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‫اﳉـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـﻤ ـ ـﻬ ـ ــﻮرﻳ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ــﺔ اﳉـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـﺰاﺋـ ـﺮﻳ ـ ــﺔ اﻟﺪﳝـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـﻘـ ـﺮاﻃ ـﻴ ـ ــﺔ اﻟـ ـﺸـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـﻌـ ـﺒـ

ـﻴ ـ ــﺔ‬
REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
‫وزارة اﻟﺘـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـﻌـ ـ ــﻠﻴ ـ ـ ـ ــﻢ اﻟﻌـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ــﺎﱄ و اﻟﺒـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ــﺤﺚ اﻟﻌ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـﻠ ـ ـ ـﻤـ ـ ـ ـ ـ ــﻲ‬
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
– ‫ﺟ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ــﺎﻣﻌﺔ أﰊ ﺑ ـﻜـ ـ ـ ـ ـ ــﺮ ﺑ ـ ـﻠ ـ ـﻘ ـ ـ ــﺎﻳ ـ د – ﺗ ـ ـ ــﻠﻤﺴ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ـ ــﺎن‬
Université Aboubakr Belkaïd– Tlemcen –
Faculté de TECHNOLOGIE

THESE
Présentée pour l’obtention du grade de DOCTEUR EN SCIENCES

En : Architecture

Spécialité : Énergétique du bâtiment

Par : DJEBBAR ép. BENSAFI KHADIDJA EL-BAHDJA

Sujet

Approche multi-objectif d’optimisation de la performance énergétique et


environnementale de l’habitat en Algérie par techniques solaires passives –
un pas vers la durabilité : Cas d’étude les immeubles collectifs à Tlemcen

Soutenue publiquement, le 28/06/2018, devant le jury composé de :

Mr OUISSI Mohamed Nabil Professeur Univ. Tlemcen Président


Mr MOKHTARI Abderrahmane Professeur [Link]-MB. Oran Directeur de thèse
Mme ZINAI SALEM Souria Professeur [Link]-MB. Oran Co-Directeur de thèse
Mme MEBIROUK Hayet MCA Univ. Constantine 3 Examinatrice 1
Mme KACEMI Malika MCA [Link]-MB. Oran Examinatrice 2
‫اﻻﯾﺔ ‪ 88‬ﺳﻮرة ھﻮد‬

‫‪I‬‬
Remerciements
En préambule à cette thèse je remercie ALLAH le tout puissant et miséricordieux qui m’aide
et me donne l’énergie, la force, la patience et le courage durant ces longues années d’étude,
et m’a permis d’accomplir ce travail.
Faire une thèse de doctorat c’est comme voyager par voie maritime sur bateau. Vous avez
une idée où vous allez mais vous ne savez pas comment cela va se passer. Il pourrait être un
cauchemar parfois et un vrai plaisir à d'autres moments. De plus, vous ne savez pas ce dont
vous avez réellement besoin pour votre voyage, sauf de la patience et de l'obstination pour
vous mener à la fin. Quant au voyage, il faut parfois s'arrêter pour s’approvisionner afin de
continuer à voyager. Mais ce qui est le plus important pour réussir, c'est de garder son lien
avec le bon Dieu afin de préserver son moteur de motivation intact et d'être obstiné. C’est ce
qui suffira à faire la différence.
De nombreuses personnes se retrouvent ainsi de manière fortuite ou non, pour le pire ou le
meilleur, entre le doctorant et son doctorat. Ce sont certaines de ces personnes que j’aimerais
mettre en avant dans ces remerciements.
Je veux présenter mes chaleureux remerciements à mon encadreur «Monsieur le professeur
MOKHTARI Abderrahmane». Je veux également lui témoigner ma gratitude pour sa patience,
son soutien, sa grande disponibilité et ses nombreux conseils qui m’ont été précieux afin de
mener mon travail à bon port. Je tiens à remercier également mon co-encadreur « Madame le
professeur ZINAI SALEM Souria », pour ses conseils, sa grande disponibilité et l’intérêt
incontestable qu’elle porte à ce travail.
J’exprime tous mes remerciements à l’ensemble des membres de mon jury composé de
« Madame le Docteur MEBIROUK Hayet » et « Madame le Docteur KACEMI Malika »
présidé par « Monsieur le professeur OUISSI Mohamed Nabil » pour l’intérêt qu’ils ont porté
à ma recherche en acceptant d’examiner mon travail et de l’enrichir par leurs suggestions.
Ce travail n’aurait pu être mené à bien sans la disponibilité et l’accueil chaleureux que m’ont
témoignés mes enseignants à l’Université de Jordanie à Amman. Mes sincères gratitudes à
« Mr le Dr. Magdy T. SAAD », « Mr le Pr. Dr. Kamel O. MAHADIN» et « Mr le Dr. Jawdat
GASSOUS » pour la qualité de leurs enseignements, leurs conseils et leurs intérêts
incontestables qu’il porte à tous les étudiants. Je tiens à exprimer ma reconnaissance envers
l’ensemble du personnel de l’Association Scientifique Royale en Jordanie « Royal Scientific
Society », notamment le directeur de l’Institut des matériaux et des technologies de
construction « Mr le Dr. Bashar NABULSI » et « Mme Tala AWADALLAH », « Mr Haitham
ADAS » et « Mr Nidal ABDALLAH » à la division de la rationalisation de l’usage de

II
l’énergie et de l’énergie solaire thermique à Amman, « Mme OUHACINE Karima » et « Mlle
BOUCHAIB Amina » à la Station Météorologique de Béni-Saf, mon enseignant « Mr
ABDELKOUI Ahmed » à l’URBAT de Tlemcen, « Mr GHELLAΪMI Sid Ahmed » et « Mr
ATTAR Mohamed Islam », qui m’ont fourni des informations, des documents et des outils
précieux pour avancer dans cette recherche.
Mes remerciements s’adressent également aux services commerciaux de l’usine KNAUF
Plâtre d’Oran, de Grupo Puma de Sidi Bel Abbes, de NAWAFID d’Oran, de Polystyrène des
Oasis de Boumerdes qui m’ont fourni de devis estimatifs servant à accomplir l’étude
économique.
J’adresse de sincères remerciements au rédacteur en chef « Monsieur Dr., Dr., Habil.
Alexandru PETRISOR » de la revue Urbanism. Arhitectura. Constructii pour ses précieux
conseils et remarques.
Mes vifs remerciements vont également à « Mme le Docteur MEBIROUK Hayet », à « Mme
DJEBBAR Karima » et à « Monsieur le Docteur AMRANI Abdelhamid » de Béni-Saf pour
leur support et leurs encouragements.
Au terme de ce parcours, je remercie de tout cœur celles et ceux qui me sont chers et que j’ai
quelque peu délaissés ces derniers mois pour achever cette thèse. Leurs attentions et
encouragements m’ont accompagnée tout au long de ces années. Je suis redevable à mes
parents, mes beaux-parents, mon mari, mes enfants, ma famille et ma belle famille pour leur
soutien moral et matériel et leur confiance indéfectible dans mes choix.
En guise de reconnaissance, je tiens à témoigner mes sincères remerciements à toutes les
personnes qui ont contribué de près ou de loin au bon déroulement de mes études et à
l’élaboration de ce travail.

III
Résumé
Le secteur résidentiel est à l’origine 43% de la consommation d’énergie finale en Algérie
(Ministère de l’Énergie, 2017). De ce fait, il a une part égale et importante en matière de
délivrance de CO 2 . Les perspectives de développement du parc de logements conduiront à un
accroissement exponentiel de cette consommation énergétique. Cette thèse vise à développer
un diagnostic de la performance énergétique et environnementale (PEE) des logements
collectifs à Tlemcen, au nord ouest d’Algérie, afin de fournir des mesures optimales pour leur
réhabilitation thermique à travers deux études complémentaires basé sur une approche
ascendante. Pour y parvenir, une base de données sur la performance thermique et énergétique
des logements, construits dans cette ville entre 1872 et 2016, est établie. Ainsi qu’une
méthodologie multicritère appropriée est développée en établissant une stratégie multi-
objectif d'optimisation de la PEE à travers deux méthodes l’une statique et l’autre dynamique
en utilisant le logiciel de simulation DesignBuilder. Par conséquent, cette étude a utilisé le
potentiel de la méthode d’évaluation paramétrique pour investiguer l’impact des mesures
d’efficacité énergétique (MEÉ) passives relatives à l’enveloppe du bâtiment d’un point de vue
économique, énergétique, environnemental et de confort thermique.
Les résultats du balisage ont démontré que les logements construits entre1872 et 1920 ont une
meilleure PEE par rapport aux cinq périodes retenues et consomment 130kWh/m²/an. Par
contre, les bâtiments construits entre 1974 et 1989 sont les plus énergivore et consomment
300kWh/m²/an. Les résultats de l’optimisation de ces derniers démontrent que l’isolation
combinée à la réduction de la ventilation est la plus principale mesure économisant plus que
75% d’énergie et 44% d’émissions de CO 2 et le confort d’hiver est nettement amélioré.
Outre l’intérêt scientifique de ce travail, cette thèse apporte une contribution à
l’enrichissement de la réglementation thermique algérienne par le classement des actions à
mener à court, à moyen et à long terme en matière de réhabilitation thermique des bâtiments
d’habitation existants et neufs, dans des régions urbaines ayant un climat similaire. Ce qui
peut constituer une feuille de route en deux étapes applicable aux autres villes constituant les
zones climatiques en Algérie.

Mots clés
Approche ascendante, Logement collectif, Performance énergétique, Simulation
thermique dynamique, Techniques solaires passives, Tlemcen.

IV
Abstract
The residential sector in Algeria is the source of 43% of final energy consumption (Ministry
of Energy, 2017). Thereby, it has an equally important share in the CO 2 release. The
perspectives of Housing stock Development will drive to an exponential increase of this
consumption. This thesis aims to develop a diagnosis of the energy and environmental
performance (EEP) of multi-storey buildings built in Tlemcen, northwestern Algeria, to
provide optimal measures for their thermal rehabilitation through two complementary studies
based on bottom up approach. To achieve that, a database on the thermal and energy
performance of housing built in this city between 1872 and 2016 is established. As well as an
appropriate multicriteria methodology is developed by establishing a multi-objective strategy
for optimizing EEP using two methods, one static and the other dynamic, using the
DesignBuilder simulation software. Therefore, this study is led to use the potential of the
parametric evaluation method to investigate the impact of passive energy efficiency measures
(EEM) on the building envelope from an economic, energy, environmental and thermal
comfort point of view.
The results of the benchmarking showed that the dwellings built between 1872 and 1920 have
better EEP compared to the five periods retained and consume 130kWh/m²/year. On the other
hand, those built between 1974 and 1989 are the most energy-intensive and consume
300kWh/m²/year. The results of the optimization of these last ones demonstrate that the
insulation combined with the reduction of ventilation is the most important measure saving
more than 75% of energy and 44% of CO 2 -emissions. Besides, the winter comfort is
significantly improved.
In addition to the scientific interest of this work, this thesis contributes to the enrichment of
Algeria’s thermal regulation by establishing a list of actions to be taken in short, medium and
long term, in terms of thermal rehabilitation in existing housing areas as well as in new ones,
in urban regions with a similar climate. This can constitute a two-step roadmap applicable to
the other cities constituting the climatic zones in Algeria.

Key words
Bottom-up-approach, Dynamic-thermal-simulation, Energy-performance, Multi-storey-
dwelling, Solar-Passive-techniques, Tlemcen.

V
‫ﻣﻠﺨﺺ‬

‫ﯾﻤﺜﻞ ﻗﻄﺎع اﻟﺴﻜﻦ ﻓﻲ اﻟﺠﺰاﺋﺮ ‪ ٪43‬ﻣﻦ اﻻﺳﺘﮭﻼك اﻟﻨﮭﺎﺋﻲ ﻟﻠﻄﺎﻗﺔ )وزارة اﻟﻄﺎﻗﺔ‪ .(2017 ،‬ﻣﻤﺎ ﯾﺴﮭﻢ ﻓﻲ اﻧﺒﻌﺎث ﺣﺼﺔ‬
‫ﻣﻤﺎﺛﻠﺔ وﻛﺒﯿﺮة ﻣﻦ ﺛﺎﻧﻲ أﻛﺴﯿﺪ اﻟﻜﺮﺑﻮن ﻓﻲ اﻟﺠﻮ‪ .‬ﻛﻤﺎ أن آﻓﺎق اﻟﺘﻨﻤﯿﺔ ﻓﻲ اﻟﻤﺴﺎﻛﻦ ﺳﺘﺆدي‪،‬ﺣﺘﻤﺎ‪ ،‬إﻟﻰ زﯾﺎدة ھﺎﺋﻠﺔ ﻓﻲ ھﺬا‬
‫اﻻﺳﺘﮭﻼك‪ .‬ﺗﮭﺪف ھﺬه اﻷطﺮوﺣﺔ إﻟﻰ ﺗﻄﻮﯾﺮ ﺗﺸﺨﯿﺺ اﻟﻔﻌﺎﻟﯿﺔ اﻟﻄﺎﻗﻮﯾﺔ و اﻟﺒﯿﺌﯿﺔ ﻟﻠﻤﺴﺎﻛﻦ اﻟﻤﺘﻌﺪدة اﻟﻄﻮاﺑﻖ ﻓﻲ ﻣﺪﯾﻨﺔ‬
‫ﺗﻠﻤﺴﺎن‪ ،‬ﺷﻤﺎل ﻏﺮب اﻟﺠﺰاﺋﺮ‪ ،‬ﻣﻦ أﺟﻞ ﺗﻮﻓﯿﺮ أﻓﻀﻞ اﻟﺘﺪاﺑﯿﺮ ﻹﻋﺎدة ﺗﺄھﯿﻠﮭﻢ ﺣﺮارﯾﺎ ﻣﻦ ﺧﻼل دراﺳﺘﯿﻦ ﺗﻜﻤﯿﻠﯿﺘﯿﻦ ﺗﻘﻮﻣﺎن‬
‫ﻋﻠﻰ ﻣﻘﺎرﺑﺔ ﺗﺼﺎﻋﺪﯾﺔ‪ .‬وﻟﺘﺤﻘﯿﻖ ذﻟﻚ‪ ،‬ﺗﻢ إﻧﺸﺎء ﻗﺎﻋﺪة ﺑﯿﺎﻧﺎت ﻋﻦ اﻷداء اﻟﻄﺎﻗﻮي واﻟﺤﺮاري ﻟﻠﻤﺴﺎﻛﻦ اﻟﻤﺒﻨﯿﺔ ﻓﻲ ھﺬه اﻟﻤﺪﯾﻨﺔ‬
‫ﺑﯿﻦ ﻋﺎﻣﻲ ‪ 1872‬و ‪ .2016‬ﻓﻀﻼ ﻋﻦ وﺿﻊ ﻣﻨﮭﺠﯿﺔ ﻣﺘﻌﺪدة اﻟﻤﻌﺎﯾﯿﺮ ﺗﻘﻮم ﻋﻠﻰ إﺳﺘﺮاﺗﯿﺠﯿﺔ ﻣﺘﻌﺪدة اﻷھﺪاف ﻟﺘﺤﻘﯿﻖ أﻓﻀﻞ‬
‫ﻓﻌﺎﻟﯿﺔ طﺎﻗﻮﯾﺔ و ﺑﯿﺌﯿﺔ ﻟﮭﺬه اﻟﻤﺒﺎﻧﻲ ﺑﻄﺮﯾﻘﺘﯿﻦ‪ ،‬واﺣﺪة ﺛﺎﺑﺘﺔ وأﺧﺮى دﯾﻨﺎﻣﯿﻜﯿﺔ‪ ،‬ﺑﺎﺳﺘﺨﺪام ﺑﺮﻧﺎﻣﺞ اﻟﻤﺤﺎﻛﺎة دﯾﺴﯿﻨﺒﻮﯾﻠﺪر‬
‫‪. DesignBuilder‬‬
‫ﻟﺬﻟﻚ‪ ،‬أدت ھﺬه اﻟﺪراﺳﺔ إﻟﻰ اﺳﺘﺨﺪام إﻣﻜﺎﻧﺎت طﺮﯾﻘﺔ اﻟﺘﻘﯿﯿﻢ اﻟﻤﻌﺎﻣﻠﻲ ﻟﺪراﺳﺔ ﺗﺄﺛﯿﺮ ﺗﺪاﺑﯿﺮ ﻛﻔﺎءة اﻟﻄﺎﻗﺔ اﻟﺴﺎﻟﺒﺔ اﻟﻤﺘﻌﻠﻘﺔ‬
‫ﺑﻐﻼف اﻟﻤﺒﻨﻰ ﻣﻦ وﺟﮭﺔ ﻧﻈﺮ اﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ‪ ،‬طﺎﻗﻮﯾﺔ وﺑﯿﺌﯿﺔ وﻛﺬا ﻣﻦ ﻧﺎﺣﯿﺔ اﻟﺮاﺣﺔ اﻟﺤﺮارﯾﺔ‪.‬‬
‫أظﮭﺮت ﻧﺘﺎﺋﺞ اﻟﻤﻘﺎرﻧﺔ أن اﻟﻤﺴﺎﻛﻦ اﻟﺘﻲ ﺑﻨﯿﺖ ﺑﯿﻦ ﻋﺎﻣﻲ ‪ 1872‬و ‪ 1920‬ﻟﺪﯾﮭﺎ أﻓﻀﻞ أداء طﺎﻗﻮي وﺣﺮاري ﻣﻘﺎرﻧﺔ‬
‫‪/‬ﺳﻨﺔ‪ .‬ﻓﻲ ﺣﯿﻦ أن ﺗﻠﻚ اﻟﺘﻲ ﺑﻨﯿﺖ ﺑﯿﻦ ﻋﺎﻣﻲ ‪ 1974‬و ‪ 1989‬ھﻲ اﻷﻛﺜﺮ ‪2‬ﺑﺎﻟﻔﺘﺮات اﻟﺨﻤﺲ اﻷﺧﺮى وﺗﺴﺘﮭﻠﻚ ‪ 130‬ﻛﯿﻠﻮواط‪/‬م‬
‫‪/‬ﺳﻨﺔ‪ .‬ﻛﻤﺎ ﺑﯿﻨﺖ ﻧﺘﺎﺋﺞ ﺗﺤﺴﯿﻦ ھﺬه اﻷﺧﯿﺮة أن اﻟﻌﺰل ﻣﻊ ﺧﻔﺾ اﻟﺘﮭﻮﯾﺔ ھﻮ ‪2‬اﺳﺘﮭﻼﻛﺎ ﻟﻠﻄﺎﻗﺔ ﺣﯿﺚ ﺗﺴﺘﮭﻠﻚ ‪ 300‬ﻛﯿﻠﻮواط‪/‬م‬
‫اﻟﺘﺪﺑﯿﺮ اﻷﻛﺜﺮ أھﻤﯿﺔ‪ ،‬ﺣﯿﺚ ﯾﻮﻓﺮ أﻛﺜﺮ ﻣﻦ ‪ ٪75‬ﻣﻦ اﻟﻄﺎﻗﺔ و ‪ ٪44‬ﻣﻦ اﻧﺒﻌﺎث ﺛﺎﻧﻲ أﻛﺴﯿﺪ اﻟﻜﺮﺑﻮن‪.‬ﻛﻤﺎ ﺗﻢ ﺗﺤﺴﯿﻦ اﻟﺮاﺣﺔ‬
‫اﻟﺤﺮارﯾﺔ ﻓﻲ ﻓﺼﻞ اﻟﺸﺘﺎء ﺑﺸﻜﻞ ﻣﻠﺤﻮظ‪.‬‬
‫ﺑﺎﻹﺿﺎﻓﺔ إﻟﻰ اﻟﻘﯿﻤﺔ اﻟﻌﻠﻤﯿﺔ ﻟﮭﺬا اﻟﻌﻤﻞ‪ ،‬ﺗﺴﮭﻢ ھﺬه اﻷطﺮوﺣﺔ ﻓﻲ إﺛﺮاء اﻟﺘﻨﻈﯿﻢ اﻟﺤﺮاري اﻟﺠﺰاﺋﺮي ﻣﻦ ﺧﻼل ﺗﺼﻨﯿﻒ‬
‫اﻹﺟﺮاءات اﻟﻘﺼﯿﺮة واﻟﻤﺘﻮﺳﻄﺔ واﻟﻄﻮﯾﻠﺔ اﻷﺟﻞ اﻟﺘﻲ ﯾﺠﺐ اﺗﺨﺎذھﺎ ﻹﻋﺎدة اﻟﺘﺄھﯿﻞ اﻟﺤﺮاري ﻟﻠﻤﺒﺎﻧﻲ اﻟﺴﻜﻨﯿﺔ اﻟﻘﺎﺋﻤﺔ واﻟﺠﺪﯾﺪة‬
‫ﻓﻲ اﻟﻤﻨﺎطﻖ اﻟﺤﻀﺮﯾﺔ ذات اﻟﻤﻨﺎخ اﻟﻤﻤﺎﺛﻞ‪ .‬ﻣﺎ ﻗﺪ ﯾﺸﻜﻞ ﺧﺎرطﺔ طﺮﯾﻖ ﻣﻦ ﺧﻄﻮﺗﯿﻦ ﺗﻨﻄﺒﻖ ﻋﻠﻰ اﻟﻤﺪن اﻟﺘﻲ ﺗﺸﻜﻞ اﻟﻤﻨﺎطﻖ‬
‫اﻟﻤﻨﺎﺧﯿﺔ اﻷﺧﺮى ﻓﻲ اﻟﺠﺰاﺋﺮ‪.‬‬

‫اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﺮﺋﯿﺴﯿﺔ ﻟﻠﺒﺤﺚ‪:‬‬

‫الﻣﺤﺎﻛﺎة اﻟﺤﺮارﯾﺔ اﻟﺪﯾﻨﺎﻣﯿﻜﯿﺔ‪ ،‬اﻟﻤﻘﺎرﺑﺔ اﻟﺘﺼﺎﻋﺪﯾﺔ‪ ،‬ﺗﻠﻤﺴﺎن‪ ،‬ﺗﻘﻨﯿﺎت اﻟﻄﺎﻗﺔ اﻟﺸﻤﺴﯿﺔ اﻟﺴﺎﻟﺒﺔ‪ ،‬ﻓﻌﺎﻟﯿﺔ اﻟﻄﺎﻗﺔ‪ ،‬ﻣﺴﻜﻦ ﻣﺘﻌﺪد‬
‫اﻟﻄﻮاﺑﻖ‪.‬‬

‫‪VI‬‬
Sommaire

Objet Page

Introduction générale………………………………………………………………… 1
Motivation de choix de thème et de cas d’étude…………………………………… 3
Problématique………………………………………………………………………. 3
Hypothèses …………………………………………………………………………. 5
Objectifs de l’étude…………………………………………………………………. 6
Méthodologie……………………………………………………………………….. 7
Capacité et Limites de l’étude……………………………………………………… 8
Structure des chapitres……………………………………………………………… 9
Partie I………………………………………………………………………………… 11
Introduction de la première partie …………………………………………………….. 12
Chapitre 1 : Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité………………. 13
1-1) Energie dans la nature ………………………………………………………… 14
1-2) L’énergie dans le monde : Les énergies fossiles au cœur du mix mondial……. 15
1-3) La situation énergétique en Algérie …………………………………………… 17
1-4) Bilan de consommation énergétique en Algérie……………………………….. 19
1-5) Intensité énergétique en Algérie ………………………………………………. 22
1-6) Le secteur des bâtiments : des enjeux énergétiques mondiaux et régionaux
importants……………………………………………………………………… 23
1-7) La politique national de maitrise de l’énergie et son cadre réglementaire…….. 32
1-8) Concept de la durabilité et son volet environnemental………………………... 40
1-9) Voie de la durabilité de l’énergie : le cas du bâtiment………………………… 42
1-10) Conclusion …………………………………………………………………… 44
Chapitre 2 : État de l’art sur la réhabilitation thermique des bâtiments
résidentiels : Techniques, méthodes et outils ………............................ 45
2-1) La réhabilitation thermique …………………………………………………… 46
2-2) Performance énergétique d’un bâtiment ……………………………………… 49
2-3) Techniques de modélisation de la consommation d’énergie dans le secteur
résidentiel ……………………………………………………………………… 50
2-4) Critères d’évaluations de la performance énergétique des bâtiments
résidentiels……………………………………………………………………... 58
2-5) Recherches récentes d’amélioration de l’efficacité énergétique du bâtiment
dans le contexte algérien ……………………………………………………… 62
2-6) Problématique d’aide à la décision multicritère…………………………..…… 65
2-7) Optimisation multi-objectifs de la performance énergétique …………………. 66
2-8) Méthode et outils d’évaluation de la performance énergétique de son
immeuble……………………………………………………………………... 67
2-9) Conclusion…………………………………………………………………….. 82
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments…………………………….. 86
3-1) Climat en Algérie……………………………………………………………… 86
3-2) Soleil et bâtiment : Interactions entre le bâtiment et son environnement……... 87
3-3) Les échanges thermiques dans le bâtiment…………………………………… 88
3-4) Propriétés thermiques de l’enveloppe du bâtiment …………………………… 89
3-5) Confort thermique ou thermohygrométrique………………………………….. 91
3-6) Conception bioclimatique……………………………………………………... 99
3-7) Conception solaire ……………………………………………………………. 100
3-8) Conception solaire passive…………………………………………………….. 101
3-9) Techniques passives …………………………………………………………... 104

VII
3-10) Techniques actives…………………………………………………………… 128
3-11) Conclusion …………………………………………………………………… 129
Conclusion de la première partie………………………………………………………. 130
Partie II………………………………………………………………………………... 131
Introduction de la deuxième partie ……………………………………………………. 132
Chapitre 4 : Etudes sur le terrain…………………………………………………… 133
4-1) Objectifs de l’étude et methodologies…………………………………………. 134
4-2) Tlemcen comme champ d’étude………………………………………………. 137
4-3) Analyse architecturale et technique de l’échontillon choisi …………………. 152
4-4) Diagnostic: Analyse thermique et énergétique du bâti………………………… 161
4-5) Benchmarking de consommation d’énergie dans les logements (Balisage
externe) ……………………………………………………………………….. 172
4-6) Conclusion…………………………………………………………………….. 173
Chapitre 5: Étude multicritère par méthodes: statique et dynamique.................. 176
5-1) Méthode............................................................................................................. 177
5-2) Cas d’étude…………………………………………………………………… 178
5-3) Méthode statique……………………………………………………………… 181
5-4) Simulation thermique dynamique....................................................................... 186
5-5) Conclusion…………………………………………………………………….. 199
Chapitre 6: Discussion des résultats………………………………………………… 200
6-1) Analyse des résultats des études de simulation thermique……………………. 201
6-2) Conclusion…………………………………………………………………….. 227
Conclusion de la deuxième partie……………………………………………………… 230
Conclusions générale et perspectives………………………………………………... 232
Bibliographie ………………………………………………………………………… 241
Annexe………………………………………………………………………………… i
Glossaire………………………………………………………………………………. xxii
Table des matières……………………………………………………………………. xxix

VIII
Liste des tableaux Page

Tableau 1 Bilan des émissions CO 2 par 28


secteur…………………………………………….
Tableau 2 Evolution des émissions de CO 2 en Algérie…………………………………… 29
Tableau 3 Textes réglementaires………………………………………………………….. 35
Tableau 4 Capacités cumulées du programme EnR en Algérie, par type et phase, sur la
période 2015 – 2030…………………………………………………………….. 40
Tableau 5 Voie de la durabilité de l’énergie : le cas du bâtiment………………………… 43
Tableau 6. Méthodes pour l’aide multicritère à la décision………………………………… 65
Tableau 7 Benchmarking des réglementations thermiques internationales et des labels et
référentiels d’économie d’énergie existants…………………………………… 69
Tableau 8 Comparaison du coefficient de transfert thermique maximal (valeur U, W /
m²K) des enveloppes de bâtiments autorisé dans certains pays développés et en
développement…………………………………………………………………. 71
Tableau 9 Désignation du groupe de critères…………………………………………….. 78
Tableau 10 Exemple de programmes ou logiciels de modélisation des bâtiments………… 82
Tableau 11 Propriétés thermique de quelques matériaux de construction………………… 90
Tableau 12 Taux métaboliques en faisant différentes activités (moyenne pour adultes)….. 92
Tableau 13 Valeurs approximatives des clo pour vêtements variés……………………….. 93
Tableau 14 Echelles de sensation Thermique (Basé d’une part sur Markus et Morris 1980). 96
Tableau 15 Les caractéristiques et les recommandations de conception dans différentes 103
zones climatiques en Algérie……………………………………………………
Tableau 16 Absorption et transmission de quelques matériaux de construction……………. 109
Tableau 17 Isolation des éléments de l’enveloppe………………………………………….. 113
Tableau 18 Comparaison de transfert de chaleur typique à travers différentes options de 117
vitrage ………………………………………………………………………….
Tableau 19 La valeur U Effective Nette prenant en compte le gain de chauffage solaire…... 118
Tableau 20 Avantages et inconvénients des différentes ventilations……………………….. 123
Tableau 21 L’échantillon du champ d’étude………………………………………………... 136
Tableau 22 Evolution du T O L depuis 1998 à Tlemcen……………………………………. 143
Tableau 23 Structure des logements habités selon le type de construction àTlemcen……… 144
Tableau 24 les besoins en logements à Tlemcen……………………………………………. 145
Tableau 25 Le tableau de Mahoney…………………………………………………………. 149
Tableau 26 Les Recommandations générale et détaillé de Mahoney………………………. 150
Tableau 27 Caractéristiques architecturales des logements construits à Tlemcen………… 158
Tableau 28 Perméabilité thermique des parois établies selon la composition des murs…… 169
Tableau 29 Points forts et points faibles du bâti…………………………………………… 174
Tableau 30 Eléments du bâtiment, cite des 1060 logements, Tlemcen……………………. 180
Tableau 31 Résultats du calcul et du recalcule des caractéristiques thermiques des
éléments de l’enveloppe, des déperditions par transmission (D T ) avant et après
réhabilitation thermique ainsi que la vérification réglementaire………………. 182
Tableau 32 Évaluation multicritère du cas d’étude selon le système d’évaluation de
l’efficacité énergétique et la durabilité algérien ………………………………... 183
Tableau 33 Propriétés thermiques de chaque matériau et les totaux des propriétés
thermiques des éléments composant le bâtiment……………………………….. 184
Tableau 34 Les apports internes de cinq occupants et appareils…………………………… 182
Tableau 35 Taux de ventilation dans les renouvellements d’air par heure (Vol/h)………… 196
Tableau 36 La stratégie de contrôle de la protection solaire ……………………………….. 197

IX
Tableau 37 La stratégie de contrôle de l'éclairage artificiel………………………………… 197
Tableau 38. Gains dus aux appareils électriques utilisés dans le cas d’étude……………… 198
Tableau 39 Récapitulation des mesures d’efficacité énergétique………………………….. 198
Tableau 40 Matrice de différentes actions d’économie d’énergie. Tentative d’économie
pour un logement collectif typique (intermédiaire) dans le climat de Tlemcen,
basé sur l’étude de simulation…………………………………………………. 228

X
Liste des figures et des photos Page

Figure 1 Évolution de la demande primaire mondiale à l’horizon 2040 dans le scénario


« Nouvelles politiques » de l’AIE (WEO 2016)……………………………….. 16
Figure 2 Répartition de la consommation par forme d'énergie pour l'année 2015……. 20
Figure 3 Structure de la consommation finale par produit……………………………… 21
Figure 4 Etat comparatif des intensités énergétiques……………………………………. 22
Figure 5 Prospective de l’évolution de la demande en énergie finale du secteur des
bâtiments dans le monde……………………………………………………….. 23
Figure 6 Structure du potentiel d’efficacité énergétique dans la région de la méditerranée
du sud sur la période 2010-2030)……………………………………………… 24
Figure 7 Structure de la consommation finale par secteur……………………………… 25
Figure 8 Les usages des logements en matière d’énergie en Algérie…………………… 25
Figure 9 Consommation énergétique domestique en matière d’élctricité……………… 26
Figure 10 Émission de CO2 liées à la combustion de l’énergie de 1990 à 2016………… 27
Figure 11 Consommation d’énergie par ménage en fonction du revenu (2010)………… 29
Figure 12 Consommation spécifique des clients BT……………………………………… 30
Figure 13 Consommation spécifique des clients BP……………………………………… 31
Figure 14 Le dispositif d’ensemble la maîtrise de
l'énergie……………………………………….............................................. 33
Figure 15 Programme 2015-2030 : Répartition des capacités à installer par
filière………………………………………………………………………….. 39
Figure 16 Le principal défi consiste à faire plus avec moins…………………………….. 43
Figure 17 Techniques de modélisation de la consommation d’énergie dans le secteur
résidentiel…………………………………………………………………….. 50
Figure 18 Familles et approches de modélisation d’après l’AIE (1998)………………… 57
Figure 19 Représentation schématique des étiquettes énergie et climat du label BBC…… 73
Figure 20 Représentation schématique du label tunisien…………………………………. 74
Figure 21 Le «triangle». Relation entre les « trois pierres angulaires » de l'étude: Mesures 75
sur le terrain, études Paramétriques et Bâtiment expérimental…………………
Figure 22 Application CT BAT : structure et présentation interne des données………… 79
Figure 23 Les zones climatiques en Algérie………………………………………………. 86
Figure 24 Les aspects complexes reliés au soleil………………………………………… 87
Figure 25 Les pertes thermiques du corps humain dépendent de 6 paramètres physiques 91
Figure 26 Approche de zone de confort………………………………………………….. 97
Figure 27 Un exemple de diagramme de confort pour DISC ± 0.5 ; 0.6-1.0 habillement
Image…………………………………………………………………………… 98
Figure 28 L’interprétation de Rosenlund et al. du même exemple de diagramme de
confort pour DISC ± 0.5 ; 0.6-1.0 habillement………………………………… 98
Figure 29 Température et éveil…………………………………………………………….. 99
Figure 30 Schéma représentant les principes de l’architecture bioclimatique…………… 100
Figure 31 Projection stéréographique du parcours du soleil pour le cas de 102
Tlemcen………………………………………………………………………..
Figure 32 Principe du confort d’hiver…………………………………………………….. 105
Figure 33 Principe du confort d’été……………………………………………………….. 105
Figure 34 Principe des dispositifs d’ombrage…………………………………………….. 106
Figure 35 Types de dispositifs d’ombrage………………………………………………… 107
Figure 36 Les concepts de déphasage et d'atténuation des éléments de construction…… 109
Figure 37 Notion de la valeur R………………………………………………………….. 110
Figure38 Facteur solaire d’un vitrage…………………………………………………….. 118
Figure 39 Coefficient de transmission et de réflexion lumineuse d’un vitrage…………… 119
Figure 40 La présence de végétaux ou de mobilier peut contrarier le chargement des
masses inertielles d’une serre…………………………………………………… 119

XI
Figure 41 Phénomène du pont thermique…………………………………………………. 120
Figure 42 Bénéfices de la compacité……………………………………………………… 125
Figure 43 Orientation optimale des bâtiments……………………………………………. 125
Figure 44 Illustration de l’influence de l’orientation des bâtiments et des masques liés aux
bâtiments et à la végétation sur les apports solaires……………………………. 127
Figure 45 Illustration de la règle de prospect L=H……………………………………….. 127
Figure 46 Illustration de la transmission des arbres caduques en été/hiver et de la hauteur
du soleil dans le ciel…………………………………………………………….. 127
Figure 47 Positionnement de la végétation pour maximiser la prise en compte des apports
solaires passifs……………………………………………………………….. 128
Figure 48 Maison rurale en Algérie, avec panneaux photovoltaïques sur le toit………… 128
Figure 49 Situation de Tlemcen……………………………………………………………. 138
Figure 50 Principales étapes de croissance de Tlemcen…………………………………… 138
Figure 51 Différentes périodes de l’évolution historique de Tlemcen…………………. 140
Figure 52 Caractéristique de l’habitat traditionnel à Tlemcen …………………………… 141
Figure 53 Caractéristique de l’habitat contemporain durant la période coloniale à
Tlemcen....................................................................................................... 142
Figure 54 Evolution de la consommation énergétique à Tlemcen………………………. 146
Figure 55 Accroissement de la clientèle de gaz naturel et de l’électricité à Tlemcen …… 146
Figure 56 Lumière et Radiation Solaire sur une surface horizontale à Tlemcen………… 147
Figure 57 Moyenne maximale et minimale de Température de Tlemcen………………… 147
Figure 58 Moyenne de l’humidité Relative et de précipitation maximale et les données
moyennes per moi à Tlemcen………………………………………………….. 147
Figure 59 Les vents dominants à Tlemcen………………………………………………… 147
Figure 60 Profil annuel de température……………………………………………………. 148
Figure 61 Profil annuel d’humidité………………………………………………………… 148
Figure 62 Le Diagramme Bioclimatic (Givoni) pour le climat de Tlemcen......................... 151
Figure 63 Répartition des batiments de logements collectifs sur le territoire tlemcenien
par époque…………………………………………………………………….. 154
Figure 64 Bâtiment en face du marché avec des façades très riches en décorations qui
correspondent au style Néoclassique…………………………………………... 155
Figure 65 Bâtiment de Mr et Mme Melis donnant sur la place El-Amir Abdelkader avec
des façades qui correspondent au style international à balcon filant, marquet à
partir du 1ier étage par deux travées munies d’ouvertures plâtes à encadrement
simple et saillant……………………………………………………………….. 156
Figure 66 À droite : Les HLM déstinées aux algériens ; à gauche : les HLM déstinées aux
français………………………………………………………………………… 156
Figure 67 Tours et barres de logements construits entre 1974-1989………………………. 157
Figure 68 Logements construits durant la période 1990-2016…………………………… 158
Figure 69 Toiture/plancher en voutains…………………………………………………… 160
Figure 70 Système de coffrage de dalle PASCHAL………………………………………. 161
Figure 71 Unité de coffrages Tunnels sur chantier……………………………………….. 161
Figure 72 Résistance thermique des murs selon les techniques constructive à Tlemcen… 163
Figure 73 Temperature ambiante mesurée dans le séjour des logements construits entre
1974-1989……………………………………………………………………. 165
Figure 74 Temperature ambiante mesurée dans la cuisine des logements construits entre
1974-1989………………………………………………………………………. 165
Figure 75 Temperature ambiante mesurée dans la chambre des logements construits entre
1974-1989……………………………………………………………………. 166
Figure 76 Effet de la paroi froide sur un mur de 40cm en moellon……………………… 167
Figure 77 Effet de la paroi froide sur un mur de 19cm en brique pleine………………….. 167
Figure 78 Effet de la paroi froide sur un mur de 16cm en brique creuse………………… 167
Figure 79 Effet de la paroi froide sur un mur de 50cm en béton armé…………………… 167
Figure 80 Effet de la paroi froide sur un mur de 30cm en double parois de brique creuse
(5cm/10cm) séparé de 11cm d’air non isolé…………………………………… 167

XII
Figure 81 Effet de la paroi froide sur un mur de 17cm de béton armé non isolé………… 168
Figure 82 Effet de la paroi froide sur un mur de 28cm en double parois de brique creuse
(10cm/10cm) séparé de 5cm d’air non isolé…………………………………… 168
Figure 83 Effet de la paroi froide sur un mur de 34cm en double parois de brique creuse
(10cm/15cm) séparé de 5cm d’air non isolé……………………………………. 168
Figure 84 Systemes de chauffage et de rafraichissement des logements collectifs à
Tlemcen……………………………………………………………………….. 171
Figure 85 Types de systemes de chauffage et de rafraichissement des logements collectifs
à Tlemcen……………………………………………………………………….. 171
Figure 86 Emplacement des systemes de chauffage et de rafraichissement dans les
logements collectifs à Tlemcen…………………………………………………. 172
Figure 87 Les équipements de production d’eau chaude sanitaire dans les logements
collectifs à Tlemcen…………………………………………………………….. 172
Figure 88 Consommation énergétique des logements collectifs à Tlemcen (Chauffage +
Eau Chaude Sanitaire)………………………………………………………….. 173
Figure 89 Vue de l’extérieur du bâtiment contenant le cas d’étude, cité 1060 logements,
quartier d’Imama-Mansourah à Tlemcen……………………………………… 179
Figure 90 Photo Satellite de la cite 1060 logements, le spot photo de la figure (90) est
indiqué.………………………………………………………………………… 179
Figure 91 Plan du logement……………………………………………………………… 179
Figure 92 Le programme EnergyPlus…………………………………………………….. 187
Figure 93 Diagramme du logiciel DesignBuilder………………………………………….. 191
Figure 94 Logogramme qui schématise le processus d’optimisation des éléments des
bâtiments………………………………………………………………………. 191
Figure 95 Modèle de simulation 3D de l’appartement…………………………………….. 192
Figure 96 Profil de d’occupation du logement …………………………………………. 192
Figure 97 Gammes de confort adaptatif suivant le modèle de confort ASHRAE 55……… 195
Figure 98 Besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les totaux ainsi que
emissions CO 2 par metre carré pour un logement non isolé (le coin de l’étage
intermédiaire du batiment) avec simple vitrage. Ce cas représente le cas de
base du batiment existant……………………………………………………. 201
Figure 99 Besoins annuels de chauffage, de refraichissement et les totaux ainsi que les
émissions par mètre carré d’un logement intermédiaire faisant coin avec vitrage
simple…………………………………………………………………………… 202
Figure 100 Besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les totaux ainsi que les
émission CO 2 par mètre carré pour un logement intermédiaire faisant coin,
isolé avec double vitrage…………………………………………………… 203
Figure 101 Besoins annuels de chauffage, de raffraichissement et les totaux ainsi que les
émissions CO 2 par mètre carré pour un logement intermédiaire faisant coin,
non isolé avec double vitrage………………………………………………… 203
Figure 102 Comparaison des besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les
totaux ainsi que les émissions CO 2 par mètre carré du scenario de base (non-
isolé avec simple vitrage dans l’étage intermédiaire) placé dans les trois autre
orientations.................................................................................................... 204
Figure 103 Besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les totaux ainsi que les
émissions CO 2 par mètre carré pour un logement non-isolé des années 1990-
2000 (faisant coin de l’étage intermédiaire), avec simple vitrage………….. 205
Figure 104 Besoins annuels de chauffage, de rafraîchissement et les totaux ainsi que les
émissions CO 2 par mètre carré pour un logement non-isolé du coin du dernier
étage avec simple vitrage……………………………………………………….. 206
Figure 105 Comparaison des besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les
totaux ainsi que les émissions CO 2 par mètre carré du scenario de base serré
(non-isolé avec simple vitrage dans l’étage intermédiaire) avec un logement
isolé avec double vitrage en agrandissant les fenêtres dans les façades sud à 1
& ½………... ………………………………………………………………… 207

XIII
Figure 106 Comparaison des besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les
totaux ainsi que les émissions CO2 par mètre carré entre le scénario de base
étanche avec serre et un logement intermédiaire isolé avec double vitrage et
loggia de la cuisine vitrée……………………………………………………. 208
Figure 107 Comparaison des besoins annuels de chauffage, de raffraichissement et les
totaux ainsi que les émission CO 2 par mètre carré entre le scénario de bas
étanche et le logement intermédiaire isolé, avec double vitrage et dispositifs
d’ombrage combinés à une loggia vitrée…………………………………… 209
Figure 108 Température ambiante du cas de base avant réhabilitation thermique en hiver
(12/01) et en été (21/07)……………………………………………………….. 210
Figure 109 Température ambiante des volumes avant et après réhabilitation thermique le
12/01…………………………………………………………………………. 211
Figure 110 Température ambiante des volumes avant et après réhabilitation thermique le
21/07…………………………………………………………………………… 211
Figure 111 Température ambiante avant et après optimisation par l’isolation en hiver
(12/01)………………………………………………………………………… 212
Figure 112 Température ambiante avant et après optimisation par l’isolation en été (21/07) 212
Figure 113 Température ambiante avant et après optimisation par le remplacement du
simple vitrage par le double en hiver (12/01)……………………………….. 213
Figure 114 Température ambiante avant et après optimisation par le remplacement du
simple vitrage par le double en été (21/07)………………………………….. 213
Figure 115 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de
l’isolation et le double vitrage en hiver (12/01)………………………………… 214
Figure 116 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de
l’isolation et le double vitrage en été (21/07)…………………………………… 214
Figure 117 Comparaison entre des températures ambiantes des logements dans les
différentes orientations en hiver (12/01)……………………………………… 215
Figure 118 Comparaison entre des températures ambiantes des logements dans les
différentes orientations en été (21/07)………………………………………… 216
Figure 119 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de
l’isolation, le double vitrage et l’agrandissement des fenêtres orientées sud en
hiver (12/01)……………………………………………………………………. 217
Figure 120 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de
l’isolation, le double vitrage et l’agrandissement des fenêtres orientées sud en
été (21/07)……………………………………………………………………… 217
Figure 121 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de
l’isolation, le double vitrage et les dispositifs d’ombrage en hiver (12/01)…… 218
Figure 122 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de
l’isolation, le double vitrage et les dispositifs d’ombrage en été (21/07)……… 218
Figure 123 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de
l’isolation, le double vitrage, l’agrandissement des fenêtres orientées sud et les
dispositifs d’ombrage en hiver (12/01)……………………………………….. 219
Figure 124 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de
l’isolation, le double vitrage, l’agrandissement des fenêtres orientées sud et les
dispositifs d’ombrage en été (21/07)…………………………………………. 219
Figure 125 Température ambiante avant et après optimisation par l’installation d’une serre
en simple vitrage en hiver (12/01)………………………………………………. 220
Figure 126 Température ambiante avant et après optimisation l’installation d’une serre en
été (21/07)…………………………………………………………………….. 220
Figure 127 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison tous les
paramètres en hiver (12/01)……………………………………………………. 221
Figure 128 Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison tous les
paramètres en été (21/07)……………………………………………………… 222
Figure 129 Température ambiante des volumes avant et après réhabilitation thermique le
12/01…………………………………………………………………………… 222

XIV
Figure 130 Température ambiante des volumes avant et après réhabilitation thermique le
21/07…………………………………………………………………………….. 223
Figure 131 Comparaison entre les temperatures ambiantes mesurée et simulée dans le 223
séjour le 12/01et le 21/07………………………………………………………
Figure 132 Comparaison entre les temperatures ambiantes mesurée et simulée dans la 224
cuisine le 12/01et le 21/07……………………………………………………….
Figure 133 Comparaison entre les temperatures ambiantes mesurée et simulée dans la 224
chambre le 12/01et le 21/07……………………………………………………..
Figure 134 Comparaison de la température ambiante du cas de base avec celle d’un autre
muni de l’enveloppe des logements construits entre 1990-2016 en hiver……… 225
Figure 135 Comparaison de la température ambiante du cas de base avec celle d’un autre
muni de l’enveloppe des logements construits entre 1990-2016 en été (21/07)... 225
Figure 136 Comparaison de la température ambiante du cas de base (intermédiaire) avec
celle d’un autre au dernier étage en hiver (12/01)…………………………… 226
Figure 137 Comparaison de la température ambiante du cas de base (intermédiaire) avec
celle d’un autre au dernier étage en été (21/07)………………………………. 227

XV
Liste des annexes Page

Annexe A Textes réglementaires relatifs à la maîtrise de l’énergie……………………..... i


Annexe A-1 Loi n° 99-09 du 15 Rabie Ethani 1420 correspondant au 28 juillet 1999 i
relative à la maîtrise de l’énergie………………………………………………
Annexe A-2 Décret exécutif n° 2000-90 du 19 Moharram 1421 correspondant au 24 avril xii
2000 portant réglementation thermique dans les bâtiments
neufs…………………………......................................................................
Annexe B Formulaire d’enquête …………………………………………………………. xv
Annexe C Le logogramme schématisant la méthode développée par cette étude………... xxi
Annexe D Système d’évaluation de l’efficacité énergétique et durabilité en Algérie xxii
Annexe E Publications……………………………………………………………………. xxiii

XVI
Liste des abréviations et des acronymes

Ademe : Agence française de l’environnement FEM : Fonds pour l’environnement mondial


et de la maîtrise de l’énergie
FFEM : Fonds français pour l’environnement
AIE : Agence Internationale de l’Energie mondial

AME : Agence méditerranéenne de FMI : Fonds Monétaire International


l’environnement
FNME : Fonds national de maîtrise de
ANER : Agence nationale des énergies l’énergie
renouvelables
GES : Gaz à effet de serre
ANME : Agence nationale tunisienne pour la
GJ : Giga Joule
maîtrise de l’énergie
GNL : Gaz naturel liquéfié
APRUE : Agence Nationale pour la Promotion
et la Rationalisation de l’Utilisation de GPL : Gaz de pétrole liquéfié
l’Energie
GTZ : Coopération technique allemande
PIB : Produit Intérieur Brut
GWh : Giga Watt heure
BBC : Bâtiment basse consommation
HPE : Haute Performance Energétique
BIRD : Banque Internationale pour la
Reconstruction et le Développement (Banque IC : Immeuble collectif
Mondiale)
kWh : Kilowatt- heure
CCNUCC : Convention cadre des Nations
unies sur le changement climatique LEED: The Leadership in Energy and
Environmental Design
CDER : Centre pour le développement des
énergies renouvelables ME : Ministère de l’Énergie

CNERIB : Centre National de la Recherche de MED-ENEC : Projet Euro-Med pour l’EE


l’Industrie du Bâtiment dans le secteur du bâtiment dans les PSEM

CREG : Commission de régulation de MEDENER : Association méditerranéenne


l'électricité et du gaz des Agences Nationales de la Maîtrise de
l’Energie
GIEC : Groupe d'experts intergouvernemental
sur l'évolution du climat MEÉ : Mesure d’Efficacité Energétique

DA : Dinar Algérienne MEPS : Normes minimales de performance


énergétique
DT : Dinar Tunisien
MPE : Marchés Publics Ecologiques
DTR : Documents Techniques Réglementaires
Mtep : Million de tonnes d’équivalent de
EE : Efficacité énergétique pétrole

ER : Energie renouvelable MtCO 2 : Millions de tonnes d’équivalent CO 2

ECS : Eau Chaude Sanitaire MW : Mégawatt

XVII
OCDE : Organisation de la coopération et du
développement économique

OMO : Optimisation Multi-Objectif

PEE : Performance Energétique et


Environnementale

PNME : Programme National de Maîtrise de


l'Energie

PNUD : Programme des Nations Unis pour le


développement

PSEM : Pays du Sud et de l’Est de la


Méditerranée

RCREEE : Centre régional pour les énergies


renouvelables et l’efficacité énergétique

RTMB : Réglementation Thermique


Maghrébine des Bâtiments

STD : Simulation Thermique Dynamique

Tep : Tonne équivalent pétrole

TWh : Térawatt-heure

UE : Union Européenne

UTCF : Utilisation des terres, leurs


changements et la forêt

XVIII
Introduction générale
Introduction

Introduction :
����﷽ :‫ﻗﺎل ﷲ ﺗﻌﺎﻟﻰ‬
"‫"ظﮭﺮ اﻟﻔﺴﺎد ﻓﻲ اﻟﺒﺮ واﻟﺒﺤﺮ ﺑﻤﺎ ﻛﺴﺒﺖ أﯾﺪي اﻟﻨﺎس ﻟﯿﺬﯾﻘﮭﻢ ﺑﻌﺾ اﻟﺬي ﻋﻤﻠﻮا ﻟﻌﻠﮭﻢ ﯾﺮﺟﻌﻮن‬
(40 ‫ اﻵﯾﺔ‬-‫)ﺳﻮرة اﻟﺮوم‬
Dieu Tout-Puissant a dit: Au nom de Dieu, Celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux.
« La corruption est apparue sur la terre et sur la mer par suite des actes accomplis par les
mains des hommes afin que Dieu leur fasse goûter une partie de ce qu’ils ont fait. Peut-être
reviendront-ils! ».
(Verset 40, Sourate Les Romains)

Depuis le début de l’ère industrielle, les civilisations ont fondé leur développement sur
l’utilisation toujours croissante d’énergie fossile pour le chauffage des bâtiments ainsi que
pour les usages domestiques qui prennent une part grandissante dans la consommation
d’électricité du fait de l’évolution du mode de vie. Mais, la consommation des énergies
fossiles n’est pas renouvelable, leur conversion en énergie utilisable est onéreuses et génère
beaucoup de pertes et de sous-produits toxiques. De plus, leur coût, sans cesse croissant, pèse
lourd sur les finances des foyers et influe sur le confort. Ainsi, au 19ème siècle, les chercheurs
ont noté que les émissions de carbone provenant de la combustion de combustibles fossiles
pourraient contribuer au réchauffement planétaire, en découvrant que 60% de l'effet de serre
est induit par le CO 2 (Ozturk et Acaravci, 2010). Des études récentes ont estimé que la
R R

combustion de combustibles fossiles contribue à 70% des émissions totales de carbone et que
l'activité humaine et les consommations d'énergie sont les principales causes du changement
climatique. D'une part, la croissance économique dépend de la consommation d'énergie, ce
qui entraîne des émissions de carbone. D'autre part, la réduction des émissions de carbone
réagira à la consommation d'énergie et restreindra le développement économique (Zhang et
Duan, 2012).
La communauté internationale a mis beaucoup plus l'accent sur le changement climatique
global depuis des décennies. En 2014, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution
du climat (GIEC) a publié son cinquième rapport d'évaluation qui analysait la relation entre la
maladie humaine et le changement climatique mondial et soulignait la nécessité de réduire les
émissions de gaz à effet de serre et d'atténuer les effets du changement climatique (Qin,
2014). Bien que la question concernant le réchauffement climatique ait été soulevée depuis
plus d'un siècle, les recherches sur la consommation d'énergie et les émissions de carbone ont
récemment fait des progrès (Shen et Sun, 2016).
2
Introduction

Motivation du choix du thème et du cas d’étude


À l’instar des pays en voie de développement, l’Algérie connaît ces dernières années un accroissement
de ses consommations énergétiques, corrélé à celui de sa population et au développement socio-
économique des ménages. La nécessité de rationnaliser l’usage de l’énergie domestique dans le
secteur résidentiel en Algérie est une exigence afin de protéger l’environnement.
Le choix de la ville de Tlemcen est argumenté par sa richesse sur le plan du patrimoine
architectural. De plus, il y a la diversité de typologie architecturale et formelle des bâtiments
résidentiels collectifs. Ce qui permet des résultats plus signifiants en matière de maitrise de
l’énergie dans le parc de logement existant et dans la conception du neuf dans cette ville ;
ainsi que dans les régions avec un climat similaire.
L’espace habité -soit l’un des phénomènes architecturaux- est choisi, car il reflète de manière
claire et directe les changements que l’architecture a subit, plus que les autres édifices (les
équipements d’activités et de services). Il représente une part majeure de l’environnement bâti
dans les pays en voie de développement. Il est plus facile à délimiter que les édifices publics
qui dépendent plus d’expression des architectes.
Cette recherche se concentre sur l’étude des logements collectifs, vue l’augmentation, ces
dernières années, des tranches de logements en immeubles collectifs (IC) dans le parc
immobilier residential en Algérie.

Problématique:
La consommation moyenne d’énergie primaire, en Algérie, a été estimée à environ 0,89
Tep/habitant en 1981. Elle a atteint 1,35 Tep/habitant en 2010 (Agence Internationale de
l’Energie AIE, 2013). Selon l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de
l’énergie (Ademe), cette consommation pourrait atteindre 1,88 Tep/habitant en 2020. Outre
les émissions de CO 2 induites par ce type d’énergie, l’accroissement des consommations
aurait un impact économique majeur, puisque l’industrie des hydrocarbures demeure le
principal moteur économique du pays (Ouahab, 2015). En effet, le secteur des hydrocarbures
représente 97 % des recettes d’exportation et 70 % des recettes de l’État, via la fiscalité
pétrolière (FMI, 2013). Le secteur résidentiel en Algérie est à l’origine de 43% de la
consommation d’énergie finale (Ministère de l’Énrgie, 2017). En plus, il ya lieu de signaler
que la consommation de gaz en Algérie représente environ 34% de la consommation globale
d’énergie, au moment où la moyenne mondiale ne dépasse pas 22% (Ait-Cherif, 2016). De ce
fait, il a une part égale et importante en matière de délivrance de CO 2 . Il est à ce titre
considéré comme la deuxième source d’émissions de CO 2 après les transports. Les

3
Introduction

perspectives de développement du parc de logements conduiront à un accroissement


exponentiel de cette consommation énergétique. La pression populaire sur le logement pousse
à des réalisations quantitatives et non qualitatives : absence totale d’efficacité énergétique. En
témoigne l’inefficacité du mécanisme de contrôle et de sanctions et par là même la non
application de la réglementation thermique dans les bâtiments neufs qui devait prendre effet
dès 2005 (Sénit, 2008).
D’après Thibault & El-Andaloussi (2011), un potentiel d’économies d’énergie dans les Pays
du Sud et de l'Est méditerranéen (PSEM) est estimé à plus de 320Mtep de gains cumulés
d’énergie finale sur la période 2010-2030 dans le secteur du bâtiment. Les plus importantes
réductions, selon les usages, émanent du chauffage et de la climatisation pour environ 60%.
La réduction annuelle des émissions de CO 2 serait, selon ce scénario, de l’ordre de 179
MtCO 2 dans ces pays. Les résultats de cette étude sont confirmés par ceux de l’étude
d’Ouahab (2015) à l’échelle nationale, qui constata qu’en poursuivant les tendances actuelles
à l’horizon 2050, les consommations d’énergie du secteur résidentiel dans le scénario
tendanciel pourraient atteindre près de 413,4TWh/an, alors que celles-ci sont de l’ordre de
117,4TWh/an en 2008. Ceci correspond à un taux de croissance très élevé, de l’ordre de
250%. On note dans ce scénario que la part du chauffage représenterait 57% de la
consommation totale, soit 233TWh par an, et celle des appareils électroménagers près de 19%
(78,2TWh). A eux deux, ces postes totaliseraient plus de 75% des besoins du parc. Les parts
des autres usages resteraient relativement faibles : 7% pour l’ECS, 7% pour le refroidissement
et 10% pour la cuisson. On constate globalement que la part de la consommation d’énergie
du segment des maisons individuelles est en décroissance au profit des logements en IC. Elle
passerait en effet de 66% en 2008 à près de 62% en 2050. La part des logements en IC
passerait, quant à elle à plus de 17%, contre seulement 9% en 2008. En ce qui concerne
l'évolution des émissions de CO 2 , il a été constaté que les émissions progresseraient au
rythme de l’accroissement des besoins d’énergie, puisqu’elles augmenteraient de plus de
270%, soit 112.7MtCO 2 , par rapport aux émissions de 2008 (30,6MtCO 2 ). Les émissions
moyennes par habitant atteindraient l’équivalent de 2,1tCO 2 /habitant en 2050, alors qu’elles
n’étaient que de 0,9 tCO 2 /habitant en 2008. Donc, en Algérie, nos logements sont considérés
comme des passoires d’énergie. À cause de toutes ces fuites, nos logements consomment 3 à 5
fois plus que le nécessaire pour se chauffer. Et c’est cette énergie gaspillée qui génère
d’avantage la pollution et participe au réchauffement climatique. L’Algérie est nantie sur le
plan énergétique, mais elle ne doit pas dilapider cette richesse à travers des logements non
isolés et donc à forte déperdition énergétique.
4
Introduction

Alors, cette étude est réalisée pour répondre aux questionnements principaux suivants :
 Comment réduire cette facture qui pèse autant sur la planète que sur notre économie
nationale et sur nos portemonnaies ?
 Quels sont les gisements d’économies d’énergie dans le secteur résidentiel en Algérie,
et comment les exploiter ?
 Quelle est l’identité thermique des enveloppes actuelles des logements
collectifs composants le parc immobilier de la ville de Tlemcen? Et combien
consomment-ils d’énergie?
 Quelles sont les stratégies de maitrise d’énergie à entreprendre dans le parc de
logement existant et dans la conception du neuf, permettant de répondre à la
croissance future des consommations d’énergie domestique ?
 Quelles sont les mesures appropriées pour l’amélioration de la performance
énergétique et environnementale dans le climat de Tlemcen ?
 Est-il possible d'éviter les systèmes de chauffage et de refroidissement actifs avec des
solutions passives appropriées ? Et Quelles sont les mesures les plus efficaces et les
plus rentable ?
D’où notre question de départ :
Les mesures d’efficacité énergétique (MEÉ) passives peuvent-elles réduire efficacement
la facture énergétique du parc immobilier résidentiel, dans un climat arrière littoral
montagne, sans réduire le confort des usagers ?

Hypothèses :
Ce qui nous amène à l’hypothèse n°1 :
La réhabilitation thermique des bâtiments résidentiels existants à Tlemcen, en utilisant les
mesures d’efficacité énergétique (MEÉ) passives, permet de satisfaire le besoin thermique des
occupants, de réduire d’une manière efficace et rentable l’usage de l’énergie pour le chauffage
et la climatisation et de limiter l’impact négatif sur l’environnement.

Cependant, est-ce que le cadre réglementaire thermique en Algérie, tel qu’il est déterminé
aujourd’hui, peut aider à la gestion du flux énergétique dans nos logements et peut guider les
architectes à concevoir des logements efficaces en énergie ?

Ce qui nous amène à l’hypothèse n°2 :


Le cadre réglementaire algérien actuel guide les architectes à concevoir des logements efficaces
en énergie.

5
Introduction

Objectifs de l’étude :
L'objectif principal de cette étude est d'évaluer et de fournir des mesures optimales pour la
réhabilitation énergétique des immeubles collectifs à Tlemcen.

Objectifs généraux
Les objectifs généraux de l’étude sont décrits ci-après :
 Mener une étude architecturale et technique des logements collectifs représentatifs des
différentes périodes d’urbanisation de cette ville. Du fait que, cette typologie de
bâtiment résidentiel à Tlemcen peut être classée dans différentes période historique,
chacune d'elles avec ses particularités.
 Créer une base de données qui fournit des clés d’interprétation dans l’analyse
thermique et énergétique des bâtiments et des éléments d’arbitrage dans l’analyse des
solutions possibles.
 Analyser les mesures qui conviennent au type de bâtiment, au climat et à
l’environnement, compte tenu de leurs coûts, de leurs économies d'énergie primaire,
de leurs potentiels de réduction des émissions de CO 2 et leurs impacts sur le confort
thermique des occupants.
 Estimer la consommation d'énergie du bâtiment en utilisant des simulations de
construction dynamiques du logement.
 Réduire les incertitudes et améliorer l'estimation de la consommation d'énergie
primaire à l’aide d’un modèle de construction détaillé avec une caractérisation réaliste
du bâtiment et son interaction avec l'utilisateur.
 Évaluer comment le confort des occupants peut être amélioré avec la mise en œuvre
de stratégies passives (comme la ventilation naturelle, l’amélioration de l'enveloppe,
l’orientation, la protection solaire) dans le logement.
 Avoir une relation directe entre les résultats de l'étude et les dépenses énergétiques des
ménages en considérant les utilisations de : chauffage, rafraichissement, eau chaude
sanitaire.
 Analyser les économies d'énergie réalisées avec des mesures optimales pour les coûts.
 Aider à enrichir de futurs règlements et politiques de construction, en particulier pour
les bâtiments existants en fonction des informations relatives aux dépenses
énergétiques des ménages.
 Fonder une méthodologie d’étude applicable aux autres villes constituant les autres
zones climatiques en Algérie.

6
Introduction

 Rédiger un document sur l’énergétique du bâtiment servant comme référence


bibliographique pour la formation pédagogique de la graduation et de la post
graduation.

Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques de l’étude sont décrits ci-après :
 Développer un modèle pour reproduire le comportement d'occupation dans le bâtiment
et son interaction avec les systèmes. En utilisant ce modèle, il est possible de
reproduire la variabilité des occupants.
 Relier les paramètres du bâtiment avec les résultats des enquêtes et des données
expérimentales, afin de définir le modèle de simulation avec des informations
réalistes.
 Introduire des stratégies passives de chauffage/rafraichissement basées sur des
techniques passives.
 Améliorer l'intégration de ces stratégies dans le modèle de construction.
 Utiliser une méthode économique qui permet de comparer de manière neutre les
différentes mesures d'efficacité énergétique. La méthode doit inclure tous les coûts
d'investissement générés et des coûts énergétiques.

Méthodologie :
Cette étude a pris comme point de départ la caractérisation des stocks de bâtiments et les
mesures d'efficacité énergétique à travers cinq activités principales :
 Analyse précédente : collecte d'informations provenant d'études et de méthodologies
antérieures liées à la caractérisation des stocks de bâtiments. Présélection des
typologies du bâtiment et définition des informations nécessaires ;
 Définition et validation de la typologie à travers le choix d’un échantillon qui
représente le stock de logements existant dans cette ville : Campagne d'enquête pour
recueillir les informations manquées et mettre en évidence les aspects liés à la
consommation d’énergie, à la propriété des systèmes et des appareils et des
informations sur le comportement de l'utilisateur. Vérification des typologies de
présélection. Définition de la typologie finale ;
 Analyse architecturale et technique : un diagnostic a été établi pour chaque typologie
de bâtiment. Au cours de cette première étude on analysera les performances
thermiques de chaque type de bâtiment en prenant en compte tous les éléments du
confort thermique ;
7
Introduction

 Mesures d'efficacité énergétique : Une deuxième étude, initiée par les résultats de la
première étude, se base sur deux méthodes : statique et dynamique en utilisant le
logiciel DesignBuilder, en réduisant la consommation d’énergie d’un logement
collectif à Tlemcen (le type le moins efficient), sans la perte de confort, ainsi que de
réduire l’impact environnemental négatif, en utilisant la méthode d’évaluation
paramétrique pour améliorer des éléments composants l’enveloppe du bâtiment par
des mesures d'efficacité énergétique (MEE) à travers des techniques passives
abordables. Les mesures sont définies avec des informations techniques et
économiques. L'évaluation du confort thermique du bâtiment est nécessaire afin de
garantir une combinaison confortable de mesures.
 Développer des recommandations concernant la conception appropriée à des nouvelles
habitations ainsi qu’aux améliorations dans l’habitat existant, dans cette ville et même
dans d’autres régions urbaines avec un climat similaire à Tlemcen. En essayant de
combler les manques de la réglementation thermique algérienne pour se mettre à
niveau au moins avec le contexte régional.

Capacité et limites de l’étude :


La portée de cette étude est limitée aux aspects suivants : le contexte géographique, social,
culturel et économique est limité à l'Afrique du nord, de l'Egypte au Maroc. Ces pays
partagent un contexte culturel commun et leurs situations économiques subissent des
développements similaires.
L'expérience pratique provient de l'Algérie. L'accent est mis sur les plaines derrière le rivage
de la mer, avec des étés chauds et sec et des hivers humides et frais.
L'étude se concentre sur le logement collectif, mais les résultats peuvent être partiellement
valables aussi pour les bâtiments à petite échelle. Le modèle de gains de chaleur interne utilisé
dans les simulations thermiques est déduit du schéma des activités résultant des études sur le
terrain.
L'estimation de l'aspect économique des différents cas de simulation est limitée à l’évaluation
de la consommation d’énergie primaire pour le chauffage et le rafraichissement des bâtiments,
au potentiel d’économie d’énergie et celui de réduction des émissions CO 2 , à l’évaluation du
confort thermique et à l’évaluation économique.
Dans cette étude seulement les paramètres qui influent sur l’environnement thermique sont
investigués au moyen des simulations numériques. Ce sont l’effet de la ventilation, de
l’isolation, de l’orientation, des contrôles solaires, de la taille des ouvertures, et l’effet de

8
Introduction

l’installation d’une serre dans la loggia. D'autres aspects tels que l'analyse de l'éclairage ne
sont pas analysés dans cette étude.

Structure des chapitres


En fonction des éléments que l’on vient de présenter, le plan de l’étude est le suivant :
Cette thèse est organisée en deux parties principales, introduites par une introduction qui
comprend les concepts de la recherche : la problématique, l’objectif de l’étude et les
hypothèses qui seront examinées et testées tout au long de l'étude sont formulées.
La première partie comporte trois chapitres. Dans le premier chapitre, un aperçu général sur la
situation énergétique en Algérie, le rôle du secteur résidentiel dans la consommation
énergétique et sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre sont présentés. Ce chapitre
expose également la politique actuelle de la maitrise d’énergie en Algérie.
Dans le deuxième chapitre de cette thèse, un cadre théorique sur la performance énergétique
est fondé. Le début est consacré à un état de l’art relatif aux différentes techniques de
modélisation (bottom-up, top-down…). Ensuite, ce chapitre propose un cadre général des
méthodes d’évaluation durable des mesures d’efficacité énergétique (MEE) et décrit la
méthode multicritère et l’approche multi-objectif. Il se concentre sur les critères à travers une
grille d’analyse portant sur un ensemble d’études et de recherches en adéquation avec notre
thèse. Ce chapitre présente également le concept de la réhabilitation énergétique et ses outils
d’évaluation.
Le troisième chapitre se concentre sur la Conception solaire passive des bâtiments. On
propose de porter d’abord un regard historique sur ce processus. Puis, à travers l’analyse
bibliographique, on évoque l'utilisation de l'énergie solaire dans les bâtiments pour révéler les
techniques utiles (Passives et actives) qui couvrent les bâtiments. En outre, les principes de la
conception solaire passive, ayant un impact sur la rationalisation de la consommation
d'énergie, ont été présentés.
La deuxième partie englobe trois chapitres. Le quatrième chapitre représente l’étude de terrain
sous forme de deux sections. La première comprend la description du site de Tlemcen avec un
bref aperçu historique, un regard sur l’habitat traditionnel et contemporain, l’état du parc de
logements, des consommations énergétiques et le climat. Afin de permettre une
compréhension de la forme architecturale dans la seconde section de ce chapitre, servant
comme information clé pour la définition des archétypes. Ce chapitre comprend également la
méthode et les outils utilisés décrivant notre modèle bottom-up., ainsi que les résultats des
études architecturale et technique. Les chapitres cinq et six constituent une étude de

9
Introduction

simulation pour l’optimisation de la performance énergétique et environnementale du type le


moins efficient à Tlemcen. Ils comprennent la méthode, les outils et les résultats. Enfin, la
recherche est résumée par une conclusion qui comprend une discussion générale des résultats
pertinents et les contributions de la thèse comme tentative de vérification des hypothèses et
des recommandations.

10
Partie I
Cadre théorique
Introduction Partie I

Introduction de la première partie :


La première partie de cette thèse représente une partie théorique et comporte trois
chapitres.
Le premier chapitre évoque la problématique de la consommation de l’énergie notamment
dans le secteur résidentiel. Il présente également la politique actuelle de la maitrise d’énergie en
Algérie.
Le deuxième chapitre est consacré à un état de l’art relatif aux différentes techniques de
modélisation, méthodes et outils d’évaluation de la performance énergétique pour la
réhabilitation thermique des bâtiments résidentiels.
Le troisième chapitre se concentre sur la définition de la conception solaire passive des
bâtiments et l’utilisation des techniques utiles (Passives et actives) qui couvrent les bâtiments,
ayant un impact sur la rationalisation de la consommation d'énergie.

12
Chapitre 1
Problématique de l’énergie
entre enjeux et durabilité
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

Ce chapitre présente principalement les enjeux mondiaux, régionaux et nationaux


importants liés à la croissance de la consommation énergétique dans les différents secteurs
notamment celui des ménages par secteur d’activité, par source d’énergie et par usage et ceux
liés à l’impact économique et environnemental. Ainsi qu’il expose la politique nationale de la
maitrise de l’énergie dans le secteur résidentiel et son cadre réglementaire. Il illustre ensuite la
voie de la durabilité de l’énergie dans le bâtiment à travers les notions de l’économie et de
l’efficacité d’énergétique.

1-1) Energie dans la nature :


����﷽ :‫ﻗﺎل ﷲ ﺗﻌﺎﻟﻰ‬
"‫" اﻟﺬي ﺟﻌﻞ ﻟﻜﻢ ﻣﻦ اﻟﺸﺠﺮ اﻷﺧﻀﺮ ﻧﺎرا ﻓﺈذا اﻧﺘﻢ ﻣﻨﮫ ﺗﻮﻗﺪون‬
(80 ‫ اﻵﯾﺔ‬-‫)ﺳﻮرة ﯾﺲ‬
Dieu Tout-Puissant a dit: Au Nom de Dieu, Celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux.
« C’est lui qui, pour vous, a dans l’arbre vert placé du feu dont vous utilisez la flamme ».
(Verset 80, Sourate Ya. Sin)
����﷽ :‫وﻗﺎل‬
(75)‫( ءاﻧﺘﻢ أﻧﺸﺄﺗﻢ ﺷﺠﺮﺗﮭﺎ أم ﻧﺤﻦ اﻟﻤﻨﺸﺌﻮن‬74)‫"أﻓﺮأﯾﺘﻢ اﻟﻨﺎر اﻟﺘﻲ ﺗﻮرون‬
"(77) ‫( ﻓﺴﺒﺢ ﺑﺎﺳﻢ رﺑﻚ اﻟﻌﻈﯿﻢ‬76)‫ﻧﺤﻦ ﺟﻌﻠﻨﺎھﺎ ﺗﺬﻛﺮة ﻟﻠﻤﻘﻮﯾﻦ‬
(‫)ﺳﻮرة اﻟﻮاﻗﻌﺔ‬
Et a dit: Au Nom de Dieu, Celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux.
« Avez-vous considéré le feu que vous obtenez par frottement ?
Est-ce vous qui en faites croître le bois ? Ou bien en sommes-nous les producteurs ?
Nous avons fait tout cela comme un Rappel et une chose utile pour les voyageurs du désert
Glorifie donc le Nom de ton Seigneur, le Très-Grand »
(Versets 74-77, Sourate Celle Qui Est Inéluctable)

Tous les systèmes vivants utilisent de l’énergie pour subvenir à leurs besoins. L’énergie se
définit comme de la « force exploitable » ou la capacité d’un système physique de
« travailler ». L’énergie solaire est le moteur de toute vie sur terre. La chaleur du soleil est à
l’origine du mouvement des vents et de celui de l’eau à travers le cycle hydrologique (Venolia
et Lerner, 2007, pp. 128-29). Les végétaux et certaines bactéries utilisent la lumière solaire
via la phase claire de la photosynthèse pour permettre directement la transformation de
l’énergie lumineuse en énergie chimique permettant de synthétiser de la matière organique

14
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

(sucres simples) qui alimentent leurs organismes. La seconde phase de la photosynthèse, dite
sombre, permet l’assimilation du gaz carbonique. Les énergies fossiles proviennent également
du soleil, au moins à l’origine. L’essentiel des gisements de combustibles fossiles dérive
directement ou non, de la matière organique (MO) des êtres vivants incorporés dans les
sédiments lors de leur dépôt. Les énergies fossiles pourraient être assimilées à des batteries
géantes qui stockent l’équivalent de millions d’années de lumière solaire. En méditant ce
verset, on peut dire que dans la chaine des espèces, l’arbre est un aboutissement en soit, une
sculpture vivante et parfaite. Gloire à Allah le Meilleur des Créateurs.

