Économie d'endettement vs capitaux en Afrique
Économie d'endettement vs capitaux en Afrique
Exposé d’économie
Rédigé par :
Ousseynou GUEYE
Mawuéna Elisée AMEWOUAME
Elèves ingénieurs statisticiens économistes en deuxième année
Sous la supervision de :
i
SOMMAIRE
Introduction ................................................................................................ 1
I. Revue de littérature ............................................................................... 2
II. Atouts et limites de l’économie d’endettement ........................................ 4
III. Atouts et limites de l’économie de marché ........................................... 7
IV. Système de financement adapté aux pays en développement : cas de
l’Afrique .................................................................................................... 11
Conclusion ................................................................................................ 16
Références bibliographiques ...................................................................... 18
ii
Introduction
1
Au regard des controverses, on peut se poser la question de savoir quel mode
de financement serait plus pertinent pour le financement des économies en
développement.
L’objet de ce travail est de faire une analyse comparative entre ces deux
modes de financement. Après avoir fait la revue de la littérature, il sera donc
question dans un premier temps de présenter les avantages et les
inconvénients de l’économie d’endettement puis de l’économie de capitaux
dans une deuxième partie et enfin dans une troisième partie, de faire une
analyse sur le mode de financement le plus adapté aux pays en
développement.
I. Revue de littérature
La relation entre finance et croissance a fait l’objet d’un débat très riche dans
la littérature économique. Dès le début, les économistes se sont intéressés au
sens de causalité théorique entre les deux variables. Schumpeter (1934)
souligne dès le départ le rôle important de la finance pour la promotion de la
croissance. Le sens de causalité de la finance vers la croissance est justifié par
la contribution de l’épargne à l’essor de l’investissement. À l’opposé, Robinson
(1952) oriente le débat en étudiant l’autre sens, ses investigations montrent
que c’est la croissance qui cause la finance.
La première étude empirique a été réalisée par Goldsmith (1969) qui montre
une corrélation positive entre la taille de l’intermédiation financière et la
croissance à l’aide des données en coupe internationale sur un horizon
temporel de 103 ans (1860-1963). Aussi, le ratio de l’agrégat monétaire M31
au PIB et le crédit domestique accordé par les banques de dépôts et les autres
institutions financières au secteur privé, rapporté au PIB, sont utilisés comme
indicateurs du développement financier. King et Levine (1993a, 1993b)
établissent un lien positif entre le développement du système bancaire et la
croissance économique, en utilisant un échantillon de quatre-vingt pays.
Demetriades et Hussein (1996) de même qu’Arestis et Demetriades (1997)
1 M3 comprend le numéraire en circulation, les dépôts à terme d'une durée inférieure ou égale à 2 ans,
les dépôts remboursables avec un préavis inférieur ou égal à trois mois et les prises en pension, les
parts/unités de fonds communs de placement et les titres de créance ayant une échéance inférieure ou
égale à 2 ans.
2
utilisent des indicateurs de développement financier et montrent que les
résultats sont mitigés, en particulier pour les pays en voie de développement.
Avec l’explosion des marchés de capitaux, les récentes études accordent une
attention particulière au rôle des marchés financiers. Levine et Zervos (1996,
1998) examinent le rôle spécifique des marchés financiers et montrent que les
différents indicateurs de marchés financiers sont positivement corrélés avec
l’indicateur de l’activité économique. Demirguç-Kunt et Levine (1996)
concluent que les pays ayant des marchés financiers développés ont
également des systèmes bancaires développés, et inversement, impliquant
qu’il n’y a pas de distinction entre un système financier à dominance bancaire
et un système financier à prééminence de marché. Atje et Jovanovic (1993)
analysent un échantillon de quarante pays et montrent que l’indicateur des
marchés financiers, contrairement à l’indicateur bancaire, influence fortement
et positivement la croissance. Levine (1997) soutient le point de vue selon
lequel les marchés financiers stimulent la croissance via la liquidité, en
réduisant le risque lié à l’investissement. Il conclut que le niveau de
développement financier est un « bon indicateur prévisionnel » des taux de
croissance économique, d’accumulation du capital, et de changement
technologique.
