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Développements limités en mathématiques

Ce chapitre présente les développements limités, une méthode pour approcher une fonction par un polynôme près d'un point. Il définit la notion d'équivalence entre fonctions et donne des règles pour manipuler les équivalents. Le but est de comprendre comment obtenir des approximations comme le développement limité de la fonction sinus.

Transféré par

Lamouchi Bayrem
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Développements limités en mathématiques

Ce chapitre présente les développements limités, une méthode pour approcher une fonction par un polynôme près d'un point. Il définit la notion d'équivalence entre fonctions et donne des règles pour manipuler les équivalents. Le but est de comprendre comment obtenir des approximations comme le développement limité de la fonction sinus.

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Chapitre 4 : Les développements limités

Nous avons vu au chapitre précédent qu’une fonction dérivable peut être ap-
prochée par une droite (sa tangente) dans le sens où

f (x) = f (x0 )+f � (x0 )(x−x0 )+r(x) avec r(x) négligeable devant (x−x0 ) quand x → x0 .

Par exemple, le polynôme P (x) = 1 + 2x − 3x2 + x4 peut être approché par la droite
1 + 2x près de 0. Mais il est logique d’aller plus loin dans le développement si besoin
et d’approcher P (x) par 1 + 2x − 3x2 , ce qui donne une meilleure approximation.
On peut procéder de même pour une fonction et écrire que

f (x) = a + bx + cx2 + r(x) avec r(x) négligeable devant x2 quand x → 0

ce qui veut dire que f est approchée par un polynôme d’ordre 2 en négligeant des
termes d’ordre plus petit près de 0.
Cette logique existait dès le début du calcul infinitésimal. Newton écrivait sous
la forme (x + o)3 = x3 + 3ox2 + 3o2 x + o3 et disait par exemple que le terme o3 était
négligeable pour o petit. Leibniz utilisait la notation dx et négligeait les termes
du type ddx devant dx. L’idée d’approcher une fonction par un polynôme est très
naturelle et importante. En effet, c’est le seul moyen de calculer les valeurs d’une
fonction puisque les additions et multiplications sont les seuls calculs que l’on peut
vraiment faire, à la main ou par une machine. Ainsi, toutes les courbes que l’on
calcule et dessine ne sont que des polynômes. La police de caractères dans laquelle
est écrite ce cours est elle aussi composée de courbes codées à l’aide de polynômes.
Nous verrons par exemple l’approximation pour x proche de 0 :
1 1 5 1 7 1 1
sin(x) = x − x3 + x − x + x9 − x11 + r(x)
6 120 5040 362880 39916800
avec r(x) négligeable devant x11 près de 0.
x − 16 x3 + 1
120 x
5
− 1
5040 x
7
+ 1
362880 x
9
− 1
39916800 x
11

sin(x)

Écrite ainsi, cette approximation semble tombée du ciel. Le but de ce chapitre est
de comprendre d’où elle vient et comment obtenir de telles approximations.

89
Développements limités

Brook Taylor (1685-1731, Angleterre) est le nom qui est resté associé aux dévelop-
pements limités. Mais bien d’autres mathématiciens ont été de l’aventure : Newton,
Leibniz ou Lagrange que nous avons déjà vus, ainsi que Pierre Fermat, William
Hery Young ou John Machin par exemple. Comme on peut le voir sur son portrait,
Taylor a aussi étudié la géométrie projective et son utilisation en peinture, ainsi que
les liens entre mathématiques et musique.

1 Équivalence et termes négligeables


En mathématique, les symboles � ou � n’ont pas de sens. En fait, même
en physique, il faut préciser leur sens (selon quel ordre d’approximation). Dans
cette partie, nous allons introduire les notions plus rigoureuses qui sont utilisées en
mathématiques.
Définition 4.1
Soient x0 ∈ R ∪ {±∞} et f et g deux fonctions définies près de x0 . On dit que
f est équivalente à g près de x0 (ou � en x0 � ou � quand x → x0 �) et on
note f (x) ∼x→x0 g(x) si f (x)/g(x) → 1 quand x → x0 (ou plus simplement
f (x) ∼x0 g(x) ou même f (x) ∼ g(x) s’il n’y a pas ambiguı̈té).

! Par définition, on ne peut être équivalent à 0.

! Dans la définition précédente et toutes celles de ce chapitre, l’endroit x0


que l’on considère est important car les définitions dépendent du point
considéré. Il faut toujours que ce x0 soit bien précisé, au minimum au
début d’un calcul ou d’un exercice.

90
Développements limités

Proposition 4.2
Soit x0 ∈ R ∪ {±∞}. Quand x → x0 , la relation � ∼ x0 � est une relation
d’équivalence :

1. réflexivité : f (x) ∼ f (x),

2. symétrie : f (x) ∼ g(x) si et seulement si g(x) ∼ f (x),

3. transitivé : si f (x) ∼ g(x) et si g(x) ∼ h(x) alors f (x) ∼ h(x).

Démonstration : Par définition, la réflexivité est claire puisque f (x)/f (x) =


1 → 1. Si f (x) ∼ g(x) alors f (x)/g(x) → 1 mais alors g(x)/f (x) → 1/1 = 1
et donc g(x) ∼ f (x). Enfin, si f (x) ∼ g(x) et si g(x) ∼ h(x), alors fh(x) (x)
=
f (x)
g(x)
× g(x)
h(x)
→ 1 et donc f (x) ∼ h(x). �

Les règles de manipulation des équivalents sont les suivantes.


Proposition 4.3
Soit x0 ∈ R ∪ {±∞} et soit a ∈ R avec a �= 0. On a f (x) ∼x→x0 a si et
seulement si limx→x0 f (x) = a.

Démonstration : Par définition, f (x) ∼ a est équivalent à f (x)/a → 1 et


donc à lim f (x) = a. �

Proposition 4.4
Si f (x) ∼x0 g(x) et si g(x) a une limite � ∈ R ∪ {±∞} quand x → x0 , alors
f (x) a la même limite en x0 .

Démonstration : On a f (x) = fg(x)(x)


g(x) et comme f (x)
g(x)
→ 1 par définition, il
suffit de faire le produit des limites. �

Proposition 4.5
Quand x → x0 ∈ R ∪ {±∞}, on a f (x) ∼ g(x) si et seulement si 1/f (x) ∼
1/g(x).

1/f (x)
Démonstration : En revenant aux définitions, cela correspond juste à 1/g(x)
=
g(x)
f (x)
et donc à g(x) ∼ f (x). �

91
Développements limités

Proposition 4.6
Quand x → x0 ∈ R ∪ {±∞}, si f1 (x) ∼ g1 (x) et si f2 (x) ∼ g2 (x) alors
f1 (x)f2 (x) ∼ g1 (x)g2 (x).

Démonstration : C’est encore une fois clair en revenant aux définitions. En


effet, on a fg11 (x)f 2 (x)
(x)g2 (x)
= fg11 (x)
(x)
× fg22 (x)
(x)
. �

Proposition 4.7
Soit x0 ∈ R ∪ {±∞} et y0 ∈ R ∪ {±∞}. On suppose que limx→x0 φ(x) = y0 et
que f (y) ∼ g(y) quand y → y0 . Alors f (φ(x)) ∼ g(φ(x)) quand x → x0 .

