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Intégrale de Riemann et fonctions intégrables

Ce document introduit la notion d'intégrale de Riemann et définit formellement la notion de fonction en escalier et son intégrale. Il présente ensuite la définition d'une fonction intégrable au sens de Riemann et donne quelques exemples comme les fonctions continues et monotones.

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Intégrale de Riemann et fonctions intégrables

Ce document introduit la notion d'intégrale de Riemann et définit formellement la notion de fonction en escalier et son intégrale. Il présente ensuite la définition d'une fonction intégrable au sens de Riemann et donne quelques exemples comme les fonctions continues et monotones.

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Chapitre 5

Primitives et intégrales

5.1 Intégrale de Riemann


5.1.1 Intégrale d’une fonction en escalier
Définition 5.1.1. Soit [a, b] un intervalle fermé borné de R. On appelle une subdivision
de [a, b] une suite finie, strictement croissante, de nombres S = (x0 , x1 , · · · , xn ) telle que
x0 = a et xn = b. Autrement dit a = x0 < x1 < · · · < xn−1 < xn = b.
Définition 5.1.2. Une fonction f : [a, b] → R est une fonction en escalier s’il existe une sub-
division (x0 , x1 , · · · , xn ) et des nombres réels c1 , c2 , · · · , cn tels que pour tout i ∈ {1, · · · , n}
on ait
∀x ∈ ] xi−1 , xi [ f (x) = ci

Figure 5.1 –

Remarque 5.1.1. La valeur de f aux points xi de la subdivision n’est pas imposée. Elle peut
être égale à celle de l’intervalle qui précède ou de celui qui suit, ou encore une autre valeur
arbitraire. Cela n’a pas d’importance car l’aire ne changera pas.

48
Définition
Z b 5.1.3. Pour une fonction en escalier comme ci-dessus, son intégrale est le réel
f (x) dx défini par
a
Z b n
X
f (x) dx = ci (xi − xi−1 )
a i=1

Remarque 5.1.2. Notez que chaque terme ci (xi − xi−1 ) est l’aire du rectangle compris entre
les abscisses xi−1 et xi−1 et de hauteur ci. Il faut juste prendre garde que l’on compte l’aire
avec un signe «+» si ci > 0 et un signe «-» si ci < 0.
L’intégrale d’une fonction en escalier est l’aire de la partie située au-dessus de l’axe des
abscisses (ici en rouge) moins l’aire de la partie située en-dessous (en bleu). L’intégrale
d’une fonction en escalier est bien un nombre réel qui mesure l’aire algébrique (c’est-à-dire
avec signe) entre la courbe de f et l’axe des abscisses.

5.1.2 Fonction intégrable


On suppose à présent que f : [a, b] → R est une fonction bornée quelconque. On définit
deux nombres réels :
Z b 

I (f ) = sup ϕ (x) dx | ϕ en escalier ϕ ≤ f
a
Z b 
+
I (f ) = inf ϕ (x) dx | ϕ en escalier ϕ ≥ f
a

Pour I − (f ) on prend toutes les fonctions en escalier (avec toutes les subdivisions possibles)

Figure 5.2 –
qui restent inférieures à f. On prend l’aire la plus grande parmi toutes ces fonctions en
escalier, comme on n’est pas sûr que ce maximum existe on prend la borne supérieure. Pour
I − (f ) c’est le même principe mais les fonctions en escalier sont supérieures à f et on cherche
l’aire la plus petite possible.

49
Proposition 5.1.1.
I − (f ) ≤ I + (f ).

 Une+fonction
Définition 5.1.4.

 bornée f : [a, b] → R est dite intégrable (au sens de Rie-
mann) si I f = I f .
Z b
On appelle alors ce nombre l’intégrale de Riemann de f sur [a, b] et on le note f (x) dx.
a

Exemple 5.1.1. – Les fonctions en escalier sont intégrables ! En effet sif est une fonc-
+
et supérieure I f − sont atteintes

tion en escalier alors la borne inférieure I f
Z b
avec la fonction ϕ = f . Bien sûr l’intégrale f (x) dx coïncide avec l’intégrale de la
a
fonction en escalier définie lors du paragraphe 1.1.
– Nous verrons dans la section suivante que les fonctions continues et les fonctions mo-
notones sont intégrables.
– Cependant toutes les fonctions ne sont pas intégrables. La fonction f : [0, 1] → R définie
par f (x) = 1 si x est rationnel et 0 sinon, n’est pas intégrable sur [0, 1] .
Convainquez-vous que si ϕ est une fonction en  escalier avec ϕ ≤ f alors ϕ ≤ 0 et que
− +
si ϕ ≥ f alors ϕ ≥ 1. On en déduit que I f = 0 et I f = 1. Les bornes inférieure
et supérieure ne coïncident pas, donc f n’est pas intégrable.

