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Théorie - Matériaux (Cours) SMP S6

Ce document présente les concepts de base de la dynamique des électrons dans les solides, y compris la théorie classique d'un gaz d'électrons, l'effet des champs électriques et magnétiques, ainsi que la loi d'Ohm.

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Théorie - Matériaux (Cours) SMP S6

Ce document présente les concepts de base de la dynamique des électrons dans les solides, y compris la théorie classique d'un gaz d'électrons, l'effet des champs électriques et magnétiques, ainsi que la loi d'Ohm.

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Université Ibn Zohr

Faculté Polydisciplinaire de Ouarzazate


Département de Physique-Chimie

COURS DE THEORIE DES MATERIAUX


Filière : SMP
Semestre : S6

Année Universitaire 2019-2020


Table de matière

Introduction.

1 Dynamique des électrons dans les solides. 5


1.1 Théorie classique d’un gaz des électrons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Action d’un champ électrique sur un gaz des électrons . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Modèle de Drude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2 Résistivité électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Action d’un champ magnétique sur un gaz des électrons . . . . . . . . . . . 9

2 Gaz des électrons libres. 11


2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Distribution de Fermi-Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.3 Energie interne et chaleur spéci…que . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

3 Vibrations dans les solides. 17


3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2 Vibrations d’une chaine monoatomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.3 Vibrations d’une chaine diatomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.3.1 vitesse de groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

4 Vibrations dans les solides : Propriétés thermiques. 23


4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4.2 Modèle d’Einstein . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

1
2

4.3 Modèle de Debye . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25


4.3.1 Densité d’états . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.3.2 Energie interne et chaleur spéci…que . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

5 Propriétés magnétiques des matériaux. 28


5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
5.2 Paramagnétisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
5.3 Diamagnétisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
5.4 Ferromagnétisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

6 Semi-conducteurs. 32
6.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
6.2 Semi-conducteurs intrinsèques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
6.3 Semi-conducteurs extrinsèques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
6.3.1 Notion de dopage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Introduction.

La physique des matériaux est essentiellement l’étude des propriétés remarquables que
présentent les atomes ou les molécules lorsqu’ils sont rangés de façon périodique dans les
cristaux.
En physique, on peut classer les matériaux en sept catégories bien déterminées selon la
maille élémentaire du matériau. La maille élémentaire permet de reproduire entièrement
le matériau par translation suivant les directions possibles.
Les propriétés structurales jouent un rôle très important quant aux propriétés physiques
des matériaux. Par exemple, ces propriétés nous permettent de dégager le comportement
d’un matériau en présence d’un champ électrique ou magnétique.
La physique des matériaux permet de classer, au niveau, des propriétés électriques,
les matériaux en trois catégories :

Les isolants : ce sont des matériaux que ne conduisent pas l’électricité quelle que
soit la température.

Les semiconducteurs : ce sont des matériaux qui se comportent comme des isolants
à T = 0 K et comme des conducteurs à l’ambiante.

Les conducteurs : ce sont les matériaux qui conduisent l’électricité.

Au niveau du magnétisme, on peut classer les matériaux en trois classes :

Les matériaux ferromagnétiques : Ce sont des matériaux qui possèdent une aiman-
tation magnétique permanente.
Introduction . 4

!
Les matériaux diamagnétiques : En absence d’un champ magnétique extérieur B
ces matériaux ne possèdent pas une aimantation magnétique. En présence d’un
!
champ B les matériaux diamagnétiques possèdent une aimantation dirigée vers le
!
sens inverse de B .

Les matériaux paramagnétiques : Ce sont des matériaux qui ne possèdent pas


!
une aimantation magnétique en absence d’un champ magnétique extérieur B . En
!
présence d’un champ B ces matériaux possèdent une aimantation de même sens
!
que B .

Au niveau thermique, on distingue deux classes de matériaux :

Les mauvais conducteurs de chaleur ; le bois, ... .

Les matériaux très bons conducteurs de chaleur : les métaux.

Il est important de noter qu’il y a une loi montre le lien entre la conductivité thermique
et la conductivité électrique des matériaux (loi de Wiedemann- Franz).
Chapitre 1

Dynamique des électrons dans les


solides.

Le déplacement des électrons peut être provoqué par une excitation extérieure telle que
: le champ magnétique, le champ électrique et la température ... Comme il peut être
provoqué par un gradient de concentration dans un solide (loi de Fick).

1.1 Théorie classique d’un gaz des électrons


Selon la théorie classique, l’énergie interne d’un matériau s’écrit sous la forme :

3
U = N kB T (1.1)
2
D’autre part, on a :

1
"c = mv 2 (1.2)
2
Donc, pour un électron,

1 2 3
mv = kB T (1.3)
2 2
On peut dé…nir la vitesse théorique, vth , d’un électron par :
Dynamique des électrons dans les solides. 6

1=2
3kB T
vth = (1.4)
m
Théoriquement, si la température augmente, vth augmente. Cependant, vth a une
limite maximale quelle que soit la température. Cette vitesse maximale dépend de la
nature du matériau, c.à.d du nombre de chocs qui peut subir un électron lors de son
déplacement le long du matériau. En e¤et, lorsque l’électron se déplace le long du réseau,
il reste libre le long d’une distance séparant deux atomes voisins. Cette distance peut être
considérée comme la distance parcourue par l’électron entre deux chocs consécutifs. On
appelle cette distance le libre parcours moyen. A ce libre parcours moyen, on associe un
temps appelé le temps de libre parcours moyen. On peut, donc, écrire ;

l
vth = (1.5)

