Completion
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CHAPITRE 1
CONFIGURATION GÉNÉRALE
DE L'ÉQUIPEMENT D'UN PUITS ÉRUPTIF............................... 7
CHAPITRE 2
LA TÊTE DE PRODUCTION................................................ 11
CHAPITRE 3
LA COLONNE DE PRODUCTION OU TUBING............................ 19
CHAPITRE 4
LES PACKERS - ÉTANCHÉITÉS D'ANNULAIRE.......................... 31
CHAPITRE 5
ACCESSOIRES DE FOND................................................... 45
CHAPTIRE 6
LES VANNES DE SÉCURITÉ DE SUBSURFACE........................... 59
Dans la recherche du meilleur compromis entre les besoins et les contraintes du gisement
et ceux de l'exploitant, les choix sont guidés par quatre grands principes :
accès au réservoir pour les mesures,
transit efficace de l'effluent du fond vers la surface,
contrôle de cet effluent en surface,
sécurité de l'installation.
Bien entendu, la sélection des différents équipements se fait en fonction des données
collectées et en relation avec la détermination des configurations (liaison couche-trou,
complétion simple ou multiple, ...) et du mode d'activation éventuel. Aussi, seuls des critères
généraux de choix pourront être donnés ici.
Il faut noter aussi que la solution finalement retenue peut être différente de ce que l'on
souhaitait initialement d'un point de vue technique du fait que le matériel choisi :
n'est pas disponible sur le marché ou ne peut être obtenu dans les délais dont on
dispose,
est excessivement coûteux,
diffère du matériel classiquement utilisé par la compagnie,
peut être remplacé (plus ou moins bien) par du matériel excédentaire se trouvant en
stock dans la compagnie.
De haut en bas (figure 1), les puits éruptifs comportent en général les équipements de
production suivants :
Une tête de production comprenant "l'arbre de Noël" et la tête de colonne de
production.
L'arbre de Noël est un ensemble de vannes, duse (choke), raccords qui permet le
contrôle de l'effluent, la mise en sécurité de l'installation, l'accès au puits pour des
outillages et instruments de mesure.
Pour répondre à des besoins plus spécifiques, on peut aussi être amené à utiliser d'autres
équipements tels que :
tube perforé,
flow coupling (manchon renforcé),
blast joint (tube renforcé),
joint de sécurité,
joint télescopique,
joint de déconnexion.
Il est nécessaire de suspendre et de bloquer le tubing en surface et, par dessus, de mettre en
place un empilage de vannes et autres accessoires qui répond aux impératifs de sécurité et
d'écoulement des fluides. La figure 2 montre un tel empilage dont les différents éléments
seront décrits aux paragraphes 2.1 et 2.2 ci-après.
Le choix du type de tête de puits et les fonctions qu'elle doit assurer sont liés aux
impératifs et besoins de :
sécurité contre l'éruption non contrôlée du puits,
contrôle du débit du puits (dusage),
contrôle périodique de l'état du puits et/ou mise en sécurité du puits par des outillages
descendus au câble,
résistance à la pression et à la température en production, puits fermé, ou lors
d'opérations exceptionnelles sur le puits (fracturation hydraulique par exemple).
Les deux sorties latérales qui communiquent avec l'annulaire sont fermées par des vannes.
Une de ces sorties est équipée d'un manomètre permettant d'observer l'annulaire et d'y
surveiller toute anomalie de montée ou descente en pression. L'autre sortie permet de se
brancher sur des conduites extérieures.
L'olive de suspension est généralement usinée pour recevoir un clapet anti-retour (BPV :
Back-Pressure Valve) ou un bouchon avec système d'égalisation de pression intégré (TWCV :
Two Way Check Valve) lors des interventions sur la tête de puits (figure 4).
Le plus souvent, les olives actuelles ont une extension supérieure offrant des étanchéités
additionnelles. De plus, dans le cas où le puits est équipé d'une vanne de sécurité de
subsurface, un passage est ménagé pour assurer une continuité hydraulique de la ligne de
contrôle.
Dans le cas de complétions multiples à plusieurs tubings parallèles, par exemple une
complétion double, chacun des tubings peut être suspendu séparément par une demi-olive, un
système assurant le guidage et l'orientation de chacune des demi-olives (figure 5).
PREPARE PAR [Link]
13
La tête de production
L'ensemble est complété par une ou deux vannes latérales de production (wing valve) et un
porte-duse.
Le nombre de vannes et leur disposition n'est pas unique et doit être adapté aux impératifs
de sécurité et de production de chaque champs. Ainsi, les pressions élevées nécessitent deux,
voire exceptionnellement trois vannes maîtresses ; de forts débits incitent à équiper les deux
sorties latérales de production ; enfin certains cas exigent l'utilisation en continu de l'une ou
des deux sorties sur l'annulaire.
Pour des raisons de gain de place et d'encombrement, ce qui est particulièrement critique
sur les installations de production en mer (offshore), on utilise de plus en plus des têtes de
production monoblocs (figure 6), dans lesquelles les sièges et portées d'étanchéité des vannes
maîtresses et de la vanne de curage sont usinés dans la masse.
Les vannes utilisées sur l'arbre de Noël sont du type vanne à opercule (figure 7).
Mais, par exemple, dès que la pression en tête de puits sort des valeurs autorisées en
exploitation normale, les relais pilotes basculent et provoquent la purge de la pression du
dispositif de commande. Sous l'action du ressort récupérateur, la vanne se ferme. Ceci est
caractéristique d'une vanne en position de sécurité (ici fermée) quand il n'y a pas de signal de
commande (ici la pression sur le piston du dispositif de commande) ; elle est dite fail safe.
La vanne latérale de production, souvent manuelle, peut être motorisée, afin de pouvoir la
manœuvrer à distance.
En dehors des déclenchements sécurité, le puits est fermé par manœuvre de la vanne
latérale puis ensuite de la vanne maîtresse supérieure.
En utilisation toutes ces vannes doivent être soit totalement ouvertes, soit totalement
fermées, le réglage du débit devant se faire exclusivement au niveau du porte-duse. Celui-ci
(figure 9) peut contenir une duse fixe ou une duse ajustable, soit manuellement soit via un
servo- moteur.
C'est la conduite d'acheminement des effluents du gisement vers la surface pour les puits
producteurs ou de la surface vers le gisement pour les puits injecteurs.
Hormis des cas très spécifiques, le tubing est associé à un packer. Cette disposition permet
de protéger le cuvelage de l'effluent. Par ailleurs, le choix judicieux du diamètre de passage
des tubes permet un régime d'écoulement favorable des fluides et, par conséquent, de
minimiser la consommation d'énergie.
