Dose absorbée en minifaisceaux en radiothérapie
Dose absorbée en minifaisceaux en radiothérapie
Rapport final
du groupe de travail IRSN/SFPM/SFRO
1
IRSN/DRPH/SER/UEM - 2IRSN/DRPH/SDE/LDRI
3
Société Française de Physique Médicale
Siège social - 31, av. de la Division Leclerc 92260 Fontenay-aux-Roses- - Standard +33 (0)1 58 35 88 88 - RCS Nanterre B 440 546 018
Rapport DRPH/SER n°2008-18
Mesure de la dose dans les minifaisceaux de photons en radiothérapie stéréotaxique
Rapport DRPH/SER n°2008-18
Mesure de la dose dans les minifaisceaux de photons en radiothérapie stéréotaxique
RESUME
A LA SUITE DE L’ACCIDENT DE RADIOTHERAPIE DE TOULOUSE, L’AUTORITE DE SURETE NUCLEAIRE ET L’AGENCE
FRANCAISE DE SECURITE SANITAIRE DES PRODUITS DE SANTE ONT CONJOINTEMENT SAISI L’IRSN POUR ETABLIR,
AVEC DES EXPERTS DE LA SOCIETE FRANÇAISE DE PHYSIQUE MEDICALE ET DE LA SOCIETE FRANÇAISE DE
RADIOTHERAPIE ONCOLOGIQUE, UN PROTOCOLE NATIONAL D’ETALONNAGE DES TRES PETITS FAISCEAUX UTILISES
EN RADIOTHERAPIE STEREOTAXIQUE. LES RECHERCHES ET LES REFLEXIONS DU GROUPE DE TRAVAIL « GT
MINIFAISCEAUX » MIS EN PLACE PAR L’IRSN SONT PRESENTES DANS CE RAPPORT FINAL. UNE REVUE DE LA
LITTERATURE INTERNATIONALE A ETE REALISEE. UNE ENQUETE NATIONALE A ETE MENEE AUPRES DES CENTRES
UTILISATEURS POUR CONNAITRE LES PRATIQUES ACTUELLES DE DOSIMETRIE DES MINIFAISCEAUX. UNE CAMPAGNE
DE MESURES DES DONNEES CARACTERISANT LES MINIFAISCEAUX DES DIFFERENTS SYSTEMES DE STEREOTAXIE A ETE
INITIEE, AVEC DIFFERENTS TYPES DE DETECTEURS ACQUIS PAR L’IRSN. DANS CE RAPPORT SONT PRESENTES UNE
SYNTHESE APPROFONDIE DE LA PROBLEMATIQUE DE LA MESURE DE LA DOSE DANS LES MINIFAISCEAUX, LES
RESULTATS DE L’ENQUETE NATIONALE, LES PREMIERS RESULTATS DE LA CAMPAGNE DE MESURES ET LES
RECOMMANDATIONS DU GT.
ABSTRACT
AFTER THE RADIOTHERAPY ACCIDENT IN TOULOUSE, THE FRENCH AUTHORITY OF NUCLEAR SAFETY AND THE
FRENCH AGENCY OF HEALTH PRODUCTS SAFETY HAVE ASKED THE IRSN TO ESTABLISH, TOGETHER WITH EXPERTS
FROM THE FRENCH SOCIETY OF MEDICAL PHYSICS AND THE FRENCH SOCIETY OF RADIOTHERAPY AND
ONCOLOGY, A NATIONAL PROTOCOLE ON DOSE CALIBRATION FOR THE VERY SMALL BEAMS USED IN
STEREOTACTIC RADIOTHERAPY. THE RESEARCH AND REFLEXIONS OF THE WORKING GROUP « GT
MINIFAISCEAUX » SET UP BY THE IRSN ARE PRESENTED IN THIS FINAL REPORT. A REVIEW OF THE INTERNATIONAL
LITERATURE HAS BEEN PERFORMED. A NATIONAL SURVEY HAS BEEN DONE TO KNOW THE PRESENT PRACTICES IN
THE DOSIMETRY OF SMALL FIELDS. A CAMPAIGN OF MEASUREMENTS OF THE DATA NEEDED TO CHARACTERIZE THE
SMALL BEAMS FOR THE DIFFERENT STEREOTACTIC SYSTEMS HAS STARTED, USING DIFFERENT TYPES OF
DETECTORS ACQUIRED BY THE IRSN. IN THIS REPORT ARE PRESENTED A DEEP SYNTHESIS ON THE PROBLEMS
RELATED TO THE DOSIMETRY OF SMALL FIELDS, THE RESULTS OF THE NATIONAL SURVEY, THE FIRST RESULTS OF
THE CAMPAIGN OF MEASUREMENTS AND THE RECOMMANDATIONS OF THE GT.
MOTS-CLES
RADIOTHERAPIE STEREOTAXIQUE, MINIFAISCEAUX, DOSIMETRIE
SOMMAIRE
1 CONTEXTE ........................................................................................6
2 BILAN DES ACTIONS DU « GT MINIFAISCEAUX » ...........................................6
2.1 CADRAGE DE LA DEMANDE ...................................................................................... 7
2.2 ETAT DES LIEUX SUR LA DOSIMETRIE DES MINIFAISCEAUX.................................................. 8
2.3 ENQUETE NATIONALE AUPRES DES CENTRES UTILISATEURS ............................................... 8
2.4 CAMPAGNE DE MESURES ......................................................................................... 8
3 SYSTEMES DE RADIOTHERAPIE STEREOTAXIQUE ..........................................9
4 ETAT DES LIEUX SUR LA DOSIMETRIE DES MINIFAISCEAUX ..............................9
4.1 CARACTERISATION DOSIMETRIQUE DES FAISCEAUX DE RADIOTHERAPIE EXTERNE (CONVENTIONNELS
OU MINIFAISCEAUX) ..................................................................................................13
4.1.1 Débit de référence .........................................................................................13
4.1.2 Facteurs d’ouverture du collimateur (ou facteurs de diffusé) ......................................14
4.1.3 Rendements en profondeur et RTM......................................................................14
4.1.4 Profils de dose ..............................................................................................14
4.1.5 Précision requise ...........................................................................................14
4.2 PROBLEMES DOSIMETRIQUES SPECIFIQUES AUX MINIFAISCEAUX..........................................15
4.2.1 Généralités ..................................................................................................15
4.2.2 Détecteurs utilisés en radiothérapie stéréotaxique ..................................................16
4.2.3 Débit de référence .........................................................................................18
4.2.4 Facteurs d’ouverture du collimateur (ou facteurs de diffusé) ......................................19
4.2.5 Rendements en profondeur et RTM......................................................................26
4.2.6 Profils de dose ..............................................................................................26
4.3 REFERENCES METROLOGIQUES POUR LES MINIFAISCEAUX.................................................28
4.4 RECOMMANDATIONS DES CONSTRUCTEURS..................................................................29
4.5 PEUT-ON DEGAGER UN PROTOCOLE NATIONAL D’ETALONNAGE ? .......................................32
5 ENQUETE NATIONALE AUPRES DES CENTRES UTILISATEURS ......................... 32
5.1 MATERIEL ET PROTOCOLES DE MESURE ......................................................................33
5.2 COMPARAISON DES DONNEES DE BASE........................................................................36
5.2.1 Facteurs d’ouverture du collimateur (facteurs de diffusé)..........................................36
5.2.2 Rendements en profondeur et RTM......................................................................38
5.2.3 Profils de dose ..............................................................................................39
5.2.4 Conclusion ...................................................................................................39
6 CONCLUSIONS .................................................................................. 46
6.1 PROTOCOLE NATIONAL D’ETALONNAGE DES MINIFAISCEAUX .............................................46
6.2 RECOMMANDATIONS DES CONSTRUCTEURS..................................................................47
6.3 ENQUETE NATIONALE ...........................................................................................47
7 RECOMMANDATIONS DU GT.................................................................. 48
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
Suivant cette recommandation, l’ASN et l’AFSSAPS ont conjointement saisi l’IRSN pour établir un protocole
national d’étalonnage des microfaisceaux, en lien avec des experts de la SFPM et de la SFRO (Annexe 1). En outre,
il est demandé de préciser les risques pour les patients traités actuellement en France avec des technologies
comparables à celle utilisée au CHU de Toulouse (accélérateur Novalis) : accélérateur avec micro-multilames,
Gamma Knife et CyberKnife.
L’IRSN a constitué et piloté un groupe de travail national intitulé «GT minifaisceaux », composé d’un expert en
radiophysique de l’IRSN et de quatre experts en physique médicale de la SFPM (G. BOISSERIE, Hôpital de la Pitié
Salpêtrière, Paris ; G. BRUNET, Centre René Gauducheau, Nantes ; I. BUCHHEIT, Centre Alexis Vautrin, Nancy ; T.
