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Introduction aux fonctions complexes

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Thèmes abordés

  • analytique sur un domaine,
  • intégrales de contour,
  • fonctions analytiques,
  • harmonicité,
  • théorème des résidus,
  • calcul de résidus,
  • équations différentielles,
  • applications du calcul des rés…,
  • théorème de la réciprocité des…,
  • holomorphe
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  • fonctions analytiques,
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  • applications du calcul des rés…,
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  • holomorphe

Fonctions d’une variable complexe (Maths 04)

TABTI Hamza
Université Ibn Khaldoun Tiaret

Faculté des Sciences Appliquées


Département des Sciences et de la Technologie

Mathématiques 04

Auteur :
TABTI Hamza

1er septembre 2020


Table des matières

1 Les nombres complexes 3

2 Les fonctions élémentaires 5


2.1 La fonction exponentielle ez . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Les fonctions trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Les fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.4 Le logarithme complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

3 Les fonctions holomorphes 9

4 Les séries entières et les fonctions analytiques 15


4.1 Les séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
4.1.1 Propriétés des séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
4.2 Les fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

5 Intégration complexe et Formule Intégrale de Cauchy 21


5.1 Intégrales curvilignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.1.1 Propriétés sur les intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.2 La Formule Intégrale de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

6 Applications 27
6.1 Théorème des Résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
6.1.1 Les Pôles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
6.1.2 Les Résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
6.2 Applications du calcul des Résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Z 2π
6.2.1 Intégrales de la forme R(cos θ, sin θ) dθ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Z0 +∞
6.2.2 Intégrales de la forme f (x) dx . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
−∞
Introduction

Ce cour est destiné aux étudiants en mathématiques et en sciences qui


prennent un premier contact avec la théorie des variables complexes. Il
s’adresse aux étudiants de deuxième année de Licence des sciences et de la
technologie, quatrième semestre (L2S4), ainsi qu’aux étudiants des autres
filières et des écoles préparatoires qui y trouveront autant les théorèmes
qu’il doivent connaı̂tre que des exemples pour les illustrer.
Nous avons donner des méthodes de calcul (théorèmes, propositions,...)
sans démontrer quoi que ce soit pour aller directement vers le but.
Le premier chapitre rappelle sur les nombres complexes. Le second
chapitre présente les fonctions élémentaires. Le troisième chapitre aborde
les fonctions holomorphes et les conditions de Cauchy-Riemann qui sont
très important pour les chapitres suivants. Le quatrième chapitre est
consacré aux séries entières avec les fonctions analytiques. Le chapitre cinq
se concentre sur l’intégration complexe et formule intégrale de Cauchy et
le chapitre six traite des applications qui sont un outil important pour les
ingénieurs dans les différentes filières.

1
Chapitre 1

Les nombres complexes

Définition 1.0.1. On appelle nombre complexe toute expression de la


forme :
z = x + iy; x, y ∈ R
dite la forme algébrique de z où x, y ∈ R et i définit par la relation :
i2 = −1.
x : La partie réelle de z notée Re(z).
y : La partie imaginaire de z notée Im(z).
On écrit donc :
z = Re(z) + iIm(z).
Définition 1.0.2. (Conjugué) On appelle conjugué de z le nombre :
z = x − iy; x, y ∈ R.
Définition 1.0.3. (Module) Soit z = x + iy; x, y ∈ R, donc :
p
|z| = x2 + y 2 .

La forme trigonométrique

Définition 1.0.4. Soit z = x + iy; x, y ∈ R.


On appelle argument de z l’angle entre l’axe réel et le segment [0, z] et on
note : θ = arg(z); −π <θ ≤ π. Nous voyons d’après Figure 1.1 que :
x = r cos θ,
y = r sin θ.

Figure 1.1 – Le plan complexe C

3
Donc z = r(cos θ + i sin θ). Cette écriture est appelée la forme
trigonométrique de z.
Remarque 1.0.1. L’argument d’un nombre complexe z n’est pas unique
puisque arg(z) = θ + 2kπ; −π < θ ≤ π et k ∈ Z est aussi argument de z.
Définition 1.0.5. (La formule d’Euler) Soit θ ∈ R, on note eiθ le
nombre complexe définit par :
eiθ = cos θ + i sin θ; θ ∈ R.

La forme exponentielle

Définition 1.0.6. Tout nombre complexe z s’écrit de la forme :


z = reiθ ; r = |z| et θ = arg(z).
Exemple 1.0.1. Écrire sous forme algébrique, trigonométrique et
exponentielle les nombres complexes suivants :
1) z1 = 3, 2) z2 = −i.

Solution. On a :

1) z1 = 3 : 
Re(z1 ) = 3
• z1 est écrit sous forme algébrique
Im(z1 ) = 0.

cos θ = 1
Le module |z1 | = 3 et l’argument θ vérifie :
sin θ = 0.
=⇒ θ = 0 + 2kπ ; k ∈ Z.
Donc la forme trigonométrique et la forme exponentielle de z1 sont
respectivement : 
z1 = 3 cos 0 + i sin 0 = 3ei0 .

2) z2 = −i : 
Re(z2 ) = 0
• z2 est écrit sous forme algébrique
Im(z2 ) = −1.

cos θ = 0
Le module |z2 | = 1 et l’argument θ vérifie :
sin θ = −1.
=⇒ θ = −π/2 + 2kπ ; k ∈ Z.
Donc la forme trigonométrique et la forme exponentielle de z2 sont
respectivement :h i
z2 = 1 cos(−π/2) + i sin(−π/2) = 1e−iπ/2 .

4
Chapitre 2

Les fonctions élémentaires

2.1 La fonction exponentielle ez

On définit l’exponentielle d’un nombre complexe z ; z = x + iy; x, y ∈ R


f : C → C∗
z 7→ f (z) avec f (z) = ez = ex cos y + iex sin y; x, y ∈ R.

