Examen Des Engins de Pêche - Canada
Examen Des Engins de Pêche - Canada
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TECHNIQUES D'EXPLOITATION
AXÉES SUR LA CONSERVATION
RAPPORT SUR
L'ATELIER TECHNIQUE
SH
344
A84214
1994
41 Pêches
I•
Fisheries
et Océans and Oceans Canadld
4
4
ATELIER TECHNIQUE
Avril 1994
L Introduction 1
1. Engins Mobiles 3
1.1 Expériences avec des filets à mailles carrées et à mailles en losange . 3
1.2 Maillages 4
1.3 Ralingues 4
1.4 Panneaux séparateurs 6
1.5 Expériences avec des grilles — Chaluts à panneaux 7
2. Engins Fixes 10
2.1 Trappes à morue 10
2.2 Palangres 11
2.3 Filets maillants 13
1. Pêche fantôme 14
2. Étude des perturbations du fond marin 16
3. Rejets globaux et sélectifs 17
IV. Examen des engins et des techniques de pêche dans les provinces de
l'Atlantique 20
Sommaire
En 1993, les stocks de poisson de fond du Canada atlantique ont atteint un niveau
remarquablement bas. Qu'est-ce que cela signifie pour les personnes et les collectivités
touchées? L'appauvrissement des stocks (de l'ordre de 500 000 tonnes en 10 ans) a
forcé quelque 35 000 personnes au chômage; il faut donc admettre que ce phénomène
a des retombées sociales et économiques sans précédent. On peut attribuer la crise à
plusieurs facteurs, notamment à l'emploi de différentes techniques de pêche, un facteur
qu'il ne faut pas sous-estimer car il a beaucoup nui au capital-ressource.
C'est pour examiner cet aspect qu'a été organisé les 15 et 16 février 1994, à Halifax
(Nouvelle-Écosse), l'Atelier technique des pêches de l'Atlantique sur les techniques
d'exploitation axées sur la conservation. Une trentaine de délégués du sous-comité sur
les engins du Conseil pour la conservation des ressources halieutiques (CCRH), du
Groupe de travail sur la capture de poisson de l'Atlantique (GTCP) et de l'industrie
y ont participé.
. L'atelier, qui s'inscrivait dans l'examen global des engins et des techniques de capture
dans les provinces de l'Atlantique, constitue une étape importante vers l'étalilissement
d'une philosophie crédible pour le secteur du poisson de fond de l'Atlantique. Malgré
la crise actuelle, la pêche demeure une importante source de revenus et de travail dans
la région. Toutefois, pour réussir la transition, il faut abandonner la démarche axée sur
la ressource et en adopter une orientée sur les marchés, les techniques responsables
et la diversification. Il est crucial de coordonner les efforts afin d'assurer l'adoption,
par les exploitants, d'une démarche responsable et professionnelle et l'utilisation
intelligente de techniques appropriées, ce qui nous rapprochera de l'objectif fixé, à-
savoir une industrie viable.
1
L'ATELIER
Cette partie de l'atelier a permis d'échanger de l'information technique. Des études sur
les engins mobiles et fixes ont été présentées; on a discuté de différentes techniques,
de leur efficacité, de leurs incidences sur l'environnement et des possibilités futures.
Des exposés ont été présentés au sujet de la pêche fantôme, des rejets globaux et
sélectifs et des incidences de différentes techniques de pêche sur les fonds marins. Les
participants ont convenu que ces aspects représentaient des risques sérieux pour la
ressource et qu'il fallait donc agir dans les plus brefs délais.
Une vaste étude en cours porte sur les quatre grands volets suivants :
• étude sur la sélectivité des trappes à morue, réalisée par le ministère des Pêches
de Terre-Neuve;
Les aspects exposés ci-après sont jugés cruciaux pour l'établissement des
caractéristiques de la pêche de l'avenir. Il sera tout aussi important d'élaborer une
démarche globale fondée à la fois sur la conservation de la ressource et sur la viabilité
économique. Cette démarche devra être axée sur les marchés, être diversifiée et suivre
de près l'évolution technologique pour que l'industrie puisse saisir toutes les occasions
qui s'offriront à elle et devenir plus concurrentielle. Cela suppose obligatoirement une
Il
à /
Par ailleurs, il est jugé impérieux de donner suite immédiatement aux préoccupations
cernées.