SARRAZIN, Centre Oscar Lambret, Lille, Président de la SFPM) et d’un radiothérapeute, Président de la SFRO (J.-J.
MAZERON, Hôp. de la Pitié Salpêtrière, Paris). Les experts de la SFPM désignés pour ce GT l’ont été suivant le
critère de représentativité, d’une part des différentes techniques utilisées en radiothérapie stéréotaxique, d’autre
part des différents types de centres pratiquant cette technique (CLCC et CHU).
Un rapport d’étape a été rendu à l’ASN et à l’AFSSAPS en août 2008. A la demande de l’ASN, une présentation de
ce rapport d’étape a été faite par l’IRSN le 7 octobre 2008 devant le groupe permanent d’experts pour la
radioprotection médicale (GPMED) mis en place par l’ASN. Le présent rapport constitue le rapport final de ce GT,
il intègre quelques amendements apportés au précédent rapport (version 2) en particulier au niveau des
recommandations.
Il est rappelé que la qualité des traitements ne concerne pas seulement la dosimétrie des faisceaux (mais aussi par
exemple la mise en place du patient). Mais étant donné qu’il existe encore en RS des incertitudes sur la dose à
prescrire (par exemple, pour les métastases, la dose prescrite peut varier de 15 Gy à 25 Gy [4]) et sur la définition
du volume cible, on peut considérer qu’il s’agit encore d’un domaine de recherche du point de vue clinique. C’est
pourquoi le GT ne s’est limité qu’aux problèmes liés à la dosimétrie, c’est-à-dire ceux qui concernent
l’étalonnage en dose absolue, les mesures des facteurs d’ouverture du collimateur (FOC), les profils de dose
et la distribution de la dose en profondeur.
Tous les membres du GT reconnaissent le manque de maîtrise actuelle concernant la dosimétrie des minifaisceaux
(en particulier pour une taille inférieure à 10 mm). Il y a eu une littérature abondante sur ce sujet dans les années
1990 et plusieurs équipes françaises se sont alors intéressées au problème [5,6]. Mais il reste à ce jour des zones
d’ombre et il s’avère nécessaire de faire l’état des lieux de la littérature des dix dernières années. Il apparaît
justifié de demander aux physiciens de faire pour la stéréotaxie ce qu’ils font pour les autres techniques de
radiothérapie, c’est-à-dire mettre en place une dosimétrie qui soit la plus précise possible, et que cette
précision soit chiffrée.
L’IRSN propose que le GT permette d’aboutir à un classement entre ce qui est aujourd’hui techniquement
acquis et ce qui fait encore l’objet de recherches. Pour ce qui est acquis, le GT devrait proposer un protocole
ou des recommandations qui soient établis par consensus. Ce qui fait encore l’objet de recherches devrait être
identifié et n’être autorisé en pratique clinique que par des centres de recherche, avec le consentement éclairé
des patients.
Le GT précise que les petits faisceaux concernés par la saisine sont uniquement ceux utilisés en radiothérapie
stéréotaxique. Les petits faisceaux rencontrés en radiothérapie conformationnelle par modulation d’intensité
(RCMI ou IMRT) ou en tomothérapie ne sont pas concernés par cette saisine.
Une recherche bibliographique a permis de recenser sur la période 1984-2008 une quarantaine d’articles
concernant la dosimétrie des minifaisceaux, dont plus de la moitié date d’après l’an 2000. Cette liste est non
exhaustive mais couvre l’ensemble de la problématique. Les articles ont été répartis entre les membres physiciens
du GT pour analyse et synthèse (section 4.2).
Un point sur les références métrologiques actuelles et leur adaptation à la dosimétrie absolue des minifaisceaux a
également été réalisé (section 4.3).
Les documents relatifs aux protocoles et/ou recommandations des constructeurs BrainLAB, CyberKnife et
Gamma Knife pour la mesure des données dosimétriques nécessaires à l’utilisation d’appareils de RS ont été
recueillis et rassemblés pour analyse (section 4.4) (Annexe 2). Ces trois constructeurs couvrent à eux seuls la
grande majorité du parc de systèmes de RS en France (voir section 5.1).
Un partenariat informel a été établi entre l’IRSN (SER/UEM et SDE/LDRI) et les services de radiothérapie de la Pitié
Salpêtrière à Paris et du Centre René Gauducheau à Nantes pour effectuer des mesures de dose relative dans des
minifaisceaux avec différents détecteurs. Plusieurs séries de mesures ont été réalisées. Ces mesures ont
principalement porté sur la détermination des FOC dans les minifaisceaux de RX de 6 MV obtenus avec le miniMLC
m3 de BrainLAB (additionnel ou intégré) ou avec des collimateurs coniques additionnels. Cette campagne d’essais
ne pouvant être finalisée à court terme, les résultats préliminaires de ce travail sont présentés dans ce rapport.
Les caractéristiques géométriques des systèmes de collimation utilisés en France (voir section 5) sont reportées
dans le tableau I, d’une part pour les miniMLC et d’autre part pour les collimateurs coniques.
Dans le cas des accélérateurs conventionnels, le miniMLC est soit intégré soit ajouté comme accessoire au système
de collimation de l’accélérateur. Il permet de décrire des champs de forme rectangulaire ou complexe dont la
taille minimale dépend de la largeur des lames centrales, les dimensions étant relatives à la projection dans le
plan de l’isocentre (à 1000 mm de la source). Les miniMLC utilisés en France sont les suivants : m3 (BrainLAB),
Millenium-120 (Varian), Beam Modulator (Elekta) et Arancio DMLC (3D Line), qui ont des largeurs projetées de
lames centrales égales respectivement à 3 mm, 5 mm, 4 mm et 3 mm. Le miniMLC le plus utilisé est le m3 de
BrainLAB qui définit des champs (symétriques ou asymétriques) de côté minimum égal à 6 mm pour les champs
symétriques.
Les collimateurs coniques fournis par BrainLAB comme accessoires d’accélérateurs conventionnels, ceux intégrés
aux systèmes Cyberknife et Gamma Knife définissent des champs circulaires de diamètre minimum égal
respectivement à 4 mm, 5 mm et 4 mm (les dimensions étant relatives à la projection dans le plan de référence,
respectivement à 1000 mm, 800 mm et 400 mm des sources). Dans le cas de collimateurs circulaires ajoutés à un
accélérateur conventionnel, une pré-collimation est assurée en amont du localisateur par les mâchoires de
l’appareil, décrivant en général une ouverture de 50 mm x 50 mm.
b)
c)
Figure 1. Systèmes de radiothérapie stéréotaxique basés sur un accélérateur conventionnel avec un miniMLC
ou un jeu de collimateurs coniques. a) Différents modèles d’accélérateurs conventionnels utilisés (Varian
Clinac, Elekta Synergy et Novalis). b) Modèles de miniMLC utilisés en France : BrainLAB m3 (intégré dans le
Novalis ; additionnel pour les autres accélérateurs), Varian Millenium-120 (intégré), Elekta Beam Modulator
(intégré) et 3D Line Arancio DMLC (additionnel). c) Tête d’accélérateur avec un collimateur conique
additionnel (gauche) et jeu de collimateurs coniques d’ouvertures différentes (droite).
b)
6 x 4,5 mm (intermédiaire)
6 x 5,5 mm (extérieur)
20 x 10 mm (extérieur)
CyberKnife 5-7,5-10-12,5-15-20-25-30-35-40-50-60
Selon le protocole IAEA 398, la qualité d’un faisceau de RX de haute énergie est définie par l’indice de qualité
TPR20,10 qui est le rapport de la dose mesurée sur l’axe du faisceau à 200 mm de profondeur dans un fantôme
d’eau sur la dose mesurée à 100 mm de profondeur, pour un champ carré de 100 mm x 100 mm au point de
mesure, à une distance source-détecteur (DSC) égale à 1000 mm.
Les conditions de référence recommandées par le protocole IAEA 398 [7] pour la mesure absolue de la dose
absorbée par unité de moniteur sont, pour les faisceaux de photons de haute énergie :
• mesure dans un fantôme d’eau ;
• distance (d0) source-entrée du fantôme (DSP) ou source-détecteur (DSC) égale à 1000 mm (800 mm pour
le 60Co) ou égale à la distance source-isocentre (DSA) ;
• champ (C0) égal à 100 mm x 100 mm à DSP ou à DSC=DSA;
• profondeur de mesure (z0) égale à 100 mm (50 mm pour le 60Co) ou 50 mm quand TPR20,10 < 0,7 (RX 6 MV).
