Guide Pro Santé et Handicap
Guide Pro Santé et Handicap
QUALITÉ DE VIE :
HANDICAP,
LES PROBLÈMES SOMATIQUES
ET LES PHÉNOMÈNES
DOULOUREUX
AVRIL 2017
CE GUIDE CONCERNE
LES PROFESSIONNELS
DU SECTEUR :
HANDICAP
SOMMAIRE
PRÉSENTATION GÉNÉRALE............................................................................................................................................................. 7
1. Préambule ............................................................................................................................................................................................................................................. 9
1.1. Les problèmes somatiques 10
1.2. Les phénomènes douloureux 10
1.3. Une approche écologique des problèmes somatiques 11
2. Pourquoi ce guide ? .................................................................................................................................................................................................................. 12
MODE D’EMPLOI - MÉTHODE ET CONTENU DU GUIDE .......................................................................................................................... 14
ANNEXES ......................................................................................................................................................................................................... 79
Annexe 1 – Résultats de l’appel à contributions 81
Annexe 2 – Exemples d’échelles d’hétéro-évaluation de la douleur 83
Définitions 84
Glossaire 85
Pour aller plus loin... 86
Participants à l’élaboration du guide 87
Notes dans le texte 89
1. Préambule 9
2. Pourquoi ce guide ? 12
PRÉSENTATION GÉNÉRALE
1 PRÉAMBULE
Les troubles associés peuvent être des troubles sensoriels, des troubles de la vision et de l’audition, des troubles
résultant de l’épilepsie, des troubles du sommeil, des troubles de la motricité, des troubles des fonctions
exécutives (processus cognitifs), des troubles somatiques et/ou psychiatriques, des troubles de l’alimentation
et du transit, etc. Lorsqu’ils ne sont ni diagnostiqués ni pris en compte, ils peuvent entraîner des sur-handicaps
et/ou se traduire par des « comportements-problèmes ». Ces troubles associés peuvent exister dès la petite
enfance ou survenir à l’adolescence, à l’âge adulte ou avec l’avancée en âge.
La souffrance psychique (largement évoquée dans l’appel à contribution) représente une comorbidité
fréquente au handicap. Elle doit impérativement être évaluée par les professionnels de santé avant d’être
prise en compte par les professionnels de terrain. Des études épidémiologiques montrent que les personnes
ayant des troubles psychiatriques sont plus sujettes aux affections somatiques4.
Or, les difficultés et les inégalités5 d’accès aux soins des personnes en situation de handicap contrastent avec
ces besoins de santé accrus, qu’ils soient courants, spécifiques à certaines pathologies (épilepsie, troubles du
sommeil, etc.) ou liés à certains âges (vieillissement). Par conséquent, si aucune investigation n’est menée,
l’état de santé des personnes accueillies peut se dégrader, voire entraîner des hospitalisations inadaptées/
évitables. Le rapport « Adaptation des organisations médico-sociales aux enjeux des troubles du compor-
tement sévères »6, sur les « troubles du comportement sévères, combinés à d’autres troubles ou déficiences
graves », souligne que « l’insuffisance ou l’absence de réponses adaptées, tant pour les enfants que pour
les adultes » aboutit « fréquemment à une hospitalisation par défaut en psychiatrie, en unité de soins de
longue durée (USLD), en soins de suite et de réadaptation (SSR)7 ».
Plus particulièrement, le handicap peut provoquer des lésions physiques et/ou psychologiques ainsi que des
douleurs qu’il convient de prendre en compte. Les causes peuvent être multiples (otites, lésions dentaires,
etc.) et doivent être recherchées. Parmi ces causes, les douleurs induites par les soins8 (soins d’hygiène de
vie, soins quotidiens, soins demandant à la personne des efforts physiques) sont importantes à prendre en
considération. En effet, elles peuvent générer une appréhension vis-à-vis des soins, une anxiété, un renfor-
cement des difficultés d’accès aux soins et entraîner des « comportements-problèmes ».
Temps
Contexte
scientifique
Partenariats
Contexte social
et culturel Pairs
Valeur
Espace
Le présent guide s’appuie sur le modèle écologique9, traduisant la vision de la Classification internationale du
fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF), adoptée en 2001. La personne fait partie d’un système,
ce qui implique de considérer l’interaction entre :
• ses facteurs personnels : caractéristiques biologiques et génétiques (âge, sexe, origine ethnique),
compétences personnelles et sociales (habitudes de vie et comportements), caractéristiques
socio-économiques ;
• ses facteurs environnementaux : ces derniers se définissent par les relations sociales et familiales, les
contextes professionnels, éducatifs, les modes d’habitat, les normes et les lois de la société française, etc.
Le modèle écologique permet ainsi d’aborder à la fois les aspects propres à la personne et les aspects multidi-
mensionnels de l’environnement dans lequel elle interagit et évolue.
Cette approche écologique et préventive rejoint l’évolution des définitions de la santé et de sa promotion, la
définition du handicap et de la CIF de l’OMS. Ainsi pour l’OMS, « la santé est un état de complet bien-être
physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité »10. Selon
la CIF, « constitue un handicap au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de partici-
pation à la vie en société subie dans son environnement en raison d’une altération substantielle, durable
ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un
polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant11 ».
Le handicap résulte donc de l’interaction entre les conséquences des troubles de la personne et l’inadaptation
de son environnement. C’est pourquoi, dans ce guide, le terme « situation de handicap » est retenu.
Améliorer la santé des personnes en situation de handicap suppose par conséquent de ne pas se focaliser
sur le handicap mais de prendre en compte les caractéristiques personnelles (prédispositions biologiques ou
génétiques, comportements et habitudes de vie) au même titre que les réalités et les caractéristiques des
différents systèmes (accès à l’information, ressources financières ou humaines pour l’accès aux soins, milieu
de vie, etc.). La santé s’intègre ainsi dans une démarche de qualité de vie au sens large.
Ce guide se fonde aussi sur le souci de favoriser cette qualité de vie de la personne par une approche de
bientraitance respectueuse des droits, notamment du droit à la santé12.
2 POURQUOI CE GUIDE ?
Constats
Des besoins de santé spécifiques et accrus chez les personnes en situation de handicap :
Pour les soins de santé généraux, les personnes en situation de handicap ont des besoins supérieurs à la
population générale15. Ce constat est lié au cumul de besoins de santé non spécifiques au handicap et
de problèmes somatiques et psychiques spécifiques accrus pour les personnes en situation de handicap.
Ainsi de nombreuses études font état de troubles accrus, de diverses natures et concernant divers types
de handicap :
• concernant les problèmes somatiques, on constate notamment que :
• la perception de la santé bucco-dentaire est nettement moins bonne et l’état dentaire plus dégradé
chez les personnes en situation de handicap16 ;
• les besoins de soins médicaux des personnes avec déficience intellectuelle sont nettement supérieurs
à ceux de la population générale. Certains problèmes de santé courants (soins bucco-dentaires,
troubles sensoriels, obésité) et certaines pathologies chroniques (épilepsie, troubles du sommeil,
cancers) sont plus fréquents (...) qu’en population générale17 ;
• les reflux gastro-oesophagiens sont plus fréquents chez les personnes polyhandicapées18 ;
• les pathologies de l’appareil digestif sont plus fréquemment retrouvées parmi les personnes atteintes
de troubles du spectre de l’autisme qu’en population générale19.
• concernant les troubles psychiques, et hormis les personnes présentant un handicap psychique, il a
par exemple été constaté que le suicide des personnes avec un trouble du spectre de l’autisme est
multiplié par 7,520 ;
• le risque de décès des personnes souffrant de schizophrénie par exemple, est de 3 à 5 fois supérieur
à celui de la population en général21.
Constats (suite...)
Un accès aux soins plus difficile pour les personnes en situation de handicap :
En dépit de ces besoins accrus, les personnes en situation de handicap font l’expérience de nombreux
obstacles pour accéder aux soins, à plusieurs niveaux :
• les problèmes somatiques sont sous-diagnostiqués :
• les problèmes de santé pour les personnes avec une déficience intellectuelle sont plus fréquents
que dans la population générale, mais pourtant sous-diagnostiqués et mal pris en charge22 ;
• un bref examen médical conduit lors de Jeux paralympiques de 1999 a montré que 50 % des
athlètes avec déficience intellectuelle présentaient une hypertension, une glycémie mal contrôlée
ou d’autres problèmes de santé passés inaperçus23.
• le recours à certaines spécialités médicales est plus faible, comme c’est le cas des consultations chez
le gynécologue pour les femmes en situation de handicap24.
Il résulte de ces limitations de l’accès aux soins une proportion élevée d’hospitalisations ou d’autres prises
en charge en urgence25, de même que de décès évitables26.
Les obstacles à l’accès aux soins des personnes en situation de handicap sont à la fois liés aux facteurs
propres à la personne (mobilité et capacités de communication réduites, crainte des soins) qu’aux facteurs
environnementaux (accessibilité des locaux et des équipements, manque de formation au handicap des
professionnels de santé)27.
Objectifs et enjeux
MODE D’EMPLOI
MÉTHODE ET CONTENU DU GUIDE
Ce guide propose quatre axes pour aborder les problèmes somatiques rencontrés par les personnes en situation
de handicap. Ces axes permettent aux professionnels d’adapter et de personnaliser de façon cohérente et
coordonnée leurs actions :
• axe 1 : La personne, sa participation et le cas échéant, celle de ses proches au volet soin de son projet
personnalisé et les évaluations ;
• axe 2 : Le repérage des problèmes somatiques et des phénomènes douloureux, leur évaluation et leur
traitement ;
• axe 3 : La coordination avec les proches et la planification/coordination des actes et des soins avec le
territoire (acteurs du social, médico-social et du sanitaire) ;
• axe 4 : La promotion, la prévention et l’éducation pour la santé.
LA PERSONNE,
SA PARTICIPATION
ET LES ÉVALUATIONS
1. Participation de la personne 19
1 PARTICIPATION DE LA PERSONNE
Constats
La qualité de vie d’une personne est bonne lorsque ses besoins de base sont satisfaits et quand elle a les
mêmes chances que n’importe qui d’autre de poursuivre et de réaliser ses objectifs dans les différents
milieux de vie. « La mauvaise prise en compte des critères de qualité de vie constitue un évènement
contextuel pouvant contribuer à l’apparition des comportements-problèmes »29.
Les personnes en situation de handicap (comme d’autres publics, mais peut-être davantage) ne sont pas
toujours en capacité d’identifier leurs besoins. Il arrive aussi qu’elles n’osent pas les exprimer, qu’elles ne
puissent pas ou choisissent de ne pas les formuler30, ou qu’elles utilisent les « comportements-problèmes »
pour manifester leur douleur.
Les personnes ont leurs propres ressources : il est intéressant de les mettre en situation de transmission
d’un savoir31 afin de reconnaître leur expérience et favoriser l’estime de soi.
Mots-clés
Autodétermination, estime de soi, évaluation, capacités, communication
Illustration
Jeremy est un jeune de 19 ans. Il est épileptique. Il utilise la méthode Makaton pour communiquer. Il est
accueilli en externat et en internat du lundi au jeudi soir. Jeremy a tendance à émettre les mêmes sons en
continu. L’épilepsie est le baromètre de la douleur : Quand Jeremy a une douleur ou quand il va faire une
crise d’épilepsie, il l’exprime en utilisant les signes techniques du Makaton. Les professionnels ne pratiquant
pas le Makaton, les signes ne sont pas toujours reconnus.
Aujourd’hui, Jeremy fait beaucoup de crises. Souvent on s’aperçoit qu’il a effectivement une otite mais
malheureusement, rien n’a été mis en place pour évaluer la douleur alors qu’il a un mode d’expression.
10 messages clés
1 R
echercher la participation de la personne à son projet personnalisé sur tous les aspects, et notamment
le volet « santé ».
2 Définir clairement avec la personne les modalités de sa participation, et avec son accord, les modalités de
la participation de son partenaire ou de sa famille, des aidants et des professionnels, et expliciter le rôle
du représentant légal ou de la personne de confiance le cas échéant32 :
• si la personne accepte que son partenaire et/ou son entourage soient impliqués :
• discuter avec la personne de la nature des informations à partager, sur les aspects confidentiels ainsi
que les modalités de transmission des informations ;
• expliquer à la personne comment les familles, les partenaires et les aidants peuvent lui venir en aide
dans les projets éducatifs ou d’autonomie.
• si la personne n’accepte pas que son partenaire et/ou sa famille soient impliqués :
• donner à la famille, au partenaire, aux aidants des informations orales et écrites sur les personnes à
contacter s’ils s’inquiètent au sujet des soins et de l’accompagnement de la personne.
4 Identifier avec la personne et/ou ses proches et le représentant légal ses potentialités, ses savoir-faire en
s’appuyant sur des outils, des observations. L’aider à prendre conscience ou à développer ses compétences.
5 Sensibiliser les professionnels aux notions de « pouvoir d’agir » (empowerment34) et d’approche positive35,
à l’entretien motivationnel ainsi qu’à une approche centrée sur les capacités/potentialités et sur les droits
(droit à l’information, au choix, etc.) des personnes.
7 Reconnaître et favoriser le pouvoir d’agir (empowerment) des personnes sur leur santé et les inviter à
exprimer leurs choix et leurs attentes sans jugement en :
• l’informant sur les droits liés à la santé ;
• prenant en compte toute expression de refus de soins ;
• écoutant la personne et en proposant des options possibles ;
• organisant des apprentissages par anticipation, répétition, séquences, des retours, des jeux de rôle,
des simulations ;
• proposant si besoin des aides posturales, auditives et tactiles ; des outils de communication (expressive
et réceptive) et des technologies d’assistance adaptées dans des usages et des lieux différents (nouvelles
technologies, logiciel, robots) ;
• encourageant et aidant l’acquisition des comportements et habitudes de vie bénéfiques à la santé et
en reconnaissant les efforts de la personne dans la modification de ses habitudes de vie.
