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LHB 1998063

Ce document décrit les réacteurs catalytiques gaz/liquide/solide, notamment les problèmes d'hydrodynamique rencontrés et la méthodologie suivie pour les étudier, avec un focus sur les techniques d'instrumentation comme la tomographie gamma au Centre IFP de Solaize.

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Ce document décrit les réacteurs catalytiques gaz/liquide/solide, notamment les problèmes d'hydrodynamique rencontrés et la méthodologie suivie pour les étudier, avec un focus sur les techniques d'instrumentation comme la tomographie gamma au Centre IFP de Solaize.

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DOSSIER

Les réacteurs catalytiques gaz/liquide/solide


Problèmes à résoudre et méthodologie suivie
Gaslliquid/solid catalylic reactors
Problems to solve and methodoly employed
par C. Boyer

Institut Français du Pétrole


Centre d'Etudes et de Développement Industriel de Solaize
Division du Génie des Procédés

This paper proposes a review of hydrodynamics problems encountered in calalytic reactor characterized by a fixed
catalyst bed and crossed by gas/liquid or liquid flows. These reactors are typical reactors of petrochemical or refi-
nery processes. These hydrodynamic problems are specifically studied al the French Institute of Petroleum center of
Solaize (IFPlSolaize). Once background of these studies presented, the different instrumentation techniques are des-
cribed by emphasizing on development needs. Finally, at the end of the paper, a special attention is paid ta instru-
mentation and modeling needs conceming gas/liquid jlow across a fixed bed of solid particle.

1 • INTRODUCTION
Ecoulement liquide/gaz
De nombreux procédés de raffinage et de pétrochimie sont
basés sur des réactions mettant en jeu une phase liquide et Diffuseur
une phase gaz et nécessitant l'utilisation de catalyseur. La
phase active étant fixée sur des particules solides, le procédé
fait intervenir un écoulement liquide/gaz et un lit de parti- Plateau distributeur
cules solides.

Dans les réacteurs catalytiques qui sont décrits dans cet


article, le lit de particules solides est maintenu immobile et
est traversé par l'écoulement gaz/liquide. On appelle ces
réacteurs des "réacteurs à lit fixe". Ils sont notamment utili-
sés dans les unités d'hydrogénation sélective, d'hydrodésul- Lit de catalyseur
furation ...

Le rendement de la réaction est bien sûr dépendant des


caractéristiques hydrodynamiques de l'écoulement et en par-
ticulier de la composition du mélange liquide/gaz en contact
avec le catalyseur. Par exemple, la présence de zones du lit
balayées par du gaz seul peut avoir des conséquences
graves: pertes de sélectivité, désactivation du catalyseur,
montée en température... De nombreuses études s'attachent à
analyser les problèmes d'hydrodynamique de ces réacteurs et
à comprendre en particulier l'origine des défauts de distribu-
tion des phases liquide et gaz suivant différentes sections du
réacteur chimique. Le but final de ces études est de proposer
le dimensionnement d'internes permettant de résoudre ces
problèmes de mauvaise distribution et d'optimiser ainsi le 1. Schéma général d'un réacteur gazlIiquide/solide
contact entre la phase gaz, la phase liquide et le catalyseur. de type" lit fixe".

LA HOUILLE BLANCHEIN° 516-1998

Article published by SHF and available at [Link] or [Link]


