Mécanique des Matériaux en Aéronautique
Mécanique des Matériaux en Aéronautique
I. PRÉAMBULE
1
1.5. État plan de contrainte
1.6. État plan de déformation
1.7. Contraintes principales et critères de défaillance
Références
2
I. PRÉAMBULE
Notons que la connaissance du comportement des matériaux, comme les autres disciplines
de l’ingénierie d’ailleurs, se sert à la fois de modèles mathématiques et de résultats
expérimentaux. Les modèles théoriques étant adaptés le plus fidèlement possible aux
résultats pratiques.
Durant cette phase, la pièce n’existe pas encore physiquement. Il s’agit ici de déterminer
avec un bon degré de précision la géométrie de l’objet ainsi que le matériau qui la
compose.
Connaissant la fonction de la pièce, sa durée de vie espérée, les charges et
l’environnement auxquels elle sera soumise, le concepteur doit choisir un matériau et une
géométrie qui maximiseront un critère de performance global.
Schématiquement le processus s’établit comme montré à la figure 1.1.
3
Le coût horaire d’un atelier de fabrication ou d’un laboratoire de test étant beaucoup plus
élevé que celui d’un bureau de design, la connaissance approfondie des matériaux permet
généralement de réduire le coût global d’une pièce. D’où son intérêt.
Alléger une pièce a également un impact important sur le coût d’opération d’un avion.
Ceci est particulièrement vrai pour un avion de ligne dont la durée de vie peut s’étendre
au-delà de 50 000 h. L’exemple ci-dessous le démontre.
Exemple 1.1
Quel coût supplémentaire peut-on imputer à l’allègement de 1 kg d’une pièce montée sur
un E190 par exemple ? Les données suivantes sont disponibles : Coût du jet fuel 2010 =
683 $US / 1 000 kg, jet fuel = 0.80 kg / L (source IATA 2010). Le tableau ci-dessous
résume les performances de l’avion (source flight ops AC).
E190, 98 pax, Cruise@FL300, ISA+0°C, IAS = 263 kts, TAS = 413 kts, M = 0.70,
TBO = 50 000 h, Durée de vie = 25 ans, taux de financement = 5 %
m (kg) FF (kg / hr) SR (nm / kg) SR-1 (kg / nm) SR-1 (L / 100 km)
50 000 2 043.6 0.2021 4.9482 334.0
51 000 2 068.8 0.1996 5.0092 338.1
Donc hors coût de financement, on peut tolérer un surcroît de coût de 860 $US / kg
d’allégement. En incluant le financement sur 25 ans à 5%, ce coût descend à environ 500
$US par kg économisé. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes.
4
1.2. En phase maintenance
Ici la pièce existe physiquement et a déjà servi. Le problème de la maintenance consiste à
décider si la composante vieillie doit être remplacée ou non. La remplacer immédiatement
est certainement plus sûr mais aussi plus coûteux. La laisser en place peut être risqué si on
ne dispose d’aucun moyen rationnel pour évaluer sa durée de vie restante. C’est ici
qu’intervient la connaissance de la mécanique des matériaux en donnant au responsable de
la maintenance des outils permettant de prédire le comportement futur de cette pièce déjà
vieillie.
X 1 0 0
'
X
1
Y 0 cos sin ' Y '
1
X ' X '
Z 0 sin cos Z
1 X' X '
où (X' , Y' , Z' ) est la coordonnée initiale(avant rotation)
d' un point dans le repère X' Y' Z'
X cos ' 0 sin ' X
2 Y Y 1
Y 0 1 0 Y
2 1
Z 2 sin Y '0 cos ' Z1
Y
X cos ' sin ' 0 X
3 Z Z 2
Y sin cos 0 Y2
3 Z' Z'
Z
3 0 0 1 Z 2
X " X T
3 X
Y" Y T
" 3 Y
Z Z 3 TZ
5
Fig. 1.2 Translations et rotations d’un solide dans l’espace
L’ordre dans lequel les opérations de rotation s’effectuent est important car intervertir
l’ordre, même à angle de rotation égal, change le résultat final. Les opérations de
translation par contre sont commutatives.
Quand tous les mouvements sont contenus dans un plan (XY par exemple) on travaille en
2 dimensions et alors seulement 2 translations en X et Y et une rotation autour de Z sont
permises. On a alors 3 degrés de liberté.
Quand tous les mouvements se font le long d’une ligne droite (quelle que soit son
orientation) on travaille à 1 dimension et seulement 1 translation est permise. On a alors 1
seul degré de liberté.
6
Ces équations sont vectorielles. On peut donc les décomposer suivant les axes d’un repère
choisi. Ainsi Fx = m ax, Fy = m ay, etc.
Si l’objet n’accélère pas dans un repère d’axes inertiel alors a et sont nuls et les
équations de Newton s’écrivent : F = 0 et M = 0. C’est le cas statique qui va nous
occuper tout au long de ce cours.
La figure 1.3 montre un objet sur lequel on applique un nombre de forces externes. Si ce
corps n’accélère pas alors en vertu de la loi de Newton il faut que les sommes vectorielles
des forces et des moments soient nulles. Notons qu’en 3D le moment d’une force F
agissant au point A par rapport à un point O se calcule comme suit :
i j k
M roA xF rx ry rz i (r y Fz rz F y ) j (rx Fz rz Fx ) k (rx F y r y Fx )
F /o
Fx Fy Fz
où rx x A xO , r y y A yO , rz z A zO
Si le corps complet est en équilibre, ses portions, quelles qu’elles soient, le sont aussi.
Ainsi si on coupe l’objet en 2, les forces externes F1, F2 et F3 s’appliquent sur la moitié
gauche. Cette moitié est aussi en équilibre mais généralement parlant F1 F2 F3 0 et
M 1 M 2 M 3 0 . Pour rétablir l’équilibre, il faut ajouter sur la face de coupe une force
et un moment résultants Fr et Mr tels que F1 F2 F3 Fr 0 et
M 1 M 2 M 3 M r 0 . Le même raisonnement s’applique au corps de droite qui, lui
aussi, doit être en équilibre. Par contre, en vertu du principe d’action réaction, la force Fr
et le moment Mr agissant sur la face droite doivent être de signe opposé afin de s’annuler.
Ainsi on peut écrire que F4 F5 F6 Fr 0 et M 4 M 5 M 6 M r 0 . La force Fr et
le moment Mr sont des forces et moments internes.
7
Notons en terminant qu’une face est dite positive si sa normale externe est dirigée dans le
sens positif des axes.
La structure est isostatique car on peut calculer toutes les réactions à partir des équations
de la statique seulement.
8
Fig. 1.5 Attache d’aile isostatique
La structure est hyperstatique car on ne peut calculer toutes les réactions à partir des
équations de la statique seulement. En effet, on ne connaît que la somme FzA+FzB sans
connaître le détail des 2 forces. Il faut une équation supplémentaire pour les départager.
Elle sera fournie par les conditions de compatibilité géométrique.
Sur la figure 1.7 on voit le même corps en équilibre qu’à la figure 1.4. La force résultante
F r agit sur la face de coupe Ax mais n’est pas forcément normale à A. Par contre, on peut
décomposer F r suivant des directions parallèles au système d’axes. Ainsi
F r Fx i Fy j Fz k . Cette force globale agissant sur la surface totale peut aussi être
décomposée en une somme de forces plus petites agissant sur des surfaces elles-mêmes
9
plus restreintes. À la limite, on fera tendre la surface d’application des forces vers zéro et
on définira les contraintes comme suit :
Fx dFx
xx x lim
Ax 0 Ax dA
x
F dF
y y
xy xy lim
Ax 0 Ax dA
x
F dF
xz xz lim z z
Ax 0 Ax dA
x
On peut définir similairement 6 autres contraintes en 3D, soient : y, yx, yz, z, zx et zy.
Toutes ces contraintes possibles sont illustrées positives à la figure 1.8.
Les contraintes normales i tendent à allonger (ou raccourcir) l’objet tandis que les
contraintes ij sont dites de cisaillement car elles tendent à distordre le corps puisqu’elles
agissent parallèlement aux faces. Examinons une portion quelconque centrée sur le point I
10
d’un solide en équilibre contraint et déformé (fig. 1.9). Le point I (point de référence) s’est
déplacé vers I’, A vers A’, B vers B’ et C vers C’. La distance I-I’ est le déplacement total
du point I (I) en mètres dont les composantes sont u, v et w. Les déformations sont
adimensionnelles et prennent 2 formes : les déformations normales x, y, z et les
déformations de cisaillement xy, yz, xz. Ces déformations sont définies comme suit :
y 0 z 0 z 0
Maintenant que les bases sont jetées, nous pouvons maintenant aborder l’étude de la
mécanique et de la résistance des matériaux proprement dites.
11
I. COMPORTEMENTS MÉCANIQUES DES MATÉRIAUX
Facteur Effet-Remarques
Matériau 4 grandes classes de matériaux avec chacune ses propriétés typiques :
Polymères : légers, peu rigides, peu résistants, faciles à former
Métaux : denses, rigides, résistants
Céramiques : légères, rigides mais fragiles, résistance hautes T
Composites : légers, résistants, formables, coûteux
Temps Il a toujours un effet négatif. Il est extrêmement rare qu’une pièce
chargée se bonifie mécaniquement avec le temps. Le temps permet de
rompre une pièce par fatigue (nombre de cycles, corrosion), par
fluage, par dégradation chimique.
Température Elle a un effet sur la rigidité (T/Tf, T/Tv), sur la fragilité (ou ténacité),
sur la vitesse de réaction chimique (corrosion), sur la vitesse de
déformation (fluage).
Environnement Corrosion, dégradation chimique, UV.
Fini de surface- Influence la tenue en fatigue (matériaux ductiles et fragiles) et en
Géométrie statique (matériaux fragiles seulement).
Contraintes En fonction de leurs signes, elles peuvent s’additionner ou se
résiduelles soustraire aux contraintes de service (traitements thermiques,
grenaillage, etc.).
Vitesse de La vitesse d’application de la charge joue un grand rôle pour les
chargement polymères (rigidification apparente quand la vitesse augmente) et les
céramiques (ondes de choc). Pour les métaux, à une vitesse élevée
correspond une augmentation du rapport Re / Rm.
Tableau 2.1. Facteurs influençant le comportement mécanique d’une pièce chargée
12
Figure 2.1. Éprouvettes et machine de traction
L’éprouvette comprend toujours, entre des repères séparés par une distance L0, une section
constante A. Les résultats du test sont portés sur un graphique F- ou plus généralement
(afin de normaliser) sur un diagramme x-x où x = F / A et x = / L0. Typiquement, on
peut obtenir 3 genres de courbes selon que le matériau est linéaire ou pas, fragile ou
ductile. La figure 2.2 illustre ces 3 comportements typiques.