Les détecteurs recommandés par le protocole IAEA 398 pour la mesure du débit de référence sont des chambres
d’ionisation cylindriques, de paroi en graphite, dont le volume de la cavité est compris entre 0,1 et 1 cm3, ce qui
correspond à un diamètre interne ≤ 7 mm et une longueur interne ≤ 25 mm.
La dose absorbée dans l’eau dans un faisceau de qualité Q, à la profondeur de référence et en l’absence de la
chambre est alors donnée par la relation suivante :
où :
- MQ est la lecture de la chambre de référence (corrigée des influences autres que la qualité du faisceau),
- ND,eau,Q0 est le facteur d’étalonnage de la chambre de référence, obtenu dans un laboratoire standard
avec un faisceau de qualité Q0 et dans un fantôme d’eau,
- kQ,Q0 est un coefficient de correction pour tenir compte de la différence entre la réponse de la chambre
dans des faisceaux de qualités différentes Q et Q0. Ce coefficient est déterminé à partir des valeurs des
TPR20,10 des faisceaux de qualités Q et Q0.
FOC = D/D0
Des conditions de mesure particulières peuvent être demandées par certains constructeurs pour alimenter en
données de base leur TPS ; ces conditions doivent être respectées.
Les détecteurs habituellement recommandés pour ce type de mesures en radiothérapie conventionnelle sont une
chambre d’ionisation de type Farmer (cylindrique de 0,6 cm3) ou une chambre plate de petit diamètre.
4.2.1 GENERALITES
Un « minifaisceau » est par définition un faisceau de petite taille dont la dimension est telle que des questions
particulières doivent se poser pour réaliser correctement la dosimétrie : des problèmes spécifiques doivent retenir
toute l’attention concernant la taille, la composition et le centrage du détecteur.
En pratique, pour les énergies de photons habituellement utilisées en stéréotaxie aujourd’hui (gamma issus
d’appareils de cobalthérapie ou rayons X produits par des accélérateurs médicaux d’électrons de tension nominale
inférieure ou égale à 10 MV), le critère retenu ici pour parler de minifaisceau est que la taille du faisceau soit
inférieure ou égale à 30 mm au point de mesure pour l’acquisition d’au moins une des données de base de
l’appareil. La taille se réfère soit au diamètre d’un champ circulaire soit au côté d’un champ carré, les faisceaux
utilisés pour l’acquisition des données de base étant soit circulaires soit carrés. Ce critère est fondé sur les points
suivants:
• Problème lié à la taille du détecteur lorsqu’elle devient importante par rapport à celle du champ
d’irradiation : pour des champs de dimension inférieure ou égale à environ 30 mm, la dose mesurée avec
une chambre d’ionisation cylindrique classiquement utilisée en radiothérapie (volume égal à 0,6 cm3 ou
0,3 cm3) devient significativement différente de celle obtenue avec une chambre de petit volume de type
PinPoint (0,015 cm3). Sur les courbes de la figure 3, on remarque la sous-réponse des chambres classiques
par rapport à la réponse de la chambre PinPoint, en deçà d’une taille de champ ≅ 30 mm.
• Problème lié au manque d’équilibre électronique latéral: dans le cas des faisceaux étroits, le rayon du
faisceau peut être inférieur au parcours maximal des électrons secondaires, ce qui entraîne un défaut
d’équilibre électronique latéral (EEL). La taille minimale d’un faisceau assurant l’EEL au centre du champ
pour toutes les énergies comprises entre le Cobalt 60 et les RX de 10 MV est d’environ 30 mm (Tableau III)
[10]. Lorsqu’il n’y a pas d’EEL, l’estimation par un détecteur de la dose déposée dans le milieu par les
électrons secondaires peut être erronée si le détecteur n’est pas suffisamment tissu-équivalent (densité
et composition), même si son volume sensible est petit par rapport à la taille du champ.
1,000 1,000
0,800 0,800
FOC
FOC
0,600 0,600
6MV 0,6cc 10 MV 0,6 cc
6MV 0,3cc 10 MV 0,3 cc
6MV pinpoint
10 MV pinpoint
0,400 0,400
0,200 0,200
0,000
0,000
0 20 40 60 80 100 120 0 20 40 60 80 100 120
dim champ mm dim champ mm
Figure 3 : Mesure du FOC en fonction de la taille du champ à 2 énergies (6 et 10 MV) et pour 3 types de
chambre d’ionisation de volumes différents (chambres classiques PTW 30013 de 0,6 cm3 et PTW 31003 de 0,3
cm3 et chambre PinPoint PTW 31006 de 0,015 cm3). On note un « décrochage » pour les petits champs (≤ 30
mm) de la mesure de la dose avec les chambres classiques par rapport à la mesure avec la chambre PinPoint
[Communication personnelle de G. Boisserie].
Tableau III : Valeur du rayon minimum, rEEL, d’un champ circulaire pour avoir l’équilibre électronique latéral
sur l’axe du faisceau, en fonction de la qualité du faisceau (D’après Li et al., 1995 [10]).
-2
Faisceau TPR20,10 rEEL (g.cm )
60
Co 0,6
6 MV 0,670 1,3
10 MV 0,732 1,7
15 MV 0,765 1,9
24 MV 0,805 2,1
Des problèmes dosimétriques particuliers se posent pour la mesure de tous les types de données nécessaires à la
caractérisation d’un minifaisceau : le débit de référence, les facteurs d’ouverture du collimateur, les rendements
en profondeur (ou les RTM) et les profils de dose.
Pour le CyberKnife, le champ de référence est le champ circulaire maximal qui a un diamètre de 60 mm à la
distance de 800 mm de la source. Le formalisme du protocole IAEA 398 reste cependant utilisable. En effet, si on
suit les préconisations du constructeur pour déterminer un indice de qualité équivalent (pour un faisceau de
qualité équivalente, un champ carré de 100 mm x 100 mm et une DSC de 1000 mm) (Annexe 2), l’effet des
conditions géométriques particulières sur la détermination de la dose suivant le formalisme de l’IAEA 398 est
négligeable.
Il faut par ailleurs noter que le protocole recommandé par le constructeur pour la mesure du débit de référence
indique une profondeur du point de mesure égale à 15 mm (au lieu de 50 mm ou 100 mm selon l’IAEA 398).
Pour le Gamma Knife, la mesure de la dose de référence selon l’IAEA 398 est impossible pour des raisons liées à la
géométrie de l’appareil. La mesure s’effectue dans une sphère équivalent-eau de 16 cm de diamètre dans laquelle
on place un insert pour recevoir une chambre d’ionisation. Le point de mesure, appelé « Unit Centre Point
(UCP) », est situé au centre géométrique de l’appareil, à une distance sources-détecteur de 40 cm. Les mesures
s’effectuent pour le collimateur de diamètre le plus grand (18 mm actuellement). La chambre d’ionisation
recommandée par le constructeur doit avoir une longueur inférieure à 7 mm, un diamètre inférieur à 5 mm et doit
être étalonnée dans l’eau au Cobalt 60. Il demeure une légère incertitude due au fait que ces conditions
géométriques sont très différentes des conditions d’étalonnage (champ de 100 mm x 100 mm, point de mesure à
une profondeur de 50 mm (ou 100 mm) dans un fantôme d’eau, à une distance de 800 mm ou 1000 mm de la
source) et que par conséquent la qualité du faisceau de photons γ n’est pas strictement la même chez l’utilisateur
et dans le laboratoire de métrologie.
Finalement, l’étalonnage d’un système de radiochirurgie correspond à la mesure de la dose absolue dans les
conditions de référence (débit de référence) spécifiques au système de radiochirurgie. Les conditions de référence
sont précisées dans le protocole défini par le constructeur pour la caractérisation dosimétrique des minifaisceaux
(Annexe 2).
La détermination de la dose absolue se fait aujourd’hui en respectant les points suivants :
• étalonnage en dose dans l’eau d’une chambre de référence (au LNHB pour la France),
• irradiation de la chambre dans le centre, dans les conditions de référence du système de radiochirurgie,
• éventuellement application d’une procédure du constructeur pour la détermination d’un indice de qualité
équivalent (CyberKnife),
• application du formalisme du protocole IAEA 398.
D’après la littérature et comme illustré sur la figure 3, il est connu que la dispersion des valeurs de FOC mesurées
pour les minifaisceaux avec différents détecteurs augmente lorsque la taille du champ diminue, et peut atteindre
plusieurs dizaines de pourcents pour les plus petits champs [11-15]. Cette dispersion des valeurs de FOC est due à
la conjonction de plusieurs problèmes :
• Problème lié à la taille du détecteur par rapport à la taille du champ d’irradiation : étant donné que le
détecteur estime la dose en un point par une mesure de la dose moyenne dans son volume sensible, il y a
une sous-estimation du FOC lorsque la taille du volume sensible est supérieure à l’étendue de la partie
homogène du profil de dose du faisceau (elle-même fonction de la taille du champ, de l’énergie des
photons et du système de collimation). Il y a donc dans ce cas une surestimation du nombre d’unités
moniteur (UM) ou du temps d’irradiation. Cet effet est d’autant plus important que le rapport des tailles
détecteur/faisceau est grand. La sous-estimation du FOC peut atteindre plusieurs dizaines de pourcents
pour les très petits faisceaux (Figure 4) [16-19].
