L'incorporation de La Spiruline Sur Les Qualités Nutritionnelles, Organoleptiques Et Technologiques Du Couscous Artisanal
L'incorporation de La Spiruline Sur Les Qualités Nutritionnelles, Organoleptiques Et Technologiques Du Couscous Artisanal
Département D’Agronomie
Mémoire présenté en vue de l'Obtention du Diplôme de
MASTER EN AGRONOMIE
Spécialité : En Technologie des industries agro-alimentaires
Thème :
C'est pour nous un très grand honneur de travailler sous votre direction. Votre humanité, votre
rigueur intellectuelle et votre disponibilité ne sont plus à démontrer. Plus qu'un Maître, vous avez été
un Père pour nous. Soyez assuré de notre reconnaissance et de notre gratitude.
Nous vous remercions d'avoir encadré ce mémoire, d'avoir su nous conseiller tout en nous laissant
travailler librement.
Nous tenons à exprimer toute nos reconnaissances et remercîments qu’elles ont fait preuve d’une
grande patience et ont été un grand apport pour la réalisation de ce travail.
Nous sommes ravis aussi d'avoir pu partager avec vous notre goût commun pour la nature et pour
tout ce qu'elle peut apporter à la science.
Votre conseils, votre orientations tout en nous laissant travailler librement ainsi que votre soutien
moral et scientifique nous ont permet de mener à terme de ce projet. Votre encadrement était des
plus exemplaires.
A nos jurys :
Mr BARKA :
Vous nous avez fait l'honneur d'accepter la présidence du jury et la direction de ce travail. Nous
sommes honorés de partager avec vous ce moment solennel qui clôture nos études.
Mr AZZI. N :
Nous sommes très sensible à l'honneur que vous nous faites en acceptant de juger ce travail. La clarté
de votre enseignement et votre disponibilité ont de tout temps forcé notre admiration Hommages
respectueux.
A mon père :
Tu es parti depuis si longtemps. Cette absence a été difficile et sera toujours douloureuse. Ton
manque me fait mal. J’aimerais bien si tu es là pour voir ta petite fille, elle a su être à la hauteur
de tes attentes. Je te dédie ce travail.
A ma sœur:
Wafaa. Malgré nos disputes qui ont le don d'énerver Maman, saches que je n'en garde aucune
rancœur. On pense souvent la même chose mais on n’arrive pas toujours à se comprendre, c'est
tout.
Je suis heureuse de te voir heureuse. Je te souhaite du fond du cœur d'être heureuse dans ta vie.
Je t'aime frangine.
Ce travail a pour but d’étudier l’impact de l’incorporation d’une cyanobactérie très riche en protéines
sur la qualité nutritionnelle, technologique et organoleptique du couscous artisanal préparé à partir de
la semoule de blé dur. L’ajout d’un minimum de biomasse de spiruline (1% et 2%) a augmenté le
taux de protéine dans le produit fini (+0.5g et +0.9g respectivement) sans que cette augmentation soit
significativement importante (p<0.05). Il apparaît que le couscous témoin et celui enrichi avec 1% de
spiruline ont presque le même comportement du gonflement différent à celui du couscous enrichi
avec 2% de spiruline. En effet la différence a été plus nette à 100°C. Même constatation a été
soulevée en ce qui concerne le degré de désintégration. Par ailleurs, aucun effet de l’ajout de
spiruline n’a été démontré sur le temps optimal de cuisson d’environ 15 minutes. Le test sensoriel a
permis de conclure que l’appréciabilité du couscous enrichi par la spiruline ne fait pas défaut par sa
couleur ni par son odeur légèrement accentuée. Les échantillons de couscous enrichis en spiruline ont
été jugés acceptables voire préférables pour certains panelistes que couscous sans spiruline. Une
analyse microbiologiques a été effectuée sur les échantillons selon le JORA N°35 du 27 Mai 1998, et
qui concernait la recherche des Clostridiums sulfito réducteurs à 46° C et les moisissures. Cette
analyse montre qu’il y a présence des proportions anormales des moisissures et des Clostridiums
sulfito réducteurs pour tous les échantillons.
The purpose of this work is to study the impact of the incorporation of a cyanobactery very rich in
proteins on nutritional, technological and organoleptic quality of the artisanal couscous prepared
starting from the durum wheat semolina. The addition of a minimum of biomass of spiruline (1% and
2%) increased the protein rate in the end product (+0.5g and +0.9g respectively) without this increase
being significantly important (p<0.05). It appears that the pilot couscous and that enriched with 1%
by spiruline have almost the same behavior of swelling different to that from the couscous enriched
with 2% by spiruline. Indeed the difference was clearer with 100°C. Even observation was raised
with regard to the degree of disintegration. In addition, no effect of the addition of spiruline was
shown over optimal time of cooking of approximately 15 minutes. The sensory test made it possible
to conclude that the appreciability of the couscous enriched by the spiruline is not lacking by its color
nor by its slightly accentuated odor. The samples of couscous nouveau riches in spiruline were
considered to be acceptable even preferable for ceratins panelists that couscous without spiruline.
microbiological analysis has been done on the samples, according to the official newspaper N°35 du
27 May 1998, which concerned the research of the Clostridium sulfite reducers and mold. This
analysis show that is a presence of enormous proportions of the Clostridium sulfite reducers and
mold in all the samples.
وٌهذف هزا اٌؼًّ إٌى دساسح ذأثٍش إدِاج اٌثىرٍشٌا اٌزسلاء اٌغٍٕح تاٌثشوذٍٓ ػٍى جىدج اٌرغزٌح واٌجىدج اٌرىٕىٌىجٍح واٌحسٍح
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أْ اٌؼٍٕح اٌشاهذ و اٌىسىس اٌّخصة ب ِٓ ٪1سثٍشوٌٍٕا ٌذٌهّا ذمشٌثا ٔفس اٌسٍىن فً االٔرفاخ ٌىٓ ِخرٍف ِٓ اٌىسىس اٌّخصة
ب ِٓ ٪2سثٍشوٌٍٕا .فً اٌىالغ واْ اٌفشق أوثش وضىحا ػٕذ ٔ .°100فس اٌّالحظح فٍّا ٌرؼٍك تذسجح اٌرفىه .وػالوج ػٍى رٌهٌُ ،
ٌرُ إظهاس أي ذأثٍش إلضافح سثٍشوٌٍٕا ػٍى ولد اٌطهً األِثً اٌّحذد ب 15دلٍمح .أِىٕٕا اخرثاس اٌحسٍح أْ ٍٔخص أْ سثٍشوٌٍٕا ال
ذؤثش ػٍى اٌىسىس ِٓ خالي ٌىٔها و سائحرها اٌطفٍفح .ػٍّٕاخ اٌىسىس اٌّخصة تسثٍشوٌٍٕا وأد لذ حىُ ػٍٍها أٔها ِمثىٌح أو أفضً
ِٓ اٌىسىس تذوْ سثٍشوٌٍٕا .لذ ذُ ذحًٍٍ ٍِىشوتٍىٌىجً ٌجٍّغ اٌؼٍّٕاخ ،حسة اٌجشٌذج اٌشسٍّح سلُ 35ي ِ 27اي ،1998اٌرً
.° 46هزا اٌرّحًٍٍ أظهش وجىد ٔسة غٍش طثٍؼٍح ٌٍؼفٓ اٌفطشي و ذخرص تاٌثحث ػٓ اٌؼفٓ اٌفطشي و وٍىسرشٌذٌىَ فً
وٍىسرشٌذٌىَ فً جٍّغ اٌؼٍّٕاخ.
Synthèse bibliographique
Chapitre 01 : La spiruline
Introduction ……………………………………………………………………….. 26
I. Les pâtes alimentaires ………………………………………………………....... 27
1. Histoire de pâtes …………………………………………………………. ….. 28
2. La fabrication des pâtes alimentaires ………………………………………… 28
3. Les catégories des pâtes……………………………………………………….. 30
4. Classification des différentes sortes de pâtes …………………………………. 30
5. La cuisson des pâtes …………………………………………………………… 31
6. La conservation des pâtes ……………………………………………………… 31
7. Pâtes et diététique ……………………………………………………………….31
8. Les bienfaits des pâtes sur la santé ……………………………………………. 31
9. La demande nationale en pâtes alimentaires …………………………………..33
10. La production des pâtes alimentaires …………………………………………. 33
11. Panorama mondiale de la consommation …………………………………….. 34
II. Le couscous …………………………….…………………………………………. 34
1. Définition du couscous………………………………………………………... 34
2. Histoire du couscous …………………………………………………………… 35
3. Fabrication du couscous ……………………………………………………….. 36
[Link] artisanal ………………………………………………………………….. 37
[Link] industriel ………………………………………………………………… 38
4. Qualité du couscous ……………………………………………………………. 39
[Link]é nutritionnelle ………………………………………………………….. 39
[Link]é hygiénique …………………………………………………………….. 39
[Link]é organoleptique ………………………………………………………… 39
a. Couleur du couscous ……………………………………………………….. 40
b. Granulométrie des particules ………………………………………………..40
c. Forme des particules ……………………………………………………….. 40
d. Masse volumique de couscous …………………………………………….. 41
5. Notion de la qualité culinaire de couscous ……………………………………..41
[Link] de solubilité dans l’eau …………………………………………………. 41
[Link] de l'absorption d'eau ……………………………………………………. 42
[Link] de gonflement …………………………………………………………... 43
[Link] de prise en masse ……………………………………………………….. 43
[Link]étés de texture …………………………………………………………… 43
6. La production du couscous ……………………………………………………. 44
7. La consommation du couscous ……………………………………………….. 44
1. Matériel d’étude……………………………………………………………………… 45
2. Le couscous artisanal ………………………………………………………………… 45
[Link]ère première ………………………………………………………………………. 45
[Link]édients…………………………………………………………………………….... 45
[Link]ériels utilisés ……………………………………………………………………….. 45
[Link] de fabrication artisanale du couscous ………………………………………46
3. Techniques d’analyses physico-chimiques ………………………………….………… 48
[Link]é du blé ……………………………………………………………………. …… 48
[Link] du blé ………………………………………………………………………….. 48
[Link]éines du blé ………………………………………………………………………… 49
[Link] lipides ………………………………………………………………………………. 49
[Link]éciation du rendement ……………………………………………….…………… 50
4. Appréciation de la qualité ……………………………………………………........... 50
[Link] masse volumique……………………………………………………………………. 50
[Link]é culinaire ………………………………………………………………………. 50
4.2.1. Gonflement ………………………………………………………………………… 50
4.2.2. Degré de délitescence ………………………………………………………………. 51
[Link].Préparation des échantillons ……………………………………………………….. 51
[Link].Evaluation du degré de délitescence du couscous cuit ……………………………. 51
[Link].Détermination du volume d’eau de réhydratation ………………………………… 51
4.2.3. Détermination du temps de cuisson …………………………………………........ 52
[Link] sensorielle des couscous cuits ……………………………………………. 53
4.3.1. Tests d'acceptation ………………………………………………………………… 53
4.3.2. Description de la tâche des dégustateurs ………………………………………….. 53
4.3.3. Présentation des échantillons ……………………………………………………… 54
5. Analyse statistique ……………………………………………………………………… 55
6. Contrôle microbiologique ……………………………………………………............... 55
6.1.Dénombrement des CSR à 46°C et des moisissures à 25°C ………………………….... 56
6.2.Dénombrement des moisissures à 25°C …………………………………………..…… 57
Références bibliographiques
Annexes
Changeant d’aspect selon le contexte géographique et économique, la question de la
malnutrition est devenue plus que jamais internationale. Les maladies non transmissibles surpoids et
obésité d’une part, diverses carences d’une autre et autres. Conscients d’une suralimentation nuisible
dans les pays développés, les services de santé concernés ne cessent de sensibiliser la population à
manger raisonnablement, et des produits diététiques coûteux sont mis en vente à cet effet (Elyah
Ariel, 2003).
