Rapport 1
Rapport 1
Sommaire
Introduction générale
Conclusion
Conclusion Générale
Bibliographie
Les Annexes
Introduction générale
« Et puisque les banques sont considérées comme la pierre angulaire de toute économie vu qu’elles
jouent un rôle prépondérant dans le monde financier et dans l’économie en général, les problèmes
d’une mauvaise gouvernance dans les banques sont plus sévères et causent des coûts plus
importants » (Allemand & Grove, 2013, p. 44). Ces problèmes sont à la base des conflits d'intérêts
potentiels entre les parties prenantes telles que les actionnaires, le conseil d'administration et les
gestionnaires dans la structure de l’entreprise, d’ou La nécessité d'un gouvernement d’entreprise.
Dans ce contexte, (Nanka-Bruce, 2009) Met en relief le rôle important de la gouvernance en tant
qu’un cadre qui protège les droits des parties prenantes et « vise à réduire les divergences d'intérêts
et à surveiller les intérêts de contrôle de l'entreprise, en l'absence desquels la valeur de l'entreprise
diminue »
« Différents mécanismes sont adoptés pour protéger les intérêts des parties prenantes. Ces
mécanismes de gouvernance d'entreprise comprennent la taille du conseil d'administration, la
diversité des sexes au sein du conseil, la taille du comité d'audit, ainsi que la qualification et
l'expérience des administrateurs, ainsi que la formation et l'expérience des administrateurs »,
(Sanda et al., 2005). De nombreux chercheurs ont étudié l'impact des mécanismes de gouvernance
d'entreprise sur les performances des entreprises sous différents angles et dans différents
environnements, en utilisant un certain nombre de variables d’intérêt, (Sanda et al. 2005 ; Abu-
Tapanjeh, 2006 ; Aljifri et Moustafa, 2007 ; Ibrahim, 2007), Moustafa, 2007 ; Ibrahim et al. 2010 ;
Al-Hawary, 2011 ; Khatab et al., 2011). Les chercheurs ont trouvé des résultats mitigés sur la
relation entre les mécanismes de gouvernance d'entreprise et la performance des entreprises. Selon
Abu-Tapanjeh (2006), « une bonne gouvernance d'entreprise est une nécessité fondamentale pour
continuer à gérer une entreprise avec succès, Elle joue depuis longtemps un rôle crucial dans
l'amélioration de la valeur à long terme des parties prenantes de l'entreprise ». Au regard de
l’ensemble de ces considérations, il est intéressant de mener une étude élaborée dans le cadre du
secteur bancaire tunisien.
Par ailleurs, certains chercheurs comme Charreaux (1997) considère que « les mécanismes de
contrôle tels que les mécanismes internes et externes ont un impact inévitable sur la
performance », et selon (Stuart et Gillan), « les mécanismes de gouvernance au sein du secteur
bancaire ont deux dimensions : la dimension externe est représentée par la réglementation
prudentielle tandis que la dimension interne est le mode d’administration de la banque , le système
de contrôle interne est principalement composé du conseil d’administration » qui est Selon Adusei,
« le pivot de la gouvernance interne» d’une banque (Adusei, 2011, p. 72) et « le principal
mécanisme interne pour contrôler les dirigeant » (Rachdi & El Gaied, 2009, p. 03) ,Certains
auteurs affirment que La composition du conseil d’administration est présentée principalement par
la taille du conseil d’administration, le cumul des fonctions, et la présence des administrateurs
étrangers dans le conseil. Jensen (1993), affirme qu' « un conseil d'administration plus important
entraîne une surveillance moins efficace en raison des problèmes de coordination et de processus
inhérents à la taille du conseil ».
D'autre part, Klein (2002) a suggéré que « les conseils d'administration de grande taille sont en
mesure de promouvoir une surveillance efficace en raison de leur capacité à répartir la charge de
travail sur un plus grand nombre d'observateurs » , Ainsi, Pearce et Zahra, Dalton et al. (1992)
ont montré l’existence d’une relation positive entre la taille du conseil d’administration et la
performance; ils ont conclu qu’ « un Conseil, composé d’un nombre élevé des administrateurs, peut
surveiller et vérifier les décisions prises par le dirigeant », Yermak (1996) a montré une relation
négative entre la taille du conseil d'administration et la valeur de l'entreprise. La structure duale qui
est l’une des caractéristique importante du conseil, a fait couler beaucoup d’encre quant à leur
implication sur la performance bancaire Selon la théorie de l'agence, Jensen (1993) soutient que
« le cumul des fonctions augmente les coûts d'agence et affaiblit l'efficacité du conseil
d'administration et, par conséquent, réduit la performance ». Des tests empiriques montrent que la
combinaison de ces fonctions a un impact négatif sur la performance du conseil ainsi que sur la
performance bancaire (Agrawal et Knoeber, 1996). Selon la théorie organisationnelle, une
combinaison de fonctions renforce le leadership. Une autre caractéristique du conseil est la
présence d’administrateurs étrangers dans le conseil d’administration des banques Selon
Gulamhussen et Guerriero (2009), « leur présence est perçue comme un signe de « bonne
gouvernance » ». Choi et Hasan (2005) et Gulamhussen et Guerriero (2009) constatent que « les
administrateurs étrangers sont plus expérimentés et plus indépendants que les autres
administrateurs ».