DOSSiER
II • CONTEXTE DES ÉTUDES électriques n'offrent qu'une très mauvaise résolution spatiale
et ce d'autant plus que l'on s'éloigne des parois. En effet la
Comme le montre la figure 1, les réacteurs étudiés sont tomographie à impédance permet surtout de détecter des
composés de manière générale de trois parties : variations rapides de la composition de l'écoulement mais
- l'entrée du réacteur: eUe comprend un système de distri- reste très peu adaptée pour détecter avec précision la carto-
bution composé d'un plateau distributeur associé ou non à graphie de la phase gazeuse dans 1' écoulement. Les
un diffuseur. méthodes plus marginales basées sur l'utilisation de tech-
- le lit de particules solides : la forme de ces particules niques ultrasonores ou micro-ondes n'ayant pas pour l'ins-
peut être sphérique ou cylindrique et leur taiUe varie de tant fait l'objet d'un développement suffisant pour être
quelques dixièmes de mm à quelques mm. Ces "grains" sont validées, les seules techniques utilisables restent les mesures
poreux pour augmenter au maximum la surface de contact d'atténuation photoniques.
entre les réactifs et le catalyseur. Par simplification, le terme Compte tenu des épaisseurs à traverser, la tomographie par
de "catalyseur" est souvent associé aux particules qui lui ser- rayons X impose l'utilisation de photons d'énergie très éle-
vent de support et le lit de particules solides est ainsi appelé vée dont la mise en œuvre est très difficilement concevable
"lit de catalyseur". dans un environnement pour lequel les normes d'antidéfla-
- la sortie du réacteur. grance (ADF) doivent être respectées. L'utilisation de rayon-
nement gamma a donc été préféré pour effectuer les mesures
La configuration retenue pour la figure 1 correspond à un
d'atténuation. Le dispositif de mesure est décrit à la figure 2.
écoulement de type descendant mais ces réacteurs peuvent
être utilisés indifféremment en écoulement descendant ou Dans sa configuration actuelle, le dispositif utilisé est com-
ascendant. La gamme de taux de vide dans l'écoulement posé d'une source de Cesium 137 d'activité 300 mCi et
liquide/gaz amont peut varier de 0 à 1 suivant le procédé d'énergie 660 keV et d'un détecteur de type scintillateur Nal.
étudié. De même les conditions de débit, pression et tempé- Le couple émetteur-détecteur est disposé sur un support tour-
rature sont variables d'un procédé à l'autre. nant sur lequel il peut effectuer des mouvements de transla-
La section à l'amont du lit a pour rôle d'optimiser la distri- tion et de rotation autour de la conduite. Le diamètre de
bution des phases liquide et gaz à l'entrée du réacteur. La collimation étant de 1 cm, les acquisitions sont effectuées tous
forme et les caractéristiques du plateau distributeur et du diffu- les cm, ce qui permet de reconstruire une image de 64x64
seur font appel à différentes technologies qui ne seront pas pixels pour la section du réacteur de 600 mm de diamètre.
données ici pour des raisons de confidentialité. Les caractéris-
tiques du lit peuvent être aussi variables : densité du charge- Limitations
ment, granulométrie des particules solides... De même, le lit de Le problème majeur est évidemment le temps de mesure
catalyseur peut être scindé en plusieurs parties avec un disposi- nécessaire pour scruter l'ensemble de la section. Compte
tif de redistribution intermédiaire entre chacune des parties. tenu de l'activité de la source et de l'épaisseur traversée il
Au centre de Solaize, les études concernant ces réacteurs faut en effet JO s par point de mesure pour obtenir une pré-
liquide/gaz/solide sont réalisées sur des unités représenta- cision statistique convenable sur le comptage mesuré. Le
tives des réacteurs industriels à petite écheUe. La division du temps total de mesure est donc excessif pour permettre des
Génie des Procédés de l'IFP dispose à cet effet de plusieurs mesures valides en dynamique pour lesqueUes l'hypothèse
maquettes dont le diamètre varie de 50 à 1600 mm. Ces uni- de stationnarité de l'écoulement doit rester vérifiée. Aussi,
tés sont destinées uniquement à l'étude des problèmes l'amélioration du dispositif actuel est-eUe à l'étude pour
d'hydrodynamique, la réaction chimique n'étant pas prise en diminuer ce temps de comptage en utilisant une géométrie
compte. Les fluides utilisés sont généralement de l'heptane de faisceau différente, un plus grand nombre de détecteurs...
pour la phase liquide et de l'azote pour la phase gaz. La
température de fonctionnement est proche de la température
ambiante et la pression varie entre la pression atmosphérique
et 10 bar en entrée. Les débits de liquide et de gaz sont
déterminés de façon à être représentatifs des vitesses superfi-
cieUes utilisées dans les réacteurs industriels.

III. MÉTHODOLOGIE EXPÉRIMENTALE

Les méthodes d'investigation expérimentale utilisées pour


caractériser et analyser les écoulements diphasiques dans les
réacteurs gaz/liquide/solide peuvent être classées en deux
groupes suivant le caractère global ou local des paramètres
mesurés.

