Université de Blida 1
Faculté de médecine
Département de médecine dentaire
Année Universitaire 2017-2018
Cours d’histologie
2 eme année
Histologie du parodonte
Dr SADAOUI. N
16-05-2018
Introduction: le parodonte est l’ensemble des tissus qui entourent et soutiennent une dent. Il est
composé de parodonte superficiel, représenté par la gencive et de parodonte profond qui comprend le
cément, le ligament parodontal et l’os alvéolaire.
Histologie de la gencive : la gencive est une muqueuse constituée d’un épithélium et d’un chorion (tissu
conjonctif).
L’épithélium : est composé de plusieurs couches cellulaires : couche basale, couche épineuse, couche
granuleuse, et une couche kératinisée (cornée).
L’épithélium contient des cellules :
Kératinocytes.
Mélanocytes : Siege à la couche basale de l’épithélium.
Langhérans (agit contre les Ag).
Atypiques : ne possèdent pas les caractéristiques ultra structurales des autres types. L’épithélium peut
être ortho kératinisé (pas de noyau cellulaire) ou para kératinisé (reliquat de noyau cellulaire).
-La membrane basale : sépare le conjonctif de l’épithélium contient des fibres de collagène
et de réticulines incluses.
-La couche basale : germinative, car à son niveau se renouvelle l’épithélium (une cellule
mère donne deux cellules filles, une cellule plus âgée va dans la couche épineuse et traverse
l’épithélium (1 mois) puis se détache de la couche kératinisée).
-La couche épineuse : composée de cellules qui se continuent par de courts prolongements
cytoplasmiques ressemblant à des épines. Les cellules sont fixées les unes aux autres par de
nombreux desmosomes situés entre les prolongements des cellules. (Chaque desmosome
est la fusion de deux hémidesmosomes contigus séparés par un espace contenant une
substance granuleuse).
-La couche granuleuse :
-La couche kératinisée : Le cytoplasme est kératinisé par transformation du keratinocyte en
une structure acellulaire entourée dans une membrane plasmatique (l’ensemble
mitochondrie ; REG appareil de Golgi a disparu).
Le tissu conjonctif : lamina propria est le tissu prédominat de la gencive et desmodonte.
Composé d’une couche papillaire sous jacent à l’épithélium et d’une couche réticulaire
contiguë au périoste.
A/ Les cellules :
-Fibroblaste : responsable de la synthèse de la matrice et de la plus grande partie des
fibres.
-Mastocyte : responsable de la production de substance vasoactive contient un grand
nombre de vésicules contenant des enzymes (et de l’héparine qui est un facteur responsable
de la résorption osseuse).
-Macrophage : a de nombreuses fonctions métaboliques phagocytaires.
-Cellules inflammatoires :
Granulocytes neutrophiles : riches en enzymes.
Lymphocytes.
Plasmocytes.
B/ Les fibres :
Fibres de collagène : Elles sont prédominantes dans le tissu conjonctif.
Fibres réticulines : prédominantes dans le conjonctif lâche entourant les vaisseaux et
les tissus adjacents à la membrane basale.
Fibres oxytalanes : présentes dans toutes les structures conjonctives élastiques du
parodonte (rôle non connu).
Fibres élastiques : présente dans la gencive et le desmodonte mais uniquement en
associant avec les vaisseaux sanguins.
Organisation :
Fibres circulaires : dans la gencive libre, encercle la dent comme un anneau.
Fibres dento gingivales : s’insèrent dans le cément qui recouvre la partie supra
alvéolaire, font saillie en éventail dans la gencive libre V-L et proximale.
Fibres dentoperiostées : vont de la même portion cémentaire que les fibres
précédentes vers la gencive attachée en direction apicale par-dessus la crête osseuse V et L.
Fibres transceptales : entre le cément supra alvéolaire des dents adjacents,
cheminent en ligne droite à travers le septum inter dentaire, reliant le cément supra
alvéolaire à la crête de l’os alvéolaire (certains pensent que ce sont des fibres gingivales,
d’autres qu’elles sont desmodontales).
C/ La matrice : Produite par des fibroblastes, des mastocytes et du sang dans cette matrice a
eu lieu le transport d’H2O, électrolytes et nutriments et de métabolites jusqu’à chaque
cellule du tissu conjonctif. Dans cette matrice beigne les vaisseaux et les nerfs de la gencive.
Histologie de l’attache épithéliale :
1-L’épithélium de jonction : comporte Une couche basale ; plusieurs couches supra basales.
Les cellules basales de l’épithélium de jonction ne sont pas en contact direct avec l’email. Il existe
entre ces deux tissus ; Une zone claire en contact avec l’épithélium de jonction et Une zone
dense.
La membrane plasmique des cellules de l’épithélium de jonction comporte des hemidesmosomes
du coté de l’email et du coté du tissu conjonctif.
L’épithélium de jonction est très large dans sa partie coronaire (15 à 20 couches) mais plus étroit
dans la jonction amelo-cémentaire.
C’est un épithélium pavimenteux stratifié non kératinisé et sans digitations épithéliales.
