Introduction à la pédologie et ses sols
Introduction à la pédologie et ses sols
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Introduction
La pédologie étudie la genèse, les propriétés et la classification des sols. Elle trouve de nombreuses
applications notamment dans le domaine agronomique (pédologie agricole ou forestière, conservation des
sols...).
Qu'est-ce que le sol ?
Le sol est le matériel plus ou moins friable où les plantes, au moyen de leurs racines, trouvent leur nourriture et
leurs autres conditions de croissance (HILCARD, 1914).
Le sol est la partie superficielle meuble de l'écorce terrestre, considérée habituellement sur une épaisseur
maximale de 1,25 m (SCOHY, 1992).
Le sol est la formation naturelle de surface à structure meuble et d'épaisseur variable résultant de la
transformation de la roche mère sous-jacente sous l'influence de divers processus physiques, chimiques et
biologiques.
Le sol est un milieu dynamique qui évolue au cours du temps.
S = f (Cl, o, r, p, t) où :
Cl = Climat ;
o = Organismes vivants ;
r = Topographie ;
p = Roche mère ou matériel parental ;
t = Temps.
Roche mère
La roche mère ou matériel parental est le dépôt géologique qui a donné naissance au sol.
Cependant, une même roche mère peut donner naissance à plusieurs types de sols dans l'espace et dans le
temps.
C'est pourquoi on distingue :
- La roche mère géologique ou le substrat qui, par altération, a donné naissance au dépôt meuble sur lequel
s'est fixée la végétation ;
- La roche mère pédologique ou le produit plus ou moins meuble de l'altération superficielle.
Une même roche mère géologique peut donc donner naissance à plusieurs roches mères pédologiques.
Exemple : un même granite donnera par altération :
- En conditions climatiques sèches et tempérées, un dépôt meuble sableux (arène granitique) où les processus
physiques de désagrégation sont importants ;
- En conditions équatoriales, une argile latéritique où l'altération chimique est intense.
Roche mère pédologique
Elle dérive par altération de la roche mère géologique.
Les éléments minéraux qui composent le sol peuvent avoir deux origines. Ils proviennent soit des matériaux en
place, par désagrégation et altération (dépôts autochtones) soit de matériaux étrangers amenés à cet endroit
par divers phénomènes (dépôts allochtones).
En Wallonie, la majorité des sols sont des sols allochtones.
Dépôts autochtones
Il y a production d'éluvions si l'altération se produit sur place et sans transport.
Eluvions de désagrégation et d'altération
La partie la plus importante des constituants principaux de la roche mère géologique est maintenue avec ou
sans propriétés nouvelles.
Ex : Argile qui provient de l'altération d'un schiste ;
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- Transport en masse : pesanteur seule (éboulements), pesanteur avec infiltration d'eau (glissement de terrain),
ruissellement (avec classement des particules selon leur grosseur - les particules les plus fines comme l'argile
migrent plus loin que les particules grossières comme le sable) ;
- Transport par cours d'eau permanent ou semi-permanent ; ce sont les alluvions, souvent de composition
hétérogène ;
- Transport éolien comme les limons éoliens et les dunes ;
- Transport par glacier.
Terre fine du sol : Matière organique Eau du sol et éléments Constituants de l’air : O2, N2, CO2
fraiche : solubles dissouts:
Gaz issus de l’activité des animaux du sol
constituants des tissus Substances organiques et des processus de décomposition CO2,
Argiles, limons fins, (acides organiques, H2 CH4
végétaux cellulose, sucres,…)
limons grossiers,
hémicellulose, ions dans l’eau du
sable fins, sables
tanins,.. sol : Ca++,
grossiers
déjections animales Mg++,K+,
Pierres, Blocs
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L’analyse granulométrique du sol consiste à classer les éléments minéraux du sol d’après leur grosseur, et à
déterminer le pourcentage de chaque fraction.
A la suite d’une convention internationale, les particules sont classées, en fonction de leurs diamètres.
