Traitement Avancé du Signal M1 USTHB
Traitement Avancé du Signal M1 USTHB
Programme
1. Transformée en Z
2. Structures, fonctions de transfert, stabilité et implémentation des filtres numériques (RIF et RII)
1. Méthodes paramétriques
1. Dualité temps-fréquence
5. Transformée de Wigner-Ville
6. Analyse Temps-Echelle,
Amplitude
Onde acoustique : délivré par un micro (parole, musique, …) 0
Images, Vidéos 0.954 0.956 0.958 0.96 0.962 0.964 0.966 0.968 0.97 0.972 0.974
Temps (s)
Remarque: Tout signal physique comporte une composante aléatoire (perturbation externe, bruit, erreur de
mesure, etc …). Le bruit est défini comme tout phénomène perturbateur gênant la perception ou
l’interprétation d’un signal, par analogie avec les nuisances acoustiques (interférence, bruit de fond, etc.). La
différentiation entre le signal et le bruit est artificielle et dépend de l’intérêt de l’utilisateur : les ondes
électromagnétiques d’origine galactique sont du bruit pour un ingénieur des télécommunications par
satellites et un signal utile pour les radioastronomes.
Les fonctions du traitement du signal peuvent se diviser en deux catégories : l’élaboration des signaux
(incorporation des informations) et l’interprétation des signaux (extraction des informations). Les principales
fonctions intégrées dans ces deux parties sont les suivantes [1]:
1. Théorie des systèmes linéaires et invariants dans le temps (SLIT) discrets et continus
Un système linéaire est un modèle de système qui applique un opérateur linéaire à un signal d'entrée.
C'est une abstraction mathématique très utile en automatique, traitement du signal, mécanique et
télécommunications. Les systèmes linéaires sont ainsi fréquemment utilisés pour décrire un système non
linéaire en ignorant les petites non-linéarités.
Un système est continu si à une entrée continue x(t), il fournit une sortie continue y(t). Un système
discret fera correspondre à une suite d'entrées discrètes x(n) une suite de sorties discrètes y(n).
- Le système sera dit linéaire si quand on applique une entrée k x(t) (ou k.x(n) ) , la sortie sera k.y(t) (ou k.y(n)
). Si deux entréesx1(t) et x2(t) engendrent deux sorties y1(t) et y2(t) alors x1(t) + x2(t) engendrera y1(t) + y2(t).
(De même, dans le cas discret : si deux entrées x1(n) et x2(n) engendrent deux sorties y1(n) et y2(n) ) alors x1(n) +
x2(n) engendrera y1(n) + y2(n))
Exemple
3
x1+x2
y1+y2
2
-1
-2
-3
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01 0.012 0.014
- S’il y a invariance dans le temps, une translation de l'entrée x(t)x(t-τ) (oux(n)x(n-m)) se traduira par une
même translation dans le temps de la sortie y(t)y(t-τ).(ouy(n)y(n-m)).
x(t-τ) y(t-τ)
Système
x(n-m) y(n-m)
Si le système est invariant, cela implique que le système réagit de la même façon quel que soit l’instant auquel
nous appliquons ses excitations. Cette propriété exprime que la caractéristique du système ne dépend pas de
l’origine du temps, on parle encore de stationnarité.
Convolution
Si les hypothèses de linéarité et d'invariance temporelle sont vérifiées, on peut caractériser le système par sa
réponse impulsionnelle h(t) ( ou h(n) ).