Bien que les analyses empiriques antérieures établissent une relation positive
entre le développement financier et la croissance, il faut souligner qu’elles ne
mettent pas en évidence l’effet du changement structurel du financement sur
celle-ci. En outre, ces analyses ne tiennent pas compte du fait que certaines
conditions initiales liées au niveau d’éducation et au niveau du revenu sont
nécessaires pour que le développement financier stimule la croissance
économique et, par conséquent, le développement économique.
2. Impact du crédit et des marchés financiers
3
français) pour tenir compte des facteurs juridiques et réglementaires pouvant
expliquer le développement financier.
Dans un article plus récent, Beck et Levine (2004) examinent le lien entre le
financement bancaire, les marchés financiers et la croissance en contrôlant le
biais simultané, le problème des variables omises et la prise en compte de
variables retardées pour montrer la robustesse de la relation. Beck (2010)
analyse la complémentarité entre les banques et les marchés financiers.
L’étude est fondée sur trois indicateurs : « activité – structure » qui mesure
l’importance des bourses par rapport aux banques dans le système financier,
« restriction » qui contrôle les restrictions réglementaires imposées aux
activités bancaires et un indicateur global : « activité – finance ». Les résultats
de l’estimation montrent que seule la dernière variable est significative d’où la
complémentarité entre les deux systèmes financiers dans l’explication de la
croissance.
Le débat sur le sens de causalité entre banques, marchés financiers et
croissance a fait l’objet de contributions empiriques. Plusieurs méthodologies
empiriques sont proposées pour résoudre la question de la contribution de la
finance à la croissance. Levine (2005) et Aghion (2007) effectuent une bonne
synthèse des techniques employées par les auteurs qui se résument aux
suivantes : les données en coupe internationale et régionale (Demirgüç-Kunt
et Levine, 1996)), en coupe par secteur (Rajan et Zingales, 1998), en coupe par
entreprise (Demirgüç-Kunt, 1989).
En résumé, cette revue de la littérature montre l’existence d’un lien étroit
entre développement financier et croissance. Les résultats qui ressortent de
l’analyse mettent en exergue d’une part le sens de causalité de la finance vers
la croissance et d’autre part une relation de complémentarité entre le système
bancaire et les marchés financiers. Cette présente recherche essaie de voir le
lien dans le cas des pays de l’Afrique subsaharienne qui disposent de marchés
financiers assez développés. Cette relation de complémentarité peut- elle être
validée dans le contexte des pays de l’Afrique subsaharienne dotés d’un
marché financier relativement développé ?
4
banques bien développées, mais non pas en faveur d’un système financier
basé sur les banques.
Les arguments en faveur d’un système financier basé sur les banques sont en
fait des critiques du rôle des marchés dans la fourniture des services
financiers. Stiglitz (1985) avance qu’étant donné que les marchés développés
révèlent rapidement et largement l’information aux investisseurs, cela n’incite
pas les investisseurs individuels à investir beaucoup de ressources (temps et
argent) pour la recherche d’informations sur les firmes. C’est un problème de
passager clandestin, qui est de moindre importance dans un système de
banques. En effet, les banques réalisent leurs investissements sans révéler
immédiatement leurs décisions aux marchés publics. De plus, les défenseurs
du système basé sur les banques avancent que les marchés constituent un
moyen inefficace pour assurer le contrôle des entreprises.
Premièrement, les insiders2 sont probablement plus informés sur l’entreprise
que les outsiders3. Cette asymétrie d’information réduit l’efficacité potentielle
des rachats puisqu’il est moins probable que les outsiders, mal informés,
feront une enchère plus élevée que les insiders bien informés (à moins qu’ils
paient plus cher) pour prendre le contrôle des entreprises.