Le tube retenu pour équiper le puits est choisi comme étant le meilleur compromis entre
les contraintes d'exploitation, les paramètres du puits et parfois les impératifs de bonne
gestion d'un parc de tubulaires existant.
Les fabricants et manufacturiers proposent, outre une gamme classique codifiée dans le
cadre des normes américaines API, des tubes confectionnés à partir d'aciers améliorés ou
d'aciers spéciaux pour répondre aux besoins particuliers de tenue à la corrosion induite par la
présence de l'hydrogène sulfuré ou du gaz carbonique et de l'eau.
Les paramètres définis par l'API sont en particulier : le diamètre nominal, la masse
nominale, la nuance d'acier (grade), le type de connexion et la gamme de longueur.
pouces 1.050 1.315 1.660 1.900 2.063 2" 3/8 2" 7/8 3" 1/2 4" 4"1/2
mm 26,7 33,4 42,2 48,3 52,4 60,3 73,0 88,9 101,6 114,3
Nota : 2" 3/8 = 2.375 ; 2"7/8 = 2.875
TABLEAU 1 Diamètres nominaux des tubings normalisés par l'API
Attention, rien n'empêche pour des puits gros producteurs d'utiliser des tubes fabriqués
selon la norme "Casing" (5", 5" 1/2, 7" en particulier) pour assurer la fonction tubing,
d'où l'expression : "Ce puits est équipé d'un tubing 5" casing".
Inversement, les tubings de diamètre inférieur à 2" 3/8 sont plutôt réservés aux
opérations d'intervention en concentrique sur les puits ; on les surnomme d'ailleurs
"macaronis" (macaroni string).
Diamètre intérieur et épaisseur
Le diamètre intérieur (Inside Diameter ou ID) découle du diamètre nominal et de
l'épaisseur du tube et c'est naturellement lui qui est pris en compte pour le calcul des
pertes de charge et des vitesses d'écoulement.
Diamètre de calibre (drift)
Cette donnée est de toute première importance. C'est en effet le diamètre garanti de
passage à travers des tubings assemblés d'un mandrin comportant une portion cylindre
de diamètre extérieur égal au drift et de 40 in. (1,06 m) de longueur ; les extrémités de
ce mandrin, au-delà de la portion cylindrique, sont chanfreinées pour faciliter son
introduction dans le tubing.
En d'autres termes, le calibre conditionne la gamme d'outillage que l'on peut descendre
dans le tubing, que ce soit des outils de travail au câble, des perforateurs, des outils de
diagraphies ou de petits tubings d'intervention en concentrique.
Par conséquent, il est impératif de vérifier que les tubes (comme les accessoires
d'ailleurs), qui seront descendus dans le puits, sont tous bien "au drift".
Diamètre extérieur maximum
Il correspond au diamètre extérieur (Outside Diameter ou OD) du raccord et dépend du
diamètre nominal et du type de connexion. C'est une donnée sensible quand des
problèmes d'encombrement dans le euvelage sont à considérer. (Par exemple : tubing de
très gros diamètre, complétions multiples, etc.).
L'API propose :
l'extrémité NU (non upset), manchonnée, sans refoulement de l'extrémité du corps du
tube (figure 10b) ;
l'extrémité EU (external upset), manchonnée, avec refoulement extérieur de l'extrémité,
ce qui donne une meilleure résistance à la traction, la section à fond de filet étant plus
importante (figure 10c).
Les filets sont triangulaires, arrondis au sommet. L'étanchéité est assurée par la graisse
piégée entre les filets, ce qui est suffisant sur des puits à huile et de faible pression.
L'étanchéité est alors généralement réalisée par une portée métal sur métal ou parfois par
un joint élastomère ou téflon (figure 10d).
PREPARE PAR [Link]
23
La colonne de production ou tubing
La graisse a pour fonction de lubrifier les filets et de les protéger de la corrosion. Pour les
filetages type API, elle assure également l'étanchéité de la connexion.
Les manchons sont vissés en usine avec une graisse de facteur de friction unité (sauf
spécification contraire). Il est fortement recommandé de n'utiliser sur chantier que des
graisses de même coefficient, afin de ne pas avoir à modifier les couples de vissage des tubes.
On évite ainsi les risques de sur ou de sous-vissage.
En plus du diamètre nominal, on caractérise dans la pratique un tube, non pas par son
épaisseur, mais par sa masse nominale. Elle correspond à la masse moyenne d'un tubing,
extrémités comprises, et est exprimée en livre par pied (lb/ft ou symbole #).
Pour un même diamètre nominal, on peut trouver des tubes de masses nominales
différentes en fonction de l'épaisseur du tube. De légères variations de la masse nominale
(tableau 2) indiquent par contre des connexions de type différent (cf. paragraphe [Link]).
Les fournisseurs proposent des grades d'acier standard normalisés par l'API, des grades
"fournisseurs" allant au-delà des normes et des aciers spéciaux pour les cas difficiles de
corrosion liée, en particulier, à l'hydrogène sulfuré ou au gaz carbonique.
Sont normalisés actuellement les grades API suivants : H40, J55, C75, L8O, N80, C90,
P105. Cependant, elles ne sont pas toutes proposées pour tous les diamètres nominaux ou
masses nominales.
Chaque lettre est caractéristique d'une composition chimique de l'acier et d'un éventuel
traitement thermique. Les aciers sont élaborés au four électrique Martin ou au convertisseur
basique à l'oxygène ; ils ont tous 0,04 % de soufre et 0,06 % de phosphore au maximum.
Les nuances C75, L80 et C90 dites "spécial corrosion" sont plus spécialement destinées
aux puits à faible température et à faible concentration en hydrogène sulfuré. Elles sont
caractérisées par une contrainte maximale à la limite élastique assez proche du minimum (cf.
tableau 3).
Pour répondre aux besoins de tenue à l'hydrogène sulfuré, les fournisseurs proposent des
aciers faiblement alliés et dont les propriétés (supérieures à celles des normes API) répondent
aux spécifications de la NACE.
A titre d'exemple, la firme Vallourec propose une nuance L80 VH avec une dureté
Rocwell de 22 ; rappelons que HRC (Hardness Rockwell C) de 22 est normalement la dureté
maximum autorisée pour que l'acier standard soit considéré comme H2S service.
