Extrait 42266210
Extrait 42266210
Problématiques communes
des réseaux électriques :
du fonctionnement au comptage
Réf. Internet : 42266 | 4e édition
III
Cet ouvrage fait par tie de
Réseaux électriques et applications
(Réf. Internet ti302)
composé de :
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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Réseaux électriques et applications
(Réf. Internet ti302)
Alain DOULET
Directeur Prospective à la Direction Réseau et patrimoine d'ERDF, Ancien
Directeur réseau d'ERDF (EDF Réseau Distribution)
Jean-Paul HORSON
Ingénieur de l'Ecole Nationale Supérieure des Ingénieurs Electriciens de
Grenoble, Ancien Attaché auprès du Directeur technique Electricité d'EDF-
Distribution
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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :
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VI
Problématiques communes des réseaux électriques : du
fonctionnement au comptage
(Réf. Internet 42266)
SOMMAIRE
automatismes
Régimes transitoires électromagnétiques : simulation D4130 11
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VII
3– Le comptage et la gestion des données de comptage Réf. Internet page
Solutions smart grids pour mieux intégrer les EnR aux réseaux de distribution D4964 123
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Problématiques communes des réseaux électriques : du
fonctionnement au comptage
(Réf. Internet 42266)
1
1– Le fonctionnement des réseaux, protections et Réf. Internet page
automatismes
Régimes transitoires électromagnétiques : simulation D4130 11
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9
1
10
Référence Internet
D4130
Régimes transitoires
électromagnétiques : simulation
par Jean MAHSEREDJIAN
1
Professeur à l’École polytechnique de Montréal
11
Référence Internet
D4130
di (t ) 4 L1 1 + R1 2 L2 3
Ri (t ) + L
= Vm sin (ωt + θ ) (1) + +
dt
où i(t) est le courant de l’inductance et la source de tension est + +
décrite par une fonction sinusoïdale d’amplitude Vm, de phase θ et vs is + +
de pulsation ω = 2πf avec f la fréquence en hertz. L’application de C1 C2
la transformée de Laplace à l’équation (1) permet d’obtenir la solu-
tion pour le courant de l’inductance :
Vm Vm R ⎡vɺC1 ⎤ ⎡v C1 ⎤
i (t ) = sin (ωt + θ − ϕ ) − sin (θ − ϕ ) exp ⎛⎜ − t ⎞⎟ (3) ⎢vɺC ⎥ ⎡0 0 1 −1 ⎤ ⎡0 1⎤
⎢v ⎥
( ) ( ) ⎝ L ⎠ ⎢ ɺ 2 ⎥ = d −1 ⎢ 0 0 0 1 ⎥ ⎢
⎢ C2 ⎥ + d −1 ⎢0 0⎥ ⎡v s ⎤
1/ 2 1/ 2
R 2 + ω 2L2 R 2 + ω 2L2 (8)
⎢ iL1 ⎥ ⎢ −1 0 0 0 ⎥ 0⎥ ⎢⎣ i s ⎦⎥
⎢ 1 −1 ⎢ iL1 ⎥ 1
avec tan ϕ = ωL/R. Le premier terme dans la partie droite de l’équa- ⎢ iɺ ⎥ ⎣ 0 −R1 ⎥⎦ ⎢⎣ iL2 ⎥⎦
⎢0
⎣ 0⎥⎦
⎣ L2 ⎦
tion (3) représente la réponse forcée, soit le régime permanent. Le
deuxième terme représente la réponse naturelle, soit le régime avec :
transitoire. Ce terme décroît selon la constante de temps (L/R dans
le cas présent) du circuit et devient nul quand le régime permanent ⎡C1 0 0 0 ⎤
est atteint. On constate ici que si l’angle de fermeture remplit la ⎢ 0 C2 0 0 ⎥
d =⎢ (9)
condition θ = ϕ, la partie transitoire est inexistante. Par contre, si 0 0 L 0⎥
⎢ 0 0 01 L ⎥
θ = ϕ ± π/2, la partie transitoire est maximale. ⎣ 2⎦
En régime permanent, les ondes de tension et courant sont Les variables d’état du circuit sont les tensions des condensa-
périodiques avec une fréquence fondamentale (nominale) de 50 ou teurs C1 et C2 et les courants des inductances L1 et L2. Le vecteur
60 Hz. Un phénomène transitoire ou une forme d’onde transitoire des sources (u) comprend la tension vs de la source de tension et
est un état temporaire de transition d’un régime permanent à un le courant is de la source de courant. Si l’objectif est d’observer la
autre. Le système ne revient pas nécessairement au point d’opéra- tension v3 du nœud 3, alors l’équation (7) devient :
tion initial ou, autrement dit, au régime permanent initial. Dans
certains cas, le régime permanent peut contenir des harmoniques : ⎡v C1 ⎤
on parle alors de régime permanent harmonique. ⎢v C ⎥ v
y = [0 1 0 0] ⎢ 2 ⎥ + [0 0] ⎡⎢ s ⎤⎥ (10)
Il est possible de calculer directement le régime permanent du ⎢ iL1 ⎥ ⎣ is ⎦
circuit en appliquant les phaseurs. Dans le domaine fréquentiel, ⎢⎣ iL2 ⎥⎦
l’impédance du circuit est donnée par :
L’équation (8) peut être solutionnée dans le domaine fréquentiel en
Z = R + jωL (4)
utilisant la transformée de Laplace. La solution dans le domaine tem-
où j est l’unité imaginaire. En régime permanent, s = jω. Le pha- porel requiert l’utilisation d’une méthode d’intégration numérique.
seur de courant est donné par :
Les approches d’analyse symboliques deviennent impraticables
pour des circuits complexes et de façon générale il devient impéra-
ɶI = Vm∠θ = Vm∠θ (5) tif d’utiliser des logiciels de simulation qui peuvent assembler et
R + sL Z ∠ϕ
solutionner les systèmes d’équations automatiquement. Notons de
Puisque le phaseur de tension représente la fonction sinusoïdale plus que les résultats de simulation dépendent de plusieurs fac-
de la source avec une phase θ, la conversion au domaine du temps teurs, tels que les conditions initiales, les instants d’apparition des
de cette équation donne exactement le premier terme de la partie perturbations et la complexité des modèles (voir Régimes transi-
de droite de l’équation (3). toires dans les réseaux électriques [D 82]). La tension initiale d’une
Si, dans le circuit précédent, on ajoute une capacité en série capacité, par exemple, est une variable d’état qui peut affecter de
avec la résistance, l’équation différentielle du circuit se complique façon significative le comportement du circuit étudié (voir Régimes
et l’effort de développement de la solution devient plus important. transitoires dans les réseaux électriques [D 82]). Une ou plusieurs
Une approche directe de formulation des équations d’un circuit de perturbations peuvent subvenir alors que le circuit étudié est en
topologie arbitraire est obtenue par le formalisme des équations régime permanent (au repos) ou en état transitoire.
d’état. La forme générale des équations d’état est donnée par : Un réseau électrique est traité comme un circuit électrique com-
xɺ = Ax + Bu (6) plexe dont les différents modèles sont construits à partir des éléments
constitutifs de base (résistance, inductance et capacité) et des équa-
y = Cx + Du (7) tions algébriques-différentielles. La simulation d’un réseau électrique
où le vecteur x est le vecteur des variables d’état, u est le vecteur ajoute des complexités supplémentaires, telles que le calcul de l’écou-
des sources (excitations) et le vecteur y est le vecteur des variables lement de puissance et la représentation des systèmes de contrôle.
12
Référence Internet
D4130
Les principes de modélisation des réseaux électriques ainsi que 2.1 Interface graphique
les catégories de phénomènes transitoires sont présentés dans
Régimes transitoires dans les réseaux électriques [D 82]. Le pré- La première étape est l’assemblage du réseau de topologie arbi-
sent dossier présente les méthodes numériques de simulation. traire dans une interface graphique. Cette interface permet de
générer les données de l’étude. Un exemple d’interface graphique
pour un réseau typique de 230 kV est présenté sur la figure 4.
Dans le cas des réseaux électriques, le schéma de base est nor-
2. Simulation des transitoires
L’analyse des transitoires dans les réseaux est un processus
malement un schéma unifilaire, mais l’interface graphique doit
permettre l’accès distinctif aux trois phases et de représenter des
schémas différents (topologies différentes). Dans l’exemple de la
1
mathématiquement complexe et nécessite l’utilisation de logiciels figure 4, le schéma unifilaire est composé de plusieurs barres tri-
spécialisés. Des logiciels de type EMTP (electromagnetic transients phasées et de lignes de transmission qui interconnectent cinq
program), comme EMTP-RV [1], appliquent des méthodes numéri- machines synchrones (SM) et des charges. À la barre BUS13,
ques pour la représentation et la résolution de réseaux de différen- l’accès distinctif à chaque phase permet de représenter une condi-
tes natures. Contrairement à un logiciel de type stabilité (voir tion de déséquilibre de charge. L’ensemble du réseau triphasé
Outils de simulation dynamique des réseaux électriques [D 4 120]), peut être déséquilibré. Les lignes de transmission peuvent
la simulation des transitoires électromagnétiques s’applique à une employer des modèles qui ne sont pas nécessairement continuel-
large gamme de fréquences et nécessite donc une représentation lement transposés. Un composant peut être multiphasé si cela est
très détaillée des composants. La simulation est effectuée entière- nécessaire d’employer plusieurs fils pour sa représentation.
ment dans le domaine du temps et l’objectif est de calculer les for-
mes d’onde des variables d’état à un point arbitraire dans le Les interfaces graphiques modernes utilisent aussi la représen-
réseau simulé. Il est normalement nécessaire de représenter cha- tation par sous-réseaux. Un sous-réseau peut contenir d’autres
cune des phases et les conditions de déséquilibre. La figure 3 pré- sous-réseaux. Les sous-réseaux sont utilisés pour regrouper et
sente les principaux modules qui constituent le processus de encapsuler un ensemble d’éléments sous un symbole de dimen-
simulation. Les modules qui précédent le module d’initialisation sions réduites et permettent ainsi de simplifier la visualisation et la
peuvent aussi être utilisés indépendamment. Si le module d’initia- manipulation du réseau complet. Dans le cas du schéma de la
lisation n’est pas renseigné par des calculs du régime permanent, figure 4, les transformateurs possèdent un circuit interne (sous-
toutes les variables d’état sont initialisées à zéro. réseau) détaillé et les contrôles des machines synchrones sont
encapsulés dans les symboles de forme carrée (AVR & Gov) pour
Le module « domaine du temps » effectue les calculs dans le
simplifier la visualisation de premier niveau. Le sous-réseau
domaine temporel et obtient les formes d’onde des variables
observées. C’est le module qui permet d’obtenir les régimes transi- SubofBUS1 comprend une autre partie du réseau avec la machine
toires du réseau simulé. Il est à préciser que ce module permet synchrone SM3 et son transformateur.
aussi d’observer le régime permanent d’un réseau en calculant
point par point les formes d’onde du régime permanent. Ces for-
mes d’onde peuvent contenir des harmoniques aussi bien en 2.2 Système d’équations
régime transitoire qu’en régime permanent.
Cette section présente le système d’équations de base utilisé
Le module de régime permanent peut aussi fonctionner en mode
pour la formulation automatique et la solution numérique des
autonome pour permettre d’effectuer des balayages en fréquence
équations du réseau simulé.
pour des besoins de calcul d’impédance d’entrée, par exemple.
Il est possible de programmer une méthode automatique de for-
La suite détaille les différents modules et méthodes de calcul qui
mulation et de solution des équations d’état (6) et (7) d’un réseau
interviennent dans la simulation numérique des transitoires
électromagnétiques. électrique arbitraire. Cette méthode est utilisée dans certains logi-
ciels [2], mais la génération automatique des équations d’état pour
un réseau de grandes dimensions demeure impraticable et peut ren-
contrer plusieurs obstacles de généralisation, notamment au niveau
Interface graphique de la représentation et de la solution des fonctions non linéaires. Il
s’agit cependant d’une représentation utile dans les applications de
conception des systèmes de contrôle et de modélisation.
Données L’approche classique la plus répandue dans les logiciels de
réseaux consiste à utiliser un système d’équations d’analyse
nodale symétrique (équilibre des courants) :
Écoulement de puissance Y n v n = in (11)
La matrice Yn est la matrice d’admittance nodale, vn est le vec-
teur des tensions de nœud et in représente la somme des courants
Régime permanent
de nœud. Chacune des lignes du système d’équations à gauche du
signe de l’égalité exprime la somme des courants qui quittent un
nœud et chacun des membres de in représente la somme des cou-
Initialisation
rants qui entrent dans un nœud. Les sources de courant contri-
buent à in. L’équation du nœud de référence (le potentiel zéro,
terre) n’est pas compris dans le système d’équations (11) car sa
Domaine du temps tension est connue. Les sources de tension fixent la tension à leurs
nœuds et il est donc nécessaire de les classer à la fin du vecteur vn
et de partitionner Yn :
Résultats
⎡Yn11 Yn12 ⎤ ⎡v n1 ⎤ ⎡ in1 ⎤
⎢Y ⎥ ⎢v ⎥ = ⎢i ⎥ (12)
Figure 3 – Modules de simulation ⎣ n21 Yn22 ⎦ ⎣ n2 ⎦ ⎣ n2 ⎦
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1
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Référence Internet
D4261
Qualité de la tension
Introduction
par Roger OTT
1
Ingénieur senior, EDF Recherche et développement
Les perturbations, leur méthode d’étude et les moyens pour y faire face sont détaillés dans
les articles suivants :
— D 4 262 - Creux et coupures brèves ;
— D 4 263 - Fluctuations et flicker ;
— D 4 264 - Harmoniques ;
— Doc. D 4 265 - Pour en savoir plus.
Parution : novembre 2002
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 4 261 − 1
15
1
16
Référence Internet
D4262
Qualité de la tension
Creux et coupures brèves
par Roger OTT
1
Ingénieur senior, EDF Recherche et développement
1. Définitions.................................................................................................. D 4 262 - 2
2. Origine......................................................................................................... — 2
2.1 Réseau du distributeur ................................................................................ — 2
2.2 Réseau de l’utilisateur ................................................................................. — 3
3. Caractérisation ......................................................................................... — 4
4. Mesures....................................................................................................... — 4
5. Conséquences ........................................................................................... — 4
5.1 Différentes perceptions ............................................................................... — 4
5.2 Matériels existants....................................................................................... — 5
5.2.1 Contacteurs ......................................................................................... — 5
5.2.2 Moteurs ............................................................................................... — 5
5.2.3 Équipements à vitesse variable......................................................... — 6
5.2.4 Automates et systèmes informatiques ............................................. — 7
5.2.5 Éclairage .............................................................................................. — 7
6. Atténuation et élimination.................................................................... — 8
6.1 Réduction du nombre et de l’amplitude des perturbations ..................... — 8
6.1.1 Sur les réseaux du distributeur ......................................................... — 8
6.1.2 Sur les réseaux de l’utilisateur : cas particulier des creux de
tension ................................................................................................. — 9
6.2 Réduction des conséquences ..................................................................... — 9
6.2.1 Applications informatiques................................................................ — 9
6.2.2 Applications industrielles................................................................... — 10
Cet article fait partie d’un ensemble consacré à la qualité de la tension dans les réseaux. Les
autres articles traitent des sujets suivants :
— D 4 261 - Introduction ;
— D 4 263 - Fluctuations et flicker ;
— D 4 264 - Harmoniques ;
— Doc. D 4 265 - Pour en savoir plus.
Parution : novembre 2002
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 4 262 − 1
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Référence Internet
D4262
1
Les creux de tension sont caractérisés par l’amplitude résiduelle
et par leur durée. — suivant le nombre de phases atteintes : entre une phase et la
Nota : la caractérisation d’un creux de tension par sa profondeur se heurte à une terre, entre deux ou trois phases ;
difficulté : quelle valeur prendre en référence ? Par contre, la tension résiduelle est parfai- — suivant leur durée : autoextincteurs (défauts qui s’éliminent
tement définie (en volts par exemple).
d’eux-mêmes), fugitifs (défauts qui s’éliminent après ouverture des
disjoncteurs) ou permanents (défauts durables qui nécessitent une
Un creux de tension est une diminution brusque (§ 4) de la mise hors tension définitive de l’ouvrage et une intervention locale
tension de fourniture U f à une valeur inférieure à une valeur de avant remise en service de l’ouvrage).
seuil (comprise entre 10 et 90 % de la tension contractuelle U c ), Les causes, le nombre et le type de défauts varient suivant le
suivie de son rétablissement après un court instant. La durée type de réseau (aérien ou souterrain, urbain ou rural) et suivant le
d’un creux de tension est prise conventionnellement supérieure niveau de tension (moyenne ou basse tension) (tableau 1).
à 10 ms (les phénomènes de durée inférieure sont considérés
comme des phénomènes transitoires) et usuellement inférieure Un défaut d’isolement provoque un court-circuit où s’écoule un
à 3 min. courant important. Les variations brutales de courant sur un
ouvrage du réseau électrique entraînent des variations brutales (ou
à-coups) de tension sur tout le reste du réseau.
Les coupures brèves, pendant lesquelles l’amplitude de la
tension résiduelle est nulle, sont caractérisées par leur durée. Afin de limiter la durée de ces courants de défaut et la gêne qui
en résulte, une solution souvent adoptée par les distributeurs
consiste à mettre temporairement hors tension l’ouvrage en
Il y a coupure lorsque les valeurs efficaces des trois tensions défaut. Cette mise hors tension est effectuée en déclenchant le ou
composées sont inférieures à une valeur de seuil (quelques les disjoncteurs qui relient l’ouvrage en défaut au reste du réseau.
pour-cent, usuellement) de la tension contractuelle U c pendant
une durée supérieure ou égale à 1 s. On distingue : Dans le cas des réseaux aériens, les défauts sont en grande
— les coupures brèves, de durée comprise entre 1 s et majorité, fugitifs. Un automatisme de réenclenchement automa-
3 min ; tique assure la remise en service le plus rapidement possible.
— les coupures longues, de durée supérieure ou égale à Par contre, les défauts sur les réseaux souterrains sont presque
3 min. toujours permanents, aucun réenclenchement automatique n’est
tenté.
Nota 1 : la tension de fourniture U f est la valeur que le distributeur délivre au point de
livraison au client, à un instant donné. ■ Les réseaux de transport et de répartition fonctionnent en régime
Nota 2 : la tension contractuelle Uc constitue la référence des engagements du distribu- « bouclé » et ont le neutre mis à la terre. Le principe de détection des
teur. Sa valeur est fixée dans les conditions particulières du contrat de fourniture. Elle peut défauts est basé essentiellement sur la mesure de l’impédance,
différer de la tension nominale Un du réseau. donc de distance, ce qui permet d’assurer une sélectivité de déclen-
chement des disjoncteurs en fonction de la forme et de la localisa-
tion du défaut.
Tableau 1 – Principales caractéristiques des défauts enregistrés aux différents niveaux de tension
Type Principales causes Occurrence des défauts Occurrence des défauts
Principaux types
de réseau des défauts HTB HTA
Conditions climatiques Monophasés
Aérien Amorçages avec des corps Peu fréquents Fréquents
extérieurs Fugitifs
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Référence Internet
D4262
400 kV
1
Poste HTA
225 kV
Défaut R R
Client A Client B
R réenclencheur
A D1 90/63 kV D2
20 % 80 %
Longueur de la ligne T0 T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7
U
Tension au point A
T0 T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7
0
t (s) T0 apparition du défaut
80 à 300 ms 5 à 10 s
T1 ouverture du disjoncteur en tête de départ 200 ms plus tard
T2 fermeture du disjoncteur en tête de départ 300 ms plus tard
300 à 800 ms
T3 ouverture du disjoncteur en tête de départ 500 ms plus tard
O1 O2 F2 O2 T4 fermeture du disjoncteur en tête de départ 15 à 30 s plus tard
O1 ouverture du disjoncteur D1 T5 ouverture du disjoncteur en tête de départ 500 ms plus tard
O2 ouverture du disjoncteur D2 T6 fermeture du disjoncteur en tête de départ 15 à 30 s plus tard
F2 fermeture du disjoncteur D2 T7 ouverture définitive du disjoncteur en tête de départ 500 ms plus tard
Figure 1 – Séquence d’élimination d’un défaut permanent Figure 2 – Séquence d’élimination d’un défaut sur un réseau HTA
sur un réseau HTB (> 50 kV) (1 à 50 kV)
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Référence Internet
D4263
Qualité de la tension
Fluctuations et flicker
1
par Roger OTT
Ingénieur senior, EDF Recherche et développement
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21
Référence Internet
D4263
Cet article fait partie d’un ensemble consacré à la qualité de la tension dans les réseaux. Les
autres articles traitent des sujets suivants :
— [D 4 261] - Introduction ;
1
— [D 4 262] - Creux et coupures brèves ;
— [D 4 264] - Harmoniques ;
— [Doc. D 4 265] - Pour en savoir plus.
Sur les fluctuations de tension et les flicker, le lecteur est également invité à se reporter à la
série d’articles :
— [D 4 315] et [D 4 316] - Fluctuations de tension et flicker : évaluation et atténuation ;
— [D 4 317] - Contrôle dynamique de puissance réactive. Dispositifs statiques ;
— [D 4 318] - Compensateurs statiques de puissance réactive : pour en savoir plus.
Amplitude
Surtensions
Un + 10 %
Un Fluctuations de tension
Un – 10 %
Creux de tension
10 ms 1s 3 min 1h Durée
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22
Référence Internet
D4263
Veff Veff
t t
1
Type a Type b
Veff Veff
t t
Type c Type d
Le papillotement est toujours une sensation désagréable, géné- Dans le cas où la fluctuation de tension à l’origine du phénomène
ratrice de tension nerveuse. Tout le monde a pu expérimenter une a une forme périodique simple telle que sinusoïde, créneau, dent
sensation similaire, dans un bureau dont l’éclairage par tubes fluo- de scie, etc., l’amplitude de la fluctuation qui correspond au seuil
rescents est défaillant : un tube qui clignote crée un papillotement de perceptibilité du phénomène est une fonction simple de la fré-
très fort. Une situation comparable peut être rencontrée dans une quence de la fluctuation.
installation résidentielle lorsque les variations de tension sont par-
ticulièrement fortes.
Nota : le papillotement dû à un néon défectueux, bien que comparable dans son effet,
n’est pas dû à une tension d’alimentation fluctuante. Il n’est donc pas détaillé dans la suite.
Le terme papillotement est traduit en anglais par flicker,
Cependant, le papillotement de certains tubes fluorescents lors d’impulsions de télécom- terme en pratique très usité en français.
mande centralisée à 175 Hz est un type très particulier de papillotement. Il est décrit dans
le paragraphe 4.4.
À forte dose, le papillotement peut poser des problèmes aux per-
sonnes épileptiques. On a ainsi reproché aux jeux vidéo de provo-
quer l’épilepsie chez les sujets à risque, à cause des fréquences 1.3 Sensibilité des lampes
d’images utilisées qui étaient largement inférieures aux fréquences
du cinéma. L’armée utilise le papillotement « à forte dose » (éclairs
à 10 Hz) pour détecter des maladies nerveuses chez les futurs La théorie du papillotement est fondée sur une lampe de
pilotes d’hélicoptère qui pourraient être sensibles à l’effet strobos- référence : la lampe à incandescence de 60 W et 230 V à filament
copique des pales occultant périodiquement la lumière du soleil. bispiralé. Le choix d’une lampe particulière comme référence est
Les valeurs de papillotement que l’on rencontre sur le réseau élec- une étape obligatoire du processus normatif. Les lampes de puis-
trique sont en général beaucoup moins fortes. Elles n’en restent pas sance plus élevée possèdent un filament plus épais, donc une
moins gênantes, notamment pour les deux activités domestiques inertie thermique plus importante. Elles produisent donc un papillo-
privilégiées que sont la lecture et la télévision. tement plus faible pour une variation de tension identique. Il en est
de même pour les lampes à tension d’alimentation plus faible (lam-
Nota : l’image émise par un récepteur de télévision n’est pas directement perturbée car
l’amplitude des variations de tension est en général trop faible pour affecter le fonction- pes 100/120 V pour réseaux américains et nord-japonais).
nement du récepteur. Par contre, si une source de lumière est placée à la périphérie du
champ de vision, le papillotement de l’ampoule électrique est perçu par le téléspectateur Les éclairages fluorescents sont également beaucoup moins sen-
de façon très gênante. sibles aux variations de tension (on considère que leur sensibilité
La sensibilité de la perception visuelle aux variations de la lumière est 3 à 4 fois plus faible). Ils sont donc à privilégier pour l’alimen-
produite par une lampe à incandescence donnée évolue avec la fré- tation des clients très perturbés par le papillotement, en particulier
quence et présente un maximum de sensibilité entre 8 et 10 Hz ; la pour l’alimentation interne d’usines sources de fluctuations de
limite de perceptibilité à ce maximum de sensibilité est à 0,3 % de tension. Remplacer les dispositifs d’éclairage d’un client particuliè-
variation relative de tension. Il existe une limite de perception à rement sensible peut donc être parfois un palliatif peu onéreux à
environ 35 Hz car les fréquences supérieures ne sont pas vues à un problème de papillotement localisé.
cause du filtrage passe-bas effectué par le système nerveux de
l’observateur et de l’inertie thermique du filament de la lampe. Les lampes halogènes sont aussi sensibles que les lampes à
incandescence de même puissance.
La fluctuation de la luminosité produite par une fluctuation de
tension donnée dépend beaucoup du type, de la puissance et la ten- Des expériences sont en cours pour étudier la sensibilité des
sion assignée de la lampe. lampes alimentées à travers un variateur électronique.
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23
Référence Internet
D4263
Les à-coups de tension provoqués par l’enclenchement ou le Le document [2] donne les facteurs de correction des différentes
déclenchement d’équipements importants provoquent des effets formes d’à-coups possibles. Pour des à-coups dont l’enveloppe de
similaires. Certains équipements électrodomestiques peuvent éga- l’amplitude de tension varie de façon sinusoïdale, triangulaire, tra-
lement provoquer du papillotement si le réseau basse tension pézoïdale, en escalier, etc., des abaques du coefficient à appliquer
auquel ils sont raccordés est particulièrement faible. sur l’amplitude des à-coups existent. On peut ainsi se ramener à un
à-coup de tension rectangulaire produisant une gêne équivalente à
Il est important de noter que ces fluctuations, produites par des celle de l’à-coup complexe étudié.
charges industrielles, peuvent affecter un grand nombre de
consommateurs lorsqu’ils sont alimentés par la même source. Les caractéristiques des à-coups ou des variations doivent être
Comme les impédances des réseaux publics d’alimentation sont déterminées sur la base d’un enregistrement de la valeur efficace
très différentes d’un lieu à un autre, les fluctuations de tension pro- de la tension de chaque alternance (demi-période). Lorsque les
duites par ces équipements perturbateurs varient considérablement variations sont aléatoires, alors la méthode définie au paragra-
si le point de raccordement du perturbateur est près d’un poste phe 2.2 doit être appliquée.
source ou à l’extrémité d’une ligne en antenne.
