Beauté selon Plotin : Origines et définitions
Beauté selon Plotin : Origines et définitions
Moreau Joseph. Origine et expressions du Beau suivant Plotin. In: Cahiers de Fontenay, n°19-22, 1981. Néoplatonisme,
mélanges offerts à Jean Trouillard. pp. 249-263;
doi : https://doi.org/10.3406/cafon.1981.1204
https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1981_num_19_1_1204
Joseph MOREAU
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vertu, est plus belle que celle des choses sensibles ; mais en quel sens réalisë-
t-elle une juste mesure ? Ce n’est pas à la façon des grandeurs et des nombres.
Admettons qu’il y ait dans l’âme une diversité de parties : suivant quels rapports
s’effectue la composition ou le mélange de ces parties ? ou celle des théorèmes
d’une science ? Et l’intellect, enfin, vu tout seul, en quoi consiste sa beauté »(8)
On peut trouver étonnantes ces questions de Plotin, car elles apparaissent
comme autant d’objections à une conception fondamentale du platonisme, où
la vertu est considérée comme l’harmonie de l’âme, comme l’accord parfait de
ses parties, comparable à celui des notes fondamentales de la gamme (9). Cette
vue, introduite dans le Gorgias comme un emprunt au pythagorisme (10), déve¬
loppée dans les analyses psychologiques de la République (11), trouve une
expression cosmologique dans le Timée , dans la construction harmonique de
l’Ame du monde (12) ; elle se relie à la conception du Bien comme exigence
d’unité, principe suprême de l’organisation, qui se réalise dans la proportion
(13), qui s’effectue moyennant la juste mesure (14). Ainsi, par-delà l’éthique et
la cosmologie platoniciennes, les objections de Plotin semblent mettre en cause
la doctrine du Philèbe, son ontologie de la mesure (15), voire la conception des
Idées-Nombres et de l’Un-Bien (16).
Mais les questions de Plotin sont -elles des objections sans réplique ? Ne
seraient-elles pas des questions ad hominem, capables d’embarrasser seulement
celui qui ferait reposer sa définition du beau par l’harmonie ou la proportion
géométrique sur l’observation empirique, sur les canons de la sculpture ? Celui-
là serait semblable à ces musiciens répréhendés dans la République, qui recon¬
naissent bien que les accords consonants sont définis par des nombres, mais qui
ne soulèvent pas la question de savoir «quels nombres sont consonants,
(symphônoi) lesquels ne le sont pas, et cela pour quelle raison» (17). Leur con¬
ception de l’harmonie est incomplète {áteles), car elle ne remonte pas jusqu’au
principe absolu (18).
C’est le même reproche que Plotin adresse finalement à ceux qui, partant
de la considération de la beauté sensible, la définissait par la proportion des
parties entre elles et au tout. Un premier défaut de cette définition, c’est que la
beauté ainsi entendue ne saurait se trouver que dans des objets composés
(synthêta), mais non dans les simples, dans un accord harmonieux, mais non
dans les sons qui le composent (19). Or, estime Plotin, un ensemble ne saurait
être beau sans que ses parties soient belles ; ce qui équivaut à dire que la per¬
ception d’un objet beau, l’impression de beauté, ne repose pas sur la distinction
de ses parties, ni sur la considération de leurs rapports (20). Il y a d’ailleurs des
sonorités simples, des couleurs qui sont belles, en dehors de toute composition.
Niera-t-on la beauté d’un éclair dans la nuit, celle des astres, du soleil, et princi¬
palement de sa lumière ? L’éclat de l’or n’est-il pas beau ? (21) Et dans lecas
même des objets composés, on peut observer qu’un visage, par exemple, bien
qu’il conserve les mêmes proportions, tantôt apparaît beau, tantôt sans beauté ;
250
d’où il faut conclure qu’il y a quelque chose en plus de la proportion, qui est
requis pour constituer le beau, et que si ce qui est proportionné est beau, c’est
en raison d’autre chose (22). La conception de la beauté comme harmonie de
sons ou proportion géométrique n’est pas absolument écartée ; mais d’une part
son champ d’application est limité, et d’autre part elle doit trouver son fon¬
dement dans un principe transcendant.