La structure de la propriété qui est une composante importante pour la gouvernance bancaire a fait
l’objet de plusieurs jugements, D’après Bourke (1989), la propriété publique a un effet négatif sur
la rentabilité de la banque. En effet, « les banques publiques n’ont pas toujours comme objectif la
maximisation de leurs profits ». (Tandelilin, Kaaro et Mahadwartha, 2007) ,Selon la théorie de
l'agence, « les banques appartenant à l’Etat sont moins efficientes que les banques privées en
raison du manque de supervision des marchés financiers, ce qui conduit leurs dirigeants à suivre
leurs propres intérêts » .les Recherches de Zulkafli & Samad, ont montré que la règlementation
prudentielle en tant qu’un outil du mécanisme externe de gouvernance , « permet de veiller à ce
que les banques sont bien capitalisées » (Zulkafli & Abdul Samad, 2007, p. 58) , « Les banques
dont le ratio capital/actif est plus élevé peuvent être considérées comme relativement plus sûres en
cas de perte ou de liquidation ». Guru et al. (2000) affirment que « l'exigence d'adéquation des
fonds propres augmenterait le ratio capital/actifs et réduirait ainsi le risque » selon Rime , « ce
Ratio joue un rôle important dans l'amélioration de la stabilité du système financier en réduisant
l'incitation à l'aléa moral qui peut conduire à plus de capital et moins de prise de risque et donc,
réduira la probabilité de défaut bancaire » (Rime, 2001).
Section 2 : de la gouvernance d’entreprise à la gouvernance des banques
La gouvernance est une Notion complexe et parfois controversée puisqu’elle se définit et s’analyse
de différentes manières et à travers plusieurs disciplines et approches.
« La gouvernance est un concept holistique qui s’applique à plusieurs niveaux, et pour plusieurs
objectifs, dans un environnement marqué par des conflits d’intérêts, des situations d’incertitudes et
d’asymétrie d’information » (Darine Bakkour 2013).
La définition la plus générale est celle donnée par Richard DODGSON dans le journal du
Global Heath gouvernance « l'ensemble des actions et moyens adoptés par la société pour
promouvoir l'action collective et fournir des solutions collectives afin de poursuivre des objectifs
communs ».
La Banque Mondiale USA. 1994, Gouverner c’est « exercer le pouvoir politique ainsi que
contrôler la gestion des ressources de la société à des fins de développement économique et social».
1-1-Définition :
C’est dans le cadre des idées du néo-institutionnalisme qui ont commencé à parler de gouvernance
d'entreprise et de structures de gouvernance depuis les années 1970 : « La gouvernance spécifie
explicitement un processus, pas une institution ou une structure, Un réseau qui gère les relations
d'acteurs qui sont réunis dans le but de générer des profits ou une meilleure gestion ».
A/ La Théorie de l’Agence :
Michael C. Jensen et William H. Meckling définissent, en 1976, la relation d'agence comme « un
contrat par lequel une ou plusieurs personnes (le(s) principal (aux)) engage une autre personne
(l'agent) pour exécuter en son nom une tâche quelconque qui implique une délégation de décision à
l'agent ». Cette théorie est largement utilisée comme moyen d'expliquer diverses questions de
gouvernance d'entreprise. L'essence de cette théorie repose sur l'existence d'une séparation de la
propriété et du contrôle dans les grandes entreprises. Dans ces sociétés, les dirigeants (agents) sont
engagés et prendre des décisions pour le compte des propriétaires (mandants) afin de maximiser le
rendement pour les actionnaires.
L'autre théorie populaire de la gouvernance d'entreprise est la théorie des parties prenantes. La
théorie des parties prenantes est issue de la discipline de la gestion et s'est progressivement
développée pour inclure la responsabilité des entreprises un large éventail de parties prenantes.
