Maîtriser la Corruption Publique
Maîtriser la Corruption Publique
DE
L’ACHAT
PUBLIC
MAÎTRISER
LE RISQUE DE
CORRUPTION
DANS LE CYCLE
DE L’ACHAT PUBLIC
JUIN 2020
Conception et rédaction :
Agence française anticorruption
Direction des achats de l’État
Graphisme :
CMM
Le guide est placé sous le régime des licences creative commons (pictogramme « CC »)
Le guide peut être librement utilisé, reproduit et diffusé, à la condition de faire référence à la DAE
(pictogramme « BY »)
Sa modification est autorisée mais l’utilisation du guide à titre commercial est interdite (pictogramme « NC »).
Charles DUCHAINE
Directeur de l’Agence
française anticorruption
Introduction…………………………………………………………………….....................................................................................6
4
Fiche 2 : L’évaluation des tiers…………………………………………………………………………………………………..........….48
• Section 1 : La mise en œuvre de l’évaluation des tiers……………..……………….......……...48
• Section 2 : La méthodologie de l’évaluation des tiers………………………………….......……50
• Section 3 : Quelles sont les conséquences de l’évaluation des tiers ?……........…..54
Fiche 3 : Le dispositif de formation aux risques d’atteinte à la probité………………………….........57
• Section 1 : Pourquoi former les acteurs du cycle de l’achat public ?......................57
• Section 2 : Qui former et à quoi ?............................................................................................58
• Section 3 : Les modalités de formation……………………………………………………………............59
• Section 4 : Le suivi de l’efficience du dispositif de formation……………………….........60
Chapitre IV : Détecter…………………………………………………………………………………………………………………………..….....61
Fiche 1 : Le contrôle interne et l’audit interne…………….…………………………………………………………..........62
• Section 1 : Le contrôle interne dans la maîtrise du risque
d’atteinte à la probité……………................................................................................62
• Section 2 : L ’audit interne dans la maîtrise du risque
d’atteinte à la probité……………………………………....................................................64
Fiche 2 : Les dispositifs d’alerte………………………………………………………………………………..………………............66
• Section 1 : Le dispositif d’alerte spécifique aux « lanceurs d’alerte »……….............66
• Section 2 : L e dispositif d’alerte portant sur un manquement
au code de conduite anticorruption….............................................................67
• Section 3 : Le signalement au procureur de la République………………………..............68
Boîte à outils………………………………………………………………………………………………………….…………..................................75
Pas à pas de la cartographie des risques d’atteinte à la probité..…………….………………..…..…………..76
Bonnes pratiques anticorruption dans le cycle des achats…………………………………………..………….…..82
• Phase de préparation…………………………………………………………………………………………………………82
• Phase de passation…………………………………………………………………………………………………………….87
• Phase d’exécution……………………………………………………………………………………………………………….92
Fiche réflexe pour un acteur du cycle des achats………………………………………………………………........…….95
Fiche réflexe pour un responsable de service……………………………………………………………………..……........105
Exemple de contenu d’un code de conduite anticorruption……………………………………………………….107
Annexes……………………………………………………………………………………………………………………………………………..................111
Annexe 1 : Les infractions d’atteinte à la probité……………………………………………………………………………112
Annexe 2 : Présentation détaillée des dispositifs d’alerte……………………………………………………………129
Annexe 3 : Les missions de l’Agence française anticorruption………………………………………….……….136
Annexe 4 : Les recommandations des organisations internationales
sur la prévention de la corruption dans les marchés publics…………………………………138
Glossaire………………………………………………………………………………………………………………………………..…………................…142
Équipe projet……………………………………………………………………………………………………………………………………….............158
5
Guide de l’achat public : Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public Juin 2020
INTRODUCTION
Ainsi, si le cadre juridique des achats publics place la lutte anticorruption au cœur du dispositif
(droit de la commande publique, droits et obligations des agents publics, obligation de
publication des données…), l’adoption d’un programme anticorruption traitant le processus
achat dans son intégralité donne aux pouvoirs adjudicateurs1 une assurance supplémentaire
que le risque d’atteinte à la probité est jugulé.
Il présente également un intérêt pour toute personne dont les missions concourent à la
prévention des atteintes à la probité, notamment les contrôleurs internes, les auditeurs internes,
les référents déontologues, les référents alerte, les dirigeants ou les services ressources
humaines des pouvoirs adjudicateurs par exemple.
Plus largement, les préconisations pratiques de ce guide peuvent être utiles pour les
représentants des entreprises concourant à des marchés publics – ou leurs salariés – et à toute
personne souhaitant exercer un regard citoyen sur la commande publique.
Ce guide traite plus particulièrement des marchés publics tels que définis et réglementés par
le code de la commande publique, à l’exclusion d’autres formes de contrats publics (marchés
de partenariat, concessions, autorisations d’occupation du domaine public…).
Le cycle de l’achat public y est abordé de la préparation à l’exécution. Par facilité de langage,
le terme de « cycle des achats » pourra être employé pour désigner l’ensemble du cycle de
l’achat public.
1
ar convention, la notion de pouvoir adjudicateur est utilisée au sein de ce guide mais les propos s’appliquent également aux entités
P
adjudicatrices.
2
Loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique.
• Sourcing
• Détermination du besoin et
évaluation financière
• Détermination de la procédure
• Rédaction des pièces
Préparation
administratives, techniques
et financières
Exécution Passation
Comme l’indique l’OCDE, « les marchés publics constituent pour les pouvoirs publics un domaine
d’activité économique fondamental particulièrement exposé aux malversations, à la fraude et
à la corruption ». C’est le cas quand l’achat public est détourné de sa vocation de satisfaction
de l’intérêt général, au profit du seul intérêt personnel d’un individu ou d’un groupe d’individus.
Prise dans son sens général, la notion de corruption regroupe en réalité différentes infractions
du code pénal français désignées sous le terme « manquements aux devoirs de probité »,
appelées également atteintes à la probité. Cette catégorie regroupe les infractions suivantes :
3
Pouvoir adjudicateur, entité adjudicatrice
4
OCDE, Recommandation du conseil de l’OCDE sur les marchés publics, 2015
5
Données chiffrées pour l’exercice 2018 in Observatoire économique de la commande publique
Corruption
Fait pour une personne ayant une mission de service public de demander ou d’accepter un
avantage quelconque en contrepartie de l’accomplissement ou du non accomplissement
d’un acte de sa fonction (articles 433-1 1° et 432-11 1° du code pénal).
Trafic d’influence
Fait pour une personne ayant une mission de service public d’accepter ou de deman-
der un avantage pour, en contrepartie, user de son influence sur une autorité publique
(articles 433-1 2° et 432-11 2° du code pénal).
Favoritisme
Fait pour une personne ayant une mission de service public de ne pas respecter les règles
de la commande publique ayant pour objet de garantir la liberté d’accès et l’égalité des
candidats conduisant à l’octroi d’un avantage injustifié à une entreprise (article 432-14 du
code pénal).
Concussion
Fait pour une personne ayant une mission de service public de profiter de sa fonction pour
percevoir sciemment des sommes indues ou de s’abstenir de percevoir des sommes dues
(article 432-10 du code pénal).
Toutes ces infractions ont pour point commun de mettre en jeu l’intégrité des acteurs du cycle
de l’achat public dans l’exercice de leurs missions et responsabilités.
6
our une présentation détaillée des infractions, voir annexe p. 112 à 128.
P
La qualité des personnes ayant une mission de service public visées dans le tableau varie selon les infractions. La terminologie utilisée renvoie
aux personnes dépositaires de l’autorité publique (notamment les agents publics), à celles chargées d’une mission de service public (certains
des opérateurs privés participant au cycle de l’achat) et à celles titulaires d’un mandat électif public.
Durant la même année, 286 personnes ont été condamnées pour des infractions d’atteinte à la
probité dont 131 pour des faits de corruption, 52 pour détournement de fonds public, 38 pour
prise illégale d’intérêts et 29 personnes pour des faits de favoritisme.
Une étude montre par ailleurs que les acheteurs publics et privés sont particulièrement exposés.
Ainsi, 16% des responsables achats et 25% des directeurs achats indiquent avoir fait l’objet
d’une tentative de corruption au cours de leur carrière8.
A titre de comparaison, 16% de la population française déclare connaître quelqu’un qui perçoit
ou a perçu des pots de vin9.
7
ource : Ministère de la justice, Pôle d’évaluation des politiques pénales de la Direction des affaires criminelles et des grâces, Manquements à
S
la probité : éléments statistiques, 2019
8
AgileBuyer et Groupement Achats HEC, Les priorités des services achats en 2015, ou la manière dont seront gérés les sous-traitants en 2015,
1er décembre 2014
9
Commission européenne, Eurobaromètre spécial 470 – Corruption, décembre 2017, p. 71
Par ailleurs, les pouvoirs adjudicateurs font l’objet de contrôles par des acteurs externes (corps
de contrôle, comptable public, inspections...).
Afin de bénéficier d’une assistance dans la mise en œuvre de ses obligations déontologiques,
tout agent public a le droit de consulter un référent déontologue12, chargé de lui apporter tout
conseil utile13.
Pour les collectivités territoriales, les élus locaux exercent leur mandat dans le respect des
principes déontologiques consacrés par la charte de l’élu local14 :
1. l’élu local exerce ses fonctions avec impartialité, diligence, dignité, probité et intégrité.
2. dans l’exercice de son mandat, l’élu local poursuit le seul intérêt général, à l’exclusion de
tout intérêt qui lui soit personnel, directement ou indirectement, ou de tout autre intérêt
particulier.
Enfin, toute autorité constituée, tout officier public, et tout fonctionnaire qui, dans l’exercice de
ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans
délai au procureur de la République15.
10
rticles 25 à 26 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ; article 1 de la loi n°2013-907 du
A
11 octobre 2003 relative à la transparence de la vie publique (pour les personnes titulaires d’un mandat électif local et celles chargées
d’une mission de service public)
11
En outre, les fonctionnaires doivent faire preuve de discrétion professionnelle et agir avec réserve. Certains sont également soumis au
secret professionnel (article 26 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires)
12
Depuis la loi du n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires, tout agent public
doit pouvoir bénéficier des conseils d’un référent déontologue
13
Article 28 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires
14
Article L. 1111-1-1 du code général des collectivités territoriales (CGCT)
15
En application du deuxième alinéa de l’article 40 du code de procédure pénale
16
Loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique.
17
Les recommandations des organisations internationales sur la prévention de la corruption dans les marchés publics sont détaillées en
annexe 4, p. 138
Licence creative commons - CC BY NC 11
Guide de l’achat public : Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public Juin 2020
Plus précisément, l’article 17 de la loi définit un ensemble de huit mesures et procédures, articulées
autour de la cartographie des risques, qui permettent à l’entité d’acquérir une assurance
raisonnable que le risque d’atteintes à la probité est maîtrisé. Cet article est applicable aux
acteurs économiques, c’est-à-dire aux grandes sociétés et établissements publics industriels
et commerciaux ayant plus de 500 salariés et réalisant plus de 100 millions d’euros de chiffre
d’affaires.
Pour les acteurs publics (administrations d’État, collectivités locales, établissements publics...)
et les associations et fondations reconnues d’utilité publique, la loi ne définit pas de référentiel.
Cependant, dans sa Charte des parties prenantes aux contrôles18, l’AFA indique que par
analogie avec ce que la loi prévoit pour les acteurs économiques, il est attendu des acteurs
publics et des associations et fondations reconnues d’utilité publique qu’ils mettent en
place un dispositif anticorruption comprenant les 8 mesures et procédures applicables aux
acteurs économiques, en les adaptant à leurs spécificités.
L’une des premières missions de l’AFA a été de détailler le contenu de ces mesures préventives
dans le cadre de recommandations, publiées au Journal officiel le 22 décembre 2017.
Par ses recommandations, l’AFA définit et met à disposition des organisations les éléments leur
permettant de déterminer leur dispositif de conformité anticorruption, composante de leur
stratégie de gestion des risques notamment d’atteinte à leur réputation, à la réalisation de leurs
activités opérationnelles, à leur climat social ou à leur survie économique.
18
a charte des droits et devoirs des parties prenantes au contrôle informe des procédures de contrôle que l’AFA a pour mission d’effectuer.
L
L’annexe 3 du présent guide détaille les missions de l’AFA
Obligations applicables aux sociétés et éta- Obligations applicables aux acteurs pu-
blissements publics industriels et commer- blics, associations et fondations reconnues
ciaux mentionnés à d’utilité publique,
l’article 17 de la loi du 9 décembre mentionnés à l’article 3 de la loi du 9
2016 décembre 2016
La loi impose aux dirigeants des sociétés, La loi impose aux administrations d’État,
groupes de sociétés et établissements aux collectivités territoriales et leurs éta-
publics employant au moins 500 salariés blissements publics et sociétés d’écono-
et dont le chiffre d’affaires est supérieur à mie mixte, aux associations et fondations
100 millions d’euros de prendre les reconnues d’utilité publique d’adopter
Périmètre
mesures destinées à prévenir et détecter des procédures pour prévenir et détecter
la commission de faits de corruption et de les faits de corruption, de trafic d’influence,
trafic d’influence. de concussion, de prise illégale d’intérêts,
de détournement de fonds publics et de
favoritisme.
Les articles 3 et 17 de la loi du 9 décembre 2016 ne sont pas exclusifs l’un de l’autre. Ainsi, les
établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) et les sociétés d’économie
mixte (SEM) peuvent, sous réserve de l’atteinte des seuils mentionnés au I de l’article 17 de la loi
précitée19, faire l’objet d’un contrôle de l’AFA à la fois au titre du 3° de l’article 320 et au titre
du III de l’article 17.
19
500 salariés avec un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros
20
Article 3 3° : « l’Agence française anticorruption : 3° Contrôle, de sa propre initiative, la qualité et l’efficacité des procédures mises
en œuvre au sein des administrations de l’État, des collectivités territoriales, de leurs établissements publics et sociétés d’économie
mixte, et des associations et fondations reconnues d’utilité publique pour prévenir et détecter les faits de corruption, de trafic
d’influence, de concussion, de prise illégale d’intérêts, de détournement de fonds publics et de favoritisme. Elle contrôle également le
respect des mesures mentionnées au II de l’article 17. »
Un service achats a pour support principal de son activité les règles de la commande publique.
Un simple manquement à ces règles est susceptible de constituer l’infraction de favoritisme.
Mais un acheteur public, parce qu’il contribue à l’élaboration de projets à forts enjeux financiers,
est également exposé aux délits de corruption ou de détournement de fonds publics. En outre,
le fait de ne pas réagir correctement face à une situation de conflit d’intérêts peut le conduire
à être mis en cause pour prise illégale d’intérêts.
La prévention de ces risques est en partie assurée par certaines obligations auxquelles peuvent
être soumis les pouvoirs adjudicateurs, selon le régime légal qui leur est applicable :
• les règles relatives à la prévention des conflits d’intérêts et notamment les règles
contenues dans le statut de la fonction publique (obligations d’impartialité, intégrité
et probité, règles relatives au cumul d’activités, protection des lanceurs d’alerte, dépôt
déclarations d’intérêts et de situation patrimoniale pour certains acteurs…) ;
• les règles de la commande publique, notamment les principes fondamentaux qui en
découlent ou les motifs d’exclusion des procédures de passation ;
• les règles de la comptabilité publique ;
• les règles et méthodes liées à la détection (contrôle interne budgétaire et comptable,
signalement au procureur de la République).
21
Interdiction des droits civils, civiques et de famille, et notamment droit de vote et éligibilité (cette interdiction du droit de vote ou
inéligibilité entraîne l’interdiction ou l’incapacité à exercer une fonction publique), interdiction d’exercer une fonction publique ou
d’exercer l’activité professionnelle ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise.
Pour autant, ce cadre n’est pas suffisant pour assurer une véritable maîtrise du risque d’atteinte
à la probité car ces différentes règles interviennent de manière non coordonnée, peuvent
s’avérer trop générales et ne reposent pas sur une analyse concrète des risques auxquels est
exposé l’entité ou l’acheteur.
L’adoption d’un programme anticorruption permet d’apporter une assurance raisonnable que
ce risque est maîtrisé. Il vient sécuriser l’action de l’acheteur et celle de la collectivité publique
dans son ensemble. Cette mise en œuvre peut être réalisée par chaque entité en considération
de sa taille et de la nature de ses risques.
Chapitre I
UN PRÉALABLE :
BIEN ORGANISER LES ACHATS
Fiche n° 1
ORGANISER LES ACHATS
ET ASSURER LEUR TRANSPARENCE
De quoi parle-t-on ?
Pour définir et conduire sa politique achats, une entité publique doit connaître précisément
ce qu’elle achète et comment elle achète.
Grâce à cette analyse, elle est en mesure d’identifier les situations à risque du fait des délais
de consultation prévisibles, des caractéristiques du marché (au sens économique) ou encore
de la typologie de ses achats.
En réalisant une programmation de ses achats sur plusieurs années, elle peut mieux anticiper
les pics d’activité ou encore procéder à des mutualisations de certains achats entre plusieurs
services.
Dès lors que l’entité dispose d’un bilan quantitatif et qualitatif de ses achats, elle est en
mesure d’en publier certains éléments. Il en va de même de sa programmation pluriannuelle
des achats qu’elle a tout intérêt à faire connaître aux fournisseurs. Ce souci de transparence
se retrouve dans l’impératif de publication des données essentielles des marchés publics.
Enfin, une organisation adaptée de la fonction achats, des règles et procédures internes
connues et partagées par tous les acteurs de la « communauté de l’achat » sont autant d’élé-
ments de contexte favorables pour mettre en place ensuite une démarche anticorruption.
Plan de la fiche
1. Bien connaître et analyser ses achats pour anticiper les situations à risque
2. Bien programmer pour bien acheter
3. Communiquer largement sur les achats de l’entité pour élargir l’accès à la commande
publique et favoriser l’égalité de traitement des opérateurs économiques
4. Assurer la transparence des données pour faciliter le contrôle externe
5. Organiser la fonction achats
Section 1
Bien connaître et analyser ses achats pour
anticiper les situations à risque
Bien connaître ses achats, leur nature, le type de procédures adoptées, la typologie de ses
fournisseurs permet à une entité d’identifier ses points de progrès et ses zones de risque. Cette
démarche constitue un levier pour se réinterroger sur l’égal accès de tous les fournisseurs à
la commande publique (analyse de la rotation des fournisseurs), le niveau de dépendance de
l’organisation par rapport à certains fournisseurs (concentration de certains achats sur peu
de fournisseurs) ou encore sur les achats non ou mal couverts par des procédures (risque de
favoritisme).
Grâce à une meilleure connaissance de ses achats, il est plus facile de repérer les situations qui
rendent l’entité vulnérable (dépendance par rapport à un ou plusieurs fournisseurs, pression
éventuelle des services prescripteurs pour recourir à des procédures dérogatoires…) ou qui
lui font courir un risque de favoritisme (méconnaissance des principes fondamentaux de la
commande publique/octroi d’un avantage injustifié).
Exemples d’axes d’analyse des achats permettant de détecter une situation à risque
Connaître Identifier les marchés Leur caractère stratégique fait encourir un risque
ses achats stratégiques. plus important de contournement des règles, afin de
préserver les approvisionnements.
Contrôler la régularité de la procédure de passation
et notamment la justification des éventuelles
dérogations.
Analyser la répartition des Évaluer la dépendance de l’organisation par rapport
Connaître ses achats par fournisseur. à certains fournisseurs et celle des fournisseurs vis-à-
fournisseurs vis de la personne publique.
Section 2
Bien programmer pour bien acheter
Programmer et publier de manière transparente et gratuite ses projets d’achats sur plusieurs
années (à échéance de renouvellement des marchés dont la durée est la plus longue) offre
plusieurs avantages :
•p lanifier les charges de travail des acteurs (acheteurs, prescripteurs) et anticiper les pics
d’activité ;
• prendre le temps de regrouper plusieurs procédures pour limiter les fractionnements
injustifiés et optimiser l’acte d’achat ;
• choisir la procédure idoine sur la base de critères objectifs.
L’outil de programmation pluriannuelle des achats peut être un tableau partagé (service achats
mais également services prescripteurs et services juridiques) contenant notamment les infor-
mations suivantes :
• le besoin ;
• l’estimation financière du marché ;
• la période du marché ;
• le service prescripteur (et ses caractéristiques) ;
• si le sourcing est prévu ;
• l’identité du titulaire actuel ;
• la date de fin du marché en cours, la date du besoin nouveau ou ponctuel ;
• le code de la nomenclature achats permettant la computation des seuils (ex : numéro du
groupe de marchandises figurant dans la nomenclature des achats de l’État).
Section 3
Communiquer largement sur les achats de l’entité pour
élargir l’accès à la commande publique et favoriser
l’égalité de traitement des opérateurs économiques
Dès lors que l’entité connaît bien ses achats et planifie correctement ses procédures, elle a tout
intérêt à diffuser largement ces informations. Cela renforce la transparence des procédures et
élargit l’accès à la commande publique au-delà du cercle des actuels titulaires des marchés.
Section 4
Assurer la transparence des données
pour faciliter le contrôle externe
Développer la transparence sur le cycle des achats permet aux citoyens d’exercer un contrôle
externe sur cet aspect de la gestion publique, en analysant les données publiées. La mise à
disposition de plus d’informations à travers l’ouverture des données publiques est de nature
à faciliter l’exercice par les citoyens ou tout autre acteur de ce contrôle externe. En cela, la
transparence des données sur les marchés publics permet de mieux prévenir et détecter le
favoritisme et les autres atteintes à la probité, et elle renforce la confiance dans l’action publique.
•L
es données essentielles des marchés publics (hors marchés de défense ou
de sécurité) répondant à un besoin dont la valeur est égale ou supérieure
à 40 000 euros HT doivent être publiées sur les profils acheteurs (exemple :
PLACE – plate-forme des achats de l’État).
Les données doivent être publiées dans les deux mois de la notification du marché
public23.
• Pour les marchés publics dont la valeur se situe entre 25 000 € HT et
39 999,99 € HT (hors marchés de défense ou de sécurité) l’acheteur peut :
• soit respecter volontairement les obligations applicables aux
marchés dont la valeur est égale ou supérieure à 40 000 euros HT
• soit publier au cours du premier trimestre de chaque année et
sur le support de son choix, la liste des marchés conclus l’année
précédente (article R. 2196-1 du CCP).
22
Cf. Direction des affaires juridiques des ministères économiques et financiers, Fiche publication des données essentielles de la
commande publique (article 1 - Obligations juridiques). Il est également à noter que le développement de l’ouverture des données
publiques trouve néanmoins une limite au titre de l’ordre public (données personnelles, secrets des affaires …).
23
Annexe 15 du code de la commande publique (article 4).
20 Licence creative commons - CC BY NC
Guide de l’achat public : Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public Juin 2020
• l’objet du marché ;
• le montant hors taxe ;
• la date de conclusion du marché ;
• le nom de l’attributaire ;
• le code postal de l’attributaire s’il est établi en France ou le pays de son principal
établissement, s’il n’est pas établi en France.
7 données complémentaires
• la date de publication des données relatives à la modification apportée au marché public
initial ;
• l’objet de la modification apportée au marché public ;
• la durée modifiée du marché public ;
• le montant hors taxe modifié en euros du marché public ;
• le nom du nouveau titulaire, en cas de changement de titulaire ;
• le numéro d’identifiant du nouveau titulaire, en cas de changement de titulaire ;
• la date de notification par l’acheteur de la modification apportée au marché public ;
24
Annexe 15 du code de la commande publique (article 1 II)
Section 5
Organiser la fonction achats
Définir clairement les règles applicables au cycle des achats et les procédures d’achat
en commun
La formalisation des règles applicables dans l’entité en matière de commande publique est
un préalable indispensable pour prévenir le favoritisme et plus généralement les atteintes à la
probité. Trois axes de travail peuvent être adoptés :
•F ormaliser les règles et procédures internes des achats dans un guide/recueil des
procédures, connu de tous les acteurs du cycle des achats et régulièrement mis à jour.
• Si une commission d’appel d’offres, une commission ad hoc ou une commission d’analyse
des offres existe, assurer la collégialité de son organisation et définir ses modalités de
fonctionnement.
• Vérifier que l’organisation et les procédures ne font pas apparaître des situations pouvant
limiter la mise en place d’un contrôle interne (fonctions non couvertes, organisation
soustrayant certains acteurs à des règles communes, procédures inexistantes sur certains
secteurs).
Faire face aux zones de risque ou à des tentatives d’atteinte à la probité ou de pression requiert
de la part des acteurs du cycle de l’achat une attitude adaptée. Organiser sur le plan interne
des échanges de pratiques entre eux permet d’éviter l’isolement des acteurs confrontés à des
situations sensibles.
À retenir
Bien connaître ses achats permet à l’entité de les programmer de manière à éviter de faire
face à des situations d’urgence qui auraient pu être anticipées.
Une entité publique a également tout intérêt à communiquer sur la programmation de ses
achats afin de renforcer le libre accès à ses marchés. Les obligations de publication des
données essentielles des marchés publics contribuent également à la transparence des
procédures.