• Problème lié au manque d’équilibre électronique latéral : si la densité ou la composition des éléments du
détecteur (volume sensible, paroi) diverge de celle du milieu environnant, il peut y avoir une
modification significative de la réponse du détecteur en fonction de la taille du champ dans des
conditions de non-EEL :
a)
b)
Figure 4 : (a) Superposition du volume sensible d’une chambre d’ionisation cylindrique (paroi hachurée) et
des isodoses (traits pointillés) d’un faisceau circulaire de RX de 6 MV lorsque l’axe de la chambre est placé
perpendiculairement à l’axe du faisceau (gauche) et superposition de la dimension maximale effective de
chambres cylindriques de type PTW de 0,125 cm3 et 0,015 cm3 et plate de type Markus avec les largeurs
d’isodoses en fonction du diamètre du champ (droite) (D’après McKerracher & Thwaites,1999 [17]). (b)
Variation de la valeur du FOC avec la taille du volume sensible du détecteur (détermination expérimentale
avec du gel de polymère), pour un champ circulaire de 5 mm de diamètre et un faisceau de RX de 6 MV
(D’après Pappas et al., 2005 [19]).
Figure 6 : Variation du spectre en énergie des électrons secondaires entre un champ de 5 mm de côté et un
champ de 100 mm de côté, à une profondeur de 80 mm dans l’eau, pour un faisceau de photons
monoénergétiques de 10 MeV (gauche) et énergies moyennes des électrons secondaires pour des champs
circulaires de diamètres compris entre 5 mm et 200 mm, à différentes profondeurs dans l’eau, pour un
faisceau de RX de tension nominale de 6MV (droite) (D’après Wu et al., 1993 (gauche) et Heydarian et al.,
1996 (droite) [21, 22]).
• Problème lié à la variation du spectre en énergie des photons : le spectre en énergie des photons varie
avec la taille du champ, l’énergie moyenne augmentant d’environ 300 keV pour un champ de 5 mm de
diamètre par rapport à un champ de plus de 50 mm (Figure 8) [16, 22, 25]. Cela induit une modification
de la réponse relative du détecteur si la composition des différents éléments qui le constituent (volume
sensible, paroi, électrode, blindage) diverge de celle du milieu environnant.
Pour une chambre d’ionisation de type PinPoint PTW 31006 ayant une électrode centrale en acier
(matériau de Z élevé), la surestimation de la dose dans les grands champs conduit à une sous-estimation
du FOC pour les petits champs ; cet effet est estimé à environ 1% [26]. On peut s’attendre à un effet de
ce type avec des films argentiques étant donné l’augmentation importante du coefficient d’absorption
massique pour les énergies inférieures à 300 keV (Figure 7) [24].
Certaines diodes ont un blindage pour compenser leur sur-réponse aux photons diffusés dans les grands
champs et à grande profondeur, due à l’augmentation importante du coefficient d’absorption massique du
silicium pour les énergies inférieures à 200 keV (Figure 5). Les valeurs de FOC mesurées dans les
minifaisceaux avec des diodes blindées sont supérieures de quelques pourcents aux valeurs obtenues avec
des diodes non blindées (Figure 9) [17, 23, 25].
D’après la littérature internationale, il n’y a donc pas de consensus quant au meilleur détecteur à utiliser pour la
mesure des FOCs dans les minifaisceaux : les chambres d’ionisation ont un volume trop important pour les plus
petits champs et leur cavité perturbe la fluence des électrons ; les détecteurs solides avec des dimensions très
petites ne sont pas nécessairement tissu-équivalents et peuvent donc avoir une sensibilité (réponse relative à
l’eau) qui varie avec l’énergie et avec la taille du champ.
Un détecteur diamant est a priori mieux adapté que les diodes car le diamant, avec un numéro atomique égal à 6
et une densité de 2,26, est un meilleur tissu-équivalent (Figure 10 et tableau IV) [12]. Mais il faut être vigilant à la
taille du volume sensible qui peut varier de façon significative dans les dosimètres commerciaux (diamant
naturel). Par ailleurs, il a été observé une variation importante de la réponse de ce type de détecteur avec le
débit de dose (Figure 11) [27]. Ces deux derniers problèmes pourraient être résolus par un nouveau type de
détecteur diamant mis au point au CEA (diamant artificiel) [28, 29].
Figure 9 : Valeurs des FOC mesurées avec différents détecteurs (chambres d’ionisation et diodes) dans des
faisceaux de 6 MV. Les valeurs obtenues avec des diodes blindées (« shielded diode » dans le graphe de
gauche et « PFD » dans le graphe de droite) sont supérieures de quelques pourcents aux valeurs obtenues
avec des diodes non blindées (« unshielded diode » et « mini diode » dans le graphe de gauche et « SFD »
dans le graphe de droite) (D’après McKerracher & Thwaites, 1999 (gauche) et Ding et al., 2006 (droite) [17,
25].
Figure 11 : Variation de la réponse de différents détecteurs avec le débit de dose : diamant (ND), chambre
d’ionisation liquide (LI) et diodes (SD et DD) (D’après Westermark et al., 2000 [27]).
• Problème lié à la position relative des mâchoires de l’accélérateur et des lames du miniMLC : les
incertitudes sur l’ouverture et le centrage des mâchoires de l’accélérateur en amont du miniMLC peuvent
être source d’erreurs sur la valeur du FOC [25]. Un écart d’ouverture des mâchoires a une influence sur la
mesure de la dose d’autant plus importante que les champs réalisés par les lames sont petits et que le
champ réalisé avec les mâchoires a une dimension proche de celui réalisé avec les lames, et notamment
pour les champs carrés de coté inférieur à 10mm. Par exemple, pour un champ carré de 6x6 mm2 défini
par les lames et un champ carré de 5mm de coté au lieu de 6mm réalisé avec les mâchoires (écart sur la
dimension du coté de 1mm), la dose mesurée est inférieure de 9% à celle attendue (communication
personnelle de Guy Brunet). A l’inverse, la dose mesurée augmente rapidement lorsque la taille du champ
réalisé par les mâchoires augmente par rapport à la taille du champ défini par le MLC, avant d’atteindre
un plateau (Figure 12). En conséquence, pour obtenir une mesure de FOC fiable il faut absolument veiller
à ce que l’ajustement entre le champ carré réalisé avec le miniMLC et le champ carré réalisé avec les
mâchoires corresponde à celui attendu, surtout pour les dimensions de champ inférieures à 10mm.
0,80
0,75
0,70
0,65
FOC
0,60
0,55
0,50
0,45
0,40
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100 105
Figure 12 : Variation du FOC mesuré pour un champ carré de 6mm de côté défini par le miniMLC en fonction
de l'ouverture des mâchoires dans le cas d’un appareil Novalis (Communication personnelle de Guy Brunet).
• Problème dû à la variation de la taille du champ avec la profondeur : ce problème est de même nature
que pour la mesure du FOC même si l’effet est moins important : la taille du champ variant avec la
profondeur, la réponse relative d’un détecteur peut être différente suivant la taille de son volume
sensible et sa composition. Cela peut conduire à une surestimation de plusieurs pourcents de la courbe de
rendement en profondeur, due à une sous-estimation de la dose à la profondeur du maximum de dose
(Figure 13) [22].
• Problème de l’alignement du déplacement vertical du détecteur avec l’axe du faisceau : dans les très
petits faisceaux, un déplacement latéral du détecteur peut modifier sensiblement la valeur de la dose
mesurée à cause de la non-homogénéité du profil : un déplacement de 1 mm peut conduire à un écart de
dose allant jusqu’à 5% [25]. Cela nécessite d’être très vigilant sur l’alignement géométrique du
déplacement du détecteur avec l’axe du faisceau, notamment dans les cuves à eau automatisées. Il faut
de même être vigilant sur l’alignement du bras de l’accélérateur et donc du faisceau qui, s’il n’est pas
strictement perpendiculaire à la surface d’entrée de l’eau de la cuve peut engendrer le même type
d’erreur.