Contrairement à la théorie de l'agence, selon laquelle les dirigeants sont principalement
responsables de la satisfaction des intérêts des actionnaires, La théorie des parties prenantes soutient
que les gestionnaires des organisations ne sont pas seulement responsables des intérêts des
actionnaires, mais aussi d'un réseau de relations à servir qui comprend les parties prenantes de
l'entreprise : les fournisseurs, les employés et les partenaires commerciaux. Selon la théorie des
parties prenantes, les décisions prises concernant l'entreprise affectent et sont affectées par
différentes parties en plus des actionnaires de l'entreprise. Par conséquent, les dirigeants doivent
d'une part , gérer l'entreprise au profit de ses parties prenantes afin de garantir leurs droits et leur
participation à la prise de décision.
La notion de la gouvernance d’entreprise est devenu une question d'importance mondiale et a reçu
une nouvelle urgence en raison de divers scandales et échecs d’entreprise, Ainsi, plusieurs auteurs
comme suggère qu’ « une perspective plus large de la gouvernance d'entreprise devrait être mise
en œuvre dans le cas des banques ».
Dans une perspective bancaire, la gouvernance implique « la manière par laquelle les affaires des
institutions financières sont gouvernées par leurs conseils d’administration et la direction, ceci
affecte la manière avec laquelle les banques, définissent leurs objectifs , gèrent les affaires
courantes considèrent les intérêts des stakeholders , alignent les activités et les comportements
avec les attentes de fonctionnement sain et correct, en conformité avec les lois et les règles
protègent et défendent les intérêts des déposants » (Basel 1999).
Les problèmes d'agence au niveau du secteur bancaire sont principalement du à l'asymétrie des
informations disponibles entre tous les acteurs du secteur bancaire. L’opacité et la réglementation
met les banques au cœur du problématique de gouvernance.
A/ L’opacité intense :
L’opacité est un caractère important spécifique au banque, ainsi ce caractère fait sa différentiation
aussi sa force contrairement à la firme ordinaire.
« L'existence d’une régulation dans le secteur bancaire a un effet important sur la gouvernance des
banques » (Llewellyn, 2001).
Selon ADAMS et MEHREN (2003) « La réglementation constitue l’une des principales
caractéristiques des banques dont il faut tenir compte pour étudier leur gouvernance qui devient de
la sorte bien spécifique ».
En fait « une supervision efficace des établissements bancaires est essentielle étant donné leur rôle
central dans les opérations de paiement et de crédit et la propagation des faillites d'une banque à
toutes les autres banques, même celle qui sont performantes » (Delerme ,2002).
En effet, selon (Ciancanelli et Gonzalez, 2002) : « La régulation de la banque comprend les
exigences de réserves, la divulgation de l’information, le suivi des politiques de crédits, en vue
d’assurer la sûreté du système bancaire ». La présence des réglementations modifie la relation
d’agence entre les actionnaires et les dirigeants en introduisant un troisième acteur, à savoir,
l’autorité de réglementation, créant ainsi une asymétrie d’information additionnelle et contrariant
l’efficacité des mécanismes de contrôle externes.
La réglementation bancaire est également importante pour représenter l'intérêt public ou le bien
public. Par conséquent, il convient d'examiner ce qui fonctionne le mieux, À cet égard, il a été
affirmé qu'une réglementation trop zélée a un effet négatif sur le développement d'une banque et
également, Sur les relations de la banque avec ses clients. En revanche, un degré de réglementation
sensible, aligné sur les intérêts généraux du marché et de l'économie dans son ensemble, permet
d'équilibrer les besoins d'une surveillance adéquate avec les besoins du marché et de la politique .
Section 3 : les Mécanismes de la gouvernance bancaire
La théorie de l'agence fournit une base pour la gouvernance des entreprises par le biais de divers
mécanismes internes et externes. « Les mécanismes de gouvernance d'entreprise sont conçus pour
aligner les intérêts des propriétaires et des dirigeants, à limiter les comportements opportunistes des
dirigeants et à protéger les intérêts des actionnaires, généralement pour résoudre le problème de
l'agence » (Habbash, 2010).
Dans le secteur bancaire, comme dans les firmes en général, la gouvernance d'entreprise
caractérisée par des mécanismes internes d'influence et de contrôle du comportement du
gestionnaire et dirigeants. On distingue notamment parmi ces mécanismes le rôle disciplinaire
prises en charge par le conseil d'administration et la structure de propriété.
A/ Définition :
En général, le conseil est considéré comme « l'un des principaux instruments permettant de
remédier aux lacunes des dirigeants » (Adjaoud et al. 2007). Ainsi, Hermalin et Weisbach (2003)
le décrivent comme « le cœur de la gouvernance ».