Démonstration : Encore une fois, il suffit de revenir à la définition et d’utiliser


les règles sur les limites (ici la composition de limites). �

La conclusion de toutes ces règles, c’est que les équivalences fonctionnent bien
pour gérer des produits et des fractions et pour obtenir des limites.

! On ne
√ peut pas sommer des équivalents en général. Par exemple si f (x) =
x+ x√ et g(x) = x, on a f (x) ∼ g(x) ∼ x quand x → +∞. Mais f (x) −
g(x) = x n’est pas équivalent à 0 (d’ailleurs rien n’est équivalent à 0).
On peut retenir que les équivalents donnent le terme principal (le premier
ordre de grandeur) mais que si deux termes principaux s’annulent lors d’une
somme, alors on ne peut prédire ce qu’il reste (il faudrait connaı̂tre les ordres
suivants).

Exemples :
• Par définition, si f est dérivable en x0 , alors f (x)−f
x−x0
(x0 )
→ f � (x0 ) quand x → x0 .
Donc si f � (x0 ) est non nul, alors (f (x) − f (x0 )) ∼x0 f � (x0 )(x − x0 ). On trouve
en particulier :

quand x → 0 , sin(x) ∼ x et ln(1 + x) ∼ x .

x+x2
• On a x
= 1 + x → 1 quand x → 0. Donc x + x2 ∼ x quand x → 0.
2 3
• On veut calculer la limite de (x+xsin) 2 ln(1+2x)
(x2 )
quand x → 0. Il s’agit d’une forme
indéterminée, mais d’après les calculs précédents et les propositions :

(x + x2 )3 ln(1 + 2x) x3 .2x


∼ =2→2 quand x → 0 .
sin2 (x2 ) (x2 )2
(x+x2 )3 ln(1+2x)
On obtient donc que sin2 (x2 )
→ 2 quand x → 0.

92
Développements limités

Les équivalents sont pratiques pour des calculs � au premier ordre � mais il faut
les voir comme une simple notationet et on fera très attention en les manipulant. En
particulier, on ne peut faire des calculs avec des égalités en les utilisant car il s’agit
seulement de limites. Les deux notions suivantes sont beaucoup plus commodes pour
des calculs généraux.
Définition 4.8
Soient x0 ∈ R ∪ {±∞} et f et g deux fonctions définies près de x0 . On dit que
f est négligeable devant g près de x0 (ou � f est un petit o de g �) et on
note f (x) = o(g(x)) si f (x)/g(x) → 0 quand x → x0 .

Définition 4.9
Soient x0 ∈ R ∪ {±∞} et f et g deux fonctions définies près de x0 . On dit que
f est dominé par g quand x → x0 (ou � f est un grand O de g �) et on
note f (x) = O(g(x)) si |f (x)/g(x)| est borné dans un voisinage de x0 .

! On fera bien une différence d’écriture entre le � petit o � et le � grand O �.


Outre la taille, il est d’usage que le � petit o � soit juste un rond alors que
le � grand O � soit calligraphié et peut-être pourvu d’une boucle.

On peut comprendre l’équivalence comme une égalité au sens des comportements


asymptotiques (ou des limites). Le fait d’être négligeable serait alors un � stricte-
ment inférieur � alors que la domination serait une sorte d’� inférieur ou égal �.
C’est très important d’avoir cela en tête pour comprendre comment fonctionnent les
différents résultats mathématiques et les calculs. Mais attention qu’il ne s’agit que
d’une représentation grossière qui ne sera jamais une preuve.

! En mathématique, f (x) = O(g(x)) quand x → x0 veut dire qu’il existe


M > 0 tel que |f (x)| ≤ M |g(x)| (intuitivement � inférieur ou égal � en
terme de comportement). Mais en informatique, l’usage est parfois qu’il
existe M > 0 tel que M1 |g(x)| ≤ |f (x)| ≤ M |g(x)| (intuitivement � du
même ordre de grandeur � en terme de comportement).

Les propositions suivantes permettent de faire des calculs impliquant des � pe-
tits o �. Pour ce chapitre, le plus important sera l’application des propositions qui
suivent dans pour les puissances de x comme énoncée à la partie 3. Dans toutes les
propositions suivantes, x0 est un point de R c’est-à-dire un réel ou ±∞ et f et g sont
deux fonctions définies et non nulles près de x0 . Tous les équivalents et comparaisons
sont sous-entendues avoir lieu quand x → x0 .
Proposition 4.10
Si λ �= 0 alors o(λf (x)) et λo(f (x)) sont aussi des termes o(f (x)). Un terme
o(f (x)) + o(f (x)) est aussi un terme o(f (x)).

93
Développements limités

h(x) h(x)
Démonstration : Si h(x) est tel que h(x) = o(λf (x)), alors f (x)
= λ λf (x)
→ 0.
Les autres propositions se démontrent de la même façon. �

On notera bien le principe de la démonstration : o(λf (x)) n’est qu’une notation


pour un terme h(x). Il faut introduire ce terme pour le manipuler autrement que
sous sa caractéristique o(λf (x)). Toutes les démonstrations suivantes reposent sur
la même idée et des calculs triviaux.
Proposition 4.11
Un terme o(f (x))o(g(x)) est aussi un terme o(f (x)g(x)). En particulier, un
terme (o(f (x)))k est un terme o(f (x)k ) pour k ∈ N∗ .

Démonstration : Soient u et v telles que u(x) = o(f (x)) et v(x) = o(g(x)).


On a u(x)v(x)
f (x)g(x)
= fu(x) · v(x) → 0.
(x) g(x)

Proposition 4.12
Un terme o(o(f (x))) est aussi un terme o(f (x)).

Démonstration : Soit u telle que u = o(o(f (x))), c’est-à-dire qu’il existe v


telle que u(x) = o(v(x)) et v(x) = o(f (x)). On a alors fu(x)
(x)
= u(x) · v(x) → 0. �
v(x) f (x)

Proposition 4.13
On a f (x) = g(x) + o(g(x)) quand x → x0 si et seulement si f (x) ∼ g(x) en
x0 .

Démonstration : Par définition, si f (x) = g(x) + o(g(x)), on a f (x)/g(x) =


1 + o(g(x))/g(x) → 0 quand x → x0 . Réciproquement, si f (x) ∼ g(x) en
x0 , on pose ε(x) = f (x)/g(x) − 1 qui tend vers 0 quand x → x0 . On a bien
f (x) = g(x) + g(x)ε(x) et g(x)ε(x) = o(g(x)). �

Proposition 4.14
Si f (x) ∼ g(x) près de x0 alors f (x) = O(g(x)) quand x → x0 .

Démonstration : Comme |f (x)/g(x)| tend vers 1, cette quantité est bornée


dans un voisinage de x0 par un majorant M > 0. On a alors que |f (x)| ≤
M |g(x)| près de x0 . �

94
Développements limités

Proposition 4.15
Si f (x) = O(g(x)) près de x0 alors un terme o(f (x)) est aussi un terme o(g(x)).
En particulier, si f (x) ∼ g(x) près de x0 les notations o(f (x)) et o(g(x)) sont
interchangeables.