Une fonction achats bien organisée, dont les règles et procédures sont formalisées,
connues et partagées entre tous les acteurs du cycle des achats facilite la mise en place
d’un dispositif anticorruption.
le cadre juridique
Chapitre II
LES FONDEMENTS
D’UNE DÉMARCHE ANTICORRUPTION
Fiche n° 1
L’ENGAGEMENT DES INSTANCES
DIRIGEANTES
De quoi parle-t-on ?
L’engagement des instances dirigeantes d’une entité publique dans l’adoption d’un
programme anticorruption manifeste sa volonté d’assurer et d’encourager des comporte-
ments répondant à des règles strictes en matière d’intégrité.
Il se traduit concrètement par l’adoption d’une politique de tolérance zéro face au risque
d’atteinte à la probité, la prise en compte de l’anticorruption dans les procédures et politiques
de l’organisation, le fait de placer la gouvernance du programme de conformité au plus haut
niveau de l’organisation et la mise en place d’une politique de communication interne et
externe adaptée.
L’adoption d’un programme anticorruption consiste à mettre en place, après une évaluation
des risques d’atteinte à la probité, des mesures de prévention, de détection et d’organisation
de l’entité qui lui permettent de maîtriser ces risques.
Plan de la fiche
1. L
’engagement des instances dirigeantes, condition de l’effectivité d’un programme
anticorruption
2. Que contient un programme anticorruption ?
Section 1
L’engagement des instances dirigeantes, condition
de l’effectivité d’un programme anticorruption
L’engagement clair et sans équivoque des instances dirigeantes pour promouvoir des com-
portements répondant à des règles strictes d’intégrité constitue un élément fondateur de la
démarche anticorruption d’une personne morale ou d’un service.
Dans le cadre des achats publics peuvent être considérés comme instance dirigeante les plus
hauts représentants de l’exécutif d’une structure ainsi que l’instance collégiale de direction. Ces
hauts dirigeants peuvent être élus ou nommés.
es enjeux doivent conduire les instances dirigeantes à promouvoir l’adoption d’une po-
C
litique spécifique de prévention pour l’activité d’achat, incluant tant les services prescrip-
teurs que les services achats. Cette politique permet la conciliation entre les impératifs
de gestion publique (continuité, réactivité) et le strict respect des principes de probité et
d’intégrité qui régissent l’activité des agents publics. Elle se traduit par exemple par l’in-
troduction d’une dimension déontologique dans les fiches de poste et l’instauration d’un
dialogue sur la gestion des conflits d’intérêts lors des entretiens d’évaluation des agents
intervenant dans le processus achat.
et engagement suppose également que l’entité alloue des moyens adaptés à la mise en
C
œuvre du programme anticorruption. Par exemple, au sein d’un service achats, les ins-
tances dirigeantes doivent permettre aux agents qui en sont chargés de dégager le temps
nécessaire à leurs missions de cartographie et de contrôle interne ou encore de réaliser
un travail en binôme lorsque les procédures internes le prévoient. Elles doivent également
mettre à disposition des agents un dispositif d’alerte effectif.
Dans les entités publiques, et plus particulièrement les services achats, la prévention et la
détection des atteintes à la probité constituent ainsi l’un des objectifs prioritaires du service.
Cette priorité affichée répond à l’impératif de bonne utilisation des deniers publics, ainsi qu’aux
devoirs d’intégrité et de probité qui s’imposent aux agents publics.
A ce titre, les instances dirigeantes doivent également se montrer exemplaires. Par leur attitude
quotidienne, les hauts dirigeants contribuent à la diffusion d’une culture de l’intégrité au sein
de leurs services, par exemple en appliquant strictement la politique en matière de cadeaux et
d’invitations ou encore en ayant un usage rigoureux des moyens du service.
Les représentants de l’entité se placent ainsi en position de rendre compte de leur gestion de
manière transparente, conformément au principe énoncé à l’article 15 de la Déclaration des
droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 178926.
3
Gouvernance
du programme
de conformité
Source : AFA
25
ar exemple : identité des dirigeants, budget, principaux éléments d’organisation, existence d’un programme de prévention de
P
la corruption, identification du responsable de ce programme, communication sur certains outils d’un programme anticorruption
(code de conduite au moins dans sa partie relative aux relations avec les tiers, dispositif d’alerte…), liens vers des articles traduisant
l’engagement des instances dirigeantes…
26
La Société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.
Section 2
Que contient un programme anticorruption ?
Initiée par la direction de l’entité, la démarche anticorruption débute par la réalisation d’une
cartographie des risques. A cette occasion, l’entité publique recense l’ensemble des processus
liés à ses activités (recrutement, marchés publics, délivrance d’autorisations, octroi de subven-
tions…). Elle évalue les risques d’atteinte à la probité liés à chacune de ces activités et notam-
ment celles liées au cycle des achats.
Code de conduite et
sanctions
disciplinaires
Formation
Engagement de Cartographie
l’instance dirigeante des risques
Contrôle et audit
internes
Mesures de
détection
Alerte interne
Les mesures d’un programme anticorruption forment ainsi un ensemble qui vient mettre en
cohérence les dispositions préventives évoquées précédemment (règles de prévention des
conflits d’intérêts, règles comptables, dispositifs de signalement au procureur de la Répu-
blique…).
L’entité publique est alors mieux armée pour faire face au risque d’atteinte à la probité. Si ces
mesures n’empêchent pas de manière infaillible la commission d’un acte isolé, elles permettent
en revanche à l’entité de rendre sa survenance plus difficile et d’en maîtriser l’ampleur par une
détection plus rapide.
Le saviez-vous ?
Certains acteurs publics ont d’ores et déjà signé la charte et/ou ont été labellisés.
Source : [Link]
À retenir
L’engagement des instances dirigeantes constitue le socle d’une démarche anticorruption.
Il se traduit par :
• l’adoption d’une politique de tolérance zéro face aux comportements contraire à l’intégrité ;
• la prise en compte de l’anticorruption dans les procédures et politiques de l’entité, notam-
ment celles du cycle des achats ;
• la désignation d’un responsable du dispositif anticorruption doté de l’indépendance et des
pouvoirs nécessaires ;
• la mise en place d’une politique de communication interne et externe adaptée.
Fiche n° 2
LA CARTOGRAPHIE
DES RISQUES D’ATTEINTE A LA PROBITÉ
De quoi parle-t-on ?
La cartographie des risques vise à identifier, évaluer, et hiérarchiser les risques d’atteinte à la
probité inhérents aux activités de l’entité, en vue de leur maîtrise.
Elle aboutit à un plan d’action qui permet de réduire les risques identifiés.
Plan de la fiche
1. Clarifier le rôle et les responsabilités de chacun dans l’élaboration, la mise en œuvre et la
mise à jour de la cartographie
2. Identifier les risques inhérents aux activités de l’entité
3. Évaluer l’exposition aux risques de corruption : déterminer les risques bruts
4. Évaluer l’adéquation et l’efficacité des moyens existants visant à maîtriser les risques
bruts : déterminer les risques nets (ou résiduels)
5. Hiérarchiser et traiter les risques nets (ou résiduels) : mettre en oeuvre un plan d’action
6. F ormaliser et tenir à jour la cartographie des risques
Voir également d’autres exemples de risques potentiels dans les trois tableaux sur les bonnes
pratiques anticorruption dans le cycle des achats, p.82 à 94 de la boîte à outils.
27
Article 17 II 3° de la loi du 9 décembre 2016 précitée
La cartographie des risques constitue le socle de la stratégie de gestion des risques d’atteinte
à la probité de l’entité.
Formaliser
et tenir à Identifier
jour la les risques
cartographie inhérents aux
1 activités de
l’entité
6 2
Schéma du déroulement
d’une cartographie
des risques d’atteinte
à la probité 3
5
4 Evaluer
Hiérarchiser l’exposition aux
et traiter risques de
les risques corruption
Evaluer (risques bruts)
nets l’efficacité des
moyens de maî-
trise des risques
bruts (déterminer
les risques nets)
Source : AFA
Section 1
Clarifier le rôle et les responsabilités de chacun dans
l’élaboration, la mise en œuvre et la mise à jour de la
cartographie
Un responsable du dispositif anticorruption est désigné par les instances dirigeantes. Ce res-
ponsable peut, si besoin, être assisté d’un prestataire externe, à condition que l’entité valide la
cartographie et vérifie ainsi l’effectivité de l’exercice. Le responsable du dispositif anticorrup-
tion pilote le déploiement, la mise en œuvre, l’évaluation et l’actualisation du programme anti-
corruption. Il coordonne l’élaboration de la cartographie des risques en accompagnant chaque
service dans l’audit de ses fonctions, des processus mis en œuvre, des risques induits et des
mesures préventives en place ou axes d’améliorations.
Les responsables des services opérationnels et supports rendent compte des risques spé-
cifiques au périmètre relevant de leur responsabilité afin de contribuer à l’identification des
risques et à leur cotation.
Section 2
Identifier les risques inhérents aux activités de l’entité
Cette étape vise à dresser la typologie des risques à partir de la revue des processus de
l’entité.
Appliqué au cycle des achats, il s’agit de recenser les risques d’atteinte à la probité propres
à chaque étape (sourcing, analyse des candidatures et des offres, exécution du marché
public…) sur la base d’entretiens individuels avec des personnes spécialisées dans chacune de
ces activités. Un recensement par l’envoi de questionnaires peut également être envisagé, tout
en veillant à son bon degré de précision (éviter les questionnaires posant des questions trop
fermées).
A titre d’exemple, les risques suivants peuvent être associés au cycle des achats :
• risques de transmission d’informations privilégiées au profit de certains candidats (par
exemple, dans le cadre du sourcing ou de la négociation, transmettre des informations
sur le coût estimé, la consistance des travaux…) ;
• risques de fractionnement illicite de marchés (« saucissonnage ») ;
• risques liés aux modifications du marché (par exemple : avenants modifiant l’équilibre
économique du marché…).
Source : AFA
Exemples :
• recensement des risques connus : faits ayant donné lieu à sanction disciplinaire, situation
anonymisée ayant donné lieu à consultation du référent déontologue, manquements au
code de conduite, veille jurisprudentielle sur des acteurs similaires, remarques de la Cour des
comptes et de la chambre régionale des comptes, retour d’expérience tiré du contrôle de
légalité…
• recensement des risques par processus liés à l’achat ;
• recensement des risques liés aux tiers : examen des relations avec les principaux titulaires
de marchés publics pour y relever les risques d’atteinte à la probité (voir fiche sur l’évalua-
tion des tiers p 48). Ex : conflits d’intérêts risquant de conduire à une prise illégale d’intérêts,
risque lié à la position du prestataire sortant lors du renouvellement d’un marché.
Section 3
Évaluer l’exposition aux risques de corruption :
déterminer les risques bruts
Sans tenir compte des mesures de prévention existantes, quel est le niveau
de vulnérabilité de l’entité pour chaque risque d’atteinte à la probité identifié ?
Les risques bruts sont les risques sélectionnés SANS la prise en compte des moyens de
prévention existants et mis en œuvre au sein de l’entité.
À ce stade, il est important de souligner que chaque entité doit élaborer sa propre
grille d’évaluation des risques d’atteinte à la probité au regard notamment de ses
activités et de son contexte institutionnel.
Cet indicateur représente la fréquence potentielle des risques identifiés et s’apprécie éga-
lement sur la base d’une échelle et d’un barème associé (voir exemple dans la boîte à outils
page 79).
La probabilité d’occurrence doit être établie sur la base des données spécifiques à l’entité (ex :
historique des incidents, activité dans des secteurs à risques, fréquence de l’activité, exemples
d’incidents rencontrés par des services analogues…).
La cotation du risque brut peut résulter du produit des notes d’impact et d’occurrence.
Certains facteurs peuvent contribuer à affiner la cotation du risque en tenant compte du sec-
teur économique (secteur particulièrement peu concurrentiel…) ou géographique (marchés
internationaux en lien avec un pays à risques, volonté de favoriser les entreprises locales…).
Section 4
Évaluer l’adéquation et l’efficacité des moyens existants
visant à maîtriser les risques bruts : déterminer les risques
nets (ou résiduels)
Quels sont les dispositifs de maîtrise des risques ? Sont-ils efficaces et suffisants ?
Section 5
Hiérarchiser et traiter les risques nets (ou résiduels) :
mettre en oeuvre un plan d’action
Une fois les risques nets déterminés, ils sont hiérarchisés en distinguant les risques pour
lesquels le niveau de contrôle interne est considéré comme suffisant (assurance raisonnable
que le risque est maîtrisé) et ceux pour lesquels les instances dirigeantes souhaitent améliorer
la maîtrise.
Pour corriger ces lacunes, l’entité peut par exemple mettre en œuvre des mesures :
- de sécurisation des procédures ;
- de renforcement du contrôle interne ;
- de changement d’affectation de certains agents ou responsables, nommés ou élus ;
- de limitation des droits d’accès aux systèmes d’information ;
- de vérification de l’intégrité des cocontractants et partenaires ;
- de renforcement du contrôle de la passation et de l’exécution des marchés.
Section 6
Formaliser et tenir à jour la cartographie des risques
Ce document est présenté de manière SYNTHÉTIQUE aux instances dirigeantes qui valident la
cartographie, le plan d’action et donnent les moyens associés à sa réalisation.
En ce qui concerne le suivi et la mise à jour de la cartographie des risques, il est recommandé :
À retenir
Support essentiel d’une démarche anticorruption, la cartographie consiste à évaluer les
risques d’atteinte à la probité induits par les différentes activités de l’entité, notamment
l’activité d’achats.
Elle suppose de recenser les risques, les évaluer et les classer. Au terme de cette démarche,
l’entité disposera d’un plan d’action pour limiter leur impact ou le risque de survenance et
ainsi renforcer sa capacité à résister à ces risques.
Le cadre juridique
Chapitre III
PRÉVENIR
Fiche n° 1
LA MISE EN ŒUVRE DES OBLIGATIONS
DÉONTOLOGIQUES ET LE CODE DE
CONDUITE ANTICORRUPTION
De quoi parle-t-on ?
Les agents intervenant dans le cycle des achats publics peuvent être soumis, chacun selon
le régime qui lui est applicable, à un certain nombre de règles déontologiques prévues no-
tamment par la législation et qui contribuent à prévenir la commission d’infractions d’atteinte
à la probité, notamment l’infraction de prise illégale d’intérêts. Leur mise en oeuvre effective
renforce la maîtrise des risques d’atteinte à la probité.
La loi du 9 décembre 2016 implique également pour les entités publiques d’adopter un code
de conduite anticorruption 28. Quelle que soit son appellation, il s’agit d’un document qui re-
cense les comportements attendus des agents en matière de prévention et de détection des
atteintes à la probité. Il définit et illustre les différents types d’attitudes à proscrire, comme
étant susceptibles de caractériser des faits d’atteinte à la probité.
Il a vocation à s’adresser à toutes les parties prenantes de l’entité : personnels, membres des
instances dirigeantes.
Plan de la fiche
1. La mise en œuvre des obligations déontologiques
2. Le code de conduite anticorruption
Pour aller plus loin, des précisions sur le contenu d’un code de conduite anticorruption figurent
dans la boîte à outils à la rubrique «Exemple de contenu d’un code de conduite anticorruption»,
p.107.
28
Article 17 II 1° de la loi du 9 décembre 2016 précitée
Section 1
La mise en œuvre des obligations déontologiques
Si ces obligations sont mises en œuvre de manière effective et appropriée, elles contribuent
à prévenir les atteintes à la probité. Par exemple, une gestion appropriée d’une situation de
conflit d’intérêts peut permettre à l’agent d’éviter de commettre l’infraction de prise illégale
d’intérêts.
En fonction de leur statut, tous les acteurs de la chaîne achats ne sont pas forcément soumis
à l’ensemble de ces obligations. Réciproquement, certains acteurs peuvent être soumis à des
obligations déontologiques qui leur sont propres (par exemple pour le secteur de la santé,
la loi n°2011-2022 du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du
médicament et des produits de santé). En conséquence, les références juridiques rappelées
dans cette fiche n’ont pas vocation à être exhaustives.
1
Respecter les principes déontologiques
Tout acteur de la chaîne de l’achat ayant la qualité d’agent public doit respecter les obligations
statutaires et déontologiques définies à l’article 25 de la loi du 13 juillet 1983 : le fonctionnaire
exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité.
A cette fin, tout agent public peut consulter son référent déontologue pour qu’il lui apporte
tout conseil utile dans la mise en œuvre au quotidien de ces principes déontologiques.
Membres du gouvernement, élus et personnes chargées d’une mission de service public doivent
également exercer leurs fonctions avec dignité, probité et intégrité et veillent à prévenir ou à
faire cesser immédiatement tout conflit d’intérêts.
2
Prévenir les conflits d’intérêts
Cette vigilance incombe à l’agent public et à son supérieur hiérarchique en faisant appel au
besoin au référent déontologue désigné à cet effet30 et permet d’éviter la commission d’in-
fractions pénales comme la prise illégale d’intérêts.
29
ette obligation s’impose également aux élus locaux : « l’élu local veille à prévenir ou à faire cesser immédiatement tout conflit
C
d’intérêts. Lorsque ses intérêts personnels sont en cause dans les affaires soumises à l’organe délibérant dont il est membre, l’élu
local s’engage à les faire connaître avant le débat et le vote » (article L. 1111-1-1 du CGCT).
30
Article 28 bis de la loi du 13 juillet 1983
exercice direct ou indirect d’une activité par l’agent pour son compte ;
La simple existence de tels liens n’est pas suffisante pour constituer un conflit d’intérêts.
Encore faut-il qu’ils soient de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant,
impartial et objectif de la fonction.
Cette influence est évaluée au cas par cas par le juge et au regard d’un faisceau d’indices,
propre à chaque situation. Parmi les critères susceptibles d’être pris en compte figurent : le
caractère direct ou indirect de l’intérêt (affecte-t-il l’acheteur personnellement ou l’un de ses
proches ?), la proximité dans le temps avec l’opération d’achat, son caractère permanent ou
ponctuel…31
En revanche, le recrutement d’un salarié de l’AMO par la société titulaire d’un marché ne consti-
tue pas automatiquement un conflit d’intérêts dès lors qu’il doit être démontré le lien d’in-
fluence sur la procédure (CE,12 sept 2018, n° 420454).
Il peut s’avérer utile à l’occasion d’une prise de poste ou de fonctions d’effectuer un entretien
avec son supérieur hiérarchique pour identifier les éventuels conflits d’intérêts susceptibles de
naître à l’occasion de ses fonctions. Ce questionnement doit accompagner l’agent tout au long
de sa vie professionnelle. En effet, au cours de sa carrière, des conflits d’intérêts peuvent ap-
paraître, par exemple parce que son conjoint a changé de métier ou que l’agent a investi dans
une société. C’est pourquoi il faut sensibiliser régulièrement les agents sur cette obligation
permanente.
31
n matière de prise illégale d’intérêts, le juge pénal estime, s’agissant des relations amicales, que constitue cette infraction le fait
E
pour le collaborateur de cabinet d’un maire de rédiger le CCTP d’un marché et de présenter le rapport d’analyse des offres destiné
à éclairer la CAO alors qu’il entretenait avec le gérant de l’entreprise attributaire des liens amicaux caractérisés par de nombreux
emplois dans des sociétés communes, un transfert de clientèle entre l’ancienne société du collaborateur de cabinet et l’attributaire,
une immatriculation des deux sociétés à la même adresse, des nombreux échanges téléphoniques durant la période d’élaboration
des offres et un statut d’ami Facebook (Cass. crim. 13 janvier 2016, n° 14-88.382). Inversement, ne constitue pas un intérêt au
sens de ce délit le seul fait pour un maire d’autoriser une société de production de films à tourner dans des locaux municipaux
sans paiement d’une redevance, alors que l’associé majoritaire de cette société était l’un de ses dix-huit adjoints et qu’ils s’étaient
retrouvés dans les mêmes lieux lors de manifestations officielles de la commune, étant précisé qu’ils n’entretenaient pas de relation
amicale ni de liens dans une société ou une association ([Link]. 13 mars 2018, n°17-86.548). D’autres exemples de conflits
d’intérêts constituant l’infraction de prise illégale d’intérêts figurent en p. 120 à 123.
Par exemple, dans la fonction publique d’État, sont soumis à une obligation de
déclaration d’intérêts : les responsables de plate-forme régionale des achats de
l’État34 ou encore certains agents dont la liste est fixée par arrêté et dotés d’un
pouvoir de signature de contrats relevant du code de la commande publique.
Nota bene : En vertu des textes en vigueur, des prescripteurs et décideurs peuvent
également, au regard de leurs fonctions, être soumis à de telles obligations.
Afin d’éviter tout risque de conflit d’intérêts, il est recommandé à l’agent public de s’interro-
ger sur sa participation à l’instruction et à l’analyse des offres, si un lien familial ou personnel
avec un soumissionnaire est de nature à influencer son analyse ou est susceptible d’affec-
ter le processus de décision. Une procédure de déport peut alors être mise en œuvre. Dans
l’hypothèse où la taille de la structure ne permettrait pas de mettre en œuvre le déport ou
la délégation de compétence (absence totale de compétences similaires au sein de la struc-
ture…), l’instruction du dossier en question peut associer d’autres acteurs afin de la rendre plus
collégiale. Par précaution, il convient alors de documenter l’absence d’alternative possible à la
collégialité et de la consigner par écrit.
Le déport est l’acte par lequel un agent ou un élu s’abstient ou cesse d’intervenir dans une
situation dans laquelle il estime se trouver en situation de conflit d’intérêts. Il peut être forma-
lisé dans un arrêté/une décision de déport pris par le représentant légal de l’entité publique.
32
Articles 25 ter et 25 nonies de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983
33
Articles 25 quinquies et 25 nonies de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983
34
Décret n°2019-1594 du 31 décembre 2019 relatif aux emplois de direction de l’État
35
Décret n° 2016-1968 du 28 décembre 2016 relatif à l’obligation de transmission d’une déclaration de situation patrimoniale prévue à
l’article 25 quinquies de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires
36
Article R.4122-42 du code de la défense
1. p
our l’ensemble des élus, afin d’éviter de commettre l’infraction de prise illégale d’intérêts, ils
doivent s’abstenir de prendre part à toute décision de l’organe délibérant, de manière directe
ou par procuration au bénéfice de la personne ou de la structure avec laquelle ils ont un
intérêt. L’élu doit quitter physiquement la salle tant au moment de la délibération qu’à celui
du vote, avec mention au procès verbal de séance. En outre, l’élu ne doit pas prendre part
aux travaux préparatoires de cette décision (émission d’un avis, participation aux travaux en
commission ou à un groupe de travail préalable…).
2. p
our les exécutifs des collectivités territoriales et les bénéficiaires de délégations de signa-
ture, des mécanismes de déport sont prévus aux articles 5 et 6 du décret n°2014-90 du 31
janvier 2014.
3. s ’agissant plus spécifiquement du maire, dans le cas où ses intérêts se trouvent en contradic-
tion avec ceux de la commune pour une opération, l’article L. 2122-26 du CGCT prévoit que
le conseil municipal désigne un autre de ses membres pour représenter la commune soit en
justice, soit dans les contrats.
3
Etre vigilant en cas de changement ou de cumul d’activités
Le changement d’activité
L’autorité hiérarchique peut l’autoriser avec réserve(s) ou refuser, au terme d’une analyse déon-
tologique et pénale. En cas de doute sérieux, elle saisit le référent déontologue compétent. Si
le doute n’est pas levé, le dossier est transmis à la Haute Autorité pour la transparence de la vie
publique (HATVP) dont l’avis s’impose.
Tout changement de situation dans les trois ans de la cessation de la fonction publique doit
faire l’objet de la même procédure.
En cas de non-respect de l’avis de la HATVP, l’agent peut faire l’objet de sanctions disciplinaires
ou d’une retenue sur pension s’il est retraité. S’il est non titulaire, son contrat de travail prend
fin de plein droit à la date de notification de l’avis et l’administration ne peut plus le recruter au
cours des trois années qui suivent.
Un agent public rejoignant une entreprise du secteur privé qui se trouverait en situation de
soumissionner à des marchés publics lancés par son ancien employeur.
Le cumul d’activités
L’autorisation accordée :
Des régimes dérogatoires existent pour certaines fonctions, ainsi que pour la création ou la
reprise d’entreprise ou encore les agents à temps partiel.
Un agent public créant une auto-entreprise dans un domaine concurrentiel et qui serait
susceptible de répondre à des marchés publics lancés par l’employeur de l’agent public (ex : juriste
marchés publics également formateur en marchés publics).
37
Décret n°2020-69 du 30 janvier 2020 relatif aux contrôles déontologiques dans la fonction publique
38
Article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires
Section 2
Le code de conduite anticorruption
Le code de conduite anticorruption constitue un outil mis à disposition de l’ensemble des par-
ties prenantes de l’entité qui recense les comportements attendus en matière de prévention
et de détection des faits de corruption.
Il rappelle les règles déontologiques et les règles internes applicables en matière d’atteinte à la
probité. Sur la base de la cartographie des risques de corruption, il aborde le cycle des achats
en identifiant les bonnes pratiques organisationnelles et les bons réflexes individuels pour faire
face aux situations à risque. Il définit et illustre les différents types d’attitudes à proscrire. Il
rappelle les sanctions disciplinaires et pénales susceptibles d’être encourues en cas de man-
quement aux règles du code de conduite ou d’atteinte à la probité.