Pour Adusei, « le conseil d’administration d’une entreprise est le pivot de sa gouvernance interne »
(Adusei, 2011, p. 72). Aussi, elle est « le principal mécanisme interne pour contrôler les dirigeant »
(Rachdi & El Gaied, 2009, p. 03), et font valoir que le conseil comme étant « une autorité légale
ultime concernant la prise de décision , (ADAMS & FERREIRA, 2007, p. 218), le licenciement,
l’embauche, la rémunération des cadres supérieurs et la préservation du capital investi », et
considéré comme « un élément important de la gouvernance d’entreprise » (Baysinger &
Hoskisson, 1990, p. 72)
Plusieurs facteurs se combinent pour avoir une bonne composition du conseil d'administration (la
présence d'administrateurs externes indépendants, la dualité, la taille du conseil, la présence de
comités spécialisés, etc.) .La composition du conseil a fait l'objet de plusieurs études et débats.
Dans un environnement caractérisé par des changements très rapides, le défi de tout conseil
d'administration est d'aller au-delà de son rôle traditionnel, et de renforcer son rôle de surveillance.
Il s'agit donc « d'améliorer l'indépendance du conseil, sa composition, sa transparence, sa
responsabilité à l'égard des actionnaires et des autres parties prenantes, ainsi que la fréquence de ses
réunions ». (Louizi 2007).
En effet, pour assurer un rôle disciplinaire et protéger les intérêts des actionnaires, les théoriciens
de l'agence préconisent pour des raisons d’information qu'un conseil soit constitué, de
administrateurs internes (membres de la direction) et, pour assurer l’indépendance de
administrateurs externes (non affiliés au management). Ces derniers doivent essentiellement avoir
les compétences, l'expertise et l'indépendance nécessaires afin d’exercer leurs fonctions d’arbitrage
et du contrôle.
Théorie de la gouvernance
Théories contractuelles Indépendance Majorité d’administrateurs externes
indépendants spécialistes du contrôle.
Administrateurs internes pour des
raisons d’information.
Séparation entre les fonctions de
dirigeant et de président du conseil.
Théorie des stakeholders Représentation Les stakeholders de l’entreprise
(salariés, créanciers, actionnaires et
clients).
Séparation entre les fonctions de
dirigeant et de président du conseil.
Théorie de l’intendance Implication Majorité d’administrateurs internes et
exécutifs : Unification des fonctions
de dirigeant et de président du conseil
Par conséquent, le débat autour de la composition du conseil porte sur la présence d'administrateurs
extérieurs et le degré d'indépendance, la représentativité des parties prenantes et la diversité des
profils des membres du conseil.
« La conception du rôle du conseil, ainsi que les intérêts qu’il doit défendre et représenter ont
évolué dans le temps suivant les théories de la gouvernance et les problèmes pratiques rencontrés »
(Nicholson et Kiel 2004). Cependant plusieurs recherches s’accordent à dire que généralement
l’efficacité du conseil d’administration dépend de l’exécution de son rôle.
Selon les théoriciens de l’agence, « le conseil d’administration a pour mission principale de
défendre les intérêts des actionnaires en limitant le pouvoir discrétionnaire des dirigeants » . Pour
Williamson (1985), le conseil d’administration constitue « un mécanisme organisationnel
permettant de garantir la sécurité des transactions entre la firme et les actionnaires apporteurs de
capital financier et entre la firme et les dirigeants, qui louent leur capacité managériale » .Par
conséquent, les théories contractuelles associent une fonction disciplinaire au conseil
d’administration et un rôle de contrôle, de réduction des coûts D’agence et de défense des intérêts
des actionnaires. Dans une autre perspective, selon la théorie de la dépendance « le conseil est
appréhendé de la dépendance aux ressources comme un outil pour faciliter l'accès aux ressources
dont dépend le succès de l'entreprise. » (Pfeffer et Salancik 1978) « Les ressources sont d’ordres
matériels et physiques, et intangibles (conseil, savoir faire, compétences, consensus, informations,
réseau relationnel…) ».
La synthèse des théories et des différents apports des auteurs sur le rôle du conseil d’administration
montre que ce dernier joue 5 rôles principaux :
Contrôleur
Stratège Médiateur
L'évolution de la structure de propriété de la banque au cours des années 1990 et au début des
années 2000 a considérablement modifié la Gouvernance des institutions bancaires. Les études sur
les entreprises américaines ont généralement utilisé le terme de Bgovernance pour désigner les
méthodes utilisées par les actionnaires afin de réduire les coûts d'agence managériaux (Berger et
Mester 2003).
La structure de propriété est un mécanisme de gouvernance important car elle est adaptée afin de
prendre en compte le lien entre la structure de propriété et la performance dans le contexte de la
théorie de l'agence et du choix public, les principaux problèmes/agents peuvent survenir lorsqu'il y
a une séparation entre la propriété et le contrôle.
Selon (Cabane, 2011) « Les actionnaires, qui exercent le pouvoir lors de l’assemblée générale des
actionnaires constituent la souveraineté de l’entreprise en assumant la continuité de celle-ci ».
