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Tema 5. Le Processus de Communication: Situation de Communication. La Langue en Emploi. La Négociation de La Signification

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Profesores de Enseñanza Secundaria – Francés

Tema 5.
Le processus de communication: Situation de communication. La
langue en emploi. La négociation de la signification.
Introduction: La situation de communication et la didactique des langues. 1. La situation de
communication: définition et composantes. – 1.1. La situation socio-culturelle. – 1.2. La situation
physique. – 1.3. La situation psychologique. – 1.4. La situation matérielle. 2. La langue en emploi. 3. La
négociation de la signification. 4. Conclusion. Références bibliographiques.

Introduction.

La notion de situation de communication fait partie depuis de longues années de la


didactique des langues étrangères, en référence principalement à la méthodologie audio-
visuelle. Or, la lecture des discours pédagogiques révèle la profonde ambiguïté qui entoure
cette notion, dont l’histoire n’est en fait qu’une lente progression à la recherche d’une identité.
On peut schématiquement découper cet itinéraire en trois étapes:

1) historiquement, c’est la méthodologie structuro-globale-audio-visuelle (SGAV) qui


introduit la notion de situation. La mise en situation de la parole résulte directement du
postulat linguistique définissant la langue comme un instrument de communication. La
situation représente alors le cadre naturel de la parole, le « ici-maintenant » de la parole, un
fragment de réalité construite, visualisée par l’image. A ce stade, la situation est donc
appréhendée dans sa globalité, comme une totalité indécomposée, un tout non réellement
soumis à une analyse.

2) la deuxième étape correspond à une transformation à l’intérieur du domaine de la


linguistique, où les travaux impliquent désormais le recours à des données extralinguistiques
(attitude du locuteur, situation de discours, etc.). La conception qui prévaut dans cette période
est celle d’une structuration bipartite de la situation: une composante externe (cadre spatio-
temporel de la communication) et une composante interne (état affectif et intention
communicative du locuteur). Or, la situation n’est pas encore, à ce stade, appréhendée en tant
que condition de production des discours.

3) la période actuelle: la situation est envisagée comme génératrice d’un certain type
de discours, ce qui revient à la rendre opératoire non plus seulement du point de vue de
l’auditeur (interprétation du message) mais aussi du point de vue du locuteur (choix
langagiers effectués en fonction de la situation de communication). Cette évolution a conduit
la didactique à une révision essentielle de son matériel pédagogique, afin de rendre compte
des règles qui organisent l’emploi de la langue. Parallèlement se produit une redéfinition des
objectifs généraux d’apprentissage où la notion de compétence linguistique a été remplacée
par la notion, plus complexe, de compétence de communication (t. 6). Enseigner une langue
pour quel locuteur et pour quelle forme de compétence, telles sont en fait les questions
fondamentales qui renvoient à la conception de situation investie dans les outils pédagogiques
actuels.

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1. La situation de communication: définition et composantes.

Longtemps méconnue, parce que rejetée dans l’extralinguistique, exclue de l’analyse


linguistique parce que considérée comme un objet non théorisable, la notion de situation a
longtemps vécu dans une sorte de marginalité scientifique. Avec l’ouverture du champ
linguistique à la pragmatique et les recherches sur la communication, il semble enfin que la
situation commence à acquérir un statut.

Cette notion déborde largement celle de « cadre spatio-temporel ». Selon Dell Hymes
(repris dans Suso, 2000: 117-121), on peut repérer huit éléments de base présents dans toute
situation de communication, éléments dont les initiales forment en anglais l’acrostiche
SPEAKING: le cadre physique et psychologique de l’échange, les participants (et leurs
caractéristiques psychologiques, professionnelles et socioculturelles particulières), les
intentions des locuteurs, le référent ou thème, la tonalité générale de l’acte de langage, les
instruments ou canal, les normes d’interaction et d’interprétation, et le genre ou type d’activité
de langage.

La situation de communication est donc formée de tout ce qui, dans l’univers des
interactants et dans la réalité socioculturelle qui les entoure, a des implications sur les
conduites verbales et comportementales des sujets. De ce fait, elle se trouve être un facteur de
premier ordre ayant une influence directe sur les choix linguistiques et discursifs, en fonction,
bien entendu, de l’intention de communication (ou visée illocutoire) et de l’objet du discours,
mais aussi de l’identité des sujets impliqués, de la relation qu’ils entretiennent entre eux et du
cadre spatio-temporel dans lequel s’inscrit la communication. Ces dernières variables peuvent
être schématisées comme suit1:

SITUATION

DISPOSITION PARTICIPANTS
SPATIO-
TEMPORELLE
participants individuels Relations entre participants
témoins lieu temps
Individu comme Individu comme membre
d’une catégorie sociale Relations Relations de
individu
interper- rôle et de
sonnelles catégorie
Propriétés Propriétés
stables temporaires

personnalité humeurs classe sympathie Pouvoir social


intérêts émotions ethnie antipathie statut social
apparence attitudes sexe degré de groupe de
physique âge familiarité référence