La partie droite de la courbe de la figure 2, au-dessus de 12 varia-
Il faut noter que les creux de tension [D 4 262] peuvent être tions par minute, a été réalisée suite à des expériences menées sur
considérés, du point de vue de leur effet sur les lampes à incan- 80 personnes. Elle représente le niveau de fluctuation de tension
descence, comme des fluctuations extrêmes de tension. pour lequel 50 % des observateurs ont trouvé le papillotement inac-
ceptable. Cette courbe a ensuite été confirmée à de multiples
reprises par l’expérience. La partie gauche de la courbe, pour moins
de 12 variations de tension par minute, a été établie grâce à l’expé-
1.5 Estimation rience d’EDF (recueil de multiples plaintes de clients).
∆V R ∆P + X ∆Q
--------- = ---------------------------------
2
- (1)
V Vn
0,1
en introduisant les valeurs réalistes de la résistance R et de la réac- 0,1 1 10 100 1 000 10 000
tance X de la source d’alimentation. En particulier, il ne faut pas Nombre de variations par minute
considérer la valeur de X correspondant à la puissance de court-cir-
cuit maximale, qui est utilisée pour les calculs de dimensionnement
des matériels. En effet, cette valeur sous-estimerait les fluctuations
de tension. C’est en fait l’impédance maximale de réseau qu’il faut Figure 2 – Amplitude maximale des variations relatives de tension
considérer, celle qui maximise la somme R ∆ P + X ∆ Q et qui corres- admissibles en fonction du nombre de variations par minute, dite
pond à la puissance de court-circuit minimale. « courbe Pst = 1 ». Cas des variations rectangulaires
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24
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D4264
Qualité de la tension
Harmoniques
1
par Roger OTT
Ingénieur senior, EDF Recherche et développement
1. Définition.................................................................................................... D 4 264 - 2
2. Origine des distorsions .......................................................................... — 2
2.1 Émission en tension .................................................................................... — 2
2.2 Émission en courant.................................................................................... — 2
3. Effets ........................................................................................................... — 2
3.1 Effets instantanés ........................................................................................ — 2
3.2 Effets à terme ............................................................................................... — 4
4. Propagation ............................................................................................... — 4
4.1 Impédance harmonique des réseaux......................................................... — 4
4.2 Résonances .................................................................................................. — 4
4.3 Cas particulier des harmoniques de rang multiple de 3 .......................... — 6
5. Foisonnement............................................................................................ — 6
6. Solutions .................................................................................................... — 6
6.1 Selfs antiharmoniques et filtres passifs..................................................... — 7
6.2 Filtres actifs .................................................................................................. — 8
6.3 Convertisseurs propres ............................................................................... — 8
6.4 Autres méthodes ......................................................................................... — 9
7. Niveaux admissibles sur les réseaux.................................................. — 9
8. Mesure......................................................................................................... — 9
8.1 Principe......................................................................................................... — 9
8.2 Incidence des transformateurs de mesure ................................................ — 9
9. Conclusion ................................................................................................. — 10
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. D 4 265
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D4264
Cet article fait partie d’un ensemble consacré à la qualité de la tension dans les réseaux. Les
autres articles traitent des sujets suivants :
— [D 4 261] - Introduction ;
1
— [D 4 262] - Creux et coupures brèves ;
— [D 4 263] - Fluctuations et flicker ;
— [Doc.D 4 265] - Pour en savoir plus.
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D4264
Amplitude
(en % du fondamental)
100
Signal périodique 50 Hz 80
C1
60
40
20
1
0
20 40 t (ms) 0
1 3 5 7 9 11 13
– C1 Rang harmonique
a à 6 thyristors
Amplitude
(en % du fondamental)
100
Amplitude du signal
80
Signal fondamental : f1 = 50 Hz 60
C1
40
20
0 0
20 40 t (ms) 1 3 5 7 9 11 13
Rang harmonique
– C1 b à 12 thyristors
C1
Harmonique 3 : f3 = 150 Hz
0 U (V) Ueff = Un
20 40 t (ms)
1,4 Un
– C1
0
+ t
Ueff = 1,11 Un
Amplitude du signal
– 1,4 Un
C1
Harmonique 5 : f5 = 250 Hz
– C1
+
U (V)
Amplitude du signal
1,4 Un
∆t
C1
Harmonique 7 : f7 = 350 Hz
0
0 10 20 30 40 t (ms)
20 40 t (ms)
– C1 – 1,4 Un
Figure 1 – Décomposition d’un signal périodique 50 Hz Figure 4 – Décalage du passage par zéro sur une tension déformée
en série de Fourier par l’harmonique 3
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27
1
28
Référence Internet
D4267
29
Référence Internet
D4267
transmise. Celle-ci peut être décomposée en une partie « active », une partie
« réactive » et une partie « harmonique ». En général, l’utilisateur final ne
bénéficie que de l’apport énergétique fourni par la partie « active » de l’énergie
électrique transmise. Les énergies « réactive » et « harmonique » transmises
ne peuvent pas être éliminées, mais peuvent être compensées par des disposi-
tifs appropriés qui offrent les avantages suivants :
– la possibilité de compenser les courants harmoniques consommés par des
1 charges non linéaires. Ceci contribue à l’amélioration de la qualité d’énergie
électrique par la diminution du TDH (taux de distorsion harmonique) des cou-
rants parcourant les lignes de distribution d’énergie électrique ;
– la possibilité de compenser le courant réactif consommé par des charges
non linéaires et réactives. Ceci permet d’augmenter le facteur de déplacement
de puissance.
On parle dans ce cas d’amélioration de la qualité d’énergie électrique, et
l’énergie totale soutirée aux sources du réseau électrique sera globalement
réduite.
Dans ce but, cet article est une contribution à une meilleure connaissance
des problèmes liés à la consommation de courants harmoniques et réactifs
dans le réseau électrique. Par ailleurs, cet article dresse un état de l’art sur les
solutions classiques d’amélioration de la qualité d’énergie électrique au travers
de la compensation des parties « réactive » et « harmonique » de l’énergie
électrique distribuée. Dans ce contexte, les auteurs souhaitent sensibiliser les
lecteurs quant au potentiel énergétique et économique offert par ces solutions,
mais aussi aux défis technologiques et limitations qui leur sont associés.
1. Dégradation de la qualité
d’énergie électrique S (VA)
D (VAR)
1.1 Métriques et critères d’évaluation
de la qualité d’énergie électrique
Q (VAR) ζ1
L’énergie électrique est distribuée aux consommateurs sous
forme de courant alternatif incluant une composante fondamen- P (W)
tale i f et une composante harmonique i h comme le montre l’équa-
tion (1) [D4220], [D4200]. La composante fondamentale du courant
est la somme d’un courant actif ia (en phase avec la tension et lié Figure 1 – Décomposition vectorielle des puissances
au transfert de la puissance active P) et d’un courant réactif ir (en
quadrature de phase avec la tension et lié au transfert de la puis-
sance réactive Q). Quant au courant harmonique i h, il est lié au En approximant la tension V fournie par le réseau à une
transfert de la puissance déformante D. source sinusoïdale de pulsation ω et de valeur efficace
Veff (V(t)=√[Link](ωt)), les puissances active P, réactive Q et
(1) déformante D s’expriment comme suit :
(2)
(6)
avec Ihneff la valeur efficace du courant harmonique de rang n, ζn
la phase du courant harmonique de rang n, ζ1 la phase du courant
fondamental et ω = 2πf est la pulsation du courant fondamental (f
étant la fréquence du courant fondamental). La quantification de la qualité d’énergie électrique est générale-
ment effectuée au travers des métriques décrites ci-après.
30
Référence Internet
D4267
■ Taux de distorsion harmonique THD tiques tels que les transformateurs, les machines tournantes, les
Le taux de distorsion harmonique du courant, noté THDi (THD inductances, etc.
est l’abréviation de Total Harmonic Distortion), est défini comme – la destruction d’appareils à cause du phénomène de réso-
étant la valeur efficace de tous les courants harmoniques (excepté nance ;
le fondamental) en pourcentage par rapport à la valeur efficace du – le mauvais fonctionnement des dispositifs de protection ;
courant fondamental : – la surcharge des câbles, moteurs et transformateurs ;
– les erreurs de lecture de certains instruments de mesure et
d’enregistrement dans les compteurs ;
(7)
– l’interférence avec les réseaux de télécommunication et les
appareils électroniques.
Quant aux effets à moyen et long terme, il s’agit essentielle-
1
ment des effets suivants :
Ce paramètre traduit l’ondulation du courant par rapport au fon-
damental et s’annule lors d’une absorption purement sinusoïdale – le vieillissement accéléré et la réduction de la durée de vie
du courant. d’équipements électriques tels que les isolants, les transforma-
teurs, les moteurs, les batteries de condensateurs, etc.
■ Facteur de déplacement de puissance DPF – l’échauffement des câbles dû aux pertes par effet Joule qui
augmentent étant donné qu’aux pertes issues du courant fonda-
Le facteur de déplacement de puissance, noté DPF (Dispalce-
mental s’additionnent les pertes issues du courant harmonique ;
ment Power Factor), est défini comme étant le déphasage entre le
– les pertes supplémentaires dans les équipements utilisant les
fondamental de tension et celui de courant. Il s’exprime donc
circuits magnétiques étant donné que les courants harmoniques
comme suit :
font accroître les pertes fer (pertes par courant de Foucault) et par
(8) hystérésis ;
– l’échauffement des batteries de condensateurs. En présence de
■ Facteur de distorsion DF courants harmoniques, l’impédance des condensateurs décroît
proportionnellement en fonction du rang des harmoniques pré-
Le facteur de distorsion, noté DF (Distortion Factor), est défini sents. Il en résulte une augmentation du courant absorbé par les
comme étant la valeur efficace du courant fondamental par rap- batteries de condensateurs entraînant leur échauffement.
port à la valeur efficace du courant total. Il s’exprime selon la rela-
tion (9). En régime déformé, lorsque l’absorption du courant est
non sinusoïdale, le facteur de distorsion est inférieur à 1.
(9)
2. Solutions classiques
d’amélioration de la qualité
■ Facteur de puissance PF
d’énergie électrique
Le facteur de puissance, noté PF (Power Factor), est défini
comme étant le rapport entre la puissance active P et la puissance
apparente S. Il s’exprime donc comme suit : Dans la majorité des applications, l’utilisateur bénéficie unique-
ment de l’apport énergétique de la puissance active. C’est pour-
quoi, il est utile de compenser la puissance réactive ainsi que la
(10) puissance déformante au travers de dispositifs appropriés, et ce
en vue de réduire de manière efficace l’énergie totale fournie par
le réseau. Dans ce qui suit sont détaillés les procédés de compen-
sation des puissances réactive et déformante. Il est important de
1.2 Origine et effets de la dégradation noter ici que :
de la qualité d’énergie électrique – pour améliorer le facteur de déplacement de puissance DPF, il
faut injecter du courant réactif ;
Durant les dernières décennies, les réseaux électriques ont – pour améliorer le facteur de puissance PF, il faut d’une part
connu un accroissement important de l’utilisation des charges injecter du courant réactif pour augmenter le DPF, et d’autre part
non linéaires. Comme exemples de charges non linéaires, nous augmenter le facteur de distorsion DF à travers un traitement des
citons les fours à arc, les variateurs de vitesse pour les entraîne- harmoniques ayant pour objectif la réduction du contenu harmo-
ments électriques à vitesse variable, les équipements électromé- nique du courant.
nagers, les téléviseurs, les ordinateurs, les imprimantes et
photocopieuses, les lampes à ballast électronique, etc. Ces
charges sont assimilées à des générateurs de courants harmo- 2.1 Compensation de la puissance
niques qui dégradent la qualité d’énergie électrique [D4315]
[D4316]. Les effets néfastes de dégradation de la qualité d’énergie
réactive
électrique peuvent être classés en deux catégories, à savoir les
effets instantanés et les effets à moyen et long terme [D4264] [1] 2.1.1 Compensation par condensateurs
[2].
Historiquement, la solution à base de condensateurs fut la pre-
Les effets instantanés sont essentiellement les suivants : mière à être utilisée pour la compensation de la puissance réac-
– le disfonctionnement de certains appareils électroniques qui tive [D4315]. Le principe de l’opération de compensation est
sont sensibles aux courants harmoniques présents dans les lignes illustré sur la figure 2. Comme le montre cette figure, pour amé-
de transport d’énergie électrique ; liorer le DPF d’une valeur initiale égale à cos(ζ1) vers une valeur
– la détérioration du facteur de puissance PF. En régime déformé finale égale à cos(ζ2), il est nécessaire de réduire la consomma-
et lorsque l’absorption du courant est non sinusoïdale à cause de tion de puissance réactive d’une quantité Qc égale à la différence
la présence de charges non linéaires, le facteur de puissance PF se entre la puissance réactive Q1 initialement consommée et la puis-
trouve réduit ; sance réactive Q2 à atteindre après compensation (cf. équation
– les bruits et vibrations causés par les courants harmoniques, (11)). Dans ce cas, la puissance apparente fondamentale (liée au
notamment dans les équipements utilisant les circuits magné- transfert du courant fondamental) diminuera d’une valeur initiale
31
Référence Internet
D4267
(13)
Sf1 vers une valeur finale Sf2. La puissance réactive Qc s’exprime
aussi comme étant le produit de Q1 par un coefficient λ définit
selon l’équation (11). Afin d’augmenter le DPF (cos(ζ2)> cos(ζ1)), le La figure 3c présente l’évolution du module de l’impédance
coefficient λ doit être compris entre 0 et 1 et un fonctionnement à équivalente Zéq en fonction de la pulsation ωn. Comme le montre
DPF unitaire est atteint lorsque λ est égal à 1. cette figure, lorsqu’un courant harmonique de rang n possède une
pulsation très proche de la pulsation de résonance ωr, dont
l’expression est donnée par (14), il en résulte une surtension qui
(11) entraînera le claquage des condensateurs de compensation.
S = P + Q2 + D P + Q1 + D Zéq(ωn) |Zéq|
(L,R) ia + ir2 + ih PCC i = ia + ir1 + ih PCC
ic Qc
C ihn
V C Charge Lr
ωn
ωr
a schéma simplifié du réseau électrique b circuit électrique équivalent c évolution du module de l’impédance
alimentant une charge non linéaire pour un harmonique de rang n Zéq(ωn) en fonction de la pulsation ωn
avec compensation par condensateurs du courant harmonique ihn
Figure 3 – Schéma simplifié du réseau électrique alimentant une charge non linéaire avec compensation par condensateurs, circuit électrique équi-
valent pour un harmonique de rang n et évolution du module de l’impédance Zéq(ωn) en fonction de la pulsation ωn du courant harmonique ihn
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IN118
INNOVATION
Diagnostic filaire
Détection, localisation et caractérisation 1
de défauts dans des réseaux filaires
complexes
Abstract : Electrical cables are the support for energy and information transmission
of many systems. They are subject to the same constraints and can as well be subject
to defects (short circuit, break, corrosion, wear out...). In the event of a breakdown of
the system, it can be interesting to check the status of the wiring interconnection
network before changing expensive devices. The use of wire diagnosis tools would allow
huge time and money savings in many fields such as transport, energy, building and
infrastructures, telecommunications.
Points clés
Domaine : Fiabilité des réseaux de câbles
Degré de diffusion de la technologie : Émergence | Croissance | Maturité
Technologies impliquées : Électronique analogique et numérique, radiofré-
quence, microélectronique
Domaines d’application : Transports, énergie, communication, bâtiment et
infrastructures
Principaux acteurs français :
Centres de compétence : CEA LIST, Supélec LGEP, INRIA
Pôles de compétitivité : SYSTEM@TIC
Autres acteurs dans le monde : Université de l’Utah, Livewire, Wirescan...
Parution : mai 2010
33
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IN118
INNOVATION
1 km/m
5 km/m
8 km/m
Bus
40 200 1 200
km
Figure 1 – Longueurs cumulées de câbles dans les transports (en km) et rapport avec la longueur
34
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IN118
INNOVATION
Les bâtiments et infrastructures donnent des ordres de câbles est celui de l’avionique militaire : l’USAF (US Air Force)
grandeurs encore supérieurs : 1 000 km de câbles dans une a compilé depuis plusieurs années les résultats d’analyse des
centrale nucléaire (parfois dans des environnements mortels pannes ayant entraîné des incidents (avion cloué au sol,
1
pour l’homme), 5 000 km dans un bâtiment moderne, et retard au décollage, etc.), voire des accidents (fumée ou feu
50 000 km le long des voies ferrées en France. De quoi don- dans le cockpit, panne d’appareils, etc.). Il a été rapporté une
ner des cauchemars aux agents chargés de la maintenance. moyenne de 3 cas de fumées par jour dans des avions de
transports légers (jet) aux USA et au Canada uniquement.
1.3 Besoin, intérêt, avantages Des études commandées par la FAA (Federal Aviation Admi-
nistration, USA) ont permis de catégoriser les divers types de
Car c’est bien de maintenance qu’il s’agit dans un pre- défauts liés aux câbles rencontrés sur des avions (figure 2).
mier temps : comment localiser précisément l’endroit du Les défauts les plus rencontrés sont :
défaut pour le réparer en un temps minimum, si possible
sans interrompre le service rendu par le réseau (alimenta- – des connecteurs endommagés ou cassés ;
tion ou communication) ? – des câbles élimés (figure 3) ou coupés ;
– un défaut de broche d’un connecteur ;
Le besoin d’un système de diagnostic – détection, locali- – la corrosion.
sation et caractérisation – de défauts dans un réseau de
câbles est aujourd’hui présent pour de nombreuses applica- D’une manière générale, on distingue deux grandes familles
tions. de défauts :
L’intérêt est multiple : minimiser le temps d’intervention et – les défauts francs (court-circuit, circuit ouvert) qui sont
le temps d’immobilisation (pour un camion dont la charge utile localisés et produisent une signature de forte amplitude (coef-
doit être livrée rapidement) ou d’arrêt du service (pour la ficient de réflexion égal à ± 1, cf. § 3.2.1) ;
fourniture d’énergie électrique dans une agglomération) ; les – les défauts non francs, qui peuvent être localisés ou
enjeux financiers sont énormes. étalés sur une certaine distance (figure 3) dont les échos sont
Mais il est aussi possible d’embarquer le diagnostic au sein souvent très faibles voire impossibles à distinguer du bruit.
du réseau pour des applications critiques : le système surveille
Un autre type de défaut apparaît dans certains cas : une
en temps réel les câbles, détecte les défauts et prévient le
décharge partielle qui est une fuite diélectrique localisée au
contrôle qui prend les décisions adéquates.
sein d’un isolant apparaissant sous l’effet d’une forte tension.
Alors qu’une décharge de Corona est, en général, identifiable
par une luminosité particulière ou par des arcs électriques,
2. Méthodes de diagnostic une décharge partielle est un phénomène intermittent et, le
plus souvent, invisible. Une fois amorcée, la décharge va pro-
2.1 Défauts sur les câbles gressivement détériorer l’isolant, conduisant finalement à un
claquage du diélectrique et à la destruction du système. La
Avant de parler des méthodes de diagnostic, il faut s’inté- prévention des décharges partielles constitue donc un enjeu
resser aux défauts que l’on rencontre sur les câbles. Le princi- capital pour les industries électriques en vue d’assurer un ser-
pal domaine qui a recensé et analysé des défauts sur des vice de qualité sur le long terme.
4% 2%
5% 19 %
5%
5%
6%
6% 18 %
7%
7% 16 %
Figure 2 – Répartition des défauts liés aux câbles dans les avions (source NASA)
35
1
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D4315
plus être suivie analytiquement mais fait l’objet d’un examen statistique, il
convient de s’accorder sur les méthodes. Ce sont les raisons pour lesquelles la
normalisation internationale, dont la vocation est d’établir des consensus, est
essentielle pour définir les nuisances, la manière de les aborder, les méthodes
pour les mesurer et finalement les règles pour les limiter.
Parmi les nuisances, on a noté depuis longtemps les chutes de tension qui, si
elles se répètent à certaines cadences, ont des effets particulièrement gênants
1 pour une des principales applications de l’électricité : l’éclairage. On a aussi
identifié très tôt que les chutes de tension sont d’autant plus importantes que la
puissance appelée est grande et que l’impédance du réseau de distribution est
forte. Si l’impédance est une caractéristique constructive du réseau qui ne peut
être changée que par son adaptation à la puissance qu’il prétend distribuer, en
revanche les appels de puissance peuvent être compensés par un appareillage
approprié.
En courant alternatif, les fluctuations de puissance réactive sont la principale
source des fluctuations de tension surtout sur les réseaux moyenne tension
(HTA) et haute tension (HTB) dont l’impédance interne est principalement induc-
tive. La compensation consiste donc à lisser les fluctuations de puissance réac-
tive au moyen de dispositifs permettant de moduler une consommation
complémentaire à celle de la charge à lisser. Des techniques relativement simi-
laires permettent de compenser les déséquilibres de tension qu’introduisent les
charges monophasées de grande puissance.
Aujourd’hui, ces dispositifs sont classiquement réalisés avec des thyristors ; il
permettent de répondre avec satisfaction aux problèmes de la compensation
des déséquilibres, du réglage de tension des réseaux vis-à-vis des fluctuations
de la puissance réactive et du réglage du facteur de puissance.
Avant de détailler la technique des compensateurs statiques, il convient
d’introduire les mesures associées aux fluctuations de tension ainsi que la nor-
malisation traitant de l’évaluation des phénomènes ou de la limitation de leurs
effets. Ces questions sont examinées à tous les niveaux de puissance et de ten-
sion, y compris en basse tension avec, pour les européens, l’aspect réglemen-
taire de la norme harmonisée EN 61000-3-3. Cette partie est dictée par le rôle
capital de la normalisation, pour laquelle il s’agissait de mettre en commun les
expériences et d’établir un consensus à partir d’idées initialement différentes,
pour ne pas dire divergentes.
L’ensemble « Compensateurs statiques de puissance réactive » fait l’objet de quatre articles :
D 4 315 Fluctuations de tension et flicker. Évaluation et atténuation (partie 1)
D 4 316 Fluctuations de tension et flicker. Évaluation et atténuation (partie 2)
D 4 317 Contrôle dynamique de puissance réactive. Dispositifs statiques
Doc. D 4 318 Pour en savoir plus
Les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres.
Le lecteur devra assez souvent se reporter aux autres fascicules.
Nota : d’autres informations peuvent aider le lecteur à comprendre cet article, ou le complètent. Le lecteur est ainsi invité à
se reporter dans ce traité aux articles suivants :
— Compensation de l’énergie réactive et tenue de la tension dans les réseaux publics ;
— Compensation de l’énergie réactive et tenue de la tension dans les installations industrielles ;
— Circulation d’énergie réactive : effets sur un réseau ;
— Réseaux de distribution – Flicker et harmoniques ;
— Appareillage électrique à basse tension – Technologie ;
— Condensateurs de puissance ;
— Électrothermie – Fours à arcs ;
et à la rubrique Électronique de puissance.
Avertissement : pour les besoins de cet article, et conformément à la spécification technique internationale CEI 61000-3-7,
on désigne par réseau très haute tension (THT) un réseau de tension nominale supérieure à 230 kV. De 230 kV inclus à 35 kV, il
s’agit de réseau haute tension (HT). De 35 kV inclus à 1 kV, on parle de moyenne tension (MT), contrairement à l’usage français
(HTA), tandis qu’à 1 kV ou en dessous on retrouve la classique basse tension (BT).
Remerciements et copyright – Les titres 2 et 3 du fascicule D 4 315 sont pour une large part un commentaire explicatif de
normes de la Commission Électrotechnique Internationale. Des relations mathématiques, des figures ou des principes exposés
dans cette partie sont issus de ces normes. Les sources sont essentiellement la CEI 61000-3-7 et parfois d’autres parties des
séries CEI 61000-2 ou CEI 61000-3. En conséquence, l’auteur remercie la Commission Électrotechnique Internationale (CEI)
d’avoir accordé l’autorisation d’utiliser ces sources. Tous les extraits sont sujet au « copyright © IEC, Geneva, Switzerland ».
Tous droits de reproduction réservés. Le lecteur peut trouver des informations complémentaires concernant la CEI, ses publi-
cations et sa mission sur le site [Link]. La CEI décline toute responsabilité et ne saurait assumer aucune conséquence de
quelconques dommages pouvant résulter d’un défaut d’interprétation par le lecteur des articles cités en référence quel que soit
leur emplacement et leur contexte dans cette publication. Les sources sont reproduites ou réécrites avec autorisation.
The author thanks the International Electrotechnical Commission (IEC) for permission to use the following material. All
extracts are copyright © IEC, Geneva, Switzerland. All rights reserved. Further information on the IEC, its publications and its
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D 4 315 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique
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Référence Internet
D4315
1
et :
1.1 Caractérisation des fluctuations
∆V
∆V 10 équivalent = a (f ) ⋅ -------- (2)
V f
Les charges fluctuantes sont des charges qui, par nature, fonc- ∆V 2
tionnent à puissance variable : par exemple, une presse, un laminoir ∆ V 10 équivalent = ∑ a i ⋅ -------- (3)
i
V fi
discontinu, une soudeuse par point, un four à arc et, de manière
générale, tout procédé cyclique ou à variables internes aléatoires. Le calcul de ∆V/V est détaillé au paragraphe 2.3.3. On utilise les
Le procédé de conversion d’énergie peut, pour sa part, atténuer ou équations (39) ou (40), selon les données immédiatement disponi-
amplifier le phénomène de modulation de puissance par la manière bles, ou des relations plus précises selon l’objectif recherché.
dont la puissance réactive est à son tour modulée. La modulation, à Cependant, l’approximation (41) :
fréquence plus ou moins élevée, des appels de puissance active et ∆V ∆Q
réactive est à l’origine de chutes de tension dues à l’impédance -------- = ----------
V S SC
interne du réseau d’alimentation (cf. § 2.3.3). De ces chutes de ten-
sion fluctuantes résultent des fluctuations de tension. (dans laquelle ∆Q représente la variation de puissance réactive et
Les fluctuations de tension sur les réseaux publics de distribu- SSC la puissance de court-circuit au point considéré) est assez sou-
tion d’électricité se sont révélées très tôt comme un facteur de gêne vent suffisante.
important pour l’ensemble des usagers. L’effet de scintillement des
lampes d’éclairage (flicker) était connu au début de la distribution
de l’électricité en courant alternatif, pour laquelle la fréquence de 1.1.2 Caractérisation historique
25 Hz n’était pas vraiment confortable.
Nota : en France, il a fallu attendre une circulaire du ministre des Transports du 1er avril La caractérisation de l’effet de scintillement a été poursuivie par
1918 pour que la fréquence de 50 Hz soit « standardisée » comme fréquence normale. une évaluation statistique sur une population de volontaires. Le
L’utilisation d’un réseau public de distribution d’électricité pour seuil de gêne ressenti par la moitié de la population a permis de tra-
alimenter des charges produisant des fluctuations de tension a con- cer les premières caractéristiques de perception, associant œil et
duit à qualifier la gêne essentielle et immédiate qui pouvait en lampe, en fonction du type de lampe (230 V, 120 V ou 110 V). Pierre
résulter pour le voisinage. Il s’agit du scintillement des lampes Meynaud a été un précurseur de cette caractérisation. Des travaux
d’éclairage que l’usage a nommé flicker par importation et adoption complets ont été conduits à l’UIE (Union Internationale d’Électro-
du terme anglais plus concis. La perception du scintillement des thermie) qui a publié un rapport [1] dont les conclusions ont été
lampes d’éclairage ou perception du flicker dépend de la fréquence reprises à la CEI à la fin des années 1980.
et de l’amplitude des fluctuations. On a commencé par en rendre La figure 2 représente la perceptibilité du scintillement relatif à
compte au moyen d’une caractéristique de sensibilité de l’œil a(f ) des fluctuations de tension en échelons ∆U /U, en fonction de
donnée en figure 1. l’amplitude des échelons et de leur fréquence. La fréquence corres-
pond au nombre d’échelons par minute. On a déduit de cette carac-
téristique un indice de perceptibilité du scintillement ou indice de
perceptibilité du flicker sur une période courte, noté Pst (st « pour
short term »), en déclarant que cette caractéristique, qui représente
la perception par 50 % de la population, correspond à Pst = 1.
1,000
a (f )
0,500
10
∆ U /U (%) Pst = 1
230 V
120 V
100 V
0,100
1
0,050
0,1
0,001 0,010 0,100 1 10 100 0,1 1 10 102 103 104
f (Hz) Nombre de variations de tension rectangulaires par minute
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Nota :
1. U est le symbole utilisé à la CEI pour désigner la tension. En France l’emploi de U et 2. Évaluation et moyens
de V est relativement indifférent, en remarquant que certains auteurs réservent U pour
désigner la tension composée d’un système polyphasé, tandis que V désigne la tension
simple.
de mesure des fluctuations
2. ∆V/V désigne une variation de tension ; indifféremment, on utilise aussi ∆U/U. Il s’agit
d’une valeur de régime établi. Il convient de faire la distinction avec dmax qui désigne la
de tension et de leurs effets
variation relative maximale de tension atteinte au cours d’un régime transitoire (voir la
définition au paragraphe [Link]). De même, on distingue la variation permanente dc due à
1
une charge (voir la définition au paragraphe [Link]) ; dc représente l’écart relatif entre la
tension à vide et la tension de régime permanent pour une charge donnée. La mesure conduit à la connaissance, et la connaissance permet
3. En résumé, et sauf indication contraire explicite, on notera indifféremment ∆U/U ou de définir les conditions optimales d’exploitation d’un réseau élec-
∆V/V ou encore d (sans indice), une variation relative de tension dont on ne précise pas la trique. L’optimisation concerne la satisfaction des utilisateurs avec
nature. En appliquant cette règle aux figures 2, 8, 9, 10 ou 12, etc., on peut comprendre
qu’il s’agit de l’amplitude des variations cycliques, puisque génératrices de flicker. La ses deux pôles à priori antinomiques :
caractéristique représentée sur la figure 2 fournit Pst = 1 dans le cas de lampes à incandes- — absence de gêne sur les dispositifs susceptibles d’être pertur-
cence de tension assignée différente.
bés ;
En l’absence d’appareil de mesure et dans le cadre de la mise en
œuvre de fours à arcs, on a utilisé un lien entre la fluctuation à 10 Hz, — correction minimale (au moindre coût) des dispositifs pertur-
∆V10 [relation (1)], exprimée en %, et l’indice de perceptibilité du flic- bateurs.
ker (notamment au Japon), en utilisant un coefficient expérimental La caractérisation des fluctuations de tension concerne à la fois
k valant de 1,0 à 1,3 : l’amplitude des déviations et la fréquence à laquelle elles apparais-
∆ V max sent aussi bien que leur forme. La perception de l’effet de scintille-
∆ V 10 = ----------------
- (4) ment (ou papillotement), en bref la perception de flicker, est
3, 6 fonction de la forme d’onde des fluctuations (nommée caractéris-
∆ Q max tique du changement de tension). La mesure passe donc par une
P st max = 3 ∆ V 10 = 0, 83 ∆ V max = 83 k ⋅ ------------------ (5) analyse statistique de la tension.