La mesure des RTM ne pose pas de problèmes concernant la taille et la composition du détecteur car il n’y a pas
de variation de la taille du champ avec la profondeur. Il faut cependant souligner le problème dû aux fluctuations
inhérentes à ce genre de mesure : les remous à la surface de l’eau entraînent un bruitage de la mesure du niveau
d’eau.
b)
∅=
Figure 14 : Comparaison des profils de dose mesurés avec des détecteurs de taille différente pour un champ
de 6 mm de côté. On note le lissage du profil mesuré avec la chambre CC01 (diamètre du volume sensible égal
à 2 mm) par rapport au profil mesuré avec la diode de stéréotaxie SFD (diamètre du volume sensible égal à
0,6 mm) (D’après Ding et al., 2006 [25]).
Le LNHB participe au joint research program (JRP) européen EURAMET (European Association of National Metrology
Institutes) intitulé « External Beam Cancer Therapy » dont certains Work Packages sont relatifs aux références
métrologiques pour la dosimétrie des petits faisceaux. Le JRP traite de l’établissement de références absolues
dans des champs de dimensions plus proches de celles utilisés cliniquement. Ce projet couvre la période 2008-2010
et n’a pour l’instant pas de lien avec le groupe de travail de l’AIEA « Dosimetry Code of Practice for small fields
and Novel beams » (voir section 4.5).
Pour la calorimétrie graphite, le compromis entre sensibilité et volume de l’absorbeur conduit à une dimension
minimale du champ de 20 mm x 20 mm. Il ne peut donc pas être utilisé comme dosimètre standard primaire pour
des minifaisceaux de taille inférieure à cette limite, en particulier pour les très petits faisceaux (< 10 mm x10 mm)
où l’incertitude sur la dose mesurée est la plus importante. Quant au calorimètre eau, il permettrait (selon les
laboratoires étrangers impliqués dans le JRP) d’explorer des champs de 30 mm de diamètre minimum.
Le dosimètre de Fricke peut être considéré comme quasi primaire, mais il faut également un volume suffisant (de
l’ordre de celui de l’absorbeur du calorimètre graphite) pour avoir une lecture fiable, ce volume étant trop grand
pour les minifaisceaux.
Dans le cadre du projet EURAMET, le LNHB étudie pour les petits champs (faisceaux de RX de 6 MV, avec et sans
cône égalisateur, 12 MV avec cône égalisateur) :
• un étalon primaire : calorimétrie graphite pour des champs de côté ≥ 20 mm ;
• un étalon de transfert : alanine pour des champs de diamètre ≥ 10 mm (modélisation par simulation de
Monte Carlo pour évaluer les facteurs de correction).
En dehors du cadre du JRP, le LNHB étudie la calorimétrie dans l’eau pour la dosimétrie primaire et les détecteurs
TLD frittés pour la dosimétrie de transfert.
Les résultats des études entreprises dans le cadre du programme européen de recherche seront disponibles à la fin
du contrat (2010). Des rapports d’étape seront rédigés. L’étude porte actuellement sur les champs de 40 mm x 40
mm, le champ de 20 mm x 20 mm sera étudié en 2009. Le LNHB communiquera sur ces points entre autres dans le
cadre des journées organisées par la SFPM.
60
En attendant, il n’existe pas de référence métrologique pour les minifaisceaux utilisés en RS (RX ou Co). Un
financement par l’Etat français serait nécessaire en complément du financement européen pour faire avancer plus
vite la R&D dans le domaine de la métrologie des minifaisceaux.
Concernant le débit de référence, BrainLAB recommande pour un accélérateur muni d’un miniMLC m3 une
chambre d’ionisation étalonnée dont le volume de la cavité est égal à 0,125 cm3 ou 0,3 cm3 (large detector). Etant
donné que cette mesure s’effectue dans un champ de dimension standard (100 mm x 100 mm), cette
recommandation n’a pas lieu d’être puisqu’une chambre de référence habituelle de type Farmer de 0,6 cm3 peut
s’utiliser et a une meilleure sensibilité. La recommandation d’Elekta d’utiliser une chambre de 0,125 cm3 est par
contre justifiée étant donné la taille du champ de référence (diamètre = 18 mm, voir section 4.2.3). Accuray ne
précise rien quant à la chambre de référence à utiliser.
Pour les mesures des FOC avec un accélérateur muni d’un miniMLC m3, BrainLAB recommande une chambre
d’ionisation (CI) de type PinPoint dont le volume de la cavité est inférieur ou égal à 0,03 cm3 (medium size
detector). Cette recommandation n’est pas optimale étant donné que le miniMLC m3 peut définir des petits
champs allant jusqu’à 6 mm de côté. La littérature internationale montre en effet que pour des champs aussi
petits, une chambre de type PinPoint de 0,015 cm3 sous-estime la valeur du FOC (Figures 3 et 4).
Pour les mesures des profils avec un miniMLC m3, BrainLAB recommande également une chambre d’ionisation (CI)
de type PinPoint dont le volume de la cavité est inférieur ou égal à 0,03 cm3 (medium size detector). Cette
recommandation n’est pas non plus optimale car la littérature internationale montre qu’une chambre de type
CC01 de 0,01 cm3 lisse de façon importante les courbes de profils de dose des très petits champs (Figure 14). Pour
la mesure des données de base, seul le profil d’un grand champ (~100 mm x ~100 mm ou 400 mm x 400 mm) est
requis par BrainLAB, ce qui peut justifier la recommandation sur le détecteur approprié. Cependant, cela ne met
pas en garde les utilisateurs pour la mesure des profils des tout petits champs dans le cadre de l’étape de
validation des profils calculés par le TPS.
Concernant les mesures des rendements en profondeur (ou RTM) avec un miniMLC m3, BrainLAB recommande une
diode ou un détecteur diamant (small detector), sans toutefois donner plus de précision quant au type de diode à
utiliser (taille du volume sensible, blindée ou non) ou quant à la taille du diamant. Par ailleurs, la variation
importante de la réponse du diamant en fonction du débit de dose (Figure 11) pose la question de l’adaptation de
ce type de détecteur à la mesure de courbes où le gradient de dose (ou de débit de dose) est élevé, même s’il a
été montré que la mesure du rendement en profondeur avec un diamant pouvait être très proche de celle obtenue
avec une diode ou une simulation de Monte Carlo (Figure 13).
Dans la configuration d’un accélérateur avec collimateurs coniques dont le diamètre peut descendre jusqu’à 4
mm, BrainLAB recommande uniquement la chambre d’ionisation pour les mesures de FOC et de rendements en
profondeur (ou RTM). De plus, BrainLAB ne donne aucune recommandation précise sur la taille des chambres
d’ionisation adaptées. Quant à la mesure des profils, BrainLAB recommande aussi bien la CI que la diode ou le
film, alors que les profils à mesurer concernent tous les collimateurs.
En 2007, BrainLAB a envoyé aux centres une mise à jour des manuels d’utilisation des logiciels de planification de
BrainLAB, intitulée « Supplément révision 1.0, Logiciels de planification de radiothérapie de BrainLAB (iPlan RT
Dose et BrainSCAN). Il s’agit d’un ensemble de recommandations en vue d’assurer la qualité et la sécurité des
traitements. Une page de ce guide concerne la mesure de la dose dans les petits champs (Annexe 2). Le
constructeur y recommande d’utiliser « le plus petit détecteur disponible » ayant « des dimensions nettement
inférieures à la taille du champ » pour la mesure des FOC et des rendements (ou RTM), sans toutefois donner plus
de précision. En outre, ce document décrète qu’ « il est obligatoire de respecter les spécifications et
recommandations établies par le fabricant de l’équipement de dosimétrie. En particulier, les détecteurs de dose
ont chacun un intervalle de tailles de champs très spécifique pour lequel ils peuvent être appliqués ». Or un
examen de la documentation technique des fabricants de détecteurs révèle que les spécifications sur l’intervalle
de tailles de champs ne sont pas fiables (Tableau IV) (Annexe 4) : elles sont soit inexistantes (chambres et diodes
Wellhöfer/IBA ; détecteur diamant PTW), soit incorrectes (Chambre Exradin A16), soit trop prudentes (chambres
et diodes PTW).
Accuray recommande le même détecteur pour les mesures de FOC, de rendements (RTM) et de profils du
CyberKnife : une diode de modèle PTW 60008. Ce détecteur est conçu pour des mesures dans des minifaisceaux
(diamètre du volume sensible ≅ 1 mm) et est a priori adapté à la mesure de ces trois types de données.
Cependant, le Cyberknife délivre des faisceaux de diamètre allant jusqu’à 5 mm, et il a été montré que les
mesures de FOC avec ce détecteur présentent un écart de plus de 5% par rapport à des estimations théoriques
dans le cas des très petits champs (10 mm) (Figures 5 et 10). Accuray propose les films radiochromiques de type
EBT comme alternative pour la mesure du FOC.