La malnutrition est un état physiologique pouvant devenir pathologique dû à une carence ou à une
consommation excessive d’un ou plusieurs éléments nutritifs. Peut être définie comme « un état dans
lequel la fonction physique de l’individu est altérée au point qu’il ne peut plus assurer la bonne
exécution des fonctions corporelles comme la croissance, la grossesse, la lactation, le travail
physique, la résistance aux maladies et la guérison après celles-ci » (Patrick Rakotondranaly,
2008).
Dans le monde, plus de 800 millions de personnes souffrent de sous-alimentation dont 200 millions
d’enfants de moins de 5 ans. Par ailleurs, des milliers d’enfants meurent chaque jour emporté par des
maladies infectieuses sévèrement aggravées par la malnutrition (FAO, 1996).
Les régions où l’explosion démographique est la plus forte sont aussi celles où sévit une pénurie
chronique de nourriture. C’est pourquoi la FAO, l’OMS et l’UNICEF ont recommandé aux
chercheurs du monde entier de réexaminer le potentiel alimentaire de l’humanité. Des ressources
ignorées jusqu’alors commencent à émerger grâce à ces recherches. Parmi les ressources alimentaires
non conventionnelles a été adoptée une algue bleue qui offre jusqu’à 70 % de protéines, de sels
minéraux, des oligo-éléments et de nombreuses vitamines (CLEMENT G, 1978).
Cette algue : c’est la SPIRULINE. La spiruline, longtemps considérée comme une micro algue
bleue, est en réalité une cyanobactérie. Son exceptionnelle teneur en protéines de haute valeur
biologique très digestibles, ainsi que sa composition idéale en vitamines, minéraux et oligo-éléments
font d'elle un complément alimentaire intéressant dans le cadre d'une alimentation déficitaire ou
déséquilibrée (Hélène Cruchot, 2008).
De par son importance nutritionnelle reconnue depuis des siècles, la spiruline ou bombe
nutritionnelle est traditionnellement consommée par certaines populations. Elle fait l'objet d'une
redécouverte depuis quelques années. A l’instar des autres pays, l’Algérie contribue à la valorisation
et au développement des cultures de spirulines d’autant plus qu’elles représentent une ressource
naturelle locale à valoriser (Doumandji Amel et al, 2011).
Dans cette même optique, la présente étude propose d’incorporer la spiruline dans l’alimentation
quotidienne de la population algérienne pour apporter un plus de nutriments. Cette incorporation
s’effectuera dans les céréales (le couscous), une catégorie élémentaire de la nutrition et aussi
l’aliment de base pour les Algériens. Les céréales caractérisées par une faible teneur en protéines
essentiellement pauvres en lysine. Leur enrichissement permet d’évaluer les différences sur le plan
nutritionnel et culinaire des produits obtenus (Doumandji Amel et al, 2011).
1. PRESENTATION DE LA SPIRULINE
Les spirulines, cyanobactéries traditionnellement consommées depuis des siècles par certaines
populations (Farrar, 1966), et de nos jours encore au Tchad (Léonard, 1966; Delpeuch, 1975;
Sorto, 2003) sont l'objet d'une redécouverte depuis quelques années. Autrefois classées parmi les
algues bleues-vertes", elles ne sont pas à proprement parler des algues, même si par commodité on
continue à les désigner comme telles.
Cette micro-algue purifiante, stimulante et fortifiante existe depuis plus de trois milliards d’années.
Un des premiers êtres vivants à réaliser la photosynthèse, la spiruline a contribué à l’enrichissement
en oxygène et était déjà consommée par les Aztèques et les Mayas (Jean Paul, 2011).
2. HISTORIQUE DE SPIRULINE
Avant l'arrivée des colons espagnols, les Aztèques étaient le peuple originel du Mexique.
Malgré de faibles ressources agraires, leur aliment principal étant le maïs, ce peuple réussi à survivre
pendant des siècles. (Farrar, 1966) s'est interrogé avec raison sur les moyens qui ont permis à la
population du Mexique de survivre (Farrar W.V, 1966).
La région de Mexico s'est construite autour de zones lacustres et bien que le poisson et les oiseaux du
lac Texoco fournissaient un apport protéique, ils ne suffisaient pas à combler les besoins. Farrar
suggéra que la source complémentaire de protéines émanait d'une ressource qui provenait du lac,
appelée Tecuitlatl (Paniagua-michel J, 1993).
De nombreux ouvrages de l'époque coloniale citaient déjà une certaine substance bleu-vert que les
Aztèques utilisaient. Le tecuitlatl est un limen, sorte de purée considérée par les colons comme
minéral, une terre, consommée par les paysans après avoir été séchée et broyée.
De par son contenu qualitativement très remarquable, le tecuitlatl a joué un rôle important, sinon
décisif, pour assurer une alimentation suffisante, correcte et équilibrée à la nation Aztèques.
L’algue ne fut vraiment redécouverte que quelques 450 ans après par le botaniste belge J. Leonard
lors d'une expédition belgo-française basée au Tchad (1964 - 1965).
Ce dernier a en effet constaté que les Kanembous du sud Kanem écumaient la surface des mares aux
environs du lac Tchad, mares riches en carbonates de sodium, à la recherche de la fameuse algue
abondante sur ce lac et récoltée sous forme d'une purée bleu-verte. Cette purée était ensuite utilisée
dans la préparation de gâteaux vendus dans la région et appelé≪ dihé ≫ (Girardin-Andreani,
2005). Un phycologiste français Dangeard (1947) avait examiné ces gâteaux des 1940 et avait
constaté qu'ils étaient faits d'une algue bleue comestible. Compère constata, en étudiant des
échantillons qu'avait ramené Leonard de son expédition, qu'en effet les gâteaux
contenaient essentiellement l'algue bleue Spirulina platensis. Les chercheurs belges démontreront
qu'ils sont extrêmement riches en protéines (Leonard J. et Compère P, 1967). La spiruline est
toujours consommée par les Kanembous du lac Tchad, sous le nom de Dihé.
La redécouverte par Leonard des gâteaux de dihé faits de spirulines, a suscité beaucoup d'intérêt.
Au vingtième siècle, l’histoire de la spiruline est liée à celle d’un personnage tout à fait fascinant,
Christopher Hill. Cet Américain s’aperçut que la spiruline, cette petite algue dont personne ne
s’occupait à l’époque offrait une solution extraordinaire aux problèmes nutritionnels de notre temps.
Facile à « cultiver », puisqu’elle pousse toute seule dès qu’il y a un peu d’eau et de soleil, la spiruline
représente l’un des aliments les plus fabuleux qui existe sur terre.
Pendant des années, ce chercheur voyagea à travers le monde, fouilla dans les archives de l’histoire
pour voir comment les anciens avaient utilisé la spiruline, rencontra des savants et fit des recherches
non seulement dans des laboratoires mais aussi en lui-même.
Christopher découvrit qu’en ne mangeant que de la spiruline pendant des semaines et même des
mois, non seulement son corps physique jouissait d’une vitalité extraordinaire, mais son psychisme
fonctionnait avec une puissance remarquable.
L’étape suivante fut, pour Christopher, de se lancer dans la fabrication de spiruline, à grande échelle
et de la proposer aux habitants des Etats-Unis comme supplément alimentaire capable de corriger les
innombrables carences crées par les aliments dévitalisées qui remplissent les supermarchés. La
spiruline connut un succès foudroyant en quelques mois, Christopher se trouva à la tête d’une grande
entreprise de fabrication et de vente de spiruline.
Christopher Hill a développé des produits dérivés de la spiruline qui, mélangés à des substances
colloïdales, permettent d’apporter les éléments vivants vitaux directement à l’intérieur des cellules du
corps. Avec ces approches nutritionnelles novatrices, la médecine va pouvoir utiliser le plus en plus
des nutriments au lieu de médicaments, retrouvant ainsi la sagesse d’Hippocrate qui affirmait « que
l’aliment soit ton médicament » (Christian Tal Schaller, 2002).
b. Répartition géographique :
Elle croit naturellement dans les lacs alcalins contenant du carbonate de sodium (Na2CO3) ou du
bicarbonate de sodium (NaHCO3), d'autres minéraux et une source d'azote fixée. On trouve de tels
lacs sur tous les continents, très souvent près des volcans et anciens cratères, ainsi que dans les
déserts, là où se ramasse l'eau minérale des montagnes. Elle est capable de se développer dans des
milieux extrêmes, où l’eau peut occasionnellement atteindre des salinités avoisinant les 200 %.
La spiruline croit naturellement des latitudes comprises entre 35°N et 35°S. Les paramètres
biologiques sont souvent difficiles à contrôler : le climat et l'approvisionnement en nutriments
peuvent modifier la composition des algues et un milieu spécifique de croissance est souvent la seule
façon sûre de réguler la production (Isabelle Tabutin et al, 2002).
Tableau 01 : Distribution géographique naturelle de Spirulina platensis (Fox R.D, 1999).
AFRIQUE
Algérie Tamanrasset
Tchad Region du Kanem : lacs Latir, Ouna, Borkou, Katam, Yoan, Leyla,
Bodou, Rombou, Moro, Mombolo, Liwa, Iseirom, Ouniangakebir
Soudan Cratère de Djebel Marra
Djibouti Lac Abber
Ethiopie Lacs Aranguadi, Lesougouta, Nakourou, Chiltu,
Navasha, Rodolphe
Congo Mougounga
Kenya Lacs Nakuru, Elmenteita, Cratere, Natron
Tanzanie Lac Natron
Tunisie Lac Tunis; Chott el Jerid
Zambie Lac Bangweoulou
Madagascar Beaucoup de petits lacs près de Toliara
ASIE
Inde Lacs Lonar et Nagpur
Myanmar Lacs TwynTaung, Twyn Ma et TaungPyank
Sri Lanka Lac Beira
Pakistan Mares près de Lahore
Thaïlande Lacs d’effluents d’une usine de tapioca, province de Radburi, 80 km au
S.O. de Bangkok
Azerbaïdjan non précisé
AMERIQUE DU SUD
Pérou Réservoir d’eau près de Paracas
Près de l’Ile d’Amantani dans le lac Titicaca
Mexique Lac Texcoco ; lac Cratère
Uruguay Montevideo
Equateur Lac Quiliotoa : cratère de 1km de diamètre
AMERIQUE DU NORD
Californie Oakland ; Del Mar Beach
Haïti Lac Gonâve
République Dominicaine Lac Enriquillo
EUROPE
Hongrie non précisé
France Camargue
AUTRES SITES POSSIBLES
Partout où vivent le flamant nain, Phoenoconaiasminor(Afrique et Asie) et le flamant de
James, Phoenicoparrusjamesi(Amérique du sud)
Ethiopie Lac Abiata
Kenya Lac Rodolphe ; lac Hannington
Tanzanie Lac Manyara ; lac Rukua
Zambie Lac Mweru
Botswana Makgadigka Salt Pans
Namibie Etosha Salt Pan
Afrique du Sud Etat libre d’Orange, près de Vaaldam
Bolivie Lacs Colorado, Poopo, Chalviri, Salarde Uyuni
Chili AguasCalientes, Lagunas Brava, lac Vilama, Salar
de Surire
d. Cycle biologique :
Le cycle est schématisé dans la Figure 02. Le filament de Spiruline à maturité forme des cellules
spéciales appelées nécridies. Elles se différencient des autres cellules par leur aspect biconcave et
sont assimilées à des disques de séparation. A partir de ces derniers, le trichome se fragmente pour
donner de nouveaux filaments de 2 à 4 cellules appelés hormogonies. Les hormogonies vont croître
en longueur par division binaire (chacune des cellules va donner deux cellules par scissiparité) et
prendre la forme typique hélicoïdale. En conditions expérimentales, le temps de génération (passage
d’une génération à une autre) maximal de la Spiruline est de l’ordre de 7 heures (Zarrouk, 1966).
f. La reproduction :
Son mode de reproduction est la bipartition par scission simple. C’est une reproduction asexuée, par
segmentation des filaments ; ce processus ne doit pas être confondu avec la mitose, laquelle n’existe
que chez les eucaryotes (König C, 2007).
