0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
721 vues29 pages

UAA6 Recto Verso Taille Réelle

Ce document décrit la hiérarchie des niveaux d'organisation du vivant, de la biosphère à la molécule, et définit la notion d'écosystème comme un ensemble d'êtres vivants en interaction avec leur environnement physique.

Transféré par

Frédéric Parfait
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
721 vues29 pages

UAA6 Recto Verso Taille Réelle

Ce document décrit la hiérarchie des niveaux d'organisation du vivant, de la biosphère à la molécule, et définit la notion d'écosystème comme un ensemble d'êtres vivants en interaction avec leur environnement physique.

Transféré par

Frédéric Parfait
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

UAA 6 : Biodiversité et évolution : On parle de diversité biologique pour rendre compte de la richesse et de la
diversité des formes de vie qui peuplent notre planète. Les chercheurs ont identifié et
Compétence à développer : décrit 1,8 million de types d’organismes vivants différents. Chaque année ils
découvrent des milliers de nouvelles espèces qui enrichissent le catalogue du vivant.
 Dans le cas d’un écosystème étudié sur le terrain (mur, étang, haie, prairie, Mais combien y en a-t-il au juste ? 5, 10, 30 peut-être 100 millions ? Pourrons-nous
jardin, sol, talus de chemin de fer, forêt, …), expliciter cet écosystème comme les connaître toutes un jour ? Pourquoi y a-t-il autant d'espèces ? Ont-elles toujours
un ensemble formé d’un biotope et d’une biocénose d’une grande diversité ; existé ? Comment et où vivent-elles ? Pourquoi sont-elles, toutes, si différentes ?
justifier qu’un classement phylogénétique permet de montrer qu’un ensemble
d’êtres vivants ont un ancêtre commun. Plusieurs niveaux d'organisation des êtres vivants ont été définis par les
 Dans le cas de l’écosystème exploré sur le terrain : décrire les facteurs scientifiques : individu, espèce, population, communauté, écosystème, biome et
abiotiques ; caractériser les relations alimentaires entre les êtres vivants à l’aide biosphère. C’est l'écologie qui se propose d’étudier les relations entre les organismes
d’un réseau trophique ; classer les organismes d’un échantillon sur base de vivants et les interactions entre ceux-ci et leur milieu. L'écologie est la science qui
leurs caractères morphologiques partagés ; représenter les relations de parenté étudie les interactions au sein des écosystèmes.
au sein d’un échantillon d’animaux sous la forme d’un arbre phylogénétique.
 Expliciter que l’évolution des êtres vivants n’est pas une croyance, mais un fait Un écosystème est une structure complexe, composé de nombreux éléments.
scientifique. Son étude soulève plusieurs questions : Quelles sont les caractéristiques du milieu ?
 Sur base d’un document, développer des arguments en faveur de l’évolution Quels sont les êtres vivants présents dans l’écosystème ? Quelles sont les relations
des êtres vivants. entre les êtres vivants et leur milieu ? Quelles sont les interactions entre les êtres
 Sur base d’un document, expliciter que la biodiversité d’un écosystème est le vivants, appartenant à la même espèce ou qu’ils soient d’espèces différentes ?
résultat de l’évolution.
Dans un écosystème, les relations trophiques décrivent les relations
Introduction : alimentaires. Cependant, il existe de nombreux autres types d'interactions entre les
êtres vivants. En comprenant les interactions qu'ont les êtres vivants entre eux, d'une
Lorsque le système solaire se forme il y a 4,6 milliards d'années dans une même espèce ou non, et avec leur habitat, il est possible de mieux saisir les impacts
nébuleuse de gaz et de poussières à la périphérie de la Voie Lactée, rien ne laisse que peuvent avoir les activités humaines sur l'ensemble de la biosphère.
penser que la troisième planète qui est une boule de matière fondue va être le siège
d'un phénomène extraordinaire : l'apparition de la vie. 1. La hiérarchie de l’organisation biologique :

Cette planète que nous appelons la Terre va, en quelques centaines de millions  La biosphère : La biosphère comprend tout ce qui vit sur la planète et tous les
d'années, réunir les conditions propices à la vie : eau à l'état liquide et température lieux où la vie existe, c’est-à-dire la plupart des régions terrestres, la plupart des
moyenne de 15° C. D'abord bactérienne, la vie s'organise lentement en cellules étendues d’eau telles que les océans, les lacs et les rivières, l’atmosphère jusqu’à
nucléées puis en êtres pluricellulaires. Il y a 540 millions d'années, une formidable une altitude de quelques kilomètres, et même les sédiments accumulés dans les
explosion de la diversité des êtres vivants fait apparaître tous les grands groupes fonds marins ainsi que les kilomètres de roches de la croûte terrestre.
actuels. La vie, jusqu'alors aquatique, envahit la terre ferme 200 millions d'années
plus tard. Enfin l'espèce humaine apparaît il y a seulement 5 millions d'années.  Les écosystèmes : Un écosystème renferme tous les êtres vivants d’une même
région, de même que tout le non-vivant qui compose l’environnement de ces êtres
L'apparition de notre espèce était-elle inévitable ? La connaissance que nous vivants, c’est-à-dire le sol, l’eau, les gaz atmosphériques et la lumière. L’ensemble
avons de l'histoire de la vie et des mécanismes de l'évolution semble de plus en plus des écosystèmes de la Terre forme la biosphère.
indiquer que non. La vie a connu des crises dont l'issue était imprévisible. La dernière
en date a vu disparaître les Dinosaures. Si ces "lézards terribles" régnaient toujours  Les communautés biologiques : L’ensemble des organismes qui peuplent un
sur la Terre, l'homme serait-il apparu ? Jusqu’à présent, aucune trace ou forme de même écosystème est appelé communauté biologique. Cela inclus : arbres et autres
vie n’a été détectée ailleurs que sur la planète Terre. L’avenir nous dira peut-être si plantes, animaux, champignons, une quantité faramineuse de microorganismes,
la vie existe ailleurs. Mais sur Terre, elle est bien là ! c’est-à-dire d’êtres vivants qui, comme les bactéries, sont invisibles à l’œil nu.
Chacune de ces formes de vie est appelée espèce. Une communauté biologique est
donc constituée de l’ensemble des populations vivant dans une même région.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 1 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 2 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

 Les populations : Une population est l’ensemble des individus d’une même  Les molécules : Le niveau moléculaire est le dernier niveau d’organisation dans
espèce qui vivent dans une même région. la hiérarchie de la vie. On voit ici une des molécules de chlorophylle que renferme un
chloroplaste. Une molécule est une structure chimique qui comprend au moins deux
 Les organismes : Les organismes sont les êtres vivants considérés de ces petites unités chimiques appelées atomes, représentés ici sous forme de
individuellement. Chacune des plantes d’une forêt, par exemple, sont des boules par infographie moléculaire. La chlorophylle est la molécule de pigment qui
organismes, de même que chaque animal, qu’il s’agisse d’un cerf, d’un écureuil, d’une donne à la feuille sa couleur verte. La chlorophylle, une des plus importantes
grenouille ou d’un insecte. L’air, l’eau et le sol contiennent aussi des microorganismes molécules sur Terre, absorbe la lumière solaire durant la première étape de la
comme les bactéries. photosynthèse. À l’intérieur de chaque chloroplaste, des millions de molécules de
chlorophylle et d’autres molécules se partagent la tâche de convertir l’énergie
 Les organes et les systèmes : Une feuille d’arbre est un exemple d’organe, lumineuse en énergie chimique nourricière.
une partie d’un organisme constituée d’au moins deux tissus. Les tiges et les racines
sont les autres organes principaux des plantes. Le cerveau, le cœur et les reins sont 2. L’écosystème :
des exemples d’organes humains. Les organes sont organisés en systèmes.
Chaque système est formé d’un groupe d’organes qui travaillent en coopération pour L'écosystème est un ensemble relativement homogène et stable (en l'absence
exécuter une fonction plus vaste. Ainsi, le système digestif de l’humain comprend des de perturbations) constitué par une communauté d'êtres vivants appelée biocénose,
organes comme la langue, l’estomac et les intestins. Les organes se composent de en relation avec un biotope.
plusieurs tissus.
Ecosystème = biocénose + biotope
 Les tissus : Le niveau des tissus n’est visible qu’au microscope. Chaque tissu
se compose d’un groupe de cellules qui travaillent en coopération à l’exécution d’une La biocénose est l'ensemble des êtres vivants coexistant dans un espace
fonction spécialisée. Le tissu en nid d’abeille qui se trouve à l’intérieur de la feuille est écologique donné, leurs organisations et interactions.
le siège principal de la photosynthèse, un processus qui convertit l’énergie lumineuse
en énergie chimique, sous la forme de glucides et d’autres nutriments. La Une communauté vivante est composée de tous les organismes présents dans
micrographie montre également le tissu perforé qui correspond à l’épiderme ; une région donnée et entre lesquels il existe des relations. C’est un ensemble
l’épiderme est la « peau » qui recouvre la feuille. Les pores de l’épiderme laissent d’individus de différentes espèces. Tous ces organismes interagissent les uns avec
entrer le dioxyde de carbone, la matière première qui sera transformée en glucides les autres.
par la photosynthèse. À cette échelle microscopique, on peut voir également que
chaque tissu a sa structure cellulaire propre. Un biotope est un type de lieu de vie défini par des caractéristiques physiques
et chimiques déterminées relativement uniformes. Ce milieu héberge un ensemble de
 Les cellules : La cellule est l’unité structurale et fonctionnelle des organismes. formes de vie composant la biocénose : flore, faune, fonge (champignons) et des
Certains organismes, comme les amibes et la plupart des bactéries, sont formés populations de micro-organismes.
d’une cellule unique qui exécute toutes les fonctions vitales. D’autres organismes,
dont les plantes et les animaux, sont multicellulaires. Ces organismes ont des cellules Les éléments constituant un écosystème développent un réseau d'échange
spécialisées qui se répartissent les tâches. Le corps humain se compose de billions d'énergie et de matière permettant le maintien et le développement de la vie.
de cellules microscopiques de toutes sortes, par exemple des cellules musculaires et
des neurones, qui sont regroupées dans des tissus spécialisés. Ainsi, le tissu
musculaire est un ensemble de faisceaux de cellules musculaires. La micrographie Au niveau mondial, des écosystèmes semblables, mais séparés
ci-dessus montre une vue grossie de cellules contenues dans le tissu d’une feuille. géographiquement, forment ensemble un biome. À leur tour, ces biomes forment
Une cellule ne mesure que quelque 40 μm (micromètres) de largeur. Si petites que ensemble la biosphère : une couche relativement fine autour de la Terre, qui contient
soient ces cellules, on peut voir que chacune contient de nombreuses structures tous les organismes vivants sur Terre.
vertes appelées chloroplastes, les organites qui assurent la photosynthèse.
Un écosystème évolue, en l'absence de perturbation d'origine naturelle ou
 Les organites : Les organites sont les différents éléments fonctionnels qui humaine, vers un état d'équilibre appelé climax. Cependant, la plupart des
composent une cellule. Grâce à un instrument d’optique très puissant appelé écosystèmes terrestres ou aquatiques sont perturbés par les activités humaines. On
microscope électronique, cette figure nous montre un chloroplaste. Le chloroplaste parle de perturbation d'origine anthropique.
est un exemple d’organite.
Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 3 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 4 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Un écosystème (ou milieu) est caractérisé par : 3. La biodiversité :

 Un peuplement spécifique : Un milieu donné offre aux êtres vivants qui La biodiversité, contraction de « diversité biologique », désigne la variété et la
l’habitent des conditions de vie particulières et chaque espèce présente une diversité du monde vivant. La biodiversité est donc la diversité de tous les organismes
organisation en rapport avec ces facteurs du milieu. Par exemple, les plantes d’un vivants : les animaux, les plantes, les champignons, les micro-organismes, de toutes
sous-bois sont soumises à des conditions particulières d’éclairement ; celui-ci peut, les relations que ces espèces tissent entre elles et avec leurs milieux.
en région tempérée, descendre à 2% de l’éclairement reçu en terrain découvert ; il
peut atteindre 0,1% sous les frondaisons d’une forêt tropicale. Les espèces qui vivent La biodiversité est partout sur Terre, de la place urbaine la plus animée au
là sont donc capables de s’accommoder d’une luminosité très réduite. désert le plus désolé. La vie se fraye partout un chemin et s’adapte à des
environnements extrêmes tels que les sources bouillantes, les steppes glaciales et
 Une organisation dans l’espace : Prenons l’exemple du milieu forestier qui les sombres abysses des océans.
présente une stratification verticale marquée. Elle est caractérisée par plusieurs
couches horizontales, appelées strate, dont cinq sont plus ou moins distinctes suivant La biodiversité se manifeste à toutes les échelles de taille et d'espace : des
la taille des végétaux : la strate arborescente comprenant des arbres de plus de 10 micro-organismes aux éléphants, de la flaque d'eau et du camembert à la forêt
mètres (chêne, hêtre…) ; la strate arbustive pour les végétaux de 1 à 10 mètres (houx, amazonienne ou même à l'ensemble de la biosphère.
…) ; la strate herbacée pour les plantes atteignant au maximum 1 mètre (fougère,
graminées…) ; la strate muscinale pour les mousses, lichens ou champignons ; la La biodiversité est souvent considérée à trois niveaux :
strate hypogée ou souterraine pour les racines et autres parties souterraines (bulbe,
tubercules…).  La diversité génétique se définit par la variabilité des gènes au sein d’une
même espèce ou d’une population. Elle est donc caractérisée par la différence de
 Une organisation fonctionnelle : Dans tout peuplement, il existe des deux individus d’une même espèce ou sous-espèce (diversité intraspécifique). Par
interactions entre individus ou entre espèces. Les relations des organismes entre eux exemple, les différentes races de chiens.
ou avec leur environnement sont nombreuses et variées. Citons entre autres les soins
prodigués aux jeunes par les parents, la pollinisation des fleurs assurée par des Le gène est un élément de l’ADN (matériel héréditaire) qui transmet une
insectes, la compétition entre végétaux vis-à-vis de la lumière, les phénomènes de caractéristique héréditaire. Chaque individu est caractérisé par une combinaison
vie sociale… sans oublier les relations trophiques fondées sur les rapports unique de gènes. Cette série de gènes détermine l’aspect d’un individu, de sorte que
alimentaires. deux individus ne sont jamais identiques.

 La diversité spécifique correspond à la diversité des espèces, c’est-à-dire à la


En conclusion, étudier un écosystème, revient à préciser : variété des espèces qui existent (diversité interspécifique). Par exemple, dans un
milieu donné, la diversité de toutes les différentes espèces de plantes, d’animaux, de
- ses éléments constitutifs (faune, flore, facteurs physico-chimiques) ; champignons, d’algues, de bactéries, … L’homme en fait également partie !

