PCSI 1 - Stanislas - Cours - Thermodynamique Chap.1 - Echelles de température A.
MARTIN
Ce principe nous permet de construire une échelle de température qui soit
Echelles de température indépendante du thermomètre utilisé. Toutefois, cette échelle n’est pas unique
car il y a plusieurs principes de construction d’un thermomètre. Par exemple,
des thermomètres remplis de mercure vont-ils indiquer les mêmes températures
Vous avez tous déjà mesuré une température, mais savez-vous pour autant dé-
que les thermomètres à alcool ?
finir précisément ce qu’est la température ? Avant de la définir du point-de-vue
microscopique (température cinétique), cette grandeur a d’abord été appréhen-
dée du point-de-vue macroscopique. Comment la mesure-t-on ? Du point-de-vue
expérimental, peut-on parler de "La" température ou existe-t-il plusieurs tempé-
ratures ? b) Grandeurs thermométriques
a) Equilibre thermique et principe zéro Notre échelle de température repose sur le phénomène de dilata-
tion/contraction d’un liquide. On postule donc une relation mathématique entre
Essayons de construire une définition expérimentale précise de la température,
la température et longueur L, du type Θ = f (L). On dit alors que L est une
une grandeur qui permettrait de quantifier le "chaud" et le "froid". Une des mani-
grandeur thermométrique.
festations connues des effets du chauffage est la dilatation. On fabrique alors ainsi
notre premier thermomètre : un capillaire à réservoir rempli d’alcool coloré en Il existe d’autres grandeurs thermométriques utiles pour fabriquer des thermo-
rouge. Par dilatation du liquide, la longueur colorée L se modifie au contact du mètres utilisables dans différents contextes expérimentaux. Citons par exemple la
corps dont on souhaite mesurer la température. A ce stade, on peut donc définir résistance d’un conducteur ohmique 1 (thermistances), la tension aux bornes d’un
la température par Θ = L. thermocouple (effets thermoélectriques : Seebeck, Peltier), le flux d’énergie asso-
On souhaite mesurer la température d’un récipient d’eau chauffé. cié au rayonnement électromagnétique des corps (corps noir, gris etc, utilisation
Pour que l’expérience soit reproductible, il faut un protocole dans les pyromètres ou les thermopiles).
rigoureux : on trempe le capillaire dans l’eau et on attend que L Revenons à notre thermomètre à alcool. La température augmente avec L. On
se stabilise. peut décrire les variations par un développement polynômial comme dans les
développements limités, au voisinage d’un état de référence :
Définition : Equilibre thermique
Le bain-marie et le capillaire sont en équilibre thermique lorsque
la longueur L devient stationnaire. Θ = α + βL + γL2 avec β, γ > 0 .
On souhaite maintenant fabriquer d’autres thermomètres un peu différents
pour élargir le domaine des mesures possibles. Mais vont-il indiquer la même Les coefficients vont dépendre du thermomètre (type de liquide, composition,
"température" L que le précédent dans le bain-marie ? Il y a toutes les chances taille du réservoir, section du cylindre...). Pour les déterminer, on étalonne le
que non biensûr. Cependant il n’est pas pratique d’avoir autant d’échelles de tem- thermomètre par comparaison avec d’autres thermomètres sur des systèmes
pérature que de thermomètres... Il faut donc postuler l’existence d’une grandeur de référence dont la température est réputée fixée. Ces systèmes sont appelés
température Θ commune, reliée à L par une relation mathématique qui varie repères thermométriques ou "points fixes" 2 .
selon le thermomètre. Comme la mesure de cette température requiert l’équilibre
thermique entre le corps étudié et chaque thermomètre, ce postulat d’existence
revient à considérer que la relation d’équilibre thermique est une propriété tran-
sitive. 1. vous l’avez remarqué en TP d’électronique !
2. La compréhension de la nature de ces repères thermométriques nécessite le cours sur les
Principe Zéro de la thermodynamique : Deux systèmes en équilibre ther- changements d’états : à pression fixée, un corps pur en équilibre sous deux phases a toujours la
mique avec un troisième système sont en équilibre thermique entre eux. même température. D’autre part, un corps pur en l’équilibre sous trois phases a ses températures
et pression fixées (point triple).
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c) Echelles centésimales linéaires de température
Définition : Echelle centésimale linéaire
• on choisi une loi linéaire : Θ = α + βL
• on étalonne avec 2 points-fixes :
1. mélange { eau liquide + eau solide (glace) } à l’équilibre sous P =
Patm = 1013 hPa : Θ0 = 0.
2. mélange { eau liquide + eau vapeur } à l’équilibre sous P = Patm =
1013 hPa : Θ100 = 100.
On remarque qu’on a pas encore donné d’unité à Θ... car nous n’avons pas de
base solide pour le faire. En fait il s’agit seulement d’un repérage des températures
sur le capillaire via la grandeur thermométrique L. Sur le capillaire, on trace 99
graduations entre les positions L0 et L100 .
Plus généralement, pour une grandeur thermométrique quelconque G, on créée
l’échelle centésimale linéaire grâce aux deux points-fixes cités ci-dessus et en
appliquant la relation affine suivante :
G − G0
Θ= ∗ 100 .
G100 − G0
On peut alors appeler « degré » l’espacement entre deux graduations, c’est-à-dire
entre deux valeurs entières consécutives de Θ.
Remarque : Les degrés constitués par deux grandeurs thermomé-
triques distinctes n’ont pas de raison d’être parfaitement égaux 3 .
Par construction, deux échelles centésimales construites à partir de gran-
deurs thermométriques différentes n’indiqueront donc rigoureusement la
même température qu’en G0 (Θ0 = 0) et G100 (Θ100 = 100).
3. Cela tient au fait que le comportement de la grandeur thermométrique G en fonction de
la température n’est en réalité par vraiment linéaire, d’autant moins que l’on étend le domaine
de températures mesurées.