Des nombreuses recherches ont substitué les relations entre les éléments de la structure de propriété
et ceux du conseil d'administration. Tout d'abord, l'actionnariat des administrateurs internes dans
les conseils de petite taille remplace la présence d'administrateurs externes, Hirschey (1999) note
que « l’augmentation de l'équité par les membres internes de la bibliothèque implique un
affaiblissement de la nécessité pour les administrateurs externes pour contrôler l'exécutif » . A cet
égard, la forte propriété managériale interne réduit la probabilité d'avoir la double gestion et le
contrôle, en remplaçant le conseil d'administration.
B/ propriété de l’Etat :
La structure de propriété, qui est considérée comme un élément important de la gouvernance
bancaire et l'une des variables influant sur la performance de la banque, est exprimée sur la base de
l’identité de la propriété, en particulier sous l'aspect de la propriété de l'État.
L’actionnariat de l’Etat, dans les banques constitue une pratique courante et un fait commun dans
tous les pays. Dans une étude qui fait l'analyse de la structure de propriété des banques au niveau
international, La Porta et al (2002) affirme que « l’actionnariat de l’Etat est plus élevé dans les pays
caractérisés par une protection faible des droits des actionnaires, une intervention Accentuée du
gouvernement dans l’économie et un système financier sous développé ».
La typologie habituelle des contraintes distingue les mécanismes internes et externes d'une
entreprise. La hiérarchie de ces différents mécanismes n'est cependant pas universelle et peut
changer selon le type d'organisation, et leur contenu peut varier selon les auteurs.
On distingue que Les principaux mécanismes externes de la gouvernance bancaire sont le marché
des biens et services, le marché financier, le marché du travail et l’environnement légale et
réglementaire.
Le marché des biens et services doit encourager la bonne gestion. Il peut être la cause d'effets
pervers en incitant les dirigeants à assumer un niveau de risque élevé dans les choix
d'investissement afin d'obtenir des bénéfices comparables à ceux des concurrents. Pendant ce temps,
la discipline exercée par le marché des biens et services est souvent inefficace. En effet, Jensen
(1993) postule que " lorsque la discipline du marché des biens et services prend décision, il est
souvent trop tard pour sauver l’entreprise.
Le cadre légal peut être un moyen de contrôle en exigeant des contraintes de la part des managers
en les obligeant à faire preuve de plus de prudence dans leurs dépenses pour ce type d'avantages.
Cependant, l efficacité de ce mécanisme Semble limitée. En effet, les dirigeants trouvent souvent
des moyens de contourner certaines réglementations.
3- Marché du travail :
Le marché du travail joue un rôle important dans la résolution du conflit entre actionnaires et
dirigeants. Ce marché est chargé d'évaluer la valeur des constants des managers. L'objectif de ce
modèle est d'effectuer une révision du salaire des cadres sur le marché afin que le processus résolve
les problèmes d'incitation que peuvent réaliser les processus endogènes dans une situation où il y a
séparation de la propriété et du contrôle.
Le rôle disciplinaire du marché du travail est également limité par des signes faibles des banques
sur la qualité des managers. Ainsi, la sous-performance des banques s'explique par certains facteurs
externes comme la conjoncture économique, mais il est difficile d'y voir la part du la
responsabilité des dirigeants.
4- Marché Financier :
Le marché financier joue un rôle crucial dans la régulation des conflits entre l'actionnaire et le
dirigeant, puisqu'il permet de sanctionner l'incompétence et l'opportunisme des dirigeants qui ne
maximisent pas la valeur de l'entreprise.
Conclusion :
Dans ce chapitre, le débat est porté sur la notion de la gouvernance et les principaux mécanismes
internes et externes qui caractérisent ce concept. Pour ce faire, la gouvernance d’entreprise a
constitué le point de départ de notre réflexion.
On a adopté les apports de la théorie de l’agence pour établir un cadre d’analyse de la gouvernance
d’entreprise. Selon Jensen et Meckling (1976), la théorie de l’agence ne stipule que « la firme à un
nœud de contrat ». L’analyse du gouvernement de l’entreprise est basée sur des hypothèses
d’asymétrie d’information et de conflits d’intérêts entre le propriétaire et le dirigeant au sein d’une
firme. Le système de gouvernement présente des mécanismes ayant pour objectif de surveiller et
de discipliner le comportement du dirigeant et aussi réduire les conflits qui sont considérés comme
couteux, ainsi que minimiser les risques gères et assure la sécurité des apports des actionnaires, et
les transactions effectués entre les parties prenantes et l’entreprise.