S SC
Au-delà de cette approche spécifique à un procédé (four à arc), il
a fallu définir une méthode de mesure de la tension qui permette de
restituer la caractéristique de perception. C’est l’objet de la norme
CEI 61000-4-15. 2.1 Méthode de mesure
Filtre démodulateur
et passe-bande
Bloc 1 Bloc 2 de sensibilité Bloc 4 Bloc 5
S
Valeur efficace Fluctuation Sensation
de la tension pondérée instantanée Période
par alternance de tension de flicker d'observation
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1
[Link] Grandeur mesurée 5
4
■ La mesure de tension est mise à l’échelle au moyen d’un gain 3 Tst = 10 min
ajustable de façon à améliorer la sensibilité de la mesure ; la gran- 2
1
deur mesurée est ainsi normée à l’unité par le bloc 1 du flicker-
mètre international (cf. figure 3). t
■ Après cette adaptation d’entrée, la tension est élevée au carré ; il Figure 4 – Enveloppe pondérée des fluctuations : amplitude de S
s’agit de la fonction dite démodulateur quadratique du bloc 2. durant la période d’observation
Cette étape correspond au phénomène physique qui crée le flicker ;
le flux lumineux d’une lampe d’éclairage est en effet proportionnel
au carré de la tension qui lui est appliquée.
■ Au bloc 3, la tension est filtrée pour éliminer la composante
continue et les composantes de fréquences supérieures à 35 Hz, ne pν
1àν
conservant ainsi que la partie des fluctuations dans la bande de fré- 1,0
quences perceptibles (0,05 Hz à 35 Hz). La tension filtrée est alors
pondérée en fonction de la fréquence pour approcher la réponse
physiologique. La pondération est assurée par un filtre passe-bande
particulier centré sur 8,8 Hz qui, à cette fréquence, a un gain unité et
déphase de 0,408 radian en retard (cf. § [Link]). 0,5
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∆ Q max ⋅ δ 100
P st max = 3 ------------------------------------- (1)
3, 6 S SC r
3 3 3
dans laquelle δ est un coefficient d’expérience compris entre 1 et 1,3.
Pour Pst 99 % pour la prédétermination du flicker engendré par un La partie réactive de la charge est facile à compenser. On ajoute – j . Q
four à arc au point commun de couplage PCC, on trouve : entre 1 et 2, il ne reste alors que la puissance active P à répartir sur les
trois phases...
S SC f
P st 99 % = K st ------------- (2)
S SC r 1 1
P = U . I . 3 = U 2 . Y0
où Kst est un coefficient caractéristique d’émission pour le calcul de Y0
P
Pst compris entre 50 et 85. U .Y
2 2 jY 1 IL = 0
Si l’on assimile la variation de puissance réactive maximale à la 3
puissance de court-circuit du four, il est évident que les deux formu-
jY 2 I1 = U12 Y0 + U13 j .Y1
les sont sensiblement identiques. On a (cf. figure 1) :
3 3
SN 2 2
∆ Q max = ---------------- ( sin θSC – sin θN ) (3)
sin θ N
avec U tension entre phases
1
La figure 1 met en évidence la méthode de détermination de la IL courant dans la ligne
variation de puissance réactive maximale engendrée par un four à Q Y admittances entre les phases
arc triphasé dans un fonctionnement équilibré. Mais, sur un four à P + jQ
(comme indiqué)
arc, les fonctionnements déséquilibrés sont fréquents et il importe 2
Après quelques calculs on arrive au
d’en tenir compte dans le dimensionnement électrotechnique des résultat suivant :
composants en partant du principe de Steinmetz qui sera évoqué P P
Y Y0
largement dans le fascicule [D 4 317] pour définir la structure de 3 3 Y1 = – 0 et Y2 =
contrôle de la boucle rapide. 3
3 3
Les quelques considérations de la figure 2 permettent d’évaluer
l’importance, du point de vue dimensionnement, des conséquences
Figure 2 – Compensation de déséquilibre
d’un fonctionnement monophasé.
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Lignes et postes
Choix et coordination des isolements
par Alain SABOT
1
Ingénieur de l’École supérieure d’électricité
Ingénieur senior au Laboratoire de génie électrique de la Direction des études
et recherches d’EDF
Secrétaire du Comité d’études 28 « Coordination de l’isolement » de la CEI
et Jean MICHAUD
Ingénieur de l’Institut industriel du Nord
Ingénieur au Département postes et lignes, à la Direction des études et recherches d’EDF
e mot coordination désigne des actions dont l’objectif est d’harmoniser deux
L ou plusieurs choses. C’est un concept tout à fait commun que l’on rencontre
fréquemment dans la vie courante. Dans le monde technique, il recouvre géné-
ralement l’harmonisation d’une contrainte et d’une capacité de résistance à cette
contrainte. De façon encore plus spécifique, à la conception d’une réseau élec-
trique, il est nécessaire de sélectionner des matériels afin qu’ils résistent aux
différentes contraintes auxquelles ils sont soumis sur ce réseau. Réciproquement,
si le matériel existe et, par conséquent, si le niveau de tenue est défini, alors
on peut aussi songer à limiter les contraintes à des valeurs inférieures à ce niveau.
La coordination peut donc être obtenue soit en augmentant la tenue, soit en dimi-
nuant la contrainte. Comme toujours en technique, il y a un compromis à trouver
Parution : mai 1997
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entre, d’une part, l’aspect confort d’utilisation qui demande que la tenue à la
contrainte soit bien supérieure à cette contrainte et, d’autre part, le point de vue
économique qui requiert, pour minimiser le coût des équipements, de réduire
au strict nécessaire la tenue à la contrainte.
La coordination de l’isolement d’un réseau électrique s’intéresse, pour sa part,
aux contraintes de tension et à leurs pendants, les tenues diélectriques des maté-
riels, tenues qui caractérisent la capacité d’une isolation à supporter certains
1 niveaux de tension sans rupture diélectrique, c’est-à-dire sans amorcer. La coordi-
nation de l’isolement consiste donc à ajuster les tenues diélectriques en service
des équipements (lignes, postes, transformateurs, alternateurs) aux niveaux des
surtensions susceptibles d’apparaître sur ces équipements durant leur exploi-
tation, de telle sorte que la probabilité de court-circuit due à la défaillance d’une
isolation donnée soit acceptable tant du point de vue opérationnel qu’écono-
mique. Cet ajustement est obtenu soit en diminuant les contraintes, soit en aug-
mentant les tenues diélectriques, soit, enfin, en agissant simultanément sur ces
deux paramètres. Une des difficultés essentielles du processus de coordination
de l’isolement réside dans le fait que tant les contraintes de tension appliquées
aux matériels que les tenues diélectriques de ces matériels sont de nature
probabiliste ; cette double incertitude rend délicat l’ajustement des tenues
diélectriques à spécifier par rapport aux contraintes.
En chaque point d’un réseau, la coordination des isolements consiste donc à
déterminer l’isolement optimal en tenant compte des conséquences d’une avarie
ou d’une interruption de service. Dans cette optique, on peut envisager une grada-
tion de l’isolement, c’est-à-dire de l’aptitude des isolations à supporter les
contraintes électriques. Par exemple, le risque de défaillance doit être pratique-
ment nul pour les isolations dont la défaillance empêche l’utilisation pendant
plusieurs jours d’une tranche nucléaire (isolation de ses transformateurs) et très
faible pour l’isolation d’un jeu de barres d’un poste, où les conséquences d’un
amorçage sont graves ; par contre, un risque d’amorçage plus élevé peut être
toléré sur une ligne d’un réseau fortement maillé, puisque le temps pendant
lequel la ligne doit être mise hors tension pour qu’elle recouvre sa tenue
diélectrique initiale n’est que de quelques centaines de millisecondes. Un facteur
essentiel pour définir le risque de défaillance acceptable d’un équipement (et
donc son prix) est la qualité du service exigée par les clients.
Cependant, il existe certaines contraintes électriques auxquelles aucune iso-
lation économiquement réalisable ne résisterait : c’est le cas notamment des sur-
tensions dues à la foudre sur les réseaux BT ou MT, voire même HT et THT. On
accepte alors les amorçages inévitables en des points où ils peuvent se produire
sans dommage durable et l’on protège les autres points en équipant le réseau
d’appareils de protection tels qu’éclateurs ou parafoudres ; le rôle de ces appa-
reils est de limiter les surtensions qui parviennent à leurs bornes en écoulant
à la terre un maximum de l’énergie injectée dans le réseau par la contrainte.
Un choix rationnel des isolements impose donc à la fois la connaissance des
diverses contraintes électriques apparaissant dans un réseau, la connaissance
de la réponse des isolations à ces contraintes, celle des caractéristiques de l’appa-
reillage de protection et enfin celle des concepts et des méthodologies utilisés
pour la mise en œuvre pratique de la coordination de l’isolement. Ce dernier
aspect est plus particulièrement important pour qu’un dialogue clair et fructueux
puisse s’établir entre le spécificateur qui définit les contraintes et les moyens
de protection et le constructeur qui, in fine, dimensionne les isolations des maté-
riels. Ces quatre points sont explicités dans les paragraphes suivants.
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1. Isolements,
isolations et catégories
des contraintes de tension
1.1 Différents isolements
et types d’isolation
On appelle isolement d’un ouvrage ou d’un appareil électrique son
1
aptitude à supporter la tension ou, plus généralement, les contraintes
électriques qui lui sont appliquées. On appelle isolation l’élément
matériel ou l’ensemble des dispositifs constructifs qui assurent cet
isolement.
Sur un réseau électrique triphasé, quelle que soit la tension nomi-
nale, on distingue trois configurations d’isolement à considérer lors
des études de coordination de l’isolement (figure 1).
■ L’isolement entre une des trois phases et la terre (a) (isole-
ment dit phase-terre) comprend tous les isolements entre les parties Figure 1 – Schématisation des 3 configurations d’isolement
sous tension et celles mises à la terre ; c’est par exemple l’isolement qu’il faut considérer pour la coordination de l’isolement
existant entre un conducteur de ligne aérienne et le pylône, ou bien d’un réseau d’énergie électrique triphasé
encore entre une borne d’un transformateur et sa cuve.
■ L’isolement entre deux des trois phases (b) (isolement dit
phase-phase) comprend tous les isolements entre les phases des Cette répartition basée sur les caractéristiques de forme des sur-
réseaux triphasés ; c’est par exemple l’isolement entre les phases tensions remplace l’ancienne classification basée sur l’origine des
d’un jeu de barres ou l’isolement entre les enroulements de même contraintes : fréquence industrielle, manœuvre et foudre. Elle repose
tension d’un transformateur triphasé. sur une description plus physique des surtensions, mais on peut
préciser les correspondances générales qui existent avec l’origine
■ L’isolement entre deux parties d’un réseau ou entre deux
des contraintes.
réseaux (c) (isolement dit longitudinal) comprend tous les isole-
ments entre deux parties d’un réseau ou entre deux réseaux ; c’est ■ Tensions à basses fréquences
par exemple l’isolement entre deux lignes de tensions différentes qui
Elles sont divisées en deux sous-classes :
se croisent, ou bien l’isolement entre les enroulements de tensions
différentes de la même phase d’un transformateur, ou bien encore — la tension permanente à fréquence industrielle est la tension
l’isolement entre les bornes d’une même phase d’un sectionneur ou du réseau qui contraint de façon continue les équipements pendant
d’un disjoncteur ouvert. Cet isolement entre entrée et sortie d’un toute leur exploitation ;
disjoncteur pendant une opération d’ouverture est soumis à une — les surtensions temporaires sont des surtensions à la fréquence
tension de rétablissement ou à une tension transitoire de réta- industrielle ou à une fréquence harmonique ou sous-harmonique,
blissement. Ce cas particulier au fonctionnement des appareils de pas ou faiblement amorties, et dont la durée est supérieure à une
coupure n’est pas traité ici, mais dans l’article [D 4 700] Appareillage période de la fréquence industrielle.
électrique d’interruption à haute tension du présent traité. C’est en ■ Surtensions transitoires
référence à ces isolements entre bornes de l’appareillage de coupure
que cette configuration d’isolement est couramment appelée isole- Ce sont des surtensions de courte durée (quelques millisecondes
ment longitudinal. ou moins), oscillantes ou non et généralement fortement amorties ;
elles peuvent être superposées ou non à des surtensions tempo-
Chacune de ces trois configurations d’isolement peut être consti- raires. Elles se répartissent elles-mêmes en trois types :
tuée d’un ou des deux types d’isolation suivants :
— les surtensions à front lent (p. ex : surtensions de manœuvres),
— l’isolation externe, comme les chaînes d’isolateurs en verre ou ayant un temps de crête compris entre 20 et 5 000 µs et une durée
plus simplement un conducteur de ligne par rapport à la terre : c’est totale jusqu’à la mi-amplitude de moins de 20 ms ;
une isolation en général autorégénératrice, c’est-à-dire qu’elle — les surtensions à front rapide (p. ex : surtensions de foudre),
retrouve intégralement ses propriétés isolantes après une décharge ayant un temps de front compris entre 0,1 et 20 µs, et un temps
disruptive (ou amorçage) ; jusqu’à la mi-amplitude de moins de 300 µs ;
— l’isolation interne, comme l’isolation papier-huile d’un trans- — les surtensions à front très rapide, ayant un temps de front infé-
formateur ou l’isolation au SF6 d’un disjoncteur : cette isolation est rieur à 0,1 µs, et un temps jusqu’à la mi-amplitude de moins de 3 ms.
en général non autorégénératrice, c’est-à-dire qu’elle perd ses pro-
priétés isolantes ou ne les retrouve pas intégralement après une ■ Tensions continues
décharge disruptive (ou amorçage). Ce sont des contraintes de tension qui apparaissent sur les capa-
cités (parasites ou non) du réseau chaque fois qu’elles sont mises
hors tension. Ces tensions résiduelles continues, dues aux charges
1.2 Classes et catégories des contraintes capacitives qui restent « piégées », ont cependant tendance à
décroître plus ou moins rapidement avec le temps. Cette catégorie
de tension : classification CEI de contraintes de tension n’est pas définie en tant que telle par la
norme CEI 71-1, mais, comme elle joue un rôle important sur le
1.2.1 Définitions dimensionnement diélectrique des ouvrages sinon directement mais
tout au moins indirectement par les niveaux de surtensions plus
Les contraintes de tension sont réparties en deux classes, les
tensions basses fréquences et les surtensions transitoires et, suivant
leurs formes et leurs durées, selon des catégories dont les carac-
téristiques sont reprises dans le tableau 1. (0)
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Tableau 1 – Classification des contraintes de tension apparaissant sur les réseaux d’énergie électrique triphasés,
formes normalisées de tensions d’essais et essais de tenue diélectrique normalisés
Basse fréquence Transitoire
Classe
Permanente Temporaire À front lent À front rapide À front très rapide
1
Forme de tension
élevés qu’elle engendre, il apparaît nécessaire d’en faire mention ici. 1.2.2 Tension permanente
Parmi les origines des surtensions sur lesquelles ces tensions
continues jouent un rôle important, on peut citer : Les contraintes diélectriques dont les durées sont les plus élevées
— les surtensions au réenclenchement de lignes à vide ; sont celles qui résultent de la tension de service du réseau sur lequel
— les surtensions à l’ouverture de charges capacitives ; le matériel considéré est utilisé.
— les surtensions lors des manœuvres des sectionneurs de postes
Rappelons que, dans le cas des systèmes triphasés, les tensions
sous enveloppe métallique.
sont généralement exprimées en tension composée (ou entre
■ Les isolations entre phases et les isolations longitudinales phases) U, alors que l’isolation du matériel est le plus souvent
peuvent être soumises à des surtensions combinées qui résultent de soumise à une contrainte électrique entre phase et point neutre,
l’application simultanée, sur deux phases ou deux réseaux de c’est-à-dire, en régime permanent, à la tension simple V = U 3 .
contraintes de tension différentes : par exemple une surtension à Ces tensions semblent bien connues, mais il est, en fait, difficile
front rapide due à la foudre arrivant sur l’un des contacts d’un dis- de les définir avec précision. En effet, la tension peut varier dans
joncteur ouvert, l’autre étant alimenté à la tension à fréquence indus- le temps et suivant le point du réseau ; elle est plus élevée près des
trielle du réseau. Elles sont classées dans la catégorie de leur sources de production qu’à proximité de la consommation. Pour
composante d’amplitude la plus forte. cette raison, on a été amené à définir plusieurs tensions pour un
■ Les surtensions résultent très souvent de la superposition de sur- même réseau de la façon suivante :
tensions d’origine ou de nature différente : la tension de régime per- — la tension nominale d’un réseau triphasé (Un) est la valeur effi-
manent à fréquence industrielle se superpose pratiquement toujours cace de la tension entre phases par laquelle le réseau est dénommé ;
aux contraintes d’autres natures. Par exemple, la présence d’une ten- — la tension de service (U ) est la valeur efficace de la tension entre
sion continue rend plus sévères les surtensions dues aux phases, existant le plus souvent en un point d’un réseau en fonc-
manœuvres. On peut également citer la surtension temporaire qui tionnement normal ;
résulte d’un défaut à la terre dû à une première surtension. — la tension la plus élevée d’un réseau triphasé (Umr) est la valeur
efficace de la tension entre phases la plus élevée qui puisse appa-
En coordination de l’isolement, il est très commode d’exprimer
raître en un point du réseau, dans les conditions d’exploitation
toutes les contraintes de tension en une unité appelée per unit (pu)
normales. Cette valeur ne tient pas compte des variations tempo-
et définie par référence à la tension phase-terre la plus élevée du
raires de tension dues aux défauts ou aux déclenchements brusques,
réseau, Umr (§ 1.2.2), sur lequel sont évaluées les surtensions :
provoquant la séparation de charges importantes et correspondant
1 p.u. = valeur crête de la tension entre phase et terre, à des surtensions temporaires que nous examinerons au paragraphe
suivant ;
la plus élevée = 2 3 U mr — la tension la plus élevée pour le matériel (Um) est la valeur
efficace de la tension entre phases, la plus élevée pour laquelle un
On parlera dans la suite de surtensions de 2 ou 3 p.u. au lieu de matériel est spécifié en ce qui concerne notamment son isolation.
les exprimer en kilovolts. L’avantage de cette unité est que, pour Cette tension doit être au moins égale à la tension la plus élevée
les surtensions générées par les manœuvres ou les défauts, les du réseau auquel le matériel est destiné.
amplitudes exprimées en p.u. sont du même ordre de grandeur Il existe cependant certains cas où la tension permanente
quelle que soit la tension du réseau. appliquée à un matériel peut être encore plus élevée que Umr . Ainsi,
si un appareil d’interruption sépare deux réseaux non synchrones,
il apparaît, entre entrée et sortie, un battement tel que la tension
oscille plus ou moins rapidement, suivant la différence des
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D 4 750 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique
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fréquences, entre 0 et 2 2 3 U en valeur de crête. Cette tension En effet, chaque phase d’une ligne est un élément du réseau à
constantes réparties (inductance et capacité principalement), qui
alternative d’amplitude variable peut exister pendant de très longues peut être représenté très schématiquement à fréquence industrielle
durées. Ce battement de tension existe également pour des (pour le phénomène basse fréquence qui nous intéresse ici) comme
conducteurs voisins appartenant à des réseaux différents. une suite de cellules élémentaires : chaque cellule de longueur unité,
La tenue à la tension de service n’est pas, en général, le principal comprenant une inductance série L et une capacité phase-terre C
problème pour les isolations externes, sauf parfois en ce qui (figure 2). Comme chaque cellule constitue un circuit résonnant (du
concerne la tenue à la pollution atmosphérique. Par contre, les deuxième ordre) dont le gain à fréquence industrielle est supérieur
milieux diélectriques susceptibles de vieillissement (généralement
les isolations internes : solides ou composites) posent des problè-
mes de dimensionnement diélectrique à la tension de service.
à 1, en bout de ligne la tension à fréquence industrielle est donc supé-
rieure à celle appliquée à l’extrémité alimentée.
À partir de la théorie générale des lignes (équations des télé-
1
graphistes) (cf. article [D 1100] Réseaux électriques linéaires à
constantes réparties), nous pouvons obtenir une expression simpli-
1.2.3 Surtensions temporaires fiée de la tension V ( ᐉ ) à la distance ᐉ de l’alimentation (en km)
en fonction de la tension Ve à l’entrée (figure 2) :
[Link] Surtension temporaire due à un défaut phase-terre
V (ᐉ) 1 LC ω ᐉ 2 2
Lorsqu’un défaut met à la terre l’une des phases d’un réseau --------------- = ------------------------- ≈ 1 + ----------------------
Ve cos ( β ᐉ ) 2
triphasé, les deux autres phases subissent, jusqu’à l’élimination du
défaut, une variation de tension par rapport à la terre, qui est géné- avec ω = 2 πf pulsation du régime sinusoïdal observé, f étant la
ralement une surélévation de tension. On caractérise celle-ci par le fréquence du réseau,
facteur de défaut à la terre. Il faut la distinguer de la surtension transi-
toire, traitée plus loin, et qui apparaît pendant les premières milli- β = ω (LC )1/2 angle appelé constante de phase de la ligne, (β
secondes qui suivent le défaut. En un emplacement défini d’un varie environ de 5,5 à 6o par 100 km à 50 Hz et de 6,6
réseau et pour une configuration donnée de ce réseau, on appelle à 7,2o par 100 km à 60 Hz en fonction de la géométrie de
facteur de défaut à la terre le rapport entre la tension efficace la plus la ligne).
élevée entre les phases saines et la terre en présence du défaut et Pour un réseau à 50 Hz, le facteur de surtension est de l’ordre de
la tension efficace entre phase et terre en l’absence de défaut à 1,05 pour une ligne de 300 km et de 1,16 pour une ligne de 500 km.
l’emplacement considéré. L’amplification de tension en extrémité de ligne ouverte ne se
Ce facteur de défaut Sd n’est pas nécessairement le plus élevé au limite pas à la tension à fréquence industrielle mais affecte aussi les
point du réseau où se produit le défaut. tensions harmoniques existantes (l’effet Ferranti est proportionnel
Une estimation de Sd est donnée par la formule suivante : au carré de la fréquence).
Les manœuvres de réseau qui engendrent les surtensions tempo-
Sd = 3 K 2 + K + 1 (K + 2) raires dues à l’effet Ferranti sont toutes celles qui conduisent une
ligne à être ouverte à une extrémité alors que l’autre reste alimentée.
où K = X0 / Xd On peut citer :
avec X0 réactance homopolaire, — l’enclenchement ou le réenclenchement de ligne ouverte en
extrémité : c’est le cas à chaque enclenchement mais, en général,
Xd réactance directe du réseau vu du point de défaut ; on connecte une charge très rapidement après ;
on a supposé ici que la réactance inverse X i était égale à Xd et l’on — la perte de charge : cette situation se rencontre en réseau
a négligé les résistances R. lorsque, à la suite d’un défaut ou d’une manœuvre intempestive, le
La surtension sur les phases saines dépend directement du mode disjoncteur d’une des extrémités de la ligne ouvre en triphasé ; une
de mise à la terre du réseau : telle situation peut d’ailleurs entraîner elle-même des surtensions
temporaires, se cumulant à l’effet Ferranti.
S d = 3 si X 0 = ∞ (cas du neutre isolé) ; Il existe deux moyens pour réduire ces surtensions qui peuvent
Sd = 1 si X0 = Xd (mise à la terre parfaite du neutre). être gênantes sur les lignes très longues :
La plupart des cas réels sont intermédiaires, le neutre n’étant — la réactance shunt, qui consiste à placer aux extrémités de la
jamais ni complètement isolé ni parfaitement à la terre. ligne une réactance phase-terre permettant de diminuer la capacité
apparente de la ligne ;
En pratique, tant que X 0 3 X d et en tenant compte des
— la capacité série, dont l’utilisation se justifie surtout pour des
résistances, la tension de la phase saine la plus perturbée ne peut besoins de transit de courant, mais qui contribue aussi à réduire
pas dépasser 0,80 3 fois la tension simple existant en l’absence l’effet Ferranti en diminuant l’inductance apparente de la ligne.
de défaut. Cette limite est atteinte pour des défauts sur des lignes
longues, pour lesquelles X0 / Xd tend précisément vers 3. Pour de
telles situations, le réseau est appelé réseau à neutre effectivement
à la terre. C’est le cas général des réseaux HT et THT (90, 225, 400 kV).
Par exemple, en France, X0 / Xd est plus souvent proche de 1 que de 3.
Pour X0 / Xd > 3, on dit qu’à l’emplacement considéré le réseau est
à neutre non effectivement mis à la terre.
[Link] Surtension temporaire due à l’alimentation Figure 2 – Schéma équivalent à fréquence industrielle d’une ligne
d’une ligne ouverte (effet Ferranti)
avec des cellules L et C
Lorsqu’une ligne, alimentée par une de ses extrémités, est ouverte
à l’autre extrémité, il se produit un phénomène de résonance propre
à la ligne ; ce phénomène se manifeste par une tension croissant
vers l’extrémité ouverte.
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D4750
[Link] Surtension due à l’alimentation d’une charge Ces surtensions dépendent de la nature de la ligne et des élé-
capacitive au travers d’une inductance élevée ments dont elle est constituée (moyens de compensation, tronçons
C’est le cas, par exemple, d’une ligne aérienne ou d’un réseau de en câble souterrain...), de la puissance de court-circuit de la source,
câbles, alimenté par un ensemble de centrales de puissance limitée du type de disjoncteur et de l’instant de l’enclenchement (figure 3).
ou encore l’enclenchement de transformateurs ayant une forte Elles sont en général prises en compte pour dimensionner les
charge capacitive, comme une capacité shunt ; ce phénomène, sur- matériels sur les réseaux à très haute tension ( 300 kV ) .
tout sensible aux très hautes tensions, est évidemment à rapprocher Le niveau de surtension lors d’un enclenchement peut dépasser
1
du précédent. 2,4 pu à l’extrémité ouverte de la ligne. Si la ligne ou le câble ont
conservé des charges électriques avant la remise sous tension (réen-
[Link] Surtension due à un déclenchement brusque clenchement), la surtension peut dépasser sensiblement 3,6 pu En
d’une charge cas de réenclenchement, le niveau de surtension dépend des pos-
sibilités d’écoulement à la terre qu’ont les charges piégées sur la
Dans ce cas, la chute de tension interne des alternateurs et de leurs ligne. Les facteurs suivants contribuent à diminuer ces charges, et
transformateurs disparaît, et la tension fixée se rapproche de la force donc à réduire la surtension de réenclenchement :
électromotrice interne des alternateurs. Or, en raison de la grande
— présence de transformateurs de mesure de tension inductifs
valeur de la réactance synchrone de ces derniers, cette force électro-
TT (à la place de transformateurs capacitifs TCT) ;
motrice est notablement plus élevée que la tension aux bornes en
— humidité de l’air et l’état de pollution des chaînes d’isolateurs ;
régime normal. La montée en vitesse des alternateurs ainsi à vide
— durée précédant le réenclenchement, pendant laquelle la ligne
peut aggraver la surélévation de tension. Celle-ci disparaît en général
hors tension peut se décharger.
plus ou moins rapidement, en fonction de l’action des régulateurs
de tension et de vitesse des alternateurs. La surélévation de tension Ces surtensions à l’enclenchement ou au réenclenchement
peut facilement dépasser un facteur de 1,4. dépendent de l’instant de fermeture effectif sur chacune des phases.
Leurs valeurs crête suivent une fonction de répartition que l’on peut
La tension entre phase et terre atteint alors :
déterminer par une approche statistique en effectuant des calculs
1,4 U à l’aide d’un programme de simulation (cf. article [D 4 410] Régimes
--------------- = 0,8 U transitoires dans les réseaux électriques ) sur un nombre important
3
de cas où l’instant de fermeture est fixé de façon aléatoire (figure 4).