CARACTÉRISTIQUES GRADES
Pour des conditions de service encore plus sévères, il faut recourir à des alliages à haute
teneur en nickel principalement, associé au chrome et au molybdène (Hastelloy). Le prix de
ces aciers spéciaux peut aller jusqu'à vingt cinq fois le prix d'un acier normal.
Les tubes descendus dans les puits sont soumis, outre à leur propre poids, à des régimes de
pression et température variables qui vont générer des variations de contraintes.
Notons que les caractéristiques mécaniques sont déduites du diamètre nominal, de la masse
nominale et de la nuance. Ainsi, pour un tubing 3" l/2, 12,7 #, N80, la section transversale du
tube est de 2 375 mm2 et l'épaisseur de 9,52 mm. La traction à la limite élastique est de
131.103 daN (134 t), la pression d'écrasement de 105,5 Mpa (1 055 bar) et celle d'éclatement
de 103,4 Mpa (1 034 bar).
Les débits unitaires des puits sont des éléments clés. Ils conditionnent le nombre de puits à
réaliser pour obtenir le débit économique du champ, et par là-même les investissements, donc
la rentabilité ou non du schéma de développement proposé.
Le premier paramètre à fixer est donc le diamètre nominal du tubing. Ensuite, le grade
d'acier et la masse nominale sont choisis en considérant les efforts auxquels le tubing sera
soumis par la suite en cours d'exploitation. En troisième lieu, selon la nature et la corrosivité
des effluents présents et à venir, on choisit le type de connexion et la métallurgie. En fait, ces
différentes étapes citées dans le choix du tubing interfèrent entre elles et rendent la
détermination du tubing parfois délicate.
Le tableau 4 suivant donne une idée des débits qui peuvent être envisagés dans les tubings
de dimension et poids nominaux les plus populaires. Ces débits sont proposés pour les
conditions suivantes :
Pour l'huile : une perte de charge ne dépassant pas 250 Pa/m et une vitesse moyenne
inférieure à 2 m/s.
Pour le gaz : un perte de charge ne dépassant pas 1 000 Pa/m et une vitesse moyenne
inférieure à 10 m/s.
A signaler que le nombre de Reynolds calculé avec les données du tableau varie :
pour l'huile, de 104 à 105 suggérant un écoulement partiellement turbulent et l'existence,
normalement, d'un film laminaire à la paroi.
pour le gaz, de 2 106 à 2 l07 indiquant un écoulement parfaitement turbulent.
A titre indicatif :
l'API conseille de ne pas dépasser une vitesse critique de l'ordre de :
‡
Gaz : densité d = 0,7 ; viscosité dynamique = 0,015 mPa.s (cP)
masse volumique = 150 kg/m3 (1.25 ppg) ; P = 150 bar ( 2 200 psi)
coefficient de supercompressibilité Z = 0,9
gaz propre, sans sable
critère : Pfriction 1 000 Pa/m (10 bar/1 000 m ou 40 psi/1 000 ft) ou v 10 m/s (33 ft/s)
En cours d'exploitation, les puits vont être soumis à des variations de débit, de pression, de
température qui vont induire des efforts mécaniques dans les tubes (ou, si le tubing est libre
de coulisser dans le packer ou est muni d'un joint télescopique, des mouvements
d'allongement ou de rétrécissement des tubes, c'est-à-dire la "respiration" du tubing). Par la
méthode élaborée par Lubinski, on détermine les efforts de traction, de compression, ou les
allongements, les rétrécissements auxquels on peut s'attendre dans le puits dans les situations
"défavorables" que l'on est à même de rencontrer dans la vie du puits ; classiquement : test en
pression du tubing, production, fermeture du puits, acidification, voire fracturation de la
couche. Les paramètres ainsi évalués sont comparés aux valeurs maxima autorisées en
affectant les caractéristiques mécaniques brutes des tubes de coefficient de sécurité. Dans les
cas sévères, on recourt de plus en plus à la méthode des efforts composés ; l'ellipse de
plasticité montre par exemple la diminution de la résistance à l'écrasement quand une traction
importante est appliquée.
Pour un tubing et une configuration de la complétion donnés, on vérifie entre autre que le
tubing ne sera pas soumis :
à des efforts de traction en tête trop importants ;
à des efforts de traction au packer supérieurs à la traction de désancrage de celui-ci ;
à un flambage excessif, voire une déformation en "tire-bouchon" permanente ;
si le mouvement est possible, à un allongement ou raccourcissement de trop grande
amplitude ;
à des efforts d'éclatement en tête trop élevés ;
à des efforts d'écrasement en bas de l'annulaire exagérés.
La métallurgie
Pour répondre aux besoins de tenue des tubes à la corrosion, le choix entre un acier de
construction normal ou légèrement traité, avec injection d'un inhibiteur de corrosion
générant un film protecteur à la paroi du tube, ou un acier spécial est fonction :
- du coût au kilogramme de l'acier spécial,
- de la faisabilité et du coût de l'injection d'inhibiteurs de corrosion,
- du temps prévu entre deux reprises de puits, du coût et de la durée de celles-ci et
également du coût de la production "perdue" pendant ces opérations.
Dans les cas sensibles, la tendance est de préférer un acier spécial à une injection
d'inhibiteur.
On peut remarquer également que :
- Le choix d'un inhibiteur, la détermination du dosage requis, la mise en œuvre de
l'inhibition sont des opérations qui nécessitent de recourir à des spécialistes. Par
ailleurs, les produits utilisés peuvent malheureusement poser des problèmes en aval,
lors du traitement des hydrocarbures.
- Un acier spécial, conçu et fabriqué pour résister dans un certain milieu corrosif peut
par contre se corroder très vite dans un autre environnement, notamment à l'air libre et
surtout à l'air marin. Ceci impose des conditions de stockage et de transport très
strictes. De plus, l'utilisation d'aciers spéciaux oblige à résoudre le problème de la
corrosion par électrolyse (dite corrosion par effet de pile ou galvanique), lors du
passage d'éléments usinés dans un acier spécial à d'autres, ayant des métallurgies
différentes comme un acier au carbone plus classique, car l'un des aciers va se
comporter comme anode soluble.
- Les tubes en aciers spéciaux, surtout les tubes en acier inoxydable utilisés
couramment pour résister au gaz carbonique, peuvent poser des problèmes de
grippage et demandent de prendre des précautions particulières lors des opérations de
vissage-dévissage. Mais les fabricants de tube ont fait de gros progrès ces dernières
années sur les filetages et revêtements spéciaux ; le problème du grippage est
maintenant moins important.