Sa vitesse de multiplication est particulièrement rapide dès que la température dépasse 30°C à
l’ombre ; lorsque ces conditions sont réunies et que le milieu est favorable, le temps de génération est
très court (7 heures) (Fox D. et R. 1999).
g. Déplacement :
La spiruline est capable d’effectuer deux types de déplacement : la motilité et la flottabilité. Le
trichome exerce un mouvement oscillatoire, de forme hélicoïdale, en rotation autour du grand axe. La
spiruline peut donc évoluer dans l’eau en se vissant ; ce déplacement s’effectue à la vitesse de 5μm
par seconde (Doumenge F et al, 1993).
La spiruline peut également fabriquer des vésicules de gaz d’environ 70 nm de long et 10 nm de
diamètre, faites d’une chaîne de protéines tissées. Ces vésicules ressemblent à des tubes creux
cylindriques comportant des capuchons coniques. Elles se trouvent habituellement près des parois
terminales des cellules et sont empilées les unes sur les autres. Elles se forment et se remplissent de
gaz lorsque la lumière du soleil apparaît : tels des ballons dirigeables, elles permettent au filament de
spiruline de remonter en surface pour recevoir la lumière et ainsi commencer la photosynthèse (Fox
D. et R, 1999).
Ces deux méthodes de locomotion permettent à la spiruline de se protéger elle-même contre une
overdose mortelle de soleil. Les mouvements de circulation de bas en haut puis de haut en bas lui
permettent d’absorber la juste quantité de lumière dont elle a besoin (Hélène Cruchot, 2008).
Le spectre d'acides aminés montre que la valeur biologique des protéines de la spiruline est très haute
et que l'optimum pourrait être atteint par complémentation avec une bonne source d'acides aminés
soufrés et éventuellement de lysine et/ou histidine. Remarquons que les populations du Tchad qui en
consomment, l'associent au mil spécialement riche en méthionine et cystéine (Isabelle Tabutin et al,
2002).
Utilisation protéique nette (NPU) :
L'utilisation des protéines ingérées est déterminée par la digestibilité, c'est-à-dire la proportion
d'azote protéique absorbée, ainsi que par la composition en acides aminés (plus d'autres facteurs
dépendant de l'animal ou de l'individu concerné: âge, sexe, état physiologique...). La valeur de NPU
est déterminée expérimentalement en calculant le pourcentage d'azote retenu lorsque la source de
protéines étudiée est le seul facteur nutritionnel limitant (WHO, 1973).
Contrairement à d'autres micro-organismes proposés comme sources de protéines (levures, chlorelles,
...) La spiruline ne possède pas de paroi cellulosique mais une enveloppe de muréine relativement
fragile, constituée de polysaccharides. Cette faible teneur en cellulose explique sa digestibilité de
l’ordre de 75 à 83% (Costa et al, 2002). (Bonne digestibilité des protéines de la spiruline simplement
séchée: de 83 à 90% (caséine pure 95.1%) (Dillon, 1993; Santillan, 1974).
Ainsi la spiruline ne nécessite ni cuisson ni traitements spéciaux destinés à rendre ses protéines
accessibles. C'est un avantage considérable. La valeur NPU de la spiruline est estimée entre 53 et
61% soit 85 à 92% de celle de la caséine (Ciferri, 1983; Ciferri, 1985; Santillan, 1974).
Efficacité protéique (PER) :
Il s'agit du gain de poids de l'animal ou de l'individu, divisé par le poids de protéines ingérées. Ces
mesures sont en général effectuées sur le rat en croissance. Les protéines de référence sont la
lactalbumine ou la caséine (Who, 1973).
La valeur PER de la spiruline, déterminée chez le rat en croissance est estimée, suivant les auteurs,
entre 1.80 et 2.6 (Furst, 1978; Santillan, 1974; Sautier, 1975), la valeur PER de la caséine étant de
2.5.
b. Lipides :
Les lipides représentent généralement de 6 à 8% du poids sec de la Spiruline mais ce pourcentage
peut atteindre 11% (Hudson &Karis 1974). La composition en lipides totaux se caractérise par un
bon équilibre entre acides gras saturés et acides gras polyinsaturés (AGPI). Elle se subdivise en deux
fractions : une fraction saponifiable « ou acides gras » (83%) (Tableau 03) et une fraction
insaponifiable (17%) composée essentiellement de stérols, de terpènes, d’hydrocarbures saturés
(paraffines) et de pigments (Clément, 1975a).
Tableau 03: principaux acides gras de la spiruline (Falquet&Hurni, 2006)
Profil typique des acides gras de la spiruline (Arthrospira sp)
Acides gras % des acides gras totaux
palmitique (16:0) 25-60%
palmitoléique (16:1) oméga-6 0.5-10%
stéarique (18:0) 0.5-2%
oléique (18:1) oméga-6 5-16%
linoléique (18:2) oméga-6 10-30%
gamma-linolénique (18:3) oméga-6 8-40%
alpha-linolénique (18:3) oméga-6 absent
c. Glucides :
Les glucides constituent globalement 15 à 25% de la matière sèche des spirulines (Quillet, 1975).
L'essentiel des glucides assimilables est constitué de polymères tels que des glucosannes aminés
(1.9% du poids sec) et des rhamnosannes aminés (9.7%) ou encore de glycogène (0.5%) (Falquet et
Hurni, 2006). Les glucides simples ne sont présents qu'en très faibles quantités. Ce sont le glucose,
le fructose et le saccharose; on trouve aussi des polyols comme le glycérol, le mannitol et le sorbitol.
Du point de vue nutritionnel, la seule substance glucidique intéressante par sa quantité chez la
spiruline est le méso-inositol phosphate qui constitue une excellente source de phosphore organique
ainsi que d'inositol (350-850 mg/kg mat. sèche) (Challem, 1981; Nippon-Ink, 1977). Un
polysaccharide spécifique de la spiruline, le spirulan, a été isolé et partiellement caractérisé (Lee,
1998; Lee, 2000).
d. Acides nucléiques :
La teneur en acides nucléiques (ADN et ARN) est un point nutritionnel important car la dégradation
biochimique d'une partie de leurs composants (les purines: adénine et guanine) produit en dernier lieu
de l'acide urique. Or une élévation du taux d'acide urique plasmatique peut produire à la longue des
calculs rénaux et des crises de goutte. On admet généralement que la dose maximum admissible à
long terme d'acide nucléique se situe aux alentours de quatre grammes par jour, pour un adulte
(Boudène, 1975). La Spiruline renferme 4,2 à 6% d’acides nucléiques totaux (30% ADN et 70%
ARN) dans sa matière sèche (Santillan, 1974). Il faudrait consommer 80 g de Spiruline sèche pour
atteindre cette dose (la quantité de Spiruline usuellement consommée ne dépasse pas 10 g de matière
sèche) (Loïc Charpy et al, 2008).Cette quantité équivaut à environ huit fois la dose de spiruline
recommandée comme supplément alimentaire. On peut donc raisonnablement penser que la teneur en
acides nucléiques de la spiruline ne pose pas de problèmes, même à long terme et pour des doses
élevées (Falquet et Hurni, 2006).
e. Vitamines :
La chaleur et la granulométrie interviennent dans la conservation des teneurs en vitamines (Bujard et
al, 1970 ; Sedrashi et al, 1991). Ce dernier auteur déconseille le séchage par pulvérisation pour une
meilleure conservation de la provitamine A (Falquet et Hurni, 2006).
La spiruline contient des taux exceptionnels de vitamines A et B12. Elle est très riche en pigments
caroténoïdes provitamine A. Ces provitamines A sont converties en vitamines A au cours de la
digestion ou lors du passage à travers la paroi intestinale. L'activité de la vitamine A est
essentiellement liée à celle du b- carotène : elle serait 25 fois plus riche que les carottes crues. Il faut
souligner la teneur exceptionnelle de la spiruline en vitamine B12 (cobalamine), de loin la plus
difficile à obtenir dans un régime sans viande car aucun végétal courant n'en contient. La spiruline en
serait quatre fois plus riche que le foie cru, longtemps donné comme sa meilleure source. La carence
en vitamine B12 (anémie pernicieuse) provient d'un défaut d'apport nutritif comme dans les régimes
végétariens stricts, soit d'un défaut d'absorption. Il semble d'autre part que certains états
pathologiques entraînent systématiquement une déficience en vitamine B12. C'est le cas des
infections à VIH menant au sida. Une dose de 3g/jour de spiruline séchée suffit amplement à couvrir
la totalité des besoins en vitamine B12 (Isabelle Tabutin et al, 2002). La vitamine C n’existe qu’à
l’état de trace dans la Spiruline.
f. Minéraux et oligo-éléments
La composition en minéraux de la Spiruline apparaît dans le Tableau 05. On observe une grande
variabilité dans les teneurs. Elle s’explique par le fait qu’elles concernent les Spirulines en milieu
naturel et celles cultivées. La variabilité dans les cultures maîtrisées est bien moindre. En outre, il est
possible d’augmenter les teneurs en minéraux des organismes cultivés (Falquet et Hurni, 2006).
Tableau 05: Analyse typique (spiruline sèche): mg/kg (Falquet et Hurni, 2006).
Teneur de la spiruline Doses requises*
Minéraux
(mg/kg) (mg/jour)
Calcium 1300 - 14000 1200
Phosphore 6700 - 9000 1000
Magnésium 2000 - 4000 250-350
Fer 600 –6000** 18
Zinc 21 – 6000** 15
Cuivre 8 – 2000** 1.5 – 3
Manganèse 25 - 37 5
Chrome 2.8 0.5 – 2
Sodium 4500 500
Potassium 6400 - 15400 3500
Sélénium 0.01-50** 0.05
* Pour l'adulte (NRC, 1980).
** Valeurs obtenues par enrichissements spécifiques
La présence de nombreux minéraux essentiels dont le Fer, un minéral présent essentiellement dans
les aliments d’origine animale comme la viande, les abats ou encore le poisson. La spiruline se révèle
donc être d’un grand intérêt pour prévenir et traiter les anémies et aussi pour les végétariens, les
sportifs, les femmes enceintes, …La spiruline contient également du Calcium, du phosphore et du
magnésium en quantité comparable au lait. Elle renferme également du Potassium, du Zinc, … (J.
Falquet, 1996).
g. Pigments :
La Spiruline contient des chlorophylles dont la chlorophylle a (typique des végétaux), des
caroténoïdes dont le principal est le β-carotène et des phycobiliprotéines telles la phycocyanine et la
phycoérythrine. Les teneurs en pigments de Spirulina platensis apparaissent dans le Tableau 06. Ces
pigments sont responsables de la couleur caractéristique de certaines espèces de flamants qui
consomment cette cyanobactérie dans l’African Valley.
Tableau 06: Teneurs en pigments exprimées en mg pour 10g de matière sèche de Spirulina platensis
(Pierlovisi 2007).
Pigments Teneur en mg/10g
Chlorophylles totales 115
Chlorophylle a 61-75
Caroténoïdes (orange) 37
Phycocyanine (bleu) 1500-2000
Phycoérythrine (rouge) 2900-10000
5. ETUDES TOXICOLOGIQUES :
La spiruline destinée à l’alimentation humaine est autorisée à la vente depuis de nombreuses années
dans les pays industrialisés. Elle est classée GRAS (Generally Recognized As Safe) par la Food and
Drug Administration aux Etats-Unis (Falquet et Hurni, 2006).