- sa structure, la distribution spatiale de ses divers éléments, sa taille et donc ses En règle générale, une espèce est décrite comme un groupe d’individus
limites ; pouvant se reproduire entre eux et dont la descendance est féconde. Les individus
d’une même espèce sont étroitement apparentés et présentent généralement de
- son fonctionnement et, en particulier, les multiples interactions entre ses grandes ressemblances (à l’exception des différences entre les sexes, des stades de
éléments. développement, les variantes de couleurs, …).

L’ensemble de tous les individus d'une même espèce vivants au même endroit
s’appelle une population. Toutes les épinoches d’un étang forment une population
mais celles d’un étang de l’autre côté de la planète peuvent avoir un autre aspect.
Chaque population s’adapte de façon optimale à ses conditions de vie. Pourtant, les
individus des deux populations pourraient bel et bien se reproduire entre eux ; c’est
pour cela qu’il s’agit de la même espèce.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 5 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 6 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

 La diversité écosystémique correspond à la diversité des écosystèmes 4.1. Réseau d’interactions :


présents sur Terre, des interactions des populations naturelles et de leurs
environnements physiques. Elle comprend toutes les différentes communautés avec Dans un écosystème, chaque organisme est en relation continuelle avec son
leurs biotopes existant sur Terre, comme les forêts tropicales et tempérées, les environnement.
déserts, les marais, les rivières, les montagnes, les récifs coralliens, …, mais
également l’environnement rural et urbain. Un écosystème est l’ensemble des Une plante absorbe l’eau et les minéraux contenus dans le sol par ses racines
espèces (et de leurs relations réciproques) et de l’habitat où elles sont présentes. et celles-ci contribuent à la formation du sol en désagrégeant la roche. À l’échelle
planétaire, les plantes et autres organismes photosynthétiques produisent l’oxygène
contenu dans l’air. Un arbre interagit aussi avec les autres êtres vivants, y compris
Bien que la diversité génétique soit fondamentale, le statut de la biodiversité est les microorganismes qui vivent autour de ses racines, les insectes qui l’habitent et les
généralement exprimé au niveau des espèces et des écosystèmes. animaux qui mangent ses feuilles et ses fruits. Les interactions entre les organismes
donnent lieu à la circulation cyclique des nutriments dans les écosystèmes.
À l’heure actuelle, presque deux millions d’espèces vivantes sont répertoriées
dans le monde. Mais il en reste encore beaucoup à découvrir. Les forêts tropicales et Les minéraux qu’absorbent les arbres finissent par retourner dans le sol sous
les récifs coralliens abriteraient de nombreuses espèces encore inconnues. l’action des microorganismes qui décomposent les feuilles, les racines mortes et
d’autres débris organiques. Les minéraux deviennent alors disponibles, ce qui permet
4. L’écologie : aux arbres de les absorber de nouveau.

L’écologie étudie les relations entre les êtres vivants eux-mêmes et avec leur De nombreux organismes ont besoin de la lumière du soleil et d’eau en quantité
environnement. En un mot, c'est la science des interactions : suffisante pour survivre. Les régions les plus riches en espèces, telles les forêts
tropicales, associent des températures élevées et stables, un ensoleillement adéquat
 interactions entre les êtres vivants et leur environnement (autoécologie) ; et une quantité suffisante d’eau. La diversité des espèces est la plus élevée à
 interactions entre les êtres vivants eux-mêmes (synécologie). l’équateur et elle diminue en direction des pôles.

Depuis les années 1970, l'écologie désigne aussi une forme d'engagement D’autres facteurs jouent également un rôle dans cette richesse spécifique.
personnel, politique ou associatif, qui traduit une préoccupation relative à l'impact des Lorsqu’on compare des régions d'une même surface, le nombre d’espèces est plus
activités humaines sur la planète. élevé sur un continent que sur une île. La diversité diminue aussi lorsque la
sécheresse est plus grande ou que l'altitude est plus élevée. C'est ainsi que les
Prenons l’exemple de la grenouille verte. Ses relations avec son environnement régions désertiques et les régions montagneuses ont en moyenne une biodiversité
sont multiples. La grenouille se nourrit d’insectes, de vers et d’autres petits animaux. plus faible. Toutefois, cela ne signifie pas que ces régions soient moins précieuses.
Elle sert à son tour de nourriture à la cigogne, à la couleuvre à collier ou au brochet.
La biodiversité c’est aussi un réseau d’interactions et d’interdépendances entre
La grenouille verte est par ailleurs dépendante de ses congénères. Ceux-ci des milliards d’êtres vivants, des dizaines de millions d’espèces. Dans ce réseau
peuvent être par exemple des concurrents pour la nourriture ou des partenaires d’interactions, les uns mangent les autres car c’est ainsi que la vie procède pour se
sexuels. L’ensemble de ces relations (avec ses congénères et avec les autres maintenir. Ces interactions alimentaires constituent un réseau alimentaire, encore
espèces) forment les facteurs biotiques. appelé réseau trophique (du grec « trophê » se nourrir). Mais il y a aussi de la
coopération, de l’entraide entre individus et espèces.
De plus, un milieu géographiquement déterminé ne pourra accueillir des
grenouilles que s’il remplit certaines conditions concernant le climat, la nature du sol, Les différentes espèces qui composent la communauté ou biocénose, à savoir
la qualité de l’eau ou encore la taille même du milieu. Ces facteurs abiotiques les plantes, les animaux, les micro-organismes, les êtres humains s’influencent les
déterminent les propriétés spécifiques du milieu de vie de la grenouille et unes les autres de diverses manières. On appelle facteurs biotiques les interactions
caractérisent son biotope. Les composants abiotiques d’un étang ou d’une rive ne du vivant sur le vivant dans un écosystème. Il s’agit par exemple des relations
caractérisent pas seulement le biotope de la grenouille, mais aussi celui de tous les d’alimentation, de prédation, de compétition, de parasitisme qui lient les espèces
organismes vivant dans ce milieu. L’ensemble de ces organismes forme une entre elles.
communauté vivant dans un même biotope, appelée biocénose.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 7 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 8 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Parallèlement, les espèces dépendent des facteurs abiotiques (non 4.3. La niche écologique :
biologiques) de l’environnement. Les facteurs abiotiques représentent l'ensemble des
facteurs physico-chimiques d'un écosystème ayant une influence sur une biocénose En écologie, une niche écologique est une place occupée par une espèce dans
donnée. C'est l'action du non-vivant sur le vivant. Opposables aux facteurs biotiques, un écosystème. Le terme concerne aussi bien l'habitat de cette espèce que le rôle
ils constituent une partie des facteurs écologiques de cet écosystème. Ils qu'elle joue sur le régime alimentaire. Par exemple, la niche écologique des écureuils
comprennent, entre autres, les facteurs climatiques (température, humidité, est celle des animaux qui vivent dans les arbres et mangent des noix.
éclairement, …), les caractéristiques du sol (facteurs édaphiques) et la composition
chimique de l’eau. La niche écologique est l'ensemble des conditions et des ressources abiotiques
et biotiques nécessaires au maintien d'une population. Elle détermine le rôle d'un
4.2. L’habitat : individu dans son milieu. Les vivants peuvent être producteurs, consommateurs ou
décomposeurs. La niche écologique peut être définie selon les lieux occupés, le
L’habitat est la partie d’un écosystème dans laquelle un individu arrive à régime alimentaire et la période d'activité.
répondre à ses besoins essentiels (se nourrir, se reproduire, se protéger, …).
 Les lieux occupés (ou l'habitat) comprennent l'espace que les individus d'une
Un habitat est caractérisé par des facteurs biotiques et abiotiques. Il doit offrir à espèce parcourent pour combler leurs besoins. Il peut aussi comprendre le territoire
ses habitants, entre autres, un climat propice (quantité de précipitations, température, de migration.
humidité, vent, ...), de la nourriture disponible (faune et/ou flore du milieu) et de l’eau
en quantité suffisante. De plus, l’organisme qui y vit ne doit pas avoir à dépenser À titre d'exemple, trois espèces d'oiseaux pourraient vivre dans un même
beaucoup d’énergie pour trouver de la nourriture ou pour parcourir le milieu. Enfin, arbre, mais à des endroits différents sur cet arbre. L'une pourrait favoriser les
l’habitat doit être un milieu sécuritaire. On peut donc caractériser un habitat par sa branches du bas, une autre le tronc et la dernière la cime. Chaque niche écologique
situation géographique, son climat, sa faune, sa flore, la proximité de constructions répondra aux besoins spécifiques à chaque espèce d'oiseaux.
humaines, etc.
 Le régime alimentaire est défini par le type de nourriture duquel un individu
Dans l’habitat, on y retrouve le domaine vital, le territoire et le gîte. puise son énergie.

 Le rythme journalier (ou la période d'activité) est la période où l'individu est


actif ou éveillé. C'est à ce moment où, par exemple, l'animal cherche sa nourriture,
construit son nid et fait sa toilette. Pour l'activité quotidienne, on peut utiliser les
termes diurne et nocturne, mais l'activité peut aussi être annuelle (la migration) ou
saisonnière (la reproduction). La présence d'animaux diurnes et nocturnes qui
cohabitent dans le même habitat fait que celui-ci sera exploité à des moments
différents dans la journée.

- Deux espèces d'oiseaux rapaces, l'une nocturne et l'autre diurne, peuvent se


relayer sur le même terrain de chasse.

- Deux espèces (sauf dans le cas d'espèces symbiotes) ne peuvent occuper une
même niche écologique durablement. En effet, il en résulte une compétition et les
lois de la sélection naturelle tendent à favoriser celle qui est la mieux adaptée à la
niche (c'est-à-dire celle qui dans ces conditions peut se reproduire le plus
efficacement).

- Des espèces différentes peuvent occuper des niches fonctionnellement


identiques mais géographiquement séparées.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 9 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 10 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

- Deux espèces peuvent occuper un même territoire, mais dans des niches 4.5. Dynamique des communautés :
écologiques différentes.
Une communauté est l'ensemble des populations qui vivent sur un même
- Deux espèces peuvent aussi occuper des niches écologiques chevauchantes territoire et qui interagissent ensemble. La dynamique des communautés étudie donc
dans l'espace et/ou dans le temps. On parle alors de recouvrement et, s'il n'est pas les interactions des populations de diverses espèces qui vivent dans un même
trop important, les deux espèces peuvent cohabiter. Il en résulte une compétition habitat.
interspécifique qui peut réduire les effectifs de chacune des deux populations par
rapport à celui qu'elles auraient en occupant, seule, toutes les dimensions. L'habitat fournit aux populations qui y vivent les ressources nécessaires à leur
survie. Chacune des populations qui composent la communauté occupe une niche
L'écotone est la zone de transition écologique entre deux écosystèmes. Par écologique différente.
exemple, le passage de la savane à la forêt, ou le passage d'une plaine alluviale à
une zone non inondable. L'écotone délimitant deux habitats peut être une niche Ainsi, les différentes espèces entrent en interaction et plusieurs types de
écologique pour les espèces typiques de ces milieux, tout en accueillant relation sont possibles. Le milieu, quant à lui, est habituellement stable, mais il peut
épisodiquement des espèces typiques des habitats adjacents. Ces dernières y voient être modifié par certains évènements appelés perturbations qui peuvent être d'origine
toutefois généralement leurs chances de survie diminuées. humaine ou naturelle.

4.4. Richesse spécifique et abondance relative : Les individus vivant dans la même communauté ne sont donc pas isolés les uns
des autres. Ils entrent en relation et cela peut leur apporter certains avantages, mais
La biodiversité d'une communauté réfère à la variété d'espèces, c'est-à-dire au aussi certains inconvénients. Plusieurs types de relations peuvent s'établir entre les
nombre d'espèces différentes que comporte une communauté, qu'il s'agisse de individus d'une même espèce (relation intraspécifique) ou entre des individus
plantes, de bactéries, de champignons, d'algues ou d'animaux. La biodiversité peut d'espèces différentes (relation interspécifique).
être évaluée à partir de deux critères :
 La compétition : relation entre des espèces qui ont besoin des mêmes
 La richesse spécifique : il s'agit du nombre total d'espèces présentes dans la ressources (nourriture, eau, territoire, ...). L'une des espèces, généralement celle qui
communauté. est la plus adaptée, tirera profit des ressources disponibles dans le milieu.