En résumé, le packer isole l'annulaire du contact physique avec les fluides de couche et de
la pression en fond de puits.
Signalons aussi que le fluide de packer peut aider à contrôler le puits à la suite d'une fuite
dans le tubing de production, ou quand le packer n'est plus étanche ou est volontairement
désancré.
On évite d'utiliser comme fluide de packer des fluides contenant des solides en
suspension ; ceux-ci, finissant par sédimenter, risquent de rendre plus difficile les opérations
de reprise de puits.
Ce packer est entièrement reforable ; toutes les pièces, hormis la garniture d'étanchéité,
sont en fonte, magnésium, plomb ou bronze.
Il est descendu et mis en place dans le puits préalablement à la descente du tubing définitif
soit à l'aide d'un câble électrique associé à un outil de pose approprié, soit avec un train de
tiges de forage ou de tubings et l'outil de pose correspondant.
En puits droit ou moyennement dévié, la pose au câble du 415 D avec son extension sous
packer (si le poids global ne dépasse pas les limites du câble) est la méthode la plus classique,
permettant un calage précis du packer dans le puits par rapport aux données gisement. C'est,
de plus, une solution rapide, pratique et sûre.
L'outil de pose est accouplé au câble électrique, en général le même que celui utilisé par la
compagnie de diagraphies. Schématiquement, cet outil est un vérin hydraulique utilisant
l'énergie obtenue par l'expansion de gaz résultant de la mise à feu d'une charge d'explosif.
Arrivée à la côte de pose et après calage, la charge d'explosif contenue dans la chambre
supérieure de l'appareil de pose est mise à feu électriquement. La force d'expansion des gaz
est transmise au vérin hydraulique via un piston flottant qui repousse de l'huile contenue
11 12
dans le cylindre supérieur vers le cylindre inférieur, en passant à travers un orifice calibré .
Après cisaillement de vis en bronze empêchant le déplacement des cônes d'ancrage lors de
la descente dans le puits, le mouvement relatif des deux chemises et du packer oblige les
coins d'ancrage à s'écarter en montant sur les cônes, à mordre l'acier et à s'incruster dans le
cuvelage tout en comprimant, bien entendu, la garniture d'étanchéité en caoutchouc.
En fin de pose, une partie de l'énergie hydraulique générée par l'explosif sert à libérer
l'outil de pose : la traction finale exercée par le vérin cisaille un goujon13 et libère un petit
mandrin 14 , permettant au filetage fendu effaçable de se rétracter par élasticité. Il ne reste plus
qu'à remonter.
L'outil de pose, dans ce cas, est constitué d'un vérin hydraulique ; le piston est vissé dans le
filetage carré à gauche bis, en haut de la chemise centrale , le corps du vérin, lui, appuie
sur la chemise extérieure . Le vérin est bloqué lors de la descente par des goupilles de
cisaillement.
A la côte désirée, une bille est lâchée depuis la surface et vient se poser sur son siège dans
l'outil de pose. A l'aide des pompes du chantier, en pompant dans les tiges, on applique la
bille sur son siège et on monte en pression. A la valeur voulue, l'effort obtenu dans le vérin
est suffisant pour cisailler les goupilles. Le packer peut alors s'ancrer. Le vérin sert à ancrer
les coins supérieurs, puis une traction sur les tiges aide à l'écrasement de la garniture et à
l'ancrage des coins inférieurs.
Après décompression du train de tige, on vérifie que le packer est bien ancré en faisant un
essai de traction puis de compression. On vérifie également l'étanchéité de la garniture
d'étanchéité en pressurisant modérément l'annulaire.
L'outil de pose aux tiges est libéré par rotation à droite (10 tours au fond) et le train est
alors remonté pour enlever l'outil de pose.
Remarque : Il faut noter qu'il existe maintenant d'autres packers permanents extrapolés de
la famille du 415 D dont la pose peut s'effectuer hydrauliquement, directement avec la
garniture de production définitive descendue en même temps dans le puits. Il n'y a plus d'outil
de pose, l'ancrage se fait hydrauliquement, d'une manière similaire à celle utilisée pour les
packers hydrauliques retirables (cf. paragraphe 4.5)
Un filetage élastique rend le tubing solidaire du packer. L'étanchéité est assurée par des
garnitures d'étanchéité. Il est recommandé d'en prévoir un nombre minimum de deux jeux de
garnitures.
Cet équipement est muni des seules garnitures d'étanchéité et permet le coulissement du
tubing dans le packer. Toutefois, une butée située à la place du filetage limite la course vers le
bas.
PREPARE PAR [Link]
40
Les packers - étanchéités d'annulaire
FIG. 14a Anchor seal assembly FIG. 14b Locator seal assembly
(document Baker) (document Baker)
De plus, il est alors fortement recommandé de visser sous le packer une extension (seal
bore extension) suffisamment longue, de manière à ce que seul le jeu inférieur de garnitures
soit en contact avec les hydrocarbures, et ce, quel que soit l'engagement du locator ; cela
permet d'augmenter la durée de vie des autres jeux de garnitures.
Après remontée du tubing, le packer est reforé en quelques heures avec une garniture de
forage munie d'une fraise pleine ou d'une fraise de surforage.
Dans le cas où il est nécessaire de ne rien laisser dans le puits, on utilise alors la fraise de
surforage munie d'une extension qui passe à travers le packer (figure 15). Au bout de cette
extension, est monté un outil qui est destiné à récupérer la partie basse du packer après
surforage de la partie supérieure. Cet outil est muni d'un dispositif de relâchement qui permet
de libérer la garniture de forage s'il devient impossible de remonter la partie inférieure du
packer suite à un coincement de celle-ci.
Afin d'avoir assez de place sous le packer pour cet outil, il est nécessaire, lorsque le
diamètre intérieur du tubing vissé sous le packer est inférieur à celui du packer, d'intercaler
entre packer et tubing une extension de diamètre suffisant appelée mill-out extension.
Souple au niveau des possibilités de liaison tubing-packer, il peut être laissé dans le puits
lors des opérations de reprise de puits, pour changement de l'équipement de production.
Le plus grave inconvénient est de ne pouvoir s'en débarrasser qu'en le fraisant ou reforant ;
ceci impose l'utilisation d'une garniture de type forage, après avoir bien entendu enlevé la tête
de production et remonté le tubing.
Il faut également être averti du fait que les garnitures d'étanchéité du tube de production
finissent par adhérer à la chemise centrale du packer s'il n'y a pas de mouvement de ce tube
pendant une longue période. Inversement, des mouvements trop fréquents provoquent une
érosion prématurée des étanchéités.