8 Veiller à ce que l’absence de langage ne constitue pas une raison pour ne pas s’interroger sur les choix,
les refus de la personne :
• en prenant en compte toutes les manifestations d’approbation et d’opposition, qui peuvent aussi être
observées par les proches et/ou les professionnels et doivent être partagées ;
• une fois les causes identifiées et analysées, en réajustant autant que nécessaire les modalités d’inter-
ventions ou proposer de nouvelles modalités d’interventions pour respecter le choix de la personne.
9 Partager ces observations avec l’ensemble des professionnels de l’accompagnement dans le respect des
dispositions légales en matière de partage d’informations.
10 Informer l’usager et son représentant légal le cas échéant de l’intérêt de partager ces observations avec
ses proches et l’accompagner dans cette démarche s’il le désire.
Constats
Les évaluations permettent de prendre connaissance des besoins spécifiques de la personne afin de mieux
planifier et coordonner les actes et les soins avec le territoire. Ces évaluations doivent servir de référence
au projet personnalisé. Il s’agira d’évaluer les capacités et les potentialités de la personne pour favoriser
son pouvoir d’agir en proposant des supports et des actions de prévention adaptés au fonctionnement
et au développement de la personne.
Mots-clés
Évaluation, besoins, capacités fonctionnelles, communication, perception de la santé, évaluation
somatique
8 messages clés
Il s’agit d’évaluer le fonctionnement de la personne en situation de handicap. La démarche se réalise à
partir d’une information et avec le consentement de la personne. Si elle le souhaite, l’entourage peut y
être associé.
COGNITION-ÉMOTION :
1 Réaliser une évaluation du fonctionnement dans les domaines qui n’ont pas été évalués ou dans les
domaines où des besoins sont identifiés, par une équipe pluri professionnelle formée, notamment par :
• des évaluations cognitives et si, nécessaire neuropsychologique ;
• une évaluation de la cognition sociale (processus cognitifs impliqués dans les interactions sociales) ;
• une évaluation des réactions émotionnelles, comportementales ou vocales dans différents contextes ;
• un bilan visuel et orthoptique ;
• un bilan sensori-moteur (développement moteur et bilan sensoriel pour déterminer une hyper ou hypo
sensibilité à prendre en compte pour les soins médicaux) ;
• si nécessaire, un bilan neurophysiologique (langage, mémoire, attention, praxies, fonctions éducatives).
2 S’assurer que l’évaluation du fonctionnement comporte un volet clinique observationnel, une évaluation
de l’interaction entre la personne et les facteurs environnementaux et un bilan d’aptitudes professionnelles
AUTONOMIE :
3 Évaluer les capacités fonctionnelles pour le déplacement et l’autonomie dans les actes de la vie quotidienne :
• la personne a-t-elle besoin d’aide pour la prise des repas ? Peut-elle faire sa toilette ?
• est-elle autonome pour les déplacements ? Sait-elle se repérer dans un bâtiment connu ?
• la personne a-t-elle des connaissances sur le matériel dont elle a besoin (rechargement fauteuil, fonction-
nement du lit, corset, nutripompe, etc.) ?
5 Tenir compte du mode perceptif et de pensée de la personne pour lui permettre d’intégrer au mieux les
informations transmises (pensée en détails, sensibilité à certaines couleurs, etc.).
7 Évaluer la pertinence des outils de communication mis en place afin d’éviter de conserver un outil devenu
inadapté et pouvant générer des comportements-problèmes. Vous pouvez vérifier par exemple37 :
• quelle est sa sensibilité aux images (est-ce qu’elle la voit, est-ce qu’elle la comprend, est-ce qu’elle peut
l’attraper, est-ce qu’elle aime les images) ?
• est-ce que la personne est en capacité de pointer ce qu’elle veut ou pas ?
• quelle est sa capacité à comprendre avec des supports (visuel, langage des signes, images, objets
concrets, utilisation d’autres outils) ?
• quels sont ses supports (papier ou numérique) ?
• quelle est sa capacité à lire et à utiliser de la documentation écrite ?
• quelle est sa capacité à comprendre des messages visuels ?
• quelle est sa capacité à combiner les sources d’information auditives (parole), visuelles (écrit et image/
photo) ?
LE REPÉRAGE DE LA DOULEUR
ET DES PROBLÈMES SOMATIQUES,
L’ÉVALUATION DE LA DOULEUR
ET LES TRAITEMENTS
1. Changement d’attitude,
comportement inhabituel :
Repérer les signes
d’alerte et les modes
de communication 27
2. Évaluation et réévaluation
de la douleur 32
3. Les traitements 37
AXE 2 / LE REPÉRAGE DE LA DOULEUR ET DES PROBLÈMES SOMATIQUES, L’ÉVALUATION DE LA DOULEUR ET LES TRAITEMENTS /
Changement d’attitude, comportement inhabituel : Repérer les signes d’alerte et les modes de communication
Constats
L’expression de la douleur chez les personnes en situation de handicap est souvent difficile et peut
s’exprimer, de manière non verbale, par des troubles du comportement38.
L’hypothèse d’un problème somatique pour une personne handicapée est souvent oubliée notamment
pour les personnes suivies en psychiatrie ou ayant des troubles de la communication. En effet, 20 études
de cas sur 94 exploitées rapportent une réponse psychiatrique ou psychologique en première intention à
un problème qui s’est en réalité avéré d’origine somatique39.
Mots-clés
Repérer, observer, écouter, échanger, communiquer, prendre le temps, signes d’alerte, transmettre, suivre
Illustration
Depuis le mois de janvier Valérie est agressive et elle s’en prend à certaines personnes. Elle se met à parler
de bébé et de son « ventre qui pousse ». Les professionnels observent une façon différente de marcher, une
difficulté à participer aux activités. Début mars, Valérie commence à toucher son ventre « comme une femme
enceinte ». Il s’écoule deux mois entre les premiers signes évoqués par l’équipe et la prise de rendez-vous pour
un bilan sanguin et gynécologique. Finalement cette attitude de toucher le ventre s’est accentuée et Valérie a
pu dire qu’elle avait mal. Un épisode d’agressivité occasionne une consultation aux urgences psychiatriques,
où une échographie révèle un kyste ovarien.
…
Emmanuelle est une jeune adulte autiste de 27 ans. Elle habite dans un foyer de vie et elle rentre un week-
end sur deux chez sa mère. Il y a deux ans, Emmanuelle a commencé à beaucoup pleurer quand sa mère la
reconduisait au foyer. Elle pleurait énormément en criant, elle pouvait tomber littéralement de chagrin par
terre. Cela faisait maintenant 9 ans qu’elle et sa mère vivaient à ce rythme et elle n’avait jamais manifesté ce
comportement auparavant.
Les professionnels avaient également observé un changement d’attitude avec plus de moment ou Emmanuelle
cherchait à s’isoler. Leurs premières interprétations étaient qu’Emmanuelle faisait du cinéma et qu’elle était
« coquine » puisqu’elle se mettait à « chiper » du sucre dans la cuisine. Parallèlement à cela, les professionnels
ont constaté que les temps où elle cherchait à s’isoler devenaient plus conséquents. C’est à cette même
période, qu’Emmanuelle a perdu du poids et elle a commencé à se tirer des peaux sur les doigts et les plaies
se cicatrisaient difficilement.
Durant toute cette période, Emmanuelle était très fatiguée et cela exacerbait ses difficultés à quitter sa mère.
Elle a continué à prendre du sucre en libre accès dans le foyer et à perdre du poids. Un an plus tard, elle avait
perdu 10 kilos. Sa mère a demandé au médecin du foyer de réaliser des examens sanguins. Les résultats de la
prise de sang ont révélé un taux de sucre de 3g : Emmanuelle était diabétique insulinodépendante.
Elle a développé une forme de dépression pour laquelle elle a été hospitalisée et où son traitement a été adapté.
Aujourd’hui, Emmanuelle a repris du poids et elle a retrouvé sa joie de vivre.
9 messages clés
1 Porter une attention particulière aux changements de comportements, d’attitudes de la personne dans
son quotidien et dans ses différents environnements, pouvant indiquer une gêne, un mal-être ou une
douleur (voir l’outil proposé ci-après).
2 Porter une attention particulière aux manifestations d’un problème somatique (voir l’outil proposé
ci-après). Plus particulièrement au cours de la toilette, observer les « points clés » faciles à repérer (ongles
incarnés, zone rouge, ventre gonflé, piqûres d’insecte, etc.).
4 Poser systématiquement la question d’une éventuelle douleur, gêne ou sensation particulière, à la personne
de manière adaptée à ses capacités de compréhension et son handicap.
5 Prendre en compte les observations et les ressentis de l’entourage (professionnels, aidants non profes-
sionnels, proches, autres personnes accompagnées, etc.), notamment au retour des visites, week-ends
ou vacances :
• ils sont généralement à même de bien repérer les changements de comportements à la place de la
personne qui n’est pas en mesure de les exprimer ;
• leurs hypothèses peuvent aussi corriger une mauvaise interprétation de certains problèmes ;
• ces éléments doivent impérativement être tracés par écrit et pris en compte. Ils contribuent à l’évaluation
des situations et la mise en place d’interventions ;
• l’utilisation d’outils communs de repérage et de liaison renforce la pertinence et la légitimité de ces
informations.
6 Dès qu’un changement de comportement est repéré, transmettre par écrit cette information à l’ensemble
de l’équipe, dans le respect de la réglementation applicable en matière de secret professionnel (voir l’outil
proposé). Doubler la transmission écrite d’une transmission orale.
7 Informer l’usager et son représentant légal le cas échéant de l’intérêt de partager ce constat avec ses
proches et l’accompagner dans cette démarche s’il le désire.
8 Si possible, croiser les observations des proches et des professionnels concernant ces changements.
9 Intégrer dans le dossier de la personne les informations évoquant un éventuel problème somatique ou
une douleur.
Illustration
« Martin est âgé de 17 ans. Une absence de langage a été décelée à l’âge de 2 ans et demi. Il a intégré un IME et
vit au domicile de sa mère. Les parents sont séparés. Martin voit son père un week-end sur deux et la moitié
des vacances scolaires.
Depuis un certain temps, Martin dit « bobo pied » en permanence et manifeste des signes important d’agitation :
il colle les adultes, fait des battements répétitifs et des passages à l’acte (coup de pied dans la porte) ; il montre
une intolérance aux frustrations. Ce type de comportement est inhabituel de sa part.
Les observations ont été notées dans un cahier de liaison. L’infirmière est sollicitée pour examiner le pied de
Martin. Des entretiens téléphoniques sont menés avec les parents ; le père informe qu’il a coupé les ongles et a
découvert un ongle incarné le week-end dernier.
Un traitement par voie orale est mis en place, à la fois contre la douleur et antibiotique, ainsi qu’un pansement
journalier ».
! Point de vigilance
L’interrogatoire est nécessaire mais insuffisant. Une observation et une évaluation doivent être mises en
place.
Une manifestation ou un comportement inhabituel n’est pas systématiquement lié à une cause déjà
identifiée. Une cause peut en cacher une autre !
Outil
• L’outil n’a pas vocation à évaluer la douleur ou à poser un diagnostic. Il permet de centraliser des
observations et des informations concernant un changement intervenu chez la personne et au sein
de ses différents environnements.
• Cet outil a pour destinataires principaux les professionnels et la famille. Lorsque les observations
nécessitent une investigation somatique (examen clinique, évaluation de la douleur), il peut être
transmis aux professionnels de santé.
• Il est conseillé d’intégrer l’outil de repérage au dossier de la personne afin de garantir la traçabilité
de l’information et des actions mises en œuvre. Le processus de transmission et de prise en compte
des informations doit être défini précisément en amont.
Outil (suite…)
Outil (suite…)
a le ventre gonflé ;
a des difficultés d’endormissement ;
augmentation de la durée du sommeil ;
se réveille fréquemment ;
a des problèmes pour marcher, marche sur la pointe des pieds ;
a une position différente par rapport à d’habitude (anomalies posturales) ;
a un état dentaire détérioré (dent cassée, dent noircie, etc.) ;
mastique différemment ;
a une mauvaise haleine ;
ne réagit pas au bruit ou a une hypersensibilité aux bruits (doutes sur les capacités de la personne à
entendre) ;
souffre d’une fatigue intense ;
somnole ;
chute/a chuté/a du mal à tenir en équilibre ;
a des tremblements ;
se déplace moins ou à des difficultés pour se déplacer ;
est confuse, désorientée dans le temps ou l’espace ;
souffre de nausées ;
souffre d’une hypersalivation/hyposalivation ;
diminution des capacités acquises ;
se cogne fréquemment ;
autre…
Description des changements (méthode Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Pourquoi - QQOQCP) :
• qui est avec la personne ? Qui est absent dans la structure ou au domicile ?
• quelle situation est associée au comportement ? L’environnement habituel de la personne a-t-il été
modifié (changement de lit ; changement de prestataire pour la lessive ; changement de chaussures ;
changement d’intervenant ; changement de rythme des activités ou de rééducation ; acte médical
douloureux ou opération ; isolement social ; plus de déplacement du médecin traitant sur le lieu de
résidence ; visite de la famille et proches ; etc.) ?
• où et dans quelle situation avez-vous remarqué ce changement ?
Constats
L’association Internationale d’Étude de la Douleur (International Association for the Study of Pain – IASP)
définit la douleur comme « une sensation et une expérience émotionnelle désagréable en réponse à
une atteinte tissulaire (traumatisme, lésion inflammatoire, etc.) réelle ou potentielle ou décrite en ces
termes ». Cette définition met l’accent sur l’auto-évaluation et la capacité supposée qu’a un individu
de communiquer verbalement. L’IASP a clarifié cette définition en reconnaissant que « l’incapacité de
communiquer verbalement ne nie d’aucune façon la possibilité qu’un individu éprouve de la douleur et
qu’il ait besoin d’un traitement approprié pour soulager sa douleur »41.