La courbe de traction d’un matériau ductile (comme la majorité des métaux) est composée
d’un segment linéaire puis d’une courbe passant par un maximum puis décroissant jusqu’à
la rupture. Si on relâche la force F au point A, on redescend vers O’ parallèlement à la
portion linéaire de la courbe. OO’ est la déformation plastique (permanente) du matériau
quand il a été contraint jusqu’au point A.
La courbe de traction d’un matériau fragile (comme la majorité des céramiques) est
composée seulement d’un segment linéaire jusqu’à la rupture. Si on relâche la force F au
point A, on redescend vers O parallèlement à la portion linéaire de la courbe et donc le
long de cette droite. Un matériau fragile se rompt donc sans déformation plastique. On
admet communément qu’un matériau a un comportement plutôt fragile quand sa
déformation à la rupture r est inférieure à 0.05 (5%).
De nombreux polymères ont plutôt une courbe de traction non linéaire dont l’allure
change considérablement en fonction de la température et de la vitesse d’application de la
charge. On dit, qu’en général, ils ont un comportement viscoélastique (entre un solide et
un fluide). L’étude de ces comportements sort du cadre de ce cours.
Un matériau ne peut pas avoir à la fois un comportement non linéaire et être fragile.
Examinons maintenant plus en détail une courbe typique d’essai de traction d’un matériau
ductile. Une telle courbe est montrée à la figure 2.3.
13
Fig. 2.3 Résultats détaillés d’un essai de traction
La courbe de la figure 2.3 possède 2 zones distinctes : la zone élastique (droite OA) et la
zone plastique (courbe A-B-C-D).
Le point A délimite la fin de la zone linéaire proprement dite. En pratique, il est très
difficile à déterminer précisément et l’on a plutôt recours au point B pour délimiter la zone
élastique. Ce point est obtenu en traçant une droite de pente E à partir du point sur
l’abscisse = 0.002 (0.2 %). L’intersection entre cette droite et la courbe de traction
définit le point B. La contrainte correspondante en B est appelée limite élastique du
matériau : Re 0.2 ou Sy (Yield strength). C’est la contrainte à ne pas dépasser si on ne veut
pas que la pièce subisse des déformations permanentes. Cette valeur représente un grand
intérêt en pratique car elle est souvent utilisée comme critère de conception.
14
considéré ductile (la limite entre fragile et ductile est fixée aux environs de 5%). La
ductilité est avantageuse quand il s’agit de fabriquer une pièce par pliage ou par forgeage.
Elle est aussi avantageuse quand une pièce doit absorber l’énergie d’un impact ou prévenir
visuellement qu’elle a été surchargée mais sans se rompre. Nous verrons plus loin qu’elle
présente également de grands avantages quant au comportement à la fatigue d’un
matériau.
Entre les points C et D, donc au-delà de Rm, apparaît sur la pièce une zone où la section
diminue abruptement. C’est la zone de striction où se concentrent l’essentiel des
déformations plastiques en fin d’essai.
Les modules sécant Es et tangent Et sont égaux à E dans la zone élastique mais en diffèrent
dans la zone plastique. Ces valeurs sont utilisées en analyse non linéaire et nous y
reviendrons au chapitre 3.
Notons que l’aire sous la courbe de traction représente l’énergie de déformation par unité
de volume. Elle est proportionnelle à la quantité d’énergie qu’un matériau peut absorber
r
avant de se rompre. W V d .
0
L’éprouvette fabriquée par tournage est placée entre deux moteurs montés sur roulement.
Cet échantillon est généralement poli et exempt de discontinuités. Des poids sont
suspendus de part et d’autre des moteurs créant un moment de flexion M = WL sur
l’éprouvette. Celle-ci est mise en rotation par les moteurs et l’on mesure le nombre de
cycles nécessaires pour rompre la pièce. Puisque la pièce tourne autour de son axe de
révolution, un point A lié à la pièce subit une contrainte variant de + à -. La moyenne
des contraintes appliquées étant nulle. L’essai est répété plusieurs fois à chaque niveau de
charge afin d’évaluer la variance du phénomène. Les résultats de ce test sont portés sur un
diagramme S-N comme celui montré à la figure 2.5.
16
Sur la courbe pour l’acier de la figure 2.5, on note qu’à partir d’environ 1E6 à 2E6 cycles,
la contrainte de rupture se stabilise pour devenir pratiquement constante. En fait, les
métaux ferreux (ainsi que le titane) possèdent à toute fin pratique une limite de contrainte
en dessous de laquelle la rupture ne se produit pas. Cette contrainte est appelée limite
d’endurance Se’. Pour les aciers on a Se’ ≈ min (0.5 Rm, 600 MPa) comme le suggère la
figure 2.6.
Les métaux non ferreux comme l’aluminium (à l'exception du titane) ne possèdent pas
cette limite d’endurance. Il sera toujours possible de rompre une pièce en aluminium à
condition d’y mettre le temps nécessaire. On définit toutefois une pseudo limite
d’endurance pour les non ferreux à N = 500E6 cycles. En l’absence de données
expérimentales précises on peut utiliser les relations suivantes : Se’ = 0.4 Rm à N = 500E6
cycles pour les aluminiums forgés, laminés et extrudés 0.3 Rm pour les alliages
d’aluminium de fonderie ductiles. Cette limite sera encore plus basse pour des alliages
fragiles comme le montre la figure 2.7.
Fig. 2.7. Courbe S-N d’un alliage d’aluminium fragile avec Rm = 320 MPa
17
Ces résultats étant obtenus à partir d’éprouvettes normalisées, sans défaut ni discontinuité,
il convient de tenir compte de différents facteurs altérant la tenue en fatigue d’une pièce
réelle. On définit la limite d’endurance effective Se comme suit :
Se = ka kb kc kd ke kf Se’
Où Se’ = limite d’endurance de l’éprouvette de l’essai Moore
Se = limite d’endurance de la pièce
ka = facteur de fini de surface
kb = facteur de dimension de la pièce
kc = facteur de fiabilité
kd = facteur de température
ke = facteur relatif à la concentration de contraintes
kf = facteur des effets divers
Pour les non ferreux, ka = 1 car on a déjà tenu compte du fini de surface dans
l’évaluation de Se’.
Une fissure de fatigue prenant son siège à partir de microfissures dont le nombre initial
est proportionnel au volume de la pièce, les valeurs suivantes sont recommandées :
1 pour d 7.6 mm
k b 0.85 pour 7.6 mm d 50 mm
0.75 pour d 50 mm
où d est le diamètre ou une dimension caractéristique
18
Influence de la fiabilité. kc
Influence de la température. kd
344
pour T 71C
k d 273 T
1 pour T 71C
L’essai Moore se faisant sur une éprouvette sans discontinuité géométrique, il convient
d’appliquer un facteur de correction tenant compte des changements plus ou moins
brusques de géométrie que l’on retrouve couramment sur les pièces réelles. ke se calcule
comme suit :
1
ke
q( K t 1) 1
où : q est un indice de sensibilité aux entailles.
Kt le facteur de concentration de contraintes
19
Figure 2.9. Indice de sensibilité aux entailles q en traction et flexion.
Autres influences. kf
On peut inclure ici les effets des traitements de surface, des contraintes résiduelles et de
la corrosion par exemple. Ce sujet étant très vaste et dépassant le cadre de ce cours, nous
n’approfondirons pas ce sujet.
Exemple 2.1
L’essai Moore faisant varier la contrainte sinusoïdalement sur l’éprouvette, ses résultats
indiquent la résistance de la pièce quant la contrainte moyenne est nulle. Sachant qu’une
fissure progresse seulement en présence de contraintes de traction positives, on perçoit
intuitivement que si la contrainte moyenne augmente, on risque de voir s’accélérer le
phénomène de propagation de la fissure et inversement si la contrainte moyenne diminue.
La question a été étudiée en détail par Goodman. Sans entrer dans les détails, les résultats
de ses travaux sont synthétisés pas l’équation suivante :
1
FS
a m
Se S ut
20
où FS est le facteur de sécurité à la rupture. FS≥1 pour supporter le chargement.
a est la contrainte alternée. a = (max - min) / 2 ≥ 0.
m est la contrainte moyenne. m = (max + min) / 2. (-∞ < m < ∞)
Sut = Rm = résistance mécanique du matériau en statique
Puisque a, Se et Sut sont toujours positifs, si m passe de positif à négatif, le facteur de
sécurité augmentera. Cette équation est aussi valable en statique. Dans ce cas, a = 0 et
FSstat = Sut / m = Sut /
Précédemment, nous avons défini certaines propriétés fondamentales des matériaux, soit
leur rigidité E, leur résistance Rm et leur ductilité r. Á ces 3 caractéristiques, il faut ajouter
la ténacité qui mesure la résistance d’un matériau à la propagation brutale de fissures. On
peut mesurer cette ténacité par l’énergie requise pour entraîner la rupture. Le contraire de
ténacité est fragilité.
Le matériau III, bien qu’ayant une rigidité, une limite élastique et une résistance
moyennes, est le plus tenace. Le matériau II, dont la limite d’élasticité et la
résistance sont les plus faibles, est cependant beaucoup plus tenace que le matériau
I, qui est pourtant le plus rigide et le plus résistant. En général, augmenter la limite
élastique et la résistance à la traction se fait toujours au détriment de la ténacité.
Par exemple, augmenter la résistance d’un acier ou d’un aluminium par traitement
thermique diminue toujours leur ténacité.
ba a
6(a ) 2
F 1 2
2 ) C F b
C tens flex C(
e ba b a 2
eb a
(1 ) 2
b
où e = épaisseur de l’éprouvette
(b-a) = longueur de la section non rompue au début de l’essai
Afin de pouvoir exploiter ce résultat expérimental, il faut le relier à une théorie qui
nous indiquera la distribution de contraintes en tête de fissure. Ce problème
d’élasticité linéaire a été résolu par H.M. Westergaard en 1939 pour une plaque en
tension de largeur infinie au centre laquelle siège une fissure traversante de
longueur 2a comme illustré à la figure 2.12.
K 3
x cos (1 sin sin )
2r 2 2 2
K 3
y cos (1 sin sin )
2r 2 2 2
K 3
xy sin cos cos
2r 2 2 2
( x y ) (e 2a)
z
0 (e 2a)
23
corrige K par l’introduction d’un facteur . K nom a . La figure 2.13 donne
les valeurs de pour une plaque en tension de largeur b, longueur 2h avec une
fissure débouchante et excentrée de longueur a en fonction de a/b et h/b. Á noter
1 a a a
que pour h/b→∞, (1825( ) 2 1510 537) 1.1 .