Ce que Plotin veut principalement nous faire entendre à travers les objec¬
tions soulevées par une conception purement géométrique du beau, c’est que la
beauté ne saurait se définir en termes objectifs, appliqués à un donné empiri¬
que : un objet perçu n’est ressenti comme beau que s’il éveille en nous la cons¬
cience d’un idéal répondant à une exigence intérieure, et dont il est seulement
l’expression sensible. L’appréhension du beau comme tel suppose une réminis¬
cence, plus profonde et plus exaltante que celle qui conduit à la détermination
objective des phénomènes au moyen de rapports métriques, de relations intel¬
ligibles ; elle est la révélation d’une valeur idéale, découverte dans l’intériorité
du sujet spirituel, et dont il reconnaît soudain l’image, la projection extérieure,
dans un objet qui le ravit (23). Non seulement cet objet révèle le sujet à lui-
même, lui découvre un idéal qu’il portait inconsciemment en lui, mais elfe le
transporte dans une sphère supérieure, où les objets ne sont plus des détermina¬
tions de l’extériorité, mais de pures raisons intelligibles, des essences parfaite¬
ment transparentes, coordonnées entre elles dans la lumière qui éclaire tous les
esprits (24).
La beauté des objets extérieurs, des choses sensibles, ne peut se concevoir,
suivant Plotin, autrement que comme une ressemblance (homoiotes ) de la
beauté intelligible, celle des divines Idées (25) : ressemblance qui ne saurait être
aperçue par un sujet que dans un retour à l’intériorité, grâce à une sorte de ré¬
miniscence qui n’est pas conséquence de l’étude, mais effet d’une suggestion
spontanée (26). Plotin se relie de la sorte à une explication développée dans le
Phèdre (27) ; et en faisant dériver la beauté des choses ’sensibles de la splendeur
des Idées intelligibles, il se montre en parfaite communauté de vues avec le pla¬
tonisme, dont il refuse seulement une transcription objectiviste, dans laquelle le
beau se définirait par la proportion réduite à son expression mathématique, dé¬
tachée des raisons où se fonde sa valeur esthétique et sa signification ontologi¬
que. Plotin ne saurait se contenter d’un platonisme tronqué, replié au niveau
de l’objectivité empirique, obtenue par l’exercice de la dianoia , de l’entende¬
ment discursif, et destitué de son ambition suprême, qui est d’atteindre les rai¬
sons dernières des choses, leur origine radicale, leur fondement absolu, au
moyen de la faculté dialectique (28).
Ceux qui disent que la beauté des corps consiste dans la symétrie, dans la
proportion de leurs parties, n’ont pas toujours objectivement tort ; mais ils
oublient que la beauté sensible a son principe dans une raison intelligible. Cette
251
revendication, d’inspiration platonicienne, Plotin ne dédaigne pas de la traduire
en langage aristotélicien : «Si, dit -il, les choses sensibles sont belles, c’est en ver¬
tu de leur participation ( metokhêi ) à V eidos, à ce qu’on appelle couramment la
forme (29). Tout ce qu’il y a d’informe est de nature à recevoir forme, à être
informé par Y eidos ; mais tant que cela n’a point part à la raison formelle, çela
reste laid, étranger à l’ordre divin : c’est là ce qui est laid absolument (30). Mais
il y a aussi laideur à quelque degré en tout objet qui n’est point parfaitement
soumis à une raison formelle, parce que sa matière ne supporte pas d’être tota¬
lement informée par l’Idée» (31).
Ce qu’il faut remarquer ici, c’est que l’Idée est considérée comme raison
formelle, principe qui domine la diversité matérielle ; et dans le cas d’un objet
composé, elle impose à la diversité des parties un ordre qui les soumet à l’upité
du tout, une organisation, un accord réciproque qui peut s’exprimer dans une
proportion (32). La conception géométrique de la beauté qui ne saurait, suivant
Plotin, s’appliquer universellement, dans toute la variété des cas, et à titre d’ex-
pliçation absolue, retrouve ainsi un domaine d’application limité, en se subor¬
donnant à la doctrine platonicienne qui fait dériver la beauté des choses sensi¬
bles de leurs raisons intelligibles. Dès lors, la symétrie, la proportion des parties,
étant subrogée à un principe transcendant, il devient possible de rendre compte
de la beauté des objets incomposés (33). La beauté d’une maison a son principe
dans l’Idée, la raison organisatrice aperçue par l’architecte (34) ;mais la beauté
d’une pierre, si l’on n’entend pas seulement celle de la forme qui lui est imposée
par l’art du sculpteur, si l’on regarde au contraire sa beauté naturelle, la finesse
ou la coloration d’un marbre par exemple, est aussi l’expression d’une raison
intelligible, comprise dans l’ordre éternel de l’Univers, et éclairant l’activité
productrice de la nature (35).