Le cas du Gamma Knife est particulier : les données relatives aux FOC, aux rendements et aux profils ne doivent
pas être mesurées par l’utilisateur car elles sont introduites par le constructeur dans le TPS Gamma Plan. Ces
données ont été mesurées sur une installation particulière du constructeur et sur un ensemble de sites clients.
Elles ont été obtenues au moyen de différentes approches expérimentales et confrontées à des approches
théoriques (calculs par simulation de Monte Carlo ou analytiques), et les résultats sont présentés dans la
documentation du constructeur (Annexe 2). Pour les FOC, les résultats concordent avec une précision de ±2%, y
compris pour le plus petit collimateur de 4 mm de diamètre (en excluant les valeurs obtenues avec une chambre
d’ionisation de type PinPoint où un écart de -25% est observé).
Aucun constructeur ne recommande de faire des mesures avec différents types de détecteurs et de les confronter.
L’AIEA a mis en place un groupe de travail « Dosimetry Code of Practice for small fields and Novel beams » pour
préparer un protocole international sur la dosimétrie des minifaisceaux et des faisceaux nouveaux (utilisés en
tomothérapie par exemple). L’IRSN a contacté le secrétaire scientifique de ce GT (Stan Vatnitsky) afin de
demander si la France participait à ce travail et, dans le cas contraire, s’il était possible de rejoindre le groupe.
La réponse fut qu’il était trop tard mais que les organisations professionnelles et potentiellement l’IRSN seraient
consultés pour la revue du draft. D’après l’Agence, ce travail ne sera pas fini avant un an ou deux.
Cependant, il est possible et souhaitable que des règles de base communes à respecter pour la mesure des
données nécessaires à la caractérisation dosimétrique des minifaisceaux soient établies dès aujourd’hui, quel
que soit l’appareil, et que des recommandations soient proposées. C’est la tâche que s’est assignée ce GT.
Les documents auxquels se sont référés les centres pour établir un protocole de mesure des données de base sont
presque toujours les documents de BrainLab (WOI 10-26 pour les miniMLC et WOI 09-10 pour les localisateurs
circulaires) dans le cas des centres utilisant un accélérateur conventionnel (Annexe 2). Seuls 2 centres qui ont un
accélérateur et un miniMLC Elekta suivent un autre protocole. Les utilisateurs d’un CyberKnife ou d’un Gamma
Knife suivent tous les procédures données par les constructeurs Accuray ou Elekta (Annexe 2). Le nombre et le
type de détecteurs utilisés pour réaliser les mesures des différentes données nécessaires à la caractérisation
dosimétrique des minifaisceaux sont reportés dans le tableau VII (a et b).
Pour le débit de référence, la plupart des centres suivent les recommandations des constructeurs lorsqu’elles
existent (tableau V), mais certains suivent les recommandations habituelles pour ce type de mesure (chambre de
0,6 cm3). Quelques centres ont effectué des mesures supplémentaires avec des détecteurs non adaptés à une
mesure de dose absolue de référence (chambre de type PinPoint ou diode).
Pour la mesure des FOC, moins d’un centre sur trois a utilisé plus d’un type de détecteur. Le détecteur de loin le
plus courant dans les centres avec un accélérateur conventionnel est la chambre de petit volume PTW PinPoint
31006 (10 centres). L’unique détecteur employé par les centres avec un CyberKnife est la diode de stéréotaxie
PTW type P 60008. Ces choix respectent les recommandations des constructeurs, respectivement BrainLAB et
Accuray. Seulement 4 centres ont utilisé, en plus d’une chambre PinPoint, un autre détecteur (diode de
stéréotaxie, diamant, film argentique). Un seul centre a confronté les mesures d’au moins 3 dosimètres différents.
Pour la mesure des profils de dose (OAR), un centre sur cinq a utilisé plus d’un type de détecteur. Suivant les
recommandations des constructeurs, 9 centres avec un accélérateur conventionnel se sont servis d’une chambre
de petit volume (≤ 0,03 cm3), 2 centres sur trois avec un Cyberknife ont utilisé une diode PTW type P 60008 et les
2 centres avec un Gamma Knife ont employé des films radiochromiques (Gafchromic). Par contre, 1 centre a utilisé
une chambre d’ionisation de 0,125 cm3 et 2 centres une diode avec un accélérateur conventionnel, et un centre a
choisi une chambre de petit volume (0,01 cm3) avec un CyberKnife. La chambre la plus courante est toujours la
PTW PinPoint 31006. Seulement 4 centres se sont servi, en plus d’une chambre d’ionisation, d’un autre type de
détecteur (diode de stéréotaxie, diamant, film argentique).
On voit donc que la plupart des centres suivent les recommandations des constructeurs, même quand elles ne
sont pas optimales. Une petite minorité des centres utilise plusieurs types de détecteurs afin de confronter les
résultats de leurs mesures, conformément aux recommandations de la littérature internationale qui conseillent
plusieurs détecteurs de types différents, en particulier pour la mesure des FOC.
Les valeurs des FOC pour les accélérateurs conventionnels (5 Varian Clinac, miniMLC additionnel et 1 Novalis,
miniMLC intégré) avec le miniMLC m3 montrent une dispersion importante, d’autant plus grande que le champ est
Parmi les détecteurs les plus usuels (chambre volume ≤ 0,015 cm3, diode de stéréotaxie), l’influence du choix ou
de la position du détecteur est significative (Figure 16). La dispersion des valeurs de FOC obtenues avec des
chambres d’ionisation de petit volume (PTW 31006, PTW 31014 et CC01) est de l’ordre de 5% et 10% pour les
champs respectivement de 12 mm et 6 mm (Figure 16a). La chambre CC01 (0,01 cm3) donne des valeurs
supérieures aux chambres PTW (0,015 cm3) pour les plus petits champs. La chambre PTW 31014 (électrode
centrale en aluminium) donne des valeurs supérieures d’environ 2% par rapport à la chambre PTW 31006
(électrode centrale en acier). Le fait de placer une chambre cylindrique (CC01 ici) de telle façon que son axe soit
parallèle à l’axe du faisceau (au lieu de la position perpendiculaire habituelle) permet de compenser en partie
l’effet de volume et d’avoir une valeur de FOC supérieure dans le plus petit champ de 6 mm.
Pour un système de collimation identique (miniMLC intégré ou ajouté), la diode SFD donne des valeurs de FOC
supérieures de plusieurs pourcents à celles mesurées avec une chambre PinPoint PTW pour le champ de 6 mm, et
inférieures d’environ 2-3% pour les champs de côtés plus grands que 12 mm (Figure 16b). Si l’écart à 6 mm
s’explique par l’effet de volume des chambres, l’écart inverse aux plus grands champs est plus difficile à
interpréter. Il peut s’agir en partie d’un effet de variation de la réponse de la diode en fonction de l’énergie et/ou
d’un effet de manche de la chambre. Un effet identique a été observé par Ding et al. dans une configuration où la
position des mâchoires est fixée à 98 mm x 98 mm pour toutes les positions des lames (Figure 9, droite) [25].
D’après la figures 16c, on remarque que les données du constructeur BrainLAB (données en exemple dans WOI 10-
26) correspondent à celles mesurées avec la diode SFD, excepté pour le champ de 6 mm. Pour ce dernier, la
donnée de BrainLAB correspond à la mesure de Ding et al. avec la chambre CC01. Or Ding et al. avait obtenu pour
ce champ les mêmes valeurs de FOC avec la chambre CC01 et avec la diode SFD, dans une configuration où la
position des mâchoires est fixée à 98 mm x 98 mm (Figure 9, droite). L’écart d’environ 5% entre d’une part la
mesure de l’IRSN avec la diode SFD et d’autre part la valeur donnée par BrainLAB et la mesure de Ding et al. avec
la chambre CC01 pourrait s’expliquer par une légère erreur de centrage de la diode, ou par une légère asymétrie
du collimateur.
Toutes conditions de mesure étant identiques (RX 6 MV, type de miniMLC, DSP, z, type et orientation du
détecteur), on observe néanmoins environ 15% d’écart entre les valeurs extrêmes mesurées dans le champ de
6 mm avec la chambre PTW 31006, pour différents modèles d’accélérateurs Varian Clinac (Figure 17). Ceci peut
Les valeurs des FOC mesurées par un centre avec différents détecteurs (chambre PinPoint PTW 31006, diode SFD
et diamant PTW 60003), pour un accélérateur conventionnel avec localisateurs circulaires, mettent en évidence
l’effet de la taille du diamant dans le plus petit champ de 4 mm de diamètre (Figure 18). Le fait que les réponses
relatives de la diode et du diamant s’inversent pour les champs plus grands rend peut-être compte de l’effet de
réponse en énergie de la diode suggéré plus haut.