2-Epithélium sulculaire ou créviculaire : Epithélium du sillon gingivo dentaire. Il est plus mince,
favorisant la pénétration de produits bactériens de la plaque dentaire dans le tissu conjonctif et
provoque l’inflammation et la destruction tissulaire. Il est aussi pavimenteux stratifié non
kératinisé.
3-Adhésion :L’attache épithéliale est liée à la dent par un revêtement gluant extra membranaire
produit par les cellules épithéliales (il est de nature mucopolysaccharidique).
L’adhésion prend un aspect physico-chimique :
Aspect physique : c’est le fait de connexion par les hémidesmosomes.
Aspect chimique : l’espace délimité par les hémidesmosomes est occupé par une sorte de
colle qui favorise l’adhérence (la colle est une mucoproteine de type acide hyalluronique.
L’attache est renforcée par les fibres gingivales qui appliquent la gencive marginale contre la
surface dentaire. C’est pour cette raison que l’on appelle jonction dento- gingivale suite à la
réunion de différents phénomènes.
-L’attache épithéliale par l’épithélium jonctionnel.
-Le contact de l’épithélium sulculaire par phénomène de capillarité.
-Le renforcement fibrillaire par les fibres supra crestales Sur laquelle repose l’attache épithéliale.
Histologie du cément : Comme tous tissus conjonctifs, le cément est composé de cellules, de fibres,
et de substance fondamentale.
1) Le cément acellulaire ou primaire : Se dépose avant l’éruption de la dent, au
moment du développement de la racine, s’applique contre la dentine radiculaire , se localise au
collet et 1/3 moyen de la racine , constitué de deux types de fibres de collagène.
* Fibres de collagène intrinsèques : synthétisées à la surface de la dentine par les
cémentoblastes, sont parallèles entre elles et à la surface de la dent.
* Fibres de collagène extrinsèques : fibres de SHARPEY ou du ligament alvéolo dentaire, elles
constituent la majeure partie du cément à cellules (90 à 100 %) ont un rôle primordial dans le
support de la dent(incluses a angle droit dans la surface de la racine et d’autres ont différentes
directions) leur taille et leur nombre augmente avec la fonction. Le cément a cellules contient
également d’autres fibres collagènes qui sont disposées de façon irrégulière.
2) Cément cellulaire = Secondaire ou osteocément ; contient des cellules des fibres
collagène et de la substance fondamentale ( au 1/3 apical).
* Cémentoblastes : Cellules conjonctives dont le rôle est la cémentogénése distinguable des
autres cellules car ne possède ni tonofilaments ni jonction intercellulaire.
* Cémentocytes : Ce sont des Cémentoblastes matures incluses dans des lacunes
intracémentaires ou Cémentoplastes, possèdent des prolongements cytoplasmiques localisés dans
les canalicules reliant les Cémentoblastes donnant l’aspect d’une araignée.
- Espace péricémentocytaire : Espace organique séparant la membrane cytoplasmique du
Cémentocytes et son prolongement de la paroi du Cémentoblastes et de celle des canalicules
inter-cémentocytaires (prés du desmodonte, cet espace est rempli de fibrilles de collagène).
- Lacune péricémentocytaire= Cémentoblastes= logette ovalaire.
* Cémentoclaste : Responsable de la résorption cémentaire.
* Cellules épithéliales : Ce sont des amas cellulaire qui sont des débris de la gaine de
HERTWIG, incorporées dans la cément lors de la cémentogénése.
3)Cément intermédiaire : C’est un cément hautement minéralisé au niveau de la
jonction cément- dentine, possède les caractéristiques physiques et chimiques de l’émail.
4) Lamelles et lignes d’accroissement: Représente l’aspect phasique et continu de la
cémentogénése au cours de la vie de l’individu. Des images radiologiques ont été observées donc
le cément est plus minéralisé au niveau de ces lignes d’accroissement séparé par des espaces qui
sont fonction du rythme de la cémentogénése ( en coupe transversale, elle montre des structures
concentriques utilisés en médecine légale pour l’estimation de l’âge de l’individu).
5) Jonction amélo-cémentaire : trois possibilités.
- 60 à 65 % le cément recouvre l’email.
- 30 % bout à bout.
- 5 à10 % le cément et l’émail ne se rencontre pas.
6)- Jonction dentine- cément : La démarcation entre ces deux tissus est difficilement
décelable à la microscopie électronique.
7)- Attache épithéliale et cément : Eruption active et passive
Histologie du desmodonte : Les principaux éléments du desmodonte sont des éléments conjonctifs.
Les Cellules :
-Cellules mésenchymateuses indifférenciées.
-Fibroblastes.
-Ostéoblastes.
-Ostéoclastes.
-Cémentoblastes.
-Macrophages.
-Débris épithéliaux de MALASSEZ.
-Cellules endothéliales.
Les débris épithéliaux sont répartis dans le ligament parodontal à proximité du cément, et sont
plus abondants dans les zones apicales et cervicales. Leur nombre diminue avec l’âge par
dégénérescence ou disparition ou encore par calcification qui les transforment en cémenticules.
