Minimisation d’une somme de distances, points
de Fermat
Arnaud de Saint Julien
26 décembre 2004
Table des matières
1 Présentation du problème 2
1.1 Définitions et objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Propriétés générales de l’ensemble des points de Fermat . . . . . . . . . . . . . . . 2
2 Etude de la fonction de Fermat dans le cas où les points sont alignés et munis
de masses positives 4
2.1 Méthode pour déterminer les points de Fermat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Interprétation statistique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3 Etude de la fonction de Fermat dans le cas d’un triangle quelconque 6
3.1 Caractérisation angulaire des points de Fermat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Construction du point de Fermat comme une intersection d’arcs de cercles . . . . . 7
3.3 Construction du point de Fermat comme une intersection de droites . . . . . . . . 7
3.4 Etude de la fonction de Fermat sur les sommets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4 Introduction aux problèmes de plus court chemin reliant des points 8
1
1 Présentation du problème
On note P le plan affine et E le plan euclidien associé. On note || || la norme euclidienne.
1.1 Définitions et objectifs
Définition 1.1 Soient A1 ,A2 ,...,An n points du plan. On définit sur P la fonction de Fermat 1 ,
n
X
notée f par f (M ) = M Ak .
k=1
On note F l’ensemble des points qui réalisent le minimum pour f . De tels points sont appelés
points de Fermat: F = {P ∈ P, ∀M ∈ P, f (P ) ≤ f (M )}.
On note aussi A1 A2 ...An le polygone formé par l’enveloppe convexe des points A1 ,A2 ,...,An .
L’objectif de cet exposé est d’étudier les minimums de la fonction de Fermat. Nous verrons que
lorsque les points A1 ,A2 ,...,An . sont alignés, le problème est relativement simple à résoudre et on
pourra même étendre le résultat au cas où les points sont pondérés avec des masses positives.
Dans le cas où les points ne sont pas alignés, cela sera plus compliqué, et on se limitera au cas de
trois points.
Cette difficulté est assez remarquable, car il est facile d’étudier les minimums d’une fonction un peu
Xn
2
similaire, la fonction de Leibniz, que l’on notera g. Elle est définie par g(M ) = αk (M Ak ) , où
k=1
α1 ,α2 ,...,αn sont des réels (ils représentent des masses dont on affecte les points). Plus précisément,
on montre très facilement, que si la somme des masses est non nulle, ie α1 + α2 + ... + αn 6=
0, le miminum de la fonction est atteint en un unique point: le barycentre des points pondérés
A1 ,A2 ,...,An , munis des masses α1 ,α2 ,...,αn . Si la somme des masses est nulle, la fonction de
Leibniz est constante.
Le point commun des fonctions de Fermat et de Leibniz est que, d’une certaine façon, elles mesurent
la distance d’un point M à un ensemble d’autres points. Dans le cas de trois points, minimiser ces
deux fonctions peut alors s’interpréter comme la recherche d’un plus court chemin.
Nous parlerons d’ailleurs en dernière partie des problèmes de plus court chemin reliant des points,
(arbres de Steiner) et nous évoquerons le lien avec les points de Fermat.
Je signale enfin, que nous donnerons une interprétation statistique à la fonction de Fermat,
c’est assez sympathique vous verrez.
1.2 Propriétés générales de l’ensemble des points de Fermat
Proposition 1.1 La fonction de Fermat admet un minimum, c’est à dire F est non vide.
preuve: C’est essentiellement un argument de compacité. On fixe un point O de P. f tend vers
+∞ lorsque la distance OM tends vers +∞. Donc, il existe un réel strictement positif r tel que,
pour tout point M de P, dès que OM > r, on ait f (M ) ≥ f (O). Ainsi, à l’extérieur de la boule de
centre O et de rayon r, f est supérieure à f (O). A l’intérieur de cette boule fermée qui est donc
compacte puisqu’on est en dimension finie, f qui y est continue admet et atteint son minimum en
un point M0 par exemple. Finallement, pour tout point M du plan, f (M ) ≥ min (f (O),f (M0 )),
ce qui prouve bien que f admet un minimum global.