Exemple R1 5.1.2. Soit f : [0, 1] → R, f (x) = x2 . Montrons qu’elle est intégrable et calcu-
lons 0 f (x)dx. Soit n ≥ 1 et considérons la subdivision régulière de [0, 1] suivante S =
0, n1 , n2 , · · · , n−1
n
, 1. Sur l’intervalle nous avons [ i−1
n n
, i]

i−1 i i−1 2 i
∀x ∈ [ , ], ( ) ≤ x2 ≤ ( ) 2 .
n n n n
Nous construisons une fonction en escalier φ− en dessous de f par φ− (x) = ( i−1 n
)2 si
[ i−1
n n
, i[ −
(pour chaque i = 1, · · · , n) et φ (x) = 1. De même nous construisons une fonction en
escalier φ+ au-dessus de f définie par par φ+ (x) = ( ni )2 si [ i−1
n n
, i [ (pour chaque i = 1, · · · , n)
et φ+ (x) = 1. et φ− et φ+ sont des fonctions en escalier et l’on a φ− ≤ f ≤ φ+ .
Lintégrale de la fonction en escalier φ+ est par définition
1 n
i2 i i−1
Z X
+
φ (x)dx = 2
( − )
0 i=1
n n n
n
X i2 1
=
i=1
n2 n
n
1 X 2
= i
n3 i=1
1 n(n + 1)(2n + 1) (n + 1)(2n + 1)
= = .
n3 6 6n2

50
De même pour la fonction φ−
1 n
(i − 1)2 1
Z X
φ− (x)dx =
0 i=1
n2 n
n−1
1 X 2
= j
n3 j=1
n(n − 1)(2n − 1) (n − 1)(2n − 1)
= 3
= .
6n 6n2
Maintenant I − (f ) est la borne
R 1supérieure sur toutes les fonctions
R 1 +en escalier inférieures à f
− − +
donc en particulier I (f ) ≥ 0 φ (x)dx. De même I (f ) ≤ 0 φ (x)dx.. En résumé
1 1
(n − 1)(2n − 1) (n + 1)(2n + 1)
Z Z
− − +
= φ (x)dx ≤ I (f ) ≤ I (f ) ≤ φ+ (x)dx =
6n2 0 0 6n2
1
Lorsque l’on fait tendre n vers +∞ alors les deux extrémités tendent vers 3
. On en déduit
R1
I + (f ) = I − (f ) = 31 . Ainsi f est intégrable et 0 x2 dx = 31 .

5.1.3 Prémières propriété de l’intégrale


Proposition 5.1.2. – Si f : [a, b] → R est intégrable et si l’on change les valeurs de f en
un nombre fini de points de [a, b] alors la fonction f est toujours intégrable et la valeur
Rb
de l’intégrale a f (x)dx ne change pas.
– Si f : [a, b] → R intégrable et si l’on change les valeurs de f à tout intervalle [a′ , b′ ] ⊂
[a, b].

Voici le résultat théorique le plus important de ce chapitre.

Théorème 5.1.1. Si f : [a, b] → R est continue alors f est intégrable.

Une fonction f : [a, b] → R est dite continue par morceaux s’il existe un entier n et une
subdivision (x0 , · · · , xn ) telle que f| ]xi−1 ,xi [ soit continue, admette une limite finie à droite
en xi−1 et une limite à gauche en xi pour tout i ∈ {1, · · · , n} .

Corollaire 5.1.1. Les fonctions continues par morceaux sont intégrables.

Voici un résultat qui prouve que l’on peut aussi intégrer des fonctions qui ne sont pas conti-
nues à condition que la fonction soit croissante (ou décroissante).

Théorème 5.1.2. Si f : [a, b] → R est monotone alors f est intégrable.