Propriétés

1) Re(ez ) = ex cos y et Im(ez ) = ex sin y.



2) ez = ex et arg(ez ) = y + 2kπ ; k ∈ Z.
3) ez 6= 0 ; ∀z ∈ C.

2.2 Les fonctions trigonométriques

A partir de l’exponentielle ez , on définit les fonctions cosinus, sinus et


tangente :
iz −iz

 cos z = e + e

iz
2 −iz
 sin z = e − e
.

2i
sin z
tan z = ; z 6= π/2 + kπ; k ∈ Z.
cos z
La plupart des propriétés des fonctions trigonométriques réelles sont encore
valable dans le cas complexe.
1) cos2 z + sin2 z = 1 ; ∀z ∈ C.
2) cos(z1 + z2 ) = cos z1 cos z2 − sin z1 sin z2 .
3) sin(z1 + z2 ) = sin z1 cos z2 + cos z1 sin z2 .
4) cos(−z) = cos z et sin(−z) = − sin z.
5) cos z = 0 si z = π/2 + kπ et sin z = 0 si z = kπ ; k ∈ Z.
5
2.3. LES FONCTIONS HYPERBOLIQUES

Remarque 2.2.1. Pour x ∈ R les fonctions cos x et sin x sont bornées :


−1
≤ cos x ≤ 1 et −1 ≤ sin x ≤ 1. Par contre pour z ∈ C on peut avoir
cos z > 1 et sin z > 1.

2.3 Les fonctions hyperboliques

Les
 fonctions hyperboliques sont définies aussi à partir de ez :
z −z
 cosh z = e + e

z
2 −z
 sinh z = e − e
.

2
sinh z
tanh z = ; z 6= (π/2 + kπ)i; k ∈ Z.
cosh z
Les propriétés suivantes sont encore vérifiées :
1) cosh2 z − sinh2 z = 1 ; ∀z ∈ C.
2) cosh(z1 + z2 ) = cosh z1 cosh z2 + sinh z1 sinh z2 .
3) sinh(z1 + z2 ) = sinh z1 cosh z2 + cosh z1 sinh z2 .
4) cosh(−z) = cosh z et sinh(−z) = − sinh z.
5) cosh z = 0 si z = (π/2 + kπ)i et sinh z = 0 si z = kπi ; k ∈ Z.
Remarque 2.3.1. On a les relations suivantes :
1) cos(iz) = cosh z 2) sin(iz) = i sinh z

3) cosh(iz) = cos z 4) sinh(iz) = i sin z.

Propriétés

1) cos z = cos x cosh y + i(− sin x sinh y).


2) sin z = sin x cosh y + i(cos x sinh y).
3) cosh z = cosh x cos y + i(sinh x sin y).
4) sinh z = sinh x cos y + i(cosh x sin y).

6
CHAPITRE 2. LES FONCTIONS ÉLÉMENTAIRES

2.4 Le logarithme complexe

Soit z ∈ C∗ . Le logarithme complexe d’un nombre complexe z est donné


par :
log z = ln |z| + i(θ + 2kπ); k ∈ Z.
Ici −π < θ ≤ π.
Exemple 2.4.1. Calculer les nombres complexes suivants :
1) log 2, √ 2) log(1 + i),
3) log(1 + i 3), 4) log(−1).
Solution. On a

1) log 2 :
log(2) = ln |2| + i[0 + 2kπ] = ln 2 + i(2kπ) ; k ∈ Z.

2) log(1 + i) : √
log(1 + i) = ln |1 + i| + i[ π4 + 2kπ] = ln 2 + i π/4 + 2kπ ; k ∈ Z.



+ i 3) :
3) log(1 √ √
log(1 + i 3) = ln |1 + i 3| + i[ π3 + 2kπ] = ln 2 + i π/3 + 2kπ ; k ∈ Z.


4) log(−1) :
log(−1) = ln | − 1| + i[π + 2kπ] = iπ(2k + 1) ; k ∈ Z.

Exemple 2.4.2. Résoudre les équations suivantes :


1) 2i sin z + 3e−iz = i,
2) 2 cosh z + 3e−z = 2.
Solution. Résolutions d’équations :

1) 2i sin z + 3e−iz = i : 
iz −iz

e − e
2i sin z + 3e−iz = i =⇒ 2 + 3e−iz = i =⇒ eiz + 2e−iz = i
2i
×eiz
=⇒ e2iz − ieiz + 2 = 0.
Posons eiz = M ; donc : M 2 − iM + 2 = 0 =⇒ ∆ = −1 − 8 = −9 = (3i)2 .

M1 = 2i =⇒ eiz = 2i =⇒ iz = log(2i) = ln 2 + i(π/2 + 2kπ),




M2 = −i =⇒ eiz = −i =⇒ iz = log(−i) = ln 1 + i(−π/2 + 2kπ).


Donc :
π π
zk = + 2kπ − i ln 2 et zk = − + 2kπ; k ∈ Z.
2 2
7
2.4. LE LOGARITHME COMPLEXE

2) 2 cosh z + 3e−z = 2 : 
z −z

e + e
2 cosh z + 3e−z = 2 =⇒ 2 + 3e−z = 2 =⇒ ez + 4e−z = 2
2
×ez 2z
=⇒ e − 2ez + 4 = 0. √
Posons ez = M ; donc : M 2 −2M +4 = 0 =⇒ ∆ = 4−16 = −12 = (2 3i)2 .