Toxines des Cyanotoxines :
Certaines cyanobactéries synthétisent des toxines, ainsi les microcystines synthétisées par
Planktothrixagardhii, auraient entraîné des déficiences hépatiques et la mort de patients traités dans
un centre d’hémodyalise au Brésil en 1996 (Jochimsen et al, 1998). La même cyanobactérie aurait
contaminé les organismes aquatiques du lac Varese en Italie en août 1997 (Prati et al, 2002).
Cependant des études dont celle réalisée dans l’étang de Bolmon (Chomérat et al, 2006 ; Briand et
al, 2002 ; Kohler et Hoeg, 2000) ont montré que la toxicité de Planktothrixagardhii n’est pas
toujours exprimée. En ce qui concerne les Spirulines, elles ne possèderaient pas les gènes qui
assurent la synthèse des cyanotoxines (Isabelle Iteman, comm. « Colloque International sur les
cyanobactéries pour la Santé, la Science et le Développement » Embiez, 2004).
b. Autres utilisations
Le groupe des cyanobactéries produit une variété de métabolites secondaires dans leur milieu de
culture (Harrigan et Goetz, 2002). Beaucoup de ces produits naturels ont des activités antibiotique,
algicide, antiviral, fongicide (Harrigan et al, 1999 ; Jaki et al, 1999 ; Mundt et al, 2001).
En cosmétique, la Spiruline est utilisée dans les masques cryogéniques et crèmes anti-âge, par son
action sur le renouvellement cellulaire et la tonicité des tissus (Spolaore et al, 2006). Elle est aussi
utilisée en synergie avec d’autres algues, comme agent cicatrisant et antiseptique.
Dans l’agroalimentaire, elle est utilisée comme colorant naturel (la phycocyanine est un des rares
pigments naturels de couleur bleue) dans les chewing-gums, sorbets, sucreries, produits laitiers,
boissons non alcoolisées. Elle apparaît également dans une gamme de produits algaux mélangée à du
sel, des tagliatelles etc. En Suisse et au Japon, il existe depuis longtemps du pain à la Spiruline (Loïc
Charpy et al, 2008).
La température
Les premiers repères concernant les températures sont à peu près les mêmes que pour l'homme, 37°C
: température idéale pour pousser. Au-dessus, c'est trop chaud (43°C peut être mortel). En dessous, la
vitesse de multiplication baisse avec la température. A 20°C la croissance est pratiquement stoppée.
La température du milieu de culture doit donc se situer entre ces deux températures. Plus la "saison"
est longue, plus la période de récolte est longue. Les climats continentaux ou d'altitude sont
désavantagés.
Le handicap d'un climat trop froid peut être compensé artificiellement, comme pour tous les
végétaux. La construction de bassins sous serre peut être d'autant plus intéressante que cet abri
constitue non seulement une protection contre le froid, l'évaporation, les insectes et les poussières
mais aussi contre les pluies diluviennes, comme les orages, qui peuvent faire déborder les bassins et
donc provoquer une perte, ou au moins une dilution du milieu de culture (Jourdan J.P, 2011).
La pluviométrie
La conduite de bassins de culture nécessite un minimum de ressources en eau. Les eaux de pluie sont
intéressantes car propres et minéralement neutres. La teneur en eau du milieu doit impérativement
être constante. Le manque ou l’excès d’eau sont néfastes. Sous les climats à faible pluviométrie, ou à
saison sèche longue, il est donc nécessaire de prévoir une citerne pour stocker de l'eau de pluie,
laquelle sert à compenser l'évaporation des bassins. A l’inverse, dans les régions à fortes
précipitations, la présence d'une couverture translucide au-dessus des bassins doit permettre d’éviter
une dilution du milieu de culture (Hélène Cruchot, 2008). Là encore, il faut un "juste milieu". La
carence en eau de pluie peut être compensée par l'utilisation d'eaux de provenances diverses, et plus
ou moins "chargées" (rivière ou fleuve, nappe phréatique, eaux usées...). Il faudra alors tenir compte
de la qualité de l'eau dans la mise au point, puis l'entretien du milieu de culture (Jourdan J.P, 2011).
La saison et l’ensoleillement
La culture de spiruline est le plus souvent saisonnière. En effet, dans les régions tempérées,
l'hiver est généralement trop froid pour cultiver la spiruline (sauf avec chauffage et éclairage
artificiel trop coûteux).
Même dans des régions chaudes, un arrêt peut être rendu nécessaire par l'importance des pluies, de la
sécheresse ou des vents de sable à certaine saison (Hélène Cruchot, 2008).
La culture de spiruline sera donc souvent saisonnière.
Durant la mauvaise saison, une "souche" de spiruline devra impérativement être conservée dans son
milieu de culture. Même si les cultures de spiruline survivent à des températures inférieures à 10°C,
voire à de brèves gelées, il est prudent de ne pas les stocker au-dessous de 18°C pendant de longues
périodes, car les risques de contamination augmentent (Jourdan J.P, 2011).
Le climat idéal est donc celui où il ne fait jamais froid et où les pluies sont harmonieusement
réparties, de façon à compenser l'évaporation, comme par exemple certains points du versant Est des
Andes. Un autre type de climat idéal est le désert au pied de montagnes qui assurent un large
approvisionnement en eau, comme par exemple le désert d'Atacama au Chili (Fox R.D, 1996).
[Link]. Les bassins de culture
Pour lancer une production artisanale de Spiruline il faut de l’eau contenant des nutriments, du soleil
et une température entre 25 et 40°C.
Pour la mettre en place et en assurer le suivi, il faut avoir fait le bon choix du site et des matériaux de
construction, disposer de quelques instruments de laboratoire (balance, loupe ou microscope), de
quelques outils simples à réaliser, d’intrants (engrais) et d’une souche de Spiruline robuste.
Le choix du site doit tenir compte :
du climat : l’exposition au soleil pour un maximum d’intensité lumineuse, la température
(au-dessous de 20°C, la croissance est stoppée).
de l’accès à l’eau (cours d’eau, fleuves, puits, mer)
de la possibilité d’acheter les intrants
Le choix d’un site pour l’implantation d’une ferme de Spiruline en Afrique dépend en outre de la
volonté et de la compétence d’un partenaire local et de l’acceptation par les populations locales. Les
bassins peuvent être construits en dur, en argile, en bâche plastique (Figure 02) (Loïc Charpy et al,
2008).
Figure 04: Système d’agitation d’un bassin par roue à aubes (Langlade M.J, 2006).
Figure 05: L’homme est en train d’agiter le milieu de culture à l’aide d’un balai TECHNAP
CREDESA, 2001.
Les sites de production ne sont pas toujours situés à proximité d’un gisement naturel de Spiruline.
Les souches circulent d’une exploitation à l’autre et franchissent les frontières.
Lorsque le choix est possible, les souches préférées sont la Platensis, la Lonar, la Paracas, considérée
à l’heure actuelle comme la plus résistante et la plus productive (Loïc Charpy et al, 2008).
[Link].Milieu "Zarrouk"
Le milieu proposé par C. Zarrouk est un milieu standard très souvent cité comme référence. Il
présente l’intérêt de s’adapter à presque toutes les souches de spiruline et de simplifier
considérablement le travail de l’algoculteur. Toutefois, il comporte des minéraux chers (dont
plusieurs sont en excès) et pas toujours faciles à se procurer.
Ce milieu "Zarrouk" est fabriqué à partir d’eau distillée et contient divers éléments répertoriés.
Tableau 07: Eléments contenus dans le milieu « zarrouk ».avec leur teneur exprimée en g / l
(Jourdan J.P, 2007).
NaHCO3 16,8
K2HPO4 0,5
NaNO3 2,5
K2SO4 1
NaCl 1
MgSO4, 7 H2O 0,2
CaCl2 0,04
FeSO4, 7 H2O 0,01
EDTA* 0,08
*EDTA : il réagit avec le sulfate de fer pour donner un composé dans lequel l'atome de fer chélaté ne
peut plus réagir aux réactifs courants.
7.2.3. Récolte et extrusion :
Dans de bonnes conditions il est possible de récolter chaque jour 1/6 à 1/3 de la culture. La culture
est filtrée à travers deux dispositifs, en général superposés. Le premier est constitué d’une toile fine
(maillage environ 300 μm de vide) qui retient les grumeaux, insectes, larves et feuilles. Le second est
un tissu à mailles plus fines (environ 30 μm) qui retient la Spiruline (Loïc Charpy et al, 2008).
La biomasse humide est pressée. La Spiruline fraîche ainsi obtenue peut être consommée
directement, ou séchée pour conservation.
La plus grande ferme industrielle se trouve aux Etats-Unis, en Californie ; c’est Earthrise Farm, qui
couvre une superficie de 108 ares et approvisionne 40 pays en spiruline et produits dérivés. En 1996,
sa production est estimée à 500 tonnes de poudre sèche. La société Sosa Texcoco du Mexique ne fait
pas de culture, elle récolte et transforme tout simplement.
Elle est cependant le plus grand producteur mondial en comparant les productions cumulées de
différents pays depuis 1975 (Henrikson, 1999).
Les systèmes avancés de bassins requièrent d’énormes superficies, jusqu’à 5000m² pour une
profondeur usuelle de 15 à 25cm. Ils nécessitent aussi plus d’investissement, mais produisent en
conséquence de la spiruline de très bonne qualité. Parmi les pays qui utilisent ce système, on peut
citer la Thaïlande, Hawaï, Taïwan, Israël (désert du Neguev), la Chine, l’Inde, le Vietnam et le Chili
(Atacama desert) et à moindre échelle le Bangladesh, Cuba, la Martinique, le Pérou, le Brésil,
l’Espagne et l’Australie. La production de la spiruline est de fait internationale, contrairement à ce
que l’on pourrait croire.
Ensuite, les technologies utilisées pour la culture industrielle sont issues de la recherche scientifique,
dans le but de maximiser les rendements de production.
8. MARCHE DE LA SPIRULINE
Le marché des micro-algues a connu une croissance exponentielle au début des années 90 (Figure 09)
et en 2004, il s'élevait à 5000 tonnes par an générant un chiffre d'affaire d'environ 1,25.109 $ par an.
Aujourd'hui le marché atteint près de 10000 tonnes par an. La spiruline est la micro-algue la plus
cultivée dans le monde avec plus de 5000 tonnes par an (Pulz O., Gross W, 2004).Le marché de la
spiruline est occupé par de grandes entreprises, qui produisent de forts tonnages et possèdent de
grands bassins de culture. Le premier pays producteur est la Chine qui fournit près de la moitié du
marché, suivie par les Etats-Unis. La France y tire également des bénéfices à travers les fermes de
production ou les organismes revendeurs.
Figure 09: Production mondiale de Spiruline entre 1975 et 1999 (1 tons = 1,016 tonnes) (Pulz O.,
Gross W, 2004).
Récemment en octobre 2008, le groupe français Roquette, spécialiste de la transformation des
matières premières agricoles, a annoncé le lancement d'un programme de recherche et développement
sur les micro-algues afin de se positionner sur les marches de la nutrition, de la santé et de la
cosmétique. Début 2008, le groupe a racheté une société allemande, BPS (Bioprodukte Prof.
Steinberg), premier producteur européen spécialisé dans la culture des micro-algues à des fins
alimentaires (Figure 09). L'objectif est de faire émerger une industrie autour de ce secteur encore peu
développe: "nous visons le marché mondial", a assuré M. Roquette qui a affiché sa volonté d'être l'un
des leaders de ce marche en devenir. Il a aussi annoncé être prêt à acheter d'autres sociétés qui sont
sur ce domaine (Daily bourse, 2008). Le marché de la spiruline a donc de beaux jours devant lui.