 L'abondance relative : il s'agit plutôt du nombre d'individus d'une espèce par La compétition entre deux espèces est dite interspécifique. Toutefois, la
rapport au nombre total d'individus de la communauté. Elle est toujours donnée en compétition peut également avoir lieu entre deux individus de la même espèce. On
pourcentage. dira alors que la compétition est intraspécifique. Par exemple, lorsque les deux mâles
veulent se reproduire avec la même femelle, ils vont souvent combattre et le
Pour que la biodiversité d'une communauté soit élevée, il faut que la richesse vainqueur aura accès à la reproduction.
spécifique soit élevée et que l'abondance relative des espèces soit similaire. Ainsi,
pour deux communautés ayant la même richesse spécifique, il faut regarder les  La prédation : relation dans laquelle une espèce (le prédateur) en consomme
pourcentages d'abondance relative pour déterminer laquelle a la plus grande une autre (la proie).
biodiversité.
On inclut dans ce type de relation les carnivores (prédation sur d'autres
La communauté où les pourcentages d'abondance relative sont rapprochés est animaux) et les herbivores (prédation sur des végétaux). Les proies dépendent autant
celle qui a la plus grande biodiversité. Si les deux communautés n'ont pas la même des prédateurs que les prédateurs des proies. Sans une source de nourriture, les
richesse spécifique, il faut encore une fois tenir compte de l'abondance relative. prédateurs ne survivraient pas. Mais, à l’inverse, sans une régulation par les
prédateurs, les proies risqueraient de pulluler, ce qui les conduirait soit à l’épuisement
La communauté où l'abondance relative est la mieux répartie sera celle où la de leurs propres ressources (souvent la végétation), soit au déclenchement
biodiversité sera la plus élevée, et ce, même si la richesse spécifique a une valeur d’épidémies.
plus faible.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 11 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 12 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

 La symbiose : relation où la survie de deux espèces dépend de leur 4.6.1. Les relations trophiques :
association. Il existe plusieurs types de symbiose : le mutualisme qui est bénéfique
pour les deux espèces ; le parasitisme, dans laquelle une espèce vit au détriment Les relations trophiques font référence aux relations alimentaires entre les
d’une autre ; le commensalisme, où une espèce trouve un avantage dans la relation, vivants d'un même écosystème. Dans tout écosystème, on distingue 3 niveaux
sans porter préjudice à l’autre. trophiques, aussi appelés niveaux alimentaires : les producteurs, les consommateurs
et les décomposeurs.
- Le mutualisme : relation de coopération, où deux espèces retirent un avantage
qui peut être lié à la protection, au déplacement ou à l'alimentation. En revanche,  Le niveau trophique des producteurs : Ce niveau est représenté par les
cette relation n'est pas essentielle à la survie des deux espèces. végétaux, les algues et le phytoplancton. Ils sont le premier maillon de la majorité des
chaînes alimentaires existant sur la planète. Ils captent la lumière du Soleil et, grâce
- Le parasitisme : relation où une espèce (le parasite) profite d'une autre espèce à la photosynthèse, utilisent cette énergie rayonnante afin de transformer la matière
(l'hôte) en lui étant nuisible. Le parasite peut vivre à l'intérieur de son hôte inorganique (eau, sels minéraux et dioxyde de carbone) en matière organique.
(endoparasite) ou sur celui-ci (ectoparasite). Pendant son cycle biologique ou une
partie de son cycle, le parasite vit et se reproduit sur un ou plusieurs hôtes. À la Tous les producteurs sont capables de fabriquer eux-mêmes la nourriture dont
différence du prédateur, le parasite ne tue pas son hôte, car sa survie en dépend. ils ont besoin pour vivre. Pour cette raison, on les qualifie d’autotrophes (du grec
Cependant, il peut l'affaiblir ou entrainer des maladies qui pourraient lui être « auto » qui signifie seul et « trophos », nutrition). Les autres niveaux trophiques sont
mortelles. plutôt qualifiés d'hétérotrophes puisqu'ils ne peuvent pas fabriquer eux-mêmes leur
nourriture ; ils se nourrissent de matière organique déjà existante.
- Le commensalisme : relation entre deux espèces, mais pour laquelle une
seule d’entre elles (le commensal) retire des bénéfices. L’autre espèce (l’hôte) ne  Le niveau trophique des consommateurs : Ce niveau est représenté par tous
subit toutefois aucun dommage et n'en retire aucun avantage. les organismes vivants qui se nourrissent d'autres organismes vivants pour survivre.
On distingue plusieurs niveaux de consommateurs, qui peuvent aller jusqu'à trois ou
4.6. Dynamique des écosystèmes : quatre dans certains écosystèmes.

Un écosystème correspond à une communauté (les êtres vivants) et au milieu Les herbivores, organismes qui se nourrissent de végétaux, donc des
(l'ensemble des éléments non vivants) dans lequel la communauté évolue et avec producteurs, sont des consommateurs de premier ordre ou des consommateurs
lequel elle interagit. La dynamique des écosystèmes étudie les échanges de matière primaires. Les animaux qui se nourrissent d’animaux herbivores sont des
et d'énergie entre une communauté et son milieu. consommateurs de deuxième ordre ou des consommateurs secondaires. On les
appelle aussi carnivores de premier ordre. Les animaux qui se nourrissent d’animaux
La taille des écosystèmes est variable. Il peut aussi bien s'agir d'un biome carnivores sont des consommateurs de troisième ordre ou des consommateurs
aquatique ou terrestre, comme on peut aussi considérer une simple flaque d'eau tertiaires. On les appelle aussi carnivores de deuxième ordre. Certains
comme un petit écosystème. Peu importe sa taille, l'écosystème est un lieu où il y a consommateurs se nourrissent à la fois de végétaux et d'animaux. Ce sont des
transformation de la matière et de l'énergie. Les vivants peuplant un écosystème ont animaux omnivores. Ceux-ci interagissent avec plusieurs niveaux trophiques à la fois.
des relations alimentaires entre eux. On parlera des relations trophiques dans ce cas.
 Le niveau trophique des décomposeurs : Ce niveau est représenté par les
Aussi, on peut se concentrer sur la transformation de l'énergie et de la matière organismes vivants qui puisent leur énergie de la décomposition de la matière
en étudiant les flux de matière et d'énergie qui circulent d'un organisme à un autre. organique morte (feuilles, bois mort, cadavres d'animaux, ...) ou des déchets
La matière est toujours recyclée dans un écosystème et ce, grâce au recyclage organiques provenant des organismes vivants (excréments, restes d'aliments, ...). Ils
chimique effectué par les décomposeurs. transforment la matière organique en matière inorganique qui est alors disponible
pour les producteurs.
Finalement, la productivité primaire concerne la mise en circulation de nouvelle
biomasse fournie par les producteurs présents dans l'écosystème. On distingue deux types de décomposeurs. D'abord, il y a les détritivores,
comme la blatte et le ver de terre, qui se nourrissent uniquement de détritus. Ensuite,
il y a les transformateurs, comme les champignons et les bactéries, qui transforment
complètement la matière organique en matière inorganique.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 13 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 14 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

4.6.2. Le flux de matière et d’énergie : 4.6.3. La productivité primaire :

 Le flux de la matière dans un écosystème : Rien ne se perd, rien ne se crée, La biomasse est la masse totale de toute la matière organique (végétale et
tout se transforme ; telle est la loi de la conservation de la masse énoncée par animale) présente à un moment précis dans un écosystème. La productivité primaire
Lavoisier. La matière dans un écosystème suit aussi cette importante loi. d'un écosystème est la quantité de nouvelle biomasse obtenue par l'action des
producteurs de l'écosystème.
À titre d'exemple, le lièvre d’Amérique, herbivore, mange le feuillage du sapin
baumier. La matière contenue dans ce feuillage est alors transférée au lièvre. Le lynx La productivité primaire représente donc la quantité d’énergie disponible pour
du Canada, carnivore primaire, absorbera aussi la matière lorsqu’il mangera le lièvre les consommateurs de premier ordre. Plus grande est la productivité primaire d’un
d’Amérique. Le loup, carnivore secondaire, absorbera lui aussi la matière lorsqu’il écosystème, plus il y aura d’énergie disponible. L’écosystème pourra alors soutenir
dévorera le lynx du Canada. Le loup produira des excréments à partir de cette un plus grand nombre d’êtres vivants.
matière. Ajoutons que les aiguilles du sapin baumier deviendront des débris en
tombant au sol. Les vers de terre transformeront alors ces excréments et ces débris Plusieurs facteurs peuvent faire varier la productivité primaire d’un écosystème.
en éléments minéraux qui pourront être absorbés de nouveau par le sapin baumier. Les facteurs qui favoriseront le développement des producteurs (végétaux,
La matière passe donc sans cesse d’un état à un autre. La matière est toujours en phytoplancton, …) permettront d’obtenir un écosystème beaucoup plus productif, car
circulation dans un écosystème. la productivité primaire dépend directement de ceux-ci.

 Le flux de l’énergie dans un écosystème : L’énergie circule aussi dans un La quantité de lumière est un facteur qui influence beaucoup la productivité
écosystème. La lumière du Soleil est la toute première source d’énergie. Ce sont les primaire, car c’est l’énergie rayonnante du Soleil qui permet la photosynthèse. Dans
organismes autotrophes qui transforment l’énergie lumineuse du Soleil en énergie l’océan ou dans un lac, la zone éclairée n’est pas très grande. La zone où la
chimique par le biais de la photosynthèse. Les consommateurs peuvent alors profiter photosynthèse peut avoir lieu est donc une couche d’eau près de la surface qui est
de cette énergie. Le lièvre d’Amérique emmagasine l’énergie produite par le sapin relativement mince que l’on nomme zone photique (ou zone euphotique). Cette zone
baumier lorsqu’il le consomme. Le lièvre perd une partie de cette énergie sous forme correspond à la profondeur à laquelle la lumière atteint 1% de sa valeur en surface.
de déchets et sous forme de chaleur. Le lynx profite de l’énergie contenue dans le
lièvre lorsqu’il le mange. À son tour, le lynx perd une partie de cette énergie sous La quantité d’eau disponible influence la productivité primaire. L’eau est
forme de déchets et de chaleur. Le transfert d’énergie se poursuit ainsi de suite. nécessaire à la photosynthèse. Ainsi, un écosystème désertique sera beaucoup
moins productif qu’un écosystème forestier. L’eau y étant beaucoup moins présente,
Il faut donc continuellement approvisionner un écosystème en énergie, car les végétaux ne s’y développent pas aussi facilement.
l’énergie d’un écosystème n’est pas recyclée. Il y a toujours une perte d’énergie d’un
niveau trophique à un autre. Le recyclage chimique est le processus naturel de L’accès aux nutriments essentiels pour les producteurs est un autre facteur
transformation de la matière organique en matière inorganique par les influençant la productivité primaire d’un écosystème. Le carbone, l’azote, le fer, le
décomposeurs. phosphore, le silicium, le potassium sont nécessaires pour la croissance et la
photosynthèse des producteurs. Plus ces nutriments seront disponibles, plus la
À chaque maillon de la chaîne alimentaire, il y a des déchets de matière productivité primaire pourra augmenter.
inorganique qui s'accumulent dans le milieu. Les décomposeurs vont donc rendre
disponibles les nutriments essentiels présents dans la matière organique afin que les Finalement la température est un facteur qui favorise la productivité primaire,
producteurs puissent les utiliser. Le recyclage chimique est étroitement lié à plusieurs car certaines conditions climatiques sont favorables à la croissance des producteurs.
cycles biogéochimiques comme celui du carbone, de l'azote et du phosphore. Les producteurs (végétaux) se développent plus facilement dans un écosystème
forestier que dans un écosystème polaire.
Les flux de matière et d'énergie sont souvent représentés par des schémas
appelés pyramides alimentaires ou pyramides écologiques.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 15 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 16 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

4.7. Services et perturbations des écosystèmes : Comme tous les organismes, nous interagissons avec notre environnement.
Malheureusement, les conséquences de certaines interactions sont parfois
Notre façon de considérer la nature a beaucoup évolué avec le temps. Se dramatiques. Ainsi, depuis la révolution industrielle, survenue au 19e siècle, la
battant continuellement contre elle pour survivre à la faim, aux maladies, aux combustion de carburants fossiles (charbon, pétrole et gaz) s’accroît à un rythme
agressions par les crocs, les griffes et les dards, l’humain a naturellement commencé effréné. Cette pratique libère des gaz dans l’atmosphère, notamment d’importantes
par considérer son environnement comme étant hostile. Sorti de plus en plus souvent quantités de dioxyde de carbone (CO2).
vainqueur de ces confrontations, il est passé du stade du contrôle de la nature à celui
de son exploitation. Ce n’est que tardivement qu'il a commencé à réaliser l’importance Près de la moitié du CO2 généré par l’activité humaine est emprisonnée dans
de « vivre » avec la nature, c'est-à-dire de l’exploiter sans en compromettre la l’atmosphère et agit comme une couche de verre autour de la planète. Le verre laisse
pérennité. passer les rayons du soleil qui réchauffent la Terre, mais il empêche la chaleur de
s’échapper dans l’espace.
Si l’on a conscience depuis la nuit des temps des biens que nous procure la
biodiversité, il est une autre catégorie de valeurs d’usage direct dont nous n’avons Les scientifiques estiment que la température moyenne de la planète a
conscience que depuis quelques décennies. On les appelle les services des augmenté de 1 °C depuis 1900 à cause de cet « effet de serre ». Ils prévoient une
écosystèmes. augmentation additionnelle de cette température d’au moins 3 °C au cours du 21e
siècle.
Les écosystèmes, par la biodiversité qu’ils renferment et qu’ils constituent,
purifient l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et la terre dont nous tirons Ce réchauffement planétaire, un aspect important du changement climatique
notre alimentation. Ils sont responsables de la teneur actuelle en oxygène dans mondial, entraîne déjà des effets nuisibles sur les formes de vie et leurs habitats
l’atmosphère, de la tenue des sols et ils protègent l’érosion des zones côtières et les partout sur la Terre.
frontières des déserts. Ils maintiennent les cycles de régulation du climat, réduisent
la sévérité des sécheresses et des inondations. Ils recyclent les éléments nutritifs, La fréquence et l'intensité des perturbations sont variables et les différentes
décomposent les corps et biodégradent les déchets, rendant fertiles les sols. La conséquences qu'elles entraînent vont faire en sorte que le milieu et sa communauté
diversité des insectes permet la pollinisation. Sans eux, la plupart des plantes ne vont évoluer dans le temps. Dans un cas extrême, par exemple un feu de forêt
pourraient pas se reproduire. La biodiversité nous fournit, par le biais des services (d'origine naturelle ou non) où toute la végétation serait détruite, une nouvelle
écologiques, les conditions favorables à la vie sur la Terre. communauté s'établira dans le milieu. On assistera alors à un processus d'évolution
graduelle appelé succession écologique.
Une perturbation est un évènement qui cause des dommages temporaires ou
durables à un milieu. Une perturbation peut, entre autres, entraîner l'élimination La succession écologique est le processus d'évolution graduelle de la
d'organismes et modifier la disponibilité des ressources. Cet évènement peut être composition d'une communauté à la suite d'une perturbation (naturelle ou causée par
d'origine naturelle ou d'origine humaine. l'activité humaine). Ce processus, constitué d'une série de changements dans
l'écosystème, se poursuit jusqu'à ce que l'équilibre soit atteint de nouveau dans le
Les perturbations naturelles sont très nombreuses : tempêtes, éruptions milieu.
volcaniques, feux de forêt, sécheresses, inondations ou toutes autres catastrophes
naturelles. Peu importe la forme de l'évènement naturel, les humains n'ont Lors de la première étape de la succession, les premières plantes, appelées
absolument rien à voir avec celui-ci. plantes pionnières, s'installent dans le milieu ayant subi une perturbation. Ces plantes
pionnières, comme les mousses et les lichens, aèrent le sol, l’amollissent et
Pour ce qui est des perturbations d'origine humaine, aussi appelées l’enrichissent en matières organiques. Par la suite, d'autres espèces, telles des
perturbations anthropiques, elles ont aussi des formes différentes. Une forêt herbes et des fougères, vont s'installer dans le milieu et rivaliser avec les espèces
complètement rasée par l'industrie forestière détruit l'habitat de plusieurs espèces pionnières. Au fur et à mesure que le sol est colonisé par des herbes et des fougères,
animales. Un déversement de pétrole dans un cours d'eau perturbe grandement des espèces d'arbustes et d'arbres viennent former une nouvelle forêt. Il est important
l'écosystème et affecte plusieurs espèces animales et végétales. L'homme peut aussi de garder en tête que ce processus peut prendre des centaines d'années.
prendre la décision d'introduire une nouvelle espèce dans un milieu, ce qui aura un
impact sur la communauté. On nomme climax l'état final d'une succession écologique, c'est-à-dire l'état où
l'équilibre a été atteint.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 17 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 18 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

5. L’évolution :

La vie sur Terre évolue depuis des milliards d’années et a donné lieu à une
vaste diversité d’organismes disparus ou encore vivants. Or, cette diversité présente
quand même de nombreuses caractéristiques communes. Par exemple, malgré leurs
différences visibles, l’hippocampe, le lièvre, le colibri, le crocodile et les girafes
présentent un squelette fondamentalement semblable. L’explication scientifique de
cette unité, de cette diversité et de l’adaptabilité de chaque organisme à son
environnement, est l’évolution, selon laquelle tous les organismes vivant sur la Terre
aujourd’hui sont les descendants modifiés d’ancêtres communs.

