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I. La mise en oeuvre d'un projet républicain
A. Le difficile retour de la République
Chronologie :
• – 4 sept 1870 : alors que Napoléon III prisonnier, la République est proclamée depuis le
balcon de l'hôtel de ville de Paris. Gouvernement de Défense nationale mis en place : les princi-
pales figures républicaines, comme Léon Gambetta, sont en effet partisans d'une poursuite de la
guerre.
• – janvier 1871 : la défaite militaire se confirme [cf. chapitre précédent] = armistice
• – février 1871 : élections. L'enjeu de l'issue à donner au conflit (accepter conditions de paix
ou reprendre une résistance) est important. Les monarchistes sont les plus rassurants pour une po-
pulation majoritairement rurale, qui aspire à la reconstruction nationale. Ils remportent les élec-
tions, mais sont divisés : orléanistes et légitimistes [vous savez ce que cela veut dire désormais].
Pouvoir exécutif confié à un homme politique conservateur, Adolphe Thiers.
• – mars 1871 : une grande partie du peuple parisien
- qui refuse de reconnaître la majorité nouvellement élue ;
- qui est aussi favorable à la poursuite de la guerre (la ville avait résisté aux Allemands au prix
d'immenses souffrances) ;
- qui veut des réformes politiques et sociales radicales,
déclenche l'insurrection de la Commune [je vous raconterai deux ou trois choses sur cet épisode
important] et installe un gouvernement autonome pour Paris. Quelques-unes des mesures prises :
laïcisation de l'enseignement, démocratie directe, anticléricalisme (rupture du Concordat, dizaines
de prêtres massacrés et l'archevêque de Paris fusillé), coopératives ouvrière, etc.
• – mai 1871 : reconquête extrêmement violente de Paris par l'armée régulière (les « Ver-
saillais » ; le gouvernement avait dû se replier à Versailles). « Semaine sanglante » = plusieurs mil-
liers de morts. La Commune devient événement de référence pour les mouvements d'extrême-
gauche ou libertaires (fondateur notamment pour Marx). Et repoussoir pour les conservateurs.
La majorité monarchiste entend mener à bien son projet de restauration. Mais les divisions com-
pliquent cela. Episode connu sous le nom de "l'affaire du drapeau blanc" [que je vous raconterai]
avec le prétendant légitimiste, le comte de Chambord = l'espoir d'une restauration s'éloigne forte-
ment.
En attendant une autre solution, un accord se fait pour voter les lois constitutionnelles de 1875 vo-
lontairement très brèves et techniques pour laisser la porte ouverte à plusieurs projets politiques
potentiels. Un amendement voté à une voix de majorité (« l'amendement
Wallon») accepte la dénomination de République pour le nouveau régime [ici comprenez bien : la
proclamation de la République le 4 septembre s'était faite au balcon de l'hôtel de ville de Paris ;
en 1875, on entérine cela officiellement d'une certaine manière. Mais cette République n'est pas
encore gouvernée par des républicains.
Cela ne va pas tarder.]
B. L’instauration volontariste d’un modèle républicain dans la société.
- Les victoires législatives des républicains.
En 1876, les républicains remportent les élections législatives. Graves crise en 1877. Dissolution de la
chambre des députés par le président Mac-Mahon. Nouvelle élections. Mac-Mahon démissionne, triomphe
des républicains.
Fonctionnement politique de la troisième république à l’issue de cette crise de 1877.
- Démocratie parlementaire, avec un président de la république très effacé (expression: inaugurer les chry-
santhèmes) citation du général de Gaule. Le président refuse à son droit de à son droit de dissolution
(chambre des députés)
- Suffrage universel masculin. Les républicains refusent le vote aux femmes, qu’ils disent être sous l’in-
fluence des prêtres. En général forte participation aux élections. Caractéristiques de la troisième répu-
blique: passion politique dans la société, et grande figure marquante des société.
- Justement, rôle fondamental de la loi, pour installer la république dans les années 1880:
-> Certaines sont des lois de libertés fondamental s’inscrivant dans les but anciens républicain: Liberté de la
presse, de réunion, liberté syndical.
-> D’autres sont des lois forte: Marseillaise devient hymne national en 1879; fête national le 14 Juillet…
-> D’autres lois enfin répondent à la volonté d’inscrire la république dans les mentalités contre les opposi-
tions qui restent forte.