En 1999, une installation ultra moderne basée sur une technique de culture de micro-algues en
photobioreacteurs « Ce sont des systèmes clos, apparus après les années 60 qui sont plus facilement
contrôlables et qui affichent des performances supérieures aux systèmes fonctionnant en lumière
naturelle. Leur coût de fonctionnement est au contraire beaucoup plus important. Ils sont réservés à la
production de molécules à hautes valeurs ajoutées (caroténoïdes, phycocyanine). (Isabelle Tabutin
et al, 2002) » a été mise au point en Allemagne à Klotze par la société BPS. Reposant sur un système
ferme de tubes de verres assurant un apport de lumière optimal aux algues. Long de 500 kms sur une
superficie de 1,2 ha, le volume de culture, reparti en 20 unités séparées, est d’environ 600 000 litres
(Sébastien Sguera, 2008).
Figure 10: Photo d'une unité de production de micro-algues par photobioréacteur (Dailybourse,
2008).
INTRODUCTION:
Le blé dur, Triticum durum, se distingue du blé tendre, Triticum aestivum, par ses caractéristiques
génétiques, morphologiques et physiologiques. En relation ou non avec ces différences
chromosomiques, le blé dur se distingue par plusieurs caractéristiques physiques telles qu’une forme
de grain plus allongée, une couleur ambrée et surtout par une amande de texture très vitreuse et
résistante au broyage. Du point de vue de la composition chimique, le blé dur se distingue
généralement par des teneurs en protéines et en pigments caroténoïdes élevées.
Du point de vue technologique, c’est principalement la texture vitreuse de l’amande qui confère au
grain du blé dur une aptitude particulière à être transformée en produits céréaliers originaux. En fait,
pour être utilisé dans la consommation humaine, le blé doit généralement subir transformations
successives. La première étape mène du blé tendre à la farine, et du blé dur à la semoule. Les
différences de résistance mécanique entre l’amande de blé dur et l’amande du blé tendre conduisent à
des produits de granulométries différentes. En effet, la semoule est constituée par des fragments de
l’amande du grain dont l’amande dont la taille granulométrique est supérieure à 150 µm, alors que la
farine représente la fraction inférieure à cette maille. Au cours de la seconde transformation, se sont
principalement les facteurs de composition chimique qui vont prévaloir et conduire à transformer la
farine en pain ou en biscuits, alors que la semoule servira de matière première pour la fabrication des
pâtes alimentaires et du couscous (Hélène Franconie et al, 2010).
I. PATES ALIMENTAIRES
Fraiches ou sèches, tubulaires ou plates courtes ou longues, pleines ou creuses, nature ou farcies,
jaune, noire ou vertes…, les pâtes possèdent de nombreux atouts qu’elles n’ont de cesse de dévoiler
sur toutes les tables du monde. Un soupçon d’huile suffit à les rendre séduisantes pour l’œil et le
palais, un accompagnement amoureusement concocté et le charme opère sans équivoque. Retrouvez
au travers des soixante recettes originales et gourmandes tous les attraits d’un mets aux mille facettes
qui sait jouer la carte de la rusticité comme celle de l’extrême finesse (Losange, Collectif, 2007).
Les pâtes sont des produits céréaliers dont l’invention est attribuée aux Chinois. Des études ont
montré que différents peuples méditerranéens connaissaient déjà les pâtes alimentaires plusieurs
millénaires avant Jésus-Christ (G. Moioli, 2003).
1. Histoire de pâtes :
Hier : Si l’opinion selon laquelle Marco Polo aurait rapporté les pâtes de ses voyages en Chine est la
plus répandue, D’autre ont cours chez les grands spécialistes de l’histoire de ce mets qui a envahi le
monde au XIXe siècle. La présence des pâtes est, en effet, attestée en plusieurs endroits de la planète.
A Babylone, il y a 4000 ans, le plus vieux livre de cuisine du monde donne la préparation de pâtes
émiettées. Les Romains, quant à eux, se régalaient, entre autres pâtes de lagana, qui sont en quelques
les ancêtres des lasagnes : en outre, des ustensiles ayant trait à la fabrication et à la cuisson des pâtes
ont été mis au jour Pompéi (I siècle après J-C). On a trouvé la trace des traces des premiers
vermicelles en Palestine au IIIe siècle. Marco Polo aurait-il alors réveillé une tradition culinaire
millénaire ?
Toujours était qu’au XIIe siècle, les pâtes existaient bel et bien en France du Nord, en Allemagne, en
Espagne, et en Sicile. Deux siècles plus tard, c’est la Sardaigne qui se lança dans le commerce des
pâtes avec Barcelone. Majorque, Valencia, Gênes et Naples, bien sûr, qui va devenir l’une des
capitales de la pasta. Car c’est l’Italie entière qui, à partir du XV e siècle, use d’imagination pour
inventer toutes sortes de pâtes. C’est elle aussi qui se lance dans la fabrication semi-industrielle au
XVIIe siècle, puis industrielle, à la fin du XIXe siècle.
Aujourd’hui : Vingt-deux pays, dont 40% de l’Union européenne, produisent 11,4 millions de
tonnes de pâtes alimentaires par an. Plus de trois millions de tonnes sortent des usines d’Italie. Pays
dans lequel chaque habitant consomme en moyenne 28kg par an de spaghetti, tortis et autres
cannelloni (à peine 100g par jour). Des chiffres record qu’est loin d’égaler la France qui produit
244.000 tonnes de pâtes par an et est au cinquième rang des consommateurs de pasta (7,5kg par an et
par habitant), derrière la Venezuela, la Suisse, la Grèce et les Etats-Unis (Losange, Collectif, 2007).
On obtient les pâtes en pétrissant de la semoule de blé additionnée d’eau et de sel. En France, les
pâtes doivent être fabriquées exclusivement à partir de blé dur. Les seuls produits dont l’addition est
autorisé sont : les œufs, les légumes frais, ou les extraits de légume, les aromates, le lait, le gluten.
Tous les colorants, qu’ils soient naturels ou chimiques, sont interdits.
La fabrication industrielle des pâtes se déroule en quatre étapes :
_mélange de la semoule de blé avec de l’eau tiède (100 parties de semoule pour 20 parties d’eau) ;
_pétrissage mécanique de la pâte destiné à la lui donner la consistance requise (pendant cette
opération, les particules de semoule se soudent les unes aux autres) ;
_mise en forme ; tréfilage ou laminage. Le tréfilage consiste à comprimer la pâte obtenue puis à la
pousser dans une filière de forma variable (on obtient ainsi les spaghettis, les vermicelles, les
coquillettes, les macaronis, etc.).Dans le laminage, le mélange de semoule et d’eau est d’abord
laminé entre deux rouleaux puis découpé à l’emporte-pièce avec les formes les plus variées (cette
technique est utilisée pour fabriquer les raviolis, les petits paniers, etc.) ;
_séchage en tunnel à la température de 45°C pour ramener le taux d’humidité des pâtes de 30% à
12%
.
Figure 11: Le diagramme de fabrication des pâtes alimentaire (Isaa-Mf, 2004).
Sont préparées avec de la farine de blé tendre et des œufs. Préemballées, elles cuisent entre 3 et 5
min. Celles disponibles en vrac dans les magasins spécialisés ont un temps de cuisson plus court et
sont plus malléables. Ces pâtes se conservent un mois au réfrigérateur. On peut aussi les
confectionner soi-même. Dans ce cas, il faut les consommer de 2 à 3 h après la fabrication on les
faire sécher pour les conserver.
Les pâtes sèches :
ont une teneur en eau qui passe de 30 à 12% après un séchage méticuleux de 2 à 15 h, à environ
100°C, effectué en usine ou plus artisanalement, voire, dans des cas de plus en plus rares, à l’air libre.
Elles sont fabriquées à partir de blé dur, d’eau et parfois d’œufs, ces derniers déterminant leur qualité.
L’utilisation du blé durum donne de très bonnes pâtes qui deviennent excellentes quand elles sont
confectionnées aves le blé de Kamut. Leur temps de cuisson varie entre 3 et plus de 10 min, selon
leur forme et leur dimension (Losange, Collectif, 2007).
La classification des pâtes alimentaires s’opère sur la base de différents critères (Tableau 08).
Tableau 08 : Types de pâtes alimentaires et critères de différenciation (M. Ugrinovits et al. 2005).
Critères Exemples
Teneur en eau Pâtes alimentaires sèches / fraîches.
Composition des produits de la minoterie Pâtes alimentaires de blé tendre et de blé dur,
à la farine complète, de millet, de riz, de soja
etc.
Genre des ingrédients
– incorporés à la pâte Pâtes aux œufs, pâtes aux légumes Farces,
– externes à la pâte sauces etc.
Les pâtes doivent être saisies en tant versées dans une eau à pleine ébullition, ce qui permet d’obtenir
une cuisson al dente (pâtes encore fermes sous la dent sans laisser d’impression de cru). Elles doivent
circuler librement dans le récipient pour cuire uniformément et ne pas coller entre elles. Les pâtes
alimentaires ont la réputation d’être énergétiques mais très caloriques (QA International Collectif,
1999).
A. Les pâtes fraiches: mêmes si elles sont meilleurs lorsqu’elles sont consommées
immédiatement, se conservent d’un à 2 jours au réfrigérateur, pas plus d’une journée si
elles sont aux œufs ou farcies. Après cuisson, elles se gardent au frais 3 ou 4 jours. Sinon,
on peut les congeler après les avoir enfermées dans des sacs ou des boites hermétiques et
les y laisser jusqu’à 2 mois.
B. Les pâtes sèches: sont celles qui supportent le mieux la congélation après cuisson, à
condition qu’elles ne soient pas assaisonnées à l’excès. Non cuites, elles se conservent
jusqu’à 3 ans dans un endroit sec, à l’abri de la lumière, des insectes et des rongeurs, un an
si elles sont aux œufs (Losange, Collectif, 2007).
7. Pâtes et diététique :
Les pâtes se caractérisent par leur richesse en glucides (sucres lents) et leur teneur intéressante en
protéines. Ces dernières sont toutefois dépourvues de lysine, un acide aminé essentiel. Par ailleurs,
les pâtes contiennent très peu de lipides (les pâtes aux œufs en apportent un peu plus) (G. Moioli,
2003). Cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas caloriques, mais leur consommation régulière à des
doses raisonnables et sans rajouts de sauces trop riches ne fait pas prendre un gramme. Après tout,
100 g de pâtes équivalent à 145 calories ! Et en plus, elles ne contiennent que 0,6 à 2 % de matières
grasses (Losange, Collectif, 2007).
Leur teneur en vitamines du groupe B est assez élevée, mais elle est réduite en grande partie par la
cuisson (G. Moioli, 2003).
Les pâtes aident à abaisser l’indice glycémique d’un plat : Les scientifiques ont
découvert que combinées à d’autres aliments, comme le fromage, le chili à la viande, les
haricots ou le ton, ces ingrédients additionnels peuvent abaisser l’indice glycémique d’un
plat à base de pâte. Le plat de pâtes avec d’autres ingrédients salutaires = un plat à indice
glycémique inférieur = plus nourrissant et complet! (Henry CJ, et al, 2006).
Les pâtes peuvent être bénéfiques pour les diabétiques : Une étude publiée par
Diabetes Care a conclu que les aliments à base de blé (surtout toutes les variétés de blés
complets) à faible indice glycémique, comme les pâtes et l’avoine, sont bénéfiques pour
les diabétiques (McKeown NM, Meigs JB, Liu S, et al, 2004).