Démonstration Si �on a |f
� h(x) � � h(x) :f (x) (x)|� ≤ M |g(x)| près de x0 et si h(x) = o(f (x)),
� h(x)
alors g(x) = f (x) g(x) ≤ M f (x) � → 0.
� � � � � �

Il faut bien compredre que les � petits o � sont un raccourci pour noter un terme
qu’on n’a pas envie de détailler. Comme il s’agit d’un vrai terme, on peut faire avec
tous les calculs que l’on veut avec des égalités selon les règles usuelles :

• ce terme � petit o � ne peut être négligé et retiré d’une égalité sans raison sous
peine de perdre l’égalité. Par exemple ex = 1 + x + o(x) près de 0 est vrai mais
ex = 1 + x est faux.

• le calcul sera toujours correct du moment que l’on garde tous les termes. Par
exemple, près de 0, (1 + o(x))2 = 1 + 2o(x) + (o(x))2 est vrai, même si à cette
étape, on n’utilise pas que 2o(x) peut s’écrire simplement o(x) ni que (o(x))2
s’écrit plus simplement o(x2 ).

• on peut utiliser les simplifications ci-dessous comme dire que o(x) + o(x2 ) =
o(x) quand x → 0. Dans ce cas, on n’a pas éliminé o(x2 ) : on a juste dit que la
somme o(x) + o(x2 ) est elle-même négligeable devant x. Mais les deux termes
o(x) et o(x2 ) sont toujours présents dans le regroupement o(x) et il y a bien
égalité.

En général, on se ramène à un calcul proche de x = 0. Dans ce cas là, les règles


précédentes deviennent comme suit. Il est exactement le même pour les termes
O(xn ).

Formulaire quand x tend vers 0

• si m > n, xm = o(xn ) et o(xm ) = o(xn ).

• si m ≥ n, o(xn ) + o(xm ) = o(xn + xm ) = o(xn ).

• si λ �= 0, λo(xn ) = o(λxn ) = o(xn )

• xn o(xm ) = o(xn+m )

• o(xn )o(xm ) = o(xn+m )


� �m
• o(xn ) = o(xnm )

• f (x) = λxn + o(xn ) si et seulement si f (x) ∼ λxn .

95
Développements limités

Tous les calculs peuvent se faire de façon habituelle avec les termes o(xn ) puisqu’il
s’agit de vrais termes que l’on note juste d’une façon raccourcie en ne gardant que
la seule propriété de comparaison qui nous intéresse.

Exemple :
On veut développer un terme (1 + x + o(x))2 le plus précisément possible quand
x → 0. Le calcul standard du développement du carré donne

(1 + x + o(x))2 = 1 + x2 + (o(x))2 + 2x + 2o(x) + 2xo(x) .

En utilisant les règles ci-dessus, on obtient

(1 + x + o(x))2 = 1 + x2 + o(x2 ) + 2x + o(x) + o(x2 ) .

Puis on avise que le premier terme négligé est un o(x). Cela ne sert à rien de
mettre des précisions plus grandes du type x2 ou o(x2 ) car elles n’ajoutent aucune
information puisque o(x) + x2 = o(x) = o(x) + 42x3 = o(x) + 7o(x2 ) = . . .. Les
règles ci-dessus donnent finalement

(1 + x + o(x))2 = 1 + 2x + o(x) .

On notera qu’il s’agit depuis le début d’égalités. Toutes les écritures sont donc
correctes. Mais la dernière est celle qui nous donne de façon la plus simple l’in-
formation voulue.
Avec l’habitude, on ne prendra même pas la peine de marquer ni même de calculer
les termes inutiles si on sait d’avance que tout ce qui est négligeable devant x sera
négligé.

2 Les développements limités

Définition 4.16
Soit x0 ∈ R et f une fonction réelle définie près de x0 . On appelle
développement limité de f à l’ordre n en x0 un développement du type

f (x) = a0 +a1 (x−x0 )+a2 (x−x0 )2 +a3 (x−x0 )3 +. . .+an (x−x0 )n +o((x−x0 )n )

c’est-à-dire une approximation polynomiale d’ordre n de f près de x0 .

Dans la définition ci-dessus, le terme o((x−x0 )n ) est bien à comprendre � négligeable


quand x → x0 � puisque toute l’idée est d’approcher la fonction près de x0 . On peut
parler du développement limité d’une fonction, car il est unique.

96
Développements limités

Proposition 4.17 (unicité du développement limité)


Soit m ≥ n. Si

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + . . . + an (x − x0 )n + o((x − x0 )n )
= b0 + b1 (x − x0 ) + b2 (x − x0 )2 + . . . + bm (x − x0 )m + o((x − x0 )m )

alors ak = bk pour tout k ≤ n.

Démonstration : On raisonne par l’absurde. Supposons que ak �= bk pour un


k ≤ n et prenons le plus petit k vérifiant cela. En éliminant les termes égaux
et en utilisant les règles de manipulations des � petits o � (voir la partie 3 par
exemple), on obtient que 0 = f (x) − f (x) = (ak − bk )(x − x0 )k + o((x − x0 )k )
et donc, en divisant par (ak − bk ) �= 0, que (x − x0 )k = o((x − x0 )k ) ce qui est
absurde. �

Notons que la proposition 4.17 nous dit aussi comment tronquer un développement
limité que l’on aurait poussé trop loin. En effet, si on a un développement limité à
l’ordre n

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + . . . + an (x − x0 )n + o((x − x0 )n )

alors les propriétés des � petits o � nous disent que si k ≤ n, on peut tronquer le
développement précédent en

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + . . . + ak (x − x0 )k + o((x − x0 )k ) .

On obtient donc un développement à l’ordre k et l’unicité de ce développement


assure qu’il s’agit du développement à l’ordre k.
On pourrait ensuite lister les manipulations des développements limités (le déve-
loppement d’une somme est la somme des développements etc.). Mais il est plus
simple de retenir comment fonctionnent les calculs concrètement et nous renvoyons
à la partie 3.

Le théorème 3.38 énonce que f est dérivable en x0 si et seulement si elle ad-


met un développement limité d’ordre 1 en x0 et en prime, celui-ci est f (x) =
f (x0 ) + f � (x0 )(x − x0 ) + o(x − x0 ). L’équivalence est plus subtile si on regarde
des ordres plus élevés. Mais les résultats suivants vont nous donner l’existence des
développements limités pour les fonctions qui sont suffisamment dérivables (sans
l’implication réciproque).
Le premier résultat de développement donne une première formule qui nous sera
utile pour le théorème qui suit mais n’est pas la plus importante à retenir. La
deuxième expression est celle qui sera appliquée dans les développements pratiques.
Notez qu’elle donne un développement à l’ordre n en précisant que le terme négligé
est d’ordre n + 1.