Parmi les moyens de réduction de ces surtensions, on peut citer :
[Link] Surtension due à l’enclenchement
de transformateurs — une résistance insérée transitoirement dans le circuit pendant
la fermeture du disjoncteur, avant la fermeture complète, ce qui
Ces contraintes apparaissent lorsqu’il existe à la fois de fortes permet d’amortir le régime transitoire initial ;
capacités localisées et des inductances non linéaires (circuit magné- — les parafoudres, en principe installés dans les postes aux extré-
tique saturable de transformateurs ou d’autotransformateurs). Une mités de la ligne. Dans ce cas, le point le plus contraint se trouve
résonance à fréquence harmonique ou sous-harmonique peut appa- au milieu de la ligne et non à son extrémité ouverte. L’efficacité
raître. On rencontre ce cas lors de l’enclenchement d’un transfor- dépend du choix des parafoudres, par ailleurs souvent justifiés pour
mateur à vide à travers un tronçon de câble d’une centaine de mètres limiter les surtensions à front rapide dues à la foudre ; elle est plus
de longueur. Il est assez difficile de s’en affranchir autrement qu’en importante pour les surtensions dues aux réenclenchements dont
modifiant la longueur du câble ou en amortissant l’excitation par un les amplitudes peuvent être très fortes à cause de l’existence de
enclenchement en deux temps avec insertion temporaire d’une résis- tensions résiduelles ;
tance. La mise à la terre du neutre est également une solution efficace — la maîtrise de l’instant de fermeture du disjoncteur : synchro-
(cf. article [D 3 050] Transformateur statique : principes et fonction- nisation de tous les pôles ou, mieux, fermeture de chaque pôle au
nement dans ce traité). passage par zéro de la tension entre les contacts. Dans le premier
cas, on peut ainsi réduire les surtensions transitoires de 20 % environ
[Link] Surtension due à la ferrorésonance jusqu’à les supprimer complètement dans le second cas. Cependant,
ce dernier cas suppose une commande du disjoncteur très élaborée
Ce phénomène qui apparaît sur un réseau comportant des induc- et surtout très fiable dans le temps, ce qui a limité, jusqu’à présent,
tances non linéaires et des éléments capacitifs, et pour lequel son utilisation pratique.
plusieurs régimes stables peuvent exister pour une même excitation,
n’est cité ici que pour mémoire. On se reportera à l’article [D 4 745]
Ferrorésonance dans les réseaux. [Link] Surtension due à l’enclenchement de batteries
de condensateurs
La mise sous tension de batteries de condensateurs, en particulier
1.2.4 Surtensions transitoires à front lent si leur neutre est isolé, peut générer des surtensions entre phases
qui peuvent être contraignantes pour les isolements entre enroule-
Ces surtensions sont généralement dues à des changements de ments des transformateurs.
configuration électrique du réseau (manœuvre de disjoncteurs) qui La figure 5 donne un exemple des surtensions lors de l’enclenche-
se traduisent par des régimes transitoires complexes, pouvant ment d’une batterie de condensateurs sur un jeu de barres (sans
comporter des surtensions plus ou moins élevées. moyens de réduction) quand il y a accord entre la fréquence de
charge de la capacité C à travers l’inductance Ls et la fréquence de
[Link] Surtension due à l’enclenchement résonance de la ligne en quart d’onde.
ou au réenclenchement d’une ligne à vide
La mise sous tension (enclenchement), ou la remise sous tension [Link] Surtension lors de l’élimination
rapide, quelques centaines de millisecondes à quelques secondes ou de l’apparition de défauts
après son découplage du réseau (réenclenchement) d’une ligne, L’apparition d’un défaut provoque simultanément des surtensions
engendre des surtensions transitoires à front lent, dont les ampli- à front lent et des surtensions temporaires. La partie à front lent est
tudes les plus élevées sont situées à l’extrémité ouverte de la ligne. générée par la propagation sur le réseau de l’échelon de tension dû
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Figure 3 – Exemples de forme typique de surtensions transitoires à front lent phase-terre résultant de l’enclenchement d’une ligne à vide,
sans moyen de réduction des surtensions et avec des tensions résiduelles préexistantes du côté de la ligne
à la chute brutale de tension à l’endroit du défaut. En théorie, la 1.2.5 Surtensions transitoires à front rapide
combinaison des surtensions à front lent et des surtensions tempo- ou très rapide dues aux manœuvres
raires peut atteindre 2,7 pu dans les réseaux à neutre isolé ou mis
à la terre par bobine de Petersen ; cependant, en général, les niveaux
[Link] Surtension due à la manœuvre des sectionneurs
atteints en réseaux restent inférieurs.
L’élimination d’un défaut provoque aussi simultanément des sur- Les manœuvres de sectionneurs aussi bien dans les postes aériens
tensions à front lent et des surtensions temporaires ; la partie à que dans les postes sous enveloppe métallique PSEM génèrent des
front lent (tension transitoire de rétablissement, cf. article [D 4 700] surtensions à la terre à front très rapide dont les amplitudes
Appareillage électrique d’interruption à haute tension du présent dépendent (comme pour les surtensions à l’enclenchement des
traité) est générée par la propagation sur le réseau de l’échelon de lignes) fortement des tensions résiduelles laissées du côté de la
tension dû à l’élimination du défaut, alors que la partie temporaire charge avant l’amorçage (fermeture) ou le réamorcage (ouverture)
résulte de la perte de charge (§ [Link]). En l’absence de perte de entre les contacts du sectionneur. L’amortissement de ces sur-
charge, la partie transitoire seule a des amplitudes qui peuvent tensions est très important dans l’air alors que, dans les PSEM, il
atteindre : est quasi nul vu leur configuration coaxiale qui favorise la propa-
gation des très hautes fréquences (quelques dizaines de MHz). Pour
• de 1,7 à 1,8 pu sur les réseaux THT à neutre mis à la terre ;
des différences de potentiel entre contacts de 2 pu, les amplitudes
• 2,2 pu sur des réseaux HT et MT à neutre isolé ou mis à la terre
maximales théoriques restent inférieures à 3 pu Dans la pratique,
par bobine de Petersen.
ces amplitudes maximales sont plutôt de 1,6 pu dans l’air et de
l’ordre de 2 pu dans les PSEM (figure 6). Exceptionnellement, elles
peuvent atteindre 2,5 pu dans des configurations de PSEM bien
particulières.
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Problématiques communes des réseaux électriques : du
fonctionnement au comptage
(Réf. Internet 42266)
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Ancien rapporteur général du Comité des Travaux Sous Tension
Membre de la commission AFNOR UF 78 – Travaux sous tension
Membre de la commission AFNOR U21 – Prévention des accidents
Membre de la commission CENELEC TC 78 – Outils et équipements pour travaux sous ten-
sion
Membre de la commission IEC TC 78 – Travaux sous tension
et Sophie CHABIN
Ingénieur de l’École des Hautes Études industrielles (HEI)
Responsable de SERECT développement, méthode et expertise
Membre de la commission AFNOR UF 78 – Travaux sous tension
Secrétaire de la commission IEC TC 78 – Travaux sous tension
a méthode des travaux sous tension est une méthode permettant d’entre-
L tenir, de réparer ou de construire des ouvrages ou des installations
électriques tout en maintenant la tension électrique et en respectant les règles
de sécurité des travailleurs. Cette méthode de travail permet de maintenir la
distribution d’énergie électrique lorsqu’elle s’applique aux réseaux publics.
Cela suppose de respecter des procédures rigoureuses, d’utiliser des outils et
des matériels particulièrement étudiés et de former, suivre et habiliter le per-
sonnel. Dans cet article, et conformément à la réglementation qui est différente
Parution : mai 2017
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Les travaux sous tension débutent, en France, par la création, Le Comité technique d’études devient en 1966 le Comité des
en 1960, d’un Comité technique d’études, dont la gestion est travaux sous tension et achève, en 1970, la réglementation
confiée à Électricité de France (EDF), sous la responsabilité de sa connue sous le titre d’Instruction générale pour l’exécution
direction générale. Le premier rôle de ce comité est de choisir, à des travaux sous tension, qui est transformée en publication
partir des réalisations étrangères, une méthode s’appliquant par- UTE C 18-520 et approuvée par le ministère du Développe-
faitement au réseau de distribution publique d’électricité. ment industriel et scientifique le 26 octobre de la même
Par la suite, ce comité établit et élabore la réglementation année.
des travaux sous tension. À partir du 1er janvier 1974, tous les travaux sous tension
En 1962, EDF crée la SERECT (Section d’études, de réalisation effectués sur les réseaux de distribution publique doivent être
et d’expérimentation du comité technique) ayant pour but de réalisés conformément à l’Instruction générale.
mettre au point les méthodes et l’outillage propres à ces travaux. En 1982, le décret n° 82-167 du 16 février, relatif aux
Le nom de cet organisme change en 1984, devenant départe- mesures particulières destinées à assurer la sécurité des tra-
ment SERECT (département spécialisé d’études, de réalisation et vailleurs contre les dangers d’origine électrique lors des tra-
d’expérimentation du comité des travaux sous tension), mais sa vaux de construction, d’exploitation et d’entretien des
fonction est conservée. Depuis 2009, SERECT est rattaché à RTE ouvrages de distribution d’énergie électrique, confirme le rôle
mais continue à élaborer méthodes et outils pour intervenir sur du Comité pour sa mission générale et celui de la SERECT
les réseaux, de la basse tension (BT) à la haute tension (HT). pour sa fonction d’expérimentation.
En 1962, le décret 62-1454 du 14 novembre 1962, relatif à la En 1988, le décret n° 88-1056 du 14 novembre, pris pour
protection des travailleurs dans les établissements qui mettent l’exécution des dispositions du livre II du Code du travail
en œuvre des courants électriques, prévoit, dans son (titre III : Hygiène, sécurité et conditions de travail) en ce qui
article 50, les travaux sous tension comme un cas exception- concerne la protection des travailleurs dans les établisse-
nel et préconise les travaux hors tension. Cette philosophie ments qui mettent en œuvre des courants électriques, rem-
passe dans les mœurs et explique les réticences rencontrées à place celui de 1962 et prévoit que « les travaux sous
la généralisation des travaux sous tension. tension, autorisés par l’ancien décret, seulement dans les
Jusqu’en 1965, les travaux effectués en France sur les cas exceptionnels, sont désormais admis lorsque les condi-
réseaux de distribution sont le plus souvent exécutés hors ten- tions d’exploitation rendent dangereuse ou impossible la
sion. Les exceptions sont admises lorsque : mise hors tension ou si la nature du travail requiert la pré-
– la mise hors tension peut mettre en danger la vie ou la sence de la tension ».
santé des personnes, par exemple lors de la coupure d’ali- En 1989, le 17 janvier, l’approbation de la publication UTE
mentation d’un hôpital ou d’une clinique ; C 18-510, par le ministre chargé de l’Énergie électrique et
– la mise hors tension altère la continuité du service public par le ministre chargé du Travail, consacre ainsi la révision
du réseau, soit parce qu’elle conduit à interrompre l’alimenta- et la fusion des publications précédentes et donne à
tion d’un grand nombre d’abonnés, soit parce qu’elle risque l’ensemble des électriciens un recueil s’appliquant à toutes
de porter de graves préjudices à certains d’entre eux ; les activités.
– la nature des travaux nécessite la présence de la tension, En 2010, le décret n° 2010-1118 du 22 septembre 2010 relatif
par exemple lors de la vérification des circuits ou des réglages aux opérations sur les installations électriques ou dans leur
des systèmes de protection des installations. voisinage remplace pour la sécurité des personnes le décret
Ces dispositions répondent imparfaitement aux besoins du du 14 novembre 1988 et inscrit dans le Code du travail l’article
distributeur d’électricité national et la réalisation des travaux R. 4544. Ce décret, d’une part, impose à tous les travailleurs
sous tension pour toutes les tensions et tous les ouvrages est concernés une formation et une habilitation et, d’autre part, en
alors étudiée. ce qui concerne les travaux sous tension, une organisation dif-
En 1965, le Comité technique propose une réglementation per- férente de celle des réseaux qui débouche sur des normes
mettant à EDF de réaliser de tels travaux : l’Instruction générale homologuées et sur la certification du personnel pour être
provisoire pour l’exécution des travaux sous tension est approu- habilité. La mise en application de ces dispositions était pré-
vée le 1er octobre par le ministre chargé de l’Énergie électrique. vue pour le 1er janvier 2013.
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Historique (suite)
1.1 Sécurité des personnes
La sécurité des personnes (et des biens) vis-à-vis des dangers
En 2012, le 21 janvier, la norme NF C 18-510 est homo- électriques a toujours été une préoccupation majeure dans l’exé-
loguée, elle remplace pour les installations électriques la cution des travaux électriques, qu’il s’agisse de travaux neufs, de
publication UTE C 18-510 de 1988. travaux d’entretien ou de réparation.
En 2012, le 26 avril, un arrêté relatif aux normes définis- Pendant longtemps, cette sécurité a été recherchée uniquement
sant les opérations sur les installations électriques ou dans sous la forme passive procurée par la suppression de la tension, il
leur voisinage ainsi que les modalités recommandées pour faut malheureusement constater que des accidents se produisent
leur exécution désigne la norme NF C 18-510 comme réfé- encore sur ou près des installations électriques.
rence.
En effet, la sécurité ainsi obtenue est imparfaite pour plusieurs
En 2013, le 9 juillet, un arrêté relatif aux dimensions de la
raisons :
2
zone de voisinage autour de la pièce nue pour les véhicules ou
les engins. – le travail habituel des électriciens consiste à modifier les cir-
cuits électriques et à vérifier leur bon fonctionnement. La présence
En 2014, le 19 juin, un arrêté modifiant l’arrêté du 17 janvier de tension est alors nécessaire pour la seconde phase. Le voisi-
1989 porte approbation d’un recueil d’instructions générales nage immédiat de pièces nues sous tension est un cas très fré-
de sécurité d’ordre électrique. quent, qui reste alors une cause d’accident ;
En 2016, le 10 février, une décision n° 383756 du 10 février – la procédure des travaux dits « hors tension » s’avère d’appli-
2016 du Conseil d’État statue au contentieux venant annuler cation incomplète dans les travaux courants. Une des précautions
l’arrêté du 19 juin 2014. fondamentales prévue dans cette procédure, la mise à la terre et
En 2016, le 3 août, un décret relatif à la procédure de déro- en court-circuit, peut ne pas être appliquée dans certaines configu-
gation permettant aux jeunes âgés d’au moins quinze ans et rations en basse tension ;
de moins de dix-huit ans en situation de formation profession- – des erreurs humaines sont constatées dans l’ouverture
nelle dans la fonction publique territoriale d’effectuer des tra- d’organes de séparation ou dans l’ouverture d’appareils qui n’ont
vaux dits « réglementés rentre en vigueur. pas les qualités de séparation requises. On rappelle que les
En 2016, le 5 octobre, un décret relatif aux opérations sur les normes d’appareillage précisent les distances dans l’air entre deux
installations électriques ou dans leur voisinage modifie contacts électriques permettant de garantir, pour des valeurs de
l’article R. 4544-11 du Code du travail surtensions bien définies, que le franchissement de ces contacts
est statistiquement impossible ;
En 2016, le 24 octobre, une lettre de la DGT précise que le – la complexité des installations, tant dans les réseaux urbains
guide UTE C 18-510-1 garde une forte valeur de recommanda- que dans les installations industrielles, ne permet pas toujours
tion pour les travaux électriques sur les réseaux de distribu- d’identifier et de séparer toutes les sources de tension ou de cou-
tion publique rant ;
En 2016, le 21 novembre, un arrêté relatif à la procédure et – de nos jours, la présence de groupes de production décentrali-
aux modalités de l’agrément des organismes de formation sée (éolien, photovoltaïque notamment raccordés en divers points
aux travaux sous tension sur les installations électriques visés de l’installation) fait apparaître, malgré la mise hors tension des
à l’article R. 4544-11 du code du travail fixe les conditions de sources principales, des tensions dangereuses en des points inat-
formation. tendus ;
Cette évolution pas à pas est la conséquence de la régle- – des défaillances matérielles, bien que la qualité des appareils
mentation française en matière de travaux électriques. Pen- augmente de jour en jour, peuvent apparaître et, dans le cas d’une
dant la même période, l’évolution dans les autres pays a été confiance aveugle, provoquer soit des retours inopinés de la ten-
plus ou moins rapide, sous la pression des utilisateurs de ces sion, soit tout simplement l’absence d’ouverture commandée ;
méthodes de travail. Les règles des travaux sous tension – lorsque les installations sont constituées de fils nus, la chute
commune aux pays européens sont inscrites à l’article 6.3, d’un objet ou d’un outil ou le contact avec un autre ouvrage est de
de la norme EN 50110-1 : Exploitation des installations élec- nature à provoquer des retours dangereux de tension ;
triques. – des phénomènes d’induction électromagnétique provoqués
par des ouvrages électriques voisins ou par des parallélismes plus
lointains sont à l’origine d’accidents sur des ouvrages neufs non
raccordés aux installations en exploitation. Ce risque est d’autant
plus difficile à appréhender qu’il met en jeu des éléments phy-
1. Intérêt des travaux siques difficilement accessibles aux personnes directement concer-
nées par le travail.
sous tension Les travaux sous tension abordent les problèmes de sécurité
électrique de façon active. Ils éliminent tous les risques que nous
Au début des années 1960, les interruptions de service sont venons de mentionner, puisqu’ils présupposent l’existence d’une
dues à 50 % à des incidents d’exploitation et à 50 % à des tension au moins normale, conservée en permanence. Des indica-
coupures pour travaux. La continuité de service devient un teurs ou dispositifs de surveillance préviennent la personne en
souci croissant pour Électricité de France (EdF) face à la dépen- cours de travail si la tension disparaît :
dance de plus en plus forte de la société française vis-à-vis de – les risques dus à cette tension sont pris en compte et maîtrisés
l’électricité. systématiquement par l’application des règles strictes de travail ;
Les enjeux de l’introduction des travaux sous tension en France – le fait de ne travailler que sur un potentiel à la fois écarte les
sont multiples : risques dus aux autres potentiels ;
– la nature et la valeur des tensions ou des surtensions à
– enjeu vis-à-vis de la sécurité. Il faut faire baisser le nombre prendre en compte font partie des hypothèses d’établissement des
d’accidents ; méthodes de travail ;
– enjeu économique pour la collectivité. Il faut assurer la conti- – le choix et la qualité des outils, dispositifs ou équipements
nuité de service ; employés, ainsi que les méthodes de vérification et d’entretien
– enjeu social. Il faut veiller à faire travailler les opérateurs donnent les garanties nécessaires à l’élimination des risques liés
durant les heures ouvrables. aux emplois de ces outils ;
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– l’organisation et la préparation du travail permettent de – l’identification de l’ouvrage, sur le lieu de travail, pour être cer-
concentrer l’attention des travailleurs sur la bonne exécution et tain que les travaux sont bien effectués sur l’ouvrage ainsi mis
intègrent naturellement les gestes et les attitudes de sécurité ; hors tension ;
– les contraintes liées à la rapidité de remise en service sont – la vérification d’absence de tension ;
écartées. – la mise à la terre et en court-circuit.
Les bons résultats des travaux sous tension, en matière de Dans le travail hors tension, toutes ces étapes doivent être
sécurité, sont confirmés en France. Le nombre d’accidents est impérativement respectées pour que le personnel travaille en
inférieur à celui des autres méthodes lorsque le personnel a été sécurité, et ces étapes se révèlent lourdes.
bien formé et travaille dans le respect des procédures des travaux
sous tension. Au bénéfice des travaux sous tension, il faut ajouter que ceux-ci
sont exécutés, dans la pratique, pendant des périodes normales
d’activité, certains pouvant être effectués pendant des heures ou
2 1.2 Continuité et qualité de service des périodes particulières lors de dépannages ou à la demande
des clients. Une bonne gestion du temps de travail et le bon
et de fourniture emploi des personnes sont des facteurs de qualité.
Le développement et l’usage de l’électricité rendent les usagers Par opposition, les travaux hors tension, ayant une incidence
de plus en plus exigeants vis-à-vis de la fourniture d’électricité. directe sur la production industrielle, se font généralement pen-
Que l’on parle de réseau, d’installation ou d’appareils d’utilisation, dant les périodes de non-activité ou d’activité réduite de l’entre-
la garantie de continuité d’alimentation devient primordiale. Cer- prise, ils imposent au personnel des horaires gênants et peu
taines applications ou process industriels tels que l’électronique conformes à une qualité de vie familiale que les personnes
ou l’informatique ne supportent plus de discontinuité. concernées peuvent souhaiter.
Pour éclairer l’évolution des coupures de courant, on peut Par ailleurs, la réduction du temps de mise hors tension est une
mesurer celle enregistrée par le distributeur national français. préoccupation constante du personnel concerné et cette forme de
En 1982, les coupures de courant pour travaux en moyenne ten- conscience professionnelle conduit parfois à des accidents.
sion, aujourd’hui dénommée HTA, enregistrées sur le réseau ne Le choix de l’introduction des travaux sous tension en France
représentaient plus que 36 % de celles de 1970. Celles de la basse dès le début des années 1960 a eu une incidence forte sur la
tension n’en représentaient plus que 29 %. En 1990, les mêmes construction et l’exploitation du réseau électrique. Les investisse-
coupures de courant pour travaux en moyenne tension (HTA) ne ments réseau ont été faits en prenant en compte les travaux sous
représentaient plus que 9 % de celles de 1970, celles en basse ten- tension ce qui a permis de limiter les coûts de construction du
sion à peine 10 %. réseau de distribution.
Les prévisions et les engagements des distributeurs tendent à En conclusion, le travail sous tension présente beaucoup
supprimer ce type de coupures. Les intempéries et les aléas d’avantages potentiels par rapport au travail hors tension. De
seront à terme les seules causes d’interruption. plus, la qualité de vie sous toutes ses formes est un facteur de
Les travaux sous tension (TST), sans être les seuls à participer à progrès et de développement qu’il faut prendre en compte et qui
cette amélioration, contribuent largement à l’obtention de ces se traduit par des gains de productivité et de sécurité qui rejail-
résultats. En 2010, 17 000 000 de clients ont évité une coupure lissent sur la collectivité tout entière.
grâce aux TST, soit un sur deux.
Dans l’industrie, bien que les statistiques ne soient pas
publiées, l’incidence des coupures d’alimentation des équipe-
ments électriques dans les processus de fabrication est effacée 2. Réglementation spécifique
par l’entretien sous tension des circuits. Des développements de
travaux sous tension sont en cours dans des domaines de basse
et très basse tensions jusqu’alors considérés comme n’ayant
aucune conséquence sur la qualité des produits (par exemple,
2.1 Réglementation pour les réseaux
pour les télécommunications, interruption de la communication
La réglementation existant en matière de travaux sous tension
téléphonique) et sur la sécurité du personnel.
pour les réseaux découle directement du décret du 16 février 1982
et trouve sa présentation globale et synthétique dans l’article 5 de
la publication UTE C 18-510 de 1988 : Recueil d’instructions géné-
1.3 Conditions économiques et sociales rales de sécurité d’ordre électrique puis, de nos jours, dans
l’article 8 de la publication UTE C 18-510-1 de 2012 : Recueil d’ins-
On a souvent cherché à comparer le temps d’exécution des tra-
tructions de sécurité électrique pour les ouvrages.
vaux hors et sous tension.
La règlementation confirme par l’arrêté du 19 juin 2014 modi-
Le temps de travail d’une équipe exécutant des travaux sous
tension, en particulier pour ceux exécutés sur les ouvrages à fiant l’arrêté du 17 janvier 1989 portant approbation d’un recueil
haute tension, peut parfois durer plus longtemps que la même d’instructions générales de sécurité d’ordre électrique la publica-
opération exécutée par la méthode hors tension, lorsque l’on tion UTE C 18-510-1.
mesure uniquement son déplacement depuis la base de départ, En 2016, le 10 février, la décision n° 383756 du 10 février 2016
puis le travail effectif, et enfin le retour au point de départ. du Conseil d’État statuant au contentieux vient annuler l’arrêté du
Toutefois, la comparaison revient en faveur des travaux sous 19 juin 2014, au motif que le guide NF C 10-510-1 est en fait équi-
tension lorsque l’on intègre dans les travaux hors tension les valent à une norme et doit être consultable gratuitement, confor-
temps de consignation et de déconsignation des ouvrages qui mément aux normes obligatoires.
sont exécutés par un personnel différent des équipes de travaux. En 2016 le 24 octobre, une lettre de la direction générale du tra-
En effet, la consignation comprend cinq opérations qui sont : vail (DGT) adressée au directeur général AFNOR précise que le
– la séparation de l’ouvrage de toutes les sources de tension ; guide UTE C 18-510-1 garde une forte valeur de recommandation
– la condamnation en position d’ouverture des organes de sépa- pour les entreprises réalisant des travaux électriques sur les
ration ; réseaux de distribution publique.
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Référence Internet
D5101
2
par Christian ATLANI
Ingénieur, membre du groupement des industries de l’équipement électrique,
du contrôle commande et des services associés GIMELEC
Membre des commissions U 21 et UF 78 de l’AFNOR
Membre de la commission CENELEC BTTF 62-3
Ancien animateur du groupe de travail chargé de la révision de la publication
UTE C 18-510, commission U 21 de l’UTE (Union technique de l’électricité)
Ancien rapporteur général du Comité des travaux sous tension
Cet article est la version actualisée de l’article [D 5 101] intitulé « Prévention des accidents
électriques. Présentation générale » rédigé par Christian ATLANI et Dominique SERRE et
paru en 2012.
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corps humain. Inutile de préciser que cet homme courageux s’était mesures effectuées sur des animaux ; la publication a été reprise
entouré de toutes les précautions nécessaires pour éviter tout en trois documents :
risque d’accident ; en particulier, le circuit qui l’alimentait était – CEI/TS 60479-1 : effet du courant sur l’homme et les animaux
protégé par quatre dispositifs différentiels de 30 mA en série, et domestiques, première partie Aspects généraux (2005) ;
son assistant disposait des moyens de réanimation nécessaires.
– CEI/TS 60479-2 : effet du courant sur l’homme et les animaux
domestiques, deuxième partie Aspects particuliers (2017) ;
1.2 Histoire de la normalisation – CEI/TS 60479-3 : effet du courant passant par le corps des ani-
maux domestiques (1998).
En 1969, la Commission électrotechnique internationale décida
d’établir les seuils d’apparition de danger en fonction des
divers paramètres qui agissent toujours en interdépendance étroite 1.3 Statistiques d’accidents électriques
(en particulier le courant i et le temps t avec la charge q = it ), afin
notamment de permettre aux différents comités d’études de fixer
avec précision les règles de sécurité que devaient respecter les
matériels et installations électriques. Il s’agissait, en particulier, de
Il n’existe pas, en France, de structure nationale permettant l’éta-
blissement d’une statistique exhaustive sur l’origine des accidents.
Des éléments partiels sont cependant disponibles auprès des
2
déterminer les conditions de protection qui devaient permettre aux divers organismes intéressés, susceptibles de donner une repré-
dispositifs à courant différentiel résiduel d’assurer une protection sentation assez cohérente ; la principale difficulté est, toutefois, de
contre les contacts directs en cas de défaillance des autres discerner les causes premières de ces accidents qui, sauf cas parti-
mesures de protection. culiers, ne sont pas connues avec suffisamment de précisions, et
Cette étude fut confiée par la CEI au groupe de travail no 4 du peuvent également faire l’objet d’interprétations diverses.
comité d’études 64 – Installations électriques des bâtiments. Ce
groupe de travail, composé de médecins, de physiologistes, Exemple
d’ingénieurs de sécurité, publia dès 1974 un premier rapport por-
tant l’indice 479 et établissant une première approche des dangers Prenons le cas d’une chute d’échelle causée par un choc
du courant électrique passant par le corps humain ; cette publica- électrique : le décès éventuel sera classé sous la rubrique « chutes ».
tion reconnaissait notamment que la probabilité d’apparition des Nombreux sont les incendies réputés provenir d’un court-circuit ;
accidents était très faible dans des circonstances habituelles, à des ce qui est certain, c’est que, en cas de feu, des courts-circuits se
tensions inférieures ou égales à 50 V en courant alternatif à 50 Hz produisent ; sont-ils survenus avant ou après le départ du feu ? cela
et à 75 V en courant continu. reste à discerner.