Quoiqu'il en soit, ce type de packer est sans égal pour les puits profonds ; il est aussi très
utilisé dans les puits produisant du gaz.
Ces packers sont mis en place par pressurisation de la colonne de production. Les coins
d'ancrage sont situés sous l'élément d'étanchéité , composé en général de trois éléments en
caoutchouc, de duretés souvent différentes et choisies en fonction des conditions et
profondeur de pose. Ces éléments sont séparés par des bagues limitant l'extrusion du
caoutchouc.
Les coins d'ancrage maintiennent le packer en l'empêchant de glisser vers le bas, tant qu'il
y a "du poids" sur lui. L'utilisation de hold down buttons (pastilles de friction activées
hydrauliquement par la pression sous packer lorsqu'elle est supérieure à celle de l'annulaire)
aide à éviter que le packer ne glisse vers le haut.
Après pose d'un bouchon dans un siège sous le packer ou lancement d'une bille venant se
poser sur un siège adéquat, on monte en pression en pompant dans le tubing jusqu'à casser les
goupilles de cisaillement du packer. La pression agit alors sur un piston à l'intérieur du
packer. Ce piston entraîne une chemise faisant, d'une part, descendre une rampe conique qui
écarte et ancre les coins dans les parois du cuvelage et écrasant, d'autre part, les garnitures en
caoutchouc qui se déforment et viennent assurer l'étanchéité contre le cuvelage. Comme pour
les packers permanents, un système de crémaillère interne maintient les coins principaux en
position d'ancrage.
Ces packers sont désancrés en tirant sur le tubing jusqu'à exercer un effort de traction
suffisant pour casser des goupilles ou un anneau de cisaillement dont le tarage correspond à
une valeur de traction sur le tubing supérieure aux tractions éventuellement atteintes en cours
d'exploitation du puits.
Après cisaillement, le mouvement relatif des pièces dans le packer ouvre un passage
d'égalisation de pression, permettant le retrait des hold down buttons, le relâchement des
garnitures d'étanchéité et l'effacement des coins d'ancrage.
Ces packers ne peuvent pas être réutilisés immédiatement. Ils doivent être reconditionnés.
En particulier, il faut changer les goupilles ou anneau de cisaillement et vérifier les garnitures
et joints d'étanchéité.
Les packers hydrauliques retirables sont disponibles en version double (figure 17). Les
procédures de pose et de retrait sont analogues à celles qui viennent d'être décrites. Selon le
modèle choisi, l'ancrage se fait par montée en pression dans le tubing court ou dans le tubing
long. Le désancrage, lui, se fait par traction sur le tubing long.
Ces packers sont plus compliqués que les packers permanents, mais sont pratiquement sans
équivalent quand on désire les mettre en place directement avec le tubing de production
définitif. Ils sont relativement faciles à descendre dans les puits déviés, ils existent en version
double et même triple pour les complétions multiples. Il est même possible d'en mettre
plusieurs en même temps dans le puits. Rappelons enfin la facilité théorique avec laquelle on
peut les désancrer et les remonter. Une fois remontés, ils peuvent être reconditionnés et
resservir.
Ces packers sont rarement utilisés en production. Par contre, ils sont parfaits pour les
garnitures provisoires de stimulation, injection de ciment, tests, du fait qu'ils peuvent être
réancrés immédiatement sans avoir à les sortir du puits, et de par la simplicité de leur mode
de récupération.
PREPARE PAR [Link]
49
Les packers - étanchéités d'annulaire
D'une manière générale, ces packers sont ancrés par la mise en compression, traction ou
rotation de la garniture, et sont donc munis de patins de friction permettant de libérer et
d'activer les coins en effectuant un quart de tour au niveau d'une rainure en J (J slot).
Certains équipements particuliers sont mis en place sous le packer et au-dessus. Ils sont
choisis pour leur utilité lors de la mise en place de l'équipement, lors des interventions dans le
puits et/ou pour le contrôle du puits. Ils font souvent appel à la technique du travail au câble
(wireline).
Parmi les outils proposés par les fabricants, le choix d'un dispositif de circulation est fait
principalement en fonction de sa fiabilité, de sa facilité de manœuvre, de sa compatibilité
avec les autres pièces spéciales d'équipement du puits, de ses possibilités de réparation ou de
reconditionnement in-situ par intervention légère dans le puits, surtout par travail au câble.
Il faut se souvenir que tout dispositif de circulation entre tubing et annulaire est une source
potentielle de fuite ou de blocage nécessitant, dans les cas limites, la remontée de l'ensemble
de l'équipement du puits, ou parfois uniquement de la partie jusqu'à la liaison tubing-packer,
pour la changer.
Ce type de dispositif de circulation, très utilisé, est plus connu sous le terme de SSD ou SS
(pour Sliding Side Door ou Sliding Sleeve) ; la communication tubing-annulaire est obtenue
ou annulée par le déplacement d'une chemise coulissante .
(a) Vanne à chemise coulissante (b) Mandrin à poche latérale (c) Siège perforé
(document Baker) (document Otis) (document Baker)
FIG. 19 Dispositifs de circulation
Les lumières ont une section de passage pour les fluides supérieure à la section
transversale du tubing et, de ce fait, des débits de circulation relativement importants peuvent
être envisagés, sans courir le risque de siffler systématiquement la vanne. Par contre, il faut
s'attendre, après un certain nombre de manipulation de la chemise coulissante, à une
détérioration des joints d'étanchéité et ) et donc à avoir des fuites, surtout en présence de
gaz ou de sédiments. De ce fait, il est fortement déconseillé de s'en servir en dehors de la
complétion initiale ou, au contraire, d'une reprise de puits.
Normalement conçue pour l'activation des puits en gas-lift, cette pièce spéciale équipe
cependant un certain nombre de puits éruptifs.
En lieu et place d'une vanne de gas-lift, la poche latérale est munie d'un mannequin
(dummy). Pour circuler, le mannequin est repêché au câble et remplacé par une simple
chemise ajourée, destinée à protéger les portées d'étanchéité de la poche latérale.
Les mandrins sont aussi utilisés pour injecter par l'annulaire des produits chimiques dans le
tubing : produits anti-émulsion, inhibiteur de corrosion en particulier. Ceci est obtenu en
équipant les mandrins de vannes d'injection, s'ouvrant par pressurisation de l'annulaire à une
certaine valeur de surpression.
