Coup de belier
Introduction:
Le coup de bélier est un phénomène de surpression qui apparaît au moment de la variation
brusque de la vitesse d'un liquide, par suite d’une fermeture/ouverture rapide d’une vanne,
d'un robinet ou du démarrage/arrêt d’une pompe.
Cette surpression peut être importante, elle se traduit souvent par un bruit caractéristique, et peut
entraîner la rupture de la conduite dans les grosses installations, du fait de la quantité de fluide en
mouvement.
Cause et conséquences :
Lorsqu'une tuyauterie est brutalement fermée, la masse de liquide avant la fermeture est toujours en
mouvement avec une certaine vitesse, générant une pression élevée ainsi qu'une onde de choc.
Dans une plomberie courante, cela se manifeste par un bruit sourd, rappelant le son d'un coup
de marteau. Les coups de bélier peuvent provoquer la rupture d'une tuyauterie si la pression atteinte
devient trop élevée. Des poches d'air peuvent être ajoutées sur le réseau de tuyauteries afin
d'obtenir un effet amortisseur, protégeant le système.
Dans le cas d'une centrale hydroélectrique, l'eau circulant dans les tuyauteries ou tunnels peut être
isolée de la turbine génératrice au moyen d'une vanne. Toutefois, si par exemple, le tunnel
acheminant l'eau est un tube long de 14 km, de 7,7 m de diamètre et rempli d'eau circulant
à 3,75 m/s, cela représente une très grande quantité d'énergie cinétique qui doit être arrêtée. Pour
cela, une chambre d’équilibre, ouverte en son sommet, peut être utilisée.
Dans une installation domestique, des coups de bélier peuvent se produire lorsqu'une machine à
laver ou lave-vaisselle coupe son alimentation en eau. Cela se traduit généralement par un bang
assez fort.
D'autres causes des coups de bélier peuvent découler des défaillances d'une pompe ou encore la
fermeture d'un clapet anti-retour.
Qu'est-ce qu'un coup de bélier ?
Un coup de bélier est un phénomène physique issu de la vitesse élevée de
circulation d'un fluide, dans son réseau. Au quotidien, il est causé par
des variations brusques de l'eau, dans les canalisations domestiques.
Lorsqu'elle est en mouvement, l'eau est effectivement soumise à une certaine
inertie, qui se voit brutalement freinée lors de la fermeture d'un robinet, d'une
vanne... Cette inertie se transforme alors en une onde de surpression, parcourant
et faisant trembler les tuyauteries, à l'origine d'un claquement sonore
sourd, semblable à un coup de marteau.
Que causent les coups de bélier ?
Les coups de bélier sont généralement hydrauliques, mais ils peuvent également
être thermiques (causés par des différences de température dans les
canalisations) ou accentués par la présence de "boues" dans les tuyauteries
(dépôts de calcaire, accumulation de micro-organismes et résidus issus de la
corrosion).
À terme, ils peuvent être à l'origine :
De déformations, voire de ruptures, de conduites ;
De fuites, par desserrage des raccords ;
De ruptures de membranes de vases d'expansion...
Il convient donc de les éviter avant d'en arriver à des situations
problématiques pour l'installation de plomberie, et l'intégrité du logement !
Comment arrêter les coups de bélier ?
Relativement rares, ils doivent toutefois alerter dès qu'ils se produisent,
étant des signes avant-coureurs de potentiels défauts sur l'installation. Voici
comment :
En limitant la pression d'alimentation en eau, par l'installation d'un
réducteur de pression , en tête d'installation sanitaire ;
En réduisant la vitesse de circulation de l'eau dans les tuyauteries,
idéalement dès la construction du bâtiment et le dimensionnement des
installations ;
En installant des robinets à vitesse de fermeture lente (électrovannes) ;
En installant une bouteille anti-pulsatoire, en mesure d'absorber les ondes
de choc ;
En mettant en place une chambre d'équilibre, que l'on retrouve surtout dans
l'industrie et qui joue un rôle de tampon, en neutralisant les variations de
débit ;
En débridant les canalisations, via le desserrage de colliers trop serrés ou
l'agrandissement de scellements trop étroits ;
En optant pour des produits de robinetterie systématiquement
aux normes sanitaires, comme la NF EN 13618 ;
>> Une des meilleures solutions pour éviter les coups de bélier reste toutefois
d'installer un anti-bélier (ou amortisseur), conçu à dessein.
Destiné à amortir l'onde de choc lorsqu'il est placé à proximité de son origine, ce
système se subdivise en deux modèles :
L'anti-bélier à ressort diminue la pression élevée dans les canalisations, par
le biais d'un piston mécanique ;
L'anti-bélier à membrane utilise cette dernière pour séparer l'air de l'eau ;
Coups de bélier: le mécanisme
Les coups de bélier qui surviennent dans les circuits de vapeur ou
de récupération de condensât sont généralement classés en deux
catégories :
Causés par des masses de condensât heurtant les tuyaux,
etc. à grande vitesse
Causés par la condensât subite de vapeur, ce qui produit de
grosses vagues de condensât qui se heurtent les unes contre
les autres
Coups de bélier causés par des masses de
condensât à grande vitesse :
Les pertes de chaleur rayonnante provoquent la formation
de condensât dans les conduites de transport de vapeur.
La vapeur d'eau qui circule à grande vitesse dans ces
conduites entraîne ce condensât et cause la formation de
vagues. Cette agitation cause la formation graduelle de
masses de condensât qui sont alors entraînées avec la
vapeur. Le phénomène est comparable à la formation de
grosses vagues sur la mer par de grands vents.