2400 b b b
Fig. 2.13. Valeurs de pour une plaque en tension avec fissure excentrée
Pour l’essai de traction compact standardisé (ASTM E399) de la figure 2.11, K est
calculé de la façon suivante :
K N (b a) F2 (a / b, h / b, d / h)
a
2
2P b et h / b 0.6, d / h 0.667
où N
eb a
(1 ) 2
b
24
Exemple 2.2
K C (b a) F2
a 50
2 2
2F b 2 * 47500 100 190 MPa
C C
eb a 50 *100 50 2
(1 ) 2 (1 )
b 100
(b a) 0.1 0.05 0.22361 m
a 50
0.5 F2 0.682
b 100
K 190 MPa * 0.22361 m * 0.682 29 MPa - m1 / 2
Exemple 2.3
Une semelle inférieure de longeron doit supporter une charge limite (sans
déformation permanente) en tension de 600 000 N. Il doit aussi résister à une
charge ultime égale à 1.5 fois la charge limite. La largeur de la semelle a été fixée
à 200 mm. La plus petite fissure pouvant être détectée a une longueur de 2.0 mm.
Même fissurée, la pièce doit pouvoir supporter la charge limite. Quatre matériaux
sont candidats, avec les caractéristiques suivantes :
7075-T651
F F F Fy 600000
e ey 6 mm
A be b y b 500 * 200
Fut 600000 *1.5
eut 7.90 mm
ut b 570 * 200
a
a 2.0, b 200 0.01 1.1
b
25
Fy Fy
K nom a a e f a
e f (b a) K (b a)
600000
e f 1.1 * 0.002 9.12 mm nom 332 MPa S ut OK
29 * (200 2)
e max( e y ; eut ; e f ) e f 9.12 mm
m7075 0.200 * 0.00912 * 2810 5.125 kg / m
2024-T351
F F F Fy 600000
e ey 9.38 mm
A be b y b 320 * 200
Fut 600000 *1.5
eut 9.58 mm
ut b 470 * 200
a
a 2.0, b 200 0.01 1.1
b
Fy Fy
K nom a a e f a
e f (b a ) K (b a)
600000
e f 1.1 * 0.002 7.15 mm nom 424 MPa S ut OK
37 * (200 2)
e max( e y ; eut ; e f ) eut 9.58 mm
m2024 0.200 * 0.00958 * 2780 5.326 kg / m
Acier M200
F F F Fy 600000
e ey 1.54 mm
A be b y b 1950 * 200
Fut 600000 *1.5
eut 2.24 mm
ut b 2010 * 200
a
a 2.0, b 200 0.01 1.1
b
Fy Fy
K nom a a e f a
e f (b a ) K (b a)
600000
e f 1.1 * 0.002 3.58 mm nom 846 MPa S ut OK
74 * (200 2)
e max( e y ; eut ; e f ) e f 3.58 mm
mM 200 0.200 * 0.00358 * 8100 5.800 kg / m
26
Ti-6Al-4V
F F F F 600000
e ey y 3.80 mm
A be b y b 790 * 200
Fut 600000 * 1.5
eut 5.24 mm
utb 860 * 200
a
a 2.0, b 200 0.01 1.1
b
Fy Fy
K nom a a e f a
e f (b a ) K (b a )
600000
e f 1.1 * 0.002 2.65 mm nom 1145 MPa S ut
100 * ( 200 2)
Fy 600000
nom S ut 860 MPa ef 3.53 mm
e f (b a ) 860( 200 2)
e max( e y ; eut ; e f ) eut 5.24 mm
mTi 0.200 * 0.00524 * 4430 4.643 kg / m
10
8
7075-T651
6 2024-T351
kg/m
4 Acier 200M
Ti-6Al-4V
2
0
0.000 1.000 2.000 3.000 4.000 5.000 6.000
a (mm)
27
2.4. Essai de fluage
Jusqu’ici, dans l’étude du comportement mécanique des matériaux, nous n’avons tenu
compte de l’influence du temps ou de la vitesse de sollicitation et de la température. En
fonction de la température tous les matériaux peuvent se comporter viscoélastiquement,
c’est-à-dire se rapprocher des caractéristiques d’un fluide très visqueux qui se déforme
constamment sous l’action d’une contrainte. Si on applique une charge à une pièce en
plastique par exemple, il y aura d’abord une déformation élastique instantanée puis, au fil
du temps, une déformation permanente s’installera jusqu’à éventuellement la rupture.
Cette lente déformation permanente sous l’action d’une contrainte, même constante et
inférieure à la limite mécanique, est appelée fluage. La température à partir de laquelle le
phénomène devient marqué se situe autour de 0.5 Tf pour les plastiques et les métaux et
0.7 Tf pour les céramiques. Ainsi un plastique fondant à 150 °C (423 °K) fluera
sensiblement à 20 °C car 20°C = 293 °K >> 211.5 °K (423 °K / 2). Pour de l’aluminium,
ce seuil se situe à 160 °C environ, 660 °C pour de l’acier et 1 320°C pour une céramique
fondant à 2 000 °C.
L’essai de fluage est simple mais souvent très long. Il consiste à soumettre le matériau à
tester à une contrainte constante dans une atmosphère dont la température est contrôlée.
Durant le test, on mesure l’allongement plastique (allongement total moins allongement
élastique initial) de l’éprouvette en fonction du temps écoulé et cela jusqu’à la rupture. Les
résultats sont portés sur une graphique p-t dont la forme typique est montrée à la figure
2.15.
En général, ces courbes de fluage présentent trois zones distinctes : I, II et III. Dans la
d p
première, la pente de la courbe ( p ) va en diminuant. C’est le fluage primaire où la
dt
vitesse de consolidation est plus élevée que la vitesse d’adoucissement. Ensuite, un
équilibre dynamique entre ces 2 vitesses naît et l’on rentre dans la zone II (fluage
secondaire) caractérisée par une pente constante. La loi de Norton combine l’effet
simultané de la contrainte et de la température sur la vitesse de déformation :
Q
n
p II 0 exp( )
G RT
28
Où : G est le module de cisaillement (ou de Coulomb) du matériau (G = E / (2(1+)))
n un exposant supérieur à 1 et dépendant du matériau
0 est un paramètre dépendant du matériau
Q est l’énergie apparente d’activation des mécanismes qui régissent le fluage
R est la constante universelle des gaz parfaits
Fig. 2.16. Contrainte de rupture d’un inox trempé et revenu en fonction du temps
29
II. ÉLÉMENTS DE THÉORIE DES STRUCTURES
Les 9 contraintes possibles : x, xy, xz, y, yx, yz, z, zx, zy
Les 6 déformations possibles : x, y, z, xy, yz, xz
Les 3 déplacements possibles : u, v, w
Il faudra donc 18 équations pour trouver les 18 inconnues. Ce seront les équations
d’équilibre des forces, de compatibilité géométrique et de contraintes déformations
détaillées ci-dessous.
Pour qu’un élément de pièce de dimensions x y z soit en équilibre il faut que les
sommes des forces et des moments agissant sur l’élément soient nulles. Afin de mieux
visualiser la méthode, nous nous restreindrons au cas 2D. Les résultats seront ensuite
extrapolés en 3D. En supposant que les contraintes sont des fonctions continues de x, y et
z on peut les développer en série de Taylor. Ainsi on pourra écrire que :
y
x ( x x) x x x 2 , y ( y y) y y 2 , etc.
x y
Les termes d’ordre 2 et plus sont négligés. Le DCL en 2D d’un élément dans le plan x-y
est montré à la figure 3.1 ci-dessous où Fx et Fy sont des forces massiques par unité de
volume pouvant naître d’accélérations par exemple.
y yx
y y yx y
y y
xy
Fy xy x
x x
y Fx
x
x x
xy x x
yx
y
M=0 donne xy = yx
30
x xy
Fx = 0 donne Fx 0
x y
xy y
Fy = 0 donne Fy 0
x y
x xy zx
Fx 0
x y z
xy y yz
Fy 0
x y z
zx yz z
Fz 0
x y z
xy yx , yz zy , zx xz
En se référant à la figure 3.2, reprenons les définitions des déformations ramenées en 2D.
31
A' B' AB A' C ' AC
x lim , y lim , xy lim tg ( B' A' C ' )
x 0 AB y 0 AC 2
x 0
y 0
u v u v
Or AB x, A' B' (x u x u ) 2 (v x v) 2 x (1 ) 2 ( ) 2
x x x x
v u
Si on fait l’hypothèse des petites déformations alors : ( ) 2 (1 ) 2
x x
u v u u
et (1 ) 2 ( ) 2 1 A' B' x(1 )
x x x x
u
x(1 ) x
A' B' AB x u
Et finalement x lim lim
x 0 AB x 0 x x
Similairement, toujours grâce à cette hypothèse des petites déformations, on trouve :
v v u
y , xy
y x y
En étendant l’exercice en 3D, on trouve les 6 équations de compatibilité complètes.
u
x
x
v
y
y
w
z
z
v u
xy
x y
w v
yz
y z
u w
zx
z x
L’essai de traction nous a démontré que pour une vaste gamme de matériaux dits
élastiques, il existe une relation linéaire entre la contrainte et la déformation (ou la force et
le déplacement) jusqu’à la limite élastique. Cet essai a aussi mis en lumière qu’une
contrainte dans une direction entraîne une déformation dans la même direction mais aussi
2 autres déformations dans les 2 autres directions (effet du coefficient de Poisson non nul).
Ces phénomènes sont traduits mathématiquement par les 6 relations contraintes
déformations ci-dessous présentées sous deux formes : 1°) connaissant les contraintes, on
calcule les déformations ou 2°) connaissant les déformations, on calcule les contraintes.
32
x
1
E
x ( y z ) T
y
1
y ( x z ) T
E
z
1
z ( x y ) T
E
xy yx
xy ( )
G G
yz zy
yz ( )
G G
zx zx ( xz )
G G
E m
où G , coefficien t de dilatation thermique ( )
2(1 ) mC
x
E
(1 )(1 2 )
(1 )( x T ) ( y z 2T )
y
E
(1 )(1 2 )
(1 )( y T ) ( x z 2T )
z
E
(1 )(1 2 )
(1 )( z T ) ( y x 2T )
xy G xy ( yx )
yz G yz ( zy )
zx G zx ( xz )
x p xy q zx r X
xy p y q yz r Y
zx p yz q z r Z
33
Où : p, q et r sont les cosinus des angles que fait la normale extérieure à la surface avec les
axes des x, y et z respectivement. Si n n x i n y j n z k et n 1 alors p = nx, q =
ny et r = nz).
X , Y , Z sont les composantes en x, y et z respectivement des pressions appliquées
sur la surface.