1.2 Action d’un champ électrique sur un gaz des élec-


trons
! !
Dans un champ électrique E , la force F exercée sur un électron de charge e est :

! !
F = eE (1.6)

Donc, la seconde loi de Newton s’écrit :

! d!v !
F =m = eE (1.7)
dt

e!
d!
v = E dt (1.8)
m
D’où,

! e !
v = E (1.9)
m
Dynamique des électrons dans les solides. 7

!
S’il y a, dans un champ électrique E , n électrons, de charge q = e, par unité de
volume, la densité de courant électrique est :

! n e2 !
j = nq !
v = E (1.10)
m
Ceci est la loi d’Ohm. La conductivité électrique est dé…nie par :

! !
j = E (1.11)

D’où,

n e2
= (1.12)
m

1.2.1 Modèle de Drude

Pour interpréter le comportement de la conductivité électrique des électrons dans un


métal, Paul Drude (1863 1906) considère les hypothèses suivantes :

Chaque atome libère un électron pour contribuer à la constitution du gaz des élec-
trons libres.

Au cours de chaque choc, l’électron perd la totalité de son énergie.

La chaleur spéci…que du gaz des électrons est celle donnée par la théorie classique
(cv = 32 N kB ).

On a,
n e2
= (1.13)
m

l l
= = (1.14)
vth 3kB T 1=2
m
D’où,
me2 l
=p (1.15)
3kB T
Dynamique des électrons dans les solides. 8

1=2
T (1.16)

Expérimentalement, la conductivité électrique varie selon d’autres lois en fonction de


la température. L’anomalie de la loi de Drude vient du fait que Drude avait attribué aux
électrons une chaleur spéci…que prévue par la loi classique qui nettement supérieure à leur
contribution réelle.
Expérimentalement,

1
Pour les hautes températures : T

5=2
Pour les basses températures : T

1.2.2 Résistivité électrique

La résistivité électrique est, par dé…nition, l’inverse de la conductivité, d’où :

1 m
= = (1.17)
ne2
La résistivité électrique d’un matériau est due aux chocs que subissent les électrons
le long du réseau. On peut distinguer deux types de chocs :

Les chocs dus aux atomes.

Les chocs dus aux impuretés et les défauts du matériau.

= L + i (1.18)

Avec,

L: résistivité due au réseau.

i : résistivité due aux impuretés.


Remarque : On dé…nit un paramètre , qui est la mobilité, lié à la conductivité par
:
Dynamique des électrons dans les solides. 9

= ne (1.19)

1.3 Action d’un champ magnétique sur un gaz des


électrons
! !
On considère un électron libre soumis à l’action d’un champ B ( B = B !
ez ). Ecrivons
l’équation du mouvement de cet électron,

! d!v !
F =m = e!
v ^B (1.20)
dt
On projette l’équation du mouvement sur les deux axes,
8
>
> m dvdtx = evy B
>
<
(1.21)
>
>
>
: m dvy = ev B
dt x

2
On dérive la 1ere équation : m ddtv2x = e dvdty B
dvx 2 e2 B 2
On exprime dt
en fonction de vx : m ddtv2x = m
vx
Alors,
d2 vx
+ ! 2c vx = 0 (1.22)
dt2
eB
avec ! c = m
la fréquence cyclotron.
On considère une solution de l’équation (1:22) de la forme :

vx = v0 cos(! c t) (1.23)

Véri…cation :

dvx
= v0 ! c sin(! c t) (1.24)
dt

d2 vx
= v0 ! 2c cos(! c t) (1.25)
dt2
Dynamique des électrons dans les solides. 10

v0 ! 2c cos(! c t) + v0 ! 2c cos(! c t) = 0 (1.26)

Donc vx = v0 cos(! c t) est une solution de l’équation (1:22).


On a,
dvy eB
= vx = ! c v0 cos(! c t) (1.27)
dt m
Alors,

vy = v0 sin(! c t) (1.28)

Donc, 8
>
> v = v0 cos(! c t)
>
< x
(1.29)
>
>
>
: v = v sin(! t)
y 0 c

D’où,
8
>
> x= v0
sin(! c t)
>
< !c

(1.30)
>
>
>
: y= v0
!c
cos(! c t)
On trouve …nalement :

x2 + y 2 = R 2 (1.31)
!
L’électron décrit une orbite circulaire ayant pour centre B et de rayon R,

v0 v0 mv0 1
R= = eB = (1.32)
!c m
e B
Le rayon est inversement proportionnel à B.
Chapitre 2

Gaz des électrons libres.

2.1 Introduction
Nous pouvons expliquer un grand nombre d’importantes propriétés physiques des métaux
par le modèle des électrons libres. Dans ce modèle, les électrons les moins liés aux atomes
du métal se déplacent librement dans tout le volume du métal. Les électrons de valence
deviennent les électrons de conduction. Dans l’approximation des électrons libres, on
néglige les interactions entre les électrons de conduction et les cations : tous les calculs sont
faits dans l’hypothèse où les électrons de conduction sont libres de se déplacer n’importe
où dans l’échantillon. L’énergie totale ne comprend que l’énergie cinétique ; l’énergie
potentielle est négligée.