On s’expliquera de même la beauté des sons uniformes, des couleurs sim¬
ples, et celle de la pure lumière (36). Ce qui d’une couleur fait la beauté simple,
cela vient d’une forme qui s’impose à l’obscurité de la matière, de la présence
d’une lumière incorporelle qui est une raison idéale (37). Cette lumière incorpo¬
relle est meme au-delà de l’Idée ; c’est la clarté du vrai, dans laquelle les objets
idéaux, les essences intelligibles, se découvrent à l’intellect pur (38) ; et la lu¬
mière visible, dans sa beauté éblouissante, n’est que l’image, l’expression sensi¬
ble, de la lumière intelligible qui éclaire tous les esprits (39). Parler de lumière
intelligible n’est pas simple métaphore, reposant sur une comparaison d’origine
sensible ; cette comparaison suppose au contraire que la vision sensible a pour
condition l’ouverture de l’esprit à la vérité, à la clarté de l’être. Sans ce «voir»
transcendental, le sens de la vue serait inexplicable (40).
252
ligible, celle des objets de l’intellect, mais, parvenu à ce niveau de contempla¬
tion, l’esprit veut apercevoir encore le principe de leur beauté (arkhê kallous)
(41); Quand il voit tous les objets beaux dans leur essence véritable (42), il se
demande encore d’où viennent ces objets et d’où vient qu’ils sont beaux (45).
Les intelligibles sont vus dans la lumière du Bien ; mais l’intellect veut voir ce
qui rend la vision possible, atteindre la source même, le principe de la lumière
(44).
Cette source de lumière, c’est l’Un ou le Bien ; c’est de cette exigence su¬
prême que les objets de l’intellect tirent leur réalité et aussi leur beauté (45). En
dehors de cette référence à l’absolu, ils se réduisent à des relations métriques,
des rapports de grandeur ou des nombres ; ils sont des instruments de détermi¬
nation objective, mais non pas réellement des Idées, des Formes idéales réali¬
sées dans la nature, des raisons organisatrices ou archétypes des choses sensi¬
bles (46) ; et tant qu’ils ne sont pas considérés sous cet aspect, comme dérivés
d’un principe absolu, d’une origine transcendante, les objets intelligibles non
seulement ne peuvent être regardés comme réels, mais ils sont incapables de
ravir le sujet qui les aperçoit, de provoquer l’émotion esthétique, ou de faire
resplendir de beauté les objets des sens (47).
Il se confirme par là que non seulement la beauté des choses sensibles n’a
pas sa condition primordiale dans la proportion, dans le rapport des parties au
tout ; mais les objets intelligibles eux -mêmes, dont la splendeur se reflète dans
les choses sensibles, ne revêtent leur éclat de beauté qu’au regard d’un sujet
ouvert à l’illumination suprême du Bien.
Le Bien, nous explique Plotin, est présent originairement ( mXau uapdv )
à notre esprit ; il est l’objet d’une aspiration congénitale ( êcpeauv auycpUTOv )
et qui n’a pas besoin d’être rappelée à la conscience (48). C’est grâce à elle cepen¬
dant que nous sommes capables d’apercevoir la hiérarchie des intelligibles, de
saisir comment ils dérivent de l’Un, d’accéder ainsi à la vie de l’Intellect, d’ac¬
cueillir en notre âme les raisons organisatrices qui se réalisent dans les produc¬
tions de la nature, dans l’extériorité du sensible, en même temps qu’elles ordon¬
nent notre vie intérieure (49). Ce sont les raisons intelligibles comprises dans
l’Intellect qui, par l’intermédiaire de l’âme universelle, engendrent l’Univers et
les êtres vivants, et qui reflétées dans notre âme unifient sa diversité interne,
imposent à nos appétits discordants l’ordre harmonieux des vertus (50). Il
s’ensuit de là que c’est dans la mesure où nous nous élevons à la vie morale,
duns la mesure où notre âme se règle sur l’ordre idéal, se donne une organisa¬
tion conforme aux raisons intelligibles, qu’elle peut être mise en résonance avec
ces raisons qui informent naturellement le sensible (51). Cette réminiscence
spontanée et exaltante, qui suscite le ravissement esthétique, n’est possible que
dans irne âme en voie déjà de conversion (52). Sans doute est-ce le rôle de
l’émotion esthétique de nous faire rentrer en nous-mêmes, de nous élever vers
le monde idéal, de réveiller cette aspiration naturelle au bien absolu qui est au
fond de nous ; encore faut-il pour cela que notre conscience ne soit pas totalç-
253
ment endormie. La vision du beau ne nous soulève au-dessus de la matière que
si nous avons fait quelque effort pour nous «dépêtrer» (53) ; et cet effort qui
tend à la contemplation, qui s’exerce à travers la conscience, pourra conduire
au-delà de l’intellcction, jusqu’à l’illumination pure ; mais il faudra pour cela
que le sujet soit alors totalement purifié et devenu lui-même lumière (54).
