Notes de Cours
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Analyse numérique
E. ZAOUI
c École Nationale Supérieure des Mines de Rabat
2017
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Table des matières
1 Interpolation polynômiale 4
1.1 Objectif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Existence et unicité du polynôme d’interpolation . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Méthodes de construction du polynôme d’interpolation . . . . . . . . . . 5
1.3.1 Interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.2 Polynôme de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.3 Algorithme de Neville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Erreur d’interpolation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Interpolation d’Hermite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.6 Approximation au sens des moindres carrés discrète . . . . . . . . . . . . 9
1.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2 Intégration numérique 13
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 Intégration numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.1 Formules de Newton-Côtes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.2 Méthode de Romberg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2.3 Quadratures de Gauss - Legendre . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3 Équations différentielles 22
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2 Méthodes numériques de résolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2.1 Méthode d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.2.2 Méthode de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2.3 Méthodes de Runge-Kutta . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.3 Systèmes d’équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4 Équations d’ordre supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2
4.3.3 Décomposition LU . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.3.4 Méthode de Choleski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
4.3.5 Système tridiagonal - Méthode de Thomas . . . . . . . . . . . . . 34
4.4 Méthodes itératives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.4.1 Méthode de Jacobi - algorithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3
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Chapitre 1
Interpolation polynômiale
1.1 Objectif
Dans ce chapitre, nous considérons le problème d’interpolation suivant :
Soit f une fonction connue seulement en (n + 1) (n ∈ N∗ ) points de la forme (xi , f (xi ))
pour i = 0, 1, 2, . . . , n.
On cherche un interpolant (une fonction) p qui vérifie :
p(xi ) = f (xi ), i = 0, . . . , n.
Restrictions :
L’interpolant p devrait être :
1) explicite et facilement calculable,
2) facile à dériver et intégrer,
3) appartenir à une classe de fonctions suffisamment riche pour assurer l’approxi-
mation précise et efficace de toute fonction f soit possible.
Remarque 1 -
Les fonctions les plus faciles à évaluer sont les fonctions polynômes.
4
Théorème 2 Par les (n + 1) points d’interpolation (xi , f (xi ))i=0,...,n , on ne peut faire
correspondre qu’un unique polynôme de degré n vérifiant pn (xi ) = f (xi ) pour i = 0, ..., n.
Exercice 1 -
Pour démontrer l’existence et l’unicité du polynôme d’interpolation, résoudre le système
i=n
nX
ai xji = f (xi ), 0≤i≤n
i=0
i=n
X
pn (x) = f (xi )Li (x),
i=0
où
n
Y (x − xj )
Li (x) = .
j=0, j6=i
(xi − xj )
Exemple 1.3.1 Donner le polynôme de degré 1 qui passe par les points (0, 1) et (1, 2).
Exemple 1.3.2 Trouvez l’interpolant polynomial pour les 3 points d’interpolation : (0, 1),
(1, 2) et (2, 9).
Exemple 1.3.3 Trouvez l’interpolant polynomial pour les 4 points d’interpolation : (0, 1),
(1, 2), (2, 9), (3, 28) ?
Remarque 2 -
La méthode de Lagrange ne nous permet en aucun cas d’obtenir le polynôme pn+1 de
degré (n + 1)(en ajoutant un point d’interpolation) à partir du polynôme pn déjà calculé.
Autrement dit, cette méthode n’est pas récursive.
Exercice 2 -
Montrer que les polynômes (Li )0≤i≤n forment une famille libre et déduire que c’est une
base de l’espace vectoriel Pn des fonctions polynômes sur R à coefficients réels de degré
inférieur ou égal à n.
5
1.3.2 Polynôme de Newton
Cette fois-ci, on écrit le polynôme pn (x) dans la base de Newton :
Il est claire que pn (x) est un polynôme de degré n (le coefficient de bn comporte n
monômes de la forme (x − xi )).
De même, on trouve b1 :
f (x1 )−f (x0 )
pn (x1 ) = b0 + b1 (x1 − x0 ) = f (x1 ) ⇒ b1 = x1 −x0
.
f [xi ] = f (xi ).
Définition 2 Les premières différences divisées de la fonction f (x) sont définies par :
f (xi+1 ) − f (xi )
f [xi , xi+1 ] = .
xi+1 − xi
Définition 3 Les deuxièmes différences divisées de la fonction f (x) sont définies à partir
des premières différences divisées par la relation :
f [xi+1 , xi+2 ] − f [xi , xi+1 ]
f [xi , xi+1 , xi+2 ] = .
xi+2 − xi
D’une façon générale, les k-èmes différences divisées de la fonction f (x) sont définies à
partir des (k-1)-èmes différences divisées par la relation :
f [xi+1 , . . . , xi+k ] − f [xi , . . . , xi+k−1 ]
f [xi , xi+1 , . . . , xi+k ] = .
xi+k − xi
6
Théorème 3 -
Dans la base de Newton, l’unique polynôme de degré n qui passe par les (n + 1) points
d’interpolation (xj , f (xj )) pour j = 0, . . . , n) vérifie la relation :
bi = f [x0 , x1 , . . . , xi ] 0 ≤ i ≤ n.