Les pâtes peuvent réduire le risque de cancer du sein : Une étude tirée des Annals of
Oncology montre que les aliments à indice glycémique élevé peuvent augmenter le risque
de cancer du sein, alors que la ration de pâtes, aliment à faible indice glycémique, semble
ne pas avoir d’influence (Augustin LS, et al, 2001).
Les pâtes peuvent réduire le risque de diabète de type 2 : En 2008, une étude publiée
sur l’American Journal of Clinical Nutrition conclue qu’un régime à faible IG composé
d’aliments à faible IG, comme les pâtes, peut être préféré dans le régime alimentaire des
diabètes de type 2 (Wolever TMS, Gibbs AL, Mehling C, et al, 2008).
En 2002, des chercheurs Finlandais ont trouvé que la consommation d’hydrates de
carbone à base de pâtes et de pain de seigle peut diminuer le risque d’apparition des
diabètes de type 2 (Laaksonen DE, Toppinen LK, Juntunen KS, et al, 2005).
Peuvent réduire le risque d’apparition de la maladie d’Alzheimer : Les chercheurs ont
conclu que suivre un régime méditerranéen, où les pâtes sont un des aliments forts, peut
réduire le risque d’apparition de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont également
trouvé que l’alimentation méditerranéenne suivante peut allonger de vie de ceux qui
seront atteints de la maladie d’Alzheimer (Scarmeas N et al, 2006).
Les pâtes peuvent aider à conserver ou à perdre son propre poids : Les aliments
contenant des hydrates de carbone, comme les pâtes, peuvent aider à perdre du poids et
dans l’accomplissement des efforts. Des études du New England Journal Of Medicine et
du Journal of the American Medical Association indiquent qu’il n’y a pas de différences
significatives entre la perte de poids par une alimentation à faibles hydrates de carbone et
la perte de poids dérivant d’un programme amaigrissant conventionnel. Les études
attribuent la perte de poids à une réduction de calories, mais pas aux hydrates de carbone
(Shai I, Schwarzfuchs D, Henkin Y, et al, 2008).
Quand on se rapporte aux disponibilités, les consommations moyennes des produits industriels sont
de l’ordre de 1,55 kg/an /personne pour les pâtes alimentaires et de 1,60 kg/an /personne pour le
couscous. Ces ratios sont plus élevés chez les algériens (plus de 3 kg de pâtes/personne/an) et les
voisine tunisiens (de 11,7 à plus de 14 kg/an/personne selon les sources). Quoi qu’il en soit, les
enquêtes de consommation suggèrent une demande domestique supérieure à l’offre industrielle
répertoriée Une partie de cette demande est principalement pourvue par les moyens traditionnels.
Certes, les enquêtes sont fondamentalement peu précises et par suite sont naturellement contestables,
De plus, l’existence des flux informels est indéniable aussi cette offre plus ou moins indéfinissable,
satisfait une demande qui finira, par améliorer le débouché des industriels (Etude réalisée avec le
soutien financier du programme média de l'union européenne 2004).
10. La production des pâtes alimentaires :
Tableau 09: Principaux pays producteurs de pâtes alimentaires (source: UN AFPA sauf
Mauritanie
II. LE COUSCOUS
1. Définition du couscous :
Le mot couscous désigne non seulement le plat traditionnel d’Afrique du Nord, mais aussi la graine
sui sert de base à ce plat. Ce sont les femmes qui fabriquaient, et fabrique encore à la main, le
couscous à partir de la semoule de blé dur (Garance Leureux, 1999).
Le couscous était traditionnellement consommé en Afrique du Nord. La forte immigration
maghrébine des années 1960 à 1980 en Europe et en Amérique du Nord ainsi que le retour des colons
contribuaient au développement international de ce produit. Dans le même temps, la demande
suscitait l’industrialisation des processus de production en France et au Maroc (Daniel Juge, 2004).
2. Histoire du couscous :
Les origines historiques de cette mouture de céréales, apprêtée en fines boulettes cuites ensuite à la
vapeur, restent obscures. Les textes les plus anciens n’en parlent ; les dictionnaires d’arabe ne le
mentionnent qu’à partir du XIXe siècle. L’historien Hady Roger Idris constate que ce mets est attesté
à l’époque des Hafsides (1228-1574), mais pas à celle des Zirides (972-1152). Maxime Rodinson
relève trois recettes de kuskusu dans le manuscrit Wuslaila l-habib rédigé par un personnage habitué
à la vie des cours, ouvrage plusieurs fois remanié, datant de l’époque ayyoubide « les Ayyoubides
dont le plus grand souverain fut le Salah Eddin Yousouf el Ayyoubi dit Saladin (1138-
1193),régénèrent sur la Syrie et l’Egypte de 1169 à 1260.
L’existence de poteries à fond perforé exhumées de sépultures de l’époque romaine dans le Sahel
tunisien pourrait indiquer la consommation du couscous bien avant ces dates. Mais aucun témoignage
précis ne nous révèle à quels usages étaient réservés ces ustensiles ni à quel type de mets.
La question qui est posée est celle de l’ancienneté de la cuisson à la vapeur. Cuisait-on en Béribérie
des graines à la vapeur avant que ne s’y développe l’usage des céréales cultivées ? Ces graines
nourricières existaient dans la nature et les Berbères de tous temps ont su les exploiter. On sait qu’au
XIe siècle, dans la Saoura et le Touat, l’on classait les nomades en Maloul « gens du loul
(Artisidapungens)» et en Mahboud « gens du blé ». Les premiers étaient des Berbères Zénètes
habitués à moissonner au printemps les graines sauvages dans les grands oueds ; les seconds étaient
d’origine arabe et achetaient du blé ou de l’orge aux cultivateurs du Tell lors de leur transhumance.
Est-ce de la confrontation graines sauvages / semoule de blé dur que serait née la technique du
couscous ? Rappelons que le blé dur est connu dans l’Andalousie musulmane au Xe siècle (Hélène
Franconie et al, 2010).
a. Couleur du couscous
Les grains de couscous sont caractérisés par une couleur jaune-claire (Guezlane, 1993). Selon
(Lepage et Sims 1968) cité par (Trono et al, 1999) ; (Hentschel et al, 2002) ; (Guarda et al,
2004), la couleur jaune des pâtes alimentaires, faites à partir de la semoule de blé dur, est due à la
présence de la lutéine de caroténoïdes principalement les xanthophylles.
Figure 15: Micrographes électroniques de balayage (12x) (A) des grains du couscous artisanal et (B)
des grains du couscous industriel (barre 830µm) (Debbouz et Donnelly, 1996).
7. La consommation du couscous :
En Europe, le couscous est encore principalement consommé par les populations immigrées d’origine
maghrébine. Toutefois, la généralisation de la consommation du couscous dans la restauration
collective et le développement par les conserveurs de couscous cuisinés prêts à être réchauffés, ainsi
que de puissantes actions marketing engagées depuis quelques années, font que la consommation du
couscous séduit peu à peu le reste de la population européenne.
La sensibilisation du consommateur a notamment permis d’élargir le champ d'utilisation de la graine
de couscous à d'autres recettes culinaires. Ainsi, les ventes des fabricants français se redressent
quelque peu en période estivale, avec les préparations de taboulés. Malgré tout, les ventes globales de
la graine de couscous classique s’essoufflent. Elles ne représentent plus que 70% du chiffre d’affaire
pour 86% des livraisons pondérales.
En revanche, la croissance est tirée par le succès des couscous aromatisés à forte valeur ajoutée
(aromatisation de la graine et ajout d'épices et des herbes déshydratées) qui affiche désormais une
pénétration à hauteur de 20% en valeur de chiffre d’affaire et un taux de croissance extrêmement
prometteur. De même la praticité est un thème profitable. Les graines de couscous en sachets cuisson
enregistrent une pénétration significative (pénétration 9% en CA et croissance 7 à 8% par an) (Daniel
Juge, 2004).
1. Le matériel d’étude
Le couscous artisanal est fabriqué à partir de la semoule de granulométrie moyenne. En totalité 6
échantillons de couscous artisanal ont été fabriqué au cours de cette étude.
2. Le couscous artisanal
2.1. Matière première
Le couscous artisanal est fabriqué à partir de la semoule de granulométrie moyenne. La semoule est
conditionnée dans des sachets en plastique de1kg et produite le 23 février 2016. En totalité 6
échantillons de couscous artisanal ont été fabriqué au cours de cette étude.
2.2. Ingrédients
Eau : l’eau utilisée est l’eau distillée légèrement froide afin d’éviter l’agglomération excessive de la
semoule de blé dur.
Sel : nous avons utilisé le sel de cuisine iodé, conditionné en sachet de 1 kg acheté du commerce.
2.3. Matériel utilisé pour la fabrication du couscous artisanal
- « Guessâa » : Ecuelle en bois ou en plastique du diamètre de 50 cm, utilisée couramment pour la
fabrication de couscous.
-Tamis : les tamis utilisés sont classés selon leurs produits finis. Ils sont convenablement adoptés
pour l’obtention de la granulométrie désirée « couscous moyen »
-Sakkat : Il a l’ouverture des mailles de l’ordre de 1200 μm, permet de réaliser la première opération
de criblage.
-Reffad : ayant l’ouverture de maille de 800 μm, permet de séparer le couscous de la granulométrie
désirée de celui trop fin et de la semoule.
-Couscoussier
C’est l’ustensile de la cuisson de couscous, il est en aluminium et constitué d’une partie supérieure
renfermant des trous identiques qui permettent le passage de la vapeur aux grains de couscous, et une
partie inférieure plus grande que la partie supérieure dans laquelle est placée l’eau à bouillir (Figure
17).
Figure 17: Matériel de fabrication artisanale de couscous (Benatallah et al. 2008)
Couscous moyen
humide
Cuisson à la
vapeur
Dispersion sur un
drap
Séchage au soleil
Protides : Dosage de l’azote total selon la méthode de Kjeldahl. Après minéralisation sulfurique en
Le dosage des protéines et des lipides ont été fait par un laboratoire privé au niveau de la wilaya de
Mostaganem.
La spiruline utilisée a été fournie par le producteur Mr SI REDOUANE Anouar, au niveau de la
wilaya d’Oran.
Les détails de la méthode sont décrits dans les standards ICC nº 110/1 (ICC, 2003).
3.2. Cendres du blé
La détermination des cendres se fait par l’incinération de 5g de farine de blé entier, placés dans un
creuset spécial, dans un four à 900ºC pendant environ 1 heure. Le taux des cendres est déterminé par
la formule suivante :
% Cendres (sur substances sèches) = [(b-a) x 100] x 100 / M x (100-F)
Les détails de la méthode sont décrits dans les normes ICC nº104/1 (ICC, 2003).
3.3. Protéines du blé
La méthode Kjeldahl sur l’appareil Büchi est utilisée dans ce contexte pour le dosage des protéines.
Le test commence par une digestion de 1g de farine placé dans un papier filtre à l’intérieur d’un tube
avec un catalyseur à base de sélénium et de chlorure de potassium, additionné de 13ml d’H2SO4
concentré à 98%. L’ébullition se produit jusqu’à la clarification du produit. Ensuite la distillation se
fait par injection de vapeur qui entraîne les vapeurs d’ammoniac vers un condensateur pour aboutir à
un Erlenmeyer contenant de l’acide borique à 2% de concentration et quelques gouttes d’un
indicateur (formé de 0.2% du rouge de méthyle et 0.1% du bleu de méthylène dissous dans l’alcool).
Après titration avec l’HCl 0,1N on calcule le taux de protéines :
% Protéines (sur substances sèches) = (V x F x 14,008 x 100) / [E x (100-W)]
4. Appréciation de la qualité
4.1. Masse volumique
Cette mesure est réalisée pour tous des couscous secs, elle nous renseigne sur la densité et le degré de
compacité des différents couscous.