1
Assurer la collégialité du projet de rédaction du code de conduite anticorruption
La mise en œuvre d’un code de conduite anticorruption est une démarche qui intègre l’en-
semble des acteurs du cycle des achats. A ce titre, un comité de rédaction peut être créé sous
l’impulsion des instances dirigeantes.
Cet engagement au plus haut niveau permet d’afficher clairement la politique de l’entité en
matière de lutte contre les atteintes à la probité et d’assurer la coordination des travaux de
rédaction. Le code de conduite anticorruption étant un document opérationnel, en lien avec
les activités et le contexte institutionnel de l’entité, le comité peut utilement être composé
de membres ayant participé à l’élaboration de la cartographie des risques.
2
Le contenu : clarifier le contexte légal et répertorier les comportement susceptibles
de caractériser des faits d’atteinte à la probité
Le code de conduite anticorruption doit être précis et adapté aux risques identifiés dans le
cadre de la cartographie des risques. Il s’agit d’appliquer les principes déontologiques dans
la pratique quotidienne et de fixer les règles de comportement face aux situations concrètes
rencontrées par les acteurs publics.
Le code de conduite ne se confond ni avec la « Charte de l’Élu local »39, ni avec un simple rappel
des obligations déontologiques du fonctionnaire.
Dans l’hypothèse où un service dispose d’une charte de déontologie généraliste, celle-ci peut
constituer une première étape dans l’élaboration d’un code de conduite appuyé sur une car-
tographie des risques.
39
Issue de la loi n° 2015-366 du 31 mars 2015 visant à faciliter l’exercice par les élus locaux, de leur mandat (article L. 1111-1-1 du CGCT)
3
Communiquer, diffuser le code de conduite et former les acteurs concernés
Après son adoption ou sa mise à jour, le code de conduite doit être largement diffusé
(les modes de diffusion visés ne sont pas exhaustifs) :
Communiqué de presse
Information dans le cadre d’une session
d’information, de formation, de prise
de poste ...
* pour ce type de diffusion et en fonction des activités de
Message vidéo de la gouvernance l’entité, il peut être utile de prévoir au moins une traduc-
tion en anglais
exposant les enjeux du code de
conduite
En tout état de cause, l’ensemble des collaborateurs, des dirigeants et membres des instances
décisionnelles doivent être sensibilisés au code de conduite. Les personnes les plus exposées
doivent quant à elles bénéficier d’une formation qui en détaille le contenu (cf. fiche forma-
tion, p. 57).
4
Mettre en œuvre le code de conduite
Une fois diffusé, le code de conduite anticorruption doit être appliqué. Les règles qu’il fixe étant
opposables aux acteurs concernés, leur non-respect est passible de sanctions disciplinaires :
• lorsque l’entité est soumise ou s’est dotée d’un règlement intérieur, le code de conduite
doit y être intégré tout en respectant les formalités nécessaires (ex : information / consul-
tation des instances paritaires). Le non-respect de chacune de ses règles fait encourir à
l’agent des sanctions disciplinaires ;
• lorsque l’entité ne dispose pas de règlement intérieur, il convient de rappeler que le code
se fonde sur les grands principes déontologiques de la fonction publique notamment les
principes de dignité, d’impartialité, d’intégrité et de probité. Les manquements à ces prin-
cipes généraux, dont le code constitue une déclinaison, peuvent également entraîner des
sanctions disciplinaires.
Par ailleurs, la mise en application du code de conduite peut être suivie sur la base d’indica-
teurs spécifiques relatifs à son appropriation.
Exemples d’indicateurs
•u
tilisation des outils, comme le dispositif d’alerte interne (connaissance du dispositif de
signalement, efficacité du suivi et des remontées liées aux alertes internes) ;
L’analyse des indicateurs associée aux procédures de contrôle et d’évaluation internes pour-
ront déboucher le cas échéant sur l’élaboration de plans d’actions (formations, amélioration
des outils de communication, mise à jour du code de conduite …).
5
Mettre à jour le code de conduite
Le code de conduite est évolutif. Il est mis à jour à la suite des modifications significatives de
la cartographie des risques (réorganisation des services, attribution d’une nouvelle compé-
tence à la personne publique…), au contrôle exercé par une autorité administrative ou à la suite
de l’évaluation régulière qui est faite de ce document.
Les procédures susceptibles d’être régulièrement modifiées et mises à jour peuvent être
prévues dans des annexes détaillées.
À retenir
Les acteurs du cycle de l’achat public peuvent être soumis à des obligations déontolo-
giques qui permettent de prévenir la commission d’atteinte à la probité. La bonne mise en
œuvre de ces obligations est nécessaire afin de maîtriser ce risque. Ces obligations sont
rappelées dans un code de conduite.
Il rappelle les modalités de signalement ainsi que les sanctions disciplinaires et pénales
susceptibles d’être encourues en cas de manquement aux règles du code de conduite ou
d’atteinte à la probité.
Le cadre juridique
• Article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
•D
écret n°2020-69 du 30 janvier 2020 relatif aux contrôles déontologiques dans la fonction
publique.
• Référent déontologue
• Article 28 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des
fonctionnaires.
• Décret du 10 avril 2017 relatif au référent déontologue dans la fonction publique.
• Alerte interne
• articles 6 à 15 de la loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte
contre la corruption et à la modernisation de la vie économique.
• décret n° 2017-564 du 19 avril 2017 relatif aux procédures de recueil des signa-
lements émis par les lanceurs d’alerte au sein des personnes morales de droit
public ou de droit privé ou des administrations de l’État.
• circulaire du 19 juillet 2018 relative à la procédure de signalement des alertes
émises par les agents publics dans le cadre des articles 6 à 15 de la loi du 9
décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la
modernisation de la vie économique, et aux garanties et protections qui leur
sont accordées dans la fonction publique.
Fiche n° 2
L’ÉVALUATION DES TIERS
De quoi parle-t-on ?
Associée à la chaîne achats, l’évaluation des tiers porte à la fois sur la vérification des motifs
d’exclusions de la procédure de passation prévus par le code de la commande publique et sur
le contrôle de l’intégrité des tiers tout au long du cycle de l’achat public.
Plan de la fiche
1. La mise en œuvre de l’évaluation des tiers
2. La méthodologie de l’évaluation des tiers
3. Quelles sont les conséquences de l’évaluation des tiers ?
Section 1
La mise en œuvre de l’évaluation des tiers
1
Quels sont les objectifs de l’évaluation des tiers ?
1. A
u regard du droit de la commande publique, il s’agit de vérifier que l’opérateur économique
(candidat, soumissionnaire, titulaire, cotraitant, sous-traitant40) ne tombe pas sous le coup
d’une exclusion41, soit au cours de la procédure de passation, soit en cours d’exécution du
contrat.
Les sous-contractants des marchés de défense ou de sécurité (article L. 2393-1 et suivants et R. 2393-1 et suivants du code de la
40
commande publique) sont également des tiers de la personne publique et sont donc concernés par l’évaluation.
41
Articles R. 2144-7 et R. 2344-4 (pour les marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande publique.
42
Articles L. 2141-1 à L. 2141-5 et L. 2341-1 à L. 2341-3 (pour les marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande publique
43
Articles L. 2141-7 à L. 2141-11 et L. 2341-5 (pour les marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande publique.
48 Licence creative commons - CC BY NC
Guide de l’achat public : Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public Juin 2020
Le contrôle des motifs d’exclusion permet à la personne publique d’inviter un ou des candidats
à participer à la suite de la procédure, d’attribuer le marché public, de maintenir la relation
contractuelle en cours mais également d’organiser, en cas de conflit d’intérêts, le déport44 d’un
élu, d’un agent public ou d’un opérateur économique agissant au nom de la personne publique
(ex : assistant à maîtrise d’ouvrage, maître d’œuvre, etc.).
2. A
u titre de la loi du 9 décembre 2016, l’évaluation de l’intégrité des tiers participe à la
prévention des risques d’atteinte à la probité en adaptant l’organisation interne du pou-
voir adjudicateur dans les différentes phases du cycle de l’achat, ainsi que la relation
avec le tiers. Ces mesures d’organisation doivent être mises en œuvre dans le respect du
principe d’égalité de traitement des candidats aux marchés publics.
L’évaluation des tiers permet ainsi :
•d e se prémunir d’un éventuel risque de réputation ;
•d e protéger les agents publics des risques de corruption, de prise illégale d’intérêts, de
favoritisme, de détournement de fonds ;
•d e protéger les dirigeants du risque d’atteinte à la probité, notamment le délit de prise
illégale d’intérêts ;
•d ’organiser le déport en cas de conflit d’intérêts identifié ;
•e n phase d’exécution, d’organiser, de piloter la relation avec le fournisseur afin de sécuriser
ses processus (adaptation des modalités de la relation) et notamment son approvisionne-
ment.
2
Qui évaluer ?
En matière de marchés publics, les tiers évalués sont notamment les opérateurs économiques
candidats, soumissionnaires, les titulaires de marchés publics, les sous-traitants.
• Au regard des motifs d’exclusions prévus par le code de la commande publique au stade
de la procédure de passation et en cours d’exécution
La vérification des motifs d’exclusion lors de la procédure de passation concerne le seul candi-
dat auquel il est envisagé d’attribuer le marché public, ses cotraitants et/ou sous-traitants
éventuels. Néanmoins, dans l’hypothèse d’une limitation du nombre de candidats admis à
participer à la suite de la procédure, ce contrôle n’intervient qu’auprès des candidats (cotrai-
tants et sous-traitants le cas échéant) admis à poursuivre la procédure45.
Au stade de l’exécution du marché public, le contrôle des motifs d’exclusion concerne les
titulaires (ou co-titulaires en cas de groupement d’opérateurs économiques) de marchés
publics et leur(s) sous-traitant(s).
L’entité cherche à identifier le niveau de risque auquel elle peut s’exposer ou s’expose du
fait de sa relation contractuelle avec les titulaires (ou co-titulaires) du marché public et les
sous-traitants potentiels. Cela ne signifie pas pour autant que tous les partenaires écono-
miques doivent faire l’objet d’une évaluation.
En effet, celle-ci s’appuie sur la cartographie des risques et s’intègre donc nécessairement dans
une stratégie propre à chaque entité. Doivent ainsi être évalués en priorité et de manière
plus approfondie les tiers jugés les plus à risques (cf. rubrique relative à la méthodologie
d’évaluation des tiers).
44
Une définition du déport figure dans le glossaire du présent guide
45
n ce qui concerne les marchés publics de défense ou de sécurité, se reporter aux dispositions de l’article R. 2344-2 du code de la
E
commande publique.
Le saviez-vous ?
Attention, ces mesures ne doivent pas être confondues avec l’obligation de mise
à disposition des données essentielles des marchés publics prévue aux articles
L. 2196-2 et R. 2196-1 du code de la commande publique (cf. p. 21).
Section 2
La méthodologie de l’évaluation des tiers
1
Constatation des motifs d’exclusion prévus par le code de la commande publique
n l’espèce, la personne publique n’a pas de pouvoir d’appréciation et ne fait que constater la
E
présence de motifs d’exclusions sur la base d’éléments fournis par l’opérateur économique et
l’absence ou l’insuffisance de mesures d’auto-apurement lorsque celles-ci sont possibles.
À ce titre, une déclaration sur l’honneur transmise par le tiers est acceptée comme preuve
suffisante attestant qu’il ne se trouve pas sous le coup d’une exclusion liée aux atteintes à la
probité47.
Néanmoins rien n’interdit à la personne publique qui aurait accès aux extraits de casier judiciaire
de procéder elle-même à cette vérification50. Cette démarche peut s’avérer utile en cas de doute
sérieux sur la sincérité de la déclaration sur l’honneur ou lorsque le marché présente un risque
particulièrement fort au regard de la cartographie des risques.
Attention, la personne publique ne peut aller au-delà des vérifications prévues par les textes
sous peine d’entacher la procédure d’irrégularité (ex : imposer la production de documents
non exigibles en tant que moyen de preuve, examen de la situation de personnes non concernées
par les vérifications).
46
Article 17 I et II 4° de la loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la
vie économique
47
Article R. 2143-6 et R. 2343-8 (pour les marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande publique. A noter que
contrairement aux marchés publics classiques, l’extrait de casier judiciaire demeure un moyen de preuve suffisant pour les marchés
de défense et de sécurité (Article R. 2343-8 précité).
48
Document Unique de Marché Européen : Partie III du formulaire issu du règlement d’exécution (UE) 2016/7 de la Commission du 5
janvier 2016
Ces motifs d’exclusion résultent de faits directement constatés par la personne publique. Leur
mise en œuvre dépend donc tout d’abord des éléments d’appréciation qu’elle détient et notam-
ment du caractère suffisant des preuves dont elle dispose.
À l’issue de cette procédure contradictoire et sur la base des éléments apportés, il appartiendra
à l’entité de vérifier si l’exclusion est justifiée et proportionnée à la gravité des faits.
Il existe des causes d’exclusion qui ne sont pas consécutives à des atteintes à la probité. Tel est le
cas par exemple de l’entente entre opérateurs économiques. Par souci de clarté, l’ensemble des
causes d’exclusion sont recensées ci-dessous.
Vise les personnes qui « au cours des trois années précédentes, ont dû ver-
ser des dommages et intérêts, ont été sanctionnées par une résiliation ou
ont fait l’objet d’une sanction comparable 52 du fait d’un manquement grave
ou persistant à leurs obligations contractuelles lors de l’exécution d’un
contrat de la commande publique antérieur »
49
es formulaires DC1, DC4 et ATTRI 2 sont téléchargeables sur le site de la DAJ : [Link]
L
declaration-du-candidat
50
Sur ce point, consulter la fiche technique de la DAJ relative à « l’examen des candidatures » : [Link]
examen-candidatures-2019
51
Articles L. 2141-11 et L. 2341-5 (pour les marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande publique
52
Les « sanctions comparables » visent les différents cas de résiliation d’un marché public
53
CE, 10 juin 2009, Région Lorraine, n°324153
Licence creative commons - CC BY NC 51
Guide de l’achat public : Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public Juin 2020
Vise les personnes qui « ont entrepris d’influer indûment sur le processus
décisionnel de l’acheteur ou d’obtenir des informations confidentielles sus-
ceptibles de leur donner un avantage indu lors de la procédure de passation
du marché, ou ont fourni des informations trompeuses susceptibles d’avoir
une influence déterminante sur les décisions d’exclusion, de sélection ou
Tentative d’influencer la d’attribution »
décision ou d’obtenir des
informations confidentielles À la charge de la personne publique :
(article L. 2141-8 1° du code Tracer les relations avec les tiers pour caractériser la tentative d’influence
de la commande publique) (contacts, sollicitations durant la procédure ou lors de procédures an-
térieures54 , interventions extérieures…). La personne publique ne peut
déclencher la procédure contradictoire que si elle dispose d’éléments suffi-
samment précis.
Ce type de comportement peut également justifier une transmission au
procureur de la République.
Vise les personnes qui « par leur participation préalable directe ou indirecte
à la préparation de la procédure de passation du marché, ont eu accès à
des informations susceptibles de créer une distorsion de concurrence par
rapport aux autres candidats, lorsqu’il ne peut être remédié à cette situation
par d’autres moyens. »
2
L’évaluation de l’intégrité des tiers
L’évaluation ne porte pas nécessairement sur l’ensemble des tiers. La priorisation de l’éva-
luation des tiers doit être cohérente avec la cartographie des risques d’atteinte à la probité.
Elle repose sur des critères objectifs, par exemple la taille de l’opérateur économique, l’enjeu
financier ou opérationnel associé au marché, le degré de concurrence du secteur, l’importance
du risque de réputation. Ces indices peuvent être croisés pour élaborer la stratégie d’évaluation,
qui peut également intégrer un choix de tiers évalués aléatoirement (par sondage par exemple).
Une fois la stratégie définie, l’évaluation peut porter sur les informations suivantes :
Il est possible de tenir compte de facteurs objectifs (ex : prise en compte de sanctions infligées
et dans un délai que le pouvoir adjudicateur juge raisonnable …) ou qualitatifs (ex : degré de
coopération…).
La démarche d’évaluation associe les services opérationnels et les services supports, notam-
ment le service des marchés publics s’il existe. En tout état de cause, l’évaluation des tiers doit
demeurer compatible avec les objectifs de bonne gestion des consultations, de bonne exécu-
tion des prestations, ainsi qu’avec la réglementation sur la protection des données personnelles.
Enfin, les moyens déployés pour mettre en œuvre l’évaluation des tiers doivent également être
proportionnés aux risques identifiés (temps consacré, moyens techniques déployés) et aux
moyens dont dispose la personne publique.
Plusieurs outils sont mobilisables pour collecter les informations sur le tiers :
Section 3
Quelles sont les conséquences de l’évaluation des tiers ?
1
Les motifs d’exclusion prévus par le code de la commande publique
2) En cours d’exécution du marché, lorsque le titulaire est placé dans l’un des cas d’exclusions
prévus au code de la commande publique, il informe sans délai la personne publique de ce
changement de situation qui peut alors résilier le contrat pour ce motif58.
Il est à noter qu’un opérateur économique à l’encontre duquel il existe un motif d’exclusion ne
peut être accepté ou maintenu en qualité de sous-traitant, dans les mêmes conditions que le
titulaire du contrat de la commande publique.
Enfin, dans l’hypothèse où une situation de conflit d’intérêts serait détectée en cours de passa-
tion, la personne publique doit mettre en œuvre une procédure de déport afin de garantir l’im-
partialité du processus de décision et/ou de prévenir le risque d’exclusion de l’opérateur écono-
mique concerné. En cours d’exécution du marché public, la procédure de déport peut également
être utilisée pour assurer l’impartialité et le bon déroulement ou suivi des prestations.
2
L’évaluation de l’intégrité des tiers
L’évaluation de l’intégrité des tiers permet à la personne publique d’adapter sa relation avec
les tiers jugés à risque.
• En fonction du degré de risque identifié sur le secteur économique, renforcer la collégialité du
sourcing (par exemple, mise en place d’un binôme acheteur/prescripteur).
• Renforcer la collégialité de la rédaction du cahier des charges et ses étapes de validation.
• Mettre en place des mesures adaptées de contrôle interne (relecture croisée des documents,
sollicitation d’un acteur neutre, rehaussement du niveau de validation).
•R enforcer la sensibilisation et la formation des agents chargés de la préparation d’un marché
avec un tiers risqué ou sur un secteur identifié comme sensible dans la cartographie des risques.
• Être particulièrement vigilant aux situations de conflits d’intérêts et organiser, le cas échéant,
le déport.
• Renforcer les mesures permettant d’assurer un niveau d’information similaire entre opéra-
teurs économiques, par exemple en diffusant des éléments de bilan du marché antérieur.
• En cas de procédure avec négociation, renforcer les équipes chargées de la négociation et
accroître la traçabilité des échanges.
• Assurer la collégialité de l’analyse des offres et de la prise de décision.
• Lorsque cela est possible, rehausser le niveau de signature du marché.
57
Articles R. 2144-7 et R. 2344-4 (pour les marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande publique
58
Articles L. 2195-4 et L. 2395-2 (pour les marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande publique
• Renforcer la sensibilisation et la formation des agents chargés de la passation d’un marché avec
un tiers risqué ou sur un secteur identifié comme sensible dans la cartographie des risques.
• Être particulièrement vigilant aux situations de conflits d’intérêts et organiser, le cas échéant,
le déport. Cela peut concerner les agents de la personne publique mais également les acteurs
économiques participant au processus de passation. Pour ces derniers, à titre d’exemple
s’agissant d’un marché public d’assistance à maîtrise d’ouvrage, il est envisageable de pré-
voir une clause imposant au titulaire de porter à la connaissance du pouvoir adjudicateur,
sur simple demande, les liens qui l’uniraient à des opérateurs économiques susceptibles de
candidater.
59
Article L.2195-4 du code de la commande publique
À retenir
L’évaluation des tiers se fonde sur des dispositions du code de la commande publique et
de la loi du 9 décembre 2016.
Seuls les motifs d’exclusion prévus par le code de la commande publique sont susceptibles
d’entraîner l’irrecevabilité d’une candidature ou la résiliation d’un contrat.
Le contrôle de l’intégrité des tiers au cours du cycle des achats permet d’adapter la relation
avec un tiers évalué comme risqué.
Le cadre juridique
•E
xamen des candidatures (modalités de vérification des motifs d’exclusion) : articles R.
2144-7 et R. 2344-4 (pour les marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande
publique.
•E
xclusions de plein droit : articles L. 2141-1 à L. 2141-5 et L. 2341-1 à L. 2341-3 (pour les marchés
de défense ou de sécurité) du code de la commande publique.
•E
xclusions à l’appréciation de l’acheteur : articles L. 2141-7 à L. 2141-11 et L. 2341-5 (pour les
marchés de défense ou de sécurité) du code de la commande publique.
Fiche n° 3
LE DISPOSITIF DE FORMATION
AUX RISQUES D’ATTEINTE A LA PROBITÉ
De quoi parle-t-on ?
Vecteur de la culture d’intégrité au sein de l’organisation, un dispositif interne de formation
efficace et adapté favorise une large diffusion des engagements en matière de lutte contre
les atteintes à la probité pris par les instances dirigeantes, leur appropriation par les collabo-
rateurs et la constitution d’un socle de connaissance commun aux personnels exposés.
Une action de formation consiste à procurer les connaissances et les compétences néces-
saires à l’exercice d’une activité ou d’un métier (acheteur public par exemple).
Une action de sensibilisation permet aux participants d’être mieux informés et réceptifs aux
enjeux de la lutte contre les atteintes à la probité dans une optique de prévention.
Plan de la fiche
1. Pourquoi former les acteurs du cycle de l’achat public ?
2. Qui former et à quoi ?
3. Les modalités de formation
4. Le suivi de l’efficience du dispositif de formation
Section 1
Pourquoi former les acteurs du cycle de l’achat public ?
L’achat public étant considéré comme un processus à risques, l’ensemble des acteurs y concou-
rant doit être formé à l’anticorruption.
La formation de ces acteurs aux risques d’atteinte à la probité permet de construire une culture
d’intégrité au sein de la personne publique en les informant à la fois sur la nécessaire vigilance
dont ils devront faire preuve dans le cadre de leurs activités mais également sur les comporte-
ments qu’ils devront adopter face aux situations à risques. A terme, elle a pour effet de limiter
les risques d’atteinte à la probité identifiés dans la cartographie des risques.
Prolongement de la cartographie des risques, un plan de formation dédié détermine les diffé-
rents niveaux de formations à dispenser aux agents concernés au regard notamment des fonc-
tions exercées, des missions et du niveau et de la fréquence d’exposition aux risques d’atteinte
à la probité.
Section 2
Qui former et à quoi ?
Les résultats de la cartographie des risques permettent d’identifier les acteurs les plus exposés
qui doivent bénéficier d’actions de formation leur permettant de :
•p
révenir et détecter les faits d’atteinte à la probité auxquels ils pourraient être
eux-mêmes confrontés.
Les acteurs exposés dans une moindre mesure doivent bénéficier d’actions de sensibilisation.
A titre d’exemple, les contenus ci-dessous peuvent être proposés dans le cadre de formation /
sensibilisation.
Formation Sensibilisation
Acteurs potentiellement concernés par une Acteurs potentiellement concernés par une
formation : action de sensibilisation :
A l’instar du code de conduite, elles s’appuient notamment sur des cas pratiques et des scenarii
personnalisés par public et adaptés aux risques d’atteinte à la probité identifiés au sein de
l’entité.
A ce titre, des agents peuvent être invités à partager leur expérience en la matière, leurs réac-
tions et les conclusions qu’ils en ont tirées, donnant ainsi lieu à des échanges au plus près des
contraintes opérationnelles.
Section 3
Les modalités de formation
Selon le choix de l’entité, les formations peuvent être assurées par des agents en interne ou
être dispensées par un prestataire extérieur dans le cadre d’un marché public.
Dans l’hypothèse d’une externalisation, il est nécessaire que la personne publique participe à
la conception et à la mise en œuvre de la formation afin que ses spécificités soient prises en
compte et que le contenu de la formation soit en cohérence avec la politique déployée en la
matière (ex : éléments relatifs au code de conduite, à la cartographie des risques…).
Des formations en présentiel sont à privilégier pour les acteurs les plus exposés aux risques d’at-
teinte à la probité. Les actions de sensibilisation peuvent quant à elles être réalisées à distance.
Enfin, il est à noter que les faits d’atteinte à la probité peuvent également être abordés dans le
cadre de formations relevant d’autres thèmes (droit de la commande publique, achats, manage-
ment, prise de poste à responsabilité…).
Section 4
Le suivi de l’efficience du dispositif de formation
Il est recommandé de mettre en place des indicateurs afin d’assurer le suivi du dispositif de
formation y compris dans l’hypothèse d’une externalisation des formations.
À retenir
Afin de développer une culture de l’intégrité, une entité publique doit former ses agents les
plus exposés notamment les acheteurs, prescripteurs, approvisionneurs et décideurs aux
risques d’atteinte à la probité.
Certains acteurs du cycle des achats, moins exposés, peuvent bénéficier d’actions de sen-
sibilisation, notamment ceux appartenant aux services supports à l’exécution des marchés
(services comptables et financiers).