√ √ √
 M1 = 1 + 3i =⇒ ez = 1 + 3i =⇒ z = log(1 + 3i) = ln 2 + i( π + 2kπ),

√ √ √ 3
 M2 = 1 − 3i =⇒ ez = 1 − 3i =⇒ z = log(1 − 3i) = ln 2 + i(− π + 2kπ).
3

8
Chapitre 3

Les fonctions holomorphes

Définition 3.0.1. Soit f : D → C est dite holomorphe (dérivable au sens


complexe) au point z0 si :

f (z) − f (z0 )
lim = f 0 (z0 ) = existe.
z→z0 z − z0
Ici D un domaine simplement connexe.
Exemple 3.0.1. f : C → C ; f (z) = z 2 .
Solution. On a

z 2 − z02
lim = lim (z + z0 ) = f 0 (z0 ) = 2z0 .
z→z0 z − z0 z→z0
Définition 3.0.2. Soit f : D → C est dite holomorphe sur D si elle est
holomorphe en tout point de D.
Théorème 3.0.1. (Les conditions de Cauchy-Riemann) :
Soit f : D → C
z 7→ f (z) = P (x, y) + iQ(x, y); x, y ∈ R
avec P = Re(f ) et Q = Im(f ).
∂P ∂Q


 =
f est holomorphe sur D ⇐⇒ ∂x ∂y
∂P ∂Q

 =− .
∂y ∂x
∂P ∂Q
Alors : f 0 (z) = +i .
∂x ∂x
∂P ∂P ∂Q ∂Q
Ici , , et sont continues sur D.
∂x ∂y ∂x ∂y
Exemple 3.0.2. Vérifier que les conditions de Cauchy-Riemann sont
satisfaites par les fonctions suivantes :
1) f (z) = z 2 . 2) f (z) = ez .
3) f (z) = z.

9
Solution. On a
1) f (z) = z 2 :
f (z) = z 2 = x2 −y 2 +2ixy, on peut conclure que : Re(f ) = P (x, y) = x2 −y 2
et Im(f ) = Q(x, y) = 2xy; x, y ∈ R

∂P ∂P
 

 = 2x ∂P ∂Q

 = −2y ∂P ∂Q
∂x =⇒ = et ∂y =⇒ =− .
∂Q ∂x ∂y ∂Q ∂y ∂x

 = 2x 
 = 2y
∂y ∂x
(P, Q) vérifie les conditions de Cauchy-Riemann =⇒ f est holomorphe
∀z ∈ C.

2) f (z) = ez :
f (z) = ex cos y+iex sin y, on peut conclure que : Re(f ) = P (x, y) = ex cos y
et Im(f ) = Q(x, y) = ex sin y; x, y ∈ R

∂P ∂P
 
x

 = e cos y ∂P ∂Q

 = −ex sin y ∂P ∂Q
∂x =⇒ = ∂y =⇒ = − .
∂Q

 = ex cos y ∂x ∂y  ∂Q = ex sin y ∂y ∂x
∂y ∂x
(P, Q) vérifie les conditions de Cauchy-Riemann =⇒ f est holomorphe
∀z ∈ C.
3) f (z) = z :
f (z) = x− iy =⇒ Re(g) = P (x, y) = x et Im(g) = Q(x, y) = −y.
∂P

 =1 ∂P ∂Q
Alors : ∂x =⇒ 6
= .
∂Q ∂x ∂y

 = −1
∂y
(P, Q) ne vérifie pas les conditions de Cauchy-Riemann =⇒ f n’est pas
holomorphe sur C.

Formules de dérivation
d te
1) c = 0.
dz
d df dg
2) (f + g) = + .
dz dz dz
d df dg
3) (f · g) = ·g+ · f.
dz dz dz
d  df dg  2
4) (f /g) = ·g− · f /g ; g 6= 0.
dz dz dz
d n
4) z = nz n−1 ; n ∈ N.
dz
10
CHAPITRE 3. LES FONCTIONS HOLOMORPHES

Définition 3.0.3. (Les fonctions harmoniques)


Soit P : D ⊂ R2 → R
(x, y) 7→ P (x, y) cette fonction P est harmonique sur D si elle
admet des dérivées partielles d’ordre 2 continues et satisfont l’équation de
Laplace suivante :
2 ∂ 2P ∂ 2P
∇P = + =0
∂x2 ∂y 2
Exemple 3.0.3. Démontrer que les fonctions suivantes sont harmoniques :
1) P (x, y) = x3 − 3xy 2 + x2 − y 2 ; x, y ∈ R.
2) P (x, y) = ex cos(y) x, y ∈ R.

Solution. On a
1) P (x, y) = x3 − 3xy 2 + x2 −y 2 :

∂P ∂P
= 3x2 − 3y 2 + 2x = −6xy − 2y

∂ 2P ∂ 2P
 
∂y
 
∂x
2 et =⇒ + = 0.
 ∂ P = 6x + 2. ∂ 2P ∂x2 ∂y 2
= −6x − 2.
 

∂x2 ∂y 2

2) P (x, y) = ex cos(y) : 

∂P ∂P
= ex cos(y) = −ex sin(y)

∂ 2P ∂ 2P
 
∂y
 
∂x
2 et =⇒ + = 0.
 ∂ P = ex cos(y). ∂ 2P ∂x2 ∂y 2
= −ex cos(y).
 

∂x 2 
∂y 2

Donc les deux fonctions sont harmoniques.


Remarque 3.0.1. Soit f : D → C
z 7→ f (z) = P (x, y) + iQ(x, y); x, y ∈ R
avec P = Re(f ) et Q = Im(f ).
f est holomorphe sur D =⇒ P et Q sont des fonctions harmoniques.
Remarque 3.0.2. D’un autre coté si on a une fonction P harmonique sur
partie de R2 donc on peut trouver une autre fonction harmonique s’appelle
le conjugué harmonique Q (à partir des conditions de Cauchy-Riemann)
telle que :
f (z) = P (x, y) + iQ(x, y)
est holomorphe sur D ⊂ C.

11
Exemple 3.0.4. I) Démontrer que les fonctions suivantes sont
harmoniques :
1) P (x, y) = 5x2 − 5y 2 − 3y + 1 ; x, y ∈ R.
2) P (x, y) = −y 3 + 3x2 y + 7x + 1 x, y ∈ R.

II) Trouver la fonction Q pour que f soit holomorphe ; f = P + iQ.