Le gros avantage d'un tel système est que les garnitures d'étanchéité qui encadrent les
orifices de communication sont portées par l'outil mis en place dans la poche latérale, et, de
ce fait, elles sont très facilement remplaçables. On apprécie également le fait que le mandrin à
poche latérale laisse, à ce niveau, le tubing sans restriction de diamètre pour la production ou
le passage d'autres outils descendus au câble, au snubbing ou au coiled-tubing. Les
inconvénients majeurs sont d'abord, une section de communication, avec l'annulaire, faible
(prévue pour du gaz), ne permettant pas des débits liquides très élevés et, ensuite, un
encombrement extérieur non négligeable par rapport au diamètre du tubing (ils ne sont
d'ailleurs pas disponibles sur le marché pour les grandes dimensions de tubing) et pas
forcément compatible avec un cuvelage techniquement ou économiquement acceptable.
C'est un cas particulier de siège (cf. paragraphe 5.2) dans lequel des orifices sont percés.
La communication est interdite ou permise respectivement par la mise en place ou le retrait
d'une chemise d'aveuglement équipée de garnitures d'étanchéité, la manœuvre étant effectuée
au travail au câble. La chemise d'aveuglement et donc les garnitures d'étanchéité sont très
aisément remontées pour changement en cas de fuite ; par contre, la restriction de diamètre de
passage est assez pénalisante si l'on doit effectuer d'autres opérations au câble, en-dessous.
Le dispositif de circulation offrant la meilleure aire de passage est sans conteste la vanne à
chemise coulissante qui équipe, de ce fait, beaucoup de puits à huile. Le mandrin à poche
latérale permettant la récupération de l'élément porteur de garnitures d'étanchéité présente, de
ce fait, un intérêt certain pour les puits où la reprise est coûteuse ou plus délicate, comme les
puits sous-marins.
Signalons qu'en dernier ressort, et en particulier en vue de mettre le puits sous contrôle en
début de reprise de puits, il est possible, pour établir une communication tubing-annulaire
permettant de circuler les fluides présents dans le puits, de faire un trou dans le tubing avec
un perforateur descendu au câble.
Notons enfin que, quel que soit le dispositif de circulation utilisé, il faut prendre des
précautions lors de son ouverture : en effet, pour éviter que le train de travail au câble ne soit
éjecté ou soumis à un effort de traction trop important, il faut alors que les pressions tubing et
annulaires au droit de ce dispositif soient (à peu près) égalisées.
Différents outils sont disponibles pour assurer l'une ou l'autre de ces fonctions. Ils sont
généralement maintenus en place dans le siège par un porte-outil (mandrel, lock mandrel)
sous lequel ils sont vissés.
D'une manière générale, il est bon de limiter le nombre de sièges au minimum strictement
nécessaire ; dans la plupart des cas, deux ou trois sièges sont suffisants.
Plusieurs types de sièges existent sur le marché, mais ils ont au moins deux éléments en
commun (figure 20) :
Si les constructeurs proposent, en fonction des tubings utilisés, des sièges dont le diamètre
nominal est standardisé, les profils des sièges, comme ceux des verrous, sont, par contre,
propres a chaque fabricant. Autrement dit, le type de siège et sa marque conditionnent
souvent les outillages qui pourront y être posés et vice versa, a moins de posséder des
adaptateurs.
Toutefois, on peut distinguer deux grandes catégories de sièges que nous nommerons
génériquement "Full bore" et "Bottom no-go".
les sièges "Full bore" sont caractérisés par un diamètre de passage égal au diamètre
nominal du siège, c'est à dire de sa portée d'étanchéité.
Il ne faut toutefois pas perdre de vue que ces sièges constituent une restriction par
rapport au diamètre intérieur du tubing proprement dit (rappelons que le diamètre
nominal d'un siège doit être au moins inférieur au drift du tubing).
Font partie de cette famille, les sièges :
- "Full bore simple" appelés souvent uniquement "Full bore"
- "Full bore sélectif" appelés souvent uniquement "Sélectif"
- "Full bore top no-go" appelés souvent uniquement "Top no-go"
les sièges "Bottom no-go", appelés souvent uniquement "No-go", se singularisent, quant
à eux, par un diamètre de passage inférieur au diamètre nominal de la portée
d'étanchéité. En effet, ils présentent, à leur base, une restriction.
Parmi les produits disponibles sur le marché, les compagnies françaises utilisent volontiers
les matériels proposés par les firmes Baker et Otis et à un degré moindre, AVA et Camco.
La sélection du siège dans lequel on veut poser son outillage est faite de la manière
suivante : on passe à travers le siège puis on remonte, cette manœuvre active alors les doigts
d'ancrage (ou désactive le système d'effacement des doigts si l'on préfère). C'est donc ici,
l'outil de pose et la procédure de pose qui assurent la sélectivité.
Les fabricants dénomment généralement ces sièges full bore et parfois sélectif par abus,
car c'est bien la procédure de pose et non le siège qui assure la sélection. Ce sont en
particulier les sièges X et R de Otis, W de Camco. On les retrouve aussi intégrés dans certains
dispositifs de circulation tels SSD, XO, XA, RO, RA de Otis et W de Camco.
Outre la limitation du nombre de sièges, il est prudent de les espacer au moins de quelques
tubings, de façon à ce qu'il n'y ait aucune ambiguïté quant au siège dans lequel l'opérateur de
travail au câble installe son outil.
Signalons enfin que c'est ce type de mode de sélection qui est utilisé pour les mandrins à
poche latérale.
Lors de la mise en place, il faut asseoir l'outillage doucement dans son siège, sinon le
risque de sertissage de la bague top no-go dans le siège n'est pas du tout nul (ne pas se fier au
schéma où les dimensions ne sont pas à l'échelle).
Ces sièges sont bien adaptés à recevoir un bouchon d'essais de tenue en pression et tiennent
normalement 700 bar.
Selon les fabricants, et en fonction des divers modes d'utilisations possibles détaillés
précédemment, ces sièges sont parfois dénommés, rappelons-le, top no-go, mais aussi full
bore ou sélectif, bien que dans ce dernier cas, ce soit l'outil de pose à lui seul et non pas le
siège, qui assure la sélectivité.
Ces sièges ont donc, à la base de la portée d'étanchéité, une restriction de passage usinée,
appelée bottom no-go. Le porte-outil correspondant est arrêté par cette restriction.
