Électromagnétisme et structure de la matière
Électromagnétisme et structure de la matière
Agnès Maître
29 septembre 2021
I Structure de la matière 1
I.1 Les états de la matière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.1.1 Gaz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.1.2 Liquides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.1.3 Solides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.2 Les liaisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.2.1 Liaison ionique ou électrovalente . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
I.2.2 La liaison covalente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.2.3 La liaison hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.2.4 La liaison de Van der Waals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.3 Les différents types de cristaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.3.1 Les cristaux ioniques (N aCl, LiF, M gO, Al2 O3 , ...) . . . . . . . . 4
I.3.2 Les cristaux covalents (Si, Ge, Cdiamant ) . . . . . . . . . . . . . . 4
I.3.3 Les cristaux iono-covalents (GaAs, InP) . . . . . . . . . . . . . . 5
I.3.4 Les cristaux moléculaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.3.5 Cristaux liquides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.4 Classification périodique des éléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I.4.1 Orbitales atomiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I.4.2 Classification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
I.4.3 Les métaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
I.4.4 Les propriétés optiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
I.5 Propriétés physiques et optiques dans un cristal . . . . . . . . . . . . . . 11
I.5.1 Symétrie cristalline . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
I.5.2 Niveaux d’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
I.5.3 Statistique de Fermi-Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
II Électromagnétisme de la matière 15
II.1 Equations de Maxwell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
II.1.1 Dans le vide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
II.1.2 Champs et charges en milieu matériel . . . . . . . . . . . . . . . 15
II.1.3 Equations de Maxwell dans les milieux matériels . . . . . . . . . 18
II.1.4 Calcul des densités de charges induites . . . . . . . . . . . . . . . 20
II.2 Polarisation des milieux matériels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
II.2.1 Du microscopique au macroscopique . . . . . . . . . . . . . . . . 22
II.2.2 Champ macroscopique et champ local . . . . . . . . . . . . . . . 23
II.2.3 Polarisabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
II.3 les différents types de polarisabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
II.3.1 Les isolants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
II.3.2 Polarisabilité électronique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
II.3.3 Polarisabilité atomique ou ionique . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
II.3.4 Polarisabilité d’orientation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
II.4 Les isolants en régime sinusoidal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
II.4.1 Modèle de l’électron élastiquement lié ou modèle de Lorentz . . . 34
II.4.2 Susceptibilité diélectrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
II.4.3 Constante diélectrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
II.5 Les conducteurs en régime sinusoïdal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
II.5.1 Modèle de Drude Lorentz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
II.5.2 Constante diélectrique des métaux réels . . . . . . . . . . . . . . 44
II.5.3 Constantes diélectriques des métaux nobles . . . . . . . . . . . . 48
II.5.4 Conductivité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
II.5.5 Oscillation de volume pour un gaz d’électrons . . . . . . . . . . . 55
II.5.6 Oscillation de plasmon de surface sur une surface plane . . . . . 56
II.5.7 Plasmon de surface dans une nanoparticule . . . . . . . . . . . . 59
I.1.1 Gaz
• Distances atomes-molécules grandes
• Les interactions sont décrites par la physique statistique
• Les atomes occupent tout l’espace disponible, le milieu est compressible
• Les propriétés optiques des gaz sont proches des atomes isolés (raies fines et
élargissement doppler possible, règles de sélectivité pour les transitions).
• A haute pression les propriétés peuvent être très modifiées par la réabsorption
et les interactions
I.1.2 Liquides
• Les atomes, molécules ions sont proches les uns des autres.
• Le milieu est incompressible en première approximation. Sa compressibilité est
proche de celle du solide.
• Le liquide prend la forme du récipient qui le contient.
• Les particules sont en mouvement.
• Il n’y pas d’ordre à grande échelle mais il peut y avoir un arrangement à faible
distance.
• Les propriétés optiques des liquides sont très proches de celles milieux condensés.
On peut définir une constante diélectrique.
I.1.3 Solides
Les atomes, molécules et ions sont proches les uns des autres, mais ils sont fixes. Ils
vibrent autour de positions d’équilibre moyennes. La cohésion des solides et la liaison
entre atomes viennent de forces répulsives et attractives, avec une contribution forte
des forces électriques entre charges. Dans les solides, le rôle de la structure électronique
est prépondérante.
a Amorphes ou verres
On parle plutôt d’amorphes quand il s’agit de métaux et de verres pour les oxydes
et isolants. On parle souvent de "liquide figé à un moment". Ils se caractérisent par les
propriétés suivantes
• Pas d’ordre à grande distance
• Ordre à courte distance formé par les liaisons chimiques
• Isolants électriques (ou très mauvais conducteurs pour les métaux amorphes)
Les verres sont énormément utilisés dans l’industrie de l’optique et de la fibre op-
tique.
Ils sont en général transparents dans le visible. Il s’agit souvent de silice (Si02 ) qui est
transparente dans la zone 200-2000nm avec un indice de l’ordre de 1.45 (à 1% sur toute
la gamme). L’absorption et la diffusion sont faibles (<0.2dB/km). L’absorption dans
l’UV est due aux transitions électroniques et dans l’IR aux transitions vibrationnelles.
Il existe d’autres oxydes K2 03 , Al2 O3 , K2 O, CaO, BaO, P bO, P2 O5 , T i02 dont les in-
dices varient entre 1.45 et 1.9 dans le visible. Pour augmenter l’indice, on rajoute des
composants dans les verres, au prix d’une absorption plus grande dans l’UV (Cr3+
dans Al2 O3 : rubis, matériau laser)
b Cristaux
Il s’agit de solides avec des structures constituées d’atomes ordonnés dans un réseau
périodique à 3 dimensions. Les propriétés de symétrie jouent donc un rôle essentiel.