Tant que l’émotion esthétique est suscitée dans une conscience encore
assujettie à l’extériorité sensible, à la diversité des appétits, elle est susceptible
d’effets ambigus. Platon avait observé que la beauté physique, qui inspire
l’amour, ne provoque pas chez tous les sujets des réactions identiques : il en est
pour qui elle évoque la beauté céleste, transfigurant l’objet aimé et plongeant
l’amant en adoration ; il en est d’autres qu’elle précipite en des œuvres char¬
nelles, comme des bêtes à quatre pattes (55). Au regard de Plotin, ces effets
ambigus ou errements {plané ) (56) de la passion amoureuse s’expliquent par
une méprise de la conscience sur la relation du bien et du beau. Le Bien est un
absolu auquel l’âme aspire naturellement, par une motion primitive et incons¬
ciente (57) ; le beau est l’objet d’une aspiration dérivée, qui suppose la con¬
naissance : il faut le voir pour l’aimer (58). Mais il est pris à tort pour un absolu
par une conscience encore assujettie aux impressions sensibles, qui s’efforce
d’atteindre l’intellection, mais ne parvient pas à l’intellection parfaite. Elle
n’obtient pas de l’ordre idéal, où se traduit intellectuellement l’exigence abso¬
lue, une vision claire et sûre ; la réminiscence suscitée par la présence de la
beauté sensible n’aboutit pas toujours à une évocation pure ;elle engendre une
émotion trouble, un mode de conscience passionnel et confus, un ravissement
mêlé de peine (59). L’objet particulier, aperçu sous l’aspect du beau, n’a que
l’apparence du bien ; il nous détourne de lui comme une maîtresse pour qui
nous abandonnons la maison paternelle (60). Il faut savoir que la beauté des
corps est attachée seulement à des images, des traces, des ombres ( eùxdvc s
nat "xvn «au axuai ); il faut s’enfuir de là vers la réalité que reflètent ces
images, si l’on veut échapper au sort de Narcisse.(61).
254
par suite de cette résonance intérieure que le regard de l’esprit se tourne vers
la source transcendante d’où descend la lumière dans laquelle les objets de la
conscience, à tous ses niveaux, se revêtent d’un éclat de beauté. Encore faut-il
pour cela que l’objet perçu par les sens ou par l’intellect exerce cette puissance
de suggestion dont l’action la plus directe émane du spectacle de la vie morale.
Par là s’explique que, pour Plotin, les objets inertes soient les moins pro¬
pres à provoquer l’émotion esthétique ; et par cette considération il justifie
expressément sa réserve à l’égard de la conception objectiviste du beau, défini
par la proportion, la symétrie. «On peut se pencher sur un beau visage sans qu’il
émeuve encore le regard, parce qu’il lui manque cette grâce ( xdp ls ) qui
fait rayonner la beauté (63). C’est pourquoi il faut répéter ici que la beauté
consiste plutôt dans l’éclat qui s’ajoute à la proportion que dans la proportion
elle-même (64), et que c’est cet éclat qui lui donne son attrait. Pourquoi, en
effet, un visage vivant revêt-il l’éclat de la beauté ( to cpyyos tou MaXoù ),
tandis qu’il n’en reste qu’un vestige ( uxvos ) sur le visage d’un mort, avant
même que sa carnation et ses proportions ne soient flétries ? (65) Et les statues,
n’est-ce pas les plus vivantes ( ÇajTLxœTepq ) qui sont les plus belles,
même s’il en est d’autres mieux proportionnées ( auuyerpdTepa ) ?
Et un vivant, fût-il plutôt laid, n’est-il pas plus beau qu’un beau sujet en scul¬
pture ?» (66)
A travers ces réflexions, on peut discerner une prédilection de Plotin
pour un art affranchi des canons de l’âge classique, un art moins épris de pro¬
portion, d’équilibre des formes, de perfection géométrique, plus curieux d’ex¬
pressivité, de mouvement vital, d’effet pathétique, un art inspiré des modèles de
l’époque hellénistique (67). On pourrait conclure aussi qu’au regard de Plotin
la beauté de la nature l’emporte sur celle de l’art ; mais ce que nous retiendrons
particulièrement, c’est, avec la rectification touchant la définition géométrique
du beau, la confirmation que les vues esthétiques de Plotin ne s’éloignent pas,
comme on l’a prétendu parfois (68), de celles de Platon ; elles en sont au con¬
traire l’élaboration. Il n’est pas vrai qu’en caractérisant l’objet beau par son
pouvoir de suggestion, la beauté par sa valeur expressive, Plotin réduise cette
valeur à une impression subjective. En reliant le beau au ravissement de l’âme,
en le faisant rentrer dans la sphère de l’intériorité, Plotin ne lui retire pas son
support objectif. Dans une perspective idéaliste, rien n’est en dehors de l’âme,
de la capacité d’appréhension d’un sujet en général, de la subjectivité trans-
cendentale ; mais dans cet horizon intentionel se déterminent les objets de la
connaissance, en meme temps qu’ils se distinguent des modes de la vie spiri¬
tuelle. Ramener la beauté dans la sphère transcendental, ce n’est donc pas la
détacher des objets de la représentation ; c’est, en revanche, le moyen d’expli¬
quer comment peut rayonner sur eux une lumière transcendante.