Deuxièmement, la liquidité des marchés d’actions facilitera le rachat
d’entreprises, alors que cela profitera aux raiders4 ; ce qui sera en réalité
socialement nuisible (Shleifer and Summers 1998).
Troisièmement, plus de liquidité réduit les incitations à entreprendre une
gouvernance d’entreprise soigneuse et onéreuse. En réduisant les coûts de
sortie, la liquidité du marché de titres encourage la dispersion de la propriété
si bien que chaque propriétaire a moins d’incitation à surveiller activement les
managers (Shleifer and Vishny 1986).
Quatrièmement, si un outsider investit des ressources pour acquérir
l’information sur une entreprise, les autres participants du marché
observeront les résultats de cette recherche lorsque l’outsider fera une enchère
pour des parts de l’entreprise en question. Ceci incitera les autres à faire les
mêmes enchères (c’est le mimétisme rationnel). Par conséquent, le prix
augmentera. Ainsi, la firme outsider qui a investi des ressources pour acquérir
l’information doit payer un prix plus élevé qu’elle n’aurait payé si les firmes
clandestines ne pouvaient pas observer ses enchères. La rapide divulgation
2 La théorie des insiders-outsiders se fonde sur une bipartition du marché du travail entre deux
groupes aux caractéristiques et aux intérêts opposés. Les insiders sont des salariés avec un
contrat stable
3 les outsiders sont des travailleurs précaires ou chômeurs, qui ne connaissent pas de stabilité
professionnelle
4 Un raider est un entrepreneur (Ou un groupe ou une association d'entrepreneurs), qui dispose
5Opération par laquelle une entreprise propose d’acquérir à un prix donné des actions d’une autre
entreprise qu’elle souhaite absorber
6Pilule empoisonnée (poison pill) : tactique anti-OPA qui consiste à attribuer aux actionnaires
actuels le droit d’acheter des actions supplémentaires de l’entreprise à prix préférentiel, en
cas d’OPA.
7 Le cash-flow, dont la traduction littérale est flux de liquidités, est un indicateur qui permet de mesurer
le flux de trésorerie dont dispose une entreprise.
6
L’inflation se définit comme étant la hausse générale, continue du niveau des
prix des biens et des services. L’inflation est normale dans une économie
d’endettement du fait de la création de crédits sur laquelle elle repose. Lorsque
la banque commerciale accorde un crédit, elle émet de la monnaie, ce qui fait
gonfler la masse monétaire du pays. La demande étant fortement encouragée,
cela fait monter les prix. L’inflation avantage l’emprunteur et pénalise le
préteur parce que le remboursement se fait avec une monnaie qui a perdu de
son pouvoir d’achat (on obtient moins de produit pour une même somme).
L’un des inconvénients de l’inflation c’est qu’elle dissimule les difficultés, elle
retarde les transformations structurelles, l’adaptation de l’appareil productif,
elle empêche la concurrence de jouer son rôle sélectif. C’est particulièrement
préoccupant pour des économies ouvertes à la compétition internationale, ce
qui est le cas pour la France après 1968, date de la disparition des droits de
douanes entre pays membres du Marché commun. D’un point de vue plus
global, l’inflation peut aussi avoir des aspects positifs. Ainsi, une hausse
régulière et contenue du niveau général des prix va entraîner une hausse des
salaires. Cette hausse peut être un facteur de croissance économique. Ce qui
va avoir pour conséquence de pousser les entreprises à anticiper et à investir.
Et les ménages vont avoir tendance à placer leurs liquidités.
C’est pour toutes ces raisons que les pouvoirs publics ont souhaité dès le
début des années 1980, changer de politique économique en réorganisant le
système de financement.