• Les cristaux peuvent être classés en fonction de la liaison qui assure leur cohé-
sion. Il est nécessaire d’avoir des forces attractives et répulsives pour assurer
un équilibre. Les atomes subissent des forces attractives à longue distance (par
exemple force de Coulomb ) et des forces répulsives à courte distance dues par
exemple à l’interaction entre les couches pleines des atomes en "contact".
• Un solide est stable si son énergie totale (potentielle + cinétique ) est plus faible
que l’énergie du même nombre d’atomes libres. La différence d’énergie entre ces
deux états est l’énergie de cohésion.
• On définit l’énergie de cohésion, comme l’énergie à dépenser pour séparer
les constituants d’un cristal en atomes ou molécules infiniment éloignés les uns
des autres (passage de l’état solide à l’état gazeux)
La liaison ionique ou électrovalente est formée par une paire d’atomes possédant une
grande différence d’électronégativité qui donnent pour l’un, un ou plusieurs électrons
pour former un ion chargé positivement (cation). L’autre atome capte ces électrons
pour former un ion chargé négativement (anion). La liaison résulte de l’attraction de
Coulomb entre le cation et l’anion. Exemple : NaCl
— Effet d’induction ou effet Debye. Il s’agit d’une interaction entre des mo-
lécules polaires et des molécules polaires ou non polaires : le dipôle électrique
permanent d’une molécule polaire crée un champ électrique qui déforme le nuage
électronique d’une autre molécule polaire ou apolaire voisine pour former alors
un moment dipolaire induit.
— Effet de dispersion ou effet London : Il s’agit d’interaction attractives entre
molécules neutres non polaires. A chaque instant, les électrons en mouvement
continu confèrent à leur molécule un moment dipolaire non nul. Ce moment
dipolaire instantané induit un moment dipolaire dans une molécule voisine
Ces cristaux associent des atomes (métaux alcalins) très électropositifs et des
atomes (halogènes) très électronégatifs. Il s’agit d’une interaction électrostatique de
coulomb, très forte (plusieurs eV). La liaison est assurée par un transfert d’électrons
qui assure des couches pleines aux atomes. On a donc alternativement des atomes char-
gés + et -. Dans un cristal ionique, les anions et les cations s’attirent mutuellement
dans toutes les directions de l’espace. La liaison ionique n’est pas dirigée ni localisée.
Il n’y a pas de paires d’atomes liés. Ces matériaux ont une faible conductivité et sont
de bons isolants électriques.
propriétés optiques.
Ces cristaux sont transparents dans le visible ou l’IR. L’absorption dans l’UV est liée
à la rupture des liaisons coulombiennes. Les absorptions dans l’IR sont souvent dues
aux phonons.
On dope souvent ces matériaux avec des impuretés (Cr, Cu, Nd...) qui modi-
fient fortement les propriétés optiques. Des matériaux tels que Al2 O3 : Cr (rubis) ou
Y3 Al2 O2 : N d3+ (Nd :YAG, ou grenat d’ytterbium dopé néodyme) sont couramment
utilisés dans les lasers.
Les cristaux covalents sont des cristaux macromoléculaires dans lesquels les nœuds
du réseau sont occupés par des atomes ou des groupements d’atomes.
Ces matériaux sont des isolants à basse température. On peut augmenter leur conducti-
vité soit par dopage avec des impuretés (As, P), soit par rupture de la liaison hydrogène.
Propriétés optiques.
Il s’agit de semi-conducteurs à faible gap, transparents dans l’IR. Seul le diamant a un
gap à 2.4 eV (516 nm) et est transparent dans le visible.
I.4.2 Classification
Dans la classification périodique de Mendeleiev, les atomes sont rangés par numéro
atomique croissant, en mettant sur la même colonne les atomes ayant des propriétés
chimiques similaires, donc de couche de valence similaires.
Sur une même colonne sont représentés les atomes ayant sur leur couche externe le
même nombre d’électrons (ou pour la colonne 18 par exemple une couche externe sa-
turée). Une ligne correspond au nombre quantique n de la couche externe (K, L, M, ...).
M est donc la 3ème ligne. La première colonne correspond à un seul électron de va-
lence donc à une sous couche s (` = 0). La configuration électronique d’un atome est
donnée de manière condensée en ne donnant que les électrons de la couche de valence.
Les électrons de cœur, donc les couches pleines de nombre quantique inférieur, sont
représentées par le gaz rare correspondant. Par exemple pour le calcium (Ca) : [Ar]4s2
. 4 correspond au nombre quantique n le plus élevé (O), s correspond au moment
angulaire ` = 0 et 2 au nombre d’électrons dans la sous couche s.
Une couche de valence ne peut pas avoir plus de 8 électrons (sauf pour la première
ligne où le maximum est 2 électrons) car pour n = 1 seul ` = 0 est possible. Il s’agit
de la règle de l’octet Une couche de valence est alors dit pleine. Elle correspond à la
structure ns2 np6 . Cette structure électronique qui correspond à celle des gaz nobles
correspond à une stabilité maximum. Les atomes correspondant à des gaz nobles sont
sur la dernière colonne 18.
La colonne 1 celle des alcalins qui peuvent facilement leur unique électron de la couche
de valence, correspond à la structure ns1
Les colonnes 1, 2, puis 13 à 18, possèdent 1 à 8 électrons dans leur couche de valence
(d = 0).
La régle de Klechkowski indique que les sous-couches électroniques des atomes neutres
dans l’état fondamental se remplissent
• par ordre croissant de n + `
• Par ordre croissant de valeur de n pour des sous-couches ayant des valeurs de
n + ` égales.
Par conséquent, pour un même nombre quantique principal n, les sous-couches d
et f (donc à partir de n = 3) , peuvent être incomplètes alors que les sous-couches pet
s sont pleines.
Les colonnes 3 à 12, dites celles des métaux de transition font intervenir les sous-
couches d. On trouve par exemple pour le zinc Zn : [Ar] 4s2 3d10, qui trouve bien sur
la 4ème ligne correspondant à n = 4 de sa couche de valence.