Remarque 1.1 Le minimum n’est pas nécessairement réalisé en un seul point. En effet, si A et
1. on utilise aussi souvent le nom de fonction de Steiner, mais cette appellation est surtout utilisé pour les
problèmes de recherche de plus court chemin.
2
B sont deux points distincts du plan, le minimum de f (M ) = M A + M B est atteint en tous les
points du segment [AB].
Proposition 1.2 F est une partie convexe de P.
preuve: Pour alléger l’écriture, on identifie P à E. On note a1 ,a2 ,...,an les vecteurs correspon-
dants aux points A1 ,A2 ,...,An . Soient p et q deux vecteurs de F. Soit λ ∈ [0,1], montrons que
λp + (1 − λ)q est encore dans F. Soit x un vecteur de E,
n
X
f (λp + (1 − λ)q) = ||λp + (1 − λ)q − ak ||
k=1
Xn
= ||λ(p − ak ) + (1 − λ)(q − ak )||
k=1
n
X n
X
≤ |λ| ||p − ak || + (1 − λ) ||q − ak ||
k=1 k=1
n
X n
X
≤ ||x − ak || + ||x − ak ||
k=1 k=1
Xn
≤ ||x − ak || = f (x)
k=1
Donc λp + (1 − λ)q est encore dans F.
Proposition 1.3 F est stable par toute isométrie qui laisse globalement stable l’ensemble des
points A1 ,A2 ,...,An .
preuve: C’est immédiat puiqu’une isométrie conserve les distances.
Corollaire 1.1 Si le polygone A1 A2 ...An possède un axe de symétrie , alors il existe un point de
Fermat sur cet axe.
preuve: Soit P un point où est atteint le minimum. Alors d’après la proposition précédente, son
symétrique P 0 par rapport à l’axe de symétrie est encore un minimum. Puisque F est convexe, on
en déduit que le segment [P P 0 ] est inclus dans F. En particulier le point d’intersection de [P P 0 ]
et de l’axe de symétrie est dans F. Le minimum de f est donc atteint sur un point de cet axe de
symétrie.
Un exercice instructif: Déterminer les points de Fermat dans le cas d’un triangle isocèle. En
déduire que l’on peut trouver des triangles où l’isobarycentre est très éloigné des points de Fermat.
Corollaire 1.2 Si le polygone A1 A2 ...An possède un centre de symétrie , alors ce centre de
symétrie est un point de Fermat.
preuve: Soit P un point où est atteint le minimum. Alors d’après la proposition précédente, son
symétrique P 0 est encore un minimum. Puisque F est convexe, on en déduit que le segment [P P 0 ]
est inclus dans F. En particulier le centre de symétrie est donc un point de Fermat.
Proposition 1.4 La fonction de Fermat atteint son minimum à l’intérieur du polygone A1 A2 ...An .
3
preuve: Le cas où les points sont alignés est très simple.
Supposons donc que les points points A1 ,A2 ,...,An ne pas alignés. Soit P un point extérieur à
A1 A2 ...An où est atteint le minimum. On trace P 0 le symétrique de P par rapport à une des arêtes
extérieures les plus proches du polygone A1 A2 ...An . On suppose par exemple que cette arête est
[Ai Aj ]. Elle partage le plan en deux demi-plans. Tous les sommets de A1 A2 ...An sont dans le
même demi-plan que le point P 0 ( ils peuvent être sur la frontière) . Le point P , lui est dans l’autre
demi-plan. Si A est un sommet de A1 A2 ...An , on a donc AP 0 ≤ AP et l’inégalité est stricte dès
que A n’est pas sur la droite (Ai Aj ). Il existe un tel sommet puisque les points A1 ,A2 ,...,An ne pas
alignés. On a donc f (P 0 ) < f (P ), ce qui contredit la minimalité de P . .