Démonstration Comme f est de classe C 1 alors f ′ est une fonction continue sur l’intervalle
fermé et borné [a, b]; f prime est donc une fonction bornée : il existe M ≥ 0 tel que pour tout
x ∈ [a, b] on ait |f ′ (x)| ≤ M.
Nous allons utiliser l’inégalité des accroissements finis :

∀x, y ∈ [a, b] |f (x) − f (y)| ≤ M |x − y|. (∗)

51
Soit ε > 0 et soit (x0 , x1 , · · · , xn ) une subdivision de [a, b] vérifiant pour tout i = 1, · · · , n :

0 < xi − xi−1 ≤ ε (∗∗)

Nous allons construire deux fonctions en escalier φ− , φ+ : [a, b] → R définies de la façon


suivante : pour chaque i = 1, cdots, n et chaque x ∈ [xi−1 , xi [ on pose

ci = φ− (x) = inf f (t) di = φ+ (x) = sup f (t)


t∈[xi−1 ,xi [ t∈[xi−1 ,xi [

et aussi φ− (b) = φ+ (b) = f (b). φ− et φ+ sont bien deux fonctions en escalier.


De plus par construction on a bien
Z b Z b
− − +
φ (x)dx ≤ I (f ) ≤ I (f ) ≤ φ+ (x)dx.
a a

En utilisant la continuité de f sur l’intervalle [xi−1 , xi ], on déduit l’existence de ai , bi ∈


[xi−1 , xi ] tels que f (ai ) = ci et f (bi ) = di . Avec (∗) et (∗∗) on sait que di −ci = f (bi )−f (ai ) ≤
M |bi − ci | ≤ M (xi − xi−1 ) ≤ M ε (pour tout i = 1; · · · , n). Alors
Z b Z b n
X
+
φ (x)dx − φ− (x)dx ≤ I M ε(xi − xi−1 ) = M ε(b − a).
a a i=1

Ainsi 0 ≤ I + (f ) − I + (f ) ≤ M ε(b − a) et lorsque l’on fait tendre ε → 0 on trouve I + (f ) =


I + (f ) ce qui prouve que f est intégrable.

5.2 Propriétés de l’intégrale


Les trois principales propriétés de l’intégrale sont la relation de Chasles, la positivité et la
linéarité.

5.2.1 Relation de Chales


Proposition 5.2.1 (Relation de Chales). Soient a < c < b. Si f est intégrable sur [a, c]
et [c, b] , alors f est intégrable sur [a, b] . Et on a
Z b Z c Z b
f (x) dx = f (x) dx + f (x) dx
a a c

Pour s’autoriser des bornes sans se préoccuper de l’ordre on définit :


Z a Z a Z b
f (x) dx = 0 et pour a < b f (x) dx = − f (x) dx.
a b a

Pour a, b, c quelconques la relation de Chasles devient alors


Z b Z c Z b
f (x) dx = f (x) dx + f (x) dx.
a a c

52
5.2.2 Positivité de l’intégrale
Proposition 5.2.2 (Positivité de l’intégrale). Soit a ≤ b deux réels et f et g deux
fonctions intégrables sur [a, b] .
Z b Z b
Si f ≤ g alors f (x) dx ≤ g (x) dx.
a a

En particulier l’intégrale d’une fonction positive est positive :


Z b
Si f ≥ 0 alors f (x) ≥ 0.
a

5.2.3 Linéarité de l’intégrale


Proposition 5.2.3. 1. Soient f et g deux fonctions intégrables sur [a, b] .
Z b Z b Z b
2. f + g est une fonction intégrable et (f + g) (x) dx = f (x) dx + g (x) dx.
a Z b a Z b a

3. Pour tout réel λ, λf est intégrable et on λf (x) dx = λ f (x) dx = Par ces deux
a a
premiers points nous avons la linéarité de l’intégrale : pour tous réels λ, µ
Z b Z b Z b
(λf + µg) (x) dx = λ f (x) dx + µ g (x) dx
a a a
Z b Z b
4. f ×g est une fonction intégrable sur [a, b] mais en général (f × g) (x) dx 6= f (x) dx×
Z b a a