C’est en réponse à l’exigence suprême de l’Un que se détermine la hiérar¬
chie des intelligibles, que se constitue l’ordre éternel des raisons qui se reflètent
dans l’organisation de l’Univers sensible ; mais cet ordre, contemplé par l’intel-
255
ligence, reste froid, tant que Pâme ne ressent pas elle-même sa liaison vitale avec
le principe transcendant qui en est la source (69). L’âme qui s’est élevée au
sommet de l’intellection comprend que les objets intelligibles, considérés dans
leur essence étemelle, ainsi que leurs réalisations sensibles, tirait leur être et
leur réalité du Bien (70) ; mais pour que ces réalités, à tous les niveaux, soient
aperçues dans l’éclat de leur beauté, il faut que l’âme, stimulée par un spectacle
extérieur ou soulevée d’enthousiasme pour ses fins idéales, à savoir la contem¬
plation ou son succédané, la perfection morale, soit éveilléç ( éyeupeTao ) à
la conscience de l’absolu (71), éprouve en elle-même sa présence. Alors, l’âme
exaltée ( xoucp ¿Çexau ), inondée intérieurement par la clarté du Bien,
voit resplendir de l’éclat du beau les objets apparus dans son horizon d’intentio-
nalité. Cet éclat n’est pas une impression subjective ; il revêt effectivement
l’objet, à qui il est surimposé (72). C’est parce que l’extériorité, dans laquelle se
déterminent les objets sensibles, est l’horizon d’un sujet, c’est parce que l’objec¬
tivité est une construction intellectuelle effectuée dans le champ de la subjecti¬
vité transcendentale, que les objets peuvent être revêtus d’un éclat venu d’en
haut, et qui ne rayonne que dans l’intériorité. C’est dans l’intériorité que se
révèle la transcendance, et si les objets peuvent briller d’un éclat transcendant,
se revêtir de beauté, c’est par ce qu’ils sont eux -mêmes des déterminations de
notre horizon spirituel.
256
NOTES
257
xotpòv xal to 6¿ov,"bref tout ce qui occupe le milieu entpe
des extrêmes".
15 ID. 9Philèbe 23 o sq. , notamment 25e-26e, et 64e cette fprmule ty¬
pique lyeipudins yap xal ouyyeTpua xrfXXos étfxou xat âpeTn rqiv-
TaxoQ ayy $atvçi/ YiWvccritei'*
15 Cf . ARISTOTE 9Mêtaph, ,A 6. 9872? 20-22. , .xaTÙ yéaçÇyv toO èvôs tu
eûôn elvat (c'est pour cela qu’elles sont des nombres :àpu5yq\Ss) .
N 4-1092? 14:aÛT& to IN? áyaSov autô eluat.
17 PLATON République VII, 53 le.
1 8 Ibid, , 530e .
19 Enn,9I 6,1(25-28) et (34-35).
20 Ibid> (28-30) îxauTot 6eu,eCiiep oXov,xal Ta yépn xaXà eluat*
où yàp ôn ¿Ç aùoxpwv,âXXà xdvxa xaTetXnpévat to xdXXos.On
peut voir là une anticipation de la remarque de EANTyCr»t ti¬
que du Jugement ,§ 10 fin, suivant laquelle "le beau plaît. . .
sans concept".
21 Erm, ,1 6,1 (30-34)
22 Ibid, (36-40) :... liais pûx aXXo ôet éxl Tiÿ auyyéTptp Xéyçyv to xaXèv
elvat,?<otb to odyyeTpov xaXov elvat ôt,’aXXo;La discussion ici
entreprise par Plotin sera reprise par LEQN L'HEBREU .Dialoghi
d’amore III, p. 3 15-328 de l'édition S. Caramella (Bari, 192?);
elle trouvera son écho dans E. SPENSER, Fcwre Hyma II : Of
Beauty 3 v. 64-67.