1
Schéma adapté de P. Brown et C. Fraser (1979), “Speech as a marker of situation” in K.R. Scherer et M. Giles
(eds.): Social markers in speech. Cambridge, CUP; traduit et reproduit dans D. Erpicum et M. Page, 1988: 164.
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Si l’on compare ce schéma des indices de la situation conversationnelle au modèle


classique de la communication à six composantes, on remarque aisément l’importance que les
paramètres extralinguistiques ont acquise dans l’explication des processus de production-
réception des discours. En effet, si le schéma jakobsonien de la communication s’est
finalement révélé insuffisant à rendre compte des composantes des échanges communicatifs,
c’est, en partie, parce qu’il supposait une espèce de mécanisme dans lequel émetteur et
récepteur semblaient voués au seul rôle respectif d’encodeur et décodeur de messages
chiffrés, en dehors de toute considération sur leur dimension humaine. Or, comme le rappelle
à juste titre Sophie Moirand, l’émetteur, tout comme le récepteur possède:

un statut social défini, mais il change de rôle plusieurs fois par jour (rôle du père, de l’employé, du
conducteur, du syndicaliste, etc.) ; son attitude peut également varier (hostile ou bienveillant, indifférent
ou agressif, etc.) ; il appartient à un groupe social défini (celui dans lequel il participe à la vie collective),
mais il peut rêver ou envisager d’appartenir à un autre groupe auquel il emprunte parfois ses modes de
vie et son langage ; il a également une « histoire », c’est-à-dire un passé socio-culturel 2 (Moirand,
1979:11).

Tous ces éléments définissent pour chacun des interactants un arrière-plan psycho-social
qui s’articule à celui de l’interlocuteur, de telle sorte que leur interrelation donne lieu, dans le
discours et dans les comportements langagiers, à des manifestations diverses: prosodiques
(intonation qui révèle un état affectif ou une situation de supériorité ou de subordination),
lexicales (jargons, argot, niveaux de langue, formules de politesse, termes d’adresse),
kinésiques (gestes d’attouchement, mimiques), proxémiques (distance physique par rapport à
l’interlocuteur, qui augmente ou diminue en fonction du degré de familiarité), etc. En effet,
puisque tout locuteur s’adresse à un interlocuteur, réel ou potentiel, chacune des individualités
se trouve soumise au jeu des relations interpersonnelles, qu’elles soient égalitaires ou
hiérarchiques, affectives ou professionnelles, consensuelles ou conflictuelles, etc. Par ailleurs,
la situation ne constitue pas une donnée statique: les relations entre les interactants évoluent,
des liens se nouent et se dénouent tout au long de la communication et justifient des variations
dans les choix langagiers et comportementaux.

Voyons à présent plus en détail les principaux sous-ensembles qui constituent la


situation: situation socio-culturelle, psychologique, physique et matérielle.

1.1. La situation socio-culturelle

La situation socio-culturelle est déterminée par la conjonction de trois facteurs: relations


de rôle, lieu et moment.

a) relations de rôle: la conceptualisation des relations sociales s’effectue à partir des


notions de statut et de rôle, issues de la psychologie sociale. On peut dire que le statut est la
place qu’un individu donné occupe sans un système donné et à un moment donné, et le rôle
est l’ensemble des modèles culturels associés à un statut donné. Un même individu est le
centre d’une pluralité de rôles sociaux selon les différents domaines de son activité (rôle
professionnel, rôle de père, rôle de mari, etc.). Une interaction met donc en présence deux
rôles socialement définis dont la participation au discours dépend des relations de rôle. On
distingue traditionnellement deux types de relations sociales: les relations hiérarchisées et les

2
On peut encore ajouter à cette “histoire” socioculturelle ce que Kerbrat-Orecchioni nomme “histoire
conversationnelle commune”, faite des divers échanges maintenus avec l’interlocuteur et qui conditionnent aussi
les comportements lors de l’interaction. (Kerbrat-Orecchioni, 1990: 81)
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relations égalitaires, répondant respectivement à des règles de conduite différentes: dans le


domaine familial, le règles sont moins formelles, moins strictes que dans le domaine
professionnel, car elles se doublent de rapports affectifs.

b) En ce qui concerne les données spatio-temporelles, il va de soi que l’on ne parle


pas de la même façon partout et à tout moment: « à chaque “site” institutionnel correspond un
“scénario” particulier […]. Le cadre spatio-temporel est donc déterminant pour le thème des
échanges, mais aussi pour leur “style” » (Kerbrat-Orecchioni, 1990:108-109). La dimension
spatio-temporelle de la communication dessine ainsi en filigrane la notion d’opportunité,
d’adéquation des propos au moment et au lieu, et ce en fonction aussi des normes socio-
culturelles de la communauté de référence.

