Feuille Tage
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comptabilité
Principes
de technique
bancaire
Luc BERNET-ROLLANDE
27e édition
Tous mes remerciements à Andréina POQUET et à Philippe CHANOINE
pour leur aide très précieuse.
ISBN 978-2-10-072643-1
Table des matières
Partie I
Le système bancaire français 1
Partie II
La banque et les particuliers 77
III
able des matières
T
Partie III
La banque et les entreprises 275
IV
Les crédits par signature 337
Le financement des marchés publics 343
Les billets de trésorerie 344
Partie IV
La banque et les marchés de capitaux 415
Conclusion 499
Index 500
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Partie I
Le système
bancaire français
Chapitre 1
Historique
et acteurs
Executive summary
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1. Historique et acteurs
Historique
Les principales étapes
1941 : réglementation de la profession.
1945 : nationalisation de la Banque de France et des plus grandes
banques.
1966 : organisation d’une meilleure concurrence entre les diverses
catégories de banques.
1982 : nationalisation des banques à concurrence de 95 %.
1984 : loi relative à l’activité et au contrôle des établissements de
crédit entraînant une refonte complète de l’organisation et de la régle-
mentation des organismes de crédit.
1986 : dénationalisations partielles.
1993 : privatisations partielles.
1996 : loi de modernisation des activités financières.
1988 : accord de Bâle I.
1999 : loi réformant le statut des caisses d’épargne.
2001 : loi « Murcef » sur les mesures urgentes de réformes à caractère
économique et financier.
2003 : loi sur la sécurité financière (LSF) créant notamment l’Autorité
des marchés financiers.
2004 : accord de Bâle II.
2007 : directive MIF et directive sur les services de paiement.
2010 : loi de régulation bancaire et financière et accord de Bâle 3.
2010 : publication de l’accord de Bâle III.
2010 : loi de régulation bancaire et financière qui renforce la régu-
lation et l’encadrement du système financier ; les principales mesures
sont les suivantes :
• encadrement des ventes à découvert sur les instruments financiers ;
• régulation des marchés dérivés ;
• contrôle des agences de notation par l’AMF ;
• création d’une autorité unique de contrôle et de surveillance des secteurs
de la banque et de l’assurance : l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) ;
• création d’un Conseil de la régulation financière et du risque systé-
mique ;
• renforcement des pouvoirs de sanctions de l’ACP et de l’AMF ;
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• encadrement de la rémunération des opérateurs de marchés ;
• encadrement des frais bancaires avec mission au Comité consultatif
du secteur financier de surveiller l’évolution des tarifs bancaires ;
• obligation pour tous les intermédiaires financiers de s’immatriculer
sur un registre unique consultable par tous les consommateurs ;
• réglementation des les marchés carbone ;
• lutte contre les prises de contrôle rampantes avec abaissement à 30 %
du seuil de l’offre publique obligatoire.
2013 : loi de séparation et de régulation des activités bancaires :
• Obligation pour les banques de séparer leurs activités utiles au finan-
cement de l’économie des activités spéculatives qui devront être can-
tonnées dans une filiale séparée. Avec, en cas de difficulté, interdiction
de recapitalisation directe ou indirecte par l’État.
• Mise en place d’un régime de résolution bancaire : l’Autorité de
Contrôle Prudentiel (ACP) devient l’Autorité de Contrôle Pruden-
tiel et de Résolution (ACPR) ; un Fonds de résolution entièrement
approvisionné par le secteur bancaire et financier devra être créé et
ses missions seront confiées au Fonds de garantie des dépôts et de
Résolution.
• Renforcement des pouvoirs de contrôle et de supervision de l’AMF et
de l’ACPR.
• Interdiction de certaines opérations aux banques : spéculation pour
leur compte propre sur les dérivés de matières premières agricoles,
interdiction des opérations de trading à haute fréquence.
• Création du Haut conseil de stabilité financière qui sera doté de « pou-
voirs juridiquement contraignants pour limiter les risques de nature
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1. Historique et acteurs
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ment, conseils et gestion en matière de patrimoine pour les particuliers,
conseils et gestion au service des entreprises, émission et la gestion de
monnaie électronique… en fonction des agréments dont elles disposent.