Cette règle est bien suivie pour les élement des blocs s et p. Elles est moins vraie
pour les blocs d et f . En effet la règle de Klechkowski ne fait intervenir que les énergie
des non quantique principaux et azimutaux sans faire intervenir le spin qui compte
aussi dans l’énergie des électrons. La règle de Hund fait intervenir la somme des spins
A titre d’exemple sur cette 4ème ligne basée sur [Ar], K : 4s1 , Ca : 4s2 , Scandium
Sc : 4s2 3d1 , ..., Co : 4s2 3d7 . On a pour N i : 4s2 3d8 ou N i : 4s1 3d9 . Le cuivre métal
noble est Cu : 4s1 3d1 0 puis le zinc , Zn : 4s2 3d1 0. On remarque là que pour le
Cuivre (et une des conformation du Nickel, la structure électronique fait =intervenir
une couche d comlète et un seul électron s.
b Bandes vibroniques
Les vibrations du solide élargissent les niveaux électroniques. On couple ainsi les
états discrets électroniques à un continuum d’états vibroniques. On parle aussi d’élar-
gissement par les phonons. Pour un cristal, la vibration du réseau donne lieu à des
modes de vibration délocalisés qu’on appelle les modes de phonons.
1
fe (E) = (I.1)
E − EF
1 + exp( )
kB T
A température nulle, tous les électrons ont une énergie inférieure au niveau de
Fermi Ef .
15
par l’expérimentateur. On les appelle aussi "abusivement" les charges extérieures. Les
−→
charges et courants de polarisation ρpol et jpol sont la réponse de la matière qui, en
général, est opposée aux champs qui lui donnent naissance.
−→
On a alors pour les densités totales de charges ρtot et de courant jtot .
Pour traduire la distribution non homogène des champs et des courants, on intro-
→
− −
→
duit la polarisation du système P et l’aimantation M . Ces grandeurs traduisent la
densité de dipôles électriques (respectivement magnétiques) dans la matière qui est
induite par le champ électrique (magnétique).
On peut alors exprimer la polarisation, en faisant intervenir la densité de charges
liée (ou de polarisation) sous la forme suivante
→
−
Div P = −ρpol (II.7)
→
−
P peut être vu comme la densité volumique de dipôles dans la matière. On s’attachera
→
−
plus loin dans ce chapitre à décrire le sens physique de P
→
−
On peut aussi exprimer le flux des charges liées. En particulier en notant J la
R→
− →
densité de courant, avec I = J • − n dS, on peut écrire
→
−
−−→−
→ −→ ∂ P
RotM = jpol − (II.8)
∂t
• Remarque En effet, à partir des équations précédentes, on peut écrire une relation
entre l’induction électrique et la polarisation
→
− εr → −
D= P (II.12)
εr − 1
→
−
D est créé par les charges libres qui induisent une polarisation et donc des charges de
polarisation. Par conséquent, pour avoir des charges de polarisation, on doit avoir des
charges libres.
• Susceptibilité diélectrique
Au niveau microscopique, la susceptibilité est liée à la polarisabilité électrique des
atomes et molécules. En général, la susceptibilité et la permittivité (ou constante)
diélectrique sont des tenseurs. Elles dépendent ainsi à la fois de la direction de propa-
gation et de la polarisation du champ excitateur, par rapport aux directions des axes
cristallographiques du matériau. Ce point est extrêmement important dans le cadre de
l’optique non linéaire et de l’optique en milieu anisotrope. Néanmoins, dans la majorité
des cas abordés dans ce cours, nous considérerons la susceptibilité diélectrique comme
une grandeur scalaire. C’est l’hypothèse d’isotropie.
Il ne faut pas confondre l’isotropie et l’homogénéité. Dans un milieu non homogène la
susceptibilité dépend de la position et on écrit χ(r) où r est la variable d’espace.
Dans le cadre de ce cours, les milieux seront souvent aussi homogènes.
Démonstration Soit une interface infinie plane entre deux milieux diélectriques. On
choisit un repère tel que la direction z soit normale à cette surface et que le plan (O, x, y)
corresponde à l’interface. On considère un rectangle dont deux cotés sont perpendicu-
laires, et deux sont parallèles à l’interface, et dont les deux cotés perpendiculaires à
l’interface pourront alors avoir une longueur qui tend vers 0. La discontinuité du milieu
se passant à l’interface, on peut considérer que les champs varient peu en-dehors de
l’interface. Par conséquent, si A est une composant de E ou de B on peut estimer que
∂A ∂A ∂A
∂x u ∂y u 0. De la même façon, on suppose que ∂t ne varie pas significativement à
la traversée de l’interface.
soit
∂Bx ∂By ∂Bz
+ + =0 (II.20)
∂x ∂y ∂z
Compte tenu des approximations présentées plus haut, on peut en déduire que
∂Bz
=0 (II.21)
∂z
→
−
par conséquent, Bz2 − Bz1 = 0. La composante normale à l’interface de B est donc
conservée. On peut écrire
−
→ − →
n1→2 · (B2 − B1 ) = 0 (II.22)
Cela est bien sûr compatible avec la création de charges induites à une surface
conductrice, qui elles mêmes induisent un champ qui se superpose au champ incident.
Le raisonnement ci dessous permet de l’illustrer dans ce cas simple.
Figure II.2 – (a) champ créé par une surface plane infinie et chargée avec la charge
surfacique σ , (b) champ créé par deux plans infinis chargés avec la des charges sur-
faciques +σ et −σ, (c) champ créé par un champ externe incident sur un conducteur.
Dans cette figure σ > 0
où dΣ est la surface qui limite le volume. Qint est la charge incluse dans le volume.
Nous avons ici l’expression d’un théorème de Gauss avec la polarisation.