23 Ibid.t2 (8-1 1) ¡"Chaque fois que l'âme aperçoit un objet de sa
nature (ouYyevés) ou la trace (Cxvos) d'un objet de sa nature,
elle se réjouit, elle est transportée (öuexTdiiTctb) ,elle le rap¬
porte (àvoupdpeb) à soi, se ressouvient (avayuyuífaxeTai,) d'elle-
même et de ce qui lui est propre". Ce qui est propre à l’âme,
ce qui lui est connaturel, c'est 1* intelligible. Cf , Phédon 79d:
tî>S auYYtvins olaa aÔToU.
24 Enn, ,V 8 :De la beauté intelligible ,4 (4-8) :ôba<pavh ywp xdvTa
xal axoTELvôv. . .0Ù6dv,àXXà xas xavTt (pavepos els to eCqa» xal
xavTa* <pws Y<*p «pioTt . . .üjote xavTaxoU xàvTa xal x&v xâv xal Sxuotov
xâv Mal axçtpos n atyXn. Cette brillante description du monde
intelligible est admirablement traduit par 6. ROD 1ER, Sur une
des origines de la philosophie de Leibniz ; in Etudes de phi¬
losophie grecque , p. 343-344. Voir notre ouvrage ; Plotin ou
la gloire de la philosophie antique , p. 52.
258
25 Enn.l 6,2 (11-13)
26 Ibid . (2-3) î "Ecjtl yèv ydp tu xau 8oXij xq TipcSxij aCcrdTixovyL-
vdyevov. ..C'est quelque chose qui se fait sentir du premier
coup .
27 PLATON, P/zâdre, 250a:" lorsqu' ils aperçoivent une ressemblance
(oyo&oya) de ces objets idéaux, ils sont frappés d’étonnement
(éxitXtfxxovxau) et ne sont plus maîtres d'eux-mêmes'! Cf. 250d sq.
28 ID. y République VI, 51 la (xi) ôuavodq) ,51 lb (xft xoô ôtaXdyeadau
ôuvdyeu) et VII,531d sq.Cf. nos travaux sur le platonisme et,
en bref, Le sens du platonisme, p. 127-136, 149-150, 174,200-202.
29 Ehn. ,1 6,2 (13):MexPxrç eiôouç.
30 Ibid. (13-15) .. .xal xo udvx n auoxpov xoôxo.De même, chez ARIS¬
TOTE (Phys. I 9,192a 18-19) ,1a matière, absolument amorphe, est
caractérisée par son aspiration naturelle à la forme :xô ôè ô
itétpuxev êtpfecrdai, xau opéyeadau aûxoO (sc. deuou xal àyadoû)
xaxà Tnv êauxou <p\5cruv.
31 Enn. ,1 6,2 (16-18) îAuaxpov ôè xal xo yq xpaxqèv into yopqjqs
xal Xdyou oûx àvaaxoyévqç xîis \5Xqç xo ïïdvxq xaxà x à eïôoç
ypptpoüaday.Cf . encore ARISTOTE ,De gen. anim. ,IV 4,770b 16-17:
oxav yq xpaxifop xqv xaxà xnv ûXqv n xaxà xo elôoç <p\5ats.
32 Enn. , I 6,2 (18-22) :"A l'arrivée de la forme (elôos),si ob¬
jet issu d'une multiplicité de parties doit devenir un par
composition (ev auvSdaet) ,elle les dispose ensemble (auvd-
xaÇe),les fait concourir à une seule fin (ets ydav auvxéXetav),
les unifie en les accordant (êv xÇ pyoXoyuqi) ;c*est que la for¬
me elle-même est une et qu'il fallait que l'objet informé soit
un, autant qu'il est possible à ce qui provient d'une multi¬
plicité".
33 Ibid. 24 sq. Plotin vient de faire remarquer que dans le cas même
d'un objet composé, la beauté, venant d'une source transcendante,
se communique à la fois au tout et à ses parties, ce qui répond
à la difficulté soulevée plus haut, note 20.
34 Ibid, y 3 (6-7)
35 Ibid. ,2 (25-27) :oîov ôxè yèv ndafl oùxiqi yexà xôv ydpü)v,oxè
ôè évi ôbôodn xus <pùaus xo xaXXos,Tp ôè f| xéxvq*Cette
phrase semble dire que la beauté de la maison »qui est compo¬
sée de parties, est produite par l'art, et celle de la pierre
259
par la nature. Mais c’est de l’ordre éternel compris dans
l'Intellect et reflété dans l'âme universelle que la nature,
aussi bien que l’art humain, reçoit l’idée directrice, la rai¬
son organisatrice .Cf .Enn. ,V 9,3 (30-36) et notre ouvrage:
Plotin ou la gloire... p. 44, n. 3 7, et p. 120-122.