La sélectivité des engins est un aspect prioritaire en ce qui concerne les différentes
espèces. Pour assurer la diversité des ressources de l'Atlantique, il faut éviter
d'exploiter une espèce commerciale aux dépens d'une autre. On encourage donc
fortement la poursuite ininterrompue des travaux de recherche et de développement
dans le domaine de la sélectivité des engins, qui ont notamment débouché sur la
création de la grille de type Nordmore.
Pour assurer la prospérité d'un stock, surtout dans l'état actuel de la ressource, il
importe aussi d'utiliser des engins sélectifs quant à la taille des prises. Le fait de
chercher systématiquement à capturer des poissons d'une certaine taille, en
l'occurrence des gros poissons, ne risque-t-il pas de nuire au fond génétique commun
et de donner lieu à la reproduction d'espèces inférieures? Sommes-nus ten train de
capturer les derniers gros poissons? Quoi qu'il en soit, le marché demande du gros
poisson, gage de rentabilité pour l'industrie. Il est donc recommandé d'élaborer des
méthodes pour évaluer les stocks de poisson en vue de répondre à ces questions.
Pêche fantôme
Enfin, on appuie fortement la récupération des filets perdus dans les secteurs
considérés comme des «points chauds».
Rejets globaux et sélectifs
La majorité des participants estimaient que le gaspillage était tout à fait inadmissible
et qu'on devait s'y attaquer sur-le-champ. On a recommandé l'élaboration d'un plan
d'action global axé sur les particularités du problème, à savoir :
,
• le comportement des pêcheurs et les pratiques de pêche;
• les pratiques de gestion;
• les techniques relatives aux engins;
• les difficultés liées à la vente des produits.
Le travail sur ce sujet commence à peine, mais on encourage sa poursuite aux fins de
conservation de la ressource.
Pêche responsable
Il est d'autant plus important de responsabiliser les pêcheurs que ce sont eux qui
permettront de réaliser l'objectif de la pêche viable. Il faudrait insister notamment sur
la conservation de la ressource et faire la promotion de techniques de pêche axées sur
la conservation aux fins de viabilité et sur le transfert de technologie.
Il est entendu que les activités susmentionnées doivent être appuyées par une
campagne dynamique de communication et d'éducation. Il faudra également s'assurer
que tous les rapports et les documents pertinents seront accessibles à tous les
intéressés.
iv
I. Introduction
En 1993, les stocks de poisson de fond du Canada atlantique ont atteint le niveau le
plus bas jamais connu; leurs stocks reproducteurs n'ont jamais été aussi bas et la
mortalité s'est avérée extrêmement élevée, provoquée soit par les prédateurs, soit en
raison de facteurs naturels. Au cours des 10 dernières années, la ressource a diminué
de plus de 500 000 tonnes. inutile de dire que ce phénomène a eu des conséquences
désastreuses pour les collectivités et les gens de cette région. Étant donné que
500 000 tonnes de poisson représentent environ 15 000 emplois à l'année à temps
plein dans les secteurs de l'exploitation et de la transformation (c'est-à-dire du travail
pour environ 35 000 personnes), ce phénomène a entraîné des chambardements
sociaux et économiques sans précédent.
On peut attribuer l'actuelle crise à -plusieurs facteurs, comme des totaux des prises
admissibles (TPA) trop élevés, la minoration des prises déclarées, le recours à des
pratiques de pêche dévastatrices, l'augmentation effrénée de l'effort de pêche et des
changements environnementaux imprévus. Un autre facteur, qu'il ne faut pas sous-
estimer, est l'utilisation de différentes techniques de pêche, qui a beaucoup nui au
4 j
capital-ressource.
Les 15 et 16 février 1994, une trentaine de délégués du sous-comité sur les engins du
Conseil pour la conservation des ressources halieutiques (CCRH), du Groupe de
travail sur la capture de poisson de l'Atlantique (GTCP) et de l'industrie se sont réunis
à Halifax (Nouvelle-Écosse) pour participer à l'Atelier technique des pêches de
l'Atlantique sur les techniques d'exploitation axées sur la conservation. Des pêcheurs
n'appartenant pas au GTCP et plusieurs fonctionnaires fédéraux et provinciaux y ont
pris part, de même que des représentants de firmes d'experts-conseils dont les services
avaient été retenus.