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1. Historique et acteurs
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Les contraintes réglementaires
Statut juridique
L’activité bancaire peut être exercée sous forme de SA, SARL, d’EURL ou
d’une société à capital variable. Le plus fréquemment, elle aura la forme
d’une société anonyme.
Dirigeants
Ils ne doivent pas avoir subi certaines condamnations (crime, faux et
usage de faux, abus de confiance, fraude, banqueroute, recel, faillite,
etc.) et avoir l’expérience adéquate avec leur fonction.
Agrément
Avant le début d’exercice, les établissements doivent obtenir un agrément
qui est délivré par l’Autorité de contrôle prudentiel et de Résolution (ACPR).
tème bancaire.
Les établissements de crédit dont le siège est situé dans un État
membre de l’Union européenne ou dans un État partie à l’accord sur
l’Espace économique européen et y ayant été agréés n’ont pas besoin de
l’agrément de l’ACPR pour exercer leur activité en France.
Pour délivrer l’agrément autorisant la fourniture d’un ou plusieurs ser-
vices d’investissement, l’ACPR vérifie notamment le programme d’acti-
vité de chaque service proposé. Ce programme doit préciser les conditions
dans lesquelles l’établissement de crédit fournit les services d’investisse-
ment, le type d’opération envisagée et la structure de l’organisation.
L’établissement de crédit doit satisfaire à tout moment aux conditions
de cet agrément.
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1. Historique et acteurs
Radiation
Elle est prononcée à titre de sanction disciplinaire par l’ACPR lorsque
l’établissement de crédit :
–– a enfreint une disposition législative ou réglementaire ;
–– n’a pas répondu à une recommandation de l’ACPR ;
–– n’a pas pris en compte une mise en garde de l’ACPR ;
–– n’a pas respecté les conditions particulières posées ou des engage-
ments pris lors d’une demande d’agrément.
Elle entraîne la liquidation de la personne morale.
Fonds propres
■■ Capital minimum
Le capital minimum doit être de :
–– 5 M€ pour les banques, les banques mutualistes ou coopératives, les
caisses d’épargne et de prévoyance, les caisses de crédit municipal autres
que celles visées aux paragraphes 2 et 3 et les institutions financières ;
–– 2,2 M€ pour les sociétés financières autres que celles visées au para-
graphe 3, les caisses de crédit municipal qui s’engagent statutairement
à ne pas collecter de fonds du public et à limiter leurs concours à l’acti-
vité de prêts sur gages corporels et de crédit aux personnes physiques ;
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–– 1,1 M€ pour les caisses de crédit municipal qui limitent leur activité
aux prêts sur gages corporels et les sociétés financières dont l’agré-
ment est limité à la pratique des opérations de caution ;
–– 350 000 € pour les établissements de monnaie électronique qui sont
spécialisés dans les activités d’émission, de mise à disposition ou ges-
tion de moyens de paiement.
Par ailleurs, durant leur activité, les établissements de crédit agréés
en France doivent en permanence présenter un actif net au moins égal
au capital minimum réglementaire.
Les succursales d’établissement de crédit ayant leur siège hors de
l’Union européenne et de l’Espace économique européen doivent justi-
fier d’une dotation employée en France d’un montant au moins égal au
capital minimum exigé en droit français. En revanche, les succursales
d’établissement de crédit dont le siège est situé dans un État membre de
l’Union européenne ne doivent pas justifier d’une telle dotation.
■■ Ratio Cooke
D’après l’accord de Bâle conclu en juillet 1988, dit accord de Bâle I,
les banques doivent, depuis le 1er janvier 1993, respecter un rapport
minimal entre les fonds propres et les risques pondérés selon leur
nature.
