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Ds 6 Corr

Ce document présente plusieurs exercices sur les fonctions de la variable réelle et l'algèbre linéaire. Il contient des définitions, théorèmes et démonstrations sur ces sujets. Les exercices portent notamment sur les développements limités, les points fixes de fonctions, les sommes directes d'espaces vectoriels et les projecteurs d'espaces vectoriels.

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Ce document présente plusieurs exercices sur les fonctions de la variable réelle et l'algèbre linéaire. Il contient des définitions, théorèmes et démonstrations sur ces sujets. Les exercices portent notamment sur les développements limités, les points fixes de fonctions, les sommes directes d'espaces vectoriels et les projecteurs d'espaces vectoriels.

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MPSI2 — Lycée Malherbe — 2016/17 DS6, le 4 mars — 1/7

Fonctions de la variable réelle et algèbre


linéaire
Exercice 1 : (Proche du cours)
1. Énoncer le théorème des valeurs intermédiaires et l’égalité des accroissements finis.
cf. cours
2. Donner les définitions de « famille libre » et « famille génératrice ».
cf. cours
3. Donner le développement limité en 2 à l’ordre 4 de ln.
Lorsque h tend vers 0, on a
→0
 
z}|{
 h 
ln(2 + h) = ln(2) + ln  1 + 
0  2 

h h2 h3 h4
+ O h4 .

= ln(2) + − + −
0 2 8 24 64
4. Montrer que la fonction f : R → R, x 7→ cos x2 admet un unique point fixe l sur R et que

quel que soit le point a de R, la suite u définie par
u0 = a et ∀n ∈ N, un+1 = f (un )
converge vers l.
− sin( x2 )
Observons que f − idR est dérivable sur R de dérivée x 7→ 2
− 1 6 − 12 < 0 et est donc
strictement décroissante sur R. Puisque f est bornée, f − idR tend vers −∞ en +∞ et vers
+∞ en −∞. D’après le théorème de la bijection, f − idR en est une de R sur lui-même : en
particulier, 0 n’a qu’un seul antécédent, et donc f un unique point fixe, disons l. Pour tout réel
a, |u0 − l| 6 |a−l|
20
ce qui initialise la propriété suivante pour n = 0 : |un − l| 6 |a−l| 2n
. On en
prouve l’hérédité en fixant un entier n et en la supposant vraie à ce rang. On a a alors
|un − l| |a − l|
|un+1 − l| = |f (un ) − f (l)| 6 6 n+1
2 2
où l’inégalité centrale est obtenue par inégalité des accroissements finis car f est dérivable de
dérivée bornée par 12 . Le principe de récurrence prouve l’inégalité pour tout entier n et il suffit
de le faire tendre vers +∞ pour obtenir lim u = l.
5. Soient f et g deux fonctions de R vers R, la première uniformément continue et la seconde
K-lipschitziennne pour un certain réel Kqu’on supposera strictement positif. Montrer que g ◦ f
et f ◦ g sont uniformément continues.
On fixe un réel ε strictement positif. Par uniforme continuité de f :
ε
∃δ ∈ R∗+ tq ∀(x, y) ∈ R2 , |x − y| < δ ⇒ |f (x) − f (y)| < .
K
Par suite
∀(x, y) ∈ R2 , |x − y| < δ ⇒ |g(f (x) − g(f (y))| 6 K |f (x) − f (y)| < ε
ce qui prouve l’uniforme continuité de g ◦ f . Pour celle — faite en classe — de f ◦ g, l’uniforme
continuité de f donne :
∃δ ∈ R∗+ tq ∀(x, y) ∈ R2 , |x − y| < δ ⇒ |f (x) − f (y)| < ε.
MPSI2 — Lycée Malherbe — 2016/17 DS6, le 4 mars — 2/7