36 Enn., I 6,1 (30-33)
37 Ibid. 3 ( 1 7-1 9) . . . uapouoLot cpouiòs àawudrou Mal Adyou xal eC-
óous ovios*
38 Cf. ci-dessus ,n. 24. Cette lumière vient d'un principe transcen¬
dant à l'intellect meme qui contemple. Cf .ErmM 5,8(9).
39 La lumière intelligible est un rayonnement issu de l’Un, du prin¬
cipe absolu, et auquel on peut comparer la brillante lumière que
le soleil répand autour de lui :Enn. V 1,6 (28-30). La -comparaison
est empruntée apparemment au monde sensible;mais c’est la ca¬
ractéristique de l’ontologie platonicienne de renverser ce
rapport, de considérer que le soleil , source de la lumière vi¬
sible, est le rejeton (cxyovov) du Bien, engendré dans un rap¬
port d’analogie (ov làyadov êyevvnanv àvaAoyov i au 1$, Répu-~
b lique VI,5082? ').Cf .W.BEIERWALTES, Plot ins Metaphysik des
Lichtes, in Die Philosophie des Neuplatonismus (Wege der
Forsch ung, Bd. 436) ,p. 77.
40 Ce principe de toute gnoséologie idéaliste remonte à la remar¬
que d'Epicharme (DIELS-KRANZ, Vor sokratiker 23 [13] B12) :voös
¿prit xal vous àxodeu* i&AAa xoocpà Mal iucp Ad. ORIGENE, commentant
1’ Evangile de S. Jean (fr.6,ad I 8, p. 488, 16-17 Preuschen,
GCS ORIGENE 4) écrit : eumovumov tpcôs to atoBnidv , . . .àAnovòv 6e
(pâj s to vonTov.Cf. S. THOMAS, Sutfm. theol. ,1 67 , 1: Utrum lux proprie
in spiritualibus dicitur, et les autres textes rapportés par
BEIERWALTES , loo .cit.p.ll , n . 6 .
41 Enn., VI 7,32 (33).
42 Ibid. ,3 1 (31-32):xaAa ïïdvia xal àAn§n ovia.
43 Ibid. ,32 (4-5).
44 Enn. ,V 5,7 (19-21) : S i l'intellect se détourne des objets vus
et dirige son regard vers ce moyennant quoi il voyait (xal
ôl’ ol) elfttv eus aùiò ßAeiteo ) ,ipû)S ôta xal tpwiòs ôipxnv ôta BAefîiou.
45 Cf. PLATON , République VI, 5092? : "C'est par l'effet du Bien qu'aux
objets de la connaissance non seulement il revient d’être con-
nus;mais c'est aussi l'être et la réalité(ic) elvaL xe xal ipv
260
oùaùav) qui de lui leur survient (upoaeuvau) .Cf .Ibid. -, VII,
517<?,où l'idée du Bien est dite navxöv. . .òp§<5v re xal xaXûv
aùxux.
46 Gette considération, dont la portée est souvent méconnue, est
nettement articulée dans la République VI,51ld?:une représen¬
tation objective des choses, obtenue par une détermination
mathématique des phénomènes, ne répond pas a l'exigence su¬
prême d' intelligibilité, si elle ne relie ses hypothèses, ses
définitions initiales, à un principe absolu : Ôyà. . .xô un êïï'
àpxnv àveXùdvxes oh oïïetv,âXX' è£ ùicoSéaecov ,voùv oùx Caxtuv
uepl aûxçt ôoxoôat . . ,xaùxou vonxôv ovxwv yexà. ápxñs.Le prin¬
cipe où se fonde l'intelligibilité des formes, des objets de
la connaissance, est caractérisé par Plotin en ces termes:
où xo uopqms ôedyevoV jâXX'àcp'où itùaa yopqjn voepa . (Enn. ,VI 7,
32,9-10).
47 Enn.yV I 7,22 (5-6): "Chaque objet est en lui -même ce qu'il est;
il devient objet de désir (ê<pexdv) lorsqu'il est revêtu de la
couleur (èïïuxpwoavxos) du Bien". Cela s'applique à l'objet in¬
telligible. "Parallèlement, les corps d'ici-bas,ce n'est pas ce
qu’ils sont dans le fond qui les rend aimables (où xûv ùno-
xeLyévwv èoxtv o êpu>s),mais la beauté qui les recouvre de son
image:xov3 èucpavxaçdyevoo mcxXXoüs in1 olÒ.toZ.u Ibid. (3-5) .