III) Si f (0, 0) = 1 + 2i, exprimer f (z) en fonction de z.


IV) Calculer f 0 (z) par deux méthodes.

Solution. On a
I-1) P (x, y) = 5x2− 5y 2 − 3y + 1 :

∂P ∂P
= −10y − 3


 = 10x 

∂y ∂ 2P ∂ 2P
∂x
2 et =⇒ + = 0.
 ∂ P = 10. ∂ 2P ∂x 2 ∂y 2
= −10.
 

∂x2 ∂y 2

II-1) Puisque f est holomorphe sur C alors le couple (P, Q) vérifie les
conditions de Cauchy-Riemann, c’est à dire :

∂P ∂Q


 = · · · · · (1)
∂x ∂y
∂P ∂Q

 =− · · · · · (2)
∂y ∂x
∂Q
De l’équation (1) on tire = 10x, d’où :
∂y
Z
Q(x, y) = 10x dy
= 10xy + C(x).

D’une part d’autre part on a :


(2) =⇒ −10y −Z3 = − 10y + C 0 (x) ⇐⇒ −C 0 (x) = −3


=⇒ C(x) = 3 dx = 3x + c ; c ∈ R. Finalement :

Q(x, y) = 10xy + 3x + c ; c ∈ R.
III-1) On a f (z) = f (x, y) = P (x, y) + iQ(x, y) · · · ·(3) telle que :
f (0, 0) = 1+2i =⇒ f (0, 0) = P (0, 0)+iQ(0, 0) =⇒ 1+ic = 1+2i =⇒ c = 2.
En substituant ceci dans (3), on obtient :

f (z) = 5x2 − 5y 2 − 3y + 1 + i(10xy + 3x + 2)


= 5z 2 + 3iz + 1 + 2i.
12
CHAPITRE 3. LES FONCTIONS HOLOMORPHES

IV-1) La dérivée de f :

Méthode 01(directe) : f 0 (z) = 10z + 3i, ∀z ∈ C.

Méthode 02 : Puisque f est holomorphe sur C donc :


∂P ∂Q
f 0 (z) = +i
∂x ∂x
= 10x + i(10y + 3)
= 10z + 3i.
I-2) P (x, y) = −y 3 + 3x 2
 y + 7x + 1 :

∂P ∂P
= −3y 2 + 3x2


 = 6xy + 7 

∂y ∂ 2P ∂ 2P
∂x2 et 2 =⇒ + = 0.
∂ P ∂ P ∂x 2 ∂y 2
= 6y. = 6y.

 

∂x2 ∂y 2

II-2)
∂Q
De l’équation (1) on tire = 6xy + 7, d’où :
∂y
Z
Q(x, y) = (6xy + 7) dy
= 3xy 2 + 7y + C(x).
D’une part d’autre part on a :
(2) =⇒ −3y 2 + 3xZ2 = − 3y 2 + C 0 (x) ⇐⇒ −C 0 (x) = 3x2


=⇒ C(x) = − 3x2 dx = −x3 + c ; c ∈ R. Finalement :

Q(x, y) = −x3 + 3xy 2 + 7y + c ; c ∈ R.


III-2) On a f (z) = f (x, y) = P (x, y) + iQ(x, y) · · · ·(3) telle que :
f (0, 0) = 1+2i =⇒ f (0, 0) = P (0, 0)+iQ(0, 0) =⇒ 1+ic = 1+2i =⇒ c = 2.
En substituant ceci dans (3), on obtient :
f (z) = −y 3 + 3x2 y + 7x + 1 + i(−x3 + 3xy 2 + 7y + 2)
= −iz 3 + 7z + 1 + 2i.
IV-2) La dérivée de f :

Méthode 01(directe) : f 0 (z) = −3iz 2 + 7, ∀z ∈ C.

Méthode 02 : Puisque f est holomorphe sur C donc :


∂P ∂Q
f 0 (z) = +i
∂x ∂x
= 6xy + 7 + i(−3x2 + 3y 2 )
= −3iz 2 + 7.

13
14
Chapitre 4

Les séries entières et les fonctions


analytiques

4.1 Les séries entières

Définition 4.1.1. On appelle série entière de la variable complexe z, toute


série de la forme :
X+∞
an z n .
n=0
a0 , . . . ,an : appelés coefficients de la série ; (an )n ⊂ C.

Généralités

Soit z ∈ C et R > 0. On pose :


 n o
1) D 0, R = z ∈ C/ |z| < R .
 n o
2) D 0, R = z ∈ C/ |z| ≤ R .
 n o
3) C 0, R = z ∈ C/ |z| = R .
 n o
4) D z0 , R = z ∈ C/ |z − z0 | < R avec z0 ∈ C.
+∞
X
Théorème 4.1.1. Soit an z n la série entière. Il existe un seul nombre
n=0
réel positif fini ou infini R qui vérifie les propriétés suivantes :

 Si |z| < R, la série converge
Si |z| > R, la série diverge
Si |z| = R, On ne peut rien dire.

15
4.1. LES SÉRIES ENTIÈRES

Définition 4.1.2. (Détermination de rayon de convergence) :


+∞
X
Soit an z n une série entière.
n=0
an+1
lim =l


an

 n−→+∞ 1
Si ou bien =⇒ R = .

 p l

 lim n |a | = l
n
n−→+∞

+∞
X
Théorème 4.1.2. Soit R le rayon de convergence de an z n , alors :
n=0

1) Si R = 0 ⇒ D = {0},
2) Si R = +∞ ⇒ D = C.

Exemple 4.1.1. Pour les séries entières suivantes, déterminer le rayon


de convergence R et le domaine de convergence D :
+∞ +∞ n+1
X
n
X i
1) z , 2) zn,
n=0 n=0
n!

