Tome 1
Tome 1
Ce numéro spécial de la Revue des Régions Arides est consacré à la publication des Actes du
3ème Meeting International sur l’Aridoculture et les Cultures Oasiennes organisé à Djerba
(Tunisie) du 15 au 17 décembre 2009, sous le thème : Gestion et valorisation des ressources et
applications biotechnologiques dans les agrosystèmes arides et sahariens.
Cette édition de 1450 pages dresse un panorama multidisciplinaire comprenant: les notions
fondamentales, les applications multisectorielles, les stratégies et prospectives et les
réflexions sur la problématique de l’aridoculture et des cultures oasiennes.
Nous invitons nos lecteurs à prendre le temps de lire chacun des articles dans l'espoir qu'ils en
retireront une compréhension approfondie des innovations scientifiques, technologiques et de
gestion permettant la modernisation des agrosystèmes des zones arides et sahariennes.
En effet, l'aspect durable des activités agricoles dans des milieux aussi fragilisés que les zones
arides et sahariennes ont toujours fait l’objet d’une vision dévalorisante et connotées par des
caractéristiques négatives : dégradation, désertification, migration, pauvreté etc. Or ces
écosystèmes ont joué un rôle important dans le développement économique et social des
communautés rurales, et si l'agriculture est bien une tradition en zones arides, c'est grâce à sa
capacité à s'adapter et à relever les défis auxquels elle a toujours été confrontée.
Lors de ce meeting, les débats ont été particulièrement riches en raison des enjeux
géopolitiques, commerciaux et scientifiques qui sont liés à la gestion du patrimoine végétal,
de la biodiversité et du développement agricole en milieu aride. Aussi, comprend-on tout
l’espoir que paysans, chercheurs et décideurs de ces régions accordent aux aspects débattus
dans les différentes sessions de ce séminaire.
Je tiens à remercier tous les participants et toutes les organisations qui ont apporté leur soutien
à ce meeting et notamment le PNUD, la GTZ, l’IRESA et l’ICARDA
i
R
EVUE DES
REGIONS ARIDES
Compilé par
Pr. Ali FERCHICHI
Le 3ème Meeting International sur l’Aridoculture et les Cultures Oasiennes : GESTION ET
VALORISATION DES RESSOURCES ET APPLICATIONS BIOTECHNOLOGIQUES DANS LES
AGROSYSTEMES ARIDES ET SAHARIENS
est organisé par
et l’appui de
ii
PREFACE
Cette publication présente les actes du séminaire international : « Gestion et valorisation des
ressources et applications biotechnologiques dans les agrosystèmes arides et sahariens » organisé par
l’Institut des Régions Arides (Laboratoire d’Aridoculture et Cultures Oasiennes) à Djerba (Tunisie) du
15 au 17 Décembre 2009, avec l’appui du PNUD, de la GTZ, de l’Institution Supérieur de la
Recherche et de l’Enseignement Supérieur Agricole et de l’ICARDA.
L'objectif de cette publication, qui explore l’intérêt des résultats de la recherche et de certaines des
applications les plus prometteuses de la biotechnologie dans le développement et la promotion de
l’aridoculture, est de privilégier les options susceptibles de contribuer à l'intérêt de tous : décideur,
technicien, scientifique, agriculteur et paysan. La recherche et la biotechnologie devraient contribuer
au développement et au transfert des technologies agricoles, des opportunités économiques et des
activités qui mettent en valeur l'aspect durable de développement des communautés et du milieu rural.
C’est en cela que cette publication visant à améliorer la réflexion et l’état des connaissances dans ce
domaine suscite un intérêt tout particulier.
Le comité d’organisation tient à remercier tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce document
et notamment tous le personnel du Centre de Documentation et d’information de l’IRA.
Nous tenons à exprimer nos vifs et sincères remerciements, pour leur aide et soutien, au PNUD, la
GTZ, l’IRESA et l’ICARDA.
iii
Sommaire volume I
SESSION 1 :
SESSION 2 :
iv
Revue des Régions Arides – Numéro spécial – 24 (2/2010) Actes du 3ème Meeting International ‘’Aridoculture et Cultures Oasisennes :
Gestion et Valorisation des Ressources et Applications Biotechnologiques dans les Agrosystèmes Arides et Sahariens’’Jerba (Tunisie)
15-16-17/12/2009
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Revue des Régions Arides – Numéro spécial – 24 (2/2010) Actes du 3ème Meeting International ‘’Aridoculture et Cultures Oasisennes :
Gestion et Valorisation des Ressources et Applications Biotechnologiques dans les Agrosystèmes Arides et Sahariens’’Jerba (Tunisie)
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Revue des Régions Arides – Numéro spécial – 24 (2/2010) Actes du 3ème Meeting International ‘’Aridoculture et Cultures Oasisennes :
Gestion et Valorisation des Ressources et Applications Biotechnologiques dans les Agrosystèmes Arides et Sahariens’’Jerba (Tunisie)
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Résumé
Huit cultivars locaux de pastèque (Citrullus lanatus T.) collectés au Sud de la Tunisie ont été évalués à l‘institut des Régions Arides
(Direction Régionale à Kébili). Ces cultivars locaux ont été comparés à deux variétés améliorées. La méthode de blocs randomisés a été
adoptée pour mesurer les caractères agronomiques relatives à la graine (forme, poids de 1000graines, contenu en protéine de réserve), au
cotylédon (forme), à la feuille (forme, couleur et longueur de pétiole) et au fruit (poids moyen, nombre de fruits par plante, couleur de chair
et Brix). L‘analyse en composantes principales de ces paramètres a montré que les cultivars locaux (8 accessions) présentent entre eux une
très grande variabilité et a permis la distinction de 5 groupes différents. Cette répartition traduit une diversité importante caractérisant les
cultivars locaux du Sud de la Tunisie.
Mot-clés : Evaluation agronomique, Pastèque, Agrobiodiversité, Sud tunisien.
1. Introduction
Les ressources phytogénétiques constituent la base biologique de la sécurité alimentaire mondiale. Les diverses
espèces locales et la diversité génétique qu‘elles renferment jouent un rôle primordial dans le développement
économique, social et culturel (Dantsey-Barry et Kpemoua, 2003). Face à l‘intensification de l‘agriculture qui se
base sur l‘utilisation d‘un nombre limité des variétés améliorées, plusieurs cultivars ont été marginalisés et sont
actuellement très rares à trouver voire même perdus (Elgazzah et Chalbi, 1995). Cette situation concerne un très
grand nombre d‘espèces cultivées et qui présentent une importance économique à l‘échelle mondiale, ce le cas
de pastèque.
Actuellement, la pastèque (Citrullus lanatus) est une espèce cultivée partout dans le monde. En Tunisie, la
pastèque a été cultivée depuis des milliers d‘années. Paris et Janick (2008) ont noté la présence en Tunisie des
plaques mosaïques qui montrent la domestication de pastèque par les romains. Novikov (1951) a noté que la
pastèque et le melon occupe la première place dans les productions tunisiennes des cultures maraîchères. La
culture de pastèque, à cette époque, a été basée sur l‘utilisation des variétés locales. Ces variétés se caractérisent
selon Novikof (1951) par des gros fruits, à gros grain, fibreuse, fade et peut être qualifiée en général de peu
sucrée.
Ces variétés qui ont pu résister pendant des années et des années aux différents types de stress, se trouve dans
nos jours très rares à trouver voire même perdues (Chalbi et al., 1995). L‘intensification de la culture et
l‘utilisation des variétés améliorées introduites sont les principales causes de la marginalisation des variétés
locales (Loumerem et al.,2004 et Elbekkay et al., 2008).
2. Matériel et méthodes
Matériel végétal
Dans ce travail, huit cultivars ont été étudiés. Ces cultivars collectés au Sud de la Tunisie et sont actuellement
conservés au laboratoire d‘Aridoculture et Cultures Oasiennes à l‘Institut des Régions Arides à Médenine. Les
cultivars sont indiqué par un code formé par la lettre « P » suivie de numéros attribué à l‘accession lors de sa
conservation. La figure 1 présente les prévenances de ces accessions étudiées. Deux variétés de pastèque
améliorées (Giza et Sugur Baby) ont été considérées dans ce travail comme des variétés de références. Ces
variétés sont parmi les variétés les plus cultivées au Sud de la Tunisie.
Conduite de l’essai
Pour chacun des cultivars étudiés, 12 graines ont été semis selon un dispositif en bloc complètement aléatoire.
Au niveau de chaque bloc quatre plantes ont été considérées. L‘essai a été conduit en plein champ à la parcelle
expérimentale de l‘IRA à Kébili. Une irrigation fertilisante localisée a été assurée en utilisant une eau
géothermique dont les caractéristiques chimiques sont présentées au niveau de tableau 1.
Paramètres d’étude
La caractérisation des cultivars étudiés a été effectuée en examinant :
- les graines à raison de 10 graines pour chaque cultivar étudié et se en déterminant la forme, le poids de
1000graines et contenu moyen en protéine de réserve;
- les cotylédons : 24 cotylédons pour chaque cultivar ont été observés pour la détermination de leur forme.
En effet, deux formes peuvent être distinguées (forme elliptique large et forme elliptique étroite) selon le rapport
longueur sur largeur.
- les feuilles : l‘observation de la feuille a été effectuée pour des feuilles bien développées et situées au
milieu de la tige. Pour chaque cultivar, 12 feuilles ont été prélevées pour l‘examen de leurs formes, couleurs et
longueurs de pétiole (selon le descripteur de l‘UPOV 2004).
- les fruits : les fruits produits dans cet essai ont été examinés selon le descripteur de l‘UPOV (2004) et ce
en déterminant le poids moyen, le nombre de fruits par plante, la couleur de chair et le taux « brix » pour les
différents cultivars étudiés.
En se basant sur les observations et les valeurs moyennes enregistrées, une analyse en composante principale a
été faite à l‘aide de logiciel statistique SPSS (version 11).
3. Résultats et discussions
Les paramètres quantitatifs et qualitatifs de la caractérisation morphologique des cultivars étudiés ont été utilisés
pour l »analyse en composante principale. Cette analyse a montré que les trois premiers axes expliquent jusqu‘à
77,39% la variabilité entre les cultivars étudiés (Tableau 2).
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Figure 2. Répartition des cultivars étudiés selon les trois premiers axes de l‘ACP
La figure 2 présente la répartition des cultivars selon les trois axes de l‘analyse en composante principale. Cette
répartition explicite une classification des cultivars étudiés qui est bien défini au niveau de dendrogramme de la
figure 3.
Le poids de 1000 graines, la longueur de pétiole de la feuille et le poids de fruit sont relativement les paramètres
les plus importants formant l‘axe PC1. Cependant, l‘axe PC2 est formé principalement par le pourcentage des
solides solubles dans la chair (%Brix), le dégrée de découpure de la feuille et le contenu des graines en protéine.
La couleur de la chair de fruit défini en grand partie l‘axe PC3.
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Cette analyse nous a permis de distinguer trois groupes différents. Un premier groupe est formé par les deux
variétés introduites. Un deuxième groupe est formé par cinq variétés provenant de la région de Medenine et de
Ben Guirden. Dans ces deux localités, qui sont les plus proches permis les quatre provenances considérées dans
ce travail, la pastèque est conduite en irrigué dans les périmètres irrigués.
Le troisième groupe est formé par trois cultivars, P2 et P21 provenant de la région de Kébili et P15 provenant de
la région de Tataouine. Dans ces deux régions la culture de pastèque occupe une place assez marginalisée. A
Kébili, la pastèque est conduite généralement dans les oasis pour la consommation familiale. De même, à
Tataouine la pastèque est majoritairement conduite dans les Jessours (agriculture montagneuse) sans irrigation.
Ces résultats montrent une diversité entre les cultivars locaux collectés et les variétés de références considérées
dans ce travail. En plus, une diversification a été révélée entre les cultivars locaux eux mêmes. Cette
diversification semble être influencée largement par la localité de collecte. Saugier (1992) a noté que les sites les
moins perturbés ne sont pas les plus riches en espèces mais ils peuvent assurer une meilleure préservation de
leurs potentiels biologiques.
4. Conclusion
L‘étude de la diversité des cultivars locaux de pastèque collectés au Sud de la Tunisie a montré que ces cultivars
se distinguent des variétés améliorées (Giza et Sugur Baby) considérées dans ce travail. En outre, la
classification de huit cultivars locaux a révélé une variabilité entre ces cultivars. Cette variabilité semble être très
liée à la provenance de l‘accession.
A cet effet, la diversité de mode de culture qui résulte de la diversité d‘agrosystèmes adoptés (oasis, Jessour,
périmètre irrigué) entraine la présence d‘une diversité des cultivars. Cette diversité constitue une richesse au
niveau de patrimoine phytogénétique locale de plusieurs espèce dont particulièrement la pastèque.
5. Références bibliographiques
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ques locales dans le développement durable. In : Colloque « Développement durable, leçons et
perspectives » du 1 au 4 juin 2004 à Ouagadougou. [Link]/[Link]
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breeding of cucurbitaceae (Pitrat M, ed), INRA, Avignon (France), May 21-24th, 2008. 295-300.
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Novikof V.A., 1951. Essais d‘amélioration des variétés dans les cultures de melon et de pastèque en
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Cucurbitaceae 2008. Proceedings of the IXth EUCARPIA meeting on genetics and breeding of
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Pernès, professeur à l‘Université de Paris-XI. Pp 371-384.
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Etude de la diversité de la population du palmier dattier (Phoenix dactylifera L.) dans les oasis
continentales tunisiennes à l’aide des marqueurs microsatellites
Hamza Hammadi1, Giovanni Giuseppi Vendramin2 and Ferchichi Ali1
1
Institut des régions arides 4119 TUNISIE (hamzapalmier@[Link])
2
Plant Genetics Institute, National Research Council, Florence, Italy
Résumé :
Vingt-six cultivars de Phoenix dactylifera L. originaires des oasis continentales tunisiennes ont été étudiés à l‘aide des marqueurs
microsatellites. Cinq loci SSR ont été utilisés, l‘amplification a été faite selon la méthode Markus (2000) et le génotypage des variétés a été
fait à l‘aide d‘un analyseur automatique de l‘ADN type MegaBACE 1000. Les résultats ont montré une diversité génétique et un
polymorphisme très élevés avec six à huit allèles par locus. La probabilité d‘identité entre deux cultivars est nulle à partir de trois loci. Des
valeurs élevées de He et Ho ont été observées, la valeur moyenne pour tous les loci est de 0.707 et 0.638 respectivement. Les loci mPdCIR70
et mPdCIR93 sont les plus informatifs et montrent un déficit significatif d‘hétérozygotie.
Abstract:
Twenty six date palm cultivars (Phoenix dactylifera L.) of the continental oases chosen for their importance to farmers were studied by
microsatellite markers. Five SSR loci were used and the PCR reaction was made according to Markus (2000). PCR production was loaded on
an automatic DNA analyser, MegaBACE 1000. The results showed a high genetic diversity with six to eight alleles per locus. The
probability of identity between two cultivars is null since three loci. A high levels of He and Ho were observed, the mean values for all loci
are 0.707 and 0.638 respectively. mPdCIR70 and mPdCIR93 loci are the most informative and they have a significant deficit of
heterozygosity.
1. Introduction
La phoeniciculture est la culture la plus importante pratiquée dans le monde et couvre environ 3% des superficies
cultivées (Dowson, 1982). Le Phoenix dactylifera L. (2n=36) est une plante dioïque et pérenne à croissance
indéterminée. Cette espèce est cultivée de nos jours sur une superficie couvrant plus de 1.200.000ha distribués
sur 30 pays et offrant une production dépassant les 6 millions de tonnes.
Les oasis du Sud tunisien est une vaste étendue où l‘on cultive environ 4 millions de pieds dont la majorité
écrasante est représentée par la variété élite Deglet nour, seule est capable de garantir de bons revenus aux
agriculteurs (Hamza et al. 2006). En contre-partie, les autres variétés sont devenues délaissées, quelques
centaines de cultivars (Ferchichi et Hamza, 2008) sont menacées d‘une disparition aggravée par des maladies
destructives essentiellement le Bayoudh et la MFC. Cette opulence nécessite un programme de préservation pour
promouvoir ses potentialités de production, d‘adaptation et d‘endurance.
Des programmes de conservation génétique ont été établis basés sur des travaux de caractérisation des cultivars
tunisiens. Plusieurs études antérieures menées dans le cadre de ce projet allant de la caractérisation
morphologique jusqu‘au moléculaire. Des fiches descriptives assez simplifiées ont été adoptées par Ben Salah
(1993 ; 2004) et ultérieurement par Rhouma (1994 et 2005). Hamza et al.(2009) ont proposé des descripteurs
fiables pour la caractérisation des cultivars, les traits morphologiques sélectionnés sont d‘une importance servant
comme indicateurs de la qualité fruitière. D‘autres techniques visant les analyses de la variabilité génétique des
populations de palmier dattier ont été réalisées à l‘aide des marqueurs enzymatiques (Ould Mohamed Salem et
al. 2001). Ces marqueurs enzymatiques présentent plusieurs avantages et inconvénients (Lawe et al. 2004). Ils
sont plus discriminants que les marqueurs morphologiques, neutres et peuvent être révélés dans plusieurs
organes. Mais ils ont un nombre moyen d‘allèles, et ils sont dépendants du stade de développement. Ces limites
des marqueurs enzymatiques ont justifié la recherche de marqueurs plus polymorphes comme les microsatellites.
Ces derniers sont codominants, comme les marqueurs enzymatiques, mais ils possèdent un pouvoir de
discrimination souvent plus élevé (Lawe et al. 2004).
La présente étude a pour objectif d‘évaluer la variabilité et la structure génétiques de la population du palmier
dattier des oasis continentales tunisiennes à l‘aide des marqueurs microsatellites.
2. Matériels et méthodes
2.1. Les cultivars étudiés :
Les cultivars dans la présente étude sont choisis selon leur importance pour les agriculteurs de Nefzaoua et du
Jerid (Ferchichi et Hamza, 2008) (tableau 1). Plusieurs d‘entre eux sont investigués pour la première fois.
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3. Résultat et discussion :
L‘analyse de la variation génétique révèle un total de 36 allèles avec une moyenne de 7.2 allèles par locus. Les
marqueurs SSR sont jugés d‘être très polymorphes avec 6 à 8 allèles sur les 26 cultivars examinés (Tableau 2).
Ceci confirme la grande diversité observée au sein de cette espèce révélée par les autres techniques. Des valeurs
élevées de He et de Ho ont été observées, les valeurs moyennes sont 0.707 et 0.638 respectivement.
Tableau 2. Résumé des cinq loci microsatellites testés sur les cultivars de palmier dattier.
Locus Motif répété Taille allélique (pb) A He Ho
mPdCIR10 (GA)22 141-181 8 0.66 0.83
mPdCIR15 (GA)15 141-157 6 0.68 0.80
mPdCIR32 (GA)19 305-321 7 0.65 0.67
mPdCIR70 (GA)17 206-228 8 0.60 0.45
mPdCIR93 (GA)16 178-197 7 0.60 0.38
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Seulement les loci mPdCIR70 et mPdCIR93 montrent des valeurs Ho significativement inférieures à l‘He. Cela
montre un excès d‘hétérozygotie dans la population étudiée. De plus ces loci montrent des valeurs de Fst les plus
élevées, ils sont considérés comme les loci les plus informatifs par rapport aux autres dans l‘étude de la
population du palmier dattier. Probabilité d'identité
0,14
0,12
0,1
0,08
PI
PI Pop1
0,06
0,04
0,02
0
1 1+2 1+2+3 1+2+3+4 1+2+3+4+5
Figure 1. La probabilité d‘identité (PI) des cultivars
Combinaison des loci obtenue par la combinaison des loci.
La probabilité d‘identité entre les cultivars est nulle à partir de trois loci (figure 1). En effet, trois loci suffisent
pour déterminer l‘empreinte génétique des cultivars. Ceci peut être utilisé dans le génotypage des variétés issues
de la culture in vitro et de tester leur conformité. Le pouvoir discriminant élevé des marqueurs microsatellite
permet de dresser des clés d‘identification pour chaque cultivar. Le tableau 3 illustre les clés d‘identification des
26 cultivars tunisiens en utilisant les loci mPdCIR93, mPdCIR32 et mPdCIR15.
Tableau 2. Clés d‘identification des cultivars étudiés en utilisant les loci mPdCIR93, mPdCIR32 et mPdCIR15
mPdCIR93
178/178
178/181
181/181
181/191
181/197
189/191
191/191
191/193
193/193
197/197
188/188
mPdCIR32
313/315
315/317
308/308
315/315
313/315
315/317
313/315
317/317
308/315
308/321
315/315
308/317
mPdCIR15
143/145
151/157
145/157
141/145
143/157
143/151
141/151
141/143
143/157
143/143
143/157
Rotbayet Elmansoura
Cultivars
Tzerzayet kahla
Tzerzayet safra
Bissr Helou
Deglet nour
Rtob houdh
Om leghlez
Ghars souf
Choddakh
Loghrabi
Ammary
Kintichi
Fezzani
Dhahbi
Fermla
Hamra
Bejjou
Tronja
Gondi
Hloua
Gosbi
Horra
Hissa
Alig
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Figure 2 : Dendrogramme UPGMA des 26 cultivars du palmier dattier établi sur les distances
génétiques de Nei (1972) basées sur les 34 allèles. (N : oasis de Nefzaoua, J : Oasis de Jerid)
Malgré le nombre des amorces ici examinées, la structure génétique de la population a été bien étudiée.
L‘allogamie et la nature dioïque de l‘espèce pourraient être la cause de cette grande diversité (Munier, 1981).
Ceci confirme les résultats des travaux antérieurs faits à l‘aide d‘autres techniques citant les marqueurs
enzymatiques (Ould Mohamed Salem et al. 2001), RAPD (Trifi, 2001), ISSR (Zehdi, 2002) and PCR RFLP
(Sakka et al. 2004).
Le dendrogramme permet de discerner plusieurs groupements indépendants de leurs origines géographiques. Un
tel résultat confirme l‘hypothèse de Wrigley (1995) suggérant une origine commune des cultivars du palmier
dattier. En Tunisie il est difficile de voir une distinction géographique de fait la connexion qui existe entre les
diverses oasis permettant les échanges des rejets des cultivars.
4. Références bibliographiques :
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Ferchichi A, Hamza H. 2008. Le patrimoine génétique phoenicicole des oasis continentales tunisiennes. Institut
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Hamza H, Elbekkay M, Mahmoudi K, Belkadhi MS, Ferchichi A. 2006. Mesure de l‘état de la biodiversité dans
les oasis de Kébili. Revue des Régions Arides -Numéro spécial- Actes du séminaire international : Gestion des
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Comparison of RAPD and ISSR markers for the study of genetic diversity in barley
Ferdaous Guasmi, Leila Touil, Khadija Fères, Nidhal Marzougui, Walid Elfalleh, Tebra Triki, Ali Ferchichi
Institut des Régions Arides – 4119 Médenine - Tunisia
Tel: + 216 75 633 005; Fax: + 216 75 633 006; E- mail: guasmifer@[Link]
Abstract:
Barley (Hordeum vulgare L.) is one of the most important crop species in the word and has been subject to considerable genetic study. A
total of 80 accessions from South Tunisia were collected and evaluated ex situ at IRA experimental fields of Médenine. Two types of
molecular markers, random amplified polymorphic DNA (RAPD) and inter-simple sequence repeat (ISSR), were assayed to determine the
genetic diversity of 80 barley accessions. The ISSR primers amplified a total of 9 bands out of which 6 bands were polymorphic. These
primers showed variation in the percentage of polymorphism, band informativeness (Ib) and resolving power (Rp). Average band
informativeness (AvIb), is a measure of closeness of a band to be present in 50 % of the genotypes under study and resolving power (Rp) is
the sum of Ib values of all the bands amplified by a primer. The percentage of polymorphism is 66.66 %, average Ib ranged from 0.24 to
0.0386 while Rp ranged from 0.74 to 1.16. The primer UBC 890 showed the highest averaged Ib (0.386) and Rp (1.16). In RAPD analysis, 3
primers yielded a total of 17 scorable bands, which are all polymorphic. The 3 polymorphic primers exhibited variation with regard to
average band informativeness (AvIb) and resolving power (Rp). The primer OPA-11 showed the lowest AvIb (0.37) and Rp (1.85) while the
highest AvIb of 0.65 and Rp (5.2) values were exhibited by the primers BY-15. RAPD and ISSR marker systems were found to be useful for
the genetic diversity among the barley accessions. The dendrogram based on RAPD markers was in accord with the dendrogram based on
ISSR markers for the majority cases. A poor correlation (r= 0.124) was found between both sets of genetic similarity data, suggesting that
both sets of markers revealed unrelated estimates of genetic relationships.
Key words: Genetic diversity, Hordeum vulgar L., ISSR markers, RAPD markers, South-Tunisia.
1. Introduction
Barley (Hordeum vulgare L.) is one of the most important crop species in the word and has been subject to
considerable genetic study. It is a diploid (2n=2x=14), largely self- fertilizing species with a large genome
(Bennett and smith 1976).
Barley is cultivated on about 450.000 hectares in Tunisia. During centuries, early domestication and local
knowledge have generated diverse local barley used mainly for feed and lowly for food (vivilov 1951). In semi-
arid regions, barley is mostly cultivated by sheep owners ,and gazed one or two time as early winter crop when
forage and pasture are not available the conservation and use of plant genetic resources are essential to the
continued maintenance and improvement of agricultural production.
The identification of varieties of crop plants has become increasingly important to the documentation of genetic
resources and to the protection of the breeders‘ interests. To the malting and brewing industries this is especially
important because different varieties of barley (Hordeum vulgare L. ssp. vulgare) have widely different qualities
and use characteristics. Plant breeders need positive identification for the protection of their proprietary rights on
varieties. The grower needs assurance that the seed lot is of the variety he intends to use. Processors must be
assured of varietal identity and that it is free from mixtures. Examination of grain morphological characteristics
is the standard method of identifying barley cultivars, but not all of them can be distinguished on this basis.
Several biochemical techniques have been used to complement morphological examination of barley cultivars,
and most of them rely on variations among isoenzymes (Laugesen et al. 2007) and seed storage proteins (Cansi
et al. 2003). Nevertheless, characterization with these kinds of markers was not very efficient for barley varieties
due to the low levels of allelic variation in many isoenzymatic loci, and to the high degree of genetic relationship
among the different varieties, and also to the high degree of polymorphism within barley varieties.
Molecular markers have been proved to be valuable tools in the characterization and evaluation of genetic
diversity within and between species and populations. It has been shown that different markers might reveal
different classes of variation (Powell et al. 1996; Russell et al. 1997). It is correlated with the genome fraction
surveyed by each kind of marker, their distribution throughout the genome and the extent of the DNA target
which is analyzed by each specific assay (Dávila et al. 1999). The advent of the polymerase chain reaction
(PCR) favored the development of different molecular techniques such as random amplified of polymorphic
DNA (RAPD), simple sequence repeats (SSR or microsatellite), sequence tagged sites (STS), random amplified
microsatellite polymorphism (RAMP) and inter-simple sequence repeat polymorphic DNA (ISSR), and so on
(Wu et al. 2004). These molecular markers had been used in barley for detecting genetic diversity, genotype
identification, genetic mapping (Matus and Hayes 2002; Tanyolac 2003; Fernández et al. 2002). Of these
techniques, RAPD has several advantages, such as simplicity of use, low cost, and the use of small amount of
plant material, etc. RAPDs were proved to be useful as genetic markers in the case of self-pollinating species
with a relatively low level of intraspecific polymorphism, such as hexaploid wheat (Devos and Gale 1992; Joshi
and Nguyen 1993) and cultivated barley (Tinker et al. 1993). ISSR markers, which involve PCR amplifications
of DNA using a primer composed of a microsatellite sequence anchored at 3‘ or 5‘ end by 2-4 arbitrary, could be
used to assess genetic diversity (Qian et al. 2001). ISSRs have been used for cultivar identification in potatoes
(Prevost and Wilkinson 1999), wheat (Nagaoka and Ogihara 1997), bean (Métais et al. 2000) and barley
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(Fernández et al. 2002; Tanyolac 2003). Present study was aimed to survey the genetic polymorphism between
80 barley accessions collected according to their names in Tunisia and geographical origin, by ISSR and RAPD
markers. This is the first report of genetic diversity evaluation among barley accessions in the south of Tunisia.
In the present study we report the usefulness of RAPD and ISSR for the assessment of genetic diversity and
relationships.
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RAPD-PCR analysis
RAPD analysis was carried out with 10 decamer random primers from Operon molecular for life (Table 3). PCR
amplifications were carried out also with 3 accessions. The primers that gave clear and polymorphic
amplification patterns were used for further analysis with all the 80 accessions. For each primer, a 20 µl
amplification reaction contained: 100 ng of genomic DNA, 5 mM of Mgcl2, 1U of Taq DNA polymerase and 4µl
de buffer (Taq Buffer avec (NH4)2SO4 10X). PCR amplifications were performed in a gen-Amp PCR 9700
thermal cycler system. The PCR conditions included initial denaturation at 94 °C for 5 min, followed by 45
cycles: denaturation at 92 °C for 1 min, annealing at 50 °C for 2 min, extension at 72 °C for 2 min with final
extension at 72 °C for 7 min.
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3. Results
3.1. Identification and evaluation of ISSR primers for diversity estimates in barley genotypes
A total of 10 primers consisting of di and tri repeat motifs were used for initial screening with 3 genotypes. Out
of these, 17 primers gave no amplification at all, while only 3 primers were found to give clear and polymorphic
patterns, and were subsequently used to analyze the entire set of 80 genotypes. These ISSR primers amplified a
total of 9 bands out of which 6 bands were polymorphic. These primers showed variation in the percentage of
polymorphism, band informativeness (Ib) and resolving power (Rp). Average band informativeness (AvIb), is a
measure of closeness of a band to be present in 50 % of the genotypes under study and resolving power (Rp) is
the sum of Ib values of all the bands amplified by a primer. The percentage of polymorphism is 66.66 %, average
Ib ranged from 0.24 to 0.0.386 while Rp ranged from 0.74 to 1.16 (Table 4). The primer UBC 890 showed the
highest values of average Ib (0.386) and Rp (1.16).
3.2. Genetic diversity and clustering patterns of 80 barley genotypes based on ISSR polymorphism data
A dendrogram (Figure 1) was developed for 80 genotypes and indicates 18 main groups:
- The first group (class5): includes the majority of accessions (29 accessions), characterizing by the presence
of 7 locus who molecular size ranged from 225 to 400 bp.
- The second group (class 4) : includes 18 accessions, characterizing by the presence of 6 locus who
molecular size ranged from 225 to 300 bp
- The different classes 1, 7, 12, 18: can regrouped in one group, characterizing by the presence of 6 locus
who molecular size is variable.
- The class 13: includes two accessions «Ezzahra 2» and «Bouzrida» collected from Tataouine, characterizing
by the low number of bands: 2 locus who molecular size are 275 and 295 pb.
- The accession «Bir addim» from Tataouine, included in class 11, characterizing by the presence of 3
locus who molecular size are 225, 275 and 300 pb.
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3.3. Identification and evaluation of RAPD markers for diversity estimates in 80 barley genotypes
Out of 10, decamer random primers used for initial screening with three representative genotypes, while only 3
primers amplified polymorphic patterns. These primers were then used for RAPD analysis of all the 80
genotypes. Amplification products of the 80 genotypes with these 3 primers yielded a total of 17 scorable bands,
which are all polymorphic (Table 5). The highest number of bands (8) was obtained with primer BY-15, while
the lowest number (4) was obtained with primer UBC-402 Different primers showed a same variation in their
ability to detect polymorphism (100 %).The 3 polymorphic primers exhibited variation with regard to average
band informativeness (AvIb) and resolving power (Rp). The AvIb and Rp values of these polymorphic primers
have been depicted in Table 3.2. The primer OPA-11 showed the lowest AvIb (0.37) and Rp (1.85) while the
highest AvIb of 0.65 and Rp (5.2) values were exhibited by the primers BY-15.
3.4. Genetic diversity and clustering pattern of 80 barley genotypes, based on RAPD data
The composition of clusters obtained using RAPD markers alone ISSR markers alone has revealed similar
groupings in some cases. The dendrogram obtained indicates nine main classes (Figure 2).
- The class 8: includes the accession «Lahyet mars» collected from Tataouine, characterizing by the low number
of locus (only 3).
- The class 7: Only two accessions ―Thahet el gbour 2‖ from Médenine and ―Grager 2‖from Tataouine
characterized this class, which present ten locus (height number of locus).
- The class 1: includes the majority of accessions (54 accessions), characterizing by the absence of 2 locus who
molecular size are 900 and 390 pb.
The position of accessions regrouped in classes (6, 9, 11, 12, 13, 14, 15) obtained by ISSR markers, remained the
same as in the RAPD dendrogram (classes 2, 4, 5, 6, 7, 8 and 9),
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Percentage of polymorphic markers: The 3 ISSR primers yielded average 3 bands per primer while the 3 RAPD
primers amplified average 5.66 bands per primer. The average number of polymorphic bands per primer was
higher in case of RAPDs (5.22) as compared to that in ISSRs (2).
Average band informativeness: The range of Ib values of both marker systems as seen in Table 6. The highest
value (0.49) displayed by RAPD markers is higher than the ISSR markers (0.304).
Resolving powers: It is a characteristic of a primer which reflects overall suitability of a marker system for the
purpose of identification, as it is related to the number of accessions distinguished by that primer (Prevost et al.
1999). Rp value for both RAPD and ISSR polymorphic primers was calculated and it was observed that RAPD
primers had greater (2.99) Rp than that of ISSR primers (0. 92).
Correlation coefficient: The correlation coefficient for the elements of the RAPD GS and ISSR-GS matrices was
calculated using the mantel test (Mantel 1967). There was no significant correlation (r= 0.124) between the
RAPD GS and ISSR-GS matrices, indicating that both sets of markers revealed the unrelated estimates of
genetic relationships.
4. Discussion
The results indicated that the percentage of RAPD polymorphic bands (100 %) was higher than that of ISSR
(66.66 %). The mean number of amplification RAPD bands (5.66) was more than that of ISSR (3). Moreover,
the total number of polymorphic bands (17) detected by 3 RAPD primers was much higher than that of the 3
ISSR primers (6), who suggested that the RAPD markers were superior to ISSR markers in the capacity of
revealing more informative bands in a single amplification. The similar results were observed by Fernández et al.
(2002) and Tanyolac (2003). Due to its worldwide distribution, the valuation of the genetic diversity among
barley germplasm from different countries has been performed (Liu et al. 2002; Fernández et al. 2002; Matus et
al. 2002; Dávila et al. 1999; Chen et al. 2000; Feng et al. 2003). Bernard et al. (1997) analyzed the genetic
diversity in 88 genotypes from 20 populations of wild barley from Israel, Turkey and Iran by RAPD markers.
When the total genetic diversity was estimated, 75% of the variation detected was partitioned within the 88
genotypes and 25% among the populations. When variation between countries was assessed, no substantial
differences were found, because most of the variation detected (97%) was partitioned within the 20 populations
and the remainder among the countries. In this study, it was obvious that the dendrogram based on RAPD
markers was in accord with the dendrogram based on ISSR markers. Fernández et al. (2002) found the
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dendrogram generated by the ISSR matrix agrees better with the genealogy and the known pedigree of the barley
cultivars than the dendrogram generated by the RAPD results. Wu et al. (2004) found that the data based on
RAPD-GS were more correlated with the geographic distribution of the genus Houttuynia Thunb, while the data
based on ISSRs were closely related with their number of chromosomes. It could be partially explained by the
different number of informative PCR products (84 for RAPDs and 105 for ISSRs). They reinforced again the
importance of the number of loci and their coverage of the overall genome and obtained reliable estimates of
genetic relationship among the studied materials (Fernández et al. 2002).
The microsatellites or inter simple sequence repeat (ISSR) markers and randomly amplified polymorphic DNA
(RAPD) markers have proved to be the most polymorphic markers in barley and hence are highly useful markers
for various applications in barley (Fernández et al. 2002). Apart from using them in diversity analysis ISSR
markers have been shown to be associated with various agronomically important traits namely, dwarfing and
vernalization response (Korzun et al. 1997); leaf rust resistance (Feuillet et al. 1997), kernel hardness (Sourdille
et al. 1996), cadmium uptake (Penner et al. 1995) preharvest sprouting tolerance (Roy et al. 1999), protein
content (Prasad et al. 1999) resistance to common bunt (Demeke et al. 1996), powdery mildew resistance (Qi
and Ai 1996), kernel traits (Campbell et al. 1999) flour viscosity (Udall et al. 1999). RAPD markers have also
shown to be associated with various traits such as the Aegilops speltoides leaf rust resistance gene Lr 28 in wheat
(Naik et al. 1998), various traits contributing to kernel hardness in bread wheat ( Galande et al. 2001) and
cadmium intake in durum wheat (Penner et al. 1995). These markers can, thus be used for selection of linked
traits of agronomic importance which would increase the efficiency and precision of breeding.
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Collecte de matériel génétique d’espèces maraîchères cultivées dans les oasis : cas des
oasis de Nefzaoua
Amira Benaoun, Mokhtar Elbekkey, Ali Ferchichi
Laboratoires d‘aridoculture et cultures oasiennes, Institut des Régions arides de Médenine.
Résumé
Une mission de collecte des ressources génétiques de légumes a été conduite au cours de la compagne 2006-2007 dans les
oasis de Nefzaoua. Cent neuf accessions appartenantes à 17 espèces maraîchères ont ainsi été collectées, dont 39 représentent
d‘anciennes variétés locales de 10 espèces maraîchères. Les oasis modernes, définies par un système de culture intensif, se
caractérisent entre autre par un abandon général des anciennes variétés cultivées. Cependant, les oasis anciennes, définies
comme un système de culture à trois étages, constituent un foyer d‘espèces et de variétés maraîchères locales. Cette étude
constitue une première approche de la diversité génétique maraîchère cultivée dans les oasis de Nefzaoua. Elle doit être mieux
ciblée vers l‘identification de stratégie de conservation à long terme de cette diversité et doit être aussi orientée vers la
valorisation de cette diversité à travers des programmes de sélection et d‘amélioration variétale.
Mots clés : accessions, cultures maraîchères, érosion génétique, agricultures traditionnelles oasiennes.
1. Introduction
La dégradation d‘habitat ainsi que plusieurs activités humaines, dont principalement l‘agriculture, ont attribué au
déclin de la diversité biologique durant le 20-ième siècle (Heywood et al., 1995). Le changement des pratiques
agricoles et l‘utilisation croissante des techniques culturales intensives et modernes ont eu un effet direct et
négatif sur la biodiversité avec ses différents niveaux : écosystème, espèce et gène (McNeely, 1995). Pourtant,
dans les agro-ecosystèmes traditionnels, les populations humaines ont adapté à leur environnement des
techniques culturales qui ont un effet positif sur la diversité spécifique. Les oasis de désert représentent un
exemple de ces systèmes où les pratiques traditionnelles peuvent être largement responsables du niveau local de
biodiversité. Ces agroecosystèmes sont des asiles de biodiversité (Oostermeijer et al., 1994), de ce faite, ils
recevaient plus d‘attention pour leur conservation. Les oasis du sud tunisien sont caractérisées par un potentiel
génétique particulier des espèces cultivées (Brush 1991 ; Brush et al., 1998 ; Aguirre et al., 2000 ; Sawadago et
al., 2001). Le système de production oasien est structuré en trois étages de cultures (Sghaier, 1995) :
phoenicicole, arboricole fruitier et herbacé qui couvrent les cultures fourragères et maraîchères. Pour cette
raison, une diversité locale très importante est souhaitée être repérée dans ces agrosystèmes. De ce fait, il est
nécessaire et urgent d‘inventorier et conserver ces ressources phytogénétiques oasiennes dans de collection
nationale de ressources phytogénétiques maraîchères pour leur conservation et leur utilisation durable. Une
mission de collecte de semences des espèces maraîchères a été organisée au cours de l‘année 2006-2007 dans les
oasis de la région de Nefzaoua (sud tunisien). Cette mission, faisant parti d‘un vaste programme de conservation
de la biodiversité oasienne a été effectuée par l‘institut des régions arides.
2. Matériel et méthodes
2.1. Localisation de l’étude
Les oasis de Nefzaoua ont été choisies pour l‘importance de leur superficie qui représente 43 % de celle des
oasis tunisiennes (Ministère de l‘Environnement et de l‘Aménagement des Territoires, 2000) et pour leur
système de production qui est un système millénaire et diversifié par son exploitation en trois étages (Nasr,
2005). Ces étages forment un micro climat différent du milieu environnant (milieu désertique), dont la
température est plus basse, l‘humidité est plus élevée et la violence des vents moins ressentie (Picouet et al.,
1997). La région de Nefzaoua appartient à la partie sud-ouest de la Tunisie. Elle couvre une superficie
approximative de 22 900 km², bordée au nord par la chaîne de montagne de chott el Fejjej, et à l‘ouest par chott
el Jérid. Elle est limitée au sud par le Grand Erg Oriental qui forme la limite septentrionale du Sahara (Kadri et
al., 2002). La sècheresse est une caractéristique permanente de la région (Picouet et al., 1997). Nefzaoua est
soumise à l‘influence du climat continental, froid en hivers et chaud en été et située dans l‘étage saharien à
hivers frais (Le Houérou, 1959). Les précipitations sont rares et irrégulières (15 à 20 jours de pluie par an) et
prennent un caractère orageux. La pluviométrie moyenne annuelle est de 90 mm.
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3. Résultats et discussion
Au total, 109 accessions de semences appartenant à 17 espèces maraîchères cultivées dans les oasis
de Nefzaoua ont été collectées. Le nombre d‘accessions rassemblées pour chaque espèce varie selon
leur origine (locale ou introduite) et selon le type du système de culture.
Variation des accessions collectées des espèces maraîchères selon leurs origines
En se référant aux informations obtenues auprès des agriculteurs et des spécialistes régionaux de la production
végétale, seulement 39 accessions (36%) appartenant à 10 espèces maraîchères parmi celles collectées ont été
identifiées comme étant locales. Ceci peut être attribué, en partie, à l‘introduction de nouvelles espèces et
variétés maraîchères dans la région. Ceci a entraîné le remplacement et la perte des variétés traditionnelles, et par
conséquent la dégradation de la diversité génétique des espèces maraîchères cultivées à Nefzaoua, comme l‘a
noté Pionetti (1998).