Autrement dit, nous pouvons expliquer que deux organismes partagent certains
caractères par le fait qu’ils descendent d’un ancêtre commun, et nous pouvons
expliquer ce qui les distingue par le fait que des transformations héréditaires se sont
produites en cours de route. De nombreuses données permettent de documenter le
principe de l’évolution et la théorie qui décrit comment elle s’est déroulée.

La diversité est la caractéristique essentielle du vivant. Jusqu’à présent, les


biologistes ont répertorié environ 1.800.000 espèces. À ce jour, cette diversité se
manifeste par la présence d’au moins 100.000 Eumycètes, 290.000 Végétaux, 52.000
Vertébrés (les animaux possédant une colonne vertébrale) et plus de 1.000.000
d’Insectes (plus de la moitié de toutes les formes de vie connues), sans compter la
myriade de types d’organismes unicellulaires. Chaque année, la liste s’enrichit de
milliers d’espèces. On estime que le nombre total d’espèces se situerait quelque part
entre 10 millions et plus de 100 millions.

De la diversité au sein d'une même espèce dépend la capacité de celle-ci à


s'adapter aux changements qui affectent son environnement et à résister aux
maladies. Face à une épidémie par exemple, tous les individus d'une même espèce
ne seront pas affectés de la même manière. Grâce à leur diversité, certains
résisteront mieux que d'autres, s'adapteront et transmettront cette capacité de
résistance à leur descendance. Une perte de diversité au sein d'une espèce réduit
donc les chances d'adaptation et de survie de celle-ci face à des changements.

La diversité des écosystèmes est le résultat des interactions que les espèces
qu'ils abritent ont développées entre elles et avec leur milieu. Relations qui assurent
à chaque espèce les conditions et les ressources nécessaires à sa survie. Les
écosystèmes ont nécessité des millions d'années d'évolution et d'adaptation pour
permettre l'établissement de ces relations entre espèces.

Grâce à l'étude des fossiles, nous savons que la vie est apparue il y a plus de
3,5 milliards d’années et qu’elle a pris d’innombrables formes depuis lors. La
biodiversité actuelle est totalement différente de celle d’il y a 100 millions d’années.
Elle est le résultat d’une évolution qui a pris des milliards d’années, au cours
desquelles les espèces ont sans cesse dû s’adapter à un environnement changeant.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 19 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 20 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Ainsi, de nouvelles espèces ont continuellement vu le jour, mais la disparition 5.1. Les hypothèses de l’apparition de la vie sur Terre :
d’espèces fait aussi partie de ce processus naturel. Jusqu’à présent, l’histoire de la
vie a connu cinq grandes périodes d’extinction : à la fin de l’Ordovicien, du Dévonien, La cellule est l'unité de base des êtres vivants. Les plus simples sont constitués
du Permien, du Trias et du Crétacé. L’impact de l’homme est en train de provoquer d'une seule cellule, les plus complexes de plusieurs milliards. Si l'on réalise une
actuellement une sixième période d’extinction : les activités humaines ont augmenté analyse chimique de ces cellules, on s'aperçoit qu'elles sont constituées de molécules
exponentiellement la vitesse à laquelle les espèces disparaissent. Selon les et de macromolécules organiques telles que les protéines, les glucides, les lipides ou
estimations, elle est mille fois plus rapide que la vitesse naturelle d'extinction. les acides nucléiques. Actuellement, l'ensemble de ces composés organiques
essentiels à la vie sont exclusivement fabriqués par les êtres vivants. Alors comment
Les écosystèmes sont des systèmes en constante évolution. Chaque sont-ils apparus dans un milieu purement minéral ?
organisme joue un rôle bien précis : les plantes produisent des substances
organiques et de l’oxygène, elles sont mangées par les herbivores, qui sont à leur Différentes théories visant à comprendre l’apparition de la Vie se sont
tour la proie de prédateurs, ... Toutes ces interactions se compensent, permettant succédées depuis l’Antiquité jusqu’au milieu de XIXe siècle. Toutefois, pendant des
d’atteindre un équilibre dynamique. siècles, une théorie a prédominé et ce, malgré des réfutations expérimentales
probantes : la théorie de la génération spontanée, une théorie dont s’accommodaient
Cet équilibre peut être perturbé par un événement externe comme une suite assez bien les religions.
d’étés secs ou des activités humaines. Soit l’écosystème se rétablit tout seul, c’est le
cas lors de la recolonisation d’une bruyère après un incendie. Soit les changements 5.1.1. La génération spontanée :
sont irréversibles.
On trouve les traces d’une croyance en une apparition spontanée de la Vie dans
La déforestation de la forêt tropicale entraîne la disparition d’une diversité les écrits les plus anciens de la Chine, de l’Inde ou de l’Égypte ancienne. Ainsi, des
exceptionnelle, au profit d’un nombre limité d’espèces aptes à s’adapter à un bambous donnent naissance aux pucerons pour autant que leurs jeunes pousses
environnement humain. La recolonisation d’une zone s'effectuera en plusieurs soient repiquées par temps chaud et humide ; les mouches et les parasites naissent
étapes. Des végétaux pionniers jusqu’au climax, différentes biocénoses vont se spontanément à partir d’ordures et de sueurs ; les boues laissées par les inondations
succéder. Finalement, il est probable qu’une forêt semblable à l’ancienne renaisse du Nil engendrent spontanément des grenouilles, des crapauds, des serpents, des
sur le terrain. souris et même des crocodiles.

La biodiversité changera pendant cette recolonisation. Habituellement, la C’est Aristote (384 à 322 av. J.-C.) qui a réussi la synthèse des idées
biodiversité augmente au début, lorsque de nouvelles plantes et de nouveaux accumulées jusqu’à son époque et qui a formulé la thèse de la génération spontanée
animaux s’approprient la zone. Une fois le stade du climax atteint, la biodiversité reste : « les plantes, les insectes, les animaux peuvent naître de systèmes vivants qui leur
stable. ressemblent, mais aussi de la matière en décomposition activée par la chaleur du
Soleil ».
Les adaptations d’un organisme à son environnement, comme celles
permettant d’emmagasiner l’eau, sont le fruit de l’évolution, le processus de Aristote pensait que les animaux provenaient d’animaux identiques à eux, mais
changement qui a transformé la vie sur Terre depuis ses balbutiements jusqu’à la pouvaient aussi provenir de matière inerte (non-vivante). Cette théorie fut enseignée
multitude d’organismes que nous connaissons aujourd’hui. L’évolution est le principe jusqu’au 17e siècle. On parlait de génération spontanée puisqu’à cette époque, aucun
organisateur fondamental de la biologie. scientifique n’était en mesure d’expliquer comment la vie avait commencé, et ce parce
que le concept d’évolution, voire du temps leur échappait.
L’étude de l’histoire de l'évolution des grandes familles d’animaux a amené le
développement d’une nouvelle science appelée la phylogénie. Cette dernière De grands penseurs comme Roger Bacon, René Descartes ou Isaac Newton
s’intéresse à l’étude des caractères ancestraux demeurant inchangés depuis soutiennent l’idée de la génération spontanée. On passe même à l’expérimentation
longtemps et facilite la reconstitution de l’histoire évolutive des vivants. pour conforter la théorie. Jean - Baptiste Van Helmont (1577-1644) affirme ainsi
qu’une chemise sale, du blé… et vingt et un jours d’attente feront apparaître une
souris ! En plein milieu du XVIIIe siècle, le grand naturaliste Buffon (1707-1788) est
un ardent défenseur de la génération spontanée. Mais le doute commence à
s’installer…

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 21 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 22 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Un savant italien, l’abbé Lazzaro Spallanzani (1729 -1799), réalise de 5.1.5. Le hasard créateur :
nombreuses expériences qui semblent montrer que lorsqu’on stérilise bien le
système, il n’y a pas de génération spontanée. La polémique s’installe ; la controverse Cette hypothèse est fort répandue dans certaines communautés. Celle-ci
va durer un siècle. Il faudra attendre Louis Pasteur en 1860 pour clore le débat. propose que par hasard, une combinaison chimique d’atomes présents dans des
proportions suffisantes auraient engendré de nouvelles substances à l’origine de la
Pasteur démontre, en mettant au point un protocole de stérilisation fiable, que vie. Ce hasard ne se serait plus jamais reproduit, ce qui expliquerait qu’une seule
la Vie ne peut naître spontanément de la matière inanimée – du moins à l’échelle origine de la vie existe.
d’une vie humaine : c’en était fait de la théorie de la génération spontanée. Malgré
tout, la question de l'origine des premiers organismes vivants demeure. 5.1.6. Du Big-Bang à la soupe primitive :

5.1.2. Les Théories de Darwin : L’étude de l’origine de la Vie va faire un bond en avant dans les années vingt
avec les travaux de deux biochimistes, le Soviétique Alexander Ivanovitch Oparine
Tout comme pour Pasteur, selon Darwin, la vie n’apparaissait pas de façon (1894 - 1980) et le Britannique John Haldane (1892 - 1964), qui ont proposé à peu de
spontanée. Les vivants descendaient les uns des autres via les générations. On choses près, simultanément et de façon indépendante, une même théorie de
comprenait enfin que des modifications pouvaient survenir sur de longues périodes l’apparition de la Vie.
de temps. Le concept d’évolution faisait son apparition.
Pour ces savants, il faut sortir du cercle vicieux qui dit que seule la Vie peut
5.1.3. Le créationnisme : produire la Vie. Leur théorie fait intervenir une espèce de génération spontanée, mais
cette dernière se déroule cette fois sur une période de temps très longue ; elle ne
Le créationnisme suppose que c’est un être supérieur, le plus souvent un dieu, constitue donc aucunement une réfutation des travaux de Pasteur.
qui est à l’origine de la création de l’Univers et de la Vie. Par exemple, pour la religion
chrétienne – du moins si l’on s’en tient strictement à la Bible, c’est en rassemblant les Pour Oparine et Haldane, il faut, pour comprendre l’origine de la Vie, remonter
eaux que Dieu fait apparaître la terre ferme ; il fait ensuite surgir les animaux dans la à la formation de la Terre. Au moment de la formation de notre planète, il y a 4,5
mer, dans l’air et sur la terre. milliards d’années, une relation se serait établie entre la Terre et le Soleil, qu’Oparine
et Haldane comparent à une réaction chimique.
5.1.4. La panspermie :
Dans une réaction chimique, il y a en effet trois composants essentiels : les
Une autre théorie a été développée par l’Allemand Richter en 1865. Selon lui, réactifs (les composés chimiques), le réacteur (une fiole) et une source d’énergie (par
les corps célestes libèrent des particules qui contiennent des germes de exemple de la chaleur).
microorganismes, appelés cosmozoaires, et qui ont été amenés sur Terre par les
météorites. Ces germes auraient par la suite donné naissance, par évolution, à toutes Peu de temps après la formation de la Terre, ces trois composants étaient bien
les espèces vivantes actuellement connues. en place : le réacteur était l’atmosphère terrestre ; la source d’énergie, le Soleil ; et
les réactifs, tous les gaz et composés chimiques présents sur la Terre.
L’idée a été reprise au début du siècle dernier, en 1906, par le savant suédois
Svante Arrhenius, père de la théorie des électrolytes et Prix Nobel de Chimie en 1903, La clé de la proposition des deux chercheurs est la composition de l’atmosphère
mais sous une forme plus élaborée : la panspermie. primitive de la Terre.

Cette théorie considère la Vie comme une caractéristique fondamentale de  Formation de l’Univers : La théorie du Big-Bang soutient qu’il y a 13,7 milliards
l’Univers, au même titre que la matière et l’énergie, et la Terre aurait été « d’années, à la suite du début de l’expansion d’un milieu très chaud et très dense
ensemencée » par une Vie d’origine extra -terrestre. En 1969, on a d’ailleurs trouvé s’étant développé à partir d’un point, l’Univers se serait formé.
dans une météorite tombée en Australie de nombreuses substances organiques,
notamment des acides aminés. D’autres molécules complexes ont aussi été L’expansion et le refroidissement de la masse engendrée auraient donné
identifiées dans l’espace par les astronomes. Les premières molécules organiques naissance aux quarks qui se seraient ensuite assemblés en protons et en neutrons.
seraient-elles venues de l’espace ? Les premiers atomes seraient par la suite apparus (l’hydrogène et l’hélium).

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 23 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 24 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

 Formation du système solaire : Les nuages de gaz et de poussières À l’époque personne ne connait le fonctionnement du Soleil. Selon Oparine et
cosmiques provenant du Big-Bang se seraient ensuite agglomérés en une masse qui Haldane, le cœur du Soleil est riche en hydrogène (H), oxygène (O), azote (N) et
se serait contractée par rotation sur elle-même. carbone (C) et son atmosphère est constituée d’hydrogène. Les éléments du cœur
se combinent vite avec l’hydrogène de l’atmosphère solaire pour former des gaz
C’est à ce moment que serait apparu notre système solaire par le comme le méthane, l’ammoniaque et la vapeur d’eau. Tous ces gaz étant transmis
développement d’une masse (appelée protoétoile) dans les bras de l’une des par la suite à l’atmosphère terrestre.
nombreuses galaxies en formation. Un disque de gaz chaud se serait formé autour
de ce proto-Soleil chaud et très lumineux. D’autre part, le dégazage de la Terre, entre autres par les volcans, libère des
gaz comme la vapeur d’eau, le gaz carbonique et l’hydrogène sulfuré (H2S), une
 Formation du système Soleil-Terre : Lors de la formation du système solaire, atmosphère bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui.
le proto-Soleil se serait contracté. À la fin de cette contraction, le Soleil serait apparu,
tirant son énergie des réactions thermonucléaires, moins lumineux que le proto-Soleil Les radiations ultraviolettes provenant du Soleil, la source d’énergie principale,
s’effondrant sur lui-même. brisent les molécules simples de l’atmosphère primitive et libèrent des radicaux très
réactifs, qui se combinent rapidement pour former des molécules plus complexes et
Le disque de gaz se serait refroidit et condensé en petit grains. La composition plus lourdes. On peut aussi invoquer comme sources d’énergie additionnelles les
chimique de ces grains dépend de la température et donc de la distance au Soleil. décharges électriques que sont les éclairs et les volcans. Les pluies qui suivent la
condensation de la vapeur d’eau dans la haute atmosphère précipitent les nouvelles
La planète Terre se serait formée par l’agglomération de matière en rotation molécules à la surface de la planète, dans les océans en formation.
(accrétion).
Ces molécules sont composées de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote
 Développement de l’atmosphère primitive : En 1924, pour la première fois, : on parle de molécules organiques. C’est dans cette « soupe primitive » que les
Oparine émet l'hypothèse que des composés pré-biotiques, c'est-à-dire l'équivalent molécules organiques auraient progressivement évolué vers des molécules d’intérêt
des futurs composés organiques, ont pu être synthétisés sur la terre en dehors de biologique (acides aminés à la base des protéines, sucres et bases azotées).
toute structure vivante. Pour lui, l’atmosphère primitive de notre planète aurait été
constituée d’un mélange « inhospitalier » de méthane (CH4), d’ammoniac (NH3), de
vapeur d’eau (H2O), de dioxyde de carbone (CO2) et de sulfure d’hydrogène (H2S).
Ce bouillon est appelé « soupe primitive ».