• 3.1 Mesures globales


3.1.1 Tomographie gamma
Pour connaître la répartition spatiale des phases liquide et
gaz suivant une section du réacteur, les seules méthodes glo-
bales existantes sont basées sur le principe de la tomogra-
phie. Parmi les technologies testées pour reconstruire une 2. Dispositif de mesure tomographique par atténuation
image tomographique d'une section de conduite, les mesures de rayons y.
LES RÉACTEURS CATALYTIQUES GAZ/LIQUIDE/SOLIDE: PROBLÈMES À RÉSOUDRE ET MÉTHODOLOGIE SUIVIE

3. Dispositif de mesure des


champs de vitesse par PlV.

Caméra Hamatsu

3.1.2 Imagerie laser: PlV .3.2 Mesures locales


Le deuxième type de mesure globale qui est implémenté Compte tenu de la structure très complexe du lit de parti-
concerne la mesure des champs de vitesse suivant une sec- cules solides, les sondes de mesure de type local restent les
tion d'un écoulement en utilisant la technique de Partide seules techniques à l'heure actuelle pour accéder à l'écoule-
Image Velocimetry (PlV). Cette technique a été en particulier ment à travers le lit de catalyseur. En effet la technique de
utilisée pour déterminer les champs de vitesse dans une tomographie n'a pas pour l'instant été validée en présence
entrée de réacteur en écoulement ascendant et en présence d'écoulement pour un lit de catalyseur réel (billes d'alumine).
de divers internes.
Le principe consiste à éclairer une tranche d'écoulement à 3.2.1 Traçage de la phase liquide
l'aide d'une nappe laser. L'écoulement est ensemencé au La méthode du traçage des fluides dans le réacteur permet
préalable avec des particules dont la densité est très proche de détecter des zones mortes ou des zones de passages préfé-
du liquide pour éviter toute vitesse de glissement. La nappe rentiels. Utilisée à l'origine de façon globale à travers tout le
laser obtenue grâce à une lentille cylindrique permet d'éclai- réacteur, cette méthode est ici mise en œuvre de façon locale
rer l'écoulement suivant un plan très mince et de focaliser afin de détecter des défauts de distribution.
ainsi la prise de vue sur les particules contenues dans ce Le principe du traçage consiste à injecter pendant un
plan. L'exploitation, par la suite, de deux prises de vue suc- temps très bref (injection de type impulsion) un volume V de
cessives permet de déterminer le vecteur déplacement cor- traceur dans l'écoulement à l'amont du réacteur. La concen-
respondant à chaque particule détectée. Ce calcul est tration en traceur dans l'écoulement est ensuite mesurée en
effectué grâce à la technique d'autocorrélation si les deux différents points du réacteur. L'analyse comparative des
expositions sont stockées sur la même image ou grâce à la courbes de concentrations obtenues permet de déterminer le
technique d'intercorrélation si les deux expositions sont stoc- temps de séjour moyen correspondant à chaque point de
kées sur deux images différentes. Le vecteur vitesse corres- mesure ainsi que le débit local du fluide tracé.
pondant est alors déduit facilement puisque le délai séparant
Dans notre cas, le traceur est injecté dans la phase
deux prises de vue est connu. La figure 3 présente le dispo-
liquide; il s'agit d'un hydrocarbure dont les caractéristiques
sitif utilisé lors des mesures en entrée de réacteur.
physiques, masse volumique et viscosité, sont très proches
L'acquisition des images est réalisée par une caméra numé- de celles du fluide étudié. Par exemple, lorsque le fluide étu-
rique. Trois zones successives ont dû être exposées pour per- dié est de l'heptane, on utilise de l'hexane comme fluide tra-
mettre de suivre l'écoulement depuis la conduite d'entrée ceur. La caractéristique physique qui permet de différencier
jusqu'aux parois latérales. La durée de prise de vue varie en le traceur du fluide porteur est ici l'indice de réfraction. En
fonction des vitesses à mesurer dans chaque zone. Pour une effet l'heptane a un indice de réfraction proche de 1,39 alors
même zone, il peut y avoir localement des différences impor- que l'hexane a un indice de réfraction proche de 1,37. Au
tantes entre vitesses qui imposent plusieurs séries de prise de point de mesure étudié, une sonde de prélèvement permet
vue ayant des temps d'exposition différents. d'effectuer un échantillonnage en continu du mélange
liquide/gaz + traceur. Le gaz est d'abord séparé du mélange
Limitations liquide/gaz et l'indice de réfraction du mélange liquide/tra-
L'inconvénient de cette technique de mesure réside dans le ceur est ensuite mesuré en continu à travers un réfracto-
fait que l'écoulement doit être le plus bi-dimensionnel possible mètre. On en déduit la courbe de l'écart d'indice de
pour que les champs de vitesse mesurés soient représentatifs de réfraction entre le mélange liquide/traceur et le liquide seul
l'écoulement. De plus cette technique n'a pour l'instant été tes- en fonction du temps. Les figures 4 et 5 présentent deux
tée qu'avec un écoulement monophasique liquide et il serait exemples de faisceau de courbes obtenus en plusieurs points
très intéressant de savoir si elle reste utilisable en présence de prélèvement du lit de catalyseur d'un réacteur.
d'un écoulement diphasique de type écoulement à bulles ou L'indice de réfraction du mélange liquide/traceur étant
écoulement de gouttelettes dispersées dans du gaz. proportionnel à la concentration en traceur, on peut déduire
DOSSIER
4. Exemple de traçage
2,50
liquide en 4 points de
prélèvement d'un même
lit de catalyseur. x 0,01