1-2) L’énergie dans le monde : Les énergies fossiles au cœur du mix mondial
En 2015, la population mondiale a progressé de 1,2%, correspondant au rythme annuel moyen
observé depuis le début des années 2000. Elle s’élève désormais à plus de 7,3 milliards
d’habitants, et devrait atteindre 9,7 milliards d’individus en 2050 et 11,2 milliards en 2100,
d’après la projection actualisée de l’ONU (World Population Prospects : The 2015 Revision)
(ENGIE 1, 2016). Avec un tel nombre de population, la consommation mondiale d’énergie
primaire, en 2016, a encore augmenté de 1% et atteint 13 276 Mtep.
Les énergies fossiles ont encore satisfait 85,5% de la consommation mondiale d’énergie
primaire en 2016 (86% en 2015) selon les dernières données de l’Agence Internationale de
l’Energie (AIE). Près d’un tiers de cette consommation mondiale est couverte par le pétrole,
dont la demande a augmenté de 1,6 million de barils par jour (Mb/j) en 2016, notamment sous
l’effet de la baisse des cours (©Connaissance des Énergies, 2017). La figure 1 nous démontre
que le pétrole, première énergie consommée dans le monde (32% en 2015), devrait le rester
dans les trois prochaines décennies (27% en 2040 dans le scénario New Policies de l’AIE),
bien que sa part s’érode continuellement en raison de son retrait de la production électrique,
de sa moindre utilisation pour le chauffage et de la meilleure efficacité énergétique des
véhicules.
La consommation de charbon, la deuxième énergie la plus consommée, cible des politiques
environnementales, est en net recul en 2015 – sa part, de 28,1% du mix en 2015 – devrait
baisser à 23% en 2040 selon le scénario NP. Mais sa part recule au profit du gaz naturel (21%
de la consommation primaire) a bénéficié d’une meilleure compétitivité prix face au charbon

1
Fournisseur d’énergie et gestionnaire du réseau de distribution d'électricité et de gaz naturel. Ce Groupe développe des
solutions performantes et innovantes pour les particuliers, les villes et les entreprises en s’appuyant notamment sur son
expertise dans quatre secteurs clés : les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le gaz naturel liquéfié et les
technologies numériques. .ENGIE compte 154 950 collaborateurs dans le monde pour un chiffre d’affaires en 2015 de 69,9
milliards d’euros. Coté à Paris et Bruxelles (ENGIE), le Groupe est représenté dans les principaux indices internationaux.

15
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

et du soutien des politiques environnementales ; sa part devrait a minima se maintenir dans les
prochaines décennies (ENGIE, 2016).
En 1973, cette part atteignait 86,7% (dont 46,2% pour le seul pétrole) et les énergies
décarbonées ont ainsi légèrement progressé dans le mix énergétique mondial. L’utilisation de
la biomasse, en particulier du bois, est loin
d’être négligeable, même dans les pays
développés ; elle est encore la seule énergie
disponible dans une grande partie de
l’Afrique. Notons que les productions
mondiales de gaz naturel et de charbon ont
respectivement triplé et plus que doublé
depuis 1973. Les émissions mondiales de Figure 1. Évolution de la demande primaire mondiale à

CO 2 relatives à la combustion d’énergie ont l’horizon 2040 dans le scénario « Nouvelles politiques »
de l’AIE (WEO 2016) (source : ENGIE, 2016)
pour leur part doublé durant cette période.
L’électricité a compté pour 18,5% de la consommation finale d’énergie dans le monde en
2015 (contre 9,4% en 1973). Le mix de la production électrique mondiale reste encore
largement dominé par le charbon (39,3% de la production mondiale en 2015), pourtant montré
du doigt pour les fortes émissions de gaz à effet de serre associées à sa combustion.
Les énergies décarbonées progressent rapidement dans le mix électrique mais elles restent
pour l’heure minoritaires dans ce mix (33,7% de la production mondiale). L’hydroélectricité a
en particulier produit 3 978 TWh dans le monde en 2015 (16% du mix), soit davantage que
les productions nucléaires (2 571 TWh en 2015), éolienne (838 TWh en 2015) et
photovoltaïque (247 TWh en 2015) réunies. Enfin, les EnR électriques, encore marginales au
niveau mondial, connaissent un développement remarquable en Europe, Chine, États-Unis, au
point d’y modifier profondément les systèmes électriques.
Le développement des énergies renouvelables hors hydroélectricité, aux premiers rangs
desquelles l’éolien et le solaire photovoltaïque, est très soutenu (+ 14,1% en 2016) mais ces
énergies ne comptaient encore que pour 3,2% de la consommation mondiale d’énergie
primaire en 2016 (2,8% en 2015). La consommation d'énergie nucléaire est enfin en légère
croissance (+ 1,3%), grâce à la mise en service de 5 nouveaux réacteurs en Chine en 2016 (20
autres réacteurs étant en cours de construction dans ce pays).
L’AIE rappelle par ailleurs ses projections de l’évolution de la consommation mondiale
d’énergie finale. Cette dernière a atteint 9 384 Mtep en 2015 et pourrait augmenter d’un tiers à
l’horizon 2040 (12 538 Mtep) selon le scénario « New Policies » de l’AIE (basée sur les
16
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

politiques actuellement envisagées). Pour suivre la trajectoire des « 2°C » d’ici à 2100, de
l’Accord de Paris, la consommation mondiale d’énergie finale devrait se limiter à 10 706
Mtep en 2040 selon l’AIE (scénario « 450 »). Ainsi, les travaux du Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) indiquent qu’il faudrait réduire les
émissions mondiales de l’ensemble des gaz à effet de serre 2 de 40% à 70% d’ici à 2050 (par
rapport au niveau de 2010) (©Connaissance des Énergies, 2017).
La consommation d’énergie en 2015 (+0,7%), et en 2016, a moins progressé que la croissance
économique mondiale (+3,1% en 2015) grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Le
marché de l’énergie en 2015 et en 2016 se caractérise par une dé-corrélation entre croissance
économique mondiale (+3,1% en 2015) et croissance de la demande énergétique (+0,7%),
avec de surcroît un léger décrochage entre demande énergétique et évolution des émissions de
CO2 (-1%). Le ralentissement du PIB mondial en 2015, +3,1% (s’établissant à 74 849
milliards de dollars) après +3,4% en 2014, devrait se prolonger en 2016. De même, la
consommation d’énergie, quasiment stable en 2015 avec une évolution de +0,8% (à 12 778
Millions de tep), devrait le rester en 2016. Cette stagnation de la demande d’énergie entraîne à
la fois une surproduction d’énergies fossiles, la chute de leur prix et un recul historique des
émissions de CO 2 (ENGIE, 2016).

1-3) La situation énergétique en Algérie :


L'Algérie est le premier producteur de gaz naturel en Afrique, le deuxième fournisseur de gaz
naturel en Europe et figure parmi les trois premiers producteurs de pétrole en Afrique. On
estime que l'Algérie détient la troisième plus grande quantité de gaz de schiste au monde
après la Chine et l’Argentine. Cependant, la production brute de gaz naturel et de pétrole brut
a progressivement diminué au cours des dernières années, principalement parce que de
nouveaux projets de production et d'infrastructure ont été retardés à plusieurs reprises.
L'Algérie est le premier producteur de gaz naturel en Afrique, le deuxième fournisseur de gaz
naturel en Europe en dehors de la région et figure parmi les trois premiers producteurs de
pétrole en Afrique. L'Algérie est devenue membre de l'Organisation des pays exportateurs de
pétrole (OPEP) en 1969, peu après le début de la production pétrolière en 1958. Et a

2
Le protocole de Kyoto définit 6 Gaz à Effet de Serre (GES) : le CO2 (Dioxyde de carbone), le CH4 (Méthane), le N2O
(Protoxyde d’azote), les HFC (Hydrofluocarbures), les PFC (Perfluorocarbures) et le SF6 (Hexafluorure de soufre). Le CO2
représente 78% des émissions de GES (lié à 90% à la combustion d’énergie), le méthane (CH4) 13% (lié principalement à
l’agriculture, mais aussi aux émissions fugitives et aux décharges), le N2O 6% (lié à l’agriculture). Les trois derniers (HFC,
PFC et SF6) représentent 3% (répartition basée sur les émissions totales de GES des pays de la CCNUCC). Ainsi, la
consommation d’énergie fossile contribue pour 76% aux émissions de GES (hors captation du CO2 par l’UTCF (Land Use,
Land Use Change and Forestry– LULUCF– en anglais) (ENGIE, 2016).

17
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

également joué un rôle précurseur dans le développement du gaz naturel liquéfié (GNL). La
première installation de GNL au monde a en effet été mise en service en 1964 à Arzew.
L'économie algérienne dépend fortement des revenus générés par son secteur des
hydrocarbures, qui représente environ 30% du PIB brut (produit intérieur brut PIB), plus de
95% des recettes d'exportation, et 60% des recettes budgétaires, selon le Fonds monétaire
international (FMI).
Selon une étude commanditée par l'Administration américaine de l'information sur l'énergie
(EIA), l'Algérie détient la troisième plus grande quantité de gaz de schiste au monde. L'étude
d'EIE estime que l'Algérie contient 707 billions de pieds cubes (Tcf) et 5,7 milliards de barils
de gaz de schiste et de ressources pétrolières techniquement récupérables, respectivement.
Certains analystes de l'industrie sont prudents quant aux perspectives de l'Algérie de devenir
un important producteur de schiste. Une analyse de MEES souligne les obstacles auxquels
l'Algérie sera confrontée, notamment : l'éloignement de la superficie des schistes, le manque
d'infrastructures et d'accessibilité aux sites, la disponibilité de l'eau, le manque de routes et de
pipelines pour transporter les matériaux, plates-formes parce que les puits de schiste
s’épuisent plus rapidement.
Les revenus de l’Algérie liés aux exportations de pétrole et de gaz naturel s’élèvent à 63,8
milliards d’euros en 2013, soit plus de 95% de ses revenus totaux provenant des exportations.
L’entreprise publique Sonatrach contrôle près de 80% de la production d’hydrocarbures du
pays. Cela en fait la principale compagnie de pétrole et de gaz naturel dans toute l’Afrique.
L'Algérie s'appuie également sur sa propre production de pétrole et de gaz naturel pour la
consommation domestique, fortement subventionnée. Le gaz naturel et le pétrole représentent
la quasi-totalité de la consommation totale d'énergie primaire de l'Algérie. Selon le FMI, les
prix intérieurs des produits pétroliers (diesel, essence et gaz de pétrole liquéfié) et du gaz
naturel sont très bas en Algérie selon les normes régionales et mondiales. Le FMI estime que
l'Algérie a le deuxième prix national le moins cher pour le gaz naturel en Afrique, après la
Libye, les prix de détail n'ayant pas changé depuis 2005 et étant désormais inférieurs aux
coûts opérationnels. Le FMI estime que le coût des subventions implicites sur les produits
pétroliers et le gaz naturel (aux stades intermédiaire et final) s'est élevé à 22,2 milliards de
dollars en 2012, soit 10,7% du PIB.
Le gaz naturel représente 98% de la production d'électricité en Algérie, selon le FMI. Comme
le gaz naturel, les prix de l'électricité sont également inchangés depuis 2005. Cependant, le
coût d'une connexion électrique pour obtenir l'accès peut être long et coûteux. Néanmoins,
plus de 99% de la population algérienne a accès à l'électricité. Le gouvernement algérien tente
18
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

de réduire la dépendance du pays vis-à-vis du gaz naturel dans le secteur de l'électricité en


lançant davantage de projets d'énergie renouvelable. Soneglaz, le service public d'électricité et
de gaz de l'Algérie, a signé des contrats pour la mise en service de projets solaires en ligne et
a récemment lancé un programme pilote de parcs éoliens (EIA, 2014).
La production d’électricité est passée de 7 492 MW en 2005 à 17 238,6 MW en 2015, soit
près de 10 000 MW additionnelle mise en service en dix ans. Jusque-là, l’entreprise Sonelgaz
détenait le monopole sur la production, le transport, la distribution de l’électricité ainsi que le
transport et la distribution du gaz. Sonelgaz en tant qu’entreprise publique au terme du
monopole conféré par l’Etat, assumait seule la mission de service public dans le domaine de
la distribution de l’électricité et du gaz.
La promulgation de la nouvelle loi n° 02-01 du 05 février 2002 relative à l’électricité et à la
distribution du gaz par canalisations a donné le coup d’envoi pour la réorganisation du secteur
et l’ouverture du marché électrique à la concurrence, dominé jusque-là par l’entreprise
publique Sonelgaz. La promulgation de cette Loi a également permis la réorganisation de
Sonelgaz qui s’est achevée en 2011, avec la création de la société holding « Sonelgaz » ainsi
que l’ensemble de ses sociétés filiales. Sonelgaz est aujourd’hui érigé en Groupe industriel
composé de 39 filiales et 5 sociétés en participation. Des filiales métiers sont charges des
activités de production de l’électricité, de transport et de la distribution de l’électricité et du
gaz par canalisations. Cette loi a également permis la création de La commission de
régulation de l’électricité et du gaz « CREG » installée en 2005, qui encadre et régule les
activités du secteur de l’électricité et gaz.

1-4) Bilan de consommation énergétique en Algérie :


Selon le bilan énergétique national de l’année 2016 (ME, 2017), la consommation nationale
d’énergie (y compris les pertes) a atteint 58,3 M TEP en 2016, reflétant une quasi-stagnation
par rapport à 2015. Soit pratiquement le même niveau (+0,1%) qu’en 2015. Elle représente
plus d’un tiers (35,1%) de la production totale. Ceci constitue une inflexion majeure dans la
tendance haussière observée depuis 2001, où la consommation avait évolué à un rythme
moyen élevé autour de 5% par an.
Cette situation résulte de la conjonction de plusieurs facteurs notamment le relèvement des
prix de produits énergétiques depuis janvier 2016, une faible croissance du parc automobile et
un hiver relativement doux.

19
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

1-4-1) Evolution par forme d’énergie :


La structure de la consommation nationale
reste dominée par le gaz naturel (37%) suivi
par l’électricité (29%) et les produits
pétroliers (28%). Le reste (6,2%) est réparti
entre les GPL et les autres produits (Voir
figure 2). Il est à noter la croissance continue *Produits solides, pétrole brut, condensat, GNL, GHF…etc.

de la consommation d’électricité, qui a vu sa Figure 2. Répartition de la consommation par forme


d'énergie pour l'année 2015 (Source : MEM, 2016).
part portée à près de 29%, soit un point de
plus par rapport à 2015, pour s’établir à 16,9 M Tep, reflète les besoins induits par le
développement socio-économique du pays et l’amélioration du niveau de vie de la population
(ME, 2017, pp.17-18). Selon le rapport de la Commission de régulation de l'électricité et du
gaz (CREG) de l’année 2010, la consommation d'énergie pourrait doubler à l'horizon 2019.
La hausse de la demande d’énergie électrique durant l’été observé ces dernières années peut
être raisonnablement expliquée par le recours de plus en plus à la généralisation de la
climatisation. Par ailleurs, Il est à signaler aussi la baisse (-5%) des pertes d’électricité à 10,7
TWh, suite aux mesures & procédures engagées par les sociétés de distribution de Sonelgaz.
La répartition des pertes est donnée ci-dessous :
 Pertes de distribution (78%), y compris les pertes non techniques causées par le
phénomène du piratage du réseau, qui ont baissé de 6,3% en 2016 ;
 Pertes de transport (22%), en baisse de 2% par rapport à 2015 (MEM, 2015).
1-4-2) Consommation finale :
La consommation finale La consommation finale, qui représente 73,5% de la consommation
nationale, comprend tous les usages à caractère final d’énergie. Elle est passée de 42,5 M Tep
en 2015 à 42,9 M Tep en 2016, reflétant une légère hausse de 1,0%, tirée par celles de
l’électricité(+4,3%) et du gaz naturel (+3,3%)qui ont plus que compensé la baisse des produits
pétroliers et GPL(-2,8%).

a) Par produit :
L’évolution de la consommation finale par produit fait ressortir ce qui suit :
 Baisse de 2,8% de la consommation des produits pétroliers à 15,5 M Tep, tirée par
celle de la demande de gasoil et des essences, suite notamment à l’augmentation des
prix ;

20
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

 Hausse de 3,3% de la demande de gaz naturel à 12,7 M Tep, induite par les besoins
croissants des clients de la basse pression (+3,0%) dont le nombre a augmenté de 7,4%
pour atteindre 4,9 millions d’abonnés en 2016 ;
 Croissance de la consommation d’électricité (4,3%) pour atteindre 12,5 M Tep, suite
notamment à la hausse de la demande des clients de la basse tension (essentiellement
les ménages), dont le nombre est passé de 8,5 millions d’abonnés en 2015 à 8,8
millions d’abonnés à fin 2016 ;
 Légère baisse de la consommation finale des GPL (-0,8%) à 2,2 M Tep, qui s’explique
par la poursuite de la pénétration du gaz naturel citée ci-dessus et un hiver
relativement doux.
La répartition de la consommation finale par
produit est comme suit : de la figure 3, il
ressort que la structure de la consommation
finale reste dominée par les produits
pétroliers (36,2%). L’évolution de cette
structure par rapport à 2015, indique une
*Autres : Bois, coke sidérurgique.
croissance des parts de l’électricité et du gaz
naturel au détriment de la part des produits Figure 3. Structure de la consommation finale par
produit (Source : ME, 2017, pp. 19).
pétroliers qui a baissé de près de 2 points en
2016.

b) Par secteur :
Par secteur d’activité, l’évolution de la consommation finale en 2016, fait ressortir ce qui
suit:
 Baisse de la consommation du secteur des « transports » de 2,8% par rapport à l’année
précédente à 15,1 M Tep, tirée par celle des carburants routiers, suite à la hausse des
prix citée plus haut;
 Hausse de la consommation du secteur « Industries et BTP » de 4,8%, passant de 8,8
M Tep à 9,2 M Tep, suite à la hausse de la consommation du sous-secteur des
matériaux de construction (+7,4%) ;
 Croissance de la consommation des « Ménages et autres » de 2,4% pour s’établir à
18,6 M Tep, tirée par celle du sous-secteur résidentiel (1,9%) et notamment des
besoins en gaz et électricité induits par l’augmentation du nombre de clients BT et BP.

21
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

1-5) Intensité énergétique en Algérie :


L’intensité énergétique reflète le degré de dépendance d’une économie par rapport au facteur
énergie. Plus elle est élevée plus l’économie devient vulnérable aux fluctuations des prix de
l’énergie. L’intensité énergétique est également un indicateur pertinent vis-à-vis des
obligations souscrites dans le cadre de Kyoto (APRUE, 2007, p.10).
L’intensité de l’énergie primaire en Algérie est en grande partie tributaire du développement
du PIB national. Pour l’année 2006, une estimation situe la parité du pouvoir d’achat à 0.14-
0.18 koe/$95. Entre 1990 et 2006, l’intensité énergétique n’a été réduite que de très peu
(source : [Link]). L’intensité énergétique s’est stabilisé entre 2000 et 2003
autour de 0.6 tep /1000$. Elle s’est améliorée
entre 2000 et 2005 en passant à 0,36 tep / 1
000 $, soit 2 fois plus que dans les pays de
l’OCDE (Voir figure 4). Ainsi l’économie
nationale consomme le double d’énergie pour
créer la même unité de valeur ajoutée
(APRUE, 2007). Cette amélioration est due à
une optimisation du taux d’utilisation des
Figure 4. Etat comparatif des intensités énergétiques
capacités (TUC) du système de production (Source : APRUE, 2007, p.10)
(Ibid., p. 10). A titre comparatif, au niveau
mondial et pour la même période, le montant de l’énergie par unité de PIB a baissé de 1.6%
par an. Les petites réductions réalisées en Algérie au niveau de l’intensité énergétique sont
dues au développement des secteurs du pétrole et du gaz naturel à forte teneur en carbone
orientés vers l’exportation.
En outre, le rendement de conversion dans l’économie algérienne est faible par rapport aux
pays industrialisés. Par exemple, le rendement énergétique en Algérie est en dessous de 30%
en 2006 alors que la moyenne mondiale a été de 34%. Pour l’Union Européenne, la moyenne
du rendement énergétique a atteint 40%.
Toutefois, la demande présente un potentiel de réduction de l’intensité énergétique encore
plus grand. En Algérie, la marge de manœuvre pour réduire la consommation d’énergie est
très grande, par exemple, en substituant les combustibles conventionnels et en utilisant des
appareils électriques plus efficaces particulièrement dans le secteur résidentiel. Cette
surconsommation interne d’énergie, dont nous gaspillons une bonne partie, est due
essentiellement à l’effet prix de cette énergie bon marché et aux équipements énergivores.

22
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

L’indice de l’intensité énergétique en Algérie est une fois et demie plus élevée que celui des
pays de la CEE. Ceci veut dire que nous consommons 50% d’énergie de plus que ces pays
pour produire la même quantité de biens. Plus grave, cet indice ne fait que se dégrader depuis
2004.

1-6) Le secteur des bâtiments : des enjeux énergétiques mondiaux et régionaux


importants :
Le secteur des bâtiments (résidentiel et tertiaire) représente aujourd’hui un peu plus du tiers
de la consommation mondiale en énergie finale. Dans l’ensemble des pays en développement,
la part de sa consommation dépasse 40%.
Selon le scénario de référence de l’Agence
Internationale de l’Energie, la consommation
d’énergie finale des bâtiments dans le monde,
dans la figure 5, pourrait atteindre environ 3
800 millions de tonnes équivalent pétrole en
2030, dont environ la moitié (1800 Mtep)
Figure 5. Prospective de l’évolution de la demande en
proviendrait des pays en développement énergie finale du secteur des bâtiments dans le monde
(FFEM et ANME, 2010). (Source : FFEM et ANME, 2010).

Par ailleurs, il est estimé que le potentiel d’économies d’énergie dans ce secteur au niveau
mondial est de l’ordre de 40%, et ce en grande partie via des mesures économiquement
rentables 3. C’est également un secteur éminemment stratégique du fait de la longue durée de
vie des bâtiments : les constructions d’aujourd’hui conditionneront durablement les
consommations de demain et un bâtiment bien pensé dès sa conception sera toujours plus
performant et moins coûteux qu’un bâtiment rénové a posteriori. Si le secteur de la rénovation
est crucial aux vues du parc de logements existant, la construction neuve se doit d’être
exemplaire (ADEREE, 2011).

1-6-1) La région Méditerranée particulièrement concernée :


La région du sud de la méditerranée ne dérogent pas à ce constat puisque, en moyenne, le
secteur du bâtiment représente environ 38% de l’énergie consommée (ce pourcentage varie
entre 27 et 65% selon les pays) (ADEREE, 2011). Le Plan Bleu a estimé que la demande
d’énergie primaire pourrait se trouver multipliée par 1,5 en Méditerranée à l’horizon 2025, les
pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (PSEM) connaissant des taux de croissance de leur

3
Selon le scénario 450 de l’AIE, 2009.

23
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

demande énergétique quatre fois plus élevés que les pays du Nord (PNM) (FFEM et ANME,
2010).
Ce secteur représente, par ailleurs, le
gisement d’économie le plus important qui se
situe souvent autour de 40% dans la plupart
des pays de la région 4. Ce potentiel peut être
atteint à travers l’agrégation de l’effet de
plusieurs mesures individuelles, comme le Figure 6. Structure du potentiel d’efficacité
montre le graphique suivant issu d’une étude énergétique dans la région de la méditerranée du sud
réalisée par Plan Bleu en 2009 (Voir figure sur la période 2010-2030) (Source : ADEREE, 2011)

6). Notons que la mesure de l’amélioration des performances thermiques de l’enveloppe des
bâtiments couvre à elle seule 50% de ce potentiel, grâce aux économies d’énergie qu’elle
implique pour les besoins de chauffage et de climatisation. Il en découle l’importance des
mesures réglementaires relatives aux performances thermiques des bâtiments (ADEREE,
2011).
En outre, 72% des émissions de GES de l’ensemble des pays méditerranéens sont constituées
de CO 2 issu de l’utilisation de l’énergie. Les secteurs les plus émetteurs sont la production
d’électricité et le chauffage dans les PSEM et le transport dans les PNM. Cette forte
croissance de la demande provient des besoins liés au développement économique, à la
croissance de la population et à l’évolution des modes de vie. Les enjeux sont
particulièrement majeurs en ce qui concerne la généralisation de l’équipement des foyers en
appareils électroménagers et en climatiseurs souvent fortement énergétivores (FFEM et
ANME, 2010).

1-6-2) Le rôle de secteur résidentiel dans la consommation énergétique en Algérie:


Les immeubles d’habitation représentent un des plus importants utilisateurs finaux sur les
marchés d’énergie internationaux et domestiques et doivent absolument représenter un
élément principal du programme d’économie d’énergie. Le niveau d’urbanisation est en
augmentation en Algérie, les statistiques prévoient que 82% de la population algérienne sera
concentrée dans les villes dès 2020. De ce fait, le secteur résidentiel existant possède un très
grand potentiel d'économies d'énergie, il est celui qui fait face à plus d'obstacles aussi, comme
l’a démontré l’étude de Thibault and El-Andaloussi (2011) confirmé par celle de Ouahab
(2015).

4
Etude sur l’efficacité énergétique dans le bâtiment dans la région méditerranéenne, Plan Bleu, 2010.

24
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

D’après le bilan national d’énergie de 2016, le secteur du bâtiment résidentiel et tertiaire en


Algérie est le secteur le plus énergivore. Sa consommation représente plus de 43,3% de la
consommation énergétique finale nationale qui a atteint les 42,9 millions de TEP en 2016.
Croissance de la consommation des « Ménages et autres » de 2,4% pour s’établir à 18,6 M
Tep, tirée par celle du sous-secteur résidentiel (1,9%) et notamment des besoins en gaz et
électricité induits par l’augmentation du nombre de clients Basse Tension (BT) qui a avoisiné
350 000 nouveaux clients en 2015et notamment ceux du Basse Pression (BP);
La structure de la consommation finale reste
dominée par la demande du secteur des
«Ménages & autres» (43%), suivi par le
«transport» (35%) et enfin le secteur de
«l’industrie et BTP» avec une part de 22%.
Cependant, il est à signaler le recul de près de 2
points de la part du secteur des transports
comparativement à 2015, suite à la baisse de la Figure 7. Structure de la consommation finale par
consommation de carburants, au profit des deux secteur (Source : MEM, 2017, pp. 19-20).

autres secteurs (MEM, 2017, pp.19-20) (Voir figure 7).


Concernant les usages des logements, le
Chauffage
chauffage représente 46% de la consommation
énergétique totale, la cuisson des aliments 22%, 13% 19% Cuisson des
46% aliments
la production d’eau chaude sanitaire 13% et les Production
22%
d’eau chaude
utilisations électriques 19% (Voir la figure 8). sanitaire
Utilisations
En outre, l’étude menée par l’APRUE précise électriques

que la consommation finale du secteur


Figure 8. Les usages des logements en matière
résidentiel a atteint 18,1MTep en 2015 avec un
d’énergie en Algérie (Source: Aprue, 2012).
parc de logement de 8 040 932 unités dont 70 %
sont urbains. Le taux d'occupation par logement est passé de 7.41 personnes par logement en
1998 à 6,4 personnes par logement en 2008 et doit évoluer à la fin de 2014 à 4.5 personnes
par logement. Le taux d’équipement des ménages est de 70%. Le taux d’électrification est de
99,1 % et le taux de raccordement au réseau gaz est de 55%. La consommation énergétique
moyenne annuelle d’un logement est de 1,2 tep.

25
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

L’analyse de la consommation d’énergie montre


Eclairage
que le secteur résidentiel consomme 40% de la 10% 3%
4% Réfrigérateur
consommation nationale totale d’électricité. 34%
5% Téléviseur
Ainsi, il est le premier secteur grand
27% Climatiseur
consommateur d’énergie électrique au niveau 17%
Chauffage

national et 60% de la consommation finale en Usages


spécifiques
combustible. Par usage électrique, la Usage thermique

consommation résidentielle, est répartie ainsi :


Figure 9. Consommation énergétique domestique
33% éclairage ; 27% réfrigérateur ; 17% en matière d’élctricité (Aprue, 2012).
téléviseur ; 5% climatiseur ; 4% chauffage ;
10% usages spécifiques et 3% usage thermique (Voir figure 9).
Selon le rapport de l’APRUE, dans le bilan des émissions de dioxyde de carbone par secteur,
le bâtiment est classé deuxième (30%) après le transport (50%) et avant l’industrie (12%) soit
une émission de 25.3MTeq CO 2 (Million tonnes Equivalent de CO 2 ). Enfin, l’analyse de
l’évolution des consommations a montré qu’entre 2000 et 2012, la consommation énergétique
finale nationale a enregistré un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de 6.5%, alors que
le secteur résidentiel-tertiaire a enregistré un taux de 7.4%. Ce dernier est appelé à augmenter
rapidement au regard des programmes de développement du parc immobilier. Une étude
menée par le Centre National d’Etudes et de Recherches Intégrées du Bâtiment (CNERIB)
montre que le bilan énergétique d’un logement en Algérie (non climatisé) est important et
peut atteindre près de 630MJ/m². Cette valeur est à comparée à la valeur de 400MJ/m² qui
correspond à une construction européenne bien isolée.
Ce constat a conduit le Ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme (MHU) à publier un
Document Technique Réglementaire (DTR) en 1997 qui vise à réduire les déperditions
calorifiques du bâtiment. Ce document a été actualisé en 2014 (Denker et al., 2014). En
conséquence, des études détaillées sont nécessaires pour examiner tous les éléments qui ont
une influence sur la consommation énergétique des bâtiments: le climat, les caractéristiques
de construction, les caractéristiques des usagers et leur mode de vie, la performance des
systèmes énergétiques et des appareils et leur utilisation.

26
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

1-6-3) Les changements climatiques : Un enjeu en termes d’adaptation au changement


climatique
La consommation d’énergie a continué sa
forte progression dans le monde. Elle a pour
conséquence la dégradation de
l’environnement et le réchauffement
climatique. Ce dernier résulte à
l’augmentation de la part des gaz à effets de
Figure 10. Émission de CO 2 liées à la combustion
serre dans l’atmosphère (Voir figure 10).
de l’énergie de 1990 à 2016 (Source : ENGIE, 2016).
Les estimations du rapport Stern de 2006
suggèrent qu’avec une hausse des températures moyennes de 3 à 4 °C, l’adaptation des
infrastructures et des bâtiments pour faire face au changement climatique pourrait coûter
jusqu’à 10 % des coûts de construction totaux dans les pays de l’OCDE, soit une facture
annuelle pouvant atteindre les 110 milliards d’euros. Avec des émissions de gaz à effet de
serre (GES) représentant environ 20% des émissions dues à la consommation d’énergie finale
(hors électricité), le secteur du bâtiment contribue fortement au changement climatique. Ces
émissions pourraient s’élever à près de 4 300 millions de tonnes équivalent CO 2 à l’horizon
2030, dont plus de la moitié seraient générées par les pays en développement (FFEM et
ANME, 2010).
Le secteur du bâtiment constitue un enjeu crucial en matière d’adaptation au changement
climatique. Les variations climatiques d’une année à l’autre, liées à la rigueur des hivers ou à
des étés très chauds, peuvent impacter significativement les tendances de consommation
d’énergies des ménages (pour les usages chauffage et climatisation). Une étude menée par
Nouaceur et al. (2013), sur le littoral algérien, montre de réels changements climatiques au
cours de la période 1970-2012. Les variations climatiques ont eu un impact non négligeable
sur les consommations spécifiques des ménages sur la période 2005-2010, surtout en France,
Tunisie, et Algérie du fait d’un hiver 2010 en moyenne 5% plus chaud que l’hiver 2005 et un
été légèrement plus chaud également. De ce fait, ces corrections climatiques donnent une
vision plus précise des variations de consommations spécifiques (ADEM et MEDENER,
2014).
Les objectifs de réduction des émissions prévus par le Cadre de Convention des Nations
Unies sur les changements climatique devraient accroitre considérablement la demande
d’énergie provenant de sources renouvelables ainsi que la demande de mesures d’efficacité

27
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

énergétique. Les émissions de CO 2 5 ont diminué pour la première fois en 2015 de -1% ; si
cette tendance se confirme en 2016, cela fera la 3ème année consécutive de pause après un
accroissement continu depuis 1990, date de référence dans les accords internationaux ; au
cours de cette période les émissions mondiales ont augmenté de 56%. La faible croissance de
la consommation mondiale d’énergie (+0,7% en 2015) ne suffit pas à expliquer entièrement
ce léger découplage. Un recours moindre au charbon, la place grandissante des énergies
renouvelables et enfin l’amélioration de l’efficacité énergétique sont des facteurs structurels
qui permettent de voir dans ce mouvement un petit pas vers la «décarbonisation » de
l’économie mondiale. 195 pays représentant 175 parties (174 plus l’Union européenne) ont –
à l’issue de la COP21 le 12 décembre 2015 – approuvé l’Accord de Paris sur le climat ; ils
l’ont ensuite signé le 22 avril 2016 et enfin ratifié le 4 novembre 2016 Son grand mérite a été
d’avoir rassemblé l’ensemble des pays de la planète (175 parties l’ont signé, soit 174 pays et
l’UE) ; les modalités d’application ont commencé à être dessinées lors de la COP22 de
novembre 2016, avec la décision d’anticiper leur adoption de deux ans, soit en 2018.

1-6-4) Energie et Environnement en Algérie :


Les émissions en GES dues à la consommation d’énergie, en Algérie, ont atteint 40 Milliers
de TeqCO 2 . Soit un niveau d’émissions par habitant de 1,22kg eq CO 2 ; un niveau
d’émissions par TEP consommé de 1,752kg eq CO 2 et soit un niveau d’émissions par
Milliards de DA produit de 5,334Teq CO 2 (Aprue, 2007) (voir tableau 1).

Tableau 1. Bilan des émissions CO 2 par secteur (Source : Aprue, 2007).


Consumption (ktep) Emissions CO 2 (Teq
CO 2 )
Agriculture & Hydraulique 1 130 1 538
Industrie & BTP 3 226 3 881
Résidential & Tertiaire 7 047 6 312
Transport 5 536 9 574
Industries Energétique 5 889 18 544

Pour l'ensemble de la période 1960-2014, on enregistre une moyenne annuelle de 65 903,46.


Le changement enregistré entre la première et la dernière année est de 2260 %. C'est en 2014

5
Les contenus CO2 sont évalués selon deux conventions :
- soit en émissions directes : comptabilisation des émissions uniquement lors de l’utilisation de l’énergie par le
consommateur,
- soit en Analyse du Cycle de Vie (ACV) afin de prendre en compte l’ensemble des émissions de l’extraction à
l’utilisation finale : extraction, production, transport, distribution, utilisation, voire gestion des déchets.

28
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

qu'on enregistre la valeur la plus élevée (145 400,22) et c'est en 1963 qu'on enregistre la
valeur la plus basse (5 427,16). Le tableau ci-dessous illustre les émissions de CO 2 en Algérie
et par année selon les données officielles fournies par la Banque mondiale. L'année de base -
ou de référence- est généralement 1990, du moins selon le protocole de Kyoto
([Link]

Tableau 2. Evolution des émissions de CO 2 en Algérie (Source : Perspective monde d’après la


Banque Mondiale, 2011)
1990 2011 Variations %
Emissions* 76 970 330 121 187 016

Emissions mondiales 22 149 402 400 34 847 501 000

% des émissions mondiales 0,348 0,348


Emissions par habitant 0,003 0,003
Emissions (kg) par $ de PIB 0,290 0,253
*en tonnes

1-6-5) Energie et revenus des ménages :


Les pays du sud (Maroc, Tunisie, Algérie) sont caractérisés par une faible consommation et
un niveau de revenu d’environ 7000 €/ménages, soit 4 fois plus faible que le revenu moyen du
groupe des pays de l’UE et du Liban (Voir figure 11). A niveau de revenu identique ou
proche, il existe une dispersion non négligeable des consommations par ménage, que ce soit
pour le total ou l’électricité (ADEM et MEDENER, 2014).

*. La taille des bulles mesure le niveau d’électricité.


Figure 11. Consommation d’énergie par ménage en fonction du revenu (2010)
(Source : ADEM et MEDENER, 2014).

29
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

1-6-6) Energie et localisation des ménages :


- Clientèle électricité
L’accroissement enregistré durant l’exercice
2012 est de 326 377 clients, représentant une
hausse de 10,2% par rapport à 2011.
L’accroissement de la clientèle alimentée en
Basse Tension a été de 324 618 clients en
hausse de 10,2% par rapport à 2011 (294
521clients). Cette clientèle est répartie sur le
territoire national comme l’indique la figure
12. Les réalisations en Moyenne Tension sont
au nombre de 1 758 nouveaux clients en
hausse de 4,5% par rapport à 2011. Il y a lieu Figure 12. Consommation spécifique des clients BT
(Direction des Relations avec les Médias
de noter la mise en service d’un (01) nouveau SONELGAZ, 2013, p.12)
client alimenté en Haute Tension (Direction
des Relations avec les Médias SONELGAZ, 2013).

- Clientèle gaz
L’accroissement de la clientèle Gaz enregistré pour l’exercice 2012 est de 322 416 clients, en
hausse de 28,7% par rapport à 2011, cette hausse est expliquée par l’augmentation importante
de l’apport en clientèle baisse pression. Cette clientèle est répartie sur le territoire national
comme l’indique la figure 13.
L’accroissement de la clientèle alimentée en Basse Pression a été de 322 117 clients
représentant une augmentation de 28,7% par rapport à 2011 induite essentiellement par la
hausse de l’apport en clientèle RCN.
Les réalisations en matière d’accroissement de la clientèle Moyenne Pression sont au nombre
de 295 nouveaux clients, en baisse de 3,3% par rapport à 2011 (305 clients).
Le nombre de clients HP en 2012 est de 4 contre 7 en 2011 (suite à la résiliation de 2 clients),
soit en baisse de 42,9% par rapport à 2011. (Direction des Relations avec les Médias
SONELGAZ, 2013).

30
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

Figure 13. Consommation spécifique des clients BP (Direction des Relations avec les
Médias SONELGAZ, 2013)

1-6-7) Prix de l’énergie en Algérie :


En raison du prix bas de l’énergie et d’un faible niveau de conscience, les moyens de baisser
de manière significative la consommation énergétique ne sont pas encore exploités. Il faut
donc sensibiliser les différents acteurs pour espérer obtenir un comportement intelligent dans
l’utilisation des énergies.
Les prix de l’énergie pratiqués en Algérie sont jugés très bas. A titre d’exemple, le tarif de
l’électricité appliqué au secteur résidentiel est de 4,179 DA/kWh (environ 4 centimes d’euros)
pour la tranche la plus élevée (source Sonelgaz). Pour ce même secteur et pour la tranche la
plus élevée, le tarif appliqué en Tunisie est de 15 centimes d’euros (source : Société
Tunisienne de l’électricité et du Gaz – STEG), tandis qu’au Maroc, le tarif appliqué est de 13
centimes d’euros (source : Office National de l’Electricité et de l’Eau potable – ONEE). C’est
le moins cher d'Afrique, même les pays moins développés paient le prix réel. Pour le gaz il est
cédé à Sonelgaz au dixième du prix international 612 DA par millier de m3, soit environ 0,21
dollar le million de BTU contre un niveau moyen de 2,2 dollars mBTU. Les prix en Algérie
sont bloqués depuis la Décision D/06-05/CD du 30 mai 2005). On le voit, en Algérie,
l'électricité est vendue 4 à 5 fois moins cher que chez nos voisins (Chitour, 2012)
Les prix de l’énergie à la consommation dans toutes ses formes sont subventionnés par l’Etat.
Ils sont fixés sur la base de critères socio-économiques. Les subventions sont indirectes, elles
ne sont pas assurées à travers des transferts directs du budget de l’Etat mais par le biais d’une
réduction appliquée sur les bénéfices des sociétés étatiques de production, i.e. NAFTEC pour

31
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

les combustibles et SONELGAZ pour l’électricité et le gaz. (Regional Center for Renewable
Energy and Energy Efficiency, 2010).
Selon Denker et al. (2014) ces prix subventionnés par l’Etat sont à l’origine de grands
gaspillages. Pour les éviter (et les coupures d’électricité répétitive), de nombreux spécialistes
plaident pour la pratique du juste prix de l’électricité. Selon eux, une augmentation des tarifs
d’électricité de 2 dinars par kilowattheure permettrait un retour à l’équilibre.

1-7) La politique national de maitrise de l’énergie et son cadre réglementaire :


1-7-1) La politique national de maitrise de l’énergie :
Le gouvernement algérien a adopté une stratégie d’efficacité énergétique mais l’impact du
programme d’EE sur la période s’étalant entre 2007 et 2011 est estimé à l’équivalent du report
d’une centrale de 161 MW. La capacité installée de production électrique est de 8.5 GW
limitant l’objectif d’économie à seulement 2% de l’appel de puissance de pointe. L’efficacité
énergétique est régie par plusieurs lois.
Dans le prolongement de l'esprit de la loi sur la maîtrise de l'énergie, les lignes principales de
la stratégie nationale pour la maîtrise de l'énergie ont été arrêtées en 2003. Celle-ci précise
l'articulation du dispositif institutionnel destiné à assurer une mise en œuvre cohérente et une
utilisation optimale des principaux instruments mis en place par les pouvoirs publics en faveur
de la maîtrise de l'énergie, à savoir : L'Agence Nationale pour la Promotion et la
Rationalisation de l'Utilisation de l’Énergie (APRUE) est l’institution nationale chargée de la
promotion de la mise en œuvre des politiques en matière d’énergie. Cette agence, placée sous
la tutelle du ministère de l’énergie et des mines, a été créée par décret présidentiel en 1985.
C’est cette institution qui a élaboré le Programme National de Maîtrise de l’Énergie (PNME).
Ce dernier rassemble de nombreux projets, actions et mesures dans divers domaines. Les
actions concernant l'efficacité énergétique des bâtiments à usage résidentiel sont : la
réhabilitation thermique, les appartements à haute performance énergétique, l'eau chaude
solaire, le refroidissement haut performance et l'éclairage haut performance. 80% des coûts
liés à ces opérations seront fournis par le Fonds National pour la Maîtrise de l'Énergie
(FNME). En plus du Comité Intersectoriel de la Maîtrise de l'Énergie (CIME), un organe
consultatif placé à côté chargé de l'énergie du Ministère pour assurer l'animation politique de
contrôle de l'énergie et la coordination (Voir figure 14).

32
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

Figure 14. Le dispositif d’ensemble (Source : APRUE. 2005).

L’Algérie s’est fixée l’objectif de ramener la contribution des énergies renouvelables à 6% du


total des approvisionnements en énergie primaire jusqu’à 2015 avec l’expérience de la filière
solaire photovoltaïque pour 20 villages isolés du sud introduite par Sonelgaz. Cet objectif
semble être une cible interne fixée par le ministère de l’énergie et des mines mais n’a jamais
été adopté par le gouvernement en tant qu’objectif national. Certains projets existent et de
petites incitations sont accordées pour l’établissement de dispositifs d’énergie renouvelable de
petite taille. Le gouvernement algérien a même adopté une tarification incitative au profit des
centrales solaires à concentration. Mais les tarifs sont très bas et n’arrivent pas à stimuler les
investissements dans le domaine des énergies renouvelables (Norsk-Data-Str.1 &
Döppersberg, 2010). Et pour répondre à la pénurie de logements, la politique des décideurs
publics algériens a été axée sur les critères de construction, ayant comme priorités la rapidité
et le faible coût, et aucune réflexion sur la conception des bâtiments est engagée. En témoigne
l’inefficacité du mécanisme de contrôle et de sanctions et par là même la non application de la
réglementation thermique dans les bâtiments neufs qui devait prendre effet dès 2005 (Sénit,
2008).
1-7-2) Cadre réglementaire de maitrise d’énergie dans les bâtiments résidentiels en
Algérie :
L’Algérie a pris conscience très tôt de la nécessité de métriser et rationnaliser l’utilisation de
l’énergie. Déjà, au milieu des années 70, le passage à l’heure d’été, à l’instar des pays
européens, devrais permettre une économie d’énergie, en diminuant notamment la
consommation d’énergie liée à l’éclairage électrique. Cette décision politique était motivée à

33
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

l’époque par la nécessité de préserver les réserves stratégiques, en pétrole et en gaz, du pays
dont l’économie dépendait et qui étaient source de financement des grands projets de
développement lancés durant cette période (Denker et al., 2014).
Les premières actions de recherches dans le domaine de l’habitat, en Algérie, ont été initiées,
début 1980, dans les universités algériennes. Ces actions éparses, sans coordination, ni cadre
réglementaire et avec peu de moyen, se sont limitées à la formation dans le domaine de
l’architecture bioclimatique (Hamouda, 2006).
Durant la même période et dans le souci de mieux structurer sa politique énergétique, l’état a
créé, en 1981, le Conseil national de l’énergie qui était chargé des réunir les données
nécessaires à la définition de la politique nationale en matière d’énergie, de coordonner sa
mise en œuvre et d’en contrôler l’exécution. Puis, en 1982, le Commissariat aux énergie
nouvelles a été créé et avait pour mission de mettre en œuvre la politique nationale dans le
domaine des énergies nouvelles notamment nucléaire, solaire, éolienne, géothermique et
biomasse et ceci dans la perspective d’affranchir la dépendance des énergie fossiles (Denker
et al., 2014). Ensuite en 1985, le décret présidentiel n° 85-235 du 25 août 1985, portant
création d’une agence pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie
(APRUE) qui est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la
tutelle du Ministère de l’Energie et des Mines. Elle a pour mission principale la mise en
œuvre de la politique nationale de maîtrise de l’énergie, et ce à travers la promotion de
l’efficacité énergétique.
L’Algérie ayant adhérée aux différentes conventions comme les changements climatiques et
la protection de l’environnement, dans le cadre du développement durable, se devait adapter
sa législation au nouveau contexte international. Depuis, un ensemble de textes
réglementaires, en rapport avec les économies d’énergie dans le bâtiment, ont été adopté
(Hamouda et Malek., 2006).
Dans les années 1990, l’Algérie a développé plusieurs dispositifs réglementaires quant à
l’efficacité énergétique dans l’habitat. Suite à une réflexion sur la consommation active et
passive des logements neufs initiée en 1995, le Centre National de la Recherche de l’Industrie
du Bâtiment (CNERIB) sous la tutelle du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme a mené des
travaux de recherches et a mis en place des Documents techniques réglementaires (DTR) en
1997. C’est en 1999, avec la promulgation de la loi relative à la maitrise de l’énergie et au vu
des développements scientifiques nouveaux que la préoccupation environnementale est
clairement affichée. Depuis, de nombreux textes (lois, décrets, arrêtés, documents techniques)
ont été promulgués en faveur de l’économie de l’énergie et la diversification de ses sources,
34
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

relatifs au développement durable, au Fonds national pour la maitrise de l’énergie, ou encore


les textes relatifs à l’APRUE et les arrêtés ministériels portant approbation des documents
techniques réglementaires pour le secteur de l’habitat (voir le tableau 3).

Tableau 3. Textes réglementaires (Source : Auteur d’après APRUE, 2010).


Textes relatifs à * Loi n° 99- 09 du 28 juillet 1999 relative à la maîtrise de l’Energie ;
la maîtrise de * Décret exécutif n°2000-90 du 24 avril 2000 portant réglementation thermique dans les
l’énergie bâtiments neufs ;
* Décret exécutif n° 04-149 du 29 Rabie El Aouel 1425 correspondant au 19 mai 2004
fixant les modalités d’élaboration du programme national de maîtrise de l’énergie
(PNME);
* Décret exécutif n° 05-16 de l’Aouel Dhou El Hidja 1425 correspondant au 11 janvier
2005 fixant les règles spécifiques d’efficacité énergétique applicables aux appareils
fonctionnant à l’électricité, aux gaz et aux produits pétroliers ;
* Décret exécutif n° 05-495 du 24 Dhou El Kaada 1426 correspondant au 26 décembre
2005 relatif à l’audit énergétique des établissements grands consommateurs d’énergie ;
* Arrêté interministériel du 5 Dhou El Kaada 1429 correspondant au 3 novembre 2008
fixant les appareils et les catégories d’appareils à usage domestique soumis aux règles
spécifiques d’efficacité énergétique et fonctionnant à l’énergie électrique, jo n°69 du
07/12/2008 ;
* Arrêté interministériel d’Aouel Dhou El Hidja 1429 correspondant au 29 novembre 2008
définissant la classification d’efficacité énergétique des appareils à usage domestique
soumis aux règles spécifiques d’efficacité énergétique et fonctionnant à l’énergie
électrique, jo n°12 du 22/02/2009 ;
* Arrêté interministériel d’Aouel Dhou El Hidja 1429 correspondant au 29 novembre 2008
définissant les dispositions générales relatives aux modalités d’organisation et d’exercice
du contrôle d’efficacité énergétique des appareils à usage domestique soumis aux règles
spécifiques d’efficacité énergétique et fonctionnant à l’énergie électrique, jo n° 12/du
22/02/2009 ;
* Arrêté du 25 safar 1430 correspondant au 21 février 2009 relatif à l’étiquetage des
réfrigérateurs , des congélateurs et des appareils combinés à usage domestique soumis aux
règles spécifiques d’efficacité énergétique et fonctionnant à l’énergie électrique, jo n° 22
du 15/04/2009 ;
* Arrêté du 25 safar 1430 correspondant au 21 février 2009 relatif à l’étiquetage
énergétique des lampes domestiques soumises aux règles spécifiques d’efficacité
énergétique et fonctionnant à l’énergie électrique, jo n°22 du 15/04/2009 ;
* Arrêté du 25 safar 1430 correspondant au 21 février 2009 relatif à l’étiquetage
énergétique des climatiseurs à usage domestique soumis aux règles spécifiques d’efficacité
énergétique et fonctionnant à l’énergie électrique, jo n° 22 du 15/04/2009 ;
* Arrêté interministériel du 29 septembre 2010 portant sur les cahiers des charges

35
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

définissant la méthodologie, le rapport d’audit et sa synthèse, le guide méthodologique, les


valeurs des pouvoirs calorifiques, les facteurs de conversion pour le calcul de la
consommation ainsi que les modalités d’agrément des auditeurs.
Textes relatifs au * Décret présidentiel n° 94-465 du 25 décembre 1994 portant création du Haut coseil de
développement l’environnement et du développement durable et fixant ses attributions, son organisation et
durable son fonctionnement ;
* Loi n° 01-20 du 12 décembre 2001 relative à l’aménagement et au développement
durable du territoire ;
* Décret exécutif n° 02-115 du 03 avril 2002 portant création de l’Observatoire national de
l’environnment et du développement durable ;
* Loi n° 03-10 du 14 aoùt 2003 relative à la protection de l’environnement dans le cadre
du développement durable ;
* Loi n° 04-09 du 27 Joumada Ethania 1425 correspondant au 14 août 2004 relative à la
Promotion des énergies renouvelables dans le cadre du développement durable
* Décret exécutif n° 15-69 du 21 Rabie Ethani 1436 correspondant au 11 février 2015
fixant les modalités de certification de l’origine de l’énergie renouvelable et de l’usage de
ces certificats.
Textes relatifs * Article n° 64 de la loi de finances 2000 instituant la taxe sur les ventes des produits du
aux Fonds secteur énergétique ;
national pour la * Article n° 91 de la loi de finances 2000 portant création du compte d’affectation spéciale
maitrise de n°302-101 intitulé «Fonds National pour la Maîtrise de l’Energie» et textes d’application ;
l’énergie * Décret exécutif n° 2000-116 du 25 Safar 1421 correspondant au 29 mai 2000 fixant les
modalités de fonctionnement du compte d’affectation spéciale n° 302-101 intitulé « Fonds
national pour la maîtrise de l’énergie ;
* Arrêté interministériel du 18 Joumada Ethania 1421 correspondant au 17 septembre 2000
déterminant la nomenclature des recettes et des dépenses imputables sur le compte
d’affectation spéciale n° 302-101 intitulé «Fonds national pour la maîtrise de l’énergie» ;
* Arrêté interministériel du 18 Joumada Ethania 1421 correspondant au 17 septembre 2000
précisant les modalités du suivi et de l’évaluation du compte d’affectation spéciale n° 302-
101 intitulé «Fonds national pour la maîtrise de l’énergie» ;
* Arrêté interministériel du 29 Joumada El Oula 1426 correspondant au 6 juillet 2005
précisant les modalités du suivi et de l’évaluation du compte d’affectation spéciale n° 302-
101 intitulé «Fonds national pour la maîtrise de l’énergie» .
Textes relatifs à * Décret n° 87-08 du 6 janvier 1987 portant modification de la nature juridique et de
l’APRUE l’organisation de l’Agence pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de
l’énergie (A.P.R.U.E.) ;
* Décret exécutif n° 92-73 du 18 février 1992, modifiant et complétant le décret n° 87-08
du 6 janvier 1987 relatif à l’organisation de l’agence pour la promotion et la rationalisation
de l’utilisation de l’énergie (A.P.R.U.E)
* Décret exécutif n° 04-314 du 10 Chaâbane 1425 correspondant au 25 septembre 2004

36
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

modifiant et complétant le décret n° 85-235 du 25 août 1985, modifié et complété, portant


création d’une agence pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie.
Textes relatifs au * Arrêté ministériel du 10 Décembre 1997 portant approbation du document technique
ministère de réglementaire DTR.C3-2 relatif aux règles de calcul des déperditions calorifiques d’hiver
l’Habitat et de pour les bâtiments à usage d’habitation (fixant les méthodes de : détermination des
l’Urbanisme déperditions calorifiques des bâtiments, vérification de la conformité des bâtiments à la
réglementation thermique, dimensionnement des installations de chauffage des bâtiments)
* Arrêté ministériel du 18 Aout 1998 portant approbation du document technique
réglementaire DTR.C3-4 relatif aux règles de calcul des apports calorifiques d’été pour les
bâtiments, fascicule , climatisation (fixant les méthodes de détermination des apports
calorifiques des bâtiments et la méthode de vérification de leur conformité à la
réglementation thermique d’été) ;
* Arrêté ministériel du 12 Avril 2006 portant approbation du document technique
réglementaire le DTR.C3-31 du relatif à la ventilation naturelle des locaux à usage
d’habitation (fixant les principes généraux qu’il y a lieu d’adopter lors de la conception des
installations de ventilation naturelle, les méthodes de calcul permettant leur
dimensionnement).

1-7-3) Développement durable et marché public écologique :


L’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment est en parfait accord avec les exigences
du développement durable. En effet, avec les projets importants d’expansion du parc
immobilier, l’introduction des techniques permettant de réduire la consommation énergétique
est un levier pour le développement économique car créatrice de nouveaux marchés. C’est
aussi un levier pour le développement social avec la création d’emplois, l’acquisition de
nouvelles compétences et l’amélioration du confort du citoyen. Enfin, l’économie, de
ressources fossiles et la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui résultent de la
baisse de la consommation d’énergie contribuent à la protection de l’environnement.
Il faut constater qu’à la date d’aujourd’hui, très peu de logements sur les dizaines de milliers
nouvellement construits l’ont été dans le respect des mesures d’efficacité énergétique. En
2011, l’APRUE a lancé le programme ECO-BAT qui vise à construire 600 unités de
logements en tant que projet-pilote pour sensibiliser le public sur les bâtiments éco-
énergétiques et mobiliser les acteurs de l’industrie de la construction. En outre, la diversité
des systèmes constructifs intégrant des matériaux d’isolation est très limitée et les prix
(comme par exemple, celui du double vitrage) sont souvent élevés en raison d’une faible
demande.

37
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

La part du gouvernement sur le marché de la construction (des marchés publics) est élevée en
Algérie, les conséquences sur la fourniture de produits et services écologiques paraissent donc
considérables. Il existe bien des normes de construction pour les marché publics en place,
cependant elles n’englobent pas les aspects énergétiques et de développement durable. Une
solution consisterait à mettre en place un cadre juridique pour des marchés publics dits
écologiques (MPE).
L’utilisation de spécifications écologiques, appliquées avec succès dans d’autre pays, est un
moyen efficace pour développer le marché des produits durables et pour donner envie aux
fournisseurs locaux d’investir ce marché.
On doit garder à l’esprit que les marchés publics écologiques peuvent favoriser l’élimination
des fournisseurs locaux du marché algérien, s’ils ne sont pas suffisamment soutenus par des
mesures d’aide pour améliorer leurs produits et services. De ce fait, il faut mettre en place un
concept de marchés publics écologiques en Algérie allant de pair avec des mesures de
renforcement des capacités des professionnels locaux.
Selon Denkers et al. (2014) les MPE pourraient être axés sur les points suivants :
• Spécifier des normes minimales de performances énergétique pour le bâtiment final à
chaque phase de la procédure d’appel d’offres ;
• Octroi de points supplémentaires lors de l’attribution des marchés pour les projets dont
les performances sont supérieures au minimum requis ;
• Préférence pour les conceptions qui intègrent les systèmes d’énergie renouvelable ;
• Restriction de l’utilisation de substances dangereuses ;
• Encouragement de l’utilisation de matériaux naturels d’origine durables et de
matériaux recyclés et réutilisés ;
• Accorder de l’importance à la qualité de l’air ambiant et donc à la ventilation ;
• Prévoir des conditions contractuelles relatives à la gestion des déchets et des
ressources et au transport des matériaux de construction ;
• Dans le cadre de marché, charger les contractants de contrôler la performance
énergétique pendant plusieurs années après la construction, et de former les
utilisateurs du bâtiment à une utilisation durable de l’énergie (Denker et al., 2014).

1-7-4) Programme des énergies renouvelables en Algérie :


D’ici 2030, 37 % de la capacité installée et 27 % de la production d’électricité destinée à la
consommation nationale, seront d’origine renouvelable
([Link] La consistance du programme en énergies

38
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

renouvelables à réaliser pour les besoins du marché national sur la période 2015-2030 est de
22 000 MW, dont plus de 4500 MW seront réalisés d’ici 2020. La répartition de ce
programme par filière technologique, se présente, dans la figure 15, comme suit:

Figure 15. Programme 2015-2030 : Répartition des capacités à installer par filière
(Source : [Link]

Conformément à la règlementation en vigueur, la réalisation du programme est ouverte aux


investisseurs du secteur public et privé nationaux et étrangers.
Les retombées de ce programme seront très significatives en termes de création d’emplois,
d’industrialisation, de développement technologique et d’acquisition de savoir-faire,
contribuant ainsi à la croissance et à la modernisation économique du pays ainsi qu’à la
préservation de l’environnement.
Aussi et afin d’encourager et soutenir les industriels dans la réalisation de ce programme, il
est prévu, entre autres, la réduction des droits de douane et de la TVA à l’importation pour les
composants, matières premières et produits semi-finis utilisés dans la fabrication des
équipements en Algérie, dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité
énergétique ([Link]
Près de six ans après le lancement du programme de développement des énergies
renouvelables et de l’efficacité énergétique, adopté en février 2011 par le Gouvernement, il
est apparu dans sa phase expérimentale et de veille technologique, des éléments nouveaux et
pertinents sur la scène énergétique, aussi bien nationale qu’internationale, nécessitant la
révision du programme de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité
énergétique. Parmi ces éléments, il convient de citer :
- Une meilleure connaissance du potentiel national en énergies renouvelables à travers les
études engagées, lors de cette première phase, notamment les potentiels solaire et éolien;

39
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

- La baisse des coûts des filières photovoltaïque et éolienne qui s’affirment de plus en plus sur
le marché pour constituer des filières viables à considérer (maturité technologique, coûts
compétitifs …) ;
- Les coûts de la filière CSP (solaire thermique) qui restent élevés associés à une technologie
non encore mature notamment en termes de stockage avec une croissance très lente du
développement de son marché.
Ainsi, le programme des énergies renouvelables actualisé consiste à installer une puissance
d’origine renouvelable de l’ordre de 22 000 MW à l’horizon 2030 pour le marché national,
avec le maintien de l’option de l’exportation comme objectif stratégique, si les conditions du
marché le permettent.
Les projets EnR de production de l’électricité dédiés au marché national seront menés en deux
étapes :
Première phase 2015 - 2020 : Cette phase verra la réalisation d’une puissance de 4000 MW,
entre photovoltaïque et éolien, ainsi que 500 MW, entre biomasse, cogénération et
géothermie.
Deuxième phase 2021 - 2030 : Le développement de l’interconnexion électrique entre le
Nord et le Sahara (Adrar), permettra l’installation de grandes centrales d’énergies
renouvelables dans les régions d’In Salah, Adrar, Timimoun et Béchar et leur intégration dans
le système énergétique national. A cette échéance, le solaire thermique pourrait être
économiquement viable.
Le tableau suivant donne les capacités cumulées du programme EnR, par type et phase, sur la
période 2015 - 2030 :
Tableau 4. Capacités cumulées du programme EnR en Algérie, par type et
phase, sur la période 2015 – 2030 (Source :
[Link] visité le 29/10/2015 à 13h48
1ère phase 2ème phase
TOTAL
2015-2020 2021-2030
Photovoltaïque 3 000 10 575 13 575
Eolien 1 010 4 000 5 010
CSP - 2 000 2 000
Cogénération 150 250 400
Biomasse 360 640 1 000
Géothermie 05 10 15
TOTAL 4 525 17 475 22000

40
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

1-8) Concept de la durabilité et son volet environnemental :


Au développement durable correspond une démarche politique globale dont la finalité est de
concilier la croissance économique et le progrès social sans gaspiller et/ou dilapider les
ressources non renouvelables et sans mettre en péril les équilibres écologiques au profit des
générations futures. Croissance démographique, croissance économique et consommation
d’énergie, ces trois axes structurent la problématique du développement « durable » ou
«soutenable » à l’échelle urbaine.
Kibert (2005) a défini la construction durable comme la création et la gestion responsable d'un
environnement bâti sain sur les principes écologiques et efficaces en matière de ressources.
L'architecture durable vise à minimiser l'impact environnemental négatif des bâtiments en
améliorant l'efficacité et la modération dans l'utilisation des matériaux et de l'énergie. Un
bâtiment économe en énergie équilibre tous les aspects de la consommation d'énergie dans un
bâtiment. À savoir L'éclairage, le conditionnement de l'espace et la ventilation, en fournissant
un mélange optimisé de stratégies de conception solaire passive, d'équipements éco-
énergétiques, de sources d'énergie renouvelables, en plus de l'utilisation de matériaux à faible
énergie incorporée. La conception appropriée des éléments de construction, comme le pare-
soleil statique, le mur de cavité et le toit creux, peut réguler les besoins énergétiques dans les
bâtiments dans les régions avec un été chaud et un hiver froid. Une protection supplémentaire
contre le rayonnement solaire direct peut être obtenue par l’ombrage du mur avec des
projections de briques optimales. En plus de cela, la ventilation peut être introduite dans la
cavité de l'air du mur, selon les besoins saisonniers. La cavité d'air ventilée et la zone ombrée
sur le mur en raison des projections de briques aideraient à réguler la température de l'air
intérieur.
Tandis qu’Armstrong et al. (2005) voient qu’aucune société ne soit en équilibre ni en
harmonie avec la nature, sauf que si son habitat soit durable. L’habitat durable doit assurer
une meilleure qualité de vie, pas seulement pour l’instant, mais aussi pour les générations
futures ; il doit combiner la protection de l’environnement, l’usage sensible des ressources
naturelles, la croissance économique et le progrès social. Ils définissent l’habitat durable
comme étant « l’habitat qui répond aux besoins perçus et réels du présent dans une mode de
ressource efficiente au même moment qu’il doit fournir un voisinage attractif, sure, sain et
riche écologiquement ». Et voient que la ressource efficiente ne veut pas dire « zéro impact »,
mais elle doit impliquer le contrat de Brundtlund entre l’usage courant des ressources et la
future demande. D’une autre manière, la définition accepte une responsabilité de créer un
capital physique dans une forme d’habitat qui représente une ressource robuste à long terme et
41
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

flexible. Pour eux, la durabilité est un processus, et le développement durable est le produit.
Ce processus doit, dans le domaine de l’habitat, adresser cinq domaines distincts :
 Préservation et économie des ressources naturelles ;
 Réutilisation sensible des ressources produite par l’homme ;
 Maintenance des écosystèmes et leurs potentiels régénératifs ;
 Equité entre les générations, les populations et les classes ;
 Fournitures de santé, de sureté et de sécurité (Armstrong et al., 2005)
Ces auteurs placent, à travers les cinq points prioritaires de l’habitat durable, l’usage de
l’énergie parmi les premiers cibles et objectifs. Qui veut dire que, la quantité d’énergie
utilisée par ménage, par type de conception est le centre de n’importe quelle stratégie à fin de
réduire les émissions de carbone. Et ils font référence aux accords internationaux enrichis au
Sommet de la Terre de Rio en 1992 et consolidés par la conférence des Changements
Climatiques de Kyoto en 1997 qui dépendent des cibles fermes d’énergie dans l’habitat.

1-9) Voie de la durabilité de l’énergie : le cas du bâtiment


Economie d’énergie et efficacité énergétique : Quelle différence ? Ces deux termes
(économie d’énergie et efficacité énergétique) renferment un gisement d’économie
d’importance et contribueraient sans nul doute à un développement durable. Tandis que, ces
deux termes ont tendance à être utilisés de façon interchangeable. « Efficacité énergétique »
signifie, techniquement une baisse de consommation d’énergie tout en gardant un niveau
équivalent d’activité économique ou de service ; en revanche, « économie d’énergie » est une
notion plus générale signifiant une réduction de consommation d’énergie, soit à travers des
changements de comportement, soit par une baisse d’activité économique : une baisse du
chauffage de la maison en hivers, une réduction de l’utilisation de la voiture sont des
exemples d’économie d’énergie, sans amélioration d’efficacité énergétique au plan technique.
Inversement, une amélioration de l’efficacité énergétique n’implique pas nécessairement une
baisse de consommation d’énergie (Voir tableau 5).
Selon Ait Cherif (2016), un expert en économie d’énergie, l’objectif d’une politique
d’efficacité énergétique n’est pas de réduire à tout prix la consommation d’énergie, mais
plutôt d’améliorer le rendement énergétique. Autrement dit, la promotion de l’efficacité
énergétique est nécessaire mais pas toujours suffisante si elle ne fait pas l’objet d’objectifs
absolus en matière de réduction de la consommation d’énergie.

42
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

Tableau 5. Voie de la durabilité de l’énergie : le cas du bâtiment (Source : [Link]


GERRI/la-reunion-energie-durable-pour-les-batiments).

1 Autosuffisance/ 2 Efficacité énergétique 3 Energie renouvelables


sobriété énergétique
énergétique
Stratégie

Réduire les Besoins Réduire la Consommation Augmenter la part des énergies


énergétiques d’énergie renouvelables
Instrument de

• Politique d’utilisation du • Etiquetage énergétique des


• La facturation nette ;
politique

sol ; bâtiments ;
• Tarif d’achat d’électricité
• Codes du bâtiment de • Normes des appareils et
renouvelable
l’énergie. étiquetage.

Norme obligatoire et étiquetage


• Principes de conception pour :
Initiatives
concrètes

Part obligatoire de
bioclimatique ; • Rendement global du
l’approvisionnement à partir de
• Utilisation de solutions bâtiment ;
sources d’énergie renouvelables
passives. • Éléments de construction et
d’équipement.

Afin de réduire la nécessité pour les services énergétique, on peut opter pour :
 des conceptions optimisées (à travers la planification du site, la forme, l’orientation, la
fenestration et l’ombrage, la ventilation naturelle, le refroidissement passif, etc.) ;
et/ou
 une meilleure mise en œuvre (par le choix des matériaux et la technologie,
optimisation de l’isolation des murs et des toitures, le vitrage de haute performance).
Surmonter la perception générale de bâtiment économe en énergie étant très couteux, donc :
• Mettre d’avantage l’accent sur
Énergie
l’adoption de la science du fossile propre
bâtiment et moins de dépendance Énergies
renouvelables
sur les technologies de
Efficacité énergétique
construction à coût élevé
• Mieux comprendre la science Réduction de la demande

expliquant la manière dont les


Figure 16. Le principal défi consiste à faire plus avec
bâtiments fonctionnent et éviter moins (Source : [Link]
reunion-energie-durable-pour-les-batiments).
de hautes sophistications
technologiques (voir figure 16).

43
Chapitre 1: Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité Partie I

1-10) Conclusion :
Ce premier chapitre a donné, tout d’abord, un aperçu sur la consommation énergétique
mondiale et nationale. Puis, il a mis en exergue, le rôle du secteur résidentiel dans la
consommation énergétique et la politique de la maitrise d’énergie dans le bâtiment en Algérie.
Il a démontré que le modèle de consommation énergétique en Algérie est insoutenable et que
la rationalisation de la consommation d’énergie s’avère plus que jamais nécessaire dans les
secteurs des ménages et du transport. Sa mise en œuvre requiert un nouveau modèle
économique et énergétique basé sur :
 L’économie et l’efficacité énergétique ;
 L’application d’une réglementation technique ;
 La mise à niveau de nos équipements avec les standards internationaux ;
 La réorientation de la demande nationale d’énergie vers la consommation des produits
énergétiques les plus disponibles localement et
 L’usage des énergies renouvelables.
Ce chapitre a démontré, également, que ce qui fait défaut en Algérie, ce ne sont pas le manque
des textes de lois en matière de maitrise de l’énergie ou les insuffisances des institutions en
charge ; mais, la non application des textes en matière d’efficacité énergétique et des
engagements par les instances concernées, corrélée au manque d’adhésion du citoyen,
expliqué par l’absence de sensibilisation et au manque de mesures incitatives sont les
obstacles qui bloquent la voie de la durabilité dans le secteur énergétique en Algérie.
L’optimisation de l’efficacité énergétique des bâtiments est donc urgente et doit prendre en
compte des critères économiques, environnementaux et sociaux. Le chapitre suivant se
concentrera sur la notion d’économie d’énergie à travers la réhabilitation thermique et
énergétique dans le secteur du bâtiment résidentiel.

44
Chapitre 2 :
État de l’art sur
la réhabilitation thermique
des bâtiments résidentiels :
Techniques, méthodes et outils
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

L’ambition de ce chapitre est de décrire, dans un premier temps, la réhabilitation thermique


et énergétique. Ensuite, une analyse bibliographique des différents travaux en relation avec les
objectifs de la thèse est effectuée. Il s’agit d’établir un fond théorique sur la performance
énergétique dans le bâtiment mettant en relation les techniques, les méthodes, les critères et
les outils dédiés à l’évaluation et à la modélisation de la consommation d’énergie et les
émissions de CO 2 dans les parcs de logements.

2-1) La réhabilitation thermique :


2-1-1) Pourquoi réhabilité ?
Le choix de réhabilité un bâtiment est rarement liés à la seule amélioration de ses qualités
énergétiques. Parallèlement à l’abaissement des coûts énergétiques, d’autres objectifs sont
visés comme, par exemple, le traitement de désordres de construction (surtout l’humidité due
aux ponts thermique et aux problèmes d’étanchéité), le remplacement de matériaux toxiques
(peinture, amiante) ou la modernisation de l’équipement technique. L’adaptation aux
nouvelles exigences et amélioration des conditions d’habitation et d’utilisation des bâtiments
sont les conséquences les plus visibles d’une rénovation d’une telle envergure (Gonzalo et
Habermann, 2006).
L’énergie est rarement le moteur de la réhabilitation et l’objectif est de faire en sorte qu’elle
devienne une réelle préoccupation dans tous les projets de réhabilitation de logements. Par
ailleurs, lorsqu’elle est l’objectif majeur, il convient de l’intégrer dans un ensemble de
préoccupations. Dans ce sens, il faut promouvoir des démarches globales et intégrées de
réhabilitation, lesquelles doivent prendre en compte les différentes techniques possibles et les
contraintes sociales, d’une part, et intégrer simultanément les objectifs écologiques
environnementaux et économiques, d’autre part.

2-1-2) Réhabilitation énergétiquement efficace :


a) Définition :
D’après Joffroy (1999), la réhabilitation est définie comme étant l’action d’améliorer un
édifice en conservant sa fonction principale et en prolongeant sa durée de vie. En fait, elle ne
concerne pas seulement le patrimoine historique connu, mais aussi le patrimoine immobilier
ordinaire méconnu, c’est-à-dire les bâtiments sans qualités auxquels il faudra en donner.
Dans cette définition, la réhabilitation thermique du bâtiment correspond donc à
l’amélioration thermique de l’édifice notamment son enveloppe, car elle constitue un

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

échangeur thermique entre l’intérieur et l’extérieur (Alexandroff et Alexandroff, 1982). Elle


consiste en de légères modifications, comme l’ajout par exemple de l’isolation par l’extérieur,
le changement des fenêtres… etc., ou lourdes telles que l’isolation par l’intérieur, le
réaménagement du plan du logement, selon la trajectoire du soleil,… etc., ainsi que l’ajout
d’une partie neuve comme une serre ou une véranda.
La réhabilitation thermique de l’enveloppe du bâti concerne :
Les parois opaques verticales et ce en renforçant l’isolation thermique, soit de l’intérieur ou
de l’extérieur, selon les composants de la paroi et le style architectural de l’édifice pour ne pas
défigurer la façade.
Les planchers : Il s’agit d’isoler les planchers bas, donnant sur l’extérieur ou sur les locaux
non chauffés, ainsi que le plancher terrasse.
Les fenêtres : Elles sont les plus vulnérables aux déperditions calorifiques. Leurs
améliorations thermiques permettent des économies d’énergie de l’ordre de 10 à 15 %. Et cela
par le remplacement des vitrages simples en vitrages isolants, et le redimensionnement des
surfaces vitrées selon l’orientation et la zone climatique (Kadri et Mokhtari, 2011)

b) Avantage :
Selon Gonzalo et Habermann (2006) l’optimisation énergétique des bâtiments neufs est
déterminante pour l’avenir car ceux-ci seront utilisés pendant des décennies. Si l’on observe
cependant la situation actuelle, les principaux gisements d’économies d’énergie se trouvent
dans la rénovation de l’ancien.
La rénovation énergétique d’un bâtiment fait baisser sa consommation d’énergie tout en
prolongeant la durée d’utilisation. La dépense d’énergie pour sa construction et sa démolition
finale peut être répartie sur une plus longue période. Enfin, une rénovation thermique
améliore nettement le confort.
Les terrains constructibles sont de plus en plus rares en ville et l’extension des limites de
celle-ci n’est pas souhaitable en raison des conséquences négatives bien connues (trajets
domicile/lieu de travail, imperméabilisation des surfaces, infrastructures, etc.), de telle sorte
qu’à l’avenir, la rénovation du tissu urbain est inévitable.
La rénovation thermique est la meilleure façon de recycler un bâtiment, dans la mesure où il
est apte à être réutilisé. On évite alors les dépenses en énergie primaire pour la démolition et
la reconstruction.
Au niveau de l’énergie et de l’économie, les objectifs à viser en ce qui concerne le bâti
existant sont les suivant :

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

• Réhabilitation au lieu de construction nouvelle ;


• Prolongation du cycle de vie des matériaux par utilisation des bâtiments existants ;
• Economie de matériaux ; on évite de construire du neuf et d’imperméabiliser
davantage des sols ;
• Amélioration thermique du bâti existant et donc réduction des émissions polluantes
(Gonzalo et Habermann, 2006).