Plus que 80% des agriculteurs de Nefzaoua préfèrent l‘utilisation des variétés locales. Ces dernières sont bien
adaptées aux conditions biotiques et abiotiques des agrosystèmes oasiens contrairement aux variétés introduites
qui nécessitent beaucoup d‘entretien et de vigilance pour répondre à ces exigences nutritionnelles et
phytosanitaires.
Cependant, très peu d‘agriculteurs arrivent à maintenir jusqu‘à nos jours leurs propres ressources face aux
différents facteurs de dégradation de ce patrimoine. Les résultats de cet inventaire révèlent que 12 % des espèces
maraîchères sont cultivées dans les oasis de Nefzaoua en utilisant seulement des variétés locales. Par contre, les
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espèces représentées seulement par des variétés introduites sont de l‘ordre de 41%. Ces espèces peuvent être des
espèces introduites qui ne sont pas traditionnellement cultivées dans la région (cas de l‘aubergine, de céleri, du
persil et de corète) ou bien des espèces dont leurs variétés locales sont totalement perdues (cas du pastèque, du
concombre et de la carotte) (figure 2).
Les variétés conduites en cultures du piment, de courge, de blette et d‘ail sont essentiellement locales. Par contre,
les cultures de tomate, du melon, de l‘oignon et du navet, sont conduites en utilisant des variétés principalement
introduites avec lesquelles des nouvelles techniques culturales sont introduites, dont principalement la
fertilisation et la lutte chimique contre les parasites.
%Cultivars traditionnels
120
%Cultivars introduits
pourcentage des cultivars
100
80
60
40
20
0
Navet
Tomate
Courge
Carotte
Corète
Oignon
Melon
Blette
Concombre
Pastèque
aubergine
Ail
Cèleri
Persil
Fenouil
Piment
Radis
espèces
Figure 2. Répartition des accessions collectées pour chaque espèce dans la région de Nefzaoua en fonction de
leurs origines
50
40
26,5%
30
20 12 %
10
0
Ancien m oderne public m oderne privé
Type d'oasis
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collectées (%)
80
70 61,54
60 80,60
50
40
72,41
30
20 38,46
10 19,40
0
Ancien moderne public moderne privé
Type d'oasis
Situation actuelle des espèces maraîchères cultivées dans les oasis de Nefzaoua
La substitution des variétés locales par des variétés améliorées, dites « à haut rendement » ont été enregistrées
dans les oasis modernes de Nefzaoua. En outre, plusieurs variétés traditionnellement cultivées dans les oasis
anciennes étant en voie d‘abondant. Par conséquent, les différents types des agrosystèmes oasiens sont soumis à
une érosion génétique.
Certaines espèces traditionnellement cultivées dans les oasis de Nefzaoua ont disparu, d‘autres, sont menacées
par une érosion génétique et tendent à être remplacées par d‘autres introduites (Tableau 1).
Espèces dont les variétés locales sont menacées Tomate, radis, fenouil, navet, melon, oignon.
Espèces à variétés envahissantes Aubergine, corète, persil, cèleri, pomme de terre, pastèque,
carotte, concombre, navet, melon, oignon et tomate.
Conclusions
L‘analyse des accessions maraîchères collectées dans les oasis de Nefzaoua a montré que, contrairement aux
oasis modernes, les oasis anciennes sont les moins affectées par l‘érosion génétique. La perte des savoir faire
traditionnels des oasiens constitue une cause primordiale de la perte de la diversité génétique maraîchère de la
région.
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Les cultivars maraîchers locaux identifiés au cours de cette étude présentent des valeurs commerciales
insignifiantes. Les agriculteurs oasiens tendent à les abandonner et les remplacer par des variétés améliorées
dites à ‗haute rendement‘. Toutefois, ces cultivars sont adaptés à milieu particulier et ils constituent des
ressources phytogénétiques indispensables pour les programmes de sélection et d‘amélioration.
Remerciement
Je remercie vivement les agriculteurs des oasis de Nefzaoua et tout les personnelles de la C RDA de Kébeli.
Références bibliographiques
Aguirre, J.A., Bellon, M.R., Smale, M., 2000. A regional analysis of maize biological diversity in southeastern
Guanajuato, Mexico. Economic Botany 54,60-72.
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Brush, S., Meng, E., 1998. Farmer‘s valuation and conservation of crop genetic resources. Genetic Resources
aund Crop Evolution 45,139-150.
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Valeur Agricole (ORMVA) du Tafilalet (Maroc) CIHEAM - Options Mediterraneennes, Sér. A n°11.
Jarvis, D. I., Sevilla-Panizo, Chávez-Servia, R., J.L., Hodgkin, T., 2003. Seed systems and crop genetic diversity
on-farm, Proceedings of a Workshop, 16–20 September, 2003 Pucallpa, Peru, Ed. Future Harvest Centre.
Kadri A., Van Ranst, E., 2002. Contraintes de la production oasienne et stratégies pour un développement
durable. Cas des oasis de Nefzaoua (sud tunisien). Sciences et changements planétaires sécheresses, 13, 5-12.
Ministère de l‘Environnement et de l‘Aménagement des Territoires, 2000. Rapport national sur l‘état de
l‘environnement pour l‘année 2000. Tunisie.
Nasr, N., 2005. Globally important agricultural heritage systemes–GIAHS Oasis systemes ingenieux du
patrimoine agricole mondial, SIPAM OASIS IPGRI Tunisia.
Pionetti, C., 1998. Semences et savoirs en Inde : diversité en péril, Ed. Cultures Croisées.
Rhouma, A., 2005. Le palmier dattier en Tunisie I. Le patrimoine génétique Volume 2. International Plant
Genetic Resources Institute, 275 p.
Sawadago, M., Balma, D., Ouedrago J.B., Belem, O.M., Dossou, B., Jarvis, D., 2001. Sustainability of in situ
conservation on-farm. Papier présenté de Workshop ‘In situ Conservation of Agrobiodiversity: Scientific and
Institutional Experiences and Implication for National Policies‗. CIP, La Molina, Peru
Visser, B., 1998. Effects of biotechnology on agro-biodiversity, in Biotechnology and Development Monitor, 35,
2-7.
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Résumé
Le figuier (Ficus carica L.) est l'une des espèces les plus importantes des régions méditerranéennes. La Tunisie est l'un des pays producteurs
des figues et présente une grande variabilité. Dans cette étude, on a évalué 10 accessions du figuier (Baghli, Bither, Dchiche Assal Asfar,
Dchiche Assal Ahmar, Jebali, Kahli, Mahdoui, Marchini, Mlouki et Temri) collectées en 2006 auprès des vergers traditionnels dans les îles
Kerkennah en se basant sur des caractères morphologiques. Les variables les plus discriminantes sont le poids du fruit, la longueur du fruit, le
diamètre du fruit, la longueur du cou, la longueur du pédoncule, l'ouverture de l'ostiole. Les valeurs moyennes des 20 fruits ; le poids du fruit
varie entre 20,42 à 96,06 g; la longueur du fruit 30,05 - 67,77 mm, le diamètre du fruit va de 35,65 à 66,05 mm, la longueur du cou est de 0 à
21 mm. Les accessions Baghli, Dchiche Assal Asfar, Dchiche Assal Ahmar, Kahli et Marchini ont été sélectionnées en fonction de leurs
caractères morphologiques, elles ont été identifiées comme prometteuses pour le développement de la culture de cette espèce.
Mots-clés : Accession, caractères morphologiques, Ficus carica, Figuier, îles de Kerkennah, Tunisie.
Abstract : Morphological variability in germoplasm of Ficus carica L. from Kerkennah islands region, Tunisia
Fig (Ficus carica L.) is one of the most important fruit species of Mediterranean regions. Tunisia is one of the countries for the production of
figs and contained important variability. In this study, morphological variations in 10 fig accessions (Baghli, Bither, Dchiche Assal Asfar,
Dchiche Assal Ahmar, Jebali, Kahli, Mahdoui, Marchini, Mlouki and Temri) collected from traditional orchards in the Kerkennah islands,
Tunisia during 2006 growing season were evaluated. The most widely varied variables were fruit weight, fruit length, fruit diameter, neck
length, stalk length, ostiole opening. Average over 20 fruits, fruit weight was determined between 20.42 - 96.06 g; fruit length 30.05 - 67.77
mm; fruit diameter within 35.65 - 66.05 mm; neck length between 0 - 21 mm. The fruit shape has a wide variation: globose, oblate, oblong
and piriform. The colour fruit skin varied from yellowish green to purple black.
Baghli, Dchiche Assal Asfar, Dchiche Assal Ahmar, Kahli and Marchini appeared as the best accessions based on their morphological
characters, they were found to be promising for both selection and developing this species.
Keywords: accessions, Ficus carica, Fig, Kerkennah islands, morphological characters Tunisia.
1. Introduction
La variabilité génétique chez les plantes est liée à la variation du matériel génétique (germoplasme) inter-
individu de la même espèce. La variabilité chez le figuier est traduite essentiellement par le type variétal
(génotype) et par l'interaction avec son milieu extérieur (phénotype). Ce pendant, les caractéristiques
morphologiques des accessions sont influencées par les conditions pédoclimatiques et les pratiques
agronomiques.
Le figuier est connu localement et l'une des espèces les plus promoteurs dans les régions des îles de Kerkennah
pour la production des figues fraîches ainsi que sèches. Cette espèce est bien adaptée aux climats arides et aux
sols pauvres. En dépit de sont importances ainsi que les menaces d'érosion génétique pour cette espèce, plusieurs
efforts ont été menés pour la caractérisation, la conservation et l'évaluation du germoplasme. Nos travaux ont été
basés sur les études morpho-chimiques, la création des conservatoires et des pépinières pour la propagation du
matériel végétal et la valorisation des produits (Aljane, 2004 ; Guesmi, 2004 ; Aljane, 2006 ; Aljane et al., 2007 ;
Ferchichi & Aljane, 2007 ; Faleh, 2007 ; Aljane & Ferchichi, 2008).
Le présent travail consiste à évaluer le germoplasme local de Ficus carica dans îles de Kerkennah en utilisant
des caractères morphologiques dont l'objectif de sélectionner des accessions performantes pour le
développement de ce secteur.
2. Matériels et méthodes
2. 1. Site d'étude
Les îles de Kerkennah sont situées à 20 km des côtes de Sfax, Tunisie, ont une superficie de 15700 ha.
Allongées du Sud- Ouest au Nord- Est sur une longueur de près de 35 Km, l'archipel a une largeur variable
atteignant au maximum 11 Km. Le climat est aride avec une pluviométrie annuelle de 200- 400 mm. Les
moyennes des minimas (Janvier) et des maximas (Août) sont respectivement, 12 et 28 ° C. les principales
cultures sont le palmier dattier, le figuier et la vigne ainsi que la céréaliculture. Le figuier est cultivé en
intercalaire avec les autres espèces fruitières, la majorité des plantations sont conduites en sec.
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Temri 'TMR') ont été étudiées. Les échantillons des figues fraîches ont été pris en 2006 sur des arbres dans les
vergers traditionnels dans les mêmes conditions agro-climatiques. Vingt-cinq fruits par accession ont fait l'objet
des mesures au laboratoire, dont le but d'évaluer la variabilité génétique à l'aide des caractères morphologiques
quantitatifs (IPGRI & CIHEAM, 2003) et la détection des similarités et des dissimilarités pour les 10 accessions
de Ficus carica.
Les données ont été analysées par l'analyse de la variance (ANOVA) et la comparaison des moyennes en
utilisant le test de Duncan à P<0,05 et par l'analyse en composantes principales (ACP). Le logiciel utilisé est
Statbox 5.40.
3. Résultats
Une variabilité morphologique élevée a été observée pour les 10 accessions de Ficus carica, qui sont collectées
dans les vergers traditionnels des îles de Kerkennah. La plus grande variation a été obtenue pour la variable
poids de fruit. Les caractères longueur du pédoncule, longueur et diamètre du cou diamètre, diamètre et
ouverture de l'ostiole présentent des variations moyennes. Tandis que, les autres paramètres sont faiblement
variés (tableau 1).
Tableau 1. Moyennes et intervalle de variation des caractères morphologiques mesurés sur les fruits de 10
accessions de Ficus carica.
Code Caractère Moyenne + Erreur Ecart- type Intervalle de
Standard variation
PF Poids de fruit (gr) 47,87 + 0,98 13,38 20,42 - 96,06
HF Hauteur de fruit (mm) 45,24 + 0,56 7,63 30,05 - 67,77
DF Diamètre de fruit (mm) 47,67 + 0,41 5,67 35,65 - 66,05
LP Longueur du pédoncule de fruit (mm) 4,40 + 0,16 1,83 0,90 - 9,08
DP Diamètre du pédoncule de fruit (mm) 6,74 + 0,09 1,06 4,0 - 11,5
LC Longueur du cou de fruit (mm) 3,45 + 0,57 6,37 0 - 21
DC Diamètre du cou de fruit (mm) 3,25+ 0,48 5,35 0 - 16
DO Diamètre de l‘ostiole de fruit (mm) 8,58 + 0,17 2,31 3,08 - 14,88
OS Ouverture de l‘ostiole de fruit (mm) 4.34 + 0.15 1.81 1,16 - 10,81
EP Epaisseur de la peau de fruit (mm) 0,92 + 0,11 1,36 0,16 - 8,85
EC Epaisseur de la chair de fruit (mm) 17,36 + 0,38 4,44 16,20 - 31,14
En gras, valeurs présentant une variation importante
Les coefficients de corrélation entre les caractères morphologiques permettent de détecter des corrélations
significatives (P<0,05) pour certaines variables. Le poids de fruit (PF) est très corréler positivement avec le
diamètre du fruit (DF) et l'épaisseur de la chair (EC).
La hauteur du fruit (HF) montre une corrélation positive élevée avec les dimensions du cou du fruit (DC et LC).
Une corrélation significative et positive est observée entre le diamètre du fruit (DF) et l'épaisseur de la chair
(EC). La longueur du cou (LC) est corréler négativement avec l'épaisseur de la peau (EP), par contre elle montre
une forte corrélation positivement avec la longueur du cou (LC). Également, le diamètre de l'ostiole (DO) mettre
en évidence une corrélation significative positivement avec l'ouverture de l'ostiole (OS) (tableau 2).
Tableau 2. Coefficients des corrélations entre les caractères morphologiques.
PF 1
HF 0,28 1
DF 0,95 0,04 1
LP -0,44 0,24 -0,40 1
DP 0,21 -0,05 0,22 -0,24 1
LC -0,16 0,76 -0,32 0,43 0,15 1
DC -0,17 0,71 -0,29 0,49 0,08 0,95 1
DO 0,32 0,53 0,30 0,35 -0,27 0,41 0,61 1
OS 0,37 0,06 0,48 0,21 -0,56 -0,22 -0,02 0,74 1
EP 0,18 -0,58 0,40 -0,12 0,03 -0,65 -0,54 -0,10 0,33 1
EC 0,86 0,44 0,77 -0,16 -0,03 -0,07 -0,11 0,36 0,44 -0,14 1
PF HF DF LP DP LC DC DO OS EP EC
En gras, valeurs significatives (hors diagonale) au seuil alpha = 0,05 (test bilatéral)
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Le pourcentage de variance et la variance cumulée de l'analyse en composantes principales (ACP) sont misent
dans le tableau 3. Les cinq premières composantes (axes) permettent d'expliquer 96,40 % de la variabilité totale.
Tableau 3. Valeur propre, pourcentage de variance et de variance cumulé des cinq premières composantes
principales.
Composantes Valeur propre Pourcentage de variance Pourcentage de variance
principales cumulé
Les relations de ces axes avec les caractères quantitatifs sont récapitulées dans le tableau 4. Les paramètres
remarquables pour la première composante principale (PC1) sont la longueur du cou (LC), le diamètre du cou
(DC) et l'épaisseur de la peau (EP). Pour le deuxième axe (PC2), les variables qui présentent une corrélation
significative sont le poids du fruit (PF), le diamètre du fruit (DF), le diamètre de l'ostiole (DO) et l'épaisseur de la
chair (EC). Concernant la troisième composante (PC3), les caractères qui sont hautement corrélés sont le
diamètre du pédoncule (DP), l'ouverture de l'ostiole (OS), l'épaisseur de la peau (EP) et de la chair (EC). Les
paramètres corrélés significativement pour le quatrième axe (PC4) sont le diamètre du pédoncule (DP) et ceux
relatifs aux dimensions de la peau et de la chair (EP et EC). La cinquième composante (PC5) montre une
corrélation positive élevée pour la longueur du pédoncule (LP).
Tableau 4. Définition des axes de l'ACP des cinq premières composantes principales.
Caractères PC1 PC2 PC3 PC4 PC5
L'analyse de la variance et la comparaison des moyennes en adoptant le test de Duncan se montre très importante
pour l'évaluation de la variabilité morphologique inter-accessions ainsi que la détection des caractères aux
niveaux discriminants élevés. En effet, a l'exception du paramètre épaisseur de la peau (EP), qui manifeste des
différences significatives, toutes les variables ont révélé des différences hautement significatives (P < 0,05) inter-
accessions et la définition des groupes homogènes se chevauchant entre eux, qui varient de 3 à 7 groupes pour
chaque caractère étudié (tableau 5).
La répartition des accessions étudiées dans le plan défini par les axes 1 et 2 de l'ACP permet de grouper les 10
accessions de Ficus carica dans 7 groupes renferment 1 à 3 individus et révèlent une variation élevée concernant
les caractères morphologiques enregistrer.
Les résultats de la comparaison des moyennes et de l'ACP (répartition des accessions dans le plan 1 et 2), qui
absorbe lui seul 66 % de la variation globale montre que les accessions (MAH, JBL et TMR) donnent des fruits
du même calibre et sans cou. Le binôme (DAS, DAH) montre des poids des fruits importants, des diamètres du
pédoncule élevés et également fruit sans cou. L'accession BAG présente le poids de fruit le plus élevé du groupe
étudié. BTH est une accession à fruits de forme allongée, de faibles diamètres équatoriaux. L'accession MLK
produit des fruits avec des pédoncules de longueur importante et à ostioles de grands diamètres et ouverts.
Concernant KAH, les fruits ont des cous très allongés et de grands diamètres. L'accession MLK est différenciée
des autres pour les caractères relatifs aux dimensions de l'ostiole (tableau 5 et figure 1).
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Tableau 5. Moyennes des caractères morphologiques mesurés sur les fruits de 10 accessions de Ficus carica.
et niveau de signification des différences.
PF HF DF LP DP LC DC DO OS EP EC
Accession
BAG 63,32d 48,30 f 54,98 f 3,86 ab 6,64 b 0,00 a 0,00 a 9,93 e 6,246 d 0,678 a 24,191 e
BTH 40,85 b 35,14 a 46,54 cd 3,22 a 7,97 c 0,00 a 0,00 a 6,77 a 2,974 a 0,979 a 11,840 a
DAS 59,94 d 48,13 ef 52,12 e 3,29 a 6,95 b 0,00 a 0,00 a 8,47 bcd 4,352 b 0,986 a 18,697 cd
DAH 60,206d 46,62 ef 51,82 e 3,21 a 6,54 b 0,00 a 0,00 a 8,84 cde 4,735 bc 0,889 a 19,816 d
JBL 32,62 a 40,96 b c 41,91 a 4,74 abc 4,96 a 0,00 a 0,00 a 8,16 abcd 5,216 c 0,807 a 13,621 ab
KAH 44,31 b 58,89g 43,93 abc 5,09 bc 7,19 b 16,72 c 12,94 c 9,22 de 2,975 a 0,285 a 17,099 cd
MAH 42,09 b 45,14 de 45,49 bcd 5,58 c 6,96 b 0,00 a 0,00 a 7,76 abc 4,211 b 1,000 a 16,465 c
MCH 51,87 c 38,22 b 51,19 e 4,95 bc 7,08 b 0,00 a 0,00 a 8,28 bcd 4,616 bc 0,928 a 18,272 cd
MLK 45,46 b 47,96 ef 47,12 d 5,24 bc 6,48 b 6,15 b 9,86 b 12,17 f 6,277 d 2,765 b 18,028 bc
TMR 40,91 b 43,21 cd 42,92 ab 3,71 ab 6,86 b 0,00 a 0,00 a 7,09 ab 2,849 a 0,384 a 16,730 c
F calculée
20,166 44,716 23,307 3,681 10,773 234,634 997,234 10,855 3.679 ab 2,275 13,715
Signification
0,000 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000 0,000 0,022 0,000
Les moyennes suivies par les mêmes lettres dans une même colonne ne sont pas statistiquement différentes selon de test de Duncan au seuil de 5 %.
29
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4. Discussions et conclusions
Les résultats d'évaluation du germoplasme du figuier dans cette étude sont comparables avec ceux obtenus par
plusieurs auteurs (Salhi-Hannachi et al., 2003 ; Chatti et al., 2004 ; Oukabli & Khadari, 2005 ; Chalak et al.,
2008). Caliskan & Polat (2008) a reporté des résultats similaires concernant la caractérisation des fruits des
génotypes de figuier de la Turquie. Polat & Ozkaya (2005) ont sélectionnés des cultivars sur la base des caractères
morphologiques liés aux fruits. Également, plusieurs travaux dans le monde menés sur les ressources génétiques du
figuier ont montré l'efficacité des caractères relatifs aux fruits (Condit, 1941 ; Ozeker & Isfandiyaroglu, 1998 ; Can,
1993 ; Aksoy et al., 1992 ; Polat & Ozkaya, 2005).
Cette étude permet de conclure que le germoplasme de Ficus carica collecté dans les îles de Kerkennah révèle
une variabilité morphologique considérable. Cependant, certains caractères sont très discriminants dans la
classification et la sélection des accessions à savoir le poids du fruit, le calibre, la longueur du pédoncule, la
longueur du cou et l'ouverture de l'ostiole. Les accessions (BAG, DAS, DAH, KAH and MCH) sont
sélectionnées pour être multiplier et développer dans les régions étudiées dont le but d'augmenter la productivité
de ce secteur. Toutefois, ces 10 accessions sont en cours d'évaluation ex situ (en collection) dans les mêmes
conditions agropédoclimatiques pour échapper des effets des stress biotiques (sécheresse, salinité, température,
etc.).
5. Références
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30
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Résumé
La Tunisie est l'un des principaux pays producteurs et exportateurs du grenadier (Punica granatum L.) dans le monde. En présence d‘un
marché international très exigeant, la sélection tant quantitative que qualitative des meilleures variétés est devenue une nécessité. Dans un
effort visant à sélectionner de nouveaux cultivars qui sont les plus appropriées pour l'usage commercial, 30 spécimens de grenade ont été
recueillies auprès de différentes régions du sud-est de la Tunisie en vue de les caractériser. Dix-sept caractères morphologiques de l‘arbre et
des fruits ont été étudiés pour chaque spécimen. Cette étude a révélé des différences remarquables surtout en ce qui concerne la vigueur de
l‘arbre, le calibre des fruits et la couleur et l‘acidité des jus. En tenant compte de l‘ensemble des observations, certains arbres sont jugés
particulièrement performants dans les conditions du sud-est tunisien.
Mots clés: Sud-est de la Tunisie, Punica granatum L., sélection, caractères morphologiques.
Abstract
―Selection of pomegranate (Punica granatum L.) in the south-east of Tunisia‖. Tunisia is one of the main producers and exporters of
pomegranate (Punica granatum L.) in the world. Due to it‘s international importance, the selection of both quantitative and qualitative best
varieties has become a necessity. To select new cultivars that are most appropriate for commercial use, 30 grenade specimens were collected
from different regions of south-east of Tunisia in order to characterize them. Seventeen morphological characters of the tree and fruit were
studied for each specimen. This study has revealed remarkable differences especially concerning the tree vigor, the fruit size and color and
the acidity of juice. Taking into account all comments, some trees are considered particularly efficient in south-eastern Tunisia.
1. Introduction
Le grenadier est l‘une des espèces fruitières les plus anciennes au monde (Evreinoff, 1949). Il est considéré
originaire de la Perse et des régions environnantes. Cet arbre est très adapté au climat méditerranéen et aux zones
arides (Salaheddin et Kader, 1984). En Tunisie, l‘introduction du grenadier date des temps très lointains
(Evreinoff, 1949). Sa culture s‘étend sur l‘ensemble du pays à l‘exception des zones d‘altitude où il craint la
gelée. Les principaux centres de production sont les oasis de Gabès et de Gafsa, le Cap Bon, la région de Bizerte
et le sahel de Sousse.
Après avoir été considérée durant longtemps comme secondaire, la culture du grenadier a connu, durant la
dernière décennie une grande extension. Les superficies réservées à cette espèce sont passées de 5650 ha en 1980
à 14700 ha en 2001 (Ministère de l‘agriculture, 2001). Le gouvernorat de Gabès occupe la 1 ère place du point de
vue superficie et production avec 2600 ha et 1600 T/an respectivement (GIAF et DGPA, 2001).
Dans le monde, la production et la consommation de grenade a été augmenté du fait qu‘elle est utilisée dans des
différents domaines. En effet, outre sa consommation à l‘état frais, elles sont utilisées pour la fabrication de
boissons rafraichissantes, d‘arômes, de la confitures et d‘autres préparations (gâteaux, vins…) (Evreinoff, 1949 ;
Zukovskij, 1950 ; Melgarejo y Martinez, 1992 ; Tous & Ferguson, 1996 ; Aviram et al., 2001). Pour répondre
aux exigences du secteur, certains travaux de prospection et de collecte des variétés ont été entrepris dans le but
d‘étudier la diversité du matériel végétal local. Les ressources phytogénétique constituent la matière première
employée en sélection et en biotechnologie pour produire de nouvelles variétés répondant aux critères de
productivité, de qualité de la production et de tolérance aux stress biotique et abiotique. L‘amélioration génétique
des plantes cultivées a fait d‘énormes progrès notamment par la création des nouvelles variétés très intéressantes
sur plusieurs plants. Or, en ce qui concerne le grenadier les recherches sur son amélioration génétique sont restés
très limitées et généralement sans grands résultats. Les principaux travaux réalisés sur cette espèce sont basés
essentiellement sur les caractéristiques physico-chimiques et technologiques liées aux feuilles, aux fleurs et aux
fruits (El Kahtani, 1992 ; Levin, 1994; Melgarejo et al., 1995 ; Ben Nasr et al., 1996 ; Mars et Marrakchi, 1999).
Les principaux critères de sélection pour des grenades de bonne qualité sont un bon calibre, un bon aspect, une
bonne coloration externe et interne, un rendement élevé en jus, une bonne qualité du jus, des graines tendres et
une bonne qualité gustative (Mars, 1998 ; Mars & Marrakchi, 1999 ; Onur et al., 1999) .
Dans cette étude préliminaire on décrit les premiers résultats des recherches des pieds mères afin de sélectionner
les principales accessions permettant d‘obtenir des nouvelles variétés répondants aux critères de productivité et
de qualité.
2. Matériels et méthodes
2.1. Matériel végétal
La première phase du travail a concerné la recherche des pieds mère. Pour le grenadier la sélection se fait
directement sans le passage par le test de sélection des géniteurs (Simmonds, 1989). Cette sélection vise à
31
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identifier dans une population les clones les plus performants pour les caractères recherchés. Une prospection de
terrains a été réalisée afin de repérer les plantes à étudier. La prospection a concerné 6 oasis de la région de
Gabès (Metouia, Oudhref, Gabès ville, Chénini, Mareth, Kettana). La variété gabsi a été choisie pour réaliser la
sélection des meilleurs plants. Pour chaque oasis un certains nombres de pieds ont été sélectionnés (tableau 1).
Tableau1. Les accessions de Punica granatum L., leurs Localités d'origine et leurs codes.
Oasis Code Oasis Code Oasis Code
GE1 GM1 GG1
GE2 GM2 GG2
Metouia GE3 Mareth GM3 Gabès ville GG3
GE4 GM4 GG4
GE5 GM5 GG5
GC1
GK1
GO1 GC2
GK2
GO2 GC3
Oudhref Kettana GK3 Chénini
GO3 GC4
GK4
GO4 GC5
GK5
GC6
3. Résultats
3.1. Caractères qualitatifs
Les premières observations relatives aux 30 pieds sélectionnés montrent une grande diversité. La vigueur des
arbres est en général satisfaisante, ainsi que l‘état phytosanitaire. La ramification et la densité du feuillage sont
en général équilibrées (Tableau 3)
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La variation des caractères morphologique qualitatifs est représentée dans la figure 1. Pour le caractère couleur
des graines, 13 génotypes ont des graines de couleur rose, 9 sont rose-blanches, 5 sont rouges et 3 sont rouge-
violacées. La majorité des plants (13) possèdent une écorce de couleur rose-vert, 7 sont vert, 4 vert-jaune, 4
rouges et 2 sont rose. En ce qui concerne la rusticité des graines, 11 ont des graines semi-dures, 10 sont tendres
et 9 sont dures.
15 RG CG CE
10
0
GM4
GG1
GG2
GG3
GG4
GG5
GM1
GM2
GM3
GM5
GK1
GK2
GK3
GK4
GK5
GO1
GO2
GO3
GO4
GC1
GC2
GC3
GC4
GC5
GC6
GE1
GE2
GE3
GE4
GE5
Figure 1. Variation des différents caractères qualitatifs des fruits des génotypes sélectionnés.
537,83g (GC6) avec une moyenne de 378,63g quand aux HF et DF, ils varient respectivement de 6.43cm pour
GG5 à 8.9 cm pour GO4 et de 7.73 cm pour GG5 à 10.13 cm pour GO4. Le poids de 100 graines oscille entre
5,79g pour GE2 à 27,53g pour GC2. GO1 possède le pourcentage des graines le plus faible (58,73%) alors que
GM4 possède le pourcentage le plus élevé (80.9%).
PE*/10 PF*/100 POG*/10 HF* DF* PG*
30
25
20
15
10
5
1
5
E1
E2
E3
E4
E5
K
O
M
G
G
G
G
Figure 2. Variation des différents caractères morphologiques des accessions étudiés. *Variation significative
(ANOVA). La barre d'erreur correspond à la déviation standard entre trois répétitions.
La variation des caractères physico-chimique est significative (P ‹ 0.05). GK4 donne les fruits les moins juteux
(64.67%) alors que GC2 donne les fruits les plus juteux (85.5). Le pH et l‘IR varient respectivement de 3 chez
GO4 à 4.6 chez GC6 et de 12.2% pour GO1 à 17.7% pour GC4 (Figure 3).
20 VJ*/10 PH* IR*
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
1
2
3
4
1
2
3
4
5
1
2
3
4
5
1
2
3
4
5
1
2
3
4
5
6
1
2
3
4
5
GO
GO
GO
GO
GG
GG
GG
GG
GG
GE
GE
GE
GE
GE
GM
GM
GM
GM
GM
GC
GC
GC
GC
GC
GC
GK
GK
GK
GK
GK
Figure 3. Variation des caractères physico-chimiques des accessions étudiés. *Variation significative
(ANOVA). La barre d'erreur correspond à la déviation standard entre trois répétitions.
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La classification hiérarchique des différentes accessions basées sur la combinaison des caractères morphologique
et chimique des fruits permet de les grouper en 7 groupes. Le premier groupe renferme la majorité des
génotypes (36.66%) dont le poids de l‘écorce varie de 68.5g à 108.67g. Les dimensions des fruits varient de
283.67g à 410.5g pour le poids, de 7.3cm à 8.07cm pour la hauteur et de 8.53cm à 9.47cm pour le diamètre. Les
pourcentage de graine et de jus varient respectivement de 65.55% à 80.9% et de 64.67% à 80.33%. Le pH varie
de 3.26 à 3.73 et l‘IR de 13.53% à 15.27%. Le groupe 2 comporte le plant GG5, ayant un PF de 245g, un PE de
52.5g, un HF de 6.43cm, un DF de 7.73cm, un POG de 78.86%, un PG de 21.71g, un VJ de 80%, un pH de 3.27
et un IR de 14.93%. Le groupe 3 regroupe les génotypes GM2, GK4, GG2 et GG1 qui se caractérise par un PF
compris entre 363.33g et 428.33g, un DF et un HF variant respectivement de 8.53cm à 9.8cm et de 7.47cm à
8.17cm. Le PE varie de 105g à 116.67g, quant aux PG et VF, ils varient respectivement de 14.7% à 23.93% et de
70% à 80.63%. le pH de ce groupe varie de 3.08 à 3.6 et son IR varie de 14% à 14.9%. Le groupe 4 comporte 4
génotypes de Chénini GC1, GC3, GC4 et GC5 dont le poids le PE varie de 90.5g à 122.67g. Les dimensions des
fruits varient de 346.67g à 429g pour le poids, de 7.23cm à 8.03cm pour la hauteur et de 8.77cm à 9.2cm pour le
diamètre. Les pourcentage de graine et de jus varient respectivement de 69.92% à 75.84% et de 81.9% à 85.33%.
Le pH varie de 4.22 à 4.49 et l‘IR de 16.57% à 17.7%. Le groupe 5 comporte GC2, GC6 et GG3 qui se
caractérisent par un PE compris entre 125g et 128g. Les dimensions des fruits varient de 472.83g à 537.83g pour
PF, de 8.17cm à 8.7cm pour HF et de 9.73cm à 10.07cm pour DF. Les pourcentage de graine et de jus varient
respectivement de 73.32% à 75.98% et de 77.03% à 85.5%. Le pH varie de 3.03 à 4.6 et l‘IR de 14.13% à
16.57%. Le groupe 6 renferme les génotypes de Oudhref qui se caractérisent par un PE supérieur à 155g et un PF
compris entre 377g et 499.67g. Le POG est inférieur à 65%. Le VJ varie de 76.5% à 80.27%. Le pH et l‘IR
varient respectivement de 3 à 3.45 et de 12.2% à 14.2%. Le groupe 7 regroupe GE2, GE4 et GE5 dont le poids
de l‘écorce varie de 85.17g à 123.17g. Les dimensions des fruits varient de 222.5g à 378g pour le poids, de
6.93cm à 7.1cm pour la hauteur et de 7.8cm à 8.3cm pour le diamètre. Les pourcentage de graine et de jus
varient respectivement de 61.7% à 67.78% et de 71.17% à 77%. Le pH varie de 3.45 à 3.51 et l‘IR de 13.8% à
15.2%.
4. Discussions
Les études sur la diversité génétique sont d‘une importance capitale car elles déterminent l‘information de base
requise pour l‘amélioration génétique et la conservation des ressources génétiques d‘une espèce. Cette étude
avait beaucoup de similitudes avec ceux décrits dans d'autres recherches en ce qui concerne les caractères de
fruits tels que le poids, la hauteur et la largeur des fruits, le pourcentage de jus de fruits, l‘IR, le pH, la couleur de
l‘écorce, le pourcentage, la rusticité et la couleur des graines et le poids total de 100 graines (Mars et Sayadi,
1992 ; Ercan et al., 1992 ; Mars et Gaaliche, 1993 ; Polat et al., 1999 ; Mars et Marrackhi, 1999 ; Al-Maiman et
Ahmad, 2002 ; Yıldız et al., 2003 ; Özkan, 2005 ; Gundogdu, 2006 ; Muradoglu et al., 2006).
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L‘analyse des résultats permet de différencier certains génotypes qui peuvent être utilisés comme géniteurs pour
certains caractères: GE1, GO1 et GO4 pour la vigueur et l‘état phytosanitaire, GC6 pour le calibre des fruits,
GM4 pour le pourcentage des graines, GC2 pour le poids des graines et le pourcentage de jus, GC4 pour le jus le
plus sucré, GC5 et GK3 pour la couleur et la rusticité des graines et les accessions de Oudhref pour la couleur
externe des fruits.
La plupart des accessions ont un poids moyen de fruit supérieur à 350g, un poids moyen de l‘écorce inférieur à
96g, un pourcentage des graines supérieur à 71%, un volume de jus/100g supérieur à 75%, un IR supérieur à
14.5%, un pH inférieur à 3.5 et ils possèdent des graines doux de couleur rose et une écorce rose-vert.
5. Conclusion
Une large variabilité phénotypique est mise en évidence dans cette étude préliminaire. Elle reflète une diversité
génétique réelle et concerne plusieurs critères comme la vigueur, l‘état phytosanitaire, les dimensions des fruits
et les caractéristiques physico-chimiques des fruits. Ces résultats sont en faveur de l‘amélioration et de sélection
et ont identifiés certains génotypes comme géniteurs pour les caractères recherchés. Pour clarifier davantage les
relations génétiques au sein du matériel végétal étudier, nos recherches doivent s‘orienter vers le développement
de marqueurs chimiques, biochimique et moléculaires. Ils permettent de confirmer la variabilité observer et de
mieux assister les travaux d‘amélioration et de sélection.
6. Références
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Zukovskij PM. 1950. Punica. In: cultivated plants and their wild relatives. State Publishing House Soviet
Science, Moscow, pp. 60-61.
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Exploitation des ressources génétiques en fève (Vicia faba L. Var. minor) dans la
sélection variétale des régions arides tunisiennes.
Yassine YAHIA1*, Walid ELFALLEH1, Mohamed LOUMEREM1 et Ali FERCHICHI1
Institution: Laboratoire d‘Aridoculture et des Cultures Oasiennes –
Institut des Régions Arides de Médenine1 (IRA).
(*) Adresse e-mail de l‘auteur correspondant: yassine_y2006@[Link]
Résumé
Grace à leur teneur élevée en protéines dans la graine séchée et surtout en alimentation animal et à leur capacité de fixation symbiotique de
l‘azote atmosphérique, les féveroles, comme légumineuses alimentaires sont une composante essentielle des systèmes culturaux
méditerranéenne. Malheureusement ces plantes se caractérisent très souvent par des rendements faibles et instables. Cela s‘explique en
particulier par leur sensibilité aux maladies, ravageurs et autres contraintes abiotiques (froid, chaleur, sol pauvre, etc..). Pour surmonter ces
obstacles, l‘amélioration génétique des féveroles doit être envisagée au départ des collections variétales très larges. L‘analyse de
l‘organisation génétique de ces collections, ainsi que leur caractérisation et évaluation agronomique constituent des étapes essentielles pour
l‘orientation des travaux de sélection variétale. La présente étude synthétise les résultats obtenus par notre laboratoire pour quelques
populations de Vicia faba Var. minor cultivées dans les régions arides tunisiennes et la contribution des ces ressources phytogénétiques à
l‘amélioration et la sélection variétale de légumineuses alimentaires méditerranéennes.
Mots clés : Vicia faba Var. minor, populations, zone aride tunisienne, variabilité génétique, sélection variétale.
Abstract
Thanks to their high protein content in the dried seed and animal feed particularly in their ability and symbiotic fixation of atmospheric
nitrogen, beans, legumes as food are an essential component of Mediterranean farming systems. Unfortunately these plants are often
characterized by low yields and unstable. This is particularly due to their susceptibility to diseases, pests and other abiotic stresses (cold,
heat, poor soil, etc...). To overcome these obstacles, the genetic improvement of beans should be considered at the outset of very large
collections of varieties. The analysis of the genetic organization of these collections, as well as their characterization and agronomic
evaluation are essential steps for guiding the work of breeding. This study summarizes the results obtained by our laboratory for some
populations of Vicia faba L. Var. minor grown in arid Tunisian and the contribution of plant genetic resources for improvement and breeding
of Mediterranean food legumes.
Keywords: Vicia faba L. Var. minor, populations, Tunisia arid zone, genetic variability, breeding .
1. Introduction :
Les légumineuses revêtent une importance particulière au point de vue nutritif et économique en les retrouvant
dans le régime alimentaire de plusieurs millions de personnes dans le monde entier grâce à leur richesse en
protéines et minéraux essentiels (Gordon, 2002). Leur haute teneur protidique justifie en partie le caractère vital
en particulier en alimentation animale surtout pour la féverole. Cette dernière, malgré son importance comme
source de protéines utilisée essentiellement dans l‘alimentation des monogastriques, a montré avec des
expérimentations effectués in vivo (Eggum, 1980) que la disponibilité en protéines et dans une moindre mesure
en énergie est réduite par la présence de tannins condensés localisées dans les téguments des graines (Merghem
et al, 1997). La Tunisie a connaît en 2007 une production maximale en fève et féveroles depuis 1984, repartie
sur une superficie de 56.3 milles d‘hectare, dont la production majeure est installé au nord avec presque 90% et
minimal au sud ne dépassant pas 2% (Ministère d‘Agriculture Tunisienne, 2007). Cette culture se montre
insignifiante et négligeable dans le sud tunisien à cause des facteurs abiotiques défavorables citant
essentiellement le stress hydrique et salin d‘une part et l‘usage d‘autres cultures pour l‘alimentation animale
(orge et luzerne) d‘autre part. Cela a eu pour effet d‘entraîner une érosion génétique importante qui s‘est déjà
manifestée par la disparition d‘écotypes locaux et de cultivars traditionnels dont l‘intérêt est considérable (blé,
orge, fève et féverole…) (Chalbi et Ghazzah, 1995).
Donc, il est nécessaire d‘adopter une stratégie de lutte contre une telle érosion génétique, surtout dans les régions
cibles, qui devrait reposer sur une bonne définition de la structure floristique de ces régions par l‘analyse de la
variabilité inter et intra-populations, à travers des critères morphologiques ou/et biochimiques pour lutter contre
l‘appauvrissement génétique et contribuer efficacement à une gestion équilibrée des ressources végétales (Chalbi
et Ghazzah, 1995). La féverole possède une assez grande variabilité morphologique (notamment pour la hauteur,
la forme et la ramification de plante et pour la couleur et la taille de la graine et physiologique (réponse à la
photopériode, longueur de cycle de reproduction, mode de reproduction…) (Claire et Fabrice, 2007).
L‘objectif de ce travail a été d‘étudier la variabilité morpho-phénologique de quelques populations locales de
Vicia faba L. Var. minor cultivées dans les régions arides tunisiennes, collectées et conservées à l’institut des
régions arides tunisiennes.
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2. Matériel et Méthodes
2.1. Matériel végétal
Parmi une collection de 42 populations de Vicia faba L. cultivées L. dans les régions arides tunisiennes, on a pu
distinguer à la base de caractère « poids de 100 graines » 6 populations d‘origine de Médenine, dont le poids de
graines était inférieur à 1000 g appelées encore fèves ou Vicia faba L. Var. minor. Tout le matériel végétal utilisé
dans cette étude a été obtenu dans le milieu paysan.