L’ensemble formé par les argiles, les limons et les sables forment la terre fine du sol, tandis que cailloux et
graviers constituent les éléments grossiers
LIMONS FINS 2 à 20 µm
LIMONS GROSSIERS 20 à 50 µm
Terre fine
SABLES FINS 50 µm à 200µm
GRAVIERS 2 à 20 mm
CAILLOUX 2 à 7,5 cm
Eléments grossiers
PIERRES 7,5 à 20 cm
BLOCS >20 cm
On peut déterminer la texture du sol à partir des trois fractions Argile, limon et sable et ceci par le moyen du
triangle textural.
• ils constituent la réserve minérale du sol : leur altération chimique libère des éléments minéraux qui
contribuent à l’alimentation des plantes.
• ils augmentent la perméabilité du sol à l’eau et à l’air.
• ils diminuent le volume de sol prospectable pour les plantes (par diminution de la proportion de la
terre fine à la disposition des racines).
• ils peuvent participer à constituer une réserve d’eau : certaines roches poreuses (calcaires par
exemple) peuvent retenir un peu d’eau.
2.2. Les sables grossiers
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• Ils rendent le sol « battant » : le sol a tendance à se tasser en surface sous l’effet des pluies et à
former des croûtes (glaçage en surface).
• Ils ont tendance à retenir l’eau en s’opposant à son infiltration en profondeur : le sol est imperméable
en surface, asphyxiant pour les racines.
2.4. Les fractions colloïdales minérales ou argile pédologique
Les éléments sableux sont enrobés pâte ou colle, qui les réunit en petits agrégats. Le sol est donc construit, il
possède une structure, dont la forme et la solidité dépendent du pourcentage des éléments qui le constituent
mais surtout de la nature de cette pâte que l’on nomme « les colloïdes du sol ». Parmi ceux-ci, on distingue les
colloïdes organiques (substances composant l’humus) et des colloïdes minéraux.
Classés d’après leurs propriétés minéralogiques, les constituants de l’argile pédologique se répartissent comme
suit :
• argiles minéralogiques ;
• silice amorphe (colloïdale) et silice cristallisée;
• sesquioxydes cristallisés ou amorphes ;
• minéraux résiduels.
2.4.1. Propriétés physico-chimiques des argiles
- Propriétés colloïdales
Les argiles possèdent sur leur surface des charges négatives : ce sont des colloïdes négatifs. Ces particules,
toutes chargées négativement peuvent alors se repousser mutuellement : c’est ce qui se passe dans l’eau
distillée (voir figure ci-dessous).
A ce moment, les argiles restent en suspension (appelée suspension colloïdale), à l’état dispersé (ou peptisé). Il
n’y a pas de précipitation et les particules d’argiles sont animées d’un mouvement résultant de la répulsion
électrostatique entre particules.
Par contre, si l’on introduit dans le liquide un acide, qui libère des ions H+, ou un sel de calcium (figure ci-
dessous) qui libère des cations Ca++, ces ions positifs vont induire la neutralisation des charges négatives des
micelles, qui peuvent alors s’agglutiner et se déposer : ce phénomène s’appelle la floculation (précipitation).
En fait, les ions positifs supplémentaires vont refouler vers les micelles d’argile les ions positifs qui les
entouraient déjà. Ces ions venant s’y accoler, neutralisent les charges négatives des micelles.
Ce sont des phyllosilicates d'aluminium dont les feuillets sont constitués de couches d'octaèdres Al(OH)6 et de
couches de tétraèdres SiO4 reliées par les atomes O et OH mis en commun.
a) la Kaolinite (1/1, d=7A°) b) les Illites (2/1, d=10A°) c) les Smectites (2/1, d= 14 A°) d) la Glauconie e) les
Chlorites (2/1, d= 14 A°) f) la Vermiculite (2/1, d= 12 A°) g) Les argiles fibreuses
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3. Les constituants organiques du sol
d/ Substances humiques : dont les caractéristiques structurales les distingues des substances précédentes.