Les restes épithéliaux prolifèrent lorsqu’ils sont stimulés et sont à l’origine de la formation de
kystes latéraux ou péri-apicaux, ou bien ils approfondissent les poches parodontales en fusionnant
avec l’épithélium gingival au cours de prolifération.
Les fibres
A- Fibres Principales : Ce sont des fibres de collagène, représentent 70 à 80 % du
desmodonte, on donne le nom de fibres de SHARPEY aux portions terminales des fibres
principales qui s’insèrent dans le cément et l’os alvéolaire.
1- Groupe transeptal : S’étendent interproximalement au dessus du bord alvéolaire, sont
incluses dans le cément des dents adjacentes. Elles se régénèrent même après destruction de l’os
alvéolaire en cas de maladie parodontale.
2- Groupe du bord alvéolaire : Partent obliquement du cément situé sous l’A E vers le bord
alvéolaire, Elles ont pour rôle de maintenir la dent dans son alvéole et de résister aux
mouvements latéraux des dents.
3- Groupe horizontal : Ces fibres s’étendent du cément à l’os alvéolaire perpendiculaires à l’axe de
la dent, elles ont le même rôle que celles du bord alvéolaire.
4- Groupe oblique : Le groupe le plus important, ont une direction coronaire oblique à l’os.
Elles soutiennent le choc des forces masticatrices verticales et les transforment en tension sur
l’os alvéolaire.
5- Groupe apical : Il se repartit en éventail, n’existent pas dans les racines dont la formation
est incomplète.
6- Fibres inter-radiculaires : S’étendent de la crête du septum inter-radiculaire à la bifurcation
des racines.
B- Autres Fibres :
1- Fibres de collagène : réparties de façon régulière.
2-Fibres élastiques : ne se rencontrent qu’au niveau des parois vasculaires.
3- Fibres oxytalanes : réparties autour des vaisseaux sanguins, incluses dans la cément au
1/3 cervical de la racine. Leur rôle n’est pas bien connu.
4- Plexus intermédiaire : sur les dents en éruption active, les faisceaux fibreux sont organisés
en trois couches. Une couche se situe le long du cément, une autre le long de l’os alvéolaire et
une couche de raccordement connue sous le nom de plexus intermédiaire à mi chemin entre l’os
et la racine. Il n’a pas été identifié sur les dents humaines ayant terminé leur éruption.
Histologie de l’Os alvéolaire
L’os alveolaire est composé de
Substance intercellulaire= matrice minéralisée : elle est perforée par des canalicules issus des
ostéoplastes. Les fibres de collagène sont l’essentiel de la substance osseuse. On y trouve également
des cristaux d’hydroxyapathite à intervalle régulier le long de la fibre de collagène.
Composition chimique : La matrice apporte de l’oxygène et des éléments nutritifs aux ostéocytes
et éliminent les déchets métaboliques.
Fraction organique :
-Glycosaminoglycane, protéines non collagéniques, lipides.
-Substance fondamentale qui constitue une région de passage entre vaisseaux et cellules.
Fraction minérale :
-Ca, phosphate hydroxyle, carbonate, citrate ainsi que des traces d’ions Na, Mg, F.
-Eau : La teneur en eau est la plus faible de tout l’organisme, elle varie avec l’âge.
-Les Cellules :
Les ostéocytes : ex ostéoblastes= chaque ostéocyte est contenu dans un ostéoplaste ou lacune
periostéocytaire. Les ostéocytes contiennent des prolongements cytoplasmiques logés dans des
canalicules inter communicants.
Les ostéoblastes : Secrètent la matrice ostéoide, joue un rôle dans la minéralisation.
Les ostéoclastes : Large cellule ovalaire, multi-nucléé (jusqu’à 100 noyaux) responsable de résorption
physiologique et pathologique. Présente sur sa membrane une bordure en brosse constituée de replis
qui s’enfoncent dans la surface osseuse dans une lacune de HOWSHIP.
Le tissu osseux compact ou spongieux est lamellaire et Haversien : formé par des lamelles de substance
osseuse (3 à 7 µm) d’épaisseur séparées par des lignes de repos parallèles les unes aux autres. C’est la
direction prédominante des fibres de collagène sur une certaine épaisseur de substance osseuse qui
donne l’aspect correspondant à une lamelle.
Au niveau du tissu osseux compact : on trouve
-un tissu osseux lamellaire périostique où sont incluses les fibres de SHARPEY.
-un tissu osseux lamellaire haversien : Lamelles concentriques à un canal vasculaire donnant le
système de HARVERS ou ostéon.
-Au niveau du tissu osseux spongieux :
Chaque travée est constituée de plusieurs lamelles.
Les travées les plus épaisses peuvent être formées par des ostéons localisés aux nœuds d’anastomoses.
Les surfaces du tissu osseux :
- Surface périostée : des corticales d’os compact.
-Surface endostée des travées d’os spongieux et des parties internes des corticales des os longs.
-Surface Haversienne de la face interne des ostéons.