L'atelier, qui s'inscrivait dans l'examen global des engins et des techniques de capture
dans les provinces de Mantique, constitue une étape importante vers l'établissement
d'une philosophie crédible pour le secteur du poisson de fond de l'Atlantique. Certes,
faut résoudre le problème de la surcapacité et donner à la ressource le temps de se
rétablir. Il n'en demeure pas moins que la pêche reste une importante source de
revenus et de travail dans la région. Tous les efforts doivent être coordonnés pour que
soit adoptée une attitude responsable et professionnelle à l'égard dé la bêche et que
soient mises en oeuvre, de manière responsable, des techniques appropriées. Il a été
question, au cours de l'atelier, de conservation de la ressource et aussi de préservation
de l'industrie pendant la période de transition. Pendant toute la durée de l'examen, des
ateliers seront organisés pour assurer une participation intégrale de l'industrie.
1
'L'atelier de février dernier avait pour objectifs de fournir des conseils techniques au
CCRH (sous-comité des engins), de permettre l'échange d'information technique, de
cerner les sujets qui posent des problèmes et de parler de l'orientation future.
Des exposés sur ces sujets ont été présentés par des fonctionnaires, des représentants
de l'industrie et des experts-conseils. Les participants ont eu plusieurs occasions de
discuter des sujets traités. À la fin, les problèmes et les priorités ont fait l'objet d'une
discussion générale.
Voici une question importante qui sous-tend les objectifs de l'atelier et les sujets qui
y ont été soulevés :
2
à /
La plupart des expériences évoquées ont obtenu des résultats assez satisfaisants quant
à la sélectivité par taille ou par espèce. Les expériences avec la grille de type
Nordmore et les ralingues ont été particulièrement réussies. Cependant, les
participants ont généralement convenu qu'il fallait poursuivre les expériences et
arialyser de nouvelles techniques. .
1. ENGINS MOBILES
La taille et la forme des mailles des filets sont deux des aspects déterminants pour la
sélectivité des engins mobiles. Le chalut classique à mailles en losange retient
indistinctement les gros poissons et les petits. Plus le cul-de-chalut est lesté de
poisson, plus les mailles en losange s'allongent et se referment, ce qui diminue d'autant
les possibilités qu'ont les jeunes poissons de s'échapper.
3
filet à mailles en losange filet à mailles carrées
4
maille
I 1—
maille
complète e
de2
profondeur
mailles
profondeur
de 4
mailles
lodune
ngueurl1/4
' patte -
1 maille 1 maille
ou patte
1.2 Maillages
Les grandes conclusions tirées de cette étude montrent que, compte tenu de la
croissance actuelle, une augmentation des maillages ne serait pas très avantageuse à
long terme. Les gains de rendement par prise seraient minimes (de 4 à 6 p. 100) tandis
que les taux de prises en seraient considérablement réduits (jusqu'à 33 p. 100); le seul
avantage serait la diminution des prises de petits poissons. On propose toutefois de
procéder à d'autres analyses du rendement à long terme par prise, afin d'établir
l'importance des rejets et la variation de la croissance.
1.3 Ralingues
4
■
—
Noter l'ouverture uniforme des mailles —
RALINGUES DE CÔTÉ
Figure 2 —Ralingues
Comme en témoignent les expériences menées par les régions du Québec et du Golfe,
un chalut à mailles en losange de 130 mm dont la ralingue est attachée à un rapport
de 85 p. 100 produit la composition de prises la plus constante dans une gamme
donnée de conditions de pêche.
Avec la senne danoise, le taux de capture de petites morues a été réduit, passant de
- 37,4 p. 100 à 9,2 p. 100, à un rapport de 80 p. 100. Cependant, on a observé un taux
relativement élevé d'échappée de-morues de grande taille, un phénomène que l'on
continue d'analyser.
À Terre-Neuve, les expériences menées avec un .chalutier ont révélé que le rapport
idéal est un rapport de 85 p. 100, car il permet de ramener les prises moyennes de
petits poissons à 4 p. 100. Il a en outre été constaté que les ralingues donnaient des
résultats uniformes et prévisibles dans différentes conditions.
• I
Par conséquent, cette technique est considérée comme viable. On a élabore différentes
solutions pour résoudre d'éventuels problèmes opérationnels et répondre à des
considérations touchant l'application réglementaire, en prévision de leur utilisation par
les pêcheurs commerciaux.
5
1.4 Panneaux séparateurs
L'emploi de panneaux séparateurs dans les chaluts classiques en vue de réduire les
prises accidentelles de poissons non visés connaît un certain succès depuis
l'introduction de cette technique au Canada. Des observations sous-marines nous
apprennent que les panneaux séparateurs horizontaux, faits de filet et installés à la
bonne hauteur à l'intérieur du filet avec des culs-de-chalut indépendants, parviennent
à séparer différentes espèces dès leur entrée dans le filet.