Compte tenu de la symétrie du système on peut écrire
→
− →
−
Z Z
− P • dΣ = −P • −
n−
→
ext dS (II.32)
Sur une interface plane entre deux milieux, compte tenu de la symétrie du système
on peut alors démontrer la (dis)continuité de la composante normale de de l’excitation
→
− →
−
D et du champ E électriques.
→
−
On a défini P comme la polarisation volumique (moment dipolaire en volume). Cette
grandeur s’exprime en Cm−2 . On peut donc écrire
→
−
Z
→
−
℘ = P dτ (II.39)
Pour passer des dipôles à une polarisation macroscopique, on définit sur un tout
petit volume dV la polarisation. On a
→
−
P dV = ΣdV →
−
pi . (II.40)
dV doit être assez grand pour qu’on puisse comptabiliser un grand nombre de dipôles
→
−
mais assez petit pour que P soit défini sur un volume homogène.
On peut donc faire le lien entre le dipôle et les grandeurs macroscopiques P, ρ, σ.
b Champ local
Il s’agit dans cette partie de s’intéresser au champ qui peut s’appliquer sur une
molécule , donc à une échelle plus petite. Dans un diélectrique où les distances sont
grandes devant les distances inter atomiques, on peut considérer que le champ ma-
croscopique des équations de Maxwell et le champ agissant sur une molécule ou un
atome sont équivalents. Dans le cas de la matière dense, cette approximation n’est
plus valable. A l’échelle locale, donc à des échelles plus petites que cette échelle ma-
−−→
croscopique, le champ local Eloc agissant sur un élément polarisable, typiquement une
→
−
molécule, diffère en général du champ macroscopique E . L’échelle locale est une échelle
intermédiaire entre l’échelle macroscopique et l’échelle microscopique de la molécule et
de son cortège électronique.
d Le modèle de Lorentz
Le modèle de Lorentz est le modèle le plus utilisé pour calculer le champ local, tout
particulièrement pour les molécules non polaires.
d.1 Calcul du champ créé par la matière proche . Dans ce modèle, on fait
l’hypothèse que sous l’action du champ, la molécule ne se déplace très peu par rapport
à sa position d’équilibre. Si le site d’équilibre dans le cristal est un centre de symé-
−−−−→ → −
trie cubique , on montre que, pour des raisons de symétrie, Eproche = 0 en tout site
d’équilibre. Cette hypothèse est complètement valable dans les matériaux isotropes tels
que les cristaux cubiques, et les matériaux amorphes. Dans les autres cas, la valeur du
−−−−→ →
−
champ Eproche , quand elle est tabulée est très faible devant E et a donc une contri-
−−−−→
bution faible. Autrement dit, on suppose que le champ Eproche associé à une région de
matière très proche et dont le centre O est pris comme étant la molécule sur lequel
−−→
agit le champ, a une contribution minimum dans le champ local Eloc .
On peut donc écrire
−−→ → − −→
Eloc = E − EP (II.44)
−→
Il faut donc calculer maintenant la contribution EP de l’élément proche de polarisation
→
−
moyenne P .
−−−→
• TD : Calcul du champ Eboule créé dans le volume d’une sphère uni-
→
−
formément polarisée de polarisation P .
Un calcul différent permet de calculer le champ dans la boule en utilisant le
principe de superposition.
On commence par calculer le champ créé par une boule de densité homogène de
charge ρ, de rayon R, et de centre O. Compte tenu de la symétrie du système, on
peut prouver en effectuant des symétries par rapport à des plans qui conservent
−−−→
la distribution de charge et le point M, que le champ E(M ) est suivant le vecteur
→
− −− −→
ur (E(M ) = (E(M )→ −
ur ). La distribution de charge étant invariante en θ et ϕ,
on peut montrer que le champ ne dépend que de la coordonnées r (invariance,
E(M ) = E(r)).
−−−→
Par conséquent on peut écrire E(M ) = E(r)→ −
ur . Il est alors possible de faire un
théorème de Gauss en choisissant comme surface de Gauss une sphère centrée
en O. On montre ainsi que à l’intérieur de la boule, pour r < R,
−−→
−−→ ρr →− ρOM
E(r) = ur = (II.50)
3ε0 3ε0
II.2.3 Polarisabilité
−−→
On définit le champ local Eloc et →
−p le dipôle induit. La polarisabilité d’un atome
α s’exprime sous la forme
→
− −−→
p = 0 αEloc (II.55)
En général la polarisabilité est un tenseur.
or
→
−
−−→ → − P
Eloc = E + (II.58)
30
On trouve ainsi l’expression de la susceptibilité
Nα
χ= (II.59)
0 − N α3
c Relation de Onsager
Dans les milieux avec moment dipolaire, on ne peut plus négliger la réaction de
l’élément de polarisation. On écrit alors (E = Emacro )
Eloc = Eonsager = gE + f P (II.67)
avec
3r
g= (II.68)
2r + 1
2r − 1
f= (II.69)
2r + 1
•
• Polarisation électronique. Il s’agit de la modification du nuage électronique
d’un atome sous l’effet d’un champ. Il y a création d’un dipôle.
• Polarisation atomique(ou ionique). Les atomes se déplacent dans les liai-
sons par rapport à leur position d’équilibre hors champs et créent ainsi des
dipôles.
• Polarisation d’orientation. Ce mécanisme nécessite l’existence de dipôles
permanents, qui vont sous l’action du champ se réorienter.
• Polarisation par déplacement macroscopique. Le champ électrique induit
des déplacements macroscopiques à l’échelle du matériau. C’est par exemple ce
que l’on observe pour d’une jonction pn, ou de conducteurs.
Dans cette partie, nous nous intéresserons qu’aux 3 premiers cas. On peut alors écrire
la permittivité relative sous la forme
r = 1 + χe + χa + χo (II.70)
Dans le domaine que nous étudions, c’est souvent la polarisabilité électronique qui
joue le plus grand rôle.