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 25 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 26 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

5.1.7. La chimie prébiotique : Les bases d’une discipline scientifique nouvelle viennent d’être jetées : la chimie
prébiotique, c’est-à-dire la chimie des molécules qui précède l’apparition de la Vie.
En 1953, un scientifique américain appelé Stanley Miller, Prix Nobel de Chimie
en 1934, prouve expérimentalement l’hypothèse d’Oparine et d’Haldane en
construisant un appareil dans lequel il fait le vide avant d'introduire un mélange
gazeux mimant au mieux l'atmosphère supposée de la terre primitive.

Dans un ballon rempli d’eau, il introduit les gaz, méthane (CH4), ammoniac
(NH3) et hydrogène (H). Sous l’effet de la chaleur d’une flamme, l’eau se vaporise. Il
apparaît donc un mélange gazeux constitué de vapeur d’eau, de méthane,
d’ammoniaque et d’hydrogène : c’est une simulation de l’atmosphère primitive
d’Oparine et de Haldane. Plus loin dans le réacteur, des étincelles sont produites
entre deux électrodes pour simuler les éclairs : c’est la source d’énergie ; selon la
théorie d’Oparine et de Haldane, c’est à cet endroit que devraient se former les
molécules organiques. Un réfrigérant provoque ensuite la condensation de la vapeur
d’eau, qui entraîne avec elle les molécules nouvellement formées, c’est la pluie ; le
tout s’accumule à la base du montage : ce sont les océans primitifs.

L’importance de l’expérience de Miller et des expériences analogues qui ont


suivi est d’avoir démontré que les molécules de base de la Vie peuvent être
fabriquées de façon simple dans les milieux naturels. Mais il est important de réaliser
qu’on n’a pas nécessairement démontré que ces synthèses se sont vraiment
déroulées dans l’atmosphère primitive selon le scénario d’Oparine et Haldane.

Si ces expériences permettent d'envisager de manière crédible comment se


sont formées les premières molécules pré-biotiques, elles ne suffisent pas à expliquer
comment se sont organisés des édifices plus complexes tels que les macromolécules,
indispensables à la formation des cellules.

Par la suite, d'autres équipes, reproduisant de manière plus précise, grâce aux
Ce système est très simple, et Miller lui-même éprouve quelques doutes sur la
données nouvelles apportées par les astrophysiciens et les géologues, les conditions
possibilité d'obtenir des résultats de cette manière, puisque l'on raconte qu'il a fait ses
de la terre primitive, et utilisant d'autres sources d'énergie (UV, chaleur, ...),
premières expériences en cachette !
réussissent, eux aussi, à synthétiser des molécules organiques.
En analysant les produits formés au cours de l'expérience, il constate que de
Cette chimie prébiotique fondée sur la fabrication de molécules organiques à
nombreux composés organiques ont été synthétisés en conditions abiotiques, en
partir de ce qu’on croyait être l’atmosphère primitive se heurte à trois problèmes
particulier du formaldéhyde et de l’acide cyanhydrique, deux molécules qui jouent des
majeurs, qui se rapportent à la composition de l’atmosphère primitive ; la
rôles-clés dans la synthèse de molécules organiques plus complexes, ainsi qu’une
concentration des molécules dans l’océan primitif et aux interactions chimiques dans
petite quantité d’acides aminés, essentiellement de la glycine, le plus simple des
la soupe primitive.
acides aminés.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 27 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 28 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

5.1.8. Les nids du vivant :  Pour Louis Lerman, le nid de la Vie doit être recherché dans l’écume et les
embruns (aérosols marins enlevés par le vent à la crête des vagues). Les bulles nées
Dans l’évolution de la « soupe primitive, les molécules organiques se seraient de l’agitation des vagues représentent environ 5 % de la surface des océans. Elles
accumulées dans les lagunes et les mers primitives et auraient continué à réagir sur reçoivent beaucoup d’énergie lumineuse et collectent spontanément des molécules
de très longues périodes (des centaines de millions d’années). organiques, certains métaux catalyseurs et des sels comme les phosphates.

Quels sont « les nids » propices à l’apparition du Vivant ?  Les argiles (silicates d’aluminium) ont, par rapport à l’eau et aux molécules
organiques, des vertus étonnantes. Ainsi, elles forment des couches feuilletées où
 Le moule originel du vivant comprend de l’eau plus « autre chose ». On a vu s’opèrent des catalyses et où les réactions s’accélèrent. Elles se laissent pénétrer en
que les hypothèses d’Oparine, d’Haldane et de Miller ne tiennent pas la route : l’eau surface et offrent donc, des propriétés d’adsorption remarquables ; les cavités qu’elles
des océans n’est pas un milieu convenable pour le développement des premières recèlent sont des pièges à grosses molécules. Elles forment donc un échafaudage
réactions chimiques. Certains scientifiques soupçonnent l’intervention d’activateurs où les briques de la Vie sont empilées, enchaînées, repliées, tordues dans les trois
physiques comme la chaleur, la foudre, les ultraviolets, l’évaporation, et d’activateurs dimensions et transformées en polymères biochimiques…
chimiques, notamment des catalyseurs comme les métaux, qui facilitent sûrement
certaines réactions. Mais alors, où est le nid ? Il semble que les lagunes tièdes des  Et si, tout compte fait, la Vie avait emprunté des voies multiples pour apparaître
protocontinents constituent un milieu propice aux interactions organiques voici quatre milliards d’années à la surface de notre planète ?
primordiales. Charles Darwin en a eu l’intuition en 1871 : il parle alors d’un petit étang
chaud « warm little pond », de l’eau peu profonde à 30°C ou 40°C, contenant des
minéraux « actifs » comme des argiles, des laves basaltiques, des sables et des On ne sait toujours pas exactement ni comment ni où la Vie est apparue, mais
métaux. il est clair qu’une chimie prébiotique, alliant molécules formées sur Terre et peut-être
molécules venant de l’espace a donné naissance aux premières molécules porteuses
 L’hypothèse de la panspermie conserve aujourd’hui toute sa force. Le biologiste d’informations génétiques. L’étude en laboratoire, mais aussi l’étude d’astres comme
américain David Deamer a observé au cœur de certaines météorites l’existence de Mars et Titan, qui doivent prochainement être visités par des sondes spatiales, nous
matériaux organiques disposés de façon quasiment identique à ceux des membranes apporteront probablement beaucoup d’indices.
cellulaires. D’autre part, Kevin Zahnle bâtit l’hypothèse qu’un énorme astéroïde,
composé essentiellement de fer, aurait induit, grâce aux remarquables propriétés Avec le temps et en présence d’énergie solaire, ces molécules organiques se
catalytiques de ce métal, les manifestations initiales de la Vie terrestre. La pyrite (du seraient recombinées en de grosses molécules organiques complexes telles que les
sulfure naturel de fer, FeS2) attire les molécules organiques. Elle y déclenche des acides nucléiques, les protéines, les sucres et les lipides. Il s’agirait là du
réactions de capture d’énergie et de transfert d’électrons analogues à celles que l’on développement des premières biomolécules. L’ADN, la molécule à la base de la vie,
observe dans la photosynthèse. est l’une de ses biomolécules. Toutefois, pour évoluer ainsi, ces molécules se
devaient d’être en mesure de :
 Selon le microbiologiste allemand Karl Stetter, la Vie n’apparaît pas dans le petit
étang chaud cher à Darwin, mais dans une bouillante cocotte-minute, auprès des - se fabriquer une enveloppe protectrice leur permettant de contrôler les
volcans et dans les geysers. Et le géochimiste américain Everett Schock a calculé échanges avec leur milieu ;
qu’à haute température, les cellules et les organismes extraient aisément et - d’utiliser les ressources du milieu (les composés chimiques grâce à la
rapidement les nutriments qui leur conviennent. Avec, toutefois, une limite : on n’a fermentation) pour répondre à leurs besoins nutritifs et énergétiques ; on parle
jamais vu quelque organisme vivant résister à une température supérieure à 112°C. alors d’organismes hétérotrophes ;
- se reproduire en faisant des copies d’eux-mêmes ; c’est l’origine du code
 Il existe dans les fonds océaniques, à proximité des dorsales volcaniques, des génétique.
sources chaudes sous pression qu’on appelle sources hydrothermales. On y
rencontre des bactéries tributaires de la chimie du soufre qui appartiennent au groupe Il faut mentionner que l’énergie d’activation nécessaire aux premières réactions
des archéobactéries, les plus anciennes bactéries connues. Le microbiologiste vitales serait provenue de molécules telles que le glucose et l’ATP. C’est ce que l’on
américain Norman Pace a émis l’idée que, durant l’enfance de notre planète, ces appelle le processus de fermentation. Les hétérotrophes (ceux qui puisent leur
sources chaudes étaient bien plus nombreuses qu’à l’heure actuelle, et qu’elles ont nourriture dans le milieu plutôt que de la créer eux-mêmes comme les autotrophes)
joué, en offrant leur énergie chimique, un rôle décisif dans l’apparition du Vivant. formaient alors de plus en plus de déchets sous forme de dioxyde de carbone (CO2).

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 29 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 30 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Une « compétition passive » se serait donc amorcée, faisant en sorte que les 5.3. Darwin et la sélection naturelle :
vivants les plus avantagés vivraient plus longtemps. Ces organismes auraient évolué
en "proto-organismes" (plus perfectionnés) qui seraient les ancêtres des algues et Né en 1809, Charles Darwin est le père de la théorie de l'évolution qui a
des bactéries. révolutionné le monde des sciences. C'est à ce naturaliste anglais que l'on doit, entre
autres, l'explication du mécanisme qui mène à la formation des espèces, soit la
Étant de plus en plus « gourmands » et en compétition (passive) pour la sélection naturelle.
nourriture, certains organismes auraient commencé à utiliser le dioxyde de carbone
pour se nourrir. Cela aurait marqué le début du processus de photosynthèse au cours La sélection naturelle est le mécanisme qui implique que les individus d'une
duquel l’oxygène est libéré. espèce les mieux adaptés vont survivre et se reproduire. D'une génération à l'autre,
les individus sont de mieux en mieux adaptés à leur environnement de par le passage
5.2. Les étapes de l’évolution d’une espèce : des gènes liés aux caractères avantageux.

L'évolution permet à une espèce de survivre à des changements dans son Lors de l'un de ses nombreux voyages, il se rend sur les îles Galápagos, où il
milieu. Si les changements dans le milieu surviennent trop rapidement et que les remarque que différentes espèces de pinsons peuplent les îles, mais qu'elles
espèces présentes dans le milieu n'ont pas le temps d'évoluer pour survivre, il semblent avoir un lien de parenté. À son retour de voyage, en s'inspirant de ses
survient alors une extinction massive. Dans le cas où les changements sont graduels, observations, il écrit l'une de ses œuvres les plus marquantes : « L'origine des
les individus les mieux adaptés à ceux-ci vont survivre. L'évolution d'une espèce suite espèces ».
à un changement se fait en plusieurs étapes :
Les pinsons de Darwin regroupent un peu plus d'une douzaine d'espèce, très
 Les individus de la même espèce se reproduisent. semblable en termes de couleur (bruns ou noirs). Les principales différences que
 Des différences entre les individus d'une même espèce peuvent apparaître Darwin a remarquées sont au niveau de la taille ainsi que de la forme du bec. Comme
suite à la reproduction. d'une île à l'autre les ressources ne sont pas les mêmes, les régimes alimentaires
 La sélection naturelle va s'opérer, favorisant ceux qui sont le mieux adaptés aux des pinsons différents, ce qui explique ces différences.
changements du milieu.
 Les étapes 1 à 3 vont se répéter au fil des générations. Le nombre d'individus
ayant les caractères adaptés au nouveau milieu augmente.
 L'espèce est finalement adaptée à son milieu.

L'exemple le plus souvent utilisé pour illustrer l'évolution d'une espèce est celui
de la girafe. L'ancêtre de la girafe, qui vivait il y a de cela très longtemps, ne possédait
ni un long cou ni de longues pattes. Cet ancêtre se nourrissait probablement d'herbe
au sol.

Lorsque la quantité d'herbe a diminué, une lutte pour la survie a débuté.


Certains individus ancestraux, ceux qui en avaient la capacité, ont commencé à se
nourrir des feuilles des arbres plutôt que de l'herbe. Donc, les individus ancestraux
qui étaient plus hauts sur pattes et ceux qui avaient un cou plus long que les autres Darwin définit l’évolution comme : « la descendance avec modification ». Il a
avaient un avantage par rapport aux autres individus de l'espèce. Se nourrissant affirmé que les innombrables espèces de la Terre descendaient d’espèces animales
mieux, ces individus avantagés sont en meilleure forme et peuvent donc se reproduire ancestrales différentes des espèces contemporaines.
plus efficacement. Les parents qui ont un long cou et de longues pattes ont transmis
ces caractères héréditaires à leurs descendants.

