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Évolution et impact du SMIG au Maroc

Ce document décrit l'histoire et les caractéristiques du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au Maroc. Il couvre l'évolution du SMIG au fil des ans, les personnes qui le reçoivent, et compare le SMIG marocain à celui d'autres pays africains.

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Évolution et impact du SMIG au Maroc

Ce document décrit l'histoire et les caractéristiques du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au Maroc. Il couvre l'évolution du SMIG au fil des ans, les personnes qui le reçoivent, et compare le SMIG marocain à celui d'autres pays africains.

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Chapitre 

1 : la place de SMIG au Maroc


Section 1 : Les caractéristiques historiques et institutionnels de SMIG
1 Définition et historique :
Définition
Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) désigne à l'heure actuelle le salaire horaire
minimum en vigueur au Maroc. Comme l'indique son nom, le SMIG s'applique à tous les corps
professionnels à l'exception notable des, soumis à un régime spécifique, le SMAG pour salaire
minimum agricole garanti.

Le SMIG est fixé par décret par le gouvernement. Une telle opération s'effectue généralement à la
suite d'intenses tractations tripartites entre l'État, les organisations syndicales et le patronat.

Le SMIG a existé en France de 1950 à 1970 et est en vigueur au Maroc.

le SMIG est considéré comme étant un salaire. En effet, il constitue le plus petit montant horaire qui
a été fixé par les autorités légales pour régir le système de paie des employés. Par conséquent, tout
employeur doit toujours payer ses employés en tenant compte de ce facteur.

Historique
La législation marocaine sur les salaires minima remonte à 1936 (Dahir du 18 juin 1936), et depuis
cette date, alors que le mécanisme de fixation n’a pas varié, le champ d’application a évolué passant
d’un système où existait plusieurs taux différenciés selon l’âge, la zone géographique, le secteur, le
sexe, à un système beaucoup moins diversifié, puisque seules subsistent des abattements par âge et
un salaire spécifique aux activités agricoles.

Trois phases peuvent être distinguées :

1936 – 1962 : institution du salaire minimum garanti et définition de zones de salaires.

Deux Dahirs sont à l’origine de la législation marocaine sur le salaire minimum. Le Dahir du 18 juin
1936 a institué le salaire minimum applicable aux entreprises agricoles, commerciales et
industrielles, ainsi que les professions libérales. Il s’agissait d’un salaire minimum journalier (sans
limite d’heures) devant assurer à l’ouvrier et à sa famille la couverture de ses besoins vitaux (besoins
calculés à partir d’un panier de marchandises usuelles).

Le Dahir du 26 octobre 1937 a donné les pouvoirs en matière de fixation du salaire minimum au
Secrétaire Général du Protectorat pour l’ensemble de la zone française.

En 1938, plusieurs taux minima ont été fixés selon la zone de salaire (quatre zones ont été définies)
et selon le sexe. Le Smig concernant les femmes est fixé à un taux inférieur de 15% à celui du Smig
masculin.

En 1948, des abattements dégressifs de salaire pour les travailleurs de moins de 18 ans sont institués,
allant de 50% du salaire minimum pour les 14-15 ans, à 80% pour les 17-18 ans.

Le Dahir du 31 octobre 1959 introduit un système d’indexation des salaires minima sur l’indice des
prix.

1962- 1971 : institution de salaires minima sectoriels.

En 1962, le salaire minimum est remplacé par deux salaires minima sectoriels : le salaire minimum
interprofessionnel garanti (SMIG), applicable à tous les travailleurs relevant du code du travail, sauf
l'agriculture, et le salaire minimum agricole garanti (SMAG), applicable au secteur agricole et
assimilé. La différenciation selon les zones et le sexe est maintenue. Le Smag est différent du Smig
sur deux points. D’une part, il est fixé au niveau de la journée de travail alors que le Smig est horaire,
et, d’autre part, il est d’un montant inférieur au Smig. Au 1 Juillet 2000, le Smig par jour (8h) est de
70.24 dh, le Smag est de 45.50, soit une différence de 35%. L’évolution des deux modalités du salaire
minimum montre que ce différentiel de 35% n’a pas changé au cours du temps.

A partir de 1972, deux éléments viendront modifier les dispositions précédentes : l’uniformisation
géographique du salaire minimum en 1971 et la suppression de la différenciation selon le sexe en
1975 (Dahir du 30 Août 1975) afin de se conformer aux recommandations du BIT.

En 2008, le SMIG était fixé à 9,66 DH/h, soit environ 1 800 DH/mois (brut). En 2009, après de
nombreuses négociations entre le gouvernement marocain et différents syndicats, le SMIG s'est
élevé à 10,64 DH/h, soit 2 110 DH/mois.

Le 26 mai 2011, le gouvernement marocain décide d'augmenter le SMIG de 15 %. Cette


augmentation est répartie en deux tranches pour les secteurs de l'industrie, du commerce, des
services et de l'agriculture. Elle entre en vigueur à partir du 1er juillet 2011 à raison de 10 % et à
partir du 1er juillet 2012 (5 %).

Ainsi, le SMIG dans les secteurs de l'industrie, du commerce et des services s'établit à 11,70 dirhams
l'heure à partir du 1er juillet 2011, puis à 12,24 DH/heure à partir du 1er juillet 2012. S'agissant du
secteur agricole et forestier, le salaire journalier minimum se situe à 60,63 DH à compter du 1er
juillet 2011 et est de 63,39 DH à partir du 1er juillet 2012.

Donc, entre 2008 et 2012, le SMIG passe de 9,66 DH/h à 12,24 DH/h, soit une augmentation de 26,7
%.