97
Développements limités

Théorème 4.18 (développement de Taylor-Lagrange)


Soit I un intervalle de R et x0 ∈ I. Soit n ≥ 0 et f une fonction de classe
C n+1 (I,R). Alors pour tout x ∈ I, il existe ωx entre x et x0 tel que
n
� f (k) (x0 ) (x − x0 )n+1 (n+1)
f (x) = (x − x0 )k + f (ωx ) .
k=0
k! (n + 1)!

En particulier, on a

f �� (x0 )
f (x) = f (x0 ) + f � (x0 )(x − x0 )+ (x − x0 )2 + . . .
2
f (n) (x0 ) � �
+ (x − x0 )n + O (x − x0 )n+1 .
n!

Démonstration : Si x = x0 , c’est évident. Supposons maintenant x �= x0 .


� x0 et x0 , on pose
Pour tout t entre x =
n
� (x − t)k
g(t) = f (x) − f (k) (t) − K(x − t)n+1
k=0
k!
(x − t)2 ��
= f (x) − f (t) − (x − t)f � (t) − f (t) − . . .
2
(x − t)n (n)
− f (t) − K(x − t)n+1
n!
avec K le nombre qui assure g(x0 ) = 0 (K est uniquement déterminé par cette
équation car (x − x0 ) �= 0). Par ailleurs, on a g(x) = f (x) − f (x) = 0 et
t �→ g(t) est dérivable car son expression ne fait intervenir que des dérivées au
plus n−ième de f qui est supposée de classe C n+1 . On peut donc appliquer le
théorème de Rolle à g et il existe ωx entre x et x0 tel que g � (ωx ) = 0. En utilisant
les règles de dérivation et une simplification en cascade, le calcul donne

(x − t)2 (3)
g � (t) = −f � (t) + f � (t) − (x − t)f �� (t) + (x − t)f �� (t) − f (t) + . . .
2
(x − t)n (n+1)
+ f (t) + K(n + 1)(x − t)n
n! � �
n 1 (n+1)
= (x − t) f (t) + K(n + 1)
n!

On en déduit qu’au point ωx qui annule la dérivée, on a


1
K= f (n+1) (ωx ) .
(n + 1)!

Il reste encore à revenir au fait que K vérifie aussi g(x0 ) = 0 pour obtenir la
première formule de l’énoncé.

98
Développements limités

Concernant la deuxième partie, il suffit de voir que, comme f est de classe


C n+1 , f (n+1) est bornée près de x0 . On peut donc majorer le dernier terme par
� �
� (x − x0 )n+1 (n+1) �
� f (ω ) � ≤ M |x − x0 |n+1 .
� (n + 1)! x �

Le deuxième théorème de développement est légèrement différent. On demande


à f d’être de classe C n à la place de C n+1 , ce qui est plus naturel car seules des
dérivées d’ordre au plus n apparaissent dans le développement. Mais on paye cela
en ayant un terme en o((x − x0 )n ) à la place de O((x − x0 )n+1 ).
Théorème 4.19 (développement de Taylor-Young)
Soit I un intervalle de R et x0 ∈ I. Soit n ≥ 0 et f une fonction de classe
C n (I,R). Alors pour tout x ∈ I,

� f �� (x0 )
f (x) = f (x0 ) + f (x0 )(x − x0 )+ (x − x0 )2 + . . .
2
f (n) (x0 ) � �
+ (x − x0 )n + o (x − x0 )n .
n!

Démonstration : On applique le théorème 4.18 à l’ordre n − 1 : il existe ωx


entre x0 et x tel que
n−1 (k)
� f (x0 ) (x − x0 )n (n)
f (x) = (x − x0 )k + f (ωx ) .
k=0
k! (n)!

On pose maintenant
ε(x) = f (n) (ωx ) − f (n) (x0 ) .
Comme ωx est coincé entre x et x0 , on a que ωx → x0 quand x → x0 . Comme
f (n) est supposée continue, on a donc ε(x) → 0 quand x → x0 . On obtient
donc
n−1 (k)
� f (x0 ) (x − x0 )n (n) (x − x0 )n
f (x) = (x − x0 )k + f (x0 ) + ε(x)
k=0
k! (n)! (n)!
�n
f (k) (x0 ) � �
= (x − x0 )k + o (x − x0 )n .
k=0
k!

Pour être complet, nous donnons cette troisième forme qui est la seule qui donne
un reste exact. Pour les calculs concrets des exercices de ce cours, elle ne donne
aucune précision supplémentaire mais elle sera utile les années suivantes.

99
Développements limités

Théorème 4.20 (développement avec reste intégral de Laplace)


Soit I un intervalle de R et x0 ∈ I. Soit n ≥ 0 et f une fonction de classe
C n+1 (I,R). Alors pour tout x ∈ I,

f �� (x0 )
f (x) =f (x0 ) + f � (x0 )(x − x0 ) + (x − x0 )2 + . . .
2
� x (n+1)
f (n) (x0 ) n f (t)
+ (x − x0 ) + (x − t)n dt .
n! x0 n!

Démonstration : On part du cas connu pour n = 0 qui dit simplement que


� x
� �
f (x0 ) + f � (t) dt = f (x0 ) + f (x) − f (x0 ) = f (x) .
x0

On fait ensuite une récurrence sur n. Grâce à une intégration par parties, on
transforme le reste du rang n − 1 en
� x (n) � (n) �x � x
f (t) n−1 f (t) n f (n+1) (t)
(x − t) dt = − (x − t) − − (x − t)n dt
x0 (n − 1)! n! x0 x0 n!
(n) � x (n+1)
f (t) f (t)
= (x − x0 )n + (x − t)n dt
n! x0 n!

En ce qui concerne ce cours, ces théorèmes vont surtout nous servir à obtenir les
développements limités classiques qu’il faudra retenir par cœur. Par exemple, si on
considère f : x �→ ex , c’est une fonction indéfiniment dérivable sur R et sa dérivée
n−ième est f (n) (x) = ex . Le théorème 4.18 nous donne donc le développement à
l’ordre n comme ci-dessous.

Quand x −→ 0, on a :

x2 x3 xn � �
ex = 1 + x + + + ... + + O xn+1
2 6 n!
x2 x4 p x
2p � �
cos x = 1 − + + . . . + (−1) + O x2p+2
2 4! (2p)!
x3 x5 p x
2p+1 � �
sin x = x − + + . . . + (−1) + O x2p+3
6 5! (2p + 1)!
α(α − 1) 2 α(α − 1) . . . (α − n + 1) n � �
(1 + x)α = 1 + αx + x +...+ x + O xn+1
2 n!
x 2
x 3
(−1) n+1 � �
ln(1 + x) = x − + + ... + xn + O xn+1
2 3 n

100
Développements limités

Dans le cadre ci-dessus, nous précisons que le reste est de l’ordre de la puissance
suivante du développement (notons le cas des sinus et cosinus où on gagne même un
ordre puisque le développement ne contient qu’une puissance sur deux). Mais si on
demande un développement à l’ordre n en zéro, il suffit par définition de mettre un
reste o(xn ). Un reste du type O(xn+1 ) est plus précis, mais cette précision n’est pas
forcément exigée.
Certains cas particuliers des puissances de (1 + x)α sont très utilisés : α = −1
et α = 1/2 (les puissances α ∈ N sont aussi utiles. . . mais ce sont carrément des
polynômes et on préfère faire le calcul comme un développement classique d’une
puissance). Il est donc bien de les connaı̂tre individuellement, même s’ils sont déjà
inclus dans la formule générale.