- PANNEAU SÉPARATEUR -
montrant le comportement
de la morue et de l'aiglefin
CO
6
1.5 Expériences avec des grilles — Chaluts à panneaux
Depuis quelques années, l'emploi de différents dispositifs à grilles visant à réduire les
prises accidentelles d'espèces non visées ou de poissons trop petits suscite un intérêt
croissant. Des dispositifs de tri, comme la grille de type Nordmore, sont employés de
manière très probante par les pêcheurs de crevette. Cette technologie pourrait être
adaptée à d'autres secteurs de pêche.
Cul-de-chalut
7— Pièce d'allorigement
Corps du chalut
Flotteurs]
7
Séparation de la crevette et du poisson de fond
• la qualité des crevettes s'est grandement améliorée, car elles ne sont plus écrasées
sous les lourds poissons capturés accidentellement;
• les débarquements de crevettes en 1993 ont été proches de ceux des années
précédentes et peut-être supérieurs.
Compte tenu de ce qui précède, l'emploi de la grille est désormais obligatoire pour
toutes les flottilles du golfe du Saint-Laurent depuis 1993, conformément aux plans
de conservation et d'exploitation.
En 1993, trois expériences sur la sélectivité ont été réalisées dans l'industrie de la
crevette nordique. L'objectif était d'éviter les prises accidentelles de crevettes de taille*
industrielle (petites) et d'espèces non visées sans entraîner de pertes inacceptables de
crevettes de taille marchande et de revenus connexes.
Dans le cadre du premier projet, on a utilisé la grille de type Nordmore pour réduire
les prises accidentelles de poisson et un cul-de-chalut à mailles carrées pour diminuer
les prises de crevettes de taille industrielle. On a conclu que la grille permettait de
réduire les prises d'espèces non visées, surtout de poisson de fond. Le cul-de-chalut
à mailles carrées, quant à lui, a permis de capturer des crevettes plus grandes qu'un
cul-de-chalut à mailles en losange de la même taille.
Dans le cadre du deuxième projet, oit a essayé divers dispositifs expérimentaux de tri,
dont des ralingues et des grilles. Il a été conclu que ces deux types de dispositifs
permettraient probablement d'éliminer les prises de crevettes de petite taille.
Quant au troisième projet, il portait sur l'essai de maillages plus grands que les
maillages réglementaires canadiens. Il en ressort que l'augmentation à 45, sd ou même
55 mm de la taille du maillage réglementaire (40 mm) a peu d'effet sur la quantité ou
la taille des crevettes capturées.
Après avoir consulté l'industrie et organisé un atelier auquel ont participé une
soixantaine de personnes, il a été recommandé :
9
Séparation du merlu argenté et du poisson de fond
2. ENGINS FIXES
■ .■■ • ■•,•;;;,.
d! .
111111P
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10
en partie 102 mm donnait des résultats encourageants (par exemple : diminution des
prises de poissons trop petits, qui sont passées à 3-3,4 p. 100).
Étant donné que tout doit être mis en oeuvre pour permettre la reconstitution des
stocks de poisson de fond de l'Atlantique, il est recommandé de porter à 102 mm la
tille réglementaire minimale des mailles de toutes les trappes à morue utilisées dans
les provinces de l'Atlantique.
2.2 Palangres
Pendant l'automne 1991 et au cours de l'été 1992, on a mené des expériences sur la
sélectivité des palangres relativemeni à la taille et au type d'hameçon et d'appât sur la
plate-forme néo-écossaise.
Dans les deux cas, on a constaté que la sélectivité des palangres en fonction de la taille
dépendait largement de la taille des hameçons et des appâts. Il semble que la taille de
l'appât soit le facteur influant le plus sur la taille des prises. Les résultats sont probants
pour la morue; cependant, la fourchette de tailles des aiglefins disponibles pendant les
expériences était trop étroite pour permettre de tirer des conclusions.
Dans le cadre de ces expériences, on a essayé l'hameçon et l'appât les plus usités, mais
il faut souligner que l'industrie utilise une gamme très diversifiée d'hameçons et
d'appâts. Il faudrait comparer les sélectivités par taille de différents types d'hameçons
et d'appâts si l'on veut réellement comprendre les facteurs qui influent sur la taille des
prises dans le secteur de la pêche à la palangre.