Remarque 4 -
Une fois les coefficients f [x0 , . . . , xi ] sont connus, on peut utiliser par exemple le schéma
d’Hörner pour évaluer le polynôme d’interpolation :
Exemple 1.3.5 Trouvez la forme de Newton du polynôme d’interpolation pour les données
xk 1 2 4 5
f (xk ) 4 16 106 208
Théorème 4 Soient f une fonction définie sur l’ensemble {x0 , x1 , . . . , xk } et xi , xj deux points
distincts de cet ensemble. Alors, le polynôme
(x − xj )P0,1,...,j−1,j+1,...,k (x) − (x − xi )P0,1,...,i−1,i+1,...,k (x)
P (x) =
xi − xj
7
Algorithme de Neville
Notons par Qij (x) pour 0 ≤ j ≤ i, le polynôme qui interpole f en {xi−j , . . . , xi }
Théorème 5 Soient x0 < x1 < . . . < xn des points d’interpolations d’un intervalle [a, b]
et f une fonction (n + 1) fois dérivable sur [a, b]. Alors, pour tout x de [a, b], il existe ξx ∈
] min (x, x0 ), max (x, xn )[ tel que :
f (n+1) (ξx )
En (x) = (x − x0 )(x − x1 ) . . . (x − xn ) (∗)
(n + 1)!
Remarque 5 -
1) En (xi ) = 0, ∀i ∈ {0, . . . , n} ;
2) ξx est aussi inconnu et varie avec x ;
3) Comme l’erreur en point x fait intervenir des coefficients de la forme x − xi , il y a
intérêt de prendre les xi qui sont situés le plus près possible du point x. Il n’est pas
nécessaire d’utiliser tous les points disponibles.
4) La fonction (x − x0 ) . . . (x − xn ) est un polynôme de degré (n + 1) qui peut osciller avec
de fortes amplitudes, d’où le risque de grandes erreurs.
Théorème 6 -
Soient x0 < x1 < . . . < xn (n + 1) points et f une fonction n fois continûment dérivable La
n-ème différence divisée vérifie :
f (n) (µ)
f [x0 , . . . , xn ] =
n!
où µ ∈]x0 , xn [.
8
Problème :
Étant donné une tolérance tol (), on cherche une approximation pn (x) telle que
Exemple 1.4.1 Trouvez le polynôme d’interpolation de degré le plus bas possible de telle sorte
que l’erreur d’approximation de f (0.4) soit inférieure à 0.15
p(j)
m (xi ) = f
(j)
(xi ) 0 ≤ i ≤ n et 0 ≤ j ≤ ki .
9
Par la suite on prend ω(x) = 1. Soit l ≤ n, pour trouver le polynôme p∗ de degré l qui
approxime au sens des moindres carrées la fonction f , on doit déterminer les coefficients qui
minimisent l’écart :
n
X
E(a) = (yi − pl (xi ))2
n l n
∂E j
xj+k
X X X
=− yi x i + ak i = 0, j = 0, . . . , l.
∂aj
i=0 k=0 i=0
Théorème 8 -
Pl xi i(0 ≤ i ≤ n) sont deux à deux disjoints, alors il existe un polynôme unique
Si les points
q̄(x) = i=0 āi x de degré ≤ n qui rend minimale la quantité :
n X
X l
E(a) = ( ai xi − yi )2 , (a0 , . . . , al ) ∈ Rl+1 .
i=0 i=0
où
n
X n
X
Sk = xki , vk = yi xki .
i=0 i=0
1.7 Exercices
Exercice 1
Le tableau suivant contient les valeurs d’une fonction f (x) aux 4 noeuds x0 , x1 , x2 et x3 .
x x0 = 1 x1 = 2 x3 = 4 x4 = 5
f (x) 0 4 3 2
10
a) Trouvez la forme de Newton de l’interpolant polynômial de degré 2 pour f aux noeuds
x0 , x1 , x2 .
b) Trouvez la forme de Lagrange de l’interpolant polynômial de degré 2 pour f aux noeuds
x1 , x2 , x3 .
c) Déduire la forme de l’interpolant polynômial de degré 3 pour f aux noeuds x0 , x1 , x2 , x3 .
Exercice 2
Une fonction f a été évaluée en 5 points et les valeurs suivantes ont été obtenues :
Exercice 3
On souhaite concevoir un virage d’une voie de chemin de fer entre les points (0, 0) et (1, 1).
Le virage est décrit par une courbe de la forme y = f (x) qui satisfait :
f (0) = 0, f (1) = 1.
De plus, pour assurer une transition en douceur, la pente de la courbe doit satisfaire :
1
f 0 (0) = 0 et f 0 (1) = .