Ayant rassemblé toute la littérature disponible à ce sujet, le
groupe de travail reprenait ses études d’une façon plus approfon- Sont présentés ci-après des tableaux qui bien que portant sur
die et une deuxième édition de la publication 479 était publiée en des périodes différentes ont permis de croiser des informations et
deux parties, comprenant six chapitres ; ce rapport donne des de proposer des conclusions qui montrent que la pédagogie des
informations très complètes : accidents d’origine électrique doit continuer tant que l’on n’atteint
– le rapport 479-1, sur les valeurs de l’impédance électrique du pas la suppression de tous ces accidents.
corps humain, sur les effets du courant alternatif de 1,5 à 100 Hz,
sur les effets du courant continu ; 1.3.1 Statistiques de l’INSERM
– le rapport 479-2, sur les effets des courants de fréquence supé-
rieure à 100 Hz, les formes d’onde spéciales, les impulsions de L’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médi-
courte durée. cale) recense la plupart des cas mortels. Le tableau 1 en récapitule
Tenant compte, d’une part, des plus récentes expériences du les données pour les années 1970 à 1999 (les statistiques actuelles
professeur Biegelmeier sur lui-même et, d’autre part, de nouvelles n’étant plus publiées).
61
2
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Ingénieur, membre du groupement des industries de l’équipement électrique, du contrôle -
commande et des services associés GIMELEC
Membre des commissions U 21 et UF 78 de l’AFNOR
Membre de la commission CENELEC BTTF 62-3
Ancien animateur du groupe de travail chargé de la révision de la publication UTE C 18-510,
commission U 21 de l’UTE (Union technique de l’électricité)
Ancien rapporteur général du Comité des travaux sous tension
Cet article est la version actualisée de l’article D 5 102 intitulé « Prévention des accidents
électriques. Mesures de protection » rédigé par Christian ATLANI et Dominique SERRE et
paru en 2012.
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La prévention des accidents dès la construction ne nécessite pas des moyens
très onéreux. La conception rationnelle des installations assure à la fois la pro-
tection des personnes et des biens et en particulier la protection contre les
dangers d’incendie.
L’article suivant [D 5 103] s’attachera à présenter ce que l’on appelle l’exploi-
tation des ouvrages et des installations électriques, c'est-à-dire toutes les
opérations de construction, d’entretien, de dépannage et de déconstruction,
ainsi que la prévention des incendies dans ces installations.
Les trois articles, bien que s’appuyant sur les textes réglementaires
concernant les ouvrages ou les installations électriques peuvent s’appliquer,
dans leur principe, à d’autres ouvrages tels que ceux de la traction électrique
ou les navires. Ils peuvent aussi servir de base à d’autres pays que la France
dans la mesure du respect de leur réglementation.
Pour les véhicules et engins électriques, la réglementation de base est la
même mais des normes spécifiques sont désormais applicables.
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■ Interventions en basse tension (§ 1.2.7) Le décret du 16 février 1982 et les textes d’application faisait
référence à la publication UTE C 18-510 de 1988 par le biais de
Elles peuvent être de deux types bien différents et s’appliquent à
l’arrêté du 17 janvier 1989.
des personnes ayant des compétences électriques importantes
pour les uns et élémentaires pour les autres : Le décret du 22 septembre 2010 relatif aux opérations sur les
– intervention BT générale ; installations électriques et dans leur voisinage remplace pour ce
qui le concerne celui du 14 novembre 1988. Ce décret fait référence
– intervention BT élémentaire. à des normes homologuées, qui seront précisées dans des arrêtés.
■ Opérations spécifiques (§ 1.2.8) Les deux décrets indiquent que l’employeur remet à ses salariés
un carnet de prescriptions en adéquation avec les conditions de
Elles couvrent les essais, les mesurages, les vérifications et les
travail, établi sur la base des prescriptions pertinentes de la norme
manœuvres.
NF C 18-510.
■ Opérations particulières (§ 1.2.9) Cette norme tient compte aussi des règles pour les travaux
Elles couvrent notamment les opérations sur les installations
d’éclairage extérieur, les batteries d’accumulateurs, les installa-
tions photovoltaïques.
d’ordre non électriques exécutés à proximité des ouvrages ou des
installations électriques. Ces règles étaient précédemment incluses
dans l’ancien titre XII du décret du 8 janvier 1965. Elles se trouvent
2
actuellement incluses dans le Code du travail aux articles R. 4534-
107 à R. 4543-125.
1.1.2 Mise en œuvre D’autres publications viennent compléter cet ensemble
réglementaire :
Le risque électrique a la particularité d’une présence invisible sur
les ouvrages ou les installations. Ceux-ci ne présentent en général – le guide UTE C 18-510-1 (2012) : Recueil d’instruction de sécu-
aucun signe apparent de leur état de tension, sauf pour certains rité électrique pour les ouvrages destiné au personnel des réseaux
d’entre eux où des dispositifs de mesure ou de signalisation publics de distribution d’énergie ;
mettent en évidence cette présence ; encore faut-il que, en cas – le guide UTE C 18-510-2 (2013) : Prescriptions de sécurité
d’absence d’indication, il ne s’ensuive pas une erreur d’apprécia- d’ordre électrique relatives aux opérations effectuées sur les instal-
tion due à un non-fonctionnement (usure, défaut). lations de production d’électricité ou dans leur environnement des-
tiné au personnel des installations de production ;
– le guide UTE C 18-510-3 (2013) : Prescriptions de sécurité
La règle générale, pour tout personnel, est de considérer d’ordre électrique relatives aux opérations effectuées sur les instal-
qu’un ouvrage ou une installation électrique non consigné est lations électriques ou dans leur environnement destiné au person-
sous tension. nel des installations privées ;
– le guide UTE C 18-531 (2012) : Prescriptions de sécurité élec-
En raison des règles tenant précisément au caractère invisible trique pour le personnel exposé au risque électrique lors d’opéra-
du danger, des mesures strictes, et parfois complexes, ont été éla- tions d’ordre non électrique et lors d’opérations d’ordre électrique
borées pour les travaux, les interventions et les opérations spéci- simples destiné au personnel non électricien ;
fiques sur les ouvrages et les installations électriques. – le guide UTE C 18-540 (2012) : Prescriptions de sécurité élec-
trique pour les opérations basse tension sur les installations et les
Les principes généraux sont les suivants : ouvrages hors tension destiné au personnel en formation à l’édu-
– dans tous les cas : cation nationale.
• notion de formation et d’habilitation du personnel (§ 1.3), Nota : ces guides sont en cours de réactualisation en 2021 et seront produits sous la
• utilisation de matériel de protection collective et individuelle forme de fascicules de documentation sous couvert de l’AFNOR.
mis à disposition et sélectionné par l’employeur, souvent nor-
Pour les véhicules et engins automobiles à motorisation élec-
malisé (§ 1.5) ;
trique et énergie électrique embarquée en basse tension, c’est la
– pour les travaux hors tension et au voisinage, application norme NF C 18-550 qui tient compte des évolutions techniques et
des règles de base (§ 1.2.4 et 1.2.5) ; réglementaires.
– pour les travaux sous tension, application des procédures
En amont de ces normes et publications, la norme européenne
opératoires spécifiques (§ 1.2.6).
NF EN 50110-1 (Exploitation des installations électriques) portant
sur le même domaine d’application a été publiée en 2013, elle est
en application dans toute l’Europe. Elle sert de base commune aux
1.2 Mesures de sécurité échanges européens. Dans plusieurs pays de l’Union européenne,
elle est d’application réglementaire. Elle est complétée par la liste
des documents réglementaires nationaux propres à chaque pays
1.2.1 Documents normatifs de l’Union européenne inclus dans la norme NF EN 50110-2.
Les prescriptions de sécurité auxquelles les employeurs doivent
se conformer lors des travaux d’ordre électrique effectués dans les 1.2.2 Définitions
établissements soumis au Code du travail sont actuellement men-
tionnées dans deux textes réglementaires : le décret n° 82-167 du Les définitions des termes employés et leur exacte compréhen-
16 février 1982, pour les ouvrages de transport et de distribution sion sont l’un des éléments clés de la sécurité dans le domaine
de l’énergie électrique et le décret n° 2010-1118 du 22 septembre électrique lors des travaux, des interventions, des opérations spé-
2010, pour les installations électriques (articles R. 4544-1 à R. 4544- cifiques ou des opérations particulières ; cela explique que l’on y
11 du Code du travail). attache un grand intérêt.
Indépendamment d’une formation adaptée aux fonctions et à la Il n’est pas possible, dans le cadre du présent article, d’en
nature de travaux pouvant être confiés aux travailleurs, et basée reprendre l’intégralité (il en existe près de 70). On ne reprendra
sur les prescriptions de sécurité, les prescriptions sont codifiées que les principales, nécessaires à la compréhension du contexte,
dans une norme homologuée de l’UTE, référencée NF C 18- qui sont, en particulier, des définitions d’ouvrages, d’installations,
510:2010 et son amendement A1:2020 pour les installations élec- de matériels (§ [Link]), d’opérations (§ [Link]), de la consignation
triques. (§ [Link]) et de zones d’environnement (§ [Link]).
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– pré-identification : préalable à la procédure de consignation,
lièrement utilisé pour les installations répondant au Code du
cette opération permet de valider la partie d’ouvrage ou d’installa-
travail.
tion sur laquelle la consignation va être réalisée ;
■ Matériel (électrique) – séparation : élément de la procédure de consignation réali-
sant le sectionnement de tous les conducteurs actifs provenant des
Appareillages et canalisations des moteurs et autres appareils sources d’alimentation, au moyen de dispositifs dont les caracté-
utilisant l’énergie électrique, y compris les circuits de commande, ristiques assurent cette fonction ;
protection, mesure, qui leur sont affectés. – condamnation : élément de la procédure de consignation
consistant en une suite d’actions sur un appareil de sectionne-
[Link] Opérations ment, pour :
• le mettre et le maintenir dans une position déterminée
■ Opérations (ouvert ou fermé),
Terme générique utilisé pour englober les travaux, les interven- • interdire la manœuvre (verrouillage, cadenas, etc.),
tions BT, les essais, les vérifications, les mesurages, les • signaler l’interdiction de manœuvre de cet appareil ;
manœuvres et les opérations particulières. Les opérations peuvent – identification : élément de la procédure de consignation per-
être d’ordre électrique ou d’ordre non électrique. mettant de s’assurer que la partie de l’ouvrage ou de l’installation
sur lequel on va travailler est bien celle prédéterminée ;
■ Travaux – vérification d’absence de tension : élément de la procé-
Opérations ayant pour but de réaliser, modifier, entretenir, répa- dure de consignation permettant de s’assurer par l’utilisation d’un
rer un ouvrage électrique. Ils peuvent être d’ordre électrique ou dispositif de vérification d’absence de tension, conforme à sa
non et font l’objet d’une préparation (générale ou particulière à norme, que la partie de l’ouvrage ou de l’installation sur lequel on
chaque opération). Les travaux ne sont pas limités en tension, en va travailler est bien hors tension à l’endroit où l’on va mettre à la
courant, etc. terre et en court-circuit.
– mise à la terre et en court-circuit : élément de la procédure
■ Interventions BT de consignation permettant de protéger l’opérateur d’un retour de
Opérations de courte durée et d’étendue limitée, sur une instal- tension sur le lieu de travail après avoir mis en place un équipe-
lation ou un ouvrage du domaine TBT ou BT. Les interventions BT ment de mise à la terre et en court-circuit encadrant le chantier
peuvent être : conforme à sa norme et dimensionné pour supporter un éventuel
court-circuit.
– générales (pour permettre un dépannage, remédier à un
défaut, y compris la connexion ou la déconnexion sous tension [Link] Zones d’environnement électrique
des circuits de faible puissance) ;
– élémentaires (pour permettre le remplacement d’appareillages Par zones d’environnement électrique, on entend celles relatives
particuliers ; fusibles, lampes, etc., et leur raccordement). aux personnes et aux objets qu’elles manipulent, par rapport aux
pièces nues sous tension ou aux canalisations isolées.
Elles font toutes deux l’objet d’une analyse sur place. Par oppo-
sition aux travaux, les interventions BT sont limitées en tension, en On distingue les zones définies autour des pièces nues sous ten-
courant et en section des conducteurs. sion en champ libre (figure 1), les zones définies dans les locaux et
emplacements d’accès réservés aux électriciens (figure 2) et les
■ Opérations spécifiques zones autour des canalisations isolées (figures 3 et 4).
Ces opérations comprennent les essais, les vérifications, les Pour définir ces zones, un certain nombre de distances ont été
mesurages et les manœuvres : définies par rapport aux pièces nues sous tension et par rapport
– essais : opérations destinées à vérifier le fonctionnement ou aux canalisations isolées. On note que les distances définies pour
l’état électrique ou mécanique d’un ouvrage ou d’une installation les tensions alternatives peuvent être utilisées pour les tensions
qui reste alimenté en énergie électrique ; continues.
– vérifications : opérations destinées à vérifier les ouvrages et
[Link].1 Pièces nues sous tension en champ libre
les installations suivant des règles ou des critères opérationnels ou
réglementaires ; ■ Distance minimale d’approche (DMA)
– mesurages : opérations permettant le mesurage de grandeurs C’est la somme de la distance de tension et de la distance de
électriques, thermiques, mécaniques, etc., au moyen d’appareils garde.
mobiles ou fixes ;
La distance de tension t (exprimée en mètres) est donnée, en
– manœuvres : opérations conduisant à un changement de la l’absence de dispositifs de protection appropriés ou de mise hors
configuration électrique d’un ouvrage ou d’une installation ; effec- de portée, par :
tuées au moyen d’appareils ou de dispositifs prévus à cet effet
(interrupteurs, disjoncteurs, sectionneurs, ponts, etc.), elles
peuvent faire l’objet d’un ordre de succession déterminé. On dis- avec Un (en kV) valeur nominale de la tension, t est arrondi par
tingue des manœuvres de consignation, d’exploitation et excès au décimètre le plus proche, sans pouvoir être inférieure à
d’urgence (pour la sauvegarde des personnes et des biens). 0,10 m en HT.
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Âme Isolant
Tension nominale [kV]
900
700
DLVR
500
300
250 Travaux
DLVR
DLVS
sous 1
50 tension
HT
50 cm Zone
d’approche
DLVR
DLVS
DMA
DLAP
DLI
prudente
1
3 2 0
2
4 1
DMA
900
Limite locale ou clôture
700
DLVR
500
300
250 Travaux
DLVR
sous
Position théorique
50 tension
HT de la canalisation
enterrée
DLVR
DLVS
DMA
Zone d’incertitude
de la canalisation
3 2
Figure 4 – Canalisation isolée enterrée – zone d’incertitude
1 (doc. OPPBTP)
4 1
corrigée définie par l’exploitant. Cette distance, supérieure à la
DMA
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2 63
90
0,30
0,50
0,50
0,50
0,80
1,00
150 0,80 0,50 1,30
225 1,10 0,50 1,60
400 2 0,50 2,50
(1) Sans contact.
En basse tension, la DLVR est égale à 0,30 m. Elle est confondue intervention BT, opérations spécifiques et particulières). Par contre,
avec la DMA. les opérations d’ordre non électrique y sont interdites.
■ Distance limite de voisinage simple (DLVS) [Link].2 Canalisations isolées
Elle permet de définir des zones de travaux dits « au voisinage Pour les canalisations isolées, les deux distances retenues sont
simple » et concerne les travaux exécutés par des personnes habi- la distance limite d’investigation et la distance limite d’approche
litées ou par des personnes non habilitées mais surveillées par des prudente.
personnes habilitées (§ 1.2.6).
Les distances limites de voisinage simple des pièces conduc- ■ Distance limite d’investigation (DLI)
trices nues sous tension sont : Elle permet de définir la limite extérieure de la zone d’investiga-
• 3 m pour Un ≤ 50 kV ; tion. Elle est fixée à 50 m des pièces nues sous tension et des
• 5 m pour Un > 50 kV. canalisations isolées.
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autorisées ou désignées pour le travail à y effectuer ou des per- appliquées ; celles-ci doivent être reçues, non comme autant de
sonnes dûment surveillées. contraintes et de prescriptions tatillonnes, mais comme une aide
Cette notion de zone de travail est à prendre en considération dont le suivi permet d’éviter la survenance de conditions dange-
quelle que soit l’opération à effectuer, qu’elle soit hors tension, reuses (par oubli, par méconnaissance, par interversion d’opéra-
sous tension, au voisinage, ou qu’il s’agisse d’une intervention ou tions, etc.).
d’une opération spécifique. La zone de travail peut parfois empié- Ces règles sont précisées dans la norme NF C 18-510 et son
ter sur plusieurs zones d’environnement. amendement A1 qui fixe les rôles de chacun des intervenants à
divers titres et donnent des modèles de documents à utiliser dans
1.2.3 Organisation du travail les différentes procédures.
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– la séparation de l’ouvrage ou de l’installation (figure 5), de – la vérification de l’absence de tension (figure 5), aussi
toute source possible de tension par les organes prévus à cet effet, près que possible du lieu de travail, sur chacun des conducteurs
suivie de la vérification de cette opération par l’examen de la posi- actifs (y compris le neutre) au moyen des dispositifs, conçus à cet
tion des organes de manœuvre, ou de la visibilité de la séparation effet, adaptés à la tension nominale à détecter et conformes à leur
des contacts, ou par d’autres procédés donnant une assurance norme respective, donnant la preuve indiscutable de l’absence de
équivalente ; tension. Ces dispositifs doivent être vérifiés, sur une source de
tension, un générateur approprié ou par une fonction interne,
– la condamnation en position d’ouverture des organes de
avant et après chaque opération effectuée avec ce dispositif ;
séparation, par immobilisation de l’organe par blocage mécanique
– la mise à la terre et en court-circuit des conducteurs
ou un dispositif offrant les mêmes garanties (figure 5), suivie de la
(figure 5) soit à l’emplacement du travail, soit en l’encadrant en
signalisation, apposée sur chaque organe ou dispositif, signalant la
amont et en aval par des équipements conçus à cet effet, adaptés
condamnation et l’interdiction de manœuvre (figures 5 et 6) ;
aux caractéristiques du courant de court-circuit présumé et
– l’identification de l’ouvrage ou de l’installation (figure 5) conforme à leur norme spécifique. Dans le cas de lignes aériennes
2 pour être certain que les travaux seront bien exécutés sur le maté-
riel, ou la partie d’ouvrage ou d’installation ainsi mis hors tension ;
cette identification peut être effectuée par divers moyens. Elle doit
ou de circuits où il y a des risques de tension induite, de réalimen-
tation fortuite, de présence de condensateurs ou de câbles de
grande longueur, la mise à la terre et en court-circuit doit être réa-
être matérialisée, sur place, par marquage, banderoles, délimitant lisée en prenant des précautions particulières, tels que moyens
la zone consignée. En basse tension, la présence de l’opérateur fai- isolants ou équipotentialité, précisées dans la notice du fabricant
sant obstacle, sur place, peut constituer cette matérialisation ; ou par l’analyse de risque.
3 - Vérifier l’absence de tension sur 4 - Et mettre aussitôt l’ouvrage à la terre 5 - Délimiter et signaler la zone
chacun des conducteurs (VAT). et en court-circuit (MALT/CC). de travail et se protéger
contre les pièces voisines
restant sous tension.
74
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En plus de la consignation de la partie d’ouvrage ou d’installa- Le détail des procédures des travaux au voisinage est indiqué à
tion que l’on a consignée et sur laquelle le travail va être effectué, l’article 9 de la norme NF C 18-510:2010 et de son amendement
il peut persister dans la zone de travail ou dans l’environnement A1:2020.
des pièces nues restant sous tension dont il faut se protéger par Les procédures administratives d’approche des ouvrages ou des
éloignement, par obstacle ou par isolation, c’est-à-dire par mise installations en conducteurs nus ou des canalisations isolées pour
hors de portée. des opérations telles que celles des travaux publics ou des travaux
La figure 6 présente différents modèles de pancartes et de dis- du bâtiment sont précisées dans le décret n° 2011-1241 du
positifs de condamnation. 5 octobre 2011 relatif à l’exécution de travaux à proximité de cer-
Dans le cadre des travaux hors tension, la procédure de mise tains ouvrages souterrains, aériens ou subaquatiques de transport
hors tension peut être utilisée non pas pour travailler sur un ou de distribution. Ce décret a été réactualisé par le décret n° 2014-
ouvrage ou sur une installation mais pour travailler autour des 627 du 17 juin 2014 relatif aux travaux effectués à proximité des
pièces nues sous tension ou autour des canalisations isolées. Cette réseaux de transport et de distribution.
2
procédure, accompagnée de mesures complémentaires et
compensatoires, permet de réaliser des opérations d’ordre non 1.2.6 Travaux sous tension
électriques dans de bonnes conditions de sécurité. L’ensemble de
ces dispositions est traité à l’article 7 de la norme NF C 18-510 et Pour plus de détails, se reporter à l’article [D 4 140].
de son amendement A1. Le Code du travail, article R. 4544-1, précise pour les installations
électriques que la décision de réaliser des travaux sous tension ne
1.2.5 Travaux ou opérations au voisinage doit être retenue qu’en dernier ressort et après s’être assuré qu’il
n’est pas possible de consigner l’installation. Cependant, l’applica-
Il s’agit de travaux ou opérations exécutés au voisinage de tion intégrale des prescriptions et mesures de sécurité relatives aux
pièces nues sous tension, c’est-à-dire dans la zone 1, dans la zone travaux hors tension présente souvent des difficultés à cause de
2 et dans la zone 4, définies plus haut. leur complexité, et les accidents électriques n’ont alors pas été res-
Ces opérations peuvent avoir : treints comme on pouvait l’espérer ; cela résulte souvent d’erreurs,
d’inattentions ou d’oublis, tous facteurs humains pouvant en outre
– un lien direct avec une activité d’ordre électrique et sont alors
être accompagnés d’accidents de matériels ou de phénomènes
considérées comme telles, elles peuvent être d’ordre non élec-
extérieurs (induction, surtension, effets capacitifs, etc.).
trique et concourir à l’exploitation et à la maintenance des
ouvrages ou des installations ; Il y a aussi des cas où il est impossible de supprimer la tension,
– ou ne pas avoir de lien et, dans ce cas, elles sont considérées par exemple dans le cas des batteries d’accumulateurs, dans le cas
comme strictement d’ordre non électrique. des alimentations des hôpitaux ou des centres de soins et de plus
dans le cas d’obligation de desserte.
Cette distinction permet de graduer les procédures, les moyens
de protection à mettre en œuvre et de définir la compétence à Aussi en France, en application du décret du 16 février 1982 et
rechercher pour le personnel. Des zones de travaux différentes comme dans de nombreux autres pays, s’est-on orienté pour les
sont ainsi considérées. ouvrages de distribution d’énergie électrique, vers l’exécution des
travaux sous tension. Cette conception moderne de la sécurité des
Les principes de protection consistent, dans le cas de voisi-
opérations, par une intégration des prescriptions de sécurité dans
nage, à protéger les opérateurs par mise hors de portée c’est-à-
le processus technologique, est en fait l’application de la concep-
dire :
tion ergonomique du travail.
– se tenir éloigné, à des distances définies des pièces nues sous
tension ; L’intégration des mesures de protection dans les processus opé-
– disposer d’obstacles ; ratoires implique, à la base, la réalisation de conditions préalables
– utiliser des protections isolantes placées entre les personnes et rigoureuses, en particulier la formation du personnel, le contrôle
ces pièces ou à disposer sur les pièces nues sous tension. des connaissances professionnelles complété par la délivrance
d’une habilitation spécifique par l’employeur. En outre, l’organisa-
Le maintien d’une distance dans l’air, adaptée à la tension tion du travail exige une préparation minutieuse et l’élaboration de
considérée, aux gestes des personnes et aux mouvements de leurs techniques opérationnelles précises.
outils, répond au premier principe. La matérialisation de cette dis-
tance par des balisages ou des obstacles plus ou moins perfor- [Link] Cas où le travail sous tension est autorisé
mants tels que barrières, écrans, banderoles, placés à des
distances précises suivant leurs qualités de protection et définies En France, le Code du travail (articles R. 4544-7, R. 4544-8 et
dans les règles de mise hors de portée, permet d’assurer la sécu- R. 4544-11), pour les installations électriques, demande de n’utiliser
rité du personnel. les travaux sous tension que lorsque les travaux hors tension sont
impossibles voire dangereux pour les personnes et pour les biens.
L’utilisation d’obstacles placés devant les pièces nues sous ten-
sion, mais à une distance liée à la tension, répond au deuxième Les travaux sous tension sont par contre autorisés sur les
principe. ouvrages de distribution d’énergie électrique par le décret n° 82-
167 du 16 février 1982 en raison de l’obligation de desserte des
L’utilisation de protections isolantes recouvrant ou envelop-
réseaux publics.
pant les pièces nues sous tension répond au troisième principe.
Ces protections doivent avoir des caractéristiques mécaniques et L’employeur (personne assumant la responsabilité légale dans le
diélectriques adéquates et prouvées. Ces matériels doivent aussi cadre du Code du travail) désigne le chef d’établissement qui
résister aux surtensions qui apparaissent sur les ouvrages ou les reçoit délégation en vue d’assurer l’exploitation d’un ouvrage ou
installations en exploitation. Suivant la résistance mécanique de d’une installation électrique. Avant d’autoriser l’approche des
ces dispositifs et des conditions de mise en place, il est permis de ouvrages ou des installations pour exécuter des travaux sous ten-
s’appuyer ou non sur leur surface extérieure. sion, le chef d’établissement doit prendre les dispositions néces-
saires à la sécurité et les notifier aux intéressés.
Pour les ouvrages, selon l’article 8-III du décret du 16 février
D’une manière générale, plus on se rapproche des pièces
1982 : « Les travaux sous tension ne peuvent être entrepris que sur
nues sous tension, plus le danger est grand et plus les exi-
l’ordre du chef d’établissement ou de son préposé. Cet ordre doit
gences de sécurité sont grandes. À la limite, cela peut justifier
être donné par écrit ou par un message verbal enregistré par le
l’application des procédures des travaux sous tension.
chef de travaux qui doit en demander confirmation. Cet ordre peut
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2
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D4541
1. Généralités................................................................................................. D 4 541v2 – 2
1.1 Câbles d’énergie .......................................................................................... — 2
1.2 Défauts ......................................................................................................... — 4
2. Procédure de recherche de défauts .................................................... — 6
3. Identification du défaut ......................................................................... — 6
3.1 Mesure de résistance d’isolement ............................................................. — 6
3.2 Essai diélectrique......................................................................................... — 8
3.3 Mesure de continuité .................................................................................. — 8
Références bibliographiques ......................................................................... — 8
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. D 4 545
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D4541
Par niveau de tension : hormis les cas particuliers des câbles à Faute d’écran individuel, on constate que les isolants sont le siège
huile ou à gaz en HTB, on note que tous les câbles à isolement de contraintes importantes. En effet, le champ électrique en un point
papier ou synthétique, quels que soient leurs niveaux de tension, quelconque de l’isolant est constamment variable en grandeur et en
bénéficieront des mêmes méthodes de prélocalisation et de locali- dimension. Les lignes de force peuvent être tangentielles. Si des
2
sation de défauts. bulles de gaz (vacuoles) sont emprisonnées entre les couches de
papier, on risque la destruction de l’isolant (figures 5 et 6).
Par type de réseau : arborescents en basse-tension, à coupure
d’artère avec ou sans dérivation ou en double dérivation en HTA ou
Ce câble ne dispose que d’un seul écran, collectif. Les défauts
encore strictement sans dérivation en HTB, la structure des réseaux
phase/écran, mais aussi ceux entre phases sont possibles.
va seulement conditionner le choix de certaines méthodes de prélo-
calisation en raison du rapport efficacité/sécurité.
Par structure de câble : avant d’en arriver aux câbles unipolaires à 1.1.3 Tensions maximales d’essais
isolation synthétique posés aujourd’hui, nous avons connu diverses
évolutions en passant par les câbles tripolaires métallisés, les câbles
« tri plomb », ceux à ceinture, etc. La structure des câbles influence La tension assignée est un ensemble de trois valeurs exprimées
directement le nombre des mesures à réaliser pour caractériser le en kV qui s’écrivent habituellement sous la forme suivante :
type du défaut.
U0 / U ( UM )
1.1.1 Câble à champ radial
— U0 est la tension efficace entre phase et écran ;
D’une manière générale, un câble unipolaire se présente sous la — U est la tension efficace entre deux phases ;
forme d’un condensateur cylindrique (figure 1) constitué essentiel-
lement de : — UM est la tension efficace entre phases, pour laquelle le câble
et ses accessoires ont été conçus.
— une âme conductrice câblée ou segmentée, en cuivre ou en
aluminium (les sections variant entre 0,35 et 1 600 mm2) ; C’est la valeur de U0 qui sert à définir l’épaisseur de l’isolant, la
— un écran semi-conducteur interne (pour les câbles dont la ten- tension d’essai diélectrique et la tension maximale à mettre en
sion d’utilisation est supérieure à 3 kV), extrudé ou rubané, dont le œuvre en situation de recherche de défauts. Ce qu’on a appelé
rôle est d’homogénéiser le champ électrique ; « tension spécifiée » il y a quelques années correspond à U0.