Au fil des générations, les girafes ayant de petites pattes et un cou plutôt court
ont disparu et une nouvelle espèce est née, celle de la girafe que l'on connaît
aujourd'hui.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 31 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 32 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

L’évolution peut aussi se définir comme l’ensemble des changements dans la 5.4. Arguments attestant l’évolution :
composition génétique d’une population de génération en génération. Le darwinisme
comporte les six "théories" suivantes : Dans De l’origine des espèces, Darwin compile un vaste ensemble de données
à l’appui du concept de descendance avec modification. Malgré tout, on l’a vu, il lui
 L'évolution : Les espèces ne sont pas fixes et permanentes ; elles se manquait certaines données clés. Ainsi, il parlait de l’origine des plantes à fleurs
transforment au cours du temps. comme d’un « abominable mystère » et déplorait le manque de fossiles révélant
comment d’anciens groupes d’organismes en avaient engendré de nouveaux.
 La descendance commune : Chaque groupe d'organismes (animaux,
végétaux, micro-organismes) provient d'un ancêtre commun. Les descendants de cet Depuis un siècle et demi, de nouvelles découvertes ont comblé plusieurs des
ancêtre se seraient répandus dans divers habitats et auraient accumulé des lacunes dont se plaignait Darwin. Par exemple, l’origine des plantes à fleurs est
modifications les rendant aptes à survivre. beaucoup mieux comprise, et on a découvert de nombreux fossiles qui clarifient
l’origine de nouveaux groupes d’organismes. Dans cette section, nous passons en
 La multiplication des espèces : Les espèces peuvent se multiplier, soit en se revue quatre types de données qui documentent l’évolution et éclairent les processus
séparant en "espèces-filles", soit par isolement d'un petit groupe d'individus séparés par lesquels elle se produit : les observations directes de changements apportés par
du reste d'une population. l’évolution ; l’homologie ; les archives fossiles et la biogéographie.

 Le gradualisme : Les changements évolutifs se produisent grâce à des 5.4.1. Les observations directes de changement :
changements graduels au sein des populations.
Des milliers d’études scientifiques établissent les preuves des changements
 La sélection naturelle : Des changements évolutifs proviennent la grande apportés par l’évolution. Partons de l’exemple de l’observation de la sélection
variabilité phénotypique des individus d’une population. Au cours des générations, naturelle en réponse à l’introduction de nouvelles espèces végétales :
grâce à une combinaison de caractères avantageux hérités de leurs parents, seul les
individus les mieux adaptés participeront à l’établissement de la prochaine Les herbivores disposent souvent d’adaptations qui les aident à se nourrir
génération. efficacement de leurs principales sources d’aliments. Mais que se passe-t-il lorsqu’ils
commencent à se nourrir d’espèces végétales présentant des caractéristiques
 La sélection sexuelle : Plusieurs animaux possèdent des caractères différentes de leurs sources habituelles ?
encombrants qui nuisent à leur survie (queue du paon, bois des cerfs…). La sélection
sexuelle explique que ces caractères sont conservés car ils sont indispensables à la Les punaises à épaules rouges utilisent leur « bec » (une pièce buccale en
reproduction de leur porteur. Ce sont ces caractères qui permettront au porteur de forme d’aiguille creuse) pour perforer les graines des fruits de diverses plantes dont
vaincre les autres mâles ou d’impressionner les femelles. elles se nourrissent.

On peut résumer ainsi les idées principales de Darwin :

 La sélection naturelle est un processus dans lequel les individus dotés de


certains caractères ont, grâce à ces caractères, des taux de survie et de reproduction
plus élevés que d’autres individus.

 Au fil du temps, la sélection naturelle améliore l’adaptation des populations à


leur environnement.

 Si un environnement change au fil du temps, ou si des individus d’une espèce


donnée se déplacent vers un nouvel environnement, la sélection naturelle peut
permettre l’adaptation à ce nouveau milieu et débouche parfois sur l’apparition de
nouvelles espèces.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 33 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 34 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Les punaises à épaules rouges se nourrissent plus efficacement lorsque la


correspondance est maximale entre la longueur de leur « bec » et la profondeur à
laquelle se trouvent les graines dans les fruits dont elles se nourrissent.

Dans le sud de la Floride, les punaises à épaules rouges mangent les graines
d’une plante indigène, le faux persil. Cependant, comme cette plante est devenue
rare au centre de cet État, les punaises à épaules rouges se nourrissent maintenant
des graines d’un arbre originaire d’Asie introduit récemment en Amérique du Nord.

Ces nouveaux fruits sont constitués de trois lobes plats, et ses graines sont
beaucoup plus près de la surface du fruit que les graines rondes et dodues du fruit du
faux persil.

Des chercheurs ont démontré que la sélection naturelle favoriserait des pièces
buccales plus courtes que chez les populations qui se nourrissent sur le faux persil,
et leur prédiction s’est vérifiée.

Les chercheurs ont également étudié l’évolution de la longueur du « bec » de


populations de punaises à épaules rouges qui se nourrissent de plantes introduites L’embryologie comparative, qui consiste à comparer les premiers stades du
en Louisiane, en Oklahoma et en Australie. Dans chacun de ces endroits, le fruit des développement chez divers Animaux, révèle des homologies anatomiques invisibles
plantes introduites récemment est plus gros que celui de la plante indigène. chez les organismes adultes. Par exemple, à certains stades de leur développement,
tous les embryons des Vertébrés ont une queue derrière l’anus, ainsi que des
Les chercheurs ont donc prédit que, chez les populations qui s’attaquent aux structures appelées sacs branchiaux dans la région de la gorge. Au cours du
espèces introduites dans ces régions, l’évolution favoriserait un « bec » plus long. Là développement, ces poches pharyngiennes deviennent des structures homologues
encore, les données recueillies sur le terrain ont confirmé cette hypothèse. aux fonctions extrêmement différentes : par exemple, les sacs branchiaux se
transforment en branchies chez les Poissons, et en parties auditives et gutturales
L’adaptation observée chez ces populations de punaises à épaules rouges a eu chez l’humain et d’autres Mammifères.
d’importantes conséquences. En Australie, par exemple, l’allongement de leur « bec
» a presque doublé leur capacité de se nourrir des graines des espèces introduites. Parmi les structures homologues les plus singulières figurent les organes
Qui plus est, les résultats démontrent que la sélection naturelle peut entraîner une vestigiaux ; leur utilité est marginale ou nulle, mais elles témoignent de l’existence de
évolution rapide dans une population de type sauvage. structures très anciennes qui remplissaient d’importantes fonctions chez les ancêtres
des organismes qui en étaient dotés. Par exemple, certains serpents ont conservé
5.4.2. L’homologie : des vestiges des os du bassin et des pattes de certains de leurs ancêtres marcheurs.
Certaines espèces de poissons aveugles des cavernes possèdent des vestiges
L’analyse des similarités entre divers organismes constitue un ensemble de d’yeux sous leurs écailles. Ces structures vestigiales n’auraient aucune raison d’être
données attestant l’évolution. L’évolution étant un processus de descendance avec si ces animaux avaient des origines distinctes de celles d’autres vertébrés.
modification, avec le temps, les caractéristiques d’un organisme (l’ancêtre) sont
modifiées (par sélection naturelle) chez ses descendants en fonction des conditions Les biologistes observent aussi des similarités moléculaires entre les organismes.
environnementales auxquelles ces derniers sont soumis. Résultat, des espèces Toutes les formes de vie font appel aux mêmes modalités de codage de l’information
reliées ont des caractéristiques communes qui présentent une similarité bien que leur génétique (ADN et ARN). Le code génétique est, en quelque sorte, universel. Comme
fonctionnement diffère. Cette similarité qui résulte d’une ascendance commune tous les organismes le partagent, il est probable que toutes les espèces descendent
s’appelle l’homologie. d’un ancêtre commun.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 35 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 36 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

5.4.3. Les archives fossiles : Ces découvertes montrent aussi que les Cétacés d’aujourd’hui sont beaucoup
plus différents de leurs proches parents actuels (hippopotames, cochons, cerfs et
La paléontologie est la science qui étudie les fossiles. Ces derniers apportent, autres groupes d’Artiodactyles) que l’étaient le Pakicetus et les anciens Artiodactyles.
grâce aux méthodes de datation par la radioactivité, un témoignage sur la chronologie
dans l’apparition et/ou la disparition des espèces, mais aussi la diversification des Les archives fossiles montrent qu’au fil du temps la descendance avec modification
espèces au cours du temps. a entraîné des différences de plus en plus importantes entre les groupes
d’organismes reliés, ce qui a produit la diversité du vivant que nous connaissons
Les archives fossiles démontrent que les organismes du passé différent des aujourd’hui.
organismes actuels et que de nombreuses espèces se sont éteintes. Les fossiles
témoignent également des changements évolutifs survenus chez divers groupes 5.4.4. La biogéographie :
d’organismes.
La biogéographie est l’étude de la distribution géographique des espèces.
Les fossiles peuvent également nous éclairer quant aux origines de nouveaux Plusieurs facteurs influent sur la distribution géographique des organismes,
groupes d’organismes. Les archives fossiles des Cétacés, ordre de Mammifères qui notamment la dérive des continents, le lent déplacement des continents au fil du
comprend la baleine, le cachalot et le dauphin, en sont un bon exemple. temps.

Certains de ces fossiles ont fourni un appui à une hypothèse basée sur des
données d’ADN et selon laquelle les Cétacés sont étroitement reliés aux
Artiodactyles, un groupe d’ongulés qui inclut les ruminants (cerfs, vaches, chameaux,
...) et les cochons.

Il y a environ 250 millions d’années, toutes les masses continentales de la Terre


étaient plus ou moins soudées en un seul continent qu’on appelle la Pangée. Il y a
quelque 200 millions d’années, la Pangée a commencé à se diviser en gros blocs, et,
il y a 20 millions d’années, les continents que nous connaissons aujourd’hui étaient
situés à quelques centaines de kilomètres de leur localisation actuelle. Nous pouvons
utiliser ce que nous savons de l’évolution et de la dérive des continents pour prédire
dans quels endroits on devrait trouver des fossiles des divers groupes d’organismes.

Les premiers Cétacés ont vécu il y a de cela 50 à 60 millions d’années. Les


archives fossiles indiquent qu’avant cette époque la plupart des Mammifères étaient
terrestres.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 37 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 38 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Ainsi, les scientifiques ont construit des arbres d’évolution des chevaux en se 6.1. La nomenclature binomiale :
basant sur des données anatomiques. Ces arbres et l’âge des fossiles des ancêtres
du cheval portent à croire que les espèces actuelles de chevaux sont apparues il y a Dans le langage courant, on désigne les formes de vie par leurs noms «
5 millions d’années en Amérique du Nord. À cette époque, l’Amérique du Nord et vernaculaires », autrement dit leurs noms usuels. On dira, par exemple, un singe, un
l’Amérique du Sud étaient proches de leur localisation actuelle, mais ne s’étaient pas merle, un lilas. Ces noms peuvent toutefois semer la confusion, d’abord parce qu’ils
encore reliées, de sorte que les chevaux auraient eu de la difficulté à traverser d’un désignent plus d’une espèce, mais aussi parce qu’ils ne sont pas toujours
continent à l’autre. On pouvait donc prédire que les plus anciens fossiles de chevaux représentatifs des organismes qu’ils sont censés désigner, par exemple, au poisson
se retrouveraient uniquement sur le continent dont ces chevaux sont originaires, soit d’argent (Lepisma saccharina), qui est en fait un insecte (lépisme), au chien de mer,
l’Amérique du Nord. Cette prédiction et d’autres du même type concernant divers qui désigne trois espèces de requin, ou encore à l’éléphant de mer, nom donné à une
groupes d’organismes ont été confirmées, ce qui fournit d’autres preuves de espèce du Sud et à une autre du Nord. Et c’est sans compter tous les noms employés
l’évolution. selon la langue parlée.

Nous pouvons également utiliser notre compréhension de l’évolution pour Pour éviter toute confusion, les biologistes désignent les organismes étudiés
expliquer des données biogéographiques. Ainsi, les îles hébergent généralement de par leurs noms scientifiques. Ces noms sont des appellations formées de deux mots
nombreuses espèces végétales et animales endémiques, c’est-à-dire qu’on ne trouve latins et constituent ce qu’on appelle la nomenclature binominale, établie au 18e siècle
nulle part ailleurs dans le monde. Néanmoins, comme l’a décrit Darwin dans De par Carl Von Linné. Le premier mot d’un nom scientifique indique le genre auquel
l’origine des espèces, la plupart des espèces insulaires sont étroitement reliées aux l’espèce appartient (il pourrait être comparé au nom de famille d’une personne) ; le
espèces du continent le plus proche ou d’une île voisine. Darwin a supposé que les deuxième nom désigne l’espèce en tant que telle (il pourrait correspondre au prénom
îles soient colonisées par des espèces du continent voisin. À mesure que ces de la personne). Par exemple, le nom scientifique du léopard est Panthera pardus.
colonisateurs s’adaptent à leur nouvel environnement, ils finissent par engendrer de
nouvelles espèces. Un tel processus explique aussi pourquoi deux îles au milieu Seule la première lettre du genre prend la majuscule, et le genre et l’espèce
similaire, mais situées dans différentes parties du monde, tendent à être peuplées sont composés en italique (cette règle s’applique au nom scientifique latin et non au
non pas par des espèces étroitement reliées les unes aux autres, mais plutôt par des nom commun français).
espèces reliées à celles du continent le plus proche, même si l’environnement y est
souvent assez différent. Un genre peut comprendre plusieurs espèces, qui portent chacune un nom
spécifique. Les noms scientifiques créés récemment sont aussi « latinisés » ; ainsi,
6. La classification des espèces : un chercheur qui découvre un nouvel insecte peut le baptiser en l’honneur d’un ami,
mais il doit ajouter la terminaison latine appropriée. Par exemple, le biologiste Dale
Les humains ont tendance à classifier, c’est-à-dire à former des catégories H. Clayton a nommé Strigiphilus garylarsoni un pou trouvé seulement sur les
d’éléments selon leurs ressemblances et la relation qui les lie. Par exemple, nous chouettes pour exprimer son admiration envers le dessinateur de bandes dessinées
parlons d’écureuils et de papillons tout en reconnaissant que chacun de ces groupes Gary Larson (The Far Side).
inclut différentes espèces. Nous formons même des catégories plus vastes, comme
les Rongeurs (qui comprennent les écureuils) et les Insectes (qui comprennent les Une bonne partie des appellations scientifiques encore employées de nos jours ont
papillons). été créées par Linné, qui a attribué un nom scientifique à plus de 11 000 espèces
végétales et animales. Et, sans doute dans un élan d’optimisme, celui-ci a donné aux
Le principe de classification est né de la nécessité de catégoriser les espèces. humains le nom scientifique d’Homo sapiens, ce qui signifie « homme sage ».
Les premiers critères de classification ont été essentiellement basés sur la
morphologie, le mode de vie, le mode de reproduction, ... Les principes actuels 6.2. La classification hiérarchique :
évoluent, en particulier suite aux progrès dans les techniques d’analyse du génome.
En plus de baptiser les espèces, Linné les a aussi classées hiérarchiquement
La taxonomie est la science qui étudie la classification des êtres vivants dans en groupes de plus en plus généraux. Le groupe le plus étroit, situé au bas de la
différentes catégories, selon des règles strictes qui tiennent compte des hiérarchie, porte le nom de la première partie de l’appellation scientifique et
caractéristiques physiques et génétiques. Les organismes partagent certaines correspond donc au genre. Ainsi, les espèces qui semblent étroitement apparentées
caractéristiques à cause d’un ancêtre commun. Nous pouvons donc acquérir sont groupées au sein d’un même genre.
beaucoup de connaissances sur une espèce lorsque nous connaissons son histoire
évolutive.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 39 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 40 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Par exemple, le léopard (Panthera pardus) appartient à un genre qui comprend Quel que soit le critère utilisé, la sélection d’éléments communs à un groupe
également le lion d’Afrique (Panthera leo), le tigre (Panthera tigris) et le jaguar d’individus peut se faire, soit par division (les animaux à plumes opposés aux animaux
(Panthera onca). sans plumes), soit par agglomération (tous les animaux volants).