3
On représente la courbe à l’aide d’un polynôme dans l’intervalle [0, 1].
a) Quel est le degré minimale que ce polynôme devra avoir pour remplir toutes les condi-
tions ?
b) Calculer ce polynôme.
Exercice 4
Soient les valeurs du tableau suivant que l’on a obtenues en mesurant la vitesse d’un véhicule
(en km/h) toutes les 5 secondes :
temps (secondes) 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
vitesse (km/h) 55 60 58 54 55 60 54 57 52 49
11
— En utilisant la fonction polynew.sci, calculer le polynôme d’interpolation de degré 9
passant par les données du tableau et tracer sur le même graphique le polynôme obtenu
et les données expérimentales.
— Utiliser le polynôme obtenu à la question (a) pour estimer la valeur de la vitesse au
temps t = 42.5s.
12
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Chapitre 2
Intégration numérique
2.1 Introduction
Le contenu de ce chapitre prolonge celui du chapitre précédent. Dans l’interpolation, on
cherchait à évaluer une fonction f connue seulement en quelques points. Dans le présent cha-
pitre, le problème consiste à trouver des approximations des intégrales de la forme
Z b
f (x)dx.
a
13
2.2 Intégration numérique
Soient f une fonction continue sur [a, b] et a = x0 < x1 < . . . < xN = b (N = kn + 1, k ∈
N, n ∈ N∗ ) une subdivision de [a, b].
Rb
Dans les méthodes d’intégration numérique, l’intégrale a f (x)dx est remplacée par une somme
1) Les formules de Newton-Côtes ([a, b] est borné) dans lesquelles f est remplacée par
des polynômes d’interpolation ;
2) Les méthodes de Gauss ([a, b] est particulier) pour lesquelles les points xi sont
imposés.
où Pki,ki+1,...,k(i+1) est le polynôme interpolant f aux points xki , . . . , xk(i+1) .
Remarque 7 -
• Si n = 1 la formule est dite simple.
• Si n ≥ 2 la formule est dite composée.
(x − xi ) = (s − i)h et dx = hds.
14
Théorème 9 Soient f1 , une fonction continue sur [a, b] et f2 , une fonction intégrable qui ne
change pas de signe sur [a, b]. Il existe alors un η ∈ [a, b] tel que :
Rb Rb
a f1 (x)f2 (x)dx = f1 (η) a f2 (x)dx.
Puisque la fonction s(s − 1) ne change pas de signe sur [0, 1], alors :
Remarque 8 On peut montrer que l’erreur totale commise dans la formule des trapèzes
composée est :
(b − a)
− f ”(η)h2 .
12
Définition 5 Les formules d’intégrations numériques sont appelées aussi formules de quadra-
ture.
Définition 6 Le degré de précision d’une formule de quadrature est N si cette formule ap-
prochée est exacte pour tout polynôme de degré ≤ N et inexacte pour au moins un polynôme
de degré N + 1.
15
Remarque 9 L’analyse d’erreur est plus délicate dans ce cas. En fait,
Z x2 Z x2 (3)
h f (ξ(x))
f (x)dx − (f (x0 ) + 4f (x1 ) + f (x2 )) = (x − x0 )(x − x1 )(x − x2 )dx
x0 3 x0 3!
et on s’aperçoit que le théorème de la moyenne ne s’applique pas ici.
Dans la méthode de Simpson 1/3 composé, on utilise n fois la méthode de Simpson 1/3
simple. Ce qui fait, qu’on commet n fois l’erreur et par conséquent l’erreur totale est :
! !
f (4) (η) 5 (b − a) f (4) (η) 5 (b − a) (4)
n − h = − h =− f (η)h4
90 2h 90 180
pour un certain η ∈ [x0 , x3 ]. Pour composer cette méthode, on subdivise [a, b] en 3n sous-
intervalles de longueur b−a
3n .
L’erreur totale est :
(b − a)f (4) (η) 4
− h
80
Formule de Boole
Dans l’équation (??), on donne à k la valeur 4, on trouve la formule de Boole simple qui s’écrit :
Z x4
2h 8f (6) (η) 7
f (x)dx = [7f (x0 ) + 32f (x1 ) + 12f (x2 ) + 32f (x3 ) + 7f (x4 )] − h .
x0 45 945
16
de sous-intervalles.
L’erreur totale est :
2(b − a)f (6) (η) 6
− h
945
Extrapolation de Richardson
Cette technique permet d’augmenter la précision d’une méthode d’approximation par une
technique d’extrapolation :
Notons par Qapp (h) une approximation dépendant d’un paramètre h de la quantité exacte à
approximer Qexa (inconnue). Généralement plus h est petit plus l’approximation est précise.
On suppose de plus que cette approximation est d’ordre n :
Procédure :
Notons par T1,i le résultat obtenu par la méthode des trapèzes composée avec 2i−1 inter-
valle(s). Les T1,i sont donc des approximations d’ordre 2. Pour passer de T1,i à T1,i+1 , on doit
doubler le nombre de sous-intervalles, ce qui revient à diviser la valeur de h par 2.