- Glucides, - Protéines, acides aminés, - Lipides, - Lignine, - Acides organiques, - Tanins, - Résines, - Enzymes, -
Vitamines, auxines, antibiotiques
Il existe trois types de substances humiques dont l’acidité et la composition chimique diffèrent légèrement; il
s’agit des acides humiques, des acides fulviques et des humines.
3.1. Les acides humiques : ils constituent une des fractions les plus importantes de l'humus, Ils sont peu
mobiles, mais sont capables de se lier avec les argiles. Dans ce cas, on parle d'acides humiques gris ; le
complexe formé avec l'argile ou complexe argilo-humique est très stable.
Il existe également des acides humiques bruns qui constituent des composés moins stables.
3.2. Les acides fulviques : sont très mobiles et très vite entraînés par les eaux d'infiltration en entrainant
l'argile et du fer auxquels ils sont liés.
3.3. Les humines : ressemblent beaucoup aux acides humiques. Elles n'en diffèrent que par le fait qu'elles se
trouvent en association très étroite avec les matériaux inorganiques.
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4.1. Organismes vivants autres que les racines
A. Les procaryotes
a/ Les bactéries :
Forment tant au plan quantitatif qu’au plan fonctionnel le groupe majeur des microorganismes du sol en
particulier :
Les bactéries hétérotrophes : responsables de la dégradation des MO du sol, substances qui leur fournissent :
Les bactéries autotrophes : utilisent les substances minéraux oxydables tels que les composés azotés et
soufrés réduits (bactéries nétrifiantes et sulfo-oxydantes), le fer ferreux (ferrobactéries), l’hydrogène gazeux
(bactéries hydrogénooxydantes).
b/ Les actinomycètes
Les actinomycètes sont des bactéries ramifiées, à allure de moisissures. Ces microorganismes ont
généralement les exigences des bactéries aérobies (pH voisin de la neutralité, bonne oxygénation).
Les actinomycètes participent activement à l'humification en s'attaquant à la lignine. Mais surtout, ils sont
capables de s'attaquer à l’humus pour qu'il libère à la fois l'azote qu'il contient, mais aussi les éléments
échangeables qu'il avait fortement adsorbé.
Les actinomycètes ou plus exactement, divers produits de leur métabolisme, sont responsables des odeurs de
la terre.
B. Les eucaryotes
Très répondus dans le sol, interviennent par leurs filaments mycéliens susceptibles de perforer les résidus
organiques encore structurés (colonisation primaire), facilitant ainsi l’envahissement bactérien.
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Leur rôle est important dans la dégradation de substances résistantes comme la lignine. Leurs sécrétions
variées (acides organiques, polyphénols, acides aminés, antibiotiques……) contribuent à l’établissement de
l’équilibre biologique dans le sol.
Les champignons utilisant les sucres (résultant de l'hydrolyse de polysaccharides) : ce sont typiquement des
phycomycètes. Etant donné la grande concurrence qui existe entre les microorganismes pour cette source de C
facilement dégradable, ces champignons sont caractérisés par une croissance rapide.
Tous les champignons sont aérobies, mais de tolérance variée à l'anaérobie; par certaines portions
filamenteuses de leur mycélium, ils peuvent explorer des zones où règne une certaine anaérobiose, à condition
qu'une partie importante des filaments se développe en milieu bien aéré, et ce sont seulement ces parties bien
aérées qui produisent des spores.
Les champignons tolèrent l'acidité du sol mieux que les bactéries et les actinomycètes. Leur prolifération
particulière en milieu acide (sols forestiers acides) résulte sans doute de la moindre concurrence d'autres
organismes pour les substrats carbonés présents.
Les champignons sont aussi en général plus résistants à la sécheresse que les autres groupes.
b/ Les algues
Les algues autotrophes sont surtout présentes sur la surface du sol ou dans ses deux ou trois premiers
centimètres. Il leur faut, en effet, pour la photosynthèse, recevoir un minimum d'éclairage.
Beaucoup de ces algues sont entourées d'une couche mucilagineuse qui abrite de nombreuses bactéries.
b/Les nématode Les nématodes sont des petits vers non segmentés de quelques dixièmes de mm à
quelques mm; ils peuvent être saprophages (vie de MO décomposée), phytophages ou prédateurs de
protozoaires ou d'autres nématodes.
