SESSION 2021 PSI1M
ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PSI
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MATHÉMATIQUES
Durée : 4 heures
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N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie
et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.
RAPPEL DES CONSIGNES
Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d’autres
couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence
des résultats.
Ne pas utiliser de correcteur.
Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.
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Les calculatrices sont interdites.
Le sujet est composé d’un exercice et de deux problèmes indépendants.
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EXERCICE
Étude d’extremums
On considère la fonction f définie sur R2 par : ∀(x, y) ∈ R2 , f (x, y) = x3 + y3 − 3xy.
L’objectif de cet exercice est d’étudier l’existence d’extremums pour f .
Q1. Déterminer les points critiques de f .
Q2. Expliciter des points (x, y) ∈ R2 arbitrairement proches de (0, 0), tels que f (x, y) < 0.
Expliciter de même des points (x, y) ∈ R2 arbitrairement proches de (0, 0), tels que f (x, y) > 0.
La fonction f admet-elle en (0, 0) un maximum local, un minimum local ou aucun des deux ?
On considère la fonction g définie sur R2 par : ∀(u, v) ∈ R2 , g(u, v) = f (1 + u, 1 + v) − f (1, 1).
Q3. Calculer, pour tout (u, v) ∈ R2 , g(u, v) puis, pour tout (r, θ) ∈ R+ × R, g(r cos θ, r sin θ).
2 1
Q4. Prouver que pour tout (r, θ) ∈ R × R, on a : g(r cos θ, r sin θ) ≥ 3r
+
− 2r .
2
Que peut-on en conclure ?
Q5. La fonction f possède-t’elle un ou des extremums globaux ?
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PROBLÈME 1
Étude d’une famille de séries entières
Dans tout le problème, α désigne un nombre réel. On note Dα l’ensemble des réels x pour lesquels la
xn
série entière est convergente et on pose, pour tout x ∈ Dα :
n≥1
nα
+∞ n
x
fα (x) = .
n=1
nα
Objectifs
Ce problème est composé de trois parties indépendantes.
Dans la Partie I, on étudie quelques propriétés élémentaires des fonctions fα .
L’objectif de la Partie II est de construire un logarithme complexe.
Enfin, la Partie III permet d’obtenir un équivalent de fα (x) lorsque x tend vers 1, dans le cas α ∈]0, 1[.
Partie I - Quelques propriétés des fonctions fα
Q6. Déterminer le rayon de convergence R commun aux séries entières définissant les fonctions fα .
Q7. Déterminer, suivant les valeurs du réel α, le domaine de définition Dα de la fonction fα . On
distinguera les cas α ∈] − ∞, 0], α ∈]0, 1] et α ∈]1, +∞[.
Q8. On suppose dans cette question α > 0. Déterminer, pour tout x ∈ Dα , le signe de fα (x).
Q9. Expliciter f0 , f−1 et f1 .
Q10. Soit α > 1. Prouver que fα est continue sur Dα .
Q11. Soit α ≤ 1. Prouver que lim− fα (x) = +∞. On pourra comparer fα à f1 .
x→1
On suppose dans les deux prochaines questions qu’il existe un réel λ ≥ 0 et une variable aléatoire Xα ,
définie sur un espace probabilisé (Ω, A, P) et à valeurs dans N∗ , tels que la fonction génératrice Gα
de Xα soit :
Gα = λ fα .
1
Q12. Montrer que α > 1 et λ = .
fα (1)
Q13. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que la variable aléatoire Xα admette une
espérance.
Déterminer cette espérance en fonction de fα (1) et fα−1 (1) seulement.
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Partie II - Un logarithme complexe
Q14. Donner sans démonstration le développement en série entière au voisinage de 0 de la fonction
qui à x ∈] − 1, 1[ associe ln(1 + x).