22 T1,i+1 − T1,i
T2,i = .
22 − 1
17
De même, on obtient des approximations respectivement d’ordres 6, 8, 10 et 12 :
24 T2,i+1 − T2,i
T3,i =
24 − 1
Les points xi et les poids ωi d’intégrations sont choisis de façon à ce que la quadrature(2.3)
soit exacte dans le cas des polynômes de degré le plus élevé possible.
(b−a)t+(a+b)
Avec ce changement de variable x = 2 , nous avons :
b 1
b−a
Z Z
f (x)dx = g(t)dt
a 2 −1
et Z 1
tdt = 0 = ω1 t1 = 2t1 ⇒ t1 = 0
−1
18
Ainsi, on retrouve la formule du point milieu :
Z 1
g(t)dt ' 2g(0)
−1
La quadrature de Gauss à 1 point a le même degré de précision (1) que la méthode de trapèze
n ti ωi Degré de précision
1 0 2 1
2 −0.5773502629 1 3
+0.5773502629 1
3 −0.774596669 0.555555556 5
0.0 0.888888889
0.774596669 0.555555556
4 −0.861136312 0.347854845 7
−0.339981044 0.652145155
0.339981044 0.652145155
0.861136312 0.347854845
19
2.3 Exercices
Exercice 1
Rb
Soit f une fonction convexe. L’approximation de a f (x)dx fournie par la méthode des
Exercice 2
Rb
Pour approximer a f (x)dx, on peut remplacer f par la constante f ( a+b
2 ).
a) Montrer que cela donne la formule d’intégration numérique simple suivante :
a+b
M1 (f ) = (b − a)f ( ).
2
b) Donner la forme composée de la formule trouvée en (a).
c) Quel est le degré de précision de cette quadrature.
Exercice 3
Soient g(t) une fonction continue et définie sur l’intervalle [−1, 1] et t1 , t2 et t3 trois points
d’intégration tels que Rt1 = −1, t2 = α et t3 = 1, où α est un nombre réel vérifiant |α| < 1. Pour
1
approcher l’intégrale −1 g(t)dt, on utilise la formule de quadrature suivante :
Exercice 4
On note tn le polynôme de Chebychev de degré n vérifiant :
et aussi : Z 1
tn (x)tk (x) π
√ dx = δn,k
−1 1−x 2 2
où δn,k est le symbol de Kronecker.
R 1 n tm (x)
a) Calculer −1 x√1−x 2
dx pour n < m.
b) On note x0 , x1 et x3 les racines de t3 . Déterminer trois réels A0 , A1 et A2 tels que pour
tout polynôme P de degré ≤ 2 on ait
Z 1
P (x)
√ dx = A0 P (x0 ) + A1 P (x1 ) + A2 P (x2 ).
−1 1 − x2
20
c) Montrer que l’égalité est encore vérifiée si P est de degré ≤ 5.
R1 4
d) Utiliser la question (c) pour calculer la valeur de 0 √ x dx.
x(1−x)
Exercice 5
Exercice 6
Il est facile de vérifier que
Z 1
ln(1 + x) dx = 2 ln 2 − 1.
0
21
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Chapitre 3
Équations différentielles
3.1 Introduction
On s’intéresse à résoudre numériquement l’équation différentielle :
0
y (t) = f (t, y(t))
(3.1)
y(t0 ) = y0
Définition 7 L’équation différentielle ( 3.1) est dite d’ordre un, car seule la dérivée d’ordre 1
de la variable y(t) est présente.
yn+1 = yn + hf (tn , yn )
(3.2)
tn+1 = tn + h;
22
3) Arrêt.
Définition 8 Une méthode de résolution d’équations différentielles est dite à un pas si elle est
de la forme :
yn+1 = yn + hφ(tn , yn ) (3.3)
Remarque 15 *) Dans une méthode à un pas on n’utilise que yn pour obtenir yn+1 .
*) Dans les méthodes à pas multiples les solutions yn−1 , yn−2 , yn−3 , ... sont également
exigées.
*) La méthode d’Euler est une méthode à un pas avec :
(
h2 ∂f (tn ,yn ) ∂f (tn ,yn )
yn+1 = yn + hf (tn , yn ) + 2 ( ∂t + ∂y f (tn , yn ))
(3.5)
tn+1 = tn + h;
3) Arrêt.
23
Remarque 16 On peut obtenir des méthodes de Taylor encore plus précises en poursuivant le
développement de Taylor (??) jusqu’à des termes d’ordre élevé. Toutefois, on doit calculer des
dérivées de types :
∂2f ∂2f ∂2f
, , ,....