Il est un autre facteur constitutif du cadre spatio-temporel qui exerce une influence
considérable dans les interactions: c’est la présence potentielle de témoins. Très souvent, en
effet, surtout lorsque la communication se déroule dans des lieux publics, plusieurs personnes
se trouvent entendre, sans le vouloir3, des propos qui ne leur sont pas adressés. Ces témoins,
que Goffman nomme « overhearers » et Kerbrat-Orecchioni (1996: 17-18) désigne sous le
nom de « récepteurs en surplus », n’ont pas le statut conversationnel d’interactants
« ratifiés »: ils n’appartiennent pas à l’échange communicatif. Or, les interlocuteurs, qu’ils le
veuillent ou non, dès qu’ils perçoivent cette présence, ne peuvent qu’en tenir compte, ce qui
se traduit dans la communication par l’adoption, soit d’un ton chuchoté qui vise à exclure le
témoin, soit d’un ton plus élevé qui lui permette d’entendre ce qui est dit. Un témoin peut,
occasionnellement, s’arroger le statut de locuteur et intervenir dans la conversation, comme
dans l’exemple suivant:

A — Je ne sais pas comment on va faire pour arriver à la gare. Il faudrait peut-être demander à quelqu’un...
B — Mais non, c’est sûr que c’est par ici...
C (qui ne fait pas partie de la conversation) — Excusez-moi, je n’ai pu m’empêcher de vous entendre.
Vous cherchez la gare ? Je peux bien vous y conduire.

Le repérage de la situation sociale peut être effectué selon trois axes: comportement
interactionnel, comportement langagier et comportement non-verbal.

— comportement interactionnel: le statut des interactants se signale par différents


indices, parmi lesquels on peut signaler la quantité d’interventions de chaque
participant à l’interaction.
— comportement langagier: dans une situation sociale déterminée, le locuteur,
conscient de son propre statut, du statut de son interlocuteur et du lieu social où se
déroule la communication, sélectionne dans son répertoire linguistique les formes
appropriées. C’est toute la question des niveaux de langue et des registres qui se
trouve concernée: un répertoire linguistique est composé de différentes alternatives
offrant diverses possibilités d’exprimer le même contenu, parmi lesquelles la sélection
s’effectue conformément à un système de règles et de normes sociolinguistiques. La
nature des actes de langage effectués informe elle aussi sur les rôles sociaux. L’espace
de la parole n’est ni un lieu de neutralité ni un lieu d’égalité: certains actes de langage
sont permis aux uns et refusés aux autres.
— comportement non-verbal: il se compose de divers facteurs qui renseignent sur la
nature de la situation sociale. La proxémique dans son étude des distances
3
Il se peut, au contraire, que le témoin écoute la conversation qui se déroule entre les interactants à leur insu et
de façon tout à fait délibérée. Il appartient depuis lors à la classe des « eavesdroppers » ou espions.
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d’interaction manifeste la position statutaire respective des participants (les relations


privées sont par exemple caractérisées par une distance proche). De même,
relativement à la kinésique, le contrôle de la gestualité social est signe de situation
formelle, contrairement au comportement spontané de la situation familière. Parmi les
facteurs vocaux, l’intonation joue le rôle d’indicateur de relations statutaires
(intonation de déférence, de respect, d’autorité...).

1.2. La situation psychologique

La situation psychologique est composée par l’ensemble des comportements affectifs


des participants en interaction. Ces comportements illustrent les affects du sujet en réaction à
une situation donnée (surprise, colère, inquiétude...) et la nature des liens auditeur/locuteur,
c’est-à-dire sur la qualité des relations interpersonnelles à l’intérieur du groupe. En effet,
l’affectivité est un facteur important de la vie du groupe au sein duquel peuvent se développer
des attitudes à orientation positive, négative ou neutre. En ce qui concerne la notion de
groupe, on peut établir une distinction entre groupes de base et groupes de travail:

a) les groupes de base sont unis par une trame de liens communs (perception de
similitudes, désir d’identification, sentiment de sécurité et de solidarité) qui créent un lien
collectif où prédomine le sentiment du “nous”. Cela implique des conduites de
compréhension mutuelle, des comportements solidaires qui n’excluent pas cependant les
situations de conflit, celles-ci étant différemment vécues selon les caractéristiques du
groupe. Ainsi, dans le groupe familial, l’expression de tensions négatives de la part d’un
enfant ne doit pas outrepasser certaines normes fixant ce que l’on considère une conduite
socialement admissible. Les groupes fonctionnent donc en vertu de modèles
comportementaux établis par la société.

b) les groupes de travail et, principalement, les groupes institutionnels reposent sur une
structuration préalable qui détermine le statut et la fonction des membres selon un
organigramme hiérarchique à la tête duquel se trouve le chef ou le groupe dirigeant. Les
relations attendues sont de nature fonctionnelle, d’où une orientation psychologique
tendant vers la neutralité (ce qui n’exclut cependant pas la possibilité de conflits:
tensions, révoltes, grèves...).