µ g (x) dx.
a
5. |f | est une fonction intégrable sur [a, b] et
Z b Z b


λf (x) dx = λ |f (x)| dx =
a a

Quelques preuve :
1. λf = λ f Soit f : [a, b] → R une fonction intégrable et λ ∈ R. Soit ε > 0. Il existe φ−
R R

et φ+ deux fonctions en escalier approchant suffisamment f, avec φ− ≤ f ≤ φ+ :


Z b Z b Z b Z b
− −
f (x)dx − ε ≤ φ (x)dx et φ (x)dx ≤ f (x)dx + ε. (5.2.1)
a a a a

Quitte à rajouter des points, on peut supposer que la subdivision (x0 , x1 , · · · , xn ) de [a, b]
est suffisamment fine pour que φ− et φ+ soient toutes les deux constantes sur les intervalles
]xi−1 , xi [ ; on note c− +
i et ci leurs valeurs respectives. Dans un premier temps on suppose
λ ≥ 0. Alors λφ− et λφ+ sont encore des fonctions en escalier vérifiant λphi− ≤ λf ≤ λφ+ .
De plus
Z b X X Z b

λφ (x)dx = i
nλci (xi − xi−1 ) = λ i
nci (xi − xi−1 ) = λ φ− (x)dx (5.2.2)
a i=1 i=1 a

53
De même pour φ+ . Ainsi
Z b Z b
+ − +
λφ (x)dx ≤ I (λf ) ≤ I (λf ) ≤ λ φ+ (x)dx (5.2.3)
a a

En utilisant les deux inégalités (5.2.1) − (5.2.3) on obtient


Z b Z b
− +
λ f (x)dx − λε ≤ I (λf ) ≤ I (λf ) ≤ λ f (x)dx + λε.
a a

Lorsque l’on fait tendre ε → 0 cela prouve que I − (λf ) = I + (λf ) , donc λf est intégrable et
Rb Rb
a
λf dx ≤ λ a f (x)dx. Si λ ≤ 0 on a λφ+ ≤ λf ≤ λφ− et le raisonnement est similaire

5.2.4 Formule de la moyenne


Soit f une fonction intégrable sur [a, b] .
On appelle valeur moyenne de la fonctionf sur [a, b] l’expression
b
1
Z
f (x) dx.
b−a a

Théorème 5.2.1. Soit f définie et continue sur [a, b] . Alors il existe c ∈ ] a, b [ tel que
b
1
Z
f (c) = λf (x) dx.
b−a a

Ce
Z x résultat se déduit du théorème des accroissements finis appliqué à la fonction x 7→
f (x) dx sur l’intervalle [a, b] .
a

5.3 Primitive d’une fonction


5.3.1 Définition
Définition 5.3.1. Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle I quelconque. On
dit que F : I → R est une primitive de f sur I si F est une fonction dérivable sur I vérifiant
F ′ (x) = f (x) pour tout x ∈ I.

Trouver une primitive est donc l’opération inverse de calculer la fonction dérivée.

Exemple 5.3.1. 1. Soit I = R et f : R → R définie par f (x) = x2 . Alors F : R → R


1 1
définie par F (x) = x3 est une primitive de f. La fonction définie par F (x) = x3 + 1
3 3
est aussi une primitive de f.
2 3
2. Soit I = [ 0, +∞ [ et f : R → R définie par f (x) = x2 . Alors G définie par G (x) = x 2
x
est une primitive de g sur I. Pour tout c ∈ R, la fonction G + c est aussi une primitive
de g.

54
Nous allons voir que trouver une primitive permet de les trouver toutes
Proposition 5.3.1. Soit f : I → R une fonction et soit F : I → R une primitive de f.
Toute primitive de f s’écrit G = F + c, c ∈ R.
Démonstration
Notons tout d’abord que si l’on note G la fonction définie par G (x) = F (x) + c alors
G′ (x) = F ′ (x) = f (x) mais G est bien une primitive de f.
Pour la réciproque supposons que G soit une primitive quelconque de f . Alors (G − F )′ (x) =
G′ (x)−F ′ (x) = f (x)−f (x) = 0, ainsi la fonction G−F a une dérivée nulle sur un intervalle,
c’est donc une fonction constante ! Il existe donc c ∈ R tel que (G − F ) (x) = c. Autrement
dit G (x) = F (x) + c (pour tout x ∈ I.)
Z Z Z
Notation 5.3.1. On notera une primitive de f par f (t) dt ou f (x) dx ou f (u) du
(les lettres t, x, u · · · sont des lettres dites Zmuettes, c’est-à-dire interchangeables). On peut
même noter une primitive simplement par f.
Z Z
Attention f (x) dx : désigne une fonction de I dans R alors que l’intégrale ab f (x) dx
désigne un nombre réel.
Proposition 5.3.2. Soient F une primitive de f et G une primitive de g Alors G + F est
une primitive de f + g Et si λ ∈ R alors λF est une primitive de λf.
Autrement dit Z Z Z
(λf (t) + µg(t))dt = λ f (t)dt + µ g(t)dt.