∂t2 ∂y 2 ∂t∂y
par une expression équivalente ayant le même ordre de précision O(h3 ). On propose la forme :
Les paramètres a1 , a2 , a3 et a4 sont à déterminer de sorte que les expressions (3.6) et (3.7)
aient toutes les deux une erreur en O(h3 ). Comme :
On constate que les expressions (3.6) et (3.8) sont du même ordre (O(h3 )). On détermine les
ai en comparant ces deux expressions terme à terme. On trouve :
1 f (tn , y(tn ))
a1 + a2 = 1, a2 a3 = et a2 a4 = .
2 2
Nous avons moins d’équations que d’inconnues, donc pas de solution unique. Autrement
dite, il y a plusieurs variantes de la méthode de Runge-Kutta. Voici les choix les plus utilisés.
ŷ = yn + hf (tn , yn )
yn+1 = yn + h2 (f (tn , yn ) + f (tn+1 , ŷ)) (3.9)
tn+1 = tn + h;
24
3) Arrêt.
k1 = hf (tn , yn )
k1
yn+1 = yn + h(f (tn + h2 , yn + 2 ))
(3.10)
tn+1 = tn + h;
3) Arrêt.
k1 = hf (tn , yn )
k2 = hf (tn + h2 , yn + k21 )
k3 = hf (tn + h2 , yn + k22 )
(3.11)
k4 = hf (tn + h, yn + k3 )
yn+1 = yn + 16 (k1 + 2k2 + 2k3 + k4 )
tn+1 = tn + h;
3) Arrêt.
25
ki,1 = hfi (tn , y1,n , y2,n , . . . , ym,n )
k k2,1 km,1
ki,2 = hfi (tn + h2 , y1,n + 1,1 2 , y2,n + 2 , . . . , ym,n + 2 )
k k km,2
ki,3 = hfi (tn + h2 , y1,n + 1,2 2,2
2 , y2,n + 2 , . . . , ym,n + 2 ) (3.13)
3.5 Exercices
Exercice 1
Considérons l’équation différentielle
26
a) À l’aide de la méthode d’Euler explicite, faites deux pas de temps de grandeur ∆t = 0.5
pour estimer y(2).
b) À l’aide de la méthode du point milieu, faites un pas de temps de grandeur ∆t = 1.0
pour estimer y(2).
c) Ci-dessous, vous trouverez les erreurs des approximations de y(2) pour différentes va-
Exercice 2
La méthode de Ralston pour la résolution numérique d’une équation différentielle y 0 (t) =
f (t, y) est
k1 = f (ti , yi ),
3 3
k2 = f ti + h, yi + hk1 ,
4 4
h
yi+1 = yi + (k1 + 2k2 ).
3
À l’aide du développement de Taylor montrez que l’erreur de troncature est O(h2 ). Indice : En
dérivant l’équation différentielle, on obtient une identité très utile y 00 (t) = ∂f /∂t+∂f /∂y ·y 0 (t).
Exercice 3
Écrivez les équations suivantes comme un système d’équations d’ordre 1.
(a) L’équation de Van der Pol :
y 00 = y 0 (1 − y 2 ) − y.
(b) L’équation de Blasius ;
y 000 = −yy 00 .
Exercice 4
Les équations non linéaires de Lotka-Volterra modélisent la dynamique de systèmes biolo-
giques dans lesquels un prédateur et sa proie interagissent. Les équations sont
dx
(t) = ax(t) − bx(t)y(t),
dt
dy
(t) = cx(t)y(t) − dy(t),
dt
où x(t) est l’effectif des proies, y(t) est l’effectif des prédateurs, et a, b, c, d sont des paramètres
caractérisant les intéractions entre les deux espèces.
27
Faites une itération de la méthode du point milieu avec h = 0.5, a = 1, b = c = 0.025,
d = 0.1 et avec comme valeur initiales (x(0), y(0)) = (50, 10).
28
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Chapitre 4
Ax = b, (4.1)
Définition 10 Une norme vectorielle est une application de Rn dans R qui associe à un vecteur
x un scalaire noté ||x|| et qui vérifie les trois propriétés suivantes :
1) ||x|| > 0 sauf si x = ~0
2) Si α est un scalaire, alors :
||αx|| = |α|||x||
3) L’inégalité triangulaire entre deux vecteurs x et y quelconques :
29
b) La norme l1 :
n
X
||x||1 = |xi |
i=1
c) La norme l∞ :
Puisque nous nous intéressons aux systèmes linéaires, il importe de pouvoir définir des
normes relatives aux matrices.
Définition 11 Une norme matricielle est une application qui associe à une matrice A un
scalaire noté ||A|| et qui vérifie les quatre propriétés suivantes :
1) ||A|| > 0 sauf si A = 0
2) Si α est un scalaire, alors :
||αA|| = |α|||A||
3) L’inégalité triangulaire entre deux matrices quelconques :
4)
||AB|| ≤ ||A||||B||.
Remarque 20 On peut construire une norme matricielle à partir d’une norme vectorielle
quelconque en posant :
||A|| = sup ||Ax||.
||x||=1
Une norme matricielle ainsi construite est dite norme induite par la norme vectorielle. On peut
aussi dire que la norme matricielle ainsi construite est subordonnée à la norme vectorielle.