L‘essai a été réalisé au niveau de la station expérimentale de l‘IRA (Institut des Régions Arides de Médenine)
appartenant à l‘étage bioclimatique aride. La pluviométrie annuelle a été en 150 mm. Le sol est essentiellement
sableux et de pH légèrement acide (6.5).
Ce climat est caractérisé par une irrégularité spatiotemporelle des précipitations avec un déficit pluviométrique.
Avec ces conditions, on a essayé d‘assurer un apport supplémentaire en eau à travers des irrigations régulières et
bien réparties dans le temps pour éviter les stades critiques qui peuvent menacer la croissance normale de cette
espèce.
Le protocole expérimental adopté est un bloc aléatoire complet à 3 répétitions (blocs). Dans le bloc, les
populations sont représentées par des lignes parallèles. Par ligne, 10 graines ont été semées distantes l'une de
l'autre de 15 cm. Tout en respectant les modalités indiquées dans le protocole.
L‘étude des caractères morphologiques est faite en se basant sur les descripteurs de «bioversity international» et
l‘UPOV (2003).
Analyse statistique de données
Tout d’abord, on a commencé par une analyse descriptive des caractères étudiés, puis, et pour
chacun des caractères quantitatifs étudiés, nous avons procédé à une comparaison des moyennes
par L‘analyse de la variance (ANOVA).
Le coefficient de variation permet d‘apprécier les niveaux de variation des moyennes observées entre
les champs pour chaque caractère. L‘ensemble des 8 caractères a servi à réaliser une analyse en
composantes principales (ACP). La projection de l‘ensemble des individus sur les plans des
principaux axes des principales composantes permet ensuite d‘apprécier la dispersion des individus
et de mieux comparer la variabilité entre les champs.
Les analyses ont été réalisées par le logiciel XLSTAT version 2009.
3. Résultats et discussions
3.1. Analyse descriptive des caractères quantitatifs
Les valeurs moyennes des neuf caractéristiques ayant fait l‘objet d‘analyses statistiques sont indiquées dans le
tableau 1.
Période de floraison. Pour chaque population, la période de floraison a été noté le jour correspondant à la date
de floraison de la première plante, les moyennes générales varient de 58,33 jours pour P19 à 87,66 jours pour
P25, la moyenne générale pour toutes les populations étaient 72,43 jours. Hauteur de la plante. La moyenne la
plus importante était chez P22 avec 54,28 cm et seulement 45,80 chez P19, la moyenne générale est 48,96 cm.
Nombre de tiges par plante. Présente une variation de moyenne de 1,32 chez P22 à 2,90 la moyenne générale
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pour ce caractère était 1,98. Longueur et largeur de gousses. La moyenne générale varie respectivement de
12,24 cm pour P23 à 15,70 cm pour P24, et de 5,72 mm pour P22 à 6,8 mm pour P24, la moyenne générale était
13,55 cm et 6,26 mm. Nombre d’ovules par gousse. Le plus élevé en moyenne était chez P25 avec 3,73 et le
plus faible chez P24 avec 2,73. La moyenne générale était 0,76. Poids de 100 graines. La moyenne générale
varie de 44,12 g pour P22 et 88,50 g pour P24, la moyenne générale était 65,33 g. Maturité, la moyenne pour la
maturité varie de 151 jours pour P24 à 178,66 jours pour P25, la moyenne générale était 164,82 jours.
Les valeurs du coefficient de variation indiquent une faible variation entre les populations pour la période de
floraison (flo), longueur de gousses (Lgou) et la période de maturation (maturité) (respectivement 17,7 %, 1,60
% et 0,68 %). À l‘inverse, on observe une variation assez forte entre les populations pour le nombre de tiges par
plante (nt) et le poids de 100 graines (pd100g) (respectivement 61,4% et 49,7%). Cela indique une très forte
hétérogénéité entre les populations pour ces 2 caractères.
Tableau 2: valeurs maximales et minimales, moyennes, écarts types et coefficient de variation des caractères
quantitatifs des populations de Vicia faba étudiées :
Variable Minimum Maximum Moyenne Ecart-type Coefficient de variation
flo 51,000 102,000 72,439 12,794 0,177
hp 27,000 93,000 48,965 12,716 0,260
nt 1,000 9,000 1,983 1,217 0,614
lgou 0,500 11,000 6,260 1,544 0,247
Lgou 8,900 21,130 13,554 2,241 0,165
novgou 1,000 5,000 3,243 0,762 0,235
pd100g 3,563 184,875 65,333 32,445 0,497
maturité 144,000 182,000 164,821 11,218 0,068
Tableau 3: Analyse de la variance à un critère de classification pour les caractères quantitatifs mesurés
(ANOVA) :
variables Source de DDL Somme des carrés des carré Moyen F Sig,
variation écarts calculé
flo population 5 20039,570 4007,914 82,479 H.S
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Tableau 4 : Axes de l‘ACP définis par la variabilité des caractères quantitatifs de populations de Vicia faba Var.
minor des régions arides tunisiennes :
composantes PC 1 PC 2
% Inertie 68,27% 14,51%
% Cumulative 68,27% 82,79%
Caractères définissants les axes flo -0,975 0,065
hp -0,634 -0,548
nt 0,885 -0,116
novgou -0,837 0,461
Longou 0,412 0,738
lgou 0,960 -0,103
p 100 g 0,982 -0,169
maturité -0,755 -0,218
L‘analyse en composantes principales de l‘ensemble des caractères morphologiques mesurés révèle que les 2
premières composantes regroupent 82,79 % de l‘inertie totale (respectivement 68,27 % pour la première
composante principale, PC1 et 14,51 % pour PC2).
0,75 Longou
0,5
novgou
F2 (14,51 %)
0,25
0
flo
lgou nt
-0,25 maturité p 100 g
-0,5
hp
-0,75
-1
-1 -0,75 -0,5 -0,25 0 0,25 0,5 0,75 1
F1 (68,27 %)
Les deux axes d’analyse d’ACP, qui expriment 82,79 % de la variation totale, sont représentés dans
le tableau 4. L’axe 1 explique 68,27% de la variation totale, et associe positivement le nombre de
tiges par plante, longueur et largeur de la gousse et le poids de 100 graines. Le long de l’axe 2, qui
explique 14,51% de la variation, les variables les plus discriminantes sont le nombre d’ovules par
gousses et longueur de la gousse (figure 1).
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25 23
1
F2 (14,51 %)
19
0
-1
22 21
-2
-3 -2 -1 0 1 2 3
F1 (68,27 %)
Fig. 2 : Analyse en composantes principales pour l‘ensemble des populations étudiées et leur dispersion.
Dispersion des populations dans les plans formés par les axes 1 et 2 de l‘ACP.
La projection des données sur les plans définis par les axes d‘inertie d‘ACP (Figure 2) montre que malgré
l‘originalité unique de populations de fèves étudiées, il existe une variabilité assez importante pour les caractères
prises en considération. On remarque donc il une variabilité génétique qui justifie l‘hétérogénéité de matériel
végétal.
Tableau 5 : Matrice des corrélations entre les caractères quantitatifs étudiés chez les populations des fèves.
Variables flo hp nt novgou Longou lgou p 100 g maturité
flo 1 0,639 -0,848 0,803 -0,255 -0,908 -0,958 0,802
hp 0,639 1 -0,556 0,244 -0,423 -0,415 -0,516 0,572
nt -0,848 -0,556 1 -0,738 0,313 0,856 0,923 -0,391
novgou 0,803 0,244 -0,738 1 -0,074 -0,869 -0,892 0,531
Longou -0,255 -0,423 0,313 -0,074 1 0,448 0,309 -0,332
lgou -0,908 -0,415 0,856 -0,869 0,448 1 0,971 -0,680
p 100 g -0,958 -0,516 0,923 -0,892 0,309 0,971 1 -0,655
maturité 0,802 0,572 -0,391 0,531 -0,332 -0,680 -0,655 1
Quelques paramètres ont montré des corrélations négatives et hautement significatives, les plus importantes en
valeurs absolues sont entre :
Les caractères « la date de premier floraison» avec « le nombre de tiges par plante», « la largeur des gousses» et
«le poids de 100 graines».
Le caractère « nombre de tiges par plante» avec «le nombre d‘ovules par gousse».
Le caractère « nombre d‘ovules par gousse» avec « la largeur de gousses» et « le poids de 100 graines».
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5. Conclusion
Les ressources phytogénétiques constituent la matière première employée en sélection et en biotechnologie en
vue de produire de nouvelles variétés répondant à des critères bien déterminés : productivité élevée, production
de substances naturelles à haute valeur ajoutée, résistance contre les maladies, etc.
Les résultats obtenus ont montré que parmi les 33 variables utilisées, celles présentant un bon pouvoir
discriminant sont la période de floraison de plantes, le nombre de tiges par plante, le nombre d‘ovules par gousse
et le poids de 100 graines.
La synthèse de l‘ensemble des analyses et des observations nous permet de différencier certains génotypes
particuliers. Il s‘agit de :
- la population 19 est la plus précoce en floraison et ayant le nombre de tiges par plante le plus élevé.
- la population 24 qui est la plus précoce en maturité des gousses, elle aussi la plus productive ayant les gousses
les plus grandes en taille et le poids de 100 graines le plus important, alors que la population 25 est la plus
tardive et possède le cycle végétatif le plus long ;
- la population 22 est la plus importante en hauteur.
- la population 25 ayant une fertilité assez remarquable présentant le nombre d‘ovules par gousse le plus élevé.
Un programme d‘amélioration génétique à partir de cette base de génotype doit être entrepris en vue de produire
des variétés de fève performantes et adaptées aux conditions des zones arides tunisiennes.
6. Références bibliographiques
Claire D, Fabrice V, 2007. Histoire et amélioration de 50 plantes cultivées. Editeur Inra. ISBN 2-7380-1215-9,
France, 840p.
Eggum BO. 1980. Factors affecting the nutritional value of field beans (Vicia faba L.). In Vicia faba, feeding
value, processing and viruses, DA, BOND ed, EEC publ, Brussels-Luxembourg, pp.257-272.
El Ghazzah M., Chalbi N., 1995. Ressources génétiques et amélioration des plantes (Laboratoire de génétiques et
Biométrie. Faculté des sciences Tunis, Tunisie). Ed. AUPELP-UREF, John Libbey Eurotext : 123-129.
Gordon M. 2002. Le bulletin bimensuel : les légumineuses au moyen orient et en Afrique du nord, la division de
l‘analyse du marché, direction des politiques stratégiques, Agriculture et Agroalimentaire, Canada, vol 15, Num
5 : 1p.
Merghem R, Duc G, Jay M. 1997. Déterminisme génétique de quelques molécules caractéristiques du pattern
phénolique et leur relation avec la couleur des téguments chez la féverole (Vicia faba L.) : Leguminosea, 6ième
[Link] de réseau biotechnologies végétales [Link], orsay, 545p.
Ministère de l‘Agriculture et des ressources hydrauliques (2007), Annuaire statistique de l‘Agriculture,
production végétale.
Remerciements
La réalisation de cette étude a été rendue plus facile grâce à des efforts supplémentaires de membres de
laboratoire d‘aridoculture et cultures oasiennes de l‘institut des régions arides, Hédi YAHIA et Abdallah
JARRAY.
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Résumé
L‘ADN ribosomal constitue une séquence génomique informative et d‘une grande utilité dans des études phylogénétiques chez plusieurs
groupes d‘angiospermes. Parmi les séquences non codantes, les espaceurs intergéniques transcrits (ITS) de l‘ADN ribosomique constituent
des marqueurs de choix. Dans cette étude, les espaceurs ITS ont été examinés pour établir une empreinte génétique et examiner le
polymorphisme moléculaire de 14 cultivars du figuier collectés au sud Tunisien. Pour cela, deux amorces ITS4 et ITS5 ont été utilisées pour
amplifier la région cible. Les produits PCR ont été directement séquencées et leurs identités ont été vérifiées par le programme Blast et
publiées dans la banque de gènes NCBI. Le gène 5,8 S a été par conséquent délimité. L'analyse in silico de la séquence résultante a été
effectuée moyennant le programme MEGA4. Les séquences des amplimères obtenues pour tous les cultivars étudiés présentent des
variations, concernant aussi bien leurs longueurs que leurs compositions nucléotidiques. La longueur des séquences inter géniques varie de
660 pb à 723pb ; 233pb à 290pb et 218pb à 289pb pour ITS ; ITS1 et ITS2 respectivement. En outre, concernant le gène 5,8S, les séquences
spécifiques des cultivars étudiés présentent une taille presque similaire qui varie entre 164 pb à 165 pb. La variation du contenu en GC a été
également observée. L‘analyse des séquences a montré que la moyenne enregistrée est de 60.6% ; 61.2% et 64% pour ITS ; ITS1 et ITS2
respectivement. Par ailleurs, l‘alignement des séquences a permis d‘estimer les distances génétiques ainsi que la construction des relations
génétiques entre les cultivars analysés. Quoiqu‘il en soit, les résultats obtenus affirment l‘efficacité de l‘utilisation de ces espaceurs dans
l‘exploration du polymorphisme moléculaire chez l‘espèce considérée. L‘élargissement de cette étude à un nombre plus élevé de cultivars
permettrait de préciser la structuration de la diversité moléculaire et son organisation au sein du germoplasme local.
Abstract :
The ribosomal DNA is a genomic sequence of interest for phylogenetic studies among several groups of angiosperms. Among the non-
coding sequences, the intergenic transcribed spacers (ITS) of ribosomal DNA are markers of choice among the most used for such studies.
For this, the ITS spacers were examined to establish a DNA polymorphism of 14 fig cultivars collected in southern Tunisia. Two primers
(ITS5 and ITS4) were used to amplify the target region. PCR products were directly sequenced and their identities were verified by Blast
program and published in the NCBI gene bank. The 5.8S gene was therefore defined. In silico analysis of the resulting sequence was
established with the program MEGA4. The sequences obtained for the all cultivars studied show variation on their lengths as well as their
nucleotide compositions. The length of sequences varied from 660 bp to 723pb, 233pb and 218pb at 290bp in 289pb for ITS, ITS1 and ITS2,
respectively. In addition, for the 5.8S gene, the sequences investigated are almost similar in size ranging from 164 bp to 165 bp. The GC
content has also been observed and has been noted that the average is 60.6%, 61.2% and 64% for ITS, ITS1 and ITS2, respectively.
Alignment of sequences was used to estimate genetic distances and the construction of genetic relationships among cultivars analyzed.
Nevertheless, the results affirm the effectiveness of the use of spacers in the exploration of sequence polymorphism in this species.
Expanding this study to a higher number of cultivars would better appreciate the structure of molecular diversity and its organization within
the local germplasm.
1. Introduction
Les oasis tunisiennes sont caractérisées par une importante agro-biodiversité basée sur la culture de divers
fruitiers. Le figuier est l‘un des fruitiers les plus anciennement cultivé en Tunisie, dans les pays du bassin
méditerranéen ainsi que dans ceux de l‘Asie mineure et du Proche Orient. Cependant, en dépit de la richesse du
patrimoine phytogénétique et son adaptation aux conditions bioclimatiques locales il est actuellement menacé
par érosion génétique due essentiellement à l‘extension de l‘agriculture intensive et à l‘urbanisation (Mars, 1995)
et l‘apparition de maladies à caractère épidémiologique dont la maladie de la mosaïque du figuier ou FMD.
Tenant compte de ces considérations, il est impératif d‘élaborer une stratégie de recherche visant
particulièrement la conservation de ces ressources, la valorisation et l‘amélioration de son secteur agricole. Dans
cette optique, plusieurs actions de prospections ont été menées pour répertorier et identifier les variétés locales.
En effet, plusieurs études portant sur le germoplasme local du figuier ont été récemment rapportées. Il s‘agit en
particulier des travaux portant sur l‘exploration de la variabilité génétique sur la base des caractères
morphologiques et/ou des marqueurs iso-enzymatiques et moléculaires (Chatti et al., 2004a; Chatti et al., 2004b;
Salhi-Hannachi et al., 2005; Salhi-Hannachi et al., 2006 ; Baraket et al.,2009a ; Baraket et al., 2009b; 2009c).
Dans le présent travail, notre intérêt a porté essentiellement sur l‘analyse de la diversité moléculaire de cultivars
du sud Tunisien. Pour cela, les marqueurs de l‘ADN ribosomal ont été révélés. Il est important de signaler que
l‘ADN ribosomal constitue une séquence génomique intéressante pour les études phylogénétiques chez plusieurs
groupes d‘angiospermes.
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2. Matériels et méthodes
2.1. Extraction d’ADN
Au cours de cette étude 14 cultivars collectés au sud Tunisien ont été considérés. Il s‘agit d‘ 1 pollinisateur et de
13 pieds femelles (Tableau 1). Le matériel biologique consiste en de jeunes feuilles prélevées sur des figuiers
adultes. L‘ADN génomique total est purifié suivant le protocole de Dellaporta et al., 1983. Sa qualité est vérifiée
par électrophorèse analytique sur gel d‘agarose à 0,8% (Sambrook et al., 1989) et sa concentration est estimée à
l‘aide du spectrophotomètre Gene-Quant (Pharmacia).
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Tableau 1: Taille des séquences et pourcentage en bases GC de la région ITS des cultivars étudiés de l‘espèce
Ficus carica L. (* la taille est exprimée en pb)
Accessions Origine références ITS ITS 1 ITS2 5,8S
géographique
%GC Taille* %GC Taille* %GC Taille* %GC Taille*
Zidi 3 Tozeur GQ395445 60.5 678 59.2 267 65.6 247 54.8 164
Sawoudi 1 Gafsa GQ395467 60.5 681 57.5 233 66.2 284 54.8 164
Hammouri Medenine GQ395447 58.8 687 53.4 234 65.7 289 54.2 164
Widlani Medenine GQ395449 55.2 670 58.1 262 57.4 244 47 164
Zaghoubi Medenine GQ395450 61.3 660 64.4 278 62 218 54.8 164
Hamri Dégache GQ395452 61.5 722 62.9 280 64 278 54.8 164
Makhbech Medenine GQ395454 61.6 720 61.8 280 65.6 276 54.8 164
Khadhouri Gafsa GQ395455 62.4 692 63.1 279 67.7 248 53.4 165
Khadhri Dégache GQ395456 61.4 727 61.7 282 64.8 281 54.8 164
Khartoumi Dégache GQ395457 61.4 718 62.8 274 63.9 280 54.8 164
Tounsi Dégache GQ395458 62 723 64.8 278 63.3 281 54.8 164
wahchi Dégache GQ395459 60 722 62.7 279 60.2 279 54.8 164
Chetoui 1 Dégache GQ395460 61.5 723 62.9 277 63.9 282 54.8 164
Dhokkar Medenine GQ395463 60.6 698 60 290 65.2 244 54.8 164
Zarzis*
Moyenne - - 60.6 701.5 61.2 270.9 64 266.5 52.8 164.2
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HAMRI
82
KHARTOUMI
66
TOUNSI
42
DHOKKAR ZARZIS*
28
KHADHRI
39
ZIDI 3
46
KHADHOURI
99 MAKHBECH
WAHCHI
94
55 CHETOUI1
99
II ZAGHOUBI
SAWOUDI1
I HAMMOURI
WIDLANI
Figure 1 : Dendrogramme de l‘ensemble des cultivars étudiés de figuier construit selon la méthode UPGMA et
basé sur les séquences ITS.
4. Références bibliographiques
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Variations génétiques inter et intra espèces chez les génotypes d’Atriplex des régions
arides et semi arides d'Algérie
Châabane Rahmoune (1), Souhail Mâalem (1,2), Karim Kadri (3) et M‘Barek Ben Naceur (3)
(1) Ecotoxicologie et Stress Abiotiques, Dpt. Biologie et Ecologie, Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie, Université Mentouri
Constantine, Algérie.
(2) Département de Biologie, Centre universitaire Cheikh Larbi Tébessi, Tébessa, Algérie.
(3) Laboratoire de Biotechnologies et de Physiologie Végétale, INRAT, Tunis, Tunisie
Résumé :
Bien que les végétaux du genre Atriplex représentent une importante ressource fourragère dans les zones arides et semi arides d'Algérie, on
ne dispose, à nos jours, que de peu d‘information sur leur structure génétique.
Les essais visant à caractériser la diversité génétique de ces espèces sont donc très utiles pour leur classification, leur conservation et leur
amélioration.
Dans se contexte, nous nous somme lancés dans l‘évaluation du niveau de diversité génétique caractérisant les Atriplex poussant
actuellement en Algérie. Nous avons utilisé la technique RAPD sur des génotypes de 3 différentes espèces d‘Atriplex les plus répandus en
Algérie (A. halimus, A. canescens et A. nummularia).
L‘analyse statistique a permis de dégager 4 groupes distincts dans lesquels les génotypes des 2 espèces introduites ont été classés en 2
groupes indépendants ; alors que les génotypes de l‘espèce autochtone (A. halimus) ont été divisés en 2 autres groupes indépendants.
Les résultats ont révélé un seuil élevé de divergence génétique inter et intra espèces chez les génotypes étudiés d‘Atriplex qu'il serait
important d'étudier pour une utilisation rationnelle de ces végétaux dans nos régions où la salinité constitue un facteur limitant de
première importance.
Mots clés: Atriplex, Chénopodiacées, Diversité génétique, PCR-RAPD, Steppe.
Abstract :
In the arid and semi arid areas, salt bush ( Atriplex) represents an important forage resource. However, right now, there is not enough
information on their genetic structure. Trials aiming to characterize the genetic diversity of these species are, therefore, useful for their
classification, their conservation and their improvement.
In this context, we launched in the assessment of the genetic diversity level characterizing the Atriplex existing currently in Algeria, Thus,
we realized tests by PCR-RAPD tools. This method was applied on genotypes of three different species of Atriplex: A. halimus, A.
canescens and A. nummularia.
The results obtained showed 319 amplified bands, which are mostly polymorphic. The analysis of the results ( NTSYSpc 2.02 j for windows)
generates four different groups. The genotypes of two introduced species (A. canescens and A. nummularia) have been clustered into two
independent groups. However, genotypes of the autochthonous species (A. halimus) have been subdivided into two different and independent
groups. In general, results revealed an inter and intra high levels of genetic diversity at the studied species of Atriplex.
1. Introduction
Les plantes du genre Atriplex sont des dicotylédones qui appartiennent à la famille des chénopodiacées. Ce genre
renferme plusieurs espèces distinguables par leur morphologie, leur cycle de développement et leur adaptation
écologique [1]. Elles sont reparties sur la plupart des régions du globe et leur nombre total est estimé à 400
espèces [2] ; dont 48 sont propres aux régions du bassin méditerranéen.
Dans les régions arides et semi arides, et en raison de leur rusticité, palatabilité et appétibilité ainsi que leur
richesse en protéines brutes, les espèces d‘Atriplex constituent un excellent fourrage pour le cheptel, notamment
en périodes de disette [3]. Dotées d‘une biomasse aérienne et racinaire assez importante, elles constituent un
outil efficace et relativement peu coûteux dans la lutte contre l‘érosion et la désertification des sols surtout en
zones steppiques [4].
Dans les pays du Maghreb, l‘état actuel de la steppe n‘est pas satisfaisant, car en plus de l‘impact du facteur
humain, dont le plus marquant est le surpâturage, des contraintes naturelles, telles que la sécheresse et la
salinisation des sols, ont abouti à un état de dégradation alarmant, qui a touché la quasi-totalité des surfaces des
parcours. [5].
En Algérie, les problèmes suscités, sont les causes directes ou indirectes de la chute de la production fourragère.
En effet, le taux de satisfaction des besoins alimentaires du bétail, par la production fourragère locale, a
diminuéde façon continue en passant de 70% en 1978 à 40% en 1986 et s‘est maintenu jusqu‘en 1996 [6].
Afin de remédier à cette dévastation, une régénération du couvert végétal steppique s‘impose. Le choix des
espèces à utiliser doit être alors bien étudié, pour que la réhabilitation de ces sites dégradés puisse réussir. Le
recours à des végétaux tels que les Atriplex, qui sont à la fois bien présents dans ces régions et adaptés aux
conditions climatiques et édaphiques, est une possibilité non négligeable. Ce genre, doté de caractère halophile et
xérophile, pourrait ainsi, en association avec bien d‘autres espèces végétales, réhabiliter les parcours pastoraux
sévèrement dégradés [7]; [8]; [9].
Toutefois, la structure génétique du genre Atriplex reste peu connue, notamment quant aux espèces
méditerranéennes, et encore moins celles algériennes. Contrairement à leur biologie et physiologie, peu d‘études
ont porté sur l‘évaluation de leur diversité génétique, données nécessaires pour la bonne gestion et la valorisation
de cette ressource phytogénétique [10].
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A titre d‘exemple, les travaux de Haddioui et Baaziz [11] qui ont porté sur l‘analyse de la diversité génétique,
chez quelques populations naturelles, d‘A. halimus poussant au Maroc ; ou bien les travaux d‘Ortiz-Dorda et al.,
[12] qui avaient traité du même aspect suscité, mais cette fois, l‘étude à été réalisée à l‘échelle moléculaire,
impliquant des populations existantes dans tous les pays du bassin méditerranéen. Ces travaux sont parmi les
plus rares qui aient été réalisés sur la diversité génétique des populations méditerranéennes d‘Atriplex.
Dans ce travail, nous nous sommes intéressé à l‘étude de la variabilité génétique de trois espèces du genre
Atriplex dont l‘une est autochtone (A. halimus), alors que les deux autres (A. canescens et A. nummularia) sont
originaires, respectivement, d‘Amérique du nord et d‘Australie. Pour ce faire nous avons opté pour la RAPD.
Bien qu‘elle ne soit pas un outil de discrimination spécifique, elle reste, néanmoins, un outil très efficace dans le
cas d‘absence de méthodes plus spécifiques et/ou en phase préliminaire d‘étude de la diversité génétique, [12];
[13]; [14].
2. Matériel et Méthodes
Matériel végétal et site d’essai
Les échantillons des espèces d’Atriplex étudiés ont été collectés sur différents sites (Figure 01) de la région de
Tébessa (Algérie). En premier lieu, nous avons prélevé, au hasard, des feuilles jeunes sur des plants adultes
existant dans la pépinière pastorale de Thlidjène (située au Sud-est de la wilaya de Tébessa).
Nous avons aléatoirement prélevé 3 échantillons pour chaque espèce. Les échantillons : H8, H9 et H10
représentent l‘espèce A. halimus, C1, C2 et C3
.
a b c
a b c
Puis nous avons réalisé d‘autres prélèvements, hors station, sur d‘autres sites, et ce seulement pour le cas de
l‘espèce autochtone (A. halimus (échantillons : H1, H2, H3, H4 et H6)), vu que les deux autres n‘existent pas à
l‘état naturel sur le continent Africain. Les sites d‘échantillonnage, plus le nom des espèces ainsi que les
numéros des individus étudiés, sont présentés sur la figure 02.
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•
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El-Hamemmet
N
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El
Chéria
A.h
El
Oglat Mazraa A.h
El Ogla Centre 3Annexe [Link] O. Djebissa
El Malha 0 5 10 km 4
universitai universitai 6
I
[Link]
Tlidjen re re
Safsaf
:Tébessa Airport
: Drilling
A.h Bekkaria
Spring
: Well
: Spring 2 Djibissa M.
S
: Site d'échontillonage
Bir El Ater
e la
nch
I
K he
Ferkane Tlidjène
A. h7 ; A. h8 ; A. h9
E
Negrine
A. c1 ; A. c2 ; A. c3
A.
A. h
n1: ;Atriplex
- A. n2 halimus
; A. n3 ;
0 50 100 km
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3. Résultats et discussion
Empreintes génétiques
Cette étude a permis de détecter des empreintes génétiques spécifiques pour les 14 génotypes étudiés. Les 20
amorces de RAPD retenues dans cet essai ont généré un très grand nombre de bandes polymorphes caractérisées
par un poids moléculaire compris entre 750 à 10000 pb. La figure 3 présente un exemple des profiles générés
par l‘amorce OPA02 et OPA08.
Les 20 amorces retenues ont produit un total de 319 bandes polymorphes. Pour tous les génotypes, le nombre le
plus élevé de bandes polymorphes est obtenu par l‘amorce OPI 16 avec 26 bandes, alors que le faible a marqué
l‘amorce OPE 18 avec seulement 7 bandes. En moyenne, 17 bandes par amorce ont été produites (Figure 3.).
N3 N2 N1 M H9 H8 H7 H6 T H4 H3 H2 H1 M
C1 C2 C3 M H1 H2 H3 H4 T H6 H7 H8 H9 M
C3 C2 C1
N1 N2 N3
1000
1500 Pb
Pb
a b
200
200
Pb Pb
Figure 3. Exemple de gel d‘agarose montrant un profile d‘ADN amplifié avec la réaction RAPD-PCR utilisant
l‘amorce OPA02 (Photo a) et OPC08 (Photo b) et 14 génotypes appartenant à 3 espèces d‘Atriplex.
Légendes: C, H et N correspondent respectivement aux noms des espèces: A. canescens, A. halimus et A.
nummularia ; M : marqueur de taille (100Pb Ladder) ; T : témoin négatif (sans ADN).
Similarité génétique
La matrice de similarité (Figure 4) montre une variation du coefficient de similarité génétique comprise entre
0,533 et 0,831, avec une moyenne de 0,682. Les similarités les plus élevées ont été observées entre les
composantes génotypiques suivantes: (H4-H6: 0,831), (H7-H9: 0,796) et (C2-C3: 0,796). Les similarités les plus
faibles ont été obtenues avec les combinaisons (H9-N3: 0,533), (N1-C2: 0,533) et (N3-H2: 0,539).
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C1 C2 C3 H1 H2 H3 H4 H6 H7 H8 H9 N1 N2 N3
C1 1
C2 0.762 1
C3 0.759 0.796 1
H9 0.552 0.577 0.599 0.646 0.762 0.759 0.655 0.655 0.796 0.749 1
N1 0.552 0.533 0.567 0.602 0.586 0.583 0.574 0.586 0.564 0.599 0.592 1
N2 0.618 0.586 0.627 0.699 0.627 0.618 0.702 0.696 0.611 0.671 0.621 0.69 1
N3 0.567 0.574 0.596 0.605 0.539 0.542 0.596 0.602 0.561 0.589 0.533 0.727 0.712 1
Figure 4. Matrice de corrélation générée par les marqueurs RAPD et représentant le coefficient de similarité
existant entre les génotypes étudiés.
rapprochement génétique enregistré entre les génotypes du G4 est justifié par le fait que leurs plants se sont
reproduits tous au sein de la pépinière pastorale de Thlidjène (Figure 2) et par conséquence leurs semences
pourraient appartenir à des plants ayant des parents communs, voire même qu‘elles pourraient être recueillies sur
un même pied ; ou encore qu‘elles aient été multipliées par bouturage dans cette même pépinière.
C1
C2
C3
H1
H4
H6
H2
H3
H7
H9
H8
N1
N3
N2
Figure 5. Dendrogramme représentant les distances génétiques existantes entre les génotypes étudiés, générées
par les marqueurs RAPD. (Basé sur le coefficient de similarité simple matching (SM)). Les groupes formés (I, II,
III et IV) sont indiqués à droite de la figure. La ligne discontinue verticale indique le point repère quant à la
séparation des groupes.
Paradoxalement, les génotypes H4 et H6 d‘A. halimus, existant à l‘état spontané (Figure 2) et qui enregistrent la
plus grande similarité dans cette étude, sont géographiquement, relativement éloignés l‘un de l‘autre. Cependant,
des études Tunisiennes [19] et Marocaines [10], menées sur cette espèce en question, dévoilent que le
polymorphisme y est d‘autant plus important lorsqu‘elles sont situées dans un climat différent, c'est-à-dire sur un
axe d‘orientation nord-sud, parallèlement au graduent d‘aridité climatique ; ce qui n‘est pas le cas dans notre
étude.
Plus difficile encore à concevoir est le fait que les génotypes du G3 sont plus proches de ceux du G1 que de ceux
du G4, alors que les groupes 3 et 4 correspondent à une même espèce (A. halimus) et le G1 caractérise une autre
espèce (A. canescens).
Cette grande divergence enregistrée entre les génotypes du G3 et G4 pourrait aussi trouver son origine dans la
grande diversité génétique caractérisant les populations d‘A. halimus. En effet, et selon une étude réalisée au
Maroc, une ample convergence génétique a été enregistrée entre des populations d‘[Link] et qu‘elle était due,
parait-il, aux différences de fréquences des allèles plutôt qu‘à leur polymorphisme [11].
Ortiz-Dorda et al. [12], trouvent aussi que la large diversité génétique caractérisant les populations d‘A. halimus
est peut être due, en plus de leur adaptation écologique, à leur mode de reproduction allogame, conduisant à un
niveau élevé de flux de gènes. D‘après Soltis et Soltis [20], le caractère polyploïde des plantes fait qu‘elles
incorporent une grande diversité génétique à partir de multiples ancêtres ce qui engendre un niveau
d‘hétérozygotie plus élevé.
4. Conclusion
Nos résultats ont permis de mettre en évidence les points suivants:
Les marqueurs moléculaires de type RAPD, malgré leurs caractères non spécifiques, ont montré une forte
aptitude à la caractérisation génétique chez les espèces d‘Atriplex et un haut niveau de polymorphisme.
La technique RAPD-PCR permet, dans les cas d‘études préliminaires et/ou de non disponibilité de marqueurs
plus spécifiques, de réaliser des discriminations exploitables. Dans notre cas les différentes espèces étudiées ont
été isolées dans des groupes à parts. Cependant l‘interprétation de quelques cas de séparations et/ou
rapprochements génétiques reste fortement discutée.
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D‘une façon générale, nous remarquons qu‘au sein du même groupe, les génotypes étudiés de l‘espèce locale
(A. halimus) se sont montrés les plus proches génétiquement. De même pour les génotypes de l‘espèce
américaine (A. caescens). Cependant, les individus de l‘espèce australienne se sont caractérisés par une
importante dissemblance entre eux, due peut être à leur caractère monoploïde.
Le rapprochement surprenant observé entre le G3 de l‘espèce A. halimus et le G1 de l‘espèce A. canescens,
pourrait être expliqué par la théorie de flux de gènes liée au mode de reproduction allogame de ces espèces.
Nous pensons aussi que la grande divergence existante entre les génotypes de l‘espèce A. halimus, appartenant
aux deux groupes G3 et G4, trouverait son origine dans le caractère hétérozygote et polyploïde caractérisant cette
dernière espèce.
En guise de perspective, et grâce aux progrès du génie génétique, les Atriplex pourront avoir, sans doute, une
meilleure caractérisation de leur structure génétique. C‘est pourquoi, il est impératif de recourir à des méthodes
d‘investigation génétiques plus pointues; allant de l‘utilisation de marqueurs plus spécifiques, jusqu‘à
l‘identification, le séquençage et le transfère de gènes d‘intérêt.
Ainsi, et en impliquant des effectifs de génotypes plus représentatif, on arrivera à terme, à obtenir le maximum
d‘informations génétiques aboutissant à une meilleure gestion et une plus grande valorisation de cette ressource
phyto-génétique que sont les plantes du genre Atrilpex dont l‘importance est déterminante dans les
régions steppiques du Maghreb.
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Résumé :
En Tunisie, l‘orge occupe le deuxième rang après le blé dur et couvre 40% des emblavures cultivées. En plus des variétés améliorées d‘orge
de grande culture (Rihane et Manel), des populations locales d‘orge sont encore cultivées au Sud de la Dorsale Tunisienne. En effet, celles-ci
sont beaucoup plus adaptées aux conditions extrêmes du milieu (sécheresse, haute température, etc.). La caractérisation morphologique de 58
accessions du germoplasme tunisien a été entreprise dans le cadre de l‘évaluation agronomique et phénologique des ressources génétiques
locales d‘orge en Tunisie pour les préserver de toute forme de disparition ou d‘extinction. Le présent travail a été entrepris dans le cadre de
l‘évaluation et de la caractérisation d‘une cinquantaine d‘accessions d‘orges locales tunisiennes collectées en 1983 lors d‘une mission de
collecte. Les échantillons ont été rapatriés de la banque de gènes de l‘ICARDA en 2003. Plusieurs paramètres quantitatifs et qualitatifs ont
été déterminés, selon les normes internationales de l‘UPOV et de l‘IPGRI. Les données obtenues ont subi une analyse en composantes
principales (ACP) dans le but de valoriser les ressources locales en termes de résistance /tolérance aux stress biotiques et abiotiques et de
mettre au point par sélection massale et participative, de nouvelles variétés à haute valeur ajoutée. L‘analyse multivariable des données nous
a permis d‘identifier cinq groupes de formes locales d‘orges cultivées dans le centre et le sud de Tunisie. Cela témoigne d‘un polymorphisme
important de l‘urne génétique de la Tribu des Hordées au sud de la méditerranée et de la diversité des différentes formes des Orges locales
tunisiennes.
Mots clés : orges locales, diversité génétique, caractérisation morphologique, régions, ACP.
Abstract:
Tunisia is considered a center of diversity for barley and durum wheat. Many local Tunisian barleys are culivated in the center and in the
south of the country. This work has been achieved to safeguard and rehabilitate our local genotypes and to ensure characterisation for
inproved add-value to end-users. A fifty eight autochtones accessions were characterized by 10 qualitative and quantitative parameters
according to international standards (IPGRI and UPOV). Significant variation was noted for all parameters. Analysis of principal
components contributes to determine 43% of the diversity. Five main groups were identified. This study has revealed a high degree of
plymorphism within the local Tunisian barley material. New strategies could be developped to safeguard and improve our autochtone
germoplasm.
Key words: Tunisian barley landraces, morphological traits, genetic diversity, ACP.
1. Introduction
Les céréales représentent un secteur stratégique en Tunisie et constituent une composante fondamentale de la
sécurité alimentaire du pays. En effet, les céréales occupent environ 30% de la surface agricole utile (1,5 M ha).
Cependant, ce secteur reste tributaire des conditions imprévisibles et irrégulières du climat et affiche des niveaux
de production très variables d‘une année à une autre et d‘une région à une autre. L‘orge (Hordeum vulgare) est
l‘espèce la plus adaptée de toutes les céréales à paille à nos conditions pédoclimatiques et socio-économiques.
Elle est quasiment la plus cultivée dans le Centre et le Sud tunisiens (El Felah et al. 1991). En Tunisie, les
superficies emblavées en orge représentent 33% de la superficie totale et le rendement moyen varie de 8 à 20 qx
/ha (Medimagh, 2000). Mais la production d‘orge ne peut pas répondre aux besoins croissants du cheptel. Ce
déséquilibre est dû principalement aux conditions climatiques, au mauvais choix variétal et à l‘utilisation d‘un
paquet agronomique non approprié. Pour faire face à ces conditions écologiques auxquelles est confrontée la
culture de l‘orge, il a fallu avoir recours à la création des nouvelles variétés productives (quantitativement et
qualitativement) et tolérantes aux stress biotiques et abiotiques. A coté des variétés améliorées adaptées au Nord
du pays et aux régions intermédiaires, en particulier au Nord de la Dorsale Tunisienne, il est impératif de
développer des variétés et des technologies adaptées au Centre et au Sud du pays. Face à l‘érosion génétique et
dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine génétique national et pour mieux préserver les orges locales, il est
dans l‘intérêt de tous de les collecter, les caractériser et de les valoriser dans leurs sites d‘origine. L‘étude du
germoplasme local permettra de valoriser les meilleurs gènes à travers une approche participative qui ouvrira de
nouveaux horizons quant à l‘exploitation de son potentiel génétique, qu‘à la création de nouvelles variétés
utilisant de nouveaux outils de sélection massale et épurative. Toutes les activités consacrées à la conservation
des ressources génétiques nécessitent l‘utilisation des outils phénotypiques résultant de la combinaison
génotype/environnement. Ces outils sont essentiels vu qu‘ils représentent les éléments spécifiques des variétés
(Moullet, 2008). Ainsi, la caractérisation morphologique représente le premier maillon de tout programme de
gestion des ressources phytogénétiques. La caractérisation morphologique de l‘orge est particulièrement basée
sur les caractéristiques de l‘épi (Al Khanjari et al. 2008).
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2. Matériel et méthodes
Cette étude a porté sur 58 accessions d‘orges locales ayant des épis à 2 et à 6 rangs. Ces accessions ont été
choisies à partir de la collecte effectuée dans différents champs d‘agriculteurs au cours de la campagne agricole
1982-1983 et provenant de 22 sites de collecte dans les régions du Centre, du Sud et dans les îles de Djerba et de
Kerkennah.
La caractérisation du matériel végétal prospecté a été effectuée selon des normes internationales, notamment
celles de l‘Institut International des Ressources Phytogénétiques (IPGRI, 1994) et de l‘Union de Protection des
Obtentions Végétales (UPOV, 1994) en se rapportant essentiellement à l‘épi et au grain. De ce fait, la description
phénotypique de chaque accession, représentée par cinq épis, a été faite moyennant 5 caractères qualitatifs et 5
caractères quantitatifs. Toutes les variables quantitatives et qualitatives ont été soumises à une analyse en
composantes principales par le logiciel SAS, afin de dévoiler des groupes homogènes d‘individus et les relations
entre les différentes variables.
3. Résultats et discussion
L‘analyse en composantes principales réalisée sur les paramètres qualitatifs et quantitatifs a permis de définir
deux composantes qui expliquent 43% de variabilité totale. La signification ainsi que les variables définissant
ces deux axes sont représentés respectivement dans le tableau 2.