4. 1
• 11
Figure 6 — Différents types et tailles d'hameçons
Hameçons à plume
Les expériences menées à Terre-Neuve avec des hameçons à plume ont révélé que ce
type d'hameçon offrait plusieurs avantages aux pêcheurs côtiers en termes
d'économies d'argent et de temps. Ainsi :
• il faut moins de temps pour remonter une ligne garnie d'hameçons à plume qu'une
ligne garnie d'hameçons appâtés. On peut donc remonter plus d'hameçons dans
une même période, ce qui accroît les prises;
pour autant qu'ils soient dans l'eau, les hameçons à plume continuent à prendre
des poissons au piège tandis que les hameçons appâtés attirent uniquement les
poissons tant que l'appât demeure sur l'hameçon ou jusqu'à ce qu'il se gâte;
• le coût de production est relativement faible et les pêcheurs peuvent les fabriquer
assez facilement.
Dans tous les secteurs essayés, l'hameçon à plume s'est révélé être un remplaçant
acceptable de l'hameçon appâté. Sur une période de 42 jours, les hameçons à plume
12
•
ont pris au piège plus de poissons que les hameçons appâtés, capturant 57 p. 100 des
prises totales.
Parmi les différents types d'engins utilisés par les pêcheurs commerciaux, le filet
maillant peut être déclaré le plus sélectif, c'est le mauvais usage qui a souvent donné
à cet engin sa mauvaise réputation.
On n'a pas réussi à résoudre le problème des prises fortuites dans les filets maillants.
Il faut faire quelque chose pour éviter la capture d'espèces non visées comme le crabe
des neiges. Pour réduire la fréquence des prises accidentelles de plies pendant la pêche
de poisson de fond, il semble que la seule solution efficace consiste à changer de
profondeur ou de secteur.
FILETS MAILLANTS
FOND
13
III. Pecipauif facteurs attlimutaftentaite
Pour rétablir une industrie viable, il faut tenir compte de l'impact de certains engins
sur l'environnement. On manque de données sur l'étendue de ces effets, mais les
spécialistes du gouvernement et les pêcheurs, se fiant à leurs connaissances et à leur
expérience, estiment qu'il ne faut pas les négliger. L'atelier technique englobait des
exposés et des discussions sur les sujets suivants :
1. PÊCHE FANTÔME
Le filet maillant est un engin très largement utilisé dans les provinces de l'Atlantique.
En 1990, quelque 9 000 pêcheurs côtiers ont capturé environ 86 000 tonnes de
poisson de fond avec cet engin. Sur les 500 000 filets maillants en monofilament
connus dans les régions, on sait que, dans les provinces de l'Atlantique, 30 000 sont
déployés chaque année afin d'attraper du poisson de fond.
La perte d'un filet Initiant destiné à capturer du poisson de fond représente un danger
qui va bien au-delà de la simple présence dans la mer d'un autre objet non
biodégradable. En effet, un filet maillant peut 'continuer de pêcher — avec une
efficacité décroissante —jusqu'à 10 ans après sa perte. Ce phénomène, baptisé «pêche
fantôme», se produit surtout en eau profonde, où la majorité des filets maillants sont
perdus. •
Ces dernières années, les fileyeurs se sont éloignés de plus en plus de leur port
d'attache. De ce fait, les taux de perte d'engins demeureront élevés en raison des
mauvaises conditions météorologiques, des marées et de la circulation accrue. Il
importe donc de s'attaquer à ce problème qui nuit aux poissons, aux mammifères
marins et aux oiseaux marins.
I t •
14
• chercher des solutions technologiques au problème des engins perdus et à la pêche
fantôme;
15
2. ÉTUDES DES PERTURBATIONS DU FOND MARIN
• mortalité subséquente;
• prédation accrue;
• modification physique et chimique des sédiments;
• remise en suspension des sédiments (dommages physiques et toxicité accrue)
• mouvements accrus des substances nutritives.
PÊCHE
AVEC DES
ENGINS MOBILES
Chalut à
Sennes Dragues à sec Dragues
1
panneaux hydr.
Jets d'eau, Râteaux,
Aussières, Bâti et godets récolteurs
Panneaux, d'acier succion, barres
grattage
bas d'engin de coupe
En 1991, dans le cadre d'une coopération avec la région Scotia-Fundy, le Secteur des
sciences du MPO a entrepris d'évaluer l'incidence du chalutage sur le benthos dans la
région de Terre-Neuve. Ce projet comportait deux volets :
Cette expérience a été réalisée dans un secteur habituellement non visé par le
chalutage. Trois corridors de 10 km de longueur ont été chalutés chacun à 12 reprises.