B. La mésofaune 0,2 à 4 mm
a/ Les microarthropodes
C. La macrofaune > 4 mm
a/Les annélides : exp Les lombricidés (vers de terre) Les vers de terre activent les phénomènes de
décomposition de la MO. Cette activation est à la fois mécanique et surtout chimique par l'activité bactérienne
qu'elle favorise, d' autre part son tube digestif assure à des protozoaires ciliés un hébergement favorable.
L'intestin des vers de terre constitue une niche écologique pour plusieurs espèces différentes de Ciliés. La terre
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et les débris végétaux sont intimement mélangés dans le gésier des vers de terre, la terre rejetée en " bouquets
" est un terreau brun foncé. Les vers incorporent ainsi au sol la surface morte de la litière.
Les arthropodes
b/ Les termites (fourmis blanche) Ils exercent sur le sol un effet considérable:
-Dans la construction des termitières qui peuvent représenter des volumes considérables à l'hectare
- Par le transport sélectif des matériaux fins du sol pour la construction des termitières.
On constate que la répartition granulométrique du matériel d'une termitière est différente de celle du sol (les
diamètres sont plus fins et la dispersion de la granulométrie est moindre).
4.1.3. Action de la pédofaune La faune du sol exerce tout d'abord une action purement physique :
* broyage, malaxage, répartition des débris végétaux à travers le volume du sol;
* établissement d'une macroporosité : les galeries constituent un réseau macro - poreux très important pour
l'aération du sol, pour un ressuyage rapide, pour l'enracinement.
D'un point de vue chimique, les déjections des vers de terre sont enrichies, outre en CaCO 3, en K et Mg
échangeables, en P assimilable
D'un point de vue biologique, la pédofaune exerce une action stimulante sur la flore microbienne du sol. Les
racines
Jouent un rôle capital dans le développement des végétaux, les racines ont également une action sur le sol
proprement dit :
Au plan biologique, les racines vivantes modifient à leur niveau la répartition et la nature des microorganismes
du sol (disponibilité en eau, modifie la composition chimique de la rhizosphère).
Au plan physique, la prospection du sol par les racines s’accompagne d’une amélioration des qualités
structurales, facilitant la circulation des gaz et la perméabilité à l’eau.
1. Les organisations élémentaires L'assemblage des constituants élémentaires du sol donne ce qu'on
appelle des organisations élémentaires.
Ce sont des volumes pédologiques qui assemblent les constituants ; ces organisations sont partiellement
visibles à l'œil nu, partiellement à l'aide de microscopes. A l'œil nu, les principales organisations élémentaires
que l'on peut reconnaître et décrire dans les fosses d'observation (profils) sont : agrégats, vides, concentrations
de constituants (revêtements, nodules ...), couleurs, traces d'activité biologique.
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• Le profil pédologique : est constitué par une succession de couches appelées horizons résultant de
transformations, de migrations ou de déplacements, généralement verticaux, de certains éléments
constituants du sol. Ces différentes couches plus ou moins nombreuses, individualisées sur une
profondeur d’environ 1,25 m, sont le reflet de l’évolution du sol, de sa formation.
Chacun des horizons est désigné par un code conventionnel composé de lettre(s) et parfois de chiffres
Le nombre d'horizons, leur épaisseur, leur couleur et leur composition varient selon la nature des roches qui
composent le sol.
Ce nombre varie également selon les conditions climatiques, les végétaux et les autres organismes vivants
présents, l'âge et le relief du sol.
En étudiant le profil d'un sol, on peut retracer les événements qui ont menés à sa formation.
Dans un sol mature, on distingue quatre principaux horizons. Par convention, on désigne ces horizons par les
lettres O, A, B et C, de la surface jusqu'à la roche-mère.