Quand x −→ 0, on a :
1 � �
= 1 + x + x2 + x3 + x4 + . . . + xn + O xn+1
1−x
1 � �
= 1 − x + x2 − x3 + x4 + . . . + (−1)n xn + O xn+1
1+x
√ 1 1 � �
1 + x = 1 + x − x2 + O x3
2 8

On notera les points ci-dessous. Ils se déduisent facilement des développements


de Taylor même s’ils sont en fait plus généraux et valables même pour des fonctions
qui ne sont pas de classe C n . S’il est important de les remarquer, c’est qu’ils sont
souvent utiles pour retenir les formules ci-dessus ou bien pour repérer rapidement
des erreurs dans un calcul.

• Parité : le développement limité d’une fonction paire (respectivement impaire)


en x = 0 ne contient que des puissances paires (respectivement impaires). On
ne peut donc pas confondre les développements du sinus et du cosinus.

• dérivation et intégration : si f est de classe C n et de développement f (x) = a0 +


a1 x + a2 x2 + . . . + an xn + o(xn ), alors f � est de classe C n−1 et de développement
le � dérivé � de celui de f , c’est-à-dire f � (x) = a1 + 2a2 x + 3a3 x2 + . . . +
nan xn−1 = +o(xn−1 ). Attention : cela n’est pas obtenu en dérivant vraiment le
développement car on ne sait rien dire sur la dérivation du terme o(xn ). C’est
juste une application du théorème 4.19. Inversement, une primitive F de f a
un développement obtenu par une primitive du développement de f (attention
à la valeur de la constante !) F (x) = F (0)+a0 x+ a21 x2 + n+1 an n+1
x +o(xn+1 ). On
s’aperçoit donc qu’on peut obtenir le développement du logarithme à partir
de celui de 1/(1 + x) par intégration et qu’il n’est pas indispensable de le
connaı̂tre par cœur si on sait le retrouver ainsi rapidement. On peut aussi
noter que l’exponentielle a comme développement le seul qui vaut 1 en x = 0
et qui est invariant par dérivation ou intégration, puisque la dérivée de xn /n!
est xn−1 /(n − 1)!.

101
Développements limités

y y
x2
x �→ 1 + x + 2
x2 x4
x �→ 1 − 2 + 24
x �→ 1 + x

x �→ 1
x
x �→ e
0 x 0 x
x �→ cos(x)
2 3 x2
x �→ 1 + x + x2 + x6 x �→ 1 − 2

Figure 4.1 – Les courbes de l’exponentielle et du cosinus, ainsi que les courbes
correspondants aux premiers développements limités en x = 0. En rouge, on voit
la droite tangente. Suit le développement contenant le premier terme non linéaire
qui donne la position de la courbe par rapport à sa tangente. Le développement
suivant augmente la précision mais n’apporte pas un grand changement qualitatif.
On remarque qu’augmenter l’ordre du développement augmente bien la précision et
la zone sur laquelle l’approximation polynomiale est correcte. Mais il ne s’agit que
d’une approximation locale et le développement limité en x = 0 devient vite mauvais
quand on s’éloigne de ce point.

3 Techniques pour les calculs concrets

Le principe de base est comme souvent :

1. se ramener aux développements usuels près de 0 donnés plus haut

2. utiliser les règles de calculs de la partie 1

3. simplifier tous les termes inutiles

Voici quelques techniques et astuces qu’on utilisera.

• Ordre des développements intermédiaires : si on souhaite un développement


à l’ordre n d’une expression, la question se pose de savoir à quel ordre on
développe les fonctions intervenant dans l’expression. Il n’y a en fait pas de
règle car des simplifications ou des multiplications par des puissances peuvent
changer l’ordre nécessaire. Le plus important est de retenir qu’aucun calcul
n’est faux. On peut soit avoir obtenu un résultat pas assez précis, et donc on
recommence avec plus de précision (et en ayant déjà fait le calcul, on peut
anticiper laquelle est la bonne), soit on a un résultat trop précis et donc il
suffit de le tronquer (on a fait des calculs inutiles mais tant pis, ça a au moins
servit à s’entraı̂ner). Par exemple, on veut un développement de sinc à l’ordre

102
Développements limités

2 près de 0. Si on développe le sinus simplement à l’ordre 2, on a

sin x x + o(x2 )
sinc(x) = = = 1 + o(x) .
x x
Ce résultat n’est pas faux, mais il n’est pas à la précision demandée. On voit
que c’est dû à une division par x qui diminue l’ordre. On reprend donc le calcul
en prenant l’ordre 3 pour le sinus
x3
sin x x− + o(x3 ) x2
sinc(x) = = 6
=1− + o(x2 )
x x 6
ce qui est ce qu’on voulait.

• Gestion des termes inutiles : lors des calculs, on obtient souvent des termes
d’ordre plus petit que le reste négligé. Leur précision est inutile et on peut les
retirer. Par exemple, dans le calcul fait plus haut

(1 + x + o(x))2 = 1 + x2 + (o(x))2 + 2x + 2o(x) + 2xo(x)


= 1 + 2x + o(x) + x2 + o(x2 )
= 1 + 2x + o(x)

on a calculé x2 avant de l’inclure dans le reste o(x). Ce calcul est parfaitement


correct, mais on a calculé des termes avant de les supprimer : c’est inutile.
Si on anticipe que le reste sera en o(x), il suffit de calculer les termes non
négligeables et de ne pas perdre de temps avec les autres. Avec l’habitude,
on commencera par regarder le terme de reste, ici c’est o(x) qui vient de la
multiplication 1 × o(x). Puis on évalue chaque terme du développement en se
posant la question de son ordre par rapport à o(x). Si le terme est négligeable,
on ne cherche pas à le calculer précisément et ce n’est même pas la peine de
l’écrire. Ainsi seuls les termes 1 × 1 et 2 × 1 × x du développement du carré ne
sont pas négligeables par rapport à x. On n’a même pas à préciser les autres
et le calcul plus haut devient directement

(1 + x + o(x))2 = 1 + 2x + o(x)

C’est avec l’entraı̂nement qu’on progresse sur cette technique. Mais il est im-
portant de rappeler que le calcul avec tous les termes marqués est correct
quand même. Tant qu’on n’est pas à l’aise, on peut se contenter de marquer
tous les termes puis les éliminer dans un deuxième temps.