Pour les institutions financières, principalement les banques, elles sont particulièrement concernées
par la gouvernance d'entreprise. En effet, les banques sont caractérisées par des problèmes d'agence
distincts et accentués par apport aux autres entreprises non réglementées. Ces problèmes d'agence
sont créés principalement par l'asymétrie de l'information existante entre toutes les parties prenantes
du secteur bancaire. Le caractère de L’opacité et de la réglementation met les banques au cœur de
la problématique de gouvernance. De ce fait, la perspective de la gouvernance des banques est plus
large et complexe par apports à la gouvernance des autres entreprises, et elle nécessite ainsi une
attention particulière.
Etant donné la particularité et le rôle important de ce type des établissements dans le garantit de
l’équilibre et la solidité financier au sein d’une banque, il est primordial de suivre constamment la
performance et l’impact des principaux facteurs internes et externes de la gouvernance sur la
performance bancaire. Donc ce constat nous amène à proposer un éclairage sur la relation entre la
bonne gouvernance et la performance dans le deuxième chapitre et l’effet des principaux
mécanismes de la gouvernance sur performance bancaire.
Chapitre 2 : gouvernance et performance bancaire
Section 1 : la performance bancaire
1- Performance bancaire :
Concernant les banques, Venkatraman et Romanujan (1986) indiquent que « la performance
bancaire peut être mesurée sur la base de trois concepts de performance différents
qui sont : la performance financière, la performance opérationnelle et la performance
organisationnelle ». Dans ce contexte, Lallé (1992) a ajouté plusieurs autres catégories de
performance qui doivent être prises en compte, à savoir la performance économique, technique,
managériale, commerciale et sociale.
La performance économique est généralement exprimée en résultats et chiffres qui sont présentés
au niveau de la comptabilité et fournissent des informations sur la situation actuelle de l'entreprise,
à savoir: les revenus, la valeur ajoutée, chiffre d’affaire, le résultat d’exploitation, résultat net, etc.
Cette performance correspond également à la capacité de l'entreprise à créer de la richesse et de la
valeur sur le long terme, en se fixant des objectifs clairs, réalistes et quantifiables. Ainsi, en matière
bancaire, la performance économique peut être évaluée à travers l’évaluation du PNB , il s'agit du
produit net bancaire représentant la différence entre les produits et les charges d'exploitation de la
banque.
La performance financière est la capacité d'une organisation à utiliser de manière optimale ses
ressources humaines, matériels et financières disponibles pour atteindre ses objectifs financiers,
minimiser les coûts tout en maximisant les profits. Diverses mesures doivent être suivies pour
évaluer la performance financière d'une banque et font partie des objectifs clés de la banque. Ces
objectifs se résument à la réalisation de profits maximum grâce à une augmentation des revenus, à
une réduction des coûts d'exploitation et à améliorer une productivité par industrie, par catégorie,
par produit.
Selon Bayed (1992), la définition de la performance sociale est représentée comme étant « le
niveau de satisfaction atteint par l'individu participant à la vie de l’organisation ». Généralement
elle concerne les relations sociales ou humaines au sein de l’entreprise, mais aussi traduit la
capacité d’attention d’une entreprise au domaine sociale. Pour (j.Igalens et J-P.Gond, 2003) elle
est « un concept central de la recherche en éthique des affaires ».
La performance managériale est exprimé selon (Frioui, 2001) à travers « le pouvoir et la capacité
du manager à équilibrer et répartir son temps entre les trois éléments suivants : l’esprit de
conception, l'habilité d'exécution et enfin la conciliation et la gestion des conflits ».
Cette performance peut également indiquer la capacité de l'équipe de direction à atteindre les
objectifs fixés.
Il existe cinq critères à examiner selon (Boyatisiz, 1998) pour évaluer la performance
managériale :
On peut définir La performance commerciale comme étant la capacité d'une entreprise à attirer de
nouveaux clients tout en s'assurant que les clients existants sont satisfaites de leurs besoins tout en
fournissant des services/ produit répondra à leurs attentes et ce tout en tenant compte de la
concurrence. Cette performance peut être exprimée et évaluée à l'aide de plusieurs indicateurs
telles que :
Une caractéristique du conseil fréquemment étudiée est la taille de conseil, Selon la théorie de
l'agence, la taille importante du conseil d'administration favorise sa domination par le dirigeant et
crée finalement des conflits d'intérêts entre les administrateurs et les dirigeants, « Cela crée un
conseil d'administration fragmenté et inefficace, avec des difficultés à atteindre un consensus sur les
décisions importantes » (Jensen 1993).