La norme visée est, d’une part, un niveau minimal de 4 % des risques
pondérés pour le « noyau dur » (capital + réserves), et d’autre part, un
ratio de fonds propres au sens plus large (incluant, en plus du noyau
dur, des éléments complémentaires comme les titres assimilés, certaines
provisions de caractère général et les dettes subordonnées) au moins
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1. Historique et acteurs
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■■ Bâle II et le ratio Mac Donough
Le ratio Cooke avait ses limites. Bâle II fait suite aux accords de 1988
appelés « accords de Bâle » qui définissaient principalement le niveau
minimal de fonds propres (ratio Cooke). Bâle II ajoute notamment la
mesure et la maîtrise des risques et est entré en vigueur en 2007.
Le ratio Mac Donough est le successeur officiel du ratio Cooke.
William J. Mac Donough était le président du comité de Bâle et de la
Federal Reserve Bank of New York.
L’architecture du nouveau ratio s’appuie sur trois piliers :
–– Exigences minimales de fonds propres.
–– Processus de surveillance prudentielle.
–– Recours à la discipline de marché, via une communication financière
efficace.
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1. Historique et acteurs
■■ Bâle III
L’accord de « Bâle III », conclu en septembre 2010 et avalisé par le G20
de Séoul le 12 novembre, vise, d’une part, à renforcer globalement en
quantité et en qualité le capital prudentiel mobilisé par les banques
pour faire face à des situations adverses et, d’autre part, à garantir leur
liquidité en cas de tensions monétaires.
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Les banques disposent de plusieurs années pour s’y conformer. Les
nouvelles exigences sur le ratio Tier 1 prendront effet à partir de janvier
2015 et la constitution du « matelas de précaution » interviendra pro-
gressivement de janvier 2016 à janvier 2019.
Liquidité et solvabilité
Les établissements de crédit sont tenus de respecter des normes de
gestion destinées à garantir leur liquidité et leur solvabilité à l’égard
des déposants et des tiers ainsi que l’équilibre de leur situation finan-
cière.
Ils doivent adhérer au fonds de garantie des dépôts, créé par la loi du
25 juin 1999 sur l’épargne et la sécurité financière.
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1. Historique et acteurs
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Garantie des cautions
Il s’agit des engagements de caution exigés par un texte législatif ou réglemen-
taire, pris par un établissement de crédit au profit de personnes physiques ou
morales de droit privé.
Le mécanisme ne joue que lorsque, concomitamment, les prestataires cautionnés
et l’établissement de crédit qui a donné sa caution à ce prestataire, sont défaillants.
Les principaux engagements de cautions exclus de la garantie sont ceux don-
nés dans le cadre d’opérations de blanchiment de capitaux, ceux pour lesquels
le bénéficiaire a obtenu de l’établissement adhérent, à titre individuel, des taux
et des avantages financiers qui ont contribué à aggraver la situation financière
de l’établissement, ceux donnés au profit de certains associés, ceux donnés au
profit des organismes de retraite et de fonds de pension.
Le plafond de l’indemnisation (ou de la reprise de l’engagement) par le Fonds de
garantie des dépôts est limité à 90 % du coût qui aurait dû être supporté par l’éta-
blissement de crédit adhérent défaillant, au titre de l’exécution de ses engagements.
La fraction non indemnisée ne peut, en tout état de cause, être inférieure à
3 000 €.
Le plafond de l’indemnisation s’applique par bénéficiaire et par établissement.
La résolution bancaire
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Participations
Les conditions dans lesquelles les établissements de crédit peuvent
prendre et détenir des participations dans des entreprises sont régle-
mentées.
Les établissements assujettis peuvent librement détenir des partici-
pations dans le capital d’établissements de crédit, ou d’établissements
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1. Historique et acteurs
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Les organes centraux sont Crédit Agricole SA, BPCE et la Confédéra-
tion nationale du Crédit Mutuel.
L es instances de régulation
du secteur financier
Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF)
Le CCSF a pour mission d’étudier les questions liées aux relations entre
les établissements financiers (établissements de crédit, assurances et
entreprises d’investissement) et leurs clientèles, et de proposer toutes
mesures appropriées dans ce domaine sous forme d’avis ou de recom-
mandations. Composé paritairement de membres représentant les
établissements financiers et les consommateurs ainsi que les parlemen-
taires, de personnalités qualifiées et de représentants des entreprises et
des salariés du secteur financier, le CCSF constitue un lieu unique de
dialogue.