2-1-3) Conditions pour la réhabilitation :


Les critères essentiels pour la construction dans l’ancien résident dans sa capacité à être
rénové et dans l’intérêt de cette opération. Lors de l’étude d’une réhabilitation, il importe pour
chaque projet de lister les différents critères et de les pondérer. Outre l’état du bâti (situation
urbanistique, la structure existante, l’aptitude du bâtiment à rénové, etc.), d’autres aspects sont
à considérer au moment d’une réhabilitation pour en définir le bien-fondé :
- Rentabilité par rapport à une construction neuve ;
- Faisabilité fonctionnelle ;
- Considérations liées à la protection du patrimoine ;
- Aspects écologiques et énergétique.
Ces deux derniers aspects sont évalués tout d’abord en fonction des économies potentielles
d’énergie et de ressources.
Il existe certes pour différentes époques un certain nombre de caractéristiques constructives
pour lesquelles on a mis au point des solutions éprouvées ; néanmoins il n’existe pas de règles
générales. L’isolation de l’enveloppe du bâtiment, le remplacement des fenêtres et la
modernisation du système de chauffage sont souvent les premières mesures à prendre. Seul un
état énergétique des lieux permettra de fixer les priorités.
La portée d’une réhabilitation ne peut s’apprécier de façon globale. Les mesures et le potentiel
d’économies d’énergie doivent plutôt se baser sur une analyse de l’état des lieux. Différentes
solutions constructives et techniques sont envisageables en fonction des éléments apportés par
le bilan énergétique.

2-1-4) Principes de la réhabilitation énergétique :


D’après Charlot-Valdieu et Outrequin (2011), toute réhabilitation ou rénovation énergétique
devrait s’appuyer simultanément sur les principes suivant :
- La sobriété énergétique, qui consiste à supprimer les gaspillages et les besoins
superflus par une meilleure gestion de l’énergie et des gestes verts ;

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

- La prise en compte du confort et de la santé des usagers, notamment par le


renouvellement de l’air et la recherche du confort thermique (d’hiver et d’été) ;
- L’efficacité énergétique, qui permet de réduire les consommations d’énergie pour un
usage de l’enveloppe mais aussi en ce qui concerne les générateurs de chaleur ;
- Le recours aux énergies renouvelables, qui répondent à nos besoins énergétiques avec
un faible impact sur notre environnement et une gestion décentralisée.

2-2) Performance énergétique d’un bâtiment :


C’est la quantité d’énergie consommée (ou estimée) pour répondre aux besoins de bon
fonctionnement et de confort d’un bâtiment. Les performances d’un bâtiment portent sur ses
relations au site d’implantation, les espaces et leurs ambiances (thermique, acoustique,
éclairement, etc.), à la protection contre les intempéries et les catastrophes naturelles, aux
relations et activité humaine induites, à la protection des biens et outils, à son sens dans la
société. Le calcul de la performance énergétique porte principalement sur les performances de
chauffage, d’éclairage, d’eau chaude sanitaire, de systèmes de refroidissement, de ventilation
et d’alimentation des moteurs.
Une architecture énergétiquement efficace selon Gonzalo et Habermann (2006) suppose un
bon équilibre entre les mesures en faveur des économies d’énergie et celles mise en œuvre
pour la produire. Les premières concernent surtout la compacité et une bonne enveloppe
isolante alors que l’utilisation passive de l’énergie solaire relève des secondes. En matière de
conception, ce sont surtout les proportions d’un bâtiment et son orientation qui sont
concernées.
La performance énergétique d’un bâtiment se référent au processus de modélisation de
transfert d’énergie entre un bâtiment et ses alentours. Pour un bâtiment conditionné, il estime
les chargements de chauffage et de refroidissement et de là, le dimensionnement et la
sélection des équipements de CVC peuvent être correctement faite. Pour un bâtiment non
conditionné, il calcule la variation de température à l’intérieur du bâtiment en plus du temps
spécifié et aide quelqu’un à estimer la durée des périodes d’inconfort. Ces quantifications
permettent à quelqu’un de déterminer l’efficacité de la conception du bâtiment et aide à
développer les conceptions améliorées pour réaliser des bâtiments efficients en énergie avec
des conditions intérieures confortables. Le manque d’une quantification
appropriée/correcte/adéquate/convenable/juste/pertinente est des raisons pourquoi
l’architecture passive solaire n’est pas populaire parmi/entre les architectes.

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

La performance énergétique et thermique d’un bâtiment dépend d’un grand nombre de


facteurs. Ils peuvent être résumé comme (i) les variables de conception (dimensions
géométriques des éléments du bâtiment comme les murs, le toit et les fenêtres, l’orientation,
les dispositifs d’ombrage, etc.) ; (ii) les propriétés des matériaux (densité, chaleur
massique/spécifique, conductivité thermique, transmissivité, etc.) ; (iii) les données
climatiques (radiation solaire, température ambiante, vitesse du vent, humidité, etc.) and (iv)
les données d’usage du bâtiment (les apports internes dus aux occupants, l’éclairage et
l’équipement, le renouvellement d’air, etc.) (Ministry of New and Renewable Energy, 2013).
Un bâtiment performant en énergie est celui qui consomme peu avec un confort et un usage
équivalent et qui fonctionne en utilisant des systèmes adaptés et optimisés efficient en énergie
(R. Gonzalo & K. J. Habermann, 2006).

2-3) Techniques de modélisation de la consommation d’énergie dans le secteur


résidentiel :
Au cours des dernières années, plusieurs études à travers le monde ont été faites ayant
l'objectif de caractériser le parc immobilier et d'évaluer son potentiel d’économies d'énergie.
D’après Swan et Ugursal (2009), les principales techniques utilisées pour modéliser l’usage
de l'énergie domestique peuvent être regroupées en deux grandes catégories: top-down et
bottom-up (Voir figures 17). Chaque technique repose sur un type d’entrée d’information ; la
distinction entre les deux approches s’opérait en fonction de l’utilisation des données et selon
le niveau hiérarchique du secteur dans son ensemble. Cependant, ces deux techniques peuvent
être combinées dans certains cas, notamment pour les modèles réputés les plus «
sophistiqués» (Ouahab, 2015).

Hybride

Figure 17. Techniques de modélisation de la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel (Source :
Lukas G. Swan et Ugursal (2009) adaptées par Ouahab (2015) et modifiées par l’Auteur (2018).

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

2-3-1) Modèles top-down ou économiques (approche descendante):


Les modèles descendants ont subi un développement important au cours de la crise
énergétique des années 1970 (Ortiz et al., 2016). Le principal objectif de cet effort de
recherche était de mieux comprendre le comportement des consommateurs à l'évolution de
l'offre et les prix. Ces modèles analysent le secteur résidentiel dans son ensemble et leur
objectif était de déterminer et d’analyser les tendances du secteur. La force des modèles top-
down c’est qu'ils ne nécessitent pas de données d'entrée très détaillées pour travailler. Il utilise
les valeurs historiques de l'énergie globale et régresse la consommation d'énergie du parc
immobilier en fonction de variables de haut niveau telles que les indicateurs
macroéconomiques (par exemple, le produit intérieur brut, le chômage et l'inflation), le prix
de l'énergie et le climat general (Swan et Ugursal, 2009).

2-3-2) Modèles bottom-up ou technologiques :


Tandis que, l'approche en profondeur bottom-up va au-delà des limites du top-down, ce qui
représente en détail les maisons individuelles et les usages d'énergie finale. Après cela, les
résultats du modèle peuvent être extrapolés pour représenter une région ou une nation, selon
le niveau de détail des entrées et se compose de deux méthodes distinctes: la méthode
statistique et la méthode d'ingénierie basée sur la physique du bâtiment. Chaque technique
repose sur différents niveaux d'information, différentes techniques de calcul ou de simulation
et fournit des résultats avec une applicabilité différente (Ibid., 2009). Cela signifie qu’à partir
d’un tel paramétrage du type de valeurs d’entrée et de la conception de la structure du modèle,
on peut définir la technique qui correspond au modèle bottom-up (Ouahab, 2015).
a) Technique statistiques :
La méthode statistique est basée essentiellement sur les données historiques pour identifier la
relation entre la demande en énergie finale et la production. De nombreux chercheurs
appliquent cette méthode pour évaluer la consommation d’énergie dans le secteur résidentiel.
Cette technique s’appuie, pour construire ses bases de données, sur les informations fournies
par les facturations énergétiques des clients (Ibid., 2015). Les chercheurs ont développé
plusieurs méthodes pour estimer les consommations d’énergie. On peut citer :
 L’analyse de régression est utilisée pour déterminer les coefficients correspondant à
chaque paramètre d’entrée des données dans le modèle.
 La technique d’analyse des conditions de la demande, selon Swan et Ugursal ([Link].,
2009), évalue la consommation d’énergie finale des différents appareils dans un
logement. La régression de la consommation d’énergie finale totale d’un logement sur

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

la liste des appareils (qui sont indiqués comme une variable) détermine ainsi le
coefficient relatif à la consommation d’énergie. Ce dernier représente simultanément
le niveau et le taux d’utilisation. L’utilisation de cette technique nécessite une enquête
de recueil de données sur les appareils utilisés par l’occupant et les factures du
fournisseur d’énergie. Cependant, pour produire des résultats fiables en fonction des
nombreuses variables, il est nécessaire de traiter les données de plusieurs logements.
C’est cette technique qui nous semble être utile pour la création de la base de donnée
dans le chapitre quatre.
 La technique « Neural Network » (NN) ou technique du réseau de neurones artificiels
est un modèle de calcul dont la conception est très schématiquement inspirée du
fonctionnement des neurones biologiques. Elle repose sur des modèles mathématiques
de réseaux de neurones.
b) Approche par ingénierie ou par caractéristiques physiques du bâtiment
Cette méthode détermine explicitement l’utilisation finale de l’énergie. Elle se base généralement
sur les caractéristiques physiques du bâtiment pour estimer les consommations énergétiques. Cette
approche de modélisation utilise des méthodes de calcul énergétique pour calculer la
consommation d’énergie d’un échantillon de logements, représentant le parc de logements, qui
sera ensuite extrapolée pour estimer la consommation totale d’énergie du parc dans son ensemble.
À l’inverse de nombreuses autres approches de modélisation, l’approche par l’ingénierie peut
estimer pleinement la consommation d’énergie sans aucune information quant à l’historique de la
consommation d’énergie.
Wilson et Swisher (1993) soulignent que la combinaison de la physique du bâtiment et des
données empiriques des enquêtes sur le logement, ainsi que des hypothèses sur l'exploitation
des bâtiments, donnent aux modélisateurs des outils pour estimer la consommation d'énergie
dans les habitations passées, présentes et futures . Ce qui permet d’identifier les mesures
technologiques à l’aide divers scénarios, les modèles bottom-up et fournir aux décideurs des
estimations sur l’efficacité des politiques énergétiques.
En revanche, Ouahab (2015) souligne la principale limite de la méthode d’ingénierie, qui est celle
du manque de transparence dans la quantification de l’impact des facteurs comportementaux des
occupants sur la consommation d’énergie (par exemple : l’impact issu du changement du facteur
démographique, à savoir l’âge de la population, sur l’évaluation des apports calorifiques induits
par les occupants afin d’estimer les besoins en termes de chauffage). De plus, ce type d’approche
nécessite un certain nombre de données détaillées et précises, démographiques ou technologiques,
concernant le parc, qui s’avèrent parfois difficiles à recueillir (car non accessibles au public), ce

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

qui constitue donc un véritable obstacle à la réalisation de cette méthode de modélisation.


Précisons en outre que cette méthode fournit des résultats basés sur des calculs théoriques.
Dans le domaine de la modélisation énergétique à l’échelle macroscopique, la technique de
l’archétype est utilisée pour structurer l’organisation du parc de logements selon : la taille du parc,
la typologie de logements, la surface habitable, etc. Swan et Ugursal (2009) définissent comme un
archétype chaque catégorie principale de logement dont on utilise les descriptions comme des
données d’entrée pour la modélisation d’énergie. Ainsi, l’estimation de la consommation
d’énergie des archétypes représentatifs du parc de logements régional ou national est extrapolée
en multipliant la consommation unitaire par le nombre de logements correspondants.
La construction de typologies peut être un instrument utile pour faciliter l'évaluation de la
performance énergétique d'un bâtiment et peut être utilisée dans les analyses des stratégies
politiques pour la planification de l'amélioration future de la performance énergétique des
bâtiments résidentiels. L'archétype ou la typologie des bâtiments est un génie de l’approche
bottom-up et il est défini comme un échantillon de bâtiment représentatif des bâtiments réels.
Comme le parc immobilier d'un pays se compose de bâtiments avec des caractéristiques
différentes, plusieurs typologies de construction sont nécessaires afin d'en tirer les
caractéristiques thermiques du parc immobilier (Ortiz et al., 2016). Parekh (2005) propose
trois critères de base des archétypes:
- Configurations géométriques: ces configurations comprennent la disposition en plan du
bâtiment, le volume et l'orientation;
- Caractéristiques thermiques: elles comprennent les données d'enveloppe du bâtiment (Ubât),
les systèmes de chauffage et d'eau chaude, l'étanchéité à l'eau et les systèmes de ventilation;
- Paramètres de fonctionnement: ils concernent les charges de consommation de base
(éclairage, appareils) et les données de température intérieure.
Au cours des dernières années, plusieurs études ont appliqué cette méthode pour estimer la
consommation d'énergie d'un parc immobilier urbain, régional ou national.
Le Projet TABULA (2012) a développé des typologies nationales de bâtiment représentant le
parc immobilier résidentiel de plusieurs pays européens (Autriche, Belgique, Bulgarie,
Chypre, République tchèque, Allemagne, Danemark, Espagne, France, Grande-Bretagne,
Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Serbie, Suède et la Slovénie). Le
projet a fait une classification des bâtiments résidentiels existants selon l'âge, la taille et
d'autres paramètres, et comprend un ensemble d'exemples de construction pour représenter
des types spécifiques de bâtiment du stock national. La consommation d'énergie typique et les
économies d'énergie possibles ont été données pour les exemples de bâtiments. Le projet

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

TABULA représente l'une des premières initiatives visant à créer une base de données
européenne pour collecter des informations relatives au parc immobilier existant.
Basé sur le travail développé dans le projet TABULA, Dascalaki et al. (2011) utilisé les
typologies de construction comme une vitrine pour démontrer la performance énergétique et
le potentiel des économies d'énergie du point de vue mesures d’économie d'énergie typiques
et avancées sur l'enveloppe thermique et le système d'alimentation de chaleur. L'étude a été
axée sur le bâtiment résidentiel de la Grèce.
Mata et al. (2014) décrit une méthodologie de description systématique du parc immobilier
des pays européens basé sur les bâtiments archétypes. Ils ont analysé le parc immobilier de
quatre pays (France, Allemagne, Espagne et Royaume-Uni) afin d'estimer la consommation
d'énergie du secteur du bâtiment en utilisant l'énergie du modèle, le carbone et l'évaluation de
coût des stocks de bâtiment (ECCABS) (Mata et al., 2013). La méthode permet l'évaluation
des effets des mesures d'efficacité énergétique dans les stocks de bâtiment. Le modèle est basé
sur le bilan énergétique d’un bâtiment unidimensionnel (développé avec Simulink), qui donne
la demande d'énergie horaire nette. Le modèle est mis en œuvre afin que les résultats puissent
être extrapolés à un parc immobilier.
Cuchi et Sweatman (2011) ont évalué le parc immobilier résidentiel de l'Espagne en
identifiant les points chauds pour la rénovation énergétique. Les points chauds ont été définis
suivant 4 critères: l'âge du bâtiment, la hauteur du bâtiment, l’environnement urbain des
maisons, les unités unifamiliales et les immeubles multi-unités. Ils ont obtenu 10 points
chauds qui représentent 76% du parc immobilier de l'Espagne. Ils ont proposé un plan d'action
ambitieux pour la rénovation profonde du secteur de bâtiment, y compris les actions
politiques, réglementaires et financières.
Ivancic et al. (2014) ont développé différents outils pour mener à bien l'analyse du bilan
énergétique, l'évaluation des futurs scénarios et l'optimisation du bénéfice des coûts de la ville
de Barcelone. L'ensemble d'outils a été très utile dans le processus de prise de décision à des
fins de planification communautaire. Une quantité importante des données a été liée à la base
de données de la ville en utilisant un système d'information géographique (SIG). Les mêmes
données sont introduites dans un simulateur de bilan énergétique et environnemental de la
ville pour calculer les bilans d'énergie et des émissions totaux et sectoriels pour différentes
situations, comme l'année de base, ou pour différents scénarios. Le simulateur du bilan a été
calibré pour l'année de base, en tenant compte les données réelles d'usage fournies par les
services publics.

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

Garrido et al. (2010,2012) ont étendu le travail effectué par Ivancic et al. (2014) et font une
caractérisation détaillée du parc immobilier résidentiel de la Catalogne. Ils définissent 11
typologies de bâtiment conformément aux événements historiques, aux codes réglementaires
de bâtiment et l'emplacement des bâtiments (l'environnement urbain et rural). Ils ont obtenu la
consommation d'énergie des typologies de bâtiment en utilisant les programmes de Lider et de
Calener. L'objectif était d'estimer et étalonner la consommation d'énergie du secteur
résidentiel en Catalogne. Afin de comparer la situation actuelle avec deux autres scénarios, la
réglementation nationale et de la réglementation régionale, évaluant les économies d'énergie
et les impacts économiques.
Le Projet InnoCons (2012) analysé la typologie des bâtiments les plus représentatifs de la
Catalogne, pré-défini dans Garrido et al. (2012). Dans ce cas, l'objectif était d'évaluer plus
profondément les options de rénovation de cette typologie de bâtiment. Dans ce cas, la
simulation de construction a été faite avec EnergyPlus.
Manyes et al. (2013) ont appliqué une méthode similaire pour développer une caractérisation
de bâtiment, avec la différence que la portée de l'étude était un bloc de niveau du bâtiment
plutôt que d'un niveau régional. La portée de l'étude était de fournir une estimation des
économies énergétique et économique entraînées dans une intervention à l'échelle du bloc,
plutôt que dans un niveau du bâtiment. L'étude se concentre dans le voisinage de Santa
Coloma de Gramenet (Barcelona). Une caractérisation plus précise des systèmes de chauffage
et de rafraichissement, l'éclairage et les appareils, et leur usage sont introduits dans la
simulation du bâtiment, y compris des concepts tels que la fraction de la demande d'énergie
fournie et la précarité énergétique.
Belpoliti et Bizzarri (2015) ont utilisé la méthode d’évaluation paramétrique en termes des
avantages de l’évaluation environnementale et énergétique, dérivé à partir des actions de
rénovation planifiées, pour assister les techniciens dans les priorités des tentatives
d’interventions. En analysant la méthode qualitative, un protocole de calcul paramétrique
simplifié a été créé pour effectuer un audit préliminaire et une simulation de rénovation
énergétique de tout le stock d’habitat social de la région Emilie-Romagne (Italie) en termes de
leurs enveloppes et leurs caractéristiques de système de chauffage. Les facteurs
technologiques de base (technique de construction et type de système de chauffage) ont été
trouvés liés à l'âge du bâtiment (relatif au développement dans la construction et le niveau
d'isolation), et à l'âge et le type de système de chauffage (relié à la diminution du potentiel
d'efficacité des dispositifs).

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

2-3-3) Modèles hybrides


Les avantages méthodologiques offerts par le modèle bottom-up (prise en compte de
l’approche technologique) et les mécanismes économiques offerts par le modèle top-down
offrent un large éventail de modèles hybrides. En général, la principale divergence entre les
deux réside dans la mise en valeur des détails techniques du système énergétique vis-à-vis de
l’exhaustivité des ajustements endogènes du système économique (Ouahab, 2015).
L’étude de Böhringer et Rutherford (2008) avait un objectif principal pédagogique. Les
auteurs ont présenté d'abord les caractéristiques de complémentarité de l'équilibre économique
et ont montré comment on peut intégrer l'analyse de l'activité ascendante dans une
représentation descendante de l'économie dans son ensemble. Et ont résumé en trois
catégories les efforts induits par les modèles hybrides :
 L’approche de modélisation hybride peut lier un modèle top-down et un modèle
bottom-up développés indépendamment. Selon ces auteurs, cette technique de liaison a
été adoptée depuis les années soixante-dix.

 Cette approche combine les deux approches, mais offre la possibilité de se focaliser
sur un modèle top-down ou bottom-up, en utilisant une représentation réduite de
l’autre modèle.

 L’approche hybride peut fournir un modèle totalement intégré, basé sur le


développement d’algorithmes pour résoudre les problèmes communs ciblés par les
deux modèles top-down et bottom-up.
Ces auteurs soulignent l’importance de cette approche dans l’analyse de l’activité basée sur la
technologie, afin d’évaluer les changements structurels induits par les politiques à l’échelle
sectorielle.

La figure 18 nous présente les familles et les approches de modélisation d’après l’AIE (1998).

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

Figure 18. Familles et approches de modélisation d’après l’AIE(1998) ; Parson et Fisher-Vanden (1997) adaptée par Ouahab (2015)

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

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Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

2-4) Critères d’évaluations de la performance énergétique des bâtiments résidentiels :


Dans l’état d’art, l’évaluation durable des mesures d’efficacité énergétique (MEE) des
bâtiments résidentiels n’est généralement pas exécutée en utilisant un seul critère, mais plutôt
en composant divers critères (Mikučionienė et al., 2014; Seddiki et al., 2016). La sélection
des critères dépond de l’objectif de l’analyse.

2-4-1) Critère d’efficacité énergétique « Energy Efficiency » (2E) :


Le plus populaire parmi eux est le potentiel d’économie d’énergie (Yu et al., 2008; Sun,
2013). Connu dans la littérature sous le vocable « 2E criteria ». Pour déterminer ce potentiel,
trois méthodes sont dans la littérature :1) L’évaluation macroscopique ; 2) L’évaluation
détaillée par une analyse énergétique ; 3) L’étude de «recommissioning» (Chalifour et al.,
2010). Pour un bâtiment en phase d'exploitation, l'intensité des besoins de chauffage et/ou de
rafraîchissement ou l’indice énergétique, exprimée en énergie utile ou primaire 1 (EP) par
unité de surface (kWh-équivalents/m²-an ou GJ/m²-an), constitue un indicateur pertinent de
ses performances thermiques, notamment de son enveloppe (Djelloul et al., 2013). La
consommation énergétique d'un bâtiment dépend non seulement des performances thermiques
du bâtiment (isolation, compacité, apports solaires passifs, etc.) mais aussi de la consigne de
température souhaitée par les habitants. En effet, une hausse de température de consigne de
1°C peut engendrer, selon les bâtiments, une augmentation de la consommation d'énergie de
6 % à 20 %. Cette définition n'est pas unique. Selon les pays, les usages peuvent varier. En
particulier, la surface de référence retenue au dénominateur qui peut tenir compte ou non de
l'épaisseur des murs, exclure ou non les pièces techniques (cages d'ascenseur, chaufferie),
exclure une partie de l'espace au sol selon la hauteur du plafond, etc. D'autre part, le
numérateur peut inclure, outre les consommations de chauffage, les consommations de
climatisation, les consommations électriques etc. Il peut aussi ne représenter que les besoins
de chauffage, c'est-à-dire sans tenir compte de la performance de l'équipement de chauffage
effectivement mis en œuvre.

1
L’énergie primaire est la première forme d'énergie directement disponible dans la nature avant toute
transformation : bois, charbon, gaz naturel, pétrole, vent, rayonnement solaire, énergie hydraulique,
géothermique, etc. Parler en kWh d'énergie primaire permet de mettre les différentes sources d'énergie sur le
même pied d'égalité, en prenant en compte toutes les transformations nécessaires avant livraison au
consommateur final. On utilisera ainsi les facteurs de conversion suivants, conformément à la réglementation
PEB : Combustibles fossiles : fp = 1 ; électricité : fp = 2,5 ; électricité autoproduite par cogénération à haut
rendement fp = 1,8 ; biomasse : fp = 1 ; gaz naturel = 1 ; électricité = 2.5. La consommation en énergie primaire
est ainsi définie par : Ep = fp . Qfinal avec Qfinal= consommation finale en énergie (www. energyplus. be).

58
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

2-4-2) Impact environnemental « Environmental Impact » (EI) :


Le critère d’efficacité énergétique est souvent utilisé simultanément avec l’impact
environnemental (Mikučionienė et al., 2014). Ce critère est la masse de gaz à effet de serre
susceptible d’être émise pendant une année (mco 2 2) exprimée en kg équivalent CO 2 /an
rapportée à la surface totale des planchers en m². Belpoliti & Bizzarri (2015) ont utilisé la
méthode d’évaluation paramétrique en termes des avantages de l’évaluation environnementale
et énergétique, dérivé à partir des actions de rénovation planifiées, pour assister les
techniciens dans les priorités des tentatives d’interventions. En analysant la méthode
qualitative, un protocole de calcul paramétrique simplifié a été créé pour effectuer un audit
préliminaire et une simulation de rénovation énergétique de tout le stock d’habitat social de la
région Emilie-Romagne (Italie) en termes de leurs enveloppes et leurs caractéristiques de
système de chauffage.

2-4-3) Rationalité économique « Economical Rationality » (ER) :


Ce critère utilisé comme « 3E evaluation » est le plus utilisée dans les études (Mikučionienė
et al., 2014). Shen et Sun (2016) notent qu'il existe une connexion inversée en forme de "U"
entre les émissions de carbone, la consommation d'énergie et le développement économique
(Shen et Sun, 2016). Tommerup et Svendsen (2006) ont donné un bref compte rendu des
possibilités techniques d'économie d'énergie présentes dans les logements existants et ont
présenté une méthodologie financière utilisée pour évaluer les mesures d'économie d'énergie.
Afin d'estimer le potentiel d'épargne total, des calculs détaillés ont été réalisés dans un cas
avec deux bâtiments typiques représentant le stock de maisons résidentielles danoises et sur la
base de ces calculs, une évaluation du potentiel d'économie d'énergie est effectuée. Hamdy et
al. (2011) ont proposé une approche d’optimisation multi objectifs modifiée basée sur
l’algorithme génétique et combinée avec le logiciel IDA ICE. La combinaison est utilisée
pour minimiser l’impact environnemental et le coût d’investissement pour deux niveaux de
bâtiment et leurs systèmes CVC. Source d’énergie de chauffage/rafraichissement, type de
récupérateur sur air vicié, et les paramètres de six enveloppes sont considérés comme
variables de conception. Ouyang et al. (2011) Ont développé une méthode démontrée par un
cas d’étude. Un plan approprié de rénovation efficace en énergie a été proposé en intégrant

2
Les émissions sont calculées selon la formule : mco2 = ∑(Ei,hiver x fei,hiver) + ∑(Ei,été x fei,été) où : Ei : est la
quantité d’énergie, exprimée en kWh/an, demandée à partir de la source « i » d’énergie ; fe : est le facteur
d’émission de CO2, exprimé en kg équivalent CO2 par kWh lié à l’utilisation d’une source « i » d’énergie. La
quantité de Co2 émise dépend non seulement de a quantité d’énergie demandée mais aussi de la nature de la
source d’énergie utilisée (Denker et al., 2014).

59
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

toutes les mesures d’économie d’énergie efficaces et disponibles sur le bâtiment assujetti. Et
leurs effets sur la réduction de la consommation d’énergie, les émissions CO 2 et leurs coûts
en Chine sont évalués fidèlement. Popescu et al. (2012) ont appliqué des méthodes qui
quantifient la valeur ajoutée en raison de la performance énergétique, y compris des
recommandations sur la façon dont elles peuvent être incorporées dans l'analyse financière
des investissements dans les conditions météorologiques. Des études de cas sur certains
condominiums existants de Roumanie sont analysées et fournissent des preuves à la question
de recherche. Arumägi et Kalamees (2014) ont analysé la consommation d’énergie et son
potentiel d’économie en se basant sur le domaine des mesures, les simulations numériques et
les calculs économiques. Le bouquet de rénovation était compilé en utilisant différentes
mesures d’isolation, des solutions CVC et des sources d’énergie.
Les trois méthodes les plus courantes pour établir la rentabilité des investissements sont :

a) La PRI simple (période de retour sur l’investissement) :


Cette méthode convient généralement pour des investissements qui comportent des PRI de
moins de 5 ans. Le plus souvent, elle ne tient compte que des investissements et des
économies annuelles. Les coûts d’entretien, la vie utile des équipements, l’augmentation des
prix de l’énergie et le mode de financement de l’investissement ne sont pas considérés.
PRI simple = Investissement initial = Nombre d’années de récupération
Économies annuelles
b) La VAN (valeur actuelle nette) :
La VAN permet d’établir le bénéfice net que produit l’investissement en efficacité
énergétique sur une période de temps établie par le propriétaire. Cette période est
généralement de 15 ou de 20 ans.
Cette méthode d’évaluation s’impose lorsque les investissements ont des PRI simples de plus
de 5 ans. Elle permet de tenir compte de tous les facteurs financiers associés au projet :
• Les coûts additionnels ou les économies de maintenance ;
• Les intérêts applicables sur le financement des investissements ;
• Le taux de rendement exigé par le propriétaire sur son investissement ;
• Un taux d’inflation sur les prix de l’énergie et les coûts de la main d’œuvre ;
• L’impact fiscal sur l’impôt des sociétés, dont les amortissements accélérés autorisés pour
certains types d’amélioration ;
• La vie utile des équipements et leurs valeurs résiduelles, s’il y a lieu, à la fin de la période
d’analyse ;

60
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

• Les coûts de formation du personnel d’exploitation sur les nouveaux équipements ;


• Les coûts de suivi pour évaluer les économies réelles obtenues ;
• Les coûts de remplacement des composantes qui peuvent atteindre la fin de leur vie utile
durant la période d’analyse.

c) Le TRI (taux de rendement interne) :


Cette méthode d’évaluation du rendement financier est très répandue auprès des propriétaires
immobiliers du secteur commercial. Elle reprend essentiellement les mêmes facteurs
financiers que ceux pris en compte dans le calcul de la VAN. À la fin, elle établit cependant le
taux de rendement que l’investissement initial peut générer.
Ainsi, si un projet d’améliorations énergétiques produit, à titre d’exemple, un taux de
rendement interne de 8% l’an, le propriétaire peut plus facilement le comparer au TRI que
d’autres projets investissements pourraient lui rapporter et choisir ainsi le plus avantageux ou
encore faire évoluer le projet énergétique pour lui faire atteindre le TRI souhaité (André
Chalifour, Michel Fortier et Paul Langlois T.P. BOMA QUEBEC en collaboration avec
Hydro-Québec, 2010).

2-4-4) Le confort thermique (C) :


Le confort thermique (C) ou la qualité de l’environnement intérieur « indoor environmental-
quality » (IEQ) qui est aussi un critère largement utilisé (Mikučionienė et al., 2014). Carlucci
et Pagliano (2013) ont optimisé le bâtiment dans le but de maximiser le confort thermique des
utilisateurs. Ils ont appliqué une méthode pour concevoir un nouveau bâtiment énergétique
« net zero energy building », en analysant un ensemble de mesures passives (isolation et
performance de Windows). Leur objectif était de réduire la demande de chauffage et de
refroidissement grâce à l'amélioration du confort. Liu et al. (2015) ont évalué l’environnement
intérieur et l’usage d’énergie d’un bâtiment rénové en comparaison avec un bâtiment similaire
non rénové ayant la même surface. Le cas d’étude est un bâtiment collectif qui représente le
type commun de construction dans la ville de Linköping, Suède. Sun et Leng (2015) ont
étudié l'environnement intérieur typique dans les habitations résidentielles tibétaines. Les
caractéristiques architecturales tibétaines et les coutumes ethniques sont prises en compte
dans la création de rénovations passives qui sont appliquées avec un effet minimal sur
l'architecture globale. Des simulations numériques de l'environnement thermique intérieur
sont effectuées sur les modèles de construction utilisant DeST-h. Différentes mesures de
renouvellement sont évaluées en fonction de la diminution de leur consommation annuelle

61
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

d'énergie. Les expériences orthogonales sont conçues pour optimiser une gamme de
rénovations de bâtiments à économie d'énergie pour réduire la consommation d'énergie et
améliorer le confort thermique intérieur des maisons résidentielles tibétaines. La conclusion
est qu'il existe des avantages économiques et environnementaux d'utiliser des méthodes
passives naturelles sans considérer les moyens mécaniques.
Ortiz et al. (2016) ont présenté une méthode détaillée pour développer des études des coûts
optimaux de rénovation énergétique des bâtiments résidentiels à Barcelone et à Tarragone en
Espagne. La méthode permet l’amélioration l’interaction entre l’occupation, le bâtiment et les
caractéristiques d’un état réel de la construction. En plus, la simulation du bâtiment inclut des
stratégies vernaculaires de l’architecture méditerranéenne à travers deux étapes d’évaluation
en considérant le confort thermique, les critères énergétiques et économiques.
Les critères d’efficacité énergétique et environnementale sont généralement réunis avec une
analyse du cycle de vie « Life cycle analysis » (LCA). Mikučionienė et al. (2014) ont défini et
analysé les cinq principaux critères pour l’évaluation des MEE reflétant une attitude durable
(efficacité énergétique, impact environnemental, rationalité économique, confort et durée d’un
point de vue cycle de vie (LCD)). Priorité séquentielle et distribution de l’arbre de décision
est formé pour la distribution des MEE à des mesures fondamentales et à d’autres
additionnelles. La méthode présentée optimise la formation des paquets des MEE. Lawania et
Biswas (2016) ont évalué les émissions élevées de gaz à effet de serre (GES) et la
consommation d'énergie intrinsèque (EI) associée à la construction et à l'utilisation d'une
maison typique à Perth pour soixante options d'enveloppe de bâtiment en utilisant une
approche d'évaluation du cycle de vie (ACV).

2-5) Recherches récentes sur l’efficacité énergétique du bâtiment dans le contexte


algérien :
A l’échelle nationale, quelques études récemment publiées sont réalisées dans cette ligne.
Nous pouvons citer :
Fezzioui et al. (2008) visaient dans le cadre de ce travail l’obtention d’un niveau de confort
thermique avec une consommation énergétique réduite en étudiant l’influence de l’enveloppe
du bâtiment sur sa demande énergétique. Pour cela, ils ont procédé à la description de
différentes maisons de la région du sud, ce qui leurs a permis de dégager certains logements
représentatifs en point de vue des matériaux de construction, de la typologie du plan, et de la
gestion du local. A l’aide du logiciel TRNSYS, ils ont entrepris une simulation numérique
d’un bâtiment avec les données météorologiques relatives à la ville de Béchar et de la ville de

62
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

Tamanrasset, en introduisant des éléments d’amélioration de l’habitat étudié: augmentation


d’inertie des murs extérieurs, isolation des murs extérieurs, isolation de la toiture, et surface
des fenêtres. La mesure d’amélioration la plus justifiée économiquement selon eux est
l’isolation de la toiture.
Foura et al. (2008) développaient une méthode de calcul thermique afin de réduire au
minimum le coût d'énergie employée pour chauffer les bâtiments nouveaux ou existants. Les
recommandations par le CNERIB soumises pour le climat algérien sont prises comme
référence dans le choix du modèle informatique élaboré dans cette étude (soit un appartement
de type T3 est d’une superficie de 75𝑚𝑚²). Un programme personnel, dénommé "SimulArch"1,
a été développé essentiellement pour vérifier la base de données de SONELGAZ en utilisant
la simulation thermique des paramètres architecturaux et les facteurs climatiques de la ville de
Constantine. Ce programme leur a permis d'atteindre des économies d’énergie allant de 10% à
20% par ménage selon les applications des matériaux de construction préconisés.
Kadri et Mokhtari (2011) étudiaient la réhabilitation thermique de l’enveloppe d’un logement
F3 du dernier étage afin d’améliorer ses performances : l’amélioration du confort thermique
d’une part et le souci d’économie d’énergie d’autre part. Un calcul du bilan des déperditions
calorifiques et des simulations à l’aide d’un code de calcul ont été effectués sur l’habitat
collectif afin de définir son identité thermique et mesurer l’impact de cette réhabilitation sur la
température intérieure et les besoins énergétiques.
Bouras (2013) établissait une étude comparative de la situation énergétique de l’Algérie à la
lumière de celles des États-Unis, du Canada et de la France. La méthodologie de ce travail
porte sur les méthodes numériques utilisant la simulation thermique dynamique à l’aide du
logiciel de simulation TRNSYS et son interface TRNBuild et en ciblant les mesures
d’efficacité énergétique passives pour le bâtiment. Les résultats ont montré que l’emploi des
mesures d’efficacité énergétique passives.
Djelloul et al. (2013) évaluaient le comportement énergétique du bâtiment, en utilisant le
logiciel TRNSYS. Deux types de bâtiment ont été simulés et comparés, l'un est considéré
comme étant un bâtiment de référence BR et l'autre un bâtiment basse consommation BBC
dont une enveloppe isolée (murs, terrasse et vitrage). L'objectif de ce travail est de contribuer
à l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments résidentiels situés à la ville de Biskra
qui a un climat chaud et sec.
Missoum et al. (2014) ont analysé la performance énergétique de l’habitat rural construite à
Chelif en Algérie pour les trois plans quinquennaux, en outre l’étude de leur impact sur le
bilan énergétique global dans cette ville. A travers deux moyens : un moyen passif en
63
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

intégrant un bouquet des MEE et un autre actif en utilisant le PV solaire pour l’électricité.
Une étude économique a été présentée mais qui n’est pas vraiment réaliste concernant les
MEE.

2-6) Problématique d’aide à la décision multicritère


Vu le nombre important de paramètres à prendre en considération pour la réalisation de cette
étude, un choix optimal parmi les nombreuses solutions possibles s’avère être un problème
très complexe. Il va falloir donc développer des méthodes d’aide multicritère à la décision
pour guider les concepteurs et les décideurs des projets de bâtiment à prendre des décisions
rationnelles.

2-6-1) Définition d’un problème d’aide à la décision


Par définition, l’aide à la décision est l’ensemble des techniques permettant de faire le
meilleur choix possible parmi les différentes solutions existantes selon des critères prédéfinis.
Ces approches peuvent être classées comme étant des outils de soutien pour les décideurs, car
elles parviennent à filtrer les meilleures solutions possibles et montrer les avantages et les
inconvénients associés à chacune d’elles. Généralement, une méthode d’aide à la décision
inclut les étapes suivantes (Recchia et al., 2011 ; Zopounidis et Pardalos, 2010):
- L’identification du problème ;
- L’identification et la définition des variables d’étude ;
- La définition des objectifs;
- La résolution de la nature contradictoire des différents critères (par exemple le confort
intérieur et les besoins énergétiques, la consommation d'énergie et les coûts
d'investissement, etc.) ;
- L’identification des solutions compromis et l’analyse des conséquences des solutions ;
- La discussion et l’analyse des résultats obtenus ;
- L’aide à la prise de décision.

2-6-2) Formulation d'un problème d’aide à la décision


La formulation d'un problème d’aide à la décision est définie par l’espace de recherche,
l’espace des objectifs et la relation entre les deux. L’espace de recherche représente
l’ensemble des solutions possibles qui sont définies à partir des intervalles de variation des
paramètres intrinsèques du problème. Le nombre et la nature des variables (continues et/ou
discrètes) déterminent la dimension et la nature de cette espace. L’espace des objectifs est
caractérisé par les critères de décision. Ces derniers sont définis comme des fonctions

64
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

mathématiques permettant d’évaluer quantitativement ou qualitativement les performances


des solutions du problème. La dimension de cet espace dépend du nombre des critères de
décision.
Dans le domaine de l’énergétique du bâtiment, l’espace de recherche est déterminé par les
variables d’études qui peuvent être des paramètres liés à l’enveloppe et/ou à des systèmes de
ventilation ou de production de l’énergie. Alors que les critères sont à définir par les
décideurs. Comme nous l’avons cité précédemment pour la conception d’un bâtiment durable,
les critères économiques, sociaux et environnementaux doivent être pris en considération. La
relation entre les deux espaces fait appel aux méthodes et outils de prédiction du
comportement énergétique du bâtiment ainsi qu’aux calculs économiques et
environnementaux (voir tableau 6) (Romani, 2015).
Tableau 6. Méthodes pour l’aide multicritère à la décision (Source : l’Auteur d’après Romani,2015 ; Seddiki et
al., 2016 ;
Approches par
itération de simulations
Approches par analyse Approche du critère
multicritère de la unique de synthèse
décision (MCDA) Approche du sur-
classement
Approche du jugement
local interactif
Approche par Formulation d’un
l’optimisation problème d’optimisation
multicritère Algorithmes Méthodes exactes
d’optimisation

Méthodes Méthode du simplex Nelder


déterministes Mead
Les méthodes de gradient
Métaheuristiques Recuit simulé
stochastiques Méthode Tabou
Algorithmes génétiques
Autres méthodes comme la
méthode de la colonie de
fourmis, l’essaim de
particules ou encore les
réseaux de
Approches de résolution Méthodes Agrégées Méthode des sommes
pondérée
Méthode de la distance à un
objectif de référence
Méthode du compromis
Méthode de but à atteindre
Approche hybride

65
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

2-6-3) Approches par itération de simulations


L’aide à la décision dans cette approche est basée sur l’itération de simulations de bâtiment à
partir d’une configuration de référence. Une procédure itérative de recherche de solution est
donc effectuée jusqu’à identifier une configuration satisfaisante. Ensuite, une série de
recommandations sont définies en utilisant l'analyse énergétique de simulation. Dans le cas où
la solution ne convient pas, il faut alors générer une autre solution de référence ou la
redéfinition d’autres objectifs d’évaluation. Des études paramétriques ou des arbres de
décision peuvent être utilisés pour guider les concepteurs dans la génération de programmes.
Par exemple, Rosenfeld et Shohet (Rosenfeld, Shohet, 1999) proposent une méthodologie
d’aide à la décision pour la réhabilitation des bâtiments existants basée sur quatre étapes :
 Etude préliminaire ;
 Evaluation et classement ;
 Génération des alternatives de réhabilitation ;
 Comparaison technico-économique des solutions générées (Romani, 2016).

2-7) Optimisation multi-objectif (OMO) de la performance énergétique :


D’après Fontes et Gaspar-Cunha (2010) 3, la plupart des problèmes d'optimisation du monde
réel sont multi-objectifs car ils nécessitent la satisfaction simultanée de plusieurs objectifs.
L'approche la plus courante pour traiter la nature multi-objective de ces problèmes consiste à
regrouper les différents objectifs individuels en une fonction unique afin de former un
problème d'optimisation à objectif unique. Dans ce cas, il est nécessaire de définir a priori un
compromis entre les objectifs considérés. Si l'importance relative des critères est modifiée, un
nouveau cycle d'optimisation doit être effectué.
Après avoir utilisé des techniques évolutives pour l'optimisation mono-objectif pendant plus
de deux décennies, l'incorporation de plus d'un objectif est finalement devenue un domaine de
recherche populaire. En conséquence, de nombreuses nouvelles approches basées sur
l'évolution et des variantes de techniques existantes ont récemment été publiées
En ce qui concerne les problèmes d'optimisation multi-objectifs, ils ont également l'avantage
de travailler avec une population de solutions plutôt qu'avec une solution unique. La
possibilité de rechercher simultanément différentes régions d'un espace de solution permet
non seulement de trouver un ensemble de solutions diverses, mais aussi de résoudre des
problèmes avec des espaces de solutions non convexes, discontinues et multimodales.

3
Pour plus de détail voir : RECCHIA L., BONCINELLI P., CINI E., VIERI M., PEGNA F. G. et SARRI D.
(2011), General Theory of Multicriteria Analysis and Life Cycle Assessment. In : Multicriteria Analysis and LCA
Techniques. Chapitre 10 : On Multi-Objective Evolutionary Algorithms, pp.287-310

66
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

L'optimisation multi-objectifs, comme son nom l'indique, consiste à rechercher


systématiquement et simultanément une ou plusieurs meilleures solutions par rapport à deux
fonctions objectives ou plus. Les problèmes d'optimisation multi-objectifs sont
fondamentalement différents des problèmes d'optimisation d'objectif unique. L'optimisation à
objectif unique identifie une seule solution globalement optimale. Cependant, les problèmes
d'optimisation multi-objectifs impliquent souvent de multiples objectifs concurrents,
contradictoires et incommensurables (Wu, 2016). Gossard et al. (2013) ont adopté une
méthodologie qui associe un réseau neuronal artificiel et l'algorithme génétique NSGA-II
pour réduire les besoins informatiques d'une habitation pour deux climats français, Nancy
(continentale) et Nice (Méditerranée). Les solutions optimales sont comparées à celles de
l'optimisation mono-objectif en utilisant une méthode agrégée et un problème de contrainte
dans GenOpt. La comparaison montre clairement l'importance d'une optimisation multi-
objectif.
L'optimisation multi-objectif (OMO) est sans aucun doute un sujet de recherche très important
à la fois pour les scientifiques et les praticiens, non seulement en raison de l'objectif multi-
objectif.

2-8) Méthode et outils d’évaluation de la performance énergétique de son immeuble :


Beaucoup d’études ont été élaboré à l’échelle internationale, régionale et locale pour
améliorer la performance énergétique dans les bâtiments d’habitat existants. Toutes ces études
ciblent à aider à la prise de décision pour le choix des combinaisons appropriées des mesures
d’efficacité énergétique. Les méthodes et l’efficacité énergétique varient d’une étude à l’autre.
Les méthodes les plus utilisées évaluent les performances d’un bâtiment sur des aspects
énergétiques, d’autres méthodes multicritères évaluent plus largement les impacts
environnementaux (Chalifour et al., 2010):

2-8-1) Le balisage appelé aussi «benchmarking» : (Tereci et al., 2013)


Qui signifie analyse comparative- permet de comparer la consommation d’énergie au m²
de son immeuble avec celles de ses pairs (Chalifour et al., 2010). C’est donc une démarche
d’évaluation fondée sur des comparaisons d’informations. Ces informations peuvent être «
internes », pour un ensemble de bâtiments d’un patrimoine immobilier par exemple, ou «
externes », à partir de données autres : bâtiments du même type, réglementation, …

67
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

La finalité est d’optimiser la gestion à la fois d’un bâtiment, mais l’outil peut s’appliquer à
l’échelle du patrimoine (ECOWEB, 2002). La méthode s’appuie sur l’analyse d’écarts, ce qui
permet de :
- Positionner les performances de son immeuble dans le groupe ;
- Analyser ces performances à des fins d’optimisation en le comparant avec les meilleurs de
ses pairs ;
- Établir d’une manière approximative le potentiel d’économies qu’il y aurait à atteindre des
niveaux de performances supérieures et de décider des actions à mener à court, moyen et
long terme (Mandallena, 2006).

a) Benchmarking de réglementations thermiques internationales et des labels et


certificats d’économie d’énergie
La recherche d’une alternative écologique dans le secteur du bâtiment s’inscrit dans le cadre
de réflexions menées à l’échelle internationale. En Europe, les premières réglementations
concernant l’isolation thermique ont été introduites après la crise pétrolière de 1973. Elles
concernaient généralement l’habitat et ont favorisé une baisse sensible des dépenses
énergétiques (Gauzin-Muller, 2001). Mais, la complexité de la réglementation énergétique, le
faible niveau des performances exigées par celle-ci ainsi que l’absence de contrôle du respect
des réglementations et des performances des bâtiments ont entrainé la création de
certifications et des labels 4. Les labels et les certifications ne se justifient que s’ils vont au-
delà de la réglementation (Charlot-Valdieu et Outrequin, 2011). Ces labels ou référentiels
proposent de respecter tout au long de l’élaboration du projet de construction des valeurs
garde-fous (étanchéité à l’air, efficacité des vitrages, mode de chauffage, Ubât, etc.) afin
d’atteindre une consommation énergétique très réduite. La certification, qui intervient lorsque
la construction est achevée, permet de vérifier que le référentiel a été bien suivi et que
l’objectif de la consommation prévu est atteint (Bertucci et Ogier, 2010).
Compte tenu des enjeux énergétiques que couvre le secteur des bâtiments dans les pays en
développement et tout particulièrement dans les pays du sud de la méditerranée, la plupart de
ces derniers ont adopté des mesures d’ordre réglementaire ou normatif pour l’efficacité
énergétique dans les bâtiments. Toutefois, dans la réalité, le niveau d’opérationnalité de ces
mesures diffère sensiblement d’un pays à un autre. Les deux pays où la réglementation
4
Les labels comme les certifications sont des marques, des outils de communication. Matérialisée par un nom et un logo, la
marque peut être apposée sur des produits ou bâtiments (comme HQE® Haute Qualité Environnementale ou LEED:
Leadership in Energy and Environmental Design, par exemple) ou sur services ou démarches (comme HQE®, par exemple)
(Charlot-Valdieu et Outrequin, 2011).

68
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

thermique est relativement bien appliquée sont la Turquie et la Tunisie. En effet, dans ces
deux pays, la réglementation a été élaborée selon un processus global basé sur une large
concertation avec l’ensemble des parties prenantes et associée à des programmes
d’accompagnement et renforcement des capacités des concepteurs, des opérateurs et des
fournisseurs des matériaux d’isolation. De manière générale, le retour d’expériences de ces
pays montre l’importance de la qualité du processus d’élaboration de la réglementation
comme un facteur clé de son applicabilité effective (Voir tableaux 7 et 8).

Tableau 7. Benchmarking des réglementations thermiques internationales et des labels et référentiels d’économie d’énergie
existants (source: Auteur d’après Bertucci et Ogier (2010), Charlot-Valdieu et Outrequin (2011), ANER, 2012)).
kWh/m². Labels & référentiel Objectifs de consommation Certification/promotion Équipements concernés
an Critères pris en compte
• Système
a
80-250 RT 2005 (France 2005) 80 à 250kWh/(m² an) selon les zones Isolation thermique, introduction de
(arrêté : Mai 2006 pour climatiques de la bioclimatique et les énergies chauffage/refroidissement ;
le neuf, Mai 2007 pour renouvelables. • Production de l’eau
la rénovation) chaude sanitaire ;
231 Certification PH & Eb C’est réservé aux propriétaires des Qualitel- Cerqual Patrimoinec
logements collectifs et peut couvrir la
copropriété. Pour obtenir cette
(France)
certification, il faut avoir une • + eaux. l’éclairage pour
consommation énergétique inférieure à Effinergie
231kWh/m² an.
72-225 HPEd /HPE EnRe -RT2005 -10%
(France) Pour la THPE EnR, 50% de l’énergie de
(arrêté: 2007 pour le chauffage doit provenir de la biomasse ou
neuf), d’un réseau de chaleur utilisant plus de
HPE rénovation 60% d’énergies renouvelables. Exprimé en énergie
(arrêté : Septembre 2009 -HPE rénovation: consommation primaire.
pour la rénovation: pour maximale 150kWh/(m² y), selon l’altitude
les bâtiments construits et les zones climatiques.
après 1948)
56-200 THPEf / THPE EnR RT 2005 -20% (-30% pour le THPE EnR)
(France)
(arrêté : Mai2007)
80-150 PC & PC & Eg Les niveaux de performance demandés Qualitel- Cerqual Patrimoine
sont les suivant : Ces nouvelles certifications
- 1 étoile : minima techniques liés à la concernent six thèmes: la
(France)
présence d’isolation (toiture ou façade, performance énergétique ;
double vitrage ou mise en œuvre d’un l’accessibilité et la qualité d’usage
CPE ; (personnes âgées et handicapées) ;
- 2 étoiles réalisation d’un bouquet de la santé (qualité sanitaire) et la
travaux avec une performance sécurité (incendie) ; le clos et
minimale ; couvert (choix des matériaux,
- 3 étoiles moins de 150kWh/[Link] en façade, couverture et garde-
énergie primaire pondérés (zones corps) ; l’équipement et le confort
climatiques, altitude) ; des parties communes (ascenseur,
- 4 étoiles moins de 80 kWh/[Link] en locaux des déchets ménagers,
énergie primaire pondérés éclairage) ; l’acoustique.
105-125 RTETBNh la réglementation doit cibler la classe 5 Isolation thermique, introduction • Système de
(Tunisie 2008) (105-125kWh/(m² an)) en 2008 selon les de la bioclimatique, éclairage chauffage/refroidissement
zones climatiques. économe et les énergies • Exprimé en énergie
85-95 RTETBN la réglementation doit cibler la classe 3 renouvelables. primaire.
(Tunisie 2010) (85-95kWh/(m² an)) in 2010 selon les
zones climatiques.
RTETBN 2008 -25%
40-125 BBCi (France) - Dans les logements, la consommation Certivéa- Cerqual – Céquamij- • Système de
(arrêté : Mai 2007 pour énergétiques varie entre 40 à 70 kWh/(m² Promotéleck. chauffage/refroidissement ;
le neuf), an), selon l’altitude et les zones Référentiel mis en place par • Production de l’eau
BBC renovation climatiques Effinergie®l. chaude sanitaire ;
(Decision: September -BBC rénovation: consommation Critères: isolation thermique, • + aux. l’éclairage pour
2009 for the renovation : maximale 80kWh/(m² an), selon l’altitude énergies renouvelables, Effinergie
for buildings built after et les zones climatiques. Bioclimatique, étanchéité à l’air, Exprimé en énergie
1948) Pour le tertiaire la consommation ventilation, la qualité globale du primaire.
énergétique globale = RT2005 -50%. bâtiment.

69
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

<75 RTETBN 2012 la réglementation doit cibler la classe 1 Isolation thermique, introduction • Système de
(<75 kWh/m² an) en 2012 selon les zones de la bioclimatique, éclairage chauffage/refroidissement ;
climatiques. économe et les énergies • Exprimé en énergie
(Tunisie 2012)
renouvelables. primaire.
RTETBN 2008 -40%
40-65 RT 2012 (France) 40 à 65 kWh/(m² an) selon les zones Isolation thermique, introduction • Système de
(arête: Avril 2013 pour climatiques. de la bioclimatique et EnR. chauffage/refroidissement ;
le neuf, Janvier 2013 • Production de l’eau
pour la rénovation) chaude sanitaire ;
• + aux. l’éclairage pour
Effinergie
• Exprimé en énergie
primaire.
40-80 Minergie®m Énergie primaire pour le logement : Prioriterre (Haute-Savoie) • Système de
(Suisse 1996) - neuf: entre 40 à 45 kWh/ (m² an) Criterie: étanchéité à l’air (sauf chauffage/refroidissement ;
- Rénovation : 60 kWh/(m² an) Minergie®), aération douce, • Production de l’eau
30 Minergie P® (plus) Énergie primaire: neuf : 30kWh/(m² an) énergie renouvelable, limitation chaude sanitaire ;
(2003) des ponts thermiques. • Electricité pour la
30 Minergie ECO® (2006) A destination des bâtiments administratifs + équipements et éclairage ventilation ;
et locatifs, les écoles. reprend Minergie® économes pour Minergie P® le calcul inclut la
et Minergie P® avec des matériaux sains Minergie Eco : lumière du jour, production d’électricité
et écologiques. protection anti bruit, qualité d’air, photovoltaïque
de construction.
15 Passivhaus®n Besoin brut en chauffage: maximum of La Maison passive France • Système de
(Allemagne 1990) 15kWh/m² an (quelles que soient l’altitude (LaMP®). chauffage/refroidissement ;
et la zone climatique) Critères: étanchéité à l’air, • Ventilation ;
Maison passive (France
isolation, suppression des ponts • (*) + Production de l’eau
thermiques, l’orientation par chaude sanitaire ;
2007) Energie primaire Total, equipments
includs: maximum de 120kWh/(m²an)(*).
rapport au soleil, ventilation, • Tous les équipements de
électroménager performant. la maison.
a. Réglementation Thermique Française; b. Patrimoine Habitat et Patrimoine Habitat & Environnement ; c. est une filiale de l’association Qualitel; d.
Haute Performance énergétique; e. Energie Renouvelable; f. Très Haute Performance; g. Patrimoine copropriété et Patrimoine copropriété environnement;
h. Réglementation Thermique et Energétique Tunisienne des bâtiments neufs ; i. Bâtiment basse consommation: le label BBC, le label environnement: est
un label français; j. Certification qualité en maisons individuelles, filiale du CSTB et de l’association Qualitel, créée en 1999, est mandatée par Afnor
Certification, propriétaire de marque NF Maison individuelle et démarche HQE® pour l’existant. Certification de qualité dans les maisons individuelles; k.
Promotelec est une association dont l’objet est de promouvoir les usages de l’électricité dans le bâtiment résidentiel et petit tertiaire; l. est une association
dont le but est de « promouvoir de façon dynamique les constructions à basse consommation d’énergie en neuf et en rénovation, et de développer en France
un référentiel de performance énergétique des bâtiments neufs ou existants ». Le label BBC a été créé par l’association en 2007; m. L’association
Prioriterre délivre le label Minergie issu du label suisse éponyme; n. est une norme allemande qui a été initie en 1989 par Wolfgang Feist (directeur du
passivhaus Institut), est le meilleur critère de performance au monde pour les économies d’énergie. Ces limites de consommation d’énergie de chauffage et
de rafraichissement sont 80% de moins que pour une Low Energy House environ six fois moins que ce qui est prévu par la réglementation thermique
française (RT2000) et quatre fois moins que la valeur réglementaire allemande.

70
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

Tableau 8. Comparaison du coefficient de transfert thermique maximal des enveloppes de bâtiments (valeur U, W / m²K) autorisé dans certains pays développés et en développement (source: auteur
en fonction de leurs réglementations thermiques).
États Rapport fenȇtre / Toit Murs Vitrage R minimale du Facteur de Correction
mur (WWR) (W/m2.K) extérieurs (W/m2.k) plancher bas CF de vitrage
(W/m2.k) (m2.k/W)
Belgique Wallonie 0.24 0.24 1.1 1.75
(à partir de 01/01/ 2014)
Canada 0.40~0.23 0.36 2.86
Suède Du sud 0.12 0.17 2.5
Suisse Minergie 0.2 0.2 1.1 3.33-5
France réhabilitation 0.19 0.25 1.6 5.3 Sw 0.1 - 0.5
Transmission lumineuse : 0.5 à 0.7
-Occultation : obligatoires
-Protection solaire : obligatoire pour le
confort d’été
France Hypothèses de calcul pour respecter 0.20 0.33 1.70 4
THPE 60 kWh/m².an pour le chauffage.
France Hypothèses de calcul pour respecter 0.15 0.2 1.40 5
BBC- 20 kWh/m².an pour le chauffage. 0.15-0.1 0.31-0.18 1.7-0.7 2.4-4
Effinergie
Japon Hokkaido, 0.23 0.42 2.33
chine Pékin South : 0.50 0.6-0.8 0.82-1.16 4 2 North : 0.76-0.86
South-Est : 0.35 Est/West : 0.57-0.74
Other directions : 0.30 South : 0.18-0.5
Harbin 0.3-0.5 0.40-0.50 2.5
Allemagne 0.1-0.15 0.1-0.15 0.5-0.7 6.66-10
Tunisie Zone climatique réglementaire ZT2 Bas ≤ 0,75 ≤ 1,10 ≤ 3,20 ≤ 0,95
≤ 0,75 ≤ 0,80 ≤ 6,20 ≤ 0,95
Medium ≤ 0,75 ≤ 1,10 ≤ 3,20 ≤ 0,70
Haut ≤ 0,75 ≤ 0,70 ≤ 3,20 ≤ 0,70
Très haut ≤ 0,65 ≤ 0,70 ≤ 1,90 ≤ 0,60
Maroc Zone climatique réglementaire ZT3 ≤ 15% ≤ 0,65 ≤ 0,80 ≤ 3,30 ≥ 0,75 NE
(Climat similaire à celui de 16-25 % ≤ 0,65 ≤ 0,80 ≤ 3,30 ≥ 0,75 North : NE
Tlemcen: Oujda) E , W, S : ≤ 0,7
26-35 % ≤ 0,65 ≤ 0,70 ≤ 2,60 ≥ 0,75 North : NE
E , W, S : ≤ 0,5
36-45 % ≤ 0,55 ≤ 0,60 ≤ 1,90 ≥ 0,75 North : ≤ 0,7
E , W, S: ≤ 0,5

71
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

72
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

D’après une étude menée par Grundström et al. en (2003) la réglementation algérienne
s’inspire en grande partie de la réglementation française, par contre les méthodes de calcul
utilisées sont plus simples, elle autorise, tout du moins dans certaines limites, le calcul
informatisé des besoins de chauffage. Ceci est un point positif puisque cela permet de profiter
de l’inertie thermique d’un bâtiment, un facteur très important étant donné le type de climat et
de constructions existants en Algérie.
Après avoir comparé les réglementations de six pays (l’Algérie, les Etats-Unis, la France, la
Grande-Bretagne, le Liban et la Suède), les auteurs ont constaté que chaque réglementation
présente :
· Un découpage climatique basé sur la notion de degrés-jours de chauffage (DJCH), sauf la
grande Bretagne et la Suède qui appliquent leurs codes sans zonage climatique,
· Des exigences différentes en matière d’isolation thermique des différentes parois du
bâtiment (Coefficient U en fonction des zones climatiques),
· Des conventions de calcul différentes, notamment le coefficient d’échange superficiel
intérieur et extérieur,
· Différents critères réglementaires à satisfaire qu’il s’agisse des déperditions thermiques de
chaque paroi ou de la performance globale de toute la construction.

Bien que, l’Algérie était parmi les premier pays à avoir élaboré son cadre réglementaire et a
participé dans l’élaboration de la Réglementation thermique et énergétique Maghrébine des
bâtiments (RTMB 1), elle doit combler le retard par rapport aux autres pays ayant mis en
œuvre des réglementations thermiques des bâtiments obligatoires.
Dans la présente étude, nous allons nous référer à deux labels régionaux : le label BBC et le
label tunisien. Le label BBC classifie le logement en termes de sa performance énergétique et
de la quantité des gaz à effet de serre émise par le moyen de diagnostique de performance
énergétique (DPE). Introduit en 2006 dans le code français de la construction et de l’habitat,
le DPE vise à informer les futurs locataires ou propriétaires des nouveaux ou des anciens
logements de leur moyenne de consommation d’énergie. Il permet d’évaluer et de classer les

1
Réglementation thermique et énergétique Maghrébine des bâtiments engagée depuis Septembre 1991, avec le soutien du
programme SYNERGY de la direction générale d’énergie (DGXII), de la commission Européenne et sous la responsabilité
nationale de :
• L’Agence Nationale de la Promotion et Rationalisation de l’Utilisation de l’Energie pour l’Algérie ;
• Centre de Développement des Energies Renouvelables pour le Maroc et
• L’Agence Nationales des Energies Renouvelables ANER) pour la Tunisie.
Ce projet a pour objectif l’élaboration d’une réglementation pour l’amélioration du confort thermique et la maitrise de
l’énergie dans les bâtiments neufs des secteurs résidentiel et tertiaire et ceci par la proposition des techniques de construction
et des formes architecturales adaptées aux conditions climatiques et socioculturelles. Ce projet constitue le point de départ du
label tunisien (Agence Nationale des Energies Renouvelables, 2004).

72
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

logements selon leur performance d’énergie (principalement thermique) et de leur impact sur
l’environnement (Schneider Electric, 2011). Il comporte deux étiquettes : L’étiquette
“consommation d’énergie” constitue un indicateur de consommation d’énergie d’un
logement. Classée de A à G, elle permet de connaitre le niveau de consommation énergétique.
Le chiffre indique l’émission en kWh EP /m².an. Lié avec la couleur verte, la lettre A indique le
logement le plus économe, ayant une énergie primaire inférieur à 50kWh EP /[Link]. À
l’opposé, la lettre G avec une couleur rouge, désigne le logement le plus énergivore, ayant une
consommation supérieure à 450 kWh EP /[Link]. L’étiquette climat « émission de gaz à effet de
serre (GES) » classée de A à G, permet de connaitre l’impact des consommations sur l’effet
de serre. Le chiffre indique l’émission en kg éq CO2 /m².an (Union des Constructeurs
Immobiliers UCI-FFB, 2009) (voir figure 19).

Figure 19. Représentation


schématique des étiquettes
énergie et climat du label
BBC (Union des
Constructeurs Immobiliers
UCI-FFB, 2009).
En ce qui concerne le label tunisien, le premier projet régional RTMB financé par l’Union
européenne a permis à l’ANME de définir un zonage climatique de la Tunisie, les exigences
de confort adaptées au contexte tunisien et des règles simples de conception architecturale,
qui permettent d’avoir un confort thermique raisonnable en l’absence de chauffage et de
climatisation. Plutôt que de procéder à la promulgation d’une réglementation minimale à
l’issue du projet RTMB, la Tunisie s’est en fait orientée vers la poursuite du processus
expérimental en approfondissant l’élaboration d’une réglementation optimale avec la création
d’outils techniques spécifiques, d’un label ainsi que la mise en place d’opérations pilotes.
L’établissement de labels résidentiels et tertiaires a été accompagné de l’élaboration de
méthodes de calcul simplifiées et de trois logiciels spécifiques afin d’évaluer le niveau de
performance d’un bâtiment et de le classer selon la grille du label. Le label proposé pour les
bâtiments comporte huit classes de performance, avec un niveau 5 correspondant à la future
réglementation minimale, quatre classes de bonnes performances énergétiques et trois classes
de mauvaises performances (voir figure 20), et s’inspire de celui mis en place pour la
certification des réfrigérateurs par l’ANME, facilitant ainsi l’effort de communication. Le

73
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

label présente deux intérêts majeurs : renforcer progressivement la réglementation (classe 5 en


2008, classe 3 en 2010 et classe 1 en 2012) et récompenser les promoteurs anticipant les
normes en certifiant leurs bâtiments (Ries et Szynkier, 2008).

>75kWh/m². year

75 – 85 kWh/m². year

85 – 95 kWh/m². year

95 – 105 kWh/m². year


Figure 20. Représentation
105 – 125 kWh/m². year schématique du label
125 – 150 kWh/m². year tunisien (Source : Agence
150 - 180 kWh/m². year nationale de la maîtrise de
< 180kWh/m². year
l’énergie (ANME)
tunisienne).

2-8-2) Le suivi des consommations par rapport à une année de référence : (Shorrock and
Dunster, 1997; Boardman et al., 2005);
Est une approche qui fait appel aux principes de la comptabilité énergétique. Ce suivi
nécessite des ajustements aux consommations de l’année de références pour tenir compte de
l’évolution des principaux paramètres qui influencent la consommation d’énergie tels les
degrés jours de chauffage ou le taux d’occupation de l’édifice (Chalifour et al., 2010).

2-8-3) Les audits : (Belpoliti and Bizzarri, 2015; Terés-Zubiaga et al., 2015)
a) Les audits énergétiques :
Méthode focalisant sur le domaine des énergies. Il s’agit d’une évaluation des performances
énergétiques d’un site par un diagnostic à partir des consommations (facturées et mesurées),
d’analyses et de préconisations. L’objectif est de diminuer les charges énergétiques sans nuire
au confort. Il peut donc s’agir uniquement d’une optimisation tarifaire de contrat

b) Les audits environnementaux :


Le principe est le même que l’audit énergétique, mais les performances sont estimées sur une
méthode définissant des critères environnementaux et en attribuant des points sur chaque
critère en fonction du respect d’un certain nombre de conditions : solutions techniques, seuils
de performance, choix de matériaux, etc. C’est le cas des outils BREEAM ou LEED
(Mandallena C., 2006).

74
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

- Objectif de l’audit énergétique dans le bâtiment :


L'audit énergétique, doit permettre, à
partir d’une analyse détaillée des
données du site, de dresser une
proposition chiffrée et argumentée de
programme(s) d’économie d’énergie et
amener le maître d'ouvrage à décider des
investissements appropriés. Pour
améliorer la conception climatique dans
une situation spécifique, une méthode
Figure 21. Le «triangle». Relation entre les « trois pierres
proposée par Rosenlund (2000) pour angulaires » de l'étude: Mesures sur le terrain, études
Paramétriques et Bâtiment expérimental (Source :
développer une base de connaissances
Rosenlund, 2000).
détaillée sur la performance thermique
des bâtiments est basée sur Rosenlund (1995)

et comporte trois parties principales, les ‘trois pierres angulaires'. Les interconnexions entre
ces «pierres angulaires» et le processus d'apprentissage étape par étape sont illustrés à la
figure 21.

L'audit énergétique est un préalable à:


• l'avant projet sommaire,
• l’étude d'ingénierie,
• la mise en place d'une comptabilité énergétique,
Il aide le maître d'ouvrage à décider, en connaissance de cause, chiffres à l’appui du
programme des interventions que nécessite son bâtiment.
Un audit est, en général, réalisé en trois phases :
1. Phase 1, familiarisation avec la construction : visite des locaux, recueil des factures
énergétique, listing des équipements techniques, recueil des plans d’architecture,
analyse comportementale des occupants (Denker et al., 2014) par ex. le nombre de
personnes, les modèles d'activité et d'occupation, l'ouverture et la fermeture de fenêtres
et des volets ou la gestion d'autres appareils passifs ou actifs, etc. Dans cette phase, des
informations sont collectées sur le climat extérieur au niveau micro et le climat
intérieur normalement rencontré par la population. Les mesures peuvent avoir lieu
dans un certain nombre d'objets, tels que des bâtiments traditionnels et modernes, et

75
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

des différences entre ces types peuvent ainsi être révélées. Une gamme de confort de
base et des écarts possibles par rapport aux normes normales peut être établie au
moyen d'entrevues (Rosenlund, 2000);
2. Phase 2, analyse et traitement des données : analyse des factures, tracé de l’évolution
des consommations, simulations thermiques, évaluation du bilan thermique,
thermographie pour le bâtiment le nécessitant, répartition des consommations par
poste (qui consomme quoi et comment ?), choix des actions à entreprendre et à
proposer avec les décideurs. Phase 3, réalisation de « fiches actions » à court, moyen
et long termes, calcul des investissements, des économies envisageables et donc, des
temps de retour sur l’investissement, mise en relation avec les professionnels
compétents pour la mise en œuvre des actions techniques avec devis (Op. cit., 2014).
ces propositions sont présentées à part, dans le rapport de synthèse directement
utilisable par le maître d'ouvrage, pour lui permettre d'orienter son choix de travaux
dans les meilleures conditions de coût, de rentabilité et de délai, accompagnées d'un
outil de suivi des consommations permettant d'en apprécier les résultats.
2-8-4) Post Occupancy Evaluation: (Elsharkawy and Rutherford, 2015)
La « Post Occupancy Evaluation », ou POE, est une méthode basée sur la synthèse de
l’expérience et de la satisfaction des occupants et gestionnaires techniques d’un bâtiment. Elle
fait également appel à des mesures physiques dans certains cas. Elle est conduite par une
personne dans la première année de vie de l’activité hébergée par le bâtiment (ce qui veut dire
qu’elle s’applique à une entreprise qui déménage par exemple) et s’appuie sur une enquête qui
se veut complète sur la qualité du bâtiment, à travers des éléments techniques, des éléments de
confort, d’adaptation du bâtiment à l’activité qui s’y déroule, ce qui suppose une série
d’indicateurs économiques et sociétaux (Mandallena C., 2006).

2-8-5) Méthode d’Analyse de Cycle de Vie : Hamdy et al., 2011; Jaber and Ajib, 2011;
Huang et al., 2012; Ramesh et al., 2012; Berggren, 2013; Junghans, 2013; Lewandowska et
al., 2013)
L’analyse de cycle de vie est un raisonnement d’évaluation des impacts environnementaux
d’un objet ou d’un système évalué dit « du berceau à la tombe ». Cette méthode dépend donc
de la définition du périmètre d’étude de l’objet et de la précision de l’état des connaissances à
la fois sur :a) Les facteurs d’émission à l’environnement ; b) Les impacts environnementaux
engendrés. C’est actuellement une méthode largement utilisée pour des outils de management
et d'aide à la décision, et a donné lieu à la méthode normative ISO 14040. (Ibid., 2006).

76
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

2-8-6) Empreinte écologique : (Konstantinouand Knaack, 2011)


L’empreinte écologique est basée sur une méthode d’évaluation de la pression qu’exerce
l’homme sur la nature, et s’exprime en terme d’équivalent surface terrestre. Cet outil évalue la
surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de
ressources et à ses besoins d’absorption de déchets. Le principe est donc en résumé : quelle
taille devrait avoir une île pour assurer la survie d’un nombre donné de personnes sans que
cette communauté ne consomme et dégrade irrémédiablement son environnement ? Cette
taille est l’empreinte écologique de l’activité d'une société dans des conditions de vie données
(Ibid., 2006).