Définition 13 Une norme vectorielle et une norme matricielle sont dites compatibles si la
condition :
||Ax|| ≤ ||A||||x||
est valide quels que soient la matrice A et le vecteur x.
Définition 14 Une matrice est dite triangulaire inférieure (ou supérieure) si tous les aij (ou
tous les aji ) sont nuls pour i < j.
AT = A.
Ax · x > 0 ∀x 6= ~0.
30
Définition 17 Soient v un vecteur non nul de Rn et A une matrice carrée d’ordre n. v est
un vecteur propre de A associé à la valeur propre λ ∈ C, si la relation : Av = λv est vérifiée.
Définition 20 Une méthode de résolution d’un système linéaire est dite directe si elle permet
d’obtenir la solution du système en un nombre fini et prédéterminé d’opérations.
31
4.3 Méthodes directes
4.3.1 Méthode de remontée
Lorsque A est une matrice triangulaire supérieure (ou inférieure), la résolution est immédiate :
Remarque 23 La méthode de remontée nécessite n(n − 1)/2 additions, n(n − 1)/2 multipli-
cations et n divisions.
Exemple 4.3.1 Utiliser l’élimination de Gauss pour résoudre le système linéaire suivant :
32
équivalent au système initial (4.1).
(k)
Remarque 24 Les akk sont les pivots.
On note généralement la matrice triangulaire supérieure A(n) par U .
A(k+1) = Mk A(k) .
1 ··· 0 ··· 0
0
.. . . .. .. ..
. . . . .
0 1 0 0
Mk =
0
−mk+1,k 1 ··· 0
. . .. .. . . ..
.. .. . . . .
0 · · · −mn,k 0 ··· 1
(k) (k)
Avec mik = aik /akk ; i = k + 1, · · · , n.
Et que :
Mn−1 Mn−2 · · · M1 A = A(n) = U.
−1
L = (Mn−1 Mn−2 · · · M1 )−1 = M1−1 M2−1 · · · Mn−1
Une fois les matrices L, U obtenues, la résolution du système Ax = b se fait en deux étapes :
Ly = b
U x = y.
33
Algorithme de la décomposition LU (sans permutation) :
Pour k = 1, . . . , n
k−1
X
ukj = akj − lkr urj , j = k, . . . , n
3x1 + 2x2 + x3 = 1
x1 + 3x2 + 2x3 = 2
2x1 + 4x2 + 6x3 = 3.
∀x ∈ Rn x 6= 0 ⇒ (Ax, x) > 0.
Théorème 14 Une matrice A est symétrique définie positive si et seulement si il existe une
matrice L triangulaire inférieure inversible telle que A = LLT .
Algorithme de Choleski
Pour k = 1, . . . , n
v
u
u k−1
X
lkk = akk −
t l2 kj
j=1
k−1
X
lik = (aik − lij lkj )/lkk i = k + 1, . . . , n .
j=1
a1 c1 0 ... ... 0 1 0 0 ... ... 0 v1 u1 0 ... ... 0
b2 a2 c2 0 ... 0
l2 1 0 0 ... 0
0 v2 u2 0 ... 0
0 ... ... ... ... 0 =
0 ... ... ... ... 0
0 ... ... ... ... 0
0 . . . . . . bn−1 an−1 cn−1 0 . . . . . . ln−1 1 0 0 ... . . . 0 vn−1 un−1
0 ... ... 0 bn an 0 ... ... 0 ln 1 0 ... ... 0 0 vn
34
avec
v1 = a1 , u1 = c1 ,
ui = ci , 1 ≤ i ≤ n − 1;
li = bi /vi−1 ,
Théorème 16 Soit x~k une suite construite à partir de ( 4.4). La suite x~k converge vers ~x
indépendamment du choix de x~0 si et seulement si ρ(M −1 N ) < 1.
Selon les choix des matrices M et N , on a différentes méthodes itératives. Par la suite, on
note D la matrice formée des éléments diagonaux de A, E la matrice formée par les −aij , (i > j)
et F la matrice formée par les −aij , (i < j), de sorte que A = D − (E + F ).
35
4.4.2 Méthode de Gauss-Seidel - algorithme
En prenant :
M =D−E et N = F,
on obtient l’algorithme de la méthode de Gauss-Seidel suivant :
La méthode des moindres carrés consiste à rechercher, parmi les x ∈ Rn , celui (ou ceux)
qui minimisent la quantité :
r(x) = ||Ax − b||22 (4.5)
appelée fonction résidu. Tout vecteur x∗ vérifiant :
Définition 23 L’équation
AT Ax = AT b
est appelée l’équation normale.