Une éprouvette de 100 ml est utilisée pour déterminer le volume occupé par 25 ± 0.01g de couscous
sec. La masse volumique de ces échantillons est ensuite déterminée sur cette base, elle est exprimée
en g/cm³.
On demande aux dégustateurs de classer par rang des échantillons codés en fonction de l'acceptation
en allant du moins acceptable au plus acceptable. En règle générale, on ne permet pas les égalités.
Nom :…………………………………………………..
Date:……………………………………………………
Goûtez chacun des échantillons de couscous dans l'ordre indiqué ci-dessous. Donnez la cote 1 à
l'échantillon dont la texture est la plus acceptable, la cote 2 à l'échantillon suivant le plus acceptable,
et la cote 3 à l'échantillon le moins acceptable. Ne pas donner la même cote à deux échantillons.
……………………………. ……………………….
……………………………. ………………………..
…………………………….. ………………………..
Figure 19 : Bulletin pour le test de classement par rang d'acceptabilité du couscous (Original)
5. Analyse statistique
Les différences entre les moyennes des mesures des caractéristiques de divers couscous ont été
évaluées par analyse de variance à un facteur. Le seuil de significativité est fixé à 5%. L’analyse est
réalisée à l’aide du logiciel MINITAB version 13.31.
6. Contrôle Microbiologique :
Les analyses microbiologiques ont été effectuées au niveau du laboratoire de contrôle de qualité
(département de biologie) N°12.
Nos échantillons ont été prélevés des couscous fabriqués hors laboratoire, à la maison dans une
chambre propre et bien aérée à température de 25°C dans les conditions habituelles avec le matériel
couramment utilisé.
Les échantillons prélevés ont été analysés Selon le JORA N°35 du 27 Mai 1998, et qui concernait la
recherche des Clostridiums sulfito réducteurs à 46° C et les moisissures.
Dans le cadre du dénombrement des germes, 10g de chaque échantillon sont prélevés aseptiquement,
puis mélangés avec 90 ml d'eau physiologique.
Figure 21: les dilutions mères des matières premières et des produits finis (original)
Le mélange est homogénéisé pendant 2 minutes. A partir de cette suspension mère, une gamme de
dilutions décimales (jusqu’à 10-6) est réalisée afin de dénombrer la flore rechercher. Un volume de 1
ml de chaque dilution est stérilement ensemencé dans divers milieux nutritifs gélosés spécifiques
coulés dans des boîtes de pétri et des tubes à essai.
La nature du milieu de culture utilisé et les conditions d'incubation (température et durée) dépendent
en effet de la nature des germes à dénombrer:
Tableau 12: Germes recherchés à partir des prélèvements des matières premières et les produits
finis conformément à la réglementation en vigueur
Le milieu de La température
Le germe Temps d’incubation
culture utilisé d’incubation
CSR (Clostridium Gélose VF (Viande
46° C 48h
sulfito reducteurs) foie)
Le dénombrement des CSR à 46°C a été effectué sur milieu VF sels de fer et le sulfite de sodium. Les
dilutions préparées sont chauffées, dans un tube pendant 10 min à 80°C au bain marie, le temps étant
mesuré après stabilisation de la température de solution mère à 80°C, les tubes sont ensuite refroidi
rapidement sous l'eau du robinet, puis on verse environ 05 ml de la gélose VF à 45°C sont mélangées
aux dilutions qui seront couvertes ensuite du coton pour créer l’anaérobiose.
Figure 22 : Recherche des CSR à 46°C sur milieu VF (original)
La recherche des moisissures se fait sur la gélose Sabouraud par la technique d’ensemencement en
surface qui consiste à couler la gélose en boites de pétri puis Prélever un volume précis de 0,1 ml à
l’aide de la pipette graduée de 1 ml stérile, puis déposer ce volume au centre de la gélose solide.
Étaler à l’aide d’une pipette râteau, le volume sur toute la gélose. L’incubation des boites de pétri a
été effectué à 25°C pendant 5jours.
[Link]
Les résultats consignés dans le tableau ci-dessous indiquent que les échantillons étudiés présentent
des teneurs appréciables en protéines. La teneur en protéines est un critère important d’appréciation
de la qualité nutritionnelle du produit fini. Les protéines de la semoule apportent, sur le double plan
quantitatif et qualitatif, un rôle important et fondamental dans l'expression de la qualité culinaire du
couscous.
Tableau 14: Teneur en protéines des échantillons étudiés (normes françaises NF utilisées dans la
semoulerie SOSEMIE)
Couscous Couscous
Couscous sans Signification
Semoule + +
spiruline Valeur d F
1% spiruline 2% spiruline
Essai 1 10,5 10,4 10,7 10,8
Norme (NF) 9 – 15 9 – 15 ND ND
NS
les moyennes ne sont pas différentes (p˂0,05)
En effet, la formation d’un réseau de gluten confère à la semoule des propriétés rhéologiques
appréciables (Guezlane ,1993). Il a été constaté que l’incorporation de la spiruline à raison de 1 et
2% augmente mais de manière non significative (p˃0,05) la teneur en protéines totales. Rappelant
que cette élévation en protéines a été obtenue par l’incorporation de quantités minimes (1 et 2
gramme de biomasse dans100 g de semoule). Ainsi, l’ajout de quantités plus élevées pourrait
améliorer significativement les taux protéiniques dans le produit fini.
Tableau 15 : Valeur nutritionnelle des couscous étudiés
Couscous Couscous
Couscous sans
+ +
spiruline
1% spiruline 2% spiruline
Protéines brutes 9,9±0,37 10,8±0,28 10,96±1,75
Les résultats consignés sur le tableau ci-dessus, montrent des teneurs acceptables en protéines
ainsi que des teneurs élevées en glucides (85-88%) dépassant de ce fait la norme algérienne fixant le
taux de glucides à 73,59. En règle générale, les céréales sont des produits énergétiques riches en
glucides qui se présentent sous une forme simple et complexe, le plus important est l'amidon qui est
la substance énergétique par excellence. (Doumandji et al, 2011) ont rapportés des taux moins
élevés d’environ 71%. En ce qui concerne les lipides, nos résultats confirment ceux de (Mezroua,
2011). Cet auteur a trouvé des valeurs allant de 0,1 à 0,35% sur les couscous artisanaux et industriels.
Ces valeurs sont proches de la norme (0,64) citée par (Soucca, 1992).
Le taux de cendres des couscous artisanaux sont compris entre 1,19 % et 1,35 % MS. Il a été constaté
que ce taux augmente avec l’ajout de la spiruline (Tableau 15). En effet, (Guezlane et al, 1986) ont
souligné qu’une nette augmentation du taux de cendres est enregistrée sur les couscous par rapport
aux semoules dont ils sont issus. Cette augmentation est essentiellement due à l’apport des éléments
minéraux contenus dans l’eau ajoutée au stade de roulage. Le taux de cendres indiqué par la norme
algérienne N.A. 6396 est compris entre 0,9 % et 1,1 %. Ainsi, Nous constatons que les trois produits
étudiés ne sont pas conformes à la norme algérienne. Les mêmes constatations ont été par ailleurs
rapportées par (Mezroua, 2011). Le même auteur a trouvé des teneurs en cendres allant de 0,83 à
1,93.
Le couscous est un aliment riche en glucides, en fibres, en phosphore et en vitamine B, mais pauvre
en lipides, en sodium et en certains acides aminés essentiels tels que la lysine. Par contre sa richesse
en amidon lui confère un apport appréciable en calories. Par ailleurs, la spiruline est considérée
comme une excellente source de nutriments riche en acides aminés soufrés telles que la lysine et la
méthionine. En effet un gramme de spiruline peut couvrir les besoins énergétiques journaliers d’une
personne, ce qui représente un gain de poids considérable et une valeur nutritionnelle très intéressante
(Doumandji et al, 2011). Selon ces mêmes auteurs l’enrichissement du couscous en spiruline a un
effet positif sur sa qualité nutritionnelle menant à une augmentation de la valeur énergétique. Ces
observations n’ont toutefois pas été soulevées dans la présente étude.
2. Le Rendement
Le rendement de procédé artisanal de couscous est déterminé par la pesée de couscous sec (fin,
moyen) à l’aide d’une balance technique.
Tableau 16: Moyennes des rendements en couscous (g de couscous/100g de semoule)
Rendement (%)
Couscous sans Couscous avec Couscous avec Signification
spiruline 1% spiruline 2% spiruline Test F
Essai 1 59,1 75 75,4
Essai 2 57,83 75,9 76,9
Essai 3 58 76 77,2
Moyenne ± écart-type 58,31±0,56 75,63±0,64 76,5±0,78 1,48 NS
NS
les moyennes ne sont pas différentes (p˂0,05)
D’après les données du tableau ci-dessus, il ressort que le rendement du procédé artisanal exprimé en
g de couscous sec pour 100 g de la semoule, diffère d’un échantillon à l’autre, il est plus élevé dans le
couscous enrichi à 2% de spiruline et plus faible dans l’échantillon contrôle. Ceci peut être expliqué
par l’effet de la spiruline sur la taille des grains de couscous. Nous avons constaté lors de la
préparation du couscous, une viscosité importante de la spiruline pouvant conduire à la formation de
grains de grande taille et induire une élévation de la prise de masse. Par ailleurs, et contrairement au
procédé industriel il est importe de souligner que les paramètres de fabrication (qualité du roulage) ne
sont, pas rigoureusement contrôlés. En effet, le rendement trouvé sur l’échantillon contrôle est
inférieur à celui donné par (Bahchachi, 2002 ; Mezroua, 2011) qui est de 72,09%. Ces mêmes
auteurs rapportent en comparant entre les deux procédés artisanal et industriel que le rendement en
couscous industriel est plus élevé que celui de couscous artisanal, il est de l’ordre de 100 % en
parlant de la quantité de couscous produit sans indication de la granulométrie et cela grâce au
recyclage de toutes les particules à tous les stades du procédé de la fabrication industrielle. Par
contre, il n’existe pas de recyclage des particules après la pré-cuisson de couscous dans le procédé
artisanal.
3. La masse volumique
Les données du tableau ci-dessus montrent que la masse volumique des couscous préparés est la
même, ceci peut être dû à la taille des particules des couscous ainsi que l’espace interarticulaire qui
n’ont pratiquement pas varié par l’incorporation de la spiruline. Nos résultats concordent avec ceux
rapportés par (Debbouz, 2011) et (Donnelly, 1996) ont, par contre, trouvé que la masse volumique
du couscous est de 0,60 g/cm3 pour le couscous artisanal et de 0,79 g/cm3 pour celui industriel.
Tableau 17: Moyennes masse volumique en couscous (g de couscous/100g de semoule)
Masse volumique (g/cm3 )
Moyenne±écart-type
4. Indice de gonflement :
Il a été constaté que nos échantillons de couscous gonflent rapidement pendant les cinq voire les dix
premières minutes. Puis, le gonflement continue à augmenter lentement jusqu’à la vingtième minute,
moment à partir duquel le gonflement tend à se stabiliser jusqu’à la soixantième minute.