2-8-7) Outils de calcul : Les outils réglementaires


a) Système d’évaluation de l’efficacité énergétique dans les bâtiments (Cadre du
concours d’architecture)
Un système d’évaluation de l’efficacité énergétique et la durabilité basé notamment sur un
ensemble de critères tenant compte des aspects architecturaux et technique mais aussi
économiques, environnementaux et novateurs relatifs à la consommation de l’énergie dans le
bâtiment a été élaboré par un groupe d'experts de l'Agence nationale pour la promotion et la
rationalisation de l'énergie (Aprue), du Centre de développement des énergies renouvelables
(CDER), du Centre national des études et de la recherche en industrie de bâtiment (CNERIB),
de l'agence allemande de coopération au développement (GIZ) ainsi que par la Banque
d'Algérie. le document cite 14 critères d'évaluation de l'efficacité énergétique dans le bâtiment
tels que la protection thermique en été, les besoins en énergie en hiver selon les saisons, les
émissions de CO 2 , l'utilisation des énergies renouvelables et la puissance électrique..
L'objectif est d’apporter une assistance technique aux opérateurs du secteur du bâtiment en
leur offrant des outils opérationnels adéquats et performants, permettant la mise en œuvre des
exigences de l’efficacité énergétique, la promotion des énergies renouvelables, la protection
du climat et la préservation des ressources naturelles.
Les mesures prises dans ce cadre devront être appliquées aux projets actuels et futurs en
incluant dans ce mécanisme tous les partenaires intervenant dans les secteurs connexes.
Chaque critère comporte un ou plusieurs indicateurs quantitatifs ou qualitatifs, liés aux
caractéristiques architecturales et techniques de l´édifice ainsi que les caractéristiques des
équipements et des matériaux susceptibles d’être utilisés.
Tous les critères sont en conformité avec les normes et les documents techniques
réglementaires nationaux et internationaux en vigueur.

77
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

Des critères relatifs au confort thermique, á la protection de l’environnement et aux aspects


économique et novateur ont également été développés.
Ce système sera utilisé comme outil d’évaluation du cas d’étude dans le chapitre 5. Le tableau
9 illustre la structure du système. Pour plus de détails voir l’annexe C.

Tableau 9. Désignation du groupe de critères

Groupe de critères Critères Désignation

Architecture 1 Compacité du projet


Energie 2 Les apports à travers les parois vitrées
Energie 3 Les apports à travers les parois opaques
Energie 4 Protection thermique en été
Energie 5 Les besoins d’énergie en hiver
Energie 6 Les besoins d’énergie en été
Environnement 7 CO 2 - émissions
Energie 8 Energies Renouvelables Thermique / Energie Environnement /
biomasse (été / Hiver)
Energie 9 La Puissance électrique (éclairage, ventilation, climatisation)
Économie 10 Économie (chauffage, électrique, l'eau chaude)
Environnement 11 Spécifications des éléments du bâtiment
Equipement 12 Spécifications des équipements du bâtiment
Confort 13 Confort
Architecture 14 Innovation

b) Calcul thermique du bâtiment : Application CTBAT


(selon les DTR C2-3 et C3-4)
En outre, les logiciels de calcul thermique utilisés dans d’autre pays ne répondent pas
exactement aux prescriptions de la réglementation nationale dans la mesure où les méthodes
de calculs et les bases de données utilisées sont, dans certains cas, différentes.
Afin de faciliter aux bureaux d’études, ainsi qu’à d’autres utilisateurs notamment des
auditeurs énergétiques ou des chercheurs, l’intégration des exigences des DTR et minimiser le
risque d’erreurs aussi bien dans l’interprétation des données que lors des calculs, et cela en
introduisant des hypothèses, il a été jugé opportun d’élaborer une application spécifique à
l’Algérie, l’application CT BAT. Cette application présente à l’utilisateur une interface
intuitive et ergonomique lui permettant de décrire les différentes composantes de son projet de
construction (voir figure 22) et effectuer pour lui les calculs thermiques nécessaires afin de
vérifier la conformité du bâtiment vis-à-vis de la réglementation thermique algérienne.

78
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

Paroi ou mur 1
Volume
thermique 1
Paroi ou mur n
Projet de
construction d'un
batiment Figure 22. Application CT
Paroi ou mur 1
BAT : structure et
volume
thermique n présentation interne des
Paroi ou mur n données (Source : Denker et
al., 2014).

2-8-8) Les outils non réglementaires : La simulation énergétique ou thermique


dynamique : (Yu et al., 2008; Wasilowski and Reinhart, 2009; Awadallah, 2011;
Griego et al., 2012; Charde and Gupta, 2013; Oropeza-Perez and Østergaard, 2014;
Belpoliti and Bizzarri, 2015).
La simulation énergétique en utilisant la méthode paramétrique pour évaluer l’influence des
caractéristiques de l’enveloppe sur le système de chauffage et de
rafraichissement/climatisation permet la comparaison de la consommation réelle de son
immeuble avec un modèle théorique établi par simulation. Ce genre d’évaluation requiert
généralement le concours de spécialistes. Il offre le grand avantage de faciliter le suivi des
économies d’énergie résultant des améliorations énergétiques importantes. Il devient alors un
puissant indicateur de la diminution ou de l’accroissement de la performance globale de
l’immeuble. Un suivi de cette nature réalisé en temps réel et au jour le jour devient un
puissant tableau de bord pour le personnel d’exploitation, l’éveillant rapidement à toute
anomalie de fonctionnement (Chalifour et al., 2010).

1) Modélisation paramétrique
L’étude paramétrique complète est la méthode la plus fiable et la plus précise pour identifier
les meilleures solutions du problème.
Un ensemble de paramètres pertinents peut être identifié lors de l'évaluation des résultats des
mesures sur le terrain. La deuxième «pierre angulaire», l'étude de modélisation paramétrique,
est un processus où l'influence de chaque paramètre (comme l'orientation, la taille des
fenêtres, les matériaux de construction ou la ventilation) sur le climat intérieur ou la
consommation d'énergie est évaluée. Après une première étape avec des études systématiques
de chaque paramètre individuel, un processus plus intuitif suit normalement, où des

79
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

combinaisons de paramètres sont étudiées. L'objectif est l'optimisation du système ou la


«meilleure solution possible» - et non l'optimisation d'éléments individuels.
De nouveaux concepts, matériaux et techniques de conception, ou des applications innovantes
des matériaux et techniques disponibles peuvent également être testés dans cette phase.
Les cas de référence devraient être simplifiés dans la mesure du possible pour être plus
représentatifs pour chacun des types de bâtiments, et être plus faciles à manipuler dans la
modélisation et les calculs informatiques.
Les cas de référence doivent être représentatifs en termes de:
· Concept général de construction: aménagement fonctionnel, orientation, détachement,
cours, etc.
· La taille de l'unité, les portées du toit, les hauteurs de plafond, etc.
· Les dimensions, l'orientation et l'ombrage des ouvertures,
· Matériaux de construction.
A partir d'un ou plusieurs cas de ligne de base, on étudie l'influence de la modification d'un
paramètre à la fois, comme la taille de la fenêtre ou le taux de ventilation. Cela peut donner
lieu à des réactions positives / négatives ou fortes / faibles, des dimensions optimales, etc.
Enfin, les résultats de ces types-bâtiments doivent être traduits en construction réelle et en
recommandations, souvent comme des règles empiriques, parfois quantifiées en normes et
réglementations (Rosenlund, 2000).

2) Logiciels de simulation :
* Généralité :
Pour permettre de choisir les actions à entreprendre dans le cadre d’un audit énergétique,
l’outil de base est la simulation thermique dynamique (STD). La STD permet de faire varier
la température des éléments composant un système selon les différentes lois régissant les
échanges thermiques (convection, conduction, rayonnement, changement d’état).
L'outil de Simulation Thermique Dynamique (STD) permet de modéliser les bâtiments et de
mesurer l'impact de chaque paramètre de la construction sur le niveau de performance
énergétique du bâti.
Ce sont des outils beaucoup plus sophistiqués que les modèles précédents. Radford (1978)
divise les aides à la conception de ce genre en trois catégories :
• Outil de simulation (Prédiction) ;
• Outil de génération ;
• Outil d’optimisation (Mazouz, 2007).

80
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

Bien qu’il y ait un grand nombre de logiciels de simulation de bâtiment sur le marché, la
plupart des outils commence à partir du même niveau et sont utilisé de la même manière. La
majorité des logiciels « climatiques » se classent dans les catégories de prédiction et
d’évaluation. Les modèles mathématiques qui forment les soubassements de ces logiciels
peuvent être répartis en catégories de base (S. Mazouz, 2007 d’après Sodha et al., 1986).
c) Méthodes Approximatives :
Parmi ces méthodes ont peut citer : la méthode de degrés-jours, Régime permanent, etc. qui
sont principalement destinés aux architectes. Elles sont utilisées pour prédire la
consommation énergétique moyenne d’un édifice et peuvent être d’une certaine aide dans les
premiers stades de l’esquisse.
d) Méthodes Analytique :
Les méthodes analytiques sont basées sur la résolution de l’équation de la chaleur, avec des
conditions limites appropriées. Pour des structures complexes, les méthodes des éléments finis
sont utilisées pour résoudre l’équation de la chaleur, ce qui nécessite l’utilisation
d’ordinateurs puissants. L’intérêt principal de ces méthodes, du point de vue de l’architecte,
est de permettre le développement de certaines règles empiriques, car elles ne s’appliquent
qu’à postériori ; c'est-à-dire qu’une fois que la forme de l’édifice dégagée et travaillée en
détail (Mazouz, 2007).
Les logiciels de simulation sont utilisés pour la vérification de code de compilation et les
calcules de chargement thermique pour dimensionner les systèmes CVC. L’effet de lumière
de jour et les gains de chaleur extérieur résultant de l’isolation thermique extérieure
présélectionnée, le ratio de la fenêtre au mur dans l’usage de l’énergie et aussi l’évaluation
des conforts thermique et visuel peuvent être modélisés numériquement en utilisant le
programme d’analyse horaire (HAP), Visual-DOE programs package (Awadallah, 2011).

* Exigence :
Le programme de simulation doit être un programme informatique pour l’analyse de la
consommation d’énergie dans le bâtiment et doit être approuvé par une autorité ayant
juridiction. Le programme de simulation doit modéliser les suivants :
• Le débit d’énergie dans une base horaire pour 8760 heures dans l’année ;
• Les variations horaires dans l’occupation, la puissance d’éclairage, la puissance des
divers équipements, les réglages de thermostat et l’opération du système CVC, définis
pour chaque jour de semaine et des jours fériés ;
• Les effets de la masse thermique ;

81
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

• Les zones thermiques ;


• La charge partielle la température dépendant de la performance des équipements de
chauffage et de climatisation ;
Toutes les caractéristiques de conception standard spécifiées dans ce bâtiment (Awadallah,
2011). Le tableau 10 présente des exemples de programmes de simulation des paramètres
thermiques d’un bâtiment :
Tableau 10. Exemple de programmes ou logiciels de modélisation des bâtiments (source : l’Auteur).

Programme Développé/Commercialisé par Applications

COMFIE Ecole des Mines de Paris Simulation de maisons solaires


DIAS 2.1 CUEPE, Université de Genève Données interactives
d’architecture solaire
TRNSYS Solar. Energy Lab. Simulation des systèmes
Université Wiscosin - Madison complexes de l’habitat
TSOL Valentin Energie software Simulation dynamique
des installations solaires
PVS2.001 Econcept Energieplannung GmbH Simulation des systèmes PV
ADELINE Lawrence Berkley Nat. Laboratory Simulation complète des bâtiments

DOE-2 Lawrence Berkley Nat. Laboratory Planification et recherche en énergie


METEONORM Meteotest, Berne, Suisse Modélisation des paramètres
climatiques
SPARK Lawrence Berkley Nat. Laboratory Systèmes complexes à objets orientés
Ecotect SquareOne panel d’analyses et de visualisations, dont
des calculs solaire, thermique, acoustique
et de coût
Energy plus US Department of Energy programme d’analyse et de simulation de
chargement thermique
DEROB-LTH Institut de technologie de Lund L'Université Simulation du comportement dynamique
de Lund La Suède complexe de bâtiments pour différents
modèles
DesignBuilder DesignBuilder Software Limited Simulation énergétique des bâtiments et un
outil de visualisation.

2-9) Conclusion :
Ce chapitre a présenté le concept de la réhabilitation thermique et énergétique dans le
bâtiment comme solution rationnelle d’économie d’énergie, ce qui présente un premier pas
pour la vérification de l’hypothèse principale de l’étude.
Afin de résoudre la problématique de maitrise d’énergie dans les bâtiments résidentiels, un
état de l’art a été présenté, décrivant les différentes méthodes, techniques et outils de
modélisation d’énergie. À la lumière de cette analyse bibliographique, il apparaît que le
recours au modèle bottom-up présente plusieurs avantages clés qui en font certainement
l’outil le plus approprié. En effet, nous nous concentrerons sur cette méthode, dans le chapitre
quatre, pour avoir une vue d'ensemble du parc immobilier de la ville de Tlemcen et de sa

82
Chapitre 2 : Etat de l’art Partie I

consommation énergétique afin d'améliorer la caractérisation du bâtiment, en augmentant la


représentation des typologies dans cette ville.
Cet inventaire partiel permet, également, de soulever un vide épistémique et un manque au
niveau local des études spécialisées approfondies à cet égard, et l’absence d’une approche
holistique d’une démarche d’évaluation durable de la performance thermique, énergétique et
environnementale (PEE) des bâtiments résidentiels appropriée au contexte algérien et
magrébin. Cependant, il semble que l’adoption de la méthode d’aide à la décision multicritère,
dans la conception ou la réhabilitation des bâtiments, s’avère un choix pertinent afin de
contribuer à une optimisation multi-objectif de la PEE. Par conséquent, les variables d’études
et les différents critères permettant l’évaluation de la PEE ont été définis.
Afin que notre démarche s’inscrive dans un effort scientifique universel, faisant recours au
modèle bottom-up, plusieurs outils d’évaluation et de modélisation d’énergie prouvant leurs
efficacité à travers plusieurs exemples cités, tels que : le balisage appelé aussi
«benchmarking », l’audit énergétique, les outils de calcul suivant la réglementation
thermique algérienne et la simulation thermique dynamique par modélisation paramétrique
seront utilisés dans les chapitre quatre et cinq pour répondre à l’objectif de l’étude.
Le choix de simuler uniquement les mesures passives se révèle judicieux, en atteste les
résultats semblables observés dans les études scientifiques. Cependant, le chapitre suivant se
concentrera sur la description de la conception solaire et de ses mesures d’efficacité
énergétique (MEÉ) passives contribuant à la rationalisation de la consommation d'énergie. Ce
qui nous permettra de bien les cerner pour pouvoir les utiliser dans le modèle du cas d’étude
choisi.

83
Chapitre 3
Conception solaire Passive
des bâtiments
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Une revue littéraire de l'utilisation de l'énergie solaire dans les bâtiments a été effectuée pour
révéler les techniques utiles qui couvrent les bâtiments. En outre, les principes de la conception
solaire passive et des systèmes solaires passifs contribuant à la rationalisation de la
consommation d'énergie ont été exposés. Un certain nombre de normes relatives à la conception
de l'enveloppe des bâtiments et à leur impact sur la réduction des charges de chauffage et de
refroidissement a été présenté en plus de la notion du confort thermique dans le bâtiment.

3-1) Climat en Algérie :

L’Algérie fait partie de la zone subtropicale de l'Afrique du Nord. Le climat en Algérie diffère
d'une région à une autre. Au Nord, il est de type méditerranéen et englobe principalement le
littoral. Entre l’atlas tellien et l'atlas saharien où culminent les hauts plateaux, le climat est de
type continental avec des étés chauds et sec et des hivers humides et frais. Le climat est
désertique vers le Sud au delà de la chaine montagneuse de l’atlas saharien. Les précipitations
sont caractérisées par une variabilité très marquante entre le Nord et le Sud et entre l'Est et
l'Ouest. A la décroissance des pluies du Nord au Sud se superpose une décroissance de l’Est à
l’Ouest. En effet, la région Est du pays
est plus pluvieuse par rapport à la
région Ouest. La tranche de pluie
annuelle décroit à mesure que l’on
avance aussi vers le Sud et l'Ouest. Au
Sud de l'atlas saharien, les précipitations
annuelles tombent à moins de 100 mm,
cette valeur étant habituellement
considérée comme marquant le début du
désert. ([Link]
(voir figure 23).

Figure 23. Les zones climatiques en Algérie


(Source : Ouahabe, 2015)

85
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

3-2) Soleil et bâtiment: Interactions entre le bâtiment et son environnement


����﷽ :‫ﻗﺎل ﷲ ﺗﻌﺎﻟﻰ‬
"‫"واﻟﺸﻤﺲ ﺗﺠﺮي ﻟﻤﺴﺘﻘﺮ ﻟﮭﺎ ذﻟﻚ ﺗﻘﺪﯾﺮ اﻟﻌﺰﯾﺰ اﻟﻌﻠﯿﻢ‬
(38 ‫)ﺳﻮرة ﯾﺲ – اﻵﯾﺔ‬
Dieu Tout-Puissant a dit: Au Nom de Dieu, Celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux.
« Le soleil qui chemine vers son lieu de séjour habituel :
tel est le décret du Tout-Puissant, de celui qui sait ! ».
(Verset 38, Sourate Ya. Sin)

Le soleil a toujours occupé une place de premier ordre dans le processus de conception
architecturale, il n’en demeure pas moins qu’il reste d’une grande complexité. Le soleil pose un
problème d’intégration dans le processus global de conception que du fait que ce facteur
intervient à des niveaux différents, impose des connaissances diversifiées et génère des situations
différentes. Depecker (1985) a scindé en deux parties les savoirs inhérents au soleil : il s’agit de
notions particulièrement géométriques sur le soleil « géométrie du soleil » d’une part, et des
notions énergétiques d’autre part. Et précise qu’il existe des relations entre ces deux parties
(figure 24). De même qu’une analyse thermique ne peut se concevoir indépendamment d’une
analyse géométrique, certaines analyses géométriques n’ont de sens que si elles sont prolongées
par des analyses thermiques (Maazouz S., 2007).

Soleil

Aspects culturels et Aspects scientifiques


psychologiques

Connaissance géométrique Connaissance énergétique

Masques de Composition Influence Potentiel Nature de Types de


l’environnem avec la réflexive de solaire du l’énergie températures
ent urbain végétation l’enveloppe site

Aménagement Protections Introduction Systèmes Orientation


urbain solaires des parties

Conception
architecturale
Figure 24. Les aspects complexe reliés au soleil (source : Maazouz (2007) d’après Depecker (1985))
86
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

L’énergie des rayons du soleil peut être utilisée pour fournir de la chaleur ou de l’électricité. Les
radiations solaires sont de deux catégories principales : celles de chaleur (les rayons infrarouges)
et celles de lumière (allant du rouge à l’ultraviolet). L’énergie solaire est utilisée de plus en plus,
mais ce n’est pas une bonne source d’énergie en n’importe quel endroit. La quantité d’énergie
solaire disponible en un endroit particulier dépend de sa proximité de l’équateur et des nuages qui
couvrent ou non le ciel. L’énergie solaire est la plus abondante dans les déserts tropicaux tels que
le Sahara, où les rayons solaires sont les plus puissants et les nuages les plus rares. Actuellement,
l’énergie solaire est utilisée surtout pour chauffer de l’eau à usage domestique (Arnold Guy &
Carlier François, 1992, p.24), et aussi pour la production de l’électricité. Le soleil, rayonne à
environ 6000K. Il émet une énergie sous forme d’un rayonnement électromagnétique. Les
longueurs d’onde dans lesquelles le maximum d’énergie est émis recouvrent le visible et
l’Infrarouge (IR). Le rayonnement recouvre à la fois les aspect lumineux (éclairement lumineux)
et énergétiques (rayonnement solaire). La constante solaire de 1353 W/m2 est l’énergie atteignant
une surface normale aux rayons solaires dans les couches supérieures de l’atmosphère. L’effet de
la traversée de l’atmosphère qui réfléchit, absorbe ou diffuse le rayonnement solaire réduit
considérablement cette valeur.
Ainsi à la surface de la terre, le rayonnement solaire comprend : 5% d’UV, 40% de lumière
visible et 55% d’IR porteurs essentiels de l’énergie thermique. Au niveau de l’IR on distingue les
courtes des grandes longueurs d’onde. Une fois émis par le soleil, le rayonnement atteint la
surface des corps et subit suivant leurs propriétés de surface certaines transformations.
La densité de flux solaire incident au niveau d’une paroi, provient de trois composantes : la
composante directe, la composante diffuse et la composante réfléchie. La composante directe
correspond au flux solaire qui atteint directement la paroi quand celle-ci est exposée au soleil.
Elle dépend de la hauteur du soleil (réduction atmosphérique) et de l’angle d’exposition de la
paroi au soleil à l’instant considéré (Kaboré, 2015).

3-3) Les échanges thermiques dans le bâtiment

Dans un bâtiment, les transferts d’énergie prennent principalement la forme de transferts de


chaleur et de matière. Ces transferts ont pour origine la tendance naturelle de la chaleur à transiter
des zones chaudes vers les zones froides, celle de l’air à se déplacer des zones de haute pression

87
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

vers les zones de basse pression et celle de la vapeur d’eau à migrer des zones les plus humides
vers les plus sèches.

Le transfert de chaleur au travers d’une paroi se déroule selon trois mécanismes combinés :
conduction, convection et rayonnement. En général, pour qu’un échange se produise
naturellement, il faut qu’un des corps en présence soit plus chaud (+). D’après le second principe
de la thermodynamique, la chaleur se dirigera vers le corps ou l’endroit le plus frais (-) (D.
Wright, 2004, p.64).

3-3-1) Transferts de chaleur par convection : c’est le phénomène qui décrit l’échange de chaleur
entre un fluide et une surface, ou entre deux fluides. Les échanges sont proportionnels aux
gradients de température (différence de température) et à la surface d’échange. Le coefficient de
convection dépend fortement de la vitesse du fluide.
3-3-2) Transferts de chaleur par rayonnement : c’est un transfert d’énergie électromagnétique
entre deux surfaces. Les échanges par rayonnement sont proportionnels à l’émissivité (ε) du
matériau au facteur de forme (surface apparente) des surfaces les unes par rapport aux autres et
dépendent de la transparence du milieu traversé
3-3-3) Transferts de chaleur par conduction : c’est le transfert de chaleur au sein d’un solide. La
conductivité thermique (λ) et la capacité calorifique (c p ) sont des propriétés clés de la conduction
des matériaux (Denker et al., 2014).
Les transferts de chaleur se font spontanément d’un corps chaud vers un corps plus froid. Le
confort thermique écologique consiste entre autres à réguler ingénieusement ces transferts
(Courgey et Oliva, 2006).
3-4) Propriétés thermiques de l’enveloppe du bâtiment :
Le choix des matériaux de construction des bâtiments est l’un des facteurs les plus évidents qui
influe sur l’usage de l’énergie dans le bâtiment. Tous les matériaux de construction traitent la
résistance thermique et la capacité thermique (l’inertie) dans différentes proportions. Ces
propriétés sont plus au mois opposées l’une à l’autre, et il y a trois facteurs qui influent sur elles :
 La Densité « Density » ρ (kg/m3) : Joue un rôle important pour les propriétés thermiques :
plus le matériau est léger, il est plus isolant et plus il est lourd, plus il stocke la chaleur.
 La Conductivité thermique « Thermal Conductivity » λ (W/m°K) : est la possibilité de
conduire la chaleur. Les matériaux isolants ont une conductivité basse.

88
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Ordre de grandeur de λ (W/m°K) ;


• Matériaux très conducteurs (métaux) : entre 50 et 450 W/m.°C ;
• Matériaux conducteurs (béton, pierre, etc.) : de 1 à 10 W/m.°C ;
• Matériaux mauvais conducteurs (brique, bois, plâtre, etc.) : de 0.1à 1 W/m.°C ;
• Matériaux isolants (liège, laine de roche, laine de verre, polystyrène polyuréthane, etc.) :
entre 0.03 et 0.1 W/m.°C.
Plus λ est élevée, moins le matériau est isolant. Le coefficient λ dépend de plusieurs
facteurs, notamment de l’humidité du matériau, l’humidité fait croitre la valeur de λ
puisque l’air est remplacé par l’eau dont la conductivité est 25 fois plus forte.
Conséquence : lorsqu’on indique une valeur de λ, il faut toujours préciser la température
et le degré d’humidité du matériau lors de la mesure. Pour le bâtiment, on utilise la
conductivité thermique dite utile, c'est-à-dire la conductivité thermique qui correspond à
un matériau humide tel que rencontré dans la pratique (Op. cit., 2014, pp. 29-30).
 La chaleur Spécifique « Specific heat capacity » : c p (Wh/kg°K), ou la capacité
calorifique (VHC=c p ρ Wh/m3K), qui indique combien d’énergie peut être emmagasiner
dans le matériau (voir tableau 11) (Rosenlund et al., 2005).

Tableau 11: propriétés thermique de quelque matériaux de construction


(Source: Rosenlund & Al., Building issues, 2005, volume 15, n°1, p.7).
Matériaux Densité Conductivité Chaleur
ρ, kg/m3 thermique Spécifique
λ, W/m°K c p , Wh/kg°K
Blocs Adobe 1,000-1,700 0.3-0.8 0.28-0.30
Aluminium 2,700-2,800 160-200 0.25
Briques 1,200-2,000 0.42-0.96 0.25-0.30
Argile 1,600-2,000 0.45-0.9 0.22-0.24
Béton 2,200-2,400 1.2-2.0 0.23-0.30
Liège expansé 115-200 0.043-0.052 0.47-0.58
Béton léger 200-1,600 0.08-0.80 0.27-0.31
Laine naturelle 20-300 0.043-0.049 0.18-0.21
Polystyrène 15-130 0.033-0.039 0.47
Polyuréthane 30 0.026 0.47
Sable 1,500-1,700 0.40-0.50 0.23
Acier 7,800 50-60 0.13
Pierre 2,000-2,800 1.3-3.5 0.20-0.25
Bois 500-900 0.14-0.16 0.66-0.76

89
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

3-5) Confort thermique ou thermohygrométrique :


Le confort ne dépond pas seulement de la température mais aussi de l’hygrométrie de l’air
ambiant. C’est pour cela que l’on parle précisément de confort thermo hygrométrique.

3-5-1) Les aspects thermiques :


La sensation de confort thermique est l’expression du bien-être d’un individu en rapport avec la
chaleur. Elle est le résultat de l’interaction entre l’individu et son environnement (Bodart, 2002).
Le corps ne peut pas se maintenir à sa température normale de 37°C que s’il peut constamment
dissiper dans le milieu où il est, au rythme de ses activités, la chaleur qu’il ne consomme pas.
Cette dissipation se produit selon les mécanismes suivant :
• Par rayonnement (échange avec les parois du local) ;
• Par convection (échange avec l’air) ;
• Par évaporation (de l’eau du corps) ;
• Par conduction (par les pieds en contact avec le sol) (Op. cit., 2014)
Le confort thermique est défini comme un état de satisfaction vis-à-vis de l’environnement
thermique. Il est déterminé par l’équilibre dynamique établi par échange thermique entre le corps
et son environnement (Liébard et De Herde, 2005). Le niveau de confort thermique est influencé
par l’activité et la tenue vestimentaire de l’individu d’une part et par les caractéristiques
physiques de l’ambiance dans laquelle il se trouve, d’autre part. Mais la sensation de confort peut
aussi être influencée par d’autres éléments
comme l’état de santé, l’âge ou l’état
psychologique de l’individu.
D’après Bodart (2002) et comme l’indique la
figure 25, la sensation de confort thermique
dépend de 8 paramètres. Trois sont relatifs à
l’individu :
- Le métabolisme
- L’habillement
Figure 25 : les pertes thermiques du corps humain
- La température du corps
dépendent de 6 paramètres physiques (Source : Liébard et
Les quatre autres concernent l’ambiance dans
De Herde, 2005)
laquelle l’occupant se trouve :

90
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

- la température ambiante
- la température des parois
- l’humidité relative
- la vitesse de l’air

a) le métabolisme :
Le métabolisme représente la production de chaleur interne du corps humain nécessaire pour le
maintenir à la température constante de 36,8°C. La température du corps humain étant
généralement supérieure à celle de l’ambiance, il doit donc compenser les pertes de chaleur vers
celle-ci. Le métabolisme est représenté par
l’effort physique dépensé dans une activité, Tableau 12. Taux métaboliques en faisant différentes
activités (moyenne pour adultes) (source : ASHRAE
rapporté à l’unité de surface du corps de Handbook, 1997)
l’individu : il s’exprime en W/m2. Activité met* Taux
métabolique
Le métabolisme de base est celui d’un individu (W)
Dormir 0.7 75
normalement constitué et au repos. Il est
Se reposer 0.8 85
évalué à environ 45W/m2, soit un effort de S’asseoir 1.0 105
Se tenir debout, se relaxer 1.2 125
80W pour une surface du corps humain fixée Travailler sur l’ordinateur 1.2-1.4 125-145
en moyenne à 1,8 m2. Cuisiner 1.6-2.0 170-210
Faire le ménage 2.0-3.4 210-350
Le métabolisme de travail s’ajoute au Marcher (niveau, 3-6km/h) 2.0-3.8 210-400
métabolisme de base afin de compenser le Danser, gymnastiques 2.4-4.4 250-460
Travailler sur machine lourde 3.5-4.5 370-470
travail effectué par l’individu par une Travail de prise et de pelle 4.0-4.8 420-500
production de chaleur supplémentaire (voir *1met= 58 W/m2 de la surface du corps

tableau 12).

a) L’habillement :
L’habillement représente une résistance thermique aux échanges de chaleur qui ont lieu entre la
surface de la peau et l’ambiance (tableau 13).

91
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Tableau 13. Valeurs approximatives des clo pour vêtements


variés (Source: Rosenlund, 2000)
b) La température du corps :
Clothing Clo*
La température du corps priseen Nud 0
considération est la température de surface Short 0.1

du corps ou température de la peau. Celle- Short de marche + chemise à manches courtes 0.4

ci n’est pas constante : elle varie Jupe au genou + chemise à manches courtes + collants 0.5
Pantalons + chemise 0.6
principalement en fonction du
Pantalon de survêtement + chemise de survêtement 0.7
métabolisme et de l’habillement (Bodart,
Pantalons + chemise + veste 1.0
2002) (Liébard et De Herde, 2005). Jupe au genou + chemise à manches longues + demi-
1.0–1.1
slip + collants + pull à manches longues ou veste
Men’s heavy three-peace business suite 1.5
Men’s heavy suite + woollen overcoat 2.0–2.5

*L’unité clo= 0.155 m2K/W

c) La température ambiante :
La température ambiante est un des facteurs les plus importants car plus de 50% des pertes de
chaleur du corps humain se font par convection et évaporation avec l’air ambiant (Bodart, 2002)
(Op. cit., 2005). Elle traduit le confort général dans un local. Mais cette exigence varie selon les
individus et selon le type d’activité. On considère généralement qu’en hiver, la température
d’ambiance doit être proche de 20°C. en été, on vise une température comprise entre 24 et 27°C
(Denker et al., 2014).

d) La température des parois :


La température de surface des parois, dite température moyenne de rayonnement, est la moyenne
des températures des parois qui délimitent l’ambiance considérée, proportionnellement à leurs
surfaces. Ce paramètre influence principalement les pertes de chaleur par rayonnement et
subsidiairement les pertes par conduction à l’endroit des contacts entre l’individu et les parois
(Op. cit., 2005).

e) L’humidité relative :
L’humidité relative de l’air est le rapport exprimé en % entre la quantité d’eau contenue dans l’air
à la température ambiante et la quantité maximale qu’il peut contenir à la même température. Ce
facteur influence le confort du fait que les échanges thermiques ont lieu également par

92
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

évaporation à la surface de la peau. Entre 30% et 70%, l’humidité relative n’influence


pratiquement pas la sensation de confort thermique (Ibid., 2005).
. Une trop faible humidité peut provoquer l’irritation des muqueuses (Denker et al., 2014).
f) La vitesse de l’air :
La vitesse de l’air (et plus précisément la vitesse relative de l’air par rapport à l’individu) est un
paramètre à prendre en considération car elle influence les échanges de chaleur par convection et
augmente l’évaporation à la surface de la peau (Bodart, 2002).
g) le renouvellement de l’air :
Une autre exigence concerne le renouvellement de l’air nécessaire à l’évacuation du gaz
carbonique, des poussières, des odeurs et à l’alimentation en oxygène nécessaire à la respiration.
On admet qu’il suffit, dans un logement, d’un taux de renouvellement d’air égal en moyenne à
une fois le volume des pièces principales par heure (Op. cit., 2014).

h) Les critères de gènes localisés


A coté des critères définis plus haut, il faut faire intervenir d’autres critères traduisant des gènes
localisés liées à des hétérogénéités de l’ambiance thermique. On distingue principalement le gène
due à l’asymétrie du rayonnement. C’est le cas par exemple lorsqu’une paroi est nettement plus
froide que les autres (une grande baie vitrée par exemple) provoque un fort échange par
rayonnement appelé souvent effet de la paroi froide (Ibid., 2014).

3-5-2) Le confort thermique :


Comme le corps humain se trouve à une température interne constante et qu’il ne s’y produit pas
d’accumulation de chaleur, il ne peut que perdre la chaleur produite par le métabolisme. Lorsqu’il
y a équilibre entre la production de chaleur interne et les pertes thermiques du corps, la sensation
de confort thermique est optimale. Cet équilibre dépend des sept paramètres du confort thermique
et plus précisément de six d’entre eux : en effet, la température de la peau est fonction du
métabolisme et de l’habillement. Le confort thermique dépend donc du métabolisme, de
l’habillement, de la température ambiante, de la température de surface des parois, de l’humidité
relative et de la vitesse de l’air. Chaque combinaison des six paramètres donne un niveau de
confort on d’inconfort thermique. D’autres combinaisons des paramètres peuvent donner le
même niveau de confort ou d’inconfort. Enfin, certaines combinaisons donnent le niveau de

93
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

confort thermique optimal : chacune de ces combinaisons est définie par la température de
confort thermique appelée « température opérative optimale ».
Mais le corps humain possède un mécanisme de régulation qui, sans intervention de la volonté de
l’individu, adapte ses pertes de chaleur aux conditions thermiques de l’ambiance. Ce mécanisme
d’autorégulation laisse apparaître une zone où les variations de sensation de confort thermique est
faible : c’est la zone dite de confort thermique (Liébard et De Herde, 2005). Ainsi, dans une
situation donnée, la température opérative peut varier dans une certaine mesure autour de la
température de confort thermique sans que le niveau de confort thermique de l’individu ne soit
modifié. Il existe donc pour chaque situation une plage de température confortable. C’est ce qui
explique qu’en été la température opérative peut être élevée afin d’éviter aussi l’effet du choc
thermique lorsqu’une personne pénètre dans un bâtiment.
Cette zone étant déterminée, la sensation de confort peut aussi être influencée par d’autres
éléments comme l’état de santé, l’âge ou l’état psychologique de l’individu. Dans chacun de ces
cas, il faudra admettre une température d’ambiance différente qui peut être située hors de la zone
de confort thermique. De plus, la qualité ou « chaleur » humaine qui entoure l’individu participe
à la sensation de confort ou d’inconfort. Enfin, la possibilité d’une intervention personnelle sur la
détermination des caractéristiques de l’ambiance de son lieu d’activité est importante si on veut
éviter tout sentiment de frustration ou d’enfermement et donc d’inconfort (Bodart, 2002) illustré
dans le tableau 14.
La Température Effective Standard « Standard Effective Température » (SET) développée par
Gagge et al. (Markus et Morris 1980) décrit un environnement uniforme avec :
• 50% d’humidité relative,
• Une vitesse de l’air de 0.125 m/s,
• Un niveau d’activité de 1 met (s’assoir) et
• Des vêtements de 0.6 clo (vêtements d’intérieur).
Une température d’air de 20°C dans ces conditions résulte dans une température effective
standard de 20°C. Un changement dans n’importe quel paramètre va résulter un changement de
température effective standard (Rosenlund et al., Building issues, 2000).

94
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Tableau 14. Échelles de sensation Thermique (Basé d’une part sur Markus et Morris
1980) (Source: Rosenlund, 2000,)
ASHRAE Fanger Rohles &Gagge’s SET
(PMV) Nevins DISC (°C)
Pénible +5 +5
Très chaud +4 +4 37,5–
Chaud 7 +3 +3 +3 34,5–37,5
Chaud 6 +2 +2 +2 30,0–34,5
Légèrement chaud 5 +1 +1 +1 25,6–30,0
Neutre 4 0 0 ±0.5 22,2–25,6
Légèrement frais 3 –1 –1 –1 17,5–22,2
frais 2 –2 –2 –2 14,5–17,5
froid 1 –3 –3 –3 10,0–14,5
Très froid –4 –4

Pour les conditions internes la « température opérative » définissant principalement une moyenne
de température entre l’air et les surfaces qui l’entourent peut être utilisée pour les évaluations du
confort (ibid., p.8).
Top = (Ta + TMR) / 2
Où :
Top température opérative
Ta température de l’air
TMR température moyenne radiante
Top = (Ta + (ΣTiAi) / ΣAi) / 2
Où :
Top température opérative
Ta température de l’air
Ti température de surface
Ai surface de zone

95
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

3-5-3) Approche de zone de confort :


Il existe différentes approches scientifique de
confort. La plus exacte découle des travaux de
P.-O. Fanger, qui utilise des données statiques
sur les ressentis de confort. La qualité du confort
atteint dans des conditions données est jugée par
une note, complémentaire à 100 d’un vote moyen
prévisible, obtenue à partir d’un pourcentage
prévisible d’insatisfaits (DISC index). Cette
approche, complexe, peu adaptée aux climats
Figure 26. Approche de zone de confort (Source :
chauds et plutôt destinée à l’étude du confort
Olgyay, V: Design with Climate. Princeton University
dans les conditions extrêmes, n’est pas pratique Press 1963.

pour les architectes (voir figure 26).


Une autre approche, plus ancienne et plus connue, est due aux travaux de B. Givoni. Elle est
adaptée aussi bien aux climats chauds qu’aux froids. Pour une activité donnée, la personne étant
supposée suffisamment raisonnable pour se vêtir de façon pratique en fonction des conditions
d’ambiance, le confort peut être obtenu à l’intérieur d’une « zone de confort » définie seulement
par une température et la pression partielle de vapeur d’eau. Cette approche, moins scientifique
que celle de P.-O. Fanger en raison des approximations faites, semble suffisamment précise pour
éclairer un concepteur, plus généraliste que spécialiste. Il faut seulement avoir conscience que les
limites des zones de confort sont sujettes à une certaine imprécision, et que le concepteur reste
maitre d’une certaine appréciation (Fernandez et Lavigne, 2009).
La définition la plus commune de la « zone de confort » est DISC ± 0.5, qui veut dire que 80% de
la population est satisfaites, bien que les limites s’étendent jusqu’à DISC ± 1, par exemple, 70%
satisfaites, peut être proposé pour des situations où les ressources sont limités. Il y a aussi
l’évidence d’adaptation géographique et saisonnière liées à la moyenne mensuelle de la
température, et les facteurs psychologiques, comme par exemple l’attente, a été trouvée qu’elle
joue aussi un rôle important dans la sensation du confort (Rosenlund et al., 2005) (voir figure 27
et 28).

96
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Figure 27. un exemple de diagramme de Figure 28. l’interprétation de Rosenlund et al. du


confort pour DISC ± 0.5 ; 0.6-1.0 même exemple de diagramme de confort pour DISC ±
habillement Image source: Markus, T A 0.5 ; 0.6-1.0 habillement (les limites supérieure et
and E N Morris: Buildings, Climate and inferieure respectivement) ; 1 met ; v= 0.1-0.5 m/s (la
Energy. Pitman, London 1980. valeur la plus élevée à droite de la ligne en
pointillés). (Source : Rosenlund, 2000).
3-5-4) Relation avec d’autres facteurs :
D’autres facteurs en plus de ceux cités avant peuvent aussi influer la sensation de confort. L’âge
le sexe et l’adaptation ont une influence réduite et même négligeable pour la plupart des
chercheurs. Les conditions psychologiques, la santé, la qualité de l’air et les influences
acoustiques et optiques peuvent également être mentionnées, mais sont difficiles à quantifier.
Les conditions thermiques pour une bonne performance peuvent ne pas coïncider complètement
avec la zone de confort, mais elles sont plus liées au niveau d’éveil, comme le démontre la figure
29.
Les balances de température larges peuvent élever les taux de travail, bien qu’elles causent un
inconfort thermique. Les conditions pour une performance optimale dans le travail physique et
mental sont normalement différentes. Dans des conditions froide, le cerveau a une haute priorité,
et la performance mentale est par conséquence moins affectée que dans un environnement chaud.
Le déséquilibre dans la balance thermique de l’environnement entourant peut aussi affecter la
performance thermique. Un plafond chaud ou une fenêtre large et froide peut causer l’inconfort,
bien que la température moyenne radiante et la température opérative soient à l’intérieur de la
zone de confort (Rosenlund, 2000).

97
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Figure 29. Température et éveil. Un niveau d’éveil adéquat ne coïncide pas


toujours avec la zone de confort. Il est possible de l’avoir quand il fait trop froid
ou trop chaud, et il peut coïncide avec la zone de confort, comme l’indique la
figure ci-dessus (Source : Rosenlund, 2000).

Finalement, la situation économique influe aussi sur les attentes de confort, et ça ne peut pas être
considéré comme un facteur psychologique (Ibid., 2000).

3-6) Conception bioclimatique


L'appellation bioclimatique désigne un concept architectural qui tire le meilleur parti des
conditions d'un site et de son environnement afin d’assurer un meilleur confort et de parvenir à
une réduction significative de la consommation énergétique. Cela consiste souvent à revenir des
principes simples, mais chargés de bons sens, largement délaissés depuis plusieurs décennies en
construction ([Link]
[Link]). Le processus de conception climatique nécessite une attention particulière. Plusieurs
méthodes ont été proposées par les chercheurs pour intégrer le savoir environnemental et
climatique dans le processus de conception architecturale et ce depuis les années soixante. Parmi
les méthodes proposées, il n’existe que très peu de méthodes systématiques qui prennent en
considération l’aspect climatique dans le cadre de la stratégie globale du processus de conception.
Parmi ces méthodes on peut citer celle de Givoni, d’Olgyay, de Szockolay, Koenigsberger, Evans
et Mahoney.

3-6-1) Les grands principes de l’architecture bioclimatique :


Le bioclimatisme a pour principe de tirer parti des effets bénéfiques du climat pour la réalisation
de projets durables et cohérents avec leur environnement.

98
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Cette notion repose sur plusieurs volets :


• Une prise en compte de la végétation et du relief environnant afin de se protéger du vent,
de permettre de créer de la fraicheur et de l’ombre en été, tout en favorisant au maximum
les apports solaires en hiver ;
• Une conception compacte et une bonne orientation du bâtiment ;
• Un dimensionnement des ouvertures et des protections solaires réfléchies afin de profiter
pleinement des apports solaires passifs en hiver tout en s’en protégeant convenablement
l’été ;
• Une isolation et une inertie thermiques des bâtiments adéquates en fonction de l’usage de
ces derniers.
A l’échelle de l’urbanisme, l’approche bioclimatique s’attachera donc à construire des formes
urbaines et des aménagements (parc, points d’eau, végétation, etc.) qui favorisent les apports
solaires en hiver, protègent des vents dominants et apportent de la fraicheur en été (de Gramont et
al., 2015). (Voir figure 30).

Figure 30. Schéma représentant les principes de l’architecture bioclimatique (source : de Gramont
et al., 2015, p. 76 d’après [Link]).

3-7) Conception solaire :


L’énergie solaire est dorénavant considérée comme une des alternatives incontournables pour
contribuer à la diminution des gaz à effet de serre du secteur du bâtiment. Et ce en application de
trois grands principes :

99
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

1. La première approche utilisant le « solaire passif » consiste à concevoir et/ou corriger un


bâtiment afin qu’il présente des caractéristiques thermiques performantes.
2. L’utilisation de l’énergie solaire pour la production de l’eau chaude, le « solaire
thermique », est particulièrement complémentaire des systèmes fonctionnant avec la
«vectrice eau chaude ».
3. L’énergie solaire peut également être utilisée pour la production d’électricité : le « solaire
photovoltaïque » (Liébard et al., 2007).

3-8) Conception solaire passive :


Vu que le soleil conduit chaque aspect du climat, c’est logique de décrire les techniques adoptées
dans les bâtiments pour prendre l’avantage de ce fait comme « la conception passive ». La
réponse la plus fondamentale est indiquée comme « la conception solaire passive ». Dans ce cas
là, les bâtiments sont conçus pour prendre tout l’avantage du gain solaire sans aucunes opérations
intermédiaires.
L’accès à la radiation solaire est déterminé par quelques conditions :
• La position du soleil relative aux façades principales du bâtiment (l’altitude du soleil et
azimut) ;
• L’orientation et l’inclinaison du site ;
• Obstructions existants dans le site ;
• Potentiel pour éclipser à partir des parties externes des obstructions les limites du site
(Smith, 2002).
Facteurs de l’analyse solaire d’après Mazouz (2007) :
• Implantation d’un bâtiment ;
• Dispositions des différents espaces et activités par rapport au zoning climatique induit par
la course du soleil ;
• Analyse des masques, reliefs lointain, proximité de bâtiments dans un contexte urbain ;
• La végétation
La position du soleil dans l’hémisphère céleste à tout moment peut être déterminée en fonction
de deux angles : l’altitude et l’azimut.
L’altitude est définie comme l’angle vertical défini par l’observateur et la projection de cette
droite sur le plan horizontal.

100
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

L’azimut est l’angle horizontal entre la projection sur le plan horizontal et le sud. La
connaissance des angles solaires en relation avec une latitude donnée permet de contrôler
l’ensoleillement et la lumière du jour. Divers diagrammes solaires sont disponibles pour les
latitudes principales. Les angles solaires peuvent être lus directement sur ces diagrammes et
diverses applications peuvent être réalisées comme le calcul de la période d’ensoleillement, la
vérification de l’accessibilité solaire ainsi que la conception des protections solaires. Diverses
projections sont employées, notamment la projection stéréographique, la projection frontale etc.
L’une des méthodes par laquelle l’accès solaire peut être évalué est l’usage de quelques formes
du diagramme solaire. Le plus souvent utilisé est le stéréographique de digramme solaire (voir
figure 31 angle solaires/stéréographique.

Figure 31. Projection stéréographique du parcours du soleil pour le cas de


Tlemcen (source : Autodesk® ECOTECTTM- Analysis 2010-Solar Tool).

3-8-1) Recommandation pour la conception passive dans les zones climatiques en Algérie :
L’Algérie occupe une vaste étendue territoriale. Plus de 4/5 de sa superficie est désertique, d’où
une large variété géographique et climatique allant du territorial au désert. La classification
climatique en Algérie permet de distinguer quatre zones principales :
Zone A : littoral marin ; Zone B : arrière littoral montagne ; Zone C : haut plateaux (semi-aride) ;
Zone D : présaharien et saharien (aride).

101
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

La conception du bâtiment doit être conçue suivant les zones climatiques. Pour cela, certains
critères de base sont à prendre en considération pour chaque site d’implantation. Le tableau
suivant va résumer les caractéristiques et les recommandations de conception dans chaque
climat :

Tableaux 15. Les caractéristiques et les recommandations de conception dans différentes zones climatiques en
Algérie (Source : l’Auteur d’après Denker et al., 2014 ; Maazouz, 2007)

e climat Caractéristiques Dispositifs à entreprendre


Littoral Hivers doux et Minimiser les  Une bonne organisation des espaces ;
marin pluvieux et étés pertes de  Une forme compacte des bâtiments ;
tempéré chauds et chaleur  Une bonne isolation des murs et des toitures ;
humides  Des dimensions de fenêtres aussi réduites que possible à
l’Ouest, l’Est et au Nord tout en assurant un éclairage
suffisant ;
 Des fenêtres à faible coefficient de déperditions
thermiques au moins sur les façades Ouest, Nord et
Est ;
 Des protections nocturnes isolantes des fenêtres ;
 Une ventilation contrôlée.
Maximiser les  Une façade principale orientée au Sud ;
apports de  Des vitres sud permettant de capter les apports solaires
chaleur et préchauffer l’air neuf ;
 Un stockage de ses apports par l’inertie thermique des
parements ;
 Un espace à déterminer entre les bâtiments pour éviter
l’ombrage en prévoyant des dessertes.
Réduire des  Des protections solaires des vitres, murs et toitures ;
apports de  Une bonne inertie thermique associée à une ventilation
chaleur nocturne ;
moyenne  Une bonne ventilation des serres, vérandas et combles ;
 Un aménagement des espaces verts extérieurs proches
afin de réduire la température extérieure ;
 Une réduction des réverbérations extérieures par
espaces verts ;
 Des couleurs réfléchissantes pour les murs et les
matériaux extérieurs.
Arrière Etés chaux et En plus de ce  Réduire la surface bâtie (compacité) et minimiser la
littoral secs et des hivers qui est cité ci- forme ;
montagne froids et plus ou dessus, il faut :  Une isolation renforcée de l’enveloppe du bâtiment ;
moins humides  Une masse thermique plus importante des murs et des
planchers ;
 Une diminution des surfaces des parois vitrées et des
ouvrants côté Sud ;
 Une bonne orientation du bâtiment, pour chauffer plus
pendant l’hiver.

102
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Aride et Etés longs, très Pour atténuer  Une orientation de la bâtisse ;


semi-aride chauds et très l’effet de la  Un ombrage par brise soleil horizontaux et verticaux
secs et des hivers fluctuation de pour diminuer la charge de climatisation ;
très froids la température  Usage des matériaux de grande inertie thermique en
qui est la base plus de la ventilation nocturne ;
de l’inconfort,  Une diminution des ouvertures ;
il est  Prévoir des conduits d’aération pour assurer une bonne
recommandé circulation de l’air à travers la construction

3-9) Techniques passives :


Historiquement, les techniques passives étaient la seule façon de refroidir les bâtiments, tandis
que le chauffage pouvait être obtenu en brûlant du bois ou du charbon.
Il existe maintenant des moyens techniques qui permettent à la conception du bâtiment d'ignorer
le climat ; mais si cela est techniquement possible, il existe encore de bonnes raisons d'adopter
des techniques passives, non seulement économiques, mais aussi de promouvoir la durabilité
environnementale aux niveaux local et mondial.
«Passif» a changé son sens pour inclure ce qu'on appelle les techniques hybrides, c'est-à-dire
l'utilisation limitée d'équipements à faible énergie tels que les ventilateurs de pompe et de plafond
ou de table si leur COP (coefficient de performance : la relation entre la production d'énergie et
l'entrée) est élevé. Les appareils mécaniques simples et les pièces et compétences localement
disponibles caractérisent les systèmes passifs. Habituellement, le système passif fait partie
intégrante de la structure et a des utilisations multiples. Un exemple est une fenêtre ordinaire, qui
peut fournir une vue, une lumière, une ventilation et un gain solaire.
La conception passive et à faible énergie aide le bâtiment à profiter du climat quand il est
avantageux et protège le bâtiment du climat quand ce n'est pas le cas. Cela nécessite une bonne
connaissance du climat local et une plus grande sophistication de la part du concepteur. Le
concepteur doit donc disposer d'outils adéquats pour cette tâche sophistiquée de conception
passive (Denker et al., 2014).

3-9-1) Chauffage et rafraichissement


Le refroidissement passif 1 couvre tous les processus naturels et les techniques de refroidissement
ne nécessitant aucune forme d’apport énergétique, autre que les sources d’énergie renouvelables.
Alors que le chauffage passif, principalement basé sur l'énergie solaire, a abouti à une large

Pour plus de détail, voir la classification des stratégies passives pour le bâtiment proposée par Geetha and Velraj (2012).
1

103
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

gamme de solutions techniques telles que les radiateurs solaires et les cellules photovoltaïques,
l'évolution du refroidissement passif a été beaucoup plus lente. Le problème est plus difficile à
analyser, et il existe de nombreux dispositifs, tels que les étangs de toit et les tunnels de
refroidissement de la terre qui semblent fonctionner le mieux en théorie.
Les sources de refroidissement passives sont le ciel, l'atmosphère et la terre - tous les dissipateurs
de chaleur naturels. Le ciel agit exclusivement par rayonnement, la terre et l'atmosphère par
convection et processus d'énergie latente (évaporation).
Les principes du refroidissement passif sont: l'ombrage, la réflexion, l'isolation, la réduction des
gains internes, la ventilation, les ventilateurs et l'étanchéité des bâtiments. La réduction de la
chaleur est mieux réalisée en excluant la chaleur indésirable plutôt que de l'enlever plus tard,
souvent par la climatisation.
Au confort d’hiver répond la stratégie du chaud : capter la chaleur du rayonnement solaire, la
stocker dans la masse, la conserver par l’isolation et la distribuer dans le bâtiment. Quant au
confort d’été répond la stratégie du froid : se protéger du rayonnement solaire et des apports de
chaleur, minimiser les apports internes, dissiper la chaleur en excès et refroidir naturellement
(Liébard et De Herde, 2005) (voir figures 32 et 33).

Figure 32. Principe du confort d’hiver (source : Figure 33. Principe du confort d’été (source :
Liébard et De Herde, 2005) Liébard et De Herde, 2005).

a) Protection (source de chaleur)


- Micro climat :
Les environs d'un bâtiment ont une grande influence sur son climat intérieur, que ce soit dans une
ville ou à la campagne. Prévoir ou protéger de certains vents, créer un accès ou un ombrage
solaire, etc., doit être considéré dans chaque cas individuel. Topographie, bâtiments environnants,

104
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

végétation et l'eau sont des éléments qui transforment le climat régional en un microclimat
spécifique, ce qui est le facteur déterminant pour le climat intérieur de chaque bâtiment. Les
limites entre climat régional, micro et intérieur ne sont pas abruptes, mais décrivent un
changement continu.
Le climat urbain a été étudié ces dernières années. La structure de la ville crée un «dôme aérien»
urbain au-dessus et autour de la ville. À l'intérieur de la ville, jusqu'au niveau du toit, la «canopée
urbaine» filtre progressivement le climat extérieur jusqu'au niveau de la rue, comme la canopée
d'un arbre.
Le phénomène de «l'îlot de chaleur urbain» augmente les températures de l'air urbain, créant des
différences de 1 à 2 K pendant la journée et normalement de 3 à 5 K la nuit, mais il peut atteindre
10 K selon Givoni (1998). Les principaux facteurs générant l'îlot de chaleur sont:
· Réduire les pertes de chaleur pendant la nuit, en raison de la géométrie de la ville.
· Stockage de chaleur dans la masse de construction.
· Activités génératrices de chaleur (transport, industrie, etc.)
· Une évaporation plus faible due à moins de végétation et à différentes structures de surface.
· Chauffage et refroidissement des bâtiments générant de la chaleur pour l'environnement urbain.

- Techniques de protections solaires :


Les dispositifs d’ombrage sont incorporés dans la façade d’un
bâtiment pour limiter les gains de chauffage interne venant des
radiations solaires. Il faut arrêter les rayons du soleil avant qu’ils
traversent les parties vitrées pour éviter «l’effet de serre » à
l’intérieur du local (Voir figure 34). Les fenêtres entièrement
ombragées de l’extérieur peuvent réduire les apports solaires de
l’ordre de 80% (ASHRAE, 2009b).
Selon Dubois (1997), les protections solaires peuvent contribuer
à une réduction de l’ordre de 23-89% de l’énergie nécessaire
Figure 34. Principe des dispositifs
pour le refroidissement du bâtiment. Ce taux de réduction dépend
d’ombrage (source : cours de Pr
du type de protection, de l’orientation du bâtiment, de l’isolation, Achard, 2011).

du climat etc.
Les dispositifs d’ombrage peuvent être classifiés en deux bouquets : fixes ou amovibles et
extérieures ou intérieures.
105
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Pour les dispositifs externes fixes, présentés dans la figure 35, il y a trois types de dispositifs
d’ombrage :
• Horizontales : les plus connues, elles prennent la forme horizontale comme casquette
attachées au dessus de la fenêtre dans les murs face au sud ;
• Verticales : comme les brise-soleil verticaux, les auvents et les persiennes sont effectives
dans les fenêtres dans les façades est et ouest et ;
• Dispositifs d’ombrage mixe.

Figure 35. Types de dispositifs d’ombrage (Source : cours de Pr Achard, 2011).

Les avantages quand c’est bien conçu :


• Réduire les chargements de climatisation sans influencer le chauffage solaire passif ;
• Améliora le confort des occupants,
• Réduire l’éblouissement ;
• Préserve l’intimité et permet la vue de l’extérieur ;
• Améliore la conception architecturale.
Comment mesurer l’efficacité de l’ombrage :
Le coefficient d’ombrage « CO » est une mesure de l’efficacité des dispositifs d’ombrage des
fenêtres.

106
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Un bon dispositif d’ombrage a une faible valeur de CO, depuis, seulement une petite portion de
radiation incidente est absorbée et transmise par le dispositif d’ombrage et devient chaleur dans le
bâtiment.
Un pauvre dispositif d’ombrage a une grande valeur, depuis, il permet à plus de radiation
incidente d’enrichir la fenêtre.
Les conclusions tirées du résumé de plusieurs instituts de recherche pour les facteurs d'ombre de
divers types de dispositifs d'ombrage réglables internes et externes sont les suivantes (Givoni,
1980):
1. Les dispositifs externes sont plus efficients que les internes ;
2. L’efficience des dispositifs d’ombrage externes augmente si la couleur est foncé et
inversement pour les dispositifs d’ombrage internes ;
3. L’ombrage efficace tel que les persiennes peuvent éliminer plus de 90% de l’effet de
serre. Tandis que l’ombrage inefficace tel que des rideaux sombres seulement 20-25% de
radiation solaire est bloquée ;
4. Les écrans qui ont une transmittance extrêmement faible (inférieure à environ 10%)
peuvent réduire la lumière naturelle dans la pièce à des niveaux inacceptables, même s'ils
diffusent correctement la lumière. Il en résulte des niveaux d'éclairement et de luminance
inacceptables ;
5. Le vitrage solaire-protectif (absorption, réflexion) doit être efficient mais le potentiel
relative pour la conservation d’énergie dépond de l’orientation de la façade et du climat ;
6. Le potentiel pour conservation d’énergie est plus grand avec un simple dispositif
d’ombrage externe avec une faible valeur g, exemple : un dispositif bleu foncé, avec
l’assemblée de n’importe quel vitrage protectif-solaire ;
7. Les dispositifs d'ombrage internes limitent l'éblouissement résultant du rayonnement
solaire ;
8. Les dispositifs d'ombrage internes sont généralement réglables et permettent aux
occupants de réguler la quantité de lumière directe entrant dans leur espace. Le plus
souvent, ceux-ci prennent la forme de stores horizontaux ou verticaux attachés au-dessus
de la fenêtre.

107
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

b) Modulation de la chaleur et /ou technique d’amortissement


- L’inertie thermique (ou la masse thermique) de l’enveloppe (avec ou sans stockage
d’énergie) :
C’est le potentiel de stockage thermique d’un local ou d’une maison. C’est la capacité d’un
bâtiment à emmagasiner de la chaleur (ou de la fraîcheur). La propriété des constructions à forte
inertie est de conserver une température stable et de se réchauffer ou se refroidir très lentement,
alors que les constructions à faible inertie suivent sans amortissement ni retard les fluctuations de
la température (Benradouane et al., 2006).
La masse thermique dépond des matériaux utilisés dans l’enveloppe du bâtiment en fonction de
leurs propriétés thermiques. La combinaison des propriétés thermiques a une influence sur le
déphasage et l'atténuation des éléments de construction. Le déphasage est le temps depuis
l'extérieur jusqu'à la température maximale de
surface à l’intérieur ; et l'atténuation est la
proportion de l'amplitude de la température
intérieure à extérieure (oscillation) (voir figure
36). Ces propriétés affectent fortement le climat
intérieur (Rosenlund et al., 2005).
L’amortissement et le déphasage sont d’autant
plus marqués que la masse surfacique de la paroi Figure 36. Les concepts de déphasage et
d'atténuation des éléments de construction (Source :
est importante (forte inertie thermique) (Denke et
ASHRAE, 2009b)
al., 2014).
Cette inertie peut être une inertie de transmission
Tableau 16 : Absorption et transmission de
«emittance », la possibilité d’émettre de longues ondes, quelques matériaux de construction (Source :
Rosenlund et al., 2005).
la radiation de chaleur (à travers les parois soumises à Materiau Absorption Emissivité
l’exposition solaire) ou une inertie d’absorption (%) (%)
Blanc de chaux 20-30 90
« absorptance », qu’est la possibilité d’absorber les
Aluminium 30-50 5-30
courtes ondes, la lumière visible (capacité à stocker la
Acier galvanizé 30-50 20-60
chaleur du local dans les parois internes ou Béton 45-65 90
périphériques), illustrée dans le tableau 16. Brick rouge 65-80 90
Bitumen 80-90 90

108
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

- Notion de coefficient K et de résistance thermique


Le calcul des pertes surfaciques est détaillé dans le DTR C3-2 élaboré par le CNERIB. Les
déperditions surfaciques par transmission à travers une paroi sont données par :
DS = K x A [W/°C]
Où :
K (en W/m².C°) est le coefficient de transmission surfacique appelé aussi conductance) ;
A (en m²) est la surface intérieure de la paroi.
Dans le cas où une paroi sépare deux ambiances chauffées à la même température, les
déperditions par transmission à travers cette paroi sont considérées nulles.
Le coefficient de transmission thermique de la paroi (valeur-K ou valeur-U) est la quantité de
chaleur traversant cette paroi en régime permanent, par unité de temps, par unité de surface (1m²)
et par unité de différence de température de 1 K (=1°C) entre les ambiances situées de part et
d'autre de la paroi. Il est exprimé en m² K/W.
Les valeurs R et U ou K d'une paroi opaque sont calculées à
partir des résistances thermiques des couches composant
celle-ci (figure 37): c’est cependant la couche isolante qui
influence le plus ces valeurs. Lorsqu’on vise la performance
thermique d’une paroi, c’est essentiellement sur cette couche
qu’il faut travailler.
Le coefficient K des parois est donné par la formule
suivante :
1/ K = ∑ R + 1/h e +1/h i [m2. °C/W] Figure 37. Notion de la valeur R
(Source :
hi coefficient par convection interne [Link]
he convection par convection externe [Link]).

Où :
∑ R (en m² °C/W) représente la somme des résistances thermiques des différentes couches des
matériaux constituant la paroi considéré comme matériau hétérogène (ex. bloc creux ou brique
perforée, panneau composite…). C’est la somme des R-values de chaque couche des éléments,
comprenant la prétendue résistance du film des couches d’air renfermées dans la surface externe
des éléments (0.03-0.04 m2K/W dépendant du vent) et la surface intérieure (0.11-0.16 m2K/W

109
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

pour les matériaux non réfléchissant, dépendant de la position et de la direction du flue de


chaleur).
La somme 1/h e +1/h i (en m² °C/W) représente la somme des coefficients d’échange superficiel
Rosenlund et al., 2005).
Plus la valeur K est faible, plus la paroi est isolée thermiquement.
La résistance thermique d’un matériau homogène (verre, isolant…) est caractérisée par la valeur
λ, conductivité thermique, Connaissant l'épaisseur de la couche homogène, e [m], sa résistance
thermique est obtenue par la formule suivante :
R i =e i / λ i…………………………. [m2. °C/W]
Où :
R i (en m² °C/W) représente la résistance thermique de la couche i ;
e i (en m) représente l’épaisseur de la couche de matériau ;
λ i (en W/m.°C/W) représente la conductivité thermique du matériau.

Une valeur λ faible ou une valeur R élevée correspond à un matériau peu conducteur de chaleur.

Parmi les couches d’air typiques définies par la norme figurent les vides d’air, ventilés ou non,
dans les murs creux, les lames d’air dans les murs creux, les espaces clos dans les plafonds ou les
toitures, …, quand aux faux plafonds fermés non étanches à l’air, les lames d’air à l’intérieur des
doubles vitrages, les vides des blocs de construction et les grands espaces ne sont pas considérés
comme des couches d’air.
La résistance thermique des couches d’air (valeur Ra) dépend de l’épaisseur de la couche d’air,
de la direction du flux de chaleur et du degré d’aération prévu dans la couche d’air concernée.

En Algérie, les valeurs des coefficients K des parois sont très souvent supérieures à 1.1 W/m².°C,
alors que dans les pays où une réglementation thermique stricte est appliquée, ces valeurs sont
souvent comprises entre 0.25 et 0.5 W/m².°C.
Les enjeux de l’inertie thermique sont de deux ordres :
♦ L’un étant de l’ordre de la sensation : l’amélioration du confort thermique en été ;
♦ L’autre étant d’ordre économique : la réduction des consommations.
Il est noté que tous deux ont un impact immédiat sur l’environnement, puisque réduire les
consommations implique nécessairement une diminution de la facture énergétique (Benradouane
et al., 2006).

110
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

- Isolation thermique :
Une bonne isolation réduit les pertes énergétiques d’un bâtiment. L’isolation thermique doit se
situer du coté externe des murs, des sols et des toitures. Toutefois les charpentes et huisseries
choisies ont également leur importance. Les doubles vitrages qui se sont banalisés ces dernières
années seront bientôt remplacés par des triples vitrages : le vide d’air entre les vitres de cette
nouvelle génération de fenêtre évite les phénomènes de conduction thermique qui se produisent
quand on injecte un gaz entre les deux parois vitrées (LOFT Publication en coopération avec
Frechmann Kolón Gmbh, 2011) (Voir tableau 17).

L’isolation écologique : s’intéresse à l'impact des techniques et des matériaux choisis sur
l'environnement, sur la santé et sur le bien-être, en évitant les matériaux dont la fabrication est
polluante ou le recyclage impossible. Sur la santé, en choisissant des matériaux sans risques pour
ceux qui les fabriquent ou les mettent en œuvre et pour les occupants. Sur le bien-être, en
préférant des modes d'isolation qui n'entravent pas les échanges entre la maison et l'extérieur.
Une pièce est confortable si la différence de température entre son air et ses murs n’excède pas
3°C (source : [Link]).

Les facteurs de performance d’une fenêtre :


Le facteur Ug d’un vitrage dépond principalement du nombre de verre, de la dimension de (s)
l’espace (s) séparent ces couches de verre, du type de gaz qui remplit ces espaces et de la
présence d’éventuelles couches exposées sur le verre. En général, quand on parle du coefficient
Ug d’un vitrage, on se réfère au coefficient Ug mesuré ou calculé au centre de celui-ci (Bodart,
2002).
Valeurs U indicatives pour les fenêtres :
La valeur Uw d’une fenêtre est donnée par la formule suivante :
U W = %g Ug + % f U f + 3Ψg

%g + %f = 100%
Ug (W/m²K) : Vitrage
Uf (W/m²K) : Châssis
Ψg (W/mK) : Interaction diviseur vitrage / châssis

111
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Tableau 17. Isolation des éléments de l’enveloppe (source : Apur, 2011 ; Denker et al., 2014 ; Projet réalisé par les Espaces INFO_ENERGIE portés par l’IDEMU Avec le soutien de la
Région Ile-de-France,de l'ADEME - Délégation Ile-de-France et la participation de l'ARC d’après FFB, Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE), fiche technique N° 19, 2009 )
Isolation Avantages Inconvénients Techniques et procédés utilisés Détails constructifs
• Pas de modification Oblige l’étanchéification • Complexes ou sandwiches isolants collés au mur ou fixés
de l’aspect extérieur des murs (pose d’un pare sur tasseaux ;
du bâtiment ; vapeur) et la ventilation • Les isolants derrière cloison de doublage (permet de
• Convient à une mécanique des pièces à faciliter l’accrochage du mobilier) : préférence d’usage des
occupation cause du risque de briques de terre, des blocs de béton ou des parpaings
intermittente du surchauffe l’été; (minimum de 5cm) ; le polystyrène, la laine minérale en
Par l’intérieur

bâtiment ; • Compromet l’inertie du panneaux semi rigide ou le polyuréthane expansé comme


• Facile à réaliser, bâtiment isolant (à plus de 600m d’altitude, placer un pare-vapeur
économique ; (essentiellement en coté intérieur de l’isolant) ; une lame d’aire entre la
• Permet un demi-saison et en été) ; maçonnerie extérieure et l’isolant pour éviter l’infiltration.
réchauffement rapide • Réduction du volume
de l’air intérieur ; habitable et donc la
• Evite le rayonnement valeur du patrimoine
Murs extérieurs

des parois froides. immobilier ;


• Créer des ponts
thermiques.
• Les travaux • Modification de l’aspect • Les bardages : les ossatures de bois ou métalliques et
d’isolation peuvent extérieur de la façade ; parement en ardoises, tuiles, céramique, bois, zinc, pierre
se faire en milieu • Débordement sur la naturelle, etc. ; isolant
occupé ; voirie ; • Les vêtures : est constituée d’un isolant et d’un parement
• Les qualités • Coût élevé de dimension similaire posés en une seule fois sur le mur
Par l’extérieur

thermiques du • Problèmes liés à la tenue par fixation mécanique ;


bâtiment anciens sont des isolants • Les vêtages : est constitué d’un parement fixé au travers
conservées (inertie) ; (décollement) ; de l’isolant par des vis chevillées ; pose de l’isolation par
• Surfaces intérieures • Elle nécessite un temps collage ou par fixation mécanique ; les isolants utilisés à
inchangées ; plus important pour base de polystyrène expansé.
• Réduction des ponts réchauffer une pièce
thermiques ; froide.
• Elle maintient la
fraîcheur en été

112
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

• Soit par l’injection d’une mousse (urée-formol,


comportant une lame d’air
Par remplissage des murs
polyuréthane) ;
• Soit par insufflation d’un isolant en vrac, souvent
constitué de copeaux de polystyrène extrudé, dans la lame
d’air par une machine par des trous percés dans l’une des
parois ; lame d’air ≥3cm et parois extérieur ≥ 15cm ; à
plus de 600m d’altitude, placer un pare-vapeur coté
intérieur de l’isolant.

• Pose d’abord des plaques d’isolant et des nappes de treillis


soudé : utilisation des systèmes modulaires (souvent du
Utilisation de coffrages

polystyrène) servant au départ de coffrage pendant la prise


perdus isolants

du béton, ensuite assurant la fonction d’isolation ;


• Ensuite, des armatures de renfort sont disposées aux
points singuliers (angles des ouvrants) ;
• Enfin, la finition par application de deux couches de
mortier à l’aide d’une lance.

• Isoler le mur par l’extérieur : préférence de prolonger


l’isolation des mur le long du soubassement jusque dans le
Sur vide sanitaire

sol à une profondeur de 30cm environ ;


• Isoler au pourtour intérieur si la hauteur su vide sanitaire
Planchers

le permet (>80cm) ;
• Placer un isolant sous le plancher (dans le cas d’un
plancher sur local non conditionné.

113
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

• Isolation en sous face de plancher par panneau


manufacturés (soit des panneaux complexes isolant-plaque
de plâtre ou panneaux rigide de fibres minérales vissés
Sur local non chauffé

directement dans le plancher ou par l’intermédiaire de


lisses en bois ou métalliques
• Isolation par projection de mousse de fibre de roche ave
liant hydraulique (bien adaptée à des sous face non plane ;
(pas de barrière de vapeur pour les deux techniques) ;

• Limiter les pertes • Difficulté d’isolation • Isoler le soubassement sur son pourtour en prolongement
calorifiques ; de l’isolation des murs
• Supprimer les ponts
Sur terre plein

thermiques ;
• Bénéficier de inertie
thermique du plein
terre apportée en été.

• Si le comble est perdu : Déposer une ou plusieurs couches


d’isolant (laine minérale en rouleaux ou panneaux, laine
de verre en vrac, laine de roche, billes ou copeaux de
polystyrène expansé soufflées ou épandus sur le plancher
Combles

à réaliser ;
• Si le comble est aménagé :
- Laine minérale (6à 10cm) agrafée entre chevrons ;
- Complexe de doublage (isolant-plaque de plâtre) visé
ou cloué sous les chevrons ;
- Isolation des parois horizontales et verticales selon les
techniques applicables aux planchers et murs.

114
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

• L’isolation est support d’étanchéité (usage souvent du


polyuréthane en plaques) ;
• L’isolant est par-dessus l’étanchéité (toiture composée de
panneaux de polystyrène extrudé non collé au support ;
Toitures-terrasses

• L’isolant se trouve sous la forme de pente fractionnée :


malgré que cette solution est quasiment abandonnée en
Europe, elle reste très utilisée en Algérie.

• Plusieurs solution • Calfeutrement très • Utilisation de produits de calfeutrement pour réduire


existent pour considéré peut affecter le l’étanchéité à l’air entre ouvrant et dormant (joint en
diminuer le facteur renouvellement de l’air mousse, en mastic silicone, etc. ;
solaire F en été des locaux. • Pose de doubles vitrages isolants ;
(vitrage épais, vitrage • Pose de double fenêtre (efficace sur le plan thermique
absorbant, vitrage qu’acoustique) ;
réfléchissant, film de • Pose de fermetures (persienne, volets, etc.).
protection solaire ).
Fenêtres

115
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

En pratique, on utilise des valeurs par défaut pour le pourcentage de châssis par rapport au %
de vitrage /panneau
- 25% dans le cas des châssis métalliques ;
- 30% dans les autres cas la longueur des diviseurs (3 m/m²) (Johansson, 2008).
Jusqu’au milieu des années 1970et le fameux « choc pétrolier », le bilan énergétique des baies
vitrée était largement négatif, y compris celles orientées au Sud, en raison de déperdition
thermiques considérables. Sans parler des éventuels défauts d’étanchéité des menuiseries, le
coefficient Ug (coefficient de transmission surfacique d’une paroi) mesurant la transmission
thermique des vitrages atteignait 5 à 6 W/m2.K pour des glaces simples de 3 à 4 mm
d’épaisseur. Une première génération de doubles vitrages, souvent dénommés vitrages
isolants, a permis d’abaisser ce coefficient à des valeurs de 2,9 à 3,3 W/m2.K. Et avec une
nouvelle mutation technique de l’arrivée des vitrages à «couches peu émissive » au cours des
années 1990, une amélioration des performances est apportée, pour un surcout négligeable.
Cette nouvelle qualité de vitrage est généralement désignée par le sigle VIR (vitrage à
isolation renforcée). Le passage du double vitrage classique au VIR se traduit par une division
par deux, voire par trois du coefficient Ug qui peut descendre à 1,1 W/m2.K (A. Liébard,
2007, p. 51).
Parallèlement aux couches peu émissives, les industriels ont développé une autre technique de
réduction des déperditions qui consiste à substituer à l’air un gaz « rare » dans l’espace
intercalaire entre les deux vitres. L’argon est le plus couramment injecté, en raison de son
cout plus abordable que celui du Tableau 18. Comparaison de transfert de chaleur typique à
travers différentes options de vitrage (source : P. Smith, 2006)
krypton ou du xénon également
Vitrage Valeur-U
appropriés. Le gain sur le (W/m2K)
Simple vitrage 5.6
coefficient Ug est de l’ordre de 0,1
Double vitrage 3.0
à 0,4 W/m2.K (ibid, 2007, p. 53). Triple vitrage 2.4
Double vitrage à couche peu émissive 2.4
Le tableau 18 présente les Double vitrage à couche peu émissive avec Argon 2.2
caractéristiques de transfert de Triple vitrage à 2 couches peu émissives et 2 Argon 1.0
Double vitrage avec Aérogel 0.5-1.0
chaleur de sept systèmes de vitrage.