Sur le plan verbal, les motivations affectives se traduisent par l’emploi d’un vocabulaire
spécifique signifiant soit le désir de plaire ou de solliciter la sympathie, soit l’intention de
dominer, d’agresser l’autre (lexique du sentiment, termes d’adresse, injures...), mais c’est la
communication non-verbale qui forme le niveau informationnel le plus riche relativement à la
situation psychologique. Parmi les facteurs vocaux, la mélodie est l’indice premier de l’état
affectif du sujet: l’intonation représente le plan impressif de la langue qui matérialise
l’attitude du locuteur et l’émotion qu’il manifeste. Les variations marquées de la courbe
mélodique de la colère s’opposent ainsi à la ligne mélodique plate de la tristesse ou de l’ennui.

1.3. La situation physique

C’est l’aspect situationnel le plus généralement observé. La situation physique est


l’ensemble des faits provenant de la réalité physique qui sont connus par le locuteur et par
l’auditeur au moment de l’acte de communication. Elle comprend le lieu-cadre (objets,
personnes, localisation spatiale) et la dimension temporelle. Linguistiquement, la notion de

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situation physique est concernée par le problème de la référence. C’est ainsi que l’on fait la
distinction entre discours en situation et discours hors situation.

a) le discours en situation est celui qui compte sur les éléments extralinguistiques
présents dans le lieu-cadre pour prendre signification, ce qui se traduit, au niveau
linguistique, par divers procédés d’économie du discours, une partie de l’information
étant fournie par la situation (ellipses, emploi de déictiques, gestes de désignation...)

b) le discours hors situation, par contre, ne montre pas de rapport entre la situation
physique entourant la communication et les énoncés. La situation est dans ce cas double:
situation d’énonciation et situation d’énoncé. Imaginons deux personnes qui parlent dans
un café, l’une racontant à l’autre un événement survenu la veille dans un hôtel: la
situation d’énonciation est constituée par l’entourage physique immédiat des
interlocuteurs, mais la situation d’énoncé doit être recréée par le locuteur. C’est ce qui
explique que le discours hors situation se caractérise par une verbalisation maximale
(descriptions, expressions référentielles complètes).

En réalité, la distinction entre ces deux types de discours ne doit pas être prise dans un
sens absolu. Il serait plus juste de parler de différents niveaux de situation ayant comme
points extrêmes un discours en situation totalement inclus dans la situation physique et un
discours complètement hors situation. Par ailleurs, cette distinction n’est valable que par
rapport à la situation physique, car, en fait, tout discours, quel qu’il soit, est toujours émis
dans une situation sociale particulière qui fait partie de ses conditions de production.

On peut finalement signaler que la situation physique doit contempler une dernière
variable, celle du locuteur dont la place dans la communication se mesure relativement à deux
critères fondamentaux: intention de communication et implication dans le discours. En fait,
c’est la place du locuteur qui est en jeu: l’effacement du sujet dans la communication en tant
que personne a pour corollaire la prédominance du cadre situationnel dans le discours
(fonction référentielle), alors que si c’est le sujet lui-même qui devient le centre de l’échange,
il ouvre immédiatement la voie aux multiples manifestations de la subjectivité dans le
discours (fonction expressive ou conative).

1.4. La situation matérielle

Les conditions de production et de transmission des messages (nature du canal, présence


ou absence de récepteur) exercent aussi une influence plus ou moins importante sur la forme
et le contenu des messages. En général, dans les situations où les interlocuteurs ne se voient
pas, on assiste à la production de messages plus structurés, d’énoncés plus réfléchis et plus
organisés sur le plan des articulations du discours; au contraire, les situations face à face,
génèrent des discours plus redondants où les liens logiques et l’organisation syntaxique se
réduisent, des discours soumis à toutes les contraintes de l’interaction (v. négociation de la
signification, ci-dessous). Les caractéristiques matérielles permettent donc d’effectuer un
classement de la communication, dans lequel on distinguera notamment:

a) communication directe/indirecte: la communication directe suppose la présence du


récepteur, alors que la communication indirecte se caractérise par l’utilisation d’un moyen
technique qui s’interpose entre les participants. L’échange direct représente sans doute le

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système communicatif le plus riche et le plus complet puisqu’il inclut aussi les
comportements non verbaux..

b) communication réciproque/unilatérale: ce critère met l’accent sur la


possibilité/impossibilité de réponse immédiate du récepteur. Alors que dans le dialogue le
sujet est alternativement émetteur et récepteur, la communication unilatérale repose sur un
pôle unique et constant d’émission face à un ensemble de récepteurs de dimension variable
dont il s’agit de capter l’attention et auquel il convient de transmettre l’information de
manière efficace. Cela exige un discours adapté aux spécificités du public et le recours à des
procédés de maintien de l’attention (phatèmes).

c) communication privée/publique: cette distinction est fondée sur l’opposition


individualisation/anonymat du récepteur. Dans la communication publique, et à un degré plus
marqué dans la communication de masse, l’ensemble des récepteurs constitue une totalité peu
différenciée. En principe communication publique et communication privée se distinguent par
les registres employés, les interactions privées développant des traits de discours familier. La
communication publique est, par contre, le domaine de la parole contrôlée.