Au-delà du groupement au sein d’un même genre, les taxinomistes emploient Après les premières classifications fixistes de Linné (XVIIIe siècle) et suite aux
des catégories de classement de plus en plus vastes. La classification hiérarchique apports de Darwin (XIXe siècle), la notion d’évolution est progressivement intégrée
rassemble les genres semblables en familles, les familles en ordres, les ordres en aux principes de sélection des critères. Les caractères alors pris en compte
classes, les classes en embranchements, les embranchements en règnes et, depuis deviennent les caractères héréditaires, transmis de génération en génération, et donc
peu, les règnes en domaines. des phylogenèses.

Un rang taxinomique est appelé taxon, peu importe sa catégorie de classement. La classification actuelle du vivant est liée, d’une part au développement des
Par exemple, Panthera est un taxon de genre, tandis que Mammifères est un taxon techniques modernes d’investigation moléculaire, donnant accès à de nombreux
de classe qui inclut tous les ordres de Mammifères. caractères jusqu’alors inaccessibles, et d’autre part au renforcement de l’idée de
phylogénie (Darwin 1859, puis Hennig 1950). Cette classification repose sur la notion
Remarquez que les taxons plus vastes que celui du genre ne s’écrivent pas en d’homologie et classe les organismes sur un arbre phylogénétique.
italique, mais prennent une majuscule à la première lettre. Il est possible de présenter
les niveaux auxquels appartient un être vivant dans ce que l'on appelle une fiche 6.3. La classification phylogénétique :
taxonomique.
La phylogénèse (du grec phulon, « race », et genesis, « origine ») est l’histoire
Pour chacun des taxons, il existe des sous-catégories. Par exemple, les de l’évolution d’une espèce ou de groupes d’espèces apparentés. La classification
vertébrés et les invertébrés sont des sous-embranchements. Les vertébrés sont un phylogénétique tend à classer les êtres vivants en fonction des homologies. La
sous-embranchement des Chordata. Les invertébrés sont représentés par plusieurs parenté entre deux espèces sera d’autant plus grande qu’ils partageront un grand
espèces appartenant aux autres embranchements du règne animal. nombre d’états de caractères dérivés.

Autrefois, les vivants étaient classés en deux catégories seulement : les Pour reconstruire la phylogenèse, les biologistes ont recours à la
animaux et les végétaux. Aujourd’hui, cette classification a évolué et on distingue « systématique », une discipline dont l’objectif est de classifier les organismes et
maintenant plusieurs catégories appelées règnes. d’établir leurs liens évolutifs. En s’appuyant sur un large éventail de données, allant
des fossiles aux molécules et aux gènes, la systématique parvient à établir des liens
Les règnes du vivant sont les suivants : évolutifs entre les organismes. À partir de ces informations, les biologistes peuvent
construire l’arbre de la vie universel, dont la ramure se complexifie au même rythme
Nombres d'espèces que s’accumulent les données.
Règnes : Organisation cellulaire :
connues :
Organismes unicellulaires. Les organismes partagent certaines caractéristiques à cause d’un ancêtre
Monères Environ 3 000 espèces.
Pas de noyau. commun. Nous pouvons donc acquérir beaucoup de connaissances sur une espèce
Organismes unicellulaires. lorsque nous connaissons son histoire évolutive. Par exemple, un organisme donné
Protistes Présence de noyau et autres Environ 31 000 espèces. a toutes les chances de partager avec ses proches parents quantité de gènes, de
organites. voies métaboliques, ainsi que la structure de nombreuses protéines.
Majorité d'organismes pluricellulaires.
Environ 150 000 Pour construire une phylogenèse, les systématiciens doivent recueillir le plus
Champignons Certains organismes unicellulaires (ex
espèces. de données possibles sur la morphologie, les gènes et la biochimie des organismes
: levures).
Environ 300 000 concernés. Ils doivent impérativement se concentrer sur les caractéristiques
Végétaux Organismes pluricellulaires. provenant d’un ancêtre commun, car elles seules reflèteront les liens évolutifs.
espèces.
Environ 1 200 000
Animaux Organismes pluricellulaires.
espèces.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 41 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 42 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Une ressemblance attribuable à une ascendance commune est appelée La cladistique est une méthode relevant de la systématique dont le principal
homologie. Par exemple, la ressemblance entre le nombre et l’arrangement des os critère de classification est l’ancêtre commun. Selon cette méthode, les biologistes
des membres inférieurs des Mammifères s’explique par le fait qu’ils descendent d’un tentent de réunir les espèces en clades, déterminant des groupes monophylétiques
ancêtre commun possédant la même structure osseuse ; c’est là un exemple (du grec monos, « seul » et phulon, « tribu »), dont chacun comprend une espèce
d’homologie morphologique. De la même façon, les gènes ou les séquences d’ADN ancestrale et tous ses descendants.
sont homologues s’ils sont issus de séquences portées par un ancêtre commun. En
général, les organismes dotés de morphologies ou de séquences d’ADN très À l’instar des taxons, les clades sont groupés dans des clades plus importants.
semblables ont plus de chances d’être étroitement apparentés que ceux qui ont des Par exemple, le clade de la famille des Félidés relève d’un clade plus important (les
structures ou des séquences très différentes. Dans certains cas, cependant, des Carnivores), incluant aussi la famille des Canidés. Toutefois, un taxon n’est équivalent
espèces apparentées présentent une grande divergence morphologique et une petite à un clade que s’il est monophylétique. Si des données manquent au sujet de certains
divergence génétique (ou vice versa). membres d’un clade, on est en présence d’un groupe paraphylétique, lequel renferme
l’espèce ancestrale et une partie seulement de ses descendants. On peut également
Il est essentiel de distinguer l’homologie de l’analogie. L’homologie met en être en présence d’un groupe polyphylétique, qui contient plusieurs taxons issus
évidence les ressemblances qu’il peut exister entre l’origine d’organes des êtres d’ancêtres différents.
vivants ; alors que l’analogie met en évidence les organes ayant la même fonction
mais dont l’origine et l’anatomie sont différentes.

On peut représenter l’histoire évolutive d’un groupe d’organismes dans un


diagramme arborescent appelé arbre phylogénétique.

En raison des modifications intervenues au cours de la phylogenèse, les


organismes ont des caractéristiques communes avec leurs ancêtres, mais ils s’en
distinguent à d’autres égards.

Par exemple, tous les Mammifères possèdent une colonne vertébrale, mais la
présence de la colonne vertébrale ne distingue pas les Mammifères des autres
Vertébrés parce que tous les vertébrés ont une colonne vertébrale. Cette structure
précède dans le temps l’apparition de l’embranchement mammalien dans l’arbre
généalogique des Vertébrés. Aussi, pour les Mammifères, la colonne vertébrale est
un caractère ancestral commun, c’est-à-dire un caractère qui provient d’un ancêtre
du taxon. En revanche, la pilosité est un attribut que partagent tous les Mammifères,
La première étape, dans la reconstruction des phylogenèses, consiste à mais qu’on ne trouve pas chez leurs ancêtres.
distinguer les caractéristiques homologues des caractéristiques analogues (puisque
seule l’homologie reflète l’histoire évolutive). Il faut ensuite choisir une méthode La présence de poils chez les Mammifères est donc considérée comme un
permettant de déduire la phylogenèse à partir de ces traits homologues. L’une de ces caractère dérivé commun, une innovation apparue au cours de l’évolution et exclusive
méthodes est la cladistique. à un clade.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 43 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 44 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Remarquez que les notions « ancestral » ou « dérivé » sont relatives, quand En comparant les membres du groupe à l’étude les uns avec les autres et avec
vient le temps d’examiner un caractère donné. La colonne vertébrale peut faire partie le groupe de référence, nous pouvons déterminer les caractères dérivés à divers
des caractères dérivés communs, mais à une ramification antérieure distinguant tous points de bifurcation de l’évolution des Vertébrés. Par exemple, tous les Vertébrés du
les Vertébrés des autres Animaux. Parmi les Vertébrés, la colonne vertébrale est groupe à l’étude possèdent une colonne vertébrale : ce caractère était présent chez
considérée comme un caractère ancestral commun, parce qu’elle a pris naissance l’ancêtre vertébré, mais pas chez le groupe de référence.
chez l’ancêtre de tous les Vertébrés.
Notons également que la lamproie est dépourvue de mâchoires dotées
Les caractères dérivés communs sont propres à des clades précis. Dans la d’articulations, mais que ce caractère est présent chez tous les autres membres du
mesure où toutes les caractéristiques des organismes se sont manifestées à un groupe à l’étude ; ce caractère permet donc de déterminer un premier point de
moment de l’histoire du vivant, il devrait être possible de déterminer le clade au sein bifurcation dans le clade des Vertébrés. En procédant ainsi, nous pouvons transposer
duquel un caractère dérivé est apparu une première fois et d’utiliser cette information les données de notre tableau de caractères dans un arbre phylogénétique qui réunit
pour déduire des liens évolutifs. tous les taxons du groupe à l’étude selon une hiérarchie reposant sur leurs caractères
dérivés communs.
Pour étudier les principes de ce type d’analyse, prenez la liste des caractères
présents chez cinq Vertébrés, soit un léopard, une tortue, une grenouille, un achigan La chronologie donnée par la ramure d’un arbre phylogénétique est relative
et une lamproie (un vertébré aquatique sans mâchoires). plutôt qu’absolue. Autrement dit, elle indique si un élément est apparu avant ou après
un autre, mais elle ne précise pas depuis combien de millions d’années. Dans certains
diagrammes arborescents, cependant, la longueur des branches est proportionnelle
au nombre de changements évolutifs ou à la date à laquelle se sont produits des
événements particuliers.

6.4. Les trois domaines du vivant :

Les premiers taxinomistes ont classifié toutes les espèces connues en deux
règnes, soit les Végétaux et les Animaux. Même la découverte du monde microbien
n’a pas remis en question le système à deux règnes. En effet, la présence d’une paroi
cellulaire rigide avait amené les taxinomistes à placer les Bactéries dans le règne des
Végétaux, tout comme les organismes eucaryotes unicellulaires possédant des
chloroplastes.

Il en fut de même des Eumycètes, en partie parce que la plupart des


Pour fonder notre comparaison et établir un cladogramme, il nous faut choisir
champignons, comme la plupart des Végétaux, sont incapables de se déplacer (le fait
aussi un groupe extérieur (ou groupe de référence). Ce groupe de référence
qu’ils ne sont pas photosynthétiques ou que leur structure ressemble peu à celle des
comprend une espèce ou un groupe d’espèces d’une lignée ayant divergé avant celle
Végétaux ne semblait pas important !).
dont font partie les espèces qui forment le groupe à l’étude.
Dans le système à deux règnes, les eucaryotes unicellulaires qui se déplacent
On choisit un groupe de référence en analysant divers éléments de preuves de
et s’alimentent – les protozoaires – étaient classifiés parmi les Animaux. Fait à noter,
différentes provenances (morphologie, paléontologie, analyse du développement
les botanistes et les zoologistes ont revendiqué l’étude des organismes qui, comme
embryonnaire et séquences génétiques, par exemple).
les euglènes, se déplacent et sont capables de photosynthèse, si bien qu’ils
L’amnios fait partie des caractères retenus. Il s’agit d’une membrane remplie de
apparaissent dans les deux règnes.
liquide et qui enveloppe l’embryon.
Les schémas taxinomistes comportant plus de deux règnes ont été
L’amphioxus constitue un bon groupe de référence pour notre exemple. Ce petit
généralement reconnus vers la fin des années 1960, lorsque de nombreux biologistes
animal vit dans des vasières et appartient (comme les Vertébrés) à l’embranchement
ont convenu de l’existence de cinq règnes, soit ceux des Végétaux, des Eumycètes,
des Cordés. Contrairement aux Vertébrés, cependant, il est dépourvu de colonne
des Animaux, des Monères (procaryotes) et des Protistes (composé essentiellement
vertébrale.
d’organismes unicellulaires).

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 45 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 46 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Ce système mettait en évidence l’existence de deux types de cellules Enfin, le domaine des Eucaryotes comprend tous les organismes formés de
fondamentalement différentes, les eucaryotes et les procaryotes, et distinguait ces cellules possédant un vrai noyau. Ce domaine renferme de nombreux groupes
dernières des premières en les plaçant sous un règne distinct, celui des Monères. d’organismes unicellulaires, de même que des Végétaux pluricellulaires, les
Eumycètes et les Animaux.
Cependant, les phylogenèses réalisées à partir de données génétiques n’ont
pas tardé à montrer les lacunes de cette classification : on observe autant de Tous les organismes constitués de cellules de type eucaryote sont maintenant
différences entre certains procaryotes qu’entre des procaryotes et des eucaryotes. regroupés dans le domaine des Eucaryotes. Ce domaine comprend trois règnes
Les biologistes ont donc fini par adopter un système à trois domaines, soit les d’eucaryotes multi cellulaires, soit les Végétaux, les Eumycètes et les Animaux. Ces
Bactéries, les Archées et les Eucaryotes. Les domaines apparaissent au niveau trois règnes se distinguent par leur mode de nutrition.
supérieur de la hiérarchie taxinomique, juste au-dessus des règnes. De nombreuses
études confirment la validité de ce modèle, notamment une étude récente qui a Les Végétaux produisent eux-mêmes leur matière organique au moyen de la
analysé près de 100 génomes entièrement séquencés. photosynthèse. Les Eumycètes absorbent des nutriments dissous présents dans leur
environnement ; la plupart d’entre eux décomposent des organismes morts et des
Les organismes formant deux des trois domaines, celui des Bactéries et celui débris organiques (comme les feuilles mortes et les excréments) dont ils tirent leurs
des Archées, sont tous des Procaryotes. La plupart des Procaryotes sont nutriments. Quant aux Animaux, ils se nourrissent en ingérant et en digérant des
unicellulaires et microscopiques. Auparavant, les Bactéries et les Archées faisaient proies de toute provenance.
partie du même règne parce qu’elles avaient toutes deux une structure cellulaire
procaryote. Cependant, les découvertes les plus récentes indiquent que les Bactéries
et les Archées constituent deux groupes très distincts de Procaryotes et présentent
des différences importantes. Certaines observations indiquent également que les
Archées sont au moins tout aussi apparentées aux Eucaryotes qu’aux Bactéries.