Le cadre juridique
•M
ise en oeuvre du dispositif de formation anticorruption : Article 17 II 6° de la loi du 9
décembre 2016.
« II. - Les personnes mentionnées au I mettent en oeuvre les mesures et procédures suivantes :
6° Un dispositif de formation destiné aux cadres et aux personnels les plus exposés aux
risques de corruption et de trafic d’influence ».
•D
roit à la formation professionnelle : Article 22 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et
obligations des fonctionnaires.
Chapitre IV
DÉTECTER
Fiche n° 1
LE CONTRÔLE INTERNE
ET L’AUDIT INTERNE
De quoi parle-t-on ?
Le contrôle et l’audit internes constituent des mesures de vérification régulières (contrôle
interne) ou plus ponctuelles (audit interne) permettant de s’assurer de la robustesse des
mesures et procédures de la maîtrise du risque d’atteinte à la probité au sein de l’entité.
Plan de la fiche
1. Le contrôle interne dans la maîtrise du risque d’atteinte à la probité
2. L’audit interne dans la maîtrise du risque d’atteinte à la probité
Pour aller plus loin, voir dans la boîte à outils un ensemble de « Bonnes pratiques anticor-
ruption dans le cycle des achats » comprenant des exemples de points de contrôle et une
rubrique sur les principaux signes d’alerte, p.82 à 94.
Section 1
Le contrôle interne dans la maîtrise du risque d’atteinte
à la probité
1
Définition
Au sein des administrations d’État, le contrôle interne est défini comme « l’ensemble des dis-
positifs formalisés et permanents […], qui visent à maîtriser les risques liés à la réalisation des
objectifs de chaque ministère.»60
L’autocontrôle par les personnes du service • Autocontrôle à partir d’états de suivi automati-
elles-mêmes, qu’il s’agisse du service achats sés mis à disposition dans le système d’informa-
ou des services opérationnels/prescripteurs tion
Les mécanismes de contrôle et de • Vérification (croisée, le cas échéant) par un pair
prévention au sein de l’équipe • Collégialité des décisions
Les contrôles réalisés par la hiérarchie de • Vérifications systématiques de certaines caté-
proximité gories d’actes ou de certaines procédures plus
sensibles
• Contrôle par sondage ou échantillon
60
Article 1er du décret n°2011-775 du 28 juin 2011 relatif à l’audit interne dans l’administration.
Le contrôle interne est intégré dans les différentes étapes du cycle des achats ; il est réalisé au
cours de ces étapes, de manière permanente.
- Formaliser les procédures dans un guide des procédures achat qui rappelle :
• les responsabilités des différents acteurs (séparation des tâches,
délégations de signature, etc.)
• les points de contrôle interne (À quel moment ? Par qui ? Sous quelle
forme ?)
-O
rienter le contrôle interne en fonction des risques pointés par la cartographie
des risques
-M
ettre à profit les résultats des contrôles pour actualiser la cartographie des
risques
2
Focus : le contrôle interne comptable dans la maîtrise des risques d’atteinte à la probité
« Le contrôle interne comptable a pour objet la maîtrise des risques afférents à la poursuite
des objectifs de qualité des comptes depuis le fait générateur d’une opération jusqu’à son
dénouement comptable61 ». S’agissant de l’État, est contrôlé le « respect des critères de réalité,
de justification, de présentation et bonne information, de sincérité, d’exactitude, de totalité, de
non-compensation, d’imputation et de rattachement à la bonne période comptable et au bon
exercice»62.
D’une manière générale, le contrôle interne comptable peut contribuer à réduire certains risques
d’atteinte à la probité (notamment le détournement de fonds publics), sans pour autant être
suffisant (par exemple pour prévenir les risques de favoritisme ou de prise illégale d’intérêts).
• Appliqué au cycle des achats, un contrôle interne comptable adapté aux risques identifiés
doit être mis en œuvre par l’ordonnateur et le comptable public au cours de la phase d’exé-
cution comptable du marché public.
Articles 170 et 215 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
61
Section 2
L’audit interne dans la maîtrise du risque d’atteinte
à la probité
1
Définition
L’audit interne constitue une « activité indépendante et objective qui donne à une organisa-
tion une assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations et lui apporte ses conseils pour
l’améliorer. L’audit interne s’assure que les dispositifs de contrôle interne d’une organisation
sont efficaces 63».
L’audit interne intervient a posteriori et ponctuellement. Dans les organisations publiques d’une
certaine taille, cette fonction existe et est exercée par un service ou une direction de l’audit
interne ou des services d’inspection64.
L’audit interne a pour mission d’évaluer l’efficacité et l’efficience du contrôle interne mis en
œuvre au sein de l’entité publique (administration centrale, déconcentrée, collectivités ter-
ritoriales ou établissements publics). L’audit interne émet des recommandations de manière
indépendante et impartiale sur l’organisation au sein de laquelle il est constitué65.
•A
ppliqué au cycle des achats66, le programme annuel d’audit d’une organisation publique
peut prévoir une ou des études ou missions sur les achats.
2
Exemples de sujets d’audits relatifs au cycle de l’achat
Extraits des « Normes de qualification et de fonctionnement du cadre de référence de l’audit interne dans l’administration de l’État »,
63
affaires sociales.
66
Pour aller plus loin, Comité d’harmonisation de l’audit interne, Guide d’audit de la fonction achat, avril 2014.
En conclusion, contrôle et audit internes ont une finalité commune : donner une assurance
raisonnable de maîtriser le risque d’atteinte à la probité dans le cycle des achats. En outre,
ils en facilitent la détection.
À retenir
Le contrôle interne des marchés publics regroupe les dispositifs formalisés et permanents
visant à maîtriser les risques d’atteinte à la probité. Ils comprennent notamment l’auto-
contrôle, les vérifications par un pair, les contrôles par sondage de la part de la hiérarchie
de proximité ou encore le contrôle comptable et financier.
L’audit interne est quant à lui exercé par un service autonome, ponctuellement. Il peut
porter par exemple sur une étape du cycle des achats, sur certains acteurs ou sur certains
points clés du processus achats.
Le cadre juridique
Fiche n° 2
LES DISPOSITIFS D’ALERTE
De quoi parle-t-on ?
Une alerte peut être émise à toutes les étapes du cycle des achats, pour signaler un compor-
tement ou une situation potentiellement contraire au code de conduite anticorruption, ou
une infraction. Elle peut prendre au moins trois formes.
Plan de la fiche
1. Le dispositif d’alerte spécifique aux « lanceurs d’alerte »
2. Le dispositif d’alerte interne portant sur un manquement au code de conduite anticorruption
3. Le signalement au procureur de la République
Pour aller plus loin, une présentation détaillée des dispositifs d’alerte figure en annexe, p. 129
Section 1
Le dispositif d’alerte spécifique aux « lanceurs d’alerte »
(articles 6 à 15 de la loi du 9 décembre 2016)
Une procédure spécifique est à mettre en œuvre en matière de signalement par les lanceurs
d’alerte67.
1
Quelles entités doivent mettre en place un recueil des alertes et signalements68 ?
• les personnes morales de droit public ou de droit privé > 50 agents ou salariés ;
• les administrations de l’État, Autorités administratives indépendantes et Autorités publiques
indépendantes ;
• les collectivités territoriales (dont les communes > 10 000 habitants) et établissements
publics locaux en relevant ;
• les EPCI à fiscalité propre regroupant au moins une commune > 10 000 habitants.
67
Article 8 de la loi du 9 décembre 2016.
68
Article 8 de la loi du 9 décembre 2016 et décret du 19 avril 2017 précité.
2
Qui peut être un lanceur d’alerte ?
Si ces conditions sont respectées et que le lanceur d’alerte suit la procédure en 3 paliers69
prévue dans la loi du 9 décembre 2016, il bénéficiera d’une protection renforcée.
Section 2
Le dispositif d’alerte portant sur un manquement au code de
conduite anticorruption (articles 3 3° et 17 II 2° de la loi du 9 décembre 2016)
Dans le cadre du dispositif anticorruption, le dispositif d’alerte interne est la procédure mise
en œuvre par les organisations afin de permettre à leurs agents ou salariés, de signaler un
comportement ou une situation potentiellement contraire au code de conduite anticorruption
dont ils seraient témoins.
Il s’agit d’un outil permettant de détecter des comportements inappropriés, pouvant conduire
à des faits d’atteinte à la probité (corruption, prise illégale d’intérêts, détournement de
fonds …).
Pour les entités concernées par les deux obligations (mise en œuvre d’un dispositif de protec-
tion des lanceurs d’alerte et d’un dispositif d’alerte en cas de manquement au code de conduite
anticorruption), il est possible de mettre en place un seul et unique dispositif de recueil de
ces signalements.
1
Qui est concerné par l’obligation de se doter d’un dispositif d’alerte interne ?
Cette mesure étant un des volets d’un programme anticorruption, elle concerne toutes les
entités soumises à l’obligation de se doter d’un programme.
2
Le contenu du dispositif d’alerte interne
L’objectif est de signaler les situations contraires au code de conduite et orienter le personnel
qui s’interrogerait sur le comportement à adopter dans une situation à risque. Ainsi, les recom-
mandations de l’AFA indiquent que le dispositif doit expliciter le rôle du supérieur hiérar-
chique et qu’un référent alerte doit être désigné.
Pour assurer la confidentialité des échanges, des dispositions doivent être prises pour protéger
l’identité de la personne qui fait le signalement ; les modalités de transmission de ces informa-
tions doivent être précisées.
L’auteur du signalement doit être tenu informé à chaque étape du traitement de son
signalement.
Section 3
Le signalement au procureur de la République
(article 40 al.2 du code de procédure pénale)
Contrairement aux deux autres alertes, ce signalement est spécifique aux agents publics ; il a
un caractère obligatoire.
L’article 40 du code de procédure pénale impose aux agents publics d’informer « sans délai »
le procureur de la République lorsqu’ils ont connaissance de crimes et de délits dans l’exercice
de leurs fonctions. Ils doivent lui transmettre tous les renseignements, procès-verbaux et actes
relatifs aux signalements.
L’acheteur public peut, dans l’exercice de ses fonctions, être confronté à la découverte per-
sonnelle de crimes ou délits, d’atteinte à la probité pour lesquels il devra informer sans délai le
procureur de la République (par exemple détournement de fonds publics découvert lors de la
vérification du service fait, corruption passive ou pacte de corruption entre une entreprise et
un intervenant du cycle des achats, prise illégale d’intérêts concernant un acteur du cycle des
achats qui disposerait d’un intérêt dans une entreprise attributaire d’un marché…).
Le fait de lancer une alerte dans le cadre du dispositif prévu pour les lanceurs
d’alerte ne décharge pas l’agent public de son obligation d’alerter le procureur de
la République. Il bénéficiera ainsi du régime de protection fonctionnelle accordée
à tout fonctionnaire ou agent public dans l’exercice de ses fonctions.
Le référent déontologue
En cas de doute sur la conduite à tenir dans la mise en oeuvre d’une obligation
déontologique ou face à une situation sensible, tout agent public peut consulter
son référent déontologue. Il doit être obligatoirement mis en place dans les admi-
nistrations publiques en application de l’article 28 bis de la loi du 13 juillet 1983.
À retenir
Face à une situation à risque, un acteur du cycle des achats dispose de trois possibilités qui
peuvent le cas échéant se cumuler :
• bénéficier de la protection relative aux lanceurs d’alerte s’il signale les faits à son autorité
hiérarchique et s’il respecte la procédure d’alerte prévue par la loi ;
• si l’entité à laquelle il appartient dispose d’un dispositif d’alerte dédié, signaler un manque-
ment au code de conduite anticorruption en y recourant ;
• en tant qu’agent public, il a en outre l’obligation de signaler au procureur de la République
tout fait suffisamment établi constituant une infraction d’atteinte à la probité dont il a eu
connaissance dans l’exercice de ses fonctions.
Le cadre juridique
•a rticles 25, 26 et 28 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonction-
naires ;
• article 2 de la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie, droits et obligations des fonc-
tionnaires (définition du conflit d’intérêts) ;
• articles 3 3°, 6 à 15 et 17 2°, loi du 9 décembre 2016 ;
• article L151-8 2° code de commerce ;
• décret du 19 avril 2017 relatif aux procédures de recueil des signalements émis par les lan-
ceurs d’alerte ;
• circulaire de la DGAFP du 19 juillet 2018 relative à la procédure de signalement des alertes
émises par les agents publics dans le cadre des articles 6 à 15 de la loi du 9 décembre 2016
relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie éco-
nomique ;
• circulaire du 31 janvier 2018 (Ministère de la justice) relative à l’application de la loi du 9 dé-
cembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation
de la vie économique ;
• délibération CNIL n°2019-139 du 18 juillet 2019 (JO 10 décembre 2019) ;
• article 40 al.2 du code de procédure pénale.
Chapitre V
DÉPLOYER UN PROGRAMME
ANTICORRUPTION
Fiche n° 1
DÉPLOIEMENT D’UN PROGRAMME
ANTICORRUPTION
De quoi parle-t-on ?
Se lancer dans une démarche anticorruption suppose de la part de toute entité publique une
organisation du déploiement des différents outils de prévention et de détection. Cette fiche
présente quelques exemples de bonnes pratiques permettant de faciliter une telle démarche.
Il ne s’agit que d’exemples, le déploiement d’un dispositif anticorruption devant être adapté à
l’organisation, aux risques spécifiques et à l’histoire de chaque entité.
Plan de la fiche
1. Point de départ
2. Déroulement des travaux
3. Evaluation et actualisation du dispositif
Section 1
Point de départ
L’engagement des instances dirigeantes permet de lancer une démarche anticorruption. Elle
prend notamment la forme d’une communication sur cette démarche et de la désignation d’un
référent (individuel ou comité - voir fiche engagement des instances dirigeantes, p. 25).
Il peut être alors utile de dresser un autodiagnostic de l’état de maturité de l’entité sur les
différents outils composant un programme de mise en conformité.
Par exemple :
• L’entité a-t-elle déjà été conduite à dresser une cartographie des risques (risques budgétaires
et comptables, risques opérationnels…) ?
• Dispose-t-elle d’une charte déontologique ?
• A-t-elle mis en place une procédure de signalement d’incidents (par exemple à travers la
mise en place d’une adresse courriel dédiée) ?
• Quel est l’état de maturité du contrôle interne ?
• Les formations internes qu’elle dispense contiennent-elles une dimension déontologique ou
anticorruption ?
Ce recensement permet de mieux cibler les éléments du programme anticorruption qui devront
être déployés en priorité. Il contribue à capitaliser le savoir-faire de l’entité et à montrer aux
agents que cette démarche ne leur est pas inconnue.
Section 2
Déroulement des travaux
Ces déploiements simultanés permettent à l’entité de renforcer rapidement ses moyens d’atté-
nuation du risque d’atteinte à la probité.
Section 3
Évaluation et actualisation du dispositif
Afin d’être effectif, le déploiement d’un programme anticorruption constitue une démarche
progressive.
D’une part, l’évaluation des risques telle qu’elle résulte de la cartographie a vocation à
structurer et enrichir l’ensemble des outils d’un programme anticorruption. Par exemple,
c’est sur la base de cette évaluation :
•q ue seront déterminés les agents les plus exposés devant bénéficier d’une formation et
que sera établi le plan de formation ;
• que le programme d’audit interne sera construit ;
• que sera organisée la stratégie d’évaluation des tiers.
Plus largement, les différents outils d’un programme anticorruption ont vocation à s’enrichir
mutuellement. Par exemple, le bilan des alertes internes dressé périodiquement, ainsi que les
sanctions disciplinaires prononcées ont vocation à alimenter l’actualisation de la cartographie
des risques. De même, les alertes et les sanctions prononcées pourront enrichir le code de
conduite.
D’autre part, la loi du 9 décembre 2016 demande à chaque entité de mettre en place « un
dispositif de contrôle et d’évaluation interne des mesures mises en œuvre »70 au titre du pro-
gramme anticorruption. Cette évaluation périodique permet de s’assurer de l’efficacité des
différentes mesures et de les mettre en cohérence.
Article 17 II 8° de la loi du 9 décembre 2016 :« II. - Les personnes mentionnées au I mettent en œuvre les mesures et procédures
70
suivantes : (…)
8° Un dispositif de contrôle et d’évaluation interne des mesures mises en œuvre. »
À retenir
Cartographie Création d’un comité Travaux de cartographie des risques Cartographie Cartographie
Actualisation
des risques de pilotage (entretiens, cotation...) V1 V2
Recensement des
Code chartes Code Code
existantes + Rédaction Sanction
de conduite de conduite Actualisation de conduite
constitution du V1 V2
comité de rédaction
+
Plan de
Recensement des Première Actualisation
formation et Formation + Formation +
Formation formations et des action de du plan
formation des sensibilisation sensibilisation
supports existants sensibilisation de formation
agents les plus
(déontologie...) pour tous agents
exposés
Programme
Contrôle Mise en place de Actualisation
Source :
AFA et DAE
Guide de l’achat public : Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public Juin 2020
DISPONIBLE DANS
la boîte
À OUTILS
Avertissement méthodologique
Cet exemple repose sur un cas fictif, par nature parcellaire car il ne prend en compte qu’un
seul processus, celui des achats, et uniquement certains risques au sein de ce processus.
En outre, les explications données pour présenter la cotation de chaque risque ne reposent
pas sur des entretiens réalisés auprès d’agents et nécessiteraient des développements
détaillés, ce que le format de la présente fiche ne permet pas de réaliser.
1
Recenser les risques
Pour les besoins de l’exemple, seuls trois scénarios de risques seront examinés, correspondant
à l’étape « détermination du besoin à satisfaire et évaluation financière » de la phase de
préparation du tableau sur les bonnes pratiques anticorruption dans le cycle des achats (voir
p. 83) :
Rappel : un risque (par exemple le favoritisme) peut être lié à un ou plusieurs scénarios différents.
2
Coter les risques bruts
Sur la base des indicateurs mentionnés plus haut p. 33, des échelles d’évaluation sont établies
pour graduer l’intensité de l’impact et l’occurrence des risques identifiés.
La nature de l’impact est propre à chaque entité. Les sous-critères et leur cotation respective
proposés dans le tableau ci-dessous sont indépendants les uns des autres. A titre d’exemple,
une intensité qualifiée de « moyenne » n’implique pas à la fois une couverture médiatique
négative au niveau régional, l’annulation d’un marché public et un fort mécontentement au sein
de l’entité.
Retard ne
Pertes remettant pas Mécontente-
Obligation de
financières / en cause la ment dans un
verser
surcoût de Rumeur au réalisation service de la
Faible 1 des
moins de x % niveau local ou la part de
dommages
du coût performance quelques
intérêts
du marché de la agents
prestation
Pertes Couverture
financières / médiatique
surcoût négative Mauvaise exé- Fort
entre x et x % régionale sur cution d’une mécontente-
du coût une courte prestation ment
Annulation du
Moyen 2 du marché, durée. entraînant le dans une
marché
obérant les Réaction des mécontente- entité au-delà
autres dé- fournisseurs, ment des du service mis
penses de la des parte- usagers en cause
personne naires et des
publique usagers
Campagne de
presse
Pertes régionale sur Retard ou
financières / une période inexécution
surcoût de significative. des
Engagement
plus de x % du Insatisfaction prestations
de la
coût du des occasionnant Climat social
responsabilité
Fort 3 marché, partenaires, une rupture très
pénale d’un élu
déséquilibrant fournisseurs et ponctuelle dégradé
et /ou d’un
durablement le de la société de la
agent
budget civile. continuité d’un
de la personne Interpellation service
publique du ministre, public
de l’élu par
l’opposition
Campagne de
presse Engagement
Pertes nationale sur de la
Retard ou
financières / une période responsabilité Démotivation
inexécution
surcoût de significative. pénale d’un élu des
des
plus de x % du Insatisfaction et /ou d’un personnels,
prestations
coût du des agent. difficulté à
occasionnant
Très fort 4 marché, partenaires, Le cas échéant, fidéliser le
une rupture de
mettant en fournisseurs et engagement personnel et à
longue durée
péril le budget de la société de la combler les
de la continuité
de la civile. responsabilité postes
d’un service
personne Risque de pénale de la vacants
public
publique démission de personne
l’instance morale
dirigeante
La cotation du risque brut peut alors résulter du produit de la note d’impact et de la note
d’occurrence, soit :
•A
ttribuer une note globale pour l’impact d’une part et l’occurrence d’autre part, en se servant
des sous-critères (financier, réputation, responsabilité…) comme d’un support de réflexion
c’est l’option qui sera retenue dans l’exemple ci-dessous.
•A
ttribuer à chacun des sous-critères une note propre, la moyenne des notes des sous-
critères permettant d’obtenir la note d’impact. Il est alors possible de pondérer les sous-
critères, par exemple si l’entité souhaite ne pas accorder le même poids à l’impact financier
et à l’impact réputationnel.
Ex : l’entité décide que l’impact financier aura un coefficient 2 et les autres sous-critères un
coefficient 1. Elle attribue les notes suivantes aux différents sous-critères :
La note d’impact sera alors la moyenne pondérée de ces différentes notes : soit 2,8 arrondi à 3.
Il convient de rappeler qu’il n’existe pas de méthode de cotation préconisée, chaque entité
devant privilégier d’adopter celle qui correspond le plus à son activité. Il est en revanche
important d’expliciter la méthodologie retenue et d’annexer ce document à la cartographie
finale.
Exemple de cotation des risques bruts au regard des échelles d’impact et d’occurrence
Risques liés
Risque
aux marchés Impact Occurrence
brut
publics
Note : 3 Note : 4
3
oter le risque net par l’évaluation des moyens mis en oeuvre pour maîtriser les
C
risques identifiés
La prise en compte des mesures de prévention préexistantes permet de pondérer le risque brut
afin de déterminer les risques nets auxquels est soumise l’entité.
Cotation Cotation
Risques identifiés Indicateurs du risque Mesures de prévention Indicateurs du
brut risque net
•L
’entité dispose d’une procé- Intensité
Intensité de dure assurant l’exploitation de l’impact :
l’impact : forte collégiale des résultats du forte
R1 - Risque de
sourcing et la diffusion des
favoritisme : (…)
Note d’impact : 3 éléments nécessaires aux Note d’impact : 3
sous-estimation
personnes associées au
volontaire de la
projet pour rapprocher
valeur du besoin Probabilité
Probabilité 12 l’expression du besoin du 9
permettant d’au- d’occurrence :
d’occurrence : marché fournisseur (compte
toriser le recours à probable
fortement rendu, grille d’entretien four-
la négociation et
probable nisseurs…).
ainsi de privilégier Note
une entreprise. d’occurrence : 3
Note Impact des mesures de prévention
d’occurrence : 4 préexistantes
Une fois les risques nets déterminés, ils peuvent être reportés sur un tableau de synthèse.
4 R2
Risques à traiter en
priorité dans le plan
3 R3 R1 d’action
Impact
0 1 2 3 4
Occurence
4
Adopter un plan d’action
A l’issue de la cotation des risques nets, l’entité sera en mesure de hiérarchiser les risques
identifiés, d’en déterminer le degré d’acceptabilité et enfin d’y apporter les mesures correctives
à travers un plan d’action. La mise en œuvre de ce plan d’action pourra faire l’objet de
vérifications au titre du contrôle et de l’évaluation interne des mesures mises en œuvre.
Personne
Bénéfice
Risque Mesures correctives envisagées Échéance respon-
attendu
sable
R1 - Risque de favoritisme : (…) Vérification systématique de la Diminution de 6 mois M. X.
sous-estimation volontaire de la valeur cohérence entre le projet d’achat l’occurrence
du besoin permettant d’autoriser le re- et l’évaluation financière (justifica- du risque.
cours à la négociation et ainsi de privilé- tion du recours à des procédures
gier une entreprise. adaptées ouvrant à négociation).
A court terme, obligation d’auto- Diminution de 6 mois Mme Y.
risation de l’autorité hiérarchique l’occurrence.
avant d’accepter tout cadeau et
création d’un registre dédié.
R2 - Risque de corruption :
sollicitation, acceptation d’un cadeau ou
d’une invitation (voyages …) dans le but A moyen terme, rédaction et Diminution de 18 mois Création
d’exercer une influence sur la détermina- diffusion d’un code de conduite l’occurrence. d’un comité
tion du besoin. anticorruption, comportant des de rédac-
préconisations sur la conduite à tion présidé
tenir face aux sollicitations et aux par Mme Y
propositions de cadeaux/invita-
tions.
R3 - Risque de prise illégale d’intérêts : Formation de l’ensemble des Diminution de 1 an Mme Z
intervention d’un acheteur ayant des liens acheteurs sur le conflit d’intérêts l’occurrence.
d’intérêts avec l’un des opérateurs éco- et la conduite à tenir dans une
nomiques sourcés qui exerce ensuite une telle situation.
influence sur les travaux préparatoires du
marché.
La cotation des risques doit être réévaluée à l’aune des résultats de ce plan d’action.
De quoi parle-t-on ?