2. La langue en emploi

Les développements de la linguistique moderne ont mis en évidence le besoin de définir


les caractéristiques de la langue en la considérant non plus comme un système d’unités que
l’on peut étudier indépendamment de l’usage qu’on en fait, mais comme un outil de
communication dont le fonctionnement est indissociable de certains paramètres et catégories
pragmatiques et énonciatifs. Parmi ces paramètres, dont l’étude détaillée déborderait
largement les dimensions de notre étude, il faut citer:

— tous les éléments constituant la situation de communication, c’est-à-dire tout ce


qui dans l’univers des interactants et dans la réalité qui les entoure (réalité physique,
sociologique, culturelle et psychologique) possède, comme nous venons de le voir, des
implications sur les conduites verbales et comportementales, et détermine des choix
langagiers concrets.

— les catégories énonciatives (t. 3): il existe des traces, repérables dans l’énoncé, qui
renvoient à l’acte d’énonciation qui le supporte. Ces catégories énonciatives permettent de
repérer des informations concernant aussi bien l’implication du locuteur dans son discours
que celle de la situation discursive (présence/absence de déictiques). Elles illustrent
également les intentions de communication du locuteur à travers les diverses modalités
énonciatives (t.15), manifestant les prises de position du sujet parlant à l’égard de son
allocutaire, de la réalité qui l’entoure et de son propre discours.

— la nature des actes de langage accomplis: dans la mesure où parler c’est agir ou
essayer d’agir sur l’autre, l’emploi de la langue devient nécessairement un espace d’action où
l’interlocuteur se voit engagé à déceler les intentions de communication du locuteur (souvent
implicites) et à établir avec lui une coopération pouvant assurer le succès de la
communication. La nature des actes de langage informe également sur le type de relation que
les interactants entendent maintenir entre eux.

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— les articulateurs du discours: un discours n’est jamais une simple suite d’énoncés
posés les uns à côté des autres. Il existe un lien nécessaire entre ce qui est dit et ce qui
précède, et l’emploi de la langue révèle l’existence d’une certaine articulation et organisation
du discours (t. 25), ce qui se traduit linguistiquement par l’emploi de connecteurs et
marqueurs relationnels, par des procédés de reprise anaphorique du contenu (t. 27 et 28),
et par l’existence de schémas textuels prototypiques (t. 30-35).

— les stratégies de communication (t.7): l’emploi de la langue est également


l’occasion de la mise en exercice d’un certain nombre de stratégies tendant à garantir le
fonctionnement de la communication et l’inter-compréhension des interactants. Ces stratégies,
notamment évidentes lors de l’interaction face à face, prouvent sans doute que l’espace de la
parole est un espace potentiellement conflictuel régi par des paramètres psycho-socio-
culturels qui obligent à respecter certaines normes et principes conversationnels
(coopération, politesse). La mise en exercice de ces principes, dont dépend le succès de la
communication, constitue ce que l’on connaît sous le nom de négociation, caractéristique de
base des interactions:
En effet, ce qu’on observe quand on étudie attentivement les conversations authentiques, ce n’est pas
seulement une interaction, mais une véritable négociation entre les interlocuteurs (E. Roulet, 1991: 14).

Le sens d’un énoncé est le produit d’un « travail collaboratif » […], il est construit en commun par les
différentes parties en présence —l’interaction pouvant alors être définie comme le lieu d’une activité
collective de production du sens, activité qui implique la mise en œuvre de négociations explicites ou
implicites (Kerbrat-Orecchioni, 1990:28-29).

3. La négociation de la signification

Considérons l’exemple suivant: je téléphone à une librairie anglaise pour commander


des livres et la personne qui prend la commande me demande mon nom. Je ne lui réponds pas
My name is Pedro, comme l’aurait fait un élève apprenant l’anglais, mais je lui réponds
Pérez, P,E,R,E,Z, and the first name is Pedro. Pourtant la question était la même que celle
qu’on aurait pu poser en classe à un élève, pour laquelle la première option était valable. Il est
donc évident qu’il n’existe jamais une seule et unique possibilité de réponse à une question, ni
une seule réplique possible à un tour de conversation. Or, il n’est pas question de choisir au
hasard parmi les différentes formulations possibles: il y a des tournures plus ou moins
appropriées aux circonstances, car, non seulement dans chaque échange il y a un tout vécu, un
savoir partagé par les interlocuteurs, ce qui va influencer le message, mais en plus le sens
n’est pas automatiquement donné et il doit faire l’objet d’une négociation.