(−z)n
+∞
(−z)n
Pour tout nombre complexe z, tel que la série est convergente, on note : S (z) = − .
n≥1
n n=1
n
Q15. Donner le rayon de convergence R de la série entière définissant S . Pour tout x réel élément
de ] − R, R[, déterminer la valeur de exp(S (x)).
Soit z0 ∈ C tel que |z0 | < R. On considère la série entière de la variable réelle t suivante :
zn
(−1)n−1 0 tn .
n≥1
n
En cas de convergence, on note g(t) sa somme.
On a donc, pour t ∈ R tel que la série est convergente, g(t) = S (tz0 ).
Q16. Déterminer le rayon de convergence de la série entière définissant g.
Q17. Prouver que g est définie et de classe C ∞ sur [0, 1]. Déterminer, pour tout t ∈ [0, 1], g (t).
Q18. On pose h = exp ◦g. Prouver que pour tout t ∈ [0, 1] :
z0
h (t) = h(t).
1 + tz0
Q19. Résoudre l’équation différentielle de la question précédente et en déduire que :
exp(S (z0 )) = z0 + 1.
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Partie III - Un équivalent de fα (x) quand x tend vers 1,
dans le cas où α ∈]0, 1[
Dans toute cette partie, on suppose que α ∈]0, 1[. L’objectif est de donner un équivalent de fα (x)
quand x tend vers 1.
+∞ t
x
Pour tout x ∈]0, 1[, on considère l’intégrale : I(x) = dt.
0 tα
Q20. Justifier que, pour tout x ∈]0, 1[, l’intégrale I(x) est convergente.
+∞
Q21. On rappelle que la fonction Γ d’Euler est définie sur R∗+ par : ∀s ∈ R∗+ , Γ(s) = t s−1 e−t dt.
0
Pour tout x ∈]0, 1[, déterminer une expression de I(x) faisant intervenir ln(x), α et Γ(1 − α).
xt
Q22. Prouver que, pour tout x ∈]0, 1[, la fonction t → α définie pour tout t ∈ R∗+ est décroissante
t
sur R∗+ .
Q23. En déduire, pour tout x ∈]0, 1[, l’encadrement :
+∞ t +∞ t
x x
dt ≤ fα (x) ≤ dt.
1 t α
0 tα
Q24. En déduire un équivalent de fα (x) quand x tend vers 1.
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PROBLÈME 2
Pour tout C ∈ Mn(C), det(I n + CC) ∈ R+
Dans ce problème, n désigne un entier non nul fixé.
On note Mn (C) (respectivement Mn (R)) l’espace vectoriel des matrices carrées de taille n à coeffi-
cients dans C (respectivement R), GLn (C) l’ensemble des matrices inversibles de taille n à coefficients
dans C et Mn,1 (C) l’espace vectoriel des matrices colonnes de taille n à coefficients dans C.
Pour toute matrice M ∈ Mn (C), on note χ M = det(XIn − M) son polynôme caractéristique et Sp(M)
l’ensemble de ses valeurs propres complexes. On pourra utiliser librement les produits matriciels par
blocs.
Objectifs
On s’intéresse dans la Partie I à trois cas particuliers.
On montre d’abord que det(In + CC) ≥ 1 dans le cas particulier des matrices diagonales complexes
C, où C désigne la matrice conjuguée de C, c’est-à-dire la matrice obtenue en considérant le conjugué
de chaque coefficient de C.
On montre ensuite que det(In + C 2 ) ≥ 1 dans le cas particulier des matrices symétriques réelles C.
On considère enfin le cas des matrices réelles C pour lesquelles on démontre que det(In + C 2 ) ∈ R+ .
La Partie II est consacrée au cas général.
On montre que pour toute matrice C de Mn (C), det In + CC ∈ R+ .
Partie I - Trois cas particuliers
Q25. On se place dans le cas particulier où C est une matrice de Mn (C) diagonale. Démontrer que
det In + CC ∈ R et que :
det In + CC ≥ 1,
avec égalité si et seulement si C = 0Mn (C) .