2.2 Distribution de Fermi-Dirac


A l’équilibre thermique, les électrons libres sont répartis sur les niveaux d’énergie selon la
statistique de Fermi-Dirac et le principe de Pauli.
La distribution de Fermi-Dirac s’écrit sous la forme :
Gaz des électrons libres. 12

1
f (") = (" "F )
e +1
La quantité "F est une fonction de la température, pour un problème donné, "F , le
potentiel chimique, doit être choisi de telle façon que le nombre total des particules dans
le système soit correct.
Au zéro absolu "F = "F0 , avec "F0 est l’énergie de Fermi dé…nie comme étant l’énergie
du niveau rempli le pus élevé (le niveau le plus haut parmi les niveaux peuplés).
A T = 0 K tous les niveaux inférieurs au niveau de Fermi sont occupés à raison de
deux électrons par niveau (Principe de Pauli) et tous les niveaux supérieurs au niveau de
Fermi sont vides.
A T 6= 0 K certains électrons vont quitter les niveaux inférieurs à "F0 pour peupler
les niveaux supérieurs.
Lorsque la température devient très élevée, c.à.d supérieure à une température cri-
tique T0 , les électrons deviennent complètement libres, on aboutit, donc, système classique
traité par la distribution de Maxwell-Boltzmann.

2.3 Energie interne et chaleur spéci…que


Le nombre d’états accessibles pour un système tridimensionnel est donné par (voir le cours
de physique statistique) :
4=3 k 3
=g (2.1)
k x ky kz
La densité d’états s’écrit, donc, sous la forme suivante,

2m
g(") = 4 V "1=2 = A"1=2 (2.2)
h2

Le nombre de particules dont l’énergie comprise entre " et " + d" est donné par :

dN = g(")f (")d" (2.3)

Le nombre total de particules constituant le système est :


Gaz des électrons libres. 13

Z +1
N= g(")f (")d" (2.4)
0
L’énergie interne du système s’écrit :

Z +1
U= "g(")f (")d" (2.5)
0

Z +1
A"3=2
U= d" (2.6)
0 e (" "F ) + 1
AT =0K 8
>
> 0, " > " F0 ,
>
<
f (") = (2.7)
>
>
>
: 1, " < " F0 ,

Donc, Z Z
+1 "F0
A"3=2
U (0) = d" = A"3=2 d" (2.8)
0 e (" "F ) + 1 0

2 5=2
U (0) = A"F0 (2.9)
5
Même à T = 0 K les électrons libres dans un métal possèdent une énergie interne,
qui est l’énergie cinétique à la di¤érence des particules classiques à qui nous attribuons,
à T = 0 K, une énergie nulle.
Examinons U (0) en fonction de N :

Z +1 Z "F0
N= g(")f (")d" = A"1=2 d" (2.10)
0 0

2 3=2
N = A"F0 (2.11)
3

2 5=2
U (0) A" 0 3
= 5 F3=2 = "F0 (2.12)
N 2
A"F0 5
3

3
U (0) = N "F0 (2.13)
5
Gaz des électrons libres. 14

Pour T 6= 0 K (élevée)

Z +1
A"3=2
U (T ) = d" (2.14)
0 e (" "F ) + 1
Lorsque la température augmente, l’énergie augmente, donc, dans ce cas l’exponentielle
est le terme prépondérant dans le dénominateur ;

(" "F ) (" "F )


e >> 1 ) f (") t e (2.15)

Z +1 Z +1
3=2 (" "F ) "F
U (T ) = A" e d" = Ae "3=2 e "
d" (2.16)
0 0

On pose x = "
Z +1
5=2 "F 3p 5=2
U (T ) = A e x3=2 e x dx = Ae "F
(2.17)
0 4

De même pour N :

Z +1 Z +1
1=2 (" "F ) 3=2 "F 1p 3=2
N= A" e d" = A e x1=2 e x dx = Ae "F
(2.18)
0 0 2

D’où,
U (T ) 3
= kB T (2.19)
N 2
C’est l’expression classique de l’énergie interne d’un gaz contenu dans un volume.
La chaleur spéci…que est dé…nie par :

@U 3
cv = = N kB = cste (2.20)
@T 2
Donc,
3
cv = N kB = cste (2.21)
2
C’est la loi de Dulong et Petit.

T 6= 0 K mais faible
Gaz des électrons libres. 15

Les électrons de conduction se trouvent au voisinage du niveau de Fermi, on peut,


donc, développer la fonction de Fermi au voisinage de ce niveau (Fermi) en utilisant le
développement de Sommerfeld.
Soit une fonction de l’énergie h("), le développement de Sommerfeld s’écrit sous la
forme :
Z1 Z"F 2
dh(")
h(")f (")d" = h(")d" + (kB T )2 (2.22)
6 d" "="F
0 0

L’énergie interne aux basses températures s’écrit, donc, sous la forme suivante :

Z1 Z"F 2
3 1=2
U (T ) = A"3=2 f (")d" = A"3=2 d" + (kB T )2 A" (2.23)
6 2 F
0 0
" #
2
2 5=2 5 kB T
U (T ) = A"F 1 + (2.24)
5 8 "F
Pour exprimer l’énergie en fonction de la température lorsque celle-ci est faible, il faut,
d’abord, déterminer la variation de "F en fonction de la température, c.à.d : "F = f ("F0 ).
Pour ce faire, on considère que le nombre de particules est constant ;
AT =0K Z "F0
N= g(")d" (2.25)
0

A T 6= 0 K Z "F 2
dg(")
N= g(")d" + (kB T )2 (2.26)
0 6 d" "="F

Donc, Z Z
"F0 "F 2
dg(")
g(")d" = g(")d" + (kB T )2 (2.27)
0 0 6 d" "="F
Z "F0 2
dg(")
g(")d" = (kB T )2 (2.28)
"F 6 d" "="F