7
1. Atouts de l’économie de marché de capitaux
8
Les crises financières s’expliquent par la conjonction de nombreux
phénomènes, en particulier par l’accumulation de déséquilibres
macroéconomiques, la formation récurrente de bulles spéculatives sur les
marchés financiers en raison des comportements mimétiques, et par les
mutations microéconomiques liés au rôle central du crédit et des innovations
financières dans nos économies. Le retour périodique de graves crises
financières à partir des années 1990 a mis en évidence un certain nombre de
défaillances de la finance moderne. La crise financière internationale qui a
éclaté en 2007 a montré que la finance globalisée n’est pas toujours capable
de remplir efficacement deux de ses fonctions essentielles : l’allocation
optimale des ressources financières à ses usages les plus productifs et la
gestion des risques. Cette crise sur les marchés financiers s’est ensuite
transmise à l’économie réelle par le canal du crédit à l’économie puisque le
secteur bancaire a été fortement impacté par la crise boursière.
En effet, dans une économie où le niveau d’endettement est élevé, les pertes
des banques sur les marchés financiers se transmettent ensuite rapidement
à l’activité économique car le crédit qu’elles octroient aux agents (ménages,
entreprises) joue un rôle considérable. Il peut se produire alors une forte
contraction du crédit qui comprime fortement la demande globale. Les
banques peuvent être confrontées à la baisse de la valeur de leurs collatéraux :
un collatéral est un actif offert en garantie lors d’une opération de crédit. Ainsi,
sur le marché interbancaire, un établissement qui emprunte des liquidités
doit offrir en contrepartie un collatéral constitué de titres figurant sur une liste
d’actifs éligibles établie par la banque centrale. Le mécanisme de transmission
de la crise à l’économie passe également par l’effet de richesse négatif. L’effet
de richesse traduit le fait qu’une variation de la valeur de leurs actifs
patrimoniaux incite les agents économiques à modifier leur demande de biens
de consommation et d’investissement. En cas de baisse de la valeur des
patrimoines (baisse des prix de l’immobilier par exemple), les ménages peuvent
alors comprimer leurs dépenses de consommation et réduire les carnets de
commande des entreprises. L’effet de richesse négatif aggrave alors la
récession.
L’économie réelle est donc toujours impactée par une crise financière. L’offre
de crédit des banques est freinée et les taux d’intérêt remontent, ce qui
dissuade les emprunteurs de s’endetter. Les débiteurs, en raison de la
dévalorisation brutale de leurs actifs, ne parviennent plus à rembourser leurs
emprunts. Le rationnement du crédit, qui met en difficulté les créanciers
autant que les débiteurs, alimente la défiance et ralentit l’activité économique.
Les agents économiques (ménages, entreprises) cherchent alors à se
désendetter et réduisent leur consommation et leurs investissements
productifs.
Pour Summers (2014), ce sont les cycles financiers qui précèdent les cycles
économiques. La liquidité en provenance des politiques accommodantes des
banques centrales et de l’épargne des pays émergents permet un endettement
9
qui n’est pas favorable à l’économie. Il s’en dégage en effet une demande
artificielle qui masque les difficultés profondes/structurelles de l’économie :
ainsi, avant la crise de 2007-2008, rien ne pouvait laisser supposer les
faiblesses à venir de l’économie américaine. Cela empêche donc de prendre les
mesures adéquates pour protéger la croissance potentielle.
Par ailleurs, Summers a observé que les liquidités avaient tendance à rester
dans la sphère financière (et n’alimentent donc pas la sphère réelle), ce qui
favorise la spéculation et les crises financières. Or, en se multipliant celles-ci
détruisent inéluctablement des capitaux et, ensuite, ralentissent
l’accumulation des capitaux, ce qui à terme affaiblit considérablement la
croissance potentielle. La succession des crises financières serait même une
explication de la stagnation séculaire.
Enfin, l’importance prise par les marchés financiers impacte la gouvernance
économique des entreprises : la volonté de satisfaire les actionnaires (en
versant des dividendes) conduit à préférer des choix de court terme au
détriment des logiques de long terme. Cela freine l’accumulation du capital
physique, du capital technologique ou encore du capital humain des
entreprises, ce qui fait baisser la croissance potentielle.