Prenons un autre exemple pour montrer qu’une réponse à une question toute simple
doit toujours tenir compte aussi bien de la personne qui pose la question que des
circonstances entourant l’acte de communication. Imaginons que l’on pose à un parisien la
question suivante: Où se trouve le siège de l’UNESCO? Si on lui demande cela alors qu’il est
en séjour à Rome, il répondra tout naturellement À Paris. Mais si on lui pose cette même
question alors qu’il se trouve place Fontenoy, il pourra répondre Juste derrière vous et, dans
ce cas, il ne lui viendra jamais l’idée de dire À Paris. C’est ce qui fait que la première chose à
faire dans une conversation, c’est de s’assurer de ce qui n’a pas besoin d’être mentionné.

Considérons un dernier exemple:

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— Je voudrais aller voir ton frère, mais je ne sais pas où il habite.


— 15, rue Visconti.
— C’est près du Panthéon?
— Non, c’est dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.
— Ah!
— Tu vas aller au Quartier Latin?
— Oui, je dois travailler à la bibliothèque Sainte-Geneviève.
— Bon alors, c’est facile d’y aller à pied. Tu vois comment aller à Saint-Germain-des-Prés?
— Oui.
— Quand tu es devant l’église, tu prends la rue Bonaparte devant toi et c’est la deuxième rue à droite.
Une toute petite rue.
— Oui, je vois, c’est facile. Merci.

On voit ici l’exemple d’une négociation. Celui qui donne les indications doit
s’assurer de ce que son interlocuteur sait ou ne sait pas. Cet effort qu’il faut faire souvent,
en langue maternelle, pour nous adapter à notre auditoire, répondre de façon appropriée,
comprendre à demi-mot ou réclamer des éclaircissements supplémentaires s’avère être encore
plus important en langue étrangère. Et ces efforts ne se limitent pas au strict plan linguistique:
il y a toute une manière de se tenir et d’agir qui n’est pas la même selon la civilisation et la
langue employée. Ainsi par exemple, il ne faut pas s’étonner si un Canadien auquel on a dit
merci répond vous êtes le bienvenu, au lieu de répondre de rien.

Certains psychologues ont montré que lorsque l’individu participe à une conversation
il se construit dans sa tête un modèle mental de la conversation, une représentation mentale de
l’information véhiculée par le message (du point de vue du sens et de la forme) et de son
interlocuteur. Or, ce modèle mental est quelque chose de très riche: il comprend d’abord le
contenu propositionnel du message, mais il y a encore d’autres renseignements nécessaires à
la constitution de ce modèle mental: des renseignements sur les partenaires de l’échange, des
éléments de connaissance générale du monde et enfin une certaine foi dans le principe de
coopération.

Les renseignements sur l’interlocuteur, ainsi que l’image que le locuteur se fait de
l’autre ont une influence directe sur le choix des formules langagières à employer lors de
l’échange et sur l’application des principes de politesse. De ce point de vue, il est évident que
le locuteur adapte ses propos à l’image qu’il se fait de son allocutaire et aux
connaissances qu’il suppose chez lui, ce qui lui permet de savoir ce qu’il doit inclure ou
omettre. Mais ces connaissances partagées doivent en fait être complétées par des
renseignements d’ordre général, ce que l’on appelle la connaissance du monde, autrement la
communication peut échouer. Considérons l’exemple suivant:

— A propos Thérèse, je pars pour la Sicile.


— Allez Monsieur, mais revenez à six heures. Nous avons aujourd’hui à dîner un plat qui n’attend pas.

Il est évident, comme le montre la réponse fournie par la servante, que celle-ci n’a pas
une grande connaissance du monde, et de ce fait, le locuteur se verra contraint à des
explications supplémentaires, s’il veut au moins que son allocutaire comprenne ce qu’il veut
dire. Cette responsabilité du locuteur de mesurer le degré de compréhension et les
connaissances de son allocutaire, afin de garantir une intercompréhension mutuelle, renvoie
au principe de coopération de Grice (t.7) et aux maximes qui l’explicitent (de quantité,
qualité, relation et modalité). En effet, le processus de négociation qui se produit lors de
l’échange langagier, contraint dès le début à respecter le principe de coopération sans lequel la
communication peut devenir impossible. Même s’il existe une possibilité évidente et
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d’ailleurs bien constatée de violer les maximes de coopération (un mensonge viole
délibérément la maxime de qualité; celui qui ne veut pas répondre à une question
embarrassante peut aussi ne pas respecter la maxime de relation et répondre autre chose), elles
sont généralement observées dans la conversation ordinaire.