— une enveloppe isolante en matériau polymérique (polyéthy-
lène, polyéthylène réticulé, caoutchouc, polychlorure de vinyle, les
enveloppes isolantes en papier imprégné n’étant plus utilisées que
pour les câbles haute tension courant continu) dont l’épaisseur varie
entre 0,5 et 30 mm selon la tension d’utilisation et la nature du Écran semi-conducteur Gaine PVC
matériau ; externe
Laque vinylique
— un écran semi-conducteur externe (cas des tensions Enveloppe
supérieures à 3 kV), dont le rôle est d’homogénéiser le champ élec- isolante PRC Écran en
trique au niveau des électrodes ; Semi-conducteur aluminium
— un écran métallique (en plomb, en aluminium ou en cuivre), interne
dont le rôle est : Poudre
Âme conductrice hygroscopique
en aluminium
• de constituer une électrode de référence,
• de permettre l’évacuation des courants de courts-circuits
homopolaires, Figure 1 – Câble S23 radial
• d’assurer l’étanchéité radiale,
• d’orienter et de canaliser les lignes du champ électrique.
— enfin, une gaine de protection externe en matériau polymé-
rique, jouant un rôle de protection contre la corrosion, favorisant
l’étanchéité, la protection mécanique à la pose et, lorsque cela est
nécessaire, assurant une isolation électrique de l’écran par rapport au
sol.
Dans cette structure de câble, les écrans sont tous au même
potentiel et reliés à la terre. Les lignes de forces sont toujours per-
pendiculaires aux couches de l’isolant (figure 2a). Chaque conduc-
teur dispose d’un écran individuel (figure 2b). Ce câble ne peut donc
subir que des défauts phase/écran. Le défaut phase/phase direct est a câble unipolaire b câble tripolaire
impossible par construction, en théorie. Les utilisateurs disent que
cela peut être une réalité. On ne pose, aujourd’hui, que des câbles
torsadés (figure 3). Figure 2 – Câble radial
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D4542
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1. Méthodes d’échométrie
en impulsions BT
Échogramme d’un conducteur sain
On peut aussi nommer cette méthode : échométrie BT en compa- Échogramme du conducteur en défaut
raison, puisque cela caractérise parfaitement la manière dont on
2
doit la mettre en œuvre.
L’échomètre permet, à minima, de visualiser les phases par paires, a sans dérivation
en rotation : L1/L2, L2/L3, L3/L1.
— La gamme de mesure choisie doit permettre de voir à l’écran 1.2 Méthode de réflexion sur l’arc
la courbe représentant la totalité de la longueur du réseau.
— Puisque l’on compare deux phases, il faut que cela soit
possible. S’il n’y a pas de problème, à l’évidence, pour les
réseaux sans dérivation, en revanche, les réseaux avec dériva- Historiquement, cette méthode n’a été mise au point qu’au début
tions doivent être parfaitement identiques. On entend par là que des années 1980. Auparavant, en dehors des méthodes de pont, on
les branchements souterrains monophasés rendent cette ne pouvait pas échapper au brûlage pour ensuite mettre en œuvre la
méthode inefficace. Le réseau doit être symétrique. méthode classique.
— La mesure donnée par l’échomètre est comptée à partir de
son générateur interne : il faut donc penser à déduire la lon-
gueur de la liaison entre le véhicule et la tête de câble. 1.2.1 Comment faisait-on avant ?
— Cette mesure doit être reportée sur le plan du réseau en
tous les points possibles lorsque ce réseau comporte des dériva-
tions. Attention, l’emplacement réel du défaut fait partie de tous Ne disposant que de la méthode classique, il n’y avait pas d’autre
ces points et les mesures suivantes doivent seulement permet- solution que de modifier les caractéristiques du défaut de manière
tre de lever l’indétermination. permanente.
— Pour cela, soit on déplace le véhicule, soit on se déplace
avec un échomètre portable. Dans ce dernier cas, on pensera à Deux types d’actions sont envisageables pour modifier les carac-
déconnecter le véhicule (les phases sont mises à la terre s’il est téristiques d’un défaut :
à l’arrêt) ou à l’aiguiller sur une position qui libère les phases — soit l’affranchissement du défaut, c’est-à-dire la réduction de la
(position de mesure « mégohmmètre », par exemple). résistance du défaut par création d’un pont de carbone, dans le cas
— Lorsque le réseau comporte de nombreuses dérivations ou d’un défaut d’isolement ou d’un défaut éclateur ; il faut noter que,
est très long, les phénomènes d’atténuation peuvent perturber dans le cas de câbles à isolation synthétique, cette opération est lon-
la mesure. gue et parfois sans résultat ;
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D4542
— soit le réisolement du défaut, c’est-à-dire la destruction du Les deux essais doivent être réalisés à travers le filtre pour que la
pont de carbone existant (dans le cas d’un défaut de continuité ou, comparaison soit possible. Cette méthode fonctionnera donc
exceptionnellement, dans le cas d’un défaut d’isolement). comme ceci :
— en première étape, on émet une impulsion basse tension.
Aujourd’hui, les techniques de brûlage peuvent être abandonnées
L’échogramme est enregistré dans la première mémoire ;
sans regrets. La méthode de réflexion sur l’arc la supplante avanta-
geusement, et de très loin. — la deuxième étape commence par l’émission d’une onde de
choc. Un capteur permet à l’échomètre de « la voir passer ». Après
Nota : pour mémoire, les notions sur le brûlage ont été conservées en [D 4 543]. un léger retard, parfois réglable (délai trigger), l’échomètre émet
une impulsion basse tension. Lorsque l’onde de choc atteint
l’emplacement du défaut, et après un certain temps d’ionisation, un
1.2.2 Pourquoi et comment passer à la méthode arc prend naissance. L’impulsion basse tension doit alors arriver à ce
de réflexion sur l’arc ? moment et « rencontrer » l’arc/court-circuit pour y rebondir, s’y
2
réfléchir. L’image enregistrée dans la deuxième mémoire est bien
La genèse de cette méthode est finalement assez simple et résulte celle d’un défaut de court-circuit ;
de l’observation de la technique du brûlage. — après superposition des échogrammes situés dans les deux
mémoires, il reste à mesurer la distance jusqu’à la première diver-
En effet, dans son premier état, la phase en défaut est échométri- gence. On peut consulter un exemple de courbe théorique sur la
quement saine, et lors de la deuxième mesure, on traite un défaut figure 5. La figure 6 donne la copie d’écran d’échogrammes de
très faiblement résistant, proche du court-circuit. réseau sans dérivation et avec dérivations.
Les constructeurs ont donc mis au point une alternative au brû-
lage permettant d’en éliminer ou minimiser les inconvénients. Le
schéma de raccordement est celui de la figure 3. Échomètre
impulsions BT
Le défaut ayant une valeur de Rd supérieure à 150 Ω (réseau sans
dérivation) ou 50 Ω (réseau avec dérivations), l’émission d’une onde Distance de l´échomètre au défaut
de choc y provoquera l’allumage d’un arc. D’un point de vue électri-
que, un arc est assimilable à un court-circuit. Impulsions BT
Générateur
On note que la connexion simultanée du générateur d’ondes de de chocs Filtre
choc et de l’échomètre au câble pose un problème : les construc- HT
teurs y ont répondu au travers de la conception de filtres sépara- Choc HT
teurs d’énergie (figure 4).
Véhicule laboratoire Câble Câble en défaut
La plupart des filtres comportent une self de lissage dont l’effet de liaison HT
attendu est de prolonger la durée de l’arc, d’une électronique pour
assurer la coupure de l’énergie haute tension en direction de l’écho- Figure 3 – Réflexion sur l’arc : schéma de raccordement
mètre (empêcher l’onde de choc de remonter vers l’échomètre et le
détruire), tout en permettant la circulation, bidirectionnelle, de
l’impulsion basse tension.
Vers l’échomètre
a défaut résistant Figure 4 – Schéma sommaire d’un filtre réflexion sur l’arc
b défaut de continuité
D
en noir la phase saine, en bleu la phase en défaut
Superposition des échogrammes (1) et (2)
Figure 2 – Méthode classique : copies d’écran d’échogrammes Figure 5 – Réflexion sur l’arc : échogrammes caractéristiques
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D4543
Câbles d’énergie :
théorie de l’échométrie
e fascicule fait partie d’un dossier sur la recherche de défauts dans les
C réseaux de câbles d’énergie :
— [D 4 541v2] « Câbles d’énergie : recherche et identification de défauts » ;
— [D 4 542] « Câbles d’énergie : prélocalisation des défauts par échométrie » ;
— [D 4 543] « Câbles d’énergie : théorie de l’échométrie » ;
— [D 4 544] « Câbles d’énergie : méthodes de localisation des défauts » ;
— [Doc. D 4 545] « Câbles d’énergie. Pour en savoir plus ».
Parution : mai 2006
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Référence Internet
D4543
0 c 1
ν = -------- = ----------
Nota : le lecteur pourra se reporter au dossier Réseaux électriques linéaires à constantes εr ᐉc
réparties [D 1 100].
avec εr permittivité relative.
Il a donc, en une abscisse x quelconque de la ligne, la valeur :
1.1 Mécanisme physique
x
de la propagation d’une impulsion u ( x, t ) = u 0, t – ---
ν
dans une ligne
2 Une ligne coaxiale (c’est-à-dire constituée de deux conducteurs
S’il existe au point x une discontinuité, l’onde incidente va se
décomposer en une onde transmise à travers cette discontinuité et
une onde réfléchie qui se propage, en sens inverse, à la même
concentriques) peut être considérée comme un système à constantes vitesse ν que l’onde incidente ; elle atteint donc l’extrémité d’injec-
réparties, c’est-à-dire qu’elle peut admettre le schéma électrique équi- tion après un temps :
valent de la figure 1.
t r = 2 x /ν
Dans ces conditions, on montre que la ligne peut être définie
assez simplement par ses constantes de propagation, à savoir : Cette onde réfléchie est une fraction de l’onde incidente et le fac-
teur correctif est appelé coefficient de réflexion en tension ␥ r .
— son impédance caractéristique ZC, définie comme l’impédance
équivalent à une ligne infinie, et qui est égale à environ 40 Ω pour un Pour définir ␥ r , imaginons (figure 2) le câble d’impédance carac-
câble isolé et 400 Ω pour une ligne aérienne ; dans les conditions de téristique ZC fermé en une de ses extrémités sur une résistance R.
Heaviside, on a : Soit une onde incidente ui, associée à un courant ii, à la discontinuité
R. Nous avons donc :
ᐉ ui ur ut
ZC = --- ----- = ----- = Z c et ----- = R
c ii ir it
avec ᐉ inductance, alors :
c capacité linéique. ui ur
u r = u t – u i = R ( i i – i r ) – u i = R ------ – ------ – u i
— la vitesse de propagation de l’onde qui dépend du milieu de Z C ZC
propagation (tableau 1) ;
donc :
— son atténuation :
R – ZC R–Z
u r = u i ----------------- et ␥ r = ----------------C-
a = r 兾 ( 2 ZC ) R + ZC R + ZC
(0)
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D4544
e fascicule fait partie d’un dossier sur la recherche de défauts dans les
C réseaux de câbles d’énergie :
— [D 4 541v2] « Câbles d’énergie : recherche et identification de défauts » ;
— [D 4 542] « Câbles d’énergie : prélocalisation des défauts par échométrie » ;
— [D 4 543] « Câbles d’énergie : théorie de l’échométrie » ;
— [D 4 544] « Câbles d’énergie : méthodes de localisation des défauts » ;
— [Doc. D 4 545] « Câbles d’énergie. Recherche de défauts ».
La localisation des défauts sur les câbles d’énergie s’effectue en plusieurs
étapes : l’identification [D 4 541v2], la prélocalisation [D 4 542] et [D 4 543] et
la localisation précise que nous étudierons dans ce dossier.
Dans ce dossier également, les méthodes de prélocalisation autres que l’écho-
métrie, la recherche de défauts dans les câbles sous-marins et les particularités
sur câbles HTB.
Parution : août 2006
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D4544
1. Autres méthodes ■ Dans le cas où les sections ou les natures des conducteurs sont
différentes, ou s’il n’y a pas de conducteurs sains, il faut envisager
de prélocalisation des corrections en fonction des sections ou des natures (ou des
deux) des conducteurs. Nous traitons ci-après un exemple
(figure 3).
2
Les méthodes de ponts capacitifs (Sauty, Wien ou Nernst) sont g
aujourd’hui abandonnées au profit de la méthode classique (défauts
de continuité, cf. [D 4 542]). R2 R4
D’une façon générale, ces méthodes sont fondées sur le principe
du pont de Wheatstone (figure 1).
À l’équilibre, c’est-à-dire lorsque l’indication du galvanomètre est
nulle, on obtient la relation : g galvanomètre
R1 R4 = R2 R3
Figure 1 – Pont de Wheatstone
Il suffit donc d’avoir à sa disposition soit une phase saine de lon-
gueur D en parallèle avec la phase en défaut, soit un conducteur
externe de retour. Les deux phases (ou le conducteur en défaut et le
conducteur de retour), court-circuitées à l’extrémité opposée à celle
de la mesure, constituent deux des résistances du pont.
Appareil de mesure
Les appareils de mesure sont en général tels que les deux résis-
tances du pont sont identiques et qu’un rhéostat permet la variation Figure 2 – Boucle de Murray
de R2 comme α R1, d’où :
2α
d = ------------------ D
(1 + α)
La résistance du défaut n’intervient pas dans la précision de la
D
mesure ; en revanche, elle en détermine la sensibilité. Cette sensibi- Appareil
lité est d’autant plus importante que les chutes de tension dans les de
différents tronçons sont grandes et donc que les courants sont éle- mesure
vés. Cela lie directement la tension d’alimentation du pont à la résis- d
tance du défaut ; dans ces conditions :
— pour un défaut à faible impédance (inférieure à quelques mil- Rd
liers d’ohms), une source de tension de quelques volts est
suffisante ;
— pour des défauts d’impédance comprise entre 103 et quelques
104 Ω, une source de quelques centaines de volts (0,5 à 1 kV) débi-
tant environ 100 mA répond aux besoins ; D longueur du conducteur de retour en aluminium (sAl = 150 mm2)
— pour des défauts dont l’impédance est supérieure, il existe des d longueur du conducteur en défaut en cuivre de l’appareil
ponts dont la source de tension est de quelques kilovolts (mais, de mesure au défaut (sCu = 95 mm2)
dans ce cas, le courant débité doit être aussi limité à environ 100 mA
Rd résistance du défaut
afin d’éviter les destructions en cas d’amorçage du défaut).
En règle générale, il faut 2 V de tension d’alimentation par kΩ de
résistance de défaut. Figure 3 – Boucle de Murray avec retour par conducteur externe
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Référence Internet
D4544
À l’équilibre, on a :
R 1 r Cu d = R 2 [ r Cu ( D – d ) + r AI D ]
Der2
or
r Cu ρ Cu s AI
-------- = --------- --------- Appareil
r AI ρ AI s Cu de
mesure
avec rCu et rAI respectivement résistivités du cuivre et de
l’aluminium,
sCu et sAI respectivement sections du cuivre et de l’alu- Der1 Rd Der3
minium.
On a donc :
r Cu a cas d’un défaut sur artère principale : bouclage sur artère principale
2
-------- = 0,63 × 1,6⬇ 1,008
r AI
On en tire :
Rd
D Der2
R 1 d = R 2 ( D – d ) + ---------------
1,008
Dans l’immense majorité des cas, cela concerne les réseaux basse
tension.
1.2 Cas particuliers sur les réseaux basse Désespoir de l’exploitant, ce type de défaut peut le réveiller plu-
tension sieurs fois par nuit parce qu’il provoque le déclenchement des pro-
tections. Pourtant, à chaque fois la recherche de défauts sera
sollicitée et à chaque fois l’identification sera négative aux trois
1.2.1 Rupture du neutre tests : recherche de défauts résistant, éclateur ou de continuité.
Le chargé d’essai doit résister aux pressions (demandes implici-
Ce type de défaut fait partie des problèmes les plus gênants ren- tes, voire explicites, de monter la tension au-delà de la valeur auto-
contrés en exploitation. La valeur de la résistance de continuité ne risée).
permet pas toujours de procéder à des essais « en bout », c’est-à-
À ce jour, il existe plusieurs dispositifs qui permettraient de répon-
dire par mise en court-circuit de l’extrémité du câble. Cette opération
dre à cette problématique.
permettrait de transformer les deux bouts de la coupure en défaut
éclateur. Il faut alors se résoudre à appliquer des méthodes électro-
techniques. [Link] Discontacteurs de chocs
Après avoir débranché tous les clients, si c’est possible, on se Cet équipement contient un dispositif interrupteur à deux thyris-
déplace de branchement en branchement avec une charge triphasée tors montés tête-bêche et une électronique de commande. Il s’insère
déséquilibrée. Dès que les voltmètres associés à ce montage affiche à la place du fusible basse tension.
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© Techniques de l’Ingénieur D 4 544 − 3
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Référence Internet
D4544
Dans un premier mode, on peut le configurer en tant que [Link] Enregistreurs de transitoire en réseau BT
réenclencheur : lorsque le défaut se produit, une onde de choc se
De petits boîtiers, sans écran, intègrent toute l’électronique néces-
propage sur le réseau. Le transformateur en est le générateur. saire pour faire une mesure lors d’un incident. L’arc consécutif à un
L’intensité du courant associé à cette onde de choc et sa durée sont défaut génère des impulsions haute tension. Le ou les enregistreurs
à l’origine du fonctionnement du discontacteur. Il commence par de transitoire y réagiront. Ils peuvent être placés chez les clients, sur
agir comme un disjoncteur et interrompt ce courant de défaut. une banale prise de courant. Un voyant témoigne de la mémorisa-
Quelques secondes plus tard, le discontacteur referme le circuit (on tion d’une séquence de mesure.
simule ainsi le remplacement du fusible). Si le défaut s’est réisolé, le De retour à son bureau après avoir récupéré le ou les boîtiers, le
fonctionnement du réseau reprend avec des perturbations à la clien- technicien va décharger les informations des enregistreurs vers un
tèle minimes. Si le défaut persiste, le discontacteur est à nouveau ordinateur. Un logiciel permet alors de déduire la position du défaut.
sollicité et réouvre la phase. Le nombre de manœuvres de ce type Avec plusieurs enregistreurs, on réalise une triangulation.
2
est programmable. Une fois le nombre de manœuvres program-
mées atteint, l’appareil reste ouvert, car cela signifie que le défaut
est maintenant devenu permanent. On revient alors à la procédure 1.2.3 Méthodes en cours de développement
traditionnelle de recherche de défauts. Les versions modernes de
Un constructeur a mis au point un appareil dont la mesure est
discontacteur comportent un filtre réflexion sur l’arc. On a donc la
indépendante de l’amortissement et des variations d’impédance.
distance au défaut en bonus.
N U0
U1 U2 U3 U4 U5 U6 a onde transitoire
U
U0
0
X Longueur l b onde fondamentale
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D 4 544 − 4 © Techniques de l’Ingénieur
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Problématiques communes des réseaux électriques : du
fonctionnement au comptage
(Réf. Internet 42266)
Solutions smart grids pour mieux intégrer les EnR aux réseaux de distribution D4964 123
Sur [Link]
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89
3
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Référence Internet
D4950
Comptage d’électricité
Présentation générale
3
1. Technologie de la mesure ...................................................................... D 4 950v2 - 2
1.1 Grandeurs mesurées ................................................................................... — 2
1.2 Technique de mesure .................................................................................. — 2
1.3 Performance de la mesure .......................................................................... — 2
2. Traitement des données de comptage ............................................... — 3
2.1 Énergie et puissance .................................................................................... — 3
2.2 Qualité........................................................................................................... — 3
3. Collecte et transmission des données ............................................... — 4
3.1 Au départ, une lecture visuelle ................................................................... — 4
3.2 Ensuite, une recherche de productivité et de souplesse .......................... — 4
3.3 Premières solutions de transmission à distance ....................................... — 4
3.4 Facteurs de changement déterminants...................................................... — 4
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Référence Internet
D4951
Comptage d’électricité
Fondements de la tarification
par Pierre FERRAND
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique (ENSEM)
3
1.1 Consommateurs résidentiels...................................................................... — 2
1.2 Petits consommateurs industriels ou commerciaux ................................ — 3
1.3 Gros consommateurs industriels ............................................................... — 4
1.4 Grandes industries ...................................................................................... — 4
2. Échanges entre les sociétés d’électricité.......................................... — 4
3. Principes de tarification......................................................................... — 4
3.1 Influence des facteurs économiques ......................................................... — 4
3.2 Tarifications simplifiées............................................................................... — 5
3.3 Tarifications « binômes » ............................................................................ — 5
4. Prépaiement .............................................................................................. — 7
5. Conclusion ................................................................................................. — 7
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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 4 951 − 1
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Référence Internet
D4951
fournisseur d’électricité ainsi que des autres intervenants du système que sont
les producteurs et les exploitants des divers réseaux.
D’un point de vue pratique et de manière de plus en plus courante, les tarifica-
tions sont établies en se conformant aux principes suivants :
— le tarif appliqué comporte le plus souvent une composante fonction de la
puissance, que ce soit une puissance installée, une puissance atteinte ou une
puissance contractuelle ; ce terme « puissance » correspond aux investisse-
ments qu'il a été nécessaire de réaliser par le producteur et le distributeur d'élec-
tricité pour permettre au client de disposer de la puissance demandée ;
— le tarif appliqué comporte toujours une composante consommation d'éner-
gie en kilowattheures qui incorpore en particulier les dépenses de combustible
de la centrale productrice ; cette partie du prix de revient dépend fortement des
conditions de production.
On appelle ainsi tarification binôme toute tarification qui applique ces princi-
3 pes. Les diverses formes sont développées en détail dans cet article.
1. Catégories Nota : la dénomination des niveaux de tension chez EDF est BT (pour réseaux 400 V),
HTA (pour réseaux 10, 15 et 20 kV) au lieu de MT, HTB (pour réseaux 63 ou 90 kV) au lieu de
HT et THT (225 et 400 kV).
de consommateurs Les consommateurs forment une population très diversifiée et il
est pratique de représenter ces derniers par un schéma sous forme
d’une pyramide dont l’axe vertical représente la puissance absorbée
La complexité, donc le coût, de l’équipement de mesure et les par chaque consommateur et la largeur de chaque niveau un indica-
frais dus à l’acquisition des données et à leur traitement croissent teur du nombre de consommateurs correspondant (figure 2).
avec la complexité de la tarification appliquée au consommateur. A dessein, nous ne considérons pas comme consommateurs les
C’est pourquoi, dans l’application des divers tarifs, on tient le plus sociétés d’électricité lorsqu’elles se fournissent ou se procurent de
souvent compte de la consommation totale du client et plus particu- l’énergie électrique entre elles. Cette situation sera développée dans
lièrement de la puissance qu’il est susceptible d’appeler. le paragraphe 2.
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Mise à jour de l’article D 4951 de Robert Mercier paru en 1992 dans le présent traité.
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D4952
1. Principes de mesure Il faut donc deux compteurs monophasés pour un circuit tri-
phasé à trois fils et trois compteurs monophasés pour un circuit tri-
phasé à quatre fils.
Pour illustrer le théorème de Blondel, examinons le cas du circuit
1.1 Compteur d’énergie active triphasé à trois fils de la figure 1. Les trois compteurs ont leurs
monophasé bobines de tension raccordées à un point commun d qui peut dif-
férer du neutre n, la différence de potentiel entre d et n étant égale
L’énergie active dans un circuit électrique monophasé est obte- à u n . On voit immédiatement que la puissance instantanée
nue en intégrant dans le temps le produit des valeurs instantanées consommée dans les charges est :
de la tension u aux bornes de ce circuit et du courant i y circulant. p = u a ia + u b ib + u c ic
Cela correspond à l’application de la formule :
p = ( u ′a + u n ) i a + ( u ′b + u n ) i b + ( u ′c + u n ) i c
t
冕ut
0
( ) i (t ) dt Comme i a + i b + i c = 0, on a finalement :
3
dispositifs seront très différents selon la technologie utilisée. p 1 , p 2 et p 3 étant les puissances instantanées traversant les trois
Dans un compteur électromécanique, la multiplication sera faite compteurs.
par un moteur dont la vitesse sera proportionnelle à la tension Si le point d est placé sur l’un des fils, par exemple en δ sur le
d’une part et à l’intensité d’autre part et l’intégration est réalisée fil 3, u ′c = 0 , on a :
directement par le dispositif indicateur.
p = u ′a i a + u ′b i b = p 1′ + p ′2
Dans un compteur électronique acquisition, multiplication, inté-
gration et affichage seront réalisées par des circuits électroniques
et deux compteurs monophasés suffisent donc pour mesurer
analogiques ou numériques.
l’énergie totale consommée dans le circuit triphasé.
Pour des raisons d’économie, qui n’ont de sens qu’avec des
compteurs électromécaniques, on peut parfois s’écarter de l’appli-
1.2 Compteur d’énergie active polyphasé cation stricte de ce principe mais avec une diminution de la préci-
sion de la mesure. Un tel exemple d’écart est fourni par un
compteur monophasé à trois fils branché comme l’indique la
1.2.1 Principes figure 2.
Rappelons qu’il est possible de mesurer l’énergie électrique
consommée dans un circuit polyphasé en utilisant un certain Dans ce qui suit les exemples sont illustrés à l’aide de
nombre de compteurs monophasés. Ce nombre est déterminé par compteurs électromécaniques. Pour des compteurs électro-
le théorème de Blondel (1893) selon lequel : niques ces exemples restent valables en remplaçant les éléments
« Si de l’énergie est fournie par N fils à un système quelconque propres à l’électromécanique (élément moteur, bobine tension,
de conducteurs, la puissance totale qui s’écoule dans le système bobine intensité,...) par ceux propres à l’électronique (circuit de
est donnée par la somme algébrique des lectures de N wattmètres mesure monophasé, circuit tension, circuit intensité, ...).
disposés de telle manière que chacun des N fils contienne une
bobine de courant, la bobine de potentiel correspondante étant
branchée entre ce fil et un point commun. Si ce point commun est 1.2.2 Utilisation dans un réseau triphasé à 3 fils
situé sur l’un des N fils, la mesure peut être effectuée en utilisant
N – 1 wattmètres ». ■ Réseau chargé sur deux fils et un neutre : le circuit d’utilisation
La disposition des éléments générateurs et consommateurs peut représenté par la figure 3 nécessite, suivant le théorème de
être quelconque et il n’y a aucune restriction quant à l’équilibre des A. Blondel, un compteur à deux éléments moteurs, dont les bobines
tensions et des courants et aux valeurs des facteurs de puissance. de tension ont un point commun situé sur l’un des conducteurs.
Bobine de courant
Élément moteur
Bobine de tension
ia
1 p1 u 'a
p'1
ub
ib ua
2 u 'b
p2 p'2
d uc
Charge
ic
3 u 'c
p3 δ
p'1 + p'2 = p1 + p2 + p3
Figure 1 – Application du théorème de Blondel au cas d’un circuit triphasé à trois fils
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D4953
3
1.1 Théorie du transformateur.......................................................................... — 2
1.1.1 Action d’un flux sinusoïdal sur une spire ......................................... — 2
1.1.2 Action d’un flux sinusoïdal non uniforme
sur une plaque conductrice ............................................................... — 2
1.1.3 Action mécanique de deux flux sinusoïdaux sur un disque ........... — 3
1.1.4 Autofreinage du disque...................................................................... — 4
1.1.5 Application aux compteurs................................................................ — 4
1.2 Théorie du champ glissant ......................................................................... — 5
1.2.1 Réalisation d’un champ glissant ....................................................... — 5
1.2.2 Puissance dissipée dans la plaque métallique par un champ
magnétique glissant, d’amplitude constante ................................... — 6
1.2.3 Forces résultant de l’absorption de puissance................................. — 6
1.2.4 Puissance dissipée par la composante stationnaire du champ
magnétique et force de freinage résultante ..................................... — 6
1.2.5 Application aux compteurs................................................................ — 7
1.2.6 Exemple numérique ........................................................................... — 7
2. Compteurs à courant alternatif monophasé.
Réalisation pratique ................................................................................ — 7
2.1 Principe......................................................................................................... — 7
2.2 Compensation.............................................................................................. — 7
2.3 Réglages ....................................................................................................... — 10
2.4 Exemple de réalisation................................................................................ — 11
3. Compteurs à courants alternatifs polyphasés.
Réalisation pratique ................................................................................ — 11
3.1 Principe......................................................................................................... — 11
3.2 Compensation.............................................................................................. — 11
3.3 Réglage des compteurs polyphasés .......................................................... — 12
3.4 Exemple de réalisation................................................................................ — 13
4. Compteurs d’énergie réactive et apparente..................................... — 13
4.1 Compteurs d’énergie réactive monophasés ............................................. — 13
4.2 Compteurs d’énergie réactive triphasés.................................................... — 13
4.3 Compteurs d’énergie apparente................................................................. — 13
5. Compteurs à indicateur de maximum................................................ — 14
5.1 Domaine d’application ................................................................................ — 14
5.2 Principe de fonctionnement........................................................................ — 15
5.3 Exemple de réalisation................................................................................ — 15
Référence bibliographique ............................................................................. — 15
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champ magnétique uniforme d’induction B, perpendiculairement à
C’est l’Italien Ferraris qui a énoncé, en 1884, le principe du ce champ, est soumis à une force de module :
moteur à induction à rotor massif sous la forme suivante :
F = B Iᐉ
Pour produire un couple sur un induit (armature) libre de dont la direction est normale au plan déterminé par le conducteur
tourner, celui-ci doit être soumis à deux flux alternatifs : et le champ (règle des trois doigts).