Ce tableau présente pour chaque étape de la phase de préparation d’un achat public :
1. des exemples (non exhaustifs) de risques d’atteinte à la probité
2. des bonnes pratiques d’organisation ou de contrôle permettant de limiter les risques
3. des signaux d’alerte liés à cette phase71
Sourcing
Risque de favoritisme
•T
ransmission d’informations privilégiées sur les attentes de l’acheteur, la consistance
d’une opération, son coût (risque d’asymétrie de l’information entre les candidats).
1. Exemples de
Risque de corruption
risques
•S
ollicitation, acceptation d’un cadeau ou d’une invitation (voyages, invitations à des
d’atteinte
salons) dans le but d’exercer une influence sur les travaux préparatoires.
à la probité
Risque de prise illégale d’intérêts
• Intervention d’un acheteur ayant des liens d’intérêts avec l’un des opérateurs écono-
miques sourcés qui exerce ensuite une influence sur les travaux préparatoires du marché.
Organiser le sourcing72
•C ommuniquer de manière transparente et identique sur les besoins du pouvoir adjudi-
cateur (réunions sur les intentions d’achats, publication de la programmation plurian-
nuelle des marchés).
•A nticiper la programmation des marchés et effectuer le sourcing suffisamment en
amont.
•V arier les types d’opérateurs économiques sollicités (taille de l’entreprise, entreprises
leader, émergentes, innovantes …) et contacter les relais telles que les organisations
professionnelles ou économiques représentatives du secteur d’activités, les structures
2. Bonnes consulaires (ex : chambres de commerce et d’industrie, chambres d’artisanat …).
pratiques •F ormaliser l’invitation au sourcing (invitations transmises directement aux opérateurs
identifiées économiques, tirage au sort de l’ordre de passage).
• Assurer la collégialité du sourcing :
-R éunions internes avant l’écriture du cahier des charges avec, le cas échéant, des
acteurs neutres vis-à-vis du besoin à satisfaire.
-C réation d’un binôme acheteur/prescripteur lorsque cela est possible (par
exemple si la participation d’un agent est susceptible de créer une situation à
risque) et ne nuit pas à l’organisation du sourcing.
•D éfinir la participation et le rôle de chacun dans le sourcing (encadrement de la partici-
pation d’un assistant à maîtrise d’ouvrage …).
•D éfinir la teneur des entretiens (informations transmises aux opérateurs économiques,
durée, élaboration d’une grille d’entretien, questionnaire …).
Les rubriques « Principaux signaux d’alerte » ont notamment pour source le Guide de l’audit de la fonction achat publié par le
71
Sourcing
• Assurer la traçabilité et la transparence des échanges (compte rendu écrit ou grille
d’entretien fournisseurs73 ) et contrôler la diffusion des informations obtenues (diffu-
sion en interne aux personnes associées au projet).
• Assurer la transparence :
-P ublication de la programmation pluriannuelle des achats, des appels à compétence …
- Traçabilité en interne des rencontres des acheteurs dans le cadre du sourcing
3. Bonnes (compte rendu …)
pratiques • Encadrer la participation à des salons, à des visites de sites de production (invita-
identifiées tion en lien avec l’objet de l’achat), invitations (repas d’affaire, loisirs sur le temps de
travail), gestion des cadeaux, repas d’affaire …
• Encadrer les tests de produits à titre « gratuit » (informatique, matériels …).
Organiser le contrôle
S’assurer de la formalisation, de la complétude des comptes rendus et plus globale-
ment de la teneur des informations transmises.
• L’analyse par typologie de fournisseurs met à jour un très faible taux de rotation et
4. P
rincipaux
une forte récurrence de certains, y compris dans des champs très concurrentiels.
signaux
• L’analyse de la base fournisseurs met en avant un nombre élevé de doublons, sus-
d’alerte
ceptible de fausser le contrôle par fournisseur.
Détermination du besoin à satisfaire et évaluation financière
Risque de favoritisme
• Participation directe d’un opérateur économique à la rédaction du marché public lui
permettant d’obtenir des informations privilégiées pour son obtention.
• Spécifications techniques sur mesure ne permettant la sélection que d’un seul
opérateur économique.
• Sous-estimation volontaire de la valeur du besoin permettant d’autoriser le recours
à la négociation et ainsi privilégier une entreprise.
Risque de corruption
5. Exemples
• Sollicitation, acceptation d’un cadeau ou d’une invitation (voyages …) dans le but
de risques
d’exercer une influence sur la détermination du besoin.
d’atteinte
à la
Risque de détournement de fonds publics
probité
• La surévaluation du besoin dans le cahier des charges génère une manne financière
née de l’écart entre les réalisations réelles et le montant du marché qui est versée à
l’agent par l’attributaire ; ce mode opératoire peut également résulter d’une appré-
ciation délibérément faussée des coûts estimés ou de la marge d’erreur.
73
Cf. « Grille d’entretien fournisseurs » de la boîte à outils du guide de l’achat public relatif au sourcing opérationnel
Cf. articles R2184-1 à 6 du code de la commande publique pour les pouvoirs adjudicateurs ; R2184-7 à 11 du code de la commande
74
publique pour les entités adjudicatrices ; R2384-1 à 4 du code de la commande publique pour les marchés de défense ou de
sécurité
Détermination de la procédure
Organiser le contrôle
Contrôler la computation des seuils de procédure (nomenclature achat, programma-
tion, cartographie des achats …) :
• Centraliser le suivi des achats afin de contrôler les seuils :
- vérifier si les systèmes d’informations permettent de computer correctement les
seuils et de suivre en temps réel les montants cumulés de commandes afin d’iden-
tifier les franchissements de seuils ;
- pour les administrations d’Etat, utiliser Chorus pour connaître le montant de
dépense par famille d’achats et vérifier ainsi la computation des seuils.
• Formaliser le suivi des achats de faible montant, par exemple via une fiche qui
pourrait conditionner cet achat ou l’accès à la comptabilité dans le système d’infor-
mation.
• Le cas échéant, demander un bilan annuel de l’ensemble des marchés en dessous
des seuils.
• Vérifier notamment l’existence d’une nomenclature définissant des familles de four-
nitures et services homogènes. En cas d’achats fractionnés, l’acheteur doit être en
mesure de prouver qu’ils correspondent à des besoins de nature différente ou à la
structure du marché des fournisseurs.
Détermination de la procédure
•U tilisation de nomenclatures d’achats non homogènes susceptibles de fractionner
artificiellement les achats, traduisant potentiellement une volonté de se soustraire
aux obligations concurrentielles.
• Non-respect de la nomenclature conduisant à un fractionnement excessif des
marchés publics.
• Une récurrence de certains fournisseurs sur une même famille d’achats peut traduire
un mode de computation des seuils conduisant à écarter certains fournisseurs.
12. Principaux • Une récurrence d’un fournisseur pour différents lots d’une même procédure peut
signaux traduire une mauvaise application des règles de l’allotissement, conduisant à écarter
d’alerte certains fournisseurs.
• Absence de collégialité dans le choix de la procédure.
• Niveau élevé de demandes d’achat faites en urgence en proportion totale des achats,
reflétant les lacunes de la programmation et l’insuffisance des procédures d’arbitrage
en amont.
• Nombre élevé d’achats sans supports contractuels.
• Niveau élevé de factures préalables à l’existence d’un engagement.
15. Principaux • Faibles taux de rotation des fournisseurs sur un secteur concurrentiel.
signaux • Existence et/ou développement des recours contentieux.
d’alerte • Nombre d’offres irrégulières en augmentation d’une année sur l’autre.
De quoi parle-t-on ?
Ce tableau présente pour chaque étape de la phase de passation d’un achat public :
1. des exemples (non exhaustifs) de risques d’atteinte à la probité
2. des bonnes pratiques d’organisation ou de contrôle permettant de limiter les risques
3. des signaux d’alerte liés à cette phase75
Organisation de la publicité
•É tablir une programmation des marchés pour éviter les périodes susceptibles de
restreindre artificiellement la concurrence (périodes de congés ou de forte activité pour
les opérateurs économiques).
•A ssurer la meilleure audience possible notamment lorsque les modalités de publicité
sont laissées au libre choix de l’acheteur (choix d’un support adapté, sollicitation de
plusieurs devis pour les achats de faible montant …).
•C entraliser la transmission des avis d’appel à la concurrence et la réception de plis sur
support physique (copie de sauvegarde, présentation de maquettes76 …) afin d’assurer
l’homogénéité des pratiques et ainsi l’égalité de traitement entre les opérateurs
2. Bonnes
économiques.
pratiques
• Informer des voies de recours relatives à la décision d’attribution du marché.
identifiées
Organiser le contrôle
•V
érifier l’efficacité des mesures de publicité en contrôlant notamment :
- le nombre de retraits ;
- la durée de la période de publicité (adaptation à la complexité du besoin et de la
réponse attendue) ;
-e n portant une attention particulière sur les informations du titulaire sortant qui a un
accès plus privilégié aux informations.
•C
ontrôler le respect de la date limite de remise des plis et garantir l’intégrité et le recen-
sement des plis (fichier de dépôt des plis), vérifier le respect des dates liées à la procé-
dure grâce au profil d’acheteur (ex : PLACE).
• Nombre d’offres irrégulières, inacceptables.
3. P
rincipaux
• Nombre de procédures infructueuses.
signaux
• Nombre limité de retraits de dossier, nombre limité d’offres reçues par marché.
d’alerte
• Nombre de recours en lien avec les mesures de publicité.
Les rubriques « Principaux signaux d’alerte » ont notamment pour source le Guide de l’audit de la fonction achat publié par le
75
Points de contrôle
• Vérifier que les questions ou demandes de précisions des candidats apparaissent sur le
profil acheteur, particulièrement en situation de renouvellement du marché, en raison du
risque d’asymétrie de l’information au profit du titulaire actuel du marché.
• Vérifier la réalité des échanges, leur neutralité et leur transparence (traçabilité via le
profil d’acheteur, les comptes-rendus de négociation …).
•A
ugmentation du nombre de contentieux liés à une asymétrie d’information entre les
opérateurs économiques.
6. Principaux •A
bsence de contrôle par des services du pouvoir adjudicateur (ex : service des marchés
signaux publics, direction de la commande publique) des informations transmises aux opéra-
d’alerte teurs économiques (candidats, soumissionnaires).
•A
ugmentation du nombre de saisine de la CADA (Commission d’accès aux documents
administratifs) pour défaut de communication d’informations.
Analyse des candidatures77
Risque de favoritisme
• Exclusion injustifiée de candidats qualifiés (jugement partial des capacités techniques,
professionnelles, économiques et financières).
• Non application des critères de sélection des candidatures afin d’avantager un candidat
(ajout ou suppression de critères en cours d’analyse).
7. Exemples
Risque de corruption
de risques
• Perception d’un avantage par un agent public pour offrir à l’un des candidats un avan-
d’atteinte à
tage indu (délai supplémentaire, évaluation indûment positive …).
la probité
Risque de prise illégale d’intérêts
• Intervention dans l’analyse des candidatures d’un agent public en situation de conflit
d’intérêts avec l’un des candidats.
• Participation d’un salarié de l’AMO à l’analyse des candidatures d’un marché public alors
qu’il était anciennement salarié d’une entreprise soumissionnaire.
Structurer l’analyse
• Assurer la collégialité de l’analyse pour faciliter les contrôles croisés et organiser un
processus de validation de celle-ci (dialogue prescripteur/acheteur).
• Si la situation l’exige, possibilité d’anonymiser les candidatures avant communication
8. Bonnes
aux services en charge de l’analyse.
pratiques
• Assurer la traçabilité des vérifications opérées et des documents demandés (contrôle
identifiées
des pièces demandées dans le règlement de la consultation, des compléments appor-
tés par les candidats …).
• Assurer la traçabilité et la justification de l’analyse des candidatures (notamment en cas
de rejet de candidatures).
77
n guide de l’achat public relatif à l’analyse des offres est à la disposition des acheteurs de l’État et de ses établissements publics
U
via le lien : [Link]
[Link] (intranet sécurisé)
Points de contrôle
• Effectuer une double lecture du rapport d’analyse des candidatures.
9. Bonnes
•V érifier la situation du ou des sous-traitants présentés (liens potentiels avec l’acheteur,
pratiques
l’AMO, le MOE …).
identifiées
• Vérifier l’existence d’une échelle de notation, ainsi que de tableaux de critères
pré-formatés (afin d’éviter leur adaptation a posteriori).
•A bsence de formalisation de l’analyse qui peut signifier l’absence d’examen des candi-
10. Principaux datures (alors même que des candidats sont écartés à ce stade).
signaux • Aucun candidat n’est jamais écarté à ce titre.
d’alerte •C onstat de l’admission de candidatures irrégulières (ex : candidats tombant sous le
coup d’une exclusion de plein droit ou à l’appréciation de l’acheteur).
Analyse des offres78
Risque de favoritisme
• Modification injustifiée du rapport d’analyse des offres pour avantager un
soumissionnaire.
• Manipulation de la notation pour avantager indûment un soumissionnaire.
• Modification de la pondération en cours d’analyse.
• Non-respect du secret des offres et de la procédure (circulation d’informations confi-
11. Exemples
dentielles au profit d’un opérateur).
de risques
d’atteinte à
Risque de trafic d’influence
la probité
• Appui frauduleux d’une offre par un élu faisant pression sur les acheteurs au stade de
l’analyse des offres.
Un guide de l’achat public relatif à l’analyse des offres est à la disposition des acheteurs de l’État et de ses établissements publics
78
Points de contrôle
• Dans les hypothèses où aucune commission d’attribution n’est instituée, vérifier la col-
légialité de la décision, la transmission des informations liées au choix de l’attributaire, la
motivation des déclarations sans suite.
• S’assurer de l’existence de mécanismes de contrôle pour vérifier le respect des délais
légaux (choix de l’attributaire, notification, avis d’attribution de marché) ; vérification sur
échantillon via le système d’information du respect des dates.
16. Principaux • Nombre élevé de réclamations, de recours précontentieux ou contentieux.
signaux •N on coïncidence entre les candidatures déposées et les candidatures examinées.
d’alerte •D isparition de certaines candidatures.
Mise au point avec l’entreprise retenue et signature du marché
Risque de favoritisme
•A
l’occasion de la mise au point, modification des caractéristiques substantielles de
l’offre ou du marché, qui donnerait lieu illégalement à une phase de négociation avec le
17. Exemples candidat pressenti (impact sur le prix, la nature des prestations, conduisant à une modi-
de risques fication substantielle de l’offre).
d’atteinte à
la probité Risque de prise illégale d’intérêts
•S
ituation du signataire du marché qui intervient pour la première fois dans le processus
d’un achat et pour lequel les vérifications d’existence d’un conflit d’intérêts n’ont pas été
effectuées.
Organiser la transparence du processus
• Assurer la traçabilité des échanges justifiant le recours à la mise au point.
•A ssurer la bonne information du signataire de la mise au point (objet, impact) et du
18. Bonnes
marché public (transmission des éléments d’analyse, d’une fiche de synthèse de la pro-
pratiques
cédure …).
identifiées
•A ssurer la transparence en interne en établissant périodiquement un compte rendu des
marchés publics signés.
Points de contrôle
• Contrôler la justification et la portée de la mise au point.
19. Bonnes
• Contrôler le respect du circuit de signature (mise au point et marché public).
pratiques
•C ontrôler le respect de la publication des données essentielles relatives aux marchés
identifiées
publics.
• Vérifier régulièrement la validité des délégations de signature et leur pertinence.
20. Principaux •Cas de signature d’une mise au point ou d’un marché par une personne non habilitée
signaux à signer.
d’alerte
De quoi parle-t-on ?
Ce tableau présente pour chaque étape de la phase d’exécution d’un achat public :
1. des exemples (non exhaustifs) de risques d’atteinte à la probité
2. des bonnes pratiques d’organisation ou de contrôle permettant de limiter les risques
3. des signaux d’alerte liés à cette phase79
Points de contrôle
• Mettre en œuvre un mécanisme de contrôle et de validation des modifications, travaux,
2. Bonnes services supplémentaires (contrôle des éléments figurant au cahier des charges et dia-
pratiques logue sur l’opportunité, la portée, le montant, la justification …).
identifiées • Contrôler la publication des données essentielles (lorsque celle-ci est requise).
• Le cas échéant, transmettre ou présenter, pour chaque marché, la liste des avenants
conclus à la CAO ou la commission d’attribution.
• Effectuer des contrôles entre la date d’émission d’ordres de service et la conclusion de
l’avenant (notamment pour les avenants modifiant les dates de prestations, lesquels
peuvent avoir un fort impact financier).
3. Principaux • Multiplication du nombre d’avenants en cours d’exécution des marchés publics.
signaux • Détection d’avenants à forts impacts financiers.
d’alerte • Absence de publication des données essentielles relatives aux avenants.
Contrôle de la bonne réalisation des prestations (vérifications, service fait …)
Risque de favoritisme
•C
ollusion entre le cocontractant et l’agent chargé de superviser le déroulement des
opérations.
Les rubriques « Principaux signaux d’alerte » ont notamment pour source le Guide de l’audit de la fonction achat publié par le
79
Points de contrôle
• S’assurer de l’existence des contrôles et du lien avec la prestation figurant au cahier
des charges (procès-verbaux, bonne application des pénalités prévues au contrat …).
6. Bonnes • Assurer l’audit du contrôle du service fait :
pratiques - séparation des tâches entre commande et réception, contrôle de la conformité
identifiées du bon de commande et du bon de livraison, formalisation des réceptions (avec
traçabilité, justificatifs). Risque identifié : délivrance d’un bon de réception fictif.
- outils : tests sur un échantillon de commandes (ex : bons de commande, de
livraison, PV de réception, support de la constatation du service fait transmis au
service prescripteur, dossiers de liquidation des factures).
• Contrôler le recours à la sous-traitance (liens potentiels avec l’acheteur, l’AMO, le
MOE …).
• Définir des règles internes et des procédures de supervision et de validation des
demandes d’achat ou d’approvisionnement.
• Concentration de l’ensemble de la procédure par une seule personne, de l’expression
7. Principaux des besoins à la passation des commandes. Absence d’un système de validation des
signaux demandes d’achat / d’approvisionnement.
d’alerte • Niveau élevé de rejet de factures liés à l’absence de suivi des prestations, à
l’absence ou à l’inexactitude dans la certification du service fait.
Suivi financier (révision des prix, respect des seuils, des montants de commandes …)
8. Exemples Risque de détournement de fonds publics
de risques • Double ordonnancement donnant lieu à rétrocessions.
d’atteinte à • Paiement effectué à un faux fournisseur.
la probité
Organisation du suivi
• Séparation des tâches et des fonctions (ex : entre le signataire du bon de com-
mande et l’agent en charge de la validation du service fait).
• Organiser le suivi des seuils de procédure.
• Vérifier la cohérence entre la prestation commandée et le montant facturé.
• Organiser le système d’alerte le cas échéant.
• Assurer un dialogue régulier entre le service opérationnel et le service support (en
charge du bon de commande, de l’engagement comptable…), et entre l’acheteur et
le comptable assignataire des paiements.
• Sensibiliser le comptable assignataire des paiements.
Points de contrôle
9. Bonnes • Vérifier régulièrement la cohérence des stocks au regard des dépenses constatées.
pratiques • Vérifier le bien-fondé des attestations de service fait.
identifiées • Vérifier l’exactitude des prix de règlement sur un échantillon statistique.
• Contrôler spécifiquement les achats réalisés par carte d’achats et sur les valeurs
inactives (bons d’achat, bons d’essence, tickets restaurant …).
• Vérifier les levées de pénalités de retard :
- vérifier qu’elles soient systématiquement formalisées ;
- contrôler à quel acteur elles bénéficient ;
- contrôler celles qui apparaissent systématiques ;
- vérifier spécifiquement les cas où sont levées les pénalités sans que le
fournisseur n’en ait fait la demande ;
- vérifier l’absence de compensation entre les intérêts moratoires pour dépasse-
ment du délai de paiement et la non-application des pénalités de marché ;
- outils : effectuer un test de détail sur un échantillon de marchés présentant des
difficultés au stade de l’exécution.
•A pplication parcimonieuse des clauses de révision des prix, non-respect des clauses
10. Principaux
de révision des prix.
signaux
• Alertes fréquentes sur les risques de dépassements des seuils de procédures, des
d’alerte
montants maximums des accords-cadres.
Points de contrôle
• Process de contrôle et de validation de la rédaction des protocoles transactionnels
(bien-fondé, portée …).
13. Principaux • Multiplication des litiges dans le cadre de l’exécution des contrats.
signaux • Augmentation du nombre de protocoles transactionnels signés par l’entité.
d’alerte
Bilan d’exécution (physique et financier)
14. Exemples Risque de favoritisme
de risques • Transmission d’informations privilégiées sur la consultation à venir (budget, délais,
d’atteinte à consistance du besoin …).
la probité
Organiser le bilan d’exécution du marché
• En fonction des marchés, dresser un bilan d’exécution (avenants, pénalités …), qui
peut comporter des développements sur son déroulement déontologique. Le bilan
peut être annuel ou pluriannuel.
• Assurer la collégialité du bilan d’exécution (participation de l’ensemble des
intervenants au marché, acheteur/prescripteur/opérationnels …).
• Assurer la traçabilité du bilan d’exécution des marchés (notamment si mauvaise
exécution, manquements aux obligations déontologiques …).
15. Bonnes • S’assurer de ne pas communiquer d’informations privilégiées au titulaire lorsque le
pratiques renouvellement du marché est proche.
identifiées • Intégrer ces évaluations à la base de données fournisseurs lorsqu’elle existe.
Points de contrôle
• S’assurer de la diffusion de ces bilans aux acteurs concernés (instances dirigeantes,
audit …).
• Mettre en place une procédure d’évaluation et tirer les conséquences de ces
évaluations.
• Mesurer la satisfaction des utilisateurs à partir d’échantillons de marchés,
notamment interministériels pour l’État.
• L’analyse des achats réalisés sur une période donnée fait apparaître des achats re-
16. Principaux dondants pour un même type de produits, passant pour une partie d’entre eux par
signaux des marchés négociés sans publicité ni mise en concurrence.
d’alerte • Niveaux élevés de sous-consommation et d’achats « dissidents » par rapport à des
marchés interministériels ou centralisés.
Cette fiche apporte des conseils à destination des acteurs de la chaîne achats afin d’adopter les
bons réflexes avec les opérateurs économiques et savoir comment réagir dans les principales
situations à risques.
1
Respecter les principes fondamentaux de la commande publique
Tout acteur de la chaîne de l’achat public doit respecter les obligations statutaires et
déontologiques définies à l’article 25 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations
des fonctionnaires : l’agent public exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et
probité.
Il doit en outre respecter les trois principes fondamentaux de la commande publique, désormais
définis à l’article L.3 du code de la commande publique :
.• égalité de traitement des candidats à l’attribution d’un contrat de la commande
publique ;
• liberté d’accès à la commande publique ;
• transparence des procédures.
2
Respecter l’égalité de traitement dans les échanges avec les opérateurs
économiques
Tous les échanges entre les prescripteurs et leurs fournisseurs aux différentes étapes du
processus achat doivent être équitables, transparents et faire l’objet d’une traçabilité80 :
Voir par exemple, les premiers pas du prescripteur dans l’achat public, Secrétariat général du Ministère de l’éducation nationale
80
et du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, SAAM-Mission des achats, Bureau de l’expertise
juridique et de la professionnalisation du réseau des acheteurs, juillet 2018
Licence creative commons - CC BY NC 95
Guide de l’achat public : Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public Juin 2020
1) Durant le sourcing81
3) Pendant l’exécution du marché
Pour de plus amples informations, vous pouvez consulter le guide de l’achat public relatif au sourcing opérationnel accessible via le
81
Depuis le 1er octobre 2018, pour les marchés dont la valeur estimée du besoin est supérieure
ou égale à 40 000 euros HT82, tous les échanges, au cours de la procédure de passation,
doivent être dématérialisés.
Cela implique :
• la mise à disposition des documents de consultation ;
• la réception électronique des candidatures et des offres, pour toutes les phases ;
• les questions/réponses des acheteurs et des entreprises ; demandes
d’informations, de compléments ; les échanges relatifs à la négociation ;
• la notification électronique des décisions (lettre de rejet, etc…).
3
Prévenir les conflits d’intérêts
Cette vigilance incombe à l’agent public et à son supérieur hiérarchique en faisant appel
au besoin au référent déontologue désigné à cet effet85 et permet d’éviter la commission
d’infractions pénales telles que la prise illégale d’intérêts.
82
ous réserve des exceptions prévues à l’art. R. 2132-12 du Code de la commande publique et hormis pour les marchés de défense
S
et de sécurité.
83
Cette obligation s’impose également aux élus locaux : « l’élu local veille à prévenir ou à faire cesser immédiatement tout conflit
d’intérêts. Lorsque ses intérêts personnels sont en cause dans les affaires soumises à l’organe délibérant dont il est membre, l’élu
local s’engage à les faire connaître avant le débat et le vote » (article L. 1111-1-1 du code général des collectivités territoriales).
84
Article 28 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
Exercice direct ou indirect d’une activité par l’agent pour son compte ;
La simple existence de tels liens n’est pas suffisante pour constituer un conflit d’intérêts.
Encore faut-il qu’il soit de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant,
impartial et objectif de la fonction.