L’expression de la douleur peut être différente d’une personne à l’autre ; elle peut être inexistante ou
difficile à interpréter, et en conséquence sous-estimée par les soignants42. Elle diffère selon l’environ-
nement (domicile, établissement de santé, ESSMS) et le type de douleur (douleur liée aux soins, douleur
quotidienne)43. La capacité d’une personne à localiser ou à désigner la localisation de sa douleur peut
s’avérer inégale. La permanence de la douleur peut enfin réduire, voire annuler sa fonction d’appel et
d’alerte.
La question de la douleur est rarement posée par les professionnels soignants. Un témoignage de médecin
illustre ce manque : « depuis que j’ai commencé à demander à mes patients s’ils ont mal, ils répondent oui
à 30 %, alors qu’avant je ne le détectais pas44 ».
Selon, une enquête française « État des lieux en santé mentale » menée auprès de 393 patients, 123
personnes (soit 40 %) ont ressenti des douleurs mais ne les ont pas exprimées. 107 personnes déclarent
ne pas avoir été interrogées sur une possible douleur45.
Une douleur mal ou non évaluée peut entraîner des conséquences sur la santé physique et sur le
comportement de la personne46 : elle peut créer des sur-handicaps, des maladies chroniques, des compor-
tements-problèmes, ou encore se chroniciser.
À l’inverse, traiter une douleur et/ou un problème somatique peut améliorer le traitement du problème
psychiatrique (lorsqu’il existe)47 ou réduire les comportements-problèmes48.
« Une absence de résultats significatifs aux examens médicaux signifie l’absence de douleurs d’ordre
physiologique ». Face à des signes laissant penser à une douleur, ne pas s’arrêter aux premières investi-
gations effectuées et poursuivre l’évaluation.
Mots-clés
Objectiver la douleur ; expression de la douleur, interventions adaptées ; évaluer ; réévaluer ; échelle
d’évaluation de la douleur ; entendre, comprendre, rassurer
Illustration
« Éric est âgé de 45 ans, atteint du syndrome de l’X fragile ; il présente également un déficit intellectuel avec
une cécité bilatérale. Il a une bonne compréhension verbale et peut répondre à des questions simples. Il n’a
jamais eu de problèmes de santé particuliers et sait manifester ses douleurs (dentaires, digestives…)
Un jour, Éric présente des vomissements et une diarrhée. Pendant plus de 48h, il reste prostré dans son lit,
refusant toute hydratation et toute alimentation. Il ne présente aucun autre trouble du comportement si
ce n’est une asthénie.
Compte-tenu d’une épidémie en cours dans l’établissement, un diagnostic de gastro-entérite aiguë est posé.
Éric prend bien son traitement. Toutefois, il est difficile d’évaluer l’intensité de sa douleur.
Mais devant la persistance des symptômes, la décision est prise de le transférer vers un service d’urgences
hospitalières. Un diagnostic de péritonite appendiculaire avec abcès hépatique est rapidement posé ; son
pronostic vital est engagé. Une intervention chirurgicale est pratiquée en urgence. Le comportement d’Éric
ne laissait pas penser à une douleur si intense ».
Louis est un adolescent de 15 ans, diagnostiqué autiste et peu verbal. Ont subitement été observés les signes
suivants : cris, hurlements, griffures au visage, hétéro-agressivité, difficultés d’endormissement, pleurs. Louis
se plaint oralement de douleurs aux pieds.
Pour le psychiatre, « l’agressivité est fréquente chez les personnes autistes ». Il prescrit un neuroleptique.
Devant le retour de l’agressivité de manière plus importante après deux jours, le psychiatre augmente la
dose prescrite, mais le comportement s’aggrave.
« Notre fils n’est pas capable d’exprimer une localisation exacte d’une douleur interne et personne n’a tenu
compte de ses propos. Il a fallu attendre que notre fils se dégrade complètement et qu’il perde TOUS ses
acquis pour qu’enfin on nous dirige vers un médecin qui veuille bien nous écouter.
Un examen clinique sous MEOPA49 permet finalement de diagnostiquer une double otite.
…
Ulysse est un jeune garçon de 8 ans. Il est sourd et polyhandicapé. Il communique avec la langue des signes
(LSF). Il est scolarisé dans une unité d’enseignement et une personne intervient dans son quotidien et
dans ses apprentissages. Depuis quelques temps, il semble souffrir et la concentration et l’utilisation de ses
mains pour la LSF sont de plus en plus difficiles pour lui : il a des gestes désordonnés. Ulysse a un visage
très expressif, il fait des grimaces de plus en plus importantes, il est plus abattu et plus triste. L’équipe qui
assure le suivi insiste auprès des parents pour qu’il fasse un bilan de ses troubles neurologiques. Il prend un
traitement anti douleur qui n’est pas toujours efficient. En attendant le rendez-vous avec le neuro-pédiatre
du CHU un traitement anti douleur a été mis en place et l’équipe sollicite l’intervention de professionnels
formés à la manipulation afin de limiter celles-ci. Ces interventions mises en place ainsi que le traitement
anti douleur soulagent Ulysse.
11 messages clés
2 Devant les plaintes récurrentes, les douleurs chroniques ou tout signe permettant de soupçonner une
douleur (voir chapitre précédent), interroger la personne sur cette douleur :
• selon un mode de communication adapté à la personne et à son handicap ;
• en recueillant et en prenant en compte ses ressentis, ses observations et ses plaintes ;
• en s’appuyant sur ses capacités à pouvoir exprimer et localiser la douleur ;
• en prenant le temps de l’écouter et de lui expliquer la suite donnée ;
• en la rassurant sans banaliser la douleur.
3 Observer le comportement de la personne et poser des questions simples : avez-vous mal maintenant ?
Où ? Comment ? Depuis quand ? L’expression de la douleur est fonction des ressources de la personne,
de ses capacités cognitives, de ses capacités d’interpellation51. Le langage peut être polymorphe :
• verbal : des mots, des images ;
• non verbal : physiologique, comportement.
4 Prendre en compte les douleurs qui ont pu se chroniciser et qui peuvent avoir pour effet la diminution
des réactions au fil du temps (phénomènes d’habituation)52.
5 Considérer l’évaluation de l’expression de la douleur réalisée avec les proches comme une source
d’information importante, la prendre en compte et inviter les proches à évaluer la douleur de la
personne dans son environnement, à l’aide d’outils.
6 Après avoir interrogé la personne, l’observer. Objectiver les observations et faciliter la transmission
d’informations (temporalité, intensité, localisation, type de douleur) en utilisant des échelles d’évaluation
de la douleur (voir l’outil proposé) :
• il existe des échelles adaptées à des professionnels non soignants et aux proches de la personne. Ces
outils permettent d’évaluer la douleur dans différents environnements et de partager ces observations ;
• conserver ces évaluations (échelles complétées) dans le dossier de la personne.
7 Interpréter précisément les signes observés par un mode de communication adapté à la personne. En
effet certains signes peuvent être mal interprétés, comme par exemple lorsqu’une personne localise
une douleur de manière erronée. L’expression de la douleur peut également être «décalée» dans le
temps, ou ne s’exprimer de façon très forte que très tardivement. La douleur peut alors être sous-es-
timée alors que la situation est urgente.
8 Mettre en place un protocole de soins suivi d’une consultation lorsqu’une douleur est exprimée ou
repérée.
9 Mettre en place les interventions adaptées permettant une prise en charge de la douleur dans un
cadre multidisciplinaire53 incluant :
• un examen somatique général par un professionnel de santé, puis éventuellement des examens
complémentaires plus poussés ;
• l’application d’un protocole pour le traitement de la douleur (voir chapitre sur les traitements) ;
• la prise en compte de la « chronicisation de la douleur », en agissant sur la cause mais aussi sur les
conséquences de la douleur54 ;
• des traitements pharmacologiques ;
• d’autres interventions thérapeutiques éventuelles adaptées au contexte et à la situation de la
personne : moyens physiques (kinésithérapie ou ergothérapie), autres méthodes (relaxation, etc.).
10 Réaliser une évaluation complète de la douleur et la réévaluer régulièrement sur la base de la même échelle
utilisée pour la première évaluation. Cette démarche permet d’assurer un suivi des interventions mises en
place et de vérifier leurs effets bénéfiques, ou non, sur la douleur (voir l’outil « protocole douleur » proposé).
11 Rassurer la personne et répondre à ses inquiétudes (prise en compte de la douleur, explication des
symptômes et réponses apportées).
! Point de vigilance
Le repérage et l’évaluation de la douleur sont le rôle de chacun dans l’équipe et dans l’entourage d’une
personne handicapée (professionnels, aidants, proches). Même chez les sujets communicants, il est difficile
d’évaluer la douleur. Cela relève d’un apprentissage et implique de fonctionner avec des outils communs.
Même si une douleur est identifiée, l’évaluation de la douleur chez une personne reste difficile à réaliser
et nécessite une connaissance, une observation fine et une posture d’écoute.
Il est nécessaire de prendre le temps de questionner la personne afin d’obtenir une information complète.
Si une douleur est détectée, l’interrogatoire n’est pas suffisant, une évaluation de la douleur doit être
réalisée à l’aide d’outils adaptés.
Dans certaines situations, les douleurs non apparentes et les problèmes de santé se sont chronicisés.
Dans ce cas, envisager une évaluation fonctionnelle pour effectuer une recherche plus approfondie sur
les modalités d’expression de la douleur et élaborer des outils pouvant être utilisés par tout professionnel.
L’évaluation des douleurs chroniques ou aigues est un préalable indispensable à la mise en place d’un
traitement et au suivi de la personne.
Les échelles permettent d’évaluer puis de réévaluer la douleur afin d’adapter notamment le traitement et
de faciliter l’échange d’informations entre praticiens (Gordon 2005)55, selon diverses méthodes56 :
• les échelles de mesure par autoévaluation permettent à la personne d’évaluer elle-même la douleur
et sont à privilégier chez les personnes communicantes, capables de communiquer l’intensité ou les
caractéristiques de la douleur sans intervention d’un tiers. Elles correspondent à un premier niveau
de prise en compte de la douleur ;
• lorsque leur utilisation n’est pas possible, notamment face à des personnes dsycommunicantes, il faut
recourir à d’autres échelles fonctionnant par hétéro-évaluation et envisager de manière systématique
les causes d’une possible douleur ;
• les échelles unidimensionnelles ne mesurent qu’une seule dimension de la douleur (intensité, qualité,
localisation). Voici quelques exemples :
• échelle verbale simple (EVS) permettant de choisir le qualificatif le mieux adapté parmi une liste
d’adjectifs (absente, faible, modérée, intense, extrêmement intense, etc.). Elle propose de coter
la douleur : 0 = pas de douleur ; 1 = douleur faible ; 2 = douleur modérée ; 3 = douleur intense ; 4
= douleur extrêmement intense ;
• échelle numérique (EN) permettant de coter en niveaux de 0 à 10, de l’absence de douleur à la
douleur maximale « imaginable » ;
• échelle des 6 visages (Faces Pain Scale Revised).
Pour identifier, décrire et qualifier la douleur, les personnes intervenant auprès de la personne peuvent se
poser les questions suivantes57 :
• observation générale par rapport à d’habitude :
• le comportement de la personne est-il différent ?
• la personne se plaint-elle ? Ses plaintes sont-elles modifiées ?
• les mimiques et expressions du visage de la personne sont-elles modifiées (visage, regard) ?
• la position/posture de la personne est-elle modifiée (retrait, protection d’une zone, figée, nouvelle
posture, etc.) ?
• son sommeil est-il modifié ?
• observation lors de la toilette ou des soins par rapport à d’habitude :
• la personne a-t-elle un comportement différent avant les soins (anxiété, plaintes etc.) ? Réagit-elle
différemment pendant la mobilisation ou les soins (opposition) ?
• une zone douloureuse est-elle identifiée (approche de la zone impossible, réactions au toucher
ou à l’effleurement de la zone douloureuse) ? Une manifestation est-elle observée (ongle incarné,
rougeurs, etc.) ?
• si la personne qui réalise l’évaluation répond « oui » à plus d’une question, cela signifie qu’une
douleur est suspectée ;
• pour compléter ces questions, l’observateur pourra s’aider de l’outil des attitudes et des manifestations
observées et/ou repérées (voir le chapitre sur le repérage et les manifestations).
3 LES TRAITEMENTS
Constats
Une récente expertise collective de l’Inserm fait « le constat d’une sur-prescription médicamenteuse »
58
chez les personnes avec déficience intellectuelle, par « une tendance chez les praticiens à instaurer un
traitement pharmacologique devant la moindre manifestation symptomatique d’autant plus qu’elle
est « bruyante » (…), et cela, sans évaluation globale de la situation. Ces prescriptions conduisent ainsi
rapidement à des situations de poly médication ».
De même, une enquête française conduite auprès d’adultes avec autisme59 montre une poly médication
importante chez les adultes avec autisme en institution au long cours avec des effets secondaires liés aux
médicaments non négligeables.60
La poly médication est définie par l’Organisation mondiale de la santé comme « l’administration de
nombreux médicaments de façon simultanée ou l’administration d’un nombre excessif de médicaments61 ».
Il est souvent difficile de reconstituer l’histoire de la prescription médicale et de la raison pour laquelle
ces médicaments sont encore présents dans le protocole62. Ces nombreuses situations de prescriptions en
« mille-feuilles » génèrent une série de risques somatiques liés à cette poly médication.
Cette problématique se retrouve dans l’appel à contribution d’ordre qualitatif conduit par l’Anesm :
11 études de cas sur 94 exploitées font état de problèmes somatiques résultant d’effets secondaires des
traitements suivis par la personne en situation de handicap, en particulier les neuroleptiques.
« La problématique de la médication notamment psychotrope et antiépileptique peut provoquer des
réactions imprévisibles ; les personnes présentent parfois une sensibilité plus grande à des doses moindres
et peuvent éprouver des difficultés à faire part des effets secondaires de la médication (comme la fatigue,
l’assoupissement, les nausées, la soif)63 ».
