pour une croissance intelligente, durable et inclusive »).  

Les modifications apportées par la directive doivent ainsi permettre : 

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- d’améliorer les possibilités d’accès des petites et moyennes entreprises aux marchés des concessions 
(directive 2014/23/UE, 26 février 2014, cons. 1, 4 et 63) ; 
- de favoriser le développement de l’innovation (même directive, cons. 3) ; 
- d’inclure, parmi les critères d’attribution, des critères sociaux ou environnementaux (même directive, 
cons. 73).  
Le code de la commande publique, qui transpose la directive, prévoit (articles L. 3111‐1 et suivants) que 
la nature et l'étendue des besoins à satisfaire sont déterminées avant le lancement de la consultation en 
prenant en compte des objectifs de développement durable dans leurs dimensions économique, sociale 
et  environnementale.  Il    précise  que  les  prestations  à  réaliser  sont  définies  par  référence  à  des 
spécifications  techniques  et  fonctionnelles.  Pour  attribuer  le  contrat  de  concession,  l'autorité 
concédante se fonde sur une pluralité de critères non discriminatoires, parmi lesquels peuvent figurer 
notamment  des  critères  environnementaux,  sociaux,  relatifs  à  l'innovation  (article  R. 3124‐4).  Les 
conditions  d'exécution  d'un  contrat  de  concession  peuvent  prendre  en  compte   des  considérations 
relatives  à  l'économie,  à  l'innovation,  à  l'environnement,  au  domaine  social  ou  à  l'emploi,  à  condition 
qu'elles soient liées à l'objet du contrat de concession.(article L. 3114‐2). 
Il  est  également  à  noter  que  l’article  L.  3112‐1  du  code  de  la  commande  publique  admet  que  des 
groupements  soient  constitués  entre  des  autorités  concédantes  ou  entre  une  ou  plusieurs  autorités 
concédantes  et  une  ou  plusieurs  personnes  morales  de  droit  privé  qui  ne  sont  pas  des  autorités 
concédantes soumises au code afin de passer conjointement un ou plusieurs contrats de concession.  
L’autorité  concédante  peut  ainsi  utiliser  la  concession  comme  levier  d’action  économique à  plusieurs 
stades :  
- en amont de la passation : identification des leviers économiques potentiels ; possibilité d’un dialogue 
très  en  amont  avec  les  entreprises  afin  d’exprimer  les  besoins  des  personnes  publiques  grâce  à 
différentes  plateformes  et  d’orienter  l’offre  des  entreprises  (organisation  de  forums/salons  dédiés, 
consultation des organismes représentatifs du marché, communication dédiée...) ; 
- au stade de la définition des modalités de candidature : adaptation des modalités de candidature afin 
de faciliter l’accès de certaines catégories d’entreprises aux contrats de concession ; 
- au  stade  de  la  rédaction  des  critères  de  sélection :  rédaction  et  hiérarchisation  des  critères  de 
sélection de manière à orienter l’offre des soumissionnaires vers des objectifs préalablement définis.  

3.2. Faciliter l’accès de certaines entreprises, notamment les PME, aux contrats de
concession
Il revient aux autorités concédantes d’identifier les catégories d’entreprises à cibler en priorité (PME, 
entreprises  innovantes,  entreprises  issues  de  l’économie  sociale  et  solidaire...).  En  facilitant  l’accès  de 
certaines catégories d’entreprises aux contrats de concession, l’autorité concédante doit rester vigilante 
quant aux risques de violation des principes d’égalité d’accès à la commande publique et de traitement 
équitable des candidats. 

L’importance  stratégique  du  soutien  des  petites  et  moyennes  entreprises  (PME)  pour  l’économie  a 
notamment été affirmée à plusieurs reprises par les institutions de l’Union européenne, notamment par 
la communication de la Commission appelant à un « small business act pour l’Europe » (communication 
de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au comité économique et social européen et au 
comité  des  régions  du  25 juin  2008,  Think  small  first :  priorité  aux  PME,  un  ‘small  business  act’  pour 
l’Europe).  

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La  catégorie  des  petites  et  moyennes  entreprises  regroupe  les  entreprises  employant  moins  de  250 
personnes et ayant un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50 millions d’euros ou un total de bilan 
n’excédant  pas  43  millions  d’euros  (art.  3  du  décret  n° 2008‐1354  du  18 décembre  2008  relatif  aux 
critères  permettant  de  déterminer  la  catégorie  d’appartenance  d’une  entreprise  pour  les  besoins  de 
l’analyse statistique et économique).  

Plusieurs procédés sont envisageables. 

3.2.1. Agir en amont de la procédure de passation 

Nouer  un  dialogue  avec  les  catégories  d’entreprises  ciblées  en  amont  du  processus  de  sélection  des 
candidats permet de faciliter l’accès de ces entreprises aux contrats. Il s’agit, à ce titre, de diffuser une 
information  spécifique  à  destination  des  PME,  à  la  fois  sur  les  modalités  de  présentation  des 
candidatures et sur les besoins des autorités concédantes. L’organisation d’un dialogue permet à la fois 
de transmettre des informations aux entreprises et d’identifier les freins de ces entreprises à l’accès aux 
contrats.  