• Méthode pour développer un quotient : pour développer une fonction du type


f /g près de x = 0, on voit le quotient comme le produit de f par 1/g. On
doit alors développer f , ce qui est supposé faisable, mais que faire de 1/g ?
L’idée est d’utiliser le développement de 1/(1 ± u) pour u proche de 0. On
développe g et on factorise par le terme dominant. On obtient alors un terme
1
du type αxk 1+ax+bx 2 +... et on développe la fraction comme 1/(1 + u) avec
2
u = ax + bx + . . . qui tend bien vers 0 quand x tend vers 0. Voici un exemple
pour mieux comprendre. Mettons qu’on veuille développer f : x �→ cos(x)−1
sin x

103
Développements limités

l’ordre 2 près de x = 0. On écrit

� 2 �
cos(x) − 1 1 − x2 + o(x3 ) − 1 − x2 + o(x2 )
= 3 = 2
sin x x − x6 + o(x3 ) 1 − x6 + o(x2 )
� x � 1
= − + o(x2 ) · � x2 �
2 1 − 6 + o(x2 )
� x � � � x2 � � x2 ��
= − + o(x2 ) · 1 + + o(x2 ) + o + o(x2 )
2 6 6
� x � � x 2 �
= − + o(x2 ) · 1 + + o(x2 )
2 6
x 2
= − + o(x )
2

� 2 �
où on a utilisé le développement de 1/(1 − u) avec u = x6 + o(x2 ) . On notera
d’une part qu’on a anticipé la simplification des puissances en développant à
l’ordre 3 les fonctions
�� x2 trigos.
� D’autre
� part on a utilisé de la gestion de reste
2 2 4
comme o(u) = o 6 + o(x ) = o(x ) et on n’a pas calculé dans la dernière
ligne les termes qui étaient du type o(x2 ). Par exemple, c’est inutile de calculer
2
− x2 × x6 car c’est une puissance d’ordre 3 (on aurait donc pu simplifier les
calculs si on avait anticipé cela).

• Développement en un point x �= 0 : les développements limités à apprendre


par cœur ne sont que pour x près de 0. Si on souhaite un développement pour
x proche d’une autre valeur x∗ , le plus simple est de faire un changement de
variable x = x∗ + h et on se ramène à un développement pour h proche de
0. Quand on n’arrive pas à se ramener à des développements standards, alors
on peut être contraint de revenir aux théorèmes de développements de Taylor
mais c’est à éviter en général. Par exemple, si on veut développer sin(x) à
l’ordre 2 pour x proche de π/4, on pose x = π/4 + h et on a quand x → π/4
(i.e. quand h → 0),
�π � �π � �π �
sin(x) = sin + h = sin cos(h) + sin(h) cos
4 4 4
1 � � 1 � h 2 �
2
= √ cos(h) + sin(h) = √ 1− + h + o(h )
2 2 2
1 1 � π� 1 � π �2 �� π �2 �
= √ + √ x− − √ x− +o x−
2 2 4 2 2 4 4

Exemples autour du développement de la tangente : le développement de la


tangente n’a pas une régularité qui lui permet de rentrer dans la liste des dévelop-
pements usuels. Mais il est classique de le calculer. Il y a plusieurs façon de faire
et pour donner des exemples de calcul, nous allons en voir plusieurs pour trouver le
développement de tan x à l’ordre 5 pour x proche de 0.

104
Développements limités

• Par les formules de Taylor : c’est peut-être le premier qui vient à l’esprit mais
ce n’est pas en général une bonne idée car il faut calculer les cinq premières
dérivées de la tangente et c’est rapidement fastidieux, la cinquième dérivée
étant par exemple
d5
tan x = 120 tan6 (x) + 240 tan4 x + 136 tan2 x + 16 .
dx5
Comme cela n’illustrera pas les techniques usuelles, nous laissons le calcul
complet au lecteur courageux qui se convaincra qu’il ne s’agit pas de la façon
la plus rapide.

• Par le développement du quotient : la technique la plus standard est de sim-


plement revenir à la définition de la tangente.
3 5
sin x x − x6 + 120x
+ o(x5 )
tan x = = 2 4
cos x 1 − x2 + x24 + o(x4 )
� x3 x5 � � � x 2 x 4 � � x 2 �2 �
5 4
= x− + + o(x ) · 1 + − + + o(x )
6 120 2 24 2
� x3 x5 � � x2 5 �
= x− + + o(x5 ) · 1 + + x4 + o(x4 )
6 120 2 24
� x 2
5 4 � x 3�
x 2�
x5
=x 1+ + x − 1+ + + o(x5 )
2 24 6 2 120
�1 1� 3 � 5 1 1 � 5
=x+ − x + − + x + o(x5 )
2 6 24 12 120
1 3 2 5
= x + x + x + o(x5 ) .
3 15

• Par intégration : comme la tangente est infiniment dérivable là où elle est
définie, les formules de Taylor nous donne le lien entre son développement et
celui de sa dérivée. On va donc commencer par développer à l’ordre 4 près de
0 la dérivée tan� (x) = 1/ cos2 (x). On a
1 1 1
=� �2 = � �2
cos2 (x) x2 x4 1+ − x2 2 4
− 2 x2 + 2 x24 + o(x4 )
1− 2
+ 24
+ o(x4 ) 2

1 � 1 � � 1 �2
= 1 4 = 1 + x2 − x4 + x2 − x4 + o(x4 )
1− x2 + 3
x + o(x4 ) 3 3
1
= 1 + x2 − x4 + x4 + o(x4 )
3
2
= 1 + x2 + x4 + o(x4 )
3
Puis, on intègre ce développement en faisant attention à la constante. . . qui
vaut 0 puisque tan(0) = 0. On obtient donc que, près de 0,
1 2
tan(x) = x + x3 + x5 + o(x5 ) .
3 15

105
Développements limités

• Par dérivation : on utilise le même principe que ci-dessus, mais sous la forme
(ln(cos x))� = − tan x. On a
� x2 x4 x6 �
− ln(cos x) = − ln 1 − + − + o(x6 )
2 24 6!
�� x 2 x 4 x 6 � 1 � x 2 x 4 � 1 � x 2 �3 �
2
=− − + − − − + + − + o(x6 )
2 24 6! 2 2 24 3 2
2 4
x x 16
= + + x6 + o(x6 )
2 12 6!
Donc on sait que tan x qui est la dérivée de − ln(cos x) a pour développement
1 16 1 2
tan(x) = x + x3 + x5 + o(x5 ) = x + x3 + x5 + o(x5 ) .
3 5! 3 15
On fera attention à la nuance suivante. Nous n’avons pas formellement dérivé
le premier développement pour obtenir le second car on ne sait rien dire sur la
dérivée du terme o(x6 ) (qui pourrait même ne pas être dérivable). Mais on sait
que les fonctions sont suffisamment régulières pour appliquer le théorème 4.19
(Taylor-Young) et celui-ci nous donne le lien entre les deux développements.

• Par une équation différentielle : grâce au théorème 4.19, on sait que la tangente
admet un développement limité d’ordre 5 en x = 0. Par ailleurs, comme la
tangente est impaire, on sait que ce développement n’a que des puissances
impaires. Donc il existe a, b et c tels que tan x = ax + bx3 + cx5 + o(x5 ) près de
0. Par ailleurs, le théorème 4.19 nous dit aussi que la dérivée de la tangente a
le développement tan� x = a + 3bx2 + 5cx4 + o(x4 ). Comme tan� x = 1 + tan2 x,
on a donc

a + 3bx2 + 5cx4 + o(x4 ) = 1 + (ax + bx3 + o(x4 ))2 = 1 + a2 x2 + 2abx4 + o(x4 ) .