Pour aller plus loin dans la description microscopique, on peut aller au delà de la
relation de Clausius Mossoti qui relie la polarisabilité atomique (microscopique)
à la susceptibilité relative (macroscopique).
Nous allons ici calculer dans un modèle simple la polarisabilité électronique dans
Ee
ρe r −Zer
Ee = = (II.74)
3ε0 4πε0 R3
Le noyau subit donc à l’équilibre une force de résultante nulle et qui s’exprime
comme la somme de la force exercée sur les charges positives par le champ local
et par la densité de charge électronique
Zer
Ze(Eloc − Ee ) = Ze(Eloc − )=0 (II.75)
4πε0 R3
On peut donc en déduire la valeur du champ local à proximité du noyau
Zer
Eloc = (II.76)
4πε0 R3
Le dipôle qui peut s’écrire sous la forme → −p = Ze→ −r , peut aussi maintenant
s’exprimer sous la forme suivante
p = 4πε0 R3 Eloc (II.77)
On en déduit ici la polarisabilité électronique d’un atome de rayon R
αe = 4πR3 (II.78)
FIN du TD
→
− →
−
Sous l’action d’un champ électrique E , chaque molécule subit le moment → −
p0 ∧ E .
Les molécules ont tendance à s’aligner suivant le champ (pour annuler le moment). On
choisit donc comme référence des angles polaires θ la direction du champ E. L’agitation
thermique, elle, cherche à assurer l’isotropie des molécules. On peut donc calculer
−→ →
−
l’orientation moyenne des molécules. On appelle Pw la projection de la polarisation P
→
− →
−
sur l’axe aligné avec le champ E = E →−
w. →−
w est le vecteur unitaire colinéaire avec E .
−
→
Pw = N →
−
w phcosθi (II.84)
avec
dΩ = sinθdθdϕ (II.87)
On en déduit U
dθsinθcosθe− kT
R
hcosθi = U (II.88)
sinθdθe− kT
R
−U pE
On pose t = kT = −ψcosθ avec ψ = kT on trouve alors
1 tet dt
R
hcosθi = R t (II.89)
ψ e dt
• r varie sur des distances de l’angström très faible devant la longueur d’onde.
Donc e−ikr est une constante qu’on choisit égale à 1 avec un choix de phase
adéquat.
• L’amplitude du mouvement induit est très faible car les champ externes sont
très faibles devant les champs intramoléculaires. En effet P = ε0 cE 2 S. Pour
une puissance laser de 1mW envoyé sur un matériau de 1mm2 de de surface, on
obtient un champ E = 300V m−1 . Le champ intramoléculaire Eintra = 4πεq0 a2 .
En prenant a distance intramoléculaire de l’ordre de 10−10 m, on trouve Eintra =
1.51010 V m−1
• Par souci de simplification, nous considérerons dans le modèle développé ici
que le milieu est suffisamment peu dense pour que Eloc ∼ E où E est le champ
macroscopique. L’approximation Eloc ∼ E valable pour un milieu peu dense est
valable pour |χ| 3. En effet Eloc = E + 3P0 = E(1 + χ3 ). Ce modèle approché
dans le cas des milieux dense fournira néanmoins une bonne approximation de
la constante diélectrique.
Dans ces hypothèses, le champ extérieur est une faible perturbation et nous cherchons
la position de l’électron sous la forme r(t) = req (t) + r1 (t) où req est la position
d’équilibre et r1 la perturbation.
On peut donc développer V (r) au voisinage de req .
∂V 1 ∂2V
V (r) = V (req ) + (r − req )( )req + (r − req )2 ( 2 )req (II.93)
∂r 2 ∂r
En r = req , il s’agit d’un minimum de potentiel et dans la deuxième partie de l’équation
précédente, le deuxième terme ( ∂V∂r )req est nul. On peut donc écrire
r1 = r1 e−iωt (II.98)
−iωt
E = Ee (II.99)
−e2 E 1
p(ω) = (II.101)
m ω − ω02 + iγω
2
Si N est le nombre d’électrons par unité de volume, on peut alors exprimer la densité
de polarisation volumique (ou polarisation) P = N hpi
−N e2 E 1
P = (II.102)
m ω − ω02 + iγω
2
Quelques commentaires
ωp2
0r = n2 = 1 + (II.109)
ω02 − ω 2
Ai λ2
n2 = 1 + Σ (II.112)
λ2 − λ20i
On peut ainsi écrire que la puissance PE→e échangée par unité de volume est
1 − −
→ →
PE→e = Re( j · E ∗ ) (II.113)
2
La densité de courant peut s’exprimer en fonction de la polarisation par la relation
→
− −
→ −
→ →
− →
−
j = ∂∂tP = 0 (r − 1) ∂∂tE . On peut ainsi écrire que j = −iω0 (r − 1) E La puissance
dissipée par les électrons excités est donc égale à
ω0
Pe→E = − Im(r )|E|2 (II.114)
2
On voit ainsi que c’est la puissance imaginaire de la constante diélectrique
qui est responsable de la dissipation.
ω2
k 2 = r (II.117)
c2
où c2 = µ010 .
On peut donc écrire
ω
k = ñ (II.118)
c
où ñ est l’indice complexe ñ = n + iκ qui vérifie ñ2 = r On peut alors écrire les
équations
0r = n2 − κ2 (II.119)
”r = 2nκ (II.120)
Voilà à titre d’exemple les valeurs pour le verre (BK7), dont la réponse est quasiment
plate sur toute la gamme du visible et jusqu’à 2, 5µm. Pour λ = 600nm. il est dit dans
cette gamme transparent car ”r 0r
• n = 1.51 et κ = 10−8
• 0r = 2.2991 et ”r = 310−8
1 − ñ
r= (II.124)
1 + ñ
Le coefficient de réflexion en intensité est alors
(n − 1)2 + κ2
R = rr∗ = (II.125)
(n + 1)2 + κ2
e Bande interdite
• La constante diélectrique s’annule en deux valeurs. La première est très proche
de résonance et vérifie ωl1 > ω0 . La deuxième correspond à une fréquence plus
élevée appelée ωl2 .