Ce problème est grandement simplifié en introduisant la fonction de contrainte ou
fonction d’Airy. Elle se définit comme suit :
2 2 2
x , , en 2 D
y 2 x 2 xy
y xy
4 4 4
x 2 , 2 , 2
y 2 z 2 x 2 z 2 x 2 y 2
y z
en 3D
, ,
4 4 4
xy xyz 2
zx
xy 2 z
yz
x 2 yz
Cette fonction définie ainsi satisfait naturellement les équations d’équilibre si les forces
massiques sont constantes. Pour satisfaire la compatibilité géométrique, il faut que
réponde au critère suivant :
4 4 4
2 0 en 2 D
x 4 y 4 x 2 y 2
4 4 4
( 2
) ( 2
) ( 2 ) 0 en 3D
x z
2 2
y z
2 2
x y
2 2
2 2 2
où 2 2 2
2
x y z
34
raisonnablement supposer que les variables ne dépendent pas de z et sont égales à leur
valeur moyenne à travers l’épaisseur. De plus, toujours parce que la pièce est mince,
w<<u et v et on posera w ≈ 0.
x xy
Fx 0
x y
xy y
Fy 0
x y
u v u v
x , y , xy
x y y x
1 1
x ( x y ) T , y ( y x ) T
E E
xy
xy
G
De nombreux cas pratiques peuvent être analysés sous l’hypothèse de l’état plan de
contrainte.
x xy
Fx 0
x y
xy y
Fy 0
x y
z
0
z
u v u v
x , y , xy
x y y x
z yz xz 0
35
1
z ( z ( x y ) T 0 z ET ( x y )
E
1 1
x ( x ( y z ) T (1 ) ( x (1 ) y ) T
E E
1 1
y ( y ( x z ) T (1 ) ( y (1 ) x ) T
E E
xy
xy
G
Si dans un système d’axes x-y, les contraintes que subit une pièce sont x, y et xy,
quelles seront les valeurs de nouvelles contraintes x’, y’ et x’y’ exprimées dans un
nouveau référentiel x’-y’ tourné d’un angle par rapport au système de référence initial ?
Voir figure 3.3 pour une illustration graphique.
En effectuant une somme des moments autour de O et des forces en x et y, toutes égales à
zéro puisque l’élément est en équilibre, on trouve les relations suivantes :
x y x y
x' cos 2 xy sin 2
2 2
x y
x' y' sin 2 xy cos 2
2
x y x y
y' cos 2 xy sin 2
2 2
L’équation pour y’ a été obtenue avec un DCL similaire mais dont le plan de coupe était
tourné de + 90° plutôt que de .
36
x’, y’ et x’y’ sont uniquement des fonctions de . x’ sera maxi ou mini quand
x ' 0 ( x y ) sin 2 2 xy cos 2 0 x ' y ' . Cette dernière équation indique
que quand x’ est maxi ou mini alors x’y’ = 0. Ces valeurs extremum de x’ sont appelées
contraintes principales 1 et 2 (1 > 2). On calcule leurs valeurs comme suit :
x y x y
2
1 xy2
2 2
x y x y
2
2 xy2
2 2
2 xy
tg 2 1 ; 2 1 90
x y
Toutes ces contraintes et ces angles se montrent bien sur un graphique appelé cercle de
Mohr. Voir figure 3.4. Le cercle est centré à ((x + y) / 2 ; 0) et son rayon est égal à
x y
2
En 3D, des contraintes principales existent. Elles sont trouvées en trouvant les 3 racines de
l’équation suivante :
3 ( x y z ) 2
2 2 2 )
( x y y z x z xy yz zx
( x y z 2 xy yz zx x 2yz y zx
2 2 ) 0
z xy
La direction des 3 axes principaux dans l’espace peut aussi être calculée. Voir ref. 5.
37
La connaissance de la grandeur et de la direction des contraintes principales est utile pour
établir les critères de défaillance, ce que nous verrons dans ce qui suit, mais aussi pour
savoir dans quelle direction placer les renforts d’une pièce composite. Ces matériaux sont
composés d’une fibre résistante et d’une matrice liante mais peu résistante. Si, en tout
point de la pièce, les fibres sont orientées selon 1, les contraintes seront purement
normales et orientées le long de l’axe des fibres. Aucune contrainte de cisaillement ne
s’appliquera sur la matrice, point faible de l’ensemble, et la pièce bénéficiera de toute la
pleine résistance des renforts. Cet avantage n’est valable que si la pièce subit un seul type
de chargement. En effet, si le chargement varie en direction, les angles principaux associés
varieront et il faudra placer les fibres selon des angles résultant d’un compromis entre les
différents cas.
Nous allons aborder l’important sujet des critères de défaillance pour les matériaux
ductiles. Une fois les contraintes calculées, il faut pouvoir évaluer si elles sont acceptables
ou non. L’essai de traction d’un matériau nous livre la valeur de la limite d’écoulement
qui représente le seuil au-delà duquel les déformations permanentes apparaissent. Ces
dernières sont souvent indésirables en service normal puisque si l’on dépasse la limite
d’écoulement, la pièce perdra sa forme originale même si les charges sont retirées.
Prenons une pièce pour laquelle on a évalué que le point le plus sollicité subissait les
contraintes suivantes : x = 200 MPa, y = -100 MPa, xy = 50 MPa, z = 200 MPa.
Connaissant cet état de contrainte, on peut calculer les contraintes principales 1, 2,3 de
la façon suivante. La limite d’écoulement du matériau est : Sy = 270 MPa.
3 ( x y z ) 2
2 2 2 )
( x y y z x z xy yz zx
( x y z 2 xy yz zx x 2yz y zx
2 2 ) 0
z xy
Dont les racines sont : -108.1, 208.1 et 200 MPa. Donc 1 = 208.1 MPa, 2 = 200 MPa et
3 = -108.1 MPa. Puisque la plus grande contrainte en valeur absolue est de 208.1
MPa<270 Mpa, on pourrait prédire qu’il n’y aura pas d’écoulement.
En fait, il n’en est rien. En effet, le comportement des matériaux ductiles au niveau de
l’écoulement est analysé en détail dans les manuels traitant des propriétés des matériaux.
Il y a été démontré qu’un matériau ductile ne peut se déformer plastiquement qu’en faisant
glisser des plans d’atomes, et ce, à volume constant. Or, seule la présence de dislocations
peut expliquer le fait que 2 plans d’atomes puissent être cisaillés pour les niveaux de
contrainte relativement bas rencontrés en pratique.
38
orientés selon cette direction. Le cisaillement des plans d’atomes est donc le maillon faible
de la chaîne et les critères de défaillance tiendront compte de ce cisaillement.
Le premier critère est celui de Tresca qui stipule que le début de l’écoulement se produit
lorsque la contrainte de cisaillement maximale atteint une valeur critique. Cette valeur
critique est déterminée expérimentalement grâce à l’essai de traction. Nous verrons au
chapitre suivant que lors de l’essai de traction pure sur une éprouvette de section
constante, la seule contrainte existante est x, les autres étant nulles. Donc en traction
pure : 1 (S y 0) 2 ((S y 0) 2) 2 0 S y 2 S y 2 S y ; 2 S y 2 S y 2 0 .
Et donc : max ( 1 2 ) 2 (S y 0) 2 S y 2
Reprenons l’exemple précédent. Dans ce cas max = 208.1 MPa et min = -108.1 MPa.
Donc max - min = 208.1 – (-108.1) = 316.2 MPa > 270 MPa. Il y aura donc écoulement
selon le critère de Tresca. Le facteur de sécurité est FS = 270 / 316.2 = 0.854 <1.
Le second critère couramment utilisé est celui de von Mises qui stipule que le début de
l’écoulement se produit quand l’énergie de distorsion atteint une valeur critique. L’énergie
potentielle totale contenue dans une pièce contrainte est donnée par :
1
U ( x x y y z z xy xy yz yz xz xz )dV
2V
1
U D /V
6E
( x y ) 2 ( y z ) 2 ( z x ) 2
1 2
2G
( xy yz2 zx2 )
U D /V
1
12G
( 1 2 ) 2 ( 2 3 ) 2 ( 3 1 ) 2
39
Dans le cas de l’essai de traction, 1 = Sy et 2 = 3 = 0. Donc dans ce cas
U D / V 1 12G(2S y2 ) S y2 6G . Pour éviter l’écoulement selon le critère de von Mises, il
faudra que :
La contrainte ’ dans l’équation ci-haut est appelée contrainte de von Mises. Dans
l’exemple du début, on avait : 1 = 208.1 MPa, 2 = -108.1 MPa et 3 = 200 MPa. Donc
' 1 2 (208.1 108.1) 2 (108.1 200) 2 (200 208.1) 2 312.2 MPa > 270 MPa.
Le critère de von Mises prédit lui aussi un écoulement avec FS = 270 / 312.2 = 0.865. Ce
dernier facteur de sécurité obtenu avec le critère de von Mises est légèrement supérieur à
0.854 obtenu avec le critère de Tresca. En fait, le critère de von Mises, en plus d’être plus
précis que celui de Tresca, est plus permissif et la différence maximale entre Tresca et von
Mises est de l’ordre de 15%. De nombreux essais expérimentaux sur des cylindres sous
pression soumis à des charges axiales variables ont démontré que l’écoulement se
produisait entre les prédictions de Tresca et de von Mises mais plus près de la dernière
(von Mises).
2.1. Traction-compression
Il s’agit ici du cas de l’essai de traction où l’on tire (ou pousse) avec une force P dans
l’axe longitudinal du barreau (axe des x). La pièce est droite et de section perpendiculaire
à l’axe constante. On appellera cette section A. Des boulons pré serrés, des câbles ou les
membrures d’une ferme sont tous chargés en traction (ou compression éventuellement)
pure. Nous verrons également qu’un réservoir cylindrique à paroi mince sous pression est
également chargé en traction.
Puisque la seule force externe en jeu est P dirigée dans le sens de l’axe x et que les
normales des faces de la pièce qui ne sont pas chargées n’ont aucune composante en x, on
peut intuitivement déduire que la seule contrainte présente sera : x = P/A. Toutes les
autres contraintes seront nulles. Vérifions si cette hypothèse vérifie les équations
d’élasticité en état plan de contrainte.
40
x xy x P
Fx 0 0 x C OK si A cste
x y x A
xy y
Fy 0 OK
x y
u v w
x , y , z
x y z
u v u v
xy 0
y x y x
w v w v
yz 0
y z y z
u w u w
zx 0
z x z x
u u f ( y , z ) u f ( y , z )
x x
1 1
u Cx f ( y , z ) K1 et
E x E y y z z
v v g ( x, z ) v g ( x, z )
y x v Cy g ( x, z ) K 2 et
E y E x x z z
w w h( x, y ) w h( x, y )
z x w Cz h( x, y ) K 3 et
E z E x x y y
u v w v u w
Or il faut que et et
y x y z z x
f ( y, z ) g ( x, z ) h( x, y) g ( x, z ) f ( y, z ) h( x, y)
Ou bien et et
y x y z z x
Une autre solution serait : f(y,z) = Ay+Bz, g(x,z) = -Ax +Dz et h(x,y) = -Bx - Dy.