48 Enn. ,V 5,12 ( 1 1-13) : . , .5xu oùveoxuv àeù xau où itoxè n àvdyvnaus.
49 Enn. yV 8,3 (1-10) :"I1 y a dans la nature une raison (Xoyos)
qui est l'archétype de la beauté des corps ;mais plus belle en¬
core est la raison qui est dans l'âme et d'où procède celle
qui est dans la nature". La nature est, en effet, une puissance pro
ductrice dérivée de l'Ame universel le. "Mais, poursuit Plotin,
cette raison se montre avec la plus grande clarté dans l'âme
vertueuse, où elle progresse en beauté. C'est elle qui organise
(Mooyiloas) l’âme en lui apportant une lumière venue de l'In¬
tellect".
50 Enn. y I 2 (Des Vertus) ,2 (13-22) ;I 6,6 (16-32).
51 Enn. y\ 6,2 (3-4) :"L'objet sensible est déclaré beau lorsque
l'âme le comprend eu quelque sorte, le reconnaît et l'accueille,
et pour ainsi dire s'accorde avec lui ".Ibid. 3 (9-1 6) 'Lors¬
que l'âme aperçoit la forme qui est dans les corps, reliant et
dominant la nature opposée, celle qui est amorphe, .. .elle saisit
261
d'un seul coup cette diversité même.la ramène au dedans de soi,
la met à 1 ' unisson de sa vie intérieurs »dans 1? harmonie et l'a¬
mitié, Ç* est ainsi qu'unhorame debien aime à voir des traces de
vertu sur le visage d'un jeune homme, car elles s'accordent avec
la réalité de ce qu'il possède au dedans de lui-même'' (aoptpovouv
Tip âXn$ec t$ êvôov) .
52 C'est ce que Plot in insinue è plusieurs reprises;! 6,4 (422);
V 8,2(35-46) . Cf . J. TR0Ü1LLAKD, La purification plotinienne no¬
tamment chep . IX, p . 1 ?4-1 65 .
53 L'âme couverte de laideur est pétrie (auyneçuppiyn) de mal :I 6,
.
5 (33-34) {expression reprise du Phédon 66b.
54 I 6,9 (18) îâXX'SXoç autos <pôç àXnScvov udvov.Cf. (30-34) îL'oeil
n'a jamais vu lè soleil (nXcos)sans être devenu lui-même AXuq-
euôrtg; l'âme non plus ne peut voir le peau (xaXdv) sans s'efre
rendue bel le. Qu 'il devienne d'abord tout divin et £put peau
(Seoecôns uâg xal xaXog uag) celui qui veut contempler Dieu
et le bien! Mais Plot in ajoute aussitôt que pour parvenir à
cette vision, il faut d'abord s'élever jusqu'à l'Intellect,
55 PLATON * Phèdre 250 e (tei prinoftoc vduov). 251 a ('k aßtiav.''
56 Enn.,V 5,12 (30).
57 Ibid. (1 7-18) ; fi ôè àpxaLoiepa. , , xal àvaiîadntog ecpeapg.Cf. n°48.
58 Ibid, ( 15 — 1 6) îôru 6et ùôdvtas c<p¿ea§ai, . Aeàtepog ¿3v oStog ¿
?pu)g nal nô n auvtvtüjv. . ,
59 Ibid, (35).
60 Ibid. (35-37) .
61 F.nn. ,1 6,8 (6-16).
62 Cf. ci-dessus,n.51 .
63 Enn. ,VI 7,22 (22-24).
64 Ibid. (24-26) : Ato Mal èyüaüta <pai£ov uâXXov to xaXXog to èri
tri ouuuetpuqi èutXau ndpeuov ri tnv aupuetpCav elvac.
65 Ibid.i 27-28).
66 Ibid. (29-31).
67 Voir à ce sujet H. SCHÖN DORF, Pio tins Umformung dev platonischen
Lehre vom Schönen. La première partie de cette*'dissertation"
présentée à l'Université de Heidelberg (Bonn,Habeit Verlag;
1974) est une étude d’archéologie plastique , pourvue d'une bi¬
bliographie.
68 Cf. par exemple, M. POHLENZ, Der hellenische Afensc?/z,p.267-268;
262
R. T. WALLIS, Neoplatonism * 8688.
69 frinivi 7,22 (10-15),
70 Cf. Ci-dessus, q. 45,
71 Enn.tWI 7,22 (15-rl 7) í ¿t¿vvuT(xl te *aî, ¿yeCpetou, nal. . .Koocpûçe rao
72 Ibid» (4-5) ï Tpö ¿u(pavTác<ni¿vou H<xX\oyç êrc'aÛToSç.
263