Par suite
δ
∀(x, y) ∈ R2 , |x − y| < ⇒ |g(x) − g(y)| 6 K |x − y| < δ ⇒ |f (g(x)) − f (g(y))| < ε
K
ce qui prouve l’uniforme continuité de f ◦ g.
Exercice 2 : (Un peu d’algèbre linéaire — K désigne R ou C)
1. Soient n un entier naturel, E et F deux K-espaces vectoriels, E1 , . . . , En des sous-espaces
vectoriels de E en somme directe et f est une application linéaire injective de E vers F .
Montrer que f (E1 ), . . . , f (En ) sont également en somme directe.
On fixe donc (yi )i ∈ ni=1 f (Ei ) tel que ni=1 yi = 0F et on montre que les yi sont tous nuls.
Q P
Or, pour tout i dans [[1, n]], il existe xi dans Ei tel que yi = f (xi ) et donc
n n n
!
X X X
0F = yi = f (xi ) = f xi
i=1 i=1 i=1
Pn
et donc par injectivité de f , 0E = i=1 xi mais par caractère directe de la somme des Ei ,
chaque xi est nul et donc il en est de même de yi = f (xi ), et ce quel que soit i dans [[1, n]]
comme voulu.
2. Soient p et q deux endomorphismes d’un K-espace vectoriel E. Montrer que pq = p et qp = q
si et seulement si ce sont deux projecteurs de même noyau.
Commençons par l’implication ⇒. On suppose donc pq = p et qp = q et on calcule p2 =
(pq)(pq) = p(qp)q = pqp = p(qp) = pq = p donc p est un projecteur. De même pour q. Pour
tout x de E,
x ∈ Ker(p) ⇒ p(x) = 0E ⇒ q(x) = q(p(x)) = q(0E ) = 0E ⇒ x ∈ Ker(q)
et donc Ker(p) ⊂ Ker(q) et par symétrie des rôles de p et q on a l’inclusion réciproque. Passons
à l’implication réciproque et supposons que p2 = p et q 2 = q et Ker(p) = Ker(q). Alors, pour
tout vecteur x de E,
x = x − p(x) +p(x) donc q(x) = qp(x)
| {z }
∈Ker(p)⊂ker(q)

ce qui montre que qp = q. Par symétrie des rôles on a également pq = p.


3. Soient α et β deux scalaires distincts et f un endomorphisme d’un K-espace vectoriel tels que
(f − α.idE )(f − β.idE ) = 0L(E) . En procédant par analyse puis synthèse, montrer que
E = Ker (f − α.idE ) ⊕ Ker (f − β.idE ) .
Montrer, au passage, que la projection sur Ker (f − α.idE ) parallèlement à Ker (f − β.idE ) est
un polynôme en f .
Soit x dans E. Montrons qu’il existe un unique couple (y, z) ∈ Ker (f − α.idE )×Ker (f − β.idE )
tel que x = y + z. Procédons par analyse pour trouver l’unique candidat : on le suppose trouvé
et on le note (y, z). Alors, par linéarité de f ,
f (x) = f (y) + f (z) = α.y + β.z
En multipliant x = y + z par α et en retranchant f (x) = α.y + β.z on obtient α.x − f (x) =
α.z −β.z et comme α 6= β il vient z = α.x−f
α−β
(x)
ce qui impose également y = x−z = β.x−f β−α
(x)
soit
en calculant soit en utilisant le même raisonnement sur le couple (z, y). Passons à la synthèse,
ce qui prouvera l’existence : posons z := α.x−f
α−β
(x)
et y := β.x−f
β−α
(x)
. On vérifie alors que
α.x − f (x) − β.x + f (x)
z+y = =x
α−β
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et également
α.f (x) − f 2 (x) − βα.x + β.f (x)
 
α.x − f (x)
(f − β.idE ) =
α−β α−β
2
(f − (α + β)f + αβ.idE ) (x)
=
β−α
(f − α.idE ) (f − β.idE ) (x) 0L(E) (x)
= = = 0E
β−α β−α
Ainsi z ∈ Ker (f − β.idE ). On a de même y ∈ Ker (f − α.idE ), ce qui achève la synthèse et
prouve que E = Ker (f − α.idE ) ⊕ Ker (f − β.idE ). Au passage on a vu que le projeté d’un
vecteur x de E sur Ker (f − α.idE ) parallèlement à Ker (f − β.idE ) était β.x−f
β−α
(x)
et donc que
β.idE −f β−X
la projection souhaitée n’est autre que β−α = β−α (f ) qui est bien un polynôme en f .
Exercice 3 : (Inégalités de Young et de Hölder)
1. Soit f : R+ → R+ continue et bijective et dérivable sur R∗+ .
a. Montrer que f (0) = 0.
Procédons par l’absurde et supposons que f (0) 6= 0. Alors, puisque f est à valeurs dans R+ ,
f (0) > 0. Puisqu’elle est en outre injective et continue elle est monotone sur R+ , donc ou
bien croissante, ou bien décroissante. Dans le premier cas, le réel positif f (0)
2
ne saurait avoir
d’antécédent, dans le second c’est le réel positif 1 + f (0) qui n’en aurait pas, contredisant la
surjectivité de f dans les deux cas. Finalement, f (0) = 0.
b. Montrer que pour tout réel positif x,
Z x Z f (x)
f (t)dt + f −1 (t)dt = xf (x).
0 0