En résumé, en traction sous une force P d’une barre de section constante A, de longueur L,
nous avons les relations suivantes :
41
si A cste
P
x , y z xy yz xz 0
A
P
1 , 2 0 si P 0
A
P
1 0, 2 si P 0
A
P P
x , y z , xy yz zx 0
AE AE
Px PL
u , u max
AE AE
Py Pz
v , w
AE AE
Si la section n’est pas constante mais varie linéairement selon x, une analyse rigoureuse
par la théorie de l’élasticité fournit la solution suivante :
x
(1 tan ) 3
P 2 tan b
0
x
2b t 1 x y
0 ( sin 2 ) ((1 tan ) 2 ( tan ) 2 ) 2
2 b b
0 0
2
y tan y tan
, , yz xz 0
y x x tan b xy x x tan b0 z
0
' 2 tan
K max à (0,0)
t 1
P sin 2
2b t 2
0
P L
u max ln(1 tan ) 2
1 b
2tE ( sin 2 ) 0
2
42
si A f(x)
P
x , y z xy yz xz 0
A( x)
P
1 , 0 si P 0
A( x) 2
P
1 0, 2 si P 0
A( x)
P P
x , y z , xy yz zx 0
A( x) E A( x) E
P L dx
u max
E 0 A( x)
Py Pz
v , w
A( x) E A( x) E
Exemple 3.1
La structure de la figure 3.6 est composée de 2 membrures montées sur rotules (friction
négligeable). Elle doit résister à une force verticale P sans dépasser les contraintes 1 et 2
dans les membrures 1 et 2 respectivement. Les matériaux de ces membrures ont une
densité 1 et 2 respectivement. Si la distance L2 est fixée, quel angle minimisera la
masse de la structure ? Á cette condition de masse minimale, quel sera le déplacement du
point B en x et en y si les 2 matériaux suivants sont disponibles : 7075-T651 (E = 70 GPa,
Sy = 500 MPa, = 2810 kg/m3) pour la membrure 2 et 2024-T351 (E = 70 GPa, Sy = 320
MPa, = 2780 kg/m3) pour la membrure 1 ? La longueur L2 est fixée à 2 mètres et P = 16
000 N.
Note : On supposera que le flambage des membrures en compression n’est pas
contraignant.
43
Solution
Les membrures étant jointes avec des axes sans friction, aucun moment n’est transmis et
les membrures sont en traction ou en compression pure. Les réactions aux appuis F1 et
F2 sont donc alignées avec leur membrure respective.
P P
Fy P F1 sin 0 F1 ; Fx F2 F1 cos 0 F2
sin tan
L2
De la géométrie : L1 et H L2 tan
cos
Puisque les membrures sont de section constante et en traction ou compression pures, les
équations développées dans le cadre de l’étude du chargement uni axial s’appliquent.
F1 F F P F P
Donc 1 ; 2 2 A1 1 ; A2 2
A1 A2 1 1 sin 2 2 tan
F1 L2 F 1 1
m 1 A1 L1 2 A2 L2 1 2 2 L2 m PL2 ( 1 2 )
1 cos 2 1 cos sin 2 tan
m
Pour trouver l’angle qui minimisera m, on doit trouver l’angle solution de 0.
m sin 2 cos 2 2 1
PL2 ( 1 ) 0 tan 2 opt 1 1 2
1 sin cos 2 sin
2 2 2
1 2
Dans le cas particulier où les 2 membrures sont fabriquées du même matériau (1 = 2 et
1 = 2), on trouve tan 2 opt 1 1 2 opt 54.7 . opt sera toujours supérieur à 45°.
m
Le graphique ci-dessous montre l’évolution de en fonction de quand les 2
PL 2
membrures sont faites du même matériau.
44
masse relative d'une structure haubanée vs theta
70
60
50
masse relative
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100
theta
4.5
4
3.5
masse relative
3
2.5
2
1.5
1
0.5
0
0 10 20 30 40 50 60 70
theta
320 2810
On calcule donc : tan 2 opt 1 1.647 opt 52.07
2780 500
P 16000 P 16000
F1 20285 N (tension ), F2 12470 N (compr )
sin sin 52.07 tan tan 52.07
L 2
L1 2 3.254m, L2 2m, H L2 tan 2 tan 52.07 2.566m
cos cos 52.07
F1 20285 F 12470
A1 6.339 E 5m 2 , A2 2 2.494 E 5m 2
1 320 E 6 2 500E 6
m 1 A1 L1 2 A2 L2 0.5734 0.1401 0.714kg
45
Si, pour des raisons d’encombrement, on avait limité l’angle à 30°, la masse serait
montée à 0.954 kg. Un accroissement de 33.6 %.
La figure 3.8 montre les DCL d’un cylindre sous pression coupé en 2. Le cylindre a une
longueur en x égale à L.
Les parois étant minces (t<r/10), le moment Mx sera petit et on le négligera. Pour la même
raison, les contraintes seront constantes à travers l’épaisseur.
Dans le DCL supérieur, la force Fr tant à rapprocher les parois du cylindre. Pour obéir au
principe d’action-réaction, il faut inverser la direction de Fr sur le DCL inférieur. Or, dans
46
ce cas, Fr tend à écarter les parois du cylindre. Il y aurait donc une incompatibilité
géométrique. Par conséquent, Fr doit être égal à zéro.
Fy 2 F p sin Lrd 0 2 F pLr cos 0 2 pLr F pLr
F pLr pr
Lt Lt t
2r 2 p pr 2
2rT , r rT
tE tE
Si l’on tient compte du fait que le cylindre doit être fermé aux extrémités pour conserver
une pression, il faut rajouter une contrainte x.
Fx pr 2 pr
x x
Ax 2rt 2t
Exemple 3.2
Solution
lb 1 kg 9.81 N 1 ft 2
p 1557.72 393.12 1164.6 lb / ft 2 1164.6 55.9 kPa
ft 2 2.2 lb 1 kg 0.3048 2 m 2
47
pr pr 3
, x , ' x2 x y y2 3 xy2 x2 x 2 0
t 2t 2 4
6500
0.0559 *
3 pr 3 pr 3 2 3
Donc ' t 1.573 mm 1.6 mm .
2 t 2 ' 2 100 2
Exemple 3.3
a) Á quelle température doit-on refroidir le cylindre en acier pour l’insérer dans le tube
en aluminium ?
b) Faudrait-il le même différentiel de température si on chauffait l’aluminium ?
c) Quelles seront les contraintes résiduelles dans les 2 cylindres lorsque l’ensemble sera
revenu à la température ambiante ?
Solution
25 24.95
a) rm acier 0.5 12 mm, rm alu 0.75 13.225 mm
2 2
Pour que la bague en acier rentre dans celle en aluminium, il faut réduire son diamètre
extérieur de 0.05 mm, donc r acier = -0.025 mm.
r acier 0.025
Puisque r rT T 173.6C
acier racier 12 E 6 *12
r alu 0.025
b) Talu 78.8C . Il serait donc plus facile de chauffer
alu ralu 24 E 6 *13.225
l’aluminium que de refroidir l’acier.
25 24.95
re acier ri alu r acier r alu r alu r acier 0.025 mm
2 2
pracier2
p(12 E 3 ) 2
r acier 3
7.2 E 13 p
E acier t acier 200 E 9 * 1E
Or
pralu2
p(13.225E 3 ) 2
r alu 3
1.666 E 12 p
E alut alu 70 E 9 * 1.5E
48
Finalement —
pr 10.48 *12
acier 125.8 MPa (compression)
t 1
pr 10.48 *13.225
alu 92.4 MPa (tension )
t 1.5
Malgré le fait que l’interférence radiale n’était que de 25 microns, les contraintes
résiduelles sont considérables.
2.2. Torsion
La torsion est un chargement commun notamment dans les arbres de transmission qui
transmettent un couple de rotation. Une aile est aussi soumise à de la torsion en raison du
fait que le centre aérodynamique (foyer des forces aérodynamiques) n’est généralement
pas confondu avec l’axe élastique. Ce dernier est le lieu des points le long de l’envergure
où une charge verticale ne produit aucune rotation de la corde de l’aile.
On étudiera d’abord l’effet d’un couple de torsion sur une section circulaire (pleine ou
creuse) et ensuite sont effet sur des sections quelconques à parois minces. Dans le premier
cas la solution sera exacte tandis que dans le second, elle sera approximative et basée sur
un équilibre des forces seulement.
49
r 1 r xr r
Fr 0
r r x r
r 1 x
2 r F 0
r r x r
xr 1 x x xr
Fx 0
r r x r
r r ;x x ; xr rx
u 1 v u w
r ; ; x
r r r x
v 1 u v 1 w v u w
r ; x ; xr
r r r r x x r
r
1
E
r ( x ) T
1
( r x ) T
E
1
x x ( r ) T
E
r r ; x x ; xr xr
G G G
v v
r 0; 0; x 0; r kx kx 0
* r r
u = w = 0, v = k x r, 0
v
x kr; xr 0
x
50
r x r xr 0 et x Gkr et kr
x
2 re re
r4 r 4 ri 4
T r x dA r (Gkr)rdrd 2Gk 2Gk e Gk ( De4 Di4 )
A 0 ri ri
4 4 32
32T T
k où J r 2 dA second moment d’inertie polaire
G( De Di ) GJ
4 4
A
v Tx
L’angle de torsion du tube se définit comme suit : v = r
r GJ
TL
Pour une longueur totale L : L si T, G et J sont constants.
GJ
Tr Tr Txr d T
x ; x ;v ;
J GJ GJ dx GJ
J r 2 dA ( De4 Di4 )
A
32
Si la section est massive (paroi épaisse) et non circulaire, la solution est beaucoup plus
complexe et s’écarte considérablement (du moins localement) d’une solution calculée en
évaluant le second moment d’inertie polaire.
Par contre, si la section est non circulaire mais à parois minces, une solution
approximative mais assez précise peut être obtenue. C’est ce que nous verrons au point
suivant.
Exemple 3.4
Un tube creux cylindrique (De = 50 mm, Di = 40 mm, G = 80 GPa) a une longueur totale
de 4 m. Il est encastré à ses 2 extrémités. Á une distance d’un mètre de son extrémité
gauche, on applique un couple de torsion T = - 1000 N-m. Quels seront la contrainte
maximale (x max) et l’angle de torsion maximal (max) ?