Le domaine des Bactéries rassemble la plupart des Procaryotes actuellement


connus, dont les Bactéries étroitement apparentées aux chloroplastes et aux
mitochondries. L’humain, bien entendu, appartient au règne des Animaux. Cependant, aucun
de ces trois règnes n’est aussi peuplé et diversifié que celui des Protistes, dont font
Le domaine des Archées constitue un groupe varié d’organismes procaryotes partie les eucaryotes unicellulaires. Auparavant, les Protistes avaient droit à leur
qui vivent dans toutes sortes d’environnements. Certaines Archées peuvent utiliser propre règne, mais les biologistes ont constaté qu’ils ne formaient pas un groupe
l’hydrogène comme source d’énergie, et d’autres sont les principales sources des naturel unique. Des découvertes récentes indiquent en effet que certains groupes de
dépôts de gaz naturel répartis un peu partout dans la croûte terrestre. Les Bactéries protistes sont plus étroitement liés à des eucaryotes multicellulaires comme les
se distinguent des Archées à plusieurs égards, notamment sur les plans structurels, Animaux et les Eumycètes qu’à d’autres membres de leur propre règne. La plus
biochimique et physiologique. récente tendance taxinomique a donc séparé le règne des Protistes en plusieurs
règnes.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 47 sur 50 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 48 sur 50
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Le système à trois domaines souligne le fait que l’histoire de la vie s’articule en


grande partie autour des organismes unicellulaires. Les deux domaines procaryotes
ne renferment que des organismes unicellulaires et, même dans celui des
Eucaryotes, seules les ramifications rouges correspondant aux Végétaux, aux
Eumycètes et aux Animaux comprennent surtout des organismes multicellulaires. La
plupart des biologistes reconnaissent à présent trois des cinq règnes qu’avaient
proposés les taxinomistes, soit ceux des Végétaux, des Eumycètes et des Animaux,
mais ils ont abandonné les Monères et les Protistes. Le règne des Monères est tombé
en désuétude quand on a constaté que ses membres provenaient de deux domaines
différents. Quant au règne des Protistes, il s’est effondré parce que certains des
organismes qu’il renfermait étaient plus proches des Végétaux, des Eumycètes ou
des Animaux que des autres protistes.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 49 sur 50


[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : UAA 6 – Page 50 sur 50


[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

UAA 6 : Biodiversité et évolution : 16. À partir des illustrations suivantes, déterminez le type de relation :

Applications :

1. Que signifie : « biodiversité » ?


2. Expliquez les 3 niveaux de biodiversité (+exemples).
17. L’anémone de mer protège le poisson-clown des prédateurs et, par ses
3. Définissez : « gène, espèce, population et écosystème ».
mouvements, le poisson protège l’anémone d’autres prédateurs.
4. En observant la mousse d’un toit, voici ce que l’on peut rencontrer :
18. La meute de loups est dirigée par un mâle dominant. Celui-ci est déterminé par
une confrontation. Le vainqueur sera le premier à se nourrir et pourra se
reproduire.
19. La fourmilière contient différentes catégories de fourmis : reine, ouvrières,
combattantes, …
20. Le gui est une plante chlorophyllienne qui se développe sur le tronc des arbres.
On retrouve, entre autres, 4 types d’organismes : 21. Retrouve et symbolise le type de relation pour les cas suivants :
- La mousse, végétal chlorophyllien. - La chenille se nourrit d’une feuille.
- Les rotifères, organisme en mouvement. Ils ont une longueur inférieure au demi- - Le ver solitaire dont la larve se développe dans les muscles du porc ou du bœuf
millimètre. Deux modes alimentaires sont observés : la capture d’autres animaux et est ingérée par l’homme.
et la consommation de matières organiques mortes. - Les oiseaux pique-bœufs se nourrissent de parasites de la girafe.
- Les tardigrades, en mouvement, avec de la mousse dans l’appareil digestif. - Les cerfs mâles adultes vivent solitaires sauf au moment du rut où ils se
Organismes de petite taille (moins d’un millimètre) et transparents. La majorité combattent entre eux pour accompagner la harde des femelles.
de ces tardigrades est végétarienne et par transparence, on peut voir la couleur - Un chat chasse et se nourrit d’une souris.
verte de la nourriture ingérée dans l’abdomen. - Le goéland mange les restants de repas d'un humain et cela ne dérange pas
- Les nématodes (vers), rarement. Minuscules vers d’une longueur de quelques ce dernier.
millimètres. Ils sont essentiellement végétariens ou consommateurs de matières - Un pluvian débarrasse un crocodile du Nil des déchets, sangsues et autres
organiques mortes (saprophages). En l’absence d’eau, ces animaux et végétaux parasites de sa mâchoire. Les œufs et poussins sont protégés par la simple
on la possibilité d’entrer en vie ralentie pendant des mois ou des années. présence du reptile.
Sommes-nous en présence d’un écosystème ? Justifiez. - Des tortues se disputent une place au soleil.
5. Par quoi est caractérisé un écosystème ? - Les manchots luttent contre le froid en se blottissant les uns contre les autres.
6. Définissez : « biocénose et biotope ». Après un certain temps, les plus exposés s’écartent et se retrouvent à l’abri des
7. Donnez la différence entre le biotope et l’habitat. autres.
8. Quelles sont les éléments qui pourraient faire varier l’habitat d’un écosystème ? - Les Lionnes chassent un zèbre afin de se nourrir et nourrir leurs petits.
9. Que signifie : « climax » ? - La vanille se développe sur un tronc qui ne souffre pas de sa présence.
10. De quoi dépend la biodiversité ? 22. Reprenez et symbolisez les différents types de relations entre individus.
11. Qu’étudie l’écologie ? 23. Nommez et symbolisez une interaction entre deux espèces, sans impact pour
12. Qu’est-ce qu’une niche écologique ? l'une mais nuisible pour l'autre.
13. Que se passe-t-il lorsque deux espèces occupent la même niche écologique ? 24. Quelle est la différence entre le parasitisme et la prédation ?
14. Indiquez le facteur influençant les éléments suivants : 25. À partir des illustrations suivantes, indiquez les différents échanges rencontrés :
- La couleur des Hortensias bleues ou roses.
- La couleur du pelage d’une hermine qui change en été et en hiver.
- Une Edelweiss qui pousse en montagne et l’oyat des dunes.
- Le mode de vie d’une truite de rivière et le Koï d’un étang.
- Le type de flore rencontré dans différente région du monde.
15. Citez 4 facteurs abiotiques d’un milieu aquatique.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : Ex – UAA 6 – Page 1 sur 6 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : Ex – UAA 6 – Page 2 sur 6
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

26. Déterminez la richesse spécifique et l’abondance relative des communautés 37. En reprenant l’écosystème de la mousse d’un toit, identifiez les consommateurs
suivantes : et leurs régimes alimentaires. Représentez le réseau trophique de cet
écosystème (des flèches rouges représentant « est mangé par … » et des
flèches bleues « forme des … ».
38. Reliez les régimes alimentaires aux noms correspondants :

Poissons   Insectivore
Nectar   Granivore
27. Déterminez et justifiez la communauté ayant la plus haute valeur de biodiversité : Sang   Omnivore
Communauté A : Viandes   Coprophage
Richesse spécifique : 3 espèces
Graines   Oophage
Pourcentages d'abondance relative : 35%, 35%, 30%
Œufs   Hématophage
Communauté B :
Richesse spécifique : 5 espèces Bois   Nectarivore
Pourcentages d'abondance relative : 60%, 20%, 10%, 5%, 5% Herbes   Nécrophage
28. À partir de la description d’un écosystème d’une rivière ci-dessous, établissez Insectes   Xylophage
trois chaines alimentaires différentes. Déchets   Planctophage
Une série de plantes aquatiques et d’algues se développent dans la rivière et sur Excréments   Mycophage
les berges. Ces végétaux chlorophylliens sont mangés par différents organismes Cadavres   Piscivore
comme les larves de phryganes et d’éphémères (insectes) ou comme les ancyles Plancton   Carnivore
(mollusque). De tout   Détritivore
Les planaires (vers plats) sont carnivores et se nourrissent de petits invertébrés. Champignons   Herbivore
Le vairon est un petit poisson omnivore de rivière. Il se nourrit aussi bien de Matière organique morte   Saprophage
végétaux que de petits mollusques, de larves d’insectes, de crustacés ou de vers.
La truite est un poisson carnivore dont l’alimentation se compose de vers, 39. Que sont les « services des écosystèmes » ? Donnez 3 exemples.
d’insectes et de petits poissons. 40. Qu’est-ce qu’une perturbation (d’un écosystème).
Le cincle plongeur est un oiseau vivant près des berges des rivières. Il se nourrit 41. Que se passe-t-il lorsque des changements dans un milieu interviennent trop
d’invertébrés comme les larves de phryganes et d’éphémères, ainsi que de rapidement pour les espèces qui y vivent ?
quelques mollusques, crustacé et petits poissons. 42. Expliquez la succession écologique.
Les gammares sont de petits crustacés détritivores. La vase présente dans le lit 43. Qu’est-ce que le « climax » ?
de la rivière, comme dans les sols, contient de nombreuses bactéries capables 44. Depuis l’antiquité jusqu’au 17ème siècle, comment expliquait-on l’apparition de la
de transformer tous les déchets, restes, excréments, animaux et végétaux morts vie ?
en sels minéraux. 45. Comment (et grâce à qui) cette hypothèse a-t-elle été réfutée ?
29. Par quels organismes commencent toutes les chaines alimentaires ? 46. Expliquez l’hypothèse de « la soupe primitive ».
30. Par quels organismes finissent toutes les chaines alimentaires ? 47. Qu’est-ce que la chimie prébiotique ? Qu’elle a été l’intérêt de l’expérience de
31. Comment nomme-t-on les organismes se nourrissant des producteurs et/ou se Miller ?
mangeant entre eux ? 48. Pourquoi les hypothèses d’Oparine, Haldane et Miller ne tiennent pas la route ?
32. Qu’est-ce qu’un réseau trophique ? 49. Quels seraient les lieux et les conditions propices à l’apparition du Vivant ?
33. Représentez graphiquement le réseau trophique de l’écosystème d’une rivière 50. Quel est le lien entre les premières molécules organiques et la cellule (unité de
correspondant à vos 3 exemples de la question 20. Soulignez les producteurs en base du vivant) ?
vert, les consommateurs en bleu et les décomposeurs en rouge. 51. Que permet l’évolution d’une espèce ?
34. Que sont les producteurs ? 52. Donnez les différentes étapes de l’évolution d’une espèce.
35. Que sont les consommateurs ? 53. Qu’est-ce que la sélection naturelle ?
36. Quel est le rôle des décomposeurs dans le fonctionnement d’un écosystème ? 54. Comment Darwin définit-il « l’évolution » ?
55. Quelles sont les théories de Darwin ?
56. Résumez les idées principales de Darwin.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : Ex – UAA 6 – Page 3 sur 6 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : Ex – UAA 6 – Page 4 sur 6
[UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique [UAA 6 : Biodiversité et évolution] Formation scientifique

57. Donnez et détaillez les arguments attestant l’évolution. Caractère 1 :


58. Qu’est-ce que la nomenclature binomiale ? État ancestral : absence de tige.  État dérivé : présence de tige.
59. Décrivez les 3 domaines du vivant. Innovation évolutive : apparition de la tige.
60. À partir des informations aux pages suivantes, établissez l’arbre phylogénétique. Caractère 2 :
État ancestral : absence de feuille.  État dérivé : présence de feuille.
Le ginkgo biloba, un arbre à feuille caduques
Innovation évolutive : apparition de la feuille.
d’origine chinoise, présent en Belgique
comme ornement. Il peut atteindre 30 m de Caractère 3 :
haut et voit ses feuilles changer de couleur, État ancestral : absence de racine.  État dérivé : présence de racine.
du vert au jaune doré, en automne. Les Innovation évolutive : apparition de la racine.
ovules du ginkgo sont nus, avec graine mais Caractère 4 :
sans fruit. Ils germeront dès fécondation. État ancestral : absence des vaisseaux.  État dérivé : présence des vaisseaux.
Innovation évolutive : apparition des vaisseaux.
Les mousses sont des végétaux très simples,
formés de petites tiges feuillées, ne Caractère 5 :
possédant pas de système racinaire ni de État ancestral : absence de la graine.  État dérivé : présence de la graine.
vaisseaux pour transporter la sève. Seul Innovation évolutive : apparition de la graine.
existe un rhizoïde qui permet à la plante de Caractère 6 :
se maintenir dans son substrat et d’absorber État ancestral : absence de fruit.  État dérivé : présence de fruit.
de l’eau. La reproduction se fait par spores.
Innovation évolutive : apparition du fruit.
Les fougères, très nombreuses dans les sous-
bois, sont des plantes possédant feuilles,
tige et racines. Ces dernières sont reliées à la
tige par un rhizome sous-terrain. La
reproduction sexuée se fait grâce à des
spores. Un système conducteur transporte
les sèves brute et élaborée.

Le pommier, arbre à feuilles caduques


d’origine asiatique, est très présent chez
nous. Il existe plus de 20000 variétés
différentes, à des fins ornementales ou pour
la production des fruits.

Les spirogyres sont des algues vertes


filamenteuses. Elles ne possèdent ni tige, ni
feuille, ni racine. Chaque cellule contient un
chloroplaste enroulé comme une hélice. La
reproduction se fait par conjugaison, c’est-à-
dire la fusion de deux cellules.

Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : Ex – UAA 6 – Page 5 sur 6 Centre Educatif Saint-Pierre| Deuxième degré : Ex – UAA 6 – Page 6 sur 6

Vous aimerez peut-être aussi