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1. Historique et acteurs
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–– un collège de résolution ;
–– une commission des sanctions.
Elle s’appuie, pour l’accomplissement de ses missions, sur l’exper-
tise de plusieurs commissions consultatives, d’un comité scientifique et
d’un comité d’audit.
La Banque de France
et la Banque centrale européenne
Depuis janvier 1999, une bonne partie des missions qui étaient dévo-
lues à la Banque de France est de la compétence de la Banque centrale
européenne.
L’organisation des opérations de politique monétaire et de change
est décentralisée : les décisions sont prises par la BCE, mais les opéra-
tions sont mises en œuvre par chaque banque centrale nationale.
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1. Historique et acteurs
■■ La politique monétaire
Les opérations de politique monétaire sont conduites exclusivement en
euros dans le cadre du Système européen de banques centrales (SEBC)
qui comprend la Banque centrale européenne (BCE) et les banques cen-
trales nationales (BCN).
Les appels d’offres réguliers de monnaie centrale constituent le prin-
cipal instrument de refinancement et de pilotage des taux d’intérêt à
court terme. Les concours octroyés par cette voie prennent la forme de
prises en pension ou de prêts garantis.
Le SEBC dispose d’une palette d’instruments de réglage fin de la
liquidité sous forme de diverses opérations d’open-market susceptibles
d’être mises en œuvre par appels d’offres restreints ou dans un cadre
bilatéral (prises et mises en pension, opérations fermes). D’autres tech-
niques telles que les émissions de papier de banque centrale, swaps de
change, emprunts à terme… ne sont pas exclues.
Les réserves obligatoires figurent aussi parmi les instruments dont peut
disposer le SEBC. La définition de leur régime (établissements assujettis,
assiette, coefficients, conditions de rémunération) fait l’objet d’un règlement
du Conseil de l’Union européenne et de textes d’application de la BCE. La
mise en place de réserves obligatoires relève de la compétence de la BCE.
■■ La politique de change
Sur le marché des changes, les opérations effectuées par la Banque de
France contre devises tierces, de même que les cotations, sont exclusive-
ment exprimées en euro, depuis le 1er janvier 1999.
Dans le cadre des directives de la BCE, la Banque de France opère
sur le marché des changes pour les besoins éventuels d’intervention sur
le taux de change de l’euro contre monnaies tierces (qu’il s’agisse des
grandes devises mondiales ou des monnaies européennes liées à l’euro
par un accord de change).
La Banque de France continue de gérer des réserves de change, pour
le compte de la BCE s’agissant des réserves transférées à cette dernière, et
pour son propre compte s’agissant des réserves qu’elle aura conservées.
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Le Mécanisme de surveillance unique (MSU)
Le Mécanisme de surveillance unique (MSU) fait de la Banque centrale
européenne (BCE) le superviseur prudentiel central des établissements
bancaires de la zone euro (environ 6 000 banques) et des pays non-
euro qui décident de participer au MSU. Depuis le 4 novembre 2014,
la BCE contrôle directement les plus grandes banques tandis que les
autorités nationales continueront de superviser les autres banques. La
principale tâche de la BCE et des autorités de supervision nationales,
coopérant étroitement au sein d’un système intégré, sera de vérifier que
les banques respectent les règles bancaires européennes et de remédier
aux problèmes avant qu’ils ne deviennent critiques.
Règlement uniforme
Le « règlement uniforme » constitue le socle de l’Union bancaire. Il s’agit
d’un ensemble de textes législatifs que toutes les institutions financières
(dont environ 8 300 banques) dans l’UE doivent respecter. Ces règles
définissent notamment les exigences en fonds propres pour les banques,
la protection des déposants, et le cadre de redressement et de résolution
des banques défaillantes.
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1. Historique et acteurs
Comment interviennent-ils ?
Pour satisfaire leur clientèle, particuliers, entreprises et collectivités
locales, les établissements de crédit doivent exercer plusieurs activités.
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