51
Solution
DCL : T1 + T2 -1000 = 0
T1 L1 TL
Compatibilité géométrique : 1 = 2 2 2 T1 L1 T2 L2 1T1 3T2
G1 J 1 G2 J 2
En résolvant ce système de 2 équations à 2 inconnues, on trouve
T r 750 * 0.025
max max max 51.76 MPa
J 4 4
min (0.050 0.040 )
32
T1 L1 750 *1
max 1 2 0.0259 rad 1.48
GJ
80 E 9 (0.050 0.04 )
4 4
32
Une section tubulaire est beaucoup plus efficace qu’une section circulaire pleine. En
effet dans le cas de la section tubulaire, beaucoup de matière est concentrée dans une
région où r est grand (ie. la région où le bras de levier est grand). Par conséquent, on
a besoin de moins de matière pour équilibrer le couple de torsion. Cela se traduit
mathématiquement par la croissance très rapide de J avec r (J ≡ r4).
Il y a quand même une limite à l’accroissement d’efficacité car si la paroi est trop
mince, il y a risque de flambement en torsion (ondulations et plissements).
Si le barreau n’a pas une section constante, la solution exacte serait différente de la
solution simple que nous avons obtenue. Par contre, si la conicité n’est pas trop
grande (<10-15°), on peut évaluer x max à la section la plus petite et évaluer
x2
T
l’intégrale pour trouver l’angle de torsion : dx .
x1
GJ
Dans le développement que nous venons de faire, nous n’avons pas considéré les
effets de bout. En général, un couple de torsion est transmis à l’arbre via des
52
cannelures, des clavettes, etc. Á ces endroits, les contraintes locales seront nettement
plus élevées que la contrainte de cisaillement calculée dans ce paragraphe comme le
montre la figure ci-dessous.
’ d’un arbre rainuré chargé en torsion pure. T = 100 N-m, D = 50 mm. ’nom = 7.06 MPa
Fig. 3.10. Équilibre des forces sur un tube à paroi mince en torsion
53
Une somme des forces en x donne ceci :
q
Le flux de cisaillement est donc constant partout : → xs
t
T T
Nous obtenons finalement les relations suivantes : q ; xs
2A 2At
Puisque cette méthode n’est basée que sur un équilibre des forces, elle est aussi valide en
non linéaire.
Pour calculer l’angle de torsion d’un tube à paroi mince de longueur L, on utilisera une
méthode énergétique. Quand on tord le tube, le travail à fournir : W = ½ T . L’énergie
totale stockée dans le tube où seule une contrainte et une déformation de cisaillement
1 1 1 T2 T 2 L ds
prennent place sera : U xs xs dV
2G V 2G 4 A 2 t 2 8GA 2 t
2
xs dV Ltds
2V
TL 4A 2
Puisque U=W, on tire où J
GJ ds
t
Dans le cas d’une section quelconque ouverte composée d’une série de n rectangles de
dimensions bi x ti on calculera les propriétés de la section de la façon suivante :
Tti TL 1 n
i max ; où J T bi ti3 (section ouverte à paroi mince)
JT GJT 3 i1
54
Exemple 3.5
Solution
a) Méthode exacte
500 *1000 * 25
J (50 4 45 4 ) 211014.4 mm 4 ; 59.2 MPa
32 211014.4
500 *1
0.0296 rad 1.697
80 E 9 * 211014.4 / 1E12
b) Méthode approximative
d m (50 45) / 2 47.5 mm; A 47.5 2 1772.05 mm 2 ; t 2.5 mm
4
500 *1000
56.4 MPa
2 *1772.05 * 2.5
ds 1 4 *1772.05 2
t 2.5
* 47.5 59 . 69; J
59.69
210431.3 mm 4
500 *1
0.0297 rad 1.702
80 E 9 * 210431.3 / 1E12
Exemple 3.6
55
Solution
T
a) A 47 * 47 70 * 4 2489 mm2 ; xs T 2 A t xs
2At
11780 * 4 rivets N
q max 196333
2 * (0.07 0.05) m
T
q
T 2 A q 2 * 2489 E 6 *196333 977 N m
2A
Le couple maximum que la section peut supporter est donc : Tmax = 977 N-m
4A 2
b) GJ
ds
Gt
ds 1 m2
Gt Al
28E 9 * 0.003
(47 * 2 47 11.5 * 2 1.5 * 2) / 1000 1.988E 9
N
ds 1 m2
Gt Mg
16 E 9 * 0.005
(70 2.5 * 2) / 1000 9.375E 10
N
4 * 2489 2 E 12
GJ 8470 N m 2
1.988E 9 9.375E 10
977 * 2
0.231 rad 13.2
8470
Efforts internes : V et M
56
Fig. 3.12. Efforts internes dans une poutre chargée en flexion
Une somme des forces et des moments donne les relations fondamentales suivantes :
2
dV
q V2 V1 qdx
dx 1
2
dM
V M 2 M 1 Vdx
dx 1
Á noter que tous les efforts montrés à la figure 3.12 sont montrés positifs.
En vertu des relations précédentes, la variation d’effort tranchant V entre 2 points d’une
poutre sera égale à l’aire sous la courbe de la charge répartie. Dans le cas d’une charge
ponctuelle P, l’intégrale de qdx vaut tout simplement P. Idem avec les moments. La
variation de moment entre 2 points d’une poutre en flexion sera égale à l’aire sous la
surface de la courbe de V. Afin de compléter les diagrammes de V et M, il est nécessaire
de calculer les réactions aux appuis par le biais des équations de la statique.
Exemple 3.7
57
Solution
MA et MC en fonction de a
1.2
1
0.8 MA
ABS (M)
0.6 MC
0.4 M Max
0.2
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
a
58
Le point exact est trouvé mathématiquement de la façon suivante :
M A (1 a) 2 , M C (2a 1) 2
M A M C (1 a) 2 (2a 1) 2 (1 a) 4 (2a 1) 2
a 0
a 2 (a 2 4a 2) 0 a 2 2 0.586
a 2 2
À cette valeur optimale de a 2 2 , M ( 2 1) 2 0.1716 soit 17.16% de sa
valeur maximale. Par conséquent, pouvoir placer les appuis de cette façon procure un
très net avantage.
Contraintes
Pour des raisons de simplicité, nous allons d’abord étudier la flexion pure sans effort
tranchant. Ce cas est assez rare en pratique, puisqu’en général les moments sont créés par
des forces qui engendrent des efforts tranchants. Néanmoins, ce cas présente un intérêt
certain car il nous permettra d’évaluer la contrainte la plus importante en grandeur soit x.
L’analyse qui suit est valide si les hypothèses suivantes sont vérifiées :
Puisque M est constant, toutes les sections se déforment de la même façon. Pour des
raisons de compatibilité géométrique, la seule déformation possible est linéaire. C’est-à-
dire qu’une section initialement plane le restera après application du chargement. Voir
figure 3.13.
59
Fig. 3.14. Déformations en flexion
Puisque le haut de la poutre se raccourcit sous l’action d’un moment positif (tel que
montré) et que le bas s’allonge, il faut qu’il existe un plan où l’allongement est nul. Ce
plan sera appelé plan ou axe neutre de la poutre. Nous y placerons l’origine en y.
Examinons maintenant la déformation en x de la ligne GH placée à une distance y de l’axe
neutre.
G ' H 'GH G' H ' IJ ( y)d d y
x
GH IJ d
yE
x E x si y=z=0. (Ce qui est confirmé par une analyse d’élasticité rigoureuse)
En effectuant une somme des forces et des moments sur une section de poutre telle que
celle montrée à la figure 3.15, on obtient les résultats suivants :
E
Fx 0 x dA 0 ydA 0 L’origine doit être placée au centroïde
A
A
Fy 0 xy dA 0 Vrai si il n’y a pas d’effort tranchant ou que xy est négligeable
A
Fz 0 xz dA 0 Vrai si il n’y a pas d’effort tranchant ou que xz est négligeable
A
E
M y 0 x zdA 0 yzdA 0 La poutre doit être symétrique en z
A
A
E EI
M z 0 x ydA M 0 y
2
dA M
A
A
M
60
EI My
Puisque alors x où y est mesuré à partir du centroïde et I y 2 dA .
M I A
I est appelé second moment d’aire d’une section.
bh 3
Pour une section rectangulaire : I rect où b est la largeur et h la hauteur du rectangle
12
Pour une section tubulaire : I tube ( De4 Di4 )
64
Pour une section composée : I ( I i Ai d i2 )
i
61
Fig. 3.16. Force de cisaillement dans une poutre en flexion réelle
Pour trouver cette force Fx on effectue une somme des forces en x sur l’élément de
section coupée dont la surface est (A-A’). A’ est la surface de la section retirée.
Fx
( A A')
x2 dA
( A A')
x1 dA Fx 0 Fx
( A A')
x1 dA
( A A')
x2 dA
M1 M M 2 M1 Vx
Fx ydA 2
I ( A A ') I ydA
( A A')
I
( ydA ydA)
A A'
I
(0 ydA)
A'
Fx V V VQ
q xy ydA A' y ' où qxy est le flux de cisaillement (N/m) et y ' est la
x I A' I I
coordonnée en y du centroïde de la section A’. La contrainte de cisaillement sera qxy /
b(y’) où b(y’) est la largeur de la poutre à la coordonnée y’.
Cette contrainte tend à cisailler la poutre dans le sens des x mais aussi des y (xy = yx). On
peut la visualiser quand on fléchit un ensemble de feuilles non assemblées. Dans ce cas,
elles glissent l’une par rapport à l’autre. Si les feuilles sont collées (ou vissées), elles ne
glissent plus. Ce sont donc les vis ou la colle qui reprennent cette contrainte de
cisaillement.
Exemple 3.8
Le caisson central d’une aile d’avion cantilever est construit comme montré ci-dessous.
Il est composé de 2 longerons en U 120 x 60 x 3 et de 2 revêtements attachés aux U par
des rivets de 4 mm de diamètre. Les longerons et les revêtements sont en 2024-T351 (Sy
= 320 MPa) alors que les rivets sont en 2017-T4 (Ssy = 160 MPa).
62
Si l’avion a une masse de 800 kg, une envergure de 12m et qu’il doit supporter une
charge limite de 4.4g, quelle doit être l’épaisseur du revêtement ? Quel est l’espacement
de rivets requis ? Supposer la distribution de portance constante le long de l’envergure et
négliger l’effet du poids de l’aile.