Figure 23: Cinétique du gonflement à 100°C des couscous étudiés
70
60
50
couscous sans spiruline
40
(témoin)
30
couscous+1% spiruline
20
10 couscous+2% spiruline
0
0 5 10 20 30 40 50 60
Temps (min)
Toutefois, il apparait que l’indice de gonflement diffère d’un couscous à l’autre. Le couscous témoin
et celui enrichi avec 1% de spiruline semblent avoir presque le même comportement du gonflement
différent à celui du couscous enrichi avec 2% de spiruline. Cette différence a été plus nette lorsque
les échantillons ont été traités à 100°C. Dans ce cas, le couscous additionné à 2% de spiruline
présente un indice de gonflement de 80% après 1 heure traduisant ainsi une absorption d’eau plus
importante que les deux autres échantillons. Ceci est dû probablement à l’effet de la spiruline sur la
granulométrie des grains de couscous. Selon (Angar et Belhouchet, 2002), le gain de poids ou
l’absorption d’eau évolue suivant la finesse du couscous. Lorsque la granulométrie du couscous
diminue, le gain de poids augmente. Globalement, il a été constaté que tous les échantillons passent
par trois phases : phase du gonflement accéléré jusqu’à la cinquième minute, phase du gonflement
lent dure quinze minutes et une phase stationnaire à partir de la vingtième minute. Ces observations
rejoignent dans l’ensemble celles soulevées par (Mezroua, 2011) avec une certaine variabilité jugée
infime.
5. Degré de désintégration :
L’analyse des résultats des échantillons de couscous montre que la délitescence du couscous à 2% de
spiruline est supérieure à celles des deux autres échantillons sans que cette différence soit
significative. Ceci peut être expliqué comme il a été déjà évoqué plus loin par la granulométrie plus
faible des grains de couscous à 2% de spiruline.
6. Temps de cuisson
Le temps de cuisson a été déterminé en se basant sur l’apparition d’un flux de la vapeur d’eau à la
surface de couscous (Derouiche, 2003). Nous pouvons distinguer trois temps de cuisson : le temps
minimal, optimal et maximal (surcuisson).
Le temps optimal a été déterminé par la somme du temps de la première et de la de la deuxième
cuisson, c’est le temps réel de cuisson. Avant ce temps, le couscous n’est pas apte à la
consommation. Pour les trois échantillons, il a été constaté que le temps de la première cuisson est de
10 minutes, alors que celui de la deuxième cuisson est de 5 minutes, soit 15 minutes le temps
nécessaire pour avoir de couscous de bonne qualité culinaire. (Guezlane, 1993) a indiqué que le
couscous de bonne qualité culinaire doit présenter un bon gonflement, une consistance qui n’est pas
trop ferme, un aspect moelleux et une facilité à la mastication. Les valeurs trouvées en ce qui
concerne le temps minimal de cuisson semblent inférieures à celles trouvées sur le couscous (moyen)
artisanal et le couscous industriel de Benamor (Mezroua, 2011). Ces mêmes constatations sont
valables pour ce qui est du temps optimal de cuisson (Mezroua, 2011) a montré que le temps optimal
de couscous artisanal moyen est de 28 minutes contre 32 minutes pour son homologue fin.
(Belhouchet, 2002) montrent que le temps de cuisson diminue lorsque la granulométrie augmente.
Figure 26: Différents type de couscous analysés avant et après la cuisson (Doumandji Amel et al,
2011).
7. Qualité sensorielle :
Suite à l’analyse des résultats de l’évaluation de la qualité des couscous à l’état cuits par le jury, il a
été constaté que les échantillons de couscous enrichis en spiruline ont été jugés acceptables voire
préférables par rapport au couscous sans spiruline.
Tableau 17: Résultats de l’analyse sensorielle des trois variétés de couscous étudiées.
Statistique de
Caractère χ2 Signification
Friedman
Couleur 5,6 6,2 NS
Couscous +2 % Spirulne
Couscous +1 % Spirulne
Couscous (contrôle)
0 5 10 15 20 25 30
Somme des rangs
Figure 27 : Somme des rangs attribués pour chaque caractère sensoriel par le panel de dégustateurs
2
O%
5 1%
2%
3
Spiruline
1
Figure 28: Les spores des CSR de différents types de couscous et de la spiruline
107
Le nombre UFC/ml
12 C
10
6
11
10
4
6
2 4
0
0% 1% 2% Spiruline
Parmi les obligations minimales de règles à observer par les fabricants, les organismes internationaux
(OMS, FAO...) insistent sur le respect des règles d'hygiène et de sécurité seul garant de la santé du
consommateur. Par conséquent, le contrôle de qualité d'un produit destiné à la consommation ne
pourrait se faire sans évaluation de la qualité microbiologique. En effet, les micro-organismes sont
les agents les plus fréquemment rencontrés dans les aliments responsables des troubles de la santé
(FAO, 1994).
La qualité de la spiruline bactériologique est jugée satisfaisante, selon Cahier des charges Spiruliniers
de France, du fait que la valeur enregistrée pour les CSR est 2.
Pour les moisissures on constate une plus grande valeur 108. Cela est lié à plusieurs facteurs :
- L’Humidité : Les moisissures ont en général un besoin en eau faible par apport aux autres
microorganismes (Davet, 1996). C'est pourquoi les moisissures dominent généralement en
surface des aliments dont la disponibilité en eau, la pression osmotique et le taux d'acidité
sont moins favorables aux bactéries.
- La forte teneur en protéines de la spiruline : La plupart des moisissures assimilent
l’ammoniaque sous forme de sels (NH4+) dont la présence réprime l’utilisation d’autres
sources azotées (nitrate, acides aminés, protéines). L’ammoniaque est transformée en acide
glutamique, en glutamine ou en d’autres acides aminés par transamination (Boiron, 1996).
- La forte teneur en minéraux de la spiruline : La présence des ions minéraux et métaux
dans le milieu de culture est nécessaire pour la croissance et la reproduction de plusieurs
espèces fongiques, il s’agit essentiellement de sulfate, de magnésium, de potassium, de
sodium et de phosphore avec des concentrations plus au moins différentes selon l’espèce
(Uchicoba et al, 2001).
Certaines spores de levures et de moisissures résistent à la chaleur, à la congélation, aux antibiotiques
et à l’irradiation. Il s’avère essentiel de contrôler la qualité des produits alimentaires, de leur origine
jusqu’au consommateur (récolte, entreposage, transport, transformation et/ou préparation). Le
maintien des populations de moisissures à des niveaux acceptables permettra de réduire les risques
d’intoxication.
99. Scotti G., 1984. Analyse physique des grains. In « Guide pratique d’analyse dans les
industries des céréales » Godon B. et Loisel W. Lavoisier. Tec et Doc. Paris. 685 pages.
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denrées alimentaires.
Analyse microbiologique :
1. Matériel :
- Erlenmeyer;
- Tubes à essai;
- boîtes de pétri;
- étuves d'incubation réglées à différentes températures;
- pipettes graduées;
- bain-marie à45°C;
- balance de précision;
- flacons pour milieux de culture;
- autoclave;
- coton;
- bec bunsen.
- vortex
Milieu :
La formule (en grammes par litre d’eau distillée) de la base gélosée commercialisée (DP) est la
suivante (N. Marchal et al,. 1991):
Mettre 45g de milieu déshydraté dans 1litre d’eau distillée. Attendre 10 min, puis mélanger jusqu’à
l’obtention d’une suspension homogène. Chauffer lentement, en agitant fréquemment, puis porter à
l’ébullition jusqu’à complète dissolution (N. Marchal et al, 1991)
Technique :
Selon (Benslimane et Kasmi, 2001),
On prépare 04 tubes stériles.
On introduit stérilement 10 ml par tube d’eau soumise à essai.
02 tubes pour la recherche des spores ;
02 tubes pour la recherche des formes végétatives
On met 02 tubes au bain d’eau à 80° C pendant 10 minutes pour détruire les formes
végétatives, puis refroidir immédiatement.
On procède à la répartition de la gélose Viande-foie (VF) en tubes.
Ensuite on ajoute à chaque tube 20 gouttes de la solution de sulfite de sodium et 04 gouttes de
la solution de sels de fer.
On mélange doucement le milieu et l’inoculum en évitant l’incorporation d’air.
On doit fermer hermétiquement les tubes afin de créer l’anaérobiose.
Incubation des tubes à 46° C pendant 48 heures.
Lecture :
Les colonies de bactéries Sulfito-reductrices sont très nettement noires ; leurs tailles varient selon
l’espèce bactérienne (N. Marchal et al. 1991).
2. Tableaux des résultats Analyse microbiologique:
Tableau A1 : Profil microbiologique des échantillons de différentes concentrations pour les CSR
Les dilutions
Les Le nombre des
concentrations -1 -2 -3 -4 -5 -6 spores
10 10 10 10 10 10
0% 0 0 0 0 0 5 5
1% 0 0 0 1 0 0 1
2% 0 0 1 0 1 1 3
Spiruline 1 4 1 4 0 2 2
Les Dilutions
Les Le nombre des
Concentrations colonies (UFC/ml)
10-1 10-2 10-3 10-4 10-5 10-6
0% 9 10 77 2 7 4 4.107
11.107
1% Ind Ind 4 3 43 11
2% 11 248 9 24 12 6 6.107
Spiruline 4 4 7 3 3 10 108
Résumé : L’incorporation de la spiruline sur les qualités nutritionnelles, organoleptiques et
technologiques du couscous artisanal
Ce travail a pour but d’étudier l’impact de l’incorporation d’une cyanobactérie très riche en protéines sur la qualité
nutritionnelle, technologique et organoleptique du couscous artisanal préparé à partir de la semoule de blé dur. L’ajout
d’un minimum de biomasse de spiruline (1% et 2%) a augmenté le taux de protéine dans le produit fini (+0.5g et +0.9g
respectivement) sans que cette augmentation soit significativement importante (p<0.05). Il apparaît que le couscous
témoin et celui enrichi avec 1% de spiruline ont presque le même comportement du gonflement différent à celui du
couscous enrichi avec 2% de spiruline. En effet la différence a été plus nette à 100°C. Même constatation a été soulevée
en ce qui concerne le degré de désintégration. Par ailleurs, aucun effet de l’ajout de spiruline n’a été démontré sur le
temps optimal de cuisson d’environ 15 minutes. Le test sensoriel a permis de conclure que l’appréciabilité du couscous
enrichi par la spiruline ne fait pas défaut par sa couleur ni par son odeur légèrement accentuée. Les échantillons de
couscous enrichis en spiruline ont été jugés acceptables voire préférables pour certains panelistes que couscous sans
spiruline. Une analyse microbiologiques a été effectuée sur les échantillons selon le JORA N°35 du 27 Mai 1998, et qui
concernait la recherche des Clostridiums sulfito réducteurs à 46° C et les moisissures. Cette analyse montre qu’il y a
présence des proportions anormales des moisissures et des Clostridiums sulfito réducteurs pour tous les échantillons.
Mots clés : Couscous artisanal, spiruline, qualité
Abstract : Incorporation of the Spirulina into qualities nutritionals, organoleptics, technologicals of the
couscous craft.
The purpose of this work is to study the impact of the incorporation of a cyanobactery very rich in proteins on nutritional,
technological and organoleptic quality of the artisanal couscous prepared starting from the durum wheat semolina. The
addition of a minimum of biomass of spiruline (1% and 2%) increased the protein rate in the end product (+0.5g and
+0.9g respectively) without this increase being significantly important (p<0.05). It appears that the pilot couscous and
that enriched with 1% by spiruline have almost the same behavior of swelling different to that from the couscous enriched
with 2% by spiruline. Indeed the difference was clearer with 100°C. Even observation was raised with regard to the
degree of disintegration. In addition, no effect of the addition of spiruline was shown over optimal time of cooking of
approximately 15 minutes. The sensory test made it possible to conclude that the appreciability of the couscous enriched
by the spiruline is not lacking by its color nor by its slightly accentuated odor. The samples of couscous nouveau riches in
spiruline were considered to be acceptable even preferable for ceratins panelists that couscous without spiruline.
microbiological analysis has been done on the samples, according to the official newspaper N°35 du 27 May 1998,
which concerned the research of the Clostridium sulfite reducers and mold. This analysis show that is a presence of
enormous proportions of the Clostridium sulfite reducers and mold in all the samples.
Key words: Artisanal couscous, spiruline, quality