16
Le travail se poursuivra dans la zone fermée au nord-est d'IEbernia tout au long de
1994.
Les premiers résultats dont on dispose révèlent que le chalutage a eu les effets
suivants sur la faune du fond sableux du secteur étudié :
Il faudrait que le MPO réalise, avec le concours de l'industrie, une- étude sur les rejets
qui porterait sur les quatre éléments suivants :
Les pêcheurs sont appelés à prendre des décisions en fonction des pratiques de
gestion du gouvernement et de la demande du marché. L'efficacité des engins influant
également sur ces choix, il arrive souvent que le pêcheur décide de rejeter à la mer
tout le poisson 9u une partie de celui-ci.
17
i
Pour considérer les rejets comme un problème environnemental, il faudra adopter une
démarche globale tenant compte de tous ces aspects.
PÊCHE
NON
SÉLECTIVE
. ;*;
NON
COMMERCIAU-
SABLES
V
ÉLÉK4arrs
D'ATTÉNUATION
DÉBOUCHÉS
DES
PRODUITS
PRATIQUES
DE GESTION
sÉtEcTurrÉ
DES ENGINS I Information
et formation
Encouragement
à la pêche
responsable
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OPTIONS ET
OCCASIONS
D'ATTÉNUATION
DÉVELOPPEMENT
DES PRODUITS ET
DES MARCHÉS
1;:
:
PAR EX:
TRANSFERT
DE QUOTAS
R-D SUR LA
SÉLECTIVITÉ
DES ENGINS
PROMOTION
ET SENSIBIU-
SATION
• faire participer des gens de l'industrie et promouvoir l'adoption, ipar les pêcheurs,
d'un comportement responsable (par ex. : ateliers sur la pêche resp lonsable);
a*
441
• encourager la pêche responsable en chargeant chaque pêcheur d'appliquer rr.11
int.D concrètement la philosophie de gestion du MPO;
. 18
chercher et concevoir de nouvelles solutions comme :
19
IV. examen des engins et des techniques de
pêche dans les provinces de l'Atlantique
En 1992, l'industrie de la pêche des provinces de l'Atlantique a demandé au MPO
d'examiner en profondeur les techniques et les engins de pêche utilisés dans cette
région. Après étude de la requête, en décembre 1992, le MPO décida de financer cet
examen jusqu'en 1994-1995.
une étude sur la sélectivité des trappes à morue, actuellement 11.1efiée par le
ministère des Pêches de Terre-Neuve;
Ces activités et leurs résultats prévus sont expliqués dans le diagramme qui suit.
t 4
20
EXAMEN DES ENGINS ET DES TECHNIQUES DE
PÊCHE AU CANADA ATLANTIQUE ACTIVITÉS —
L'évaluation technique des engins à poisson de fond est réalisée par la firme Canadian
Fishery Consultants Inc., qui accorde la priorité au chalut de fond, au filet maillant,
à la palangre et à la trappe à morue utilisés dans le secteur du poisson de fond. Un
rapport général détaillant les problèmes est attendu le 31 mars 1994. Ce document
devrait comporter :
•• des rapports de cause à effet entre chaque type d'engin et chaque technique
de pêche et l'état de la ressource;
Les pêcheries qui seront évaluées sous peu sont celles du golfe du Saint-Laurent, de
la plate-forme néo-écossaise et de la partie est de Terre-Neuve et du Labrador.
21
4- I
• Le deuxième élément de l'examen est une étude sur les trappes à morue, réalisée par
le ministère des Pêches de Terre-Neuve.
Pour chaque subdivision de pêche à la trappe, on recueillera des données sur les
aspects suivants :
• débarquements;
• effort de pêche;
• prises par unité d'effort (PPUE);
• composition du stock et taille des poissons;
• prises accidentelles;
• tendances dans le nombre d'entreprises et de trappes utilisées;
• rapports entre la taille des engins et des mailles et la taille des poissons, et
autres données océanographiques pertinentes.