En 2014, le gouvernement marocain annonce l'augmentation du SMIG de 5 % en juillet 2014, et de 5


% en juillet 2015, pour passer de 12,85 DH/h à 13,46 DH/h à l'été 201514.

La durée légale de travail au Maroc est de 44 h par semaine15, d'où, depuis l'été 2015, le SMIG
marocain pour un emploi à temps plein est de 30 796,48 DH/an, en moyenne 2 566,37 DH/mois
Graphique 5 : Evolution du SMIG nominal horaire et dates de révision au Maroc en dirhams/heure
(1981-2013)nd.

Graphique 5 : Evolution du SMIG nominal horaire et dates de révision au Maroc en dirhams/heure


(1981-2013)

2 Institutionnels de SMIG : un système administrativement régulé

Le salaire minimum sont fixés par décrets du Gouvernement après avis consultatif de la Commission
Centrale des Prix et des Salaires qui dépend du Gouvernement. C’est donc un système fortement

Centralisé qui traduit la volonté de l’Etat de pouvoir agir directement sur les équilibres économiques
nationaux, ce qui en contrepartie laisse peu de place à la négociation collective.

La révision du salaire minimum est instituée par le Dahir du 31.10.1959 qui prévoit un système
d’indexation des salaires minima sur l’indice des prix : une augmentation du salaire minimum doit
intervenir lorsque la Commission centrale des prix et des salaires constate que « l’indice du coût de la
vie a subi une augmentation au moins égale à 5% par rapport à l’indice de référence ».

Dans les faits , ce mécanisme automatique n’a pas fonctionné, les augmentations interviennent
indépendamment de tout système d’indexation, ce qui peut être néfaste pour les salariés, car leur
pouvoir d’achat connaît de très fortes fluctuations, mais , aussi, pour les entreprises qui ont à
supporter des accroissements brusques de leurs coûts de main d’œuvre, en particulier dans les
entreprises fortes utilisatrices de main d’œuvre (Textile-Habillement en particulier) où la tentation
est alors forte de ne pas appliquer la législation sur le salaire minimum.

Section 2 : Le Smig au Maroc : un état des lieux


1 L’évolution du Smig
Le pouvoir d’achat du salaire minimum a augmenté sur la longue période, alors qu’il a diminué dans
beaucoup de pays en développement.

De plus sur les vingt dernières années, le salaire minimum réel a augmenté du même rythme que la
productivité du travail dans l’industrie, avec cependant un cheminement différent.

La détermination du salaire minimum est exogène, en ce sens que les revalorisations sont,
pratiquement, indépendantes des conditions du marché du travail.

Il a été revalorisé par rapport au 1er juillet 2019, le taux horaire passant ainsi de 14,13 DH à 14,81 DH
au 1er juillet 2020 sur la base de 191 heures de travail par mois. Le salaire mensuel brut est
désormais de 2.828,71 DH et le salaire mensuel net passe de 2.517 à 2.638 DH. Aussi, les cotisations
sociales passent-elles de 751,08 à 787,23 DH.

À partir de septembre 2022, et de 15,55 DH à 16,29 DH à l'heure à partir de septembre 2023. Dans
l’agriculture, le tarif journalier passe de 76,70 dirhams à #84,37 dirhams par jour.  L'inflation monte à
7,7% fin Juillet 2022. Hausse immédiate du SMIG et du SMAG de 5% au Maroc. Le SMIG passe à 2 970
dh, avant de devoir passer à 3 111 dh en Septembre 2023. Le salaire minimum dans le secteur
#public passe de 3300 dh/ mois à 3500 dh/ mois.
L’évolution du Smig

1 les SMIGARDS au Maroc :


Une majorité d’entre eux sont actifs dans les secteurs de l’industrie et du commerce. Ceux que l’on
appelle les “Smigards” représentent 1.284.971 personnes, indique notre source. Ce nombre n’inclut
pas les travailleurs dans le secteur du tourisme, qui ne profiteront de la hausse du SMIG qu’à partir
de janvier 2023.

Sur la paie de septembre, ces personnes verront théoriquement leur salaire mensuel passer de
2.828,71 dirhams à 2.970,05 dirhams, soit une hausse de 141,34 dirhams. En théorie seulement,
sachant que certains “ Smigards ” ne travaillent pas le mois complet.

Quand on parle de SMIG, il faut penser taux horaire et pas salaire mensuel. Le SMIG est calculé sur la
base de l’heure. Ce tarif à l’heure passera de 14,81 dirhams à 15,55 dirhams. Le SMIG mensuel est
calculé sur la base de 191 heures travaillées par mois. Malheureusement, toutes les personnes qui
sont dans ce cas ne travaillent pas ces heures complètes ; certaines travaillant dix ou quinze jours par
mois seulement quand d’autres sont sous-déclarées par leurs employeurs. Mais même si elles
n’atteignent pas le seuil des 2.970,05 dirhams, ces personnes bénéficieront aussi de la hausse du
SMIG, parce que c’est le tarif à l’heure qui a augmenté”, explique notre source.

Salaire minimum, salaire moyen et productivité du travail :

Comment se situe le Maroc dans le concert des nations lorsqu’on analyse la place que prend le
salaire minimum dans les différente ?

Comparaison avec le SMIG d’autres pays africains :

D’après l’organisation mondiale du travail, le Maroc a le SMIG le plus élevé en Afrique.

Ceci étant dit, une étude faite par la banque mondiale, sur un échantillon de 32 pays africains, place
le Maroc à la 19ème position en termes de rendement de ses salariés. Cela amène de vrais
questionnements sur la productivité et la compétitivité de nos ressources humaines à faible
qualification.

s économies?

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