2,00

5
=0
g l,50
'il!
CD
'0
CD
~
'0
~ 1.00
'1::
0
0 -1
w
-2
0,50 --3
--4

0,00 .t-_....._L.o.....+--'--'--'--'--t--'---...=~~~~!!I-.- ...--.....+-'-~


o 10 20 30 40 50 60 70
Temps en sec

de la figure 4 une très bonne homogénéité de l'écoulement grand nombre de réfractomètres ou impose de réaliser un
liquide entre les points de mesure. Par contre comme le essai d'injection par point de mesure.
montre la figure 5, des défauts de répartition de l'écoule-
Aussi, l'utilisation d'un deuxième type d'instrumentation
ment apparaissent entre les points PA4, PA7 et PA9. De
est actuellement à l'étude. Il s'agit d'un système de mesure
même la comparaison entre les deux niveaux de prélèvement
de l'indice de réfraction par sondes locales dont le volume
(PA et PC) fait apparaître un étalement des courbes qui peut
de mesure est de 1 mm 3 . Le principe consiste à comparer la
être associé à la diffusion de l'écoulement à travers le lit de
réflexion d'une onde de lumière blanche sur deux matériaux
catalyseur.
différents. Lorsque les deux ondes réfléchies sont en opposi-
tion de phase il existe une relation reliant l'indice de réfrac-
Limitations et objectifs tion du milieu à la longueur d'onde et à la distance séparant
Sous sa forme actuelle, les problèmes posés par cette les deux matériaux. Cette technique a évidemment l'avan-
méthode sont liés au prélèvement. En effet, il n'est jamais tage de permettre la mesure de l'indice de réfraction in situ
totalement certain que la vitesse de prélèvement soit égale de façon peu intrusive. De plus, elle permet la mesure simul-
localement à la vitesse de l'écoulement. De même, il peut y tanée de l'indice en un grand nombre de points de mesure
avoir une variation de la température entre le point de prélè- sans mettre en jeu une batterie de réfractomètres. Cependant
vement et le point de mesure de l'indice de réfraction. De à l'heure actuelle, lorsque plusieurs sondes sont utilisées
plus, la mesure en plusieurs points nécessite l'utilisation d'un simultanément, des problèmes de dérive optoélectronique

5. Exemple de traçage
3
liquide en 8 points de
prélèvements situés à x 0,01
deux hauteurs diffé-
rentes dans un même 2.5
lit de catalyseur.

~0 2
g
'il!
CD --lA
'0
CD 1.5 -. -- - -2A
~
'0 --3A
S
'1::
--4A
0 --IC
0
w ... -. ·2C
--3C
--4C
0.5