Les valeurs de FOC mesurées pour les CyberKnife avec la diode PTW 60008 (recommandations du constructeur)
sont très proches les unes des autres, l’écart maximal étant d’environ 5% dans le plus petit champ de 5 mm de
diamètre (Figure 19). Les résultats obtenus par Wilcox et al [14] avec des films radiochromiques (Gafchromic EBT)
sont également très proches, bien qu’ils paraissent très légèrement (1-2%) inférieurs pour les champs plus petits
que 15 mm et supérieurs pour les plus grands champs. Le très bon accord entre la diode PTW 60008 et les films
Gafchromic EBT semble contredire l’étude faite par Haryanto et al. [12] par simulation de Monte Carlo concernant
l’influence du silicium sur la réponse de la diode (Figure 10). Les résultats obtenus avec des chambres de très petit
volume (0,007 cm3 Exradin A16 et 0,01 cm3 CC01) sont quant à eux très nettement inférieurs, d’environ 15% pour
le champ de 5 mm et 5% pour le champ de 10 mm, dû à l’effet de volume.
Les rendements (PDD) mesurés avec différents types de détecteurs (chambres PTW 31006, CC01 et CC04, diodes
SFD et PTW E 60012, diamant PTW 60003), pour des accélérateurs conventionnels (RX 6 MV) avec miniMLC m3 de
BrainLAB, sont comparés pour le plus petit champ de 6 mm et pour le champ de référence (100 mm) (Figure 20).
Pour le champ de 6 mm, l’écart maximum est d’environ 2% (Figure 20a). Les valeurs obtenues avec les chambres
CC01 et CC04 et avec le diamant sont supérieures à celles mesurées avec les diodes. Dans le champ de 42 mm,
l’écart entre les courbes n’est plus que de 1% (résultats non présentés ici), et se réduit ensuite pour être inférieur
à 1% dans le champ de référence (100 mm) (Figure 20b). On pourrait expliquer cet écart par l’effet de la taille du
volume sensible induisant une sous-estimation de la dose à la profondeur du maximum pour les plus petits champs
(Figure 13). Cependant, l’écart entre les courbes est similaire pour les champs de 6 mm et 18 mm (résultats non
présentés ici). Par ailleurs, la chambre PTW 31006 donne la même courbe que les diodes alors que son volume
sensible (0,015 cm3) est intermédiaire par rapport à ceux des chambres CC01 (0,01 cm3) et CC04 (0,03 cm3).
Concernant la réponse du diamant, l’écart pourrait être dû à l’augmentation de sa sensibilité avec la diminution
du débit en profondeur (Figure 11).
Les RTM mesurés avec la diode PTW 60008 pour le collimateur de 5 mm du CyberKnife sont en parfait accord
(meilleur que 1%), excepté pour la dose en entrée où on observe une dispersion des valeurs d’environ 10%
Les profils comparés ont été mesurés avec une diode PTW 60008 et avec une chambre CC01 (Figure 22). L’écart
maximum entre les courbes est d’environ 0,3 mm pour tous les champs (diamètres de 5 mm à 30 mm).
Curieusement, on n’observe pas de lissage du profil obtenu avec la chambre CC01 (voir section 4.2.6).
5.2.4 CONCLUSION
La comparaison des données mesurées par les centres corrobore les données de la littérature internationale
concernant l’incertitude associée à la mesure des FOC : en utilisant les détecteurs recommandés par les
constructeurs, la dispersion des valeurs est supérieure à 10% pour les plus petits champs (< 10 mm).
Pour les rendements en profondeur (RX), la dispersion des valeurs mesurées avec les différents détecteurs
recommandés par les constructeurs est de l’ordre de 2% pour un champ de 6 mm de côté et inférieure pour les
plus grands champs.
Pour les profils (RX), seules des mesures effectuées avec le CyberKnife, avec 2 détecteurs différents (CI de petit
volume et diode), ont pu être comparées. Elles indiquent un écart entre les isodoses 50% inférieur à 0,3 mm pour
un champ de diamètre de 5 mm. Ces résultats ne correspondent pas aux données de la littérature selon lesquelles
une CI de petit volume n’est pas adaptée à la mesure des profils des très petits champs.
0,95
0,9
0,85
0,8
0,4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100
b)
0,95
0,9
0,85
0,8
0,75
FOC
0,7
0,65
0,6
0,55
miniMLC intégré (Centre 1)
0,5
miniMLC additionnel (IRSN/Pitié Salpêtrière)
0,45
0,4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100
Figure 15 : a) FOC mesurés avec différents détecteurs pour le miniMLC m3 de BrainLAB (RX 6 MV), DSP = 1000
mm, z = 50 mm. b) Valeurs des FOC mesurés avec une diode SFD pour un miniMLC intégré (Novalis) ou ajouté
à l’accélérateur (Varian Clinac). Les positions des lames du miniMLC et des mâchoires de l’accélérateur
correspondent à la « diagonale » du tableau du protocole de BrainLab (WOI 10-26) :
6,12,18,24,30,36,42,60,80,100 (mm) pour les lames et 6,12,18,42,42,42,42,60,80,100 (mm) pour les
mâchoires.
1
0,95
0,9
0,85
0,8
0,75 PinPoint PTW 31014 // axe (IRSN/Pitié Salpêtrière)
FOC
b)
1
0,95
0,9
0,85
0,8
0,75 Diode SFD (Centre 1 - MLC intégré)
FOC
0,7
0,65 Diode SFD (IRSN/Pitié Salpêtrière)
0,6
PinPoint PTW 31014 // axe (IRSN/Pitié Salpêtrière)
0,55
0,5 PinPoint PTW 31006 (Centre 1 - MLC intégré)
0,45
0,4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100
c)
1
0,95
0,9
0,85
0,8
0,75
FOC
0,7
0,65
0,6
BrainLAB WOI 10-26
0,55 Chambre CC01 // axe (Ding et al., 2006)
0,5 Diode SFD (IRSN/Pitié Salpêtrière)
0,45
0,4
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100
Côté du miniMLC (mm)
Figure 16 : FOC mesurés avec des détecteurs différents pour le miniMLC m3 de BrainLAB (RX 6 MV), DSP =
1000 mm, z = 50 mm. a) Mesures pour des accélérateurs Varian 2100 ou EX23 avec un miniMLC additionnel.
b) FOCs mesurés avec la diode SFD et la chambre PinPoint PTW 31006. c) Comparaison avec les données de
BrainLAB (document WOI 10-26). Les positions des lames du miniMLC et des mâchoires de l’accélérateur
correspondent à la « diagonale » du tableau du protocole de BrainLab (WOI 10-26) :
6,12,18,24,30,36,42,60,80,100 (mm) pour les lames et 6,12,18,42,42,42,42,60,80,100 (mm) pour les
mâchoires.
Figure 17 : FOC mesurés avec une chambre PTW 31006 perpendiculaire à l'axe du faisceau, pour le miniMLC
m3 de BrainLAB (RX 6 MV), accélérateur Varian et miniMLC additionnel, DSP = 1000 mm, z = 50 mm. Les
positions des lames du miniMLC et des mâchoires de l’accélérateur correspondent à la « diagonale » du
tableau du protocole de BrainLab (WOI 10-26) : 6,12,18,24,30,36,42,60,80,100 (mm) pour les lames et
6,12,18,42,42,42,42,60,80,100 (mm) pour les mâchoires.
1,00
0,95
0,90
0,85
0,80
0,75 Diamant PTW 60003 (Centre 1)
FOC
0,70
Chambre PinPoint PTW 31006 (Centre 1)
0,65
0,60 Diode (Solberg)
0,55 Diode SFD (Centre 1)
0,50
0,45
0,40
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Diamètre du localisateur (mm)
Figure 18 : FOC mesurés avec différents détecteurs pour un accélérateur conventionnel avec localisateurs
circulaires (RX 6 MV), DSP = 1000 mm, z = 14 mm.
1,00
0,95
0,90 Diode PTW 60008 (Centre 2)
0,85 Diode PTW 60008 (Centre 5)
0,80 Diode PTW 60008 (Centre 4)
FOC
Figure 19 : FOC mesurés avec différents détecteurs pour le CyberKnife, DSD = 800 mm, z = 15 mm.
70
60
Chambre CC01 (Centre 11 - Clinac 2100 CD)
Diode SFD (Centre 12 - Clinac 600 C/D, TPR=0,670)
50
40
30
20
10
0 50 100 150 200 250 300 350
Profondeur (mm)
b)
100
60
50
40
30
20
10
0 50 100 150 200 250 300 350
Profondeur (mm)
Figure 20 : PDD mesurés pour des accélérateurs conventionnels (RX 6 MV) avec le miniMLC m3 de BrainLAB, à
DSP = 1000 mm, pour des champs a) de 6 mm x 6 mm et b) de 100 mm x 100 mm (miniMLC et mâchoires).