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Cinq caractères qualitatifs et cinq caractères quantitatifs relatifs au polymorphisme de l‘épi ont été soumis à une
analyse en composantes principales (ACP). La projection dans l‘espace de ces données sur les deux axes A2 et
A3 ont permis de discriminer 5 groupes d‘orges locales distribuées dans des zones bioclimatiquement
différentes. Les variétés locales d‘orge sont largement cultivées au-delà de la dorsale Tunisienne, aussi bien pour
l‘alimentation animale que pour l‘alimentation humaine. De plus, la plupart des agriculteurs se montrent attachés
à leur germoplasme local (El Felah et al. 1994) et semblent être convaincus que les nouvelles introductions ne
peuvent pas satisfaire leur stratégie de culture et tolérer les différents stress des zones marginales. Le premier
groupe a ségrégé deux sous-groupes (SG1 et SG2). Ces différents sous groupes sont composés principalement
par des accessions locales natives des régions littorales (Zaramdine, Mahdia, Ennfidha, Echabba, Sfax). Ces
accessions locales ont acquis, au cours du temps, les caractères d‘homogénéité phénotypique impliquant des
unions apparentées à l‘intérieur d‘une espèce cléistogame. La consanguinité acquise laisse entrevoir
l‘échappatoire de la sélection naturelle, une des composantes de diversification de l‘urne, même si le genre
Hordeum présente des barrières d‘isolement productives entre les différentes accessions. Le deuxième groupe
représente la région du Sud (Gabès, Médenine, Sfax). Les groupes 3 et 4 sont des groupes insulaires et le groupe
5 est intermédiaire. Ces groupes ont révélé une diversité importante développée au cours du temps dans une zone
sud- méditerranéenne, classée comme centre de diversité secondaire. Bien que ces populations polymorphes
soient largement cultivées pour subvenir aux besoins du cheptel ovin, il reste beaucoup de cultivars utilisés pour
l‘alimentation humaine. Les groupements des orges locales Tunisiennes, que ce soit au niveau du littoral
Tunisien ou dans le fin fond du sud, expliquent finement les stratégies de conservation empiriques développées
par les communautés rurales. D‘ailleurs, les méthodes d‘amélioration classique des plantes, dont les céréales à
paille, reposent en fait, sur des stratégies de sélection généalogique avec ou sans le recours aux croisements.
Depuis 8000 ans, les premières tentatives de domestication étaient axées principalement sur le choix au hasard
de quelques épis, les plus performants visuellement, et de là, les orientations de l‘amélioration vont vers la
sélection massale. Cette méthode est encore utilisée, même dans les centres internationaux d‘amélioration à
l‘instar de l‘ICARDA qui vient de développer trois nouvelles variétés d‘orge (Tadmor, Arta et Zambaca) qui
sont en fait, issues d‘épi-lignes choisis dans les populations syriennes d‘Arabi Abiad et Arabi Assouad. Les
groupements, générés à partir de l‘analyse multivariables, indiquent fortement le recours des agriculteurs de ces
régions à l‘utilisation de variétés de population où l‘on trouve tout un polymorphisme de gènes locaux qui
peuvent confronter les grands changements du milieu. D‘ailleurs les améliorateurs au cours des années 90 ont eu
recours à la méthode bulck et bulck modifié pour charger les grains, en terme de gènes, d‘un maximum de
diversité en utilisant la récolte totale au lieu du choix des plantes comme c‘est le cas de la méthode pedigree.
Malgré le groupage réalisé par ces communautés, certaines urnes de la tribu des hordées restent distantes des
autres urnes continentales. Elles sont en général utilisées pour l‘alimentation humaine, notamment le cultivar
‗Sfira‘ dont les grains sont à albumen jaune (w/w) et préférés par les femmes rurales de la région de Gabès du
fait que leurs stratégies empiriques sont orientées vers l‘identification de cultivars destinés à l‘alimentation
humaine ou essentiellement pour la préparation du grain d‘orge à granulé blanc (kessra), tel que les femmes
agriculteurs de la région de Foussana (Kasserine). Dans l'Article 9, le traité international sur les ressources
phytogénétiques pour l‘alimentation et l‘agriculture reconnaît l'énorme contribution que les communautés
locales et autochtones ainsi que les agriculteurs de toutes les régions du monde, et spécialement ceux des centres
d'origine et de diversité des plantes cultivées, ont apporté et continueront d'apporter à la conservation et à la mise
en valeur des ressources phytogénétiques qui constituent la base de la production alimentaire et agricole dans le
monde entier (International Treaty on Plant Genetic Resources for Food and Agriculture, 2009).
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4
Axe 3
y=0,91CG+0,26LBE+0,22 cal
3
2
1 Axe 2
y=0,72LESB-0,61LBE+0,22CG
0
-5 -4 -3 -2 -1 -1 0 1 2 3 4 5
-2
-3
-4
-5
A1 A7 A13 A259 A265 A137 A139 A21 A23 A34 A36 A55 A60 A246 A334
A369 A45 A52 A67 A71 A87 A96 A100 A103 A112 A116 A121 A129 A130 A218
A226 A249 A309 A340 A342 A347 A366 A76 A83 A148 A201 A213 A281 A288 A169
Fig. 1 : Analyse en composantes principales des paramètres morphologiques basées sue les axes 2 et 3.
4. Conclusions
L‘analyse descriptive de 58 accessions locales d‘orge Tunisiennes du Centre et du Sud, selon 10 paramètres, a
été établie dans le but de déterminer la diversité morphologique de ces orges et les paramètres qui discriminent le
mieux les différentes accessions. En se basant sur ces caractères qualitatifs et quantitatifs, l‘ACP a scindé les
accessions étudiées en 5 groupes différents définissant une distribution spatiale et évolutive de cette espèce dans
un bioclimat très changeant et difficile. Cette évaluation est une étape vers la conservation in et ex situ de cette
diversité importante du germoplasme local étudié. En effet, la diversité morphologique de ces accessions est
observée au niveau de plusieurs caractères tels que le nombre de grains par épi, la couleur du grain et la longueur
de l‘épi à l‘exclusion des barbes. Il est opportun de signaler que les accessions étudiées présentent une diversité
remarquable au niveau de la couleur de l‘aleurone. En effet, certains utilisateurs traditionnels du pays préfèrent
les orges ayant des grains blancs ou jaunes, alors que d‘autres optent pour la couleur grise. En outre, les orges à
six rangs se sont avéré les plus répandues dans cette collection. Ceci plaide en faveur de la présence soit d‘une
sélection naturelle liée à une adaptation environnementale, soit d‘une sélection consciente exercée au cours des
millénaires par les communautés rurales transhumantes et sédentaires. L‘analyse de la diversité selon les zones
prospectées a montré que la région littorale montre une plus grande diversité phénotypique. A la lumière des
résultats obtenus, il serait envisageable de procéder à une caractérisation moléculaire des différentes accessions
afin de comprendre les différences et les similitudes qui existent au niveau de leurs gènes et de décrire la
structuration de la variabilité génétique des différentes populations. Ces analyses permettront d‘identifier une
« core collection » rassemblant la plus grande diversité.
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conduite de l‘examen des caractères distinctifs de l‘homogénéité et de la stabilité.
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Résumé
Généralement, la biodiversité des milieux arides est peu riche en espèces, à l'opposé des écosystèmes méditerranéens. Cette biodiversité reste
subordonnée par les conditions environnementales des milieux, représentées par divers paysages et biotopes abritant de nombreuses espèces
animales, végétales et microbiennes, ayant élaboré des stratégies particulières pour s'adapter aux conditions environnementales extrêmes.
Cette biodiversité est également une ressource importante, non seulement pour les populations humaines qui y vivent mais aussi pour le
reste de l‘humanité. Laquelle diversité des paysages et des biotopes qui abrite cette biodiversité, est soumise à une érosion génétique. Ce qui
entraîne des conséquences néfastes sur le plan écologique et socio-économiques. Par ailleurs, les conséquences des changements climatiques
sur la biodiversité, devraient devenir de plus en plus perceptibles. Conscient de la gravité du phénomène, le C. R. S .T .R. A (Centre de
Recherche Scientifique et Technique sur les Régions Arides) a mis en place une stratégie de conservation et d‘utilisation durable de la
diversité biologique. Cette stratégie s'appui sur le diagnostic et la collecte des informations nécessaires de la composante des écosystèmes,
conservation de la diversité biologique et gestion rationnelle du milieu physique.
1. Introduction
Les zones arides sont un milieu fragile. Ces régions possèdent des ressources naturelles qui méritent une grande
attention. En effet, la diversité biologique des zones arides, résulte de processus de sélection longs et complexes
qui, au cours des millions d‘années, ont abouti à définir une relation privilégiée entre des espèces et variétés
animales et végétales et des espaces caractérisés par des contraintes climatiques et édaphiques particulières.
Durant ces dernières décennies, des pressions intenses et des menaces sérieuses particulièrement anthropiques
ont occasionné un appauvrissement de la biodiversité et de la diversité génétique et donc une réduction
quantitative et qualitative de ses éléments constitutifs.
Le recours vers le développement de stratégies et d'actions de conservation de la biodiversité, est la méthode
qui permettrait la sauvegarde, la restauration et l‘utilisation durable des écosystèmes et d'espèces. A cet effet,
Le C.R.S.T.R.A développe une stratégie de conservation et d‘utilisation durable des ressources naturelles telles
que, la connaissance de la biodiversité, la collecte des espèces locales, la recherche sur la connaissance du savoir
-faire local, la pratique de la lutte biologique, la valorisation des déchets végétaux, la gestion d‘irrigation …etc.
2. Définition de la biodiversité
La biodiversité (contraction de diversité biologique), utilisée pour la première fois en 1986 par les scientifiques,
est définie comme la variété et la variabilité des organismes vivants et des complexes écologiques dont ils font
partie. C‘est également, le « Capital biologique » de l‘homme, c‘est à dire l‘ensemble des ressources biologiques
et génétiques que l‘homme a su domestiquer à son profit et dans lequel il continue à puiser de nombreux produits
alimentaires, pharmaceutiques ou industriels selon ses besoins. La diversité biologique est la diversité de toutes
les formes du vivant. Elle est habituellement subdivisée en trois niveaux :
La diversité génétique qui correspond à la diversité des gènes au sein d'une espèce (diversité intra spécifique).
La diversité spécifique, qui correspond à la diversité des espèces (diversité interspécifique). La diversité éco
systémique, qui correspond à la diversité des écosystèmes présents sur terre, des interactions des populations
naturelles et de leurs environnements physiques. Les trois formes de diversité ont des relations étroites entre
elles. La diversité éco- systémique dépend en fait du maintien de la diversité génétique, du foisonnement des
gènes des variétés et des espèces.
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3. La connaissance de la biodiversité
La biodiversité remplit trois fonctions: réservoir d'aliments; réservoir de substances médicinales; réservoir de
substances industrielles. Alors que les scientifiques estiment qu‘il existe entre 10 et 100 millions d‘espèces, à
peine 1,7 million sont répertoriées par la science. Paradoxalement, on connaît mieux le nombre d‘étoiles qui
scintillent dans notre galaxie que celui des espèces vivantes qui nous entourent. Pourtant, nous dépendons tous
de la biodiversité dans notre quotidien, souvent sans même nous en rendre compte -connaître la composante des
écosystèmes (C‘est à partir des composants sauvages et domestiqués de la biodiversité que l‘homme crée et
enrichit la gamme de ses aliments, produits pharmaceutiques et industriels.)
La connaissance de la biodiversité détermine le fonctionnement des écosystèmes,
Elle permet de confirmer l'intérêt patrimonial du milieu,
Cerner les menaces qui peuvent diminuer cet intérêt,
La connaissance biologique permet aussi de définir et d'établir les projets de gestion durable du
site.
La biodiversité témoigne d‘une présence très ancienne de certaines formes vivantes dans certaines zones : le cas
des poissons des gueltas sahariennes, par exemple, qui montrent par des espèces comme Clarias lazera ou
Tilapia zillii, que cette région était reliée il y a plusieurs millions d‘années aux grands systèmes fluviaux
africains, où ces espèces continuent d‘exister. Ce sont donc des témoins d‘un mode de peuplement très ancien du
Sahara.
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L'identification et l'exploitation des connaissances des populations en savoir-faire local concernent les
sous produits du palmier dattier et les plantes médicinales,
La détermination et l'analyse des contraintes et les pressions abiotiques et anthropiques liées à la
dégradation des espèces et des écosystèmes,
La détermination de la vulnérabilité des eaux à la pollution,
La détermination des systèmes de productions.
6. Conclusion
La biodiversité fournit depuis toujours des produits pharmaceutiques et des micro-organismes qui servent à la
dépollution ou à l‘assainissement. Au-delà de son utilité, de l‘intérêt économique, social, scientifique, récréatif et
esthétique, sa conservation accroît les chances de la vie sur terre et d‘adaptation aux changements. Elle mérite
d‘être protégée durablement pour la survie de la biosphère et la responsabilité pour les générations futures. C‘est
pour ça, la mise en place d‘une stratégie de conservation est indispensable pour tous les centres et les instituts de
recherches.
7. Références
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Résumé :
Située dans l‘étage bioclimatique méditerranéen aride moyen, la palmeraie présaharienne de M‘doukal (sud-est algérien), est la limite la plus
au nord de la palmeraie algérienne. Au sein de cette palmeraie, distante d‘environ 100 Km des palmeraies sahariennes, les agriculteurs ont
conduit de la même manière leurs jardins que ceux qui se trouvent au niveau des oasis sahariennes. En effet, les trois étages de culture (la
tryptique ; palmier dattier-arboriculture fruitière-cultures basses), sont pratiqués par les agriculteurs de cette palmeraie. Pour ce qui est de
sa diversité variétale, quoique de superficie très réduite (60ha), la palmeraie de M‘doukal, renferme une riche diversité en cultivars de
palmier dattier, principalement, et des deux principaux arbres fruitiers qui lui sont associés (grenadier et figuier). 106 cultivars de palmier
dattier, 10 de grenadier et 4 de figuier ont été recensés, durant 2008/2009. Cependant, cette riche diversité se trouve fortement menacée par
l‘érosion génétique. Dans le cas du palmier dattier, trois cultivars ont complètement disparus et 94 cultivars sont menacés de disparition
certaine à court et à long, si aucune opération de sauvegarde n‘est pas entreprise. Cette menace est accentuée par l‘âge avancé des cultivars
(85,32 % sont âgés de plus de 50 ans), ajouter à cette situation la répartition rare et peu-fréquente de 71, 65% des cultivars. Enfin, il y‘a le
caractère endémique, à M‘doukal, de 52,29 % des cultivars recensés.
Mots clés : Palmeraie présaharienne, culture en étage, diversité variétale, palmier dattier et arbres fruitiers.
Abstract:
Situated at the Mediterranean middle arid bioclimatic zone, the pre Saharan palm grove of M‘doukal (Algerian South-East) is the most limits
in the North this palm grove, distant about 100km from the Saharan palm groves, farmers conduct their culture in gardens the same way as
those in the Saharan oases. Indeed, three strata of cultures (The triptych: date palm, fruit trees, low cultures), are practised by the farmers of
this palm grove. As regards varieties diversity, although, of a much reduced surface (60km), the palm grove of M‘doukel contains mainly a
rich diversity on date palm cultivars, and two main fruit trees are associated to this palm grove (pomegranate tree end fig tree). During the
period of 2008/2009, 106 date palms cultivars, 10 of the pomegranate tree end 4 of the fig tree were counted. Notwithstanding, this rich
diversity is sorely threatened by genetic erosion. In the case of the date palm, three cultivars are prone to desperation, 94 cultivars are
varieties are endangered some short and long term. This threat is stressed by the advanced age of the cultivars (85.32% are over 50 years 50
years old), addition to this situation, the rare and little distribution of the 71.65 % of cultivars. Finally, there is the endemic character, in
M‘doukal, of the 52.29% of the registered cultivars, in this region; this limits largely their several given that there is lack of these cultivars in
the other phoenicicole regions of Algeria.
Key words: Palm grove, sub-Saharan, culture strata, varietals diversity, date palm and fruit trees.
1. Introduction
Le rôle du palmier dattier dans la formation d‘espaces viables (oasis), dans un milieu hostile (désert), voire très
hostile par son climat extrême, est capital. En effet, c‘est sous son «ombre» protectrice, que le développement de
cultures sous-jacentes (arboriculture fruitière, cultures maraîchères, cultures fourragères, etc.) est possible. Et,
c‘est grâce à cet ensemble de cultures (palmier dattier et les cultures qui lui sont associées) que les populations
des zones sahariennes et présahariennes sont stabilisées dans leurs localités, en leur offrant un revenu à coté de la
satisfaction de leurs besoins alimentaires quotidiens en fruits et légumes, cueillis dans leurs jardins.
Quantitativement, notre patrimoine phoenicicole a connu ces dernières années une évolution importante. En
effet, des 9 millions de pieds signalé en 1996 (MESSAR, 1996), le nombre de palmiers passe, en 2008, à 16,5
millions (BELGUEDJ et al., 2008). Cependant, la dynamique insufflée au secteur phoenicicole, ces dernières
années, par les différents plans de développement agricole ; le Plan National de Développement Agricole
(P.N.D.A.), et le Fond National Rural de Développement Agricole (F.N.R.D.A.), est orientée vers la promotion
de quelques cultivars (Deglet Nour, Ghars, Mach Degla et Degla Beidha) au détriment d‘autres cultivars.
Qualitativement, le patrimoine phoenicicole d‘Algérie est estimé à près d‘un millier de cultivars (HANNACHI et
al., 1998). Ainsi, pour connaître l‘état de ce patrimoine (en diminution ou en augmentation, son état
phytosanitaire, etc.), surtout avec les changements climatiques, l‘avènement du PNDA et les pressions du
marché, des inventaires périodiques doivent êtres réalisés. Ces derniers, doivent être menés localité par localité
et terroir par terroir afin d‘être le plus exhaustif possible.
2. Matériel et méthodes
2.1. Présentation de la zone d’étude
2.1.1. Situation géographique
La palmeraie qui fait, ici, l‘objet de notre étude se trouve dans la commune de M‘doukal, qui se situe à 120 km
au sud-ouest du chef lieu de la wilaya de Batna. La commune de M‘doukal, localité la plus au sud de l‘ensemble
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du Hodna, est limitée à l‘Ouest, au Nord et à l‘Est par la commune de Bitam et au Sud par la commune de Tolga
(Wilaya de Biskra). M‘doukal, s‘étend sur une superficie de 22707 ha (fig. 1).
Fig. 1 : Situation géographique de la zone d‘étude (R.G.P.H., 1988 in O.N.S*., 2004) (modifiée).
* : Office National des Statistiques
2.1.2. Le climat
La localité de M‘doukal appartient, selon le climat gramme d‘EMBERGER, à l‘étage bioclimatique
méditerranéen aride moyen avec des précipitations moyennes annuelles qui sont de l‘ordre de 200 mm/an
(Ministère de l‘Aménagement du Territoire de l‘Environnement et du Tourisme., 2004).
2.1.3. Méthodologie
Pour connaître le ou les systèmes de production au niveau de la palmeraie présaharienne de M‘doukal des visites
ont été effectuées au niveau de l‘ensemble des jardins que comptent cette petite palmeraie, et cela en parallèle à
l‘inventaire programmé des cultivars de palmier dattier et des arbres fruitiers.
L‘approche méthodologique adoptée, pour réaliser l‘inventaire des cultivars de dattier se trouvant dans la
palmeraie suscitée, est la suivante :
1- Etablissement de la liste des cultivars femelles et mâles, en collaboration avec les agriculteurs connaisseurs
du palmier dattier. Des discussions informelles sont tenues, lors de la phase enquête et prospection, avec un
ensemble d‘agriculteurs, sur les différents cultivars se trouvant dans leurs jardins ;
2- Après l‘étape du recensement des cultivars, vient l‘étape d‘échantillonnage et d‘identification des différents
cultivars recensés, sur terrain. Une fiche descriptive (voir annexe 1), renfermant un ensemble de caractères est
établie pour la caractérisation des différents cultivars femelles. Cette fiche est inspirée de celles établies par
HANNACHI et al., (1998), BELGUEDJ (2002), RHOUMA (2005) et IPGRI (2005). L‘élément sur lequel nous
nous sommes basés pour la distinction entre les différents cultivars est la datte, car comme le signale MUMIER
(1973), c‘est le seul organe qui présente, plus ou moins, des caractères stables. Les autres, sous l‘influence des
conditions écologiques particulières, des méthodes culturales, etc., en raison de la grande adaptabilité de l‘espèce
peuvent présenter certaines modifications. Par ailleurs, les caractères morphologiques du fruit et de la graine
révèlent une meilleure discrimination des cultivars, et le descripteur des fruits présente une forte contribution par
rapport à celui de la graine (HANNACHI et al., 1999).
3. Résultats et discussions
3.1. Système de culture de la palmeraie traditionnelle de M’doukal
La palmeraie présaharienne de M‘doukal, présente le même système de culture caractérisant les palmeraies
sahariennes. Système fondé sur trois strates. Au palmier dattier, strate supérieure, est associé l‘arboriculture
fruitière de différentes espèces (state intermédiaire). La dernière strate est la strate basse, constituée de plantes
maraîchères, condimentaires, fourragères et de céréales (fig.2 et 3).
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Cependant, ce système harmonieux et efficace pour lutter contre les grandes chaleurs qui empêchent le
développement d‘autres cultures tend à l‘abandon par les agriculteurs tenant les nouvelles exploitations apparues
il ya quelques années.
Distribution
La figure (4), nous montre que 43,40 % des cultivars ont une rare distribution, 28,30% ont leur distribution peu
fréquente, 16,98% des cultivars sont fréquents et 11,32%, seulement, des cultivars qui sont abondants.
L‘ensemble des cultivars rares et peu fréquent constitue 71,70% des cultivars de M‘doukal. Ces résultats, nous
indiquent l‘intérêt que portent les agriculteurs sur certains cultivars au détriment d‘autres. 12 cultivars sont
abondants à M‘doukal et ce sont ces cultivars que les agriculteurs plantent ou renouvellent, le plus au niveau de
leurs jardins, pour leur valeur marchande. Ces cultivars sont :
Deglet Nour, Ghars, Mokentichi Degla, Arrecheti, Rotbet Ben Lemdoukali, Rotba Safra, Assila, Lemneguel,
Touri, Deglet Ziane, Litima, et Guetar.
Cette tendance oligo-variétale, dans la plantation du palmier dattier, caractérise, aussi, d‘autres régions
phoenicicoles d‘Algérie, avec une réduction du nombre de cultivars plantés d‘une façon encore plus prononcée.
Dans les Ziban, région phoenicicole importante d‘Algérie, BELHADI et al., (2008), rapportent que quatre
cultivars (Deglet Nour, Ghars, Mech Degla et Degla Beidha), ont une distribution abondante. Par ailleurs,
TIRICHINE et al., (2007) signalent qu‘au niveau du M‘Zab 9 cultivars sur 152 sont seulement abondants. Aussi,
PEYRON et al., (1990), mentionnent qu‘en Egypte les agriculteurs ne prêtent aucun intérêt, à certains cultivars
jugés de dattes communes, et seul un nombre très limité de cultivars sont plantés ou renouvelés.
Les pressions du marché, la qualité des dattes et l‘aide limitée à certains cultivars, par le Plan National du
Développement Agricole, sont les principaux facteurs ayant concouru à ce choix oligo-variétal, qui représente un
danger véritable sur notre patrimoine phoenicicole. En effet, les différents aléas biotiques et abiotiques qui
caractérisent nos zones phoenicicoles, peuvent frapper fort, un jour, ce patrimoine si nous continuons à le
fragiliser, par la limitation de la forte diversité génétique qui le caractérise.
Age (ans)
Fig. 5 : Structure des cultivars selon leur âge.
16 cultivars, soit 14,68 %, sur les l06 cultivars que compte la palmeraie de M‘doukal ont leur âge inférieur à 50
ans et 90 cultivars, soit 85,32 %, ont leur âge supérieur à 50 ans (fig. 5). L‘âge avancé des 2/3 et plus de la
palmeraie de M‘doukal frappe à l‘œil du visiteur de cette palmeraie. En effet, le décor dominant est la présence
de palmiers longs, avec des troncs minces, faibles de diamètre et lisses. La palmeraie de M‘doukal est une
palmeraie vieille, ce qui la menace fortement dans son existence (dans sa diversité variétale particulièrement). Le
vieillissement de la palmeraie de M‘doukal est une conséquence directe du faible taux de renouvellement des
palmiers âgés et, également, à cause de l‘intérêt porté par les agriculteurs à d‘autres types de cultures à fortes
valeurs marchandes (cultures maraîchères et olivier ente autres). Le vieillissement touche l‘ensemble des
palmeraies traditionnelles algériennes. MESSAR (1996), estime que près de 30% des palmiers de l‘Algérie, ont
dépassé l‘âge limite de production.
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sur les premiers que sur les deuxièmes. Ces mêmes résultats sont rapportés par certains auteurs, au niveau
d‘autres régions phoenicicoles. Au Ziban, précisément dans les localités de Djemourah et de Sidi-Masmoudi,
BELHADI et al., (2008) rapportent que des cultivars de bonne qualité (Oum Lefgui et Rotbet N’hal) et d‘autres
de qualité médiocre (Bouhazem et Bouyekhsane), sont menacés d‘extinction vu leur âge avancé (plus de 60 ans,
c‘est-à-dire pas de rejet) et le nombre très réduit de pieds qu‘ils possèdent.
Par ailleurs, ACOURENE et al., (2007), ont noté que 40 % et 90 % des cultivars, respectivement, de Oued-Righ
et de Oued-Souf sont menacés d‘extinction, à cause de leur âge avancé et de leur faible représentation. Et, à
GHARDAIA ce sont 88% des cultivars qui sont menacés d‘érosion génétique (ACOURENE et al., 2008).
4. Conclusion
La palmeraie présaharienne de M‘doukal, présente le même système de culture caractérisant les palmeraies
sahariennes. Système fondé sur trois strates. Cependant, ce système harmonieux et efficace pour lutter contre les
grandes chaleurs qui empêchent le développement d‘autres cultures tend à l‘abandon par les agriculteurs.
L‘inventaire effectué au niveau de la palmeraie de M‘doukal, nous a permet de recenser 109 cultivars. Sur les
109 cultivars recensés 57, soit 52,29 %, sont endémiques à cette localité. Les 52 cultivars restants, soit 47, 71 %,
sont communs à d‘autres régions phoenicicoles d‘Algérie (Ziban, Aurès-Nemencha, Souf, M‘zab, etc.). Trois
cultivars, sur les 109 recensés, ont complètement disparu de la palmeraie. Toutefois, cette riche diversité en
cultivars de palmier dattier, se trouve menacée par le vieillissement de la palmeraie. C‘est 85,32 % des cultivars
qui sont âgés de plus de 50 ans ajouter à cette situation la répartition rare et peu-fréquente de la majorité des
cultivars, soit 71, 65%. Le vieillissement de la palmeraie de M‘doukal, est le résultat du désintérêt des nouvelles
générations à la pratique de la phoeniciculture, qu‘ils jugent pénible et peu rentable. Aussi, il y a l‘engouement
des agriculteurs à la plantation des cultures spéculatives (maraîchage) et d‘autres arbres fruitier (olivier entre
autres). Le patrimoine phoenicicole de M‘doukal, à l‘instar de celui de toute l‘Algérie est riche, en cultivars.
Toutefois, cette richesse est menacée par plusieurs facteurs biotique, abiotique et socio-économique). La
palmeraie de M‘doukal est également riche en cultivars d‘arbre fruitiers principalement en grenadier et figuier.
En effet, 10 et 4 cultivars ont été recensés respectivement, chez ces deux essences fruitières.
5. Références bibliographiques
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Ghardaïa. Ed. IRRAA. Alger-Algérie. 96p.
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IAMZ, 1996, Option Méditerranéennes : sér. A. Séminaire méditerranéen n° 28, 23-44 pp.
MUNIER P. 1973- Le palmier dattier, Ed., Maison-neuve et Larose, Paris, 217 p. O.N.S., 2004- Atlas des lieux
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PEYRON G., GAY F., et RAFAT A. A., 1990- Phoenologie du palmier dattier (Phoenix dactylifera L.) :
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LABGAA L., 2007- Diversité génétique du palmier dattier dans les oasis du Mzab : inventaire et actions de
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Resume
Dans le cadre de la valorisation des bio ressources végétales locales, propres aux régions arides, autres que le palmier dattier, quatre espèces
de plantes condimentaires et/ou aromatiques (coriandre, anis vert, nigelle, carthame) ont été étudiées dans la région des Ziban. Pour chacune
de ces espèces, deux variétés (de plaine et de montagne) ont fait l‘objet d‘étude morphologique et agronomique durant les différents stades
phonologiques, dans l‘objectif de maitriser les itinéraires techniques nécessaires à leur réhabilitation. Ces variétés s‘avèrent
adaptées à la région de Ziban au vu de leurs rendements, leurs comportements et leurs qualités organoleptiques en plus de la précocité, de la
résistance aux maladies, aux attaques des différents ravageurs et la qualité des fruits récoltés des variétés locales de plaine. Ces espèces
présentent l‘avantage d‘être conduites en intercalaire sous palmier dattier, comme elles peuvent être intégrées dans le système de rotation
/assolement ou mieux encore en substitution aux cultures maraîchères (autrement dit en qualité de cultures alternatives) en cas de maladie
compromettante.
Mots clés : espèces condimentaires et/ou aromatiques, itinéraires techniques, région arides et région des Ziban, variétés (de plaine et de
montagne).
1. Introduction
L‘Algérie, de par l‘étendue de son territoire, ses différents étages bioclimatiques (humide, subhumide, semi-
aride, aride et saharien) et sa position biogéographique, abrite un ensemble aussi varié que diversifié de bios
ressources tant animales que végétales à travers l‘ensemble des écosystèmes. Les espèces végétales naturelles et
cultivées à gamme phytogénétique importante et varié, sont caractéristiques des milieux où ils se trouvent. Si à
ce jour, certaines espèces végétales sont valorisées, d‘autres espèces connues du grand public, à valeur ajoutée
mais aussi d‘intérêt économique, social et sanitaire, sont menacées d‘érosion génétique par, entre autres, les
actions spéculatives . Il s‘agit des espèces végétales spontanées et cultivées dont celles condimentaires et/ou
aromatiques locales. Leur préservation et leur valorisation, passent obligatoirement par leur inventaire et leur
caractérisation. Aussi, le travail mené dans ce cadre, consiste en une étude de comportement variétal de quatre
plantes condimentaires et aromatiques dans la région des Ziban. Il s‘agit de : la Coriandre (Coriandrum sativum
L.), de l‘Anis vert (Pimenilla anisum L.), de la Nigelle (Nigella sativa L.) et du Carthame (Carthamus tinctorius
L.), représentent un intérêt multiple ; dans le domaine culinaire, social et économique en qualité de complément
de revenus aux agriculteurs (KRESANEK, 1981 DOERK et al, 1991 ; POLUNIN et ROBBINS, 1993 ;
HOUMANI et al. 1994 ; IONKOVA et al. 1994 in SENOUSSI, 2003).
2. Materiels et methodes
2.1. Matériel végétal
Le matériel végétal utilisé est constitué de deux variétés locales (V1. variété de la plaine, V2. variété de la
montagne), de quatre espèces de plantes condimentaires et/ou aromatiques (Coriandre, Anis Vert, Nigelle et
Carthame), récoltées auprès des agriculteurs lors des prospections effectuées dans la région des Ziban.
2.2. Méthodes
2.2.1. Site et dispositif expérimentaux
Le terrain expérimental se situe au sein de l‘université de Biskra. Le dispositif expérimental adopté est celui du
bloc aléatoire complet (BAC) avec trois répétitions. Chaque traitement (variété) est représenté une seule fois
dans chaque bloc. La parcelle élémentaire est de 1.8 m² comprenant 5 lignes de 1.5m de long espacées de 20
cm.
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C.V1 : coriandre plaine A.V1 : anis vert plaine N.V1 : nigelle plaine Ca.V1 carthame /plaine
C.V2:coriandre montagne AV2 : anis vert montagne N.V2 : nigelle montagne Ca.V2 : carthame/ Montagne
Les Caractéristiques morphologiques des espèces cultivées à savoir : la Hauteur de la plante à la maturité
(HP), le Diamètre de tige et la Surface foliaire.
Les Caractéristiques du fruit qui diffèrent d’une espèce à une autre.
Chaque espèce est caractérisée par un genre de fruits différents. Ils varient par la forme, la couleur, la
taille,…etc. Pour chaque espèce étudiée, les paramètres sont :
Pour la Coriandre : Nombre d‘ombellules par ombelle, Nombre de graines par gramme de coriandre,
et couleur des graines.
Pour l’Anis Vert : Nombre d‘ombellules par ombelle et couleur des graines.
Pour la Nigelle : largeur du fruit, longueur de fruits et couleur des graines.
Pour le Carthame : Diamètre de capsule, Capsules épineuses ou non épineuses et couleur des pétales.
Ces paramètres traités, statistiquement, permettent d‘identifier les performances des espèces et variétés étudiées.
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3. Resultats et discussion
3.1. Coriandre
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200 V1
0
diamétre…
L’humidité…
La durée…
nbr…
Le…
V2
PMG (g)
hauteur(cm )
fruits /m²
La variété de plaine est relativement plus précoce (155 j) contre (158j) pour celle de montagne. Pour les
caractères morphologiques, la variété plaine est plus adaptée que la variété montagne (hauteur de tige : 84.77 cm
contre 58.37 cm. Aux caractéristiques organoleptiques presque semblables, la coriandre de plaine donne un
meilleur rendement 3,75 contre 3,56 qx/ha et de plus grandes facultés de conservation (Humidité % plus
faible) : 6,24 contre11, 64.
1400
1200
1000
800
600
400
200 V1
0 V2
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rendement de la variété de montagne est de plus élevé (3,4qx/ha contre 2,83).Le taux d‘humidité est, aussi, plus
élevé pour la variété de plaine (13.05 %) contre (7.32%).
3.3. Nigelle
1600
1400
1200
1000
800
600
400
200
0 V1
V2
La variété montagne est plus précoce que la variété plaine (164 contre 169 j), bien que la densité de peuplement
semble être influencée par le milieu. Morphologiquement : la variété montagne présente des valeurs plus élevées
de la hauteur de plante à la maturité et du diamètre de la tige (0.23 contre 0.22 mm). Cependant la surface
foliaire est plus élevée pour la variété montagne (8.02cm²contre 3.84cm²).La variété de plaine se caractérise par
des fruits plus longs (1.28 contre 0.84 cm) .Il en est de même pour la largeur des fruits plus élevée (1.14 contre
0.84 cm). Quand aux caractéristiques des grains de deux variétés locales de la nigelle, ont des taux d‘humidité et
des rendements (0,39 et 0,40 qx/ha) peu différents.
200
150
100
50 V1
0
V2
3.4. Carthame
La variété de montagne est plus précoce que la variété de plaine (190j contre 196j). La hauteur de la plante de la
variété de montagne est plus élevée (117.51 contre 112.57cm) et inversement pour le diamètre de tige de la
plante à la maturité (1.07cm contre 0.94 cm). De même, la surface foliaire est plus élevée pour la variété de
plaine 30.39cm² contre 25.96 cm2. Quand aux autres caractéristiques, la variété de plaine se caractérise par un
diamètre de capsule plus élevé (2.82cm contre 2.73cm) ; avec la présence des épines sur les capsules de la
variété montagne. Les rendements varient de 0,49 à 0,61 qx/ha pour les deux variétés. De couleur plus foncée,
les pétales pour la variété de plaine ont un taux d‘humidité plus faible 9.97% contre 12.99 %. Ce qui lui
confère de meilleures facultés de conservation.
4. Conclusion
Malgré les conditions pédoclimatiques quelque peu hostiles qui règnent actuellement, dans les régions arides
dont fait partie les Ziban, la conduite des cultures condimentaires et/ou aromatiques présente plus d‘un
avantage puisqu‘elle permet :
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- d‘alimenter le marché local et régional en ces produits, fortement demandés et qui, en qualité de plantes du
terroir, leur production a fait, jadis la réputation de la région Sud /Est algérien et notamment la région des
Ziban ;
- d‘apporter un complément de revenus aux agriculteurs en les cultivant sous palmiers et au niveau des petits
carrés dans la palmeraie;
- de contribuer à la conservation des bios ressources locales par leur réhabilitation et leur multiplication.
Par ailleurs si, d‘une manière générale les espèces étudiées ont prouvé leur aptitude aux conditions arides du
milieu. Les variétés de plaine se sont caractérisées par des rendements meilleurs et d‘une qualité des fruits
commercialisable et ce par rapport : aux aspects organoleptiques et hautes facultés de conservation (faible taux
d‘humidité).
5. Références bibliographiques
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Résumé :
Les oasis phoenicicoles algériennes sont un exemple typique de terroirs riches en biodiversité. A côté de la diversité du palmier dattier, des
cultures vivrières sont elles aussi diverses, constituant ainsi une véritable richesse. Il s‘agit d‘un patrimoine très ancien, transmis de
génération en génération, ayant assuré aux populations de ces régions difficiles, une source et sécurité alimentaires durant des siècles. Grâce
à leur savoir-faire, les populations de ces régions ont préservé ces ressources avec leur diversité pendant longtemps. Ils les ont utilisées pour
se nourrir, pour se soigner et pour nourrir leurs cheptels. Malheureusement, les oasis connaissent une situation de déclin qui menace leur
existence même. Nous assistons dans ces milieux à une dégradation générale et à tous les niveaux. Le déclin des oasis pèsera très lourd sur
l‘Etat algérien si des mesures urgentes ne sont pas prises pour la réhabilitation de tout le système oasien. Dans ce travail, nous essayons de
faire connaître ces ressources et de dresser leur situation tout en signalant les chamboulements qui menacent leur richesse voire leur devenir.
Mots clés : oasis phoenicicoles. Biodiversité. Cultures vivrières. Palmier dattier. Déclin.
Abstrat:
Algerian oases are a typical example of rich lands in biodiversity. Next to the diversity of palm date, subsistence crops are them as various,
constitute thus a real wealth. It is about a very old heritage, transmitted of generation in generation, having assured to populations of these
difficult regions, a source and security food during centuries. Thanks to their ability populations of these regions preserved these resources
with their diversity during a long time. They used them to feed themselves, to take care of themselves and to feed their livestock.
Unfortunately, oases know a situation of decline that threatens their same existence. We attend in these surroundings a general deterioration
and all levels. The decline of oases will weigh very heavy on the Algerian state if some urgent measures are not taken for the rehabilitation of
all the oasis system.
In this work we try to make know these resources and to raise their situation while signalling chaos that threaten their wealth or even to
become they.
Key words: Oasis of date palm. Biodiversity. Subsistence crops. Date Palm. Decline.
1. Introduction
Pays vaste, l‘Algérie occupe une superficie de 2 381 741 km2 dont les quatre cinquièmes sont occupés par le
Sahara. Dans les conditions ardues (hyper aridité) des régions sahariennes, l‘Homme a pu s‘installer grâce à des
systèmes formidables que sont les oasis, constituant les principaux points de peuplement du désert. En Algérie,
la surface agricole des oasis est majoritairement occupée par le palmier avec 93 000 ha de palmeraies et plus de
10 millions de palmiers dattiers (soit 11 % du total mondial). Ces palmiers sont localisés pour 60 % au nord-est
du Sahara (Zibans, oued Righ, El Oued et Ouargla) et pour 40 % à l‘ouest (M‘Zab, Touat, Gourara). Les dattes
constituent la principale ressource sur laquelle est basée la vie des populations oasiennes. L‘irrigation est une
pratique indispensable dans toutes les oasis, à l‘exception de certaines palmeraies de l‘Erg Occidental installées
dans les zones d‘affleurement des nappes (Bouzaher, 1990). Le système territorial que constitue l‘oasis a connu
une grande prospérité pendant 10 siècles (moyen âge), un affaiblissement à partir du 15 ème siècle avec
l‘ouverture atlantique et une crise au 19ème siècle avec la concurrence d‘autres moyens de transport, renouveau
actuel (Cote, 1999).
Les oasis ont également connu des mutations régressives qui s‘expliquent par les flux migratoires, la croissance
démographique, la surexploitation de la ressource hydrique et la remontée des sels. Les dangers persistent de nos
jours pour certaines oasis telles que celles du Touat-Gourara où le système séculaire de mobilisation de la
ressource hydrique par foggara, se trouve menacé par les prélèvements abusifs par forage. Il en est de même
pour d‘autres oasis dont le système d‘évacuation des eaux de drainage-lessivage se trouve perturbé par une
extension démesurée des palmeraies (cas d‘In salah, El Goléa, Oued Righ, Ouargla…) (Bouzaher, 1990).
Territoires riches en biodiversité, les oasis connaissent une situation de déclin qui menace leur existence même.
Nous assistons dans ces milieux à une dégradation générale : abandon de savoir-faire, de plats culinaires
traditionnels, abandon de ksours, palmeraies mortes voire la disparition de variétés/populations de terroir. La
perte de la diversité est une vraie menace pour les populations de ces régions où le niveau de vie est prédominé
par la pauvreté.
2. Matériel et méthodes :
Les résultats présentés sont issus d ‗enquêtes exploratoires et thématiques selon la méthode participative
considérant l‘agriculteur comme acteur principal dans le diagnostic tout en se basant sur l‘observation du terrain
enquêté. Ces enquêtes ont touché la région du Touat, du Gourara et du Tidikelt (sud ouest) sur plusieurs années
et celles des régions de Touggourt et de Ghardaïa (sud est). Ces résultats sont appuyés par les études
bibliographiques.
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3. Résultats
3.1. Les types d’oasis
Selon le système d‘irrigation adopté, il existe différents types d‘oasis en Algérie, à savoir :
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4. Conclusion
Les oasis phoenicicoles sont un exemple typique de terroirs riches en biodiversité. Selon la FAO (2004), cette
dernière peut constituer la meilleure protection contre la famine pour les paysans les plus pauvres.
Malheureusement, les oasis connaissent une situation de déclin qui menace leur existence même. Nos enquêtes
réalisées sur plusieurs années dans la région d‘Adrar et d‘autres faites récemment à Touggourt et à Ghardaïa, ont
montré que nous assistons dans ces milieux à une dégradation générale : abandon de savoir-faire, de plats
culinaires traditionnels, abandon de ksours, palmeraies mortes voire la disparition de variétés/populations de
terroir. La perte de la diversité est une vraie menace pour les populations de ces régions où le niveau de vie est
prédominé par la pauvreté. La perte de la diversité et du savoir-faire, l‘abandon de méthodes efficaces de
conservation (telles que les « matmoura » ou greniers), ce sont là des indicateurs d‘une vraie menace pour la
sécurité alimentaire dans nos régions du sud. Il est de ce fait urgent de prendre des mesures pour la réhabilitation
de nos oasis d‘une manière raisonnable traçant comme objectif primordial la mise en place d‘une agriculture
durable. Certaines de ces mesures seraient : la préservation des foggaras en tant que patrimoine national, la
gestion de l‘eau (élément important de mise en valeur agricole), amélioration des circuits commerciaux, pratique
d‘une agriculture intensive et réorganisation de l‘exploitation agricole dans l‘optique d‘une amélioration de la
fertilité et de la rentabilité du complexe « sol-cultures-élevage, favoriser la diversité du palmier dattier dans les
nouvelles palmeraies , encourager le savoir-faire et le retour aux anciennes méthodes de conservation que ça soit
au sud ou au nord du pays (conservation in situ c‘est à dire dans les éco systèmes), mettre en place une banque
de gènes pour la conservation « ex situ».