100 ISO
Temps en sec

LA HOUILLE BLANCHEIN° 5/6-1998


LES RÉACTEURS CATALYTIQUES GAZ/LIQUIDE/SOLIDE : PROBLÈMES À RÉSOUDRE ET MÉTHODOLOGIE SUIVIE

subsistent entre les sondes et obligent une fréquence de reca- réflexions parasites de signaux déjà caractéristiques du pas-
libration qui est rédhibitoire pour les essais qui sont à effec- sage de petites bulles.
tuer. Un travail de développement est actuellement mené par Un deuxième problème posé par J'utilisation de ces
les constructeurs pour résoudre ces problèmes de dérive. sondes au sein du lit de billes solides provient de la variation
observée de l'amplitude maximale du signal entre deux
3.2.2 Mesure du /aux de gaz par sondes optiques points de mesure. La position relative de la sonde par rap-
Les sondes optiques étant adaptées aux mesures locales de port aux billes semble influer sur l'amplitude maximale du
taux de vide en présence d'un mélange liquide/gaz, elles ont signal jusqu'à l'annuler lorsque la sonde est en contact avec
été tout naturellement retenues pour les mesures à l'intérieur une bille de catalyseur. Il est donc nécessaire de comprendre
du lit de billes solides de catalyseur. Le principe de mesure si cette atténuation est due à un phénomène caractéristique
bien connu consiste à envoyer un faisceau lumineux dans de l'écoulement (passage de petites bulles) ou est due à
une fibre optique qui sera soit transmis soit réfléchi par la l'environnement de la fibre et d'en déduire un critère per-
partie sensible de la sonde suivant que celle-ci est plongée mettant de décider dans quel cas la mesure reste exploitable.
respectivement dans du liquide ou dans du gaz. On obtient
donc un signal de type tout ou rien correspondant à la fonc- Parallèlement aux mesures de taux de vide local, une
tion indicatrice de phase dans le mélange. deuxième application de ces fibres optiques est actuellement
à l'étude. Il s'agit de mesurer la vitesse et la taille des bulles
Dans nos applications, la partie sensible de la sonde
de gaz. Pour cela deux types de dispositifs vont être testés:
optique est en forme de prisme conique en saphir. Le maté-
riau saphir a été choisi pour sa résistance mécanique impor- - Mesure de la vitesse des bulles avec une mono-sonde
tante compte tenu de l'environnement de mesure dans lequel installée face à l'écoulement. On déduit la valeur de la
la sonde peut être en contact avec les billes de catalyseur. A vitesse à partir de la valeur du temps de montée du créneau.
l' heure actuelle, ces sondes optiques sont util isées pour - caractéristique d'une bulle. La fonction reliant temps de
effectuer des mesures locales de taux de vide. Les sondes montée et vitesse est obtenue à partir d'un étalonnage de la
sont déplacées progressivement dans le lit de catalyseur pour sonde.
déterminer des profils de taux de vide et en déduire des
zones caractéristiques de déficit ou d'excès de gaz. - Mesure de la vitesse des bulles avec une bi-sonde instal-
lée perpendiculairement à l'écoulement. On détermine le
temps de délai moyen entre les deux signaux mesurés par
Limitations et objectifs
intercorrélation. La vitesse est alors facilement déduite
Un des problèmes majeurs posés par l'utilisation de connaissant la distance séparant les deux pointes des sondes.
sondes optiques au sein d'un lit de billes provient de la
détermination d'un seuil séparant le niveau de tension carac- Une fois la vitesse déterminée, la mesure de la taille de la
téristique du liquide de celui caractéristique du gaz. En effet, corde interceptée par la sonde est facilement déduite à partir
comme le montre la figure 6, le niveau bas du signal, corres- du temps de passage de la bulle.
pondant au liquide est très bruité du fait de réflexions secon- Il s'agit de montrer quelle technique est la mieux adaptée
daires du signal lumineux sur les grains adjacents à la sonde. pour les mesures de vitesse et de taille de bulles lorsque la
Aussi, est-il très délicat de discriminer les signaux dus à ces fibre est plongée dans le lit de catalyseur.

6. Exemple de signal
mesuré en présence
d'un écoulement
8 liquide/gaz dans le
lit de catalyseur.
7

4
Volts
3

o
-1 a:...... ....L-- -'- ----'- ----''--- ...

1.5 1.6 1.7 1.8 1.9 2


Temps (sec)