Certains auteurs affirment que « le conseil d’administration perd son efficacité quand il devient
très grand » (Sahut & Boulerne, 2010, p. 322). Aussi, (Bhagat & Black ,2002) voient que « les
petits conseils d’administration ont tendance à avoir un plus grand contrôle sur les cadres de
l’entreprise » . De plus selon, Jensen, Lipton & Lorsch et Yermack, « une taille petite de conseil
d’administration est plus efficace et préférable en termes de facilité de coordination, de cohésion et
de communication » ((JENSEN, 1993), (Lipton & Lorsch, 1992), (Yermack, 1996)).
Cependant, plusieurs autres soulignent l'effet positif d'une taille importante. Pour ces derniers, la
capacité supplémentaire à conseils plus grands peut être plus importante que l'augmentation des
problèmes de communication, de coordination et de prise de décision. Pour Jensen (1993) « un
conseil de taille raisonnable (sept à huit membres) serait plus efficace car il permettrait une
meilleure coordination, des décisions plus rapides et une réduction des coûts d'agence » , Par
ailleurs, après avoir étudié 35 banques et holdings bancaires aux Etats-Unis de 1986 à 1999, Adams
et Mahran (2003) montrent que « les banques ayant de grosses tailles sont plus performantes que
les banques ayant de petites tailles ». En outre, en examinant la relation entre la taille du conseil
d'administration et la performance, Belkhir (2005) a constaté, contrairement aux théories qui
prédisent que les petits conseils d'administration sont plus efficaces. Au contraire, il a trouvé une
relation positive entre la taille du conseil d'administration et la performance des banques.
Les études portant sur la gouvernance des banques par des étrangers, telles que Claessens et al.
(2001) et Berger et al. (2000) mettent souvent en évidence les différences d'efficacité entre les
banques à forte participation étrangère et celles à forte participation privée locale. En effet, les
premières, qui font généralement partie de holdings bancaires, bénéficient des économies d'échelle
qui caractérisent ces grandes organisations, Elles ont également l'avantage de servir une clientèle de
multinationales en s'implantant dans d'autres pays, principalement ceux qui abritent des filiales
étrangères de leurs clients (entreprises locales). En outre, les banques à forte participation étrangère
ont un meilleur accès aux marchés des capitaux, une plus grande capacité à diversifier les risques, et
de plus grandes possibilités d'offrir certains de leurs services à des clients étrangers qui ne sont pas
facilement accessibles aux banques locales. Selon Gulamhussen et Guerriero (2009), « la présence
des administrateurs étrangers dans le conseil d'administration des banques est perçue comme un
signe bonne gouvernance ». Aussi (Choi et Hasan (2005) et Gulamhussen et Guerriero (2009))
considèrent que « les administrateurs étrangers sont plus expérimentés et plus indépendants que
les autres administrateurs ».
Bonin et al. (2005) affirment que « dans les pays en développement, principalement ceux qui sont
en transition (économie ouverte, etc.), tous ces avantages l'emportent sur les inconvénients
possibles dus aux disparités entre les réglementations et les réalités économiques ». Par ailleurs,
Oxelheim et Randy (2003) ont constaté que l'impact des administrateurs étrangers sur la
performance des entreprises est positif. Leur étude porte sur plus de 200 entreprises ayant leur siège
en Suède et en Norvège de 1996 à 1998, Ils soutiennent que le recrutement d'un nouveau membre
étranger au conseil d'administration d'une entreprise est perçu par les investisseurs comme un signal
de transparence et d’efficacité, Ce qui leur donne plus de confiance dans l'activisme et
l'indépendance du conseil et augmente donc la valeur de l'entreprise.
Pour cela, notre question en ce qui concerne les administrateurs étrangers est comme suit :
Quelle est l’effet de l’existence des administrateurs étrangers sur la performance bancaire ?
La dualité signifie la nomination d'une même personne, sur une même période, aux deux postes de
directeur général et de président du conseil d'administration. La dualité a des coûts importants qui
compensent ses avantages potentiels pour la plupart des grandes entreprises. En effet, le poste de
président des banques est extrêmement précieux pour mener une stratégie d'enracinement et profiter
de ses privilèges. Paquerot (1997) explique qu'en outre une rémunération complète, « la position
permet au dirigeant de conclure plus facilement des contrats implicites avec des partenaires ».
Par contre , peu d'études ont examiné l'effet de la dualité sur la performance des banques. Pi et
Timme (1993), montrent que dans le cas de la gestion de la dualité, « l'efficacité et la performance
des actifs de la banque sont plus faibles ». Ils trouvent dans leur enquête sur les grandes banques
commerciales américaines au cours des années 1988-1990, les conflits avec la dualité principale
peuvent être exacerbés en raison de la consolidation du processus de contrôle et de la décision, ce
qui affecte négativement la performance de la banque. Selon la théorie de l’agence, Jensen (1993)
voit que « le cumul des fonctions accentue les coûts d’agence et affaiblit l’efficacité du conseil
d’administration et, par conséquent réduit la performance ». Des tests empiriques ont montré que
« ce cumul des fonctions a un effet négatif sur l’efficacité du conseil d’administration et donc sur
la performance de l’entreprise » (Agrawal et Knoeber, 1996). D’après la théorie d’organisation,
« le cumul des fonctions renforce le leadership de la haute direction ».