(xi , yi ), 1 ≤ i ≤ m, m > 2,
36
4.6 Exercices
Exercice 1
En utilisant l’élimination de Gauss, résoudre le système A~x = ~b , où :
Exercice 2
On veut résoudre le système linéaire A~x = ~b où :
2. 0. 0. 1. 3
0. 2. 1. 0. 3
~
A= 0. 2. 4. 1. et b =
7
2. 0. 3. 6. 11
par des méthodes directe et itérative.
1) Utiliser l’élimination de Gauss pour triangulariser la matrice A.
2) À partir de la question précédente, déduire les matrices L et U telles que A = LU .
3) Résoudre le système d’équations linéaires en question.
4) À partir de ~x(0) = [1.2, 0.8, 1.2, 0.8]T , effectuer deux itérations de la méthode de Gauss-
Seidel pour estimer la solution.
5) La méthode de Gauss-Seidel converge t-elle pour ce système ? Justifier.
Exercice 3
Plusieurs applications mènent à des matrices symétriques. Dans ce cas, une factorisation
de la forme LLt , où L est une matrice triangulaire inférieure, est plus simple à exécuter qu’une
factorisation LU .
a) Expliquer pourquoi on s’intéresse à ce cas particulier de la factorisation LU .
b) Résoudre le système linéaire
9x + 3y + 3z = 15;
3x + 5y + z = 9;
3x + y + 5z = 9,
Exercice 4
En utilisant l’élimination de Gauss, résoudre le système A~x = ~b , où :
1 1 2 1 2
2 2. 5 3 et ~b = 4
A= 1 3 3 3 −2
1 1 4 5 2
37
Exercice 5
Soient
4 1 0 1 4
1 5 1 0 7
A=
0
b =
1 6 1 16
a) À partir de x(0) = [0, 0, 0, 0]T , faites trois itérations de la méthode de Jacobi pour estimer
la solution.
b) Répéter la question précédente avec la méthode de Gauss-Seidel.
Exercice 6
Considérons les deux systèmes d’équations linéaires suivants :
2 1 x1 3
S1 :
2 1.001 x2 0
2 1 x1 3
S2 :
2 1.002 x2 0
38
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Chapitre 5
Dans ce chapitre, on se propose d’approcher numériquement les racines d’une fonction réelle
et aussi présenter quelques méthodes d’approximations des solutions des systèmes non linéaires.
f (x) = 0 (5.1)
Où f : [a, b] ⊂ R → R est une fonction suffisamment régulière sur l’intervalle [a, b].
Définition 24 Soit α ∈ [a, b]. On dit que α est une racine de f , si f (α) = 0.
|xn+1 − α|
∃C > 0 : ≤ C; ∀n ≥ n0
|xn − α|p
Remarque 25 .
Si p = 1, pour que la suite xk converge vers α il faut que C < 1.
Proposition 1 Soit f : [a, b] ⊂ R → R une fonction continue telle que f (a)f (b) < 0, alors
∃α ∈ [a, b] tel que f (α) = 0.
Posons a0 = a, b0 = b et x0 = a0 +b 2 .
0
Si f (a)f (b) < 0, alors la racine α se trouve dans l’un des deux intervalles [a0 , x0 ] ou [x0 , b0 ].
Pour savoir lequel, on utilise de nouveau la propriété (1) : Si f (a0 )f (x0 ) < 0, on pose a1 = a0 ,
b1 = x0 et x1 = a1 +b2 .
1
39
Sinon, on pose a1 = x0 , b1 = b0 et x1 = a1 +b
2 .
1
ak +bk
En itérant ce procédé, on obtient une suite de valeurs (xk = 2 )k qui vérifie :
b−a
|xn − α| < . (5.2)
2n+1
Soient x0 et x1 deux point de [a, b] . La droite qui passe par M0 = (x0 , f (x0 )) et M1 =
(x1 , f (x1 )) coupe l’axe des x en un point d’abscisse x2 . On recommence avec les points M1 et
M2 = (x2 , f (x2 )) pour obtenir l’abscisse x3 .
En itérant ce procédé, on obtient ainsi une suite xn définie par :
f (xn )
xn+1 = xn − (xn − xn−1 )
f (xn ) − f (xn−1 )
Remarque 27 .
* On choisit les valeurs initiales le plus près possible de la racine. Il n’est pas nécessaire
qu’il y ait un changement de signe dans l’intervalle [x0 , x1 ].
* La convergence de la méthode est linéaire.
Méthode de Régula-Falsu
a0 = a, et b0 = b.
a1 = a0 , b1 = x1 .
a1 = x1 , b1 = b0 .
an f (bn ) − bn f (an )
xn+1 =
f (bn ) − f (an )
40
Remarque 28 Généralement, Cette méthode converge rapidement.
Méthode de Newton
Soit x0 un point de [a, b]. La tangente de la courbe y = f (x) au point M0 = (x0 , f (x0 ))
Remarque 29 .
41
Remarque 30 À partir de l’exemple précédent, on peut conclure qu’un algorithme des points
fixes, selon le choix de la fonction F , converge vers l’une ou l’autre racine et peut même diver-
ger complètement :
L’algorithme xn+1 = F1 (xn ) semble converger vers la racine 3.