• Horizon O : Il s'agit de la couche superficielle comprenant des débris végétaux et de l’humus, ce que
l'on nomme « litière ». L'humus est riche en éléments nutritifs puisque les décomposeurs dégradent
les débris. Ces éléments nutritifs sont entraînés vers les horizons inférieurs par les eaux de pluie.
• Horizon A : Il s’agit d’une couche composée d’un mélange d’humus et de particules de roches. On
qualifie ce mélange de « terre arable ». Sa couleur est généralement foncée. Comme elle est riche en
matière organique, cette couche est très importante pour la croissance des végétaux. Son aération est
assurée par des animaux fouisseurs. Elle est fortement soumise à l'érosion.
Horizon B : Cette couche est très pauvre en humus, mais très riche en éléments minéraux tels que les
oxydes de fer et les silicates. Il est souvent de couleur plus pâle que l'horizon A ou encore de teinte
rougeâtre. Les débris provenant des horizons supérieurs s'y accumulent.
Horizon C : On note l’absence de matière organique dans cette couche uniquement composée de
roche-mère altérée et fragmentée par des facteurs physiques et chimiques. Il peut être sableux,
argileux ou dur.
Les sols qui la composent sont des volumes pédologiques hétérogènes, tridimensionnels, qui se
transforment constamment, différemment, plus ou moins rapidement avec le temps, d'un lieu
géographique à l'autre, à l'amont et à l'aval d'une pente, sous une forêt, en plaine, selon la roche mère
du sous-sol (schistes, calcaires, granites, ...), selon le climat, ou en fonction de son utilisation par
l'homme...
Continue, réduite, discontinue, la couverture pédologique peut s'épaissir, être submergée, recouverte
de végétation, s'éroder et même parfois être absente comme dans les déserts.
• Dans le sol, l’air occupe les pores qui ne sont pas occupés par l’eau lors de son retrait d’abord des plus
grossiers ensuite des plus fins. Sa quantité dépend de la texture, la structure et la teneur en eau. Mais
il est aussi en échange avec l’atmosphère extérieure.
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La composition de l’air dans le sol présente des fluctuations saisonnières liées a l’activité biologique : la
respiration des racines, de la microflore aérobie et de la faune qui consomme l’O2 et rejette CO2. La fixation
d’azote, la nitrification et dénitrification bactériennes modifient les concentrations en N.
La production moyenne de CO2 dans le sol est estimée à 15 t /ha/an, sa source principale est l’activité
microbienne. Si la structure est aérée, cette production ne s’accumule pas car l’air se renouvelle par diffusion
avec l’extérieur.
5. La couleur La couleur est indicatrice des modalités d’évolution et essentiellement fonction de l’humus et du
fer. La couleur est clairement identifiée à l’aide d’une charte des couleurs (Munsell Soil Color Chart)
Le sol possède la propriété de retenir diverses substances. En effet, les cations et les anions peuvent être
retenus par le complexe adsorbant du sol, c’est à dire l’ensemble des colloïdes (substances humiques, argile,
sesquioxydes,...) dotés de charges négatives ou positives.
Les ions y seront retenus sous forme échangeable. En d’autres termes, si on traite un sol par une solution
contenant des ions différents de ceux retenus par le sol, il y aura échange entre les ions du complexe adsorbant
et ceux de la solution :
Complexe M + + X+ Complexe X + + M+
• les ions échangeables du complexe adsorbant sont en équilibre avec la solution du sol :
Toute modification de la composition de la solution du sol provoque un changement de cet équilibre par
échange : certains ions du complexe passent en solution (désorption) et sont remplacés par d’autres ions, qui
étaient auparavant en solution (adsorption).
Le pouvoir adsorbant est la propriété que possède le complexe adsorbant du sol, de retenir à sa surface des
ions provenant de la solution du sol. Cette définition est illustrée dans le schéma ci-dessous (figure 1).
1. Généralités : Les cations sont fixés à la surface des colloïdes sur les plages où se développent des charges
négatives.