• La constante diélectrique est toujours positive, sauf dans la gamme de fréquence
ωl1 < ω < ωl2 , où elle est négative. Dans cette zone, l’indice complexe est
essentiellement imaginaire ñ = iκ et les ondes qui s’y propagent sont des ondes
évanescentes. Il s’agit d’une bande interdite d’énergie.
∂U
Fnu = − (II.127)
∂un
On veut décrire comment ce cristal se couple à la lumière, dont la longueur d’onde est
supposée grande devant les dimension du cristal, et donc très grande devant la maille.
Dans ce contexte, on peut estimer que chaque ion voit le même champ E0 e−iωt et au
sein de chaque type d’ions, tous on la même réponse. On cherche donc des solutions
sous la forme
un = u0 e−iωt (II.128)
−iωt
vn = v0 e (II.129)
Eléments de correction
2)
! ! !
−mω 2 + 2A −2A u0 1
2 · = eE0 (II.130)
−2A −M ω + 2A v0 −1
3)
1
C −1 = T ransposée(Com(C)) (II.131)
detC
avec les élements de la comatrice de C qui s’expriment de la façon suivante
où Ai,j est la matrice obtenue à partir de C en rayant la ième ligne et la j ème colonne. 4)
−eE0 1
u0 = 2 2A
(II.133)
m ω − µ
eE0 1
v0 = 2 2A
(II.134)
M ω − µ
(II.135)
5)
e
P = (u0 − v0 ) (II.136)
d
6)
e2 β
r (ω) = 1 + (II.137)
0 dµ(ωt2 − ω 2 )
6)
e2 β
ωl2 = ωt2 + (II.138)
0 µd
On considère comme précédemment que le milieu est suffisamment peu dense pour
que Eloc ∼ E.
d2 r dr
m 2
= −mγ − eE (II.139)
dt dt
On trouve donc
r = re−iωt (II.140)
E = Ee−iωt (II.141)
eE 1
r(ω) = 2
(II.142)
m ω + iγω
−e2 E 1
p(ω) = 2
(II.143)
m ω + iγω
Si N est le nombre d’électrons par unité de volume, on peut alors exprimer la densité
de polarisation volumique (ou polarisation) P = N hpi
−N e2 E 1
P = (II.144)
m ω 2 + iγω
On définit la fréquence plasma ωp comme
N e2
ωp2 = (II.145)
m0
On peut alors écrire la polarisation sous la forme
1
P = −0 ωp2 E (II.146)
ω 2 + iγω
Or
→
− →
− →
− → −
D = (ω) E = 0 E + P (II.147)
La constante diélectrique s’écrit alors
1
(ω) = 0 (1 − ωp2 ) (II.148)
ω2 + iγω
on peut introduire le temps τ de relaxation entre deux collisions
1
τ= (II.149)
γ
On peut donc ainsi écrire une autre expression de la constante diélectrique en fonction
du temps de relaxation entre deux collisions
iωp2 τ 1
(ω) = 0 (1 + ) (II.150)
ω 1 − iωτ
On peut extraire les parties réelles 0r et imaginaires r ” de la constante diélectrique
relative.
ωp2 τ 2
0r = 1 − (II.151)
1 + ω2τ 2
ωp2 τ
”r = (II.152)
ω(1 + ω 2 τ 2 )
b Frottements négligeables
On considère tout d’abord le cas où les frottements (ou collisions) sont
négligeables. On suppose donc que les propriétés optiques de ces conducteurs sont
dues à des électrons complètement libres, où les collisions sont rares. On pose donc
γ = 0.
On peut alors écrire la constante diélectrique relative sous la forme
ωp2
r (ω) = 1 − (II.153)
ω2
La constante diélectrique est alors purement réelle. Il est alors possible de distinguer
3 cas différents.
• ω = ωp , r (ω) = 0
• ω < ωp , r (ω) < 0. L’indice ñ est alors imaginaire pur (n = 0 et ñ = iκ). Il n’y a
pas de propagation dans le matériau. On peut calculer le coefficient de réflexion
en intensité sous incidence nulle : R = | 1−ñ 2
1+ñ | = 1. Le métal est complement
réfléchissant.
ωP
Métal N 2π λP
−18 −3 15
10 m 10 Hz nm
Cu 8.47 2.61 115
Ag 5.86 2.17 138
Au 5.90 2.18 238
Al 18.1 3.82 79
Li(77K) 4.70 1.95 154
Na(5K) 2.65 1.46 205
K(5K) 1.40 1.06 282
Rb(5K) 1.15 0.96 312
Cs(5K) 0.91 0.86 350
Dans la suite on ne néglige plus les frottements (γ 6= 0). Il faudra maintenant pour
évaluer la constante diélectrique comparer ωτ à 1.
Typiquement pour les métaux courants, la densité d’atomes est de 1028 − 1029 m−3 et
les fréquence plasmas ωp sont dans l’ultraviolet. Le taux de collisions γ = τ1 est de
l’ordre de 1014 Hz.Nous avons donc
ωP >> γ (II.154)
Pour cette valeur de γ = 1014 , on trouve que la valeur de λ limite pour laquelle ωτ = 1
est donnée pour λ = 20µm On peut par exemple calculer ωτ dans différentes gammes
de fréquences
• Pour λ = 100µm, ωτ = 210−1 , et pour λ = 1cm, ωτ = 210−6 . Donc dans l’IR
lointain, ωτ << 1.