D’autres effets secondaires sont à déplorer. Entre autres, les traitements médicamenteux, en particulier
psychotropes, associés à l’inactivité physique, semblent être des facteurs associés dans la prise de poids64.
Mots-clés
Psychotropes, neuroleptiques, antalgiques, effets secondaires, risque iatrogénique, prescriptions,
protocole douleur
Illustration
« Benjamin a vécu en foyer de vie entre 20 et 25 ans. Il a développé une grande angoisse qui a entraîné des
troubles du comportement (claquait les portes, frappait les autres, voire lui-même parfois, criait).
L’hypothèse posée par les professionnels était que ces troubles du comportement étaient liés à la prochaine
fermeture du foyer de vie, dans lequel il se trouvait bien. Les quelques semaines dans son nouveau foyer se
sont mal passées, Benjamin a donc été hospitalisé en psychiatrie, où différents traitements ont été mis en
place (neuroleptiques, antidépresseurs, somnifères, anxiolytiques), jusqu’à 12 molécules combinées, avec
de nombreux changements.
Ont résulté de ces traitements : une incontinence jamais observée jusqu’alors, des fausses routes, une
incapacité à marcher seul et à s’exprimer verbalement, un visage complètement figé et engourdi (« il ne
pouvait plus nous embrasser »). Son comportement s’est dégradé au lieu de s’améliorer, indiquant que les
traitements étaient inopérants.
Illustration (suite…)
L’équipe et le médecin étaient mis en difficulté mais ne nous ont pas écoutés en tant que proches, malgré de
nombreux rendez-vous lors desquels nous avons fait part de nos inquiétudes et du fait que son comportement
était probablement lié à autre chose que le changement d’établissement, ou d’autres causes appartenant au passé
de notre fils et évoquées par le psychiatre.
D’ailleurs, dès le début de son hospitalisation, Benjamin avait pu indiquer verbalement aux infirmiers qu’il
avait mal aux dents. Les infirmiers ont dit qu’il disait cela car il s’ennuyait, qu’il cherchait de l’attention et ne
l’ont donc pas écouté.
Au bout d’une année d’hospitalisation, nous avons fini par réussir à avoir Benjamin à la maison les week-ends,
ce qui nous a épuisé au regard de l’ensemble des effets secondaires des traitements, mais nous a aussi permis de
confirmer que Benjamin avait des douleurs dentaires.
Nous avons continué à beaucoup insister auprès de l’équipe de psychiatrie pour qu’un RDV dentaire soit
enfin posé. Benjamin a été vu par son dentiste habituel, qui a prévu une hospitalisation de jour sous anesthésie
générale afin de réaliser les investigations. Une dent était si cariée qu’ils ont dû l’extraire.
Rapidement, les troubles du comportement ont diminué jusqu’à disparaître complètement. Benjamin était
enfin apaisé une fois la douleur dentaire disparue. »
…
Effets secondaires
« Vincent est jeune homme de 23 ans. Il a un diagnostic d’autisme. Il est accueilli avec l’amendement Creton dans
un IME en internat du lundi après-midi au vendredi midi. Vincent est sujet à des crises, que cela soit à l’IME
comme au domicile de ses parents. Ces crises se traduisent par des comportements violents d’automutilation
et d’hétéro agressivité. La famille de Vincent est persuadée qu’il s’agit d’un problème d’ordre somatique sans
pouvoir le confirmer. Elle a pu identifier que ces crises avaient lieu au réveil ou dans la journée, avec un point
de départ aux toilettes où il passait beaucoup de temps en criant et en se mordant. Vincent devenait alors de
plus en plus anxieux et se mettait à boire de l’eau en grande quantité : tous ses rituels étaient alors renforcés.
La violence de Vincent devenait ingérable, à l’IME comme à la maison : il lui a été prescrit du Loxapac pour
calmer la situation. Faute de médecin traitant le week-end, Vincent a eu de multiples passages aux urgences. Il
a été mis en place un travail de repérage et découpage des périodes difficiles ainsi qu’un travail d’apprentissage
à la douleur accompagné d’un pictogramme paracétamol. Dans les 30 minutes suivant la prise du paracétamol,
il a été constaté chez Vincent un apaisement validant une cause somatique.
Sous les conseils du CRA, un bilan somatique complet a été réalisé dans une unité spécialisée pour adultes
autistes avec des professionnels dédiés et formés à l’autisme. Une série d’examens a été effectuée : des bilans
sanguins ainsi qu’une réévaluation de l’impact des neuroleptiques. Les examens ont montré une hyponatrémie
pouvant être responsable des troubles de comportements. Vincent a développé une sécheresse buccale due aux
traitements ce qui a renforcé sa potomanie. L’incontinence nocturne a été écartée, mais mictions par regorgement
sur un sommeil profond sont dues à une quantité d’eau ingérée trop importante. Aujourd’hui, Vincent a un
reflux vesico uréteral bilatéral et il souffre de bradycardie en lien avec les neuroleptiques. Il a fallu attendre 18
mois pour obtenir un diagnostic de fissure anale déclenchant des crises «clastiques « aux WC. »
14 messages clés
1 Rappeler et faire connaître le cadre réglementaire relatif à la déclinaison en matière de santé des droits de
l’usager, et en particulier le droit au « respect de ses volontés impliquant qu’aucune prestation de soins
ou traitement ne puisse être délivré sans le consentement libre et éclairé de l’usager65 ».
2 Affiner les réponses médicamenteuses à la douleur dans les ESSMS en évitant les prescriptions inadaptées.
La mise en place d’un protocole douleur signé par un professionnel de santé, spécifiquement adapté à
chaque personne accompagnée, et mobilisable par les personnels présents de façon permanent dans
l’établissement répond notamment à cette préoccupation (voir l’outil proposé).
Outils
3 Lors d’un changement de comportement récent, réaliser un examen somatique avant d’envisager des
majorations des traitements suivis.
4 Éviter une réponse systématique par recours aux psychotropes/neuroleptique. En particulier, porter
une attention particulière quant aux dérives possibles de l’administration de traitements psychotropes
prescrits avec l’indication « si besoin », alors qu’aucune évaluation d’un professionnel soignant n’a été
effectuée.
6 Lors de la prescription d’un nouveau traitement et dans le cadre de la poursuite de ces traitements,
assurer la transmission au médecin prescripteur des informations sur les traitements en cours et des
informations liées à l’environnement familial (antécédents médicaux familiaux, fragilités connues par
les proches, facteurs de risque, poly médication) dans le respect des dispositions légales en matière
de partage d’informations.
8 Veiller à la transmission des informations entre les équipes de jour et de nuit (heure de réveil, heures de
passage aux toilettes) et à la traçabilité de ces informations pour pouvoir transmettre ces informations
au médecin le cas échéant.
9 Indiquer au sein des protocoles les informations sur le bon usage du médicament (précautions d’emploi,
moment de la prise du médicament).
10 Indiquer au sein des protocoles les informations sur les effets indésirables potentiels, les contre-in-
dications et les interactions médicamenteuses pouvant entraîner une diminution d’activité (risque
d’inefficacité thérapeutique) ou une augmentation de l’activité (risque de toxicité).
11 S’assurer que toute personne habilitée à l’aide à la prise de traitements dispose des informations sur :
• la prise d’éventuels médicaments dispensés par une autre personne ;
• les effets secondaires ;
• le bon usage des traitements prescrits.
Le cas échéant, interpeller le prescripteur ou le pharmacien pour mettre à disposition ces informations.
12 S’assurer que la personne et/ou toute personne impliquée dans l’accompagnement de la personne
dans les actes de sa vie courante67, dispose des informations des mesures d’hygiène de vie à tenir.
13 Assurer systématiquement une évaluation des traitements sur une durée adaptée afin d’en apprécier
l’évolution, puis d’en justifier la poursuite, l’arrêt ou la réévaluation à la baisse (voir l’outil proposé).
! Points de vigilance
Ce guide s’adressant notamment à des professionnels non médicaux, il n’a pas vocation à orienter les
choix en matière de prescriptions médicamenteuses, ces dernières relevant d’une compétence strictement
médicale. Les outils proposés ci-après concernent plutôt des questionnements et des processus d’accom-
pagnement à enclencher vis-à-vis des prescriptions et de l’observance médicamenteuse.
Il est nécessaire de rappeler que la poly médication additionne les effets secondaires de chaque médicament.
Pour certains médicaments, il n’existe pas de contre-indication, néanmoins des effets secondaires peuvent
apparaître quand ces médicaments sont associés à d’autres. Certains médicaments peuvent par ailleurs
nécessiter une hygiène de vie plus soutenue, notamment lors du vieillissement (fonctions d’élimination
moins bien assurées, ce qui peut provoquer des incidents).
Certaines personnes peuvent développer à la prise des traitements des effets indésirables. La connaissance
et la diffusion des facteurs de protection à mettre en place face au risque de symptômes que peuvent
déclencher les traitements est indispensable. Quand des mesures d’hygiène de vie considérées comme des
facteurs de protection essentiels ne sont pas mises en place, certains de ces effets peuvent alors s’aggraver
jusqu’à mettre en danger la vie de la personne (accident iatrogène).
Outils
Effets secondaires fréquents des traitements psychotropes69 :
Troubles de
Troubles de
la conscience, désorientation,
l’accomodation
sédation
Diabète
Hypercholestérolémie Sécheresse bucale
Hyperprolactinémie
Hypotension
Syndrome extra-pyramidal
orthostatique
(tremblements, rigidités)
(baisse de tension
Dyskinésies (mouvements
au passage d’une position
anormaux)
couchée à debout)
Constipation
Prise de poids
Dysurie
Outils (suite…)
Questions à se poser pour compléter l’outil de suivi des effets indésirables d’un traitement :
• Concernant d’éventuels effets indésirables d’ordre neuropsychique :
• observe-t-on un état de somnolence de la personne ?
• observe-t-on une modification de son sommeil ?
• observe-t-on une modification de son humeur ?
• la personne est-elle dans un état d’agitation ?
• la personne est-elle dans un état de confusion ?
• constate-t-on des troubles du tonus musculaire ou des mouvements anormaux ?
• constate-t-on des troubles de l’équilibre ?
Le comportement est-il
modifié par rapport à
l’habitude ?
Les mimiques/
T0 : quels
l’expression du visage
changements
sont-elles modifiées par
de traitement
rapport à l’habitude ?
effectués ?
Les plaintes sont-elles
modifiées par rapport à
l’habitude ?
Le sommeil est-il
modifié par rapport à
l’habitude ?
La personne montre-
elle une opposition lors
de soins ou examens ?
Amélioration globale : comparé à son état au début du traitement, de quelle façon le patient a-t-il évolué ?
Très Très
Fortement Légèrement Sans Légèrement Fortement
fortement fortement Non évalué
amélioré amélioré évolution aggravé aggravé
amélioré aggravé
Outils
Outil d’identification des principales affections somatiques rencontrées par les personnes en situation
de handicap et des possibles facteurs explicatifs Page suivante
Situation insuffisante
Situation précaire vis-à-vis de la culture,
vis-à-vis du logement des sports et loisirs
AXE 2 / LE REPÉRAGE DE LA DOULEUR ET DES PROBLÈMES SOMATIQUES, L’ÉVALUATION DE LA DOULEUR ET LES TRAITEMENTS / Les traitements
AXE 3
1. Reconnaître l’expertise
des proches et des aidants 47
2. Coordination des
interventions et suivi 50
AXE 3 / LES PROCHES ET LES ACTEURS DE LA COORDINATION / Reconnaître l’expertise des proches et des aidants
1 RECONNAÎTRE L’EXPERTISE
DES PROCHES ET DES AIDANTS
Constats
La personne accompagnée doit être appréhendée dans son environnement et avec ses proches, considérés
à chaque fois que la personne le souhaite. Ils représentent la plupart du temps des acteurs de première
ligne pour son accompagnement.
Les proches connaissent les habitudes de vie, les réactions, les émotions, les attitudes habituelles de la
personne et sont à même de détecter des modifications comportementales, ainsi qu’un éventuel problème
somatique et/ou une douleur. Ainsi il existe par exemple une concordance entre l’évaluation de l’expression
faciale de l’enfant réalisée par un observateur (à partir de l’échelle CFCS) et l’estimation de l’intensité de
la douleur par les parents (à partir de l’échelle des visages classique)70.
Sous réserve que la personne y consente, la recherche d’une collaboration de la personne, de la famille et
des proches, constitue une ressource pour les équipes71. La famille « est devenue une actrice à part entière,
détenant, à l’instar des professionnels et des spécialistes, une expertise basée sur la connaissance de la
personne et de son vécu72 ». Or l’expertise des familles (dépistage des symptômes, analyse des situations,
etc.) n’est pas toujours reconnue73 et peut être ignorée.
Mots-clés
Entourage, aidants, proches, écouter, entendre, questionner, recueillir et prendre en compte l’avis des
proches, ne pas juger, informer, se concerter, dialoguer
Illustration
Illustration (suite…)
6 messages clés
1 Considérer que toute personne intervenant autour de la personne en situation de handicap, professionnel
ou proche, est légitime pour alerter sur l’existence d’un éventuel problème, sous réserve que la personne
y consente.
2 Reconnaître et valoriser le rôle et la place des proches dans le parcours de santé. Avec l’accord de la
personne, recueillir l’expertise des proches et aidants.
3 Définir et formaliser avec la personne accompagnée et ses proches les modalités d’un partenariat dans
le cadre du projet de santé.
4 Élaborer le circuit permettant aux proches de transmettre des signes inhabituels ou des manifestations
observées.
5 Sensibiliser les proches aux échelles et outils validés permettant d’objectiver la douleur.
Constats
Un travail en bonne coordination est la condition nécessaire pour le repérage et le traitement dans des
délais acceptables des problèmes somatiques de personnes en situation de handicap. Or, parmi d’autres
constats, 15 études de cas sur 94 exploitées témoignent de délais importants entre l’apparition de signes
d’alerte et la prise en charge médicale.74
En effet, l’insuffisante coopération entre les acteurs, en particulier entre les secteurs sanitaire et médico-
social, est souvent dénoncée. De même, le manque de coordination entre services généralistes et spécialisés
est souvent mis en exergue, chacun se renvoyant la responsabilité de la prise en charge des soins primaires75.