2 Etude de la fonction de Fermat dans le cas où les points
sont alignés et munis de masses positives
2.1 Méthode pour déterminer les points de Fermat
Dans cette partie, on suppose donc que les points A1 ,A2 ,...,An sont alignés et munis de masses
n
X
positives α1 ,α2 ,...,αn . On cherche donc à minimiser f (M ) = αk M Ak . Quitte à les renuméroter,
k=1
on peut supposer qu’ils sont alignés dans cet ordre. On va donner un procédé algorithmique pour
déterminer les points de Fermat.
On se concentre sur les deux points extrêmes A1 et An . On regarde lequel des deux points possède
la masse la plus grande. Supposons par exemple que c’est An , on a alors αn − α1 > 0. On sait
d’après la proposition 1.4 que le minimum est atteint à l’intérieur du segment [A1 An ]. Pour M
dans [A1 An ], on a alors:
f (M ) = α1 A1 M + α1 M An +α2 M A2 + ... + αn−1 M An−1 + (αn − α1 )M An
| {z }
α1 A1 An
= α1 A1 An + α2 M A2 + ... + αn−1 M An−1 + (αn − α1 )M An
On doit donc minimiser une fonction de Fermat (à une constante additive près) qui n’est plus
constituée que de n − 1 points: A2 ,...,An affectés des masses α1 ,...,αn−1 ,(αn − α1 ). On peut alors
réitérer le procédé...
Exemple :
On veut minimiser la fonction de Fermat définie par f (M ) = 2M A + 6BM + CM + 6DM où
A,B,C,D sont quatre points alignés dans cet ordre. Le minimum de f est atteint sur [AD]. Puisque
la masse de D est supérieure à celle de A, on écrit pour M dans [AD],
f (M ) = 2AM + 2M D +6M B + M C + 4M D
| {z }
2AD
= 2AD + 6M B + M C + 4M D.
4
Le minimum est atteint sur [BD], donc pour M dans [BD], on a
f (M ) = 2AD + 4M B + 4M D +2M B + M C
| {z }
4BD
= 2AD + 4BD + 2M B + M C
Enfin, pour M dans [BC], on a
f (M ) = 2AD + 4BD + M B + M C +M B
| {z }
BC
= 2AD + 4BD + +BC + M B
Finallement, on trouve donc que le minimum est atteint au point B.
Remarque: En reprenant les calculs précédents jusqu’à la dernière étape, on montre que le
minimum de f (M ) = 2M A + 5BM + CM + 6DM (on a remplacé la masse de B qui était 6 par
5) est atteint en tout point du segment [BC].
2.2 Interprétation statistique
On munit le plan d’un repère orthonormal. Quitte à faire une rotation (isométrie), on peut
supposer que les points A1 ,A2 ,...,An sont sur l’axe des abscisses, on note alors x1 ,...,xn leur abscisse.
Minimiser la fonction de Fermat revient alors à minimiser la fonction à variable réelle
f : x 7→ α1 |x − x1 | + ... + αn |x − xn |.
Minimiser la fonction de Leibniz revient à minimiser
g : x 7→ α1 (x − x1 )2 + ... + αn (x − xn )2 .
Il est très facile de prouver que le minimum de g est atteint en x, la moyenne arithmétique de la
série statistique (x1 ,...,xn ) muni des effectifs (α1 ,...,αn ).
Alors, vous devez commencer à comprendre..., le minimum de f est atteint (notamment) en me
la médiane de la série statistique (x1 ,...,xn ) muni des effectifs (α1 ,...,αn ). Ca y est, le mot est lâché.