Des coups de bélier surviennent lorsque ces masses de
condensât heurtent un joint ou une vanne alors qu'elles
sont déplacées à grande vitesse à travers la tuyauterie.
Coups de bélier causés par la condensâtion
subite de vapeur :
Lorsque la vapeur d'eau perd sa chaleur, elle se transforme en
condensât. Son volume spécifique diminue alors d'un facteur de
plus de mille. Ainsi, lorsque la vapeur se condense au contact
avec du condensât plus froid, son volume est instantanément
réduit à presque rien.
La réaction se fait à une telle vitesse qu'un vide est
momentanément créé. L'attraction du condensât vers ce vide
cause la seconde sorte de coups de bélier, causés par une
condensâtion subite de vapeur.
En somme, il est dangereux de laisser les conduites contenir un
mélange de condensât et de vapeur. C'est toutefois la norme
dans les conduites de récupération de condensât ou autres
conduites semblables, ce qui peut rendre la résolution du
problème encore plus difficile.
Veuillez noter que ce dernier genre de coups de bélier n'est pas
limité aux conduites de récupération de condensât, il peut aussi
de produire dans les circuits de vapeur ou les installations
utilisant la vapeur.
Comment la température du condensât affecte-t-
elle les coups de bélier? :
Auparavant, on croyait que plus la température du condensât est
basse, plus les chocs causés par les coups de bélier sont
puissants. Toutefois, une série d'expériences effectuées chez TLV
nous a appris autrement. On a découvert que les plus gros chocs
sont produits à une température juste un peu inférieure à celle de
la vapeur.
C'est-à dire que pour de la vapeur saturée à 100°C, le condensât
causerait de plus gros chocs pour la zone de température entre
70 et 80°C que celle pour la zone de température 50 et 60°C.
En effet, l'intensité des chocs causés par les coups de bélier peut
être calculée de façon mathématique, et les résultats de ces
calculs démontrent que l'intensité des coups de bélier est
grandement affectée par la grosseur de la poche de vapeur qui se
condense.
En examinant le graphique d'un peu plus près, on peut apercevoir
trois zones de température de condensât:
À la gauche, la vapeur d'eau entre en contact avec du
condensât beaucoup plus froid et se condense
immédiatement. La condensâtion se fait alors sur une
échelle de petites bulles de vapeur. De grosses poches de
vapeur ne sont pas formées et les coups de bélier qui
surviennent sont mineurs.
La zone au milieu du graphique est plus inquiétante. Dans
cette zone de température, la condensâtion de la vapeur
n'est pas immédiate étant donné l'écart de température de
20 ou 30°C entre la vapeur et le condensât. La condensâtion
est plutôt graduelle au début pour ensuite survenir tout d'un
coup lorsqu'une portion de la vapeur a été condensée. Le
délai entre le stade où la vapeur entre en contact avec le
condensât et celui où elle se condense tout d'un coup est
propice à la formation de grosses poches de vapeur, ce qui
cause les coups de bélier majeurs.
À la droite, la vapeur entre en contact avec du condensât de
même température. Dans ce cas, elle ne se condense pas
immédiatement et aucun coup de bélier n'est produit. Ceci
peut être attesté du fait que les coups de bélier ne
surviennent pas près de la sortie d'un purgeur, là où se
trouvent du condensât saturé et de la vapeur de
revaporisation à la même température.
On peut donc conclure que du condensât entre 70 et 80 °C cause
la production de plus grosses poches de vapeur et que la
condensâtion subite de ces poches augmenterait l'intensité des
coups de bélier. Qu'est-ce qui déclenche alors le procédé?
Découvrez en plus en lisant l'article Coups de bélier: Établir le lieu
et la cause.
Initialement étudié au XIXème siècle par les frères Montgolfier, le
phénomène de coup de bélier a été théorisé par l’ingénieur italien
Lorenzo Allievi (1871-1941). Lors d’une variation de débit dans
une conduite, ce phénomène se manifeste par des ondes de
pression. Par exemple, dans le cas de la fermeture instantanée
d'une vanne, la surpression (ou dépression) maximale P, pour
une conduite rigide, peut atteindre, la valeur de :
V 0∗c
P=
g
P : surpression (ou dépression) (m) ;
V0 : vitesse initiale d’écoulement en régime permanent (m/s);
c : célérité des ondes de vitesse et de pression qui se
développent lors du coup de bélier (m/s).
Pour une conduite infiniment rigide, c est égale à la célérité de
propagation du son dans l’eau qui est de l’ordre de 1400m/s (aux
températures ordinaires). Ainsi pour une vitesse V0 de 1m/s, la
surpression maximale pourrait atteindre 14 bars.
En pratique, il est nécessaire de prendre en compte l’élasticité de
la conduite et son épaisseur. Par exemple dans une conduite en
PVC, la célérité des ondes peut atteindre plusieurs centaines de
mètres par seconde.
Les causes peuvent être multiples, mais on
peut les classer en deux catégories:
1. les coups de bélier d'origine mécanique: ils sont dûs
à la décélération brusque d'un flux liquide dans une
tuyauterie suite par exemple à la fermeture rapide
d'une vanne de sectionnement, ou à l'arrêt d'une
pompe
2. les coups de bélier d'origine thermique: ils
apparaissent lors de la mise en contact d'un liquide
froid avec un gaz ou une vapeur capable de se
condenser rapidement dans le liquide. La disparition
du volume gazeux provoque une aspiration brutale du
liquide qui est ainsi violemment mis en mouvement
et brutalement stoppé par une paroi, un coude ou tout
autre obstacle.