On peut considérer, approximativement, que g(") est constante au voisinage de "F0


est égale à g("F );
2
dg(")
g("F )("F0 "F ) = (kB T )2 (2.29)
6 d" "="F
Gaz des électrons libres. 16

Donc, !
2 2
kB T
"F = "F0 1 (2.30)
12 "F0
D’où,
!5=2 !
2 2 2 2
2 5=2 kB T 5 kB T
U (T ) = A"F0 1 1+ (2.31)
5 12 "F0 8 "F
2 2 5=2 2
2 kB T 2 kB T 5 2 kB T
On a 12 "F0
<< 1, alors 1 12 "F0
=1 24 "F0

L’expression de l’énergie interne devient donc,


" #
2 2
2 5=2 5 2 kB T 5 2 kB T
U (T ) = A"F0 1 + + ::: (2.32)
5 8 "F 24 "F0
! !
2 2
2 5=2 5 2 kB T 5 2 kB T
U (T ) = A"F0 1+ = U (0) 1 + (2.33)
5 12 "F 12 "F
La chaleur spéci…que s’écrit est donnée, donc, par :

@U 5 2 kB
2
U (0)
cv = = T = AT (2.34)
@T v 6"2F

A est une constante qui dépend du matériau.


Chapitre 3

Vibrations dans les solides.

3.1 Introduction
Tout solide est constitué par des atomes ou des molécules qui vibrent autour de leurs
positions d’équilibre avec une fréquence !. Le solide peut être, donc, le siège d’une onde
!
qui se propage. Cette onde est caractérisée par une fréquence ! et un vecteur d’onde k .
Quand une onde se propage dans l’une des directions, des plans entiers se déplacent
en phase. Nous pouvons, donc, décrire par une seule coordonnée Un le déplacement du
plan n par rapport à sa position d’équilibre. Le problème est, alors, unidimensionnel.

3.2 Vibrations d’une chaine monoatomique


Nous supposons que la force causée sur un plan n par le déplacement du plan n + p est
proportionnelle à la di¤érence de leurs déplacements. La force résultante sur un plan n
est ;
X
Fn = Ap (Un+p Un ) (3.1)
p

Avec Ap la constante de rappel entre les plans séparés de a (le paramètre du réseau).
En faisant l’hypothèse que chaque plan n’interagit qu’avec ses proches voisins et que
les constantes d’interaction sont identiques entre paires de plans proches voisins, on peut
Vibrations dans les solides. 18

écrire :

F = A (Un+1 Un ) A (Un Un 1 ) (3.2)

F = (Un+1 + Un 1 2Un )

Si M la masse de l’atome, on peut écrire l’équation de mouvement sous la forme


suivante ;
d2 Un
M = A (Un+1 + Un 1 2Un ) (3.3)
dt2
Cette équation admet comme solution les ondes de propagation de la forme :

Un = U0 ei(kna !t)
(3.4)

Donc ;

M ! 2 = A eiak e iak
2 (3.5)

M ! 2 = 2A (1 cos(ka))
ka
M ! 2 = 4A sin2
2
r
4A ka
! = sin
M 2

On sait que les pulsations négatives, physiquement, ne sont pas acceptables, alors, on
obtient ; r
4A ka
!= sin (3.6)
M 2
C’est la relation de dispersion d’une chaine monoatomique. La fonction !(k) est
2
périodique et de période a
. Elle prend toutes les valeurs possibles pour :

k (3.7)
a a

Ce domaine de valeurs est la première zone de Brillouin du réseau linéaire monoatomique.Les


valeurs de k extérieures à la première zone de Brillouin reproduisent simplement les vi-
brations du réseau déjà décrites par les valeurs de k comprises entre a
.
Vibrations dans les solides. 19

3.3 Vibrations d’une chaine diatomique


Dans les cristaux ayant plus d’un atome par maille élémentaire, le spectre de vibrations
présente de nouvelles caractéristiques. Nous étudions le cas de deux atomes par maille
primitive.
Ecrivons les équations de mouvement en faisant l’hypothèse que chaque plan n’interagit
qu’avec ses proches voisins et que les constantes d’interaction sont identiques entre paires
de plans proches voisins.

Pour l’atome de masse M1 :

d2 U2n
M1 = A (U2n+1 U2n ) A (U2n U2n 1 ) (3.8)
dt2

Pour l’atome de masse M2 :

d2 U2n+1
M2 = A (U2n+2 U2n+1 ) A (U2n+1 U2n ) (3.9)
dt2
On obtient, donc, un système d’équations :
8
>
>
2
M1 d dtU22n = A (U2n+1 + U2n 2U2n )
>
< 1

(3.10)
>
>
>
: M d2 U2n+1 = A (U
2 dt2 2n+2 + U2n 2U2n+1 )
Nous cherchons des solutions ayant la forme d’ondes de propagation, mais d’amplitudes
0
di¤érentes U0 et U0 sur deux plans successifs ;

U2n = U0 ei(2nka !t)


(3.11)
0
U2n+1 = U0 ei(2nka !t) ika
e

Pour l’atome de masse M1 :


h 0 0
i
M1 ! 2 U0 ei(2nka !t)
= A U0 ei(2nka !t) ika
e + U0 ei(2nka !t)
e ika
2U0 ei(2nka !t)

(3.12)
Vibrations dans les solides. 20

h 0 i
M1 U0 ! 2 = A U0 eika + e ika
2U0
0
2A M1 ! 2 U0 = 2AU0 cos (ka)