• pour λ = 1µm, ωτ = 20. Donc Donc dans le visible et l’UV, ωτ >> 1
Dans la suite, nous étudierons le comportement des métaux dans les cas suivants
nous avons deux limites
• Infrarouge lointain : ω << γ et donc ω << ωp
• visible et UV ω >> γ dans les deux cas : ω > ωp et ω < ωp
La réflexivité R sous incidence nulle à une interface air-métal étant donnée par la
relation suivante,
(n − 1)2 + κ2
R= (II.155)
(n + 1)2 + κ2
peut s’écrire sous la forme
4n
R=1− (II.156)
n2 + κ2
0r ∼ 1 − ωp 2 τ 2 (II.157)
1 − 0r
|”r | = | | >> |1 − 0r | (II.158)
ωτ
donc ici dans l’IR, |r ”| >> |0r |
on peut alors écrire
s r
|r ”| 1
n∼κ=| = ωp τ >> 1 (II.159)
2 2ωτ
On peut alors écrire n ∼ κ et on en déduit
√
2 8ωτ
R=1− =1− (II.160)
n ωp τ
On définit la conductivité thermique σ0 . Pour des raisons qui seront expliquées dans
la suite, elle s’exprime sous la forme σ0 = 0 ωp2 τ . La réflexivité sous incidence nulle
sur le métal peut alors s’écrire sous la forme
√ r
ω
R=1− 80 (II.161)
σ0
Il s’agit de la relation de Hagen-Rubens, valable dans l’infrarouge lointain.
Dans l’infrarouge lointain, la réflexivité sera donc proche de 1.
De plus, la partie imaginaire de l’indice ñ peut être importante, si bien que la partie
de l’onde qui ne sera pas réfléchie sera rapidement absorbée par le métal lors de sa
propagation. L’onde pourra pénétrer sous une très faible épaisseur δ que l’on appelle
aussi épaisseur de peau.
Cherchons maintenant à expliciter l’épaisseur de peau. l’onde qui se propage s’exprime
en
ñω nω κω
E = Aei c z = Aei c z e− c z (II.162)
En considérant l’épaisseur de peau δ comme l’épaisseur pour laquelle le champ a décru
d’un facteur 1e , on peut écrire
c
δ= (II.163)
κω
ωp2
0r = 1 − (II.164)
ω2
ωp2 1
”r = 2 (II.165)
ω ωτ
(II.166)
On remarque que ” << 0 dans l’UV et le visible. On peut calculer l’indice par
la relation
0 2 ωp2
r = ñ = 1 − 2 (II.167)
ω
• si τ1 << ω < ωp , alors 0r < 0. L’indice est imaginaire pur. ñ = iκ et R = 1.
L’onde ne pénètre pas dans le métal qui est complètement réfléchissant.
• si ω > ωp , 0r < 0. L’indice est réel ñ = n. Le métal est transparent dans cette
gamme de longueurs d’onde. On a aussi R < 1. Pour des grandes valeurs de
la fréquence, quand ω >> ωp , R → 0. Aux fréquences intermédiaires, le métal
réfléchit partiellement la lumière et une partie de la lumière sera donc transmise
dans le métal. En haute fréquence, toute la lumière sera transmise dans le métal.
e métaux réels
On peut écrire pour des métaux réels dans l’UV
ωp2
0 = st − (II.168)
ω2
où st intègre toutes les autres contributions. En effet, le modèle de Drude-Lorentz
donne une bonne description du phénomène mais est moins précis dans l’UV.
st est un terme phénoménologique qui permet de continuer à utiliser le modèle de
Drude-Lorentz. Dans une description plus complète, il faut prendre en compte l’ab-
sorption intrabande. L’introduction du terme st permet de traduire cet effet. on a
st−or = 8, st−Ag = 9.
La figure ci-dessous illustre la réflexion sur un métal réel ici, l’aluminium Pour les
fréquences faibles, où ω < ωp , le métal est réfléchissant avecR ≈ 1. Pour les fréquences
plus forte, où ω > ωp , le métal est réfléchissant avecR ≈ 0. Le modèle de Drude donne
une allure très satisfaisante, mais on voit que la réflexivité est plus petite que 1 pou
des fréquences ω < ωp . On voit de plus un pic à 1.5eV . Ces observations ne peuvent
s’expliquer par le modèle de Drude. Il faut prendre en compte les transitions inter-
bandes du métal.
Figure II.11 – Réflexion à incidence nulle sur de l’aluminium. trait fin : cas idéal sans
frottement ; Pointillé : τ = 8f s, cette valeur est extraite de la conductivité à fréquence
nulle ; trait épais : expérience (sans frottements). Figure issue de Fox, Optical properties
of solids
d’onde pour le seuil de transmission (λth−U V ) très proche de celle obtenue pour la
fréquence plasma.
Les métaux nobles Cu, Ag, Au sont des atomes avec des couches 3d, 4d, et 5d
complètement pleines et avec un seul électron dans les bandes 4s, 5s, et 6s respective-
ment. Leur configuration électronique s’exprime sous la forme ...d10 s1 . Pour les métaux
nobles, la réponse est essentiellement due à ces électrons s de la bande de valence. Ce-
pendant, la bande d proche de la surface est à l’origine d’un environnement hautement
polarisé. Les bandes d pleines sont à très proche énergétiquement et proches du niveau
de Fermi.
On écrit par exemple, la structure électronique du cuivre sous la forme [Ar]3d10 4s1 .
La couched est pleine mais il y a un électron dans la couche s. Les 11 électrons de va-
lence remplissent complètement la couche 3d, et l’électron restant, l’électron s remplit
la moitié de la couche 4s. Il existe donc des transitions dites interbandes des niveau
occupés de 3d en dessous du niveau de Fermi vers le niveau inoccupé de 4s au-dessus
du niveau de Fermi. C’est cette absorption interbande qui fait que la réflectivité est
inférieure à 1 pour des fréquences bien inférieures à la fréquence plasma.