116
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Le tableau 19 illustre l’impacte Tableau 19. La valeur U Effective Nette prenant en compte le gain de
chauffage solaire (source : P. Smith, 2006).
de gain solaire en fonction de
Valeur U (W/m2K) avec gain
l’orientation en donnant la Vitrage solaire
Sud Est/Ouest Nord
valeur U nette. Simple vitrage 2.8-3.7 3.7-4.6 4.6-5.6
Double vitrage 0.7-1.4 1.4-22 2.2-3.0
Triple vitrage 0.0-0.6 0.6-1.1 1.1-2.4
Double à couche peu émissive 0.1-0.8 0.8-1.2 1.2-2.4
Triple à couches peu émissives -0.5-0.3 0.3-0.9 0.9-1.6

Le double vitrage avec une lame d’air peu améliorer la valeur d’isolation d’une fenêtre. Selon
Rosenlund (1995), une deuxième vitre de la fenêtre a un effet similaire a l’effet des persiennes
sur le climat intérieur durant l’hiver mais durant l’été, les persiennes sont préférable pour leur
ombrage et leur prévention contre l’excessif gain de chauffage solaire. Pendant ce temps, une
double vitre avec un dispositif d’ombrage extérieur convenable peu être une solution pour les
deux, l’hiver et l’été, tant que simultanément garder un niveau de lumière naturelle
convenable et maintenir une vue sur l’extérieur. Les persiennes diminuent considérablement
la lumière naturelle et coupe la vue à l’extérieur (Ouahrani, 1999). Quoique la majorité des
constructions en Algérie aient un vitrage simple dans les systèmes de fenestration, le double
vitrage est un type répondu en Algérie, mais pas dans le secteur résidentiel.

- Le facteur solaire absolu (FSA) :


Le second facteur caractérisant les performances solaires d’une
fenêtre est sa capacité à contrôler le passage du rayonnement
solaire au travers du vitrage. Il s’agit de facteur solaire du
vitrage.
Quand un rayonnement solaire frappe un vitrage, une partie de
celui-ci est réfléchie, une partie est transmise directement au
travers du vitrage et une partie est absorbée par le vitrage. La
partie absorbée par le vitrage est ensuite partagée en une partie Figure38. Facteur solaire d’un
qui est réémise par le vitrage vers l’intérieur et une partie vitrage (source : Bodart, 2002)

réémise vers l’extérieur. Le facteur solaire du vitrage est défini par la fraction du
rayonnement solaire qui rentre à l’intérieur du bâtiment au travers de la fenêtre sur le
rayonnement incident (Bodart, 2002) (voir figure38).

117
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

- Le facteur lumineux absolu (FLA) :


Le facteur de transmission lumineuse absolu FLA est la
fraction de la densité de rayonnement lumineux incident qui
traverse le vitrage (Benradouane et al., 2006).
Le coefficient de transmission lumineuse d’un vitrage est
influencé par le type de vitrage, le nombre de couches de verre
et le type de revêtement qui pourrait être appliqué sur le verre
Figure39. Coefficient de transmission
(Op. cit., 2002) (voir figure 39). et de réflexion lumineuse d’un vitrage
(source : Bodart, 2002)
- La serre
Une serre bioclimatique a d’abord une fonction
thermique : elle constitue un espace tampon entre intérieur
et extérieur, elle produit des calories le jour en hiver et elle
concourt à la ventilation à la ventilation du bâtiment en
été.
La conception de la serre est donc toujours la recherche du
meilleur compromis entre sa performance thermique, son
aspect esthétique, son habitabilité, son confort, sa
réalisation technique et son coût (figure 40).
Une serre correctement conçue et orientée doit assurer une Figure 40. La présence de végétaux ou
de mobilier peut contrarier le
partie du chauffage du bâtiment. La quantité de chaleur chargement des masses inertielles
fournie dépend de plusieurs paramètres comme tous les d’une serre (source : Courgey et Oliva,
2006).
systèmes de captage (latitude, orientation, climat,
ensoleillement). Des paramètres sont spécifiques aux serres seulement (masse et position du
stockage thermique, profondeur et type d’utilisation, configuration de la serre…).
L’orientation d’une serre s’aborde comme celle d’un mur capteur. Elle doit aussi tenir compte
de l’ensemble des données microclimatiques locales, notamment des vents dominants en
hiver, des brumes matinales et des masques solaires (Courgey et Oliva, 2006).

- Ponts thermique et étanchéité à l’air :


Selon la définition ISO10 211, le pont thermique est la partie de l’enveloppe d’un bâtiment où
la résistance thermique, par ailleurs, uniforme, est modifiée de façon sensible soit par: la

118
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

pénétration totale ou partielle de l’enveloppe du bâtiment par des matériaux ayant une
conductivité thermique différente; et/ou par un changement dans l’épaisseur de la structure;
et/ou par une différence entre les surfaces intérieure et extérieure, comme il s’en produit aux
jonctions parois/plancher/plafond (PENU G., 2013).
Les bâtiments qui sont isolés par l’intérieur, les liaisons des planchers interrompent donc la
couche isolante. C’est à la fois une zone contrastée de déperdition de chaleur et une zone
privilégiée de condensation propice au développement de moisissures.
Plus la volumétrie du bâti est complexe plus les ponts thermiques sont importants. Tous les
décrochements de façades, les saillies, les balcons, les loggias sont en général non pris en
compte par l’isolation thermique intérieure, les fuites son donc importantes (APUR, 2011)
(voir figure 41).

Figure 41. Phénomène du pont thermique


(Source : APUR, 2011)

- La ventilation nocturne:
Le refroidissement structurel par ventilation nocturne a longtemps été commun dans les
régions chaudes et arides. Pendant la journée, une quantité suffisante de masse interne du
bâtiment peut servir de dissipateur de chaleur pour absorber, par rayonnement et convection
naturelle, la chaleur pénétrant dans et générée à l'intérieur du bâtiment. Pour améliorer cet
effet, le bâtiment devrait dans la plupart des cas être non ventilé pendant la journée pour
empêcher le chauffage de l'intérieur par l'air plus chaud de la porte. Ne pas ventiler pourrait
être incompatible avec le confort thermique, mais le confort peut être amélioré en augmentant
la vitesse de l'air intérieur avec un ventilateur, tout en minimisant la ventilation avec l'air
extérieur.

119
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

En règle générale, la ventilation nocturne peut créer une température maximale intérieure de
7-8 K sous le maximum extérieur. Pendant la journée, lorsque le bâtiment est fermé, la masse
thermique est plus froide que l'air intérieur, ce qui réduit la température opérative, ce qui
améliore encore le confort.
L'effet des ventilateurs est contrôlable par la force et la direction. Les ventilateurs de plafond
couvrent des zones étendues, mais exigent de hauts plafonds, environ 3 m.
La hauteur de plafond supplémentaire ou les cheminées solaires créent un mouvement d'air
par effet de cheminée. Les tours à vent sont particulièrement efficaces. Ils créent une brise et
favorisent le refroidissement par évaporation. Les tours éoliennes/à vent sont fréquentes au
Moyen-Orient dans les régions où les vents dominants sont favorables pendant la saison
chaude.

c) Dissipation de chaleur
- La ventilation naturelle (Sans stockage d’énergie)
Les objectifs de la ventilation sont nombreux : confort thermique et chauffage /
refroidissement structurel, mais aussi santé et évacuation de l'humidité. Un air sec est plus
facile à réchauffer qu’un air chargé de vapeur d’eau. Les maisons économes en énergie
utilisent des matériaux perméables à la vapeur d’eau. L’évacuation naturelle des excès
d’humidité réduit ainsi les besoins de chauffage (Bekkouche et al.,2007).
La ventilation des locaux permet donc d’éliminer une partie de ‘humidité, cause de désordre.
Elle permet également d’assurer la sécurité des occupant (apports en oxygène s’il y a
combustion : chauffage, cuisinière,…). Enfin, elle contribue à la préservation du bâti en
réduisant les risques de condensation.
Une réglementation, sous forme de DTR C 3-31, élaborée en 2005 par le CNERIB fournit les
principes généraux qu’il y a lieu d’adopter lors de la conception des installations de
ventilation naturelle et précise que la ventilation doit pouvoir être permanente au moins
pendant la période où la température extérieure oblige à maintenir les ouvrants fermés. Le
choix de ventilation générale comme système de référence répond au souci d’efficacité
énergétique, en épuisant au maximum les possibilités de l’air avant de l’évacuer. Le système
de ventilation naturelle doit comporter :
Des amenées d’air doivent être prévues dans les pièces principales : séjour et chambres à
coucher par la perméabilité à l’air des ouvrants complétée par des orifices d’entrée d’air

120
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

• (CNERIB, 2005) ; ces entrées d’air soit réglables manuellement, soit sont de type
auto-réglable (ajustement de la section de passage de l’air en fonction du vent ;
• Des passages de transit afin que l’air puisse circuler librement, porte fermées, des
locaux autres que de service vers les locaux de service ;
• Des sorties d’air dans les locaux de service, au moins dans les cuisines, SDB,
douches, cabinets d’aisance, réalisée par des conduits verticaux à tirage thermique.
Chaque pièce de service du logement possède une sortie d’air raccordée à un conduit
d’évacuation fonctionnant par tirage naturel.
Le confort thermique peut être créé en augmentant la vitesse de l'air grâce à la ventilation
transversale, ce qui favorise le refroidissement par évaporation de la peau humide. Le
placement des ouvertures d'entrée et de sortie d'air est essentiel pour diriger le courant d'air
vers la zone d'occupation.
Les conditions extérieures, telles que les bâtiments environnants et la végétation, peuvent
également affecter le flux de ventilation. Des angles de vent allant jusqu'à 45 ° par rapport aux
ouvertures sont acceptables et peuvent même donner de meilleurs taux de ventilation que dans
une direction perpendiculaire. Les mailles d'insecte peuvent avoir un effet largement négatif
sur la ventilation, mais cela peut être amélioré si elles ne sont pas placées dans le
prolongement de la façade, ou si elles sont munies de dispositifs de captage du vent.
Le calcul des taux de ventilation est difficile. Les souffleries et les programmes avancés de
simulation par ordinateur (CFD - Computational Fluid Dynamics) peuvent donner des
résultats assez précis, mais sont compliqués à utiliser. Simulations simples de l'écoulement
des fluides peuvent donner quelques idées générales, et pourrait donc cette formule ASHRAE:
Q=ExAxv
Où:
Q = Débit d'air (m3/s)
E = Efficacité de l'ouverture,
0,25-0,35 pour les vents diagonaux
0.50-0.60 pour les vents perpendiculaires
A = Surface de l'ouverture (m2)
v = Vitesse du vent (m/s)

121
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Le taux de renouvellement d’air des locaux a un impact direct sur les dépenses énergétiques. Les
solutions pour maitriser ce taux sont connues : 1) rendre l’enveloppe étanche à l’air ; 2) prévoir
un système de ventilation soit naturel, soit mécanique (voir tableau 20).

Tableau 20. Avantages et inconvénients des différentes ventilations (source : Penu, 2013)
Système de Avantages Inconvénients
ventilation
VMC simple flux Débit d’air entrant constant L’humidité intérieure n’est pas prise en
autoréglable Diminution des nuisances sonores compte
extérieures en utilisant les entrées d’air
acoustiques
VMC simple flux Débit d’air entrant variable en fonction de Système plus coûteux à l’achat qu’une
hygroréglable l’humidité (occupation, type d’activité) VMC simple flux auto-réglable
Economie d’énergie Réagit sur l’humidité, pas d’efficacité
Diminution des nuisances sonores supplémentaire sur les polluants
extérieures en utilisant les entrées d’air chimiques
acoustiques
VMC double flux Economie d’énergie par récupération de Système plus coûteux à l’achat
calories Bruit de bouches d’insufflation
Filtration d’air entrant
Sensation de courant d’air froid supprimé
Isolation acoustique
Préchauffage ou rafraichissement de l’air
entrant
VMR Solution pour rénovation Encombrement esthétique (groupe
Maintenance facile d’extraction dans chaque pièce humide)
Bruit de ventilateurs
Ventilation Investissement variable Soumise aux aléas climatiques
naturelle Pertes d’énergie l’hiver

Le choix du système de ventilation affecte donc fortement la forme du bâtiment. La ventilation


minimale de santé doit être assurée. Seulement 0,14 l/s par personne (au repos) est nécessaire
pour fournir de l'oxygène, mais 2 l/s sont nécessaires pour équilibrer la vapeur ajoutée par la
respiration. Un bon indicateur de la qualité de l'air est la concentration de CO 2 . Pour éliminer les
odeurs et les émissions, le CO 2 ne doit pas dépasser 1000 ppm, ce qui correspond à une
alimentation en air d'environ 7-10 l/s et par personne, soit environ 0,35 l/s et m3, ou 0,5 de taux
de renouvellement d'air par heure, qui pourrait être recommandé pour le logement. L'élimination
de l'humidité des zones humides telles que les cuisines et les salles de bain nécessite des taux de
ventilation plus élevés. Les taux doubles sont recommandés 1.

1
Pour plus de détails, se référer à ASHRAE 1997.

122
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

En Algérie, la plupart des logements ne disposent pas d’un système de ventilation et sont aérés
par ouvertures des fenêtres et par les défauts d’étanchéité de l’enveloppe. Conséquence, les
occupants ont tendance à maintenir les ouvrants fermés pendant les périodes de grand froid. Ce
comportement nuit la qualité de l’air et provoque régulièrement des drames (Denker et al., 2014).

- Le refroidissement naturel (Avec ou sans stockage d’énergie) :


• Refroidissement radiatif
Des températures minimales élevées du ciel dans les régions arides ont été utilisées pour le
refroidissement radiatif de toits lourds dans l'architecture traditionnelle.
Le gain d'isolation des toits pour la protection solaire pendant la journée, ou pour réduire les
pertes de chaleur en saison froide, est cependant souvent plus élevé.
Il existe des prototypes pour les «refroidisseurs de ciel», mais ils sont trop compliqués ou coûteux
pour une utilisation pratique et peu coûteuse.

• Systèmes de capacité thermique


Le refroidissement de la terre a des coûts d'investissement élevés et les passages pourraient être
difficiles à éviter de bactéries nocives. L'efficacité est souvent faible.
Un intermédiaire entre le stockage de masse structurelle et le refroidissement de la terre est le lit
de roche. Il existe des systèmes passifs, actifs et hybrides. Les lits de roche sont adaptés pour le
logement et d'autres petits bâtiments. Toutefois, les coûts d'investissement sont élevés. Les pièces
du sous-sol utilisables pourraient donner cet effet dans une certaine mesure.
Le mur de trombe, un système bien connu parmi les architectes et les chercheurs, est un mur de
masse derrière un vitrage. Il a un certain effet en théorie, mais il est trop compliqué à gérer pour
les utilisateurs normaux. L'utilisation n'est donc pas répandue. Les espaces vitrés sont plus
utilisables.

123
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

3-9-2) Forme et compacité des bâtiments


Il convient aussi de favoriser la compacité des
bâtiments, c'est-à-dire de limiter le ratio entre la
surface déperditive et la surface utile du
bâtiment. En effet, plus un bâtiment est compact,
moins les déperditions d’énergie seront fortes
(voir figure 42). Une des manières de jouer sur
la compacité des bâtiments et de favoriser la
mitoyenneté. Il faudra par ailleurs veiller à
trouver le juste équilibre entre la compacité des Figure 42. Bénéfices de la compacité (source : de
Gramont et al., 2015).
bâtiments et l’innovation architecturale.

3-9-3) Orientation des bâtiments :


L’orientation des bâtiments joue un rôle significatif dans la conception bioclimatique tant pour
offrir un bon niveau d’éclairage naturel que pour garantir un bon niveau de confort thermique et
maitriser les consommations d’énergie du bâtiment (de Gramont et al., 2015).
Durant les mois d’été, le soleil se lève du coté Nord-est et s’élève légèrement vers le Sud jusqu’à
ce qu’il devient presque perpendiculaire à la surface de la terre à midi, après ça il descend de
nouveau vers le Nord-ouest. Le plus grand gain de chaleur de la maison durant l’été vient du toit,
ainsi que des façades Est et Ouest. Par
conséquent, il est important d’ombrager le toit
et les faces de fenêtres Est et Ouest et les murs.
Durant les mois d’hiver, le parcoure du soleil et
plus court, il se lève du coté Sud-est, et
demeure à un angle bas puis il bouge vers le
Sud avant de se cacher de nouveau du coté
Sud-ouest. Pareil, le plus important gain de
chaleur durant l’hiver vient de la façade Sud de
la maison. Les faces sud des fenêtres et des
murs, par conséquent reçoivent le maximum de Figure 43. Orientation optimale des bâtiments (source :
de Gramont et al., 2015 d’après Groupe Re Source).
chaleur durant l’hiver (Ouahrani, 1999) (Voir
figure 43).

124
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Une orientation perpendiculaire au Sud exact est la meilleure. S’il y a une déviation, idéalement
elle ne doit pas dépasser 15 degrés. Le coté long orienté vers le Sud va permettre plus
d’insolation de la maison pendant l’hiver (Awadallah, 2011).

3-9-4) Répartition des surfaces vitrées :


L’orientation des bâtiments est à corréler avec la surface vitrée afin de favoriser les apports
solaires passifs en hiver (principalement au Sud) et de les limiter en été (principalement sur les
faces Est et Ouest), tout en limitant les déperditions sur les surfaces vitrées situées au Nord
D’après de Gramont et al. (2015), il est conseillé, pour les logements individuels et collectifs, de
répartir les vitrages de la manière suivante : 50% au Sud, 20-30% à l’Est, 20% à l’Ouest, 0à 10%
au Nord. Afin de parvenir au meilleur compromis entre déperdition, confort d’été et éclairage
naturel, il est conseillé de respecter le ratio suivant :
15%≤I OUV BAT ≤25%
Où :
I OUV BAT : Indice d’ouverture global bâtiment=Surface de toute les baies mesurées en tableau,
ramenée à la surface utile du bâtiment.
I OUV LOC ≤35%
Où :
I OUV LOC : Indice d’ouverture= Surface des baies de la pièce, mesurées en tableau, ramenée à la
surface de la pièce (de Gramont et al., 2015).

3-9-5) Prise en compte des masques solaire :


Les masques solaires représentent tout objet naturel ou construit pouvant faire obstacle au soleil.
Ils peuvent être liés aux végétaux, au bâti, ou à l’environnement. Afin de favoriser les apports
solaires passifs et le potentiel de production d’énergies solaires thermique et photovoltaïque, il
faut optimiser le plan de composition de la zone pour limiter au maximum les masques solaires.

- Les masques solaires liés au bâti :


Dans le cas de masques solaires liés au bâti on peut utiliser la règle du prospect illustrée dans les
figures 44 et 45, qui permet de contraindre l’écart entre les bâtiments et les hauteurs de ceux-ci en
prenant en considération les apports de lumière et les ouvertures. Cette règle se traduit par la
formule : L=xH (avec L la distance entre deux bâtiments et H la hauteur du bâtiment situé au
Sud). La valeur x varie d’un projet à l’autre en fonction de la densité du tissu urbain, des choix de

125
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

formes urbaines et autres contraintes d’ordres architecturales (par exemple : L= H ou LhH /2 en


centre urbain, L=2H ou L=3H en périurbain ou rural). (Ibid., 2015).

Figure 44. Illustration de l’influence de l’orientation des Figure 45. Illustration de la règle de prospect L=H
bâtiments et des masques liés aux bâtiments et à la (source : de Gramont et al., 2015).
végétation sur les apports solaires (source : de Gramont
et al., 2015).

- Les masques liés à la présence de végétation :


La prise en compte de la végétation pour le
calcul des masques solaires est un peu plus
subtile. En jouant sur les essences (par exemple
arbres à feuilles caduques), il est possible de
favoriser les apports solaires en hiver tout en
protégeant des surchauffes en été. C’st le cas de
la figure 46 qui détaille le taux de rayonnement
transmis en été et en hiver pour des arbres
Figure 46. Illustration de la transmission des arbres
caduques. caduques en été/hiver et de la hauteur du soleil dans le
ciel (source: de Gramont et al., 2015, p. 86).

Par ailleurs, la figure 47 illustre que le soleil est beaucoup plus haut dans le ciel en été. La
majorité des apports solaires directs responsables de la surchauffe en été ne vienne donc pas du
Sud mais de l’Est et de l’Ouest lorsque le soleil est plus bas et peut donc pénétrer en profondeur
dans les pièces. Or comme la course du soleil est beaucoup plus importante en été qu’en hiver, il
est donc recommandé de mettre des arbres à l’Est et à l’Ouest afin de se protéger des surchauffes.

126
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Par ailleurs, il est toujours souhaitable de mettre des arbres au nord afin de se protéger des vents
froids (Ibid., 2015).

Figure 47. Positionnement de la végétation pour maximiser la prise en compte des apports
solaires passifs (source : de Gramont et al., 2015, p. 86 d’après Heliasol).

3-10) Techniques actives


L’idée dans la conception active est de prévoir les espaces alloués au niveau de l’enveloppe
extérieure pour l’intégration des systèmes solaires en général. Bien sûr, l’aménagement intérieur
pour intégrer ces systèmes doit se faire dès le départ de la conception. Il ne faut pas oublier que le
but est de diminuer au maximum la consommation énergétique dans le bâtiment.
L’énergie renouvelable la plus courante chez les
particuliers est l’énergie solaire, qui permet de
produire de l’eau chaude via les panneaux solaires
photovoltaïques (comme dans la figure ci-contre).
L’énergie du vent peut également être exploitée sur
une habitation par une mini-éolienne. Il est,
cependant, plus intéressant de prendre des parts dans Figure 48. Maison rurale en Algérie, avec
panneaux photovoltaïques sur le toit (Source :
une éolienne de taille beaucoup plus importante, dans
Aprue, 2010)
la mesure où l’efficacité de cette dernière sera plus
intéressante et sa rentabilité plus rapide.

127
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments Partie I

Le solaire thermique intervient dans la conception pour le chauffage des locaux (exemple le
plancher solaire), et l’eau chaude sanitaire. Pour la gestion technique du bâtiment, il faut prévoir
des espaces pour les installations d’équipements comme la cuve de stockage de l’eau chaude
solaire. Pour l’eau chaude sanitaire, on peut faire le choix sur une installation collective
(immeubles d’habitations collectives), ou sur une installation en kit (maison individuelle).
Un dimensionnement précis des installations de production d’énergie est indispensable pour
assurer un bon fonctionnement et des économies d’énergie importantes.
Parmi d’autres sources d’énergie, il y a la géothermie qui peut être facilement exploitée grâce à
des capteurs (absorbeurs). Elle est extraite de manière indirecte. De plus, l’Algérie possède
plusieurs sources géothermales non exploitées.
Il ya d’autres techniques qui permettent d’économiser l’énergie, comme les pompes à chaleurs, la
ventilation double flux etc.
On procède donc au passage du cas du bâtiment à Hautes Performances Energétiques (HPE) au
concept du bâtiment à énergie positive (c’est-à-dire un bâtiment qui produit de l’électricité
supérieure à ces besoins).
Le concepteur a un large éventail de solutions passives et actives, dont le génie est de trouver la
solution optimale permettant d’atteindre les performances requises, tout en réduisant les coûts et
limitant les désagréments qui peuvent en résulter.

3-11) Conclusion :
Ce chapitre a démontré que les questions climatiques et énergétiques méritent donc plus que jamais une
place essentielle dans le processus de conception architecturale. Les connaissances scientifiques qui s’y
rapportent nous semblent donc désormais incontournables pour les architectes. La solution passe par la
connaissance du comportement thermique de l’enveloppe du bâtiment et l’utilisation de solutions
de chauffage et de refroidissement passif adaptées illustrées dans ce chapitre à savoir : la
ventilation, l’orientation, l’isolation, le double vitrage, la protection solaire.
Par contre, la conception bioclimatique et solaire et l’utilisation des techniques passives sont des
solutions faiblement explorées, actuellement, malgré que ça a présenté le génie de l‘architecture
vernaculaire dans nos préexistences tel que la médina de Tlemcen.
Le chapitre quatre, dans la partie suivante, s’occupera de l’étude de terrain appliquée sur cette
ville. Il sera précédé par une conclusion de la première partie qui récapitula tout se qui a été
présenté. Et sera suivi par une introduction de la deuxième partie.

128
Conclusion Partie I

Conclusion de la première partie:


Dans cette première partie, un cadre théorique a été fondé en se basant, dans le premier
chapitre, sur un panorama général du secteur énergétique à l’échelle mondiale, régionale et
nationale, les enjeux économiques et environnementaux globaux liés à l’évolution des
consommations énergétiques, le cadre réglementaire algérien et la politique de maîtrise
d’énergie. Il a été démontré que, la sécurité énergétique est de plus en plus importante et la
consommation nationale d’énergie devrait être plus économe. A cet effet, il a été recommandé
d’intégrer les objectifs de la maitrise d’énergie à travers l’efficacité énergétique dans le
secteur du bâtiment résidentiel. La transition énergétique est une voie possible, qui se réfère à
tous les avantages d’une question majeure qui est la réhabilitation thermique des bâtiments
résidentiels.
Pour y parvenir et afin de placer cette étude dans une perspective internationale, ce cadre
théorique a exposé, dans le deuxième chapitre, les techniques d’évaluation de la performance
énergétique des bâtiments et les outils de la réhabilitation thermique. À la lumière de cette
analyse bibliographique, il a été démontré que l’adoption du modèle bottom-up, dans un premier
temps, s’est avéré un choix pertinent. Par ses approches : statistique (technique d’analyse des
conditions de la demande d’énergie) et par ingénierie (caractéristiques physiques du bâtiment), il
s’est présenté comme un modèle robuste conçu pour répondre aux besoins multiples et évolutifs
des politiques énergétiques, notamment dans le secteur résidentiel.
De plus, le «benchmarking », l’audit énergétique et le calcul simple suivant la réglementation
thermique algérienne seront utilisés, dans les chapitre quatre, comme outils de diagnostic.
Vu le nombre important de paramètres à prendre en considération pour la réalisation de cette
étude, ce chapitre a recommandé l’utilisation de la méthode d’aide multicritère à la décision
par itération de simulations par modélisation paramétrique pour guider les actions de la
réhabilitation thermique, dans le chapitre cinq. Et a démontré, également, que l'optimisation
multi-objectif (OMO) est sans aucun doute un sujet de recherche très important à la fois pour
les scientifiques et les praticiens, en raison des objectifs multiples et de l'avantage de travailler
avec une population de solutions plutôt qu'avec une solution unique.
Cependant, le chapitre trois s’est concentré sur l’explication du comportement thermique de
l’enveloppe du bâtiment et l’utilisation des solutions de chauffage et de refroidissement passif
adaptées afin de les utiliser dans l’optimisation du modèle.
Donc, ce cadre théorique nous a fourni les conditions et les exigences qui vont nous permettre
d’entamer la deuxième partie de notre travail pour pouvoir vérifier les hypothèses de la
recherche.

129
Partie II
Partie pratique
Introduction Partie II

Introduction de la deuxième partie :


La deuxième partie de cette thèse sera expérimentale. Elle se composera de deux études
complémentaires et comportera également trois chapitres.
Le quatrième chapitre décrira le site de Tlemcen du point de vue géographique, historique,
architectural, statistique du parc de logements et climatique. Ce qui va servir comme
information clé pour la définition des archétypes dans l’étude de terrain. Cette dernière
diagnostiquera l’échantillon représentatif en utilisant le modèle « bottom-up » d’un point de
vue architectural, urbain, technique, thermique et énergétique.
Les chapitres cinq et six représenteront une étude de simulation du type le moins efficient
pour l’optimisation de sa performance énergétique et environnementale. Ils comporteront la
méthode, les outils et les résultats.

131
Chapitre 4

Étude de terrain
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Ce chapitre constituera un diagnostic de la performance énergétique et thermique des


logements collectifs construits à Tlemcen durant les différentes époques qu’a connue
l’urbanisation de cette ville. Ce qui représentera l’action clé à la définition d’une méthode
stratégique pour la maitrise de l’énergie dans les bâtiments résidentiels. Il concernera le stock
de logements collectifs existant, et se concentrera uniquement sur les édifices construits
durant les deux périodes: coloniale et postindépendance.
Nous aborderons, dans un premier temps, une étude du contexte des bâtiments résidentiels
dans cette ville. Cela sera fait pour comprendre la forme architecturale et va permettre la
datation des bâtiments considérée comme une information clé.
Dans un deuxième temps, nous aborderons notre étude de terrain sur Tlemcen. Elle
représentera un diagnostic basé sur une méthodologie ascendante, à travers : la technique
statistique à l’aide de l’audit énergétique qui servira à collecter les données et les
caractéristiques physiques du bâtiment. Cette étude nous permettra de découvrir les points
forts et les faiblesses de ces bâtiments en tant que consommateurs d'énergie.

4-1) Objectifs de l’étude et methodologies


L’originalité de cette étude est d’accomplir une analyse préliminaire de la performance
thermique et énergétique du parc de logements collectifs de la ville de Tlemcen, à travers une
étude architecturale et technique des logements représentatifs des différentes périodes
d’urbanisation de cette ville. Afin de montrer que chaque bâtiment à Tlemcen est le produit
d’un contexte historique, et qu’il possède des qualités et des défauts thermiques inhérents aux
méthodes constructives de son époque. Ce qui servira à tester, dans une suivante étude,
plusieurs actions de réhabilitation thermique. Cette procédure aidera à poursuivre une analyse
plus précise, servant à orienter les actions de correction et d’optimisation des performances
énergétiques et environnementales de ces bâtiments.
Un tel objectif peut être atteint grâce à un audit énergétique (définie dans le deuxième
chapitre): en n'évaluant que peu de données, il est possible de fournir des résultats de
performance énergétique pour chaque bâtiment appartenant au parc de logements.
L'élaboration du nouveau protocole d'audit énergétique, ciblant les immeubles d’habitat
collectif à Tlemcen, a été basée sur la métodologie ascendante:
Au début de ce chapitre, le site de Tlemcen est décrit selon differents niveaux (géographique,
historique, architectural, habitat, énergétique et climatique). Ce qui va servir d’effectuer la
datation des batiments à Tlemcen comme une information clef, car les données historiques

133
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

liées à la construction des bâtiments permettent de renseigner une partie des paramètres
nécessaires à expliquer les émissions de gaz à effet de serre du bâti à Tlemcen en connaissant
les matériaux utilisés, les mode de construction, les surfaces de vitrages utilisés, selon les
époques. Notons que, ce travail est spétialement réalisé pour cette étude car la date de
construction des édifices à Tlemcen est une information qui n‘existait pas jusqu’alors. L’étude
est l’occation de ce travail exhaustif qui pourra servir à de nombreuses futures études. Le
travail s’est déroulé en deux phases:
• Une phase de collecte des données à partir des études antérieurs sur la ville de Tlemcen.
• Une phase d’audit énergétique: à travers laquelle les données sont collectées à l’aide d’une
enquête accompagnée (définie dans le glossaire) afin de remplir un formulaire présenté
dans l’annexe B, des measures des température, des croquis et des photos, des
observations, et des données servant au croisement de sources cartographiques pour dater
les immeubles.
Le questionnaire a été conçu de façon à collecter les informations dans quatre aspects
principaux :
o Des informations sur le répondeur, tel que le sexe, l’âge, occupation, le statu familial
et la taille de la famille.
o Des informations sur l’appartement, tel que le type, le statu, la typologie, la
disposition, les matériaux de construction et la composition de logement. Le
déménagement d’un logement à un autre et les caractéristiques du bâtiment préféré.
o L’usage des différents espaces durant l’hiver et l’été, en incluant les calendriers des
différentes activités.
o Des questions liées à la consommation d’énergie, à la température, à la ventilation et à
l’eau chaude sanitaire.
Les periodes de constructions retenues sont les suivante:
 Période coloniale: entre 1872 à 1920, de 1939 à 1957, de 1958 à 1962;
 Période postindépendance: de 1974 à 1989, de 1990 à 2016.
L’échantillon d’étude se compose des ménages de 100 logements. Dont : 51 logements
coloniaux et 49 logements postcoloniaux (voir tableau 21).

134
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Tableau 21. L’échantillon du champ d’étude (Source : l’Auteur).


Type de Période historique Nombre de
logement logement
Colonial Entre 1872-1920 20
Entre 1939-1957 05
Entre 1958-1962 26
Postcolonial Entre 1974-1989 18+
12
Entre 1990-2016 19
Total 100

Dans une seconde partie la forme urbaine et les techniques constructives sont analysées. Ce
qui a servir comme matière première à illustrer, dans la partie suivante, les atouts et les
faiblesses des bâtiments en tant que consommateurs d’énergie par des analyses thermiques.

4-1-1) Procédure :
Le questionnaire a été présenté à la société locale. Les intentions et les objectifs de l’étude
étaient expliqués en utilisant des termes simples. Dans tous les logements visités, les ménages
étaient interviewés, mais dans certains seulement la température était mesurée selon la
permission des habitants. Dans quelques logements, les mesures étaient en fonction de la
disponibilité des ménages.
La température était mesurée à l’aide de deux thermomètres digitaux, délivrés avec une stable
investigation de 22.5C° pour le calibrage.

4-1-2) Traitement des données collectées :


Les données collectées et les observations faites dans le champ d’étude sont utilisées pour
donner une description des logements, comment ceux-ci sont utilisés et évaluer leur
consommation énergétique. L'élaboration du diagnostic, suivant une méthodologie ascendante
est effectuée comme suit:
• Identification de suffisamment de cas d'études différentes du point de vue: des dimensions,
la typologie, la morphologie et les caractéristiques technologiques, pour décrire l'ensemble du
parc régional;
• Analyse énergétique des cas d’études, en utilisant plusieurs méthodes d’analyse, d'une
approche plus approfondie à une plus détaillée:
a) Méthode des comparaisons entre: les performances des enveloppes; l’effet de la paroi
froides de chaque type d’enveloppe, le confort d’été, les menuiseries, la ventilation et
les équipements de chauffage;

135
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

b) Consommation d'énergie dite «réelle» (collecte de données sur les factures d'énergie
précédentes en séléctionnant plutôt un même nombre de cas à l’intérieur de chaque
strate pour permettre des comparaisons par la suite. Cette façon de procéder s’appelle
l’échantillonnage stratifié pondéré: on égalise chaque strate (Angers, 2015));
c) Identification, grâce à l'analyse ci-dessus, des caractéristiques / facteurs / paramètres
qui influent le plus sur la performance énergétique du logement collectif. Par
conséquent, l'identification des facteurs qui influent le moins.
• Formulation de synthèse et des recommandations servant à réduire la consommation par de
simples mesures.

Les résultats du questionnaire étaient codés, élaborés et analysés par le logiciel SPSS (version
16.0). Les résultats vont être présentés sous forme de pourcentage, de moyennes et de
graphiques statistiques issues des analyses univariées et bivariées des données collectées.

4-2) Tlemcen comme champ d’étude


4-2-1) Situation et données Géographiques :
Tlemcen se situe dans l’extrême Nord-Ouest de l’Algérie, exactement à 40km de la mer
méditerranée à vol d’oiseau, à 63km de la frontière marocaine, et distante de 550km de la
capitale Alger (voir figure 49). Tlemcen est à 1,19° de longitude ouest, et à 34,56° de latitude
Nord est adossée au flanc du plateau de lalla Setti (1200m d’altitude). Localement,
l’agglomération de Tlemcen s’étend sur le territoire de quatre communes (Tlemcen,
Mansourah, Chetouane et Beni Mester), soit une superficie de 2736 hectares. Elle est peuplée
par plus de 236000 habitants. Soit une densité de 520h/km2. Le site de la ville est un plan
incliné orienté Sud-Nord avec des altitudes variables entre 550 à 930 d’altitude (Ghomari,
2007).

136
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Figure 49. Situation de Tlemcen (source : A.N.A.T., D.U.C., 2005, p. 07).

4-2-2) Aperçu historique de la ville de Tlemcen :


Tlemcen représente l’une des plus vieilles villes du réseau urbain algérien. Indéniablement,
c’est la plus représentative du patrimoine architectural arabo-musulman, bien qu’elle soit, à
l’origine, de création romaine mais avec un nombre d’indices remontant à des siècles plus
lointains (Sari Dj., 2006, p.13). D’où elle a pris successivement plusieurs noms : Pomaria
(vergers), Agadir (lieu élevé), Tagrart (campement), et Tlemcen (voir fig. 50).

Figure 50. Principales étapes de croissance de Tlemcen (source : ANAT, DUC, 2004).

137
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Mais au-delà de cette histoire apparemment agitée et afin de mettre en valeur les grandes
lignes d’une urbanisation bimillénaire, au demeurant ininterrompue, il convient de citer un
bref aperçu historique reflétant les trois périodes suivantes : précoloniale, coloniale et
postcoloniale (voir figure 51).
• Des indices de la période préhistorique (néolithique) ont été découverts dans la région
(grottes de Boudghene – Bab El Karmadine – Ouzidane).
• La région fut habitée ensuite par les berbères.
• Installation romaine (au 17 avant Jc).
• Débarquement des vandales dans le Maghreb sur les côtés de la méditerranée et de
l’océan atlantique particulièrement.
• En 710, les arabes arrivent à Tlemcen, et convertissent la population en presque 80 ans.
• En 790, le sultan Idriss 1er, obtient la possession de la medina et crée son enceinte
jusqu’à l’an 930 et la fondation de la cité Agadir (790 -1078).
• En 1080, arrivent les Almoravides et utilisent le nom de « Tilimsan » et fondation de
« Tagrart » actuelle Tlemcen par Abou Tachefine (1080 -1147).
• En 1235, Tlemsan devient la capitale du royaume des Ziandes siège du gouvernement de
Provence.
• En 1370, Ibn Khaaldoun se refugie chez le sultan des Zianides.
• En 1553, la région de « Tilimsan » tombe sous la domination Othomane.
• En 1836 Tlemcen est conquise par la colonisation française.
• En 1834 – 1836, Tlemcen fit la soumission au sultan du Maroc qui a été reconnue par
l’Emir AEK.
• En 1837 – 1872, traité de la Tafna entre l’Emir AEK et l’occupant français.
• En 1842, Tlemcen devient chef lieu de la 5ème division militaire d’Oran.
• 1858, Tlemcen devient sous préfecture du département d’Oran.
• 1872, début de la destruction des bases culturelles et économique de la médina – 1872
destruction de la medersa tachfinia et construction de places et administrations
françaises.
• 1904, destruction de la kaissaria, et construction à sa place du marché couvert.
• 1920, commence l’urbanisation extra-muros, par la création des cités faubourgs-
Beauséjour et Bel Air.
• Création et développent du noyau colonial.

138
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

• Création de la voie de chemin de fer (Oran- Mecheria – Béchar) qui a détourné l’ancien
trafic florissant et Tlemcen perd son rang au profit d’Oran.
• Redéfinition du rôle de Tlemcen, comme centre local qui serait tourné uniquement vert
l’agriculture et ses services annexes (URBAT, 2018).

2018

Figure 51. Différentes périodes de l’évolution historique de Tlemcen (source : ANAT, DUC, 1999).

4-2-3) Habitat dans la ville de Tlemcen :


a) Regard sur l’habitat traditionnel :
La médina de Tlemcen représente le centre en terme de noyau originel et reflète par sa
pérennité, la plus forte expression de l’identité du lieu en tant qu’espace ou est concentré, le
plus de valeurs symboliques de l’histoire (Mechouar, mosquées, zaouias…). Cet espace se
transforme à une allure rapide qui affecte à la fois fonctions, structures et formes et se pose à
cet égard le problème de dysfonctionnement par rapport au reste de l’agglomération.
Au plan de l’organisation d’ensemble, la médina de Tlemcen obéit au même principe
d’organisation de l’espace des médinas maghrébines en général, agglomération « spontanée »
sur un plan radioconcentrique entourée de remparts (la plupart ont disparus), elle se compose
d’espaces spécialisés, d’où ressortent deux caractéristiques : hiérarchisation et homogénéité.
Au cœur, commerces et artisanats se répartissent autour de la grande mosquée selon un
principe hiérarchisé significatif de l’importance des différents métiers. Les quartiers
résidentiels s’établissent autour de cette aire. Quant à l’homogénéité des différents espaces et
de l’ensemble urbain, elle découle de l’homogénéité formelle des éléments de la composition
urbaine, maisons traditionnelles et échoppes et de l’imbrication de ces éléments. A Tlemcen,
comme dans les autres médinas, la compartimentation de l’espace en quartier, derb, grande
maison reflète une hiérarchisation de l’occupation de l’espace (Khaldoun A., Séminaire des
Ksours et des Médina, 1999).
Sur le plan architectural, cette médina est caractérisée par une conception compacte
horizontale qui expose le minimum de surface au soleil d’été et aux vents froids d’hiver. Les

139
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

maisons à patio caractéristiques de ce climat sont regroupées de manière compacte et leurs


murs mitoyens limitent les surfaces d’exposition au soleil (Fewzi, 1989). L’introversion est
souvent expliquée en termes d’intimité, de facteurs socioculturels et de mode de vie. Certains
admettent un rôle de régulateur thermique à la cour. L’introversion est donc générée par une
multitude de facteurs dont au moins un climatique. L’introversion est même favorisée et
parfois imposée par l’associativité de la parcelle qui, elle-même, est imposée par la compacité
etc. (Maazouz, 2007). Dans les groupements horizontaux, les ruelles sont longues, tortueuses
et fournissent de l’ombre pendant presque toute la journée. Parfois, les pièces du premier
étage sont en encorbellement au dessus des ruelles, fournissant ainsi un minimum d’ombre et
munies de petites fenêtres permettant la ventilation et la pénétration de la lumière naturelle.
De couleur claire, la maison à patio à une masse thermique considérable avec très peu
d’ouvertures sur l’extérieur ; elle comporte une terrasse que l’on utilise en été pour dormir ou
faire sécher des produits alimentaires. Si le climat est trop sec, un arbre fruitier ou une
fontaine au milieu du patio représente un symbole de vie dans ces régions (Fewzi, 1989).
La maison traditionnelle comme l’indique la figure 52, s’inspire dans son style de la
simplicité de l'Islam en respectant les critères du climat, de situation et de sécurité. Elle est
généralement de 1-2 niveaux de hauteur et varie de 4 à 8 m. Cette maison à patio occupe des
parcelles de forme géométrique très variable avec une organisation introvertie. les matériaux
traditionnels locaux : Le pisé (revêtement du plafond), le bois (solives), la brique de terres
sèches (couverture du plancher). Les hauteurs de constructions : R.D.C (36%), R+1(64%).

Figure 52. Caractéristique de Plan du R.D.C Plan du 1 IERETAGE


l’habitat traditionnel à Tlemcen
(Source : Khaldoun, 1999)

140
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

b) Regard sur l’habitat contemporain


L’habitat contemporain à Tlemcen date des deux périodes coloniale et postcoloniale. Durant
la période coloniale, la préoccupation défensive céda le pas aux tracés orthogonale au-dessus
de celui de la médina qui causa la destruction de grandes parties des quartiers résidentiels afin
de permettre le contrôle militaire. Une nouvelle typologie d’habitat (habitat collectif) sous
forme d’immeubles est apparue. Le tissu colonial est caractérisé par des parcelles de forme
régulière généralement rectangulaire, accessible directement par les rues. La rue est assez
large permettant la circulation mécanique et piétonne et bordée d’immeubles de 2 à 4 niveaux.
Deux extensions ont marqué l’occupation française
dans cette ville. Dans la première, des quartiers
européens, caractérisé par des maisons
individuelles groupées avec des toitures à double
ou à plusieurs versants en tuile ou en ardoise et
des jardins privés à l’entrée, ont été réalisés,
comme l’indique la figure 53. Jusqu'a l’heure
actuelle, Tlemcen présente toujours le visage d’une
ville coloniale.
Figure 53. Caractéristique de l’habitat
La deuxième extension est caractérisée par contemporain durant la période coloniale à
l’apparition de nouveaux regroupements d’habitat Tlemcen (Source : photo prise par l’auteur)

collectif. Et depuis et jusqu’à présent, une


occupation en ilot ouvert a caractérisé cette typologie sous forme de grands ensembles
occupant les Zones d’Habitat Urbanisées nouvelles (ZHUN) dans les zones périphériques de
la ville.

c) Statistiques et perspectives de l’habitat à Tlemcen :


L’analyse du rapport démographie et développement du parc de logements au niveau du
groupement permettrait non seulement de renseigner sur la répartition de la population par
dispersion mais aussi de saisir les tendances d’évolutions passées. Elle servira aussi pour
mieux appréhender les mutations de la population en termes d’évolution des paramètres
démographiques et le développement des typologies de logement. Ce pour mieux cerner les
tendances d’évolutions futures (perspectives) à savoir, à court, moyen et long terme.
Le RGPH de 2008 évalue, pour le Groupement, le nombre total des logements à 55 663 et à
45 833 logements habités ; soit un taux d’occupation de 82.3% supérieur à celui de la Wilaya
(78.2%). Le taux d’occupation par logement (TOL) est de 5.6 personnes par logement avec un

141
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

taux d’occupation (TOP) de 1.8 personnes par pièce. Le TOL et le TOP sont légèrement
inférieurs à ceux de la wilaya (5.7 et 1.9). Le TOL est nettement inférieur à celui évalué au
niveau national qui est de 6.4 personnes par logement. Les données du tableau ci-dessous
montrent une relative amélioration des conditions d’habitation. En effet, Le TOL a connu une
courbe descendante depuis 1998. Il était de 6.3 à cette date pour décroître à 5.7 en 2008. Cette
amélioration relevée tant au niveau des communes du Groupement qu’au niveau de la wilaya
et du pays résulte de l’importante croissance du parc immobilier (URBAT, 2018).

Tableau 22. Evolution du T O L depuis 1998 à Tlemcen (Source :


Direction de logement de Tlemcen, 2017).
Année Population Parc de logements T.O.L
RGHP 1998 842 053 133 077 6,3
1999 846 942 134 000 5,5
2005 912 193 164 682 5,5
2008 949 135 166 665 5,7
2009 968 967 171 665 5.6
2013 1 018 971 191665 5.3
2014 1 021 009 196 385 5.2
2015 1 030 000 200 000 5.08
2016 1 050 600 206 696 5.18
2017 1 071 612 215 079 5

Sur la période 1987-2008, le parc logement total a quasiment doublé en 21ans. Le croît est de
27 437 unités, soit un taux de croissance de 97.2%. Cet accroissement est le fait
particulièrement du développement des communes de Mansourah et Chetouane où les taux de
croissance sont très élevés. Leur parc immobilier a été respectivement multiplié par 3.27 fois
et 2.77, soit des taux de croissance de 256.8% et 176.7%. La croissance en termes de
logements n’a pas été réalisée avec la même ampleur pour Tlemcen et Beni Mester. Les taux
sont nettement moins élevés (URBAT, 2018).
Le type de logement est un indicateur qui peut renseigner sur le niveau socioéconomique du
ménage.
La structure des logements habités selon le type de construction 1, comme indiqué dans le
tableau suivant, fait ressortir le caractère essentiellement individuel des constructions. Mais
l’analyse comparative de la dynamique du parc à l’échelle départementale montre une
augmentation des tranches de logements en immeubles collectifs (IC). Leur taux passe de
14.7% en 1998 à 19.1% en 2008. Cette augmentation s’accompagne de l’accroissement de la
part de ce type de logements dans le parc. L’augmentation est toutefois contrebalancée par la
faible augmentation des parts relatives aux maisons individuelles et la diminution des maisons

1
Selon la nomenclature de l’ONS.

142
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

traditionnelles, soit respectivement 69.8% et 8.6% contre 66.9% et 13.9% en 1998. Les
constructions précaires, quant à elles, leur taux est passé de 3.5% à 1.6%, soit une baisse de
0,55%.

Tableau 23. Structure des logements habités selon le type de construction àTlemcen (Source : l’URBAT, 2018).

Les données statistiques ayant servi à l’analyse proviennent essentiellement des résultats des
différents recensements de la population et de l’habitat (RGPH).
Il est important de signaler qu’un recensement de la population et de l’habitat est la source
unique pour une information statistique exhaustive au niveau de la commune. Par voie de
conséquence, il peut sembler que les données issues du dernier recensement de 2008 soient
"dépassées".
La wilaya de Tlemcen a bénéficié d’un programme de logements de 128 788 et le nombre de
demandes de logement, jusqu’à 30/10/2017, est passé à 78 495 demandes (direction de
logement de Tlemcen, 2017).
Pour la satisfaction des besoins en logement de la population prévue, d’ici l’an 2036 -qui
serait de 979 540 habitants-, il y a lieu de prévoir un parc logement de l’ordre de 197576
unités, indiqué par le tableau 24. Ces nouveaux besoins, ont été calculés sur la base d’un taux
d’occupation par logement (TOL) de 4.95 personnes par logement, la superficie nécessaire
pour la réalisation de ce programme est estimé à 1500ha, calculés sur la base d’une densité
moyenne de 25 logement à l’hectare pour l’individuel avec équipements soit 30,39% avec
904,95 ha. L’habitat collectif avec équipements, représente 28,68% avec 853,10 ha. La

143
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

surface de l’habitat avec équipements, représente 59,04% (presque les 2/3), avec 1.758,05ha
(URBAT, 2018).

Tableau 24. les besoins en logements à Tlemcen (source : l’URBAT, 2018).


ESTIMATION
RGPH 2008
Communes AU 1-1-2016 AU 1-1-2016 (LT)
Pop (hab) Logts TOL Pop (hab) Logts TOL Pop (hab) Logts TOL
Tlemcen 140 158 25 299 5,54 146 853 27 708 5,30 172 224 35 148 4,90
Mansourah 49 150 9 118 5,39 63 315 12 176 5,20 138 731 28 902 4,80
Chetouane 47 600 8 294 5,74 89 351 16 395 5,45 619 779 123 956 5,00
Grand Tlemcen 236 908 42 711 5,55 299 519 56 279 5,32 930 734 188 006 4,95
Beni Mester 6 872 1 153 5,96 9 331 1 637 5,70 25 300 4 961 5,10
Zelboun 5 883 987 5,96 6 358 1 115 5,70 10 202 2 000 5,10
Ain Douz 2 689 451 5,96 3 361 590 5,70 7 184 1 409 5,10
Tizghennit 1 464 246 5,95 1 659 291 5,70 2 433 477 5,10
Boudjmil 798 134 5,96 1 127 197 5,70 2 471 485 5,10
Zone éparse 945 158 5,98 945 166 5,70 1 216 238 5,10
C. Béni Mester 18 651 3 129 5,96 22 781 3 996 5,70 48 806 9 570 5,10
Groupement 255 559 45 840 5,58 322 300 60 275 5,34 979 540 197 576 4,95

4-2-5) Énergie à Tlemcen


Selon les données de 2014 fournis par la direction générale de SONELGAZ de Tlemcen, cette
wilaya a 252 208 abonnés en électricité et 130 004 en gaz en 2014. Le taux actuel
d’électrification est de 98% (Sonelgaz, 2015). Ces données témoignent d’une augmentation
perceptible de la consommation énergétique d’une année à une autre (voir figure 54).

Consommation Electrique (Basse tension)


Consommation Gaz (Basse pression)
300 000
Consommation énergétique (kWh)

250 000
200 000
150 000
100 000
50 000
Figure 54. Évolution de
0 la consommation de
1/2012 2/2012 3/2012 4/2012
1
4/2013
2 3 4 51/2013 62/2013 7 3/2013 8 l’énergie à Tlemcen
Trimètre/Année (source: Sonelgaz, 2015)

On constate que le nombre d’abonnés augmente considérablement entre le premier semestre


de l’année 2012 et le quatrième semestre de l’année 2013, que ça soit en électricité ou bien en
gaz (voir figure 50), le nombre est ajouté de 30 140 abonnés. Tandis que, la consommation
spécifique totale augmente de 129.32kWh de l’année 2012 à l’année 2013, poussée par la

144
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

hausse de la consommation spécifique du premier semestre de l’année 2013 estimé de


310.38kWh par rapport à l’année 2012. Ce qui peut être expliqué par les changements
climatiques.

Electricité Gaz
300 000
250 000
Nombre d'ébonnés

200 000
150 000
100 000
50 000
0 Figure 55. Accroissement
1
1/2012 2 3
3/2012 4 5 6 7 8 de la clientèle de gaz naturel
2/2012 4/201 1/201 2/201 3/201 4/201
2 3 3 3 3 et de l’électricité à Tlemcen
Trimèstre/Année
(source: Sonelgaz, 2015)

4-2-6) Climat à Tlemcen


a) Climat
Tlemcen est la zone climatique qui va être analysé dans cette thèse, par l’étude des propriétés
climatiques dans les cas d’étude.
Selon le zonage climatique algérien (CNERIB,1998), Tlemcen est classée dans la zone B.
Etre sur une haute altitude, le climat peut être froid à très froid en hiver et chaud à très chaud
en été, avec des vents Nord-Ouest et Sud-ouest durant l’année, et un bon montant de
précipitations. Le climat se caractérise par deux saisons contrastées. La première, allant
d’Octobre à Mai où se concentre le gros volume des précipitations. La deuxième allant de Mai
à Septembre est nettement sèche. Les précipitations sous forme de neige sont fréquentes au
niveau des altitudes. Le groupement de Tlemcen jouit d’un régime pluviométrique complexe
influencé par le climat arrière littoral montagne caractérisé par une saison pluvieuse et par un
été sec. La pluviométrie est en fonction de l’altitude, elle est relativement abondante avec une
variation inter annuelle importante. La moyenne calculée est de 560 mm/an.
L’évapotranspiration potentielle est très importante. La quantité d’eau qui reste disponible
pour le ruissellement et l’infiltration profonde atteinte 100 mm/an. La température moyenne
annuelle enregistrée au niveau de Tlemcen est de 16,5°C (URBAT, 2018).
Les données mensuelles de l’année 2008 de la station de Safsaf (à 592m d’altitude) dans la
ville de Tlemcen ont été prises de l’office national de météorologie (Voir figures 56 à 61).

145
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

30 hours/day Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec
27 °C
24 50,0
21 40,0
18 30,0
15 20,0
12 10,0
9 0,0
6 -10,0
3 -20,0
0 Extreme max Mean max Mean
Maximum hours Real hours Radiation

Figure 56. Lumière et Radiation Solaire sur une surface Figure 57. Moyenne maximale et minimale de
horizontale à Tlemcen; (Source: Atlas solaire de l’Algérie, M. Température de Tlemcen ; (Source: Office National de
Capdérou, 1985) Météorologie, station de Tlemcen 2008)

% mm/month
100 1000
m/s
Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec
80 800 20,0

60 600 15,0            
Speed

40 400 10,0 Série1

5,0
 Série3

20 200
0,0
0 0
Maximum Average Minimum
Mean Max Average Mean Min

Figure 58. Moyenne de l’humidité Relative et de précipitation Figure 59. Les vents dominants à Tlemcen ;
maximale et les données moyennes per moi à Tlemcen ; (Source: Office National de Météorologie, station de
(Source: Office National de Météorologie, station de Tlemcen Tlemcen 2008)
2008)

45-50 90-100
40-45 80-90
35-40 70-80
30-35 60-70
25-30 50-60
20-25 40-50
50 100
45 15-20 90 30-40
40
35 10-15 80 20-30
30 70
25 5-10 60 10-20
20
°C 15 0-5 %RH 50 0-10
10 40
5 -5-0
0 30
-5 -10--5 20
-10
-15 10
-20 -15--10 0
1 -20--15
2 1
3 2
4 3
5 4
6 5
7 nov 6 nov
8 7
9 8
10 sep 9 sep
11 10
12 11
13 jul 12 jul
14 13
Hour 15 Hour 14
Annual 16 maj 15 maj
17 Annual 16
18 Month 17 Month
Temperature 19 mar 18 mar
20 Humidity 19
21 20
Profile 22 jan 21 jan
23 Profile 22
24 23
24

Figure 60. Profil annuel de température (Source: Office Figure 61. Profil annuel d’humidité (Source: Office
National de Météorologie, station de Tlemcen 2008) National de Météorologie, station de Tlemcen 2008)

b) Confort thermique: Analyse des données climatique du site de Tlemcen


Selon les figures 56-61, on peut conclure que les jours les plus chauds durant l’année sont aux
mois de Juillet et Aout et les plus froids sont aux mois de Décembre et Janvier, par

146
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

conséquent ces dates sont appliquées comme la principale référence dans cette étude pour les
saisons d’été et d’hiver.
La vitesse du vent est plutôt régulière durant l’année pour atteindre entre 1.3 et 2.8m/s, et avec
une direction variable entre le Nord-Ouest et Sud-Ouest. D’autres facteurs des données
collectées tel que l’humidité et les précipitations ont une importance mineure dans cette étude,
et sur ce ils ont été négligés.
En référence du tableau 25 de Mahoney, on a trouvé que le niveau de confort de l’atmosphère
est assuré pendant les nuits de la saison d’été (Juillet, Aout et Septembre) et pendant les jours
des mois d’Avril, Mai et Octobre. D’autre part, le climat peut être chaud pendant les jours
d’été (Juin, Juillet, Aout et Septembre) et peut être plutôt froid durant les autres saisons,
tandis qu’au long de toute l’année le climat peut être froid la plupart du temps pendant la nuit,
ce qui veut dire qu’il ya un besoin de chauffer pour enrichir le niveau du confort.
Le mouvement d’air a été trouvé essentiel en été pour assurer le confort.
Selon les recommandations générales et détaillées de Mahoney dans le tableau 26, la bonne
orientation qui est le Sud-Nord dans l’axe le plus long est actuellement implanté dans ce cas
de projet.
L’organisation compacte des espaces est recommandée dans l’ordre de chauffer les volumes
et enrichir le niveau du confort intérieur pendant l’hiver. Des chambres alignées en une seule
rangée, pour une provision permanente du mouvement d’air. L’appartement actuel a aussi
achevé les recommandations de Mahoney concernant la surface medium des ouvertures (25–
40%) dans les murs Nord et Sud dans le coté exposé aux vents; et des murs extérieurs et
intérieurs épais (plus de 8h dans le coté exposé aux vents); et la lumière, des plafonds isolés,
pour but d’enrichir l’objectif du confort thermique.

147
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Tableau 25. Le tableau de Mahoney (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des
données météorologiques du site de Tlemcen, 2016)

148
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Tableau 26. Les Recommandations générale et détaillé de Mahoney (Source: Généré par l'auteur en utilisant un
Modèle Excel en fonction des données météorologiques du site de Tlemcen, 2016)

149
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Dans le diagramme de Givoni, 100% 90% 80% 70% 60% 50%


4000

comme l’indique la figure 62, il a Recommendation:


AC: Cooling
C: Comfort 40%
été trouvé qu’il y a un besoin de DH: Dehumidification
EC: Evaporative Cooling
ventilation durant les saisons H: Heating
I: High Inertia
IG: Internal Gains
chaudes de l’année pour achever le 3000 INV: High Inertia and Night Ventilation
V: Ventilation
DH
confort, en plus la ventilation 30%
jan

nocturne est recommandée pour feb

Vapour Pressure (Pa)


mar

assurer le rafraichissement de l’air apr


V
may
jun
à l’intérieur de l’appartement. Le 2000
jul
aug 20%
conditionnement de l’air n’est pas sept
oct INV
une nécessité dans le climat de nov
dec
Tlemcen, mais un besoin de C
1000
déshumidification en mois d’Aout 10%
IG
est nécessaire. Tandis que le I
chauffage est nettement
indispensable pour accomplir le
0
confort. 0 5 10 15 20 25
Temperature (°C)
30 35 40 45

Figure 62. Le Diagramme Bioclimatic (Givoni) pour le climat de


Tlemcen(Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel
en fonction des données météorologiques du site de Tlemcen,
2016)

4-3) Analyse architecturale et technique de l’échantillon choisi


4-3-1) Définition des archétypes par période:
Afin d’analyser la performance thermique et énergétique des immeubles d’habitation
tlemceniens, chacun a ainsi été classé dans une famille de référence. Ces familles sont tout
d’abord historiques. La délimitation de chaque période historique a été établie en fonction: 1)
Des grandes périodes historiques qui marquent l’histoire urbaine (la colonisation française, la
première et la second guerres mondiales, la révolution de la libération, l’indépendance); 2)
Des modification de politique urbaine et des changements de réglementation de construction
(Plan d’Urbanisme Directeur (PUD), Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme
(PDAU), Plan d’Occupation des Sols (POS)). Afin d’établir par le biais d’archétype le
classement des immeubles à Tlemcen, à partir des manières de bâtir à une période donnée et
des types architecturaux dominants (passage de l’immeuble mitoyen à l’îlot ouvert de la
période coloniale aux tours et aux barres et le retour à la ville mitoyenne de la période post

150
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

indépendance), pour établir une méthode d’analyse applicable à tous les immeubles de la
même période.

a) Entre 1872-1920
La première occupation française date de 1836, mais l’occupation définitive fut en 1872. Elle
avait bien changé depuis l’époque de ses rois ou elle était florissante, il lui a fallut beaucoup
de temps pour se relever de ses ruines. La majorité des immeubles coloniaux actuels furent
construits durant cette période, à savoir le logement HBM (logement bon marché). Jusqu’en
1920, la ville se bâtit selon un plan en damier et orthogonal. Trame de superposition de
l’ancienne médina et de la nouvelle ville européenne. Cette période a coïncidé avec la période
du Second Empire en France, la première guerre mondiale et la période d’entre deux guerres,
et avec les réglements de construction édictés en 1852 puis en 1859, incitant une grande
uniformité de l’architecture, et réspectant les alignements sur rue et les mitoyenneté des
constructions. Les façades restent plates sans encorbellement ni saillie jusqu’en 1884, date à
la quelle elles commencent d’être autorisés pour l’être tout à fait en 1902 (APUR, 2007).

b) Entre 1939-1957
L’époque entre 1939 à 1958 marque un grand événement qui est la 2eme guerre mondiale et
qui a eu des impacts sur Tlemcen: l’éxode des européens vers les colonies et un
bouleversement économique du point de vue le passage de l'industrie artisanale à l'industrie
en série. Les manières de construire change. Les murs de brique (creuse et pleine) dominant,
alors que les premiers bétons apparaissenent dans la structure, les linteaux ainsi que les toits
terrasses avec buandrie. Les façades s’ornent de bow-windows en saillie, les fenètres
s’élargissent, les portes fenètres se multiplient.

c) Entre 1958-1962
Les logements construits durant cette période sont connus sous le vocable « des grands
ensembles ». L’apparition de ce concept en Algérie, s’est faite essentiellement selon deux
phases et deux contextes différents: La première phase, durant la période coloniale et après la
deuxième guerre mondiale et la seconde phase, durant la période postindépendance (c’est la
phase suivante). Leur apparition coïncide essentiellement avec le lancement du plan de
Constantine en 1958 et aux tentatives de rattrapage économique et social pour contrecarrer la
Révolution algérienne. Le besoin d'une production massive de l'espace urbain, selon des
normes et des règles radicalement nouvelles imposera l’obéissance au modèle de ville
fonctionnaliste défini par la Charte d'Athènes. Le plan Mauger à Tlemcen faisant part de ce

151
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

plan, et s’est traduit par le lancement d’un vaste programme de logements de type HLM
(Habitation à loyer modéré) repartis suivant l’origine éthnique.

d) Entre 1974-1989
Le début de cette dernière a été marquée par un retard considérable dans la production de
l'habitat urbain, l'Etat s'est chargé, à partir de la deuxième moitié des années 1970, de la quasi
totalité des programmes de logements notamment l’habitat collectif, sous forme de grands
ensembles ou de lotissements d'auto-construction par la création des Zones d’Habitation
Urbaine Nouvelles (ZHUN), depuis la circulaire 0335 de 1975.

e) Entre 1990-2016
Après les années de crise entre 1990-2000 et la forte pression sur la demande de logement, le
nouveau gouvernement, entend s’investir résolument à la demande de logement. Le bâtiment
connait, actuellement, une nouvelle dynamique notamment avec la réalisation de 3 450 000
logements jusqu’à 2014 et la programmation de 1 600 000 supplémentaires dans le
quinquennat 2015-2019. Ce programme de logements lancé par le gouvernement algérien
représentera, une fois réalisé, jusqu’à 42% du parc existant et engendra une consommation
énergétique supplémentaire équivalente, voir plus, si les règles d’efficacité énergétique dans
le bâtiment ne seront pas intégrées dans la construction. Cette politique engendre des pertes
considérables (absence totale d’efficacité et d’efficience), car les nouveaux bâtiments
résidentiels construits en Algérie ne répondent pas aux exigences du confort thermique.

4-3-2) Forme urbaine et analyse architecturale


- Répartition des bâtiments sur le territoire tlemcenien
a) Entre 1872-1920
Les bâtiments de logements collectifs datant de cette période se trouvent aussi bien dans le
centre ville que dans les secteurs périphérique de Tlemcen. Ils sont situés principalement le
long des grandes rues percées durant cette époque.
b) Entre 1939-1957
Les bâtiments construits durant cette période sont peu nombreux par rapport la période
précédante. Il s’agit de la reconstruction de quelques parcelles au centre ville.

c) Entre 1958-1962
Cette période se caractérise par l’intervention sur le tissu urbain existant allant de la première
périphérie jusqu'à la deuxième avec l’apparition de nouveaux regroupements d’habitat
collectif. La plus grande partie des logements collectifs destinés à la population locale

152
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

(Algérienne) se trouvent à l’Est et au Nord Est de la ville (loin du noyau central). Alors que
ceux qui étaient destinés aux colons se trouvent prés des cités militaires pour des raisons de
sécurité.
d) Entre 1974-1989
En effet, les grands ensembles achevés à la fin des années cinquantes (1950s), et ceux qui ne
l’ont été qu’après l’indépendance (opération carcasse), et même les premières Zones
d’Habitat Urbain Nouvelles (Z.H.U.N) des années soixante dix (1970s), doivent leurs
méthodes de programmation et de conception à celles qui caractérisaient la France des années
cinquante 50. A cette époque là, ces ensembles d’habitation se trouvaient implantés dans les
zones péri-urbaines. Elle concerne des anciens noyaux ou de nouveaux sites, sur lesquels s’est
greffée une population issue du centre ville ou bien en provenance des centres ruraux.

e) Entre 1990-2016
Les bâtiments de logements collectifs datant de cette période sont majoritairement situés: au
niveau des zones d’habitat urbaine nouvelle (ZHUN) dans des sites et noyaux qui se
concentrent sur une ceinture périphérique qui s’étire de manière discontinue d’Est en Ouest
tout au long de la rocade.
Dans le centre, la présence des bâtiments de logements collectifs revient presque tous à la
période coloniale, mis à part quelques projets récents de reconstruction de certaines parcelles
en intégrant une mixité fonctionnelle dans les soubassements (voir figure 63).

Figure 63. Répartition des batiments de logements collectifs sur le territoire tlemcenien par époque
(Source: l’Auteur).

153
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

- Forme urbaine
a) Entre 1872-1920
La forme urbaine issue de cette période représente une part considérable du paysage du
territoire tlemcenien. Dans les percées, les voies sont large (entre 8 à 12 mètres) et rectilignes
et s’inscrivent dans un réseau orthogonal hiérarchisé. D’autre part, le tissu colonial se
caractérise par des ȋlots de forme régulière généralement rectangulaire et accessibles
directement des rues. Les parcelles sont également de forme régulière, avec un minimum de
12 mètres de large sur la rue. Concernant les bâtiments à l’échelle de l’ilot, ils s’implantent,
d’une manière compacte et dense, à l’alignement sur rue.
La mise en commun des cours intérieures entre plusieurs parcelles est souvent recherchée,
avec un adossement de bâtiments mono-orientés aux murs mitoyens dans la profondeur des
parcelles. Les cours et courettes restent durant toute cette période de faible dimension, de 2 à
3 mètres de large et ont pour rôle, l’aération et l’éclairage des pièces de service et les
escaliers. L’implantation des bâtiments à l’alignement et en mitoyenneté limite les
déperditions énergétiques, en multipliant les adossements. Compte-tenue des largeurs
importantes des voies et des faibles
hauteurs des bâtiments ainsi que la
présence d’alignement d’arbres (de
platanes qui créent des effets de masque),
les apports solaires sont relativement
importants.

D’un point de vue architectural, les


constructions d’avant la première guerre
Figure 64. Bâtiment en face du marché avec des façades
mondiale sont très riche avec des façades très riches en décorations qui correspondent au style
très travaillées avec des modénatures, des Néoclassique (Source: l’Auteur, 2015).

balcons en fer forgé, etc (voir figure 64).

154
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

b) Entre 1939-1957
Les batiments de logements collectives
construits durant ou après la seconde guerre
mondiale génère une forme urbaine qui
s’inscrit dans la continuité de celle de la
période précédente: construction à
l’alignement sur rue, volumétrie de R+5.
D’un point de vue architectural, les
constructions de la période de la deuxième
guerre mondiale sont plus simple du point Figure 65. Bâtiment de Mr et Mme Melis donnant sur la
de vue expression architecturale mais avec place El-Amir Abdelkader avec des façades qui
correspondent au style international à balcon filant,
des parties saillantes ou Oriel (ou Bow- marquet à partir du 1ier étage par deux travées munies
window), balcon, terrasse accessible et des d’ouvertures plâtes à encadrement simple et saillant
(source: l’Auteur, 2015).
matériaux de revêtement variés (marbre,
cuivre rouge…) (voir figure 65).

c) Entre 1958-1962
Les bâtiments de cette période sont implantés selon des plans-masses libres. Les plans-masses
des îlots sont souvent ouverts, avec des petites barres de R+3 à R+5 et qui contenait des
appartements de type F2, F3, F4. L’emploi des étages courants avec courssives d’1m de
largeur à partir des quelles toutes les entrées des appartements sont apparentes de l’extérieur
dans habitat collectif destiné aux algériens. Tandis que l’emploi de système de palier dans
l’habitat collectif destiné aux français avec des placettes et des aires de stationnement
(parkings) (voir figure 66).

Figure 66. A droite : Les HLM déstinées aux algériens ; à gauche : les HLMdéstinées aux
français (source: l’Auteur, 2015).

155
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

d) Entre 1974-1989
Les immeubles construits durant cette période sont implantés toujours selon des plans-masses
libres. Les plans-masses des îlots sont souvent ouverts, avec des petites barres ou des tours de
R+3 à R+5 (voir figure 67).

Figure 67. Tours et barres de logements construits entre 1974-1989 (source: l’Auteur, 2015).

e) Entre 1990-2016
L’autonomie du bâtiment par rapport à son contexte urbain permet d’augmenter le nombre de
façades exposées et, en consequence, les apports solaires. Inversement, elle crée des
contrastes entre les différentes façades en termes de comportement thermique, en fonction de
leur orientation par rapport au soleil, et les bâtiment eux-mêmes ont un effet de masque sur le
tissu urbain environnant. Car leur volumétrie varie de R+5 à R+12. L’absence de végétation
de type arbres d’alignement accroissent les risques d’îlot de chaleur urbain car
l’environnement extérieur d'un bâtiment a une grande influence sur son climat intérieur
Ces dernières années, la ville de Tlemcen a connue aussi le retour à l’architecture urbaine par
la reconstruction de quelques bâtiments de logements collectives du type haut-standing en
continuité avec le tissu existant qui se caractérise par l’implantation systématique des
bâtiments à l’alignement et en mitoyenneté sur rue, ce qui multiplie les adossements et limites
les déperditions énergétiques. Les îlots sont généralemnt fermés et les bâtiments ont des
soubassements multi-fonctionnels (voir figure 68). Le ableau 27 récapitule les caractéristiques
architecturales de ces logements.

156
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Figure 68. Logements construits durant la période 1990-2016 (source: l’Auteur, 2015).

Tableau 27. Caractéristiques architecturales des logements construits à Tlemcen (Source: l’Auteur).
Immeuble résidentiel des années 1872- Immeuble résidentiel des années 1939-1957
1920
Hauteur R+1 à R+2. R+1 à R+4 avec commerces au RDC.
Façades Balcon filant à l’étage de couronnement en Oriel (ou Bow-window), balcon, terrasse, loggia;
fer forgé ; Matériaux de revêtement variés (marbre, cuivre
Oriel (ou Bow-window), balcon, terrasse ; rouge…);
Ornementation et traitements des angles Traitement indifférencié des façades sur cour et sur
riches (style Néoclassique); rue;
Revêtement en enduit monocouche en Revêtement en enduit monocouche en ciment.
mortier de chaux.
Structure Façade porteuse, Façade porteuse;
Façades sur cour souvent plus fines; Ossature porteuse (structure en béton armé).
Ossature porteuse (toit en voutain).
Enveloppe Mur porteur en brique pleine pour le RDC et Remplissage en brique pleine ou brique creuse,
en moellon pour l’étage et en pierre naturelle sous-sol en pierre naturelle;
pour le sous-sol ; Béton armé ou métal pour les éléments structurels ;
Poutre métallique pour les planchers. Béton armé en ossature.
ouvertures Menuiseries en bois, Menuiseries en bois,
Ouverture plus longues que larges, Châssis métalliques ;
Porte-fenêtre pour les pièces principales et Elargissement progressif des ouvertures,
les fenêtres pour les pièces de service; Taille très variée;
Persiennes; Persiennes, volets, rideau
Simple vitrage. Simple vitrage.
Ventilation Ventilation naturelle; Ventilation naturelle;
Conduit de cheminée dans les pièces Conduit de cheminée dans les pièces principales.
principales.
Toiture double ou à plusieurs versants en tuile Toiture-terrasse accessible avec buanderie.
toiture-terrasse.
Disposition Appartements traversants ou mono orientés Appartements traversants ou mono orientés (pièces
intérieure (pièces de services sur cour). de services sur cour).

157
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Logement HLM destinées aux Logements HLM destinées aux algériens des
Français des années 1958-1962 années 1958-1962
Hauteur Immeuble de R+3, R+4 Immeuble de R+3, R+6
façades Revêtement en enduit monocouche en Revêtement en enduit monocouche en
ciment. ciment;
Les coursives sont intégrées dans la façade
principale de façon qu’elles donnent une vue
sur l’extérieur;
Toutes les entrées des appartements sont
alignées verticalement et apparentes depuis
l’extérieur.
Structure Système poteaux poutres en béton Système poteaux poutres en béton armé, avec
armé, avec des dalles en corps creux. des dalles en corps creux.
Enveloppe Murs réalisés en brique. Murs réalisés en brique.
ouvertures Menuiseries en bois; Menuiseries en bois;
Simple vitrage. Simple vitrage.
Ventilation Ventilation naturelle. Ventilation naturelle.
Toiture Toiture-terrasse en béton armée. Toiture-terrasse en béton armée.
Disposition Emploi de système de palier. La conception des logements est faite d’une
intérieure façon similaire (tous les appartements sont
identiques);
L’emploi des étages courants, avec des
balcons collectifs d’ 1m de largeur.