1 0 - - - _ -

Il 1
LA [Link]/N° 5/6-1998
_____
DOSSIER
IV. BESOINS V • CONCLUSIONS

Cet article dresse un bilan des problèmes posés par


• 4.1 Besoins en instrumentation l' hydrodynamique des réacteurs catalytiques de type
Outre l'amélioration des méthodes décrites dans le para- gazlliquidelsolide fonctionnant en "lit fixe" et présente
graphe précédent, il reste à développer et mettre au point des l'ensemble de la méthodologie adoptée pour les résoudre.
techniques de mesures locales concernant : Compte tenu de la complexité des écoulements diphasiques
étudiés, l'approche expérimentale est actuellement la voie de
- la mesure locale de la vitesse de la phase liquide ou de la recherche privilégiée.
phase gaz dans n'importe quelle configuration d'écoulement,
Sur le plan de l'instrumentation, les différentes techniques
- le traçage de la phase gaz. utilisées sont décrites. L'accent est porté sur les faiblesses de
ces techniques pour mesurer correctement un écoulement
• 4.2 Besoins en modélisation diphasique à travers un lit de particules solides. De même
sont exposés les besoins d'instrumentation complémentaire
Sur le plan de la modélisation, des besoins apparaissent à liés à ces conditions de mesure.
deux niveaux:
Sur le plan de la modélisation, les besoins restent impor-
- Au niveau de l'ensemble de distribution à l'amont du lit. tants puisqu'aucun modèle d'écoulement diphasique n'est
A l'heure actuelle le choIx et le dimensionnement des actuellement disponible pour décrire le comportement hydro-
internes permettant d'améliorer la répartition des phases à dynamique de l'écoulement à l'amont du lit ou dans le lit
l'amont du lit se fait à partir de résultats expérimentaux lui-même.
obtenus sur des maquettes. Le dimensionnement d'une unité
industrielle réalisé par extrapolation sur la base de règles Références
d'homothétie géométrique pour des vitesses superficielles
équivalentes pose parfois problème. Aussi serait-il très inté- [1] KUMAR S. B., MOSLEMIAN D. & DUDuKovic M. P.. 1995, A y-ray
tomographie scanner for imaging viodage distribution in two-phase flow
ressant de mettre au point une modélisation bi-dimension- systems, Flow Meas. fllslrum .• Vol. 6, N) l, pp.61-73
nelle de l'écoulement diphasique au travers des internes de
[2] MACCUAIG J. P., SEVILLE J. P. K., GILBAY W. B. & CLIFf R., 1985,
distribution. Application of gamma-ray IOmography 10 gas fluidised beds, Applied
Oplies, Vol. 24, W 23, pp. 4083-4085.
- Au niveau du lit. A l'heure actuelle, les tentatives de
[3] TOYE D., 1997, Etude de l'écoulement ruisselant dans les lits fixes par
modélisation des écoulements à travers un lit de particules tomographie à rayons X, Thèse de doctorat, Université de Liège.
solides fixes restent limitées. Certains auteurs ont adopté des
[4] SCHON J. P., PORCAR R., STANISLAS M. ROYER H. & FOUNEL T., Les
approches phénoménologiques dans lesquelles ils introdui- techniques de visualisation qualitatives et quantitatives en mécanique des
sent des paramètres caractéristiques de la répartition de fluides, Speelra 2000, W 164, pp. 21-26.
l'écoulement (facteur de diffusion axiale, radiale, facteur de [5] FOURNEL T., STANISLAS M. AREFI S. HOYEZ M. C., CflANCONIE M.,
paroi..) qu'ils déterminent en calant le modèle à des résultats AZEMA J. & BIGEARD P., Dépouillement automatique d'images de tomogra-
expérimentaux. D'autres auteurs ont proposé un modèle phie laser multi-exposition, 4ème colloque international de visualisation et
de traitement d'images en mécanique des fluides, Lille, mai 1990.
d'écoulement basé sur les équations de bilan de mécanique
[61 CARTELIER A. & ACHARD J. L., 1991, Local phase detection probes in
des fluides qu'ils appliquent à l'écoulement de liquide seul
fluidlfluid two-phase flows, Rev. Sei. flls/rum., Vol 61, W2, pp. 874-886.
en supposant la fraction du liquide connue expérimentale-
[7] CATELIER A., 1990, Optica1 probes for local void fraction measurements :
ment en tout point. Un modèle plus complet faisant interve- charateIization of performance, Rev. Sei. flls/rum., Vol 61, N°2, pp. 874-886.
nir les deux phases reste donc à élaborer pour obtenir, pour
[81 CARTELIER A., 1992, Simultaneous void fraction measurement, bubble
une porosité du lit donnée, la répartition du taux de gaz et velocity and size estimate using a single optical probe in gas-Iiquid two-
des vitesses suivant une section du lit. phase flows, Rev. Sei. fllslrum., Vol 63, W Il, pp. 5442-5453.

LA BOUILLE BLANCHE/N° 5/6-1998

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