Cette influence est évaluée au cas par cas par le juge et au regard d’un faisceau d’indices,
propre à chaque situation. Parmi les critères susceptibles d’être pris en compte figurent : le
caractère direct ou indirect de l’intérêt (affecte-t-il l’acheteur personnellement ou l’un de
ses proches ?), la proximité dans le temps avec l’opération d’achat, son caractère permanent
ou ponctuel…85
En revanche, le recrutement d’un salarié de l’AMO par la société titulaire d’un marché ne
constitue pas automatiquement un conflit d’intérêts dès lors qu’il doit être démontré le lien
d’influence sur la procédure (CE 12 sept 2018, n° 420454).
Il peut s’avérer utile à l’occasion d’une prise de poste ou de fonctions d’effectuer un entretien
avec son supérieur hiérarchique pour identifier les éventuels conflits d’intérêts susceptibles
de naître à l’occasion de ses fonctions. Ce questionnement doit accompagner l’agent tout au
long de sa vie professionnelle. En effet, au cours de sa carrière, des conflits d’intérêts peuvent
apparaître, par exemple parce que le conjoint a changé de métier ou que l’agent a investi
dans une société. C’est pourquoi il faut sensibiliser régulièrement les agents à cette obligation
permanente.
En matière de prise illégale d’intérêts, le juge pénal estime, s’agissant des relations amicales que constitue cette infraction le fait
85
pour le collaborateur de cabinet d’un maire de rédiger le CCTP d’un marché et de présenter le rapport d’analyse des offres destiné
à éclairer la CAO alors qu’il entretenait avec le gérant de l’entreprise attributaire des liens amicaux caractérisés par de nombreux
emplois dans des sociétés communes, un transfert de clientèle entre l’ancienne société du collaborateur de cabinet et l’attributaire,
une immatriculation des deux sociétés à la même adresse, des nombreux échanges téléphoniques durant la période d’élaboration
des offres et un statut d’ami Facebook (Cass. crim. 13 janvier 2016, n° 14-88.382). Inversement, ne constitue pas un intérêt au
sens de ce délit le seul fait pour un maire d’autoriser une société de production de films à tourner dans des locaux municipaux
sans paiement d’une redevance, alors que l’associé majoritaire de cette société était l’un de ses dix-huit adjoints et qu’ils s’étaient
retrouvés dans les mêmes lieux lors de manifestations officielles de la commune, étant précisé qu’ils n’entretenaient pas de relation
amicale ni de liens dans une société ou une association (Cass. crim. 13 mars 2018, n°17-86.548). D’autres exemples de conflits
d’intérêts constituant l’infraction de prise illégale d’intérêts figurent en p.112
Afin d’éviter tout risque de conflit d’intérêts, il est recommandé à l’agent public de s’interroger
sur sa participation à l’instruction et à l’analyse des offres, si un lien familial ou personnel
avec un soumissionnaire est de nature à influencer son analyse ou est susceptible d’affecter le
processus de décision. Une procédure de déport peut alors être mise en œuvre. Dans l’hypothèse
où la taille de la structure ne permettrait pas de mettre en œuvre le déport ou la délégation
de compétence (absence totale de compétences similaires au sein de la structure …), l’instruction
du dossier en question peut associer d’autres acteurs afin de la rendre plus collégiale. Par
précaution, il convient alors de documenter l’absence d’alternative possible à la collégialité et
de la consigner par écrit.
Le déport est l’acte par lequel un agent s’abstient ou cesse d’intervenir dans une situation
dans laquelle il estime se trouver en situation de conflit d’intérêts. Il peut être formalisé dans un
arrêté/une décision de déport pris par le représentant légal de l’entité publique.
Articles 25 ter et 25 nonies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, décret n°2017-547 du 13 avril
86
d’une déclaration d’intérêts prévue à l’article 25 ter de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des
fonctionnaires
88
Décret du 31 décembre 2019 relatif aux emplois de direction de l’État
Décret n° 2016-1968 du 28 décembre 2016 relatif à l’obligation de de transmission d’une déclaration de situation patrimoniale
89
prévue à l’article 25 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires
90
Article R.4122-42 du code de la défense
•
Pour les exécutifs des collectivités territoriales et les bénéficiaires de
délégations de signature, des mécanismes de déport sont prévus aux articles 5
et 6 du décret du 31 janvier 2014 portant application de l’article 2 de la loi du 11
octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique.
4
Être vigilant face aux cadeaux et invitations
Il n’existe pas en France de réglementation générale relative aux cadeaux et invitations faites
par un administré ou un fournisseur à un agent public. L’agent public doit pourtant rester
vigilant car il est soumis aux principes déontologiques d’intégrité, d’impartialité et de probité.
1) En phase de passation
L’acheteur doit purement et simplement refuser toute forme de cadeau et d’invitation émanant
d’une entreprise candidate.
vant de l’accepter, l’agent doit se demander si ce repas ne risque pas de le rendre redevable
A
vis-à-vis de la personne ou de l’entreprise qui lui propose un repas de travail.
• Invitation sans lien avec l’activité professionnelle (par exemple un spectacle, un concert,
un événement sportif).
Pour accompagner l’agent, chaque entité peut définir les conditions d’acceptation de
l’invitation :
Par ailleurs, afin d’éviter de se retrouver en difficulté, il est conseillé de payer son repas.
Si la participation à ces salons doit être encouragée dans le cadre du sourcing ou de la veille
stratégique, l’entité peut néanmoins les encadrer en précisant qu’elles doivent être soumises
à autorisation hiérarchique, et que cette participation ne saurait favoriser directement
ou indirectement un fournisseur (ex : veiller à ne pas favoriser systématiquement une
manifestation au profit d’une autre par routine).
Les cadeaux
Une règle impérative doit être retenue : un agent public ne peut en aucun cas accepter
d’argent à titre personnel pour récompenser un acte de sa fonction.
ans le secteur sensible des achats publics, il est recommandé d’interdire les présents de
D
toute sorte pour soi-même, ses connaissances ou ses proches. L’entité peut néanmoins
établir une distinction entre les cadeaux promotionnels à usage professionnel, autorisés
sous conditions (objets publicitaires notamment), et les cadeaux de valeur (voyages, repas
gastronomiques …) refusés par principe.
À titre d’exemple, les règles suivantes peuvent être édictées par l’entité :
Enfin, s’il se trouve dans une situation sensible, l’agent peut toujours justifier son refus en
signalant les obligations déontologiques qui lui sont applicables ou en évoquant les dispositions
du code de conduite anticorruption de son organisation.
• Un agent doit ainsi refuser de bénéficier à titre personnel de remises commerciales
consenties à son service par un fournisseur.
• Tout agent doit être attentif aux avantages dont pourraient bénéficier ses proches
comme par exemple l’octroi d’un stage chez le prestataire, qui constituent des avantages
indirects.
• L’acheteur doit se montrer vigilant dans le cadre de la mise à disposition gratuite
d’équipements à l’essai pour des utilisateurs et / ou prescripteurs (par exemple de
logiciels informatiques), notamment car elle peut induire sur l’acheteur des pressions
de la part des utilisateurs et / ou prescripteurs pour qu’il oriente son cahier des charges
de manière à favoriser l’entreprise qui a mis à disposition gratuitement la solution
technique. L’idéal pour minimiser ce risque de pression est de permettre aux utilisateurs /
prescripteurs de tester gratuitement plusieurs solutions proposées par des entreprises
différentes et de limiter la durée de la mise à disposition gratuite.
5
Être vigilant en cas de changement ou de cumul d’activités
1) Le changement d’activité
L’autorité hiérarchique peut l’autoriser, l’autoriser avec réserve(s) ou refuser, au terme d’une
analyse déontologique et pénale. En cas de doute sérieux, elle saisit le référent déontologue
compétent. Si le doute n’est pas levé, le dossier est transmis à la Haute Autorité pour la
transparence de la vie publique (HATVP) dont l’avis s’impose.
Tout changement de situation dans les trois ans de la cessation de fonctions doit faire l’objet
de la même procédure.
En cas de non-respect de l’avis de la HATVP, l’agent peut faire l’objet de sanctions disciplinaires
ou d’une retenue sur pension s’il est retraité. S’il est non titulaire, son contrat de travail prend
fin de plein droit à la date de notification de l’avis et l’administration ne peut plus le recruter au
cours des trois années qui suivent.
Un agent public rejoignant une entreprise du secteur privé qui se trouverait en situation de
soumissionner à des marchés publics lancés par son ancien employeur.
2) Le cumul d’activités
Il peut être autorisé à cumuler son emploi public avec une ou plusieurs activités accessoires,
publiques ou privées à plusieurs conditions91 :
sur autorisation hiérarchique (sauf pour les activités bénévoles au bénéfice d’une
entité publique ou privée sans but lucratif), le cas échéant après avis du référent
déontologue. Si le doute persiste malgé cet avis ou que l’agent est soumis à
déclaration d’intérêts, la HATVP doit être saisie ;
à condition que cette activité ne porte pas atteinte au fonctionnement normal, à
l’indépendance ou à la neutralité du service ou ne mette pas l’intéressé en situation
de prise illégale d’intérêts ;
uniquement pour certaines activités (ex : activité d’expertise et de consultation,
enseignement et formation, activité sportive ou culturelle, travaux de faible
importance réalisés chez des particuliers …) ;
si l’activité est exercée en-dehors des heures de service.
L’autorisation accordée :
peut comprendre des réserves ;
doit faire l’objet d’une nouvelle demande en cas de changement des conditions
d’exercice ou de rémunération de l’activité accessoire ;
peut être retirée à tout moment si l’intérêt du service le justifie.
Des régimes dérogatoires existent pour certaines fonctions, ainsi que pour la création ou la
reprise d’entreprise ou encore les agents à temps partiel.
Un agent public créant une auto-entreprise dans un domaine concurrentiel et qui serait
susceptible de répondre à des marchés publics lancés par l’employeur de l’agent public (ex :
juriste marchés publics également formateur en marchés publics).
6
Savoir à qui s’adresser dans une situation sensible
Pour obtenir un conseil sur la conduite à tenir face à une situation susceptible de mettre en
cause sa probité ou son impartialité, un acteur de la chaîne achat peut s’adresser :
Pour alerter sur des faits d’atteinte à la probité dont il est témoin direct et pour lesquels il
n’est ni auteur, ni victime, et lorsque les faits ne sont pas encore commis ou sans certitude de
l’existence d’une infraction un agent peut :
informer son supérieur hiérarchique ;
utiliser le dispositif d’alerte interne pour informer le référent alerte désigné au sein
de l’entité ;
dans certaines conditions bénéficier du régime de protection des lanceurs d’alerte.
Décret n°2020-69 du 30 janvier 2020 relatif aux contrôles déontologiques dans la fonction publique.
91
Pour alerter sur des faits d’atteinte à la probité dont il a connaissance dans l’exercice de
ses fonctions, qui sont avérés ou suffisamment établis, l’agent a l’obligation d’en informer sans
délai le procureur de la République. A défaut, il encourt des sanctions disciplinaires.
Pour alerter sur des faits dont il est victime et qui sont susceptibles de constituer une infraction
(chantage, abus de fonctions…), il peut déposer plainte directement auprès d’un service de
police ou de gendarmerie ou du procureur de la République. Il pourra le cas échéant bénéficier
de la protection fonctionnelle92
7
Testez-vous !
1. A
i-je le droit de divulguer à des candidats, des informations reçues dans le cadre d’une
consultation et relatives à un opérateur économique ?
Oui
Non
2. E
st-ce à mon supérieur hiérarchique de me signaler que je suis en situation de conflit
d’intérêts ?
Oui
Non
3. E
n phase de passation d’un marché public, puis-je accepter l’invitation d’un candidat à
assister à un évènement sportif (ex : match de football) ?
Oui
Non
4. A
i-je le droit d’exercer une autre activité rémunérée en parallèle de mon emploi
d’acheteur ?
Oui
Non
Réponses : 1 – Non ; 2 – Non ; 3 – Non ; 4 – Oui, sous conditions (cf. Page 103)
La protection fonctionnelle désigne les mesures de protection et d’assistance due par l’administration à son agent (ainsi qu’à ses
92
proches) s’il est victime d’une infraction à l’occasion de ses fonctions, ou encore s’il fait l’objet de poursuites pénales à l’occasion
de faits qui n’ont pas le caractère d’une faute personnelle.
Huit conseils
La prévention des atteintes à la probité relève de la responsabilité de chacun mais elle implique
en particulier que l’encadrement/le chef de service se saisisse de ces questions dans le cadre
de ses responsabilités managériales (qu’il s’agisse du chef de service d’un service achats ou
d’un service prescripteur).
A ce titre, le statut de la fonction publique donne un rôle particulier au chef de service : ainsi
le supérieur hiérarchique doit « veiller au respect de ces principes (déontologiques) dans les
services placés sous son autorité ». Il peut « préciser, après avis des représentants du personnel,
les principes déontologiques applicables aux agents placés sous son autorité, en les adaptant
aux missions du service » (article 25 al.5 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et
obligations des fonctionnaires).
Dans l’encadrement du service, il peut prendre des mesures ou adopter des attitudes contribuant
à prévenir et anticiper les risques d’atteinte à la probité.
1
Instaurer un climat favorable à l’évocation des atteintes à la probité
2
Former les agents
3
dopter une gestion des ressources humaines renforçant l’efficacité du dispositif
A
anticorruption
4
Organiser la gestion des conflits d’intérêts
• Susciter une réflexion de chaque agent sur les conflits d’intérêts auxquels il
est susceptible d’être confronté (par exemple lors d’un entretien dédié à cette
question) ; apporter son concours à l’analyse des situations complexes par les
agents, si besoin avec l’assistance du référent déontologue.
• Prendre les dispositions nécessaires pour assurer la continuité du service
lorsqu’un agent lui signale qu’il se trouve en situation de conflit d’intérêts
(le cas échéant mise en place d’un arrêté de déport et publicité de cette mesure
de déport).
5
Être exemplaire
• Dans son propre rapport aux règles de déontologie et de prévention des
atteintes à la probité, adopter une attitude exemplaire.
1
Introduction
2
Le code anticorruption rappelle et précise les conditions de mise en oeuvre des
obligations déontologiques pour les entités et personnels qui y sont assujettis.
1) Conflits d’intérêts
Le code de conduite rappelle les obligations de prévention des conflits d’intérêts et de
déport (voir supra « La mise en œuvre des obligations déontologiques », p. 38). Il précise
comment ces obligations sont mises en œuvre au sein de l’entité.
Exemple
il précise la conduite à tenir lorsqu’un agent envisage de se déporter dans une situation de
conflit d’intérêts.
Exemple
Il peut préciser la politique de l’entité en matière d’autorisation de cumul d’activités en fixant
des critères objectifs.
3
Le code anticorruption encadre les cadeaux, invitations et autres avantages
Il n’existe pas en France de réglementation générale relative à la possibilité pour un agent
public d’accepter ou non un cadeau ou une invitation de la part d’un administré ou d’un four-
nisseur, à l’exception de certains secteurs professionnels spécifiques (santé, forces de sécu-
rité…). L’agent public doit pourtant rester vigilant car il est soumis à des obligations légales
et déontologiques d’intégrité, d’impartialité et de probité dans l’exercice de ses fonctions.
1) En phase de passation
L’acheteur doit purement et simplement refuser toute forme de cadeau et d’invitation éma-
nant d’une entreprise candidate.
vant de l’accepter, l’agent doit se demander si ce repas ne risque pas de le rendre rede-
A
vable vis-à-vis de la personne ou de l’entreprise qui le lui propose. Par ailleurs, afin d’éviter
de se retrouver en difficulté, il est conseillé de payer son repas.
Exemple
• Invitation sans lien avec l’activité professionnelle (par exemple un spectacle, un concert,
un événement sportif) ;
• Invitation concomitante ou suivant le lancement d’une consultation au cours de laquelle
l’entreprise peut se porter candidate.
Pour accompagner l’agent, chaque entité peut définir les conditions d’acceptation de
l’invitation (liste non exhaustive) :
• Les cadeaux
ne règle impérative doit être retenue : un agent public ne peut en aucun cas accepter
U
d’argent à titre personnel pour récompenser un acte de sa fonction.
ans le secteur sensible des achats publics, il est recommandé d’interdire les présents
D
de toute sorte pour soi-même, ses connaissances ou ses proches. L’entité peut néan-
moins établir une distinction entre les cadeaux promotionnels à usage professionnel,
autorisés sous conditions (objets publicitaires notamment), et les cadeaux de valeur
(voyages, repas gastronomiques …) refusés par principe.
Exemple
nfin, s’il se trouve dans une situation sensible, l’agent peut toujours justifier son refus en
E
signalant les obligations déontologiques qui lui sont applicables ou en évoquant les disposi-
tions du code de conduite.
un agent doit ainsi refuser de bénéficier à titre personnel de remises commer-
ciales consenties à son service par un fournisseur ;
tout agent doit être attentif aux avantages dont pourraient bénéficier ses
proches comme par exemple l’octroi d’un stage chez le prestataire, qui consti-
tuent des avantages indirects ;
4
Systèmes de signalements et de protection des agents
Pour obtenir un conseil sur la conduite à tenir face à une situation susceptible de mettre en
cause sa probité ou son impartialité, un acteur de la chaîne achat peut s’adresser :
Pour alerter sur des faits d’atteinte à la probité dont il est témoin direct et pour lesquels il
n’est ni auteur, ni victime, et lorsque les faits ne sont pas encore commis ou sans certitude de
l’existence d’une infraction un agent peut :
utiliser le dispositif d’alerte interne pour informer le référent alerte désigné au sein
de l’entité ;
Pour alerter sur des faits d’atteinte à la probité dont il a connaissance dans l’exercice de ses
fonctions, qui sont avérés ou suffisamment établis :
pour alerter sur des faits dont il est victime et qui sont susceptibles de constituer
une infraction (chantage, abus de fonctions…), il peut déposer plainte directe-
ment auprès d’un service de police ou de gendarmerie ou du procureur de la
République. Il pourra le cas échéant bénéficier de la protection fonctionnelle93.
5
Sanctions disciplinaires et pénales en cas de manquement aux obligations
Le code doit rappeler la gradation des sanctions disciplinaires et pénales susceptibles d’être
encourues en cas de non-respect de ces principes. Il comporte l’engagement de l’autorité
hiérarchique d’initier une demande de sanction pour tout comportement fautif et de proposer
un niveau de sanction en conformité avec la politique de tolérance zéro face aux atteintes à la
probité.
6
Glossaire
Mesures de protection et d’assistance afin de protéger un agent (conjoint, enfant, parents) d’attaque dont il fait l’objet dans le cadre
93
Favoritisme
Concussion
Il existe plusieurs infractions de corruption. Cette fiche ne traite que de la corruption d’agents
publics français. D’autres formes de corruption peuvent aussi concerner un agent public étranger,
un rapport entre personnes privées, un magistrat, un fonctionnaire international …
La corruption d’agent public français consiste à offrir à cet agent public un avantage pour qu’il
exerce ou s’abstienne d’exercer un acte de sa fonction. On parle de corruption active lorsqu’est
envisagée la situation du corrupteur et de corruption passive lorsqu’est envisagée la situation du
corrompu.
1) Conditions préalables
• Les personnes dépositaires de l’autorité publique : il s’agit de toute personne qui
est investie par délégation de la puissance publique d’un pouvoir de décision et
de contrainte sur les individus et sur les choses, pouvoir qu’elle exerce de façon
permanente ou temporaire. Ex : les fonctionnaires de l’État, des collectivités
territoriales ou du service public hospitalier, les officiers publics et ministériels,
les agents de la force publique, les militaires.
• Les personnes chargées d’une mission de service public : il s’agit des personnes
qui, sans avoir reçu un pouvoir de décision ou de contrainte conféré par la
puissance publique, exercent cependant une mission d’intérêt général. Ex :
certains personnels d’établissements publics, les bénéficiaires de concessions
de service public, les membres de commissions ou organismes chargés de
donner un avis à l’autorité publique.
• Les personnes investies d’un mandat électif public : il s’agit des élus nationaux
comme locaux.
2) Élément matériel
Quelle que soit la personne à l’origine de la proposition, la corruption active est l’infraction
commise par la personne qui donne l’avantage (le corrupteur) et la corruption passive est
l’infraction commise par la personne corrompue.
S’agissant de la corruption active
•L ’auteur doit avoir offert un avantage, quel qu’il soit, à l’agent public. Il n’est
pas nécessaire que cette offre soit antérieure à la réception de l’avantage par
le corrupteur. Il n’est pas non plus nécessaire que l’avantage ait été réellement
perçu puisque sont incluses les offres ou promesses. L’avantage peut être
direct : cadeau, somme d’argent, prêt, exécution d’un travail gratuit au profit du
fonctionnaire, ristourne sur un produit, ou indirect : acquittement d’une dette,
embauche d’un proche.
• L’avantage doit être offert dans le but d’obtenir un acte découlant de la fonction
exercée par le corrompu. Ex : l’octroi d’une subvention ou d’une autorisation
d’urbanisme indue, l’attribution d’un logement social ou d’un marché public
contre rémunération, une nomination de complaisance, ou l’absence de
réclamation par la collectivité d’une créance.
3) Élément moral
• Il s’agit d’une infraction intentionnelle qui suppose que l’auteur ait recherché
l’effet escompté de l’infraction : pour le corrupteur, l’accomplissement ou le non-
accomplissement par l’agent public d’un acte de sa fonction ; pour le corrompu,
d’accepter d’accomplir ou de ne pas accomplir un acte de sa fonction.
Peines
•C
e délit est puni de 10 ans d’emprisonnement et de 1 000 000 d’euros d’amende, ce montant
pouvant être porté au double du produit tiré de l’infraction.
•P
eines complémentaires pour les personnes physiques : l’interdiction des droits civils, civiques
et de famille, l’interdiction d’exercer une fonction publique ou l’activité professionnelle ou
sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise
(cette interdiction ne peut pas toucher le mandat électif ou les responsabilités syndicales),
l’interdiction d’exercer une profession commerciale ou industrielle et de gérer une entreprise
commerciale ou industrielle, l’affichage de la décision, la confiscation des sommes ou objets
irrégulièrement reçus par l’auteur de l’infraction, à l’exception des objets susceptibles de
restitution (articles 432-17, 433-22 et 433-23 du code pénal). L’inéligibilité est également
prévue de plein droit (article 131-26-2 du code pénal).
•P
eines complémentaires pour les personnes morales reconnues coupables de corruption
active prévues aux articles 433-25 et 26 : affichage ou diffusion de la décision, confiscation,
interdiction d’exercer certaines activités dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle
l’infraction a été commise, placement sous surveillance judiciaire, fermeture d’établissement,
exclusion des marchés publics, interdiction de proposer des titres financiers au public,
interdiction partielle d’utiliser certains moyens de paiement. Obligation de se soumettre à
un programme de mise en conformité de ses mesures de prévention et de détection de la
corruption, sous le contrôle de l’AFA (article 131-39-2 du code pénal).
Textes et références
• L’article 432-11 1° du code pénal définit la corruption passive d’agent public comme «
le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique, chargée d’une mission de service
public, ou investie d’un mandat électif public, de solliciter ou d’agréer, sans droit, à tout moment,
directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des
avantages quelconques pour elle-même ou pour autrui (…) pour accomplir ou avoir accompli,
pour s’abstenir ou s’être abstenue d’accomplir un acte de sa fonction, de sa mission ou de son
mandat ou facilité par sa fonction, sa mission ou son mandat ».
• L’article 433-1 1° du code pénal définit la corruption active comme « le fait, par quiconque, de
proposer sans droit, à tout moment, directement ou indirectement, des offres, des promesses,
des dons, des présents ou des avantages quelconques à une personne dépositaire de l’autorité
publique, chargée d’une mission de service public ou investie d’un mandat électif public, pour
elle-même ou pour autrui (…) pour qu’elle accomplisse ou s’abstienne d’accomplir, ou parce
qu’elle a accompli ou s’est abstenue d’accomplir, un acte de sa fonction, de sa mission ou de
son mandat, ou facilité par sa fonction, sa mission ou son mandat ».
TRAFIC D’INFLUENCE
D’AGENT PUBLIC FRANÇAIS
Résumé
Il existe plusieurs infractions de trafic d’influence. Cette fiche ne traite que du trafic d’influence
d’agents publics français. D’autres formes de trafic d’influence peuvent aussi concerner un
agent public étranger, un rapport entre personnes privées, un magistrat, un fonctionnaire
international …
Le trafic d’influence d’agent public français consiste à offrir à cet agent public un avantage pour
qu’il exerce ou s’abstienne d’exercer un acte de sa fonction. On parle de trafic d’influence actif
lorsque l’on s’intéresse à la personne qui offre l’avantage et de trafic d’influence passif lorsqu’on
s’intéresse à l’agent public qui le reçoit. Il s’agit d’une infraction proche de celle de corruption,
avec la particularité qu’elle fait intervenir un intermédiaire qui monnaye son influence auprès de
l’autorité publique.
1) Conditions préalables
2) Élément matériel
•C
omme pour la corruption, l’auteur doit avoir offert un avantage, quel qu’il soit, à
l’agent public. Il n’est pas nécessaire que cette offre soit antérieure à la réception
de l’avantage par le corrupteur. Il n’est pas non plus nécessaire que l’avantage ait
été réellement perçu puisque sont incluses les offres ou promesses. L’avantage
peut être direct : cadeau, somme d’argent, prêt, exécution d’un travail gratuit
au profit du fonctionnaire, ristourne sur un produit. Ou indirect : acquittement
d’une dette, embauche d’un proche.