Cette initiative comporte une importante enquête qui sera rékisée au moyen
d'entrevues personnelles et d'un questionnaire. On cherche à obtenir de l'information
et des opinions sur les pratiques et les méthodes de pêche côtière et hauturière
utilisées dans différentes pêcheries de la Nouvelle-Écosse. Les renseignements qui
seront recueillis et analysés portent notamment sur :
.22
• la quantité et la nature des engins utilisés;
• les secteurs où est pratiquée la pêche;
• les engins endommagés et perdus;
• les taux de capture et les quantités prises;
• les données socio-économiques;
• les coûts et les gains;
• les tendances (indiquant le changement au fil des ans)
Cette enquête est réalisée dans le cadre d'un projet comportant également un volet de
formation et d'emploi.
Les problèmes éprouvés par l'industrie de la pêche au Canada ne sont pas exclusifs.
s C'est pourquoi il ne faut pas travailler en vase clos; nous devons utiliser les ressources
de la communauté internationale pour avoir une vision globale et chercher des
solutions.
Une consultation d'experts, sous l'égide de la FAO, au sujet du code de conduite pour
la pêche responsable, sera organisée par le Canada en juin 1994. La pêche responsable
a fait l'objet de la Déclaration de Cancun (6-8 mai 1992). À cette occasion, la FAO
a été priée de rédiger un code international de conduite pour la pêche responsable, de
concert avec les organisations intéressées.
23
Cette consultation internationale portera notamment sur la sélectivité, les méthodes
et l'acceptation volontaire, par les pêcheurs, d'engins de pêche responsable.
Il sera question de sujets comme la pêche fantôme, les rejets globaux et sélectifs, les
pratiques de pêche responsable, les engins et les bateaux de pêche, et l'optimisation
énergétique.
CODE DE CONDUITE
INCIRESGENE
[Link]
rtiCleâ. ét règlértientà
ANNEXES ET APPENDICES
1 1 1
Règles Marquage Marquage Convention Sélectivité
Conventions sur la Optimisation sur la
des bateaux des engins
de romi pêche énerg.
de pèche de pèche réimmatric.
facultative
24
41
V. Sujets de préoccupation et orientatioll
Bon nombre des questions soulevées lors de l'atelier devraient être abordées dans le
rapport attendu au printemps sur l'examen des engins et des techniques de pêche. Par
ailleurs, on a enregistré une réaction favorable aux différentes initiatives en cours et
aux progrès réalisés à ce jour.
Il ressort généralement de l'atelier que la pêche viable doit obligatoirement passer par
une démarche holistique, se souciant à la fois :
. .
de la conservation de la ressource; et
• de la préservation de l'industrie.
Avec la sélectivité des espèces, on espère maintenir une saine diversité de nos stocks
de poisson. Par le passé, on insistait sur la sélectivité en fonction de la taille mais,
depuis quelques années, on accorde de plus en plus d'importance à la sélectivité en
fonction des espèces. La grille de type Nordmore, utilisée pour la pêche de la crevette,
est un excellent exemple de l'utilité des travaux menés dans ce domaine.
25
La sélectivité en fonction des espèces est un dossier considéré comme prioritaire.
Pour conserver à la ressource sa diversité, il faut éviter d'exploiter une espèce
commerciale au détriment d'une autre.
D faut par ailleurs se demander si une technique ou une pratique utilisée actuellement
nuit sérieusement à la ressource. Dans l'affirmative, on recommande d'agir
immédiatement. L'examen des engins et des techniques de pêche au Canada
atlantique, déjà en cours, devrait répondre à cette question.
FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX
On exhorte également les pouvoirs publics à agir immédiatement pour résoudre les
deux problèmes que sont :
• la pêche fantôme; et
• les rejets globaux et sélectifs.
On s'interroge sur la nécessité d'un plan global de récupération des filets perdus, étant
donné qu'on manque d'information et qu'on ne connaît pas les coûts d'une telle
opération. On admet toutefois que dans certains secteurs, la pêche fantôme prend des
proportions inquiétantes. On recommande la récupération des filets perdus dans les
secteurs considérés comme des «points chauds», dans le cadre d'un plan d'action
préventive.
26
II
La majorité des participants estimaient que les rejets sélectifs et globaux étaient tout
à fait inadmissibles et qu'on devait s'y attaquer sur-le-champ. On a recommandé
l'élaboration d'un plan d'action global axé sur les particularités du problème, à savoir :
Au cours des dernières années, plusieurs études scientifiques ont cherché à évaluer
l'impact de différents engins de pêche sur les fonds marins. Comme le travail sur ce
sujet commence à peine, on encourage sa poursuite aux fins de conservation de la
ressource.
