Comprendre la Texture des Sols Forestiers
Comprendre la Texture des Sols Forestiers
HORIZONS DES SOLS Trous creusés dans le sol d’une profondeur de 1 m (appelé pédon)
Un sol naturel se subdivise en couches, appelées horizons, possé-
Litière
dant des caractéristiques propres. Notons que les sols modifiés par
Litière
l’Homme, tels les sols agricoles ou en zone habitée, peuvent perdre
cette subdivision. Dans un sol forestier, on retrouve en surface les
Horizons organiques
Horizons organiques
horizons organiques ou les horizons O (en noir dans la figure 1). Ces
horizons contiennent une bonne quantité de matière organique en
cours de décomposition et plus on s’enfonce dans cet horizon, plus
cette décomposition est avancée. En dessous, il y a les horizons miné-
raux, soit les horizons A, B et C. L’horizon A est une zone où s’accu-
mulent des éléments nutritifs ou au contraire, où les éléments nutritifs
sont lessivés plus en profondeur. Dans l’exemple de la figure 1, on
voit en dessous des horizons organiques une ligne blanchâtre; c’est
un horizon A de type éluviation. Dans les sols acides, cet horizon
Horizons minéraux
Horizons minéraux
apparaît, car l’eau acide du sol entraîne les éléments nutritifs en fin de
décomposition plus en profondeur, ce qui donne cette ligne presque
exempte de nutriments. En dessous, il y a les horizons B qu’on voit
en orangé sur la figure 1. Ces couches sont riches en fer et un pro-
cessus oxydation peut s’y opérer pour donner une couleur orangée.
Plus en profondeur, il y a l’horizon C qui ne contient aucune matière
organique, mais où il s’y accumule des sels. Il y a peu de processus
qui modifient cette couche à l’exception de la gleyification, soit la
formation d’un sol tassé et peu aéré par l’oscillation de la nappe
MFFP
phréatique. Un sol gleyfié est souvent gris bleuté. Puis, en creusant
plus profondément, on peut atteindre la roche mère (ou horizon R). Figure 1. Sol de prucheraie Figure 2. Sol d’une érablière
100 0
TEXTURE DES SOLS
90 10
La texture peut être définie de façon qualitative, c’est-à-dire selon la
80 20 sensation du sol au toucher (voyez une des techniques à la page sui-
vante). On peut aussi la mesurer de façon quantitative, soit en évaluant
70 30
les proportions de sable, de limon et d’argile. Ces trois particules se
Argile distinguent entre elles par leur taille. Tout ce qui est supérieur à 2 mm
60 40
Argile (%) Limon (%) est considéré comme une roche ou un débris et n’est pas retenu dans
50
Argile
50 l’évaluation de la texture.
limoneuse
Argile zz Sable : particule entre 2 mm et 0,05 mm de diamètre
40 sableuse 60
Limon argileux
Limon zz Limon : particule entre 0,05 mm et 0,002 mm de diamètre
argileux fin
30 70 zz Argile : particule de moins de 0,002 mm de diamètre
Limon
argilo-sableux
20 80
Une fois les proportions déterminées, on classe les sols en 12 catégo-
Limon
Limon fin ries (voir la figure ci-contre). Cela nous permet d’évaluer la capacité du
Limon sableux
10
Limon
90 sol à retenir l’eau et les éléments nutritifs, ainsi que la vitesse à laquelle
Sable très fin
Sable limoneux l’eau va pénétrer dans le sol et se drainer.
0 100
100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0
Sable (%)
TEST 2
zz Rouler la boule sur une surface pour former un cylindre de 6 à 7 cm de long. En essayant de former un cylindre, Il a été possible de former un
l’échantillon s’est désagrégé. cylindre de 6 à 7 cm.
Si le cylindre se désagrège, c’est du sable Si le cylindre reste intact, passez au
limoneux. test 3.
TEST 3
zz Rouler encore votre cylindre pour en former un plus long, environ 15 à 16 cm.
Il a été possible de former un cylindre de 15 à 16 cm.
Si le cylindre se désagrège, c’est du Si le cylindre reste intact, passez au
limon sableux. test 4. TEST 4 ET 5 — FORMER UN CERCLE
TEST 4
zz Courber le cylindre en demi-cercle.
Si le ruban se brise, c’est du limon. Si le ruban reste intact, passez au test 5.
TEST 5
zz Courber encore plus votre cylindre pour former un cercle complet.
En pliant le cylindre, on a pu En pliant le cylindre, la terre s’est
Si le ruban se brise, c’est Si le ruban se fissure, c’est Si le cercle est parfait, former un demi-cercle, puis un fissurée et même brisée entièrement.
du limon argileux. de l’argile limoneuse. c’est de l’argile. cercle complet.
COMMENT LE SOL RETIENT-IL L’EAU? Après une pluie, le sol peut se gorger d’eau. On dit alors qu’il est saturé. Le
surplus d’eau sera drainé dans les jours suivant la pluie. Il reste ensuite une
Le sol est un ensemble de particules de tailles variables. Lorsqu’elles sont
portion d’eau utilisable et une seconde inaccessible. Un phénomène phy-
grosses (ex. le sable), les interstices entre les particules sont grands et
sique d’absorption retient l’eau en contact avec le sol. Plus l’eau est proche
inversement pour les petites particules (ex. l’argile). Ces espaces sont
d’une particule de sol, plus elle y est fortement adhéré. Ainsi, une plante est
comblés par de l’eau ou de l’air. Lorsqu’il y a de gros espaces, l’eau peut
capable d’absorber l’eau dont la force d’adhésion au sol est inférieure à sa
facilement pénétrer dans le sol, mais aussi se drainer.
propre force d’absorption.
40
eau utilisable
20
- Ca
2+
Ca2+
- -
Mg 2+
- Ca
2+
(trop fortement adhéré aux particules de sol)
Na+ - Na+ -
-
Limon Argile
- - -
Sable
Na+ - Ca2+
- - - Mg2+ Ca 2+
- - Ca2+
K+ Ca2+ K+
- - - Mg2+
Ca2+ Mg
éléments
2+
Caétaient
2+ Mg 2+
libres dans l’eau, certains sols deviendraient pauvres très
-
Ca2+
- CaNa - - - -
2+
+
Mg2+ Mg2+ Ca2+
rapidement. En effet,
- Cadans un sol bien drainé, tel le sable, les cations seraient
2+
-
Ca2+ Ca2+ -
- - - -
Na +
- Na -
-
Ca 2+ +
Mg2+ Ca 2+
- Mg2+ - Na+ -
-
- - - Mg2+
Na+ -
-
- - - Mg2+
- Mg2+
- - entraînés par- l’eau
-
- et
Mglessivés
2+ laissant peu de nutriments aux plantes avant
- K+
Ca2+
K+
Ca 2+ K+
Ca2+
K+ Cala
2+
prochaine K+
recharge
Ca 2+
des sols.
Ca2+