•L
es éléments constitutifs sont similaires, l’élément matériel de l’infraction
consistant pour l’agent public à solliciter ou accepter, sans droit, à tout moment,
directement ou indirectement tout avantage pour lui-même ou pour autrui en
indiquant pouvoir exercer une influence sur la décision d’une autorité.
3) Élément moral
• Il s’agit d’une infraction intentionnelle qui suppose que l’auteur ait recherché
l’effet escompté de l’infraction.
Peines
•L e trafic d’influence actif comme passif est puni de 10 ans ans d’emprisonnement et de
1 000 000 d’euros d’amende, ce montant pouvant être porté au double du produit tiré de
l’infraction.
• Peines complémentaires pour les personnes physiques : l’interdiction des droits civils, civiques
et de famille, l’interdiction d’exercer une fonction publique ou l’activité professionnelle ou
sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise
(cette interdiction ne peut pas toucher le mandat électif ou les responsabilités syndicales),
l’interdiction d’exercer une profession commerciale ou industrielle et de gérer une entreprise
commerciale ou industrielle, l’affichage de la décision, la confiscation des sommes ou objets
irrégulièrement reçus par l’auteur de l’infraction, à l’exception des objets susceptibles de
restitution (articles 432-17, 433-22 et 433-23 du code pénal). L’inéligibilité est également
prévue de plein droit (article 131-26-2 du code pénal).
• Peines complémentaires pour les personnes morales reconnues coupables de corruption
active prévues aux articles 433-25 et 26 : affichage ou diffusion de la décision, confiscation,
interdiction d’exercer certaines activités dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle
l’infraction a été commise, placement sous surveillance judiciaire, fermeture d’établissement,
exclusion des marchés publics, interdiction de proposer des titres financiers au public,
interdiction partielle d’utiliser certains moyens de paiement. Obligation de se soumettre à
un programme de mise en conformité de ses mesures de prévention et de détection de la
corruption, sous le contrôle de l’AFA (article 131-39-2 du code pénal).
Textes et références
•L
’article 432-11 2° du code pénal définit le trafic d’influence passif par un agent public
comme « le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique, chargée d’une mission
de service public, ou investie d’un mandat électif public, de solliciter ou d’agréer, sans droit,
à tout moment, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des
présents ou des avantages quelconques pour elle-même ou pour autrui (…) pour abuser
ou avoir abusé de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d’une autorité
ou d’une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre
décision favorable ».
•L
’article 433-1 2° du code pénal définit le trafic d’influence actif comme « le fait, par
quiconque, de proposer sans droit, à tout moment, directement ou indirectement, des offres,
des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques à une personne
dépositaire de l’autorité publique, chargée d’une mission de service public ou investie d’un
mandat électif public, pour elle-même ou pour autrui (…) pour qu’elle abuse, ou parce qu’elle
a abusé, de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d’une autorité ou d’une
administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision
favorable».
FAVORITISME
Résumé
1) Conditions préalables
2) Élément matériel
3) Élément moral
• Il s’agit d’une infraction intentionnelle caractérisée dans son élément moral par
la violation en connaissance de cause des règles susvisées.
• Cependant, dans la mesure où « nul n’est censé ignorer la loi », la jurisprudence
présume que l’auteur avait connaissance des règles des marchés publics et
l’erreur de droit n’est que très rarement admise.
• L’infraction est constituée quel que soit le mobile (le but recherché par l’auteur
de l’infraction), même en l’absence d’enrichissement personnel ou de préjudice
pour la collectivité.
Peines
•C e délit est puni de 2 ans d’emprisonnement et de 200 000 euros d’amende dont le montant
peut être porté au double du produit tiré de l’infraction.
• Peines complémentaires prévues à l’article 432-17 du code pénal : l’interdiction des droits civils,
civiques et de famille, l’interdiction d’exercer une fonction publique ou l’activité professionnelle
ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise
(cette interdiction ne peut pas toucher le mandat électif ou les responsabilités syndicales),
l’interdiction d’exercer une profession commerciale ou industrielle et de gérer une entreprise
commerciale ou industrielle, la confiscation des sommes ou objets irrégulièrement reçus par
l’auteur de l’infraction, à l’exception des objets susceptibles de restitution.
Textes et références
•L
’article 432-14 du code pénal définit le favoritisme comme « le fait par une personne
dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ou investie d’un
mandat électif public ou exerçant les fonctions de représentant, administrateur ou agent de
l’État, des collectivités territoriales, des établissements publics, des sociétés d’économie mixte
d’intérêt national chargées d’une mission de service public et des sociétés d’économie mixte
locales ou par toute personne agissant pour le compte de l’une de celles susmentionnées de
procurer ou de tenter de procurer à autrui un avantage injustifié par un acte contraire aux
dispositions législatives ou réglementaires ayant pour objet de garantir la liberté d’accès et
l’égalité des candidats dans les marchés publics et les délégations de service public. »
Résumé
L’objectif poursuivi par cette infraction est de prohiber la confusion entre les intérêts personnels
et l’intérêt général dans la gestion des affaires publiques. Elle vise à réprimer ceux qui s’exposent
au soupçon de partialité et qui se placent, en connaissance de cause, dans une situation où leur
intérêt propre est susceptible d’être regardé comme entrant en conflit avec l’intérêt public dont
ils ont la charge.
1) Conditions préalables
2) Élément matériel
• Cet intérêt peut être direct (par exemple, un maire qui octroie une subvention à
une association dont il est président).
• Il peut être indirect lorsqu’il est détenu par un proche de l’agent public (par
exemple, un marché public attribué par une mairie à une entreprise dirigée par
le gendre du maire, ou encore le fait pour un élu d’attribuer un logement social
à un de ses proches).
• Il peut même s’agir d’un intérêt simplement moral, lorsque l’agent prend une
décision avantageuse relative à une entreprise dirigée par un de ses amis.
3) Élément moral
Il faut une intention de commettre l’infraction. Il n’est pas exigé que l’intéressé en ait tiré un
profit personnel, ni qu’il se soit enrichi.
Peines
•C e délit est puni de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 000 euros, dont le
montant peut être porté au double du produit tiré de l’infraction.
• Peines complémentaires prévues à l’article 432-17 du code pénal : l’interdiction des droits civils,
civiques et de famille, l’interdiction d’exercer une fonction publique ou l’activité professionnelle
ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise
(cette interdiction ne peut pas toucher le mandat électif ou les responsabilités syndicales),
l’interdiction d’exercer une profession commerciale ou industrielle et de gérer une entreprise
commerciale ou industrielle, la confiscation des sommes ou objets irrégulièrement reçus par
l’auteur de l’infraction, à l’exception des objets susceptibles de restitution.
Textes et références
•L
’article 432-12 du code pénal définit la prise illégale d’intérêts comme le fait « par une
personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ou par
une personne investie d’un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement
ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle
a, au moment de l’acte, en tout ou partie, la charge d’assurer la surveillance, l’administration,
la liquidation ou le paiement ».
Résumé
Il s’agit d’une forme de prise illégale d’intérêts commise par la personne qui a quitté ses
fonctions publiques depuis moins de trois ans. Il s’agit d’éviter, pour un agent public chargé de
surveiller ou de contracter avec une entreprise privée, d’avantager cette dernière dans l’espoir
d’une embauche à brève échéance, de la détention de parts sociales ou de la possibilité d’y
exercer un travail de conseil.
1) Conditions préalables
2) Élément matériel
Le délai
• Le délit nécessite que la prise d’intérêts ait lieu avant l’expiration d’un délai de
trois ans suivant la cessation de fonctions.
3) Élément moral
Peines
•C e délit est puni de trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 200 000 euros, dont le
montant peut être porté au double du produit tiré de l’infraction.
• Peines complémentaires prévues à l’article 432-17 du code pénal : l’interdiction des droits civils,
civiques et de famille, l’interdiction d’exercer une fonction publique ou l’activité professionnelle
ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise
(cette interdiction ne peut pas toucher le mandat électif ou les responsabilités syndicales),
l’interdiction d’exercer une profession commerciale ou industrielle et de gérer une entreprise
commerciale ou industrielle, la confiscation des sommes ou objets irrégulièrement reçus par
l’auteur de l’infraction, à l’exception des objets susceptibles de restitution.
Textes et références
L’article 432-13 du code pénal définit le pantouflage comme le fait « par une personne ayant
été chargée, en tant que membre du gouvernement, membre d’une autorité administrative
indépendante ou d’une autorité publique indépendante, titulaire d’une fonction exécutive locale,
fonctionnaire, militaire ou agent d’une administration publique, dans le cadre des fonctions
qu’elle a effectivement exercées, soit d’assurer la surveillance ou le contrôle d’une entreprise
privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une entreprise privée ou de formuler
un avis sur de tels contrats, soit de proposer directement à l’autorité compétente des décisions
relatives à des opérations réalisées par une entreprise privée ou de formuler un avis sur de telles
décisions, de prendre ou de recevoir une participation par travail, conseil ou capitaux dans l’une
de ces entreprises avant l’expiration d’un délai de trois ans suivant la cessation de ces fonctions ».
DÉTOURNEMENT DE BIENS
OU DE FONDS PUBLICS
Résumé
1) Conditions préalables
2) Élément matériel
Il est nécessaire que les biens détournés se soient trouvés entre les mains du prévenu « en
raison de ses fonctions ou de sa mission » ce qui revient à examiner les textes légaux ou
réglementaires qui déterminent les pouvoirs de la personne dont il s’agit, car c’est par eux que
se précise le contour exact des fonctions ou de la mission dont le titulaire a abusé.
•L
a destruction englobe tout acte par lequel le coupable anéantit complètement
le bien qui lui a été remis. La tentative s’appliquera à une destruction partielle.
3) Élément moral
Il s’agit d’une infraction intentionnelle caractérisée dans son élément moral par la connaissance
chez le prévenu du détournement des sommes qu’il avait sous sa garde. Il n’est ainsi pas exigé
que l’intéressé en ait tiré un profit personnel, ni même qu’il ait eu l’intention de s’approprier les
fonds. Le code pénal prévoit une infraction spécifique lorsque les faits sont commis de manière
non intentionnelle (article 432-16 du code pénal).
Peines
• Ce
délit est puni de 10 ans d’emprisonnement et de 1 000 000 euros d’amende, dont le
montant peut être porté au double du produit de l’infraction lorsque l’infraction est commise
par une personne publique (cf. supra). 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende
lorsqu’elle est commise par une autre personne.
• Peines complémentaires prévues à l’article 432-17 du code pénal : l’interdiction des droits civils,
civiques et de famille, l’interdiction d’exercer une fonction publique ou l’activité professionnelle
ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise
(cette interdiction ne peut pas toucher le mandat électif ou les responsabilités syndicales),
l’interdiction d’exercer une profession commerciale ou industrielle et de gérer une entreprise
commerciale ou industrielle, la confiscation des sommes ou objets irrégulièrement reçus par
l’auteur de l’infraction, à l’exception des objets susceptibles de restitution.
Textes et références
•L
’article 432-15 du code pénal définit le détournement de biens ou de fonds publics par une
personne publique comme le fait « par une personne dépositaire de l’autorité publique ou
chargée d’une mission de service public, un comptable public, un dépositaire public ou l’un
de ses subordonnés, de détruire, détourner ou soustraire un acte ou un titre, ou des fonds
publics ou privés, ou effets, pièces ou titres en tenant lieu, ou tout autre objet qui lui a été
remis en raison de ses fonctions ou de sa mission ».
• L’article 432-16 du code pénal incrimine les mêmes faits lorsqu’ils sont commis par négligence :
« Lorsque la destruction, le détournement ou la soustraction par un tiers des biens visés à
l’article 432-15 résulte de la négligence d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou
chargée d’une mission de service public, d’un comptable public ou d’un dépositaire public ».
Dans cette hypothèse, l’infraction est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros
d’amende.
•L
’article 433-4 du code pénal définit le détournement de biens ou de fonds publics par toute
autre personne comme le fait « de détruire, détourner ou soustraire un acte ou un titre, ou des
fonds publics ou privés, ou des effets, pièces ou titres en tenant lieu ou tout autre objet, qui
ont été remis, en raison de ses fonctions, à une personne dépositaire de l’autorité publique ou
chargée d’une mission de service public, à un comptable public, à un dépositaire public ou à
l’un de ses subordonnés ». L’infraction est alors punie de sept ans d’emprisonnement et de
100 000 euros d’amende.
CONCUSSION
Résumé
La concussion est une infraction qui vise essentiellement l’activité des comptables publics. Elle
consiste à réclamer en toute connaissance de cause un impôt, une taxe, une perception de
droits non dus ou à accorder une franchise d’impôts en violation de la loi.
1) Conditions préalables
2) Élément matériel
• Il existe deux formes de concussion, soit en exigeant une somme que l’auteur
sait ne pas être due, soit en accordant une exonération ou une franchise. Tel est
le cas pour un agent public qui procède au recouvrement d’une créance qu’il
sait prescrite ou qui dispense un fonctionnaire du paiement des loyers de son
logement de fonction.
• S’agissant de la nature des fonds, le texte vise les droits, contributions, impôts
ou taxes publics. Ces expressions recouvrent notamment le traitement ou les
indemnités d’un fonctionnaire.
3) Élément moral
• Il s’agit d’une infraction intentionnelle qui suppose que l’auteur ait eu conscience
du caractère indu de la somme qu’il a exigé de percevoir ou dont il a exonéré la
perception.
Peines
• Ce
délit est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 500 000 euros d’amende dont le montant
peut être porté au double du produit tiré de l’infraction.
• Peines complémentaires prévues à l’article 432-17 du code pénal : l’interdiction des droits civils,
civiques et de famille, l’interdiction d’exercer une fonction publique ou l’activité professionnelle
ou sociale dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de laquelle l’infraction a été commise
(cette interdiction ne peut pas toucher le mandat électif ou les responsabilités syndicales),
l’interdiction d’exercer une profession commerciale ou industrielle et de gérer une entreprise
commerciale ou industrielle, la confiscation des sommes ou objets irrégulièrement reçus par
l’auteur de l’infraction, à l’exception des objets susceptibles de restitution.
Textes et références
Pour alerter sur des faits d’atteinte à la probité trois possibilités s’offrent à l’agent :
Le dispositif de recueil des alertes et signalements est une procédure structurée interne ou
externe à l’organisation pour faire connaître les alertes graves. Il est assorti d’une protection
renforcée.
À qui s’applique-t-il ?
Les entités suivantes sont tenues de mettre en place un recueil des alertes et signalements,
selon l’article 8 de la loi du 9 décembre 2016 et le décret du 19 avril 2017 :
•les personnes morales de droit public ou de droit privé d’au moins 50 agents
ou salariés ;
• les administrations de l’État, services à compétence nationale, services
déconcentrés, les autorités administratives indépendantes et autorités
publiques indépendantes d’au moins 50 agents ;
• les communes de plus de 10 000 habitants, départements et régions ;
• les établissements publics en relevant ainsi que les EPCI à fiscalité propre
regroupant au moins une commune de plus de 10 000 habitants.
94
Article 8 de la loi du 9 décembre 2016
Il s’agit d’une personne physique95 (salarié, fonctionnaire, agent public, collaborateur extérieur
ou occasionnel, stagiaire, apprenti) en relation de travail.
Pour bénéficier du statut de lanceur d’alerte et de sa protection, il est impératif d’avoir respecté
les étapes prévues dans les procédures.
2ème Niveau
« Alerte externe »
1er Niveau
« Alerte interne » Saisine de l’autorité judiciaire, de l’autorité
Absence de réponse
dans un délai raisonnable administrative ou des ordres professionnels
Saisine du supérieur
hiérarchique (direct ou Absence de réponse
dans les 3 mois
indirect) ou
du référent alerte 3ème Niveau
« Divulgation publique »
[Link]
Un référent alerte doit obligatoirement être désigné par les collectivités et établissements soumis
à l’obligation de mise en œuvre d’une procédure de recueil des alertes (voir ci-dessus « A qui
s’applique-t-il ? »).
Selon l’article 6 de la loi du 9 décembre 2016, « un lanceur d’alerte est une personne physique qui révèle ou signale, de manière
95
désintéressée et de bonne foi, un crime ou un délit, une violation grave et manifeste d’un engagement international régulièrement
ratifié ou approuvé par la France, d’un acte unilatéral d’une organisation internationale pris sur le fondement d’un tel engagement,
de la loi ou du règlement, ou une menace ou un préjudice, graves pour l’intérêt général, dont elle a eu personnellement
connaissance ».
Traitement
• Résolution au niveau de l’entité saisie ou
transmission aux autorités compétentes.
• Sanction et engagement de poursuites le
cas échéant.
Le dispositif d’alerte interne est une procédure mise en œuvre par les organisations. Il vise
à signaler les situations contraires au code de conduite. C’est un outil à la fois de détection
d’atteintes à la probité et de prévention, orientant le personnel qui s’interroge sur le
comportement à adopter dans une situation à risque.
Il doit être mis en place par les entités soumises à l’obligation de se doter d’un programme
anticorruption (articles 3 3° et 17 II de la loi du 9 décembre 2016) :
• toutes les administrations de l’État et leurs établissements publics ;
• les collectivités territoriales, leurs établissements publics et sociétés d’économie mixte ;
• les associations et fondations reconnues d’utilité publique ;
• les sociétés et établissements publics industriels et commerciaux employant au moins
500 salariés, ou appartenant à un groupe de sociétés dont la société mère a son siège social
en France et dont l’effectif comprend au moins 500 salariés, et dont le chiffre d’affaires est
supérieur à 100 millions d’euros.
Le contenu du dispositif
Les recommandations de l’AFA indiquent que le dispositif d’alerte doit préciser les points
suivants :
• le rôle du supérieur hiérarchique ;
• le référent fonctionnel désigné pour recueillir les alertes au sein de l’organisation ;
• les dispositions prises pour garantir la confidentialité de l’identité de l’auteur du signalement,
des faits objets du signalement et des personnes visées par le signalement ;
• les modalités de transmission des informations ou documents à l’appui du signalement.
• les dispositions prises pour informer l’auteur du signalement de la réception de l’alerte,
du délai nécessaire à l’examen de sa recevabilité ou de la clôture de la procédure, le cas
échéant ;
• les mesures prévues pour la destruction des éléments d’identification du dossier, dans les
deux mois, si aucune suite n’a été donnée ;
• l’éventuelle mise en place d’un traitement automatisé des signalements, conforme à la
réglementation relative aux données personnelles ;
• le cas échéant, la politique relative au traitement des signalements anonymes.
Pour les entités concernées par les deux obligations (mise en œuvre d’un
dispositif de protection des lanceurs d’alerte et d’un dispositif d’alerte en
cas de manquement au code de conduite), il est possible de mettre en
place un seul et unique dispositif de recueil de ces signalements.
Il convient de distinguer le régime du lanceur d’alerte qui demeure une faculté pour les agents
publics, de l’obligation de faire un signalement reposant sur le fonctionnaire ou l’agent public.
Dans cette dernière hypothèse, l’agent public est tenu d’informer sans délai le procureur de la
République des faits constituant un crime ou un délit dont il a eu la connaissance.
Quelle obligation ?
Aux termes de l’article 40 alinéa 2 du code de procédure pénale (CPP), « toute autorité
constituée, tout officier public ou fonctionnaire, qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert
la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la
République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes
qui y sont relatifs ».
Dans cette hypothèse, l’agent n’est pas contraint de porter le signalement à la connaissance de
sa hiérarchie directe ou indirecte. Bien que l’article 40 du code de procédure pénale ne définisse
pas de procédure particulière, l’agent public peut néanmoins adresser son signalement au
procureur de la République par l’intermédiaire de son responsable hiérarchique, à condition
toutefois que ce dernier le lui adresse dans le « respect des exigences de l’article 40 du CPP »96.
Le fait de lancer une alerte dans le cadre du dispositif prévu pour les lanceurs d’alerte, ne
décharge pas l’agent de sa responsabilité d’alerter le procureur de la République.
L’acheteur public peut dans l’exercice de ses fonctions, être confronté à la découverte
personnelle de crimes ou délits, d’atteintes à la probité pour lesquels il devra informer sans
délai le procureur de la République (par exemple détournement de fonds publics découverts
lors d’une vérification de service fait, corruption passive ou pacte de corruption entre une
entreprise et un intervenant du cycle des achats, prise illégale d’intérêts entre un acteur du
cycle des achats et intérêt avec une entreprise tiers attributaire d’un marché …).
Il est fortement recommandé - sans que cela ne soit une obligation - d’informer l’autorité
hiérarchique afin que des mesures conservatoires ou des sanctions disciplinaires soient prises
sans délai à l’encontre des agents ou services fautifs (suspension des agents, déclenchement
d’une procédure d’audit interne …).
La procédure
Dans ces conditions, Il est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République.
96
Cass. crim. 14 déc. 2000, n° 00-86.595
97
Circulaire du 19 juillet 2018 relative à la procédure de signalement des alertes émises par les agents publics dans le cadre des
articles 6 à 15 de la loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie
économique.
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Guide de l’achat public : Maîtriser le risque de corruption dans le cycle de l’achat public Juin 2020
Le cadre juridique
L’Agence française anticorruption (AFA) est un service à compétence nationale créé par
la loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la
modernisation de la vie économique. Elle est placée sous l’autorité du ministre chargé du
budget et du ministre de la justice.
Son rôle : aider les autorités compétentes et les personnes qui y sont confrontées à prévenir et
à détecter les faits de corruption, de trafic d’influence, de concussion, de prise illégale d’intérêts,
de détournement de fonds publics et de favoritisme (article 1er de la loi du 9 décembre 2016).
Ces six infractions sont qualifiées d’atteinte à la probité.
Le directeur de l’AFA est un magistrat hors hiérarchie de l’ordre judiciaire nommé par décret
du Président de la République pour une durée de six ans non renouvelable. Dans l’exercice
de ses missions de contrôle, il ne peut ni recevoir, ni solliciter d’instruction d’aucune autorité
administrative ou gouvernementale.
L’AFA centralise et diffuse des informations permettant d’aider à prévenir et à détecter les
atteintes à la probité
L’agence élabore des recommandations afin d’aider les personnes morales de droit public et
de droit privé à prévenir et à détecter les atteintes à la probité
L’agence apporte son appui aux administrations de l’État, aux collectivités territoriales et à
toute personne physique ou morale
Missions de contrôle
L’AFA contrôle les acteurs économiques L’AFA contrôle les acteurs publics
(article 17 de la loi du 9 décembre 2016) (article 3 de la loi du 9 décembre 2016)
L’Agence contrôle la qualité et l’efficacité des procédures mises en œuvre pour prévenir
et détecter les atteintes à la probité, imposées par les articles 3 et 17 de la loi du 9 décembre
2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la
vie économique :
• code de conduite, dispositif d’alerte interne, cartographie des risques, procédures
d’évaluation des tiers, procédures de contrôle comptables, dispositif de formation,
régime disciplinaire, dispositif de contrôle et d’évaluation interne des mesures mises en
œuvre.
Elle établit un rapport qui contient des observations et des recommandations, le cas échéant.
Suites possibles au contrôle des acteurs Suites possibles au contrôle des acteurs
économiques publics
La lutte contre la corruption dans le cycle de l’achat public a fait l’objet d’une attention
particulière des organisations internationales. Ces dernières ont ainsi adopté plusieurs textes
contraignants (convention internationale, directive) ou incitatifs, visant à promouvoir l’intégrité
dans les marchés publics.
98
«F
ait que les moyens financiers, humains, et matériels ainsi que les pouvoirs sont utilisés aux fins officiellement prévues et de
façon éclairée, conformément à l’intérêt général et aux principes généraux de bonne gouvernance. »
2 Conseil de l’Europe
Après un examen des problèmes systématiques existant dans la passation de marchés publics
aux niveaux local et régional, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux invite les entités
publiques :
•à
mettre en place des dispositifs de contrôle interne et des mécanismes d’évaluation ;
•à
renforcer la transparence en publiant les données et des informations relatives aux
marchés publics à toutes les étapes du processus afin d’encourager le contrôle du public ;
•à
évaluer les risques de corruption liés à la passation des marchés publics ;
•à
encourager la formation des responsables politiques et des agents publics en charge du
contrôle de passation des marchés sur les risques éthiques liés à leur conduite ;
•à
disposer de règles claires sur ce qui constitue un conflit d’intérêts pour les fonctionnaires
et les élus participant à la passation de marchés, imposant a minima la déclaration des
intérêts et le retrait des processus décisionnels, et à réglementer le pantouflage ;
•à
introduire des codes de conduite destinés à l’ensemble des parties prenantes afin de
préciser les règles à respecter en matière d’éthique. Ceux-ci prévoiraient, par exemple,
l’interdiction d’accepter des récompenses, cadeaux et autres avantages ;
•à
introduire des procédures de signalement garantissant la confidentialité et la protection
de la personne ayant fait état de soupçons d’actes répréhensibles.