5.3.2 Primitives des fonctions usuelles

Figure 5.3 –

55
5.3.3 Relation primitive-intégrale
Théorème 5.3.1. Soit f : [a, b] → R une fonction continue. La fonction F : [a, b] → R
définie par Z x
F (x) = f (t) dt
a

est une primitive de f, c’est-à-dire F est dérivable et F ′ (x) = f (x) .


Par conséquent pour une primitive F quelconque de f :
Z b
f (t) dt = F (b) − F (a)
a

Notation [F (x)]ba = F (b) − F (a)


R1
Exemple 5.3.2. 1. 0 ex dx = [ex ]10 = e1 − e0 = e − 1
Rx
2. a cos tdt = [sin t]xa = sin x − sin a.
Ra
3. Si f est impaire alors ses primitives sont paires (le montrer). En déduire que −a f (t)dt =
0.
Rx
Remarque 5.3.1. 1. F (x) = a f (t)dt est même l’unique primitive de f qui s’an-
nule en a.
Rb
2. En particulier si F est une fonction de classe C 1 alors a F ′ (t)dt = F (b) − F (a).

5.3.4 Sommes de Riemann


L’intégrale est définie à partir de limites de sommes. Mais maintenant que nous savons
calculer des intégrales sans utiliser ces sommes on peut faire le cheminement inverse : calculer
des limites de sommes à partir d’intégrales

Théorème 5.3.2.
n   b
b−aX b−a
Z
−→
Sn = f a+k =n → +∞ f (x) dx.
n k=1 n a

La somme Sn s’appelle la somme de Riemann associée à l’intégrale et correspond à une sub-


division régulière de l’intervalle [a, b] en n petits intervalles. La hauteur de chaque rectangle
étant évaluée à son extrémité droite.    
b−a 1 b−a k
Le cas le plus utile est le cas où a = 0, b = 1, alors = f a+k =f et
n n n n
ainsi n   Z 1
1X k −→
Sn = f =n → +∞ f (x) dx.
n k=1 n 0

56
Figure 5.4 –
X 1
Exemple 5.3.3. Calculer la limite de la somme Sn = .
k=1
n+k
1X 1 1
La somme Sn s’écrit aussi Sn = k
. En posant f (x) = , a = 0, b = 1, on
n k=1 1 + n 1+x
reconnaît que Sn est une somme de Riemann. Donc
  Z b Z 1
1X 1 1X k −→ 1
Sn = k
= nf =n → +∞ f (x) dx = dx = ln 2.
n k=1 1 + n n k=1 n a 0 1+x

5.4 Méthodes de calcul des primitives et des intégrales


5.4.1 Intégration par parties
Théorème 5.4.1. Soient u et v deux fonctions de classe C 1 sur un intervalle [a, b] .
Z b Z b
′ b
u (x) v (x) dx = [uv]a − u′ (x) v (x) dx.
a a

Notation 5.4.1. Le crochet [F ]ba est par définition [F ]ba = F (b) − F (a). Donc [uv]ba =
u (b) v (b) − u (a) v (a) .
Si l’on omet les bornes alors [F ] désigne la fonction F + c où F + c est une constante
quelconque.
La formule d’intégration par parties pour les primitives est la même mais sans les bornes
Z Z
u (x) v (x) dx = [uv] − u′ (x) v (x) dx.