Lors de la mise en place, il faut, à l'égal et même plus du type full bore top no-go asseoir
doucement l'outillage dans son siège ; de même, une certaine méfiance est de règle lors des
tests en pression avec des bouchons avec bottom no-go qui ont une très fâcheuse tendance à
se sertir sérieusement dans le no-go (ne pas dépasser 350 bar de différence de pression sur le
bouchon), ce qui peut nécessiter alors, pour les récupérer, de remonter la complétion.
Les fabriquants appellent ces sièges généralement bottom no-go ou parfois tout
simplement no-go.
Le tableau 5 synthétise, en fonction des deux catégories de base "full bore" et "bottom no-
go", les principaux types de siège proposés par les fabricants ainsi que les modes opératoires
associés.
PREPARE PAR [Link]
63
Accessoires de fond
maximum porte-outil
< nominal siège
* également sur SSD
Otis type XO, XA,
RO, RA
sélection du siège
FULL BORE
ATTENTION à les
placer dans le bon
maximum porte-outil
ordre < nominal siège
7
1
Full bore top no-go
a) Bague top no-go sur le
type F, Baker** porte-outil surdimensionnée
D, DB Camco
par rapport au nominal du
SEL AVA
TOP NO GO
siège :
maximum porte-outil
** également sur > nominal siège
SS Baker type l
Attention à ce que :
top no go porte-outil
< drift tubing
Au dessus du sabot du tubing, on peut incorporer un tube perforé (perforated tube) avec, à
son pied, un siège bottom no-go destiné à recevoir le porte-enregistreur de pression et/ou de
température. Ceci permet de faire des mesures en production, sans introduire une perte de
charge supplémentaire due à la restriction de passage intérieur de par la présence de
l'enregistreur.
Pour les puits comportant plusieurs zones perforées et équipés en complétion multiples ou
sélectives, on doit utiliser, au droit de ces zones, des tubes d'épaisseur renforcée destinés à
retarder le percement externe du tube sous l'action des fluides sortant à grande vitesse, sous
forme de jets, par les perforations réalisées dans le cuvelage. Ces tubes sont appelés blast
joint (figure 25). La surépaisseur est obtenue grâce à un diamètre extérieur plus important.
De part et d'autre des sections de tubing présentant des variations (et/ou des restrictions) du
diamètre intérieur, on utilise dans certains cas aussi des tubes d'épaisseur renforcée destinés
cette fois à retarder le percement interne du tube sous l'action de l'érosion due aux
turbulences. Ces tubes sont appelés flow coupling (figure 26). Là encore, la surépaisseur est
obtenue grâce à un diamètre extérieur plus important. On en trouve assez souvent de part et
d'autre des sièges et systématiquement de part et d'autre de la vanne de sécurité de subsurface.
Cette vanne de sécurité de subsurface (cf. chapitre 6) est généralement située :
dans la partie basse du tubing (et au dessus du packer) si la vanne de sécurité est de type
"autopilotée" ;
dans la partie haute du tubing, environ 30 à 100 m sous le sol (ou le fond de la mer
quand il s'agit d'un puits offshore) si la vanne de sécurité est de type "contrôlée depuis
la surface".
Entre plusieurs packers, dans les complétions multiples ou sélectives, entre le packer et les
crépines dans les puits à contrôle des sables, on incorpore généralement un joint de sécurité
facilitant les opérations de remontée sélective des équipements de fond.
Au dessus du packer (et/ou entre deux packers lorsqu'il y en a plusieurs) l'utilisation d'un
joint télescopique permet les variations de longueur du tubing occasionnées par les
changements de conditions de puits (température, pression, débit) et évite ainsi de trop gros
efforts complémentaires sur le(s) packer(s) et le tubing lui-même.
Les premières vannes à avoir été utilisées sont connues des exploitants sous le vocable de
storm choke ; elles sont mises en place dans le tubing au travail au câble, dans un siège, très
souvent à proximité du packer. Totalement autonomes, elles se ferment par augmentation
anormale du débit ou baisse de pression à leur niveau. Cela est aussi leur inconvénient
majeur. En effet, on ne peut pas les faire fonctionner pour des défauts détectés en surface, ni
les fermer volontairement, à moins d'augmenter brutalement le débit du puits, ce qui n'est pas
souhaitable en cas de situation délicate en surface. Ceci est particulièrement gênant sur les
puits à gaz, les installations à têtes de puits groupées (clusters) ou proches des installations de
traitement (centre de production) et donc, entre autre, en offshore.
Ceci conduisit à développer des vannes de sécurité de deuxième génération, les vannes de
sécurité de subsurface, commandées depuis la surface.
Elles sont mises en place dans la colonne de production, à environ 30-50 m du niveau du
sol à terre, ou du fond de la mer en offshore, soit vissées directement sur le tubing, soit posées
dans un siège spécial.
Elles sont reliées à la surface par une petite ligne de contrôle hydraulique haute pression,
descendue le long du tubing dans l'espace annulaire. Cette ligne de contrôle traverse l'olive de
suspension du tubing et sort de la tête de puits pour être reliée à une armoire de commande
qui pilote la vanne.
Elles ferment le puits suite à une modification des conditions d'écoulement à l'endroit où
elles sont installées :
soit une augmentation du débit local (et donc de la perte de charge à travers la vanne),
soit une chute de pression au droit de la vanne.
Les principaux constructeurs de ce type de vannes sont les firmes Otis, Baker et Camco.
Ces vannes, dénommées dans les catalogues "Pressure différential valves" ou "Velocity
safety valves", sont normalement ouvertes.
Une duse incorporée à la vanne provoque une perte de charge, en débit, qui tend à fermer
la vanne ; un ressort de rappel, lui, tend à maintenir la vanne ouverte. En cas de trop grande
augmentation du débit, la perte de charge supplémentaire ainsi créée, induit une force de
fermeture supérieure à la force due au ressort de rappel ; la vanne se ferme.
L'organe de fermeture et d'étanchéité est, soit un boisseau sphérique ou un clapet, soit une
soupape à tige (poppet valve).
Signalons aussi que cette vanne ne peut pas accepter des discontinuités de débit trop
marquées (heading) ni des redémarrages trop rapides des puits après arrêt de production.
Ces vannes sont aussi connues sous les termes "Pressure operated valves" ou "Ambient
safety valves". Elles comportent un mécanisme de fermeture commandé par un ressort
récupérateur et une chambre à gaz ; la pression locale dans le puits tend, elle, à maintenir la
vanne ouverte. De par sa conception, elle est normalement fermée.
Les vannes autopilotées par la pression ambiante sont bien adaptées aux puits dont le débit
est peu sensible à une variation de la pression d'écoulement.