D’abord, des travaux empiriques ont mis en évidence que les marchés
financiers sont de plus en plus influencés les uns par les autres. C’est une
des conclusions de l’étude de Goetzmann, Li et Rouwenhorst [2001] qui ont
examiné la corrélation entre différents marchés d’actions de la fin
du XIXe siècle à 2000. Ils ont observé une croissance moyenne de la
corrélation et une augmentation ponctuelle de celle-ci au cours de trois
épisodes en particulier : à la fin du XIXe siècle, pendant la crise de 1929 et à
la fin du XXe siècle. En d’autres termes, non seulement les mouvements d’un
marché se répercutent de plus en plus sur les autres marchés financiers, mais
cette influence grandit en période de crise. Cela signifie que les crises sont
contagieuses. Cet effet de contagion a été confirmé par diverses études et
l’illustration la plus parlante est sans doute la Thaïlande qui en juillet 1997
entraînait le reste des économies asiatiques avec elle. Nous pouvons aussi
remarquer que des années plus tard, en 2008, le monde a été marqué par une
crise boursière très grave. Cette crise, qui a débuté aux Etats-Unis, a eu un
grand impact sur l’économie mondiale.
Cependant les pays en voie de développement (ceux de l’Afrique par exemple)
n’ont pas été fortement touchés par ces crises. Il serait très intéressant de voir
par la suite les différents modes de financement de l’économie de ces pays.
10
IV. Système de financement adapté aux pays en développement : cas
de l’Afrique
Dans cette partie, il s’agit d’évaluer le mode de financement qui convient aux
pays africains. Cependant, il est très difficile de prendre parti pour un mode
de financement unique ; les deux types de financement étant plus efficaces
quand on les met ensemble. Nous introduirons donc la notion de système de
financement qui se définit par l'ensemble des règles, des pratiques et des
institutions (Bourses de valeurs, banques, etc.) qui permettent de mobiliser
des capitaux pour les mettre à disposition d'agents à besoins de financement.
Un système de financement efficace est celui qui permet d’équilibrer le besoin
d’une flexibilité accrue et les nécessaires mesures de sauvegarde.
Dans un premier temps, nous allons présenter les caractéristiques du système
de financement des pays africains puis nous dirons le système qui s’adapte le
mieux aux pays africains.
1. Caractéristiques du système de financement de l’Afrique
11
Tableau 1 : CAPITALISATION BOURSIERE EN POURCENTAGE DU PIB (1994-2011) STATISTIQUES DESCRIPTIVES
12
Tableau 2 : RATIO DE TURNOVER EN %, STATISTIQUES DESCRIPTIVES (1994-2011)
Les crédits privés et les dépôts bancaires sont aussi plus importants pour
l’Afrique du Sud et la République de Maurice comme le montre le graphique
ci-dessous.
14
Figure 4 : CREDIT PRIVES ET DEPOTS BANCAIRES SUR PIB EN % (MOYENNE 1994-2011)
Comme nous venons de le voir plus haut, l’économie de capitaux est peu
développée en Afrique et l’économie d’endettement souffre d’insuffisances à
cause des difficultés d’accès aux crédits dû à la forte demande et à l’offre
limitée par les primes de risque. Les caractéristiques du système de
financement étant présentées, il est plus aisé de déterminer à présent celui
qui s’adapte le mieux à ces réalités. Le système de financement le mieux
adapté aux réalités africaines doit être caractérisé par :
Étant donné que l’accès aux ressources externes ne sera jamais suffisant pour
couvrir les besoins de financement et que, au surplus, comme l’a montré la
crise de 2008, il est sujet aux chocs exogènes, il est également essentiel de
mobiliser les ressources nationales pour nourrir l’expansion et
l’investissement.