Le point de Fermat peut s’interpréter non pas comme un point moyen mais plutôt comme un point
médian. L’exercice de la section 1 l’illustre bien. La position du point de Fermat dans le cas d’un
triangle isocèle ne dépend pas de la position du sommet opposé à la base (dès que l’angle au sommet
est strictement inférieur à 120◦ ). Le point médian est insensible aux valeurs extrêmes, contrairement
au point moyen (barycentre).On est quand même d’accord que le point moyen (barycentre) a lui
comme avantage d’être plus facile à calculer... Une médiane étant beaucoup plus difficile à calculer
qu’une moyenne, on peut alors comprendre un peu mieux pourquoi la minimisation des points de
Fermat est un problème difficile.
On a pu remarquer qu’il pouvait y avoir plusieurs points de Fermat (tout un segment). On
peut donc dire dire soit que tout point de Fermat est un point médian , soit que le point médian
est le point de Fermat dont l’abscisse est la plus petite. Etant donné que beaucoup d’entre-nous
ne sommes pas d’accord sur la définition de la médiane d’une série statistique; ceci nous emmène
donc à poser au choix les deux définitions suivantes:
Définition 2.1 Une médiane d’une série statistique (x1 ,...,xn ) muni des effectifs (α1 ,...,αn ) est
un réel qui réalise le minimum de la fonction x 7→ α1 |x − x1 | + ... + αn |x − xn |.
5
Définition 2.2 La médiane d’une série statistique (x1 ,...,xn ) muni des effectifs (α1 ,...,αn ) est le
plus petit réel qui réalise le minimum de la fonction x 7→ α1 |x − x1 | + ... + αn |x − xn |.
Cette deuxième définition coı̈ncide en fait avec celle qui dit que la médiane est la plus petite
valeur de la série telle que 50% des valeurs de la série lui sont inférieures ou égales.
3 Etude de la fonction de Fermat dans le cas d’un triangle
quelconque
Dans toute cette partie, A,B,C désigne trois points non alignés du plan, la fonction de Fermat
associée est donc définie par f (M ) = M A + M B + M C.
3.1 Caractérisation angulaire des points de Fermat
Lemme 3.1 Soit E le plan euclidien muni de sa norme euclidienne || ||. Soit φ la fonction définie
sur E par φ(− →u ) = ||−
→
u ||. φ est différentiable sur E sauf en 0. De plus son vecteur gradient noté
→
−
∇φ est défini par ∇φ(− →
u ) = ||→
−
u
u ||
.
preuve: On →
−
→
− p choisit une base orthonormale de E. Si les coordonnées d’un vecteur u sont (x,y), alors
|| u || = x + y . La fonction racine carrée est dérivable sur ]0; +∞[ et (x,y) 7→ x2 +y 2 est polyno-
2 2
miale, on en déduit que l’application norme est différentiable sur E sauf en 0, comme
p composée de
fonctions différentiables. De plus, avec un abus de notation, on a donc φ(x,y) = x2 + y 2 , et donc
→
−
!
∂φ x ∂φ y x y (x,y) u
∂x =
√ 2 2 et ∂y = √ 2 2 . Donc ∇φ(x,y) = p ,p =p = − → .
x +y x +y 2
x +y 2 2
x +y 2 2
x +y 2 || u ||
On en déduit directement le résultat suivant.
Corollaire 3.1 f est différentiable sur P \ {A,B,C} et on a
−−→ −−→ −−→
MA MB MC
∇f (M ) = − −→ + −−→ + −−→ .
||M A|| ||M B|| ||M C||
Proposition 3.1 Caractérisation angulaire des points de Fermat
Si P est un point de Fermat distinct des sommets de ABC, alors il voit les segments du triangle
ABC sous un angle de 120◦ , c’est à dire AP
\ B = AP
[ C = BP
\ C = 120◦ .