Conformément aux orientations données par les textes législatifs et réglementaires successifs, la coopération
entre les secteurs sanitaire et médico-social est nécessaire pour assurer les soins des personnes en situation
de handicap, dans le respect de la continuité de leur parcours.
La communication et l’information sur les actions relatives au suivi somatique d’une personne en situation
de handicap doivent donc être assurées entre tous les professionnels et proches intervenant autour d’elle sur
un territoire donné, dans le respect des règles relatives au secret professionnel et au partage d’informations.
Un manque d’interaction existe entre les soins somatiques et les soins en santé mentale ainsi qu’une
mauvaise organisation, voire une absence de prise en charge somatique dans les établissements de santé
mentale76.
Mots-clés
Communication des acteurs ; conventions ; protocoles ; échanges ; référent ; parcours de vie et de santé
Illustration
« Après le décès de Loïc nous avons demandé à être reçu par la direction de l’établissement et avons demandé
le dossier médical pour essayer d’en comprendre les causes... Loïc est tombé 115 fois (avec la certitude que
toutes les chutes ne sont pas répertoriées) sur environ 350 jours de présence. Du fait de son hémiplégie, de son
manque d’équilibre et de sa forte spasticité, les chutes étaient lourdes, Loïc n’avait pas les mouvements réflexes
pour se retenir. Pendant ces 4 ans, en tant que mère et tutrice, je n’ai reçu aucune alerte, aucune information
sur cette mise en danger. Le seul objet d’échanges concernait la désinhibition sexuelle de Loïc à laquelle on me
demandait de répondre par des neuroleptiques et une castration chimique ».
…
Camille est une jeune personne de 19 ans. Elle a un handicap rare. Elle est aveugle avec des troubles autistiques
sévères. Elle vit avec sa famille d’accueil et est accueillie à 130 km de son domicile dans une structure spécialisée.
Vu la complexité du handicap de Camille, plusieurs médecins interviennent et ce sont la famille d’accueil et le
médecin de la PMI qui assurent difficilement la coordination. Il lui ait prescrit un traitement de psychotrope
matin et soir et une hormone (pour le sommeil). Camille a des gestes d’agressivité et d’automutilations, crie et
a des troubles du sommeil.
La famille d’accueil déplore le manque d’outils pour analyser le comportement de Camille : « Pas de grille
d’observation pour essayer de discerner s’il y avait une éventuelle cause somatique. Le médecin ou les
infirmières de l’établissement « en parlent et demandent l’avis « des éducateurs. On note (parfois) dans le
cahier de liaison que du doliprane lui a été donné (pour voir « si » ça la calme)… Quand il y a une suspicion,
le médecin prescrit un bilan sanguin mais sans informer la famille de ce qu’il recherche. De plus, la famille
d’accueil regrette que le médecin soit souvent pressé, notamment face à des situations inhabituelles stressantes
et anxiogènes. En effet, dans ce type de situations, Camille s’énerve et crie. De plus, il faut dans le même laps
de temps, la rhabiller tout en essayant de comprendre les explications du médecin et en tentant de poser des
questions. Dans ces moments, une seule envie vient à l’esprit de l’assistante familiale : se sauver parce que
Camille est très agitée et qu’elle se manifeste bruyamment !
Pour la famille d’accueil de Camille, il est difficile d’avoir un avis complémentaire, les médecins ne
communiquant que peu entre eux.
En ce qui concerne les éléments de compréhension, la famille d’accueil regrette que sa place, et sa connaissance
de Camille ne soient pas plus prises en compte et qu’elles ne soient pas non plus toujours bien acceptées
comme interlocuteur.
…
Adrien est un adulte de 59 ans. Il est déficient intellectuel et a des troubles autistiques. Il vit dans une M.A.S.
Il a des antécédents de rétention aigues d’urine et de poussées hémorroïdaires.
Depuis quelque temps, il crie et s’agite beaucoup. Il est difficile de l’examiner, notamment d’aborder son
abdomen pour le diagnostic de globe vésical : Il attrape la main de l’examinatrice et la retire en criant. Le
passage aux urgences est évité puisqu’Adrien a déjà été hospitalisé au centre d’urologie de l’hôpital. Un
appel permet ainsi de l’hospitaliser en quelques heures. Sondé à demeure, Adrien est soulagé et ne crie plus.
Les équipes éducatives et les infirmières font un suivi quotidien de la diurèse. La mise en place d’un service
dédié aux rétentions aigües d’urines à l’hôpital a permis une prise en charge rapide et efficace d’Adrien.
2 Si besoin, mobiliser des outils spécifiques tels que la télémédecine (télé-expertise ou téléconsultation).
3 Mettre en place une procédure définissant la coordination des actes de chaque professionnel.
4 Pour réduire les délais de consultations et/ou éviter le passage par les services d’urgence, définir les
moyens de coordination à mettre en place (au sein de conventions et protocoles le cas échéant). Ces
moyens sont par exemple :
5 Mettre en place un référent pour le suivi des soins somatiques. L’accompagnement personnalisé suivi
par un/des référent(s) en santé en charge du développement des partenariats extérieurs sur la question
de la santé permet de :
• favoriser la cohérence, la continuité, l’accès à un réseau et la coordination sur le territoire entre les
intervenants internes et externes ;
• mettre en place des documents de liaison (fiche transmissible mentionnant la description de l’état
de base de la personne) ;
• mettre en place un système de vigilance pour que chaque personne ait a minima une consultation
une fois par an avec son médecin afin de réaliser un bilan sur sa santé ;
• définir la coordination des soins assurée autour de la personne.
7 Croiser les différentes observations recueillies (éléments apportés par les proches, observations des
professionnels, outils tels que les grilles d’observation du comportement et échelle d’évaluation de la
douleur) afin de formuler des hypothèses sur l’origine de la douleur.
8 Partager les informations nécessaires en temps utile afin de favoriser la continuité du parcours. À cette
fin, veiller à ce que chaque personne accompagnée ait un document de liaison, actualisé et tenu à
jour, permettant l’échange entre tous les professionnels, dans le respect des règles relatives au secret
professionnel et au partage d’informations.
9 En amont d’une consultation ou d’examens, rassurer la personne et répondre à ses inquiétudes en :
• prenant en compte sa douleur, expliquant ses symptômes et les réponses apportées ;
• préparant les examens et organisant avec les professionnels des conditions favorables pour la
consultation, à partir de la connaissance de la personne (évaluation des éléments stressants77, mise
en place d’apprentissages et évaluation des compétences acquises78) ;
• privilégiant l’accompagnement par la personne de son entourage (personnel ou professionnel) qui
la connaît bien.
10 Prévoir un temps d’échange avec la personne, éventuellement la personne qui l’a accompagnée, le
représentant légal ou la personne de confiance79, et le professionnel médical pour savoir comment
s’est déroulée la consultation (ou l’hospitalisation). Les questions suivantes peuvent être posées :
• comment s’est déroulée la consultation ? Y a-t-il eu des difficultés ?
• quelles ont été les réactions dans la situation (notamment si elle est nouvelle) ?
• la personne a-t-elle eu peur ? De qui ? De quoi ? À quel endroit ? À quel moment ? Comment s’est
manifestée cette peur ? Pourquoi (le monde dans la salle d’attente, le matériel utilisé, etc.) ?
• la personne a-t-elle compris le déroulement de la consultation ? Ce qui lui a été expliqué ? Par des
consignes orales, des gestes, ou des illustrations imagées ?
• la personne a-t-elle su dire où elle avait mal ? Par quel moyen (oralement, grâce à un schéma corporel,
en montrant une partie de son corps) ?
• la personne a-t-elle pu s’exprimer ? Par quel moyen (des gestes, des mots-phrases, des images, des
moyens technologiques) ?
• quelles stratégies/astuces ont permis de rassurer la personne ?
11 Organiser le suivi des interventions recommandées80 par le professionnel de santé (suivi des traitements,
soins infirmiers ou de rééducation préconisés, adaptations de l’environnement, etc.) sur la base d’outils
de suivi (voir le chapitre sur les traitements).
13 Anticiper le retour en co-construisant le projet de sortie avec la personne, l’équipe soignante, les
proches, et le cas échéant, le médecin traitant.
À la suite de l’hospitalisation82 :
14 Prendre connaissance des actes réalisés et des évènements indésirables (dont allergies) qui sont survenus lors
de l’hospitalisation. Le cas échéant, transmettre l’information aux professionnels. Informer la personne de
l’intérêt d’en informer également ses proches et l’accompagner, si elle le désire, dans cette démarche.
Outils de liaison
Les documents de liaison peuvent comporter tout type d’informations. Certains contenus sont précisés
pour les structures MAS et FAM84, mais peuvent être déployés par l’ensemble des acteurs intervenants
auprès de personnes en situation de handicap (voir l’exemple d’outil simple en annexe) :
• une fiche exposant de façon simple les principales caractéristiques et les précautions à prévoir
pour le type de handicap présenté par la personne ;
• une fiche, à l’intention d’un médecin, présentant les informations médicales relatives à la personne ;
• une fiche de liaison paramédicale indiquant les soins quotidiens et les éventuelles aides techniques
dont la personne a besoin ;
• une fiche sur les habitudes de vie et les conduites à tenir propres à la personne. Cette fiche, remplie
avec la personne et/ou les proches et/ou les intervenants et/ou le médecin traitant, peut comprendre :
• l’identité de la personne, les personnes à contacter, la personne de confiance85, le ou les référents
intervenant dans l’accompagnement de la personne, les informations administratives ;
• les habitudes de vie de la personne ;
• les différents aspects de l’autonomie : ce que la personne peut faire ou ne pas faire dans les différents
gestes de la vie quotidienne (mobilité, alimentation, etc.), les précautions à prendre pour les actes
de la vie quotidienne, pour le coucher, la toilette ;
• les dispositifs médicaux ou/et aides techniques, la fiche d’installation de lapersonne (position-
nement), l’alimentation ;
• les capacités fonctionnelles et décisionnelles ;
• les particularités sensorielles ;
• la communication :
>> moyen de communication habituel de la personne (langage, gestes, cahier, tablette, tiers
informant, questions directes) ;
>> à défaut moyen de communication utilisé pour anticiper les soins (kits communication86,
présence d’un tiers87, etc.…) ;
>> supports (pictogramme, bandes dessinées ou vidéo) complémentaires à l’outil de communi-
cation habituel de la personne.
• l’attitude vis-à-vis des soins
>> signes d’expression de la douleur et aptitude à la localiser ;
>> compliance à l’examen et adaptations nécessaires (visite préalable, photo des personnels
soignants, aménagement de l’espace, pas de port de blouse, renforçateurs).
• la fiche peut comprendre des conseils et savoir-être (ne pas utiliser d’expression, de question
imagée, utiliser un ton neutre, soutenir les consignes, etc.).
• les fiches de repérage de signes, pouvant avoir pour origine un problème somatique, peuvent être
incluses dans ces documents de liaison.
À ces documents, s’ajoutent des supports spécifiques à la transmission d’informations entre professionnels
médicaux :
• la lettre de liaison rédigée par le médecin traitant ou le médecin responsable du suivi régulier de la
personne88 ;
• le résumé du dossier médical ou synthèse médicale89 : informations médicales renseignées par le
médecin traitant ou le médecin responsable du suivi régulier de la personne (allergies, antécédents
médicaux, pathologies récurrentes) ;
• le document de sortie en cas d’hospitalisation90.
• des fiches de liaison visant à faciliter l’hospitalisation et la prise en charge des personnes sont disponibles
sur le site de l’APHP http://www.aphp.fr/fiches-de-liaison-pour-enfants-et-adultes-handicapes
• référentiel des informations relatives au séjour et nécessaires à la continuité des soins en sortie
d’hospitalisation proposé par la HAS : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1777678/fr/
document-de-sortie-d-hospitalisation-superieure-a-24h
• carnet de suivi médical proposé par le site Internet « Santé très facile » : http://www.santetresfacile.
fr/telechargements
• carnet de soins informatisé COMPILIO (projet ARS Auvergne-Rhône-Alpes et Association R4P) :
https://compilio.sante-ra.fr/
• outil « Passeport Santé » à destination des personnes en situation de handicap proposé par
l’ADAPEI 49 et soutenu par l’INPES91
AXE 4
LA PROMOTION DE
LA SANTÉ ET L’ÉDUCATION
POUR LA SANTÉ
2. Prévention et éducation
pour la santé 63
Constats
Définition de la promotion de la santé92 : la promotion de la santé vise le changement planifié des modes
de vie et des conditions de vie ayant un impact sur la santé. Elle utilise pour cela une large gamme de
stratégies dont l’éducation pour la santé, le marketing social et la communication de masse (pour les
individus), l’action politique, l’organisation communautaire et le développement organisationnel (pour
les collectivités).
On constate, pour les personnes en situation de handicap, une limitation de l’accès aux soins courants,
qui n’est pas spécifique à la limitation d’autonomie93 :
• pour les personnes avec un handicap mental ou cognitif, l’accessibilité est limitée par la nécessité d’un
accompagnement humain dans les soins pour le repérage, la compréhension et la gestion du stress
généré par le recours aux soins (temps de transport, changement de lieu, adaptation des espaces
de soins aux particularités sensorielles, etc.) ;
• pour les personnes avec un handicap moteur, les restrictions d’accessibilité sont plutôt d’ordre matériel
(cadre bâti, équipements, etc.) ;
• pour toutes les personnes handicapées, l’attitude et la disponibilité des professionnels du soin,
globalement insuffisantes, représentent un frein supplémentaire.
Ainsi, les besoins de santé généraux passent souvent en second plan après le suivi spécifique du handicap.