Immeuble résidentiel préfabriqué des Immeuble résidentiel en structure


années 1974-1989 porteuse des années 1990-2016
Hauteur R+3 à R+5. R+5 à R+12 avec commerces au RDC.
Façades Revêtement en enduit monocouche en Revêtement en enduit monocouche en
mortier de ciment. mortier de ciment.
Structure Ossatures porteuses Ossatures porteuses.
Voiles en béton armé.
Enveloppe Voiles de Béton armé en ossatures et en Béton armé en ossatures et brique creuses
remplissage; ou parpaing en remplissage;
Brique creuses pour les cloisons Voile en béton armé pour les
intérieures. contreventements.
ouvertures Menuiseries en bois; Menuiseries en bois ou en alluminium;
Simple vitrage. Simple vitrage.
Ventilation Ventilation naturelle. Ventilation naturelle.
Toiture Toiture-terrasse en béton armé. Toiture-terrasse en béton armé ou toit à
double-pente.
Disposition Appartements traversants ou mono Appartements traversants ou mono
intérieure orientés. orientés.

158
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

4-3-3) Technique de construction


- Période colonial
L’industrialisation a servi les techniques de construction de cette époque sur le plan des gains
de temps dans l’acheminement des matériaux de construction des bâtiments. Ainsi à
l’apparition de nouveau matériaux (les poutres métalliques une nouvelle technique pour
soutenir les planchers, ensuite le béton), ce qui a causé l’apparition des premières formes de la
construction en hauteur (plus de R+2). L’industrialisation a servit aussi à l’apparition de
certaines innovations techniques (nouvelles techniques de cuisson pour obtenir des brique de
meilleure qualité…). Durant cette période, on signale l’utilisation de nouveau matériaux tel
que: la fonte, puis l’acier et le béton (voir figure 69).

Figure 69. Toiture/plancher en voutains (Source: la photo à droite est prise par l’Auteur et le detail
technique est pris depuis Apur 2011).

- Période post-coloniale
Les techniques de construction utilisées durant cette période sont comme suit:
 La standardisation des éléments de gros œuvre par la préfabrication en béton armé des
murs et des dalles en utilisant Les systèmes semi-industrialisés : Ces systèmes utilisent
deux techniques, à savoir la technique dite de « tables Banche », coulage en deux
phases et le coffrage dit « tunnel» qui permet le coulage simultané des éléments
porteurs verticaux et horizontaux. Les systèmes sous diverses appellations (Camus
devenu Paschal, Baret, Coopal, Vareco, CSB, Polygon, Gibat,…) ont été introduits en
Algérie principalement durant les années 70 et utilisés par 18 unités de préfabrication.
La cité 1060 logements et Hai Nassim à Tlemcen en ont constitué le champ
d’expérimentation (voir figures 70 et 71).

159
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Figure 70. Système de coffrage de dalle PASCHAL Figure 71. Unité de coffrages Tunnels sur chantier
(Source: Maier GmbH G., 1970). (Source: batimetal, 1970).

 Utilisation du système traditionnel: Il consiste en la technique dite «traditionnelle »,


utilisant le système en maçonnerie porteuse et le système en portiques poteaux-
poutres. Il occupe les 80 à 90% du parc bâti en Algérie, d’une manière générale. De
grands programmes de logements et d’équipements publics ont été réalisés en utilisant
ces systèmes.
 Les systèmes industrialisés à base d’ossature métallique: Ce sont des systèmes à
structure métallique composés de façades en panneaux légers ou semi-lourds, de
cloisons en placoplâtre et de planchers en béton armé.

4-4) Diagnostic: Analyse thermique du bâti


4-4-1) Performance des murs/façades
L’enveloppe du bâtiment est responsable du plus grand apport qui affect l’énergie utilisée
pour le chauffage la climatisation. Les composants principaux d’apport de chauffage sont les
infiltrations ainsi que les pertes de conduction à travers les composants de l’enveloppe y
compris les murs, la toiture, plancher, dalles, fenêtres et portes (Awadallah, 2011).
a) Période coloniale
Les constructions de cette période sont les plus complexes du point de vue de l’analyse
thermique et énergétique. Durant cette période, les modes constructifs ont rapidement évolué.
On distingue deux modes:
 Les logements d’avant la première guerre mondiale, se caractérisent de murs porteurs
en moellon assez épais;
 Alors que durant la période de la deuxième guerre mondiale, les constructions se
basent sur des ossatures en béton avec remplissage en brique (pleine et creuse). Et à la
veille de l’indépendance les constructions se basent sur des ossatures en béton avec

160
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

remplissage en double parois en brique creuse. Trois grands types d’enveloppe


peuvent être répertoriés:
1. Entre 1872 et 1920, les façades sont porteuses, les murs sont assez épais (40 cm) et
possèdent peu de ponts thermiques (ayant une résistance valeur-R=0,610K m².K/W
pour les murs extérieurs et une valeur-R=0,518m².K/W des toits et des plafonds en
voutains et une valeur-R=0,445m².K/W des toits inclinés en tuile). Tandis que les mur
donnant sur les courettes sont moins épais (19cm) et se caractérisent par une résistance
thermique de 0.438m².K/W;
2. Entre 1939-1957, le système constructif, durant cette période, est une ossature en
béton armé qui porte la façade, le remplissage en brique. Les murs sont plus fins (16
cm) et perdent sur le plan de performance thermique (ayant une résistance valeur-
R=0,406K.m²/W pour les murs extérieurs et une valeur-R=0,969K.m²/W des toits et
des plafonds). Tandis que la valeur-R des parties béton est de 0.425 K.m²/W ;
3. Entre 1958-1962, le système constructif est toujours une ossature en béton armé qui
porte la façade, le remplissage en double parois en brique avec une lame d’air de 11cm
et possède une meilleur inertie ayant une valeur-R=0,649K.m²/W pour les murs
extérieurs et les méme caractéristiques thermiques des toits et des plafonds que la
période précédente).

b) Période postcoloniale
1. Entre 1974-1989, la construction durant surtout les années 1980 a connu l’avènement
de la préfabrication lourde (connue en France durant les années 1950-60 et rejetée dès
le choc pétrolier de 1973) qui a causé la dégradation de la qualité des enveloppes du
point de vue performance. On a affaire alors à ce qui été produit de moins performant
sur le territoire algérien. Les enveloppes de cette période se composent de toits,
plafonds et remplissage des murs par éléments préfabriqués lourds: procédé de toit en
tunnel, etc. (ayant une valeur-R=0,293m².K/W pour les murs extérieurs et une valeur-
R=1,656m².K/W des toits et des plafonds);
Durant la même période, d’autres projets d’habitat ont été construit utilisant le même
procédé mais avec un remplissage en briques creuses en double paroi (avec une
valeur-R = 0.733m².K/W pour les murs extérieurs).
2. Entre 1990-2016, d’autres projets d’habitat ont connu le jour où on a utilisé la
structure porteuse (poteau-poutre) avec remplissage en brique creuse en double paroi.
Les enveloppes reposent toutes sur des ossatures porteuses. La différence entre les
161
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

bâtiments sera tributaire des différent matériaux utilisés. En ce qui concerne cette
période, les enveloppes se composent de toits et plafonds en dalle à corps creux (16cm
de corps creux et 4cm de béton armé avec une couche de polystyrène expansé de 4cm
sous chape depuis le DTR E 4.1 édité en 1997) et le remplissage des murs par une
double paroi de 10cm et 15cm en brique creuse séparée par une lame d’air de 5cm.
Les performances des enveloppes sont assez faibles puisque les bâtiments ne sont pas
isolés. Si on compare la construction en préfabrication avec celle de structure
porteuse, nous notons que l’influence positive de l’inertie des matériaux utilisés dans
la deuxième enveloppe (ayant une valeur-R=0,851m².K/W pour les murs extérieurs et
une valeur-R=2,279 m².K/W des toits) est évidente (voir figure 72).

0,8 Double parois brique


Double parois ossature
0,7 brique
Moellon ossature
0,6
0,5
R (m².K/w)

Brique
ossature
0,4 Préfabrication
lourde
0,3
0,2
0,1 Valeur-R
0 des murs
1842- 1939- 1958- 1990-
1
1938 2
1957 3
1962 41970-19805 6
2000

Techniques constructives des murs à Tlemcen

Figure 72. Résistance thermique des murs selon les techniques constructive à
Tlemcen (source: l’Auteur).
4-4-2) Ponts thermiques
a) Entre 1872-1920
Les murs façades, les murs de refend et les murs mitoyens portent l’intégralité du batiment.
Les planchers contribuent peu à la stabilité de l’difice, et pénètrent à minima dans les façades
pour ne pas contraindre la portance des façades. La consequence de ce mode constructif est
que les planchers n’occasionnent pa de ponts thermiques. Tandis que, le niveau
d’ornementation assez élevé de la façade ainsi que les saillies créent des zones de moindre
résistance thermique qui occasionneront des fuites thermiques au niveau des oriels, balcons,
etc.

162
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

b) Entre 1939-1962
Désormais les murs de façades ne sont plus porteurs. L’ossature des bâtiments, réseau de
poteaux et de poutres en béton, n’est plus basée sur la portance des murs, notamment des
murs de face qui deviennent de simples remplissages entre les pouters, multipliant ainsi les
ponts thermiques.

c) Entre 1974-2016
La volumétrie de la majorité des immeubles de logements postindépendance est identique, ou
se ressemblent beaucoup, construites selon des formes très simples, des barres, ou des tours
parachutées dans l’ilot d’une manière anarchique négligeant l’implantation et l’orientation des
bâtiments par rapport aux données bioclimatiques (soleil, vent dominants, etc.). Le traitement
de leurs façades est quasiment identique, à l’exception des couleurs qui changent sans
harmonie apparente. Les angles des décrochements de façades, les saillies, les façade-refend,
les appuis de fenêtre, les fenêtres et les portes-fenêtres sont des éléments qui vont créer des
ponts thermiques verticaux. Tandis que les balcons, les loggias, les plancher bas, les planchers
intermédiaires dans une façade en plus de la toiture terrasse représentent des lieux propices à
la diffusion de la chaleur vers l’extérieur en hiver sous forme de pont thermiques horizontaux.
Partant du principe que plus la volumétrie du bâti est complexe, plus les ponts thermiques
sont importants.

4-4-3) Confort d’hiver


- Mesures de temperature
Les températures ont été mesurées dans 27 logements, en fonction de la permission des
ménages, dont : 07 logements construits entre 1958-1962 et 20 autres construits entre 1974-
1989. Les mesures les plus complètes et les plus réalistes pour l’étude du comportement des
bâtiments de manière passive sans apport d’énergie (chauffage ou climatisation) sont celles
enregistées dans les logements construits entre 1974-1989. Cependant, il faut noter que dans
le cadre des audits énergétiques, les paramètres sont mal connus, ou entachés d’une forte
incertitude, notamment à cause des variations d’exécution des ouvrages. Qui plus est, les
sources d’incertitudes sont nombreuses, e.g. une grande partie des logements est chauffée et
climatisée, les erreurs de mesures (liées aux outils ou à leur utilisation), les imprécisions de
recueils visuels, l’accès impossible, ou l’absence de données actualisées.
Les figures 73, 74 et 75 donnent les variations des températures opératives du salon, de la
cuisine et d’une chambre pour un jour typique d’hiver et d’été. En hiver, on note une
température maximale de plus de 19°C dans les locaux et une température minimale de plus

163
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

de 16°C. Ces températures sont dues à l’usage du chauffage pendant la nuit. Cependant, la
zone de confort n’est pas atteinte surtout durant la nuit et la matinée. En été, on note une
température maximale de plus de 33°C dans les locaux et une température minimale de plus
de 28°C. La zone de confort, dans ce cas, n’est également pas atteinte.
35
Température extérieure (°C)

30

25
Température
20 extérieure le 12/01

15 Température
extérieure 21/07
10

5 Température
ambiante du
0 séjour le 12/01
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Température
ambiante du
Temps (h) séjour le 21/07

Figure 73. Temperature ambiante mesurée dans le séjour des logements construits entre
1974-1989 (Source: mesurée par l’Auteur le 12/01et le 21/07).

35

30

25
Température (°C)

Température
20 extérieure le
12/01
15 Température
extérieure le
10 21/07
Température
5
ambiante de la
cuisine le 12/01
0
Température
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
ambiante de la
Temps (h) cuisine le 21/07

Figure 74. Temperature ambiante mesurée dans la cuisine des logements construits entre
1974-1989 (Source: mesurée par l’Auteur le 12/01et le 21/07).

164
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

40

35

30
Température (°C) 25 Température
extérieure le
20 12/01

15
Température
10 extérieure le
21/07
5

0 Température
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
ambiante de la
chambre le
Temps (h) 12/01

Figure 75. Temperature ambiante mesurée dans la chambre du logement construit entre
1974-1989 (Source: mesurée par l’Auteur le 12/01et le 21/07).

- Effet de paroi froide


Directement liée au confort et à l’équilibre thermique de l’humain, la température ressentie T,
à une humidité relative de 50 % et en l’absence de mouvement d’air, est égale à la moyenne
de la température de l’air et de la température des parois avoisinantes. La paroi froide est un
phénomène thermique qui survient dans les maisons non ou mal isolées et qui est
particulièrement désagréable pour leurs occupants. Cet effet se manifeste par une température
froide ressentie dans les parois murales, ce qui entraîne une baisse de température globale de
la maison, ce qui entraîne fatalement une hausse des dépenses en énergie. Pour illustrer ce
phénomène, un calcul simple de l’évolution de la température au niveau des parois du mur
pour une température extérieure de 1°C (température extérieure de base à Tlemcen qui est
classée dans la zone “B” (CNERIB, 1998)) et une température intérieure de 21°C (considérée
dans le DTR C. 3-2 comme température intérieure de base (CNERIB, 1998)).
Dans le cas du logement d’entret 1872 à 1920, on constate une température sur la face interne
des parois extérieures de 17.39C°. Le phénomène de la paroi froide reste assez modéré ici à
cause des matériaux choisis (maçonnerie et enduit en plâtre) (voir figure 76).

Et une température sur les parois donnant sur les courettes de 15.97C°. Le phénomène de
paroi froide est très prononcé ici (voir figure 77).

165
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Figure 76. Effet de la paroi froide sur un mur de 40cm Figure 77. Effet de la paroi froide sur un mur de 19cm
en moellon (source: l’Auteur). en brique pleine (source: l’Auteur).

Dans le cas des logements construits entre 1939 et 1957 avec une ossature en béton armé et un
remplissage en brique creuse, on constate une température sur la face intérieure des parois en
brique creuses de 16.52C°. Le phénomène de paroi froide est très prononcé ici (voir figure
78). Tandis que, la température sur la face interne des parois en béton armé est de 15.83C°. Le
phénomène de paroi froide est aussi très prononcé ici (voir figure 79).

Figure 78. Effet de la paroi froide sur un mur de 16cm Figure 79. Effet de la paroi froide sur un mur de 50cm
en brique creuse (source: l’Auteur). en béton armé (source: l’Auteur).

Dans le cas des logements construits


entre 1958 et 1962 avec une ossature
en béton armé et un remplissage en
brique creuse ou parpaing avec lame
d’air importante: la température de
surface des murs est de 17.61°C.
Inférieur comme même au seuil
inférieur de la zone e confort (voir
figure 80). Figure 80. Effet de la paroi froide sur un mur de 30cm en
double parois de brique creuse (5cm/10cm) séparé de 11cm
d’air non isolé (source: l’Auteur).

166
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Dans le cas des logements construits depuis 1974 jusqu’à nos jour, deux grands types de
façades sont étudiés ici :
- Ossature avec remplissage en
préfabriqué lourd, cas du procédé du coffrage
dit « tunnel »: la température est de 13.5°C.
C’est assez bas. L’effet de la paroi froide est
très prononcé et la sensation d’inconfort chez
les habitants sera forte. Cependant, il est
évident qu’un effet de paroi froide soit
ressenti au niveau des joints d’encadrement Figure 81. Effet de la paroi froide sur un mur de 17cm
de béton armé non isolé (source: l’Auteur).
du module préfabriqué (voir figure 81).

- Ossature en préfabriqué lourd avec


remplissage en briques creuses (10cm /
10cm) et 5cm de lame d’air: la température
de surface des murs est de 18° C. Ceci est
plus élevé que dans le cas précédent, et il est
proche du seuil bas de la zone de confort
(voir figure 82).
Figure 82. Effet de la paroi froide sur un mur de 28cm
en double parois de brique creuse (10cm/10cm) séparé
de 5cm d’air non isolé (source: l’Auteur).

- Ossature avec remplissage en brique creuse


ou parpaing avec lame d’air: la température
de surface des murs est de 18.42°C. C’est
plus élevé par rapport du cas précédent, en
plus ça avoisine le seuil bas de la zone de
confort (voir figure 83).

Figure 83. Effet de la paroi froide sur un mur de 34cm


en double parois de brique creuse (10cm/15cm) séparé
de 5cm d’air non isolé (source: l’Auteur).

167
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

4-4-4) Menuiserie
Les immeubles d’habitat collectif ont été conçus généralement en fenêtres en bois avec simple
vitrage et une occultation en persienne. Ces éléments sont généralement une source de
déperdition thermique ainsi que gène sonore.
A partir des années 2000, les fenêtres sont en aluminium ou en PVC mais avec toujours un
simple vitrage. Le double vitrage dans l’habitat n’est pas encore généralisé en Algérie -sauf
dans certains cas de logement de haut standing- à cause de son prix élevé.

4-4-5) Confort d’été


Le confort d’été est un nouveau défi face aux changements climatiques. La hausse de la
demande d’énergie électrique durant l’été observé ces dernières années peut être
raisonnablement expliquée par le recours de plus en plus à la généralisation de la
climatisation. Cela peut être expliqué par les surchauffes estivales, causé par:
• L’orientation non-étudiée;
• La faible inertie de certains bâtiments (voir tableau 28);
• Ventilation nocturne insuffisante causé par la conception des logements non-traversant
(très répandu dans les logements sociaux);
• Fermeture des loggias des cuisines par des bais vitrée en simple vitrage pour
augmenter les surfaces des cuisines et pour se protéger des intempéries.

Tableau 28. Perméabilité thermique des parois établies selon la composition des murs (Source: le calcul simple a été
effectué par l’Auteur suivant le DTR C3-2 (CNERIB, 1998))
Valeur U
U mur
Conductance vitrages
Taux de vitrage (%)

Composition des mus (W/m².C°) avec


(W/m².C°)
gains solaires
(W/m².C°)
période

Conductivité

spécifique
Epaisseur

Est/Ouest
(W/m.k)

Chaleur

(Kg/m3)
Densité
(J/kg.k)
(mm)

Nord

Nom
Sud

rue 1,639 Mortier de 20 0,870 1080 1800 30 5,894 2,8 3,7- 4,6
chaux – 4,6 -
Moellon 360 1,00 936 1800 3,7 5,6
Enduit de 20 0,35 936 1000
plâtre
1872-1920

cour 2,285 Mortier de 20 0,870 1080 1800 5,894 2,8 3,7- 4,6
chaux – 4,6 -
Brique cuite 150 0,800 936 1800 3,7 5,6
pleine
Enduit de 20 0,35 936 1000
plâtre

168
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

rue et 2,035 Mortier de 25 1,4 1080 2200 40 5,894 2,8 3,7- 4,6
cour ciment – 4,6 -
Brique pleine 125 0,80 936 1800 3,7 5,6
et/ou brique R=0,27m².K/W
creuse
1939-1957

Enduit de 20 0,35 936 1000


plâtre
rue et 2,351 Mortier de 20 1,4 1080 2200 5,894 2,8 3,7- 4,6
cour ciment – 4,6 -
Béton armé 460 2,5 1000 2400 3,7 5,6
Enduit de 20 0,35 936 1000
plâtre
Rue 1,542 Mortier de 20 1,4 1080 2200 40 5,894 2,8 3,7- 4,6
et ciment – 4,6 -
3,7 5,6
1958-1962

cour Brique creuse 100 R=0,20m².K/W


Lame d’air 110 R=0,15m².K/W
Brique creuse 50 R=0,10m².K/W
Mortier de 20 1,4 1080 2200
ciment
Rue 3,408 Mortier de 20 1,4 1080 2200 15 5,894 2,8 3,7- 4,6
et ciment – 4,6 -
cour Béton armé 2 3,7 5,6
130 2,500 1000 2400
nappes
Enduit de
02 0,350 936 1000
1974-1989

plâtre
Rue 1.363 Mortier de 15 1,4 1080 2200 15 5,894 2,8 3,7- 4,6
et ciment – 4,6 -
cour Brique creuse 100 R=0,20m².K/W 3,7 5,6
Lame d’air 50 R=0,11m².K/W
Brique creuse 100 R=0,20m².K/W
Enduit de
15 0,35 936 1000
plâtre
Rue 1,174 Mortier de 20 1,4 1080 2200 15 5,894 2,8 3,7- 4,6
et ciment – 4,6 -
3,7 5,6
1990-2016

cour Brique creuse 150 R=0,3011m².K/W


Lame d’air 50 R=0,11m².K/W
Brique creuse 100 R=0 ,20m².K/W
Enduit de
02 0,350 936 1000
plâtre

4-4-6) Ventilation
La ventilation dans l’habitat collectif en Algérie se base sur la perméabilité de l’air à travers
les ouvrants seulement. Concernant ce type de ventilation naturelle, ce n’est pas possible de
prédire le taux minimal de renouvellement d’air dans les logements. Premièrement,
l’infiltration diffère à travers le temps en fonction de la vitesse et de la direction des vents,
résultantes de la différence de pression entre les façades. Deuxièment, le comportement de
l’usager (ouverture/fermeture de la fenêtre) affecte fortement les renouvellements d’air. En

169
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

été, les fenêtres sont la plus part du temps ouvertes, mais en hiver les fenêtres sont ouvertes
juste au moment du nettoyage, tandis qu’elles sont ouvertes pendant les jours d’automne et du
printemps.

4-4-7) Equipement de chauffage


Les bâtiments datant de cette période ont été conçus avec des cheminées dans les pièces
principales et des conduit pour y brancher des poêles. Ces cheminées particiaient même à la
conception des toitures des bâtiments. Les énergies de chauffage étaient à cette époque le bois
et le charbon de bois.
Actuellement, 98% des logements de l'échantillon choisi sont chauffés (Voir figure 84). 82%
d'entre eux sont raccordés au réseau de gaz naturel et sont équipés de radiateurs à gaz naturel
(systèmes individuels). 18% des appartements sont équipés de chaudières à gaz ou électriques
individuelles. Pas de mise en place d'un système de climatisation, mais certains disposent des
climatiseurs électriques individuels (exp: split) (83% de l'échantillon choisi) (voir figure 85).
Ces systèmes sont placés principalement dans le couloir ou le hall (voir figure 86). Le
chauffage, le gaz et l'électricité sont tous mesurés individuellement. L'avantage des systèmes
de facturation individuels est de rendre les occupants responsables, puisque tout le monde
paie pour ce qu'ils consomment, ce qui entraîne une baisse de la consommation d'énergie.

4-4-8) Équipements d'eau chaude sanitaire


L'eau chaude sanitaire est principalement produite par des chauffe-eau à gaz autonomes (près
de 77% de l'échantillon choisi). Bien que l'utilisation de l'électricité pour chauffer l'eau,
comme chaudière à gaz, chaudière électrique, chauffe-eau électrique, etc., ne représente que
23% de l'échantillon choisi (voir figure 87).
120,00
120,00
100,00 100,00

80,00 80,00

60,00 60,00
Oui système
40,00 central
40,00 Non système
20,00 20,00 individuel

0,00 0,00
Système de Système de Système de Système de
1
chauffage 2
rafraichissement 1
chauffage
2
rafraichissement

Figure 84. Systemes de chauffage et de rafraichissement des Figure 85. Types de systemes de chauffage et de
logements collectifs à Tlemcen (Source: Auteur selon les rafraichissement des logements collectifs à Tlemcen (Source:
estimations obtenues à partir des regroupements de factures, Auteur selon les estimations obtenues à partir des
2017). regroupements de factures, 2017).

170
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

70,00 90,00
60,00 80,00
70,00
50,00 60,00
40,00 50,00
30,00 40,00
20,00 30,00
20,00
10,00
10,00
0,00 0,00
Hall Couloir Salon Cuisine Chambres Chauffe eau Chaudière à Chaudière Cumulus Chaudière
autonome gaz électrique électrique électrique +
Emplacement du chauffage chauffe eau
Emplacement du climatisseur

Figure 86. Emplacement des systemes de chauffage et de Figure 87. Les équipements de production d’eau chaude
rafraichissement dans les logements collectifs à Tlemcen sanitaire dans les logements collectifs à Tlemcen (Source:
(Source: Auteur selon les estimations obtenues à partir des Auteur selon les estimations obtenues à partir des
regroupements de factures, 2017). regroupements de factures, 2017).

4-5) Benchmarking de Consommation d’énergie dans les logements (Balisage


externe) :
Cette analyse a pour objectif d'avoir une meilleure idée de la façon dont l'énergie est utilisée
dans différents types d’enveloppes d’immeuble à Tlemcen. Cela donnerait des orientations et
des priorités qui devraient être prises en compte dans l’étude en cours d'amélioration de
l'efficacité énergétique dans le bâtiment.
Une valeur moyenne de la consommation d'énergie dite «réelle» collectée à partir des factures
d'énergie précédentes des logements construits entre 1872 et 1920 est estimée de
130kWh/m²/an, avec une fourchette de ±50kWh/m²/an selon les configuration
morphologiques du bâti et une valeur moyenne de plus de 200kWh/m²/an pour les logements
construits entre 1939 jusqu’à 1962. Tandis que la consommation des logments construits entre
1980 à 1990 est au delà de 250kWh/m²/an. Alors que, les logements construits entre 1974 et
1989 et ceux construits après les années 1990 jusqu’à nos jours ont dépassé le seuil de
300kWh/m²/an.
Le chiffre de plus de 300kWh/m²/an exprime un niveau de consummation très élevé. Les
bâtiments les plus énergivores que l’on rencontre à Tlemcen sont ceux construit durant les
année 1974-1989. L’usage à plein temps du système de chaudière individuelle a tiré vers le
haut les consommations des habitants (voir figure 88).

171
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Figure 88. Consommation énergétique des logements collectifs à


Tlemcen (Chauffage + Eau Chaude Sanitaire) (Source: Auteur selon les
estimations obtenues à partir des regroupements de factures, 2017).

4-6) Conclusion
Les résultats de l’étude des logements collectifs, représentatifs des cinq périodes retenues
d’urbanisation de la ville de Tlemcen, ont démontré que les bâtiments construits entre 1872 et
1920 ont une meilleure performance thermique et énergétique par rapport au bâtiments des
autres périodes. Ils sont caractérisés par une bonne inertie et consomment 130kWh/m²/an.
Alors que les bâtiments construits entre 1974 et 1989 sont les plus énergivore à cause de leur
mauvaise inertie et consomment 300kWh/m²/an. Mais, il faut noter aussi, qu’ils sont les plus
simples à réhabiliter.
Une évaluation de la performance thermique et énergétique des enveloppes existantes dans le
parc de logements collectifs, suivant une approche ascendante, a été mené, à travers une étude
architecturale et technique. Peu de cas d'études ont été sélectionnés et analysés en profondeur
afin de mettre en évidence avec précision les problèmes typologiques et technologiques,
illustrés dans le tableau 29, qui influent le plus sur la performance thermique et énergétique
dans le logement collectif.

172
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

Tableau 29. Points forts et points faibles du bâti (Source : L’Auteur)


période Points forts du bâti Points faibles du bâti
Entre Bonne inertie thermique Phénomène de paroi froide;
1872 et Peu de pont thermique au niveau des Ventilation naturelle;
1920 planchers Menuiseries et vitrages anciens;
Appartements traversant permettant une Ponts thermiques au niveau des saillies et des éléments
bonne ventilation d’ornementation des façades.
Entre Phénomène de paroi froide ;
1939 et Absence de valeur patrimoniale qui permet Ponts thermiques causé essentiellement par
1957 la réhabilitation thermique (isolation par l’hétérogénéité des matériaux constituants les murs
l’extérieur); des façades et au niveau des saillies.
Appartements traversant permettant une
Entre bonne ventilation Façades peu performantes notamment celles des
1958 logements préfabriqués;
et 2016 Sensation d’inconfort lié en hiver à l’effet de paroi
froide surtout dans les logements préfabriqués;

Les appartements non traversant difficiles à Ventiler


susceptible de causer des dégâts liés à l’humidité ;
Ponts thermiques causé essentiellement par les balcons
et les loggias;
Orientation non étudié;
Surchauffe estivale causé par la faible inertie et la
difficulté de la ventilation nocturne;
Chauffage avec système ponctuel causant la variation
de la température entre les pièces du logement et
l’appauvrissement de l’appartement en matière
d’oxygène.

Une première série d’actions est à engager en priorité: l’amélioration de l’isolation de


l’enveloppe (toiture, murs et fenètres) ainsi que l’amélioration de l’étanchéité à l’air de
l’enveloppe. Pour réduire les consommations d’énergies de ces bâtiments il faudra passer par
une approche au cas par cas:
 Le cas de l’absence de valeur patrimoniale permet d’envisager des mesures
ambitieuses de réhabilitation thermique en recourant à l’isolation par l’extérieur;
 Dans le cas où des murs de façades possédant une réelle valeur patrimoniale
(ornamentation, marbre, faïence, etc.), l’isolation par l’intérieur sera rerement
conseillée, on lui préférera l’usage d’un enduit intérieur isolant qui améliorera quelque
peu les performances thermiques des envelopes et le confort de l’ambiance intérieure;
 Tandis que dans le cas des murs donnant sur les courettes qui n’ont aucune valeur
patrimoniale, on pourra mettre en oeuvre une isolation thermique par l’extérieur.
 Des moyens simples existent pour éviter les situations très inconfortables, même sans
chauffage/climatisation, avec par exemple: calfeutrage des fenêtres et des portes,

173
Chapitre 4 : Etude de terrain Partie II

usage du double vitrage et des vitrages réfléchissants, des occultations extérieurs,


l’utilisation du free-cooling, le remplacement des appareils vétustes, etc.
 Des mécanismes financiers innovants sont à imaginer : taxes pénalisant les bâtiments
gros consommateurs et alimentant un fonds qui accorde une prime à ceux qui vont au-
delà de la réglementation.

Enfin, dans le cadre de notre contribution à l’optimisation de la PEE des bâtiments


résidentiels, une étude sur le comportement thermique de l’enveloppe du type le moins
efficient sera initiée grâce à la simulation thermique dynamique dans le chapitre suivant.

174
Chapitre 5
Étude multicritère
par méthodes :
statique et dynamique
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

Ce chapitre répondra au besoin mentionné précédemment concernant l’approche multi-


objectif (OMO) en utilisant la méthode multicritère par méthodes : statique selon la
réglementation thermique algérienne et dynamique par simulation numérique. Il explorera, à
l’aide de ces outils, les solutions optimales pour satisfaire les besoins du climat intérieur,
réduire l’usage de l’énergie nécessaire pour le chauffage et la climatisation des espaces et les
émissions de GES avec un coût abordable.
Pour établir l’expérimentation du cas d’étude et achever les objectifs de cette recherche, le
type de logement le moins efficient dans les sorties de l’étude précédente a été choisi.
La méthode suivie, la description du cas d’étude et la discussion des résultats de l’étude
statique selon la réglementation thermique algérienne feront l’objet, dans un premier temps,
de ce chapitre. Ensuite, dans un deuxième temps, la procedure de la modélisation, les
différents outils de simulation, le scénario de base ainsi que les mesures d'efficacité
énergétique choisis à investiguer dans l’étude de la simulation constitueront le reste du
chapitre.

5-1) Méthode
Afin d’évaluer correctement la PEE des bâtiments résidentiels à Tlemcen, cette étude
développe une méthodologie approprié (voir la figure C-1 indiquant le logogramme qui
schématise cette méthode dans l’annexe C) :
 Etape 1 : Le domaine d’étude: les logements collectifs datant de la période post
indépendance dans la ville de Tlemcen. Documentation sur le stock d’habitat urbain
existant, le cadre réglementaire lié à la maitrise d’énergie en Algérie, les statistiques de
la population urbaine et l’analyse l’énergie dans cette ville (présentés dans le chapitre
4) ;
 Etape 2 : Collecter et analyser les données climatiques (présenté dans le chapitre 4) ;
 Etape 3 : Établir le bilan thermique par méthodes statiques par calcul simple des
déperditions thermiques d’un logement intermédiaire et un autre au dernier étage. Afin
d’orienter les actions de la réhabilitation. En plus de la vérification de leurs conformités
thermiques suivant la méthode réglementaire présenté dans le DTR C3-2 ;
 Etape 4 : Établir une stratégie de réduction des déperditions : En agissant sur les
éléments de l’enveloppe du logement en se basant sur une approche environnementale et
économique concernant le choix des matériaux locaux, recyclables et issus de recyclage

176
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

et en plaçant ceux les plus écologiques à l’intérieur du logement et les moins


écologiques à l’extérieur ;
 Etape 5 : Recalculer les déperditions thermiques des logements après réhabilitation en
jetant un regard sur les réglementations régionales (marocaine et tunisienne), on peut
vérifier la conformité de notre réglementation par rapport au contexte régionale;
 Etape 6 : Simuler l’énergie utilisée par un ménage typique occupant ce logement par
méthodes dynamiques en utilisant le couple « DesignBuilder/Energy plus ».
l’occupation, le bâtiment et les caractéristiques d’un état réel de la construction est
présentée ultérieurement.
 Etape 7 : Investiguer l’impact de quelques mesures d’économie d’énergie passives
souvent utilisés à travers l’amélioration des éléments composants l’enveloppe du
bâtiment, telles que (la ventilation, l’isolation, l’orientation, la serre et les dispositifs
d’ombrage,…) en exploitant le potentiel de l’étude paramétrique dans la simulation à
travers deux moyens :
1- Simuler un cas actif du cas réel/actuel/existant avant et après la
réhabilitation thermique ;
2- Simuler un cas passif du cas réel/actuel/existant avant et après la
réhabilitation thermique du cas optimisé ;
 Etape 8 : Exécuter une analyse de prise de décision multicritères pour l’initiative de
réhabilitation suivant des facteurs quantitatifs et qualitatifs en essayant de le positionner
par rapport au label international « BBC » et au label régional « tunisien » (décrits dans
le chapitre 2 )
 Etape 9 : Simuler une deuxième enveloppe datant de la même période du cas d’étude.
Afin de comparer leurs consommations et leurs impacts environnementaux en
établissant un «benchmarking internes »;
 Etape 10 : Compilation, synthèses des informations collectées et discussion des
résultats ;
 Etape 11 : Rédaction des recommandations par ordre de priorité à court, moyen et long
termes.

5-2) Cas d’étude


5-2-1) Description du cas d’étude
Le cas d’étude se situe à la cité 1060 logements à l’Est de Tlemcen. C’est un appartement F3
de 70.38 m2 qui contient un salon et deux chambres d’une hauteur de 3.06m. Il représente les
177
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

logements construit dans les années 80 quand la politique algérienne était orientée vers la
préfabrication lourde pour réaliser les grands ensembles. L’analyse énergétique et thermique
et énergétique est établie à un logement non traversant faisant coin dans un niveau
intermédiaire avec deux façades exposées orientées Sud-est et Sud-ouest comparé avec celui
du dernier étage (voir Figures 89 et 90). Le plan dans la Figure 91. décrit les différents
espaces composants le logement.

Figure 90. Vue de l’extérieur du bâtiment


contenant le cas d’étude, cité 1060
logements, quartier d’Imama-Mansourah à
Tlemcen.
Figure 89. Photo Satellite de la cite 1060 logements, le spot photo
de la figure (90) est indiqué

Figure 91. Plan du logement

178
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

5-2-2) Techniques de bâtiment


Les bâtiments dans cette cité ont des enveloppes non isolées et non étanches ainsi que des
fenêtres avec simple vitrage. Le tableau 30 montre les matériaux de construction constituant
l’enveloppe du bâtiment :
Tableau 30. Eléments du bâtiment, cite des 1060 logements, Tlemcen (Source: Auteur d’après CNERIB, 1998).
Résistance Transmisivité

Conductivité
Elément de Thermique Thermiquea

Spécifique
Chaleur
(R) (U-value)

Densité

surface
bâtiment

W/m.k

Kg/m3
J/kg.k
Epaisseur m²°C/W W/m²°C

m2
couche Matériau (mm)
externe
interne

Murs extérieurs Mortier de Ciment 20 1,400 1080 2200 80,85 0,0143 3,4083
Panneaux préfabriqué 0,052
130 2,500 1000 2400
de béton armé
Internal Plaster coating 20 0,350 936 1000 0,0571
Toit extérne Gravier 30 0,360 840 1840 70,38 0,0833 0,6042
Bitume Pure 15 0,170 1000 1050 0,0882
Bitume, feuille de 0,0652
15 0,230 1000 1100
feutre
Chape 50 1,000 1000 1800 0,05
Polyéthylène (faible -
0,2 0,35 2300 0,92
densité)
Polystyrène expansé 40 0,036 1404 20 1,1111
Polyéthylène (faible -
0,2 0,35 2300 0,92
densité)
Panneaux préfabriqué 0,06
150 2,500 1000 2400
de béton armé
Plâtre courant d’enduit 0,0571
20 0.350 936 1000
intérieur
Plancher Plâtre courant d’enduit 70,38 0,057 2,6525
20 0.350 936 1000
intermédiaire intérieur
Panneaux préfabriqué 0,06
150 2,500 1000 2400
de béton armé
Chape 30 1,000 1000 1800 0,03
Granito 20 2,100 936 2200 0,01
Cloisons Plâtre courant d’enduit - 0,057 -
10 0,350 936 1000
intérieurs intérieur
Brique creuse 100 0,560 936 1300 0,0178
Plâtre courant d’enduit 0,057
10 0,350 936 1000
intérieur
Cloisons donnant Mortier de Ciment 10 1,400 1080 2200 14,77 0,0286 3,2499
sur les espaces Panneaux préfabriqué 0,052
130 2,500 1000 2400
non chauffé de béton armé
Plâtre courant d’enduit 0,0071
10 0,350 936 1000
intérieur
Fenêtres, portes- 11,86 1,6260
fenêtres
Vitrage simple 0,1697
clair 0,3278
Cadre de fenêtres
en bois,
Persiennes en
bois.
Portes 3,725 0,5 2
Portes en bois
a: calculé par calcul simple selon DTR C3-2 (CNERIB, 1998).

179
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

5-3) Méthode statique:


5-3-1) Calcul simple des déperditions calorifiques du logement selon le DTR C3-2 :
Au début, les déperditions thermiques du cas d’étude sont estimées par un calcul simple selon
le DTR C3-2 (CNERIB, 1998), et après la vérification réglementaire, les résultats dans le
tableau 2 ont démontré que le logement n’est pas conforme et que le confort thermique n’est
pas assuré. Donc pour assurer le bien être de ses occupants et pour minimiser la
consommation d’énergie, il faut le réhabiliter thermiquement.
5-3-2) Conception d’une stratégie personnalisée :
En second lieu, nous avons établi une « Stratégie de réduction des déperditions » en
recalculant les déperditions par transmission selon le DTR C3-2, après les avoir réduit en
agissant sur :
• Isolation des faces externes des murs extérieurs par l’addition une couche de laine de
verre de : 1 ; 2 ; 3 ; 4 et 5cm d’épaisseur (autant qu’isolation minérale issue de
recyclage des verres cassés ou à partir du sable qui est une matière locale disponible
en Algérie) ;
• Isolation de la face interne des parois donnant sur les locaux non chauffés par
l’addition un panneau de cellulose de : 1 ; 1.5 ; 2.5 ; 3.5 et 4.5cm d’épaisseur (autant
qu’isolation végétale issu de recyclage des journaux ou à partir de la matière première
‘Alfa’ qui est un matériau local) associé à 1.5cm de panneau de plâtre ;
• Renouveler l’isolation du toit extérieur en maintenant le même matériau d’isolation
avec la même épaisseur (4cm de polystyrène expansé), mais en plaçant la couche
d’isolation au-dessus de la couche de chape pas au dessous d’elle ;
• Le remplacement des vitrages simples par des doubles vitrages, en maintenant les
cadres des fenêtres ainsi que les persiennes et en éliminant seulement les diviseurs de
vitres. En plus du calfeutrage des fenêtres et des portes pour une meilleure étanchéité à
l’air ;
• En plus de la fermeture de la loggia par une fenêtre avec double vitrage;
• Et des Stores point droit en toile de bâche acrylique comme dispositifs d’ombrage.
Selon le DTR C3-2 (CNERIB, 1998), D , D T et les caractéristiques thermiques de
l’enveloppe actuelle ainsi que celle optimisée du logement intermédiaire et celles du logement
du dernier étage sont données dans le tableau suivant ; en plus de la vérification
réglementaire pour orienter la prise de décision concernant les actions de réhabilitation

180
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

Tableau 31. Résultats du calcul et du recalcule des caractéristiques thermiques des éléments de l’enveloppe, des
déperditions par transmission (D T ) avant et après réhabilitation thermique ainsi que la vérification réglementaire (source :
le calcul simple effectué par l’Auteur suivant le DTR C3-2 (CNERIB, 1998)).
Propriétés et déperditions Cas de Epaisseur d’isolation des murs Commentaire
thermiques référence extérieurs
(non-isolé) 1cm 2cm 3cm 4cm 5cm
Résistance R Murs Ext. 0,1234 0,7435 1,0214 1,2987 1,5773 1,8553
thermique R Toit 1,5149 1,6551
(R) R Cloisons 0,0877 1,2667 1,3917 1,5167 1,8917 2,1417
m2C°/W Intérieures
Valeur-U Murs 3,4083 1,345 0,979 0,77 0,634 0,539 Seulement les valeurs
Transmisivité Ext. en gras vérifient le
Thermique coefficient de
(valeur-K) transfert de chaleur
W/m2C° maximal permis à
Oujda Maroc (zone
climatique
réglementaire ZT3 :
climat similaire à
Tlemcen:) (voir le
tableau 8 page 71)
Valeur-U Toit 0,6042 0,594
Valeur-U 1,626 1.3927
fenètres
Valeur-U 2,0245 1,3898 1,0753 0,8957 0,7788 0,6972
Moyenne
Valeur- 3,2499 0,7894 0,7185 0,6593 0,5286 0,4669
U Cloisons en
contact avec locaux
non-chauffés
Valeur- 3,7568 0,8651 0,7986 0,7431 0,6206 0,5627
U Moyenne parois en
contact avec locaux
non-chauffés
Coefficient de 0,35 0,60 Données par le DTR
réduction de
température
(T au )
Déperditions DS 300,98 131,39 101,80 84,90 73,90 66,22
thermiques d’un D li 60,19 26,28 20,36 16,98 14,78 13,24
logement D lnc 21,89 5,96 5,56 5,22 4,49 4,14
intermédiaire DT 383,07 163,62 127,71 107,10 93,17 83,61
(W/°C) DR 72,89 71,35 71,18 70,84 70,50 70,16
D 455,96 234,98 198,90 177,94 163,67 153,76
Déperditions de D ref 163,42
référence (W/°C)
Verification D T >1,05 x D T <1,05 x D ref = 171,59 W/°C Les valeurs en gras
réglementaire D ref = vérifient la formule
171,59 W/°C
Déperditions DS 343,5 171,73 141,98 124,76 113,43 105,43
thermiques d’un D li 68,7 34,35 28,40 24,95 22,69 21,09
logement du dernier D nhs 21,89 5,96 5,56 5,22 4,49 4,14
étage DT 434,01 212,04 175,93 154,93 140,61 130,65
(W/°C) DR 72,89 71,35 71,18 70,84 70,50 70,16
D 506,9 283,39 247,11 225,77 211,11 200,81
Déperditions de D ref 226,76
référence (W/°C)
Verification D T >1,05 x D T <1,05 x D ref = 238,1 W/°C Les valeurs en gras
réglementaire D ref = 238,1 vérifient la formule
W/°C

181
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

5-3-3) Evaluation multicritère selon le système algérien d’évaluation de l’efficacité


énergétique et la durabilité :
Tableau 32. Évaluation multicritère du cas d’étude selon le système d’évaluation de l’efficacité énergétique et la
durabilité algérien (source : le calcul simple effectué par l’Auteur suivant le DTR C 3-2 et le DTR C 3-4 (CNERIB,
1998 et Denker et al., 2014).
CLP

Cas de base Cas amélioré


Critères

Groupe de
Désignation Evaluation

Indicateur

Indicateur
critères

Note du

Note du
critère

critère
Architecture 1 Compacité du projet Indicateur I=A/V 1,09 0 1,09 0
Energie 2 Les apports à travers les Indicateur I=AVT/AVT réf Cas d’étude non Cas d’étude non
parois vitrées Indicateur II=AVE/AVE réf climatisé climatisé
Energie 3 Les apports à travers les Indicateur I=APO/A réf,PV
parois opaques Indicateur II=APO/A réf,PH
(c’est isolé)
Energie 4 Protection thermique en Fs 0,036 10 0,012 10
été
Energie 5 Les besoins d’énergie en Indicateur I=D T /D T,réf 2,34 0 0,65 2
hiver Indicateur II=D R /D T,réf 0,45 0 0,43 0
Indicateur III=Q/Q réf 3,14 0 1,22 0
Indicateur IV=E Ch / E Ch,réf 3,43 0 0,7 1
Energie 6 Les apports d’énergie en Indicateur Cas d’étude non Cas d’étude non
été I=APO/(A réf,PH +A réf,PV ) climatisé climatisé
Indicateur II=AV/A réf,PVI
Environnement 7 CO 2 - émissions Indicateur I=m CO2 /m réf,CO2 1,41 5 0,86 7.5
Energie 8 Energies Renouvelables Indicateur : R [%] Néant Néant
Thermique / Energie
Environnement /
biomasse (été / Hiver)
Energie 9 La Puissance électrique Indicateur 0,63 0 0,86 0
(éclairage, ventilation, I=(P dép. xY dép. +P app. xY app. +P éc
climatisation) l. xY écl. )/(P dép. +P app. +P écl. )

Économie 10 Économie (chauffage, Indicateur I=C/C réf 3.86 0 0.64 7.5


électrique, l'eau chaude)
Environnement 11 Spécifications des Niveau 1 Voir chapitre 4 Voir tableau 33
éléments du bâtiment Niveau 2 et 5
Niveau 3
Niveau 4
Equipement 12 Spécifications des Indicateur I : η 0,87 0 0,87 0
équipements du bâtiment Indicateur II : COP moy /COP réf - - - -
Indicateur III Non 0 Non 0
vérifié vérifié
Indicateur IV 2 2
Confort 13 Confort Indicateur I=T si -T i (plafond 1,32 2 1,32 2
isolé) [°C ]
Indicateur II=T si -T i (murs 7,5 0 1,69 2
extérieurs [°C ]

182
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

Indicateur III=T si -T i (vitrage) 14,73 0 7,89 0


[°C ]
Indicateur IV=Ic=0,9xIvxᶡ 0,108 0 0,108 0
Architecture 14 Innovation Niveau conceptuel 3 6
Niveau système constructif
Niveau de calcul
Somme 22 38

Tableau 33. Propriétés thermiques de chaque matériau et les totaux des propriétés thermiques des éléments composant
le bâtiment (source : l’Auteur)

Matériaux Propriétés thermiques des matériaux Totaux des propriétés


thermiques des éléments
améliorés
Toiture extérieure

spécifique
Epaisseur

Conduct-

Chaleur
Couche

Densité
W/m.k

Kg/m3
J/kg.k
(mm)
Nom

ivité
1 Gravier (galet) 70 0,360 840 1840
2 Polyesters non tissé 1 0.40 1404 1200
3 Polystyrène Expansé 40 0,036 1404 20
Membrane
4 0.8 0,140 1000 1200
d’étanchéité souple
5 Adhésif cémenteux 2 0,870 1080 1600
6 Chape 50 0.440 1080 1400
7 Béton armé 2 nappes 150 2,500 1000 2400
Plâtre courant d’enduit
8 20 0,350 936 1000
intérieur
Murs Extérieurs
spécifique
Epaisseur

Conduct-

Chaleur
Couche

Densité
W/m.k

Kg/m3
J/kg.k
(mm)
Nom

ivité

1 Mortier acrylique de 3 1.200 1080 1905


finition
2 Fondo Morcemcril 0.5 - - -
3 Mortier hydraulique 2 0.870 1080 1800
4 Maille de fibre de 0.5 0.039 612 16
verre
5 Mortier hydraulique 2 0.870 1080 1800
6 Panneau de laine de 30 0.036 840 20
verre
7 Mortier hydraulique 2 0.870 1080 1800
8 Mortier de ciment 20 1,400 1080 2200
9 Béton armé 2 nappes 130 2,500 1000 2400
10 Plâtre courant d’enduit
20 0,350 936 1000
intérieur
Murs donnant sur les locaux
spécifique
Epaisseur

Conduct-

Chaleur
Couche

Densité

non chauffés
W/m.k

Kg/m3
J/kg.k
(mm)
Nom

ivité

1 Mortier de ciment 10 1,400 1080 2200


2 Béton armé 2 nappes 130 2,500 1000 2400
3 Plâtre courant d’enduit
20 0,350 936 1000
intérieur
4 Panneau semi-rigide
15 0,040 2000 70
ouate de cellulose
5 Polyéthylène (faible
0.3 0.330 2200 920
densité)
6 Lambourdage /vide
20 0.030 280 1.20
pour conduite
7 Panneaux de plâtre 15 0.350 792 900

183
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

Fenêtres

5-3-4) Discussion des résultats de l’étude statique :


Les résultats de l’étude statique, dans le tableau 32, ont confirmé la première hypothèse de la
nécessité de la réhabilitation thermique des logements, car dès l’adition du premier centimètre
d’isolation, les deux logements sont devenus conformes à la réglementation algérienne. Mais,
en comparant la réglementation algérienne avec celles des pays voisins (Tunisie, Maroc, etc.),
nous avons remarqué qu’elle a besoin d’être plus approfondie. Les deux réglementations
thermiques tunisienne, marocaine fournissent aux concepteurs des informations (besoin de
chauffage selon la zone climatique, limites minimales de consommation exigées, label
énergétique, etc.) plus strictes et plus claires à respecter pour chaque zone climatique.
Et que quand, nous avons utilisé le système d’évaluation multicritère algérien qui se base
essentiellement sur les deux DTR (DTR C 2-3 et DTRC 3-4), nous avons constaté, du premier
coup d’œil, qu’il a pris d’autres critères indispensables dans l’évaluation de la performance
énergétique et thermique (tels que : les critères 1, 7, 8, 10,13 et 14). Par contre, il a négligé
d’autres paramètres très importants tels que : la ventilation et l’humidité spécifique qui ne
sont pas pris en considération dans ce système.
Les résultats d’évaluation de notre cas d’étude avant et après réhabilitation selon ce système
d’évaluation de l’efficacité énergétique et durabilité nous ont démontré que :

184
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

- Le système n’a pas pris en considération des critères d’évaluation des mesures de
rafraichissement passif dans le bâtiment non climatisé et s’est appuyé sur l’hypothèse
d’un bâtiment climatisé seulement. Alors que, les logements à Tlemcen voir même en
Algérie ne sont pas climatisés mais seulement rafraichis par des split individuels. Et a
considéré l’indicateur I du critère 6 comme un indicateur majeur ;
- Le système a considéré également l’indicateur I du critère 5 comme un indicateur
majeur, toute note inférieure à 1 est éliminatoire. Alors que, même avec l’isolation
renforcée de 8 cm de notre cas d’étude, la note du critère est restée égale à 2 et
l’Indicateur II est resté égal à 0.
- La même chose pour le critère 9, l’Indicateur est égal à 0 même avec l’utilisation de
8cm d’isolant.
- De plus, qu’il reste ambigu pour les concepteurs (étudiants et professionnels diplômés)
qui ont même fait une formation sur la conception climatique.
- Le système a estimé un total inférieur à 30 obtenu à l’ensemble des critères est
éliminatoire. Et l’estimation de notre cas d’étude avant réhabilitation est égale à 22 et
à 38 après réhabilitation. Ce qui veut dire que le logement est devenu efficace en
énergie et que la stratégie de réduction des déperditions calorifique est durable.

5-4) Simulation thermique dynamique


5-4-1) Outil de simulation
a) EnergyPlus® :
EnergyPlus fut développé aux États Unis grâce à la volonté du département de l’énergie de
recentrer ses financements autour d’un seul outil de simulation des bâtiments. Il s’agit d’un
code validé à l’aide des tests d’IEA BESTEST. Il se comporte comme un gestionnaire de
simulation qui utilise plusieurs modules pour estimer les besoins en énergie des bâtiments
(Figure 92). Le cœur du modèle de bâtiment est basé sur deux anciens programmes de
simulation monolithiques du DOE : BLAST et DOE-2 et le langage de programmation
FORTRAN 90. Il ne possède pas d’interface graphique propre mais, plusieurs interfaces sont
disponibles sur le marché tels que : DesignBuilder et un plug-in "OpenStudio" a été
développé récemment pour pouvoir utiliser le modeleur 3D GOOGLE SKETCH’UP pour la
saisie des données d’entrée et le traitement des résultats de la simulation. EnergyPlus possède
un module pour les études paramétriques, un outil comme Genopt qui peut être couplé
permettant de mener des études d’optimisation. Il intègre des interfaces d’interopérabilité

185
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

comme le BCVTB et le standard FMI (Kaboré, 2015). Cet outil sera retenu pour la simulation
dynamique de notre cas d’étude.

Figure 92. Le programme EnergyPlus (Source : Kaboré, 2015)

EnergyPlus est un programme d’analyse énergétique et de simulation de chargement


thermique. Basé sur une description de bâtiment de l’usagé à partir de la perspective du
maquillage physique du bâtiment associé aux systèmes mécaniques et à d’autres systèmes,
EnergyPlus calcule les chargements de chauffage et de refroidissement nécessaires pour
maintenir le réglage de contrôle thermique, les conditions tout au long du système CVC
secondaire et de bobine de charge, et la consommation d’énergie de l’équipement de l'usine
principale.
L’intégration simultanée de ça et de beaucoup d’autres détails vérifie que la simulation
d’EnergyPlus effectue comme le ferait un bâtiment réel.
Fonctionnalités clés d’EnergyPlus:
La suivante est une liste de représentative des fonctionnalités d’EnergyPlus:
• Solution simultanée, et intégrée où la réponse de bâtiment et les systèmes primaire et
secondaire sont étroitement couplés (itération performée quand c’est nécessaire) ;
• Etapes de temps sub-horaire, défini par l’usagé pour l’interaction entre les zones
thermiques et l’environnement ; des étapes de temps variables pour les interactions
entre les zones thermiques et les systèmes CVC (varié automatiquement pour assurer
la stabilité de solution) ;

186
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

• Texte ASCII basé sur les fichiers climatiques d’entrée et de sortie qui inclut des
conditions environnementales sub-horaire, et des standard et des rapports défini par
l’usagé, respectivement ;
• Equilibre de chauffage base sur des solutions techniques pour les chargements
thermiques de bâtiment qui permet le calcul simultané des effets radiant et convectif
en même temps dans les surfaces intérieures et extérieures durant chaque étape de
temps ;
• Conduction thermique transitoire à travers des éléments de construction tels que les
murs, les toits, les planchers, etc. en utilisant des fonctions de transfert de conduction ;
• Amélioration de la modélisation du transfert de chaleur au sol grâce à des liens vers
des modèles de sols en trois dimensions à différence finie et des techniques
analytiques simplifiées
• Model de chaleur combiné et de transfert de masse qui compte pour
adsorption/désorption de l’humidité soit comme l’intégration de couche-par-couche
dans la conduction des fonctions de transfert ou soit comme une pénétration de
l’humidité effective en profondeur du modèle (an effective moisture penetration depth
model (EMPD))
• Modèles de confort thermique bases sur l’activité, température sèche intérieure,
l’humidité, etc;
• Modèle de ciel Anisotropique pour le calcul prouvé de solaire diffuse dans les surfaces
inclines
• Calcul de fenestration avancé incluant des stores contrôlables de la fenêtre, vitrage
électrochromique, le bilan de chauffage couche-par-couche permettant la tache de
l’énergie solaire absorbée par la vitre de la fenêtre, et une librairie performante de
nombreuses fenêtres commercialement disponibles ;
• Contrôles de la lumière du jour incluant le calcul de la luminance intérieure, la
simulation et le contrôle de l’éblouissement, les contrôles luminaires, et l’effet de la
lumière artificielle réduite dans le chauffage et la climatisation ;
• Calcul de la pollution atmosphérique qui prédit CO 2 , SOx, NOx, CO, les particules de
la matière, et la production d’hydrocarbone dans le site et pour le contrôle de la
conversion d’énergie ;
• EnergyPlus Interface d’usage;

187
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

• EnergyPlus est un programme de simulation autonome sans interface graphique


«conviviale». EnergyPlus lit les données d’entrées et écrit les données de sortie sous
forme de fichiers texte. Un nombre d’interfaces graphiques sont disponibles.

b) DesignBuilder® - Building Design, Simulation, Visualisation :


DesignBuilder a été choisi comme outil de simulation de bâtiment en raison de sa grande
flexibilité et de la possibilité de créer de nouveaux composants. Il existe plusieurs objectifs
spécifiques de la thèse qui nécessitent cette flexibilité pour une meilleure mise en œuvre.
DesignBuilder est une révolutionnaire nouvelle simulation énergétique des bâtiments et un
outil de visualisation. Développé par DesignBuilder Software Limited pour une utilisation à
toutes les étapes de la conception du bâtiment, DesignBuilder combine l'état de l'art des
logiciels de simulation thermique avec un modéliste facile à utiliser la 3D mais puissant.
DesignBuilders permet même des édifices complexes à modéliser rapidement par des
utilisateurs non experts, et parce qu'il utilise le moteur de simulation EnergyPlus issu des
logiciels renommés BLAST et DOE-2 pour générer la performance des données, vous pouvez
être confiant dans les résultats. Le couple DesignBuilder / EnergyPlus a passé avec succès les
tests de fiabilité de l’ASHRAE. DesignBuilder est un environnement de modélisation
convivial avec des modèles de construction virtuelle. Il fournit une gamme de données sur la
performance environnementale, comme l’indique la figure 93, telles que: la consommation
annuelle d'énergie, les températures maximales d'été et la taille des composants CVC.
Certaines utilisations typiques sont:
 Les données sur la performance environnementale sont affichées sans avoir besoin
d'exécuter des modules externes et d'importer des données et toutes les simulations
nécessaires pour générer les données sont démarrées automatiquement.
 Les descriptions EnergyPlus 'Compact HVAC' fournissent un moyen simple d'analyse
détaillée des systèmes de chauffage et de refraichissement couramment utilisés.
 La ventilation naturelle peut être modélisée avec l'option “pour ouvrir la fenètre” en
fonction d'une température de consigne de ventilation.
 Évaluation des options de façade pour la surchauffe et l'apparence visuelle.
 Lumière du jour - Modèles de systèmes de contrôle d'éclairage et calcul des
économies d'éclairage électrique.
 Ombrage par des persiennes, des brises soleil horizontaux et verticaux ainsi que des
stores intérieurs et intermédiaires.

188
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

 Une gamme complète de données de simulation peut être affichée dans des intervalles
annuels, mensuels, quotidiens, horaires ou subalternes:
- Calcul de la consommation d'énergie du bâtiment.
- Température interne
- Données météorologiques
- Transmission de la chaleur à travers les tissus de construction, y compris les murs,
les toits, l'infiltration, la ventilation, etc.
- Charge de chauffage et de refroidissement.
- Visualisation des dispositions du site et de l'ombrage solaire.
- Production de CO 2 .
 Les tailles des installations de chauffage et de refraichissement peuvent être calculées
à l'aide des données météo de conception.
 Les écrans d'analyse paramétrique vous permettent d'étudier l'effet des variations des
paramètres de conception sur une gamme de critères de performance.
 DesignBuilder utilise le moteur de simulation dynamique EnergyPlus pour générer des
données de performance: il Génére des fichiers EnergyPlus IDF et travaille avec des
fichers DesignBuilder extérieurs pour accéder aux fonctionnalités du système
EnergyPlus non fournies par DesignBuilder
 Aide à la communication lors de réunions de conception.
 Un outil éducatif (© 2009 DesignBuilder Software, 2009).

À l’aide d’une interface 3D autorisant la manipulation, duplication, extrusion, coupe des


volumes du bâtiment à la souris. L’organisation hiérarchique Bâtiment – Bloc, Zone, Surface
autorise la configuration des données (construction, fenêtres, chauffage, etc.) au niveau
général ou détaillé selon le principe d’héritage.
Le bâtiment est immédiatement visualisable, à n’importe quel stade du projet. Il est possible
de visiter le bâtiment à l'intérieur comme depuis l'extérieur, voir les ombres solaires à
n’importe qu’elle date et heure (les vitrages sont transparents). Avec l’outil de modélisation
des bâtiments DesignBuilder, il est possible de lancer automatiquement le logiciel libre
Energy+ afin de réaliser des simulations thermiques, aérauliques et d'éclairage (Girault,
Lebret, 2008).

189
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

Figure 93. Diagramme du logiciel DesignBuilder (Source: © 2009


DesignBuilder Software, 2009).

5-4-2) Procedure et modélisation:

La figure 94 illustre la procédure de modélisation selon la méthode décrite au début de ce


chapitre.
Cas de référence

Ventilation

2 1 0.5
Cas passifs Cas actifs

Orientation

N S E O

Isolation
Température Température Apports de Apports de
le : 12/01 le : 21/07 3 4 chauffage refroidissement

Vitrage

S. C. D. C. 3-6-3

Taille de la fenêtre
WWR =14% WWR =20%

Ombrage horizontal Eclairage ECS

30 50 60 80

serre

Oui No

Résultats du Résultats du
cas passif cas actif

Combinaison des éléments optimisés

Figure 94. Logogramme qui


Comparaison avec le scenario de base
schématise le processus
d’optimisation des éléments des
bâtiments (Source : l’Auteur)
Synthèse générale

190
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

5-4-3) Scénario de Base


Le début de la simulation avec DesignBuilder, qui utilise le moteur de simulation
dynamique EnergyPlus pour générer la performance des données (voir Figure 92), a besoin
de dessiner l’appartement, pour la création des volumes du bâtiment simulé comme le fait
voir la figure 95.

3 5
6
2

Figure 95. Modèle de simulation 3D de l’appartement


(Source: l’Auteur à l’aide de © 2009 DesignBuilder Software, 2009).

a) L’Occupation en tant que conducteur


Dans la simulation, l'occupation a été définie comme le principal moteur de l'utilisation du
bâtiment (systèmes de chauffage et de rafraichissement, ventilation naturelle, protection
solaire et éclairage). Pour cette raison, l'un des principaux objectifs est d'utiliser des profils
réalistes des occupants. Ce profil doit reproduire la variabilité des occupants réels et, en même
temps, leur comportement doit être représentatif de l'occupant moyen (voir figure 96).

Figure 96. Profil d’occupation du logement (Source: l’Auteur à l’aide de ©


2009 DesignBuilder Software, 2009).

191
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

La caractérisation d'occupation commence par la définition du type de famille : combien de


personnes étaient dans chaque ménage et leur âge. Cette information a été obtenue à partir des
enquêtes réalisées dans l'étude de caractérisation du bâtiment (dans le chapitre précédant).
L'enquête a donné des informations sur ce que faisaient les gens à chaque moment de la
journée.
Les données de chargement personnel à l’intérieur de chaque volume à certaines heures du
jour sont prises en compte, et sont en fonction des relations entre les gens et les activités qui
étaient entrain de les faire. Les valeurs sont appliquées à partir du (ASHRAE, 1997). Le
modèle d’occupation et les apports internes résultants de 5 personnes (ménage algérien
typique et selon un Tol de 5 défini par le PDAU de Tlemcen) sont estimés selon le Tableau
34.

Table 34. Les apports internes de cinq occupants et appareils (source: l’Auteur d’après (ASHRAE, 1997).

Volume Hours Internal loads Comment


(Wh/h)
1 22-06 300 3 personnes dorment (enfants)
10-11 270 Faire le ménage pour 1 heure
2 22-06 200 2 personnes dorment
10-12 270 Faire le ménage pour 1 heure
14-15 75 1 personne fait une sieste
3 07-08 100 5 personnes passent à travers
10-11 270 Faire le ménage pour 1 heure
12-13 80 Arrivée après travail, etc
18-19 100 5 personnes passent à travers
4 06-07 100 Préparer le petit déjeuner pour ½ heure
07-08 550 3-5 personnes s’assoient et mangent pendant moins d’ 1
heure
10-11 270 Faire le ménage pour 1 heure
10-12 180 Préparer le déjeuner
12-13 440 4 personnes s’assoient et mangent pendant moins d’ 1
heure
16-17 100 Préparer le café pour ½ heure
17-18 330 3 personnes s’assoient et mangent pendant moins d’ 1
heure
19-20 180 Préparer le diner
20-21 550 5 personnes s’assoient et mangent pendant moins d’ 1
heure
5 19-20 265 1 personne Prend une douche
6 08-09 105 1 personne s’assoit pour moins d’une ½ heure
10-11 270 Faire le ménage pour 1 heure
15-17 378 2-3 invités s’assoient
19-21 400 Occupation du séjour +voir TV

b) Chauffage, rafraichissement et eau chaude sanitaire :


Pour cette étude l’Eté (du 1er Juin au 30 Septembre) et l’Hiver (du 1er Novembre au 31 Mars)
sont pris comme cas étudiés. La densité est prise 0.07 car le logement est occupé par 5

192
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

personnes. Le besoin de température en hiver est pris 21C° (condition de confort dans un local
à usage d'habitation en Algérie (CNERIB, 1998)). La limité inférieure de la température est de
19C°. Tandis que, la limite inférieure de la température de rafraichissement est prise 25C°, et
la limite supérieure est de 27C°. Ces entrées sont constantes pour tous les cas.
Le chauffage est assuré par un chauffage ponctuel à gaz de ville avec un rendement (η=0.87).
Pas d’installation de conditionnement d’air, mais chez quelques uns le rafraichissement est
assuré par des climatiseurs électriques monobloc (Split) avec un coefficient de performance
(COP=3.06).
Les besoins énergétiques nets évaluent la quantité d’énergie que devront fournir les différents
systèmes de chauffage et de refroidissement afin de garantir le confort thermique de
l’ambiance.
 La consommation finale d’énergie englobe en plus les pertes liées au fonctionnement
de ces différentes installations (rendement des installations). Elle, représente donc la
consommation énergétique globale pour le chauffage et le rafraichissement qui sera
facturée à l’utilisateur.
Q final = Q net / η instal …….[Eq. 1].
Avec :
instal = sys . gen

instal : rendement de l’installation.


gen : rendement de production (du générateur).
sys : rendement du système qui dépend des caractéristiques de distribution, d’émission, de
régulation et du stockage de l’énergie du système.
 La consommation en énergie primaire est ainsi définie par :
E p = f p . Q final ………… [Eq. 2].
avec Q final = consommation finale en énergie.
L'utilisation d'1 kWh d'électricité nécessite en réalité beaucoup plus d'énergie que l'utilisation
d'1 kWh de gaz naturel, car la production d'électricité engendre beaucoup de pertes de
transformation.
L’électricité a donc un facteur particulièrement élevé (2,5). Ce facteur traduit le fait qu’1 kWh
électrique utilisé a nécessité 2,5 kWh de combustible pour sa transformation.
 L’eau chaude sanitaire (ECS) est assurée par un chauffe-eau à gaz ayant un COP de
0.85, pour chauffer un volume journalier d’eau de 50l/j/per.
Les besoins en énergie pour produire de l'eau chaude sanitaire est donnée par la formule
suivante :
193
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

Énergie ECS (kWh) = 1000 (kg / m3) x 4.187 (KJ / kg-K) x (consommation d'eau chaude
sanitaire [m3]) x (température de l'eau de livraison - température de l'eau)/ECW
CoP..................[Eq. 3]
En prenant la température moyenne annuelle d'eau fraîche de 10 ° C et une température utile
d'eau chaude de 50 ° C, Δt = 50 ° C = 50 K.
Les besoins en énergie nécessaires à la chaleur quotidienne de l'eau sont de 13,68 kWh / jour /
pers. Multiplié par 365, il détermine un besoin annuel de 4993,2 kWh / y / pers. La demande
d'énergie spécifique pour chauffer l'eau peut atteindre 70,94 kWh / m2 / an, soit 4,72 fois plus
d'énergie que les besoins de chauffage d'un Passivhaus.
Eq. 1, Eq. 2 et Eq. 3 représente la façon dont le chauffage, l'eau chaude sanitaire et le système
de rafraîchissement ont été mis en œuvre dans le modèle de construction. La demande de
chauffage et de refroidissement est obtenue directement à partir de la simulation dynamique et
l'ECS est introduit dans la simulation en tant que donnée d'entrée.

c) Ventilation naturelle
La ventilation naturelle est considérée comme la stratégie principale pour réduire la
température pendant la saison chaude, suivant les stratégies vernaculaires de l'architecture
méditerranéenne traditionnelle. La stratégie repose sur l'hypothèse suivante : les utilisateurs
utilisent la ventilation naturelle pour refroidir le ménage. Dans le cas où la ventilation
naturelle n'est pas suffisante et que la surchauffe se produit, les fenêtres sont fermées et le
système de rafraichissement est allumé. Cette hypothèse est conforme aux résultats obtenus
dans l’enquête de l'étude de caractérisation du bâtiment, ce qui montre que le système de
rafraichissement est utilisé occasionnellement.
En termes généraux et en cas
d'occupation du logement, la ventilation
naturelle est active lorsque la
température ambiante est comprise entre
24ºC et 28ºC. La figure 97 montre que
cette gamme de température est
confortable pour le modèle de confort
adaptatif ASHRAE, surtout lorsque la
température extérieure est supérieure à Figure 97. Gammes de confort adaptatif suivant le modèle
de confort ASHRAE 55 (source Ortiz, 2016).
20ºC (saison chaude). Si la température
de fonctionnement est supérieure à 27 ° C, la ventilation naturelle est éteinte (les fenêtres sont

194
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

fermées). Les fenêtres resteront fermées jusqu'à ce que la température extérieure soit
inférieure à la température de fonctionnement, habituellement la nuit.
Tous les cas ont été simulés avec trois différents taux de ventilation supposés quand le
bâtiment est fermé à cause de la différence de l’infiltration à travers le temps en fonction de la
vitesse et de la direction des vents et à cause aussi du comportement de l’usager
(ouverture/fermeture de la fenêtre). Ces taux doivent en général correspondre aux fenêtres non
étanches (2 Vol/h), assez étanches (1 Vol/h) et très étanches (0.5 Vol/h). En été, les fenêtres
sont la plus part du temps ouvertes, mais en hiver les fenêtres sont ouvertes juste au moment
du nettoyage, tandis qu’elles sont ouvertes pendant les jours d’automne et du printemps.
Quand les fenêtres sont ouvertes, un taux de 10 Vol/h est supposé (voir Tableau 35).

Tableau 35. Taux de ventilation dans les renouvellements d’air par heure (Vol/h) (source : l’Auteur).
Volume Heures Ventilation Vol/h Commentaire
Automne, 1- 31 Octobre et Printemps, 1
Avril-31 Mai
1-6 08-20 Ouvertea
20-08 Ferméeb
er
Hiver, du 1 Novembre – 31 Mars
1-6 10-11 Ouverte
11-10 Fermée Chauffé à 21 °C (Limite basse de chauffage 19°C) : par un
chauffage ponctuel à gaz de ville (COPc=0.87)
er
Eté, du 1 Juin – 30 Septembre
1-6 20-9 Ouverte
9-20 Fermée Rafraichi à 25 °C (Limite haute de rafraichissement 27°C) : Pas
de d’installation de conditionnement d’air, mais par des
climatiseurs électriques (Split) (COP=3.06)
a :‘ouverte’ veut dire 10 Vol/h ; b : ‘fermée’ veut dire 0.5, 1 ou 2 Vol/h en fonction du cas, voir les résultats ;
c : coefficient de performance

d) Protection solaire
La protection solaire est la stratégie utilisée pour éviter l'augmentation de la température
pendant la saison chaude. L'utilisation des protections solaires a été introduite comme une
stratégie complémentaire de la ventilation naturelle. L’enquêtes effectuée dans l'étude de
caractérisation du bâtiment reflète que ce ménage a des persiennes externes qu’il utilise
pendant la période chaude. En conséquence, l'utilisation des protections solaires a été
implémentée dans la simulation dans le cas de base. L'idée est que lorsque la température
ambiante est inférieure aux critères de confort, le rayonnement solaire est utilisé pour chauffer
le ménage. Cependant, lorsque la température ambiante est plus élevée, il est nécessaire de
protéger le ménage du rayonnement solaire pour éviter la surchauffe.
Deux stratégies de contrôle ont été définies et sont décrites dans le tableau 36 : utilisation
typique et utilisation optimale de la protection solaire. Pour l'utilisation typique, les occupants

195
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

utilisent les protections solaires (persiennes) lorsqu'ils sont à la maison et les conditions
environnementales l'exigent. Au contraire, dans la configuration d'utilisation optimale, les
occupants ont une attitude préventive en utilisant la protection solaire : si la journée est
chaude, les utilisateurs mettront la protection solaire (stores) avant de quitter le ménage, en
tant que stratégie vernaculaire.

Tableau 36. La stratégie de contrôle de la protection solaire (Source : l’Auteur).


Règles générales de contrôle Condition Usage typique de la Usage optimal de la
protection solaire protection solaire
Occupation >0 Oui Oui
0 Non Oui
Si l’occupation >0
Température d’ambiance (T op ) T op ≥25°C Oui Oui
et R≥140W/m²
rayonnement solaire total (Rs) T op <25°C Non Non
R<140W/m²
Si l’occupation <0
Température d’ambiance (T op ) T op ≥25°C Non Oui
et R≥140W/m²
rayonnement solaire total (Rs) T op <25°C Non Non
R<140W/m²

e) Lumière du jour et éclairage artificiel

Afin de définir l'utilisation de l'éclairage artificiel, la disponibilité de la lumière du jour a été


calculée pour savoir quand il est nécessaire d'allumer / éteindre les lumières. L'éclairage
artificiel est contrôlé par l'occupation et la lumière du jour. Le tableau 37 décrit la stratégie de
contrôle de l'éclairage artificiel. À la différence des autres contrôles réalisés dans le modèle,
ce contrôle tient compte de l'état des occupants. En outre, le contrôle a des règles différentes
en fonction de l'heure du jour : la nuit (de 24h à 7h) et le jour (de 7h à 24h).