On pourra commencer par se convaincre du résultat par un dessin, puis montrer que la
différence des deux membres de l’égalité, vue comme fonction de la variable x, est nulle.
Le dessin consiste essentiellement à remarquer que la somme des deux deux aires est celle
d’un rectangle de sommets (0, 0), (x, 0), (x, f (x)) et (f (x), 0). Pour une « vraie » preuve,
introduisons Z x Z f (x)
ϕ : R+ → R, x 7→ f (t)dt + f −1 (t)dt − xf (x).
0 0

Cette
R z −1application est dérivable sur comme somme, produit et composée — f et z 7→
R+
0
f (t)dt — de fonctions qui le sont — théorème dit fondamental de l’analyse qui s’ap-
plique avec f et f toutes les deux continues, d’après le théorème de la bijection pour f −1 .
−1

En outre, pour tout réel strictement positif x,

ϕ0 (x) = f (x) + f 0 (x) × f −1 (f (x)) − f (x) − xf 0 (x) = 0.




Par suite, ϕ est constante sur l’intervalle R∗+ et donc sur R+ par continuité en 0 — composée
de telles fonctions — et cette constante n’est autre que ϕ(0) = 0 + 0 − 0 = 0. Ceci prouve
l’égalité demandée pour tout réel positif x.
c. En déduire, l’inégalité de Young : pour tous réels positifs a et b,
Z a Z b
f (t)dt + f −1 (t)dt > ab
0 0

avec égalité si et seulement si b = f (a).


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Soit a un réel positif. Observons que l’application


Z a Z b
ψ : R+ → R, b 7→ f (t)dt + f −1 (t)dt − ab
0 0

est dérivable sur R+ — mêmes arguments que précédemment — et que pour tout réel positif b,
ψ 0 (b) = f −1 (b) − a et donc par stricte croissance de f −1 , est strictement négatif sur [0, f (a)[
et strictement positif sur ]f (a), +∞[ et donc ψ est strictement décroissante sur [0, f (a)[ et
strictement croissante sur ]f (a), +∞], avec la continuité en f (a), on en déduit qu’elle admet
un minimum global strict en f (a), dont on sait d’après la question précédente qu’il est nul.
Ainsi ψ est positive et ne s’annule qu’en f (a) : c’est précisément le résultat demandé.
1 1
2. Soient p et q deux réels strictement positifs tels que p
+ q
= 1.
a. Justifier que t 7→ tp−1 se prolonge continuement en une bijection de R+ dans lui-même
dont on explicitera la réciproque ainsi que des primitives de chacune d’elles — on fera
particulièrement attention à 0.
Puisque 0 < p1 = 1 − 1q < 1 on a par décroissance de la fonction inverse sur R∗+ , p > 1.
Par suite, p − 1 > 0 et donc on sait que la bijection réciproque de R∗+ → R∗+ , t 7→ tp−1 est
1
R∗+ → R∗+ , t 7→ t p−1 = tq−1 car la dernière des assertions suivantes est une hypothèse :
1 1 1
= q − 1 ⇔ 1 = (p − 1)(q − 1) ⇔ 1 = pq − p − q + 1 ⇔ p + q = pq ⇔ + = 1.
p−1 p q
Les deux applications précédentes se prolongent continuement en 0 par la valeur 0 car p − 1
p
et q − 1 sont strictement positifs. Ces deux prolongements admettent respectivement t 7→ tp
q
et t 7→ tq pour primitives sur R∗+ qui se prolongent eux aussi par 0 en 0 et on observe que
ces prolongements-là sont alors dérivables en 0 de nombre dérivé 0 car
hp
p
−0 hp−1
= −→ 0 et idem pour q.
h p h→0
Ainsi ces derniers prolongements sont des primitives sur R+ des premiers prolongements.
b. En déduire, à l’aide de l’inégalité de Young, que :
ap b q
∀(a, b) ∈ R2+ , ab 6 + .
p q

L’inégalité de la partie précédente s’applique car t 7→ tp−1 est bien dérivable sur R∗+ et
elle s’écrit alors pour tous réels positifs a et b — en prenant la « notation prolongée »
0p = 0q = 0 :
Z a Z b  p a  q b
p−1 q−1 t t ap b q
ab 6 t dt + t dt = + = + .
0 0 p t=0 q t=0 p q