2. Principaux facteurs réglant l’intensité des phénomènes de sorption et d’échange des cations :
a) la nature des colloïdes : Le tableau suivant donne la capacité de sorption des principaux colloïdes négatifs à
pH 7 :
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Montmorillonite 80 à 150 meq / 100 g
L’augmentation des valeurs de pH se traduit généralement, pour les colloïdes négatifs, par une augmentation
des charges négatives. Inversement, l’acidification du sol se traduit par une diminution de la sorption
cationique.
b) la nature des ions : La fixation des ions suit un ordre préférentiel : les cations habituellement fixés sur le
complexe sont :
1. les ions H+
*l’aluminium Al+++
L’intensité avec laquelle ces ions sont retenus est en général la suivante :
Un cation est donc déplaçable par tous ceux qui sont situés à sa droite. Mais cet ordre de préférence (cations à
égales concentrations dans la solution du sol) est différent pour chaque type d’argile et pour l’humus.
Par exemple :
Cet ordre préférentiel de fixation, d’une grande importance pédologique, peut s’expliquer ainsi :
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• Les ions bivalents Ca++ et Mg++ sont plus énergiquement retenus que les ions monovalents K +, Na+,...
• Les ions faiblement hydratés (Mg++ et surtout Ca++), c’est à dire entourés d’une faible couche d’eau
sont mieux fixés que les ions fortement hydratés (K+ et Na+)
- pour chaque ion, il existe un équilibre entre la quantité de cet ion fixée sur le complexe adsorbant et la
concentration de cet ion dans la solution du sol.
• Le remplacement des ions H+ par des cations Ca++ : Lorsque l’on introduit de la chaux dans un sol, ses
molécules se dissocient :
La concentration d’ions Ca++ augmente dans la solution du sol et cette concentration se communique au
complexe, par exemple un complexe argilo-humique abondamment garni d’ions H+ : un cation Ca ++ prend la
place de deux ions H+, qui se combinent aux anions OH- apportés par la chaux pour former de l’eau :
• L’échange de cations Ca++ contre des cations K+ : Si dans ce sol enrichi en calcium par le chaulage, on
introduit du chlorure de potassium (KCl, engrais potassique), ce sel se dissout, puis se dissocie en
anions Cl- et cations K+. Ces derniers, augmentant la concentration en ions K+ de la solution,
provoquent un échange avec le complexe : ils prennent sur celui-ci la place d’ions Ca++, à raison de 2 K+
pour 1 Ca++.
Ces cations Ca++ remis en solution forment, avec les anions Cl- du CaCl2, sel soluble qui peut être lessivé : cet
apport d’engrais potassique a provoqué une décalcification du sol :
Tous ces constituants humiques se distinguent par leur degré de polymérisation, c’est à- dire la grosseur de
leur molécule. Celle-ci augmente depuis les acides créniques vers les humines (figure 6).
Les éléments de base servant à la synthèse de l’humus sont des molécules assez semblables à noyau
aromatique (phénolique ou quinonique).
Par différence de densité, d’abord dans l’eau, puis dans un mélange alcool + bromoforme (densité 1,8), on
sépare la matière organique fraîche de la matière humique.
Par une série de solvants, on isole ensuite les différentes fractions de l’humus :
- les acides fulviques : solubles dans le pyrophosphate de Na ainsi que dans les acides HCl ou H2SO4.
- les acides humiques : solubles dans le pyrophosphate de Na mais insolubles dans les acides HCl ou H2SO4.
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- l’humine : insoluble dans tous les solvants.
B) Evolution générale des matières organiques dans le sol : de la M.O.F. aux substances humiques
Dès leur arrivée au sol, les MOF sont attaquées par des animaux (vers, insectes, protozoaires,...) et par la
microflore qui leur font parcourir toute une série de décompositions et transformations successives (figure)
La plus grande partie de la M.O.F. se décompose et se minéralise rapidement : c’est la minéralisation primaire
qui donne des molécules simples : CO2, eau, nitrates, phosphates, sulfates, etc.
Ensuite, on arrive à l’étape de l’humification c’est-à-dire de l’élaboration des différentes matières humiques.