5. Références bibliographiques
Abdelguerfi A. 2003. Evaluation des besoins en matière de renforcement des capacités nécessaires à l‘évaluation
et la réduction des risques menaçant les éléments de la diversité biologique en Algérie. Rapport de synthèse.
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Abstract
In Tunisia, Lathyrus genus (Fabacées) consists of 17 annual and perennial diploid species. All these species are exploited for their
agronomical and ecological qualities as forage or to allow the enrichment of the soil. Some species are cultivated for humain consumption
alimentation humaine. In order to evaluate the genetic diversity, the Inter Simple Sequence Repeats (ISSR) method was exploited in three
species (L. sativus L., L. cicera L and L. ochrus). Our data provide evidence of high molecular polymorphism (95.47 %) at the inter specific
level and among the six studied populations. 190 polymorphic bands were generated, using 3 anchored ISSR primers. The observed
relationships support previous studies based on morphological and molecular polymorphism.
Key words: Lathyrus, polymorphism, microsatellites (ISSR), phylogeny
1. Introduction
Le genre Lathyrus, comprend environ 160 espèces et 45 sous espèces. La classification universelle de ce genre,
établie par Kupicha (1983), classe ces espèces en 13 sections sur la base des paramètres morphologiques. Les
espèces du genre Lathyrus présentent des intérêts: agronomiques, écologiques, ornementaux et médicinaux. Elles
sont réparties dans toutes les régions tempérées et tropicales des deux hémisphères nord et sud (Allkin et al.,
1985). En Tunisie, le genre Lathyrus est représenté par 17 espèces annuelles ou vivaces, qui sont toutes diploïdes
(Pottier-Alapetite, 1979) dont la répartition s‘étend dans toutes les variantes bioclimatiques de l‘humide
supérieur à l‘aride inférieur. Elles poussent à des altitudes variables allant de 10 à 700 m (Ben Brahim 2003).
2.2. Amplification de l’ADN par la technique ISSR : Inter Simple Sequence Repeats
Les amorces testées pour détecter le polymorphisme génétique sont constituées par la répétition de motifs di-, tri-
ou tétra- nucléotidiques. Chaque réaction d‘amplification se fait dans un volume réactionnel de 25 µl contenant
25 ng ADN; 60 pg d‘amorces; 200 µM dNTPs (Invitrogen, France); 2,5 µl du tampon de la Taq DNA
polymérase et 1U de l‘enzyme Taq DNA polymérase (Invitrogen, France). Les produits d‘amplification obtenus
par chaque amorce utilisée sont séparés par électrophorèse sur gel d‘agarose à 1,5% préparé dans un tampon
TBE 0,5X (Tris-Borate 8 mM; acide borique 8,9 mM; EDTA 8 mM) additionné du BET (bromure d‘éthidium).
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Les bandes générées au cours des différentes réactions d‘amplification ont été assimilés à des marqueurs
génétiques 1/0.
3. Résultats
Pour l‘estimation des indices de similarité selon la formule de Nei et Li (1979), le programme NTSYS (version
2.1) est exploité. La matrice des indices de similarité ainsi produite est utilisée pour générer un arbre
phylogénétique en se basant sur la méthode UPGMA, visualisé grâce au logiciel TREEWIEW (Win 32).
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Figure 4 : Dendrogramme établi par la méthode UPGMA à partir de la matrice des indices de similarité. SE: L.
sativus, Ethiopie (Addis-Ababa) SS: L. sativus, Tunisie (Sfax) CK: L. cicera, Tunisie
(Kerkennah) CZ: L. cicera, Tunisie (Zarzis) CP: L. cicera, Portugal (Elvas) OC: L. ochrus,
Tunisie (Ariana)
4. Conclusions
La diversité génétique des espèces du genre Lathyrus a été examinée par les marqueurs ISSR pour élucider les
relations phylogénétiques. Cette analyse révèle l‘efficacité des amorces testées dans la révélation du
polymorphisme au niveau de ce genre. De plus, on note l‘efficacité de cette technique pour la discrimination
entre les différentes espèces étudiées. Les analyses phylogéniques ont non seulement confirmés la classification
de Kupicha mais aussi appuyés les différents travaux basés sur d‘autres marqueurs moléculaires. Cette analyse
met en évidence l‘existence d‘un linéage entre les espèces. L‘important polymorphisme moléculaire révélé chez
ces espèces, traduit un important réservoir de diversité génétique apte à être exploité dans de futurs programmes
d‘amélioration des espèces fourragères en Tunisie.
5. Références
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Résumé
La "Limaoua" est considérée parmi les principaux cépages du sud de la Tunisie. Ce cépage a fait preuve d‘une bonne adaptation à la culture
en sec en permettant la valorisation de terrains où d‘autres cultures se sont avérées difficiles à installer comme c‘est le cas à Gabès. La
caractérisation ampélographique réalisée selon les descripteurs IPGRI permet d‘identifier facilement le cépage. La "Limaoua" est
remarquable par sa vigueur, sa bonne production, ses fruits fermes qui se prêtent facilement au transport, sa résistance au sirocco, sa récolte
tardive en plus d‘une aptitude à la conservation sur pied. Toutes ces caractéristiques prédisposent la promotion de ce cépage dans les régions
arides du sud tunisien.
Abstract
The"Limaoua" is considered among the main grapevine cultivar in Southern Tunisian. This grape cultivar showed a good adaptation to rain
fed cultivation in arid regions such as Gabès, where other crops cannot be grown. The ampelographic characterisation carried out according
to the IPGRI descriptors permitted to easily identify this grape. This "Limaoua" is remarkable for its vigour, its good yield, its fruit firmness
allowing transport and tolerance to sirocco. Beside, this cultivar enables late harvest and grapes can be conserved on the tree. All these
characteristics justify the promotion of this grape cultivar in the arid areas of the Southern Tunisian.
1. Introduction
Les oasis tunisiennes seraient le foyer des vignes autochtones cultivées. En effet, c‘est dans les oasis de Gabès,
Tozeur, Nafta et Tamarza que l‘on retrouve la plus grande diversité des vignes locales. A partir de ces sites à
microclimats typiques, des cépages seraient diffusés un peu partout dans tout le pays. La « Limaoua » est un
cépage cultivé qui a fait preuve d‘une adaptation remarquable aux conditions extrêmes de l‘aride et du semi
aride. Cette étude vise la présentation des principales caractéristiques ampélographiques de ce cépage.
2. Matériel et méthodes
Le matériel végétal est constitué de plants de "Limaoua" en production, installés dans une parcelle à Gabès,
conduite en sec. La densité de plantation est de 3m x 3m. La taille adoptée est un gobelet haut. L‘application des
descripteurs adoptés par le Code International de la Vigne et du Vin (OIV, 1983) a concerné 34 descripteurs pour
148 niveaux d‘expression.
La description a concerné les paramètres :
3. Résultats
Pour une présentation pratique des caractéristiques ampélographiques du cépage étudié, nous avons jugé utile de
traduire les notations codées d‘après le code OIV.
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Une étude ampélographique antérieure suivie d‘une analyse de marqueurs moléculaires réalisée sur une large
gamme de variétés de vignes autochtones de Tunisie (Snoussi et al., 2004), ont précisé les synonymes de ce
cépage "Limaoua" comme suit :
La "Limaoua" de Gabès serait nommée Bazzoul el Khadem à Raf Raf, Hamri à Kerkennah, Kohli à Mahdia et
Sakasli à Djerba.
Le cépage étudié présente des caractéristiques recherchées pour une sélection de culture adaptée aux conditions
de l‘aride et du semi aride tunisiens telles que :
- Une bonne production allant jusqu‘à 5-6 tonnes par hectares pour la conduite en gobelet haut avec une densité
de 3mx3m.
- Une bonne résistance au sirocco
- Une longue conservation sur pied allant jusqu‘en novembre
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4. Conclusion
La "Limaoua" serait un cépage recommandé pour une culture en sec dans les conditions de l‘aride tunisien pour
ses aptitudes remarquables quant à la résistance au sirocco lorsque conduit en gobelet haut, et sa bonne
conservation sur pied grâce aux caractéristiques d‘une baie ferme, à pellicule épaisse qui se prête facilement au
transport.
5. Références bibliographiques
Snoussi H., Harbi Ben Slimane M., Ruiz-Garcia L., Martinez-Zapater J.M. and Arroyo-Garcia R. 2004. Genetic
relationship among cultivated and wild grapevine accessions from Tunisia. Genome. 47(6): 1211-1219.
OIV. 1983. Le code des caractères descriptifs des variétés et espèces Vitis. Paris.
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Résumé
Située au sud- est tunisien, l'île de Djerba où les possibilités de l‘agriculture sont très limitées par les sols pauvres et la sécheresse, présente
une certaine diversité génétique en exploitant les petites nappes d‘eau. La vigne compte parmi d‘autres espèces fruitières cultivées dans la
région telles que le figuier, l‘abricotier, le pêcher, le grenadier et l‘olivier. Dans le cadre de la conservation et de l‘évaluation des ressources
génétiques viticoles, nous nous sommes intéressés à l‘étude de dix variétés de vigne originaires de l‘île de Djerba. L‘étude ampélographique
a porté sur l‘application de 34 descripteurs IPGRI de nature qualitative et quantitative correspondant à 148 niveaux d‘expression. L‘analyse
factorielle des correspondances appliquée à l‘ensemble des variétés et la considération de l‘ensemble des descripteurs utilisés a permis de
distinguer les caractères permettant une meilleure différenciation variétale. Cette étude a été complétée par une analyse moléculaire basée sur
l‘application de neuf marqueurs microsatellites nucléaires. Les résultats ont permis la discrimination des écotypes de vignes autochtones
étudiés, en identifiant trois groupes distincts avec l‘apparition de trois doublets correspondant à des synonymes. Sur les dix variétés
collectées, sept présentent des génotypes multilocus. Tenant compte de nos données, des hypothèses pourront être formulées concernant la
dynamique de la diversité de ces vignes au sein de l‘île.
Mots-clé: vigne, Djerba, ampélographie, microsatellites nucléaires, diversité.
Genetic diversity analysis of Djerba vines (Vitis vinifera) based on ampelography and molecular markers
Abstract
Djerba Island is located in the South East of Tunisia. Despite its poor soils and severe dryness a relative genetic diversity does exist in
spontaneous plants as well as in cultivated crops. Grapevines are included amongst other cultivated fruit species in the region such as fig,
apricot, peach, pomegranate and olive trees. Within the framework of the preservation and assessment of grapevine genetic resources, we
were interested in the study of ten grapevine varieties originated from Djerba island. The ampelographic study was based on 34 IPGRI
descriptors of qualitative and quantitative nature corresponding to 148 expression levels. The factorial analysis applied to the whole set of
varieties and the consideration of all descriptors used, allowed the distinction of the characters which enabled the best varietal discrimination.
This study was complemented by a molecular analysis based on the application of nine nuclear microsatellite markers. The results allowed
the discrimination of local grapevine ecotypes studied in three distinct groups and the identification of three pairs of synonyms. Out of the
ten collected varieties, seven presented multilocus genotypes. Taking our data into account, hypothesis concerning the dynamic of grapevine
diversity within the island could be formulated.
Key words: grapevine, Djerba, ampelography, nuclear microstaellites, diversity.
1. Introduction
Dans le cadre de la valorisation du patrimoine viticole autochtone de Tunisie, des opérations de prospection, de
collecte et de valorisation de l‘assortiment viticole représentatif de la gamme de vignes originaires de Djerba ont
été réalisées. Pour les dix variétés de vigne de table retrouvées dans cette île, la fiche des principaux caractères
descriptifs a été remplie. Cette fiche a été élaborée conformément aux normes standardisées de l‘PIGRI, prévues
par la FAO en collaboration avec l‘OIV. Une caractérisation moléculaire sur base des marqueurs microsatellites
a été appliquée à cette gamme pour analyser sa diversité génétique.
2. Matériel et méthodes
2.1. Matériel végétal
L‘étude a porté sur dix variétés de vignes locales cultivées originaires de l‘île de Djerba : Hamri, Asli, Médina,
Arricha, Chaouch, Sakasli, Bézoul el khadem, Kohli, Tounsi, M‘guargueb. Ces variétés sont installées dans le
germoplasme de vignes de l‘INART situé à la station expérimentale du Mornag.
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Notation du 1 2 3 4 5 6 7 8 9
caractère
Signification Absent très faible faible Faible à Moyen Moyen Fort Fort à Très
ou très à faible moyen à fort très fort fort
faible
L‘étude a concerné dix variétés de vignes représentatives des vignes locales de Djerba avec 34 descripteurs
ampélographiques (Tableau 1).
Il importe de signaler que les mensurations portent sur un échantillon représentatif prélevé dans une zone précise
du plant à une époque bien définie de son cycle de développement.
une concentration de 10ng//µl. Neuf loci de marqueurs microsatellites nucléaires précédemment caractérisés, ont
été appliqués : VVS2 (Thomas et Scott, 1993) ; VVMD5 et VVMD7 (Bowers et al., 1996) caractérisés chez
Vitis vinifera; et ssrVrZAG21, ssrVrZAG47, ssrVrZAG62, ssrVrZAG64, ssrVrZAG79 et ssrVrZAG83, à
l‘origine identifiés chez Vitis riparia (Sefc et al., 1999). Les réactions PCR ont été réalisées dans un volume final
de 20µl. Les polymorphismes des marqueurs microsatellites ont été détectés radioactivement selon les conditions
du protocole décrit par Arroyo-Garcìa et al. (2002). L‘amplification PCR a été faite dans un thermocycler Perkin
Elmer 9600 (PE Applied Biosystems, Foster City, Calif.). Les réactions d‘amplification ont été programmées
avec 15 cycles comme suit : 94°C pendant 30s, 30s à la température d‘hybridation (Tm) convenue selon
l‘amorce, qui a été réduite par 0,2°C chaque cycle, et 72°C pendant 45s. Ce programme a été suivi de 20 cycles
identiques (94°C pendant 30s, (Tm-3)°C pendant 30s, 72°C pendant 45s), puis maintenu à 72°C pendant 5 min.
Une fois les PCR finies, les échantillons ont été dénaturés en ajoutant un volume égal de solution de formamide
(98% formamide; 10mM EDTA pH 8.0; 0,05% bleu de bromophénol, et 0,05% xylène cyanol) et chauffés à
94°C pendant 3 min. Trois microlitres de chaque échantillon ont été chargés sur un gel 6% (w/v) d‘acrylamide-
bisacrylamide (19 :1). L‘électrophorèse s‘est déroulée à 90W. Ensuite les gels ont été séchés sur du papier
Whattmn et exposés aux films X-rays. Chaque échantillon a été analysé au moins deux fois pour être sure de la
reproductibilité des génotypes identifiés. La lecture des gels a été faite visuellement.
3. Résultats et discussion
3.1. Ampélographie des variétés :
Les notations ampélographiques relatives à chacune des variétés sont groupées dans le tableau suivant (Tableau
2).
4 7 1 1 1 1 6 6 6 6 7 7 8 8 8 8 8 8 8 1 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2
Caract 1 2 1 2 6 7 5 6 7 8 6 9 0 2 3 4 5 6 7 5 0 0 2 2 2 2 2 2 2 3 3 3
ère 1 3 4 0 2 3 5 6 8 9 0 1 4
OIV
3 2 1 1 1 7 5 3 3 4 3 2 2 3 1 1 1 3 1 3 7 9 5 1 4 2 2 5 1 1 1 3
Variété 7 3
Arricha
Asli 7 2 1 3 1 1 3 3 2 3 3 4 2 3 1 5 7 5 7 3 5 5 3 1 6 1 2 5 1 1 1 2
7 1
Chaouc 9 2 1 1 1 7 7 5 3 4 4 5 2 3 1 7 7 5 3 5 3 5 7 2 3 1 2 3 1 1 1 2
h 7 1
El 1 2 1 1 1 5 5 3 3 4 3 2 2 2 1 1 1 1 1 3 3 5 7 2 6 5 2 9 1 1 1 3
Kohli 7 3
Hamri 1 2 1 1 1 3 5 5 2 3 2 5 1 3 1 1 1 1 1 3 5 5 5 2 4 2 2 5 1 1 1 2
7 3
Bazzoul 1 1 1 1 1 7 5 5 3 4 3 3 2 2 1 1 1 1 1 3 5 7 7 1 5 5 2 7 1 1 1 2
el 7 3
Khade
m
Médina 3 2 3 1 1 3 5 3 3 4 3 3 2 3 1 1 1 5 3 3 9 7 5 2 3 2 2 5 1 1 1 1
7 3
M'guar 5 2 1 1 1 1 5 1 3 2 2 3 1 2 1 3 1 3 1 5 5 5 7 1 2 1 1 5 2 1 1 2
gueb 7 3
Sakasli 5 3 1 3 1 7 5 3 3 3 3 6 2 3 1 1 7 1 7 5 5 7 5 1 6 3 1 5 1 1 1 3
7 3
Tounsi 1 1 1 1 1 1 5 3 3 3 2 3 1 3 1 1 1 1 1 3 9 5 3 2 3 1 2 5 1 1 1 1
7 3
Tableau 2. Notations ampélographiques des dix variétés de vigne de Djerba selon le code OIV.
Cette présentation ampélographique classique reste le moyen original le plus utilisé pour la reconnaissance des
variétés depuis VIALA et VERMOREL (1910) jusqu‘à nos jours. Les notations précisées reflètent l‘adaptation
des descripteurs OIV à la gamme étudiée. Il s‘agit de notations des principales caractéristiques de chaque
variété. Ces notations codées permettent de prévoir une exploitation par voie informatique. Les résultats de la
description ampélographique ont été complétés par les informations obtenues suite au marquage moléculaire.
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Group
e1
Group
e2
Group
e3
Les résultats ont permis la discrimination des écotypes de vignes autochtones étudiés, en identifiant trois groupes
distincts avec l‘apparition de trois doublets correspondant à des synonymes. Les génotypes obtenus pour les neuf
loci ont permis la distinction de sept génotypes uniques (multilocus) parmi les dix variétés analysées. En effet,
des similarités génétiques élevées ont été remarquées et l‘analyse a montré trois doublets de synonymes : Bézoul
el khadem/ Hamri, Kohli/ Sakasli, et Arricha/Médina. Ce résultat a été confirmé par les analyses
ampélographiques qui ont précédemment montré l‘existence de cultivars synonymes au sein de certains groupes
de vignes autochtones analysés (Harbi Ben Slimane, 2001).
Le dendrogramme de la figure 1 montre des liens très forts entrent les variétés identifiées comme synonymes,
puisque en ré échantillonnage ces variétés se trouvent rassemblées comme suit dans 100% des cas (Bootstrap=
100%).
4. Conclusion
L‘ampélographie étant le moyen qui doit être utilisé en premier lieu pour la présentation d‘une variété avant de
passer à des études plus fines. La distinction variétale a permis la précision de certaines caractéristiques qui
seules ou combinées favorisent la distinction des cépages. De plus, ces informations restent à la base de
l‘exploitation de ces variétés dans les programmes d‘hybridation visant la création de variétés à caractéristiques
recherchées. Ces observations bien que macroscopiques sont intéressantes pour un complément d‘informations
pour la caractérisation des variétés. Notre analyse moléculaire a permis de montrer que les marqueurs de type
microsatellites permettent de structurer la diversité des variétés de vignes de Djerba. Les similitudes génétiques
élevées qui ont été obtenues peuvent être expliquées par le choix de l‘aire géographique limitée de notre
prospection. Un plus large échantillonnage et une meilleure représentation du patrimoine de vignes autochtones
permettraient de conforter la mise en valeur de la diversité réellement présente dans cette région.
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Remerciements
Ce travail de recherche a été financé par le projet INIA-RF02-010-C3-1, l‘Institution de la Recherche et de
L‘Enseignement Supérieur agricoles (IRESA, Tunisie) et l‘Institut de la Recherche Agronomique de Tunisie
(INRAT). Le support technique de ces recherches a été réalisé au Centre National de Biotechnologie de Madrid
(Espagne) suivant un accord spécifique CSIC–INIA.
5. Références bibliographiques :
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Zapater, J.M. 2002. Chloroplasts microsatellite polymorphisms in Vitis species. Genome, 45: 1142–1149.
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polymorphic simple sequence repeat loci in grape (Vitis vinifera L.). Genome, 39: 628–633
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Harbi Ben Slimane, M. 2001. Ampélographie des vignes autochtones cultivées et spontanées de Tunisie. Volume
I. INRAT/IPGRI CWANA ISBN 92-9043-502-x.
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VIALA P., VERMOREL V., 1910. Ampélographie. Masson et Cie. (10 volumes).
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Résumé
En Tunisie, les régions pastorales sont endommagées d‘une érosion génétique sévère. Parmi les espèces fiables pour la protection et
l‘enrichissement des sols et dans la production pastorale, le genre Medicago constitue une ressource phytogénétique importante notamment
dans les régions arides et semi-arides. Pour revaloriser l'amélioration du genre Medicago, les espèces M. polymorpha, M. orbicularis et M.
minima ont été étudiées en utilisant les marqueurs microsatellites (SSR). Les résultats ont été exploités afin de caractériser ces espèces et
d‘estimer les rapports phylogénétiques entre elles. En utilisant des amorces appropriées, un grand nombre de marqueurs SSR polymorphes a
été révélé. Les résultats obtenus montrent une importante variabilité génétique existante chez M. polymorpha ce qui confirme des résultats
obtenus suite à des études antérieures basées sur des caractères morphologiques et enzymatiques. Notons que l'étendue de son aire de culture,
est à l‘origine d‘une importante variabilité génétique des Medicago adaptées aux différents milieux de culture dans tous les étages
bioclimatiques, allant de l'humide au saharien.
Mots clés : Légumineuses, Medicago, microsatellites (SSR), relations phylogéniques
Abstract
In Tunisia, the pastoral regions are damaged by severe genetic erosion. Among crops that are reliable to be exploited for protection and
enrichment of soil or for pastoral production, the genus Medicago constitutes an important phytogenetic resource in particular in the dry and
semi-arid regions. To revalue the improvement of the genus Medicago, the species M. polymorpha, M. orbicularis and M. minima were
studied by using the microsatellite markers ( SSR). The results were exploited to characterize these species and consider phylogenic relations
between them. By using appropriate primers, a large number of markers polymorphic SSR was revealed. The obtained results show an
important existing genetic variability at Mr. polymorpha what confirms results obtained further to previous studies based on morphological,
enzymatic characters. Taking into account to the area extension of culture, is at the origin of an important genetic variability of Medicago
adapted to the various soil in all the bioclimatic floors, going to the humid at the arid.
Key words: Genetic polymorphism, Medicago, microsatelites (SSR), phylogeny
1. Introduction
En Tunisie, les espèces du genre Medicago peuvent valoriser les parcours dégradés, par l‘enrichissement et
l‘amélioration des qualités des sols étant donné qu‘elles sont fixatrices d‘azote. Le complexe des Medicago
comprend des espèces pérennes et annuelles qui peuvent fournir un appoint intéressant en ressources fourragères.
L'étendue de son aire de culture, est à l‘origine d‘une importante variabilité génétique des Medicago pérennes
adaptées aux différents milieux de culture dans tous les étages bioclimatiques: de l'humide au saharien. Ainsi les
espèces ubiquistes M. truncatula et M. polymorpha sont présentes dans tous les étages bioclimatiques; les
espèces M .ciliaris, M. intertexta, M. orbicularis et M. murex, s'étendent de l'étage humide au semi-aride, tandis
que M. laciniata et M. minima occupent les étages allant du semi-aride au saharien. Les espèces annuelles du
genre Medicago sont réputées autogames. L‘étude de la biologie de la fleur révèle que certaines espèces sont
cléistogames et donc strictement autogames, alors que d‘autres espèces nécessitent le déclenchement de la fleur
et peuvent accepter, sous certaines conditions, une allogamie résiduelle.
Dans le but d‘améliorer ces espèces pour leur utilisation comme plante de pâturage en Tunisie et
particulièrement dans les zones arides et semi-arides, l‘étude des relations phylogénétiques des espèces
Medicago semble nécessaire. Pour ce faire, nous avons utilisé des marqueurs génétiques moléculaires
microsatellites (SSR) (Gupta et Varshney, 2000). Ces marqueurs ont déjà été exploités et cartographiés chez
l‘espèce modèle des Légumineuses M. truncatula (Jeong-Hwan et al., 2006). La caractérisation moléculaire et
l‘étude de la phylogénie de ces espèces permettraient éventuellement d‘introduire certaines d‘entre elles dans des
programmes d‘amélioration génétique visant la valorisation de ces espèces surtout dans les régions arides et semi
arides.
2. Matériel et Méthodes
Dans cette étude, nous avons considéré trois espèces Medicago notamment M. polymorpha, M. orbicularis et M.
minima. Cette étude a porté sur 10 individus de chacune de ces espèces. L‘ADN a été extrait à partir de
germinations en utilisant le kit Quiagen. L‘étude phylogénique a été abordée sur la base des marqueurs
moléculaires en utilisant 3 loci microsatellites: MTIC12, MTIC354 et MTIC318 (Tableau 1).
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Tableau 1 : Tableau d‘identification des amorces SSRs de Medicago truncatula (Huguet T.)
Amorces microsatellite Taille
Nomenclature Motif répété (pb)
MTIC12 (AAC)6 105
MTIC354 (TGG)7 250
MTIC318 (TTGT) 300
Les amplimères sont visualisés sur un gel de polyacrylamide à 10%. L‘ensemble des allèles générés a servi pour
élaborer une matrice de données soumise à des analyses statistiques réalisées à l‘aide du logiciel Power Marker
v3.23 (Liu & Muse, 2005). Différents paramètres ont été calculés à l‘aide du logiciel GENETIX d‘une part afin
d‘établir la diversité génétique aussi bien au niveau intra- qu‘interspécifique et d‘autre part dans le cadre de la
révélation de la puissance de ces marqueurs microsatellites (Belkhir et al., 2000).
3. Résultats
Au cours de l‘analyse de la diversité génétique des espèces du genre Medicago par les marqueurs microsatellites,
trois couples d‘amorces spécifiques de Medicago truncatula, l‘espèce modèle des Légumineuses, ont été mis à
profit. En raison de la non-spécificité des amorces, plusieurs mises au point ont été réalisées. En effet, différentes
températures d‘hybridation des amorces ont été testées pour chacun des loci utilisés. L‘utilisation des amorces
non spécifiques a permis d‘obtenir des amplifiats de taille différente de celle attendue. La visualisation des
allèles est réalisée sur un gel d‘agarose 1,5%. Les amplimères sont bien individualisés sur un gel de
polyacrylamide natif à 10%. La figure 1 (a, b) illustre des exemples de profils d‘amplification relatifs au locus
MTIC12.
L 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 L 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1112 L L
(a) (b)
Figure 1 : Profils d‘amplification sur gel de polyacrylamide de M. polymorpha (a) et M. minima (b) grâce au
locus MTIC12 (L : Ladder 100pb; 1 à 12 : individus)
Les fréquences alléliques ont été estimées pour chaque locus exploré chez l‘ensemble des espèces étudiées. Le
nombre d‘allèles et de génotypes obtenus est considérable ce qui pourrait s‘expliquer par le fait que les espèces
analysées soient toutes spontanées. L‘importance du nombre des allèles relate également de la puissance des
marqueurs microsatellites dans le polymorphisme des trois espèces étudiées. La valeur du PIC permet de
mesurer le niveau de polymorphisme de chaque marqueur. Les valeurs élevées du PIC calculées témoignent de
l‘efficacité et de la puissance des 3 loci SSR utilisés pour l‘étude des relations phylogéniques chez les trois
espèces étudiées de Medicago. L‘hétérozygotie attendue et le taux des hétérozygotes obtenus sont estimés selon
les paramètres de Nei (1978) dans les conditions de l‘équilibre panmictique de Hardy-Weinberg. Les paramètres
de subdivision de Wright correspondent au Fis, Fit et Fst (Weir & Cockerham,1984 ; Wright,1969). Le Fit
permet d‘estimer la différenciation de l‘ensemble des espèces, Fis calcule la différenciation intraspécifique et le
Fst mesure la différenciation inter-spécifiques. Ces paramètres mettent en évidence une importante diversité au
niveau intra-population au sein d‘une espèce qui est révélatrice d‘un important pool génique chez les espèces
méditerranéennes du genre Medicago.
4. Conclusions
Suite à de nombreuses campagnes de prospections effectuées autour du pourtour méditerranéen, des programmes
d‘évaluation et de conservation des phytoressources ont été mis à jour. Medicago, légumineuse très répandue
dans le bassin méditerranéen a fait l‘objet de plusieurs études par différents paramètres morphologies et des
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outils enzymatiques. Au cours de cette étude, la diversité génétique chez les trois espèces de Medicago a été
analysée en utilisant les marqueurs moléculaires microsatellites, générant un nombre important d‘allèles et de
génotypes ce qui témoigne du polymorphisme de ces marqueurs ainsi que de leur efficacité dans la distinction de
tous les individus. De ce fait, les microsatellites restent des marqueurs de choix dans l‘étude de la phylogénie
ainsi que dans l‘amélioration génétique et par conséquent un outil fiable pour conduire des travaux de sélection
variétale assistée (SAM). Sur le plan inter-spécifique, l‘analyse a montré une variabilité moléculaire considérable
chez les trois espèces révélant un important potentiel génétique permettant ainsi une meilleure exploitation
agronomique de ces phytoressources. L‘ensemble des résultats obtenus, révélant un taux élevé de variabilité
génétique chez les Medics serait d‘un intérêt important pour les ressources fourragères générant des opportunités
pour une meilleure exploitation de ces dernières et également pour la production fourragère et pour la
valorisation des parcours dégradés.
Remerciements
Nos remerciements s‘adressent au Ministère de l‘Enseignement Supérieur (Direction Générale de la Recherche
Scientifique et Technique), au Ministère de la Recherche Scientifique et de la
Technologie. Ce travail a été réalisé à l‘aide des amorces microsatellites aimablement fournies par Huguet T.
(INRA, Toulouse)
5. Références
Belkhir K., Goudet J., Chikhi L. 2000. Genetix (Ver. 4.01). Logiciel sous windowsTM pour la génétique des
populations. Laboratoire Génome et Population. Université Montpellier II, Montpellier, France
Gupta P.K., Varshney R.K. 2000. The development and the use of microsatellites markers for genetic analysis
and plant breeding with emphasis on bread wheat: Euphytica, 113,163-185
Jeong-Hwan M., Dong-Jin K., Hong-Kyu C., John G., Frédéric D., Joanne M., Roxanne D., Gabriella E., Oliver
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Nei M. 1978. Estimation of average heterozygoty and genetic distance from a small number of individuals:
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Wright S. 1969. Evolution of the genetics of populations. The theory of gene frequencies Chicago, University of
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Résumé
Sulla carnosa, appartenant à la famille des Légumineuses, est une espèce allogame cantonnée dans les régions méridionales des pays du
pourtour méditerranéen. Cette dernière, présente des intérêts tant sur le plan agronomique, économique que fondamental. De plus, en
occupant le centre et le sud de la Tunisie, l‘espèce semble présenter des aptitudes de tolérance à l‘aridité voire même à la salinité.
Néanmoins, S. carnosa est menacée par une érosion génétique d‘où la nécessité de sa valorisation et de sa préservation. Dans ce cadre,
l‘étude de la diversité génétique via les marqueurs moléculaires co-dominants qui sont les microsatellites ou SSRs (Simple Sequence
Repeats) a été réalisée chez S. carnosa en comparaison avec deux espèces de Sulla: une nordique à allogamie préférentielle S. capitata, et
l‘autre S. spinosissima préférentiellement autogame originaire du centre et du sud du pays. Pour ce faire, 3 couples d‘amorces spécifiques à
l‘espèce modèle des Légumineuses, Medicago truncatula, ont été exploitées. Un taux important de polymorphisme est généré suite à cette
analyse moléculaire qui semble lié au régime de reproduction allogame de l‘espèce S. carnosa. Des analyses de corrélations permettraient de
mettre en évidence certains marqueurs moléculaires SSRs liés à la tolérance à la sècheresse.
Mots clés : Sulla carnosa, diversité génétique, transférabilité, SSR, aridité
Abstract
The Mediterranean flora is threatened by genetic erosion indicating a partial or a total extinction of some species as well as forage plants.
The Hedysarum genus suffered a new classification in 2003 which concerned the Mediterranean species and has led to the distinction of a
new genus Sulla. This genus is represented by six species: S. capitata, S. carnosa, S. coronaria, S. flexuosa, S. pallida and S. spinosissima.
To keep these important resources, the study of the genetic diversity among these 6 species is exploited by the molecular markers SSRs or
microsatellites which are considered as the first choice markers. To this end, several primers specific to Medicago truncatula, the model
legume species were used. The transferability of these primers on Sulla has proved efficient and gave a major polymorphism.
Keywords: Sulla, legume, gentic diversity, transferability, SSR, aridity
1. Introduction
Le genre Hedysarum appartient à la tribu des Hedysarae, famille des Légumineuses. Cette large famille de
dicotylédones occupe une importance agronomique en contribuant même à l'alimentation animale (Jeong-Hwan
et al. 2006). Ces espèces ont une valeur nutritive proche de la Luzerne (Trifi-Farah 2002). Ce genre est assez
large du point de vue de la répartition géographique et climatique et comporte plus d'une centaine d'espèces. Ces
espèces appartiennent à deux groupes différents se distinguant par la répartition géographique et le nombre de
chromosomique de base:
-Le groupe des espèces Alpines, Asiatiques et Arctiques avec n=7
-Le groupe des espèces méditerranéennes avec n= 8 et qui comporte dix espèces présentant des caractéristiques
communes et/ou spécifiques.
En 2003, Choi et Ohashi ont distingué parmi les espèces du groupe méditerranéen de Hedysarum, six constituant
dès lors un nouveau genre Sulla, ceci en se basant strictement sur des critères morphologiques (Basiner 1845,
Fedtschenko 1902, Hutchinson 1964, Polhill 1981, Choi et Ohashi 2003).: S. capitata, S. carnosa, S. coronaria,
S. flexuosa, S. pallida et S. spinosissima
Ces six espèces sont largement répandues dans les pays méditerranéens notamment en Tunisie où elles occupent
une vaste aire de répartition allant du Nord du pays pour les espèces S. capitata et S. coronaria, en passant par le
centre pour S. spinosissima. S. carnosa occupe quant à elle les régions méridionales. Cette distribution régionale
et climatique entraîne des tolérances de certaines espèces à l‘aridité et à la sécheresse. La tolérance à l‘aridité de
l‘espèce méridionale S. carnosa est un caractère spécifique de cette espèce annuelle, diploïde (2n=16) et à
régime de reproduction préférentiellement allogame. Sulla carnosa présente de grandes qualités agronomiques
qui seraient d'un apport important pour les programmes d'amélioration dans le but d'obtenir des cultivars
performants et résistants à la sécheresse et à la salinité dans les milieux arides. La comparaison de cette espèce a
été réalisée avec l‘espèce du Nord S. capitata, qui est largement broutée témoignant de sa bonne valeur
fourragère (Trifi-Farah 2002). C‘est une espèce annuelle, diploïde à 2n=16 et préférentiellement allogame
(Baatout et al. 1990). Elle pousse dans des régions à climat semi-tempéré, sur un sol à texture sableuse formant
des tapis très florifères (Trifi-Farah et al. 2002). La comparaison a été aussi effectuée avec l‘espèce centrale du
genre qui est S. spinosissima, espèce diploïde à 2n=16. Son régime de reproduction est préférentiellement
autogame (Baatout et al. 1990). Elle pousse spontanément sous un climat aride, sur des sols à texture sableuse.
Elle occupe une large aire de distribution géographique témoignant d'un pouvoir adaptatif important, notamment
dans les régions arides caractérisées par un déficit fourrager important, un risque considérable d'érosion du sol
(Baatout et al. 1990). Dans ce cadre, une analyse moléculaire a été abordée via les marqueurs co-dominants,
microsatellites ou SSRs qui sont largement distribués tout le long du génome des eucaryotes (Tautz et Renz
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1984, Toth et al. 2000). Pour ce faire, 3 paires d‘amorces spécifiques à Medicago truncatula, l‘espèce modèle
des légumineuses, sont testées. La transférabilité des amorces sur des espèces proches est testée chez les deux
espèces Fabacées Sulla et Medicago.
2. Matériel et Méthodes:
Au cours de ce travail, nous nous sommes intéressés aux 3 espèces S. carnosa , S. capitata et S. spinosissima.
Pour cela, 10 graines par espèce ont été mises en germination sur des boites de Pétri. Le pouvoir germinatif et la
vitesse de germination varient d‘une espèce à une autre (Bourguiba et al., 2008).
L‘extraction de l‘ADN génomique total a été réalisée sur ces germinations selon le protocole fourni avec le kit
PureLink Plant, Total DNA purification Kit. Invitrogen France. Par la suite, des amplifications par PCR
(Polymérase Chain Reaction) ont été réalisées dans un volume réactionnel de 25µl contenant de 25 à 30 ng
d'ADN, 2,5 µl de tampon MgCl2 free (×10), 2,5 mM de MgCl2 (50mM), 20 mM de dNTP, 1 unité de Taq
polymérase et 50 ng de chacune des amorces.
Tableau: Identification des amorces SSRs de Medicago truncatula (Huguet T.)
L‘utilisation des amorces non spécifiques, a permis d'obtenir des amplifiats de même taille pour l‘amorce
MTIC354 alors que des tailles différentes de celles attendues sont observées pour les morces MTIC318 et
MTIC160. La visualisation de ces allèles est réalisée sur un gel d'agarose 1,5 %. Pour une meilleure résolution
des allèles, ces mêmes produits sont séparés sur un gel d‘Acrylamide à 10%. L‘ensemble des allèles a servi pour
élaborer une matrice de données qui est soumise à des analyses statistiques appropriées permettant de calculer la
fréquence de chaque allèle et chaque génotype, l‘hétérozygotie, les taux de polymorphisme, la diversité
génétique, les distances génétiques, et d‘établir les relations phylogénétiques. Les analyses statistiques ont été
réalisées à l‘aide du logiciel GENETIX (Belkhir et al., 2000).
3. Résultats
Au total 38 allèles ont été générés par l‘exploration des 3 locus microsatellites. L‘allèle 320 du locus MTIC354
dont la fréquence est de 0,7 se révèle le plus fréquent. Il existe par ailleurs des allèles spécifiques qui ont une
importance dans la caractérisation moléculaire des espèces.
Les allèles 235, 242, 285 du locus MTIC 354, 315 et 338 du locus MTIC 318 et 228, 245 et 265 du locus
MTIC138 sont des allèles spécifiques à S. carnosa. La présence de ces allèles spécifiques à cette espèce
méridionale serait éventuellement liée à la tolérance de cette espèce aux conditions extrêmes d‘aridité et de
sécheresse. L‘analyse de la diversité génétique chez ces 3 espèces du genre Sulla, nous montre un déficit en
hétérozygotes. En effet, les valeurs de l‘Hétérozygotie attendue (0,7) sont nettement supérieures à celles
observées (0,187). Ce déficit en hétérozygotes serait dû à des pressions de sélection et/ou au régime de
reproduction.
L‘analyse des paramètres de Wright (1969) qui mesure la différenciation inter-spécifique montre que les deux
espèces S. capitata et S. spinosissima sont les plus distinctes. Ces résultats concordent avec les distances
génétiques (Cavalli-Sforza et Edwards 1964) (Tableau 1). Les différences entre les aires de distribution de ces
espèces ainsi que leur régime de reproduction expliqueraient cette divergence moléculaire.
Ces résultats moléculaires confirment également la nouvelle nomenclature de Choi and Ohashi (2003)
discriminant Hedysarum spinosissimum ssp capitatum et ssp. Euspinosissimum en deux espèces distinctes S.
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capitata et S. spinosissima. Des résultats similaires ont été également rapportés sur la base de la comparaison des
séquences des espaceurs intergéniques (ITS) et ISSR (Chennaoui et al., 2007 ; Chennaoui-Kourda et al., 2007).
La corrélation entre les marqueurs moléculaires générés SSR en relation avec l‘adaptabilité à la sécheresse de S.
carnosa, est entreprise pour mettre en évidence des marqueurs liés à la tolérance à l‘aridité.
4. Références
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Résumé
La diversité génétique des orges locales issues de cinq régions géographiques (Nord-Ouest, Littoral, Sud, Jerba et Kerkenah) a été évaluée en
utilisant 28 marqueurs microsatellites (SSR). Ces 28 loci ont révélé un total de 98 allèles avec une moyenne de 3.76 allèles par locus.
L‘analyse moléculaire de la variance (AMOVA) a montré une très large variabilité intra région (~95 %) ainsi que l‘absence d‘une
différentiation géographique à l‘exception d‘une faible différentiation de la population du Nord-Ouest. L‘adaptation de ce germoplasme local
au stress hydrique a été investiguée en évaluant la variabilité des paramètres agrophysiologiques en chambre de culture sous conditions
irrigué et de stress hydrique. L‘analyse de la variance a montré que l‘effet génotype et l‘effet du stress hydrique sont hautement significatifs
(P<0.001) pour tous les paramètres étudiés, indiquant une large variabilité entre les génotypes. L‘analyse en composante principale (ACP) a
départagé les génotypes en deux principaux groupes. La diversité de la réponse au stress hydrique du germoplasme local suggère que
l‘amélioration de l‘orge doit être réalisée de manière ciblée en fonction des régions climatiques. Les données du polymorphisme moléculaire
et de la variabilité agrophysiologique ont été exploitées pour une analyse d‘association marqueur/phénotype par analyse de régression
multiple. La majorité des marqueurs associés sont spécifiques aux conditions de traitement dont les marqueurs ABI5, HVSPIA, HVLEU,
HVM64 et HVM65 qui sont spécifiques au stress hydrique. Ces marqueurs une fois validés peuvent constituer des candidats potentiels pour
la sélection assistée dans le but d‘introgresser les caractères contrôlant au mieux l‘état hydrique. Parmi les marqueurs de tolérance identifiés
certains se localisent dans des QTLs de tolérance décris dans la littérature.