Certains modèles ont un dispositif qui évite aux vannes de se fermer intempestivement lors
de variations locales rapides de la pression dues à des instabilités d'écoulement que l'on
rencontre parfois dans certains puits.
La pression de commande agit sur un vérin ; ce vérin repousse une chemise qui, en ce
déplaçant, ouvre la vanne et, en même temps, comprime un puissant ressort récupérateur.
Tant que la pression de commande est maintenue à sa valeur de service, la vanne reste
ouverte ; si, par contre, elle tombe en dessous d'un certain seuil, la vanne se ferme alors
automatiquement sous l'action de la seule force de son ressort récupérateur.
Également par construction, la vanne ne peut pas être ouverte tant que le différentiel de
pression de dessous-dessus l'organe de fermeture et d'étanchéité dépasse en moyenne sept
bars, ceci afin de ne pas la détériorer à l'ouverture. Certaines vannes sont munies d'un
dispositif interne d'égalisation. Dans ce cas, pour réouvrir ces vannes, il suffit de monter en
pression dans la ligne de contrôle, tête de puits fermée. Sinon, il est nécessaire de
recomprimer en plus le tubing au-dessus de la vanne (à l'aide d'une pompe, d'un puits
voisin, ...).
La vanne est conçue pour ne pas être étanche du haut vers le bas. Ceci permet, dans le cas
où la tête de puits n'assure pas sa fonction de sécurité et où la vanne de subsurface a
déclenché, de pomper à travers la vanne "fermée" pour essayer de neutraliser le puits.
L'organe de fermeture et d'étanchéité des SCSSV est, soit un clapet, soit un boisseau
sphérique. Pendant longtemps, la préférence alla aux vannes à boisseau sphérique, en
particulier pour leur qualité d'étanchéité, malgré la complexité et la fragilité de la cage de
pivotement, tandis qu'actuellement, la préférence est plutôt donnée aux vannes à clapet,
beaucoup plus simples, rustiques, robustes (donc plus sûres) et pour lesquelles de gros
progrès ont été réalisés quant à la fiabilité de l'étanchéité des clapets.
Les fournisseurs classiques de SCSSV sont les mêmes que pour les vannes auto-pilotées.
Il existe par ailleurs des vannes spéciales, mixtes, proposées par d'autres fournisseurs tel
AVA, dont une partie est "tubing retrievable" et l'autre "wireline retrievable".
Dans la majeure partie des cas, les vannes SCSSV contrôlent uniquement le tubing. Mais,
dans les puits ayant leur annulaire en gaz et spécialement les puits activés par gas-lift, on peut
mettre en place, si nécessaire, des sécurités de subsurface doubles, fermant, à la fois, le tubing
et l'annulaire tubing-casing. Ces Sécurités de Subsurfaces Tubing-Annulaire (SSTA)
permettent ainsi d'éviter en plus la décompression incontrôlée toujours longue et dangereuse
d'un annulaire rempli de gaz (à des pressions en tête de l'ordre de 70 bar et même plus).
Pour augmenter le degré de sûreté dans la mise en place correcte de la vanne dans le siège,
des outils spéciaux sont proposés sur le marché et basés sur le principe suivant :
une goupille de cisaillement témoin est intégrée à l'outillage de pose ;
sur le porte-outil, les doigts de verrouillage sont bloqués physiquement, en fin de pose,
par une chemise de sécurité coulissante qui les empêche de se rétracter ;
le déplacement correct de la chemise de sécurité est indiqué par le cisaillement de la
goupille témoin de l'outillage de pose.
PREPARE PAR [Link]
77
Les vannes de sécurité de subsurface
L'installation d'une vanne WLR amène une restriction du diamètre de passage intérieur du
tubing ; de plus, la place réservée pour le mécanisme de fonctionnement de la vanne étant
réduite autant que possible afin de ne pas trop diminuer le diamètre de passage intérieur, la
vanne récupérable au câble présente un certain degré de complexité et de fragilité.
Cependant, la plupart des puits à huile sont équipés de vannes récupérables au câble, car
leur entretien en est facilité.
Pour les puits gros producteurs, il est préférable d'éviter une restriction de diamètre de
passage. De plus, particulièrement pour les puits à gaz, cette restriction proche de la surface
coïncide avec une zone où les conditions de pression et de température peuvent être
favorables à la formation d'hydrates.
Ces puits sont donc plutôt équipés de vannes de sécurité tubing retrievable qui offrent un
passage intérieur égal à celui du tubing mais qui nécessitent de remonter la colonne de
production pour les changer. En général, on les associe à une suspension intermédiaire dite
tubing anchor et à un système de déconnexion permettant de ne remonter que la partie
supérieure du tubing et la vanne.
Dans ce dernier cas, il se peut qu'un siège usiné dans le corps de la vanne permette de
recevoir en insert une vanne récupérable au câble commandée par la même ligne hydraulique
de contrôle. Cela rend possible, dans le cas où la vanne tubing retrievable n'est plus étanche,
de maintenir la sécurité du puits en attendant la reprise de puits.
Dans les complétions sous-marines, il peut être descendu deux vannes en tandem, chaque
vanne étant manœuvrée indépendamment l'une de l'autre.
Les vannes vissées au tubing ont une section de passage compatible avec celle du tubing
mais nécessitent une reprise de puits pour les changer, alors que les vannes récupérables au
câble, très facilement remontées, induisent une diminution du diamètre de passage intérieur.
Sont mis en place, intégrés au tubing, une chemise, un clapet de fermeture et un ressort
récupérateur. Le vérin, lui, est excentré et mis en place dans l'équivalent d'un mandrin à
poche latérale ; de ce fait, il est facilement récupérable, pour maintenance, par la même
technique que celle utilisée pour les vannes gas-lift.
Utilisé dans le cas de production par gas-lift offshore, ce système est constitué de deux
vannes, l'une pour le tubing, l'autre pour l'annulaire et permet de fermer ou d'ouvrir
respectivement les deux. Il nécessite la mise en place dans le puits d'un deuxième packer
installé dans la partie haute du puits, à hauteur de la vanne de sécurité (figure 33)
Le passage du gaz ou non dans l'annulaire est réalisé par une chemise coulissante qui ouvre
ou ferme le by-pass du packer supplémentaire. La chemise est déplacée par un vérin
hydraulique, solidaire du tubing et commandé par la même ligne de contrôle hydraulique que
la sécurité tubing.
FIG. 32 Vanne de sécurité tubing "mixte" FIG. 33 Vanne de sécurité tubing annulaire
(d'après document AVA) (d'après document AVA)