Pour l’argent ([Kr]4d10 5s1 ) et l’or ([Xe]4f 14 5d10 6s1 ), les transitions interbandes
Figure II.12 – densité d’état pour les bandes 3d et 4s d’un métal de transition comme
le cuivre. D’après Fox, Optical properties of solids
sont aussi importantes compte tenu du gap faible entre les bandes d, pleines, et le
niveau de Fermi. Dans l’or l’absorption interbande intervient à une longueur d’onde
légèrement au dessus de celle du cuivre. C’est cette absorption interbande qui lui donne
sa couleur jaune, et non pas la fréquence plasma du modèle de Drude-Lorentz. Dans
l’argent, l’absorption interbande est autour de 4 ev, si bien que la réflexivité reste
grande dans tout le domaine visible.
Enfin les semi-conducteurs dopés contiennent des porteurs libres. Ils peuvent être
décrits par un modèle de Drude-Lorentz (en remplaçant la masse, par la masse effec-
tive). A cela se rajoute l’absorption par les impuretés qui fait des transition hydrogé-
noides fines.
On s’intéresse là aux métaux réels. On considère ici les métaux nobles Or (Au),
Argent (Ag) et Cuivre (Cu). Les données sont issues du site web (https ://refractivein-
dex.info/)
a Or-Au
• Dans l’infra-rouge lointain
Figure II.13 – indice (n)en rouge et coefficient d’extinction (κ) en bleu pour l’or dans
l’infrarouge. n etκ sont proches . D’après https ://refractiveindex.info/
• Dans le visible/proche UV
Figure II.14 – constantes diélectriques réelles (0r ) et imaginaire (00r ) pour l’or dans
l’UV proche et le visible.
Figure II.15 – indice (n)en rouge et coefficient d’extinction (κ) en bleu pour l’or dans
l’UV proche et le visible. D’après https ://refractiveindex.info/
b Argent-Ag
Figure II.16 – a)indice (n) en rouge et coefficient d’extinction (κ) en bleu pour l’argent
dans l’UV proche et le visible. b)indice (n) pour l’argent
c Cuivre
Figure II.17 – indice (n) en rouge et coefficient d’extinction (κ) en bleu pour le cuivre
dans l’UV proche et le visible
d Aluminium
Ici la constante diélectrique de l’aluminium, métaux dit pauvre, se comporte dif-
féremment des constantes diélectriques de métaux nobles (or et Argent). Sa structure
électronique ([N e]3s2 3p1 ) est aussi très différente, avec 3 électrons de valence.
Figure II.18 – Constantes diélectriques réelle(1 )en haut et imaginaire (2 ) en bas
pour l’or, l’argent et l’aluminium , dans l’UV proche et le visible
II.5.4 Conductivité
a Relation entre la conductivité et la constante diélectrique
Au lieu de résoudre l’équation du mouvement en r, on le résout en v = ṙ.
On peut alors écrire
dv
m = −mγv − eE (II.169)
dt
or
v = ve−iωt (II.170)
−iωt
E = Ee (II.171)
On obtient alors la solution forcée.
−eτ 1
v(t) = E(t) (II.172)
m 1 − iωτ
→
−
Par ailleurs nous savons que la densité volumique de courant j s’écrit sous cette forme
→
− →
−
j = σ E = −N e→ −
v (t) (II.173)
On définit la conductivité électrique statique σ0 comme
N e2 τ
σ0 = = 0 ωp2 τ (II.174)
m
On peut donc en déduire le lien entre la conductivité et la constante diélectrique
σ0
σ(ω) = (II.175)
1 − iωτ
soit
σ(ω)
(ω) = 0 (1 + i ) (II.176)
0 ω
La conductivité et la constante diélectrique traduisent donc la même physique.
a Onde longitudinale
→
−
L’équation de Maxwell-Gauss, vérifie (r Div E = 0). On peut l’exprimer sous la
→
− → − →
− →
−
forme r k • E = 0. Si r 6= 0, alors k et E sont perpendiculaires. L’onde est dite
transverse.
Par contre quand r = 0, l’onde n’est plus transverse. En effet, on a alors des solutions
→
−
avec un champ E non nul.
→
−
On sait de plus que Div B = 0. L’équation Maxwell-Ampère
−−→→
− ω → − →
−
Rot B + i 2 r E = 0 (II.180)
c
−−→→− →
− →
− →
−
implique que Rot B = 0 . On déduit de ces deux équations que B = 0 quand la
constante diélectrique est nulle. L’onde est purement électrique.
Une onde plane progressive sinusoidale de la forme E = Aei(kr−ωt) obéit à la relation
k ∧ E = ωB = 0 (II.181)
→
− →
−
Par conséquent E et k sont parallèles. On voit ainsi que si la constante diélectrique est
nulle, les solutions aux équation de Maxwell sont des ondes électriques longitudinales
→
− → −
( k // E ).
s’oppose à l’excitation
σ
E= (II.182)
0
→
− → − ∂2D
∇ ∧ ∇ ∧ E = −µ0 2 (II.184)
∂
On en déduit l’équation de dispersion
ω2
k 2 = (ω) (II.185)
c2
ω2
Dans le cas des métaux sans frottements, on a r = 1 − ωp2 . Pour ω < ωp , la constante
diélectrique est négative et il n’y pas de propagation. Pour ω > ωp , il y a propagation
d’onde dans le métal (dites plasmas) avec la relation de dispersion suivante
ω 2 = ωp2 + k 2 c2 (II.186)
Les plasmons existent donc en volume (ou dans un espace à 3 degrés de liberté -3D)
dans les métaux sans frottements, ou lorsque ceux-ci sont négligeable (pour les hautes
fréquences, dans le visible-UV par exemple).
On définit aussi les plasmons polaritons de surface (SPP)(oscillation collective d’élec-
trons à l’interface entre un métal et un diélectrique) (degrés de liberté : 2D) et un
plasmon localisé (oscillation collective pour une nanoparticule) (∼ OD).
ω 2 = c2 k 2 + ωp2 (II.196)
Figure II.21 – Courbe de dispersion des ondes pouvant se propager dans un conduc-
teur ou a son interface avec un diélectrique