Centre 5
0,9
Centre 2
Centre 4
0,8
Autres centres : "Composite"
TPR (normalisé à z = 15 mm)
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0 50 100 150 200 250 300 350
Profondeur (mm)
b)
1,0
0,9
Centre 5
Centre 2
0,8
Centre 4
Autres centres : "Composite"
TPR (normalisé à z = 15 mm)
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0 50 100 150 200 250 300 350
Profondeur (mm)
Figure 21 : RTM mesurés avec la diode PTW 60008 pour le CyberKnife, DSD = 800 mm, pour le collimateur de
a) 5 mm et de b) 60 mm.
0,8
0,7
0,6
Dose relative
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Distance à l'axe (mm)
Figure 22 : Profils mesurés pour le CyberKnife avec les collimateurs de 5 mm, 10 mm, 15 mm, 20 mm et 30
mm, DSD = 800 mm, z=15 mm.
La recette d’un appareil de RS consiste à mesurer, outre le débit de référence des faisceaux (mesure absolue),
l’ensemble des autres données nécessaires à la caractérisation de ces faisceaux, qui sont des mesures de dose
relative : les facteurs d’ouverture du collimateur (FOC), les rendements en profondeur (ou les rapports tissu-
maximum) et les profils de dose. Concernant les mesures de dose relative, le GT ne peut pas non plus établir de
protocole national valable pour tous les systèmes car les données à mesurer sont définies par les constructeurs et
dépendent du système de planification des traitements utilisé pour les calculs de dose.
De plus, concernant le choix des détecteurs appropriés aux différents types de mesures relatives, la littérature
internationale atteste qu’il n’y a pas aujourd’hui de consensus quant au meilleur détecteur à utiliser [15], en
particulier pour la mesure des FOC. Pour ces derniers, l’incertitude sur la mesure est supérieure à 5% pour les plus
petits champs (taille < 10 mm) : la dispersion des valeurs de FOC mesurées avec différents détecteurs est de
l’ordre de 30% et elle reste supérieure à 10% en utilisant les détecteurs habituellement utilisés aujourd’hui dans
les centres (chambre d’ionisation de petit volume, diode, diamant naturel). Cette dispersion est due, d’une part
aux réponses relatives des différents types de détecteurs (suivant leur taille et leur composition), d’autre part aux
incertitudes de positionnement et de centrage des détecteurs (le positionnement et le centrage demandent une
grande minutie).
Cependant, malgré les incertitudes actuelles sur la détermination de la dose absorbée dans les faisceaux de RX de
très petite taille (< 10 mm), il est possible dès 2008 d’établir quelques règles de base communes à respecter pour
Il n’y a pas aujourd’hui de référence métrologique pour les minifaisceaux. Un financement par l’Etat français
serait nécessaire pour accélérer la R&D dans le domaine de la métrologie des minifaisceaux.
Il n’y a pas aujourd’hui de consensus quant au meilleur détecteur à utiliser pour la caractérisation
dosimétrique des minifaisceaux, en particulier pour les plus petits faisceaux (taille < 10 mm). Cependant, il
est possible dès 2008 d’établir quelques règles de base communes pour la réalisation des mesures et de
diminuer les incertitudes.
L’approche utilisée par Elekta pour le Gamma Knife est particulière : les données relatives aux FOC, aux
rendements et aux profils ne doivent pas être mesurées par l’utilisateur car elles sont introduites par le
constructeur dans le TPS Gamma Plan. Ces données ont été obtenues au moyen de différentes approches
expérimentales et théoriques. Pour les FOC, les résultats obtenus concordent avec une précision de 2%, y compris
pour le plus petit collimateur de 4 mm de diamètre (en excluant la mesure avec la chambre PinPoint).
Les recommandations des constructeurs concernant le choix des détecteurs à utiliser pour la mesure des
données de base des minifaisceaux ne sont pas toujours suffisamment précises ou complètes. Elles sont
même parfois critiquables. Ces recommandations ne doivent donc pas être appliquées sans un examen
critique de la part du radiophysicien.
• Le miniMLC m3 de BrainLAB est de loin le plus utilisé. Les côtés des plus petits faisceaux symétriques
disponibles avec ce miniMLC sont de 6 mm.
• Concernant les collimateurs circulaires, trois centres ont un Cyberknife et deux centres ont un ou deux
Gamma Knife. Les diamètres des plus petits faisceaux utilisés en clinique avec des localisateurs
La plupart des centres suivent les recommandations des constructeurs concernant le choix des détecteurs à
utiliser pour la mesure des données de base, même quand ces recommandations ne sont pas optimales. Une
petite minorité de centres utilise plusieurs types de détecteurs afin de confronter les résultats de leurs
mesures. Cette approche optimale, recommandée au regard des données de la littérature internationale,
nécessite néanmoins des moyens matériels et humains supplémentaires.
La comparaison des données mesurées par les centres corrobore les données de la littérature internationale
concernant l’incertitude associée à la mesure des FOC.
7 RECOMMANDATIONS DU GT
Les conclusions énoncées supra amènent le GT à émettre des recommandations techniques pour la recette des
systèmes de stéréotaxie ainsi que des recommandations d’ordre général visant à améliorer la qualité et la sécurité
des traitements de radiothérapie stéréotaxique.
Bien que les incertitudes actuelles sur la mesure de la dose absorbée dans les minifaisceaux soient plus
importantes que les incertitudes associées à la mesure de la dose dans les faisceaux de radiothérapie
conventionnelle, sous réserve de la prise en compte des recommandations ci-dessus, le GT ne recommande pas
de suspendre l’utilisation des très petits champs (< 10 mm), y compris pour les collimateurs coniques de 4
mm. En effet, les résultats cliniques positifs observés avec l’utilisation de ces faisceaux rendraient difficilement
justifiable le choix de priver les patients de cette offre de soins [31].
Finalement, le GT recommande :
• dans le cadre de la justification des traitements : qu’un groupe de travail constitué de praticiens
spécialisés en radiothérapie stéréotaxique soit mis en place par la HAS ou par l’INCa afin de faire le point
sur les données cliniques relatives à l’utilisation des très petits faisceaux (taille < 10 mm) de photons (RX
et γ du 60Co) ;
• dans le cadre de l’optimisation des traitements : de poursuivre la campagne de mesures initiée avec
l’IRSN pour caractériser les minifaisceaux de RX des différents appareils de stéréotaxie avec plusieurs
types de détecteurs a priori adaptés à la dosimétrie des minifaisceaux, ceci afin d’améliorer la
connaissance de la dose délivrée avec les plus petits faisceaux (< 10 mm) ;
• dans le cadre de la sécurisation des traitements : d’étendre les contrôles internes et externes
réglementaires, définis par l’AFSSAPS, au cas des minifaisceaux (dès que cela sera techniquement
possible pour le contrôle externe [32]).
Par ailleurs, le GT attire l’attention sur le fait que le calcul de la distribution de la dose dans les patients pose
également des problèmes particuliers pour les minifaisceaux dus au manque d’équilibre électronique. La plupart
des algorithmes de calcul utilisés aujourd’hui dans les TPS ne prennent pas explicitement en compte le parcours
des particules secondaires et présentent des limitations dans les situations de manque d’équilibre électronique en
milieu fortement hétérogène. Ces situations peuvent se rencontrer en radiothérapie stéréotaxique
extracrânienne : des écarts très importants (plusieurs dizaines de pour cent) entre la mesure et le calcul par
l’algorithme Raytrace ont été rapportés dans le cas d’hétérogénéités poumon [33].
Des recommandations nationales sont nécessaires pour la recette des systèmes de stéréotaxie, au vu des
recommandations données actuellement par les constructeurs et des résultats de l’enquête nationale. A ce
titre, le GT propose un ensemble de recommandations exposées supra concernant le choix des détecteurs, la
réalisation des mesures, leur validation et la formation des radiophysiciens.
REMERCIEMENTS
Le GT remercie vivement l’ensemble des services de radiothérapie stéréotaxique ayant accepté de participer à
l’enquête nationale. L’IRSN tient également à remercier Denis Porcheron (CHU de La Timone, Marseille) et Serge
Marcié (Centre Antoine Lacassagne, Nice) pour les informations et documents transmis concernant respectivement
le Gamma Knife et le Cyberknife.
SAISINE ASN-AFSSAPS
PROTOCOLES DE MESURE ET
RECOMMANDATIONS DES CONSTRUCTEURS
ENQUETE NATIONALE :
QUESTIONNAIRE ET TABLEAU RECAPITULATIF DES REPONSES