Les matières premières de la synthèse de l’humus sont :
- des composés phénoliques solubles, issus de la décomposition de la lignine, de la cellulose et des sucres
solubles ;
- des éléments minéraux qui se lient aux molécules des constituants humiques.
Parmi les composés humiques formés lors de l’humification, on distingue plusieurs types d’humines :
- L’humine d’insolubilisation : elle se forme à partir de molécules semblables qui s’associent les une aux autres.
Les composés phénoliques solubles ont la propriété :
- de se souder les uns aux autres pour constituer un noyau de plus en plus gros ;
- de fixer à la périphérie de ce noyau des chaînes carbonées allongées dites « chaînes aliphatiques ».
Ainsi on peut représenter sous forme d’une pyramide les composés humiques qui se forment des plus solubles,
simples et à faible poids moléculaire (les acides créniques) au plus insolubles, complexes et à poids moléculaire
élevé (humine).
• L’humine qui se forme par polymérisation ou polycondensation est appelée humine d’insolubilisation.
- L’humine par héritage : l’humification par héritage consiste en une conservation intacte de molécules
complexes de lignine peu ou pas transformées. Ces résidus donnent alors l’humine résiduelle ou héritée.
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- L’humine microbienne : l’humification par néosynthèse microbienne, par laquelle certains microbes ont la
faculté de synthétiser, à partir de molécules très simples libérées par la décomposition et la minéralisation des
M.O.F. , donne des substances complexes appelées « humines microbiennes ».
1. Les acides humiques : Ce sont de gros édifices moléculaires constitués par un noyau grossièrement
sphérique composé de cycles phénols et quinones entourés de chaînes périphériques aliphatiques.
Les acides humiques bruns sont peu colorés, à molécule de taille moyenne et peu condensés.
- Les acides humiques gris sont très foncés, à grosse molécule, très condensés et forment avec l’argile un
complexe argilo-humique très stable. Ils floculent aisément par le calcium à faible concentration.
2. Les acides fulviques Sous ce terme, on range conventionnellement toute une catégorie de substances
solubles ou peptisables dans l’eau ou dans les réactifs utilisés pour le fractionnement de l’humus et non
floculables par l’ion H+.
3. Les humines Sous ce terme, se rangent un groupe complexe de substances humiques fortement évoluées
qui résistent aux réactifs de solubilisation ou de peptisation de l’humus.
Hiérarchique: elle est divisée en unités majeures (classe, sous classe, groupe et sous groupe) et en unités
mineurs (famille, série, type et phase).
Génétique: elle est basée sur la genèse et en particulier sur le facteur climat.
Il existe 12 classes: Sols minéraux bruts, Sols peu évolués, Vertisols, Andosols, Sols calcimagnésiques, Sols
isohumiques, Sols brunifiés, Sols podzolisés, Sols à sesquioxydes de fer ou de manganèse, Sols ferralitiques,
Sol hydromorphes, Sols sodiques
II. La classification américaine soil taxonomy (USDA) La classification américaine (soil taxonomy) est très
hiérarchisée, dès les niveaux supérieurs.
Les résultats d’analyses physiquo-chimiques (teneur en matière organique, taux de saturation, texture….)
permettant de rattacher les horizons réels, décrits sur le terrain et au laboratoire, à des horizons diagnostiques,
définis par un ensemble de caractères.
Les horizons diagnostiques différencient des ordres, des sous ordres ou des types, sur la base d’une
nomenclature très logique de préfixes et de suffixes grecs ou latin rappelant les propriétés essentielles.
Dans la soil taxonomy, huit horizons diagnostiques concernant la surface du sol (l’épipédon) sont précisément
définis (USDA, 1999); il s’agit des horizons :
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Mollic: humifère, rapport S/T> 50%,
A ces huit horizons diagnostiques de surface s’ajoute 19 horizons de subsurface parmi lesquels les horizons
albic (éluvial), argillic (illuviation d’argile), cambic (d’altération de la structure), natric (à structure prismatique
en conditions de forte salinité), spodic (accumulation de chélates)…..etc
Les horizons diagnostiques permettent de rattacher le solum à un des douzes ordres suivants:
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