Le document : [Link]
Cette convention incrimine les conduites relatives à la corruption. Les Etats membres sont
tenus de prévoir des incriminations relatives aux différentes formes de corruption, notamment
la corruption d’agent public (national ou d’un État étranger) et des sanctions. La convention
prévoit également les modalités d’entraide pénale entre États.
Le document : [Link]
Résolution (97) 24, du 6 novembre 1997 du Comité des ministres du Conseil de l’Europe,
portant sur les vingt principes directeurs pour la lutte contre la corruption.
Afin d’acter la déclaration du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de 1997 établissant
un plan d’action « Lutte contre la corruption et le crime organisé », vingt principes sont énoncés,
dont un principe 14, visant à faire « adopter des procédures relatives aux marchés publics d’une
transparence adéquate pour favoriser une concurrence loyale et décourager les corrupteurs ».
Dans l’objectif de rendre effectifs ces principes, le Comité demande également « aux autorités
nationales d’appliquer ces principes dans la législation et dans la pratique de leurs pays ».
Le document : [Link]
Afin que soient respectées les directives de 2014 relatives à la commande publique, la
Commission encourage la professionnalisation des acheteurs publics ainsi que le renforcement
de la transparence et de l’intégrité du cycle de l’achat.
Le document : [Link]
La passation des marchés publics et des concessions par les autorités des Etats membres
doit être conforme aux principes du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ainsi,
les procédures doivent prendre en compte le principe de transparence, duquel découle celui
d’intégrité. La notion de corruption est directement visée, dans les textes, notamment dans le
choix de la procédure et les motifs d’exclusion des participants. Les textes européens qualifient
notamment d’irrégulière toute offre comportant des éléments manifestes de collusion ou de
corruption.
Le document : [Link]
GLOSSAIRE
A
ACHAT PUBLIC
Ensemble des achats réalisés par les services de l’État, les collectivités territoriales et leurs
établissements publics, les personnes morales de droit public, les sociétés d’économies
mixte et les organismes de sécurité sociale, pour la satisfaction de leurs besoins et ceux
des destinataires de l’action ou des politiques publiques. Ces achats prennent notamment
la forme de marchés publics.
ACHETEUR PUBLIC
Au sens du présent guide, personne qui définit, met en oeuvre des stratégies achat de
toute nature en vue de satisfaire les besoins qualitatifs et quantitatifs des services et de
contribuer à la performance des achats dans le respect du droit de la commande publique.
L’acheteur public est chargé de piloter les projets achat et de suivre leur exécution, de me-
surer leur performance, de mener la veille économique, notamment en analysant les mar-
chés fournisseurs. Il cherche à promouvoir les marchés disponibles auprès des utilisateurs
et mesure leur degré de satisfaction. Il coordonne, en liaison avec les prescripteurs et les
approvisionneurs-achat, la définition du juste besoin. Lorsqu’il est chargé de la procédure
de contractualisation, il rédige les documents de la consultation, analyse les offres, négocie
(le cas échéant) et sélectionne les offres attributaires.
(D’après le guide de l’achat public relatif au sourcing opérationnel)
AGENT PUBLIC
`
Personne exerçant ses fonctions ou missions au service d’une administration publique. On
distingue différentes catégories (fonctionnaires, stagiaires, agents contractuels). Tout agent
public est soumis aux obligations déontologiques et au statut de la fonction publique.
ALERTE INTERNE
ANTICORRUPTION
Notion désignant les politiques de lutte contre la corruption, c’est-à-dire l’ensemble des
mécanismes visant à prévenir et sanctionner les manquements au devoir de probité. Elle
constitue une obligation pour les acteurs publics et certaines entreprises depuis la loi
n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption
et à la modernisation de la vie économique.
APPROVISIONNEUR
ATTEINTES À LA PROBITÉ
Ensemble des infractions relevant de la section du code pénal consacrée aux manque-
ments au devoir de probité. Ces délits sont définis aux articles 432-10 à 432-17 du code
pénal et regroupent :
• la concussion ;
• la corruption et le trafic d’influence ;
• la prise illégale d’intérêts et le pantouflage ;
• les atteintes à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés pu-
blics et les contrats de concessions (délit de favoritisme) ;
• la destruction ou le détournement de biens publics.
Cf. définition détaillée, annexe, p. 112 à 128
AUDIT INTERNE
Activité indépendante et objective qui donne à une organisation une assurance sur le degré
de maîtrise de ses opérations et lui apporte ses conseils pour l’améliorer. L’audit interne
s’assure que les dispositifs de contrôle interne d’une organisation sont efficaces.
(D’après Comité d’harmonisation de l’audit interne de l’État, « Normes de qualification et
de fonctionnement du cadre de référence de l’audit interne dans l’administration de l’État »,
voir fiche contrôle interne et audit interne p. 62)
B
BILAN D’EXÉCUTION
Synthèse réalisée durant ou à l’issue de l’exécution d’un marché public permettant de re-
censer les opérations réalisées, les éventuels écarts par rapport au budget prévisionnel
ainsi que leurs causes et les événements majeurs survenus durant le marché (avenants,
pénalités …). Il peut comprendre un volet déontologique. Il est préconisé de l’établir collé-
gialement et d’en assurer la traçabilité.
C
CAHIER DES CHARGES
Document contractuel contenant le besoin à satisfaire ainsi que les exigences et les
contraintes à respecter dans le cadre d’un projet d’achat. En matière de marchés publics,
il correspond au cahier des clauses administratives particulières et au cahier des clauses
techniques particulières (ou au cahier des clauses particulières lorsque ces documents sont
fusionnés).
CANDIDAT
Opérateur économique qui demande à participer ou est invité à participer à une procédure
de passation d’un contrat de la commande publique.
(D’après l’article L. 1220-2 du code de la commande publique)
CODE DE CONDUITE
Document recueillant les engagements et principes adoptés par une entité en matière de
prévention et de détection des faits d’atteinte à la probité. Outre un rappel des obligations
déontologiques et de leur mise en œuvre pratique, il aborde également les modalités de
gestion des principaux risques identifiés grâce à la cartographie des risques. Il définit la
politique de l’entité en matière de gestion de cadeaux, invitations et autres avantages.
Il rappelle les modalités de signalement ainsi que les sanctions disciplinaires et pénales
susceptibles d’être encourues en cas de manquement aux règles du code de conduite ou
d’atteinte à la probité.
(Sources AFA, Recommandation code de conduite. Voir fiche Mise en œuvre des obliga-
tions déontologiques et code de conduite, p.37)
COMMANDE PUBLIQUE
Ensemble des contrats conclus à titre onéreux par un acheteur ou une autorité concédante,
pour répondre à ses besoins en matière de travaux, de fournitures ou de services, avec
un ou plusieurs opérateurs économiques. Les contrats de la commande publique sont les
marchés publics et les concessions définis au livre Ier de la première partie du code de la
commande publique, quelle que soit leur dénomination. Ils sont régis par ce même code et,
le cas échéant, par des dispositions particulières.
(Cf. article L. 2 du code de la commande publique)
Pour les collectivités territoriales et les établissements publics locaux, structure collégiale
composée de membres à voix délibérative et, le cas échéant, consultative. Elle a une com-
pétence d’attribution en matière de marchés publics. Voir notamment l’article L. 1414-2 du
code général des collectivités territoriales.
CONCUSSION
Infraction pénale réprimant le fait pour un agent public de profiter de sa fonction pour
percevoir sciemment des sommes indues ou de s’abstenir de percevoir des sommes dues
(article 432-10 du code pénal). Pour une définition détaillée, voir annexe, p.127
CONFLIT D’INTÉRÊTS
Toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui
est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif
d’une fonction. D’après l’article 2 de la loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la
vie publique, repris par la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie, droits et obligations
des fonctionnaires.
Ensemble des mesures prises par une entité et sa direction dans le but de répondre aux
exigences posées par les lois et règlements, ainsi que par toute autre norme ou valeur dont
l’inobservance ou le non-respect risquerait d’entraîner des conséquences négatives pour
l’entité et ses dirigeants telles que dommage financier, perte de réputation, mise en jeu de
sa responsabilité civile et pénale.
Adapté de la définition du terme compliance donnée par B. Fasterling, « Compliance – Vers
une formalisation », in C. Roquilly, La contribution des juristes et du droit à la performance
de l’entreprise, Joly éditions, 2011
CONTRÔLE INTERNE
Au sein des administrations d’État, ensemble des dispositifs formalisés et permanents qui
visent à maîtriser les risques liés à la réalisation des objectifs de chaque ministère.
(Cf. article 1er du décret du 28 juin 2011 relatif à l’audit interne dans l’administration. Voir fiche
contrôle interne et audit interne, p. 62)
CORRUPTION
• Au sens strict
Infraction pénale réprimant le fait pour un agent public de demander ou d’accepter
un avantage quelconque en contrepartie de l’accomplissement ou du non accom-
plissement d’un acte de sa fonction (433-1 1° et 432-11 1° du code pénal). Il existe
différentes formes de corruption, qui peuvent mettre en cause un agent public,
un salarié d’une entreprise privée, un agent public étranger ou international, un
magistrat. La corruption est dite « active » lorsqu’elle désigne l’action du corrupteur
et « passive » lorsqu’elle vise l’action du corrompu.
• Au sens large
Dans le langage courant, ensemble des manquements au devoir de probité :
corruption, trafic d’influence, concussion, prise illégale d’intérêts, détournement de
fonds publics et favoritisme.
Cf. définition détaillée p.112
Caractéristiques objectives retenues par le pouvoir adjudicateur pour évaluer les offres
qui lui sont soumises afin d’attribuer un marché public. L’article L. 2152-7 du code de la
commande publique prévoit ainsi que le marché est attribué au soumissionnaire ou, le cas
échéant, aux soumissionnaires qui ont présenté l’offre économiquement la plus avanta-
geuse sur la base d’un ou plusieurs critères objectifs, précis et liés à l’objet du marché ou à
ses conditions d’exécution.
(Cf. article L. 2152-7 du code de la commande publique)
Principe selon lequel un agent public (fonctionnaire ou contractuel) doit consacrer l’inté-
gralité de son activité professionnelle à son emploi dans la fonction publique. Toutefois,
il peut être autorisé, sous certaines conditions, à exercer d’autres activités (lucratives ou
non).
Le décret du 27 janvier 2017 relatif à l’exercice d’activités privées par des agents publics et
certains agents contractuels de droit privé ayant cessé leurs fonctions, aux cumuls d’ac-
tivités et à la commission de déontologie de la fonction publique comporte une liste des
activités susceptibles d’être exercées à titre accessoire. Il précise le rôle de la commission
de déontologie de la fonction publique, chargée de rendre des avis ou de formuler des re-
commandations sur les situations de cumul d’emplois.
Ensemble des étapes successives et/ou interdépendantes d’un marché public comprenant :
• la phase de préparation : sourcing, benchmarking, définition et détermination du
besoin, de la procédure, rédaction des pièces du marché public ;
• la phase de passation : mesures de publicité, analyse des candidats et des offres,
attribution et notification du marché public ;
• la phase d’exécution : suivi d’exécution des prestations, modifications éventuelles
en cours de contrat …
Cf. schéma du cycle des achats publics p. 7
D
DÉCIDEUR (DANS LE CYCLE DE L’ACHAT PUBLIC)
DÉCLARATION D’INTÉRÊTS
Document recensant l’ensemble des activités, des fonctions, des mandats et des partici-
pations du déclarant. Les liens d’intérêts peuvent être familiaux, professionnels, moraux ou
financiers. Elle est rendue obligatoire depuis la loi du 11 octobre 2013 relative à la transpa-
rence de la vie publique pour certains élus et agents publics et prévue également par la
loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires.
Ne pas déclarer ou omettre une partie substantielle de ses intérêts est un délit puni de
trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Une peine d’inéligibilité de 10
ans peut également être prononcée ainsi que l’interdiction d’exercer une fonction publique.
DÉMATÉRIALISATION
Les marchés publics dont la valeur estimée est égale ou supérieure à 40 000 euros HT
doivent être passés par voie dématérialisée. Sauf exceptions, cela recouvre la mise à disposi-
tion des documents de consultation, la transmission des candidatures et des offres, tous les
échanges avec les entreprises (questions/réponses) ainsi que les notifications des décisions.
Les marchés de défense ou de sécurité ne sont pas soumis à cette obligation.
DÉONTOLOGIE
La déontologie désigne l’ensemble des règles ou devoirs qui gèrent la conduite à tenir pour
les membres d’une profession ou pour les individus chargés d’une fonction. Elle constitue
le socle commun des valeurs d’une profession.
L’article 1 de la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des
fonctionnaires vient réécrire les dispositions de l’article 25 de la loi du 13 juillet 1983 portant
droits et obligations des fonctionnaires et intégrer dans le statut de la fonction publique
l’obligation pour tout agent d’agir avec dignité, impartialité, intégrité et probité, ainsi que
de respecter les principes de neutralité et de laïcité.
(Source Association nationale des directeurs et directeurs des centres de gestion de la
fonction publique territoriale, La déontologie dans la fonction publique territoriale).
DÉPORT
Fait pour un agent public ou un élu se trouvant dans une situation de conflit d’intérêts de
s’abstenir de connaître d’une situation et d’exercer certains actes de sa fonction. Le régime
du déport des agents publics est prévu par l’article 25 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant
droits et obligations des fonctionnaires, celui des élus aux articles 5 et 6 du décret du 31
janvier 2014 portant application de l’article 2 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 rela-
tive à la transparence de la vie publique.
Délit réprimant le fait pour un agent de détruire, détourner, soustraire ou détruire des fonds
ou des biens publics qui lui ont été remis en raison de ses fonctions ou de sa mission
(articles 432-15, 432-16 et 433-4 du code pénal).
Cf. définition détaillée p. 124
DISPOSITIF ANTICORRUPTION
Ensemble de mesures et procédures rendu obligatoire par la loi du 9 décembre 2016 relative
à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique
pour les grandes entreprises et pour les administrations, destiné à prévenir et détecter les
atteintes à la probité. Ce dispositif de conformité s’appuie sur le référentiel anticorruption
détaillé dans les recommandations de l’Agence française anticorruption. Il s’agit d’un outil
de maîtrise des risques d’atteinte à la probité porté par les instances dirigeantes et qui vient
mettre en cohérence plusieurs dispositifs (cartographie des risques, code de conduite, éva-
luation des tiers, formation, recueil des alertes internes, contrôle et audit internes, régime
disciplinaire, dispositif de contrôle et d’évaluation de ces mesures).
DUE DILIGENCE
E
ENGAGEMENT DES INSTANCES DIRIGEANTES
Décision des cadres dirigeants ou des élus dirigeant une organisation, d’y promouvoir une
culture d’intégrité, de transparence et de conformité, et de mettre en œuvre un programme
de conformité anticorruption. Cet engagement se matérialise notamment par l’approbation
du dispositif de prévention et de détection des atteintes à la probité mais également par :
• l’application d’une politique de tolérance zéro face à tout manquement au devoir
de probité ;
• l’intégration d’une dimension anticorruption dans les procédures de l’entité ;
• une allocation de ressources proportionnée aux enjeux de la lutte contre la corruption ;
• la mise en œuvre d’une communication adaptée.
(Source AFA, recommandation « Engagement de l’instance dirigeante dans la prévention et
la détection de faits de corruption ». Voir fiche Engagement des instances dirigeantes, p. 25)
ENTITÉ ADJUDICATRICE
F
FAVORITISME (OU OCTROI D’UN AVANTAGE INJUSTIFIÉ)
Infraction pénale réprimant le fait pour un agent public ou un élu de ne pas respecter les
règles de la commande publique ayant pour objet de garantir la liberté d’accès et l’égalité
des candidats et conduisant à l’octroi d’un avantage injustifié à une entreprise (article 432-
14 du code pénal).
Cf. définition détaillée p. 118
FONCTIONNAIRE
Personne recrutée par concours (sauf exception, notamment pour le recrutement en caté-
gorie C) pour occuper un emploi permanent de l’administration, d’un établissement public
à caractère administratif ou, cas dérogatoire, de certains établissements publics à caractère
industriel ou commercial.
Parmi l’ensemble des fonctionnaires, ceux des assemblées parlementaires (Sénat et
Assemblée nationale), les magistrats de l’ordre judiciaire et les militaires constituent des
catégories régies par des textes statutaires spécifiques. Les autres relèvent du statut
général de la fonction publique prévu par la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obliga-
tions des fonctionnaires.
La catégorie des fonctionnaires comprend les fonctionnaires stagiaires (avant leur titulari-
sation) et les titulaires de la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière. Cependant,
dans le langage courant, les termes de fonctionnaire et de titulaire sont utilisés comme
équivalents.
(Source définition de la direction générale de l’administration et de la fonction publique)
I
IMPARTIALITÉ
INSTANCES DIRIGEANTES
Personnes exerçant les fonctions de plus hauts représentants de l’exécutif d’une entité ou
appartenant à l’instance collégiale de direction. Ces hauts dirigeants peuvent être élus ou
nommés.
Voir fiche Engagement des instances dirigeantes, p. 25
INTÉGRITÉ
L
LANCEUR D’ALERTE
M
MAÎTRE D’ŒUVRE
Le maître d’œuvre est la personne physique ou morale, publique ou privée, qui, en raison
de sa compétence technique, est chargée par le maître de l’ouvrage ou son mandataire, de
diriger l’exécution des marchés de travaux, de lui proposer leur règlement et de l’assister
lors des opérations de réception ainsi que pendant la période de garantie de parfait achè-
vement.
(Source article 2 du Cahier des clauses administratives générales applicable aux marchés
publics de travaux.)
MAÎTRE D’OUVRAGE
Personne pour le compte de laquelle des travaux ou un ouvrage immobilier sont exécutés.
En matière de marché public, la maîtrise d’ouvrage est en principe assurée par le pouvoir
adjudicateur. Pour les marchés publics complexes, la maîtrise d’ouvrage peut être assurée
par un opérateur économique. Ses attributions sont précisées à l’article L. 2421-1 du code
de la commande publique.
Marché conclu par l’État ou l’un de ses établissements publics et ayant pour objet :
• la fourniture d’équipements, y compris leurs pièces détachées, composants ou
sous-assemblages, qui sont destinés à être utilisés comme armes, munitions ou
matériel de guerre, qu’ils aient été spécifiquement conçus à des fins militaires ou
qu’ils aient été initialement conçus pour une utilisation civile puis adaptés à des
fins militaires ;
• la fourniture d’équipements destinés à la sécurité, y compris leurs pièces déta-
chées, composants ou sous-assemblages, et qui font intervenir, nécessitent ou
comportent des supports ou informations protégés ou classifiés dans l’intérêt de
la sécurité nationale ;
• des travaux, fournitures et services directement liés à un équipement mentionné
au 1° ou au 2°, y compris la fourniture d’outillages, de moyens d’essais ou de sou-
tien spécifique, pour tout ou partie du cycle de vie de l’équipement. Pour l’appli-
cation du présent alinéa, le cycle de vie de l’équipement est l’ensemble des états
successifs qu’il peut connaître, notamment la recherche et développement, le dé-
veloppement industriel, la production, la réparation, la modernisation, la modifica-
tion, l’entretien, la logistique, la formation, les essais, le retrait, le démantèlement
et l’élimination ;
• des travaux et services ayant des fins spécifiquement militaires ou des travaux et
services destinés à la sécurité et qui font intervenir, nécessitent ou comportent
des supports ou informations protégés ou classifiés dans l’intérêt de la sécurité
nationale.
(Source article L. 1113-1 du code de la commande publique)
MARCHÉ PUBLIC
N
NOTIFICATION DU MARCHÉ PUBLIC
Envoi d’une copie du marché public signé à la connaissance du titulaire par tout moyen et
permettant de lui donner une date certaine. En application de l’article R. 2182-4 du code de
la commande publique, cette notification est obligatoire, et le marché prend effet à la date
de réception de la notification.
NEUTRALITÉ
O
OCTROI D’UN AVANTAGE INJUSTIFIÉ
Voir Favoritisme
OPÉRATEUR ÉCONOMIQUE
P
PANTOUFLAGE
Infraction pénale réprimant le fait pour un ancien agent public de prendre ou recevoir une
participation dans une entreprise dont il a exercé la surveillance ou le contrôle, ou avec
laquelle il a conclu des contrats ou sur les opérations de laquelle il a émis des avis dans un
délai de trois ans suivant la cessation de ses fonctions (article 432-13 du code pénal). Cette
participation peut résulter d’un travail, d’un conseil ou d’un investissement de capitaux.
Pour une définition détaillée, voir annexe p. 122
Sanction financière ayant pour but de garantir à l’acheteur le respect par son cocontractant
des stipulations contractuelles.
Toute méconnaissance d’une obligation sur laquelle s’est contractuellement engagé le
titulaire du marché public, peut donner lieu à l’application de pénalités. Celles-ci visent à
inciter les titulaires à respecter leurs engagements. Elles prennent la forme de sanctions
pécuniaires forfaitaires, qui se substituent aux dommages-intérêts.
(Source DAJ, Fiche technique Les pénalités dans les marchés publics)
POUVOIR ADJUDICATEUR
PRESCRIPTEUR
Agent qui définit techniquement les besoins objet du marché, pour son compte et celui
d’autres personnes. Il est souvent placé au sein des directions métiers et peut assister
l’acheteur :
• dans la construction de la consultation ;
• dans l’analyse des offres ;
• dans la veille technique et économique ;
• dans la proposition de pistes d’économies et d’amélioration de la conduite du cycle
de l’achat ;
• dans l’appréciation de la performance des achats.
Infraction pénale réprimant le fait pour un agent de prendre, recevoir ou conserver un in-
térêt personnel dans une affaire dont il a à connaître à l’occasion de ses fonctions (articles
432-12 et 432-13 du code pénal).
Pour une définition détaillée, voir annexe p. 120 à 123
PROBITÉ
Procédure par laquelle un acheteur négocie les conditions du marché public avec un ou
plusieurs opérateurs économiques autorisés à participer aux négociations. Pour les pou-
voirs adjudicateurs, elle peut être mise en œuvre dans certaines hypothèses limitativement
énumérées à l’article R. 2124-3 du code de la commande public. Le pouvoir adjudicateur
doit pouvoir justifier que les conditions de recours à ces procédures, qui doivent s’interpréter
strictement, sont remplies.
(Source DAJ Fiche technique La procédure avec négociation)
PROFIL D’ACHETEUR
PROGRAMME ANTICORRUPTION
R
RÉFÉRENT DÉONTOLOGUE
Personne physique ou collège chargé d’apporter tout conseil utile aux agents publics leur
permettant de respecter leurs obligations et les principes déontologiques issus du statut
général de la fonction publique, notamment les principes d’impartialité, d’intégrité et de
probité. En application de l’article 28 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obliga-
tions des fonctionnaires, tout fonctionnaire a le droit de consulter un référent déontologue.
Chaque administration, collectivité ou établissement peut désigner un référent individuel
ou un collège.
RÉFÉRENTIEL ANTICORRUPTION
S
SAUCISSONNAGE
SEGMENT D’ACHAT
SOUMISSIONNAIRE
Opérateur économique qui présente une offre dans le cadre d’une procédure de passation
d’un marché public.
(Source article L. 1220-3 du code de la commande publique)
SOURCING/SOURÇAGE
Actions menées par l’acheteur afin de connaître un marché fournisseur, son fonctionne-
ment et son évolution : les fournisseurs qui le composent, le degré de concurrence entre
eux, les technologies, la structuration des coûts et les modèles économiques du secteur, les
méthodes et processus, les innovations, les différents acteurs qui interviennent dans le pro-
cessus de mise à disposition d’un produit/service (sous-traitants, fabricants de composants
etc…) et les tendances du marché.
Il s’agit d’une démarche active de recherche et d’identification d’opérateurs économiques,
suivie d’échanges avec les fournisseurs relatifs aux produits/services qu’ils commercialisent
et à leurs méthodes et savoir-faire. Ces actions sont menées en amont de la consultation.
(Source Direction des achats de l’État, Guide de l’achat public sur le sourcing opérationnel)
SOUS-TRAITANT
Personne physique ou morale à qui l’entreprise titulaire d’un marché public en confie une
partie de l’exécution. L’entreprise titulaire demeure, face à la personne publique, la seule
responsable de l’exécution des prestations.
Les sous-traitants doivent être présentés à l’acheteur afin d’être acceptés et que leurs
conditions de paiement reçoivent son agrément.
(Source le glossaire du Bulletin officiel des annonces des marchés publics)
T
TITULAIRE
TIERS
Personne physique ou morale qui est extérieure à une entité. Les tiers font l’objet d’une
évaluation par l’entité (le pouvoir adjudicateur ou l’entité adjudicatrice en matière d’achats
publics) afin d’apprécier le risque d’atteinte à la probité induit par une relation entretenue
ou envisagée avec eux.
En matière de marchés publics, les tiers sont notamment les opérateurs économiques can-
didats, soumissionnaires, les titulaires de marchés publics ainsi que les sous-traitants. Les
opérateurs économiques qui participent à la consultation (assistants à maîtrise d’ouvrage,
maîtrise d’œuvre, bureaux d’études…) sont considérés également comme des tiers par rap-
port au pouvoir adjudicateur.
Voir fiche Évaluation des tiers, p. 48
TRAFIC D’INFLUENCE
Stéphane PETIT
Responsable du pôle qualité,
PME, Innovation
Ministère des Armées
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