Ce reflexe dommageable s’observe à la fois chez la personne, ses proches et les professionnels94.
Les campagnes de prévention restent généralistes et ne touchent pas les personnes en situation de handicap
car la communication utilisée n’est pas adaptée à leurs spécificités95. Les enfants et jeunes en situation de
handicap mental notamment sont écartés de l’éducation à la santé et à la prévention96.
Mots-clés
Qualité de vie ; amélioration de la santé ; bien être ; hydratation ; dormir ; bouger ; détente
Illustration
Actions d’éducation pour la santé
Caroline est une jeune fille de 10 ans, déficiente intellectuelle sévère. Elle a des troubles de comportements
importants, étiquetés « troubles autistiques ». Elle était non parlante du fait d’une paralysie faciale droite néonatale
qui s’améliore légèrement avec le temps (actuellement elle arrive à dire quelques mots). Elle est accueillie en
IME. L’emploi d’une échelle d’évaluation de la douleur (grille GED-DI) a été instauré chez quelques enfants
présentant des troubles de l’expression orale, dont Caroline. Un état « basal » a été réalisé par observation de
l’enfant, dans un moment d’activité avec un comportement « habituel », par un binôme infirmière ou médecin
+ psychologue. La consigne a été donnée d’appeler lorsqu’un changement de comportement est observé pour
réaliser une nouvelle cotation. Cette démarche a permis de diagnostiquer, en détectant la douleur puis en
procédant à un examen complémentaire, une dent cariée. Un atelier de « dédramatisation » des actes médicaux,
dentaires et paramédicaux a été mis en place par l’infirmière afin de pouvoir examiner l’enfant et lui expliquer
les soins envisagés. Caroline y participe avec 3 autres jeunes. On commence par savoir rester assis dans une
« salle d’attente », s’allonger sur un divan d’examen, ouvrir la bouche, voir l’infirmière venir avec un masque,
ouvrir et fermer une porte en douceur. Ceci progressivement, sur de nombreuses séances. Un second atelier
« brossage de dents » est en passe d’être généralisé ; une explication individualisée est initiée lorsqu’un soin
particulier est prévu.
Les professionnels font appel aux psychologues, à l’infirmière, au médecin en cas de doute sur une douleur.
,
13 messages clés
1 Impliquer à cette démarche de réalisation, la personne concernée (sa vision globale des situations
personnelles et environnementales), ses proches, la direction et l’encadrement, les professionnels
éducatifs, paramédicaux, soignants et d’aide à la personne, l’association et/ou l’organisme gestionnaire.
2 Inscrire les décisions en matière de promotion de la santé et les missions d’éducation pour la santé
dans les dispositifs, dans le cadre et le fonctionnement institutionnels.
5 À partir des spécificités des personnes accueillies, inscrire la démarche de planification globale de la
promotion de la santé, de repérage des troubles somatiques, d’évaluation de la douleur, la conduite à
tenir vis-à-vis des traitements médicamenteux et des événements indésirables dans le projet d’ESSMS en :
• précisant les objectifs, la mise en œuvre concrète et les outils sélectionnés, les ressources mobilisées
et les modes d’évaluation des résultats retenus ;
• prevoyant une déclinaison individuelle dans les projets personnalisés.
6 Inscrire les thématiques de promotion de la santé, les démarches de repérage des problèmes somatiques,
d’évaluation de la douleur, et la conduite à tenir vis-à-vis des traitements médicamenteux dans la
politique de formation de l’ESSMS en :
• évaluant les besoins en formation des professionnels en matière de repérage des problèmes somatiques
et de promotion de la santé ;
• mettant à la disposition des professionnels des supports d’information et instaurer un système de
veille documentaire pour actualiser les données scientifiques et les pratiques disponibles ;
• organisant des temps d’analyse de la pratique sur les thématiques de santé abordées.
7 Développer les partenariats pour la promotion de la santé avec les dispositifs de « droit commun »
présents sur le territoire avant de développer des réponses spécifiques en interne en :
• sollicitant les organismes, publics ou privés, qui mènent des actions de promotion de la santé :
• comités départementaux ou régionaux d’éducation pour la santé ;
• instances régionales d’éducation et de promotion de la santé ;
• associations, etc.
• sollicitant les professionnels familiarisés au handicap :
• établissements de santé, réseaux spécialisés, professionnels libéraux ;
• centres de ressources, plates-formes de service, équipes-relais.
• travaillant avec les pairs.
8 À partir des compétences et des ressources identifiées au sein de l’ESSMS, intégrer dans le dialogue de
gestion avec les autorités de tarification les éléments relatifs aux moyens logistiques et organisationnels
qu’impliquent les démarches recommandées :
• identification des besoins et répartition des ressources, en tenant compte leur variabilité compte-tenu
de l’évolutivité des besoins des personnes et des spécificités territoriales (partenariat déjà en place,
plateforme entre ESSMS, etc.) ;
• planification des temps d’apprentissage ;
• organisation des espaces ;
• mise en place des évaluations en pratique (cotations, grilles d’évaluation, etc.).
9 Améliorer l’accès des personnes handicapées à l’information sur les dangers présentés par les différents
types d’addictions, indépendant de leur caractère perturbant ou non pour l’entourage (prévention sur
le tabac au même titre que sur l’alcool).
10 Améliorer l’information des personnes handicapées concernant leur droit à une sexualité (désir sexuel
et de parentalité, contraception, prévention des IST) en l’adaptant à leurs situations et à leurs capacités
de compréhension.
12 Mettre en place des actions de promotion de la santé (atelier nutrition, sexualité, bucco-dentaire, etc.).
13 Prévoir pour chaque personne une information spécifique à la santé en matière d’hygiène bucco-den-
taire, de nutrition, d’addictions, de vie affective et sexuelle, etc. (avec un intervenant interne ou
extérieur).
Outils
2 PRÉVENTION ET ÉDUCATION
POUR LA SANTÉ
Constats
Définition de la promotion de la santé98 : forme de prévention devant permettre aux personnes « d’exercer
un plus grand contrôle sur leur propre santé et de faire des choix favorables à celle-ci » (Charte d’Ottawa99).
Fondamentalement, son objectif est de faire progresser la culture santé, pour que les citoyens fassent
eux-mêmes, de façon autonome, les bons choix en matière de santé. Elle est une sous discipline de la
promotion de la santé. Cette dernière vise le changement planifié des comportements mais aussi des
environnements relatifs à la santé via une gamme de stratégies individuelles (modes de vie, habitudes de
vie) et environnementales (conditions de vie).
De même que l’accès aux soins somatiques est restreint pour les personnes en situation de handicap, le
constat est fait d’un manque d’information et de prévention. qui se retranscrit dans les pratiques et les
effets produits sur plusieurs thématiques relatives à la santé. Cela peut entraîner :
• de fréquentes situations de refus par les personnes en situation de handicap d’une aide extérieure
pour la réalisation de leurs soins d’hygiène corporelle qui ont des conséquences directes sur leur
état de santé100 ;
• une insuffisante pratique d’activités physiques chez les personnes en situation de handicap, non
uniquement imputable à la limitation de leur mobilité101 ;
• un manque de connaissances, d’apprentissages et de travail sur les comportements appropriés en
matière de sexualité et de prévention des maladies sexuellement transmissibles102. Sur ce sujet, les
messages se heurtent encore trop fréquemment à l’attitude des aidants professionnels et des proches
qui nient cette sexualité, considérant la personne comme immature, ou percevant leur sexualité
comme menaçante103.
Or, la prévention et l’éducation pour la santé s’avèrent particulièrement nécessaires pour sensibiliser les
personnes en situation de handicap à ces sujets et limiter la survenance de problèmes somatiques.
Mots-clés
Accès aux soins ; partenariat ; apprentissages ; situations concrètes ; répétitions, régularité et fréquence ;
actes de la vie quotidienne ; éducation pour la santé ; communication fonctionnelle ; interventions pour
mieux appréhender les situations de soins
Illustration
Valérie est une jeune autiste de 25 ans accueillie dans un FAM depuis 2012. Après un temps d’adaptation, elle
s’est très bien intégrée à la vie dans son nouveau milieu. Elle rend visite à sa famille un week-end sur deux.
L’internat n’est pas une situation simple à vivre pour la famille, d’autant plus que Valérie est épileptique. Sa mère
est rassurée puisque l’équipe a accepté qu’elle transmette des informations concernant les signes annonciateurs
spécifiques comme par exemple des grincements de dents, une pâleur extrême du faciès, un refus de s’alimenter,
ou encore des situations particulières comme la période des règles en lien avec des troubles du comportement.
Cela a permis de mettre en place une surveillance adéquate de son épilepsie. L’équipe a pu mettre en place une
évaluation de la douleur par constat de trouble de l’humeur, un traitement préventif antalgique prémenstruel
et pendant les règles, un système de baby phone nocturne dans la chambre de Pauline, une surveillance de nuit
(augmentation des passages nocturnes) pour améliorer la surveillance et repérer une éventuelle crise d’épilepsie
nocturne. À cette surveillance s’ajoute des fiches de suivi. Valérie a un bilan sanguin de contrôle annuel, incluant
une recherche pour le dosage antiépileptique et hépatique.
! Points de vigilance
La personne possède non seulement ses propres compétences mais également un sentiment de compétence.
Ce sentiment de compétence a un effet de motivation pour elle.
Si les exigences demandées à la personne sont trop « basses », ou si la stimulation attendue est jugée
insatisfaisante par la personne, la personne développera une motivation insuffisante. A contrario, si les
exigences sont au-dessus des capacités de la personne, le sentiment développé est de l’ordre de la démoti-
vation. Dans les deux situations, la personne peut se sentir frustrée et perdre toute confiance.
La conduite d’un entretien motivationnel peut faciliter l’adhésion de la personne à son programme
d’éducation pour la santé.
Il est important d’éviter les comportements trop intrusifs, de s’adapter au temps dont la personne aura
besoin pour modifier ses habitudes104.
La présence de la personne accompagnant lors de la délivrance des informations médicales requiert l’accord
préalable de la personne concernée.
6 messages clés
Afin de respecter la qualité de vie des personnes et de développer leurs capacités d’autonomie en santé,
il est important de recueillir leurs habitudes de vie. Pour ce faire, un questionnement élaboré par domaine
en interaction permet d’en éclairer les différents aspects. Ce questionnement s’adresse à la personne en
situation de handicap et au représentant légal ou au professionnel accompagnant la personne. Il s’accom-
pagne d’actions préventives et éducatives (éducation pour la santé) traduites en messages clés.
1 Recueillir auprès de la personne ses habitudes de vie pouvant avoir un effet sur sa santé dans les
différents domaines présentés ci-dessous.
2 À partir de ce recueil :
• identifier les facteurs de risques et les facteurs de protection ;
• co-construire avec la personne un plan de prévention de sa santé comprenant la sensibilisation à
des habitudes de vie adaptées, la mise en place d’apprentissages pour les favoriser et le suivi de ses
habitudes de vie ;
• informer et sensibiliser les proches et les professionnels aux actions de prévention de la santé
déterminées dans le plan ;
• évaluer les actions mises en place.
4 Construire pour chaque personne un plan d’actions de prévention et d’éducation pour la santé.
La mobilité et l’accessibilité
Le sommeil
L’hygiène corporelle
L’alimentation et l’hydratation
La vie sociale
Le programme doit plus particulièrement prendre en compte certaines périodes charnières identifiées :
La petite enfance
L’adolescence
Le vieillissement
Outil
Objectif de la
Date Évaluation Commentaires
séance
Encore Difficultés
A su faire
à travailler particulières
Pour les personnes ayant un traitement, des examens préliminaires, une surveillance et des réévaluations
spécifiques sont à prévoir conformément aux recommandations en vigueur117.
Lors des évaluations somatiques veiller à rechercher les comorbidités fréquentes.
Identité de la personne :
Référent :
Suivi somatique :
La personne a choisi son médecin traitant : non oui absence d’information
La visite médicale annuelle a eu lieu : non oui absence d’information
La fiche médicale de la personne a été mise à jour : non oui absence d’information
Au cours des 12 derniers mois, la personne a bénéficié de (préciser si les interventions ont
principalement lieu sur le lieu de vie ou à l’extérieur) :
Bilan biométrique : non oui Lieu :
Orthophonie : non oui Lieu :
Psychomotricité : non oui Lieu :
Kinésithérapie : non oui Lieu :
Pédicure-podologue : non oui Lieu :
Soins psychiques : non oui Lieu :
Soins dentaires : non oui Lieu :
Bilan ophtalmologique : non oui Lieu :
Bilan gynécologique (le cas échéant) : non oui Lieu :
Bilan ORL : non oui Lieu :
Bilan dermatologique : non oui Lieu :
Les traitements :
La personne a-t-elle bénéficié en interne d’une aide à la prise de traitement ? non oui
Si la personne possède un traitement, a-t-elle bénéficié d’un suivi particulier (EEG, surveillance
biologique, dosage médicamenteux) ? non oui
Si oui, lequel ?
La personne a-t-elle bénéficié d’un programme d’éducation thérapeutique ? non oui
Hospitalisation :
La personne a-t-elle été hospitalisée au cours des 12 derniers mois ? non oui
Si oui, pour chaque hospitalisation :
La personne a-t-elle été accompagnée lors de son entrée à l’hôpital ? non oui
Les professionnels ont-ils effectué des visites ? non oui
Un contact a-t-il été maintenu entre la structure et la personne ? non oui
Les professionnels ont-ils eu des contacts avec les professionnels de santé ? non oui
La personne a-t-elle été accompagnée lors de sa sortie ? non oui
Ce n’est pas parce qu’il y a eu une hospitalisation ou un suivi médical que l’ensemble des
examens somatiques a été réalisé. À partir du document de sortie118, identifier les examens
somatiques réalisés et ceux qui pourront être programmés.