Mots clés : Orge, microsatellites, diversité génétique, tolérance au stress hydrique, association marqueur/phénotype.
Abstract
To assess the genetic diversity among Tunisian local barley, a set of barley accessions representing five distinct geographical regions (North-
West, Littoral, South, Jerba and Kerkenah Islands) was characterized with 28 Simple Sequence Repeats (SSR) markers. The 28 loci revealed
a total of 98 alleles, with an average of 3.76 alleles per locus. Partitioning analysis of genetic diversity showed that about 95% of the total
variation was within regions and no geographical differentiation could be found except for the North-West population. The adaptation to
dried conditions was assessed by studying the variation for water status and agronomic parameters under different water treatments in growth
chamber. Statistics analysis of variance showed a highly significant effect of treatment and genotype (P<0.001) for all parameters, indicating
a wide range of variation regarding these parameters. Under water stress treatment, principal component analysis (PCA) subdivided the
genotypes into two main groups. Diversity of Tunisian germplasm response to water stress suggests that breeding could be directed
according the different climatic regions. DNA polymorphism and agrophysiological data obtained were exploited for marker/trait
associations using multiple regressions. Most of the markers associated were specific for a given treatment and the markers ABI5, HVSPIA,
HVLEU, HVM64 and HVM65 were specific to drought stress. After validation, those markers could be used in marker-assisted selection for
improving physiological tolerance of barley in dehydrated condition. Among the identified markers some were localised within QTLs for
drought tolerance described in the literature.
1. Introduction
Le secteur céréalier joue un rôle socio-économique important à l‘échelle mondiale, la balance
importations/exportations céréalières pose le problème très important de la sécurité alimentaire. L‘orge est la
quatrième céréale dans le monde et la deuxième en Tunisie, elle occupe des superficies de l‘ordre de 500 milles
hectares, ce qui correspond au tiers des superficies consacrées aux céréales (DGPA, 2006). Elle est utilisée à
environ 85% pour la consommation animale et 10 à 15% pour l‘alimentation humaine (El Felah et Medimagh,
2005). La culture de l‘orge est considérée comme une partie intégrante des systèmes de production des zones
arides et semi-arides dans lesquels elle se présente comme étant la culture d‘appoint par excellence d‘autant plus
qu‘elle permet la valorisation des sols les moins favorables (Bel Kefi, 2004).
En Tunisie, le climat est caractérisé par l‘irrégularité de la pluviosité dans le temps et dans l‘espace ainsi que par
une tendance vers plus d‘aridité et donc un impact accru des sécheresses (Slama et al., 2005). Ceci explique en
grande partie les fluctuations des rendements de l‘orge qui ont variés pour la période 2000-2006 entre 2.2 et 15
qx/ha avec une moyenne de l‘ordre de 8 qx/ha, largement inférieure à la moyenne mondiale qui est de 24 qx/ha
(DGPA, 2006 ; FAOSTAT, 2008). Face à cette situation, la création de variétés adaptées aux conditions
marginales des zones défavorisées où le stress hydrique combiné au stress thermique et à d‘autres conditions
adverses de culture entrave l‘augmentation de la production nationale, s‘impose. Dans ce sens, l‘évaluation et la
caractérisation des ressources génétiques, particulièrement les orges locales ou « landraces », qui montrent une
large adaptabilité aux conditions difficiles de ces zones et qui sont selon plusieurs auteurs une source pour la
découverte des caractères d‘intérêt agronomique, constitue un élément clef pour la résolution de cette
problématique. La conservation et l‘utilisation des ces ressources génétiques sont essentielles pour la stabilité et
l‘amélioration de la production, le développement durable et la lutte contre la pauvreté. Toutefois, une efficiente
utilisation de ces ressources nécessite des préalables connaissances sur leur niveau de diversité génétique et les
forces évolutives qui contribuent à cette diversité.
En Tunisie, une évaluation morphologique et biochimique au sein d‘une collection composée de 423 accessions
d‘orge locale a révélé une très grande variabilité morphologique et biochimique inter et intra sites (El Faleh,
1998 ; El Faleh et Makni, 2000). Néanmoins, ces types de marqueurs sont largement affectés par
l‘environnement et/ou stades de développement. Les marqueurs moléculaires, et particulièrement les
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microsatellites ont l‘avantage d‘avoir un haut niveau de polymorphisme. Les informations du niveau de diversité
et relations entre les génotypes en utilisant ces marqueurs sont nécessaires pour une efficiente conservation et
utilisation du germoplasme de l‘orge.
Par ailleurs l‘adaptation de ces ressources à la sécheresse apparaît comme le résultat de nombreuses
modifications phénologiques, morphologiques, physiologiques et biochimiques qui interagissent et reflètent
différents types d‘adaptation. Dans des conditions de sécheresse les améliorateurs cherchent généralement des
génotypes qui ont un rendement potentiel élevé et des caractéristiques phénologiques et physiologiques qui
favorisent la tolérance au stress (Blum et al., 1983; Acevedo, 1991; Annicchiarico et Pecetti, 1995). Pour cette
raison l‘évaluation de la tolérance au sein de ces ressources et le choix des génotypes tolérants, constituent des
étapes primordiales dans les programmes d‘amélioration pour la tolérance au stress hydrique.
Toutefois la sélection des génotypes sur la seule base des caractères phénotypiques peut ne pas toujours donner
les résultats escomptés parce que ces caractères sont fortement influencés par les conditions environnementales
d‘autant plus que leur évaluation est longue et laborieuse. La combinaison de ces critères avec des marqueurs
moléculaires et des locus à caractère quantitatif (QTL) liés à ces caractéristiques pour assister l‘amélioration
génétique devient aujourd‘hui une priorité dans la sélection et la création de variétés tolérantes à la sécheresse.
L'identification de marqueurs associés aux phénotypes d‘intérêt dans un groupe de génotypes par l‘étude de
l‘association entre le marqueur et le caractère offre un moyen alternatif. Ces associations marqueurs/phénotypes
sont généralement mises en évidence par analyse de la variance et/ou analyse de régression. Les résultats de ces
études permettent l‘identification de certains marqueurs qui peuvent être utilisés comme outil de sélection rapide
et fiable.
Dans ce cadre le présent travail vise à étudier ; i) la diversité génétique au sein d‘un ensemble de 120 accessions
d‘orges locales, collecté de cinq différentes régions de la Tunisie en utilisant des marqueurs SSR, en vue de
déterminer le niveau de diversité et la structure des populations, ii) la variabilité phénotypique pour des
caractères agromorphologiques et physiologiques sur un ensemble de 40 accessions et 4 variétés améliorées,
sous stress hydrique et sous condition optimale d‘irrigation en chambre de culture, iii) Les associations
marqueur/phénotype en testant les relations entre les marqueurs moléculaires utilisés et la variation des
caractères phénotypique étudiés par analyse de régression simple et multiple.
2. Matériel et Méthodes
2.1. Diversité génétique et structure de population
2.1.2. Matériel végétal
Le matériel génétique utilisé consiste à 120 génotypes d‘orge locale à 6 rangs collectés à partir des régions du
Nord-Ouest, Littoral, Sud et les îles de Kerkenah et Jerba. Les régions Sud, Littoral et Kerkenah sont
représentées chacune par 30 génotypes, tandis que le Nord-Ouest et l‘île de Jerba sont représentées
respectivement par 14 et 16 génotypes.
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sable. Deux traitements ont été réalisés durant cet essai : le traitement irrigué (I) et le traitement stressé (S). Un
dispositif complètement aléatoire à deux répétitions par traitement hydrique a été adopté.
3. Résultats
3.1. Diversité génétique et structure de population
Sur les 28 marqueurs SSR utilisés 98 allèles ont été détectés, allant de 2 à 10 par marqueur et une moyenne de
3.76 allèles par locus. La diversité génique a varié de 0.09 (HVCMA- 7H) à 0.84 (HVM74- 6H) avec une valeur
moyenne de 0.50. Le nombre total d‘allèles a varié selon la région, allant de 77 pour l‘île de Jerba à 86 allèles
pour les accessions du littoral et 59 allèles (60.2%) sont partagés par toutes les régions. La plus faible diversité a
été observée dans la région du Nord-Ouest avec une diversité génique de 0.38, tandis que la plus grande diversité
a été au sein des accessions issues de l‘île de Kerkenah avec une diversité génique de 0.46 (Tableau 1).
Tableau 1: Nombre de génotypes, nombre total d‘allèles et diversité génique par région.
Regions Kerkenah Littoral Sud Jerba Nord-Ouest
Nombre de génotypes 30 30 30 16 14
Nombre d’allèles 83 86 81 77 78
Diversité génique 0.4615 0.4517 0.4531 0.4397 0.3875
Les résultats de l‘analyse de la variance moléculaire (AMOVA) ont montré qu‘un pourcentage très élevé
(95.27%) de la variabilité des loci SSR est attribuée à la variabilité intra population et seulement 4.73% de cette
variabilité a été entre les populations. Les valeurs de FST entre les paires de populations indiquent que la
population du Nord-Ouest est significativement différentiée (P<0.05) du reste des populations (Tableau 2).
étudiés. Des interactions significatives traitement x génotype ont été observées pour la plupart des variables (8/9)
indiquant que le comportement des génotypes varie en fonction du traitement (Tableau 3).
Tableau 3 : Analyse de la variance (carrées moyens) pour les différents paramètres étudiés.
Sources de variation
Traitement Génotypes Trait x Gén Erreur
ddl 1 43 43 87
LWP 2463*** 14,35*** 9.07*** 3.67
RWC 0, 106*** 0,011ns 0,006ns 0,008
CS 1104320*** 11302*** 12050*** 673,82
PE 1186*** 500*** 68** 35,74
PF 3701*** 371*** 46*** 8,42
HP 8515*** 262*** 82*** 25,36
NE 18,5*** 3,25*** 1,38* 0,95
NGE 5104,8*** 127,8*** 42,3** 24,36
BA 79230113*** 2961762*** 706509*** 198068
Les paramètres LWP, CS, PE NE, NGE et BA ont été utilisés en considérant leurs moyennes pour tous les
génotypes en conditions de stress (S) pour établir une analyse en composante principale (ACP). L‘ACP a montré
que les trois premiers axes expliquent 73,8% de la variation. L‘axe F1 expliqué par les paramètres PE, BA, et
NGE (tableau 4), oppose les variables PE et la BA à la variable du rendement NGE, tandis que l‘axe F2 sépare
les paramètres physiologiques (LWP et CS) du reste des variables. Vu que la variable NE est faiblement
représentée sur les axes 1 et 2 (12 et 18%, respectivement), celle-ci n‘est pas approprié pour la distinction entre
les génotypes. Par ailleurs les variables LWP et la CS sont mieux représentés sur l‘axe F3 où ils expliquent
respectivement 43 et 42% (Tableau 4). Ainsi le plan F1-F3 qui représente mieux la répartition des génotypes a
permis de distingué 4 groupes. Le premier (I) est composé des génotypes qui ont le nombre d‘épis et de grains
par épi le plus élevé, un faible potentiel hydrique (en valeur absolue) et une faible conductance stomatique
(figure 1). Le deuxième groupe (II) est composé des génotypes avec un NGE plus faible par rapport au groupe
(I) mais ont aussi un plus faible potentiel hydrique et une plus faible conductance stomatique. Ces deux premiers
groupes se caractérisent par une PE courte (précoce) et une biomasse aérienne faible et constitués de génotypes
issus de trois régions de Kerkenah, du Littorale et du Sud. Le 3 ième groupe (III) est caractérisé par des génotypes
tardifs et une biomasse aérienne élevée et des potentiels hydriques et conductances stomatiques plus élevés. Ce
groupe est exclusivement constitué des génotypes du nord-ouest. Le dernier groupe (groupe IV) se caractérise
par des génotypes ayant une biomasse aérienne moins élevée que celle du groupe (III) et sont moins tardifs mais
ils ont les mêmes caractéristique du point de vu potentiel hydrique et conductance stomatique. Les deux derniers
groupes sont caractérisés des génotypes possédant un faible nombre d‘épis et de grains par épis (Fig.1).
Tableau 4 : Contributions des variables en (%) dans chacune des composantes principales.
F1 F2 F3
LWP 0,25 37,24 43,68
CS 0,11 30,75 42,22
PE 36,53 0,42 0,00
NE 12,871 18,789 4,691
NGE 28,23 1,11 9,09
BA 22,00 11,67 0,30
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3 I
III
K19
2 LWPS
S2a NW6
S6
K23 NW7 NW12
F3 (15.17 %)
1 Rou L5J13
K1a S1a
L6 L23NESSo2 NW9
NW13 NW11
NW8 Man
L21 NW3
0
J2a K15 K6a EEPS
L27 BAS L3a
K7b Mar
-1 NW2
NGES S5 S4
Rih NW5
L10
K26 L8 L20 K24
L15 S12
K22 S11
-2 CSS
K13
-3
-4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7
II F1 (37.15 %) IV
Figure 1 : Projections des génotypes sur le plan F1-F3 issu de l‘analyse de la composante principale (ACP) des
paramètres utilisés. Les génotypes sont identifiés selon leurs provenances, NW : Nord-West, L : Littorale, K :
Kerkenah et S : Sud. Rih, Rou, Mar, et Man sont respectivement les variétés Rihane, Roho, Martin et Manal.
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Tableau 5: Corrélations des marqueurs (R2) avec les différents caractères étudiés sous les deux traitements
(stressé et irrigué) suite à l‘analyse de régression multiple Les probabilités de signifiance sont indiquées en
symbole : *P < 0.05, ** P < 0.01, *** P < 0.001.
Caractères Chr. Stressé (S) Chr. Irrigué (I)
Marqueur lié au QTL R2 Marqueur lié au QTL R2
LWP 5H ABI5 12* 7H HVM49 13**
2H HVCSG 17**
RWC 3H HVSIPIA 10* 2H HVM36 13**
4H HVM68 20**
CS 7H HVPRP1B 18** 7H EBmac603 18**
PE 6H HVM74 17** 7H HVM49 16**
3H HVSIPIA 12*
PF 6H HVM74 26** 7H HVM49 25**
2H HVM36 21***
4H HVM68 16***
PM 6H HVM74 33*** 6H HVM74 46***
7H HVM49 12* 7H HVM49 9*
NE 5H HVLEU 11* 7H HVM49 17*
5H MWG502 15**
- Dha 18**
NGE 4H HVM68 19** 7H Bmac273 26**
6H HVM31 9*
BA 2H HVM36 20** 6H HVM31 17**
7H HVM49 20** 7H HVM49 23**
6H HVM74 8** 4H Bmac181 7*
PH 7H HVM49 26** 5H HVM20 28***
6H HVM65 15**
4 HVM40
1 LW
17 HVM3 I S S P
6
44 HVM13 RW
3 45 HVM68 S S I C
4
CS
4 HVSIP1 S S
50 HVBKASI
2 A 2 PE
PF
PM
103 HVM5
4
118 HVM67 NE
HVM51
NG
E
BA
332 HVCS I
148 HVM5
G HP
4H
3H
1H 2H
Figure 2 : Carte schématique des QTLs identifiés pour les caractères étudiés et leur localisation sur les différents
chromosomes. Les carrés colorés indiquent les QTLs des différents caractères étudiés, les mentions S, I et C
signifient que le QTL est identifié pour le caractère en question respectivement en condition de stress, irriguée
ou commun aux deux conditions. Les barres colorées indiquent les QTLs déjà identifiés pour le même caractère
et dont les références sont : 1 Diab et al., 2004 ; 2 Chen et al., 2004 ; 3 Forster et al., 2004 ; 4 Hamam, 2004.
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MWG502
2.7 I
34.7 EBmac603 I
60 HVLEU S
6
66 HVM20 I 80 HVM74 S S C 75 Bmac273 S
5 69 ABI5
S 10
I C I
8
102
I I 140 HVM49
HVM31
C I
7 103 HVM65
I
9
167 HVPRP1B S
5H 7H
6H
Figure 2 (Suite) : Carte schématique des QTLs identifiés pour les caractères étudiés et leur localisation sur les
différents chromosomes. Les carrés colorés indiquent les QTLs des différents caractères étudiés, les mentions S,
I et C signifient que le QTL est identifié pour le caractère en question respectivement en condition de stress,
irriguée ou commun aux deux conditions. Les barres colorées indiquent les QTLs déjà identifiés pour le même
caractère et dont les références sont : 5 Tondelli et al., 2006 ; 6 Li, 2004 ; 7 Forster et al., 2004 ; 8 Pillen et al.,
2003 ; 9 Li et al., 2006 ; 10 Talame et al., 2004
4. Conclusion
L‘évaluation de la diversité génétique au sein des accessions locales d‘orge a montré que les orges tunisiennes
possèdent un niveau de diversité élevé, comparable à celui des orges du croissant fertile qui constitue un centre
d‘origine de l‘orge. L‘analyse de la variance moléculaire a montré qu‘une large proportion (95%) de la diversité
génétique est intra-régions et une faible différentiation génétique existe entre les accessions des différentes
régions Tunisiennes. Cette faible différentiation résulte probablement d‘un flux de gènes par échange de grains
qui réduit la mise en évidence d‘une adaptation allélique en fonction de l‘environnement. Ces résultats mettent
en évidence le rôle des pratiques des agricultures dans la différentiation génétique ainsi que la création et la
conservation in situ de la diversité génétique.
La caractérisation agrophysiologique en chambre de culture des génotypes en condition de stress hydrique a
montré qu‘il existe une grande variabilité génotypique concernant la capacité des plantes à maintenir leur état
hydrique. La majorité des génotypes du Sud, de Kerkenah et du Littorale ont manifesté des potentiels hydriques
plus faibles en valeur absolue et un rendement en grain plus élevé comparé aux génotypes du Nord-Ouest. La
présence d‘aptitudes chez les orges locales aux différentes régions climatiques du Nord et du Sud permet de
s‘orienter vers une amélioration génétique ciblée. Les génotypes du groupe I peuvent être utilisés dans des
programmes d‘amélioration de l‘orge pour la production en grains dans des zones marginales à condition
hydrique limitante. Par contre les génotypes du Nord-Ouest (groupe III) peuvent être utilisés si l‘objectif de la
culture est exclusivement la production de la biomasse végétative, mais dans des conditions hydriques
favorables.
Cette large variabilité observée pour les caractères agrophysiologiques combinée à la caractérisation moléculaire
nous a permis d‘identifier certaines régions génomiques impliquées dans cette variabilité agrophysiologique. En
effet, nous avons identifié des QTLs associés aux différents caractères étudiés. La majorité des QTLs identifiés
sont spécifiques aux conditions de stress hydrique tels que les QTLs associés aux marqueurs ABI5, HVSPIA,
HVLEU, HVM64 et HVM65. Des QTLs stables quelque soit le traitement, à caractère pléiotropique, impliqués
dans les caractères de floraison et de développement de la plante et associés aux marqueurs HVM49 et HVM74
ont été identifiés. Nos résultats ont montré également que certains marqueurs issus des gènes candidats tel que
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ABI5 et HVSIPIA sont associés aux caractères d‘adaptations à la sécheresse (état hydrique et ajustement
osmotique). La plupart des QTLs identifiés dans notre étude sont localisés dans des régions génomiques où des
QTLs pour les mêmes caractères ont été déjà rapportés dans la littérature
5. Références
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ملخص
َخصذر لطاع انهىس بىالَت طُذٌ بىسَذ انًزحبت انثاَُت بعذ انشَخىٌ و ًَثم يىرد رسق هاو.عزفج شدزة انهىس فٍ انبالد انخىَظُت يُذ انمذو زُث حسخم يكاَت هايت فٍ الخصاد انبالد
.ٌ يخخهظ يع شدزة انشَخىٌ و نخعىَض انغزاطاة انهزيت نهشَخى، َغزص انهىس بصفت فزدَت.نفالزٍ انًُطمت
.حهذف هذِ انذراطت انخٍ لًُا بها فٍ أهى انًعخًذَاث انًُخدت نهىس بانىالَت نخشخُص انىضع انسانٍ نهمطاع ودنك عبز اطخًارة شًهج طبع و أربعىٌ فالذ
ٍ سَادة عهٍ أٌ أطعار ثًار انصُف األخُز َسخم انًزحبت انثاَُت بعذ صُف 'انعشاق' ي،بُُج انُخائح أٌ صُفٍ 'انعزبٍ' و 'انبىرحى فزَُت' أظهزا حألهًا خُذا يع انخاصُاث انًُاخُت نهدهت
أيا فٍ يا َخص انخسذَاث انخٍ َىاخههًا انمطاع فًُكٍ انمىل بأٌ بعض انعىايم انًُاخُت كاندهُذة و َمص األيطار سَادة عهً حداهم بعض.زُث طعز انبُع فٍ األطىاق انًسهُت
.انفالزٍُ نبعض انخمُُاث انشراعُت يثم انًذاواة و أهًُت حىاخذ انُسم خالل فخزة اإلسهار هى يٍ أهى األطباب انخٍ حعزلم حطىر هذا انمطاع
.خخايا ًَكٍ انمىل أٌ انًشَذ يٍ انًظاَذة واإلزاطت بانفالزٍُ هٍ انظبُم األيثم نذًَىيت هذِ انشراعت بىالَت طُذٌ بىسَذ
Abstract
The almond tree in Tunisia dates back to the antiquity. The culture occupies an important place in the economy of the country. In the region
of Sidi Bouzid, almond is the second speculation after the olive tree and represents one of the main sources of incomes for farmers. In this
zone, the almond-tree is cultivated either as main species, mixed with Olive tree or for the reconversion of the senile and unproductive olive
orchards. The present work aimed through an investigation for 47 farmers all over eight delegations where almond is cultivated, to analyze
the situation of the almond producing system in the region.
This study has concerned the main producing delegations in order to identify the strengths and the weaknesses of a sector in evolution. The
analysis of the data and the observations realized in the orchards allows us to confirm that the sector is characterized by:
A dominance of the cultivar ‗Porto Farina‘ in addition to local ecotypes commonly called ‗Arbi‘, which have showed a good adaptation to
the specific pédo-climatic conditions of the region. Furthermore, the fruit of this first variety always recorded the highest selling price.
Concerning the constraints they are essentially due to climate (Frost, drought, etc...) since it is an extensive and rainfed producing system
with auto-incompatible and early blooming cultivars. The farmer‘s negligence of some important technical interventions such as pest
treatments and the utility of the bees for pollination are the main constrains facing the prosperity of this important sector. For this reasons, the
application of some simple guidelines and farmer‘s assistance in some interventions are necessary to reach the top for this powerful
production system.
1. Introduction
La culture de l'amandier en Tunisie, remonte à la plus haute antiquité. Cette espèce était connue des
Carthaginois, le Père Delattre ayant retrouvé, dans les tombes puniques, des figurations en terre cuite et même
des écorces d‘amandes (El Gharbi, 1974). Les principales zones de culture de l'amandier sont les gouvernorats
Sfax, Sidi Bouzid suivi de Kairouan, Mehdia, Kasserine et Bizerte qui renferment respectivement 82100 ha,
40350 ha, 16340 ha, 13130 ha, 11300 ha, et1090 ha. Dans ces zones, l'amandier est cultivé soit comme espèce
fruitière principale, soit en intercalaire avec l‘olivier.
Du point de vue de l'importance économique, l'amandier occupe la deuxième place parmi les espèces fruitières
cultivées, au même rang que les agrumes et le palmier dattier. L'amandier est cultivé le plus souvent en culture
extensive et les rendements moyens sont très faibles de l'ordre de 3 kg / arbre.
Malgré l‘importance de cette culture, les superficies emblavées par l‘amandier ne cesse de se dégrader, les
productions annuelles sont en décroissances, de plus l‘orientation vers la plantation de nouvelles variétés
étrangères risque d‘entraîner une érosion génétique chez les variétés locales.
Le présent travail se propose d‘analyser les différentes composantes du système de conduite de l‘amandier dans
le centre ouest Tunisien, de discerné les caractéristiques de ce système, de montrer les principaux facteurs qui
menacent la prospérité de ce système qui a participé durant les cinquante dernières années dans le développent
du secteur agricole du pays et enfin de proposer des alternatives et des possibilités d‘amélioration.
2. Méthodologie de travail
2.1. Présentation de la région de Sidi Bouzid
Le gouvernorat de Sidi Bouzid se situe au centre ouest du pays, il fait la liaison entre la Tunisie steppique et la
Tunisie pré-saharienne. Il est limité par les gouvernorats de Kairouan et Siliana au nord, Kasserine et Gafsa à
l'ouest et Sfax à l'est. Vu ses caractéristiques climatiques et géographiques (existence de plaines fertiles),
l'économie locale du gouvernorat est basée essentiellement sur le secteur agricole
([Link]/pays/[Link], 2007).
Le gouvernorat de Sidi Bouzid appartient à la région fruitière des grandes plaines du Centre de la Tunisie. Situé
dans le Centre-Ouest de la Tunisie, le gouvernorat constitue un vaste territoire d‘une superficie de 7400 km 2 (soit
4,7 % du territoire national). Il constitue une zone de transition et de contact entre la Tunisie méridionale, à
bioclimat aride et désertique, et la Tunisie septentrionale où l‘aridité cède la place progressivement à un climat
plus humide. Sur le plan des unités naturelles, le territoire du gouvernorat constitue la transition entre les hautes
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steppes situées au Centre-Ouest de la Tunisie et les basses steppes littorales du Centre-Est, Sud-est. Les
superficies occupées par la culture de l‘amandier sont de l‘ordre de 56 577 ha, soit 21.25 % de la superficie
arboricole totale dans la région.
La culture de l‘amandier est présente partout dans le gouvernorat, mais les grandes concentrations sont localisées
dans les délégations d‘Ouled Haffouz, Regueb, Sidi Bouzid Est et Sidi Ali Ben Aoun qui est la zone la moins
touchée par la sécheresse
Tableau n° 1 : Répartition des superficies d‘amandiers dans les délégations de la région de Sidi Bouzid (en ha)
(CRDA, 2007)
Délégation Superficies (Ha) Nombre de Pieds
Ouled Haffouz 6868 482960
Regueb 5840 428300
Sidi Bouzid Est 8462 438690
Meknessy 1854 158430
Sidi Ali Ben Aoun 13867 883970
Quant à la production régionale d‘amandes, l‘examen de l‘évolution de cette production de 1993 à 2003 fait
dégager une production moyenne annuelle (sur 9 ans) de l‘ordre de 5614 tonnes d‘amandes «sèches » avec
coque.
* Lieu de résidence : seulement deux agriculteurs (4.25%) des agriculteurs ne se trouve pas sur les lieux ou sont
assez éloigner de leurs exploitations.
* Activité principale : plus que 97% des agriculteurs interroger ont pour activité principale l‘agriculture.
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La main d‘œuvre : la main d‘œuvre familiale est toujours présente, toutefois les agriculteurs font souvent appelle
a la main d‘œuvre occasionnelle salariale surtout pour la taille, la récolte et le travaille du sol.
3.4.2. La fertilisation :
Dans les régions d‘étude, la fertilisation se limite généralement à quelques apports irréguliers de fumier ovin,
bovin, ou de volaille pendant les saisons automnales et hivernales. En effet, 55% des agriculteurs (26
agriculteurs) qui pensent répondre au besoin de leurs vergers en fertilisation ne font que quelques apports de
fumier et seulement 8 % (2 agriculteurs) apportent de l‘ammonitrate.
Cet apport de fumier est aussi tributaire des moyens financiers de l‘agriculteur. En effet, on trouve que parmi les
26 agriculteurs qui pratiquent la fertilisation, uniquement 3 font recours à l‘achat du fumier (11,53 %). Ainsi,
l‘apport de fumier n‘ya lieu que si l‘agriculteur dispose d‘un élevage ou de moyens pour l‘acheter.
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3.4.3- Irrigation :
Puisqu‘ il s‘agit d‘une conduite en sec, les irrigations sont rares et se font seulement pendant les périodes sèches.
La période d‘irrigation, pour la majorité des agriculteurs, ne dépend pas des besoins de l‘arbre mais plutôt des
conditions du climat. En effet, 81 % des agriculteurs font l‘irrigation complémentaire. Il s‘agit d‘une irrigation
en cuvette et l‘eau étant amenée dans la plupart des cas par des citernes mobiles. La fréquence d‘irrigation est
variable selon l‘année et la dose par arbre vaire selon les moyens de l‘agriculteur. Il faut noter que plusieurs
agriculteurs appliquent des cultures dérobées en intercalaire et l‘amandier reçoit ainsi des quantités d‘eau
importantes venant de l‘irrigation de ces cultures. Tous les agriculteurs sont conscients que pour les jeunes
plantations, l‘irrigation est indispensable et doit être régulière.
3.4.4- Taille :
La taille est pratiquée par 100 % des agriculteurs objets de l‘enquête, il s‘agit d‘une taille d‘entretient qui est
faite dans la plupart des cas par des tailleurs peu ou pas qualifies ce qui explique les erreurs de tailles existants.
En effet, la plus part des pieds des vergers visités sont mal formés. D‘autres problèmes tels que l‘apparition de
gommose suite à des blessures par les scies, la transmission de maladies par le matériel de taille et la période de
taille qui n‘est pas contrôlé. La taille en vert, malgré son importance, n‘est pratiquée que par 4 agriculteurs (9 %)
vise à enlever les gourmands et les rameaux anticipés.
3.5-Récolte et commercialisation :
3.5.1-Récolte :
Toutes les exploitations sont récoltées en sec puisque tous les agriculteurs pensent que la récolte en vert
provoque l‘affaiblissement de l‘arbre qui ne peut dans la plupart des cas entrer en production l‘année suivante.
En effet, la difficulté du détachement du fruit provoque une perte importante des jeunes pousses lors de la
récolte. L‘époque de récolte est en général vers le mois d‘Août mais on trouve des agriculteurs qui commencent
la récolte vers la fin du mois de Juin. Toutefois, la production totale reste faible par rapport à la superficie
occupée, elle est de l‘ordre de 150 à 400 Kg par hectare.
3.5.2-Commercialisation :
La commercialisation des amandes est très diversifiée puisque un seul agriculteur vent sur plus d‘un lieu de
vente. Tous les agriculteurs vendent des amandes en coque alors qu‘un seul agriculteur de la région de Regueb,
vent des amandes décortiquées puisqu‘il possède une machine. Le prix moyen varie selon les variétés et selon les
années. Pour les amandes sèches en coque, le prix varie entre 1D, 200 jusqu‘à 5D, 000, alors que pour les
amandons le prix varie entre 7D, 500 et 8D, 000.
3.6- Contraintes:
Elles sont de diverses origines :
- Climatique : Elles touchent 100 % des agriculteurs puisqu‘on ne peut pas l‘éviter, il s‘agit généralement de la
sécheresse qui a causé beaucoup de perte au niveau de notre patrimoine génétique suite à l‘extinction de
certaines variétés locales. La gelée peut causer la chute des fleurs surtout pour les variétés a floraison précoces.
Se sont généralement les variétés locales qui subissent une grande chute de fleurs ce qui explique les faibles
rendements.
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La grêle, qui pendant cette année a provoqué des dégâts importantes sur la production, ainsi que la chute des
fruits, provoque l‘affaiblissement de l‘arbre, l‘apparition de gomme a l‘intérieur du fruit, ainsi que l‘apparition
des maladies cryptogamiques,...
- Intrants/matériels : Elles touchent 85% des agriculteurs objets de l‘enquête, il s‘agit d‘un manque de matériel
de traitement, de travail de sol, de traction,... C‘est pour cela que l‘agriculteur est obligé de négliger quelques
opérations indispensables pour une bonne production.
-Techniques : Elles touchent 51% des agriculteurs (24 agriculteurs) de différentes zones concernées par
l‘enquête.
Il s‘agit d‘un manque de vulgarisation et parfois de manque de moyens de déplacement pour le vulgarisateur,
l‘agriculteur se trouve donc face à des problèmes difficiles à dépasser.
-Ecoulement : C‘est le plus grand problème rencontré chez les agriculteurs objets de l‘enquête, puisque 89% des
agriculteurs sont touchés par ce problème. Il s‘agit des prix de vente qui sont fixés par les grands commerçants
sans aucune norme et l‘agriculteur se trouve contrarié à vendre son produit avec un faible prix.
-Autres contraintes : Beaucoup d‘agriculteurs n‘ont pas trouvé de solutions pour le problème des moineaux car
il peut annuler complètement la production vu qu‘il consomme les premières fleurs et les premiers fruits noués.
- Source d‘eau et intensification de la culture de l‘amandier : 57% des agriculteurs cherchent a pratiqué
l‘amandier en intensif, cela nécessite en premier lieu une source d‘eau à savoir puits de surface, des forages pour
avoir l‘eau douce, des sondages...
- Absence de courant électrique à haute tension pour la mise en marche des pompes d‘eau, demandée par 6% des
agriculteurs (3 agriculteurs) de différentes zones.
- Manque de travaux de conservation des eaux et des sols pour minimiser l‘effet de l‘érosion causée par l‘eau de
ruissellement des oueds.
4-Conclusion:
De cette étude descriptive du système de conduite de l‘amandier dans la région de Sidi Bouzid il ressort que le
système extensif est sujet à plusieurs contraintes dont :
- Les plantations sont constituées en majorité d‘amandier issus de semi "Arbi" (29%) et de la variété Porto farina
(26%) qui sont auto-incompatibles, à floraison précoce et donc sujettes aux aléas climatiques.
- L‘apport de ruches d‘abeilles pour l‘amélioration du taux de nouaison n‘est pas de tradition et même s‘il est
pratiqué, le nombre de ruches /ha est loin des normes (4 à 5 ruches /ha).
- Les soins culturaux indispensables à une bonne conduite d‘un verger sont quasi absents. En effet, 96% des
agriculteurs enquêtes ne pratiquent pas la fertilisation minérale et se limitent à des apports irréguliers de fumier.
- Les techniques de taille ne sont pas maîtrisées, la taille de formation est souvent très mal faite et la taille en vert
est négligée.
- Les traitements phytosanitaires sont rares et se font généralement après des fortes attaques des ravageurs (le
puceron, scolytes,…) d‘ou l‘inefficacité des traitements.
- L‘amandier est généralement conduit en sec (98%). L‘irrigation complémentaire pendant les périodes de
sécheresse est très mal conduite avec une mauvaise répartition des doses et des fréquences.
- Les prix d‘amandes sont fixés par les gros commerçants de Sfax. Ils sont soumis aux fluctuations des
conditions climatiques et sont conditionnés par la production de l‘année.
Ainsi, tous ces problèmes aussi bien que d‘autres sont à l‘origine des faibles rendements enregistrés chez ces
agriculteurs (moins de 150 kg en coque sèche/ha).
Toutefois, si le système de conduite en intensif montre des rendements recors (plus de 2 t en coque sèche/ha) on
lui reproche que :
-Les programmes de traitement phytosanitaires sont très chargés ce qui contribue effectivement à la pollution de
l‘environnement, la destruction de la faune auxiliaires et à l‘apparition de formes de résistance chez les parasites.
- L‘utilisation des variétés introduites dont le niveau d‘adaptation à notre climat n‘est pas étudiée.
- Sa contribution à l‘érosion génétique par l‘extinction des variétés locales qui ont montré un niveau d‘adaptation
assez élevé à nos conditions climatiques.
- L‘introduction de nouvelles maladies.
Reste à signaler que si on reproche au système extensif beaucoup d‘inconvénients on ne peut pas oublier le rôle
socioéconomique qu‘il joue ainsi que sa contribution à la sédentarisation dans les milieux ruraux. Néanmoins, la
contribution des différentes structures de l‘état par un renforcement du secteur de la vulgarisation par la
contribution dans les principaux travaux de traitements phytosanitaires et par l‘organisation de la profession
(création de coopératives de services pour l‘écoulement du produit) pourrait permettre la mise à niveau de ce
système et le sauvegarde d‘un patrimoine génétique en dégradation.
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Résumé
Cymbopogon schoenanthus est une herbe pérenne et aromatique, généralement connue comme lemongrass. Ses feuilles fraîches ou sèches et
ses huiles essentielles sont en grande partie employées dans la médecine traditionnelle comme agent sédatif, gastrique, analgésique,
antispasmodique et antimicrobien. Dans ce travail nous visons à étudier la composition chimique d'huile essentielle, l'analyse anatomique et
histochimique de la feuille de Cymbopogon schoenanthus. L‘analyse de la composition de ces huiles essentielles montre que les composés
majoritaires sont le limonène, le β-phellandrène, le γ-terpinène et l‘α- terpinéol. L‘étude anatomique montre que l'épiderme est composé par
une couche de parenchyme et des cellules sclérenchymateuses de forme allongée. On note la présence des trichomes non-glandulaires
bicellulaires et des stomates entourés par deux cellules de garde. La gaine périvasculaire compacte est formée de cellules parenchymateuses
très grandes et entourées par les cellules du mésophylle disposées en rayon bien apparents. Cette disposition en couronne des assises du
mésophylle et de la gaine périvasculaire montre une structure de la feuille de type C4 appelée anatomie de Kranz. Des tests histochimiques
ont été effectués pour détecter les lipides totaux. Une réaction positive au réactif NADI indique la présence de terpène et de résines. La
sécrétion des HE chez cette espèce se fait dans les cellules épidermiques.
Mots clés: Cymbopogon schoenanthus, huiles essentielles, histochimie, anatomie, trichome.
Abstract
Cymbopogon schoenanthus is an aromatic perennial herb, commonly known as lemongrass. Their fresh or dried leaves and essential oil are
largely employed in the traditional medicine as sedative, stomachic, analgesic, antispasmodic and antimicrobial. Aiming to contribute
chemical composition of essential oil, anatomical and histochemistry analysis were carried out. Essential oils were analysed by GC–mass
spectrometry. The major components were limonene, β phellandrene, γ-terpinene and α-terpineol. It was observed that the leaves have got
linear-lanceolate shape; they are plain, erect and alternate, with a large sheathing base and parallel venation. The epidermis is composed by
one layer of parenchymatic and sclerenchymatic cells, which shows elongated shape and slightly waved anticlinal walls; also present are uni-
and bicellular non-glandular trichomes, and stomata surrounded by two subsidiary cells. Bulliform cells, homogeneous chlorenchyma and
collateral vascular bundles, showing a wreath (Kranz structure) encircled by simple or double bundle sheath are described. The istochemical
tests carried out to detect terpene compounds. A reaction positive to NADI reagent indicates the presence of terpene. The present
histochemical results indicate that the secretion of C. schoenanthus is an oleoresin ontaining
terpenoïdes (essential oils and resiniferous acids).
Key words: Cymbopogon schoenanthus, essential oil, histochemistry, anatomy, trichome.
1. Introduction
Le genre Cymbopogon (poacées) comprend 140 espèces dont 52 se trouvent en Afrique, 45 en Inde, 6 sont
réparties en Australie et en Amérique du Sud, 4 en Europe, 2 en Amérique du Nord et le reste est distribué dans
le Sud de l‘Asie (Jagadish, 1975b). C‘est un genre appartenant à la famille des poacées aromatiques des régions
chaudes, qui ont une grande importance commerciale pour la fabrication d‘essences odorantes. Cymbopogon
schoenanthus, poacée des régions arides, produit des huiles essentielles qui possèdent des caractéristiques
aromatiques. Elles ont également une importance en parfumerie, en osmétique et dans les applications
pharmaceutiques.
La synthèse et l'accumulation d'une huile essentielle (HE) dans les végétaux sont généralement liées à l'existence
de structures histologiques spécialisées, localisées en certains points des tissus, le plus souvent situées sur ou à
proximité de la surface de la plante. Les huiles essentielles sont élaborées au sein du cytoplasme de certaines
cellules; elles s‘en séparent par synérèse, sous forme de petites gouttelettes qui confluent ensuite en plages plus
ou moins étendues (Paris et Moÿse, 1967). Les cellules sécrétrices peuvent se trouver dans tous les organes
végétaux (organes végétatifs et organes reproducteurs).
Une étude de la composition chimique des HE, anatomique et histologique des structures sécrétrices au niveau
des organes aériens de Cymbopogon schoenanthus a fait l‘objet de ce travail.
2. Matériel et Méthodes
2.1. Matériel végétal
Cymbopogon schoenanthus (L.) Spreng. ssp. laniger (Hook) Maire et Weill a été collecté durant la phase de
floraison du sud tunisien.
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3. Résultats et discussion
3.1. Composition chimique de l’huile essentielle de Cymbopogon schoenanthus
L‘extraction des huiles essentielles par la méthode d‘hydrodistillation nous a permis de déterminer le rendement
en huile de Cymbopogon schoenanthus récolté durant le stade de floraison qui est de l‘ordre de 2,1%. La
composition chimique des huiles essentielles du Cymbopogon schoenanthus extraites à partir des organes aériens
frais a été déterminée par CPG/MS. Les résultats obtenus montrent que les huiles essentielles sont des mélanges
complexes de plusieurs composés dont les plus dominants sont les monoterpènes et les sesquiterpènes. Le
tableau 1 représente les résultats de l‘analyse chromatographique des différents échantillons de l‘huile essentielle
de Cymbopogon schoenanthus. Les composés sont classés en fonction de leur indice de rétention (IR). Ces
valeurs sont représentées par ordre d‘élution de colonne capillaire TRB-5MS.
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Trente quatre différents composés ont été identifiés représentant respectivement 95% de l‘huile essentielle dont
les composés majoritaires sont le limonène, le β-phellandrène et le γ-terpinène et l‘α-terpinéol.
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a) Les trichomes non glandulaires : ce sont des trichomes tecteurs unicellulaires sous formes de papilles. Ils
sont plus abondants sur la face abaxiale. Ils sont distribués tout au long des sillons sur les crêtes (Fig. 2).
b) Les trichomes glandulaires : le limbe foliaire de Cymbopogon schoenanthus présente des trichomes
glandulaires sur la face abaxiale. Ils sont, toutefois, moins abondants que les trichomes non glandulaires. Ce sont
des glandes peltées. Le trichome glandulaire pelté est essentiellement formé d‘une cellule basale enfoncée dans
l‘épiderme (Fig. 2).
La structure de la feuille du Cymbopogon schoenanthus présente les caractéristiques d‘une plante appartenant
aux groupes des poacées des zones arides : feutrage de poils, stomates réfugiés dans des sillons, enroulement du
limbe sur lui-même (Fig. 3).