Solution. Le but est de calculer le rayon de convergence R et après on


conclut le le domaine de convergence D.
+∞
X
1) zn :
n=0

1 an+1 1
= lim = lim = 1 =⇒ R = 1.
R n−→+∞ an n−→+∞ 1

1-b) Le domaine de convergence D : P


+∞ n
Remarque : Pour une série entière n=0 an z ; de rayon convergence
0 < R < +∞, on a :

 Si |z| < 1, la série converge
Si |z| > 1, la série diverge
Si |z| = 1, On ne peut rien dire.

X
Si |z| = 1 =⇒ lim |z n | = 1 6= 0 ⇒ z n diverge si |z| = 1.
n−→+∞
Donc le domaine de convergence est :
 n o
D 0, 1 = z ∈ C/ |z| < 1 .

16
CHAPITRE 4. LES SÉRIES ENTIÈRES ET LES FONCTIONS ANALYTIQUES

+∞ n+1
X i
2) zn :
n!
n=0

an+1 n! 1
lim = lim = lim = 0 =⇒ R = +∞.
n−→+∞ an n−→+∞ (n + 1)n! n−→+∞ n + 1

Donc le domaine de convergence est C.

4.1.1 Propriétés des séries entières


+∞
X
Théorème 4.1.3. La somme d’une série entière an z n de rayon de
n=0
convergence R > 0 est une fonction
 continue et holomorphe à l’intérieur
de disque de convergence D 0, R .
Exemple 4.1.2. Calculer la somme de cette série entière :
+∞
X
zn.
n=0

Solution. On va calculer la somme sur le domaine de convergence : 


C’est une série géométrique de raison q = z qui converge ∀z ∈ D 0, 1 .
+∞
X 1
zn = ; ∀|z| < 1.
n=0
1−z

4.2 Les fonctions analytiques

Définition 4.2.1. (Développement en séries entières)


Soit f : D → C. On dit que f est développable en série entière s’il existe
R > 0 tel que :
+∞
X
an z n ; ∀x ∈ D 0, R .

f (z) =
n=0
+∞
X
Proposition 4.2.1. Soit an z n une série entière de rayon de
n=0
convergence R > 0 et soit : f : D → C la fonction à variable complexe z
+∞
X
définie par : f (z) = an z n . Alors :
n=0
+∞ (n)
X f (0)
zn;

f (z) = ∀z ∈ D 0, R .
n=0
n!

17
4.2. LES FONCTIONS ANALYTIQUES

Exemple 4.2.1. Développer les fonctions suivantes en séries entières :


1 1
1) f (z) = , 2) f (z) = , 3) f (z) = ez ,
1+z 2 − 3z
4) f (z) = sin z, 5) f (z) = cos z.

Solution. On va développer les fonctions suivantes en séries entières :


1
1) f (z) = :
1+z
+∞
1 X
ωn,

Soit ω ∈ D 0, 1 . On sait que : = si |ω| < 1.
1−ω n=0
+∞
1 1 ω=−z
X
= = (−z)n si | − z| < 1
1+z 1 − (−z) n=0

+∞
X
=⇒ f (z) = (−1)n · z n si |z| < 1.
n=0
1
2) f (z) = :
2 − 3z
 
+∞  n
1 1 1  ω= 3z2 1 X 3z 3z
=  = si < 1
2 − 3z 2 3z  2 n=0 2 2
1−
2
+∞ n
X 3 · zn 2
=⇒ f (z) = si |z| < .
n=0
2n+1 3

3) f (x) = ez :
On peut appliquer ici la Proposition 4.2.1. On obtient le suivant :
Puisque : f (n) (z) = ez ⇒ f (n) (0) = 1. Donc :

+∞ n
x
X z
e = ; ∀z ∈ C.
n=0
n!

4) sin z et cos z :
On va utiliser ici la formule d’Euler :

eix = cos x + i sin x; ∀x ∈ R.


18
CHAPITRE 4. LES SÉRIES ENTIÈRES ET LES FONCTIONS ANALYTIQUES

Alors :
+∞ +∞ n
ix
X (ix)n X i
e = = xn
n=0
n! n=0
n!
+∞ +∞
X i2p 2p X i2p+1
= x + x2p+1
p=0
(2p)! p=0
(2p + 1)!
+∞ +∞
X (−1)p 2p X (−1)p 2p+1
= x +i x
p=0
(2p)! p=0
(2p + 1)!
+∞ +∞
(−1)n 2n
X X (−1)n 2n+1
= x +i x .
n=0
(2n)! n=0
(2n + 1)!
 +∞
 +∞
n
 X (−1) 2n  X (−1)n 2n
cos x = x cos z = z

 

(2n)! (2n)!

 

n=0 n=0
Donc : +∞ n
=⇒ +∞
 X (−1) X (−1)n 2n+1
x2n+1 .

sin x = sin z = z .

 

(2n + 1)! (2n + 1)!

 

n=0 n=0

Définition 4.2.2. Soit f : D → C


z 7→ f (z).
f est dite analytique sur D ⇐⇒ f est développable en série entière.
Exemple 4.2.2.
 On a
1) f : D 0, 1 → C
1
z 7→ f (z) = .
1−z
2) f : C → C∗
z 7→ f (z) = ez .
sont des fonctions analytiques sur leurs domaines.

19
4.2. LES FONCTIONS ANALYTIQUES

20
Chapitre 5

Intégration complexe et Formule


Intégrale de Cauchy

5.1 Intégrales curvilignes

Définition 5.1.1. Soit f une fonction continue en tout point d’une courbe
”C”. On note l’intégrale :
Z
f (z) dz.
C
A et B sont appelés l’origine et l’extrémité de chemin ”C” respectivement.