Prévention :
La personne est-elle à jour de ses vaccins ? non oui
La personne a-t-elle bénéficié des actions de dépistage auxquelles elle a droit ? non oui
Un régime alimentaire adapté à l’état de la personne a été mis en place ? non oui
La personne a bénéficié d’informations sur les grands problèmes de santé ? non oui
Si oui, sur quelle thématique ?
La personne a-t-elle bénéficié d’actions d’éducation pour la santé (éducation aux gestes de soins,
sensibilisation aux conduites à risques, etc.) non oui
Si oui lesquelles ?
ANNEXES
1. Résultats de l’appel
à contributions 81
Définitions 84
Glossaire 85
Participants à l’élaboration
du guide 87
Rappel de la démarche
Les retours
Les questionnaires
23%
ont été renseignés par :
32%
Proches
Professionnels sociaux/
médico-sociaux
Professionnels de santé
43%
Les types de handicap déclarés à titre principal dans les études de cas sont :
Autisme et TSA 51
Déficience intellectuelle 11
Traumatisme crânien 3
Polyhandicap 3
Syndrome de Rett 2
Autres handicaps 7
Lorsqu’un diagnostic a pu être posé, les problèmes somatiques évoqués dans les études de cas, seuls ou
de manière combinée, sont (nombre d’occurrences) :
Rappel de la démarche
Rappel : cette étude de cas vise à alimenter une analyse qualitative et illustrative des problèmes somatiques rencontrés par les
personnes handicapées. En conséquence, elle est fondée uniquement sur des données déclaratives et n’a pas de valeur statistique.
DOLOPLUS Hétéro-
évaluation
Validée
en janvier
1999
Personnes âgées ayant des troubles de
la communication verbale.
Non adaptée aux personnes en situation
Utilisable par les
professionnels de santé.
L’utilisation nécessite un
Wary B., « Doloplus : validation d’une échelle
d’évaluation comportementale de la douleur chez la
personne âgée ». revue Douleurs, 2001, 2 ; 1 : 35-38
2
de handicap. apprentissage
ALGOPLUS Hétéro- Validée Douleurs aiguës chez la personne âgée Utilisable par les profes- Rat P, Jouve E., Pickering G, Donnarel l, Nnguyen l,
évaluation ayant des troubles de la communication sionnels de santé Michel M, et al. Validation of an acute pain-behavior
verbale. scale for older persons with inhability to communicate
Non adaptée aux personnes en situation verbally : ALGOPLUS. European Journal of pain 2011 ;
de handicap. 15(2) : 198-204
Grille d’évaluation de la douleur Hétéro- Validée au Douleur chez le patient enfant ou adulte Utilisable par les Zabalia M, Breau LM, Wood C, Lévêque C, Hennequin
(GED DI) évaluation Canada et ne pouvant communiquer verbalement, professionnels de santé. M, Villeneuve E, Fall E, Vallet L, Grégoire MC, Breau G.
en France ne pouvant s’autoévaluer. L’utilisation nécessite un Validation de la version française de l’échelle NCCPC
Une utilisation simple et une utilisation apprentissage version post-opératoire Can J Anaesth 2011 ; 58 (11)
post-opératoire. :1016-23
Échelle en cours d’adaptation. Certains
items ne correspondent pas aux
personnes en situation de handicap.
EXEMPLES D’ÉCHELLES
Grille DESS Hétéro- Validée Douleur chez l’enfant polyhandicapé Utilisable en équipe Collignon P, Giusiano B. Validation of a pain
(San Salvadour) évaluation non communiquant pluridisciplinaire evaluation scale for patients with severe
médicale/soignante/ cerebral palsy. Eur J Pain 2001 ; 5 : 433-42.
paramédicale
Face Legs Activity Cry Consolabi- Hétéro- Validée Mesure de la douleur post-opératoire Utilisable par les Voepel-Lewis T, Merkel S, Tait AR, Trzcinka A, Malviya
lity (FLACC) évaluation et de la douleur des soins chez l’enfant professionnels de santé S. The reliability and validity of the Face, Legs, Activity,
avec handicap cognitif Cry, Consolability observational tool as a measure of
pain in children with cognitive impairment. Anesth
Analg 2002 ; 95 (5) : 1224-9.
Échelle Evaluation Hétéro- Validée Évaluation de la douleur chez Utilisable par les profes- M-A. Jutand, A.Gallois, J.Léger, E.Pambrun, F.Rondi,
Douleur Adolescent Adulte handi- évaluation l’adolescent ou l’adulte polyhandicapé sionnels de santé en M.Belot, P.Marrimpoey. Echelle EDAAP 2 : validation
D’HÉTÉRO-ÉVALUATION DE LA DOULEUR
Évaluation de l’expression de la Hétéro- En cours de Version modifiée de l’EDAAP pour les Utilisable par les Centre régional de la douleur et des soins somatiques
douleur chez des sujets dyscom- évaluation validation enfants et adultes dyscommunicantes professionnels de santé. en santé mentale et autisme, EPS Barthélémy Durand-
municants (EDD) L’utilisation nécessite un Etampes et autisme. Recherche effectuée
(EDAAP adaptée) apprentissage
Échelle simplifiée d’évaluation Hétéro- Validée Personnes dyscommunicantes et Utilisable par tous y Centre régional de la douleur et des soins somatiques
de la douleur chez les personnes évaluation atteintes de TSA et troubles apparentés compris professionnels en santé mentale et autisme, EPS Barthélémy
dyscommunicantes avec troubles non soignants et aidants Durand-Etampes
83
ANNEXE 2 : EXEMPLES D’ÉCHELLES D’HÉTÉRO-ÉVALUATION DE LA DOULEUR
DÉFINITIONS
DÉFINITIONS
Promotion de la santé
La charte d’Ottawa définit la promotion de la santé comme « un processus qui confère aux populations le
moyen d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé et d’améliorer celle-ci »119.
La promotion de la santé relève d’une approche globale qui passe notamment par120 :
• des actions d’éducation à la santé permettant d’agir sur les modes de vie, habitudes et comportements
individuels121 ;
• des stratégies environnementales permettant de modifier les conditions de vie ;
• des actions de prévention.
Douleur
La Société française d’étude et de traitement de la douleur distingue122 :
• la douleur aiguë, liée à une atteinte tissulaire brutale (traumatisme, lésion inflammatoire, distension d’un
viscère…). Elle constitue un signal d’alarme dont la ‘finalité’ est d’informer l’organisme d’un danger pour
son intégrité. Une fois son origine identifiée, sa prise en charge nécessite sa reconnaissance et un traitement
essentiellement pharmacologique reposant sur les antalgiques avec un objectif curatif ;
• la douleur chronique, syndrome multidimensionnel exprimé par la personne qui en est atteinte : une douleur
persistant au-delà de ce qui est habituel pour la cause initiale présumée (notamment si la douleur évolue
depuis plus de 3 mois), répondant insuffisamment au traitement, et entraînant une détérioration significative
et progressive des capacités fonctionnelles et relationnelles du patient. La douleur perd sa ‘finalité’ de signal
d’alarme et devient une maladie en tant que telle qu’elle que soit son origine. Une douleur chronique doit
être appréhendée selon un modèle bio-psycho-social et être prise en charge selon une démarche évaluative
et par un traitement réadaptatif ;
• la douleur procédurale, induite par les soins (ponction, pansement, prise de sang, mobilisation du patient…),
dont la prise en charge nécessite l’identification préalable des soins potentiellement douloureux et la mise en
place de protocoles qui ont un objectif préventif (pose d’anesthésiant local avant ponction, prémédication
avec un antalgique d’action rapide immédiatement avant la réalisation d’un soin douloureux…).
Éducation thérapeutique
Selon l’OMS124, l’éducation thérapeutique du patient vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les
compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique.
GLOSSAIRE
AMP : Aide médico-psychologique
ANAP : Agence Nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux
ANCREAI : Agence nationale des centres régionaux d'études, d'actions et d’informations en faveur
des personnes en situation de vulnérabilité
ANPAA : Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie
ARS : Agence régionale de santé
ASIP : Agence française de la santé numérique
CAARUD : Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues
CASF : Code de l’action sociale et des familles
CAMSP : Centres d’action médico-sociale précoce
CIF : Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé
CMP : Centre médico-psychologique
CMPP : Centre médico-psycho-pédagogique
CNSA : Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie
CP : Comportements-problèmes
CPAM : Caisse primaire d’assurance maladie
CPO : Centres de pré-orientation
CPOM : Contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens
CRA : Centre ressources autisme
CREAI : Centre régional d’étude et d’action pour l’insertion
CVS : Conseil de la vie sociale
DGCS : Direction générale de la cohésion sociale
DI : Déficience intellectuelle
DLU : Dossier de liaison d’urgence
DREES : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques
EDAAP : Échelle évaluation douleur adolescent adulte handicapé
EDD : Évaluation de l’expression de la douleur chez les sujets dyscommunicants
ESDDA : Échelle simplifiée d’évaluation de la douleur chez les personnes dyscommunicantes avec troubles
du spectre de l’Autisme
ESSMS : Établissements et services sociaux et médico-sociaux
ETP : Éducation thérapeutique du patient
FAM : Foyer d’accueil médicalisé
FH : Foyers d’hébergement
FLACC : Face legs activity cry consolability
FO : foyers occupationnels
FV : Foyers de vie
HAD : Hospitalisation à domicile
HAS : Haute autorité de santé
HPST : Loi hôpital, patients, santé, territoire
IASP : International association for the study of the pain
IEM : Institut d’éducation motrice
IGAS : Inspection générale des affaires sociales
IME : Institut médico-éducatif
INPES : Institut national de prévention et d’éducation pour la santé devenue santé publique france
IRESP : Institut de recherche en santé publique
INSERM : Institut national de la santé et de la recherche médicale
IST : Infection sexuellement transmissible
ITEP : Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique
MAS : Maison d’accueil spécialisé
MDPH : Maison départementale des personnes handicapées
Promotion de la santé
Promotion de la santé :
• http://inpes.santepubliquefrance.fr/accessible/index.asp
• https://www.coactis-sante.fr/santebd
• http://www.santetresfacile.fr/telechargements
Éducation thérapeutique :
• http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2040214/fr/fiche-2-proposer-une-education-therapeutique-au-patient
• http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1241714/fr/education-therapeutique-du-patient-etp
Littératie en santé
• http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs2319126
• http://inpes.santepubliquefrance.fr/jp/cr/pdf/2014/2-LANGIS.pdf
Coordination éditoriale
• Philippe BOKEY
Analyse juridique
• Maître Marion PUISSANT, avocat à la cour de Montpellier
Autres contributeurs
• Isabelle MYTYCH, médecin, Centre régional douleur et soins somatiques en santé mentale et autisme, EPS
Barthélémy Durand
16
INSEE. « Enquête Handicap-Santé/Volet Ménages ». 2008 : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/s1245
17
INSERM. Déficiences intellectuelles - expertise collective, synthèse et recommandations. 2016. p.29 et 106
18
SALIGNAT, M. Encore un parcours d’obstacles. Vivre ensemble. n°105. 2011. pp 6-8
19
bservatoire régional de la santé Ile-de-France Languedoc-Roussillon, Centre de ressources autisme Langue-
O
doc-Roussillon, Centre hospitalier universitaire de Montpellier, CREAI Languedoc-Roussillon. « Les adultes atteints
de troubles envahissants du développement (autisme ou troubles apparentés) ». Enquête régionale 2005.
20
Hirvikoski T., Mittendorfer-Rutz E., Boman M., Larsson H, Lichtenstein P., Bölte S.. Premature mortality in autism
spectrum disorder. The British Journal of Psychiatry , Vol 208 (3) 232-238; 2016
21
SARAVANE, D. « Handicap psychique et suivi somatique ». Santé mentale. n°193. 2014.
22
INSERM. Déficiences intellectuelles - expertise collective, synthèse et recommandations. 2016. p.29
23
Morin, D., Mérineau-Côté, J., Ouellette-Kuntz, H., Tassé, M. J., & Kerr, M. (2012). A comparison of the prevalence
of chronic disease among people with and without intellectual disability. American journal on intellectual and deve-
lopmental disabilities, 117(6), 455-463
24
INSEE. « Enquête Handicap-Santé/Volet Ménages ». 2008 : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/s1245
25
xcès d’hospitalisations en urgence et durées d’hospitalisation : voir KRAHN, G. FOX, MH. CAMPBELL, VA.
E
RAMON, I. JESIEN, G. “Developing a health surveillance system for people with intellectual disabilities in the
United States”. Journal of Policy and Practice in Intellectual Disabilities. 2010: 7. pp155–166. Personnes avec déficience
intellectuelle, très vulnérables aux urgencies : voir IACONO et al. « A systematic review of hospital experiences of
people with intellectual disability”. BMC Health Services Research. 2014 : 14, p505.
26
HESLOP, P. BLAIR, PS. FLEMING, P. HOGHTON, M. MARRIOTT, A. RUSS, L. “The Confidential Inquiry
into premature deaths of people with intellectual disabilities in the UK : a population-based study”. The Lancet.
2014. 383 : 889–95
27
Analyse des obstacles et des actions facilitatrices d’accès aux soins des personnes avec déficience intellectuelle : voir
KWOK, H. CHEUNG, PWH. « Co-morbidity of psychiatric disorder and medical illness in people with intellectual
disabilities”. Current Opinion in Psychiatry 2007;20:443-49. BELORGEY, J-M. « Handicapés : les soins courants
sont à améliorer ». Actualités sociales hebdomadaires, Janvier 2009. n°2594. p. 38. UNAPEI. « Livre blanc. Pour une
santé accessible aux personnes handicapées mentales ». Paris. 2013.
28
ERQUIN, A. et al., Prise en charge de la douleur chronique en Belgique : Passé, présent et futur (rapport de consen-
B
sus scientifique concernant l’évaluation des projets pilotes de la douleur chronique, mis en place dans le cadre du
programme pour les maladies chroniques), Service public fédéral, Santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire
et environnement, 2011.