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Figure 2. Répartition des stomates le long des sillons sur la face abaxiale et des trichomes sur
les crêtes d‘une feuille de Cymbopogon schoenanthus observée au MEB. Ts : trame de sillon ;
Trg : Trichome glandulaire. X750, X1000
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secondaires lignifiées. Il constitue le principal tissu de soutien et se développe sous forme de sclérites ou de
fibres. Dans le cas de la feuille de Cymbopogon schoenanthus, ce sclérenchyme se trouve essentiellement sous
forme de fibres. Ces fibres sont assemblées en groupe de trois et forme des faisceaux sclérenchymateux ou
libero-ligneux (Fig. 4). Les observations en microscopie photonique et en microscopie électronique à balayage
montrent l‘existence de cellules bulliformes et de gros faisceaux conducteurs, composés de xylème et de
phloème, au fond des sillons. Ces tissus conducteurs sont entourés par les grandes cellules de la gaine
fasciculaire. Ces cellules sont à leur tour entourées par une assise de cellules du mésophylle. Chaque faisceau
présente la structure caractéristique de la famille des poacées : xylème en V avec deux gros vaisseaux de
métaxylème. Les autres étant plus petits, limités par des phloèmes et des xylèmes courbés (Fig. 5).
Les cellules du mésophylle ainsi que la gaine périvasculaire forment deux assises concentriques autour des
faisceaux libero ligneux. La gaine périvasculaire compacte est formée de cellules parenchymateuses très grandes
et entourées par les cellules du mésophylle disposées en rayon bien apparents. Cette disposition en couronne des
assises du mésophylle et de la gaine périvasculaire montre une structure de la feuille de type C4 appelée
anatomie de Kranz (Fig. 5). Cette anatomie de Kranz se retrouve à la base de chaque sillon. Entre deux sillons
nous signalons la présence de trois faisceaux sclérenchymateux. Chacun d‘eux se trouvent sous une crête. Cette
structure se répète sur toute la largeur du limbe foliaire (Fig. 5).
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Dans une seconde étape, nous avons réalisé une coloration au Nile bleu afin de déterminer le type de lipides
sécrétés. En effet, ce colorant a la particularité de colorer en bleu les lipides acides et en rose les lipides neutres.
L‘observation au microscope photonique de coupes colorées en rose par le Nile bleu révèle l‘existence de lipides
neutres (Fig. 7).
En outre, nous avons réalisé une autre coloration au NADI qui nous a permis de préciser que le produit de
sécrétion au niveau des cellules épidermiques de la feuille de Cymbopogon schoenanthus est un mélange d‘huile
essentielle et de résine. Il est, en effet, connu que ce réactif forme, par oxydation, du bleu d‘indophénol dont la
couleur change avec la variation du pH. En effet, il garde sa couleur bleue en présence d‘HE et vire au rouge
intense en présence de résines. L‘observation au microscope photonique de coupes au niveau du limbe foliaire de
Cymbopogon schoenanthus a révélé une coloration violette en présence du NADI. Ceci prouve que le produit
sécrété est un mélange d‘HE et de résines (Fig. 8).
3. Discussion
La morphologie externe des feuilles de Cymbopogon schoenanthus est une morphologie typique de la famille des
poacées. Elle est largement décrite par Cronquist (1981, 1988), Evans (1996) et Joly (1998). L‘observation, en
microscopie photonique, de coupes réalisées au niveau du limbe foliaire de Cymbopogon schoenanthus montre
que l‘épiderme est constitué de cellules allongées et étroites pourvues de crête anticlinales ondulées. Cette
constatation est en accord avec la description faite par Esau (1977) et Raven et al. (1996) sur les cellules
épidermiques des feuilles de poaceae en général. Nous avons également révélé l‘existence de cellules
bulliformes insérées entre les cellules épidermiques. Elles sont plus grandes que les cellules épidermiques
typiques. Elles peuvent former des bandes parallèles dans la région internervurale. Sur une coupe transversale,
nous constatons que ces cellules présentent une organisation semblable à un éventail, dans lequel la cellule
centrale est la plus haute, et est accompagnée de part et d‘autre par des cellules semblables à celles du mésophile.
Ces cellules bulliformes contiennent beaucoup d'eau et sont dépourvues de chloroplastes (Fahn, 1982). Ce sont
des cellules décrites, en règle générale, comme motrices (Esau, 1977). Elles agissent sur l'enroulement et le
déroulement des feuilles adultes et ceci par perte ou gain d'eau (Fahn, 1982; Raven et al., 1996). Chez la feuille
de Cymbopogon schoenanthus les stomates sont plus fréquents sur la face abaxiale et rares sur la face adaxiale.
Ceci est en accord avec les observations faites par Liberalli et al. (1946), Paviani (1964) et Carvalho et al.
(2001).Les trichomes des végétaux possèdent plusieurs formes. Chez la feuille de Cymbopogon schoenanthus,
nous notons la présence de trichomes tecteurs unicellulaires. Comme ils sont non glandulaires, ils ne sont pas le
siège de biosynthèse et de sécrétion des huiles essentielles chez Cymbopogon schoenanthus. Par contre, ils
peuvent jouer le rôle de protection mécanique et évitent la transpiration excessive à la plante (Mauseth, 1988 ;
Oliveira et Akisue, 1997). En effet, ils peuvent ralentir la vitesse de la transpiration en freinant la circulation de
l‘air sur la surface foliaire. Ils peuvent, également, dissuader l‘attaque d‘insectes ou assurer une protection contre
un trop fort rayonnement solaire (Bowes, 1996). La feuille de Cymbopogon schoenanthus est également pourvue
de trichomes glandulaires. Toutefois, leur nombre est très réduit. De ce fait, leur rôle dans la sécrétion des 13 HE
ne peut qu‘être accessoire. Rappelons que les feuilles de poaceae sont essentiellement caractérisées par une
sécrétion au niveau des cellules épidermiques (Lewinsohn et al., 1998).
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Au niveau du mésophylle de cette feuille nous avons constaté la présence de structure de Kranz. Cette structure
est décrite comme une disposition radiale de cellules du mésophile autour des faisceaux vasculaires (Mauseth,
1988 ; Raven et al., 1996). Elle est constituée d‘une gaine fasciculaire autour de laquelle sont regroupées les
cellules parenchymateuses en une seule couche (Mauseth, 1988). Cette structure nous permet de confirmer que la
feuille de Cymbopogon schoenanthus est du type C4. Nos observations ont confirmé, ce qui est déjà connu, que
chez les poacées les huiles essentielles sont sécrétées principalement par les cellules épidermiques. La sécrétion
est un phénomène complexe d'élimination ou d'isolement, dans les compartiments, de substances du
protoplasme. Elle implique différentes structures sécrétrices. Nous avons, par conséquent, réalisé une étude
anatomique et histologique afin de mettre en évidence, essentiellement, ces structures sécrétrices au niveau de la
feuille de Cymbopogon schoenanthus. Pour de localiser la sécrétion et l‘accumulation des huiles essentielles
nous avons procédé à des tests histochimiques particuliers. Ces tests nous ont, en plus, permis de déterminer la
nature du produit sécrété. Il s‘avère que la sécrétion est épidermique (caractéristique des poaceae) et
l‘accumulation se fait dans l‘espace sous-cuticulaire. Ceci est en accord avec les observations faites par Croteau
et Johnson (1984) et Gang et al. (2001). Le produit sécrété est un mélange d‘huiles essentielles et de résines. Ce
mélange est fréquent chez les poacées (Fahn, 1979). Chez la plupart des plantes aromatiques, les huiles
essentielles et d‘autres produits naturels sont essentiellement sécrétés et stockés dans des glandes épidermiques
spécifiques (Croteau et Johnson, 1984). Ceci n‘est pas le cas des poacées où ces substances sont particulièrement
sécrétées et accumulées dans les cellules parenchymateuses. Ces cellules se trouvent généralement du côté
adaxial du mésophylle de la feuille, juxtaposant des tissus non photosynthétiques entre les bandes vasculaires.
Ces cellules sont morphologiquement identiques aux cellules parenchymateuses voisines. Elles ne se distinguent
que par le produit sécrété qu‘elles contiennent (Lewinsohn et al., 1998).
4. Conclusion
A la lumière des observations réalisées, nous pouvons conclure que la feuille de Cymbopogon schoenanthus est
caractérisée par l‘abondance de trichomes unicellulaires tecteurs, la présence de cellules bulliformes au fond des
sillons, la structure de Kranz (caractéristique des plantes C4), et la présence de nombreux faisceaux libero-
ligneux. Ces derniers sont représentés par module de trois en alternance avec les structures de Kranz et ceci sur
toute la largeur du limbe. Par ailleurs, la sécrétion des HE chez cette espèce se fait dans les cellules
épidermiques.
5. Références bibliographiques
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462- 73.
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Specificity of Gafsa oasis on the genetic structure of apricot (Prunus armeniaca L.)
germplasm
BOURGUIBA Hedia1, KRICHEN Lamia1, AUDERGON Jean-Marc2 & TRIFI-FARAH Neila*
1
Laboratoire de Génétique Moléculaire, Immunologie et Biotechnologies, Faculté des Sciences de Tunis, Campus Universitaire, 2092 El
Manar, Tunisie.
2
INRA, UR1052 Génétique et Amélioration des Fruits et Légumes, Domaine Saint-Maurice, Montfavet, France.
*Author for correspondence: Email: [Link]@[Link]
Abstract:
Molecular variability was assessed in a set of 82 Tunisian apricot accessions including 49 traditional cultivars propagated by grafting and 33
seed-propagated ‗Bargougs‘. Using 24 microsatellite loci located throughout the Prunus genome, 135 polymorphic alleles were generated for
all the used primers with an average of 5.62 alleles per locus. Based on the UPGMA algorithm, the obtained genetic relationships
differentiated five groups according to their geographic origin, with the presence of a specific group enclosing mainly ‗Bargougs‘ from Gafsa
oasis. Data are discussed in the context of Gafsa oasis isolation related to his particular cultivation manner.
1. Introduction
In Tunisia, apricot (Prunus armeniaca L.) was cultivated in several restricted areas extending from the North to
the South of the country and was adapted to diverse climatic levels. An important variability among Tunisian
apricot landraces is revealed on the basis of morphological characterization (Carraut and Crossa-Raynaud 1974).
Apricot material enclosed traditional varieties propagated by grafting and located throughout the country and
seed-propagated ‗Bargougs‘ specific of oasian regions. Among the oasis regions of apricot cultivation, Gafsa
was located at the crossroads between the cereal trays of North Tunisia and the large oases of the Jerid. Gafsa
oasis was less submitted to human impact. It‘s well known for his cultivation manner divided on three floors:
first floor for palm trees, second floor for fruit trees including olives, figs, apricots, pomegranates…, and third
floor for forages and vegetables.
In order to preserve the local genetic resources, several studies focused on characterisation and genetic diversity
study of Tunisian apricot accessions were assessed using different molecular markers like Amplified Fragment
Length Polymorphism (AFLP) (Krichen et al. 2008) and Simple Sequence Repeat (SSR or microsatellites)
(Krichen et al. 2006; Khadari et al. 2006). Regarding to their co-dominance, stability, transferability, abundance
and high level of polymorphism (Powell et al. 1996), microsatellites markers were proved to be an efficient tool
for genetic variability analysis of apricot germplasm.
This work aims the evaluation of the genetic structure of Tunisian apricot germplasm. Therefore, molecular
variability of 82 apricot accessions including 49 traditional cultivars and 33 ‗Bargougs‘ was assessed using 24
microsatellite loci selected throughout the Prunus genome.
carried out in a 20 μl reaction mix containing 20 ng of template DNA, 2 mM of MgCl 2, 4 pmol of the reverse
primer and 1 pmol of the forward primer, 0.2 mM of each deoxynucleotide triphosphate, and 1 unit of Taq
polymerase (Sigma). Reverse primers were unlabeled while forward primers were labelled on their 5‘ end, to
enable analysis on automated sequencers. Amplifications were performed with the following conditions: 5 min
initial denaturation step at 94°C followed by 35 cycles of amplification at 94°C for 30 s, T° annealing for 1 min,
and 72°C for 1 min. This was ended by a final extension step at 72°C for 10 min. PCR products were detected
using capillary electrophoresis on an ABI prism 3130xl automatic DNA sequencer (Applied Biosystems). The
GENEMAPPER V3.7 software (Applied Biosystems) was applied to size the alleles.
3. Results
3.1. Genetic diversity
PCR amplification was successful for all the 24 microsatellite primers assayed on the 82 Tunisian apricot
cultivars, revealing the distinction of 80 different genotypes. These single-locus microsatellite markers allowed a
total of 135 alleles with an average of 5.62 per locus, a maximum of 11 alleles for the primer UDP98-409 and a
minimum of 2 alleles for the primer BPPCT001 (Table 1). Mean value of expected heterozygosity for the total
number of locus was 0.561 and varied between 0.085 (AMPA119) and 0.854 (UDP98-409). The observed
heterozygosity values varied from 0.087 (AMPA119) to 0.787 (CPPCT030) with an average of 0.515. Results
showed a high level of genetic diversity within the Tunisian apricot cultivars. Heterozygosity deficit was
observed for five loci: AMPA100, CPPCT006, BPPCT004, UDP98-409 and UDP98-412 (Table 1).
Table 1: Genetic diversity parameters of the microsatellite locus used in the genetic apricot analysis. In bold
type, the heterozygosity deficit is significant.
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Bayoudhi (K)
Cluster I Chechi Khit El Oued (K)
Khad Hlima (K)
Chechi Horr (Te)
Chechi Dhraa Tammar (K)
Bouk Hmed (Rj)
H‘midi (Rj)
Addadi Ahmar (Rj)
Bou Herra (K)
Bangui (Ma)
Variety of Mahdia (Mi)
Oud Rhayem (Te)
Bedri Ahmar (Te)
Faggoussi (Rj)
Om Youness (Rj)
Bouk Hmed Akhal (Rj)
Kasserine2 (Gf)
A1 Oud Tijani (Te)
Chechi Bazza (Te)
Oud Nakhla (Te)
Oud Gnaa (Te)
Oud El Haj Tahar (Te)
Bouthani (Te)
Oud Hmida (Te)
Aranji (Rj)
Oud Aouicha (Te)
Fourati (S)
Zalouzi (S)
Najjar (K)
Amor El Euch (K)
Mazouzi 65 (J)
Group A B46D (Mi)
Oud Salah Ben Salem (Te)
A2 Ben Souileh (Gb)
Baccour (K)
Baccour (Gf)
Bedri Louzi 67 (J)
Bou Khobza (J)
Messelmani (S)
Messelmani (K)
Zbidi (K)
B44D (D)
Bedri (Gb)
Bedri Thani (Gf)
Bedri (S)
Bedri Louzi (Gb)
B40E (Gf)
Thani (Gb)
(■) Thani
Louzi (Gb)
Thaleth (Gb)
Chechi (J)
Mazouzi 69 (J)
Cluster II B40K (Gf)
B46C (Mi)
B46E (Mi)
B45B (Ta)
A3 B43F (N)
B43D (N)
B42A (To)
B42H (To)
B42B (To)
B43C (N)
B44A (D)
B44B (D)
B42C (To)
B44G (D)
B44H (D)
B44C (D)
B44E (D)
B42G (To)
B46B (Mi)
B43B (N)
B40A (Gf)
B40B (Gf)
Group B B40G (Gf)
B40N (Gf)
B45C (Ta)
B40J (Gf) Gafsa oasis
B44F (D)
B40H (Gf)
B40I (Gf)
B40M (Gf)
0.1
Figure 1: Genetic relationships among 82 Tunisian apricot accessions. In parenthesis, the origin of clustered
accessions with: Rj=Ras Jbel; Te=Testour; K=Kairouan, Ma=Mahdia; S=Sfax; Gf=Gafsa; Gb=Gabes; J=Jerba;
Mi=Midess; Ta=Tameghza; To=Tozeur; N=Nefta and D=Degache.
4. Conclusion
Our study related to the genetic structure analysis of local apricot germplasm showed that all primers revealed
polymorphic SSR patterns in studied accessions attesting the large transferability of microsatellites across
Prunus species. Tunisian apricot accessions displayed an important level of genetic diversity.
The phenetic approach based on the genetic distance of Nei (1972) and the UPGMA algorithm showed that five
cultivars with rectangular-plate fruit shape and white flesh color were distinguished from the other 77 studied
accessions. In addition, varieties from northern Tunisia were differentiated from those located in central-southern
Tunisia. Similar clustering based on AFLP markers was previously obtained by Krichen et al. (2008). Moreover,
‗Bargougs‘ from Gafsa oasis were separated from the other ‗Bargougs‘ issued from mountainous and Jerid
oases. This result can be explained by the fact that compared to other oasis areas, Gafsa oasis is characterised by
125
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specific gene exchanges. Thus, the ‗Bargougs‘ from Gafsa oasis maintained a very specific genetic basis. Same
results were reported by Saddoud et al. (2005), attesting that the fig trees of Degache oasis were more diversified
than those of Gafsa. In conclusion, Gasfa oasis maintained a particular apricot genetic diversity and his
cultivation manner should be submitted to a protection to preserve the local resources.
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Résumé:
Les îles de Kerkennah, caractérisées par des conditions climatiques et écologiques particulières, abritent de nombreuses cultures fruitières
(vigne, figuier, palmier…) où les agriculteurs ont réussi à entretenir un savoir faire local pour la sauvegarde de ces ressources génétiques.
Les prospections réalisées dans la région ont permis d‘inventorier de nombreuses variétés de figuier (Ficus carica L.), cultivés depuis
longtemps et bien adaptés aux conditions éco-géographiques locales. Une étude de la diversité génétique a été réalisée sur la base des
paramètres morphologiques et moléculaires. L‘analyse des données a montré que la majorité des caractères morphologiques présentent des
différences significatives et permettent de discriminer entre les cultivars étudiés. Les marqueurs microsatellites ont permis de génotyper les
accessions de figuier et d‘établir une clé d‘identification variétale. Les deux types d‘approches phénotypiques et moléculaires montrent bien
que les îles de Kerkennah détiennent des ressources locales qui méritent la préservation et l‘amélioration pour garantir les besoins actuels et
futurs.
Abstract:
Kerkennah islands have been characterized by particular ecological and environmental conditions. Furthermore, the islands have held many
fruit trees cultivations such as vine, fig, date-plam. Agricultors have succeeded to conserve genetic resources. Several collects were
conducted and allowed to dress the list of fig (Ficus carica L.) varieties in the region. Genetic diversity study have been made basis on
morphological and molecular parameters. Data analyses have demonstrated the presence of discriminant parameters between cultivars.
Microsatellites markers have permitted genotyping of fig accessions and to dress an identification key. Both parameters have showed that
Kerkennah islands hold large genetic resources that need to be preserved and improved for a sustainable development for the present and the
future.
1. Introduction:
Les îles de Kerkennah détiennent un patrimoine riche en ressources génétiques en espèces végétales cultivées et
plus particulièrement en arboriculture fruitière. Elles renferment plusieurs variétés locales de vigne, olivier,
palmier dattier et figuier très bien adaptées aux conditions bioclimatique de la région. Un savoir faire local des
habitants des iles se transmet de génération en génération pour la mise en valeur de ce patrimoine. Parmi ces
ressources, le figuier occupe une place particulière. En effet, il se retrouve cultivé dans presque tous les jardins
privés et plusieurs plantations se rencontrent au niveau de la «Hmada». Plusieurs variétés de figues femelles se
rencontrent à Kerkennah. De plus, les agriculteurs des îles ont depuis longtemps consacré un intérêt particulier à
la caprification. Plusieurs cultivars de caprifiguiers sont cultivés ce qui permet d‘avoir une période de
caprification assez large. Plusieurs recherches ont été menées sur l‘espèce Ficus carica portant sur la
caractérisation morphologique, biochimique et moléculaire (Lahbib, 1984; Lejri, 1992; Ben Salah et al., 1995;
Mars et al., 1998; Hedfi et al., 2003; Chatti et al., 2004, 2007; Salhi-Hannachi et al., 2005, 2006; Saddoud et al.,
2005, 2007, 2008 ; Baraket et al., 2009a, 2009b, 2009c). Plusieurs cultivars de figuier ont été conservés ex situ
dans 5 collections installées dans différentes régions de la Tunisie. Cette étude porte sur la caractérisation des
ressources génétiques du figuier des îles de Kerkennah. Plusieurs prospections ont été réalisées et ont permis
d‘inventorier les différents cultivars. Une caractérisation morphologique ainsi que moléculaire ont été réalisées.
de 23 caractères qualitatifs dont 5 relatifs aux feuilles et 17 relatifs aux fruits et d‘un caractère lié à la croissance.
L‘analyse pomologique a montré que les paramètres les plus discriminants sont la date de la maturité du fruit, la
forme du fruit, la facilité d‘épluchage, la craquelure du fruit ainsi que la couleur supplémentaire régulière. Ce
résultat est en accord avec les critères adoptés par les agriculteurs pour la dénomination des cultivars. Afin
d‘affiner notre étude quant à la caractérisation des cultivars de figuiers, nous avons opté pour la caractérisation
moléculaire. Les marqueurs microsatellites ont été choisis pour leur performance dans l‘analyse de la diversité
génétique et l‘identification des fruitiers. Les profils d‘amplification obtenus ont permis de déterminer les
génotypes des cultivars considérés. Six couples d‘amorces flanquant les motifs microsatellites ont été testées et
ont permis de révéler 32 allèles qui définissent 31 génotypes différents (Tableau 1). Ce résultat traduit
l‘existence d‘un polymorphisme génétique important. Sur la base des génotypes multilocus obtenus, une clé
d‘identification des cultivars a été établie. Elle a permis l‘identification de tous les cultivars. Les deux Dhokkars
ont montré les mêmes génotypes multilocus. Grâce à sa situation géographique, les îles de Kerkennah sont un
lieu de conservation in situ très intéressant. Au niveau de cette région, les habitants ont pu sauvegarder le
patrimoine naturel ainsi qu‘un savoir faire local pour la caprification de cette espèce. Parallèlement à la
conservation ex situ, il est indispensable de poursuivre les efforts fournis par les agriculteurs des îles depuis
longtemps et de les encourager d‘avantage pour la conservation in situ de cette espèce.
Tableau 1: Génotypes multilocus des accessions de figuier utilisés pour l‘établissement de la clé d‘identification
variétale.
b3b3 Assal
b6b7
boudchiche
Bouang
b5b6 Baghli
Dhokkar1
f7f8 MFC2 a4a6 MFC7 e3e8 MFC5 c2c4 MFC6 d1d4
b4b7
Dhokkar 2
MFC8
f4f5 Temri
b4b5 Bither
Figure 1: Clé d‘identification des cultivars de figuier (Ficus carica L.) de Kerkennah basée sur les génotypes
multilocus des marqueurs microsatellites.
*: Caprifiguiers
4. Références bibliographiques:
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Baraket, G., Saddoud. O., Chatti. K., Mars. M., Marrakchi. M., Trifi. M., Salhi Hannachi, A., 2009c. Sequence
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Résumé :
L‘évaluation agronomique des variétés de palmier dattier peut être d‘une grande utilité pour compléter la description morphologique et
pomologique. C‘est un outil utilisé depuis longtemps comme moyen de description variétale. L‘objectif du présent travail est d'évaluer 15
variétés des oasis côtières tunisiennes utilisant les descripteurs agronomiques concernant la longévité de l'arbre, la qualité de leurs fruits, leur
faculté de reproduction par rejets, la qualité de leurs sous-produits ainsi que leur résistance aux conditions de stress du milieu (salinité,
hydromorphie. .) et aux attaques des maladies et ravageurs. Cette évaluation a permis de définir des groupes de variétés en fonction de leurs
qualités agronomiques. Comme variétés de bonne dattes ‗Blah‘, ‗Rochdi‘, ‗Lemsi‘ et ‗Mattata‘. Pour la qualité de jus de palmier « legmi » la
variété ‗Bouhattam‘ se distingue largement des autres. Les variétés Bouhattam', 'Ammari' et 'Mattata sont réputées plus résistants à la salinité
des sols. 'Ammari' et 'Bouhattam se distinguent par la qualité de leur bois. Cette dernière variété est aussi connue par la qualité des folioles
utilisée en vannerie. Les résultats obtenus ont permis de confirmer l'importance des appréciations agronomiques dans la description des
variétés de palmier dattier et de classer certains caractères agronomiques comme descripteurs fiable des variétés de palmier dattier.
1. Introduction :
Les oasis littorales, situées dans la région côtière de Gabès, couvrent près de 7000 ha soit 19% du total. La
tradition de la culture du dattier en association avec les arbres fruitiers et les cultures sous-jacentes est très
ancienne dans ces oasis (El Fekih, 1969 ; Bechraoui, 1980, Rhouma, 1991). La population variétale comporte
quarante cinq (45) variétés de palmier dattier répertoriées par Ben Salah (1992, 1993) dont quinze sont les plus
représentées dans les oasis à savoir : Lemsi, Bouhattam, Kenta, ‗Smiti‘, ‗Ksebba‘, ‗Garn Ghazel‘, ‗Ammari‘,
‗Halwai Abiadh‘, ‗Mermella‘, ‗Mattata‘, ‗Rochdi‘ à côté de ‗Ftimi‘ depuis longtemps cultivée dans les oasis
littorales ont fait l‘objet de description phénologique de l‘étude de la composition chimique de leur dattes (Ben
Salah et Hellali, 2005). L‘évaluation agronomique des variétés de palmier dattier peut être d‘une grande utilité
pour compléter la description morphologique et pomologique. C‘est un outil utilisé depuis longtemps comme
moyen de description variétale. L‘objectif du présent travail présente une évaluation participative avec les
agriculteurs locaux des potentialités agronomiques de ces variétés pour mettre en valeur et tirer profit du savoir
faire des agriculteurs oasiens, en particulier la connaissance approfondie des conditions culturales.
Ces variétés ont des aptitudes culturales et d‘adaptation au milieu remarquables et produisent de nombreux sous
produits. L‘importance de plus en plus données aux variétés secondaires aussi appelées «communes» et entre
autres les variétés littorales est justifié par :
- Un intérêt à leur qualité de dattes à sucres simples,
- Mise en valeur des zones autres que sahariennes, auxquelles certaines variétés ne sont pas adaptées comme
‗Deglet Nour‘,
- Préserver et réhabiliter les oasis comme milieu privilégié de production en zones arides et une réserve de
biodiversité variée,
- Tirer profit de quelques variétés à valeur marchande comme ‗Kenta‘ dans le marché national et international.
2. Matériel et méthodes :
L‘évaluation agronomique, sujet de ce travail s‘est basée sur les descripteurs agronomiques se rapportant à
certaines aptitudes culturales, tolérances, qualité de dattes et des sous-produits ainsi qu'à la résistance aux
conditions de stress du milieu (salinité, hydromorphie, etc…) et aux attaques des ravageurs et des maladies.
Les appréciations agronomiques ont été déterminées, par une enquête réalisée chez 20 agriculteurs oasiens
indiqués pour leur connaissance approfondie de la culture du palmier dattier. Pour cela, un questionnaire
d‘appréciation sur les qualités de chaque variété a été élaboré. Chaque appréciation est notée (1) la plus faible (2)
moyenne ou (3) la plus élevée.
Une moyenne pondérée a été calculée et les résultats ont été analysés par une Analyse Factorielle des
Correspondances (AFC).
Les marqueurs agronomiques choisis sont:
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3. Résultats :
L‘analyse factorielle a permis de classer les variétés par moyennes pondérées en groupes distincts. Même si les
groupes de l‘analyse factorielle ne permettent pas de distinguer beaucoup de groupes elles ont montré que les
deux variétés ‗Bouhattam‘ et ‗Ammari‘ comme individus distincts des deus groupes générés. Un de ces groupes
est composés des deux variétés ‗Eguiwa‘ et ‗Mermella‘ l‘autre regroupe le reste des variétés (11 variétés).
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4. Conclusion :
Les oasis littorales abritent une riche biodiversité variétale. Les dattes littorales se distinguent par leur
consistance molle ce qui fait que leur consommation au stade ‗Blah‘ ou ‗Besser‘ est bien appréciée par les
oasiens. En plus, les dattes littorales sont plus riches en sucres réducteurs et moins riches en saccharose, ce qui
fait d‘elles des aliments plus diététiques.
L‘utilisation de quelques appréciations agronomiques comme descripteurs a permis de caractériser ces variétés
littorales sur la base d‘usages de produits ou sous produits ou aussi par des caractères de résistance ou de
tolérance aux conditions de culture.
Certaines variétés littorales se distinguent par la production de bon ‗Legmi‘ (‗Bouhattam‘ et ‗Ammari‘).
‗Ammari‘ est aussi réputée pour la solidité de son bois utilisé en construction et comme bois de chauffe.
‗Rochdi‘, ‗Mattata‘, et ‗Feliane‘ sont réputées les plus résistantes aux maladies et ennemies de cultures.
‗Bouhattam‘ est la seule variété qui prévaut économiquement par sa bonne qualité de folioles en vannerie.
Ces résultats permettent de confirmer l'importance des appréciations agronomiques dans la description variétale.
5. Références bibliographiques :
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Résumé :
Les zones montagneuses des Matmata, étaient depuis longtemps, le foyer de culture du figuier et de techniques traditionnelles de conduite et
de production. Les espèces et variétés cultivées dans ces zones se caractérisent par l'adaptation aux conditions locales, surtout de sécheresse.
Le présent travail répertorie et décrit 15 variétés populations cultivées dans la zone des Matmata utilisant, le port, les feuilles, les bourgeons
et les fruits. Des appréciations ont été aussi effectuées sur le fruit notamment la couleur de la membrane et de la chair, l‘acidité et le taux de
sucres solubles.
1. Introduction:
Les zones montagneuses des Matmata, étaient depuis longtemps, le foyer de culture de nombreuses espèces
fruitières, souvent cultivées derrière les ouvrages de conservation et rétention des eaux et du sol. Les espèces et
variétés fruitières cultivées dans ces zones se caractérisent par l'adaptation aux conditions locales surtout de
sécheresse, et aux techniques de conduites traditionnelles. Sujets à nombreuses pressions du milieu (sécheresse),
abandon de culture et la concurrence de nouvelles espèces et variétés végétales introduites (souvent plus
productives mais aussi plus sensibles), ces espèces et variétés locales risquent de se raréfier et disparaître. C‘est
dans le but de conserver, ces espèces et variétés végétales que cette action s'inscrit dans les activités du volet
"Développement des plantes cultivées" du projet zones montagneuses conduit dans le Gouvernorat de Gabès par
le CRDA local.
2. Matériel et Méthodes:
Pour chaque variété, trois pieds ont été repérés. Sur ces pieds la description des rameaux et des bourgeons a été
faite et des échantillons de feuilles et de fruits ont étés prélevés. Les mesures ont été faites sur 6 fruits et dix
feuilles prélevées au hasard sur les rameaux fructifères.
La longueur, la largeur du limbe et la longueur du pétiole ainsi que la largeur et le diamètre des fruits ont étés
mesurés au double décimètre. Le poids frais du le poids sec des fruits est évalué à l‘aide d‘une balance de
précision au 1/10. La surface foliaire a été déterminée par un planimètre manuel type Warzwa PL1. Le séchage
des feuilles a été fait à l‘étuve jusque l‘obtention du poids constant et a servis pour déterminer le pourcentage
d‘humidité des feuilles. La forme des feuilles a été décrite en fonction du nombre et de la forme des lobes et de
la profondeur des sinus. Le type de feuilles est définit selon Condit (1947). Le pétiole foliaire est classé, en
fonction du rapport de sa longueur sur la longueur du limbe (LP/L). Les formes distinctes des fruits sont définies
selon condit (1947). La taille des fruits est définie par le diamètre se référant à la classification proposée par
Condit (1947). Le pH de jus de fruits a été mesuré à l'aide d'un pH mètre modèle Hach EC 10. Quelques notes
ont aussi été adjointes sur la distribution et la sensibilité des fruits aux manipulations.
3. Résultats :
Le répertoire a permis de localiser et décrire 14 variétés populations locales de figuier se basant surtout sur les
caractères du fruit et de la feuille intégrant parfois la forme du port et des rameaux. La composition chimique du
fruit est réduite à leur richesse en eau et en sucres totaux exprimés en TTC, ainsi que l‘acidité exprimée par le
pH du jus. Les variétés-populations décrites dans ce travail sont les suivantes :
3.1. Bayoudi :
Variété population locale résistante aux conditions du milieu, son port est petit ses branches grêles quand elle est
conduite selon la méthode traditionnelle locale dans la région. Ses fruits sont jaunes et un peu rouges à
l‘intérieur. Elles sont un peu sensibles au sirocco. Elles sont parthénocarpiques (ne nécessitent pas de
caprification). C‘est une variété de fruits à sécher par excellence. Elles peuvent être ouvertes et séchées (Chriha)
ou séchées fermés ce qui donne les figues sèches (Gharbouz). Elle existe presque partout dans la région dans les
jessour en association avec l‘olivier parfois aussi avec d‘autres arbres fruitiers comme l‘amandier.
Elle s‘étend dans toute la région, dans des positions topographiques diverses, de la montagne jusqu'au piedmont
et même la partie de la plaine qui relie la zone montagneuse vers la cote du golfe de Gabes. L‘arbre est à port
érigé à vigueur moyenne. Les feuilles sont à majorité à trois lobes avec quelques unes à cinq lobes. La face
supérieure est de couleur vert foncé. La face inférieure a une couleur verte jaunâtre. Les feuilles à trois lobes sont
plus longues que larges avec un rapport largeur/longueur égale à 0.94. Le pétiole est long avec un rapport
Longueur/ largeur égale à 0.7. Le pétiole à une forme circulaire. La surface foliaire est d‘environ 189 cm 2. Les
jeunes rameaux sont bruns. Les rameaux âgés sont brun grisâtre. Les entre-nœuds sont de 15 mm. Le fruit à
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maturité est de couleur vert jaunâtre. Sa forme est oblate avec un rapport D/L de 1.2. L‘ostiole est petit et fermé
avec trois bractées vertes jaunâtres. Une coupe de fruit montre une chair rouge clair (rose) contenant assez
d‘akènes qui remplissent la cavité. Le jus de fruit est de couleur jaune blanche riche en akènes. Bayoudi présente
un pH peu acide de 5.052, un taux de TSS de 9.2 et une humidité de l‘ordre de 72 %.
3.2. Hammouri :
Variété cultivée dans toutes les montagnes de Matamata, aussi bien dans la zone de Beni Keddache que dans les
zones de Chenini, Douiret de Tataouine. Variété à couleur rougeâtre à l‘extérieur à peau fine et à fruits blancs à
l‘intérieur. Elle est de petit port, ressemblant un peu à Bayoudi. Ses fruits sont petits et sucrés, elles peuvent
servir à la consommation en frais et au séchage. Les feuilles sont en majorité à cinq lobes avec quelques unes à
trois lobes. Chaque lobe est spatuliforme et aigu. La face supérieure est de couleur vert et coriace. La face
inférieure est de couleur vert clair. Les feuilles sont plus longues que larges avec un rapport largeur/longueur
égale à 0.99. Le pétiole est de longueur moyen avec un rapport Longueur/larguer égal à 0.308. Le pétiole a une
forme circulaire. La surface foliaire est d‘environ 158.75 cm 2. L‘humidité de feuille est d‘environ 60.1%. Les
jeunes rameaux sont de couleur verte. Alors que les rameaux âgés sont bruns. Les entre-nœuds sont de l‘ordre de
5 mm. Le fruit à maturité est de couleur rouge violet. Sa forme est piriforme avec un rapport D/L de 0.98.
L‘ostiole est moyen. Le pédoncule est très long et de l‘ordre de 14.5 mm. Il est fermé par des bractées jaune
verdâtre. La chair de fruit a une couleur rouge rose riche en akènes. Le jus de fruit est jaune rose. Il présente un
pH peu acide d‘environ 5.26 et un taux de sucres totaux solubles égal à 9.57 %. Hammouri présente une
humidité égale à 62.29 %.
3.3. Khaddouri :
Variété a petits fruits très résistants aux manipulations. Ses fruits sont parthénocarpiques et de bon goût. Cette
variété est réputée comme Bayoudhi très résistante aux conditions de la zone. Elle existe presque partout dans la
zone aussi bien en montagne qu‘en plaine. Les feuilles sont aussi longues que larges avec un rapport
largeur/longueur égale à 1.044. Les feuilles sont à majorité à cinq lobes avec quelques unes à trois lobes. Le lobe
central est long et spatuliforme. Les lobes latéraux font des sinus pétiolaire peu profond. La face inférieure est
plus claire que la face supérieure. Le pétiole est long d‘environ 4.73 cm. Les feuilles présentent une humidité de
l‘ordre de 62.91% et une surface foliaire de 151.36 cm2.
Les jeunes rameaux sont brune verdâtre. Les rameaux âgés sont de couleurs brunes grisâtre. Les entre-nœuds
sont de 15mm. Le fruit est de couleur vert. Sa forme est oblate avec un rapport égale à 1.5. Il présente une taille
moyenne de 40 mm. Le pédoncule est de longueur moyenne. Il a une forme demi-circulaire, fermée par des
bractées vertes jaune. L‘ostiole est circulaire d‘environ 5mm. La chair de fruit est de couleur verte jaune dont la
cavité est riche en akènes. Le jus est peu acidulé avec un pH de 5.2. Il présente un taux de TSS de 12.66%.
L‘humidité dans les fruits de Khaddouri est de 58.66 %.
3.4. Chkhoumi :
Cette variété a été répertoriée à Chaabat El Maa, à Techine, chez Miloud Hmid. Le fruit est allongé, très rouge à
l‘intérieur. La membrane extérieure est de couleur rouge avec des stries jaunâtres à maturité. Ce figuier nécessite
la caprification. Ses fruits sont généralement utilisés pour la consommation en frais. Cette variété n‘existe que
dans la région de Matmata. Les pieds de cette variété vivaient plus de 100 ans. Il existe dans le village de
Techine un pied qui date de plus de 200 ans. Les feuilles sont en majorité à cinq lobes. Chaque lobe est
spatuliforme et aigu. La face supérieure est de couleur vert foncé et coriace. La face inférieure est de couleur vert
clair. Les feuilles sont longues que larges avec un rapport largeur/longueur égale à 0.967. Le lobe central est long
et pointu. Le pétiole est long et circulaire. L‘humidité des feuilles est de 63.634%. La surface foliaire est
d‘environ 202 cm2. Les jeunes rameaux sont bruns avec des bourgeons terminaux verts jaunâtres. Les bourgeons
âgés sont de couleur grisâtre. Les entre-nœuds sont de 20 mm. Le fruit à maturité est de couleur brun rougeâtre.
Sa forme est oblate avec un rapport D/L de 1.329. Le pédoncule est moyen. Il est fermé de trois bractées brun
rougeâtre. Une coupe de fruits montre une cavité interne rouge brune. Le jus de fruit est moyennement acide
avec un pH de 4.8. Il contient un taux de TSS d‘environ 13.33 %, avec une humidité de 61.6 %.
entre-nœuds sont de l‘ordre de 20 mm. Le fruit mature est de couleur vert. Sa forme est oblate avec un rapport
D/L égale à 1.138. Le fruit est de petites dimensions. Le pédoncule est de longueur moyen (34 mm) et ferme
avec des bractées verdâtres. Une coupe de fruit montre une chair rouge vif contenant beaucoup d‘akènes qui
remplissent la cavité. Le jus de fruit est légèrement acidule avec un pH égale à 5.2, alors que le taux de TSS est
égal à 7.8 %. L‘humidité de fruit est d‘environ 78.8 %.
3.6. Maghouli :
Variété à gros fruit ressemblant à ceux de Bither. Très rouge de l‘extérieur. Ses fruits mûrissent en été (au même
période de la 2ème production de Bither). Ses figues nécessitent la caprification. La membrane du fruit est épaisse.
L‘arbre est à port érigé de vigueur moyenne. Les feuilles sont aussi larges que longues avec un rapport
largeur/longueur égale à 1.172. Les feuilles sont en majorité à sept lobes avec quelques unes à cinq lobes. Le
lobe central est long et spatuliforme avec un apex aigu. Les lobes latéraux sont définis par des sinus pétiolaire
peu profond. La face supérieure est de couleur vert et coriace, alors que la face inférieure est duveteuse. Les
feuilles sont à humidité de l‘ordre de 68.9%. La surface foliaire est de 214.1 cm 2. Le fruit est de couleur verte
brune. Sa forme est oblate avec un rapport D/L égale à 1.185. Le pétiole est de longueur moyenne de 7mm. Sa
forme est sphéroïde. Il est fermé par des bractées vertes jaunâtres. L‘ostiole est circulaire avec un diamètre de
l‘ordre de 5mm. La chair du fruit est de couleur violette avec une cavité remplie d‘akènes. Le jus est peu acide
avec un pH de 5.065. Maghouli présente un taux de TSS d‘environ 10 et une humidité de 45%.
3.7. Nasri :
Répertorié à Techine (Zriba), Chaabet El Dhiba. Le fruit nécessite la caprification. Il présente des stries qui
apparaissent à maturité sur la surface du fruit. Il est réputé sensible à l‘humidité.
Les feuilles sont plus longues que larges. Elles sont en majorité à cinq lobes avec quelques unes à sept lobes. Les
feuilles à cinq lobes sont longues avec un rapport largeur/longueur égale à 0.93. Le lobe central est long et
spatuliforme. Les lobes latéraux font des sinus pétiolaires plus ou moyen profonds. Le pétiole est long environ
7.13 cm. Sa forme est sphérique. Les feuilles présentent une surface foliaire de 292.77 cm 2. L‘humidité est de
50.36%. Le fruit est de couleur vert violet. Il est piriforme avec un rapport D/L égale à 0.89. Sa taille est
moyenne de l‘ordre de 41.72 mm. Le pédoncule est long (3.014 cm) avec une forme sphérique. L‘ostiole est de
taille moyenne d‘environ 5 mm. La chair est de couleur violette riche en akènes remplissant la cavité. Le jus est
vert rosâtre. Il est acidulé avec un pH de 4.7. Nasri a un taux de TSS de 9.18 %. Son humidité est de 78.84%.
3.8. Soltani :
Une des variétés introduites dans la région et bien adaptées au sol et aux conditions climatiques si elle profite
d‘une protection contre le sirocco. Cette variété est aussi appelée Slatni parfois même confondue à Saoudi.