Solution
Mc
x max
I
1 1
IU 3 *120 3 2 57 * 33 57 * 3 * (60 1.5) 2 432000 1170666 1602666 mm4
12 12
1 t
I t 2 I U 600t 3 600t (60 ) 2
12 2
c 60 t
Wb 800 * 9.81 12
M n 4.4 51800 N m ; xmax 320 MPa
2 4 2 4
51800 * (60 t ) / 1000
320 E 6 t = 1.525 mm
1 t 2
21602666 600t 600t (60 ) / 1E12
3
12 2
1.525
Q y 60 A' y ' 600 *1.525 * (60 ) 55597.7 mm3
2
Qy 57 A' y ' (600 *1.525 2(60 * 3)) * 60.124 76658 mm3
Qy 0 A' y ' (600 *1.525 2(60 * 3 57 * 3)) * 53.435 86404.7 mm3
63
q y 0 150
y 0 25 MPa
b y 0 2*3
q y 57 133
y 57 22.2 MPa
b y 57 2*3
q y 60 96.4
y 60 0.8 MPa
b y 60 2 * 60
2 * 2010 N
Fcis / rivet = / 4 * 42 * 160 = 2010 N s 41.70 mm smax 40 mm
N
96.4
mm
On multiplie par 2 dans l’équation ci-dessus car il y a 2 rivets par rangée.
51800 * 60 / 1000
x y 60
311.98 MPa
9962195.6 / 1E12
y 60 0.8 MPa
' y 60 311.98 2 3 * 0.8 2 311.98 MPa OK
51800 * 57 / 1000
x y 57
296.38 MPa
9962195.6 / 1E12
y 57 22.2 MPa
' y 57 296.38 2 3 * 22.2 2 299 MPa OK
Déplacements (flèche)
1 M 1
Nous avons démontré au paragraphe précédent que . est la courbure d’une
EI
courbe quelconque. Si l’équation de cette courbe est y = f(x) alors on peut démontrer que
d2y
1 dx 2 y' '
y ' ' si la pente (y’) de la courbe est faible. Ce qui est
2 3
dy 3 (1 y ' 2 ) 2
(1 )
dx
compatible avec l’hypothèse des petites déformations. Pour calculer la flèche v d’une
d 2v M
poutre en flexion, il suffira de résoudre l’équation différentielle suivante : en
dx 2 EI
lui appliquant les conditions frontières appropriées. Á proprement parler, cette équation
des flèches n’est valable que si EI est constant puisqu’une des hypothèses du
développement précédent était que la section de la poutre et son matériau sont constants
en x. Néanmoins, on pourra l’utiliser avec EI variable si les variations ne sont pas
excessives sans commettre d’erreur appréciable.
Exemple 3.9
64
Solution
Mdx 1 x3 x2
v’ tan( ) 2877.6 17265.6 51796.8 x C
EI EI 6 2
1 x3 x2
(0) 0 C 0 (rad ) 2877.6 17265.6 51796.8 x
EI 6 2
1 x4 x3 x2
v = dx 2877.6 17265 .6 51796 .8 C
EI 24 6 2
1 x 4
x 3
x2
v(0) 0 C 0 v 2877.6 17265.6 51796.8
EI 24 6 2
EI = 697353.7 N-m2. max (6) 0.1486 rad 8.5 vmax v(6) 668.5 mm
Le développement précédent étant assez laborieux, des tables de flèches existent qui
fournissent les équations requises pour de nombreux cas de chargement et de conditions
frontières. Ainsi, pour le cas d’une poutre de section et matériau constants encastrée à une
extrémité et chargée de façon constante sur toute sa longueur L, la table nous donne :
q qL3
(rad ) ( x 3 3x 2 L 3xL2 ) ; max (rad )
6 EI 6 EI
4
q qL
v ( x 4 4 x 3 L 6 x 2 L2 ) ; v max
24 EI 8EI
65
2.4. Flexion gauche
L’étude de la flexion gauche consiste en une généralisation de celle de la flexion dans un
seul plan sur une poutre symétrique. On considèrera maintenant une poutre non
symétrique chargée dans les plans x-y (par un moment Mz comme précédemment) et x-z
(par un nouveau moment My). La figure 3.17 illustre une telle poutre et son chargement
possible.
Comme pour l’analyse précédente en flexion simple, les hypothèses suivantes sont
imposées :
dV y dM z
q y ; V y
dx dx
dVz dM y
q z ; Vz
dx dx
66
x
1
I y I z I yz2
( M y I yz M z I y ) y ( M z I yz M y I z ) z
y z 0
xy zx yz 0 si V = 0
2v
x 2
1
E ( I y I z I yz2 )
M y I yz M z I y I y z 2 dA
A
2w
x 2
1
E ( I y I z I yz )
2
M z I yz M y I z où I z y 2 dA
A
u cste
v
y
w
z I yz yzdA
x x A
Si Iyz = 0 (la section a l’axe y ou l’axe z comme axe de symétrie), les équations de la
flexion gauche se résument à :
Mz y M yz
x
Iz Iy
si Iyz = 0
2v M z 2 w M y
;
x 2 EI z x 2 EI y
67
Fig. 3.18. Convention de signe en flexion gauche
s
x
q xs (t )ds q 0
0
x
q xs
xs
t
s f ( y, z )
x
K1 y K 2 z
x
où V z I yz V y I y V y I yz V z I z
K1 2 ; K2 2
I yz I y I z I yz I y I z
Exemple 3.10
Étudier les flux de cisaillement de la section montrée ci-dessous si elle supporte une
charge ponctuelle Py = 2000 N et Pz = -1000 N à son extrémité libre au centroïde.
L’autre étant encastrée.
68
Solution
y z t Lim s q0 t ( K1 y K 2 z )
BC -19.655 23.845-s 3 0à 0 -3*(K1*-19.655+K2*(23.845-s))
28.5
AC 38.845-s -4.655 3 0à 0 -3*(K1*(38.845-s)-K2*4.655)
58.5
s2 N
q BC 3(19.655K1 s K 2 (23.845s )) ; (0 s 28.5) ; q BC (28.5) 52.02
2 mm
2
s N
q AC 3( K1 (38.845s ) 4.655K 2 s) ; (0 s 58.5) ; q AC (58.5) 51.90
2 mm
qBC est positif. Il agit dans la direction de sBC. qAC est négatif. Il agit dans le sens opposé
à sAC.
69
Exemple 3.11
Étudier les flux de cisaillement d’une section rectangulaire creuse 200 (en y) x 100 x 5
mm si Vy = Vz = 1000 N.
Solution
1
Iy (200 *100 3 190 * 90 3 ) 5.12417 E 6 mm 4
12
1
I z (100 * 200 3 90 *190 3 ) 15.22417 E 6 mm 4
12
I yz 0
M yIz 1000( L x) *15.22417
tan 1 ( ) tan 1 ( ) 71.398
MzIy 1000( L x) * 5.12417
V z I yz V y I y Vy 1000
K1 6.5685E 5
I IyIz
2
yz Iz 15.22417 E 6
V y I yz V z I z
Vz 1000
K2 1.9515E 4
I IyIz
2
yz I y 5.12417 E 6
Si A est le coin inférieur gauche, B le coin supérieur gauche, etc., leurs coordonnées
(y,z) sont : A(-97.5, 47.5), B(97.5, 47.5), C(97.5, -47.5) et D(-97.5, -47.5) mm.
y z t Lim s q0 F= t ( K1 y K 2 z ) s
Fds q 0
0
Lim s ds s ds
( Fds q0 ) ( Fds q0 )
ds
t t t
0
70
q AB 1.6421E 4s 2 0.014328s 6.04 ; q B 2.998 N / mm ; max 6.04 en A
q BC 4.8788E 4s 2 0.07837 s 2.998 ; qC 6.04 N / mm ; min 6.145 à s 80.317 mm
qCD 1.6421E 4s 2 0.014328s 6.04 ; q D 2.998 N / mm ; min 6.04 en C
q DA 4.8788E 4s 2 0.07837 s 2.998 ; q A 6.04 N / mm ; max 6.145 à s 80.317 mm
Le flux de cisaillement est maximum en valeur absolue aux points où l’axe neutre coupe
la section.
La figure 3.19 montre une poutre chargée en flexion par un charge verticale q(x) (N/m)
quelconque ainsi qu’une force de compression P(x).
Une somme des forces et des moments autour de O sur un élément infinitésimal de cette
poutre donne l’équation différentielle suivante :
d2 d 2 v d dv
EI 2 P q
dx 2 dx dx dx
à laquelle il faut adjoindre les conditions frontières propres à chaque cas en se souvenant
que v est la flèche de la poutre (nulle à un appui par exemple), dv/dx est la pente de la
71
d 2v M
flèche (nulle à un encastrement ou sur un axe de symétrie) et . Quelques cas
dx 2 EI
particuliers de cette équation sont intéressants.
d 4v d 2v
L’équation se résume alors à EI P 0 et sa solution :
dx 4 dx 2
P
v( x) C1 C2 x C3 sin nx C4 cos nx où n et les Ci des constantes
EI
d’intégration. On trouve ces dernières en appliquant les conditions frontières. Par
exemple pour une colonne rotule-rotule de longueur L, les conditions frontières sont
v(0) = v(L) = 0 et v’’(0) = v’’(L) = 0 ou si l’on préfère M(0) = M(L) = 0. En appliquant
ces conditions on trouve :
v(0) 0 C1 C4 0
M (0) 0 C4 n 2 0 C 4 0 → C1 0
v( L) 0 C2 L C3 sin nL 0
P
Nous avons donc la relation suivante : L N où N = 1, 2, 3, …… Notons que P
EI
doit être positif (charge de compression dans cette convention de signe) pour qu’il y ait
une solution réelle. Sinon la solution est imaginaire et n’existe donc pas dans un monde
réel !
Nx
Et finalement v C3 sin où C3 est indéterminée.
L
N 2 2 EI
On définira la charge critique Pcr . La plus petite valeur de Pcr se produira si
L2
N=1 et finalement la charge de compression maximale qu’une colonne peut supporter si
2 EI
elle est montée sur 2 rotules sera Pcr 2 . Si le moment d’inertie (ou E) est très
L
faible, ce qui est le cas d’une corde où chaque brin peut glisser par rapport aux autres),
Pcr tendra vers zéro. C’est ce que l’on observe avec les éléments flexibles.
72
2 EI
Pcr où K est fonction du type d’appuis. Le tableau 2.4 donne les valeurs de K
(KL) 2
pour différents types d’appuis.
C.F. à x = 0 C.F. à x = L
Type d’appui v(0) (0) M(0) v(L) (L) M(L) K
Rotule-rotule 0 ≠0 0 0 ≠0 0 1.00
Encastré-libre 0 0 P*v(L) ≠0 ≠0 0 2.00
Encastré-
0 0 ≠0 0 ≠0 0 0.70
rotule
Encastré-
0 0 ≠0 0 0 ≠0 0.50
encastré
Encastré-libre
en translation
0 0 P*v(L) ≠0 0 ≠0 1.00
mais pas en
rotation
Tableau 2.4. Valeur de K en flambage pour différents appuis
Cette expression de la charge de flambage critique est valide pour des poutres dont le
L L
coefficient d’élancement (où r est appelé le rayon de giration de la
I A r
section) est assez grand, disons pour ≥100. Pour des élancements plus petits, l’effet des
imperfections de rectitude réelles de la poutre deviennent significatifs. Nous allons
maintenant étudier l’effet de l’excentricité initiale sur une poutre rotule-rotule.