PÊCHE RESPONSABLE
Il est d'autant plus important de responsabiliser, les pêcheurs que ce sont eux qui
permettront de réaliser l'objectif de la pêche viable. Il faudrait insister notamment sur :
4 •e
• la conservation de la ressource;
27
la promotion de techniques de pêche axées sur la conservation, aux fins de
viabilité, grâce à des initiatives en matière de sélectivité des engins, de
marquage des engins et de dispositifs de localisation, ainsi que par la
récupération des filets perdus; et
Il est entendu que toutes les activités énoncées ci-avant doivent être appuyées par une
campagne dynamique de communication et d'éducation. En outre, il faudra s'assurer
que tous les rapports et les documents pertinents seront accessibles à tous les
intéressés.
28
ANNEXE «A» "
'4
LISTE
DES PARTICIPANTS
À L'ATELIER 1
.....
I t I
t j
29
Este des participallts à l'atelier
Sous-comité sur les engins du CCREI
—Victorin Mallet, président
- — Samuel G. Elsworth
—Frank Hennessey
—Max Short •
—Fred Woodman
Représentants provinciaux
— Gary D'Entremont, Jim McLevey, ministère des Pêches de la N.-É.
—Johnny Branch, ministère des Pêches et de l'Aqtiaculture du N.-B.
—Ron Scaplen, ministère des PiChes de Terre-Neuve
— Henry Copestalce, gouvernement des T.N.-0.
Représentants du MPO
—, David Balfour, Administration centrale
— Barbara Elias, Administration centrale
—Ralph Halliday, Scotia—Fundy
—Darlene Smith, Administration centrale (Habitat)
Experts-conseils
— George Richard, D. Fraser, G. Hurley, Canadian Fishery Consultants Ltd.
—John Foster, Aquaprojects Ltd.
30
ANNEXE «B»
r`
PERSONNES-RESSOURCES DU
GROUPE DE TRAVAIL TECHNIQUE DE
L'ATLANTIQUE
SUR LA CAPTURE DU POISSON
I 4. I
31 -
eroupe de travail technique de feitertique sur k
capture du poisson
Andrew Duthie
Chef, Technologies des pêches
Direction des services à l'industrie de la pêche
Pêches et Océans Canada
200, rue Kent, poste 1412
Ottawa (Ontario) K1 A 0E6 Tél. : (613) 990-0157 / Télécopieur : 990-9764
Chris Cooper
Conseiller supérieur, section technologique
Direction des services à l'industrie et aux Autochtones
Pêches et Océans Canada
C.P. 500
Halifax (N.-É.) B3J 2S7 Tél. : (902) 426-7239 / Télécopieur : 426-2698
Gerry Brothers
Chef, Section des technologies de la conservation
Division du développement de l'industrie
Gestion des pêches et de l'habitat
Pêches et Océans Canada
Bally Rou Place, C.P.. 5667
St. John's (T.-N.) Al C 5X1 Tél. : (709) 772-4438 / Télécopieur : 772-2110
Marcel Boudreau
Coordonnateur du secteur de l'exploitation
Direction de la gestion des pêches et de l'habitat
Pêches et Océans Canada
90, Cap Diamant, C.P. 15500
Québec (Qc) G1K 7Y7 Tél. : (418) 648-4946 / Télécopieur : 649-8002
4 4.
Maurice Mallet
Agent du développement des ressources
Direction des services à l'industrie et des pêches autochtones I /
Pêches et Océans Canada
C.P. 5030
Moncton (N.B.) ElC 9B6 Tél. : (506) 851-7795 / Télécopieur : 851-7803
32
,
ANNEXE «C».
OUVRAGES DE RÉFÉRENCE
i
.....
I I
33
Ouvrages de référence
Atlantic Lastridge Rope Selectivity Program for the Mobile Gear Fleet in the Gulf
of St. Lawrence, sommaire de projet; février 1994
Cod Trap Selectivity Study, Rocky Harbour, ministère des Pêches et des Océans,
Terre-Neuve, Direction de la gestion des pêches et de l'habitat,
" juin-juillet 1993
34
1993 Northern Shrimp Selectivie , Program, rapport synthèse,
ministère des Pêches et des Océans, Ottawa, mars 1994
Retrieval of Lost Gillnets and Prevention of Ghost Fishing within the Atlantic
Fishay, document de travail, Aquaprojects Inc. et Le Groupe Poupart, de
Blois Inc., septembre 1992
4. t
35
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