preuve: Soit P , un point de Fermat distinct des sommets A, B et C. C’est donc un minimum
−→
PA
de f sur l’ouvert P \ {A,B,C}. La condition nécessaire d’extremum s’écrit donc ∇f (P ) = − → +
||P A||
−−
→ −−→ →
− −→ −−
→ −−→
PB PC →
− PA →
− PB →
− PC
−→ + −
− −→ = 0 . On note alors u = −→ , v = − → et w = −
− −→ . Ces trois vecteurs sont
||P B|| ||P C|| ||P A|| ||P C|| ||P C||
de norme 1. On a donc,
||−
→
v +− → = ||−
w ||2 →u ||2
−
→ 2 →
− 2
|| v || + || w || + 2 hv,wi = 1
2 + 2||− →v ||||→
−
w || cos (−
→
v ,−
→w)
= 1
→
− →
− = −1
2 cos ( v , w )
1
cos (−
→v ,−
→
w) = −
2
→
− −
→ 2π
( v ,w) = [π].
3
Ceci montre que BP
\ C = 120◦ . On fait de même pour les deux autres angles.
6
3.2 Construction du point de Fermat comme une intersection d’arcs de
cercles
Lemme
−−→ −−→ 3.2
Soient U et V deux points distincts du plan. L’ensemble des points M du plan tels que
M U ,M V = 2π 3 [2π] est la réunion de deux arcs de cercle privés de leurs extrémités, construits
selon le procédé suivant:
– on trace les points W et W 0 tels que U V W et U V W 0 soient des triangles équilatéraux
– on construit les cercles circonscrits à U V W et U V W 0 (on trace deux médiatrices de U V W
et U V W 0 )
– l’ensemble cherché est alors la réunion des deux arcs de cercle d’extrémités U et V privés de
leurs extrémités.
−−→ −−→
preuve: L’ensemble des points M qui vérifie M U ,M V = α [π] est un arc de cercle (on peut
le démontrer à l’aide de nombres complexes). Ici, on a une égalité modulo 2π. Le mieux est de faire
un schéma, puis d’utiliser le résultat suivant: la mesure d’un angle au centre est le double de de la
mesure d’un angle inscrit qui intercepte le même arc...
Corollaire 3.2 Sous réserve que le minimum n’est pas atteint aux sommets de ABC, il n’existe
qu’un et un seul point de Fermat obtenu comme l’intersection de trois arcs de cercle.
preuve: Si P un minimum distinct des sommets de ABC, il voit les sommets avec un angle de
120◦ .Mais alors d’après le lemme précédent, il appartient à un arc de cercle d’extémités A et B,
et de même à un arc de cercle d’extémités A et C. ces deux arcs se coupent en deux points au
plus; l’un d’eux est A, mais P est distinct de A, donc P est nécessairement le deuxième point
d’intersection de ces arcs.
3.3 Construction du point de Fermat comme une intersection de droites
Proposition 3.2 On note respectivement A0 ,B 0 et C 0 les points tels que les triangles BCA0 ,ACB 0
et ABC 0 soient des triangles équilatéraux construits à l’extérieur de ABC. Les droites (AA0 ),(BB 0 )
et (CC 0 ) sont concourantes en un point O qui vérifie la caractérisation angulaire des points de
Steiner, c’est à dire, AOB
\ = AOC [ = BOC \ = 120◦ .
De plus, si l’un des angles du triangle ABC est strictement supérieur à 120◦ , le point de concours
O est à l’extérieur du triangle.
preuve: Ce problème de droites concourantes est parfois attribué à Torricelli. Je vous laisse faire
la preuve, j’attends vos propositions.
Montrons la deuxième partie de la proposition. Supposons par exemple que A b > 120◦ . Comme
\0 = 60◦ , C
BAC \ 0 AC > 180◦ , donc le segment [CC 0 ] privé de ses extrémités est extérieur à ABC
. De même, on montre que le segment [CC 0 ] privé de ses extrémités est extérieur à ABC, ce qui
prouve que leur intersection O est à l’extérieur.
Le résultat suivant en découle directement.
Corollaire 3.3 Sous réserve que le minimum n’est pas atteint aux sommets de ABC, l’unique
point de Fermat est obtenu comme intersection des droites (AA0 ),(BB 0 ) et (CC 0 ).