Pour l’atome de masse M2 :

0
h 0
i
2 i(2nka !t) ika i(2nka !t) i2ka i(2nka !t) i(2nka !t) ika
M 2 ! U0 e e = A U0 e e + U0 e 2U0 e e
(3.13)
0
h 0
i
M2 U0 ! 2 eika = A U0 ei2ka + U0 2U0 eika
0
h 0
i
2 i2ka ika
M2 U0 ! = A U0 e + U0 e 2U0
0
2A M2 ! 2 U0 = 2AU0 cos (ka)

Donc,

0
2A M1 ! 2 U0 = 2AU0 cos (ka) (3.14)
0
2A M2 ! 2 U0 = 2AU0 cos (ka)

D’où ,
2A M2 ! 2 2A M1 ! 2 = 4A2 cos2 (ka) (3.15)

M1 M2 ! 4 2A(M1 + M2 )! 2 + 4A2 1 cos2 (ka) = 0 (3.16)


M1 + M2 4A2
!4 2A !2 + sin2 (ka) = 0 (3.17)
M1 M2 M1 M2
On pose t = ! 2 ,

2 M1 + M 2 4A2
t 2A t+ sin2 (ka) = 0 (3.18)
M1 M2 M1 M2

On a :
2
0 M1 + M2 4A2
= A2 sin2 (ka) (3.19)
M1 M2 M1 M 2
Donc,
s
2
M1 + M2 M1 + M2 4A2
! 21;2 = t1;2 = A A2 sin2 (ka) (3.20)
M1 M2 M1 M2 M1 M2
Vibrations dans les solides. 21

D’où les solutions possibles sont :


s
2
M1 + M 2 M1 + M2 4
! 21 = A +A sin2 (ka) (3.21)
M1 M 2 M1 M2 M 1 M2
s
2
M1 + M2 M1 + M2 4
! 22 = A A sin2 (ka)
M1 M 2 M1 M 2 M1 M2

On sait que les pulsations négatives, physiquement, ne sont pas acceptables, alors, on
obtient ;
s r
2
! 1 = A MM11+M
M2
2
+A M1 +M2
M1 M2
4
M1 M2
sin2 (ka) (branche optique)
s r
2
!2 = A MM11+M
M2
2
A M1 +M2
M 1 M2
4
M1 M2
sin2 (ka) (branche acoustique)

Examinons le cas où M1 < M2 :

Pour k = 0 :
r
M1 + M2
!1 = A (3.22)
M1 M2
!2 = 0

Pour k = 2a
:
r
2A
!1 = (3.23)
M
r 1
2A
!2 =
M2

Interprétation :

On peut reproduire la courbe de dispersion sur une zone comprise entre a


et a

pour une chaine monoatomique et 2a


et 2a
pour une chaine diatomique.

Les solutions ondulatoires n’existent pas pour certaines fréquences, ici pour celles
q q
2A 2A
comprises entre M 2
et M1
. C’est une caractéristique des ondes élastiques dans
les réseaux polyatomiques.
Vibrations dans les solides. 22

Dans une branche optique, les atomes de di¤érents types ont tendance à se déplacer
dans des directions opposées. C’est ainsi que les matériaux ioniques répondent à la
lumière d’où le nom OPTIQUE.

Dans une branche acoustique, les atomes de di¤érents types se déplacent en phase.
Il s’agit de la façon dont un solide répond à une sollicitation mécanique, d’où le nom
ACOUSTIQUE.

3.3.1 vitesse de groupe

La vitesse d’un paquet d’ondes est la vitesse de groupe dé…nie par :

d!
vg = (3.24)
dk

La vitesse de groupe est la vitesse de transmission de l’énergie dans le milieu.


Chapitre 4

Vibrations dans les solides :


Propriétés thermiques.

4.1 Introduction
Les atomes de tous les solides vibrent autour de leurs positions d’équilibre suivant les
trois directions si le solide est tridimensionnel. Ces vibrations ont lieu si la température
est di¤érente de zéro. Ces modes vibratoires, par analogie avec les photons, sont appelés
les phonons. A chaque phonon, on attribue une fréquence et une énergie h ou h!.
Les phonons obéissent à la statistique de Bose-Einstein c.à.d la probabilité de trouver un
atome dans un état est donnée par,

1
f (") = "
e 1
!
Chaque état vibratoire est caractérisé par une onde de vecteur d’onde k . La relation
entre le vecteur d’onde et la fréquence de vibration est appelée la relation de dispersion.
Pour déterminer l’expression de la chaleur spéci…que cv en fonction de la température,
il faut un modèle permettant de tenir compte la variation de celle-ci en fonction de la
température et véri…e, aussi, la loi de Dulong et Petit pour les hautes températures. Pour
ce faire, deux modèles ont été proposés : le modèle d’Einstein et le modèle de Debye.
Vibrations dans les solides : Propriétés thermiques. 24

4.2 Modèle d’Einstein


Einstein, dans son modèle, suppose que tous les atomes vibrent avec la même fréquence
! E , la densité d’états s’écrit dans ce cas sous la forme suivante ;

g(!) = 3N (! !E ) (4.1)

Avec, 8
>
> 1 si ! = ! E
>
<
(! !E ) = (4.2)
>
>
>
: 0 si ! 6= ! E
L’énergie interne du système est :
Z 1
U= "g(!)f (!)d! (4.3)
0
Z 1
h!3N (! ! E )
U= d! (4.4)
0 e h! 1
3N h! E
U= (4.5)
e h!E 1

Pour les hautes températures :

h! E h! E
On a e =1+ kB T
, Donc :

3N h! E
U= = 3N kB T (4.6)
1 + kh!B ET 1

On retrouve, alors, l’expression classique. Pour la chaleur spéci…que, on trouve :

@U
cv = = 3N kB (4.7)
@T v

C’est la loi de Dulong et Petit.