Figure 5.1 – Le chemin C

5.1.1 Propriétés sur les intégrales

Soit f et g deux fonctions continues le long de chemin ”C”. Alors :


Z Z Z
1) [f (z) ± g(z)] dz = f (z) dz ± g(z) dz.
C C C
Z Z
2) λ · f (z) dz = λ f (z) dz ; λ ∈ C.
C C
Z Z Z
3) f (z) dz = f (z) dz + f (z) dz.
C1 +C2 C1 C2

Définition 5.1.2. Soit D ⊆ C et ”C” le chemin représenté par


l’application suivante : z : [a, b] → C
t 7→ z(t).
Ici z(a) = A et z(b) = B l’origine et l’extrémité de chemin ”C”
21
5.1. INTÉGRALES CURVILIGNES

respectivement et f : D → C une fonction continue, donc :


Z Z b
f (z) dz = f [z(t)] z 0 (t) dt.
C a
D un domaine simplement connexe.
Définition 5.1.3. Un chemin ”C” est dit fermé si son origine coı̈ncide
avec son extrémité ”z(a) = z(b)”. Ici z : l’application reliée à ”C”.
Exemple 5.1.1. Voila les exemples des chemins fermés :

Remarque 5.1.1. Le chemin [z0 , z1 ] ; z0 ,z1 ∈ C.


Le chemin ”C” est un segment de droite donc :
z : [0, 1] → C
t 7→ z(t) = (1 − t)z0 + tz1 .
Ici z(0) = z0 et z(1) = z1 .
Remarque 5.1.2. Le chemin C est un cercle de centre a0 et de rayon R.
On note C(a0 , R) ; a0 ∈ C et R > 0 donc :
z : [0, 2π] → C
θ 7→ z(θ) = a0 + Reiθ .
z(0) = z(2π) =⇒ le cercle C est un chemin fermé.
Exemple
Z 5.1.2. Calculer les intégrales curvilignes suivantes :
1) Im(z) dz ; où C : est le segment de droite [0, 1 + i].
ZC
2) z dz ; où C : est le cercle |z| = 2.
C

Solution. On a
Z
1) Im(z) dz ; où C : est le segment de droite [0, 1 + i].
C

z : [0, 1] → C
t 7−→ z(t) = (1 − t)(0) + t(1 + i) = t + it et ceci implique que :
dz = (1 + i) dt et Im(z) = t. Donc on obtient :
22
CHAPITRE 5. INTÉGRATION COMPLEXE ET FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY

Z Z 1
Im(z) dz = t(1 + i) dt
C 0
Z 1
= (1 + i) t dt
0
1 1
= + i.
2 2
Z
2) z dz ; où C : est le cercle |z| = 2.
C
z : [0, 2π] → C
θ 7−→ z(θ) = 2eiθ et ceci implique que :
dz = 2ieiθ dθ et z = 2e−iθ . Donc on obtient :

Z Z 2π
z dz = 2e−iθ 2ieiθ dθ
C
Z0 2π
= 4i dθ
0
= 8πi.
Théorème 5.1.1. (Théorème de Cauchy) : Soit f : int(C) → C une
fonction holomorphe (analytique) et C un chemin fermé, donc :
Z
f (z) dz = 0.
C

5.2 La Formule Intégrale de Cauchy

Théorème 5.2.1. : Soit f : int(C) → C une fonction holomorphe


(analytique), C un chemin fermé simple et a ∈ int(C), donc :
Z
f (z)
dz = 2πif (a).
C z−a

Exemple 5.2.1. Calculer ces intégrales en utilisant la formule intégrale


de Cauchy
Z :
z
1) dz.
|z|=2 z − i
ez
Z
2) 2−1
dz.
Z|z−1/2|=1 z
cos πz
3) 2
dz.
|z|=3 z − 3z + 2

23
5.2. LA FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY

Solution. On a

1) On a la fonction f (z) = z qui est holomorphe à int(C) car f 0 (z) = 1


et C est un chemin fermé car C = C(0, 2).

?
i ∈ int(C)

On a : i = 1 < 2 =⇒ i ∈ int(C). Donc :

Z
z 
dz = 2πif i = −2π.
C z−i
Z z
e
2) 2
dz
|z−1/2|=1 z − 1
z 2 − 1 = (z − 1)(z + 1). Donc on a deux problèmes a0 = 1 et a1 = −1. Il
reste de vérifier que :

?
a0 , a1 ∈ int(C)

|1 − 1/2| = |1/2| = 1/2 < 1 =⇒ 1 ∈ int(C)
Donc la fonction
| − 1 − 1/2| = | − 3/2| = 3/2 > 1 =⇒ −1 ∈/ int(C)
ez
f (z) = qui est holomorphe à int(C) car −1 ∈
/ int(C) et C est un
z+1
chemin fermé ; C = C(1/2, 1). Donc :

ez
Z Z z
e /(z + 1)
2
dz = dz
C z −1 C z−1
= 2πif (1) = eπi.
Z
cos πz
3) 2
dz
|z|=3 z − 3z + 2
cos πz
On a : g(z) = 2 est holomorphe si z 6= 1 et z 6= 2.
z − 3z + 2

1 , 2 ∈ int(C) ; C : |z| = 3 ?


|1| = 1 < 3 =⇒ 1 ∈ int(C)
|2| = 2 < 3 =⇒ 2 ∈ int(C)
1
Donc il faut décomposer en deux éléments simples.
z2 − 3z + 2

24
CHAPITRE 5. INTÉGRATION COMPLEXE ET FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY

1 a b 1 1
= + = − .
(z −Z1)(z − 2) z − 2 z − Z 1 z − 2 zZ − 1
cos πz cos πz cos πz
=⇒ dz = dz − dz
C (z − 1)(z − 2) C z − 2 C z − 1
f (z) = cos πz est holomorphe car f 0 (z) = −π sin πz à l’intérieur de C qui
est un chemin fermé (cercle). Donc :

Z Z Z
cos πz cos πz cos πz
2
dz = dz − dz
C z − 3z + 2 C hz − 2 C z− 1
i
= 2πi cos(2π) − cos(π) = 4πi.