Par identification des développements (cf proposition 4.17), on a donc a = 1,


3b = a2 et 5c = 2ab. On trouve donc a = 1, b = 1/3 et c = 2/15.

4 Applications
4.1 Calcul de limites
Pour lever une forme indéterminée dans une limite, la question est de savoir
quelle partie de l’expression l’emporte sur l’autre. On peut souvent s’en sortir avec
des équivalents, mais il y a des cas où les termes principaux que sont les équivalents
se compensent et disparaissent. Dans ce cas, on n’a pas forcément assez de précision
pour conclure. Quand on procède par développement limité, cela signifie simplement
qu’il faut pousser le développement plus loin jusqu’à avoir suffisamment de termes
pour lever l’indétermination.
Exemples :
x
• On cherche la limite quand x tend vers 0 de f (x) = e −cosxx−sin
2
x
. C’est une
forme indéterminée du type � 0/0 �. En utilisant les équivalents en haut, on

106
Développements limités

obtient juste que ex − cos x − sin x = 1 + o(1) − 1 + o(1) − x + o(x) = o(1).


Si on connaı̂t plus d’équivalents, on peut aller jusqu’à ex − cos x − sin x =
(ex − 1) − (cos x − 1) − sin x = o(x), ce qui ne conclut toujours pas. On est
amené à pousser le développement jusqu’aux termes en x2 qui correspondent
au x2 en dénominateur.
x2 x2
ex − cos x − sin x = (1 + x + + o(x2 )) − (1 − + o(x2 )) − (x + o(x2 ))
2 2
= x2 + o(x2 ) .

On conclut donc que f (x) tend vers 1 quand x tend vers 0.


� �
• On cherche la limite quand x tend vers +∞ de g(x) = x2 e1/x − e1/(1+x) . Il
s’agit d’une forme indéterminée du type � ∞ × 0 �. En utilisant l’équivalent
de eu − 1 quand u → 0 (si connu), on peut écrire
� 1 1
� �1 1 � 1 ��
g(x) = x2 (e x − 1) − (e 1+x − 1) = x2 − +o = o(x)
x 1+x x
mais cela ne permet pas de conclure car ce terme o(x) peut aussi bien tendre
vers +∞ comme ln x que tendre vers 0 ou même ne pas avoir de limite. Pour
y voir plus clair, il faut faire le développement
1 1
� 1 1 � 1 �� � 1 1 � 1 ��
e −e
x 1+x = 1+ + 2 +o 2 − 1+ + +o 2
x 2x x 1 + x 2(1 + x)2 x
1 1 �1� 1 �1�
= − +o 2 = +o 2
x 1+x x x(1 + x) x

et conclure que

x2 � �
g(x) = + o 1 −−−−−−−→ 1 .
x(1 + x) x−→+∞

4.2 Position par rapport à la tangente


On sait déjà que la tangente à la courbe d’une fonction f dérivable en un point
x0 est donnée par le développement

f (x) = f (x0 ) + f � (x0 )(x − x0 ) + o(x − x0 ) quand x −→ x0 .

Pour trouver la position de la fonction f par rapport à la tangente y = f (x0 ) +


f � (x0 )(x − x0 ), il faut savoir le signe du reste o(x − x0 ) pour x proche de x0 . Pour
cela, on va chercher le terme suivant non nul du développement sous la forme

f (x0 + h) = f (x0 ) + f � (x0 )h + chk + o hk ) quand h −→ 0 .

Suivant le signe de c et suivant que hk soit une puissance paire ou impaire, on obtient
la position de la courbe.

107
Développements limités

Cas c > 0 Cas c < 0 Cas c > 0 Cas c < 0


et k pair et k pair et k impair et k impair

Exemple :
On veut connaı̂tre à quoi ressemble la fonction f : x �→ xe−2x près de x0 = 1. On
pose h = x − 1, on a

xe−2x = (1 + h)e−2(1+h) = e−2 (1 + h)e−2h


� 4 �
= e−2 (1 + h) 1 − 2h + 2h2 − h3 + o(h3 )
3
−2
� 2 3 3

= e 1 − h + h + o(h )
3
Bien entendu, on aura a priori utiliser un développement à l’ordre 2 de
l’exponentielle mais on s’aperçoit alors que les termes d’ordres 2 s’annulent.
On doit donc pousser le développement à l’ordre 3. On
y
trouve que la fonction f a pour tangente en x = 1 la
droite d’équation y = e−2 (1 − (x − 1)) = (2 − x)/e2 . Près
de 1, elle est sous cette tangente pour x < 1 et au-dessus x
pour x > 1 : il s’agit d’un point d’inflexion de la courbe.

4.3 Asymptotes
Les développements limités peuvent servir à obtenir des développements suivant
des puissances de x à tout endroit, y compris ±∞. Non seulement on obtient le
premier terme du développement, ce qui correspond à l’équivalent, mais on peut
aussi obtenir suffisamment de termes pour avoir une bonne idée du comportement.
Un cas assez fréquent est celui de la recherche d’asymptotes. On cherche à développer
une fonction f près de ±∞ sous la forme
1 �1
f (x) = ax + b + c + o )
xk xk
avec k > 0 quand x → ±∞. Cela montre que quand x → ±∞, |f (x) − (ax + b)| → 0
et donc que le graphe de f se rapproche de la droite y = ax + b. On dit que cette
droite est asymptote à f en ±∞. Si besoin, le terme suivant c/xk du développement
nous donne la position de la courbe par rapport à cette asymptote.
Exemples :

• On considère la fonction f : x �−→ 2 + x + x2 . Pour pouvoir utiliser le
développement de la racine carrée que l’on a appris, il nous faut un terme du

108
Développements limités


type 1 + u avec u → 0. L’astuce habituelle consiste à factoriser par le terme
dominant
� �
√ 1 2 1� 1 2� 1 � 1 ��
2 + x + x2 = |x| 1 + + 2 = |x| 1 + + 2 − 2 +o 2
x x 2 x x 8x x
1 |x| 7 � 1 �
= |x| + + +o
2 x 8|x| |x|

On notera bien que le développement se fait par rapport à u = x1 + x22 qui


tend vers 0 quand x → ±∞ et que les termes de reste sont petits car x est
grand. On trouve deux asymptotes
1 1
f (x) = x+ +o(1) quand x → +∞ et f (x) = −x− +o(1) quand x → −∞
2 2
7
Le terme suivant 8|x| du développement étant toujours positif, on sait que la
courbe est au-dessus de son asymptote pour |x| grand.
� �
• On regarde la fonction g(x) = x2 ln 1 + x1 . On effectue le développement du
logarithme ln(1 + u) pour u = 1/x → 0 quand x → +∞. On obtient
� 1� �1 1 1 � 1 ��
x2 ln 1 + = x2 − 2 + 3 +o 3
x x 2x 3x x
1 1 �1�
=x− + +o
2 3x x
1
La fonction g admet donc une asymptote d’équation y = x − 2
en +∞. En
outre, elle arrive au-dessus de son asymptote.