Q26. On se place dans le cas particulier où C est une matrice de Mn (R) symétrique. Démontrer que :
det In + C 2 ≥ 1,
avec égalité si et seulement si C = 0Mn (R) .
Q27. Démontrer par récurrence sur n que : ∀A ∈ Mn (C), det A = det(A).
Q28. On suppose dans cette question que C est une matrice de Mn (R). Déduire de la question pré-
cédente que, dans ce cas, on a :
det In + C 2 = | det(C − iIn )|2 .
En déduire que det In + C 2 ∈ R+ et que det In + C 2 = 0 si et seulement si i ∈ Sp(C).
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Partie II - Le cas général
On considère dans cette partie une matrice C de Mn (C) et on démontre que det(In + CC) ∈ R+ .
Seule la Q27 de la partie I sera utile pour la suite.
In -C In 0
Q29. En considérant le produit matriciel , démontrer que :
C In -C In
In -C
det(In + CC) = det .
C In
In -C
On notera désormais : C0 = .
C In
Q30. Soient (r, s, t, u) ∈ C4 et (e1 , e2 ) la base canonique
de C2 . On note ϕ l’endomorphisme de C2
r s
dont la matrice dans la base (e1 , e2 ) est . Exprimer la matrice de ϕ dans la base (e2 , e1 ).
t u
4
Q31. Soit
(R, S , T, U) ∈ (Mn (C)) . En s’inspirant de la question
précédente, montrer que la matrice
R S U T R S
est semblable dans M2n (C) à la matrice . Montrer de même que est
T U S R T U
R -S
semblable à la matrice .
-T U
Q32. En déduire que le polynôme caractéristique de la matrice C0 est à coefficients réels.
X
Pour la suite, nous écrirons les vecteurs de M2n,1 (C) sous la forme , où (X, Y) ∈ (Mn,1 (C))2 .
Y
On considère l’application Ω : M2n,1 (C) → M2n,1 (C) définie par :
X X -Y
∀ ∈ M2n,1 (C), Ω = .
Y Y X
Q33. Démontrer les propriétés suivantes de l’application Ω :
X X X
a) Pour tout ∈ M2n,1 (C), C0 Ω = Ω C0 ;
Y Y Y
b) Ω ◦ Ω = - idM2n,1 (C) ;
X X X
c) Pour tout ∈ M2n,1 (C) et tout λ ∈ C, Ω λ = λΩ .
Y Y Y
X
Q34. Soit ∈ M2n,1 (C) \ {0M2n,1 (C) }.
Y
X X X X
Montrer que la famille ,Ω est libre et que le plan Vect ,Ω est stable
Y Y Y Y
par Ω.
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X
Q35. Soit E un sous-espace vectoriel de M2n,1 (C) stable par Ω et soit ∈ M2n,1 (C) \ E.
Y
Montrer que :
X X
E ∩ Vect ,Ω = {0M2n,1 (C) }.
Y Y
∗
αλ ∈ N sa multiplicité comme racine du polynôme caractéristique. On
Pour tout λ ∈ Sp(C0 ), on note
peut donc écrire : χC0 = (X − λ)αλ . On note alors, pour tout λ ∈ Sp(C0 ) :
λ∈Sp(C0 )
Fλ = ker (λI2n − C0 ) .
αλ
On admet, pour traiter la Q38, que pour tout λ ∈ Sp(C0 ), on a : dim Fλ = αλ .
Q36. Montrer que pour tout λ ∈ Sp(C0 ), on a : Ω(Fλ ) = Fλ .
Q37. Montrer que si λ ∈ Sp(C0 ) ∩ R, alors Fλ est de dimension paire.
Q38. Conclure que : det(C0 ) ∈ R+ .
FIN
I M P R I M E R I E N A T I O N A L E – 21 1167 – D’après documents fournis
8/8