Par ailleurs, la communication s’inscrit, comme toute autre pratique sociale, dans le
cadre d’un certain nombre de normes préétablies, qui relèvent, dans une large mesure, du
fonctionnement de la politesse. Ces normes concernent aussi bien les mécanismes de prise de
parole que la gestion des thèmes de discours et l’accomplissement des tâches
interlocutives. On sait ainsi, par exemple, que l’on ne doit pas interrompre l’autre pour
prendre la parole n’importe comment, que l’on ne doit pas imposer à l’autre un sujet de
conversation susceptible de le gêner particulièrement, que certains actes de parole sont
« impolis » dans certaines circonstances (questions indiscrètes), etc.

C’est donc dans le cadre de ces deux grands principes, coopération et politesse,
qu’intervient la négociation, appliquée à tout aspect de l’interaction: toute prise de parole, tout
changement de ton, de sujet, de rôle, toute modification dans la relation interpersonnelle, etc.
doit faire l’objet d’une négociation, d’un accord entre les interactants. Ainsi par exemple,
l’alternance des tours de parole se fonde sur un système de droits et de devoirs que l’on
regroupe sous le nom de principe d’alternance:

- le locuteur en place (L1: « current speaker ») a le droit de garder la parole un certain temps, mais
aussi le devoir de la céder à un moment donné ;
- son successeur (L2: « next speaker ») a le devoir de laisser parler L1, et de l’écouter pendant qu’il
parle ; il a aussi le droit de réclamer la parole au bout d’un certain temps, et le devoir de la prendre
quand L1 la lui cède (Kerbrat-Orecchioni, 1990: 160).

Dans l’exercice de leurs droits et devoirs, les interactants déploient tout un éventail de
signaux verbaux et non verbaux (hochements de tête, gestes des mains, expressions du visage,
mouvements du corps, signaux acoustiques [intonation, rythme, pauses...]) visant à signifier
qu’ils sont prêts ou pas à céder la parole à l’interlocuteur, qu’ils veulent intervenir ou qu’ils
refusent par contre de prendre la parole:
on annonce qu’on va prendre la parole […], ou on interrompt dès qu’on reconnaît une césure naturelle
dans le discours de l’interlocuteur […], on encourage son partenaire en donnant des signes qu’on a
compris et qu’on est d’accord avec ce qu’il dit […], on montre qu’on lui laisse la parole en cessant de
parler […] ou en donnant des signes d’hésitation qui l’invitent à offrir de l’aide […], on évite les
interruptions prématurées en construisant son tour de parole de telle manière que l’interlocuteur
comprenne qu’on n’est pas encore prêt à lui céder la parole. Les marqueurs d’hésitation « euh », « ben »,
les faux départs […], les formules atténuantes [disons, bon ben, en fait...], les répétitions […] et
paraphrases […], les parenthèses […] servent à garder la parole et à gagner du temps pour formuler sa
pensée ou en corriger la formulation en prévision de malentendus potentiels. (Kramsch, 1991: 20).

Le respect des normes conversationnelles implique que l’alternance des tours de parole
soit un rituel négocié, que chacun puisse intervenir à un moment donné. Mais il se peut,
évidemment que la négociation échoue, soit que L1 ne cède pas la parole à L2, soit que celui-
ci décide d’interrompre L1 au lieu d’attendre son tour ou choisisse au contraire de se murer
dans un silence hautain et refuse de répondre, soit enfin qu’un troisième locuteur L3 usurpe le
tour.

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Profesores de Enseñanza Secundaria – Francés

Il en va de même pour la gestion des thèmes traités lors de l’interaction. Bien que la
conversation à bâtons rompus » paraisse à première vue anarchique, c’est le contexte, le
« déjà dit », qui indique dans une large mesure quels sont les thèmes susceptibles de paraître:

Si la situation extérieure affecte de manière décisive le comportement verbal et non-verbal des


interlocuteurs, le contexte interne, créé par la communication elle-même, joue un rôle fondamental dans
les choix thématiques. Ce contexte établit un champ d’action intersubjectif entre les interlocuteurs qui
partagent des connaissances communes (présupposés culturels, expérience du monde) et se construisent
une commune représentation du monde (information partagée pendant l’interaction). C’est donc le
contexte interne de la communication qui permet aux interlocuteurs de faire des plans pour la
transmission et la réception du message, c’est-à-dire pour le ménagement des thèmes du discours. Ces
plans […] reflètent les décisions du locuteur quant au degré d’information qu’il peut supposer chez son
interlocuteur. Sous-estimer les connaissances de l’interlocuteur peut être insultant, les surestimer peut
causer des problèmes de communication. Les interlocuteurs doivent constamment évaluer ce qui est
nouveau et ce que l’interlocuteur sait déjà de par le contexte verbal et non-verbal de la communication.
(Kramsch, 1991: 15)

Le « déjà dit » peut concerner non seulement le contenu d’une interaction concrète,
mais aussi celui de l’histoire conversationnelle commune. Il constitue pour les interactants
aussi bien un arrière-plan de connaissances partagées qu’un horizon d’attentes qui s’articule à
la nature des relations interpersonnelles (si la relation est hiérarchique ou non-familière, on
s’attend à des sujets impersonnels et généraux) et aux paramètres spatio-temporels (avec la
même personne, on parle différemment si la rencontre a lieu dans un « site » institutionnel ou
dans un café, par exemple) pour déterminer le choix des thèmes plausibles de paraître dans
une interaction concrète. Il va sans dire que tout changement dans ces paramètres doit être
signalé par celui qui l’entreprend, et accepté par son allocutaire, s’ils veulent au moins que la
communication réussisse.

