Stanislas Devoir Surveillé MPSI 1
DS n°5 4h 29 janvier 2011
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L'usage des calculatrices est interdit.
Un grand soin devra être apporté à la clarté et à la précision de la rédaction.
Si vous constatez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, signalez-le et poursuivez votre composition
en expliquant les raisons des initiatives que vous serez amenés à prendre.
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Exercice 1. (Fonctions logarithmiquement convexes) Soit f une fonction dénie sur un intervalle I de R et à
valeurs réelles strictement positives. On dit que f est logarithmiquement convexe si ln ◦f est convexe.
1. Montrer que si f est logarithmiquement convexe, alors f est convexe.
2. Caractérisation des fonctions logarithmiquement convexes. On notera, pour tout réel c > 0, ϕc : I →
R?+ , x 7→ f (x)cx .
a) Montrer que si f est logaritmiquement convexe, alors pour tout c > 0, ϕc est convexe.
b) Soit c > 0. On suppose que ϕc est convexe. Montrer que pour tous a, b ∈ I, λ ∈ [0, 1], il existe un réel
α tel que
f (λa + (1 − λ)b) ≤ λf (a)α1−λ + (1 − λ)f (b)α−λ .
c) En choisissant judicieusement α dans la question précédente, montrer que si ϕc est convexe pour tout
c > 0, alors f est logarithmiquement convexe.
3. Soient f, g : I → R?+ . Montrer que si f et g sont logarithmiquement convexes, alors f + g est logarith-
miquement convexe.
Exercice 2. (Une équation fonctionnelle) Soit g un application continue de R dans R telle que
∀ x ∈ R, g ◦ g(x) = 2g(x) − x.
1. Soit f une fonction de R dans R continue.
a) Montrer que s'il existe trois réels x < y < z tels que f (x) ≥ f (y) et f (y) ≤ f (z), alors f n'est pas
injective.
b) En déduire que toute fonction de R dans R continue et bijective est strictement monotone.
2. Propriétés élémentaires.
a) Montrer que g est une fonction injective.
b) Montrer que g ◦ g puis g sont des fonctions strictement croissantes.
c) En déduire que g est une bijection de R dans R. On notera g −1 sa bijection réciproque.
d) Pour tout x ∈ R, montrer que g −1 (x) = 2x − g(x) puis que g −1 ◦ g −1 (x) = 2g −1 (x) − x.
3. On note g (n) l'itérée n-ème de g , i.e. g (0) = Id et pour tout n ∈ N, g (n) = g (n−1) ◦ g .
(n) (n) (0)
a) Montrer que pour tout n ∈ N, x ∈ R, g (x)−g n n x.
= g(x) − g(0) − (n−1)
b) En déduire que pour tout x ≥ 0, g(x) − g(0) − x ≥ 0 puis que pour tout x ≤ 0, g(x) − g(0) − x ≤ 0.
c) Montrer que pour tout x ≥ 0, g −1 (x) − g −1 (0) − x ≥ 0.
4. Déduire des questions précédentes que g est une fonction ane.
1/3 A. Camane
Problème. Pour tout entier naturel p, on considère la fonction Ap dénie pour tout réel x ∈ [0, +∞[ par
p
(−1)k xk! . Dans ce problème, on établit la convergence de la suite (xn ) dénie par A2n−1 (xn ) = 0.
P k
Ap (x) =
k=0
Algorithme d’approximation de la solution d’une équation
On note f : R+ → R, t 7→ e−1−t . On étudie une approximation de la solution de l'équation f (t) = t.
1. Propriétés de f .
a) Montrer que la fonction f possède un unique point xe noté α. On admettra que α ≤ e−1 .
b) Montrer que pour tous réels positifs x, y , |f (x) − f (y)| ≤ |x−y|
e .
c) Montrer que l'intervalle I = [0, e ] est stable par f , c'est-à-dire que pour tout x ∈ I, f (x) ∈ I .
1
2. Soit u la suite dénie par u0 = 0 et pout tout entier naturel n, un+1 = f (un ).
a) Montrer que la suite u est bien dénie.
b) Déduire des questions précédentes que la suite u converge vers α.
Étude de suites
√
Soient v et w les suites dénies pour tout n ≥ 1 par vn = nn! et wn = nn! .
n n
3. Déterminer une relation simple entre ln vn et ln wn .
n
4 . a) Montrer que pour tout entier naturel non nul n, on a 1 + n1 ≥ 2.
b) En déduire que si n ≥ 6, alors wn ≥ 2n .
c) Déterminer un majorant de la suite v .
5. Convergence de la suite v .
a) Déterminer la limite de la suite (ln wn+1 − ln wn )n∈N? .
b) Montrer que pour tout nombre réel x ≥ 0,
x2
0 ≤ x − ln(1 + x) ≤ .
2
c) En déduire que pour tout n ≥ 1,
1
0 ≤ 1 + ln wn − ln wn+1 ≤ .
2n
d) En utilisant la concavité de la fonction logarithme, montrer que pour tout x ∈ [0, 1[, x ≤ − ln(1 − x).
n
e) En déduire que pour tout n ≥ 1, k ≤ 1 + ln n.
1
P
k=1
f) Prouver nalement que la suite n1 ln wn converge. En déduire que la suite v converge et déterminer sa
limite.
Étude de la suite (xn )
On admettra que pour tout
Z nombre entier naturel p et pour tout nombre réel positif x, e
−x = A (x) +
p
x
(x − t)p
(−1)p+1 Ip (x), où Ip (x) = e−t dt.
0 p!
6. Dénition de la suite (xn ).
a) Montrer que pour tout entier naturel n et pour tout nombre réel positif x, A2n+1 ≤ e−x ≤ A2n (x).
b) Exprimer A0p+1 en fonction de Ap .
2/3 A. Camane
c) Prouver que pour tout nombre entier naturel non nul n, l'équation A2n−1 (x) = 0 admet une unique
solution notée xn .
d) Calculer A02n (xn ) et dresser le tableau de variations de A2n−1 et A2n .
7. Soit n un entier naturel non nul.
x2n x2n
a) Montrer que A2n (xn ) = (2n)!
n
et A2n+1 (xn ) = (2n)!
n xn
1 − 2n+1 .
2n
b) En déduire que (2n)!
xn
≤ 1. Montrer que si n ≥ 3, xn ≤ n. Vérier que ce résultat reste valable lorsque
n = 1, 2.
c) Montrer que la suite (xn ) est strictement croissante.
8. Soit n un entier naturel non nul.
x2n
a) Montrer que 1 ≤ (2n)!
n
exn ≤ 2.
b) On pose yn = 2n . Montrer que
xn
1
v2n ≤ yn eyn ≤ 2 2n v2n .
c) En déduire que la suite (yn eyn ) converge vers 1e .
d) En conclure que la suite (yn ) converge vers α.
3/3 A. Camane