Pour les basses températures :

On a,
Vibrations dans les solides : Propriétés thermiques. 25

3N h! E h! E
U= ; avec e >> 1
e h!E 1
Donc,
h! E
U = 3N h! E e (4.8)

Dans ce cas, la chaleur spéci…que s’écrit sous la forme :

3N h2 ! 2E h! E
cv = e (4.9)
kB T 2

Le modèle d’Einstein permet de véri…er la loi de Dulong et Petit aux hautes tempéra-
tures. Cependant, ce modèle ne véri…e pas les résultats expérimentaux pour les faibles
températures qui font tendre la chaleur spéci…que vers zéro selon une loi en T 3 ; alors que
le modèle d’Einstein fait tendre la chaleur spéci…que vers zéro selon la loi en exponentielle,
qui est plus rapide que la loi en T 3 .
Cette di¤érence entre le modèle d’Einstein et l’expérience vient du fait que Einstein
a négligé les vibrations de basses fréquences, c.à.d les vibrations dont les fréquences sont
inférieures à ! E .

4.3 Modèle de Debye


En s’appuyant sur les résultats expérimentaux, Debye propose une densité d’état de la
forme ;
g(!) = A! 2 (4.10)

Mais elle est limitée par une fréquence maximale ! D appelé la fréquence de coupure
donnée par :
1=3
6 2N
! D = vs (4.11)
V
où vs est la vitesse du son dans le matériau.
Vibrations dans les solides : Propriétés thermiques. 26

4.3.1 Densité d’états

Le nombre d’états accessibles est donné par :

4=3 k 3
= (4.12)
kx k y k z

avec ! = vs k, donc ;
V
= !3 (4.13)
6 2 vs3
D’où,
@ V
g(!) = = 2 3 ! 2 = A! 2 (4.14)
@! 2 vs
On a deux types de vibrations : les vibrations longitudinales et les vibrations transver-
sales ;
g(!) = gl (!) + gt (!) (4.15)

g(!) = A0 ! 2 + 2A00 ! 2

4.3.2 Energie interne et chaleur spéci…que

L’énergie interne est donnée par :


Z !D
U= h!g(!)f (!)d! (4.16)
0
Z !D
V !2 h!
U= h!
d! (4.17)
0 2 2 vs3 e 1
pour chaque type de polarisation. Pour abréger, nous supposons que la vitesse des
phonons est indépendante de la polarisation, nous multiplions, donc, l’énergie par 3 pour
obtenir : Z Z
!D xD
3V h !3 3V kB4 4
T x3
U= 2 3 d! = dx (4.18)
2 vs 0 e h! 1 2 vs h3
2 3
0 ex 1
où x =h!=kB T et xD =h! D =kB T = TD =T .
Ceci dé…nit la température de Debye TD en fonction de ! D . Nous pouvons exprimer
TD sous la forme :
1=3
hvs 6 2N
TD = (4.19)
kB V
Vibrations dans les solides : Propriétés thermiques. 27

D’où Z
3 xD
T x3
U = 9N kB T dx (4.20)
TD 0 ex 1
où N est le nombre d’atomes de l’échantillon. On trouve très facilement la chaleur
spéci…que en dérivant l’énergie par rapport à la température. Donc :
Z !D 3 Z xD
3V h2 ! 4 e h! T x4 ex
cv = 2 3 d! = 9N k B dx (4.21)
2 vs kB T 2 0 (e h! 1)2 TD 0 (ex 1)2
Discussion :

A basse température, c’est-à-dire pour T << TD , la borne supérieure des intégrales,


xD = TD =T , devient très grande. On peut, donc, prolonger l’intégration jusqu’à
l’in…ni ; les intégrales, ainsi, dé…nies sont tabulées :
Z 1
x3 4
dx =
0 ex 1 15

L’énergie interne s’écrit donc,


4 3
3 T
U= N kB T (4.22)
5 TD
on déduit,
3 3
12 4 T T
cv = N kB = 234N kB (4.23)
5 TD TD
Le comportement en T 3 de la chaleur spéci…que aux basses températures est, donc,
parfaitement reproduit dans le modèle de Debye.

A haute température, lorsque la borne d’intégration TD =T devient petite devant


l’unité, on peut développer la fonction à intégrer au voisinage de zéro,
x4 ex
x2
(ex 1)2
Donc, Z xD 3
1 TD
x2 dx =
0 3 T
et on retrouve la loi de Dulong et Petit,

cv = 3N kB

.
Chapitre 5

Propriétés magnétiques des


matériaux.