3. Soient f et g deux fonctions continues sur [0, 1]. On va montrer en deux temps que
Z 1
Z 1  p1 Z 1  1q
p q


f (t)g(t)dt 6 |f (t)| dt |g(t)| dt .
0 0 0

a. Montrer l’inégalité précédente en supposant que


Z 1 Z 1
p
|f (t)| dt = |g(t)|q dt = 1.
0 0
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Pour tout réel t de [0, 1] on peut appliquer l’inégalité précédente avec les réels positifs |f (t)|
et |g(t)| :
|f (t)|p |g(t)|p
|f (t)g(t)| 6 +
p p
qu’on s’empresse d’intégrer entre 0 et 1, pour obtenir :
Z 1 Z 1


f (t)g(t)dt 6 |f (t)g(t)| dt intégration de la valeur absolue
0 0
R1 R1
0
|f (t)|p dt |g(t)|p dt
6 + 0 croissance et linéarité de l’intégrale
p p
1 1
= + hypothèse sur les deux intégrales
p q
=1 hypothèse sur p et q
Z 1  p1 Z 1  1q
= |f (t)|p dt |f (t)|p dt hypothèse sur les deux intégrales.
0 0

b. Montrer l’inégalité demandée dans le cas général en se ramenant au cas particulier précédent.
R1 R1
Notons F := 0 |f (t)|p dt et G := 0 |g(t)|q dt. Si l’un d’eux est nul, alors par continuité
et croissance de |f |p ou |g|q , on en déduit que l’une de ces fonctions est nulle — caractère
défini de l’intégrale. Par suite f ou g est nulle et l’inégalité est satisfaite car il s’agit de
1
0 6 0 — c’est le sens qu’on donne à 0 p lorsque p > 0, il s’agit du prolongement continu
déjà utilisé. On traite alors le cas où F et G sont non nuls et on se ramène au précédent en
considérant f1 et g1 , car alors,
Fp Gp
R1 p R1 p
1 f (t) p g(t) p
Z 1
|f (t)| dt 1 dt = 0 |g(t)| dt = 1.
Z
1 dt = 0
= 1 et
0 F
p F 0 G
p G
On peut donc leur appliquer le résultat précédent qui disait en particulier
Z 1
f (t) g(t)
1> 1 1 dt

F Gq
p
0
1 1
et il ne reste plus qu’à multiplier par F p G q strictement positif de part et d’autre pour obtenir,
comme voulu Z 1
1 1
F G >
p q |f (t)g(t)| dt.
0

Exercice 4 : (Égalité de Taylor-Lagrange à la sauce espace vectoriel)


Soient deux réels a < b et un entier naturel n. On note E le R-espace vectoriel des fonctions
[a, b] → R continuement dérivables n fois et dont la dérivée n-ième est dérivable sur ]a, b[ et on pose
également
F := f ∈ E tq ∀k ∈ [[0, n]], f (k) (a) = 0 .


Pour tout polynôme P à coefficients réels, on notera Pe : [a, b] → R, t 7→ P (t). Un des buts de
l’exercice est de montrer l’égalité de Taylor-Lagrange, à savoir l’énoncé suivant :
n
X f (k) (a) f (n+1) (c)
∀f ∈ E, ∃c ∈]a, b[ tq f (b) = (b − a)k + (b − a)n+1 .
k=0
k! (n + 1)!

1. Quelques rappels sur les polynômes.


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a. Justifier que R[X] → R[X], P 7→ P ◦ (X − a) est un isomorphisme de R-espaces vectoriels.


Il s’agit d’une application linéaire — et même d’un morphisme d’anneaux — dont la réci-
proque est évidemment P 7→ P ◦ (X + a).