Remarque 5.2.1. Dans le cas général, on a :


f (n) (a)
Z
f (z)
n+1
dz = 2πi .
C (z − a) n!
Ici f : int(C) → C une fonction holomorphe (analytique), C un chemin
fermé, a ∈ int(C) et n ∈ N.
Exemple 5.2.2. Calculer l’intégrale suivante :

ez
Z
3
dz; C : |z + i| = 2.
C (z − 1)
Solution. On a
On a la fonction f (z) = ez qui est holomorphe à int(C) car f 0 (z) = ez et
C est un chemin fermé car C = C(−i, 2).
?
1 ∈ int(C)

On a : |1 + i| = 2 < 2 =⇒ 1 ∈ int(C). Donc on peut appliquer la formule
précédente en remplaçant n par 2 :
ez ez
Z Z
3
dz = 2+1
dz
C (z − 1) C (z − 1)
00
f (1)
= 2πi = eπi.
2!

25
5.2. LA FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY

26
Chapitre 6

Applications

Théorème 6.0.1. (Théorème de Liouville) : Si f est holomorphe


(analytique) sur C et |f | ≤ M alors f est constante.
Démonstration. Soit z ∈ C

n! Z f (s) n! M
(n)
f (z) = ds ≤ 2πr

2πi C (s − z)n+1 2π rn+1

(n) n!

C c’est un cercle |s − z| = r, alors : f (z) ≤ n M .
r
0 M
Pour n = 1 on obtient : f (z) ≤ .
0
r
Si r → +∞, alors f (z) = 0 ∀z ∈ C. Donc f est constante.

6.1 Théorème des Résidus


6.1.1 Les Pôles
g(z)
Soit f (z) = ; z ∈ D/{a} .
(z − a)m
a est un pôle d’ordre m ⇐⇒ g(a) 6= 0.
Ici f : D/{a} → C une fonction holomorphe (analytique).
g(z)
Remarque 6.1.1. Soit f (z) = ; g(a) 6= 0.
(z − a)m
Si m = 1 =⇒ a est un pôle simple.
Si m = 2 =⇒ a est un pôle double.
Si m = 3 =⇒ a est un pôle triple.

Exemple 6.1.1. Déterminer les pôles des fonctions suivantes avec l’ordre
de multiplicité :
1 z2 + z ez (z − 1)
1) f (z) = . 2) g(z) = 2 . 3) h(z) = 4 .
(z − 2)(z − 3) (z − 1)3 (z − 1)2

27
6.1. THÉORÈME DES RÉSIDUS

Solution. On a
1) Pour la fonction f : 2 est un pôle simple m = 1 et 3 est un pôle simple
m = 1.
z2 + z z
2) On sait que : g(z) = 2 3
= . Donc :
(z − 1) (z + 1) (z − 1)3
2
−1 est un pôle double m = 2 et +1 est un pôle triple m = 3.
ez (z − 1) ez
3) h(z) = 4 = . Donc :
(z − 1)2 (z − 1)(z + 1)2 (z + i)2 (z − i)2
1 est un pôle simple m = 1, −1 est un pôle double m = 2, −i est un pôle
double m = 2 et +i est un pôle double m = 2.

6.1.2 Les Résidus

Le résidu est un nombre complexe qui vérifié :


Z
1 f (z)
Res(g, a) = f (a) = dz.
2πi C z − a
Ici a ∈ int(C).
g(z)
Soit f (z) = ; g(a) 6= 0. Donc :
(z − a)m
1 h
m
i(m−1)
Res(f, a) = lim (z − a) f (z) .
(m − 1)! z−→a
Ici a est un pôle d’ordre m.

Premier cas. Si m = 1 :
Res(f, a) = lim (z − a)f (z) = g(a).
z−→a

Deuxième cas. Si m = 2 :

dh 2
i 0
Res(f, a) = lim (z − a) f (z) = g (a).
z−→a dz
Troisième cas. Si m = 3 :

1 d2 h i g 00 (a)
3
Res(f, a) = lim (z − a) f (z) = .
2! z−→a dz 2 2
Exemple 6.1.2. Calculer les résidus des fonctions suivants :
z3
1) f (z) = .
z + iz
e
2) f (z) = .
(z − 1)2
z2
3) f (z) = .
(z + 2)3

28
CHAPITRE 6. APPLICATIONS

Solution. On a

z3
1) f (z) = .
z+i
Ici a = −i et m = 1. Alors :
Res(f, −i) = lim (z + i)f (z) = i.
z−→−i
z
e
2) f (z) = .
(z − 1)2
Ici a = 1 et m = 2. hAlors :
d 2
i
Res(f, 1) = lim (z − 1) f (z) = e.
z−→1 dz
z2
3) f (z) = .
(z + 2)3
Ici a = −2 et m = 3. Alors :
1 d2 h 3
i
Res(f, −2) = lim (z + 2) f (z) = 1.
2! z−→−2 dz 2
Théorème 6.1.1. (Théorème des Résidus) : Soit f : int(C) → C une
fonction holomorphe sauf en un nombre fini de points a1 , a2 , . . ., an et C
un chemin fermé. Alors :
Z n
X
f (z) dz = 2πi Res(f, ak ).
C k=1

Ici a1 , a2 , . . ., an ∈ int(C).
Exemple 6.1.3. Calculer l’intégrale suivante avec le théorème des
résidus :
Z
1
2 3
dz; C : |z| = 2.
C z (z − 1)

Solution. On a
1
f (z) = 2 est holomorphe si z 6= 0 et z 6= 1, alors 0 est un pôle
z (z − 1)3
double et 1 est un pôle triple. Donc :
Z  
1
2 3
dz = 2πi Res(f, 0) + Res(f, 1) .
C z (z − 1)

dh 2 i
Res(f, 0) = lim z f (z) = −3.
z−→0 dz

1 d2 h 3
i
Res(f, 1) = lim (z − 1) f (z) = 3.
2! z−→1 dz 2
Donc : Z
1  
2 (z − 1)3
dz = 2πi − 3 + 3 = 0.
C z
29
6.2. APPLICATIONS DU CALCUL DES RÉSIDUS