— qui ne sont pas en phase dans le temps l’un avec l’autre ; Si l’induction et le courant sont sinusoïdaux et de même
— qui sont appliqués à l’induit en deux endroits différents, pulsation ω, leurs valeurs instantanées sont de la forme :
alignés suivant la direction du mouvement recherché.
Ce principe est illustré par la figure 1 où l’on voit représentés b = B 2 sin ω t
symboliquement deux flux d’induction élémentaires b 1 et b 2
créant des courants élémentaires i 1 et i 2 et donc des forces élé- i = I 2 sin ( ω t – γ )
mentaires f 1 et f 2 . Il n’y a rotation que si b 1 et b 2 sont déphasés.
avec B et I valeurs efficaces de l’induction et du courant,
γ déphasage de i par rapport à b, compris entre – π
Bien que le principe du moteur à induction soit simple et sa réa- et + π.
lisation facile (cf. article Petits moteurs électriques [D 3 720] réf. [1],
dans ce traité), la théorie des moteurs à induction à rotor massif L’expression de la force devient :
est difficile, même dans les cas les plus simples. C’est pourquoi, il
ne faut pas s’étonner du très grand nombre de travaux qui lui ont f = 2 B Iᐉ sin ω t sin ( ω t – γ )
été consacrés et des controverses auxquelles ils ont donné lieu.
Ces travaux utilisent deux modes d’approche différents : la théorie et sa valeur moyenne est :
dite du transformateur, ou des courants de Foucault (eddy current
F moy = B Iᐉ cos γ
theory ), ou encore de Rogowski, conduit à une analyse détaillée
des phénomènes, alors que la théorie dite du champ progressif ou
glissant (travelling-field theory ) donne une vue plus synthétique du
fonctionnement. 1.1.1 Action d’un flux sinusoïdal sur une spire
L’action exercée sur une spire fermée, plane et indéformable par-
Les compteurs à induction sont aussi appelés compteurs de courue par un courant I, par un flux uniforme sinusoïdal dont les
Ferraris. Le premier dispositif de ce type capable de mesurer de lignes d’induction sont perpendiculaires à son plan, est nulle
l’énergie active en courant alternatif fut présenté, en 1889 à la comme le montre l’intégration des forces élémentaires dF suivant
foire de Francfort, par le Hongrois Otto Titus Blathy, de la le contour de la spire S (figure 2) :
société Ganz. Les principaux pays industriels en achetèrent
immédiatement la licence et en commencèrent la fabrication en
série. Fx = 冕S
d Fx = B I 冕 dy = 0
De même : F y = 0.
Cette constatation introduit la condition nécessaire de non-
uniformité du flux sur une spire de courant, si on veut que l’action
résultante ne soit pas nulle.
b1 b2
1.1.2 Action d’un flux sinusoïdal non uniforme
f2 i1 sur une plaque conductrice
i2 f1
L’action exercée sur une plaque conductrice plane, d’épaisseur
constante, par un flux magnétique non uniforme sinusoïdal Φ dont
les lignes d’induction sont perpendiculaires à son plan, résulte des
actions individuelles exercées par ce flux sur les lignes ou tubes de
courant qui circulent dans la plaque (figure 3) et qui se comportent
Figure 1 – Principe de Ferraris comme des spires.
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I
i1
i2
dF S
ᐉ1 f1
dy O1 C
dᐉ
ᐉ2 f2
dFx x O2
Figure 2 – Action d’un flux uniforme sinusoïdal sur une spire fermée
Figure 4 – Dispositif élémentaire à deux flux sinusoïdaux déphasés
O C ϕ 1 = Φ1 2 sin ω t
F
ϕ 2 = Φ2 2 sin ( ω t – ψ )
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1.
1.1
Principes de fonctionnement ...............................................................
Généralités ...................................................................................................
D 4 954 – 3
— 3
3
1.2 Acquisition des grandeurs électriques ...................................................... — 3
1.3 Multiplication tension courant.................................................................... — 4
1.3.1 Multiplicateurs analogiques .............................................................. — 4
1.3.2 Multiplicateurs numériques............................................................... — 5
1.4 Intégrateur.................................................................................................... — 8
1.4.1 Intégrateur analogique....................................................................... — 8
1.4.2 Intégrateur numérique ....................................................................... — 9
1.5 Dispositif indicateur..................................................................................... — 9
1.5.1 Indicateurs électromécaniques.......................................................... — 9
1.5.2 Indicateurs électroniques................................................................... — 9
1.6 Mémorisation des données ........................................................................ — 10
2. Exemples de réalisation ......................................................................... — 10
2.1 Compteurs monophasés............................................................................. — 10
2.1.1 Compteur à transconductance (Schlumberger Industries) ............. — 10
2.1.2 Compteur à effet Hall (Landis et Gyr)................................................ — 11
2.1.3 Compteur à circuit « dither noise » (Schlumberger)........................ — 11
2.2 Compteurs triphasés ................................................................................... — 13
2.2.1 Compteur à circuit MSA (Schlumberger).......................................... — 13
2.2.2 Compteur numérique (Actaris).......................................................... — 14
3. Introduction aux ensembles de comptage ....................................... — 15
3.1 Fonctions présentes dans les comptages.................................................. — 16
3.2 Ensembles de comptage............................................................................. — 16
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3
Aujourd’hui, la caractéristique la plus difficile à atteindre concerne la longue
durée de vie de l’appareil, alors que les autres caractéristiques sont maintenant
considérées comme accessibles, même celles concernant le faible coût de
l’appareil. Dans ces conditions, pourvu que la société exploitante de la distribu-
tion de l’électricité soit disposée à accepter la réduction de la durée de vie de ses
compteurs, elle n’a plus guère de raison de ne pas passer au compteur électro-
nique. Il y a aussi des facteurs qui favorisent maintenant l’implantation des
compteurs électroniques :
— la possibilité d’utiliser des dispositifs antifraude, comme l’emploi de deux
circuits de mesure au lieu d’un ;
— une métrologie meilleure et une dynamique plus grande que pour les
compteurs électromécaniques ;
— une consommation plus faible (0,5 W) que pour les compteurs électroméca-
niques, ce qui peut réduire sensiblement les pertes électriques d’une compagnie
d’électricité ;
— l’utilisation éventuelle d’un système de communication locale ou à dis-
tance, ce qui est quasiment impossible avec un compteur électromécanique.
Dans un domaine différent, les comptages haut de gamme destinés aux gros
consommateurs d’électricité (cf. [D 4 951] « Fondements de la tarification »),
relativement très peu nombreux par rapport au volume des compteurs
résidentiels, ont des exigences de précision et de fidélité très importantes car
elles ont une influence significative sur la facturation de l’utilisateur. Ces comp-
teurs peuvent donc naturellement être plus onéreux et la redondance apporter
un avantage économique.
Cependant, avec les progrès permanents de la technique et les avancées tech-
nologiques déjà mentionnées, il est évident que l’espace occupé par les comp-
teurs électroniques progresse constamment. Le compteur électronique a fait son
apparition au début des années 1970 en offrant immédiatement une précision
supérieure à celle des compteurs Ferraris. Puis dans la seconde moitié des
années 1980, les compteurs électroniques ont commencé à faire une incursion
significative sur les segments de marché à haute précision et à fonctions de
comptage complexes. Enfin, dans les années 1990, les applications se sont éten-
dues au domaine résidentiel, en particulier en France où EDF a adopté une poli-
tique de « tout électronique ». Aujourd’hui, force est de constater que l’emprise
du compteur électronique devient de plus en plus forte. En effet, outre la France,
l’Italie et la Suède n’achètent plus que des compteurs électroniques, la Chine et
l’Inde s’équipent à 50 %, l’Espagne, l’Allemagne, l’Europe de l’Est, le Chili et le
Pérou sont dans un processus de basculement vers la technologie électronique.
Nous sommes donc en plein dans une période de transition, en phase d’accélé-
ration, entre le « tout électromécanique » et le « tout électronique », mais qui peut
durer encore un certain temps car, d’une part, les compteurs Ferraris résolvent
encore parfaitement une très grande partie des problèmes de comptage usuels
et, d’autre part, le passage massif à la technologie électronique nécessite pour
l’opérateur du système de distribution de l’électricité des investissements impor-
tants, surtout s’il veut renouveler rapidement son parc de compteurs.
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3
seront notés, au cours du texte, par le numéro du fascicule suivi du numéro du
paragraphe.
∫ 0
u(t)i(t) dt Pour l’intensité, ce réducteur est, pour les compteurs monopha-
sés, le plus souvent un shunt, technique parfaitement maîtrisée
aujourd’hui et, de loin, la plus économique. Pour les compteurs tri-
avec u ( t) tension instantanée présente sur le réseau, phasés, puisque, pour des raisons d’isolement entre circuits, il n’est
pas possible d’utiliser de shunt, on utilise soit des transformateurs
i (t ) courant instantané parcourant le réseau. d’intensité à circuit magnétique torique, soit des transformateurs à
inductance mutuelle, appelés aussi capteurs Rogowski.
Un compteur électronique devra donc réaliser un certain nombre
de fonctions telles qu’acquisition, multiplication, intégration, traite- Les transformateurs d’intensité possèdent une très bonne linéa-
ment des mesures, mémorisation, sommation – pour un compteur rité et sont très précis mais ils sont relativement encombrants et
polyphasé – et affichage. Nous allons développer ces fonctions plus sujets à saturation en cas de présence de composante continue
en détail. dans le courant ; dans ces conditions, ils sont réservés pour les
comptages industriels.
Le principe de fonctionnement d’un compteur électronique peut
Le transformateur à inductance mutuelle est un capteur de cou-
être représenté par le schéma bloc de la figure 1 qui montre la
rant dont le principe est le suivant : si on applique le courant i au pri-
configuration la plus complète pour les diverses fonctions utilisées.
maire du circuit, on recueille, au secondaire une tension e
Selon la technologie employée pour le compteur, certaines fonc-
proportionnelle à la dérivée du courant par rapport au temps t :
tions pourront être regroupées : c’est le cas, par exemple de certains
types de multiplicateurs qui travaillent directement à partir des
di
signaux de tension et de courant et ne nécessitent donc pas de cir- e = – M ------
cuits d’acquisition de ces données. dt
En fait, les compteurs électroniques peuvent utiliser deux sortes avec M inductance mutuelle.
de technologie à savoir, soit une technologie dite « électronique Il suffit ensuite d’utiliser un circuit intégrateur pour récupérer la
analogique », soit une technique dite « électronique numérique », quantité i. Les avantages de ce type de capteur sont de permettre
soit encore une combinaison des deux. l’isolation entre phases, d’avoir une bonne linéarité, d’avoir une
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U
Acquisition
tension
Traitement
Multiplicateur Intégrateur Mémorisation
du comptage
Acquisition
courant
I Affichage Figure 1 – Diagramme simplifié d’un compteur
électronique
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Comptage d’électricité
Ensembles de comptage
par Pierre FERRAND
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique (ENSEM)
3
1.1 Adaptation du comptage au consommateur ............................................ — 2
1.1.1 Consommateurs résidentiels............................................................. — 2
1.1.2 Consommateurs industriels et commerciaux .................................. — 2
1.1.3 Gros industriels et postes HT ............................................................ — 2
1.2 Fonctions remplies par les comptages ...................................................... — 2
1.2.1 Fonctions principales ......................................................................... — 2
1.2.2 Fonctions auxiliaires........................................................................... — 3
2. Dispositifs auxiliaires utilisés dans les comptages ....................... — 3
2.1 Accessoires de gestion tarifaire ................................................................. — 3
2.1.1 Horloge de commutation ................................................................... — 3
2.1.2 Télécommande centralisée ................................................................ — 4
2.1.3 Autres dispositifs ................................................................................ — 5
2.2 Télécomptage............................................................................................... — 5
2.2.1 Principe ................................................................................................ — 5
2.2.2 Émetteurs d’impulsions ..................................................................... — 5
2.2.3 Totalisateurs ........................................................................................ — 6
2.2.4 Enregistreurs de puissances moyennes ........................................... — 6
3. Exemples de réalisation ......................................................................... — 6
3.1 Comptage résidentiel .................................................................................. — 6
3.1.1 Contexte .............................................................................................. — 6
3.1.2 Compteur triphasé électronique (Stepper)....................................... — 7
3.2 Comptage industriel .................................................................................... — 7
3.2.1 Contexte .............................................................................................. — 7
3.2.2 Compteur Emeraude (Actaris) ........................................................... — 7
3.2.3 Compteur du Tarif Jaune (Actaris) ..................................................... — 8
3.3 Comptages Poste......................................................................................... — 9
3.3.1 Contexte .............................................................................................. — 9
3.3.2 Ensemble de comptage à éléments séparés.................................... — 10
3.3.3 Comptage poste intégré..................................................................... — 10
4. Conclusion ................................................................................................. — 12
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Dans le présent fascicule, nous rappelons d’abord les besoins requis pour le
comptage de l’énergie électrique en fonction du type de clientèle du distributeur
d’électricité et nous passons en revue les principales fonctions remplies par ces
comptages. Les divers dispositifs employés sont ensuite examinés avant d’étu-
dier quelques exemples concrets de réalisation.
3
un client donné selon un tarification définie par le distributeur maxima de puissance, également par période tarifaire, l’enregistre-
d’énergie électrique. ment de courbes de charge (voir définition au paragraphe 2.2.4) et
des systèmes de communication locale, pour la configuration du
comptage, et à distance, pour le relevé des informations.
Les besoins du comptage, entraînant la réalisation de l’ensemble Les sites des gros industriels sont en nombre discret (quelques
de comptage correspondant, sont le résultat du système de tarifica- centaines en France) mais représentent globalement une très
tion s’appliquant au client considéré ainsi que des besoins spécifi- grosse consommation pour le distributeur d’électricité. Les postes à
ques, par exemple concernant les informations et les dispositifs de haute tension ne sont pas à proprement parler des consommateurs
communications, défini par le distributeur d’électricité. mais leur structure s’apparente à celle des postes des gros indus-
Regardant les diverses catégories de consommateurs et les prin- triels. Ces postes ont pour caractéristique commune de comporter
cipes de tarification qui leur sont appliqués, on se reportera à l’arti- plusieurs arrivées d’alimentation électrique, requérant pour cha-
cle [D 4 951] Fondements de la tarification. En fait, en simplifiant, on cune d’elle un comptage complet, éventuellement à double sens
considère, du point de vue des ensembles de comptage trois grands d’écoulement d’énergie (cas des postes HT et des industriels auto-
groupes de consommateurs qui représentent chacun, très approxi- producteurs). Un des problèmes est de pouvoir combiner les con-
mativement, un tiers environ de l’électricité totale consommée dans sommations et les puissances de chaque arrivée de manière à obte-
un pays. nir des chiffres globaux de l’énergie consommée ou produite et de
la puissance globale à un instant donné.
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1.2.2 Fonctions auxiliaires d’enregistrement ; l’ensemble constitué par ces appareils, les connec-
tions et les émetteurs d’impulsions portant le nom de télécomptage ;
Dans les fonctions auxiliaires remplies par les comptages, on dis- — les liaisons constituées par une interface à rayons infrarouge
tingue principalement les fonctions suivantes. située en face avant du compteur ;
— les liaisons constituées par un bus de communication locale,
■ Dispositions anti-fraude type RS 232 ou autre.
La fraude ou la tentative de fraude a toujours été présente dans le ■ Communications à distance
comptage de l’électricité, particulièrement en comptage résidentiel
où les visites du releveur sont généralement assez espacées (plu- Ces dispositifs de communication à distance seront également
sieurs mois pouvant aller jusqu’à un an). Il faut aussi éviter les pos- examinés dans l’article [D 4 957] Communications dans les compta-
sibles tentatives de collusion entre le releveur et le client. Les ges. Rappelons en les divers types essentiels :
dispositifs pour lutter contre la fraude peuvent être assez variés. — le téléphone, par réseau commuté ou non ;
— la radio ;
■ Sommation des énergies et des puissances moyennes
— les câbles ou fibres optiques ;
Dans le cas de comptages comportant plusieurs arrivées d’éner- — les techniques dites « à courants porteurs » utilisant le réseau de
gie où dans le cas d’un consommateur également producteur distribution électrique comme support physique de communication.
d’électricité, appelé auto-producteur, il est nécessaire d’additionner,
3
ou de soustraire, les énergies mesurées par divers points de comp-
tage. Il faut donc disposer d’un dispositif spécifique de sommation.
Cette fonction est réalisée par un totalisateur.
De même, pour la fonction indicateur de maximum, il faut être
2. Dispositifs auxiliaires
capable de déterminer la puissance composite de l’ensemble des utilisés dans les comptages
points de comptage qui représente la puissance totale effective
absorbée par le consommateur. Cela s’applique aussi à la courbe de
charge. Sauf dans les cas les plus simples, le compteur est associé à diffé-
rents accessoires de tarification, autrefois composés d’éléments dis-
■ Mémorisation des données
crets, mais maintenant le plus souvent intégrés au compteur lui
Outre la mémorisation de l’énergie consommée et la puissance même. Nous allons examiner les principaux dispositifs actuellement
donnée par l’indicateur de maximum, qui est réalisée par le comp- encore utilisés en pratique, mais aussi en cours de développement.
teur, il est apparu des besoins de mémorisation concernant essen-
tiellement les gros consommateurs :
— l’enregistrement d’une ou plusieurs courbes de charge, appe-
lées également tableaux de puissances moyennes, qui représentent 2.1 Accessoires de gestion tarifaire
toutes les valeurs de puissance moyenne mesurées pour une ou
plusieurs énergies sur une période de temps, généralement com-
prise entre plusieurs jours et plusieurs mois ; Il s’agit essentiellement de dispositifs de gestion du temps per-
— les données historiques du comptage, comme la valeur des mettant de découper le temps en périodes tarifaires destinées à la
divers index d’énergie et de puissance en fin de mois, permettant la tarification. Pour commander un changement de période tarifaire,
facturation précise du client en fin de période de facturation. Il est communément appelé changement de tarif, il faut envoyer au
possible ainsi de conserver certaines de ces données pendant plu- compteur un signal électrique. Dans le cas d’un compteur électro-
sieurs années. mécanique ou d’un compteur électronique à affichage mécanique,
ce signal actionne un électroaimant qui met en prise l’indicateur
■ Indicateurs de la qualité de tension associé à la période tarifaire désirée. Le signal de changement de
Dans certains ensembles de comptage, des distributeurs comme tarif a pour origine soit une horloge de commutation, soit un relais
EDF ont demandé que le comptage donne et mémorise des informa- récepteur de télécommande centralisée, soit, comme en Grande
tions concernant la qualité de l’alimentation électrique fournie au Bretagne, un relais récepteur radio.
client. Ce sont en particulier :
— les coupures brèves d’alimentation, de durée inférieure à la
seconde, avec leur durée et leur date d’occurrence ; 2.1.1 Horloge de commutation
— les coupures longues d’alimentation, également mesurée et
datées ; Une horloge de commutation, ou commutateur horaire, est une
— les taux de divers harmoniques de tension ; horloge synchronisée par le réseau électrique ou un oscillateur à
— les phénomènes de flicker, qui se manifestent par un quartz, fermant ou ouvrant, à certaines heures de la journée, des
« papillotement » de la lumière. contacts connectés aux circuits de commande des électroaimants
de changement de tarif du compteur. Ces heures peuvent, éventuel-
Nous ne rentrerons pas dans le détail de ces phénomènes qui
lement, varier suivant le jour de la semaine et même selon la
sont aux limites du comptage de l’électricité et dont on pourra trou-
période de l’année pour les modèles les plus évolués. Ces horloges
ver plus de détails dans les articles de ce traité concernant la qualité
possèdent un mécanisme à réserve de marche, de quelques jours à
de tension [D 4 261] et suivants.
plusieurs mois, qui leur permet de fonctionner un certain temps en
■ Communications locales l’absence de courant et de ne pas perdre le synchronisme.
À l’exception de l’émetteur d’impulsions, nous n’entrerons pas Faciles à installer, les horloges de commutation présentent cepen-
dans le détail de la description de ces dispositifs de communication dant les inconvénients, d’abord d’avoir un programme de commuta-
qui seront traités spécifiquement dans l’article [D 4 957] Communi- tion fixé au moment de l’installation qui ne peut être modifié ensuite
cations dans les comptages. Dans les dispositifs de communication que par intervention sur le site, et ensuite de ne pas être protégées
destinés au voisinage du compteur, on distingue principalement : contre une perte du synchronisme en cas de coupure de courant
— les émetteurs d’impulsions : ce sont des dispositifs générant d’une durée supérieure à la réserve de marche.
des impulsions de tension dont chacune représente une quantité Par contre, elles représentent une solution très bien adaptée à la
définie précisément de l’énergie mesurée, ces impulsions étant desti- gestion tarifaire des clients industriels et commerciaux des distribu-
nées à être traitées par des appareils auxiliaires de sommation ou teurs d’électricité. En effet, ceux-ci se voient très souvent appliquer
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur D 4 956 − 3
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3
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Communications dans
les comptages d’électricité
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3
pe l
é .Ces
CPL : courants porteurs en ligne. Principe de communication dénominations restent valables pendant toute la durée de vie de la
sur le réseau électrique BasseTension. communication.
CRC : contrôle de redondance cyclique : mécanisme permet- Une communication est décomposée en un certain nombre de
tant de détecter les erreurs de transmission. transact i
o [Link] transaction se traduit par une émission de
DHCP : Dynamic Host Configuration Protocol. Ensemble de l’éme tteurvers le r
écepteur .Au gré de l’enchaînement des transac-
règles utilisées par une machine communicante (ordinateur, tions, les systèmes appelant et appelé jouent tour à tour le rôle
routeur, carte réseau) pour l’autoriser à demander et obtenir d’émetteur et de récepteur.
une adresse Internet depuis un serveur.
DLMS : Device Language Message Specification.
DNS : Domain Name System. Système de traduction des 1.3 M^ référence ouvert
noms de domaines en adresses Internet IP.
EURIDIS : protocole de communication faible coût et ouvert
d’interconnexion de systèmes
pour du relevé sur site ou relevé automatique de compteurs
résidentiels multi-énergies. La plupart des organisations de normalisation utilisent un
FTP : FileTransfert Protocol. Protocole de transfert de données modèle en cou chespour modéliser les spécifications d’un proto-
client – serveur via fichiers. cole de communication, chaque couche étant spécialisée dans des
GPRS : General Packet Radio Service. Norme pour la télé- fonctions et des services précis.
phonie mobile. Dans le but de promouvoir des règles de standardisation dans la
HDLC : High-Level Data Link Control. Protocole de spécification et l’implémentation de protocoles de communication,
communication normalisé. l’ISO (International Standardisation Organisation ) a défini en colla-
ISO : International Standardisation Organisation. boration avec le CCITT (Consultative Committee on International
LAN : Local Area Network. Réseau local d’entreprise. Ex : Telegraphy and Telephony ) un modèle de référence OSI (Open Sys-
Ethernet. tems Interconnect ). Le modèle de r éférence OSI est constitué de
M2 M : désigne un système de communication Machine à couches de protocoles chargées de faciliter les communications
Machine. réseau entre systèmes de divers constructeurs.
OBIS : Object Identification System. Système d’identification Chacune des couches est spécialisée dans la résolution de pro-
de données de comptage. blèmes liés à la transmission de données et procure des services
OSI : Open Systems Interconnect. Modèle de référence de aux couches de niveau supérieur. Les couches supérieures sont
communication. plus proches des besoins de l’utilisateur et fournissent une vue
PDU : Protocol Data Unit. Élément de données du protocole. abstraite des données tandis que les couches basses sont dédiées
RTC : RéseauTéléphonique Commuté. à la transmission physique des données sur le support choisi.
SAP : Service Access Point. Point d’accès aux services DLMS.
SFK (ou FSK) : Switch Frequency Keying. Principe de modula-
tion en fréquence de données binaires pour transport sur
1.3.1 Modèle à sept couches
réseau CPL. Cette architecture constitue le modèle de référence OSI et est
TRIMARAN : protocole de télérelevé de compteurs industriels capable de supporter la majorité des besoins de communication de
haute tension de type compteur électronique Vert spécifié par données de l’industrie. Il est décliné en sept couches (figure 1) :
EDF.
— couche Physique : elle décrit les caractéristiques physiques de
TRIMARAN+ : extension du protocole Trimaran basé sur la
la communication ;
norme DLMS.
— couche Liaison de données : elle spécifie comment les
TSP : Terminal de Saisie Portable. Exemple : PSION Worka-
paquets sont transportés sur la couche physique ;
bout.
— couche Réseau : elle résout le problème de l’acheminement
VDE : Virtual Distribution Equipment. Chaque VDE est de paquets à travers un seul réseau ;
composé d’objets virtuels classés par type et accessibles par
— couche Transport : elle assure que les données arrivent dans
l’intermédiaire de services spécifiques.
l’ordre correct ;
VPN : Virtual Private Network. Réseau privé utilisé par des
— couche Session : elle définit l’ouverture des sessions sur les
sociétés commerciales par l’intermédiaire d’un réseau public tel
machines du réseau ;
que Internet.
— couche Présentation : elle définit la manière dont les données
WAN : Wide Area Network (réseau de transmission longue
vont être représentées ;
distance).
— couche Application : elle est l’interface utilisateur/logiciel et
XML : Extensible Markup Language.
fait parvenir les requêtes à la couche de présentation.
110
Référence Internet
D4957
Protocole de présentation
6 Présentation Présentation PPDU
Protocole de session
5 Session Session SPDU Couche
Couche NFS
NFS
Application
Application
FTP,HTTP,
FTP, HTTP,
Protocole de transport Couche
Couche SNMP,
SNMP, XDR
XDR
4 Transport Transport TPDU Presentation
Presentation SMTP,…
SMTP,…
3 Réseau
Routeurs Routeurs
Réseau Paquet
Couche
Couche Session
Session RPC
RPC
3
Couche
Couche Transport
Transport TCP - UDP
TCP UDP
Liaison de Liaison de
2
données données
Trame IP
IP
Couche
Couche Réseau
Réseau Routage
Routage ICMP
ICMP
ARP, RARP
ARP, RARP
111
Référence Internet
D4957
2. Protocoles
de communication adaptés
au comptage électrJue
2.1 Applications
La libéralisation du marché de l’énergie en Europe, la législation
en vigueur dans certains pays comme le Scandinavie et le souci des
fournisseurs d’énergie de réduire leurs coûts opérationnels pour le
Figure 4 – Exemple de ports série RS232 de type RJ45
relevé et la facturation de leurs clients ont conduit à développer des
sur un compteur Actaris ACE SL7000
technologies de communication pour du relevé automatique des
données de comptage d’énergie en local ou à distance. Les probléma-
tiques sont néanmoins différentes entre les segments d’applications. Le relevé est en général journalier et est effectué à distance par
modem, par liaison Ethernet ou fibre optique.
3
2.1.1 Segment domestique Le volume et la fréquence des données à relever nécessitent des
moyens de communication efficaces et spécialisés.
Dans le segment domestique (clients Basse Tension avec puis-
sance souscrite inférieure ou égale à 36 kVA en France), la factura- Dans ce segment, les communications sont essentiellement
tion s’effectue en général sur un relevé d’index d’énergie active point à point. Le compteur dispose donc en général de plusieurs
répartis en plusieurs tarifs horaires. Le volume de données à relever liaisons physiques dédiées telles que ports série RS232 ou RS485.
par compteur est limité (quelques centaines d’octets).