3.2.2. Adapter aux caractéristiques des PME les garanties exigées des candidats 

La commission des délégations de service public de la collectivité territoriale délégante dresse une liste 
des  candidats  admis  à  présenter  une  offre  après  avoir  examiné  leurs  garanties  financières  et 
professionnelles  (art.  L. 1411‐5  du  CGCT).  Concernant  les  garanties  financières,  peuvent  être  pris  en 
compte différents éléments comme le chiffre d’affaires (CE, 21 juin 2000, Syndicat intercommunal Côte 
d’Amour  et  presqu’île  guérandaise,  n°  209319)  ou  le  taux  d’endettement.  De  tels  critères  conduisent 
souvent à privilégier de facto les grandes entreprises, au détriment des PME. Favoriser l’accès des PME 
aux concessions implique donc de prendre en compte d’autres critères.  

3.2.3. Contracter avec des groupements d’entreprises  

Des  groupements  d'opérateurs  économiques  sont  autorisés  à  se  porter  candidats  (article  R.  3123‐9). 
L’autorité  concédante  est  tenue  d’indiquer  aux  entreprises  candidates  de  quelle  manière  les 
groupements  d’entreprises  doivent  remplir  les  garanties  imposées  aux  opérateurs  économiques 
candidatant à titre individuel.  

3.2.4. Imposer au soumissionnaire de confier une part minimale des travaux ou services à des 
PME 

Le concessionnaire peut confier à des tiers l’exécution d’une part des services et des travaux, même s’il 
demeure personnellement responsable de l'exécution de toutes les obligations résultant du contrat de 
concession. L’article L. 3114‐9 du code de la commande publique prévoit que l'autorité concédante peut 
imposer aux soumissionnaires de confier à des petites et moyennes entreprises une part minimale des 
travaux ou services faisant l'objet du contrat de concession. Cette part ne peut alors être inférieure à 10 
%  de  la  valeur  globale  estimée  du  contrat  de  concession  (article  R.  3114‐5  du  code  de  la  commande 
publique). 

3.3. Privilégier les offres technologiquement innovantes


Outre  l’établissement  d’un  dialogue  avec  les  entreprises  en  amont  de  la  procédure  de  sélection  des 
candidats,  qui  permet  aux  autorités  concédantes  d’exprimer  leurs  besoins  et  d’attirer  l’attention  des 
opérateurs  sur  le  développement  d’innovations  technologiques  pertinentes,  les  deux  instruments 
suivants peuvent être utilisés.  

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3.3.1. Inclure, dans les avis de concession, des variantes  

Ces  variantes  peuvent  permettre  à  certains  candidats  de  présenter  des  solutions  technologiquement 
innovantes.  L’abandon  d’une  variante  durant  la  procédure  ne  constitue  pas  nécessairement  une 
irrégularité  au  regard  des  obligations  de  mise  en  concurrence  (décision  Syndicat  intercommunal  Côte 
d’Amour et presqu’île guérandaise, préc.).  

Les candidats sont également autorisés à présenter des variantes spontanées, à condition qu’elles ne 
bouleversent pas l’économie du contrat.  

3.3.2. Pendre en compte l’innovation technologique dans les critères de sélection  

L’autorité concédante peut faire figurer des éléments technologiques parmi les critères de sélection. 

Selon  l’article  R.  3124‐5  du  code  de  la  commande  publique,  l'autorité  concédante  fixe  les  critères 
d'attribution par ordre décroissant d'importance mais elle peut modifier, à titre exceptionnel, l'ordre 
des critères pour tenir compte du caractère innovant d'une solution présentée dans une offre. Une telle 
modification ne doit pas être discriminatoire. Une offre est considérée comme présentant une solution 
innovante lorsqu'elle comporte des performances fonctionnelles d'un niveau exceptionnel et qu'elle ne 
pouvait être prévue par une autorité concédante diligente. L'autorité concédante publie alors un nouvel 
avis de concession ou envoie une nouvelle invitation à présenter une offre, en fonction de l’organisation 
de la procédure d’attribution qu’elle a retenue. 

En dépit de cette possibilité d’intégrer des éléments technologiques dans les critères de sélection, il n’est 
pas possible pour la collectivité délégante de retenir un candidat présentant une offre structurellement et 
manifestement  déficitaire.  Un  tel  choix  constituerait  une  erreur  manifeste  d’appréciation,  justifiant 
l’annulation de la concession (pour une illustration dans la jurisprudence : CAA Lyon, 12 juin 2014, Société 
Semerap, n° 13LY01340). 

3.4. Inclure des clauses sociales et environnementales dans les contrats de


concession
Des  clauses  sociales  et  environnementales,  reconnues  pour  les  marchés  publics  [v.  fiche  « Marchés 
publics »]  peuvent être également incluses dans des contrats de concession, à condition qu’elles soient 
liées à l’objet du contrat de concession.  

De telles clauses sont susceptibles d’imposer, par exemple :  
- l’insertion  par  l’activité  économique  de  personnes  rencontrant  des  difficultés  sociales,  définie 
notamment à l’article L. 5132‐1 du code du travail ; 
- le  respect  d’exigences  ayant  trait  au  développement  durable  (traitement  des  déchets,  économie 
d’énergie...) ;  
- le  recours  à  des  acteurs  économiques  issus  de  l’économie  sociale  et  solidaire,  comme  définie  à 
l’article 1er de la loi n° 2014‐856 du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire. 

Il  convient  néanmoins  de  ne  pas  poursuivre  plusieurs  objectifs  simultanément,  afin  d’éviter  qu’ils 
n’entrent en contradiction les uns avec les autres ou nuisent à l’évaluation de l’efficacité de la procédure 
engagée pour les atteindre (règle du « un outil‐un objectif »). 

La  durée,  souvent  assez  longue,  du  contrat  de  concession,  rend  ce  levier  d’action  économique 
particulièrement utile. 

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