Enfin, on peut signaler que la gestion des thèmes abordés et développés obéit également
à une contrainte thématique (F. Jacques, 1988: 58-59), qui résulte en quelque sorte de la
conjonction du principe de pertinence et du principe de politesse. La pertinence contraint à un
traitement des sujets qui exige le minimum de coût cognitif, ce qui implique que l’on
s’abstienne d’effectuer des changements brusques de sujet ou alors qu’on les introduise de
manière adéquate. La politesse, de son côté, enjoint non seulement de projeter une image de
soi favorable tout en essayant de respecter celle des autres, mais aussi d’aborder des sujets
susceptibles d’intéresser tous les interactants et d’éviter en même temps les thèmes frappés
d’interdiction dans une situation donnée —questions indiscrètes, discours exclusivement auto-
centrés et autres tabous conversationnels dont témoigne par exemple l’emploi fréquent
d’euphémismes.

Il est donc aisé de voir que la négociation ne se borne pas à la seule co-construction du
sens du message, elle s’instaure dès le début de l’échange et doit assurer non seulement
l’intercompréhension des interactants, mais aussi leur participation à l’échange et leur
responsabilité dans la production-compréhension des énoncés.

4. Conclusion.

Ces quelques remarques montrent que le processus de communication est un événement


complexe et beaucoup moins prédictible que ne le laissaient entendre les premières études sur
la question. La prise en considération de ces faits a eu une importance capitale dans le cadre
de la réflexion linguistique et didactique. En effet, le développement de la notion de
« compétence de communication », a entraîné un changement de perspective sur la
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Centro de Estudios Tecnoszubia

conception de l’enseignement-apprentissage des langues: l’acquisition d’une langue


(étrangère ou maternelle) ne se limite point à l’acquisition d’un répertoire linguistique, d’un
savoir grammatical encyclopédique. Cette compétence, linguistico-grammaticale, doit
nécessairement s’accompagner d’un certain nombre de composantes (discursive,
socioculturelle, référentielle, stratégique) qui rendent l’apprenant capable de communiquer
dans n’importe quelle situation. Autrement dit, apprendre une langue, c’est acquérir non
seulement un savoir, mais aussi un « savoir-faire », il faut connaître aussi bien la langue que
ses conditions d’emploi.

Cette acquisition d’éléments verbaux et non verbaux (kinésique, proxémique, prosodie)


se produit en langue maternelle au fur et à mesure que nos capacités cognitives se développent
et que nous sommes confrontés à diverses interactions et à divers types discursifs. Elle fait
donc l’objet d’une acquisition inconsciente d’une part (on apprend à parler en parlant, et en
imitant des modèles), et dirigée d’autre part (non seulement dans l’institution scolaire, où l’on
nous enseigne à reproduire, puis à produire librement divers types de discours, mais aussi
dans notre entourage: il faut dire bonjour à la dame, Qu’est-ce qu’on dit ? dis merci à la
dame, etc.). La transposition de ces acquis à la langue étrangère peut donc être opérée à
travers des comparaisons qui font nécessairement intervenir la réflexion sur la langue.

Références bibliographiques

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la comunicación. Madrid, Alianza Editorial.
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une méthode d’analyse, Paris, Delachaux & Niestlé.
CORMON, F. (1992): L’enseignement des langues. Lyon, Chronique sociale.
COSNIER, Jacques ; GELAS, Nadine et KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine (dir.) (1988):
Échanges sur la conversation, Paris, Ed. du CNRS.
COSNIER, Jacques et KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine (dir.) (1987): Décrire la conversation,
Lyon, Presses Universitaires de Lyon.
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KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine (1990): Les interactions verbales I, Paris, Armand Colin.
— (1992): Les interactions verbales II, Paris, Armand Colin.
— (1996a): « L’analyse des conversations. Perspectives actuelles », Le Français dans le monde,
juillet 1996, nº spécial (« Le Discours: enjeux et perspectives »), pp. 30-38.
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KRAMSCH, Claire (1991): Interaction et discours dans la classe de langue, Paris, Hatier-Didier.
MOIRAND, S. (1982) : Enseigner à communiquer en langue étrangère, Paris, Hachette.
REBOUL, Anne et MOESCHLER, Jacques (1998): Pragmatique du discours, Paris, Armand Colin.
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Lang.
SUSO, J. (2000): Communication et enseignement / apprentissage du Français LE. Granada, Ed.
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