L’algorithme xn+1 = F2 (xn ) semble converger vers la racine −1.
Nous avons :
en+1 = xn+1 − α = F (xn ) − F (α).
On constate aussi :
xn = α + (xn − α) = α + en .
Le développement de Taylor de F autour de α donne :
en+1 = F (α + en ) − F (α)
e2n 00
en+1 = (F (α) + en F 0 (α) + F (α) + . . .) − F (α)
2
Si F 0 (α) 6= 0 et si on néglige les termes d’ordre supérieur ou égal à 2, on obtient :
Remarque 31 .
42
* Le signe de F 0 (α) a une influence sur la convergence.
* La convergence de la méthode des points fixes dépend aussi du choix de la valeur ini-
tiale x0 . Un mauvais choix de x0 peut résulter en un algorithme divergent même si la
condition ( 5.5) est respectée.
|F 0 (α)| < 1
et répulsif si :
|F 0 (α)| > 1.
Le cas |F 0 (α)| = 1 est indéterminé.
où f : Rn → Rn et les fi sont des fonctions réelles de n variables que nous supposons
différentiables.
Remarque 32 Les méthodes de résolution des systèmes non linéaires sont nombreuses. Nous
ne présentons ici que les deux méthodes les plus importantes et les plus utilisées, soient la
méthode de Newton et la méthode de points fixes.
f1 (x1 , x2 ) = 0
f2 (x1 , x2 ) = 0
Soit x(0) = (x01 , x02 ), une approximation initiale de la solution de système x∗ = (x∗1 , x∗2 ).
(0) (0)
Le but est de déterminer une correction (δx1 , δx2 ) = (x∗1 − x01 , x∗2 − x02 ) de telle sorte que :
(0) (0)
f1 (x01 + δx1 , x02 + δx2 ) = 0
(0) (0)
f2 (x01 + δx1 , x02 + δx2 ) = 0
43
(0) (0)
Le développement de Taylor autour du point (x01 , x02 ) permet de déterminer (δx1 , δx2 ) :
∂f1 (0) ∂f1 (0)
0 = f1 (x01 , x02 ) + 0 0
∂x1 (x1 , x2 )δx1 + 0 0
∂x2 (x1 , x2 )δx2 + ...
∂f2 (0) ∂f2 (0) (5.6)
0 = f2 (x01 , x02 ) + 0 0
∂x1 (x1 , x2 )δx1 + 0 0
∂x2 (x1 , x2 )δx2 + ...
et en itérant ce procédé, on définit une suite x(k) qui peut converger vers x∗ .
(les normes matricielle et vectorielle sont consistantes). Alors, il existe r > 0 tel que ∀x(0) ∈
B(x∗ , r), la suite définie en ( 5.7) converge vers x∗ et on a :
Remarque 33 .
*) La convergence de la méthode de Newton dépend du choix de la valeur initiale x(0) .
*) La convergence est généralement quadratique.
*) À chaque itération, on décompose la matrice jacobienne de taille n × n.
44
Exemple 5.2.1 Considérons le système de deux équations suivants :
e x1 − x 2 = 0
x21 + x22 − 16 = 0
Graphiquement, on peut voir qu’il y’a deux solutions à ce système. La première solution se
situe près du point (−4, 0) et la deuxième près de (2.8, 2.8). Posons donc x(0) = (2.8, 2.8).
En résolvant le système :
2.8 " (0))
#
e2.8 − 2.8
e −1 δx1
= −
2(2.8) 2(2.8) (0))
δx2 (2.8)2 + (2.8)2 − 16
dont la solution est δx(0) = (−0.77890, 0.83604)T on trouve le terme x(1) = (2.0211, 3.63604)T .
x(0) donné
(5.8)
x(k+1) = F(x(k) ).
45
5.3 Exercices
Exercice 1
On cherche à résoudre l’équation
2
Exercice 2
Pour chaque valeur du paramètre s, on a une fonction
gs (x) = s3 + x(1 − s) + (x − s2 )3 .
Exercice 3
Considérez l’application qui dépend du paramètre k :
2ky − x + 2
G(x, y) = .
x/k − y + 1
u2 +2v+v 2
d(u,v)
G(~x) = G(u, v) =
2u2 −2u+v 2
d(u,v)
où
u
~x = et d(u, v) = 5u2 + 5v 2 − 8u + 4v + 4.
v
a) Vérifiez que p~ = [0, 0]T et ~q = [1, 0]T sont des points fixes de G.
b) À partir de ~x(0) = [0.5, 0]T , faites une itération de la méthode des points fixes. Vers quel
point fixe s’approche-t-on ?
46
c) Un long calcul montre que les jacobiennes de G évaluées aux deux points fixes sont
? 1/2 0 −2
JG (~
p) = et JG (~q) = .
−1/2 0 2 0
47