Tableau 37. La stratégie de contrôle de l'éclairage artificiel (Source : l’Auteur).


Règles générales de contrôle Condition Usage de l'éclairage artificiel
Occupation = 0 Non
Si l’occupation est >0
Heures du jour et irradiance Jour (7-24h) Oui
I<120lux
W=25W/m²
Jour (7-24h) Non
I>120lux
W=25W/m²
Nuit (24-7h) seulement lorsque c’est occupé

196
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

f) Consommation d'appareils
Les équipements utilisés dans logement ont été obtenu à partir de l’enquête. Les appareils
suivent les caractéristiques du ménage moyen d'un bâtiment multifamilial à Tlemcen. Le
tableau 38 décrit les apports dus à chaque appareil.

Tableau 38. Gains dus aux appareils électriques utilisés dans le cas d’étude
(Source : Auteur à partir de l’enquête et le DTR C. 3-4 (CNERIB, 1998)).
Appareils Gains à admettre (en W)
Sensible latent Total
Four micro-onde 1400 - 1400
Télévision 150 - 150
Réfrigérateur (200 l) 175 - 175
Machine à laver (5 kg) 6000 3000 9000
PC 450 - 450
Mixer 1000 277 1277
Fer à repasser 500 280 780

g) Mesures d'efficacité énergétique


Ensuite, c’est l’identification des matériaux utilisés dans le bâtiment étudié, qui sont déjà
présentés dans le tableau 30. Ainsi que les éléments du bâtiment optimisé qui sont présentés
dans le Tableau 33. Une brève description des mesures d’efficacité énergétique passives est
introduite dans la section suivante. Le tableau 39 comprend la description des mesures et leurs
avantages supplémentaires. Les caractéristiques de la performance énergétique et leurs coûts
associés sont détaillés. Les coûts d'investissement comprennent le matériel, leur installation et
les taxes (17% TVA). Toutes les mesures ont été simulées individuellement et combinées.

Tableau. 39. Récapitulation des mesures d’efficacité énergétique.


Mesure Déscription Surface/Lo U-value totale Bénéfices Coȗts Durée du
ngueur (W/m²C°) supplémentaires d’investis- cycle de vie
(m²/ml) sement par (Année)
m²/ml/unité
(DA)
Bande de Bande de feutre 9,11 - Réduit 20-30 10
calfeutrage l’infiltration
d’air
Isolation de la Panneau de laine de 106,78 0,770 Réduit les ponts 7.408,48 >25
façade verre-3cm-Externe thermiques
Isolation des Interne- panneau de 27,36 0,745 3.642,97 25
cloisons cellulose semi-rigid
Isolation du toit Inversé-EPS 89,85 0,593 Réduit les ponts >25
thermiques
Changement des 3/6/3 3,159 1.378,19 25
vitres
Fenètre 3/6/3 PVC 17,79 3,159 Réduit 819,7196 25
taillex1.5 l’infiltration
d’air
Veranda vitrée 3/6/3 PVC 3,2 3,159 2.803,49 25
Protection Store 1,5 de ligne - - 28.482,45
solaire 0,8 de
sortie

197
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

h) Données climatiques
Les données climatiques horaires de Tlemcen basé sur une année thermique de référence
généré par le logiciel Meteonorm version 5.1 sont appliquées aux paramètres du bâtiment au
long de toute l’année et dans certains cas des jours typiques de Juillet et de Janvier. Dans le
cas passif, l’appartement est considéré comme un multizone, tandis que dans le cas actif, les
zones sont fusionnées dans une mono zone car il y une seule source de chaleur.

5-5) Conclusion :
Ce chapitre a traité l’évaluation de la performance énergétique et environnementale
(PEE) du type de logement, le moins efficient dans l’étude précédente, dans différentes
désignations. En premier lieu, une méthodologie multicritère appropriée a été développée en
déterminant son identité thermique et en utilisant une méthode statique suivant la
réglementation thermique algérienne (DTR et outil d’évaluation multicritère algérien) à
travers l’établissement d’une stratégie multi-objectif d'optimisation de la PEE en agissant sur
les éléments de l’enveloppe du logement. Cette stratégie a été basée sur une approche
environnementale et économique concernant le choix des matériaux locaux, recyclables et
issus de recyclage et en plaçant ceux les plus écologiques à l’intérieur du logement et les
moins écologiques à l’extérieur
Les résultats de la première étude -dite statique- ont confirmé partiellement la première
hypothèse de la nécessité de la réhabilitation thermique des logements car dès l’addition du
premier centimètre d’isolation, le logement dans différentes désignations est devenu conforme
à la réglementation algérienne. Mais, ils ont réfuté la deuxième hypothèse liée à la
réglementation thermique algérienne actuelle comme outil d’aide à une conception
énergétiquement efficace. Son ambigüité et l’absence de certains paramètres et indicateurs ne
permettent pas un usage facile et pratique par les concepteurs. Et en comparant la
réglementation algérienne avec celles des pays voisins (Tunisie, Maroc, etc.), nous avons
remarqué qu’elle a besoin d’être actualisée et d’être plus approfondie, pour fournir aux
concepteurs les besoins de chauffage et les limites minimales de consommation exigées pour
chaque zone climatique et pourquoi pas un label énergétique plus strictes et plus clairs pour
la mise à niveau au moins à l’échelle régionale.
Le système a estimé un total inférieur à 30 obtenu à l’ensemble des critères est éliminatoire.
Et l’estimation de notre cas d’étude avant réhabilitation est égale à 22 et à 38 après
réhabilitation. Ce qui veut dire que le logement est devenu efficace en énergie et que la
stratégie de réduction des déperditions calorifiques est durable.

198
Chapitre 5: Etude de simulation thermique Partie II

Ensuite, l’évaluation de la consommation d’énergie primaire, le potentiel d’économie


d’énergie et celui de réduction des émissions CO 2 d’un état réel de la construction par
simulation en utilisant le logiciel DesignBuilder, ainsi que le coût d’investissement et la durée
du cycle de vie ont été fidèlement reportés. Par conséquent, cette étude a utilisé le potentiel de
la méthode d’évaluation paramétrique pour investiguer l’impact des mesures d’efficacité
énergétique (MÉE) passives relatives à l’enveloppe du bâtiment d’un point de vue
économique, énergétique, environnemental et de confort thermique.
Les résultats de l’étude dynamique seront présentés et discutés dans le chapitre suivant. Ce
qui permettra de vérifier, définitivement, les hypothèses de l’étude.

199
Chapitre 6:
Discussion des résultats
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

Après la simulation et la confirmation des données, le calcul des chargements de


chauffage, de rafraichissement et les émissions de CO 2 et les températures du logement et des
différents volumes composant le logement ont été ensuite exécutés par le logiciel
DesignBuilder, ainsi que la rationalité économique a été calculée pour donner les résultats
suivants :

6-1) Analyse des resultats de l’étude de simulation


6-1-1) Résultats du cas actif: Efficacité énergétique et impact environnemental
Le besoin annuel de chauffage et de rafraîchissement ainsi que les émissions du CO 2 du cas
de base –le logement existant non isolé dans l’étage intermédiaire faisant coin avec un simple
vitrage- est montré dans la Figure 98 pour les trois différents minima taux de ventilation. La
performance énergétique du cas actuel non-étanche est classé dans les ‘class 7’ du label
tunisien, et dans le ‘niveau D’ du label BBC, lesquels ont de mauvaises performances
énergétiques.

a. Effet de la réduction de ventilation


Le potentiel d’économie d’énergie de chauffage et de rafraîchissement par la réduction de
ventilation est perceptible. L’appartement le plus étanche a un usage d’énergie d’environ 62%
de celui non étanche et atteint la ‘classe 5’ -la limite minimale de la RTETBN 2008-. La
réduction des émissions du CO 2 est autour de 22% dans l’appartement étanche par rapport à
celui non étanche, améliorant la classification environnementale du ‘niveau F’ vers le ‘niveau
E’.
250
Consommation énergétique (kWh/m²

Enveloppe des
an) & émissions CO2 (Kg/m² an )

200 années 1980


Pas d'isolation
Vitrage-1
150

Rafraichissement
100
Chauffage
50
Totale (selon le label
tunisien)
0 Totale (selon le label
2 1 0.5 BBC)
1 2 3 Emissions CO2
Taux de renouvellement d'air (Vol/h)

Figure 98. Besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les totaux ainsi que
émissions CO 2 par mètre carré pour un logement non isolé (le coin de l’étage
intermédiaire du bâtiment) avec simple vitrage. Ce cas représente le cas de base du
batiment existant (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction
des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

201
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

b. Effet de l’isolation
Placer une couche d’isolation sur l’enveloppe du logement étudié, (voir Figure 99) peut
économiser environ 41% d’énergie de chauffage et de rafraichissement dans l’appartement
non-étanche, autour de 64% dans le médium et 57% dans le plus étanche. Améliorant la
classification vers la ‘classe 1’ du label tunisien et vers le ‘niveau C’ du label BBC,
économisant environ 32% d’énergie dans le logement non-étanche, 38% dans le médium et
41% dans le plus étanche. Ainsi que, la classification dans le ‘niveau D’ de l’étiquette
environnement dans le logement étanche qui peut économiser 43% des émissions CO 2 par
rapport au cas de référence non étanche.
L’effet de l’isolation est, de cette façon, très important si la ventilation est maintenue basse.
En combinant ventilation réduite et isolation modérée peut atteindre jusqu’à 73% d’économie
d’énergie de chauffage et de rafraîchissement.

160 Isolation
Consommation énergétique (kWh/m²

140 Vitrage-1
an) & émissions CO2 (Kg/m² an)

120
100
80
60 Rafraichissement

40 Chauffage
20 Totale (Selon le label
0 tunisien)
Totale (Selon le label
12 12 0.53 BBC)
Emission Co2
Taux de renouvellement d'air par heure (Vol/h)

Figure 99. Besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les totaux ainsi que les
émissions par mètre carré d’un logement intermédiaire faisant coin avec vitrage simple
(Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la
simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

c. Effet du double vitrage


L’effet du double vitrage, en comparaison avec le vitrage simple, pour un cas isolé est de 42%
d’économie d’énergie dans le logement non-étanche et environ 59% dans le plus étanche. La
combinaison des deux paramètres précédents avec le double vitrage peut économiser plus de
74% d’énergie de chauffage et de rafraichissement et plus de 59% du totale d’énergie
(éclairage et ESC inclus) (voir Figure 100).

202
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

160 Isolation

Consommation énergétique (kWh/m²


140 Vitrage-2

an) & émissions CO2 (Kg/m² an)


120
100
80
Rafraichissement
60
Chauffage
40
20 Totale (Selon le label
tunisien)
0 Totale (Selon le label
2 1 0.5 BBC)
1 2 3 Emission CO2
Taux de renouvellement d'air par heure (Vol/h)

Figure 100. Besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les totaux ainsi que les
émission CO 2 par mètre carré pour un logement intermédiaire faisant coin, isolé avec
double vitrage (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des
résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

Pour le logement non isolé, l’économie correspondante est seulement 2%. Mais c’est environ
39% dans le logement le plus étanche en comparaison avec le cas de référence non-étanche,
atteignant les limites minimales de la RTETBN 2008. Et le ‘niveau C’ du label BBC
économisant plus de 31% d’énergie dans le logement étanche par rapport au cas de référence
non-étanche. La combinaison du double vitrage avec la ventilation réduite a ainsi un effet
réduit sur label environnement, en réduisant autour de 23% des émissions CO 2 en
comparaison avec le cas de référence non-étanche, mais en restant toujours dans le ‘niveau E’
(voir Figure 101).

250
Non-isolation
Consommation énergétique (kWh/m²

Vitrage-2
an) & émission CO2 (Kg/m² an)

200

150

100 Rafraichissement

Chauffage
50
Totale (Selon le
label tunisien)
0 Totale (Selon le
2 1 0.5 label BBC)
1 2 3 Emissions CO2
Taux de renouvellemnt d'air par heure (Vol/h)

Figure 101. Besoins annuels de chauffage, de raffraichissement et les totaux ainsi que
les émissions CO 2 par mètre carré pour un logement intermédiaire faisant coin, non isolé
avec double vitrage (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en
fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

203
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

d. Effet de l’orientation
Les façades du cas actuel sont orientées Sud-est et Sud-ouest, chose qui peut donner un
bénéfice absolu de l’énergie solaire en hiver mais qui peut aussi causer une réelle surchauffe
en été.
Il a été trouvé, qu’en orientant les façades vers le nord-est et le nord-ouest, ça conduira à un
usage supplémentaire de 23% d’énergie pour le chauffage dans le cas non-étanche, de 30%
dans le moyen et de 35% dans le logement étanche; et à une économie de 11% d’énergie pour
le rafraichissement dans les cas moyens et étanches.
En orientant les façades vers le Nord-est et le Sud-est, les résultats montrent un usage
supplémentaire de 13% d’énergie pour le chauffage dans le cas non-étanche, de 17% dans le
moyen et de 20% dans l’étanche ; et ça a une économie entre 12-13 % d’énergie pour le
rafraichissement dans les trois cas.
En orientant les façades vers le Nord-ouest et le Sud-ouest, les résultats montrent un usage de
10% plus d’énergie pour le chauffage dans le logement non-étanche, de 13% dans le moyen et
de 16% dans celui étanche. Ce qui enregistre une économie près de 16 à 17% d’énergie pour
le rafraichissement dans les trois cas (voir Figure 102). Donc, nous pouvons conclure
qu’orienter le bâtiment vers le nord et l’est ou l’ouest n’est pas efficient et que le cas original
orienté vers le sud est la meilleure orientation en matière d’efficacité d’énergie.

300
Consommation énergétique (kWh/m² an)

Orientations
250
& émissions CO2 (kg/m² an)

200

150
Rafraichissement
100
Chauffage
50
Totale (Selon le label
tunisien)
0 Totale (Selon le label
21 12 0.53 24 15 0.56 27 1 8 0.59 BBC)
Cas Ouest Cas Est Cas Nord Emissions CO2
Taux de renouvellement d'air par heure (Vol/h)

Figure 102. Comparaison des besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les


totaux ainsi que les émissions CO 2 par mètre carré du scenario de base (non-isolé avec
simple vitrage dans l’étage intermédiaire) placé dans les trois autre orientations (Source:
Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation
à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

Tous les cas ci-dessus ont montré les trois cas de taux de ventilation : élevé, moyen et bas. A
partir de ces cas, on peut conclure que la réduction de la ventilation à 1/2-1/4 économise
généralement jusqu’à 38-75% d’énergie de chauffage et de rafraîchissement.

204
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

e. Effet de l’inertie d’une autre enveloppe existante


Si on compare l’enveloppe du logement étudié –construit en utilisant la préfabrication lourde-
avec une autre enveloppe utilisant une structure porteuse, nous notons que l’influence positive
de l’inertie des matériaux utilisés dans cette dernière (utilisant la brique creuse en double
parois de 10cm et 15cm séparé par une lame d’aire de 5cm dans le murs extérieur, ayant une
valeur-U=1,344W/m²K; et la brique creuse de 15cm dans le mur séparant le logement des
espaces non chauffés, ayant une valeur-U = 2,381 W/m²K ; et 16cm de corps creux et 4cm de
béton armé dans les toit et les plafonds, ayant une valeur-U=0,439 W/m²K) est évidente. Ce
qui économise plus de 34% de l’énergie de chauffage et de rafraichissement dans le logement
médium et 50% dans l’étanche en comparaison avec celui non-étanche ayant la même
enveloppe. Tandis que, cela économise plus que 25% d’énergie de chauffage et de
rafraichissement dans le médium et 37% et dans l’étanche en comparaison avec le non-
étanche ayant la même enveloppe. Mais, en le comparant avec l’enveloppe du cas de
référence, l’économie d’énergie de chauffage et de rafraîchissement est autour de 31% dans le
logement non-étanche, 39% dans le médium et environ 45% dans l’étanche. Comme, il
économise environ 55-66% en comparaison avec le cas de référence non-étanche. Tandis
que, le niveau des émissions CO 2 dans les trois taux de ventilation minimaux est toujours dans
le ‘niveau E’, mais il économise environ 22-23% des émissions CO 2 dans les logements
médium et l’étanche en comparaison avec celui non-étanche et entre 20-40% comparé avec le
cas de référence non-étanche (voir Figure 103).

180 Enveloppe structure


Consommation énergétique (kWh/m²

160 porteuse
an) & émission CO2 (Kg/m² an)

Pas d'isolation
140
Vitrage-1
120
100
80 Rafraichissement
60
Chauffage
40
Totale (Selon le label
20
tunisienl)
0 Totale (Selon le label
2 1 0.5 BBC)
1 2 3 Emissions CO2
Taux de renouvellement d'air par heur e(Vol/h)

Figure 103. Besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les totaux ainsi que les
émissions CO 2 par mètre carré pour un logement non-isolé des années 1990-2000 (faisant
coin de l’étage intermédiaire), avec simple vitrage (Source: Généré par l'auteur en utilisant
un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel
DesignBuilder ©, 2016).

205
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

f. Effet de l’emplacement du logement


En plaçant le logement de référence dans le coin du dernier étage, nous notons que le
logement non-étanche a un très mauvais niveau de performance énergétique : la ‘classe 8’ du
label tunisien et le ‘niveau E’ du label BBC. Le logement non-isolé étanche dans le coin
supérieur a un usage supplémentaire d’énergie de chauffage et rafraichissement d’environ
10% plus que celui de référence étanche dans le coin de l’étage intermédiaire, enregistrant
principalement un supplément d’énergie de chauffage de 15% par rapport au cas
correspondant dans l’étage intermédiaire(voir Figure 104). Tandis qu’un logement isolé dans
le coin du dernier étage avec double vitrage consomme pour le chauffage et le
rafraichissement environ 55kWh/m² an, ayant un besoin d’énergie supplémentaire de 19%
plus que le logement correspondant dans l’étage intermédiaire. Donc, les logements des
derniers étages ainsi que ceux du coin nécessitent une isolation supplémentaire à cause des
pertes calorifique du toit.

250 Coin du dernier étage


Consommation énergétique (kWh/m²

Pas d'isolation
an) & émissions CO2 (Kg/m² an)

200 Vitrage-1

150

100
Rafraichissement

50 Chauffage

Totale (Selon le label


0 tunisien)
Totale (Selon le label
21 12 0.5
3 BBC)
Emission CO2
Taux de renouvellement d'air par heure (Vol/h)

Figure 104. Besoins annuels de chauffage, de rafraîchissement et les totaux ainsi que les
émissions CO 2 par mètre carré pour un logement non-isolé du coin du dernier étage avec
simple vitrage (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des
résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

g. Effet d’agrandissement de la taille des fenêtres orientées sud


Un autre moyen pour plus de réduction du besoin de chauffage est l’augmentation des gains
solaires. La taille des fenêtres dans les façades sud d’un appartement isolé avec double vitrage
est agrandie à une fois et demie. Seulement l’appartement à basse ventilation est calculé. Son
besoin de chauffage est considérablement réduit par rapport au cas de référence, économisant
90% d’énergie de chauffage soit 10 fois de celle de cas de référence étanche et plus de 2 fois
moins que les besoins Passivhaus. Mais, cela économise seulement 14% d’énergie de
rafraichissement par rapport au cas de référence étanche et enregistrant plus de 74% par
rapport au cas de référence non-étanche et 58% par rapport à celui étanche. Et économisant

206
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

environ 59% par rapport au cas de référence non-étanche et 41% par rapport à celui étanche.
En plus, ça économise 43% des émissions CO 2 par rapport au cas de référence non-étanche et
27% par rapport à celui étanche (voir Figure 105).
180 Pas d'isolation/Isolation
Consommation énergétique (kWh/m²

160 Vitrage-1/Vitrage-2
an) & émissions CO2 (Kg/m² an)

140 Taille des fenètres


120
100
80
Rafraichissement
60
40 Chauffage

20 Totale (Selon le label


0 tunisien)
Totale (Selon le label
Cas non-isolé, vitrage-1 Cas isolé, vitrage-2
BBC)
1
WWR=15% 2
WWR=22% Emission CO2
Taux de renouvellement d'air par heure (0.5Vol/h)

Figure 105. Comparaison des besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les


totaux ainsi que les émissions CO 2 par mètre carré du scenario de base serré (non-isolé
avec simple vitrage dans l’étage intermédiaire) avec un logement isolé avec double vitrage
en agrandissant les fenêtres dans les façades sud à 1 & ½ (Source: Généré par l'auteur en
utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel
DesignBuilder ©, 2016).

h. Effet de loggia vitrée


L’une des actions communes de réaménagement des logements en Algérie est l’emplacement
des serres dans les balcons ou la fermeture des loggias de cuisines par un simple vitrage pour
augmenter les surfaces des cuisines et pour se protéger des intempéries. Mais, est ce que c’est
bénéfique pour le climat intérieur ? La Figure 106 démontre que l’économie d’énergie de
chauffage est estimé à plus que 85% et celle de rafraichissement est plus de 15% dans un
appartement isolé avec double vitrage et loggia vitrée par rapport au cas de référence étanche.
Ce même cas économise 86% de l’énergie de chauffage et environ 20% d’énergie de
rafraichissement en comparaison avec un logement non isolé avec simple vitrage et une loggia
vitrée. Tandis que, ce dernier a un besoin supplémentaire de rafraichissement jusqu’à 6% plus
que le cas de référence étanche. Pour lutter contre le phénomène de surchauffe en été, deux
dispositions, en addition de l’augmentation de la ventilation, peuvent être prises : les
panneaux vitrés peuvent être repliés en totalité, de manière à recréer un simple balcon ; par
ailleurs ces serres doivent être munies de dispositifs d’ombrage dimensionnés correctement
les protégeant du rayonnement solaire incident en été. Donc, placer une serre dans la loggia
d‘une cuisine d’un logement non isolé en utilisant le simple vitrage n’est pas une solution
efficiente. Bien au contraire ça consomme plus d’énergie.

207
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

180 Non isolation/Isolation

Consommation énergétique kWh/m²


160 Vitrage-1/Vitrage-2

an) & émissions CO2 (Kg/m² an)


140 Véranda vitrée
120
100
80 Rafraichissement
60
Chauffage
40
20 Totale (Selon le label
0 tunisien)
Totale (Selon le label
Cas non-isolé Cas isolé
1 2 BBC)
vitrage-1, serre vitrage-2, serre
Emissions CO2
Taux de renouvellement d'air par heure (0.5 Vol/h)

Figure 106. Comparaison des besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les


totaux ainsi que les émissions CO 2 par mètre carré entre le scénario de base étanche avec
serre et un logement intermédiaire isolé avec double vitrage et loggia de la cuisine
vitrée(Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de
la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

i. Effet des dispositifs d’ombrage


Pour éviter la surchauffe en été, plusieurs tentations de dispositifs d’ombrage, avec différentes
dimensions, ont été simulé (auvents, casquettes et brises soleil verticaux ou la combinaison
des deux derniers). Le cas le plus efficient est celui à qui des casquettes mobiles de 65cm sont
ajoutées, en plus de l’ombrage résultant de l’épaisseur du mur et de la fenêtre dans le
logement isolé du coin intermédiaire avec double vitrage et serre. En supposant que la
ventilation est maintenue au minimum, les apports de rafraichissement diminuent pour
atteindre plus de 36kWh/m² an. Tandis que les apports de chauffage atteint moins de
10kWh/m² an au lieu de plus de 63kWh/m² an pour chauffer un appartement non-isolé
étanche dans le coin de l’étage intermédiaire avec simple vitrage. L’économie totale d’énergie
est estimée à 57% par rapport au cas de base étanche et à plus de 73% par rapport à celui non-
étanche. Tandis que, cela économise 27% des émissions CO 2 par rapport au cas de référence
étanche et environ 39% par rapport à celui non-étanche (voir Figure 107).

208
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

180 Isolation

Consommation énergétique (kWh/m²


160 Vitrage-2

an) & émissions CO2 (Kg/m² an)


140 Serre
Dispositif d'ombrage
120
100
80
60 Rafraichissement

40 Chauffage
20
Totale (Selon le label
0 tunisien)
Cas non isolé Cas isolé avec 2-vitrage, Totale (Selon le label
1
Vitrage-1 serre et2casquettes BBC)
Emissions CO2
Taux de renouvellement d'air par heure (Vol/h)

Figure 107. Comparaison des besoins annuels de chauffage, de rafraichissement et les totaux
ainsi que les émission CO 2 par mètre carré entre le scénario de base étanche et le logement
intermédiaire isolé, avec double vitrage et dispositifs d’ombrage combinés à une loggia vitrée
(Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la
simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

6-1-2) Résultats de l’analyse de l’impact économique


Après avoir analysé soigneusement les critères d’efficacité énergétique et d’impact
environnemental, nous avons établi une étude d’impact économique suivant la méthode
expliquée dans l’étude (Missoum et al., 2014) et les coûts initiaux des MEE ont été calculés
sur la base des devis des sociétés professionnelles locales (à savoir : KNAUF Plâtre d’Oran,
Grupo Puma de Sidi Bel Abbes, NAWAFID d’Oran, Polystyrène des Oasis de Boumerdes) .
Il a été trouvé que seule les actions liés au : changement des vitres, l’emplacement d’une
fenêtre avec double vitrage dans la loggia et les dispositifs d’ombrage sont rentables,
enregistrant des temps de retour de 7, 15 et 22 ans respectivement. Ainsi que le calfeutrage
des fenêtres et des portes qui est une mesure très peu coûteuse. Tandis que, les coûts
d’investissement de : l’isolation et le changement des fenêtres sont très élevés. Les
arguments-clés sont les prix actuels des matériaux d’isolation sur le marché algérien (voir le
Tableau 30) ainsi que le prix de l’énergie ! D’après une analyse de Pr. Chitour, c'es le moins
cher d'Afrique même les pays moins développés paient le prix réel. Car c’est subventionné
par l’état algérien. Il est fixés sur la base de critères socio-économiques (avec un niveau de
revenu d’environ 7000€/ménage. Les subventions sont indirectes par le biais d’une réduction
appliquée sur les bénéfices des sociétés étatiques de production (SONELGAZ). Les prix en
Algérie sont bloqués depuis la Décision D/06-05/CD du 30 mai 2005 avec
0.278DZD/kWh=0.0024€/kWh pour le gaz naturel et 4.179DZD/kWh=0.0356€/kWh pour
l’électricité.

209
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

6-1-3) Résultats et analyses du cas passif : Confort thermique


a. Avant réhabilitation
Les résultats passifs du cas actuel dans la figure 108, quand il n’y a pas d’usage d’énergie
pour le chauffage et le rafraichissement, montre que la température de l’ambiance intérieure
en hiver varie entre 10,94°C et 13,33°C. Cette température est inférieure à la zone de confort
qui varie entre 21°C et 25°C (considérée dans le DTR C. 3-2). Par conséquent, le confort n’est
pas assuré. Ainsi en été, le confort thermique n’est pas aussi assuré, car la température de
l’ambiance intérieure varie entre 28,03°C et 33,01°C.

40

35

30
Température (°C)

25 Température
Zone de confort (21-25°C) extéreiure (12/01)
20

15 Température
ambiante du cas
10 de base (12/01)

5 Température
extérieure (21/07)
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Température
ambiante du cas
Temps (heure) de base (2107)

Figure 108. Température ambiante du cas de base avant réhabilitation thermique en hiver
(12/01) et en été (21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en
fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

b. Après réhabilitation :
Après avoir amélioré les éléments constituant l’enveloppe de l’appartement, déjà expliqués
dans le tableau 30, les résultats montrent que les déperditions après réhabilitation sont
moindres que celles du cas actuel, et la température s’est améliorée en hiver comme en été.

- Effet de la réduction de ventilation


En hiver, on note une amélioration de la température opérative à l’intérieur du logement,
illustrée par la figure 109. Cette amélioration varie en moyenne de 1.49°C entre le cas de base
non étanche et le cas le plus étanche. Cependant, la zone de confort n’est pas atteinte sur toute
la journée où la température opérative ne dépasse pas dans tous les cas 15°C. En été, aucune

210
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

amélioration de la température opérative à l’intérieur du logement n’a été notée dans la figure
110.

25
Zone de confort (21-25°C)
20
Température (°C)

15
Température
extérieure
10
ACH=2

5 ACH=1

0 ACH=0.5

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Temps (h)

Figure 109. Température ambiante avant et après optimisation par la réduction du taux de
renouvellement d’air en hiver (12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle
Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

40
38
36
34
Température (°C)

32
Température
30
extérieure
28
ACH=2
26
24 Zone ce confort (21-25°C) ACH=1
22
ACH=0.5
20
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Temps (h)

Figure 110. Température ambiante avant et après optimisation par la réduction du taux de
renouvellement d’air en été (21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle
Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

- Effet de l’isolation
La figure 111 montre les gains de chaleur, en hiver, dus à l’isolation. On note une
amélioration remarquable de la température opérative à l’intérieur du logement. Cette
amélioration varie en moyenne de 5.82°C entre le cas de base non étanche et le cas isolé le
plus étanche. En été, on note, dans la figure 112, une surchauffe sensible de la température
211
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

opérative à l’intérieur du logement varie en moyenne de 0.21°C, durant la matinée, et une


amélioration de 1.21°C durant l’après midi et la nuit due à l’inertie des murs.
L’isolation des murs a donc un effet positif en hiver. Cependant, le recours à une source
active d’énergie pour le chauffage et la climatisation est nécessaire pour garantir un meilleur
confort à l’intérieur du bâtiment.

25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température (°C)

15 Température
extérieure
Cas de base
10

Cas isolé;
5 ACH=2
Cas isolé;
ACH=1
0 Cas isolé;
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ACH=0.5

Temps (h)

Figure 111. Température ambiante avant et après optimisation par l’isolation en hiver
(12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats
de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

36

34

32
Température (°C)

30
Température
28 extérieure

Cas de base
26

24 Cas isolé; ACH=2


Zone de confort (21-25 °C)
22
Cas isolé; ACH=1
20
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Cas isolé;
ACH=0.5
Temps (h)

Figure 112. Température ambiante avant et après optimisation par l’isolation en été
(21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats
de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

212
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

- Effet du double vitrage


Dans la figure 113, une amélioration de la température opérative à l’intérieur du logement
varie en moyenne de 1.47°C, en hiver, après le remplacement du simple vitrage par le double
vitrage. En été, une amélioration sensible de la température opérative à l’intérieur du
logement, illustrée par la figure 114, qui varie en moyenne de 0.21°C pendant la journée mais
qui reste toujours loin de la zone de confort.
25
Zone de confort (21-25°C)
20
Température
Température (°C)

extérieure
15
Cas de base:
1 vitrage,
10 ACH=2
2 vitrage,
ACH=2
5
2 vitrage,
ACH=1
0
2 vitrage,
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
ACH=0.5
Temps (h)

Figure 113. Température ambiante avant et après optimisation par le remplacement du simple
vitrage par le double en hiver (12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle
Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

36
34
32 Température
Température (°C)

extérieure
30
Cas de base:
28 1 vitrage,
ACH=2
26 2vitrage,
ACH=2
24
Zone de confort (21-25 °C) 2 vitrage,
22 ACH=1

20 2vitrage,
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ACH=0.5

Temps (h)

Figure 114. Température ambiante avant et après optimisation par le remplacement du simple
vitrage par le double en été (21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel
en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

213
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

L’effet de la combinaison de l’isolation et le double vitrage, dans la figure 115, est


considérable enregistrant une amélioration de la température opérative à l’intérieur du
logement d’environ 6°C en hiver. En été, on note une amélioration de 1.35°C, dans la figure
116, pendant l’après midi et la nuit.
25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température (°C)

15 Température
extérieure

Cas de base
10

Isolation+
5 2vitrage; ACH=2

Isolation+
2vitrage; ACH1
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Isolation+
2vitrage;
Temps (h) ACH=0.5

Figure 115. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de l’isolation
et le double vitrage en hiver (12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel
en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

36

34

32
Température (°C)

30 Température
extérieure
28
Cas de base
26

24 Isolation+
Zone de confort (21-25 °C) 2vitrage; ACH=2
22 Isolation+
2vitrage; ACH=1
20
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Isolation+
2vitrage;
Temps (h) ACH=0.5

Figure 116. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de l’isolation
et le double vitrage en été (21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en
fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

214
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

- Effet de l’orientation
En suivant la même méthodologie, on a étudié le comportement passif du bâtiment sous
différentes orientations, les figures 117 et 118 donne les résultats obtenus pour les cas d’hiver
et d’été. En hiver, le climat intérieur du logement orienté Sud qui représente le cas de base, en
raison des apports solaires, est meilleur que les autres orientations. Une amélioration de la
température opérative à l’intérieur du logement varie en moyenne de 0.48°C à 1.59°C entre le
cas de base non étanche et les cas dans les autres orientations, sans atteindre pour autant la
zone de confort pendant toute la journée. En été, on note une diminution de la température
dans les autres orientations pendant la journée par rapport au cas de base.
Le recours à une source active d’énergie pour le chauffage et la climatisation est nécessaire
pour garantir un meilleur confort à l’intérieur du bâtiment.

25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température
Température (°C)

extérieure
15
Orientation
Sud (cas de
base)
10 Orientation
Est

5 Orientation
Ouset

0 Orientation
Nord
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Temps (h)

Figure 117. Comparaison entre des températures ambiantes des logements dans les
différentes orientations en hiver (12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle
Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

215
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

36

34

32 Température
Température (°C) extérieure
30
Orientation
28 Sud (cas de
base)
26 Orientation
Est
24
Zone de confort (21-25 °C) Orientation
22
Ouest
20
Orientation
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Nord
Temps (h)

Figure 118. Comparaison entre des températures ambiantes des logements dans les
différentes orientations en été (21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle
Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

- Effet d’agrandissement de la taille des fenêtres orientées sud


L’augmentation du pourcentage de la surface vitrée orientée vers le Sud combiné à l’isolation
et le double vitrage, illustrée dans les figures 119 et 120, a pour effet d’augmenter la
température opérative aussi bien en hiver qu’en été. En hiver, cette augmentation atteint en
moyenne 6.43°C et permet de se rapprocher de la zone de confort pendant la journée et la
nuit.
En été, on note une augmentation sensible d’environ 0.52°C. Cette augmentation, même
sensible, a un effet négatif puis qu’elle crée un environnement non confortable pendant la
journée. Par contre, une amélioration de la température est notée pendant l’après midi et la
nuit d’une moyenne de 0.78°C.

216
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température (°C)

15

Température
10 extérieure

Cas de base

5
WWR=17%

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Temps (h)

Figure 119. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de


l’isolation, le double vitrage et l’agrandissement des fenêtres orientées sud en hiver
(12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats
de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

36

34

32
Température (°C)

30

28 Température
extérieure
26
Cas de base
24
Zone de confort (21-25 °C)
22 WWR=17%

20
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Temps (h)

Figure 120. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de


l’isolation, le double vitrage et l’agrandissement des fenêtres orientées sud en été (21/07)
(Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la
simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

- Effet des dispositifs d’ombrage


Dans les figures 121 et 122, l’amélioration du climat intérieur se fait sentir en hiver mieux
qu’en été. En hiver, la température moyenne augmente de 5.67°C entre le cas de base non
étanche et le ca isolé muni d’un double vitrage et des dispositifs d’ombrage, sans atteindre

217
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

pour autant la zone de confort pendant toute la journée. En été, on note une diminution de la
température en cours de l’après midi par rapport au cas de base alors qu’en matinée, on
remarque une augmentation sensible de 0.83°C.

25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température (°C)

15 Température
extérieure

10
Cas de base

5
Isolation+
2vitrage+
0 dispositifs
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 d'ombrage

Temps (h)

Figure 121. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de


l’isolation, le double vitrage et les dispositifs d’ombrage en hiver (12/01) (Source: Généré
par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide
du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

36

34

32
Température (°C)

30

28 Température
extérieure
26
Cas de base
24
Zone de confort (21-25 °C)
22
Isolation+
20 2vitrage+
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 dispositifs
d'ombrage
Temps (h)

Figure 122. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de


l’isolation, le double vitrage et les dispositifs d’ombrage en été (21/07) (Source: Généré
par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide
du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

218
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

Tandis qu’en rajoutant le paramètre d’agrandissement des surface vitrées orientées vers le
Sud, le confort est nettement amélioré en hiver comme en été, dans les figures 123 et 124. On
note une augmentation de la température moyenne par rapport au cas de base de 6.34°C en
hiver durant toute la journée et une diminution de la température de 1.02°C en été durant
l’après midi.
25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température (°C)

15 Température
extérieure

10
Cas de base

5
WWR=17%+
dispositifs
0 d'ombrage
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Temps (h)

Figure 123. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de


l’isolation, le double vitrage, l’agrandissement des fenêtres orientées sud et les dispositifs
d’ombrage en hiver (12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en
fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

36

34

32
Température (°C)

30
Température
28 extérieure

26
Cas de base
24
Zone de confort (21-25 °C)
22
WWR=17%+
20
dispositifs
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 d'ombrage

Temps (h)

Figure 124. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison de


l’isolation, le double vitrage, l’agrandissement des fenêtres orientées sud et les dispositifs
d’ombrage en été (21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en
fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

219
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

- Effet de loggia vitrée


L’installation d’une vitre ou d’une serre en simple vitrage au niveau de la loggia reflète la
réalité dans nos logements et présente un avantage en hiver et un inconvénient en été. On note
une augmentation de la température moyenne par rapport au cas de base de 1.74°C en hiver
durant toute la journée et une surchauffe en été durant l’après midi, présentées par les figures
125 et 126.
25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température (°C)

15

Température
10 extérieure
Cas de base

5 Serre

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Temps (h)

Figure 125. Température ambiante avant et après optimisation par l’installation d’une serre en
simple vitrage en hiver (12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en
fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

36

34

32
Température (°C)

30

28 Température
extérieure
26
Cas de base
24
Zone de confort (21-25 °C)
22 Serre fermée

20
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24

Temps (h)

Figure 126. Température ambiante avant et après optimisation l’installation d’une serre en été
(21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la
simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

220
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

- Combinaison des différents éléments optimisés


Les figures 127, 128, 129 et 130 présentent la variation de la température opérative entre le
cas de base et le cas optimisé en hiver et en été. Les valeurs U des murs et toitures sont égales
à 0.77 W/m².°C et 0.594 W/m².°C respectivement.
On note ici que le climat ambiant en hiver s’améliore considérablement, la différence entre le
cas de base et le cas optimisé est d’environ 6.55°C, la température du logement dépasse les
18°C toute la journée et même la nuit si on considère que les besoins en chaleur diminue en
soirée. Par contre, on note que la température en période estivale augmente relativement
d’environ 0.33°C pendant la matinée: ceci peut être expliqué par le fait que l’isolation
thermique empêche le bâtiment de se refroidir passivement. Puis elle s’améliore de 1.02°C à
partir de l’après midi.
Des gains de chaleur et de rafraichissement très utiles, ce qui améliore le confort thermique et
diminue la consommation d’énergie, mais qui ne sont pas suffisants pour atteindre la zone de
confort thermique.

25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température (°C)

15
Température
extérieure
10
Cas de base
5

Cas optimisé
0 (combinaison
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 des paramètres)

Temps (h)

Figure 127. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison tous les
paramètres en hiver (12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en
fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

221
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

36

34

Température (°C) 32

30 Température
extérieure
28

26 Cas de base
24
Zone de confort (21-25 °C)
22
Cas optimisé
20 (combinaison
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
des
paramètres)
Temps (h)

Figure 128. Température ambiante avant et après optimisation par la combinaison tous les
paramètres en été (21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en
fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

Température extérieure (12/01)


25,00
Zone de confort (21°C- 25°C) Température ambiante du
volume 1 (avant réhabilitation)
Température ambiante du
20,00
volume 2 (avant réhabilitation)
Température ambiante du
Température (C°)

volume 3 (avant réhabilitation)


15,00 Température ambiante du
volume 4 (avant réhabilitation)
Température ambiante du
volume 5 (avant réhabilitation)
10,00 Température ambiante du
volume 6 (avant réhabilitation)
Température ambiante du
volume 1 (après réhabilitation)
5,00
Température ambiante du
volume 2 (après réhabilitation)
Température ambiante du
0,00 volume 3 (après réhabilitation)
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Température ambiante du
volume 4 (après réhabilitation)
Température ambiante du
volume 5 (après réhabilitation)
Température ambiante du
Temps (heure) volume 6 (après réhabilitation)

Figure 129. Température ambiante des volumes avant et après réhabilitation thermique le 12/01
(Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation à
l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

222
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

Température Extéreiure (21/07)

35,00 Température ambiante du


volume 1 (avant réhabilitation)
Température ambiante du
33,00 volume 2 (avant réhabilitation)
Température ambiante du
volume 3 (avant réhabilitation)
31,00
Température (°C)

Température ambiante du
volume 4 (avant réhabilitation)
29,00 température ambiante du
volume 5 (avant réhabilitation)
Température ambiante du
27,00 volume 6 (avant réhabilitation)
Température ambiante du
volume 1 (après réhabilitation)
25,00
Température ambiante du
volume 2 (après réhabilitation)
23,00 Zone de confort (21°C - 25 °C) Température ambiante du
volume 3 (après réhabilitation)
Température ambiante du
21,00 volume 4 (après réhabilitation)
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Température ambiante du
volume 5 (après réhabilitation)
Temps (heure) Température ambiante du
volume 6 (après réhabilitation)

Figure 130. Température ambiante des volumes avant et après réhabilitation thermique le 21/07
(Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation à
l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

- Validation des résultats


Les figures 131, 132,133 montrent qu’il n’y a pas de concordance entre les résultats d’hiver:
expérimentaux et ceux issus de la simulation. Cela est dû à l’usage de chauffage pendant la
nuit. Tandis qu’ils montrent une bonne concordance entre les résultats d’été:
expérimentaux et ceux issus de la simulation. Cela est argumenté par l’absence de
système de rafraichissement.

40 Température
extérieure le 12/01
35
température ambiante
30 du séjour mesurée
Température (°C)

Température ambiante
25
Zone de confort (21-25°C) du séjour simulée
avant réhabilitation
20 Température ambiante
du séjour simulée
15 après réhabilitation
Température
extérieure le 21/07
10
Température ambiante
5 du séjour mesurée

0 Température ambiante
du séjour simulée
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
avant réhabilitation
Température ambiante
Temps (h) du séjour simulée
après réhabilitation

Figure 131. Comparaison entre les temperatures ambiantes mesurée et simulée dans le séjour le
12/01et le 21/07 (Source: l’Auteur, 2018).

223
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

Température extérieure
40
le 12/01

35 Température ambiante
de la cuisine mesurée
30
Température (°C) Température ambiante
de la cuisine simulée
25
avant réhabilitation
Zone de confort (21-25°C) Température ambiante
20 de la cuisine simulée
après réhabilitation
15 Température extérieure
le 21/07
10 Température ambiante
de la cuisine mesurée
5
Température ambiante
0 de la cuisine simulée
avant réhabilitation
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Température ambiante
de la cuisine simulée
Temps (h) après réhabilitation

Figure 132. Comparaison entre les temperatures ambiantes mesurée et simulée dans la cuisine le
12/01et le 21/07 (Source: l’Auteur, 2018).

40
Température extérieure
le 12/01
35
Température ambiante
30 de la chambre mesurée
Température (°C)

Température ambiante
25 de la chambre simulée
Zone de confort (21-25°C) avant réhabilitation
20 Température ambiante
de la chambre simulée
après réhabilitation
15 Température extérieure
le 21/07
10
Température ambiante
de la chambre mesurée
5
Température ambiante
0 de la chambre simulée
avant réhabilitation
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Température ambiante
de la chambre simulée
Temps (h) après réhabilitation

Figure 133. Comparaison entre les temperatures ambiantes mesurée et simulée dans la chambre le
12/01et le 21/07 (Source: l’Auteur, 2018).

- Effet de l’inertie d’une autre enveloppe existante


En suivant la même méthodologie, on a étudié le comportement passif du bâtiment sous un
autre type d’enveloppe des logements construits entre 1990-2016, les figures 134 et 135
donnent les résultats obtenus pour les cas d’hiver et d’été. En hiver, on note une amélioration
de la température opérative à l’intérieur du logement. Cette amélioration varie en moyenne de
1°C entre le cas de base non étanche et le cas de l’autre enveloppe non étanche. Et une
amélioration qui varie en moyenne de 2.56°C entre le cas non étanche et le cas le plus
étanche de la même enveloppe. Cependant, la zone de confort n’est pas atteinte sur toute la

224
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

journée où la température opérative ne dépasse pas dans tous les cas 16°C. En été, aucune
amélioration de la température opérative à l’intérieur du logement n’a été notée.

25
Zone de confort (21-25 °C)
20
Température
Température (°C)

extérieure
15
Cas de base

10
Enveloppe
différente;
ACH=2
5
Enveloppe
différente;
ACH=1
0
Enveloppe
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 différente;
ACH=0.5
Temps (h)

Figure 134. Comparaison de la température ambiante du cas de base avec celle d’un autre muni
de l’enveloppe des logements construits entre 1990-2016 en hiver (12/01) (Source: Généré par
l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du
logiciel DesignBuilder ©, 2016).

36

34

32 Température
Température (°C)

extérieure
30
Cas de base
28

26 Enveloppe
différente;
24 ACH=2
Zone de confort (21-25 °C) enveloppe
22
différente;
ACH=1
20
Enveloppe
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
différente;
ACH=0.5
Temps (h)

Figure 135. Comparaison de la température ambiante du cas de base avec celle d’un autre muni
de l’enveloppe des logements construits entre 1990-2016 en été (21/07) (Source: Généré par
l'auteur en utilisant un Modèle Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du
logiciel DesignBuilder ©, 2016).

225
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

- Effet de l’emplacement du logement


La désignation du logement a un effet sur son ambiance intérieure. Les figures 136 et 137
démontrent une diminution de la température opérative à l’intérieur du logement. Cette
diminution varie en moyenne de 0.32°C entre le cas de base non étanche intermédiaire et
celui du dernier étage en hiver. Et une amélioration qui varie en moyenne de 1.33°C entre le
cas non étanche et le cas le plus étanche du même logement en hiver. Une amélioration
sensible en moyenne varie en moyenne de 0.11°C durant la journée d’été et une surchauffe
sensible durant la nuit est également notée en moyenne de 0.12°C.
De même pour les autres paramètres, le recours à une source active d’énergie pour le
chauffage et la climatisation est nécessaire pour garantir un meilleur confort à l’intérieur du
bâtiment.

25
Zone de confort (21-25 °C)
Température
20 extérieure
Température (°C)

Logement
15
intermédiaire
(cas de base)

10 Logement du
dernier
étage; ACH=2
5
Logement du
dernier
étage; ACH=1
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Logement du
dernier
Temps (h) étage;
ACH=0.5

Figure 136. Comparaison de la température ambiante du cas de base (intermédiaire) avec celle
d’un autre au dernier étage en hiver (12/01) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle
Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

226
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

36

34

32 Température
Température (°C) extérieure
30
Logement
28 intermédiaire
(cas de base)
26
Logement du
dernier étage;
24
ACH=2
Zone de confort (21-25 °C)
22 Logement du
dernier étage;
20 ACH=1
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Logement du
dernier étage;
Temps (h) ACH=0.5

Figure 137. Comparaison de la température ambiante du cas de base (intermédiaire) avec celle
d’un autre au dernier étage en été (21/07) (Source: Généré par l'auteur en utilisant un Modèle
Excel en fonction des résultats de la simulation à l'aide du logiciel DesignBuilder ©, 2016).

6-2) Conclusion :
Dans ce chapitre, une solution durable pour l'optimisation de PEE dans les logements
existants à Tlemcen a été étudiée. Pour atteindre cette approche multi-objective, une
évaluation multicritère des MEE passives a été réalisée afin de réhabiliter thermiquement une
enveloppe d’un logement collectif. Les résultats discutés dans ce chapitre, confirmés par les
résultats de l'étude de Mikucioniene et al. (2014), Ouahab (2015), Liu et al. (2015), Lawania
et Biswas (2016) et Ortiz et al. (2016), ont montré que l'économie d'énergie est la clé d'une
contribution effectivement mesurable à la durabilité et à la protection du climat.
Les besoins énergétiques et le taux d’inconfort thermique d’hiver estimés par la simulation
ont permis une prédiction satisfaisante. L’application à une étude de cas a démontré la
possibilité d’identifier un ensemble de solutions techniques efficaces sous forme de surface de
compromis entre les différents critères pris en considération.
L’étude de cas a aussi permis de souligner la richesse de l’information issue de l’optimisation.
Le nécessaire compromis entre réduction des besoins énergétiques, des émissions de CO 2 ,
confort d’hiver et impacts économiques a été mis en évidence, à savoir : le changement des
vitres, l’emplacement d’une fenêtre avec double vitrage dans la loggia et les dispositifs
d’ombrage ont été rentable, enregistrant des temps de retour de 7, 15 et 22 ans
respectivement. En plus de l’action gratuite de réduction de la ventilation par fermeture des
fenêtres et par calfeutrage, qui est peu coûteux, combiné à une isolation modérée de 3cm

227
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

d’isolant a économisé jusqu’à 75% d’énergie, réduit 44% de GES et a amélioré d’une manière
considérable le confort d’hiver de plus de 6°C. Mais les coûts d’investissement de : l’isolation
et le changement des fenêtres sont très élevés. Les arguments-clés sont les prix actuels des
matériaux d’isolation sur le marché algérien et le prix de l’énergie conventionné par l’Etat.
Ces résultats ont également confirmé la nécessité de la réhabilitation thermique traduite par la
diminution rapide des besoins énergétiques annuels avec les premiers centimètres d'isolation.
D’où l'application de la réglementation thermique est obligatoire. Conjointement, le
développement de cette dernière afin d'élaborer des normes spécifiques aux différentes zones
climatiques et l’établissement d’un guide pratique de conception durable en Algérie adaptée
au contexte socio-économique, ce qui est cohérent avec le but de l'étude de Huang et al.
(2012).
Dans cette optique, la nécessité d’une politique énergétique algérienne consolidée combinant,
dans le temps, réforme des tarifs et réduction de la consommation, afin de limiter
l’accroissement de la facture pour la population, notamment pour les plus démunis est une
nécessité. La tarification de l’énergie conditionne la rentabilité des améliorations
énergétiques. Et un blocage des tarifs, comme dans le contexte algérien, peut limiter
artificiellement les possibilités d’investissement dans l’amélioration énergétique.
De ce fait, nous établissons un ordre de priorité des actions à mener à court, à moyen et à long
terme, en utilisant une multitude d’outils plus ou moins avancés, en fonction des potentiels
d’économie d’énergie, des réductions des émissions CO 2 , des coûts globaux et de confort
thermique pour améliorer la PEE dans les logements existants ainsi que dans la conception du
neuf, déterminé par le cadre limité de l’étude paramétrique, utilisée par Belpoliti et Bizzarri
(2015) , indiqués dans le Tableau 40 :

228
Chapitre 6: Discussion des résultats Partie II

Tableau 40. Matrice de différentes actions d’économie d’énergie. Tentative d’économie pour un logement collectif
typique (intermédiaire) dans le climat de Tlemcen, basé sur l’étude de simulation.
Niveau du Approprié

rafraichissement
chauffage
Economie Typique de

Tunisienne
Classe

Économie typique totale

Niveau d’énergie BBC

émissions
économie typique

BBC
Niveau
coût pour
Réha-

Bâtiment neuf
bilité par

environnement

Aucun no
Bas
Moyen
Elevé

Locataire
Usager/
Gérant
Propriétaire/
et

d’énergie

des
de

Action
Réduction de la Classe Niveau Niveau
ventilation (gardé 37-75% 1 30-59% B 15-44% D X X X
fermé) a
Calfeutrage des Classe Niveau Niveau
37-75% 30-59% 15-44% X X X X
fenêtres a 1 B D
Grandes fenêtres Classe Niveau Niveau
orientées sud (1.5 x 74% 1 59% B 43% D X X
taille, 2-vitrage) a*
Dispositifs d’ombrage Classe Niveau Niveau
amovibles combinés à 1 C D
73% 58% 39 X X X
une loggia vitrée (2-
vitrage) a*
Isolation de Classe Niveau Niveau
64-73% 51-58% 24-43% X X X
l’enveloppe a 4-1 C E-D
Classe Niveau Niveau
Double vitragea 39% 31% 25-44% X X X
4 C E
Effet de serre ou Classe Niveau Niveau
véranda vitrée (2- 56% 1 40% C 38 D X X X
vitrage)a*
Classe Niveau 0.77- Niveau
Double vitrageb 26-39% 21-31% X X X
7-5 D-C 23% F-E
a : isolation modéré ; b : pas d’isolation ; * : pour un taux de ventilation bas.

Nous pouvons aussi conclure que dans le cas des bâtiments non climatisés, en Algérie, des
solutions techniques très simples peuvent contribuer à des bâtiments économes en énergie et
surtout si le taux d’inconfort est amélioré par des stratégies de chauffage et de
rafraîchissement passif.

229
Conclusion Partie II

Conclusion de la deuxième partie :

La deuxième partie de cette thèse a fait l’objet des études pratiques. Elle a comporté
l’application des méthodes, outils et mesures de la réhabilitation thermique, présentés dans la
partie théoriques, sur la ville de Tlemcen prise comme champ d’étude, afin d’optimiser la
performance énergétique et environnementale des logements collectifs construits dans cette
ville.
Cette partie a permis de montrer que nous ne pouvons pas parler de réhabilitation thermique
des bâtiments résidentiels avant d’inventorier et de diagnostiquer des différents types
d’enveloppes qui existent dans le parc de logement en utilisant une démarche ascendante.
Elle a permis également de montrer comment et en quoi la méthode d’optimisation
multicritère que nous avons développée peut contribuer à l’aide à la décision sur une base
multicritère et en fonction de l’étude paramétrique
Au terme de cette partie, les principales conclusions qui en découlent peuvent être résumées
comme suit :
 Des actions d’optimisation de la PEE par mesures simples, au cas par cas, ont été
présentées à savoir : l’isolation thermique par l’intérieur lorsque les bâtiments représentent
une valeur patrimoniale ; l’isolation thermique par l’extérieur dans le cas d’absence de valeur
patrimoniale ; le calfeutrage des fenêtres et des portes, usage du double vitrage, des
occultations extérieurs, etc.;
 L’étude des normes internationales a permis d’identifier les différents paramètres à
prendre en considération dans tout projet de réglementation thermique et a été couronnée par
l’élaboration d’une méthodologie de travail ;
 Le processus d’optimisation de l’enveloppe de logement a été mené pour la région de
la ville de Tlemcen dans l’objectif de montrer que ce processus peut être bien appliqué à
toutes les zones climatiques d’Algérie.
 Les principales exigences de confort qui découlent de ce processus sont :
– Un coefficient d’isolation thermique 1,65 W/m2.°C pour les toitures,
– Un coefficient d’isolation thermique compris entre 0,77 et 0,63 W/m2.°C pour les
murs,
– Un coefficient de 3,159 W/m2.°C pour les vitres en double vitrage, munies de
persiennes.
– Un pourcentage de vitrage jusqu’à 20% pour les fenêtres orientées Sud,
– Une serre repliable au niveau de la loggia munie de dispositifs d’ombrage.

230
Conclusion Partie II

Les résultats pertinents, les conclusions de vérification des hypothèses, les


recommandations ainsi que les perspectives de recherche seront présentés dans la conclusion
générale.

231
Conclusion générale
et perspectives
Conclusion générale et perspectives

Conclusions et résultats pertinents


Responsable à lui seul de 43% de la consommation d’énergie finale (MÉ, 2017) et d’une part
égale et importante en matière de délivrance des émissions de gaz à effet de serre en Algérie,
le secteur résidentiel est une des causes du problème, mais aussi une des principales
solutions. L'amélioration de la performance énergétique des bâtiments, en particulier en ce qui
concerne les immeubles d’habitation, est parmi les actions qui devraient être poursuivies pour
atteindre les objectifs de Kyoto et de Copenhague. Cette problématique a fait l’objet du
premier chapitre de cette thèse.
Dans cette optique, ce travail de recherche a présenté une méthodologie pour l'optimisation de
l'enveloppe des bâtiments en termes de performance thermique, énergétique et
environnementale (PÉE) dans la ville de Tlemcen choisie comme champ d’étude.
Un regard sur le stock d’immeubles collectifs à Tlemcen, à travers une première étude
architecturale et technique, basée sur une méthodologie ascendante, a mis en exergue les
différentes mutations en cours dans le secteur : D’une architecture contemporaine en étroite
relation avec le climat contrairement à l’architecture vernaculaire qualifiant la médina de
Tlemcen, présenté dans le chapitre 4, du fait des facteurs politiques et socio-économiques. La
conception actuelle des bâtiments est basée sur des modèles architecturaux et des technologies
provenant d’autres contextes climatiques. Par conséquent on a observé des incohérences dans
le secteur qui pèsent sur les ressources naturelles et le bien-être des utilisateurs. Les résultats
du diagnostic, effectué toujours dans chapitre 4, ont démontré que les bâtiments construits
entre 1842 et 1938 ont une meilleure performance thermique et énergétique par rapport au
bâtiments des autres periodes. Ils sont caractérisés par une bonne inertie et consomment
130kWh/m²/an. Alors que les bâtiments construits entre 1963 et 1989 sont les plus énergivore
à cause de leur mauvaise inertie et consomment 300kWh/m²/an. Mais, il faut noter aussi,
qu’ils sont les plus simples à réhabiliter.
Cet état de fait et le taux croissant d’urbanisation offrent un énorme potentiel pour les
démarches écologiques en général et bioclimatique et solaire en particulier. Du fait que,
Tlemcen se situe dans la zone climatique B, qui comprend la plaine derrière le rivage de la
mer et les vallées entre les chaines côtière et l’atlas tellien. Cette ville se caractérise par un
climat arrière littoral montagneux, avec des étés chauds et sec et des hivers humides et froids.
Mais sa situation sur un plan incliné Sud-Nord orienté vers le rivage de la mer
méditerranéenne, permet de profiter des bienfaits du climat tempéré. Cela peut être
avantageux pour l'énergie, car les charges de chauffage et de refroidissement ne sont pas
élevées par rapport à la région des hauts plateaux. Donc, il a été primordial de se pencher sur
233
Conclusion générale et perspectives

les enjeux de réhabilitation thermique des bâtiments résidentiels existants ainsi que sur la
conception du neuf, définie dan le chapitre 2, en utilisant les mesures solaire passives décrites
dans le chapitre 3.
Dans cette thèse, une solution durable pour l’optimisation de la PÉE dans l’habitat existant à
Tlemcen a été investiguée. Pour achever cet objectif une approche multi-objectif à travers une
évaluation multicritère des mesures d’efficacité énergétique (MEÉ) passives, décrites dans le
chapitre 2, a été exécutée, pour corriger l’enveloppe du type de logement le moins efficient
d’après le diagnostic.
Pour ce faire, une méthode statique, suivant la réglementation thermique algérienne (DTR et
outil d’évaluation multicritère algérien), est utilisée comme première étape de vérification de
la conformité de l’enveloppe du logement à la réglementation ainsi que la stratégie
d’intervention établi par calcul simple, définie dans le chapitre 5, pour orienter les actions de
la réhabilitation.
Ensuite, les outils de simulation des performances énergétique ont été utilisés pour l’étude du
comportement global des bâtiments sous le climat de Tlemcen. À l’échelle internationale, la
simulation énergétique du bâtiment s’intègre progressivement dans les processus de
conception et/ou d’optimisation de la performance énergétique des bâtiments. Elle constitue
un moyen pertinent en termes de coût et de temps de mise en œuvre. Dans le cadre de cette
thèse, nous avons appliqué l’outil de simulation pour l’étude des bâtiments existants afin que
le modèle puisse représenter la réalité. Le modèle de construction a été mis en œuvre dans le
couplage DesignBuilder/EnergyPlus et a eu pour objectif la réduction des incertitudes
associées au bâtiment et son utilisation et l'estimation de la consommation d'énergie primaire,
les émissions CO 2 et l’évaluation du confort.
Différentes sources d'information ont été utilisées pour relier la simulation aux enquêtes et
aux données d’audit énergétique. L'utilisation de la ventilation naturelle et des protections
solaires a été configurée selon les résultats de l'enquête. De même, la consigne et l'utilisation
du système de chauffage et de rafraîchissement ont été adaptées aux relevés. En outre, les
performances énergétiques des deux systèmes ont été liées aux conditions météorologiques.
La caractérisation du modèle de construction est décrite dans le chapitre 5.
L'occupation a été définie comme le principal conducteur du bâtiment. Pour cette raison, l'un
des besoins consiste à utiliser des profils réalistes des occupants. Ce profil doit reproduire la
variabilité des occupants réels et, en même temps, leur comportement doit être représentatif
de l'occupant moyen. Pour atteindre ce défi, les profils d'occupation réalistes ont été générés
en fonction des enquêtes sur les utilisations temporelles. Ce profil a été adapté aux
234
Conclusion générale et perspectives

caractéristiques des ménages et a été lié à l'utilisation du bâtiment (systèmes de chauffage et


de refroidissement, ventilation naturelle, protection solaire et éclairage). La mise en œuvre de
l'occupation est décrite au chapitre 5.
L'objectif de la thèse a été atteint par l’utilisation de la méthode paramétrique qui nous a
fourni des mesures optimales pour la réhabilitation thermique des immeubles collectifs de
Tlemcen, compte tenu de quatre critères principaux : consommation d'énergie primaire,
émissions de CO 2 , confort thermique, et coûts globaux.
Le modèle de construction a été configuré pour être simulé dans deux modes différents : libre
de fonctionnement et chauffé (passif et actif). Cette configuration a permis d'exécuter la
simulation selon la méthodologie en deux étapes proposées par la thèse. Si la simulation est
exécutée en mode évolution libre, les sorties de la simulation seront le confort thermique ; et
si la simulation est exécutée en mode chauffé, les sorties seront la consommation d'énergie
primaire et les émissions de CO 2 .
L'évaluation optimale des coûts a été basée sur un processus d’évaluation passive, compte
tenu de trois autres critères. Les coûts initiaux des MEÉ ont été calculés sur la base des devis
des sociétés professionnelles locales. L'objectif de l'évaluation passive a été d'obtenir les
mesures passives qui offrent un meilleur confort thermique sans l'utilisation de systèmes
mécaniques et compte tenu du coût d'investissement de la mesure.
Les résultats, présentés dans les chapitres 5 et 6, ont réfuté la deuxième hypothèse, qui
concerne la réglementation thermique algérienne comme outil d’aide à la conception
énergétiquement efficace. Et en la comparant avec celles des pays voisins (Tunisie, Maroc,
etc.), nous avons remarqué qu’elle a besoin d’être actualisée et d’être plus approfondie, afin
d’élaborer des normes spécifiques aux différentes zones climatiques selon un processus global
basé sur une large concertation avec l’ensemble des parties prenantes et associée à des
programmes d’accompagnement et renforcement des capacités des concepteurs, des
opérateurs et des fournisseurs des matériaux d’isolation.
Le système d’évaluation multicritère algérien a estimé un total inférieur à 30 obtenu à
l’ensemble des critères est éliminatoire. Et l’estimation de notre cas d’étude avant
réhabilitation est égale à 22 et à 38 après réhabilitation. Ce qui veut dire que le logement est
devenu efficient en énergie et que la stratégie de réduction des déperditions calorifique est
durable.
Par contre, les résultats ont confirmé la première hypothèse de la nécessité de la réhabilitation
thermique des logements. Les principaux résultats optimaux sont :

235
Conclusion générale et perspectives

 Sur le plan énergétique et environnemental, l’économie totale d’énergie a été estimée à


57% par rapport au cas de base étanche et à plus de 73% par rapport à celui non-
étanche. Tandis que l’économie des émissions CO 2 est estimée à 27% par rapport au
cas de base étanche et environ 39% par rapport à celui non-étanche. Cette
réhabilitation a permis d’atteindre une économie d’énergie globale jusqu’à 75% et une
réduction 44% des émissions de CO 2 par rapport à un cas de bâtiment non isolé.
 Sur le plan économique, il a été trouvé que seule les actions liées au : changement des
vitres, à une fenêtre avec double vitrage placée dans la loggia et aux les dispositifs
d’ombrage sont rentables, enregistrant des temps de retour de 7, 15 et 22 ans
respectivement. Ainsi que le calfeutrage des fenêtres et des portes qui est une mesure
très peu coûteuse. Tandis que, les coûts d’investissement de : l’isolation et le
changement des fenêtres sont très élevés. Les arguments-clés sont les prix actuels des
matériaux d’isolation sur le marché algérien et le faible prix de l’énergie conventionné
par l’Etat. Donc, des mesures politiques doivent être prise à savoir réforme des tarifs
de l’énergie et application de la réglementation thermique.
 Du point de vue confort thermique, la combinaison des différents éléments optimisés,
notamment la réduction de la ventilation et l’isolation modérée de l’enveloppe ont
donc un effet positif en hiver. Cependant, le logement du dernier étage nécessite une
isolation renforcée. Mais, le recours à une source active d’énergie pour le chauffage et
la climatisation est nécessaire pour garantir un meilleur confort à l’intérieur du
bâtiment.

Donc, nous pouvons conclure que dans le cas des bâtiments non climatisés, en Algérie, des
solutions techniques passives très simples peuvent contribuer à optimiser l’efficacité des
bâtiments résidentiels en matière d’énergie et à la protection de l’environnement. Les
principales exigences de confort qui découlent de ce processus sont :
– Un coefficient d’isolation thermique 1,65 W/m2.°C pour les toitures,
– Un coefficient d’isolation thermique compris entre 0,77 et 0,63 W/m2.°C pour les
murs,
– Un coefficient de 3,159 W/m2.°C pour les vitres en double vitrage, munies de
persiennes
– Un pourcentage de vitrage d’environ 20% pour les fenêtres orientées Sud,
– Une serre repliable au niveau de la loggia munie de dispositifs d’ombrage.

236
Conclusion générale et perspectives

Cette étude met, également, en évidence l'influence majeure de la typologie de l’enveloppe, la


désignation du logement et le climat sur l’enveloppe optimale. Cependant, les solutions de
construction standard ne tiennent pas suffisamment compte de ces paramètres, car elles sont
souvent identiques pour n'importe quelle désignation ou typologie et même dans des climats
différents
Par conséquent, un ordre de priorité des actions passives de réhabilitation thermique à mener à
court, à moyen et à long terme, pour l’optimisation de la PÉE dans les logements existants
ainsi que dans la conception du neuf, déterminé par le cadre limité de l’étude paramétrique a
été présenté dans le chapitre 6, en fonction des critères d’efficacité énergétique, d’impact
environnemental, de rationalité économique et de confort thermique des occupants.
En effet, les recommandations liées à la réhabilitation thermique et à la conception des
logements collectifs à Tlemcen et les régions urbaines avec un climat similaire, sont
récapitulées comme suit:
 L’application de la réglementation thermique ainsi que son développement vers une
labellisation locale en prenant en considération le contexte socio-économique ;
 La nécessité d’une approche participative particulière est exigée, pour mener à bien
des opérations de réhabilitation en milieu occupé ;
 Des approches sociales particulières de la réhabilitation sont à mettre au point dans le
contexte particulier de chaque cas ;
 Les priorités d’amélioration des enveloppes sont :
o Reduction de la ventilation par:
 Calfeutrage des fenêtres et la fermeture correcte des fenêtres;
 Le développement d’une culture environnementale liée au mode de vie
et la sensibilisation des usagers;
o Isolation (augmentation de l’isolation spécialement dans les coins et les étages
supérieurs) ;
o Utilisation du double vitrage;
o Augmentation des surfaces vitrées orientées Sud sans dépasser le taux
convenable au climat;
o Application des dispositifs d’ombrage mobiles ou dimensionné d’une manière
correcte;
o Bénéfice des apports solaires passifs : par la fermeture des loggias par du
double vitrage et/ou l’installation des serres dans les balcons orientés sud
munies de panneaux vitrés repliables en totalité, de manière à recréer de simples
237
Conclusion générale et perspectives

balcons en été ; par ailleurs ces serres doivent être munies également de dispositifs
d’ombrage dimensionnés correctement;
 La sensibilisation publique et l’encouragement économique à travers des mesures
individuelles de tous les types d’énergie.
 Le préfinancement des opérations de réhabilitation thermique pour les particuliers est
un point qui doit être examiné dès que le marché aura atteint une taille suffisante pour
qu’il soit possible l’établissement de crédit. Cette question rejoint plus largement celle
des besoins d’incitations, qui doivent être appréciés sur la base de bilans économiques
des projets d’efficacité énergétique et parallèlement à des mesures réglementaires et de
normalisation ;
 Des mécanismes financiers innovants sont à imaginer : taxes pénalisant les bâtiments
gros consommateurs et alimentant un fonds qui accorde une prime à ceux qui vont au-
delà de la réglementation ;
 Une analyse fine de la tarification de l’énergie -qui doit être considérée comme une
contribution à l’émergence d’une politique énergétique- et de ses incidences sur les
programmes d’efficacité énergétique est à intégrer dès l’étude de faisabilité ;
 La considération de la conception climatique, dans le cas du neuf, dès les phases
précoces de conception, et son intégration dans le processus de conception (choix des
matériaux, forme des bâtiments, ouvertures, orientation, etc.).
 Le développement de la formation de la conception climatique dans l’enseignement
universitaire de l’architecture et de la formation professionnelle et dans les différents
corps de métier liés à la construction;
 La création des marchés publics dits écologiques (MPE) et la mise en place de son cadre
juridique et surtout son application. Vu que dans le marché de la construction en Algérie, la
part du gouvernement (des marchés publics) est élevée.

Contributions de la thèse
Les principales contributions de la thèse sont énumérées ci-dessous :
1) Un modèle de construction détaillé a été développé dans DesignBuilder dans le but
d'obtenir un modèle réaliste et de relier l'apport du modèle aux informations de
surveillance et d'enquête. Le modèle a présenté des profils d'occupation pour
introduire une utilisation plus réaliste du bâtiment ;
2) La thèse a proposé la méthodologie d’étude pour analyser les mesures d'efficacité
énergétique axées sur le confort thermique, la performance énergétique et

238
Conclusion générale et perspectives

environnementale et les paramètres économiques. Cette méthodologie a donné la


priorité aux mesures passives plutôt qu'aux actives garantissant le confort
thermique des utilisateurs et réduisant le nombre de combinaisons à simuler ;
3) Les indices de confort thermique ont été utilisés pour sélectionner les mesures
d'efficacité énergétique, en choisissant la plus approprié en fonction des
caractéristiques climatiques du site de Tlemcen et des exigences de confort
thermique ;
4) La thèse a donné des informations détaillées sur la situation actuelle des typologies
d’enveloppe des immeubles de logements les plus représentatifs, représentant
environ 65% du stock de construction de la ville de Tlemcen ;
5) La thèse a fourni une analyse architecturale et technique détaillée pour chaque
typologie d’enveloppe d’immeubles collectifs, en donnant des informations
servant comme base de données à de futures études visant à l’aide de la prise de
décision pour choisir la mesure la plus appropriée en fonction de : la typologie du
bâtiment et le climat de la ville; et les objectifs de la réhabilitation
(environnementale et/ou économique) ;
6) Cette thèse a également apporté une contribution à l’enrichissement de la
réglementation thermique algérienne par le classement des actions à mener à court,
à moyen et à long terme en matière de réhabilitation thermique des bâtiments
résidentiels existants et neufs à Tlemcen et dans des régions urbaines ayant un
climat similaire.

Perspectives pour la recherche future


Au terme de cette étude, nous avons montré que la réhabilitation thermique des bâtiments
résidentiels existants adaptés aux contextes énergétiques et climatiques de Tlemcen en
utilisant des techniques solaires passives par la simulation peut permettre de répondre aux
besoins de la maitrise de l’énergie et du respect de l’environnement. La thèse se termine par
un aperçu des sujets de recherche futurs possibles :
 Un travail important devra être réalisé pour doter le secteur d’une base de données
qualitative sur les propriétés des enveloppes des autres typologies (l’individuel et
l’intermédiaire) dans le secteur résidentiel de Tlemcen ainsi que dans les différentes
zones climatique en suivant la même méthodologie, afin d’améliorer la qualité des
prédictions ;

239
Conclusion générale et perspectives

 Des études sur les éléments de l’enveloppe doivent être poursuivies au niveau des
matériaux et aussi sur la morphologie du bâtiment afin de trouver des configurations
mieux adaptées au climat, en jetant un regard sur les solutions passives dans nos
anciennes préexistences (médinas et ksour).
 Des études sur l’isolation écologique dans notre contexte climatique permettront
d’estimer les impacts économiques de cette solution.
 Une étude serait intéressante d’évaluer la conception des fenêtres, dans le climat de
Tlemcen, en prenant en compte les réalités culturelles et les autres critères (ventilation
et confort visuel) qui entrent en compte dans la conception des éléments de fenêtrage ;
 Une analyse de sensibilité globale au bâtiment conventionnel serait intéressante, du
point de vue la conception de l’enveloppe du bâtiment. Ce qui permettra de mettre en
évidence les différentes interactions entres les paramètres.
 Une étude de caractérisation de l’aéraulique des bâtiments est aussi importante. Ce qui
permettra de disposer de paramètres fiables pour une meilleure exploration du
phénomène de ventilation naturelle notamment la ventilation pour le confort.
 La nécessité de mener des investigations auprès des occupants doit être ajouter afin de
caractériser leurs attentes en termes de confort thermique et d’évaluer leur niveau de
sensibilisation et de participation en matière de réhabilitation thermique pour
déterminer des critères d’évaluation mieux adaptés aux contextes climatiques de
Tlemcen. Afin d’améliorer la connaissance du comportement des occupants et sa mise
en œuvre dans le modèle de construction et de réduire l'incertitude liée à l'utilisation
du bâtiment.
 Des études d’optimisation de la performance énergétique par mesures passives doivent
être poursuivies en les combinant avec des mesures actives basées essentiellement sur
des énergies renouvelables.
 Une évaluation économique approfondie doit être développée en tenant compte non
seulement des avantages énergétiques, mais aussi des avantages associés à la
réhabilitation énergétique des ménages. Certains de ces avantages sont liés à
l'amélioration de la santé des occupants en raison de la réduction des conditions
d'inconfort (températures froides en hiver, températures chaudes en été, qualité de l'air,
humidité et moisissure ...). L'avantage de la réhabilitation thermique et énergétique des
bâtiments est l'appréciation de la valeur des ménages grâce à l'amélioration des
conditions de vie, à l'augmentation de la norme d'efficacité énergétique et à
l'augmentation de la durée de vie du bâtiment.
240
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• Meteotest, Meteonorm, Climate database software, version 5.1.
• Spss 16.0.