Pourtant elle diffère bien de la variété Saoudi par son cou un peu allongé. Elle est cultivée en irrigué à Matmata
Ejdida, elle est de bon calibre, le plant est bien développé, les fruits sont de très bonne qualité. Les échantillons
sont prélevés de Chenini. L‘arbre est à port de vigueur moyen. Les feuilles sont en majorité à trois lobes mais
l‘on rencontre aussi des feuilles à cinq lobes. Les feuilles à trois lobes sont plus larges que longues avec un
rapport largeur/longueur de 1.095. Le lobe central est long et pointu. Les lobes latéraux sont moins court et
présente des sinus pétiolaires peu profonds La face supérieure est coriace, alors que la face inférieure est
duveteuse. Le pétiole est de longueur moyenne avec un rapport longueur pétiole/longueur du limbe de 0.5 et de
forme sphérique. Les feuilles présentent une humidité de l‘ordre de 67.11 %. Les jeunes rameaux sont brun
verdâtre. Les rameaux âgés sont gris. Les entre-nœuds sont de 10 mm. Le fruit à maturité est de couleur noir
violet avec une nuance rouge verdâtre. Il est piriforme avec un rapport D/H de 1.062. Ce figuier a une taille
moyenne (42.5 mm). Le pédoncule est de longueur moyenne (4 mm). Il est fermé par des bractées vertes.
L‘ostiole est moyen d‘environ 5 mm. La chair est de couleur rouge brune riche en akènes qui remplissent la
cavité. Le jus de fruit est acidulé avec un pH de 5.27. Le taux de TSS de l‘ordre de 8.2 % et il présente une
humidité d‘environ 50.18 %.
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3.9.1. Saoudi :
A fruits noirs à l‘extérieur, rouges a l‘intérieur et bien adaptés à la consommation en frais. Existe dans une
parcelle en irrigué à Matmata Ejdida, elle est de bon calibre, le plant est bien développé, les fruits de très bonne
qualité, elle a un cou un peu allongé. Ses figues mûrissent en juillet. L‘arbre est à port de vigueur moyenne. Les
feuilles sont en majorité à trois lobes et des feuilles à cinq lobes. Les feuilles à trois lobes sont plus longues que
larges avec un rapport largeur/longueur égale à 0.88. Le lobe central est long et pointu. Les lobes latéraux sont
moins court et présente des sinus petiolaires peu profonds La face supérieure est coriace, alors que la face
inférieure est duveteuse Le pétiole est de longueur moyenne et de forme circulaire. Les feuilles présentent une
humidité de l‘ordre de 61.69 % et une surface foliaire de 145.02 cm 2 Les jeunes rameaux sont brun verdâtre.
Les rameaux âgés sont gris. Les entre-nœuds sont de 15 mm de longueur. Le fruit à maturité est de couleur noir
violet avec une nuance rouge verdâtre. Il est piriforme avec un rapport D/L de 1.038. Le pédoncule est long de
8.25mm. Il est fermé par des bractées vertes. L‘ostiole est moyen d‘environ 5mm. La chair est de couleur rouge
brune riche en akènes qui remplissent la cavité. Le jus de fruit est acidulé de pH 4.5. Le fruit de Saoudi présente
un taux de TSS de l‘ordre de 8.15% et présente une humidité d‘environ 76.67%.
caprification des figues d‘été causée par des problèmes de viabilité du Blastophage (insecte responsable de la
caprification) a fait que la production estivale était aussi modeste. Des pieds de Bither existent dans les jardins
privés et dans quelques périmètres où ils profitent souvent d‘un complément d‘irrigation.
4. Conclusions :
Le figuier est une espèce très cultivée et adaptée aux conditions des montagnes des Matmata. Quatorze variétés
populations ont été répertoriées et décrites dans le présent travail. Certaines sont adaptées pour la production de
fruits frais, d‘autres produisent des fruits de bonne qualité pour le séchage et la conservation. Des boutures des
principaux types variétaux ont été prélevées et installées en collection dans la pépinière forestière de Tounine.
5. Bibliographie:
-Ben Salah M. et M. H. Lejri. 1992. Description pomologique de quatre variétés de figuier (Ficus carica L.) des
oasis de Gafsa. Revue des régions arides. 1992. pp : 16-20.
-Ben Salah M., M. Ancilotti et M. Loumirem. 1995. Etude pomologique de six variétés de figuier (Ficus carica
L. typiques de Beni Kheddache. Bulletin des Ressources Phytogénétiques. IPGRI-FAO : N : 104, 1995 : pp :16-
20.
-Ben Salah M., Kadri N., Ben Mimoun M. et Hellali R. Répertoire et description de 6 variétés populations de
figuier (Ficus carica L.) dans les oasis de Nefzaoua. Séminaire international sur l‘aridoculture et cultures
oasiennes. Djerba du 22 au 25 novembre 2004. Institut des Régions Arides- Médenine.
-Condit I. J. 1941. Fig characteristics useful in the identification of varieties. Hilgardia. Vol 14 N°1.
-Condit I. J. 1947. The Fig. Edit Waltham, Mass. USA.
-Valdeyron G., et P. Crossa-Raynaund. 1950. Les fruits de Tunisie. Annales de l‘ INRAT Vol. 23.
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Chkhoumi Maghouli
Saoudi Soltani
Planche 1 : Fruits des principales variétés-populations de figuier répertoriées à Matmata
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L’agrobiodiversité oasienne :
Un potentiel à promouvoir et à préserver.
K.LAKHDARI1 (kaouthar74@[Link]) & Y. KHERFI1
Centre de Recherche Scientifique et Technique sur les Régions Arides_CRSTRA_ Omar El BERNAOUI_Biskra Algérie
Résumé :
L‘Oued Righ (Sud Est Algérien) est un chapelet d‘oasis (50) où la phoeniciculture a crée un véritable microclimat favorable aux espèces
arborescentes et herbacées plus délicates à conduire en régions arides. Malgré les contraintes du milieu nourricier (salinité, hydromorphie,
carence en matière organique..), ces oasis abritent toujours des cultures fruitières, légumières et fourragères d‘origine locale ou acclimatées,
valorisant l‘eau et le sol et améliorant le revenu des agriculteurs. Dans cette présentation, nous ferons état de cette agrobiodiversité en
mettant l‘accent sur ses atouts agro-écologiques et socio-économiques qui prennent un intérêt particulier pour le pays du sel qui est L‘Oued
Righ, notamment dans le contexte du réchauffement climatique.
Mots clés : Oasis, Agro biodiversité
1. Introduction
L‘organisation des Nations Unies pour l‘alimentation et l‘agriculture (FAO) tire la sonnette d‘alarme: « 12
variétés seulement fournissent les trois quarts des denrées alimentaires d‘origine végétale consommées dans le
monde (Veronooy, 2003)». Cette estimation pèse sur l‘agriculture moderne qui est menacée par l‘érosion
génétique: disparition et parfois éradication d‘une grande partie des anciennes variétés et leur remplacement par
des variétés hybrides qui ne sont pas reproductibles conformes au type. Ce qui oblige les agriculteurs à les
racheter à chaque compagne malgré leur exigence en intrants chimiques et leur coût élevé.
Face à cette menace le recours aux semences locales ou acclimatées utilisées par les petits agriculteurs vivant en
régions éloignées qui, bien souvent, n‘ont même pas bénéficié des avancées de l‘agriculture moderne est devenu
une des solutions pour mener de façon durable le combat de notre sécurité alimentaire. Il s‘agit la, d‘un état des
lieux de cette agrobiodiversité en vue de sa valorisation et de sa préservation.
2. Matériel et méthodes
2.1. Matériel
2.1.1. La présentation de la région d’étude
La région de l‘Oued Righ est une vallée, située au nord-est du Sahara Algérien. Elle s‘étend sur un axe sud-nord
dont la latitude est 32°54‘ à 39°9‘ Nord, et la longitude est 05°50‘, 05°75‘ Est. Aussi, elle fait partie du Bas
Sahara qui recèle d'importantes nappes d'eau souterraines, notamment celle du Continental Intercalaire. Certes, la
pénurie d'eau dans cette région ne se pose pas à l‘heure actuelle, mais sa qualité (eau très salée) pose un véritable
défi pour l‘agriculture. Le climat est de type saharien, caractérisé par des hivers rigoureux et des étés secs. Cette
vallée est scindée naturellement en trios blocs dénommés : Haut Oued Righ (la zone de Touggourt), Moyen
Oued Righ (la zone de Djamaa) et Bas Oued Righ (la zone de M‘ghair), (fig. 01).
En revanche, économiquement la vallée de l‘Oued Righ est une entité économique bien établie et très importante
grâce à ses oasis qui représentent la richesse phoenicicole de la région. En fait, le palmier dattier a assuré
l'existence et la stabilité de l‘homme dans ce milieu hostile par la garantie d'une alimentation suffisante en dattes
et par la création d'un microclimat favorable qui a permis aussi aux oasiens de cultiver d‘autres plantes aux pieds
de leurs palmiers, afin d'améliorer leur régime alimentaire, ce qui a permis la conservation des semences de
génération en génération.
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2.2. Méthodologie
La région de l‘Oued Righ, composée de plusieurs oasis cultivées depuis très longtemps malgré les conditions
hostiles du milieu (salinité des sols et des eaux, aridité du climat ….), abrite un riche patrimoine en bioressources
locales ou acclimatées. A travers cette étude on a tenté de faire un état des lieux sur ces bioressources à travers
des enquêtes aux niveaux des palmeraies, des marchés locaux et avec les agriculteurs dans les trois zones de la
région (Haut, Moyen et Bas Oued Righ). On a commencé par des sorties de prospection et de collecte des
semences locales ou acclimatées au niveau des différentes palmeraies (10 palmeraies /zone). L‘entretien avec les
agriculteurs et les vieux propriétaires constitue un deuxième niveau de prospection. Tandis que, le troisième est
la commercialisation de ces semences et de leurs productions Après ces sorties de terrain estival et hivernal le
travail a exigé une deuxième phase qui consiste à faire :
- L‘identification des semences collectées au moyen de documentation spécialisée.
- La description de chaque espèce identifiée (semence et plante).
- La constitution d‘une collection au niveau de la Station Milieu Biophysique CRSTRA -Touggourt. (fig.02)
Niveau de
prospection
Zone1:Haut l’Oued Righ Zone2:Moyen l’Oued Righ Zone 3:Bas l’Oued Righ
Identification
Description
Collection
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Jan
2009
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3. Résultats et discussions
3.1. Résultats : Identification des semences locales ou acclimatées.
3.1.1. Identification globale
De la première oasis à l‘amant ‗‘Goug ‗‘ jusqu‘a ‗‘Oum t'your‘‘ dernière oasis de la vallée de l‘Oued Righ, nous
avons recensé 32 semences locales ou acclimatées. Ces semences sont cultivées dans toutes les palmeraies.
Toutefois, certaines espèces ont disparu, ce qui est le cas des semences florales.
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3.2. Discussions
3.2.1. La répartition des espèces par famille
Nombre
Familles
D‘après le diagramme ci-dessus la famille des graminées figure comme la famille la plus importante en nombre
d‘espèces elle dépasse même la famille des cucurbitacées dont les espèces semblent plus tolérantes aux
conditions défavorables de la vallée notamment la salinité des sols et des eaux. La famille des graminées
regroupe des espèces utilisées pour la consommation humaine (blé, orge) et d‘autre utilisées pour les animaux
d‘élevage (avoine maïs sorgho).
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L es c ultures jan Fév Mar Avr Mai Jui Juil Aoû Sep Oct Nov Déc
01 Tomate cerise
02 Piment
03 Aubergine
04 Pourpier
05 Blette
06 L’oignon
07 Laitue
08 Potiron
09 Courge bouteille
10 Melon
11 Pastèque
12 Carotte
13 Radis
14 Fève
15 Navet
16 Gombo
17 Ail
18 Coriandre
19 Persil
20 Céleri
21 Basilic
22 Canthame
23 Menthe
24 Blé
25 Orge
26 Maïs
27 Sorgho
28 Avoine
29 Chou fourrager
30 Luzerne
Figure 4: Calendrier des travaux culturaux (le cycle de vie de chaque plante)
3.2.3. Commercialisation
Les civilisations dans la vallée Oued Righ se sont construites principalement autour du palmier dattier et
secondairement autour des cultures vivrières. Ces deux strates agricoles ont fournit une alimentation régulière et
diversifiée aux populations locales. Les dattes constituent l‘apport énergétique le plus important tandis que les
autres cultures améliorent les besoins en protéines, lipides, sels minéraux et vitamines. Ces produits ont permis
l‘organisation des oasis plus riches et plus complexes le long de la vallée avec une organisation
socioéconomique. En effet, la commercialisation des produits agricoles présente deux volets. Le plus important
est celui des dattes, qui dépasse le cadre local. Par contre, le deuxième qui concerne les cultures vivrières est
restreint aux marchés locaux (fig.5) car, leur production était de type familial, destinée à l‘autoconsommation, la
raison pour la quelle les agriculteurs reproduisent leurs propres semences. Aujourd‘hui certain d‘entre eux se
sont spécialisés dans la production et la commercialisation de ces semences. (Cf. Tableau 6) en ayant recours
toujours aux instruments des pesés traditionnels (fig.6 et 7) qui semble s‘expliqué par :
- L‘augmentation des besoins alimentaires
- Une prise de conscience par rapport à la consommation des produits sans intrants chimiques
notamment les pesticides
- Les besoins croissants en alimentation de bétail qui constitue toujours une source d‘apport protéique
non négligeable
- le coût élevé des produits agricoles en provenue d‘autres régions.
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Semence de Unité Prix (Da) Semence Unité Prix (Da) Semence de Unité Prix (Da)
de
01 Tomate cerise 200 L’ail Rabta 120 Blé 200
Rabai
02 Piment 100 Coriandre 100 Orge 200
Kaylla P
03 Aubergine 120 Persil 80 Maïs Kayla P 20
fourrager
07 Laitue 100 Menthe Houza des 200 luzerne 100g 120
racines
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A B
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B A
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s
4. Conclusion
La région de l‘Oued Righ s‘approvisionne toujours de sa polyculture vivrière grâce à une trentaine d‘espèces
locales ou acclimatées dont la disparition constituerait une perte sèche tant pour l‘agriculture que pour la
recherche scientifique :
- Ces semences sont à la portée des agriculteurs « les fellahs » au moment voulu à un prix accessible.
- Par ailleurs, ces bioressources constituent un potentiel génétique non négligeable pour la recherche
scientifique en vue d‘une sélection et d‘une amélioration semencière.
- Elles prennent un intérêt particulier dans le contexte de mondialisation imposée et de réchauffement
climatique.
5. Références bibliographiques
Association Sénégalaise de Producteurs de Semences Paysannes(A.S.P.S.P), 2008. Une foire de semences
paysannes traditionnelles, Sénégal,
([Link] 5p.
Clause J, .1997. Le guide Traité pratique de jardinage ; 895p
DURAND JH. et GUYOT J, 1952. L‘irrigation des cultures dans l‘Oued Righ. Éd, Travaux de l‘Institut de
Recherches Sahariennes, 77 p.
Mazoyer .M, Aubineau.M, Bermond.A, Bougler.J, Ney.B et Roger-Estrade.J, Sep 2002. Larousse agricole le
monde agricole au XXIe siècle. Edition M.A.A.N.S. Canada, 767p
Vernooy R, 2003. Sécurité alimentaire – Semences porteuses de menaces ou de solution, Publication du CRDI,
(http:www. Idrc. Ca /fr /ev).
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Annexe :
A:
A
Semences des cultures maraîchères A
B: Semences des plantes condimentaires
C: Semences des céréales
D: Semences des plantes fourragères
E: Semences des plantes médicinales
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Résumé :
Le présent travail s‘incère dans le cadre d‘un programme de caractérisation et de préservation des ressources phytogénétiques locales réalisé
par l‘Institut des Régions Arides de Médenine (IRA).
Une étude phénomorphologique a été faite sur dix populations locales de petit pois (Pisum sativum) au siège de l‘IRA. A travers cette étude ;
on a pu remarquer une variabilité morphologique nette entre les différentes populations.
Cette variabilité n‘est pas dite, dans ce cas, à l‘appartenance géographique mais elle peut être expliquée par l‘effet de la sélection des
semences.
Mots clés : caractérisation. , petit pois (Pisum sativum), ressources phytogénétiques, variétés locales.
Abstract:
This research is a part of a program to protect the local varieties of vegetations (plants) organized by Arid Regions Institute (IRA).
A morphological study of ten types of peas revealed the fact that there is a big difference between the ten varieties, which is due to the
selection of the seeds not to the geographical location.
Key words: Characterisation, peas (Pisum sativum), Phytogenetic resources, local varieties.
1. Introduction
Dans le règne végétal, la famille des Légumineuses occupe la deuxième place parmi les plantes à graines après
les Graminées ; elle comporte 600 genres et 1300 espèces; c‘est une culture très ancienne qui date de 2000 à
3000 ans avant J.C., ce qui atteste de son importance alimentaire actuellement justifiée par sa haute teneur en
protéines. Le petit pois est une légumineuse qui se cultive pour son fruit. On mange les grains verts, les grains
secs et les gousses à parchemin de certaines variétés, qui se mangent en entier à la façon des haricots filet.
Le pois présente une place de choix dans le système intensif de production céréalière et constitue un bon
précédent cultural pour le blé, grâce à ses résidus qui constituent une fumure enrichissante du sol, puisqu‘elle est
fixatrice de l‘azote de l‘air (Boyeldieu, 1991).
En Tunisie, et malgré ces importances, les productions et les superficies consacrées pour cette culture demeurent
faibles et loin de pouvoir satisfaire les besoins du consommateur; et ceci peut être dû à l‘irrégularité de
distribution des pluies, la négligence des techniques culturales adoptées, la manque des programmes
d‘amélioration et l‘utilisation des variétés étrangères non adaptées aux conditions sévères (Hélali, 1996).
Pour rendre cette culture plus rentable et satisfaire les besoins de consommateur ; il est nécessaire d‘utiliser des
variétés locales qui supportent bien les conditions de notre milieu.
Dans ce cadre, cette étude a été réalisée au siège de l‘IRA de Médenine visant la caractérisation morphologique
de quelques populations locales de petit pois.
2. Matériel et méthodes
2.1. Site de l’essai
L‘essai a été conduit au domaine de l‘Institut des Régions Arides de Médenine (IRA) en plein champ sur un sol
homogène à texture sableuse.
2.2. Matériel végétal
Le matériel végétal utilisé dans cette étude a porté sur 10 populations locales de petit pois, provenant de deux
principales régions (Mareth et Béni Khedache) (tableau 1)
Tableau 1 : Localités des populations de petit pois étudiées.
Populations Localités Gouvernerat
P 100 Ksar Jwamaa (Béni khedache) Médenine
P 200 Ksar Jwamaa (Béni khedache) Médenine
P 300 Ksar Elhallouf (Béni khedache) Médenine
P 400 Ksar Elhallouf (Béni khedache) Médenine
P 500 Ksar Elhallouf (Béni khedache) Médenine
P 600 Ksar Elhallouf (Béni khedache) Médenine
P 700 Mareth Gabès
P 800 Mareth Gabès
P 900 Mareth Gabès
P 1000 Mareth Gabès
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Les origines géographiques des différentes populations étudiées sont indiquées dans la figure 1.
Figure 1 : Zone de prospection et régions de collecte des populations de petit pois étudiées.
Tableau 2 : Classification des populations de petit pois étudiées selon la couleur du tégument de la graine.
Population Couleur du tégument de la graine
100-1 Verte
200-1 Verte
200-2 Jaune caramel
300-1 verte
300-2 Jaune caramel
300-3 Marron
400-1 Verte
400-2 Jaune caramel
500-1 Verte
500-2 Jaune caramel
600-1 Verte
600-2 Jaune caramel
600-3 Marron
700-1 Verte
700-2 Jaune caramel
800-1 Verte
800-2 Jaune caramel
900-1 Verte
900-2 Jaune caramel
900-3 Marron
1000-1 Verte
1000-2 Jaune caramel
Le semis a été fait à la main le 16/ 11/ 2006, les semences ont été enfouies dans le sol à environ 3 à 4 cm de
profondeur, une irrigation par submersion a été effectuée régulièrement.
Aussi les quantités importantes des pluies enregistrées pendant la période de culture ont favorisé le
développement des plantes, à la suite de ces précipitations un traitement phytosanitaire par un fongicide « le
Benlate » a été appliqué pour éviter les maladies cryptogamiques.
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-Les populations p1000-1 (53,3%), p500-2 (60%) et p800-2 (56%) présentent des plantes avec des tiges non
fasciées, alors que le reste des populations ont des tiges fasciées.
-Parmi les populations de petit pois étudiées, 18 populations présentent un maximum des plantes avec un
feuillage de couleur verte dont deux seulement (p900-2 et p800-2) ont une teinte grise.
-L‘absence de foliole et leur transformation en vrille chez le petit pois sont des caractères fort recherchés, surtout
sous climat aride, comme dans ce cas d‘étude ; mais et malheureusement, deux populations seulement et avec
des fréquences faibles (p400-1 avec 3,3 % et p500-2 avec 5%) présentent ces caractères ; au contraire, le reste
des populations présentent des folioles.
-Ces folioles sont caractérisées pour 20 populations par une denture à leur extrémité.
-Les stipules, chez le plus part des populations, sont très développés et ne sont pas en forme d‘oreille de lapin.
Ce caractère n‘est présent que chez les plantes de 7 populations.
-Pour les populations présentant des fleurs avec anthocyane ; les populations p300-1 et p500-2 ont des fleurs qui
ont des ailes de couleur rose pâle, les populations p900-3, p900-2, p600-3 et p500-2 ont des fleurs avec aile de
couleur pourpre rougeâtre.
-Les populations p900-3 et p900-2 (66.7%) présentent une pigmentation rouge pourpre de l‘aile très intense.
-Les étandards, des fleurs colorées, ont une pigmentation anthocyanique moyenne ; ces étandards sont
d‘ondulation moyenne pour les populations p100-1, p300-1, p300-2, p500-1, p600-1, p600-2, p600-3, p800-1,
p800-2, p900-1 et p900-2 alors que l‘ondulation de l‘étandard est forte pour les populations p300-3, p400-1,
p400-2 et p700-2.
-En ce qui concerne la forme de sommet du sépale supérieur de fleur, elle est pour la majorité des populations,
pointue et pour certaines populations (p200-2, p500-2 et p900-2) elle est acuminée.
-La majorité des populations de petit pois étudiées présentent des gousses soit partiellement soit entièrement
parcheminés, donc on peut dire que ces populations sont des pois à parchemin ou à écosser, ces populations
appartiennent a une variété demi-naine dont la hauteur est comprise entre 50 et 100 cm et plus (pour la
population p200-1 la hauteur est de 126,87 cm).
-Les populations p1000-1, p400-2, p600-1, p700-2, p800-1, p800-2, p900-1, p900-2 et p900-3 se caractérisent
par des gousses de courbure faible ; la courbure des gousses des populations p1000-1, p100-1, p200-1, p300-2,
p400-1 et p700-1 est moyenne.
-Le caractère courbure de la gousse est de type concave pour les populations p1000-2, p100-1, p200-1, p300-2,
p400-2 p800-2 et [Link] qu‘il est convexe pour les populations p1000-1(100%), p200-1(66,7%), p400-
1(66,7%), p600-1(66,7%) ; p700-1 (100%), p800-1 (100%).
-19 populations parmi les populations de petit pois étudiées se distinguent par des gousses qui ont une partie
distale tronquée, seules les populations p300-1(66,7%), p400-2(66,7%) et p600-3 (90%) ont des gousses à
extrémité de forme pointue.
-Les populations p900-3, p900-2 et p900-1 ont des gousses de couleur pourpre, tandis que la majorité des
populations présentent des gousses de couleur verte.
-Le caractère fil de la suture de la gousse est présent pour toutes les populations.
-On remarque que 15 populations ont des graines qui ne présentent pas des rides sur les cotylédons.
-Les graines prennent une forme ovoïdale pour les populations p1000-1, p100-1, p200-1, p300-1, p300-2, p400-
2, p600-2, p700-2, p800-1et p800-2 ,une forme cylindrique pour les populationsp100-1, p500-1, p500-2, p600-1,
p600-3, p700-1, p900-1, p900-2 et p900-3 et une forme rhomboïdale pour p200-2, p300-3 et p400-1.
-Pour 15 populations, les cotylédons de la graine sont de couleur jaune, alors que pour p300-3, p400-1, p600-3,
p800-1, p900-1, p900-2 et p900-3 ils prennent la couleur verte.
-Le caractère marbrure des téguments de la graine est présent chez les plantes des populations p900-1, p900-2,
p900-3, p600-3 et p500-2.
-Les tâches violettes sur le tégument de la graine ne sont présentent avec une grande intensité que pour les
populations p600-3 (56,7%), p500-2 (45%), p900-2 et p900-3 (23 ,3%).
-La couleur de tégument de la graine est verte brunâtre pour 12 populations, brun rougeâtre pour 9 populations et
brun pour 2 populations.
-La couleur noire du hile de la graine est presque absente pour toutes les populations étudiées sauf pour les
populations p300-2 (33 ,3%), p600-1(33 ,3%), p600-3 (36,7%).
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D'après ce dendrogramme les populations ne se regroupent pas suivant les origines géographiques mais selon des
caractères bien déterminés (comme la hauteur des plantes, nombre de fleur, etc.).
4. Conclusion
A la lumière des travaux effectués sur ces populations au siège de l‘Institut des Régions Arides (IRA), on a pu
déduire les résultats suivants :
Les populations de petit pois étudiées sont morphologiquement très homogènes, dont la majorité présentent des
gousses soit partiellement soit entièrement parcheminés, donc on peut dire que ces populations sont des pois à
parchemin ou à écosser.
Ces populations appartiennent à une variété demi-naine dont la hauteur est comprise entre 50 et 100 cm et plus
(pour la population p200-1, la hauteur est de 126,87 cm).
La population p100-1 est la plus précoce parmi les populations étudiées, puisque sa floraison a eu lieu après 56
jours de la levée.
Le caractère faxciation de la tige est présent pour le maximum des plantes, sauf pour les populations
p1000-1 (53,3%), p500-2 (60%) et p800-2 (56%) qui présentent des plantes avec des tiges non fasciées.
Pour la majorité des caractères, les populations p900-2, p500-2, p900-3, p200-2 et p300-3, p500-1, p300-2,
p800-2, p100-1 sont groupées: les populations p800-2, p900-2 et p900-3 sont originaires de Mareth alors que
les populations p300-3, p500-1, p500-2 sont cultivées dans deux zones différentes, mais voisines (ksar jawamaa
et ksar hallouf).
Les analyses effectuées ont montré que les populations étudiées ne se regroupent pas suivant les origines
géographiques mais selon des caractères bien déterminés (comme la hauteur des plantes, nombre de fleur, etc.).
La population p200-1 forme à elle seule un groupe, en effet, cette population se caractérise par la valeur
maximale pour chaque caractère.
Malgré que les caractères phénotypiques ne permettent pas d‘expliquer d‘une manière satisfaisante des
phénomènes aussi complexes, elles ont permis de dégager un ensemble de caractéristiques présentes chez des
populations de petit pois étudiées, mais absentes chez d‘autres et par conséquent une variabilité entre elles qui
n‘est pas du, dans ce cas, a l‘origine géographique mais peut être expliqué par l‘effet de sélection des semences.
Cette évaluation est certainement d‘une grande importance pour une meilleure valorisation agricole de cette
culture dans les zones arides de la Tunisie ; mais elle reste insuffisante pour déterminer les composantes du
rendement, il faut s‘intéresser a un plus grand nombre de génotypes et d‘autres caractères non étudiés dans cet
essai et ceci n‘est faisable qu‘en fonction de certaines conditions tel que la disponibilité du matériel végétal, le
temps disponible pour l‘étude, etc.
5. Références bibliographiques
Boyeldieu.J., [Link] des graines oléagineux et protéagineux. Editions TEC et DOC .Paris.
Hélali. M., 1995-1996. Analyse de quelques critères de sélection chez le petit pois (Pisum sativum. L). Mémoire
de fin d‘études. Cycle ingénieur. ESHE Chott Meriam. 44 p.
UPOV., 1994. Principes directeurs pour la conduite de l‘examen des caractères distinctifs, de l‘homogénéité et
de la stabilité de pois (Pisum sativum L.).
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Résumé :
La Luzerne (Medicago sativa) est parmi les cultures fourragères les plus répandues dans les oasis du sud Tunisien. 20 populations de la
luzerne cultivée originaire du sud Tunisien font l`objectif de ce travail, en étudiant leur diversité génétique qui se base sur la marqueur
moléculaire RAPD (Random Amplified Polymorphic DNA). L`utilisation du quatre amorce permet d`amplifier 34 fragments dont 28 sont
polymorphes. Le nombre moyen de fragments polymorphes par amorce est de 7. Le pourcentage de polymorphisme moyen entres ces
populations Tunisiennes de la luzerne est de 72.85%, le Rp (Resolving power) est de 13.2 et le PIC (Polymorphism Information Content)
varie entre 0.76 et 0.81 avec un moyen de 0.81. Le dendrogramme UPGMA (Unweighted Pair Group Method with Arithmetic Averaging)
obtenu registre ces populations en trois groupes différents indépendamment de leur origine géographique.
Mots clés : Medicago sativa, RAPD, Rp, PIC, Bandes Polymorphes.
Abstract:
Lucerne (Medicago sativa) is the most important fodder crop in the oases of Tunisia. A total of 20 populations from representative of
―Gabssia‖ landraces were collected and evaluated ex situ at IRA experimental fields of Mednine.
The random amplified polymorphic DNA (RAPD) marker was assessed to detect the genetic relationships among these 20 populations of
alfalfa. Four primers were screened from ten random decamer primers, and a total of 34 bands were amplified, 28 of which were
polymorphic. The average number of polymorphic DNA was amplified by each primer was 7.
The high percentage of polymorphic bands (%PB) of 72.85 and the resolving power (Rp) collective rate value of 13.2 were scored. In
addition, the polymorphism information content (PIC) values varied from 0.76 to 0.85 with an average of 0.81.
Based on the 34 RAPD markers estimates of the genetic distance exhibited values ranged from 0 and 0.632 with an average of 0.28. The
derived UPGMA dendrogram has clustered the 20 populations into three main groups independently from their geographical origin.
Key Words: Medicago sativa, genetic diversity, RAPD, Polymorphic Bands, Resolving power, PIC.
1. Introduction
Lucerne (alfalfa) is the most important sown perennial fodder in Tunisia. It is widely adapted and can be found
throughout the country. It is grown over 12,410 ha (Ministère de l‘Agriculture et des Ressources Hydrauliques
2002 ; Ministère de l‘Environnementet du Developpement Durable 2007). The majority of those hectares are
found in the oases. As well as being a valuable fodder and forage crop (Dolle 1990; Ferry and Toutain 1990;
Lasram 1990; Tisserand 1990), it is highly salt tolerant (Janati 1990; Mezni et al. 2002; Aganga and Tshwenyane
2003) and is widely adapted to southern Tunisia farming regions (oases). There are large areas where growing
lucerne would be beneficial but its use is constrained to environmental stresses, such as high water salinity and
drought (Garnett et al. 2004). Lucerne has been grown in oases of Tunisia since many years. Local landrace
called ‗Gabssia‘ has a long history of cultivation worldwide and it has shown wide adaptation to a range of
environments (Bolanos et al. 2000). Its agronomical interest is based on its high protein content, suitable feeding
value and favorable environmental impact (perenniality and no nitrogen fertilizer required) (Julier et al, 2005). It
is an autotetraploid (Stanford, 1951), with 2n = 4x = 32 (Armstrong, 1954; Dermaly, 1954), allogamous and
seed-propagated species. These factors contribute to the genetic complexity of alfalfa at both individual and
populations levels. Lucerne originates from Asia Minor, Transcaucasia, Iran and Turkmenistan and is diversified
in the Mediterranean area (Michaud et al, 1988).
RAPD is a molecular marker widely used in genetic variability analyses due to it`s simplicity and speed,
dispensing previous genetic information of the sample under study (Beebee and Rowe, 2004), although no locus
specific information is presented (Ferreira and Grattpaglia, 1998). Basically, it`s a variation of the PCR
amplification technique, using a simple primer of arbitrary sequence that will amplify a random region of the
analyzed genome. Even though the reproducibility of this marker has been previously questioned (Penner et al.,
1993), adjustment in the technique have made the obtainment of reproducible results possible (Bielawski et al.,
1995; Adams et al, 1998) permitting the use of this markers in many types of genetic analysis.
ISSR markers are generated via PCR reactions with a single primer designed from repetitions of two or three
nucleotides anchored in a sequence of one to three nucleotides that aim to eliminate slippage related artifacts
(Zietkiewicz et al., 1994). The amplified regions represents the sequence between two microsatellite sites and the
absence of bands in interpreted as a divergence of the primer or loss of a locus by the deletion of the SSR sites or
chromosomal rearrangement (wolfe and Liston, 1998). Some advantage related to this marker are the small
quantitie of DNA required for the reactions, the small number of PCR reactions, the hypervariability of the
bands patterns and their easy detection, besides the hugh PCR reactions annealing temperatures that reduce the
quantity of artifacts and errors (Wolfe et al, 1998a).
DNA molecular markers have been employed as a tool in many studies such as genetic variability and gene flow
analysis, species identification and even sexual differences in the individual behavior and population structure
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levels (Ferreira and grattapaglia, 1998; Wolfe et al., 1998a,b; Fernandes-Mtioli etal., 2000; Liu and wendel,
2001; Prioli et al., 2002; Vasconcellos et al., 2003; da silver et al., 2003; Arcade et al., 2000; Haig et al., 2003;
Ge et al., 2003; de almeida et al., 2003; Hatanaka and Galetti, 2003; Leuzzi et al., 2004; amongs others).
Continuing the studies on the chromosomal variability of A. faciatus, we related the different the different
caryotypic forms found to DNA moleculars markers (RAPD and ISSR), in order to test the possibility of gene
flow and to estimate the genetic variability between them.
The present study was undertaken to estimate the genetic diversity and genetic relationships among some
populations of cultivated alfalfa originated from Tunisian south.
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Data analysis
Each gel after electrophoresis and staining was analysed by scoring manually the present (1) and absent (0)
polymorphic RAPD bands in individual lines for each primer pair combination and the values were used to
compile binary data matrix.
For all primers combination, the total number of bands was determined and only the polymorphic ones were
taken into account in this study to estimate the percentage of polymorphic bands (%PB). The ability of the most
informative primers to discriminate among populations was assessed by calculating the resolving power (Rp)
(PrevostandWilkinson, 1999) which has been reported to correlate between accessions. Evaluation of the Rp was
performed according to the formula of Gilbert et al. (1999):
and P is the proportion of the accessions containing the I band. Moreover, the discriminating power of derived
markers was made by the assessment of the polymorphism information content (PIC) using the following
formula:
k
PIC= 1- Σ Pi2
i=1
Where k is the total number of alleles detected or agiven marker locus and Pi is the frequency of the ith allele in
the set of genotypes investigated (Lynch and Walsh,1998).
The similarity matrix was analysed with the Neighbor-joining program using PHYLIP software (Phylogeny
Inference Package, version 3.5c) (Felsenstein,1995) to construct a dendrogram summarized the relationships
between 20 Tunisian alfalfa populations using the unweighted pair group method with arithmetic averaging
(UPGMA) algorithm (Sneath and Sokal, 1973).
3. Results
3.1. RAPD markers and polymorphism
The four RAPD primers resulted in 34 different amplification products with 28 polymorphic RAPD bands for
the 20 populations. The average of polymorphic bands per RAPD primers was 7 (Table 3). The largest number
of polymorphic bands (13) was produced with AF14 primer, and the least number of polymorphic bands (9) was
obtained by AT. Different levels of polymorphisms were detected since as the percentage of polymorphic bands
(%PB) ranged from 20% for AT to 100% for AF14 primer (Table 3). Thus, we assume that the majority of tested
primers are powerful to detect DNA polymorphisms in alfalfa populations. Moreover, estimates of the resolving
power (Rp) showed a high rate of collective Rp (13.2), with an average of 3.3 (table 3). Moreover, as reported in
Tab. 3, the polymorphism information content values varied from 0.76 to 0.85 with a mean of 0.81. Therefore,
data proved that RAPD is an attractive and powerful procedure to survey alfalfa population‘s genetic diversity.
3.2. Genetic diversity and genotypes relationships obtained by RAPD markers
Based on the 34 RAPD markers estimates of the genetic distance exhibited values ranged from 0 and 0.632 with
an average of 0.28 suggesting that the genotypes studied are characterized by a great divergence at the DNA
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level. The lowest genetic distance value of 0 has been scored between ‗Chenchou, Chenenni1‘; ‗chenenni3,
Tboulbou‘ and ‗Nouael, Jersine‘; the genetic distance between 0.01 and 0.17 has been scored between ‗Kattana
and chenenni1,3; Chenchou and Tboulbou‘ ; Chenenni3 and Tboulbou, Ghannouch, Essdada, Degach, Nouael,
Jersine‘; ‗Essdada and zaafarane‘ and ‗ Bouhlel and Degach, Zaafarabe‘. However, ‗Kattana and Elgolaa‘;
‗chenenni3 and, Metwia, HammaJerid, Elgolaa, Limaguess, Stiftimia‘ and ‗HammaJerid and Elglaa‘ were most
divergent, with the highest genetic distance between 0.5 and 0.65. All the other ones have displayed different
intermediate levels of genetic similarity.
The derived UPGMA dendrogram illustrated in Fig. 1 has clustered the 20 populations into three main groups.
The first, labeled (I) consisted of ‗Chenchou‘ and Chenenni‘. The second, labeled (II), is monophyletic branch
consisted of ‗Kattana‘ population. All the remaining populations, belonging to all the prospected areas, are
grouped in the third cluster, (III) that exhibited two sub-groups. The first subgroup (III-1) is composed of
‗Chenenni3‘ and ‗Tboulbou‘ populations, while the second sub-group (III-2) is composed of the remaining
cultivars. This result suggests that the cultivars studied are clustered independently from their geographical
origin.
The tree illustrated in fig. 2 presented the phylogeny between these 20 Tunisian populations of alfalfa. It
confirmed the result obtained by the UPGMA dendrogram. The root distance was ranged between 0.053 and
0.425 with an average of 0.212 (Tab 3). Three branches derived from the origin, the first concerned ‗Chenenni1
and Chenchou with the same root distance (0.053), the second branch concerned one population ‗Kattana with a
root distance of 0.076 and the third branch concerned all others alfalfa populations with different root distances
varied between 0.083 (Chenenni3 and Tboulbou) and 0.425 independently from their geographical origin.
Figure1. Dendrogram of the 20 Tunisian alfalfa populations based on UPGMA methods using the similarity
matrix generated by the Jaccard coefficient after amplification with 4 RAPD primers (PHYLIP).
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a b
c
4. Discussion
Molecular markers successfully developed during the last two decades have largely overcome the problems that
are associated with phenotype-based classification. But PCR based techniques developed in recent years such as
Random Amplified Polymorphic DNA (RAPDs) (Williams et al., 1990; Welsh and McClelland. 1990], these
markers are simple and rapid to obtain (Hadrys et al., 1992). They are independent of the amount and quality of
DNA (Caetano-Anollés 1994) and do not require prior knowledge of the genome because they rely on universal
sets of primers. RAPD markers are essentially unlimited in number and usually very polymorphic. Little is
known about the nature of the DNA sequences amplified by the RAPD technology, but most of them are
supposed to be non coding and/or unlinked to structural genes (Williams et al . 1990).
To evaluate the informativeness and efficiency of RAPD markers in analysis of genetic diversity as well as
population differentiation assessments, the total numbers of polymorphic bands, PIC value, and Rp for each
RAPD primers were estimated. The largest number of polymorphic bands (13) was produced with AF14 primer,
and the least number of polymorphic bands (9) was obtained by AT. Different levels of polymorphisms were
detected since as the percentage of polymorphic bands (%PB) ranged from 20% for AT to 100% for AF14
primer. Thus, we assume that the majority of tested primers are powerful to detect DNA polymorphisms in
alfalfa populations.
Moreover, estimates of the resolving power (Rp) showed a high rate of collective Rp (13.2), and the
polymorphism information content values varied from 0.76 to 0.85 with a mean of 0.81.
The PIC index describes diversity between accessions and characterizes the degree of polymorphism in each
locus, a PIC value of less than 0.25 indicating low polymorphism, a value between 0.25 and 0.5 average
polymorphism and a value higher than 0.5 a highly polymorphic locus (Botstein et al., 1980).
The populations clustered independently from their geographic origin: the branch ―c‖ was considered the most
distant to the ancestor compared to the branches ―a‖ and ―b‖ considered the nearest to the ancestor.
This molecular marker used in the present study was also used to describe the genetic diversity associated with
non-directly selected traits such as digestibility or fiber content among 26 alfalfa populations and 30 plants per
population, the within-population variance accounted for 50% of the total genetic variance (Crochemore et al.,
1996). Similarly, Dehghan-Shoar et al. (1997) and Gherardi et al. (1998) found large within-population variation
using RAPD markers in alfalfa.
RAPD is commonly used as markers in genome mapping in a wide range of plant species including lucerne
(Echt & al. 1993, Kiss & al. 1993) and are now being increasingly employed for studies of genetic relatedness
among cultivars of species which are predominantly autogamous ( Yu & Nguyen 1994).
It has also been used as effective tools to evaluate genetic diversity and to throw light on the phylogenetic
relationships in Asimina triloba (Huang et al., 2003; Powell et al., 1996). These studies have given important
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Revue des Régions Arides – Numéro spécial – 24 (2/2010) Actes du 3ème Meeting International ‘’Aridoculture et Cultures Oasisennes :
Gestion et Valorisation des Ressources et Applications Biotechnologiques dans les Agrosystèmes Arides et Sahariens’’Jerba (Tunisie)
15-16-17/12/2009
clues in understanding species relationship, which may further assist in developing and planning breeding
strategies.
Many empirical studies have shown that RAPD markers may be efficient tools for analyzing the genetic
structure of diploid populations (Haig et al., 1994; Isabel et al., 1995; Peakall et al., 1995; Yeh et al., 1995; Le
Corre et al., 1997; Aagaard et al., 1998).
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