Corollaire 3.4 Si un des angles du triangle ABC est strictement supérieur à 120◦ , le minimum
de la foncion de Fermat ne peut être atteint que sur les sommets.
preuve: Puisque le minimum n’est pas atteint à l’extérieur, le point critique n’est pas un mini-
mum. Les seuls points restants, candidats pour être des minimums sont donc les sommets.
7
3.4 Etude de la fonction de Fermat sur les sommets
Tout d’abord, remarquons que si les trois angles du triangle sont aigus, alors les trois hauteurs
du triangle sont intérieures.
Premier cas : supposons tout d’abord que tous les angles du triangle sont aigus. On considère
alors la hauteur issue de A, elle coupe [BC] en H. On a alors f (H) = BC +AH et f (B) = BC +AB.
Puique AH < AB, on en déduit que f (H) < f (B); donc le minimum ne peut être atteint sur le
sommet B. Avec le même raisonnement (en changeant de hauteur), on montre donc que le minimum
n’est pas atteint sur les sommets.
Deuxième cas : supposons qu’il y ait un angle obtus, par exemple au point A (cette fois ci,il y a
une hauteur extérieure au triangle, il faut donc procéder autrement). On trace alors la bissectrice
b On note α = Ab . L’objectif est d’évaluer la fonction de Fermat sur cette bissectrice.
de l’angle A. 2
Soit M un point intérieur au triangle, sur la bissectrice. D’après la relation d’Al Kashi, on a
M B 2 = M A2 − 2M [Link] cos α + AB 2 et M C 2 = M A2 − 2M [Link] cos α + AC 2 . On munit la
bissectrice d’un repère d’origine A, on note alors x l’abscisse du point M dans ce repère. On a donc
M B 2 = x2 − [Link] cos α + AB 2 et M C 2 = x2 − [Link] cos α + AC 2 . Si M est proche du point A,
tout en étant sur la bissectrice, on a x proche de 0. Ainsi
p
MB = x2 − [Link] cos α + AB 2
p
= AB 1 − 2x cos α/AB + x2 /AB 2
= AB 1 + 1/2 −2x cos α/AB + o(x2 )
= AB − x cos α + o(x2 )
On montre de même que M C = AC − x cos α + o(x2 ). En additionnant, on a donc
f (M ) = x + AB + AC − 2x cos α + o(x2 )
= AB + AC + x(1 − 2 cos α) + o(x2 )
= f (A) + x(1 − 2 cos α) + o(x2 )
Si α < 60◦ ( ie A
b < 120◦ ), on a 1 − 2 cos α < 0, donc f (M ) < f (A) pour M suffisament proche de
A, ce qui prouve que le minimum n’est pas atteint en A.
Conclusion:
– Si tous les angles du triangle sont strictement inférieurs à 120◦ , le minimum n’est
pas atteint sur les sommets, donc le minimum est atteint au point de Fermat
caractérisé au corrolaire 3.3.
– Si l’un des angles est supérieur ou égal à 120◦ , le minimum est atteint en ce
sommet.
4 Introduction aux problèmes de plus court chemin reliant
des points
Soient A1 ,A2 ,...,An n points du plan. Parmi tous les chemins passant par A1 ,A2 ,...,An , en
existe-il un ou plusieurs qui soi(en)t de longueur minimale? S’il(s) existe(nt), de tels chemins
sont appelés chemins de Steiner.
Cette recherche de plus court chemin est dans le cas général, d’une très grande complexité; c’est
un problème NP complet. Il existe des algorithmes qui donnent des solutions, mais le coût en
8
calcul est exponentiel.
Dans cette section, nous allons juste envisager le cas où les points sont les sommets d’un carré
ou d’un rectangle.
En fait, je vous laisse chercher tout seul, j’attends vos propositions.
Juste une indication, pensez aux points de Fermat...