Démonstration. Z b Z b Z b Z b
′ ′
′ ′
On a (uv) = u v+uv . Donc ′ ′
(u v + uv ) = (uv) = [uv]ba . D’où ′
uv = [uv]− u′ v.
a a a a

57
Z 1
Exemple 5.4.1. 1. Calcul de xex dx.
0
On pose u (x) = x et v ′ (x) = ex donc u′ (x) = 1 et v (x) = ex et l’on intègre par parties, ce
qui donne :
Z Z 1
x
1xe dx = u (x) v ′ (x) dx
0 0
Z 1
1
= [uv]0 − u′ (x) v (x) dx
Z0 1
= [xex ]10 − [Link] dx
0
= 1.e1 − 0.e0 − [ex ]10


= e − e1 − e0


= 1.
Z e
2. Calcul de x ln xdx.
1
1 1
On pose cette fois u (x) = ln x et v ′ (x) = x. Ainsi u′ (x) =et v (x) = x2 . Alors
x 2
Z e Z e
x2 1 x2
Z   Z
x ln xdx = uv ′ = [uv]1 e − eu′ v = ln x. e− e
1 1 1 2 1 1 x 2

e2 12 e2 1 x2 e2 e2 1 e2 + 1
   
1
Z
= ln e. − ln 1. − exdx = − e= − + =
2 2 2 1 2 2 2 1 2 4 4 4
3. Calcul de arcsin xdx
En écrivant arcsin x = 1. arcsin x, on pose u (x) = arcsin x et v ′ (x) = 1 (et donc u′ (x) =
1
√ et v (x) = x) alors
1 − x2
Z Z
x h √ i √
1. arcsin xdx = [x arcsin x]− √ = [x arcsin x]− − 1 − x2 = x arcsin x+ 1 − x2 +c.
1 − x2
Z
4. Calcul de x2 ex dx. On pose u (x) = x2 et v (x) = ex pour obtenir :
Z Z
2 x 2 x
xex dx.
 
x e dx = x e −2

On refait une deuxième intégration par parties pour calculer


Z Z
xe dx = [xe ] − ex dx = (x − 1) ex + c.
x x

D’où Z
x2 ex dx = x2 − 2x + 2 ex + c.


58
5.4.2 Changement de variable
Théorème 5.4.2. Soit f une fonction définie sur un intervalle I et ϕ : J → I une bijection
de classe C 1 . Pour tout a, b ∈ J
Z ϕ(b) Z b
f (x) dx = f (ϕ (t)) ϕ′ (t) dt.
ϕ(a) a

Si F est une primitive de f alors F ◦ f est une primitive de (f ◦ ϕ) ϕ′

Voici un moyen simple de s’en souvenir. En effet si l’on note x = ϕ (t) alors par dérivation
Z ϕ(a) Z b
dx ′
on obtient donc ϕ (t) . D’où la substitution f (x) dx = f (ϕ (t)) ϕ′ (t) dt.
dt ϕ(a) a
Z
Exemple 5.4.2. 1. Calculons la primitive F = tan dt

sin t
Z
F = .
cos t

Notons ϕ (t) = cos t alors ϕ′ (t) = − sin t

ϕ′ (t)
Z Z
F = − = − f ϕ ((t)) ϕ′ (t) dt
ϕ (t)
1
où f désigne la fonction définie par f (x) = − qui est bijective tant que x 6= 0. En posant
x
x = ϕ (t) et donc dx = ϕ′ (t) dt, on reconnaît la formule du changement de variable, par
conséquent
1
Z Z Z

− f (ϕ (t)) ϕ (t) dt = − f (x) dx = − dx = − ln |x| + c
x

Comme x = ϕ (t) = cos t on obtient F (t) = ln |cos t| + c.


Z 1
2 x
2. Calcul de 3 dx.
0 (1 − x2 ) 2
Soit le changement de variable u = ϕ (x) = 1 − x2 . Alors ′
  du = ϕ (x) dx = −2xdx. Pour
1 1 3
x = 0, on a u = ϕ (0) = 1 et pour x = , on a u = ϕ = . Comme ϕ′ (x) = −2x, est
    2 2 4
1 3
une bijection de 0, sur 0, . Alors
2 4
1 3
3 −du 1 −1 h −1 i 43 −2
Z Z Z
2 xdx 2
4 −3
3 = 3 = − u 2 du = u2 = √ − 1.
0 (1 − x2 ) 2 1 4 u2 2 1 2 1 3

59
5.4.3 Intégration des fractions rationnelles.