6.2 Applications du calcul des Résidus


Z 2π
6.2.1 Intégrales de la forme R(cos θ, sin θ) dθ
0

L’idée
Z 2π principale est de convertir l’intégrale trigonométrique de la forme
R(cos θ, sin θ) dθ en une intégrale complexe sur un chemin qui est le
0
cercle unité |z| = 1. La paramétrisation d’un cercle est z = eiθ ; θ ∈ [0, 2π].
z + z −1 z − z −1 dz
Donc : cos θ = , sin θ = et dθ = .
2 2i iz
L’intégrale devienne :
! n
−1 −1
z−z
Z
z+z dz X
R , = 2πi Res(f, ak )
|z|=1 2 2i iz
k=1

avec a1 , a2 , . . ., an ∈ int(C) ⇐⇒ |ak | < 1 ∀n ∈ {1, . . . , n}.


Remarque 6.2.1. R est une fonction rationnelle.
Exemple 6.2.1. Calculer les intégrales suivantes avec le théorème des
résidus
Z 2π : Z 2π
dθ dθ
1) , 2) .
0 5 + 3 sin θ 0 2 + cos θ
Solution. On a
Z 2π

1) :
0 5 + 3 sin θ
Z 2π Z Z
dθ dz/iz 1
= −1 )/2i
= 2 2 + 10iz − 3
dz.
0 5 + 3 sin θ C 5 + 3(z − z C 3z
Où C est le cercle unité. La fonction à intégrer présente deux pôles
simples :
3z 2 + 10iz − 3 = 0 =⇒ ∆ = −100 + 36 = −64 = (8i)2 .

 z1 = −10i + 8i = − i

6 3
−10i − 8i
 z2 =
 = −3i ∈ / int(C)
6 !
i i 1

Seul le pôle − est à l’intérieur de C car − = < 1 .
3 3 3
1 i
f (z) = 2 . Alors nous devons calculer le résidu en − :
3z + 10iz − 3 3
 (z + i/3) 1
Res f, −i/3 = lim = .
z−→−i/3 3(z + 3i)(z + i/3) 8i
30
CHAPITRE 6. APPLICATIONS

D’où :

Z 2π Z

= 2 f (z) dz
0 5 + 3 sin θ C 
= 2 · 2πi · Res f, −i/3
π
= .
2
Z 2π

2) :
0 2 + cos θ
Z 2π Z Z
dθ dz/iz 2 1
= −1
= 2
dz.
0 2 + cos θ C 2 + (z + z )/2 i C z + 4z + 1
Où C est le cercle unité. La fonction à intégrer présente deux pôles
simples : √
z 2 + 4z + 1 = 0 =⇒ ∆ = 16 − 4 = 12 = (2 3)2 .



−4 + 2 3
 z1 = = −2 + 3

2 √
−4 − 2 3 √
= −2 − 3 ∈

z =
2 / int(C)
2 √  √ √ 
Seul le pôle −2 + 3 est à l’intérieur de C car | − 2 + 3| = 2 − 3 < 1 .
1 √
f (z) = 2 . Alors nous devons calculer le résidu en −2 + 3 :
z + 4z + 1

√  (z + 2 − 3) 1
Res f, −2 + 3 = lim √ √ √ = √ .
z−→−2+ 3 (z + 2 − 3)(z + 2 + 3) 2 3
D’où :

Z 2π Z
dθ 2
= f (z) dz
0 2 + cos θ i C
2 √ 
= · 2πi · Res f, −2 + 3
i

= √ .
3
Z +∞
6.2.2 Intégrales de la forme f (x) dx
−∞

P (z)
Soit f (z) = où P et Q sont des polynômes premiers entre eux. Aucun
Q(z)
des zéros de Q n’étant réel. Supposons en outre que l’on ait :
deg Q ≥ 2 + deg P.
31
6.2. APPLICATIONS DU CALCUL DES RÉSIDUS

La formule suivante est valable, les ak étant les zéros de Q ; Im(ak ) > 0.
Z +∞ n
X 
f (x) dx = 2πi Res f, ak . (6.1)
−∞ k=1

Exemple 6.2.2. Calculer les intégrales suivantes avec le théorème des


résidus
Z +∞: Z +∞
dx dx
1) 2
, 2) 2 2
.
−∞ x + 1 −∞ (x + 4)
Solution. On a
Z +∞
dx
1) 2
:
−∞ x + 1
1
f (z) = 2 . Donc : P (z) = 1 et Q(z) = z 2 + 1 et
z +1
deg Q = 2 ≥ 2 + deg P = 2 + 0 = 2. Les racines de Q sont i et −i donc
aucune n’est réelle, la formule 6.1 est donc applicable.
Seul le pôle i a de partie imaginaire strictement positive car Im(i) = 1 > 0.
Alors nous devons calculer le résidu en i :

 1 1
Res f, i = lim = .
z−→i z + i 2i
D’où :
Z +∞
dx 
= 2πi · Res f, i = π.
−∞ x2 + 1
Z +∞
dx
2) :
−∞ (x2
+ 4)2
1
f (z) = 2 2
. Donc : P (z) = 1 et Q(z) = (z 2 + 4)2 et
(z + 4)
deg Q = 4 > 2 + deg P = 2 + 0 = 2. Les racines de Q sont 2i et −2i donc
aucune n’est réelle, la formule 6.1 est donc applicable. Seul le pôle 2i a
de partie imaginaire strictement positive car Im(2i) = 2 > 0. Alors nous
devons calculer le résidu en 2i qui est un pôle double :

" #
 1 d 1 −2 2
Res f, 2i = lim = lim = .
1! z−→2i dz (z + 2i)2 z−→i (z + 2i)3 27i
Z +∞
dx  4π
D’où : = 2πi · Res f, 2i = .
−∞ (x2 + 4)2 27

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