- Lois de 1884: La forme républicaine du gouvernement ne peut pas être révisé.
- Ecole. Le principal combat politique de ces années = celui de l’enseignement. Lois scolaire de
Jules Ferry (1881-1882). Plus que le caractère obligatoire de l’instruction, entre 6 et 13 ans, et plus
que la gratuité de l’école (deux aspects qui sont renforcé mais qui existaient déjà largement), c’est
le caractère laïc de l’école qui constitue la principale nouveauté et polarise les débats. Forte
tensions avec l’église. Si la lutte contre l’influence de l’église est un objectif affiché de Ferry, les
lois scolaires ne se résument pas à cela: cf: toujours le poids de la défaite de 1870 -> volonté de
diffuser un fort patriotisme dans le pays, cela passe par l’école
- Armée. Lois de 1889 = service militaire obligatoire de deux ans (pour les hommes). Au de la de
l’idée bien présente de revanche. But = favoriser brassage social et culture national commune.
C. Des oppositions a la république.
a. L’opposition conservatrice et catholique.
Double rappel: place de la religion catholique au sein de la population; place de l’anticléricalisme dans le
programme officiel des républicains. Au début de la troisième république, faire profession publique d’adhé-
sion à l’église = presque s’exclure du mouvement républicain, et réciproquement.
La question scolaire a marqué durablement les esprits. Pour mettre fin au blocage, le Pape LeonXIII prend
une initiative: sans aller jusqu’à demander aux catholiques de devenir républicains, il les appellent à ne pas
se mettre en marge de la vie politique pour cause d’opposition à la république. C’est le ralliement en 1892 .
Cet appel scandalise beaucoup de catholiques engagé en politique qui sont majoritairement conservateur et
monarchistes; à l’opposé il augmente l’influence des catholiques qui espèrent une réconciliation entre cer-
taines idées démocratiques et l’Eglise.
Le conflit se durcit à partir de 1902 avec le gouvernement d’Emile Combes (ancien séminariste), ouverte-
ment très anticlérical (cf: ci dessous parti radical) et ses successeurs.
Ill. La rapide expansion de l'empire colonial français sous la III° République
Dans les années 1880, une nouvelle phase de conquêtes coloniales s'ouvre pour France
(comme pour d'autres pays, surtout européens).
Colonies (définition à connaître par cour) = territoires conquis, dominés et exploités
par une puissance étrangère, la métropole.
Pas simplement occupation militaire. Pas non plus annexion : maintien d'une différenciation
entre le citoyen français et le colonisé.
A. Une accélération de l'expansion coloniale à la fin du XIX° siècle
a) pourquoi à ce moment ?
Lecture du célèbre discours de Jules Ferry (28 juillet 1885)
Raisons multiples. Difficulté à déterminer la part de chacune, car elles se recoupent parfois :
• raisons liées à la situation européenne au XIX° (point très important à cette époque, à
bien comprendre). Naissance de nouveau Etats-Nations = augmentation des rivalités national = compétition
des états dans la recherche du prestige et ces états vont se sentir en compétition. Les colonies deviennent un
élément centrale de ce prestige.
• raisons internes à la France de la III° république: pays fragilisé par la révolution de 1870
• Raisons économique: pour certains, la colonisation est un moyen de relancer l’économie (nouveaux dé-
bouchés, nouvelles ressources) mais d’autres mettent en avant le coût des colonies
• Argument de civilisation: le XIX° siècle est un siècle de confiance cas religieuse dans le progrès
-> Devoir de répandre ce progrès, cette civilisation a des peuples jugé inférieur.
Ces arrivants rencontrent beaucoup d’opposition, à gauche (exemple de Clemenceau) ou à droite (la majorité
des conservateurs et monarchistes) et dans la majorité des populations. Raison principal: il ne faut pas se dé-
tourner de la récupération des provinces perdu (Alsace-Moselle)
B. Quelques étapes.
La colonisation est souvent improvisé, mené sur le terrain par les explorateurs (ex: Brazza), des militaires, et
des missionnaires (religieux ayant pour mission d’évangéliser les populations non chrétiennes dans les colo-
nies)
Toute fois volonté de développer un axe colonial EST-OUEST (France: Dakar Djibouti)
Problème: concurrence avec l’axe Nord Sud du Royaume-Uni (Le Caire Le Cap) A l’intersection de ces
deux axes il y a Fachoda, crise de Fachoda en 1898.