MPSI2 — Lycée Malherbe — 2016/17 DS6, le 4 mars — 1/2
Fonctions de la variable réelle et algèbre
linéaire
Si le candidat relève ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il indique sur sa copie les changements qu’il est amené à faire
et poursuit. Ce devoir comporte quatre exercices indépendants ! Je ne vous rappelle pas les consignes : soin, clarté, concision,
rigueur, cadres. Bon travail à vous !
Exercice 1 : (Proche du cours, 30 minutes)
1. Énoncer le théorème des valeurs intermédiaires et l’égalité des accroissements finis.
2. Donner les définitions de « famille libre » et « famille génératrice ».
3. Donner le développement limité en 2 à l’ordre 4 de ln.
4. Montrer que la fonction f : R → R, x 7→ cos x2 admet un unique point fixe l sur R et que
quel que soit le point a de R, la suite u définie par
u0 = a et ∀n ∈ N, un+1 = f (un )
converge vers l.
5. Soient f et g deux fonctions de R vers R, la première uniformément continue et la seconde
K-lipschitziennne pour un certain réel Kqu’on supposera strictement positif. Montrer que g ◦ f
et f ◦ g sont uniformément continues.
Exercice 2 : (Un peu d’algèbre linéaire — K désigne R ou C, 30 minutes)
1. Soient n un entier naturel, E et F deux K-espaces vectoriels, E1 , . . . , En des sous-espaces
vectoriels de E en somme directe et f est une application linéaire injective de E vers F .
Montrer que f (E1 ), . . . , f (En ) sont également en somme directe.
2. Soient p et q deux endomorphismes d’un K-espace vectoriel E. Montrer que pq = p et qp = q
si et seulement si ce sont deux projecteurs de même noyau.
3. Soient α et β deux scalaires distincts et f un endomorphisme d’un K-espace vectoriel tels que
(f − α.idE )(f − β.idE ) = 0L(E) . En procédant par analyse puis synthèse, montrer que
E = Ker (f − α.idE ) ⊕ Ker (f − β.idE ) .
Montrer, au passage, que la projection sur Ker (f − α.idE ) parallèlement à Ker (f − β.idE ) est
un polynôme en f .
Exercice 3 : (Inégalités de Young et de Hölder, 60 minutes)
1. Soit f : R+ → R+ continue et bijective et dérivable sur R∗+ .
a. Montrer que f (0) = 0.
b. Montrer que pour tout réel positif x,
Z x Z f (x)
f (t)dt + f −1 (t)dt = xf (x).
0 0
On pourra commencer par se convaincre du résultat par un dessin, puis montrer que la
différence des deux membres de l’égalité, vue comme fonction de la variable x, est nulle.
c. En déduire, l’inégalité de Young : pour tous réels positifs a et b,
Z a Z b
f (t)dt + f −1 (t)dt > ab
0 0
avec égalité si et seulement si b = f (a).
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2. Soient p et q deux réels strictement positifs tels que p1 + 1q = 1.
a. Justifier que t 7→ tp−1 se prolonge continuement en une bijection de R+ dans lui-même
dont on explicitera la réciproque ainsi que des primitives de chacune d’elles — on fera
particulièrement attention à 0.
b. En déduire, à l’aide de l’inégalité de Young, que :
ap b q
∀(a, b) ∈ R2+ , ab 6 + .
p q
3. Soient f et g deux fonctions continues sur [0, 1]. On va montrer en deux temps que
Z 1 Z 1 p1 Z 1 1q
p q
f (t)g(t)dt 6
|f (t)| dt |g(t)| dt .
0 0 0
a. Montrer l’inégalité précédente en supposant que
Z 1 Z 1
p
|f (t)| dt = |g(t)|q dt = 1.
0 0
b. Montrer l’inégalité demandée dans le cas général en se ramenant au cas particulier précédent.
Exercice 4 : (Égalité de Taylor-Lagrange à la sauce espace vectoriel, 60 minutes)
Soient deux réels a < b et un entier naturel n. On note E le R-espace vectoriel des fonctions
[a, b] → R continuement dérivables n fois et dont la dérivée n-ième est dérivable sur ]a, b[ et on pose
également
F := f ∈ E tq ∀k ∈ [[0, n]], f (k) (a) = 0 .
Pour tout polynôme P à coefficients réels, on notera Pe : [a, b] → R, t 7→ P (t). Un des buts de
l’exercice est de montrer l’égalité de Taylor-Lagrange, à savoir l’énoncé suivant :
n
X f (k) (a) f (n+1) (c)
∀f ∈ E, ∃c ∈]a, b[ tq f (b) = (b − a)k + (b − a)n+1 .
k=0
k! (n + 1)!
1. Quelques rappels sur les polynômes.
a. Justifier que R[X] → R[X], P 7→ P ◦ (X − a) est un isomorphisme de R-espaces vectoriels.
b. En déduire que (X − a)k k∈N est une base de R[X] et rappeler ce que sont les coordonnées
d’un polynôme P dans cette base en fonction des dérivées successives de P évaluées en a.
c. Justifier que Rn [X] → E, P 7→ Pe est bien définie et injective — dans la suite on identifiera
Rn [X] et son image dans E.
2. Quelques remarques sur F .
a. Montrer que F est un sous-espace vectoriel de E.
b. Montrer que pour tout f ∈ F , si f (b) = 0 alors il existe c ∈]a, b[ tel que f (n+1) (c) = 0 — on
pourra montrer successivement l’annulation de f (k) en un point intérieur à [a, b] ; on remar-
quera également que cela prouve l’égalité de Taylor-Lagrange dans ce cas particulier.
3. Une preuve du résultat annoncé.
a. Montrer que E = F ⊕ Rn [X] — avec la notation de 1c.
n
X f (k) (a) ^ k
b. Que vient-il d’être montré concernant l’application E → E, f 7→ (X − a) ?
k=0
k!
c. On rappelle que evb : E → R, f 7→ f (b) est linéaire. Montrer que
n o
F = (F ∩ Ker(evb )) ⊕ Vect (X^ − a)n+1 .
d. En déduire l’égalité de Taylor-Lagrange dans le cas général annoncé.