257
Glossaire

Glossaire : photovoltaïque raccordé au réseau


électrique, système le plus efficace et le
A plus rentable.

APRUE BEPOS et PassivHauss


L’Agence Nationale pour la Promotion et Un bâtiment à énergie positive produit plus
la Rationalisation de l’Utilisation de d’énergie qu’il n’en consomme. Une étape
l’Energie (APRUE) est un établissement “préliminaire”, le bâtiment passif, trouve
public à caractère industriel et commercial son origine dans la norme allemande
crée par décret présidentiel en 1985, placé PassivHauss.
sous la tutelle du Ministère de l’Energie et La maison passive est une maison à
des Mines. Elle a pour mission principale consommation énergétique extrêmement
la mise en œuvre de la politique nationale limitée, justifiant donc d’un système
de maîtrise de l’énergie, et ce à travers la d’efficacité énergétique active
promotion de l’efficacité énergétique. particulièrement performant.
Dans le cadre de la loi n° 99- 09 du 28 Elle est dite passive du fait qu’elle profite
juillet 1999 relative à la maîtrise de de sa propre production d’énergie (solaire
l’Energie, l’agence à pour missions : photovoltaïque notamment), d’une gestion
 La coordination et l’animation de la de son énergie optimisée à son maximum
politique nationale de maîtrise de et de ses performances passives (isolation)
l’énergie ; pour se suffire à elle-même.
 La mise en œuvre et le suivi du Elle repose sur les grands principes de :
Programme National de Maîtrise de • gestion des systèmes de ventilation et de
l’Energie (PNME) ; récupération de chaleur,
 La sensibilisation et la diffusion de • captation d’énergie solaire et production
l’information sur la maîtrise de d’énergie,
l’énergie en direction des différentes • limitation et contrôle des dépenses
cibles (grand public, professionnels, électriques,
milieu scolaire…) ; • analyse et optimisation des systèmes
 Le montage de programmes et de énergétiques,
projets sectoriels en partenariat avec les • installation de systèmes de variation de
secteurs concernés (Industrie, Bâtiment, vitesse,
Transports, …). • isolation thermique.
La maison passive a une consommation
Audit énergétique inférieure à 15 kWhEP/m2/an, quand un
Etude, calcul et examen des usages et label BBC impose un maximum de 50
consommations d’énergie d’un bâtiment. kWh/m2/an jugé déjà très performant.
L’objectif étant d’identifier les gisements
de performance énergétique pour optimiser Bâtiment intelligent
les installations existantes en les Le bâtiment intelligent améliore la sécurité
renouvelant ou les rénovant. et le confort de ses occupants et de son
espace tout en optimisant les ressources
B énergétiques nécessaires à son
fonctionnement. Pour ce faire, il bénéficie
Bâtiment à énergie positive (BEPOS) à la fois de systèmes d’efficacité
Bâtiment dont la performance énergétique énergétique, de systèmes de domotique, de
est telle qu’il produit plus d’énergie qu’il systèmes de contrôle des installations
n’en consomme. Les moyens de (éclairage, chauffage, etc.). Il facilite
production énergétique des bâtiments l’usage des occupants tout en réduisant son
BEPOS sont la plupart du temps le solaire empreinte écologique.

258
Glossaire

Bâtiment passif Contrôle


Bâtiment dont la consommation Action de vérification de l’état ou de la
énergétique globale est compensée par sa situation de quelque chose au regard d’une
propre production. La principale source de norme ou d’un objectif fixé.
production d’énergie est le photovoltaïque Sur un plan énergétique, le contrôle des
solaire. performances électriques revient à
l’analyse et la vérification de la
Bâtiment résidentiel consommation réelle du bâtiment. Soit
Bâtiment ou partie de bâtiment destiné au dans un cadre de vérification de bonne
logement individuel ou collectif avec tenue des objectifs fixés, soit dans un cadre
occupation permanente ou temporaire. de contrôle de la situation du bâtiment, en
vue d’une rénovation énergétique sur les
principaux gisements d’amélioration
Bio-Energie : La bioénergie est le résultat identifiés.
de la libération de l’énergie contenue dans
des combustibles produits à partir de la CPE - Contrat de Performance
biomasse. Cette dernière est en fait un Energétique
produit de l’énergie solaire emmagasinée Le CPE fait partie du panel d’outils publics
par l’activité photosynthétique des plantes. du Grenelle visant à relever le défi de la
performance énergétique. Il permet à une
société de services d’efficacité énergétique
Biogaz de financer à la place du propriétaire les
Gaz combustible produit par un processus travaux requis pour atteindre un niveau de
de décomposition et de fermentation de la performance contractuellement défini.
matière organique (animale ou végétale). L’entreprise partenaire investit dans le
Il est essentiellement composé de méthane projet de rénovation ou d’installation, et
et de dioxyde de carbone. récupère son capital au travers des
L’énergie tirée des biogaz vient économies réalisées par le propriétaire sur
essentiellement de la réutilisation du l’énergie consommée.
méthane, et représente ainsi l’une des rares
formes renouvelables d’énergie fossile. D
Biomasse Déphasage : laps de temps compris entre
Masse totale des organismes vivants le moment où la température a été
occupant à un instant et dans un paramètre la plus élevée à l’extérieur et celui où elle
déterminé, un biotope (écosystème). est la plus élevée à l’intérieur.
Sur un plan énergétique, la biomasse est C’est donc le temps que met la chaleur du
l’ensemble de la masse énergétique issue soleil à traverser une paroi donnée
de la matière organique végétale ou (toiture, mur) ; en général, l’objectif est
animale. d’atteindre un déphasage de 10 à 12
heures, par exemple entre 14 H et 2 H.
C
Domotique
CO2 Ensemble des techniques visant à intégrer
Abréviation chimique pour dioxyde de dans l’habitat tous les automatismes en
carbone. L’un des principaux et des plus matière de sécurité, de gestion de l’énergie,
nocifs gaz à effet de serre. de communication, etc. Ils améliorent le
confort et la simplicité d’usage du
bâtiment, tout en diminuant sa
consommation énergétique.

259
Glossaire

DPE - Diagnostic de Performance Empreinte écologique


Energétique Elle représente l’atteinte portée à
Intégré en 2006 dans le Code de la l’environnement naturel
construction et de l’habitation, le DPE est du fait de l’utilisation de l’énergie par
obligatoire depuis cette date sur les ventes, l’homme et son activité : émission de GES,
et depuis le 1er juillet 2007 sur les accumulation de déchets, etc.
locations. Réalisé par un professionnel L’empreinte écologique d’un bâtiment
assermenté, ce document comporte des représente son impact sur l’écologie au
informations essentielles à la mesure de la regard des dégâts qu’il impose
performance énergétique du logement et à la nature (production de l’énergie qu’il
ses émissions de GES. Il présente enfin des consomme, émissions de GES du fait de la
solutions d’amélioration de sa consommation de cette énergie, mais aussi
consommation énergétique. de la fabrication des matériaux de
Il a une visée purement informative et construction, etc.).
incitative à la rénovation énergétique. Il est
obligatoire, mais ne présente pas de valeur Énergie
légale attestant fermement de la Puissance physique d’un élément, lui
consommation réelle du logement et/ou permettant de réagir. En termes
bâtiment. scientifiques et physiques, l’énergie est la
grandeur caractérisant un système
E physique, lequel garde la même valeur au
cours de toutes ses transformations internes
Écosystème et exprimant sa capacité à modifier l’état
Système formé par un environnement (le de systèmes connexes reliés.
biotope) et par l’ensemble des espèces
animales et végétales qui le composent, y Énergie fossile
vivent, s’y nourrissent et s’y reproduisent. Ensemble des énergies issues de gisements
En cela, un écosystème est totalement provenant du sol et du sous-sol terrestre
autonome. (gaz, pétrole, charbon) et qui se sont
constituées par un processus de
Efficacité énergétique fossilisation de végétaux sur une période
Rendement énergétique d’un processus, de millions d’années.
d’un appareil ou d’un bâtiment par rapport Leur combustion émet des gaz à effet de
à l’apport en énergie qu’il requiert pour serre, principalement du CO2.
son bon fonctionnement.
Une efficacité énergétique optimale se Énergie primaire
définit comme une consommation en L’énergie primaire représente la
énergie moindre pour le même service consommation finale totale énergétique
rendu. ajoutée à la consommation d’énergie
On distingue alors l’efficacité énergétique nécessaire à la production et au transport
active, qui intervient sur les systèmes de de l’énergie finale. En matière d’électricité,
contrôle et de gestion des besoins en 1 kWh d’énergie finale représente 2,58
énergie (flux d’énergie, installations kWh d’énergie primaire. Dans le calcul des
électriques, appareillages, etc.), de consommations énergétiques du bâtiment
l’efficacité énergétique passive, qui et notamment dans le cadre des normes
représente l’enveloppe d’un bâtiment (son RT, la consommation énergétique
isolation). annoncée est exprimée en énergie primaire
(50 kWhEP/m2/an par exemple pour la

260
Glossaire

RT 2012). Énergie finale = énergie qui transforme les ressources énergétiques


primaire + énergie consommée pour la en énergies utilisées dans la consommation
transformation et le transport finale.

Energie secondaire Énergivore


Ces énergies primaires sont transformées Qui consomme beaucoup d’énergie. Le
en énergies secondaires : produits plus souvent, ce terme est utilisé pour
pétroliers raffinés dont les carburants spécifier les éléments « qui consomment le
automobiles, électricité… Cette plus » d’énergie.
transformation d’une énergie en une autre
se fait toujours — c’est une loi EnR - énergie renouvelable
fondamentale de la physique — avec une Ensemble des énergies dites « propres ».
perte d’énergie, si bien que la Elles sont produites par différents
transformation d’une énergie primaire en processus naturels (rayonnement solaire,
énergie secondaire « consomme de vent, bois, chute d’eau, géothermie, etc.) et
l’énergie primaire ».Le ratio entre l’énergie permettent une transformation directe en
secondaire produite et l’énergie primaire énergie. Contrairement aux énergies
utilisée s’appelle le « rendement » de fossiles, les EnR sont inépuisables et
l’unité de transformation d’énergie. Par n’émettent pas de gaz à effet de serre.
exemple, le rendement d’une centrale Naturelles, elles ne sont cependant pas
électrique qui fabrique de l’électricité en illimitées et sont dépendantes des
brûlant du gaz et du charbon est de 30 à ressources dont elles tirent l’énergie (en
50%. fonction de la force du vent, des
intempéries, etc.).
Energie finale
Ce sont celles qui sont utilisées à la Éolien
satisfaction des besoins de l’homme. La L’énergie éolienne est issue de
satisfaction des besoins peut être directe, si l’exploitation de la force du vent. Une
l’énergie est consommée par un être éolienne ou aérogénérateur est un système
humain au cours d’un usage domestique complet et autonome permettant de
(se chauffer, travailler sur son ordinateur, convertir l’énergie mécanique du vent en
se déplacer en voiture), ou indirecte si elle énergie électrique. La plupart du temps sur
est utilisée dans la production de biens ou un axe vertical, l’aérogénérateur est
de services destinés à la consommation composé d’un mât et d’un rotor équipé de
humaine. pales, lesquelles entrainées par la force du
La consommation d’énergie finale est soit vent créent l’énergie.
une consommation directe d’énergie
primaire non transformée, comme le Enquête
charbon brûlé sous les chaudières Étude minutieuse et approfondie, exécutée
industrielles dans la chimie ou injecté dans par un enquêteur, soit auprès d'un groupe
les fours des cimenteries, soit une d’individu ou d'un individu isolé. Une
consommation d’énergie secondaire enquête consiste en une collecte
comme l’essence ou l’électricité. d'informations qualitatives et/ou
quantitatives relatives à une population
Consommation d’énergie primaire et déterminée, dans une situation déterminée,
finale dans le but d'en déduire de caractéristiques
En résumé, la consommation d’énergie d'ensemble. Une enquête est une étude d'un
finale est égale à la consommation problème social, et s’effectue
d’énergie primaire moins toutes les pertes classiquement par voie de questionnaire ou
d’énergie au long de la chaine industrielle

261
Glossaire

de sondage, réalisée sur un échantillonnage généralement les GES en pouvoir de


représentatif. réchauffement global exprimé en CO2e
(équivalent CO2).
Enquête semi ouverte
Enquête réalisée à l’aide d’un H
questionnaire comprenant deux types de
questions : les questions fermées, où H.Q.E. (haute qualité
l’enquêté est contraint et doit répondre à environnementale):
l’aide d’une liste préétablie de réponses ; Démarche de construction composée de 14
les questions ouvertes, auxquelles le sujet objectifs à atteindre répartis en 4
répond s’il le désire, et donne les détails et catégories:
commentaires de façon libre. Les questions  Ecoconstruction :
ouvertes peuvent avoir pour objectif 1) Relation harmonieuse des bâtiments
d’aider à l’identification de critères avec leur environnement immédiat ;
importants, que l’enquêteur aurait omis. 2) Choix intégré des procédés et
produits de construction ;
Enquête accompagnée 3) Chantier à faibles nuisances ;
Enquête où l’enquêteur accompagne  Ecogestion :
l’enquêté pour ses réponses. Ce mode 4) Gestion de l'énergie ;
d’enquête permet d’avoir un retour garanti 5) Gestion de l'eau ;
sur les questionnaires, mais est très 6) Gestion des déchets d'activités ;
consommateur en temps. La présence de 7) Entretien et maintenance
l’enquêteur peut permettre de mieux  Confort :
expliquer les questions, mais peut aussi 8) Confort hygrothermique ;
biaiser les réponses. 9) Confort acoustique ;
10) Confort visuel ;
G 11) Confort olfactif ;
 Santé :
GES - Gaz à effet de serre 12) Conditions sanitaires ;
Ils sont des constituants gazeux de 13) Qualité de l'air ;
l’atmosphère et peuvent être naturels ou 14) Qualité de l'eau.
artificiels. Les gaz à effet de serre
absorbent le rayonnement solaire renvoyé I
par la Terre et empêchent l’énergie de
s’échapper de la surface du globe. En cela, Inertie thermique
ils maintiennent la chaleur dans Le potentiel de stockage thermique d’un
l’atmosphère terrestre. Ces gaz participent local ou d’une maison. C’est la capacité
directement au réchauffement climatique. d’un bâtiment à emmagasiner de la chaleur
Ils sont principalement dus aux pollutions (ou de la fraîcheur). La propriété des
émises par les industries, les véhicules, etc. constructions à forte inertie est de
De manière, générale, par l’activité conserver une température stable et de se
humaine. réchauffer ou se refroidir très lentement,
Les principaux gaz à effet de serre sont : la alors que les constructions à faible inertie
vapeur d’eau (H2O), le dioxyde de carbone suivent sans amortissement ni retard les
(CO2), le méthane (CH4), le protoxyde fluctuations de la température
d’azote (N2O), l’ozone (O3), les gaz
fluorés (HFC, PFC, SF6), etc. La vapeur Intensité énergétique
d’eau et l’ozone ne sont pas couverts par le L’intensité énergétique est un indicateur
Protocole de Kyoto car leur cycle de vie désignant le rapport entre la consommation
est trop court. On comptabilise énergétique d’un pays et son produit

262
Glossaire

intérieur brut (PIB). Elle permet de exemple) ou sur services ou démarches


mesurer le degré d’ « efficacité (comme HQE®, par exemple).
énergétique » d’une économie. Cet
indicateur peut aussi être appliqué par P
secteur : transports, bâtiments, etc. Au
niveau mondial, l’intensité énergétique Performance énergétique
peut, par exemple, être exprimée en tonne Quantité d’énergie consommée (ou
d’équivalent pétrole (tep) par millier de estimée) pour répondre aux besoins de bon
dollars de PIB. Elle dépend entre autres de fonctionnement et de confort d’un
la structure de l’économie considérée bâtiment. Le calcul de la performance
(poids des industries et des services), de énergétique porte principalement sur les
l’efficacité énergétique des transports et performances de chauffage, d’éclairage,
des bâtiments, des politiques de maîtrise de d’eau chaude sanitaire, de systèmes de
la consommation mises en œuvre mais refroidissement, de ventilation et
aussi de facteurs climatiques ou du niveau d’alimentation des moteurs.
de vie de la population. Une intensité Un bâtiment performant sur le plan
énergétique élevée correspond à une énergétique est un bâtiment qui consomme
économie « gourmande » en énergie pour peu à confort et utilisation égale, et qui
un niveau de PIB donné. fonctionne grâce à des systèmes
Notons que les statistiques d’intensité d’efficacité énergétique optimisés et
énergétique sont souvent couplées à des adaptés.
statistiques d’ « intensité carbone » qui
mesurent les émissions de CO 2 par point Photovoltaïque
de PIB Un système photovoltaïque est un
ensemble de composants et sous-systèmes
Isolation thermique utilisés pour convertir le rayonnement
Ensemble des procédés, matériaux et solaire en énergie électrique (voir solaire
techniques mis en œuvre pour réduire les thermique et solaire photovoltaïque).
échanges de température entre l’intérieur et
l’extérieur du bâtiment. Pile à combustible
La plus courante des piles à combustible
K est la pile à hydrogène. Elle génère de
l’électricité par l’oxydation sur une
kWhep électrode d’un combustible réducteur
Kilowatt par heure d’énergie primaire. (l’hydrogène), cumulée à la réduction d’un
Unité de mesure des consommations oxydant sur une seconde électrode. La
électriques. réaction chimique et augmentée par un
catalyseur.
L
Puits canadien : Le puits canadien est un
Label système de chauffage géothermique.
Les labels comme les certifications sont Contrairement à un circuit de VMC
traditionnel, l’air introduit dans la maison a
des marques, des outils de communication.
d’abord circulé dans un conduit enfoui à
Matérialisée par un nom et un logo, la environ 2m sous le sol. A cette profondeur,
marque peut être apposée sur des produits la température varie peu, entre 10 et 16°c
ou bâtiments (comme HQE® Haute Qualité selon la période de l’année. L’air aspiré est
Environnementale ou LEED: Leadership in alors plus chaud en hiver ou plus frais en
Energy and Environmental Design, par été d’une dizaine de degré.

263
Glossaire

R particulièrement importante pour valoriser


les énergies alternatives, telles que l'éolien
Rénovation énergétique ou le solaire, sûres et renouvelables, mais
Ensemble des actions mises en œuvre pour par nature intermittentes.
rénover un bâtiment en vue d’améliorer ses
performances énergétiques. Ces actions Stockage de l'énergie thermique
peuvent porter sur l’optimisation des Le stockage de chaleur peut être réalisé à
systèmes de contrôle et de gestion de travers deux phénomènes différents
l’énergie, sur l’achat de systèmes associés aux matériaux qui assurent le
électriques et d’appareillages plus stockage. On parle alors de stockage par
performants, sur des travaux d’isolation chaleur sensible et de stockage par chaleur
d’un bâtiment, sur l’installation de latente.
systèmes de production d’énergie (solaire
photovoltaïque par exemple), etc. Réduction de l’amplitude :
Atténuation des variations entre la
S température extérieure et la température
intérieure. Si, par exemple, la température
Solaire photovoltaïque extérieure est de 30°C et la température
Energie renouvelable utilisant le intérieure de 3°C, la valeur de réduction
rayonnement du soleil pour produire de d’amplitude est de 10 (30/3°C) : la
l’électricité. variation de température, à travers la
construction de l’extérieur vers l’intérieur,
Solaire thermique est réduite d’un dixième.
Le solaire thermique permet de produire de
la chaleur à une température donnée. T
L’utilisation la plus courante et
l’alimentation du bâtiment en eau chaude TEP - tonne d’équivalent pétrole
sanitaire et chauffage. Unité conventionnelle servant de base à la
Les capteurs solaires permettent la réalisation de bilans énergétiques multi
conversion du rayonnement solaire en énergies. Elle se veut point de repère et
chaleur. prend pour référence le pétrole, l’énergie
fossile la plus largement consommée dans
Spectre : bande composée d'une le monde.
succession de raies ou de plages Une tep est l’énergie contenue dans une
lumineuses, indiquant la répartition des tonne de pétrole, soit 1165 litres de fioul.
fréquences qui constituent un rayonnement Le pouvoir calorifique d’1 tonne
électromagnétique, notamment lumineux. d’équivalent pétrole vaut, par définition,
41,868 Giga joules (Gj).
Spectre solaire : spectre obtenu avec la
lumière du soleil. V

Stockage d'énergie Ventilation mécanique


Le stockage de l'énergie est l'action qui Ventilation réalisée par un ou plusieurs
consiste à placer une quantité d'énergie en ventilateurs.
un lieu donné pour permettre son
utilisation ultérieure. Par extension, le Ventilation naturelle
terme "stockage d'énergie" est souvent Ventilation réalisée sous l'effet du vent et
employé pour désigner le stockage de de la différence de température entre l'air
matière qui contient cette énergie. La extérieur et l'air intérieur.
maîtrise du stockage de l'énergie est

264
Glossaire

265
Annexe
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Annexe A : Textes régementaires


Annexe A-1 : Loi n° 99-09 du 15 Rabie Ethani 1420 correspondant au 28 juillet 1999
relative à la maîtrise de l’énergie

Le Président de la République
Vu la Constitution, notamment ses articles 122 et 126;
Vu l’ordonnance n° 66-155 du 8 juin 1966, modifiée et complétée, portant code de procédure
pénal;
Vu l’ordonnance n° 66-156 du 8 juin 1966, modifiée et complétée, portant code pénale;
Vu l’ordonnance n° 75-58 du 26 septembre 1975, modifiée et complétée, portant code civil;
Vu l’ordonnance n° 75-59 du 26 septembre 1975, modifiée et complétée, portant code de
commerce;
Vu la loi n° 79-07 du 21 juillet 1979, modifiée et complétée, portant code des douanes;
Vu la loi n° 83-03 du 5 février 1983 relative à la protection de l’environnement;
Vu la loi n° 84-17 du 7 juillet 1984, modifiée et complétée, relative aux lois de finances;
Vu la loi n° 85-07 du 6 août 1985 relative à la production, au transport, à distribution
d’énergie électrique et à la distribution publique du gaz;
Vu la loi n° 86-14 du 19 août 1986, modifiée et complétée, relative aux activités de
prospection, de recherche, d’exploitation et de transport par canalisation des hydrocarbures;
Vu la loi n° 87-03 du 27 janvier 1987 relative à l’aménagement du territoire;
Vu la loi n° 87-09 du 10 février 1987 relative à l’organisation, la sécurité et la police de la
circulation routière;
Vu la loi n° 88-17 du 10 mai 1988 portant orientation et organisation des transports terrestres;
Vu la loi n° 89-02 du 7 février 1989 relative aux règles générales de protection du
consommateur;
Vu la loi n° 89-23 du 19 décembre 1989 relative à la normalisation;
Vu la loi n° 90-29 du 1er décembre 1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme;
Vu le décret législatif n° 93-12 du 19 Rabie Ethani 1414 correspondant 5 octobre 1993 relatif
à la promotion de l’investissement;
Vu le décret législatif n° 94-01 du 3 Chaâbane 1414 correspondant au 15 janvier 1994 relatif
au système statistique;
Après adoption par le Parlement;
Promulgue la loi dont la teneur suit:

ii
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Article 1er. - La présente loi a pour objet de définir les conditions, les moyens d’encadrement
et la mise en œuvre de la politique nationale de maîtrise de l’énergie.

TITRE I
DE LA MAITRISE DE L’ENERGIE

Chapitre I
Définitions
Art. 2. - La maîtrise de l’énergie couvre l’ensemble des mesures et des actions mises en
œuvre en vue de l’utilisation rationnelle de l’énergie, du développement des énergies
renouvelables et de la réduction de l’impact du système énergétique sur l’environnement.
Art. 3. - L’utilisation rationnelle de l’énergie couvre l’action d’optimisation de la
consommation d’énergie aux différents niveaux de la production d’énergie, de la
transformation d’énergie et de la consommation finale dans les secteurs de
l’industrie, des transports, du tertiaire et du domestique,.
Art. 4. - Le développement des énergies renouvelables, vise l’introduction et la promotion des
filières de transformation des énergies renouvelables exploitables, notamment l’énergie
solaire, la géothermie, (la biomasse), l’électricité hydraulique et l’énergie éolienne.
Art. 5. - La réduction de l’impact du système énergétique sur l’environnement consiste en la
réduction des émissions de gaz à effet de serre et des gaz d’échappement en milieu urbain.

Chapitre II
Principes et objectifs

Art. 6. - La maîtrise de l’énergie vise à orienter la demande d’énergie vers une plus grande
efficacité du système de consommation, à travers un modèle de consommation énergétique
nationale, dans le cadre de la politique énergétique nationale.
Le modèle de consommation énergétique nationale, en tant que cadre de référence pour
l’orientation et la gestion de la demande d’énergie, repose sur les options, énergétiques
suivantes:
- l’utilisation prioritaire et maximale du gaz naturel, notamment pour les usages thermiques
finaux;
- le développement de l’utilisation des gaz de pétrole liquéfiés (GPL), en complémentarité
avec le gaz naturel;
iii
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

- l’orientation de l’électricité vers ses usages spécifiques;


- la promotion des énergies renouvelables;
- la réduction progressive de la part des produits pétroliers dans le bilan de la consommation
nationale d’énergie;
- la conservation de l’énergie, la substitution inter-énergies et les économies d’énergie au
niveau de la production de l’énergie, de sa transformation et de son utilisation.
Art. 7. - La maîtrise de l’énergie est une activité d’utilité publique qui permet d’assurer et
d’encourager le progrès technologique, l’amélioration de l’efficacité économique et de
contribuer au développement durable, à travers notamment:
- la préservation et l’accroissement des ressources énergétiques nationales non renouvelables;
- la promotion de la recherche/développement, de l’innovation technique et la diffusion des
technologies efficaces;
- l’amélioration du cadre de vie, la protection de l’environnement et la contribution à la
recherche des meilleurs équilibres en matière d’aménagement du territoire;
- la réduction des besoins d’investissements dans le secteur de l’énergie;
- la satisfaction des besoins énergétiques nationaux;
- l’amélioration de la productivité nationale et la compétitivité des entreprises au niveau
national et international.

TITRE II
MODALITES DE CONCRETISATION DE LA MAITRISE DE L’ENERGIE

Art. 8. - La mise en œuvre de la maîtrise de l’énergie repose notamment sur les obligations,
les conditions et les moyens nécessaires suivants:
- l’introduction des normes et exigences d’efficacité énergétique;
- le contrôle d’efficacité énergétique;
- l’audit énergétique obligatoire et périodique;
- le programme national de maîtrise de l’énergie;
- la recherche/développement;
- le financement de la maîtrise de l’énergie;
- les mesures d’encouragement et d’incitation;
- la coordination des actions de maîtrise de l’énergie;
- l’amélioration de la connaissance du système énergétique; la sensibilisation des utilisateurs.

iv
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Chapitre I
Normes et exigences d’efficacité énergétique

Art. 9. - Des normes et exigences d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie, établies


dans le cadre de réglementations spécifiques, régissent les constructions et bâtiments neufs
ainsi que les appareils fonctionnant à l’électricité, aux gaz et aux produits pétroliers.

Section I
L’isolation thermique dans les bâtiments neufs

Art. 10. - Les normes d’isolation thermique dans les bâtiments neufs sont fixées par voie
réglementaire.
Les normes d’isolation thermique sont des normes de construction et de rendement
énergétique qui favorisent les économies d’énergie.
Art. 11. - La réglementation thermique dans les bâtiments neufs, s’appliquant à la conception
et à la construction des bâtiments, détermine:
- les catégories de bâtiments et les normes de rendement énergétique y afférentes, selon les
données climatiques des lieux où sont situés les bâtiments;
- les normes techniques relatives à la construction se rapportant à la résistance thermique, à
l’étanchéité des ouvertures de l’enveloppe extérieure d’un bâtiment, à la qualité des matériaux
d’isolation et leur mode d’installation, à la fenestration, aux dispositifs des systèmes de
chauffage ou de climatisation;
- les modalités relatives à la certification et au contrôle de conformité avec les normes
d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie.
Art. 12. - A titre transitoire, le caractère obligatoire de l’isolation thermique ne s’applique pas
aux bâtiments individuels.
Les modalités d’application du présent article sont fixées par voie réglementaire.

Section 2
Les appareils fonctionnant à l’électricité, aux gaz et aux produits pétroliers

Art. 13. - Les normes d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie, s’appliquant aux
appareils fonctionnant à l’électricité, aux gaz et aux produits pétroliers, concernent tout
appareil neuf vendu ou utilisé sur le territoire national.
v
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Art. 14. - Les rendements énergétiques des appareils doivent être étiquetés sur les appareils et
sur leur emballage.
Art. 15. - La réglementation sur l’efficacité énergétique doit déterminer notamment:
- les catégories d’appareils et les normes relatives à leur rendement énergétique;
- la procédure de certification ou d’homologation des appareils;
- le système d’étiquetage des appareils, notamment la forme, le matériau, la dimension, la
couleur, la façon d’apposer et la localisation des étiquettes ou des marques distinctives qu’ils
doivent comporter.

Chapitre II
Contrôle d’efficacité énergétique

Art. 16. - Il est institué un contrôle d’efficacité énergétique qui permet de constater et de
certifier la conformité aux normes relatives au rendement énergétique des équipements,
matériels et appareils.
Art. 17. - Le contrôle d’efficacité énergétique est assuré par des organismes et/ou des
laboratoires compétents, chargés de la certification et de l’homologation et agréés par les
ministères concernés.
Art. 18. - Le contrôle d’efficacité énergétique s’applique, notamment, aux:
- bâtiments neufs, en vue de la certification de conformité avec les normes de rendement
énergétique des bâtiments;
- appareils fonctionnant à l’électricité, au gaz et aux produits pétroliers raffinés, en vue de la
certification de conformité avec les normes de rendement énergétique des appareils ainsi que
le contrôle de la conformité de l’étiquetage des appareils;
- véhicules et engins à moteurs par inspection périodique, sur la base de normes établies à
l’échelle nationale, en vue de s’assurer de leur fonctionnement dans des conditions conformes
aux normes de rendement énergétique et normes de l’environnement.
Art. 19. - Les modalités d’organisation et d’exercice du contrôle d’efficacité énergétique sont
fixées par voie réglementaire.

vi
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Chapitre III
L’audit énergétique

Art. 20. - Il est institué un système d’audit énergétique obligatoire et périodique pour établir
le suivi et le contrôle de la consommation d’énergie des établissements grands
consommateurs d’énergie dans les secteurs de l’industrie, du transport et du tertiaire, en vue
d’assurer l’optimisation énergétique de leur fonctionnement.
Art. 21. - L’audit énergétique comprend un ensemble d’investigations techniques et
économiques, des contrôles de performances énergétiques des équipements et des procédés
techniques, l’identification des causes de la surconsommation de l’énergie et la proposition
d’un plan d’actions correctives.
Art. 22. - Les audits énergétiques sont effectués par les bureaux d’études et les experts agréés
par le ministère chargé de l’énergie et sous son contrôle.
Art. 23. - Les seuils de consommation énergétique déterminant les critères d’assujettissement
des établissements à l’audit, la périodicité de l’audit, les modalités d’exercice de l’audit
énergétique et d’agrément des auditeurs sont fixés par voie réglementaire.

Chapitre IV
La sensibilisation des utilisateurs

Art. 24. - Des actions de formation, de perfectionnement technique et de démonstration, en


direction des administrations, des collectivités territoriales et des établissements publics et
privés, doivent être mises en œuvre pour promouvoir l’efficacité énergétique et les économies
d’énergie.
Ces actions et ces opérations sont définies dans le cadre du programme d’efficacité
énergétique prévu dans le cadre de la présente loi.
Art. 25. - Des actions de sensibilisation, d’éducation et d’information en direction,
notamment du grand public et du milieu scolaire, seront mises en œuvre en vue de vulgariser
et de promouvoir la culture des économies d’énergie. Ces actions doivent être inscrites dans
les programmes de l’éducation nationale, de communication et de publicité éducative, établis
par l’Etat.

vii
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Chapitre V
Le programme national de maîtrise de l’énergie

Art. 26. - Le programme national pour la maîtrise de l’énergie regroupe l’ensemble des
projets, des mesures et des actions dans les domaines suivants:
- l’économie d’énergie,
- l’économie inter-énergétique,
- la promotion des énergies renouvelables,
- l’élaboration des normes d’efficacité énergétique,
- la réduction de l’impact énergétique sur l’environnement,
- la sensibilisation, l’éducation, l’information et la formation en matière d’efficacité
énergétique,
- la recherche/développement en efficacité énergétique.
Le programme national pour la maîtrise de l’énergie revêt un caractère pluriannuel.
Art. 27. - La tranche annuelle du programme national pour la maîtrise de l’énergie peut faire
l’objet d’une révision et d’une consolidation par l’inscription de mesures, d’actions ou de
projets d’efficacité énergétique jugés prioritaires.
Art. 28. - Les modalités d’élaboration du programme national pour la maîtrise de l’énergie
sont fixées par voie réglementaire.

Chapitre VI
Le financement de la maîtrise de l’énergie

Art. 29. - Un fonds national pour la maîtrise de l’énergie est institué pour le financement du
programme national pour la maîtrise de l’énergie.
Art. 30. - Le fonds national pour la maîtrise de l’énergie est alimenté par:
- les taxes graduelles sur la consommation nationale d’énergie,
- les niveaux des taxes nécessaires à l’approvisionnement du fonds, fixés par la loi de
finances, sont déterminés sur la base des besoins de financement de la tranche annuelle du
programme national pour la maîtrise de l’énergie,
- les subventions de l’Etat,
- le produit des amendes prévues dans le cadre de la présente loi,
- des taxes sur les appareils énergivores.

viii
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Art. 31. - On entend par appareils énergivores, tout appareil fonctionnant à l’électricité, au
gaz et au produit pétrolier dont la consommation dépasse les normes spécifiques de
consommation d’énergie fixées par la réglementation.
Art. 32. - Les modalités d’utilisation des produits du fonds seront fixées par voie
réglementaire.

Chapitre VII
Les mesures d’incitation et d’encouragement

Art. 33. - Des avantages financiers, fiscaux et en matière de droits de douane peuvent être
accordés pour les actions et les projets qui concourent à l’amélioration de l’efficacité
énergétique et à la promotion des énergies renouvelables.
En outre, ces actions et projets bénéficient des avantages prévus dans le cadre de la législation
et la réglementation en matière de promotion des investissements et au bénéfice des activités
déclarées prioritaires.
Art. 34. - Les conditions et les modalités d’accès à ces avantages sont fixées par voie
réglementaire.

Chapitre VIII
La connaissance du système énergétique national

Art. 35. - L’organisation, le développement, la gestion et la conservation des données


statistiques sur l’énergie sont assurés par un organisme national compétent.
Les données statistiques sur l’énergie sont centralisées au sein de cet organisme afin d’assurer
le traitement et la diffusion d’informations statistiques fiables pour parfaire la connaissance
du système énergétique national et permettre:
- la maîtrise de la consommation énergétique nationale, notamment à l’aide des enquêtes de
consommation de l’énergie;
- l’élaboration du bilan énergétique national;
- l’élaboration d’études prévisionnelles sur la demande d’énergie et l’évaluation des potentiels
d’efficacité énergétique;
- la mise en œuvre, dans les meilleures conditions; des actions d’efficacité énergétique
définies dans le cadre du programme national pour la maîtrise de l’énergie;
- l’évaluation périodique du développement de l’efficacité énergétique;
ix
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

- l’évaluation périodique des performances de l’efficacité économique du système


énergétique.
Art. 36. - Les modalités d’organisation, de la collecte, du traitement de la diffusion et de la
conservation des données énergétiques sont fixées par voie réglementaire.

Chapitre IX
La coordination des actions de maîtrise de l’énergie

Art. 37. - La mise en œuvre des mesures et des actions de maîtrise de l’énergie
est confiée à un organisme national compétent au niveau central.
Art. 38. - L’opération de coordination technique peut être confiée à un ou plusieurs autres
organismes.
Art. 39. - Compte tenu du caractère d’utilité publique de la maîtrise de l’énergie, le ou les
organismes chargés de la maîtrise de l’énergie bénéficient:
- de subventions annuelles correspondant à des sujétions de service public définies dans le
cadre du cahier des charges;
- des subventions en matière de fiscalité et de droits de douane pour l’acquisition
d’équipements, d’instruments et autres moyens de travail nécessaires à la prise en charge de
ces missions de service public.

TITRE III
CONTROLE ET SANCTIONS

Art. 40. - La non-conformité aux normes établies par la réglementation d’isolation thermique
dans les bâtiments neufs expose les bénéficiaires des travaux aux mesures et sanctions
prévues par la législation et la réglementation en vigueur en matière de construction et
d’urbanisme.
Art. 41. - Les appareils neufs, vendus ou utilisés sur le territoire national, fonctionnant à
l’électricité, au gaz et aux produits pétroliers, dont la consommation est excessive par rapport
aux normes d’efficacité énergétique établies, sont soumis à une taxe fixée par la législation.
Art. 42. - Les appareils usagés et les véhicules à moteur usagés non conformes aux normes
d’efficacité énergétiques sont interdits à l’importation.
Sont exclus, conformément aux lois en vigueur, les appareils et les véhicules à usage
personnel importés par les particuliers.
x
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Art. 43. - Toute infraction aux dispositions relatives à l’étiquetage des rendements
énergétiques expose les contrevenants aux sanctions prévues par la législation et la
réglementation en vigueur relatives à l’étiquetage.
Art. 44. - Le contrôle d’efficacité énergétique des véhicules à moteurs est régi par les
dispositions législatives et réglementaires en vigueur en matière de contrôle technique et
périodique des véhicules à moteurs et en matière de contrôle des émissions atmosphériques.
Art. 45. - Les établissements soumis à l’obligation de l’audit énergétique et qui ne s’y
conforment pas dans un délai de six (6) mois, à compter de la date qui leur sera notifiée, sont
passibles d’une amende équivalente au double du coût de l’audit.
Ces établissements restent soumis à l’obligation de l’audit et un bureau d’audit sera désigné
obligatoirement pour réaliser l’audit auprès de l’établissement concerné.
Art. 46. - Les exploitants d’établissements, d’infrastructures ou d’équipements soumis au
contrôle sont tenus de faciliter l’accès de leurs locaux et équipements aux agents mandatés à
cet effet.
En cas de refus, et après une mise en demeure, les exploitants s’exposent à une amende égale
au montant de la facture énergétique annuelle déterminée sur la base du dernier exercice.
Art. 47. - Le non respect des dispositions prévues à l’article 33 de la présente loi relatif aux
mesures d’incitation et d’encouragement entraîne la déchéance partielle ou totale des
avantages octroyés.
Art. 48. - Les infractions aux dispositions de la présente loi sont constatées par des procès-
verbaux, établis par des agents dûment mandatés, conformément aux procédures spécifiques
qui sont fixées par voie réglementaire.
Art. 49. - Les procès-verbaux constatant les infractions sont adressés au procureur de la
République, avec copie au ministère chargé de l’énergie.
Art. 50. - Toute infraction aux dispositions de la présente loi et des textes pris pour son
application est réprimée conformément aux dispositions du code pénal.
Art. 51. - La présente loi sera publiée au Journal officiel de la
République algérienne démocratique et populaire.

Fait à Alger, le 15 Rabie Ethani 1420


Correspondant au 28 juillet 1999.
Abdelaziz BOUTEFLIKA.

xi
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Annexe A-2 : Décret exécutif n° 2000-90 du 19 Moharram 1421 correspondant au 24


avril 2000 portant réglementation thermique dans les bâtiments neufs

Le Chef du Gouvernement,
Sur le rapport conjoint du ministre de l’habitat et du ministre de l’énergie et des mines;
Vu la Constitution, notamment ses articles 85-4° et 125 (alinéa 2);
Vu la loi n° 83-03 du 5 février 1983 relative à la protection de l’environnement;
Vu la loi n° 90-29 du 1er décembre 1990 relative à l’aménagement et à l’urbanisme;
Vu la loi n° 99-09 du 15 Rabie Ethani 1420 correspondant au 28 juillet 1999 relative à la
maîtrise de l’énergie, notamment ses articles 11 et 12;
Vu le décret présidentiel n° 99-299 du 15 Ramadhan 1420 correspondant au 23 décembre
1999 portant nomination du Chef du Gouvernement;
Vu le décret présidentiel n° 99-300 du 16 Ramadhan 1420 correspondant au 24 décembre
1999 portant nomination des membres du Gouvernement;
Décrète:
Article 1er.- En application des dispositions des articles 11 et 12 de la loi n° 99-09 du 15
Rabie Ethani 1420 correspondant au 28 juillet 1999 susvisée, le présent décret a pour objet de
fixer la règlementation thermique dans les bâtiments neufs.
Art.2. - Pour l’application des dispositions, du présent décret, il est entendu par bâtiments
neufs :
- Les bâtiments neufs à usage d’habitation;
- Les bâtiments neufs à un usage autre que l’habitation;
- La partie de construction réalisée comme extension du bâtiment existant.
Art.3. - Pour l’application des dispositions du présent décret, il est, entendu par bâtiments
individuels, les bâtiments neufs individuels à usage d’habitation.
Art.4. - Le maître d’ouvrage est tenu de s’assurer que la conception et la construction des
bâtiments neufs obéissent aux principes suivants :
- Les caractéristiques thermiques des bâtiments neufs doivent être telles que les transferts de
chaleur par transmission thermique, à travers les parois constituant l’enveloppe de ces
bâtiments, soient en adéquation avec les niveaux de transfert de chaleur requis;
- Les systèmes de ventilation dans les bâtiments neufs doivent être tels que le renouvellement
d’air soit en adéquation avec le niveau de renouvellement d’air requis;
- Les systèmes de chauffage d’hiver et de climatisation d’été dans les bâtiments doivent
comporter des dispositifs automatiques de régulation.
xii
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Art. 5. - Les caractéristiques d’isolation thermique dans les bâtiments neufs doivent répondre
à l’une au moins des deux conditions ci-après:
- Les déperditions calorifiques calculées pour la période d’hiver doivent être inférieures à une
limite appelée «déperdition de référence»;
- Les apports calorifiques calculés pour la période d’été doivent être inférieurs à une limite
appelée «apport de référence».
Art. 6. - Les valeurs de référence relatives aux déperditions et aux apports calorifiques
concernant les bâtiments neufs à usage d’habitation sont fixées dans des documents
techniques règlementaires (D.T.R) approuvés par arrêté du ministre chargé de l’habitat.
Art.7. - Les valeurs de références relatives aux déperditions et aux apports calorifiques
concernant les bâtiments neufs à un usage autre que d’habitation sont fixées dans des
documents techniques règlementaires (D.T.R) approuvés par arrêté conjoint du ministre
chargé de l’habitat, du ministre chargé de l’énergie et des ministres concernés.
Art. 8. - Sont également définies dans les documents techniques règlementaires (D.T.R.) visés
dans les articles 6 et 7 ci-dessus :
- les méthodes relatives au calcul des déperditions et des apports calorifiques;
- les zones climatiques correspondant aux périodes d’hiver et d’été ainsi que les valeurs des
paramètres du climat extérieur associés aux zones climatiques;
- les valeurs limites pour le climat intérieur des locaux.
Art. 9. - Le débit de renouvellement d’air induit par le système de ventilation doit être :
- inférieur à une limite appelée débit d’air neuf de référence;
- supérieur ou égal à un débit minimal d’air neuf.
Art.10. - Le débit minimal d’air neuf et le débit d’air neuf de référence des bâtiments neufs à
usage d’habitation sont définis dans des documents techniques règlementaires (D.T.R)
approuvés par arrêté du ministre chargé de l’habitat.
Art.11. - Le débit minimal d’air neuf et débit d’air neuf de références des bâtiments neufs à
usage autre que d’habitation sont définis dans des documents techniques règlementaires
(D.T.R) approuvés par arrêté conjoint du ministre chargé de l’habitat, du ministre chargé de
l’énergie et des ministres concernés.
Art.12. - Sont également définies dans les documents techniques règlementaires visés dans
les articles 10 et 11 ci-dessus, les méthodes relatives au calcul du débit de renouvellement
d’air.

xiii
Annexe A : Textes réglementaires Annexe

Art.13. - Les ouvrants, entre un local climatisé et l’espace extérieur ou entre un local
climatisé et un local non climatisé, doivent avoir une perméabilité à l’air inférieure à la valeur
de référence définie dans des documents techniques règlementaires (D.T.R) approuvés par
arrêté du ministre chargé de l’habitat.
Art.14. - Les systèmes de chauffage d’hiver, à l’exception des installations individuelles dont
le principe de fonctionnement n’autorise que le réglage manuel, doivent comporter des
dispositifs automatiques qui régulent la fourniture de chaleur en fonction, soit du climat
intérieur, soit du climat extérieur.
Art.15. - Les systèmes de climatisation d’été doivent comporter des dispositifs automatiques
qui régulent la fourniture du froid en fonction, soit du climat intérieur, soit du climat
extérieur.
Art.16. - Les modalités d’application des articles 14 et 15 ci-dessus sont précisées par arrêté
conjoint du ministre chargé de l’habitat, du ministre chargé de l’énergie et des ministres
concernés,
Art.17. - La période transitoire pendant laquelle le caractère obligatoire de l’isolation
thermique ne s’applique pas aux bâtiments neufs individuels est fixée à cinq (5) ans à compter
de la date de publication du présent décret au Journal officiel de la République algérienne
démocratique et populaire.
Art. 18. - Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République algérienne
démocratique et populaire.

Fait à Alger, le 19 Moharrarn 1421


correspondant au 24 avril 2000.
Ahmed BENBITOUR.

xiv
Annexe B: formulaire d’enquête Annexe

Informations à collecter

A) Répondeur

1) Nom et Prénom :

2) Adresse :

3) Sexe
□Male □ Femelle

4) Age
□ 15-20 □ 21-25 □ 26-30 □ 31-40 □ 41-50 □ 51-60 □ 61 et plus

5) Occupation
□ Etudiant □ Employé □ Marchand privé □ Enseignant □ Ingénieur
□ Femme au foyer □ Autre

6) Taille de la famille (incluant le répondeur)


□ 2-5 □ 6-8 □ 9-10 □ 11-12 □ 13-15 □ 16-20

7) Est ce que le nombre de personne par foyer enquêté est variable selon les saisons de
l'année?
□ Oui □ Non
Nombre en hiver=
Nombre en été=

B) Logement

8) Typologie du logement
□ Coloniale française : 1872-1920 □ 1939- 1957 □ 1958-1962
□ Postcoloniale : 1974-1989 □ 1990-2016

9) Désignation du logement
□RDC □1er □ 2ième □ 3ième □ 4ième □ Plus

10) Matériaux de construction


□ Plâtre □ Pierre □ Terre □ Béton □ Autre

xv
Annexe B: formulaire d’enquête Annexe

11) Compositions du logement

Espace remarques
Hall
Couloir
Salon
Cuisine
Salle de bain
Toilette
Buanderie
Nombre de chambres
Chambre de jeux
Chambre des parents
Chambre des enfants
Chambre de stockage
Chambre de travail
Chambre de lecture
Balcon
Terrasse

12) Combien de temps vous avez vécu dans cette maison ?


□ Année

13) Est ce que vous avez déménagé d’une autre maison ?


□ Oui □ Non
□Ancienne □moderne

14) Si oui, laquelle vous préférez en terme de caractéristiques suivant ?


er
1 cas
Organisation Température Lumière du jour
De l’ancien 1
A l’ancien 2
Au moderne

2ème cas
Organisation Température Lumière du jour
Du moderne
Au moderne
A l’ancien

xvi
Annexe B: formulaire d’enquête Annexe

C) Diagramme des activités

15) En Hiver
Activités Heures
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Faire le ménage
Cuisiner
Manger
Séjourner
Recevoir homme
Recevoir femme
Dormir
lire
Ecrire
Travailler avec appareils
Jouer (enfants)

16) En Eté
Activités Heures
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Faire le ménage
Cuisiner
Manger
Séjourner
Recevoir homme
Recevoir femme
Dormir
lire
Ecrire
Travailler avec appareils
Jouer (enfants)

D) Énergie

17) □ Oui □ Non

18) Le montant de la facture d’électricité et du gaz ?

Gaz électricité
Consommation Montant (DA) Consommation Montant (DA)
(thermie) (Kwh)
En automne
En hiver
En printemps
En été

xvii
Annexe B: formulaire d’enquête Annexe

19) Quels appareils ménagers vous en disposez ?


Appareils Type Nombre
□ Cuisinière à gaz
□ Cuisinière électrique
□ Four électrique
□ Four micro-onde
□ Plaque chauffante
□ Télévision
□ Réfrigérateur
□ Machine à laver
□ Postecassette/lecteur DVD
□ Lave vaisselle
□ Ordinateur
□ Congélateur
□ Imprimante
□ Fer à repasser
□ Séchoir

E) Température

20) Est ce que vous avez un système de chauffage dans votre maison ?
□ Oui □ Non

21) Est ce que vous avez un système de climatisation dans votre maison ?
□ Oui □ Non

22) De quel type sont ils ?


Système de chauffage : □ Système central □ Système ponctuel
Système de climatisation : □ Système central □ Système ponctuel

23) Dans quel espace utilisez vous le système de chauffage ou de climatisation ?

Système de chauffage Système de climatisation


Hall
Couloir
Salon
Cuisine
Chambres
Chambre des jeux
Chambre de stockage
Chambre de travail
Chambre de lecture
Coin de prière

xviii
Annexe B: formulaire d’enquête Annexe

24) Quel est le calendrier de fonctionnement du chauffage ?

Date d’activation Date de désactivation


Jour Mois Jour Mois
1 2 3 4 5 6 7 8 Javier Février Mars 1 2 3 4 5 6 7 8 Javier Février Mars

9 10 11 12 13 14 15 16 Avril Mai Juin 9 10 11 12 13 14 15 16 Avril Mai Juin

17 18 19 20 21 22 23 24 Juillet Aout Septembre 17 18 19 20 21 22 23 24 Juillet Aout Septembre

25 26 27 28 29 30 31 Octobre Novembre Décembre 25 26 27 28 29 30 31 Octobre Novembre Décembre

25) Quel est le calendrier de fonctionnement de climatisation ?

Date d’activation Date de désactivation


Jour Mois Jour Mois
1 2 3 4 5 6 7 8 Javier Février Mars 1 2 3 4 5 6 7 8 Javier Février Mars

9 10 11 12 13 14 15 16 Avril Mai Juin 9 10 11 12 13 14 15 16 Avril Mai Juin

17 18 19 20 21 22 23 24 Juillet Aout Septembre 17 18 19 20 21 22 23 24 Juillet Aout Septembre

25 26 27 28 29 30 31 Octobre Novembre Décembre 25 26 27 28 29 30 31 Octobre Novembre Décembre

26) Combien de temps l’utilisez-vous?

Système de chauffage Système de climatisation


Tout le temps
Matin Soir Matin Soir
Quelque temps De .. à .. De .. à .. De .. à .. De .. à ..

27) Vous les réglez à combien en général ?

Système de chauffage Système de climatisation


Réglage

28) Si non, quelle est la cause?

Système de chauffage système de climatisation


Non disponible
Cher
On en n’a pas besoin

xix
Annexe B: formulaire d’enquête Annexe

F) Ventilation:
29) Pour quel activité avez vous besoin d’ouvrir les fenêtres ?
En hiver
Activités Heures
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Faire le ménage
Cuisiner
Manger
Séjourner
Recevoir homme
Recevoir femme
Dormir
lire
Ecrire
Travailler avec appareils
Jouer (enfants)

En été
Activités Heures
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24
Faire le ménage
Cuisiner
Manger
Séjourner
Recevoir homme
Recevoir femme
Dormir
lire
Ecrire
Travailler avec appareils
Jouer (enfants)

G) Eau chaude sanitaire :

30) Est ce que vous utilisez de l'eau chaude sanitaire ?


□ Oui □ Non

31) Combien vous estimez votre consommation ?


Le montant de la facture d’eau
En hiver = DA ,
En été = DA

32) Avec quel système elle est produite ?


□ Chauffe-eau à gaz de ville
□ Chaudière à gaz
□ Chaudière électrique
□ Cumulus électrique
□ Autre

xx
Annexe C : Le logogramme schématisant la méthode développée par cette étude Annexe

Figure C-1. Le logogramme schématisant la méthode développée par cette étude (l’Auteur, 2018).

xxi
Annexe D : Système d’évaluation de l’efficacité énergétique et durabilité en Annexe
Algérie

Annexe D : Système d’évaluation de l’efficacité énergétique dans les bâtiments


Réglementation et normes utilisées
Règlementation Algérienne
- Loi sur la Maîtrise d’énergie
- Décret exécutif 90-2000
- DTR C 3-2
- DTR C 3-4
AUTRES
- Normes ISO
- Normes NF
- Normes DIN

Critères d’évaluation :
Critère 1: Compacité
• Les déperditions énergétiques dans le bâtiment dépendent de la géométrie de l’enveloppe.
• Les performances thermiques sont meilleures quand le rapport de la surface par le volume
conditionné est faible.

Critère 2: les apports à travers les parois vitrées


• Les apports énergétiques en été à travers les parois vitrées peuvent présenter une partie
importante des apports totaux d’un bâtiment.
• Ils peuvent être scindés en deux parties :
 Les apports dus à la transmission thermique
 Les apports dus à l’ensoleillement
• Ces apports dépendent des caractéristiques de la baies vitrée (vitrage, cadre, etc.) ainsi que des
orientations et de la protection adoptée.

Critère 3: les apports à travers les parois opaques


• Les apports à travers les parois opaques dépendent du gradient de température et aussi de
l’ensoleillement.
• Les murs et les toitures sont les deux éléments opaques les plus importants de point de vue
apport thermique.
• On distingue alors dans ce critère les deux indicateurs :
 Les apports à travers les murs extérieurs
 Les apports à travers les toitures
• Ces apports dépendent des caractéristiques des matériaux constituant les parois opaques mai
aussi la couleur, les orientations et l’inertie du bâtiment.

xxii
Annexe D : Système d’évaluation de l’efficacité énergétique et durabilité en Annexe
Algérie

Critère 4: Protection thermique en été


Les apports à travers les vitrages représentent une grande part des apports totaux dans le bilan
énergétique en été. Une réduction de ces charges tant directes que diffuses conduit à une réduction de
la demande en énergie de climatisation et augmente le confort.

Critère 5: Les besoins en énergie en hiver


Les besoins énergétiques en hiver viennent compenser les déperditions à travers l’enveloppe du
bâtiment. Ces déperditions dépendent des matériaux constituant les parois opaques et vitrées ainsi que
de leurs surfaces. Ces apports sont en rapport direct avec la consommation en énergie du bâtiment.

Critère 6: les apports en énergie en été


Les apports énergétiques en été dépendent entre autre de l’enveloppe du bâtiment, des matériaux
constituant les parois opaques, du taux et de la qualité des bais vitrées, ainsi que des orientations des
différentes façades. Ces apports sont en rapport direct avec la consommation en énergie du bâtiment.

Critère 7: L’utilisation des énergies renouvelables


On peut proposer des systèmes de chauffe-eaux solaires, panneaux photovoltaïques ou autres afin
d’améliorer la performance thermique du bâtiment, de préserver les ressources naturelles et lutter
contre le réchauffement climatique.

Critère 8 : la puissance électrique


Les équipements électriques installés dans le bâtiment sont des consommateurs potentiels de l’énergie
électrique. Le rendement de ces équipements, dépendant essentiellement de leurs technologies, est un
facteur majeur afin de diminuer la puissance installée et par suite l’énergie consommée pour les
mêmes qualités de service.

Critère 9 : Emission de CO 2
Le secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire) est, parmi les secteurs économiques, le plus gros
consommateur d’énergie. Il représente plus de 41 % des consommations énergétiques nationales et
plus de 16% des émissions de CO 2 .
Dans un contexte mondial de lutte contre les changements climatiques, les pays s’attachent à réduire
leur émission de gaz à effet de serre notamment le CO 2 qui en est le principal.

Critère 10 : Spécifications des éléments du bâtiment


Le phénomène climatique « Ilot de chaleur urbain » constitue un enjeu en matière d’économie
d’énergie et au changement climatique dans les prochaines années.
Les principales sources responsables de ce phénomène sont :
• La transformation et la réduction d’espaces verts par des matériaux qui absorbent la chaleur
comme les toits, les murs des bâtiments ainsi que les chaussées ;

xxiii
Annexe D : Système d’évaluation de l’efficacité énergétique et durabilité en Annexe
Algérie

• Les matériaux absorbent la chaleur pendant la journée la restituent pendant la nuit ;


• la présence des flux de chaleur lié au chauffage urbain, à la circulation automobile et à
l’activité industrielle.
Le contrôle et l’amélioration de la qualité de ces espaces vis-à-vis du confort des usagers, de la qualité
de l’air, ou de la demande énergétique des bâtiments au sein de la ville sont devenus indispensables.
Avec des arrangements adéquats, il est possible d’améliorer le climat local.
En effet on pourra jouer ces plusieurs facteurs pour atténuer l’effet des « Îlots de Chaleurs Urbains »,
on peut citer :
 l’amélioration des caractéristiques des matériaux de construction
 la présence des espaces verts
 la présence des étendues d’eau.

Critère 11 : Économie
Le Coût élevé d’un bâtiment s’étale sur toute sa durée de vie. Il inclut non seulement les frais de
construction mais aussi les frais d’exploitation et puis de démolition.
Une approche économique a pour but de minimiser ses coûts ; dans notre contexte on vise à minimiser
les consommations de l’énergie relatives au chauffage et au refroidissement.

Critère 12 : Les spécifications des équipements techniques


Le concept de l’efficacité énergétique comporte un volet dit passif et un autre dit actif. Le premier
s’intéresse surtout à tout ce qui est enveloppe et son isolation et son comportement vis-à-vis de
l’ensoleillement.
Le second a trait surtout aux équipements, leur contrôle et leurs régulations.
Ce critère fait partie de cette deuxième famille. Il prend en charge trois volets qui sont
respectivement : l’amélioration des rendements des chaudières et des climatiseurs la limitation des
déperditions dans les canalisations l’incorporation des éléments de contrôle et de régulations dans les
équipements.

Critère 13 : Confort (La température et la lumière du jour)


Les conforts, thermique et visuel, sont importants pour améliorer l’efficacité et la performance du
travail.
Le confort thermique est en relation directe avec la consommation énergétique du bâtiment.
D’autre part, l’utilisation adéquate de la lumière du jour peut conduire à des économies notables
relatives à l’utilisation de l’éclairage artificiel et à la climatisation.

xxiv
Annexe D : Système d’évaluation de l’efficacité énergétique et durabilité en Annexe
Algérie

Critère 14 :Innovation
L’innovation pour l’amélioration de l’efficacité énergétique est la capacité du concepteur à proposer
des solutions inédites, voire des créations, qui améliorent le comportement énergétique du bâtiments
(Denker et al., 2014).

Tableau C-1 : Grille de notation détaillée (Source : Denker et al., 2014)


Note Note du
Note de Note
Critère indicateur du pondération critère
l’indicateur maximale
critère pondéré
Critère 1 Compacité du projet 10 0,5
Indicateur I : C=A/V 10
Critère 2 Apports à travers les parois 10 1
vitrées
Indicateur I : AVT [W] ; les 5
apports dus au gradient de
température
Indicateur II : AVE [W] ; les 5
apports dus à l’ensoleillement
Critère 3 Apports à travers les parois 10 0,5
opaques
Indicateur 1 : APO mur [W] ; les 5
apports à travers les murs
Indicateur II : APO toiture [W] ; 5
les apports à travers les toitures
Critère 4 Protection thermique en été 10 1
Indicateur I : f (TBV ; FStotal ; 10
orientation)
Critère 5 Besoins d’énergie en hiver 10 0,5
Indicateur 1 : DT [W/°C] ; les 4
déperditions thermiques par
transmission
Indicateur II : DR [W/°C] ; les 2
déperditions thermiques par
renouvellement d’air
Indicateur III : Q[W] ; la 2
puissance de chauffage fournie
par une chaufferie
Indicateur IV : ECh [kWh/a] ; les 2
besoins en énergie de chauffage
Critère 6 Apports d’énergie en été 10 1
Indicateur I : les apports 4
thermiques à travers les parois
Indicateur II : AV[W] ; les 4
apports thermiques à travers les
parois vitrées
Indicateur III : Eclim [kWh/a] ; 2
les besoins en énergie pour le
refroidissement en été
Critère 7 CO 2 - émissions 10 0,5
Indicateur I: m CO2 /m réf,CO2 10
Critère 8 Utilisation des énergies 10 1
renouvelables
Indicateur I :part des énergies 10
renouvelables
Critère 9 La Puissance électrique 10 0,5
Indicateur : taux de l’utilisation 10
de la puissance électrique

xxv
Annexe D : Système d’évaluation de l’efficacité énergétique et durabilité en Annexe
Algérie

provenant du réseau
Critère 10 Économie (chauffage, 10 1
climatisation
Indicateur I : rapport des coûts de 10
consommation d’énergie C/Créf
Critère 11 Spécifications des éléments du 10 0,5
bâtiment
Indicateur I : niveau de réduction 10
du phénomène d’ilot de chaleur
Critère 12 Spécifications des équipements 10 0,7
du bâtiment
Indicateur 1 : la technologie et le 3
rendement des chaudières
utilisées
Indicateur II : la moyenne 3
pondérée des COP des différents
appareils de refroidissement
Indicateur III : le calorifugeage 2
des canalisations traversant les
espaces non conditionnés
Indicateur IV : le type du contrôle 2
ou de la régulation des éléments
de l’installation
Critère 13 Confort (Température et lumière 10 0,8
du jour)
Indicateur 1 : la différence entre 2
la T° intérieur et la T° de la
surface du plafond
Indicateur II: la différence entre 2
la T° intérieur et la T° de la
surface du mur extérieur
Indicateur III: la différence entre 2
la T° intérieur et la T° de la
surface de surface du vitrage
Indicateur IV : la surface 4
minimale des vitrages
Critère 14 Innovation 10 1
Indicateur : niveau d’innovation 10
Total 100
points
Important :
- L’indicateur I du critère 5 est considéré comme un indicateur majeur, toute note inférieure à 1 est
éliminatoire.
- L’indicateur I du critère 6 est considéré comme un indicateur majeur, toute note inférieur à 1 est éliminatoire.
- Un total inférieur à 30 obtenu à l’ensemble des critères est éliminatoire.

xxvi
Annexe E : Publications Annexe

Annexe E: Publications

 Djebbar, K.-B., Salem, S. and Mokhtari, A. (2018), “A Multi-objective optimization


approach of housing in Algeria. A step towards sustainability”, Urbanism. Arhitectură.
Construcţii, Vol. 9 No. 2, pp. 131-158.
 Djebbar, K.-B., Salem, S. and Mokhtari, A. (2018), “Assessment of energy performance
using bottom-up method. Exemplified by multi-storey buildings in Tlemcen (Algeria)”,
International Journal of Building Pathology and Adaptation. (En évaluation).

xxvii
Table des matières :

Objet page

Remerciements …………………………………………………………………………….. II
Résumé …………………………………………………………………………………….. IV
Résumé en anglais………………………………………………………………………….. V
Résumé en arabe……………………………………………………………………………. VI
Sommaire…………………………………………………………………………………… VII
Liste des tableaux…………………………………………………………………………... IX
Liste des figures ……………………………………………………………………………. XI
Liste des annexes …………………………………………………………………………... XVI
Liste des abréviations………………………………………………………………………. XV
Introduction générale………………………………………………………………………… 1
Motivation de choix de thème et de cas d’étude…………………………………………… 3
Problématique………………………………………………………………………………. 3
Hypothèses …………………………………………………………………………………. 5
Objectifs de l’étude………………………………………………………………………… 6
Méthodologie………………………………………………………………………………. 7
Capacité et Limites de l’étude…………………………………………………………..…. 8
Structure des chapitres……………………………………………………………………… 9
Première partie………………………………………………………………………………. 12
Chapitre 1 : Problématique de l’énergie entre enjeux et durabilité………………………. 13
1-1) Energie dans la nature ………………………………………………………………... 14
1-2) L’énergie dans le monde : Les énergies fossiles au cœur du mix mondial…………… 15
1-3) La situation énergétique en Algérie ……………………………………………….. 17
1-4) Bilan de consommation énergétique en Algérie…………………………………… 19
2-5-1) Evolution par forme d’énergie…………………………………………………. 20
2-5-2) Consommation finale …………………………………………………………. 20
1-5) Intensité énergétique en Algérie …………………………………………………… 22
1-6) Le secteur des bâtiments : des enjeux énergétiques mondiaux et régionaux importants 23
1-7) La région Méditerranée particulièrement concernée …………………………………. 23
1-8) Le rôle de secteur résidentiel dans la consommation énergétique en Algérie………… 24
1-9) Un enjeu en termes d’adaptation au changement climatique………………………... 26
1-10) Energie et Environnement en Algérie……………………………………………….. 27
1-11) Energie et revenus des ménages …………………………………………………… 28
1-12) Energie et localisation des ménages ………………………………………………… 29
1-13) Prix de l’énergie en Algérie …………………………………………………………. 30
1-7) La politique national de maitrise de l’énergie et son cadre réglementaire……………. 32
1-7-1) La politique national de maitrise de l’énergie………………………………….. 32
1-7-2) Cadre réglementaire de maitrise d’énergie dans les bâtiments résidentiels en
Algérie ………………………………………………………………………... 33
1-7-3) Développement durable et marché public écologique.………………………… 37
1-7-4) Programme des énergies renouvelables en Algérie…………………………… 38
1-8) Concept de la durabilité et son volet environnemental………………………. 40
1-9) Economie d’énergie et efficacité énergétique : Quelle différence ?.................... 42
1-10) Conclusion …………………………………………………………………………... 44
Chapitre 2 : État de l’art sur la réhabilitation thermique des bâtiments résidentiels :
Techniques, méthodes et outils ……….................................................................................... 45
2-1) La réhabilitation thermique …………………………………………………………… 46
2-1-1) Pourquoi réhabilité ?................................................................................... 46
2-1-2) Réhabilitation énergétiquement efficace……………………………………….. 46
2-1-3) Conditions pour la réhabilitation ………………………………………………. 48
2-1-4) Principes de la réhabilitation énergétique …………………………………….. 48
2-2) Performance énergétique d’un bâtiment ……………………………………………… 49
2-3) Techniques de modélisation de la consommation d’énergie dans le secteur

xxviii
résidentiel …………………………………………………………………………….. 50
2-3-1) Modèles top-down ou économiques (approche descendante) …………………. 51
2-3-2) Modèles bottom-up ou technologiques ………………………………………... 51
2-3-3) Modèles hybrides…………………………………………………………….. 56
2-4) Critères d’évaluations de la performance énergétique des bâtiments résidentiels ……. 58
2-4-1) Critère d’efficacité énergétique « Energy Efficiency » (2E) ……………………. 58
2-4-2) Impact environnemental « Environmental Impact » (EI) ……………………... 59
2-4-3) Rationalité économique « Economical Rationality » (ER) ……………………. 59
2-4-4) Le confort thermique (C) …………………………………………………… 61
2-5) Recherches récentes d’amélioration de l’efficacité énergétique du bâtiment dans le
contexte algérien ……………………………………………………………………… 62
2-6) Problématique d’aide à la décision multicritère…………………………..…………… 65
2-6-1) Définition d’un problème d’aide à la décision…………………………………. 65
2-6-2) Formulation d'un problème d’aide à la décision……………………………….. 65
2-6-3) Approches par itération de simulations………………………………………… 66
2-7) Optimisation multi-objectifs de la performance énergétique …………………………. 66
2-8) Méthode d’évaluation de la performance énergétique de son immeuble……………… 67
2-8-1) Le balisage appelé aussi «benchmarking»………………………………….. 67
2-8-2) Le suivi des consommations par rapport à une année de référence …………… 74
2-8-3) Les audits …………………………………………………………………… 74
2-8-4) Post Occupancy Evaluation………………………………………………… 76
2-8-5) Méthode d’Analyse de Cycle de Vie ………………………………………. 76
2-8-6) Empreinte écologique ………………………………………………………… 77
2-8-7) Outils de calcul réglementaires……………………………………………….. 77
2-8-8) Outils non réglementaires : La simulation énergétique ou thermique 79
dynamique
2-9) Conclusion……………………………………………………………………………. 82
Chapitre 3 : Conception solaire passive des bâtiments………………………………… 84
3-1) Climat en Algérie…………………………………………………………………….. 85
3-2) Soleil et bâtiment : Interactions entre le bâtiment et son environnement…………. 86
3-3) Les échanges thermiques dans le bâtiment……………………………………………. 87
3-3-1) Transferts de chaleur par convection………………………………………. 88
3-3-2) Transferts de chaleur par rayonnement……………………………………...... 88
3-3-3) Transferts de chaleur par conduction…………………………………………. 88
3-4) Propriétés thermiques de l’enveloppe du bâtiment …………………………………… 88
3-5) Confort thermique ou thermohygrométrique………………………………………..... 90
3-5-1) Les aspects thermiques ………………………………………………………… 90
3-5-2) Le confort thermique…………………………………………………………. 93
3-5-3) Approche de zone de confort ………………………………………………….. 96
3-5-4) Relation avec d’autres facteurs………………………………………………… 97
3-6) Conception bioclimatique…………………………………………………………….. 98
4-6-1) Les grands principes de l’architecture bioclimatique…………………………. 98
3-7) Conception solaire ……………………………………………………………………. 99
3-8) Conception solaire passive…………………………………………………………….. 100
3-8-1) Recommandation pour la conception passive dans les zones climatiques en
Algérie ……………………………………………………………………… 101
3-9) Techniques passives …………………………………………………………………... 103
3-9-1) Chauffage et rafraichissement ……………………………………………….. 103
3-9-2) Forme et compacité des bâtiments…………………………………………. 124
3-9-3) Orientation des bâtiments ……………………………………………………. 124
3-9-4) Répartition des surfaces vitrées ………………………………………………. 125
3-9-5) Prise en compte des masques solaire…………………………………………. 125
3-10) Techniques actives…………………………………………………………………… 127
3-11) Conclusion ………………………………………………………………………….. 128
Conclusion de la première partie………………………………………………………………. 129

xxix
Deuxième partie………………………………………………………………………………. 130
Introduction de la deuxième partie…………………………………………………………...... 131
Chapitre 4 : Études de terrain………………………………………………………………. 132
4-1) Objectifs de l’étude et methodologies…………………………………………………. 133
4-1-1) Procédure ………………………………………………………………………. 135
4-1-2) Traitement des données collectées………………………………………………. 135
4-2) Tlemcen comme champ d’étude………………………………………………………. 136
4-2-1) Situation et données géographiques…………………………………………….. 136
4-2-2) Aperçu historique de la ville de Tlemcen………………………………………... 137
4-2-3) Habitat dans la ville de Tlemcen………………………………………………... 139
4-2-4) Énergie à Tlemcen…………………………………………………………......... 144
4-2-5) Climat …………………………………………………………………………… 145
4-3) Analyse architecturale et technique de l’échontillon choisi ………………………….. 150
4-3-1) Définition des archétypes par période………………………………………. 151
4-3-2) Forme urbaine et analyse architectural………………………………………... 153
4-3-3) Technique de construction………………………………………………….. 159
4-4) Diagnostic: Analyse thermique du bâti………………………………………………... 160
4-4-1) Performance des murs/façades………………………………………………. 160
4-4-2) Ponts thermiques……………………………………………………………… 162
4-4-3) Confort d’hiver……………………………………………………………… 163
4-4-4) Menuiserie…………………………………………………………………... 168
4-4-5) Confort d’été………………………………………………………………….. 168
4-4-6) Ventilation…………………………………………………………………….. 169
4-4-7) Equipement de chauffage……………………………………………………... 170
4-4-8) Équipements d'eau chaude sanitaire………………………………………… 170
4-5) Benchmarking de consommation d’énergie dans les logements (Balisage externe) …. 171
4-6) Conclusion…………………………………………………………………………….. 172
Chapitre 5: Étude multicritère par méthodes: statique et dynamique ............................... 175
5-1) Méthode.................................................................................................................... 176
5-2) Cas d’étude…………………………………………………………………………….. 177
5-2-1) Description du cas d’étude……………………………………………………. 177
5-2-2) Techniques de bâtiment……………………………………………………….. 179
5-3) Méthode statique………………………………………………………………………. 180
5-3-1) Calcul simple des déperditions calorifiques du logement selon le DTR C3-2.. 180
5-3-2) Conception d’une stratégie personnalisée……………………………………. 180
5-3-3) Discussion des résultats……………………………………………………….. 184
5-4) Simulation thermique dynamique................................................................................... 185
5-4-1) Outil de simulation............................................................................................. 185
5-4-2) Procedure et modélisation…………………………………………………….. 190
5-4-3) Scénario de Base……………………………………………………………… 191
5-5) Conclusion…………………………………………………………………………….. 198
Chapitre 6: Discussion des résultats ………………………………………………………… 200
6-1) Analyse des resultats des études de simulation thermique …………………………… 201
6-1-1) Résultats du cas actif : Efficacité énergétique et impact environnemental…… 201
6-1-2) Résultats de l’analyse de l’impact économique………………………………. 209
6-1-3) Résultats et analyses du cas passif : Confort thermique………………………. 210
6-2) Conclusion…………………………………………………………………………….. 227
Conclusion de la deuxième partie…………………………………………………………….... 230
Conclusions générale et perspectives………………………………………………………… 232
9-1) Conclusions et résultats pertinents…………………………………………………….. 233
9-2) Contributions de la thèse………………………………………………………………. 238
9-3) Perspectives pour la recherche future…………………………………………………. 239
Bibliographie …………………………………………………………………………………. 241
Glossaire……………………………………………………………………………………….. 258
Annexe……………………………………………………………………………………….... i

xxx
Annexe A …………………………………………………………………………………... ii
Annexe B………………………………………………………………………………….... xv
Annexe C …………………………………………………………………………………... xxi
Annexe D …………………………………………………………………………………... xxii
Annexe E …………………………………………………………………………………... xxiii

xxxi

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