x(t) y(t)
h(t) (ou h(n) )
x(n) y(n)
On peut en déduire l'effet d'une entrée quelconque sous la forme d'une convolution. Cette dernière est
l’opération de traitement de signal la plus fondamentale. Elle indique que la valeur du signal de sortie à
l’instant t (ou n )est obtenue par la sommation (intégrale) pondérée des valeurs passées du signal d'excitation
x(t) ( ou x(n) ). La fonction de pondération est précisément la réponse impulsionnelleh(t) ( ou h(n) ):
∞ ∞
y ( n ) = h ( n) ∗ x (n ) = h( m ) x ( n − m ) =
m = −∞
x (m ) h( n − m )
m = −∞
La réponse impulsionnelle h(t) (ou h(n))est le signal qu'on obtient en sortie y(t)=h(t)( ou y(n)=h(n)) si on
applique en entrée une impulsion "de Dirac'' x(t)=δ(t) ( ou x(n)=δ(n) ). Ainsi, le Dirac est l'élément neutre de
l'opération de convolution:
x (t ) ∗ δ (t ) = x (t )
δ ( n) ∗ x ( n ) = x ( n)
+∞
x(t )δ (t − t ) dt = x(t
−∞
o 0 )
x(t )δ (t − t o ) = x(t o )δ (t − t o )
x ( t ) ∗ δ (t − t 0 ) = x (t − t 0 )
Le calcul de la convolution consiste donc à calculer la somme du produitx(τ)h(t -τ)(ou x(m)h(n -m)) .
Le signal h(t -τ) (ou h(n-m) ) est simplement le signal initialh(τ) ( ou h(m) ), retourné dans le temps pour
donner h(-τ) ( ou h(-m)) puis translaté de t ( ou n ). En calculant alors l’ensemble des produits obtenus en
faisant « glisser » h, c’est-à-dire pour tous les décalages de t ( oun ) , on obtient le produit de convolution
pour tout t ( ou n ).
h(-m)
0 N-1 n 0 n 0 m
On distingue 3 cas :
x(m)
h(n-m)
t +T / 2
1 1
h(t ) = Π (t ) y (t ) =
T T T x(τ ) dτ
t −T / 2
N /2
1 1
h(n) = Π ( n) y ( n) =
N + 1 N +1
x( n + m)
N + 1 m=− N / 2
Calculer y(n)=x(n)*h(n)
Y(n)={2, 3, 5, 10, 3, 9}
Remarques
Si on applique à un SLIT une entrée sinusoïdale réelle ou complexe de fréquence f0, alors, la sortie sera une
sinusoïde dont l'amplitude et la phase pourront être modifiées mais qui conservera la même forme (une
sinusoïde) et la même fréquence f0. On dit que les sinusoïdes sont les fonctions propres des SLIT.
Un système linéaire invariant est un système dont le comportement dans le temps, peut-être décrit par :
M
d i y (t ) N
d i x (t )
- soit par une équation différentielle linéaire à coefficients constants: ai = bi
i=0 dt i i =0 dt i
M N
- soit par une équation aux différences, pour le cas discret: ai y ( n − i ) = bi x(n − i) ,
i=0 i=0
2. Stabilité et causalité
Une contrainte importante pour la formalisation de nombreux problèmes est de respecter la notion de
causalité (les effets ne peuvent pas précéder la cause). Dans le cas des SLIT, cette causalité se traduit par le
fait que pour: h(t) = 0 pour t<0 ( ou h(n) = 0 pour n<0 ).