y y
√ � �
x2 + x + 2 x2 ln 1 + x1

1
x− 2
−x − 12 x + 12
x
x

5 Autres exemples d’applications


• Approximation de fonctions
Comme nous avons dit dans l’introduction, remplacer une fonction par un polynôme
est ce qui permet de calculer réellement les valeurs de la fonction. On pense que
c’est ainsi que les mathématiciens indiens ont obtenu leurs très bonnes tables trigo-
nométriques au Moyen Âge. C’est aussi comme cela qu’ont été calculées les premières

109
Développements limités

valeurs du logarithme, la nouvelle fonction introduite par John Napier en 1614. Ce


dernier utilise l’approximation ln(1 − ε) � ε (convention inverse de l’actuelle) pour
obtenir une valeur de référence pour ε très petit puis les propriétés du logarithme
pour calculer le reste de sa table.
Il est important de se rappeler que le développement limité est une bonne ap-
proximation seulement proche du point sur lequel le développement est effectué.
Ainsi l’approximation
1 3 1 5 1
sin(x) � x − x + x − x7
3! 5! 7!
est correcte à environ 1,6 · 10−4 près pour x ∈ [−π/2,π/2], mais elle devient ra-
pidement mauvaise en dehors. Heureusement, on peut utiliser la périodicité et les
symétries de la fonction sinus pour se ramener à l’intervalle [−π/2,π/2].
L’approximation polynomiale est bien la méthode utilisée dans les calculettes et
ordinateurs pour calculer les valeurs des fonctions comme le sinus. Mais l’approxi-
mation par développement limité a le défaut de ne pas bien répartir l’erreur. Par
exemple, pour la fonction sinus, elle est nulle en zéro et maximale en π/2. On peut
trouver d’autres polynômes qui ont une erreur plus répartie et pour lesquels l’er-
reur maximale commise est moins grande. Ces polynômes ne peuvent pas se trouver
par une formule mais on a pu les calculer par ordinateur pour les intégrer dans les
logiciels de calcul.
On pourrait naı̈vement penser qu’il est toujours possible d’approcher une fonc-
tion par son développement limité poussé suffisamment loin. En fait, c’est faux. Par
exemple, le développement de ln(1+x) se rapproche des vraies valeurs de la fonction
pour x ∈ ]−1,1] mais ne converge pas si x > 1. On peut donc utiliser l’approximation
pour x = 1
1 1 1 1
ln 2 � 1 − + − + . . .
2 3 5 6
mais pour x = 2,
2 22 23 24
ln 3 �� 1 − + − + ...
2 3 5 6
Cette question d’approximation (ou non) par le développement limité est maintenant
bien compris mathématiquement et la théorie en sera faite dans les prochaines années
d’études.
• Masse relativiste et énergie cinétique
Dans la théorie de la relativité, un objet de masse au repos m0 qui se déplace à
vitesse v a une masse relativiste de
m0
m = �
v2
1− c2

où c est la vitesse de la lumière. Son énergie totale est alors E = mc2 . Quand v est
petit par rapport à c, on utilise le développement limité
1 1 3
√ = (1 + x)−1/2 = 1 − x + x2 + o(x2 )
1+x 2 8

110
Développements limités

pour avoir

1 v2 3 v4 � v 4 �� 1 3 v2 � v4 �
2 2
E = mc = m0 c 1 + 2 + 4 + o 4 = m 0 c2 + m0 v 2 + m0 v 2 2 + o + o 2 .
2c 8c c 2 8 c c
On obtient donc que pour des vitesses non relativistes, le gain d’énergie dû au mou-
vement est principalement 12 m0 v 2 et on retrouve bien l’énergie cinétique classique.
Pour des vitesses un peu plus grandes, cette énergie cinétique sous-estime la vraie
énergie et il y a une correction positive d’énergie à ajouter à l’énergie classique.
• Coût d’un prêt
On emprunte une somme d’argent S au taux x pendant n années. Cela signifie que
l’on doit rembourser à échéance la somme S(1 + x)n . En général, x est petit (de
l’ordre du pourcent donc du centième) mais n peut être grand. Si on effectue une
approximation du type

n(n − 1) 2
(1 + x)n = 1 + nx + x + o(x2 )
2
on n’est pas certain que le terme o(x2 ) soit vraiment petit. Même les termes pré-
cédents ne sont pas spécialement petits si nx n’est pas négligeable. En fait, nx est
souvent entre 0,5 et 1 donc du même ordre de grandeur que 1. Il est plus judicieux
de supposer que nx = a et de regarder le développement
a
(1 + x)n = (1 + x)a/x = e x ln(1+x)
a x2 2 )) x
= e x (x− 2 +o(x = ea(1− 2 +o(x))
ax � ax �
= ea e− 2 +o(x) = ea 1 − + o(x)
2
C’est un point important à retenir : si la variable du développement (ici x) apparaı̂t
à la fois dans l’exposant et sous l’exposant, alors il faut passer à l’exponentielle
pour faire les développements et les limites voulues. Le deuxième développement
s’effectue bien avec x seul (non multiplié par n) donc les termes sont bien rapidement
négligeable. On trouve par exemple la règle suivante : si le produit a du taux et du
nombre d’année vaut environ 0,7 (emprunt à 2 % sur 35 ans par exemple, ou à 7 %
sur 10 ans ), alors on doit rembourser environ ea = 2 fois le crédit. Le terme correctif
qui suit nous indique qu’à a = nx constant, il faut mieux avoir x grand, c’est-à-dire
emprunter sur un temps court, quitte à avoir un plus grand taux d’intérêt.
• Approximation paraxiale d’une onde sphérique
On considère une
� onde sphérique émise depuis l’origine, elle est de la forme ψ(x,y) =
1 ikr
r
e avec r = x2 + y 2 . Quitte à changer les coordonnées, on suppose que l’on se
trouve proche de l’axe des abscisses avec x > 0 et y/x est petit. On peut utiliser
l’approximation du premier ordre r � x pour l’amplitude. Mais la phase est multi-
pliée par le nombre d’onde k qui peut être grand, on préfère donc utiliser pour elle
une approximation plus précise. On a
� � y 2 �1/2 � 1 y2 y4 �
r= x2 + y 2 = |x| 1 + 2 =x 1+ + O( ) .
x 2 x2 x4
111
Développements limités

On trouve alors ce qu’on appelle l’approximation paraxiale de l’onde :


1 ikx iky2
ψ(x,y) � e e 2x .
x
Elle est utilisée pour approchée une onde dans une petite zone loin de son origine,
par exemple pour la lumière d’une lampe loin d’une lentille dont on veut calculer
l’effet.

À connaı̂tre en priorité :

• Savoir manipuler les termes � petits o �

• Les développements limités en 0 des fonctions classiques

• Se muscler en manipulant de nombreux développements limités

• Connaı̂tre les principes des applications de bases de la partie 4

• Savoir faire une démonstration du type de celles de la partie 1

Utile pour la suite :

• Les théorèmes de développement de la partie 2 dans toute leur généralité

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