Les moyens privilégiés de relevé sont :
2.2 Scénarios de relevé des données
— le relevé individuel d’index avec saisie manuelle ;
— le relevé individuel ou collectif d’index sur site avec terminal de comptage
de saisie portable ;
— le relevé collectif à distance ou télérelevé. 2.2.1 Relevé sur site
La fréquence de relevé moyenne est semestrielle, hors législation Pour les clients domestiques, le besoin est en général un relevé
particulière (comme en Suède où les relevés doivent avoir lieu tous d’index semestriel. Le relevé à distance, ou télérelevé, n’est donc
les mois). Les relevés intermédiaires sont basés sur des estimations. pas en général économiquement rentable, comparé au relevé sur
Il est à noter que dans un souci d’économie des infrastructures site.
de communication, les compteurs à relever peuvent partager des Le relevé par terminal de saisie portable (TSP) (figures 5 et 6 ) est
ressources communes telles que bus de données ou concentrateur en général le moyen le plus utilisé. C’est le cas en France, où EDF
de données. Le compteur dispose généralement d’un port de l’utilise depuis une dizaine d’années associé au téléreport filaire
communication à connexion sur bus tels que EURIDIS (§ 2.4.3) ou (figure 7). Cette technologie a permis d’augmenter significative-
MBUS ou RS485 (plus rare dans ce segment). ment l’efficacité du relevé sur site et a amélioré le confort des clients
Les protocoles de communication doivent donc être adaptés à qui ne sont plus dérangés par le releveur lorsque le compteur est
ces topologies de communication partagées et concentrées. situé dans le logement.
Le téléreport filaire est essentiellement utilisé pour les nouveaux
2.1.2 Segment commercial clients Basse Tension du tarif bleu pour de nouveaux logements ou
immeubles. Cette solution n’est pas adaptée pour les installations
Dans le segment commercial (puissance souscrite [36 à 250 kVA] existantes. En effet, les coûts d’installation de la liaison filaire entre
en France), la facturation est basée sur des arrêtés d’index fin de le compteur et le boîtier de téléreport effacent les avantages
mois pour l’énergie active et réactive ventilés sur une structure escomptés en terme d’accessibilité et de qualité des données.
horaire et saisonnière, sur la puissance maximale atteinte et sur les
courbes de charge pour les clients éligibles.
Le volume de données est donc plus important et les moyens de
relevé sont essentiellement :
— relevé individuel par terminal de saisie ;
— relevé à distance par modem en point à point.
La fréquence de relevé est mensuelle au minimum.
Dans ce segment, les communications sont essentiellement point
à point. Le compteur d’énergie électrique dispose donc en général
d’une liaison physique dédiée telle qu’un port série RS232 (figure 4).
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Compteurs Compteurs
Coupleur
magnétique
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3
vices en aval.
serre dus à l’usage des énergie fossiles dans le mix énergétique
avec le développement des énergies renouvelables et à promou- Aussi plusieurs agences nationales et internationales prennent
voir l’usage d’électricité « propre » dans les transports. au fur et à mesure conscience des mutations qui affectent le sec-
teur de l’énergie : les réseaux électriques doivent faciliter la réduc-
Or, la majorité des énergies renouvelables promotionnées par
tion de l’empreinte carbone des sources de production (production
les États sont intermittentes et le véhicule électrique va constituer
décentralisée des énergies renouvelables et lissage des courbes de
un nouvel usage de poids. Ils vont nécessiter une plus grande
charge) et intégrer les nouveaux usages de l’électricité en veillant à
intelligence des réseaux auxquels ils vont être raccordés pour ne
maintenir, voire à améliorer la qualité, la continuité et la sécurité
pas constituer un risque pour la stabilité du réseau et la qualité de
de l’alimentation, ainsi que la sûreté de fonctionnement du sys-
son fonctionnement, le tout dans un marché de l’électricité ouvert.
tème électrique. De ce fait, plusieurs définitions du réseau élec-
trique intelligent sont proposées par ces institutions ; le concept
est toutefois en cours d’harmonisation, même si ces définitions
Tableau 1 – Objectifs de développement sont toutes cohérentes entre elles.
de la production d’électricité d’origine renouvelable Historiquement, les premiers usages du terme Smart Grids
en France métropolitaine continentale viennent des États-Unis. Les instances énergétiques au niveau
international n’ont repris le concept qu’ultérieurement.
Puissance installée 2028
au 31/12 2023 Option Option 2.1.1 Définition du ministère américain
(en GW) basse haute de l’Énergie (United States Department
of Energy (US-DOE))
Énergie éolienne terrestre 24,6 34,1 35,6
Aux États-Unis, le concept de Smart Grids est apparu comme
Énergie radiative du soleil 20,6 35,6 44,5 une évolution du réseau électrique traditionnel, dans lequel des
technologies numériques, comme Internet, permettent à la fois des
Hydroélectricité (dont communications double sens entre les utilities et les consomma-
25,7 26,4 26,7
énergie marémotrice) teurs finaux mais aussi l’observation et la détection sur les lignes
électriques. Dans les Smart Grids, les contrôles, les automatismes,
Éolien en mer 2,4 4,7 5,2
les nouvelles technologies et les équipements logiciels agiront de
Méthanisation 0,27 0,34 0,41 manière coordonnée avec le réseau électrique pour répondre rapi-
dement aux évolutions de la demande électrique.
Les Smart Grids vont permettre de faire passer l’industrie de
l’énergie vers plus de fiabilité, disponibilité, efficacité. Les béné-
Tableau 2 – Objectifs de développement fices attendus en sont :
de l’électromobilité – un acheminement plus efficace de l’énergie ;
– la restauration plus rapide de l’électricité après des défauts ;
31 31 – la réduction des coûts de gestion et opératoires pour les utili-
Échéance décembre décembre ties, conduisant à une diminution du coût de l’énergie pour les
2023 2028 clients finaux ;
– la réduction des pics de consommation, ce qui conduira à une
Véhicules électriques 600 000 3 000 000 diminution des coûts de l’électricité ;
– la pénétration de plus en plus importante et à plus vaste
Véhicules particuliers hybrides
500 000 1 800 000 échelle des énergies renouvelables dans le système électrique ;
rechargeables
– une meilleure intégration du consommateur-producteur
Véhicules électriques 600 000 3 000 000 d’énergie dans le système électrique ;
– une sécurité accrue du réseau.
Véhicules utilitaires légers Toutefois, le concept de Smart Grids ne repose pas uniquement
électriques ou hybrides 170 000 500 000 sur les utilities et les nouvelles technologies, il met le consomma-
rechargeables teur au cœur du système en le rendant acteur car il lui donne les
outils pour être informé de sa consommation d’énergie et de son
Véhicules lourds à faibles prix en temps réel et à tout instant. Cette facturation instantanée
21 000 65 000
émissions au coût réel lui permettra de faire des économies en consommant
117
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moins quand l’énergie est le plus cher. Enfin, les Smart Grids sont (producteurs, consommateurs, producteurs/consommateurs) afin
composés de millions de composants et nouvelles technologies de constituer un système rentable et durable, présentant des pertes
qui gagnent peu-à-peu en maturité, et à terme, à l’échelle de la faibles et un niveau élevé de qualité et de sécurité d’approvision-
société, les changements opérés par les Smart Grids pourront nement ».
s’apparenter à ceux apportés par Internet dans la façon où nos Rendre les réseaux électriques intelligents revenait donc à modi-
sociétés vivent, travaillent, fonctionnent [7]. fier le système de réseaux reposant sur une gestion unidirection-
nelle de l’amont vers l’aval, en introduisant une gestion
2.1.2 Définition de l’Agence internationale systématique, intégrée à plusieurs niveaux, et bidirectionnelle, de
de l’énergie (International Energy Agency – la production centralisée aux productions décentralisées.
IEA) Les Smart Grids doivent alors répondre aux priorités de la nou-
velle économie de l’électricité que l’on peut synthétiser en trois
Pour l’IEA, les Smart Grids sont des réseaux électriques qui uti- grandes valeurs d’usage :
lisent des technologies avancées numériques pour surveiller et
– l’intégration des énergies renouvelables, intermittentes, et des
mieux gérer le transport de l’énergie de toutes les sources de pro-
nouveaux usages électriques ;
duction afin de satisfaire les différents besoins en énergie des
– la flexibilité de la production et de la consommation pour la
consommateurs. Les Smart Grids coordonnent les besoins et capa-
réduction de la pointe électrique ;
cités des sources de productions, des opérateurs réseau, des
– la gestion de flux d’information et d’énergies bidirectionnels
3
consommateurs, des parties prenantes des marchés de l’énergie
entre les trois niveaux de systèmes.
en en faisant fonctionner toutes les parties du système de manière
efficace, en minimisant les coûts et impacts environnementaux et Le consommateur reste l’élément central de la gestion du sys-
maximisant la fiabilité, la sécurité et la sûreté du système. tème électrique.
Ses caractéristiques principales sont : À partir des définitions citées précédemment, des éléments des-
– de permettre la participation avisée des consommateurs ; criptifs issus des réflexions du groupe de travail de la Commission
– de permettre des possibilités de production et stockage européenne sur les Smart Grids peuvent être retenus.
décentralisée ; Les experts de la Commission européenne ont identifié six ser-
– de permettre la création de nouveaux produits, services et vices de haut niveau [8] :
marchés ; 1) Intégration des nouveaux utilisateurs et besoins
– de garantir une desserte d’énergie en correspondance avec les (Enabling the network to integrate users with new
besoins ; requirements) : il s’agit de questions liées à l’insertion de la pro-
– d’optimiser l’utilisation des actifs d’exploitations ; duction décentralisée de petite et de grande taille, en considérant
– de fournir des capacités d’auto-cicatrisation face aux agres- son caractère aléatoire, et à l’intégration du stockage et des véhi-
sions, aux perturbations suite à incidents et autres catastrophes cules électriques sur les réseaux de distribution ;
naturelles, et ainsi permettre de limiter les temps d’interruptions 2) Amélioration de l’efficacité opérationnelle (Enhancing
de service, tant spatialement que temporellement. efficiency in day-to-day grid operation) : améliorer l’efficacité
du réseau grâce à des automates, des systèmes de surveillance et
de protection plus performants, opérant en temps réel. Des détec-
2.2 Smart Grids au niveau européen tions et résolutions de défauts sur les réseaux plus rapides doivent
contribuer à améliorer la continuité du niveau fourniture d’énergie ;
La Commission européenne aussi a ressenti le besoin d’homo- 3) Sécurité et qualité de fourniture (Ensuring network
généiser la vision européenne du concept, et ce bien avant de security, system control and quality of supply) : promouvoir
savoir s’il y avait matière à légiférer en matière de développement la sécurité du système par un suivi intelligent et efficace des
de Smart Grids. La « Smart Grids Task Force » a donc été créée en sources d’énergie distribuées et des services systèmes. Le réseau
2010 sous l’égide de la « Direction Générale Énergie » (Directorate- doit être capable de gérer la production intermittente sans nuire à
General for Energy). L’objectif de ce groupe de travail était d’étu- la qualité de fourniture d’énergie ;
dier les éléments techniques, réglementaires et commerciaux rela- 4) Meilleure planification des investissements (Enabling
tifs aux Smart Grids afin de préparer leur déploiement dans le better planning of future network investment) : utiliser les
cadre du troisième paquet « énergie climat ». Les Smart Grids données collectées pour permettre une modélisation plus précise
étaient considérés comme parmi les outils importants dans du réseau, particulièrement en basse tension, prendre en compte
l’atteinte des objectifs énergétiques affichés par le plan d’action. les nouveaux utilisateurs du réseau pour optimiser le dimension-
Les mots-clés mis en avant étaient : efficacité, performance écono- nement des infrastructures et réduire leur impact environnemental,
mique, bénéfice pour le consommateur, services. Cette démarche introduire de nouvelles méthodes pour une exploitation active des
a complété les initiatives antérieurement prises par la « Direction ressources distribuées ;
Générale Recherche et Innovation » (Directorate-General for 5) Amélioration du marché et des services clients (Impro-
Research and Innovation) visant à favoriser les expérimentations ving market functioning and customer service) : améliorer
de techniques ou de services engagées par les opérateurs. les performances et la fiabilité du fonctionnement du marché de
Pour mener ces travaux à bien, trois groupes de travail (Expert l’énergie grâce à des données plus précises et à de meilleurs
Group – EG) ont été créées : échanges de données entre les acteurs du marché, permettant
ainsi aux utilisateurs une plus grande implication ;
– EG1 – Fonctionnalités des Smart Grids (Functionalities for 6) Implication des consommateurs (Enabling and encoura-
Smart Grid) ; ging stronger and more direct involvement of consumers in
– EG2 – Recommandation de réglementation pour la sécurité des their energy usage and management) : améliorer les informa-
données, le traitement des données et la protection des données tions données aux consommateurs grâce au système de comptage
(Regulatory recommendation for data safety, data handling and intelligent et ainsi leur permettre de modifier leur comportement
data protection) ; énergétique en fonction de signaux tarifaires ou relatif à l’état du
– EG3 – Rôles et responsabilités des acteurs impliqués dans le réseau. Promouvoir de la sorte la participation de tous les acteurs
déploiement des Smart Grids (Roles and responsibilities for actors au marché de l’énergie par des programmes de « Demand
involved in the Smart Grids deployment). Response », une gestion plus efficace des productions d’énergie
À l’issue des réflexions, les Smart Grids ont été définis comme intermittentes. Les bénéfices directs en seront des réductions de
« des réseaux électriques capables d’intégrer efficacement les com- pics de consommation et d’investissements réseaux, une plus
portements et actions de tous les utilisateurs qui y sont raccordés grande capacité d’insertion des énergies renouvelables.
118
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A. Intégration de nouveaux
utilisateurs et besoins
Utilisateurs Autres
réseau Opérateurs acteurs
3
réseau
Infrastructure électrique
Figure 1 – Smart Grids – articulation entre réseaux et services (source EU Commission Task Force for Smart Grids – EG 1 – décembre 2010)
Ces six services réseaux amènent à dire qu’il est essentiel de 2.3 Smart Grids en France
bien distinguer le concept de « Smart Grids » des autres concepts
comme « Smart City » ou « Smart Home ». Les Smart Grids Les différents points de vue émis par les acteurs industriels et
concernent d’abord le réseau électrique, des moyens de produc- institutionnels du domaine en France montrent l’ampleur du sujet
tion jusqu’au compteur du consommateur. Il s’insère dans un qui touche à la fois aux technologies du système électrique mais
cadre plus vaste de « Smart System » dans lequel diverses briques également à la réglementation et la régulation du secteur, à la poli-
sont assemblées. Un des objectifs de ce premier travail a été de tique énergétique dans son ensemble vue comme levier pour inflé-
décrire cette brique de façon à ce qu’elle s’assemble facilement chir les choix économiques, aux aspects sociétaux de l’énergie, à
avec les autres en apportant les services attendus qu’elle porte l’évolution des métiers... Le sujet est donc très vaste.
naturellement de par sa fonction.
Le synoptique de la figure 1 permet de comprendre que les Smart
Grids constituent un ensemble de services tournés vers les clients
2.3.1 Historiquement EDF engagé
d’une part et vers l’optimisation globale du système d’autre part. dans l’intelligence des réseaux
Ces services réseaux restent développés au bénéfice du client.
RTE, le gestionnaire de réseau de transport français, et Enedis, le
Les Smart Grids couvrent un vaste domaine et il va falloir savoir gestionnaire d’une majorité des réseaux de distribution français,
tenir compte de l’évolution continuelle des technologies dispo- ont depuis longtemps intégré dans leurs axes de recherche, l’inté-
nibles. Parmi elles, certaines ne sont pas nouvelles et ont déjà rêt de l’introduction de plus d’intelligence dans le système électro-
commencé depuis de nombreuses années. D’autres sont plus inno- technique de transport/distribution.
vantes et entachées d’incertitudes industrielles comme le stockage.
Cette introduction s’est d’abord traduite par une plus forte auto-
La viabilité économique de toutes ces technologies est également
matisation des processus existants pour améliorer la qualité de
un élément à prendre en compte.
fourniture, sans changer fondamentalement le fonctionnement du
D’un point de vue réseau, les Smart Grids couvrent a priori système électrique.
l’ensemble du système électrique, à savoir le transport et la distri- Deux voies principales ont été explorées :
bution. Les ruptures sont cependant plus fortes du côté de la distri-
bution. L’essor de la production décentralisée, l’implication des – mieux connaître les besoins en énergie pour mieux dimension-
clients sur le niveau de la demande, l’instrumentation du réseau ner le système, à la fois au niveau production et acheminement de
ont un plus fort impact sur le réseau de distribution alors que le l’électricité ;
réseau de transport est déjà engagé dans une évolution de même – profiter des performances des nouveaux systèmes de commu-
nature mais depuis plus longtemps. La démarche y est structurée nication pour accélérer toutes les interventions sur le réseau : rece-
au niveau européen, poussée en cela par l’accroissement des voir plus vite et plus d’informations sur le système, commander à
besoins de transits transfrontaliers. distance plus d’équipements de façon de plus en plus intelligente.
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Référence Internet
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Mais des facteurs externes sont venus remettre en cause les pro- a créé un site de partage sur le sujet et elle exprime la question de
cessus traditionnels. la façon suivante [9] :
– la production d’origine renouvelable se caractérise par une « Pour faire face aux mutations du paysage énergétique, il est
intermittence et une prévisibilité plus faible que les moyens nécessaire de moderniser le système électrique. Les contextes
traditionnels ; français et européen des réseaux électriques conduisent à privilé-
gier le déploiement des technologies de Smart Grids plutôt que le
– de nouveaux usages (comme le véhicule électrique), si l’on ne
remplacement et le renforcement massif des réseaux.
gère pas leur raccordement sur le réseau pourraient nécessiter des
investissements considérables qu’il faut optimiser. L’intégration des nouvelles technologies de l’information et de la
communication aux réseaux les rendra communicants et permettra
On constate que le système électrique évolue progressivement de prendre en compte les actions des acteurs du système élec-
d’un système purement descendant (on adapte la production à la trique, tout en assurant une livraison d’électricité plus efficace,
consommation) vers un système interactif ou production et économiquement viable et sûre.
consommation devront s’adapter simultanément et intelligemment
pour assurer au moindre coût l’équilibre permanent offre/demande. Le système électrique sera ainsi piloté de manière plus flexible
Nous ne sommes plus dans l’amélioration des processus tradition- pour gérer les contraintes telles que l’intermittence des énergies
nels mais dans la mise en place de nouveaux processus. renouvelables et le développement de nouveaux usages tels que le
véhicule électrique. Ces contraintes auront également pour effet de
faire évoluer le système actuel, où l’équilibre en temps réel est
CENTRE
DE CONTRÔLE
• Centrale nucléaire DES GESTIONNAIRES
• Centrale hydraulique DE RÉSEAUX
• Turbine à gaz D’ÉLECTRICITÉ
• Éoliennes offshore
• Éoliennes
• Grand parc
photovoltaïque
• Petit parc
photovoltaïque Ligne
très haute
tension
Ligne • Usine
moyenne • TGV
tension
PARC DE
PRODUCTION
Ligne
basse • Immeuble
TRANSPORT tension • TER
ET DISTRIBUTION • Centres commerciaux
D’ÉLECTRICITÉ • Zone pavillonnaire
• Maison individuelle
• Ferme Injection d’électricité
CONSOMMATION /
Consommation d’électricité
PRODUCTION
Flux d’électricité
Boîtier de communication
transmettant des informations
au réseau et aux consommateurs
120
Référence Internet
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2.3.3 Vision des industriels du domaine électrique L’association Think Smartgrids est notamment chargée d’organi-
ser, en France et à l’étranger, des manifestations pour promouvoir
[Link] GIMELEC les savoir-faire en matière de REI. Elle accompagne le développe-
ment des PME/PMI et assure la représentation de ses membres
Le GIMELEC, groupement des industriels fabricant et intégrant auprès des pouvoirs publics et des instances européennes et inter-
du matériel électrique, a également exprimé son engagement dans nationales.
les Smart Grids et a publié un livre blanc sur le sujet [18].
Parallèlement, Think Smartgrids réalise un inventaire de la filière
En synthèse, le GIMELEC affiche quatre axes forts : REI/Smartgrids, de ses démonstrateurs et de ses showrooms en
– la disponibilité des technologies nécessaires au déploiement France, afin notamment d’en promouvoir les réalisations à l’étran-
des Smart Grids, ce qui réduit le risque technique ; ger. Elle assure enfin une mission de communication sur les sujets
– un projet efficace sur le plan économique mais qui doit être et les enjeux concernant le secteur des REI/Smartgrids en France,
accompagné sur le plan réglementaire, juridique et fiscal ; en Europe et à l’international.
– une démarche induisant des emplois nouveaux et porteuse
d’avenir ; 2.3.4 Pôles de compétitivité énergie et TIC
– une brique importante dans la construction d’une croissance
durable. « Dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle,
la France a lancé en 2004 une nouvelle politique industrielle. Les
3
Ces axes seraient observés dans les dix domaines mentionnés
sur la figure 3. pôles de compétitivité ont été créés pour mobiliser les facteurs
clés de la compétitivité au premier rang desquels figure la capacité
d’innovation, et pour développer la croissance et l’emploi sur les
[Link] Industrie du génie numérique énergétique marchés porteurs » [12].
et sécuritaire (IGNES)
Les pôles de compétitivité « énergie » et « énergie et TIC » ont
Issu de la fusion de quatre syndicats de la construction élec-
également exprimé leur vision des Smart Grids en tant que moteur
trique (Domergie, Gimes, Gisel, sycabel), IGNES vise à définir et
de la transition énergétique [13].
promouvoir une infrastructure énergétique, numérique et sécuri-
taire unifiée et efficace pour les bâtiments résidentiels et profes- « En permettant la croissance des énergies renouvelables et leur
sionnels. IGNES fédère et représente 60 entreprises industrielles intégration dans les réseaux électriques et en rendant possible
de toute taille, basées en France et en Europe. Ces entreprises l’émergence de services favorisant la maîtrise et l’optimisation de
conçoivent, produisent et commercialisent des solutions pour la consommation d’énergie, les Smart Grids constituent un levier
l’infrastructure énergétique et numérique de tous les bâtiments essentiel de la transition énergétique. Ils cristallisent aussi des
résidentiels et tertiaires. enjeux industriels ».
■ Optimiser la consommation
Les technologies et les services en faveur de l’efficacité énergé-
tique sont amenés à interagir de plus en plus avec les réseaux. Il
s’agit ainsi d’optimiser le recours aux sources de production et
d’assurer le pilotage d’un réseau allant vers plus de décentralisa-
tion. La gestion des pointes de consommation est particulièrement
critique du fait des risques qu’elles font peser sur l’équilibre du
réseau.
Les compteurs intelligents seront amenés à jouer un rôle clé
entre d’un côté des services qui concernent l’optimisation de la
consommation et de l’autre la gestion des contraintes des réseaux
électriques. Son déploiement est essentiel. Le développement des
bâtiments pouvant être consommateur à certaines heures, produc-
teur d’énergie à d’autres, devra être considéré comme une chance
pour l’innovation. Le compteur intelligent sera un des éléments de
cette évolution, il favorisera les innovations dans les technologies,
Figure 3 – Les dix fonctions intégrées des réseaux électriques les services et les usages des « consomm’acteurs » et constituera
intelligents (extrait du livre blanc GIMELEC) l’un des enjeux des prochaînes années ».
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aux réseaux de distribution Dans ce contexte d’évolution massive des EnR raccordées sur le
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RPD, Enedis a affiché, et ce depuis plusieurs années, un engage-
ment fort dans le développement des smart grids, tant à l’interne
Le contexte d’insertion des énergies renouvelables (EnR) (en qu’à l’externe [8] [9]. Il vise à répondre aux deux enjeux majeurs
particulier les énergies éolienne et photovoltaïque) aux réseaux suivants :
publics de distribution (RPD) est toujours en forte progression, et – moderniser la gestion du réseau de distribution et accroître la
ce grâce à une politique publique favorable et des tarifs d’achat performance d’Enedis en intégrant les nouvelles technologies ;
qui permettent de maintenir un rythme d’évolution quasi stable – accompagner les acteurs du système électrique et les terri-
depuis plusieurs années. La production éolienne augmente régu- toires dans la transition énergétique.
lièrement depuis 2005 et la production photovoltaïque depuis
2009 (figure 1). Ces EnR sont raccordées à plus de 90 % sur les Cet engagement est d’autant plus prégnant dans un contexte de
réseaux de distribution en HTA et en BT. déploiement massif des énergies renouvelables décrit ci-avant,
qui se raccordent à plus de 90 % sur les réseaux publics de distri-
L’état du parc de production raccordé au RPD géré par Enedis bution, mais aussi de fort développement du véhicule électrique
est accessible sur Internet et est donné à fin juin 2017 dans le (VE).
tableau 1.
Il s’intègre également dans le contexte du code « Requirements
Au 30 juin 2017, le parc de production renouvelable représente for Generators » (RfG), un des codes de réseau européens définis-
plus de 19,5 GW, dont 10,9 GW d’installations éoliennes et plus de sant des règles adoptées par l’Union européenne pour être appli-
6 GW d’installations photovoltaïques. Il représente environ 19 % quées à travers les États membres, et dont l’objectif est de faciliter
des 104 GW de production (toutes filières confondues) installés en l’harmonisation, l’intégration et l’efficacité du marché européen
France en 2017. de l’électricité. Le code RfG est un des codes de raccordement
Les installations éoliennes sont exclusivement raccordées au couvrant les règles et exigences de raccordement des producteurs
réseau HTA. aux réseaux. Il s’intègre également aux délibérations de la Com-
L’éolien
12 000 représente
aujourd’hui
10,9 GW
10 000
Puissance [MW]
8 000
Le PV
représente
6 000 aujourd’hui
6 GW
4 000
L’hydraulique
2 000 représente
aujourd’hui
1,5 GW
0
05 06 07 08 09 10
c.-
11 12 13 14 15 16
éc
.- c.- c.- c.- c.- c.- c.- c.- c.- c.- c.-
d dé dé dé dé dé dé dé dé dé dé dé
Biogaz, biomasse, disp, thermique Cogénération Déchets ménagers et assimilés Éolien Hydraulique Photovoltaïque
Figure 1 – Évolution de la production raccordée aux réseaux publics de distribution (RPD) à fin juin 2017
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Tableau 1 – État du parc des installations raccordées au réseau géré par ERDF à fin juin 2017
Photovoltaïque
Dispatchable
Hydraulique
et assimilés
Total ENR
ménagers
Biomasse
Déchets
Biogaz
Divers
Éolien
Total
Nombre 1 429 362 890 2 113 479 30 82 367 023 647 113 8 768 367 791
Puissance [MW] 10 893 6 013 1 571 368 157 509 19 511 2 126 700 4 2 830 22 341
3
et fin Puissance 1 233 464 89 29 8 10 1 833 259 24 –1 282 2 115
juin 2017 [MW] (11 %) (8 %) (6 %) (8 %) (5 %) (2 %) (9 %) (12 %) (3 %) (–11 %) (10 %) (9 %)
mission de régulation de l’énergie (CRE) sur les réseaux élec- régleur en charge du poste source et maintenir les tensions HTA
triques intelligents du 12 juin 2014 puis du 8 décembre 2016 et au dans les limites réglementaires. Pour la régulation locale, une pro-
chantier REI 6 gouvernemental de la Nouvelle France industrielle duction en réactif des producteurs (solution B : Q = f(U)) a été tes-
lancé en 2015. tée.
Après le développement de solutions et la mise en œuvre de Une étude des interactions entre les leviers A et B a été menée
démonstrateurs, le temps est venu, pour les solutions les plus dans le cadre de Venteea, avec la coordination associée si besoin
mûres, de passer à une phase d’industrialisation et de déploie- (solution C). Une méthode de régulation de tension BT reposant
ment ciblé de façon à optimiser leur valeur technico-économique. sur l’utilisation de transformateurs HTA/BT avec régleurs en
Dans le cadre du projet d’entreprise, cette industrialisation contri- charge a aussi été testée (solution D), d’abord en laboratoire puis
buera à placer Enedis comme référence industrielle de la distribu- sur le terrain. Leur gestion est essentiellement locale et s’appuie
tion en Europe et leader de la révolution technologique. sur des capteurs BT. Une gestion de réactif à l’interface RPT/RPD
Chacune des solutions techniques retenues dans la vision cible (via les gradins de condensateurs et l’injection forcée de réactif
des réseaux électriques intelligents en France évolue en suivant des producteurs sur départs dédiés) est aussi à l’étude pour un
les trois mêmes étapes d’intégration et de sélection : prochain palier du système d’information (SI) de conduite
(solution E).
– recherche et développement et open innovation ;
– expérimentations, démonstrateurs ; Des études d’interactions des régulations HTA et BT pourraient
– industrialisation et déploiement. à terme être menées (solution F).
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