29
ILLAYE, E. MAGEROTTE, G. Évaluation et intervention auprès des comportements défis, déficience intellec-
W
tuelle et autisme. Louvain-La-Neuve : Editions de Boeck. 2ème éd. 2014.
30
Anesm. L’accompagnement à la santé de la personne handicapée. Saint-Denis. Anesm. Juillet 2013.
31
La question des difficultés et des attentes concernant l’accès aux informations sur les problèmes de santé a été posée
par des psychiatres américains auprès de vingt trois personnes souffrant de troubles psychiatriques interrogés par
le biais d’entretiens de groupes. DiFranco, E., Bressi, Sara K., Salzer, Mark S. (2006). «Understanding consumer
preferences for communication channels to create consumer directed health promotion efforts in psychiatric re-
habilitation settings.» Psychiatric rehabilitation journal 29(4): 251-257. Cité dans INPES. Recherche qualitative
sur les possibilités d’améliorer la santé des personnes en situation de perte d’autonomie ou de handicap et de leur
entourage. Revues de littérature sur les besoins en matière de santé Auditions auprès des structures professionnelles
et associatives Entretiens exploratoires , 2009
32
ur la personne de confiance : article L1111-6 du Code de la santé publique et article L311-5-5 du Code de l’action
S
sociale et des familles. Pour rappel, les personnes faisant l’objet d’une mesure de protection juridique sous forme de
tutelle ne peuvent désigner une personne de confiance sans l’autorisation du juge des Tutelles.
33
Sur la personne de confiance : article L1111-6 du Code de la santé publique et article L311-5-5 du Code de l’action
sociale et des familles
35
Voir l’Association du Québec pour l’intégration sociale : https://www.aqis-iqdi.qc.ca/Anesm. Les comportements-pro-
blèmes au sein des établissements et services intervenant auprès des enfants et adultes handicapés : prévention et
réponses.». Saint-Denis. Anesm. 2016.
36
Voir certains outils disponibles, par exemple COMVOOR, AAPEP, Verbal Behavior – Milestones Assessment and
Placement Program (VB-MAPP)
37
Ce questionnement est issu de la littératie.
38
INSERM. Déficiences intellectuelles - expertise collective, synthèse et recommandations. 2016. p.32
39
Appel à contribution « Guide de repérage des problèmes somatiques ». Anesm. 2017
40
Liste issue de la littérature et de l’analyse des études de cas
41
Pour plus de détail sur les typologies et les composantes de la douleur à prendre en compte, se référer au glossaire
42
RKACHIN, K.M. SOLOMON, PE. ROSS, J. “Underestimation of pain by health-care providers : towards a model
P
of the process of inferring pain in others”. Canadian Journal of Nursing Research. 2007. vol. 39, n°2. pp. 88-106.
43
UBOIS, A. RATTZ, C. PRY, R. BAGHDADLI, A. « Autisme et douleur – analyse bibliographique ». Pain Research
D
and Management. 2010. 15(4), pp.245-253
44
Propos rapportés par le professeur Serge Marchand
45
SARAVANE D. Diaporama « Etat des lieux de la douleur mentale ». Interclud. Toulouse. 15 octobre 2014.
46
AZEMA B., « La douleur des personnes handicapées par suite d’une déficience intellectuelle : la repérer, l’évaluer, la
traiter ». Bulletin d’information du CREAI Bourgogne. n° 279. Mars 2008.
47
Propos rapportés par le professeur Serge Marchand
48
HRISTENSEN, TJ. RINGHDAHL, JE. BOSCH, JJ. FALCOMATA, TS. LUKE, JR. ANDELMAN, MS.
C
“Constipation associated with self-injurious and aggressive behavior exhibited by a child diagnosed with autism”.
Education and Treatment of Children. 32. 2009, pp.89-103
49
Mélange équimoléculaire oxygène protoxyde d’azote : traitement combinant une action anxiolytique, euphorisante
et antalgique
50
Se référer à l’axe 1. L’évaluation de la douleur se base sur les évaluations réalisées.
51
SARAVANE D. « Douleur en psychiatrie ». Annales médico-psychologiques. 2015. 173, pp.356-363.
52
Données issues ou traduites de DUBOIS, A. RATTZ, C. PRY, R. BAGHDADLI, A. « Autisme et douleur – analyse
bibliographique ». Pain Research and Management. 2010. 15(4), pp.245-253
53
AZEMA B., « La douleur des personnes handicapées par suite d’une déficience intellectuelle : la repérer, l’évaluer, la
traiter ». Bulletin d’information du CREAI Bourgogne. n° 279. Mars 2008.
54
ERQUIN, A. et al., Prise en charge de la douleur chronique en Belgique : Passé, présent et futur (rapport de consen-
B
sus scientifique concernant l’évaluation des projets pilotes de la douleur chronique, mis en place dans le cadre du
programme pour les maladies chroniques), Service public fédéral, Santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire
et environnement, 2011.
55
ORDON, DB. DAHL, JL. MIASKOWSKI, C. et al. “American Pain Society Recommendations for Improving
G
the Quality of Acute and Cancer Pain Management : American Pain Society Quality of Care Task Force”. Archives
of Internal Medicine. 2005. vol. 165. n°14. pp. 1574–1580.
56
ATTAL, N. Recommandations du CLUD pour l’évaluation d’une douleur aigue ou chronique chez l’adulte et l’enfant
hospitalisé. Assistance publique – Hôpitaux de Paris. 2012
57
Questionnement élaboré principalement à partir de l’Echelle d’évaluation simplifiée de la douleur chez les personnes
dyscommunicantes avec troubles du spectre de l’autisme (ESDDA), proposée par l’EPS Barthélémy Durand
58
INSERM. Déficiences intellectuelles - expertise collective, synthèse et recommandations. 2016. p1080
59
RMAND-BRANGER, S. POISSON, N. GAUDONEIX-TAIEB, M. RAMOS, O. « Les traitements psychotropes
A
prescrits dans un établissement public de santé mentale accueillant des personnes atteintes d’autisme et des polyhan-
dicapés ». Encéphale. 2009. 35(4). pp370-376
60
Anesm. Spécificités de l’accompagnement des adultes handicapés psychiques.Saint-Denis. Anesm. Mai 2016
61
Organisation mondiale de la santé, 2004
62
ILLAYE, E. MAGEROTTE, G. Évaluation et intervention auprès des comportements défis, déficience intellec-
W
tuelle et autisme. Louvain-La-Neuve : Editions de Boeck. 2ème éd. 2014.
63
KALACHNICK. 1999 ; THOMPSON et SYMONS. 1999 cités par WILLAYE, E., MAGEROTTE, G. Évaluation
et intervention auprès des comportements défis, déficience intellectuelle et autisme. Louvain-La-Neuve : Editions
de Boeck. 2ème éd. 2014.
64
HAUMIK, S. WATSON, JM. THORP, CF. TYRER, F. McGROTHER, CW. “Body mass index in adults with
B
intellectual disability : distribution, associations and service implications : a population-based prevalence study”.
Journal of Intellectual Disability Research. 2008 Apr. 52. Pt 4. pp.287-98.
65
Sur le consentement de la personne aux soins, se référer à l’article L1111-4 du Code de la santé publique. Voir aussi :
Anesm. L’accompagnement à la santé de la personne handicapée. Saint-Denis. Anesm. Juillet 2013
66
Anesm. Les comportements-problèmes au sein des établissements et services intervenant auprès des enfants et adultes
handicapés : prévention et réponses. Volet 2. Chapitre 2.1.c «Les situations préoccupantes et d’urgence médicale de la
personne sujette à un comportement-problème : en cas d’hospitalisation non programmée ». Saint-Denis : Anesm, 2016.
67
Article L.313-26 du CASF
68
Haute autorité de santé. Mettre en œuvre la conciliation des traitements médicamenteux en établissement de santé.
Saint-Denis : HAS. Décembre 2016.
69
Eléments répertoriés à partir de sources diverses
70
UBOIS, A. RATTZ, C. PRY, R. BAGHDADLI, A. « Autisme et douleur – analyse bibliographique ». Pain Research
D
and Management. 2010. 15(4), pp.245-253
71
Anesm. Les comportements-problèmes au sein des établissements et services intervenant auprès des enfants et adultes
handicapés : prévention et réponses. Volet 1. Saint-Denis : Anesm. 2016, p.47.
72
BOISVERT, H. « L’enfant autiste et le rôle du parent ». TED sans frontière. 2007. vol. 1. n°1. p.34. BOUDREAULT,
P. KALUBI, JC. « Expérimentation d’une démarche favorisant le partage des savoirs entre les parents et les inter-
venants » in GASCON, H. BOISVERT, D. HAELEWYCK, MC. et al. Déficience intellectuelle : savoirs et pers-
pectives d’action. Tome 1 : Représentation, diversité, partenariat et qualité. Québec : Presses Inter Universitaires,
2006. BOUCHARD, JM. « Le partenariat entre chercheurs et praticiens : au-delà du discours » in GUERDAN, V.
BOUCHARD, JM. MERCIER, M. Partenariat chercheurs, praticiens, familles. De la recherche d’un partenariat à
un partenariat de recherche. Montréal : Les Éditions Logiques. 2002.
73
INSERM. Déficiences intellectuelles - expertise collective, synthèse et recommandations. 2016. p.33
74
Appel à contribution « Guide de repérage des problèmes somatiques » Anesm. 2017
75
ISHER, K. «Health disparities and mental retardation.» Journal of Nursing Scholarship. 2004. 36(1). pp.48-53,
F
cité dans INPES. Recherche qualitative sur les possibilités d’améliorer la santé des personnes en situation de perte
d’autonomie ou de handicap et de leur entourage. 2009
76
SARAVANE, D. « Handicap psychique et suivi somatique ». Santé mentale. n°193. 2014.
77
Pour réaliser l’évaluation, se référer à l’axe 1
78
Se référer à l’axe 4 sur la prévention et l’éducation pour la santé
79
Sur la personne de confiance : article L1111-6 du Code de la santé publique et article L311-5-5 du Code de l’action
sociale et des familles
80
aute autorité de santé. Document de sortie d’hospitalisation supérieure à 24 heures : http://www.has-sante.fr/
H
portail/jcms/c_1777678/fr/document-de-sortie-d-hospitalisation-superieure-a-24h
83
Le décret n°2016-994 du 20 juillet 2016 précise les conditions d’échange et de partage d’informations entre profes-
sionnels de santé et autres professionnels des champs social et médicosocial et d’accès aux informations de santé à
caractère personnel
84
Documents de liaison requis en MAS et FAM : Article D344-5-8 créé par décret n°2009-322 du 20 mars 2009 (art.1)
85
Sur la personne de confiance : article L1111-6 du Code de la santé publique et article L311-5-5 du Code de l’action
sociale et des familles
86
Exemples de kits de communication : http://medipicto.aphp.fr/ ou fiches BD www.sparadrap.org ou http://www.
coactis-sante.fr/santebd
87
idant, interprète diplômé ou intermédiateur (professionnel sourd que les unités régionales d’accueil et de soins
A
mettent à disposition) : voir VION, A. « Un intermédiateur facilite l’échange avec les sourds ». Direction(s). Octobre
2016. n°146. p4.
88
Décret n°2016-995 du 20 juillet 2016 relatif aux lettres de liaison
89
Haute autorité de santé. Volet de synthèse médicale : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2608066/fr/volet-de-syn-
these-medicale-vsm
90
aute autorité de santé. Document de sortie d’hospitalisation supérieure à 24 heures : http://www.has-sante.fr/
H
portail/jcms/c_1777678/fr/document-de-sortie-d-hospitalisation-superieure-a-24h
91
VION ; A. « Handicap. Passeport pour des soins facilités ». TSA, Novembre 201, n°77, pp28-29
92
Santé publique France : http://www.santepubliquefrance.fr/
93
ondation nationale de gérontologie. REVeSS. UMR 6578 du CNRS. Recherche qualitative exploratoire Handicap
F
– Incapacités – Santé et aide pour l’autonomie (RHISAA). Rapport de recherche. Volume I. Octobre 2010. 268p.
MARCHANDET, E. « Messages de prévention et handicap mental : une adaptation nécessaire ». La santé de l’homme.
95
113
nesm. Les comportements-problèmes au sein des établissements et services intervenant auprès des enfants et adultes
A
handicapés : prévention et réponses. Volet 3 : Les espaces de calme-retrait et d’apaisement. Saint-Denis : Anesm, 2017
114
http://www.cerhes.org
115
Outil adapté à partir d’une proposition de feuille de suivi de l’association Diapason (44)
116
Réalisé à partir de DANANCIER, J. Analyser et faire évoluer les pratiques éducatives. Paris : Dunod. 2006
117
oir notamment : Fédération Française de Psychiatrie. Recommandation de bonne pratique en psychiatrie : comment
V
améliorer la prise en charge somatique des patients ayant une pathologie psychiatrique sévère et chronique. Juin
2015 (disponible sur le site Internet de la HAS)
118
S ur le document de sortie d’hospitalisation : « il est destiné au patient (remis en main propre) et aux professionnels de
santé amenés à prendre en charge le patient en aval du séjour (que ce soit en ville ou dans un autre établissement de
santé). Il devra être déposé dans le DMP (dossier médical partagé) quand il existe, et adressé par messagerie sécurisée
aux professionnels de santé identifiés impliqués dans la prise en charge du patient. » (http://www.has-sante.fr/portail/
upload/docs/application/pdf/201411/document_de_sortie_contenu_metier_23102014.pdf)
119
Conférence internationale sur la promotion de la santé. Ottawa. Canada. 17-21 novembre 1986.
120
INPES. Communication et promotion de la santé. 2012. Document en ligne disponible sur : www.inpes.sante.fr
Sur ce thème voir notamment : INPES. Référentiel de compétences en éducation pour la santé. Version synthétique.
121
ANESM
5, avenue du stade de France
Immeuble Green Corner
93218 Saint-Denis La Plaine Cedex
Tél. 01 48 13 91 00
Avril 2017