t +∞
x(t ) = 0, t < t0 alors y(t ) = 0, t < t0 h ( t ) = 0, t < 0 , y ( t ) = x (τ ) h (t − τ ) dτ = x (t − τ ) h (τ ) dτ
−∞ 0
n
- si h et x sont causaux y ( n ) = h(n − m) x(m)
m =0
Remarque:
Nous pouvons envisager mémoriser les signaux d’entrée et faire un traitement de ceux-ci en temps différé,
les systèmes utilisés ne sont plus alors nécessairement causaux car pour élaborer la sortie à l’instant ti( ou ni
), nous disposons en mémoire des entrées aux instants suivants. C’est souvent le cas en traitement d’image,
Une autre notion fondamentale est la stabilité des systèmes. La propriété de stabilité des systèmes
bouclés est non seulement une performance mais une exigence pour le bon fonctionnement d’une boucle
d’asservissement ou de régulation. Une boucle instable est une boucle inutilisable. La définition la plus
6.5
5.5
h1(t) 4.5
3.5
3
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Système instable
10
h2(t) 3
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
On dit qu'un système est stable si, en lui appliquant une entrée bornée quelconque, la sortie reste
bornée, ce qui implique dans le cas des SLIT:
+∞
3. Energie et puissance
Toute transmission d’information s’accompagne de transferts d’énergie. En effet, les signaux continus
ou discrets sont essentiellement caractérisés par l’énergie ou la puissance qu’ils véhiculent. Ce sont les seules
grandeurs physiques auxquelles sont sensibles les détecteurs. Beaucoup de capteurs physiques mesurent
une énergie ou une quantité quadratique. Par exemple, les capteurs optiques mesurent une intensité, les
compteurs d’électricité mesurent une énergie, etc. Compte tenu de la définition fondamentale, l’énergie du
signal entre les instants t et t+dt est : |x(t)|2 dt (puissance instantanée multipliée par le temps).
+∞
2
Soit un signal x(n) à temps discret, tel que x(n) existe et converge. Alors le signal est dit à énergie
−∞
finie et la valeur de cette somme est appelée énergie du signal :
+∞
E x = x(n)
2
−∞
Exemples:
x(n) = Rect(n/N) énergie finie. x(n) = a (constante) et x(n) = A sin(2πf0n) ne sont pas à énergie finie
Pour un signal périodique, cette somme ne converge pas. On peut néanmoins définir la puissance d'un signal
x(n) périodique de période N par :
1 N / 2−1 N −1
Px = 1
2
Px = x(n)
2
x(n) ou
N −N / 2 2. N −N
Dans le cas général, on parle de signaux à puissance moyenne finie définie par:
1 N / 2−1 N −1
Px = limN →∞ 1
2
Px = lim N →∞ x ( n)
2
x(n) ou
N −N / 2 2. N −N
Exemples:
Il existe des signaux ni périodiques, ni d'énergie finie, pour lesquels la puissance ne peut être définie, comme
par exemple la rampe x(n)=n. Il s'agit là de définitions mathématiques, en pratique, un signal mesuré ne l'est
jamais sur un intervalle de temps infini. On peut commencer à visualiser un signal à un instant qu'on prendra
comme origine des temps, et dans ce cas on arrêtera son examen au bout d'un temps Tobs :
Nobs
Remarque Ex = x ( n)
2
n =0
Signal à énergie finie puissance nulle
Le calcul de l'énergie ou la puissance permet d'obtenir une première caractérisation du signal. Par
ailleurs, la théorie du signal a largement développé des méthodes d’étude basées sur la corrélation pour
caractériser le comportement temporel du signal.
Exercice d'application :
4. Corrélation et auto-corrélation
La fonction de corrélation permet de mesurer le degré de ressemblance entre deux signaux en fonction
d’un décalage. Considérons x(n) et y (n) deux signaux d'énergie finie, la fonction d'intercorrélation Rx,y(k) est
∞
définie par: Rxy (k ) = x(n) y (n − k )
n=−∞
*
1 N / 2−1
Pour des signaux à puissance moyenne finie, elle vaut : Rxy (k ) = x(n) y* (n − k )
N n =−N / 2
Exemples
Soient un signal aléatoire et sa version décalée de 50s. On remarque que les signaux se ressemblent le plus
quand y(n) est décalé de 50 secondes.