Selon les hypothèses de la théorie de l'agence, les banques d'État seraient soumises à un effet
disciplinaire moindre de la part du marché financier, Cela encouragerait leurs dirigeants à suivre
leurs propres intérêts au détriment de ceux de leurs institutions, Les banques privées sont soumises
à une pression intense de la part de leur environnement, cela peut donc réduire l'inefficacité de ces
banques. La Porta et al. (2002) montrent que « dans les pays, principalement en développement,
l'actionnariat de l'État dans les banques commerciales est un fait commun et qu'en raison de leur
inefficacité ».
Pour Tandelilin et al, « les banques appartenant à l’Etat sous-performent les autres types de
banques dans la mise en œuvre d’une bonne gouvernance d'entreprise, vu que l’Etat ne peut être
considéré comme un moniteur efficace dans le cas des banques publiques. Il explique que lorsque
le gouvernement est à la fois le propriétaire et le régulateur, donc il y a un conflit d'intérêts entre ses
deux rôles » (Tandelilin, Kaaro, & Mahadwartha, 2007). Hu stipule que « les banques publiques
sont plus vulnérables aux pressions administratives et au lobbying politique » (HU, LI, & CHIU,
2004). Et selon la théorie d’agence « les banques publiques sont généralement moins efficientes et
moins performantes par rapport aux banques privées en raison du manque de surveillance du
marché financier ce qui mènent leurs dirigeants à suivre leurs propres intérêts au dépend des intérêts
de la banque au contraire , les dirigeants des banques privées auront plus grande intensité de
pression environnementale et de surveillance du marché financier qui punit les inefficiences, ce qui
les rend plus efficientes par rapport aux banques publiques » (Kiruri, 2013, p. 122) . Cette idée est
confirmé par Lukas & Basuki, qui confirme que « la propriété du l’Etat peut conduire le dirigeant
à faire un comportement contraire à l'éthique pour son bénéfice ou de faire des choses défavorables
qui auront une incidence sur la performance de l'entreprise » (Lukas & Basuki, 2015) .
Dans ce qui suit, on va définir les hypothèses de notre recherche, ensuite, on présente notre
modèle conceptuel.
Après avoir présenté une revue de littérature en ce qui concerne la relation entre les
mécanismes internes et externes de gouvernance et la performance, nous allons dans ce qui suit
définir les hypothèses qu’on va par la suite les tester empiriquement pout le cas des banques
tunisiennes cotés en bourse.
Le tableau ci-dessous récapitule les principales hypothèses que nous avons retenues :
On peut schématiser graphiquement notre modèle de recherche, qui consiste à tester l’impact
du conseil d’administration ainsi les mécanismes de la gouvernance sur la performance
bancaire, comme suit :
H1 H1
Taille du conseil Relation (+) Performance
R
d’administration
bancaire
Relation (+) H2
Le nombre des
administrateurs étrangers
H3
La dualité Relation (-)
H4
Le nombre des Relation (+)
actionnaires majoritaires
H5
La propriété de l’Etat Relation (-)
Dans ce chapitre on a étudié les principales mesures de la performance, et l’impact des mécanismes
de la gouvernance sur la performance bancaire. Pour ce faire les avis et les recherches des auteurs
sur la notion de la performance ont constitué le point de départ de notre chapitre.
Etant donné que la performance bancaire est un indicateur très important de la solidité et la santé
des banques, et vu son rôle indispensable de garantir la stabilité du secteur financier en général, ce
n’est pas évident d’assurer cette performance que si on examinant les différents mécanismes de la
gouvernance et son impact sur la performance des institutions financiers.
Parlons sur la définition générale de la performance, ce concept nous permet de conclure qu’il
existe plusieurs types de « performance » ainsi, c’est un concept qui peut être utilisé dans
différents domaines. D’ailleurs, il y a un autre point important à prendre en considération
concernant cette notion Il s’agit de différentes mesures de la performance bancaire dont
Venkatraman et Romanujan (1986) confirment que « la performance bancaire peut être mesurée en
se basant sur trois différents concepts de la performance qui sont : la performance financière, la
performance opérationnelle et la performance organisationnelle ». Dans ce contexte, Lallé (1992) a
ajouté des autres types de performances à prendre en considération on cite : la performance
économique, technique, managériale, commerciale et sociale.