Ce cas s’analyse comme celui de la poutre rotule-rotule parfaitement droite sauf que
pour tenir compte de l’excentricité e au lieu d’avoir M(0) = M(L) = 0, on aura plutôt
M(0) = M(L) = -Pe. Avec ces conditions, la solution du problème devient :
v( x)
e
sin nx sin n( L x) sin nL où n P
sin nL EI
v max e 1
1 à x
L
L P 2
cos( )
2 EI
L P 2 EI
vmax tend vers l’infini quand ou que P tend vers Pcrit 2 . Cette
2 EI 2 L
expression de Pcrit est la même que celle obtenue précédemment pour la colonne rotule-
rotule parfaitement droite initialement. On pourrait exprimer vmax en fonction de P et Pcr
73
v max e 1
de la façon suivante : 1 . Cette fonction est illustrée
L L P
cos 2 P
cr
graphiquement à la figure 3.20.
1.0
0.9
0.8 e/ L= 0.001
0.7 e/ L= 0.005
vmax / L
0.6 e/ L= 0.01
e/ L= 0.05
0.5 e/ L= 0.1
0.4
0.3
0.2
0.1
0.0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
P / Pcr
Il serait intéressant maintenant de relier vmax aux contraintes subies par la poutre dans un
état donné. La poutre est soumise à une contrainte axiale de compression plus une
contrainte de flexion qui sera maximale à L / 2, là ou la flèche est maximale. On aura
donc :
P P(e vmax )c P sec( P Pcr )
max axial flex 1 2 . Mais I/A = r2. Donc
A I A I A
P max EI
2
finalement nous aurons : où Pcr 2 et P Pcr
A ec P L
1 2 sec( )
r 2 Pcr
Exemple 3.12
74
Solution
1 4 I h2
A h2 ; I h r2 ;c h/2
12 A 12
P = 12470 : max = 500 MPa : E = 70000 MPa : L = 2000 mm
En plaçant toutes ces valeurs dans l’équation de la colonne rotule-rotule avec
excentricité, on arrive à l’équation suivante qu’il faut résoudre numériquement :
12470 500
0 avec h et e en mm.
h2 e 1462.1
1 6 sec( 2 )
h h
2 EI 12470 * 2000 2
Pcr I min 72198.58 mm4 hmin 30.509 mm
L2 * 70000
2
Même si la section carrée pleine n’est certainement pas la plus efficace, on voit ici que
pour peu que la longueur soit importante, le flambage est un chargement très
contraignant. Dans l’exemple 3.1 la masse calculée (hors contrainte du flambage) de la
membrure 2 était de 0.140 kg alors qu’elle passe à 5.267 kg si l’on tient compte du
flambage avec e = 2 mm seulement sur une longueur de 2000 mm (e / L = 0.001).
Voyons s’il est possible d’alléger la structure en choisissant plutôt une section
rectangulaire pleine. Nous calculerons la section pour e =0 et e = 2mm.
On trouve b = 0.134 mm et h = 186.383 mm, m2 = 0.140 kg. La même masse que dans
l’exemple 3.1. Mais cette solution n’est pas réaliste car l’épaisseur est beaucoup trop
faible. Même si la structure est stabilisée latéralement, il ne faut pas oublier qu’elle doit
être assemblée par des attaches cylindriques. Il faudra donc relaxer une condition, celle
75
de la surface, en choisissant une épaisseur b basée sur des considérations pratiques de
fabrication et/ou de résistance des attaches. Le calcul donne les résultats suivants :
e = 0 mm
866383
b (mm) h(mm) 3 2 (MPa) m2 (kg)
b
0.134 186.383 0.140
2 75.665 0.850
4 60.055 1.350
5 55.750 1.567
6 52.463 1.769
8 47.666 2.143
10 44.249 2.487
12 41.640 2.808
15 38.655 3.259
20 35.120 3.948
12470 500
Si e = 2 mm, il faut résoudre l’équation 0 pour différentes
bh 12 1462.1
1 sec( )
h bh 3
valeurs de b afin de trouver h correspondant. Les résultats sont :
e = 2 mm
b h Pcrit (N) vmax (mm) 2 m2
(mm) (mm) (MPa) (kg)
2 76.658 12967.4 63.755 0.862
4 60.640 12837.8 86.249 1.363
5 56.247 12806.2 94.364 1.581
6 52.898 12782.6 101.495 1.784
8 48.020 12749.9 113.362 2.159
10 44.552 12727.8 123.087 2.504
12 41.906 12710.5 131.948 2.826
15 38.883 12691.8 143.079 3.278
20 35.307 12669.6 159.003 3.968
d 4v d 2v
La solution de l’équation EI 4 P 2 q( x) est :
dx dx
P
v( x) C1 C2 x C3 sin nx C4 cos nx v p ( x) où n et vp(x) dépend du
EI
chargement de flexion de la poutre. Par exemple, pour une charge répartie constante sur
76
qx 2
toute la longueur de la poutre v p ( x) et pour une charge répartie linéairement
2 EIn 2
qx 3
variant de 0 à x = 0 jusqu’à q à x = L, v p ( x) .
6 EILn 2
Pour une poutre en appui simple (équivalent à rotule-rotule), chargée en compression (P)
et en flexion par une charge constante q, la solution du problème est :
q n2 x sin nx sin n( L x)
v( x) 1 ( L x)
EIn 4
2 sin nL
q sin n( L x) sin nx
M ( x) 2 1
n sin nL
q (nL) 2 nL
v max v( L / 2) 1 sec( )
EIn 4 8 2
q
M max M ( L / 2) (sec( nL / 2) 1)
n2
Comme pour les cas précédents, si nL = , la solution diverge vers l’infini. Par
2 EI
conséquent, la charge critique est de nouveau: Pcr 2 .
L
77
3. Contraintes et déformations des plaques minces
Jusqu’à présent, nous n’avons étudié que des géométries dont une dimension, la longueur,
est assez grande par rapport aux 2 autres. Ceci était le cas particulièrement en flexion, où
la poutre était beaucoup plus longue que large ou haute. Les plaques minces appartiennent
à une autre catégorie courante de géométries où la largeur est du même ordre de grandeur
que la longueur alors que l’épaisseur est faible par rapport aux deux autres dimensions (t
< (petit côté / 5)).
Tous les moments et forces de la figure 3.21 sont montrés positifs. Comme pour les
contraintes de cisaillement, il faut que Myx = Mxy. On ne parlera plus désormais que de
Mxy.
L’application de l’équilibre des forces, des relations contraintes-déformations, de la
1 2w
compatibilité géométrique et du fait que, comme en flexion d’une poutre, 2 et
x x
78
1 2w z z
et x ; y où x est le rayon de courbure dans le plan x-z et y est
y y 2
x y
le rayon de courbure dans le plan y-z, on trouve les relations fondamentales suivantes :
Et 3 2w 2w
M x
12(1 2 ) x 2 y 2
Et 3 2w 2w
2 M y
12(1 2 ) y 2 x
Et 3 2 w
M xy
12(1 ) xy
Si ces moments sont produits par un chargement q(x,y) en N/m2 agissant dans la direction
z et des forces par unité de longueur en N/m Nx, Ny et Nxy = Nyx (agissant sur des faces et
dans les directions dictées par la convention habituelle), on peut démontrer que le
déplacement w de la plaque est régi par l’équation suivante :
Les conditions frontières à appliquer dépendent du type d’appui. Le tableau 2.5 les
résument.
wy cste 0 ; w 2
// à x (y = cste) 2
0
y y cste
// à y (x = cste) wxcste 0 ; w 0
x x cste
Encastré
w
// à x (y = cste) wy cste 0; 0
y y cste
2w
M x xcste
2
w
0
x y 2 x cste
2
// à y (x = cste)
Bord libre 3w 3w
3 ( 2 ) 0
x xy 2 x cste
2w 2w
M 2 2 0
y x y cste
y y cste
// à x (y = cste)
79
3w 3w
3 ( 2 ) 0
y x 2 y y cste
Tableau 2.5. Types d’appui et leurs conditions frontières pour des plaques rectangulaires
qb 2 qb 4 1 2
max 2 (en A) ; wmax 3 (en B)
t Et 1 0.32
4 côtés
a/b=1 a/b=2 a/b=∞
Répartie q encastrés.
0.3078 0.4972 0.5000
(N/m2)
B = centre 0.0138 0.0277 0.0284
A = milieu
du côté long qb 2 qb 4 1 2
4 côtés en max 2 (en B) ; wmax 3 (en B)
(a) t Et 1 0.32
appui
a/b=1 a/b=2 a/b=∞
simple.
0.2874 0.6102 0.7500
0.0443 0.1106 0.1422
Tableau 2.6. Contrainte et déplacement de plaques minces
Dans le cas très fréquent où la plaque est munie de raidisseurs, on peut calculer une
épaisseur équivalente approximative qui servira de base pour calculer les contraintes et
déplacements et ainsi pré dimensionner la structure. Pour le calcul des contraintes :
6 I réel I
t eq ,contr et pour les déformations : t eq ,dépl 3 réel .
b c réel 12b
80
3.3. Stabilité
Le sujet de la stabilité en compression ou en cisaillement des panneaux minces est vaste et
complexe. Les solutions aux problèmes pratiques sont très souvent semi empiriques. Mais
de façon générale, on peut modéliser le phénomène en posant que la contrainte critique de
flambage d’une plaque rectangulaire mince (cr) est exprimable sous la forme suivante :
2 Et 2
2
t
cr k KE
12(1 )b
2 2
b
Si il est vrai que de nombreux matériaux techniques ont un comportement linéaire dans le
domaine élastique, c’est le cas des métaux par exemple, d’autres, comme certains
polymères, ne possèdent pas cette caractéristique. De plus, il est parfois nécessaire de
connaître le comportement d’une pièce au-delà du domaine élastique. Pensons au
comportement des structures de bâtiment lors de surcharges exceptionnelles, d’un châssis
automobile ou d’un bord d’attaque lors d’un impact et plus généralement de tout
absorbeur d’énergie d’urgence.
81
Donc, tant que le matériau possède un domaine élastique et qu’il y reste, la linéarisation
du comportement du matériau est tout à fait permise sans commettre d’erreur. Par contre,
la linéarisation géométrique (hypothèse des petites déformations) induit toujours une
erreur plus ou moins grande selon la validité de l’hypothèse.
Notons en terminant que la solution d’un problème non linéaire est laborieuse puisqu’elle
nécessite de résoudre n fois le même problème, n pouvant prendre d’assez grandes
valeurs : 10, 100 voire 1000 !
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