b. En déduire que (X − a)k k∈N est une base de R[X] et rappeler ce que sont les coordonnées
d’un polynôme P dans  cette base en fonction des dérivées successives de P évaluées en a.
k k
La famille (X − a) k∈N est une base de K[X] car c’est l’image de la base canonique X k∈N
par l’isomorphisme précédent. Ainsi, pour tout polynôme P , il existe (λk )k ∈ K(N) tel que
+∞
X
P = λk (X − a)k
k=0
(k)
ce qu’on savait depuis la formule de Taylor : pour tout k ∈ N, λk = P k!(a) qui sont les
coordonnées demandées.
c. Justifier que Rn [X] → E, P 7→ Pe est bien définie et injective — dans la suite on identifiera
Rn [X] et son image dans E.
Les fonctions polynomiales sont infiniment dérivables sur leur domaine de définition, ce
qui donne un sens à l’application considérée. Puisque a < b, deux fonctions polynomiales
coïncidant sur [a, b] ont une différence, polynomiale, qui s’annule une infinité de fois et donc
le polynôme différence est nul, donc les deux fonctions polynomiales initiales sont induites
par le même polynôme.
2. Quelques remarques sur F .
a. Montrer que F est un sous-espace vectoriel de E.
On peut le faire à la main, ou citer la linéarité de l’évaluation en a, eva , et de la dérivation,
donc des dérivations k-ième, δk pour k 6 n, bien définies sur E, et la linéarité d’une
\n
composée d’applications linéaires et de constater que F = Ker(eva ◦ δk ).
k=0
b. Montrer que pour tout f ∈ F , si f (b) = 0 alors il existe c ∈]a, b[ tel que f (n+1) (c) = 0 — on
pourra montrer successivement l’annulation de f (k) en un point intérieur à [a, b] ; on remar-
quera également que cela prouve l’égalité de Taylor-Lagrange dans ce cas particulier.
Soit f ∈ F telle que f (b) = 0. Alors f est en particulier continue sur [a, b], dérivable sur
]a, b[ et f (a) = f (b) et on peut appliquer le théorème de Rolle : il existe c1 ∈]a, b[ tel que
f 0 (c1 ) = 0. Mais alors f 0 est continue sur [a, c1 ], dérivable sur ]a, c1 [6= ∅ et f 0 (a) = f 0 (c1 )
et Rolle s’applique encore : il existe c2 ∈]a, c1 [ tel que f 00 (c2 ) = 0. On peut répéter ceci
jusqu’à obtenir l’existence de cn+1 ∈]a, cn [ car f (n) est bien continue sur ce dernier segment
et dérivable sur l’ouvert avec f (n) (a) = f (n) (cPnn). Remarquons que cela prouve alors la formule
de Taylor-Lagrange dans ce cas : 0 = k=0 0 + 0.
3. Une preuve du résultat annoncé.
a. Montrer que E = F ⊕ Rn [X] — avec la notation de 1c.
On peut procéder par analyse-synthèse : si une fonction f s’écrit g + P où g ∈ F et P est un
polynôme/est polynomiale de degré inférieur à n, alors pour tout k ∈ [[0, n]], f (k) (a) = P (k) (a)
(k)
et donc le polynôme P est nécessairement P = nk=0 f k!(a) (X − a)k et donc g = f − P .
P
Pour la synthèse, on constate que le couple
n n
!
X f (k) (a) X f (k)
(a)
(g, P ) := f − (X − a)k , (X − a)k
k=0
k! k=0
k!
(l)
convient : P ∈ Rn [X] et g ∈ F essentiellement car (X^
− a)k (a) = k!δk,l .
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n
X f (k) (a)
b. Que vient-il d’être montré concernant l’application E → E, f 7→ (X^
− a)k ?
k=0
k!
Il s’agit de la projection de E sur Rn [X] parallèlement à F !
c. On rappelle que evb : E → R, f 7→ f (b) est linéaire. Montrer que
n o
F = (F ∩ Ker(evb )) ⊕ Vect (X^ − a)n+1 .
n o
^
D’abord, (F ∩ Ker(evb )) est bien un sous-espace vectoriel de F de même que Vect (X − a)n+1 ,
(k)
− a)n+1
toujours car (X^ évaluée en a est nul lorsque k n
6 n car a esto racine de multiplicité
n + 1 > k. Ceci prouve l’inclusion (F ∩ Ker(evb )) + Vect (X^ − a)n+1 ⊂ F . À nouveau une
brève analyse-synthèse conduit à l’unique décomposition
f (b) f (b)
f =f− n+1
− a)n+1 +
(X^ n+1
− a)n+1 .
(X^
(b − a) (b − a)
| {z }
∈F ∩Ker(evb )

d. En déduire l’égalité de Taylor-Lagrange dans le cas général annoncé.


(k)
Soit donc f ∈ E. Notons P := nk=0 f k!(a) (X − a)k et écrivons
P

f (b) − P (b) ^n+1 f (b) − P (b) ^n+1


f = f − Pe − (X − a) + (X − a) + |{z}
Pe .
| {z } (b − a)n+1 (b − a)n+1
∈F | {z } Rn [X]
| {z } Vect{(X−a)n+1 }
∈F ∩Ker(evb )

On sait alors d’après la question 2b qu’il existe c ∈]a, b[ tel que la dérivée n + 1 du premier
terme s’annule en c. C’est par ailleurs aussi le cas du dernier terme, car de degré strictement
inférieur à n + 1-ième et il vient donc
f (b) − P (b) f (n+1) (c)
f (n+1) (c) = (n + 1)! et donc f (b) = P (b) + (b − a)n+1
(b − a)n+1 (n + 1)!
ce qui est exactement la formule voulue.

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