5.1 Introduction
Le magnétisme est inséparable de la mécanique quantique, car un système purement
classique en équilibre thermique ne peut avoir de moment magnétique, même dans un
champ magnétique. Le moment magnétique d’un atome libre a trois origines principales
: le spin dont a¤ectés les électrons ; leur moment cinétique orbital par rapport au noyau
; et la variation du moment orbital créée par l’application du champ magnétique.
Les substances magnétiques peuvent être classées en trois catégories :

Substances paramagnétiques

Substances diamagnétiques

Substances ferromagnétiques

5.2 Paramagnétisme
Une substance paramagnétique est une substance dont les atomes ou les ions possèdent un
!
moment magnétique individuel, mais son aimantation résultante M est nulle en absence
Propriétés magnétiques des matériaux. 29

d’un champ magnétique extérieur. Lorsqu’on applique un champ magnétique extérieur


! !
B , la majorité des moments magnétiques individuels s’orientent suivant B et la substance
possède une aimantation non nulle.
La première loi sur le paramagnétisme a été élaborée par Pierre Curie et qui porte
son nom. Cette loi permet d’étudier la susceptibilité magnétique en fonction de la tem-
pérature, qui varie selon la loi :

C
= >0 (5.1)
T

Avec C la constante de Curie.


Notons que la susceptibilité magnétique est dé…nie par :

M
= (5.2)
B

Remarque : La température favorise le désordre des moments magnétiques individu-


els, ce qui nécessite une augmentation du champ magnétique pour obtenir l’ordre de ces
moments. On peut dire que l’e¤et du champ magnétique sur les moments compense l’e¤et
de la température.

5.3 Diamagnétisme
Une substance diamagnétique est une substance qui est constituée par des particules
(atomes, ions, ... ) qui ne possèdent pas de moment magnétique en absence d’un champ
!
magnétique extérieur B . Le moment individuel est nul car le moment orbital et le moment
!
de spin sont opposés, leur somme est nulle. Lorsqu’on applique un champ magnétique B
l’un de ces moments change de sens (moment orbital) et le moment individuel devient non
nul. La substance possède, donc, une aimantation non nulle, dirigée vers le sens inverse
!
de B .
! !
M= B <0 (5.3)
Propriétés magnétiques des matériaux. 30

5.4 Ferromagnétisme
Les substances ferromagnétiques sont des substances qui possèdent des moments indi-
! !
viduels non nuls. L’aimantation résultante est di¤érente de zéro même à B = 0 .
Pour expliquer l’aimantation permanente des matériaux ferromagnétiques, on attribue
à ce phénomène un champ d’échange entre les moments qui permet de les garder parallèles.
En e¤et, Weiss suppose qu’il existe un champ interne, dans la substance, proportionnel à
son aimantation,
! !
B int = M (5.4)

avec est une constante indépendante de la température. Il est important de noter


que l’e¤et d’ordre du champ d’échange est contrecarré par l’agitation thermique et aux
températures élevées l’ordre des moments est détruit.
!
Considérons la phase paramagnétique : un champ appliqué B provoque une aiman-
! !
tation …nie M qui engendre à son tour un champ d’échange B int .
Si on écrit la loi de Curie :

! C! C ! !
M = B tot = B int + B (5.5)
T T
! C ! !
M= M+B
T
Donc,
! C ! C !
M= B = B (5.6)
T C T Tc
D’où
C
= (5.7)
T C
C’est la loi de Curie-Weiss.
La température de Curie, Tc = C, est la température au-dessus de laquelle l’aimantation
spontanée disparaît. Elle sépare la phase paramagnétique désordonnée pour T > Tc de la
phase ferromagnétique ordonnée pour T < Tc .
Lorsqu’on chau¤e un aimant ou une substance ferromagnétique jusqu’à une tem-
pérature supérieure à Tc , son aimantation permanente disparaît et la substance devient
Propriétés magnétiques des matériaux. 31

paramagnétique. Lorsqu’on refroidit le système, la substance reprend son état initial


(ferromagnétique).
Chapitre 6

Semi-conducteurs.

6.1 Introduction
Les semi-conducteurs sont des matériaux qui ont joué un rôle très un important dans
le développement de la technologie et le bien-être de l’humanité. On utilise les semi-
conducteurs dans les télécommunications, l’électronique, la détection, .... . En conclusion,
l’utilisation des semi-conducteurs couvre un domaine très large dans notre vie quotidienne.
Les matériaux semi-conducteurs sont obtenus à partir des éléments de 4eme colonne
du tableau de Mendeleïev, les plus connus sont Si et Ge. On peut, aussi, obtenir des
semi-conducteurs en combinant les éléments de la colonne V avec ceux de la colonne III,
ou bien les éléments de la colonne II avec ceux de la colonne V I.
Dans un semi-conducteur, la bande de conduction est vide au zéro absolu, elle est
séparée par une bande interdite de la bande de valence remplie. La bande interdite est
la di¤érence d’énergie entre le point le plus bas de la bande de conduction (le bord de la
bande de conduction) et le point le plus haut de la bande de valence (le bord de la bande
de valence).
Quand la température augmente, les électrons sont excités thermiquement de la bande
de valence à la bande de conduction. Les électrons de la bande de conduction et les sites
vacants ou trous créés dans la bande de valence contribuèrent à la conduction électrique.
Semi-conducteurs.. 33

Remarque : Si une liaison de valence est brisée, l’électron devient mobile ; il laisse
un excès de charge positive le trou. Cette lacune va être comblée par un électron voisin
libéré par agitation thermique et qui va à son tour laisser un trou : celui-ci semble se
déplacer dans le réseau.
A l’équilibre, les électrons sont répartis sur les niveaux d’énergie selon la statique de
Fermi-Dirac ;
1
fe (") = (" "F )
e +1
Aux températures qui nous intéressent, nous pouvons supposer que " "F >> kB T ,
la fonction de distribution de Fermi-Dirac se réduit, alors, à :

(" "F )
fe (") ' e

La densité d’états des électrons dans la bande de conduction est donnée par (voir
chapitre II):
ge (") = A(" "c )1=2