Trois situations de base


αx + β
On souhaite d’abord intégrer les fractions rationnelles avec α, β, a, b ∈ R, a 6= 0
ax2+ bx + c
et (α, β) 6= (0, 0)

Premier cas Le dénominateur possède deux racines réelles distinctes x1 , x2 ∈ R. Alors f (x)
αx + β A B
s’écrit aussi et il existe de nombres A, B ∈ R tels que + .
a (x − x1 ) (x − x2 ) x − x1 x − x2
On a donc Z
f (x) dx = A ln |x − x1 | + B ln |x − x2 | + c

sur chacun des intervalles ] − ∞, x1 [ , ] x1 , x2 [ , ] x2 , +∞ [ , (si x1 < x2 ).

Deuxième cas Le dénominateur possède une racine double x0 ∈ R.


αx + β A B
Alors 2 et il existe des nombres tels que A, B ∈ R tels que 2 + .
a (x − x0 ) (x − x0 ) x − x0
On a alors
−A
Z
f (x) dx = + B ln |x − x0 | + c
x − x0
sur chacun des intervalles ] − ∞, x0 [ , ] x0 , +∞ [ .

Troisième cas Le dénominateur a ne possède pas de racine réelle. on fait apparaître une

fraction du type uu (que l’on sait intégrer en ln |u|).

Intégration des éléments simples

P (x)
Soit une fraction rationnelle, où P (x) , Q (x) sont des polynômes à coefficients réels.
Q (x)
P (x)
Alors la fraction s’écrit comme somme d’un polynôme E (x) et d’éléments simples
Q (x)
d’une des formes suivantes :
γ αx + β
k
, avec b2 − 4ac < 0.
(x − x0 ) ax2 + bx + c

α, β, γ, a, b, c ∈ R. et k ∈ N∗
1. On sait intégrer le polynôme E (x)
γ
2. Intégration de l’élément simple
Z (x − x0 )k
γ
– Si k = 1 alors dx = γ ln |x − x0 | + c
x − x0

60
Z Z
γ γ
– Si k ≥ 2 alors k
dx = γ (x − x0 )−k dx = (x − x0 )−k+1 + c sur
(x − x0 ) −k + 1
R {x0 }
αx + β
3. Intégration de l’élément simple . On écrit cette fraction sous la forme
(ax2 + bx + c)k

αx + β 2ax + b 1
k
=γ k

(ax2 + bx + c) (ax2 + bx + c) (ax2 + bx + c)k
Z ′
2ax + b u (x) 1 1
Z
−k+1 2
−k+1
(a) dx = dx = u + c = ax + bx + c .
(ax2 + bx + c)k u (x) k −k + 1 −k + 1
1
Z
(b) Si k = 1 calcul de 2
. Par un changement de variable u = px + q on se
ax + bx + c Z
du
ramène à calculer une primitive du type 2
= arctan u + c.
u +1
1
Z
(c) Si k ≥ 2, calcul de dx. On effectue le changement de variable u =
(ax + bx + c)Zk
2
du
px + q pour se ramener au calcul de Ik = . Une intégration par parties permet
(u2 + 1)k
de passer de Ik−1 à Ik .

5.5 Calculs d’aires et de volumes


Théorème 5.5.1. Soient f et g deux fonctions définies et continues sur un intervalle I, a
et b deux réels de I tels que a < b.
On note Cf et Cg les courbes représentatives de f et g dans un repère orthogonal du plan.
Si pour tout x ∈ [a, b], f (x) ≤ g (x) , alors l’aire comprise entre les deux courbes Cf et Cg
et les droites d’équation x = a et x = b est égale à :
Z b
(g (x) − f (x)) dx u.a.
a

Déterminer l’aire comprise entre les courbes représentatives de la fonction carrée et de la


fonction cube sur l’intervalle [0, 1] . Ces deux courbes se coupent en trois points d’abscisses
solutions de l’équation x3 = x2 , soit = x x2 − 1 = 0, soit x(x − 1)(x + 1) = 0. Les solutions


sont −1, 0 et 1. Les solutions qui sont dans l’intervalle [0, 1] sont 0 et 1. De plus, sur [0, 1] ,
x3 ≤ x2 (on peut le montrer à l’aide d’un tableau de signes). Donc l’aire cherchée est égale à
1 1
x3 x4

1
Z
2 3

x −x dx = − = u.a
0 3 4 0 12

61
Figure 5.5 –

62

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