0
-1
50
-1
-2
0
-3 -2
-4
0 50 100 150 200 250 -3 -50
0 50 100 150 200 250 -250 -200 -150 -100 -50 0 50 100 150 200 250
Pour l'auto-corrélation, on remplace y(n) par x(n) on obtient l'expression de l'auto-corrélation pour les
∞
R
signaux à énergie finie: xx (k ) =
x(n)x*(n − k)
n =−∞
L'auto-corrélation permet de détecter des régularités, des profils répétés dans un signal comme un
signal périodique perturbé par beaucoup de bruit (Voir TP n°1)
Propriétés :
Auto-corrélation des signaux périodiques : Le calcul sur une seule période suffit. L’auto-corrélation
d’un signal périodique est-elle même périodique. Par définition, le signal périodique ressemble parfaitement
à lui-même, décalé d’une ou plusieurs périodes.
x(n) périodique Autocorrélation de x(n)
- signaux périodiques 1 1
Rx (k) = x(n) x* (n − k )
N n = −N / 2 0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
Extraction d'un signal noyé dans du bruit, mesure d'un temps ou retard, détection d'un signal périodique
(Voir TP n° 1).L'exemple ci-dessous illustre l'auto-corrélation d'un signal sinusoïdal d'amplitude 1 noyé dans
du bruit Gaussien de variance 1.
3 150
2
100
1
50
0
0
-1
-50
-2
-100
-3 -0.015 -0.01 -0.005 0 0.005 0.01 0.015
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01 0.012 0.014
La corrélation est largement utilisée dans les systèmes radar. Ainsi, pour détecter un avion, on envoie une
impulsion, puis on reçoit une version retardée, atténuée et bruitée de cette impulsion . L'intercorrélation du
signal reçu et émis présentera un pic à l'instant correspondant au retard.
signal émis
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
1.5
signal reçu: bruité et retardé de 50S 10
Intercorrélation du signal reçu et émis avec pic en 50s
1
8
0.5 6
4
0
2
-0.5
0
-1
-2
-1.5
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 -4
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Remarque: La notion de bruit est relative, elle dépend du contexte. Le rapport signal/bruit désigne la qualité
de la transmission d'une information par rapport aux parasites. Il est défini par: SNRdb=20 Log(PS/PB)
3 1.5
SNR=0 db SNR=20 db
2 1
1 0.5
0 0
-1
-0.5
-2
-1
-3
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01 0.012 0.014 -1.5
0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01 0.012 0.014
- Si les ai sont ≠ de 0, le système est dit récursif (RII), il est non récursif s'il ne dépend que des x(n-i) (RIF)
K
- Si le système est à réponse impulsionnelle de durée finie (RIF), alors : y ( n) =
h(m) x (n − m)
m =0
Dans ce cas, le système numérique est une fenêtre centrée sur les K plus récents échantillons.
+∞
- Si le système est à réponse impulsionnelle de durée infinie (RII) : y ( n) = h ( m ) x ( n − m )
m =0
Dans ce cas, il est nécessaire de connaître tous les échantillons présents et passés, le système à une mémoire
de longueur infinie.
avec comme réponse impulsionnelle h(n)=δ(n)+a1δ (n-1)+a2δ (n-2)+.......+akδ (n-k) qui, on peut le constater,est
bien finie.
Exemple 2y(n)=x(n)+a1y(n-1) est l'équation aux différence finies d'un filtre RII
Exemple d'application
Les séquences x(n) (réel) et y(n) représentent respectivement l’entrée et la sortie d’un système discret. Pour
chaque cas, identifiez celles représentant
a) des systèmes linéaires, b) des systèmes causals, c) des systèmes invariants aux translations de n,
d) des systèmes assurément ou possiblement stables (en fonctions des constantes)
1. y(n) = x(n) + bx(n-1) 2. y(n) = x(n) + bx(n+1) 6. y(n) = bx(n) b : constante réelle
3. y(n) = nx(n) 5. y(n) = x(n)en 7. y(n) = |x(n)|
4. y(n) = x(n) sin(2πf0n)
a) Tous sauf 6 et 7 b) Tous sauf 2 c) Les systèmes 1, 2, 6 et 7 d) 1 (b finie), 2 (b finie), 4, 6 (b finie) et 7.