La fonction de distribution ft (") des trous est reliée à la fonction de distribution des
électrons par ft (") = 1 fe ("), car un trou est dé…ni comme l’absence d’un électron.
Donc,
1
ft (") = 1 (" "F )
e +1
1
ft (") = (" "F )
1+e
(" "F )
ft (") ' e

La densité d’états des trous est donnée par :

gt (") = A("v ")1=2

On distingue deux types de semi-conducteurs :

Les semi-conducteurs intrinsèques (purs)

Les semi-conducteurs extrinsèques (dopés)


Semi-conducteurs.. 34

6.2 Semi-conducteurs intrinsèques


Un semi-conducteur intrinsèque est semi-conducteur non pollué par des impuretés. Les
trous et les électrons constituent les porteurs libres dont le nombre est en fonction de la
température. La neutralité électrique du matériau impose que les trous et les électrons
soient en nombre identiques (N = P ).
Déterminons le niveau de Fermi pour un semi-conducteur intrinsèque :
On a, Z 1
N= ge (")fe (")d"
0
Z 1
P = gt (")ft (")d"
0

AT =0K

N = P = 0 car le semi-conducteur est un isolant.

A T 6= 0 K Z 1
N= A(" "c )1=2 e (" "F )
d"
0
Z 1
("c "F )
N = Ae (" "c )1=2 e (" "c )
d"
0

On pose x = (" "c ) ;


("c "F ) Z 1
Ae
N= 3=2
x1=2 e x dx
0

3=2
2 m e kB T ("c "F )
N =2 e
h2
De la même façon, on trouve :
3=2
2 m t kB T ("F "v )
P =2 e
h2

La neutralité électrique du matériau implique :

N =P
Semi-conducteurs.. 35

3=2 3=2
2 m e kB T ("c "F ) 2 m t kB T ("F "v )
2 e =2 e
h2 h2
3=2
me (2"F "v "c )
=e
mt
Donc,
"v + "c 3 me
"F = kB T ln
2 4 mt
"v +"c
Si mt = me , "F = 2
et on a le gap Eg = "c "v donc ;

"v + Eg + "v
"F =
2

Si "v est pris comme origine, "v = 0 ;

Eg
"F =
2

Pour un semi-conducteur intrinsèque, le niveau de Fermi reste au milieu de la bande


interdite quelle que soit la température, si les deux types de porteurs ont la même masse.
Si ces deux masses sont di¤érentes, la température peut provoquer un léger déplacement
de ce niveau qui reste toujours faible pour un semi-conducteur intrinsèque. Pour déplacer
le niveau de Fermi de sa position, on fait varier la concentration de l’un des porteurs
libres, on parle, donc, d’un semi-conducteur extrinsèque. Dans ce cas le niveau de Fermi
peut se déplacer vers le haut ou vers le bas de la bande interdite selon le type de porteurs
majoritaires.

6.3 Semi-conducteurs extrinsèques


On peut modi…er d’une façon considérable la concentration de porteurs de charges d’un
semi-conducteur intrinsèque en lui ajoutant de faibles quantités d’atomes bien choisis et
que l’on appelle impuretés dopantes. On obtient, alors, un semi-conducteur extrinsèque
ou dopé.
Semi-conducteurs.. 36

6.3.1 Notion de dopage

Dans un cristal semi-conducteur, il est possible d’introduire des atomes étrangers de


valence 3 ou 5 par exemple (colonne III ou V du tableau de Mendeleïev). Si tout va
bien technologiquement, les atomes vont prendre la place des atomes du réseau, c.à.d. se
mettre en site substitutionnel.

Dopage de type N

Prenons le cas d’un atome de la colonne V , par exemple le phosphore. La couche externe
de cet atome comporte 5 électrons. Inclus dans le réseau cristallin, cet atome va se trouver
avec 9 électrons sur sa couche externe. Dès que l’énergie thermique sera su¢ sante, un
électron va quitter son obite pour circuler dans le cristal. Il rejoint, dans ce cas, la bande
de conduction du cristal. Le noyau de l’atome de phosphore ayant une charge qui n’est
plus compensée, cet atome va s’ioniser positivement. Ce dernier a, ainsi, un comportement
dopant et puisqu’il a fourni un électron, on l’appelle atome donneur.
Notons que la charge totale du cristal est nulle, le cristal étant globalement neutre.

Dopage de type P

Prenons le cas d’un atome de la colonne III, par exemple le bore. La couche externe de
cet atome comporte 3 électrons. Inclus dans le réseau cristallin, cet atome va se retrouver
avec 7 électrons sur sa couche externe. Dès que l’énergie thermique sera su¢ sante, un
électron de valence voisin va quitter son orbite pour venir créer un octet autour de l’atome
de bore. Il crée, dans ce cas, une lacune dans la bande de valence du cristal, c.à.d. il crée
un trou. Le noyau de l’atome de bore ayant une charge insu¢ sante, cet atome va s’ioniser
négativement. Ce dernier a, ainsi, un comportement dopant et puisqu’il a fourni un trou
au cristal dans sa bande de valence, on l’appelle atome accepteur, puisqu’il accepte un
électron.
Notons que la charge totale du cristal reste toujours nulle, le cristal étant globalement
neutre.
Semi-conducteurs.. 37

Remarque : Dans le cas général, les deux types de dopants peuvent exister simul-
tanément dans le matériau. Le semi-conducteur sera de type N ou d type P, si à la
température considérée, la concentration en donneurs ou en accepteurs, respectivement,
est la plus grande.

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