Étant donné l’importance des services financiers pour l’économie et le fait que
les PME ont non seulement moins de chances que les autres d’accéder au
crédit mais doivent généralement le payer plus cher (par exemple sous la forme
des taux d’intérêt), il est nécessaire que les institutions de microcrédit soient
intégrées d’une manière ou d’une autre dans le système financier officiel afin
de développer leurs activités tout en conservant l’avantage concurrentiel de
leurs taux d’intérêt plus bas.
Conclusion
La présente étude, après avoir exposé les liens théoriques et empiriques sur
la relation entre le système de financement de l’économie et la croissance, a
montré l’impact qu’ont le crédit et le marché financier sur la croissance
économique.
Les débats sur les mérites d’un système basé sur les banques par rapport à
un système de marché, et inversement, sont loin de prendre fin. Plusieurs
économistes du développement avancent que l’investissement est la clé de la
16
croissance économique, et que davantage d’entreprises sont financées via le
crédit bancaire que par le marché, même dans les systèmes basés sur les
marchés ; de plus, les marchés peuvent déstabiliser les économies. Ainsi,
l’économie du développement traditionnelle insiste plus sur les banques que
sur les marchés qui sont jugés moins attrayants, voire dangereux. Alors que
pour la théorie de la finance d’entreprise, dettes et actions et, par conséquent,
banques et marchés des actions, sont des sources alternatives de
financement.
Cependant, selon la vision de système financier en termes de services
financiers, il peut ne pas y avoir de choix entre banques et marchés en ce qui
concerne leurs effets sur la croissance. Ce qui importe, ce sont les services
financiers, à savoir l’évaluation des projets les plus rentables, le contrôle des
entreprises, la gestion du risque et la mobilisation de l’épargne. Selon cette
vision, les différents systèmes financiers stimulent la croissance en
fournissant ces services.
Les systèmes financiers des pays de l’Afrique subsaharienne se caractérisent
par une prédominance des banques mais aussi par des marchés financiers
qui se développent de manière hétérogène d’un pays à l’autre. Il ressort de
notre analyse que le financement bancaire contribue de manière significative
à la croissance économique des pays de notre échantillon. En revanche, les
marchés financiers peinent encore à jouer un rôle important pour
l’accroissement de l’activité économique et enfin de la croissance. Toutefois il
existe une relation de complémentarité entre les banques et les marchés
financiers des pays africains pour promouvoir la croissance économique. C’est
dans ce sens que nous préconisons le renforcement des relations entre ces
deux principales sources de financement de l’activité économique. Les
banques et les marchés financiers peuvent ainsi être des partenaires
stratégiques pour une meilleure mobilisation de l’épargne et sa canalisation
vers des secteurs porteurs de développement économique.
Pour aller au-delà de ce que nous avons présenté ici, il serait intéressant de
se pencher sur les trois pistes de recherche suivantes : (1) le lien entre les
cycles financiers et économiques : lequel des deux cycles entraîne l’autre ? (2)
l’impact des différentes disciplines officielles sur la capacité des systèmes
financiers à faire face aux chocs exogènes et (3) les coûts, en termes de bien-
être de l’instabilité et des crises financières.
17
Références bibliographiques
18
Les marchés financiers sont intimement liés ....................................... 10
IV. Système de financement adapté aux pays en développement : cas de
l’Afrique .................................................................................................... 11
1. Caractéristiques du système de financement de l’Afrique................ 11
Analyse des marchés financiers ........................................................... 11
Analyse du système bancaire .............................................................. 13
2. Quel système de financement est le plus pertinent ? ...................... 15
Un cadre institutionnel et règlementaire : ............................................ 15
Des reformes du système bancaire : .................................................... 16
Des marchés de capitaux développés : ................................................. 16
Des secteurs financiers informels développés : .................................... 16
Conclusion ................................................................................................ 16
Références bibliographiques ...................................................................... 18
19